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Full text of "Dictionnaire universel, historique, critique, et bibliographique;"

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DICTIONNAIRE 

UNIVERSEL, 



HISTORIQUE, CRITIQUE 



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ET BIBLIOGRAPHIQUE. 



TOME XIL 



•iy«iaiaa**«-B»-^a>B^— -^i^Wa^iHwsaa^awi 



MIRA.=NZAM. 



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V • ♦ • • 



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Cet OurRAGE se trouve: 

L. PRUDHOMME, Éditeur, rue des Marais, 
au bureau du Lavater ; 

Chez ^ PRUDHOMME fils, Imprimeur-Libraire, même . , ^ . 
rue , n® 1 7 ; / ^ ^•ri$. 

GÀRNERY, Libraire, rue de Seine, hôtel de 
Mirabeau^ . 

Madame BUYNAND , n^e BRUYSET , k Ljton* 
Mademoiselle LEROY et Cpmpagnie > à Caen. 

Allô. , . . . . Amiens, 

FiuÊRE , aîué ' , . . Rouen, 

Vallièe , aîné. •• ^ ,.,..,..,,, , Id, 

Renault ,..,..... ItJ 

Blocquel et Gastiaûx. ^ , Lille. 

Stapleaux; , Bruxelles. 

Gambieb. ... ••^•••? •♦,.-.. idem^ 

Victor Mangin. . , Nantes. 

BrssETJiL jeune , , . Id. 

Lafite. .... . . Bordeaux. 

DuBviLLE. ..,,.,,..... w .•• . Montpellier, 

Foubier-Mame '..«••. Angers. 

Catineau. J ....... ' Poitiers, 

Gambabt , Imprimeur , Éditeur de la Feuille périodique de Courtraj. 

Desoeb. ,.«....«««,,,,.., Liège< 

Boyard. Aix-la-Chàpir 

Lebqux. i Majence. 

Elisée Aubanei:;. . Tarascon. 

Gosse «.,,..,•,...,, Baïonne, 

Pertues. Hamboiu^g. 

Immerzeel et Compagnie . . . , Amsterdam, 

Umlang. Berlin. 

Abtaria. .^ •...,.,.. . Vienne.. 

Alici, Libraire de la Cour. ......••.. SL-Pétersh. 

RissetSAucET IVfoscou. 

Brummsb •,,....,,. Copenhague 

BoBEL et PicHARD ,.,.,,.•• Rome. 

BoREL et PicHARD .**.,., . , Kablcs, 

GlEGLER et DX7M0X<ABD. " , '. MildU. 

Grieshammer. . . • Leipsick. 

SssLiNGER .,..., Francfort. 

Et chez tous les principaux Libraires et Directeurs de postes. 

Les articles nouveaux sont marqués cPune *, Les articles anciens , corrigés 
ou augmentes , sont distingués par taie f. 



DICTIONNAmE 

UNIVERSEL, 

HISTORIQUE,; CRITIQUE 

ET BIBLIOGRAPHIQUE, 

Ou Histoire abrégée et impartiale des personmges de - toutes les nations qnl se 
sont rendus célèbres , illustres ou fameux par des vertus , des talens , de grandes 
actions y des opinions singulières , des inventions , des découvertes , det 
monumens , ou par des erreurs , des crimes , des forfaits , etc. , depuis 
f origine du monde ju$<pi'i nos jours^ contenant aussi celle des dieux et des 
hëros de toutes les tnythologies^ enrichie des notes et additions des abbés 
BaoTiEE et Mebcier de SÀiNT-LicBa , etc. , etc. 

D'après la huitième Édition publiée par MM. Cjeuttdoii et DiLANoiffK* 

NEUVIÈME ÉDITION, 

HEYUE y CORRIGÉE ET AUGMENTÉE DE 1 6,000 ARTICLES EirVIROV, 

PAR imE SOCIÉTÉ DE SAVANS FRANÇAIS ET ÉTRANGERS. 



Atnieus Plato , amitus ArittoteUs , tnagis mmiea Veritas, 

Sniivie de Tables chronologiques, pour réduire en corps dliistoire les articles 

répandus dans ce Dictionnaire. 

Ornés de 1200 portraits en médaillons. 

TOMï^ iXÏI 



^^ '"i'/'w:;x 



V 



PARIS, 



DE L'IMPllIMERIE DE PRUD HOMME FILS. 

1 8 1 o. 



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PORTRAITS 

QUrSB TROUVENT 

•* ' ■ • •" 

A LA FIN DD TOME XII. 



PLANCHE LXIII. 



JVL OLINA ( Louis ) . 
MoNCK (George). 
Montagne (Micl^el}. 
MoNTAGUs ( ladj ). 

MONTAUSIER. 

MoNTCALM ( Lonis-Joseph de ). 
MoNTECucuLLi ( lUimond , 
comte de ). 



I Montesquieu ( Cb. Secondât 
de ). 
MÔNTFAUcoN ( Bernard de ). 

MONTFORT 1*'. 

MoNTLUG (Biaise de ). 
Montmorency (Anne de ). 



PLANCHE LXIV. 



MoNTMORENCT (Henri de). 
Montpensier ( M"* de). 
MoRERi ( Lonis de ). 
Mornat ( Philippe de ). 
MoRus (Thomas). 
MoTHS-X4S<-yAT£R (Fr*.dela) 



MoTHE Piquet ( La ). 
Moulin (Charles du ). 
Mozart ( Ame'dée ) . 
Munich. 
Muratori. 






Nawteuïl ( Robert de ). 
Nassau ( Maurice , prince d'O- 
range ). 
Nassau ( Guîll*». , prince de ) 
Navarre ( Pierre de ). 
Necker IIL 
Néron I". 



MjURi^^Lo ( le peintre ), 

PLANCHE LXV: 
Newton*' • • 



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NicoLLi-y.;] 

Nivelle ( de la' Chaàss^e ). 
NivERNois (Louis-Jules Man- 

cini , duc de ). 
NoLLET ( Tabbé ). 
NoRDEN ( Fréde'ric-Louis }. 



^ J ^ .' 



PLAlNCHE LXVI. 



' iT ^ ^ 



NosTHE ( André Le ). 

Nuuji. 

OCKAM. 

Odespun ^ Louis )• ' 
Odieuvrz. 
QEco]>AMPiki>t ( J««n). 



IOfiiLBi ( Jean ).i 
OliviuÎs. 

OLnrBTCrabMtf). 
O^if (d*J. 
OTHaN(le Grand >. 



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NOUVEAU 



DICTIONNAIRE 




HISTORIQUE. 



MIRA 



MIRA 



*i\l IRAN /célèbre gênerai musul- 
man. Après la xttort de Mahmoud, 
fils de Dafar, roi de la Perse» 
MiraTi rassembla une armée for- 
midable , s'empara d'Arcèche , 
de Moach , de Kldat , €t<ae plu- 
fiienrs autres vilU . si forleresies 
des environs du lac de Van ; il se 
déclara ensuite chahi-armèn , ou 
roi d'Arménie ; il fixa sa rési- 
dence dans la ville de Manaz- 
ghert en 1 1 29. Vikèn , général 
arménien et prince du pays des 
Sassouns , lui déclara bientôt la 
guerre , et par une ruse se rendit 
maître de sa personne. Mais, à 
force d'argent et de promesses , 
3Iiran fut remis sur son trône , et 
conclut un traité d'alliance avec 
Vikèn. Eldegouz , commandant 
des troupes persanes , vint en- 
suite k Cnab de la part du roi de 
Perse ; Miran et le prince armé- 
nien se mirent alors k la tête de 
leurs soldats , ils remportèrent 
une victoire complète sur Elde- 
gouz, et obligèrent le souverain 
de la Perse de conclure avec eux 
un traité de paix. En 1161 Mi- 
ran, fit une expédition Contre la 
ville d'Any , avec une armée de 

T. XII, 



80 mille hommes , et investit 
cette place forte. Korké, roi de 
la Géorgie , à la tête de 7000 sol- 
dats , défit les forces de Miran et 
s'empara de tous les bagas^es , d'a- 
près le rapport de Samuel , chro^ 
nologiste c^ui se trouvoit alors 
dans cette ville , et dont l'ouvrage 
manuscrit est déposé k la Bi- 
bliothèque impériale , n» g6. Mi- 
ran , après avoir réparé se9 per- 
tes , établit des liaisons d'amitié 
avec ses voisins , e^ mourut l'an 
1 1 85 ) en laissant son trdne k Bee- 
tamouk , qui étoit l'intendant de 
sa maison. 

MIRANDE0ttMnLÂ]nK)u. Foj". 
Pic. 

♦ I. MIRANDOLA ( Octave ) , 
chanoine régulier, de Saint- Jean • 
de-Latran , que quelques écri- 
vains appellent Pioraventi , flo- 
rissoit dans le 16* siècle. Il em- 
ploya beaucoup de temps k com- 
piler l'ouvrage suivant : lUustrium 
poëtaium flores per Octtufianum 
Mirandulam collectif et à stU" 
dioso quodam in lo^os communes 
digesti , locupletali, ac summd 



3 MIRA 

dillgentid castigaii , Veneliis , 
i5o7 , in-4" y 1^74 > ^^-^'^ ; Ar- 

*n. MlRANDOiA (Antoine), 
né a Bologne , chanoine régulier 
de Saint - Sauveur , très - versé 
dans la langue hébraïque, occupa 
avec succès plusieurs ûDar||es dans 
son ordre. Amateur de pein!ui*e , 
c'est peut - être à ses encourage- 
mens qu'on doit Le Guerchin. Sli- 
randolu mourut le 21 janvier 1648, 
âgé de 75 ans. On a de lui , I. 
uiurore mariali , Bologne, 1629. 
IL Discorsi saeri , Bologne , 
1629. IlL Lét Ragione di stato 
del présidente délia Giudea nella 
Passione di Cristo , Bologne , 
i63o. IV. L'hosteria del mal 
tempo» Opéra inoride dedîcata al 
&ig. Gio. Frajicesca Banbieri y 
Bologne , 1659. 

•^ MIRASSQN , barnabit» y né. 
à Oltfrcoi et mort en 1767 , est 
aalear des ouriFra^s suivans : 
I. Examen du discours qui a 
remporta le ^rlx de TAcadéiinie 
fi^nçaise en 1 760 ( Véloge de d'A- 
gvtesscau ) , -ou Lettre à M, 2'ho^ 
mas , piXifo&seur nu, collège de 
Bitaïu^ais , tjj^, ia'-ia. IL Jbi- 
nette Levasueur , ^^hamhrière de 
ikan^Jaûques. , à. la femme pfùh- 
sophe , ou Réflexions suv tout le 
monde à tort, 1762, in-12. IIL 
Le Phiiosapé^ wèaresêé , ou C/v- 
tique impartiale du lii^re intitulé 
Sur la destruction des jésuites en 
J^'Yaucè, au Bois- Valen , 1765 , 
in-» 12. iV. Histoire des troubles 
du Beam , au sujetde la religion , 
dans le i*]* siècle \ 1768., in- 12. 

MIRAUMONT (Pierre de), 
conseiller en hc diambi*e du 
trésor à i aris , e€ lieuteodBt de 
la prévdté de Fhdtet , naquit » 
Amiens. Ses ouvrages sont , J. 
'^piginc de& cours sfom^eraines ^ 



MIRE 

Paris, i€i2 , in-8<». IL Mémoires 
sur la prévôté de F hôtel, i6i5 , 
in-80. IIL Traité des chi^ncelle^ 
ries y i6i2, in-8*. Ils sont reni- 
pHs d'éroditioa et de recherches 
curieuses. L'auteiir mourut en 
161 1 , a 60 ans., 

L MIRE ( Aubert le) , Mi- 
rœus , neveu de Jean Le Mire , 
éveque d'Anvers, naquit à Bru- 
xelles en 1573. Albert, archi- 
duc d'Autrîchç , le fit son pre- 
mier aumônier, et son biblio- 
thécaire. Le Mire devint doyen 
de cette église en 1624 > ®* mourut 
à Anvers le 19 octobre 1640, k 
67 ans. «Le Mire, dit Baillel, 
doit en partie sa réputation aux 
matières qu'il a traitées , plutdt 
qu'h la forme qu'il leur a donnée.» 
Quelque prévention qu'on ait 
pour son mérite, les personnes 
éclairées jugent qu'à la vérité il 
était actif, curieux et laborieux i 
tuais peu exact , et quelquefois 
même peu judicieux. On a de lui,> 
L Elogia illustrium Belgii scrip^ 
torum, Anvers, 1699, in-4^. Cd 
livre ne renferme qu& quelques 
circonstanciés et mielques dates 

! ée la vie de ceux dont il fait des 
éloges qRfilquefois outrés. II. 
ff^it»Justi'Lipsii, 1609, in-S» ^ 

, et dans ses Eloges, IIL Origines 
kenedictincB ^ Cologne, 10 14 » 
in-8<^. ïVc Origines carthusia- 
nommi , Cologne , 1609 , in-rd^. 
Le Mir6 a fait sépApément VHis^ 
toire de ¥&rigine des différens 
ordres. Ensuite , il a recneîMi les 
Origines monastiques , en quatre 
livres en latin , Cologne , 1620 ; 
mais cet ouvrage est trop abrégé 
et assez peu soigné. V» Bihlio^ 
tkeea eecfesiasifca ^ 2 vol. in-fol., 
1639 — »649. Le P. Labbe di| 

3ue Le Mire n'est riche que des 
époailles de Bellarmin , aux re- 
cherches dtrquel il n*a ajouté que 
fu^ques fautes. VI.. Opéra kis» 



»• 



MïïlE 

ioHcn et diplomaUca , etc, C*e«t 
vu recueil de chartes et de di- 
plômes sur les Pars-Bas. La oieil- 
leare édition esX de 1724 > P* vol. 
ÎD-fol. , parFoppetis, qui l'a en-^ 
richie de notes , de corrections et 
d'augmentations. Ce recueil a été 
augmenté de deux volumes de 
Supplément , 1734 — i748« VII. 
Reruni Befgicarum cbronicon ; 
ouvragé utile pour l'Histoire des 
Pays-Bas. VïII. De rébus Bolie- 
micis , in-12. 

n. MIRS (Noël le), né à 
Bouen , se distingua dans la gra- 
vure par la délicatesse de son 
burin , et le moelleux de ses 
compositions. Outre un grand 
nomore ^'estampes particulières 
qu'on lui doit , il a orné de ses 
productions les belles éditions de 
Rousseau , de Voltaire , de Boc- 
cace , de La Fontaine , et d*Ovide. 
Ses derniers ouvrages font partie 
de la belle collection intitulée 
Galerie de Florence, Le Mire est 
mort en 1801^ 

*MTRELLO-MORA (Antoine), 
•né a Messine, âori^soit vers 1667 > 
et acquit autant de réputation 
.dans la peinture qu£ oans les 
belles -leitrefi. On a de lui La di- 
vina senia principessa; — Dis- 
corsi dette glorie délia nobile , 
fedele , ed esemplare città di 
Me&sina; Vita del P. Anîonio 
Fegyfio^fondatore délia congre^ 
gazione sotio il tUolo di Oesà e 
. éfaria: Discorso chtfa la lingua 
volgane, do^^e sivede ilsuonas- 
cimenta esêer Siciliano ; Dis-* 
corso ove si mostra , cke la Si- 
cilla sia stata madré non solo 
deUo scn'vere , e poetare f ma 
anche dgila lingua volgure ; 
Due risposte a due lettere di 
D. Diego di Mora^ regio cas» 
telloRO délia cittu di MiUutito ; 
FUa di Guida dette Colonie AfeS' 
^ineêtiVitadi, 2\>mnwso C^ahria, 



MlRï 



3 



Messinese ; Vita di Giûifor^antO' 
nia Fiperano , vesco%fo di Gloi^i» 
nazzo , Messinese j et quelques 
JPoëmes, 

MIREPOIX. rajr, Levw. 

MIREVELT (Michel-JansonJ , 
peintre hollandais, né k Delft 
en i588, mort dans la môme 
ville en 1641, s'est adonné 
principalement ZMportrait , genre 
dans lequel il réussissoit parfai- 
temeut. 11 a aussi représenté des 
Sï^ets etffistoire , des Btifnhô" 
diodes y et des Cuisines pleines de 
gibier : tableaux rarejs^et recher- 
eliés , pour le bon ton de couleur , 
la finesse et la vérité de la touche, 
H laissa un fils , son élève. Le 

MuséeNapoléon possède plusieurs 
de ses tableaux. 

MÏRIS. Faj.mmi$. 

MIRIWEYSS,, fameux tt-- 
helUde Perse, qui, en jyaa , 
^esoul€;vA contre le sophij/étmt 
fils de cet émir , qui «voit «nlevé 
la proviûce de Gandahar au sophi , 
légitime souverain. Il preooit le 
titre de prince de Gauaaharb La 
religion avoit été le poétexte de 
la révolte de l'émir. Il nWoit 
d'autre dessein , disoit-il , que 
d'obliger le sophi k embrasser la 
doctrine de Mahomet , et « ab- 
jurer celle d'Ali. Son fib , qui 
commandoit un coips de douze 
joeuts hommes , remporta la nre^- 
mière victoire sur le sophi , le «S 
niars 1722, et s'empara >àe la 
ville d'Ispahan. Il s'y montra no ii 
seulement un vainqueur cruel , 
maifl un baii)are violateur dn% 
traités que les roi^ de Perse ont 
faits avec les marohands de l'Eu- 
rope , pour la sûreté de leurs 
marchandises. Cette victoire ac^ 
crédita le rdwlle. Il se vitap» 
pujré , en 1724 > du Mogol et éa 
ïisrfv Mai^ les «ffaim «iuo^ 



4 MIRK 

rent 'de face en iyi5» La cour 
ottomane ouvrit les yeux sur les 
ilessins de l'usurpateur , retira 
ses troupes , et commença même 
d*âgir contre lui, Miriwejss fît 
face à tout ; il se défendit contre 
le Turc avec valeur , et remporta 
sur lui plusieurs avantages^ Mais , 
au milieu do ses succès , Eschrcp- 
chan , fils de sa femme, que le 
rebelle avoit enlevée à son mari 
légitime ( prince d'une partie de 
la province de Candahar ), irrité 
de cette insulte , le tua au mois 
d*octota'e.i725. 

t MÏRKHOND , historien per- 
san ,. écrivoit k la fin du 9* siè- 
cle dé lliégiie , c'est-à-dire au 
cominenc(£;ment du i5* siècle de 
notre ère. Son ouvrage , céîèlire . 
dans l'Orient et écrit en langue 
persannev a pour ûtre. Le Jdrdin \ 
de la pureté. ïl est divisé en neuf ; 
parties ,' compris l'introduction j 
etrappendix. Un style sec, peti na- | 
turefet suitihargé île nié ta'ph ores, 1 
des reo its exa gérés ou îs&\x len x , 
des détails oiseux , stériles ou fri- 
voles, point de dév^loppeniens 
.et de suite dans la narration des 
.faiiâ , ' |>eu de poiftraits biea (ra- 
eeset beaucoup de maximes ïri- \ 
viales , voilà ce qui caractérise 
Mirkhond, ainsi que la plupart des 
histori«ni> orientaux. SonouV^âge 
. n^toit CoriTJu que par des «xtH^its • 
inMèlés et informes qu'on trouve 
à la suite de son voyage de Texei-. 
ra,, quand M. Silveslre'de Sacy 
en a traduit, ^t publié la partie qiii 
regarde VHistoir-e des Perses de 
la djrnastie des Samanides* Elle 
est remplie près de la moitié de 
&es Mémoires surdwerses antiqui- 
tés de la Perse , i volume ■io-'4* 5 
à Paris, de l'imprimerie du- Lou- 
vre. 1793^ Cette traduction , bien 
écrite et fidèle image de IWigi- 
nal , fait désirer quele traducteur 
.domi« de même tout l'ouvrage de 



MIR<) 

Mirkhônd. En 178a , avoit parti 
à Vieûne Historiapriorum regurtt 
Persarum , postjirmatum in re^ 
gno Islàmisnium du' même his- 
torien. Mais ce morceau , fort 
court, olFre peu de lumières. 
M. Wjlken a publié pour la pre- 
mière fois , à Gottingue \ eu 
1808, avec une traduction latine 
et des notes , ToriginaL persan 
de VHistoire des Samanides de 
Mirkhônd. 

MIROFLÈDE, Voyez Iwgo- 

9£RGE. 

MIRON (Charles ) fils du pre- 
mier médeciui du roi Henri III , 
nommé par ce prince à l'évêché 
d'Angers , en i588 , à l'âge de 
dix -huit ans , s'en démit, et 
après qu'il eut vécu long - temps 
simple ecclésiastique , le cardinal 
de Uichelieu le fit nommer de 
nouveau évêque d'Angers , en 
i6ui. Louis XIII le transféra 
en i6q6 à l'archevêché de Ljon, 
où il mourut, le 6 août 1628, 
après avoir joui d*une réputation 
qui est -aujourd'hui presqu'enliè-* 
rement éteinte. C'étoit un homme 
d'un génie remuant et inquiet. 
Étant évêque d^ Angers , il s'étoît 
élevé fortement contre les ap* 
pels comme d'abus , et avoit ex- 
communié l'archidiacre de sa c&* 
•thédrale , pour s'être servi de ce 
mo^en contre les procédures; mais 
le parlement de Paris ; par arrél 
de l'an 1623 ,• l'obligea de révo- 
quer cette excommunication, et 
lui défendit de procéder à l'ave- 
nir par de telles voies. — lïy eut 
du même nom deux prévôts à93 
marchands de Paris. Le premier 
{ François ), mort en 1609, magis* 
trat intègre et zélé , acheva l'hô- 
tel de viiïe , et s'opposa, en i6o5, 
à la suppression des rentes sur 
cet hdtel. Le second ( î iubert ) , 
frère du précédent ,- moural fa 



i 



MISS 

1641 9 à soixante et douze ans, 
intendant^ du Languedoc. 

MIROWiTSCH ( BasUe ), 
descêndoit d'un père russe -, qui 
avoit suivi le parti du Cosaque 
Mazeppa , lorsqu'il prît les aruïes 
pour Charles aII , roi de Suède , 
contre le czar Pierre I. Ses biens 
avoieiît été confisques , et Basile 
les réclama avec chaleur auprès 
de l'impératrice Catherine I T. 
jN'ayant pu les obtenir , il cher- 
cha à tirer le prince Iwan de sa 
prison , pour le mettre à la tête 
d'un parti. Sa tentative ne servit 
qu'a taire tuer le prince par sas 
gardiens , et à le faire arrêter 
Fui-Hiôme. Mirowitsch , traduit 
devant une commission composée 
de cinq prélats, de cinq sénateurs 
et de plusieurs ofilciers généraux, 

f^arut devant elle avec tranquîU 
ité , dans l'espoir , dit-on , d'ob- 
tenir sa grâce -, mais , il fut con- 
damné a être décapité , et fut exé- 
cuté le 26 septemhre 1764. 

MISÉRICORDE ( les Filles de 
la ). Voyez Marie Magdei.ein£ de 
^A ÏRiNix^ , n» XXXI V, et Y VAN. 

t MISÏTHÉE, beau -père de 
' rcinpereurGordien,qui se condui- 
sit par ses conseils , et qui lut dut 
toute la prospérité de son règne. Il 
mourut Van 24^ de Jésus-Christ, 
et laissa par son testament tout 
sou bien à la ville do Rome. On 
prétend que sa mort fut hâtée 
par Philippe , qui lui succéda 
dans la charge de préfet du pré- 
toire , et qui fut depuis empe- 
reur. VojeZ GOADIEK , u*» iîl. 

MISRAIM. Vo;fe% Mezraïm. 

fMISSON (Maxîmilieu) brilla 
d'abord au parlement de Paris en 
qualité de conseiller pour les 
^-éfgrmés. Après la révocation dç 



MISS 5 

Tédil de Nantes, il se retira en 
Angleterre , où il fut zélé protes- 
tant. Misson mourutà Ijondres eii 

172 1 , dans un âge assez avancé 
On a de lui , I. tJn livre intituU 
Nouveau f^'oyage ({'Italie . dont 
la meilleure édition est celle de 
La Haye, 170a, en 3 vol. in-12. 
Cet ouvrage > ainsi que tous les 
autres de Misson, est rempli Me 
préventions sur la croyance de 
l'Église romaine, et sur quelques 
pratiques qui ne fontpaii le ioud 
de cette croyance. On y trouve 
d'ailleurs des choses curieuses , 
du savoir, et quelquefois de bonnes 
plaisanteries. A ddisou l'a augmen- 
té d'un quatrième volume , l'aris , 

1722 , moins piquant que les trois 
premiers. Le P. Labat, qui l>]ânîe 
si souvent Misson de chercher 
des bons mots , tâche pourtant 
d'être aussi plaisant que lui , et 
n'y réussit pas toujours. II. Le 
Théalrê sacré des Cevennes , ou 
Récit des prodieres arrivés dan. s 
cette partie du Languedoc, et des 
petits prophètes , Londres, 1707 , 
in-8". Le reproche qu'on a lait k 
l'ouvrage précédent doit être en- 
core appbqp.é à celui-ci. Misson 
étoit né avec beaucoup d'esprit et 
de raison ; mais les malher.rs de 
sa secte changèrent ces qualités 
en enthousiasme. III. Mémoires 
et Observations faites par un 
vojragi'ur en Angleterre , in - 1 2 , 
La lia je, 1698. 

^MISSORIO (Raimond), 
mineur conventuel, né a Barbue 
rano, dans le diocèse de Viterhe, 
le 7 mai 1691 , lut d'abord^ pro- 
fesseur de théologie dogmatique 
k Assise pour les religieux de son 
ordre , leur enseigna le droit ca- 
non au collège d urbin , et pro- 
fessa la théologie morale à l'uni- 
versité de Viterbe , oh il devint 
théologien du cardinal Mich^^l- 
Ange Comli, évoque de cette ville, 



6 MISS 

depuî^ ^^pe sous le nom d'tniio- 
cenl XIII. Devenu professeur d'é- 
loquence h Macéra ta > il .y publia 
en 1^21 la dissertation intitulée 
I>e necessitate ehquentiœ ad 
scientiam universam. Il suivit le 
cardinal Quirini a Venise , et fut 
chargé par cette république de la 
censure des ouvrages livrés à l'im- 
pression. Pendant le séjour qu'il 
y fit , il s'occupa de donner de 
iiOLivelles éditians d'excellensécri- 
' vains. On lui doit celle de Casa 
en i^Si , dcl'Arioste, en 1730, et 
celle , très-belle , de Pierre Bembo 
en 17*29, in'4**« Après avoir en- 
core occupé plusieurs chaires dans 
les principales villes d'Italie , il 
se retira au couveiitde Barbarano, 
sa patrie , où il mourut le 20 sep- 
tembre 1772. On a de lui , I. In- 
genuarum ariium , solidarumque 
scieniinmm theorvmata centum 
siffgufaria , discussa in comitiis 
Romance provinciœ data cuilibet 
oppugnandi Jacidtate , Viterbir , 
1718. IL Ppo inaugurations Be- 
nedicti XIIl P. O. M. oratio , 

Pisauri , 1724* ^l^® ^^^ insérée 
dans le tome II des Prose latine 
dalcuni religiosi di min. conven- 
tu.aHy etc. Wl.DeeloqueîitidFene- 
ti ciVi5,Veneliis, 1 728 .On la trouve 
dans le second volume du même 
ouvrage .IV . Johnn ni Antonio Ruz- 
zeno , patritio Feneto MarcifiUo 
f^pistola poëtica de jstudiis prima 
philosophicBy Veuetiis , 1729. V. 
Vinegia carona poetica di Qui- 
reno Telpuslaco y Venise, i73i. 
VI. In duas celeberrima^ episto- 
las SS, Firmitiani et Cypriani 
adi^ersùs decrctt^^ S. Stepkitni 
papas ly de non iteratulo hxjqreti- 
corum baptismo disputationes 
criticce, etc. In epistolam adPom-^ 
pejum inter Cjpriahicas 74 ad- 
versiis, etc, ^ dissertatio critica, 
çtc, yVeneûïSy 1733, 3 volumes 
in-4**.. VII, De canon i bu s vulgo 
fipQiCQliw ad éditas jam viftdi^ 



MlTÈ 

' cias SS, Cypriani ac Firmilianiy 
etc. dissêrtatio duabus epistolis 
comprehensa , etc., , Venetiis , 
&734* Il a laissé plusieurs ou- 
vrages inédits entre autres celui 
intitulé Sei canti del Paradiso 
terrestre in stilo Dantescoy reci- 
tati in Fenezia nelT accademia 
jélbrizziatusL. 

* MITCHELL ( Joseph ) , fil» 
d'un tailleur de pierres, né au 
nord de la Grande-Bretagne ver» 
1684 ) avec des dispositions pour 
la poésie , vint chercher fortune 
a Londres. 11 &\' concilia la fa- 
veur du comte dfe Stair et de sir 
Robert Walpole , et s'attacha si 
fortement aux intérêts de ce der- 
nier qu'on le uommoit le poëte 
de sir Robert Walpole. Malgré 
les avantages que lui ofTroit l'ap* 
pui d'un tel protecteur, son amour 
pour le plaisir , ses débauches et 
sa dissipation, l'entretinrent toute 
sa vie dans l'état de détresse qui 
résuite ordinairement d'une çqn- 
dùite extravagante. Un héritage 
qui auroit pu améliorer sa sitna- 
tion> etqu'iA eut bientôt dissipé, ne 
fut pour lui qu'un moj^eù de Tag-^ 
graver. Un de ses amis , Aaron 
Uill , n'osant venir à son secours 
d'une manière directe, lui céda le 
bénéfice d'une pièce intitulée La 

fatale extrai*agance , qu'il û% 
jouer sous le nom de Mitcnell , et 
dont le titre sembloit si bien 
adapté à la conduite de ce dernier. 
Ce poëte , que Cibl)er cksse au 
troisième rang, a donné quelques 
pièces dramatiaues et d'autres 
poésies , recueillies , en 1729, en 
deux *voluii>es ija-80. Il mourut 
en 1738. 

* L MITELLI r Augustin) , ex- 
cellent peinti'e de Vécme des Car-, 
radies y né à Bologne en 1609 y 
l'un des meilleurs peintres à fres- 
que d'Italie , comme il paroît par 
le graad nombre ^'ouvrages qu'il 



MITH 

à laisses. Appelé en ËspAgne par 
Philippe IV avec Angiolo Michel 
Coionna son concitoyen , \\ pei- 
gnit dans les jardins , dans les 
galeries et dans les appârtcmens 
des palais de ce monarque ; mais 
accublé par l'excès de ses travanx, 
il mourat a Madrid en 1660. Il 
et oit savant dans la perspective , 
l'architecture, et bon graveur. En 
1645 il gmiifa k l'eau - forte 4^ 
pièces de bordures ou feuillatjes 
tirées dej colonnes qui étoient k 
Bologne dans le fameux portique 
Gozzadini ^ maintenant 'des PP. 
tliéatins. Il grava aussi de son 
im'ention , en 24 pièces , des car- 
touches ^ armes , boucliers , feuil^ 
lages , dédiés au comte François 
Zan>beccari. 

* II. MITELLI (Joseph-Marie) , 
fils du précédent , peintre et gra- 
veur , né à Bologne en 16J4 , 
étudia sous son père et d'autres 
bons maîtres , et devint un excel- 
lent peintre ; mais il se livra le 
plus souvent à ffraptfr à l'eau-Corle 
les ouvrages clés grands maîtres , 
tels que Le Titien , Le Tintoret , 1^ 
Coriège , Paul Véronèse , les Car- 
Taches , Le Guerchin, et autres. 
Il gra\fa aussi d'après ses dessins 
des sujets de caprice, au'il accom- 
pagna de morceaux ce prose et 
de vers écrits avec assez de grâce 
et de sel. Ces ouvrages sont en 
si grand nombre qu'ils forment un 
livre très-volumineux. Il inventa 
des tableaux dont les personnages, 
par les moyens d'une mécanique, 
remnoient les mains, les yeux , 
les pieds , etc. , en s'occupant de 
travaux , de jeux ou d'opérations 
bizarres. Il mourut à Bologne le 
29 janvier 17 18. 

* MITHOfilUS ( Bitrcard), né k 
Hambourg , mort à Munden en 
i565 , enseigna la médecine et les 
mathématiques dans les écoles de 
Vnmversité de Rîsrp urg , et <i\t 



MITH 1 

sitccessiv^ment le titre dé premier 
médecin dans les conrs de Cassel 
et de Brnnswick-Lunebourg. On. 
a de lui Sterpometrin ; Cofhpo^ 
sitio anmili ASir&nomici. — ^Un au* 
tre médecin «le ce nom (Conrad) 
fat aussi , vers le conmiencement 
dn 17* siècle, premier méilecin 
du duc de Brunswick-Ltiiiebourg, 
et écrivit une lettre qui parut à 
Ulm en 16^8, intitulée De atptd 
vitœ juniperind. 

t raTHRIDATE , dit Eîjpatoii , 
roi de Pont , monta sur le tronc 
dans sa 12' année , la laj* avant 
Jésus-Christ, après la mort de 
son père Mîthridaîe-Everçeîe 00 
le Bienfaisant. Confié k des tu- 
teurs ambitieux , il se précau- 
tionna contre le poison qu'iis ad- 
roient pu hii donner , en faisant 
usage tous les jours des venins 
les plus subtils. La chasse et les 
autres exercices violens occupè- 
rent sa jeunesse ; il la passa datïs 
les campagnes et dans les forêts , 
et y contracta une dureté féroce, 
qni dégénéra bienlût en cruauté. 
Laodic<^ Sa sœur, femme d'Aria- 
rathe, roi de Cappadoce , avoiÇ: 
deux eufans qui dévoient hériter 
du trône (lé lenr père : Mitlin- 
date les fil périr, atec tous les 
princes de la famille royale, et 
mit sur le trône nn de ses pro- 

Îires fils , figé de linit ans , sous 
a tutelle de Gordius , l'an de ses 
favoris. Nicomède ^ roi de Bithy- 
nie, Craignant que Milhridatê , 
maître delà Canpadoce, n'eu- 
vâbît ses états, suborna un jeune 
lîomme, afin qu'il se dît troisième 
lils d'Ariarathe , et envoya à 
Rome Laodice, qu'il avoitépoii- 
sée après la mort du roi de Cap- 
padoce , pour assurer le sénai^ 
' qu'elle atort en trois enfans , et 
que celui qui se présentoit étolt 
le troisième. Mitnridaîe usa i\\\ 
nïéiiie stratagème, et çnvoy^ li^ 



8 



MITH 



Rome Gordius , gouverneur de 
son fîls , pour assurer le sénat 
que celui k qui il avoit fait tomber 
}a Cappadoce étoit fils d'Aria- 
rathe. Le sénat, pour les accorder, 
ôta la Cappadoce à Mithridate , 
et la Paphlagonie k Nicomède, et 
décida libres les peuples de 
ces deux provinces. Mais les Cap- 
padociens , ne voulant pas jouir 
de cette liberté , choisirent pour 
roi Ariobarzane, qui dans la suite 
9'opposa aux grands desseins que 
Mithridate avoit sur toute l'Asie. 
Telle fut Torigine de la haine de ce 
roi de Pont contre les Romains. 11 
porta ses armes dans l'Asie mi- 
neure et dans les colonies ro- 
maines , et y exerça par-tout des 
cruautés inouïes. Pour mériter 
de plus en plus la haine de Rome, 
il nt égorger , contre le droit des 
gens , tous les sujets de la répu- 
blique établis en Asie. Plutarque 
fait monter le nombre des vic- 
times a cent cinquante mille; Ap- 
pien le réduit à quatre- vingt mille. 
Plutarque n'est pas crojable , et 
Applen même exagère. Il n'est 
pas vraisemblable que tant de ci- 
toyens romains demeurassent dans 
l'Asie mineure , où ils avoient 
alors très - peu d'établissemens. 
Mais , Quand ce nombre seroit 
réduit à la moitié, Mitliridate n'en 
seroit pas moins odieux. Tous les 
historiens conviennent que le 
massacre fut général , que ni les 
iëmmes ni les enfans ne furent 
épargnés. Aquilius , personnage 
ronsnlaire^ chef des commissaires 
roinains , fait prisonnier par Mi- 
tliridate, fjit conduit k Pergame , 
cru ce prince lui lit verser ge l'or 
fondu dans la bouche , « pour 
Tenger , disoit-il , les Pergamiens 
de 1 avarice des Romains. » SyUa, 
envoyé contré lui , remporta , 
proche d'Athènes , une première 
victoire sur Archélaûs, l'un de ses 

Iféacraax, Une autie défaite suivit 



MITH 

de près celle-là, et fit perdre au 
roi de Pont la Grèce , la Ma- 
cédoine , l'Ionie , et toutes ses 
conquêtes en général. Plus de 
deux cent mille' de ses soldats 
périrent dans ces difiërentes ajou- 
tions. Aussi malheureux sur mer 
que sur terre , il fut battu dans 
un combat naval , et perdit tous 
ses vaisseaux. Toute la Grèce 
rentra sous Pobéissance des Ro- 
mains. Plusieurs peuples d'Asie y 
irrités contre le monarque vain- 
cu , secouèrent sou joug tyranni- 
que. Cette suite d'advei:sités di- 
minua l'orgueil de Mithridate ; 
il demanda la paix, et on la lui 
accorda Tau 84 avant J. G. Les 
articles du traité portoient qu'il 
paieroit les frais de la gueire, 
et qu'il se bomeroit aux étals 
dont il avoit hérité de son père. 
Le roi de Pont ne se hâta point 
de ratifier ce traité ignumiuieux. 
Il travailla sourdement k se i'aire 
des alliés et des soldats. Ses for- 
ces , jointes k celles de Tigraue 
roi d'Arménie , sou beau-père , 
formèrent une armée de qua- 
rante mille 'hommes de pied et 
de seize mille chevaux. 11 conquit 
sur la république toute la Bitliy- 
nie , et avec d'autant plus de ia<- 
cilité , que , depuis la dernière 
paix faite avec lui, on avoit rs^p- 
pclé en Europe la meilleure par- 
tie des légions. LucuUus , consul 
cette année , vole au se,cours de 
l'Asie. Mithridate assiégeoit Cy- 
zique dans la Propontide : le con- 
sul romain l'assiégea dans i>on 
camp. La famine et la maladie 
s'y mirent bientôt , et Mitliri- 
date fut obligé de prendre la 
fuite. Une flotte qu'il envoyoit 
en Italie fut détruite dans deux 
combats, l'an 87. Désespéré de 
la perte de ses forces maritimes , 
il se retire dans le sein de san 
royaume : Lucollus Vy poursuit, 
*^(^ porte la gucnç. Le lyi cl« 



MITB 

Pont le battit d'abord dans deux 
combats ; mais il fiit entièrement 
iranicu dans un troisième, {yoy, 
B^RÉNiGE- , n« \l\,ei Monophile.) Il 
n'évita d'être pris que par l'avi- 
dité des soldats romains , qui s'a- 
musèrent k dépouiller -un mulet 
chargé d'or qui se, trouva près 
de lui par hasard , ou plutôt k 
dessein , si l'on en croit Cicéron, 
qui compare cette fuite de Mi- 
tbridajite a celle de Méd<^e. Le 
vaincu , désespérant de sauver 
ses états , se retira chez Tigrane , 

3 m ne voulut pas le voir , de peur 
'irriter les rVomains. Dans la 
crainte que les vainqueurs n'at- 
tentassent k l'honneur de ses ïem- 
nies et de ses soeurs , il leur en- 
voj^a signifier de se donner la 
mort. Monime , une de ses lém- 
mes , essaya de s'étrangler avec 
son bandeau royal , et ne pou- 
vant y réussir, elle présenta son 
sein au fer des satellites. Glabrio 
ayant été envoyé k la place de 
LucuUus , ce changement fut 
très - avantageux k Mithridate , 
qui recouvra presque tout son 
royaume. Pompée s'offrit pour le 
combattre , et le vainquit auprès 
de l'Ëuphrate , l'an 65 avant Jé- 
sus-Christ. 11 étoit nuit quand 
les deux armées se rencontrè- 
rent ;^la lune éclairoit les com- 
battans ; comme les Romains l'a- 
voient k dos , elle alongeoit leurs 
ombres : de façon que les Asiati- 
ques, qui les croyoïent plus pro- 
ches , tirèrent de trop loin , et 
usèrent vainement leurs flèches. 
Mithridate , intrépide daus ce dé- 
couragement général , s'ouvrit un 
passage k la tête de huit cents 
chevaux , dont trois cents seule- 
ment échappèrent avec lui. Ti- 
grane , auquel il demanda un 
asUe , le lui ayant refusé , il passa 
chez les Scythes , qui le reçurent 
Avec plus d'humanité que son 
}>e^u-pére. Assuré de leur«tl«- 



MITH 9 

chement , il forma des projets 
plus dignes d'un grand cœur que 
d'un esprit sage. Il se proposa 
de pénetier par terre en Italie , 
avec les forces de ses nouveaux 
alliés , et d'aller attaquer les 
Romains dans le centre de leur 
empile. Il fut bientôt détrompé 
des espérances qu'il avoit con- 
çues SI légèrement : les soldats , 
épouvantés , refusèrent de s'ex- 
poser de nouveau. Dans cetfe 
extrémité , ^il envoya demand<*r 
la paix k Pompée , mais par des 
ambcissadeurs. Le général ro- 
main auroit voulu qu'il l'eût, de- 
mandée lui-même en personne , 
et toutes ses prières furent inu- 
tiles. Le désespoir prit alors chez 
lui la place d'un vain désir de 

Ï)aix : il ne pensa plus qu'k périr 
es armes k la main. Mais ses 
sujets , qui ai ni oient plus la vie 
que la gloire , proclamèrent roi 
Pharnaiîe sou fils. Ce père inlbr- 
tiiné lui demanda la permission 
d'aller passer le reste ae ses jours 
hors de ses états qu'il lui ravit. 
I^e fils dénaturé lui refusa cette 
dernière consolation , et pro- 
nonça contre l'auteur de sa vie 
ces horribles paroles : « Qu'il 
meure ! » Mithridate , pour com- 
ble d'horreur , les entend sortir 
de la bouche de son fils ; et trans- 

f»orté de douleur et de rage, il 
ui répond par cette imprécation : 
(( Puisse - ta ouïr un jour de la 
bouche de te» enfans ce que la 
tienne prononce maintenant con- 
tre ton père ! . . . » 11 passe ensuite 
tout furieux dans l'appartement 
-de la reine , lui fait avaler du 
poison et en prend lui-même; 
mais le trop fréquent usage qu'il 
avoit fait des antidotes , et sur- 
tout de celui qui porte son nom , 
eu empêcha l'effet. Le fer dont 
il se irappa k l'instant d'une main 
caduque et mal assurée ne Tayant 
blessé que légèrement ^ un oiU- 



lo MITT 

eier gaulois lai rendit , a 9A ptîk* 
te, le funeste service de Tache- 
ver y Tan 64 avant Jésus-Christ. 
Maître d'un grand état, tour- 
menté d'une ambition sans bor- 
nes , joignant à beaucoup de va- 
kîur du génie el de Fexpérience , 
actif et capable des plus" vastes 
desseins , il anroit fait trembler ' 
Rome , s'il n'avoit eu à combat- 
ire les Sjrlla , les LucuUus et les 
Pompée, Il soutint vingt ans la 
guerre contre lès Romains à di- 
verses fois, et la dernière dura 
onze années. Il cultiva les lettres 
au milieu de la guerre , et il les 
anroit protégées dans la paix ; 
mais il ne fut presque jamais 
tranquille. 

MITOUARD ( N. ) , de l'aca- 
démie de Madrid , démonstrateur 
de chimie, et premier apothicaire 
de Louis xVï , mort en iyS6 , 
a publié peu d^ouv rages ; mais , 
de concert avec Macquer , il a 
fait en chimie plusieurs expë^ 
rlences utiles et curieuses , dont 
ce dernier fait mention dans ses 
écrits. 

* MITTARELU (Jean-Benoît), 
'moine camaldule , né à Ve- 
nise le 2 septembre 1708 , fut en 
1752 professeur de philosophie 
et de théologie an monastère de 
^aint-Michei à Venise. Nommé 
maître des novices , il exerça cet 
emploi jusqu'en 1747 » époqu^ a 
laquelle il se rendit à Faenza , en 
qualité de chancelier de sa con- 
gi'égation. C'éèt k cette époque , 
qu'en faisant des recherches' dans 
les titres des divers convens de 
cette ville , il forma le projet d'é- 
crire les Annali camaldoiesi , 
qu'il publia ^ aidé du P. Anselme 
Costadpni, en 1773. En 1766^11 
fut élu abbé de son crrdre dans 
Tétat de Venise, et chargé par 
luHe da goirvèniçiiLeiit dn m^ 



MITT 

nastère de Saint-MiiiheL'Nbmnié 
abbé -général de son ordre eii 
1764 9 il se rendit a Rome auprès 
de Clément XIIÏ , qui Thonora 
d'une bienveillance particulière 
et de son estime; mais à peine le 
temps de sa dignité fut-il écoule y' 

3 D'il se retira» dans son monastère 
e Saint -Michel , où il termina 
ses jours le i4 août 1777. Parmi 
les ouvrages qu'il a publiés , on 
remarque les suivans : I. Mémo- 
rie délia vita di S. Parisio , mo- 
naco camaldolese , e del monas- 
tero di SS, Cristina e Parisia 
di Treifiso, raccolte da un monaco 
camaldolese, Venise, 174^' ^* 
Memorie del monistero délia san^ 
tissima Tririità'in Faenza , Faen- 
za , 1749» III* '4nnales camaldU" 
lenses ordinis S, Benedicti ab 
anno 907 ad annum 1764» (juibus 
plura intersemntur tum cœteras 
italico-monasticas. res , tum his- 
toriam ecclesiasticam , rémque 
diplomaticam illustrantia , Z>. 
Johanne Benedictù Mittarellî , et 
D, Anselmo Costadoni^ presby- 
te ri s et monachis e congregatione 
camaldùlensi auctoribus , Vetie- 
tiis , 1773 , 9 volumes in-folio. 
Le P. Mittarelli prit pour mo- 
dèle de ses annales celles de Ma- 
billon. IV. Ad seriptores rerum 
Italicarum CL Muratorii accès- 
siones hisforiœ Faventinœ , etc , 
Venetiis , 1771. V. De Littera- 
turtf FavefUinorum , sive de vins 
doetis , et scriptoribus urbis Fet- 
pentina, appendix ad accessiones 
kistoricas Faventinas , Venetiis » 
1775. Vï. Bibliotheea codicum 
manuscriptorum S, Michaelis Ve- 
netiarufh prope Murianum unk 
cum appendice librorum impres- 
sorunt scecuH XiT, opus postkik- 
mu/fij etc., Venetiis, 1779- 

*MÏTTIÉ (Jean- Stanislas), 
doctenr -régent de l'ancienne fa^ 
oalté de médeeinc àé Partir ^ 



/ 



MITT 

membre de l'académie . rojaîe 
des sciences et belles- lettres de 
PîaDd , médecm ordinaire du feu 
roi Stanislas , né à Paris - en 
1727 , y dëcéda en 1795 , âge de 
6» ans ; il rénnissoit des con- 
Boissances très-étendues en chi- 
mie , en botanique, «n anatomie, 
et en général dans toutes les 
parties qui constituent l'habile 
praticien. Ce médecin littérateur 
nous a laissé les ouvrages sui- 
vans : I. Traitemens dès maladies 
vénériennes avec les végétaïut , 
sur des soldats dans t hôpital mi- 
Uf^aire de Grenoble , faits et pu- 
bliés par ordi'e du roi en 1789. 
II. Suite de Faitiologie de la sa* 
livation , ou Explication des in- 
con^niens attachés au mer^ 
eure administré en friction et 
enjumigation , etc. , etc. III. Ré- 
flexions sur les inconvéniens des 
différentes méthodes de traiter 
les maladies vénériennes , ete^ 

IV. Lettres à la faculté de méde- 
cine , au collège de chirurgie , à 
r académie des sciences , etc. 

V. Objections contre rasage du 
mercure , avec des réflexions sur 
Terreur , Tignoratice , le faux 
préjugé et In mauvaise foi de ses 
partisans, VL Lettre à MM, les 
rédacteurs delà Gazette de santé ^ 
avec un précis des traitemens 
fûts avec les végétaua: etc. Vfl. 

Réponses à une lettre de M. Cro- 
baré, et aux interprétations de 
M. Bâcher , etc. Vlïl. Obser- 
vations sommaires sur tous les 
traitemens des maladies véné- 
riennes j etc:, etc. Tel est l'a- 
brégé des divers ouvrages de ce 
célèbre médecin, qui a combattu 
pendant 4o ^^^ ^ous les empi* 
tiques et les partisans du mer- 
cure. Le traitement végétal que 
de longues expériences et une 
connoissance approfondie de son 
ért lui aToient fait adopter , a sau- 
té de 1% douleur m^ graod nombre 



MI2A ti 

de victime». Nous termmerond 
cette courte notice par citer Jei 
vers que feu Tabbé Porqnet , ins- 
tituteur de M. de Bouflers , mem-^ 
bre de l'académie française , 
adressa au docteur Mittié': 

MIttié , ta fait U guerre à ton* let aanx ^ 
Comaie ton c^eur i'a faite à tons les «ices. 
M-4i5 poui chanter tes généreux services. 
Tes soins laborieux ^ tes utiles irav;<uz , 
Et tes succès enfin, que ne suis-fe un Orphée! 
L*ttnivefs connoltroit tes nobles eentimens^ 
Et tout mortel , instmit 4e tes rares ta^ns, 

T'^le veroit en son coeur un trophée. 
La terre préttf en vain son mari»re et ses 
métaux 
Pour ëierniéer un hérol ' 

Qui i« plus isonvent îa détdlt : 
Du genre humain le tendre ansl 
Seul devroii en être l'idole 
£t subsister autant que lui. 

♦MIVERIUS (Daniel), doc* 
teur en médecine aîi i6* sièclo, 
et médecin pensionnaire de la 
ville de Tergoes en Zélande. 
Henri Smet, qui a recueilli ses A?f- 
tres médicinales et les a insérées 
dans ses Miscellanea , imprimés 
il FrilMcfort en 161 1 , in -8", as- 
sure que Mivérius éloit autant 
versé dans les connoissances ma- 
thématiques que dans celles de 
son art. Ce médecin a encore 
publié Apohgia pro Philippo 
LansbergiOy Mittelburgi , 1607 , 
in-a». 

MIVION , habile ciseleur et 
orfèvre du pays de Lièçe > mort 
dans le 16* siècle , a fait la belle 
statue en argent de Saint Joseph, 

3tte les connoissenrs admirotent 
ans l'église de Saint -Lambert 
k Liège. 

t MIZAULD (Antoine), en 
latin Mizatdus , médecin de la 
tille de Montluçon dans le Bour- 
bonnais , au I(eu d'exercer sa 
profession , voulut^tre prophète , 
a^strologue , et le Matthieu Laens* 
ber^ de ;oii temps. On « de lui 



la MIZA 

«n grand nombre d'ouvrages p€il 
dignes jd'être tirés de l!çabli , s'ils 
ne renfe rnioienl quelque*.^ traits 
Curieux et singuliers, qu'il'i'aut 
démêler à travers les mensonges 
que lui dictaient une crédulité 
aveugle et luie démangeaison 
extraordinaire k débiter des 
fadaises. On en peut juger par 
celle-ci : « Il couseiile , pour 
éviter la grêle , de présenter lyi 
iniroir à la nuée lorsqu'elle ap- 
proche ; en se vojanl si laide , 
elle reculera d'eûroi , ou , trom- 
pée par sa propre image , elle 
croira voir une autre nuée à qui 
elle cédera la place. » La Mon- 
noie dit « qu'il a fait en latin des 
fautes qu'on ne pardonneroit pas 
h. un écolier de ciuquième. » Ses 
principaux ou\ rages sont, I. Phce-^ 
emmena , seu temporum signa , 
iu-^** , traduits en français , sous 
le ùlveàeMirouerclu temSy 1047, 
,i»^-i)*> II. LêC Mirouer de Vair^ 
i548 , in-b^. 111. Secrets de la 
lune , 1670 , in-^. De son ma- 
riage avec le soleil résull^ , sui- 
vant l'auteur, sa très-grande in- 
fluence sur tou« les corps, et 
jusque sur les pierres détaille, 
ïS. HoHus medicus ^ i566, in •8*'. 
V. Nos^a et mira artificia compa- 
randorum frucluum. Ces deux 
écrits de Mizauld sont ceux où 
Ton trouve plus de choses rai- 
sonnables et utiles. VL Planetolo- 
gia , in-4'*. VII. Cometographia, 
VllI. tlarmonia cœlesttum cor- 
porumel humanorutn, traduite en 
français par de Montlyard, i58o, 
.in-8<>. IX. De c^canis tuiturœ , 
iu-S**. X. Epîtemerides aeris par- 
pctuee y ïn-S'*, XI. Methodica peS' 
lis descriptio , ejus prœcautio et 
saîutaris cwna^/o, traduite en fran- 
çais, i562 , in-So. WL OpuscU'- 
luni de remedicd^ Côloçiae, 1077, 
in-B". XIII. HorlQrwn sécréta et 
uuxiUa , i5y5 , in-S". L'auteur 
.Tavoit. publié en ï56q «ous ce 



MLEH 

titre : Secretorum agri enchiridio 
et hortorum cuUura , in-8«. Cet 
écrivain bizarre mourut, à Paris 
en 1578 , dans un âge avancé. ■ 

* MJEJ , prince du canton de 
Ketîouny dans la grande Armé- 
nie , descendoit d'une illustre fa- 
mille de ce pays , et avoit acquis 
de la renommée par son courage 
et par ses connoissances dans 
l'art de la guene. En -5 16, les 
Huns , après avoir ravagé la Cap- 
padoce, les côtes «du Pont-Eu- 
xin et autres provinces de l'em- 
pire grec , entrèrent en Arménie. 
Pourzân , gouverneur - général 
dans ce pays de la part d^ la 
Perse , ne pouvant point s'op- 
poser contre la force et l'audace 
de ces hordes de barbares, prit 
la fuite , et se sauva dans des en- 
droits inaccessibles. Mjej , pour 
défendre sa principauté , se pré- 
senta à l'ennemi à la tête .d'une 
armée , leur livra bataille au 
pied du Sassoen , et parvint k 
mettre la confusion parmi eux ," et 
remporta une victoire complète. 
Le roi de Perse-, instruit de 
ces faits , lui confia le gouverne- 
ment général d'Arménie, et le 
chargea du commandemeut de 
ses armées. Mjej administra ce 
pays, et entretint des relations 
avec les princes voisins, parti- 
culièrement avec l'empereur Justi- 
nien de Thracé , et mouruten 548 , 
après 'avoir gouverné pendant 
3o ans. 

* MliEH , prince R^pénien , 
et fils de Léon premier , un des 
plus grands guerriers de son siè- 
cle. Opprimés par les vexations 
des Tai-tares , les habilans de 
Kessonn , de Behesnyr et d'au.- 
tres villes situées sur les rives 
occidentales de l'Euphrate , ia- 
vitèrent , en ii57, ^® prince^ 
Etienne , ûère de Mleli , pouç \er 



MLEH 

nir à leur secours , et les délivrer' 
de la main des barbares. Ce 
prince j- envoya une armée d'Ar- 
méniens , et i! partit avec ses ai^ 
des - de-ca mp ; Antionic Eupher- 
pène, commandaDt des troupes 
grecques dans l'Asie mineure, le 
surprit dans son voyage , et par 
une lâche trahison il commit sur 
la personne de ce prince une ac- 
tion barbare , le fît rôtir tout vi- 
vant sur une grille ardente , vers 
la fin de l'an iiSy. Mleh, qui a voit 
alors le commandement des trou- 
pes de son autre frère Toros II , 
roi arménien en Cilicie , se mit 
a la tête de son année , fondît 
dans les états de l'empereur , ra- 
vagea tout le pays , et passa au 
fil de l'épéé tous les principaux 
personnages de cette nation, for- 
ma une escadre nombreuse , fit 
une descente dans l'île de Chypre, 
pilla toutes ses provinces , et 
coupa le nez où les oreilles à 
tous les chefs de ces contrées. Il 
les mit tout défigurée dans un 
grand vaisseau, il les envoya à 
Constantinople ; et lui , chargé de 
richesses immenses , retourna en 
Cilicie en 1 158. Manuel I" , em- 
pereur de Byzance, étonné de 
ces événemens , envoya une ar- 
mée puissante contre les Armé- 
niens , sons lès ordt^es de Michel 
Vemaz. On donna bientôt des 
batailles sanglantes sur les fron- 
tières dlsaûrîe ; le général &rec 
se battit en héros , mais il ne 
put résister long-temps contre Tau- 
dacedeMieh. Son aniaée fut dé- 
faite et prit la fuite. L'empereur 
irrité envoya une seconde armée 
plus nombreuse que la première , 
et en donna le commandement 
il Antronic Eupherpène , l'assas- 
sin dupnoce Etienne. Mais Mleh 
se battit contre celui-ci avec bien 
plus d'acharnement ; il tailla en 
pièces la plupart de ses troupes , 
mt dix'mille prisonniers dans une 



MOAB i3 

seule journée , et le réduisit^ à 
l'extrémité. îje général erec de- 
manda alors une paix a toutes 
conditions. Mleh ne voulat point 
accepter ses offi-es, et se décida de 
poursuivre ses conquêtes. Mlais 
Antronic demauda l'intercession 
de Baudouin , roi de Jérusa- 
lem ; i) chercha à se justi6er du 
crime d'assassinat; et à force de 
trésors il parvint k conclure Une 
paix. A la suite de querelles sérieu- 
ses avec son frère Torus II , Mleh 
quitta la Cilicie en i iSg , et alla 
à Alep auprès de l'émir Nou- 
ridin, qui étoit son ami. En 1169 
il y revint k la tète d'une ar.aée 
nombreuse, s'empara de la Ci- 
licie , et la gouverna pendant 
cinq ans , jusqu'à sa mort , Tan 
1174. 

MNEMOSYNE , déesse de la 
MEMOIRE. Jupiter l'aima tendre- 
ment , et eut d'elle les neuf Mu- 
ses. Elle en accoucha sur le mont 
Piérus. Cette fable est philoso- 
phique. Les déesses des beaux- 
arts , toutes filles de Mémoire 
prouvent que sans mémoire on 
ne peut nourrir son esprit ni for- 
tifier son jugement. 

I. MNESTHÉE. f^ez Menés- 

n. MNESTHÉE , affranchi de 
l'empereur Aurélien , fut cause 
de la H^ort de son maître, ^o/. 
Aurélien , n° L 

MOAB» né de l'inceste de 
Loth avec sa fille aînée , vers 
Tan 1897 avant Jésus- Christ , 
fut père des Moabites , qui ha- 
bitèrent k l'orient du Jourdain 
et de la mer Morte , sur le fleuve 
Amou. Les fils de Moab con- 
quirent ce pays sur les géans £n;i- 
cim ; et les Amorrhéens , dans 
la suite , en reprirent una partie 
sur lei Moabites. 



ï4 



MOAV 



M O A V l A s ou MoAvu , gé- 
néral du calirt; Othaïaii , vers 
Faa 643 de Jésus -Christ , fit 
beaucoup de ooaquétes , et ven- 
.g^a la mort de ce prince. Il ob- 
tint le calfat par la ruse iugé- 
nieuse d^Mnoo ( Forez ce 
mol. ) Ce prince , recfoutaà>le 
à Tcinpire d'Orient , avoit d'a- 
bord fait un traité avec l'em- 
pereur Constont 1 1 y maiij ii le 
.rompit dès quo son fils Cons- 
tantiii-Po^onat l'ut monté sur le 
trdne. Il envoya , en ^ji , une 
.puissaDte flotte pour assiéger 
.Constontinople j le projet de 
ce siège fut moins inspiré par 
.l'espoir du butin, dont il étoit 
cependant Ibrt avide , que par 
,Ia promesse, du pardon général 
des péchés accordés par Ma- 
homet à ceux qui se rendroient 
maîtres delà capitale des Césars. 
Le siège , tantôt ralenti , tantôt 
•poussé avec vigueur , dura sept 
années. Les détails en sont peu 
connus^ mais on sait que deux 
choses contribuèrent beaucoup 
aux mauvais succès des Arabes. 
11$ abandonnoient chaque année 
leurs travaux au mois de sep- 
tembre , et hivcmoient a Cy- 
rique , dont ils s'étoient empa- 
rés ; ainsi les assiégés . avaient 
le temps de réparer leurs brè- 
(phes , et de remplir ioni:s nuava- 
«ins. En second beu , le teu 
Grégepis , inventé depuis peu 

Ï)ar Caixiniqub {y oyez ce mot ) , 
eur fournit un nouveau moyen 
de défense. Après sept ans cl'ef- 
forts inutiles , les Arabes levè- 
rent le siège de Constantinople , 
et faute de vaisseaux , trente 
mille d'entre cuxprireiit par terre 
la route de la Syrie. Une tem- 

fête fracassa ^ sur les côtes de la 
amphilie, une partie des navires 
de Ceux qui s'étoient embarqués^ 
' et trois généraux grecs taillèrent 
en pièces l'armée de tenre. Le 



MO.CC 

ealife Mosrvias , forcé de d«na»^ 
der ia paix y ne l'obtint qu'en 
payant à Tempereur d'Orient 
nn tribut annuel de trois mille 
livres d'or. Un nouvel ennemi 
le rendit plus facile à souscrire 
ce traité honleax. Des milliers de 
chrétiens en Syrie abhorrant le 
joug des Sarrasins , et ayant 
trouvé dans les rochers et ïéa 
caf^eriies du mont Liban un asile 
pour la liberté , mirent à leur léte 
un riche citoyen , appelé Jo« 
seph , qui s'étoit emparé peu de 
temps avant de Biblos. Ijes Ma- 
ronites ( c'étoit le nom que por- 
toient les chrétiens du Liban ) , 
remportèrent sous cet homme 
courageux et sous ses successeurs 
divers avantages sur les Sarrasins. 
Moavias ne put leur opposer que 
des forces impuissantes ; il mou- 
rut en 6do , l'année qui suivit sa 
paix avec l'empereur d'Orient. 
Le califat jusqu'à lui avoit été 
^électif, il le rendit héréditaire eu 
faveur de son fils Zezid. C'est 
Moavias, qui , s'étant rendu maî- 
tre de l'île de Rhodes, l'année 
667 , fit briser le célèbre colosse 
du soleil , dtt sculpteur Charès , 
et en fit porter les morceaux à 
Alexandrie sur neuf c^its cha- 
meaux.... Voyez aussi l'articie 
Mahomet , n» I ( le Prophète ) , 
vers la fin. 

* L MOCCIA (Jean-Simon ), 
célèbre ar-chiteete napoUtain » 
considéré et estimé d'Odtave 
Aquaviva , archevêque de Na- 
ples , et du pacte Paul Y, donna , 
en 1600 , le pian et dirigea- la 
construction de l'église du Saint- 
Ëàprit. 

*U. MOCCIA (Pierpc-Nicolas), 

dievalier napolitain , vivoit dans 

le 16* siècle. On a iie lui 181 

traité De feudia , qui se trouve 

à iasttittt de Jacobwùo • de fi^an- 



MO CE 

fidSy imprimé ^ Cologne en ïSqk» 
in-8«, 

* m. MOCCIA ( Charles- An- 
toine ) , INapolitain , et peut-être 
de la même famille que les pré- 
cédens , vivoit dans le 17* siècle. 
On a de lui Sîii^a cc^suwnforen- 
siuih 5 atque in prxixi quotidiè 
occurrenlium , Neapoli , i649 > 
in- fol. ^ 

* I V. MOCCIA ( Jean ) , de 
Naples , secrétaire du cardinal 
Jncqnes des Ursins , suivit la 
eour pontificale k Avignon , re- 
tourna avec elle en Italie , et se 
retira ensuite dans sa patrie. Il 
vivoit vers la fin du i\* siècle. 
Quelques Essais de ses poésies 
lettines , tirés d'un manuscrit 
d'une des bibliothèques de Flo- 
rence , ont été publiés par l'abbé 
Mehus dans la Vie d*Ambrogio 
le camaldule , et dans celle de 
Xiapo Castigiionckio -, Florence y 
1755. 

I. MOCENIGO (Louis) , noble 
Vénitien , d'une famille illustre 
qui a donné plusieurs doges à 
^ patrie , obtint cette dignité en 
1570. Il se ligua avec le pape et 
ies Espagnols contre li(s Turcs 
aui avoiefnt pris Tile de Chjrpre. 
Sébastien Veneri cbmmandoit les 
galères de la républiaue ; Marc- 
Antoine Colonne , celles de TÉ- 
glise ; €% Don Juan d'Autriche , 
celles du roi d'Espagne. L'armée 
chrétienne gagna la célèbre ba- 
taille de Lépante le 7 octobre 
^ Tan 1571. Louis Mocénigo 
mourut Tan iSn^ , «près avoir 
gouverné avec beaucoup de pru- 
dence et de boubenr. — Un de 
«es descendans, Sébastien Mo- 
pBNiGO , qui avoit été provédi- 
leur- général de la mer , gêné* 
rai de la Dalmatie , et commis- 
saire plénipotentiaire de la ré- { 
publique pour U règlement des i 



MOCH , i5 

limites avec les commissaires 
turcs, fut élu doge le 28 aoât 
1733 , et soutint avec honneur 
la gloire de sonnonu Q moui'ul 
en 175^. 

♦ n. MOCENIGO (André), 
patricien de Venise , florissoit 
vers l'an iS'X'X. Il joignoit à unç 
profonde érudition un jugement 
sain. La république l'employa 
avec succès dans plusieurs négo- 
ciations importantes. 11 a écrit en 
latin la Guerre de la ligue d^ 
Cambrai , dans laquelle la répu- 
blique étoit entrée sous le titre 
de Andreœ Mocenigi beUum Car 
meracense ^\eïïçi\\Sy iSîfeS. Quoi- 
que le style manque d'élégance , 
le ton de vérité qui règne dans 
cette histoire , et Pexactitude des 
faits , la firent rechercher. L'abbé 
Dubos en a beaucoup profité» 
Mocénigo avoit i^ussi composé un 
poëtne en vers latins sur la guerre 
que Venise avoit soutenue contre 
Bajazet II en i5oo. Ce poëmt 
est perdu. On a encore ae lui , 
Pantodapon et Penfateuchon , 
Venetiis*, i5ii, 

♦m. MOCENIGO (Jacques et 
Thomas). Ces deux frères delà 
même famille , tous les deux poè- 
tes , vivoient dans le i6*- siècle. 
hejsrs poésies, répandues ^ans les 
recueils du temps , furent pour la 
première fois réunies par Jean 
Mocénigo , patricien de Venise , 
qui les lit imprimer k Brescia en 
1750 , et qui les enrichit d'une 
notice sur ces deux poètes. 

*MOCHI (François), seulptenr, 
né en i58o au Mont-Varchi , châ- 
teau du com^é de Florence , ap- 
prit le dessin sous Santi di Tito , 
peintre assez estimé de son temps. 
Camille Mariani lui apprit à mo- 
deler et k manier le ciseau. Mo^ 
dû ail» 4 Rom» BOttd le p<»itiflçat 



l 



6 



MiODÉ* 



de Clément VIIÎ , et y demeura 
assez de temps pour y laisser un 
grand nombre ae raonumens qui 
attestent son habileté et ses ta- 
lens : parmi ses ouvrages on cite 
Sainte- P^éronique , dans le jubé 
du Vatican ; Saikte-tMarthe <^ à 
Saint-André de la Vallée ; Saint- 
Pierre et Saint^Paul, a la porte 
du Peuple , dont le plan et les 
dessins sont de Buonaroti , Tar- 
chilecture de Batnoci , et l'exécu- 
lion du cavalier Bernini : ce mo- 
^ Hument fut élevé par Alexandre VI 
à l'occasion de l'entrée de la reine 
de Suède a Rome. On voit aussi 
quelques-uns de ses ouvrafres à 
Sainte-M a rie-Majeure et à Saint- 
Jean des Florentins ; mais ceux 
qui lui assurent un rang distingué 
parmi les artistes sont deux sta- 
tues de bronze, dont l'une est 
celle du duc Alexandre , et l'au- 
tre du duc Ranuccio Famesi, que 
l'on admire dans la place de 
Plaisance. Il fit aussi deux sta- 
tues pour Téglise cathédrale d'Or- 
vietlo, savoir TAnge Gabriel , et 
la Vierge de l'Annonciation. Ce 
sculpteur mourut en 1646 , âgé 
de 06 ans.\ 

MODEL (N... ) , docteur en 
médecine, n^à Neustodt en Fran-* 
conie , passé en Russie Fan 
1^3^ , eut la direction desapothi- 
cai reries impériales , fut reçu 
dans plusieurs académies , et 
mourut à Petersbourg le 3 avril 
17^5, à 64iuis. Il a publié plu- 
sieurs ouvrages de chimie et d'é- 
conomie , que M. Parmentier a 
traduits en français sous le titre 
de Récréations physiques, écono- 
somiques et chimiques . Paris , 
U774 j 2 vol. in-8". 

MODÈNE. Voyez Àlfonse 
d'Est , n^- XV et XVI , et les 
Tables chronologiques. 

t MODESTUS , abbé du mo- 



MOEÔ 

nastère de Sainte- Théodose, pni* 
évêque de Jérusalem en 602 , 
connu par des Homélies dont 
Photius a donné des extraits. Il 
mourut l'an 655. 

t MODREVIUS ( André-Fri- 
cius ) , secrétaire de Sigismond- 
Anguste , roi de Pologne, au mi- 
lieu du i6* siècle , avoît beau- 
coup d*esprit ; mais il le désho- 
nora , dicendo quœ non o/fortuit , 
scribendo quœ fion licuit , agemîo 
quœ non decuit. Son Traité de 
la Reforme de Vétat le fit chas*^ 
ser âe Pologne et dépouiller de 
ses biens. Il flotta toute, sa vie 
entre les sociniens et les Intlié- 
riens, et finit par éta'e méprisé des 
uns et des autres.Il travailla beau- 
coup à réunir toutes les sociétés 
chrétiennes en une même cpni- 
ro union. Son principal ouvrage , 
De repuhlicd emenaanda^ Baie » 
1569 , in-folio , est en cinq livres. 
Le premier traite De moribus ; 
le second , De legibus ; le troi- 
sième. De bello ; le quatrième , 
De JScclesid; et le cinquième , 
De schold. L'esprit républicain 
dicta cet ouvrage- ; mais ce n'est 
pas toujours le goût qui l'a dirigé. 
Son traité De origifialipeccato , 
i562, in-4" , renferme beaucoup. 
de choses qui dans le temps pa- 
rurent^ hardies. 

t I. MOEBIUS (Godefroi)., 
professeur de médecine à lène , 
premier médecin de, Frédéric - 
Guillaume , électeur de Brande- 
bourg, d'Auguste , duc de Saxe , 
et de Guillaume , d^ic de Saxe- 
Weimar, né à Laucha en Tha- 
ringe l'an i6ti , mourut en 1664 
à Hall en Saxe , après avoir publié 
plusieurs ouif rages de médecine j 
qui prouvent qu'il avoit autant 
étudié la nature que les livres. 
Les principaux sont ,1. Lesjon- 
dttmens physiologique^ deîamé^ 



MOÉÔ 

iieciné , 1678 , m-4'. II« Be tu- 
sage du foie et de la bile, III. 
'Abrégé des Elémens de médecine ^ 
lène, 1690 , in-foL^ ouvrage su- 
perficiel. IV. Anatomie du cam- 
phre , lène > 1660 , in-4". Tous ces 
ouvrages sont en Utiti. — Gode- 
froi MoBBitJS , son fils y médecin 
comme lui $ a donné Synopsis 
medicinœ practicœ y 1667 > ii^-^oL 

IL MOËBIUS (George) , théo- 
iogien luthérien, professeur de 
théologie à Leipsick, né aussi 
k Laucha en ïhuringe , Tan 
1616 , mourut, le 28 novembre 
1697. On a de loi un grand 
nombre d'ouvrages en latin. Le 
plus connu est sou traité De Vori- 
gine , de la propagation et de la 
durée, des oracles des païens , 
contre Vandale. Le P. Baltus a 
profité de cet ouvrage , dans sa 
jréiutation des Oracles de Fonte- 
nelie. On y remarque une grande 
érudition» 

♦ MOEGLING ( Louis ) j pro- 
fesseur dans l'université de Tu- 
hingen , en Suabe ^ a publié en 
i68o un traité intitulé Palingene- 
sis , seu resurf^ctio plaHiarUm , 
jusque ad resurrectionem corpo- 
mm nostromm. implication L'au- 
teur montre un symbole frappant 
de la résurrection , oii une plante, 
une flear quelconque , réduite eu 
cendre , se représente aux yeux 
dans sa première forme , et avec 
toutes se» couleurs. Le P. Kir- 
cher a traité le même sujet dans 
son Mundus subterraneus , t. II ^ 
p« 4^4 9 ^^ termine les réflexions 
qu'il fait nattre de la manière 
suivante : £dtculentissimum sanè 
argumenium quo corporum nos» 
trorum ^fiUuram , ressuscitatio" 
nem humani imhecilUtas intellect 
iâs aUauo modo per ejusmodi 
ambratilem simiUtudinefn «^/i- 
cipiat» 
r* xiu 



MÔER t7 

♦ MOëHRING ( Paul - Henri- 
Gérard) , conseiller aulique du 
prince d'Auhalt , membre de l'a- 
cadémie des sciences de Péters- 
bourg et autres sociétés savantes » 
moK le a8 octobre 1795, âgé 
de 83 ans , connu par plusieurs 
Dissertations de médecine et 
d'histoire naturelle. \ 

♦ MOELLENBROCK (Valteti- 
tin-André ) , né à Ërfurt , et mort 
à Hall en 1675 , professa la mé- 
decine d^tis sa villç natale , et fut 
ensuite exercer sa profession en 
Saxe. Outre les observations dont 
Moellenbrock a enrichi les Mé- 
moires de l'Acadénvie des curieux 
de là iiature , sous le nom de Pé<» 
gaze P' ,04. lui doit , I. Medulla 
totius praxeos apkoristicuj Ërfur^ 
ti , i656 , in-4°< IL De varisseu 
arthritide vag/f scorbutic^^ Ualae, 
1661 , in-8» ; Lipsiae , i663 , 1672 , 
in-^**, etc. 

t MOENIUS ( Caïus) , célèbre 
consul romain , vainqueur de) 
anciens Latins , fut le premier 
qui attacha , près de la tribune 
aux harangues , les becs et les 
éperons des navires enjevés k VeU'^ 
nemi, ce qui fit donner à cette 
tribune le ilom de Rostrui 11 avoit 
remporté une célèbre victoire na- 
vale l'an 338 avant Jésus-ChrbC* 

t MOERBEGA ( Guillaume > , 
né vers l'an it2i5 à Meerbeeck > 
près de Ninove , dans le Brabant, 
se fit dominicain , et te disciple 
d'Albert-le-tiraod. Il deviut en- 
suite chapelain et pénitencier des 
papes Clément IV et Gréeoire X. 
Celui-ci l'envoya au seeonu concile 
général de Lyou, l'an 1274* II 
obtint l'archevêché de Corinthe 
( alors sous la domination des 
Vénitiens), et les honneur^ du 
Pallium* On croit qu'il mourut 
avant la fin du i3* siècle* On a 
de lui une Traduction latine dut 



l 



f 



iS 



MOET 



k 



Commentaire de Simplicius , sûr 
les livres d'Aristote , du Ciel et 
de la Terre ^ Venise , i563, inr 
fol. n trae&iisit tous les ouvrages 
d'Aristote k la sollicitation de 
saint Thomas. On conserve d^ns 
plusieurs bibliothèques cette ver- 
sion manuscrite » ae même que 
celle des ouvrages de Proclus le 
philosophe. 

MOESTLIN (Michel) , cé- 
lèbre mathématicien , mort en 
i65q à Heidelberç, après j avoir 
long -temps enseigne les hautes 
sciences > découvrit le premier la 
raison de cette foible lumière 
qui paroi t sur la partie de la 
lune qui n'est point éclairée du 
soleil avant et après sa conjonc- 
tion. 



* MOET ( Jetti-Pîerre ) , mort 
h Versailles en ido6, a l'âge de 
86 ans , est auteur des ouvrages 
suiyans : I. Code de Cythère »,ou 
lÀt de justice t^ amour , Paris , 
1746 , I vol. in-ia. H. Cciwer- 
sation de Ik marauise de * '^ * 
avec sa nièce nouvellement arri-- 
¥ée de propince , ouvrage pos» 
thume de Madame L'^'^'^^ re- 
eneilli par M*'^* 9 Anuterdam* 
( Strasbourg ) , 1753 , in-»«. III, 
Traité de la culture des renùncu^ 
les y des œillets , des auricules , 
des tulipes y et des jacinthes , 
Paris , 1754 > 2 vol. in-ia. IV* La 
Félicité mise à la portée de tous 
les hommes , Paris 9 tj^ 9 i vol. 
in- 12. V- Une Traduction- da 
nouveau volume ou supplément 
du Spectateur , ou le Socrate 
moderne, Paris , t755. VI. La 
France littéraire , Paris , 1769. 
Vn. Lucina sine concubitu , Lu- 
cine afiranchie des lois du con- 
cours , traduit de l'anglais d'A- 
braham Johnson, 1760^ in-ia. 
VIIL II a donné une nouvelle 
Édition de l'ouvrage de Ghorier > 



MOGï 

intitulé J, Meursii èlegantice 
latini sermonis , Paris, 1757, 
in-S"* , et ,une édition des quatre 
derniers vohimes du Moreri es- 
pagnol , etc. Entre- plusieurs 
manuscrits, Moet a laissé une 
Traduction française des Œu- 
vres latines de Swenderborg, con- 
seiller des mines en Suèue. 11 
a laissé en outre une Collection 
précieuse de médailles , dans la 
connoissance desquelles il étoit 
très-versé. 

"" MOtîGl ( Moggio de ) , âfo- 
dius , de Parme , poète latin , 
contemporain de Pétrarque, qui 
le prit en amitié , et le plaça 
auprès d'Azzoda Gorreggio , en 
qualité de secrétaire, naquit vers 
l'an i35o.Corregeioajrant éprouvé 
des malheurs , Moggi ne raban- 
donna point , et suivit sa mau- 
vaise iortune. Après la mort 
même de son patron , arrivée à 
Milan en i364 , u ne voulut point 
se séparer de sa veuve et de ses 
enfans, avec lesquels il retourna à 
Parme , et s'établit avec eux sur 
le territoire de ce duché ^ où il 
vivoit encore en i3do. Outre 
quelques iE)7/if/v5 et des Poésies 
fatines , on a de Moggi deux 
Poèmes ; l'un élégiaque , de 62 
vers , composé en i36o pour 
un mariage ; l'autre en vers hé- 
roïques sur la mort d'Azzo da 
Gorreggio , lidressé à Pétrar- 
que. 



* MOGISLAS (Pierre), évéoue 
de Kiovie, dans le i6« siècle, 
aftteor de la Confession orth&^ 
doxe de FEglise - catholique et' 
apoétoUque ttorient , rédigée- 
originairement en langue ruase , 
dans un concile provmoal tenu 
àKiovîe , et qui est un précis au- 
thentique de la doctrine de l'E- 
fflise grecque^ Gette confession 
fut traduite en grec» publiée » 



i 



MOGU 

Approuvée et adoptée Tan i6iS 
|>ar Parthénms , patriarche de 
Constantinople, et tous les autres 
patriarches grecs.. Elle fut depuis 
unpfimëe en grec et en latin aux 
dépens de Tanagîota , interprète 
du grand-seigneur , homme cé- 
lèbre par son opulence et sa li- 
Béralité , qui la ht distribuer gra* 
tuitemeut aux chrétiens grecs , 
et l'on y joignit uae lettre de re- 
commandation , composée par 
fitéctaire, patiiarche de Jérusalem. 

^ MO GUES, sedisaatpropaga'' 
leur des' droits de Thomme^ fut 
envoyé , en 1793 , par le comité 
de salut public , près l'armée de 
f ouest et dans les départemens 
voisins; ilparcouroit les villes et les 
campagnes , diçtoit des lois aux 
autorités civiles et militfiires , 
donnoit l'impulsion , imprimoit 
par-tout la terreur, et faisoit exé- 
cuter les mesures révolutionnaires 
9vec la dernière rigueur. Il fut 
chargé de beaucoup d'autres 
missions , notamment dans le 
département des Ardennes , oii il 
dénonça son ancien ami Vibert, 
de Rhétel , qui lui «voit envoyé 
çonfidentiéliemént son opinion en 
faveur de Louis XYI , qui venok 
d'être conduit au Temple. Cette 
ppiniou » imprimée k Coarleville, 
XI a voit pas été publiée ^ et l'au- 
teur n'en avoit communiqué que 
l'exemplaire qui causa sa mort. 
Mogués fut lui-même dénoncé plu- 
sieurs fois à la convention \ mais 
^a faveur auprès des comités du 
gouvernement le mit k couvert. 
Cependant, en 1795, après la 
chute de la Montagne , la eon- 
ventioa le fit traduire devfitnt le 
tribunal criminel des Ardennes , 
qui lè condamna 4 mort , u com • 
me ajapt fait assassiner juridi- 
quement la municipalité de Sedan 
pendant la terreur, v II fut exé- 
cuté k Mézières. 



MOHA 19 

♦ MOHAJÉRY ( A'bd-Al-Ra- 
hym Al-Bâny Al ) , poète arabe , 
florissoitk Damas en Sj^rie dans 
le i5' siècle de l'hégire, ou le 1 1« 
de notre ère, C'étoit le Pope de- 
sa patriç , enfermant un beau 

Sénie dans un petit corps tout 
iÔbrme. Ses ennemis , c est-k- 
dire les petits esprits jaloux de. 
ses talens , ne manquant jamais 
de le railler sur cette disgrâce de 
la nature , il ne répondit k leurs 
sarcasmes que par un distique oii 
il disoit :. « Quoique l'on trouve 
les perles enveloppées d'une vile; 
mous2»e , les pertes sont précieu- 
ses , même aux yeux des rois ;. 
mais la chenille , malgré les belles 
couleurs de sa robe , est foulée 
aux pieds des esclaves. » Il ex- 
celloit dans la poésie héroïque , 
et a composé un grand nombre 
de Pièces de ce genre , recueillies 
dans un Dyouâa , que l'on con- 
serve k la bibliothèque de TEscu- 
rial. 

♦ L MOHAMMED/ Abou^Bekr j 
El- Azdy Ehn Doréya , né k Bas- 
çorah , Tan de rfiégire îia3-835 
de J. C, mort k Bagdad eu 
32i''933, auteur arabe cél^re , 
jouissoit parmi ses compatriotes 
de la réputation d'un desi nommes 
les plus instruits qu'il y ait eu 
dans leur littérature. Il écrivoit eu 
prose et en vers avec une égal^ 
pureté , et a laissé de nombreux 
om^Ms^s tous également estimés. 
Les plus connus sont, I. UAs" 
semblée royale , poème k la 
louange d'Abou Mykhayl El-Sel- 
jôuky. On le trouve manuscrit 
dans la bibliothèque de l'Escu- 
rial. II. Dictionnaire arabe , 3 
vol. in-folio » manuscrit dans la 
bibliothèque de L^de« III. Dic-^ 
tionnaire historique des tribus pt 
des Jamilîes arahes , manuscrit 
dans la même bibliothèque. IV.- 
Un poëms iutitidé Magçàurah j 



ào MOHE 

inanuscnt dans les bibliotlièquçs 
de Paris , de iRome , d'Oxford , 
de Leyde et autres. Il a été le su- 
jet d'une foule de commentaires 
plus ou moins estimés. On a im- 
primé plusieurs fois le Magçôu- 
rah , dont la meilleure édition 
est celle derHaitsm, 1773 , avec 
les Scolies de BLhalôuyeh et de 
Lakhamytah ; mais celle de lîar- 
dervik, 1786, lui est de beaucoup 
supérieure sous les rapports typo- 
graphiques. L'une et 1 autre sont, 
accompagnées de la version la- 
tine. Ce A/agçourah se compose 
de plusieurs autres petits poèmes 
appelles QuasçffUih, dont tous les 
■vers* commencent et finissent par 
une même lettre. Mohammed , fils 
de Doréyd , a encore composé 
sur difiérens sujets plusieurs 
Poèmes , dont deux se trouvent 
manuscrits à la-bibliotbèque im- 
périale de Paris. 

II. MOHAMMED. Ployez Amin- 
ben-Haroun. 

♦ MOHEDANO (les frères 
Raphaël et Pierre Rodriguez ) > 
savans religieux de l'ordre de 
Sainte-François , membres de l'a- 
cadémie d'mstoire de Madrid , 
nés dans l'Andalousie vers l'an- 
née 1730, montrèrent de bonne 
beure un même goût pour la 
science et les belles-lettres , et 
voulurent partager ensemble le 
suffrage de la postérité. Exempts 
des préjugés de leur ordre , ils 
s'occupèrent de la réforme des 
études monacales , et c'est k leur 
sollicitude qu^on y établit des 
chaires d« mathématiques, de phy- 
sique expérimentale et des langu es 
grecque , hébraïque et arabe. Ils 
achetèrent des dictionnaires, des 
grammaires , et autres livres élé- 
iTteataires de toutes ces langues, 
et les distribuèrent gratuitement 
h\xx professeurs et aux élèves. 



MOHE 

Vers 1776 ils obtinrent la pet** 
mission d'envoyer à Madrid en- 
core deux religieux de l'ordre 
Ï)our s'y perfectionner, sous le cé- 
èbre professeur Cassiri , dans 
les langues hébraïque et arabe. 
Les frères Mohedano, dévoient 
s'attendre aux contradictions et 
aux difficultés que leur zèle pa- 
triotiquepGur les progrès des lu- 
mières eii Espagne leur attira. Ce- 
pendant ils eurent la satisfac- 
tion de voir leurs travaux cou- 
ronnés du succès, et même de 
mériter des témoignages d'es- 
time de Charles III. Ce monar- 
que les gratifia d'une pension 
ae 1000 ducats , à titre de ré- 
compense et de dédommage- 
ment de leur sacrifices. Ces deux 
auteurs moururent à Grenade 
vers 1800. Ils nous ont laissé 
une Histoire littéraire de VEspa-^ 
gne y origine , progrès , déca- 
dence et restauration de la litté^ 
rature espagnole dans le temps 
des Phéniciens , des Carthagi- 
nois , des Romains , des Gotlis , 
€les Arabes et des rois catholi" 
ques , ai^ec les Vies des hom- 
mes illustres de cette nation , et 
la critique de leurs ouvrages , 9 
vol. 10-4** • Ils furent imprimés k 
Madrid en 1766, et années sui- 
vantes. En 1789 lès frères Mohe- 
dano avoient déjà mis la der- 
nière main a d'autres ouvrages , 
dont les principaux sont , I. -3f/?o- 
logie de ta nation espagnole con- 
tre quelques auteurs modernes et 
étrangers. II. Réflexions sur la, 
littérature espagnole des trois 
derniers siècles , comparée avec 
In française et celle des autres 
nations, III. Dissertation sur 
Phistoire de f Espagne du /*, 
Mariahtty et les éditions qu'on 
en a données. IV. Dissertation 
historique et géographique sur 
les Celtes et d'autres peuples qui 
habitèrent l'Espagne , contre les 



MOHT 

opinions de quelques modernes, / 
(Jn ignore si ces ouvrages oat été ] 
imprimés. 

* MOmiAMMED . HACHEM , 
a donné en persan une Histoire 
des gra^dâ Moghols , intitulée 
Tarykh-MontekIieb'Lubdb , c'est- 
à-dire Extrait , ou abrégé pur 
et authentique^ Cet ouvrage ira- 
portant passe rapidement sur le 
règne de Timur et de ses des- 
cendans , commence proprement 
à celui de Bâbour , qui fit en 
Tan 95a de Théçire ( 1 5a5 - 6 ) 
la conquête de Tlndostan , et 
finit à Fan ii3o ( 1677) , sous le 
règne de Mohhammed Chah. Il 
se trouve à la bibliothèque impé- 
riale de France , sous le n** 70 
des manuscrits persans , et 
forme un assez gros volovie , petit 
in-folio. 

* MOHT ( Henri ) , dît Ericius 
Mohyus , né au pays de Liège > 

' sur les frontières du Luxembourg» 
s'appliqua à Tétude de la méde- 
cine , y fit de grands progrès, et 
la pratiqua avec réputation de- 

fuis environ i Ga o j usqu'çn 1 654* 
1 est auteur des ouvrages sui- 
vans : I. Tertianœ crisis , qud 
D, D, Pétri Barbœ^proîo-mediciy 
praxis curandfè tertianœ , et Vo" 
piscUFortunati Plempii , professo^ 
ris Louaniensis primarii^ animad" 
versio discutitur , ac légitima de^ 
mhm terliaiue curatio exponitur^ 
Lovanii , 164^ , in-4*'- IL Pulvis 
sympateUcus quo vuinera sanan- 
tur absque medicamenti ad par- 
tem affèctam applicatione et su- 
perstitions , i654 > in-4'* » sans 
nom de villç ni d'imprimeur. Cet 
ouvrage , qui n'est pas sans mé- 
rite , renferme des paradoxes et 
des traits de charlatanisme qu'on 
est fôché de rencontrer dans une 
leile production. 

* MOHT ou MoTH { Paul ) , né 



MOIB aj 

il Slensbourg en Danemarck Fan 
1600 , reçut lé bonnet de ddc— 
teur a Bâle , revint dans sa ville 
natale , et s'y distingua par des 
succès brillans dans la pratique 
delà médecine. Après avoir fait 
preuve de talent a Lubeck , à 
Odensée > dans 111e de Fionie , il 
arriva en i65i à Copenhague ^ 
fut choisi par le roi Frédéric lit 
pour son premier médecin , et 
mourut en 1670. Le seul ouvrage 
qu'on connoisse de Moht est uoe 
observation chirurgicale , intitulée 
Casus chirurgicus perjbrati tho' 
racis , Halhia: , i656 , i658, 
1661 , in-4*. 

♦ MOIBAN (Jean), n^ i 
Breslau , capitale de la Silésie , 
en 1607 , étudia d'abord la mé- 
deohie en Allemagne , et voyagea 
ensuite en Italie. La pénétration 
de s6n génie , la justesse de son 
discernement , et son assiduité 
aux leçons des plus habiles pro- 
fesseurs , augmentèrent la masse 
de ses connoissances au point 
que, de retour dans sa patrie , la 
ville d'Ansbourg se l'attacha par 
des appointemens considérables. 
Instruit dans les langues savantes, 
et très-laborieux , MoibaH , après 
avoir restitué le sens de quelques 

Îiassages d'Hippocrate et de Ga- 
ien, et traauit Dioscoride en 
partie , se dispose it à donner 
diffërens ouvrages de sa compo- 
sition , quand la mort le frappa 
en i562. Nous n'avons de lui que 
ce qui suit : Pedacii Dioscoridis 
ad Andromachimi de curationi- 
bus morborum per medicamenta 
paratu Jacilia libri duo , primitmr 
grcecè editipartim à /. Moibano, 
partim , post ejus mortem , d 
Conràdo Gesnero in linguam 
latinam conversi , a^ectis ab 
utroque interprète symphoniis 
Galeni et aliorum > Argentorati ^ 
i565 , in-S». \ 



aa 



MOIN 



V 



I I. MOINE ( Jean le ) , dojétf 
^e Bàyeux, et enfin cardinal , né 
h Cressi en Ponthiea, fût aim^ 
et estimé da pape Boniface VII , 
^ui Tenvoja en qualité de légat 
en France , Tan i5o3 , pendant 
5on démêlé avec le roi Phi- 
lippe-l&'ëel. Le Moine brava son 
îsouverain , et se fit mépriser par 
les bons Français. Il mourut k 
Avignon en i3i3 , après avoir 
fondé k Paris le collège qui porte 
son nom. On a de lui un Cam- 
pientaire sur les décrétâles , ma- 
tière qu'il possédoit à fond., 

t.II. MOINE (Etienne lô) ^ 
Ininistre de la religion réformée , 
tié a Caen Tan 1624 > mort le 3 
atvrjl 16S9 , très-habile dans les 
langues grecque et latine, ainsi 
rue dans les langues orientales ^ 
|)rofessa la théologie k Lejde 
avec beaucoup de réputation. 
.On a de lui plusieurs Disser- 
t liions y imprimées dans son re- 
çue ji intitulé ^aria Sacra y i685, 
2 vol. in-4* , et quelques autres 
ouvrages. Ce fut lui qui pubha , 
Je premier, le livre de Nilus 
Doxopatrius , touchant les cinq 
patriarcats. 

III. MOINE ( Fierre le ) , né 
,k Chaumont en Bassigni Fan 

}6oa , inort a Paris le ^4 août 
1672, k 70 ans,- enira chez les 
j (^suites , et parvint aux emplois 
de cette compagnie. 11 est prin- 
cipalement connu par ses vers 
français'', recueillis en 1671 en 
un volume in-folio. Le P. Le 
Moine est le premier Hes poètes 
trançais de la fameuse société 
oui se soit fait un nom dans ce 
.genre d'écrire. On ne peut dis- 
convenir que ce poète n'ait de 
,1a verve et un génie élevé ; mais 
i>on imagination Tentraîne sou- 
Vent trop loin : jugement qu'on 
doit appliquer 9ur - tout a son 



Pôênie de SaM-Louis, Ses ou-» 
vrages en vers sont , I. Le Triorà-* 
pJie de Louis XIII, II. La France 
guérie élans le rétMissement der 
ia sanié du roi. IIL Les hymne f 
de la sagesse et de t amour de 
Dieu; \es peintures morales y etc. 

IV. Un Recueil de vers théolù- 
gigues , héroïques et mcfraux^ 

V. Les Entretiens poétiques. Oa 
y trouve des choses qui auroient^ 
paru hardies dans nos poète» 
modernes , entré autres ce mor- 
ceau où la doctrine de la tolé-*. 
tance est mise en assez bùii)» 
vers : 

Dieu, connue le loIrîlyrempUt 4« ses 1»cmtéii^ . 
Les lieux désert* , non earoiti^qtte les licox 
baifttés* 



Celui qui s*est soumis au culte tfe la crôiz^ 
Celui qui du Talmud suit les bizarres lois. , 
Le Maure , le païen , le Turc «r le brach^ 

mane ^ 
Le pur et le sottillé, le saint et le profane , 
Suiets à sa conduite , et noarris par se* 

soin» j 
Le trouvent toujours prit à reiopllr leui» 

besoins. 
• *.•••• ••••••• 

Aux coofses du pirate H prlte ses étoUes p 
•Il lut prête les^venci qui remplissent se» 

voiles ; 
Et la mer, comme IttI, sert sans distinctio» 
, Le dévot de la Mecque et celui doSion , etc. 

VI. Saint^LoUis ou ta Couronne 
t*econquise sur les infidèles , poë" 
me divisé en dix->huit livres , etc. 
'Despréaux^ consulté sur ce poète, 
répondit « qu'il étcHt trop foçt 
"pour qu'il en dit du bien , et trop 
poëtç pour qu'il en dit du mal. » 
Un étranger diioit de nos poèmes 
'épiques : « Lé Mojse sauvé d« 
Saint-Amaud est un poëme bas et 
rampant ; le Clovis de Oesmarais ,- 
poëme sec et plat'; la Pucelle de 
Chafpelain , poëme dur et glacé; 
TAlâric de Seudéri , poème fan- 
faron ; le Gharlemagne de Lé La*«^ 
bonreur , poème lâche et san» 
poésie ; le Childebrand de Carely 
poëfne aussi barbare que le non» 









da héros ; le Saint-Paulin de Per- 
rault, poëme doucereux; le Saint» 
Louis du P. Le Moine, poëme 
hyperbolique et plein d'un feu 
déréglé. » Pour aétinir le P. Le; 
Moine en deux mots : c'étoit uni 
homme de collège , qui avoit une 
imagination ardente , mais sans 
goût , et qui , loin de maîtriser 
son génie impétueux , s'y Uvroit 
sans réserve. De Ik ces figuresi 
. gigantesques , cél entassement 
de métaphores , ces antithèses 
outrées, ces expressions empha- 
tiques , etc. Ce jésuite dit quel- 
que part « que l'eau de la rivière 
au bord de laquelle il avoit com- 
posé ses vers étoit si propre à 
laire des poètes , que , si l'on en 
avoit fait de Teau - bénite , elle 
n'auroit pas chassé le démon de 
la poésie.^. » La prose du P. Le 
Moine a le même caractère que 
ses vers ; elle est brillante et am- 
poulée. Le P. Senault de TOra* 
toire disoit de lui « que c'étoit 
Balzac en habit de théâtre. » Ses 
ouvrages , dans ce dernier genre 
sont , I. La Dévotion aisée , Pa- 
ris , i65a , in-8<* ; livre singu- 
lier , qui produisit plus de plai- 
santeries que de conversions. II. 
Pensées morales. On peut voi^y 
sur ces deux Hvres , les neuvième 
et dixième Lettres provinciales. 
II L Un petit Traité de t His- 
toire , in-i!2 , oii il j a des traits 
Ïûquans et curieux , et quelques 
ieux communs. IV. - Une aiaii- 
Taise satire , mêlée de vers et 
de prose, sous le titre A^Etrille 
du Pégase janséniste. V. Le Ta» 
bleau des passions. VI. La Ga>* 
lerie des femmes-fortes ^ in-fol. 
etîn-112. Vll. Uh Manifeste apo- 
logétique pour les jésuites , în-S*. 
ViU. Quelques autres ouvrages 
qui ne mènent pas une atten- 
tion particuKère. Ix.^ On a aussi 
de lui , en manuscrit , une Vie 
du cardinal de Richelieu. 



MOIN 



35 

t rV. MOINE ( François le )* , 
peintre , né k Paris en 1688 , prit 
les premiers principes- de son 
art sous Gallocne , professeur de 
l'acsdémié de peinture.' De ra- 
pides auccès justifièrent le mérite 
du niaitre fct de l'élève. Les ou- 
vrages du Guide , de Carle-rMa- 
ratte , ,et de Pierre de Cortonc f. 
furent ceux auxquels il s'attacha 
d'une manière pVs perticulière. 
I) remporta plusieurs prix k Fa- 
cadéime , et entra dans ce oerp» 
en 17 1&. Un amateur qui par- 
toit pour l'Italie Temmena avec 
lui. 11 n'y resta qu'une année; 
mais les études continueBes qu'il 
y fît d'après les plus grands^ maî- 
tres rélevèrent au premier rang* 
Il revint en France avec une ré- 
putation formée. Le Moine avoit 
un génie qui .le porCoit a entrer 
prendre les grandes madiines. Il 
s'étoit dé)k distingué , avant son 
voyage , par les peintures qu'il 
fit au piafond du choeur dans ré- 
glise des Jacobins , au faubourg 
Saint-Germain. On le choisit Dour 
peindre k fresque la coupoleoe 1« 
charpeHe de la Vierge , a Saint- 
Salpice. Il s'acquitta de ce grand 
morceiMi avec une supériorité qur 
(rappa tous les connoisseurs. Un 
ne (Toit pourtaill pas dissimuler 
que les>ngures tombent ,^ parce 
qu'elles ne sont pas en perspecv 
tive. Le Moine apportoit au tra- 
vail une activité et une assiduité 
qui altérèrent beaucoup sa santé ; 
il peignoit fort avant dan» la 
nuit , k la lumière d'une lajnpe. 
La gène d'avoir eu le corpus ren- 
versé pendant les sept années 
qu'il, ero^ploya aux plafonds de 
Saint- Sulpice et de Versailles; 
la perte qu'il fit alors de sa 
femme ; quelques jalousies de 
ses confrères ; beaucoup d'am> 
bition ; enfin le èhagrin de voir 
qu'on ne Inî avoit pas accordé , 
en lui donnant le titre de pre- 



H 



MOIN 



mier peintre de S. Majesté , avec 
une pension de qiiatre mi lie livres, 
)es avantages dont Charles Le 
Srun avoit joui autrefois dans cette 
place : toutes ces circonstances 
irëunies dérangèrent son esprit. 
5a folie étpit mélancolique ; il 
ce faisoi^t' lire l'Histoire romaine^ 
' et lorsque quelque Romain s'é^ 
toit tué , ils'écrioit : « Ah •' la helle 
TPKotX ! » Il étoit dans un de ses 
accès de frénésie , lorsque M. 
Berge , avec qui ii avoit fait le 
yo^ge dltalie ,' vint le matii^ , 
suivant leur convention , afin de 
l'emmener k la campagne , oh 
cet ami avoit dessein de lui faire 
prendre les remè^des nécessaires 
pour recouvrer sa santé. Le Moine, 
hors de lui ^ même , entendant 
frapper , croit que ce sont des 
arcners qui viennent le saisir ; 
aussitôt il s'enferme , et se perce 
de neuf coups d'épée* Dans cet 
état, il eut assez de force pour 
se traîner h la porte et l'ouvrir ; 
niais à l'instant u tombe sans vie , 

le 4 jï^iQ \7^7* ^ Moine avoit 
un amour-propre excessif, qui 
]e rendoit jalo.ux et satirique. 
Ildéchiroitsui^tout ses confrères ; 
ce qui donna occasion à l'un d'eux 
de lui dire : « Vous qui peignez 
$i bien , comment ignorez-vous 
que ce sont les ombrés qui font 
yaloir les clairs. » Comme il se 
plaignoit sans cesse au ducd'Ajen 
que son plafond dUerçule n'a- 
voit pas été assez pajé , « Vou- 
driez^yous , lui répondit le duc , 
- qu'on payât vos ouvrages comme 
$1 vous étiez mort ? » Le Moine 
avoit un pinceau doux et gracieux, 
une touche fine. Il donnoit beau- 
coup d'agrément et d'expression 
à ses têtes , de la force et de Tac- 
tivité )i ses tefnres* Son chef- 
^^œuvre est la composition du 
grand salon qui est a l'entrée des 
appartemens de Versailles. Ce 



MGIN 

iT Hercule. Toutes les 6gares <!• 
cette grande. production ont un 
mouvement, un caractère et une 
variété surprenante ; la fraîcheur 
du coloris, la savante distriba- ' 
tion de la lumière , Tenthou- 
siasme de la composition , s'y 
font tour - à - tour admirer, lie 
cardinal de Fleury , frappé' de la 
beauté de ce plafond, ne put s'em- 
pêcher de di|p un )Qur , en sor- 
tant de la ^esse avec le roi^ 
or J'ai toujours pensé que ce mor- 
ceau gâteroit tout Versailles.» — » 
Il ne faut pas le confondre avec 
Jean - Louis Le Moine , célèbre 
sculpteur de Paris, mort en 1755, 
à 90 ans ; ni avec Jeau-Baptîste 
Le Moine , fils de Jean - Louis« 
Ce dernier, mort à Paris en 1778, 
est connu par la statue équestre 
de Louis XV à Bordeaux , et 
par sa statue équestre a Reims. 
ïj autel de Saint-Jean-en-Grève, le 
tombeaU; de Mignard ) celui du 
cardinal deFleury, spntde beaux 
monumens de cet artiste* Ils son^ 
au Musée des monumens fran- 
çais. L'académie française, qui 
avoit reçu (le lui plusieurs bustes 
d'académiciens , l'honora d'une 
médaille d'or. Ses vertus éga-s 
Iqient ses talens. Son père ajrant 
étié ruiné par Te système , il le 
soutint par ses travaux. II étoit 
de l'académie de peintore. Il 1^ 
lai.ssé pluâeurs en tans. 

V. MOINE (Abraham le), 
né en France sur la fin du l'j^ 
siècle , se réfugia en Angleterre , 
ou il exerça le' ministère , et oîk 
il mourut en 1760. L'Eglise ïTran-* 
çaise, du soin de laquelle il fut 
pourvu a Londres , fut témoin 
. de son zèle et de son attache^ 
ment k la religion. Il l'a prouvé 
encore par des traductions dont 
il a enrichi notre langue. Telles 
sont les Lettres pastorales d^ 



jf\ç>x\,\j^enixeçvé&€in\jd^ Apothéose \ Tévéque de Londres ; ^es Té-i 



MOIN 

"mmns de la résurrection , ele. , 

Î^ar l*évêqae Sherlock , in-ia ; 
*Usaee et les fins de la prophé^ 
tie , au méme^ îd-8<>« Ces tra- 
dacû^ns sont ornées de disser» 
talions curieuses et intéressantes 
snr les écrits et la yie . ^es in- 
crédales que ees prélats combat» 
toient. 

. * VI. MOINE ( Guillaume ) , 
pçolpteur et fondeur de métaux , 
né a Naples , florissoit sôus le 
règne des rois d'Aragon. Les 
victoires de Ferdinand f*^ , q[u'on 
voit sculptées sur la porte mté- 
rieure de Castel-Nuovo de Nâples, 
9ont 4e. lui. 

* VII. MOINE ( Antoine ) , né 
à Ceva dans le Piémont , étudia 
le droit a Turin et l'enseigna 
ensuite publiquement dans cette 
ville. Après avoir été audi- 
teur de rote a Lucques , a Flo- 
rence et k Bologne , il retourna 
dans sa patrie , où il fut nonimé 
avocat des pauvres. On a de lui 
un -volume de Décisions de ju- 
fisprudence ^ et un Traité des 

fiefs y dédié a Victor Amédée. Ce 
* dernier ouvrage est estimé. 

♦ VIII. MOINE ( Maurice) , de 
la congrégation du Mont-Cassin 
et de Saint-Séverin de Naples, au 
i6* siècle, a ^it imprimer un 
ouvrage ÎBtkalé Coïfyrium men- 
tis j in quo pleraque Christi no- 
mina ex veteri novocpie Testa^ 
mento excerpta quibusdam scho'- 
Uis notantur. \^ 

* IX. MODNfE ( Thomas ) , Si- 
cilien , de Tordre des frères prê- 
cheurs y docteur en théologie , 
mort à Paierme en 1713 , a pu- 
blié Logicœ cursus philosophie 
eus 9 etc. 

♦ X. MOINE tFlaminio) , ju- 
risconsulte, de dosenza^ au 17* 
liècle I a écrit ' L'addiswm aHe 



MOIJÎ 



xB 



deeisioni del S. C. di NapoU di 
Giantommaso Minado^o. 

'^XI.MOINEo«MoMAcd(Jacq.- 
Aatoine ) , Napolitain , de TOra- 
toire de Saint*Philippe de Néri , 
se rendit recommanaable par sa 
vaste érudition. C'est lui om ache- 
ta la précieuse bibliothèque du 
célèbre avocat Joseph Valetta , 
son concitoyen » de laquelle les 
P. Mabillott et Montfaucon ont 
parlé avec le plus erand éloge , il 
la plaça dans un local spacieux 
qu il nt élever à grand frais , et 
1 enrichit d'une grande quantité de 
vases étrusques de différentes for- 
mes et grandeurs , dont il en- 
voya les dessins à Antoine^Fran- 
çois Gori y savant antiquaire flo- 
rentin , qui les publia dans son 
Musée étrusque en 1737. Moine 
mourut le ao liovembre 1736. 

♦ XII. MOINE ( Pierre ) vécut 
presque toujours a Venise , oà il 
se distingua par la netteté de son 
dessin et son talent pour la 
gravure au burin. Il a gravé d'a- 
près Le Tintorét , Paul Véronèse , 
Bassano , Annibal Carraehe , Luc 
Jordaëns, Lé Titien et d'autres 
peintres célèbres. En 1740 il pu- 
blia k Venise un recueil de ses 
OEmres , au nombre de 1 19 , qui 
est assez estimé. Il a aussi gravé 
des vues de Campagne et de Flo^ 
rence 4a recueil de Gerini . Moine 
mourut en 1770. 

^ MOINIGHEN ( Henri 
de ) , médecin danois vers le 
milieu du 17* siècle , ayant re- 
cueilli en Italie diverses observa- 
tions sur les cas rares , et joint 
k ces recherches celles oue lui 
avoit permis de faire une longue 
pratique , les rassembla en un 
corps d^ouvrage qu'il dédia a Tho- 
mas Bartholin , son ami , sous ce 
titre : Observationes mecUco-chi'* 
rurgicat XXI f^, Uafniœ , i665 » 



/ 



j6 



MOIS 



ïn-8* ; ibidem y 1678 , in-S* ; avec 
le CuUer anatomicus de Michel 
Lyser, Francofurti , 1679 , m-8'» ; 
Dresd<£, 1691 , in-ii. 

MOINISYN (Moliamttt«d), 
-ancien émyism persan , est au- 
teur d'un ouifraeenxkr les doi»ze 
principales religums. Il est inti-> 
■tnlé Dabisian , ou ^Ecole des 
mœurs* Il y atteste l'existence 
de phisfeurs djna&ties de souve- 
rains persans qui sont iiiconnues 
à notre histoire moderne. 

MOISAJNT (Jacques)- VQjez 
Baixox. 

moïse. Vtyfet Motse. 

* MOISSOTf-DEVAUX ( Ga- 
l>riel*-Pierrrf-François) , ne à Caen 
le 6 mai 174^ , aune famille dis- 
tinguée dans la robe , fût easoyé 
àks Tâee le plus tendre k Paris , 
où il fit de rapides progrès dans Fé- 
tade des langues. Destiné à l'état 
militaire, il obtint^ 16 ans une lieu- 
tenance dans le régiment de cava- 
lerie Dauphin étranger , et fit en 
Allemagne les campagnes de 1 758 
à 1 761 . Ayant quitté le service a la 

faix , il se livra particulièrement 
la botanique , et fit une étude 
approfondie du rè^e végétal. Au 
moment où Linjaée succédoit k 
Tournefort, la méthode de Jus- 
ftieu n'étoit pas encore publiée* 
Plus occupé des propriétés que 
de la nomenclature sèche et an)i- 
fraire des végétaux^ il observoit 
avec soin oedx qui servent a la 
subsistance de rhomme , ceux 
qui contribuent à satgaérisoni 
ceux enfin qui sont en usage dans 
les arts. .On lui'est redevable de 
plusieurs jardins 'botaniques. Il 
acclimata le sassafras d'Amé- 
rique, dont la racine offre un des 
médicameus les plus salutaires « 
11 essaya le premier en vprance , 
a^vee La GaRssooaiière > d'élever 



MOIS 

le magnolia en piétine USKfe , et^ 
réussit , au grand é^nnement de 
plusieurs cultivateurs timides. 
Appelé k la re|>réseiïtation natio- 
*iude , il. sollicita vivement la re-« 
prise de» travaux du port de 
-Caen y et la continuation du:can«l 
de l'Orne. Après, avoir occupé 
successivement plusieurs . places 
administratives , il redevint stm- 
'pie citoyen ; ce qui le mit k même 
de cultiver ses goûts chéris. 
Membre de la société d'agricul- 
ture de Caen , il y pronoAca 
un Discours sur la nécessité de 
faire des. plantations et de former 
des pépinières dans le déparle- 
ment du Calvados , discours qitt 
prouva ses vastes connoissances 
en botanique. Parmi beaucoup 
à^ouvrages eu tout genre sortis 
de sa plume , il existe un mé- 
moire fort intéressant sur les^- 
eus ; l'abbé Rozier désiroit qu'il 
le publiât ; mais sa modestie s'jr 
refusa constamnient ; jaikiais il ne 
voulut livrer à l'impression auciui 
de ses écrits. Moisson-Devauxest 
mort en i8o3. 



♦ MOISSY (Alexandre-Guil- 
laume MovSLiEE de ) 4 né a Paris 
en. 1 712 y et mort dans cette ville 
en 1777, littérateur et auteur dra<- 
ma tique, a publié les ouvrages 
suivons : L^ItePravincial à Paris ^ 
comédie en trois aetesetten vers, 
1750 y in- 1>2. II. Les fausses In- 
constances , comédie en un acte» 
i75o,ini^ia.lII. i^ Falet maître y 
comédier en trois %sil^ , envers., 
1751 , in-S*». ÏV. Lettres aalantes 
et morales du marquis de*** au 
comte de *** , La Haye et Paris , 
1757, m-ii.V.La nouvelle Ecole 
des femmes , comédie en trois 
actes 5 en prose , 175B , în-8». VI- 
V Impromptu de tamoUrytn -im 
acte et en:prdse ^ i^Sp , in-i2.r 
VII. L'éducation , poème en ciaq^ 
chants, 1760 ^.in-8-.^YUL Tkéd- 



f 



MOIT 

i^ , 1768 , hi-iQ. IX. Lesdeur 
Frères , Gomédié en cinq actes , 
en vers , 1768 , in - 8*. X. Les 
Amis éprouvés y comédie en trois 
actes , en vers , 1768 , in-8». Xl. 
VEnm/rféy cotnédie en trois aetes, 
enpro^, ni-^*. XÏI. Bélisaire ^ 
comédie héroïque , m prose » en 
cioq actes , 1769 , m-ia. XHL 
Les Jeux de la petite Thalie y 
177O , in-8«. XrV. Ecole drama- 
tique , suite des jeux y etc., 1771, 
fn-8*. XV. Ecole dramatique de 
f homme du dernier dge , 1775, 
ûi-8». XVI. Vérités philosophie» 
quês tirées des Nuits dToung^ 
et mises en vet^ libres , Rouen 
et Paris , 1770 , in-8». XVII. OEw 
vres dramatiques , 5 vol. in-8*. 
XVni. La vraie MèrVy arame di* 
dacto-comique , en trois êtctes et 
en prose , 177' > in-8». XIX. 
Petit recueil de phjsique et de 
tnoraîe à f usage des dames, con- 
tenant le nouveau présent de no- 
ces ; le Pour et le Contre de la 
vie humaine y Amsterdam et Paris, 
1771 , in-8« de i35 pages. XX. La 
nature philosophe y 1776, in-8*. 

MOmiET (Mfanncre-Antoine) , 
ingénieur-géographe du roi , au- 
teur d'an ÎHan historiauè de Pa- 
ris ^ et de Recherches historiques 
sur Reims , Orléans, et AnêerSy 
jyyi > in-4* > naquit k Pans en 
17^3 , et mouruf en 1777. 

MOITOREL i»B Blainvulb 
( Antoine) , ardiitecte et géomè- 
tre , de Pichange , à quatve lieues 
de Dijon , fat arpenteur et jau- 
geur royal du bauHage et de la 
vicomte de Rouen , oii il mou- 
rut le 4 îanvier 1710 , âgé d'en- 
viron 60 ans. On a de lui , I. 
Un Traité dki /augeage universel^ 
avec la Méthode de toiser les ou- 
vrages de maçonnerie, qui ont 
été réimprimés sous le titre de 
Kouueaux élémena deBUinnlb. 



MOlT 



*7 



n. Traité du grand négoce de 
Praiux pour la correspondance 
des marchands » et d'autres on** 
vrages estimés. 

* I. MOITTE (Pierre-Etienne} , 
graveur , reçu acadénntîen en 
1771 , et mort à Paris en 1781 , 
dans la 5g* année de son âge , 
joignoit un talent estimable a 
d'excellentes qualités morales. Il 
a laissé quatre fils , tous entréa 
dans la carrière des arts. 



tn. MOlTTE(Jcan-Guillaume), 
sculpteur-, fils de Pierre-Etienne 
Moitte , né k Paris en 1722 , 
graveur du roi , membre de son 
académie de peinture , et mot-t 
en 1781 , naquit également k Paris 
en 1746. Le jeune Moitte montra 
<lès l'enfance des dispositions sin- 
gulières pour le dessin; et son 

ère , après lui en avoir donné 
i^s premiers élémens , le plaça 
chez Jean-Baptiste Pigalle/sculp-' 
teur du roi , où il s'appliqua par- 
ticulièrement à la scu^ture , sana 
cependant abandonner Tétude d» 
dessin , qu'il considéroit avee 
raison comme la base principale 
de l'art dans lequel il vouloit se 
distinguer , et onle vovoit succes<> 
sivement modeler et dfessiner d'à-, 
près le modèle vivant. Moitte 
I passa de l'école de Pigalle dans 
celle de Jean-Baptiste Le Moyne » 
autre sculpteur du roi, sans perdre 
néanmoins l'amitié et les conseils 
de son premier maître. Ainsi 
euidédans la carrière de l'art par 
deux hommes habiles, il ne tarda 

Eas à sortir de la ligne ordinaire ; 
ient6t il remporta les médailles 
des premiers concours , et mémn 
le second prix , lorsqu'en 1768 
il obtint le grand prix sur un 
bas-relief représentant David 
vainqueur du géant Goliath , et 
passa h Rome à la pension du 
roi. -Ce fut dans cette cité , ri- 



- 3« BIOIT 

che de5 beautés de la nature et 
des monumens de rantiquité , 
que Moitte puisa le goût pur et 
sévère qu'il donna dans la suite 
à tous ses ouvrages. La sagesse 
et la raison le guidoient dans 
ses compositions , et en eifet 
on y admire la profondeur de la 
pensée et la vérité des expres- 
sions. Les groupes dont elles $ont 
formées sont parfaitement en 
scène , et rien n'y est de trop. 
Egalement instruit dans les usa- 
ges et dans les costumes des an- 
• .eiens peuples , Moitte ne se li- 
vra jamais à cet écart -du bon sens 
appelé pittoresque par certains 
artistes peu exacts a suivre les 
convenances exigées par l'histoire 
et forcées par les situations ; la 
nature étoil son guide , et jamais 
il ne commit d'anachronisme. 
Tant de soins et tant de travaux 
lui firent en peu de temps une 
réputation qui le distinguoit des 
artistes ordmaires. De retour à 
Paris , Moitte fit une figure re- 

Ï>résentant un sacrificateur , sur 
aquelle il fut agrégé à l'académie 
royale. Une Festale qu^il fit en- 
suite pour le trésorier des états 
de Languedoc ; une figuré à'A- 
riane; celles représentant les pro- 
vinces de Bretagne et de Norm^m" 
^>, placées à lax>arrière de Passy, 
et les Bq^' Reliefs du château de 
' î'Isle-Adam , furent les premiers 
morceaux par lesquels il se fît 
counoître a Paris. Les sociétés 
savantes se disputèrent l'honneur 
de le posséder , et déjà il avoit 
recule titre honorable de membre 
de l'institut , et , depuis , la déco- 
ration de la légion d'honneur , 
lorsque l'achèvement de sa Statue 
en marbre et en pied de Câssini ; 
le beau Fronton dû portail du 
Panthéon ; le tombeau en marbre 
du général Desaix , pour le Mont- 
Saint-Bernard -y le Èuste de Léo- 
^rd de Vinci ; la Statue éques* 



MOIV 

tre de l'empereur Napoléon , et la 
parfaite exécution de l'un des 
Frontons intérieurs du Louvrç, 
posèrent les bornes de sa gloire» 
Ses mœurs austères lui firent dea 
ennemis ; mais ,forl de sa vertu et 
de son talent , il sut les réduire 
ai^ silence. On remarque gé- 
néralement dans les sculptures 

[de Jean - Guillaume Moitte une 
grande vivacité dans la concep- 
tion des sujets qu'il a traités ; Ùgs 
traits énergiques et fins dans les 
mouvemens des personnages qu'il 
a mis en action , et beaucoup de 

, précision ei de force dans l'exé- 
cution de ses ouvrages. Cet homme 
savant et habile mourut à Paris , 
k la suite d'une maladie de lan- 
gueur, le' 2 mai i8io. Parmi les 
nombreuses productions de ce 
célèbre sculpteur , il est k re- 
gretter qu'une mort trop prompte 
ait ..arrêté l'achèvement de quel- 
ques morceaux précieux qu'il se 
rcservoit de soigner particulière- 
ment. De ce nombre étoieut la 
Statue de Jean- Jacques Rousseau, 
méditant le plan de son Emile , 
qu'il devoit exécuter en bronze 
pour les Champs-Elysées; un Bas^ 
reliefi pour le péristyle du sénat , 
et les Statues d'à Destin et de 
la Force; plus un Su/et allégo- 
rique relatif au libre exercice des 
cultes , et un autre sur le Traité 
d'Amiens, Tous ces objets étoiejKit '^ 
cotninandés par le gouvernement» 
Jean- Gttillauibe Moitte a prodiiit 
un nombre considérable de^a^- 
sins , dont la majeure partie a été 
gravée. — Jean-Baptiste-Philibert 
Moitte , son frère , né k Paris 
en 1754» et mort k Dijon en 1808, 
s'étoit acquis de la réputation 
dans V architecture et dans l'art 
de composer et de dessiner l'or- 
nement. 
» 

fi. MOIVRE (Abraham ), né 
\ à Yitry en Champagne l'an i^j > 



MÔIV 

d^un chirurgien. La révocation 
de Tédit de Nantes le déter- 
mina à fuir en Angleterre , plu- 
tôt que d'abandonaer la reli- 
gion de ses pères. Il avoit com- 
mencé Vétude'des mathématiques 
«n France ; il s'j perfectionna a 
Londres , où la médiocrité de sa 
fortune Tobligea d'en donner des 
leçons. Les principes de Newton, 
que le hasard lui offîrit , lui firent 
comprendre combien peu il étoit 
avancé dans la science qu'il 
croyoit posséder. Il apprit dans 
<îe livre la géométrie de l'infini 
iavec autant de facilité qu'il avoit 
appris la géométrie élémentaire; 
el bientôt il put figurer avec les 
mathématiciens les plus célèbres. 
Ses succès lui ouvrirent les portes 
de la société royale de Londres 
et de l'académie des sciences de 
Paris. Son mérite étoit si bien 
connu dans la première, qu'elle 
le jugea capable de décider de la 
fameuse contestation qui s'éleva 
^ntreLeibuitz et Newton, au sujet 
de l'invention du calcul différen- 
tiel. On a de lui un Traité des 
chances^ en anglais , 1738 , in-8® ; 
et un autre des Rentes viagères , 
i^Sa , in - 8* , tous deux fort 
exacts. Les 'Transactions philo- 
sophiques renferment plusieurs 
de sesi mémoires y très-intéres- 
sans. Les uns roulent sur la mé- 
thode des fluxions ou différences 
sur la lunule d^ippocrate , etc. ; 
les autres sur l'astronomie phy- 
sique , science ou il résolut pin- 
ceurs problèmes importans ; en- 
fin , sur l'analyse des jeux de ha- 
sard , dans laquelle il prit une 
route différente de celle qui a été 
Suivie par Montmort. Sur lafin 
de ses jours il perdit la vue et 
Touïe , et le besoin de dormir 
augmenta au point qu'un som- 
meil de vingt heures étoit pour 
lui une nécessité. Il mourut à 
Londres en i654- Son génie 



MO LA 



29 



n^étoit pas borné aux seules con«> 
noissances mathématiques. Le 
goût de la belle littérature ne 
Pabandonna jamais. Il connois- 
soit tous les bons auteurs de Tan- 
tiquité : souvent méai'e il étbit 
consulté sur des paissages diffi- 
ciles de leurs ouvrages. Les deux 
écrivains français qu'il chéris- 
soit le plus étoieut Rabelais et 
Molière. Il les savoit par cœur ; 
il dit un j.our k un de ses amis 
« qu'il eût mieux aimé être ce 
célèbre comique que Newton. » 
Il récitoit des scènes entières 
du Misanthrope , avec toute la 
finesse et toute la force qu'il 
se rappeloit de leur avoir en- 
tendu donner 70 ans auparavant 
à Paris par la troupe même de 
Molière. Il est vrai que ce ca- 
ractère approchoit un peu du 
sien. Il jugeoit les hommes avec 
quelque sévérité. Son style avoit 
plus de force et de solidité que 
d'affrémcnt et de vivacité ; mais il 
étoit toujours très-correct, et il y 
apportoit le même soin et la 
même attention qu'à ses calculs. 
En Angleterre , lorsqu'on va 
dîner chez un grand , c'est l'u'^ 
sage de donner quelque ar- 
gent à ses premiers laquais. Un 
des premiers lords^de Ijoadres 
fit des reproches à Moivre de ce 
qu'il ne le voyoit que rarement 
à sa table : «Excusez-moi , dit-il, 
je ne suis pas assez riche pour 
avoir souvent cet honnéur-lk. » 

II. MOIVRE (Gilles de) , 
avocat , a publié , en 1743 , une 
yie de TihuUe , tirée de ses 
écrits, en 1 vol. in-ia, dans le 

foût des Amours de TibuUe , par 
^a Chapelle , et en 1746 la F^ie 
de Properce. On y trouve plu- 
sieurs imitations en vers français 
des Elégies de ces deux poëCes. 

fl. MOLA (Pierre-François ), 



3o 



MOL A 



peintre, né. en i6ii a Coldrë 
àsns le Milanais , reçut les pre- 
miers élémens de la peinture de 
son père , qui étoit peintre et ar- 
chitecte. II fut ensuite disciple de 
Josepin , de TAlbane et du Guer* 
chin. Sa grapde réputation le fit 
rechercher dçs^apes et des prin- 
ces de Rome.' Lia reine Christine 
de Suède le mit au rang de ses 
oÛiciers. Appelé en France , il 
étoit sur le point de $y rendre, 
lorsqu'il mourut k Bofipeen 1666. 
Ce peintre , bon coloriste , grand 
dessinateur et excellent paysa- 
giste , a encore traité Thistoire 
«vec succès. Le génie, l'invention 
et la facilité sont le caractère 
distinctif de ses ouvrages. Forest 
et Collandon , peintres français , 
&ont au nombre de ses disciples. 
On a gravé quelques morceaux 
d*après lui. Il a ^rasfé lui-même 
plusieurs morceaux de fort bon 
goôt. Suivant Pilkington , sur 
l'autorité duquel s'appuient les 
auteurs du Dictionnaire biogra- 
phique anglais , P. F. Mola etoit 
né à Lugano en 1609 , et mou- 
rut en io65 a 56 ans. 

IL MOLA (Jean -Baptiste), 
né vers l'an 1620, étoit, dit-on, 
originaire de France. Il portoit 
le même nom que le précédent , 
sans être son parent. Jeaii-Bap- 
tbte étudia dans Técote de Vouet 
\ Paris, et prit k Bologne des 
leçons de TAibane. Ce peintre a 
réussi dans le paysage ; ses sites 
sont d'un beau choix ; sa ma- 
nièie de feuiller les arbres est 
admirable. Il entendoit bien la 
perspective ;. mais il n'a point 
assez consulté , pour le coloris, 
les ouvrages de l'AUbane , son 
maître. U est même inférieur à 
P. Afola pour le goût de ses com- 
positions , et pour la manière 
sèche dont il a traité ses figures. 

t L MOLAC ( Jciwi »? Cl*- 



MOLA 

CADO ou DE Rebcado dc ) , séné- 
chai de Bretagne, d'une des meil- 
leures et des plus anciennes mai- 
sons de cette province. Après 
avoir rempli avec honneur les 
premières charges et les plus 
grands emplois a la cour des aucs 
de Bretagne , et s'être distingué 
en plusieurs combats , il passa au 
service du roi François I*»", et 
fut le premier gentilhomme de 
sa chani1)re , et capitaine de cent 
hommes d'armes. A la fameuse 
bataille de Pavie en iSaS, unar» 
quebusier allant tirer sur le roi , 
le sénéchal de Molac se précipita 
au-devant du coup , se fit tuer » 
et sauva la vie à François I". 
Henri de Guise ,- surnommé le 
Balafré ^ celui même quivouloit 
faire tonsurer Henri II 1 , se pro- 
menant dans une galerie où Toii 
avoit peint du Guesclin détrônant 
Pierre-le-Cruel , roi de Castille^ 
disoit ad fils dé celui qui est 
l'objet de cet article : « Je re- 
garde toujours avec plaisir du 
Guesclin ; il eut la gloire de dé- 
trôner un tjran.-^^ Mais ce tyran , 
répondit le fidèle Carcado , n'étoit 
pas soii roi. » C'est de lui que 
descendoient les seigneurs de 
Rercado de Molac , dans la mai- 
son desquels la charge de grand- 
sénéchal de Bretagne étoit héré- 
ditaire. 

t IL MOLAC ( Réné-Alexis de 
Kercaoo , marquis de ) , -de la 
même famille que les précédens , 
colonel du régiment de Berri , 
infanterie , s'acquit, dans la cam- 
pagii^e de l^ohême , l'estime , l'a- 
mitié et la confiance des maré- 
chaux de Saxe et de Bx^glie. Vif, 
ardent , plein d'une noble ambi- 
tion, doué de grandes qualités 
pour l'art militaire , il donnoit des 
espérances , lorsqu'il fut tué à la 
fameuse sortie de Pragu# , le a!) 
aoftt 174^9 ^29 anj»» 



tl 



MOL 4 

I. MOLANUS ou Vermewlen 
(vJean ) . docteur et professeur dé 
théologie k !LouTain , et censeur 
royal des lÎTres, né k Lille 
l'an i535 , 4aus le temps que son 
père el sa mère, qui ëtoient do- 
miciliés à Louvain y étoient allés 
faire- un court séjour en cette 
\ille, réclama toujours Louvain 
pour sa ville natale, et signa 
constamment \ Molanus Lova- 
niensis^ U mourut le i8 septem- 
bre i585 , après avoir publié , 
I. Une édition du Martyrologe 
d'U5uard,accompagiiée^ i ° de IS'o* 
tes ; 2» d'un Appendix ; 3* d'un 
Traité des ùlartjrologes;^'' d'un 
Abrégé des Vies dés saints deS' 
Pays-Bas iS"" d'une Chronique des 
mêmes saints , Louvain , 1 575 , 
in-S». H. Natales sanctorum Bel" 
giï, Louvain, i595 , in-ia. Arnold 
Baissius, chanoine de Saint-Pierre 
à Doua j, en a donné une édition 
plus ample l'an 1626. III. ffis- 
ioHa SS, Imaginum, et Pictu- 
rarum , Louvain , 1674 > raS** , et 
1771, in-4*> *vec des anno- 
tations et dîes snpplémens par 
Paqnot. IV. De Cafionieis , Lou- 
vain , 1670 : ouvrage savant et 
curieux. V-. De Fide hereticis 
servandd , Louvain, i585. VI. 
De piis teslamentis , 1 584 , in- 1 3 . 
VU. Theologiœ practifiœ Corn- 
pendium, VI IL Militia sacra 
ducum Brabantice, ÏX. Rerum 
Lovéude/nsiitm lib, XIJ, manus- 
crit. Tous ces ouvrages montrent 
que Molanus étoit versé dans 
rantiquité ecclésiastique et dans 
la critique , aa moins pour son 
temps. 

II. MOLAWUS ( Gérard Wait 
TBa) , théologien luthérien , abbé 
de Lockum , mort en 1 7M , fut 
aueLque temps en correspon- 
oance avec fiossuet , relative- 
ment k la réunion des luthériens 
et des catholiques. ( Fojez les 



MO LA 



U 



OEuvres posthumes de Bossaet.) 
Il a laissé plusieurs oui^rages de 
théologie et de mathématiques. 

< - 
'*' MOLARI (Augustin)» coi^nii 

sous le nom d! Augustin de Si- 
ifizzano , en Toscane , lien de sa 
naissance, religieupic de l'ordre 
de Saint- Augustin , confesseur 
des papes Grégoire XIII , Clé- 
ment Vllï , commandeur de Itô- 
pital du Saint- Esprit k Borne , 
trois fois vicaire-général de son 
Ordre, et président des chapi- 
tres-généraux, mort en i595, A 
publié De ritu SS. Crucis'^Mo^ 
mano pontifici prœferendœ comr 
mentarium ; P^ita Sancti Augus-, 
tini , etc. 

MOLAY , ou Mohi ( Jac- 
ques de), Bourguignon , deï'nier 
grand-maltre de Tordre des tem- 
pliers , au commencement du 
i4' siècle. lies trop grandes ri- 
chesses de son ordre , et l'orgueil 
de ses chevaliers , excitoient 
l'envie des grands ' t les mur- 
mures du peuple. L'an i3o7 , sur 
la dénonciation de deux scélé» 
rats , l'un chevalier apostat , 
l'autre bourgeois de Béziers, 
Philippe-le-Bel , roi de France , 
du consentement du pape Clé- 
ment V , fît arrêter tous les che- 
valiers , et s'empara du Temple 
k Paris et de tous leurs titres. Le 
pape avoit mandé au grand- 
maître de venir en France se jus- 
tifier des crimes dont son ordre 
étoit accusé. U étoit alors en 
Chypre , oii il faisoit vaillam- 
ment la guerre aux Turcs. Il 
vint k Paris, suivi de soixante 
chevaliers des plus qualifiés , du 
nombre desquels étoit Gui , dau- 
phin d'Auvergne , et Hugues de 
Féralde. Ils furent tous arrêtés 
le même jour , et cinquante-sept 
périrent par le feu k la un de mai 
i3ii. L'ordie ayant été aboli.. 



/- 



52 MOLA 

l'année (à'après par lé concile de 
Vienne , Melay , Gui et Hugues 
furent retenus en prison jusqu'en 
l'an 1 3 1 3 . qu'on leur fit leur 
procès. Ils confessèrent les cri- 
mes qu'on lei^r imputoit, dans 
l'espérance d'obtenir leur liberté 
aux dépens de leur honneur ; 
mais , voyant qu^on les retenoit 
toujours prisonniers , Molaj et 
Gui se rélraclèrerjt. Ils furent 
brûlés vifs dans l'île du Palais 
le II mars i3i4. Molay parut en 
héros chrétien sur l'écnafaud , 
et s'avança jusqu'au bord de ce 
fatal théâtre i puis , élevant sa 
voix pour être mieux entendu : 
«Il est bien juste, s'écria*t-il , 

3ue dans un si terrible jour et 
ans les derniers raomens de ma 
vie , je découvre toute l'iniquité 
du mensonge , et que je lasse 
triompher la vérité. Je déclare 
donc a là face du ciel et de la 
terre , et j'avoue , quoiqu k ma 
honte étemelle , que j'ai commis 
le plus grand de fous les crimes ; 
mais ce n'a été qu'en convenant 
de ceux qu'on impute avec tant 
de noirceur h ton ordre que la 
vérité m'oblige de reconnoître 
aujourd'hui pour innocent. Je 
n'ai même passé la déclaration 
qu'on exigeoit de moi , que pour 
suspendre les douleurs excessi- 
ves de la torture , et pour flé- 
chir ceux qui me les faisoient 
souffrir. Je sais les supplices 
qu'on a fait subir à tous ceux qui 
ont eu le courage de révoquer 
une pareille cotflession ; mais 
l'affreux spectacle qu'on me pré- 
sente n'est pas capable de me 
faire confirmer un premier men- 
songe par un second. A une con- 
dition si infâme , je renoDce de 
bon cœur h la vie , qui ne m'est 
déjà que trop odieuse. Et que 
me sei-viroit de prolonger de 
tristes jours , que je ne devrois 
qu'à la Calomnie ?» Ce discourt 



MOLA 

persuada à tout le monde qti'it 
étoit innocent. Des historiens 
modernes rapportent, mais sans 
autre preuve que celle ded'événe- 
ment , qu'il ajourna lé^ape Clé-^ 
ment v à compairoître devant 
Dieu dans quarante jours , et le 
roi dans l'année. En effet , ils ne 
passèrent pas ce terme. Il est 
très -certain que , dans la des- 
truction dés templiers , un grand 
nombre d'innocens fut la victime 
de Torfueil et de la richesse inso- 
lente ae leurs principaux chefs^ 
Ij€s désordres qu'on leur repro- 
choit {voyez Hugues des Païeuts , 
n» V)i et dont la plupart n'é* 
toient fondée que sur le men- 
songe ou sur l'exagération , ne 
furent que le prétexte de leur 
ruine. Leur principal crime fut 
de s'être rendus odieux et redou-^ 
tables, et plusieurs, portant la 
peine de tous , furent punis aveà 
une cruauté inouïe , dit Bossuet 
dans^ son Abrégé de l'Histoire die 
France. « On ne sait , ajoute^t-il , 
s'il n'y eut pas plus d'avarice et 
de vengeance dans cette exéeu* 
tion que de justice....» Mariana^ 
Vertot, et une foule d'écrivains ont 
pensé k peu près de même. « Je 
ne croirai jamais , dit un histo- 
rien , qu'un grand-maître et tant 
de chevaliers , parmi lesquels oH 
comptoit des princes,, tous yé- 
n érables par leUr âge et par lears 
services , fussent coupalbles des 
bassesses absurdes et inutiles 
dont on les accnsoit« Je ne croi- 
rai jamais qu'un ordre entier de 
religieux ait renoncé en Europe 
h la religion chrétienne , pour la-< 
quelle il combattoit en Asie , en 
Afrique , et pour laquelle même 
encore plusieurs d'entre eux gé- 
mi ssoient dans les fers des Turcs 
et des Arabes , aimant mieux- 
mou ri r dans les cachots que de 
renier cette même religion. En- 
fin, je crois sans dilficctiié k plua 



IVIOLÊ 

%e qaatre-vingts chevaliers , ^ui 
en mourant preiitïent Dieu k té- 
moin de leur hmocence. Whé- 
sitous ^oint à mettre leur pros- 
cription au rang des futiestes 
effets d'uU'teniips d'ignorance et 
de barbarfe. » 

I. MOLE (Edouard), seigneur 
de Champlastreux , Conseiller , 
puis procureur -général du par- 
lement de Paris pendant la Li*ue. 
<€e lut sur ses conclusioas que le 
parlement donna ce fameux ar- 
rêt , par lequel il fut déclaré que 
« la couronne né pouvoit passer 
ni à des fifemmçs, ni à des étran- 
gers. » Henri IV le fil président à 
mortier en iGail Mole mourut 
le in septembre t6i6. Sa fa- 
içille , origionire de Troyes en 
Champagne , est illustré Jar le 
nombre ' de' grands magistrats 
qu'elle a donnés à la France. 

tn.MOLÉ (Matthieu), né k 
Paris en i584, d'Edduârd Môle, 

• seigneur de Champlastreux , suc- 
cessivement conseiller au parle- 
ment ; président auX requêtes , ^t 
procureur - général , montra tou- 
jours lé désir de rendre les plus 
^ands services à Fêtât. Guidé 
par une sage philosophie, il aimoit 
lûieux être homme^ de bien que 
'de le patoîtré. Quoiau'il connût 
, .peu les finesse^ dé h. langue, son 

^^oqi|«i4ce étbit forte et pressée , 
et se réi»entoit de la trempé de 
&Qfn ^hié. Dans le temps des 
l>atncades, le peuple s'ameuta 
devant rhêrtel'du président , avec 
de grands cris ; ûeixx maréchaux 
de France qui travailloienl avec 
lui dans^ ce- txvûOieàu voulurent 
envoyer chercher au secours ; 
déjk.ses .gens fermoiept îl>ut » et 
'se prépayoient k' la défense j il 
'i6tlai-méme ouvrir toutes les pi^r- 
tés : «La maison du premier pre- 
sidcfnt, (fit-il, dUitétr<^ ouverte à 

T. XXI. 



M OLE 35 

tout le nioude. » Stm air noble » 
son maintien assuré âa ùnliea 
de là foule dont il apdisoit iéa 
iiienaces d'un èoUp-d*œi! j imt>p« 
soient le respect à ai plus harœs ; 
mais les esprits électrisés reve- 
tioient soàvent k' leur p^emiet* 
dessein. Un jour dé - sédition, 
sônbôtel est àsiié^é de nouveau; 
il veut se montrer , et Fàbbé d» 
Chat^valon Pàrrêtc : «^eanehoià- 
The^ lui dit cet auguste magistràf, 
q^préhds qu'ily à loin du poignard 
d'uU scélérat au ccèui^ de l'homme 
dé bien. » Uiie autre fois , un fac- 
tieux osa lé saisir par la barbe ; 
l'intrépide Mole le menace de le 
faire pendre , et feAd là presse 
sans ôn'où- songe k l'arrêter. Liu 
vottloit-on itîprésènter qu'il y 
avolt de riiT^rudence k s^expo- 
ser , avec si peu de précaution , 
aux attaques des fanatiques î a Six 
pieds de terre > répondoit-il ^ lé*» 
ronttoujourd raison au pius grand 
homme du monde. » Lorsqu'il 
eut la charge de garde des 
sceaux , il se rendit k la cour , 
et sut y dire la vérité ; k son ar- 
rivée , Fai^inistration prit tmù 
forme nouvelle ; il résista même 
k Mazarin , qui voulut bientôt le 

E ri ver de sa place. Mandé au 
lOuvre pour écouter, les répri- 
n^andes qu'on voùloit lui faire » 
il y parut avec calmC ; le minis- 
tre , étonné de sa fejmeté , lui 
dit^ avec un 4^pit mêlé de, res- 
pect : « Allez reprendre des fonc- 
tions dont vous êtes si digne, » 
Le jirésident Mole mourut le 3 
Janvier i656 , âgé de 72 ans. Une 
fermeté qui prenoit sa source 
dans l'austérité dès mœur«, u^ 
courage dégagé d'ambition y ' im 
ardent amour de la patrie , mi- 
rent Matthieu Mole au-dessus de 
t6us les homines célèbres de son 
temps. Un esprit juste et péné*- 
tr;4nt', Une facilité noble af s'é- 
ûbiicct , le tâicfùt de l'a jpersua- 



î 



5A 



MOLE 



sion,lui donnèrent un grand poids 
^ la cour et dans le parlement. 
<t Si ce n'étoit pas un Inasphème , 
ëcrivpît le cardinal de Retz, de 
dire qu'il y a eu quelqu'un dans 
notre siècle de plus intrépide 
.que Gustave , ^t que M. le Prince, 
je dirois , que c'a été Mplé.w En 
effet , c'étoit un des héros de la 
Grèce ou dç feome , au milieu de 
Paris. — Edouard Mol^ son fils, 
et Louis MoL^ , son petit-fîls , se 
distinguèrent aussi par leur pro- 
.bité et par lies services qu'ils 
rendirent. Matthieu Mole , qui 
quitta, en 1765, la charge de 
premier président , après y avoir 
soutenu avec distinction la gloire 
de ses ancêtres , a mis le co,m- 
ble à ,1a sienne par un désin- 
téressement inotu p«ut-être'ius- 
qua lui. 

tlHI. MOLE (François-Réné), 
célèbre comédien français', né a 
Paris le 24 novembre i^34 j des- 
tiné d'abord au notariat , lors- 
qu'un penchant, pour le théâtre 

I Cr.traîna.dans cette carrière, dé- 
buta en novembre 1754» dans 
Britannicus et dans Zéuéide ; 
mais la foiblesse de sa voix qui ne 
pouvoit être encore formée , s'op- 
posa à sa réception. li reparut en 
1760, et fut reçu l'année suivante. 
Cf'eSt^de lui que Dorât ; dans son 
poëme de la déclamation théâ- 
trale , a dit : 

Va acteur a paru jfltla d'ame et de finesse ; 

II sent aTtc chaleur', eiprime avec justesse. 
Pour brfUer, pour sëdaire, U a mille secrets , 
Et créa des moyens qu'on ne connut jamais. 
Transportant dans son sein l'ivresse de son 

Il a su des amans rajeuiûr le langage , 
"Dti tôles langoureux animer la fadeur ; 
F«is<»t sourire l'esprit et parler au coeur. 

Wolé brilla pendant 20 ans dans 
Ih tragédie , k côté de Le Kain 
snéme, par cette impétuosité et 
ces expressions subites d'un ca- 
ractère bouillaxîl. Touchant, pas- 



MOLE 

sionné , pleifn de sensibilité di 
le drame , incomparable dans les 
petits-maîtres de la comédie, il 
joua ces trois emplois avec le suc- 
cès le plus distingué. A la m or t 
de Bellecourt , en 1778 , il se 
chargea des rôles a • caractère , 
et long-temps on se rappellera , 
avec autant de plaisir que de re- 

rets, la supériorité avec laquelle 
a rempli ces premiers rôles , 
jusqu'à Page de 67 ans. Sa dic- 
tion étoit d'une grande .pureté , 
son débit animé , son énergie 
au-dessus de toutes les, situation s 
dramatiques. Personne au théâtre, 
peut-être . n'a su parler aux hom- 
mes avec plus de sens^ dé raison 
et de dignité ; aux f'emmçs , avec 
plus de grâces, de politesse et 
un ton plus décent et plus ai- 
mable. L'institut national le 
compta au nombre de sg3 
membres , et il méritoit cet hon- 
neur , par ses Observations sur 
l'art dramatique , l'agrément de 
son entretien et la douceur deso^ 
caractère. On lui doit un Eloç^e 
de mademoiselle Dangeville , ac- 
trice renommée : il fut imprihié 
en 1795. Mole est mort en l'an 
II (décembre 1802). Ou à pu- 
blié une vie de Mole en i8o3 > uh 
vol. in- 12. 

MOLE . ( Joseph-Boni face de 
la ) , favori du duc d'Alençon , 
entra dans le projet d'enlever djT ^ 
la cour 4e France so|» hiaftre , 
avec le rçi de Navarre , pour les 
mettre à la tête des mécontens. Il 
fut décapité en i574; sa mémoire 
fut rétablie deux ans après. 

UmJkoU. Voyez MawÙoh, et 
Brun , n<». V, 

* L MOLES ( Annibal ) , Napo- 
litain , d'une famille originaire 
d'Espagne , régent de la chancel- 
lerie royale et du graad-cotiscil 



• 



■ 



MOLE 



MOLE 



35 



UltaKe sous Philippe II, a publie I et Moîesworth , parti sans couffé. 



JDecisiones supi^emi tribunalis 
regiof camerœ summi regni Nea- 
politani : Respoffsa dé légitima 
successions in Portugaîiœ regno 
pro rege Castlllte Philippe II , et 
de ducatu Hritanmœ pro ierenis- 
Mrrut infante Isabelld, 

* II. MOLES ( Barthélemi) ,. 
médecin du f6« siècle , de la fa- 
mille da précédent , a écrit et 
t'ait imprimer l'ouvrage suivant : 
Spéculum sanittttis , sive De sa- 
Hitate conservapdd libers ' 

♦in. MOLES (Vincent) , frère 
du précédent, célèî>re médeciw 
de son temps , a publié deux o!*- 
vruges sur son art.^. Pathelogià 
de morbis in sacris htteris , Ma- 
dcki , lô'Jîi , ifi-4°. il. P/ùhso- 
phia naturalis' corporis Chris ti, 
■ Antwei»piaî ^\6^i , in-4°. 

•^ IV, MOLES ( Frédéric ), écri- 
vain du 1 j« siècle, est auteur d'une 
Relation des désastres du Vé- 
suve i de VHistoire des guerres 
entre Ferdinatuî^ If , empereur 
des^Ro,mains , et Gustave Adol- 
. pke , roi de Suède, Ou a encore de 



se retira en Flandre , et de là ea 
Angleterre , où il publia son Eti^ 
du Lknneniarck , dans lequel il 
accusoit le gouvernement danois 
d*être arbitraire et tyranhiquc. 
L'envoyé de Danemarck se plai- 
gnit amèrement , et cette atVaire 
lit d'autant plus de bruit, queTou' 
^ -vragef avoit été extrêmement ac- 
cuedli du public , et traduit en 
plusieurs langues. Il plut parti- 
culièrement au comte (le Shalles- 
bury , qui prit Molesworth en 
très-grande amitié. Ses censures 
amères contre le clergé , ses idées 
hardies, ses déclamations con- 
tré les universités , l'adresse avec, 
laquelle il insinuoit que la religion 
n'étoit qu'une fraude pieuse, et un 
instrument de la politique,'nepou- 
voient qu'être agréables à l'auteur 
des Caractérisques. Moles^Torth 
remplit plusieurs fonctions piï- 
bliques; il entra dans la ohambre 
des communes , député de Swor- 
àes en Irf&ade , et de Retibrd en 
Angleterre , et fut membre du 
conseil privé dé la reine Anue 
jusqu'en 17 13. L'année suivante', 
George l*'' Le nomma meinblhe de 

"en Irlande, 



WiAudiencia de principes : Amis- ^on conseil privé 

tudes de principes. I commissaire du commerce et d^s 

* MOLESWORTH ( Robert) , 
^ tié en i656 a Dublin , d'une an- 

rçience fainille anglaise établie en 
'^ li-]aa4e » se rendit âî suspect par 
ses o^mons politiques et reli- 
' gieuses. au rot Jacques , que ses 
Siens furent «écfuestrés en i689« 
Guillaume , qdi avoit pour Mo- 
lesworth une estime particulière, 
Feut bientôt rapp^é , à son avè- 
nement au trône ; Il l'admit en 
' *on conseil privé , et en 1692 le 

nomma' envoyé extraoriSnaire à 
la cour de Daniemarck. àS» con- 
duite ajant déplu au monaiique 
' danf)is , au bout de trois ans de 
séjour ) la cour lui fut interdite i 



colonies j bientôt après il fut 
créé pair d'Irlande , baron de 
Philipstovirn et vîcpmte de MoJe.>- 
worln de Swordes. Il mourut i4 
22 mai 172^ dans le comté de 
Dublin. Il a voit eu sept fils et 
quatre filles , dont l'une mariée 
au général Monck s'est fait rc-? 
marquer par ses connoissances et 
ses talens. ( Voyez Monck, lady.) 
Molesworth étoit mempre de la 
société royale de Londres : il a 
donné une traduction du FrancQr 
Gallia d'Hottoman , dont la se- 
conde édition pavot avec dey 
augmentations en 1721 , in-8°. 

t MOLETTl ( Joseph ) , célè^ 



'56 



MÔLi 



•tre philosophe , médecin et raa- 
*thématicien du i6* siècle , étoit 
de .Messine. Il mourut à Pa- 
doûe , où il étoit professeur de 
mathématiques en i588 , âgé 
de 57 ans. Ses piindpaui ou- 
vrages sont dés Èphémérides , 
în-4**, et des Tables c^me Ton ap- 
pelle Grégoriennes , qui furent 
ti'ès-utiles pour la léiorme du 
calendrier de Orégoire' XI II. 
i'àhulœ ^eographicœ ex Prute- 
nicis dedum^œ pro motii octavœ 
sphœrœ ac lùminum; Discorso al 
signer Federigo Morando irttor- 
"tià alla geogrqfia , etc. 

* MOLFESIO ( André ) , ia^ 

rlâcoBSulte napolitain , et théoio- 

^gien , né àRipa-Candida, dans la 

Basitiedte, clerc régulier au 17* 

stècle , a publia, I. Cofnmenta- 

4 rioftiÇH iri consuetudmes NeapoJi- 

- tanaSy'5 volumes. II. Promptua- 

rium triplicis juris , sive summœ 

thealogice , 2 vol. , ete. 

t MOLIÈRE ( Jean-Baptiste 
Pi)cQUELiN de ) , fils et petit-ms de 
valets - de - chambre - tapissiers 
du roi , naquit k Paris en 1620. 
Son père s appeloit aussi Jean- 
' Baptiste Pocquelin ; sa. mère , 
nommée Bontet , étoit aussi fille 
de tapissier , et tes deux familles 
demeuroient sous lés piliers des 
halli'S. Celle dii jeune Pocquelin , 
le désignant à la charge de son 
père , lui donna line éducation 
conforme à son état ; mais il prit 
goût pour la comédie en fré- 
quentant le théâtre. Il comir^ença 
ses éludes a 1 4 ans chez les jé- 
suites : ses progrès furent ra- 
pides. Ijés benes-lettres ornèrent* 
son esprit ; et les préceptes du 
'phitosophe Gassendi , maître de 
chapelle , de Bernier* et de Cj- 
i^ano V formèrent sa raison. Son 
père étant devenu infirme , il fut 
oWigé d'exercer son emploi, au- 
près à» Louig 2III'; qu'il saivit 



MdLI 

dans son voyage de Narbonnè tm. 
i64i. I^ théâtre Irançais coîu- 
menç'oit à fleurir alors par les ta- 
leus du grand Comt'iUe , qiii 
Tavoit tjré de l'avilissement et de 
la bârbane. Pocquelin , destiné 
à être parmi nous le restaurateur 
de la comédie , quitta la charge 
de son père , et s'associa quelques 
jeunes gens passionnés comme lui 
pour le théâtre. Ce fut alors qu'il 
changea de nom pour prendre 
celui de Molière , soit par égard 

{)our sft$ pareus , soit pour suivre 
'exemple des acteurs de ce 
temps-là. Les mêmes sentjihens 
et les mêmes goûts l'uniretit avec 
h\ Béjart , comédienne de cam- 
pague^ Ils formèrent de concert 
une troupe , qui représenta à 
Lvon, en i653 , la comédie de 
\ Etourdi, C'est la premièi^ pièce 
composée en vers par Mohère. 
La vérité de son dialogue , l'a- 
dresse inépuisable d'un valet sans 
cesse occupé a réparer les sot- 
tides' de son maître, Tintéret êtes 
situations que Ce contraste pro- 
duit , Tout ifait rester an théâtre 
malgré ses nombreo:t délatitls. 
Mohère , à la fois auteur et «té- 
teur, également applaudi sons 
ces deux titres , enteva presque 
tous les spectateurs à une autre 
troupe de comédiens établie dans 
cette ville. V Etourdi plut beau- 
coup , malgré la froideur de»* 
personnages, le peu d^^Haisôns 
des scènes et l'incorrection 4u 
style. On ne connoissoit gu^e 
alors que des pièces chargées d'in- 
trigues peu vraisemblables. L'art 
d'exposer sur le tliéâtre comique 
des caractères et des mœurs étoit 
rés<^rvéà j^îolière. Cet art naissant 
dans V£!tourdi , joint à la variété 
des incidens, tint le spectateur en 
ha/eine , et en couvrit presque 
tous les défauts. Cette pièce fat 
reçue avec le même appiaudisse- 
meût à B^ers , ôix téxij&iit se 



IklOLI 

^pnjdjt peu de temps ;tprès. Le 
upinc^ ae Conti, qui avoit connu 
Molière au collège , tenoit alors 
^ais cette ville les états de la pro- 
ymce- du Languedoc. Il reçut çç 
poète capiine un ami , et non con- 
tent de lui confier la conduite des 
Q^s qu'il donnoit, il lui offrit une 
nlacede secrétaire. L'Aristop^ne 

' ^nçais la refusa , et dit en badi- 
q^pat: a Je suis un auteur passable, 
j^serois peut-être un fort mauvais 
i^rétaire.... » Le Dépit amou'. 
tfçux et les Précieuses ridicules 
parurent sur le théâtre de Béziers, 
et y turent admirés. Les incidens 
^nt rangés avec plus d'ordre 
d«fns le Dépit amoureux que dans 
rÊtourdî. On y reconnoît dans 
1a jeu des personnages un fond 
de vrai comique , et dans leurs 
reparties des traits également in- 
génieux etplaisàns; mais le nœud 
ss^ estu^op compliqué, et. le dé- 
vouement manque de vraisem^ 
blance. Il y a pliïs de simplicité 
clans l'intrigue des Précieuses ri- 
dicules. Une critique âne et déli- 
cate de la maladie co^gieuse du 
bel-esprit , du style ampoulé et 
guindé des rondins , du pédan- 
fisme des femmes savantes» de 
TaSectation répandue dans le lan- 
gage , dans les pensées , dans la 
parure y sont Tobjjet de cette çp- 

^lédie. Elle produisit une réforme 
fl^Mjca|i| lors^u'oa K repréâeata 
a Pcgris. X^n rit , un se reconnut, 
on applaudit eu ae corrigeant. 
Ménagé , qui. as^iîitoit à la pre- 
mière réprésentatioi;! , dit à Cha- 
pelain : «Nous a|mrouvions, vous 
et moi , toutes les sottises qui 
viennent d'être critiquées si fine.*- 
i^ent et avec tant de bon sen». 
CÛvc»yes&-moi, il nous faudra brûler 
cequeuQus avons adoré, et>ad#r€;r 
ce que nous avons br^lé.». Cet^v#tt 
xi'Qât autre chose que le senûmeat 
céfléchî d!un savant détrompé-; 
içiais le qio| 4>^ vieilUrd > . qiM du 



MOU 57 

milieu du parterrre s'écria par in»* 
tinc\ : « Courage , Molière , voilà 
la bonne comédie .' » estlapure^^x- 
pression de la nature. Louis XIV 
tut si satisfait des spectacles que 
lui donna la trompe de Molière, 
qui avoit quitté la province pour 
la^ capitale, qu'il en fit ses co^ 
médiens ordinaires , et accorda 
une pension de mille fraàcs à 
leur chef.- Le Cocu imaginaire , 
moins fait pour amuser les gens 
délicats que pour faire rire la 
multitude , parut en 16Q0, On y 
retrouve Molière en quelques en-, 
droits; mais ce n'est pas le Mohère 
des Précieuses ridicules. Il y i| 
pourtant dans cette pièce un fond|^ 
de plaisanterie gaie qui amuse , 
et une sorte d'intérêt né du aujet^ 

3 ui attache. Elle eut beaucoup 
e critiques , qui ne furent point 
écoutés. Il» se déchaînèrent avec 
beaucoup plus de raison contre 
Von Garçie de Navarre , drame 
puisé dans le théâtre espagi)ol. 
UEàole des Maris , oomédie imi* 
tée de» Adclphes de Térence , 
mais imitée de façon qa'elle forma 
une pièce nouvelle sur Tidée sim- 
ple de Tancienne, offre un dé- 
nouement naturel , des incidens 
développés avec art y et une in« 
trigue claire , simple et féconde^ 
Le théâtre retenti ssoit encore 
des justes applatidissemens don- 
nés a cette comédie , lorsque les 
Fâcheux .9 pièce conçue , faite , 
apprise et ri^ésentée en i5, jours, 
fut jouée en 1661 , » Veux , chez 
le célèbre Foucquet, surintendant 
dés finances , en préseuce du roi 
et de la cour. Cette espèce de 
comédie est presque sans nœud ; 
les scènes u ont point entre elles 
d'union nécessaire ; mais le point 
principal étoit de soutenir l'at^ 
tentîon du spectateur par la va- 
riété des caractères ,par la vérité 
des portraits , et par l'élégnnc^ 
conliuue du slyle. On rapporte 



35 



SlOLI 



qu'en sortant de la première^re- 
) prëscntation de cette pièce , le 
roi, apercevant le comte de Soye- 
CQurt , ennuyeux chasseur , dit 
^ Molière : « Voilà un original que 
tu n'as pas encore copié. » En 
vingt-quatre heures 1^ scène du 
•hasseur fâcheux Fut faite , et 
coiRme Molière iguoroit les ter- 
trjes de chasse, il pria Soyecourt 
l«i-mème de lesluiindiquer. l>ans 
J Ecole des Femmes, donnée Tan- 
Tîfè d'après , tout paroît récit, et 
Tout est action. Celte pièce sou- 
leva les censeurs , qui relevèrent 
quelques négligences de style , 
, sans faire attention à l'art qui y 
4frèc;ne, air jeu des personnages 
bubalterues tous formés pour elle, 
au passage prompt et naturel de 
SU! prises en -surprises. Molière 
leur répondit «n faisant lui-même 
une critique ingénieuse de sa 
pièce, qui lit disparoître toutes 
les censures impertinentes qa^elie 
j»v*»jt produites. Vers le mtme 
' temps , le roi, qui le regatdoit 
comme lolégislaleur des bienséan- 
ces du monde , et le censeur le 
plus utile de l'afièctatiou des pré- 
rieuses j du langage scieutihqiie 
• des femmes érudites, et des lidi- 
cuies de ses sujets, le mit sur 
1 état des gens de lettres qui de- 
Toient avoir pai't à ses lîbéçalilés. 
iîûlièi'e, pénétré des bontés de 
ce monarque , crui devoir dé- 
truire , dans V Impromptu de Ver- 
sailles ^ les impressions qu'avoit 
jm donner le portrait du peintre 
de Boursautt. Cet auteur avoit 
malignement supposé une clef^à 
V.Ecolit des femmes , qui indi- 
quoit les originaux copiés d'a- 
près nature. Molière les traita 
a :cc le dernier mépris ; mais ce 
.mépris ne tombe qtie s^r i'e^^ 
prit et sur les talens ,- et ne re- 
jaillit qu'indirectement sur laper^ 
sonne. La cour goûta beaucoup, 
eu 1664, /« Princesse dElide , 



MOLI 

comédie-ballôt , composée woitt 
une fête ausiU superî>e que galante 
quele roi donna aux reines. Ksiris, 
ayant \u cette pièce dépouillée" 
des omemens qui l'avoient* em- ^ 

bellie à Versailles, en jugea moins 
favorablement. Le M^iria^e forcé ^ 
autre comédie-ballet, essuva le 
même sort. Une aventure arrivée 
au comte de Graifîmont lui en 
avoit fonnii \e s\\]eX, Don Juan , oii 
le Festin de Pierre , eut peu de 
succès ; l'auteur en supprima 
quelques traits d'impiété qu'il 
avoiicru pouvoir mettre dans lar ' 

bouche d'un impie à la deuxième 
représentation. L'-^woMr médecin 
parut encore un de ces ouvrages 
précipités, qu'on ne doit pas. ju^er 
a la rigueur. C'est la première 
pièce où Molière ait attaqué la fa- 
culté. Ou dit qu'ayant été ran- 
çonné sur un loyer que lui avoit 
pasfïé un -médecin ignorant et- ^ 
avare , il s'attacha dès-lors a jeter 
du ridicule sur cette profession. 
«J'ai un médecin, disoit-il au roi» 
j'écoute I0US ses conseils, je ne les^ 
suis pas ; aussi , je me porte k 
merveille. » L'auteur s*acquit une^ 
gloire éclatante et solide par soi» 
Misanthrope , pièce peu applau- 
die d abord, mais regardée depuis 
comme l'un des plus beaux, ou- 
vrages de la comédie atieienne 
et moderne. Cependant .il faut^«b^ 
avouer qu'elle est plus ifïhnirée ^ 
dans le cabinet que • Suivie au 
théâtre. « Si on osoît^ dit Vol- 
taire , chercher dans le cœur hu- 
jnain la raison de cotte tiédeur 
du public aux représentations du 
Misanthrope , pcrut-être ta trou- 
vcroit-ôn, dans l'intrigue de la 
pièce doiit les beautés ingénieu-r 
ses et fines ne sont pas également 
vi^s et intéressantes; dans les 
conversations 'mêmes , qui sont 
des morceaux inimitables, mais 
qui, n'étant pas toujours nécessai- 
res à la^pièce^ peut-être' relro^idis- 



MOLl 

s^nt nn peu l'action , pendant 
quVlles font admirer Fauteur; en- 
fin, dans le dénouement, qui, tout 
bien amené et tout sage qu'il est, 
semble être attendu du public 
sans inquiétude ; et qui , ^^enant 
après une intrigue peu attaciiante, 
ne peut avoir rien de piquant. En 
effet, le spectateur ne souhaite 
point que le Misanthrope épouse 
la coquette Célimène , et ne s'in- 
tiuiette pas lieaucoup s'il se déta- 
chera d'elle. Enfin on prendroit 
la liberté de dire que le Misan- 
lîirope est une satire plus sage et 
plus fine que celles d'Horace et 
de Boileau , et pour le moinà 
aussi bien écrite ; mais qu'il y a 
des comédies plus intéressantes , 
et que le Tartufe , par exemple >, 
réunit les h^aùtéi du style du Mi- 
santhrope avec uh intérêt plus 
marqué. » ( ^^es Wicherley. ) 
Les applaudissemens des genside 
goût a^'ant consolé Molière cfes 
dédains de la nrultitude pour cette 
pièce , il ne se rebuta point. Le 
Médecin matgre'luipaktut en 1666. 
C'esi une iarce très-gaie et très- 
bouffonne. Le Sicitien ou T Amour 
peintre esi line petite pièce qu'on 
voit avec plaisir , parce qu'on y 
trouve de la grace et une galan- 
terie moins triviale que dansfjuei- 
ques autres comédies. Mais l'ad-. 
nViration fut k son comble lors- 
que léyTiU^lufe parut. En vain les, 
Orgbns, lès imbéçilles et les fatix. 
déyots se soulevèrent contre l'au- 
teur , la picceTut jouée et admi- 
rée. L'hypocrisie y est parfaite- 
ment dévoilée , les caractères en 
sont aussi variés qui^ vrais , le 
dialogue égalenieut fin et natu- 
rel. Celte pièce siibsistt^a tant 
3\x\\ j aura en France du goût et 
es hypocrites. La première pîèce 
mie Piroù vît jouer à Paris tut le 
Tartufe; son admiration alla ju^ 
qu'î» l'extase» Après l'avoir enten- 
due, il 5ê retourna Vêrli $eà voisins^ j 



MOLl 



59 



et s'écria 



(f Ah ! messieurs^ si cet 
ouvrage n'étoit pas fait il ne ^e 
feroit jamais. » Tartufe fut d'abord 
défendu. Huit jours après celte- 
défense on représenta k la cpur 
une pièce in itulée. Sca ra mou che 
ermite , farce très - licencieuse. 
Le roi , en sortant , dit au grand: 
Condé : « Je vondrois'bien savoir 

Ï)Ourquoi les gens qui se scanda- 
isent si fort de la comédit de 
Molière*, ne disent rien de celle 
de Scara mouche ? — Les comé- 
diens italiens, répondit le prince,, 
n'ont offensé que Dieu ; mais les 
français ont oifensé les. dévots. » 
( P^q^\ Majmbouw; , n" I. ) Molière 
donna, en 1668 ,^ A-niphitryon ^ 
comédie en 3 actes , imitée de 
Plauîe, et'sup'érieure a son mo- 
dèle , où le poëte respecte moina' 
les bienséances quct dans le Tar- 
tufe. A l'exception d'une scène-' 
assez ennuyeuse entre Jupiter et 
Alcmène, iln^ en a pobit qui soit 

Î)lus plaisante. Voltaire dit q^ae^ 
a première fois <j[u'il 1a lut il 
tomba à la renverse à force de- 
rire. \JAsfare , autre imitation de 
Plaute , est un peu outré dans !• 
caractère principal ; mais le vul- 
gaire ne peut être ému que par 
aes*traîts marqués fortement. On 
reproche sur lequel il est plus dii- 
ficde de le justifier , c'est que ^ 
dans cette pièce, l'aatoriié pater- 
nelle est avdie. « Ces!: un grande 
vice, dit J. J. Koussoau , d'être 
avare et de prêter k usure ; mai» 
n'en est-ce pa s un plus grafl<i ep- 
core a un nls de voler son père, 
de lui manquer de respect, de lui 
faire mille insultans reproches ; 
et quand ce père irrité lui donne 
sa malédiction, de répondre d'un 
air gog icnard qu'il n'a que faire 
de ses dons ? Si la plaisanterie esè 
ejtceUente, fcn est->elle moins pîi- 
nissable ; et la pièce* où Ton fait 
aimer le fils insoreut qui l'a faitey 
en «.si - ril^ iw.oius. une école- 



4o 



MOLl 



de maavaîses mœurs ? » George 
ï^andin , ou le Mari confondu , 
Wonsieur dis Pourceau^rutc , les 
Fourberies de Scapin , sont d'im 
comique plus propre a divertir 

3\i'à iuistrmre, quoiqu'il sV trouve 
es scènes dignes de Molière. Le 
bourgeois gentilhomme, quoiqu'il 
soit mêlé aussi de quelques farces» 
est d'un comique bien supérieur , 
.et plein de force. Molière travailla 
avec plus de soin sa comédie des 
Femmes savantes , satire ingé- 
nieuse du. fsiux bel-esprit et de 
rérudition pédantesque qui rë~ 

f noient ^lors a ThAtel de Rani- 
buiUet, Les incidens n'en ^ont 
pas toujours Ibien combinés , ainsi 
que dans ' quelques autres de ses. 
pièces ; mais son sujet , quoique 
aride en lui-même , y est repré- 
senté sous une face Irfes-cbmique. 
La scène entre Trissolin et ya- 
dius fut imaginée d'après une 
clisputé élevée entre Fabbé Cotin 
et Ménage. Le dénouement en est 
admir^oie et a été cent ibis imité; 
il en est de même de celui du 
ifàlade imaginaire. Cette pièce 
offre un comique d'un ortlre infé- 
rieur a celui des Femmes savan- 
tes , mais il peint parfaitement la 
cliarlatanerie et le pédantisme des 
médecins à l'époque où il écrivoit. 
( P^ojr, Mkhomji , n° II. ), Ce fut par 
cette pièce que Fauteur termina» 
sa carrière. Il étoit incopimbdé 
lorsqu'on la représenta. S^ftmme 
et Baron le pressèrent de prendre 
an rçnos et d^ ne point jouei: : 
« Èh Jque feront , leur répondit-^ 
il, tant de pauvres ouvriers? Je 
xne reprqcberqis d'avoir néjgliffé 
un seul jour de leur donner au 
, paii^i » Les efforts qu'il fit pour 
achever. son rqle l^ii causèrent 
^ne convulsion , suivie d'eux vo-r 
inissement de sajn^ qui le suffo- 
qua quelques heiirç^ après , le ly 
fevrier 1673. II étoit alo^s désigne 
pQur remplir la première placé 



MOLI ^ 

vacante à l'académie française,^ 
et il h'auroit plus joué que dans 
le haut comique. Celte compagnie 
lui a rendu cm nouvel hommage 
en 1778 , en plaçant son buste 
dans la salle ou sont les portraits 
des académiciens. Elle a voulu , 
par cette espèce d'adoption pos- . 
thume', se d^ommager du désa- 
grément de ne l'avoir pas possédé 
pendant sa vie. Cette statue , qui 
est un chef-d*œuvre de M. Hoir», 
don , a été donnée à l'acadëmi*» 
par d'Alembert. Entre plusieurs 
inscriptions proposées pour ce. 
buste , on a choisi ce vers de 
Saurin : 

Rien ne maHque à fa gloire , il mtiiquoit i 
la notre. 

L'archevêque de Pari?, refusant de 
lui ac<;order la sépulture , là 
veuve' de ce grand homme dit .- 
a On refuse un tombeau à celui 
h qp la Grèce auroit dressé des. 
autels. » Le roi engagea ce pré- 
lat h ne pas couvrir de cet oppro- 
bre la mémoire d'un homme aussi 
illustra, et il fut enterré à Saint- ' 
Joseph , à la paroisse Saint-Eus-» 
tache. Lors de la destruction de 
ce cimetière, son corps fut relevé 
avec soin et rerais à M. Alexandre 
Lçnoir q\ii le fit transporter daus 
le jardin Elysée du Musée impé- 
rial des monumens français, ou il 
le déposa dans une lu'ne dûrîprme 
antique, avec cette siinpie ins- 
cription , Molière est dans cà 
tombeau, ; et il fit placer le o jan- 
vier 1799 j le buste de Molière 
4ans la rue des Piliers des Halles , . 
sûr la maison ou est né ce grî^nd 
homme , ç€ a fait graver sur un 
marbre l'iosçription suivante » 
Jean Baptiste Pôçquelin, de Mo- 
lièrf' est ^ né dans cette n^aison. 
Tous les rimailleurs de Paris 
s'exçrcèrept a lui faire des épi-. 
:t^phe;j> lili^ d'eu.st en monlr» une. 
saUric^ie au jf|^ri»n4. Gond^ « ^\ 



5Ï0H 

lut répondit fr<?idemeîit : « Plût h 
Dieu que celui que tu déchires 
m'eût apporté la tienne. » L^ seule 
peut-être de' ces pièces qui ipérite 
une place dans cette esquisse , est 
celle dont Plionora le fameux père 
BouhourS , jésuite. Elle a rapport 
aux injustices que rAristophane 
français essujn pendant sa vie et 
à sa niort. 

Tu reformas et la ville et la cour « 
Mais quelie en fut la récompense ? 
Lçs Français rougiront un jour 
I>e leur peu de reconnoitsance. 
U leur fallut un com;5dien , 
Qui mtt k les polir sa gloire et son étude : 
Mais (Molière , à ta gloire il se manqueroit 

rien. 
Si g parmi lesdétiauts qqe tu pf îgnis si bifii, 
Tu Us «vois repris 4e leur iogratttude. 

Cette ingratitude ne fut pas du- 
rable , et Ton reconûut bientôt 
t^ut son mérite après sa mort, 
comme le dit Boileau dans sa 
7* Epître ; 

ATaati|u*unpettde tecre« obtenu par prière, 

Pour jamais sous i« tombe eût enfermé 
Molière , 

Mille de ces I>eau< traits , anjourd'hai si 
vantés , ' 

Furent des sots ejipritt à nos yeux rebutés. 

L'ignorance et, l'erreur, à ses naissantes 
pièccf , 

Ep babits de ^oarquis^en robes de comtesses, 

Veuoient pour diffamer son chef-d'œuvre 
nouveau. 

Et seconoient la tétf à r.e&droit le plus 
> ^f"- ..... 

Siais «^ que «t'un trait de «et fatales 
ma^ns 

L« Parque l'^t rayé i^ noi^br^ des hu- 
mains p . 

On reconnut le prix dç sa muse éclipsée. 

L'Mmable' comédie avec lui terrassée , 
Eu vais d*utk coup si tw|v espéia revenir , 
^1 stur H* bcodequitis ne sic plus se tf nir. 

Sa veuve ( qui véciit jusqu'en 
1700) se i:einaria au cûraédien 
Gaérin, mort en 1728, àga aps... 
Il existpit 'k Louauh deux: vi^i- 
tândines , «'appelant Pocquelin , 
et|]^re9tesde Molière dont c'élpil, 
1^ bom , qui se trpuvoient ^^'• 



MOLI 41 

I miliées d'avoir eu d^ns leur fa- 
j mille l'auteur du Tartufe, Elles 
j s'étoient imposé, toiis les ans y 
I un jeûne extraordinaire en expia- 
I tion de cetle parenté. On peut 
regarder les ouvrasses de Molière, 
comme l'hisloire des moeurs, des 
modes et du goût de son siècle , 
et comme le tableau le plus fidèle 
de la vie humaine. Né avec un 
esprit de réflexion , prompt a 
remarquer les expressions exté- 
rieures des passions et leurs mou* 
vcmens dans les dilféreus états , 
il saisit les hommes tels qu'ils 
étoient , et exposa en habile peintre 
les plus secrets replia de leur 
cœur , et le ton , le geste , le 
langage de leurs senti.mens divers. 
« Ses comédies bien lues y- dit de 
La Harpe , pourroient suppléer h 
Texpénei^ce , non parce qu'il a 
peint des ridicules qui passent^ 
mais parce qu'il à peint Fhomme 
qui ne change point.4 . . Quel 
chef-d'oçuvre que l'Avare ! Chaque 
, scène est une situation ; et l'on ^ 
entendu dire à un avare de bonne 
foi qu'il y avoit beaucoup a pro- 
fiter dans cet ouvrage , et qu'on 
pou\'oit en tirer d'^cellens prin- 
cipes d'économie. Molière est de 
tous ceux qiii ont jamais écrit 
celui qui a lei mieux ol^servé 
l'homme sans annoncer qu'il 
l'observoit ; et même il a plus; 
l'air de le savoir par cœur que 
de l'avoir étudié* Les Crispin^ 
deRegnard, les Paysans de Uan- 
court font rire au théâtre, pufres- 
ni étincelle d'esprit dans sa tour- 
nure originale. Le Joueur et. le 
légataire sont de beaux ou- 
vrages. Mais rien de tout cçU' 
n'est Molière; il a un trait dp pl)^^* 
siouoroie qu'on n'attrapa points e% 
même qu'on ne défipt guère. Ou 
le retrouve jusque dans, ses 
moindres farces , qui ont tou jours 
un fond de gaîçté et de inorale. 
4 {|la|t Vutaut à ia lecture qu\ 



^ 



42 MOLl 

la représentation ; ce qui n'est 
arrivé qu'à , Racine et a lui : et 
même ue toutes, les comédies , 
celles de Molière sont à peu près 
les seules qu*on aime a relire. 
ï*lus on connoît Molière , plus 
on Taime ; plus on étudie Mo- 
lière , plus on l'admire : après 
Tavoir Iblâmé sur quelques ar- 
ticles , on finira par être de sou 
avis. Les jeunes gens pensent 
communément qu'il charge trop. 
J'ai entendu blâmer Je pauvre 
homme répété si souvent ; . j*ai vu 
«îepuis la même scène et plus 
(brie encore, et j*ai compris cfu'on 
ne .pouvoit guère charger m' les 
ridicules ni Jes passions. MioJière 
est l'auteur des hommes mûrs et 
des vieillards. Leur expérience se 
rencontre avec ses obsèrNations , 
et leur mémoire avec sort génî^... 
On se plaint qu'on ne travaille 
plus dan^e goût de Molière. Je 
pense qu'on a jbien fait d'en essayer 
lî'autres. Le champ où il a mois- 
sonné est moins vaste qu'on ne 
l'imagine ; et quand il resteroit 
qnelque coin où il n'auroit pas 
porté la main , on craindroit en- 
core de se trouver dans son voi- 
sinage. » Boileau regarda tou- 
jours Molière comme un homme 
uoique, et il l'avoit surnommé 
Je Contemplateur, Le roi, deman- 
rfant à Racine quel étoit Je pre- 
mier des grands écrivains qui 
ayoient paru pendant son règne , 
lui nomma , ait-on , Molière, « Je 
nelecroyois pas, répondit Louis 
XIV; mais vdus vousjconnoissez 
mieux que moi. » Cette anecdote 
étla suivante doivent paroi tre fort 
douteuses. Louis XI V avoil 
trop de goût , et un tact trop dé- 
licat des convenances pour de- 
mander quel étoit le pMmiér écri- 
vain de sou siècle à Racine qui 
rtoit incontestablement le pre- 
mier écrivain. On rapporte que 
*. Molière lisoit ses comi^dics à une 



L.^K 



l 



MOU 

vieille servante , nommée Laforef , 
et lorsque les plai.<anteries ne l'a'^ 
voient point frappée , il les cor- 
rigeoif. Poqr éprouver son goût , 
il lui lut un jour quelques scènes ' 
d'une comédie de Brécour , ea 
les donnant comme de lui ; la 
servante s'aperçut dès le commen- 
cement de la supereherie , et 
soutint à son maître que la pièce 
ne pouvoit être de lui. Il exigeoit 
aussi des comédiens qu'ils am€^- 
nassent leurs enfans !< la lecture 
u'il faisoit de ses pièces, alin 
e tirer des conjectures de leurs* 
mouvemeus naturels. Molière» 
qui s'égàyoit sur le théâtre aux 
dépens des foiblesses humaines, 
ne put se garantir de sa propre 
f'oiblesse. Séduit par un penchant 
violent pour la lille'dela comé- 
dienne Béjart , iJ l'épousa , et se 
trouva exposé au ridicule qu'il 
gvoit si souvent jeté sur les maris. 
Plus heureux dans le commerce 
de ses amis , il fut chéri de ses- 
confVères,et recherché des grande. 
Le maréchal de Vivonne , le grand 
Condé , Louis XIV même , vi- 
voient avec lui dans cette fami- 
liarité qui honore également le 
mérite et la naissance. Des dis- 
tinctions si flatteuses ne gâtèrent 
ni son esprit ni son cœur. Il étoit 
doux , complaisant , généreux. 
Comme il revenoit d'Auteuil avec ^ 
le musicien Cha rpeutier, uupauvre 
lui ayant rendu une pièce d'or 
qu'il lui avoit donnéepafrmégarde: 
a Où la vertu yart-efle se nicher, 
s'écria Molière ? Tiens , mou 
ami , dit^il , en i^ila une autre... » 
Baron lui annonça nu jour un d^ 
ses anciens camarades , jque Pex- 
trême mîsèrè empéchoit de pa- 
roître : Molière voulut le voir y 
l'embrassa , le consola , et joi- 
gnit k un présent de 20 pistole» 
^n magnifiaue habit de théâtre. 
il avoit été le bienfaiteur de Ra- 
cine \ il lui avoit donné un sujet 



MOLl 

éi tragédJe et cent louis; mais iîs 
se brouilièreot pour une affaire 
de théâtre. Ils ne s'en rendirent pas 
moins justice réciproquement. 
Racine , à qui l'on tnnoncoit Je 
niauvais succès du Ikfisant/irope , 
soutint <jue Molière ne ponvoit 
pas avoir fait une mauvaise pièce , 
et qu'on avoit marjuçé : Molière , 
eu sortant des Plaideurs , pièce 
qu*on avoit mal accueillie , dit 
qu'elle et oit excellente, et que ceux 
qui s'en mociuoient méritoienl 
qu'on se moquât d'eux. Ce^céièbre 
poète , sur la fin de sa vie , ne 
vivant que de lait, engajjeoit or- 
dinairement Chapelle à faire les 
honneurs de sa table à Auteuil. 
Il plaisoit dans les rôles de M/as- 
dapUe , de S^anaivlle , et excel- 
loit dans les rôles de haut co- 
in icjue, tels.qf]^e ceux d'Amolphe^ 
dOrfron , d'Harpagon , etc. C'é- 
toit alors que , par la vérité des 
sentiniens , jjar fintelligence de& 
expressions , et par toutes les fi' 
ht'sses de Fart , il sédnisoit les 
spectateurs au point qVils ne dis- 
tinguoienl plus le comédien du 

Î personnage représenté. Ami de 
'avocat Fourcroj, qui avoit la 
voix ïa plus forte , il eut avec lui 
une dispute k table ;' l'avocat se 
mit à crier à son ordinaire; alors 
Molière s'écria : u Hélas ! que peut 
la raison , qui n'a qu'un Hlet de 
voix', contre une gueule comme 
celle-là?)) On rapporte de lui 
plusieurs bons mots : tel est entre 
antres celui qui lui échappa , 
lorsque le parlement détbndit 
qu'an jouât le Tartufe. On étoit 
assemblé pour la s«#onde repré- 
sentation , lorsque la défense ar- 
riva, «r Messieurs , dit àfoUèrc , 
en s'adressant à l'asseml^lée , 
nons comptions aujourd'hui hMcnr 
l'honneur de vous donner le Tar- 
tufe ; mais M. le premier prési- 
dent ne veot pas qu'on le joue. » 
Cette dernière anecdote e»t apo- 



MOLI 43 

crjphe. Il reste donc un seul fait, 
c'est que le parlement défendit la 
représentation du Tartufe. Mais 
le parlement n!est pas le premier 

E résident ; d'ailleurs , si Jf. de 
amoio;non, induit en erreur par 
les déclamations de quelques iaux 
dévots , ou par le? représentations, 
de quelicpies personnes pieuses 
trompées elles-mêmes , a réelle- 
ment prohibé une pièce qu'il ne 
connoissoifc sûrement pas , ce n'a 
pu être de sa part qu^n mouve- 
ment irréfléchi de zèle religieux , 
ou même une mesure provisoire 
de haute police , et non point une 
censure formelle et motivée de 
l'ouvrage. Peut-on croire que le 
Tartufe eût été désapprouvé en 
connoissancede cause par le m^me 
magistrat qui donna à Boileau le 
sujet du Lutrin^ et prit sous sa 
protection un poëme ou se trouvent 
ces deux vers : 

Tant dw fiel entre-t-il dans Tame éca dé" 

vdts! 

Abtme tout plutôt , c*cm Tespck d« l*4gUsc. 



et dix autres vers à-peu-nrès de 
cette force ? Eu agissant awisi, M. 
de Lamoignon se fût montré le 
plus inconséquent des hommes : 
or il n'étpit rien moins que cela ; 
c'est donc k tort que , sur la foi 
d'une aneccibte fausse , ou d'une 
simple conjecture , ou enfin d'une 
démarche précipitée, démentie 
par le caractère constant du per- 
sonnagfe, on invoqueroit le té- 
moignage de monsieur de La-- 
moiçnon contre l'admirable co- 
médie du Tartufe. Quant k Bour- 
daloue , il n'est pas douteux qu'il 
ne se soit élevé en chaire contre 
le Tartufe. Son sermon sub- 
siste ; mais y en conscience , im 
prédicateur , parlant contre uw 
auteur comique , n'est-il pas un 
témoin réeuaable ? La chaire a 
pour objet la réformation des 
mœu^, et U scène prétend y 



44 MOU 

* 

travailler aussi : malheurçasément 
celle-ci procure souvent du plai- 
sir , lan^is que celle-là , il faut 
bien le dire , cause souvent aussi 
<fc Pennui ; de plus , toutes deux 
représfntent aux mêmes heures : 




Aussi , moitié zèle pieux , moitié 
mouvement d'amour-prbpre, tout 
prédicateur verra avec dépit les 
succès d'un faiseur de comédies. 
Tbut jésuite <ju'il étoit , Bourda- 
loue professoit un rigorisme ou- 
tré. Doileau lui en fit la guerre 
à Bâville , chez ce même président 
dç Lamoigtion , et Tanstère reli- 
gieux pardonna difficilement au 
Kitifiquç ce petit couplet de chan- 
son : 

$i J^ourdaloQÇ , un peu sivèie , 
lïotts dif : craignez la volupté ; 
Escobar , lui dit-on , mon père , 
Kous en permet pour 1« santé. 

!^urdaloue n'enteudojt guère la 
plaisanterie , et Molière , à ce 
titre y a voit de quoi lui déplaire. 
IMUis ce qui ôte tpi^te leur lorçe à. 
ses déclamations contre le Tiar- 
tufe , c'est qu'il n'avoil pas lu cette 
pièce ; on en a la preuve sans ré- 
plique. Bourdaloue dit : « VoiUi 
Ce que les esprits profanes ont 
prétendu en exposanf sur le théâr 
fre et à la risée publique un hy- 
pocrite imaginaire en le 

montraut; soiis un visage de pé- 
nitent , gui ne servoit qu'à cou- 
vrir ses infa.oiies * etc.. >> On ^ait 
ce que c'est qu^a « visage de 
pénitent. » C'est, uni visage pâjiç 
f t malgr^. Or , Dorinc; dit : 



. •,• • • 



Ttr^uf^ ! Il f« pone à merveille , 
Glros et gras , le tei^t fraif çç U Koucl^^ 

vermeille; 

«lailleurA: 

Il 1 l*oreille ronge erle teint bien fleuri. 

Bourdaloue > cçla, est éyideA^ > 
4'avpit pa$ la 1^ Tjarlijife ^ iji ne 



MQH 

le iwgçoît que d'aprèis Iç j^fpt^ 
port infidèle que lui en avoicnt 
fait vraisemblablement quelques 
hypocrites ; et d'ailleurs , il 
croyoit toujours avoir suflSsam- 
ment raison contre un excommu- 
nié d'acteur , qui Qisoit empiéter 
sur Içs droits 4e la chaire. Mai& 
aujourd'hui il y faut plus de fa- 
çons ; il faut sur-tout d.QS motifk. 
plus solides» roi^u^ établis , pour 
condamner \\n aussi beati géuie 
et un s^ussi honnête hon^me que 
Molière. Il disoit souvent : «. Le., 
ipépris est une pilule qu'on p^ut 
avaler y mais npn raâclier sans 
faire la grimace* » Molière avoit 
commencé à traduire Lucrèce 
dans sa jeunesse, et aurait acheva 
cçt ouvrage sans un malheur qui 
lui arriva. Un de ses domestiques 
prit un cahier de cette traductiqa 
pour faire des papillotes. Molière^ 
qui étoit facile à.irHter, fut si pir 
que de ce contre-temps, que, danjj 
sa colère , il jeta sur-le-champ le^ 
re.ste au feu. Pour mettre plus 
d'agrémens^ans cette traduction^ 
il avoit rendu en.pro$e les raisonrt 
nemens philosophiques , et avoit 
ii^is en vers toutes' les belles des- 
criptions qui se trouvent dans le 
poète latin... On alloit repré^ea- 
ter une pièce de Corneille , de ses 
derniers temps , c'étoît SeHorius j 
Molière, qui étoit fort malade ne 
pouvant jr assister , engag^ea«^el« 
ques-uqs de ses apiis a^ s'y trour 
ver. « Eh bien I dit-il k,lcur retour» 
comment cela a-t-il été ? — Il y a 
de très - belles choses , mais tpuj^ 
d'un coup il retombe et il deviei^ 
commun et^ médiocre. -^ Cela 
ne m'étonne pas » dit Molière : 
c'est qu'il a un ^eni^ , ui| lutin 
qui lui fait cçs oi;lles choses-1^ , 
et q||i dit ensuite , laissons faire 
le bonhomme , et vovous conn^ 
naent il s'en tirera ; et c'est là pré- 
cisément ce que vous avez trouvé 
de mal (ait. » Les éditions \e& 






kÔLÏ 

^liis estimées de ses oiivrageâ 1 
sont , ï. Celle d'Amsterdam, 1 699, 
5 vol in-ia , avec une Vie roma- 
nesque de l'auteur , par Grima- 
rest. II. Celle de Paris , en 1704 > 
en 6 vol. iïi-4**« On la doit à de 
JoUy , qui en a donné une uau- 
tclle efi 1739, en Ô vol. in- 12. 
Cette édition est ornée de Me- 
Gloires sur la vie et les ouvrages 
de Molière , et du catalogue des 
critiques faites contre ses coin,ér 
dies. llf. Celle que Breta donnée 
*à Paris , en ^775 , en 6 vol. in-8*», 
avec des. Commentaires intëres- 
sans , où il a exécuté sur Molière 
[ce que Voltaire a voit exécuté sur 
Corneille. Il fait sentir les beautés 
et les défauts , et relève les ex- 
.pjfessiofis ticiëuses. I<es Anglais 
•4>nt traduit Molière , Londres , 
1755 , 10 viol, in-12. Dans la pré- 
.Êiee de cette traduction , ils ont 
.«omparé ses OEûvres à un gib«t. 
« Là 9 ontrils dit , le vice et le 
, vii^cule ont été exécutés , et restent 
exposés comme sur un grand cbe- 
mm pour servir d'exemple. » 
'Vôliaire dit ( Mélanges de Litt. , 
'ebap. des Académies ) « que Mo- 
Hèfe est plein de fautes de lan- 
èNi^. » Il j en a beaucoup plus 
^dans ses Vers que dans sa prose; 
mais ces négligences ne prouveïit 
toas que sa poésie , lorsqu'elle e^t 
an peu soignée , ne soit préfé- 
•mble & sa prose. Bessara a pu- 
'ftlié';>a3 1777 , en 2 vol. in-ia , 
VEspHide0folièré, avec un 
jll^ré^ô de sa Vi» et un catalogue 
,deses pî^::eé» 

t MQUÈRES ( Tosepb-Privat 
de) , né à TaraSQçn en 1677 , 
lî^une famille noble, qui a donné 
àes grandWoix k Tordre de Malte, 
re<^t de la nature un tempéra- 
ment extrêmement délicat et un 
esprit fort pénétrant. On le Idbsa 
maître de s'amuser ,. on de s'oc- 
éup&e;il ^boisait Poccupation. La 



MOLI 



45 



congrégation de rOratoîre le ^os> 
séda pendant quelque temps. II 
Y enseigna les humanités et If 
philosophie. Les ouvrages du P. 
Malebranche lui ayant inspiré une 
forte envie de connoître 1 auteur , 
il quitta l'Oratoire , et se rendit. à 
Paris pour converser avec lui. 
Après Ja mort de ce célèbre phi- 
losophe , il se consacra aux ma- 
thématiques qu'il avoit un peu 
néghgéespour la métaphysique* 
L'académie des science^ se Fas* 
socia en 1721 , et deux ans après 
il obtint la cbaire de philosophie 
au collège royal. Qn connoît son 
système des petits tourbillons, 
lï le soutenoit avec une chaleur 
extrême , et souffroit impatiem- 
ment les plaisanteries qu'on lui 
en faisoit quelquefois. La vivacité 
l'entraînant alors, elle lui ôtoit 
la liberté de s'expliquer nette- 
ment , et il tomboit dans des mé- 
prises qui prétoient encore à la 
plaisanterie. Un jour il y fut si sen- 
sible , qu'il se mit en colère ; il 
se fâcha sérieusement , et sortit 
tout échauffé de l'académie. Le 
froid le saisit de telle sorte , qu'en 
rentrant chez lui , il sentit sa poi- 
trine embarrassée ; la fièvre lui 
survint ; son mal de poitrine aug- 
menta ,' et empira si rapide- 
I ment, qu'il y succomba le ta 
mai i74^« A ce delà ni près, Pf>bbé 
de Moiieres étoit un excellent 
homme , et même , lorsqu'il s^a- 
bandonnoit à ses méditations 

ϻhilosophiqnes , d'une insensibi- 
ilé et d'un flegme singuliers. Un 
jour qu'il étoit dans ses distrac- 
tions , un décrotteur ota les bou-' 
clés d'argent qu'il avoit à ses 
souliers, et en sid)stitua de fer. 
Une autre fois , un voleur entra 
daus son a^tpartement ; et , sans 
se détourner de ses études, de Mo- 
iieres lui indiqua son argent et 
se laissa voler , demandant j pour 
toute grâce , qu'on ne dérangeât 






46 



MOLI 



pas ses papiers. On a de Ini , I. 
,Leeons de mathématiques , né- 
cessaire's poUtP Tintel/Jgence des 
• principes de phjsique qui s'en- 
seignent actuellement au col - 
fe'ge rojral f in- 12, 1726. Ce 
livi*e , qui. a été ti^aduit en an- 
glais, est un Traité de la gram- 
maire en général. Les principes 
d^aljgèbre et de calculs arithmé- 
tiques y sont exposés avec ordre , 
et les opérations bien démon- 
trées. 1 1. Lr'çons de physique , 
contenant les élémens de la phy- 
y sique déterminés par les seules 
lois des mécaniques , expliquées 
au collège royal , in- 12 , Paris, 
4 vol. , 1739 ; et traduites en ita- 
lien, à Venise, 1743, 3 volumes 
in-8'*.' On 'voit que l'auteur est 
partisan des tourbillons de Des- 
cartes ; mais, ne pouvant sedis- 
simuler ses écarts ni les décou- 
vertes de Newton , il a tâché de 
rectifiée les idées du philosophe 
français par les expériences du 
philosophe anglais. Il a pris ce 
^ qui ,lui a paru de plus vrai dans 
le système de Descartes , et l'a 
mis dans un nouveau jour, tan- 
tôt en démontrant des proposi- 
tions qu'il n'avoit fait que sup- 
poser, tantôt eu retranchant les 
propositions qiii pouvoient pas- 
ser pour inutiles. Newton lui a 
servi à poser des principes pro- 
pres à expliquer d'une manière 
mécanique des effets dont New- 
ton lui-même a cru qu'on cher- 
cheroit vainement la cause , tels 
que les tourbillons célestes , les 
lois de ces tourbillons,* et leur 
mécanique. Quoiqu'on lui tienne 
aujourdhui peu de compte de 
ses efforts, il faut ^vouer qu'ils 
décèlent beaucoup de sagacité. 
L'auteur, écrivant avec méthode, 
précision et clarté, devoit peut- 
être se borner a exposer les diffé- 
reos systèmes , sans chercher à 
les concilier. £q adoptant et en 



/ MOU 

• 

rejetant une partie des idées de 
Dcîscartes et de Newton, il n'a fait 
lui-même qu*un système qui a 
passé bien vite, et qui a fait tort 
ace qu'il y a de bon dans sou 
livre. 111. Élémens de géométrie , 
ic-12 , 1741 • Autant il s'otoit éloi- 
gné des anciens dans sa physique, 
autant il s'en rapproche dans sa 
géométrie , du moins pour leur 
synthèse et leur manière de dé- 
montrer. 



f» 



* I . IMOLIGN ANO ( César ) , 
de Sorrento , vivoit au commen- 
cement du 17' siècle. On a de 
lui Descrizione deW origine , 
sito , e JamigUe antiche ai Sor^ 
rentô , in-4**. 

* IL MOLIGNANO ( Jean-An- 
toine), d'Aqna-Viva, dansla'tprre 
de Bari , jurisconsulte du 17* 
siècle , a publié Legalium altcp- 
cationum centuria prima et S9- 
cutula^ opus theorico-practicunt: 
Promptuarium juriSy et quelqueis 
autres ouvrages. 

* m. MOLIGNANO ( Jean- 
Jérôme ) , de la même famille qu,e 
le précédent , vivoil dans le môme 
siècle : il est auteur de quelques 
Poëpies , et d'une Histoi/v de la 
Fouille et de la ville dAqua- Viva , 
où il traite de son origine, d<d 
ses antiquités , et des hompnes 
qui s'y sont rendus célèhreà ,.\ 
soit dans les armes , soit 4mis 1^ 
belles-lettres. ^ 

t MOLIN ( Nj ) , appelé com- 
munément du Moulin , célèbre 
médecin^ l'un des plus grands 
praticiens de Paris, mort dans 
cette ville «n 1755, à Ô9 ans, 
sans postérité , et riche de seize 
centmiUe livres. On prétend qu'il 
répondit à' quelques jeunes doc- 
teur^ qui le pressoient d'indi- 
quer, avant de mourir , les nieni- 
bres de la faculté les plu? dignes 



• \ 



MOL! 

àsle remplacer: « Je laisse après 
moi trois grands médecîris, l'eaii , 
la diète , etTexercice. » Une pra- 
tique (le 60 aas lui a,voit prouvé 
que le régime vaut mieux que I9 
médrciae ; cependant il en sen- 
toit le besoin dans les maladies 
graves y et sa grande expérience , 
lointe à un coup-d'œil excellent, 
le iaisoit iappeler de i)référence 
à ses autres confrères. On cite 
pliisieai'S traits de son avarice ; 
entré autres, qu'il éteignit sa lam- 
pe , un soir qu'un harpagon étoit 
venu lui demander quelques le- 
çons d'économie. On ajoute qu'il 
lui d.t : <i Nous n'avons pas besoin 
iVy voir pour parler, nous en 
serons moins distraits. » Mais, ce 
q<i'oa n'auroit pas dâ oublier, 
c'est que cet homme , qui ne crai- 
'gnoit point de s'enfumer dans 
'une chambre cîclairoe d'une pe- 
tite lampe , fît des actions géné- 
reuses. Appelé chez des geiis ri,- 
ches , il nV revenoit point si on né 
lé pajoit à chaque visite ; mais 
non seulement il donnoit ses 
soins aux pauvres, il leur laissoit 
encore de l'arg-ent. Un jour on Je 
^t demander dans un couvent. 
p«ur une jeune deuioiselle d'une 
grande condition , mais d'une 
plus grande pauvreté. On crai- 
gnoitqne, selon sa méthode , il 
ne revint point , parce qu'on n'a- 
voit pas d'ho!l,oraires à lui offirir. 
11 revint pourtant, et laissa chez 
la nflSâue un rouleau de dix 
louis , a an qu'on pût le paj^er 
d'une partj*,^ de cet argent , et 

3u'oQ ne s'aperçût point de l'in- 
igence de la demoiselle. Ce qui 
Augmente le prix des bienfaits de 
M<>un , c'est qu'en donnant , il 
oublioit qu'il eût donné. 

t l. MOLTN A ( Louis ) , né à 
Cuençià dans la Castille neuve > 
d'une famille noble et ancienne , 
«ulra iibmz les }ésftiteê em i553 , 



MOLl 



47 



à l'âge de iS ans. 11 fit ses études 
à Coimbre , et enseigna pendant 
vingt ans la théologie dans l'u- 
niversité d'Evora, Moliua avoit 
l'esprit vif et pénétrant; il aimoit 
k se frayer des routes nouvelles , 
et k chercher de nouveaux sen- 
tiers dans les anciennes. Cet ha» 
bile jésuite mourut k Madrid le 
12 octobre 1600 , k Gj ans. Ses 
principaux ouvragés sont , 1. Des 
Commentaif^s sur la première 
pa/tie de la Somme de saiut Tho- 
mas , en latin. II. Un grand traité 
De justitia et jure, 111. Un livre 
De concordid gratiœ et Uberi ar- 
bitrii , * imprimé k Lisbonne en 
i558 , en latin, avec un Appert-- 
dix , imprimé l'année d'après , 
in-4* , fort cher, n Molina, en tra- 
vaillant sur la Somme de saint 
Thomas, dit l'abbé de Choisy , 
avoit cru trouver le moyen d ac- 
corder le libre arbitre avec la 
prescience de Dieu . la providence 
et la prédestination , jse flattant 
que saint Augustin lui-même au- 
roit approuvé les voies qu'il avoit 
imaginées. Les Pères anciens , 
dit- il , qui ont précéda l'hérésie de 
Pelage , ont fondé la prédestina- 
tion surla prescience du bou usage 
du libre arbitre ; au lieu que 
saint Augustin et ses disciples 
n'ontparlé si afïirniativement,que 
parce qu'ils avoient k combattre 
les pélagiens , qui donnoient tout 
au libre arbitre , et qu'il sem- 
bloit qu'on devoijl lui oter beau- 
çoiA^. Mblina définit le libi^ ar- 
bitre la faculté d'agir ou de ne 
pas agir , ou de faire une chose , 
en sorte qu'on puisse fniro le 
contrai r<*. il avoue que l'homme , 

Ï>arses seules forces, ne peut rien 
aire qui entre dans l'ordre de 1« 
grâce , et qui soit même une dis- 

Sosition éloignée k la recevoir.... 
[ais. ajoute-t-iL, quoique Dieu 
distribue comme il veut les dons 
' 4e grâces que Jésus-Cnrist'nous 



4d 



MOLI 



a méritées, il a néanmoins ajusté 
les lois ordinaires de cette distri- 
Jïulion k l*usage que les hommes 
font du libre arbitré , k leur con- 
duite et à leurs efforts. L'homime, 
donc , pour agir en bien , a besoih 
qu'une grâce prévenante excite 
et pousse son libre arbitre : et 
Dieu ine manque jamais de la 
donner , principalement à ceax 
qui la demandent «ivec ardeur; 
mais il dépend de leur volonté de 
répondre ou de ne pals répondre 
à cette grâce. » Forez SuARis , 
n* IL .) C'est ce système qui fît 
naître lés disputes sur la grâce, 
él qui partagea les dominicains 
et les jésuites en thomistes et 
en molinistes. Cette scission de 
rfeux écoles célèbres alluma une 
gii erre qui n'est pa s encore éteinte . 
Dès que là production du jésuite 
parut , Henriquez , son confrère , 
croyant y von* le pélagianisme , 
le censura comme un ouvrage qui 
préparôit<< la voie à l'Antéchrist. 
Les dominicains soutinrent tiièses 
sur thèses , poui' foudroyer le 
nouveau système. Le cardinal 
Quiroga , grand-inquisiteur d'Es- 
pagne , fatigué de ces qurrelles , 
les porta au tribunal de Clément 
VIII. Ce pontife forma , pour les 
'terminer, en 1697 , ^^ célèbre 
congrégation qu'on appelle deAn- 
xiliis. Mais après plusieurs as- 
semblées des consulteurs et des 
cardinaux , où les dominicains et 
les jésuites disputèrent contra- 
^dictoirement en présence du {)ape 
et de la cour dé jRome ; il ne tut 
rien décidé. Paul V , isous lequel 
ces disputes avqient été conti- 
nuées, se contenta de donner un 
décret en 1609 , par lequel il 
défendit aux deux partis de se 
censurer miituellèmeiit , et en- 
joignit aux' supérieurs dés delftt 
ordres de punir sévèrement ceux 
qui contrevSeùdroient k cette dé- 
feriset L'impression que fît cette 



MÔLÎ 

mod<5ratic^ du pape siir l«â do- 
minicains et sur \e6 jésuites fut 
bien différente , suivant certains 
auteurs. Les premiers fiJrent au 
désespoir , et les autres au com- 
ble de la joie. Cet esprit.de paix 
Îfu'avoit recommandé' le pape 
ut la chose k laquelle on pensa 
le moins. Il resta entre ces deux 
corps une animosité sourde. Le 
duc de Lermc , ministre dé Phi- 
lippe ni , roi d'Espagne , qui 
en cràignoit lés Suites , t^cha 
de les amener h l'imité de doc- 
trine ; mais toujours en vain. Ce 
ministre abandonna son projet , 
persuadé qu'il étoit plus facile db 
réconcilier les puissances les plus 
ennemies , que deux corps divisés 
par des disputes d'école. Néan- 
moins , le temps , qui calme tout , 
apaisa les esprits. Les jésuites , 
pour n'avoir pas l'air de pélagiens, 
tempérèrent leur molinisme par 
l'ordre de feur général Âquaviva ; 
et la plupart des dominicains 
adoucirent également leur grâce 
efScace par elfe-même. Les con- 
troverses du jansénisme survin- 
rent , et ce feu couvert sons ta 
cendre se ranima avec force. Peu 
de temps après , pour s'opposer 
aux partisans de MoliiTa , Jansé- 
niùs , évoque d'Ypres , renouvela*, 
dans son livre intitulé Augustin 
nus , quelques idées de Baïus sur 
la grâce. Elles furent adoptées 
par' de jeunes docteurs^ et de 
TieillT:;s femmes. Ainsi ; à la même 
^oque , le plaisir sefcret d'êtç-e 
aun parti , rinquûélhide d'esprit, 
et l'ehVie de se distinguer, for- 
mèrent les deux sectjes des moli- 
nistes et des jtmâénistes, dont le's 
disputes n'ont servi qu'a i^etarder 
les progï*èS de l'esprit humain. 

^t li.*MOLTNA{Antdîne) , 
chartreux de Villa-Nu pva-de-Las- 
Infantes , dam la Caille , doi&t 



MOLJ 

des i^rêtres; , ouvrage pieux , tra- 
diut en français et imprimé en 
1677 , iQ-$<>. Molina mourut vers 
1611 y après s^^tre acquis une 
grande réputation de piéld. 

t in. MOLINA ( Ix)uis ) , ju- 
rif^consul,te e^agnol , employé 
par Philippe II , roi d'Espagne , 
dans l«s conseils dès Indes' et de 
CastiUé , a donné en i6o3, in-foL, 
un savant Traité intitulé De His» 
panorum primogenitorum oH- 
gine et naturd ^ sur les substi- 
tutions de lerres anciennes de la 
noblesse d'Espagne* Ce livre étoit 
aussi d'usage dans plusieurs pro- 
vinces de France. 

ly. MOUNA { Dominique ) , 
religieux dominicain , natif de 
Sévule , publia en 1626 un ife- 
cueil des bulles des papes ^ con- 
cernant les privilèges des ordres 
religieux. 

* I. M.OLÏNELLI (Pierre- 
Paul ) , docteur en philosophie , 
professeur de médecine et de 
chirurgie en l'université de Bo- 
logne , membce de l'institut de 
cette ville , associé étranger de 
l'académie de chirurgie de Paris , 
mort en 17649 a laissé divers 
Mémeires savans et estimés. Ils 
ont principalement pour objet 
Ae& expériences anatomiques sur 
Pouverture de .quelques cstdavres, 
sur des opérations chirurgicales , 
notamm^t celle de la fistule la- 
crymale. Bordenave assure que 
MolineHi , loin (Tavoir cherché , 
comme on l'en accusoit, ^ con- 
trarier le système du célèbre 
Jcau-Louis Petit sur cette opéra- 
tion , ne voidpit , au contraire > 
que perfectionner sa méthode , et 
y ajouter plutôt que de la dé- 
truire. 

* JI. ^OLmELU C J«an-Bap. 

T. XIU 



MOU 



49 



liste) . prêtnp de la conerëgation 
des Écoles pies , né a Génes 
en 1730. Ses talens précoces, ses 
qualités brillaotes du cœur et de 
l'esprit, avoient fait présager le 
rang qu'il tiendi-oit un jour par- 
mi les écrivains ecclésiastiques. 
A quinze ans il a voit acheVé sa* 
philosophie avec une distinction 
tedle que les jésuites firent tou9 
leurs eÔbrts pour le conquérir k 
leur société. Il échappa a leurs 
sollicitations , et entra chez les 

f»iariâtes 00 sColopies , professa 
a philosophie k Oneille , la théo* 
logie b Geues et a Rome , oii 
Clément XIV lui donna des mar- 
ques signalées de son estime. Ses 
thèses volumineuses étoient de 
véritables traités qu'on recher- 
choit avidement dans lès pays 
catholiques. Il eut le courage 
d'imprimer que le probabîlisraa 
( doctrine chérie des jésuites } ^ 
mettanttout eh problènie , ayant 
préparé lés voies à Fincrédulité , 
en secondoit Iqs eitorts. A cette 
époque Gan^anelli n'étoit plus. 
1/esprit jésuitique, qui avoit repris 
à Rome son ascendant ,' se dé- 
chaîna contre le P. Molinelli. 
L'acte de vigueur qu'il avpit fait 
devint pour lui une source d« 
persécutions de la parf des fana- 
tiques , mais il recueillit les suf- 
frages de tous les hommes distin- 
gues ; les écrivains les plus illus- 
tres dltalie s'honoroient de l'a- 
voir pour ami. Sa .plume fournit 
souvent aux prélats de sava/ùts 
consultations, té projet de cano- 
niser Bellarmin fut rejeté par la 
résistance de quatre car<£naux 
oui iinpriinèreTit leurs motifs 
aopposition ; de ce nombre étoit 
l'illustre Passioi^ei , qui , pour 
la rédaction ^e son mémoire , 
emprunta l'aide .de jMohnelli. 
Celui -ci ,.aj[ant quitté Rome , fut 
obhgé d'y retourner plusieurs 
fois par ordre dç sa cougréga- 



5b MGLI 

tion , qui le fit assistant du gêne- 
rai ; mais son séjour habituel 
étoit Gènes , ou il partageoit son 
temps entre les fonctions du mi* 
nistere , renseignement des scien- 
ces ecclésiastiques , et la rédac- 
tion d'une foule de mémoires 
Erofonds demandés par la repu- 
lique de Gênes , qui Tavoit choi- 
si pour son théolopen. Il défen- 
dit les célèbres Ricci , évêque de 
Pistoye,et Solari ,évêc[uede Noli : 
le premier à l'occasion de son 
tjnode ; le second lorsqu'il dé- 
nonça au gouvernement génois 
la bulle Auctoremjidei , comme 
également contraire aux notions 
saines de la doctrine catholique 
et aux droits de Tautorité civile. 
Les réformés opérées dans le 
clergé de France par l'assemblée 
constituante retentirent dans toute 
l'Europe ; Molinelli voulut appro- 
fondir cette matière , et le résul- 
tat de ses recherches fut l'appro* 
bation de la constitution civile 
du clergé. Le plus étendu de ses 
ouvrages est un Traité latin sur 

' la primauté du pape et de ses suc- 
cesseurs, in-S^jRome , i784,pour 
réfuter im novateur qui avoit 
attaqué cet article du dogme ca- 
tholique. Quelques idées , en 
très-petit nombre , prêtèrent à 
la critique; par exemple, celle 
d'imaginer que les évéqùes ne 
puissent reprendre des droits cé- 
dés par la iîoiblesse et l'ignorance 
de leurs devanciers ou d'après 
les fausses dëcrétales ;., h cela 
près , l'ouvrage de Molinelli est 
excellent, ses preuves sont pui- 
sées ôai:ïs les sources pures de 
raatiquité. Il établit les droits 

^ légitimes du premier pontite, , 
sans admettre aucune des préten- 
tions gigantesques de la cour ro- 
maine , quoique cet ouvrage soit 
imprimé à Rome , et composé 
par l'ordre de Pie VI , qui fit une 
pension viagère à l'auteur» Dans 



MOLI 

I 

un ptûlTraité concerné^ làpti» 

prié té des biens ecclésiastique^ , 
il admet le droit de la nation sur 
ces biens, en le restreignant aux 
besoins' urgens de la société. 
Molinelli , décédé à Gên^s le 12 
février 1799, à soixan^neuf ans, 
a légué son héritage littéraire à 
son ami M. Désola , qui se pro- 
pose de publier divers ouvrages 
du savant 'piai*iste. 

f X. MQLmET(Jean), chà- 
noine . dc; Valehciennes , histo- 
rien et poète, né à Poligny en 
Franche-Comté ( et non pas à 
Desvres , dans le Bldulonais , com- 
me l'ont prétendu plusieurs au- 
teurs avant le quinzième siècle) » 
fît ses études à Paris , et dans 
la suite il fut aïimônier et biblio- 
thécaire de . Marguerite d'Autri- 
che , gouvernante des Pays-Bas 9 
et historiographe de Maximilien-I. 
Il mourut en i5o7. Molinet avoit 
beaucoup de facilité pour la poé- 
sie, étoitl>on musicien , et sesver^ 
historiques et sa prose sont re- 
cherchés. Cependant Duverdier 
dit que ses vers n'ont ni rime ni 
raison , ainsi qu'on dit en corn*- 
mun proverbe : mais La Croix-du- 
Maine le loue comme un excel- 
lent poète et orateur , bien estimé 
de son temps. Il a traduit en 
prose le Roman delà Rose , sa 
traduction commence par ce qua- 
train : 

■ / ■ 

■* 

C'est le roman de la rose , 
- Moralisé , dcr et net , 
Traoslat^ de rime- en prose 
Far vostre humble 'Molinet. 

Cette Traduction, entreprise à la 
prière de Philippe, duc de Clèves, 
fut. d'abord imprimée a Lyon eu 
i5o5 ;' ensuite à Paris, en iS^i : 
ces. deux éditions , in-folio , sont 
en caractères gothiques. On con- 
serve dans plusieurs bibliothè- 
ques une Chronique deMeliaet^ 



MOLÏ 

qui contient les faits les plus re- 
marquables arrivés depuis l'an 
1474 jnsqu'en i5o4. M. Godefroj 
«voit entrepris de la publier avec 
des notes ; mais il est mort trop 
tôt pour achever ce travail ; la 
chronique est restée maiiuscrite. 
Le recueil de ses poésies a été 
Hnprimé a Paris , en i53i , en 
caractères gothiques , soUs ce- 
titre , Lesjaits et dicts de Jeu 
de bonne mémoire maistre Jehan 
MoUfiet , contenant plusieurs 
beaux traictez , oraisons et 
chants royauîx ; mais ce recneil 
ne conlieut qu'une partie de ses 
œuvres. Le manuscrit qui étoit 
conservé dans la bibliothèque de 
la cathédrale de Toumaj est 

S lus complet. Ce recueil contient 
es pièces sur des matières très- 
diverses^ ; les unes âont pieuses , 
d'autres galantes ou badines ; on 
j voit des satires , des allégo- 
ries et de l'histoire ; des Oraisons 
à la yier^e Marie et à plusieurs 
saints et saintes , et là pièce inti- 
tulée V Avocat des âmes du pur^ 
gatoire y sont relatives à .la reli- 
gion; les Anges du monde; le 
Chapelet des dames ; le throsne 
d honneur y etc., etc., sont des 
allégories fatigantes k lire ; le 
Débat de la chair et du pois" 
son ; le Débat itavril et de mai ; 
le Débat de T aigle ^ du hareng et 
du lion ; le Dialogue du loup et 
du mouton ; le Dialogue du gen^ 
darme et de Pamoureux ; pièces 
où l'auteur s'égaye saps égayer 
son lecteur. Son Siège cPameur ; 
ia Bataille des deux nobles 
déesses y pièces galantes , mais 
don( les allégories en rendent la 
lecture pénible. Son Testament 
de la guerre est un tableau qui 
a le mérite de la vérité. Sa Litu" 
nie ; ses neuf Preux de gour^ 
tnandise ; son Epithalame de la 
fille de Laidin , etc. , sont im- 
moralef par la matière , et iiidë- 



. MOLI 5i 

eentes par resmression* Ces pro- 
ductions du chanoine de Yaien- 
ciennes déposent contre les 
mœurs de ce qu'on appelle le > 
bon vieux temps. L'ouvrage le 
plus curieux de Molinet est la 
continuation d'une chronique en 
vers que George ChasteUain , 
dont il étoit le disciple , a voit 
commencée ; elle est intitula 
Rècollection des choses mer- 
veilleuses advenues, en nostre 
temps > commencée par très- 
élége^nt orateur messire George 
Cha^tellain , et continuée par 
mkUtre Jehan Holinet. Cette 
chronique en vers , composée <\» 
plus décent cinquante strophes. 
Contient l'exposé de plusieurs 
faits singuliers > peu connus et 
exprimés parfois d'une manière 
piquante. Coustelier , dans sa 
Collection ' des anciens poètes 
français , a publié , en i^aS , 
un extrait ae poésies diverses 
de Jean Molinet. . 

t II. MOLINET (Claude du), 
chanoine régulier , et procnreurw 
général de la congrégation de 
Sainte -Geneviève, né à Châ- 
lons en Champagne l'an 1620 » 
d'une famille ancienne, Vint ache- 
ver ses études à Paris , et s'ap- 
pliqua ensuite k découvrir ce 
qu'a j a de plus caché dans l'an- 
tiquité. Il amassa un cabinet con- 
siaérablp de curiosités , et mit la 
bibliothèque de Sainte- Geneviève, 
à paris , dans un. état qui l'a 
rendue l'objet de l'attention (los 
curieux. Louis XIV se servit de lui 
pour aider èi ranger se^ médailles 
et à lui en trouver de nouvelles* 
Le P. du Molinet en fournit a ce 
monarque plus de 800 , qui lui 
méritèrent ues gratifications con- 
sidérables. 11 mourut à Paris le 
2 septembre 1687. Ses princi- 
paux ouvrages sont , I. Une eV/;'- 
tion det Epitres d'Etienne^ éri- 



53 



MOLI 



que d%rToarnaj , avec de savantes 
ilotes , i682 , iu-8®, H. Unis- 
toire des pàpe^ , par ptédailles , 
depuis Martiu V jusqu'à Inno- 
ecnt XI , 1679*^ in-folio , en latin : 
t>ùyrage peu estimée III. Des 

• 'RejlexiohsisurV origine et ^anti- 

' quité des ^dhtfines séculiers et 

réguliers. ïV. Un Traité des dïf- 

férens habits des chcâioines.y, 

' Une DisseHation sur ia mitre 
des anciens. VI. Une autre Dis- 
sertation iur une tête d'Isis , 
etc. VH.IjC "Cabinet d« Sainte- 
Genevièi^e , à Paris ,' 1Ç92 ,in-foi. , 
peu commun. Ces diâërens écrits 

' oârent'des choses éurièuses. 

t T- , MGLTOTTTI ( Antoine ) , 
médecin de Vcwîse , wa des pins 
habiles ànatoraistes de son siècle , 
enseigtia «t pratiqua la médecine 

' à Padoue avec une réputation 
extraordinaire. On estime beau- 
coup son Traité des sens et de 
leurs organes /maxime à Padoue 
^a 1669, iii-4^ > en la un. Il mou- 

' rot à Venise vers i6y5. 

* IL MOi^INETTI ( Guil- 
laume) , savant écrivain du i.j* 
fiiëcla , généralement estimé pour 
sa probité et ses connoissances , 
né il Dulilin en i656 , fut le foh- 
dtrteur d'une société : de sàvabs 
danâ cette ville , semblable a la 
société rojàle de Londres. Loèke 
l'honôroit de son amitié. Moli- 
netti mourut dans sa patrie le 
ti octobre 1698. On a de fui 
un Traité de dioptrique , la Dès- 
p«/?<io/i d'un télescope de s6n 
invention , et quelques autres ou- 
vrages assez éstin^si. 

MOLtNEUX. ^Tojet Moly- 

KEUX. 

* MOMNI (ChaWes) , juris- 
consulte » orateur, poèlte latin 
«t Hàliea » né* à Viceuce en r635., 



MOLI 

j mourut le 2 septembre 1709» 
On a de lui Lagrime ai Par^ 
naso in morte di Girolamo Al- 
banese , insigne statuario ^ Vi- 
ceuce , i663 , et un volume de 
poésies lyriques ,. qui est resté 
manuscrit entre les mains de soa 
héritier. 

t I. MOLINIER ( Jean-Bap- 
tiste ) , né à Arles en 1675 , enti a 
dans la congrégation de l'Ora- 
toire en 1700, et prêcha dans la 
suite avec applaudissement à Aix, 
à Toulouse , à Lyon , à Orléans, 
et à Paris. Massillon , l'ayant en- 
tendu y fut frappé des traits vifs 
et saillans de son éloquence ; et 
surpris de ce qu'avec un talent si 
décidé il étoit si inégal , il lui 
dit alors : «Il ne fient qu'à vous 
d'être le prédicateur du peuple 
ou des grands. » Il est certain, 
que, lorsqu'il travaiïloit ses dis- 
cours , il égaloit nos plus célè- 
bres orateurs; mais il cômptoit 
trop sur sa facilité , et ne mode- 
roit pas assez l'impétuosité de 
soi! ihiagination. Molinier quitta 
l'Oratoire vei-s 1720 , pour se ne- 
tirer dans le diôcèsè de Sens , 
"d'oti il pevitrt à "Paris reprendre 
l'exercice du ministère de la pré- 
dication. 'Le successeur du car^ 
dinal de JVoàilles ( Vintimiîle ) 
le lui ajànt interdit , il ne s'oc- 
cupa plus qu'à revoir ses Ser^ 
mons. Il mourut * le i5 mars 
1745. On a^^ l^î, L Sermons 
choisis ^ en 'i4 vdl. in-12 , 1752 
et 1734' Ces* âiscour$ sont la pro- 
duction d'un génie 'heureux , qui 
s'exprime avec beaucoup de feu , 
d'énergie , de force , de dignité 
et de natiireL II ne lui manquoi^ 
que le goût ; son style est incor- 
rect , inégal , et déshonoré par 
des termes cohimOns, qui font un 
étrange contraste avec plusieurs 
morceaux pleins de vie et de no- 
blesse, {«e Sermon dkCiet pas^a 



M OLI 

ponr son chef-d'oeuvre. De ces 
i4 volâmes , il j en a 5 de Pané" 
ejriques , et a de Discours sur 
la Yérité de la religion chrétienne. 
II. Exercice du pénitent et Of- 
fice de la pénitence ,^în-8«. III. 
Instructions et prières de péni- 
tence , in-iQ , pour servir de 
suite au Directeur des amespé- 
ni tentes du P. Vauge. IV. Tra- 
duction nouvelle de limitation 
de Jésus- Christ , Paris , lyaS , 
m- 12. V. Prières et pensées chré- 
tiennes ; des Cantiques spiri- 
tuels , etc. 

♦ n. MOUIVIER ( Guillaume ), 
chancelier du collège du Gai-Sça- 
▼oir à Toulouse , se chargea , en 
i324 } de rédiger les lois étA- 
mors , c'est-à-aire les règles de 
la poésie. Le 6 septembre i548 
îl convoqua les sept poètes qui 
Composoient le collège ap|)elé le 
Gai Concistoire , pour leur lire 
sa Poétique , et leur soumettre 
avec son tr9vail des doutes 
qu'il avoit sur divers points. Dif- 
férentes corrections et modifi- 
cations furent ^arrêtées : Moli- 
nier y reçut la commission de 
mettre la dernière main V son 
ouvrage , et s^en acquitta k la sa^ 
tisfaction du gai concistoire ^ 
qui l'approuva , le publi^et l'en- 
voya dans tous les pays od Ton 
cultivoit la langue romance. Jean» 
♦roi d'Aragon , qui reçut cette 
Poétique y puisa l'énaulation d'a- 
voir dans ses états "une école de 
gaie science. Des poëtes toulou** 
sains allèrent Tétahlir ii Barce- 
lonne , et dans la suite un détà" 
chement de cette école alla fon- 
der une pareille institution à 
Tortosc. La Poétique de Molinier, 
très-étendue ^ embrasse la gram^ 
an aire , la uhilosephie > et les au- 
tres connoissànces qu'un tronba- 
doar devoit avoir. C'est un on- 
•Yrage préciieu^-, un iftonument 



MOLI ' 53 

nnîquepour faire connoitre l'état 
de la langue romance et de la 
poésie provençale an i4* siècle. 
L'académie des jeux floranz ^ 
après l'avoir long-temps négli- 
ge coVnme inutile ani progrès 
de l'art , a cru devoir la publier' 
comme monimient historique. La 
traduction qui en a été faite pa- 
roitra bientôt imprimée avec le 
texte en regard. Molinier devoit 
être vieux , lorsque sa - Poëtiqu9 
fut mise au jour en iS56 ; le» 
sept poètes l'appellent notre an^ 
tique chancelier* Il étoit grand 

Î'urisconsult^, et J'on voit, par 
'ensemble et par les détails de 
son ouvrage , qu'il avoit un es-^^ 
prit étendu , sage et profond. 

« m. MOUNiER ( Etienne ) , 
prêtre , docteur en théologie , 
en droit civil et canonique , et cé- 
lèbre prédicateur , tkè à Tou<* 
loase, florissoit dans le 17* siècle. 
Il se fît recevoir avocat dans sa 
patrie ; mais il abandonna bteo'* 
tôt le barreau pour embrasser 
}'état ecclésiastique. Il eut Thon-* 
neur de prêcher devant Louis 
Xni , lorsqiie ce monarque fut 
sacré , en 1010. L^'abbé Molinier 
avoit du talent pour la c^ire , et 
îl exerça le ministère de la prédl« 
cation avec le plus grand succès > 
dans les principales églises de 
Paris et de la Provence ^ jusqu'à 
sa mort arrivée en i65o. Ob a de 
lui un grand nombre àeSetTnons; 
savoir , I. Ponr tous les dinutn- 
ches de Vannée , Toulouse » 
i63i, a vol. in-8*. I!. Pour lêr 
carême , Lyon , i65o , a vol. in- 
^«. lU. Pour les fêtes des saints, 
Douay , i65a , 5 vol. in-S». IV. 
PourVoctave du SaintSdcrementy 
Toulomse , i64'û , in-8». V. SHrk 
mystère de [a croix ^ i635 , in^S*. 
VI. Sur le symbole de la croix , 
Roiten , 16S0 , in»^«. Quoique 
ces sermons ne soient pas gobi- 



54 



MOLI 



po^és dans le goût du siècle , ils 
ont leur mérite particulier ; îl y 
a de réruditiou et des morceaux 
bien pensés. 

MOUNO (Dominique), sé- 
nateur de Venise , encouragea les 
cens de lettrés en Italie et dans 
les pays étrangers : il entretint 
une correspondance suivie avec 
lieinsius, Gàsaabon , Grrotius et 
Gassendi ; Ce dernier dit que 
«c peu de monarques ont pu ré- 
galer dans la généreuse et infa- 
tigable protection des lettres. » 
Tm commerce épistolaire très- 
étendu 9 et les occupations du 
gouvernement , rémpechèrent de 
mettre la dernière main à ses ou- 
urages ; mais il a contribué k la 
pumication de ceux des autres. 
On prétend qu'il eut beaucoup 
de part aux différens traités po* 
litiques.de JFra-Paolo.Il mourut 
en i655 » k 63 ans , après avoir 
employé tous ses soins à conser- 
ver la majesté de la république 
et à augm^ater la gloire de la 
littérature. C'est ce qu'on lit 
dans son épitaphe. 



MOJJiNOS (Michel), prêtre 
espagnol , naquit dans le diocèse 
dé Sara gosse en 1627 , d'une fa- 
mille considérable par ses biens 
et par sou rang. Né avec une 
imagination. ardente , il s'établit à 
Borne 9 et acquit la réputation 
' d'uu grand directeur. Il refusa 
tous les bénéfices qu'on lui offrit. 
Jje feu de son génie l'entraîna 
dans des opinionsnouvelles sur la 
mysticité. Il déploya ses idées 
dans sa . Conduite spirituelle , li- 
.vre qui le fit renfermer dans les 
prisons de l'inquisition en i68â. 
Cet ouvraee parut d'abord ad- 
mirable. «La théologie mystique, 
disoit l'auteur dans sa préface , 
n'est pas nue science d'imagina- 
tion y mais de sentiment . . • . on 



MOLI 

ne l'apprend point par l'étude , 
mais on la reçoit du ciel. Aussi , 
^ans ce petit ouvrage , je me suis 
plus servi de ce que la bonté in- 
lînie de Dieu a daigné m'inspi- 
rer , que des pensées que la lec- 
ture auroit pu me suggérer. » 
Ce traité étoit divisé en trois li- 
vres, et l'on trouvoit dans le pre- 
mier <( que , pour parvenir a la 
perfection du recueillement in- 
térieur , il faut faire de son cœur, 
une carte blanche, où la sagesse 
divine puisse graver ce qu'il lui 
plaira ; que les teutadons sont 
une médecine salutaire , qui ra- 
baisse notr^' orgueil ; que le 
recueillement intérieur consiste 
dans ^un silence que l'on garde 
en la présence de Dieu', en le 
considérant par une foi amou- 
reuse et obscure , sans aticune 
distinction de ses perfections ou 
attributs ; qu'il n'est pas besoin 
de méditer les mystères , ni de 
faire des réflexions sur la vie ou 
la passion de J. C. , et que la plus 
sublime oraison consiste dans 
le silence mystique des pensées » 
c'est-à-dire , à ne désirer rien , 
à ne penser rien. » Dans le deux:iè« 
me , Molinos exhorte les direc- 
teurs auxquels il l'adresse à se 
revêtir dans le confessionnal de 
la douceur d'un agneau t et k ru- 
gir en chaire comme des lions. 
Il dit (C qu'il vaut mieux obéir k 
son directeur qu'a Dieu. » Il con- 
seille la fréquente communion , 
et désapprouve les. pénitences 
corporelles. Il développe enfin , 
dans le troisième, les principes 
de sa pri^tendue mysticité ^ et , se- 
lon lui, ((il n'y a que deux sortes 
de contemplations, l'une active 
et l'autre passive. La première 
cherche Dieu au dehors par le 
raisonnement , l'imarâiation et la 
réflexion : il la dit oonne pour 
I les commençans; mais il ajoute 
I qu'il faut aspirer k la se€oad«:x 



MÔLI 

^QÎ coudait à Funion divise et 
au repos intérieur. Alors Famé 
9st TU aï tresse des tentations : la 
vertu s'afieinnit , les attachemens 
se rompent , les imperfections 
s'anéantissent et Tame demeure 
wnie à Dieu , sans qu'elle y con- 
Iribne par aucun mouvement. » 
La réputation de vertu qu'avoit 
raultur ne servit pas peu a ré- 
pandre son livre. Ce ne fut qu'en 
creusant dans cette espèce d'a- 
bîme , où Molinos s'enfonce et 
▼eut entraîner son lecteur , qu'on 
aperçut le danger de son sysr; 
teme. « On vît , dit le P. d*Avri- 
^y 3 que l'homme prétendu par^ 
iait de IVJolinos est un bomme qui 
ne réfléchit ni sur Dieu, ni sur 
lui-même; qui ne désire rien, pas 
inême son salut ; qui ne craint 
rien , pas même l'enfer; a qui les 
pensées les plus impures , comme 
les bonnes oeuvTCs , deviennent 
absolument étrangères et indiÛfé- 
rentes. La souveraine perfection, 
suivant le mystique espagnol, 
consiste k s anéantir pour s'unir 
à Dieu ; de façon que , toutes les 
facultés de l'ame étant absorbées 
par cette union , l'ame ne doit 
plus se troubler de ce oui peut 
se passer dans le corps, reu im- 

Sorte que la partie inférieure se 
vre aux plus honteux excè&, 
pourvu que la supérieure teste 
concentrée dans la divinité par 
l'oraison de quiétude. » Cette hé- 
résie se répandit en France , et 
y prit mille formes difîërentes. 
Malaval, madame Guy on, et Fé- 
nélon , en adoptèrent . quelques 
idées y mais non pas les plus ré- 
yoltantes. Celles de MohnoA fu- 
rent eondamoées en 1687, au 
nombre de 68. On voulut voir si 
sa conduite répondoit k sa pra- 
tique', et l'on découvrit des dé- 
réglemens aussi affreux que son 
fanatisme. Il fut obligé (le faire 
une abjuration publique, «t il 



' MOLI 



55 



fut enfermé dans une prison , oik 
il mourut le 29 décembre 1696, 
âgé de plus de 70 ans. En quit-' 
tant le prêtre qui le conduisit 
dans son cachot , il lui dit : 
« Adieu , père ! noms neus ren- 
verrons! encore an jour du juge- 
ment , et on verra alors de quel 
c^té est la vérité , ou du votre 
ou du mien. » Ces paroles mar-* 
quent que son repentir ne fut pas 
aussi smcère qu^n l'a, prétendu* 

1 1. MOUTOR ( Uhic ) , na- 
tif de la ville de Constance , y 
exerçoit la profession d'avocat. Il 
étoit docteur en droit de l'uni- 
versité de Pavie. Le seul ouvrage 
ane nous ayons de lui , dédié à 
8igismondj duc d'Autriche , et 
imprimé pour la première foi& 
in-4® , k Constance., en 1489 , a 
pour titre : Tractatus de la^ 
miis et pjrthonicU. Cette pre-* 
mière édition est rare ; il eu 
parut une seconde édition k Pa- 
ria en i56i , in - 8*. Ce traité 
fut ensuite inséré , en i584> dans 
te second volume de la collection 
d!QS pièces sur la magie , intitulée 
Matieus maleficorum, La forme 
de cet ouvrage est un dialogue 
entre tllrio MoHtor , Sigismond, 
et Conrad. Il fut composé k Toc- 
easion de l'arrestation et des in- 
terrogatoires d'un grand nombre 
de sorcières dans les états du. 
duc Sigismond. Si l'auteur ne dé- 
sabusa pas entièrement le prince 
sur l'existence des sorcières > et 
aur les prestiges et fascinations^ de 
l'esprit malin, il lui apprend au 
moms qu on peut , avec un signe 
de croix » mettre facilement le 
diable en déroute* Mojdtor mou-» 
rut en x^Q^» 

* n. MOUTOR C Jean > , n^ 
k Nupemberg en i65t , reçut le 
bonnet de acteur en Puniver-*. 



56 



MOLL 



N - 



site de Padoue , pratiqua là mé- 
'decine a Nuremberg , retourna à 
Tëhîse où il avoit été commis- 
sionnaire des marchands , et y 
mourut en 1664» — Un autre Mp- 
LiTOB ( Jean-Horace ) , aussi mé- 
decin , composa un ouvrage im- 
primé k lène en 1676, in- la^ 
sous le titre de Tractatus de 
thermis artijicialibus septem mi- 
neralium ptàneta/um. L'auteur , 
dans cet ouvrage, prétend lever 
le voile dont la nature se couvre 
quand , dans lès entrailles de la 
terre , elle travaille à la compo- 
sition des métaux. 

. t I-.MOH.ËR (Henri ), 
théologien protestant ) très -ha- 
bile dans là langue hébraïque , 
professa long - temps dans l'u- 
ûivèrsité de Wirtemnerg. Il mou- 
rut k Hambourg, sa patrie, en 
i58û , âgé de 69 ans. On a de 
lui des Commentaires surisaïe , 
et sui; lès psaumes -, et des Poé- 
sies latiiiès. Nous ne le croyons 
pas le même qu*u6 auteur du 
même nom , qui publia en i585 
un traité d'agriculture, aLeipsick, 
in-4** > et que Rè dii être le pre- 
çiier qui ait donné d(.>s préceptes 
afiraires à. son pays ; mais on 
éonnoissoit , ayant récrit de Mol- 
1er , ceux de Voîgt , de Donviris ^^ 
^e Zwinçer et de Caraérarius , sur 
le jardinage et l'agriculture. 

n. MOLLER ( Daniel - Guil- 
laume ) ^ natif de Presbourg , 
voyagea dans toutes les parties de 
l'Europe , fut professeur en his- 
toire et en métaphysique , et bi- 
bliothécaire dans l'université d'Al- 
torf , où il niourut le 25 février 
1^1% , à 70 ans. On a de lui 
plusieurs ouvrages. Les princi- 
paux sont , I. Meditatiô de Huit" 
garicis iqulbusdarn ihséc'tis 'piho- 
aigiôsis j ex aëre unà cum nivê 
in agm relapsis , 1675 , in- 12. 
II. Opuscula ethica et problemu' 



MOLL 

tico-cntica , Francfort » i6j4 » 
in- 12. HT. Opuscula medico-his- 
foricO'phih/ogica , 1674 , in -12. 
IV. Me/isa poëticqy Altorf, 1678,. 
in-ia. V. Indicuîus medicorum 
philo togorum ex Gerrnanidoriun- 
dorum , etc. , Altorf , 1691, in*4** 
VI. Et divers autres écrits qui 
prouvent son érudition. 

t IIL MOLLER ( Jacques \ ,. 
né à IHeinsbourg , dans le duçné 
de Sleswick , en i6di , fut fait 
recteur du collège de sa patrie 
en 1701. Philosophe et déjg^agé 
de t«>ute ambition , il refusa 
plusieurs chaires, qu'on lui of*- 
frit ; il ne voulut pas même 
accepter l'emploi de bibliothé- 
caire . d'Oxford , quelques insn 
tances qu'on lui fît. Toutes le» 
-heures que ses fonctions classi- 
ques lui laissoient libres, il les 
cmployoit sans relâche à l'étude; 
de l'histoire littéraire. Il mou^ 
rut le 20 octobre 1726* On a 
de lui plusieurs ouvrages , en- 
tre autres , I. Introductio ad 
historiam ilucatuum Sleswicen^ 
sis et ïlolsatici, k Hambourg, 
1699, i»"8*« !!• Cimbria titte- 
rata , 1744 9 trois vol., in-folio. Il 
contient l'histoire littéraire , ec- 
clésiastique , civile et pblitiqué 
de Danemarck , de Slesvnck , de 
Holstein , de Hambourg , de Lu- 
beck, et des^^ys voisins* HI. 
Isagoge ad historiam Ckerso- 
nesi Cimbriacee , in-8? , Ham- 
bouifg , 169 1 ; et dans la Biblio" 
theca septentnonis i^ruditi^ Leip- 
sick, 1699, in-8*», qui renfei*meuii 
détail circonstancié de ce qu'il fa ut 
lire pour l'histoire de cçs provin- 
ees ( Fojjrçz KoENiG , n«> 1. ) IV. 
De comutis et hermaphroditis , 
Berlin , 1708 , in-l°. Sa f^ie a été 
donnée par ses fils, en latin, à 
SleS\\ack , 1734 > ip-4*' Une pro- 
fonde érudition est le caractère de 
tous ses écrits. 



MÔLL 

* IV. MOLdLER ( Frédéric ) , 
né k Cnstrin dans la itouvelle 
marche de Brandebourg , vou- 
lant se perfectionner dans la con- 
noîssance de la mëdecine qu'il 
étadioit , voyagea en Hollande , 
en Danemarck , en !Çomëranie y 
reçut le bonnet de docteur à Ko- 
nigsberg en 1644* J professa 
jusqu'en i658 , retourna dans sa 

§atrie , et fit imprimer , en 1662 , 
es observations sur un enfant 
qui vëcQt ëtant né après 173 
jours de conception. 11 parut à 
Londres , en 167a , in-S" , une 
édition en quatre livres d'autres 
observations de ce médecin. 

* V. MOLLER ( Pierre ) , né 
•n Prusse Tan 1628 , étudia a 
Leipsick , à Strasbourg , voya- 
gea en Angleterre , en Holliiuae » 
eh France ^ en Italie , fut , à 
Borne, médecin du cai-diual Bar- 
berini , reçut le bonnet de doc- 
teur à Padouc , professa avec dis^ 
tinction a Konigsberg la chimie 
et la chirurgie , et y mourut en 
16B0. 

* VI. MOLîJ:R ( Datoiel-Guil- 
iaume) ,né àPresbourgen 164^, 
reçu docteur en médecitie , se 
fixa à Aitorf , oix il enseigna avec 
beaucoup de succès jusqu'en 
171:2 y époque de Sa mort. Ses 
ouvrages sur la médecine le fi- 
rent recevoir membre de l'acadé- 
mie des curietixde la nature , 
sous le nom de Sotinus' /. Les 
hibliogra|^es ne donnent point 
)es titres dé ses ouvruges , ils di*> 
sent setdement crue Daniel Mol- 
1er a fait des recherches sur les 
médecins nés en Allemagne; qu'il 
à publié un prôgràmrtie Sous ce 
titre : De prœiiaraiiàné àbitunen^ 
iiûrii in ftqtiam , etlih tfaîté in- 
titulé Mediiaiib de In^e'ctis qui- 
bUsddHt Hàhgii7*itîs, Frâncd'urti, 
ièjS , iii-iâ; 



MOLO ^ 5^ 

* Vn. SïOLLEfi( Chrétien), 

Sasteur de Landau , a donne 
Tovurh Testamentum Germant" 
cum îitteris Behrœô-Teutonicis , 
Fràncfort-sur-l'Oder, 1 700 , in-4*» 
Cette édition est raie , parce que 
les juifs Vont accaparée le plus 
ou'iis ont pu pour la Uvrér a 
flaiâMes. 



poui 



auK 



♦ MOLLOY ( Charles ), issu 
d'une bonne famille d'Irlande , 
né à Dublin , vint en Angle- 
terre , où il se fit connoîtrc par 
une leuille périodique ^ laq'uc^lle 
il eut beaucoup de part, intituliie 
fog's Journal ^ei une autre inti- 
tulée ïe Sens comtnun. On lui doit 
t^ois pièces de théâtre , les Epoux 
dans la perplexité y 1715 , in-ia; 
la Coquette y 1718, in-S** ; les 
Cfficiers de^ denii - paye , 1 7*20 , 
iti- Il : elles ont eu peu de succès. 
MoUôj mourut en juillet 1767. 

t MOLOCH , fameux dieu 
des Ammonites , k l'idole duquel 
ils sacfitioient des enfans jet des 
aniihaux. La statbe de cette divi- 
nité barbare étoit un bus^e ou 
demi -corps d'homme , qui avoit 
nn'e téie de veau, et lenbit les 
btas étcridu^. Elle étoit creuse , 
et dans sa cbucavîté ôh avoit 
m'énagé i?ep't armoires , dont la 
première étôil destinée pour la 
la'rine, lès cinq suivantes pour les 
dififérfetis animaux qu'on liii im- 
moloit , et la septième pour lei 
enfans ^u'on vouloit lui sacrifier. 
Ce demi -corps étoit posé sur une 
espèce de foUr , dit on allumoit un 
grand ffeu ; et de peur qu'on en- 
tendit les cris des enfans , on 
faisoit un grand bruit avec des 
tartiboûî'S et d'autres instrùmciisv 
chii étoiirdissoient les Spectateurs. 
Quelques auteurs prc?endentqu'on 
tîc brùloit point réellement les 
ëtlikus ; hiais rjtie , pour les puri- 
fier y on se (^ohteiitoit dé lés iairè 



58 



MOLO 



Ï>as5cr cûtre deux feux mi'on al- 
ucQoit devant Tidole. LTEcriture- 
sainte reproche souvent aux juifs 
de faire ces sortes de sacrifices à 
Molodb. 

MOLON , Moh , célèbre rhé- 
teur de nie de Rhodes , vint à 
Rome l'an 87 avant J. C., et 
V enseigna la rhétorique avec 
beaucoup d'éclat. Cicéron , qui 
^toit du nombre de scç auditeurs, 
en fait un grand éloge dans son 
Bnitus* Étant retourné dans sa 

Patrie , le jeune orateur romain 
y suivit pour continuer à pren- 
dre des leçons d'un maître qu'il 
regardoit comme celui qui avoit 
le plus contribué à le periection- 
ner dans l'éloquence. Quelques 
années après , Molon fut en- 
Tojé à Home , en ambassade 
vers le sénat, où on l'écouta sans 
interprète , honneur qui avant 
lui n avoit été accordé à aucan 
étranger. 

MOLORCHUS , vie^x pas- 
teur du paj» de Cléonè ^ dans 
le rojraui^e d'Argos , reçut ma- 
gnifiquement Hercule. Ce héros, 
pénétré, de reconnoissance , tua 
en sa faveur le bon deNémée, 
qui ravageoit tous les pays des 
environs* C'est en mémoire de 
ce bienfait qu'on institua , en 
l'honneur de Molorchus, les fêtes 
appelées de son nom Molar^ 
€néennes. 

* 1. MOLOSSI ( TranquiDo ) , 
de Crémone , bon poëte latin , 
né en i466, se nommoit Baltha- 
sar , et , par un caprice de poëte, 
irpritle nom de Tranquillo. En 
1493 il entra au service d'Ermo- 
}aiL&-Barbaro , patriarche d'Aqui- 
lée, et , après avoir rempU divers 
emplois honorables , il se retira 
dans sa patrie , où il mourut au 
mois d'avril i5i»7^ On a de lui oq 



MOLS 

poëme intitulé Mvnomaehim ^ 
imprimé à Liy on en i539. 

* IL MOLOSSI ( Jean-Bap- 
tîste ) , de là famille du précé- 
dent, a publié Memorie di alcuni 
uomini illustri délia città di Lodiy 
con una dissertazione prelimitiare- 
delt antica Lodi , Lodi , 1776 , 'Jt 
vol. in-fol. , ^^, 

, t MOLSA ou MoizA ( Fran- 
çois - Marie ) , né à Modène en 
i549 , d'une famille noble , s'ac- 
quit une grande réputation par ses, 
vers latins et italiens. Ses taJens 
lui auroient procuré un^ fortune 
considérable dans le monde , si 
sa conduite avoit été plus régur 
lière. On estime sur-tout ses 
Elégies, et sa pièce sur le Divorce 
de Henri FUI , toi d'Angleterre, 
et de Catherine d'Aragon^ So» 
Cupitolo in Iode rfe/ Fichi , plein 
d'obscénités, a été commenté par 
Annibal Caro , poëte italien , sous 
ce titre : La Ficheide del Padi^ 
FiceOyCol c&mm, de ser^ Agresto^ 
1549, iû-4**- ^GS Poésies itaUen-^ 
nés 66 trouvent avec celles du 
Berni , 00 séparément^ i5i3 ,^ 
in-8<» , €t 1730 , 2 vol. in-8«. 
( Voyez l'article suivant. ) Ses 
Poésies latines se trouvent dans 
Deliciœ poëtanun Itahnun.,,» 
Molzaécrivoit aussi en prose avec 
beaucoup d'élégance ; mais il 
dési]K>noroit ses talens par le 
commerce konteux qu'il eut avec 
les courtisanes de Modène. Il 
s'abandonna à ces misérables 
avec si peu de ménagement y 
qu'il contracta cette honteuse ma- 
ladie , suite de la débauche. Il 
mourut en i544* 

t IL MOLSA ou MoLSÀ (Tar« 
quinie),pétite-fille du précédent» 
née a Modène en 1642 y. joignit 
à toutes les |;raees de son sexe 
une yerta sohde. Après la mort 
de son époux ^ elle ne voulul 



MOLY 

pomt se remarier , et se comportu 
comme Artemiae , qaoique sa 
jeâaesse et ses attraits la tissent 
rechercher avec empressement. 
Elle s'appliqua avec ardeur et 
avec succès aux belles-lettres , 
aux langues grecque, latine et 
hébraïque. Son goût , son esprit 
et'ses lumières la tirent4:onsulter 
par Le Tasse, Gnarini et les au- 
tres grands hommes de son temps 
sur teurs ouvrages. Le sénat de 
Borne l'honora en 1600 « et toute 
sa famille , du droit et des pri- 
vilèges de ci tojrens romains, « en 
récompense , dit le diplôme , de 
sa rare doctnne , de son excel- 
lence dans la poésie , dans la 
mosiaue , dans le grec , l'hébreu 
•t le latin , et dans les sciences 
plus graves ,- enfin deâ belles ver- 
tus morales qui la distinguent. » 
Alfonfe n , duc de Ferraie , Ta- 
Toit placée conune dame d'hon- 
neur , auprès des princesses Lu* 
erèce et Ëléonore -, ses soeurs. 
Après douze ans de séjour dans 
cette cour, dont elle avoit été 
l'exemple et l'ornement , elle se 
retira a Modène sa patrie , et j 
monrut en 1617 , k 76 ans. Ses 
poésies italiennes et latines se 
trouvent avec celles de son grand- 
père, de l'édition de 1750 , en a 
vol. in-8<*. On a encore d'elle la 
Traduction de deux Dialogues de 
Platon y et elle avoit fait d'autres 
Versions jqui ont été perdues» 

* MOLIÎŒUX ( sir William ) , 
€e«rit sous le règne de Henri YIll, 
et se distinguaMpar sa bravoufe à 
la bataille de Floddenrfield. Mo- 
Ijneux , ennemi déclaré de l'oisi- 
Yeté vouloît que tous ceux qui l'en- 
tonroîent fussent occupés , mê- 
me aux dépens de sa bourse, plu^ 
tôt que de ne rien faire , et 
de perdre eux-mêmes le temps , 
qa'il regardoit comme le pms 
précitu des biens. 



MOLY 



5g 



t IL MOLYNEOX (Guillau- 
me ) , bon astronome et excel- 
lent mathématicien , né à Du- 
l^lin le 17. avril i656 ^ forma 
en i()85 le plan d'une société phi- 
losophique dans cette viile,àrms- 
tar dé la société royale de Lon- 
dres : sir William Petty en ac- 
cepta la présideuce , et Moljneux 
eq lut le premier -secrétaire. En 
168.4 ^' ^^^ nommé surintendant 
général des bâtimens de sa ma- 
jesté , et ingénieur en chef. Ce fut 
en cette qualité , et après avoir été 
admis dans la société royale de 
Londres , qu'il fit un voyage en 
Allemagne , en Hollande , et en 
France , oii il se lia , à la recom- 
mandation de Flamsteed , avec le 
célèbre Gassini. De retour 4ians 
sa patrie, il fil paroitre en 1686, à 
Daolin,son ouvrage, intitulé Scio^ 
thfiricum telescopmm^an Descrip- 
tion et usa^e d'un télescope , au- 
quel il avojt adapté un cadran de 
son invention , réimprimé à Lon- 
dres en 1700 , in-4*'* En 1688 la 
société de Dublin fut dissoute pat 
l'effet des troubles civils , et Mo- 
lyneux se. retira l'année suivante 
k Chester , où il composa et mit 
en ordre son Traité de dioptri^ue^ 
qui parut à Londres en 1691 , 
in-4''> sous le titre de Dioptrîva 
nova, Emploj^é depuis à des fonc- 
tions publiques , il termina sa 
carrière le 11 octobre 1698, et 
mourut de la pierre dans une vi- 
site qu'il rendit au célèbre Locke » 
avec lequel il avoit été long-temps 
hé avec intimité sans le connoître 
pei'sonnellement. 

* m. MOLYNEUX (Samuel ), 
fils du précédent , né à Ches- 
ter en juillet 1689 , fut élevé avec 
beaucoup de soin par son père 
d après les principes de Locke , 
et tut confié après lai aux soins 
de son oncle , qui étoit aussi un 
tmi intime de ce célébré philo- 



6o MOMO 

foplie. MoFjncuz avoit ainsi que 
soft père ud goât décidé pour 
l'asti'oiiomie , et s'tn occupa pcn- [ 
dant plusieurs années jusqit-au [ 
moment oii , nommé comniissatre 
de l'amirauté , il ne put plus que ' 
s'occuper des devoirs de sa place. ! 
Il remit alors ses papiers et ses 
iôstrumens au docteur Smith, 

Erofesseur d'agronomie k Cam- 
*idge , qui se chargea de com- 
pléter son travail , et qui Ta pu- 
blié dans son Traité cotnplet 
d'optique. Molyneux survécut peu 
à sa nomination. 

t MOMBRIÏIUS (Boninus), 
écrivain nrilanais du i5^ siècle , 
connu par son Sanctuarium , 
seu yUœ sanctottim , i volumes 
il)-folio, sans nom de ville et sans 
date. Ce livre, très-rare €:! très- 
cher , est recherché par les bi- 
bliomdnes , soit pour les fables 
qu'il rèniérme , soit pour l'an- 
cienneté de l'édition. On croit 
Su'ilparut à Milan \ers Tan 1489.- 
manque dans la plupart des 
ex<»nplaires de ce livre le dernier 
folio de la signature Nnnn , qui 
contient la Vie de saint Nicaise. 
On a aussi des Poésies latines de 
cet auteur ; entre aulpes un Poë- 
me tur ia passion de J.C. 

* MOMORO ( Antoine-Fran- 
çois), ne k Besançon en in66 , 
itnprimeur à Paris dès le eotnmen- 
cement de la révolution , dans la- 
quelle il tigurii parmi les membres 
marquausdu clubdif^s eordeliers. 
En 1791 Momoro tut poursuivi 
et an été par l'influence de La 
Fa jette, contre lequel il Se dechaî* 
Boit; il entra après le ioaoi\ti792 
dans la commission ndministra- 
tive remplaçant le département 
de Paris , et fut envoyé deux 
fois, eu 1793, comme coiUuiis- 
saire du conseil exécutil' dans ia 
Teudéc. La loi ^igrairc étoil sa 



MOMÙ 

chimère favorite. Momoro ne 4^- 
voit que lois agraires , qu'égalité 
foncière ; il invitoit les hommes 
de lettres à mettre en action , sur 
le théâtre , le dogme du partage 
des biens. A son retour de la 
Vendée il pnblia un écrit sur sa 
mission , «in d'y être renvojé^ 
une troisième fois. U avoit une* 
femme assez &aîche ^ cpi'il trai- 
toit durement ; il en faisoit alors 
sa servante, depuis ilenfîtane 
déesse de la raison. Momoro fut ma 
des membres des eordeliers qui se 
séparèrent en 1795- de Danton » 

Eotir i'ormer la taction des hé-«: 
ertiste», qui contribua si ^uis-^ 
samment à la perte des gtran- 
dins; mais, attaquée bientôt par 
RobespieiTC, elsnr-tout par Dan- 
ton, elle dut suocomber^k sou 
teur , et Momoro fui condamaé 
à mort le 4 germinal an 3 ( i4 
mnrs 1794 )par le tribunal révo- 
lutionuaire de Paris , comme 
conspirateur: il étoit âgé de vingt- 
huit ans. Momoro , très - instruit 
dans l'art typographiqueil a don- 
né , 1 . un Tvailé élémenUUrs de 
V imprimerie^ un gros v6U in-8**» 
avec 36 planches. Cet ouvrage est 
estimé, il a été aussi c^i- des ré^ 
dactenrs du club des çbrdeliers ^ 
de la société des amis dei^ droits 
de l'homme et du oxtojnen , com-« 
mencé le 38 juin 171^1 ^ et fini le 
4 août suivant (le numéros in-8<>).' ^ 
II. Réflexion itun. citptjren sur lA 
liberté des cultes religieux , pour' 
servir de réponse à f opinion de 
M , ^ abbé Sieyes , in^». 

MOMUS \ Mjthol. )» fils dii 
Sommeil et dke ialN'uit^ et ëiea 
de ia raillerie, s'ocftupoit uni-- 
quein nt à exanliner les actions 
ees dieux et des hommes , et à 
les reprendre avec liberté, ^é^ 
sarcasmes perpétueb le firent 
chasser du cieL Kepùw». aj^an» 
l'ait uu taureau y, V idcaia aa 



MONA 

koinine , et Minerve une mai- 
ton , îi les tourna tous trois fia 
ridicule ; Neptune , pour n'avoir 
par rois an taureau des cornes 
devant les jeux > afin <lc frapper 
l^us sûrement, ou du moins a use 
épaules, afin de donner des coups 
plus forts ; Minerve , pour n a- 
Toîr point bâti sa maison mobile, 
afin de pouvoir la transporter 
lorsqu'on auroit on mauvais voi* 
sin ; et Vulcain , de ce qu'il n'ar 
voit pas mis une fenêtre an cœur 
de rhomme , pour crue l'on pât 
voir ses pensées les plus secrètes. 
LemèmeMomos, vojrsint le nom- 
bre des dieux s'augmenter de 
)our en jour , se plaint de ce qiie 
certains d^ntre eux , non contens 
d'avoir été élevés à on si haut 
rang , d'bommes qu'ib étoient 
auparavant , vouloient aussi déi- 
' fier leurs serviteurs et leurs ser- 
vantes. On ^représente Momos le- 
vant le masque de dessus un vi- 
sage , et tenant wae marotte à sa 
main. 

* MOWACELLI ( François ), 
savant canoniste, né à Gubbio 
dans le territoire d*Urbin, pro- 

' tonotaire app Colique , et Vicaire- 
général sons l'év-êque de Venosa. 

' Une étude appiidiondie du droit 
canonique et des matrères edclé- 
siastiques lé rnit à même de copi- 
poser un puvrage égaleifient utile 
aux évéques , aux grands -vicai- 
res , aux confesseurs , aux cu- 
rés , etc. , qu*il publia en 1715 , 
sous le titre de Fotrtiulûyium le^ 
M€Je pràcticwnybri\eccieKiastici , 
in quofomàilm expeditiônum de 
ki$ quœ pertinent ad ojjficium 

* /udîcis nobile continenUtr , ettm 
appendice , etc. , 4 volumes tn- 
4*. Cet ouvrage 'fut réimprimé 
à Venise en vpô ,' et en 1772, 

• 1 volumes iw-folio. lj*aut"eur , 
d»iïs sa' préfece , annonce qu'il 



MO^k 61 

son ouvrage qu'un style simple , 
clair et prùcis, et tel que le 
comportoit le sujet , qui n'ad- 
met point de graiidd mouvemens 
d'éloquence ; et il termine cette 
préface par le distique suivant 1 

Ris , mou verta dsmus : fruttus non pMgîttS 
fromiei 
Jfnfat i ri tupis h^s , dttaiora «upls» 

Ce docte ecclésiastique mourat 
en 1715. 

* MON AGI ( Laurent de \ Vé- 
nitien , florissoit sur la fin dit 



1 



siècle et au commencement 
i5** Il fut pendant quelque temps 
secrétaire du sénat de la républi- 
que j de cet emploi il pussa k 
celui de grand - chancelier du 
royaume de Candie , où il mou- 
rut en i4'^9. Monaci étoittout'a 
la fois historien , orateur et poète. 
On a de lui Chronicon de rébus 
yenetorum ah V, C, ad annum 
i554 9 sive ad conjurationem dit^ 
cis Faiedro; De bello Ferrariensi ^ 
qui se trouve à la suite du premier 
ouvrage; Sermo editus in celehri' 
tate exequiarum quondàmnobi* 
Hssimi D. yitalis Landi ; Histo^ 
Ha de Carolo II ^ cognomento 
ParvOj rege Ilungariœ^ sive Car» 
menmetricum de Caroli Parvi hi^ 
guhri exitiOy ipsdgestarum renun 
œtate ab hoc auctore scriptum ; 
Pta descnptio miserabilis casûs 
ilhistrissimœ résinas Hungariœ , 
poëme enversiatms. Lequatrième 
livre de sa Chronique fut imprimé 
k Venise en i63t , sous ce titre : 
Fîmes ta pestis quœ annoà Chris ta 
nato i34B , Venetam urhem «^ 
Jlixit , descriptio ex Ubro ÏV 
manuscripto historiarum f^e/ifl- 
tarum de Monacis majoris curiœ 
ducaiis notarii, etc. , in-4'. Fe» 
lix Osio publia en entier le livre 
i5* , qui traite des faits et âc* 
' ' a rru at 'doroir ^ employer dans | tions d'Ëzzeliu > tyran de Padone ; 



/ 



6a 



MON A 



il fut iinpi'îuië avec la Cbrom- 
qne de Bollaadius , et dans le re-, 
cueil des écrivains de Padoue, c|ui 
se trouve a la suite de lliistoiise 
d'Albertino Mussato , Venî«e , 
i636, in- fol. , et dans le tome VIII 
dé la collection des écrivains de 
Muratori. Vouvrage fut imprimé 
en entier à Venise en 1768 , in-4'*» 
et par les soins de Flaminio Cor- 
oaro , sénateur vénitien , avec des 
figures par Raimondi. 

t I. MONALDESCffl (Louis 
de}» gentilhomme d'Orviette , né 
«D iSaô , passa à Rome pres- 
que toute sa vie. On a de lui des 
Annales Romaines , en italien , 
depuis 1228 jusqu'en i34o. On 
croit qu'il les avoit poussées beau- 
coup plus loin , mais que le 'reste 
«st perdu ou enterré dans quel- 
que bibliothèque* 

II^MONALDESCHI (Jean, mar- 
quis de), favori ou écuyer de la rei- 
lie Christine de Suède , composa, 
secrèteraentcontre cette princesse 
un libelle oijk il dévoiloit ses in- 
trigues. Christine, charmée d'a- 
voir trouvé cette occasion de se 
défaire d'un homme qu'elle u'ai- 
moit plus , le fit traîner k ses 
pieds , l'interrogea , le confondit. 
Après les reproches les plus vio- 
lens , elle ordonna au capitaine 
de ses gardes et à deux nouveaux 
favoris d'égorger lé coupable. 
Elle s'éloi^a à vingt pas pour 
mieux jouir de ce spectacle. On 
fond sur lui de tous côtésl Le 
malheureux Monaldeschi , après 
une vaine défense , tombe tout 
sanglant sous le fer de ses bour- 
reaux. La reine , qui'n'entend plus 
ses gémissemens , s'approche , le 
contemple etluiinsulte. Monaldes- 
chi , à cette voix, semble s'éveiller, 
se débat, s'agite: il élève vers Chris^ 
tineune main tremblante pour lui 
demander grâce. «Quoi ! s'écrie-t- 



MONA 

elle , tu respires encoi^e et je suis 
reine ! » Les assassins écrasent 
aussitôt la tôte de ce malheureux, 
et traînent aux pieds de Chris- 
tine sa victime expirante. « Nqu 9 
ajouta ».t- elle, non, ma fureur- 
n'est point satisfaite ! Apprends, 
traître , que cette main qui versa 
tant de bienfaits sur toi te frappée 
le dernier coup. » Cet attentat 
contre l'humanité , l'opprobre de 
la vie de Christine , lut commis 
à Fontainebleau le 10 octobre 
1657. Cependant quelques juris- 
consultes écrivirent des Disser- 
tations pour le justifier. Ces IM»^' 
sertations , triste monument de la 
flatterie des gens de lettres ea<- 
vers les rois , furent la honte de 
leurs auteurs , et ne servirent p9« 
à disculper Christine : il est fâ- 
cheux de trouver le nom d'un 
Leibnitz parmi les apologistes 
d'un assassinat. « La postérité- y 
dit d'Alembert, trouvera bien 
étrange qu'au centre de l'Europe, 
dans un siècle éclairé 9 on ait agité 
sérieusement si une reine qui a 
quitté le trône n'a pas le droit 
ae faire égorger ses domesti- 
ques ssius autre forme. Il auroit 
fallu demander plutôt si Christine, 
sur le trône même de Suède ,. au- 
roit eu ce droit barbare ; ques- 
tion qui eût été bientôt décidée 
au trinnnal de la loi naturelle et 
des nations» L'état, dont la consti- 
tution diiit être sacrée pour les 
monarques , parce qu'il subsiste 
toujours , tandis que les sujets et 
les rois disparoissent , a intérêt 
que tout homme soit jugé sui- 
vant les lois. C'est l'intérêt des 
I)rinces mêmes , dont les lois font 
a force et la sûreté. L'humanittI 
leur permet quelquefois d'en adou- 
cir la rigueur , en pardonnant , 
mais jamais de s'en dispenser 
pour être cruels. Ce seroit faire 
injure aux rois , que d*imagii:^er 
que ces principes puis^al les pf- 



MON A 

lefiser , ou qu'il fallût même du 
courage pour les réclamer au sein 
d'une monarchie. Ils sont le cri 
de la nature. » Il pareil que ce 
n'éfoit pas l'opinion de la cruelle 
et bizarre Christine , du moins 
si on en juge par une lettré 
imprimée parmi celles qui ont 
paru sous son nom. Elle est 
adressée au cardinal Mazarin, qui 
avoit désapprouvé le meurtre de 
Ifondldeschi. « Apprenez tous, va- 
lets etmahres , dit-^lle , qu'il m'a 
plu d*agir ainsi ; je veux que vous 
sachiez que Christine se soucie 
peu de votre cour , encore moins 
de vous. Ma volonté e^t une loi 
qu'il faut respecter ; vous taire 
est votre devoir : sachez que Chris- 
tine est reine par- tout où elle est.» 
« Si Christine écrivit une lelle let- 
tre, dît l'auteur de l'Essai sur l'His- 
toire générale , c'étoit une homi- 
cide tombée en démence. Si cette 
lettre est supposée , elle ne peut 
l'être que par un de ces esclaves 
abrutis , qui ont imaginé qu'une 
Suédoise , parce qu'elle avoit ré- 
gné a Stockitolm , avoit le droit 
de faire assassiner un Italien à 
Fontainebleau. Non seulement le 
devoir du cardinid Mazarin n'étoit 
pas de se taire; mais, comme pre- 
mier ministre , ildevoit faire sentir 
l'indignation du roi k Christine. » 
Le Bel , de Tordre de là Trinité , 
a donné la relation de la mort de 
Monaldeschi. Voyez Bel , n9 IL 



MONA 



65 



♦ I. MONALDI, de Justino- 

f»olis en Oalmatie , religieux de 
'ordre de Saint-François , et ar- 
chevêque de Bénévent , a écrit 
quelques ouvrages , entre autres, 
une Somme de cas de conscience 
dite la Somme dorée , Summa 
Monaldina , imprimée à Lyon en 
i5i8. 

n, MONALDI ( Benoît ) , 



François TJbalde son oncle , mort 
en 1644 1 5€ distingua par sou 
mérite et ses talens S la cour de 
Rome, où il devint auditeur de 
rote , et ensuite dataire du Car- 
dinal Barberini , léeat en France 
et en Espagne. Urbain VIII lui 
donna le chapeau de cardinal ^ 
et le nomma ensuite à l'évêché de 
Peronse sa patrie. On a de lui 
un volume de Décisions de la 
rote y qu'il publia dans cette même 
ville en i654 9 avec les notes do 
Torello. 

^ ni. MONALM ( Guîdo ) , Me 
Floi^nce , vivoit dans le i6* siècle. 
On a de lui un Journal qui s'é- 
tend depuis i34o jusqu'en i38i, 
cité dans le Vocabulaire de Faca- 
démie deUa Crusca. 



* rV. MONALDI ( Michel ) , de 
Raguse , philosophe , mathéma- 
ticien , bon poëte , né au com- 
mencement du ï6« siècle, a écrit, 
I. Des Dialogues sur la beauté ^ 
intitulés Irène. II. Dialogues sur 
la métapkjrsique. III. Des Poé^ 
sies de différens genres. Marin 
Bottitorre, son neveu, les fit im- 
primer k Venise en iSgp. Elles 
nirent publiées de nouveau a Ra- 
%ûse en i^83. C* savant mourut 
le 24 février iSga. Un poëte lui. 
fit Tépitaphe suivante : 

Oecidit , hsu !fato roftus proptrantt Monal- 
dus ; 
Non tulit huie tuU msgns Rhagusg parent. 



* MONALDIS ( Monaido de ) , 
religieux de l'ordre de Saint-Fran- 
çois , procureur-général de son 
ordre , devint évêque de Melsi 
en i328 , et mourut en i33a. On 
a de lui une Somme du droit ca^ 
non. 

* MONAMY ( Pierre ) , peintre 
de marines , né k Jersey , ap- 
prit les premiers élcmens de son 

*_* A*. _«:.«♦«« Al _• r^^ 



dit Ubalde , parce qu'd hérita de art d'un peintre d'enseignes. Ojt 



64 



MONA 



conseryie de lui un très-grand 
Tableau dans la salle des pein- 
tres , fait en 1726. Il mourut à 

Westminster en 1749» 

♦ »tON A.NTHEUÏL (Henri de.) , 
né vers Tan i536 h Reims , d*une 
famille noble , fit ses études a 
Paris , et s'appliqua particiilière- 
ment à celles des mathématiques 
et de la médecine. Reçu docteur 
en cette science , ^ommé et con- : 
tinué doyen de cette faculté , ses ' 
connoissances iid valurent , en 
1677 , la chaire de professeur 
royal. Qudic^ue profondiesqueius- 
sent les matières dont il traitoit , 
ce savant jetoit dans ses leçons 
une netteté d'idées , et des lu- 
mières telles , q^e son auditoire 
étoit pottr ainsi dire trop petit. 
C'est a son école que se formè- 
rent Jacques- Auguste de Thou , 
le savant Pierre de Lamoignon , 
et autres personnages célèbres. 
On doit à Monautneuily I. Le 
Traité des .niécaniques d'Aris- 
tote , en grec , avec une Tra^ 
jduction latme de sa façon, et de 
savans Commentaires dédiés à 
. Henri-le-r Grand , P^ris, 1099, in- 
4". II. Oratio , (fhuile esse debe- 
ret collegium pro/essôrum /•egio- 
rum , Parisiis , i5g5, in-8«». 111. 
Ludus jatro^ma4>hematicus ,musts 
Jactus , ibid. , 1697 , in-rS**» 

'i MONARDÈS (Nicolas), mé- 
decin de SéviUe , oui vécut dans 
le i6* siècle , et aut sa réputa- 
tion autant aux succès de sa pra- 
tique qu'aux ouvrages qu'il pu- 
blia. On a de lui , I. De spcandd 
vend in pleuritide inter Grtecos 
et Arabes concordia , Séville , 
i539, iu-4"'*îl' Derosdei par- 
tibus ejus ; de succi rosarum tem- 
peratunt; de rçsis persieis ; de 
malis , citris , aurantiis et lin^o^ 
niis, Anvers, i565, in-8°. III. 
Pe las tirogas djf las tndiaSyOVL" 



MON6 

Vrâ^e utile et qui lui fil bea ucoiiyr 
d'honneur : il est divisé en trois 
parties , qui parurent successive- 
ment en 1569 , 1571 et 1674. Les 
ouvrages espagnols de Monardès 
ont été traduits en latin par Clu- 
sius , en italien par Anmbal Bri- 
gantus , et il y a eu une traduc- 
.tiou anglaise du Traité des dro- 
gues. Monardès mourut vers 1577. 
Ses ouvrages sont rares. 

♦ I. MONAYIITS f Frédéric ) , 
élève de Riolan , et médecin de ' 
Stetin en Poméranie , s'est rendu 
célèbre au 17* siècle par ses ou- 
vrages intitulés , I. Lanx saturyi 
rerum medicarum , Tubin^ , 
1622 , in-4°. II. Elenchus àffec- 
tuum ocularium , Regiqmonti , 
1644 > in-4**. III. Bronchotomia ^ 
quœ est gulturalis aperiendi r^ 
iio , cum appendice deaffectibus 
ocularibus et de jebribus omni^ 
^uf , Gryphiswaldiœ, i654» in- 
4° , lenae , 171 1 , în-80. IV. CryS' 
tallina , putà Luis venereœ novœ 
inventœ specîes , Brunswigae , 
i665 , in-80* 

♦ II. MpNAVIUS ( Pierre ) , 
né en i55i à Brèslau, fut reçu 
docteur en médecine à Bâle. Versé 
dans tous les genres de conhoissan- 
ces , sur -tout dans les langues et 
la littératur^e , l'empereur Rodojl- 
phe II le prit pour son médecin^ 
emploi qu'il occupa ju^squ'àssa 
mort , arrivée en i588. Lanschol- 
zius a. inséré t^Lons l'ouvrage qu'il 
fit imprimer à -Francfort , .1576 , 
in-fol. , et qui reparut à Hanau 
en 1610, même format, sous le 
titre de Medicorum prœstajUiutn. 
consilia nuedicinalia , des cofi"^ 
seils de médecine et des lettres 
de Monavius. 

tMONBRON (N.FouoKRET d«) , 
né à Péronne , /mort au mois de 
septembre 1761^ servit d!abord 



MONC 

* 

^Unsles gardes du corps. C'étoît 
un de ces auteurs qui ne peuvent 
vivre avec eux-mêmes ni avec les 
autres , frondant tout , n'approu- 
•vani rien , médisant de tout le 
^nre humain , qui le hait par 
représailles , avant d'ailleurs de 
Ft-sprit, et capable de penser et 
d'écrii-e , si la bile ne Tavoit 
trop dominé. On a de liu la Hen- 
riade travestie, m- i-i, qui ne vaut 

§as même le Virgile travesti de 
carron, quoiqu'il s'y trouve quel- 
ques bonnes plaisanteries. Vol- 
tnire lui-même en rit. 1-ie mérite 
des ti^avestisseoien3 bui^lesques 
Ci^Dsisle principalement dans un 
tir de i'acilité qui ne laisse point 
apercevoir le tra\a»L Monbron 
a en général cet air d'aisance, 
quoiquil suive £6n auteur pas k 
pas , et presque vers pour vers. 
U. Pf^senf^iU/ centre tangloma-- 
nie , 1587 , i*i-S* > «uvrage écrit 
avea empwtement. III. Ze Cof- 
mppoUte , ou le Citojr«n du mon- 
de , 1750 ,in'ia; livre où Ton 
trouve qiîelques vérités morales» 
as«»ez uUles, si l'auteur ne pa- 
roissoit outré. IV. Des t-anutris 
cpi'on ne doit pas citer. Quoi- 
qu'il eût de la . gaieté dans »9S 
ouvrages, et mêine de l'imagina - 
4ioQ, il étoit d'une tacitumité 
sombre dan« la société. 

♦MONCADA (François de ) , 
comte d'Osoïià , né à Valence 
1« 29 décembre i586 , remplit 
avec diaiinction les premiers 
ensloift , tels quK? ceux de con- 
seiaer d'état, d'ambassadeur à 
la cour de Vienne , de gouver- 
neur des Pajs-Bas , et de géuérar 
Lssime des armées du roi d'Es- 
pagne. Tous les historiens sont 
d'accord sur le courage , les con- 
soissance», les vertus politiques 
et mihtaires qu'il déploya dans 
oea différeos postes. La mort le 
.«urpjrit dàf»i ie cauts de se» cam^ 

T. Xil. 



MONC 



65 



pagnes , au milieu de sa car- 
rière et de sa gloire , dans le 
camp de Glock, du<ihé de Clè- 
v.es , en i655 , au moment où il 
venoit de mettre en déroute deux 
armées ennemies. Moncada sut 
manier la plume et Tépée , et 
se délasser , comme César , dans 
le sein des lettres des fatigues de 
la guerre. A l'âj^e de 27 ans il 
composa utie histoire militaire 
très - estimée .; elle a pour titre 
Expédition des Catalans et dis 
Aragonais contre les Turcs et 
les Crées , , i6a3 , iu-4". Cette 
histoire , quoiqn')E'lle manque sou- 
vent d élégance et de correction, na 
laisse pas que d'offrir des beautés 
du premier ordre , par la force et 
la noblesse du style dont elle oi^t 

écrite- 1^* ^3 ^'^ !^^ ManUtés 
Toi'ipiatus ^ impdmée apsos &a 
mort , Francit^rt , j.64a. - 

MON CAD E (tluguesde), 
d'une très-illustre et ancien oe la- 
miile originaire de Catalogue , (ft 
autrefois souveraine du ]^è<\m.^ 
accompagna dans sa jeunesse 
Charles Vill , roi de France , datus 
son expédition dltulie. L'alliance 
de FeidinaAd , roi d'Espagne , 
avec k; monarque francats étant 
rompue , il s'attacha à la fortune ' 
de César Borgia , neveu du pape 
Alexandre Vl. Mais lorsqn'après 
la mort de son oncle , Butgia 
se déclara pour les Français , 
Aloncade p«issa dan^ l'armée e»- 
gnole y commandée alors par ie 
graud GausaLve. La guerre étant 
terarinée en Italie, il se distincua 
contre les piratt» des côtes aA- 
frique, par des actions éclatan- 
tes qui lui méritèrent le riehe 
prieuré de Messine. Les services 
importans qu!il continu a de rendre, 
sur mer à Charles Quint furent 
récompensés par la vice-royauté 
de Sicile. Il fut lait prisonnier en 
i5ab4 par André Dosia » sur la 

5 



66 



MONC 



côte de Gênes , et n'obtint sa li- 
Lefté que par lé traita de Madrid. 
Le pape Clément VII étant entré , 
en ï5i6 , dans la ligue formée 
entre les Vénitiens et Fraiiçois I" , ! 
' pour le rétablissement de Fran- j 
çois Sforce dans le^duché de Mi- 
îan , Moncade , qui commandoit 
alors pour l'empereur en Italie , 
fit avancer vers Rome un corps 
considérable de troupes , s'en em- 

Î' >ara sans résistance , contraignit 
e pape k se réfugier dans le châ- 
teau Saint-Ange , et abandonna 
au pillage le palais du Vatican 
et Téglise de Saint - Pierre et 
Saint-Paul, qui se trouve dans son 
enceinte. Deux ans après (en 
iSaS), il périt au combat naval 
•de Capo-d*Orso , près du golfe de 
Salerne , oîi Philippin Doria rem- 
porta une victoire complète 
sur la flotte impériale qu'il 
commandoit. — Son successeur , 
François de Moncade , gouver- 
neur des Pays-Bas pour Phi- 
lippe IV , a été peint k cheval 
par le célèbre Van Dick. Ce ta- 
bleau, d'unis ei^écution soignée, 
a été gravé par Morghen , et se 
trouve dans le musée Napoléon. 

MONCE (Ferdinand de la), 
né a Munich en i6y8 , du pre- 
mier architecte de l'électeur de- 
Bavière, vint a Lyon , . et y sui- 
vit la profession de sen père. L'é- 
tude des grands modèles d'Italie 
l'avoit f<^rmé. Dans son séjour a 
'Rome, le régent le chargea de 
faire transporter en France le cé- 
lèbre cabinet de la reine Chris- 
tine , que ce prince avoit acquis 
du duc de Bracciano. De retour 
il Lyon , il y éleva plusieurs édi- 
fices remarquables , et oîi règne 
un goût simple et noble. Le 
Portaii de l'église Saint - Just ; 
VEntrée de THotel -Dieu et son 
yestibule , le Quai du Rhône ; la 

■Chûirv de régUse du coliégt sont 



MONC 

des monumens admirés et coït - 
nus. La Monce s'occupoit aussi 
de la gravure , et y a obtenu des 
succès. Les Planches de la belli^ 
édition de l'Essai sur Thomme de 
Pope, faite a Lausanne , celles 
de l'Histoire des belles-lettres , 
par Juvenel de Carlenças , en 
4 vol. in-S^"^ sont de lui. 11 
mourut le 5o septembre lySS, a 
^5 ans. 

MONCEAUX ( François de ) , 
en latin Monc'œus , seigneur de 
Fridelval , jurisconsulte, poète , 
et fécond écrivain d'Arras , en- 
voyé par Alexandre Fak-nèse , 
duc de Parme , en ambassade 
vers Henri IV , roi de France. Oa 
a de lui , I. BucoUca sacra , in- 
8° , Paris, 15Ô9. II. Aaronpur^ 
gatus , sive De viUilo aureo libri 
duo y Paris, 160^, in-8». Ce li- 
vre , qui a été réfuté par Robert 
Visorius , est inséré dans les 
Critici sacri de Pearson , et ft 
été prohibé à Home l'an 1609, 
III. U Histoire des apparitions 
divines faites à Mojse ^ Arras^ 
1694 , in-4**« IV. Templum jus- 
titice , poëme, Dôuay, 1690 , in- 
8®. V. Lucubratio in caput I et 
Fil Cantici Canticorum , Paria , 
1687 , in-4*. Tous ces ouvrages 
sont en latin ; on y trouve des 
recherches et des singularités/ 

* MONCENIGO ( Philippe) , 
archevéc^ue de Nicosie, vivoit dans 
le i& siëcle , et publia un ou- 
vrage intitulé Universales insti- 
tutiones ad hominwn petfecti^ 
nem , quatenùs industria parari 
pcftest , Veuetiis , apud Aldum , 
x5'8l , in-fol. 

* MONCHAUX ( Pierre du >, 
né k Bouchain en iy'55 , mort 
à Saint - Domingue vers 1766 , 
n'a voit que 23 ans lorsqu'il pu- 
bUa un Ouvrage intitulé BilMo^ 



MONC 

Mtphie médicinale raisonnée , 
Paris , 1750 , in * i*î. Du Mon- 
chaux , protège par M. de Senâc, 
et soùteuu par son propre mé- 
rite , avoit obtena la place de 
médecin du roi aux hôpitaux mi- 
litaires de Douaj^ mais des tracas- 
series qu'il paro|t avoir méritées 
de la part des niédecins de cette 
yille y oh il s^étoit marié , lui firent 
prendre la résolution de passer 
fiox îles. Son protecteur obtint 
pour loi la place de médecin à 
Saint-Domingue , etc. Les autres 
ouvrages de du Monchanx sont , 
I. Une Dissertation latine sur 
V apoplexie. II. Lettre sur fan- 
tiqnartium de rivière, on Remède 
spécifique pour toutes les fièvres 
d'accès , Lille, 1760 , in-iti. III. 
Btrennes d*un médecin à sa pm- 
trie, IV. Anecdotes de médecine y 
176a , in-i6 ; Lille, 1766 , in-iQ, 
en deux parties. 

t MONCHESNAY ( Jacques 
XjÔme dé) , né a Paris le 4 mars 
1666, d*un procureur au parle- 
ment, se fit recevoir avocat, ety 
se livra à la poésie. Il travailla 

Sonr le jthéâtre italien, et il j 
onna la Cause des femmes \ la 
Critique de cette pièce ; Métetin 
grand sophi de Perse ; le Phénix , 
et les Souîiaits ; pièces remplies 
de traits d'esprit , mais mal dia- 
loguées et mal conduites . Dégo ûté 
du théâtre , il fit une Satire con- 
tre cet art qui Tavoit occupé pen- 
dant si long-temps. Boilean , k 
qui il marqua ces sentimens , les 
approuva. Monchesnaj étoit de 
la société die ce fameux satirique ; 
mais ayant fait imprimer quel- 
nues Satires y Paris , 1698 , in- 
4" , que ce poëte ne goûta 
pas , leur liaison se refroidit. « 11 
jne vient voir rarement , disoit 
Boileau , parce que , quand il est 
avec moi , il est toujours embar- 
rassé de son mérite et du mien. » 



MONG 67 

Le théâtre n'étant plus une res- 
source pour lui , et la médiocrité 
de sa fortune ne lui permettant 
pas de rester à Pans , il se retira 
en 1720 a- Chartres , où il raou" 
rut le 16 juin 1740. Plusieurs 
de ses Poésies , quiconsistent-eli 
Epitres y en Satires et en Epi" 
grammes imitées de Martial, n'ont 
pas vu le jour. Il est encore au- 
teur du Bolceana , ou Entretiens 
de M, de Monchesnay avec Boi- 
leau , Amsterdam, 1742 , in- 12. 
Si cet ouvrage est vrai dans toutes 
ses parties , il donne une assez 
mauvaise idée du caractère de ce 
fameux écrivain ; et s'il est faux , 
il ne doit pas faire juger avan- 
tageusement de la probité de 
Monchesnaj. 

MONCHRÉTIEN. ro^. Mokt- 

CHRESTIEN. « 

1 1. MONCHY ( Charles de ) , 
connu sous le nom de maréchal 
d'ffosquincourt , d'une noble et 
ancienne famille de Picardie , 
féconde en personnes de mé- 
rite, se signala par sa valeur 
dans plusieurs sièges et batailles , 
à la Marfée , et à Villefranché 
enRoussillon. Il commanda l'aile 
gauche de l'année française k 
celle de Rhétel , en i65o. Cette 
journée lui valut le bâton de ma- 
réchal de France , qu'il obtint 
Tannée suivante. Il défît ensuite 
les Espagnols en Catalogne, et 
força leurs lignes devant Arras ; 
mais , sur quelques mécontente- 
mens qu'il préteudoit avoir reçus 
de la cour , il se jeta dans le parti 
des ennemis , fut battu en io52 , 
à Bleneau , par Id grand Condé , 
et tué devant Dunkerque le lo 

i'uin i658 , en voulant reconnoitre 
es lignes de l'armée française. 
Foy. Charleval. 

U. MONCHY. f^o/.MevcHY. 



68 MONC 

1 1. MONCK oaMoNK ( George) , 
duc d'Albeniarle , né en i^oJB 
h Polhen4ge près Torrington , 
d'une farailie noble et ancienne , 
se signala dans les troupes de 
Charles!*'', roi d'Angleterre j mais, 
ayant été fait prisonnier par le 
chevalier Fairlax , il fut mis en 
prison k la Tour de .Lon4res. 11 
ïi'en sortit que plusieurs années 
après , pour ctxnduire un régi- 
ment contre les Irlandais catho- 
liques. Après la mort tragique de 
Charles I«* , Monck eut le com- 
mandement des troupes de Crom- 
Wel en Ecosse. Il soumit ce 
pajs ; et là guerre de Hollande 
étant survenue , il remporta , en 
î653 , une. victoire contre la flotte 
hollandaise , où l'amiral Tromp 
fut tué. Après la mort de Crom- 
Tvel, en i656 , le général Monck 
fit proclamer protecteur Richard , 
fîls de cet usurpateur. Charles II ,' 
instruit de sa probité , lui écrivit 
alors pour l'exciter k le fairte ren- 
trer aans son royaume. Le gé- 
néral Monck forma aussitôt le 
dessein dd rétablir ce prince sur 
le trône. Après avoir dissimulé 
quelque temps pour prendre des 
mesures plus eincaces, il se met , 
en 1660 , à la tète d'une srmiée 
attachée k ses intérêts , entre en 
Angleterre , détruit par ses lieu- 
tenans les restes dupartideÇrom* 
we\ , pénètre jnsqu^k Londres , 
où il casse le parlement factieux, 
en convoque up autre , <?l lui 
communique son projet. On ?a- 
doptte avec enthousiasme; Lon- 
dres se déclare en faveur de 
Charles. Monck le fait pro- 
clamer roi 9 et va au devant de 
lui k Douvres. Les fastes de l'his- 
toire hri tan nique n'ont pas four- 
ni deux fois le spectacle d\ine 
politique aussi profonde et ausai 
modérée. Charles II , pénétré^e 
la plus vive reconnoissance , l'em- 
brassa y le fît général de ses ar- 



MONC 

mées , son grand - écnjer , con- 
seiller d'état , trésorier de ses 
finances , et duc d'Albemarle. Le 
général Monck continua de ren- 
.dce 4es services les plus impor- 
tans arù roi Charles II. Il mourut , 
comblé de gloire et de biens , le 
3 janvier 1679 ,^ut pleuré de son 
pnnce , et enterré k Westminster 
au milieu des rois et des reines 
d'Angleterre. Ce grand hommd 
avoit l'esprit peu brillant , mais 
solide , ferme , égal. Sa capacité^ 
dit Hume, avpit peu d'étendue^ 
On a de lui , en latin , Obser- 
vations politiques et militaires , 
Londres , 1671 , in - loi. Ces ob- 
servations , mal liées entre elles , 
neldonnent pas lieu k réfléchir et 
k' penser; cependant elles firent 
sensation k Tépoque où elles pa- 
rurent. Sa Vie , écrite par Thomas 
Gumbe, in-8*, en anglais, a tété 
traduite en français par Guy 
Miége , in-ia. On aperçoit , dnns 
toute la conduite de ce général , 
une politique sage , qui ifenfante 
que des projets avoués par la pro- 
bile ou ordonnés par le devoir» 

* II. MONCK ( lady ) , filk d^ 
lord Molesworth , et femme da 
précédent , distinguée par son 
esprit et ses connoissances , Jpos-t 
sédoit k fond le latin , Pita- 
lien et l'espagnol. Nourrie de 1* 
lecture des meilleurs auteurs 
dans ces langues , son goût pour, 
la poésie la porta elle-même k 
composer plusieurs pièces de vers 
qui , écrites dans le principe pour 
son amusement , furent a sa mort, 
en 1715 , jugées dignes d^ôlre pu- 
bliées. Elles furent imprimées eu 
1 7 1 6 , in-8<» , sous le litre un M Iran* 
ail, poésies et imitations sur.dis^rM 
sujets. Les meilleures pièces do 
ce recueil sont , I. \J Amour Jiigù» 
tif, traduction du 'Passe. II. Une 
Églog;ue, m. Les Fertus contre 
P Amour j d'après Guarhii. IV* 



MONC 

Des Mtuirigaux , des Chansons , 
et dëvix Eptgrant/HffS , dont voici 
le sens. 

Sur ce tombeaa Tiffr$«3 dès {MeorS y 
il «OttTM pour iam«U la b«lle fiosemoade, • 

Qui. »avoic charmer «009 Us coears 
Et disposer da sien au grédetont le monde. 

L« délicate È%\é, patUncà sa commère 

Oe l'insupportable tourment 
Qui lui fit acheter le doux titre de mère^ 
Contre le pauvre bjinens'eAporte trjuste- 
ment. 
De S9 mémoire etle a perdxj l'usage ; 
Ou le mal passager qu'elle soutfr^à présent 

Ne peut lui sembler différent 
Du mal qu'elle a souffert' avant son 
idariage. 

Jacob , dans ses Vies des poètes , 
parle avec éloge de Tesprit , de 
rliariuonie, du choix heureux dea 
pensées et des , expressions i^u on£ 
trous'e dans cet ouvrage. 

t ^K)NCLÀl\ ( Jean-Pierre- 
Françms de^ Ripe&t , seigneur 
de) yxprocureur-généràl du pai^ 
lement d'Aix ,- mort dans sa terre 
dé Saint-Saturnin ;j^ près d'Apt en 
Provence, en février ijy5 , peu- ^ 
dant la révolution des parlemens, 
étoit un magi&trat intègre , un' 
, homme ^'esprit et un écrivain 
éloquent. Ses Mémoires , pour 
prouver les préleniionà de la- 
France sur le Coiutat et sur Avi- 
gnon , sont écrits avec force et 
clarté. Le roi le chargea d'ac- 
compaguer lé coiiite de La l\o- 
checnouart , pour en prendre pos^ 
session en son noiu , eu 1768, 
et récompensa son mérite par 
une pension. Ses ré'^iuisitoires 
étoieut distingués da'js ta Ibule ; 
et quoique ces ouvrages n'aient 
qu'un temps , on les recherche- 
encore aujourd'hui. Ses Comfytes 
rendus des constitutions des jé- 
suites-, et l'es mémoires qu'il- fit 
pour opérer leur destruction en 
Provence , lui firent beaucoup 
d^eauemÂs. On a de lui Mé^ 
maire théologiruie et politique 



MONC 69 

eu sujet des mariêrges clandes^ 
tins ties prateslans de France , 
1755 , in-8«. L'évêque d*Àpt, I^ 
Mf rlière, ordonna à swi conièssettr 
de lui l'aire rétracier , avant qitfé 
de Tadministrer, ce qu'il «voit dit 
de peu favorable au saint-sIege et 
aux jé&ùitps ; le m;ïgistrat mt»tt- 
rant se soiimit , dit<ron , k ce que 
vouloient le prélat et. le conleà- 
seur. On a.encore de lui MémoiM 
pour le procureur-général aupat"^ 
lement de Provence ^ »er\>mkt à 
établir la souveraineté du roi 
sur la ville (¥ Avignon , et lecoifttat 
Fenaissin , i y6g , 2 parties , in- 
8**. Cet ouvrage est extrêmeniet^t 
rare , le fonds de fécHliofi ayîWit 
été mis ditna le dépét de» aââii'e^ 
étrangères. 

fMONCONTS (Balt&asac 
de), fiH du lieutenant criminet 
do Ljou. La peste qui ravageoit 
$a patrie engagea soù père a 
Fenvoycr faire ses éludes à Tu- 
niversilé deSalamanque en i6'i8. 
Après avoir étudié la philosophie* 
et les mathématiques ,,àl' voyagcd 
dan$ l'Orient, pour y cherc%ei' 
les frâces -de la philosophie de 
Mercure Trisméj^rste et de Zo- 
roastre. Ses recherches n'ayant 
pas satisfait sa curiosité , il fCYiiii 
en France , et mourut at Lvoii eu 
i665. Ses Voyages , phi s utile* 
au» ssivau^ qu'aux géographes, 
ont été impriihés , vol. in-A^ ^ 
\mS et 1666; k Pïris (Ifol^ 
lande), 1695,5 voî. in-12, par 
les soins de son (ils et du jésuite 
Bertfeet. L'auteur s'est moins at- 
taché à' donner des descriptions» 
topoeraphiques qu'a marquer 
1^ Cûoses rares eî recherchées ; 
aussi Sorbière les préfère-t-d k* 
ceux de Piétro la Vallée. Le style 
en %$t tramant. ^ 

t MONCRIF ( François - Au- 
gustin Paradis de), secréfaii/e 
dQS comuumdemens du <Hun.te de 



^o 



r 



MONC 



CJermont , lecteur de la reine , 
Tun des quarante de racadémie 
française ^ et membre de celles 
de Nanci et dé Berlin , ne à 
Paris , d'une famille honnête , ed 
1687, y mourut te 12 novembre 
1770. Un esprit fin , une fir 
gure prévenante , une humeur 
^ale et douce ; l'avantage de lire 
(Tune manière intéressante , de 
chanter descouplets, décomposer 
de.s madrigaux , lui firent de 
bonne heure un grand nombre 
d'amis illustres. Un célèbre mi- 
nistre ayant été exilé en 1757, 
il demanda de le suivre dans 
sa retraite ; et , en admirant 
cet attachement noble et géné- 
reux , on lui permit seulement 
d'aller tous les aus lui témoigner 
9a reconnoissance. Il sut non seu- 
lement se faire aimer des grands , 
mais se faire respecter , en évi- 
tant également et l'orgueil qui 
offense leur amour- pi^opre et la 
bassesse qui engendre le mépris. 
I^uis X V lui accorda les en- 
trées : distinction refusée à Vol- 
taire 5 dout il craignoit le coup- 
d'œil perçant, et accordée a Mon- 
crif qui joignoit la discrétion 
a la bonté. Ce prince le railloit 
quelA^uef'ois. « Savez-vous, lui dit- 
il un jour , qu'on vous donne qua- 
tre-vingts ans ?.. Oui, sire , répon- 
dit Moncrif , qui^^ne vouloil pas 
paroître vieux , mais je ne les 
prftndspas. » Peu de personnes 
pbligeoient avec plus de zèle , 
et donnoient avec plus de plaisir. 
Il éleva , il soutmt des parens 
pauvres , sans rougir d'eux . au 
milieu de la cour, il avoit com- 
mencé par être maître de salle , 
et on a dit qu'il prévoyoit qu'il 
fieroit obligé de défendre ses ou- 
vrages k la pointe de l'épée. La 
plupart n'avoieift pas besoin de 
cette précaution. Lies principaux 
sont , I. Essai sur la nécessité et 
fup les moyens de plaire , plu- 



MONC 

sieurs fois réirnprimé , în - 1^.' 
Cette production , agréablement 
et finement écrite , est pleine «le 
raison et de sagesse. On y dési- 
reroit peut-être aujourd'hui un 
peu plus de nerf et de philo- 
sophie : mais ce qui lui donne 
du^ prix , c'est que , contre l'a- 
sage de plusieurs moralistes , il 
avoit pratiqué ce qu'il enseignoit. 
Il s'étoit fait un système de con- 
tribuer aux agrémens des so- 
ciétés honorables où il étoit ad^ 
mis. SoVi seul tort , selon d'A- 
lembert , est d'avoir cherché a 
réduire en préceptes un art dont 
il n'appartient qu'à la nature de 
nous donner des leçons. Son livre 
peut néanmoins être utile aux 
jeunes gens qui entrent dans le 
monde , et leur servir d'expérience 
anticipée. Voltaire assure ^lana 
son conte de la Bégueule que 
lorsqu'Arsène eut été corrigée 
par ses voyages , 

Sans avoir lu les beaux moyens deplatr« 
Du sieur Moncrif et sans livre elle plut» 

JViais il ajoute . 

Qaefalloit-Ll à son corar ? Qu*il Tonlîir. 

Moncrif, qui devoit le vouloir, 
puisqu'il eu démontroit la néces- 
sité , et qui étoit censé en con- 
noître les moyens plus qu'un au- 
tre j ne pi ai soit pourtant pas à 
tout le monde. Le poète Pfoi ne 
pouvoit le souffrir, et Moncrif 
s'étant brouillé avec le comte de 
Clermont, chez lequel il étoit en 
qualité de secrétaire des corn-' 
maudemens , Roi fit à ce sujet 
l'épigramuie suivante: 

Opprobre du corps littéraire , 
Maussade auteur de r Art 4e ptairc « 
Tu n'en -es pas à l'alphabet } 
Clermont te Ta bien fait connoltre. 
Le premier point dans un valet , 
C'est de savoir plaire à son mattre. 

Moncrif ne trouva pps la plai* 
santerié bonne : on jour qu'il . 



MONC 

r^contra le poêle Roi dans la 
rue , \L se mit a lui donner de^ 
coups de canne , et Roi se mit à 
courir pou^ les éviter : apparem- 
ment qu'il ne couroit pas bien, 
ou que Moncrif avoit bien envie 
de l'attraper ; mais la canne man- 
quoit rarement son coiip , et Roi , 
qui se souvenoit que Moncrii' 
avoit fait une histoire des chats , 
toujours courant et toujours 
battu , lui crioit de temps en 
temps : Faite de velours , Sîinet^ 
patte de velours ; d'après quoi 
Moncrif probablement couroit et 
frappoit encore plus fort. II. Les 
Ames rivales , Londres et Paris , 
1753 , in-12, petit roman agréa- 
ble , assaisonné d'une critique 
ingénieuse de nos mœurs. Cet 
ouvrage est fondé sur la chimère 
indienne de la métempsycose. Un 
brame , qui eut occasion de le lire , 
regarda l'auteur comme un gé- 
nie transcendatit, et lui envoya en 
présent unmanuscrit qu'il crojoit 
précieux. III. Les jàbdérites , 
comédie mëdiotre. IV. Des Poé- 
sies diverses , parmi lesquelles 
on distingue sur - tout ' ses jRo- 
nianceS' et son conte du Rajeu- 
nissement inutile , remarquable 
par la douceur des vers , la fi" 
nesse des réflexions et la erace 
de la narration. V. Quelques 
Dissertations , où il y a des idées 
et de l'esprit. On, trouve ces 
pièces dans les Œuvres mêlées 
de J'auteur , Paris , i ^43 » in- 1 2 . 
VI. De petites Pièces en un acte, 
et qui font partie de divers opéras 
appelés les Fragmens , Zélindor^ 
Ismène , Almasis , Linus , les 
Génies tutélaires , la Sibylle. Il 
s'étoit consacré au genre lyrique, 
et il y réussissoit. On a encore 
de lui^ en ce genre, V Empire de 
F amour ,. ballet ; le Trophée ; les 
Ames réunies , ballet non repré- 
senté i Erosine y pastorale hé- 
roïque, musique de Berton , di- 



MOND 



7» 



recteur de Topera et du concert' 
spirituel. VIL U Histoire des 
Chats , Pans, 1727 , in-8« ; ba- 
gatelle jugée trop sévèrement, 
dans le temps , et oubliée aujour- 
d'hui. Cet ouvrage fut Voccasioa 
d'une plaisanterie que lui fit le 
comtç d'Argenson. Après la re- 
traitée de Voltaire en Prusse , il 
sollicita ce ministre pour obtenir 
la place d'historiographe. « His- 
toriographe , lui dit le comte 
d'Argenson , vous voulez sans 
doute dire historiogriphe. » Ses 
Œuvres ont été recueillies eu 
1768 , 4 ^o^« iu^-i^> et depuis en 
2 vol. in-S". 

MONDEJEU. Fojez Schtjlem- 

BERG. 

* MONDEVILLE (Henri 
de }, aussi appelé. Mandeville 
et Amondeville ? en latin Henri- 
eus à Mondaviàa , et dans Fa- 
bricius Henricus de Amonda- 
villa , sivé Amandi Filla ) , mé- 
decin et premier chirurgien du 
roi Philippe-le-Bel ,, professa son. 
art a Pans et à Montpellier. Il 
a composé vers i3o6 un Cours de 
chirurgie divisé en cinq traités., 
sons le titre de Ckirurgia et an-*, 
tidotarium ; ouvrage resté ma- 
nuscrit , mais dont la bibliothè- 
que impériale a plusieurs copies ,' 
ainsivque de la traduction ?lu^ 
glaise qu'on en fitk la fin du i4* 
siècle. Cet ouvrage est précieux 
en ce qu'il fait connoîtreTétat de 
la science k l'époque du règne 
de Philippe -le -Bel, et au'il est 
le second qui fut suivi aans les 
écoles. 

♦ I. M ONJ) IN O . du Frioul , 

Srofesseur de médecine k Pa- 
oue ; on a de lui Synonjma 
medica , dont le inauuscrit exis- 
toit dans la bibliothèque royale 
de Turin, et un autre dans la 
bibliothèque impériale de France. 



^2 IWtOND 

* nVMOWniNO, cFime- il- 
lustre et aiicieime famille rie Vi- 
cieftce , après' avoir fjiit ses élu- 
dtsf^ à Pf^doue , exerça la rnêde- 
Cl ne à Venise, et devint profes- 
seur en cette faculté dans l'n- 
niver^itd de cette ville. Ce mé- 
decin mourut vers Tan ï65o. On 
a de lui , l. Disputatio in très 
pffrtes divisa , in qud en qum 
de semine sunt contfoversia intet 
peripateticos et vetet^s medi- 
cos , et doetissimos quosdam 
Neotericos aceuratlssimè discu^ 
tîïtntur , Tarvisii , 1609, in^^"' 
)î. De genititrd pr^ Gahnicis 
advcrsiis peripateticos' et nostrœ 
œtaiis philasopbos ac medicos 
disputatio , V'eneliis , 1622. Ces 
deux ouvrages prouvent que i'au- 
tctry avbit plus ^ d'érudition que 
de jitgexBent. 



* m. MONmNO , de F«rpar€ , 
(71^ Ferbinakd ScAfiSfiLLA , àhMcn- 
dino y' se distinc «mi ^ cemHM» pein- 
tre ^ p»r la mniisse île Finveii^ 
tion; eoTMive artiàteè^ , par une 
grande intelligence ; et comme 
jdesBinaieur , par un deitôin 'C'or- 
reet. 11 exerça ses talens preâcpae 
toujours kors d« »ar patrie . et 
principalement i» V^iise et îi Tpé- 
vise. Mondino mourut en iO»4. 

* IV. MONlDtlNC) (MippolTt^^), 
dit Scarselkno , fils ùok précé» 

, dent , fut bon dtessinateur , et 
montra \me grande irilidiiir^eBce 
AdiasX architecture qu^'î^avo^tap. 
prise a l'école de son père* Après 
avoir sé}ouFB^ cpeikfue temps à 
Bologne et k Venise , il revint 
dans sa patrie ,- où il exerça son 
talent pour la peinture en grand 
comme en. petit. Ses compositions 
sont riches d'invention , sa ma-* 
nicre étoit aussi agréable que dé- 
licate. Rome , Modèue , Mantôue, 
et quelques autres villes, le char- 
nel eufr de l'exécution de divers 



MOND 

Tableaux ; doiit elles n'enrèiit 
qu'k se louer. Ce peintre niburut 
à Férrare, sa patrie, en i6»20. 

MONDIR, vieilWa arabe ^ 
célèbre Sious le règne du calife 
Aarpti RasdiiUl pt^r $a sagesse ' 
et sa reconugi^sance envers le 
premier visiif liarmécide. Le 
cajife }. jaloux de la grande 
Vépulatipn de ce depiier , avoit 
défendu , sous peîue de la vie, 
que Ton parlât de Lii en sa .pré- 
sence. Malgré celte défense ri- 
goureuse , Mondir veaoit chaque 
matin de\«xnt \^ palais du mijais- - 
tre c^isgpacié ,.el s'élevantsur une v 
terrasse qui lui servoit ^e tribune, 
il. eiitrçteuoit le^s paysans i]»s ver-» 
tus de Bî^rmécide el des services; 
de ses aïeux. Le qaUiie > irrité , le 
fit veiiir devant ï\\\ po^v le coa^ 
damier s^ la mort. Mondû: ce^ 
merci a Aarou d'avoir pensé à le 
délivrer de \à, vie, pqis«|H 'elle lui 
étoit devenue j)é«ijale , dçs> que 
Barmécide n'ctoit plus heuA^ux. 
Aussitôt il peignit avc^ tant de 
ipFçe les oblig;at;iou& ^'il avoit 
aa \islr, qiébe lie ^uUasii,, ésuAX , lui 
fit noft seulement grâce de la 
vie^. mais lui d^til^ u^e coupe 
d'or, flloudir , se projite^rpaût a 
tcire , s'écria : « O Barmécide ! 
voilà eneare un présent que )e 
te 4<é>j^^ )' 

tX- MONDONVILLE (Jeanne' 
de ), fîlle d'un conseiller au par- 
lement 'de Toulouse , se di^tia- 
guade bonne heure par son es- 
prit , joutant qu'elle étoit remar- 
quable piar sa beauté. î^echei^Sée* 
p^r divers partis honorables , elle 
épousa , en 'i 546 , Twrïes, sei- 
gneur de Mondonville. Ayant 
perdu son époux , elle se çonsa-* 
cra aux œuvres de piété • sous 
la conduite de l'abbé de Ciron. 
Après avoir tenu quelque temp* 
chez elle des écoles gràt4iités, 
elle tra> ailla à rin^^trucHeii des 



MO WD 

coKvoHîes, et au san- 
lagemeiit des pauvres «iMade5« 
Eue i'orma ensuite le projet d'em- 
plojer ses lâens à ia fomiation 
d'une congrégation qui pevpér- 
tuât ses œuvres de enarité. Son 
diessein fut* approuvé par Marea , 
archevêché de Toulouse ; clFabbé 
<|e Ciron fut nommé, en i66i , 
pour en dresser les statuts et les 
rëglemens. Ce nouvel institut fut 
eootirnné par un bref d'Alexan- 
dre VII en lêQ'À , autorisé de 
leUres-patentes en i665. Pen de 
temps après, ces constitutions 
furent itmriméôs avec Fapprb- 
batioD ùh dix-hait évéf^iies et de 
plusieurs docteurs, C^est cet ins- 
titut si connu sims le Bom de 
congrégation des Filles de FEn- 
fance. Madame de Mondonville 
a voit déjà foriué des établisse^ 
mcfns dans plusieurs diocèses, 
lerSfju'on prétendit « que ses 
constitutkms renicmtoient àes 
maximes dangeretisesl » Ces jé- 
suites écrivirent? et agivei^ contre 
elles. O» i^omma des eomiBis- 
saires pouv les. examiner 5 et la 
congrégation de F£niance fut 
snp^iiTiée par un arrêt du con- 
seil de t^SQ,. à* Fimstigation d'une 
société qui depcûs a eu le même 
sort* I/Histilutriee iwt reléguée 
daus Weouveat dies kesiutaiières 
de Coutdnces*, et pri^ée de la 
lifberCé d-'éenre: eri de parler à 
au6un« personne de d^ors. Elle 
T moorikt en lyoSu Les fîHes de 
l'Ënfence fuveiu oisperaiées, , et 
les jésuilieir atdhetèreni leun mai- 
son fotBUpy pteetrr iiBur sényinaice» 
Ils avoJent eombatjbi» ces iUks 
ÎB fortunée» cémme. des enneniia 
redoutables, et ik raeueiiiireftt 
une partie de leurA dépet^uiriies. 
. Voie» ce que dkt ral»bé^ Hacine , 
ennemi dê& jésuites y eu sa qua^ 
lité de jatasénislev « Les écrûvaifis 
jésuite» senti moiitt f«vorai>les à 



BiorrD 



75 



ce. » Voiei encore ce qtte dit l'un 
dentre eux , d après Hcboulet : 
(( La cour eut des preuves incon* 
testaMes que . cette fondatrice 
(madaïu^s de Mondonvilk) aveit 
donaéN ^suie à des homnies de 
mauvaise 4octriae et malinten* 
tionnés pour Pétat , tel que* le 
P. Cerle et Tabbé Dorât ; qja'cjje 
aveit fourni à ceujf-ci les moyeu» 
de sortir du- royaume ; qtii'elle 
a voit iatt impui'imer , dans sa 
maison ^t par ses filles , plu- 
sieurs libelles contre la coiuiuiîe 
du roi et de son conseil. On en- 
leva cette imprimerie ; oa dressa 
des procè»>verbaux ; et sur tous 
ces iaits on eut quantité de dé^ 
positions authentiques et jui idi- 
qjues y avec les témoignages àxis 
plus aAcieuaes filles de cette nMv- 
sou ...,»> Il parut , en 1 734 -, une 
liiistoire »ies^llesnde la congré- 
gj>tioii de i'Ënfanee , par KebiMi- 
Tet , ex-iiésuite , et avocat à A.vi- 
gnen. L^abbé de Juliard -, parent 
de madame de Mondenvilio , at- 
taqua cette bistetire eo«ttme un 
mieik caKtmnieux. ,. et ^ r^iit^ta 
par «tn. Mémoire eu- deu.« piarties ,. 
qui c9fUieuty \* rimaecenee lusr 
tifiée V eiu THistoire véritat^e ilei 
fille» de rE»iance; 1'* le Men- 
songe coQé'ondM cm la preu^ve cie 
la j'auâ^eié cle Tbi^teire cal<um- 
nieuse des filles, de i*£i9(lai3ee. 
Le parlement 4e, Toulouse cou- 
daivaia a«t leu rilidtfitire de Be- 
boulet , comme contenant de&. 
faits faux ou altérés. Cet auteur, 
i^û Bravoft éait qpie d'^ftprèe lies 
ménioû^s* de ses ancienst eoafré>- 
rcs» fiépeaiiit poiur sivuleutf la 
vérité oe se» ouvra^., Mai» le 
miMixi^^s de Gardoui'lije , neveu 
de madame; de Ma«<d^)»uvilJe , 
Qrlrint u«i arrêt ,dii 27 février 
i.y^^ qii condamna au feu ce 
nouvel éftrity et ordonna dese re- 
cberches rigoui^euse» coutre Tau- 



74 



MOND 



t IL MONDQNVILLE (Jean- 
Joseph Cassânea de), l'un des 
plus célèbres musiciens du i8' 
siècle , né à Narbonne le 24 
décembre 171 1 , acquit d'abord 
de la réputation à Paris , où il 
se rendit célèbre par rexécution 
brillante et facile de son vio- 
lon ^ Il fut rival et ami de Gui- 
gnon , qui tenoit alors le pre- 
mier rang dans ce genre. Se^ 
Sonates de clavecin et ses Opéras 
d'Isbé^du Carnaval du Parnasse, 
de Titon et l'Aurore , de Daphnis 
et Alcimadure , dont il fit les pa- 
rois , le mirent bientôt dans la 
classe des Compositeurs les plus 
distingués qui aient travaillé pour 
l'opéra. Il excella aussi dans les 
Motets , qui lui méritèrent la 

Ï»lace de maître de musique de 
a chapelle du ^oi. Il étoit oc- 
cupé k de grands ouvrages de 
musique , qui enflammèrent son 
sang et précipitèrent ses jours. 
Il moiurut k Èelleville , près* de 
Paiis, le 8 octobre 177a. On 
n'a voit jamais vu au concert spi- 
rituel une a(9uence égale a celle 
Qu'attirèrent les premiers essais 
ae Mondonville. Trois morceaux 
de génie , le Magnus Dominas , 
le Jubilate , et le D^minui reena- 
vit, annoncèrent une lyre enchan- 
teresse et savante , qui égaloit 
celle de La Lande. 

* MONDORGE. yojez Mont- 

IK>RGE. 

tMONDORY (N**), né à 
Orléans, devint le plus célèbre 
comédien de la troupe du Marais, 
dans laquelle il jouoit les premiers 
rôles. L'ardeur qu'il mettoit 
dans son jeu avança ses jours. 
Il fut frappé d'apoplexie comnte 
il jouoit le rôle cf'Hérode dans 
la tragédie de Mariamne par 
Tristan. Il se retira dans une 
Biaisçtt qu'il avoit auprès d« sa 



MONE 

ville natale. On ignore le tèm]ps 
de sa mort. 

MONDRAIINVILLE. ^oy. 
DuvÂL , n* L 

MONESTIER (Biaise) , jésuite, 
professeur de philosophie k Cler- 
inont , et né dans ce diocèse en 
1717. Ses Principes de piété , 
1756, 2 vol. in- 12, et sa f^rai^ 
Philosophie , i 7 7 4 » in- 8" , ren- 
ferment de bonnes leçons pour 
un chrétien. Il mourut en 1776. 

> > - 

1 1. MONET ou Monnet (Jean), 
né h Condrieux, petite ville située 
sur le bord du Rhône , près 
de Lyon , directeur du grand 
théâtre de cette dernière ville , 
mit pour devise sur la toile , et 
par allusion k son nom : Mulcet ^ 
movet , monet. On lui doit 1'-*^»- 
thologie française^ ou Chansons 
choisies , depuis le i5.* siècle jus^ 
qu*à présent , 1765 , 4 vol. iu-S*» , 
sans nom de ville ni d'imprimeur. 
Ce recueil , dont la musique e^t 
exécutée avec les car-actères mo- 
biles de Fonmier le jeune , reit- 




partie , qui contient les chansons 
joyeuses. Le discours sur l'origine 
de la chanson française , com- 
posé par Meusnier dé Querlon, 
est bien écrit -, mais dans se:», 
recherches l'auteur n'a pu se dé- 
fendre de quelques erreurs dans 




poésie françj 
diée. Monet mourut vers 177* , 
après avoir été directeur de l'o- 
péra - comique a Paris , et d'une 
comédie française k Londres. En 
1773 il parut un ouvrage en a 
vol. in-in , intitulé Supplément au 
Roman comique , ou Mémoires 
pour servir a la vie de Jean Monet, 



MO NÉ 

ébrîts par ini-^néme. Le second 
yolume contient les mystifications 
du petit P"*** (Poinsiiiet ). 

t II. MOIVET ( Philibert), né h 
la Bonne, ville de Savoie , l'an 
i566 , mort k hyotten i643 , à 77 
ans , se distingna chez les jésuites , 
ûù il entra par goût pour l'étude. 
Les langues Toccupèrent d^abord, 
et elles lui durent quelques >ou- 
prages , éclipsés par ceux qu'on a 
donnés après lui. Son Dietion- 
naire latin - français , intitulé , 
Ins^entaire des deux langues , 
Paris, i656, in-fol.-, eut cours 
dans le temps. Monet se tourna 
ensuite du coté du blason et de la 
géographie de la Gaule : ce qu'il 
a fait sur cetter matière est encore 
consulté par les savans. Son on- 
Trage sur le blason est intitulé 
Origine et vraie pratique de fart 
du blason , aifec le Dictionnaire 
armoriai j Ljon , 1639, in-4''. * 

MONÉTA ( le père ) , domini- 
cain de Crémone, célèbre par sa 
science et par son zèle contre 
les hérétiques de son temps , 
vivoit du tefnps de saint Domi« 
nique, et mourut vers ia4o. Le 
P. Ricchini , du même ordre , 
fit imprimer k Rome , en 1743 , 
in-fobo, un Traité làûn du P. Mo- 
neta contre les Vaudois , intitulé 
Summa Bfonetana, 

» MONETI (frère François ) , 
astrologue, poète , et l'un des es- 
prits les plus agréables et les plus 
bizarres de son temps , né k Cor- 
tone vers l'an .i635 , prit l'habit 
de frère- naineur dans le cou- 
vent de Saint-François de cette 
ville. Naturellement satirique , il 
éprouvâmes disgrâces et des chà- 
timens pour s'être égayé aux dé- 
pens de plusieurs carcfinaux et de 
quelques missionnaires jésuites. 
Le poème qu'il avoit composé 



MONF 



75 



contre ces derniers étoit intitulé 
Cortona convertita ; il circula d'a- 
bord eu manuscrit, et fut publié 
ensuite k Florence, sous la date 
de Paris , en 1759. Obligé de se 
rétracter-, il composa un écrit in- 
titulé La CoHona nuovamente 
converti ta per la miss io ne fatta 
in detta città Tanno 1708 da 
pp. Paolo segneri Juniore , e As^ 
canio Simi,gesuiti missionari,os- 
sequioso tributo in ottava rima^ 
ùfferto ai molto reverendi padri 
aella medesima compagnia di Je^ 
su. Ce poëme commence ainsi : 

Io f che gia spiato déi furort iiuano 
Con sateriei earmi , e stil non buono 
Contre ât* vi{i altruî armât la mano ' 
Di màltdita cetra al tristo suono ; 
Con mi^ior gtnio , € cou giudi\io.Mnû 
Da mt st€sso diverse oggi ragiono. 
Perehi d^ogni odio già spogliato il eore^ 
Vtnga obliato ogni passato trrort. 

On rapporCe aussi que se trouvant 
un jour k Tune des missions de 
ces -PP. , il écrivit sur l'écorce 
d'un arbre les verssuivans : 

Fra Moneti in questo loeo 
ConvertisH, * non fu poeo. 

Le nombre des ouvrages de Moneti 
est considérable ; les titres sont 
aussi bizarres que les pensées dé 
l'auteur. Un almanach astrologi- 
que qu'il mit au jour eut la plus 
grande vogue, etlui rapporta beau- 
coup d'argent. Quoique écrivai;)t 
sur l'astrologie, Moneti se n^oquoît 
decette vaine science, et n'jajou- 
toit aucune foi. Il avoit beaucoup 
vojragé, et avoit su mettre kpronf 
ses voyages. Il mourut le 4^^P'' 
tembre 17 12. 

MONFORT. Foj-ez Mont- 
fort. V 

♦ MONFORTE (Antoine), issu 
de l'illustre famille des Lauriers , 
né k Maples en i644 » étudia 
d'abord les mathématiques, et fit 
un cours de belles-lettre». Avide 



■jQ MONG 

d'étendre ses connoissanc«s> il çn- 
ireprit plusieurs voyages, à Rome, 
a Florence et à Constantinople, et 
revint mourir à Naples. On a de 
lui , Epistola adclarissimumeteru- 
ditissimum virum Antonium Ma- 
gUabecchi , coptinens sobitiones 
problematum , quœ Leidensis geor 
metria post taoulam latens pro- 
posait , imprimée en 1675; et 
deux opuscules publiés en 1699 > 
Fun, intitulé De siderunjt interval- 
lis et magnitudînibus , et l'autre 
JDe problematum determinatione. 

^ tMONGAULTOVicolas-Hubert 
de), fib naturel de Colbert-Pouan- 
^es , né à Paris en 16^4 > entra 
dans la congrégation de l'Ora- 
toire^ L» délicatesse de sa santé 
Tohligea d'en sortir quelque temps 
après. Il demeura successivement 
auprès de Colbert, archevêqne/de 
Tofiioiiae^ qui- le protégeott, et 
auprès de Foueault , qui trouva 
ea iui ce cpii^il avoift ciierché , un 
homme ^«û. saivott allier l'eâprit 
avec le savoir. ,Ce protecteur lui 
procura une place à l'académie 
des inscriptions , et celle de 
préeepteue^ du duc de Chapfres , 
Ms du iittc d'Orliéans. Mongau^t 
Mit se ceneilier, dans eette^ place 
importance et délicate, f estime et 
l'amitié de son élève. Quoiqu'il 
pensâfi Vi^emûttUi sur 1«» matières 
«iereN^ow,ïl s^'atticka, dit Dq- 
'dlo9, à Ifai iosoirer'les prineipes 
les plus canstùïe» de l'efirayer , 
^rcQ qu'il pcmsoit sans dente 
qu'ow ne peutjreteBsîv les p«inees 
p»r#s lte»S' tro^ ferts. L^al>bey^e 
de Chartreuve et celle de Ville- 
neuve furent les cécompenaes de 
ses soins. Le duc de Ch^^rtres 
ajouta aux bienfaits de soh père 
les placer de secrétaire - général 
de 1 infaDterie française , de se- 
crétaire de la province de Dau- 
phioé, de secrétaire des coknniaa7 
^WJdns du ca]}inet. L'ihbl>é i)ion- 



g ault. aurait voulu s'éWer pl"^ 
aut. Tandis qne le cardinal Ua- 
bois se piaignoit d'être malheu- 
reux depuis qu'il étoit grand , 
l'abbé Mongault Tétoit encore 

Élus par Tenvie qu'il lui portoit. 
^e là les vapeurs dans lesquelles 
il a pa^sé uue partie de sa vie. 
Ces vapeurs lui Tai soient voir tout 
en noir: on le lui dit un jour. . 
« Les vapeurs , répoudit-il, l'ont 
donc voir les choses comme Hle» 
sont. » L'académie française sft 
l'associa en 17 18. 11 mourut îo 
i5 août 1746. Quoiqu'il eût vécu 
k la cour , il n'apprit jamais à 
flatter , . et il exprimoit ses senti- 
mens sans contrainte. Dubois ne 
put le faire entrer dans aucune de 
ses vues ^ même en lui faisant dii 
bien. Ce cardinal détroit que la 
duc de Chartres, colonel-genérai 
de l'infanterie^ vînt travailler àvcQ 
lui ; pour t'y engager , il voulut 
se servir de Mongault, qui lui ré- 
pondit sèchement : « Je n'abu- 
serai }aniais de la confiance du 
prince pour l'engager a s'avilir. » 
On a de lui > I. Une Tf^iduction 
française de l'Histoire d'Héro-< 
dien , qui parut pour la première^ 
lois en 1700 , dont la Dàeilleurs^ 
édilinn est celle de 174^ y Paris , 
in- 12. Cet ouvrage , fait ateo 
l>eaueoup de soin et dVxactitude, 
est écrit d'ailleurs ave& élégance. 
IL Une Traduction des Lettv-e& 
de Cicéron à Atticus , Paris 171 4 
et 1758., sijtfvol. iii-i2. Celle ver- 
sion, aussi élégante et aussi exacte 
qiieceUe d'Hérodieu, est enrichie 
de notes qui fontbeaucotjp d'iian- 
neur à ^on goilt et a son éiiudition.. 
On appfcod dans le texte et dausi 
les remarques à bien conuoltrer- 
Cicéron , et las personnages q.ni 
jouoient de son temps un grande 
rôle dans la république romaine. 
On s'aecorde k regarder les lettre» 
des grands hommes comme 1» 
plus agréable partie de leurs ou»* 



MONG 

Trages. Le cœur est toucîi^ dans 
cette lecture à proportion que ce- 
lui -^le récrivain paroît s'ouvrir. 
On estime , chacune dans leur 
genre , les lettres des gens d'es- 
prit y des sa vans , des grands 
ministres ; maïs nous n'en avons 
point, dans aucune soile de genre, 
gui, pour la pureté du style , Tin^- 
por tance des matières , et la di- 
gnité des personnes qui s'y trou^ 
vent mêlées, soient comparables 
à celles de Cicéron. On v voit le 
détail de sa vie domestique , la 
peinture de son esprit et des diffé- 
rentes situations où il se trouvoit, 
selon les \diiFrrentes conjectures 
des affaires. III. Deux Disserta* 
tions dans les Mémoires, de l'aca- 
démie , qui jÊont regi-etter qu'on 
■n'en ait pas. un plus grand nom- 
bre de la même plnme. 

♦ SfONGEOT ( Gabriel de ) , 
médecin ordiiiaire des ducs de 
■Lorraine Charîes IH , Henri II , et 
Cliarles TV, après avoir reçu le 
bonnet de docteur en Pcraiversité 
de Toulouse. Son jnérite et les 
qualités de son coçurle rendirent 
•estimable. Devenu professeur de 
. la facirlté à Ppnt-à-Mousson , il 
Vy distingua et se forma une bi- 
è^iothèone considérable pour ce 
temps. On voit ebcore aujojurd'hui 
enLprrain^ beaucoup des livres 
<îe Monçeot porta^it soi? nom 
avec luette devisé : Ltmro nçn auro. 
Oh a de lui un ouvrage intitulé 
iHsçottr$ sur les médicamens do- 
mesCiques , oh l\yn enseigne la 
\raie méthode de composer avec 
fbdljté el peu de f^aisleS remèdes 
les plus en usage dans le traite* 
ment des maladiè^^, Pont-k-MûU9- 
son, i6ao, m* 12. 

MONGEK ,( Jrttu * Atttoine) , 
Vé K Lroa en j^Sx , s'attacha à la 
conçrétfatipn de 5*mte - Gene- 
viève. 5o& 2èle po»r les progrès 



MONG m 

de l'Histoire' naturelle le fît eni- 
barijuer ^vec Lapérouse , el il a 
péri , à la tleur de son âge, dans 
cette expédition. On lui doit , I. 
La Continnatwn du Journal <ie 
Physiqae , oh il fournit plusieurs 
articles. II. Description de la ma- 
chine ini»eniée pour iesjhactures 
:desj€unbes par ttJlkert Piero-r 
pare de Kicenze , 1782. III. Tra- 
duction de la Sciagraphie du rè- 
gne minéral de Bergmann, 1787, 
deux vol. in-3® , etc. 

t MONGIN, < Edme ) , né à 
Barovilie , dans le diocèse de Lan- 
grès, en i668, d'abord précep- 
teur du duc de Bourbon et au 
comte de Charolais, mérita par 
ses talens pour la chaire une 
place k l'académie française eu 
1^08 , et l'évéehé de fiazas en 1 724. 
Mongin étoit homme d'espnt et, 
de godt. Ces deux qualités se 
font remarquer dans le Mecoed de 
ses CEupres fnnhlié k Paris, in- 
4* , «n 1743. Celte collection ren- 
lerme ses Sermons , ses Panégy- 
riques ^ ses Oraisons /Unèbres et 
ses Pièces académiques. Ce pré- 
lat mourut en 1746 k Bi^a#. 

,*I. MONGIORGI (Nicolas) , 
jnriseenso'ke , surnommé aussi 
Nicohis del Pozzo , né à C«ote , 
florïssoîl vers la fia du lÔ^sièele. 
On a de lui Nicolai Mongi^r^ 
gii e ternit C^nti codex , "seu irmc- 
iattis Mosmcû , etveterijure en»- 
eleando y fioBoniie, i57S, io-4*« 
Cet ouvrage fut réimprimé «n 
1687 sous le tifrc fuivanl s Ihto- 
tatus de paoHs fe^endgndi f,s^ 
Jrancandi , ei super ineiston» ar- 
bçtntm ak emphilçnteà Jacienda , 
etc., Benoaiw , iS^, ii»-4*« 

* IL MONGITORE (15. A»to- 
nino ) , dianoine de Palense sa 
patrie, -mort vers Fan 1750, est 
atrtetif 4e plttsi«urs''9tt#')^«i^ é'é- 




78 



MONl 



ruditlon et de pieté. Les princi- 
paux sont, I. CompencUo ffella 
vita di santa Rosalia vergine , 
Romita Palermitana , PaLerVno , 
i7o3. II. Bibliotheca Sicula , sive 
de scriptoriùus SicuUs , qui tum 
veterUf tum recentiora sœcula 
illustranaU ^ Panormi , 1707, 2 
vol. in-foL , 

MONGOMEîa. Fojez Mont- 

GOMBCEBY. 

* MONI ( Dominique) , peintre 
infatigable , et célèbre par les vi- 
cissitudes qu'il éprouva pendant 
tout le cours de sa vie , naquit 
d'une illustre famille de Ferrare 
en 1559. ^^ sivèc un caractère im- 
patient , une imagination ardente, 
mais craintive, effets ordinaires 
d'un grand talent , et une espèce 
de fanatisme en fait de religion , 
le précipitèrent dans un cloître 
de. .chartreux ; mais réfléchissant 
dans cette solitude sur la démar- 
che trop inconsidérée qu'il avoit 
ià;te , et sur 1q point de faire se» 
Vœux , il quitta l'habit de char-. 
tr^ux , rentra dans Je monde , et 
se fit ecclésiastique. Le repentir 
suivit bientôt cette nouvelle réso- 
lution. Devenuéperdnmentaïuou- 
reux d'une jolie tille , il lit taire ses 
scrupules , renonça au nouvel 
état qu'il veaoit d'embrasser , et 
se maria. Il se détermina alors 
à étudier la philosophie , espéraat 
s'en faire une ressource pour vi- 
vre ; mais l'ayant trouvée niie et 
pauvre , comme dit Pétrarque , 
al se tourna vers la médecine. Le 
charlatanisme de cet état ne pou- 
vant s'allier avec la franchise de 
ses idées ^ il y renonça bientôt , 
et l'étude des loi$> devint sou uni- 
•que occupation ; mais croyant 
s'être encore trompé sur l'état 
qu'il avoit embrassé , il se vit au 
bout de quatre ans sans ressource/ 
aa u^ilieu de ses «ntreprises. 11 



MONI 

abandonna J'étude de^^ Fois pour 
celle de la peinture , et devint en 
très-peu de temps habile dans 
cet art , dans lequel il parvint k 
saisir la manière du Tintoret. 
On remarque dans les oui^rages 
de ce peintre un colons gracieux , 
des teintes agréables , un dessin 
correct , et sur-tout de, l'inven- 
tion. Ses tableaux , qui sont en 
grand nombre , ornent les égli- 
ses et les cabinets des araateurâ 
dans une grande partie de l'I- 
talie. Au milieu de ses succès , il 
perdit son épouse; cette mort le 
plongea dans une espèce de stu- 
pidité, qui se changea quelque 
temps après en frénésie , qui lui 
fît commettre un meurtre. Oblige 
de prendre la fuite , il se réfugia 
dans une ferme , et ensuite k 
Parme , où il mourut en 1602. 

MONICOULT (N*), consul 
de France à Dantzick et a Saint- 
Pétersbourg , mort vers 1760 , 
après avoir donné, en 1724, au 
théâtre italien , le Dédain affecté^ 
comédie en trois actes. 

MONIÈREr Jean deU ), doyen 
des méd#*cins au collège de Lyon, 
publia en 1626 deux assez bons 
Traités , l'un sur la dyssenterie y 
et l'autre surla peste. 

♦ L MONIGLÏA ( Jean- 
André ) , de Florence , origi- 
naire d'une ancienne et illustre 
famille de Sarzano , dans \eÈ 
états de Gênes , fut académi- 
cien délia Grusca , et professeur 
de médecine dans sa patrie et 
dans l'université de Pise en 16S2. ' 
Outre un Traité de tusage d<f 
Veau ddns les fièvres , Florence , 
1684 9 Moniglia a composé un 
grand nombre de pièces drama" 
ques , ornées de gravures , qu'il 
publia k Florence en 1689 , en 3 
volumes in'4^* Dans le nombre 



MONI 

de ces pièces , il j en a plusieurs 
qui n'appartiennent point, k Mo- 
nifflia ; mais toutes sont écrites 
suivant le goût du siècle oii il 
vécut. La régularité et la vraisem- 
blance , et une action bien intri- 
guée , y.étoient comptées pour 
peu de cbose. 

*U. MONIGLIA ( Thomas-Vin- 
cent) , de l'ordre de Saint-Do- 
minique, neveu du précédent, né 
à Florence le i8 août 1686, passa 
les . premières années de sa vie à 
Pise , où son père étoit profes- 
seur de raédecme , et ou*l s'ap- 
pliqua a Tétude des belles-lettres. 
il alla ensuite à Florence , où il 
prit des leçons de philosophie 
péripatéticienne sous les plus ha- 
biles maîtres. Ce fut dans cette 
ville qu'il se lia d'une étroite ami- 
tié avec Henri Newton , ministre 
du roi d'Angleterre. auprès du 
mnd-duc , qui lui persuada d'ar 
bandonner sa patrie et de se 
rendre a Ldndres , en lui faisant 
espérer et entrevoir , par ses pro- 
messes , un sort beaucoup plus 
heureux qu'en Italie. Monigiia , 
séduit par les discours de New- 
ton , prit la fuite , et s'embarqua 
k livoume. Son trajet fut heu- 
reux ; il arriva a Londres , où , 
pendant trois ans , il passa une 
grande partie de son temps k vi- 
siter les bibliothèques , et k fré- 
quenter les sociétés savantes, pour 
acquérir d^ nouvelles connois- 
«ances, et se perfectionner dans 
celles qu'il avoit déjk acquises. 
Ses ressQurçes pécuniaires épui- 
sées , il fut obligé , pour subsis- 
ter y de se faire précepteur , et 
quelque temps après , il parvint , 
par la faveur de Corne III , k re^ 
tourner en Italie , et k rentrer 
dans son ordre. 11 s'adonna alors 
k la prédication , < devint ensuite 
professeur de théologie. a Flo- 
istaee 9 et mourut k ri&e le i5 



MONI 



79 



février 1767. Ce religieux , k se» 
connoissances t^ès-étendues danf 
presque toutes les sciences, joi- 
gnoit celles de la littérature grec- 
que et latine ,et de la langue hébraï- 
que. On a ^e lui , î. I>e origine 
sacrarum pricum Rosarii B. M. 
V, dissertation Romie , 1725, 
in-8°. Il composa cette disserta* 
tion, par ordre.de ses supérieurs, 
pour réfuter les bollandistes , qui 
prétendoient que saint Dominique 
n'éloit ppint Fauteur de ces pnè- 
res. Question oiseuse , dont la 
solution n'est d'aucune utilité. 
IL De cumis Jesu-Christi ser- 
vatoris , et de religione utriuS" 
que Philippi Augusti dissertation 
nés duœ ^ Romae , 1781 , in-4'- 
III. Dissertazione contro i fw 
talisti y partie i et a , Lucca , 
1744* IV, Dissertazione contro 
i materialisti , i alteri incre* 
duU y tom. I et2 , Padova , 1750. 

V. Osservazionicritico'Jilosonche 
contro i materialisti , divise in 
due trattati , Lucca, 1760. Mo- 
nigiia ,' un des premiers , parmi 
les Italiens , réfuta les opmions 
de Locke , de Spinosa , de Col* 
sius, fiayle, Leibnitz, Hobbes, 
et d'Helvétius. Mais il ne le fit pàc 
toujours avec avantage. VL Là 
mente umana spirito immortale , 
non materia pensante , tome i 
et 3, Padova, 1766. Il a laissé 
plusieurs manuscrits sur diverses 
matières , et principalement con- 
tre les ennemis de la religion 
chrétienne. 

. t MONIME , de Milet , célèbrt 
par sa beauté et par sa chasteté y 
plut tellement k Mithridate , que 
ce prince employa tous les moyens 
imaginables pour ébranler > sa 
vertu ; mais ce fut en vain. Il l'é- 

f»ousa. Bientôt vaincu par Lucûl- 
us , et craignant que Monime ne 
tombât enti^ les mains du vain- 
queur I il lui ordouua de mourir,^ 



8o 



MONI 



Racine a misMonimestirU scène. 
/Elîe y excite cet intérêt qne font 
'éprouver toutes les pKoducfièns 
Ce ce grand pQëte. C'est nn des 
plus beaux xaraclères qu'il ait 
traité, ^ojr. Mithridatê. 

tMONnV (Jean-Edouard du), 
lié k Gj , dâus le comté de 
Bourgogne, en i557, ^t de très- 
Lonnes études , et pOssédoit les 
langues italienne , espagnole, la- 
liiie, grecque et hébraïque. Il éloit 
en outre versé dans lapnildSQphie, 
la médecine , les mathématiques , 
et la théologie. 11 faisoit des vers 
avec une telle facilité qu'il traduisit 
la Semaine de du Bartas en vers 
latins dans l'espace de 5o jours; 
Klle parut a Paris en iS^g ,in-6o. 
Ses antres ouvrages scmt ,1. Le 
'Çuarëme diçisé en trois parties j 
lo Le triple amour \ ^"^ La peste 
de la peste , ou jugement dii^in , 
tragéaie ; 3* La consuèvance du 
rruarême , Paris , i584 , inT4'*. 
lï Orbecorortte , tragédie en 5 
i^icteà , avec des chœurs. On U 
tfauve dans le Phénix de du 
Monin , Paris , G. Bichon , i585, 
în-ia. IIï. UUranologie , ou fe 
Ciel, Paris i583 , ThM^. IV. 
Kvuvelles OËuvreSy Paris, i58î , 
in-r2. On a comparé du Monin à 
Pic de La MirandoJe, à Postel ^ à 
Agrippa ; mais il s'en faut keau- 
eonp qu'il approche de ces gé«- 
nies précoces. Il logeoit au col^ 
ïége de Bourgogne a 'Paris lors- 
qu'il fut assassiné le 5 iKrrembré 
i586, à r^ge de 29 ans. Voetius 
a prétendu que le Cardin»! du 
Pei'i-on ( nomme alors Jacques 
D^vj ) avoit en part k cet assufssi- 



ÎHONL 

S*eTpliq«e ainsi sur le compte- tfe 
du Per n)n : « Nouveilenient non»- 
mé par un hérétique à révêdhé 
d'Evrèux , et fils J'uu niinî&trie , 
il a iuscfu'actuellement profes^ 
lé calvinisAie ; on le nomikiis le 
phi1iOSH;^phe et le conseil de Heturi 
IH. Déshonoré p9tt un lioin^ 
cide qu'il a commis , il est le mo- 
bile de l'absolution donnée à 
Saint-îDenys. » On- a peéleadn 
aussi qite la cause de l'assassinat 
de du Monin fut ce vers qu'il at- 
tacha à la porte d'une dame :- 

Laïdis fMc domus est mmJtU Amkitétta ptUpis, 

Mais on n'a rien de céilain k cet 
égard. • 



\ / 



MONIQUE (s»iiîte), née 
S52 , de pareuft chrétien^ , ma- 
riée à Patrice , bourii^ems de Tsf- 
gaste en r^umidre »' dont elle ei«t 
deux fils et une fiHe , conv«r*- 
ttt son mari qui ^toLt paren , «st 
9on ^Is BÎffë , depuis saint Au- 
gustin , ^i étoit livré »ux fA^i- 
sks , et vmbti des opinions dm 
manichéisnte. Elle mourut e» 3dy 
4à Ostie, oèf elle s'étoit r«»dui 
pour pa-sser avec l»i en Afrique. 

MONK. Voyez Moncx. 



nat, Cela n'est point prouvé ; mais 
ce qu'il j a de sair , c'est qu'a- 
près l^bsolution donnée à Henri 
iV dans F^glîse abbatiale* de 
Saîttl-Denys , fci Sorbontte , écri- 
vant une lettre k Clément VÏIl 
C9tttre ceux qui i'aToi^ït donnée » ' 



*îiîOWLEON (N. de) , «otewr 
dramatique du 17' siècle , -sur 
lequel -tes bio^aphes n'ont laissé 
aucun détail. On connoit de hii 3 
tragédies ) qui sont , L \kAmph^ 
f!ri^ poëmeae nouvelle invenlioa 
e<i cinq acteft^, eiv vers , avec q« 
^VTS au lecteur, dans lequel Mon- 
Iwn se déchune contre les cri- 
tiques let les auteuf-s du temps, 
Paris, i63o, iu-8*, II. Thieste ^ 
tra^die en cinq actes , Parifi , 
i633, in-4^. La cat^strophede c«t 
oxrpe9[^e est affrewse ; la pièce 
d'ailleurs est bien écrite et \À^m. 
conduiteronpeut présuit\erq»'eHf 
n'a pointée kicoouuek CrébillAS^ 



MOÎIN 



MONK 



Sx 



Wk mttor, tragédie représentée j F^ris , 1779, in-ta ; et Sùn tifyUë 
ta i65o. I *w létjieurs q^ii lui assurent un4f 

réputation partinî leâ femmes qur- 
se sont distinguées dans les lettres. 
Ses nftmbreui étrits , iud^peu- 
damment de sa corresponamice 
atec son ali;û TkumàS , qu'im est 
sûr le point d'imprimer, et quelJ 

3ues pièces de théâtre, sont dignes 
e voir le jour. On a encore d'elle, 
1. MazoUr^ on Suite des contes 
orientaux^ \']^^^\ùri%, IL Lettt^^ 
de Jcnny Bleinmore , Paris , 1 787 , 
a vol. in-12. ni. Essaià en vers ,* 
ptiésentés à M. ItambeH , contré' 
leur^èneral^au profit de ciUtiça-i 
teurs maltraités pat itn orage ,» 



s'éloigne guère de la méthode 
«tdu s^Tedes saints Pères, dont 
il plaée k propos les plus belles 
sentences. On isnote Fanaéë de 



^utences 
•a mort* 



MOîyMOREL,( Charles Lfe 
iovm de ) , né k Pont-Auderter , 
aumèpier de madame la dfichesse 
de BoHrgognê eu 16^ ^ * '>bé de 
{janraoi ^q récompense de sonta^ 
\&at pour la chaire , autant 4fse 
par la protection de madame de 
Maiotenon. Nous avons de lui 
un reîcueil A'HéThélies estimées, 
4 volumes sur l'Evaniçile des di-» 
manches \ 5 volumes des jours de 
càrêm« ; i volume de la passion ; 
et 2 des mystères de Jésus-Christ 
et delà Vierge. Cette coUfeetioa 

forme 10 vol. in-ia. L'auteur écrit j Paris , 1788 , iii-8° , et plusieuié 
avec simplicité, avec précision, et morceaux de poésie, etc, 

♦ i. MONNIER (Pierre le), 
né dans les environs de Lille vers 
l'an i552 , niort vers Fan ï6i5 , 
parcourut diverses contrées de 
l'Europe , et particulièremerit 
ritalie. A son retour il publia: 
ane Description des nkonumefis- 
tant anciens que modernes qu'il 
âvoit observés'dans ses voyages ^ 
Lille, x6i4) in-ia. 

II. MONNÎER ( Pierrfe le ) , né 
auprès de Vire, mérita par ses ta- 
lens une chaire'de philosophie au 
collège d'Harcourt k Paris. L'aca- 
démie des sciences se Tassocia , et 
le perdit le 27 novembre 1757, k 
Page de 82 ans. On a de lai àur-^ 
Sus philôsophicus , 1750, 6 vol. 
in-i2. Ce Cours a eu du snccès , 
de Phîfippe II , IVW/ie'ile l'Escu- et on le diciôit dans plusieurs Col - 
ftal , déSée k saint Laurent. Les l^ge^ de provmce. On y trouve 1 s 
statues des six rois qu'on voit sur I notions géométriques nécessaire» 
la façade de ce temple sont aussi ^ tout physicien, et ttiiâsi les ques- 
Fouvragé de son ciseau. 



MONMORENCI. Fayez Moht- 
MONMOfeT. roye% Hashw ^ 

B<> V ^ «^ MoNTMAUa. 

MONMOUtH. royet Mont- 



MOISNEGRO ou ni ToiioE , 
(Jean-Baptiste de), sculpteur et 
Ibrchitecliè , mort en iSgo a Ma* 
ârid sk patrie , dans un âge très- 
iivàncé , se fit une grande réputa- 
tion en Espagne par son habileté. 
Mounégro fit bâtir , par ordre 



tions de physique traitées avec as- 
sez d'étendue , *t fùMr Tordinairë 



* MONNET (madame); née avec méthode et èlartë. Son sys-t 
JfoBEAu J morte en 1798 , fcon- tème général Éf« te cartésianisme 
•uc par ses CoMes onéntaux, ou corrigé ^ ét^^f é de làusies sup- 
ies Récits du sa^e Oaleb, liofa-^ position*, ^ communes k tous 
06ttt petsany Gomtkutinople iét | Ui faîieurl â^hypotiiès«9; Mais il 



da 



MONW 



a écaHé les questions absurdes et 
*Vâines dont on chargeoit autre- 
fois les livres de ce genre. L'aca- 
démie, dont il étoit membre, lui 
aoitaus>i divers Mémoires* 

t III. M O N N T E R ( Pierre- 
Charles le.) , célèbre astronome, 
fils aîné du précédent^, de l'a- 
cadémie des sciences de Paris , 
de celles de Londres ;> de Berlin., 
de l'institut national de France , 
né à Paris le .20 novembre 17 15 , 
annonça de bonne heure un goût 
exclusif pour l'astronomie. Il n'a- 
Toil encore que seize ans , lors- 
qu'il fît ses premières Observa-: 
lions sur Saturne. En i^SS , il 
présent^ à l'académie des sciences 
une Nouvelle Jîgure de la lune , 
avec la description de ses taches ; 
il y fut reçu le ïi avril 1736. j 
JTeune , ardent , et avide de s'ins- 
truire , il suivit Maupertuis dans 
ses voyages relatifs à la fixation 
d'un degré vers le cercle polaire , 
et toutes les opérations. roulèrent 
principalement sur lui. Dans les 
Mémoires de 173^^ , il remit en 
honneui'la méthode deFlamsteed, 
méthode ip^énieuse k laquelle on 
doit toute la précision qu'il y a 
maintenant dans les tables du 
soleil et dans les positions des 
étoiles. Ses premières observa- 
tions, en 174^ 7 furent faites dans 
la tour de Pascal , ancienne tour 
de l'enceinte de Paris. Le i5 no- 
vembre 174 1 il lut à la rentrée 
Sublique de l'académie le projet 
'un nouveau catalogue d'étoiles, 
et il y présenta une nouvelle carte 
du Zodiaque qu'il lit graver en 
1755. Il fut le premier qui déter- 
nûna les changemens des réfrac- 
tions en hiver et eh été , qui en- 
treprit de réformer les tables du 
ôolèil, de corriger le catalogue 
d'o toiles , ^c déterminer l'obli- 
i^uilé de l'écliptique , et la hau- 
iBur du pôle de Pari$. En 1741 1 



il introduisit en France l'instru- 
ment des passages , dont on n'a- 
voit point encore fait usage à 
l'Observatoire, et que Graham, 
célèbre horloger de Londres , 
a voit exécuté. En 1742 il en- 
treprit ««'e dissiper le préjugé qui 
régnoit encore en France sur les 
comètes ; il afnnonça que la co- 
mète qui paroissoit avoit un mou- 
vement rétrograde. On lui doit 
la première Traduction de la Ce-, 
métographie de Haltej , avec une 
méthode pour le calcul de l'or- 
bite par trois observations. ^Eki 
1746 il prouva , par un grand 
travail , que Saturne avoit des 
inégalités considérables., causées 

Î)ar l'attraction de Jupiter ; et 
'académie proposa ces mégalltés 
pour sujet du prix de 1748. Les 
Institutions astronom.iques qu'iï 
publia la même année , in-8* 




de cet ouvrage étoit le Livre de 
Keill , imprimé plusieurs fois en 
Angleterre ; mais Le Monnier y 
ajouta des Tables du soleil et de 
la lune , et tous les résultats de 
Pastronomie nouvelle. En 1748 
il fit un voyage en Angleterre , et 
de Ik en Ecosse, pour obsener 
Péclipse du ^5 juillet qui devoit 
y être presque annulaire , et jr 
mesura le premier le diauiètre de 
la lune sur le disque même du 
soleil. En 1750 il fit une méri- 
dienne à Bellevue ; le roi le gra- 
tifia d'une somme de i5,ooo liv. 
qu'il employa a acheter des ins- 
trumens. En 1766 û publia l'A- 
brégé de pilotage , i vol. in-8» , 
que Coubert , hydrographe k 
Brest, avoit donné en 170^2, avec 
des augmentations; en 1771 sion 
Astronomie nautioue lunaire , oà 
Von traite de la latitude et de la 
longitude en mer , i vol. in-8<* ; 
àoê^Tables du soleil, des Méthodes 



MONN 

pour corricer celles, de la lune , 
qu'il avoit aonnées eD 174^} daji5 
ses Institutions xist/^îwmiques ; 
«H 1772, ^ExposHion des mojens 
de résoudre plusieurs questions 
dans . Fart de la navigation , i 
vol. in - 12 , avec la Table des 
sinus verses , qui manquoit à 
toutes les tables françaises. Son 
zcle pour la marine uc se borna 
point à 4a. partie astronomique ^ 
il donna en 1779 une Traduction 
du Traité suédois de la construc- 
tion des vaisseaux ) par Chap- 
lïtann , in-fol. Son Essai sUr tes 
marées parut en 1774 ? Paris , 
ki-8*'. On.j trouve diverses con- 
sidérations sur les réfractions et 
sur les prablèmes de là sphère. 
En: 1776 il publia ses Lois sur 
h magnétisme , Paris , in - S® , 
.avec une carte des inclinaisons 
et des déclinaisons , fruit d'une 
luiUe innombrable d'observations. 
Il est le premier qui ait fait des 
boussoles propres à bien déter- 
miner la déclinaison de l'aiguille 
au moyen d'une lunette. Les ob- 
•âervations météorologiques l'oc- 
cupèrent aussi ; il reconnut le 
premier l'influence de la lune sur 
l'atmosphère , et dans la a' édi- 
tion des Tables de Halley , pu- 
bliée en 1754 ) il donna a«s 
Z^ittres intéressantes sur les vents 
Âes équinoxes* La question élevée 
£ur le degré .de Paris k Amiens , 
sur la base de Villejuif à Juvisy , 
.occupa long- temps Le Monnier: 
il penchoit pour la mesure de 
picard; mais, après plusieurs opé- 
rations , il reconnut enfin que la 
mesure de Gassini et de La Caille 
^étoit la bonne. On a encore de 
ce célèbre astronome, L Descrip- 
tion dos principaux instrumens 
■iTastronomie ; celle du grand 
mural de Bird ^ avec i4 grandes 
planches , Paris , 1774? ouvrage 
important pour les astronomes et 
4|ui manquoit k Tastronoilu'e. II. 



MONN 85 

Mémoires concernant diverses 
questions (Gastronomie , de na'- 
^gation et de physique , Paris , 
178Ï et 17S4J 2 vol. in-4''. m. 
TSouveau Zodiaque réduit à Yan^ 
née 1755, sous les yeux de Le 
Monuier, par da Séligny , Paris, 
1755 , in - 8*» , nouvelle édition ; 
Versailles , 177^ ? in - 8«. IV. 
Observations du passage de Vér^ 
} nus surje disque* du soleil ^ Paris, 
j 1761 , in-4". V. Traduction du 
calcul intégral de Maclaui'in ^ 
Paris, 1765 , in-8«. Le Monnier 
I joignoit à un travail opiniâtre fin- 
j telligence, le génie, le zèle, l'activi- 
té et le crédit. Il est un ém ceux 
qui a le plus réussi à avancer les 
progrès dé Tastronomie , et qui 
lui a été le plus utile en formant 
des élèves dignes de lui. On peut 
reprocjier k ses écrits de manquer 
de clarté , mais ils sont pleins 
d'une érudition profonde. Le 
•Monnier est mort k Hérils , près 
Bajeux, en 1799. 

t IV. MONNIER ( Louis- 
Guillaume le ) , frère du précé- 
dent , devint aussi membre de 
l'académie des sciences. Il em- 
brs^ssa la médecine , et y eut des 
succès. Dans un Mémoire sur l'é- 
Içctricité de Pair, il fut le pre- 
mier q^ui annonça que la matière 
de la loudre et celle de l'électri- 
cité dévoient être la même. Les 
•dvûc\es Ai^inant et Aiguille aiman* 
tée • dans l'Encyclopédie , sont 
de lui. Il avoit professé pendant 
trente ans 1a botanique au jardin 
des plantes. 11 est mort en 1799. 
Ou a de lui Leçons de physique 
expérimentale sur Féquiliùre des 
liqueurs ^ traduites de l'anglais 
de Cotes, Paris, 1742 , in-8». U 
a aussi donné une édition avec 
des augmentations de la Pliarr 
macopée royale , galénique et 
chimique cle Moyse C^aras^ 
Lj'on, 1753 , ^ vol, in-4'. 



f 



84 



MONW 



t V. MONNIER ( N. rabhé le ) , 
associé de l'institut national , Tun 
des conservateurs de la biblio- 
thècjue du Panthéon , >Dé en 1721 
à Saint- Sauveur- le -Vicomte en 
ï^ormandie , vint K Paris à ]'ng« 
de 18 aus. Attaché au coliége 
d'Harcourt , il y ftt une étude ap- 

Srofohdie des meilleurs auteiws 
e Tantifluité. On a de lui, L 
Une Traduction des comédies de 
Térence , avec des notes , 17^0 , 
3 vol. in-i2. Cette tradnction 
joint k beaucoup de fidélité Fai- 
sance du dialogue et Téléganc^ 
du style. Le seul défaut qu'on 
peut fèprocber au traducteur, 
c'est d'avoir laissé quelquefois 
échapper des expressions triviales. 
Les notes sont en grand nombre et 
remplies d'érudition et de sagacité. 
II. tJne Traduction des Satires de 
Perse avec le texte et des notes; 
Paris, 1771 , I vol. m-12 111. 
Fables , Contes etEpkres , Paris , 
1773 , in-8'> et in- 12. L'auteur 
montre un talent peu commun 
pour la fable ; il auroit été à dé- 
sirer qu'il n'eût pas pris quelque- 
fois la familiarité basse pour la 
naïveté , et în profusion des mots 
pour de l'nisance et du naturel. 
Lorsqu'il évite ces deux écueils , 
il jr a peu de iabulistes qu'on 
puisse lui comparer , en excep- 
tant toujours La Fontaine , qui est 
^u-déssus de toute comparaison. 
IV. Une Lettre sur rétablisse- 
ment des prix de vertus et des 
rosières. L'abbé Le Mon nier fut 
emprisonné sous le règne de la 
terreur où les vertus et les talens 
ëtoient dés titres de proscription ; 
après 18 mois de détention , le 
9 thermidor lui rendit la liberté. 
Il est mort à Paris , le 4 avril 1797, 
à l'âge de 76 ans. 

* MONNIOT ou MoNN^oTE 
( Jean-François D: 5 , bénédictin 
de Saint-Gennain-des-Prés , né 



MONN 

à Besançon , et mort k Tigcry prè» 

Corbeil le 29 avril 1797 , à 74 
ans, a publié Institutiones phi- 
losophicœ ad usum scholarum ac-^ 
commodatœ ,avec Franc. Rivard,^ 
Paris, 1778 et 1780, 4 vol. in-i!2. 
Il est aussi considéré comme au-* 
teiir de VArt du facteur tf orgues j 
puhliésous le nom de D.Bedos do 
Celles , dans la Description dès^ 
arts et métiers , 1769 , in-fol. 

t MOWNOYE ( Bernard de la ), 
né II Dijon le i5 juin 1641 ? lit 
p»rolfre dès son enfance de gran- 
des dispositions pour les belles* 
lettres. On yoodoit l'engager à se 
consacrer au barreau , mais son 
inclination l'entraînant vers la 
-littérature légère et la poésie , il 
se coûtent» de se faire recevoir 
correcteur en la ehambre des 
comptes de Dijon , en (672% 
L'exercice de cette charge ne l'em- 
pêcha point de se rendre habile 
dans les langues grecque, latine, 
italieune et espagnole , dans 
l'histoire et dans Fa littérature; 
Il remporta le prix de l'académie 
française , en 1671 9 par som 
poëme du Duel tdioh , qui fut le 
premier de i;eux que l'académie 
a distribués. Le sujet de ses au- 
tres pièces , qui remporterait 
aussi le prix, est , pour l'année 
1673 , Va gloire des armes et 
des belles - lettres , sous Louis 
XI y ; pour 1677 > L'éducation 
de monseigneur le dauphin f 
pour i683 , Les grandes choses 
faites par le roi en faveur de la 
religion , en concurrence avec 
l'abbé du Jarri ; enliuV pour l'an- 
née i685 , La gloire -acquise par* 
le roi en se condanmant dans saL 
propre cause. Sa pièce iutitulée 
U académie française sous l^pro'^ 
tection du roi , ayant été envoyée 
trop tard en 1675 , ne put être 
admise à Texamen. M»i|^ré \eé 
laui^ers qu'il avoit recueillis dans 



MONN 

2a esipitale , il xie put se décider 
« s'j établir. « A Paris , «disoit-îl , 
OQ ne Terroit en moi que le bel- 
esprit , profession , à mon avis , 
aussi dangereuse que celle de 
danseur de corde. Je n^ai d'ail- 
leurs aucune ambition , même 
littéraire ; et quant à ma fort^ue , 
toute bornée qu'elle est , j'en suis 
content. Je n'ai jamais rien de- 
mandé au roi , et je le prie seu- 
lement de né me rien demander.» 
Son absence de Paris retarda son 
entrée à Tacadémie française , 
qui né se Fa^socia qu'en 1715, 
Ses nouveaux confrères le dispen- 
.sèreut ( honneur que personne 
ii'avoit partagé avec lui ) des vi- 
sites de réception. Le fiameux 
système de La<w plongea La Mon<^ 
Jioye dans la misère. Ce coup le 
frappa sans l'abattre^ Le duc de 
Vilieroj^ sensible à son ni^rite 
et à son infortune , lui donna une 
pension de 600 livres , et lui dé-^ 
ieudit de pa^er k son hôtel pour 
le remercier. La Monnoye trouva 
son bienfaiteur chez madame la 
comtesse de Gajlus -, mais , au 

1>remier mot de remerciement , 
e duc l'interrompit , et lui dit , 
«c-OubUez tout cela , monsieur ; 
c^est à moi.de me souvenir que je 
suis votre débiteur. » La poésie 
ne faisoit pas la principale occu- 
pation de La Monnoje; il a voit 
su joindre à ce talent , dès sa 

Î>lus tendre jeunesse , uue vaste 
îttérature. Son érudition pres- 
que unique embrassoit la parfaite 

: connoissance des livres et des 
auteurs de tous les pays ^ et la 
discussion pénible des anecdoc- 
tes littéraires dont aucune ne lui 
écbappoit. Les bibliographes le 
regardoient comme leur oracle, et 
c'est ainsi qu'ils l'appeloient , 
malgré le silence que sa modes- 
tie avoit exigé d'eux. Son carac- 

. tère étoit égal , polî et ofiScieux. 

. 11 mourut a Pans le i5 octobre 



MONN 



85 



1728. Ses principaux ouvragesr 
sont , I. Des poésies Jrancaises ^ 
in-8« , imprimées en 17 16 et en 
179 r^ lî. De nouvelles poésies , 
imprimées à Dijon en 1743 , 
in-ô°. Ces deux recueils méritent 
des éloges ; il s^j trouve plu- 
sieurs vers heureux et quelques 
morceaux agréables, ue stjle 
en est quelquefois prosaïque, la 
douce chaleur de la poésie ne 
s'j fait pas toujours sentir; mais, 
dans ces sortes de collections , 
tout ne peut pas être égal. La 
Monnoj^e avoit tixiduit en vers 
français un poëme espagnol , 
qui a pour titre Gîo se de sainte 
Tliérèse , dont madame de La 
Vallière , alors carmélite ^ eut la 
modestie de refuser la dédicace. 
Cette version fut quelque temps 
manuscrite ; on proposa à Pil lus- 
tre Racine de faire une nouvelle 
traduction de cette Glose : il 
comioissoit celle de La Monnoje, 
çt il répondit : u Je ne saurois 
mieux faire que lui ». ( Vojez 
Babbieb I n<* I ; Ménage ; Nie aise , 
n*» II ; Pellsorin.) IIL Des poé^ 
sies latines imprimées dans le 
recueil précédent. Ce sont des 
Fables , des Épigrammes , des. 
Contes. « Trop de licence dans 
l'expression réduit k un très-* 
petit nombre les morceaux qui 
peuvent se lire à des oreilles 
chastes. Une diction élégante et 
simple , un tour fin , naturel et 
plaisant , de la vivacité dans le 
récit ,' voila ce qui caractérise ce 
conteur , comparable , on ose le 
dire , à tout ce que nous avons 
de meilleur en ce genre, » ( Bi- 
bliothèque d'un homme de goût. ) 
Ces poésies ont été recueillies 
par l'abbé d'OUvet , avec celles 
de Huet , Massieu et Fràguier. 
IV. Des Noëls bourgiM^pons ^ 
1720 et 1757, in-B» , que l'on 
regarde , avec raison , comine un 
chef-d'œuvre de naïv$t<5. Des /te^ 



S6 MONN 

mnrtfues sur 1« Menagiana , de 
% l'édition ^e 1715 , en 4 ^^^' in-12 , 
avec une^ Dissertation curieuse 
6urleii>re De tribus impostori'-- 
bus. Il s'attache à prouver que cette 
' produetionr n'a jamais existé , du 
moins en latin. .11 peut se faire 
effectivement que d'abord ce livre 
a été imaginaire , et que ceux 
qu'on a vus depuis n'ont été faits 
que d'après le titre. Mais il paroit 
que La Monnuje se trompe , en 
crojani qu'il n'^xbtoit pas encore 
en 171a : M. Crevenna , citojen 
d'Amsterdam , en possède un 
exemplaire latin daus> sa riche 
bibliothèque. Cet exemplaire , de 
quarante- six pages in-8" , porte 

I année 1 598 . 11 est vra i que M . Cre- 
véhna le croit postérieur à cette 
date ; mais il n'est pas vraisem- 
blable qu'il soit plus réceut que 
la Dissertation de La Monnoye. 

II jr a cependant des gens qui 
attribuent cette fraude à Strau- 
bius , qui fit imprimer ce livre a 
Vienne en Aûtrieke , • en i ^53 , 
sur une prétendue ancienne édi- 
tion qui est trè&^suspecte , et peut- 
être imaginaire. M. Crevenna a 
une traduction française qui n'a 
aucun rapport avec l'exemplaire 
latin. L'un et l'autre «ont des li- 
belles très-plats. Ceux à qui on a 

* «ttribué le livre De tribus impos-' 
^rilfus sont Simon deïoumay, 
Averroës, l'empereur Frédéric 11 , 
son chancelier Pierre Desvignes , 
Alfonse X , roi de Castille , 
Campanella , Muret , Bopcace , 
Babelais , Dolet , Postel , Erasme, 
Le Pogge , Pierre Arétin , Jordan 
Bruno , Pomponace , Servet> 
Ochin , Machiavel , Pucci , Ar- 
naud de Villeneuve. 11 est diffi- 
cile de choisir dans cette nomen- 
clature. VI. De savantes iViofe^ 
sur la BiblÎQtbèque choisie de Co- 
lomiès.VH. DesHemarquesêvkrles 
Jugemens desSavansdeBaillet et 
sur l'Anti-Bailletde Ménagé,^ vâxi* 



MONΠ

4° Ain. Des Remarques strr les Bi- 
bliothèques de du Verdier et d« 
La Croix-du-Maine, Paris , 1772 , 
6 vol. in-4*. IX. Des JSotes sur 
l'édition de 4[\abe]ais de 1715 : 
elles sont plus grammaticales 
qu'historiques. X. C^està LaMou- 
noye qu'on doit Védition de plu- 
sieurs de nos poètes français , 
imprimés^ chez Cous tell ier , et le 
Recueil des Pièces choisies , en 
prose et en vers , publié en 171 4 > 
a Paris , sous le titre de Hollande. 
Rigolléy de Juvigny-a donné la 
colJectiou de ses OÉuvres , 1769 , 
trois volumes in - 8» . et aussi 
in - 4® » mais l'édition n'est ni 
correcte ni.^ complète. Chardoa 
de LafUochette en promet uoe\ ^ 
nouvelle d'après les manuscrits 
de l'auteur. On en a tiré , en 
1^80 , un vol. in- 12 , à'OEuvres 
choisies , où il j a plus de choix 
que dans les trois volumes in-B*" : 
on y trouve ce que son génie 
poétique a produit de meilleur. 

MOlNpCROJVIATOS. Fpj. 

Cleophânte. 

. * MO]\ODO ( Pierre) , jésuite , 
de Chambérj en Savoie , mort 
en 1644 > a publié >. entre aufr^ 
ouvrages un Traité du- titre de 
roi. dû légitimement à la séré- 
nissime maison de Savoie, avec 
un Abrégé des révolutions du 
royaume de Ckjpre^ appartenant 
k la couronne , dont Monodo fut 
l'historiographe sous les règues 
de Charles Emmanuel I*' et de 
son successeui^. . 

*MON0EUS (Jean Con- 
rad ) , né a Kreuznacb dans le 
PalRtinat,en i6o5 , professeur de 
jurisprudence à Ttaniversité de 
Groningué, oiiilmaurut en 16... y 
a écrit De legum interpretatione ; 
De jure publico ; E.vpHcatio /tm* 
hricanin^ jad digeHai 



r 



MONO 

IIONOPHILE , ennacjac de 
^thridate, à auî ce roi confia la 

Srîncesse sa fille , et le château où 
ravoit renïermée, pendant la 
Fuerre qu'il eut à soutenir contre 
ompée. Manlius Priscus le som- 
ma de rendre ce château de la 
part du général 'romain) qui ve- 
noit de gagner une hataiUe sur 
Mithridate : mais Monophile poi- 
gnarda la princesse , et se poi- 
gnarda lui-même , pour ne point 
survivre au malheur de son maî- 
tre. 

♦MOlsiioLÏTANO (Jérôme), 
de Tordre des prêcheurs , au i6* 
siècle , a écrit Enchiridion de ne- 
éessiUtte bonorum operum, et 
veritate sacramenti euckaristias 
udversùs Zuinglium. 

* MONOSZIX)! (André) , d'une 
famille noble de Hongrie, évêque 
de Vespri , publia un ouvrage 
intitulé De invocatione et ve- 
neratione sanctomm , Tvmau , 
]589 , in-4^ ) dans lequel l'auteur 
discute savamment cette matière. 
l<ficolas Gyarmi ) ministre protes- 
tant, attaqua ce livre ; Pierre Paz- 
man, cardinal, prit sa défense, et 
s'efibrça de réfuter le ministre. 

MONOTHÉLITES. Voyez 
SsRGirs. 

t MONOYBR (Jean-Baptiste) , 
peintre, né en i635 à Lille, ville 
de la; Flandre française , mort 
il Londres en 1699, a 64 ans. On 
ne pouvoit avoir plus <le talent 

3ue cet artiste pour peindre les 
eurs . On tro uve dans sestableaux 
une fraicheiir , un éclat , un fini , 
enfin tine vérité qui le disputent 
à la nature même. Milord Mon- 
taign , ajant connu ce célèbre ar- 
tiste pendant son séjour en France, 
l'emmena à Londres , oii il l'em- 
ploya à décorer son magnifique 



MONR 



9j 



I hdtel. Les musées iVapoléon et de 
Versailles possèdent un grand 
nombre de ses tableaux. On a 
gravé d'après lui. Il a aussi gravé 
plusieurs de ses estampes. — An- 
toine MoNOTËB , son lils et (on 
élève , a été membre de l'aca- 
démie. 

MONPENSIER. Fojrez Moktw 

PBNSIBR. 

I. MONPER. Voyez Moktpe». 

t n.MONPER (Josseott Joseph), 
de l'école flamande, né à Anvers 
en i56o , se rendit célèbre en 
adoptant une manière différente 
de celle de tous les peintres de 
son pays. Son genre étoit le pay- 
sage. Comme on ne lui connoit 
pomt de maître, il est k présumer 
que la nature seule lui en servit. 
Monper ne finissoit rien, et ne 
s'attachoit qu'auiç effets. Ses ou- 
vrages, vus de près, n'ofirent que 
des esquisses touchées ; mais ré- 
gardés à nne juste distance , c'est 
dans la plus grande vérité les ob- 
jets qu'il a voulu représenter.' 
Heureux dans le choix des sites , 
vaste dans ses compositions , in- 
telligQit dans la distribution des 
lumières , savant dans l'art de 
peindre des ruines , il ornoit ses 
paysages de petites «fîgui*es , qu'il 
faisoit souvent exécuter par le 
peintre Breughel. Corn. Vificher a 
gravé d'après lui le Printemps; 
Van Panderen VEté, et Th. Galle 
les deux autnes Saisons, On ignore 
l'époque de sa mort. 

♦ I. MONRO ( Alexandre ) , 
docteur en théologie , né ea 
1648 dans le comté de Ross en 
Ecosse , professeur eu philo- 
sophie à Aberdeen, et en i6ë6 
Erincipal de l'université d'Édim- 
ourg. S'étant montré très^oppo- 
s« k la r^olution 9 il perdit iâ 



M ON il 

Elace. II puliUa contre les p.rts^ 
iytérieqs plusiëiirs écrits qui lai 
jELttirèreqt de violçute^ pjerfiécu- 
tions çi W l'orcèreiit à s^ t^nir 
caché, 11 revint à Ëdimboprg, où 
il mourut en 171^9 «^é d«; ôji 
»n$. 

t II. MONRO ( Alexandre > , 
célèbre médecin , proi'esf>eur d a- 
nataniie dans Tuniversité d'I^dira^ 
bourg, né à Londres en 1697» 
et Biorteo 176)7 ,' voyagea en 
France et en Hollande pour se 
perfectionner dans Tart de gué- 
rir qu'il vint exercer dans sa 
J patrie avec le plus grand succès^ 
1 »e ii^a à Édinibourg % où son 
père ayoit été chirurgien , et 
y fut nommé démonstrateur aux 
écoles de diirurgie. U passoit 
pour un des plus grands anato- 
mistes de son siècle. Il publia 

•successivement divers écrits très- 
e»timés en anglais. I. AnfUomiey 
Edimbourg, grand in*folio, 17S5. 
€e aue l^aateur dit des nerf$ a été 
publié en latin à Franeker , 1754» 
sous le titre ôiAnatoms netvorum 
contincta* M^ Sue a donné Toa- 

.téologie. de Monro eu français,, 
aoMS ce titre : Tj^ité de VChtécf^ 
hgie , traduit de Sanglais d^ M' 
JI^QnmparSue , Pans , ^1^9 a 
i<uL in-foL , avec, un grand nom- 
bre de planches. C'est, un vrai 
chef-d'œuvre de typographie. IX. 

' , Essai sur hs injections anaiomi- 
ques , traduit en latin , Le> de , 
1741, iu-8», III. Examemd^s Me- 
ma^'çues de MM* fKinshw , FeA*- 
rein et Walthers.j suriçs.musçhSy 
Edimbourg , 1783 , in - folio. IV- 
Mtfdecine d'ariiiée , traduite en 
français par Le Bègue de Presle.i 
1769, in- 8». V. 11 a enrichiiea Mé- 
moires de la société d Edimbourg 

• d'un grand nombre de pièces in- 
téressantes. VI. Dm SHc^is de 

' rifioeuiativn en Ecosse ^On y voit 

f avec quel^k il a. cuittribuué À ia- 



MONR 

•troduire l'us»ge decefle saKittfire 
pratique, -r- Deux de ses fils s# 
disliiigaÂreat dans la médecine ^ 
Edimbourg.. On a de Twn d'ewK 
une 4)issertatian sur Chydropi-* 
sie, estimée, que Sarari a traduite 
en français, |*aris, 1760, in-8o» 
Il a publié une partie des tt^aité» 
de son père, soys le titre diOEU"- 
i»res a Alexandre Monro , bon* 
dres > 1 78.1 , in-4'' 5 ^ anglais. 

♦ lU. MONRO ( Jean ) , petitr- 
fils du docteur Alexandre Monro^ 
né à Greenwich , dafl^le comté 
de Kent, en 1716, é^Ha la mé- 
decine , d'abord à Edimbourg , 
ensuite à Leyde sous le célèbre 
Boerhaave, et voyagea dans le# 
princip^iux états de l'Europe, h- 
son retouren Angleterre j en 1 76 1^ 
il fut adjoint au dodleur Jacques 
Motiro son père, en qualité de mé« 
decin des hôpitaux de Bride weli 
et de l^thlem , et loi succéda en 
1752, A cette époque il restrei- 
gnit sa pratique au traitement de 
la folie ^ et fut dans cette branche 
de l'art médical l'un des plus h«- 
biles médecins qui aient pani. il 
réfuta l'ouvrage du docteur Battia, 
intitulé 'traité de la manie, , dai^ 
lequel il ^voit attaqué les médc^ 
cius de l'hôpital de Bethletn,ety 
opposa, un pamphlet intitolé Re^ 
marques sur le Traité de Ifl, numi^ 
C'est le seul ouvrage qu'on ait da 
. docteur Jeaa Monra ; mais il est 
précieux par le& idées qu'il rei^ 
terme sur cet^js effrayante roalor* 
die. Monro muurut di'une'attaquip 
de paralysie en janvier 17Ô3 , âgé * 
de 68 ans. Il fut uti excellent obr* 
servateor, et joignit à des connais 
.sauces étendues les qualités qui 
: pendent aimable dan& la société. 
-Onpeutlui attribuer ce qu'il a dit 
di? son père^ "< il honora la niéde- 
cine, il en ht u«e prolësaion,. ^t 
dédaigna d'en^faire un commerce^ 
:il eut beaucoup .de^ goât{>Qttrle9 



MOWS 

l)eftav>-9tt«^ «t rassembla tune ma« 
gniiiqua coUection de livres et 
d'estampes. 11 étoît partieuUère* 
ment très-yersé dans l'histoire des 
prernsers temps d« l'art de la gra^ 
¥iure. 

MONS - AURËUS. Voyez 

* MOÎVSELICE ( Cognolatè 
di) , aiitiq.uaire distingué et très- 
erand iatiimte , chanoine de Pa* 
OQue» mort dans cette ville en 
i8o5 , ^voit rassemblé un nombre 
considérable de mots latins et 
de ipcutions latines , dont il se 
proposoit ^enrichir le grand Dic- 
tionnaire de Forcélliui. Il se roi t 
à désirer qu'on fît une nouvelle 
édition de ce bel ouvrage. 

'' MONSENUS (lean), natif 
d'Amsterdam , vivoit k Cologne , 
o« il publia en i54o une B&plif- 
cation de quelques p€tSS€ig&s obs" 
curs. de ia Bible ^ et en 104^ mie 
JHss^riation sur la>commuman 
stms urne seule espèce. Il soutient 
que . cet ns^ge éioit celui ées 
apètres. 



MONS 



89 

ginatitf^ de ses manières, iîtt 
quelques années médecin de Thd- 
pital de Ckelsea , et demanda 
par son testament qne soncorps fât 
disséqué et que son squelette &l% 
conservé à cet hdpital. H motiva sa 
demande sur son aversion pour 
les enterremens dans les églises 
et dans les ciinetières. 

MONSIGNANI (EUsaeiis) , na- 
tif du Fhoul , entra dans Ferdre 
du Mont-Garmel et fut fait quatre 
fois procureof du P. général 
de Tordre. Il moumt b Borne en 
1737 , apràs avoir pnblié Bidîa-' 
riiim cH^mefitanemi nome ,1715- 
17*18^ deux volumes in*folto ; ou- 
vrage qui a demandé beaucoup 
de recherches. 

* I. MOl^îSIGNORl {Pwmçois) , 
bon paiotre de Vérone , irère du 
célèbre Qiocondo . né «n 1 4^3 9 
apprit son art à lilantoue sons 
Mantegna. Ses succès fiurent si 
rapides et si éclatons que François 
GonifiaguelV, marquis de Man- 
toue , enehsmté de ss» talens , 
crut devoir las véeompenser gé- 
néreusement en donnant à oe 
peintre une belle maison , et (te 
grandes propriétés en terres. 
Monsignori imttoitsi parfaitement 
Cet espagnol abandonna TÊg^ise {> la nature, qu'ayant, ai t*on',;iefm£ 
«omaine pour entrer dans la oom- sur un mur un chien, un autre 



^MONSERRAT-^MONTANNES 
.( Michel ) vivoit au 17* siècle. 



manion des rétbrraés. On a de 

.lui quelques ouvrages de contro- 
verse,, entre, autres. Aviso sohre 
los abasQS de la iglesia Romatia^ 

.dans lequel les citatious de l'É- 
criture sainte ne sont pas épar- 

• Œ[%ées , et oà il décrit les désor- 
dres que les v«aux du célibat catf- 

«sent en Espagne. On a encore de 
l«i, JUiPape esLt Antedimst. 



chien, trompé par Fillusîon, vint 
se jeter dansas et 86 brisa la tête, 
et qu'un oiseati alla potor se per- 
cher sur u«e branche d'arbre qu'il 
avoit peinte.' 11 réussissoit-aussi 
>trè»>biea d^s le oe^rlnv/f. Il mou- 
rut aux bains de Caldero près 
■Yerone , 4gé de ^4 ^^^^ 

♦ II. MONSiGNORî (Jérôme),, 
dominicain , fitère du précédent, 
et qui voulut par hmmlité n'être 



*MONSEY (Messenger) , mé- ; 
decia anglais, né en lëc^i , mort j que' ïvér^i lai,* a peiné plusieurs 
-9» 17^, aussi célèbre par ses ; sujets sacrés, tant ponrson ordfe 
laleiiâ ^csemarquable pavi'eri- i que pouc dWtree maisons reli- 



9© MONS 

gieuses» Il restait dans une ferme 
au couvent dé Mantoue » pour 
n'être point trouble dans son tra- 
j vail ; et , pour n'avoir aucun em- 
. barras, chaque jour de sa nourri- 
ture , il apprêtoit ie lundi une 
chaudière d'nijricots qui lui ser- 
yoitpour toute la semaine. A l'é- 
poque dé la peste qui ravagea la 
ville de Mantoue, il retourna a 
^on trouvent pour soigner les pes- 
tiférés, et mourut de ce'fJéau à 
l'âge de 62 ans. }[ a copié un 
n-and nombre des œuvres de 
Léonard de Vinci j et sur-tout 
d'une manière admirable la Cène 
de ce peintre , qui se trouve dans 
le couvent des. Grâces k Milan. 

t MONSON (sir William) , ami- 
1^1 anglais j né en 1669 , dans 
le comté de Lincoln , entra de 
très-bonne heure dans le service , 
au commencen)(ent de la guerre 
que la reine Ëiizabeth eut à sou- 
tenir contre l'Espagne. Parvenu 
en i589 à l'emploi de vice-ami. 
rai, sous le comte de Cumberland, 
dans son expédition contre les îles 
Açores, et a la prise de Favalj'il 
eut à braver à son retour les ex- 
ti^émités delà faim et de la sbii', et 
la situation la plus cruelle. «Pen- 
dant seize jours de suite, dit-il , 
nous ne pâmes boire nj bière , ni 
vin , ni eau : pourvus abondam- 
. ment de salaisons , nous n'osions 
y toucher de peur d'augmenterla 
soif qui nous dévoroit. Plusieurs 
d'entre nous burent de l'eau de 
mer , etmouroient aussitôt en ne 
cessant de demander à boire. Je 
puis dire hardiment qu'au mo- 
ment où j'écris (s^t ans après) ', 
sur 5oo hommes qui formoient l'é- 
quipage , il n'y en a qu'un et moi 
qui y ayons survécu. » Dans la 
suite de cette guerre , il eut le 
malheur d'être pris et d'être . deux 
ans prisonnier. Employé dans 
l'expédition de Cadix > sous le 



MONS 

comte d'Essex , il fiit' erééchevii- 
lier. Ses nombreux services ne 
le mirent p:is a l'abri du ressenti- 
ment de quelques ennemis puis- 
sans qui occasionnèrent sa dis- 
grâce et sa détention a la, Tour eu 
lôiô. Mais déchargé de toute ac- 
cusation , il recouvra l'année sui- 
vante son . crédit à la comr, ou it 
fut consulté dans plusieurs occa- 
sions importantes. Il termina" sa^ 
carrière' dans la retraite, dans le 
comté de Surrey, oii- il composa 
quelques écrits sur la navigation , 
sous le titre de Naval Tracts , et 
mourut en févner i643 , âgé de 
74 Ans , en laissant après lui- une 
nombreuse postérité. 

^ t MONSTIER (Artus du) , ré- 
collet , né k Rouen , travailla si&r 
l'histoire de sa province. Il en a 
composé cinq vol. in-lol. Le troi- 
sième 9 qui traite des abbayes^ a 
paru à Rouen , en i665 , in-foUo, 
sous le titre de Ne^stria pia; li- 
vre rare. L'auteur mourut en i dôtt y 
pendant qu'on imprirooit ce vo- 
lume ; ce qui sans doutea em- 
pêché les autres de parokre. Les 
deux premiers traitent des arche- 
vêques et évêques , saus le titre 
de Neustrid c/iristiana ; le qua- 
trième , des saints , sous le titre 
de Neustria sancta ; et le cin*- 
quième , de diâérens objets, souft 
le titre de Neustria miscellanea. 
On a encore di%P. du Monstier, 
I. J>e la sainteté de la monarchie 
française , des rois très-chré- 
tiens ^ et des enfans de France , 
Paris, i638 , xnr%^* Jl., La piété 
française envers la sainte, vierge 
Notre-Dame-de-Liesse f Paris , 
1637 , in-8*. C'étoit i^n bon çom- 

Îûlateur et un écrivain un pBu 
ourd. 

t MONSTRELET (Enguerrand 
de ) , né a Cambrai air^ 15* 
siècle , dWe famille noble «t. 



MONT 

•BCÎeaDe , mort gouverneur' de j 
cette ville au mois de juillet t4^5. 
Il a^ laissé une Chronique ou/T/jr- . 
toire curieuse et Intéressante des 
choses me'mo/xLbles arrivées de 
son temps , de[>mé ran.i4oo, jus- 
quen 1467* L'édition la plus am- 
ple est celle de i6o3 , P^s , 5 
volume^ iu-folio. On j trouve les 
diverses additions qui ont été fai- 
tes à cette Chronique* L'auteur jr 
raconte d^une manière asseztsiin- 

?le 9 mais tr裫*difl'use , la prise de 
aris et de la JVonuandie par les 
Anglais ^es guerres qui éclatèrent 
entre lés maisons d'Orléans et de 
Boareogne. On Taccusc avec rai- 
son de pencher trop eu faveur de 
la dernière. Son ouvrage est pré- 
cieux , sàr-tout par le grand nom- 
bre de pièces originales qu'il ren- 
ferme«^ Les • éditions gothiques 
sont, dit-on, plus fidèles que les 
autres. Les quinze dernières an- 
nées de son Histoire sont du P. 
Desrey, La bibliothèque impériale 
possède plusieurs beaux manus- 
crits de cetteHistoire , avec desini- 
niatiires d'une beauté et d'un fini 
admirables. L'éloge de Monstrelet 
a été composé par Dacier , 
secrétaire perpétuel de l'acadé- 
mie des inscriptions. 11 y en a un 
second par M. du Mersan. Paris , 
i8o3 , m-8<»; et dans le Magasin 
«DCydopédique. Dans levoTume 
43* des Mémoires de l'académie 
des inscriptions et belles-lettres, 
page 555 , on trouve un mémoire 
très-detaiUé de M. Dacier , sur la 
vie et 'les chroniques d'Ënguer» 
tand de Monstrelet* 

♦LMONT (Dieu-donnëde) , 
peintre, né en i58i k S. Tron, 
mort en r634 9 élève de Rubens , 
' sous qui il travailla en Italie. Il 
avoit réussi à imiter la manière 
de son maitre. 

II. MONT. Foyet DuMoirr, 



MONT 



9ï 



* MONTAGlOU (P. D. Cas- 
siodore) , célèbre moine da 
Mont-Cassin , né k Modène le 5 
février 169^ , et mort au monas- 
tère de S. Benoît de la Grotte au 
mois de mai 1785, auteur d'un 
|[rand nombre d'ouvrages ascé- 
tiques dont les principaux sont, 
I. Trattdto pratico délia carilà 
cristianain quanta ^è amor ver» 
so JDia , etc. , Bologna ,1751 , et 
Venezia , 1 761 . II. Maniera facile 
di meditare conJHUto in ciasci^a 
giorno deU'anno le massimn cns- 
tiane , etc. ,fiologna , 1 730 , 2 vol« 
in-42. III. Detti , pratiche , et ri^ 
cordi di Padre S, Andréa jàveiii" 
no , Venezia , 1771* 

*MONTAGNAC (Loms-Uu- 
rent-Joseph) , lieuteuaut-colonel 
d'un batadlon provinciai, né le i i 
mai 175 1 , fut tjraduit. en 1795 
au . tnt>unal i^évolutioupaire de 
Paris , comble accusé de roja-. 
lisme , et condamné k la déporta- 
tion le 9 septembre ;., il mourut 
daiis son exil. Il est auteur des 
Mémoires du chevalier de Kilpar^ 
et de. plusieurs autres romans , 
écrits avec facilité. On lui doit 
aussi t Esprit de madame dç 
Maintenon.y et celui du comte tie^ 
Buisf^Hàbutin, 

MOÎSTAGNAGOÛT ( Guil. 
laûme ) , troubadour qui florissoit 
au i5" siècle, acquit sai réputa- 
tionpar des Sirvantesel des Càan' 
sons. Il n'aimoit pas le faste des 
gens d'£glise. k Qu'ils renoncent, 
disoit-il , au monde, et. songent 
uniq.<ement k leur salut f. qulls 
dépouillent la vanité et la convoi- 
tise ; qu'ib n'usivrpeut pas le bien 
d'autrui, et on les croira. A les 
entendre, ils ne veulent rien; 
mais k les voir , ils pretmeattouC« 
sans égard pour personi^. » 

* i.MONTAGNANA (Barthéb- 



9> 



MONT 



ini ) , eélèbre dans la pratique de 
la médecine , professeur distin- 
gué en l'université de Padon« , 
sa patrie , mort vers i46o , laissa 
ua recueil de ses ouvrages im- 
primé sous ce titre : Seleetiorum 
opemm , in quibus ^usctem can- 
silia variique tractatus aki , -tùm 
proj^ii , tùm ascititii^ continen- 
fur , liher anus et aller ; Veiie- 

tiis, i497 ' *^^ ' i*^"^^ » L"^ 
duni , iSio , i5a5^ in-4* ; Frawi- 
cofurti, i6o4, in-fol. 

* ÏI.MOINTAGNANA (Barthéle- 
mi ) , fils du précédent , comme 
lui professeur de médecine à 
Padoue» surpassa son père du 
côté de l'esprit , de l'éloquence et 
de la littérature , mais se distin- 
gua^jnoins (ditAstruc) dans la 
pratique de son art qu'il alla 
exercer a Venise , où il mourut 
en iSqS. On a de lui , I. Res^ 
ponsa reparandœ conservandœ' 
que samtatis scitu dignissima. 
If. De pestilentid ad Adrianum 
Pont, Max, Ce pape est Adrien 
VI, mort en iSsô, Il j a eu 
«ncore d'autres médecins de ce 
nom qui se sent plus ou moins 
disUiïgués. 

I. MONTAGNE (Jean de la ). 
Voyez Ltnd. 

IL MONTAGNEoMp/a/d^ Mon- 
TikicKE (Michel de) , né au château 
•de ce n^om , dans le Périgord , le 
8 lévrier r538, de Pierre Ëyquem 
écuyer^seigneur de Montatgne,élo 
maire de la ville de Bordeaux , 
h\% le- troisième àe& enl'an» de 
son père , qui prit un soin tout 
particulier de sali éducation. Son 
enfance annonça les plus heu- 
reuses dispositions , et son père 
les cultiva soigneusement. Dès 
qu'il fut en état dfe parler, il mit 
auprès de lui un Allemand , qui 
ne s'énoDçoit qu'en latin, de façon 



MONT 

que cet enfant entendît parfait 
ment 'cette langue dès i'àge dm^ 
six ans. On lui apprit ensuite \m 
grec par £orme de divertissement, 
et Ton cacha toujours les épines 
de Tétu^de sous les charmes da 
plaisir. Son pèie portoit ses at- 
tentioQS pour lui ]usqu'au scru* 
pule ; il ne le i'aisoit éveiller, le 
matin qu'au son des instruinen:» , 
dans l^dée que c'étoit gât^r le j u- 
geraent des enfans quje de les 
éveiller en sursaut^Moutaigne :é- 
juoigna par- tout la plus teadre 
vénéiation pour la mémoire de 
son père. Il conservoit a\ec soia 
les meubles qui avoient servi à son 
usage , et portoit , lorsqu''il 
•montait a cheval , un m au t eau 
qui lui avoit âpparteuu. x< Ce ii*est 
^oint ( disoil-il ) par commodité , 
mais par délices. IL me semble 
nC envelopper de lui, *» Echappée 
du cœur de Montaigne , cette eit- 
çression est le sublime de la pieté 
hliale. Dès l'âge de treize aus il eut 
fini son cours d'études , qu'il a voit 
commencé et achevé au collège 
de Bordeaux , sous Crouchj» Biv- 
chanan et Muret , personnages il- 
lustres par leur goul et par leur 
érudition. Ses progrès sous de tels 
maîtres ne purent qu'être rapides. 
Destiné à ui robe par son père, 
il épousa Françoise de La Chas- 
aaigns , fille d'uu conseiller au 
parlement de Bordeaux. 11 posr 
sèda lui-même pendant quelque 
temps une charge semblable- , 
qu'il quitta ensuite par dég;oût 
pour cette profession. L'étude de 
l'homme , voilà quelle étoit laâ 
science qui Tattachoit le plus. 
Poilr le contioître plus partaite- 
ràent , il alla l'observer dans diP- 
iéreutes contrées de l'Europe : il 
parcourut la France, T Allemagne, 
la Suisse , l'ItaUe , et toujours 
en observateur curieux et en phi- 
Idsophe profond. Son mérite reçut 
par-tout des distinctions. A Rome» 



MONT 

•ù il setrouYoiteD i58i ,00 Yhor 
Dora dû titre de citoyen remain. 
On en trouve le» lettres dans ses 
Essais Al lut éltt la même année 
maire de Bordeaux , après le ma- 
réchal de Biroa , et eut pour suc- 
cesseur le maréchal de Matignon^ 
Fa d mi nistratioù de ces deux nom- 
mes illustres ne fit pas oublier la 
sienne. Les Bordelais en furent si 
satisfaits , qu'en i582 ils ren- 
voyèrent a la cour pour y négo- 
cier leurs affaires. Après deux 
ans d'exercice , il fut encere con- 
lîiiué deux autres années. Il pa- 
rut ayee éclat quelque temps après 
aux états de Blois, en ï588 : quoi- 
qu'il n'y fût pas député, il ne 
laissa pas de s y mêler dans quel- 
ques intrigues. Ce fut sans doute 
peudantquelques-uns de sesvoya- 

fes a la cour , que le roi Charles 
X le décora du collier de Tordre 
de Saint-Michel , sans qu'il l'eût, 
dit-il , sollicité. Tranquille enfin, 
après différentes courses^ dans 
son château de Montaigne , il s'y 
livra tout entier à là philosophie. 
U y essuya cependant quelques 
orages passagers pendant les 
guerres civiles qai désolèrent la 
France sons Charles ÏX. Un jour, 
un inconnu se présenta devant 
les fossés de son château, feignant 
d'être poursuivi par des religion- 
naires : introduit par Montaigne, 
il lui raconta que , voj^ageant 
avec plusieurs de ses amis , une 
troupe de gens de guerre les avoit 
attaqués , que leur bagage avoit 
été pillé , que ceux qui avoient 
opposé de la résistance avoieut 
été tués , et qu'on avoit dispersé 
les autres. Montaigne ne soup" 
çonna pas un instant la bonne loi 
de ce fourbe. C'étoit néanmoins 
un chef de parti, qui se servoit 
de ce stratagème pour introduire 
sa troupe dans le château. Un 
moment après , on vient avertir 
Montaigne qu'il paroiftsoit deux ou 



MONT 95 

trois autres cavaliers. Celui qui 
avoit été introduihle premier dit 
qu'il les reconnoissoit pour ses 
camarades. Le philosophe , tou- 
ché de compassion , les accueillit 
avec bonté. Ceux-ci furent suivie 
de plusieurs autres : en sorte qu« 
la cour do diâteau fut bientût 
remplie d'hommes et de chevaux. 
Montaigne, s'apercevant trop tarc^ 
de sa méprise , paya de bonne 
contenance , et ne changea rien 
dans ses manières. Il s'empressa 
de procurer a ses hûtes tout ce 
qu'As demandoient, leur fit dis- 
tribuer des rafraîchi ssemens , et 
en agit avec tant de politesse , 

auê leur chef n'eut pas hd courage 
e donner le signal du pillase de 
sa maison. La vieillesse de Mon*- 
taifi^e fut affligée par les douleurs 
de la pierre et de la colique né- 
phrétique , et il refusa toujours 
tes secoues de la médecine , à la- 
quelle' il n'a voit point de &»i. « Les 
médecins , disoit-il , connoissent 
bien (malien, mais nullement le 
malade.» Persuadé quela patience 
et la nature guérissent plus de 
maux que les remèdes , il ne pre- 
noit jamais de purgatif, même eif. 
maladie, «c Je laisse , disoit-il » 
faire la nature , et je suppose 
qu'elle s'est armée de dents et de 
griffes pour se défendre contre les 

assauts des maladies Faites 

ordonner une médecine a votre 
cervelle, disoit-il aux malades 
imaginaires de son temps , elle y 
sera mieux employée qu'à votre 
estomac. » Sa hainepour la science 
des médecins é toi t hérédi ta i re . Au 
reste, il raisonnoit avec eux volon- 
tiers, etilleur pardonuoitde vivre 
de la sottise nuraaine , attendu 
qu'ils n'étoient pas les seuls. Il 
mourutle i5septembre iSq^. Mon- 
taigne »'est peint dans s^s Essais; 
mais il n'avoue que quelques d<;- 
fauts ittdifférens , et dont méi»e 
se parent certaines personnes. Il 



ô4 



MONT 



MONT 



convient , par exemple , qùll est !. que. Les Isiuges , les emmaillot-^ 
indolent et paresseux j qu'il a la [ teinèns, luiparoisspîentnuiâibies^ 
toémoire iort infidèle ; qu'il hait j II pensoit . ménié que l'habitude 
toute contrainte et toute cérémo- i pourroit nous.former a nous pa*- 



nie : « À quoi serviroit-il de fuir 
la servitude ôes cours , si du l'eu- 
iraînbit jusque dans sa tanière ? » 
Montaigne se flîHloit de connoître 
les hommes h leur silence même , 
et de les découvrir mieux dans 
les propos gais d'un festin que 
dans la gravité d'un conseil. Pas- 
sionné pour des amitiés exquises , 
il étôit peu propre aux amitié5 
communes. Il recherchoit la' fa- 
miliarité des hommes instruits , 
dont les entretiens sont , suivant 
son expression, « teints d*un juge- 
ment mûr et constant , et mêlés 
de bonté, de franchise, de gaieté 
et. d'amitié. » C'éloit aussi un 
' commerce bien agréable pour lui 
que celui des belles et honnêtes 
femmes ; mais c'est un commerce 
où il faut un peu se tenir sur ses 
gardes , « et notamment ceux en 
qui , disoit - il , le corps peut 
beaucoup , comme en moi. m La 
modération dans les plaisirs per-' 
rois lui "paroissoit seule pouvuir 
en assurer la durée. «Les prince^, 
dit-il , ne prennent pas plus de 
goût aux plaisirs , dans leur sa- 
tiété , que les enfans de chdeur à 
la musique. L'imagination étoit , 
h ses jeux , une source féconde 
de maux. « Le laboureur , dit- 
il' , n'a du mal que quand il Ta ; 
l'autre a souvent la pierre en 
Tame avant qu'il l'ait aux reins. 
Vous tourmenter des maux fu- 
turs par la prévojance , c'est 
prendre votre robe fourrée dès 
ja Saint-Jean , parce que vous 
en aurez besoin à Noël.»îl avoit, 
sur l'éducation , des. idées qu'on 
a renouvelées de nos jours, ainsi 
qu'un grand nombre d'autres dont 
on ne lui a pas fait honpeur. Il 
vo^iloit que la liberté des enfans 
i'é4end|t au natoral et au physi-, 



sèr de vêtemens-, puiscjue nous 
n'en avons pas besoin pour le 
visage et pour les mains. Il ré^ 
prouvoit cerégimç trop exact, qui 
rend le corps incajpablede fatigue. 
Les vues de ce philosophe sur la 
législation et l'administration de 
1^ justice éclairèrent son siècle > 
et ont été utiles au nôtre. Il 
eât voulu plus de simplicité dans 
les lois et dans les formes. « Il y 
a plus délivres sur les livres, dit- 
il en parlant de la jurisprudence, 
que sur autres sujets. Nous se 
taisons que nous eutre-gloser,.,... 
La science , dit-il ailleurs , est 
un sceptre dans certaines mains , 
et dans d'autres une marotte. ». 
« Si pap l'étude notre ame n'en va 
pas un meilleur branle , si nous 
n'en avons le jugement plus sain> 
j'aimerois autant que nous eus* 
sions passé le temps à jouer à 
la paume : au moins le corps en 
seroit plus allègre. » Il trouvoit 
que les lois avoient souvent Pin- 
convénient d'être inutiles par leur 
sévérité même. 11 étoit i\ché qu'il 
n'y en eût point contre les oisifs 
et l'oisiveté. «Tel pourroit, selon 
lui , n'oôeuser point les lois > 
que la philosopnie feroit très- 
justCinentfouetteré » En déplorant 
les excès de la^justice criminelle , 
il s'écria : « Combien ai -je vu de 
condamnations plus crimineuses 
que le crime ! » Sa morale , pres- 
que toujours indulgente , étoit 
sévère sur certains points. Il s'é- 
levQit fortement contre ceux qui 
se marient sans s'épouser. « Ceur 
qui se marient sans espérance 
d'enfans commettent un homicida 
à la mode de, Platon. » Il vouloit 
qu'on fût phii^ôsophe autrement 
qu'en spéculation. «Quelque phi- 
losophe que jft >oU ^ je le veux 



I^ONT 

4lre ailléiirs , disoit - il , qu'efû 

Ï»apier; » Il se proposoit de con-^ 
ormer , non sa Yieitiesse , mais 
toute su vie , k ses préceptes ; et 
il ne prctendoit point « attacher 
la queue d*un philosophe à la tête 
et au corps d'an homme perdu;» 
U avoit cependant la bonne foi 
de dire y en parlant de lui-même : 
« Je suis tantôt sage , tantôt 
libertin ; tantôt vrai , tantôt men- 
teur ; chaste , impudique , puis 
libéral , prodigue et avare ; et 
tout cela selon que je me vire. » 
Il jtoufFroit sans peine d'être con- 
tredit en conversation , aimoit 
même à contester et k discourir. 
Un de ses plaisirs étoit d'étudier 
l'homme dans des âmes neuves , 
€on»me dans celles des en fans et 
des gens de la campagne. Il crai- 
gooit d'offenser , • et il réparoit 
par ringénuité <fe ses discours 
et la franchise de ses manières 
ce qu'il auroit pu dire de désa- 
gréaole. Il se plaisoit quelquefois 
a profiter des pensées aes anciens 
Bans les citer. « Je veux ^ disoit- 
il, que mes critiques donnent une 
Bazarde à Plutarque sur mon 
nez , et qu'ils s^échaudent a in- 
jurier Sénèque en moi. » Flottant 
sans cesse dan^ un doute univer- 
sel , également opposé a ceux qui 
disoîent que tout est incertain et 
que tout ne Test pas , il est k pré- 
sumer que sa croyance fut sou- 
vent chancelante. Il avoit , selon 
l'usage du temps, adopté pour de- 
vise ces mots : « Que sais- je ? » 
Cependant il paroît , par les cir- 
constances de sa niort, que , dans 
aes derniers jfuo mens , la religion 
prit le dessus , et dissipa toutes 
ses incertitudes. On a de lui , 
I. Des Essais que le cardinal 
du Perron appeioit le Bréviaire 
des honnêtes gens. Cet ouvrage 
a été- long-temps le seul livre 
qui attirât Fattebtion du petit 
nombre d^étrangers qui pouvoieut 



MONT y5 

savoir le français.; et on le lit 
encore aujourd'hui avec délices. 
Le stjle n en est , k la vérité , 
ni pur , ni correct , ni précis , 
ni noble ^ mais il est smipie , 
Vif, ha|:di, ént;rgique. Il exprime 
naïvement de grandes choses. 
C'est cette naïveté qui plaît. On 
aime ce caractère de Fauteur ; 
on aime k se , trouver dans ce 
qu'il dit de lui*!^ niême , k con- 
verser j k changer de discours et 
d'opinion avec lui. Un écrivain 
ingénieux , en le comparant k 
d'autres philosophes , a dit : 

Plai ingénu , moins orgueâUeax » 
Montaigne sans art , sans système « 
Cherchant l'homme dans l*homm« néflie. 
Le connotc et te peint bien mieux. 

Jamais auteur ne s'est moins 
gêné en écrivant que Montaigne. 
Il lui venoit quelques pensées sur 
un sujet , il les écrivoit ; mais si 
ces pensées lui en amenoient quel- 
qu'autre qui eût avec elles le plus 
'léger rapport, il suivoit cette nou- 
velle pensée, tant qu'elle lui four- 
nissoit quelque chose , revenoit 
ensuite k sa matière, qu'il quittoit 
encore ; et. quelquefois pour n'y 
plus revenir. Il effleure tous les 
sujets. Ce sont des digressions , 
des écarts continuels mais agréa- 
bles, et que l'air cavalier qu'il 
prend avec son lecteur rend sou- 
vent insensibles. On a dit de lui, 
que c'étoit l'homme du monde 

3 ni savoit le moins ce qu'il alloit 
ire , et qui cependant savoit le 
mieux ce qu'il disoit. Balzac ]'a 
bien jugé : « C'est xm guide, dit-il, 

3ui égare,mais qui nous mène dans 
es pays plus agréables qu'il n'a- 
voitpromis. Il lalloit avoir autant 
d'esprit, de bon sens, d'imagina-^ 
tion, de naïveté, el de finesse, pour 
qu'on lui passât un si grand dé- 
sordre dans sa manière d'écrire. 
On pourroit lui appliquer, quoi- 
que dang un autre sens , ce que 



/ 



$5 MONT 

QuinHIien a dit de Sén èque, cfit'il 
' est plein de défauts agréables : 
Dulcibtis abundat vitiiSé On ne 
coBâeilleroitpfts pourtant aux au* 
leurs moilernes de laisser courir 
' leur plame avec autant de Li- 
berté que Montaigne , et encore 
moins avec la licence qu'il s'est 
don&ée de nonuner en vrai cy- 
nique toutes les choses par leur 
k nom. Montaigne éprouva, comme 
tant d'hommes célèbres , qu'on 
vaut mieux ailletirs que chez soi. 
« J'achète , dit-il , les imprimeurs 
en Guienne , ailleurs ils m'achè- 
tent, (t On a dit avec raison que 
ceux qui décrxi^nt \t plus oe phi- 
losophe le louent malgré eux 
dans quelques endroits, et le 
pillent dans d'autres. Si Mon- 
ta igse si eu àé& détrâicfeurs ^ il ft 
trouvé d«â vengeurs dignes àt 
lai. « Quelle initistice criante , 
dit Voltaire , de dire qu'il n'A 
fait que commenter les anciens ? 
Il ks ciio à propos , <t c'est ce 
qoe les com-mentatenrs né font 
pas ; il pense , et ces messieurs 
fie pensent point ; il appuie sei 
pensées de celles ées grands 
nomtties de Fantiquité ; il les 
juge , il les comBât ; il conversé 
avec eux , avec son lecteur , 
avec lui-même ; toujours orrgi» 
nal dans la majiière dont il pré- 
sente les objets, toTijours plein 
«^imagination , toujours peintre , 
et ce que j'aime, toujours sachant 
douter. Je Yûudrois bien savoir 
d'ailleurs s'il a pris chez les an^ 
€fkea% tout ce qu'il dit sur nos 
modes , sur nos usages , sur le 
nouveau monde découvert pres- 
que de son temps, sur les guerres 
civiles dont il étoit le témoin , 
snr le fanatisme des sectes qui 
désoloient la France. » La Harpe 
pensoit de même , et en a fait un 
portrait encore plus approfiDudi. 
« Montaigne , dit-il , avoit beau- 
coup lu ^ mttb il fondit son érudi^ 



MONT 

tion daos sa philosophie. Après 
avoir écouté tes anciens et h»s 
modernes ^ il se demanda et 
qu'ii en pensoit. L'entretien fut 
assez long. Il abus« quelquefoit 
de la liberté de converser , et 
f>erd de vue le point de b ques» 
tion qu^il avoit étalïlie. 11 cite 
de mémoire , et fait quelques ap«- 
plications fausses ou forcées des 
passages qu'il rapporte. Il resserre 
un peu trop les bornes de noft 
connoissandes sur plusieurs oh- 

{'ets qne , depuis , rexpérience et 
a rarscm n'ont pas trouvés inac- 
cessibles. Voilk, je crois, tous les 
reprochés qti'on peut lui fbire ; 
mais combien ils sont compensée 
par les éloges qu'on Ini doit! 
Gomme écrivain , il a imprimé 
ir notre langue uûe énergie qu'elle 
n'avoit pas avant lui , et qui n'ai 

r>int vieilli , pl^ice qu'elle tient 
celle des sentimens et des idéeâ, 
et qu'elle ne s'éloigne pas^coitiitié 
dans Ronsard , do génie de not^é 
idiome. Comme pmlosophe , il ft 
peint rhomme tel qu^il est. Il loué 
sans complaisance , et blâme san^ 
misantropie. D a un caractère 
de bonne foi , que ne peut avoi^ 
ancim autre livre dn monde. Eu 
eilét , ce n'est pss un livre qu'on 
lit , c'est une conversation qu'on 
écoute ; il persuade parce qu'il 
n'enseigne pas. 11 parle souvent 
de lui , mais de manière k voud 
occuper de vous. Il n'est ni vâin, 
ni hypocrite , ni ennuyeux : tr^is 
choses très-difficiles à éviter lors- 
que l'on parle de soi. 11 n'est 
jamais sec ; son coeur on soil 
caractère est par-tont , et quelle 
foule de pensées sur tous le4 
sujets ! qaâ trésor de bon sens ! 
que de confidence:» ou son his-^ 
toire est aussi la nôtre ! heurt'iHK 
oui trouvera la sienne propre 
dans le chapitre de l'amitié , qui 
k immortalisé le nom de l'ami 
de Montaigne. Sur i^^o Mon» 



: 



MONT 

M 

tai^c donna hii-mônrie à.Por- 
cieàux la !*'« édition de ses Es- 
sais en denx livres , in-S"; et, 
huit ans après , une 'i* édition in- 
4** , augmentée d'un 3* livre , et 
de plus de 600 acklitions pour les 
deux prehriiers. La 3* édition que 
iQadoinoiselie tic Goumaj donna 
après la mort de Montaigne , en 
i;><)5 , fut annoncée comme aug- 
mentée d'un tiers plus qu'aux édi'- 
tioos précédentes. On doit encore 
à cette fille adoptive de Montaigne 
deux autres éditions. Dans le Jour- 
nal encyclopédique de 1 775 , 1 *' 
décemnre, p. 52*2, ou a proposé un 
nttyen ingénieux de distinguer , 
U une simple lecture, les i"" , les 
Si* et les 3* pensées de Montaigne et 
de procurer ainsi à ses Essais une 
marche aussi libre* qnerespritqui 
lésa dictés. Les autres éditions 
fie ses Essais sont celle de jBru- 
xelles , 1769 j eu 3 vol. in- 12 ; sur 
laquelle M. Bastien a donné sa 
l)eile édition , 3 volumes in-S» et 
.in-4' » Paris 1784 ' elle est rare 
«ctuelienient ; celle de Coste , 
1724 > 3 volumes in-4/* , ou lo 
volumes petit in-ia ; avec des 
notes , la traduction des passa- 
ges grecs, latine et itaifens.; di- 
verses lettres de Montfigtie; la pré- 
face de mademoiselle de Gournaj, 
iiile d'alliance de ce philosophe ; 
et im supplément , 1740 , .in -4*. 
Celte éoition a été réirfïprimée 
deptiis.en 1739 , à Trévoux sons 
le litre de Londres , 6 vol. in- 12. 
C'est sur cet exemplaire que Nai- 
geon a pnh^ une nouvelle édi-< 
tien stéréotype , Paris , Didot , 
an X, 1802, 4 vol. in-8«. Cette 
éditiun est Tcçherchée en papier 
vélin. Il y cri a deux ou trois 
eicmplaires ou se* trouve une pre- 
l:ice de 73 pages, dans laquelle 
l'éditeur discute les seotimens 
religieux de Montaigne : on a 
jugé k propos de la supprimer. 
^11. .Montaignie donna eu i53i 
T. xti. 



MOIST 



97 



«ne tradu,ction française , in-8« ,^ 
de la Théologie naturelle de Rai- 
mond de SêbOnde , savant Es- 
pagnol ; et elle avoit été pré- 
cédée, dix ans auparavant, d une 
édition in - 8* de quelques ou- 
vrages d'Etienne dé La Boëtie , 
conseiller au .parlement de Bor- 
deaux , son intime ami. Dans 
les préfaces (Jui précèdent ces 
ouvrages on reconnoît toujours 
Montaigne , c'est - à - dire uu 
homme unique pour dire forte- 
ment des choses neuves et mi- 
ginales , cjui restent gravées dans 
la mémoire. ïll. On a encore de 
cet auteur des Fojrages imprimés 
en 1774? Rome (Paris), par 
les soms de Meusnier de Qiier- 
lon , en un volume in-, 4*., et 
eu 1775 , 2 volumes in- 12 et 5 
vol. petit in-i2, avec des no^s 
intéressantes. Le pid)Iic a paru 
en général mécontent de cet te 
relation, que l'auteur avoit itiiic 
au rebut comme un journal io- 
ibrmc et minutieux', dicté **^.P>^* 
dément à un domestique. A pj&iue 
y rencontre-t-on quelques phrases 
où l'on puis;se reconnoître son 
style, si 1 on en excepte sa relation 
de Rome. Cependatit, comme pu 
y trouve àes morceaux précieux 
qui tiennent aux moeurs , aux 
arts, '^ la politiqu^e , ou qui font 
conuoltre le génijB.el le caraptiîrc 
ii0 l'auteur , on ja trèsThîen i^it 
de l'ioxprimer. Il jr a plusi/eurs 
clipses qu'on aime k voir décrites 

Ear un témoin. tel que.Moùtaigne. 
es petits détails de la dépense 
dans §es vpyages peuvent servir a 
faire connoitre I^ proportion du 
numéraire actuel avec celui d^soa 
temps. Dans le vol. des Elpgcts;de 
quelques auteiics IVaa^ais > ioi- 
primé ^ Dijon., 1782, vn-S" , on 
trouve à^^ mémoires ,sur la vie 
et les ouvrages de Michel de 
MoDtaij^e par lep^ésidont Bon- 
.hicu** On les trpuvjfii .çucoxe en tâte 

7 



gS • MONT 

de r^dilion de Londres ( Ti-é- 
\oux), i^Sg, 6 vol. in-i2. 

; III. MONTAGNE (Vieil 
DE la). Ployez Vieux de l à 

MONTAGN^E. 

m 

I. MONTAGU (Jean) , vi- 
dame du Laonnais , fils d'un maî- 
tre des comptes du roi de France, 
eut la principale adniiuistradou 
des affaires sous Charles Vet sous 
Charles VI. Le dernier lui confia 
la surintendance des finances , 

' eoiploi qui lui procura de grands 
biens et encore plus d'ennemis. 
Montagu , né avec un esprit em- 
porté , superbe , et violent , se fit 
revêtir de la charge de grand- 
maître de France en i4o8 , obtint 
Tarchevôché de Sens et l'évêché 
de ftiris pour deux de ses frères, 
méprisa et irrita les premières 
personnes du royaume. Le duc de 
J^ourgogne, de concert avec le roi 
de Nayarre , qui détestoit en lui 
son attachement pour la reine et 
pour la maison d'Orléans , lui 

* imputèrent divers crimes , et le 
firent arrêter comme coupable , 
le 7 octobre 1409 , pendant la 
maladie de Charles VI , et juger 
par des commissaires. Après 
plusieurs aveux arrachés par les 
tourmens de la question , il eut 
la tête tranchée aux Halles de 
Paris le 17 du même mois. Son 

' corps fut attaché au gibet de 
MoBtfaucon , comme celui d'un 
scélérat. Montagu , en allant au 
supplice , protesta contre les im- 
putations de sortilège et de poi- 
son. II ne se reconnut coupable 
que demalversàtion dans la régie 
des finances. Parmi lés crimes 



MONT 

OU ses bijoux. Montagu étoit or- 
dinairement chargé par le prince 
d'emprunter sur ces effets ; ils se 
trouvèrent toi/s recelés dans a^ 
belle maison de Mai-coussi. La 
méiuoite de ce ministre avide fut 
réhabilitée trois ans après à la 
prière de Charles de Montagu , 
son fils , tué en i^iB , à la La- 
taille d'Azincourt ; et alors les 
célesfins de Marcoussi , dont Jean 
avoit fondé le monastère , obtin- 
rent le corps de leur bienfaiteur, 
lui firent de magnifiques funé- 
railles , et lui érigèrent un tom- 
beau, monument de ses malheurs 
et de leur reconnoissance. Fran- 
çois!*^', visitant, un siècle après. 



que son avarice lui avoit fait com- 
mettre ,* il s'en trouvoit un qui ne 
ittéritoit point d'excuse. Chaque 



jour le roi , volé 



par lui , étoit 



dans la nécessité de mettre çn 



abbaye de Marcoussi, demanda 
aux religieux le nom de leur fon- 
dateur. Ayant appris que c^étoit 
Montagu , il leur qitqu'd ne pou- 
voit s'empêcher d'être surpris de 
sa fin tragique , et ajouta que l'ar- 
rêt qui permettoit de lui rendre 
les honneurs de la sépulture 
faisoit présumer qu'il avoit été 
mal jugé, u Sire , répondit un cé- 
lestin , il n'a pas été jugé par dej 
juges , mais par des commis- 
saires. » On dit que le roi, frappé 
de cette réponse , fit serment sur 
l'autel de né jamais faire mourir 
personne par commission. Il est 
certain que les déprédations de 
Monta&u méritoient la mort , 
mais il ne falloit pas se servir , 
en le condamnant , d'une voI« 
toujours suspecte. Des Essarts , 
prévôt de Paris et président de 
la commission , crut s'assurer 
par sa complaisance la faveur du 
duc de Bourgogne, qui ne le mé- 
prisa que davantage. « Prévôt de 
Paris , lui dit-il un jour, Jean de 
Montagu a mis vin^t-deux ans 
pour se faire couper la tête ; \x>ns 
irez plus vite, car vous n'y en 
"' mettrez pas trois. » Montagu avoit 
féclamé le privilège de la cléri- 



gage sa vaisselle , ses nieul^lcs [ caturè dout il étoit revêtu , potzr 



MONT 

èfrc renvoyé devant le parlement. 
Mais en vain protesta -t- il qu'il 
cSioit tonsuré , n'ayant été marié 
qu'une fois avec une vierge , et 
ajaut été arrêté dans un habit 
non difforme à clerc , sa4kperte 
étoit résolue. » Cependant ce mi- 
nistre s*ctoit allié k la maison 
royale , par le maiiage de son 
fils Charles avec la fille de Charles 
li'Albret , connétable de France , 
qui descendoit doublement dn 
«aog royal. Charles de Montagu 
n'eut point d'enfaus. 

^ IL MONTAGU ( Henri de ) , 
chevalier et seigneur de la Costo, 
eu Languedoc , si écrit et dédié 
au chancelier de France , Nicolas 
Brulart de Sillery , un traité cu- 
rieux sur les oracles des anciens , 
intitulé Dœmonis mimica in ma- 
giœ progressa , Paris, 161 a. 

♦IIL MONTAGU ( Elizabeth ) , 
fille de Matthieu Robinson, du 
comté d'Yorck , seigneur de Hpr- 
ton au comté de Kent, que ses 
talens littéraires ont rendue cé- 
lèbre « morte en 1800. Le célèbre 
jducteur Conyers Middelton se 
chargea de l'éducation d'Ëliza- 
beth. En in^i elle épousa le lord 
Edouard Montagu de Allerthorpe 
au comté d'Yorck , fils de Char- 
les , cinquième fils d'Edouard , 
premier comte de Sandwich. 
Lady Montagu eut de ce seigneur 
un nls qui mo^rut à deux ans; 
de sorte qu'elle se trouva fort 
jeune, veuve sans enfans, très- 
riche , et tenant k ce qu'ily avoitde 
plus grand à la cour. En 1 769 cette 
dame a publié un Essai sur le 
génie et les écrits de Shakespear , 
qui obtint un juste et brillant 
succès. Elle forma une -société 
littéraire , connue sous le nom 
.de Blue-5tdcking club (Club des 
bas bleus) , nom dont l'ongine 
«est à peine digne d'étreconservée. 



MONT 



99 



car elle n'étoit autre que la cou- 
leur des bas d'un des membres 
de la société. Cette dame eut en- 
core une autre singularité , de ' 
donner tous les ans au mois de 
mai un dioer !i tous- les ramo- 
neurs de Londres. Le lord George 
Littleton fut un des admirateurs 
les plus enthousiastes du mérite 
de madame Montagu. On dit 
qu'elle a eu beaucoup de part 
au Dialogue des morts de cet 
auteur. 

♦ IV. MONTAGU (lord 
Edouard ) , mort en 1672 , comte 
de Sandwich , de la même fa- 
mille que les précédens , vaillant 
amiral anglais, qui servit sous 
Cromwel , et concourut ensuite 
k la restauration de Charles II. 
Ce prince le créa comte au combat 
naval de Southwold-fiay. En 
1672, Montagu, par la sagesse de 
ses manœuvres , tira la flotte an- 
glaise du plus grand danger , et 
montra un courage sans exemple. 
Son vaisseau ayant pris feu , il 
sauta dans la mer cft fut noyé. 
Le lord Edward grat^otV pour son, 
amusement , et cultivoit aussi les 
lettres. On a de lui une Tra- 
duction d'un ouvrage espagnol , 
sur l'art de traiter les métaux ,,in- 
%''» Ses Lettres^eX ses Négociations 
ont été imprimées en 2 .vol. 

L MONTAGUE ou Mon- 
TAiGu ( Charles de ) , comte d# 
Hallifax, né Fan 1661 , d'une 
ancienne famille d'Angleterre , 
montra de bonne heure une 
grande facilité à s'exprimer ^lo- 
quemment. Cet avantage lui ser- 
vit beaucoup dans les chambres 
des communes , où il parla pour 
Guillaume III avec chaleur. Cç 
monarque , étant parvenu k la 
couronne d'Angleterre , le récom- 
pensa de son zèl? par ttne pe|i- 
I sion , et par les çbargM d« Quiyt- 



i 



160 MONT 

jnm»ire an tvësor, de chance- 
lier 4le l'ëckiquier , et de sotis- 
tréêorier. Ce fut loi qui donna la 
première idée des billets de Fëchi- 
quipp., si commodes dans le com- 
imerce d'Angleterre. Montagne Hiit 
un des principaux mobiles des re- 
mèdes qu'on apporta au désordre 
qui s'était glissé dans les mon- 
noies et dans le commerce , et 
au rétabltssemont du crédit. 
Après la mort de Guillanrae , il 
travailla beaucoup , sous la reine 
Anne, k avancer et k soutenir 
)r réunion entre TAngleterre et 
TEcosse , et k faire fixer la suc- 
cession k la couronne dans la 
maison dlianovre. Le minière 
ayant changé , il fut disgracié par 
•la reine, sans rien perdre de sa 
fermeté. Il dépendit constamment 
le parti des Wighs , auquel il fut 
toujours attaché , et se déclara 
pour leurs ministres congédiés 
Après la mort de la reine Anne, 
il fut un des régen» du royaume, 
insqu'a l'arrivée de George h* , 
XI ni le décora des titres de* comte 
de FldUifax j du conseiller privé , 
JÙe chevalier de la Jarretière ,*et 
de premier commksaire'du'tré- 
«or. 11 mourut le 3o mai 171S. 
On a de loi un poëme intitulé 
V Homme -i^ honneur , et d'autres 
xuéi^rages en anglais , en vers et 
en prose. 

tlL MOl^TAOUE ( Marie 
WciiTi;«r),fille«înéed'Eveljn, duc 
db Kingston , née k Pierre-Pont , 
recnt une éducation classique , et 
mpprit très*jeune le grec , le latm 
iti 'le français. Eu i7i'<2 elle 
^ousa le lord Ëdv^ard Wortlcj , 
qu'elle aecompagna k Constanti- 
Yiople ) oh il éioit envoyé en am- 
i>assade. Pendant une absence de 
feon époux, elle eut la fantaisie 
-d'être introduite dans le ^fatfrem 
titt grand-^seigneur *, elle obtint 
cttt# iattiqr , mais œ fut k eer- 



MONT 

taines conditions. Adimet HT, 
qui régooit alors , la traita en 
stdtane &vorite. Des signes re- 
marquâmes firent connoître à 
lord Wortley ' son imprudence» 
et so« inconduite ; k l'onion qui 
avoit régné entre les deux époux, 
succéda une aversion réciproque; 
quelque temps après son retonr / 
en Angleterre , elle obtint du 
mari outragé et mécontent une 
pmisiou deSooo liv. sterling , avec 
ta permission de voyager. Elle se 
rendit d'abord k Venise > de jk k 
Rome , ensuite k Nérac , où elle 
fit confidence «k une dame de cette 
ville de ses av^itures. Quoi qu'il 
en soit , a son retour k Londres , 
elle pubtca la relation de son 
voyage a Constandnople , rela*> 
tion qui fut ponr elle la source 
d'ibie gloire ^éc^atante ; elle avoit 
vui pratiquer l'inoculation en 
Turquie , elle résolut de Tintro- 
dirire en Angleterre. Une jolie 
femme de 5o ans , litttant contre 
les préjugés , Pignoranee étfB 
médecins ,<et les superstitions 're- 
ligieuses , parvint k rendre à 
rhumanité ce service iramoi^el. 
On a d^Ue , 'I. Lettres 'écrites 
pendant ses voyages depui» 17^6, 
jusqrren 171^ , la ^première- ver- 
sion de ces lettras , publiée à 
Amsterdam en lyôZ , n'est ^p»s 
supportable pour le stjle ; noais 
elle est plus exacte que la 
deuxième , *pi<bliée k Pseris en 
1^64 » et réimprimfée en 1785. 
M. Anson en a donné une traduc- 
tion nouvelle k Paris en 1795. 
'Elle réunit la fidélité k la correc- 
tion et k l'élégance du style. Il y 
a rendu en beaux vers français 
les diffîsrens morceaux de j>oésie 
qui se trouvent dans ronginal. 
Ces lettres sont pleines d'intérêt 
et d'agrément ; on y h'ouve âeu 
anecdotes curieuses^sor les mœur^ 
;et le gouvernement des Turcs. 
JLte bah>n *4e ToU, qai < allait 



MONT 

on long séjour à Constantîno- 
p)e , les a attaquées vivemeut ; 
Uuys de Marseille , qui nous a 
donoé un ouvrage mturessant sur 
CQ même pays , a pris la défeose 
de ces lettres avec beaucoup de 
chaleur. Cette diôereate manière 
de voir dans des personnes qui 
ont visité le même pays n'est 
pas saus exemple ; il .y a bien peu 
de voyageurs qui s'accordent sur 
les mêmes objets , qu'ils disent^ 
néanmoins avoir vus et examin^^s 
avec attention. 11. Un Poème suf^ 
les progrès de la poésie AU. UEii-^ 
chiridion dEpictète , revue par 
levécj^ue Burnet , et imprimé 
paroi 1 ses Oli)uvres , dont lord 
Bute confia uue nouvelle édition , 
d après les manuscrits originaux, 
à J. Oallaway , eu 1800 , eu 5 
volitmes in-4*> copiée à l'im- 
î)riinerie anglaise de Paris , dans 
la même année, en 5 \olume5 
iu-ia ; mais sous le titre pa-, 
reli à l'édition originale de Lon» 
axes , G. Bichard Philips. Celte 
édition , ainsi que la copie , est 
ornée de deux portraits , l'un de 
lady Mary Pierre-Pont , 1710 , 
l'autre de ladj Mary Wortlcy- 
Montague , 1730 : en tête de celle 
édittQu sont des mémoires JMogra- 
phîqu«s de Tauteur , par 1 édi- 
teur. Lady Monta gue a voit éié 
liée avec Pope , et se brouilla de- 
puis avec lui : Terri gîue (1« cette 
liaison mérite d'être rapportée. 
Vo^^ , se trouvant un jour dans un 
cercle assez brillant , demanda le 
nom d'une ieunc fiimme que ele- 
puis long-temps il re^ardoii avec 
attention , dont l» iiguro cbur- 
mante et les grac^^s naïies atti- 
roîent autour dV.lle un essaim d'a- 
doratears. « C'est, lui nipondit- 
on , U. iemmc de M. Wortle;^- 
Montague , la iilleamée du duc 
de Kingston : son esprit remporte 
encore sur s« beautc ; cUe n'a 
p»s 34 ^^ 9 ^^ ^i.^ ^^^' ^ COUi> 



MO.JNT ' lot 

posé nnc Ueroïde de Julie à 
Ovide , et elle a traduit du grec 
la Morale d'Epictète. » P'^pe » 
enchanté , adressa sur-le-chainp 
à la jeune ladj: les s<>u!& vers ga- 
lans qu'il ait jamais composés ; 
et depuis ce moment la jeune 
lady , liée d'amitié avec Pope » 
connue çt chantce par les poélPS> 
les plus célèJ>res , partagea sas 
mon) en s entre les plaisirs de l^. 
cour et les charmes de la poésie. 
Elle a voit inventé un nouveau 
genre d'oglogues ; elle les confi* 
à Pope,. qui lui donna quelque:^ 
conseils ; mais elle le pria de ue 
point les corriger ; « car , lui dit- 
elle , on vous allribitcra ce qu'U 
y aura de bon, et ce» qu'on trou- 
vera île mauvais restera sur mon 
coinpte. » A Uavénement de 
George II , lady Mwitague se 
lia avec le lord Uervey. Pope 
conçut de Tombragc de cette nou- 
velle amitié , et de l;i naqoit eii- 
tre lui et son aDcicure anjiie 
une haine implacable , qui pro- 
duisit de part et d'autre des sati- 
res pleines de f^el , indignes de 
leur talent et de leur caractère. 
Après cette rupture, lady Mqu- 
taguo voyagea , et re\inl nioiirir 
à Londres , en 1760 , ^ Tâge de 
70 ans. 

t lU. IMONTAGUE (Edouard 
W0RTI.BÏ ) , fils de la précédente f, 
né vers 1714 a Warueclifre-Lodge> 
au couité dïorck , juoct en Italie 
en 177Ô , lut placii à l'école de 
Westminster, d'oii il s'échappa, 
et se mit avec un ramoneur.. 
Quelqu'un, l'ayant reconnu d^ns 
la rue, le ramena à son père ([ni 
le croyoit perdu. îl s'échappa 
une seconde fois , et s'enga-ea 
avec le maître d'une barque de 
pt-cheurs ; ensiiite il s'embarqua 
comme mousse a bord d'un l)àti« 
ni^^yt qui faisoit voile ponr TKs- 
pa^uc . driucj ce ptJi^i. Il soivit ur» 



lôa MONt 

mttletiér. lî y fui encore décou- 
vert et ramené chez ses parens , 
qui le firent vojager avec un pré- 
cepteur. Ses vojages ne furent 

Enâ sans fruit: à son retour a 
londres , ii fut appelé au parle- 
ment , o il il se comporta de ma- 
nière a faire honneur à son rang. 
Il passa ensuite en Turquie , où il 

Ï)nt l'habit du pays , et en adopta 
es usagée , les mœurs et les cou- 
tumes. On a de cç personnage 
singulier , mais qui n'étoit pas 
sans mérite , I. Observations sur 
les tremhlemens de terre, II. tJa 
Essai sur les montagnes de l'A- 
rabie , et quelques Mémoires m- 
sérés dans les Transactions philo- 
sophiques. On lui doit encore les 
Découvertes intéressantes de plu- 
sieurs anciens monuraens en Pa- 
lestine , où on lui avoit permis 
de creuser et de faire librement 
ses recherches , parce qu'il avoit 
pris le turban. Il a envoyé k la 
société royale de Londres un 
grand nombre de médailles qui 
peuvent servir k Téclairciîisement 
de divers points d'histoire. 

* IV. MONTA GUE ( Mistriss ), 
douée d'un bon jugement et d'un 
godt exquis. Son Essai sur les 
ouvrages de Shakespear , ea ré- 
ponse aux reproches de Voltaire, 
peut être regardé comme une des 
preuves les plus éclatantes du 
mérite transcendant du père de 
la tragédie anglaise. 11 est cer- 
tain q.u'elle aida le lord Littletou 
dans la composition de ses Dia- 
logues des morts : ce savant re- 
connoissoit que quelques-uns de 
ses meilleurs morceaux étoient de 
MistrissMontague.Oncroitqu'elle 
a aimé le fameux comte de Bath , 
qu'elle accompagna , ' ainsi que 
son épouse, dans leurs voyagesen 
Allemagne. On ^it qu'elle mon- , 
tra des ses premières années un 
godt si décidé pûur la littérature, 



MONT 

qu'avant huit ans elle avoit/r^/w- 
crit XowtXc Spectateur. Sa belle 
mais(yii de Portmann-Square , où 
elle mourut dans un âge très- 
avancé , en août 1800 , étoit le 
rendez-vous des plus beaux (es- 
prits de son temps. 

* V. MONTA GUE (Edouard ), 
comte de Sandwich , réunit k 
l'âge de 19 ans lès titres de géné- 
ral, d'amiral, et d'homme détAtj 
ce qui suppose des qualités qui 
font ressortir avec plus de force le 
peu de consistance de son carac- 
tère. Il fut dans iq principe très- 
opposé à Charles l ; admirateur 
de Cromwel , d voulut lui per- 
suader de s'emparer de la cou- 
ronne , et fut ensuite un des pins 
chauds partisans du rétablisse- 
ment de Charles II. On a de lui , 
1. Une Lettre au secrétaire Thur^ 
low , dans le premier volume des 
papiers d'état de Thurlow. II. 
Plusieurs Lettres écrites pétulant 
son ambassade en Espagne, piu- ' 
bliées avec les lettres d'Arlingtou. 
IIÎ. Les Lettres originales de sir 
Richard Fanska-w , etc. , rela- 
tives aux affaires entre les trois 
cours d'Angleterre , d'Espagne 
et de Portugal , depuis i6o5 jus- 
qu'en 1678 , en 2 vol. in-8». IV. 
une Traduction de l'espagnal de 
la Métallurgie d'Alonso Barba , 
curé de Saint-Bernard , dans la 
ville de Potosi au Pérou , 1674 , 
in-8«. 

f- 

MONTAIGNE, rojrez Mon- 
tagne , n«» Il , et MoNTAN , n° IV. 

MONTAIGNES (des). Fojr. 

SlBMOND , n<> 11. 

f. MONTAIGU ( Guérin de ), 
i3* grand -maître de l'ordre de 
Saint-Jeân de Jérusalem , qui ré- 
sidoit alors à Ptolémaïde , étoit 
de la province d'Auvergne; il 



MONT 

mena du secours au roi d'Armé- 
DÎe contre les Sarrasins, se. si- 
gnala à la prise de Damiette en 
1219, et mourut en. i23o , re- 
grc^tté de tous les princes chré- 
tiens. 

. IL MONT AIGU (Gilles Ay- 
CELIN de ) , archevêque de Nar- 
bonne , et ensuite de Rouen , 
mort en i5i8 , avoit fondé le col- 
lège de Montaigu à Paris en i3i4* 
— Il avoit un frère dont Gilles 
Ayceliu de Montaigu fut Tarrière- 
pelit-fils. Celui-ci, nommé chan- 
celier de Francç et proviseur de 
Sorbonne , sous le règne du roi 
Jean , fut garde des sceaux de ce 
prince pendant sa prison en An- 
gleterre. Mais , ayant refusé géné- 
reusement de sceller les dons in- 
discrets que le monarque faisoit à 
des seigneurs anglais , il fut con- 
gédié. Le roi Jean le rappela en- 
suite avec honneur , et le fit dé- 
corer de la pourpre par le pape 
Innocent Vl, en i3oi. Il Venait 
des services importans à la France 
par sa prudence et par sa sa- 
gesse. Cet illustre prélat mourut 
a Avififuon en iSjS , après avoir 
travaillé à la réforme de l'univer- 
sité de Paris. 

t ni. MONTAIGU (Pierre de), 
frère du précèdent , appelé le 
Cardinal de Laon , proviseur 
de Sorbonne après lui , réta- 
blît le collège de Monlaîgu qui 
tomboit en ruine. Pierre mourut 
à Paris le 8 novembre iSSq. La 
postérité masculine de sou frère 
aîné finit en 1 4'^^ , dans la per- 
sonne de Louis son pelit-fils. 

t IV. MONTAIGU ( Richard 
de ] , théologien anglais , s'acquit 
une grande réputation par ses 
ouvrages dans le parti protestant. 
Le roi Jacques 1*'^ le chargea de 
purger TUistoire ecclésiastique 



MONT 



io5 



deis fables dont quelques écrivains^ 
plus pieux qu'éclairés , PaToient 
remplie. Ce prince le connoissoit 
très-capable ae s'acquitter de ce 
travail. Montaigu publia, en 1622, 
son livre , intitulé Analecta eccle- 
siasticarum exercitationum , in- 
folio. Son mérite le fit nommer 
évéque de Chichester en 1628 , 
puis deNorwich en i638. Il mou- 
rut au mois d'avril i64i j ^ 64 
ans. Montaigu , assez habile dans 
la langue grecque , traduisit 2 1 
Lettres de saint Basile , e( toutes 
celles du patriarche Photius. On 
a de lui d autres ombrages pleins 
d'érudition. Voj. Lipse. 

* L MONTALBANI ( Marc ) , 
aïeul paternel de Jean-Baptiste et 
d'Ovide Montalbani , dont il sera 
parlé ci-après y se fit un nom 
dans les lettres au 16* siècle. On 
a de lui un ouvrage intitulé Dis- 
corsi de* principi dalla nobiltà 
et del govemo , che ha da tenere 
il nobile ed il principe nel reg- 
gère se medesimo , la JhmigUa. 
et la republica , Florence, i548, 
in-8*» , et Venise , i55i , in-8", 

* IL MONTALBANI (Jean- 
Baptiste , le comte) , issu d'une 
illustre famille de Bologne en 
1596, après avoir fait d'excel- 
lentes études , se détermina à 
voyager pour étendre ses connois- 
sances et en acquérir de no\ivelles. 
Il parcouru^ presque toute l'Eu- 
rope , alla à Constantinople et 
de là en Perse ; ce qui le mit k 
même d'apprendre la langue tur- 
que , et plusieurs idiomes de ces 
pays bamares ; et de composer 
un volume dans cette langue , 
contenant ses. principes de gram- 
maire , et un vocabulaire. Ayant 
pris ensuite du service dans les 
armées deGratien, comme géné- 
ral , il éprouva plusieurs échecs , 
se réfugia en Tartarie,. et de là eu 



io4 MONT 

Ftflague , orîi a*yant appris la mort 
f\inéb'tti de Gtatien , tué par son 
propre vaïcl-de-chambre , il prit 
la résolution de retourner clans 
5h partrie. Arrivé en Italie , il en- 
fra au service du duc de Savuie , 
Tictf)r Amédée , qui Péleva aux 
premiers emplois militaires. Ayant 
été fait prisoûnier par lés Espa- 
gnols , il souâ'rit une dure cap- 
tivité. Rendu èr la liberté , il pas- 
5a a Venise , où sa réputation et 
sa conduite lai procurèreut de 
l'emploi pour passer dans l'île de 
Candie , où il mourut en 1646 , 
dans la forteresse de Jtida. On a 
de lui De moribus Turcarum 
vommentarius ^ qu'il coiiiposa,en 
prenant pour guide celui de Ta- 
eite De moribus Germanùrum, 
11 a lafssé en manuscrit , outre 
plusieurs ouvrages > une Orant' 
ataif\f turque. 

t m. MONTALBANI 
(Ovide) , irère puhié dp précédent,- 
proicîraeur de piidosophie , de 
médecine ,et d'astronomie à Bo- 
logne sa patrie , né dans cette 
ville en iCJoi. Ch^^ue année il 
composoit et pjibiioit des Tablei" 
tXîS ou un Aimanach , à ia suite 
duquel* ^toient des Discours et 
des DisserLitions sur diverses 
iiàalières appropriées au goût.dti 
siècle. La garde du musée Aldro- 
vandi lui lut aussi confiée , et il 
devint membre de plusieurs aca- 
démies littéraires. Oii a de lui 
un grand nombre d'ouvrages dont 
les principaux sont, Incitx plan- 
tarwn , jO'i4 > in «4**. C'est ia des- 
cription des plantes qu'il avoit 
lait dessécher , et qu'il avoit col- 
lées sur dus leuiiies de papier , 
distribuées en 4 gros volumes. II. 
Bibiiotheca boîanica , sous le 
nom de Bumaldi , i6'i7 , in-4**. 
Il publia cetouvragesous ce nom, 
aîm de pouvoir , sous ce voile ol- 
iiÇHinx , se prodigue/ des éloges : 



MONT ■ 

cette Bibliothèque fut réimprimée 
en 1740, à la suite de celle de 
Jéan-Fi-ançois Ségtiiec lïL EpiS'^ 
tolie de rébus in Bonôniensi trac^ 
tu im/igenis , i634 , in-4^. IV. 
Cenolaphia clarorum doctorum 
Bononiensium , i64o ,. iu-4". V. 
Arhoretum\, Hbri ducf, r668 , in- 
folio , et Francfort r6ga , in-fbï. ^ 
etc. ^ etc. Moutalbani- mourut à 
B'oiogne le 20 septembre 1671. 

♦ IV. MONTALBANI (;ïarG- 
Antoine , marquis de ) , ills de 
Jean-Baptiste èl neveu d'Ovide , 
fit une étude particulière de ÏSk 
minéralogie , sur laquelle rou- 
lant éteudrc ses côunoissances , 
il voyagea en Afiémagne , dans 
la H^igrie et d'an's la Pologne , 
où Je roi Casimir le décora du 
titre de marquis, fl parcourut 
aussi le3 états de Venise , et plu- 
sieurs autres contrées. Ou a de- 
lui Pratica minérale , Bologna ', 
1678. .On joint ordinairement a 
cet ouvrage Catascopia mine^ 
raie , ov\>ero esploratione , o 
modo di J'ar saggio d'og/n /;i/- 
nirra metallica. Montalbani mou- 
rut à Bologne en iôqd , âgé de 
(>5 ans. 

* V. MONTALBANI (Castor, 
marquis de) , hls du précédent ^ 
embrassa le parti dés armes , cuf- 
Irva les belles - lettres , et fut 
tout à la fois philosophe , poëté , 
astrologue et militaire. Ayant ob- 
tenu du wservice chez les Vénitiens,, 
il devint gouvcnieut' de la ville 
et principal! ré de Carrare. De re- 
tour dans sa pairie en r7a3 , il 
y fut nommé professeur d'arçhi-^ 
tectuie uiUitaiPO ; emploi qu'il 
remplit jusqu'à sa mort, arrivée eu 
175*2 , a l'âge de 6*2 ans, sans avoir 
été marie , et ne laissant aucutie 
postérité. Kn Ini s'éteignit la fa- 
mille des Moijta[)>ani de jîèlogne. 
Conime Ovide de Montaibaaiv. il 



fk. dlïs Ahuaruichs dans lesquels 
lise môla de tirer des homscopes. 
Tous les ouvra ff€S qu'il a donnés 
se ressentent du goât du siècle 
pdur Tastrologie et la divination. 
Voici les titres de quelques-uns : 
!• fiaieoiogeùle ovvero ' Diana 
flagellata , contro il conte Dia- 
na P^ale&logOy già Secretario del 
daca di Massa, dedicata alla 
v&rità ^ Spizberga , i^ao. II. La 
eittà JkUce , Massa, r^iB , sous 
le nom anagramma tique de Bran> 
eaiéon Matiottl. îl pidilia depuis 
1707 jusqu'à 1714 plusieurs Al- 
manaieks sons divers titres. 

* MO]NÏALBODDO ( Fracan- 
zaaa ou Fracahzo de ) , aiàsi ap< 
pelé d'une lerre de ce nom , si^ 
tuée dans la Marche d'Âncône , 
fut le premier ,, dit-on , qui pu- 
blia à vicence ,. en i5o7 , un re- 
ci^il de Voyages sous le tilra 
suivant : Mondo nuovo , e paesi 
nuovamente retrovati da Albe^ 
rico Vesffuzio Fiai^ntino , ètc. 
Ce reeueil lut traduit l'année sui-> 
\aate en latin par Arcangelo Ma- 
drignani . Milanais , religieux de 
Tordre de Cîleaux , qui changea 
le titre , et fit entendre qu'il avoit 
iui-méine ti'aduit ces Voyages du 
portugais. 

♦I.MONtALDO (Louis), de 
Sjracuse , avocat fiijcul de Sicile, 
et con'seiller du roi eu 1007 , a 
publié Lectura super riiu regni 
jiclliœ "f Ad huliam apostoîicam 
I^icolai V et refrlam pragniati- 
caot Alpiionsi de ce7tsibus. 

* IL MONTAÎJ)0 ( Horace ), 
jésuite , répétiteur de rbétoiique 
dftBS les écoles de Brera k Miian 
ati i6* siècle , fît imprimer en 161^ 
un livre latin iuUlulé As^sertiù^ 
nés , au uonibre de vingt-quatre , 
eocitre- liercide Tassa , qui avoit 
|Hiblié ua livre sur la Vérité el la 
p«i'fei5ti(^ àk*s enibl^iuci^od d*;- 



yisrs. Montaldo est encore Tan- 
teur de quelques autres ouvrage» 
entièrement oubliés. < 



.1. 

I 



r 



h MONTALEMBERT (Andii* 
ou Adriaii de ) , seigneur d'Esté 
et de Parivilliers , né en i^85 y 
d'une Emilie ancienne qui a tiré 
softnom de la terre de lilontaiem- 
bert en Poitou , se signala do 
bonne heure par sa vali^ur. 11 fit 
SC9 premières armes a la bataille 
de tornoue , en i495 , et conti- 
nua de se distinguer dans toute» 
les guerres de Louis XII. Sa bra- 
voure, étoit si connue , que 
Fraiieois I^' le choisit dans un 
louruoi pour ua de ceux qui 
dévoient soutenir l'effort tics, 
quati'e plus rudes laiioes qui se 
préie&teroienti Aussi ce prince 
di:»ok-'il souvent : « JNous sont» 
mes quatre gentilshommes de la 
Guienoe , qui courons la bague 
contoe tous allaus et venans de la 
France -. Moi , Sansac , d'Essé » 
et Chastaigneraye. ^> Eu i536 il 
se jeta , avec une compagnie de 
chevau-lcgers, dans la mU© deTa-^ 
rin , menacée d'iui siège , et n'en- 
sortit que pour a lier emporter Gi- 
na par escalade. L année i543hii 
fut encore plus glorieuse. Il dé^ 
iéndil LaudrcGie& contre une ar^ 
mée qrti réunissoit toaies les for- 
ces d'H^s pagne, d'xAllemagne, d'£- 
ta lie , d'Angleterre et de Flaadi« , 
coinmaiidé<; parrempereur €hai'- 
les-Quiiit« Quoique les fortîfica— 
ttoas fussent mauvaises , que la 
ga«f»»on manqsfit de tout, ildoB" 
na le tem^s , par une vigoureuse^ 
lésistancc , à l^armée du roi de 
venir le dégager. Ce héros fut 
blessé au bras pendant le sié^^e. 
Franco» ï»"^ le récompensa de .s» 
valeur par une charge de gentil- 
homme de sa chambre. Ou dit à, 
ce sujet M qu'il étoit plus propre a 
donner nnc camisaae k l'ennemi 
(|<<4.'auc' i&heiiiise au roi.' » Après U 



io6 



MONT 



mort de ce prince ,, il fut envoyé 
en Ecosse par Henri II. Il mit le 
saége devant Haddington , tailla 
en pièces les Anglais , et en moins 
d'un an leur enleva tout ce qu'ils 
possédoient dans ce rojaume. 
Aussi compati ssant^ que coura- 
geux, il venditjusqu'à sa vaisselle 
d'argent pour taire subsister son 
armée. Henri 11 , qui avoil besoin 
de son bras dans son royaume, le 
rappela en France , l'honora du 
colher de l'ordre , et s^en fit ac- 
compagner à la guerre du Bour 
lonnais contre les Anglais. Am- 
bleteuse , place forto , ayant été 
prise d'assaut, IMontalembert saur 
va de la fureur du soldat les fem- 
mes et les filles qui réclamèrent sa 
protection. La paix ayant été cou"» 
due en i5l5o, ce général se re- 
tira dans une de ses terres du 
Poitou. Il y ^voit trois ans qu'il 
languissoit aune cruelle jaunisse, 
fruit de ses pénibles expéditions 
d'Ecosse , lorsqu'il reçut ordre du 
roi d'aller défendre Térouane con- 
tre l'armée de l'empereur. Monta- 
lembert dit à ses amis , dans le 
transport de joie que lui causa cet 
ordre : « Voilà le comble de mes 
souhaits ; 'je ne craignois rien tant 
que de mourir dan» mon lit. Je 
mourrai en guerrier...... Si Té- 

rouatle est prise , dit-il au roi en 
prenant congé de lui , Essé sera 
mort , et par conséquent guéri de 
sa' jaunisse. » Il tint parole : la 
place fut attaquée avec, une ar- 
deur incroyable ; et , après avoir 
soutenu trois assauts redoublés 

Î>endant dix heures , il fut tué sur 
a brèche le ii juin i553. Sa mort 
entraîna la perte deTérotiane. On 
a de lui la Merveilleuse histoire 
de t esprit apparu au monastère 
des noniinins de Saint^Pierre de 
Lyon , Paris , i5i8 , in-8». 

*il. MONTALEMBERT (Marc- 
Réné^ marquis de) , parent du 



MOw:r 

précédent , né a Angoulérae le 
i5 juillet 1714» entra au.sejc* 
vice dès Tâge de iS ans , fit la 
campagne de i^Sô, et se distin- 
gua aux sièges de Kehl et de Phi- 
^jpsbo^rg , ce qui lui valut, quel- 
aue temps après, la compagnie 
(les gardes du prince de Con^. 
A la paix , il consacra ses loisirs, 
à la culture; des.sciences^, et mé-. 
rita en 1747 une place d'associé 
à l'académie. Il a enrichi les Mé- 
moires de cette société d'un grand 
non\bre de Pièces qui joignent au 
mérite des idées celui d'un style 
pur et élégant. En 175© il se ren-. 
dit dans l'Angoumois' et le Péri- 
rigord , où il établit àes forges 
d'une grande utilité pour la fonte 
des canons de la marine. Pendant 
la guerre de sept ans il fut em- 
ployé par la France dans les ar- 
mées suédoises et russes. On l'en- 
voya ensuite eu Bretagne et à l'He 
d'Oléron , qu'il fortîha suivant le 
système perpendiculaire qu'il s'é- 
toit formé. Ce fut sur-tout anx 
sièges d'Hanovre et de Bruns- 
wick qu'il employa avec succèss 
ses innovations. Il fut aussi chargé 
en 1779 de faire construire à Vub 
d'Aix un fort en bois ; il ne lui 
fallut pas deux ans pour achever 
cet ouvrage , d'une solidité et 
d'une pertéction étonnantes. Ai- 
mant le faste et la dépense , Mon- 
ta lembert avoit dérangé sa fortune, 
et , en 1 790 , il fut obligé de ven- 
dre sa terre en Angoumois ; elle 
lui fut payée en assignats , ^t il se 
trouva condamné a passer le reste 
de ses jours dans une médiocrité 
voisine de la misère. Partisan des 
idées révolutionnaires, il avoit, à 
l'exem pied' un vie ux soldat deTo u- 
raiiie^ fait, après le i4 juillet 178^ 
a rassembléenationale, l'abandon 
de la pension qui lui avoit été ac- 
cordée pour Ja perte d'un œil. Il of- 
frit plusieurs fois ses ouvrages anx 
divers corps législatifs i cepiendaut^ 



» 



MONT 

efirajé des progrès de* la révolu- 
tion , il se rendit en Angleterre 
avec sa femme, qu'il y abandonna 
aussitôt après , * revint à Paris 
dans le moment le plus ora&eiax 
de la révolution , et fut cpielq«ie 
temps mis en arrestation. Rendu 
Il la liberté , il fit prononcer son 
divorce , et épousa une dame Ca- 
det. Eki 1796 , la convention na- 
tionale' fît une mention honorable 
de llioTfimage de son ouvrage , 
intitulé l'Art défensif supérieur à 
fart offensifs et charsea son 
comité d'instruction publique de 
lui accorder des enconragemens. 
En février 1796 le' conseil des 
cinq cents arrêta la mention hono- 
rable de ses ouvrages , dont il 
avoit fait uti nouvel hommage. 
En mai 1798 il annonça au mê- 
me conseil qi^'il avoit trouvé le 
moyen de réduire des deux tiers 
le nombre des canonniers néces- 
saires au service de chaque vais- 
seau. Il mourut à Paris le 22 mars 
i8oa , doyen de» généraux , et 
doyen de l'académie des sciences. 
Quelques mois avant sa mort il 
lut h Finstitut un Mémoire sur les 
affûts de la marine , le prononça 
d'une voix forte , et développa ses 
idées avec une clarté qui excita 
la plus vive admiration. Il écrivit 
aussi des Réflexions sur le siéffe 
de Saint-Jean d'Acre, Outre les 
differens Mémoires , ou Corres- 
ffondance avec les généraux et les 
ministres, depuis inb*] jusqu'en 
1761 , etun ouvrage it&mGnse. sur 
la fortification perpendiculaire 
et VArt défensif .^ auquel il a tra- 
vaillé vingt ans , Montalembert a 
aussi cultivé les talens agréables ; 
ses petites c<îînédies de société , 
la Statue , la Bergère de qualité , 
et la Bohémienne , ses Contes en 
vers et ses Chansons, annoncent 
une imagination rian-tf%^ Son buste 
a été fÎEiit, après sa t\ioi*t, par le 
sculpteur BouVallet. 



MONT 107 

* MONTALTUS (Jérôme ) , 
philosophe et médecin , né en 
Sicile , y florissoU vers l'an 1592. 
On a de lui uu ouvrage intitulé 
De homine sano libri très , Fran- 
cofurti, 1.591 , 1698 , in-8». Man- 
get attribue à Philotieus-Elianus 
Montalto , in<.^d<cin portugais, 
deux écrits portant pour titre , 
I. Optica , iritra phiiosophiœ et 
medicinœ areain , fie visu , de vi~ 
sus oigano et objecto theçnam 
accu rate complectens, Florentiae, 
1606, ia-4**; Coloniœ Allobrogum, 
i6i3 , in-4*. II. Arcliipathologia 
in qud intetmarum capitis affec- 
tionum essentia , causœ , signa , 
prœsagia et curatio accuratisst- 
md indeegine edisseruntur , Lute- 
tiae, 161 4 > in-4°> Sanctt Gerva- 
sii , i6a8 , in-4**. 

t MONTAMY (Didier-François 
d'Auclais , seigneur de ) , né k 
Moutamy en ^Basse-Normandie , 
d'une famille noble et ancienne , 
premier maîtie-d'hôtel du duc 
d'Orléans, chevalier de Saint- 
Lazare, amateur éclairé, mounit 
à Paris le 8 février 1765 , âgé 
de 62 ans. Il est auteur de , I. 
Lï> Lithogéognosie , ou Evdamen 
ckim,ique des pierres et des 
terres , etc. , traduit de l'alle- 
mand de J. Pott , Paris , 1755 , 
deux volumes in-iîi. II. Traité 
des couleurs pour la teinture en 
émail et sur la porcelaine , pré- 
cédé de VArt de peindre sur Fer- 
mai l , Paris , 1905 , in-ia. Dide- 
rot , auquel il le remit en mou- 
rant, en a été l'éditeur , et Ta aug- 
menté, f^oj". son éloge a la têt« 
de cet ouvrage. 

t I. MOWTAN , né k Arda- 
ban dans la Mysie , au q* siècle , 
fut un insensé qui joua le pro- 
phète. Il prétendit que Dieu avoit 
voulu sauver le monde d'abord 
par Moyse et par les prophètes j 



je3 



MONT i 



Su'ayanl éthoné dans ce dessein > 
s'étoit iBCai;né , et que n'ayant 
pas encore réussi , il étoit des- 
cendu en lui par le moyen du 
Saint-Esprit , et dans deux pro- 
pliétesses Priscille et Maxim il le , 
' toutes deux fort riches , et très- 
iittachëes à sa doctrine. Destiné à 
réformer les abus , et k tirer les 
fidèles de Tcnfance où ils avoient 
vécu jusqu'alors, il faisoit plu- 
sieurs carêmes , regrirdoit les se- 
condes noces comme illicites , 
ordounoit de ne point fuir la per- 
sécution , et de reluser la péni- 
tence a ceux qui étoient tombés. 
Mon tan séduisit un grand nom- 
bre de chrétiens. II parut a^ité 
de mouiiceniens extraordinaires, 
qui le firent passer pour fou au- 
près des gens sensés , et pour 
inspiré auprès du peuple. Né 
avec une imagination vive et un 
esprit foible , il persuada ceux qui 
lui ressembloient. I^ustérité de 
ses ouieurs servit encore beaucoup 
k accréditer aes folies. Le pape 
Victor, trompa par les montanis- 
tes , leur doi^na <ies lettres d'ap- 
piobation ; mais il les^ révoqpa 
ensuite. On tint plusieurs conoîes 
conti?e eux. On y établit. €«î prin- 
cipe : « que le Saint-Esprit perfec- 
tionne ceux k qui il se conimuni- 
qiiC , au lieu de les dégrader ; et 
mi'cu fdisant parler les prophètes, 
il ce leuç ote point le libre usag^ 
de la raison et des sens. Lres mou- 
taoïstes remplirent presque toute 
ta Fhrygie , se répandirent dans 
la Gatatie , s'établirent k Cons- 
tantiuople ,. pénétrèi-eiit jusque 
dans rAlTiq.ue , et séduisirent Ter- 
tullien , qui se sépara d'eux k la 
fin , mais , h ce qu il paroit , sans 
condamner leurs erreurs. Ces bé- 
f'Ctic|ues s'accordoient tous^ k re- 
connoître que l'e Saint-Esprit 
avoit inspiré les apôtres ; maïs 
ils distinguoi^nt le Samtp*£sprit 
du rumclet. lis pi:^iepdoiânt <^ue 



MONT 

le Paraclet tevoit inspiré Moaf^mt , 
et avoit dit par sa bouche, deti!- 
choses beaucoup plus excellente^» 
que celles que J. C. avoit ensei- 
gnées dans son Evangile. Cette dfs' 
tinction du Paraclet et du Sairtt- 
Esprit conduisit un disciple de 
Montan , nommé Echinés^ a ré- 
fléchir sur les persomies de la 
Trinité; et en recherchant leur 
diUérence , il tomba dans le &a- 
bellianisme. CeBdeuxbranciSLes se 
divisèrent ensuite en deux petites 
sociétés , qui ne diâeroient que 
par quelques pratiques rMliculê».,» 
que chaque prophète prélendoit 
lui avoir été révélées. Ces sectes 
eurent le sort de toutes les socie-^ 
tés fondées sur l'enthousiasme. 
Qn en découvrit Fimpotsture ; eil^ 
devinrent k la fois odieuses et ri- 
dicules, et s'éteignirent peu à peu. 
Telles furent les sectes des las- 
cordurgites , des ascadurpites , 
des passalorinchites , des arto- 
ty rites. Montan laissa un Jivre de 
Prophaties. Priscille et Maximille 
^ publièrent aussi quelques Senten- 
ces. Saint Apollinaire d'iiiéraple» 
fut le plus zélé adversaire des 
m on taillâtes. 

IL MOTNTAN , archevêque de 
Tolède, vers 55o. On raconte à soa 
iîujet une iable ridicule ; on dit 
qu'ayant été accusé d'impudicité > 
il prouva sou innnocencc en te- 
nant , pendant la célébration des 
saints mvstères , des cbariKins 
ardens dans son aube, san&qu'elle 
en i'At brûlée. Il nous î*estc de 
lui deux Epitres qui décèicut 
beaucoup de savoiv. 

ÏII. MONJAN (Philippe . , 
ou, plutôt Philippe de La Mov- 
TAéCKE , savant docteur de Sov- 
bonc£, natif d'Armentières , hai\ 
critique,, enseigna le grec a\ec 
réputation dans l'université de 
Douay , qI\ il fonda Uois boui:- 



MOIVT MONT 109 

«es ponrde pamres écoliers, ift' «o« , nacmieuto , y mttm^ dei 
où i] Tnonrnt en ^76. On lui doit kombne. Ensemble , Valladolid > 
* ' ' "^ ' ' i55o , in-fol. 



la Mévision de quelques Traités 
de saint Jean • •Chrjsostâme , et 
la Traduction du grec en latin 
«les Commentaires de Théopbj- 
lacte , archevêque d'Acride , sur 
les Evangilf»s , les Epîtres de saint 
Paul , et plusieurs autres petits 
prophètes , Bâle , 1 554 et 1570. 

ÏV- MONTAN (Jean-BapUste), 
Voyez MoDTANBS. 

*V. MONTAN (JeanJ, né à 
Strigan en Silésie Tan i5^i , s'ac- 
cjiiit une espèce de célébrité par 
la découverte des propriétés d'une 
terre de la montagne de Saint- 
George , située près de sa ville 
natale. Montan présentoit cette 
terre comme un remède efficace 
cofitre beaucoup de maladies , 
€t assuroit devoir une inanité de 
cures à sou usage ; mais il le te- 
noit secret , et ce ne fut que 1^ 
«ns avant sa mort qu'il rendit 
pnl)liques sa prénaration et la 
méthode de remployer ; encore 
ne se rendît-il qu'aux instances 
réitérées du magistrat de Strigau. 
Son ouvrage sur ce sujet a pour 
titre: Brève s ed exquis ètum y verè- 
ique philosophicum judicium der 
verd natis^d^ omnisqué artis ac 
fiici experte terra sigUlatd S tri • 

Eonii per divinam graticun à se 
%{fffntà , Tfuremberg , i585 , in- 
i^. Ce médecin mourut en x6o4- 

* MOOTANA (Bernard ) , né 
près liu Motil^Serpat en Catalo* 
gne ^ médedin dé V&oïfaetem 
Cbarl^s V , av^it , selon Nicolas 
Antonio, »pra tiqué son art avec dis- 
tinction pendant V4o ans » quand il 
imhiia ,1. .Libw deia 'anatomia 
tkl korrtbrre. H. 'C^n CoknmiO'del 
mai^queg^de Mvndeœar^i>. Lutg 
&trtath ^Mtn^iosAy £on ^elem^ 
ùfr, ueerca -de .un suenno que 



♦I. MONTANARI(P. D.Apol- 
linaire) , de Faenza , moine ca-^ 
maldule , gouverna pendant plu- 
sieurs années le monastère de 
Saint-Grégoire à Rome , et mou- 
rut à Ua venue. On a de lui , I. 
Discorsi due accademici sul piv^ 
blema^ si schiqffb di J^Ltlco Josse 
piii ingiurioso a Chrîsto del ba- 
cio di Giuda, Fiorenze , 1696. 
II. Vita di S, Romuaîdo , Ronia , 
1707 , Havenna , 1727 , etFabria- 
no , 174* • W publia celte vie sous 
le nom de René Monti. Il est 
encore auteur de quelques ou-^ 
V rages de controverse. 

*Il. MONTANARï (Jacques), de 
Bagna-Cavallo , mineur conven* 
tael , -élu générai de son ordre en 
1617^ et mort k Venise Tau 1 65 1 , 
a iécrit plusieurs ouvrages dont 
les prinâpaux sont , I. Exercitia 
spirilualia^ Cracoviee, .1620. H. 
Carmina de divtinse sapientiag 
triumpfw , Rom», iSpg. lil. Jîe-r 
JbmuUio studiorum , Colonie , 
1619. 

III. MONTANARI (Gemi- 
niano], astronome de Modène, 
enseigna les mathématiques à Bo- 
logne avec réputatio];^, et y mo,u- 
rut vers la fan du 17* siècle. Tl 
pensoit a peu près jcomiTie Gas- 
sendi ; mais il n'avoît pas son' 
génie. Ses ouvrages roulent sur 
la physique et l^stronomie. On 
a de lui , I. Une Dissertation sur 
les comètes y en latin. ïf. Df la 
manière de yuire des abserxfo^ 
fions astronomiques. IFÏ. 2>/î- 
cours sur ks étoiles fixes ( vrcnieâ 
ou prétendues ) qtn Ofti dis» 
paru , et sur celles qui -ont com» 
mencé à paroitre , etc. 

M. îilONTANl(Jean,F>rançoU), 



iio MONT 

d'ime noble famille de Pësaro 
vers Fan i68d , proiésseiir de mo- 
rale au collège romain , où il 
mourut en 1760 , retouctia et 
corrigea Touvragè du F. Pelizza- 
rio , son confrère , intitulé I>e 
m onialibus y elc, et y ûi de grandes 
augmentations, qu'il tira en gran- 
de partie des décrets de la congré- 
gation sacrée et des bulles de Be- 
noît XIV , et le publia sous ce 
titre : Tractatio de monialibus , 
in qud referuntur omnes Jere 
iquœstiones de receptione novi- 
tiatu , doU, renuncialione bono- 
rum^profossione, vélo y consecra- 
tiorie , votis religiosis clausura^ 
obligationibus , prohibitionibus , 
pâsnis , prhilegits , ac guberna- 
tione , quoad earwnprœlatos , ab- 
hatissas , ^t confessarios oïdina- 
rio& , €LC extraordinarios , auc- 
tore Francisco Peillzzario Pla- 
eentino S.J, editio novissiina , 
aucta et correcta juxta animad- 
versiones sacrœ indicis congrega- 
tionis à Joanne Francisco Mon- 
tani ejusdem societatis theohgo 
cum appendice constitutionum SS. 
D. N. Bertedicti XlP^adeam ma- 
te/^ampertinentium jKotniii , iy55, 
in-4°« Ce livre fut publié de nou- 
veau par Romondini , à Venise , 
en 1761. Monta ni corrigea pa- 
reillement un autre ouvrage de 
Pelizzario sur les réguliers. 

*IÏ. MONTANI (François) , de 
Pesaro , mort en i yS^ , gentil- 
homme de la chambre de Cosme 
lïl, qui l'employa dans plusieurs 
affaires importantes , savoit très- 
bien les langues grecque et latine ; 
9Voit des connOissances dans la 
littérature , et cultiva les sciences 
avec succès. L'amour de l'étude 
lui fit bientôt abandonner la cour, 
et il se retira dans sa patrie pour 
s'y livrer entièrement. On a de 
lui plusieurs ouvrages pleins d'é- 
rudition , mais qui manquoient 



MONT 

de critiqué , ce qui lui attira ded 
contradictions , et niéme des dé- 
sagrémens , sur - tout relative- 
ment à sa Lettre touchant les 
consi<lémtions sur la manière de 
bien penser^ écrite par un afca- 
démicieu , Venise , i jo5. Ses au- 
tres ouvrages sont, I. Glossœ 
marginales ad Musœi Passerii 
lucernas collectée , etc. , lySg. 
II. Dissertazione sopra un is^ 
crizione greca , e sopra un bas^ 
sorilievo délia galeria G. ducaU. 

* I. MONTANO oaMoNTANARo 

( Nicolas ) , homme d'un es- 
prit ardent , mais turbulent et 
séditieux , originaire de Gaggio , 
dans les montagnes de Bolo- 
gne , professeur d'éloquence a 
Milan. Lorsque Galéas - Marie 
Sforce , fîls de François , succéjda 
à son père dans le gouvernement 
de Milan, en 1466 , il commença 
à indisposer et exciter quelques- 
uns de ses écoliers , qui étoient 
nobles, contre Jean -'François 
Pusterla , un des ministres du 
duc ; et pendant une année en- 
tière on le vit occupé à souffler 
par- tout Tesprit de révolte et de 
sédition. Après avoir déterminé 
ces jeunes gens k passer sous les 
étendards du fameux général 
Barthélemi Coîleone . de Ber- 
game , il se vit tout^a7COup en 
butte à la haine de la noblesse 
milanaise , et fut abandonné 
de ses écoliers , et même dé 
ses amis. Il quitta alors Milan 
et se rendit à Rome , ensuite- k 
Bologne , d'oii il retourna à Mi- 
lan. Son retour dans cette ville 
fut une espèce de triomphe , pafr 
le- concours de ses écoliers et 
des professeurs qui allèrent lui 
rctodre visite et le féliciter sur son 
retour. Quelques épigramm'es sa- 
tiriques qu'il lança contre quel- 
qties particuliers- motivèrent son 
emprisoB&etneni y et ^ selon .qiicl- 



MONT 

yics écrivains , Galëas-Marie le, 
fit fustiger publiquement pour 
avoir violé une fille. Ce cîiâti- 
jnent n'éteignit pas l'eiprit sédi- 
tieux de Montano ; il recommença 
à soulever la noblesse contre le 
duc , qui le fit chasser de la ville ; 
mais la fermentation qu'il avoit 
excitée contre Galéas^larie se 
changea bientôt en une horrible 
copiuration qui éclata contre ce 
prince, qui fut assassiné le 26 
décembre 1476. Montano, exilé 
de Milan , implora et obtint la 
protection de Ferdinand , roi de 
rifaples , qui lui commanda de 
prononcer -u<i discours pour dé- 
tourner les Lucquois de contrac- 
ter aucune alliance avec Laurent 
de Médicis. Cette tenUtive ne fut 
pas heureuse. Médicis, irrité con- 
tre loi , le fit arrêter sur les mon- 
Ugnes de Bologne, 'et, sans autre 
forme de procès , il fut pendu à 
un arbre , comme • un- assassin. 
Le discours viraient de ce profes- 
seur contre Médicis , oui étoit en 
manuscrit dans la bibliothèque 
ambrpsienne , fut imprimé sur la 
fin du i6»siècle, 

/IL MONTANO ( Jean - Bap- 
tiste), sculpteur milanais , K'oc- 
capa a Rome, sous le pape 
Grégoire XIII , à des ouvfvges 
d'architecture et de sculpture en 
bois ; il avoit une telle adresse /à 
travailler le bois , qu'il le ma- 
■ioit pour ainsi dire comme de 
Ja cire , et enfaisoit ressortir des 
figures aussi correctes qu'élégan- 
tes. Il sculpta y par ordre de 
Clément VIII , l'excellent Orgue 
deSaint-Jean*de-Latran , et don- 
na les dessins des églises , des 
tombeaux et des principaux au- 
tels de Rome. Ces dessins furent 
gravés peu après par les soins 
•de Bapti&te Son a , architecte ro- 
main , qui avoit été son élève. 
'Montano moui*at à Rome en i6ai . 



MONT III 

On a de lui , L UareMlettura con 
diversi ornanietitl cavati dalt 
antico, Rome, ^i636, in-folio, 
II. Scella di variî tcmpletti anti^ 
cki , con le plante e alzate , di- 
segnati in pœspettii>a , e publi- 
cati da Giftmhatista Soria , 
Rome , 1624 , in-fol. IIL Diversi 
omamenii per depositi e altari , 
Rome, 1621 , in-folio. IV. 2V- 
bernacoli diversi , Rome , i6a8 , 
in-fol. 

I. MONTANUS. Foy. Ne'kqn, 

n. MONTANUS. Foy. Abias . 
no IL 

IIL MONTANUS. Forex 
Berghï:, n« L 

IV. MONTANUS ou Montano 
(Jean- Baptiste), de Vérone, re- 
gardé comme un second Galien, 
né d'une famille noble, pratiqua et 
enseigna la médecine à Padoue 
avec une réputation extraordi- 
naire. On a de lui , L Medicina 
universa. IL Opuscula varia me- 
dica , in - folio. IIJ. De gradi* 
bus etfacultatibus medicamento- 
mm, in-8«». IV. Lectiones in 
Galenum et Avicennam , in-8«, 
et d'autres ouvrages qui eurent 
un' succès distingué. Les livres 
de Montanus sont clairs et soli- 
des. Presque toutes les acadé- 
mies d'Italie lui ouvrirent leurs 
portes. Il étoit k la fois médecin, 
et poète, U mourut le 6 mai i55i , 
à 53 ans. 

♦ V. MONTANUS (Paul) , de soe 
nom hollandais Van den Berghe 
né à Utrecht, d'une famille di^ 
tinguée , en i53o , fut reçu licen- 
cié en droit k Angers en i55i , 
exerça ensuite la jurisprudence 
k Utrecht , et y fut revêtu de 
la dignité sénatoriale par Phi- 
lippe 11 , roi d'Espagne, eu i56i. 
Son refus d'abjurer le r^ime 
espagnol le fit destituer de cette 
place en i58o , et il mourut dans 



ita MONT 

la vîe privîée eu 1587. Son fi*ère 
£altb.asar publia de lui , âpre:» 
su mort , Tractatus de jute tu- 
trlan^in et curationum , lufiyàe , 
1.595 j Jn-lbl. , réimprimé plu- 
sieurs fois. . 

* VI. MOIVTAITOS ( Arnoîfl ) 
c écrit eo hollandais, I, Une Vie 
de Frédéric- Henri , prince 'd*0- 
xange , Amsterdam , 1.653 , in-ia. 
lï. Men'eilles de V Orient , ou 
Description dès Indes orientaît^s, 
des principaux voyages et des 
guerres dont elles ont été Vohjet 
et le théâtre , Rolerdam , .i6,o4 » 
ifi-i'î. îll. Ambassades mémo- 
rnhles de la compagnie des Indes 
iiolhmlaises vers les empei^urs 
r'u Japon ., Amsterdam , 1669 , 
ivvit'ol. IV. Histoire des premiers 
Ikabltons de TAmstelland ( on du 
pays d'Amstel ) , Amsterdam , 

MONTARGON ( Robert-Fran- 

ff»!^ de ) , dit le P. Hyacinthe de 
Assomption , augustia de la 
place des Victoires , né a Paris 
le 27 lïKii 1705 r se distingua dans 
la .ciiairc. -Le roi Stanislas l'ho- 
nora du titre de son aumônier, 
en cécempense d'uu A vent qu'il 
pri^oha devant ce prince. Il périt 
malhenreusement à Plombièpes, 
à-65 aits , ilans la crue d'eau qu'o- 
proui^a cette \iUe , la nuit -du 
:i4 au a5 juillet de l'année 1770. 
On compté parmi ses ouvrages, 
I. Le Dictionnaire apostolique , 
Paris, 1752, 1758, in-8**, i3vo!,, 
Paris, chez Lottin Taîné. IL Le 
Hccueif {Céloquence sainte , i vol. 
in-i2. m. U Histoire de linsti- 
fiftron de la Jeté du Sai/it-Sacn?- 
mentr, i y. in-ia. Son Dîctioiiiwi- 
re apostolique est un répertibre 
utile, et le s,eroit davantage si l'au- 
tour àvoit eu plus de goût et un 
strie moins incorrect. Le grand 
î<K:t>iivérâent de tou« les livres 



MONt 

j de ce, genre , et en partlcolier de 
i'omra^e du P. de Montargon , 
c'est qu'oH trouve un morceau ex- 
cellent à ^ôié de plusieurs pas- 
sages qui n^offrent que des tri- 
vialités, et quelquefois même des 
platitudes. 

MOiNTARROYO - MAS- 
GAREiXHAS (Frejrede),' 
lié à Lisbonne en 1670 , d'une* 
l'amille noble , voyagea dans pi'es-* 
( que toute l'Europe. 11 servit en- 
suite en qualité de capitaine dç 
cavalerie, depuis 1704 jusqu'en 
17 10. 11 quitta le métier de la 
guerre pour se livrer à l'étude y 
lut deux, lois présiéent de l'aca- 
démie des anonymes , puis secré- 
taiits et maître d'orthographe dans 
celle des appliqués. Ce tut lui qui 
intreduisu le premier en Portogai 
r4isage des galettes. Ce savant 
avoit du goût pour tous les gen- 
res de liiiératUFe ; il avoit puisé 
dans ses diilérens voyages taules 
les connorisfiances qui peuveut 
intéresser •l'iiumanilé. H nionrot 
vers i65o. «Ses principaux ouvra- 
ges sont, I. I«e6 ^égoûiatiofis 
de la paix de Hysw/ck , 2 vol. 
in - y»*. IL Histoire naturelle , 
chronologique et politique du 
mo/uie. ïii. Là Conquête des- 
Onizes , peuple du Brésil , in-4*i 
iV. Relation des batailles d'Où-- 
denaKde et de Petervi^aradtn , 
in - 4**» V. Relation de la mort 
de Louis Xl^/in-^^. VL Eife- 
nemens terribles arrivés en /Tt/- 
f'vpe en 1717, in-4" . VH . nétail 
des ^progrès faits par les fausses 
contre, tes Tmvs et les Tartares , 
10-4" > etc. 

t MONTA UB AN (Jacques 
PoussET , sieur de ) , avocat aM 
parlement et échevm de Paris, 
mort en cette ville en i685 , e&t 
auteur de quelques, pièces dd 
théâtre : Zé/tobie , rxfins d*Arrnér 
nie , représentée «a i5v.o, iiU- 



MONT 

prioiéç, 60 i653, in-iQ; tes 
Charmes de Félicie, pastorale 
•£^1 ciipq actes et en vers , Paris , 
.i654 > in - 12 , sujets tiré de la 
ÏKane de Monte-Major ; Séleucus, 
tragi-ccun^e-biéroique^ repré- 
^Ektée en. i655 , et imprimée en 
a654 > in- la ; h C^mte (THol' 
lande y tr^gi - comédie , Paris , 
i654 , in- li ; ladegoade , tra- 
gédie représentée m^ i653 , et 
imprimée Tannée suivante. On 
lui attriiotae agâsi. PaïUasruely 
^co^i^die imprimée en 1704 9 ^t 
Jes ^enturef de Paratrgey co- 
médie en cinq actes, représeetée 
^«k i674>'*i«^i qu'une tragédie 
44^ Tnjeste. Ces àoax, dernières 
ja'oQt pa$ été imprimées. Cet aa- 
leuff étoit.très-lté avec Boileau, 
Bacine et C^pelle. S'il est vrai 
/|u'il ait eu part à la comédie des 
f^kù^AurSy op ne peut dputer 
qi^e-ce ne iM un homme d'esprit. 

! » MONTAUbOJN ( Jean- 
GraJi]|riel)« né » Mantes le aS seo^ 
leinbce i7aa 9 et mort sur la on 
4n i^* siècle > % dcmné Supplé- 
ment à Fessai sur la police des 
grains; Mémoires sur la poHti- 
tique > f histoire mUureiie > • le 
commerce et téconomie ; de» No- 
tices historiques sur de3 g«as 
46 leltjces ; des Poésies, dftns les 
Journaux > et des Mélanges* 



MONT ii5 

hauteur , et renversa cinq escj^'' 
drons qui venoient k lui. L année 
suivante il obtînt le b^ton de 
maréchal de Fiance. Il eut en^ 
suite le cordon de fordre du 
Saint-Esprit et la place de gou- 
verneur du duc d'Orléans , de- 
puis régent du royaume. Il mou« 
rut k Paris le 5 février 1684 » 
ne laissant que des fîlles. Mon- 
ta ult honnête homme , et sujet 
(idèle , très -attaché au roi et 
aux ministres , fut plus distingué 
par ses vertus que par ses succès 
militaires. Il avoit eu le comman- 
dement des troupes auxiliaires > 
I envoyées k Candie en 1669. {1 
débarqua heureusement ; liiais 
les Turcs, qui s'étoient retirés sur 
les montagnes , ayant fopdu avec 
impétuosité sur les Français , 
Navailles fit sa retraite apr^ 
avoir perdu huit cents hommes^. 
Désespérant de sauver Candie , 
il se rembarqua avec ce qui iie^- 
toit des huit mille hommes quis 
Louis XIV y avoit fait passer en 
difTérens temps. Ses Mémoires^ 
imprimés en 1701, in- 12, sont 
superficiels et assez peu intére^- 
^ sans. L'auteur écrit en homme 
de quahté, avec une simplicité 
élégante et noble : il n'y manqup 
que des faits curieux. 



MOKTAULT (PhiKppe de), 
4uc de Navailles > pair et maré^ 
chai de France » d'une famille de 
^igorre qui cemonle au i4* siè- 
cle , reçu pAffe chez le car- 
dinal de Richelieu en 1 655, k 
l'âge de j4 ^^s« Instruit par ce 



, * MONTAURO 014 MoNToa© 

(Renaud), de Tordre des prê- 
cheurs , évéque de Céphalide » 
employé nar le pape Alexandre 
VI dans plusieurs amstires iitipor- 
tantes , mourut en Espagne , oh 
il avoit été envoyé auprès de sa 
majesté catholique pour terminer 
quelques négociations du pluiS 



céfèl»re cardinal , il abjura la re- b^ut intérêt. On a de lui pe rç- 
4igio« protestante , et parvint en- ductionibus naturalibus lib. de 



^uite aux grades militaires. Il 
conn manda la droite de la cava- 
Jene , k la bataille de Senef , le 
j. 1 aoAt 1674 j. chargea une par- 
fit des enaoemis , po»lé^ «ur une 
T. xu. 



futurorum contingentium cfi^ci^l' 
tate tractatuSf super Ubf% ^^^ 
tentiarum 4 ^oL 

f 

\ + MONTAUSIBR (Charles m 



/ 



ii4 , MONT 

Sainte-Mauke^ duc de ) , pair àe 
France , chevalieç des ordres du 
roi, et gouverneur de Louis, dau- 
phin de France ^ d*une ancienne 
liaison originaire de Touraine , 
se distingua de bonne heure par 
sa valeur et par sa prudence. 
Durant les guerres civiles de la 
Fronde , il Aiuntint dans l'obéis- 
sance la Saintonge et FAngou- 
mois, dont U étoit gouverneur. f 
Jl n'avoit encore éprouvé que des 
contradictions et des dégoûts dans 
son gouvernement de Norman- 
die, lorsqu'il apprit que la peste 
s'y déclaroit. Il annonce qu'il va 
s'y transporter ; sa famille l'en 
détourne , et il répond : « Pour 
moi, je crois les gouverneurs obli- 
gés à résidence , comme les évê- 
ques.- Si l'obligation n'est pas si 
étroite en toutes les circonstances, 
elle est du moins égale dans les 
calamités publiques.» Son austère 
probité le fit choisir pour présider 
a l'éducation du da;uphin. Il parla 
toujours k ce prince en philoso- 
phe et en homme vertueux , qui 
sacrifioit tout k la vérité et k la 
raison. Ije prince , s'imaginanl 
avoir été frappé par . son gouver- 
neur , « Comment , monsieur , 
dit-il , vous me frappez ! Qu'on 
m'apporte mes pistolets. — Ap- 

Î' )0rtez k monseigneur ses pisto- 
ets , reprend froidement le duc.» 
Il les lui fait remettre entre les 
mains : «Voyez , monseigneur , ce 
que vous vouiez faire? » Le prince 
tombe k ses genoux. «Voilà, mon- 
seigneur, dit Montausier, où con- 
duisent Jes passions ! » Il ne lui 
laissoil jamais lire les épîtres dé- 
dicatoires qu'on lui adressoit. 
L'ayant surpris un jour lisant k 
la tlërobée une de ces plates épî- 
tres, il lui fit voir ^ que cet hom- 
mage n'étoit qu'une véritable dé- 
rision , et qu'on le louoit précisé- 
ment de toutes les 'qualités qu'il 
u'-avoit point. Il conâerva méi&e 



MONT 

son austère véracité avec Loilis 
XIV. Ce prince lui ditun jourqu'ii 
venoit enfin d'abandonner k la 
justice un assassin auquel il avoit 
fait grâce ap rès son premier cri- 
me, et qui avoit tué vingt hommes^: 
« Non , Sire , réponaît Montau* 
sîer, il n'en a tué qu*un, et votre 
Imajesté en â tué dix*- neuf,.... 
Mes pères, disoit-il, ont été tou- 
jours fîdèléi^ sei*viteurs des rois 
leurs maîtres, et jamais leurs flat- 
teurs. Cette honnête liberté dont 
je fais profession est un droit 
acquis , une possession de ma fa- 
mille , et la vérité est venue k 
moi de père en fils comme une 
portion <ie mon Héritage. » Lors- 
qu'il eut cessé de faire les fonc- 
tions de gouverneur , il dit au 
dauphin : « Monseigneur, si vous 
êtes honnête homme, vous m'aime- 
rez ; ,si vous ne l'êtes pas, vous m« 
haïrez, et je m'en consolerai.... » 
Lorsque ce prince eut pris Philips- 
bourg, le duc liii écrivit cette 
lettre , digne d'un ancien Romain ; 
« Monseigneur , je ne vous fais 
pas compliment sur la prise d« 
JPhilipsbourg ; vous aviez une 
bonne armée , une excellente ar- 
tillerie, et Vauban. Je ne vous en 
fais pas non plus sur les preuves 
que vous avez dotinées de bra- 
voure et d'intrépîflité ; ce sont des 
vertus héréditaires dans votre 
maison. Mais je me réjouis avec 
vous de ce que vous êtes libéral , 
généreux ,'iiumaiii , faisant valoir 
les services d'autruî , et oubliant 
les vôtres. C'est sur quoi je vous 
fais mon compliment. » il con- 
duisit un jour le dauphin dans 
ufae chaumière. « Voyez, monsei- 
gneur ! c'est sous ce chaume , 
c'est dans cette misérable retraite 
que logent le père et la mère , 
et, les enfslns , qui travaillent sans 
cesse pour payer l'or dont vos 
palais sont ornés , et qui meurent 
de faim pour subvenir aux frais 



•* 



MONT 

. de votre ta]3le. » Ce seigneur mou- 
rut le l'j mai 1690 9 .à 3o ^ns. 
On sait que les enneinis de Mo- 
lière voulurent persuader au duc 
de Montansier que c'étoit lui 
que cet auteur jouoit dans le Mi- 
santhrope. Le duc alla voir la pièce 
et dit en sortant « qu'il auroit 
bien voulu ressembler au Misan- 
thrope de Molière. De son mariage 
avec Julie - Lucie d'Angennes ,< 
dont nous parlons aux mots Ram- 
BouiLLET et Jaiuit . Il n'eut qu'une 

fille, mariée au duc d'Uzès 

Flécbiera fait l'oraison funèbre 
,"de Montausier. Voyez sa vie , 
Paris , 1731 , in-i2. 

MOISTAZÊT (Antoine de.Mal- 
viN de ) , né en 17 ip, dans le 
diocèse d'Agen , nommé évêque 
d'Autun en 174^ > archevêque de, 
Lyon en 1758, mourut à Paris 
le a mai 1788. L'académie fran* 
(aise le mit au nombre de ses 
membres en 1757 , et il ne dut. 
ce choix qu'à ses talens. Une 
, mémoire heureuse f une imagina- 
tion brillante , un esprit égale- 
ment propre aux affaires et aux 
belles-lettres , le distinguèrent 
de bonne heure. Son éloquence 
ëtoit élevée, noble, énergique, et 
bien nourrie. Ce caractère se 
montre dans ses dlôiérens ouvra- 
ges. Les principaux sont ,'I. Let- 
tre à M, r archevêque de Paris , 
1760, in-4*^ et in- 13. II. Instruc- 
tion pastorale sur les sources de 
Tincrédulité et lesjondemens de 
la religion, in-4'», 1776; lue avec 
fruit et avec plaisir par les incré- 
dules mêmes. Cet ouvrage , re- 
marquable par la force du rai- 
sonnement , et par divers traits 
d'éloquence , l'est encore par la 
sagesse et la modération de son 
style, m. Des Mandemens y des 
Instructions pastorales , un Ca- 
téchisme , et d'autres Ecrits k 
Véglisê de son diocèse^ 



MONT 



liS 



MONTBfiLLIAAD ( Philibert 
Gdsheaii de } , • né en 1 720 à Sé- 
mur en Auxois , tnort dans la 
même ville le aS novembre 
1785 y passa une partie de sa jeti«- 
nesse à Dijon , et vint ensuite k 
Paris » 011 il se fit connoître par 
son goût pour les sciences« La 
continuation .de la Collection 
académique , recueil qui contient 
tout ce qu'il y a de plus intéres^ ' 
sant dans les Mémoires des diiTé- 
rentes académies de l'Europe , 
l'annonça avantaj^eusement dans 
.le monde httéraire. Le discours 
qui est à la tête du premier vol. 
est bien pensé et bien écrit. Bui- 
fonson ami, ayant besoin d'dh 
associé dans son grand travail de 
l'histoire naturelle , lui proposa 
de.se charger de continuer celle 
des oiseaux. Montbelliard y con- 
sentit; mais il laissa paroître les 
{premiers articles sous le nom de 
'illustre naturaliste qui l'avoit 
mis de moitié dans son' travail. 
Il eut le plaisir de n'être pas 
reconnu, et ce fut Bufibn qui le 
nomma dans une préface , oii il 
dit de lui que c'est l'homme du 
monde dont la façon de voir , 
de juger et d'écrire , a le plus de 
rapport avec la sienne. Lorsque 
la partie des oiseaux fut achevée, 
en 9 vol. in-4^ , ou 18 in t 1^2 ^ 
Montbelliard s'occupa des insec- 
tes , matière sur laquelle il avoit 
déjà fourni beaucoup d'articles 
a la nouvelle Encyclopédie -, mais 
la mort l'arrêta dans ses travaux. 
La sensibilité et la gaieté formoie.it 
son caractère. 11 étoit ami tendr 3 
et zélé. <f Je suis bien aise de ces- 
ser de vivre , dlsoit-il aux parens 
et aux amis qui entouroient son 
lit ; vous n'aurez plus k souffrir de 
mes douleui's. » Il étoit marié. 
Sa femme , instruite dans les lan- 
gues, et de plusieurs sciences» 
épargnoit à son époux une partie 
des recherches, et elle n'en a ja- 



À 



ii6 



MONT 



i9»«istttfrM* tt a laissé im fils q^iû 
lut Q&ci^ dexèragQps. 

t MQNTBRUN ( Charle D» Ptt» , 
j^t h lk«(?#)> UB> des plus vaii- 
lans cii^pÂtttœes «aWiiu^es du 16^ 
Siècle. Diieos exploits , par les- 

SixeU ilsigaala .sa Tai«ur «n 4éfei^ 
«Mtt son parti , Fobligèraat dç se 
vetirer à Genève. Dçux ans après 

. «BYÎf on ik ventra en France j et i 
ie rencbt ittaite» de plnâieurs pla- 
fii^ en Qauphiné et en Pi^ovence. 
Il se trouva ait^ batailles de lar- 

» Aae et de Monoon tonr. L'an 1570^ 
jétani reiïenii en^ Dâtfphiné , il a^-* 
•compdfgna Famiral de Ckkastillon 
an Vivai^ia, 0t passa le llbéne k 
'la nage avee s«i cavalerie , après 
avoir nlesâié lemai^qais de Cordes, 
«om mandant de la pij^ovince , et 
4^lait Vannée op'il eemmandoit. 
iPostériearement à la Saint^Bap- 
Àale«ai) en 1^74 f Mootbrun, 
av^MQt pris diverses places, eut 
yandace de ^arelier contre Tar- 
Biée dellenn Ili , qijii iaiseit le 
*mé^e de livron > el d'ordonner à 
âe& tnMtpet die piller le bagage de 
<ee pe^inoe. Lerei|u'on lui repro- 
cba cette action^ il répondit : 

' «« ]>env eikosearendent les nommes 
'égaiu:> le jeu et les armes, x Di^fin 
le marquis de (>ordes Fajfant 
pouranivi viven»ent , Montbrun , 
ae voyant en danger d'être tué ou 
fait' prisonnier, poussa son cheval 
'Àtigué ponr sauter le canal d*un 
mouUn , près de Die ; mais il 
tomba , se cassa -la caisse , et lut 
arrêté. Il avoit dit un }our : « Le 
roi m'éerit oomme roi , et comme 
si j.e devoii& le reconnoître. Cela 
seront bon en temps de paix^ mais 
en temps de iruevre , ave« le bras 
armé et le cul sur la felle , tout te 
.monde est çompagnoin. Q4A'ilvoie 
>% présent, dit Henri III en appre- 
nant sqn arrestation, s'il est mon 
compagnon. » £» effet , il {ni fit 
4f^re S(OM proieès à^Gf ea^Je , ok en 



le conduisit le 29 du mois ijejun- 
let. Montbrun lut condamné à la 
mort , qu^ souffi-it avec beaur 
coup de constance , le iti aoât 
1573. La paix dé 1576 lui rendit» 
par un article exprès , l'honneur 
quele^enrede isa mort semblott 
lui avoir 6té , et le jugement 
rendu contre hii fut anéanti et 
révoqué, lies calvinisites avoient 
la plus grande idée de sa bra- 
voure; et en çffet elle étoit com- 
parable à celle des héros de Tai;:^- 
tiquité. P". MahqmetIV, n* V. 

t MONTCALM ( Louis-Joseph 
DE Saint-Véban , marquis de ; , 
lieutenant général des aonées. du 
roi , né en 171 2 à Gandiac , 
d'une famille de Rouergue , qui 
a produit le fanoeux grand-mâ.itre 
GoKon, vainqueur du dragon qui 
désoloit l'île de Rhpdes. Le jeun^ 
Montcalm , élève de du Mas , 
inventeur du Bureau typographi- 
que , ne fit pas mqins d'honneur 
aux leçons de cà maître habile 
que son frère cadet Candiac 
( F^oyez Candiac. ) Il porta les 
armes de bonne, heure , et , après 
avoir servi dix-sept ans dans lé ré- 
giment de Hainaut , il fut fait 
eolonet de celui d^Auxerroîs en 
1 743. La connpissance qu'on avbit 
de ses talens et de son activité 
hii fit éonfier ùes comma^demeos 
particuliers, et il ne perdit aucune 
(]kïcasion de se signaler. Il reçut 
trois bles.sures à }a bataillç donn^ 
sous Plaisance le i5 juin 174^ » 
et deux coups de feu k la malheu- 
reuse affaire de TAssiette.. Devenu 
brigadier des, armées du roi en 
1747 , et mestré - de - camp du 
nouveau régiment de cavalerie de 
son nom en 1749, il mérita d'être 
fait, en 1756 , maréchal-de-camp 
et commandant en chef des troijL- 
pes françaises dans PAmérique. 
Il V arriva la même année, et ar- 
rôta, par sts bonnes dispositions. 



MONT 

Taraiëe au généval Loi^doo , 4iu 
lac da Saint-Sacrement. Leâ cam- 
pagnes de 1757 et de 17S8 ne fti- 
rent pas moins glorîeoses pour 
lui ; avec un tres-petii nombre de 
troupes il repoussa les armées 
ennemies , et prit des forteresses 
ibunies de garnisons fortes et 
nombreuses. Le froid , la faim 
accablèrent ses soldats , depuis 
l'automne de 1757 jusqu'au prin- 
temps de 1758. Il les soutint dans 
cette extrémité, et s'oublia lui- 
même pour les secourir. Le gé- 
néral Aber.cromby a^Bîxt succédé 
au lord Loudon , le marquis de 
Montcalm remporta sur lui , le 
B juillet 1758 , une victoire com- 
plète. Cette journée coûta 600 
morts ou blessés a l'ennemi. JLe 
vainqueur eut la modestie de met- 
tre dans sa relation « qu'il n'a- 
yoit eu que le mérite d*ôlre le 
général de troupes Valeureuses. 2> 
C'est ainsi qu'il soutint pendant 
quatre ans la destinée de la co- 
lonie française , qui chanœloit 
de plus en plus. Enfin , après 
avoir éludé lotig-temps les efforts 
d'une arasée tre^-supérietire a la 
sienne, et ceux d'une flotte for- 
midable, il fut engagé, malgré 
lui , dans un comoat près de 
<^€bec. Il reçut au premier rang 
çt au premier choc une pro- 
fonde blessure , dont il mourut le 
surlendemain, i^ septembre 1759. 
1^ trou d'une bombe, lui servit 
de tombeau ; âé.pulture digue d'un 
homme qui avoit résolu de déJfen- 
dre le Canada , ou de s'ensevelir 
souâ-ses ruines. Montcalm conser- 
va le goût de Pétudeau milieu des 
armées. Il avoit été créé eomman- 
"deur , par honneur, de l'ordre de 
S. -Louis 9 «n 1757 , et lieutenant 

fénéral en 17Ô8. F'. Mercure de 
'rance (juillet 1761 ) , l'épita^phe 
que lui composa Tacadémie des 
inscriptions , pour être mise âiir 
ion tombeau a Québec. 



MOîfT »i7 

I fMONTÇHAL( Ghadel 
de), fil$ d'un «potkiekire d'An- 
noiiay , dans le vivarais, d(ialM>r4 
bonrsi^f, ««suite prineipid d'fim 
collège dtePttriâ, «'éleva de de* 
gré en d«gf^ 4r l'arehevéché ém 
Toulouse. Monichal est connu 
fnrébsM0itôites ciltieAt $ mais 
impHraés avec peu de soin ^ 411 
d'uâefl»amère incorrecte, « Rotec^ 
dain^ tyiS'y 1 v. iki-ia. Ih tottle»! 
sur le eardin^l ëe Richelieuv Gë 
ministre lui «voit dooné^'areW 
yéehé de T^uloase en ié»$ , «uf 
la ^lémission du cardinal de U 
Vallette , à&at A avoit ^ |H*éoe»- 
teur. Quoiqu'il dût ude Bactie iê 
sa fortune «u cordittal de HicbcH 
lieu , il ne chercha pas h le flatlof • 
On lui attribue -^Beope ulse- ^Mtf* 
sertéUion. oà il «tttreprend -à^ 
[prouver que « les puissanKes *é» 
culières ne peii¥è&t imposer 9ur 
les biens de l'Ëgliae aucune* taxa 
sans le ^onseatem^t du«4eisgé » 
{VoYەi l'Europe Savante^ tto* 
veaibre 4^1-8. i) ll«tlr£ue beaiî* 
eoup de poi«9<0ir au pape , «t di-^ 
mimae ^elui des prince»» -M^ot*- 
^al , {A*ot6ctefir €les a«van» ^ 
et très -savant lui-wêrne» tra- 
vailla loug'-temps k corriger Su- 
sèbe , et fit des étahlissemelits^tilet 
dans sofi diocèse. Les gens de 
lettres ttépandivent 4es' fleuM^siir 
son Urnubeatt. fl y deseîBirdîl eft 
16S1 y il CaffcafMkie. 

* MONTCHAULT {?mf 
de ) > aé a Tro^res eft Champuignc 
vers i555 , pttid»pal du^coèlég^e 
de cette ville , a publié diiié- 
rens J^ifilêiâp de vers 'hitkis et 
français '^ui ne lui ont potot 9nri> 
vécu. S«a Quvmge 4e plus conai»» 
dérable est iittkalé fi^rtgeHe sut* 
la mort' de -Ckarles /X, et ^hen*' 
reuse venue de Henri MI de eoh 
poy^oâme d^ P^gtte en J^r^mce^, 
Paris y i5jS , in-4**» ^a tersifîett* 
tion eu «il tfttre ^t firoMÏqvè» 



II 



8 



MONT 



. C'est une espèce de dialogue entrée 
plusieurs bourgeois qui mêlent 
des tableaux ctSrajpêtres auiï re- 
grets de la mort de Charles IX , 
et annoncent la t'élieité du royau- 
me sous le règne de Henri III. 

MONTCHEVREUÏL ( Jean- 
Baptiste de Mornay , comte de ) , 
lieutenant - général des armées , 
entré d'abord dans le régiment 
du roi , infanterie , se trouva à 
tous les sièges que liouis* XIV 
fit en personne en 1667 , et devint 
capitaine , major , lieutenant-co- 
lonel, et colonel-lieutenant de son 
fégiment. Toils les généraux sous 
lesquels il servit rendirent un 
témoignage flatteur de sa bra- 
voure. Après la bataille de Senef , 
monsieur le Prince écrivit au roi : 
n Montchevreuil a fait des n^er- 
veilîes ; il aspire aux grandes 
choses. » Il mérita les éloges du 
souverain même , témoin de sa 
• valeur au siège de Valenciennes. 
. En 1690 il passa sous les ordres 
du maréchal de Luxembourg , et 
se signala à la bataille de Fleu- 
ras ; mais le siège de Mons mit 
le dernier sceau a sa gloire , par 
]a manière hardie dont il emporta 
un moulin et une redoute impor- 
tante. Luxembourg \ê chargea de 
la première ^taque du village de 
pferwinde. Malgré le feu terrible 
des ennemis , le comte força la 

Salissade , renversa les chevaux- 
e-frise , et s'empara du village : 
mais il fut tué un moment après , 
et Ncrwinde repris. 



t MONTCHRESTIEN de Vas- 
TEV11.1.E ( Antoine , sieur de ), poêle 
français , fils d'un apothicaire 
de Falaise en Normandie , plus, 
connu par ses intrigues , par son 
humeur querelleuse et ses aven- 
tures, que par son talent pour la 
poésie. Sa vie fut un tissu de démê- 
JUs i $ti première dispute fut avec 



MONT 

le. baron de Gourvillcj qui l'at- 
taqua, accompagné de son beau- 
frère et d'un soldat. Montchres* 
tien piit l'épée a là main contre 
eux ; mais , accablé par le nom« 
bre , il fut laisse pour mort. Dès 

âu'il fut guéri de ses blessure* ^ 
porta ses plaintes , et tira de 
ses assassins plus de i<2 mille liv. 
Il se rendit ensuite solliciteur 
d'un procès qu'une dame avoit 
coi^e son mari , gentilhomme 
fort riche , mais infirme et im-" 
bécille. Après sa mort, ])j[ont- 
chrestien épousa sa. veuve ; mais 
il fut obligé de la quitter bientôt. 
TJn meurtre dont il fut accusé 
le força de se sauver en Angle- 
terre , oïl le roi Jacques I«' l'ac- 
cueillit très-bien. Le poète aven- 
turier , ayant obtenu sa grâce , a 
la prière dé ce monarque , revint 
à Paris , et y dressa une bou- 
tique de lunettes , de couteaux et 
de canifs. Il s'occupa quelques 
années de ce métier, soupçonné 

I rendant ce temps-la de fair€| de 
a fausse monnoie. Quelque temps 
après il alla offrir ses services 
aux religionnaires , qui lui don- 
nèrent la commission de lever des 
régimens en Normandie. Il par- 
couroit cette province , lorsqu'il 
fut reconnu dans une hôtellerie 
au village des Tourailles , k cinq 
lieues de Falaise. Le seigneur du 
lieu , instruit de son arrivée, vint 
l'assiéger dans l'hôtellerie le 7 
octobre 1621. Montchrestien se 
défendit en homme déterminé , 
tua deux gentilshommes et un 
soldat ; mais il fut tué lui-même. 
On transporta son corps à Dom- 
front , où les juges le condamnè- 
rent à avoir les membres rompus , 
et à être jeté au feu et réduit en' 
cendres. Cet arrêt fut exécuté le 
m octobre 1621. Cfn a de lui des 
tragédies ; savoir , VEcossaise f 
MarieStuart ou le Désastre , la 
Carthaginoise ', les La&ènes j 



V 



MOKT 

Ihvidy Jbnan , Hector, Il a donné 
une Pastorale en cinq actes ; uii 
Poème divisé en quatre livres , 
intitulé Suzanne ou. la Chasteté' y 
in-ia et in-S*»; des Sonnets y etc. 
Ce sont autant Je productions 
plus que médiocres ; mais il y 
a de lui un livre où Ton peut 
prendre quelques notions utiles 
sur le commerce de son temps : 
c'est son Traité de VEconon^ 
poiitiçue ,^^o\\en , i6i5 , in^f». 
Cet ouvrage est divisé en 4 livres ; 
le premier roule sur les manufac- 
tures , le 2« sur le commerce , le 
3' sur la navigation , il y parle 
fort an long des vovages Hiits aux 
Indes, et le 4^ sur tes soins prin- 
cipaux des princes. Ses pièces de 
théâtre ont été recueillies k Rouen 
en i6<ip et 1627, 

MONTGLAR. Fojez Moncla», 

f MOlVr-DORÊ ( Pierre ) , en 
latin MonS'Aureus , né à Paris , 
et conseiller , ou , selon d'autres, 
maître iXes requêtes, chassé d'Or- 
léans k cause de son attache- 
ment au calvinisme « se retira 
à Sancerre , oh il mourut en 
iSyo. Le chagrin du pillage 
de sa bihliothèque à Paris abré- 
gea ses jours. Il «voit un talent 
«larqué j^our la poésie latine. On 
a de li^ un Commentaire sur 
le io« livre d'Euclide. Mont-doré 
avoit succédé a Pierre du Ghâtel , 
dans la place de loaître dç la li- 
brairie du roi. G'étoit la biblio- 
thèque royale , déposée alors à 
Fontainebleau V et qui renfermoit , 
I ^ les livres de Charles V , au 
nombre d'environ 910 vol. ; 2<> la 
bibliotlièque de 61oi$ , formée pat 
Charles VIII et Louis Xll , et oii 
l'on transporta celle que les Vi$r 
contis et les Sforces ^ ducs de 
Hilan , avoient établie a Pavie , 
et celle de Pétrarque ; 5» la biblio^ 
th^que de Louisç de Savoir ^ mère 



MONT irj 

de François I" j 4** enfin , celle de 
Marguerite de Valois , sœur de ce 



roi. 



, fMONT^DORGE ou Mon- 
DOBGE OU Mont-d'Orge (^utoine 
GAUTiEftde) , maître delà chambre 
aux deniers du roi , membre de 
l'académie de Lyon sa patrie , 
né en 1727 , mort k Paris le 24 
octobre 1768 , n'avoit que vingt 
ans lorsqu'il fit les paroles de& 
fêtes d'Hébé ou les Talens fy-. 
riques , opéra représenté en 1709, 
et mis en umsique par Raraeau*^ 
C'est dans cet ouvrage qu'il osa , 
le premier, s'écarter des lieux 
communs de morale voluptueuse 
dont les opéras étoient remplis. 
Sana. avoir la force nécessaipe 
pour porter ce genre aussi loin 
qu'il pouvoit aller , cet auteur 
rendit un servît important. Il 
aimoitles arts et encourageoit ceux, 
qui en suivirent la carrière. Il à^ 
laissé plusieurs ouvrages agréa- 
bles, parmi lesquels on remarque t, 
t. Lettres d'un j^eune homme à^ 
un chevalier de Malte y où l'ont, 
trouve beaucoup d'esprit , et sur- 
tout de sentiment. U. ÎJOpér^L 
de société , musique de Giraud» 
représenté en 1 762 . \\\» Réflexion $ 
d'un peintre sur V Opéra , Paris , 
f 741 , in-i2 , satire assez plaisante; 
IV.. Uart d^ imprimer les tableau x^ 
en trois couleurs y Paris, 1755 >. 
in^8® ; brochure où l'on trouve 
des détails curieux. V. Un grand 
nombre d&Poésies légères , etc. 

♦ I. MONTE(Ersilied«l),dame 
iHusk-e de Modène , fîlle natu^ ^ 
relie de Jacques Gortèse, frère 
dn çai'dinal de ce nom , née^ 
en 1529 9 fut légitimée en i54i*. 
Une excellente éducation ajouta 
beaucoup k son esprit et k 
ses grâces naturelles. Son pèrQ> 
habitQit Rome depuis (j[.uetqu» 
temps , etsa fille l'avoit suiifi dan^ 



I30 MONT> 

cette TÎHe.Eersilie fixa lès rêfât-dl 
et le cœur de Jeàu-Baptiste del 
Monte , neveu du pape JuJes III. 
Il offrit sa main a Ërsilîe, et le 
pontiie approuvai cette union. 
Leur bonheur ne fnt que pas- 
sager. Jean - Baptiste fut tue au 
isiége de la. Mirandole en i552. 
Ersilie , veuve a a3 ans , ne vou- 
liit pas passer a d'autres noces , 
par attacoeilient k la mémoire de 
son ëpoux , et pour ne pas trans- 
Vieitre a des étrangers les biens 
de la maison del Monte. Ses re- 
fus lui attirèrent une violente 
Çersécution. Sous le pontificat de 
aul Caraffe IV, iin homme puis- 
sant, allié des Caraf}ê,Ia demanda 
en marjage. Gomme elle rejeta 
toutes les sollicitations , les Ca- 
raffe ou leurs a gens se vengèi^nt^ 
en faisant, saisir , sous difféi^ns 
prétextes, les terrés , les châteaux 
et les autres revenus de cette 
yenve généreuse. Tonibée dans 
{indigence , son courage et ses 
vertus . désiarmèrent ses ennemis. 
JLe pape reconnut Tin justice de 
çettà vexation, et fit rendre k 
Ërsilie tous les biens que ses 
peveux âvoientnsurpés.Cette ûou- 
yelle Artémise , qui vivoit encore 
f n 1678 , mais. dont on ignore Tan- 
pée de la mort, passa le reste de 
^a vie dans la cnlture àes lettres 
et dans la société des plus sa- 
yans littérateurs de Rome. On 
trouve quelques Vers de ses poé- 
}fies dans uti Recueil de rimes > 
publié en i5y5 par Mutio Man- 
iredi, 



* IL MONTE (Horalio del )^ 
■P^apolitain , né en i545 , mort 
^rcnevêque ^l^rles en i6o3 , fut 
jugé ; dans l'afTairc du divorce de 
Henri IV avec la reine Margue- 
lite. Ce prince Vaimoit beau<;oup , 
€t auroit fott désiré que le Jpapè 
lui donnât là noticiatUfë tté 
France, 



; * iJl. MOWTfe (PiWfb di!) , 
Vénitien , vivait dans le i5 siècle. 
Egalement versé d^^ la tonnois- 
sance de la littérature grecqnir 
et latine , il étudia aussi la piii-* 
losophie et le droit eanôn , ^t 
fut nommé protûBOtaîre aj>osto- 
lique par lé pape Ettgèûe , qui 
Venvôja peu de temps après k'ti 
concile dé B&le , et ensuite eni 
Angleterre. Ce pape , voulant ré- 
compenser ses services , lui co|i- 
féra i'évêché de Breseia. Après 
avoir rempli les premiers em- 
plois de FËglise sous ce pape» 
et sous deux de ses successeàrs » 
il mourut en i45g. Les ouvrages 
qu'on conuoît de lui sont , ï. n?- 
pertorium utriustjué juris , !ï vol. 
in*fol. II. Monarchia y in qua ge^ 
neralium conçiliorum maie/Ha , 
de potestate et prçestentid £0^ 
màni pontificis et imperatùrïs 
discutitur^ (sx prùprio originaii 
Felini Sanâei descnpïa , cum 
fjusdem FeUfà adnoîatiànibus 
quibusdam» 



*iy. MONTE ( ïssidratea ) 
florissoit a Venise au i6* siècle , 
et acquit tine grande réputation 
par ses talens et par son élo- 
quence. On a de M àes Pis- 
cours de félicitation adressés & 
|>lusiears nobles Vénitiens , im- 
primés k Venise en 1677 et iSjS. 

* V. MONTÉ ( le coitfte M. 
del) , de Vicetice , yiVèit ^u i{,* 
siècle. £)n x56i il fît imprimer 
k Venise ttae tragédie intitulée 
VAnti^onô: vôuîaui la faire re- 
présenter dans cette ville , le 
célèbre architecte Palladio dressa 
uîsl vaste théâtre , dont les déco- 
tations furent peintes par les plus 
célèbres artistes. 

* Vl. MONTE { iGmdui>a!dd , 
marquis del);, issu d^une noble et 
litfcieime famille d'Omî)rrê , passa 



V 



I MONT MONT lar 

I tmnqnîllenï^ toute isa vie k^ta- 1 'C«fà ai cuoihg del ^ètceràote se* 
! dier les mathétnalrques , <l«tts coïàte e regolare , ovifero Con- 
lesquelles il étoit , pour ain^ dire, siderazioni ecclesiastiche pf*r 



tellement enfoaeë , qtfil semblûit 
être oi;j>lîë de tout \e monde , qu'il 
avoit lui-mém^ oublié ; et sans la 
publication de ses oimrages , ou 
aaroit presque ignoré qu'il eAi 
existé. On présume qu'il mourut 
Ters le comm^cemeut du 17* 
siècle. Son fils Horace fit iknprimet^ 
a|>rès s.a knort , ses Problèmes 
astrenomiaues.TovLS les oirvrages 
de Gaidubaldo del Moptè sout 
écrits en latin ; celui de Perspec- 
tive fut publié à Pézaro en 1606. 

11 fut le premier , selon Moutuda , 
qui fit voir qu'on pouvcrh étcmdre 
les principes de cette science, il 
donna encore en 1579 la Théo- 
rie de planisphères^ lï a aussi 
commenté quelques Traités d'Ar- 
chimède , et écrit en langue ita- 
lienne sur les Corrections k faire 
dans le calendrier.' 

♦ Vïï. MOIVTE ( le docieur 
Bardiélemi - Marie dal ) , Célèbre 
mifistonnaire , né it Boiçgoe le 

12 novembre tyTsd. Après avoir 
fait ses . études sous les plus ha- 
biles maîtres, iieatra daUs l'ordre 
ecclésiastique > fut fait prêtre le 
ai décembre ty^, et reçu doc- 
teur «n tbéôlogie en lySi. îl «e 
consacra alors aux travatit: des 
missions , avec plusieurs autres 
ecclésiastîc|«es aussi zélés et aussi 
ferv«DS que lui ^ qu'il continua 
pendant û& aus\ et pTrreôunit 

ÏQsieùrs fois les états du pape , 
Moééifiois , la république de 
liocques , et les états de Venise ; 
pip-tont fiOB zèle , sea vertus , 
^teette ^onction apo^oli^ue ^ui 
étaient l'ame de ses discours, 
apérèrent un jmtid tiombre de 
aèsversicms. Ce éîgne irnssion- 
wre fia&ùtùt le 124 décembre 
i«7t8. Il est auteur de plusieurs 



ogni gèomo dei mese ; colï ag- 
giunta degli esanii previi alla 
aonfeisione et comumone ; del 
ragionamerUo del rispetto doi^uto' 
aile persone degli ecclesiastlci ; 
degli avvertimenti agli ordinandi; 
e d'un ristrello délie principali 
'cérémonie délia santa messa pri- 
vàta ; opusèàli y etc , Rome et Bo' 
logpae, 1775. 



* MONTE-BRITNI(Francois), 
de Gênes , florissoit dans le 17* 
siècle , et oublia à Bologue , en 
1640 , les Èphémérides au ciel , 
depuis i64i jnsqti'en 1660. 

* t. MONTEC ALYÏ ( Jàtquts), 
d'frne noble et ancienne famille , 
qui remplit avec distinction les 
premières charges de la ^magis- 
t^atuee , naquit k Bologne , ïùl 
reçu docteur en philosophie et 
en médecine en i3di , et mourut 
e& i36t. On k de lui des Com- 
mentaires sur Avicenne ; et on 
conservent dans ïa bibliothèque 
de l'institut de Bologne un de 
ses éiïrits y intitulé Cronoca di 
cose succedute ih Bohgna , è 
suo " coMtèdo , èd altrove dalT 
imno d( Chri'sto 1168 , Jitio air 
anfvo 14^1 9 èopiala Si esem- 
piare itntico per rttano del cario- 
nico Antotifràncesco i^hi^elU. 
Cette chronique a été continuée 
par un autre auteur , dont, où 
Ignore le nom, 

* II. MÔNTECALVI \V, », 
Honoré ) , ehânoitie réguîrét* de 
Saint- Jean-de-Latran , et dernier 
rejeton de cette famille , prit 
l'habit religieux à Rimini le ৠ
septembre 1622 , et rèAipllt le^ 
preittiê^s etnplois de sbti ordrr. 
Sôll talent pour là chaire lui fit 



^imrli^ft ireciiâltiB «seiid ce titi^ ; 1 1» |»4us grande réputàtiot). Où 



132 MONT 

i^ore Tépoque de sa mort ^ mais 
oti saîtqu il vivoit encore en 1676- 
On a aie lui Trium barbarorum 
philo sophorum vitœ y scilicet 
jibaris Hyperborei , Anacharsis 
Scytœ y Àsclepii Imutis , Gésèue, 
i65i , in-ia, 

* MONTteCALVO ( Vincent) , 
ne a Bologne en \S'j'5 , d'une fa-^ 
mille très-distinguée, mort dans 
cette ville en 1607 , ^^ rendit si 
familiers les principes d'Aristote, 
qu'il s'acquit la réputation du 
plus habile përipatéticien de son 
siècle 5 et que toutes les univer- 
sités d'Italie firent , pendant 
vingt-quatre «^ns qu'il professa k 

, Bologne , tous leurs efforts pour 
se l'attacher ; mais les propo- 
sitions les plus avantageuses ne 
, purent le décider à quitter sa pa- 
trie. On n'a de Montecalvo qu un 
Traité de médecine , et un Corn- 

- mentaire sur la niétaphysique 
d'Aristote. 

* MONTECATINI (Hugolin 
de ) , célèbre .médecin , né dans 
le territoire de Pistoie , vivoit sur 
la fin du i4* siècle et au com- 
mencement du suivant. Il ftil d'a- 
bord professeur à Pérouse , et 
ensuite à Pise, pendant 26 ans. 
On connoît de lui un ouvrage in- 
titulé de Balneis ; il a encore écrit 
un livre sur les Eaux thermales 
ée la Toscane , ejt leurs divers 
usages dans la médecine , et spé- 
eiulement de celle de Moncatini 
dans la vallée de Nîévole , qui 
a été enrichi d'une notice sur 
l'auteur , publiée par le chanoine 
Baudini , Venise , 1789 , in-S®. 

* MONTECATINO f Antoine), 
noble Ferra rais , grand péripaté- 
ticien et philosophe platonicien , 
professeur de philosophie pen- 
dant plusieurs années dans sa pa- 
trie* Le duc Alfonse II le nom- 



MONT 

ma son philosophe le 17 vmH 
i56& ,. avec des appointemens as- 
sez considérables. En 1579 il ob- 
tint le titre de secrétaire et de con- 
seiller , et dians cette même an- 
née il fut envoyé k Rome par le 
duc , à qui il rendit de mauves 
services. Muratori l'a taxé d'in- 
gratitude envers ses bienfaiteurs, 
et croit qu'il fut le^ principal ins- 
trument ide ia réunion du dnché 
de Ferrare au saint-siége. Quoi' 

3u'il en soit , si le fait est <ivrai , 
n'eut pas le temps dexjouir dn 
fruit de sejs artifices , car il mou- 
rut en 1 599. On a de lui plusieors 
Commentaires sur Anstote et 
Platon , imprimés à Ferrare em 
1594. * , 

* MONTECCHIO (Sébastien) , 
en Jatin Monticulus , célèbre ju- 
risconsulte, savant dans les Let-- 
très grecque et latine , né k Vi- 
cence en i538 , se rendit en i56d 
à Padoue pour y donner des le- 
çons publiques sur }es Institutes 
de Justinien , » et bientdt après 
sur le droit canonique , qu'il pro- 
fessa jusqu'en 1608 , époque à 
laquelle il se retira au sein de- 
sa famille , dans sa patrie , oit il 
mourut en 1612 , âgé de 77 ans- 
On a de lui, I. Commentjariu». 
non inutilis in très titulos resti- 
tutionum , de rerum divisione , 
de rébus corporalibus et de in- 
corporalibus , et de ttctionibus , 
Patavii , 1670. U. TractaJhAS el& 
im^entorio heredis , Venetiis, 1571. 
Cet ouvrage , assez estimé , fut 
réimprimé à Venise , Turin et 
Gènes , avec de grandes augmen- 
tations. III. Tractatus , seu Comr' 
mentarius de patrid potestate , 
etc., Patavii, 1576. Ce -Traité a 
été imprimé dans la BibUothèque 
choisie de droit. IV. Carmenepi^ 
cum super annum lethiferum, , 
1676, Patâvii , 1557, dont iljr 
a un exemplaire dan& la hiblio'^ 



I 



MONT 

lfaèqQ« dé Saiàt-'BJaise à Vicence. ' 
V. Encaustum pontificalis apicis 
fi electionis , Patavii , i653. Cet 
ouTrage , qui n*est autre chose 
qu'une histoire* mal conçue, mal 
airigée , chargée d'une érudition 
rebutante , des papes depuis saint 
Pierre jusqu'en looo , est divisée 
en 24 décades , etc. , etc. 

t MONTÉCLAIR ( Michel ) , 
musicien , né a trois lîeués de 
Chauitiont en Bàssignj en 1666. 
Dès sa jeunesse ses parens le 
placèrent enfant de chœnr de Té- 
glise làithédrale de Langres , où. 
il apprit la musique et le goût 
pour cet art , sous Jean-i3aptiste 
Moreaa , assez bon maître' de 
chapelle pour le temps. ( Voyez 
MoBEAu. ) Montéclair vint ensuite 
k Paris en 1700 , et s'y fit con- 
noitre la même année qu'il en- 
tra a l'orchestre de l'opéra ,011 
il fiit le premier qui joua de la 
contrebasse. Cet artiste mourut 
dans une maison de campagne 
près Saint-Denys en France ,-au 
mois de septembre i^Sy , suivant 
du Tillet , èl , selon 1 auteur du 
Mercure ( mars i^SS , pag. 566) , 
il étoit décédé le 1^ mars précé- 
dent. Ou a de lui , 1. Méthode 
pour apprendre la musique, II. 
Principes pour le violon, III. 
Trio de violon et basse, IV. Des 
Cantates et des Motets, V. Une 
Messe ele' Requiem et plusieurs 
iaitres, Vf. La musique des Fêtes 
iiété y 1716 i des iVuits d'été , 
17 16 , et de la tragédie de-Jephté, 
représentée en i ^3 1 . Les paroles 
de ces trois ouvrages sont ae Tab- 
hé Pellerin. 

* MONTE-CORVPÎO (Jean 
de ) , envoyé par lé pape Ni- 
colas IV, avec quelques autres 
ecclésiastiques , auprès . de Co- 
blaij empereur deslartares^pour 



MONT 135 

l'engager k favoriser les chrétiens 
établis dans ses étajs. Cette mis^- 
sion spirituelle ne fut pas inutile. 
Un graiid ' nombre de - Tartare^ 
embrassèrent le christianisme. 
Beaucoup de' néstoriens adop^ 
tèrent la doctrine et 'la discipline 
de l'Eglise romaine. Jean-de Mon- 
te-Corvino traduisit en langue tar- 
tare le nouveau Testament et les 
Psaumes. ( Voyez Mosheim , Hist. 
eccl. , tom. ifl , p. m. i36. ) En 
i3o8 , le pape Clément Vie fit 
sacrer archevêque de Pékin, et lui 
nommà^usieurs évêques poiu-suf- 
fragans. V, Formej j Abrég. de 
THist. eccl. , t. I. , p. m. 36o. 

* MONTECROCE (Ricoldo di), 
de Tordre des prêcheurs , Floren- 
tin de nation , voyagea dans une 
grande partie de l'Asie pour tra- 
vailler a la conyersion des Sar- 
rasins , et a écrit une Relation 
de ses voyages , dans lesquels il 
donne une Description des pays 
qu'il a parcourus , des «mœurs , 
des coutumes et des usages des 
peuples qu'il a vus. Le manuscrit 
de ses voyages existoit dans la 
bibliothèque du chapitre de Ma- 
gonza ; Gudcno en a publié la 

Î)réface et le commencement dans 
e Sylloge monumentorum \ page 
383. On a encore de cet ouvrage 
une Traduction française manus- 
crite, de Tannée i35i. Le seul de 
ses ouvrages qui ail été imprimé 
est une courte réfutation de 
TAlcoran , qui prouve que l'au- 
teur étoit tres-versé dans la con- 
noissance de la langue arabe; on 
ignore pourquoi cet ouvrage n'a 
pas été traduit /en latin ou dans 
une autif-e langue moderne. Mon- 
tecroce mourut k Florence dans 
le couvent de Sainte-Marie-la* 
Neuve, en i3og. 

1 1. MONTECtJCULL ou Isl, ^^- 



I 



*34 MONT 

TEovcuLo (le comte Sébastien)^ 
gentilhomme italien , né k Fer- 
i^are , étant venu en France , se 
'produisit a la cour, et devint 
*'é'clianson du dauphin François » 
"fils de François !•'. Montecuculi 
'accusé d* avoir donné du poison 
dans une tasse d'eau fraîche à ce 
Jeune prince, pendant qu'il jouoit 
a la paume à Lyon , l\it mis k 
la question , et en avouant ce 
'fcrimè , il déclara qu'Antoine de 
îiève et Ferdinand Gonzàgue*, 
attachés a CharIes-Quint,ravoient 
for lé à le commettre : mais les 
partisans de l'empereur s'élevè- 
1-ent contre cette imputation , et 
rejetèrent ce forfait sur Cathe- 
rine de M édieis , qui , en se dé- 
faisant de ce prince , assuroit , 
disoient-ils, le trône à Henri II, 
son époux , frère cadet du dau* 
phin François. Toutes ces con- 
lectures étoient bien odieuses* 
Les généraux de l'empereur pou- 
voient-iis craindre un jeune prince 
qui n'avoit jamais combattu ? Que 
|;agnoient - ils à sa mort ? Quel 
crime bas et honteux avoient - ils 
commis , qui pût les faire soup- 
çonner PL'mtwêt que Catherine 
de Médicis avoit d'être reine de 
France étoit-il une raison assez 
îbrte pour lui imputer un crime 
^ans la moindre preuve ? Ecou- 
tons sur cet événement funeste 
le véridique et impartial Robert- 
son , qui réfute les soupçons 
formés contre Charles - Quint. 
« Dans un temps oii toute la 
France étoit animée d'une haine 
implacable contre Charles , on 
n'eut aucun égard ni à l'assu- 
rance avec laquelle ce prince et 
ses officiers protestoient de leur 
innocence , ni à l'indignation et 
9- ITiorreur qu'ils témoignèrent 
de ce qu'on pouvoit les supposer 
capables d'nue action si exécra- 
ble, il est évident cependamt <|ue 
Vempeveur n'avait aucun motif 



MONT 

qui pût le porter k eonnnettre 
un tel crime. Outre le ^uphin , 
François avoit deux Bh , tous 
deuic en âge de lui succéder, et 
il étoit lui-même dans la vigueur 
de son âge. Sans parler même 
du caractère de l'empereur , k 
qui l'on n'a jamais pu reprochêl* 
aucune action qui rassemblât k 
cette atrocité , cette seule consi- 
dération eU plus que suffîsatite 
pour contreoalancer le poid* 
d'un témoignage équivoque ,€irrïiy 
ché dads les lounuens dé la ques*- 
tion. Les historiens lés nfioiiM 
prévenus disent que la natorC du 
dauphin fut occasionnée par d& 
l'eau froide qu'il but imprudem- 
ment^ après s'être fort échauffî 
en jouant à la paume } et c^« 
cause 9 ^ui est des pins simples , 
est aussi la plus vraisemblable. » 
Le vulgaire , toujours erédole et 
quelquefois atroce dans ses con» 
jectures , a , dans tous les tenips 
et dans tous les PuyS) imputé à 
des causes extraordinaires la mort 
des personnages distii^ués par 
leur rang , ou illustres par leurs 
actions. Quoi qu'il en soit , M(hi« 
tecuculi fut écartelé à Lyon éa 
i556. Quelques historiens ont 
tâché ée laver sa mémoire » et 
ont prétendu que la véritÂble 
cause de la mort du dauphin 
ÎFrançois fut une pleurésie , I» 
non ife poison. Cependant l'ar^ 
rêt porte .... « que le comte Se*» 
bastien MontecuGulo , c«mv«iin©« 
d'avoir empoisonné François > 
dauphin et duc prc}>riét«ire de 
Bretagne , fils aîné du roi , avec 
de kl poudre d'arsenic sublimé , 
et ie s'être mis en devoir d'êniF- 
poisonner le roi lui-même , sera 
traîné sur la claie jusqu'au lîea 
de la Gren^tte , ou il sera tii^ 
et démembré k quatre chevaux $ 
et que , pour r^aration de la 
fausse accusation iqtentéecofitra 
Guinaume d'Inteville, 'seigneur 



SfÔNT 

écs Chenets , >1 sera condamné 
à une ainenile de dix mille livres 
au profit de l*«iccusé. » Ce Guîl- 
^ome d^IntevïHe , premier mai- 
tre-d'h^tel du roî , avoit été ac- 
«usé de oompKcité par M,onte- 
cuculi. Quoiqu'il paroisse justi- 
fia par cet arret , il reste douteux 
s'il étoit innocent ou coupable; 
car la^ même accusation ayant 
été intenlée peu de temps après 
contre Gaac^er d'Inteville , sei- 
gneur de Vanlai , il s'y trouva 
impliqué de nouveau >, ainsi 

3«c François d*Inteville\ évêaiie 
'Â.oxerre. Les trois frères , n o- 
9ant apparemment 's'exposer aux 
suites cfe cette action , s'ienfulreut 
en Italie , eii ils avoient été em- 
ployés tous les trois en qualité 
d^mbassadeurs ; et comme on 
mit leurs têtes a prix , ils celèrent 
leurs noms et le lieu cfe leur re- 
traite. Il faut ajouter à Tarticle 
de Montecuculi que , lorsqu'on 
visita ses papiers , on trouva un 
Traité dé l'usage des poisons , 
écrit de sa main , de la poudre 
d'arsenic sublimé , du réalgal , 
ou riarg^rt, et le vase de terre 
rouge aans lequel il avoit pré> 
sente aii dauphin le breuvage 
qui lui avoit donné la mort. Fqyr, 
• sur ce gentilhomme italien l'his- 
toire de François !•» par Gail- 
lard , et le tpme 28 de rfijstoire 
4e France par Garnier. 



MONT 



1^5 



uns furent imprimés aprç^ *a 
mort , parmi lesquels on dîsti^i- 
guje , I. Assertiones Caroli Jifon-^ 
tecucoîli in comitiis provt^çijH'' 
Ubus Jratrutn eremitarum Si^u^- 
gustini Carpicetebratis publiée 
disputâtes anno 1606 > Carpi , 
1606. II. Poîemonis phy-&ionomi<i 
è grœco in latinum versa p^r cq^ 
mitent Carolum MontecucoUum , 
anno salutis 1607 , cum adnota- 
tionibus , etc. , Mutina? , 16 1 a. Hl. 
^n càbalam introductio qui^- 
da^m^ etc., Mutin j£ , 1612 , ebc. 



t TH. MONTECUCUU (Raî- 
mond de) , né dans le Mcidenois 
en 1608 , d'une famille distinguée, 
porta d'abord les armes coinn:\e 
simple soldat sous Ernest Moja- 
tecuculi , son opcU, qui comman- 
doit l'artillerie de l'empereur ,*cl ne 
parvint au commandement qu'a- 
près avoir passé par tous le^ degrés 
de la inilice. \a. première action 
qui fit thriller le courage du jeune 
héros fut en i644* Il surprit à 
la tête de 2000 chevaux , par une 
marche précipitée , dix: mille 
Suédois, qu'il contraignit d'aban- 
donner, leur bagage et leur artil-, 
leHe. Le général 'Sannier, instruit 
de cette ^faite , tounda ses ânaies 
contre le vainqueur et le lit pri- 
sonnier. Il sut mettre a pront le 
temps de sa captivité , qui fut de 
deux années. Une lecture conti- 
nuelle agrandit la sphère de ses 
"^ n. MONTECUCtJLI (Char- idées , et assura ses succès eu 
les comte de ) , de l'illustre fa»- augmentant ses connoissanc^s. 4- 
raille de ce nom , né k Ferrare peme eut -il obtenu sa liberté , 
le i5 janvier iS^i, s^voit écrire qu'il se vengea de sa prison par 
en latin à Tâge de sept ans ; il la défaite du général Wrangel , 
s'appliqua ensuite k 1 étude desJ|É[ui périt dans une bataille ep 
lans;ues grecque , hébraïque , et "Bohême. Après la paix de West- 
chaidéenne ; de ^'étude de ces 
langues , il passc^ à celle de 



la logique , de la philosophie , 
de l'astronomie , et de la théolo- 
gie. D'un grand nombre d'ou- 
Trages qu'il a laissés , qiielquss- 



halie , Montecuculi passa en 
Suède , et ensuite à Modène « où 
il assista aux noces du duc. Cett^ 
fête fut marquée par un événe- 
ment bien triste pour lui ; il eut 
le malheur de tuer dans un car^ 



126 



MONT 



MONT 



rousel le comte Manzani, son tnà. Montecucuiî éfoit seul digne d*<ê- 



|j empereur attacha entièrement 
Montecucuiî a son service, en 

1657 > i?^^ ^^ ^^^^^ ^® maréchal de 
camp général. Envoyé an secours 
de Jean Casimir, roi de Pologne, 
attaqué par Ragotzki prince de 
Transilvânie , et par la Suède , 
il battit les -Transilvains et prit 
Cracovie sur les Suédois. ( Voyez 
LiéopoLD , n® III. ) Charles Gus- 
tave , )co\ de Suède , ayant tourné 
ses arn^es contre le Daneniarck , 
Montecuculi eut le bonheur de 
prendre plusieurs places sur l'a- 
gresseur , et délivra Copenhague 
par terre , avant que les Hollan- 
dais y eussent jeté du secours 
par mer. La paix , fruit de ses 
victoires, ne lé laissa pas long- 
temps oisif. Le vainqueur de Ra- 
Î;otzid devint sondéfenseuf'contre 
es Ottomans : il les força d'aban- 
donner la Transylvanie , et rom- 
Ï^it par une sage lenteur toutes 
es entreprises d'une armée for- 
midable, jusqu'à l'arrivée des 
Français , qui 1 aidèrent à vaincre 
les Turcs a la célèbre journée de 
Saint-Gothard , en 1664* Cette 
victoire amena la paix , et M on*- 
tecuGuli fut récompensé par la 
place de président du conseil de 
guerre de Pempereur. La guerre 
s'étant allumée quelque temps 
après entre la France et l'em- 
pire , Montecuculi lut mis , en 
' 1673 5 a la tête des troupes des- 
tinées à s'opposer aux progrès des 
Français. La prise de Bonn , et 
la jonction de son armée à celle 
du prince d'Orange , malgré 
Turenne et Condé , lui acquirent 



-beaucoup de gloire , et arrêtèrent 
la fortuue de Louis XÏV , apr^ 
la conquête de trois provinces 
de Hollande. On lui ôta pourtant 
le commandement de cette armée 
l'année suivante : mais on le lui 
rendit en 1675 , pour venir sur 
1« Rhin faire tête à Tureune. 



tre opposé k ce grand homme , 
et en cela même on suivoit son 

Eenchant. « Tous deux , dit un 
istoriên célèbre , avoient réduit 
la gnerre en art. lU passèreiiC 
quatre mois k se suivre , et à s'ob- 
server dans àts marches et dans 
des campagnes plus estimées que 
des vicjtoires par les officiers au &- 
mandset français. L'un et l'au- 
tre jugeoîent de ce que son adver- 
saire alloit tenter , par les mar- 
ches que lui-même eût voulu 
faire k sa place ; et ils ne se troin-« 
pèrent jamais. Ils opposbient Tun 
a l'autre le patience , la ruse et 
l'activité. » l*e5 maîtres de l'art 
admiroient les judicieuses et pro- 
fondes manœuvres des deux hé- 
ros , sans prévoir 011 elles abouti- 
roient, lorsqu'un boulet de canou, 
qui tua le général français , fît 
le dénouement^' de cette brillante 
scène. Montecuculi ^ après avoir 
parlé dans sa lettre k rerapereur 
de l'événement tragique qui a voit 
enlevé son illustre émule, ajouta 
« qu'il ne pouvoit s'empêcher de 
regretter Un homme qui faisoît 
tant d'honneur k l'humanité. » 
C'étoient les paroles qu'il avoît 
répétées plusieurs fois, avec une 
douleur mêlée d'admiration., en 
apprenant cette mort qui lui pré- 
sageoit des 'victoires. Il n'y avoît 
que le prince de Condé qui pût 
disputer k Montecuculi' la supé- 
riorité que lui donna la mort 
de Turenne. Ce prince , envoya 
sur le Rhin, essuya d*abord quel- 
ques pertes , mais il arrêta le gé- 
néral impérial, qui ne laissa pas 
de regarder cette dernière campa- 
gne comme la plus s;lorieuse <Ie 
sa vie , non qu'il eut été vain- 
queur , mais pour i;^'avoir pas été 
vaincu, ayant k combattre Tu- 
renne et Condé. « La guerre dé- 
fensive, disoit-il, demande plus 
de savoir et^^d« précautions que 



MONT 

TofensÎTe ; la moindre faate ' j. 
est mortelle , et les dis^^races ^ 
sont exagérées par la erainte , qui 
est lé microscope des roaujc. » 
MoDtecuculi passa le reste de sa 
vie a la cour impériale , occupé 
à converser avec les savans , et à 
protéger les lettres. C'est par ses 
soins qae Tacadëmie des Curieux 
de la nature fut établie. Il mou- 
rut à Lintz le i6 octobre 1680. 
Victor Amédée , due de Savoie , 
se plaisoit à raconter le trait sui- 
vant, k Montecuculi. avoit daùs 
une marche fait défense expresse, 
sous peine de mort , de passer 

§ar les blés. Un soldat , revenant 
W vdlage , et ignorant les dé- 
fbiises , traversa ^un sentier qui 
étoit au milieu des blés. Monte- 
caculi , qui l'aperçut , envoj^a 
ordre au prévôt de l'armée de le 
faire pendre. Cependantcesoldat, 
qui s'avançoit , isdlégua au général 
qu'il ne savoit pa^ les ordres. 
«Que le prévôt fasse son devoir', 
répondit Montecuculi. » Comme 
cela se passa en un instant^ le 
soldat n'avoit pas encore été dé- 
sarmé.. Alors plein de fureur , fil 
dit : « Je n'étais pas coupable , 
je le suis maintenant ; » et tira 
son fusil sur Montecuculi. Le 
coup manqua , et Montecuculi lui 
pardonna ; trait digne d'éWe , et 
qui prouve qi^e ce général avoit 
assez de grandeur d^me , en ac- 
cusant la précipitation de son ju- 
gement » de ne pas rougir de 
Favouer. Au talent de bien faire 
la guerre , Montecuculi a joint le 
mérite , alors beaucoup plus rare 
de très-bien écrire sur la guerre. 
On l'a surnommé le f^égèce.mo- 
dem^ , et il peut passer pour su- 
périeur à Végèce. Ses Mémoires 
en italien, traduits en irançais*par 
Adam, sont pour les militaires 
ce que les Apborismes d'Hippo- 
crate sont pour les médecins : il 
«stp«a d'ouvrai^es dont la médi* 



MONT 



127 



tation leur soit plus utile. Le des- 
sein d'être court aj^ant forcé l'aur 
teur à supprimer beaucoup de 
détails , son livre ne peut étr« 
regardé que comme l'abrégé d^un 
traité complet de la guerre ; mais 
il est à la fois savant et profond , 
concis et clair. Les meilleures 
éditions de cet oi^vrage sont 
celles de Strasbourg , lySS , et 
de Paris , i;74^, in- 12. Le grand 
Condé en fa i soit cas. £t l'appro- 
bation d'un capitaine si expéri- 
menté suiïît seule pour donner 
une grapde idé.e de ce même ou- 
vrage. 

* MONTE-âRANELU (Charles 
de) , gentilhomme de la famille des 
comtes de son nom , détrompé 
des illusions du monde , ,se re- 
tira dans une solitude. Il s'établit 
ensuite k Vérone avec quelques 
compagnoiis.de sa vie pieuse, et 
devint , en i58o , le fondateur 
d'une congrégation d'hiéronymî- 
tes dite de Fiesoli* Ils observèrent 
d'abord les constitutions de saipt 
Jérôme , et ensuite la règle de 
saint Augustin. Le fondateur avoit 
été agrégé au tiers-ordre d« 
Saint -François. Il continua de 
porter rhabit du patriarche séra- 
phique , mais, /en 1460, Pie II 
permit aux hiéroùymi tes de pren- 
dre celui qu'ils voudroient. Les 
uns se décidèrent à quitter l'ha- 
bit û*anciscain , les autres à le 
garder. Cette différence d'uni- 
forme produisit une grave dispute 
parmi ces boi^s religieux. Enfin , 
en 1668 , Clément IX supprima 
entièrement leur ordre , qu'il unit 
à une autre congrégation d'iiiéro- 
njmites , fondée par Pierre Gam- 
bacorti. 

t MONTEGUT ( Jeanne de Se- 
GLA : tjpouse de M. de ) , trésorier 
de France de la généralité de 
Toulouse , née dans cette ville en 
1 709 , y mo ur ut k 4j uin 1 752 . Ses 



128 



MOKT 



. OEiwre$.y publiét-s à Periaett 176S, 
.en 2 v. in-8*>> wntieimeot |»e» de 
poésie» gal^uit^s ; elWs soat pres- 
que tpute^. mgvales qU chrétien- 
lies , et souvent de sirinples tri- 
buts dç société ou d'amitié. On 
y trouve du statujrel , de la dou- 
ceur X de la faciLité. Le preeiier 
volume oiôVe des Odes , des Epi^ 
très , des l(fyUes , àe& Pièces Ju- 
gitives. Le fecopd renierme une 
Traduction presque complète , en 
vers frax)bçais> des Odes d'Horace. 
Celte versiop e&t en général élé- 
gante et fidèle. On y désireroit 
plus de fprce et de coloris. Le 
talent de nia4^n>e de Monlegut 
T^outIa poésie se dé\'eloppa ta^d ; 
mais il fut bientôt perfectionné, 
mie remporta trois prix à Paca- 
demie des Jeux floraux, et fut 
déclarée maîtresse des jeux : titre 
qu'on accorde aux atlilètes hono- 




les' sciences et dans les belles- 
lettres , elle cachoit sçs lumières 
avec autant de soin que d'autres 
en prennent à les étaler. Un hom- 
me austère dit en parlant d'elle : 
a C'est la seule femme a qui je * 
pardonne d'être savai^te. » 

1 1. MONTEIL ( Aimard de ) , 
évêque du Puy , et légat du pape 
Urbain II dans l'armée des croi- 
sés , mourut à Antioche en 1098 , 
fort regretté pour sa prudence de 
toute l'armée chrétienne , dans là-, 
quelle il s'étoit acquis une grande 
autorité. Monteil étoit le conseil 
des grands , le soutien des petits , 
et l'arbitre des différens qui nais- 
soient entre les princes. On croit 
qu'il composa en Thonneuf de la 
sainte Vierge le Saline , regina , 
que les anciens auteurs nomlnent 
qiielquefbis Pastienne du Pâj. 
Cependant les historiens ne s'ac- 
CQtdeaoktpa^ 9Ur cepoiaU AJkériOy 



MONT 

dans gr Chronique, le lui attri- 
bue, et ajoute c[u'il supplia le cha- 
piti'© de Oluni de Hnsérer dans 
roffioe ; ce qui lui' fut accordé- 
Guillaume Durand le donne k 
Pierre , évêque de Compostelle j 
d'autres en font honneur kHer- 
man-Contract. 

IL MOJNTElï.. Fqye:^ G^ugnak. 

t MONTEJOÂN ( René de ) , 
prasque aua;»i j^ouvent battu que 
combattant , toBtba tffois fois 
entre les mutina ^^ ennemis , et 
ne lut e^i^cusable qu'une fois, à 
1^ b^ataille de Pavie , en iSio. 
François {«>'ne. l'en fit pasmoiqs 
maréchal de jprance ea iS5d , et 
lui donistA le gouvernement du 
Piémont. Il eut la foUe et inpu- 
dente vs^nité d'envoyer des am« 
bassadeurs dans difierentes villes 
d'Italiej démarche, qui lui attira 
de sévères réprimandes et des 
railleries piquantes de la part du 
roi. Ajant été «ivojé présider 
aux états de Bretagne pour la 
réuuion de celte province k.la 
couronne , il pensa faire échouer , 
par des saillies indécentes, une 
négociation qui exigeoit les plus 

Pvsnds ménagemens. Il mourut en 
iémont au commencement de sep- ^ 
tembre 1 55^ ; et sa famille, qui da- 
toit du 1 5*" siècle ,s'éteignit avec lui. 

* i. MONTELATICI ( Fran- 
çois ) , que son esprit turbulent * 
fit surnommer le Faux brave , 
étoit de Florence. Ce peintre , 
dont les compositions étoîent 
spirituelles mais ^ bizarres , avoit 
un bon colons ; Ses figures sont 
expressives , nwiis sa manière est 
extravagante , comme on peut le 
voirdans la Chute de Lucifer qu'il 
a peinte à fresque dans la maison 
des théatîas de sa patrie , et sur- 
tout dans la salle du palais royal 
de Htti. Ayant suivi \ Insprnck 
l'ardtîdue Ferdinand, d'Autriche, 
il mourut dans cette villeen 1^661 . 



MONT 

* n, MONTSLATICI ( Do- 
miniqoe ) , qui ^ivoit svr la fin 
4u 17* siècle , et au comxaeûce^ 
ment du suiyant , a publié La 
viUa Barghese , çon la Jescrivone. 
âelie statue et pitturjs che ivi si 
tropono y Roma , 1700* Mais les 
^àngemens ^ les embellisse- 
iôeBS que le pnnce Marc-Antoine 
BoT^èse a laits k cette campa - 
j|Bé , 4!fep«is la ]feHMicatioii de 
fùûvnge , rendent 6e livre à peu 
ptèsinaiae. 

* in. MOÎîTELATICÏ ( P- 
D. Ubalde ) « chanoine de Saint- 
^ean-de^Lntran , et fondatear de 
là société él^ÔDomîque de Fio- 
jepsce , 0à û naquit en idga , de- 
^t professenr putàic k Ptstoie, 
k Fiesôle , à Bréâda et k Mibn. 
B ëtudîa éikssî l^gricnltore^ et, 

B^ur éîetàèie^ 5#s eonnoissances , 
entreprit , en 1743 , un vovagp 
ifh Alitm^^ne , dans lequel il jre- 
l*enîllît évec soin l^ut ce qtii 
pot^voiti^ontrîbùer aoa: progrès et 
ft réméHoration de eette science. 
Ce filt pèûdant ce voyage. qu*il 
proposa a un îniprimêur étranger 
jréciitii^ d'an ÙictionnaîrB rai" 
àonné éta^ricUltUrt ,' qu'il avoit 
j^oinpôsé àliec le doéteur Saverio 
Manetti. Wusieûrs voyages qu'il 
fit dan$ là Stirie et la Garinthie 
à altérèrent Sa santé, et l'obligèrent 
de retourner dan^ sa pdtrîe , où il 
Aiournt en. 1770, Moritelatîci fût 
tm de ces hommes rares qui joi- 

faoit a la plus grande atotivité 
ans ses re^ercbes sur l'agricul- 
ture , ce discernement et cette 
^gacité qui Savent apercevoir et 
drer des résultai utiles des fruits 
4ei*expériewce et dû raisoine- 
r' ^ent. On sait que Tagridalture 

SràtiquQ, livrée k liné classé d'il!- 
ividus, inaibns de préjugés, et 
dirigés pàa la rgutine , a lait peu 
de f>Éi>gt^8 ^ Vétdit donc ees pré- 
jugés à tlétrmré £t ^^tta roiiti^e 



T. XII* 



MONT lag 

à^âuiager que devoieiit s*appli- 
^er tous les soins de.Moutâa-* 
tiei ; il essaya de le ftire; mais H 
mort interrompit ses travaux; et 
on doit regretter que le temps né 
lui ait ]^s permis d'achever son 
entreprise. Les nouveaux aper» 
fus -qu'il donnoit sur l'à^iiiul-* 
ture éloîeut faits pour l'améliorer» 
et avec d'autant plus dé raisoii 
qu'il' né s'étott point enfermé 
dans une vaine théorie, comm^ 
la plupart de nos savàns nioder» 
nés qui font de ràgricùltui'e ail 
cottL de leut" feu. On à dé lui 
Ragionamento sàpra i mezzi y - 
piii necessatf per fetr r&fioriré 
VaericollUra , colla retazione delT 
erSa érobanche , dctta ïfôlgàn* 
mente succiameTe , fiamnta L 
è mai étoéchio , e dèl niàde a^ 
Ip^tirpàrla , del èehshre Fiérantô-* 
nio Bfîàkélî , etc. ; Pir^uzèr ; 
175^. 

MONTE -BIAGGIORÊ. Fay. 

MoNTEMAtOlt* 

♦ MONTEMÀGNO ( Rupiiac;' 
CPTSO da ) , gQnfâlQuni^r dj^ 
pistoie sa patrie .^n i364 , fut i^^ . 
des pi qs heureux imitateurs de' 
Pétrarque , auquel îl survécut 
quel<][ues années. On le comp^ 
iaussi parm^ ceux qui s'appjiqii^ 
rent Ji. perfectionner la langue 
to.scat>e. liés Pôesié^ italiçnAes 
de Montepiagno ontétdplùsieiif^ 
fois imprimas ; une dc^s bçoaiii^s 
édlitions est celle de Florence <, 
r7i8 «publiée par les soins 4f* 
Jean-1^9ptisteCasotti , qui l'a eii- 
richi^rdîone préface' pleine, d'éru- 
dition , et au peu de rènsejjf n|g^» 
mens qu'il a pu avoir sur cb 
poâte. 

t MONTE-MAtOR ( Gédr^ 
ée ) , célèbre poété de €&' 
tiUe , naquit k Monte - MâyoV , 
dont il prit le nçtn. C<îtte vîlK» 

9 



■ \ 



i5o 



MOIST 



royaume de Portugal. On ne, | 
connoîl point Tépoque de sa 
naissance ; mais on la rapporte 
généralement en i5ao. Monte- 
mdyor ne dut rien k Tétude ; m ais 
il en fut en quelque sorte dédom- 
magé par son intelligence et son 
cénie. Il connoissoit parfait eaieat 
plusieurs langues vivantes de son 
temps, et les traduisoit avec au- 
tant de facilité que de perfection. . 
Dès ses premières années il suivit 
la carrière militaire , quoique dé- 
voué tout entier par ses penchans 
àla musique et à la poésie. Il passa 
en Castille, et n'ajrant d'autres' 
moyens pour vivre que Tétat de 
musicien , il parvint à se faire re- 
cevoir daiis la chapelle royale k 
la suite de Philippe II , lors du 
lameux voyage de ce monarque 
0n Allemagne , en Italie et. dans 
les Pays-Bas. De retour en Espa- 
gne , il paroît qu'il résida dans la 
ville delLéon , où il composa son 
ouvrage intitulé Diane, Depuis ^ 
appelé par la reine Catherine , 
«œur de Tenipereur Charles V , 
et régente de ce royaume , il lut 
revêtu auprès de cette princesse 
d'un emploi très-honorable. Il 
mourut très-peu avancé en âge , 
ainsi que l'annonce TÉlégie com- 
posée par Francisco Marcos Do- 
rantes, laquelle se trouve dans 
toutes les éditions de la Diane, 
On y voit que Montemayor avoit 
dé)k terminé sa carrière en 1662. 
Ce poète , quoique né Portugais , 
6st revendiqué par les littérateurs 
espagnols, comme ayant cultivé 
les muses' castillanes , k l'exem- 
ple de différens auteurs étrangers, 
mais écrivains nationaux. D'ail- 
leurs Montemayor mérite bien 
cet-honneur de la part des Ëspa- 
cj;nQls , comme Vinventeur parmi 
eux du genre pastoral , dans sa 
Diane , ouvrage qui a rendu son 
nom iipmortel , a après le témoi- 
gnage respectable de Michel Cer- 



MONT 

vatites , qui danf son Don Qui- 
chotte , après avoir fait l'éloge de 
ee même genre , indique la Diane 
comme le meilleur modèle qu'il 
puisse proposer. Cette produc- 
tion a été traduite en français , et 
inipriaiée k Paris en 161 1 ; aile 
parut aussi k Madrid en 1622. Ont 
a de lui , I. Fal/le dé Pf rame et 
Thisbé , traduite et imitée da 
chevalier Marino. II. Histoire 
dAleïde et Syhain , qui toutes 
deux sontcontenuesdausla Diane. 
lïL Le Chansonnier^ qu'il pu- 
blia séparément, et qui fut imprj- 
mé k Saragosse en i56i >. et à 
Salamanque en 1571 , iSya e% 
i579 5 recueil qui se compose de 
dinerens gearés de poésies assez 
estimées par le style pur et cor- 
rect qui les caractérise. IV. Les 
OËuvt^s dAuxias Mardh; V . Les 
Biasons , ouv/age maxmscrit. 

* MONTEMERtp (Jean. 

Etienne ) , gentilhomme de Tor* 
tone ', né en i5i5 , cultiva, la 
poésie latine et italienne. Il a 
écrit Délie frasi Toscane lib^ 
XII y in-folio. Cet ouvrage fut 
imprimé k Venise en i566, et la 
même édition reparut sous le 
titre de Tesoro délia lèngua Tos- 
canuy avec la date de i594* Ce 
poète a laissé en manuscrit un 

Î>,oëme sacré De Gestis aposiO'^ 
orum, etmouruten 157a. — ^?ïico- 
las MoNTEMEitLo , SOU fils 9 est 
auteur d'une Histoire de Tortonc 
sa patrie. 

t MONTENAULT ou Monle- 
NAULT ( Charles-Philippe d'Egly ^ 
de ) , Parisien , né le 28 mai 1693, 
de l'académie des belles-lettres , 
long-temps auteur du JournaLdit 
Verdun \ mort k Paris le 2 mai 
1749. On a de lui , I. UHistoire 
des rois des Deupc Siçiles , de la 
maison. de Froncé, ^ pà /^\o\, iik» 
12 y 1744 '7 ouvrage qui fera tou- 



,* 



MONT 

jours honneur à sa mémoire , 
par l'exactitude, la vérité , la sim- 
plicité qui y régnent. Le goût a 
présidé au choix des faits , et la 
plupart sont iutéressans. II. La 
CaUipédie , ou la manière df avoir 
tltf beaux en/ans , traduite en 
prose du pj:)ëine latin de Claude 
Quillet , Paris, 1749, in-8*. Cette 
version est sans goût et sans 
aménité. Le traducteur n^a saisi 
ni la lettre , ni Tesprit de son 
ori gin al . III . Traduction li bre avec 
des notes des Amours de Clito- 
pJton et de Leucippe , Paris , 
1734» in-12. 

M ONT EN A Y ( Georgette 
de ) , fille d'honneur de Jeanne 
d'Albret , reine de Navarire. Son 
esprit et sa beauté en firent Tor- 
nement de la cour. En 1 57 1 elle 
fit iinprimer VExplication en vers 
de cent emblèmes ou devises 
qu'elle dédia a la reine. 

♦ MONTENERO ( Jean de ) , 
^théologien dominicain , nék Mon- 
tcnero en Toscane, vivoit dans 
Je i5* siècle. Appelé d'abord au 
.concile de Baie, et ensuite à celui 
de Florence , il fut choisi pour 
.disputer contre les Grecs , qu'il 
combattit avec la plus grande 
force : on peut voir les détails de 
ces disputes dans l'Histoire de ce 
concile écrite par Joseph Grec , 
ëvêq^ue de Melone : on les trouve 
aussi dans les Recueils des Con- 
ciles. Montenero ,est encore au- 
teur de plusieurs ouvrages polé- 
miques , qui ne sont aujourd'hui 
d'aucun intérêt. 

t MONTEREAU ( Pierre ) , 
célèbre par plusieurs ouvrages 
d'archi'tecti^'e , étoit de Monte- 
reau, et mourut l'an iaÇ6. C'est 
ce célèbre architecte qui a donné 
les Dessins de la Sainte-Chapelle 
de Paris; de la Chapelle de Yin- 
€enn€'S ;' dû Réfeptôire 9 du Dor- 



MONT i5i 

toir , du Chapitre , et de la 
Chapelle de Notre-Dame dans 
le monastère de Saint-Germaio- 
des -Prés. Il fut eaterré dans 
l'église de cette abbaye , et fut 
représenté sur sa tombe avec un 
compas et une règle k la maim 
Son tombeau est au Musée des 
monumeus français, 

* MONTERENZI ( Annibal ), 
célèbre jurisconsulte du i6« siècle, 
né d'une -noble et ancienne fa- 
mille de Bologne en 1507 , se fît 
un auditoire nombreux a G^nes 
et h Parme par ses leçons et ses 
commentaires sur les iiistitutes 
civiles et criminelles de sa patrie, 
où pendant 4o ans il professa le 
droit civil. Il mourut a Bologne 
en i5&^. On a de lui, I. SchoUîf. 
ad nonnullas pactorum formulas 
instrumentis inserendas , Bonor 
nia*', i56i. II. Sanctionum ad 
causas civiles spectantium in- 
clifœ civitatis , studiorum ma- 
tris , Sohoniœ , tom h^ , Bono- 
nia; , i56i , et tom. II , Bononiae, 
1569. 

* MONTESON ( Jeaîi de ) , 
natif du rojaome d'Aragon , de 
l'ordre des frères prêcheurs , et 
docteur «n théologie , s'éleva en 
i384 contre la doctrine de l'im- 
maculée conception-.. Son ppi- 
TTÎon fut condamnée, „ et sa per- 
sonne excommuniée^: ( /^^ez les 
détails de cette affaire 'dans THis^ 
toire ecclésiastique de Mosheim , 
•tom. III , pages 578 et suiv. ) 

MONTESPAN (madame de). 

f^Ojr, RoCHEGHOUART , n« V. 

t I. MONTESQUIEU ( Char^ 
les DE Secondât , baron de la 
Brède et de ) , d'une famil]^ 
distinguée de Guienne , né au 
château de la Brède , près de 
Bordeaux, le 18 janvier 1689 , 
lu^ philosopha au sortir de Tçn^ 



\ 



f&tieé. Dès Vfigt de 20 ans it 
lil^ét>afdit lès fkiat'ériftùx de VEs- 

prit def$ tbU , pat un extrait rài- 
tôtiné dëS lintaénéeà voltiitiës, qui 
^dnlposént lé Corps du droit 
fciyil. "Cil onde fàtchnel , prési- 
àènt h mokiér àa parlement de 
Bordeaux , ayant laissé ses biens 
et sa charge au jètinè philbsbphe, 
ij en fut Dourvu en iyi6. Sa com- 
Ça^ie lé chargesi , eh 17^^ 9,de 
présenter âès remontrances i Fôc- 
clisiôn d'iiii nouvel îriipôl, dont 
Son èjoqdetidé et soù zèle obtin- 
iréiillâ Su^brèssioii. L^âiinéè d'au- 
^iâraivant il àyoit iîiis aii'joûr ses 
iéïtf^s persanes , commençâmes 
i là ciâiiipâigne , et finies dans lès 
jhôihéni de relâche que îiîi lais- 
Ibiént^ lèè devoirs de sa charge. 
Ce livre , profond sous un air de 
liîgèrfeté, àfiùonçoitMà^trânçe et 
[t rËùrôpè ùtt écrivain Supénèur. 
Le Pefsajfl fait uiiè satire érierm- 
^iie et ûgrëâÈlé cfê iios vides , de 
Ma travers, de rfoè rîdidiileà , de 
iibi? jSi-éjugéS; et de là bizàrrefiè dé 
tiOégoliité.C'eàt le tableau le ^liis 
aniiué et le plus vrai des mœurs 
ii:ançaises : son pinceau est léger 
ft hardi.; il donne ktout Ce Wil 
,tp uçhe un caractère original . ToU- 
tjC^ les lettres ne $ot^t pas cepen- 
dant d'une égiie. f^rce. -p il j en |i , 
dit Vojtaire , (Je très-jolies , d'au- 
tres jrèsThardjes,, aau|res .naiér 
ijio^'^ , , d'à utre? frivoles ;^ et les 
ctéimls de tp qui se passé dans le 
s^râil d'Usbeck k Ispahan n^in*- 
léresse jpie foiblçinent lés lech 
teurS français. On peut encore 
reprochée a râuCéùr quelques pa- 
radoxes en littérature, en ihoralô, 
en politique , et des satires trop 
fbrtes de Louis XtV et de son 
régné. Le succès dès Ijettrés per- 
lianes ouvrit à Montesquieu les 
portes de ^académie irànçaise , 

_ «Quoique, de tous lés livres ofa l'on 
a plaisanté sur cette compagnie , 
U ny en ait guère dû âlesoUmoîiis 



IlONT 

ni^xiàgée. Là mort de Sàcj , 1^ 
trâducteuf dé Pline , ayant laissé 
une (>laCe v6cahte ,. Montesquieu, 
jui s'étoit défait de sa charge^ 
et qui né vbùloit plus être 
qù'hommé dé lettres , se présenta 

four là remplir. Le cardinal Âe 
leury , iiistriiitpâr dés personne^ 
àsèlées dés plaisanteries du Per^ 
ssln sur lèà dogihés, la disciplinç 
et leâ ministres de la religion 
chrétienne j lui férusâ son àgréf- 
hiént. Il lié |>àroîtra pas étrange 
^e ce miâi^tive ftt quelques diin-» 
tiiltés, si V6i èh rappelle là 
lettre {Leti, 76) , dans laqUelfe 
U^beck ffiit une apologie ài élo- 
quente du suicide ', une autre 
ÇLett,2g) X oii U dSt dit çx:pj:e^sémeùt- 
(^ùe lès év^qHiesii'pnt d'autres fonc- 
tions oue de dispenser d'accom- 
plir la loi ;xine autre (LeU, a4) ^P* 
^Bn ,^ oii le, pape, est peint comme 
un magicien qui fait croire ^ue 




J^éut ajouter que rS^^ài 
des Lettres ^ràane^ ,ést là prè^ 
miëre épôqtié dé ce déluge d'é- 
crits é^ui om |»9iru depuis (montré lé 
christianisme étfégouvërnemeiit. 
Moptesquiéù , séntâht le dôtlp ^ùè 
l'exclâsiotî et les motifS de Téx- 
clusioti pôiiyoiënt porter sûr ûk 
personne et sûr sa £siniillé , prit , 
s'il en fiaat fcrôlte Voltaire, uù 
tour tarés adroit poâr ob'tejbir l'a- 
grément dû Cardinal : il fit fàij^ 
en pèa dé jours uiié tibùvélle édi- 
tion dé son livré, dilns laquelle 
oû retraàéhà oiï on âdouelt fo'ixt 

ce qui pouvoit être éOndamné pàt 
un cardinal et par un ministre. 11 
porta lui-même roùvràgè au car- 
dinal de Fleùry , qui ne lisoît 
guère , et qui en lut une partie. 
Cet âir de confiance , soutenu 
par quelques personnes d^é crédit, 
c^t sur-tout par le maréchal d*^^^ 
\ trëés son ami , pour lors directeur 
^ dé racâdémie irànçaise, i'âraenà^ 




MONT 

eit-oSj le cardinal, et JfpQf^^ 
dàiieu ènini dansçede compagnie . 
Cette* anecdote n*a aucune yrai- 
semblance. lie discours du rëçi- 

fiendaire , fort court , mais pleii? 
é traits de forcie et de lumière, 
lîit prononce le 24 i***vier 1728..- 
Le dessein âuéltfoiite^uîeu àyoi^ 
îoriné de peindre les nations dans 
son Esprit des lois ^obligea de 
les aller étudiei* cliez elles. Après 
avoir p; 
Hongrie 
BolSih 

ans en Angleterre. Des dilTéreutes 
observations qu*îJ fit dans ses 
voyages , " ij résultoit , suivant 
fiii, qne l'Allemagne éloit faite 
pour Y voyager , illalie pour J 
«ojoumer , l^ngleterre pour y 
penser , et la France pour j vi- 
vre. Voyageant en Italie , il fil la 
rencontre de milord Ctestei^eld ; 
il te connoissoit aintérireucment , 
et avoit avec lui lès liaisons que 
deux hommes de génie ne raan- 
èuènt guère de prendr^ quapd 
lis se sont une fois connus. II4 
s'iaissoc^èrent et coinvinrent de con- 
tinuer leur route ensernble. La 
conversation tomba bientôt &ùr 
la différence desÂnglais auxFr^n- 
çais«' Le président , donnant la 
préférence k sa natiop^se fondoi't 
sur la supériorité dVspint. ï^e 
lord , en L'accordant aux Fran- 
çais > se retrânelioît sur le bon 
seps qu'il attribuolt supérleure- 
jnént anx Anglais. Conime la ma- 
tièi^ étoit ample, et les adver- 
saires bien propres à défendre 
leur cause , elle étoît souvent 
agitée , sans que ni Tun ni 
Plaïutre se laissât coi|vàincre. Ils 
ar rîy Client a Venise , e.t la curio- 
sité de Montesquieii pour tout 
Voir *el tout approfondir Je 
oieitoît sans cesse en açt^ykéi II 
fisitoît ies 9t|onùi|iens , les bi- 
bliothèques , les cabinet^ j il eiv 
troit dans le^» icaies . il hoât çon-- 



yfir^aUofi > »'îtfforii|o^ dçs n^o'Or 
dres détatb (|[a gpuven^cuiênt j^t 
de la société ; rentré phei lui , fl 
met^oft p^r éciJl lé^ p^ùi p^f^f 



Gircops tances , ç,t çhaaqe 19 qi^ 
cpnfioit çon Quyrf^ge a milora 
Chesterfieîd. 11 7 avoit qéia quel^ 




secret. Après avoir protesté àç 
son attacl^i^ni pour l^s^rançijsy^ 
il avertît le présidenf qa^i) i^n% 
^arde a lip ; que f inquisition 9 u^' 

3uiète des ntouvemens q\j^(\ j^ 
onnoit V fY^i^ p^s la réspli^tio]^ 
d'envoyer se saisir de ses pa- 
piers; qne §î Pon y trqWoit ïf 
moindre diose s'mç U gftuyéï:^^ 
ment, c'était ùiitàe sa personof;.. 
I Montesquie|i , éJfacpuçhe d^ ç^| 
avis , se canfondi^en reioerçi- 
mens , doniia de l'argent h Fi|i- 
connu , et n'^u\ rien 4e nju^ 

Ï tressé qu^ de jf ter soa tlrava^ aq 
eu. il courut ensuite dans 1^ 
chainbre àe miïord Cbesterfîel^ 
lui cqnter ce qui vencnt de se pas-: 
ser. Milord , sans -s'émouvoir, 
loua son esprit, et ajouta guç ^ 
néanmoins f s'il avoit inïs aan^ 
sa conduite un peu plus de fr^'ff 
sens f il âuroît pu juger qu'ij 
étôit bien jextr9(n^duraire ^u'^^ 
faomuze qui ne le eonnois^if 
point prît autant d^ii^tërê^ f^ 1^ »^ 
et vînt îm ttoQuer uir ^w , a^ 
risqué de se perdre , si j^^inai^ ]s^ 
chose yenoit à étrç «lê ; ^i^ 
d*ait|e^rs, ayant noté lui-i|iênçf" 
que les <lfélibér»tions de Pinquisi-;- 
tion ètoient inçpénétra);HeSi , m né,*^ 
toit pas vraiseiplirlabie qn'qn^ 
homme de h^s étage eM pu le*- 
décoiîvrîr ; quVnfin ces i^esQon^ 
binées ^uroient dû le Con^uîrfs ^ 
yagpr que l'avis àe l'incooinu n'ç^ 
tçnt qu ud tour de milord Clt^^f 
terfîeld , çt par çoi^séquent k pç 
pa^ brûler spn pîfyi:» j;^ ;c^qu'w| 



i^ 



MONT 



• Anglais n'aupoit certainement pas 
fait. On juge de l'étonnement de 
Montesquieu et de ses reereïs," 
qui doivent nous en laisser beau- 
coup. Dfe retour dans sa pa- 
trie , il mit la dernière main a 
son ouvrage : Sur^ la cause de la 
chindeur et de la décadence des 
Momains. Des réflexions très-lines 
6t des peintures très-fortes don- 
nèrent le mérite de la nouveauté 
à cette matière traitée tant de 
fois et par tant dVcrivains supé- 
rieurs. Cette histoire politique de 
la naissance et de la chute de la 
nation romaine parut en iy'S'5 , 
in- 12 , et fut réimprimée k Dijon 
en 1794* L'illustre écrivain trouve 
les causes de la grandeur des 
Romains dans l'amour de la 
Kberté , du travail , et de la patrie ; 
dans la sévérité de la discipline 
militaire ; * dans " le principe où 
ils furent toujours de ne faire 
jamais la paix qu'après des vic- 
toires. Il trouve les causes de leur 
décadence dans l'açrandissement 
même d/e l'état ; dans le droit 
de bourgeoisie accordé h tant de 
nations ; dans la corruption in- 
troduite par le luxe de l'Asie ; 
dans les proscriptions de Sj'lia ; 
dans l'obligation où les Romains 
furent de changer de maxime en 
éhangeantde gouvernement ; dans 
cette suite de monstres qui ré- 
gnèrent presque sans interrup- 
tion depuis Tibère jusqu'à Cons- 
tantin ; enfin, dans la transla- 
tion et le partage ,^ de l'empire. 
Le génie mâle et rapide qur brille 
dans la Grandeur des Romains 
se fit encore plus sentir dans 
V Esprit des lois , publié en 1748 , 
en 2' vol. in-4*« Dans cet ouvrage, 
qui est plutôt l'Esprit des natio^is 
6ùe l'Esprit des lors , l'aurenr dis- 
tingue irois sortes de ijouvèrne- 
mens : le républicain , le monar- 
chique et Je despoliqne. ïje ré- 
publicaiu tut celui où le peuple , 



MONT 

en corps ou éii partie , a la sou- 
veraine puissance ; le monar- 
cliiqîie , celui où gouverne un 
seul, mais se!on des lois fixes ; 
le despotique, celui où un seul 
entraîne tout par sa volonté , sans 
autre loi que cette volonté même. 
Dans ces divers états , les lois 
doivent être relativesMenr nature, 
c'est-à-dire à ce qui les constitue , 
et à leur principe , c'est-à-dire a 
ce qui les soutient et les fait agir : 
distinction importante , la clef 
d'Une infmité de lois , et dont 
rauléur tire bien des conséquen- 
ces. Les principales lois , rela- 
tives à .la nature de la démo- 
cratie , sont que le peuple y 
soit à certains égards le monar- 
que , à d'autres le sujet ; qu'il 
élise et juge ses magistrats , et 
que les magistrats en certaines 
occasions décident. La nature de 
la monarchie demande qu'il y ait 
entre le monarque et le peuple 
bealicoup de pouvoirs et de rangs 
intermédiaires , et un corps dé- 
positaire des lois , média Jeur en- 
tre les sujets et le prince. La na- 
ture du clospotlsuie exige que le 
tyran exene son autorité , ou 

Ï)ar lui seul , ou par un seul qui 
e représente. Quant aux prin- 
cipes des trois gouvernemciKs , 
cHui de la démocratie est l'a- 
mour de la république , c'est-à* 
dire de fégalité ;'ce que l'auteur 
exprime par le mol vague de 
vertu. Dans les monarchies , où 
un seul est le dispensateur des 
distincîtions et df:îs récompenses , 
et où l'on s'accoutirne à confoj»- 
dre lélat avec le monarque , le 
principe est riionnour, c'est-i»- 
dire Tambition et l'amour de l'es- 
time. Sous le despotisme enfin, 
c'est la crainte. Plus ces prii»ci- 
pes sont en vigueur , plus le gO!i- 
vernemeu't est stable; plus ils- 
s'altèrent et se corrompent, plus 
il incline à sa destruction. Les' 



MONT 

lois c[ue les législateurs donnent 
^doivent être conformes aux prin- 
cipes de ces dilFérens gouveme- 
meos ; dans la réptibhqae, en^ 
tretenir Tégalité et la frugalité ; 
dans la monarchie, soutenir, la 
noblesse sans écraser le peuple ; 
sous le gouvernement despoti- 
que j tenir également tous les 
états dans le silence. Ces gou» 
vememensont chacun leurs avan- 
tages ; le républicain est plus 
propre aux petits états , le mo- 
narchique aux grands ; le répu> 
blicain plus sujet aux excès , .le 
monarchique aux abus ; le répu- 
blicain apporte plus de maturité 
dans l'exécution des lois, le md- 
narchique plus de promptitude. 
La din'érence des principes des 
trois gpuvememens doit en pro- 
doire dans le nombre et dans 
Tobjet des lois. Mais la loi com- 
mune de tous les gouvernemens 
miodérés , et par consé(]uent 
justes, est la liberté politiqne 
dont chaque citoyen doit jouir. 
Celte liberté n'est point la licence 
absurde de faire tout ce qu'on 
veut , mais le pouvoir de faire 
tout ce que les lois permettent. 
lia liberté extrême a ses incon- 
véniens comme la servitude ; et 
en général la nature humaine 
Raccommode mieux d'un état mi- 
toyen. Après ces observations 
générales sur les différens gou- 
vernemens, l'auteur examine les 
récompenses qu'on y propose-, 
les peines qu'on y décerne, les 
vertus qu'on y pratique, ainsi que 
les fautes qu'on y commet , l'é- 
ducation qu'on y doftne , le luxe 
qui y règne , la monnoie qui y a 
cours , la religion qu'on y pro- 
fesse. 11 compare le commerce, 
d'un peuple avec celui d'un au- 
tre ; celui des anciens avec celui 
d'aujourd'hui ; celui de l'Europe 
avec celui des trois autres par- 
ties du monde. Il examine quellçs; 



MONT 



i35 



religions conviennent mieux à 
certains climats , a ceitains gou- 
vernemens. Notre siècle n'a point 
produit d'ouvrage od il y ait plus 
d'idées profondes et de pensées 
neuves. La partie la plus inté- 
ressante de l'histoire de tous les 
temps et de tous les lieux y est ré- 
pandue adroitement pour éclair* 
cir les principes , et en être éclair- 
cie à son tour. Les faits devien- 
nent entre ses mains des. princi- 
pes lumineux. Son style , sans 
être toujours exact, est nerveux. 
Images frappantes, saillies d'es- . 
prit et de génie , faits ^eu coii- 
nus , curieux et agréables; tout 
concourt à charmer le travail 
d'une longue lecture. On peut 
appeler cet ouvrage le Code dm 
droit des nations , et son auteur , 
le Législateur du genre humain. 
On sent qu'il est sorti d'un es- 
prit libre et d'un cœur plein d« 
cette bienveillance générale qui 
embrasse tous les hommes. C'est 
en faveur de ces sentimens qu'on 
a pardonné à Montesquieu d'a- 
voH^ ramené tout à un système 
dans une matière oh. il ne falloit 
que raisonner sans imaginer ; d'aï- 
voir donné trop d'influence au 
climat , aux causes physique 
préférable ment aux causes mo- 
rales [voyez l'article Bodin ) ; 
d'avoir fait un tout irrégulier , une 
chaîne interrompue avec les plus 
belles parties et les plus beaux 
chaînons ; d'avoir trop souvent 
co^uclu du particulier au général. 
On a été fâché de trouver dans ,ce 
chef-d'ceuvre de trop longues di- 
gressions sur les lois féodales , 
«les exemples tirés des voyageurs 
les plus décrédités , des para- 
doxes a la place des vérités , des 
plaisanteries où il falloit des ré- 
Hexiens. On a été choqué des ti- 
tres indéterminés quM donne .à 
la plupart de ses chapitres ; idée 
générale^ Conséquence^ Problème 



iU 



nom 



Méfiemon i Cémtimiaîion du 
même suj^ty etc. On lui a rè- 
procké des eb^ttres trop p^u 

* fiés à eeus ipii l^s prëeè<i^nt ou 
c^ai l«s suivent , des idées vagues 
et conibses , des tours forcés 9 up 
stjk teodii et quelquefois recher- 
ehë. Mais s'il fie satisfait pas tou- 
jours les graminÀirî^n», il ùonne 
toujours a penser aux philoso^ 
phes , soit euv les iaî$ant entr^^ 
Sans 9Cfs réflexions, soiVen ]eur 

' donnant sujet de les eombfttre. 
Person&e X n'a plus réfléchi que 
lui «ur la nature , les principes , 
les jskGtéfs , le climat, rétenaue , 
la puissance eC le^caractère parti- 
culier des états; sur les lois bon* 
ties et liiauvaises ; sur les effets 
des chàtimens et des récompen- 
ses ; sur la r^igion , Téducation , 

r le ooiomeree. L'article d'Alexan- 
dre renferme des observations 
{>rofonde8 et très - bien rappro- 
^ées ; celui de Gbarlemagne of- 
fre en deiix pages plus de prin- 
cipe^ de politique que tous les 
livres de&alâwzar Gracian ; celui 
de l'esclavage des nègres , des 
réflexions d'autant pluli agréables 
quelles sont cachées sous une 
ironie très-piaisaute^ Son tableau 
do gÀ>m'emement anglais est de 
main de maitre. Cette nation phi- 
lôsoplie et commerçante lui en té- 
inoigna sa recoanoissance.^ Si 
VEspfHt des lois lui attira, des 
hommages de la part des étran- 

§ers , il lui procura des critiques 
ans son pays. Le savant chan- 
celier d'Agu^sseau avoit dit que 
le livre de V Esprit des lois et oit 
plutôt de^esprit sur les lois. Vol- 
taire s'exprima avec plus d'amer- 
tume que de justesse , lorsque,, la' 
première foi s qu'il lii t cet ouvrage, 
il dit à r«bbé d^Ohvet qui^ entrait 
dans sa chambre : « Venez , 
l'abbé, venez lire Arlequin-Gro- 
titts. » M. Snârd, dans un article 
de ' ses ISouTeQes politiques , <|it 



MOWf 

t(^<;ette «mecdote de l'abbé é^Ù^ 
livet lui-même. Uà aU>é de B^n.-^ 
naire publia une mauvaise bro-^ 
cbur0 , en st;^le moitié sérieux ^ 
moitié bouÔ'on. Ije gazetier ecji^U^ 
>éiastique, qui virthnement cjmt 
V Esprit des lois uoe de* ees pro^' 
duetions que la bulle Uni^nitu^ 
a si fort multipliées , lança deu^ 
fieuilles Contre l'auteur ; Vnmk 
pour prouver qu'il étoit athée.» cfr 
qu'il ne persuada à persornie;- 
l'autre , pour démontrer qu'il étoi^ 
déiste , ce qui étoit plus vraisem- 
blable* L'illustre^ i{iagistrat ren* 
dit son adversaire ridicule et 
odieux i (lan^ stiJbe/bnse de VfS'» 
prit des lois , !Paris , 175© , in- 13» 
La Baumelle a donne une suite 
de cette défense , Berlin , 1762 » 
in- 12. Cette brochure est, com** 
me l'a dit un auteur ingénieux ^ 
de la raison assaisonnée, CVst 
ainsi que Socrate plaida devant sey 
juges." Les grâces y sont unies à 1^^ 
justesse , le brillant au solide , Ift 
vivacité 4u tour à la force du rai-^ 
sonnement» M<|is quelqu'esprit et 
quelque raison qu'if j ait dans cette 
défense , l'auteur ne se justi^ 
pas sur tous les reproches que lui 
avoit faits son adversaire. I^ Sor- 
bonne , excitée par les cris du 
nouvelliste , entreprit l^examea 
de VEsprit des lois , ,et y trouvât 
plusieurs choses à reprendre. Sa 
censure, si long-temps attendue » 
n'a pas vu le joui:. La meilleure 
de tontes les critiques » si Ton eci 
jugeoit par l'impression qu'elle 
fit sur lauteur , auroit été celle 
de Dupin , fermier - générai ,- 
qui avoit une bibliothèque choi- 
sie et très - nombreuse dont il 
savait faire usage. Montesquieu 
alla s'en^ plaindre a madame la 
marquise uePompadour , au mo- 
ment où il n'y avoit que cinq oa 
six exemplaires de distribués & 
((uelques amis. Madame de Pom- 
pado«r 6t venir JDupta y £t 1^ 



r 



4ii <|aV0^ pt-enoit YBêj^riié^è 
içis son» 9a proteetÎQn , aifi^i crae 
son «^tenr. il l'aliut rçt^rf |* le3 
exemplaires , et bHUer Unité Vé-^ 
diûoil. he^ dbi^grifis qu'éntrçîneat 
le$ critiqaes justes ou ipiuste^, le 
g^re d^ vie que sti eéiéimié for* 
ç4Mt en quelqiié sorte fijoplcssqiiieu 
de mÇD^r k Pff?is, fi}térèrçnt sa 
satit!^ naturellenticnt délicate. Il 
ait attaqué d'une ftui^ioa çle poi- 
trine. La çqur et {a viilç^ ep fureiit 
touch<3es. Le roi. lui. ^a^o^a le 
duc de lyîTernois , pour ^'itifor- 
i9«r' de son ^tat* Le pr^sid^l da 
l^ontesquieu p^rla et iigit <)ai)S 
ses derniers mprnens eii bomme 
qui vouloit paroître^ \t la fois ehré- 
tie9 et pHilosoptie. « J'ai touiours 
fçspeçt^ la religion» dit-il (cela 
éloit vrai k certain^ ^g^rds ; (îar ^ 
s'il avpit p9ru favoriser l'incrédu- 
lité dans des livres anonjrmes , il 
ce s'étoit jamais montré tel en 
public. } La morale de l'Ëvan- 
giie y a)outa*Hl j est le plus be^u 
présent que Dieu pAt fairef aux 
uoiQUies. to Et comme le P^ Routh, 
jésuite irlandais , qui le confessa , 
le pressQit de livrer les correc- 
tions qu'il avoit fait^ aux Lettres 
persanes , il donua son m anus- 
cnt à madajQEÎe la duchesse d'Ai- 
guillon , en lui disait : « Je sa- 
dr^iierai tout k la raison et a la 
religion, mais rien aux jésuites. 
yp^e^ avec- Tues amis si ceci 
doit fiaroitre. » Cette illustre 
amie ae 1^ quitta qu'an momctot 
f>Ù' il perdit ioute coanoissanee ^ 
et 8st présence ne fut pas inutile 
au r^>os du maladjE^ ; car on a 
su qa'uu jour , pendant que ma- 
dame la duchesse ^d'Aiguillon 
étoit allée dîuer , le P^ noutli 
étant venu , et ayant trouvé le 
malade s#ul avec son secrétaire , 
fit sfHTtir eelpi^ci de la ebambré et 
s'y eofeiinâ sous clef* iKUdanH^ 
d'Aîguilioîi 5 revenue d'abord 
^fé^ djsp4 f s'^ppfodiif d« ht 



MONT i%^ 

pprtf , «t eslënditle makide qui 
parlait av«e émotion. £il« frap- 
pa , et le jésuite ouvrit : à Pour-* 
quoi tourmenter cet bomme mou- 
rant , lui dit - elle ^' » Alors 1« 
présideot de Monleseruieu , vepre* 
uant Itti-mèinc la pmle , lui dit : 
«Voilà, madame, le P. RcMiâc 
qui voudroil m'qblifer de lui h^ - 
vrer la clef de mou armoire pour 
enlever mes papier». » Madamer 
d'Aiguillon fit «es r^rocbés et 
celte violence «u confesseur , qitî 
s'excusa en disant : « HaidaaaiB ,• 
û faut que j^obâsse à mes si^pé<r 
rieurs » > et iWut rcnvoj^ san» 
rien obtenir. Ce fut ce jésuite cfuf 
pid)liai après la mort me Montes- 

âuien une Lettre dans Inquel^ 
fait dire k cet illustre écrivain . 
« Que c^étoit le goût du neuf , diA 
singulier, ledmrde passer pouf 
un génie supérieur aux prréiugéft 
et aux maximes co^imiuies , l'eii'* 
vie^ de plaire et de mériter les ap^ 
plaudissemens de ces personnes 
qui donnent le ton à l'estime pu« ■ 
blique , et qui n'accorc^nt jai^aia 
plus sûrement la leur que quand 
On semble les autoriser k secouer 
le joug de toute dépendance et de 
toute contrainte , qui lui avoienll 
mis les armes k la ifuain contre 
la religion* » Ce prétendu aveu 
fut démenti par les amis de Mon- 
tesquieu. Il mourut le to février 
1 755 , k l'âge de 66 ans. il fut re- 
gretté autaut pour son génie (]^e 
pour st& qualités personnelles^, 
Quoique naturellement économe 9 
il savoit être généreux. L'acte de 
bleniaisance qu'il fit k Marseille , 
en donnant sa bourse k vn jeune 
bateber i et en consignant sec^é-^ 
tement une somme d'arg«»t k nit^ 
banquier pour racheter le père de 
cet iniiortuiié , pris ^ar un eor^ 
sâire, et esclave en Afrique, a été 
jirublié dans les journaux , et à 
donné lien k un drame intéres* 
saoÉ'i repréMHlé avec succèi» ea% 



i58 



MONT 



i7S4> som le titre du Bienfait 
anonyme. Ne se tourmentant, 
pour personne, et n'ajant pas 
pour lui - même d'ambition , sa 
douceur , sa gaieté , sa politesse 
étoient toujours égales. Sa con- 
versation , légère ,. piquante et 
instructive , semée de bons mots 
et de mots d'un grand sens ^ étoit 
coupée par <Jes distractions qu'il 
n'aÔectoit jamais et oui plaisoient 
toujours. On conu oit la 'réponse 
qu'il fît à quelqu'un qui lui rap- 
portoit un trait diilSciie à croire , 
eu, que ce grand h6mm;e ajÛTectoit 
de regarder comme tel. Le nar- 
rateur , a chaque doutq. de la part 
de son auditeur , ne cessoit de 
protester de sa véracité. Enfin , 
pour dernier trait : « Je vous 
donne ma tête , dit-il à Montes- 
quieu , si.... J'accepte le présent , 
interrompit celui-ci , les pe- 
tits dons entretiennent l'amitié. » 
Gomme il ne cherchoit pas à bril- 
ler , et qu'il a voit conservé l'ac- 
cent gascon , "il paroissoit mettre 
plus d'esprit dans ses livres que 
dans sa conversation , qui étoit 
cependant telle que nous l'ayons 
pemte. Il ne vouloit pas la soi- 
gner , et n'y cherchoit que le 
plaisir et le délassement. Les 
srands le recherchoient ; mais 



MONT 

On à publié après sa mort un re-' 
cueil de ses OEuvres , Londres ,• 
1759, en 3 vol. in-4'*. M. Bastien , 
en 1788,60 a donné en 5 W.in-8% 
une très -bonne édition, k !?• 
quelle il faut joindre le vol.Vf OFi/- 
i>res posthumes , qui a paru en 
1798 , in-8'0. Les éditions les plus 
complètes sont celles dé Baie , 
1 79g , 8 v. in-8», ou de Paris , au V 
( 1 796 ) , 5 voL in-4^ . 11 y a dans les 
OÉuores de Montesquieu quelques 
petits odvrages dont nous n'avons 
pas parlé , entre autres le Temple 
ne Gnide , espèce de poemè en 
prose , Paris, 1772, in-8<» et in-4'*> 
où Tàuteur tait une peinture riante, 
animée , quelqiiefois trop volup- 
tueuse , trop hné et trop recher- 
chée , de l'amour tel qu'il est 
dans une ame neuve. Celte ba- 
gatelle eut le plus grand succès 
au moment oii elle parut : mais 
on s'aperçut bientôt que le fond 
n'en étoit pas asse^ attachant ; 
que la Cable pn étoit petite et 
noyée dans trop de descriptions ; 
que les personnages n'étoient ni 
assez caractérisés ,"ni assez va- 
riés ; qu'enfin il y avoit de la re- 
cherche et de l'affectation dans 
le style , beaucoup plus de ga- 
lanterie et d'esprit que de sen- 
timent et d^imagination , et qu'eii 



leur société n'étoil pas nécessaire général l'ouvrage n'étoit guère 
a son bonheur, il. fujoit, dès j qu'uû lieu commun parsemé de 
qu'il pouvoit , à sa terre. On | traits heureu^. On se souvint 



voyoit cet homme , si grand 
et si simple , sous Un arbre de 
la Brède , conversant dans le pa- 
tois du pays avec ses paysans , 
assoupissant leurs querelles et 
prenant part à leurs peines. Mon- 
tesquieu étoit fort doux envers 
ses domestiques. Il lui arriva ce- 
pendant un jour de les gronder 
vivement; mais se tournant aus- 
sitôt en riant vers une personne 
témoin de cette scène : « Ce sont, 
lui dit - il , des horloges qu'il est 
quelqueibis besoin de remonter. » 



alors que Montesquieu , dans les 
Lettres persanes , avoit parlé àe3 

Ï>oëtes avec assez de mépris ; et 
'on crut voir dans le Temple de 
Gnide la prétention d'être poëte 
sans écrire en vers. On sa voit 
que. l'auteiu' avoit inutilement 
essayé d'en faire ; et c'est une 
foiblesse dont plus d'un grand 
homme a été susceptible , de dé- 

§récier ce qu'on ne peut attein- 
re. » C'est ainsi que La Harpe 
pense du Temple de Gnide , et 
sa critique est sévère sans être 



'\ 



i.. 



MONT 

iiljaste. Madame DudefFant Tap- 
peloit «l'Apocalypse de la ga- 
lanterie.» On peut cependant 
demander grâce pour' quelques 
tableaux , tel que celui des sy- 
barites et quelques autres d'iin 
coloris agréable, Deux de nos 
poètes français ( Colardt»au et 
Léopard), ont prêté au Temple 
de Gnide le charme des vers : le 

Ï>remier Ta mis en grands vers 
rançais , le second a varié là 
mesure à cHaque chant. On trouve 
encore à la tin de l'ouvrage de 
Montesquieu' un JP'raemeht - sur 
le goût , où il y a plusieurs idées 
neuves et quelques-unes qui pa- 
roissenl un peu obscures. De Se- 
condât, fils de ce grand homme, 
avoit dans sa bibliothèque 6 vol. 
în-4® ,' manuscrits,' sous le titre 
de Matériaux de F Esprit des 
lois , et àes lambeaux de VHis- 
toire de Théodoric , roi des Os- 
trogoths. Mais le public ne jouira 

Sas de ces fragmens, non plus que 
*une Histoire de Louis XI , que 
son illustre père jeta au leu par 
mégarde, croyanty jeter le brouil- 
lon que son secrétaire avoit déjà 
Brdlé. De Leyre a publié en i^SS, 
iii-12 , le Génie de Montesquieu. 
C'est an extrait , fait avec choix , 
des plus belles pensées répan- 
dues dans les différons ouvrages 
de cet écrivain , qui avoit ap- 
prouvé lui-même Pidée de cet 
abrégé. « On n'y trouve , dit l'a- 
bréviateur, que des anneaux dé- 
tachés d'une longue chahie ; 
mais ce sont des anneaux d'or. » 
On a donné en 1767 , in- 12 , les 
Lettres familières de Montes^- 
quieu. Il y en a quelques-unes 
qu'on lit avec plaisir , et dans 
lesquelles on reconnoît l'auteur 
des Lettres persanes ; les autres 
nv. sont que de simples billets , 
qui ri*étoient pas faits pour l'im- 
pression. On a ' publié aussi 
9on roman âtArsace , annoncé 



MOÎÎT 



1% 



d'abord avec emphase, et qui a 
fait une médiocre sensation dans 
le public. Montesquieu avoit 
épousé , pn lyiS , Jeanne de Lar- 
tigue , fille de Pierre de Lartigue, 
lieutenant - colonel du régiment 
de Maule^Ticr. Il eut aussi une 
fille mariée h un de ses parcns. 
Secondât d\'^geu , la queli*- porta 
en dot à son époux la terre de 
Montesquieu. Elle avoit été éle- 
vée au monastère du Paradis , 
près du port Sainte-Marie. Les 
religieuses lui dictoient les lettres 
qu'elle écrivoit à son père. Mon- 
tesquieu s'en aperçut et lui ré- 
pondit : « Ecris toi - même , ma 
chère fille ; j'aime mieux tes pe- 
tites niaiseries que tous les traits 
d'esprit que ces dames peuvent te 
fouriiir. » ( J^, Fitz-James , n° I. ) 
Voici plusieurs anecdotes qui 
nous ont été adressées par un 
savant biographe. Montesquieu 
se trouVoit k Montagnac , près 
de Nérac , le jour de la fêle du 
patron de ce village^ dont son 
gendre étoit seigneur. Il assista 
aux offices de l'église. A vêpres 
il y eut sermon ; et l'orateur , qui 
étoit urt capucin , fut long e\ en- 
nuyeux. En sortant de 1 église , 
le curé demanda au président 
son sentiment sur le prédicateur. 
« Son sermon , répondit Monles- 
quicu , avoit en longùeuï- ccqui 
lui manquott en profondeur. » Il 
dit a un homme qui lui attribuoit 
des principes qiu 'n*étoient point 
dans son Esprit des lois : «Vous 
jugez , monsieur^ le livre qui est 
dans votre tête , et non celui qui 
est sorti de la mienne. » On a 
imprimé que Montesquieu • se 
plaîgnoit que, dans sa province, 
il ne trouvoit personne qui l'en- 
tendît , et qn'il répétoit Souvent 
ce vers d'Ovide : 

Barbarus hîe e^o tum , quia non intelli^r 
illit. 

Cette supposition est un outrage 



fait à Bprdcau]^. L'auteur <(k Vfs 
firit' des lpTs'éi6h trop pcîli , c 



et 




4e là $oeiëié renier in oient des 
Ëommes capàjblçf idç rapprécièr, 
et avec iest[ui^ls'i] se plaisoit ^ 
vivre.' U vôjott souvent le che- 
valier de Vivens , et il en iaisoit 
grand ca$. Uni )Qur ce 4ertiier 
Fui tëmétgnoil le riegret de je V9ir 
con(me (^s le fon^ il'uQf pro- 
tincç. «t Quand on vît a^ec vpus, 
lui répondit Mon^sgui«u , ot^ 
sent m'oips le besoin des gens de 
lettres de Paris.» Il^ssîstpit a un 
sermon pr<âiph^ par lin j^uoe ora- 
teur , <^ui pàs^oit pour avoir plu^ 
de mémoire qù^ de génie. Le 
itiscours éto^t Bon. Le P. La- 

Sird^iy ^ugûstin, |^ côté duquel 
étoity lui <Ët : «M* lei prési- 
dent, voilà ùnp bçlle pièce; j^ 
Voudrois bien l'âyoïr faite . «<• • ^ 
£t le prédic^tteur aussi , répU* 

2uak]^pntéâquieH> Un homme oui 
yoit plus de zèle que dVspnt» 
4yant îait tomber la conversation 
sur là religW, çujel que Mon- 
tesquieu crai|pqioit de tr^itçr , lui 
dît avec yivaçit^ : « Ofi ne yoît 
^lus aujourd'hui que dçs esprits 
torts .... — • Eh î monsieur , m- 
lerrompit V^ président d'un ton 
encore plus vif, il J a pour le 
ijaoins autant d'eçpri'ts ifoibl^s çt 
plats. M tlnç d^niç d.ç Cordeaux » 
^rÇS-4^yole» mais livrée à la 
mollesse , cberchoit les direc- 
teurs les pli^s ind^^Çn^ 4ans uiy 
Ordre qiu n^ paissoit pas ppîir 
révère. '« On voit tiejp , dit Mbu- 

eiel , H^iais au meilleur mai^ché 
i»Qssy)Ie.« l^ontf^sqûieu étoit s.uiet 
9 be^u<;OUD d^ 4^strt^çliQi:is ; mais 
3 les racbetoic par des s^iltiçs 
qpi i^tér^jlSQÎent toujours les so- 
&létés. « Je B ai pas été iSiche dé 
£a^4çr p^tif ^tr^it y lit-on ijbns 



çeç Pensï^esj cçl? p^'f ffîi î»»^r- 
d^r bîei5^ des péghgçijiçes quj 
m'aurçi^^^ ^ml^arrassé. J'aimé 
lés maisonç ç>i^ 1$ puis i^etirei: 
d'affairç av^c moi? esprit ilç 
tous le§ jpurs. » Il sg^tçouy^ uxk 
J9HÎ-cliçz le pré8idenl^arî)o|ayfi^ 
^ti bçrQ^çdjn , nomfnç trçs-su: 
perfîciel , mais bçau parlewpVgu*» 
Tif Cr^ignaiif point (le liittéi: av^f^ 
rWVîur dç y^sprit de^ Iqi^ ^ 
étaya quelques psira^pies ^PH*^ 
v^auiç aé mauvaises râiséps qU if 
soutcnoit avec itn^ cértainç chat 
leur. MôptQ^^q^iéu lui (\}t'. « s^oj^ 

Eçve 9 yous reçsf mhlez frop %\^ 
éros de l'Afiost^ , (jui 'çoi|[|Bj^tt 
tpiçnt pQujr des ^ipières ïvjey 
d^s SLtaxef bri^l^Qtep. » La Saa- 
ihçllé ayant donné mie suite 4 
1» Défense de FEspnt d^s Ipis » 
Stpntesquieu lui témoignai hea^^ 
cpup d amitié et dlntéret , d'au- 
t^t plus qu'iï lui troùvoît' 'iç 
l'espfit , et un esprit penseiùv 
Lorsque le Supplément au Si^lç 
de Louis XIV parut y en ij^o, La 
Baumelle se montra fort sçnsiblé 
a toutes le» ii)jure$ dont Voltaire 
racc^bloit dans cette broçhui:çv 
«So^yez trapqixille , lui dit l)ïoq« 
tesquieu , sa réputation vous dé- 
fendra.» On a reproché à Vol- 
taire d'avoir étç injuste à 1 égard 
de Moiitesquieu ; él en eifet il s'est 
permis quelques critiques et flu^l^ 
ques plai^i^n {enes qui inapqi^ipieçi 
également de Justice et de çôii- 
venance* Il n'amioit pas Sloiites- 

3qieu , mais il a voit a s'en pl^in^ 
re ; et ce n^est pas sur d^S traita- 
d'huimeur ou de ressf ntim^^Jt ^u'il 
la ut juger les yérilable? op*»uon^ 
de cet homme e^trafor^inaire > 
4ont l'esprit éCoît^'^Ms^ •!^^|*^*, 
qac brillant, et dont |e gpàt ëtoi|^ 
aussi sain que 4^1içat , quand it 
n'élott Pg9KP p?? au,cune préyeçi- 
liop. Personne n'^ Ipu^ Montes- 
quîea d^une fnanièf/s plus f ohle" 
[copias honoïîjibiè ^e Volifiipfv 



^ IttONt 

lor»qii'eD parlait de' la Cranieur 
et Se la décadence de» Bpmmns ^ 
dans son discours à râcadéinie 
frauçsiise , il dit de l'auteur : « Gê 
fl^Rie mâle et rapide , qui appro* 
Hiudit tout en paroissant tovî 
énieiïrer» 'y et lorsqu'il a dit di? 
PE.^rit dei lois : a Le jB;ènre nu- 
main a voit perd a $e% titres; 
Hônlesquièu. les ^ retrouvés è| 
les lui a rendus, j^ Voila dii il faut 
cIieFchér les véritables Sentimeqs 
de Voltaire sur , Montesquieu. 
tîinc venevoces.. Il n'a pas tenu 
à sa modestie que les traits mêmes 
de son visage ne fussent ineon<» 
ims il* la postérité. Il s'étoit long- 
ps^ refusé aux sollicitations 
plus grand^ peintres. Dassier^ 
ihre par les médailles qu'il a 
Irappées en l*honnei^r de plu- 
fiéurs lipdimes illustres , vint de 
màrcB k Paris , en tyî^ , pour 
ipi>er la sienne. Il essuja dV 
>râ des refus f nifiîs il. yenoit 
^guerrs contre les refus « Crojez- 
votîs y dH-il à Montesquieu y qu'il 
j ait moins d'orgueil à refuser 
ma proposition qu^ f accepter? » 
ilootésquieu touclié de ce mot* 
bissa dessiner son profil. La 
âEmiile de, $econdat étpit.origi- 

Î^BÎre de Tréfac. Jean de Seçpn- 
at « trisaïeul du président , étoit 
i^ialté^l-d'iiôtel de Henri d'All^ret, 
^r^iér du nom , roi de Navarre^ 
«tepsuitede la reine Jeanne, mère 

S; jffenri IV. Il acquit la terre cle 
çiUe^nieii, à deux lieues de Né- 
vaç^ moyieonant dix mille livres 

' 4)Mit cette p^ncessie r^ompen^ta 
VM services. Henri ÎV érigea cétfe 
terre en ^aronie en faveur de 
Jficob cte Secondât , fils de Jean. 
De Jacob, gentilhomme ordinaire 

'de ce prince, et ensuite mettre- 
oe-camp du ré^in^nt de Gh)^til- 
)un y naquit Jean G^istpn , préâl- 
geof à mortier au pailement de 

Î^ofdeaux , et pèr^ de l'auteur de 
'Esprit des lots. Louis XVI ^èt- 



MONT iLi 

mit au petit -fils de ce .grai}4 
bômîne . cte conserver le titre de 
bfirpn dejtfontesquieu , quoique 
té grandrp^ eût çéd4 Cette .terre 
à son gendre y Secondât d'Agén. 

* n, BÎpj^TÊ^uiw ( Jean, 
Baptiste pi SBcoHDi.T de ) , âls 4» 
précédent , .f onseiller au parle- 
niént ^ dé dordeaux y , àe l'âça- 
di^rriié dé cette ville . et dé la èo^ 
ciété royale de Ixmdrés y né k 
]|tf[artnUc près de B^ré^mx en 
tjiô. Quoiqu'il eût de l'espritj 
des lumières sur tous les ar^ , e| 
qu'il eût cultivé avee queiqttê 
succès les icienc^ exactes , l'his- 
toire naturelle , et fur-tout ce qiij 
conçer|ioitragriçulture,.i) n'aCquif 
poiiat la r^^tâtijcm qu'il aufoif 
eue s'il eût possédé Van de iq 
fi|ise valoir. Il ayoH , éomm^ 
pumarsais « raiic.4'tin nigaud , et 
sfs continuelles distractions ajou- 
tpient k cet air ; mais ceux qui 
ppuyoient percer k traverf cette 
écprce peu Êivofabte ne lui ap- 
pliquoient pomt. le vprs. de Ra* 
cipe le pèr^ , .qt|e , le ^satirîqMfl 
Cbevrier avoit tourné Contre 
liacine le fils : 

£f mol , àlf inconnu d'im ti iJioHMm pé^s. 

On a de lui, h O^ienHtiions éf 
physique et ^histoire nmbtreUe 
sur ks eaux minëptdes des fy^ 
rén/es , ?ari$ , lySo , în-i4. fi. 
Considérations sur te eotàmeHpe 
et la naingatipn de h Grèmde^ 
Bretagne , 17409 -în^is* WI. Co/r- 
sidërations sur la marine miii^ 
tdire de France , 1756, tn 6% U 
fit imprimer ce livre, à Londres ^ 
oh il étoit sHén , et oh cet ou* 
vra^e Ait mal aoeiiellli , parce 
j|u'u domioit une ttop grande 
idée de Ujéniif sance nivale dee 
Français. iV. Mémoire sur féf^ 
lectneité, 17)^6 , tn-8»- I/aûteer 
s'7 iléva èohlM la âiéorie -^ 
l'abbé NoUet. V. Histoire natu* 



i42 MONT 

rcUe du chêne , 1783 , in-fol. L'ou- 
vrage tîe Unchoul , siir le même 
sujet , a servi de base a celui-ci. 
ï/auteur y a joint l'a dénomina- 
lion des diverses espèces de rai- 
SîTis qu'on cultive dans le Bor- 
delais. Ilsavoit par cœur les pré- 
ceptes d*Olivierde Serres, tombés 
dans; un injuste oubli ^ et qu'il 
à contribué à faire connoîlre. 
Montesquieu fils est mort à Bor- 
deaux le 17 juin 1796. 

I.ltïONTESQUlOU, assassin 
du prince de Condé. Foy, Conde, 
h» II. 

fil'. MONTESQUIOU d*2U- 
TAGNAN ( Pierre de ) , maréchal 
^e. France 5 d'une lamille Irès- 
ancîenne,quî subsiste, et qui tire 
son origine de Ici terre de Mon- 
tesquioU , l'une des quatre ba- 
ronies du comté d'Armagnac , 
^ ses premières armes eu Hol- 
lande contre Pévêqtie de M'unster. 
Il servit avec distinction dans 
les guerres de Louis XIV , de- 




envoja , iroi.s ans api 
dans toutesles places du royaume 
pour y montrer à toute l'inl'an- 
terie un exercice uniforme. Mon- 
tcsquiou se signala sur-tout dans 
les guerres de la succession. Il 
commanda l'infanterie française 
k la bataille de Bamîllies et k 
œlle de Malplaquet. Dans cette 
dernière action ,: où il fit des 
prodiges de bravoure et dfe 

Erudence , il ftièna plusieurs fois 
îs troupes k la charge , eut trois 
ohevaux tués. sous lui, et reçut 
deux coups de fusil dans sa cui- 
rasse. Le bâton de maréchal de 
France fut la récompense de sa 
valeur, le 20 septenibre de .la 
même année 1709. Cette dignité 
ne Peinpécha pas de servir en- 
core sous le maréchal de Villars. 



MONT 

i II rompit ^n 171 1, les digues 
de l'Escaut , a la vue des gar- 
nisons des places conquises ; et, 
f)ar cet exploit, il l^ur rendit 
e cours de cette rivière impratica- 
ble peiidant tout l'hiver. Il eut 
beaucoup de part, l'année d'après, 
aux avantages remportés en 
Flandre. Ce général mourut le 
12 août 1725 , a 85 ans, avec les 
titres de chevalier des ordres du 
roi et de gouverneur d'Arras. Le' 
maréchal de Monduc ( voyez ce* 
mot ) : et son frère , \é\ ôque de 
Valence , étoient de la même fa- 
mille. 

t HT. MONTESQUIOU - FE- 
ZENSAC ( Anne-Piért-e , marquis 
de ) premier écuyer de Monsieur, 
frère de Louis XVI , grand-maître 
en 1774 , chancelier-garde-des- 
sceaux en 1778 , des ordres mi- 
litaires de Mont - Carmel et de 
Saint-Lazare , maréchal de camp 
des armées du roi , chevalier de 
ses ordres , député en 1789 aux' 
états-généraux par la. noblesse 
de Paris, général- commandant 
en chef de l'armée du midi^ 
membre de l'académie française , 
unissoit a tant, de titres les ta- 
, lens d'un homme d'état et le 
savoir d'un financier. W prononça 
un grand nombre de rapports 
sur les finances , dans lesquels 
il proposoit la suspension de- 
Tarriéré , la réduction de la dé- 

Ï^ense et des pensions , la régu-' 
arité des liquidations , et lai li- 
berté du commerce de For et de 
l'argent. Il obtint que six admi- 
nistrateurs , nommés par le roi ,* 
seroient témoins des opérations* 
du trésor national ; que les "as-' 
semblées coloniales propoee- 
roient elles -mômes les lois sur 
les esclaves , et que la loi fixe- 
roit la liste civile. Enfin \ après* 
avoir approfondi le système* gé- 
néral ded finances , relativement 



► 



MONT 

fa passé , ati présent el à l'avenir , ! 
il eris publia iiue Histoire elé- \ 
»ie/z<«/np,couoi»eelluniiijeiise,oii j 
il iodiquoit même les révolutions j 
éventuelles , engageant, en niônie j 
lemps ses successeurs à les pré- 
venir. Sou zèle et ses travaux n'é- 
toient pas tout- à -lait désinté- 
ressés ; car il sut pix)titer de l'o- 
piuion publique qu'il dirigea s tir 
cette partie , pour ne pas perdre 
sa fortune. Lors de Tévasion du 
roi de la capitale , Monsieur , 
offensé que son premier écujer 
continuât de servir sa patrie , lui 
demanda sa démission de sa 
charge de premier écujer. Mon- 
tesquiou Jui répondit avec di- 
gnité que, depuis le 21 jnin , sa 
conduite n'éloit pas. différente de 
celle qu'il avoit tenue jusqu'alors, 
et donna sa démission. L'assem- 
blée nationale , froissée par tous 
les partis vers la^n de ses tra- 
vaux, entendit deux partis lui de*- 
nander des comptes des deniers 
publics. Montesquieu leur dé- 
montra qi^e le corps législatif 
ne devoit pas de comptes , mais 
qu'elle en Faisoit rendre. Nommé 
général après la session , il prit 
fe commandement de l'armée du 
midi, et dénonça les préparatifs 
de guerre faits par rAulriche et 
la bavoie. La France dut à la 
sagesse de ses mesures la con- 
quête de ce jdernier pays , et l'bu- 
manité., d'y avoir réussi sans ré- 
pandre une goutte (jie sang.Cbargé 
a'eflfectucr de gré ou de force 
l'expulsion des Suisses du terri- 
toire de Genève , il l'obtint par 
ses négociations avec le gouver- 
nement. . Décrété d'accusation le 
II novembre 179*2, parla con- 
vention, pourcause de dilapida- 
tion, pour avoir profité, disoit- 
elle, des marchés qu'il avoit pas- 
sés pour le besoin de ses troupes, 
avoir cherché à favoriser le roi 
.de SardaignC; et ayili la dignité 



MONT 145 

nationale dans un traité avec 
l'étal de Genève , les commis- 
saires dans cette dernière ville ne 
l'y tro H vèren t p I u s 4 Le ' go Q voue- 
ment genevois lui avoit ouvert' les 
portes du. lac. 11 s'étoit retiré du 
fond de la Suisse. Kn quittant son 
armée, il emporta la caisse, en 
dédommagemeul des biens qu'il 
laissoit en France. On prétend 
qu'après avoir fait son compte, 
qu'il adressa à la couventio'n , il 
le termina par ces mots : « Je ne 
suis point un fripon ; mais \e 
ne serai pas votre Jupe. » Un dé- 
cret du 23 septembre lyQS , laissa 
à Montesquiou la liberté de re- 
venir dans sa patrie , et il y est mort 
à la fin de 1798. Ses Opuscàîes 
en finance soqt écrits - avec fi«- 
nesse et beaucoup d'esprit; il les 
débitoit mal , ayant un organe 
sombre et peu flatteur. L« plus 
considérable est intitulé De Lad'- 
ministration des finances ddris 
une république. Ses autres écrit« 
sont, une Lettre à Clavière ^ 
1792 , in - 8^. Mémoire sUr les 
finances , Paris , 1795 , in-8». S* 
Correspondance avec les mi* 
nistres et les généraux, Montes*- 
quiou avoit dans son style , en 
écrivant sur les affaires de l'état , 
de la clarté , de la précision. Dans 
ses productions littéraires oa 
remarquoit de la facilité , de la 
grâce et de la sensibilité. Comme 
tous les hommes célèbres de son 
temps , il alla rendre des hom- 
mages au génie de Fèrney , et 
bientôt après en reçut à Versailles 
des lettresduphilosophe solitaire, 
enchanté du ton et des grâces du 
courtisan. — Son fils , M. Eïiza- 
beth -Pierre de Montesquiou-Fb*- 
ZENSAc , créé .comte de l'empire 
e\ grand - chambellan de S. M. 
Napoléon , a été élu président du 
corps législatifen 1810. 

MONTED (Jérôme de)., 



«44 



MONT 



eçmïVL so^ Iç'iiom latin de Man^ 
iicus , médecin du dernier siècle , 
« ptiblié en latin un Traité sur 
l'art de prolonger la vie et de con- 
server la santé, traduit ensuite 
en français par VAlcelas. 

* ï. MONTEVECCHIO ( Pom- 

Eée, comte dé) , né d'une illustre 
tniâle dé Fano , v^rs Ke milieu 
du ly siècle , iUt tout k'ia fois 
poète tragique et poëte lyrique, 
^es tragédies et ses poésies ont 
^é'publiées a Fano en 1706 , et 
À Crânone etiiyiQ. On ïiii doit 
la Fie, du célèbre littérateur Phi- 
lippe Marcheselli de Rimini , qui 
a été inséirée dans le Recueil des 
vie$ des illustrés àcadénlicien s des 
«rc&iles , Rome, 1714* ^^ ®^^ 
«idrtvers 17^0. 

* H. MONTEVECCHTO ( Ni- 
éol^ , èonfite de^ , fils du précé- 
dêi^t , étudia aveé fi'uit le droit , 
la pMik^opbie et les belles-lettres , 
et moùrnt dans .$a patrie le 29 
oétobre 1^67. On tfonve quel- 

3aes*unes. de sest poésies éparsêS 
ans lés recueils du temps. Ses 
autres productions se conservent 
mapoterites dans sa famille centre 
a^t^ès la Scornéide , ou Sonnets 
sur les obsèques dà chanoine 
Jean*Bfiptistê Scomi, commeo- , 
feés au inois d'aoât 1765^, avec^ 
^elqu'es dialogues ; Ces Sonnets 
luretn composés Lreffei de tour- 
ner en Hdioule Scdrni , poëtë 
très-médiôère , et <^ eepencjfmt 
ar^^it la {^rétention d'aspirer à tth 
pafàf éur le Parnâise italien. 

* MdNTEVÉRbÊ ( Claude), 
ni à Crémone tei^s la fin du t6« 
«ièçle, fut u^ des plus grands 
iliusiiftiesks dé son temps. Attaché 
fin sei^Gfe du duc de Maiitoue, 
il se livra It Fétùde de. la çom^ 
position sous le professeur Marc- 
'HÉoioe lngè|nèi:I ^ n^û^ jie l^ 







MOÎfT 

eonr. Etant passé k Venîse , il 
fut nommé maître de la chapelle 
ducale de Venise , place qui 
étoit toujours occupée par de* 
professeurs d'un mérite distingué. 
C'est dans cette ville quf M6h«- 
teverde publia defs madrigaur, 
sorte *de poésie fort k la ttiodé 
dans les ôoncerts dltâlie , k trois i 
quatre et cinq voit. La chaleur dç 
son génie et la pureté de àùn 
goût lui firent enfreindre quelques 
règles de l'art , qui jusqu'alors 
avoient été regardées comme in-* 
violables. De tous côtés on S'éleva j,^ 
on cria au sacrilège ; le compo* 
sitedr fut traité <rignorant et de 
corrupteur de l'art , pOur en avoir 
voulu reculer les limites.^ Ce- 
pendant Monteverde se disculpa 
des reproches qu'on lui avoit 
adressés , et répondit par des 
lettres imprimées en tête de ses 
ouvrages. JLa beauté de la mu^ 
que ramenoit k son parti lè 
public et la plus grande pafw 
tié des amateurs. Ses écarts ino» 
difiés furent adoptes , et commenf^ 
cèrent k opérer la î^rande té^é^ 
lulion musicale en Italie. L'art » 
débarrassé d'une quàûtité de rè- 
gles sévères , fit de nouveaux prô* 
grès , et ouvrit une carrière que 
tant d'hommes célèbres qui Tont 
succédé n'auroient peutretre pas 
Connue. En 16^0 lacacléniîe dis 
Bologne l'admit dans son àein , 
et , p^r une graiide solctmité , 
célébra un événement si ^orieui^ 
pour elle. Les Madrigaux do 
MontévCrde ont été imprimés k 
Venise, depuis i58ai)ùsqu'èn r65i , 
Il y a encore un autre recueil d<^ 
ses pièùès , depuis une jusqu'à 
huit partie, intitulé Sèlvà nio^ 
rate spiHtaale^ Venise, x54o* 
On à d« lui leâ Opéràé siûvàUs , 
I. PrOserpiriM rapita , 16S0. II. 
Étriànna^ par Binncéïui, ^64^. 
C'est le prenfiièr opéra donàé siii? 
)[« li^ati^ 4è 3Aiat«M0Jrsé t Ti- 



\ 



MONT 

Dise. m. Adffne , tragédie en 
musique , par Paul V^ndranouen , 
iQ^i» IV. \2lncoronazione di 
Poppeay en lù^i* Monteverde est 
mort à Venise dans un âge fort 
avancé. 

, MONTEZUMA ou Monteçuma 
éloit empereur ou roi du Mexi- 
que, lorsque Cortez fit une inya- 
sioa dans son pajs en i5iS , ap- 
pelé , disoit-il , par les habitaus 
dont Montezuma , aveuglé par 
la superstition , prenoitles ejafaus 
pour en faire des sacrifices .k ses 
uioles. Ces animaux guerriers , 
sur qui les principaux Espagnols 
éloient montés , ce tonnerre ar- 
tlGciel qui se formoit dans leurs 
mains y ces châteaux de bois qui 
les avoient apportés sur l'Océan , 
le fer dont fis étoieot couverts , 
leurs marches comptées par des 
victoires, tant de sujets d'admir»- 
tion , joints à cette foiblesse qui 
porte le peuple à tout admirer , 
turent tels , que Cortez arriva 
dans la ville de Mexico , y fut re- 
çu par Montezuma comme son 
maître , et par les h^bitans comme 
leur dieu : on se niettoit a genoux 
dans les rues , quand un valet 
espagnol * passoit. Mais peu k peu 
la cour de Montewima , s'apprî- 
voisant.avec ses hôtes , osa les 
.traiter comme des hommes. Le 
prince mexicain, ne pouvant se 
défaire d'eux par la force , tâcha 
de les rassurer au Mexique par 
des témoignages d'amitié , taudis 
qu'il les aSbibiiroit ailleurs. Une 
partie des Espagnols étoit k la 
Vera-Cruz. Un général de l'em- 
pereur , qui avoit des ordres se- 
crets , les attaqua ; et quoique 
ses troupes fussent vaincues , il 
y eut 5 ou 4 Espagnols de tués. 
La tête de Tun d'eux tut môme 
portée k Montezuma. Cortez se 
rend avec audace au palais , suivi 
de 5o Espagnols , et mettant en 



MONT 



45 



T. XU. 



usiige la persuasion et la. menace , 
emmène l'empereur prisonnier au 
quartier espagnol , le force k lui 
livrer cefx qui avoient attaqué 
les siens a la Vera-Cruz , et fait 
mettre les fers aux pieds et aux 
mains de l'empereur même , 
comme un 'p^énéral qui punit un 
simple soldat. Ensuite il l'engagea 
a se reconnoitre publiquement 
vassal de Charles-Quint. Et, pour 
tribut de son hommage, il donna 
600 mille marcs d'or pur. Monte- 
zuma fut bientôt la victime de 
son asservissement aux Espagnols. 
Ce prince et Alvara , lieutenant 
de Cortez , furent assaillis dans 
le palais par 200 mille Mexicaine. 
Montezuma proposa de se mon- 
trer k ses sujets , pour les enga- 
ger k se retirer ; mais' les Mexi- 
cains ne vojoient plus en lui que 
l'esclave de conquéran s étrangers. 
Au milieu de sa harangue , il re-' 
çut un coup de pierre qui le blessa 
mortellement ; il expira bientôt 
après, l'an iSao. {V^oyez Cortçz , 
n» I.) Ce malheureux prince I vic- 
time de son imprudence ,. laissk 
deux fils et trois filles qui em- 
brassèrent le christianisme. L'aîné 
obtint de Charles -Quint des 
terres ,'Mes revenus , et le titre de 
comte de Montezuma. Il mourut 
en 1608. Sa famille est une des 
plus puissantes d'Espagne. . 

L MONTFAUGON. VojezSvL- 

LARS , n» I. 

t II. MONTFAUCON (Ber- 
nard de ) naquit le 17 janvier 
i655 au château de Soulage en 
Ijanguedoc , de l'ancienne famille 
de noquetaillade, dans le diocèse 
d'Aletli. Pavillon , qui en étoit 
évoque , surpris de la vivacité d'es- 
prit du jeune Montfaucon , lui 
dit un jour : « Continuez , mou 
fils , et vous serez un grand hom- 
me de lettres, » Cette prédictionne 

10 



i46 



ijttôNr 



MONT 



parut pas d'abord s'accomplir. Lé . f\lîl , lui faddtt d'autres ^îë^ 
leune hom Aie prit lé parti des 1 mais le bënédiètlii fràtiçais rel 



jeune nomme prit Je parti 
armes , et servit en qualité de 
eadel dans le régiment de Perpi- 
gnan ; mais la mort dé ses pa- 
tens l'ajànt dégoûté dii Yiionde , 
il stt fit bétiédjctm Ûahs la cou- 
jrégàtiôiide Saint-Mstur en 1675. 
La Supériorité dé ses talens lui 
fit bientôt un noïh célèbre dans 
son Ordre et datis l'Europe. Il 
embrassa d'une ardeur égalé là 
pbiloéopîïie , la théologie , l'his- 
tbiré Sacrée Cl prbftne , k littéi*â- 
ture ftncienrié et moderne, les làn- 
|;ù^s mortes et vif aiitts. En 16^ 
il fit un vOyâge en Italie pour y 
cOnsuiter les mbliothèquèi , et j 
chercher ifés ancielas. manuscrits 
propres âft genre de travail <ju'il 
avoit choisi. Son plus long séjour 
ftit II Rome. Le pape IbnoCènt XII 
et \éÈ prélats les plus illustres 
lé reçurent avec distiticfion. Ces 
faveurs excitèrent l'envie , él Za- 
èagnt, sous-bibliothécaire d«i Va- 
tieah , chercha dans toutes les 
occasions à mettre son savoir en 
défàuf. Un jour que domdeMopt- 
faucon étoil avec beaucoup de 
tnonde h la bibHothèdue , Zaca- 
gfii , mettant devant lui uh ma- 
nuscrit grec tout Ouvert , lui 
dit avec une politesse affectée : 
«r Votis étés trop connoissenrpour 
ne pas nous instruire de l'âge de 
ce manuscrit. » Dom de Mont- 
faucon , (jn l'examinant , dit qu'il 
pouvoît avoir environ -700 ans. — 
« Vous vous trompez^ répliqua 
alors sèchement le sous-bibliotné- 
fcatre ; il est d'une bien plus gran- 
de antiquité , et le nom de l'erti- 
pereur Basile-le-Macédonien , qui 
fest k la tête , en fait foi. — Né 
Sercfit-ce point , reprît dom dé 
Montfaucon , Basile-le-Porphvro- 
genète , qui ^sl plus moderne d'en- 
viron i5o ans ? » G'étoit Ixii en 
fîfFet , ainsi qu'on le vérifia sur 
le manuscrit même. Zâcagni, con^ 



é^ ;' 



français relevât 
si souvent son captieux émule ; 
que Celui-ci se retira hottteUx d'à-* 
VOii^ âi^màl ilSussi. P'étidant sO» 
séjour a Rome , dom de Montfau*» 
con exerça la fonction de procu- 
i^Bôr de Soiio^dreeh celte fcoùr, 
et y prit la défense tlé l'éditiôi^ 
des ouvragés dé Saint Augustin 4 
donnée pârplosiéùrt habiles reli-* 
gieux dé sa congrégation , et at- 
taquée par diâerens libelles. DeT 
retour à Paris, en 17OT, M(mtfaa- 
cOti travaillé à uiré Relation Ctt- 
'rièuÀ'e de son v^y^g(è , sous !« 
tili-è dé Diafittfà Ualicjtrn , in-4*, 
qu'il |>uMià en r70l. Gét ouvrac^e 
offre uiré déseriptiott exacte aé 
plasi^tifs bfifoniiinéfas de l'antiqui- 
té, el: une notice d'fm grand 
nombre de htahu^crits gteCs et la- 
tine , ihcônnus jusqu'alors. Il 
mourut à l'abbaye de Saint-Ger- 
main-des-Près le ^1 déCembrfe 
1741* L'âfcadémie ^s inscription^ 
^e l'ëtoît associé. Peu d'écri- 
vains otit été plus laborieux et 
ènt eii autant de fëéondité que céf 
Àâvàrit. Le nombiic de ses seuls 
ouvrage^ in-fol. monte a 44* ^^ 
a de lui I. Un toi. in-4* aAna- 
lèttes srecquès , 1688 , avec lai 
traduction latine et dés ft^tés, con- 
jointement avec dom ÂntoiàePott<fc 
getetdom Jacques Lopin. II. Une 
nouvelle Edition dès Œuvres de 
saint Athanàsé , en grec et en la- 
tin, avec des notes, 1698, 5 
volumes in-foiro. lïl. Un Hecaeii 
d'ouvragés d'anciens écrivains 
grecs, 1706, en 1 vol. irf-fpl. , 
avec là traduction latine , des pré*- 
Jaces y dé Savantes Mtes et des 
disseH'atioyis, Ce IVeciieil contient 
tes commentaires d'Eu^be de 
Césarée sur les Psaumes et sut 
Isaïe , quek[ues opuscules de 
saint Àlhanase , et la 'Topographie 
de Corne d'Egypte. On joint ordi»- 
ttàireknent ce receuil k Tédition dé 



MONT 

saiot Àthanase. IV. Une Traduc 
Han françélae du livre de Philon, 
de k Vie cofitemplative ^ in-i*i > 
Paris, ijog,hYec des observations 
et ÛBs. lettres. Le P. de Montfau- 
con s'eâbrce de prouver oue les 
thérapeutes dont paiie Plillon 
étoient chrétiens , opln;îon qui a 
é^ réfutée par le' président Bou- 
hier. Gabnçt a embrassé le senti- 
ment de ce dernier. « De tout ce 
«{u'on a écrit , dit-il , pour et con- 
tre le christianisine des thérapeu- 
tes, on peut , ce me semble , oon^ 
dure que la chose est très^dou- 
téuse , et (|ae même Popimon qur 
en fait des juifs est la plus pro- 
bable. » V. Un excellent livre in- 
titulé Palœogruphia grâtca , in- 
jfol. , 1708 , dans lequel il donne 
des exemples des dinérentes écri^ 
tsres grecques dans tous les siè- 
cles , et entreprend de f«iire pour 
le grec ce que le savant P. Ma* 
billoxi a fait pour le latin dans 
sa Dœlomatie. VI. Deux: votumés 
in-^fol. de ce qui nous reste dés 
Heraples d'Orîgène. Vlî. Bibliô- 
theca Coisliniana j in-fol. , lyxS. 
C'est une liste détaillée et raison- 
née de 4oo manuscrits grecs. Dom 
de Montfaiicon marque Tâ^e de 
chacon, donne des échantillons 
du caractère et du stvle , tet eu 
extrait les pièces ou fragmens' 
anecdotes. VIII. UAntàauité ex-- 
pÛqUife , en iatin et en français , 
avec figures, i^tQ , en 10 vol. in- 
fol. , auxquels il ajouta en 1724 
nn supplément en 5 vol. in-fol. 
Cet ouvra^ important lui pro- 
cura plaide fatigue q<iede gloire, 
et de5«ritiques sévères ne le regar- 
dèrent que comme une Compila- 
tion nn peu informe ; cependant il 
renferme beaucoup de choses 
qu'on cherc^eroit inotilemc^t ail* 
leurs , et les satans le citent tous 
les jours* il est orné d'ailleurs de 
ftès de 1300 plmiiches , quicon^ 
tittmttat 3o k 4<> nûfîUe liguÉ'itt. 



MONT 147 

La rapidité avec laquelle cet ou-' 
vrage fut exécuté , la nécessité 
de se fier à des dessins pris sur 
les copies , introduisirent bien 
des fautes dans ce recueil ; maif$ 
ces fautes tiennent au temps et 
aux circonstances. D'ailleurs de 
Montfàucon ne s'étoit pas pro- 
posé pour but de tracer la route 
qu'il faut suivre pour distinguer 
un antique d'ime copie , mais de 
marquer les traits caractéristiques 
de la nature de chaque espèce de 
monument ; et quand une copie 
est fidèle , elle est aussi bonne k 
consulter pour la partie histon-- 
que quePoriginal même. On n'en 
a point retranché celles qui peu- 
vent alarmer la pudeur. iX. Les 
Monufnens de la mxmarchiejroti' 
çmse i 17*91 5 vol. in*fol, avec 
figures. A. Deux autres volumes = 
in«>fol. , ly'Sg , sous le titre de Bi* 
bliûtkeca bibliolheearum manus^ 
criptorum no\>a, XI. Une nouvelle 
éeKtiûnde St. Jean-Ghrysostômey 
en grec et en latin , avec àespréfa- 
ces ) des notes et des dissertations^ , 
en f 3 vol. in-fol. , etc. Comme le P. 
de Montfancon fit cette édition k 
contre^çoeur , et uniquement pour 
obéir k ses supérieurs, ses versions, • 
quoique claires et nettes , man* 
^ènt quelquefois de fidélité , et' 
presque toujours d'élégance. Ce-^ 
pendant il J a des remarques uti- 
les, soi tdans les avertissemens qu'il - 
a mis k la tôte^ soit dans les va- 
riantes. Il a rempli les lacunes des 
autres éditions ; il en a souvent 
corrige les fautes , et il a orné la 
sienne de Tables utiles et de la 
Vie du saint docteur. ( Voyez son 
article. ) XJL La rente de VHis- 
toire de Judith ^ 1688 , in-12 : 
dilssertation qui l'annonça bien k 
la république des lettres , par 
les aavans éclaireissemens que 
l'auteur y répandit st»r l'empire 
des Mèdes et des Assyriens, et 
n*r un euitaen mtique de This- 



p9Lt 



i48 MONT 

toire de ce dernier peuple , attri- 
buée a Hérodote. XIII. Quelques 
autres écrits moins importansque 
les précédens , mais non moms 
remplis d'érudition. Le P. de 
Moutt'aucon a trop écrit pour que. 
son style soit toujours élégant et 
pur : c'est principalement comme 
érudit qu'on doit le considérer! 
Les étrangers ne Testimoieut pas 
moins à cet égard que ses com- 
patriotes ; ceux qui venoient à 
Paris trouvoient en lui un sa- 
vant poli et affable^ toujours prêt 
à écouter leurs questions et à les 
satisfaire. De retour chez eux , ils 
y portoient un cœur pénétré de 
reconnoissance pour ses vertus , 
et un esprit plein "de ses talens et 
de sa gloire. Le pape Benoît XIII 
l'honora d'un bref très-flatteur , 
qui avoit été précédé par deux 
médailles y dont Clément XI et 
l'empereur Charles VI Tavoient 
eratifîé. Ces faveurs ne l'enorgueil- 
£ssoient point. « II recevoit, dit 
de Boz6 , tes louanges avec modes- 
tie, et.une indifférence si parfaite, 
qu*on Tapercevoit quelquefois au 
travers des mai*ques extérieures 
de sa reconnoissance. << Dans les 
commeucemens de la régence , 
Prior , milord Parker et le comte 
d'Oxford envoyèrent à Paris un 
fameux peilitre nommé Morus , 
pour faire son portrait : il s'en 
défendit obstinément. Voyez son. 
éloge dans les Mépaoires de TA- 
cadémie des inscriptions \ et celui 
qu'on trouve dans l'Histoire litté- 
jaire de la Congrégation de Saint- 
Maur. 

tn.MONTFAUCON ûe 
BoGLES (,N**') ^cuyer ordinaire 
de la petite écurie du roi , mort 
on 4774 » a laissé un Traité <jté^ 
cfidtation , estimé , et publié en 
1778 » in-4'*» ' 

1 1. MONTFLEURY (Zacharie 



MONT , 

Jacob , dit ) , d^une famille noble 
d'Anjou, né vers» la fin du 16* 
siècle , ou au commencement du 
17*. Après avoir fait ses études 
et ses exercices militaires , il fat 
page chez le duc de Guise. Ai- 
mant la comédie avec passion , 
il suivit une troupe de comédiens, 
qui couroit les provinces , et prit 
pour se déguiser le nom de Mont- 
fleury . Son talent le rendit bientôt 
célèbre , «t lui procura en i636 
Tavautage d'être admis dans la 
troupe de Thôtel de Bourgogne. 
Il joua dans les premières repré- 
sentations du. Cidy en 1637. Il 
est auteur d'une tragédie intitulée 
la Ik/ort d'uisdrubal ,Faris , 1^4? > 
in -4*^ 9 faussement attribuée à son 
fîls , qui n'avoit alors que sept 
ans. Miontfleury mourût au. mois 
de décembre 1667 , pendanr !• 
cours des représentations d'An- 
dromaque. Les uns attribuent sa 
mort aux efforts qu'il fit en jouant 
le' rôle d'Oreste ; d'autres ajou- 
tent que son ventre s'ouvrit, mal- 
gré le cercle de fer qu'il étoit obli- 
gé d'à voir pour en soutenir le poids 
énorme. Mademoiselle Duplessis, 
sa petite-fille , a écrit que ces bruits 
sont faux, et que Montfleurv-*, 
frappé par lé discours d'un in- 
connu qui lui avoit prédit une 
mort prochaine , mourut peu de 
jours après avoir joué le rôle 
d'Oreste. Dans Touvrage intitulé 
Le Parnasse réformé , on fait 
parler ainsi ce comédien : « Qui 
voudi-a savoir de quoi je suis mort, 
qu'il ne demande poinf si c'est de 
la fiè^ re ^ de l'hydropisie ou de 
la goutte , mais qu'il sache que 
c'est d'Andromaque. Nous som- 
mes bien fous de nous mettre si 
avant dans le cœur des passions 
qui n'ont été qu'au bout de la 

Ïdume de messieurs les poètes 1 
1 vaudroit mieux bouffonnertou" 
jours , et crever de riie , en diver- 
tissant les. boai*g«pisa« qpe. cr«v«r 



t 



MONT 

d^orgueil et <}e dépit , poar satis- 
faire les beaux -esprits. Mais ce 
qui me fait plus de peine , c'est 
qu'Andromaque va aevenir plus 
célèbre par la circonstance de ma 
mort , et que désormais il u'j aura 
plus de poëte qui ne veuille avoir 
l'honneur de crever un comédien, 
en- sa vie. » Il étoit si gros , que 
Cjrano de Bergerac disoit de lui , 
« il fait le fier , parce qji'on ne 
peut pas le bâtonner tout entier 
en un jour. » Mon^tfleury fut le 
premier maître de Baron , qui, le 
surpassa. 

n. MONTFLEURY (Antoine 
Jacob ) , fils du précédent , né 
à Paris en i64o > fut élevé avec 
soin. Son père le destinoit au 
barreau , et le fit même recevoir 
avocat ; mais Montfleuiy se dé- 
goûta bientôt de cette étude, pour 
se livrer au plaisir et au théâtre. 
Il mourut en i685 , à Aix en Pro- 
vence. On a de lui itn grand 
nombre de Comédies peu au- 
dessus du médiocre. . Les princi- 
pales sont 9 I. £a Femme juge et 



partie , représentée en 1669 , qui 
offre des scènes plaisantes, lî. 
La Fille capitaine, lll, La Sœur ri- 
dicule. W, Crispin gentilhomme , 
pièce bien conduite , bien dialo- 
guée , ef pleine de saillies. V* 
Le Mari sans Femme , en 5 actes. 
VI. Le Bon Soldat, On a recueilli 
son Thédtre , en 4 vol. in-ia , 
1775. 

ni. MONTFLEURY ( Zn^n Le 
Petit de ) , homme d'une can-« 
deur et d'une droiture peu com- 
mune , né a Gaen , membre de 
l'académie de celte ville , mort 
en 1777 , à 79 ans , occupoit 
ses loisirs des amusemens de 
la poésie; mais cette simplicité 
qu'on remarquoit dans ^^^ moeurs 
se fait souvent trop sentir dans 
ses vers. On a de lui , I. Ode au. 
cardinal de Fleurj , 1727. 11. 



MONT 149 

Autre '5iir le Papier ^ 1722. II U' 
Autre sur le Zèle , J729..IV\ Le» 
Grandeurs.de la. Sainte f^ierge ^ 
Les Grandeurs de JesuS'C h rist , 
ode , 1 75 1 . . Toutes ce^ odes sont 
au-dessous de ia médiociité. V. 
Poème , 1752. VI. La Moil jus- 
Hfif^^ > poëme ; et l'Existence dé 
Dieu et de su Providence , ode , 
1761 . — Son frère ) Jean-Baptiste 
Le Petit DE MoNi;f LEUAY , mort 
chanoine deBayeuxen iy5S ,'est 
auteur de Lettres, curieuses et 
insti%u:tives , écrites à un préue 
de rOratoire j in-i2. 

t L MQNTFORT (Simon de), 
seigneur de Montfort-l'Amauri ,, 
comte, de Leicestre en Angle« 
terre , fils de Simpn il du nom , et 
vl'Amicie , comtesse de Leicestre, 
naquit vers l'an 1172 , et ^'en 
rôla dans lavCroisade prêçhée eu 
i2oa par Foulques ue Neuillj. 
Une grande partie de l'année ue 
ces croisés oubliai^ ses vœux 
et sa destination , au lieu de se 
rendre en Palestine pour y com- 
battre ceux que VEgJise i^ppeile. 
ijlfidèles y s'occupa eu chemin de. 
pillages , de violence coutre les 
chrétiens ^ et de la prise de Zaï-a 
en Dalmatie. ( Voyez DA^DoLo., 
n* I.) £lle campoit près d^â murs 
de celte ville ruinée i lorsque 
Monti'ort, mécontent y traita aveç^ 
le roi de liongrie , ennemi des 
croisées , et déserta secrètement 
le camp avec son frère Guj de 
Montfort. Cet exemple cou paille 
C[ue donna Simon de Moutiort , 
imité par plusieurs grands sei- 
gneurs du camp , causa ,. dit 
ViUehardouiu,un grand dom.maj[e.. 
à l'armée des croisés, et couvrit 
de honte les perfidies déserteurs. 
Tel fut le prepiier exploit mîli-/ 
taire de Simon de Montfort. Il 
repassa en France , et s!en^agea 
en 1208 dans la croisade prechce, 
par ordje du pape contre Jcs sec- 



f5o MOî^T 

taîres du Languedoc , appelés Ah 
higeois , qui , indignés de la con* 
.^uite scandaleuse et vexatoire dti 
clergé , protéssoient une croyance 
Un peu diÔ'érente de celle qa'exi- 
geoient les prêtres. Le but de cette 
croisade étoit ^ non de con^rf ir , 
de persuader , *de ramener au 
giron de l'Ëglise , par de bonnes 
raisons , ^ par de bons exemples , 
«es chrétiens égarés ; mais , s'ils 
ïi'y'rehtroient promptement , de 
les tuer et de s'emparer de leurs 
biens. Les ppêtres , moteurs de 
ces expéditions , oÂi^oient aux 
nobles séculiers qui v prendroient 
part des absolutions , des in- 
dulgences , ui^ bonheur éteifnel 
dans l'autre monde , lé partage 
4es dépouilles, et de grands 
biens dans celui-ci. Simon de MonS 
fort , flatté par Fespoir de satis- 
feire son zèi<j religieux et Son am- 
l^ition d'acquérir en même temps 
^s biens célestes et temporels y se 
montra un des plus ardens parti- 
tans de la croisade. Il en fut nom- 
mé chef; mais il étoit subordonné 
à un moine, abbé de Cheanx , Ar- 
ftauld Amalrig ( voyez son aiv 
fcicle ) , créé généralissime de cette 
iheurtnère et sainte expédition. 
Varmée àtà& croisés s'avança 
« d'abord , en répandant par-fbut 
l'épouvante vers Béziers, et prit 
c^tte ville, qu'elle inonda du sang 
de ses hàbitans ; elle se porta en- 
suite à Careassènne : Simon de 
Montfort s^ff distingua en montant 
le premier à l'assaut. La ville fut 
prise malgré la résistance opiniâ- 
tre des hàbitans et le çonràge du 
i^eune vicomte Raimond - Roger, 
jes possessions de ce vicomte de- 
vinrent la proie des vainqueurs. 
Les territoires de Béziers et de Car- 
eassonne , ainsi que' les châteaux 
et forteressesdes environs, quis'é- 
toient déjà rendus , furentofferts 
au duc de Bourgogne avec le titre 
de gouverneur des pajr» conquis. 



N MONT 

Ce dttc et' plusieurs autres grai^^ 
seigneurs , auxquels on fi* succes- 
sivement la même proposition , 
eur^it la générosité de refuser* 
Montfprt, moins délicat, accepta 
l'offre , s'établit dans Carcassbn- 
ne , ajouta à ses titres ceux de vi^ 
comte de Béziers et de Carcas- 
éonne par la grâce de Dieu , per- 
mit , comme une faveur, auxha<« 
bitans de cette ville , d'en sortir 
en chemise , et retint, malgré lea 
termes de la capitulation , le vi- 
comte dans une étroite prison » 
où il mourut deux mois après. Il 
est très^vraisemblable , et il P*f st 
pas certain que MoJitfort fut l'au- 
teur de ce^ assassinat ; ||iais il est 
prouvé , par une lettre du pape » 
que le vicomte mourut de niorl 
violeote dans la prison où le te- 
noit son cruel vainqueur. IVjLoiit-* 
fort étendit ses conquête^ , priit 

ÊJusieiurs places et la ville d'Aibi. 
e roi cf Aragon , qui. voyait 
avec inquiétude \ts progrès. ra|â<- 
de^ du conquérant, fit soulever 
leç vassajuic du 4élunt vicomte 
de Carcasspnne. MontforteatenT 
core \ batailler et à exercer |oa 
courage destructeur. IjO nape , en 
laoQ , confirma Simon de Mon^rt 
dans la possession des pajs con- 
quis. De concert avec l'abbé de 
Cîteaux, qni avoitdes vengeaoces 
à exercer cpntre Raimovd VI , 
comte de Toulouse , Simop de 
Montfort suscite une querelle, k ee 
comte , et lui ordonnas , ^ous 
peine d'excommunication et d'in- 
terdit , de lui Kvrer ceux de ^^2^ 
sujets ^ue le moine lui indique- 
roit. Le comte , pour détourner 
l'orage, fait plusieurs soumissions, 
demande k diverses reprises k se 
justifier du crime d'hérésie dont 
on i'accusoit ; mais on refuse tou- 
jours d'entendre sa justification. 
On lui déclare la guerre , on ex- 
c6inmunie ses su jets de Toulouse ; 
tSimon assiège et ravage cette ville. 



mONT 

fje Foix qu^il squin^t ea p^rti^ ; 
mai^ le rai d'Ara ^o^ , 1^ C9.ipte4<$ 
Tpul^vse et plu^i^'S ^utr^s al- 
^jé$ ^ réu^ai^qnt et viennent ^vec 
niie ^roiéç çopsi4*^ra];>le combat- 
t^e 8imoiMl^ Moiitfoi't ^1 $e$ çrQi- 
gés. Upç l]k^.taiU^ Iriis-^neurti-ièr*? 

fut ^Qm^^fpd^ \çë n^urs d^ Mu^» 
jeX en |2i5. JMQBti'Qjr^ tricMnpha , 
U prit cette yille. V^irmé^ à^sk 
princiBS alliés fut mis^ e^ 4@route; 
U roi d'Aragop et lp$ principaux 
lie s;^ cour y perdirent I9 yie. 0^- 
i)ari:;as$é 4^ ^^^ çni^emi^ , secauru 
par les foudp^^ dp l^çp^cp/iii^iupi-r 
tioi; awe Ifi^ prêtre* jiançôieut au 
gré de ses \Tiji\4i.è\? çt des leurs , 
Moi^fort poursuivit plu^ facile^ 
m^t le cour^ de ^q$ couauêtes. 
Il sou^t Ja vilie d^ Toujou^p , 
^n rava^? les eu^ûrçnç , ^'empara 
4es villes (J? J>fji»g(i e:t d|? WarboûT 
se , et acheva d'euyahir 1^ vas- 
tes dom^ii^es du cpiutç 4^ Tou- 
louse. Ù portai fes arme^ victp- 
j^ieuse^ jusque dau^ le Querci , 
|e Kouergue et TAgé^pis ; il dé- 
yasta et u^t e^i^remeAt ces pays 
$ous sp9 auto^té ; il péqétra eu^ 
suite 4^ji^ ^(^ jPérigoriIdpnt îy>rit 
et r;^;^a plusieurs cli4t^au^<> Taut 
que l'abbé â,Q ÇîteauxetSipipude 
MonlicMrt eureut le;s lu^iueç iu ti- 
rets \ SQUt^ir , les mêmes enne- 
lyiis à çoml^ttre » il$ yéa^rmi 
daps uoe parfaite intelligenpç ; 
saàis la prospérité divisa leursi 
intérêts , et ces deux chau^pions 
^e l'JEgliçe catbolijque ptoicul. tf op 
^}fidc0 de richesse^ et dç titres 
pour ^ rieu céder, l^e moJMC «1^ 
Çii^U^ \enoit d'^tce élevé au 
$iége aircbiépiscopal d? Na.rbou.ue; 
il prit Je lix*-e et Içs prérogatives 
d'arcbevéque et de duc de cptt^ 
ville. Siiyioudc Montiort, qui ^s 
qualiiioit 4e 4uc <^G JXapbouu^ , et 
l^ui fivoit conquis cette VJiUe et §9 
V|Coniié> ne sou^îrit pa^^traijtquil-' 
Içinjçnt cette usurpation . 11 ok- 



donn^ la destrt^ction de^ i^urs df 

^arbQpne ^ l'arQU^vêque s y oppor 
Si,% j, qus^liiia ^mpu de Mp^ttpr^ 
« d'^Q^vii de Dieu » , et Tçkr 
coiHiUUiH^* ]N|ontfqrt arrive 1| Narr 

bonue » y entre malgré 4a ré^isr 
tance destroupp^dp Tfirdi^véque, 
^t fait arbftçer spi^i drapeau ^nr if 
^our dn p^i^ VÂPon^t^l. * yarr 
çbev<5que |a^e çpntre ^qn agreSr 
9e\ir tQu^ les foudres de Ff^gliÂp i 
^ath^me, ipterdictioi^ , e^nn»r 

niU^i^aùon réaggjrçivéf . Smon d? 
]\îontfort s'en inpque. Cp$t pi çeti^ 

ocpa^ij^U que IpS bi^P^ipp^ 4y 
jiaugwedpç font la réflp^iou mir 
v^nt^ : K Ce cpip.te j si 'AnheoL 
ii poursuivre \e^ e^c/cpuxinmiié^ , 
mêu^e , après qu'iU aypie^t reçu 
Tab^luttou, lorsqu'il y.trpuvoit 
spn iiitfirPJt , n'^ut aucun é|;ard k 
cet^p excpmniunifiatipriL ». pimon 
dp MonUpr;!, aussi v^in qu'aïubi" 
tieux i prenoit s^ïqvs d^m le$ 
actes émanée dp |^i le» tiUes 
suivans : Simçn , pap U^ grac^ dt 
pieu , cQ^nte de Toiilous^ et de 
Lefçestre , vÎQomfe df Héziçf^ et 
de CarccLg^Qimft j p^ d{ip de if^Pr 
bonne. Il ^e faisoi.t «lualÙipr dc 
ti^s-iliiisfr€ et d'ali^^sje, Cepenr 
dant les légitimes possesseurs de;» 
terres qu'il avoit ^ conquises ou 
u^urpéps ne l'en laissoient pas. 
jouir paisiblei^eut, X^e copiée 4e 
Toulouse et son iils , les p«iiité$ 
dp Pox^a et de Comminge^ ayoient 
sollicité , au conci^ ^e Latran» la 
restitution dp Ipurs doni^içes en* 
yajb^s. hc 'comtp 4p Toulouse 
avpit assemblé, >en i^io, une 
a^mép à Avignpn ; il pn dooiia 
le coiumaaidenient à soji^ fils ^ qui 
entra dans Seaucaire dVprès Tm- 
yitatipn des babiians, et malgp^ 
la garnison que Simon cte MoiMr 
fort avoû laissée d^^n^ le c^i^teau* 
IVlQu^tort marcjlie po^r revendre 
ççtte pl^PP f mais le temps de^ 
succès étoit p^s^é pour lui. Aprèi 
plu$ieur^ tentatives , il est obligé 



/ 



l53 



MONT 



de lever le s\4ge* Il craint un sou- 
lèvement dans Toulouse , dont le 
prince légitime levoit une armée 
en Catalogne ; il parvient , en 
nsant d'nne perfidie que lui con- 
seilla Tévêque de cette ville ; 
Foulques , à en désarmer tous les 
habitons. 11 place des soldats dans 
toutes les maisons , et fait arrêter 
et mettre aux fers les principaux 
habitans : il se disposoit a livrer 
la ville au pillage et à la raser 
entièrement ; mais son frère Gijy 
le détourna de ce projet cruel. 
Montfort se réduisit à retenir les 
Toulousains prisonniers , à leur 
annoncer qu'il les feroit tous pé- 
rir si , dans deux mois , ils ne lui 
donnoientla somme de 3o -mille 
marcs d'argent , somme exorbi- 
tante pour «ne ville ruinée. Il les 
punissoit ainsi d^ine émeute dont 
il ëtoit lui-même l'instigateur. Les 
Toulousains , indignés des in jus- 
tices , des perfidies ,etderextrême 
rigueur de Simon de Montfort, 
appelèrent à leur secours leur lé* 
gihme souverain. Le comte Rai- 
mond , avec une forte armée qu'il 
•voit rassemblée en Catalogne , 
entra dans Toulouse aux applau* 
dissemens du peuple , et fit toutes 
les dispositions pour soutenir un 
siège. Simon rrssemble des trbu- 
pes , fait des préparatifs immen- 
ses , %t , vers la fin de septembre 
1217 ) il commença le siège de 
cette' ville. 11 y resta neuf mois ; 
tous ses eiTorts furent inutiles. 
I/indignation et la' crainte d'un 
châtiment terrible prêtoient un 
nouveau courage aux assiégés , 
lorsque le aS juin 1Q18, une 
pierre', lancée de la place par 
une machine de guerre , atteignit 
Simon de Montfoct à la tête, et le 
tua. Ainsi mourut, trop tard , cet 
homme , qui pendant neuf ans 
remplit l'Europe du bruit de ses 
exploits , dévasta et couvrit de 
sang les provinces méridionales 



MONT 

de la JP'rance, et fut l'objet de 
l'admiration du clergé et l'effroi 
des peuples. Son zèle pour la re* 
ligion > ou plutôt son fanatisme , 
quoiqu'excessifs , fut surpassé par 
son ambition* Il suivit aveuglé^ 
ment les impulsions que lui don-, 
nèrent les prêtres ; mais il y ré- 
sista lorsqu elles contrarioient ses 
intérêts personnels ; il déploya 
beaucoup de courage, de persévé- 
rance et même quelques talens mi- 
litaires dans ses conquête^; mais 
il étoit , disent les historiens da 
Languedoc, « dur, fier, inflexible , 
colère^ vindicatif, cruel et sangui- 
naire. »' Us auroient dû ajouter , 
autorisés par les faits qu'ils rap- 
portent eux-mêmes , qu'il se mon- 
tra souvent perfide et de mauvaise 
loi. 11 convient de dire cepen- 
dant , k la décharge de Simon 
de Montfort , que la plupart des 
perfidies' qu'on pourroitlni repro* 
cher , lui furent suggérées par 1« 
légat du pape , par l'abbé de Cî- 
teaux , parTéveque de Toulouse 
et antres qui Tentouroient. Ses 
actes dé ciniauté sont aussi notn- 
breux que ses succès , et indisne- 
roientle lecteur le moins sensible. 
On n'en parlera pas , mais on ne 
peut taire une perfidie qu'un 
écrivain ecclésiastique , Pierre .. 
moine de Vaux-Oemai , son parti- 
san et son apologiste , rapporte 
dans son Histoire de la croisade 
contre 'les Albigeois. Simon de 
Blontfort, dans la guerre qu'il fit 
an comte de Toulouse , Raimond 
Vï , attendoit des renforts de di- 
verses provinces ; il craignoîtque 
ces forces ne fussent arrêtées par 
le comte Raimond. Dans cette 
crainte, le légat dn pape , de con- 
cert avec Simon , imaginèrent la 
fourberie suivante : « Us feigni- 
gnirent de vouloir se réconcilier 
avec le oomte Raimond , l'attirè- 
rent àNarbonne , rédigèrent deux 
actes de réconciliation auxquels 



MONT 

Baimotid souscrivît. Il fit toutes 
le» soumissioDs qu'on exigeoit de 
lui , et se iretîra dans la jnai- 
ioii d'an particnlier à Toulou* 
se. Cette rëconciliation simu- 
lëe , faite avec toutes les téré- 
monies religieuses , et dont Mont- 
fort profita pour envahir le reste 
des états du comte de Toulouse , 
est regardée comme une action 
louable , un év^ement heureux 
par cet historien , qni , dans la 
joie qu'elle lui cause , s'écrie, 
« O frande pieuse du légat! O 
piété frauduleuse ! O legati Jraus 
pia! OpietasfraudultiUal » Telle 
étoit la profonde immoralité de 
ce siècle , que les crimes .étoient 
loués comme des actes de vertu : 
mais on doit attribuer plutôt au 
fanatisme et à la superstition ces 
écarts de Tesprit hamain , et se 
reporter-au siècle d'ignorance qui 
les vit naître. La cour de Rome 
tfoovoit alors justes et légitimes 
tons les moj^ensquîpouvoient ser^ 
VIF à sa puissance et à son agrandis- 
sement. Simon de Montfort étoit 
d'une taille avantageuse , beau de 
visage, vigoureux, etpropreàtous 
les exercices ; il portoit une lon- 
gue chevelure. Il montra dans le 
cours de sa vie beaucoup de dé- 
votion, beaucoup de vices et n'eut 
aacuite vertu , si ce n'est cette 
vertu si commune aux Français , 
nommée courage militaire. Dé^ 
voré par la soit' des richesses et 
de la puissance, il eut pour la 
satisfaire cette audace , cette per- 
sévérance qui, sans le secours 
du génie , peuvent assurer Je suc- 
cès des projets les moins exécuta- 
bles. Il eut d'Alix de Montmo- 
rency, son épouse, plusieurs en-, 
fans. -Richelieu plaça dans la ga- 
lerie du Palais-nojal Simon de 
Montfort au rang At^ hommes il- 
lustres de France. La postérité , 
plus juste ^ mieux Alairéc , a 
mis ce guerrier au rang des bri-^ 



MONT 



i55 



fands^heureux^ nés ponr le mal- 
eur de leur siècle , et dont 
la mémoire doit être abhorrtîe. 
Voy, l'Histoire générale du Lan- 
guedoc , tome 3 , livres XXf, 
XXII et XXUI. 

tIL MONTFORT ( Amawm 
de) , ^Isdu précédent , et d'Alix 
de Montmorency, voulut cdn-^ 
tînuer la guerre contre les Albi- 
geois : mais n'ayant pas assez de 
forces pour résister a Raimond- 
le-Jeune , comte de Toulouse , 
il céda k Louis VIII , roi de 
France , les droits qnHl avoit sur 
le comté de Toulouse et sur les 
autres terres situées en' Langue- 
doc. Le roi St. Louis le fit conné- 
table de France en i23i. Envoya 
en Orient au secours des chré^ 
tiens opprimés par les Turcs , it 
y fut pris dans un combat donné 
devant Gaza. La liberté lui fut 
rendue en xit^i \ II' mourut la 
même année à Otrante. Sa fille 
unique épousa le comte de Dreux: 
Amauri avoit un frère qui fnt 
comte de Leicestre. 

in. MONTFORT ( Bcrtrade 

de), f^. Bextrade. 

t L MONTGAILLARD ( Ber- 
nard DE PfeRcti? de) , né en i563 ,' 
cFune maison illustre, entra dans 
l'ordre des Feuilkns , oii il se 
distingua ^ar ses austérités , pai' 
ses sermons et par son zèle. Il 
n'avoit pour lit que deux plan- 
ches , pour chemise qu'un cilice ; 
il ne mangeoit que des légumes , 
etneprenoitde nourriture qu'une 
fois le jour après le soleil .cou- 
ché. L'ardeur naturelle de son 
tempérament augmenta eiicore 
par ^^s abstinences extraordinai- 
res. Le feu de la Liçue étoit alors 
dans toute sa vivacité. Montgail- 
lard^ plus pieux qu'éclairé, ]oaa 
un rdle dans cette association , 



r54 



Hom 



il ne cçsjÇft dç «agiter pçur lîf 
prti. Li^ pfipe Clewwt VI,U k 
teçut très -bien cis^m ma VQJ^g^ 
qu'il fit à Rome , et le fit passer 
chez If s bef||j|F4i|i$. Qii» lia o^lt 
plusieurs a jî^a^es et plu^ieuTîî 
évéc^és j m^îs 4 ^ph^s^ to«* Içs 
bénéfice^. E»litt. fpfpé d'gpcaptçr 

fabbaye 4ç JVi?ell^, pui& ^lle 
d'Of vaj ^ il fit revivre 3^ns c^Ue- 
ci toutç l|i pur«tf^ de r^i^ci^wne 
iliscipline n^Qpai^tiqa^. }ja r^Cor^ 
me qu'il' y iptyodui^it est as«^ 
$einbl»I^lie à <îdlç 4^ U Tr«ipp^. Il 
inouTMt (Jaii^ çjçtia îfbJ)«\yQ le 8 
]uia îgî^S , »prç$ àvpir brA^^ tpus 
^63 ^ç/v^5 pl^]^^ de déclajiin^ûoscs 
ççmtc^ ^x}ri IV. Ss| ço^ï,d^Ueiq^•' 

prude^t^d^v^^^ tei^iipf d^ tr<^^ 
Ijç If fii ^PCUSicp d'^\oir t^eoïpé 
daii4 un iiittenta1,çpnir^ c? n^onar- 
que ; ^^U ^«ttç iwputatiop étpU 
(Sf OiS fgnd^jw^nt. JJl «st !CÇ|?t^i^ qu«, 
d^pui^ U CQOv^siou de c^ pii.nuc6, 
dam fiçro^rd lui p^rut tii^r^tl^- 
ché, etc est lintén^ig^agn^qiijÇ J^^ 
Boderie , ambassadeur de France 
% Brq^llçs>Jui r^ditf ?^wni 
les caiopmies dont il fut ac^l^l^ , 
celle qui lui fut le plus sensible , 
fut le bruit qi^'on f^p^udit au'il 
étoit (^ai^pabl^ de la fnorf à'm 
de t^^^ plu§ cbprs rf Ugieu^ i%vpi}»é 
danp \^ fpFgç. Majks U^ss^Hp lç$ 
^Ufleiï^is q^iÇ *pij îèfe ^3i<i^|itf lui 
avoit fi?i^ 1^ 4W«ïpt i«ff.<M4i^ » Us 
re|;ld^*^t juMifie ft U >#*ité et*» 
♦e^ ver^v**- 

Jea^i-^muçois iu| ^EfPm 4p ) » 
petit- ^ey^u du priéçédeî\t , ésà^ 

\K^ d^ J^^l.-Poa^», ^é om i653 , 

le Piçfi"^ de Pçrçia , })aron 
Je MqiitgaiJlard > gavvei?iiçur d^ 
Brème dao^ le Mi](an^ç , fut 
fli^capité pour avojr y^eudu^ettq 
plaç^ jijiill^ç de WMJÙfe9M§. if; lUér 



Jq filgfuMhv^ au:i^ bouuflurs «6* 
cl^^iîStSktiqUfS. Il t^«ii»fi »» P»Ft 
ri^rele iSmars ijxS» Ou 9 de lui 

u^ livrç iiititulé Iki ikmt et dm 
devoir des évéques de r4§ler ii?4 
qffîces divine dan^ leur^ dioçèfi^Ji , 
^uiiiijLnt h tmditiQn, d^ tçu^ kJi 

q^êf, présent , i»^^<>, ^ d'autrç* 
9¥vr0g<^ qui pmuyent qu'il étoit 
y^n^ di^ç le^ap^q^iités çceïésiâftr 
ti<iu^§. 

tïlj. MONTGAlî^l^RQ (Pkf nr 

DP FAV€f^£^Aif df ) ? ppëi^ frai»'» 
çftis du iï6' siàciç » iMitif dir 
f^'iiça:^ d9J94 h V^lentinpis , ^ 
Paupiiu94> «iidir993a I9 profe^ion 
des ai'Bû^^» ^tfut AU^eMà LAinr^nl 

de Gt^Xii^ , si^ignçur du Mfs|trwl , 

tué fn févrieir jâgo , AB¥Vit Cr^ 
ïpieuif; puis àM. d/ç l^çi ^«fi«^» 
§<>» tijèffe, fi^igu^yr de Voyin^p. Il 
pawU, p.ar se» poésies, qu'il ^cvit 
sur oï^r «pmm^ surteiTÇ, et qs'^t 
inp«.¥i£u« et g^em^r ? il n^ 0^ 
heuireH^ç ni àw& Vim nx da^c^ 
l'eutre ^<;af . Voici cpu^iwe il peiiit 
st double infortui;i«« 

Clair* , 
La terre poui' horreur « le del pouv adver- 
saire , '^ 
Ceqtbatittt éa dextin, comme de l«d*«il9ev^ 
Qi^B Ag^-i^dj^eiiir? ..,,,». ^ 
|ii9i) mjti^itr^ nie ^^Wiwe et ma nvai&^^sf 

, encore. . 
Je sais bien que j*ai tort « qu'Us ont to^ 

deux raison j 
Csf i'itfi e» ^n iraiid prUite ce l'autre «se 
Hae ^9Uf r ft<:* 

Sa CliUfe ov sa Flawiâe fu^ 1% 
«m^ qui Ji^i inspira la pl"par| 
de ^ vm» Il se çQusalpit de §^ 
riçu^ura p/ir-df? cbiaqson^. Pi^i» 
jaloux de la gfWre pqëtjLqfie , il 
pç s'p<çfîupf| ^ùljeweut d^ consi/çr- 
ycf'.çt dfi jecugijlir ^es prqduc-r 
tioQ$ ; il IjP^ssa qç soju à ses apûs, 
tl mauiie$t^ lu^uiç |iç d<^sseJ,u d^ 



MONT 

Its brûler tontessur $qo tombera, 
venez 9 dit-il , 

VcsM ,àol«i|s ffcrk» fs'm wamn pvM m 

^w l*iaa#cept papiei: ^i «^a «laii^ «TOk 

peint , 
Vencs venger ma fin pkr vostre fin certaine. 
Vcnex éooc^cs^ venez parfumer mon cer- 

ccoil i 
Vont iimt Mtré^ If f c^nniir» 49 IM 

peioe, 
Van serez aujourd'lud (e* témoins 4f mov 

deàîL 

La muse de Montgaillard s'exerça 
SUT des sujets moina tristef. Il a 
compo3é Ofis vers héroïques et 
des gaillardises* Il mourvit ver9 
Ja un de i6a5 ou au coj9xnea* 
pemeot de 1606* Ce fat d^nslf 
cours de çotte dernière a^ip^e qu^ 
Vital d'Audigier, son ami, com» 
posa son éDitaphe , recueillit et 
^ publia ses OEuvres sous ce titre : 
OEus^res du feu sieur de Moi^t- 
fAiLLMu^yP^nç > i^oQ , ia-19. Ce 
recueil peut $tre divisé (s^ f].uatre. 
parties : U première 9 ii^Utul^Q 
O^uvre^ méléfis, contieptu^ graxid 
fiooibre de stances et -quelquies 
chansons. La secowlea pour titre 
Us Gaillardises ^ ^ieurpfe d^Qni- 
gaillard % elle remplit parfai|:e^ 
içieqx ce fi^» et contient dAs 
couplets satiriques, burlesques, 

etc. , écrits en «tjle tr^srgailWd. 
14a troisi^e partie oîùce des ça^ 
tels ou petiti^s pièces composées 
noiu* des divertisseineiys. ^nfin 
U qn^trièiDi^ e^t çpmposéfi 4e 
vers héroïques , ài^ vers funèbres 
et de ver^ spirituels» Si 1^ ffieur 
de Montgaillard eât lait , comme 
il semble l'avoir d43iré 9 brûW 
sur son tombeau tous sers écrits 
poétiques , U postérité, peuMtre> 
n'j auroit pas beaucoup perdu, 

MONTGEORGE. r. GivtMi jr 
fîeurde... 

t MONTGERON ( Louif-Bwile 
Cumé de ) , né à Paris en i6fi6 , 
<|'un ini4tre 4q$ jfquêlç», |i>- 



MONT i55 

voit que %S ans lorsqu'il aebetâ 
unm ênarge de conseiller au pai^ 
lement f ou il s'acquit u«e sorte 
réputaJtion par son esprit et par 
ses qualités ei:térieures< Il AlUt 
le 7 sepOinbre l'^^i y Iku tomr 
beau 4if disucfc Pânn. Son but 
étoil d'examiner i^vec les jeiK 
de la plus «érqre critique k» 
miracles qui s y opéroiept j nmi^ 

il se seniùti dit-d, subitemeol 
terrassé p^r mille tr^iM 4a !««- 
mièrç qui l'é^lairèrent, jyîmQxér 
dule devenu. tQut-à-çoupclirétiea 
fervent y çt de détrs^teUr du ùir 
wyij^ diacre , son apôtre» il oe 
bvfa depuis ce moo^nt, «iq fiina^ 
tisme dçs <}pnvuki<ms » avue la 
vsxèfoa i(]^pétuosité de caradèrt 
qu'il avoit poftée ds^a« Tinefédur 
bté. Il n'^voit été jusqu'alors quf 
coniêsseuf du ja^^én^ima ; il en 
fut i^entpt 1^ ntar^r* Lprsqne It 
chambre def .efVluétes fut ei^ilée<« 
^n 1759 » il f(4 rf4égué dans l«i 
mon^agnç^ d'Auverguie, dovt l'air 
pur , loin do n^froidir son cèle , 
ne fit que L'échauffer^ C'ast pieisiT 
dantpet exi^ au'il fprin^ le projet 
de recueillir Ie# preuves des nù* 
ra^^l^s de Paris , et d'en &ir« ce 
qu'il appelojt la démonsl^atscB.- 
De retour à Pari^ 9 il alla» le 1% 
juillet ijfîy^ préwntw au siA un 
voli^iyie in.-4'* > intitulé Zi^ i^^Wi^ 

42e,f miracles , op4rà9 pvr ïifUer^ 
cesjfiQn d^ Paris. Ce livre» regardé 
par àfi$ imbée iU e» comme nn 
cJbef-^'qeuvre d'éloquence , et par 
ley» gens sensés cpmiiie un prodige 
d'ineptie ^ le lit renfermer k la 
Bastille.* Op le. relégua au bout 
de qu.e)ques mois dapa pne ab? 
baje d^ bénédi^ctins dn di^ae 
4'A.V4gppp , d'où il fut transféré 
peu de. temp$ après à Viviers* U 
lut repfprm^ epsui4e dans la cita- 
deUe de Valence , où. il «aaunit 
en 1754' Pire » comme ceux qu'on 
appelle molioistes , qpll n'y a eu 
ap l^ombeau de Pari» apcua^ gui- 



i56 



MONT 



rison miraculeuse , quoîqae na- 
turelle , c'e^t témérité , suivant 
l'abbé de Saint-Pierre. ( Annales , 
tom. II, pag. 593.) l^irc» comme 
les jansénistes , que dans ces gué- 
lisons il j a eu une force supé- 
rieure k la nature, c'est fanatisme, 
suivant le mêma. auteur. A dire le 
vrai , à)Oute-t-il , je n'ai entendu 
parler des miracles de l'abbé 
Paris que dans des guérisons éxkt 
le corps humain , et jamais d'au- 
eu]Q miracle sur aucun autre Corps 
de la nature , parce que la force 
de l'imagination de celui qui de- 
mande le miracle n'y peut rien. » 
Ainsi , quoique Montgeron ose 
mettre ses prodiges en parallèle 
avec ceux de Jésus-Christ et des 
apdtres , on n'j voit aucun mort 
ressuscité , aucune montagne 
transportée , aucune rivière misé 
à sec , V ni méihe aucun sourd ou 
aveugle-né recouvrer la vue ou 
l'ouïe. De tels miracles, consignés 
dans les 'Écritures ou dans la Vie 
des SS. Pères , sont réservés à 
l'auteur de la nature , et à ceux à 
qui il en a donné le pouvoir. 
Monteeron ajouta 1 autres vol. 
à son livre. Il y raconte de nou- 
veaux prodiges , entre autres ce- 
lui d'une jeune-convulsionnaire de 
18 ans, qui ne but pendant vingt- 
un jours que de l'nnne, etne man- 
gea que de l'excrément^ d'homme 
ou de cheval. Ces horribles ali- 
mens se changeoient en lait véri- 
table, que cette fille rendoit par 
la bouche. Le fanatique Mont- 
geron ose comparer ce miracle 
au changement de l'eau en vin 
fait aux noces de Cana. Il ajoute 
que ce changement est symboli- 
que , et que î'excrément marquoit 
la doctrine des molinistes. C'est 
cet homme que le gazetier ecclé- 
siastique représentoit , en faisant 
son livre, ayant au-dessus de sa 
tête le Saint-Esprit en forme de 
colombe; le démon du déliré au- 



MONT 

roit été Ik mieux k sa place. Mont-^ 
geron laissa aussi en mantiscrit 
un ouvnage qu'il avoit composé 
dans sa prison c«mtre les incré- 
dules. Il faut avouer que la cause 
de la religion a. été dans de meil^ 
leures mams. Heureusement elle 
a eu les Pascal et les Bossue t 
pour défenseurs; et elle peut s6« 
passer des Paris et des Montgeroo, 
quelques vertus qu'ils; eussent 
d'ailleurs. 

t.I. MONTGOLFIER ( Jac- 
ques -Etienne), né k Annonay, 
célèbre par ses manufactures de 
^papiers , a été le premier en 
France qui en ait fabnqné.sous lé 
nom de papier vélin. Ce papier y 
remai*quabie par son poli et sa 
blancheur, ne présente ni ver- 
geures , ni pontuseaux. Après 
avoir enrichi sa patrie par cette 
nouvelle branche d'industrie, il 
s'est immortalisé en 1783 par 
l'invention des ballons acrostati- 
ques , qui lui mérita l'associatiou 
k l'académie des sciences ,'le cor- 
don de Saint-Michel , etune pen- 
sion de deux mille livres. Mont- 
golfier ayant placé un jupon sur 
un panier d'osier, dont les femmes 
se servent pour sécher leur linge , 
lair dé l'intérieur fut tellement 
raréfié par la chaleur , que le ju* 
pon fut élevé jusqu'au plancher. 
C'est de ce fait que Mongolfîer 
pêfrtitpoûr faire son aérostat, qui 
ne fut d'abord qu'un ^rand ballon 
de papier gris. 11 réitère l 'expé- 
rience;' elle produit le même ré- 
sultat; il calcule , réfléchit , et 
conçoitFaerostat par l'effet d'un 
air raréfié, devenu plus léger que 
l'air atmosphériqtie. Les ascen-' 
siens de MM. Charles , Robert e| 
Blanchard , ont obtenu une juste, 
kdmiration. Des hommes auda-^ 
cieux , franchissant Tatmosphèrc 
dans une frêle machine , s'éfevant 
et s'abctssant k volonté > dévoient 



l 



MONT 



MOÎÎT i57 

sa valeur et ses belles actions , 



Biturellemetit l'exciter ; mais il 

jr a loin tierces heureux essais | mais encore plus par le malheur 

aux moyens, qui resteront proba- qu'il eut de crever Tôsil du roi 



bkment inconnus, de naviguer 
)ionzont:«lement et de diriger les 
ballons au gré des voyageurs. 

•II. MONTGOLFIER (Jo- 
lepb } y frère du précédent, mem* 
bre de l'institut et de Tacadémie 
de Nîmes , administrateur au 
conservatoire des arts et métiers , 
membre de la légion d'honneur^ 
né a Annonaj , et mort à Balaruc 
le 26 j uin 1 8 1 o, est connu par plu- 
sieurs inventions , et entre autres 
par celle des béliers hydrauliques, 
qui élèvent l'eau k 60 pieds , et les 
nouveaux procédés dont il usa 
pour perfectionner , dan,s sa ma- 
nuiacture de Vidàlon , la fabrica- 
tion du papier , dont la beauté 
rivalise aujourd'hui avec celle du 
papier deHollande. Joseph Mont- 
goifier étoit" l'un des meilleurs 
mécaniciens. On a de lui, I. Dis- 
cours sur r aérostat , I783, in-8<>. 
II. Mémoire sur la machine aéroS' 
lafique y 1784» in - 8'. III. Les 
Voyageurs aériens ^ 1784» in-8«- 

* I. MONTGOMMERY (Ro- 
bert), colonel commandant le 9* 
régiment d'infanterie anglaise , 
tué en mars i8o5 dans un com- 
bat singulier contre le capitaine 
M acnamara , de la marine royale. 
C'étoit un officier du plus grand 
mérite ; il avoit fait la guerre de 
la révolution, s^ étoit diiitingué 
par son activité et «a bravoure , 
ei avoit mérité bss plus grands 
éloges à Malte, a Alexandrie et 
en nollande , oà son corps ayant 
été mis en désordre par la retraite 
des Russes , il^prit la caisse d'un 
tambour qui avoit été tué et rallia 
ses troupes. Il n'avoit que a8 ans 
lorsqu'il fut tué. . . 

II. MONTGOMMERY ( Ga- 
briel de ) , comte de Montgom- 
mery- en Normandia /célébra par 



Henri II, le 26 juin lôSg. Ce 
prince ayant déjk couru plusieurs 
lances dans un tournoi fait k 
foccasion du mariage de la prin- 
cesse Elizabeth , sa fille , avec * 
Philippe , roi d'Espagne , voulut 
en rompre une dernière avec la 
jeune Montgommery , alors lieu- 
tenant de la garde écossaise. 
Montgommery , comme par une 
espèce de pressentiment, s'en dé- 
fendit h plusieurs reprises , et ne 
se rendit qu'eii voyant le roi 
prêt k s'indisposer de ses refus. 
« Dans la course sa lance rom- 
pit en la visière dli roi si ru- 
dement, dit d'Aubigné, que la 
morne décrocha de la naute pièce, 
et que , la visière levée en naut , 
le contre-coup donna dans Vœil. » 
Le roi mourut onze jours après 
cette blessure , et uéfendit en 
mourant que Montgomniery fût 
inquiété m recherché pour ce fait 
en aucune manière. Après cette 
sinistre aventure , Montgommery 
se confina quelle temps dans 
ses terres de Nbrmandie. Il voya- 
gea ensuite en Italie et ailleurs , 
jusqu'au temps des premières 
guerre civiles , qu'il revint en 
France , et s'attacna au parti pro- 
testant dont il devint un des prin- 
cipaux chefs. Il défendit Rouen ^ 
en i56a , contre Tarmée royale , 
avec beaucoup de valeur et d'opi- 
niâtreté. La ville ayant été cnBn 
emportée d'assaut, il se jeta dans 
une galère ; et après avoir, avec 
autant de bonheur que de témé- 
rité , passé il force de rames par 
dessus une chaîne qui barroit la 
Seine h Caudebec , pour inter- 
cepter les secours d'Angleterre , 
il se retira au Havre. En 1569 
il fut envoyé au secoure du 
Béam , que les catholiques , 
' squ» la conduite de Temdes , 



i5« 



MONT 



BYoient pr€squ*entièrenient con- 
duis sur la reine de Navarre , 
Jeanne 4'Albret. Il ex^cut» cette 
commission avec tant de célé- 
rité, que Terridet fut surpris 
devant Navarreins qu'il assié- 
geeit ,. et forcé d'en abandonner 
préci{>ita»iniént le siège pour se 
retirer à Orthez. L'aVant suivi 
4ans cette vilie , sans lui donner 
le temps de se reconnoitre , iji 
emporta la Tille d'assaat , et le 
fit prisonnier dans le château a^^ 
ses pnnôipaux oHiciers. Après la 
défaite de Terrides , il n'eut plus 
qu'k se montrer dans tout le 
Teste du Béam , qu'il reprit pour 
ainsi dire en courant. Cette eirpé- 
dltion , qui le couvrit de gloire i a 
été célébrée par tous les histo- 
riens t soit protestans , soit ca- 
tholiffues. MontgoJftmer/ étoit à 
J^aris au temps du massacre de 
la âaint-fiarthélemi 9 «n iS^a , et 
logdoit daiis le faubourg Saint* 
Germain . Q uelques incidens a jant 
retardé l'exécution dans ce quar- 
tier p il fut averti au moment 
•ù elle alloit commencer^ et 
n'eut que le temps, de monter 
il cheval avec quelques autres 
gentilshommes protestans qui se 
tronvoient logés ,^^s de lui , et 
de s'enfuir au grand galop. Ils 
furent poursuivis jusque par-delà 
Montfort - TAmauri ; et Mont* 
gommerjr, à la poursuite duquel 
on s'acharna i)articulièrement ^ 
ne dut son salut , en cette ren- 
contre , qu'à la. vitesse d'une ju- 
ment qu'il nvontoit » sur laquelle 
il fit « trente lieues tout d'une 
erre », dit uîi manuscrit du teraps« 
Échappé à ee dangtr> il se ré- 
fugia a abord dans llle de Jer^^ 
sey, et de la en Angleterre ave<à 
sa famille. L'année suivante) il 
amena au secours de La Rochelle^ 
assiégée par les catheliqiies ^ une 
flotte considérable ^ qu'il «voit 
armée et éqnipée toa Angleterre 



MONT 

^nr son crédit et sur ^;efui dos 
RocJielois. Mais ^ soit déRance d« 
ses forces , soit par d'autres rai'» 
sons sur lesquelles les historiette 
varient', il quitta la rade > sans 
combattre les vaisseaux catho-* 
liques, pour aller piller Belle^ 
Isfe Sur la côte de Bretagne. Ajànt 
désarmé sa flotté , il se retira en 
Angleterre, chez Henri , seigneur 
de Chémpemon , son gendre ^ 
tité - amiral des côtes de Cor- 
nouailles. A la reprise des armes , 
en ï573,]!(ïontgommciy , qui «toit 
alors k Jersey , passa en Nor- 
i^audie , et se joignit a la no- 
blesse prolestante de cette pro- 
vince, il étoit dans Saint -Lo , 
lorsque Matignon , lieutenant- 
général en Basse -Normandie, à 
qui Catherine de Médicis avoit 
recommandé de mettre tout eu 
tBuvre pour se saisir de la per- 
sonne du comte, vint inopiné- 
ment assiéger cette ville. Mais le 
cinquième jour du siège, Mont- 
tommèry en sortit k la faveur de 
la nuit avec soixante a quatre- 
vingts chevaux^ força ht c^ardë dwL 
faubourg; ^ et s'échappa a travers 
nne grèïe d'arqaebusâdes , ^«ans. 

rerdné un senl nomme , laissant 
Goulombièrés ( FVançois de 
BriqueVille } le cotnmaiidément 
de la place de Saint-Lo. Mont- 
gomtnery vint à Domfi'ont , où il 
arriva K? 7 mai iByi^, avec vingt 
chevaux seulement , cOmptantuy 
séjourner que pour se rafràiéhir 
un peu k cau«e des grandes traites 
qu'il avoit faites. Le même jour 
il y fut j^nt pat quelques gentils- 
hôtntnês , mn lui ainenèrent qua- 
rantis cavaliers. C«p«fndant M- 
tîgnon , informé dé sâ marche , 
tt pi^tié d'avoir manqué sa proie 
à oaint - Lo j accourt k la tétc 
d'une partie de sa cavalerie et de 
q|uelques compagnies d'arquebu- 
siers à cheval > et se trouve dès le 
1 9 an ttièlin étfwat Domfront > 



MONT 



MONT 



i5^ 



|ft*il kiVësiît éé tous cùiés , en [ çheté , qni lui atoît &ft pi^iërcr 
Itléndàtit rinfââtétie ^t le caùon une eàtntuktioti hoatèuj^é , h ta 



f(d le sttivôiéàt. Âuâ.^tdt qu'ils 
ib^lit dH-ivés , là tille fut baithle 
en bl^ëthe ; et ^lUlhe elle tt'étoit 
pas tetfabié, Montodt&fùér^^ fût 
i)tetit6t contrariât de l'ubàndoUttef 
Mmi* se retii^r dans le èbâtèaù 
iTec $â garniàoti , qui il'étôit ett 
toQtqné d'etitiroU iSobomiftes, 
eti jtoMpi>eDàat nue compagnie 
de 80 hbhimes de pied qui gat*-^ 
doit la TîUe à son airivéë. Après 
j avoir endufé un àssàut de& plu$ 
fttrieut , oîi on le vit cbercber la 
mort et condiattfe en lion ^ur là 
brècbe , voyant sa petite^ troupe 
presque rddaitè a rien , tant par 
le feu des ennemis que par la 
désertion ioumalièf e des siens , 
il capitula le ij mai. Plusieurs 
historïeiis çrotestaus prétendent 
Mk la capitulation fut violée k 
. regard de montgotnméry ; itlaiâ , 
làiiS parler d'autt*es [énroignages 
lïôutrâireâ , il |)arOît cettain par 
Cdluide dTAubignë mèùïe, ruti 
des bistoriens protestans les plus 
àcCtédités , que le comte n*èut 
d'aatre parole de la part de Ma- 
Agubn qilO celle de lui conserver 
la vie et de le bien trsUter tant 
^'ii seroit entre ses mains; ce 
général ne se rendit point garant 
oe soïi pardon de la part du roi 
€t dé la reine -mèr«. Domfront 
rendu , Matignon imagina de con- 
duire son prisonnier a Saint-Lo , 
dont le siège n'avoit point été dis- 
continué , dans l'espérance qu'en 
Tàboucbant avec Cibulombières , 
Soti smcien'ami et son compagnon 
d'armes, il pourroit lui persua^ 
der de se rendre. A cet eflfet.^ 
Montgommetir fut amené au bord 
du fossé , et Goulombières s'étant 

Srésenté sur la touraiile , il essaya 
e rengager k suivre son exemple. 
)f(als Coulombiètës , indigné , ue 
lui répondit que par les repro- 
<^os les plus insttUani sut s«i U- 



gloirè it ihourif Stir nnë brèche 
Féis aitUCs à la main. Cet intr^*^ 
pidé gOuVefuettr pa/loit comme 
il pensoit ; et Fàâ&aut àjàht été 
donné quelque» \oiits après , il 
it fit tue^ sur la orècbè. Cepen- 
datit Matignon r^çut ordre de 
Gatbeiiiie de Médicis , alors ré'^ 
getite du ro^Ufltie pai^ la mùrt 
de Charles IX , d'ëuvoyéi^ Mont* 
gommerv & Paris ftous bonne et 
sûrt garde. £û y arrivant , il fut 
couduit k la conciergerie, et ren- 
£ârmé dans la tour qui portoit 
sou iiom. Des commrssaires 
furent nomthés pat la reioe pour 
loi faite son procès. Il fut ititer- 
rogé &Ur la conspiration imputée 
k ramiral de Colîgni ; mais le 
ùrincipal dbef d'accusation sut 
léquèals le condamnèrent ii mort 
fut d^avOir arboré le pavillon d'An- 
gleterre suf les vaisseaui avec 
fesquels il étoit venu au recours 
de La ÏRocbêlle. L'arrêt cmi le con- 
dàmua , déclara ses entkns rotu- 
riers. Montgommerjr en ajant en- 
tendu Ik lecture : « S'ils n'ont la 
vertu des nobles ^ dit il , pour 
s'en i^elever , je consens k leur 
flétrissure. Le 16 juin iSyl^, après 
avoir subi une rigoureuse ques- 
tion, il fut amené en Grève , vêtu 
de deuil, et y eut la tête ttanchée. 
D'Aubigné qui assista k la mort , 
ce en croupe derrière Férvaques, » 
dit qu'il parut sur l'écbafkud avec 
une Contenance ferme et assurée » 
et rapporte un discours assez 
long qu'il adressa d'aboftl aux 
spectateurs qui étoient du. côté 
de la rivière , et qu'il répéta en- 
suite k Ceux du coté opposé. Le 
discours fini , il vint s'ageuouili^ 
auprès du poteau , dit adieu k 
Fervaqttes qu'il aperçut d'ans la 
foule I pria le bourreau de ne 
point lui bander les yeux, et te« 
çul k coup lûottèl avec une con^* 



i6o 



MOlNT 



tance vraiment héroïque. — On a 
ton jours regardé Montgommerjr 
, comme une Tichme immolée à 
l'injuste vengeance ,de Catherine 
deMédicis. Il est certain qu'il ne 
pouvoit être recherché ni puni 
pour la mort de Henri II. Mais on 
ne peut disconvenir qu^après un 
maUieur de cette espèce , qui 
causa celui de tout l'état par les 
troubles qui en furent la suite , 
Montgommery osant s'armer con- 
tre son souverain, contre le fils 
même du roi dont il avoit privé 1^ 
France , ne fût infiniment plus 
coupable qu'aucun autre chef pro- 
testant. Cette considération doit 
• diminuer beaucoup de l'intérêt 
qu'on ne peut sempêcher de 
prendre il la fin tragique de cet 
homme illustre. Montgommery 
avoit épousé , en iS^g, Elizabeth 
de La Touche , d'une maison no- 
ble de Bretagne , dont il laissa 
plusieurs enfant , sur le nombre 
desquels les historiens ne sontpas 
d'accord. — Il étoit l'aîné des fils 
de Jacques de Movt gommer y, 
seigneur de Lorges dans l'Orléa- 
nais y l'un des plus vaillans hom- 
mes de son temps , fameux dans 
les guerres de François h^ , sous 
le nom de Lorges , et qui avçit 
succédé , en i54S i h Jean Stuart, 
comte d'Aubigny , dans la charge 
de capitaine des cent gendarmes de 
la garde écossaise du roi, dont son 
fils éloit lieutenant , ou peut-être 
capitaine en survivance , lorsqu'il 
tua Henri II. Ce qu'il y a de singu- 
lier , c'est que ce même Lorges , 
Eère de Montgommery , avoit 
lessé François I«'" au menton 
avec un tison , en /olâtrant avec 
ce prince ; accident qui fut la 
cause des. longues barbes qu'on 

Eorta pendant 5o ans en France, 
orges mourut âgé de plus de 
(^o ans , peu de temps après la 
mort de Henri II. Il avoit acquis , 
GfiL 1543 > le comté de Montgom- 



MONT 

mery , qu'il prétendoit avoir ap-' 
partenu à ses auteurs , se disant 
issu , par les comtes d'Egland ea 
Ecosse , d'un puîné de l'ancienne 
maison de Montgommery établie 
en Angleterre. Suivant un mé- 
moire fourni par la famille k l'au- 
teur du Dictionnaire généalogi- 
que , Jacques étoit fils de Robert 
DE Montgommery, venu d'Ecosse 
au service de France , vers le com- 
mencement du règne de François 
I'' ; et œ Robert étoit petit-âls 
d'Alexandre de Montoommert , 
cousin par les femmes de Jac- 
ques I", roi d'Ecosse. 

t MONTGON ( Charles- 
Alexandre de) , né à Versailles 
en 1690., d'une famille attachée 
à la cour , entra dans l'état ec- 
clésiastique , et montra de l'es- 
prit de très-bonne heure. L'abdi- 
cation de Philippe V lui inspira , 
en 1726 , l'envie d'aller en Lspa- 
gne s'attacher au service de' ce 

grince religieux. Le duc de 
ourbon , alors premier ministre, 
le chargea d'y ménager en secret 
le raccommodement des cours de 
France et d'Espagne. Il revint k 
Paris 9 disent les Mémoires de 
JVoailles , avec une commission 
de Philippe , pour travailler se- 
crètement , à lui assurer la suc- 
cession à la couronne , en cas de 
mort de Louis XV. 11 avoit ordre 
de ne point traiter avec le cardi- 
nal de F leury , qui avoit remplacé 
le duc de Bourbon dans le mi- 
nistère , et de ne lui point laisser 
entuevoir qu'il fût chargé d'au- 
cune affaire. Cependant il lui 
confia tout , son instnictionméme, 
dans les premiers entretiens, quoi- 
qu'il se défiât beaucoup de lui. 
Le cardinal ne conçut pas uue 
idée avantageuse de sa prudence , 
et les négociations de l'abbé de 
Montgon lurent inutiles. Ce fut 
en partie pour prouver las injus- 



f 



IttONT 

ficek dé ce mmistré^ iôa égard > 
q^*il pubiia 8 vol. iii^°,a«Âes. 
Mémoires , iy^tf5>i. C^ recueil 

commença en 17^4 ^ ^°^^ ^ 

, rjoS. Qiioiqae le rédacteur se 

£rilt trèsintfiartiat » ôa voit qu'il 



dotit il àroyott avoir a se piàindre. 
a Les ci^tionsmém^ de rÊcriture 
et des Vhre^s « dont il hérisse 

Sueiguefoh ^s pàç^ , Iç. ten- 
eut ^uàpect , dit: V^h^ Mil- 
lot , d'avoir eu c^ qti'ou appelle 
d'ordinaire ie^ fiei d'un 4ép0t 
atec rhumeùr d'uo iïrjécotiteat*. » 
Sesr Ménvoires n'apprennent pas 
«i'aillfnrs diGépliOsèsbten inférés-^ 
saîiteis y pi l'anteirr paroit plus 
occupé àé \\\\'tekhffkt dilè dès 
éTéàeinenis ptil!))icâ^ yaobé dé 
Mon^pon mp^ruf en f 77**^ » datas 
^n âge avancée 

JlONTGOUSERt ^of. Mui^ 

I. MOTÇTtt^LON. Fo/eitzir 
KÀND , n® t^rti. 



MOWT rSi 

coadamiiésies i-^idldé di La Ho-^ 
dielk), il ne raooafpla çfoe pour 
&ire construire un Mpiul dans 
cette TiUc. 

UL MONTHOLON < Jeai( 



exn^êre les d^tatHs ilti inini^ire , de ) ^ frère du préôéd^t ,. «ha-' 
^ - ••' *" * - - • -j-^ noine de Saint-Victor de Paiis , 

docteur en drok il Tâfé de 23 abs, 
fut élev^ ati eardmala t ^par son mé^ 
,iite ; mais il v^tfk t^ui poislt lei 
honneurs , étant ntoit dans l'ab- 
baye é& Saint-^otcw le lot inaè 
rS^i. On a de \m aoe espèce Ai 
Dikûftonnéiié <k dreit , intftaié 
Promp/tuarimn fuH^ '«kvM «e 
Uifiusqùé ^iumâcfû'^ Fam, f6ftb / 
3 yo1« in«-folio. 



n. MONTIÎOLOM { Fraà- 
éoîs de ) , sdigtteu* du Vivier et 
d'A.iAbérviili^rS , disëti^é parscfr 
probité «I pa^* soà ^êtv^^kiién , 
plaida , m- i5«!2 et i6ii3 , au 
parlement d« Favïs ,- en'&i^'ar 4é 
Cbarleir dafiè^b^ ,• câsmnélA^le 
de ¥ranee > côfit^ I^ise de Sit-*' 
voie , mère de François l*^^ Ce 
iàônarï{ué s'étaot irouv^ inca^nUo 
a cette cajCi«é^'lkin*6d«rfAUi»-é])»i-^ 
itltfasea <f«n «Aétit ^aâftiis été îi^-> 
téeftdâHMfircun j^Éi4^ièTit , «iiàjM!^ 
ma Hônfthdlon «^èfiA ^^étiéral ett 
}S5f tptfis'^^d^ 4&â^««eauir èA 
154^ « ft ifikyttrvA ^ ^iiiérs^dttiè^ 
rets y le i^4iéd 1S43. Là? ârfrfillè 
àe Metftlmoti tf' produit nncrirtiâ 
nomlMTè' d'Wuty^si^Ei^i^irâis iAti^ 

)èh*e par ses ^vèHttS. Frataçefià !•* 
lài àyaot-ddnné ^Otf^èoD fi^^nes 



IV. MOSTHOLON { FrançMtf 
de ) , ta^éliM «éié , avocat 
fdvt estimi éeà %nnirs , SU éi 
François , premier éa wm. Hemi 
lu , nour hmr ooaapèairb , 4ni re-. 
mit leè sceank en i6â^ îLorsc^tr j( 
fk préâimter ies lettres aa parl^ 
ment 9 le prfoareitr-'féauSrai Se» 
gttier l'appela VAristéék fiym^ 
çais i et ajouta que ces léttret 
étpient uue déclaration publicti^ià^ 
que ïe roi faisoit k tous ses sujets 
«c de vouloir honorer lés ckàt^ 
parlesh^mrm^SyeCiicm >esh«>hi^ 
mes pai* lés chargea. » Aprè^ là 
inort de Heari 121 , Motntto)oifc 
rendit léi ^tektLS kHm^l^/di 
pètu-qne çenû fie^ éotffétfigm 
de sceller qnèlqne Mt fâVcfraMIé 
àéx hu^enots. Il iwottrtttis: itti<i 
tÉtè Âàhêe i5$o. Le pfttiéiàient 
avoft tààtdé coùSatioe ^ 4àpr^ 
hitté^qéfe « là eour ipfaVdit jàlhi^i 
désiré antres aè^nrérûeiés A^ i^h 
fîlàidoyérs ^ -que cfe qu'/l ^Vof X «rài 
é^'avQi» par sirlUoildie, sàiîs .i^ 
cô^Wi^a^tt priées : tt ptffc^esdià 
dé^tï^ de toiitélo^. 



Vi moNtholo» < W- 

t^ytès d^ ) y seigdeiitf d'ÀutfeiYi»* 



( )9bfitt(tie i^ laquelle aféitfiK 4të .| it^à , t'vocaC iMii piitflÀilé«n dé 



T. Xli, 



tl 



/ 



MO?*T 



MONT 



Recueil dAri^ts du parlem^t 
aiii servolent de règlement, 1627, 
iîi-^" ,^\\GPlaidayer^\^A fit pour 
lesiésuiies, i6ia,iû-8«. 

* I. MÔOTI( Jean-Baplisle), 



pierre , après «voir qv-oiive iles.>, 
dauleiirs CMieiles* ( /^j-ezceque, 
dit de ce mdtL^^^io célèine le P»'*^. 
SideDtde Tho^, dans le 9'^ mre< 
fft^ i'4ii4lQi;:e de juiu l<?*»f>s. .) Les. 
^orues de cette notice ne penncl-i 
lent pas de citer les tifres de lous. 



* I. MUINli ( jean-D«pii»iç;, «riu j>-o v»^ v,.l^i *^« -^--^ — ^-rr 

issu de la noble famille des les owi^r^ge* doutMonti a enr^c^: 

Monli, en Toscane, ne à Véiv^ne. la médecin^ et les letires. Voici, 

en i/lQ8 , fiU destiné au barreau les princjp.^x ; !.. Intetpr^ta^iO 

par sa famille , qui l'envoya étu- lattna Uhr-orum quatuor tnefhcykœ 

âierla iurisprudence à Padoue. exveteribuscontractœAetn Am>. 

Mais sonpère instruit qu'il eon- cleni , Basdeœ , . i d35 , m-iblio-, 

û^arioit ses volontés en se livrant ; ll.Tahulœ in très hbms artis 



V eneiii^ ,..i«i;j.j > lu-o-» * ▼ • -«^n^^i*- 
peTslstrpM "moins d«n8 sa réso^ lus de gradibus et/acullfttibif* 
(ution, et trouva les moyeux «je med^camentorum.WiUexabçr^^ 
oarvenir au doctorat. ReyÔtu de i5w..n-8».V./«feKiam^wmA,^<. 
ce titre , il osa se présenter à son l demiorum Hippocralissection^m 
père qu'il ne put fléchir ; ce qui expUmaliones , Venetns , i554 ,• 
le détermina \ quitter br^ue^ m-8». VI. /« bb,y)s Galem de 



ment Vérone , en exprimant ainai 
ses plaintes : 

Est pater Euristcus , Juncfortuna supersunt 
^rumntt } AUtdes , da miki robur , ero. 



arte curandi ad Glauconem èod- ^ 
planationes y ibidein , i554> iat^ 
8» , Lugduni , iDgô., in- 16. VII« 
' Ùpusciitavarin ist prœdar^ , m 

^ ' quihus totaferè medmna metha- 

Tout réussit kMontit H .pratiqua j dlcè explt^uUur , Basilc^^, i558, 
la médecine, et cultiva les beaux- j i565, in-8«.. VIIL Çufstio exn^ 
arts avec un succès égal , à minans quomado medicamentufp. 
$resce , à Napjes, a Rome , k dicatur œquaîf^ aut ina^quale , 

Venise ; eut dans toutes ces villes I^atavii , iS54* *"="?** »^^^^* > ^^^ ' 
^es amis illustres , et acquit par 

ses talens et ses travaux , une ai- 
sance qui Je init en état de passer 
he» jours dans le repos et rindé- 
pendàncp. Pour exécuter le pror 
jet qu'il en avoit formé , il se re- 
tirait Padoue en 1 556; mais bien- 
tôt il Çut, presque contraint fi.,^c- 
«epter , dans cette ville ,, nné 
chaire de professeur qi;^*ilren^plit 
pendant onze ans avec tant de dis- 
tinction , queTempereur Charles 
V , François I*% et Côme, gr^and- 
duc dfe If oscane , voulurent , tons 



* H MO]yTI ( PamnhiIe),'C^ 
lèiire médecin, .dnioT siècle ,? 
obtitit en i5io une ^air^.de. 
logi4|ué dans les écoles pub)ique«ir 
île Pologne ^.ss^ patrie , et- paâ$a 
on i5i.3àceliede méd(?ciae,au'il 
remplit avec disUiBCti on pendant 
i3 aus/ç'est-à-diretjjBf^u'jen x.55i, 

époque à laquelle; il foi «p|ttni4 
protesseur^PadQUç. De pqi»#n:.àk 
Bologne ep 1545, il j ri^riit#$* 
leçons, et moucut.le-iQ novejiir 
duc cte JL'oscatne, voulurent iqhs bre i5:)3. On co^iipitae lui., Ik 
&f. i'jkttacher.VMopti^^dqijkt OQ dit [U^^rjinw^omm t^ntr^P^u^ 

i ... 1 



i 



4 



MONT 



MONT 



i65 



iam V^nrtHm. Ce livre fut corn- r * IV. MOOTÏ ( Fàbbé Jean-» 
posé pour combattre lesopîiiions \. Baptiste) , citoyen de Bologne ». 

orateur et poëte , né en 1688 , iit 
admirer son éloquence., et ses 
vastes connoiâsanjces ea iittéra*» 
tare , d^ns les académies dont il 



d'un irère au^^ustîn ^ goi avost 
publié a V:enise, en 147S ? "^ ou- 
vrage int talé Expos Uîo in Aris- 
f4itelem (h generatior.e et corrup- 
tione , et dé compositione mundi^ 
etc. IL De- suhjecto medùeinee, 
de trihus doctrinis ojxfinariis , 
eic , Bononife, iSSî ; .Venetîis , 
1545. lïL Mf'thoâus medcndi , 
Àugnsîae A'indelicoruBi , i54o ; 
Venetiis , ï545. IV. In Galeni 
îibros de Jebriunt différentes 
commentnria , Bononia;, i55o. 

* III. M JV T.I < Philippe- 
Marie ) , né d'ime illustre famdie 



étoit membre. Parmi les.pui'/w^eA 
^!i*il a laissés , on dis^ing^fie les. 
suivons : T.. Cenià sonetii sagri ,- 
e cento BHndisî di Minto del Pic^ 
ciolReno , Venise, i^SS. IL Tes- 
ta fnento > ovvero preparazione 
alla morte del fii cardinal Gio^^ 
s^anni Boita t/^etdotto dalla Latine, 
nella Toscanafàvella , Bologne y\ 
1746 et 1747. IlL // Grivane ci'', 
uile , owero prc^cetti ifi civiltà, 
prattjçali in Francia.j ricordati, 
de Bologne en 1675 , après \dal Galaleo ^e da aîtri autori ^, 



avoir achevé ses études dans «a 
patrie ^ se rendit à Rome , oh il 
se fit connoitre avantageusement 
par son mérite et son savoir ., 
qui Télevèréut a plusieurs em- 
plois honorables,, sous Clément 
XI et XIL En 1743 , Benoit XIV 
llionôra de la pourpre. Ce car-, 
dinal enrichît Tinstit ut de sa patine ' 
de sa nombt*euse bibliothèque , 
composée de I a mille volumes, 
et d'unefonle de portraits de sa» 
vans et littérateurs italiens, Iran- 
çais j anglais, etc., qn'il avoit 
ad^is à grands frais. Ce docte et 
bienfaisant cardinal mourut à 
Rome le 17 Janvier 1754. On a 
de lui ; I. Èoma tutrice délie 
belle arti j scuHura ed arckitet^ 
turer. Ce discours , prononcé k 
^académie de Saint-Luc à Rome 
en 1710 , fut imprimé dans le 
tome m des ouvrages en prose de 
Tacadémie des arcadeis.. IL Eh- 
^iaS. R. E, Cétrdin^uniy pietate, 
doctrintt , leçrntionibus ac rébus 
pp'O Ecclesid fçestis illustrium , à 
pontificatu Alexandri, III , ad 
Benedictuhi XIII , Romœ , f 75 1 . 
On conserve dans la bibliothèque 
d« Pinstitut de Bologne plusiei^rs 
rnanuscrits de ce prâat^ 



che liannn scritto su questo a'*go^ 
mento , Bologne , 1752. Cet ou« 
vrage , qufest divisé en deux par*, 
ties , est écrit en vers. IV. Ap^, 
plausi à^rincipi, componimenti 
poeti già dati aile stampe , e 
presentati in varie occasioni , 
Bologne , 1755. V. Tabacco , $uo. 
utile y e giovamento y e pregiu-^ 
dizi del medesimo , Bologne , 
1706. C'est un recueil de chan- 
sons; VI.' La nuova Galleria ,', 
OiH^ero cento raccont{ curiosi t. 
piacevoli , iratti da^ cento pitture 
tra' quadri et sotto quadri ; 1 "•. 
partie , Venise, 1757 ; %* partie, 
Bologne , 1757. Monti mourut, 
datis cette dernière ville le a8 dé-, 
cembre 1766. . _ . 

. ♦ V. MONTI ( Jules ) , frère 
du précédent , chanoine et secré- 
taire du cardinal Pompée Aldro- 
randi , mort à Bologne > sa patrie^ 
le 10 décembre 1747 >âg^ de 6a 
ans , s'amusa à versifier dans le 
dialecte bolonais. ^» poésies se 
trouvent dans le recueil de celles 
du docteur Joseph Pozzi , impri- 
mées fr Bologne en 1764* H A aussi 
traduit du français en it)ilien Gît*^ 
Blas de Sautilîa^e de h» Sage p 



ï64 



MONT 



MONT 



4|tti Ait publié il Venise é* 1740 ! connntf dès le i5* 'siècie , cl qui 



•t ! 74^. 



' * VI. MONTÏ ( JcaB-Jacquc5)> 
4« BDlOsne , odntre ia^nidat et 
ion arGBÎtcotë, prit la manière 
àe Metelli son ami , et le suivit k 
Fiorcitçe et k Modène , oii il de- 
"vitit p«istk*e de la cour avec Bal*- 
àiasar Biniebi. L'église de Saint» 
Augustin àe cette dernière ville 
hi% consintite sur ses plans et sous 
d«r4lrectiDh. De retour k Bologne, 
iè fat ehairg^ de la ùonstructivn 
<jle l'église de Cvrpus Donuhii 
maâs Touwagé oui lui fait le pins 
cf b^Bnetyr sont les Portiques qui 
dènduisent de la j^orte dite de 
SantgossB au Mont de la Garde* 
Cettif^miNle entreprise fut com- 



subsiste, porta les armes de 
baime lieure. Commandant «iil^ 
qnante g^endamies k la toamée 
de Coutras , en 1587 , il aua troî» 
ïiaeis a la charge , et fut pris par 
le roi de Navarre '» qui lui r^i-*^ 
dit la Hberté par estime pour 
s» valeur. Après la mèrt dte 
Henri III, les ligueurs firent de 
vains efforts pour ^giler Mon-^ 
tjîgni , qui > loin d'accepter leur* 
o$'es , leur fit vivement la guerre; 
En 1591 il les chassa de devant 
Aubiânjr , petite Ville de dcrrt , 

' laquelle soutint un siëge avec vi- 
gueur , ^ar'le cbutage et la vi|;i- 

, iinicéde Cfe^tfaerinedbBalzaé, ^otÉF 
tesse douairière d'Âubtènj , |euiiê 



' veuve d'une beauté et a^ane vertu 
mevicéié en 1674* Mobti ;7/^<VAr sxn^lières. Mohlîiafat sedîstîngw» 
k rélévbtiom da la première arcade \ ibrtaa comlKit d'Anmale en 169a ^ 
qui sert d'entrée au^ autres per<- et ati sié^ d^Aniittns en i5^* 
ti):{ues ; mais il n^eut pas ht satis^ Il fiit ârit gouverneur de Parri» 
faction de la voir achevée, ear ]én tGoi } Itealenairt de rot' de 
il Aiourut em rëgS ^ â^jsé de 77 ; Metz , de lV)iil et de Ve^dutr ko. 

|r6o9. rCeuf ans api-ès il arivik li 
Ma C0ur fe ioUrih^é <|ne la nna^ 
mère fitr Théikiises nlaréohai dd 
France^ li se Mit si fort k répé^ 
ter qo'il le méritbit miemc que 
jl-ui, que, pour ne poilit ai^r 
Un si brave nomme daU^ «o temras 
ùh Ia cour raénageint les ^ehs m 
guekre;, la reine ai tlonna anfasi lé 
bâtotar vers i6i6w II en eut laprin^ 
cipale obli^atiott aua; béns. oéBceè 
du «hanécËal d'Ancve. Momigiii 
CDÀunond» , en 1^17 , une armé* 
contre hs méèontens , «I pritsntf 
eux ^ en JNîvieniais , .Dosa et 
q^ndquvfB autres plaves. 11 Mo«mt 
le g sept^mlire de la même ^n* 
née , êtgé detgj^ans^ G'étoitun iôrf 
; boû officier , qui avoit vieilli dantf 
k service, mails saàs rien faire 
d^clâtant. Ce marëefaal n'«ut 
qu'an fils , qui tUoUi'at saivs peâ^^ 
térité masCultae; Mais il aveit un 
iinère qui e«t , entlne atttl*e(s eni^s , 
Henri , mirqnis d^Arquien , ^ut 



ans» 

ViL MONTl ( Jeaeph^ , pro* 
i^sseor éê botanique et d'bisliûtre 
naturofie ik' Bologuc , se fit oon^ 
Itottre par les nnrrages suivans : 
î« PkbdrV^tHts càiaiùgi piantanfm 
âgn Bènomensiy ,1719 ^ Vol^. 
Kû^*« II. Pianlamm ^arii ikdi*' 
é&s y ija^y' iù^^°, HI. Bvrotièo»^ 
itMl indices ad UBum kottt Beng^ 
niensis y 17^4^ in-4*» Les deux 
d<fmiers ouvrages ont reparu avec 
des ëoFii:«tibtis k fiobg^é, 17^5 , 
in-4* , pal*' les soins <les fils de 
Ifaviteur, P^tixynius eitCajeton. Ce 
den^ïi!t^''a traduit de l'italieti enr 
ktin l!}lis%eiire des plantés rares 
de Jacques Zamnoni , Bologne , 
174^ 9 ' inr - lolio , avefi 16S 
ppan^e». • 

: tî»MONïIGNI<traecoieiBBL« 
€ÎRA7««% o- AiQtJniK , dit le ' mare" 
«h^ de-)^ 'd'ftne famille neblé 



i 



MOK^ 



•RIONT 

j* Wéy MM0<-Ca9Ûiiîr« , époasa 

Sobieafei , depiii» roi de PoR>gBe. 

Après la inort de sa mère » e]le 

•procura le chapeau de cardinal 

4 senpère, (|ui moarateo lyoy 

« Rome , où tl »'étoit retiré avec { mort dans ce\t,e ville le 7 mfti^ 

17812 , a laissé plti^ienrs Quvr^<- 
ges de poésies assez ipétliocves , 



it» lyie. En 1714 tïls revint en 
Kmnce. Le rèi lui donnp ponr 



ïG5 

Branches d'indnstne. Ce favatit 
aille est mort le 6 mai 1763. ' 

♦ JIL MONTIGNI ( Je^a^Ciw- 
lc6 EiDikuT de) , né il Paiis ^ «^ 



demeure le château de Biois , oà entre antres , Éprire au roi , / 
elle mourut en 1716, âgée de 77 "*"" *"'■*' ''^ "*"" — ""' 



un pkilosoplèe pariisien , 1744 
in-4*. Épitre au public , psit* ur» 
méchant poète , 17^4 » in-4^. 
n. ItfONTIGNI (Etienne Miovtot L'auteur diaoit la vérité. Bpitre à 
de), neveu de Voltaire , né à Paru j Louise , 1747 , in-8% Parodie de 
Àe t^àécembre ijii^, McheitL Bnè ^.Sémiramîs , 1748 , in- 19. X^ 
charge de trésorier de Francç , méehanceiéf ou Uécoh diî$ in^ 
devint commissaire des ponts ! dédies , parodie éPAstarbé y en 
et chaussées , et g^^aud-voyer de ! 3 aetes, en vers, 1758 , iq-i3^ 
la jj[énéralité de Paris, l^i^ son j Uécole des officiers , <»n|édie- 
en^ance il montra le plus grand 1 en prose, en 5 actes, 1764 > 
pût pour les arts mécaniques. A | ia-S^. Éloge /unèbre ds Mani^ 
'âjede dix ans, s'étant cassé k j JLeezinska, ij6^ , in-4^. ^tpen- 
jambe , on le trouva occupé il ; nés pittoresques , ailégoriq^^ 



l 



remonter sa montire , dont il avoit 
détaché toutes les pièces. Mon* 
ligoi suivit Tabbé de Ventadour ^ 
aon ami , à Rome , k Naples , eu • 
Slc'the, Par-tout il observa en 
homme instruit les mœurs des 
peuples et les productions de leurs 
arts. De retour en Framceen 1740, 
Pacadémie des sciences le nomma 
l'un de $es membres. Ami de 
Trudaîae , celui'-ei le consul toit 
sur tous les objets de pi*ospérité 
commerciale; et nos manniàc- 
tnres kii doivent Tititrodaction de 
^veréeê étoffes dottila ^brication 
n'étoit connue qu'en Angleterre. 



et critiques f 177^» in-i?, 



I^MONTIJO ( Marie-FriHii^ 
ç<Mse ) , «le Porto-Carrer^ j çQmr 
tesae de IVloniiio , grande d'ËSf- 
paffne de la première classe „ 
arrière - petite pièce de Palarox » 
évéque d*Osma , est du petit npmr 
bre des femmes qui , dans le siè?^ 
de dernier^ ont le plus b^oré 
ll^pa|[iie. La première atiné<^ d# 
son mariage elle avoit traduit ià,p 
français en espagnol un o wr^gf 
dé liC Xourueux, lDstrncUo«f 
ehrétienneâ sur le sacrement d^ 
mariage, tlli ment , évéque de Bar^ 



Montiffni perfeGtioniia les teintu- j eelone , où elle demeuro^t , jar- 
res en blet encoton^rélablitlesate- fluadé que ce livre sereit tv^ 
liers de Beauvais et d'Aubusson , utrle a son diocèse , ptibâij» cett|^ 
et créa dans cette dernière ville traduction en 1774» ^^^^ le QOUl 
fabrique de tapis de pieds , de celle qui Pavoit faite , Qiat^;^ 



«ne 



jrcehercbéd pour 1 agrément dtt ^ les oppositions que snggéroit h 
dessin. Il n'a fait imprimer qu'un cette dame sou extrême ~'^- 



aeul Mémoire sur lés malhéma- 
tû^ues ; mats le Keoaeil de paea- 



I 



tic. Il fit précéder P^uvrageiPiiiK 
lettre pastorale » qui esjt ^n «|4>> 



déiiiie àe» sciences renferme un ' dèle de âcienee et de sagesse. U 

rd nombre de ses ObseruaUons ; ie«e madame de Montijo de Cf 
Petnéliorfttioa do ^ diverse» ! qu'elle ei^iploie à deir trava#4^ 



i66 



SIONT 



'de ce genre les momens de 
loisir que d'autres feninips per- 
dent en' aimisemcns IWvoles , 
"«en sorte, dit- il , que cela né 
xniit aucanement aux devoirs de 
mère de famille, anx vSoins des 
pauvres et aux oeuvres «de cha- 
rité par lesquelles madame de 
*Montijo édi^e son diocèse. » 
Toutes les associations de^ bien- 
faisance s'bonoroient de ia 
posséder ; elle les aidoit par sa 
pourse , ses lumières et son «èîe. 
Sa maison à Madrid , oii ensuite 
elle fiïa sou séjour, offroit Ja 
réunion des personnages les plus 
distingués dans les sciences. Son 
beaivfrère Palafox , morté?êqne 
de Caença , et qiri a fait quel- 
qtïcs ouvrasses ; Tavifa , mort 
'^éque de Sala manque , dont la 
■famdle imprimera sans doute 
les manuscrits, et qui , à ren- 
trée d§s Français eu celte ville , 
publia une lettre pastorale , louée 
par les généraux français; Yere- 
gui , auteur d'un Catéchisme oa- 
t'onal, qui fut traduit à l'inqui- 
sition. Madame de Monti^o gér 
^nissoit de rhOmiliittion à laquelle 
étoil réduite TEspfigne par la su- 
perstition , et conseiTa toujours 
sa fierté vertueuse , ce qui lui 
vaînl la gloire à'ètve persécu- 
tée r On lui fit on crime de sa 
hsrine pour Tinquisition , et de 
sa cotrespondance avec un évé- 
"qfte françi^is qui a écrit contre 
ce tribunal. - Effectivement ses 
liaisons dVstime et d'amitié avec 
ce prélat ont duré jasqu'à la mort 
de madame de Montijo , arrivée 
en 1808 , k Lt>grogne^ où elle étoil 
Ailée. 

t MONTJOSIEU ( Louis de ) , 
Monsiosius , gentilhomme de 
Ronergue , qui accon^pagna le 
duc deJojcubeà Borne en i585, 
Il composa un livre , qu'il déjdia 
tu pape S^xte^Quint ^ soUs ce 



î titre j 



MONT 

Gaïlus RùmtB kospt^s , 



Home', 1 585 , in*4* > ouvrage qui 
contient un traité en ialih de \\ 
peinture et <ie la sculpture des 
anciens. On Ta réimprimé dans 
le Vitruve d'Anisterdam , 1649 » 
in-folio. Ce livre, plein d'értuii- 
tioQ , pent répandre dti jour sur 
l'antiquité profane. 

t MONTIS (Pierre de) , au- 
teur d\m livre espagnol assez 
rare , que Grégoire Ayora de Obr- 
doue a traduit eu latin : i>9 dk* 
gnoscendts hominiôus , Milan, 
i49^ ) iu-fol. 

MOJNÏLEBERT. Foy^CAinL. 

MONTLHERY(GuYde), 
comte de Rochefort ,; signa , en 
qualité de sénéchal de France, 
nne charte du roi Philippe 1*' 9 
de l'an lopS , et fut de la pre^ 
jnière croisade en i09Ô.Leroiy 
qui estiuioit son mérite > et qui 
craignoit son crédit » voulant se 
l'attacher, obligea Louis-le-Gros, 
soii fils aine , d'épouseï* la iille de 
ce seigneur. Mais le prince ayant 
tait cassi3r ce mariage trois ans 
après , sous pi^texte de parenté , 
Guy en conçut un , tel. dépit , 

3u'il arma contre le roi, qui le 
cht auprès du château 'de Cour- 
nay , qui fut pria et conijbqué. 
Mootlhery mourut aumois de juil^ 
let 1108. -r- Sou fils Hugues de 
MowTLaERT, comte de Rochefort, 
et seigneur de Cre^sy, lui succéda 
dans i'oitice de sénéchal. ,Apt*e& 
avoir servi utilement Tétat sous 
Philippe l"* , il pensa Je boulevcr* 
scr , sous Loais-ie-Gros , par ses 
violences , ses injustices et ses 
intrigues. On rapport e^ qu'ayant 
enlevé un de ses cousins , il le 
jeta par la fenêtre d'une tour , 
après l'avoir cStranglé , pour faire 
croire qu'il s'étoit tué eu voulaut^ 
&e'sauvu\ Le IMÎ iohliarça det 



SïONT 

^ftltter sA'diVir^e, çt il se fit ve- ' 
Agieux vers iii8, à Cliinî , dti 
il mourut qïfelques aosiâes après. 

t I. MONTl^UC ( Biaise d» 
I^ASSEKAN-^ASs^icOMME , scigoear 
de ) y né • vers Tdà i5o0 , dé 
François làiasâerannMasseiicoinnie 
siear de Mooiluc , et de Fran* 
çoise d'Estilioc de Montdenn^rd 
ma seconde femme. La famille de 
Mootiiic ëftoit une branche de 
celle de Jilontesqn ion. 11 futpa^ 
d'Antoine , duc de Lorraine , qui 
liti ixV avoir ùiie place d'arcaer- 
dans sa compagnie. Monduc -si- 
gnala son courage au combat de la 
Brboqoe » en i522 , et a la bataille* 
de Pavie , où il fut fait prisonnier, 
il se. trouva du nombre decMftx 
qui , n^ayant pas de quoi payer 
lenrrançon , obtinrent leur liberté, 
li n*étoit pas riche alors. Il servit' 
• ensuite an voyage de N»ples , 
sous La titrée , en iSiiS ; ^uk 
aéges de Perpignan , de Casai ^ 
àe Qniéras^ et de Carmagnole. Il 
fut envoyé à la cour f et y. pacia 
fortement pour déterminer le roi 
à faire la guerre ea Piémon^t , et 
fst ensnite chargé , le i5 mars 
1645 , de porter au comte d'Ëi> 
guien l'ordre de combattre. Il 
commanda le^ enfans perdus en 
i544^ ^ ^^ bataille de CérisoUes. 
Le comte d'Knguien récompensa 
sa bravoure e» le faisant che- 
valier. 11 devint depuis gouver- 
nsxiT de Btoitc^quier et d'ÂIbe , 
et lieutenanl pour le roi dan» 
Sienne , qu'il dépendit contre ' les 
Impériaux avec un courage opi*- 
niâli^^ qu'il eroyoit utile a sa re- 
nommée , • mais qui ue le fut 
rère anfx intérêts de la France, 
ne rendit ceUe place qu'après 
un long siège ,. le 3i avril iâ55. 
li obtint pour récompense Tordre 
de Saint - Michei. En i558 il 
servit en qualité de colonel de 
Fmfanterie iran^aiâe an siège de 



MONT 167 

TlïîOiiTiile. Jus<|n'li ceîté époque» 
M<}ntluc se distmgua par une va» 
leur peu Gommnne , montra , k 
peu <( chose près , le caractère 
d'un guerner estimable , et sa mé- 
moire eût passé avec honneur k 
la postérité, s'il ne l'eût-pas souil- 
lée dans la suite par des actes V 
de férocité qni la rendront à ja- 
mais odieuse. Il fut nommé , le 
9 juillet i564 9 lieutenant-général 
an gouvernement de Guienne. 
Il u'avoit point les qualités qu'exî* 
geoit cette fonction. Les trouldesi 
occasionnés par la diversité des 
opinions religieuses > et, par Tarn - 
bition de quelques coukisans , 
exaltèrent ses dispositions k la 
Ct*aauté. Il abusa de Tautorité 
que la cour lui a voit confiée, en 
se livrant à deà actes san^ui» 
naires , qui ne firent qn'allumer 
au lieu d'éteindre le leu de la 

{juerré civile. Il avoit 70 ans , 
orsqu'en iSto il fut blessé au 
siège' de Raoaâtens , d'un coup 
d'arquebusade qui l'atteignit au 
milieu du visage , «t lui emporta 
grande partie du nez. Il fut obligé 
de porter depuis un masque , ou , 
comme on clisoit alors > un tou- 
ret de nez. Il prit la place , en 
fit massacrer tous les habitàns ; 
et ce fut là son dernier, exploit. 
Cependant il se trouva encore au 
siège de La Rochelle en iSy5 ; 
mais ses blessures et son grand 
âge ne lui permirent ]^as de sy 
di.sti»guer. L'année suivante le 
rci l'éleva k la dignité de inaré- 
cbal de France , pour le dédom** 
mager de la perie de son gou- 
vernement de Guieniie, dont il 
fut obligé de se démettre. Alors 
il se retira dans sa terre d'Ës- 
tiliac , y rédigea les vodnmiixettx 
mémoires*de sa vie, 'qu'il intitula 
Commentaires à Pexemple de 
César y et mourut vers la fin div 
juillet 1077 » à 77 an»-- Voici la 
preuvière phrase de ses Commen- 



s 



/" 



i6» MOBfT 

fmffé : <« MV^Mdit rjetiré ebcii mal 

«e )iurtsffs piir moi séuflfeytes ,- 
penaam I0 t^mps dp 55 ans <](tt^ 
/ai çboirté les armes povir le s^rvio^ 
dêArois meâ n)9iire><; , avàjit! pasa<l 
par deejiés el par tous le» ordrtd ,• 

oiipil^tfitf eo iCûiëf, m^i^tre de 
« amp ^jgouv^rneqrde pl.acts, lieu^ 
texi«ot. de r(!û d«s provinces de 
Toscane '6t d« k Guienne , et 
]Pfti:!échal de^ J^rance , me yoyant 
sihepiat (estropijé) presque de tou» 
mes membres. , tt-ârcluebus^de , 
cottfis de pi<{U0 et d'espie, et à 
demi iii utile, sans force et stao« 
espél!ance dé recouvrer gaériseo 
de ce^ griDide arcfaebii^ade quA 
j-'^â au visage; apâsès avï>ir remis 
iii dbâii^e du gcuverpement de 
Giuienae eiure lai mains.de S. M m 
^'ai Touiu emplo^rer le temps qni 
me i»feste ^ dêscrire les eombafts 
aQxi|udis ^e me suis trouva pea^ 
dans 5^ ans que )*ai comm/cm- 
d^ , ^tG, » Mg^tïuc , siÛTanJ; les; 
ëprivair}sdesoa.tem^pS , ëtoil pieiti 
de Courage > capitaine, habile et 
expérimenté $ mais ston opiniâ-^ 
tr^é yfMi plutôt, son avidité pour, 
SB gloire .pefttoaa«iie , lui iti^enl 
conunettre des fautes préjudkia^ 
hles.ait aeinriee\4^ lN$tat« iCeS 
écriymas parlent au&si de $a jao^ 
tinee ^l m sesr iW£eint^rieè. Sea 
tqéfiMAces en oiTrefat des. preuves 
nombreuses ; ils ne cdcb(^nt point 
5QB penchant à Taisai^îi^e , ni ses 
lùoleneès envers les j^ntmes dans 
lea villes prises ctassaiYt. Mojçtr 
lue ^Ulit .empe^rt^ , fanfaron , et 
prest|[Ue to^AJours en colère ^ il 
ert fy^ lui - même l'aveu ; « Ce 
inesekint naturel , dit-il , aspre , 
fiiscbett:!^ et cpilère qiii swA un 
p4ta trop le teiftroir de Gtsœog»G , 
m'a tbusioucÉi fait {ûiïe quelques, 
traits, dès miens dont }e ue 9uis 
pvi» k mé ji^peutir »• Iji éUnt 



cmeiii Fet^é^» 3r»it«$«ie kfcriii^ 
pare,au barofi des Adrets Çifoy^iL 
ce lîom ) i. iifut fortjçruol*»- f eÉ 
disojt-on , qu'à Venvi us faisoieat 
à qi«i ed serait plus > lui j4u Je 
bar9i9 des A4relisvi., ^ Ioas deuii 
très'braves c^ vitiHaoss , tous 4e ^u& 
iort^ bigiarres. , t9US deux £»ri 
cruels. $i les ^livaiu^ de son 
pavli , si 4es liotts , dont Bran-f. 
tdme étoit du nombre » raceu-^. 
sent de crutiuté ,!. ou cbit peoset 
que les protestans , qlit furén^ 
long-temps ses vietilmes $ l'on^ 
traiié plus mal eocore». UiP 
ont souv^t. porté; contre lttt> 
dûs plaintes à ia eour ; mais 
Kéeidvain qui Ta peint : Avec leS( 
couLeurs les plus vraies et lei> 

£\jm eidieusfiSf^ ou aura peine h 
i croire , cW lui^mâme ; c'est 
Mofttluc y f\tâ , entraîné par sa 
Qoièee } autorisé par Topiaioià 
cornbmpiie de ^an siècle , Avear*» 
glé par de fausses idées de gra»-. 
dâur , a fris soin ,. on orojr«&it. 
illustrer sock nom , d& le diffamée' 
jmr l^s traits les plushideus. il 
ne s'at^ciise pas y mais il se va^te 
de plusteurs actes d'iniustice et 
de cruauté qui ibnt hmreur ; il. 
r&ad croyable tout le ttud que 
ses ennemie ost raconté de lui. 
Gb im rapporta q«ee quelques 
pvoises^uas Svoieul parlé avec ir? 
révérenee du roi ^Ètarlee IX ; il 
les fit attacher dans uudme^re. 
Voici» eç qu'il raconte £' <c J'avais 
deux bourreaux derrière moi , 
bien équipés de leurs anaes , et' 
sur^'tout a uu juiarussatt bien traii*« • 
chant. Be rage , je sautai a« cou 
de V'dn d'euJL , et lui dis : O mes^ 
ciàonl pfâlÈard^ sOS -in Men,osé 
scmiHer ta mescisanit langue con- , 
tne- la roÊjetté dit gfoi ? Il me ré* . 
pondit i.JSia y mênsieur^ à pé^. 
ch&ur mitwteordel Alors la, rage 
me prit plus que devant, et lui 
dis : à^s^kaM y veux- tu que 



M0N1P 

i€m pé$ jféJtpeat» ton toi ? Je le 
poiiâàii fii4enie0t en terres. « , et 
difjmboitfremu : Frappe , vilain. 
lia parole et son ooup ftist ans- 
iito6i l'un qae l'autre.... Je lia 
pendre le^éemà autres à un orme 
qui esloît tOQl .contre, n 11 rea^ 
toit, tta ^uatrîèrne ; Montkic ne 
voulut paii le l'aire aiounr , parce 
qa'ii n'avait que dix-lmit ana. 
«rMais , dit-il , je lot tta bailler 
tant ^ Gonpa de fouet par Icd 
Loonrcaiix , qti'il me liit oit qu'il 
en estoît mort , et vdilà la pre- 
mière e^LécvSovk ^e )e as au sor- 
tir de ma maison , sans seoience 
ni csGtisture » Les proteatans de 
CalMrs , aatorîséa par les édtts de 
paciltcati^n , s'éloéeot aasemhié» 
dana Hiie inais^a pour célébrer 
leur, Gultè. Les cutboliques mi- 
rent \e feu à cette maiscm. Flt^. 
sieurs proteatansr périrent dans 
les ttammes , et ceoa qdi dker- 
ehoient a s'ëeiiappar étoient 
massacrés au dehors, ha eour 
fiouuntf des eommissaâres ponr 
inibriuer e( jugef les auteurs de 
ce massacre. Piusieura cbatioi- 
nes de la cathédrale , et siu^tout 
FareiMdiacrv Viole en furent dé- 
clarés fioupables. Moathïc , ins^ 
truit ifae la seistenee aUoit être 
prononeée , arrrve. h Cahoea , 
entre dans la salle des conuni^ 
saires aa moment où le présideat 
alloit lire la sentence, il le me- 
nace de le tuer 9^il en comaaence' 
la lectiue , w dès le pn^n^ier mot 
qu'il mûrira la bouche \ je le 
tHerat ; il loi dit ensuite : Je te 
pendrai moi * même , {îe mes 
moine j ear /en ai pendu une 
vin^éaine de phss gens dé bien 
que ioi,,... Je te pendrai toi et 
tes eompagnùRS duxJèAesires de 
cette maison ; etàk k M* de Bet- 
rie , laisse - mai tuer tous ces 
metehoHts traistres «m Avif *..'... 
Sur ^»qii |e tirai mon épée , et 
ieati^seé bien §a»dés deiaire|a»< 



MONT .169 

I raais ' sentenoe ni - arrast > tm«4s 
M* deBttûe me sauta au bras «4 
me piîa de ne le faire point « >^ 
alors tons gagnèrenl la porte et 
se mirent eu liike*..é Je voplols 
aller après les 'tuer*. ». Je ci-oijt 
que j'en aUroia étrangle ^eè» 
qu'un. « Qo^qac temps après il 
iit pendre aux fenêtres de la 
maison de ville de Ville r BVenclie 
deux protestans que les raémef 
j eomonssaires avoient déclarés ab^ 
• aoas. li ne marchoit qn'accom* 
pagné de deux botivreaux. « Je 
\ recouvrai , dit-il ,. denx bonr^ 
r roaux , lesquels d^spuis on appelle 
mes laquais , parce qu41s étoiett 
souvent avec moi. » Un ministre 
protestant vint un jour implorer 
sa justice. « Jeeommenoé h jurer / 
dit Montfaie , et rempoignat ati 
collet , lui disant : Je ne sais 
qui me tient qtie fé ne te pei^tU 
moi-même àceste fenestre^ psil^ 
lard > car peu ai étrafiglé de mee 
mains une vingtaine de plus gen» 
de bien que toi. » Awtant de pro- 
testana il renc«»troit, antant il 
en Êiisoit pendre on poignarder «,' 
U en découvrit qui s'étoient ré-» 
fngiés k Gironde . « Je les dâ at«« 
trapper, dittil , et pendre soixante^*» 
et-cna anx piUiers des Halles^ 
sans autre eérémonie. » Sa route 
étoil marquée par lés nonfbreot/ 
cadavres de ceux qu'il fai.*)eit 

{lendre aux arbres. C'est etic^re 
ni-méme qni se ^it gloire de 
cette c^4iaalé : « On pOuvoiteon- 
noltre par-lk oit j'étots passé ; cav 
par les arbres Sûr les chemîfti 
on tronvoit les enseignes. » It 
se vante d'avoir manfué k sa pa- 
rolt; ; d'avoir acquis beaucoup de 
bieni; attx dépens des protestans i 
con<$(;iile an roi de brdler tons» 
les iirrre» de lois, afin, dit-tl,. 
« de laisser mémoire de Sa pru- 
dence, et d*avoir un mo^e dèr 
soldats. • Il seroit trop long d^ 
mpponei^ «O^t Ict» iniiti qtû, dami- 



N 



■( 



,170 MONT 

ses ,proj)res Mémoires , ca raclé* 
lisent deifavdraiDléiseitt Tarae de 
ÏHoUtluc : termjnciqs ces.affligean- 
tes citations par celle-ci : a C>n 
4ît <|U0 nous-iiiesmes, qUi portons 
les armes, entretenons la guerre 
«t voulons allonger la courroie , 
comme on fait -au palais les pro- 
cès. Le- diable emportera tout , 
si je n'ai iamàis eu cette înlcntioq, 
pouvant dire , avec la vérité , 
cju'il n'j a lieutenant de roi en 
France cjni ail blus lait passer 
d'huguenots par le couteau et par 
la corde (|uè moi .... Je leur ai 
fait trop dé mal , dit-il ailleurs , 
etsi jen'en ai pas fait assez , ni tant 
fjue j'ai voulu , il n'a pas tenu à 
^ moi. )' Montluc peusoitdonc que 
des principes et des actes aussi 
révoitanslui ftroient bonneor aux 
yeux de ses contemporains et de 
lu postérité ? Tafit. qu'il existera 
fies hommes qui conserveront 
quelques sentimens de justice , 
d'humaDÎté^ui sauront distinguer 
le bien du mal social , Monrluc 
sera considéré connme un soldat 
doué de cette bravou» e sicommune 
a|ix Français , mab aussi àomme 
un homme brutal^ sanguinaire, 
'dépourvu de lumières, de raison , 
s'aoandonnant, sans aucune re- 
tenue , aux impulsions de sa co- 
lère et de S'A férocité. Faire le 
mal , c'est l'action d'un homme 
méchant ; s'en faire gloire , c'est 
l'action d'un sot. Le cardinal de 
Richelieu , qui en jugeoit différem- 
ment , lit placer , dans sa galerie 
du*' Palais- Royal , la figure de 
Biaise de Montluc au rang des 
prétendus grands hommes de 
France. Les Commentaires de 
.Biaise de Montluc ont eu huit 
éditions, la première a été im- 
primée à Bordeaux, in-folio, 
iSç^i \ à Paris, in-8<», i594> 
1 Cio9 ,1617, I 6àQ* Ils furent réim- 
piimés à Paris en 1661 , 2 vol. 
iftri*a , et i(j46 , 4 vol. in-igi. Les 



MOÎîT 

é3;t^Trs de' la- eoUectIoo da^ 
maires particuliers relatifs à rHis- 
toire de France les onti^imprisaéd 
en 1786 : ils sont compris daoïi 
les tomes XXU, XXIli, XXW , 
XXV et XXVI de leur collectiwi ; 
ils y ont ajouté de» observations 
et cies notes qui éclairciss^r le 
texte.. Ces Commentaires ont eu 
deux traductions , une en ilalten , 
et l'autre en anglais. Ces Mé- 
hioires sont curieux , et peuveut 
fournir des lumières à l'histoire 
du temps. L'jiutt*ur se livre sou- 
vent à des détails tropjnit^crteux^.. 
Il exag^e ses actions et peut-être 
ses crimes militaires. Sa mé- 
moire Ta quelquefois mal servi» 
Il y estropie souvent les nani» ^ 

Ï>roprcs des personnes. ,11 faot le 
ire avec m^ance; il étoit pas- 
sionné et gascon. Ses divers récits 
sont suivis de réflexions , fruits 
de sa longue expérience > qui con-r 
tiennent des leçons utiles aux mi- 
litaires de son temps ; c'est ce qui 
a. fait donner à son ouvrage la .qua- 
lification de Bible du Soldat. Par- 
mi pluaieiu'S conseils insensés qu'il • 
se permet de donner au iw^de 
France , on en trouve quelques- 
uns de très-sages qu'on n'a pas 
suivis. Il savoit bien que la reli- 
gion ne fut c^ue le prétexte de 
la guerre civile. « Ce beau man- 
teau de religion , dit-il à k fin de 
ses Mémoires , a servi aux utis et 
aux autres pour exécuter leurs 
Vengeance^ et nons fair^cntre- 
manger. » La lecture en- seroît 
intéressante si l'auteur n'»vott pas 
mêlé les exploits du guerrier- à 
ceux an. bourreau. La Vie de 
Montluc a été composée par d'Au- 
^gny , et imprimée en i745 dans 
le tome XII àes Vies des Hommes 
illustres de France. 

t^IL MOJVTLÛC (Je^n de), 
frère du précédent , religieux 
doi^iinicain. L9 reine Mar^ue^ 



MOKT 

rîle de Navarre , iustniiie de son 
penchant pour le cahînisme •, li 
tira de son cloître , le iiiena avec 
elle à la cour, et le fît employer 
clans divsr^cs ambassades.. Il en 
remplit jusqu'à seize. Ija pre- 
mière négociation dont il fut 
«chargé en i55o, étoit au^si déli- 
cate que périlleuse. Il ne s'agis- 
soitde rien niom$ que tPun trailé 
aTCc les Irlaudais , non soumis 
encore ît l'Angleterre , pour don- 
ner a la France la souveraineté 
derirlaiide. Mon il uc réussit très- . 
hien dans l'ambassade de Polo- 
gne^ oîi le roi Cbai-lesïX Pàvoié 
envoyé pour l'élection de Henri 
de France , duc d'Anjou , «on 
frère. Nommé ensuite ambassa- 
deur en Italie , en Alîemagîie , 
en Angleterre , en Ecosse, et et 
Constantinopic , il se; conduisit 
par- tout en nomme, d'écrit , en 
nabile politique. Ses serv/ces 
fiirent ri^compen^és par' les évô- 
ebés de Valeuce et de Dîe.'\lïï*uB 
favorisa pas moinslescalvluistcs, 
et se maria secrètement avec Une 
demoiselle appelée Anne Martin, 
de laquelle il eut un fils naturel. 
Cette conduite le fit condamner 
par le pape , comme bérélique , 
sur les accusations du doyen de 
Valence. Mais cclùi-ci n'ayant pu 
donner des preuves âutbèn tiquer 
de ce qu'il avoit avancé^ quoique 
les \'ices an prélat accusé -eussent 
éclaté par-tout, il fut obligé de 
lui faire amende honorable , par 
arrêt du i4 octobre i56o. Mont- 
lue, dans la suite , professa la 
religion catholique , et mouinit 
à loulottsc le i3 avril iS^g. 
On à de- lui quelques OMi^/vjrg-^'j 
qui furent lus avec avidité, dans 
le temps. Ses Semions , impri- 
més à Paris en a volumes in -8° , 
l'un -en 1 559 , l'a u tre en 1 56 1 , 
soûl assez recherchés pour les - 
ehosés hardies qu'ils contienneut. > 
On ne trouve que diilkiiement : 



m ONT i-i 

tiBs deux volumes rasscmbîéa. Lt 
Motleux, comilic-ntatenr deKa- 
- bêlais , a cru reconnoître Montl) ic 
dans le portrait que ce médecin 
bouffon lait de Patiurge. Ur,.l*â-» 
nurge, adonné aux i'emmes ,, è Jt 
bonse chère , dissipateur ,• pol- 
tron , quinte UT , bizan^e , fourbe , 
sournois v pos&ède k peu près 
tous ks \iGtrs et toùS'les détaïUd. 
Du reste ; c'est un - plûlqsophe 
moitié- CjniqiHs., moitié épicul'ieni 
ennemi de toute contramte^, vi- 
vant au jour la joumép , ct.très- 
pèli soucîeuxdu lendemainvQuel- 
ques traits de ce portrait pcnvont 
sVppliqaer à Jean ^ Aiojitluc 
comme à tant d'autres de sctficon- 
temporains : et il est plu^ viai- 
semblablc que Rabelais n'^a Fait 
qu'un portrait général. 

lit MONTLtTC (Jean de ) , 
seigneur de Balagni , " maréchal 
deF ^ " ' 

dent 
au d« 

le gouvernement de Cfambrai eiv 
i58i. Après la niôrt de ce prince 
il fut entraîné dans le parti de la 
Ligue , ett j- joua un rôle assez 
important à la levée du siège çle 
Paris et de celui dé Rouen eu 
1592. Montluc avoit épousé Re- 
née de ' Clérmont - d'x\mboîse , 
femme au-deSsus de son sexe. 
Cette héroïne', digue sœur du 
brave Bussi-d'Amboise, parla si 
vivement à Henri IV eu faveur 
de son^màri', que" ce généreux 
monarque lui laissa Cambrai en 
souveraineté, et lui donna le 
bâton de mai^échal de Fiuiuce eu 
1594. Loin de profiter de ses fau- 
tes passées, Mon4uc en fit de 
nouvelles. Il opprima si- cruelle- 
ment les habitans de Cambrai ^ 
qu'i]s ouvrirent les portes de la 
ville et de la citadelle aux Espa- 
gnols en i5c)5.^La femme de 
Montluc déieâdil la vill^ touimit 




i7t HOST 

l^^uj!^ pi iaire ]« isapiisititi^ U 
plus brave et le plus expéfimtnté. 
« Eliv jissistoit , ait le P. LeMoioe , 
h tècites les £aetionïS des $oh 
dats ; tflle visîtoit les senttaelles 
tt ie$ corps de garde 9 elle ha« 
rânguoit sur lés bastiptis , et 
doànoit chaleur aux corrées par 
sa prés^oc» et par son exemple. » 
£Ue mourut de douleur avaut la 
fin fie la c^apitulation q<«'on étoit 
^uf le pxHut de signer. Sou tun 
éi^e époux f insensible à tant 
de pertes y se re^naria avec Diane 
d'Bstrées , sœur de Gabriel^ , 
et terni inn sa honteuse vie en 
)6o3. -Sa postérité ne |>asaa pas 
sa secondé généra ci(»i* 

, MONTIitrEL ( N. Jus^iEu- ) , 
èoiïséiUer en la cdnr à<es mou" 
noîes de Lyon , sa pattié , et 
membre, de l'aeii^émie de cette 
ville, réunit lé goût de ta litté'- 
ratnre et des arts ^ la connois- 
sance des lois. Il est aUteur de 
^eiix ouy/kiees d*un st^l^ rapide 
et clair, qui peuvent servir de 

§'uidç dans l'étude du droit, et 
^ ont le grand nombre do réim- 
pressions fait assez TéWe. L'un 
est intitulé Instniction ficite sur 
tes cQTtventiofis , ou Notions isîm^ 
f>Ies sur les divers enga^mens 
at^'on peut prendre dtms la 9q- 
ciéte , Paris , 1766 , în-i!i ; et 
Tàutre , Réflexions sur tes ptin^ 
oipes delà Jnslipe » Paris, 1761 , 
aiissi iji'i?. Ce ma^^strat vint s'é- 
ta}>jlir a taris » où il mourut en 
4797 , âgé d'environ 70 ans. 

* MONTLYAHD (Jean 
de ), éc«iyer t sieur de Mélerasy en 
^eanee , et conseiller secrétaire du 
prînçe de Condé , vers la fix^ du 
l%* sihûe et le commencement 
du suivant , et » selon plusieurs 
écrivains , ministre àp qaekp^s- 
unes de» églises réformées de. 
France > est connu par êk\e£se% 
Traditions (|a'il a publiées et J 



fïONt 

par <|u#!ques fcW^^ de sa içomr 
p.o&ition. Il épçouv^ qi^lquei p«xv 
aéoutions pour nvoir fivaac^ Oan$ 
Tun 4e tt^ derniers des ^ît^ 
ou peu ceriAin^ ou tQvM: k fdt| 
faujf. Parmi 9^$ TrvLduçtiçns qi| 
rem'aiî<jiie , . L Celle da la W.vr 
thologie , .c'es^^a-dire {Ivplîcati^^ 
des iabîes 1, etc. ,>xtraitedulati9 
de Noël Le Comt^> imprimées i 
Ljoi!! » i-ëoo , 4604 • *^07 » ^fi^fi 
et i6i!2 , in-4^. Ceue M^-ijiologiit 
fut augmentée ensuit^ p^r Jeaii 
Beaudouin, PaHs, 16:17 »iri>iqi, 
n. C<?fe.desMétamoi!phosçs.,i?i« 
TAne d'oc .d'A.pulée , Pari$, i6pa^ 
in-13. x6i*i, i(h5et i63i ♦in-iJ% 

Ces trois demièi^s éditio^^ç ^aa| 
ornées de fîgure^. 1!L Les 4rrpQ¥^r9 
de Théagènes et de CharyGf^e , 
traduites du grec d'Hélioi^r^ y 
corrigées par ïfqnri d'Âudigier f 
^ Paris » iùxo, 1^0.% y 1623 > i6a6 
et i653i in- 8*»,, etCt t i^^Qf h^^ 
autres ouvrages de la composi-r 
tiqn de Montljard, dont il j en a 
quelques r- uns de controver^O » 
sont de peu d'intérêt aujourd'hui > 
la nomenclature cn est asses éten-. 
due pour prouver que cet écrivais 
étoit exmmemeiit ectif et l»ba* 
rieu?t. 

t MOOTJftADÎR (I%rre de » > 
( qu'il ne i'aot paA contodi^ «v^ 
Hubert de M<»Qtmort) y. né daœ 
la Manche , entra chez le$ y&< 
suites , enseigna les humanités â^ 
Home , quitta Fhabit ^ $ârînt« 
Ignace , et ntena dès^lors nni^ 
vie errante et ncalhettreiMe. Il fuC 
sticces&ivement cbwiatan , vcu-t 
deur de drogues a Avignod , avo* 
cat et poète à Pam > ensiûta 
profMséur en la^giia ^cee^ufî au 
coÛége rojral. Il n'étoit point d^ 
science dans kqiteHe il ne se or^ 
versé. 11 disserteit sur tous les su-»' 
jets: G^toit un mauvais cosur^et mn> 
espriticaustique; il: a^oit le tnéqu»!^ 
r6cha«gé.d'i9Lneo«Mest ac^dftl^vir? 



ses'coiltre les «utevirs morts et 
vivans > et la répatation d'homni« 
Ik bons AioCs. Son ayarice sor- 
dide, 6a fureur de dominer dans 
UMilefi lea compagnies , sa profes* 
lion de parasite, le rendirent Tob- 
yet de la haine et le soift des 
plaisanteries de tous les éicnvains. 
Ménage ( voyez ce mot ) donna 
le signal de eette guerre en i^36. 
É publia en ladn Ta vie de Mont* 
maur, sous le titre de GorgiiiMS 
Mamurr^, Te us les autenrs pri- 
rent les armes : épigrammes , 



jouir ^ et de bec poarn^ iéSca» 
dre ? Il n'est pas étonnant qu'iui 
jp-and parleur comme Ména^ ait 
mit un bon perroquet ?» Le pa« 
rasite continua de obercher de;!| 
r<pas et d'amaser les convives. U 
dispit à ceux auxquels il deman* 
doit II dîner ; « FourtiLisez les 
viandes «t le vin , et moi je louz> 
nirai le sel. » Étant h table a a 
milieu d'an grand sombre do, 
convives <^ui rioient et parloient 
tons a la lois , il s'écria avec bu- 
meur ■ : « de graoe , messieurs ^ 



chansons , couplets , satires , li- | un peu de silence ; car on ne S4iif 
belles anonymes , estampes , poiv pjus ce qu'on mange. » Son in'» 



tpaîts ; on employa toat c<mtre 
loi. On. U flaétamorpbosa en per- 
roquet qtti cause toujours sans 
nen dire ; on le représenta logé 
mesquine^aentau plus bautétaee 
da collège de Boncoor , afin de 
pouvoir mieux observer |a fumée 
Qfes meilleures cuisines^ on n'ou- 
blia pas l« «beVal avec lequel il 
aUoit clans un même jour dîner 
rapideiB^Dtt ea difl'éreptes mai- 
sons; «n le refucésecta précbant 
ÀiBs une marmite» On lui donna 
ffotn' deyiisie un âne mangeant 
des cbardo.ns » avec ces mots : 
« Qu'importe qu'ils le piqueut , 

poûtm ati'il les mutii^. » ( Fd^ez 
rarfkl0 b^uiftiiY. ) Boileaa le Ji- 
|nala aussi dans une dases satires. 

tiocnit ^pt P«U»rîirr, crdttS jutigu'à I*tf- 
V» eluMtlicr M* piio 4« ttMa« 



diâférence pour les libelles irrita 
ses adversaires y et ils dressèrent; 
d'autres batteries contre lui ; ils' 
voulurent le piquer par son en^ 
droit sensible : ils résoltwent d^ 
Pempécber de parier. Ayant sh 
qu^il devoit dîqer cbez let président 



Saraac ea ce métier , fl chtr wx bvâux 

«spritf , 
Doflt Mbiitteaiir alikftMs ftt rtçofl Aàtt 

M^ntmaur , trop paresseux poar 
prendre Jia plume contre &es en- 
Bemis » s'eu vengeoit avec la 
langue. 5es mécl^ancetés et ses 
repart ieis circidërent da^s Paris* 
«Que m'imporie ? disoit-il, çe'tte 
métamorphose en perroquei? 
54aofMi^^ dp vin pour mfc H- 



de Mesmçs , un jour qu'ils étoien^ 
également inyités « ils prolitè'renl 
de cette occasian. Ils se rendirent 
des premiers à la n^ison du pr^ 
sident y et mirent la cotiver9tt» 
tion sur Montmaur. On en disoit 
des choses les plus ^iogulièr^s^ 
' lorâUu'airive un certain avocat, 
cher des conjuras , qui s'écrie 
aussitôt ; « Guerre! glierte i » Ce| 
avocat étoit fils d uil buissier. 
Montmaor lui r^ond : « que 
vous ressemblez peu à vo(rej»ère «^ 
qui ne iait que ^ier , pmix-là J 
paix-là ! » On ne parvint à in^r- 
tiiier véiitablament Motitmaur 
que dans une occasion o^ Sf mér-^ 
moire lut en, défaut. U avott dit 
d'un ton d^' muitre» au milieu 
d'une compagnie nombretise ûf 
choisie y qxi'on trouveioit telWa 
choses dans tels et tels avitevu^ 
On porta les livres, et tout cil 
qu'il avoit avancé sje trouva fftiix.^ 
Les ennemis de Montmaur , las 
demplover ht plaisanter^ aveo 
si peu' de fruit , eurent reèours 
k la vengeane^ dft l^bf9 ^ ib le 



{ 



» 



^1\ iVIONT 

(:h?^rgèrént dès plus alFrx*iises ^c- ! 
ciisntîons.lTn porteer du collège 
dî» Boncoiu- fyt ' ta«* ; ou accusa 
Moubnatir de l'avoir nsàommé 
d îin coup de hûcîie. 11 fut mi> 
en pnson. Cette histoire occasion-' 
ôa mille c<Tupîels ; on y conjuroit 
ht justice dcTiepas laisser échap- 
per sa proie, « ne fôt-ce que pour 
délivrer la France du fféaa qui 
Faiiainoit. A peine Mônlmaur 
lut-il lavé de ce 'cVitne imîtgi-^ 
naire, qu^'on inventa 'd*autre5 hor- 
reurs. Oti ajouta aux accusations 
de bâiardise ^ d'assassinat , de 
taux , celle du plus infâme de 
tous les Vices. La haine ëtoit si 
g.iuo'rale, qu'on ne le dés!gnoit 
pUis quepar les noms de Cuistre, 
de Cherclieur de lipée , dé Sy- 
cophawte , de Malebêie, de Loup, 
de Porc , déTaurean. Pour juger 
s iineiy»ent de cet homme singu- 
lier, il ne faut pas s'en rajjpor-' 
ter totalement à ce déluge d écrits 
p uhliés contre lui. Montmaurffvoit 
dii l'esprit et de la vivacité , mais 
point de goût; une mémoire pro- 
digieuse , mais aucune invention ; 
nue immense littérature grec- 
que et latine , qu'il' n'employa 
pas" au profit de notre langtie; 
11 mourut en i548 , h y\ ans. 
Sallengre^aredueilii en I7i5 , en 
2 vol. in-8», soos^e titre à^Histoire 
de Monimaàry les différentes 
satires lancées contre ce parasite* 
On appeloît inontmaùrismes les 
allusions malignes , tirées du 
grec ou du latin , que ce savant 
Kiisoit aux noms propres dès au- 
teurs qiiî Tattaquoieiit. Henri de 
Valois a donné réditlon de ses 
œuvres sous ce titre : Pétri 
JUfoHtmauri, grtBcarum titterantm 
prq/ifssorh tvf;ii, opéra , iterùm 
erfitUy et notis mtnc primiiniil'^ 
Instrata à c7. Januario B/on^ 
tone y Ltttetiae , i643 , in-4''* 



■ t MONTMlRATTi ' ( Chailêtff 

FrançoîS-César Lé I^ut^ue» , niar* 
âni^ de ) , colonel dès Cent* 
Puisses, sur \a déniisâiondu mar^ 
quis dte Courlanvftnx son père, 
naqnit en 1734. S étant signalé 
dans ta guerre' de 1700 , il fî^t 
nommé brigadier des armées dnf 
roi en 1762. Li'aCadémie des scien- 
ces lui avoit -donné une place 
d'honoraire' en 1761. Il mourut en 
iro4. Celait un neveu du mare- 
cnal d'EwStrées', mort en 1771. 



L BÏONTMORENCY ( Mat- 
thieu 1*» de ) , mort en 1 160 , fift 
connétahle' sons Louis-le-Jeune.' 
Sa famille, Tune des plus Illus- 
tres el des pins anciennes de VE\U 
rope , tire son noni de la petitif 
ville de Montmorency dans l'Ile- 
de-France. C'est une des ]f>re- 
irjières terres qui' ait porté K^ 
titre de haronie. Matthieu de 
Montmorency avoit épousé Aline y 
fille naturelle de Henri !•», roi 
d'Angleterre, dont i*l laissa des 
en fans , et , en secondes noces ,* 
Alix de Savoie, veuve de Louis Vf,* 
et mère de Ijouîs VII , dont îi 
n*eui pas de postérité. 



MONTMli;NIL, r. Sac£, n- II, 



TI. MONTMORENCY ( Mat-l 
thieo II de), dît ie GtanrU petit - 
iils du précédent , mérita ce 
titre par son courage et par sa 
prudence. Il se signala au siégé 
d;e Château-Gaillard , près d'An- 
dely , où il accomp,agna le roi 
Philippe-Auguste en qualité de 
chevalier , contribua neaucoup 
au gain de la bataille de Pont-a- 
Bôuvines, en iai4» et y enleva 
plusieurs enseignes impériales 
aux ennemis. Sa valeur éclata 
PAnhée suivante contre les Albi- 
geois du Languedoc, et lui mérita 
repe4.de connétable en 1118J 
C'est le premier connétable , dit- 
on, qui ait été général dWméeJ 
11 eut, sons Louis VW, beaaconp 



mâ/tfla , en. niàiu^j aa isiége ûe 
r^iort, de SaiiU-Jean-U'Angély , 
«fe f ja Hocbt44« ,-<ît^<i autres pli<ces 
eolevjées^atix Anglais. Ji â«ciM>isa 
«ne seconde ioii contre les 41 bi- 
gçpis ea i^^ô^ Loiiis VI li , au 
ut de la juort, le pria d'assisler 
son Sis. de <s»e$^ forcer oC de ^es con- 
seJâ« Moutiii<oire»)e^ le lui proaiit, 
ettintsa parole. Il dissipa cette for- 
midable Jigue qui se ikcofitre la 
reiae^Blaocae pendant la minoriié 
de ;»aiBt J[.«auis. Api^â avoir con- 

Sois 5ur.Ies mécouttina la forleiesse 
e BeUes0ie en 1 2ad ,Â\ les poussa 
jcsquli Lan grès ej> 12^, et les 
réduisit touâ, ou par adresse, ou 
par fpi^e, à se «au mettre à la ré- 
|{eute. il nxouvut le 24 noveiùbre 
i25o» Le oiérite de ce graiid 
hûmme , son crédit, son habileté, 
iiliistrèreiit beaucoup sa iaraille , 
et commencèrent a donner k la 
cliaitçe de connétablç tout l'éclat 
qnfeïle a eu depui^s. Cette place -, 
qQÎ dans soi» origine a'avoit iÏA- 
bord d'autres fonctions que eelle 
du graud-ecurer , devint la pie- 
mîère de la maison du roi ^ lors- 
qtie , vers 1060 , il n y eut plus de 
sénéchaux^ Matthieu y réunit leit 
privilège des aî^^tf^s emplois 
dont Loiûs Vin le. chargea; et 
lecoBnét^ble e^t d^s^lors , après 
le roi , le comiDandemeut des 
armées. 

in. MONTMORENCY 

(Matthieu IV de.)^ arrière-pethi 
nis du .précédeat , mena du se- 
cours à Charles, roi de Naples , 
et suivit Philippe - le - Hatdi en 
Aragon ,. Tan riSS. Créé cham- 
bellan, de Philippe - le - Bel , et 
amiral de Fran.ce en i^g^ , il 
servit dans la guerre de Flandre 
en i3o5 , et mour-ut eu i3o4* 

IV. MONTMORENCY 

( Charles de)^ tuaréçh^l d^.^ran-; 



MONT 175 

ce en ï54> i se ^ di^ini^ua par* 
ses exploit;) jnililaires. \i C(»m^ 
manda IWmée que Jerii) , duc de 
Normandie < envoya eu Br<jtague 
au secours de Cliarles <le Blois , 
son cousin. I^e courage avec le* 
quel il combattit à la bataille de. 
Crécy , eu j^4{^ ■> ^^** vahit le litre 
de gouvcFut'ur de Nf^urmandie» 
Aussi bail négociatetsr qu'excel- 
lent général , il contribua beau- 
coup au traité de BiCliguy , con- 
clu le 8 mai i5(>o. Cet homme. 
illustre mourut le 1 1 septembre 
i38i. X^e roi Charle:^ Y taisoit 
tant de cas de son mérite, qu'il 
le choisit pour étie parrain du, 
dauphin , uepuîs Chariei VI* 

t V- MONTMORENCY ( Anne 
de), second iils de Guillaume 
de Montmo<'et)cy , élevé entant 
d'honneur auprès de François I*' ,' 
se trouva eu i5i5 à la bataille 
de Mariffnan. 11 avoit hérité 
de la valeur de ses ancêtres., 
lldéfeudit, en i5ai, la ville de 
Mézières «ontre. l'armée <le l'em- 
pereur Charle^-Qamt, et obligea 
te comte de Nassau de levçr hon- 
teusement le sié^^e. Honoré dift 
bAton de maréclial de France^ 
il suivit en halte François I*', 
et fut. pris en iSstS , avec ce. 
prinee , à la bataille de Pavie » 
qui avoit été douuée . contre 
son avis. Les services important 
qu'il ^rendit ensuite à Tétat iu-î 
rent récompensés par l'épée de 
connétable de France en i53é^. 
Les habitiins de Gand , • mé-. 
contens du gouvernement de 
Charles -Quint, avoient oâert k 
François l" de le reconnoître 
pour roi , et cette proposition 
alloit être acceptée par le conseil, 
lorsque Montmorency s'j opposa , 
eu prouvant qu'on cïevoit respec- 
ter latrève jvrée.avec l'enipereur^ 
çfc qu'il seroit honteux de profiter 
d^À% Kéy<^k^i 4^^ sujets contre. 



*76 MOÎÏIP 

l*w stttiVéràin lëgitime, Quelque 
tâfBpls apr^à , le conitëtfifLle l'ut 
dT&grdcie , pour «voir coiisiîillé k 
François !«' de s'en rapporter à 
k parole dé Churles-Quint, q^iii 
pendant son passage en France , 
àioii promis de rendre Milan; 
( F, Él^Kore , h' n. ) U rentra en 
gratee sons le règne de Henri lî, 
qui eut pour lui une cottôa«i<ie 
paf^iculièrfe. Il la mérimit par 
sén Vives indieîeases , ses proion- 
àés eo^noissances d^ns toutes les 
parties de l'admiilistration ; « car, 
ék BrantÔHie , c'étoit rhomine le 
f\n$ entendu de la cbrétientë auic 
âàaifes d'état, le plus versé dans 
la régie d«8 Sauces et la con^ 
Boissançe de la justice et des lois. 
Sènri II , en mourant , lui f e- 
éi%nirnanda le royaume et *es en- 
ftins. Le connétable prit le.Bou-- 
krntiais en iSSo, Metz, Toul et 
Verdttii ea i55a. Il fut disgracié 
^è nouveau , h la soliteitatioà 
de Catherine de Médtcis , sons 
le règne êe François II , et iors- 
qae 1e«i princes ae Lorraine fu- 
i^ent tîeveiHiS toiit-puissans au- 
pfès d'dle. Cette princes^ se 
«fài^oit qu'il avolt conisêiné à 
tiimrî -Q de la répuilier com^è 
stérile , pendant lies premièreis 
itiânéi^ de soti marîa^ ; et qu^ 
déptftà il avoit osé dir<ï<jue,' de 
ifiiàs l4s enfens du rOi , D^rÉfe , sa 
ilie oaiurelle, étoâtla seule qui 
htt rètseibl»lM. >( Fo^e« Hettri li> 
A* M, veMT iajèn. ) Cependant 
ses iàl&BÈ le r<nàs»it néeessftiiv , 
ott «le i«p{^la |i la tour sous 
Çharlef IJL , «ar £56o. Il se té^ 
ebttt^ik ^vee les priaicto tie Gui- 
de, et se déckra contre k»caM- 
jmtc» «vee iotùé. Il f eut une èa- 
ifiiVke k Brenx «n i§^. Lé mn^ 
u^nÂsh lâr gal^ $ lAaai» il 1^ faW 
pMa«3»«itidér. Ayant >44D«éâ{f su K- 
Wtôl'a«aéé vui^^nKté., à pt^lë 
nf^t&4ê*^GrH(m ^xé les Ati^ti^d. 



nistea s'étant remis en ciimptfgnÀ 
sous la conduite du prince dé 
Condé, Montmorency les battît 
k la joisraée de SaiTTr-Dcnys, le 
lo novinn^e i56y. Le vainquetif* 
vit néanmoins metti'e en déroàt<^ 
le corps qu'il commandoit , éi 
ûif abandonné des siens que lât 
terreur avoit saisis. Lcl généreux 
vieillard ramassa, pour ainsi dire, 
toutes ses forées , pour terminer 
sa longue vie par une action ïié^ 
rmque. U reçut huit blessures dan- 
gereuses , fo* démonté , et ro'mprt 
son épée da^s le corps d'un ofBf^e^. 
calviniste , qu'il perça an d^ut 
de la cuirasse; Un gentilhonrnne 
écossais, appelé Stuarf, le som- 
ma de se rendre . « Me rendre , 
dit le connétable , tu ne me coiî-*^ 
iiois donc pas ?- ■ C'est pàrëè 
que je te comtois , répoïKi Sttiart 
en lui tirant un coup de pistolet , 
que je tepoffe Cefui-cf.» BrafttAme 
assure que , quoique mortelle* 
ment blessé > ir se rétourria éé 
cèté de cet homme , 'et dtr pom^ 
meau de^on épée , dont la gard^ 
lui restoïl à îa mai^ , il lui ài>attît 
deuK denKs et lui ébranla les au- 
tres.Un éordf^ieV', -son cofifésseitr,' 
ayanl VôUlu èirborter à la Inori 
ce héros eonvert éie sanig et dé 
biesfiinres : «' Pénset-ivams , lui ré- 
pondit^-il , que f a^é f écèi ptës û^ 
quiatrè-t^i^gtiS u#s érec Àonfiebr ,* 
pour ne pas savoir mouti'i* ntf 
quart d'heure ? » Le connétable 
elcpira trois ^ ours -a|>^, àkds àfv\ 
4lPtèl , ime Sainte -^Àvoie, àj>ré^ 
a^ir eu o*è longue éntreVué ^vëd 
latt)t. Ilétoitligé dé 74 ans\, et 
' avoit vécu soa$ éioq régens; Oxit 
pfétttfid que la reine , loïn uSe.s^ai^ 
ffiger de cette mort si funeste 11 
k Frsatbe y ^if d*on. ton èai k 
• qaelque»>unâr ée «e< confidens : 
I « J'ai :étt ce ' jàv^ êevLt ^rfdêH 
obligations, à; rfn<lre . au ciel ; 
IVmte , que le comitkalble ait vèns« 
hk France de^Kèttuèrtii» ; éttA^ 






sf 



-MONÏ 

^tgç 9 que les ennemis Paient dé" 
Karrassée du connétable. » C'est 
ainsi que .mourut ce grand capi-' 
taine . Jiommé .intrépidfe à la cour, 
couiqie dans les armées ; plein 
de grandes vertus et de défauts ; 
général malheureux j mais habile * 
esprit dus(ère , difficile , opiniâ- 
tre , mais honnête homme , et : 
pensant avec grandeur. On avoit i 
négligé dans, son éducation de ' 
lui apprendre à lire et k écrire : | 
cependant il portoit nu livre à . 
la messe , mais c'étoit par pure j 
représentation. Il signoit des pa- 
tentes et des pancartes sur la pa- 
role de son secrétaire , qui les 
lui présentoit , et c'étoit d'une 
façon assez singulière, il faisoit 
de suite une vingtaine de grands 
"bt longs pieds de mouche ; après 
quoi son secrétaire l'arrêtoit en 
lui disant : « Monseigneur ^ en 
voilà assez. » Il s'étoit trouvé k 
huit batailles , et aVoit eu le sou- 
verain coiihnandement dans qua- 
tre avec plus de gloire que de 
ibrfeune. Rempli de zèle pour la 
religion , il en ^uivoit minu- 
tieusement les moindres prati- 
ques , et en oublioit les précep- 
tes les plus sacrés. On lui fit , 
à Paris , des funérailles presque 
rojâlés , car on porta son eiligie 
à son enterrement : honneur 
qu'on ne faisoit qu'aux rois ou 
àuK enfans des rois. Les cours 
àupérieyires assistèrent 1t- son ser- 
vice. Sa devise étoit un mot grec, 
signifiant S/ins reproche j et ce 
mot est souvent sculpté d<ins les 
brneinens du château d'Ecouien , 
qu'il iit bâtir près de Paris , et oii 
son corps fut inhumé. Son cœur, 
porté SLVL% Céles^ins de Paris, y 
fut à -peu-près réiini à celui de 
benri II , suivant l'ordre donné 
par ce prince. Le cœur de tïenri 
àvoit été placé dans une urne 
de bronze , ifnise au sommet d'une 
tolonne de marbra ; celui de 
Ta xiu 



•:MONT t^*) 

Montmorency fut renfermé dans 
le piédestal de cette colonne 
qui si été portée xiu dépôt des Aiï- 
gustins de Paris. Suivant l'abbé 
Longuetue , « Montmorency étoit 
un vrai cacique et capitaine de 
saiiivages, dur, barbare, prehant 
plaisir k rabrouer tout le monde, 
ignorant jusqu'à avoir peine k 
signer son nom, haï généralement 
de tout le monde , se croyant 
grand capitaine et ne l'étant ppint^ 
toujours battu et souvent prison- 
nier .... Il avoit communiqué , 
ajoute-t-il , son orgueil k ses fils. 
Sa, catholicité ne Pavoit pas em- 
pêché de s'unir aux CoUgni 
quand il y avoit trouvé soil 
compte. » Dans l'histoire de Bor- 
deaux , par dom de Vienne , il 
est aussi mention du fait suivant : 
« Un impôt sur le sel avoit causé 
une émeute dans cette ville ; 
Montmorency y marche avec une 
forte armée. I^s habilans', alar- 
més , vont au ' devant de lui , le 
complimentent, tapissent les rues 
par oii il passe , et font toutes les 
soumissions désirables. Le con- 
nétable , insensible k ces hon- 
neurs , veut traiter Bordeaux sou<> 
mis en ville prise d'assaut. Il fait 
pointer le canon dans les rues , 
condamner k mort tous les ma- 
gistrats, et décimer tous les ha- 
bilans. Lestonal , un des ma- 
gistrats condamhés a mort, avoit 
une femme jeune et belle; elle 
vM se jeter aux pieds du Oonné- 
table et implorer la grâce de son 
époux. Montmorency la promit 
k une condition honteuse , k la- 
quelle cette femme désespérée 
souscrivit. Elle consentit k Sacri- 
fier son honneur pour sauver les 
jours de son mari. Après avoir, 
pendant la nuit, assouvi sa pas- 
sion brutale avec cette malheu- 
reuse épouse, le connétable , le 
lendemain , la conduisit k sa fe- 
nêtre et lui montra sur la plaee 
* 11 






178 



MONT 



son mari pendu à une potence. 
Ce fait nous montre Montmo- 
rency débauché , perfide , Cruel , 
et insultant aux devoirs les plus 
sacrés de la société. <c On dtâoit 
qu'il se falioit garder des pate- 
nostres de M. le connétable , dit 
Brantôme; car en les disant en 
marmottant , lorsque les occa- 
sions se présentoient , il disoit : 
AUez-moi pendre un tel ; attachez 
.celui-là a un arbre ; faites passer 
celui-là par les piques , tout à 
cette heure , ou tes arquebuses 
tous devant moi ; taillez-moi en 
pièces tous ces marauts qui ont 
voulu tenir ce clocher contre le 
roi ; brâlez^-moi ce village ; bou- 
tez-moi le feu par-tout à un quart 
de lieue h la ronde. Voilà Thomme 
que de lâches écrivains ont loué, 
que la cour de France a comblé 
d'honneurs , et pour qui elle à 
ordonné des funérailles presque 
royales, oh son efïigie fut portée , 
et où toutes les cours de justice 
• assistèrent. 

VL MONTMORENCY, 
( François de ) , fils aîné du pré- 
cédent, distingué pdr sa bra- 
voure , étoit granci- maître de 
France , dignité qu'il céda au duc 
de Guise. On lui donna , comme 
en échange , le bâtOA de maréchal 
de France et le. gouvernement du 
château de Nantes. Montmorency 
avoit commencé à porter les ar- 
mes au siège de Laue en Pié- 
mont, en iSo [ ; il servit à la prise 
de Daiuvilliers el d'Yvoy, à la 
défense de la ville de Metz , et 
à ceUe de Téix>nane , où il fut 
ia^t prisonnier le 3o mai iSS5. 
Euvoyé , en 1672 , en andsas- 
sade en Angleterre auprès de la 
reine Elizabeth , elle lUi' donna 
le collier de l-ordre de la Jarre- 
tière. Accusé à son retour d'a- 
voir trempé dans la coniupation 
4e Saioil-Gferniaiu-en-Layie» y par 



MONT 

laquelle on avoit résolu aVnletêr 
le duc d'Alençon , il alla à la cour 
pour s'y justifier. IJl y fut arrêté 
et enfermé à la Bastille. Ses en- 
nemis , et la reine Catherine de 
Médicis , qui n'aîmoit point la 
maison de Montmorency , avoient 
résolu sa perte ; mais celte prin- 
cesse le fit sortir dé prison en 
iS^S. Montmoi-ency avoit beau- 
coup de pouvoir surTesprit da 
duc d'Alençon , et elle voulut se 
servir de lui pour ramener ce 
prince qui avoit quitté la cour. 
Le maréchal eut le bonheur de 
le porter à uh accommodement. 
Après s'être, signalé par plusieurs 
antres actioîls dignes d'un héros 
et d'un citoyen , il mourut au 
château d'Ecouen, le 5 mai iSrrg, 
dans sa 4^* année. Il n'eut qu uu 
fils de D^ane , légitimée de Fran-" 
ce , son épouse ; ce fils mourut 
avant lui. y oyez Piemne. 

VII. MONTMORENCY 

( Charles de ) , frère du précé- 
dent , 'pair et amiral de France , 
lieutenant-général de la ville de 
Paris et de l'Ile - de - France , 
colonel - général des Suisses , 
troisième tils d'Anne de Moot- 
morency, se signala sous le rè- 
gne de cinq rois, et sa bàronnie 
de Damville fut érigée en duché- 
pairie par Louis XIII en 16 lO, Il 
se trouva a ut batailles de Dreux, 
de Montcontouret deSfeint-Denjs, 
et négocia la réduction de Saint- 
Jean d'Angely. Il mourut en 
161 2, à soitantë-qïiînze ans, après 
avoir donné des exemples de va- 
leur et de patriotisme. Il étoit 
bossu et glorieux : «ce qui est as- 
sez ordinaire , dit un écrivain 
contemporain; mais en même 
temps c'etoit le plus digne homme 
du conseil du roi , de la meilleure 
cervelle et du meilleur avis. » 

t Vllf. MONTMORENCY m 



MONf 

d'AMVi^LB ( He^ri 1" de ) , ânt , 
pair , iiisréclial et conaétahle de 
F^QCe, gouverneur de Langue- 
doo , etc. , second fils d^nne de 
M'ontmoreacj , se si^atft , du 
vWant de son père , sous le nom 
de seigneur de Damvîlle. A la 
bataille de Dreux, en i562, iJ fît 
prisonnier le prinee de Condé , 
et servit la France avec beau- 
coup de gloire dans cette journée. 
Il obtint le gouvernement de Lan- 
guedoc ea i565, %t le bâton de 
maréchal de France , trois ans 
après, fl fut pris k la bataille de 
âaint-Denys, en i56i ; il jr avôit 
d'ab<H*d dégagé son père qui j 
fut blessé, fiisgracié par la reine 
Catherine de Médteis , il chercha 
«n asile auprès du duc de Sa- 
voie , et se mit a la tête des mé<- 
contens qui déchirèrent le Lan- 
guedoc sous Henri m. Il devint 
le chef dc3 politiques. On appe- 
loit ainsi les catholiques mécon- 
tens , qui , sous prétexte de s'op- 
poser aux progrès de lliérésie et 
aux abus dii gouvernement , târ 
choient d'obtenirde la cour des 
pensions et des chargés. Motit- 
niorency vécut en souverain dans 
son gouvernement » levant des 
troupes et de Targent, fortifiant 
ou rasant des places ; faisant la 
guerre ou la paix avec les hu- 
guenots. Henri IV étant monté 
Bar le trône , il se sonmit , ob- 
tiatFépée de connétable, etmou- 
rut à Agde le i" avril i6i4» 
Montimoréncj, homme ferme et 
déterminé , n'avoit , dit - on , 
puisé ses lumières que dans lui- 
même. Qupiq[u'il eût commandé 
long- temps , il ne passa jamais 
pour un grand général. M ne de- 
vint homme de guerre que par 
'émulation. Son ^oût auroit été 
de ne point sortir de la cour; 
m^is son nom , et les exporta- 
tions de son père , l'arrachèrent 
k SQtk penchant. La r^îM Marie 



MONT 179 

Stuart , touchée de la beauté et 
des grâces de sa figure , auroit 
voulu quil eut été veuf pour l'é-» 
pouser. il fut père de la belle pitn-» 
cesse de Condé ( voj-cm ci-^ret 
l'article Montmoheiccy, n® X), 
dont Henri IV devint si éper- 

dûment amoureux On trouve 

dans la Vie de d^Aubigné , écrits 
par lui-même , une anecdote au 
sujet de Montmor^icy-Damville , 
laquelle a donné matière à un 
problème historique. Faisoit-il 
des vers latins très-coulans , ou 
ne sarvoit-il pas même lire? D'A u« 
bigné rapporte que, se promenant 
avep ce'maréchai sur le bord de la 
Drome, rivière^lu Périgord, «ledit 
maréch^ se mit à faire de grandi 
soupirs, et ajant arraché l'écorce 
d'un arbre qui étoit en sève , il 
écrivit dessus les vers latins qui 
suivent , au sujet d'une dame 
qu'il aimoit en Espagne. » 

Oceani fclix proféras si , fiumtn , ad oras^ ' 
Littur et fftsperium tamgertfata sinunt ; 

Siste parkm , et liquidas qui jam dissohor 1m 
undas , 
Esnintttnn lacryw^ ad vada notafereu 

Sic poterit tenerat urit qu^ fiamant medullas ^ 
Mer ta tfimfn patriis river* forsan aqui^. 

Brantôme dit qu^ le duc de Dam- 
ville a voit une entière ignorance 
des lettres , qu-ii composoît par 
son bon sens ne|urel; à peme 
savoit-il lire, et son seing n'é* 
toit qu'une marque ; il ne oon» 
noissoit ni argent , ni monnoie* 
Henri IV le ra^iUoit de son igno* 
rance , mais il admiroii son bon 
sens. « Tout , disoit-il , peut me 
réussir par le mojen dun caii- 
nétable qui ne sait pas écrire , et 
d'un chevalier ( Silkrjr ) qui 
ignore le latin. » Il est questioa 
ici du même homme , peint par 
deux courtisans qui avoient vécu 
l'un et l'autre avec lui : lequel 
croire ?.... La terre de Damville 
passa dans la maison de Lévis. 



i8o MONT 

flX.IVIONTMORENCY 

( Henri II , duc de ) , fils du 
précédant, né le 3o avril iSgS , 
lait amiral de France dès l'âge de 
dix-huit ans. Après avoirj battu 
les calvinistes en Languedoc , et 
leur avoir eplevé diverses places , 
il les vainquit sur mer près de 
l'île de Ré , dont ils s'étoient 
emparés , et qu'il reprit. Loin de 
profiter de sa conqvêie , il abau- 
clouua pour plus de cent nnlle 
écus de m.uuitions qui lui ap- 
'partenoient légitimement comme 
amiral. On voulut lui représenter 
que c'étoit un trop grand sacri- 
fice : « Je ne suis pas venu ici , 
répondit-il , pour gagner du bien , 
mais pour acquérir de la gloire.» 
Lorsqu'il se livroit k son carac- 
tère libéral , il ajoutoit : « Je 
voudrois être empereur pour en 
faire davantage. « 11 donna une 
fois deux cents pistoles à un la- 
boureur qu'il rencontra dans un 
de ses voyages , « pour avoir le 
plaisir de faire un heureux dans 
sa vie. « En 1628 il remporta un 
avantage considérable sur le dtic 
de Ronan , chef des huguenots. 
Montmorency , envoyé quelque 
temps après dan^ le Piémont , en 
qualité de lieutenant-général , at- 
taqua près de Veillane les Espa- 
gnols commandés par le prince 
IJoria , -et , quoique avec des for- 
ces très-inférieures , il les mit en 
déroute. Le comte de Cramàil lui 
demanda si , parmi les hasards du 
combat, il avoit envisagé la mort ? 
«J'ai appris , répondit-il, dans 
l'histoire de mes ancêtres , que la 
vie la plus glo euse est celle qui 
iiiiil au gain d'une bataille , et que 
rhomme ne l'ayant que pour peu 
<le temps, il faut la rendre la plus 
éclatante .<|u'il est possible. » 
Cette victoire fut suivie de la 
levée du siège de Casai, et lui 
niùnta le bâton de maréchal de 
1 ;^uce. Ses prosp.érilés enflèrent 



MONT 

son courage ; il se flatta de poit*' 
voir braver la .force du cardinal 
de Richelieu. Gaston , duc d'Or- 
léans , aussi mécontent que lui de 
ce cardinal , se rendit auprès de 
Montmorency. , gouverneur dji 
Languedoc ; . et . cette province 
devint dès -lors le théâtre de la 
guerre. Le roi envoya contre les 
rebelles les maréchaux de La 
Force et de Schon^berg. Celui-ci 
s'avança près de Casteiaaudary , 
avec deux mille hommes de pied 
et douze cents chevaux. Lorsque 
les armées furent en présence , 
Montmorency , qui apercevoit 
dans le chef de son parti une 
contenance mal. assurée ,. lui dit , 
pour le ranimer : « Allons, motir 
sieur , voici le jour oii vous serez 
victorieux de vos ennemis ; mais , 
ajouta-t-il en moutraiitson épée, 
il faut la rougir jusqu'à la garde.» 
Ce discours ne faisant pas Tim- 
pression que Montmorency dé- 
siroit , cet nomme généreux , en- 
traîné par son chagrin autant 
3ue par sa valeur , se précipite 
ans les bataillons royalistes , y 
est battu et fait prisonnier^ Toute 
la France , pénétrée de ses ser- 
vices , de ses vertus , de ses triom- 
phes , demande inutilement qu'oa 
adoucisse en sa faveur la rigueur 
des lois< L'implacable Richelieu 
veut faire un exemple qui épou- 
vante les grands;, et il n'en pou- 
voit pas faire de plus éclatant 
crue sur Mpntpiorency , l'homme 
de la France le mieux fait , le 
plus aimable , le plus brave et le 
plus magnifique. Le cardinal fait 
mjitruire son procès par le par- 
lement de Toulouse ^ et le pour- 
suit avec. chaleur. Les juges in- 
terrogent. Gui ta ut, pour savoir 
s'il a reconnu lé duc dans le com- 
bat ? (( Le ièu et la fumée dont il 
(étoit couvert , répond cet oflicier 
Içs larmes aux .jeux , m'ont em- 
pêché d'abord; de le distinguer. . 



MONT 

Mais voyant un hôoinie qui, après 
avoir rompu six de nos rangs , 
tuoit encore des soldats au sep- 
tième, j'ai jugé que ce ne pou- 
voit être que M. de Montmo- 
rency. Je ne l'ai su certainement 
que lorsque je l'ai vu à terre sous 
son cheval mort. » Parmi les per- 
sonnes qui sollicitèrent la grâce 
de cette victime illustre , il y eut 
uu grand seigneur qui dit au roi 
«qu'il pouvoit juger aux yeux 
et aux visages du public à quel 
point on désiroit qu'iMui pardon- 
nât. « Je crois ce que véus dites , 
répondit le prince ; mais consi- 
dérez que je ne serois pas roi 
si j'avois les sentimens des par- 
ticuliers. — Il faut qu'il meure , 
dit-il au maréchal de Matignon.» 
( Voy. aussi Chatelet , n"iï. ) Le 
roi avoijt adouci la rigueur de son 
arrêt , en permettant qu'il ne fût 
pas exécuté en public. Cette grâce 
n'en parut pas une à son cœur 
pénétré d'humilité. « Mon Père , 
dit-il' au P. Amoux , jésuite , son 
confesseur, je doute lequel des 
deux je devrois souhaiter : d'un 
cdté le mépris de la mort sur un 
grand théâtre et à la vue d'un 
peuple si nombreux, pourroit 
m'inspirer une vanité dangereuse 
à mon salut ; d'un autre côté , 
je vondrois souflrir une grande 
confusion pour l'expiation entière 
de mes péchés. » Le P. Amoux 
lui répondit : «Vous dxerez votre 
irrésolution en vous conformant 
à la volonté divine. » Au moment 
du supplice , le duo présenta les 
hras au bourreau > aon qu'il les 
liât ; et comme il avoit un cru- 
cifix entre les mains, il le remit 
au P. Arnoux , en \w\ disant : 
«Tenez ,mon père , il ne faut pas 
que le juste soit lié avec le cou- 
pable. » Il aida le bourreau k ra- 
battre sa chemise. On avoit placé 
au-dessus d'une porte la statue 
de marbre de Hcnri-le-Grand ; | 



MONT 



r8i 



elle arrêta ^^s regards , et voyan ' 
que son confesseur le considé- 
roit , il lui dit : « Mon père , je 
regarde la figure de ce monar- 
que , qui a été très-bon et très- 
généreux. » Il contin^fa sa mar- 
che, et monta sur l'échafaud avec 
la même hardiesse que s'il fôt allé 
à une mort glorieuse. Il eut la 
tête tranchée le 3o octobre i632 
dans Ihôtel de ville de Toulouse. 
On a cité , pour preuve du par- 
don généreux qu'a accorda à ses^ 
ennemis , le legs qu'il fit en mou- 
rant au cardinal , d'un tableau 
de Paul Véronèse de très -grand, 
prix. Il avoit au bras , lorsqu'il 
fut pris au combat de Casteluau-. 
dary , un bracelet avec le por- 
trait de la reine Anne d'Autriche ; 
ce bracelet fut , suivant toute 
appai^nce , Je plus grand obsta'- 
cie à sa grâce , pour laquelle on 
avoit intercédé auprès du roi. Le' 
P. Amoux fut tellement édifié de 
cette mort , qu'il dit : « Je m'es- 
timerois heureux , si Dieu m'ae-' 
cordoit la grâce de mourir avec' 
une aussi parfaite i*ésignation' 
que celle que ce grand homme a 
lait paroître dans ^^s derniers 
momens. J'ai plus appris à môu-^ 
rirdans le peu de' temps que je 
lai assisté que dans toutes les* 
méditations de ma vie. w 'Le roi 
fit appeler ce jésuite , pour savoir- 
quelques particularités de cette 
mort. Le jésuite , après avoir sa-, 
tisfait la curiosité an prince, lui 
dit : . « Sire , votre majesté a fait 
un grand exemple sur la terre par 
la mort du duc de Montmorency» 
et Dieu , par sa miséricorde en a" 
fait un graiid saint dans le ciel. » 
Le , roi répondit en soupirant e . 
« Je vondrois , mon père , avoir 
contribué à son salut par des voie6 
plus douces.» Comme il fut déca^ 
pité au pied de la statue de marbre 
de Henri IV, après de vaines inlerr 
cessions auprès de Louis Xill > 



i8a 



MONT 



OQ fit.sur sa mort les vers sulvanl^ c 

^ntepatris statuant, nati implacahilis ira 
Oecubui , indignA morte manuque eadens. 

Jllorum hgemffit neuter , mea fata videnAo : 
Ora patris , nati pecto ra , marmor erûnt» 

Son supplice fut juste; mais la 
mort d un homme qui promet- 
toit tant , la terreur des ennemis , 
et les délices des Français , parut 
d'uiie sévère justice. Le corps du 
duc fut transporté dans l'église de 
ïà Visitation de Moulins , où Ma- 
rie-Félice des Ursins, son épouse, 
lui fit dresser un magnifique tom- 
beau de marbre , et se fit reli- 
gieuse. Cependant son époux , 
qu'elle adoroit , ne lui avoit guè- 
re été fidèle > quoiqu'elle eât de 
la beauté, des grâces, et de l'esprit. 
Au commencement de leur ma- 
riage, la jalousie altéra les traita 
de la duchesse. « Etes-vous ma- 
lade ? lui demanda le duc ; vous 
ôtes changée. Il est vrai , lui re^ 
partit la duchesse, que mon vi- 
' sage est changé ; mais mon cœur 
ne Test pas. » Son époux , touché 
par ses larmes , lui promit tout 
ce qu'elle voulmt; mais l'habitude 
l'emporta. Il mit seulement plus 
de mystère dans ses intrigues ,• 
et témoigna plus d'égards a sa 
femme. Du Gros donna la Vie du 
duc de Montmorency «n i64û, 
in-4®; il en parut une seconde, 
1699, in-12; l'une et l'autre assez 
mal écrites. La relation desonju- 

fement et de sa mort est dans le 
onmai du cardinal de Richelieu, 
ou dans saVieparLe Clerc, 1773, 
5 vol. in- 12'. Les biens de cette 
maison passèrent dans celle de 
Condé , par la sœur du duc de 
Montmorency { Charlotte - Mar- 
guerite ) , qui avoit épousé Hen- 
ri II , prince de Condé. ( Voyez 
l'article suivant. ) Il subsiste des 
branches de cette mai son « Désor-- 
meau ( voyez ce mot ) a donné , en 
1764 une Histoire de la maison 
de Monllnoreniy , è Paris, 5 VoJ* 



MONT 

in- 12. Cotôloèei^fait celle de fil 
duchesse de Montmorency, morte 
en i666 , Pai'is , 1684 , in-S». Il y 
en a paru une depuis, 2 v. in-i3. 

t X. MONTMORENCY ( Char- 
lotte-Marguerite de ) sœur du 
précédent, née en 16949 avoit 
a peine quinze ans lorsqu'elle pa- 
rut a la cour. Les vieux cour- 
tisans ^ qui, sous Catherine de 
Médicîs, avaient vu tant de beau- 
tés autour de cette princesse , 
avouoient qu'ils n'avoient rien va 
de plus beau. Ses charmes frap- 

Ï)èrent vivement Henri iV, qui 
a vit dans un bal. Oubliant soià 
âge et celui de Charlotte , il con- 
çut pour elle une passion bieo 
vive. Bassompierre briguoit la 
raaiti de la jeune beauté ; le roi 
lui ht conlideoce de soii amour^» ie 

Ï tressa de renoncer à ce mariage , 
ui promit dé le dédommager , 
et Bassompierre se désista. Henri 
en pleura de satisfaction en le 
serrant entre ses bras. Il n'avoit 
éloigné Bàssompievre que parce 
qu'il avoit prévu qu'il seroit un 
mari trop clairvoyant. Il fît pro* 
poser le prince de Condé, qui sor- 
toit de 1 adolescence. Ce mariage 
étoit trop avantageux pour peu«- 
voir être refusé. Condé devint « 
en 1609 , l'époux de la jeune 
beauté qui n avoit pas encore 
soupçonné lliommage du monar- 
que. Les assiduités du roi , ses 
libéralités , ses attentions galantes, 
annoncèrent bientôt ses desseins , 
et Condé fut d'avis d'enleyer son 
épouse à cette puissante séduc- 
tion : il l'emmena d'abord a Chaàr 
tilly. Le roi se travestit plusieurs 
fois , escorté seulement de deux 
hommes. 11 partoit du Louvre 
pour la voir un instant , s'en re- 
tournoit la nuit au galop. L'é- 
poux, averti, relégua sa femme au 
château de Verne uil , sur les fron-» 
ti^iret 4^ Pioardiie , «t la fii sur* 



MOrïT 

veiller par sa belle- mère". Le ino* 
narc^ue , plus amoureux que ja- 
mais , gagna une daine voisine, 




ipatience 
Taaiant trahirent leniystère. Alors 
le prince indigné emmena sa iem- 
me à Bruxelles , oiila cour d'Es- 
pagne lui prodigua les honneurs 
elles offres les pïus avantageuses. 
Henri IV , i'uneux ? fait courir 
après les fugitifs ; il jure d'em- 
plojer la ruse et la force ; il me- 
nace les Espagnols de la guerre 
^iîs ne rendoient le prince et la 
princesse de Cohdc , qu'il réclame 
comme princes de son sang. 
Condë , craignant d'être enlevé , 
alla faire un voyage en Italie , 
d'où îl revint après la mort du 
roi. Quoique le public malin ac- 
cusât la princesse ie Condé d'in- 
diflTérence pour son époux , elle 
lui donna des preuves du plus 
sincère attachement. £a 1617 , 
n'ajant pu obtenir Felargissement 
du prince , qui étoit enfermé à 
la Bastille , elle demanda la per- 
mission de sV renfermer avec lui. 
Elle fut ainsi le conseil et la con- 
solation de son époux pendant 
plus de deux ans que dura sa dé- 
tention. De nouvelles intrigues 
occasionnèrent de nouveaux mé- 
contentemens. Condé quitta en- 
core la cour en 1625. La prin- 
cesse y servît très - utilement sa 
maison et son mari , et montra 
une feriQeté digne de son rang. 
Sa tendresse pour l'infortuné ma- 
réchal de Montmorency son frère , 
décapité a Toulouse en 1602 , 
put seule lui faire oublier sa gran- 
deur. On dit que pour obtenir 
sa gruce elle se inît aux genoux 
du cardinal de Richelieu , qui ^ 
sans lui rien accorder , crut en 
faire assez que de se jeter lui- 
piéme aux genoux de la pria- 
cesse.. On rapporte aussi que 



MONT ' i83 

s'étànt trouvée au service de ce 
ministre fait a sa mort , arrivé.e 
en 164^ , elle répéta , en se rap- 
pelant la triste hn de son frère » 
ce mot de Marie , sœur de Marthe 
et de Lazare : Domine , si fuisses 
hic yfratermeus nonjuis^et mon- 
tuus. Demeurée veuve eu 1G46 , 
elle mouiut le 2 décembre i65o, 
à Châtillon-sur-Loing. EUe fut la 
mère du grand Condé. 

* XL MONTMORENCY -LA- 
VAL ( Matthieu ) , vicomte , né à 
Paris, mort dans cette ville le 27 dé- 
cembre 1809, âgé de 61 ans, fait 
comte par l'empereur Napoléon , 
et gouverneur du château ue Corn- 
pièg#e. Dans un voyage qu'il fil 
a Berlin sous le règne du grand 
Frédéric, le roi l'invita à voir la 
revue de sa maison militaire ; il 
lui fit remarquer tous les déve- 
loppemeiis des manœuvres , et lui 
dit : « Eh bien ! monsienr de Laval^ 
que pensez-vous de toutes ces ma- 
nœuvi'es et de la promptitude à 
tirer ? — Sire, c'est ti-ès-bien ; mais 
k mon départ de Paris , on dé- 
Itbéroit au eonseil si l'on ne re^ 
noncerpit pas à la poudre » canon 

{»OQr marcher droit à Tennemi à 
'arme blanche.» Frédëric^presque 
immobile de surprise , piqua son 
chet«i sans lui répondre , et «'ér 
ioigna ài toute briae. Trois heurea 
après le vicomte Lav|d disposa 
tout pour quitter Berliri» 

XIL MONTMORENCY, r^jrs 
BouTEViLLE. — Luxembourg, n« VI» 
— Nivelle , n*» I. — Cox.igni , n* 
VI, et Ègmok7 , n** L 

XIIL MONTMORENCY (ma^ 
dame de ) , yoyez Movtpcmsier. 

*I. MONTMORIN (François 
de ) , seiffueur de Saint - Ilérem , 
vicomte de Clamecy , etc. , gou- 
verneur du haut et pays bas iTAix- 
vergne a Thorrible époque de 1^ 
i Saint-Barthélemi ^ préserva cetlç 



i84 MONT 

{)rovince d'être enveloppée dans 
a pins sanglante de toutes les pros- 
criptions. Voltaire , dans son Es- 
sai «sur les * guerres civiles de 
France , In i attribue la lettre sui- 
vante. « Sire , j*ai reçu un ordre 
de votre majesté de l'aire mourir 
tous les protestans qui sont dans 
ma province : je respecte trop 
votre majesté pour ne pas croire 
que ces l'etlréà sont supposées , 
et, si (ce qu*ii Dieu ne plaise) 
l'ordre ^^st véritablement émané 
d'elle , je la respecte aussi trop 
pour lui obéir. » 

. *ÏL MONTMORIN (le raar- 
quis L. V. H. Luc de ) , gouver- 
neur de Fontainebleau , âgé de 
87 ans , très-allaché à Louis XVI, 
inculpé d'après une lettre de 
lui , trouvée au château des Tui- 
Jeries après là jonrné^ du 10 
août , et traduit devant un tribu- 
nal., comme coupable de conspi- 
ration.. D'après ses réponses et 
ses papiers , le juri le déclaM 
innocent ; mtiis le peuple , présent 
à la séance , força les juges à le 
faire reconduire en prison , et en- 
voya u^e députa tien à l'assemblée 
]égi$latiye pour recommander un 
pouveau jugement , ce qtii fut 
flécrétë. d^api-ès l'avis de Danton ,~ 
alors minis^e dé la jtistice ; et le 
9 sei>tembre il lut massacré dans 
les prisons de la Conciergerie. Sa 
femme , née à Chadrin en Au- 
vergne jlht Condamnée à mort par 
le tribunal révolutionnaire de 
Paris , le ^ floréal an 2 ( ^3 mars 
1794), pour avoir entretenu des 
correspondances avec M. de La 
Luzerne: elle étoit âgée de 5o ans. 
Son second fiJs , Calixte , . em- 
brassa la carrière diplomatique'', 
et fut attaché à la légation 1 ran- 
çalse en. Toscane. 11 est mort à 
rlorenice ; le 25 janvier , d'une 
lièvre catarrhale ; il n'a voit que 
20 aîis ; et donnôitles plus gi àudes 



MONT 

espérances. Les qualités quMl pofrr 
sédoit laisseront de longs regrets^ 
à ceux qui l'ont cpnnu , et ces re-» 
grets augmentent en pensant qu'il 
étoit le deraier de s.on nom* 

* m. MONTMOnm- SAINT-: 
HÉREM (Armand- Marc, comtç 
de), frère aîné de Calixte Moutino- 
rin, ministre et secrétaire d'état ^ 
des commandemens et des finan-i 
ceSj ayant le" département dçs af- 
faires étrangères , membre de l'as- 
semblée des notables tenue k Ver-? 
sailles en 1787 , se trouva mi-, . 
nistre des affaires étrangères au 
moment de l'ouverture dès état s - 
généraux. Les patriotes et les 
royalistes ont également déclamé 
contre ]\ïontmorin. En juillet 
1789, il fut renvoyé avec Nec- 
ker , et aussitôt rappelé au minis- 
tère , par ordre, pour ainsi dire , 
de l'assemblée nationale. En avril 
1790 il fit paroîtrè des Observa- 
tions sur le livre rouge et les cal- 
culs qui raccompagnent. Il resta^ 
en place en septembre, lors du 
renvoi de tout se collègues ; et on 
lui confia même , par intérim , le 
porle-feuille de l'intérieur. Dénon- 
cé k plusieurs reprises , il répo'hr 
dit avec plus ou moins (\e vigueur 
ou de ménagement , selon l'in- 
fluènçç^ que ses dénonciateurs 
exerçoienl sur resprit public. Le 
i3 avril 1791 il fit imprimer et 
envoya aux ministres près des 
puissances étrangères une lettre 
bix il assuroit toub les souverains 
de la liberté du roi et de son at- 
tachement sincère pour la nou- 
velle constitution. C'est de cette 
démarche sur- tout que ses amis 
on prétendu le justifier , en assu- 
rant qu'il avoit voulu donner sa 
démission plutôt que de signer 
cette missive , et qu'il n'avoît con- 
senti à ajouiner sa 'reiraite que 
par obéissance et par dévouement 
pour Louis XYI. Au coiiunence- 



MONT 

fB«iit de juin il fut rayé du ta- 
bWâu des jacobine , et se vit en- 
suite iiicalpë et mandé a la barre , 
pour avoir signé le passe-port du 
foi , lors du départ de c^ prince 
pour Varennes : mais il se lava 
de cette 'accusation , en prouvant 
qae le passe-port avoit été pris 
sons un nom supposé , et qu u ne 
pouvoit pas vériner les noms de 
tons ceux qui en demandoient. 
Apres avoir fait part aux puis- 
sances étrangères de l'acceptation 
de la constitution par Lquis XVI , 
il communiqua , le 5 1 octobre , 
dans un rapport k Passembjée , 
les réponses des diâcrentes cours 
à cette notification ; ce rapport 
sera pour l'histoire d'un intérêt 
majeur^, en ce qu'il indique de 
quel œil chaque souveram. en- 
visageoit alors la révolution 
française. Montmorin parla au 
corps législatif avec dignité., et 
ne tarda pas à donner sa démis- 
sion. Après sa retraite , il con- 
tinua a rester près du roi , et 
forma , avec Bertrand de IVIoIeville, 
MaloLiet , et quelques autres , une 
espèce de conseil secret qui pré-, 
paroit , discutait, au conseilloit 
divers plans , dans l'inteution de 
raffermir la monarchie : cette con- 
duite acheva de lui attirer toute 
la haine des jacobins , qui l'atta- 
quèrent , ainsi que Bertrand , 
comme membres du comité au- 
trichien» Il montra. assez de fer- 
melédans cette occasion , et pour- 
suivit même par-devant les juges- 
de - pajx le journaliste Carra , 
qui avoit répandu et accrédité 
cette dénonciation. Immédiate- 
ment après la journée du lo 
août, il se cacha chez une blanr 
chisseusé du faubourg i$a in t- An- 
toine , y fut découvert et arrêté 
le 2f ypuiis conduit a la barre de 
rassemJbiée , oîi il fut interrogé. 
Il conserva toute sa préseneé d'es- 
prit pendant ce. long interroga- 



MOÎVT 



i85 



toîre , répondit d'ujbe manièm 
satis&isante k toutes les ques- 
tions qui lui furent faites ; et ajant 
été ensuite conduit aux prisona 
de l'Abbaye , et décrété d'accu- 
sation le Si août , il devint l'ane 
des prémices victimes des mas- 
sacres des 3 et 3 septembre. 

1 1- MONTMORT (Pierre-Ra*. 
mond de ) , né à Pans en i&y^ , 
d'une famille noble- > destitué 
au barreau par son père , se dé- 
goûta de cette profession , et se 
Vêtira en Angleterre , d'oà il passa 
^ans les Pays-Bas , et ensuite en 
Allemagne. Il revint en France 
l'an 169Q , n'étudia plus c^iî^ la 
philosophie et les mathématiques v 
snivant en tout lesoonseils du P. 
Malehranche , ' soo. ami 'et son ' 
guide* £n 170e il fit im second 
voyage en Angleterre , qui lui fut 
plus, utile que le premier. Â sott. 
retour il prit l'habit ecclésias- 
tique^ ^u'ilqQitta en 1706, pour 
se marier avec mademoiseue de 
Remicourt, petite nièce de ma- 
dame la duchesse d'Angoulênie. 
Depuis , il passa^ la plus grande 
partie de sa vie à la campagne^ 
et suF'-tout k la terre de Mont- 
mart. Il n'en sortit que pour faire, 
en i7i5 , un troisième voyase eu 
Angleterre , oii il observa réclipse 
solaire de cette année. La vie de 
Paris lui paroitôoit trop dissipée 
pour des méditations aussi suivies 
quelessiennes. Duresteil ne crai- 
gnoit pas y dit Fonteilelle, ces 
distractions en détail. Dans fo 
même chambre où il travaill^^it 
aux problèmes les plus embai»- 
rassans , on jouoit cia clavecin , 
son fils couroit et le lutiuoit ; et 
les problèmes ne laissoient pas 
de se résoudre. Le P. Male)>ran- 
che en a été témoin ^a.v«c • éton- 
nement. Montmart monmtt le '7 
octobre 17 19. 11 avoit été rc^u 
de la société ^royale de Londi^s 



?â$ 



MONT 



ru i^iS, et de l'académie 4ea 
sclei2jce& de Pam oa ir^ijô. On a 
de lui un Esw d'Jnaijsesurles 
jeux de jiosard^ doiU la Bieii* 
leure édixion est de I7x3 , iu-4** 
Cet ouvrage » fruit de la cagacité 
el delà fu^te^âede $Qiyi e<>prit, fut 
reçu irès-avidemeat p^ir le» géor 
Dièlires» 

IL IVIONTMORT. Foyez Ha- 

« 

t MOJNTMOUTH (Jacques, duc 
de ) » iiU naturel de Charles II , 
rui d'Angleterre , né à Rolerdam 
/eu ^649» fut .conduit en Çrauce 
& î'#ge de neuf ans , et élevé 
dans la reli^ioi^ . catholique. Le 
]*oi fton père,, ajtmt été rétabli 
idans ses état& en itiôo , le lit 
^enir à $a cour , et' lui donna 
des gages de sa tendresse. 11 Je 
créa comte d'Ûrkenay (titre 
iqull changea ensuite eu celui de 
MunVinouth ) ; le fit duc et pair 
du rojaume d'Angleterre, che- 
valier de Tordre de la Jarretière, 
capitaine de ses gardes , et Tod- 
mit dans son conseil. Le duc de 
Moiftjnouth servit son père avec 
autant de zèle que de succès. Il 
remporta une victoire 'signalée 
sur les rebelles d'Ecosse. Il passa 
ensuite au service de la France 
avec un régiment auglaîs , se 
signala contre les Hollandais , et 
fut fait lieutenant - général ^es 
arteées de France, lie retour en 

.Angleterre, il continua de se 
distinguer. Envoyé en 1679 , en 
qualité de général, contre les 
rebelles d'Ecosse , il les défit) 
^lais peu de temps après il se 
JK)igfaiit aux factieux, et trempa 

. même dans une conspiration ibr- 
«lée pour assassiner Je roi Char* 

. les II son père , et le duc d'ïorck 

-son oncle. Charles pardonna à 
.ce fils rebelle. Cet excès de clé- 

^MxamiÇi. ne changea [^Aint. son 



MONT 

cttnr. II se retira en Hollavâe b<nir 
atteindre le momeut favorable de 
faire éclore ses projets. À pein« 
eut<il appris que le duc d'Yorck 
avoit été proclamé roi , sous !• 
nom de Jacques 11^ qu'il pass^ 
en Antieterre pour y faire ré* 
volter les peuples. Aj^rès avoir 
rassemblé ues troupes, il hasarda 
BU combat contre son souverain. 
Il fut vaincu et contraint de s# 
sauver k pied. Deux jours après 
la bataille on le trouva dans un. 
fossé , couché sur de la fougère* 
Dès qu'il fut arrêté , il écrivit 
au roi dans les ternies les plua 
soumis pour demander grâce » et 
obtint la permission de -venir 
se jeter aux pieds de Jacques 1 1» 
Ilien ne put toucher ce monar* 
que. cr Jaeques avoit, dit l'abbé 
Miilot , une occasion précieuse 
de se signaler par là clémence; 
mais il ne montra que de la ri* 
gueur. Sa victoire fut suivie dea 

Î\\ix% barbares exécutions* Le co- 
onei Kircké , soldat de fortune > 
dont Tame féroce ne respiroit que- 
le sang, poussa la cruauté jus*- 
qu'à «se faire un jeu àei suppli- 
ces de ceux qu'il imnioloit. Le 
chef de justice , Jeârejs , encore 
plus inhumain , puisque son état 
devoit le rendre plus doux , rem- 
plit de carnage les comtés qui 
avoient eu part à la révolte. Due 
dame anabaptiste fut brûlée pour 
avoir reçu charitablement dans 
sa inaison un des coupables , et 
ce malheureux fut sauvé pour 
avoir eu la perfidie de déposer 
contre elle» Miladi Lile , sans 
autre crime que d'avoir ausst 
donné retraite^ deux re]>eiiea 
après le combat, fut également 
punie de mort, quoi<]'u'elle eût 
envojré son iils combattre Mont- 
mouth. L'implacable Jeffreys fut 
bientQt créé pair a son retour y. 
et après élevé a la dignité de ohan* 
c^er 1 Le jluc de M.oatmo4th.fi|t 



MONT 

fondait k la tour, d'où il ne soi*tît 
^le pour porter sa tète sur un 
échafaud , ie «5 juillet i685. 11 
panzt sur ce thëftlre ignominieux 
avec la grandeur de courage qu'il 
avoit mon^e dans les batailles^ 
Dans ses Elssais historiques , de 
Saint-Foix a pcétendu qu'à la 
place da duc de Montmouth 
an fit mourir un hominfe qui 
loi ressemblent parfaiteoient , 
et que ce dac fut envoyé 



en 



France , et enfermé dans une 
prison des lies Sainte-Margue- 
rite avec un masque de f^r. Il 
conjecture qne le duc de Mon- 
mouth est le même que le Prisoo- 
Bier masqué de 1er , dont nous 
avons parlé aux mots Masqihe , et 
Beautobt , n* IV ; mais on croit 
généralement aujourd'hui qu'il 
s'est trompé. 

MONTCWRSOiiO (frère Jeanw 
Ange de ), ainsi appf^lé du village 
de ce nom , à trois milles de Flo- 
rence , apprit la sculpture sous 
André de Fiésole. Après avoir 
embrassé successivement les or- 
dres des camaldules, des Si*an- 
ciscains , des jésiiites , il entra à 
la fin , en iSao y dans eelui des 
servîtes, dont il qttitta bientôt 
rhabitk Quelques ouvrages qu'il 
fit à| Florence et à Rome lui ayant 
acquis la réputation d'un excel- 
lent sculpteur , le cardinal Tour- 
non l'amena avec lui en France , 
et le présenta a la cour de Fran- 
çois k"^ Ce monarque lui assigna 
un traitement honorable, pour 
Je mettre à même de travailler à 
quatre grandes statues qu'il avoit 
commandées. Mais après son dé- 
part pour l'armée, ne pouvant 
toucher les émolnmens qu'il lui 
«voit accordés ,.Jl prit le parti de> 
quitter la France et de revenir en 
Italie» Parmi \esou*^rages qui exis- 
tent de lui dans plusieurs villes 



MONT ««^ 

<fei^«imAsa/*liNaples, celai d'^n» 
d9ié Bonn k Géaes , et deuK Fon^ 
êatnes k M«Bsine. Montorsolo lut 
INiii des ilMidateurt de l'iN^adéinie 
de dessin de Florence ^ et «n-o ut-ut 
dans cette ville en i564 i ^^'é de 
56 ans. 

I. MOIVTPENSIER. Il y « 
en d^ux branches de la maisoit 
de Bourbon qui ont porté té 
nom. La première eut pour tige 
Louis l«' de Bourbon, troisième 
fils de Jean !«', duc de Bourbon; 
ià mourut en i4^* 8on dis Gil<« 
bert se distingua sous Louis XI 
et Châties VHI, <]û'il suivit k 
Naples ; Ferdinana d'Aragon lé 
força dans ie châleau neuf dé 
Naples. Il monrat k Pouzzol le 
cinq octobre 1496. -^ f^m fils 
Charles fut tué au «iége de Rome, 
en 15*27 , k 38 ans. ( Fbyet 
BouMoir , 11* II» ) Il ta'avYiit pas 
d'enfaAs; mais sa sœur Louise, 
morte en i56t , épousa Louis dtf 
Bourbon , prince de la Roche* 
sur-Yon , nia de Jean , comte éê 
Vendôme. ^-^ Ce prince com- 
mença la seconde branche de 
Montpensiér. Il eut Louis II, 
duc de MonU>en6iei>. ( Fbyem 
le no III. ) Sa femme Jacqueline 
de LoDgwic , morte en i56i t 
eut -beaucoup de crédit auprès 
de François I , de Henri II , et 
de Catherine de Médicis. ( frayez 
LoKov^ic. ) Sa seconde femme 9 
Catherine - Marie de Lort*^ine , 
morte en 1696 , k 4^ ^^^ » t^^ 
figura pas moins dans- la Ligue , 
à laquelle elle étoit fok-t atta- 
chée ) k cause de Son frère le 
duc de Guise , qui fut assassiné 
a Blois. Elle fut un des auteurs 
du projet de la Ligue Brantôme 
dit qn'u jour qu'eue jouoit k la 
mme (car elle étoit grkilde 
oueuse ) , quelqn un lui dit -de 
ûen mêler les cartes. Elle ré«- 



d'Ilafie, on distingue It Tombeaii pondit defviiif une . i^pmbrettse 



}88 



MONT 



assexnblf^e : « Je les ai si bien mê- 
lées , qu'elles ne se sa uroient mieux 
mêler; i> en faisant aillusron à tou- 
tes les trames q u'ellè a voit ourdies. 
£lle montra la plus granule haine 
contre Henri. III , qui avoit ré- 
vélé , dit-on , quelques - uns de 
ses défauts secrets. Pendant que 
ce pritice.tenoit Paris assiégé , 
^Ue parcouroit les rues , .conduis 
sant d'une main les deux iils de 
son frère , et tenant de l'autre 
une image de Henri $ qu'elle pré- 
sentoit à la populace mutinée 
pour l'exciter à la révolte. {Voyes^ 
Clément , n» XIX , et Henri , 
n** XJI. ) Louis n'en eut pas d'en- 
ians ; mais de sa ^première femme, 
Jacqueline de Longwic , il avoit 
eu François. ( Voyet» François , 
n** XIV.) -~ Le ms de celui-ci, 
nommé Henri , mort en 1608 , 
avoit épousé Henriette-Catherine 
de Joyeuse , qui se remaria au 
duc Je Guise en i6n , et mou- 
rut en i656 , 3,71 ans; mais 
elle ayoit eu du d,uc de Mont- 
pensier , Marie de Bourbon , la- 
quelle épousa Gaston, duc d'Or- 
léans , et mourut en .1627 > ^^ 
eut une fille qui lait le sujet du 
n» IV. oi-après. 

II. MONTPENSTER ( la du- 
chesse dé). Voyez l'article pré- 
cédent. 

III.MONTPENSIER ( Louis de 
Bourbon , duc de) , souverain 
de Dombes , prince de la Boehe- 
sur-Yon, fils de Louis de Bour- 
bon, né k Moulins en i5i5 , se 
signala dans les armées sous les 
rojs François I" et Heûri II. Il 
rendit de grands services à Char- 
les IX pendant les guerres civiles, 
soumit les places rebelles du 
Poitou en 1674 , et mourut dans 
son château de Champigny en 
i583 , k 70 ans , après itvoir 
montré autant de génie pour les 
^ûaires quepoui Tsirt militaire. 



MOÏÎT 

t IV. MONTPENSIÊR ( Anne-» 
Marie - Louise i»'Obl£Ans , plus 
conne sous le nom de Made^ 
moiselle de ) , fille de* Gaston y 
duc d'Orléans , née k Paris 
le 29 ' mai 1627. Son père , 
prince bizarre , impétueux et 
mtrigaut , transmet ^% défauts à 
sa tille. Mademoiselle prit le parti 
de Condé daus les guerres de ia 
Fronde , et eut la jhardiesse de^ <, 
faire tirer sur les troupes de 
Louis Xiy le canon .de la Bas- 
tille. Celte aietion violente la per- 
dit, pour jamais dans l'esprit -du.- 
roi son cousin. Le cardinal Ma> 
zarin , qui savoit conibien •. elle 
avoit envie -; d'épouser une tête 
couronnée, dit alors: « Ceefanon-- 
Ik vient de tuer son mari. » La 
cour s'opposa toujours depuis 
aux alliances qui lui firent plaisir,- 
et lui en présenta d'autres qu'elle 
ne po avoit éceepler. Après avoir 
langui jusqu'à 44 ^^^ 9 cette prin-. 
cesse , destinée ou proposée a de» 
souverains (entre autres k Char- 
les II , roi d'Angleterre) , voulut 
faire , k cet âge , la fortune d'u» 
simple gentilhomme.. Elle obtint^ 
en 1669 , la pei^ission d'épouser 
le comte de Lauzun, capitaine 
des gardes du corps et colonel 
général des dragons , a qui elle 
donnoit. tous ses. biens estimés 
ao millions , .quatre duchés , la 
souveraineté de .Dombes , le 
comté d'Ëut,etlé palais d'Orléans^ 
qu'on nomuie le Luxembourg.» 
Elle ne se réservoit rien , aban- 
donnée .toute entière k Tidée Iflat- 
teuse de faire k ce qu'dk aimoit 
une plus ■ grande fortune quau-^ 
cun^monarque en ait fait k aucun 
sujet. Le contrat étoit dressé. Il^ 
reine , le prince de Gondé , re^ 
présentèrent au roi l'injure que 
cette alliance faisoit k la famille 
royale; et Louis XIV la, dé tèu dit. 
après l'avoir permise. En vaiiv -< 
ii^uzun. k farce de complaisance^.,' . 



h 



MONT 

tt Medemoiselleà force de plenrs \ 
se flattèrent de fléchir le roi. Ces 
tmans infortanés furent réduits à 
le Iktre donner secrètement la 
^vnédiction nuptiale. Lauzun 
tyant ëc\até contre madame de 
Montespan , k qui il attribuoit en 
partie sa disgrâce, fut enfermé 
pendant dix ans kPignerol. En* 
iin il fut relâché ; il . n'obtint sa 
liberté qu'à condition que Ma^e- 
oioiselle céderoit au duc du 
Maine la souveraineté de Dombes 
et le comté d'Eu. L'élargissement 
de son époux , la libÀté de vivre 
avec lui , tranportèrent de joie 
Mademoiselle ; mais son bon- 
heur ne fut pas de longue durée. 
Lauzuu ne vit en elle qu'une 
l**mme etta portée , jalousé, brû- 
lant de tous les feux- de la jeu- 
nesse dans un âge où ils s'éteir 
gnent ordinairement ; et elle ne 
vit en lui qu'un indiscret, un 
infidèle) on ingrat^ et un menteur. 
Ses bienfaits ne furent payés que 
pars la plus noire ingratitude. 
Lauzun exerça sur elle un tel 
empire , qu'on prétend qu'un 
jour , revenant de la chasse , il 
loi dit: R Louise d'Orléans , tire- 
moi mes bottes.» Cette princesse 
«'étant récriée sur cette inso- 
lence , il fit du pied un mouve- 
ment qui étoit le dernier des 
outrages. Le lendemain , il revint 
au Luxembourg ; mais la femme 
de Lauzun se rappela enfin qu'elle 
avoit failli a être celle d'un em- 
pereur, cl eu prit l'air et le tpn : 
«Je vous défends, lui dit-elle, de 
vous présenter jamais devant 
moi. ...» Mademoiselle , après 
avoir passé le commencement de 
sa vie dans les plaisirs et les 
intrigues , le milieu dans les 
amours et les -chagrins , en passa 
la fin danj la dévotion et Tobscu- 
rité. Elle mourut le 5 avril 
itigS , peu regrettée , et presque 
eiMièr«nient oubliée. Elle fut la 



MONT 189 

' âeule personne de la cour d« 
! Louis aIV qui n'ait point porté 
le deuil de Gromwel. On a d'elle 
des Mémoires , dont l'édition la 
plus complète est celle d'Amster- 
dam (Paris), 1755, en huit 
vol. ^n-i!2. « Ces Mémoires sont 
plus d'une femme occupée d'elle , 
dit l'auteur dil' siècle de Louis 
XIV , que d'une princesse témoin 
de grands événemens » ; mais , à 
travers mille minuties , on y 
.trouve des choses curieuses , et 
le style en est assez pur. Il y a 
dans l'édition que nous avons in- 
diquée, L Un Recueil des lêt" 
très de mademoiseile de Mont' 
pensier à madame de Motteville^ 
et de celle-ci k cette princesse. 
II. Les Amoiirs de Mademoiselle 
et du comte de Lauzun, III. Un 
Recueil des portraits du roi , ide 
la reine et des autres personnes 
de la cour : quelques-uns de ces 
portraits sont bien faits et inté- 
ressans ; d'autres sont trop va* 
gués et sentent la flatterie. IV. 
Deux Romafis composés par Ma-* 
demoiselle ; l'un intitulé la Re^ 
lotion de file imaginaire ; et 
l'autre , la Princesse de Paphla- 
gonie. La narration en est aisée , 
et la critiaue qu'ils renferment 
est assez oien- enveloppée. Le 
Cyrus du dernier roman est M. le 
Prince , mort en 1686 ; et la 
reine des Amazones est made- 
moiselle de Montpensier. 

MONTPER (Josse) , peintre 
de l'école flamande , né vers l'aii 
i58o , mort vers le milieu 
du 17* siècle , a excellé dans 
le paysage. Ce maître n'a point 
imité le précieux fini des peintres 
flamands. Il a affecté un goût 
heurté , et une sorte de négli* 
gence. Cependant il n'est point 
de tableaux qui fassent plus d'ef- 
fet k une certaine ^distance , et 
qui ofirent une pins grande étea- 



15» MONT 

dne k riinàgtnatioii,, par fart 
•vec lequel il a su dégraderiez 
tcistes. On hn reproche de 
prodiguer le jaune dans les cou- 
leur» locales , et cme touche ma-' 
siérëe. 

* r. MONTPETIT (A. V. 
4e ) , né à Mâcon , fit ses pre» 
iiiières études à Dijon , et les 
ix>ntmiia k Lyon , où il s'oc- 
cupa de jurispradence , de mé*- 
Oanique et de pei&tnie* Il devint 
peintre sans avoir en de maître y 
et copia des cabinets entiers. En 
lyôà il se rendit k Paris , pour 
j coiwioître les arts et les artis^ 
tes ; il y apporta des machines 
d'horlogerie et une pendule où la 
Fév<^utrott annnelle étoit repré- 
sentée k la seconde. Âjan^t perdu 
en 1763 une grande partie de sa 
fortune , il se livra entiei^ement à 




nque , on li employoî 
sur l'ean ; et il enste de lui , sur 
eet ohiet , on mémoire curieux. 
Louis XV lui fit faire plus de 4^ 
^rtraits de l^ni , et son procédé 
pour les fixe^ sovts glaces fut dé- 

Ï^osé k Facadémie des seieaees. 
I mtàgina un blanc de ziuc 
pour rempJac^er le hlanc de plomb 
ipi est dangeipeux poifir les pein- 
tres y et <)ue Vacadéime d'archi- 
teet«re approuva; des machines 
d'horlogene , propres k faire les 
dentures , les fusées , et toutes 
les parties d'uaiemo<ntre. Ces ma- 
chines ingénieuses furent présent 
tées k l 'académie des sciences , et 
multipliées ensuite. En 1770 il 
iit un mémoire sur les poêles 
iii^draidicpes , ft il introduisit 
Tnsage de mettre des vases d-eau 
«ur les poêles. En 1779 il pré- 
■rsenta a Vacadémie des reflesncns 
sur les ponts en fer, et en i7fe3, 
il soumit au roi sa description 
4*tta pont de fer d'n« seule aro^ke^ 



MONT 

de 40Ô pieds d'ou^'ertorc , sanj^ 
poussée sur les culées. (Le pros- 
pectus en a été imprimé ). Ex» ^ 
1795 il donna au comité d'ins** 
truction pub]î<pie un mémoiy^ 
sur cet objet. Il â donné dans le 
Dictionnaire des beaux -arts de 
Joubert divers mémoires inté- 
ressan&. Le bureau de consul ta-> 
troà lui donna en 1795 la grati- 
fication la plus forte , qui étoit 
de 8000 francs. H mourut à 
Paris le3o avril 1800. On a encore 
de lui une note intéressante snr 
les moyens *de conserver leç por- 
traits peints k rh,uile , et de * les 
faire passer sans altération a Idk 
postérité. 

1 1. MONTPEZAT ( Antoin^ 
DE MoKTPESAT - Lettres ajouta à 
son nom ceux de seigneur de 
des Prés , k cause de sa raère » 
héritière de sa famille ). Il n'étoit 
que simple gendarme dans la 
compagnie du ma^réchal de Foîc 
Prisonnier k la bataille de Pavîe , 
il se présenta si k propos et d<i 
si bon cœur , pour semr k Fran- 
çois ï** de valet dechaml!>re dans 
sa prison , que ce prinee prit 
conhance en lui , et refvvojr» 
porter en France des ordres se- 
crets k la régepte. Cette aventuré 
fit la fortune de Montpezot. Il fîit 
Tundes huit otages que fournit 
le^ roi François* !•* k Henri VIII , 
roi d'Angleterre , pour la re^ 
dition de Toumaja la France. 
Il se trouva au siège de Naiptes ea 
i^'î%. Il défendit Fossan , petite 
ville de Piémont , contre une 
armée impériale ,[ en i556. Les 
assurances qu'il donna d'un heu- 
reux succès fîresE entreprendre 
le siège de Perpignan en t54i ; 
mais spn peu de prévoi^nce ^t 
cause qu'on le leva. Cette faute 
n'empêcha peint ^«'il ne fût ma- 
réchal de France en f543* H 
mourut 1^ aS jnin de l'année snk'* 



MONT 

tâtile. La fortune lui «voit inspiré 
née hauteur qu'il accoinpagnoit 
quelquefois de plalsartteries amè- 
res- citant aux bains de Béam , 
où se trouva aussi là reine Mar- 
jgtrerife de Navarre, ilîui adressa 
quelques railleries offensantes , 
^ui nrent dire h cette princesse : 
«Sî je ne r4i|q3ectois le roi de 
Fi-ance à qui Vous appartenez , je 
TOUS f crois bientôt sortir de mes 
terres. — ^Madame, répondit Mont- 
ée^at ^. il ne faudroit pas aller 
DÎeii loin pour cela. » Sa posté- 
ïîté finit dans son petit-fîls Em- 
thauTiel - Philibert , marquis de 
Tillars, tué au siège de Montauban 
tn 1621. 

IL MONTPEZAT. Forez 

f MOlNTPLAlSm ( René de 
BkÙc , marquis de ) , d'une famille 
noble de Bretagne, oncle du ma- 
t^hal de Créqui , né en i6oo, 
passe pour avoir eu quoique 
pari aux Ouvrages de la com- 
tesse de La Suze , h. laquelle il 
fat très-attaché. On a de lui des 
Poésies publiées par Lelevre de 
Saint-Marc , avec celles de Saint- 
Pavin , «td. , Amsterdam (Paris ) , 
I759 , ita-tî , parmi lesquelles son 
Temple de lagîoire tient le premier 
rang. Il est adressé au duc d'En- 

fuien (depuis le grand Condé) , 
l'occasion de la bataille de 
Nortlingue qu'il avoit gagnée sur 
le général JVfercy. Montplaisir , 
homme d'un esprit facile et d'un 
caractère aimable , avoit servi 
avec distinction sous ce prince. 
H mourut vers 1671 , lieutenant 
deroikArras. 

MONTRÉAL ( Jeati de ). Fay. 
MONTRÉSOÏl. Foj. Bima et 



1 



MONT 191 

MONTREVEL ( de )* Foxet( 
Baume , n» IlL 

I. MOOTREUIL. Foj^i Ew»s, 

n* m. 

f n. MONTREUIL ou Moute- 
REUL ( IVtatthieu de ) , poète fra». 
çais , né à Paris , eut une jeu» 
nesse fort dissipée* Après avoir 
dépensé son bien en voyages, et 
en plaisirs , il servit en qualité dd 
secrétaire auprès de Cosnac , évu* 
que de Valence , qu'il suivit à Aix 
lorsqu'il fut nommé a l'arche vd- 
ché de cette ville. Mont^euil y 
mourut en 1691 , a 71 ana. Ce 
poète médiocre avoit du naturel 
et de la facilité ; mais il affecra 
trop d'insérer ses vers dans les 
recueils qui paroissoient de soa 
temps. Bodeau, du moins , lui re- 
proche cette aâectation : 

On ft« v«k point me* r^a , à f'eftvi' d« 

MonwcMil, 
Grossir tmpanétncnc les^fèuiUet» d'«à r«- 
cu«U. 

Cependant La Monnojre prétend 
one Montreuil ne donna jamais 
aans ce ridicule. On a de lui plu- 
sieurs Pièces de poésies, qu'il 
recueillit lui-rtiéme, in-ii , io6(i« 
On y tiKHive de fort jolis madri- 
gaux. Nous citerons celui - ci , 
adressé k M. le premier prési- 
dent de Bellièvre , comme très* 
court : 

Si selon son méfite on avoit récompense , 
Tous mes vceux teroienc MCcompUs^ 
Vous ecrkc chttieeUer de France j 
Je eevoit eimé de PkiUt. 

Né avec un caractère gai , un 
cœur tendre , une physionomie 
heureuse , il plut aux dames et 
les chanta presque toute sa vîq. 
Ses Lettres peuvent passer pour 
un journal aiuoureuK. L'une 4^s 
meilleures est cell&qui renfar^ie 
la description du vojage de la' 
cour de ^'rance vers la frontière 



d'Espâgiîç^ pour le mariaçe de 
Louis XI V. Ces lettres, imprun^ées 
avee celles de Bahac et de Voi- 
ture, ont été publiées par M. 
Vincent Gampenon , avec des no- 
tices sur ces écrivains , Paris , 
i8o6,2Vol.iu-i!2. Son frère, Jean, 
tnétnbre comme lui de l'académie 
française , et secrétaire du prince 
de Conti , mourut en i65i , à 
5^ns. 

- t m. MONTREUIL ou Monte- 
liEXJiL ( Bernardin é^e ) , jésuite , 
distingué dans son corps par 
«es talens pour la chaire et 
pour la direction , a donné une 
excellente f^te de Jésus- Christ , 
revue et retouchée par le P. Bri-' 
gnon. Celte yie , qui peut tenir 
lieu d'une bonne concorde des 
Evangiles , a été réimprimée 
à Pans en 174^ > en 5 vol in-i!2. 

t MONTREUX ( Nicolas de ) , 
surnommé Oilenix dU Mont" 
sacré y (anagramme de son nom), 
se qualifie de gentilhomme du 
Maine. Son père étoi^t maître des 
requêtes de Monsieur, frère du 
roi y et portoit le nom de La Mes- 
nerie. II naquit en i56i , et étudia 
ie droit à Toulouse. Il fut Tami 
de plusieurs poètes de son temps r 
se livra à la littérature , com- 
posa plusieurs ouvrages , se ran- 
gea dans le parti de la ligue , et 
perdit par les ravages des guerres 
civiles tous ses biens , et fut ré- 
duit k une extrême misère. Quel- 
ques ofBciers du château de 
Nantes le. recommandèrent à la 
duchesse de.Mercœur, Marie de 
Luxembourg, qui lé pr^t a son 
service. Il témoigna sa reconnois- 
sance à ses bienCaiteurs par 252 
sonnets, qui composent un volume 
intitulé, 1. Les regrets d'Olienix 
du Montsacré , gentilhomme du 
Maine , dédi# à la duchesse de 
Mercoeur^ imprimés à Nantes en 



u 



MONf 

. 1571 . Il étoit déjà «uteur de plà- 
sieurs autfes ouvrages Ahs Page 
de 1 5 ou 16 ans. IL II avoit com- 
posé un seizième livre à XAmadis 
des Gaules , qui fut imprimé eiA 
1577. L'ouvrage le plus considé- 
rable , sorti de sa plume , est 
intitulé , III. Les Éergeries de 
Jidiette. Cet ouvrage, divisé en 
1" et 2« livres , eten journées j 
est un^mélangedeverset de prose, 
de contes romanesques et comi- 
ques. Cette variété difforme n'en 
rend .pas la iectiire plus atta- 
chante. Il est en 3 vol. in-8«» : la 
première édition fut publiée' en 
i585, et la seconde eut le premier 
livre imprimé eh i58J , et le se-;- 
cond en i5gi. Il fut composé 
en faveur de Juliette de La Fer- 
rièré , sœur de Jean , baron de 
Vernie , et dame de Tessé. IV. 
Des romans ; Criniton et *Ljrdie , 
in-S*» j Cléandre et J)omiphiief io- 
12. V. Le Printemps etété j à l'imi- 
tation de Jacques Yver , qui a 
Composé le Printemps d'hiver* 
VL Une Histoire des Turcs, 
VIL Lés Amour*s de Diane et d^ 
Délie, VIII. Plusieurs tragédies : 
Cyrus , tirée de Xénophon , re- 
présentée k Poitiers en i58:i j 
Isabelle et Fleur de lis ; Pdri^ 
et OEfwne , Cammn , Joseph iç 
chaste , Cléopdtre , Arimhne j 
Sophonishe :, Annibaly etc. IX* 
Des comédies : la Joyeuse ^ \m. 
Décevante* Cet écrivain , àUssi fé-« 
cond que médiocre , mourut ea 
160S , âgé de 47 sus. 

t MCfNTROSS ou MoNraosR 
( Jacques Graham , domte et duc 
de ) j généralissime et vice - roi 
d'Ecosse poîir- Charles I**" , roi 
d'Angleterre, défendit généreu- 
sement ce prince contre les re- 
belles de son royaume. II. se dis- 
tingua k la bataille d'Yorck, vaiu- 
quit plusieurs fois Cfopiw^el , 
et le blèssst de sa propre main*- 



MONT 

La fortune l'ayant abandonna 
en Angleterre , il passa en Ecosse , 
employa sou bien et son crédit 
à lever une armée , prit Perth 
et Âberdeen en i644, battit le 
comte d'Argjle^ et se rendit 
malti-e d'£dtmbourff. Charles 1" 
s'étaut remis entre les mains des 
Ecossais , ils firent donner ordre 
«a comte de Montross de désar- 
mer. Ce grand homme obéit à 
regret , et abandonna l'Ecosse à 
la fureur des factieux. Inutile en 
Angleterre , il se retira en France, 
et de là en Allemagne , oh il 
signala son courage à la tête de 
12,000 hommes, en qualité de 
maréchal de l'empire.... Le roi 
Charles II , voulant faire une 
tentative en Ecosse , le rappela , 
et l'envoya dans ce pays avec un 
corps de i4 à i5,poo hommes. 
Le comte de Montross s'y rendit 
maître des îles Orcades , et des> 
cendit à terre avec 4000 hommes. 
Hais , ayant été défait , il fut obligé 
de se cadier dans des roseaux, 
déguisé en paysan. La faim le 
contraignit de se découvrir k un 
Ecossais , nommé Brimm , qui 
avoit autrefois servi sous lui. Ce 
malheureux lé vendit au général 
heslejy qui le fît conduire a Edim- 
bourg , où il fut pendu , portant 
au cou la liste ae ses * exploits , 
^ un gibet haut de trente pieds, 
etécartelé le 21 mai i65o. Il sup- 

rrta ce revers de fortune avec 
même grandeur d'ame qu'il 
avoit montrée dans la prospérité.. 
Le règne de Charles 1**^ présente 
l>eaucoup de traits de bravoure, 
et ne fournit qu'un exemple d'un 
aussi rare héroïsme. La sentence 
de mortportoit que ses membres 
seroient attachés aux portes des 
quatre principales villes. Ce brave 
homme dit a seg pages : « Je ne 
sais fâché que de n avoir pas assez 
de membres pour être attachés à 



MONT 



195 



l'Europe , comme des monumens 
de mon dévouement à mon roi. » 
Il mit même cette pensée en as> 
sez beaux vers ; car on le comptoit 
parmi ceux qui cultivoient alors' 
les lettres en Angleterre. Charles 
Il , parvenu à la couronne , ré- 
tablit la mémoire de ce fidèle 
snjet. Montross éloit un de ces 
hommes extraordinaires , dont 
les succès et les aventures tien- 
nent plus du roman que de This- 
toire. Son activité , sa valeur , 
son zèle pour son roi , le mettent 
au premier rang des héros et d^s 
citoyens. Son courage tenoit de 
cette audace qui déconcerte les 
mesures des guerriers méthodi* 
ques. Cromwel l'éprouva plu- 
sieurs fois ; et , si la coufonne 
eût pu être soutenue sur la tête 
de Charles I", c'étoit par Mou- 
tross. 

MONTSACRÉ. Foyez Mow- 

TSCUZ. 



t MGNTUCLA ( J. Etienne ) , 
né k Lyon le 5 septembre 1725 , 
membre de Tinstitut de France et 
de l'académie de Berlin , fît ses 
premières études chez les jésuites. 
Au sortir du collège il alla faire 
son droit à l'université de Tou- 
louse , et quand il eut obtenu ses 
degrés , il se rendit à Paris ^. oh 
bientôt il se lia avec une société 
de savans , parmi lesquels ou dis- 
tinguoit d'Alembert et Diderot , 
Coustou et Cofikin. Ce fut à celte 
époque , à l'âge de 3o ans qu'il' 
conçut le projet d'ouvrir une céu*- 
rière toute neuve , en traitant les 
sciences -par la méthode histo** 
rique ; idée que Bacon avoit indi- 
quée, mais qui n'avoit encore é|é , 
exécutée par personne. Celte 
grande entreprise fut suivie et 
cunsoinmée dans le silence ; et 
l'histoire des ndatbématiques s'of- 



■^ 



toutes les portes d«s villes de 1 frit tout- à-coup k l'étonnement et 
" XII. i3 



194 MO OR 

Il i'r.dmlrajîop de l'Europe sa- 
vante* Trois ans après la publica- 
tion de cetouyrage, il fut nommé 
fiçcrétaire <}e Kntendance de Gre- 
noble, fonction qu'il remplit jus- 
tjii'en 1764 ; k cette ëpocrue il 
accompagna k Cajenne le cneva- 
liçr Turgot y nommé gouverneur 
de cette île , avec le titre de 
secrétaire du gouvernement et 
d'astronome du roi. De retour de 
Cajçnne en 1766 , il fut nommé 
premier commis de la direction 
générale des hàtimens du roi , 
emploi qu'ij e^çerça jusqu'au 3i 
décembre 1792. La suppression 
de cette administration lui ôta 
presque toutes ses ressources ; 
niais le gouveruement français lui 
accorda uiie pension de deux mille 
quatre cent^ livres , dont il ne 
jouit pas long-temps , étant mort 
a Versailles lo 18 décembre 1799. 
On lui doit , I. Histoire des re- 
cherches de la quadrature du 
cercle / Paris , 1754 » in- 12. ÏI. 
Histoire des mathématiques , 
Pi^ris, 1758 , ^.y.oL m-/!^°. L'a^u- 
teur en ptéparoit une seconde édi- 
tion Tort aug\nçntée. Elle a été 
Ïmbliée et âcnevée par J. de Ijîa- 
ande à Q^i les manuscrits de 
Montncla avoient été remis. Elle 
lormê 4 ^^^' J'^*4° j Paris , an Vlï- 
an X. (1799-1802.) III. Une nou- 
vçlle édition augmenté^ et cor- 
rigée des Récréations niathéuisitî- 
quÇjS et'physiques d^Ozanam , Pa- 
ns^ 1778, \ vol. iiji-S*. \S,Becùéil 
d\ pièces ç6nçern£tnt l'inoculation 
c^e Xa Petite, vérole , Paris , 1756 , 
in- 1 'i- V. hsi-Tradf^ctioh du Vojf âge 
dé r^nglaî^ Çarver dans les pa lo- 
ties, intérieures derÀmérique Sep- 
tentrionale, Pan§, 17841 m-8*'. . 

fl. MOOR (Antoine) , peintre , 
natif d'Uti^ecljt l mort k An- 
vers en 1^07' , âgé de 5iS ans. On 
Pappelle aiissi le cbëvaliér de 
I;^agry parc« quf son mérite Iç fit. 



MOOR 

décorer de ce titre par un prînc« 
sonvcra^in. Le séjour qu'il fit en 
Italie, et sur-tout k Venise, fprnta 
son goûl', et lui donna une 
manière qui fit rechertîher ses ou- 
vrages. Ufut désiré dans les cours 
d'Espagne, de Portugal, et d'An- 
gleterre. Ses Tableaux sont rares 
et fort chers. Il a excellé a pein* 
dre le portrait ; il a aussi très- 
bien traité quelques sujets d'his- 
toire. Ce pemtre a rendu la na^ 
ture avec oeaucoup de force et de 
vérité ; son pinceau est gras et 
moelleux ; et ^ touche ferme et 
vigoureuse. On voit plusieurs 
Portraits de sa main dans la col- 
lectioi^ du Palais - Hojf'al. — Il 
eut un fils^ Philippe de Moor ou 
MoBus , chanoine de Saint- Sau- 
veur , qui cultiva avec succès les 
sciences exactes et les muses la- 
tines. Il nous reste de lui quel- 
ques pièces dans le dernier genre , 
entre autres une tragi-comédie 
sainte , intitulée Naooth , aans 
les poésies d.e JanusDouzd. îi j 
eu a plusieurs gùriui sont adres^ 
sées. 11 s'attacha au service de 
Sébastien , roi de Portueal, et pé-. 
rit en Afrique au mois d'âôût 

1578. "•^- ■■" 

♦ lî. MOOR (Bartbélemi de ) , 
professeur de tpédecine, k Rar- 
dervvick , s'éleva vers la fin du 
17* siècle contre la secte chi- 
mique dont les principes se prd- 
pageoient çn Horl^nde. Pour' dé- 
motitrer le vice de leur iiifitience, 
et ramener ses cojQtei^porains X 
l'étude àes aijiciens, il, écrivit , î. 
Co^itntfonum de, instaùratione 
medrctrue , ad sanitatis tutelam . 
morbos profli^andos , necncn vi^ 
tarn prorogandam , lihri tre» , 
Amstçlodami, 169$, in-8'. Moîar 
se propose dans éet ouvrage an 
pufyénser les systèmes mis au 
joiirp?r ï'rançois Sjlvius.et tôr- 
ne/llor Èonîekçe. II. Verif œço- 



\ 



MOOR 

namîm animahs ^ sûi{ potiùs hu^- 
nuinœ\ principiU innixœ p>atftO" 
lofria c^rebti delineatio prac- 
tica^ in qud moriorum soparo^ 
sorum per fjtotas characteristicas 
distîHctio , neenon spasmomm 
aiioumtior distributia traditur , 
Ainsteloclami , 1704 j in-4''* HI. 
Ormtio de hypothesibus medicis , 
ihiden, K7od, nk-4*- IV. Oratio 
de methodo diseemU medicinam , 
ibtdam, 1707, iA-4** 

* m. MOOR ( Charles de ) , 
de l'école hollandaise, né a Lejde 
en i656, mort en lySS^fîtd'ahord 
des portraits , et mérita ensuite 
une réputation à laquelle il mit le 
sceau, par un Tableau représentant 
le jugement porté par Brutus con- 
tre ses deux fils , demandé par 
les états pour orner la salle du 
cansejl. il avoit précédemment 
fait celui dé Pvfame et Thisbé. 
Moor se plaisoit k peindre des 
petits 'sujets de la vie privée , et a 
' I)cmicoup travaillé dans ce genre. 
Son dessm étoil correct , sa cou- 
leur brillant^ , et son exécution 
finie. Dans le portrait, il a sou- 
vent la manière de Rembrant^ et 
<|ueL|uerois celle de Van-pyck. 

''I. MQO^E (Sir Jonas), habik 
mathémaiticieB , né en i6ao à 



MOOR Ï95 

indépendamment de cet ouvrage 
un^ Traité d arithmétique et dal- 
gèbre^ avec un Traité des seo 
tions comiques ; \\n Abrégé des 
mathématiques , et un Traite gé^ 
néral et artillerie , traduit de l'ita- 
lien de Tomero Moretii de Bres^ 
cia. 

*Il. MOORE (Jean), prélat 
anglais > né au comté de Leices^ 
ter, mort en ^714, élève de Clare* 
Hall , k Cambridge , 011 il fiU 
reçu docteur en 16^1 , ensuite 
sacré évé(]^ue de IVorwichen i%i. 
Eu 1^07 il passa de ce siège à 
celui d Efy, Les sermons du C9 
prélat ont été publiés pAr son 
chapelain y le docteur Samuel 
Clarke , un vol. iu-8'» ; et sa» bi- 
bliothèque a été achetée par Gfior- 
ge II d'Angle(erj:e , qui en a fait 

E résent k Tuniversité <jk Ç^fTh- 
ridge. 

♦ HT. MOORE ( Edouard ), 
poëte anglais , in«ort en 1757 , a: 
composé, I. Des Fabien à fusag^ 
des jeunes demoiselles. Ellçs sont 
peu estimées. IJ. lie Joueur^ tra- 
gédie. Beaucoup d'irnéglilari tel? et 
de bizarrerie, courme dans pres- 
que toutes les tragédies anghiises. 
111. Gil-Btas , comédie , er quel- 
ques antrei» ouvrage». 

t IV. MOORE ( Jacques ) , aiir 
te«r anglais , inort' ^n 1 734 1 * 
composa quelques yp^^oof de tliéa<r- 



WhHby dans; le oenité d^Yoï^ck. 

I4^ roLCharlefl 1^ 1& chargea àê^n- 

s^gperles mathématiques k sou* 

S^e^iiuifiU , Jacflues. CJuislesII I ,^^ - . , - ..-„ ^-,„ , . 
1 • 1 r_, I i_ tre, et a ce titre a «a pi«câ dlNM> 

1q BoauB» SBspectour géoéxal de: 1 A^^ciade de Pm^ ^^ 

l'artillerie. iTusa d© la. laveur *^ ^^"^î***^ **« ^op^r- 



dont il iouit aupvès du uoi et du 
dim d']&orok poi|p feicaécigev en 
on observa^air-e pubLc la> mai^oQ 
qu!habitoift Tafitivonoine^ I^lams>- 
tMj y ainsi. qii«< paur la focKiation' 
d'iUttB école de mathématique*- 
daAs Eh&pitai deChrist.D0 conce^: 
avee Mé deux gendvQS, Perkins^et 
FUm#leati, il publia ,911 t68i un 
QoMTS^ cQmpJetdec mathématiques 
à i'ii4aga4etQ0^»éiçoltt. Ua doané,^ 



* V. lAOORË {Robert), habile 
maître écrivain anglais dé la Ûn.'^ 
du 17* siècle, publraen légO'ât^fV 
de du maure éeriuatn , réimpri*- 
méen t7o4; eiv 1725, l^Calliorà" 
pho général, eTen tjx6\ Éssaf 
sur lu premièref inventionde té- 
critiire, avec dés modèle? graves 
qui ont éetvx k cemt qui se $ont 
oeenpé» depuis de calligraphie. 
1 Moor»' mettrai ters 1727 . 



/ 



196 MO OR 

* VI. MOOPiE (Philippe) ,| 
curé de Rirkbridge, et chape- 
lain de Doufflas dans Tiie de 
Man > d'abord attaché en cette 
dernière quahté au docteur Wil- 
son, évêque de FUe , fut chargé , 
à la prière de la société pour la 
propagation du christianisme, i,\e 
revoir la traductiofi faite dans ja 
langue de ces insulaires des Bi- 
bles , des livres de prières et des 
onavrages de piété adaptés au dio- 
cèse & 111e : il fut aidé dans la 
révision de la Bible par l'évêque 
Lowth et le docteur Kennicolt , 
l(^s deux plus savans hébra'isans 
de leur siècle. Moore lui-même 
très - instruit , entretènoit une 
correspondance fort active avec 
nombre de gens de mérite , et 
se rendit recommaudable par 
son zèle et par les vertus de son 
état. Il mourut le 22 janvier 1783, 
âgé de 78 ans , universellement 
regretté dans l'île paisible où 
il avoit passé la plus grande par* 
tie de sa vie. 

♦ VII. MOORE ( François ) , 
mécanicien anglais de beaucoup 
de mérite, mort en 1787. On lui 
doit plfisieurs maclùnes admira- 
bles , toutes de son invention , et 
des plus utiles aux manufactures 
d'Angleterre^ 

t VIÏI MOORE ( John ) , mé- 
decin et littérateur anglais , né a 
Sterling en 1730, d'un ecclésias- 
tique , étudia la médecine à Glas^ 
cpw. En inf\j y nommé chirur- 
gien de larmé^ en' Flandre , 
il garda cette place jusqu'à 
la paix générale : après avoir 
Voyagé pendant quelques années, 
tant en- France qu'en Italie et en 
Allemagne, il alla s'établir a Lon- 
ùr»& en 1779 , et publia ses 
Vo^rages sous ce titre ji view of 
Society manners in France^ Swit- 
Hfériundand Germanjr , lijondoa , 



MOOR 

1781 , 2 vol. in-8<». Avicw qfso^i 
ciety and mannérs inltidy^ Lon- • 
don, 1781, 2 vol. in^o. M. Heiiri 
Rieu a fait pâroître à Genève , la 
même année » une traduction, de 
ces voyages , sous le titre de Let" 
très d'un voyageur anglais en 
France , en Suisse^ en Allemagne 
et en Italie , 4 vol in-8*». Made- 
moiselle de Fontehay a publié à 
Paris , en 1806, une nouvelle fra- 
duction du premier de ces voya- 
ges , et elle a été favorablement 
accueillie. Le style de l'auteur an- 
glais est un modèle de facilité et 
de clarté. Son roman intitulé Zé-, 
luco , traduit en 1796 par feu , 
Cantwei , 4 vol. in-i8 , est éciit 
avec une vérité de caractère , une 
force et une originalité de stvl« 
qui en feront un monument du- 
rable du génie anglais. Le roman 
à^Edouard , traduit en 1797 , 3 
vol. in-i2 , parle même Canlwel, 
a aussi de la célébrité ; mais oa 
ne paroît pa§ faire autant de cas 
d'un troi^ème ouvrage de c« 
genre , intitulé Mordaunt , ou 
Esquisse de mœurs et de carac- 
tères dans divers pays , contenant , 
r histoire d'une Française de gua-^ 
lité. On a accusé l'auteur de s'être 
mis lui-même à contribution. Les 
meilleures qualités du style de- 
viennent des défauts , lorsque 
dans un roman par lettres on le^ 
prête indistinctement a divers 
personnages. C'est le reproche 
qu'on peut faire k celui-ci. MM. 
Prévost et Blagdon ont pubUé ^ 
en 1 8o3 , des extraits des uEuvres 
moi:ales , pliilosophiques et mê- 
lées de John Moore , 1 vol. in-8*, 
en anglais. On v trouve les por- 
traits caractéristiques des princi- 
paux personnages qui ont Joué 
un rôle dans la révolution fran- ' 
çaise , et un aperçu géographique 
des villes les plus remarquables 
de l'Europe. Les éditeurs j ont 
ajouté une biographie de John 






;• 



MOPS 

Moore et des notes. On « encore 
de John Moore des Essais de 
médecine^ i toK in-8<*, qui lui at- 
tirèrent beaucoup d'ennemis par- 
mi ses confrères, parce qu'il r^vé*- 
loit plusieurs secrets du charla- 
tanisme de sa profession. Il est 
mort dans sa maison de Riche- 
mont près de Londres le 28 fé- 
vrier 1802. — Son fils John Moore 
Jientcnant-gënéral anglais^ a été 
tué en Espagne d'un boulet de 
eanon. 

MOORTON. rojy. Mortoh. 

t MOPINOT ( Simon ) , bé-' 
Dcîdictin de Saint-Maur ^ né h 
Reims en 1686 , professa les hu- 
manités dans son ordre avec beau- 
coup de succès, et ne fut pas moins 
attentif à inspirer à ses élèves l'a- 
mour de la vertu que le goût de 
la belle littérature. On a de lui 
des Hymnes , qu'on chautoit en- 
core ({ans plusieurs maisons de sa 
congrégation. Elles sont pleines 
de sentmiens affectueux, et préfé- 
rables k cet égard a celles de San- 
teuil , auxquelles elles sont infé- 
rieures pour l'énergie et la viva- 
cité des images. Ce savant béné- 
dictin a travaillé avec dom Cons- 
tant a la collection des Lettres 
des papes , doût il a fait VEpitre 
dëdicatoire et la Préface, Celte 
préface ayant déplu a la cour de 
Rome, dom Mopinot la défendit 
par plusieurs Lettres, Il a fait en- 
core VEpitre dëdicatoire qui est 
à" la tête du 77tesaurus anecdoto- 
rttm. Il avoit achevé le 2* vol. de 
la collection des Lettres des 
papes , lorsqu'il mourut. Tour- 
monté , jusqu'à sa mort, de scru- 
pules que sa vertu auroit dû cal- 
mer , les peines d'espnt et de 
corps Tépuisèrent de bonne heu- 
re, et il mourut jeune en 1724* 

MOPSUESTE. rayez ïrfo- 
AoR^ a» IV- 



MORA 197 

MOPSUS , fils d'Apollon et 
de Manto , fameux devin de l'an- 
tiquité, vivoit du temps de Cal- 
chas ( voyez ce mot ) , qu'il sur- 
passa en pénétration. Il y eut 
aussi un roi d'Athènes qui portoit 
ce nom. 

* I MORA ( Dominioue ) , de 
Bologne , écrivain du 10* siècle , 
réputé dans les armes k la cour de 
Florence , et à celle de Parme , ser- 
vit aussi dans les troupes du pape^ 
et passa ensuite à l'armée du roi de 
Pologne, où il obtint le grade de 
colonel. Ses principaux ouvrages 
sont , I. Tre quesiti in dialago 
soprafar el batterie ^ foHiJicare 
una città^ e o/xiinari batterie qua*- 
drate, con una disputa dipreceden» 
za tra Parme e le lettere, Venise , 
1567 f ia-4'*. II. Dominici Morœ^ 
CofumneUi , prœjecti Poloniœ , 

Judicium , sit necne Turcœ bel- 
lum inferendum , deque ejus belfi^ 
gerendi ratione,etJC,y\'i\n'diy iSqS- 
Mora fut un des meilleurs tacti** 
cieus de soit temps. 

♦ II. MORA Y Jaraba ( don 
Paru) de ) , savant juriscOnstdCe 
espagnol , conseiller d'état de 
Charles III. On a de lui / L Les 
Erreurs du droit civil et abus de 
la jurisprudence , Madrid, 574^ > 
iu-4*. Cet ouvrage passe en Espa- 
gne pour un des meilleurs qui ont 
été écrits sur cette matière. On 
le croit métne préférable k celui 
de Muratori , intitulé Dei dijetti 
délia glurisprudencia. II. Recueil 
des mémoires et des consultations. 
En 1789 , Mora avoit déjk mis la 
dernière main à plusieurs écrits» 
entre autres , I. Traité sur les 
droits de la guerre» II. La Science 
vengée, III. Réflexions sur un 
cours de plûlosopkie, IV. De la 
''Lib**rté du commerce. On ignore 

si ces ouvrages ont été publiés. 
Mora mourut à Madrid vers l'an* 
née x8uo. 



I 



198 MORA 

t MORABIN ( Jaéqucs ) , se- 
crétaire du lieutenant- général de 
piriice de Paris , né à La Flèche , 
mourut le 9 septembre 1762 , 
avec la réputation d'un homme 
savant. On a de lui , !• La Tra- 
{faction du Traité des lois de Cr- 
réron , in- 12 ; et du Dialogue des 
Orate'o ri, attribué à Tacilc, 1722, 
in-i2. lï Histoire de l exil de Ci- 
eérùn^ in-i2; morceau assez es- 
timé. III. Histoire de Cicëron , 
1745 , en 2 vol. in-4**. L*ouvrage 
précédent a voit été traduit en an- 
glais ; celui-ci n'a pas eu le mê- 
me avantage , quoiqu'écrit avec 
asset de savoir , de clarté et de 
méthode. IV. Nomenclator Cice- 



1753 , in- 12 , faite avec exaeti- 



raLin , en général , sont plus éru- 
dits que bien écrits ; et dans ses 
traductions , il est loin d'avoir 
conservé à sop modèle la physio- 
nomie qui lui est propre. 

* MOR AIN ( Nicolas ) professa 
les belles-lettres et la rhétorique , 
d'abord au collège de Lizieux 
( depuis 1682-1688 , ) et ensuite 
au collège Mazarin. ILestmort en 
1724' T-«e recueil mûivAé Selectee 
orationes et caréna clarissi- 
mOrum in universitate Parisiensi 
proftssorum , offre cinqpièces de 
vers latins de cet institutcnr esti- 
mable : on y trouve du jugement 
et de la force. 

» MORAINE (Antoine), 
particulièrement connu par son 
jiiiii'Jaasenius , hoc est selectœ 
dispiUationes de hœresi pela- 
giand, et semipeiagiand , der^tw 
variis statibus naturœ humam» , 
et de gratid Christf, sahatoris , 



MORA 

proponitur, et Cx^mêHi Jànsenii 
Iprensis faisa dogmata i^efutan^ 
tur , Paris i652 , i vol» in-folio- 
Cet ouvrage est cité dans le pro«* 
cèsduP. QuemeL 

MORAINVILUERS i>'Ob(^«- 
viiiLz ( Louis de ) , natif du dioo* 
cèse d'EvTCux , entra dans la 
maison de Sorbonne en 1607 , et 
dix ans après dans la congréga**- 
tion de l'Oratoire. Son neveu , 
Harlay de Sancy , ayant été nom* 
mé évéque de la ville de Saiut- 
Malo , il le suivit en qualité de 
grand- vicaire, et mourut en cette 
ville Tannée i654* ^^^ principal 
ouvrage a pour titre : Examen 



ronianus , 1767 , in-12. Personne phUosophiœ plaionicœ , 2 vol. in- 
r.'avoit. plus médité Cicéron que ** ' ^7^" et 1753. 




taine des chasses* Il publia en 



tude. Tous les ouvrages de Mo- jggj ^ Traité écrit avec préci- 



sion i netteté ei esprit , intitulé Le 
grafid Fauconnier, On Im doit 
eacore uue comédie en cinq aoles 
et eo vers , sous ce tître '. Doi% 
Cartàgne , chasseur errant : elle 
n'a pas été imprii»ée. Morais est 
mort vers 1708. 

t ï. MORALES ( Ambroise ) , 
prêtre de Gorduue , nioFt en i5g/o^ 
a 77 ans , enseigna les belles-let- 
tres , forma d excellens élever» f 
et contribua beaucoup a rétabLii* 
en Espagne le goût de la littéra^ 
ture , que les chicanes scolas- 
tiques avoicniaffoibli. l^hilippell 
le nomma son historiographe, et 
l'université d'Alcai»luicoôlia uuâ 
de ses chaires • Sa Chronique gé-^ 
nérale d'Espagne , imprimée dâtus 
cette ville, en 1 j'74 1 avoit été com- 
mencée par Florian de Zamora j. 
en espagiLol, i533 et i588 , a vei- 
lumes in-fol. : elle ne va que jus- 
qu'à Vereiaond lli. Sanuovai li 



in quibus vcra de zV/tJ tfc7c^*//?a | continua, par ordre ^'xpièsdcl^iû^ 



F 



} 



MôhA 

Iippé ni, fâà4ii*k Alfohàc tîî. 
Ses Aniiquitéi dés s^ifles d^Êspa- 
^/i£? parurent k Cordone en i575. 
Il est encore àuleur de plusienrs 
autres ouvra^ci en espagnol et 
en latin; le plus curieux de tous 
est ia Relation du voyage litté- 
raire qu'il fît par ordre de Piiî- 
lîppe II datis lès royaumes de 
Léon , de la Galice el des Astu- 
riès, pour v reconnoître les an- 
ciennes reliques , ïes tombeaut 
e\ les manuscrits des différentes 
é|;ljses. Cette relation a été pu- 
bliée , avec des notes et la Vie 
de l'auteur , par le savant àu- 
gustîb Henri Florez , a Madrid , 
èri 1765 , in-folio. On a aussi de 
Morales des Scolies en latin sur 
les ouvrages de saint £ulogë de 
. Cordoiie. 

* II. MORAli:S ( Jean de), 
poëte espagnol , qui florissoit 
vers la tin du 16' siccle. Ouest 
privé de détails sur sa vie ; mais 
il paroît par ses ouvrages qu'il 
étoit ué à Cordoue ou à Séville. 
-^ Il ne faut pas le confondre 
avec Jean Morales , natif de Mon- 
tilla , dont Nicolas Antonio fait 
mentiom. Il nous a laissé quel- 
ques Poésies qui ont été recucil- 
Les par Pierre Ëspino^a dans 
son ouvrage intitulé Première par- 
tie des fleurs des meilleurs poètes 
eSpagnok. Morales fut très-heu- 
reux dans quelques Traductions 
d'Uorace. 

* III. MORALES, générale- 
ment appelé le Divin ivJ orales , 
Hé à Ba(iajos , capitale de Tliis- 
framaduree» Espagne', en iSoq , 
fut uh des meilleurs peintres de 
son temps. Il àvoit fait une étude 
particulière des ouvrages de Mi- 
chel-Ange et du Titien ; tous ses 
tableaux ne i*eprésèn!ent que des 
Christs peints avec tant d'art et 
de finesse qu'ils semblent respirer. 
Il a b^antoiip travaillé poi\i* la 



Al OR A 199 

€ôur d'Kspagne. Philippe li fai- 
sOit grand cas de lui. Morales . 
sur la fin de ses jours , se retira 
dans sa patrie. Le roi , passant 
un jour_ k Badajos , se souvint 
de lui , le fit venir , et lui de- 
manda comment iL >ivoit ^ 
« Très-mai , répondit le peintre , 
car je n'ai pas de quoi manger. ». 
Le roi lui accorda tant par ]oi)i: 
pour son dîner , jusqu'à la fin dé 
sa vie. Morales, profitant des bon- 
nés dispositions du monarque . 
lui représenta qu'il ne siillisoit 
pas de dîner , qu'il falloit encore 
souper. Philippe sourit, et lui ac- 
corda un traitement honnête , qui 
le mit à méiiiq de dîner et dé 
souper chaque jour ; mais il né 
jouit pas long-temps de ce bien^ 
lait, car il roonrut quelques moii 
après , en i58é , âgé de jj- *"^' 

♦ IV. MORALES ( Jean-Bap- 
tîste), dominicain espagnol, uè^ 
a Ëcîja vers l'an \ 697 , fut en- 
voyé , n'étant encore que simple 
diacre, aux Philippines, et ensuite 
klaChine,pour soutenir ia mission 
que le P. Ange Coqui , religieux dé 
son ordre , avoit établie en i65i« 
Ces deux missignnairescoma>eii.^ 
cèrent alors à prêcher TEvangilô 
dans toute sa pureté. Le P. Mo- 
- talés , aj^ant appris k foiid la lan*^ 
gue des mandarins^ ne tarda pas. 
a découvrir parmi les chrétie^à 
faits par les jésuites quelques pra- 
tiques d'idolâtiie autorisées par 
CCS pères. Comme personne n*é- 
toit plus en état d'en rendre 
compte k la cour de Rome que 
le P. Morales , la province de« 
philippines le députa au pape Ur-^ 
bainVlII, auquel il présenta uâ 
mémoire qui contenoit l'énumé- 
rationdeaix sept pratiques d'ido^- 
latrie permises pak* les jésuites de 
la Chine , et sur lesquelles il de^ 
mandoit une décision du saint-^ 
5ié«je. Vci^ Une partie dès griefji 



200 MORA 

articules contre ces pères , qu'on 
»ccusa , i" de dispenser les chré- 
tiens de suivre les coin inaudetnens 
de PÉglise ; 2<» de souflnr l'omis- 
sion de plusieurs cérémonies sa- 
crées dans l'administration du 
sacrement de baptême ; 5<* de 
permettre l'usure ; 4° *^® ^^^^ 
permettre également de contri- 
buer a leurs frais aux sacrifices 
et aux fêtes des idoles ; 5* de 
consentira ce que les gouverneurs 
des villes qui avoient embrassé 
le chrisiianisme oifrissent des sa- 
crifices à Fidole Chinchoam ^ et 
se prosternassent en sa présence , 
pourvu qu'ils eussent l'attention 
de cacher une croix , k laquelle 
ils rapporteroient leurs adora- 
tions ; 6* de souôVir qu'ils ren- 
dissent de semblables honneurs 
et un pareil culte à 'CoufHcius,, 
pour lui demander l'esprit:, la 
science , la sagesse , et ae lui en 
rendre grâces après les avoir re- 
çus ; 7° de per»neltre qu'ils fissent 
de pareils sacrifices aux mânes 
de leurs ancêtres pour en obtenir 
Je succès de leurs entreprises et 
une nombreuse famille ; 8" d'au- 
toriser tout autre sacrifice, pourvu 
qu'on eût le soin de rapporter ce 
culte à une croix qu'on auroit at- 
tention de cacher dans le lieu 
même du sacrifice ;9o donc point 
instruire les catéchumènes sur 
l'impiété de quelques pratiques 
superstitieuses , afin de pouvoir , 
en excusant leur ignorance , leur 
administrer le sacrement du bap- 
tême, lo*» De permettre () leurs 
chrétiens de faire dire des messes 
pour leurs parens qui sont morts 
idolâtres; ii» d'éviter déparier 
de Jésus-Christ crucifié ; de ne 
point montrer le crucifix aux ca^ 
téchumènes , et de ne pas l'ex- 
poser dans leurs églises , afin de 
se soustraire à la persécution 
d'une partie >dti peuple qui ab- 
horre la croix y et regarde les 



i: 



MORA 

mjstères comme des extravagan- 
ces. Ces pratiques, et plusieurs 
autres que nous ne rapportons 

Ï>ointioi , furent condamnées par 
e saint-office en i644 î celte con- 
damnation fut approuvée et con- 
firmée en 1645 par le pape Inno- 
cent X , qui ordonna cfii'on ex- 
pédiât ce décret au P. Morales , 

ui se trouvoit alors a Madrid. 

^e dominicain , porteur des dé^ 
cisions du saint-siége, quitta l'Es- 
pagne , accompagné ue trente 
religieux de son ordre , parmi 
lesquels se trouvoient le P. Do- 
minique Navarette , qui fut de- 
puis archevêque de Saint-Domin- 
gue , et le P. Philippe Prado , 
archevêque de Manille. Dans S09 . 
voyage, le P. Morales passa par 
le Mexique , où il fut retenu pen- 
dant plus d'un an par les artifi- 
ces des jésuites. Du Mexique il 
alla à Goa , où il laissa une co- 
pie authentique du décret de 
Rome , qui fut publié avec la 
soleunité ordinaire. Enfiu , par- 
venu à la Chine en 1649 ) il donna 
connoissance du décret au P. Em- 
manuel Dias , vice-provincial des 
jésuites. Quelques années après , 
Morales eut la douleur de voir 
qu'on lui opposoit uu autre dé- 
cret d'Alexandre VII , qui rendoit 
h peu près nul celui dontilétoit 
porteur. Eu 1661 il envoja à la 
congrégation de la propagande 
une relation de ce qui se passoit 
à la Chine , écrite en forme de 
supplique , et qui fut publiée par 
la voie de l'impression. Ce dor 
minicain, se conformant toujours 
à la saine doctrine , /"éfusa cons- 
tamment le baptême k ceux qui 
ne voulurent point renoucsr au 
rit chinois. Morales mourut en 
1664 }à rage de 67 ans , k Fouin- 
chen , capitale de la province de 
Fokien. 

V. MORALES ( Jean -Go- 



MORA 

.mez ) > premier fondeur de ca- 
ractères conna eu Espagne. Il 
fit \enir des matrices de Bruxel- 
les à Madrid , où il s'établit 
sous Charles II , en 1669. 

VI. MORALES ( Jean ).ror. 
Maciiam. 

MÔRAN. ro^eaMAURÀN. 

t I. MORAND (Pierre de ) , 
ne k Arles en 1701 , d'une famille 
noble , fit paroître de bonne 
heure beaucoup de goÂt pour la 
poésie. Il se maria, , mais ^a 
belle-mère étant très-méchante , 
il abandonna sa femme et ses 
biens , et vint à Paris , où il 
se livra aux plaisirs de l'esprit 
et a ceux de l'amour. Il 6t re« 
présenter, en 1735, Teglis ^ 
tragédie qui eut quelques succè^s. 
Cette pièce ofire des situations 
nobles et touchantes , et beau- 
coup d'intelligence de Tiirt dra- 
matique ; il ne lui manque , ainsi 
qu'aux autres productions du 
même auteur^ qu'un coloris plus 
brillant. En 1706 Morand donna 
ensnite Cfdlderic, Il arriva une 
chose assez singulière k la pre- 
ioiière représentation de cette 
pièce, A ce vers , 

Tenter «st des morccU, réussir est des 
Dieux. 

on battit des mains. Un specta- 
teur , qui ne l'avoit pas entendu , 
demanaa quel étoit donc ce vers 
qu^on applaudissoit tant ? « Je 
n'ai pas trop bien ouï , dit son 
voism : mais , à vue de pays , 
ie crois que c'est : 

Enterrer des mortels , ressusciter des 
Dieux. 

Cette pièce , extrêmement com- 

Sliquée , et faite sur le modèle 
'Héraclius , est pleine de traits 
4e force et de çénie. On n'en 
put pas bien saisir Tialrigue g et 



MÔRA ^01 

ce^eiiibarrasj joint à ane plai- 
santerie du parterre , la fit tom- 
ber. Oans une des plus belles 
scènes de la pièce , un moine dé- 
guisé, apercevant un acteur qui 
venoit avec une lettre à la main , 
et qui s'efïbrçoit de se faire jour 
à travers la fouie, s'écria : «Place 
au facteur! » Cette mauvaise plai* 
santerie excita de tels éclats de 
rire, que les comédiens ne pu- 
rent plus se faire entendre. . . • 
La tragédie de Mégare réussit 
encore moins que les précéden- 
tes. Tous les personnages prin- 
cipaux mouroient a la nn de la 
pièce , et le parterre demanda au 
seul qui restoit sur la scène la 
liste, des morts et des blessés. 
Morand eut d'autres chagrins : 
sa belle-mère lui intenta un pro- 
cès , et publia contre lui vknjac^ 
tum rempli d'horreurs. Le poète 
s'en vengea par sa comédie in- 
titulée VEsprit de divorce. Il 
j tourna sa belle-mère en ridi-* 
cule , sous le nom de madame 
Orgon. C'est une de ses meil- 
leures pièces. Le dialogue en est 
vif, et les caractères sont bien 
soutenus. Celui de madame Or- 
gon parut outré. On le dit k l'au- 
teur , qiu s'avança sur le théâtre 
pour prouver au public que ce 
caractère n'étoit que trop réel. 
On rit beaucoup de cette folie ; 
et lorsqu'Arlequm , à la fin du 
spectacle., annonça VEsprit de 
divoixe , on cria : «Avec le Com- 
pliment de l'auteur. » Le poète 
provençal , piqué , jeta son cha- 
peau dans le parterre , en disant 
tout haut : « Que le plus hardi 
me le rapporte. » dur quoi 
quelqu'un dit assez plaisamment 
(( que l'auteur aj^ant perdu la 
tâte , il n'avoit plus besoin de 
chapeau... » L'exempt de garde 
fit arrêter Morand. Celui-ci donna 
encore au théâtre quelquesoièce^ 
qui furent mal reçues. On les 



z' 



2oa MORA 

trouve dans le Recueil de èH 
Œuvres yimpnmé en 3 vol.ia-ia. 
Ce recueil mérite d'être lu , quoi- 
que Morand n'ait ni grâce , ni 
chaleur ; mais il a de Tesprit , 
des idées et du sens. En 1749 
il fut nommé correspondant lit- 
téraire du roi de Prusse ; mais , 
toujours en butte aux traits du 
sort , il ne conserva cette place 
qu'environ huit mois. Il ne fut 
heurenx , ni en littérature , ni en 
mariage ^ ni au jeu , ni en bonnes 
fortunes. Un trait du malheur 
qui le poursuivoit , c'est que tou- 
tes ses dettes ^e trouvorent ac- 
quittées h la fin de Tannée qu'il 
courut , et qu'au premier janvier 
suivant it touchoit le premier i 
quartier de cinq mille bvres de 
rente qui lui restoient. Il expira le 
5 août 1757 , épuisé par ses cx- 
C0s. 1) avoit l'esprit assez juste , 
et des idées saines et profondes 
Èxw le théâtre. 0x1 peut le comp- 
ter parmi les écrivains de la 
seconde ou troisième classe. 



fil. MORAND ( Sauveur-Fran- 
çois ) , fils de chirurgien , et chi- 
rurgien lui - même très - habile , 
né a Paris le '2 avril 1697 ' 
passa en Angleterre en 1739 , 
pour s'instruire de la pratique du 
fameux Cheselden ,. sur-tout dans 
l'opération de la taille. L'hom- 
jnage qu'il rendit à ce grand 
homme lui fut rendu avec usure 
par l'aMuenCe des élèves qui le 
prièrent de lerdiriger dans leurs 
études. Il fut successiveAient pfe- 
*iier chirurgien de In Chanté , 
^t chirurgien^major des gardes- 
françaises , directeur et secré- 
ttrire de sa compagnie , enfin 
^cofé du cordon de Saint - Mi- 
chel en 1751. Membre de Ta- 
eadémie des sciences en 1722 , il 
le devint de celle de Londres et 
de beaucoup d'autres. On a de 
lui , I. Ti-aité dk la Taille au 



MOUA 

haht apfHtrell , Piriâ , ï'j^î • M»» 
12 ) en anglais , par ITbugiàs » 
Londres , 172^. II. Eloffe histô* 
H^uê de Jhf. MarSckàt ^ chirur- 
gien da toi de tràitcè j Pafris $ 
1707 , ,in-4'*. III. Discours dansi 
lé(fuel on prouve qu'il est néces- 
saire au chirurgien d'être lélt/*é 9 
1743. IV. Recueil d expériences 
et d^ observations sur la pierre ^ 
1743 , a vol. in-i2. V. UArt de 
faire des rapports en chirurgie | 
Paris , 1743 , m-ia. Il a fait quel-' 
qties aaditions à cette nouvelle 
édition de l'ouvrage de Devaux» 
VI. Catalogue des pièces d*ana- 
lomiey instrumens, machines iCtc*, 
qui composent l'arsenal de ckt' 
rursie formé àPaHs pour la chaH'* 
celïsrie de. médecine de Péttrs^ 
bourg ; Paris , 1 769 , in-i^. A cette 
collection « qui avoit été deman- 
dée par l'impératrice Elizabeth, 
étoit jointe uue anatomie artit»* 
cielle , qui avoit été exécutée aveo 
beaucoup d'art et de justesse par 
mademoiselle Bitheron. VU. ÏJ^ 
second et le troisième volume de 
l'Histoire de f académie dç chitur^ 
gie^ Ylll, Opuscules de chirurgie ^ 
1768-177Q , a vol. in-4*** On htav^a 
plaisir et avec fruit plusieurs de 
ses Mémoires dans la collectioii 
de l'académie des sciences et dans 
cfeUe de l'académie de chirurgie. 



Il mourut le 21 juillet 1775. 

* ni. MORAND (Jéaw.FrançoÎ!r)^ 
fus du précédent,né àParis en 1 726 » 
mort en 1784 9 professeur d'ana-» 
tomie, médecin de Statkislas^ roi 
de Pologne et duc de Lorraine. 
Reçu membre de l'aeadémiedes 
seiem^çs , il y remplit les fonc- 
tions de difeèteur. H a donné » 
l. L'article du Charbon de terre- 
et de ses mines , qui formé Id 
40* cahier des arts dé, l'acadé- 
mie des^ sciences. II. Mémôif^ 
sur la nature , les effets , pro^ 
pnéiés et avantages du charb4^m 



MORA 

de kfrpé , eiû, , Pârfs , tjyà , ift- 
la , a^«iec figures. Pôui* acquérir 
éés eo^noissâiices d'autant pltlB 
sûres ^r ce fossile , il s etoit 
\reiid'n k Liège , oà il se tréâve en 
quantité. HT, . Histoire dé ht ma,'- 
ladie de la femme Supiot , dont 
les os »*4u>i€nt amotlii , ij5'x , 
iii-iQ* IV, JEclaircisiemètU sur 
U nUiUêdie étune fille de Snint- 
Ceosiûie y près de Langrês , 1 754 1 

IV. MOBAND (Aiitoiiie), 
babile méeaopfeien , fit en 1706 
Vkai'kffçe de ràpp;irtenient dn roi 
à Versfl files , sur laquiëlle deui 
c(H|» chniiietit et battent des ailes 
k cha(|iie iieiire. 

+ V. MORAND , ar^iitecte dé 
Lvoq' * fit eonsirmre sur le Rhône 
lui pont en . bois , qfin porte ^oti 
nom , et qui est retnarqttâblë par 
rélégaiBCcf de sa Ébrme et la pré- 
cision de ses partiêfr. Chacune 
d'elles peut se démonier pour êf ré? 
refaite, %axxs i»)freù la sotidité du 
reste de l'oa^rîige. Cet architecte 
s'est distingué accote par son 
goèt pour les décorations ^ et 
par plxksiewc&^e'difices très-élégam-^ 
loenc or&ës. Il a éèë assassiné à 
hyooBÊy a!pi^ le sié&;e de cerie Tille , 
par. ordre du tribun^il de sang 
qui y ÙA étabh en 17^3. 

. ♦ VI. MORAND ( Jftan ) , né 
a Chabonoiâ en Limousin Tan 
i658 , s'iasimtsit de Part de la 
chirurgie , d'abord k l'Hôtel- Dieu 
de Paru», ensuite aux Invalides , 
et devint enfhi chirurgien - ma- 
jor de cette maison ; place qu'il 
occupa pendant 28 ans avec une 
distinction qui le* lit rechercher 
dans la capitale. Morand est le 
pren»ierqiii ait^eir/e/ramputution 
cht hcus asais son articulation avec 
Temophif*. Cette pratique lui 
téii96it «t.kii valut la ^r^dâ ré-* 



KtORÀ 



20? 



I pntafiôù dont il jbuît jusqu'à sU 
m<ïrt , amvée en 1 526. 

t MORANDÈ (N. Tflivwib¥ 
de) , ftls d*un procureur d'Arnày- 
le-Duc eft Bônrgoghe , s'ebrolâ 
très-jeune dans un régiinent dé 
dragons. Son père , qui îe désfi- 
noit à sa profcssidn , acheta s6à 
côn^é< Mffis 9ott géilié inqniet lui 
lit liientôt désertef la maison, 

Î^our aHcr Se pîongerk Pâtis dàtii 
a dissolution et dans les ikitrlgties. 
Des friponneries et des a^«!ntureâ 
honteuses obligèrent sa famille 
de Solliciter un ordre pour le faire 
enfcrmet' aux jSotïs-Eùfan d*Ar- 
meiitièfes. Sorti de céîfte maison, 
il |>assa en Angleterre, oh il dis- 
tilla ses poisons dans di/t^reo^ 
libelles. Celui qui fit le phis dé 
bri.il Infe-le Gazetîffr tairas .^é ou 
Anecdotes scandaleuses sur la 
cour de France , Londres , 1770 , 
iii-rS*. Princes , miûii^tres , maî- 
tresses , magistrats , gens de let* 
très, tous les hommes qui atoienfi 
an nom alors > j sorit déchirés' 
avec le plus cruel acharnement. 
11 préparoit cônli*e madame Du- 
barrv itue autre satire , soiis Je 
titre de f^ie d*ufie courtisane trèsf 
célèùre du dix-hailième siècle ^ 
mais il Supprima cet écrit , sOus 
la Condition d'une rente viagère 
de 4»ooo liv. , dont la moitié ré- 
versible à sa femme. Celle cri- 
tique parut cependant en i77<) ^ 
Londres , iiï-i2^ sous le titre iïA- 
necTiotes sur n^adar^e la comtesse ' 
Duburiy^ avec le portrait de Vïié^. 
roïne. Il entreprit ensuite le Cour^ 
rierde'FEurope , eaieiHe qu'il ren- 
dit sa ixrique pour la mieuxvendre* 
Enfin , k Tepoque de la révolu- 
tion , il vint k Paris , où il intri-» 
gua beaucoup , et où il fut mas-^ 
sacré, en .septembre 179:2. Avan^ 
de publier le Gaietier cuirasse' ^ 
il avoit l^it imprimer le P/U/o-s 
^ioprite cjriii^uff ci des. J^éUtfigss^ 



•ao4 MORA 

confus sur desi nèatières fort 
claires , Tun et l'autre a Londres, 
1771 , in-S». Quand cet Arétln 
préparoit qiàelqae lî belle , il avoit 
soin d'écrire aux intéressés , pour 
proposer de lui payer leur rançon : 

âuelques - uns eurent cette pru- 
ence ou cette foiblesse. Il s'a- 
dressa aussi à Voltaire , qui ne 
le paya qu'ep le dénonçant au 
public. On a encore de lui une 
ibule de Brochures aussi plateff 
«t insipides aue méchantes ; elles 
sont aujourd'hui justement ou- 
bliées. 

* I. MORANDI ( Mo- 
ran<lo ) , médecin , né dans le 
Modénois, le 9 novembre 1693 , 
. étudia dbiez les jésuites de Mo- 
dène , d'oii il passa à Padoue , 
oà , après s'être appliqué k l'ana- 
toniie et k la médecine, il ob- 
tint le bonnet de docteur dans 
cette dernière faculté ; il prati- 

3ua son art avec succès h Mo- 
ène , k Imola et a JXovi dans 
l'état de Gênes. Sur la fin de ses 
jours , il se retira dans sa patrie , 
où il mourut le 19 janvier i^Sô. 
Ce médecin savoit les langues 
grecque, latine , française , et an- 
glaise ; il cultivoit même la poé- 
sie, et étoit agrégé k plusieurs 
sociétés savantes. Ses principaux 
ouvrages sont , I. Décade di let- 
tere jamiffUari contînenti gti 
crrori nella pratica Jaiti , ed al 
ffttklico schieltamente commu- 
Hicati, Modena , 1748. II. De 
fehrihus quihusdam tertiariis 
pemiciosisy Ferra riae, i-j/^S/m^'', 
III. Délia cttra del vajuolo colla 
cJiinachina , e col bagiio tiepido , 
Ancona , lySS. IV. Délia cUra 
preservativa délia rabia canina , 
Ancona , i755. 

*il.MORANDI (Jean-Marie) , 
peintre italien , né a Florence en 
i6'ji5;moi'ten 1715. Cet artiste 



MO RA 

I 

a beaucoup travaillé k Vienne , 
où il obtint la protection de toute 
la famille impériale. Il a ^fait les 
portraits de presque tous \iK 
princes d'Allemagne. Morand» 
peignait aussi Thistoire. 

*m. MORANDI-MANZOLINI 

(Anne) , n^e k Bologne en 17 16, 
se maria en 1740 k Je^n Man« 
zoliui, célèbre anatoinisfe , a 
Técole duquel elle apprit le des- 
sin , l'anatomie et l'art de ira* 
vailler en cire , k laquelle elle mé- 
loit d'autres matières pour lui 
donner plus de. consistance , et 
parvînt k imiter au naturel la 
matrice , avec son foetus dedans , 
et les différentes positions de c« 
fœtus dans la matrice ; invention 
qui facilita. l'étude des accouche- 
mens . et la manière d'opérer ^ 
daus les cas diflGiciles : et quoi- 
que Tart de modeler et d'imiter 
en cire avec une vérité frappante 
toutes les parties du corps hu- 
main ait été perfectionné de* 
puis , on ne peut cependant re- 
fuser la gloire de l'invention aux 
Manzolini. Après la mort de son 
mari , arrivée en 1^55 , Morandi 
fnt agrégée k l'académie des 
sciences de Bologne , et k plu- 
sieurs autres sociétés littéraires 
de différentes villes. En ijSS 
elle obtint. Une chaire d'anatomie. 
Sa réputation s'accrut de jour en 

J'our, et se répandit dans toute 
'Europe. On lui fit des offres 
brillantes pour l'engager a v<enîr 
professer daus plusieurs vilieâ 
capitales ^ mais elle refusa de se 
rendre k leurs vœux , satisfaite 
d'entretenir une correspondance 
suifîe avec elles , et de leur en- 
voyer ses préparations anatomi- 
qnes en cire. Le concours des 
voyageurs qui venoient admirer 
ses travaux anatomiques se muU 
tiplioit chaque jour. Elle reçut 
i^'me la visite de Joseph Ii« 



MORA 

lorsque' cet empereur passa k 
Bologne. ' Elle mourut claus sa 
patrie en l'jj^» 

* £. MORANDO-SIRENA(Ffaîi- 
çois) , de Vérone ) mort en i'3y3y 
élève d'Alciati et grand ami de 
Sîgonius , donna des leçons pu- 
bliques à Padoue , sur les fiefs , 
avant de recevoir le bonnet de 
docteur en droit. Il étoit babife 
anssi en arcbitecture. On a de 
lui des Poésies latines de diâfé- 
lens genres , et il commença en 
vers bexam êtres un Hvre intitulé 
Deinvenlione veteris^ recentions- 
que chartœ. Il avoit aussi écrit un 
ouvrage sur les Cautions , auquel 
îL ne put mettre la dernière 
ni»ui. Aide le jeune lui dédia 
son Traité de l'orthograpbe , et 
pnblia deux de ses Epitres en 
vers , dont l'une étoit adressée a 
l^éque de Padoue Ormaneti, • 

*II.MOBA]NDO-ROSA (Phi- 
lippe) 9 né à Vérone en 1755 > 
manifesta dès son enfance les 

Ï)]us heureuses dispositions pour 
*ét;ude , et fit de^ progrès rapides 
dans les langues grecque et latine. 
La lecture des meilleurs auteurs 
aîiciens et modernes, ei^ épurant 
sou goût y le mit bientôt à jnéme 
de publier des ouvrages où il 
développa tout k la fois du génie 
et des talens. On a de lui , L 
Âfedo , tragédie , Vérone , ijSS. 
Le marquis de Maffei, k qui il 
dédia cette tragédie, en parle avec 
éloges dans le chapitre premier 
de son traité des théâtres anciens 
et ntodernes. U- La Teonce; ti«i- 
gédie , Térone, iy55* III. Osser- 
vazioni sopra il commento délia 
divina conrniedia di Dante stam* 
pato in Ferona l\inno 1^49 » Vé-^ 
rone, i^Si. Ces observations ne 
sont pas toujours fondées en 
raison. L'auteur fait des suppo^ 
filions qui sont très-éloignées 
d'approcher de la vraisemblance. 



MORA 



ao5 



^ rV. Sonetti e Canzoni, Vérone, 
1756. Ces sonnets et ces chan<* 
sons renferment beaucoup do 
concerts , il y en a quelques uns 
d'agréables. V. Plusieurs autres 
ouvrages. Morando mourut dans 
sa patrie le 10 aodt ^760. 

♦ MORANT ( Philippe ) , labor 
rieux antiquaire , né a Saint-Sau- 
veur, dans rîie de JerSej, en 
1700, mort le iS novembre 1770. 
On a de lui une Histoire de Col- 
chester y imjprimée en 1748, in- 
fol. , au nombre de 200 exemp. , 
et réimprimée en 1 768. — Abrégé 
sommaire de rhistoire d*jingce- 
terre , in-fol. — Tous les articles 
marqués C dans la Biographie, 
britannique , depuis 1 739 à 1 760 , 
in-fol. , 7 vol. U Histoire du comté 
d'E^seXy 1760 à 1768 , in-folio ^ 
2 vol. La vie d Edouard-le-Con^ 
Jesseur» — Environ i5o Sermons* 
Il a travaillé long-temps à pré- 
parer Sédition des registres du 
parlement ; et soit comme éditeur 
ou annotateur , il a contribué k 
\si publication d'un grand nom- 
bre d'ouvrages. 

t MOKATA ( Olympia - Fui* 
via) , née à Ferrare en 1626 , d'un 
père qui s'étoit acquis une répu- 
tation dans l'enseignement des 
belles-lettres , et parvint a être 
précepteur des prince^ de Ferrare, 
fils d Alfonse I''. La jeune ' Mo- 
rata reçut de lui une éducation 
adaptée aux dispositions éton- 
nantes qu'elle avoit reçues de la 
nature , et ses progrès furent tels 
que la princesse de Ferrare vou- 
lut l'avoir pour «ompagne de ses 
études. On l'entendit avec ad- 
miration déclamer en latin, parler 
grec , expliquer les paradoxes de 
Cicéron, et répandre avec au- 
tant de justesse que d'esprit k 
toutes les questions qu'on lui 
adressoit. La mort de son père 
et les infirmités de sa mère l'ajant 



3b6 



MO Pi A 



obligtée de reponc^r à la eour I 
pour se iivrçr à i'édacsitioQ de 
trois soçurç et d'un IVère ei» bas 
âge , elle s'ep acquitta av^ 3uccès, 
et/ épousa un jeune médçciq ?^l- 
lemand , pq|niné Gruntbkr , 
qu'elle suivit à Schweinftirt en, 
l'ranconie, accompa^ée de son 
jeune frère. Cette viue ayant été 
assîéffée et livrée aux flammes, 
les ueiix époux se réfugièrent, 
^lans la plus grande détresse , k 
Haram: Iberg , d'où ilsfurentbien- 
tdt obligés de fuir encore. He/a- 
rens^ment l'électeur Palatin oflrit 
h Grunthler une place de pro- 
fesseur en. médecine à H«ildel- 
berg ; mais Morata ne tarda pas 
à succoinber aux fatigues et aux 
nkallieups qu'elle venoit d'éprou- 
ver; elle mourut en i555 , âgée 
de 29 ans. Elle avoit composé 
plusieurs ouvrages y «lont la plus 

grande partie pérît dans l'incen- 
ie di? Scbweinfiirt. Cœly Gurion 
a rassemblé ceux qu'on a pu re- 
cueillir , et )^s a fait imprimer k 
Bâle , i55i^, in-8<«, sous le titre 
^Ofympiof^ ^uhiœ Moratœ Jm- 
minœ doctissimœ ac plané clivinœ 

v^ri potiçemnt, UU qon^iste^t 
ei^ diçs 4isçours , des 4^ai!}^u^ , 
€||>$. Je^t^rç^ ejt c!e> tLadiJ^tig^s, 

ftj Q.9 \T I N ( Nicolas Few^- 
<Bs)> s^^vant juçisconsulf^ et pij^ëte. 
ej^.^igs^ol 4u rçgne 4^ Çharl^III) 
lut ui» 4^ Çfi"x. quji ont la plm 
tçi^vaUl^iiU r^fonpjç dAU sçèuiÇi 
c^RPgnqlç. P^ns. ce but il çpnftr 
l^mi^Kfl Pçiipi^ircky comédie, imr 
jyàînéfi ^K-jQ^. f 'es^çcMlréireU 
toijç^çii^rç, cofpédie qui a parii, en* 
foûaigpe. selon toute. la rigueur des 
régies, dedjéâlre ; elje.est prépéd^e. 
d'ui^e excellente dis^etrlaCion, sur 

la çQméd(ie. Mocatiji a coipppsé 

qpjputrçj h trois tr^gédicÉi, savoir, 

liH(;rè<^9 Tiormrsui^^, et. Gus- 

n^afi'lf'^Ofl , ijïjpri mécis. k. Mm4|Û4.. 



MORE 

en 1770 et 1777. II. L<t Diane , 
ou /a Chasse , pqQme didacfiau« 
en six chants , Madrid , 1705 , 
in-8<». m. Lçs vaissi^ux de Cor-- 
tez détruits , poëme épique impri- 
mé k Madrid en io8a par les 
soins de son fils don Léandro > 
qui y ^ joint des réflexions cri- 
tiques très-curieuses. IV. Disser- 
tation sur r origine ef les procurés 
des combats de taureaux en Espa- 
gne, V. Dori&aj ^marilUs , églo- 
gue. Tous ces ouvrages très-«s- 
timés en Espagne , n'ont pas 
la même faveur dans les autres 
pays. Moratin mour^t k Madrid, 
en 1780. 

MORAVIE (les Frères de). 
Vojex UuTTEN , n<» il.' 

MQRDÀUNT, Voyez PETwao- 

ROUÇH. 



» MORE (Antoine). fToy 
Mppas- , 90 I. 



* II. MORE ( sir F^îançoi3 ), sa- 
vant jurisconsulte anglais ^ mort 
en 4621, élevé du collège de jus- 
tice de Middie-Tera^le. On a de 
lui un ouvrage intitulé Causes 
rassemblées m, rapportées , Loa- 
di-es , 1.693 , in-fol. 

*m. MORE (Henri), miifi»- 
tre anglais dissident et po^te-, net 
au comté de Devon , mort en 1 80*2 , 

EaslQur d^une congrégation k Li«^ 
eapd en C0raouailles> Ses po^ 
sies , qui pétillent d'esprit , &n% 
été publiées eni un velume ii»-4* ? 
par M docteur Aikin , qui a joinf 
aU' volume une noblce abrégée ûà 
la vie de l'auteur. 

,15^. MOBE. Faye^. Mpnu». 

*L MOREAU (Antoine)., d:iX- 
treçhi ^a QpllfiiidiQ , bon peîutrer 
d'histpi/e,. et) l^^cell/snl dans- le 
portrait , p^^sba 1(»? première;}^ axv- 
né^ 4^ s% jftiw^f^i Rwie,, <^ 



MORE 

t\ étudia ^y^ fruit les ouyram 
de Michel-Ange et de Raphaël. 
La réputation qu'il ^'acquit dan^ 
son art le fit rappeler en Espa- 
gne par Philippe II ^ qui lui fît 
«tire son portrait : il en fut si 
content , qu'il récompensa géné- 
reusement le peintre. Moreau alla 
ensuite en Portugal , où il fit le 
portrait du monarque de ce rojaur 
nie , qui en fut 5i satisfait , qu'il 
lui donna l'ordre de peindre ioate 
la famille irojale. D'après cela , il 
n'y eut pas en Portugal de cava- 
lier et de dame qui ne voulussent 
être peintçs par Moreau , et qui 
ne payassent volontiers pour un 
portrait cent écus, avec un anneau 
de la valeur de cette somme ; 
prix fixé par le roi lui-même. 
Philippe 11 lui ordonna de se 
rendre en Angleterre pour j fairç 
]è portrait de la reine Marie , son 
épouse. Celle-ci gratifia lé pein- 
te d'un anneau de grand pi|;ix, et 
lui assigrji.à en xqêmé temps cent 
écu& de renf&, sa vie durant. Ce 
seul portrait suffit pour l'enrichir, 
par le grand nonibrç de copies 
qu'il en fU* De retour à Madrid , 
Pl^^ippe El lui perni^it àfi s^ rç- 
tii^r dknd sa patrie, où il mourut 
«n i568 , Âgé de 56 ans. 

•H. l^IOREAU (le cheva- 
lier), commandeur de l^alte, plus 
^onnu sous le nom de comman- 
deur Morée , petit -fils d'Àn- 
tbii^d J^ean , et cousin de Psiul 
(cï-dess^s) , i^^ à M%dr)[d en ï55o, 
vahri en i'0i6. Il s'attacha com- 
me son. pèj^e au service de l'Espa- 
gn,e.' Sully , <^ans ses IV^émqirçs , 
ait n que ]e comnia^ndeur Mo- 
rieau , qui avoit des p^rèns fran- 
çais au service du roi de Navarre, 
nit ^vo^é àce pr^ice , en i583 , 
par Phihppe II , pour négocier 
aVec Iqi un tra^â secret, et lui 
porter uqê lettre de sa main , par 
liâoelle ïX eng^geoit Henri k re^^ 



MORE 307 

nonveller en France la guerre deâ 
calvinistes. 

* Uî. MOREAU (René) , né 
en Anjou Van i587 , mort a Paris 
en i656, y ^t re^u uocteur de la fa- 
culté- de médecine en 1 6 1 8, Plein 
de mérite et d'érudition , Moreau 
ne tarda pas k se faire avantageu- 
semeat connoître.. La cour et lai 
ville te rçclherchèrent, rendireni 
justice à sestalens , et bientôt on ^ 
le vit occuper avec distinction , 
^lk toUége rq^yal , la chaire de mé- 
decine et de chirurgie. On estime 
beaucoup ses ombrages , dont les 
principaux sùnt : L J>e missione 
sangiMnU in pleuritide , cum vité^ 
Pétri Brissotid , Parisiis , 1622 , 
i65o , in-8? ; Halae , ly^^ , in-B». 
09 y trouve un catalogue chro- 
nolo^que de presque tous les 
médeciil^ qui ont vécu avapt luï. 
lï. Scola salemita , hoc est de 
vaietudine tuendd : adjectœ suint 
ammtudversiones novas et coptO' 
sœ , Parisiis , 1625 , 1673 , inrS'. 
Il y a beaucoup d'autres éditions 
4e cet ouvrage. lïl. Vita çt icon 
Jacobi Syloii , Gençva? , i635 , 
ii^'iblip , k la tête de l'édifiioQ des 
œuvres de ce médecin. IV. Tabufq^ 
methodi u/^is^ersalis cura/uforujn 
morborum , ibi4èm , 1647 , iu-fol. 
et in-4*. V. Epis to la de Iç^rycngo- 
tomid , Pai^siis , 1646, avqç If» 
Êxercitationes ang^inçe de T^îq- 
raasBartholin. VI. Du çlioçqlsi^t f 
traduit dç Tespagno] d'Àntoîuq 
Golmeaero , avec quelques anno- 
.taûona et discours euiieux; k la 
suijte ejst un dialo^e composé 
par Barthélémy Marandon,'des 
environs de la ville de Morchena, 
traduit aussi de l'espagnol. Paris , 
1^3 > in*4*'* 

t, IV. >I0^K A U, ( P^prre ) , 
parisien , mort en 1648 , ipve/tt^ 
etjTondit un^caracjt^rê cf'iraprÎTV^- 
rie i^tant l'écriture bâ(^rûe. 



2o8 MORE 

f V. MORTEAU ( Etienne ) , 
poète dijonnais , mort en 1696 , 
a 60 ans , est conna par des Poé- 
sies d'une ëléeante simplicité. 
Elles ont été puoliées a Lyon en 
1667 , sous ce titre : Nouvelles 
Jleurs du Parnasse. 

t VI. MO RE AU DE Braset 
( Jacc^ues) , né k Dijon en i665 , 
capitame de cavalerie , mort à 
Bnançon vers l'an 172a, âgé de 
60 ans, est auteur, I. Du Journal 
de la campagne de Piémont^ en 
1690 et 1691. II. Des Mémoires 
politiques, satiriques et amusansj 
1716, trois volumes in-12. Ilf. 
De la suite du Firgile travesti , 
1706 , in- 12 : mauvaise conti- 
nuation d'un mauvais ouvrage. 

VII. MOREAU ( Jacaues ) , 
( habile médecin , né à Châlons- 
sur Saône .en 1647 » disciple et 
ami du fameux Guj-Patin , s'at- 
tira la jalousie et la haine des 
anciens médecins par des thèses 
prubliques qu'il soutint contre de 
vieux préjugés. On l'accusa d'a- 
voir avancé des erreurs ; mais il 
se défendit d'une manière victo- 
rieuse. Il mourut en 1729. On lui 
doit, I. Des Consultations sur les 
rhumatismes. II. Un Traité chi- 
mique de la véritable connoissance 
des fièvres continues , pourprées 
et pestilentielles , avec les movens 
dé les guérir. III. Une 'Disserta- 
tion physique sur Vhydropisie ; 
et d'autres ouvrages estimés. 

♦ VIII. MOREAU (Etienne), jé- 
suite hongrois , savant mathéma- 
ticien , assassiné en 1704, est au- 
teur d'une Géographie de la Pan- 
nonie , insérée dans le Tableau de 
l'ancienne Hongrie de Timon, qui 
en fait le plus grand éloge. 

tlX. MOREAU(Jean-Baptiste), 
né k Angers en i656 , devint 
niaître de musique a Langres et 
a Dijon. Etant venu chercher for- J 



MORE 

tune k Paris , il vint k bout de 
se glisser k la toilette de madame 
la dauphinc Victoire de Bavière. 
Celte princesse aimoit la musi- 
que : Moreau s^offrit de chanter 
un petit air de sa composition : 
il chanta et il plut. Son nom par- 
vint par ce mojen aux oreilles 
du roi , qui voulut voir Moreau. 
Il chanta plusieurs airs , dont sa 
majesté fut si contente , qu'elle le 
chargea aussitôt de faire un dl?- 
vertissement pour Marly , qui deux 
mois après fut exécute et applau- 
di de toute la cour. Moreau fut 
aussi chargé aie faire la musique 
pour Içs intermèdes des tragédies 
d'Esther^ d^Athalie , de Jonathas, 
et de plusieurs autres morceaux- 
pour la maison de Saint- Cyr. Ce 
musicien excelloit sur-tout k ren- 
dre toute l'expression des sujets 
et des paroles qu'on luixlonnoit. 
Le poète Lainez , k qui il s'atta- 
cha , hii fournit des chansons et 
de petites canta tilles qu'il mit ea 
musique , mais qui ne sont pas 
gravées. Il mourut k Paris ea, 
1754 > a 78 ans. 

* X. MOREAU ( Jacob - Ni- 
colas ) , né k Saint-Florentin le 
20 décembre 1717 , reçu avo- 
cat et ensuite conseiller k la cour 
des aides de Provence , historio- 
graphe de France , bibliothécaire 
de la reine , quitta jeune la ma- 
gistrature pour suivre avec plus 
de liberté son goût pour les let- 
tres. Venu k Paris , il s'y fit bien- 
tôt connoitre par ses écrits , fut 
nommé historiographe de France, 
e£ chargé de rassembler près du 
contrôle général les Chartres , les 
m on u mens historiques , les édits 
et déclarations qui avoient formé 
succcssivemenjt la législation fran- 
çaise , depuis Charïemagne. jus- 
qu'à nos jours. Cettq collection, 
immense et bien faite fut con- 
liée à s^ gard« , sous le titre d« 



> 

1 



. Itf ORÉ 

pé^t des chartes et de légis- 
lation. Il est mort , non pas dé- 
capité peùidant là révolution , 
comme Ta annoncé un biogra- 
phe , mais naturellement k Cham- 
bouci 9 près de Saint-Germain- 
cn-Laje , le lo messidor de Tan 
1 1 ( 1799. ) Parmi ses écrits nom- 
breux , on remarque, IJ U Observa- 
teur hollandais , espèce de jour- 
nal politique contre l'Angleterre , 
'divisé en quarante-cinq lettres écri- 
tes avec sagesse et beaucoup de 
conuoissance dans la politique 
de l'Europe. II. Mémoire pour 
, servir à thistaire des Càcouacs , 
1^57 , in- 12 : écrit piquant et 
rempli d'une ironie fine et agréa- 
ble , qui attira à son auteur 
quelques ennemis parmi les phi- 
losophes anti-religieux. Ilf. Mé^ 
moires pour servir à V histoire de 
notre temps y 1767 , 2 vol. in- 12. 
iV. Examen des effets que doit 
produire dans le commerce l'u- 
sage et la fabrication des toiles 
peintes , 1769 , in-8°. V. Le Mo- 
mieur français , 1760 , in- 12. VI. 
Les Devoirs ctun prince réduits 
a nn seul principe , 1775 , in-8». 
Cet ouvrage , réimprime en 1782, 
èi qui mérîtoit de l'être , fit hon- 
neur k l'éloquence et au cou- 
rage de l'auteur. « On vit , dit 
nn éerivain , un simple particu- 



•i 



« . • 



MORE 209 

1789 , et i^réseotent des tableaux, 
de notre histoii'e depuis Ciovis 
jusqu'à Louis IX. « L'auteur , 
ajoute Técrivain déjà cité , com- 
parant les siècles les uns aux 
autres > démontre par les faits que 
la morale doit être laiolfonda^ 
mentale des états ; qu^avec elle 
ils s'élèvent e:t prospèrent, comme 
sans elle ils périssent et s'affais- 
sent sans retour \ que l'iniquifi^ 
est le fléau de celui qui .la com- 
met , ainsi que la ruine de celui 
qui la sert \ politique sublime 
qui. .garantit tout à la fois et- 
1 autorité de ceux qui gouverneilt 
et la sûreté de ceux qui sont g^ti-* 
vernés. Moreau ne sépare jamais 
dans cet ouvrage la cause des. 
peuples de celle des princes. Eu 
défendant d'une main le pouvoir 
unique, il repoussoit de l'autre 
toute idée d'oppression. Sonprin-c 
cipe étoit que tout devoit être 
fait pour le peuple , et rien par 
le peuple , parce que son premier, 
besoin est (fêtre gouverne, et que 
le plus heureux emploi qu*il, 
puisse faire de sa force , c'est 
de s'en dessaisir. » Malgi^ cet 
éloge , Moreau fut vivement ac- 
cusé dans le temps de % n'avoir 
écrit que sous l'influence ministé- 
rielle , et poiu" favoriser " par, ses 

, ^ ^ recherchesi'accroissementaupou- 

lier opposer noblement la liberté 1 ^oir arbitraire ; de n'avoir vu 



de ses leçons aux flatteries des 
courtisans , et la sévérité de ses 
principes à ce torrent de corrup- 
tion qui commençoit dès lors à 
déborder de toutes parts , et dé- 
çoit bientôt engloutir et les flat- 
feurs et les flattés. Vlï. Exposé 
historique des administrations 
provinciales y 1^89 j-in-S». VIII. 
Exposition de la monarchie fran- 
çaise i 1789 , 2 vol. in-80. IX. 
Principes de morale politique et 
du droit public , ou Discours sur 
tHistoire de France , 21 vol. in- 



comme état heureux pour les 
Français que celui d'être esclaves, 
en soumettant leurs propriétés et 
leurs lois à la volonté absolue du 
chef. Il faut l'avouer ; ce repro- 
che , qui empêcha l'auteur d'être 
reçu à l'académie française ,' fut 
sans doute trop sévère , mais il 
n est pas dépourvu de fondement t 
et la lecture de ses • Discours , 
quoique écrits avec pureté et élé- 
gance , fait naître cette opinion , 
et laisse dans l'ame un seutîmcnt 
de tristesse et de découragement. 



I < 



1 



i«. Ils ont été publiés de 1777 k j Moreau eut des vdrtus sociales ; 



T. xti. 



4 



9Î0, 



MOAE 



MORS 




père 
bon époux , ami de la paix, de la 
religioti et de son pays. 

* XI. MOiWEAq HE Comma- 
GKT eu Cavmagnt (^Antoine- 
Jeati y, baron , puis vicomte de 
Soulaneis près Bourges , né en 
i/^gt y d'une ancienne Êimille no- 
ble du Berri, mort en t56i , se 
distingua comme homme de 
guerre et com^e faomme delet-* 
tfes. Ce seigneur étoit veuf et 
kvoit un fils «n bas âge , lorsqu'à 
la bataille de Pavie en iBa5\ il 
fût blessé et fait piîsonnier aved 
François I« et plusieurs de ses 
officiers, lis furent échangés dans 
la niême année : mais l'amour 
retint Moreau quelque temps en 
Espagne , oh il se remaria , et 
eût un second fils. £n iS^S il 
revint en Fï«ince avec son épouse, 
de qui il eut encore d'autres en- 
fans y et ses blessures l'autorisant 
à quitter le service , il se retira 
c|ans son château de Soulangis. 
t)eux ans après , le roi érigea 
iïette barbnnie en vicomte , et de- 
pub , Moreaû se livra entièrement 
a son goût pbur les lettres. lia 
laissé , I. IJn Recueil de poésies^ 
254B , in - 4** ) dans lequel on 
trouve quelques pièces qui n'é- 
toient pas tout-k-fait sans mérite 
a l'époque où elles parurent , mais 
qui ne présentent aujourd'hui 
nen de neuf. II. Une Relation 
détaillée de la bataille de Pavie , 
restée manuscrite à la bibliothèque 
de Tarchevêché de Bourges. Il 
seroit a désirer qu'elle fut im- 
|>riinée. 

*^ XIL MÔRËAU DE CoM- 
MAGMT (Paul), vicomte de 
Soulangis , petit -fîls du précé- 
dent , né en i56o , au château 
d« SoulaB|[is près Bourges , laort 



tempi 
de cette princesse avec le roi ae 
Navarre , fut du petit nombre 
des seigneurs catholiques qui 
suivirent le parti d^ Henri IV y 
sous les règnes de Charles IK. e% 
de Henri ttl. Paul n'avait quet 
16 ans , et étoit déjà an service , 

3uand il fut vainqueur dans un 
ùel où il souteuoit les intérêts 
du roi de Navarre, qui venoit de 
se retirer à Alep^on* Cette cir- 
constance lui concilia la faveur, 
de Eienri. ïl le Ht dans W sâite 
capitaine au réginyent de ses 
gardes françaises. Ce seigneur 
porta les annjes/ 55 ans, et fut 
tué sous les yeux dp Louis XUI , 
au siège die La Rochelle. 

♦ XIIL lM[OREAU (Michel ), 
de la même famill^ (jue les deux 
précêdens , s'est distingué au 
17" siècle dans la place de lieute- 
nant civil au ehâtelet de Paris , 
où il fît beaucoup de bien. I^- 
reconnoissance a conservé le noni 
de ce magistrat, qui a provoqué 

Ïdusieurs lois et régleniens utiles* 
1 étoît mort en 1607 ; cîir. k cette 
épocjue , sa veuve Ëlizâbpth Luil- 
lier épousa en secondes noces 
le chancelier Etiepne d'À-ligre* 

* XIV. MOREAU »a U Ro- 
CHETT£ ( François - Thon^s ) , né 
le 4 novembre ijap,, a Aigny*- 
ie-Feron , près Villeneuve-PAi^ 
chevêque , etpit directeur des fer- 
mes du roi à Melui^* Ily ^voi^ > près 
de cette ville , upe petite tei;re ap* 
pelée La Rocbetlîe , dont)e sol étoit 
si pauvre , que , suivant un dicton, 
vulgaire , une poulç n^^ trpuvoît 
point B vivre en 90Ûtr Mpreau de 
La Rbchette conçut le hardi pro- 
jet de changer cette lande en uoi 
domaine fertile. Il l'acheta ea 
i7âx- Le jour il vaqixpit à la ville 



MOUE 

ftOT deroîrs de sa place ; le soir 
et une partie de la nuit étoient 
consacrés à ses occupations ctiam- 
pétres. D^abord il fit» valoir les 
terres déjà en culture. En l'yôo il 
coihniença â défricher. Il proposa 
au gouTèrnement , en 1767 , d'é- 
tabfir a Là Rochette une écote 
de pépinièrie cultivée par des en- 
fan s- trouvés , dont lé nombre fut 
dans Tcriginè de 5o , et ensuite 
porté à 100. En même tenips qu'il 
ibrmoit des hommeà aux travaux 
agricoles , il les emplo^oit à con- 
tinuer ses défrioheméns , à nive- 
ler le terrain , à l'améliorer et à 
le planter. Bientôt de belles fo- 
rêts , des champs féconde j une 
niaison élégante et spacieuse ^ 
construite eh 1271 sur les plans 
du célèbre architecte Louis , et 
entourée des bâtiméns nécessaires 
k une gro.^e exploitation / de 
Vastes jardins , de riches pépi- 
nières , prirent la place des ro- 
chers , des bruyères et des sableà 
stériles^ donnèrent la vie à un 
'sol disgracié de la nature , et le 
parèrent de tout le luke de la vé- 
gétation. Lé gouvernement ré- 
poinpensa les talens de Moreau 
de La Rochette et eu tira parti: 
Il avoît été nommé, en 1760, à là 
place d'inspecteur des familles 
acadiieûnes rëstée:s ^ur les ports 
de mer. On lui donna l'année 
suivante celle d'inspecteur-'géné- 
ral'des pépiilières royales. Ho- 
noré de lettres dé noblesse , il 
fut, en 1^69 , décoré de l'ordre de 
Saint-Michei. On le chargea , en 
1785 , eâ qualité de commissaire 
du roi f d'améQager les bois ser- 
vant à l'approvisioifuemeiit de Pa- 
ris , et tle rendre flottables diÔ'é- 
rens ruisseaux qui pouvoient le 
favoriser. Moreau vécut dans là so- 
ciété'des personnages du 1 8* sièele 
les plus distingués par leur rang 
et leurs lumières ', et j a fait rer 
niarquer ou esprit ausçl ajg;réab)je 



MORE . air 

que solide , joint a un coeur vrai- 
ment philantropiquje.'U existe untf 
correspondance mtéressante en- 
fre Voltaire et cet iBdustrieux.ei« 
tpjen^ a qui l'on doit en outre une 
belle nmnufacture de sulfate dé 
fer ( coùpeit)se verte) , établie 
k UrceLpres Baon , l'une des pre- 
mières usines de ce genre que H 
Franée sût possédées ; des projets 
etpiattsuouT le défrichement de$ 
landes- de Bordeaux , etc. , etc» 
Il mourut^ dans sa terre de La 
Koehette, ealouré de sa création » 
et de l'admiration pid>lique , le ao 
juillet 1791 , âgé de 71 ans. 

♦ XV. MOREAU DB La Ro* 
CBBtTt ( Jiêan-Etknne), fiis du pré« 
icédent) membre de la société d'a- 
griculture de ^éine*et*Mame, né k 
Melun'kr K7 novembre 17Ô0 , et 
mort a La Rochette le S mai i8o4 v 
s'est rendu recoramandâble par sea 
travaux en agriculture , en cook 
tinuant de cultiver les belles pés* 
pinières et le ddm«ne de La Ro- 
chette. Quoique fort jeune alors ^ 
ç'étoii^ lui qui étoit chargé de 
l'exécution des plans, des dé- 
tails de culture, de la sur^etl'-» 
lance des ouvriers , de l'établis* 
sèment des pépinières* Il travailla 
avec son père jusqu'à la mort 
de celui-ci , arrivée en 1 79 r . De*- 
puis , il continaa avet le même 
zèle k améliorer ses établisse^ 
mens de cuttinreet ses pépinières. 
Aux époques désastreuses de la 
révolution , quand des'tjrai^s, nod 
mûins imbécilles que cruels , 
esoient dire qu'il ne faUoit à la 
France que du fer et des pomi- 
mes de terre; quatid , pour vou- 
loir le bien , on avoit besoin de 
courage , il fut assez hardi poui* 
faire enôore dés semis d'arbres 

Srécienx. 11 prépara ainsi , pouir 
eis temps nlus calmes et pku^ 
heureux , ' ae$ richesses et des 
jouissances dâtutil n^apas tei^^ù 



àî2 MORE 

vandalisme que nouui ne fussions 
à jamais privés. 

XVI. MOREAU. Voy. Béait* 
MONT , n® XIU , Màupérws , et 
Mavtour. 

* I. MOREÉLSE (Paul), fa- 
meux peintre hollandais , distin- 
gué par ses^ taiens , né k Utrecht 
en 1675 , mort en i638 , élève de 
Michel Mirevelt , a graifé en bois 
quelques planches qu'on estime 
beaucoup. Il entendoit bien le 
claii'-obscur. 

* II. MOREELSE \ Henri) , fils 
du précédent , né à Utrecht en 
161 5. Cet homme » d'un mé- 
rite rare, professa- pendant dix 
ans le droit civil à l'université 
d'Utrecht , et fut ensuite emplojé 
-dans diverses magistratures et 
jCom missions honorables. Il est 
•mort en. 1666. On n'a de lui que 
fia harangue inaugurale de Juris- 
pmdentiœ^omanœ usu hodierno , 
.quelques Dissertations académi- 
<]ues , et un Mémoire hollan- 
dais sur l'aggrandissemeut de sa 
■ville natale. 

' * L MORËL ( Hugues ) , né a 
Auxonnedaus le 1^* siècle , d'une 
£a mille recommandable de cette 
ville , se voua à l'état ecclésias- 
jtique. Dès la fin' du i4' siècle 
il iiguroit parmi les secrétaires 
du duc Phiupperle-Hardi , s'étoit 
distingué dans cette placé, et mé- 
rita la confiance du prince , qui 
le chargea, eu décembre iSgo ,de 
^e renure près du pape a Avi- 
gnon , pour obtenir main-levée 
de l'interdit mis sur la ville 
d'Auxonne par l'archevâque de 
Besançon , par rapport aux mbn- 
uoies que le duc faisoit fabriquer 
en ladite ville. Hugues Morel , 
assez heureux poui: obtenir un 
plein succès de la négociation 
Uçnt il étoit chargé /rapporta des 



MORE 

bulles de main-levée , et mit nn 
à une contestation qui duroi't^ de- 
puis un demi-siècle ^ et dont la 
ville d'Auxonne étoit sur-tout la 
victime. Hugues M6rel étoit dojen 
de Beaune , trésorier et chanoine 
de la chapelle du duc à Dijon , 
nommé par le duc j^eàn auditeur 
des causes d'Appeaux, membre 
du grand -conseil dès ducs , et 
garde des chartes de leur tré- 
sor. Envoyé en i4o8 par lie chan- 
celier de boui'gogne , pour con-< 
noître des differeus èxistans ep- 
tie les habitans de Besançon et le 
chapitre métropolitain ae cette 
ville , il les termina en se conci- 
liant l'estime des deux partis , 
s'en revint avec le titre ae cha- 
noine de Besançon , et reçut en 
récompense du duc le doyenné 
de la bainle-Chapçlle qui devint 
vacant sur la fin de ladite année , 
place d'autant plus recherchée 
qu'elle donnoit entrée dans le 
conseil privé du prince : ainsi 
Hugues Morel se trouva revêtu 
des dignités ecclésiastiques et ci- 
viles. En 1417 il fut nommé élu 
du clergé en l'assemblée. des troi» 
ordres du bailliage de Dijon , et 
dans cette mission il fut double- 
ment investi de la contlaace du 
peuple ^ui l'avoit choisi , et du 
souverain qui l'avoit distingué. 
Les dotations que fit Hugues Mo- 
rel à l'église (FAuxonne en 14*9 
doivent le faire considérer comme 
fondateur delsijamiliaritéée cette 
ville j il y avoit choisi sa sépul- 
ture , et fait d'avance placer sa 
tombe. Il décéda l'an i4^i • Ainsi , 
après avoir été honoré des trois 
premiers ducs de Bourgogne , de 
race royale , et avoir rempli sous 
ces trois règnes des fonctions im- 
portantes , Hugues Morel existe 
encore plus dans le souvenir des 
Auxonnois , par la mémoire de ses 
bienfaits , que'par la tradition de 
ses dignités. 



J 



MORE 

n. MOBEL ( Frédéric ) , célè- 
bre. imprimeur du roi , . et son 
interprète dan§ les langues grec- 
que et latine , héritier de Vas- 
cosan , dont il a voit épousé la 
fille y étoit né en Champagne , 
et mourut à Paris , le 7 juillet 
i583 9 dans un âge' assez avancé. 
Sa devisé étoit un mûrier , avec 
ces mots : Tout arbre porte' de 
bons fruits. 

m. MOREL { Frédéric ) , fils 
du précédent^ professeur et in- 
terprète du roi , et son impri- 
meur ordinaire pour Fhébreu , 
le grec , le latin , et le français, 
et plus célèbre que son * père , 
avoit une si violente passion 
pour l'étude , que, lorsqu'on lui 
vint annoncer que sa femme étoit 
sur le point de /mourir, il ne 
voulut pas quitter sa plume qu'il 
n'edt fini la phrase qu u avoit com- 
meiicée. Il ne Tavoit pas ache- 
vée , qu'on vint lui dire que sa 
femm^ étoit morte : « J'en suis 
fâché , répond -il froidement ; c'é- 
toit une bonne femme. » Cet im- 
primeur acquit beaucoup de 
gloire par ses éditions , qui sont 
aussi belles que nombreuses. Il 
publia i sur les manuscrits de la 
bibliothèque royale , plusieurs 
Traités de saint Basile, de saint 
Chrysostôme, de saint Grégoire, 
de saint Jérôme , de Théodoret , 
de, saint Cyrille, de Galieo', de 
Xéuophon , de Théophraste , 
d'Homère; d'Héliodore , d*Or- 
phée , d'Hippocrale, de Philon le 
Juif, de Synesius , de Théophile, 
etc. , etc. Dès l'âge de vingt ans 
il avoit déjà publié l'Hérodien 
de la traduction de Jacques de 
VintimilW, i58o, qu'il accompa- 
gna d^une yersîon.VOn estime Vé» 
aition qu'il donna des OEuvtcs 
d'OKcumenius et d'Aretas , Paris , 
i63i 2 en 2 vol. in-folio. Enfin , 
après s'être signalé par ses con* 



MORE 



2l5 



noissances dans les langues, il 
mourut le 27 juin i63o , à >]% 
ans. Ses fils et ses petits-fils mar« 
chèrent sur ses traces. Voyez 

ËZECHIEL , n» II. 

t IV. MOREL ( Claude ) , fils 
du prét^dent , bon imprimeur , 
et savant dans les langues grecque 
et latine , a donné une édition de 
saint Grégoire de Nysse , i638 i 
5 vol. in-folio , qui est estimée 
des savans. On distingue, dans ses 
éditions^ Quintiliën , saint Igna- 
ce , saint Dénys TAréopagite ^ 
dont quelques exemplaires sont 
en vélin. On a observé' que le$ 
livres sortis les premiers de ses 
pressés sont pins beaux que les 
autres. 

V. MOREL (Charles), impri- 
meur ordinaire du roi , succes* 
seur des précédens , a donné des 
éditions correctes de plusieurs 
Pères grecs. La plus considéra- 
ble est celle dés conciles gé- 
néraux et provibciaux , en grec 
et en latin , par Binius , 10 vol: 
in-folio. 

VI. MOREL (Gilles), impri* 
meur ordinaire du roi 9 habile 
dans son art, a donné les OEuvres 
de saint Grégoire de Nysse , i638 : ' 
de saint Isidore , d'Âristote , en 
4 vol. in- fol. On lui doit encore , 
la grande Bibliothèque des Pères, 
en 17 vol. in-fol. Sur la -fin de 
ses |ours il se fit recevoir con- 
seiller au grand-oonst^il. 

+ VIL MOREL (Guillaume), 
professeur royal en grec, direc- 
teur de l'imprimerie royale à 
Paris , mort en i564 1 a domié 
un Dictionnaire grec-latin-J'rafi" 
, çais , 1622 , in - 4** , et d'autres 
ouvrages pleins d'un savoir éten- 
du. Il di publié encore les ouvrages 
d'Arttiémider , en grec et en latin. 



/ 



9i4 MORE 

#t ceux de. saiiit Jean-Chrjsos** 
lôine 9 sur le Nouveau Testament, 
tn 6 YolumeA ia*iblio. 

t VIII. MOREL (Jean), frère 
4u précèdent , né en la paroisse 
du Xilleuf , 4^ns le c^té de 
Mortein , a publié , sous le voile 
de Tanonyme , , L'Ame toujours 
impassiblp dans toutes les po- 
êitions de la vie^Jçrs en une 
teille qui est la grande y Paris , 
j558, in-ia« Cet ouvrage est 
plein d'intérêt : le caractère de 
l^hilippin , le jpersonnage princi- 
pal , y est pariaitement bien sou- 
tenu, et contraste ^ merveille 
fivjec le caractère ardent de Flo- 
rine , sa maîtresse , pour laquelle 
il finit par être sensible. On a 
donné Tejctrait de ce roman dans 
la Bibliothèque universelle des 
romans , septembre , 1779^ pag, 
(I07 et suivanles^ Xies, <u>nnois- 
sances littéraires dq Tauteur Ta- 
voieni lié«avec le. cbancelier Oli- 
vier et Michel de THospital. Coa* 
yiiinca d'avoir adopte les-' nou- 
velles opinions, Morel fut mis, en 
prison pour crime d'hérésie. Il y 
mourut. On le déterra , et il fut 
iNTÛlé 1& 37 février iSSq. 

* IX. MORëL (Jean), né à 
Châlons-sur-Saône en iSg^, mort 
§u 1668 ) excella dans ja con- 

Ïioissance des langues grecque et 
atine , fut docteur en méoeçine 
de la faculté de Montpellier , et 
auteur de l'ouvrage smvant ; De 
Jebre purpunUifj epidenUcd et 
pestiienti qum . td> àUquot amùs 
in Burffundiam et omnes ferè 
Callim pi^vincias dehaechatur ^ 
mediem disseHatio , Lugduni , 
1641 9 in-d». — Un autre médecin 
de ce nom (Grégoire) a écrit: 
De aquis medivatis agri Pata- 
vini , el de causiê qualUatum,qt4^ 
0is insurU compendiolum ^ Puta- 
vii p 1567 , in-8*.— Pierre et Jean- 



MORE 

Charles Moael , aussi mddeons « 
ont publié Quelques ouvrages 
cités par les )>ibhographes. 

X. MOREL (André}, en la- 
tin Moreflius f antiquaire, natif 
de Berné , connu k Paris par 
sa profonj^e érudition. On lui 
offrit la place de garde du cabi- 
net des tnédailles du roi, h con- 
dition qu'il embrasseroit la reli- 
ffion catholique : mais il ne vISu- 
lut point l'accepter à ce prix. U 
étoit alors ^ la Bastille , où Lou- 
vois l'avoit fait mettre , parce 
qu'il s'étoit plaint , avec la fran* 
chise de son pàjs , qu'on ne le 
récompensoit pas du travail dont 
il avoil été chargé par Louis XIV. 
La libe.rlé ^ui ayant été rendue^ 
pour la dixième fois , 1^ , 16 
novembre 1691 , k la sollicita- 
tioil du jg[rand-consei1 de Berne p 
il se retira en AUeiiiaig^rie , et 
mourut k Airnstadt le 11 avril 
^7o3. Il l^ssa un fds , ministre 
de l'église de Berne. Quoique 
Morel edt cultivé toute sa vie Ja 
science numismatique , il ne la 
méttqit point au-dessus de toutes 
les autres connoissauces , comme 
font certaiïis antiquaires. Il ne i*e- 

âardoit les médailles que comme 
es monumens de la vanité des 
anciens , >qui servent k connoître 
rhistoii*e , mais qui ne renferment 
pqs toute l'histoire. U étoit natu- 
rellement modeste ^ et j quoique 
Vaillant ne lui fût pas favorable , 
il se reconnoissoit inférieur k cet 
antiquaire , et avouoit que per« 
sonne ne lesurpassoit dans la con« 
noissance des médaille^^ Ses prin- 
cipaux ouvrages sont , t. T/tesaU'" 
rus MofnlUaims^ sive Janiiliarum 
Romanarum numismata omnia., 
et disposita ah Andreàt âforelUo, 
cum conunentariis Havercattipi p 
Amsterdam f 1754 > cinq tom. en 
u vol. in fol. Ce recueil , le plus 
complet oes familles romaine» 



UOKt 



MORE 



ai5 



^n ait jamais para , e«t eitîflië , 
rare et idcfaerelié ; on j tron%« 
SSggmédaaies^ groupées aree iears 
fwcant* li6 ÊtttttËT tMé^KfBCOt 
frappé de la beauté des mé- 
^aoUef crâYées par Morel lui* 
n««e iSr k» of]^<, et de 
la jofleffedes inscriplioos. II. Spe- 
citmfH ^ff iuuwnaH€B , Leipsidk ^ 
i$g& , eo ^ Tol. în-S^ : ouvrage 
dî|pMe dtt préeédent* 

' f XI. IIOBEL (ilam Robert) , 
liéDédictm de Saint-Manr, né 
à la Chaife-Diea en Amrergne 
ran fOô3 ^ b i Mio t necatre de 
Saint " Germain - des - PrÀ en 
i68o« On Inî donna ensuite la su- 
périorité de différentes maisons. 
£m 1699 il Toolnt éftre dédiargé 
de font fàrâesm , >our se retirer 
a Saint'Denjs , on il ^oceupa ii 
composer des aiwnyes aseéti- 
ooes. n nuramten liSt^^jg ans. 
CNi a de lui , I. tffiaion de ctmr 
tur chaque iferset despêomme» et 
tk* etimUqueM de fEpise , Paris 
1^16, en 4 Tol. în-n. (Fo;tpz 
fusCoive Utténitt de la congre* 
eafkm de Saint^Maur 9 p. 5o4.) 
II. MétUfittion sur ht règle de 
Saint^Bemdt , Paris , 17179 in-8«. 
m. EmireUens spirituels sur les 
Evanâies des dhnanehes et les 
mystères de toute Tannée^ dis- 
irîimés pour tous les jours defA- 
vent ^ tjio^i^ voL in-i^* IV. Etu- 
tretiens spirituels ^ pour servir de 
préparation à la mort , . in-is , 
Piaris 9 \yi\ . V. Entretiens spiri- 
tuels pourlafHe et Foetiu^e du. 
SiànûSacrement ^ en lyn , in-i 1. 
TL imitation de N, S» /. C , 
tradnctioa sonTelle , aree nue 
pffiére ai&cfive 9 on eftusion de 
c><«ror a ta fin ^ chaque chapitre ^ 
ia-iî , Piiuis , 1723. Vil. Médita'' 
tions chréUennes sur les Evan' 
files de toute tannée, 3 inA, 
m-f 5 , Paris , 1716. VIII. Du bon-- 
heur étum simple religieux et 



d'une simple reUgicuse ^ 4pti ai' 
inent leur état et leurs devoirs , 
tn-r^, \jr]. tH. Betraite de dlsr 
jours sur les devoirs de la vie re- 
ligieuse 9 in-11 9 lySo. X. Do 
fespénmee chrétienne ^ et de Us 
confiance en là miséricorde de 
' Dieu ^rsk-i^ y y-P* ^ pinpari 
des ouvrages de dom M««el ne 
sont que des prières continudies; 
Tantear a tiré ses réflexions do 
l'Écriture et des écfiti ascétiques 
àe% ^. Pères. Cest ce qui dotma 
une grande vogue a wes ouvrages. 
Le Dîctionnaife àes livres jansé-^ 
nistes le range dans la classe im 
ces aecUîres, 

* Xn. MOREL (Glande), né 
à Paris, mort en 1703, fut, selon. 
Desvaux dans son mdexfunereus^ 
premier ciiirnr|p«n de Marguenie 
de Lorraine , seconde femme de 
Gasioo de France , dtfcd'Orléans , 
et ,è sa mort «rcfllpIitlesfimcttoRs 
de chirnrgienien chef dans Fbo- 
pital de la Charité. Il s'y dislin- 
goa , ainsi que Asu» la capttall^ , 
par les opérations les pb» dâi- 
cates de son art et ton|oiiffS finlts 
aivec snceès. Très-habila dansfa 
litiiof oniîe , il Ibrflia quantité Re- 
lèves à FHAtd-Dieu dans bi pra- 
tique de la taîUe , et se faisoit ad- 
nurer é^nn antre cdté, dans les 
écoles publiques, par la clarté de 
ses démoni^tions anatomiquès 
et diirurgicalea. 11 avoitélé long- 
temps wevdt de la communauté aa- 
Saint-OWne. 

^MORELL (Thoiiias) , sava»t 
théologien anglais , et lexico- 
graphe, né en 1701 , mort en 1784, 
a domié des éMtions précieuses 
duDietfonnaise latin dTÂinswortf» 
et du Lexieon me deUedeaicna. 
Il est auteur des esodlentes no- 
ies de TEssai sur Pentendemcnt 
humain par Locke. Enfin MoreU 
Bcuparth PAaaljsedelnbcadlé 



2i6 



MORE 



de Hagarth, et il a donné un choix 
de morceaux àe l'Ecriture sainte 
pour les Oratorios d'Handel. 

I. MORELLE (Julienne) , pro- 
dige de savoir , née à Barce- 
lonne , posséda quatorze langues , 
la théologie , la philosophie , 
la jurisp ndence et la musique. 
Dès l'âge de 12 ans elle sou- 
tint publiquement ^ Lyon di- 
verses thèses qu'elle dédia à Mar- 
guerite d'Autriche, reine d'Es- 
çagpe. Dégoûtée du monde et des 
nommages qu'on lui rendoit , elle 
embrassa la profession religieuse 
dans le monastère de Sainte- 
Praxède d'Avignon , et j mourut 
en i653. 

*' II. MORELLE ( N. de la ) , 
né à Paris vers la finduiiS* siè- 
cle, connu par quelques piè- 
ces de p<)é&ies qui ne sont pas 
sans mérite. On a de lui, I. Endj- 
mion ou le Raidissement, tragi- 
camédie pastorale en cinq actes^ , 
en vers, dédiée à la duchesse d'Or- 
léans , Paris 1627 , in-8«. IL Phi- 
hne,<i\i l'Amour contraire, pasto- 
, rsde en cinq actes, envers, dédiée 
a la princesse deGuémenée, Paris, 
i65o , in-8<». Si Ton en croit l'aTis 
du libraire au lecteur , cette pièce 
a souvent paru sur le théâtre de 
rhôtel de Bourgogne avec succès, 
et dans les meilleures maisons de 
France ; c'est par le conseil de 
«es amis , et sur-tout de Malherbe , 
qu^il la fît imprimer. Le même 
Malherbe, dans un sonnet qui 
suit Tépître dédicatoire , fait un' 
i;rand éloge de Tauteur et de la 
pastorale. 

^ m. MORELLE ( Cômc} , 
lié en Catalogne vers Tan i553 , 
.«nti:» dans Tordre de Saint^Dô- 
jaiBique , et professa la théologie 
à COotogi^e au commencement d_u 
ig* siècle* Les Xhkse^^^'A soutint 
à Paris, en 1612, sur l'autorité 



MORE 

du pape et des conciles , ûteol 
beaucoup de bruit. Cette même 
année il publia à Anvers une nou- 
velle édition des QEuvres de saint 
Thomas d'Aquin en 18 vol. in-foi. 
Il fut fait inquisiteur général de 
la foi dans les trois électorals le 
25 mai i6i8. L'estime- et l'amitié 

Îii'avoit pour lui l'électeur de 
reses lui devinrent funestes. 
Les Espagnols s'étant imaginés 
<^ue Morelle étoit son espion , 
1 arrêtèrent , et le firent condnire 
dans la (citadelle de Gand, où il 
finit misérablement dts jours le 
i8 février i636. 

L MORELLi(Marie-Magd€- 

leioe ) , née à Pistoie , se distingua 
dans sa jeunesse par ses tal eus 
pour la poésie, qui la firent re- 
cevoir dans l'académie de» arca- 
des de Rome , sous le nom de Co- 
rilla Oljmpica. 8e^ succès lui 
procurèrent l'honneur de recevoir 
au Capitole, le 3i août 1771 , la 
couroime de grand poë(e, que 
Pétrarque obtint, et qui aitoit 
ceindre le front du Tasse , si la 
mort ne l'eût frappé la veille de 
la cérémonie. Le célèbre impri- 
meur Bodoni a recueilli, à Parme, 
les actes de ce couronnement so- 
lennel , et des honneurs rendus a 
Corilla , qui est. morte h Florence 
le 8 novembre 1800. Kojez Pizzi. 

* TI. MORELLI (François-Jo- 
seph ) , de Florence , prit d'abor^i 
l'habit de frère mineur de l'obser- 
vance de St. François , mais il le 
quitta bientôt pour reprendre 
l'habit séculier, et se retira a 

, Londres , où il étudia à fond la 
langue anglaise , et les ouvrages 

. de cette nation les plus érudils 
et les plus accrédités. S'éfant re- 
penti de sa démarche , il retour- 
na à Florence , où , par la protec- 
tion de Cosme in, il fut dispensé 
de rentrer dans son couvent. En 



MORE 



MORE 



219 



ijSo il fit un Yùy sige en Allema- j Tempercur Frédéric Barberonsse 
gue , et se rendit a Vienne , oii il fît en Lombardie depuis 11 54 

^ jusqu'en 1168 , principalement 

par rapport a la ville de Lodi^ 
Aurens. — Acerbus Mobena , son 
fils , acheva ce que le pè^re n'avoit 
pu finir. Ces auteurs étoient partir 
sans de l'empereur contre les pa- 

ϻes. On trouve cette histoire dans 
a collection de Burmann et dans 



termina ses jours en lyot)* On a 
de lui les ouvrages suivans , tra- 
duits de l'anglais : I. Guida degii 
uomini alla loro etema salute y 
del P. Roberto Personio delta 
compagnia di Jesu, II. Gentiluo- 
mo istrutto nelîa condotta duna 
virtuosa e Jelice vita del P. Gu- 
gUemo Dorell délia compagnia di 
Jesu. Ces deux ouvrages furent 
réimprimés plusieurs fois. UI. Le 
tre conversioni deW Inghilterra 
dal paganismo alla religions 
cristiana , etc. , cofi diverst altne 
materie appartenenti aile dette 
vonversioni , scritle dal P, Rober- 
to Personio sacerdoteinglese dél- 
ia compagnia di Jesu, etc. , Roma, 
lySo , 3 vol. in-4°« Ôans cet ou- 
vrage cil examine le Martyrologe 
Protestant de Fox , et on y donne 
i relatioH de la fameuse confé- 
rence qui eut lieu k Fontainebleau 
^Dtre le cardinal Duperron et Dn- 
piessis - Momay , ainsi que de 
plusieurs disputes et controverses 
qui éclatèrent à Oxford , entre les 
catholiques et les protestans , 
soas le règne d'Edouard VI. 

♦ MORELY ( lord ) , fils de sir 
Thomas Parker^ fut en grande fa- 
veur sous Henri VllI , et Pun des 
pairs qui signèrent la lettre au 
pape sur la légitimité du divorce 
de Henri et de Catherine d'Ara- 
gon. Il concourut dans toutes les 
mesures qui furent prises pour 
faire réussir le mariage de ce mo- 
narcpie avec Anne de Boulen. 
Il vécut dans un âge très avancé , | 
et se retira de bonne heure de la 
eoar, ou il ne se plaisoit pas. Il 

mourut en i547* ^^ ^ ^^ ^^^ ^^^ 
Poésies latines. 

♦MORÉNA(Othon), natif de 
Lauden en Allemagne , dans la 
Frauconie, dans le 12* siècle, 
commença Thistoire dé ce que 



celle de Muratori , avec les notes 
de Saxius : elle a été aussi impri- 
mée a Venise , i639 , in-4*' » avec 
les notes et les corrections de 
Félix Osias. 



t MORENAS (François) , his- 
toriographe d'Avignon , né danâ 
cette yille en 1 702 , y mourut en 

177 Morenas fut soldat , puis 

cordelier ; et ayant obtenu la dis- 
pense de ses vœux , il entreprit 
en 1733, le Courrier d'Avignon ^ 
qu'il écrivit d'un, style foible et 
incorreèt, mais facile et nïiturel. 
On lui donna ensuite pour colla-' 
borateur l'abbé La Baume , puis 
l'abbé Outhier i l'un poëte en 
prose , l'autre ex-prédicateur. Le 
ton de la Gazette avigoonaise 
changea entièrement sous ce der- 
nier rédacteur. Il broda les nou- 
velles en déclamateur ; il annon* 
ça des bagatelles aVec emphase. 
Ce style oeitai-oViental , qui aur 
roit du décrier la feuille , servit à 
la répandre , parce que l'auteur 
avoit de l'imagination et quelque- ' 
fois des saillies. Morénas n'avcfit 
ni l'un ni l'autre. C'étoit en lit^ 
térature un écrivain très - mé- 
diocre ; et dans la société un bon 
homme qui ne moutroit père 
d'esprit , et encore moins d agré- 
mens. Comme les profits de la 
Gazette ne lui sulnsoient pas , 
il coipposoif des. sermons pour 
tous les jeunes aspirans a la chai- 
re , et leur vendoit son éloquence 
à très-bon marché , mais toujours 
pli^s qu'elle ne valoit.. Louis XV 



^tft 



MORE 



«yant pris possession du Comtait 
Venaiiâiti en ij6è , et le Courrier 
d'Avignon sr^ânt'ëfé Supprimé , 
Bf orënas se reiidit I Monaco , où 
il continusl sa UAtèiVe, C'est dans 
cette ville qU'irmoui-ut en i')y^ 
On a de lui dijOTér^hâ ouvrages 
aujourd'hui Oiiblié^. On ;^e sou- 
tient pourtant encore de son 
Jbrége A\x Di'ctioUfiaire des cas 
de consciedce de Pontas, eb a 
Vol. in-8« , qui fil t contrefait à 
Lyon , et que Coll'et s'appropria 
éhstiite , en dëcHânX lé premier 
auteur, suivant l'usage ordinaire'. 
Ce théologien y ajouta pourtant 
bien des cas , et modifia ou rec* 
iifia les décisions; inais le fonds 
appartenoit à Morëoas , et c'étoit 
lui qui avoit pris la plus erànde 
peiue. Son Abrège de ritistoire 
ecclésiatique de Fleury, en x5 
\ol. in-i2, est très-infërieur à son 
travail sur Pontas ; les deux der- 
fiiefs Volumes , pris dans leS Mé- 
moires du P. d'Avriguy, el dirigés 
jpat* les jésuites d'Avignon , ne 
Tout honneur ni à son exactitude , 
ni à son impartialité. Les diffé- 
rentes Relations des évfi^nemens 
conrans , ainsi que son His- 
'toir*e de rentrée des Allemands 
en Prosfence^ n'ont eu audun suc- 
cès. Il a donné aussiv nhe mau- 
vaise Suite aux Lettres historiques 
de madame du Noyer. Sa Disser- 
tation sUr le dommétxe , traduite 
de l'italien de Bell oui , 1^56 , 
iu-i3 , eut quelque > accès. More* 
tfAs auroit été plus recommanda- 
ble , si , au lieu de composer, il 
s^étoîf l>orné k traduire. Il travail- 
lait en même temps à di&erensoii- 
vrages polémiquéîs peu impor- 
taus. 

* t MÔRÊM (Louis ),dôctetir 
en théologie , né le ^5 mars 164S, 
d'une famille honnie , a Bâge- 
xnoût, petite ville de Provence , 
dans le diocèse de Fréjus , fit ses , 



MORE 

ëtudes à Di-aguignan , à Aix et m 
Lyon. Dans celte dernière vdle 
il prêcha la controverse pendant 
ciiiq ans. Moréri s'y étoit annoncé 
par une mauvaise allégorie , inti- 
tulé le Pays tt Amour , Lyon , 
i665 , în- 1 2 i (m'il publia des l'âgé 
de 18 ans.Il se fit connoitre bientôt 
par des ouvragés plus utiles. Il 

Ï>ublia , en 1673, en i vol. in-fol. 
e Dictionnaire qui porte son 
nom , et dont Châppuaeaii ( vpy, 
ce nom ) , dit-on » lui donna lu 
première idée. Ce fut vers le ixA- 
me temps qull s'ahacha à l'évéquè 
d'Apt , Cradlàrd de Lonjumeau , 
à qui il avoit dédié cet ouvrage , 
eu reconnoissance dés soins qu^ 
ce prélat s'étoit donnés pour lui 
faire trouver àes matériaux. Ma- 
dame de Gaillard de Venèl , sœur 
de l'évéque d'Apt , le fît placer 
auprès de Pompone , secrétaire 
d'état. Il pouvoit espérer de 
grands avantages de sa place } 
mais son application au travail 
épuisa ses forcbs, et le jeta dans 
une langueur presque continuelle. 
L'ardeur avec laquelle il s'occupa 
d'une nouvelle édition de soit 
Dictîonilaire augmenta ison épui- . 
sèment. Il mourut k Paris le ko 
juillet 1680 , k 38 ans. Le 1*' vo- 
lume de sagaouVelle éditioR avoit 
déjk paru , et le 3* vit le jour qael- 
ques mots après la mort ae son au- 
teur. Morén avoit delà littérature, 
il connoissoit les livres modernes 

2u'il iaUoit consulter , et enle»-- 
oit assez bien l'italien et Tespa- 
gnol ; mais iln'avoitni beaucoup 
de goût , ni beaucoup d'imaginà* 
tion. Son ouvrage, réformé, et eoty- 
sidérablem^em augmenté , porle 
encore son nom-, et n'est. plus de 
lui. « C'est une ville nouvelle , dit 
Voltaire, bâtie sur l'ancien plan.» 
Trop de généalogies suspectes , 
d articles consacres a des npmmes 
obscurs , d'inexactitudes , de mi- 
nuties f Vie fautes de langage ^ !# 



MORE 

diéfaat de critique, de prëcisîoQ 
Jet de goût , ont tait tort a eet ou- 
vrage utile y qui seroit infinimenf 
plus agréable , si les auteurs qui 
y ont sais la main s'ëtoietit bornés 
an nëcessaire et à Fiyié ressaut. 
Plusieurs grààds hommes^ comme 
Alexandre , César , Pompée > 
Boileau, Molière, Corneille, eto. , 
n*j sont crue crayonnés , tandis 
qu'une fouie d'écrivains inconnus 
et de gentilhommes de deux jourâ 
y o<xupent un terrain immense. 
Ce Dictionnaire est sur-tout dé- 
fectueux pour la partie géogra» 
pîuque ) malgré les diverses et 
fréquentes révisions qui en ont 
été laites. Aussi étoit-ce une vraie 
éiuble iTuëugias ^ dit Prosper 
Marchand, « pouV* le nettoiement 
de laquelle il n'auroit fallu rien 
moins ^u'uii Hercule littéraire, i 
Ce qui a contribué à faire lih 
nom a Moréri , c'est qu'on slma- 
giiie <|ué son Dictionnaire est le 
premier en ce genre qui ait paru ) 
tnals on avoit celui de juigné, 
qui , tout inexacf qu'il est, ne lui 
lut pas inutile. Les éditions les 
plus estimées du Dictionnaire de 
Moréri sont , celle de 171 8 , en 5 
Vol. in-fol; celle de ijaS , 6 vol. 
in-fol. , et celle de ijSa , aussi en 
6 vol. in-fol. L'abbé Gouget a 
ckonné 4 vol. in-fol. de Supplé- 
îneat que Drouet a réfondus dans 
ùue nouvelle édition , publiée en 
.*759 , en 10 vol. in-fol. , avec des 
corrections et des augmentations. 
Cette édition est la 19* de ce 
grand ouvrage, La première, ainsi 

Ei'onradit]^us haut , est de 1673. 
a seconde, revue par Fauteur, 
^arut à Pai^is en 1681 , en a vol. 
lit-fol. Les troisième , 4* ^t 5* pnlt 
successivement paru sans beau- 
coup de changemens ; mais en 
1689 on donna un 5« volume en 
jTonnede supplément. La sixième, 
par les soins , et avec des correc- 
tions de Le Clerc. Les 7, 8, 9, io^ n 



MORE ài9 

et ra* ^ ^ont a peu près une seule 
et même édition , si ce n'est' que 
la II* a été augmentée et retou- 
chée par '^ajle. Là i3« parut fc 
pHiis en 1712 , en 5 vol. in-fbl. , 
et Dupin v a eu beaucoup de part 
àiusi que dans lés suivantes. Céllér 
de 175^ , en 6 vol. in-fdl. , est là 
18'. Cet ouvrage a été traduit en 
anglais , en espagnol et en italien* 
On a encore de Moi^ri une 
Tradtiction de l'espagnol de là 
Pratique de la perièction chré^ 
tienne et religieuse , d'Alfonsè 
Rodriguez, Lyon, 1677, in-8" i 
trois volumes , dépuis souveni 
réimprimée; uite édition des VieÉ 
des Saints , dans laquelle il a re- 
touché le st^'le et ^onté des tables 
chronologiques. Relations nou- 
velles du Levant , ou Traité de U 
religion du gouvernement , txdeà 
coutumes des. Perses , des Armé* 
mens et des Gaures , cotnposées 
par le P. G. D. G. C. ( S. Ga* 
briel du Ghiuon, cabUCib) , et 
publiées par le sieur L. M. P. D. 
E. T. (Louis Moréri^ prêtre, doc- 
leur en théologie. ) 

« 

* MORES ( Edward Rdw ) , 
né a Tunstall^ dans le comté 
de Kent, le i3 )ànvier 1 730 , d'une 
très-ancienne famille , ft2t élevé 
k Oxford , où jeutie encore i) con' 
rigea les épreuves de la concor- 
dance hébraïque de Calasio , 
ifiy , in-folio , 4 vol. A peine 
âgé de âo ans, il publia k Ou'ord, 
en 174^ t îfomina et inéignia 
gentilitia nohiliwn èifuituniquâ 
sub Ed'wàrdo primo t*ege militant 
tium , in-4**> ^t suivit son goût 
pour l'étiide de l'antiquité , en re- 
cueillant dci pièces et des mé- 
moires sur l'histoire d'Oxford , el 
Ï Particulièrement sur le collège dé 
a Pieine , auquel II étoit attaché. 
On doit a cet homme singulier , 
laborieux dans les premières an- 
nées de sa vie , et qui eu consacra 



32P MORE 

le reste a la dissipation , l'ét^bli^- 
ftement de la société pour Tassu- 
rance des yies et la survivance par 
annuités de looliv. sterling, crois- 
sant pour les survivafaciers , divi- 
sés en six classes d'âges de i à lo, 
de lo a 20 , de 20 à 5o , de 5o a 
4o ) de 4o à 5o jusqu'à la fin de la 
vie. La première idée eu fut don- 
née par Jacques Dodson , mathé- 
maticien attaché k l'hôpital de 
Christ ; mais, celui-ci étant mort , 
Mores elTectua et suivit la forma- 
tion de cette, société , dont il fut 
nommé président k perpétuité. Il 
en rédigea le plan et les statuts , 
et a publié divers écrits sur cet 
établissement , qui n'est connu 
qu'en Angleterre. Mores mourut 
le 28 novembre 1778 , dans la 
49*. année de son âge;. Peu de 
temps avant sa mort il avoit 
publié une Dissertation sur les 
fondeurs et lesjonderies typogra- 
phiques , et a acquis ce qu'il pou- 
voit y avoir de plus curieux dans 
une immense collection de poin- 
çons, de matrices et de types , fol^ 
înée depuis le temps de Wjnkyn , 
de Wocde jusqu'à celui de M. 
James. 

I. M O R ET ( Jean ) , impri- 
meur d'Anvers , ' successeur de 
Plantin , dont il avoit épousé la 
fille y se rendit célèbre par ses con- 
noissances et ses éditions. Son 
amitié pour Juste-Iipse ne se dé- 
mentit jamais. Il mourut en 161 0». 
— Son fils Ballhasar Mobet con- 
serva a son imprimerie la réputa- 
tion qu'elle avoit acquise. 

t II. MORET (Antoine de 
BomiBON , comte de ) fils naturel 
de, Henri IV et de Jacqueline de 
Beuil , comtesse de Moret , et 
prince légitimé de France, na- 
quit en 1007. Après avoir goûte 
les sages leçons de Lingecdes 
(dep.m;i> éyêque de Sarlat ) , son 



MORE 

précepteur y il eut ks abbayes de 
iSavignj, de Saint-Etienne de Gaen^ 
de Saint- Victor de Marseille , eé 
ses bénéfices ne l'empêchèrent pas- 
de porter les armes. Il reçut un 
coup de mousquet au combat de 
Castelnaudarj , en i632 , dont iL 
mourut , k ce qu'assurent les his- 
toriens les plus insti^iiits. D'autres 
prétendent qu'il se retira en Por- 
tugal , soiis un habit d'ermite ; 
qirensuiteil revint en France, et 

Îu'il se cacha , sous le nom de 
^rère Jean-Baptiste , dans ua 
ermitage en Anjou. Mais enfin 
ils n'apportent aucune preuve 
qu'un nls de Henri IV, qu'^s 
ne font mourir qu'en lôgS, fût 
un solitaire angevin. Cependant 
ils ajoutent v que Louis XIV \ 
frappé des bruits qui couroient 
au sujet du comte ue Moret , fît 
demander par l'intendant de Toii- 
raine k l'ermite qui passoît pour 
être ce comte , s il 1 étoit réelle- 
ment ? Le solitaire répondit : « Je 
ne le nie , ni ne veux l'assurer ; 
tout ce que je demande , c'est 
qu'on me laisse comme je suis, v 
Cette réponse et d'autres circons- 
tances répandent sur ce point 
d'histoire une obscurité que IcS 
critiques n'ont pu encore dissiper 
entièrement. Cependa<ht ' nous 
croyons devoir, rapporter les 
raisons de ceux qui admettent 
l'opinion la plus probable , c'est- 
à-dire , que le frère Jeaii-Baptiste 
n'étoit pas le comte dé Moret. Si 
ce jeune seigneur se sauva avec 
une douzaine de personnes de la 
première qualité , ainsi que l'as- 
surent ceux qui ne veulent pas 
qu'il ait été tué dans le combat , 
comment le bruit de sa mort se 
répan4it-il si généralement , sans 
être réfuté par aucun des témoins 
et des compagnons de sa fuite ? 
Comment Bassompierre , qui de- . 
voit être très-instruit , publia-t-il 
qu'a^ aut voulu aller voir détrousr 



MORE 

ser les ennemis , le comte fut 
fappoilé mort? Comment cette 
fnort fût-elle confirmée par les 
historiens contemporains , Du- 
pleit et le continuateur de de 
Serres? 11 y a plus : quelques- 
uns de ses historiens nomment le 
capitaine Bideran qui lui porta le 
coup mortel , et désignent le mo- 
nastère de Prouille comme le 
lieu où le corps du comte fut 
porté. Si doncu mourut pendant 
ou après le combat , la dispute 
est hnie. 

' *MORETO( Augustin), poète 
comique espagnol , fort esti- 
mé parmi ses contpatriotes. Plu- 
sieurs écrivains français et italiens 
ont imité âe ses pièces. Les su« 

Î'ets de la Princesse dEIide de 
iolière , du Charme de la voix 
de Th. Corneille^ de />• Japhet 
dL Arménie de Scarron , lui ap- 
partiennent. 

* MORETTI (ÊaëUn), de 
Bologne , trère-lai des théatins , 
pii il fit profession le ist février 
1648 j s'appliqua à Tétude de Tas- 
trouomie , dans laquelle il fit des 
progrès si rapides , qu'il publia 
)Bur cette science , I. Tavole deW 
ore planetarie perpétue , nelle 
quali si vede quai piane ta domina 
injquahivoglia ora del giorno , 
e délia ^nQtte per tutto il tempo 
delT anno ^ etc. , Bolugna , 168 1 . 
II. Firmamentum HO\fissimè de- 
nudatum^ in^ quo supputantur 
,omnia sidéra Jixa usque adtuic 
fyhservatà y etc., Bononiae , i6q5, 
.dédié k Cosme III , grand - auc 
de Toscane. La seconde partie de 
.cet ouvrage fut réimprimée, en 
1705 9 k Bologne , ok Moretti 
mourut le 23 février .1697. 

; * MORE Y (Michel - Josçph ) , 

de Florence , né vers Tan 1695 , 

passa la plus grande partie de sa 

'visa Rome,oii,iDalgré de sérieuses 



MORG ait 

occupations , il trouva le moveii 
de cultiver la littérature. Membre 
de plusieurs académies , il s'y 
distingua par ses /7/V£/ifc/io/z^ la- 
tines , jusqu'à sa mort arrivée en 
1767. On a de lui , I. MlchaeUs 
Josephi Morei carmina , Romae , 
1740. II. Eloee de Jean~Mari9 
Crescimbeni, III. Vie du même , 
insérée dans le Recueil des vies 
des illustres académiciens des 
arcades, Rome ^ 1761, in-4** 
ÏV. Pi^ose di Morei , dette in di- 
verse académie , Rome » 175a. 
Une grande partie de cet ouvrage, 
plein d'érudition , traite de l'ori- 
gine de la fable ; des jeux établis 
Êar les Romains en l'honneur de 
^urs dieux , des statues éques- 
tres, etc. V. Vies des plus illus- 
tres académiciens des Arcades , 
Rome, 1751. VI. Et plusieurs 
autres ouvrages qui attestent à la 
fois les talens et la fécondité de 
cet auteur. 

MORFONTAINE ( N** de ) , 
né dans la Brie , auteur des can- 
tates que du Bousset a mises 
en musique , et insérées dans 
ses recueils , avoit fait aussi utt 
opéra de Pirame et Thisbé ^ dont 
lé célèbre organiste Marchand 
avoit commencé la musique lors- 
qu'il mourut. Morfontaine est 
* mort vers l'an 1732. • 



MQRGMiNÏ (Jean-Baptiste); 
savant anatomiste , né a Forli 
dans la Romagne en i68a , mem- 
bre de l'académie des inquiets de 
Bologne , ôh il avoit fait ses étu- 
des ; académie connue- depuis 
avantageusement sous le titre 
dlnstitut de Bologne. La répu- 
blique de Venise le tira de Forli , 
où il exerçoit la médecine sur 
un trop petit théâtre , pour M 
.donner la chaire d'anatomie de 
Padoue , avec six mille francs 
d'appointement. Il honora -cette 



«2 MORG MORG 

>rillepars€J découviertcs , et par? f6o4, élève du colléffe de Saiptr- 
ses ouvrages qui roulent tous sur Jean a (Cambridge, obtiut d'aborçi 
son ^fU lis principaux sont , .1. ' • . ^ -*, ^ ^ 

jidversaruf, anatonùca omma , 



J^adoue, 1719, în-4°> hey<^ '74*> 
in-4'** ÇfBtte dernière /édition a , 
de plus que les précédentes, IVot^^, 
ifistitutionum medicarum ifiea^ 
flf J^pistplçe anatomicce , Leyde , 
1 728, in-4® > réimpriii^ées â Venise, 
1740^ 2 vol. in-4*'» III» Desedibus 
ft cûusis mofbont^ pcr anato- 
men ifuiagatis Ubii F y Pajt^vii , 
1765^ ^ tom* en un vol. in-folio \ 
(^vanii, 1766, 4 ^<^"^* ^° ^ ^'<'^* 
^^-4** ; flnibrQduni in Helvetiâ , 
1779, 3 nfA» in-4>**, avec Ms notes 
de ïisspt; cette éditiop est plus 
estimée que les précédentes. IV. 
Plusieurs Lettres insérées dans la 
nouvelle édition de Valsa va. Il a 
donnée son nom k un trou de la 
languie et à un muscle de la luette, 
parce qu'il les découvrit le pre- 
mier. Ce savant, correspondant 
de Tacadémie des sciences de 
parip , moproJ en 177Ï > Agé de 
90 an^. XjQ^ p^f s Clément XJ et 
ClémenjtXII, et plusieurs sou- 
irer^ins , lui 4oQ9^rent dos mar- 
m^^ partiQulièffues <]e leur estime. 
Jnenoit XIV fait de lui une men- 
|ion Jionorable d^ps .son tr.aité 
De /fèatificaiione ^ervomm Deh 
Peu de savans ont joui d'une es- 
time plus géi}érale. Ili avoit re- 
cueilli lui-même ses ouvrages , 
^î parui^ent à Venis« en 1 765 , 
liq. 5 W* in-Xollp. 

* I. MiQRGAN-MWYlvy^yVR 

4MI Mo^GAÇt^ - ÇotTRTOis , prince 
falloir, né e;n 873, mort en 
^ooi y vécut par conséquent 129 
j^ns. Ce prince , grand ^guerrier, 
^d le plus intinije ami du roi 
fldg^r, d'^ng1^teri;|e,aimoitbe9]ji- 
4(9up U paix. 

^ II. MORGAN. ( Guillaume), 
Ê9!9WX prélat gallois , mort en 



le vicariat de Welshpopl , et, eii 
1595 fut nommé évéque. de Lan- 
daiFf En 1601 il passa de ce siège 
à celui de Saint-Asaph. Morgan a 
eu la plus grande part à la tra-f 
duction de la Bible en gallois , 
dont la première édition est de 

i588. . : 

* m. MORGAN, fameux aven- 
turier anglais , né dans la pro- 
vince dé Galles Ou W^ales, passa 
à 111e de la Barbade , et de-là a 
la Jamaïque ; il devint vice-amiral 
de la flotte de Mauwelt , fameux 
corsaire , et prit avec lui Tile d« 
Sainte-^Catherine. Ce flibustier* 
d'une rare intrépidité, à la tétc 
de quatre vaisseaux et de 700 
hommes aussi braves que lui, 
courut les mers , prit llle de Cu- 
ba , pilla la ville de Porto-fiello 
en 1070 , pilla et brâla la viil^ 
de Panama , fit. un riche butin \ 
et fit route pour la Jamaïque , oà 
il se retira et épousa la fille d'un 
des principaux officiers de File. 
On ignore l'époque de sa mort. 

* IV. MORGAN (George Ca^. 
noGAK ), né en 1754 à Bridge-End 
en Glamorganshire;, un des com-i- 
tés du Sud-Wales, mort le 17 no* 
vembre 1798, iiit nommé en 5776 
prédicateur d'une église de ais^ 
siden? k Norwich. En 1785 il 
alla a Yarmouth dans la même 
qualité ; mais l'année suivante ^ 
se retira à Hackney , oii il fit dans 
un établissement littéraire deil 
cours de philologie , dé maihéf 
matiques, et d'histoire naturelle *> 
sous la direction de son oncle 1^ 
docteur Pricé. Ces dei*niers liH 
donnèrent occasion de publier 
dans la suite ses Lectures on 
Electricity ( Leçons ^ur l'éleclri- 
qité), Londres , 2 vol. in-S» ; en 
1785 il composa .s^.& Okseiyi^ 



MORH 

fions et expériences sur Ia lu- 
jiûcre des, corps en état, de corn-, 
bastion, insérées (J^Oâ ^s Tran- 
sactions phiIosopl^q^e$ , yol 75*> 
part, i"^, pag. 190-2 1 Q». Il s^fpur- 
ni le journal météorologique aux 
i*x premiers numéros du Monlkljr 
Magazine ^ et i| a laissé plu- 
sieurs Mémoires sur la chimie * 
n prétendoit être en état d^ dé- 
montrer le phlogistique de la 
manière I4 plus évidente, 

MQRGÇfJSS. JTo^ez MopRouKS, 

+ MORHÔF (Danièl-Géôi^e) , 
né a Wismar , aans le duché ac 
Meckelbour^ en iôSq , pro- 
fesseur de poésie à Hostock , en- 
suite d.'éloquence 9 de poésie, et 
dlûstoire k Riel » et uihlîotl^é-: 
caire de l'université de cette ville» 
fit deux fois , en 1^0 et ei9 
1670 y le vpjage i^ Hollande et 
d'Angleterre \ ii vit Grieviu^s \ 
tJtre<3it^ JT. Fr. Gronovius à Lej- 
de , Nicojas Ileinsips à La Ha^ e j 
en Angleterre il se {ja avec Isa,ac 
Vossins et avec Bobert Bojle , il 
odmifa particulièrement ce der- 
nier, et traduisit en latin uu de 
ses ouvrages qu'il publia ^ Ham- 
booirg ep 1671, Il échappa , avant 
de retpurnerdAi^ sa pairie, a deux 
dangiefrsqui ^uroiempu le faire pé- 
rir; en s^amitsant à parcourir le 
magann d'Ëlzévir & Amsterdam , 
des piles de ballots qui s'écrou- 
lèrent faillirent Péoraser, Dans sa 
trs^ersée peu s'en fallut qu'il ne 
fit naufra|^e. Le. bruit de sa mort 
se répandit avant son arrivée dans 
sapatrie àtel point qa'oQ y travail- 
loit d^à à son éloge funèbre. Cet 
écnvam se signala par un grai^d 
nombre d'qitvrages^ fruits de soin 
fSruditiop et d'iin travail infati* 
gable. Les principaux jj|ont , . L 
J)isserCationes , ,1099 9 îtt-4*? V\ 
Cherapoètiça , 1604 1 in-4°« W* 
Onuionef, 1698. ÏV- P^lràistor^ j 



MOM 



^sS 



sivê De noiitia aiictorum ^ 1?r 
rum. La meilleure édition de cef 
ouvrage est cpUe de Lubeck, i^Sa^ 
ayol. m-4% Il y I» .eu une qua?^ 
jtrièfne édltioQ continuée uisqu'eni 
1747* et aç^g'inentée p%r Jean AI7 
I)ert F^àbricitfS , qui ^ é^^ p^Jjée 
cette mâipe ai^n^e. Il jf «^ peu 
de libres plus sayaps i flxai? il ' 
manquç de mQthode* Y. Princeps 
medicu^y l665 , în-4î*« jC'«sf*uiie 
disç^rt^tjon s^ir la gu^ison de^ 
écrouellespar les rois de. France 
et d'Angleterre. Le crédule fiuUeur, 
l'admet également dans ces (Jeux 
princes , ft soutient qu'elle e^jc 
miraculeuse. Yl, Ppistoladesç}'- 
pjio yitrffo per sonwn faiff^anaf 
VOcis rvpto , Kîlooi > 1703 , in-4'» 
Un marchand de vin d'Amster- 
dam ^fv^i rompoit , dit- on » los 
verres a boire par un ton de voix 
élevé , donna lieii a cet onvrage 
plein de choses curieuses. Moi"- 
nof , mprt a Lubeck le 3o juillf^ 
y 691 « étoijt M labocienx » qu'4 
iravailloit même ea maiâgiçanlU 

* I. MOBICE ( sir WiUiam) ^ 
homiQC de beaucoup 4e talent ^ . 
et d'une vaste érudition , fut élevé 
& la place de secrétaire d'état k 
la recommapdation du général 
^onck. peu versé dansles.&ngaes 
étrangères , et encore moins dan^ 
la connoissance des aâaires étran- 
gères., il n'étoit guère prf^pre k 
cet emploi, dans lequel cependant 
il ne mérita aucun reproche PI^Q' 
dant sept ans qu'il Texerçâ. Il le 
quitta en i66d, et mourut en \Qj6^ 
Il a donné un ouvrage sur le droit 
commun à la sainte cène , impri^ 
mé en i65i , in-4'* » et réii^prim^ 
en i66ô^ in-folio. 

t IL MORIGË 01 iB^AKnM>is 
(dom Pierre-Hyacinthe Jj ne à. 
QuimperUj dans la B^ssé-Çr'^-^ 
tagne le a5 octobre 179^,1 ^, 
parens noble^ , ^j?^^^ ayoir Tai . 



324 MORI 

ses études au Collëee des jésuites 
^ à Bennes /entra dans la coiigré- 
gatien de Saint-Maur. Le cardi- 
liai de Rohan , ayant demandé à 
ses supérieurs deux religieux pour 
travaitl<er k l'histoire de sa mai- 
BOD , dom Morice fut choisi pour 
y coopérer avec dom DuvaU La 
santé de ce dernier s'étant altérée 
par nn travail trop assidu , dom 
Morice se chargée^ seul de l'ou- 
vrage , qui est demeuré manus- 
crit dans la maison de Rohan , 
dont il avoit Testime et la' con- 
fiance. Il peut former 4 vol. in-4**» 
Le cardinal de Rohan lui marqua 
. sa reconnoissance en le grati- 
'fiant d'une pension de huit cents 
livres. Ce savant travailla ensuite 
a donner une nouvelle édition de 
l'Histoire de ' Bretagne de dom 
Lobinau. L'attente et les vœux du 
^^ public et de ses compatriotes 
furent bientôt remplis. Depuis 
Tannée 1742 jusqu'en 1760, il pu- 
blia 3 vol. in-fol. de preuves ou 
mémoires pour cet ouvrag;ç , et le 

Êremier vol. in-fol. de l'histoire ; 
lissant tous les m/itériaux du se- 
cond et du dernier vol. lorsqu'il 
mourut le i4 octobre 175e. Dom 
Taillandier , son confrère , a con- 
tinué cet' ouvrage , qui forme 5 
volâmes dans lesquels on trouve 
des pièces curieuses et intéres- 
âantes , et des disseii:a1:ionâ pro- 
pres k éclairer tout ce qui re- 
garde l'origine , les mœurs , les 
coutumes des Bretons, l'ancienne 
noblesse et les droits de la pro- 
vince , etc. 

* MORIENUS , né h Rome , se 

,' retira à Jérusalem pour j vivre 

en ermite. Profond en alchimie , 

ses écrits^passent pour ce qu'on a 

Îmblié de meilleur sur la métal- 
urgîe , et l'on estime beaucoup 
ceux qui traitent de la transmu- 
tation des métaux. Selon Boër- 
haave; les ouvrages de Morienus 



MORI 

otit été traduits , en 1 182', de l'a- 
rabe en latin , 6t le docteur Shaw 
fait mention des suivans : I. jEi- 
ber de distinctione mercurii aqua^ 
rum, Bo vie, qui lé tenoit manus- 
crit d'Élie Ashmoie , Ta voit con- 
servé dans sa bibliothèque. II. 
Liber de compositione alchemiœ. 
Ce livre se trouve page Sog , tom, 
I, de la Bibliothèque chimique 
de Manget. Celui - ci et Lipenius 
parlent d'un autre livre de Mo- 
rienus imprimé à Paris en i55q » 
i574î in-8'» , et k Hanau, iSgj , 
i663 , in-8« , intitulé , III. Ve re 
melallicd^ metallorum transmu- 
tatione , et occultd summdque 
antiquorum, medicind libellus, " 

* MORIGI ( Jules ) ,\Tié k Ra- 
venne le 5 janvier i538, de l'il- 
lustre famille de Morigia de Milan , 
montra les plus heureuses dispo- 
sitions pour la poésie italienne , 
dans laquelle il obtint de tels suc- 
cès qU*il fut agrégé aux princi- 
pales académies de l'Italie. Il est 
mort dans sa patrie le 3 février 
1610. On à de lui, I. llDamone 
innamorato \ Bologne, i566; ce 
sont des odes , des chat^sons , des 
sonnets , des madrigaux , et des 
ballades k la louange d'Àurelia 
Pozzo de Ra venue. II. Rime , 
Ravenne , 1579. ^ï• Dette di^ 
savventure cTOvidio lihri V ^ ri- 
dotti nella^ volgar lingua , Ra- 
venne , i58i. IV. Luçano deile 
guerre civili con aggiunta fino 
alla morte di Cesare , Raveuue , 
1687. 

>I. MORIGIA ( Boniticontro ), 
né a Monza , bourg considérable 
dans le territoire de Milan , vivôit 
dans le i4* siècle. Il a écrit assez 
grossièrement, mais avec exacti- 
tude , les principaux événémens 
qui eurent lieu dans sa patrie , 
depuis son origine jusqu'à la fin 
.d« rannée i549* Qn peut ajou- 



Xar Coi k ce qu'il rtcpot^ de ce <|vi 
fst écrive Je sv)ti temps > puis- 
qo'îî en fut témoio^ jÇette ffis- 
toire de teorigia a éié publiée 
■panr la. première fois '^ns }e-Re> 
caeil de& écrivains 4e l'^i^^K^ 
^ritalie de Muratôri. Qn ignore 
l'époque de sa jfiQ^U 

♦ Il MÔRlGlA. ( Jacque^hin- 
toine ) , ce à Milaa v0rs l'an 149^7 
^ut une jeunesse prageuse ; mais 
dix religii^uses y ses. parentes^, le 
rameuèrent a la yertu par leurs 
f^x^ortatîoBS. À^'dot einbras^é 
]'ë(at ecciésiiiâtTque , il rj^mj^iit 
avec xèle tous ^9, devoirs dç i$pn 
état , et refusa un^ qche abb^jè. 
Ses liaisofi^ a\ ec Z^oljeirie 9 prê- 
tre zélé y qui yo^uloit îoqdef use 
coogré^atiou de clercs réguliers 9 
lui procurèraot rbooneur d'eu 
ttre le preçiier prévôt en i553« 
Ceoe «ûciété , connue ,squs le 
nom de bama))!!^^^ , piTO^péra en 
Italie 9 et s'étendit çn Allemagne 
et eu France, Marigia , après 
J^avoir Gon9oiidée par ses Tertus 
et se& . e:3i:eoiples I mourut le |3 
ayril i545. Il ne faut pas le con- 
fondre avfc Antoipe Mork^ia , 
cardinal et arçhevéqi|e de Pavie , 
qui avoijt été barnabite » et qui 
eloit ,de lajqftéme famille. Ce pr4- 
]at pieux et sa\aut mourut is ^ 
octobre i^oft , à 76 Êxm* 

* âî. iiORÏGU ( Paul ) , Mi- 
lanais , de Tordre de^ jésuites , 
vÀvoil dans je t^* siècle.. Il « 
c\onué un o^yrage intitulé O/v* 
^ne di tuUe fe religioni • ainsi 
qu'une Histoire particulière 4è 
^on ordre. On a encore de lui» 

^Pelta nçhiltà di Àdilofio » etcv 1 
ian , .1619 , 1 vol. Ou trouve 
dans ce recueil Jbeatiepiip de fe*- 
|)Ies mêlées à d't^xeellentes noti*- 
pe^ sur les événe];aen^ t^i eurent 
lieu k l'époqHe, où il vivpit. IK 
Santuano dçlla città , çAocen 
T. iCu» 



MOni ;aa5 

^i 3îilanQ y e il dfpQf>i^ descritto/ 
Wiian , 164» • ni. . jÇiSce^© n?4F 
gioso, e via spirituale , etc. , Ve- 
nine/ïS^Q. 

lèbre. po^te. satùjqae » né h Gir€-* 
pade voi-s le niili^u du tS*. sii* 
4^le* O^ a de lui 1»] M^m^ii 4e 
HQesies , imprimée» à YalM^* 
Ud en i6a5 ^tar les sidnt 4^ 
Pif rre Egpi*><M« , et ^ii Tàfi 
trouvo d^^a^ Th^stoire as te dwM^i 
it^ti^uWti . Pt^mière ptfHi^ die$ 
fleurs des meilleurs ffoë.te^ If^ftk" 
gnols. Miguel Cervantes, en fai* 
saiit h ^tad grslnkl éloffe ^ Mô^ 
riUo dans 4on ^uvni^- iitûtnèé 
CMfkt de CmUio^e , nous Itittpvt-- 
&umer qtiiece poète pa«sft 1^ aea^ 
niers jours de s« vie dans uamô^ 
na9tère » où il «omposa qudiqiM» 

1 1. MOim.l.O^(d<}mJ»tK»- 
(Catien de ) i bénédictin de Saint* 
Maur , jié k Tours en . i^3 > 
^Qrt k Vêkb^ye de Saint^-Melain^ 

deB^vneaen i%4>^u^'<^^pci<^ 
procorf ur*gé»iéral éMmvJi^têréB 
de Bretagne... Son haifttleté datm 
l'admiliisIratHHi des a£iff«$ âe 
rempéfibapas de. cultiver la. poé- 
sie* . On a de lui ât^pàrtipéttmstss'' 
d^ Job , /ttk ver» iran^aîs ^ Baina-» 
1^9 i de l'Eiiaié&iaste , itirà^-, d* 

Tobii»>, Orléanl, .16749 intSf. 
Mais il. est prineipakinént oflamu 
par son Joseph , ou ÏÈsùlaveJÎ^ 
dèle , Xumi ( Xours .) , i^g ^ 
in- 1 9 . Ge peëhie , dont la versi** 
iioation est ioibla , mais facile 1^ 
pilre d^s morreaux tetoehana , «t 
a été réimprimé k Bre<ia,en lyoS) 
in- 12. Le bçn père avoit peini 
d'une manièratrop vive les amours 
de la iémme de ^utipkar'^ et i\ 
ardit pouaséla tîdéltté-du castùm^ 
j ua^i'll rendre Putinbar iui-mémtt 
amoureux de Josepn^ Son qmTaae 
i'nt xié&ndu ^ jBt> aac^vit ainài. la 

i5 



320 



l«ORI 



''\«eule espèce d^ mérite dont il fut 
•usceptilile. ■ 

*II. MOWLlbON, littérateur 
/ bordelais du i6« siècle , vil flal- 
Wur du ducd'Epevnon. On a de 
lui deux gros volumes conteii au t 
-Ja Âelatidn des Jetés données à 
' Bordeaux , à toccasion du pas- 
sage des primes. On connoh en- 
' core de lui, I, Le Perséejhançais^ 
Bordeaux, 1617, in-8«. II. LePan- 
>tastre dt-Alcandre , où Carra- 
^zel du duc de La Valîstte , Bor- 
*d«aux, 16^7. 

*in. MORILLON (Lali- 
-^ant), né à Dijon , servit dans la 
grande gendarmerie : il en liit 
-chassé, devint successivement mn- 
•sicien , espion , faux monno jeu r , 
<énngra en 1 790 , trahit k Cobleiitz 
U>« intërôts des princes, et rentra 
rn France pour se vendre aux ja- 
'oohins. En 1791 , ^on compa- 
'triote Bazire le fit employer 
.diirps les agraires secrètes de po- 
lice. Morillon «e rendit d'abord 
en Oauphiné et en Provence , oh 
^1 fit de nombreuses arrestations. 
•Vers -la fin de 179a il passa en 
'Bretagne avec La touche- Chevetel 
pour déjouer la conjuration de La 
ilonarie. 11 avoit des pouvoirs il- 
^■nités ; il fit exhumer le cadavre 
«le La Rouarie , ordonna l'arres- 
tation d*qn grand nombre de con- 
jurés^ et découvrit dans le jardin 
<ie la l'osse - lugant le bocal de 
:verre dans lequel étqient renfermés 
-tous les "papiers delà conspiration. 
De là toute la conjuration fut 
matérfeliement dévoilée» ( f^ojez 
l'Histuire de la Vendée par Al- 
fon&e Beauchamp. ) Morillon se 
cUai^gea de la translation des 
prii/onniers et Paris , où ils forent 
jugés par le tribunal révolution^ 
naite. I^coiitpenisé par d^ nou- 
veaux, pouvoirs , il voulut. jouir 
ida Irutt d» s«» napiuas çt de ses 



-MORI 

vexations , se brouilla avec Che- 
vetel, fut arrêté en 1794 , et guil- 
lotiné peu île temps après. 

1 1. MORIN ( Jean ) , né à Blois 
en 1691 , de parens calvinistes , 
étudia les humanités h La Ro- 
chelle. Il alla ensuite à Lejde , 
où il apprit la philosophie , les 
mathématiques , le droit , la théo- 
-logie , et les langues orientales. 
Apres avoir orné son esprit de 
tontes ces connoissauces , il se 
consacra entièrement à la lec- 
ture de TEciiture sainte , des 
Conciles et -des Pères. Un voyage 
qu^il fit k Paris l'ayant fait con- 
noître au cardinal du Perron , 
il abjura le calvinisme entre les 
mains de ce prélat. Le nouveau 
converti demeura quelque temps 
auprès de lui , et entra ensuite 
dans rOratoire , congrégation 
nouvelle fondée par 1^ cardinal 
de BéruUc. Son érudition et ses 
ouvrages lui firent 1 ienlôt un 
nom. Les prélats de France se fai- 
soient un plaisir de le consulter 
sur les matières les plus épineu- 
ses et les plus importantes. Le 
pape Urbain VIII l'appela à 
Rome , et se servit de lui pour la 
réunit>n de TEglise grecque avec 
la latine. Le cardinal de Richelieu 
obligea ses supérieurs a le rap- 

Îjeler en France , et lui fit perdre 
e chapeau de cardinal , dfont on 
prétend qu'il àurôit été honoré 
s^il se fût établi h Rome. De re- 
tour a Paris, il se livra à l'étude 
avec une ardeur infatigable , et 
y mourut d'une apoplexie le u8 
liêvrier 1669. Parfaitement versé 
dans les langues orientales, Morin 
fit revivre en quelque sorte le 
Pentateuque samaritain, en le/711- 
bUant dans la Bible polyglotte de 
Ije Jaj. Ses principaux ouvrages 
sont , I. Exercitaliones ecclesiaS" 
tic(e:et biblicœ , Paris , 1669 , in- 
folio , ouvrage iians lequel Tau- 



MORI 

tecii* ne.Tnénagc poJutriutégrité dtt 
tîexte hébreu , et qui fut combattu 
par Sîmëon de Muys. Le P. Moriu 
s^ divisé son liVre en deux parties, 
dont la seconde fut iinie par le 
P. Fronlo , génovéfain. Comme 
\p rabbinisine domine dans ce 
livre , et qu'il se seroit vendu 
^itHcilement, le libraire v joignit 
les Ëxercitations sur Torîgine 
des patriarches et des primats y. 
iel sur l'ancien usage des censures 
à régdrd du clergé. Ces Exerci- 
tations ; imprimée.sr en 1626 , 
in-4** , ëtoient alors demandées , 
quoiqu'elles soient écrites d'un 
style diÔus et emphatique. U. De 
Macris_ orclinationibus , in-folio , 
i635- m. De Pœ/Utentid , in-fol. , 
i65i. L'auteur a réuni , dans 
cet ouvrage et dans le précédent, 
tout ce qui pouvoit avoir rapport 
à son sujet.. L'un et l'autre SQnî 
très-savans , mais ils manquent 
xai peu de méthode. Lorsqu'il fut 
admis à l'examen, dit JNiceron , 
les examinateurs j trouv.èreut 
quelques endraits qi^i leur paru- 
rent trop durs , ou contraires au 
sentiment commun des théolo- 
giens^ et qu'ils l'obligèrent d'ex- 
pliquer ou de rétracter dans un 
avertissement qui est à la tête. Ils 
lui firent même retrancher un 
Traité entier , De expiatione ca- 
tachumenorum y prétendailt que, 
de la manière dont il s'jr expri- 
moit , il ruinoit la confession, 
lia été/ cependant imprimé plu- 
sieurs années après. IV. Une 
iiouvejle Edition de la Bible des 
Septante , avec la version latine 
de Nobilius , 3 vol. in-rfol. , Pa- 
ris , 1628 ou 1642 , estimçe; çlle 
Vimprend le nouveau Testaient. 
,V. Des Lettres et des Disserta- 
tions , sous le titre ô^ Anti<fuUar 
tf'if Ecclesiœ orientalis i Londres, 
158-1, in-j!2. VL* Œuvres post- 
humes , en latin , ijoS , in -4*. 
.Ylt. HistQire an U, oAivrançe de 



MORI 3^7 

V Eglise par V empereur Constaih- 
tin , et du progrès de la souve- 
rainete des papes par la piété et 
la libéralité de nos 'rois , tn*fol. 
i63o. Cet ouvrage , écrit en fran- 
çais d'une manière incorrecte et 
diffuse , déplut à la cour de Ro- 
me , et l'auteur ne put l'apaiser 
qu'en promettant quelques cor- 
rections. VIII. Déclaration qutfle 
P. Jean Morin , prêtre delà con-^ 
grégation de J, C, N. S, /ait aux 
AU» pp. dé là même congrégation^ 
tenant leur assemblée généfnle à 
Orléans , ce mois de septembre 
1654 } Paris ( sans date ) , in-8<» de 
243 pages , sans unelettre qui com- 
mence par Mes révérends pères , 
etc. , datée de Paris , ce 5 décem- 
bre i654> Cet ouvrage est û ex^ 
ti^aordiuaii^ement rare qu'on n'eo. 
connoît qu'un seul exempfaîre ,'et 

3u'il ne s'en trouvoit pas même 
ans la bibliothèque de l'Oratoire 
Saint-Honoré. ' Ce u'e^t point , 
comme lassurent quelques ni bio- 
graphes , une satire contre quel- 
ques usages de l'Oratoire ; et il 
n'est pas vrai non plus qu'il ait été 
obligé d'en demander pardon au 
F. Eourgoin , et de lui en faire 
réparation publique. Dans cette 
ciiûque , le P. Morin attaque le 
despotisme de ce général. Les 
députés d'Orléans convaincus par 
les raisoi)S de l'auteur de l'é- 
crit , et le général lui-même crai-, 
gnant qu'on ne Vj forçât , mit des 
bornes à, son autorité en 4058. 
L'assemblée suivante se tint a Pa- 
ris dans la maison de l'institu- 
tion. On présenta au^ députes un 
Abrégé , en fort petits caractères, 
de l'ouvrage du P. Morin , sous 
le titre de Divers doutes , etc.., 
par Le sieur de La Tourelle , ecclé- 
siastique (c'est-à-dire , le P. pes- 
tnares). QnpropQsa différens ar- 
ticles pour diminuer encore l'au- 
torité du général , etpresqji^e tous 
foxent adoptés. CeuK qui otttcitA 



A 



228' IVSÔHf 

Vouitt'rtgè Ou P. Mdfin sona lé titrt 
dés Détaab du gouveroén.ent Je 
rOraloîfe , rfùni fait gn^ èopter 
en partie lé tif^e du ifimeùx ou- 
vrage du P: Mafiana , Des grandi 
détauts qiii sont eo la fonne du 

fouvememeut dés jésuites, te 
: Morin avoh tîiué opioiârrfeté si 
démesurée , ^Jiie , trois ans après 
iâ prise dé La Rochelle, il dotjte- 
noit encore qu'elle li'avoît p^as été 
prise , et ^nt tous les bruits qui 
en âvoiént été publiés u'ctoient 
(jiVun romtfn. Malgré ces traveis, 
le F. Morin étôlt certâinenrtent 
ùt àea plus $&VàttÀ bomme» de 
Bffn temps. 

+11. MORW ( Jeatj-§âptJâf« ) , 
né Vân r583 , k ViUel'ranéhe en 
]SeàajdUis|re^a docteur en mMt- 
Âneh ÂTÎ^non en 16 i 5, voyagea 
él Hongrie pour faire des recht r* 
dies sur les métaut, revint àParis, 
où il s'apfsUqaa entfèremetst i 
Tâstrologie judiciaire. Enreeher- 
Çhanl lés événemens de Fannés 
t6i7 , il trouva qne Fèvécjue de 
Bou)o|g[rïe, Claude Donny, qui Je 
h>géoit (héz lui , étoit menacé dt 
hk mort ou dt là prison , et il 
eut Soiti de Pen. avertir. Ce pré- 
' lat^ quoique infatué de Pastro- 
keie, neht qu*en rire. Maiâ s*é- 
Ôint mêlé des àSTaires de la cour , 
alors fort embrouillées , il* fut 
fraité de rebëfleet mis en pHsoii. 
Moriîi seroit deniéuré sans pro* 
tecteûr. si le duc de Lu^embonrg, 
fréré du connétable tteLuynes^ 
ne Tavoit pris pour son médecin. 
U entra chesb ce seigneor en 1,621 , 
et y demeura huit ou neuf an$. 
L^n|[ratitnde du duc ^ son ég[ar4 
Fqbli|^ea de quitter son servîtes 
et en sortant de chez lui il le me- 
naça d'une maladie dàngei«use , 
qax remporta ara bout de dçut 
ans. Ijès hotàsàùpes de Morih 
lui ouvrirent f entrée de là mai - 

non diRigf«iid^;4av««ttea^ûètt0é 



' :tlîîtrféinqTrc auroîtdû lui Um^. 
Le càrdmal de Richelieu , snpcr^' 
triiéux m«}gTé sou génie , le con* 
srHta ; et le cardinal Ma^arin lui 
fiCune^eJision de dctix mille lîv. , 
après lui avoir procuré ta chaira 
at maihématiques au collège 
rojal. Le comte de Cbavigny , 
secrétaire d'état , régloit^outea seJ^ 
démai-ehes par les avis de Mer in , 
et , ee qu'if reeardoit comme le 
pins iniportant , les heures di'S 
visrtes qu'il rendoit am eardiuai 
de Kichcheu. Moiinne se tromptf ,. 
dit on , ^ue de peu de jours dans 
le pronostic de la mort de Gus-' 
tai'^- Adolphe. Il rencontra , \k 
dit heures pi*ès , le moment de- 
là mort du cardinal de Rfchelieii« 
Ayailt vu là figure de Cinq-Mars^ 
aâns savoir de qui èHe étoit ,~ il 
répoodit que cet homme-là àti^ 
rott la tête tremchée. Morhi se 
méprit de seize jours seulemeal 
U la mort du Connétable dt Lél-« 
di^uières , et db six à éelle «le 
Louis Xllt. Alais son esprit pro- 
phétique fit des bévues b«arncov|^ 
plus lourdes , i|U'ea ne ittauqu^l 
pas de remarquer* ( P^ofeé GA5- 
ÀÈKm. ) Cet oj:^cte kfies astroli»- 
^ues voulut l'être aussi de» pb»- 
fosophes. Il attaqua le sjstém4 
de Copernic et celui d^plcune t 
et eut II ce sujet éts dém&ks «rès- 
vtfs afvec Gasstndi et âvee leé 
érscîpieide ce philosophe. O3I 

aÎQrS qu'il fit pftroître un écrit, 
intHulé P^incentii Pamrgii epis^ 
ioht ad çiatissitnum i;imm J. B", 
§f^fpnim , ètc, , de trihus imy 
poimribas , Paris , i654 1 tn-i*. 
Ijed trois imposteurs signalés 
dans cet étni sont Gassendi , 
Reurê et Bernien*, ^i, ft'avoient 
P^s approuvé les visions »strb- 
nordiques et maâiématîques d^ 
l'iauteur. On lui fît voir qu'il se 
trompèit lonVdemeiftt dana ses 
lidrbscapès et dans ses ptiédie<> 



i 



MORl 

proUètne des longîludcs» La 
Bfoîlknde a TOI t promis cent mille 
livrer M et l*£^pagne troi# cent 
n^'lle a celjji qjiii îeroît cettç^clé- 
«amerte. jVtom x;rojoit déjà te- 
nir le« quatre cent mille franco , 
jbr$aue <Ie$ commissaires nominés 
par le carain^l de Richelieu lui 
démpntrèrent l'extravagance qe 
$e$ prétentiotis. U mpunit eu 
|636. Comme il attrihuoit tou^ 
les événemens à l'influence â^s 
asti'es , il ne craignit point de 
leur imputer ses déoauches, doit 
il fait le détail , et tout ce ajii 
lui ëtoit arriyé pendant sa vie. (}n 
lui doit une ^éjvtaticn latipe» 
curieuse et singulière , du livre 
des prëad^mite^ , in-12 , ^âris , 
jLfiu7. Qjï a epcore de lui un livire 
itititaté 4^troiosia GalUch « La 
Haye , 1661 , lii-îol. , et ud grand 
nomhrfi dVw^res^ ouvrages ^ daos 
Iesc[^cls OQ remarquai un ^éuj^e 
.fiipguUqr et bLjarrè. 

t ÎIL MORW (Pierre} , pi i 
P^ris en f ^i , pa^sa en Italie: ^ 
oii le savant' Paul Ajanuce l'em- 
ploya a Venise d^nsson imprime- 
jie. Morin enseigna ensuite le grqc 
et la cosmographie a Vîcepcc , 
d'où il fut appelé k Ferrare p$r 
le diicde cette ville. Saint Char- 
.les Borrom^c , iastruit de ses' 
profondes connQissaaces dans 
rantiguitë ecclés'asti^ae » de spn 
dësintér^ssement , de soii zèle et 
de SM piété , lui accorda son es- 



MQIVI a?9 

Kënéraiix, Rome, lOç^j, fjnatre 
Vol. Ce savant critique nidûrçit 
k Home en iQoB, Oh à de loi un 
Traité du bon usage'etés scieHcesff 
et qùelbues autres écrits punliés 
par le P. Quétif , dominicaiti, 
en 1675. On y trouve des recher- 
jéhes jet <îe l>on$ principes ; l'au- 
teur];^' paraît ver^ dans tes belles- 
lettres et iàns leâ langùçi. J^ojr. 
Carafs. 

t nr, MORl^ (Ëtiemië ) , fié 
le premier jauviei' 1623 , minî)i- 
Ire' protestait a Caên Sa patrie, 
futàçlmispar sûn savoir dans l*â- 
çadémie qes beiJes-j[ettres decede 
ville, malgré la ïdî qui eifi etcfudit 
<ieux de s9 religion. Àprës la féVor 
cation déi'édiî de Ifante^', il se l'fc- 
tira k Levde en' ij6â5^ et de là 
Si Amsterdam , oii iTfut nomnië 
professeor des largués orientale;;» 
Morin mo lif iit iéri 1 700 ^ a ^yS a ns , 
On a de lui hàît Dissertatiùns 
cnde^ses en lati;i , stir des ma- 
tières d'antiquité. Védi^oU de 
ttordrècKl , 1700^ in.-$*i est 
prëii^rabtè à- ce&e dé Genèv^^ , 
i6S3, in-4*^. tl a donné aussi la 
P^ie dis Sanmet PÔchard , djaî eit 
â la tête.de Té^ition de logti. 

y. MÔRBf ( ftexiri } , m àa 

grëiiëdent., i^ë^ Î>aint-Pierre-^UPT 
^\e en Tformahdîe en i655 , de- 
venu catÀoliqi>e après avoif'éië 
minijifre protestant , est auteur 
de plusieurs Ùissertàtidns , qui 




y celle .de la V'ulgate, ï5po ^ in- 
folio. Il' ttafvailta beaucoujp h 
XËHitiaif, de la ÏÏible en latin ,j 
traduite sur celle diça Sept'^nte , 
Rome ,' i5B8 , ih-fel. ;. k V'^diliofi 



jS ap^ , 
père# 



aussi estimé que son 



f rt MORIJC (Simon >, 
né à Rixsbémond pr^ d*Â.umaf6 



d<i5 Û4ci^lâlei8 îiisau'a Grégoi»» dans Je pays de Cat\x , vers l'an: 
et il une 



VÏI, Rome, iSgi ,d vol.in-îol. ;. , i6a5', d^ne famille obscure. La 
ÇoJJfiiclioJ^ ^ CQ;|^;iJ[ë»i mij^èieràjanlcba^^é^esonj^ajSy 



'25o MORI 

il vint II Paris, où il se fit copiste. 
Son cerveau y qui avoit toujours 
ëté foible , se dérangea tota - 
lement lorsqu'il jouit d'un peu 
d'aisance.. Il se jeta dans les rê- 
veries des illuminés , alors fort 
communes à Paris. On le mit en 
prison , et on le relâcha bientôt 
comme un esprit foible , qui dans 
uii état plus commode pourroit 
se rétablir. Il se logea chez une 
fruitière y abusa de sa fille , et 
fut contraint* de Téponser. Sa 
belle-mère lenoitune espèce d'hô- 
tellerie , son gendre se mit à prê- 
cher ceux qu'elle recevoit. Les 
ignorans. s'attroupèrent autour de' 
cet ignorant en i644 9 ^^ '^ lieu- 
tenai^t criminel ne put mettre fin 
• 2). ces conventicules qu'en faisant 
. enfermer k la Bastille celui qui 
les tenoit. Cet insensé , remis en 
liberté au bout de deux ans , ré- 
^ pandit un petit ouvrage qui attes- 
toit l'ég[areroent de son esprit. En 
voici le titre ; j4u nom du Père , ^t 
du Fils , et du Saint-Esprit. Pen- 
sées ' de Morin, dédiées au roi. 
Naïve et simple déposition que 
, Mçrin fait de ses ' pensées aux 
' pieds de Dieu , les soumettant eut 
jùgemefitdè son Eglise très-sainte, 
^à laquelle il proteste tout res- 
pect et obéissance : avouant que 
s^il y a du mal il est de lui ; 
niais s'il jr a du bien , il est de 
Dieu*, et lui en donne toute la 
gloire , vol. in-8" , 1647 > de i46 
pages. Cette production , aujour- 
d'hui fort rare, est précédée d'un 
avant-propos ; de trois oraisons , 
9 Dieu , a Jésus-Christ et à la 
Viçrge ; de quatre épîtres , la pre- 
mière au roi , la seconde k la 
reine et k nosseigneurs de son 
copseil > la troisième aux lecteurs, 
la quatrième aux faux firères four- 
rés dans rSglise romaine. Uau- 
. teur étoit si enchanté de ce tissu 
de délires et d'inepties , qu'il en 
«nvoya un exemplaire au curé 



MORI 

de Saînt-Gerinain-rAuxert*oÎ5, q^iî 
lui demanda d'où venoit sa mis- 
sion ? « De Jésus-Christ même , 
répondit le fanatique , qui s'est 
incorporé en moi pour le saldt 
de tous les hommes. » Le curé ne 
lui répliqua qu'en le faisant de 
nouveau enfermer a la Bastille. 
Avant d'y être , il avoit répété plu- 
sieurs fols qu'il ne serojt jamais 
assez lâche pour dire : Transeat 
à me calix iste ! liJais dès qu'il 
y fut , sa fermeté l'abandonna. 11 
nt sa rétractation , et obtint son 
élargissement. A peine fut-il sorti 
qu'ir dogmatisa encore. Le par- 
lement le fît mettre à la conc^r- 
gerie , et le condamna aux Pe- 
tites-Maisons. Nouvelle abjura- 
tion , et nouvel élargissement. 
Mais , le cœur n'ayant point en de 
part k ses rétractations , il cher- 
cha de nouveau k faire des pro- 
sélytes. Des Ma rets de Saint»-Sor- ' 
lin, autre visionnaire qui., parr 
jalousie de métier ,' avoit juré la 
perte de Morin , feignit de se met- 
tre sur les rangs , et parvint k 
lui inspirer la plus grande con- 
fiance. Des Maréts ne cherchoit 
qu'k lui arracher ses secrets , pour 
pouvoir le dénoncer comme hé- 
rétique. La femme de Morin s'a- 
perçut de son dessein , et redouta 
ses artifices. « Des Mai?êts, appré- 
hendant qu'elle ne communiquât 
ses craintes k son inaW , et que 
cela ne fît cesser leur commerce 
avant qu'il eût tiré de lui tout 
ce qii'il désiroit savoir, résolut 
de donner à Morin , par la pre- 
ière lettre qu'il- lai écrirok , 



mi 



une déclaration , par laquelle 
il le reconnoîtroit poui* ms de 
l'homme et pour le fils de Dieu 
en lui comme un tout. Cette lettre, 
du premier février i66a , iut 
si agréable k Morin , que , pour 
lui témoigner sa rl^connois$ance.y 
il lui fit le lendeniain une ré- 
ponse, par laquelle il Ini doii- 



MO RI 

Ba ^ comme par grâce particu- 
lière , la qualité de son précur- 
seur , le Dommaut an veriiable, 
Jean - Baptiste ressuscité». ( Nice- 
roti , tome XXV H. ) » Alors s'ëta- 
Llit entre ces deux hommes le 
commerce le plus intime. Cepen- 
dant , en i6Ôa , Des Ma rets le 
dénonça comme un hérétique qui 
pouvoit être très-dangereux, Mo- 
rin meltoit au net un discours 
qu'il vouloit présenter au roi , 
lorsqu'il fut conduit à la Bastille, 
et ensuite au châtèlet. Cet écrit 
commençoit par ces mots : Le Fils 
de VHomnie au roi de F'fafice.é», 
Des Marêts se rendit son accu- 
sateur ; et sur la déposition de 
ce lana tique conii^ un autre fa- 
natique dont il étoit jaloux, le 
Fils de F homme fut condamné 
à être brûlé \if , avec son ïiwe 
et tous ses autres écrits. Après 
la lecture de son jugement , le 
remier président de Lamoignon 
li demanda s'il étoit écrit quel- 
ue part que le nouveau Messie 
lit subir le supph'ce du feu ? Ce 
misérable eut Timpudence de ré- 
poudre par ce verset du psaume 
àVI : igné me examinasti , et 
non est inventa in me iniquitas*. 
Toutes ces réponses prouvoient 
sa démence, et cette iolie auroit 
du ^ ce semble, lui obtenir grâce. 
Son arrêt fut cependant exécuté 
le i4- mars i66;>. Ses complices 
furent punis de diverses peines ; 
mais aucun ne fut condamné a 
la mort. Morin périt au milieu 
des flammes, après avoir abjuré. 
11 s'é toit vanté il ses sectateurs que 
si ou le faisoit mourir , il res^ 
suscîteroit trois jours après sa 
mort , et il s'en trouva d'assez 
fous pour se traztsporter au lieu 
de son exécution , a (in d'être té- 
moins de cutte résurrection mi- 
raculeuse. Toutes les pièces du 
procès de cet insensé sont rares. 
Ijiouji «n ctpnnerouj la liste ^ pour 



MORI 



25 I 



l 



j contenter les curieux oui les joi- 

I guent à ses Pensées , uont la ra* 

j reté est connue. I. Factum contre 

; Simon Morin , dans lequel se 

trouve l'analyse de ses ouvrages > 

i663. II. Déclaration de Morin ^ 

sur la révocation de ses Pensées ^ 

t649* IÏI> Déclaration^ de Morin,, 

de sa femme et de I^a Malherbe ,., 

etc. , 1649. ï^* Pf^cès - verbal 

d exécution de mort dudit ,, i663., 

V. Arrêt qui condamne ledit à 

faire amende' Iwnorable et à être- 

bnilé en place de Grève , i663 , 

le tout in-8®. I^a dernière pièce. 

se trouve ordinairement jointe 

aux Pensées n^^, Ployez Dosc^es et 

Davesnes^ 

•t Vn. M0III\ ( Louis ) , né ai» 
Mans en i635 , vint (aire sa nhi•^, 
losophie à Paris, à pied, et en ner* 
borisaut. Il étudia ensuite en mé- 
decine , et vécut en anachorète. 
Morin ne mangeoit que du pain y^ 
ne bùvoit que de l'eau , et tout au 
1^1 us se permettait - il quelquesL 
fruits. Il reçut le bonnet de doc- 
teur en médecine l'an 1662 , et 
après quelques années de prati- 
que , Il fut expectant à Tliôtel- 
DJeu. Sa réputation le fit choisir 
par mademoiselle de Guise pour, 
son premier médecin , e( par. Vuk-* 
cademie iles sciences pour im de- 
ses membres. Il mourut en i7i5. 
11 laissa, une bibliothèque de près 
de 20,000 écus , un herbier , ua 
niédailler , et nulle autre acqui- 
sition. On trouva dans ses papiers^ 
un Index d'Uippocrate , grec et 
latin, beauccuip plus ample; et 
plus fini que ce\ui de Pinus^ 

♦Vin. MORIN (Jean), peintre 
, et gravciu* , né à Paris en 1659 ,, 
élève cle Pliilippe de Champagne , 
a' gravé à l'eau-forte beaucoup de> 
sujets et de portraits d'une touche 
si fine et si expressive , que Van- 
Dvck s'en seroitfaÂthouu(îùr'. Les^ 



aSa 



MORI 



MORt 



principaux m èrceaax sont, mie Viu-iJ^; et dans lés Ânatectes' hîs- 



P'^erée ayttnt suf* ses gerioujc 
tËn/ant xe'ifus ifiii • tieht Urt Bott- 
éjûet' de Jtettrs dççaht ie^ein de 
sn mère , d'après Baphaâ* 0ûè 
Wierige qui adove VEnfaiit Jàsus 
coucha sur de fa pnil}ç , ttapi'è$ 
te Titien, Vhjçt-cîiicr Pùrttwts 
<|es pertonnc^ les plus nln$tt*e5 de 
son temps , 4*ï»J"*èi PMippe à^ 
ClùtDip'a^e , etc. 



tof i0aeis d'Adrien Vi , par Gas- 
p'àraBunnann, Hirecht, i^aj. 1V« 
Commentaire sur fJS^ctlèsiaste , 
Anvers, i533, in-8*. V. Oratio 
de paùpertate ectlç^iasticd^ etc. 
Tons Ws ^érit$ de eèt auteur sont 
en latin. On cotiserve en mànus* 
cWts dans le monastère dé Saint- 
Tron , I; Fitœ sanctOfmn Jfn-^ 
touii et Guîbérti 'GembliicerKsis. 
li. Pf^eceptz vitcB honestcp* UI. 



t IX. MOIltîf ( Jeïktt) j tié kj Çhrùfiican Ttudànerise ^ depai» 
Meuftg, près dl'Orléans,eii. 1705, T^n i4po. 



obtint- en i^Sa la chaire 'dé p'hi- 
lpso;c^ie de Chartres. Une longue 
âssidnrt^ a'u^ exercit^â classiques 
fat récompensée en iy5o par 
ré^'é<]ue de CharUpe^ , qui Iç no<n- 
iha à' lin canonicat de la cathé- 
d^alê. Morm donna k 38 an$ son 
Jf^écahisTHe'unii^eftset^ vol. in-.i2, 
qui'conirent beaucoup de sciétice, 
et qui et^ sa[>pose t>ien plu en- 
core. Son sTeoond ouvrage est un 
Traita de feîecîn'cilé , imprinié 
iïi-i?2 en 174^5. li^abbé rfolîet 
ariint rèfUtë ropinionTle rauteur,* 
Mt>rin acjre^sa une Rèpotise a cet 
académicien': c'est son troisième et 
dernier* ouvra ce' imprimé. Moriu 
é^oîlcOrreïpôndaûl des académies 
à^^ screncei» dePàrib etdeRotiéD. 
Il mottràt k dtiavties le 2Ô mars 

JMDRmGB (Gérard ) , théolor 
|ién'de'Bortiftiel daris la (^iiai- 

ûfe', fût prbfeseur de rhfôtogie 

éanà le morias^lëre de Sainte-G^r- 
friide à^ Lonvàin , pois cHanoiùe 
et cttȎ (4f ^idl-Tron dans la 
principauté de iiièg^e, où U* mou- 
rut le 9 Qctobi.'e li'^ I a 49101^ y 




]f |. Celle dé 5rtVw/ Tt^n , c^* 
j!^/»/;^ Idhere et 1^tchèré\ Lou- 
Vàin, i54o, in-4«. lll. èeHe dU 
;»ï3^;/r^né^n7^,Lou\iain, tSStJ, 



. t MORINlîlRE (Adrien-Çhinde 
Lç,FoRT de iâ) , né à Paris en 
1696 , d'uae'litmille noble , se 
retira chez îes.PP génoyéfains de 
Senlis , oii il vécut pendant i-j 
ans , occupé h préparer les maté- 
riaux de ditfërenties collections qui 
sont faites avec plus cie patience 
(|ne de gcàt. Les principales ^csjaX^ 
1, Choix des poésie^ rhotides y 5 
vol. in-8*, 17^0. IL Bibiïothèq^ 
poétique , A vol. în-4* a et 6 vpl* 
in-iQ , I74i>- llL Passe ' temps 
poétiques , histotiques et çrûi^ 
qàes , 1 vol. în-ii , 1755. IV'. Les 
Couvres choisies de Jam-Bap' 
tiste Rousseau , m- 12. "Ce petit 
recueil est le mieuic fait de tout 
ceu)c que La Mor^nièrê a publiés. 
. On a ençoi'c de lui deux petites. 
; Comédies impriuiëes ^ Pane ea 
■ 175a, in-i2 , et Taiitre en iJ755. 
métme format , sous le ^^'e àes 
Fapeursei du Temple de IctPa-, 
resse. Il «loùrtit èfn 1771. 

M O RI S Q N ( Robert ) , 
né à Aberdeen ea l;;èosse , l'an 
1620 , étudia dans raniversrté 
de cette ville , et r lenselgna quel- 
que temps la pbifo3ppbie. Û ^ap- 
giqua etîsuîte à Fétode des ma» 
ématiqnes ) de là tfoéolo^ele, de 
la langue hébriiïqae, de là mé-^ 
decine, et sur-tout dlie là boia« 
i!dqae , pout'iliquélie ii'ttvoif uxdt 



r 



M^OUI 



a55 



|Minde passîiKL. Les gùérnes 'ct<-. 
vîle8.int€ZTOiiiptrecM ses éttuiei»; 
il signala son. zèie ¥!t.M»ii<coiurag« 
poar.kft tatéréts du ToiGkarèes (, 
et se battit Taillammept^ dam le 
combat donné sur le pont d'Aber- 
déea , entre les iMthiixns de tèXie 

Bcs» Il T fnt btessé dan^re^i^- 
ttest k la tét«. i)ès-ga'iL fat f^oéri 
de eelteblésstire^ilvkiil en ftrafnoe, 
C^aslon de Ff«aoe , duc d'Or» 
léaa», l'attira il Bisôs, et lui con- 
fia la direcliou du jardin royal de 
cette vilie.^ Morcson dnessa une 
nouvelle méthode d^evpliqoer la 
botanique , qtu pl^it au duc. Après 
kl mort de ce piioce, il itetouma 
em Actigflelerir^e en ^é6a. Le roi 
£haiiè» li , h qui le duc d'Oi^ 
Iéa«i»i'*a)^t pr^ntéà ^ois , le 
fit-venir à %j0ûûve^, et lui donna 
le ùtre de sea mëëéfcin et celui 
de pvoftfsaçur rofàl de ooUnt^e. 
Qn a de^ lui, 1. PfvgàtJium- ùo* 
taniemn, Londi-es^ i4»^\ia»i2. 
Qeilowrageac^t^tiiiit àp rqp«i« 
totionÀ sott aiitetir^ que l'uiMver^ 
sité dXf>&fpDd lui oâ'nt unci ehasi#e 
de profesfienr ea bol^ nique. Il 
Faceepta dU'tiouse»t«ment duroi, 
et enseigna dans cette univ^mté 
avec tto- succès >dis^3giié. IL ffo/^^ 
imSrBieseasis,d^siTi^ iéS5, in^'fîjl. , 
réimpriitié dnns^ se» Prmiudtum 
hotatiicuffi^ rDes mjmtS' sonhen* 
nent que cet ouTirage est d'Abel 
Brnnger^ médecin dû duc d^Oi> 
Mans. UI. La deuidèine et la .tro\^ 
sièaae parde de son Histoire dms 
phnites^ tn^tbiio, 1 680 et 1699, 
dans laquelle il donne une nou^ 
velle méthode , estimée des jooa*' 
noissenrs. La première partie de 
Cil eBDêlIenl eutpâge Va pbînt 
été imprimée : onnesaitoe^qu'eUt 
•st devenue I ^ qui en tient Ueu 
est âilvtiilé Pim^tdmtm umMU* 
j^rmum duidbutio ntiifn ^ iGfji^^ 
Nuibfio» Maïs «omnve'jce Tvait^ 
fl|ir()imp«i|{)é a^^ 1k troiftvèfiiç 



pttrlîe, en ne prèad rédltwdada 
16^^ ^'àcame de la beauté ded 
épreuves La premiore. partie de-^ 
voit eonteair la description d^ 
arbres et arbrisseaux. On a mis 
à cet ouvrage l^indteatioi» d^Oi- 
ft»d > i6ôo , j6^ on t7i5 , a voU 
in-folio^ La niéflhdde iié lifOnson 
eouskte à élablir les genres des 

rlastespar rapport à kuvs fleurs; 
leurs semences et à leurs fruits^ 
On ne sauroit assez louer cet au-r 
teur ; mais il semble qu'il se loue 
lui-^nème un peu trop. 'Bien loift 
de se contenter de la g4onré d'avoir 
exécuté une partie au plus bf au 
projet ^fte l*oa ait ♦foit en bota- 
nique ) ii osB' comparer ses décott*^ 
vertes à oeiies>de Christophe Co^ 
Ibm^; t)t) salis parler de (iesstter, 
de Césalptn et de Fabio Cotomna^ 
il assura en plesieurs etidroifes dé 
^a ouvrages qum n't rien appris 
que delà nature tnéAie» On IVu-^ 
riovt p6ut*e'|pe cru «ur sa paro^ 9 
s^l n'avoit pris 4u peine de tKms-^ 
erive des pages entières de ces 
deus derniers auteurs. Il moa^ 
rut à LoB€lMs le 10 novembre 

fL M0AI60T (GlaudeBarth^^ 
iemi)., né à Dijon en 1^1 , mort 
daa^ la nvéme ville en ië§t , a eu 
beaucoupde réputatien^iutrefois. 
On a de lui un Roman kistoriqUB 
assez curieux , dans lequel , sous le 
titre de J^nn^iana , Dijon , ïô^i» 
itt->4° , il trace l'htstoire des déniÀi 
lés du cardinal de Richelieu avec 
la ntihe Marie de Médiejs et*Ges^ 
ton de France, duc d'Orléanl". 
Peur snr<9»r cet ouvrage ^oin^fet^ 
il lautj joindre une e<}Bclasioii 
de trente-cinq pAges , impi4iné« 
ira ^1640* IL OP'bNf mttrHitnuif > 
in*folio, Dijon, i643. IIL Féri*- 
tcfUs laerymcB y Genève, 1625, 
isMQ. C'est 4ines.ttii>e^soiitre leii 
jésuites, a^ee oettedédioaise, f^n 
tribut jeuUti4S4tMUMern\ Ge iivrt 



?54 



MORL 



est p6u' eûintmuii, IV. PoHitms 
m^aicœ ad ^ardinahm Bichœ- 
kar/ij Paris, i6a8, iri-4'* V. Ei 
grand nombre de Lettres latines 
$ur diâTérens sujels , imprimées à 
Dijon après sa mort , sans appro* 
bation et sans privilège. Dans 
l'une de ces lettres ,.il raconte la 
violence faite au docteur Richer, 
cl la supercherie dont il prétend 
que le fameux P. Joseph so servit 
pour obtenir de lui une rétracta- 
tion. Le P. d'Avrigny a prouvé 
que cette impatation est une véri- 
lable calomnie f^ojaz Richer. 

* n. MORISOT ( de Dôle) , 
médecin y florissoit vers le milieu 
du i6* siècle. 11 a traité toutes 
sortes de sujets: grammaire, rhé- 
torique, poétique,, morale, élo- 
quence, philosophie, médecine, 
^g^Pgues , épigrammes , tout lui 
étoit égal. JLîa liste de ses ou- 
vrages est très-longue; mais voici 
ceux qu'il a fait imprifȣr. I. 
Une Interprétation des Apho- 
rismes d'Hippocrate, des ^otes 
sur Cornélius Celsus^ un £pi~ 
tome des trois livres de Galien , 
Bàle , i547» 1^' ^^ Paradoxes 
de Cice'fvn , U'aduits en gfec,aVec 
des notes, Bâle, i547- ^1* Quatre 
livres de Colloques latins pour 
les opposer à ceux d^Ërasme , 
Baie, i55q. 

. * 1. MORLAND ( Samuel ) , né 
ilans le comté de Berks , fut quel- 
i}ue temps sous-secrétaire deXnur- 
low , eiqpiojé par Crorawel dans 
jùiiiiérentes ambassades. Morland 
éioit son résident à Genève en 
1657. 11 publia , l'année suivante , 
Pittoire des églises évanséli' 
ffues du Piémont , in-ibl. , et il fut 
i^nvové en Savoie pour les afiaires 
des Vaudois. £n 1660 il sntvit 
.Charles II k fireda, et les ser- 
,vices qu'il rendit lui procurèrent 
Je iitre de b.aromi<?t. Eu iÇgS il 



MORt 

publia Urini of conscience , ^ 
un petitin-i(o. On ignore l'époque 
de sa moirt. Son iils s'est tait 
cunaoiireivftr plusieurs £Jipen^io/if 
de Hiécamque. 

* IL MORLAND ( Cieorge ) , 
peintre «nglais. célèbre , iils d'un 
artiste de Londres , 4qui ne s'cm- 
plovoit qu'à faire des tableaux 
pour des ventes à l'enchère , na- 
quit en 1764» et mourut en 1804. 
Le jeune Morland acquit ain» une 
grande facilité de pîneeafu et une 
exécution rapide. Mais les basses. 
liabitudes.qu'il contracta chez son 
père et chez ses conûuissances 
prirent racine en lui , et influen- 
cèrent sur le genre de son talèat. 
Cependant ses tableaux n'en fn-» 
rent pas moins estimés et recher- 
chés ; mais beaucoup de gens 
profitèrent- de ses fréqueus mo- 
mens d'intempérance pour avoir 
de lui , h très-vil prix , des mor- 
ceaux d'une valeur inappréciable» 
La plupart de &^s meilleurs to- 
bleaux ont été faits dans des ca- 
barets pour payer sa dépense , oa 
dans des prisons pour obtenir sa 
liberté : c'est aussi dans une)f>ii- 
sou qu'il est mort. Sa femuie ne 
lui a survécu que deux jours. Jjeft 
tableaux de cet artiste incompa- 
rable sont toujours de fidèles le- 
présentations de la nature gros- 
sière , ou des scènes de la vie hu- 
maine : nul autre n'a su mieux 
que lui représenter une cour de 
terme , des paysages champêtres, 
des -bestiaux , des pêelieurs , des 
coiitiebandiers sur le rivage de la 
mer, etc. 

*ni.MORIAND (N,),nék]Nam 
ci ,. embrassa très-jeune la carrière 
militaire , se signala par plusieurs 
bravoure», et parvmt au com- 
mandement dea chasseurs de la 
garde impériale à Fépoqueoiile 
pxkice Ciigène fut app^^ enlf#i 



F 



MÔRL 

lie comme ▼ice-roi. Morlant! sui- 
vit IVrapereur eu Âllemagoe en 
<ej)tembre i8b5 . y donna de tiou- 
celles preuves tîe courage , et fut 
tné , le 1 décembre , à la bataille 
d'Auslerlilz. L'empereur ordonna 
que son corps fiU embaumé , pour 
être rend a h sa Ta mi lie. Lescauons 
riisses , dont les coups Pavoienl 
atteint , firent, partie de son con- 
voi funèbre. L'empereur ordonna 
aassi en février 1806 qtie Je quai 
du Mail à Paris porteroit désor- 
mais le nom de Morland. ' 

t MORJ.EY (George) , ëvéque 
anglican , né à Londri^s y d,e pa* 
rens nobles , chanoine d'Oxiord 
tn 1641 7 demia les re\eijus de 
son canonical au roi Charles I"', 
alors engagé dans la guerre con- 
tre tes 'troupes du long parlemc^ut. 
Quelque temps ap.ièà, ceprmce i 
étant prisonnier à liamptoncourt, 
employa le docteur Morley , pour 
engager l'université d'Oxford à 
De point se soumettre à une visite 
illégale. Ayante ménagé cette af- 
faire , il irrita les an ti- royalistes , 
et fat privé , l'un des premiers , 
(lèses emplois à Ondbra. Il quitta 
l'Angleterre et se rendit à lia 
Haye astprès de Charles II , qui 
avant été rétabli sur le troue de 
ses ancêtres , pa3'a le zèle de ce 
Ddèle sujet par jta.nomiuution a 
l'évéché de Worcester, el ensuite 
il celui de. Winchester. Ce prélat 
mourut le 29 octobre 1684 > à 87 
atis^api^ avoirfait.de grands 
biens dans soa diocèse. On a de 
lui des Sermons et des .Lettres 
écrîfes en lapn , i683 , in-4"« 

t MORLIÈRE (Jacques- 
Louis-Auguste de la) , sieur de 
La Rocbette , ehevalier du Christ , 
et ancien mousquetaire , habletir-, 
nouvelliste , grand conteur , 'par- 
lant haut et beaucoup , né k 
Gi'enoble, et mcH-t a Paris en 
Vfi^t étoit un de ers homme» qui 



MORL 



!55 



I jonent un rôle dans les cafés. Sa 
fortune n'avoit jamais été con^ 
sidérable,et ilJ 'a voit dissipée pres- 
que enlièrement. On a de lui quef- 
qiies rohians , dont le plus con- 
riu est jén^ola ^ Paris , 174^*» 
1 voL in-f a ; et Ife plus mauvais^ 
les Lauriers ecclésiastiques cet 
Campagnes de l'abbé de T^ , fa- 
ris, 1748 , in-ia. Comme ce livre 
otoil Irès-olier et trcs-défendu l 
il fut ref'heichd par les libc^rtinsl 

•Angola es! un peu plus gazé , et 
a été lu plits fong-temps, quoi- 
qu'il ne le méritai guère. I/CS 
comédies du chevalier de La Mor- 
Hère , le Gouverneur , joué en. 
ïjSi , lu' Créole , V Amant dJ- 
cuise y eurent encore moins de 
lecteurs que ses Romans. Cepen- 
dant Tauteur n*en faisoît pais 
moins impudemment la critique 
de toutes les pièces nouveiîes e^ 
de tous les poètes dramatiques 
qui valoient mieux que lui. ^fous 
ne citerons aucune des brochurcis' 
éphémères que son esprit de cen- 
sure produisit. On lira avec plu^ 
de liis^^vsQirÂfirz a-Nadir , r ^^î) » 
4 vol. in-iQ, relation df s der- 
nières expéditions de 'Xharnas- 
KouH-Kun , quoiqu'on' ne piîisie 
guère compter sur sa ^X'racilc. * 

* MORLTIV ( Jnachim ) , mf- 
nistre lutliérien , né en 'i5i4 > «*" 
mort évoque de la province de 
Samhie en 1671 , éprouva quel- 
ques persécutions, pojir ses opi- 
nions religieuses. J^es disputer 
théologiques dans le^inuellesi il 
«engagea lui attirèrent beauconjv 
d'euneinis ^ aigrirent son carac- 
tère , et lui firent éprouver .des* 
disgrâces qu'il auroit pu éviter 
en mettant dans la discussion plus 
de calme et de modération. On a 
de lui un srand nombre d^oètvra* 
g^s polémmues et de controverse » 
qui eurent de la vogue à l'éjjof^ue 
ojk ils pururent» , 



>5$ 



MORBî 



t MQRUNÏ éJérdme ) , ne k 
Jîaplof, auteur u'uq Recueil cou- 
tenaAt qy^tre-vinglii nouvelles, 
«t yipgi ^oméijlies,. imprimé^ à 
Haplès saiisi date , trois parties 
èa un vol. In^'^j réimprimé (ianii 
19 mômè ville ea>i5'^o) in-^*» Cet 

» MOBMf NDO C.J^ean - Franr 
019 ) , architecte florentin , né en 
^55 , étudia sop art sous le ce* 
^èbre jçan-Baptîste Ajberti, et,, 
ttprè? aroir fait quelque séjour k 
Itome, il alla. à ]\aples., ou il de* 
vint féiaule ^t l'^»nii de deux fa- 
Wixit architectes de çejt^ villp , 
j^oveilo d% san ]LiicaQO .,. ^ Ga- 
briel d'A^uolo. Appelé en Es- 
ÊagP:^ P^r Eerdlnand-le-Catho- 
que , xt présida h la constifuctioa 



l 



l 



tu p^lai? du voi et de^j^uel^ues 
IgHi^es^ ;. mais il s'occiu)a princir ' 



u)a pnncis- 
latemeut àiçlianî^r et a jouer du 
uilii ee qui déterminale monjarr 
que à le nom rajer spn premier ar- 
«Iniec^e, et son premier musicie», 
tmplois qui liu procurèrent une 
fortune conaidcraWe- De i^Btoiu; 
à Pfaples , V érection de plnsieurig 
palais «t d'aj]tre« ^édifices lut con- 
tée h. ses soin> , jet il fit rebâtir el 
embellir à ses dépens Tcjjjtise 
délia Stella ( ou de l'Etoile } , et 
la dota^ magXlifiquenMnt* XI ixi%u- 
«ttteu.^554^ 

*MORiVlï!LE (Joseph), ccclé- 
sias(iqu^.du .17* siè^, oublia 
JLa desiuiziûftB dislla città ai Sa* 
poli,^ (Ul sua ametùs&imo siio^ 
et delï antichità di f^asaiwla ; 
OUinçem^ del mante ^és,uviO'^ 
^ délie ^tragi , e rovinç iChe h» 
JiiÉtone' tempiantichi^ mûderm^ 
Cet ouvrage es^t curiau» pa,r W« 
r/^cberciies do l'auleiu: «t pi^ 
le^ reu£H^igpeut^s q^'A>Q- peut j 



MOR» 

Uhtk «vocat au ^tle^^g^t df^ 
F^ris , né ^ Tours , fréq,ueni:a Iç 
barreau près de 40 ans. Sa pro- - 
bité ^t 30Q érudition lui drentui^ 
jo^fXL* U cultiva les mus^ au m,ij- 
Iw des épines deia çhipai^e. S^ 
PUi'mge^ dp droit ont été imprir 
lués? P^ris, i']^iTi']%^,en ijou 
in - foi- 0;? ^ encore de lui un 
rççueil de ses ye.ra, inlituié ffi- 
rice Jorer^es et Blpgia HIust 
trium tQgaCorum QatUœ a^ annç 
i5oo , epr veierihus fçherli^ aue- 
taris, Paris 1619, j,n-8° , parc^ 
qu'ils étoient le fruit de ses amu- 
iè«»e<i5 neiïdcmt Ie« vacariions du 

Cais*. Ils ebntMmaetyf Im «logCA 
I géi) s de mbo qui avetenr brtllé 
avec édfirt en Ftsmeè ^épui» i5o€r« 
n fn^urm vet9 1* lin de jam 4 Sue^ 

^n. MORNJlk¥ iMette de) , 
évèefeee d^rlëanA etf 1&86 , pftià 
éJTAttxerre, et chaneiïlier <fe France 
smiS'Plii4ipp«4€4e4. lj0»di&èrenà 
q^i éokcèvent «BtiK» <Mii p«pe et le 
pape BonifflceWirdoBoèfeRf liétt 
ft'Mtiniaj* de' n^ititmtaeiftt* dans It 
9€3€rét de 'C&Sf d^ate ; il asftistft k 
oefte fametise' asftvniblëe qpie le 
rM ttïrt am Loiiv«e le 3>i jwivin* 
YâgS^ , etR «oasDfivil termine évè- 
qued^AuKen^ ik itt 'C4H|«altatM)Q 
qui T Ait faite; il fut etisviite eo- 
v&^ à 'Boitte pour i«i«^ difeter 
lé'tem*» fl«tqa«l te |M«p« a>iN)it m- 
dKqué- le* concile ^nértfl. De t«^ 
tiéMt de I\om« , il Jt d*în«tile$i 
tentatives pour edneiHey le çap« 
et le foi'î n'e» oyani p« ^«wmt k 
bout 9 iiripstyi Bdéle k son, prince, 
et^cn donna de grandes preuTc;^ 
da9^ plus d'anfi occasioa» Mor»- 
nsiy Dio«irut en i3o6 » ^ipiè&avoic 
ikit plusieurs fondatiop& k Pé^is^ 
d^Aiixerr». Oa vovoit d^ns le 
çkoBfkie de la caib^ab. (fe ceUo^ 



*e}^Tietïr dû Pleâsis-afeirly , lié à 
ttokt DU Bfehirf , duns la Haruie* 
Noriit^iitKc, 1^5 ftoTcmbfë r54<)> 
élevé « ^sti» > y fit tl^s pro- 
cès mpvAes dW les btîfeà - let- 
Ses , îe» fengues èavàiitfrs , et 
d«6$ fti théobçie ï <:e qui étoîl 
àiars \m prodige <feh* un gèntiU 
àôfiutie. On lé destmd tl'abord k 
FEgltâé imats sa mèire, qi^i profes-» 
ffoh seer^mont la réligiôti prfir* 
léâitiiiDte, larfen ayant imnrittté le» 
pHftUÎpës , hii ferirta Ta porte 
lie»- d^pttités ecelé$(ft6tif|ttes , ^ue 
êbn éiwif , ses tklexts et sa n^'ts- 
firnee 4u* proiHettoîifut. Ap*è5 
le 'tttl»$ftcre de' is* Sàint-'Bartlié-» 
levfti, J^hiHppe de Mômay pàt- 
CéiïtvLt i'hàlté , VAlleiUftgue , las 
Pàrs-Bàs et rÀngletefre , et ces 
toyagès eurent pmtf lui autant 
i^ùtiHté qitë à-SL^ément Le roi 
ileNavWre , sî chéri deônis sotti 
le ntmi life l^iirî IV ^ ttoU alors 
felref do parti pfotestétrt : Moroât 
riftft^a à lui , et le Sortit tfe 
8^ pliifli^ ëtéèstm épée. Ce fut 
lai ^e eé ititmàrque emt^^a 1 
ÎElizRBeth', reine d^ângfetefre. Il 
ii^illi jaliiaîs d'àmtres înstriiettofls 
de son nraltre <|u'im blanc-seing* 
11 Téii9sit dans presque toutes 
91^ négdetatiei». Momay ehérish- 
|Dit tendrement Hcurî IV , et lui 
|>arfdït Comme k vtn *rtii. Aprëfi 
§u'd èïrt été bledsé k Anmale , îA 
Itti écfWit ee&ntots : « Sire , totw 
«re^ aSM« lëit rAletUndre, il est 
tem^ l|Qé toi!» iîisiHeir le Gésar. 
€^8t!lhtni»k ntodrtr pwir tcrttfe 
Majesté, ete. Voti» est gtoii-e k 
^àos , Sîrfe , de wre potn- n^a^ , 
<ft)*oate tè«s dire que Ce tiôfus est 
4ev0ir. * Ce fidèle snjet n'bublh 
tien p'oUr aplanir lé «bemin du 
%tètaè' h te prince. Mais lorqu*il 
^n^ dç reii^Dti , il lui eu 6t 
é^ iM's reproche» , et se retira 
4ti±cour. Cependant Henri !▼, 



MÔR?^ 



i^f 



mement sensible h Titi&ultei^uî lui 
ftrt faite en i5ç)7 par iingeniHbom'*' 
me nommé Saiut-PhaF , qui luf 
donna desf conps de bâton et le 
laissa pour mort. Momay demân» 
da justice an roi , qtii lut Ût eett« 
réponse ( monument aussi pré- 
cieujt du eourageque de la bonti 
de Henri Vf): « Monsreor^n Pies- 
i\s , j*ai un exti*ômé déplafisir dé 
f Outrage t\n& vous aveï reçu , aitw 
quel je participe Comme rôi éî 
comme votre ami. Pour le pre* 
mier , je vous en fc:rai justice , et 
k moi aussi. Si je^néportois q;jfe 
îe second titre , vous n'en avet 
nnl dé qui l^epée fAt pins prêté k 
dégaltner , ni qiiî y portât sa vie 
plus gaiement que moi. Teti&t 
cehi pour constant , ou'en effet 
je votis rendrai office ae roï , de 
maître , ètd^ami , elc;. etc. a Lé 
science de Morttây , sa vàltetir et 
sa probité le rendirent le chef et 
Pâme du parti protestant , et la 
firent appeler le pape des hu- 
guenots. 11 défendit fes dôgmeâ 
de sa stct^ de vite v6Î)t et pat 
écrit. Vn de ses livres sur les 
abus de la messe ayant âonleyé 
ton» les théologiens calboiiqiVës , 
il ne voulut répondre k ^enrs 6efi- 
Sures que dans une conférenéô 
publique. EUe fut indiqaée en 
i6»b k Pontaineblea^i , où la cour 
dèvoh être. Henri ÏV , qm, avoît 
reiiOnCé an protestantisme et qui 
youloit plârre au pape, ne s*Opposia 
t)oirtt k cette conférence comm« 
il î'aoroît âà faire ^ Car de pa- 
reilles conférences n'ont jamails 
produit de résultats utiles ; il mori- 
tra^ soii désir d'y voir le parti ca^ 
tholique triompher. Tout fut atC 
rangé en conséqnent<^ . 13 a Pferrdn, 
ëtéque d'EvrëUx , étoitf le cham- 
ipion qu*on oppnsa k Mornay ; i| 
préien<fit démontrer disins "l'oit- 
vrage de ce dernier la fansseié 
de cinq Citations. On se borna 

tnsiaàLt- i efl^ ottmînèi: soitaittté ; 



ai56 



MORN 



enfin il n'y eu eut que iienf d'exa- 
miuées.Ou sediputa suruesinots, 
jrnr leurs diverses interprétations. 
On oill'it des éditions d'ouvrages 
^.ui n'étoient pas celles d'où Mor- 
vay avoit tiré ses cilations. On 
allecta de ne^oint lé prévenir 
iur les passages qui seroient Tob- 
. jet de la discussion ; de sorte que 
celui-ci n'éloit point préparé à la 
déiièuse. £mu par la pensée de 
»e i^oir en butte à une intrigue 
de cour ^ après avoir rendu, pen- 
dant vingt ans, des ser^'ices érai- 
i»«ns au roi , il se troubla et 
détendit assez mal sa cause , si 
i\m en croit Sully , qui , dans ses 
OFconomies royales , ne dit point 
que sa cause lut mauvaise , mais 
i^u elle fut mal déiéndue. 11 ajoute 
que Henri JV lui dit : « Eh bien ! 
q^ne vous en semble de votre pape ? 
— Il me semble, sire , répondit 
Sully , qu'il estpluspape que vous 
r<e pensez ; ne voyez-vouspas qu'il 
donne an chtipeau rouge à M, 
ù'Evreux. » La nuit mit fin à cette 
conférence qui ne dura que quel- 
c^ues heures. La cour , j»^uivaut 
ti;>nplan, décida que IVlornay (';loit 
vaincu» Les |>rotestans soutinrent 
le contraire i il y eut plusieurs 
.ottvrages publiés pour et contre 
Tuu et l'autre champions de cette 
dispute. ( P^oy. la Vie de Philippe 
de Mornay , livre 11, sous l'an 
»6oo , et les OlCcouomies royales 
de Sully; in«- 12 , tom. Il , cha- 
pitre XCVL ) 11 s'étoit vanté 
de faire voir clairement près de 
' cinq cents fautes dans le livre 
'de son adversaire , et il tint sa 
parole* «Vérifier une multitude de 
passages amassés par des compi- 
Kiteurs y gens ordinairement peu 
exacts, comme Tobserve Meze- 
ray , et ne se souciant pas de 
fournir de bons matériaux pourvu 
qu^ls en fournissent quantité , » 
^toit une entreprise trop hâsar- 
flause pour Mornay , qui n,e ^'4' 



MORN 

toîtpoint donné la peine d'exauaî-^ 
ner les originaux. Les calvinistes 




pour conistater leur défaite y il ue 
laut que lire ce qu'en dit le duc de 
Sully , zélé protestant y dans se» 
Mémoires. ( /^oj-ez Perron ,no I. ) 
Cette conférence , loin d'éteindre 
les différens , ne produisit que de 
nouvelles querelles parmi les c ou^ 
troversistes , et des plaisanteries 
parmi les incrédules. Un ministre 
huguenot , présent à la confé- 
rence , disoit avec douleur à un 
capitaine de son parti : « 1^'é* 
vêque d'Ëvreux a déjà empprté 
plusieurs passages sur Mornav. 
— Qu'importe , repartit le mili'^ 
taire , pourvu que celui de Sau- 
mur lui demeure ? » C'étoit uu 

Sassage important sur la. rivière 
e Loire, dont du Plessis étoit 
gouverneur. Ce fut là qu'il se re- 
tira , toujours occupé a défendre 
les huguenots , et à se rendre 
redoutable a ux catholiques. Lors- 
que Louis Xlll entreprit la guerre 
contre son parti, du Plessîs lut 
écrivit ponr Ven dissuader. Après 
avoir épuisé les raisons les phn^ 
spécieuses , il lui dit : <f Faire la 
guerre à ses sujets , c'est témoi- 
gner de /la foiblesse. L'autorité 
consiste dans l'obéissance paisible 
du peuple ; elle s'étabUt par la 
prudence et par la justice de celui 
qui gouverne. La tbitredes arme^ 
ne se doit employer que contrf 
un ennemi étranger. Le feu roi 
auroit bien renvoyé à l'école des^ 

ÏSremiers élémens de la poL tique 
es nouveaux ministre^ d'état , 
qui , semblables aux chirurgiens 
ignorans , n'auroient point eu 
d'autres remèdes à proposer que 
le fer et le feu , et nui scroieut 
venus lui conseiller de se couper 
un bras malade ;*vec celui qui est 
esi bon état. » Ces remoatrancti^ 



MOIN 

àe Mor»ay ne produisirent rien 
ouè la perte de sonlgouvernenient 
Oe Saamur , aue Louis XITl lui 
ôta en 1621. il mourut deux ans 
après, le 1 1 novembre lôaS , dans 
^a baronnie de la Forêt-sur-Seure 
en Poitou , laissaot de la mar- 
quise de Feuquières un fils , mort 
en f 6o5 , et trois filles , dont la 
dernière , épousa le duc de La 
Force. L'erreur n'eut jamais de 
soutien plus capable de Faccré- 
diler que Momaj. 

Censeur des coartisans , mais à la cour 

aimé , 
FUr'vniicniideRomef et de Rome estimé « 

Momajr passa , selon Voltaire , 

Eour le pins vertueux et le plus 
abile nomme que le calvi- I 
nisme eût produit. C'est ainsi qu'il 
le peint dans sa Henriade : 

17<m moins prudent ami que 'pliilosophe 

austère, 
Moroay >ut l'art discret de reprendre et 

de plaire 
Son exemple inittuisoit bien mieux que ses 

discours ; 
Les solides vertus furent ses seules amours, 
▲vide dv travaux , insensible aux dcUces , 
Il match ait d'ua pas- fcune au bord ^cs 

précipices, 
lama:» l'air de la cour et son souffle infecté 
M'altéra de son cœur l'austère pureté : 
Belle Aréthuse , ainsi ton onde fortunée , 
ilottlean sein furieux d'Amph^trice étonnée, 
17c cristal toujours pur et de» dots toujours 

clairs , 
Que jamais ne corrQmpt i'aaertuiiie des 

mers. 

Hnét ne juge pas Momay aussi 
£tvorablemeut que Voltaire , qui 
Yraisemblablemeqtdans ses éloges 
s'est un peu laissé entraîner par 
l'euthovtsiasme poétique. Comme 
l'impartialité exige que nous ex- 
posions^ le pour et le contre , nous 
rapporterons ce que dit le savant 
évéque dans le n** 57 de son Hue» 
tiana* !« lecteur sage n'adoptera 
ni ne rejettera entièrement des cen- 
sures auxquelles le zèle épiscopai 



peut avoir eu queiqne peirt. « Dit 
Plessis-Mornay , dont les. hugue- 
nots ont tant vanté le savoir et la 
capacité, étoit bien éloigné du mé- 
rite qu'ils lui ont attribué. Il leur 
étoit utile par Testime que Henri 
IV faisoit ae lui , par son gouver- 
nement de Saumur , et par le cré- 
dit qu'il avoit dans le parti* Pour 
mieux établir son autorité et la 
rendre plus respectable , et per- 
suader au public qu'il n'étoitpas 
huguenot par intérêt ni par enga- 
gement y mais en connoissance de 
cause, ils voulurent aussi lui 
iaire une grande réputation dans 
les lettres , et l'ériger en savant 
du premier ordre. Pour parvenir 
à Ce but , ils faisoientdes extraits, 
etluifouroissoientdes matériaux. 
Il les mettoit en, œuvre, et ré- 
pandoit dans le public des ou- 
vrages qui étoient suivis des ap- 
plaudissemens et des acclama- 
tions de toute la cabale ; ^ais les 
bons connoisseurs ne sj lais- 
soient pas surprendre. On y 
trouve des passaffes entassés sans 
discernement, des raisonnemens 
ibibles ou faux ; nulle exactitude 
dans le choix des matières ; et 
par-tout des marques d'un homme 
Superficiel, se commettant légère- 
ment , et donnant prise sur lui. 
C'est ce que le cardinal du Per- 
ron sut bien remarquer , et sut 
bien relever , à |a honte étemelle 
de ce savant masqué. Scaliger 
même , quoique zélé pour le par- 
ti , ne put se taire de cette su«r 
perchene qu'on vouloit faire au 
public , et il lui échappa de dire 
que du Plessis ne sa voit ni grec , 
ni ' hébreu ; mais ce mot ayant 
été releivé^et pris en mauvaise 
part, il le retracta , de peur de 
se faire des affaires ; mais on sut 
bien à quoi s'en tenir. Le roi 
Henri IV, quoique afiècttonnépoiu' 
du plessis, son ancien serviteur, 
ne lui di»si4au2a pas, avant cette 



^ 



a;|o 



MORSC 



oonCérenoè tcanibleiise et rttî- 
neuse ii taule la sci'.te » qu'il s*é« 
foit eoffo^ ôttns uo mauvais pâa ; 
maïs U se UÎMa eatralnef Dar m 
¥«ililé. Il ^toit plus 4«pAble de 
donaer uo bon eOnsetl ^(tte de ït 
preodre ou dç le suîtré. Ou a <fe 
loi , l. Un r/wV «h? tSmahm- 
risUe , i6o4» iv^rol. ILUnTmiA^ 
1^ 4a vérilé de la fvUgè^n chré* 
tienne , iii-8<'. IIL Un livre m-* 
litulë Le mystère d iniquité ^ 
10-4" • L'objet de ce livre eat dâ 

Froarer que le pape Paul V est 
autechri«t. On voit après le 
titre une figure ée la tour de 
Babel, bâtie sur pilotis, it la- 
quelle^ on met le feu : • eété pa- 
roituB jésaite dont Viiv mélan- 
' colique annonce la cbute pro- 
chaine de Tédifiee. Ilepiiia Lu- 
tber r 1^^ protestahs d'AilemagDe 
et les calvinistes de France ne 
cessèrent de prédire , d'aouëe en 
année la ruinO de Babyloite ( car 
C*est aiitsi qu'ils eppeloient l'Ë- 
glise tto'naine ). l^es ministres des 
deux religions , aujourd'hui plus 
•âges et plusmodél^ét> , rougissent 
des ^%ces db- leurs prédéees- 
fcurs y et il est. bien étonnant 
qu'un homme tel que Moniaj 
les partage. Maïs l'enthousiasme 
et le fanatisme égarent les meil- 
leurs esprits. IV. Un IHscoHts 
sur le droit prétemlu par ceux 
de Ul maison de Guise , in-S". 
V. Des Mémoires instructifs et eu* 
lieux, depuis 157a jusqu'en 16^9, 

Suatre volumes in-4''> estimés. Vl« 
^es Lettres écrites avec beaucoup 
de forcfi et de sagéâse, publiées 
par Valentin Conrard et David Li- 
gues , sur les matériaux que four» 
lût Charlotte Arbâleatre , épouse 
de Momay, publiés par Jean Dail- 
té , ministre protestant y et imprt- 
ifk^ pqr .les £lïévirs en lôa^ A 
ces quatre volumes in .- 4* > ^ 
joint on cinquièmci mdme format , 
intitulé Histoire de M f1ic.de 



MORO 

j Philippe de Momay , oraiiKisA 

I par les aiiémes » et imprimée paiP 

leâ Elaéviiis en 1647. ^'^'^ estpli># 

recommandabie par la matière 

(|«e par le st^le. 

'^ I. MORO ( Antélne-I^mare) ^ 
né en 16817 f à Saint - VîttMm ^ 
terre noble du Frioul , entra dan» 
l'état eeclési astique , et , après y 
avoir l'cntpK pl«sieurs emplois s 
ilobtitttlacure deCorboloa^datts 
le diocèse dUdine, qa'îl goo^* 
veroft avec sagesse pendant plu- 
sieurs années. 11 mourut en 1764* 
Moro avoit du goût pour 1 his- 
toire naturelle qu'il étudia dans les 
momens de loisir t^e lui lais- 
saient ses fonctions , el il a pu-* 
blié sur les crustacées et lem 
mitres cerp$ marins un onvraga 
en deuic livres , qui a été traduit 
en français , et une lettre apolo- 
gétique dn même ouvrage. Oit a 
encore de lui une Dissertation 
sur ta descente de la foudre des 
nuages contre l'opinion du mar* 
quis de MaCfei .Les manuscrits qn'il 
a laissés sont en grand nombre. 

* IT. MORO (François) , Japo- 
nais, et directeur du commerce def 
Portugais au Japon , fut accusé 
faussement d'une conshiratioii 
contre l'cmpefeur, et brûlé vif en 
1657, en protestant jusqu'au der- 
nier soupir de sa parfaite inoo^ 
cence. Le P. Charlcvoix a démon- 
tré la fausseté de cette prétendue 
conspiration et du roman 'qoé 
KoBm plier a ou febriqué ou adoptd 
pour l'aeeréditer. 

'^m. MOIIO (Jean-Baptistd 
d'Aicobi.o tlei ) ', peintre de Vé-> 
rone , vers le milieu dn 16^ 
siècle, Jut disciple de Françoii 
Torbido , . aumoimrié Le Moro f 
et grava h-l'ean^forte une Smiie'* 
Famille , Où Saint Joseph sevoil 
à une ii^Uae, d'après Kaplia4^ te 



«• 



MORO 

Miartyre desainte Catherine ^ d'a- 
près Bernard Campi deCréroooe, 
et qiielques Pajrsages. , d'après 
Le Titien , etc. 

♦IV. MORO (Etienne), jë- 
fuite hongrois , savant mathé- 
maticien , assassiné en i^o4, 
par les Rasciens , à Ginq-Egiises^ 
On a de lui Geographia Panno- 
niœ , insérée dans Imago Hunga- 
riœ anttquœ , par Tiraon^ qui en 
fait nn grand éloge. 

* I. MOROGJVES (Sébastien! 
François Bigot , vicomte de ) , 
fils de J acques Bigot de La Motte , 
conseiller d'état ordinaire , et in- 
tendant de la marine en Bretagne, 
naquit a Brest en 1706, entra 
xlans Tartillerie de terre en i')i^, 
présenta en 1735, à l'académie 
des sciences , un mémoire sur 
l'application de la théorie des 
forces centrales aux effets de la 
poudre à cauon , et fut nommé 
en 1735 correspondant de cette 
société célèbre. Entré en 1736 
dans le corps de la marine , par 
le conseil du comte de Mau repas , 
ministre et secrétaire d'état , Jl 
lui dédia et fit imprimer en 1757 
le Mémoire précédemment cité , 
sous le titre iïEssai sur VappU- 
cation des forces centrales aux 
effets de la poudre à canon , 
l^aris j un volume in-S», En 
1741 il servoit comme lieu- 
tenant de vaisseau sur le vais- 
seau le Bourbon , qui périt avec 
Boulainviliiers , son comman- 
dant , et fut chargé par ce 
brave officier de reconduire un 
àes canots à terre : peu après il 
reçut la croix de Saint -Louis. 
Ajant épousé en 1745 Marie de 
Bodineau , fille au baron ' de 
Meslai , lieutenant - général et 
inspecteur-général de l^artiilerie 
française , ilcontinua à servir dans 
lamarine. En i759ilcommandoit 
k vaisseau le Jk[agnifiqu€ , for- 



MO RO 241 

mant Tarrière-garde de Parmée 
sous les ordre» du maréchal de 
Confia DS ; et après avoir soutenu 
tout le choc du combat dans la 
fatale journée du 20 novembre , 
et avoir à lui seul combattu trois 
vaisseaux de ligne anglais à la 
portée du fusil , pendant plus 
d'une heure , il parvint à se dé- 

§ager et a reconduire , a la faveur 
e la nuit , son vaisseau . dans 
la rade de Tîie d'Aix. A la pra- 
tique de l'art militaire, le vicomte 
de Morognes joignoit la plus sa* 
vante théorie ; ce qui le fît nom-* 
mer. en 1752 directeur de l'aca- 
démie de marine lors de la fon- 
dation de cette société. En 176^ 
il publia un Traité de tactique 
navale , ou Traité des évolutions 
et des signaux , 1 vol. in - 4'* 
Cet excellent ouvrage , qui mit 
sur la voie des découvertes qui 
furent faites .depuis dans cette 
importante brauche de l'art mi- 
litaire , fut accueilli très-favora- 
blement de tous les marins , et 
en 1767 fut traduit et imprimé 
de format in-4° dans les langues 
anglaise et hollandaise. Son au- 
teur eut encore la gloire , en 1 76g , 
d'être le principsil . restaurateur 
de Tacadémie rojrale de marine ^ 
et d'en être nommé membre ho- 
noraire.' Les grandes connois- 
sances que de Morognes réu- 
nissoit , tant dans l'artillerie qu9 
dans la marine, le firent nonïmer » 
en 1764, chef d'escadre , et com- 
missaire-général (le Tartillerie de 
la marine. Bientôt il perfectionna 
ce corps nouvellement formé , et 
en 1771 il fut élevé au grade 
de lieutenant-général des armées 




espoir 

nistre de la marine , et la pro- 
messe de la grande croix de l'or- 
dre de Saint-Louis ; mais > plus 
mihtaice que courtisan ; il ne put 

16 



-. I 



n^i 



MORO 



résister aux intrigues qui se suc- 
cédoientGontinuellemeiEitsarki fin 
tîu règne de Louis XV ; il fût 
disgraci/é , et se retira h. sa terre 
de Villà'alKer près Orléans, où 
il mourut en 1781 , emportant 
avec l'estime et la reconnoissance 
des marins les regrets de ses amis 
et de ses parens , dont il avoit 
lait le bonheur. Outre les deux , 
ouvrages qne nous avons cités , 
de Morognes a laissé plusieurs 
MémoU^s insérés dans re Recueil 
de ceux de l'académie des scien- 
ces. TAin a pour objet de rendre 
salubre l'air dans lia cale des vais- 
seaux , et un autre est relatif k 
rhistoire naturelle. Il a aussi 
laissé plusieurs ouvràgei manus- 
crits , qui sont restés entre les 
mains de sa f Emilie , et une Col- 
lection de modjèles rc^âtift k Par- 
tillerie et* k la marine , qui fait 
mjiintenant partie du cabinet des 
modèles de Brest. 

* If. MOROGNES ( Jacques 
Adrien-Isaôc Bxoot, seigneur dé 
Villandjr,el de), fils de Pierre 
Bigot , cousin germain du précé- 
dent , et de Fréaéi-iqué- Antoinette 
"lAlberline , baronne de Gèndt , 
petite- fille d'Emmanuel H , prince 
titulaire de ' Poi^îtugal , né à 
Utreclît en 1 yog , gentilhomme de 
la cour âxL stathpUder , - major 
des gardes du corps cjfe te grince, 
général-major de là cavalerie des 
troupes de ht république dfe Hbl-, 
lande , et gra^d' échanson de là 
cour de so*i altesse royale ma- 
dame la priticesse gouvernante , 
est auteur ijte \*E'sstii sur la tac- 
tique de t infanterie , Amsterdam , 
1761 , 3t vol. iti-4"» , attribué faus- 
sement au précéfient dans la nou- 
velle édition de la Biblit)thèque 
historit[ue dé là France , tome 
lïl, p. 1&9. 

t MORON ( Jwn dfc ) > m* Al 



MORO 

comte Jérôme de Moïioîs' , chan-» 
celier de Milan ^ et l'un des plus 
grainds politiques de son temps ^ 
mort au camp devant Florence j 
en 1S2Q , eut une des parties des 
talens de sou père. Moron mérita 
l'évêché deNovarre , puis celui de 
Modène , par son zèle et ses ta-* 
lens. Envoyé en qualité de nonc^ 
en Allemagne l'an 154^) ilengagéi^ 
les princes de l'empire à souserirç 
a la convocation d'un concile gér- 
néral. Le pape Paul III, charma 
d'un tel Succès , récompensa Mo- 




presiaent au concile indiqué 
k Trente. Jules III l'envoya 
comme légat k la diète d'Aus- 
bourg , où il soutint avec chaleur 
tes intérêts de la coui*" de Rome. 
Moron sy fit également aimer 
des catholiques et des prot^s- 
tans.' La modération , l'équité, 
qui formoierit ^on caractère ^ 
étoient dignes d'un philosophé 
chrétien. Il tonnoit contre Tné- 
résie , et traitoit avec douceur 
les hérétiques. Ses ennemis lui 
firent un crime de celte modé- 
ration. Paul I V le fit arrêter ; 
mais Pie IV' son successeur prit 
hautement sa défense ,, et con- 
fondit là calomnie, en le nom- 
mant président d« contîite de 
Trente. Apres la m'or? de ce pon- 
tife , saint Charles- Bfôrromée 
Ifr ci^ut digne de la tiare , et lui 
dnnna sa'voût. Flen ayoit déjk eu 
vingt-hnh dans Un autre con- 
clave, Grégoire XWl l'envoya 
en qualité de légat k Gênes , et 
ensuite en Altemâ^iie. A« re- 
tour de Cette dernière fégation , 
il mourut k. Horh.e , lé i**' dé*- 
cémbre i58a, k ji ans* avec 
là réput?ition d'tinhtïmme adroit, 
habile , intrépide , aélé pour le» 
intérêts de son dSot^èsè et pour 
ceux de l'Eglise. On a de lui , 
h 'Des 'Constitutions , qu'il pu- 



MO no 

fetîa éiarit éV#qiie de Notaire. IT. 
"L^s Actes des trois synodes qu'il 
tint à Mode lié. ITÏ. tn Discours 
^ull fft au concile de Trente en 
^ualit^î de iiégât , iiilprirtlié k Bres- 
cià , i563 , ih-4«. ÏV. Plusieurs 
Epures ant cardinaux Polus et 
Cortei , à jove , à Frëder , Nàii- 
sea , ^c, V. IJ Soif^na rédîtibn 
des OËuttès de s&ihf Jérôme , 
corrîg'ée bâV Erasme. La Vie du 
cardinal Mo rt>n a éié écrite exac- 
tement par JâcbbelliïB , évêqùe 
de Foîi^riy. 

*ï, MQROlN^ ( Sbnkvétituré) , 
>dè Tareihe , de l ordre des frères 
"niHieltrs réformés de TObservan- 
t^e , au i6^ siècle , savant dans 
les langues grecque, latine ei 
iiébraïque , bon théologien et 

Î\oèXe^ a aonhë , "fen vers ita- 
iens , le Martyre ^e sainte Jus- 
tine ; Celui de saint Cher ; ^es 
Triothphes des guerriers et des 
amans ; une ChansoH adressée, 
i Gesualdo , archevêque de Na- 
pies , etc. 

*II. MORONE (iVunifeiô^ , Na- 
|>olitain , pOëte renommé Jans le 
i6» siècle et au commencement du 
suivant ) a donné des Sonnets et 
d'autres Poésies qui ont été réu- 
~ilis à ceat de Dominique Agres- 
ta , et impritfië^ k Véhiseeti i(53S> 

* nr. MOROTÏÉ ( Jfeart-Bap- 
tiste^ , célèbre peintre de por- 
traits, au i6* Siècle, né k Albi- 
no , dans lé territoire de Ber-» 
^9ime , ^eics Fkn jSîS , se fit Con- 
noître dafts teXié ville pi&r sai 
grande iûleirigeilce et ses (alcns. 
Il saisissoit îh ressfemblfeiûee âyeô 
beaucoup d'habileté ; sort dessiii 
étoit pur 'et son coloris admira- 
ble, plusieurs dé kés portraits sd 
trouvent dans les cabinets des 
curi^uK àè Bèi-gânire el dfe Têû^sej 



MORO 245. 

pftt*mi lesquels on disiîngue celui 
d'/IercUte Tas su , ajànt un livre 
à la main , et àù bas duquel est 
écrit : ffercUtes Tassus , philosO" 
p/ius i annum agens 29. Ce pein^ 
tfe mourut à fiergame eh 1^8. 

*IV. MÔHONE (Pierre), 

1>eiutre , de la même famille que 
e précédent , apprit soo art sous 
le célèbre Paul Verouèse. Ses 
ouvrages embellissent plusieurs 
églises deBrescia, et les cabinets 
des amateurs dans quelques au-* 
très villes de l'Italie. Son colo- 
ris e:$t agréable et soa dessin cor- 
rect. Ce peinti^ mourut , empct* 
sonné par sa iemm« , vers Tau 
1625. 

* V. MORONE ( Charles-Tho- 
mas) , jésuite italien, vivoit dass 
le 17» siècle et au commencement 
du suivant. On a de lui , I. Qua- 
resimate primo'è seconda ^ Par- 
raa , 1701. II. Là Oera politica 
ècônomica é christiana ; îezioni 
ihorali e saCr^ soprà il primO 
capo del îibro di Tobià , Pàriha ^ 
170p. IIÏ. Panegirici e> discorsi 
le lia passione del S ignore , Par» 



ma 



1707, 



* MORONUS ( Mathiàs) , mé- 
decin y exerça d^abord sa profes- 
sion à Casai , fut ensuite proto- 
médeciii de tout le ductié de 
Vlontferrat , ( vraJseniblàblcmcut 
lors de la prise de ce pHjs paf 
le comte d'Harcoiirt , eii 1640) 
et revêtu du titre de médecin de 
Loui^s XI It , rui de France. Mo-* 
ranus , mort en i6jO , fl laissé 
un ouvrhgè av^int pour titre :,/)/- 
rècttfriUm medico - practicUrh , 
sive duo indices proeternàtura- 
lluin àffèctuum , cum dlslinctà" 
rurh . !tûfn implicatorum , dé çui" 
bUs pecùiinres jxtant gravis s i^ 
ttto'rUm i>ihorum consuUatîcnes , 
epistolas , questiones y'res'pànsioT 



/ 



244 



MORO 



nés, observationes , historiée 9 etc , | 
Lugdum , 1647 » ^^^P > in -8». 
, Francofurti , i665 , in-4'' j p^r 
les soins et avec les additions de 
Sébastien Schœffer, 

. . I. MOROSINI , Irès-ancîenne 
maison de Venise ( en latin Mau-- 

, rocenus ) , a donné plusieurs 
doges a la république. Dominic^^ae 
MoKosiNi ,. élu doge de Venise 
en ii4^ ^ Marin Mobosini , élu 
en 1249 9 qui soumit Padoue a 
la république ; et Michel Mobo- 
siTii , qui mourut en laSi , quatre 

• mois après son élection , et après 
avoir soumis l'île de Ténédos. 
Ces illustres républicains se ren- 
dirent également recommanda- 

' blés par Tesprit patriotique et 
par Tart de gouverner. 

; ♦II. MOROSINI (Paul), de 
; Venise, né vers Tan i4o6 i ap- 
prit les langues grecque, latine , 

* et hébraïque , et cultiva ies scien- 
ces et les arts. En 1471 il fut en- 

. voyé. pour la première ibis , en 
qualité de commlâ^saire , dans 
1* [strie , pour terminer quelques 
.; différens élevés entre sa répuoli- 
que et l'empereur des Romains , 
" relativement aux confins de cette 
province ; quelque temps après , 
•n fut un de ceux qui furent choi- 
si 5 pour aller complimenter l'em- 
pereur Fredénc , à son entrée à 
' Veaise. Depuis , le sénat de cette 
\ république l'employa dans plu- 
" sieurs légations importantes et 
n'eut qu'à se louer de son habileté 

* dans ses négociations. Il a publié 
un ouy^rasfe dédié au pape Paul 

~ II , sous le titre De œternltate , 
" temporàlique Christi generalione 
' ih judàicœ improbationem perfi' 
' diœ , chrisiianœ religionis glo^ 
riant , cUvinis enunciationibus 
" coniprobàta , in-4'. On\a encore 
' de lui plusieurs autres ouvrages 

* et une Apologie de la république 
die Venise. 



MORO 

t ra. MOROSINI (Pierre V, 
patricien de Venise , cardinal , 
et Tuu des plus célèbres juris- 
consultes de son temps, cha- 
noine de la cathédrale de Tré- 
vise , et professeur en droit ca- 
non de 1 université de Padoue , 
emploi qu'il remplit pendant 
plusieurs années , et qu u quitta 
en 1708 , lorsqu'il fut fait car- 
dinal , et envojé au concile de 
Constance. On place sa mort à 
l'année i4i4* ^^ ^ écrit quelques 
ouvrages sur lé droit canon , et 
on fait sur-tout un cas singulier 
de ses Commentaires sur la 
sixième des Décrétales , qui n'a 
cependant pas encore été impri- 
mée. 

flV.MOROSINI ( Jean-Fran- 
çois ) , cardinal , ambassadeur 
de la république de Venise en 
Savoie , en Pologne , et à la cour 
de Cônstantinople auprès du sul- 
tantAmuratlII. Sixte Vlenomma 
légat du saint-siége en France , 
auprès de Henri IH , et à la de- 
mande de ce prince, pendant son 
séjour en France , il lia une 
étroite amitié avec deThou, qui. 
lui a dédié sa Paraphrase en vers 
latins des Lamentations de Je- 
rémie. Ce prélat mourut dans 
son évéché ue Brescia , le i4 jan* 
vier 1696 9 k Sq ans. 

* y. MOROSINI (Jean), 
patricien de Venise , néen 1719 » 
enlbrassa l'état religieux dans la 
congrégation du Mont - Cassin , 
et s'y distingua par ses talens et 
Ses vertus. En 1770 il fut fait 
évêque de Chiozza ; de ce siège 
il passa , en 1 772 , k celui de 
Vérone , qu'il gouverna pendant 
dix-sept ans avec autant de prn : 
dence que de sagesse, et j mou^ 
rut le 00 août 1789. On a de lui , 
I. Synodus diœcesana , Veronte , 
1783. II. La gloriaf la félicita , 



MORO 

famicizia , reducazione , homé- 
lies, Vérone , 1781. Dans ces 
homélies ,y il a eu Tart de faire 
aervir la théologie de point 
d'appui aux dievoirs de la so- 
ciété. 

VT. MOROSmi ( André ) ob- 
tint les principales dignités de 
sa rëpiiblique , et mourut en 
1618 , à 60 ans» Chargé de con- 
tinuer l'histoiçe de Venise de 
Paruta , il la poussa jusqu'en 
161 5. Elle fut imprimée en i6i3/ 
in-folio , et^ réimprimée' dans la 
Collection des historiens de Ve- 
nise ,1718 et -années survantes , 
dix vol. in-4". Ses Opuscula et 
Epistolœ , 1625 , in - 8"» , sont 
moins recherchés que son his- 
toire. 

fVn. MOROSINI (Fratîçois), 
né à Venise en 1618 , se signala 
sur une des galères vénitiennes 
dès rage de !2o ans , et i^emporta 
sur les Turcs des avantages^ con- 
tmuels. Nommé commandant de 
la flotte en i65i, il prit sur eux 
ua ^and nombre déplaces et fut 
déclaré généralissime. Il défendit, 
en cette qualité , 111e de Candie 
contre les Turcs ; il y soutint plus 
de 5o assauts , plus de 4o com- 
bats souterrains ; il éventa les 
mines des assiégeans près de 5oo 
fois. Les Turcs perdirent à ce 
siège plus de 120^000 hommes, 
et les Vénitiens plus de 5o,ooo. 
£n vain le grand -visir tâcha de 
corrompre ce brave homme , en 
lui offrant de le faire prince de 
Valachie et de Moldavie , il mé- 
prisa ses oiOTres. EnOn , obligé de 
se rendre , il capitula au bout de 
28 mois, en 1669. Le grand-vi- 
sir, plein d'estime pour son cou- 
rage , lui accorda tout ce qu'il 
voulut. De retour' à Venise , il 
fut d'abord très-bien reçu , et en- 
B\Ax% arrêté par ordrg du sénsft; 



MOROx 245 

mais s'étant pleinement justifié , 
on lui conféra la charge de pro- 
curateur de Saint-Marc. Quelque 
temps après , la guerre s'étaut re- 
nouvelée contre les Turcs , Mo- 
rosini fut élu généralissime àsis 
Vénitiens pour la troisième fois , 
en 1684. Il s'empara de pl'usieurs 
îles sur les Turcs , remporta sur 
eux une victoire complète l'an 
1687 , près des Dardanelles ; il 
s'empara de Corinthe , Misistra , • 
Athènes , et de |)resque toute la 
Grèce. Tant de succès le firent . 
élire doge en 1688 , et généralis- 
sime pour la quatrième fois en • 
1694 , quoique âgé de ^5 ans. Il , 
mit plusieurs fois en fuite la flotte 
des Turcs ; mais il tomba ma-^ . 
lade de fatigue , et mourut à 
Napoli de Roman ie le 6 janvier 
1694* Le sénat lui fit élever un 
superbe monument avec cette* 
inscription : Francisco Mauro- 
ceno 5 PelQpomiesiaco • Le titre 
de Péloponnésiaque lui fut donné 
après ses- victoires , en 1687. Ses 
concitoyens lui avoient fait dres- ^ 
ser alors une statue avec celte , 
inscription : Francisco Mauro^ ^ 
ceno , Pelopomiesiaco , adJiuc ^ 
viventi. Le pape Alexandre III 
l'honora dans le même temps 
d'une épée et d'un casque qu'il 
reçut en cérémonie dans l'égiise 
de Saint-Marc , des mains du 
nonce. Morosini méritoit toutes 
ces distinctions , par son activité 
dans la guerre , et par ses qua- 
lités patriotiques dans la paix. 

fMOROTI ou MoROTiu» 
( Charles-Joseph ) , abbé de l'or- 
dre de Cîteaux dans Turin, ,et 
depuis évêque de Saluces , a 
donné en latin le Thédtre chrv^ 
nolo^ique de Tordre des cliar-^ 
treux iseiQ^ , Turin, 1681 , in- fol.; 
une Histoire du môme ordre en 
Italie et en Fraiice,^Turin , 1690,^ 
ih-fol. \ et en Italien la Fie dÂ- 



y 



M^. 



MORO 



méfiée III ^ duc de Savoie , Turin, 
1686 , in-fol. 

♦I. MOROZZI rPierre-'ATitoine) , 
né à Colle, ville de Toscane, 
le 29 jnin rê6o , fil ses premières 
études k Sienne , on il fut reçu ; 
bachelier en droit. Mais s'étant 
dégoûté du barreau , il s'appli- 
qua tout entier aux mathémati- 
qiies , dans lesquelles il fit dès pro- 
grès si rapides , qu'il en donna 
pientàt des leçons publiaues. 
G6me lll , granct-duc de f os-^ 
cane , le nomm^ inspecteur des 
forieresses de Sienne, et de Tétat. 
Morozzi mourut en ijo8. On a 
de lui quelques Tait.és^ assez esti- 
més , sur" les fortifications , et en 
particulier un sur là bombe , dont 
on fait grâncl cas. 

• n. MOROZZÏ ( Ferdinand), 
de la nii^me famillç que le précè- 
dent , vivoît dans le 17» siècle. 
Qn a ùt \\x\ y L DeUo stato an-- 
Uco e i^Qderno detjiume Arno , 
e délie cause e rimedf délie sue 
inondazioni , Florence*, 1762 , 2 
vol. in -4* 3ivec flja^ures. II. Délie 
case de*'^ contadim , tratfato ar^ 
chitfiiio/iico , yiorence, 1770. 



*I. MOROZZO(P.D. Charlesr 
Joseph ), de l'ordre de Cîjeaux , 
de la congrégation réformée de 
Saint" Bernard, né à Mondovi , 
d'une illustre j'amille , le 5 février 
1645, ftit élevé à Févêché de 
Bobbio en Lombardie en 1693 , 
d'où il passa, en 1Ô98 , a celui 
4e Saluées , et moariit en 4729. 
On a de lui, » I. Cursus vittp spi- 
rituuhs , etc.^ Romae, 1674, ^^ 
Taufini , i683. , ouvrage ascé- 
tique , qui prQ.nve,q[jifi IJautenr ne, 
$*entenciôitpas tou^pucs. II. Thea- 
irùm cheonqlpgicum s.acri ckHhu-. 
stensis ordinis , etc. , Taiirinî , 
l68i , in- folio. III. ^itn e virtu. 
del B. Amedeo , duca dï Savçja , 



MORP 

I 

Turin , 1686 , in -fol. , mona* 
ment élevé a la gloire d'Âmédée^ 
et dans leaiiel l'auteur auroit dd 
moiilrer plus d'impartialité. IV» 
Cistercii reflorescentis , seu cent* 
gregationum Cistercio-monasli-' 
carumB. Biariœ Fuliensis in Gai-' 
liet, et jyfjbrmatorum S, Bemardi 
in Italid chrofiologica historia ^ 
Augnstœ Taurinorum , 1691. V, 
Applausi nç^lla promo^one alld 
vgrpora del cardinal D* Gio^. 
vànni Bona délia çon^regaziàrm 
di S, Berna rdç delC ordine cis-* 
terciens^ , Forli , ^^7^0. . 

* II. WOROZZO ( Louis ) , de^ 
Mondovi en Hëimont , de riilustre 
famille du précédent , se fit con« 
noitre par ses lumières el ses con- 
noissances dans le droit , et sur- 
tout par ses ouvrages , qui le por- 
tèrent à I4 présidence du conseil 
royal. Ch^rfes-Emmanuell*' rem- 
ploya avec sueeès daus p(asieur& 
négocia tion»imp«rtan(eii y et sur- 
tout dans celles reUttÎTes au mar-» 
qjiûsat de Saluccs. Morbzzo mou- 
rut en i6ii , ai^ mameni où il 
bIIq'iX bhe imprimer le second 
TQl»in« de. ses QQnst^^fhns* 

♦• ra. MOROZaO (îe comte 
C harles-Pki lippe. ) ,. ti^s du pré-, 
cèdent, succéda a son père aans 
la charge honorable d.ç président 
du conseil royal , et paryint en- 
suite à celle de grand-chancelier. 
En 1641 il prit la défense des 
magistrats du Piémont , contre 
les attaques et les observations 
de Fabro dtins ses Décades , et 
écriifit y en i655 , eti. faveur de 
la sénénissimç l'iniànte Marie de 
Savoie , contre les prétentions 
du duc de Modéne. 

MORPHÉK ,. pfçroîer ministre 
dij dieu du spfnmcll , selon la 
l'il^e >; tçKcitijit k doçii^ir» et prén. 



MORR 

senloit les soDges sous diverses 
figures. Ovide uëcrit ses fonctions 
dans le ii« livre des Métamor- 
phoses. C'étoit, selon le poëte 
latin , le plus habile de tous les 
dieux ponr prendre U démarche , 
le visage , Tair et la voix de ceux 
qu'il vouloit représenter. Il y en 
a plusieurs exemples dans les 
poètes anciens. Cétoit lui qui 
louchoit d'une branche de pavot 
ceux qu'il vouloit endormir. Les 
poètes < grecs et latins le prennent 
•ouvent pour le dieu du sommeil. 

* MORPUL.IGHÈS ou Mihiiob ab- 
ZÀjnE , roi de la Petite-Arménie , 

fouvemoit vers l'an i5o avant 
. G. Lorsque Valarsace, Arsa- 
cide , s'empara de la Grande-Ar^ 
nicnie , Morpilighès ne tarda 

. point à lui déclarer la guerre ; 
mais après plusieurs batailles 
sanglantes , ce prince perdit ses 
«tats > et se sauva chez les Ca- 
lybes pour fprnier une nouvelle 
armée : il rassembla en peu de 
lemps des taupes nombreuses 
de la Phrvgie ^ de la Cappadoce , 
du. Pont-Ëuxin , et du Mont-Cau- 
Case. Morpilighès , dès qu'il se 
vit en état de se mesurer contre 
Valarsace, se mit à la tôte de 
ces forces et vint retrouver son 
ennemi. IjCS deux armées en pré- 
sence l'une de l'autre , près de la 
colonie de Sinis , passèrent quel- 
ques jours k prendre des posi- 
tions avantageuses , et former 
leurs camps. Valarsace commen- 
ça l'attaque avec impétuosité. 
Morpilighès , couvert d'un casque 
et d'une armure d.e fer , soutint 
le choc avec courage , et chercha 
à pénétrer vers le centre de Ten- 
nemk II blessa plusieurs soldats 

, qui étoient autour du roi , et lui 
lança un dard à trois pointes ; 
mais les commandans qui étoient 
4UX côtés de Valarsace tombè- 
rent sur Qftorpilighèa X ^ ^^^' 



MORT 



247 



versèrent de sou cheval , et la 
tuèrent , l'an i^y avaut J. C, 

* MORRA ( Isabelle de ) , Na- 
politaine , distinguée dans le 
i6* siècle par l'agrément de se* 
poésies yiieitives »qm se trouvent 
ëparses uans dinerons recueils ^ 
,et qui fiu'ent ensuite réunies 1^ 
celles de Véronique Gambara et 
de Lucrèce Mariuella , publiées 
en 1695. 

*I. MORRIS < Louis), anti- 
qitaire et poëte gallois , né en 
170a dans lîle d'Ànglescjr, mort 
en 176a à Penrjn , au cojnté 
de Cardigan, cfaiargé, en 1737, 
par l'amirauté d'Angleterre, d'ins- 

Secter les côtes du pays de Galles, 
on rapport ,a été public en 1748. 
On a imprimé de lui plusieurs 
pièce;: de poe'sies.galloi$es , et il a 
laissé , sur l'antiquité , plus de 80 
volumes manuscrits , actuellement 
déposés a Técole de charité gaU 
loise à Londres. 

♦IL MORRIS (Richard) ,frèi« 
du précédent , poëte et, critique , 
mort en 1799» commis au bu- 
reau de la marine d'Angleterre» 
5tfrvei7^ deux éditions précieuses 
de la Bible galloise. Il a aussi 
composéjdans sa languc,quelques 
morceaux dt poésie et de critique. 

* m. MORRIS ( Guilhume ), 
frère des deux précédons , mort 
en 1764) a fait une très-grande 
collection de manuscrits gallois. 
Il est mort contrôleur de la 
douane à Holjrhead. 

MORT ( Jacaues le ) , chimiste 
et médecin a Harlem en i65o, 
donna des leçons particulières, 
sur la chimie , la pharmacie et la 
médecine a Lejde. En 170a il 
obtint une chaire de chimie ,.qu'i 1 
remplit jusqu'en 1718 , année de 
sa mpj:t. Le célèbre Boërhaave 



a48 MORT 

le remplaça. On a de Le Mort, 
I. Chymia medicO'-phjrsica , Lej- 
de , it)88 , iik-8». II. Pharmacia 
medico 'phjrsica y Lejde, 1688, 
in-iiî. III. Fundamentà novo-aru- 
tiqua theoriœ medicas- ad naturœ 
opéras revocata ^ 1700, Lejde, 
in-8®, etc. 

*MORTELLARI (Michel), 
compositeur de musique , né a 
tapies vers le milieu du 18* siè- 
cle , se fît connoitre à Rome , 
à MUau , k Modène , et a Venise^ 
par des opéras , où ton trouve des 
morceaux d'une facture agréable 
et facile. On a de lui plusieurs 
chansons , remarquables par leur 
simplicité et par leurs chants 
naïfs. Ses principaux opéras sont , 

I. Le Astuzie amorose y 1775. 

II. Ezio , paroles de Métastase , 
1775. III. D. Salteno Civetta; 
VÂntigona ; Il Barone di Lago 
nero , 1776 et 1777. IV. Aies- 
sandro neW Inaie , paroles de 
Métastase, 1778. Ce composi- 
positeur est mort vers 1790. 

MORTEMART. Foj^ez Roche- 

CHOUAfiT. 

MORTIER. Forez Mautin , 
n» XIV. 

MORTIÈRE. Fc^ez Meschx- 

WOT. 

I. MORTIMER ( Roger de ) , 
seigneur anglais , aune belle fi- 
gure etd'unenaissance distinguée, 
Çlut infiniment a Isabelle de 
rance , femme d'Edouard IL 
Après la mort tragique' de ce 
prince , k laquelle Mortimer con- 
tribua beaucoup , il gouverna 
entièrement la reine , dont il 
ëtoit k la fois Pâmant et le minis- 
tre. Edouard III , quoique élevé 
sur le trône par les crimes de sa 
mère, voyoit avec beaucoup de 
daine Tempire que cetindigne fa- 
vori avûit âur lui et siir elle, La 



MORT 

guerre d'Ecosse , qtii ne fut pas 
eurense, fut Técueil de sa faveur* 
Voulant maintenir sa fortune , 
et ne le pouvant que par la paix , 
Mcu*timer fit en i3!28 un traité 
humiliant avec Robert Bruce , 

Sii s'étoit fait élire roi d'Ecosse, 
reconnut les droits de ce prince, 
et renonça aux prétentions que le 
roi d'Angleterre avoit sur ce 
royaume , se contentant d'une 
somme de trente mille marcs , que 
les Ecossais dévoient payer aux 
Anglais. Quoique le parlement 
e*ût ratifié le traité , toute la na- 
tion en murmura. Les comtes de 
Kent, de Norfblck , deLancastre^ 
princes du sang , s'unirent contre 
Mortimer. La foiblesse d'esprit 
du comte de Kent fouriiit k ce 
ministre un moyen de se venger. 
11 lui persuada qu'Edouard son 
frère vivoit encore : le prince cré- 
dule forma le dessein de le réta- 
blir. Ce fut un prétexte d'acca- 
sation. On vit l'oncle du roi con- 
damné par les barons k perdre la 
tête , et ses grands biens confis- 
(^ués stu profit d'un fils de Mor^ 
timer. Tant de crimes ne pou- 
voient être long-temps impunis. 
Edouard III résolut ae se défaire 
de ce monstre. Il vint k bout de le 
surprendre dans le château de 
Nottingham , oii il étoit enfermé 
avec la reine Isabelle. Le parle- 
ment lui fit son procès , et le con- 
damna k être pendu. La notoriété 
des faits suffit pour sa condamna* 
tion , sans examen de témoins y 
sans même entendre le coupable, 
qui fut exécuté en i33o. Vingt 
ans après , en faveur du fils (ie 
Mortimer , on annulla cette sen- 
tence , comme illégale ; mais la 
postérité Ta conhrmée. Foye% 
Edouard III , n« VI ; et Isaseujb , 
n» I. 

* II. MORTIMER ( Jean Ha- 
MiLTOv } , né k East-Bourae , dans 



r 



MORT? 

le comté de Sussex, en novembre 
1^5^ y se voua k la peinture sou& 
la direction de M. Hudson , alors 
le peintre le plus renommé , et de 
fiir Joshna Bejnolds , et se forma 

Sarticulièrement par l'étude assi- 
ue de la galerie au duc deRiche- 
mond. Ses principaux ouvrages 
sont y le roi Jean accordant aux 
barons la grande charte d^^fn- 
gleterre ; les batailles d'Agent 
couriy de F'ortigem; de Rowena, 
la Scène des sorciers ; la suite 
des progrès du vice , en quatre 
tableaux , et le sir ArtheguU de 
Spencer, Cet artiste estimable est 
mort en 1779. 

t MORTO ( Louis )' , peintre 
du 16* siècle , né. à Feitro^ dans 
la Marche de Trévise , alla de 
bonne heure k Rome , où il s^ap- 
pliqua a la peinture des grottes , 
goût qui loi avoil été inspiré par 
la vue des souterrains et des cata- 
combes de cette ville , ainsi que 
par la visite de ceux de Tivoli et 
de Pouzzoles , qui n'ont point 
leurs semblables. On prétend 
qu'il est le premier qui ait peint 
en ce genre ^ c'est-k-dire ; en la 
manière qu^on appelle égratignée. 
Il fit quelques autres ouvrages k 
Venise , de concert avec Le Gor- 
gion , ainsi qu'k Florence et dans 
le Frioul. Né avec une ame belli- 
queuse, il prit du service dans, la 
troupe , et fut l'ait capitaine d'un 
corps de 200 hommes, qui fut en- 
voyé k Zara dans l'Ésclavonie , 
oii il mourut dans un combat 
contre les Turcs , k l'âge de qua- 
rante-cinq ans. 

L MORT ON ou Moortôn 
( Jean ) , né dans le comté de 
de Dorchester en Angleterre , se 
rendit si habile dans la jurispru- 
dence , qu'il mérita d'être aamis 
dans le conseil privé des rois 
Henri YI et Edouapd IV* Cette 



MORT 349 

f place lui frava la route a l'évéché 
d'Ely , et enfin a l'archevêché de 
Cantorberj. Il le méritoit par 
sou zèle et sa fidélité envers ses 
souverains. Henri YII le fît son 
dhancelier , et lui obtint un cha* 
peau de cardinal. Il mourut l'an 
i5oo. 



* n. MORTON (Jacouef, 
comte de ) , né a Dallieith en 
i55o , étudia k Paris soUs le fa- 
meux GeofgC Buchanan, qui y 
professoit alors la philosophit 
dans l'université. De retour en 
Ecosse en i554> ^^ ^'j niontra très- 
ardent a propager la réforme. 
Accusé du meurtre de lord Dam- 
ley , il se réfugia en Angleterre , 
où il resta jusqu'k la bataille de 
Carberry : k cette époque il re- 
passa^en Ecosse , et y obtint la 
place de chancelier. En 1674 il 
succéda au comte de Mar en qua- 
lité de régent , et résigna sa place 
en iSjg. Deux ans après il fut 
condamné pour crime de haute 
trahison k être décapité , et fut 
exécuté k Edimbourg , k l'aide 
d'une machine appelée la Pucelle y 

3u'il avoit fait venir d'HalUfax y 
ans le comté d'Yorck , pour in- 
timider ceux qui s'opposeroient k 
son administration. 

♦ III. MORTON (William ) , 
l'un des hommes de robe qui pri- 
rent les armes au commence- 
ment des guerres civiles ; il se dis- 
tingua en qualité de lieutenant- 
colonel de cavalerie. Le 1*' juillet 
]663 il fut nommé sergent du 
roi , etjuge de la cour du nanc du 
roi le o novembre i665. 

IV. MORTON ( Thomas ) , 
né k Yorck en i564 » fut profes- 
seur au collège de Saint-Jean k 
Cambridge. Son mérite lui pro- 
cura l'évéché de Gheàter en iOi5 , 
puis celai de Xitchfield et de Co* 



i5o MORV 

ventrf en 1618 , «t enfin le'sîëge 
de Durhapi en i63'i. Il s'y fit es- 
timer et cUérir jusqu'à rouver- 
verture du parlement, le 3 no vern- 
ie 1640. Alors la populace se 
souleva contre lui ^ et on lui 
donna des gardes pour le mettre 
à l'abri des violences et des insul- 
t/e^. Il mourut le 22 /septembre 
|65q. On a de lui Apoiogisi ca* 
ibolica , Londres , i6o5 et 1606 , 
a vol..io'4** » De auctoritnte prin- 
eipum , in-4° ; et divers autres 
puifmges estimés des théologiens 
anglais. 

. MORVILLE. roj0^ Akminon- 
V11.LE. 

J. MORVILLIERS (Pierrede) , 
fîls de Philippe , premier prési- 
dent du parlemeiit de Paris , isSM 
d'une famille noble de Picardie , 
fait chancelier en i46i , étoit 
un homme hardi et véhément. 
Louis XI l'envoya, en i464) ^'C*** 
Philippe, duc de Bourgogne. 
Le chancelier parla à ce prince 
et au comte de Charolais son fi^s 
en termes si désobligeaqs , que 
le comte , indighé , ne put s'em- 
pêcher de dire à Tarchevéc^ue de 
Narbonne que le roi s'en repen- 
tiroit. En effet , ce fut la première 
étincelle de la guerre dite du Bien 
public. La paix faite , Louis XI , 
causant avec le comte , lui dit dé- 
liant tout le momie : « Qu'il n'a- 
voit point eu de part à ce que ce 
fbu 4e Morvilliers lui s^voit dit 
mal a propos. » Le roi , désavoua 
le chancelier, et le destitua , pour 
donner au comte une. satisfaction 
entière. Mçrviliiers, retiré auprès 
du <X\ic de Guienne, survécut 
lon^ten^s à sa déposition , et ne 
çiourutque, vers la fin de i4y6, 
^e laissant çn une, fili^ 

II. MORVILLIERS (Jean de) , 
d'abord lieutenant -générai de 



MORU 

BouFgçs , doyen de la c^tthé^ 
drale de cette ville, puis con- 
seiller au grand-conseil , et e» 
cette qualité l'un des juges du. 
chancelier Poyet , en ï547» 
né à Blois en . iStoy , du procu- 
reur du roi , n'éloit pas de la. 
même faijnille que le précède» t. 
Ses talens l'ayant fait connoitre , il 
fut envoyé en amba^ade à V^e- 
nise , et s'v condui&it en homme 
plein d'aidrçsse , de bon sens ek 
de probité. De retour en France ^ 
il obtint l'évôché d'Orléans en, 
i55a , et la place de garde des 
sceaux en 1^68. Ses talens éclan 
tèrent au concile de Trente , où 
l'on admira également son esprit 
et son zèle. Cet illustre prélat se 
dénriil de son évôché eî>. 1374 % 
et monrut à Tours le a3 octobre 
L577.Le6 gens dele^ti'es de toutes 
les . nations célébi^èrent sa nrië- 
moire comme celle de leur bien- 
faiteur. C'étoit un grand homme 
d'état , quoique, un peu inqtiict» 
11 quitta les sceaux , et les reprit 
ensuite. I^es Guise contribuèrent 
beaucoup k son élévation. I« 
fut le dernier mâle de sa fa^ 
mille. 

1 1. MORUS ou More (sir Tho- 
mas), chancelief* d'Angleterre 
sous Henri VIII, fils du chevalier 
sir John More, Tun des ju.ge& 
de la cour du^bancdu roi, dis- 
tingué par ses talens et soik 
intégrité , naquit a Londres eu 
i4So. La science et la vertu fui- 
rent l'unique ob^et ie l'a^nhitloa 
de sir Thomas , et il poââëd» 
éminemment Tune, et l'autre- \ 
l'étude des langues mortes iL 
joignit celle des langues vivantes , 
et les difféceates coni^oissancea 
qui peuvent oiiier l'esprit. Henri 
>riIl,,roi d'Angleterre,, se servit 
de lui dans plusieurs âmlKtssades* 
La sagacité et les talens de Mo rus. 
brillèrent sur-lqut dans ^ çonli^:^. 



MO RU- 

ifstes-pQnr la paix de. Cî^mbrai 
tn i5a^ Jji cnargQ de grand- 
chancelier ^'Angleterre fut la ré- 
compense d^ son zèle pour Iç 
service de sonmaitre. ( ^oj, Hol- 
WLv }. Morus remplit cette place 
de manière à n§ pas faire regi*et* 
ter son prédécesseur. Wolsey n'a- 
\oit montré que de la hauteur , 
1$ nouveau chancelier , au con- 
traire, accueillit tout le monde 
avec bonté. Exact daps l'adn^j- 
iiistration de la justice , il tei^i- 
noit les afiùires sur-lç-champ^ 
Son intégrité ne rais9it aççeptiqn 
de f>ersonBe , et son désintéi^est 
^i^ment lui iaisoit rejeter tous leç. 
dons. Ses enfans se plaignoient 
quelquefois de ce qu'il ne profi- 
lait pas de son ^évatiou pour 
leur avancement, ce Mes en^^s , 
leur répondit'^il , laiss^:^: - mpi 
rendre la justice à tout 1^ nçiond^ ; 
votre gloire et mon salut ^n. ^^ 
pendent. Mais ne craignez rien ^ 
yous aurez toujours le meilleur 
partage : la bénédiction ie Dieu 
et celle des ho^imes. » En e^et , 
lorsqu'il quitta la charge d^ chan- 
celier , il ne lui re^ta que soil pa- 
trimoine j quelques teiTOS^ 4^ p^eu 
de revenu que le roi lui avoitckin- 
nées , et environ cent livres ster- 
ling en espèces. Ce dénueaiikeut 
fôt d'autant plu^ digue vL'adaiir 
ration , que le chancelier jo(\it 
(}ans le principe de la faveur du 
roi à un tel degré, qu'il le faisait 
appeler dan^ ses momens de 
loi^r pour le seul plaisir de cfui- 
verser avec lui, et qu'il Ta voit 
admis dans l'intérieur de so^ pa- 
lais avec la plus grande fami- 
liarité. Les sceaux furenl ptiur 
sir Tho^ias i^e preuve de. oett^ 
faveur ; cai^ il fnt le premier laïc 
aaque^ ils furent confiés. Us ne 
demeurèvenl ei^e 9^^ maii^ 
que deux ans et demi. Henri VIU , 
amoureux d'Anne de Boulen , 
rçmpit les liens qui l'alflachoieat 



MORU ^5i 

a • l'Église romai^if ; Merus. fdt 
obligé de se démettre en iSai. 
On employa tpute^ ^o|tes de 
moyens pour lui /S^i^^çr le ser- 
ment de suprannatie que le roi • 
eixigfiioit de tous se^ su^ts ; ^ais 
i} n'étoit pas l^mmu à i^ser de 
amours pour mettse ses jours en 
sÀreté X hû qui disoij^ d^s qasuis- 
tes « qHfi leur art ip^'étoil point 
de préserver, l^s tM>m^i¥e^ du pé- 
db^é, iaai< de leur ap-preudre corn- 
t^çni il& pouvoient ajpprocher du 
péçh^ sans pécher* « La douceur 
n'ay^i^n^ pu d'abord le toucher , 
oq eut recours à ia violence ; on 
le pii^ en prison. On lui enleva 
s^es livras , sa seule coMsolation.^ 
Ses au(iis tâchèrent de le gagner , 
ei^lui représentant qu'il ne devoit 
point être d'une autre opinion que 
Iç grand-» conseil d'Angleterre. 
« J'ai pour moi Wute 1 Église" , 
répondit - il , qui est le grand 
çonseU des chrétieus. » Sa fem- 
me le conjura dl'obéir au roi , et 
de coi^isei^er sa vie pour la con- 
s^laMpÀ et t^ SQutioQ de ses en- 
fan^s. n QoNmtMen dVmiées, lui 
d^frril, peBS(9Zrvott.8 que ye puisse 
€|9içpre vivre ? — Plus de 20 ans , 
B^pondit-eJl^. -r- Ah î ma femme, 
Im ditrii , veux-tu donc que j'é- 
change réteraitéi avec vingt 
an^. P » Jl employât en prières le 
temps qui se passa entre sa con- 
damnation et sa mort. La veille 
de l'exécution , il écrivit à s^ 
fille Marguerite avec du charbon, 
et siur du papier qu'il ^voit sur- 
pris , pour lui mander que 
«cbientât il œ seroit plus à eharge 
È| personne ; qn'il bri^^koÂt di^nviO; 
de voir son Dieu , et de mourir 
le' lendemain , qui étoit Foctavô, 
dti pirince des apdtres , et la 
fêle de la tran:$latîon. d« saint 
ThonMâ de Ganliorbejry , jsourde 
grande oonâolation pour lui. » 
Il parloit ainsi , parce qu'il mou- 
rgib pouc la déiense de la pri- 



aSî 



MO RU 



fnauté de saint Pierre , et que' tonte 
sa vie il avoit eu une dévotion 
particulière k saint Thema^ son 

Eatron. Henri VIU , le voyant iné- 
ranlable , lui fit trancher la tête 
le 6 juillet i535. Sa mort fut 
celle d'un martyr. Il avoit vécu 
sans orgueil : il mourut sans foi- 
blesse ...L'histoire a conservé quel- 
ques traits qui peignent bien son 
caractère vertueux et austère , 
mais manquant quelquefois de di- 
gnité. Un grand seigneur lui 
ayant envoyé deux flacons d'ar- 
gent d'un grand prix, pour se le 
rendre favorable dans un pfocès 
fort important ; le magistrat les 
fit remplir du meilleur vin de sa 
cave et les renvoya à celui de qui 
ils venoient. « Vous assurerez vo- 
tre maître, dit-il au domestique 
qui les avoit' apportés , que 
tout le vin de ma cave est à son 
service. » La veille du jour qui 
devoit décider de son sort , on 
vint pour le raser. « J'ai , dit-il , 
à son barbier , un grand différent 
avec le roi. Il s'agit de savoir s'il 
aura ma tête , ou si elle me res- 
tera. Je n'y veux rien faire, qu'elle 
ne soit bien à moi. » Il répondit 
k celuifqui vint lui dire que « le ' 
roi avoit modéré l'arrêt de mort 
rendu contre lui à la peine d'être 
seulement décapité : » Je prie 
Dieu de préserver tous mes amis 
d'une semblable clémence ! » Au 
pied de l'échafaud où il de- 
voit être exécuté , il dit h un des 
assistans ? « Aidez-moi à rUonter, 
car il n'y a pas d'apparence que 
vous m'aidiez à descendre. » Lors- 
qu'il eut mis la tête sur lé billot 
pour recevoir le coup mortel , il 
s'aperçut que sa barbe étoit en- 
gagée sous son menton', il la dé- 
gagea , et dit à l'exécuteur : « Ma 
barben'apas commis de trahison, 
il n'est pas juste qu'elle soit cou- 
pée. » Rien ne manqua a la gloire 
d^ «a fin, ditUume, si c€ n'est une 



MO RU 

cause oii il entrât moins dé su-' 
perstitions et de puérilités. Tho- ' 
mas Morus étoit d'un tempéra- 
ment flegmatique ; il avoit. l'air' 
riant et l'abord facile. Il vécut- 
toujours avec beaucoup de fra- * 
galité. Son zèle pour la religion ' 
catholique étoit excessif , et lètf 
luthériens 1 ui reprochèrent d'avoir 
fait punir de mort ceux qui favo- 
risoient leurs opinions. On- a de 
lui , I. Un livre plein' de bonnes 
vues , dont quelques - unes sont 
iaexécutables , intitufé Utopia , 
Glascow, 1750, in-S*», et Oxford, 
i663, in-80. Il a été traduit en 
français par Jehan Le Blond , Pa- 
ris, i55o,in-8», ensuite par Gruen-' 
devilie, in-12 , Leyde , 1715 , et 
Amsterdam, 1730. Cet ouvrage 
contient le plan d'une république, 
à l'imitation de celle de Platon ; 
mais il n'est pas écrit du style* 
éloquent du philosophe grec. Il* 
voudroit établir un partage abso- 
lument égal de biens entre tous' 
les citoyens ; idée chimérique ! 
Il prêche un amour de la paix et 
un mépris de l'or , qui exposeroit 
à des injustices continuelles delà* 

Eart d'un voisin {>uiàsant et am- 
itieux. Il voudroit que les fîan-- 
cés se vissent tout nus avant de 
se marier ; et enfin que, lorsqu'un 
maladeest désespéré, il se donnât 
ou se fît donner la mort. \i Son 
système politique, quoique bon' 
en certaines choses (dit Nicéron ,• 
qui ne regarde V Utopie que comme ' 
une débauche d'esprit ) , est ce- 
pendant répréhensible dans d'an- 
tres, et impossible dans la pra-. 
tique. » Le vertueux Morus, ju- 
geant les hommes d'après lui- 
même , n'a voit pas assez calculé 
les efforts irrésistibles des passions 
humaines , qui ne permettent pas ' 
de gouverner 'les peuples comme ' 
une colonie de sages uniquement 
occupés de foire le bien et d'éloi- 
gner le mal, XI. U Histoire </•• 



MORU 

Richard lU ^ roi et Angleterre. 
ïn. Celle d'Edouard K IV. Une 
Version latine de trois dialogues 
de Lucien. V. Une réponse très- 
vive k Luther , sous le nom de 
Thomas Mosseux, VI. Un dialo^ 
gue intitulé Qubdmors projide 
fiisienda non sit, VII. De$ Lettres, 
VIII. Des Epigrammes. Ces dit- 
férens ouvrages , en latin , ont 
.été recueillis en i565, in-folio , 
k Louvain. Mélanchtiion a donné 
une nouvelle édition de ses Let- 
tres , Londres , 1642 , in-fol. Fcjr, 
sa Vie en anglais, par Thomas 
MoRus , prêtre , son arrière-petit- 
iils, mort à Rome en nôaS , pu- 
bliée à Londres, 1627 , in-4* ? ou 
16*26, iu-8<* , et un Portrait de 
son corps , de son ame et de son 
esprit , dans une lettre d'Erasme 
à Hatten , du 21 juillet 1619. 
Erasme avoit été lié de bonne 
heure de la manière la plus in- 
time avec Thomas Morus , mais 
ils ne se connoissoient encore que 
par correspondance , lorsquÉ- 
rasme vint en Angleterre dans 
l'intention de connoîti'e person- 
nellement sir Thomas. Le hasard 
voulut qu'ils _ se rencontrassent 
avant de s'être vus chez le lord 
maire , où ils étoient invités à dî- 
ner ; la conversation ensagea en- 
tre les deux amis une discussion 
Vive, dans laquelle Ërasme, frappé 
jde la pénétration de son adver- 
saire , ne put s'empêcher de s'é- 
crier , Aut tu Morus es , aut nul- 
lus; sir Thomas repartit avec vi- 
vacité , uiut tu es Erasmus , aut 
diaboîus. 

t n. MORUS ( Alexandre ) , 
né à Castrés ) en 1616 , d'un père 
écossais , et priiticipal du coOége 
f que les calvinistes avoient en cette 
ville ,. fut envoyé à Genève , où il 
remplit les chaires de grec , de 
théologie, et la fonction de mi- 
nistre. SapassionpourlesfQinmes, 



MORU 



a53 



et sa conduite peii régulière , lui 
suscitèrent un grand nombre 
d'ennemis. Saumaise , instruit de 

. leur soulèvement , Tappela en 
Hollande, où il fut nommé profes*- 
seur de théologie à Middelbourg , 
puis d'histoire à Amsterdam. II 
remplit ces places en habile hom- 
me, et fit, Tan i655 , un voyage 
assez long en Italie. Ce fut durant 

'ce voyage qu'il publia un beau 
Poème sur la défaite de la flott» 
turque par les Vénitiens , impri- 
mé k Amsterdam , i658 , in-fol. 
Cet ouvrage lui valut une chaîne 
d'or , dont la république de Ve- 
nise lui fit présent. Dégoûté de la 
Hollande, il vint exercer le mi- 
nistère k Charenton. Ses sermons 
attirèrent la foule , moins par 
leur éloquence que par les allu- 
sions satiriques et les bons mots 
dont il les semoit^ Ce genre de 
stjle réussit dans sa Bouche , 
parce qu'il lui étoit naturel; et 
rendit ridicules ceux qui voulu- 
rent l'imiter. L'impétuosité de son 
imagination lui prociira de nou- 
velles auerelles, sur-tout avec Dail- 
lé , qui le confondit. Cet homme 
singulier mourut k Paris , dans la 
maison delà duchesse de Rohan, 
le 20 septembre 1670 , k 54 ans, 
sans avoir été marie. On a de lui» 

I. Divers Traités de controverse. . 

II. De belles Harangues et des 
Poèmes en latin. III. Une ré- 
ponse k Milton, intitulée Alexan-' 
dri Morijîdes publica , La Haye, 
1654 > in-S*». Milton l'a cruelle-» 
ment déchiré dans ses écrits. Ce 

3ue l'on a imprimé de^ sermon$ 
e Morus ne répond point ^ la 
réputation qu'il s'étoit acquise en 
ce genre. Le panégyrique de cet 
écrivain a été imprimé k Amster* 
dam, 1695, in-Ô"*. 

fin. MORUS ou MoEE (Henri), 
né en i6i4 k Grantham dans le 
comté de Lincoln , passa sa vie 



354 MORtî 

studieiise a Cambii^çe, étàns le 
collège de Christ, où il av6i% été 
Agrégé. Après âtoir in ftrfetoff? i 
Cardan , Jales Sealigéf , ^éu sa-. 
tisfait de leurs en^^rages et ffUttè 

fhilosophie qui ,nerépoiit)aiit p'ks 
son attente, nes'accoréoît pofùi 
avec la tournure de son esprit , il 
(Crut avoir trouvé le trésor qu'il 
cberchoit dans les sèbtaténrs d% 
Piieiton et les théolbgiéhs mysti- 
*j[ues tfels que Ficin , Plotiti , Trfe- 
mégiste, ete. 11 s'attacha à Ifeurri 
principes dont il ^arut îmBu toute 
sa vie. Il fit parbîtrfe en i64o son 
ouvrage , intitulé Psyehb-^dia , 
ou la vie de Famé , réimprimé en 
1 647 î sous le titre de Poèmes phi- 
losophiques. Ses écrits sbu^ \t 
titre de Mystères de fà î)imhité , 
Mystères de T iniquité ^ Cûffeciiàhi 
philosophiques , eurent une telle 
vogue qu'il fut légué par Jean 
Cockshuit une sommé de trois 
mille livrés sterling pour en faire 
iaire Une traduction latine. La 
collectioti ée tous ses ouvrages a 
étédotméte en 1679 , en 3 gros 
vol. in-fbl. Henri Morus remsâ 
)>lusieur5 bénéfices et même des 
évêchés, et mourut en 1687, à 
^5 ans. il y a eu plusieurs autres 
sa vans dU nam de Morus. f^oyez 

t ÎV. MORtrS ou Mont ( Mar- 
guerite ) , l'aînée des frlles du 
chancelier , Iftit jpour Son père ce 
que Tiillîe âvoil été pour Crcéroh. 
Elle fut mariée Si William Roper, 
ëcuyer, qui écrivit l'histoire de son 
beau^père, publiée pai' Hearne k 
Oxford, en 1716, in-8°, et se dis- 
tingua autatit par Ses connoissan- 
tîes cfue par ses vertus et sa piété. 
Marguerite prdfessia hautement la. 
foi orthodoxe en AnçleteV-fe, et 
\ n'oublia rien pour avoir la liberté 
de consoler son père dans sa pri- 
î{on.Onditque,pourl'dbleDir,elle 
fit tomber ewtreTes mains du coa- 



wrge une lettre qu'èHë fëignft 
ta'écrire k î*illustrc captif pour lui 
bfersukder de coâs^entir aux vd- 
ibnbés du roi j mais dès qu'elle 
fut ddns l'a prison , elle lui con- 
seilla de soutenir avec constan<^ 
les intérêts de TÉelise. Ce grandi 
homme ayant eu Ta têre tranchëe^ 
elle la racheta de l'exécuteur de 
là justice, et la tonserva précieu* 
sémhnt. Klîe la fit trànsportet 
â^s une boîte dé plomb à Can* 
Ibrbery, dans le tombeau de la fa- 
mille Roper , et voulut qu'a sa 
tnort elle ml placée entre ses bras. 
Cette femme exemplaire chercha 
dans les lettres un soulagement à 
sa douleur. Elle possédoit Ie& 
langues et la littérature, et a laissa 
divers ouvrages. Marguerite mou- 
rut en 1 544* "^ E^Ï6 avoit eu cinA 
en fans , parmi lesquels une de seS 
filles , du nom de Marie , s'est dis- 
tinguée par les mêmes tatens qui 
illustrèrent sa mère, et a traduit 
l'Histoire ecclésiastique d'Ëusëbé 
du grec bn latin. 

* MORir D^ËLVAiîGè, déca- 
pité le 14 ittâi 1794 1 âgé de 5Ô 
ans , est auteur àe& ouVrageâ > 
isuivans ,: I. Notice d'an ouvragé- 
intitulé J^^cueii pour "servir à 

f histoire rhétàlHqtCe des duck^ 
dé Lorraine et de Bar, Nanci . 
1782 , in-8^. lî. Essai historique 
sur tes progrès de ta gravure 
eti médaittes chez les artiste^ 
lorrains , 17^3 , in-8«. lïl. No- 
tice d'une collection yfiétàlliquej 
dbh/téè à là bibliothèque de 
Nanci par le roi Stanislas /«*^ 
1787., gr. iu-S". 

MORZILJLO. f^ôyézfhx-^oii' 

* I. SIÔSCA ( Sinion ) , Sculp- 
teur et architecte, né k Seltîgueno, 
village de Toscane , en i49^ » 
fut élève d'Antoine dé^ Sangallo*. 



MOSC 

Doué d'un taletit flexible » aucan 
arlbit; moderne n'imita comme 
Jai les sculpteurs grecs et romains, 
il iii des morceaux dilHciles , et 
de la plus grande beauté en cha* 
piteaax , en bordures , en. corni- 
ehes, en trophées , et girandoles , 
d'Ans lesquels il introduisit de» 
fleurs, des feuilles et des eiseaiix, 
et qu'il releva par des spirales , 
des points k jour , des entailles 
et aes rainures , exécutés avec 
autant de godtque de grâce et' 
d'élégance. Florence ,- Péro^^e , 
Loretto , Rome , Arezzo , Or- 
TÎeto, rnreût les filles où il exerça 
ses tatens. 11 s'établit daûs cette 
dernière , et il monrut en i554* 

* 11. MOSC A (Gaspard) dç 
Sâleme , embrassa les ordres su-' 
crés au i6* siècle , et fit impri- 
mer im ouvrage intitulé De Sa- 
lemitanœ Ecclesiœ episcopis et 
archiepiscopis catafogus y Nea- 
poli , ]594 ' iû-4** 

♦ MOSCARDO (le comte 
Louis ) , patricien de Vérone , 
célèbre littérateur , âorissoit dans 
le i7« siècle , et remplit avec dis- 
tinction les charges les plus ho- 
norables de sa patrie. Il a écrijt 



MOSC 



a 55 



du i6* siècle , publia la iVâûfoiie 
des tribunaux j imprimée avec les 
additions de François - Marie 
Prato en i6^^ 

* MOSCHENI (Charles) , ju- 
risconsulte et célèbre littérateur 
d'Aucône , florissoit dans le ij* 
siècle. On a de lui , I. Prv trans^ 
latione Hierosoljrniis Anconam 
S* Ciriaci y martjrtis y uànconaf 
prœcipui patroni , confutatio col- 
iectionis novarutn opiiùonum , 
quant J'uiUes nonnulli compila- 
runt et levés , Anconaî , 1673 , 
in-4* II* -^a severità indulgente 
praticata délia diiûna giustizia 
colle p/wincie del Piceno e JRor 
magnat Ancona , 1662. 111. Bi- 
lancia doro al signor cardinal 
Pietro Basadonna, Veoezia, 1687, 
IVl Tacito istoriato. Ce dernier 
ouvrage fut traduit en latin paî* 
Le Bleu. 

t MOSCHiON ; c'est le nom 
de quatre auteurs , cités par Gâr 
lien , Soranus , Pline , et Piular» 
que. On ne sait duquel sont les 
vers qui se trouvent dans les 
poôies grecs ile Plantin , i568 , 
m-S". On n'est pas moins in»» 
THistoire de réfone eni^^vve^, i certain sur le livre i>ef Mulie^ 
qu'il enrichit d'excellentes notes \^rij?us mcrbts. C. Gessner y a 

jomt des scolies ; et Gaspai^d 
Wolphius , son disciple , le fit 
paroi tre en grec, à Bâle i566 , 
in-4*'* Israël Spachius Ta donné 
en grec et en latin , dans Cinatr 
diontm /16/Y, Strasbourg, 1597, 
in<fol. Mais la meilleure édition 
qui existe est celle donnée par M, 
F. O. Dewez , grec.lat. , Vienna* j 
1793 , in-8». Elle a été l'aile sur 
un excellent manuscrit , trouvé 
dans la bibliothèque de Vienne « 
La traduction latine est nouvelle. 
Il faut cependant avouer qu« 
Moschion est un auteur médiocre; 
aussi le célèbre Winkelmann mr 
voulut, jamais se ebarger d'en 



qu 

et de renseignemens précieux que 
lui seul étoit eu état de se procu- 
rer. Il se rendit aussi recomman- 
dable par rétablissement d'an 
Musée dont il publia le cata- 
logue sous le titre suivant : Me- 
tnorie del Museo del conte La- 
dovico Moscardo , descritlts in 
tre libri , che t/xUiaJw délie 
cose antiche , piètre , mi'nerali , 
e terre de' coralU , conchiglie , 
animali , Jiutti , etc, , in esso 
esisfenti , Verona , 1762 , in-f'ol. 
figures. 



♦ MOSCATELLO (Jean-B«r. 
«ard ) j Napolitain, juriâCOOttultc 



256 



MOSG 



faire une traduction, qaoiqp'on 
l'en priât. 

t MOSCHOPULUS { Emma- 
nuel) , nom de deux écrivains 
ârecs. Le premier, natif de Can- 
ie 9 dans le i4" siècle , a laissé 
un livre intitulé Question de 
, Grammaire, i545 , in-4''. Le se- 
cond , neveu du premier , passa 
en Italie vers i455 , au temps de 
la prise de Constantinople ; et 
composa un Lexicon grec , ou 
Jlecueilde mots attiques , i545 , 
in-4'* • une syntaxe , imprimée à 
Venise 15^5 , in-S» : des Egîo- 
, gués , Venise ,. 1 524> in-fol. . des 
Scolies grecques sur Hésiode , 
Venise , lÔSy , et Leyde i6o3, 
în-4'^ , et plusieurs autres ou- 
vrages. 

fl-MOSCHUS, poëte buco- 
lique grec, vivoil du temps de 
Ptolémée-Philadeiphe , aussi bien 
que Théocrite et Bion. Il nous 
reste de lui quelques poésies 
pleines de goût et de délica- 
tesse , qui ont été imprimées 
avec celles de Bion, i68o , in- 
iti , a cause du rapport de leur 
matière et de leur caractère. Per- 
rault, qui n'étoit pas admira- 
teur des anciens , dit cependant 
?ue ridylle de Moschus, intitulée 
Amour fugitif, « est une des plus 
agréables poésies qui se soient ja- 
mais iaites , et qu'elle ne se res- 
sent point de son antiquité. » On 
estime l'édition de ce poëte de 
Bruges , par Adolphe Mercker- 
chus , i5o5 5 in-4® ; celle donnée 
par Henri Etienne , Venise , i555, 
in-4" y et celle faite par Daniel 
fieinsius , accoinpagnée des Poé- 
sies de Théocrite , de Bion et de 
Simmius , augmentée des notes 
de divers commentateurs , in-4*' > 
^6o4 ; et celle faite avec Rion , 
à Oxford, 1748 , in-8«. M. Tho. 
Chr. Haiies a dwxaé aussi une 



MOSG 

bonne .édition de Moschus e€ 
BiOn , grec latin , avec les notes 
d'Heskin, Erlang, 1780 , iu-8». 
Mais la plus jolie est celle , toute 
grecque, <le Gilb. Vakefield, Lon> 
ares, 1796 , in-8* , dont ona tiré 
quelques exemplaires in - 4*- 
Longe pierre a traduit en vers 
français les Idylles de Moschus 
avec celles de Bion , Paris, 1686 , 
in-12 , et Amsterdam 1688 , pet. 
in-80 ; et JVI» J'iB. Gail les a tra- 
duites en prose. Paris , ^795 , 
fig, , in-80. 

IL MOSCHUS ( Jean ) , soli- 
taire et prêtre du monastère de 
Saint-Théodosé à Jérusalem , vi- 
sita les monastères d'Orient et 
d'Egypte , et alla k Rome avec 
Sopixrone , son disciple. Il dédia 
au compagnon de ses voyages 
un ouvrage intitulé Le Pré spi^ 
rituel. On y trouve la vie, les 
actions , les sentences, et les mi- 
racles des moines de différens 
pays. Le style en est simple et 
négligé , en grec. Il a été inséré 
dans les F^ies des Pères de Ros- 
weyde , seulement en latin. Le 
P. Fronton-du-Duc Ta donné en 

Îfrec l'an 1624, mais avec des 
acunes qui ont été remplies 
pa^r Cotelier dans ses Monuntens 
de r Eglise grecque, tome IL Ar- 
nauld d'Andilly en a donné une 
traduction française. lia omisdans 
^a traduction beaucoup de pas- 
sages de l'original. Moschus mou- 
rut en 619 , selon la plus com- 
mune opinion -, d'autres disent en 
63o. 

♦III. MOSCHUS (Démétrius), 
Grec de nation , poëte, orateur , 
qui vivoit sur la fin du i5* 
siècle, et vers le milieu" du sui- 
vant , habita long-temps Fèr- 
rare , et ensuite demeura suc- 
cessivement k Mirandole , k 
MantQue, et k Venise. On a de lui 



MOSE 

des Poésies^ des Discours , et un 
poëme sur Hélène , dont Giraldi 
fait beaucoup d*éloges dans son 
Recueil inUtolé Les Poètes de 
mon temps» 

MOSELLAN (Pierre), savant 
grammairien , fils d'un vigne- 
ron de Protog , près de Co- 
bleutz, et Fun des principaux 
ornement de l'université de Leip- 
sick , ovL il mourut le 19 avril 
i5a4 ) a donné divers Ouvra- 
ges de Grammaire , et à^s Notes 
sur des auteurs latins. 

MOSEOSO d'Alvabado (Louis), 
officier espagnol , accompagna 
François Pizarro dans la con- 
quête du Pérou , puis Ferdinand 
Doto dsms son voyage de Flo- 
jride , et succéda a ce dernier, 
l'an 1542 , dans la charge d^ 
général de la Floride. Moseoso , 
Tojant les troupes rebutées de 
toutes les fatigues et de tous les 
périls qu'elles avoient essuyés 
soos Soto , n'osa pousser plus 
loin ses conquêtes. Il prit le 
parti de revenir à Passico , ville 
de la Nouvelle - Espagne , avec 
trois cent onze soldats , du nom- 
bre de six cents que son prédé- 
cesseur avoit amenés d'Espagne , 
et passa ensuite au Mexique , o£i 
il servit le vice-roi de ses conseils 
et de son épée. ' 

t MOSER (Frédéric-Charles 
baron do ) , ^s aîné de Jean- 
Jacques Moser, célèbre publi- 
ciste allénrand , né à Stuttgard le 
18 décembre 1723 , et mort le 
18 novembre 1798^ étudia àléna^ 
devint en 1 747 secrétaire de chan- 
cellerie de liesse - Hombourg , 
ensuite conseiller intime de léga- 
^on de llesse-Darmstadt et son 
ministre au cercle du Haut-Rhin -, 
conseiller intime de Hesse-Cassel, 
et envoyé de cette cour et de toute 
la maison au même cercle^ et 

' T. XII. 



MOSE ii5f 

succ^siveinent près des Etnts-Gé- 
néraux , à la cour, impériale , et 
aux cours de Mayence , de Co-^ 
blentz et de Manheim. En 1767 
il l'ut conseiller aulique de Veta^ 
pire, et passa de Vienne, en 1770^ 
aVinweiler, comme administra-^ 
teur impérial du comté de Fal-» 
kensteÎD. De là il fut placé à 
Ûarmstadt , comme ministre d'é- 
tat et président du conseil privé* 
Celui de ses ouvrages qui lui a 
fait le plus de réputation , et qui a 
été réijiiprimé et traduit plusieurs 
fois , est intitulé Idée du prince et 
de son ministre . La Traduction 
française qui paroit avoir été la 
plus estimée est intitulée le Maître 
et le serviteur j ou les Devoirs réci* 
proc^ues d^in souverain et d« son 
ministre , crayonnés avec une li* 
berté patrioUque par le colonel 
chevalier de Cnampignjr , 3*édit. » 
revue et corrigée , Hambourg , 
176 1 , grand in-80 de 216 pages« 
On a encore de lui un petit recueil 
de Fables en prose , et un poëme 
aussi en prose , intitulé Daniel^ 
qui a été traduit en français eu 
1787, sur la 3* édition, par Grif- 
fet-la-Baume. Enfin , il rassembla , 
sous le titre d*Archi\fes patriott" 
aues pour V Allemagne , une in- 
nnité de pièces intéressantes pour 
la statistique , parmi lesquelles se 
trouvent plusieurs vies écHtes par 
Fauteur avec autant de soin que 
de jugement y celle entre autre du 
fameux duc Emest^le-Pieux , de 
Saxe- Gotha. Ce recueil forme i4 
vol. in-S*». 

t MOSÈS^ - MENDELSOHN , 
c'est-à-dire, Moyse , fils deMendel , 
juif de Berlin , mort dans cette 
ville en 1785 , étoit né à Dessau 
en 17S19. Mosès mêla Tétude au 
commerce, et devint tin des plna 
célèbres écrivains d'Allemagne. 
En 1755 il débuta par un écrit 
intitulé Jérusalem, plein de 

»7 



a5â 



MÔSÈ 



propcsitioBS hai'diés. Il prétend 
que les juifs ont one loi et non 
titîc reugioB révélée ; que des 
dogmes ne peuvent pas être ré- 
vélés , et que la seule doctrine 
de $a nation est la religion na- 
turelle. Il se fit beaucoup dlion- 
neur par son Phédon^ ou En- 
tretien sur la spiritualité et lim- 
mcftnKté de tame , traduit en 
français, Paris, 1773, in-8«>^ 
dans lequel ce grand principe, 
fondement de toute morale , est 
développé avec la sagacité d'un 
Philosophe éc)airë etles charmes 
d'un écrivain élégant. Cet ouvrage 
}é fit appeler par quelques Jour- 
nalistes le Socrate ms Juijs ; 
mais il n'avoit pas le courage du 
philosophe grec. Timide et même 
pusillanime , il servit foiblement 
sa nation , dont il auroit pu deve- 
nir le bienfaiteur, en la *éfor- 
mact. La souplesse de son ca- 
ractère doux, modeste, offi- 
cieux, lui concilioit é^lemcnt 
le sucrage des superstitieux et 
des incrédules. Il he put jamais 
parvenir cependant à être admis 
ni aux entreuens du roi de Prusse, 
ni k l'académie de B^îriin , quoi- 
* qu'il eût en 1764 remporté le 
prix qu'il avoit proposé sur cette 
question : « Les vérités métaphy- 
siques et morales sont-elles sus- 
ceptibles du méfhe degré de cer- 
titude etd'évideiitequèles vérités 
mathémAticpies j et , dans le cas 
4}u'e]tes ne le soiekit pas , quelle 
espace et^quel degré d'éviuçnce 
et de certitude peut-on leur as- 
signer ? M La nation juive lui ac- 
corda , après sa mort , les hon- 
neurs qu'elle rend ordinairement 
k son premier rabbin. On ne le 
porta au tombeau que vingt- 
quatre heures après qu'il eut ex- 
j^iré , contre Fumage imprudent 
«es jwife , qui (enterrent leurs 
inorts «vatit le couchel* du solal. 
Mcndi&lsohxi étort d'une Aimiiie 



MOSH 

honnête , mais pauvre. II enti% 
très-jeune dans un comptoir de 
sa nation , et s'j fit également 
estimer par sa capacité et par 
son intégrité. Mais la philosopnie 
et la littérature furent bientôt ses 
principales occupations. Le fa- 
meux Lessina lui donn^ des con- 
seils qui le nrent marcher d'un 
pas plus rapide dans la carrière 
des lettres , sans le détourner des 
occupations nécessaires à sa sub- 
sistance. On a encore de lui , L 
ÙEuvres philosophiques , a v<il. » 
Berlin , 1771* II. Lettre à Laya- 
ter^ à Zurich ^îiÂà, 1770. lll. 
Commentaire . sur TËecIésiaste. 
ly. Traduction du premier livre 
de l'ancien Testament. V. Let- 
tres sur les sensAtions, Vf. Traité 
du sublime et du naïf dan» tes 
belleS'lettres , éetit en allemand, 
dont la fraductioo française , pmr 
M. firuyset , se trouve dttrts le 
Jaiirmil étrange!^ de Fabbé Ar- 
naud. Cet ouvtnge et qfuelqnes 
autres écrits de M osés €mt été 
recueilhs à Berlin , in-8^. sous 
le tilrc de M0ses âiendelshons 
wercke. 

MOSÈS^ MIG08TI , célèbre 
rabbin espagnol d^ i^' siècle, an 
de ceux qui ont écrit le plus ju-^ 
(i^eieusement sur les GomniaQ-> 
démens de la loi judaïque , a 
publié un savant ouvrage , in- 
titulé S^pher MUsévoth gadàl^ 
' c'est-à-dire ,. te grand Livre des 
préceptes , Venise , 1747 9 vol. in- 
folio. 

t MOSHEIM (Jean-Laurent), 
célèbre littérateur , théologien et 
prédicateur allemand , de l'an- 
cienne famille des barons de 
Mosheiiil , né a Lubèck , le 6 
octobre 1694 , s'appliqua d'a- 
bord à la poésie. Dans un âge 
plus avance il ne fit plus de vers , 
ra^ii; il !sut ctnbellit* des fhiUrS de 



MOSH 

Iji littérature les sciences qu'il 
eultîva. 11 étoit également propre 
s remplir les ehaires des langues 
ffrecqne et latine , et celles d'é- 
loquence , de philosophie et de 
théologie. Il reçut invitations sur 
invitations de dHTérentes univer- 
sités; mais celle de Helmstadt eut, 
la première, le bonheur de J'avoir 
pour professeur de théologie. Il 
^i^ttpe une place distinguée pat^- 
mi les meilieurs interprètes pra- 
testaos , de même que parmi ceux 
qui ont traité le dogme et la mo- 
rale. Mosheim mourut en iy55 , a 
Gottingne \ chancelier de l'uni- 
▼ersité. A un amOur extrême pour 
la vérité , k nne douceur vrai- 
ment dirétienne , k un grand fonds 
d'huAmhité et de modestie, il 
^ignoit une mémoire heureuse , 
Ab jagemetit exact , une diction 
•isée , nn esprit méthodique. On 
a de lui , I. De savantes Notes 
tnr Cudworth , et deh F^ersions 
ktine^ de deux de ses ouvrages. 
ISes remBtT|yies prouvent que sa 
philoM^phie étoit j udicieuse et pro- 
fonde. {f^OfeZ CVDWOKTH. ) 

II. Une Hisiùite eccléisi^stiéfUé; , 
Helmstadt , in-4' , 1764 , sous le 
titre d^In9titutkm6s tfistonee #c- 
elesiasti✠, frès-eàIMMée parle» 
luthérierus , et tf«d«iite ha fran- 
çais , en sik tnl. m*%* , Mas- 
tricht, 1776. Cet Or&v^age, dont 
iu crili^^ fl-«$t pas toujours 
exacte , prouve cependant jane 
grande connoissance de^ langues 
origmales , et tfés lurnières peu 
communes en histoire et-en po- 
lîticKte. De tous l^s historiens 
iedcïésia«tiqcie» proké9tàn^, c'eïrt 
peW-étre re plus modéré , quoi- 
qu'on sente jrès-bten qu'il pen- 
rhe pour sa e<M^y*nihion. Arèhi- 
bald Malclaine en a donué uhe 
traduction anglaise enrichie de 
i^tes et de fables cbtt>n6logfques. 
lia traduction française a été &îte 
««r celle de MaslanièeQ anglais ^ 



MOST 259 

on y a joint des notes curieuses, 
m. Des 5^/7710/15 en allemand^ 
qui l'ont fait nommer par les pro- 
testans le Bourdaloue d'Allema- 
gne. Il donna au style de la chaire 
un tour original, inconnu jus-- 
qu'à lui dans cette contrée : mais 
on prétend qu'il a été surpassé 
depuis. IV. Dissertationes sAcrxè^ 
Lipsiae « in-4* j 1735 , qui lui ont 
mérité un rang parmi les bons in- 
terprètes protestons. V. Histortà 
Mick. Serveti y Helmstadt, lyi^y 
in-4"; curieuse. VI. Traité pkih^ 
sophicO'théologiq'uê des maladies 
de l'orne humaine {efi Bliemaud) ^ 
Leipsick , 1771 , iû-8*. 

♦ MOSS ( D. Robert) ,. théolo- 
gien anglais , ^é à Gillingham ^ 
dans le comté de Norfolck, eit 
1666, dojen d'Elyen 1 7 1 2, a laissé 
8 volumes de Sermons , dont le D» 
Snape a été réditeur» ^^ plusieurs 
Oiivragas de circonsta'nce > qu| 
n'ont pas été recueillis. Le D. 
Mossmouru^en 1729} Agé de 63 
aos. • - ' 

♦ MOSSI ( Antoine ) , de Flo- 
rence, auteur des ouvrages s ui- 
vaus : I. Discorsî poliaci àp- 
partenetiti alla milizià , Firenze* 
161 7. II. Le itéra alla santità ai 
N, S, Papa Clémente Vllt , per- 
suàdèndolo ad esorlàré , li re^i è 
potenti cristiani alla, guerra con- 
tra tOttomàno , Firenze^ i6ô3. . 

MOSTANDGED, càH^ d» 
la racé des Abassides , suoefédà à 
son père Moqtaii, l*ati 1160 de 
^ésifs-Ghrist. Son frère sut g4- 

rer ses femméli , qffti devoieAl 
poignarder; mais MostàUdgêd, 1 
nj'aht^é averti , fit emprist>nnel' ^ 
son frère et sa mère qui étoiènt 
de la conspiration , et jeta ses 
-fefAmes dans le Ti^î*** Sévère 
ccibservateur de là justice , il re- 
fusa deux ittiHe éous d'oîr po#r 
U.4^1ifvr«Bee d'au eaioimijAt^ur , 



26o 



MOT H 



en offratnt dix mille écus à celui qui 
lui remet troît cet homme pervers. 
Il mourut en 1170, âgé de cin- 
quante-six ans. ^ 

MOTAMED-BILLAH , calife, 
commença de régner en 892 , 
et mourut en 902. Ce lut sous 
son califat que naquit la secte 
des karmates , dont le chef 
aôectoit une grande sainteté , 
et menoit une vie fort austère. 
Ce chef se fit un puissant parti , 
nomma douze ap6tres pour le 
gouverner , prit le titre ue prin- 
ce , et imposa a ses disciples 
un dinar par tête. Le gouveri^eur 
de la province le fit mettre en 
prison , d'où une jeune fille qui 
ëtoit au service du gouverneur , 
le fit sauver secrètement. Le bi*uit 
de sa disparition s'étant répandu, 
ses sectateurs firent accroire au 
peuple que Dieu Tavoit enlevé 
au ciel. 

MOTASSEM , frère de Ma- 
moun , lui succéda au califat , 
Tan 842 de Jésus - Christ. On 
surnomma ce prince le Huitai- 
nier , parce que le nombre huit 
se rencontre aans presque toutes 
les circonstances de sa vie. Il na- 
quit le 8" mois de l'année , il fut 
le huitièm'e de sa race , et le hui- 
tième calife Abasside* Il monta 
sur le trône Fan de l'hégire 4^^ » 
il alla huit fois commander en 
personne ses armées ; il régna 
huit ans , huit mois et huit jours', 
il mourut âgé de 4^ ^°$ » ^ ^ut 
huit enfîans mâles et autant de 
filles ; il laissa enfin dans répar- 
te huit millions d'or et d'argent. 
( Voyez THistoire des Arabes , 
par Marigny. ) 

* MOTH (Paul), né k Flens- 

' }>ourg, dans le duché de Sleswick, 

docteur en médecine , mort k Co- 

|^ân]biagii«ea 1770; exar^a d'abprd 



MOTH / 

sa pi^ofession dans sa ville natal»^ 
alla ensuite à Lubeck , et , sur le 
vœu de Ja noblesse de Fionie , ac- 
cepta la place de médecin decett« 
île. En ihSx, Frédéric III le nom- 
ma son premier médecin , place 
qu'il occupa jusqu'à la mort de 
ce prince auquel il ne survécat 
que quatre mois. Moth a laissé , 
I. De Pleuritieie légitima disputa-^ 
tio, Basilete, 1637. IL Casus 
chiftirgicus perforati thoracis , 
liafniae, i656, i658, 1661, in-4**- 

MOTHADET - BÏLLAH , ca- 
Ufe , monta sur le trône en 902 ^ 
et mourut en 908. Ce fut un 
pria ce sévère et juste. Un soldat 
ayant volé quelques grappes de 
raisins , il punit le soldat et son 
capitaine. Voulant emprunter une 
somme d'argent d'un nomme fort 
riche , Mothadet lui dit . « Quelle 
sûreté demandez-vous ?, — Dieu , 
lui répondit cet homme , vous a 
confié le gouvernement de ses 
terres et de ses serviteurs ; vous 
vous en êtes montré digne par 
votre sage administration. .Poun- 
quoi aurois-je besoin de sâretë 
pour vous confier mon argent ? » 
Ces paroles attendrirent le calife , 
qui répliqua : a Je ne toucherai 
pas une drachme de votre ar-* 
gent^ mais si , dans la suite vous 
étiez dans le besoin , tous les 
revenus de l'empire sont a votre 
disposition. » 

L MOTHE-HOUDAN- 
COURT (Philippe de la) , duc 
de Cardone , porta les armes de 
bonne heure. Après s'être signalé 

'par son courage et par sa pru' 
deoce en divers sièges et com- 
bats , i] conunanda l'armée fran- 
çaise en Catalogne , l'an 1641 9 
défît les Espagnols devant Taiw 
ra^obe , leur prit difierentes pla- 
ces , et remporta sûr eux trois 

i yictpirei, Ia bâton de maréchal 



MOTH 



MOTH 



2161 



êe France et la dignité de vice* | filles : Tune fut duchesse d'Au* 
roi de Catalogne furent la ré" mont; la se 



compense de ses succès. La gloire 
de ses armes se soutint en i64^ 
et 1643 ; mais elle baissa en i6t44* 
^'ayant pas eu le courage de 
profiter de l'occasion crue la for- 
tune lui offrit en Catalogne , de 
prendre le roi d'Espagne à la 
chasse, et de l'envojer prison- 
nier en France , il frustra sa pa- 
trie du service le plus signalé. 
La crainte d'ofïènser la régente 
lui fit manquer un si beau coup. 
Avec plus de fermeté et de juge- 
ment, il auroit senti que toute 
la France lui auroit servi de bou- 
clier contre le ressentiment de 
la reine - mère . cette princesse 
auroit été obligée d'ailleurs de ca- 
cher son mécontentement , pour 
ne pas laisser soupçonner qu'elle 
avoit plus de tencu'esse pour son 
frèr« que pour son fils. Cette 
faute fut suivie de la perte d'ime 
bataille devant Lérida , 6t de la 
levée du siège deTarragone. L'en- 
vie profita de ses malheurs pour 
le perdre auprès du roi. Il fut ren- 
fermé à Lyon , dans le château de 
Pierre-Size, et n'en sortit qu'en 
j64B. La cour lui rendit enfin 
îustice y et le nomma une seconde 
fois vice - roi de Catalogue en 



seconde , duchesse de 
Ventadour, gouvernante de Louis 
XV et de ses en fans , mourut en 

1744 ' ^ 9^ °^^ ' i^ troisième 
fut auchesse de la Ferté - Sénec- 
terre. Mais il avoit un frère qui 
a continué sa postérité. De ces 
trois filles , la plus célèbre par 
son esprit, par ses vertus , et par 
les qualités nécessaires k sa place, 
fut la duchesse de Ventadour. 

t II. MOTHE - LE - VAYER 
( François de la ) , né à Paris en 
i588 , se consacra à la robe , et 
fut pendant long-temps substitut 
du procureur-général du parle- 
ment ; charge qu'il avoit héritée 
de son père. Il s'en défit ensuite , 
pour ne vivre plus qu'avec ses 
livres. Lorsque Louis XIV fut 
en âge d'avoir un précepteur, on 
jeta les ^eux sur lui ; mais la 
reine ne voulant pas d'un homme 
marié , il exerça Cf t emploi au- 
près du duc d'Orléans , frère 
unique du roi. L'académie fran- 
çaise lui ouvrit ses portes en i65g , 
et le perdit en 1672. Après la 
mort de son fils, il s'étoit re- 
'marié k 78 ans , et avoit épousé 
mademoiselle de La Haye , fille 
de l'ambassadeur de France k 



i65i. lise signala l'année d'après Constautinople , âgée de 4o ans» 
dans Barcelonoe , qu'il défendit i Les relations des pajs éloignés , 
pendant cinq mois contre les ' dit Chevreau , étoieut Tun des 



meilleures troupes des ennemis. 
La France perdit ce général le 
24 mars i6a3 , dans la 5o» an- 
née de son âge. « Le maréchal 
de La Mothe j dit le cardinal de 
^etz , avoit beaucoup de cœur. 
Il étoit capitaine de la seconde ; dernières paroles. Cet acadé- 

classe ; il n'étoit pas homme de —•— — ^*-'» — «wi«ui« 

bon sens. 11 avoit assez de dou- 
ceur et de facilité dans la vie 
civile. Il étoit très-utile dans un 
parti , parce au'il y étoit très- 
commode. » Il ne laissa de sa 
feinme Louise de Prie que des 



amusemens de LaMothe-le-Vajer. 
Comme il avoit la mort sur les 
lèvres , Bernier , son ami , vint le 
voir. « Eh bien ! lui dit-il , quelles 
nouvelles avez -vous du grand- 
mogol ?» Ce fuvent prei^que ses 
dernières paroles. Cet acadé- 
micien étoit semblable aux an- 
ciens sages par ses opinions et 
P^r. ses mœurs. ^Sa physionomie 
et sa façon de s'habiller l'annon- 
çoieni pour un esprit qui ne pen^ 
soit ni n'agissoit comme le vul- 
gaire. L'étude étoit sa seule paa-t 



\ _ 



âÔa 



MOTH 



sion. Plaisirs, affaires , il reaon* { 
çoit k tout pour se livrer aux 
sciences» A la cour il fat modeste. 
« Je ressemble ici , difioit-il , a là 
Ghristophoriane , qui se tient 
d'autant plus pelite , qu'elle est 
dans «m lieu plus élevé. » Il em^ 
l)rasâa foutes les connoissaoees 
humaiues, l'ancien , le moderne ^ 
le sacré , le profane , mais près* 
que s^ns confusion. Il avoit beau- 
coup^ lu et beaucoup retenu, et 
il a fait usage de tout ce, qu'il 
$aVQit. Balzac disoit de lui : « Il 
vit, en faisant le dégât dans les 
bons livres. » Il s'attacha sur- 
tout k la morale , et à la con-^ 
noissance du génie, du carac- 
tère, jd^s moeurs et des coutumes 
des différenles nations. La con- 
trariété des opinions des peuples 
divers qu'il étudia le jeta aans 
le pjrrhonisme , excepté, dit-on, 
^n ce qui concerne les opinions 
religieuses. Je ne puis diâsitnuler, 
dit rahbé d'Qlivel , que la doc- 
trine répandue dans les écrits de 
ce savant homme paroît ten- 
dre au pyrrhônisme ; mais aussi 
ri^ndons- lui cette justice , qu'il 
prend toutes sortes de, précau- 
tions, dans une infinité d'en- 
droits , pour bien faire sentir 
qu'il ne confond nullement , et 

3u.'on ne doit nullement confon- 
re la nature des connoissaoees 
humaines dont il nie l'évidence , 
avec la nature des vérités révé^ 
Jéés dont il reconnoit la certi- 
tude. Peut*on f comme il le pré- 
tend , tenir en même temps pour 
douteuse les objets de la raison, 
ou des sens ; et pour certains , 
les objets de la foi ? Si ee n'e«l 
ià une contradiction fornielie , 
c'est du moins un étrange para- 
doxe. Mais je ne laisse pas de 
dire, qu'en parlant d'an pj'rrho- 
nien'de ce caractère, il est juste 
d'ohscrver , et pour son hoft^ 
neur ^et pour réuificatioBi piibli- 



MOTH 

lfB0 , qn'il n'a donné oii^^ra â&tt^ 
ner nulle atteinte a la religion : 
justice due stir^toat k La Mothe* 
le-Vajrer , dont les glorieux en»^ 
plois nous parlent en sa faveur, 
et qui, comme Bayle lui-méma 
l'a dit, étoit un homme d'une 
conduite réglée , et semblable 
a celle des anciens sages ; un 
vrai philosophe dans ses meeurs. 
Au milieu de sa nombreuse hi* 
bliothèque , oii il pouvoit bien 
dire avec le bon Chrysale de Mor 
lière , 

Raisonner esc remploi de toute ma mflson^ 
Et le raisonnement en bannit la raison , 

il se Voyoit entouré de livres 
écrits eti divers siècles , en di- 
verset langues , dont INin disoit 
blanc , l'autre noir. Frappé d'y 
trouver cette multiplicité , cette 
contrariété d'opinions sur tous 
les points que Dieu a Hvrés k la 
dispute des hommes , il en vint 
k conclure que la sceptique étoit 
de toutes les philosophies la plus 
sensée. Heureux ceux qui , çoînme 
lui , T\e chaTicellent que dans les 
routes de l'histoire ei de la phy- 
sique! » Car «'est Ik vraisembla- 
blement qu'il bonxa son pyri^io- 
nisme , ainsi que l'ihsinne l'abb^ 
d*01ivet. « Comme, humainement 
parlant, dit-il , tout est problé- 
matique dans l'es sciences , et 
dans la pbysiefoe principalement , 
tout doity être exposé aux doutes 
de la philosophie sceptique , n'y 
ayant f[né la véritable science du 
ciel , qnx nous est vernie par la 
ré\'élatton divine , qui puisse 
donner k nos esprits un solide 
q«nteiileme<it avec une satisfac- 
tion entière ? » Ce passage prouve 
que la religicm étoit k ses yeux 
la fin des dont es et là source des 
véritables plaisirs de l'esprit. La 
Mothe, passant dans la galerie du 
Louvre; entendit quelqu'un dire, 
en le montrant : « V<>iik un homme 




MOT» 

sns i«lî|^i0n} » il lui rëj^ondil 
avec douceur : « Mon ami , j'ai 
tant de retigion q\ie je vous par- 
donne , en pouvant vousi'aire pu- 
uâf, » On a recueilli ses ouvrages 
en -16549 3 vol. in - Iblio ; en 
16B4 9 t5 vol. in-13 ; et a Oresde, 
176601 177^9 .14 vol, in-8°. Ils 
prouvent que raôleur avoit plus 
île savoir que d'imagination , et 

S lu s de jugement que de goût, 
on Traité dç la vertu des païens y 
1647 9 in-4* 9 a été réi'uté par le 
docteur Amauld dans son ou- 
vrage de la Nécessité de la foi en 
f. C. Celui de La Molhe ne se 
vendoit pas , et son libraire lui 
en faiseit des reproches : » Ne 
soyez point en peinç 9. lui dit La 
Mothe , je sais un secret pour le 
faire vendre. » En efiet , il alla 
solliciter rautortié de défendre 
la lecture de son écrit : à peine 
la défense fut-elle connue , que 
chacun eut envie de le lise , et 
V^dition fut épuisée. Parmi les 
Œuvres à^ ce philosophe , on ne 
trouve ni les Dialogues faits à 
Vioiiiation des anciens , sons le 
nom i'Oratius Tubero , impri- 
més à Francfort sous la fausse 
date de 1698 , deux tomes ordi- 
nairement en I ^1. iu-4'*> ^^ 
1716, 2^ vol. in-ia; ni VExa- 
meron rustique \6^y in-i3. Ces 
deuxouvragessontde lui, et on les 
recherche i sur-tout le premier , 
quoique les sujets qu'il y a vraités 
ne soient pas approfondis, et 
me le titre de quelques-uns soit 
irivole , comme celui - ci : Des 
^ares et éminentes ■ qualités des 
dnes de ce temps ^ J^a Traduction 
de Florus , 1606 , iu-B" , qu'on a 
sous le nom de La Moine - le- 
Vayer, est d'un de ses iils, ami 
de Boileau, mort en 16649 à 55 
ans. On pour roi t extraire , de la 
nombreuse collection de La Mo- 
the-le-Vayer , deux ou trois, vo- 
lumes 9 dont la kctare seroit aussi 



MOTH a6i 

instructive qu'amusante :. entre 
autres, les Iraités sur la lecture 
et l'éloquence de Platon, sur 
l'utilité des voyais , sur la no<* 
Messe , si|r la vie et la mort f 
sur les vertus des païens , sur la 
lecture des livres et leur com«* 
position. On adonné,in-ii , l'Es* 

Ï>rit de La Motbe-le-Vayer , oii 
'oh a fait entrer tout ce que cet 
auteur a dit de mieux dans ses 
diffërens ouvtages. Ce recueil se- 
roit plus intéressant si La Mothe- 
le-Vajrer avoit su aussi bien écrire 
que penser. Il avoit (fherché « 
imiter la manière de Plutarque ^ 
mais le philosophe grec avoit un 
style hien plus agréable..*. F'oy^ 
IMUaETS , n^ II. 

t m. MOTHE-LE-VAYER nv 
BooTiGNi L Fi^ançois de la), de 
la même la mille , maitre des re* 
ouates , mourut intendant de 
Soissons en i685. On a dé lui , 
I. Une Dissertation sur f autorité 
des rots en matière de régale^ 
imprimée en 1700 , sous le 
nom de TaJ(m , avec ce titre : 
Traité de l'autorité des rois , 
toucluint fadminislration de la 
justice , et réimprimé sotw son 
nom, 1753, in- 12. II. Traité 
de tautorilé des rois , touc/nini 
rdffe nécessaire à la projession 
religieuse, 1669 » in-i3. UI. 
Tragédie du Grand Sélim \ in-4''* 
IV. Le Roman de Tharsis et 
Zélie , estimé , réimprimé à 1^*> 
ris en 1774 , et en 5 volume» ^ 
in-8*>. On y trouve de la mo» 
raie sans péaantisme , et une phi- 
losophie douce. Les cfaràcterea 
y sont variés , et l'intérêt y mar- 
che k cêté du sentiment. Le» 
amours de Tharsis et Zélie ne 
sont , pour ainsi dire , que le 
cadre de la peinture et différentes- 
passions. 

. t IV. MOTHE-LE-Vi^ïER , 



a64 MOTH 

S Jean-François de la ) , de la même 
amille , maître des requêtes , 
mort en 1764 » est auteur d'un 
Easaisur ta possibilité d* un droit 
unique, 1764? in -12. Chimère 
que Ton peut ranger à côté de 
celle de la paix universelle de 
l'abbé de Saint^Pierre. 

* V. MOTHE ( comtesse de 
la), femme intrigante, se disant 
issue des Valois , célèbre par 
Tafia ire du fameux Collier , pour 
laquelle on voulut compromettre 
la reine , épouse de I^ouis XVI ; 
affaire dans laquelle le cardinal 
de Rohan a joué uq rôle hon- 
teux. La fennne La Molhe fut 
condamnée a être fouettée et mar- 
quée , et ensuite renfermée à l'hô- 
pital de la SalpétrièrC) d'où elle 
n'est sortie que par l'efTet de la 
révolution en 1789. Elle se ré- 
fugia en Angleterre , et fit im- 
primer un mémoire très-violent 
contre la reine , dont l'édition 
toute entière futenvo yée , en 1 790, 
k un libraire de Paris. La cour 
en ayant été instruite , cette édi- 
tion fut achetée par son ordre : 
tous les exemplaires furent trou- 
vés après le siège du château des 
Tuileries, le 10 août 1792. fToj^ez 
Lapoate , n*» IT. 

t VI. MOÏHE-PÎQUET ( N . la ) , 
né en 1710 , etitra fort jeune 
au service de ia marine ; et, pen- 
dant5ftan2r, ily fut le digneémule 
des braves commandans à qui la 
France avoit confié l'honneur de 
son pavillon. Il fit la guerre d'A-* 
inériqae avec d'Estaing , Sulfrein, 
Bouiiié , Tomaj , Guichen et 
quelques autres dont l'histoire 
a consacré les noms. Comme 
eux , il s'y distingua par les 
actions les plus éclatantes, et on 
n'oubliera jamais la conduite qu'il 
9 tenue au Fort-Royal. Il y mouil- 
loit après un combat qui avoit 
désemparé tou3 ses vaisseaux^ 



MOTH 

Î[uand il apprit qu'an convoî 
rançais , très-essentiel an succès 
de la guerre, et qui voguoityers 
ce ^êine fort , venoit d'être at- 
taqué par une escadre anglaise 
composée de i4 bâtimens. Aus* 
sitôt il monte r^nm^/// qui apeine 
étoit réparé , vole k l'ennemi , le 
disperse , et ne reijtre en rade 
qu'avec le convoi. Forcé , -dans la 
mêmB campagne , de se rendre de 
la Martinique à la Guadeloupe > 
seulement avec cinq vaisseaux 
de ligne et cinq frégates , il sut 
éviter l'a pproche d'une flotte qui 
lui étoit tellement supérieure en 
forces , que sans doute il n'au- 
roitpu lui résister : elle marchoit 
sous les ordres de l'amiral-Hyde 
Parker , qui dit , avec autant de 
regret que d'admiration : h Une 
seule manœuvre ponvoit sauver 
La Mo the -Piquet, et La Mothe- 
Piquet étoit le seul qui pât la 
trouver. » Monté sur V Invincible , 
en 1781 , il prit a6 navires des 3!2 
avec lesquels TaTiiiral sir George 
Rodney repassoiten Angleterre , 
chargé des richesses qu'il avoit 
enlevées aux babitans de Saint- 
Ëustache. La perte de ee oonvoi 
fut d'autant .plus sensible à sir 
George, que, d'avance , il en 
avoit garanti l'arrivée à Londres. 
Fox en accusa l'imprévoyance du 
premier lord de Ta mira até ; mais 
son accusation demeura sans effet. 
Ferme dans le commandement y 
mais bien moins jaloux de sa 
gloire que du bien de «on pays, 
La Molhe - Piquet s'empressoit 
toujours de céder à celui qui lui 
faisoit voir que l'on pouvoit faire 
mieux que ce qu'il avoit ordonné; 
et sa vie est pleine de ti^aits qui 
ne font pas moins d'honneur- à 
son caractère qu'à sa bravoure. 
Parvenu au grad^ de lieutenaat<- 
général des armées navales, il 
est mort à Brest , le 10 juin 1791 , 
âgé de 71 ans. Oq a mis au b»a 



MOTT 

de son portrait lès vers suivans : 

• Maria dés ta première aurore , 

Gacrrier , cher méoie à kcs rivanx, 
* La Fraace »aix ce que ta Taux , 
Et l'Aa^eterre mieu encore. 

yn. MOTHE-GUYON. rayez 
GuToif , n* II. 

Vin. MOTHE. royez Gbos- 
ïisri , n« II. 

♦ MOnUO ( Grégoire ) , ju- 
rîscoDsalte de Capone dans le i^» 
siècle , a publié Notizia di Ponzio 
Pilato , Naples , 1674. Décréta- 
mm praxis cwilis ordinarii ju- 
dicis , etc. , Napoli , 1671 , in-fol. 

t M O T I N ( Pierre ) , poète 
français , né k Bonites , a laissé 
oudqaes pièces que Ton trouve 
dans les Recueils du temps, et 
qui n'ont pas fait fortune. Ce poète 

{jlacial mourut vers i6i5. — Boi- 
(rau a dit de lui : 

Taime mieux Bergerac et sa borlesqne an- 
^Tce 

Ou ces vers eh Motia se norfoad et se 
Siace. 

Malgré ce trait de satire, ilVen 
est pas moins vrai qn> cet auteur 
ent de la réputation dans son 
temps , et qu'il la méritoit à cer- 
tains- égards. 

MOTTA. Voyez Recupexo. 

I. MOTTE ( Goîllanoie 
Mauqukst de la ) étudia la chi- 
rurgie à Paris , suivit la pratique 
de THétel - Diea pendant cinq 
ans , et j acquit de grandes con- 
Doissances dans Tart des accou> 
chemens. De retour à Valogne, 
Sapataie, il s'j distingua, ainsi 
que dans les Villes et les cam- 
nagnes voisines , par les succès 
ws plus brillans et par des ou- 
vrages |>ius ou moins critiques , 
mais qui tous prouvent le mérite 
de k'ur auteur. Ces ouvrages sont , 
I. Traité des àccouchemens wt- 
^irels , nonnaturels , et contre nw 



MOTT 



:265 



ture , Paris , 1722 , in-4» , par les 
soins de Devaux , qui a fourni la 
plupart des reflexions et des ob« 
servations qu'on j trouve , La 
Haye , 1726 , in-4* ; Ley de , 1729» 
in-4« ; Paris , 1765 , in-8», 2 vol.;, 
Strasbourg , en allemand , par 
J.-G. Scheid, 1732 , in-4**« Cet 
ouvrage , qui. passe pour un des 
meilleurs en ce genre , a été en- 
richi par l'auteur de quatre cents 
observations d'autant plus inté- 
ressantes qu'elles sont le fruit' 
d'nne pratique de trente ans. II. 
Dissertation sur la génération ^ 
sur la superfétation , et reporte 
au livre intitulé De f indécence 
aux hommes ^accoucher les 
femmes , et sur Vobligation aux 
mères de nourrir leurs enfans , 
Paris , 1718 , ia-i2. Puzos ré- 
pondit victorieusement kLa Motte 
sur son système opposé à celui des 
ovaristes, etc.; mais Hecquet n'eut 
pas le marne avantage en défen- 
dant les sages - femmes. 1 1 1. 
Traité complet de chirurgie , 
contenant des observations sur 
toutes les maladies c/iintrgicales 
et sur la manière de les traiter , 
Paiis , 1722 , in 12 , 3 vol. , par. 
les soins de Devaux ; ibidem , 
1732, in- 12, 4 ▼oï« f ibidem , 
1763 , in-i2 , 4 vol. . et en 1765 , 
2 vol. in-8» , avec A^s augmen- 
tations. M. Sabathicr , profes- 
seur d'anatomie , a publié une 
nouvelle édition de cet ouvrage 
avec des notes critiques , Paris , 
1771 , 2 vol. in-S". L'accueil fait 
aux écrits de La Motte , par le 
nombre des éditions qu'ils ont 
eues , est le plus si\r de tous les élo- 
ges ; mais on lui reproche de se 
trop louer, et de maltraiter ses 
confrères; ce uni a >'ajt dire de lui 
au célèbre Haller ; Laudes suas 
j non negUgit , non peri/ulè Jhmœ 
* colfegarum sfudwi't.i. !>%da[e<ies 
! imnressioiis 'Ic'S o»i^ ra^rs de L»! 
Multe , dont iVpoquc de ia nais^ 



1 



11^ MOTt 

sant« et 4c la naert eM igïiorée , 
prouve qu'jii vivoit au d^^or 
siècle. 

n. MOTTE ( la )< royei^ H<hj- 
»Aji»e^ Fe'nelon, n" II «/ IV» 

III. MOTTE D'Om^ÉAXs. F^f. 

ObI^VS de Là MOTTB. 

W. MOTTE-MESSEMÊ (delà). 

Woy, PoULCHllE. 

*MOTTEUX (Pierre-Antoine), 
n^ à Rouen en i66a » lors de 
la révocation de VéèÀX de ^an-* 
te» , choisit TÀugle^rre pour sa 
nouvelle patrie. Motteq^^ , du 
petit nombre de çea Français qui 
sont parvenus à acquérir une con- 
naissance profonde de b langue 
anglaise , se. iamâiarifia telle^ 
Hient ayec Tidiome et JL'expression 
propre, que ses traductions de 
respa^ol et du Irauçais sém- 
illant des eompositions origina- 
les. Suivant le jugement qu'en 
porte monsieur Tjtler , sa tra^ 
duction du Don Quichotte est en- 
core la meilleure qu'on ait en 
Angleterre. Une. entreprise plus 
tfilficile pour Motteux lut de tra- 
tl^ine en anglais Rabelais^ , dont 
le style déjà vieux et suranné 
étoit à peine entendu par ses com- 
patriotes. Les trois premiers li- 
vres de cette singulière satire 
avoient été si bien traduits par 
Urqubart , qu'il se borna k con- 
tinuer son travail. L'ouvrage en- 
tier fut revu eusuite par OzeU. 
M. Tjtler estime que cette traduc- 
tion ainsi corrigée est un des 
plus parlait& modèles de Tart de 
traduire. Le sens j est fidèlement 
conservé , le style heureusement 
imité. Les lecteurs éelairés re- 
connoîtront aisément dans aette 
traduction tout le mérite de l'ori- 
ginal. Motteux traduisit encore 
plusieurs comédies , qui furent 
]!Ouéesavec succès. II composa des 
PtuiQ^ues.x des Epilogues ^ et un 



MOTT 

Pàçmr sur le thé> qu'il inséra éknÊk 
le Spectateur. Tant de travaux lit- 
téraires auroient dû lui assurer 
une existence honorable ; cepen- 
dant Motteux sévit forcé de i|uit- 
terla plume pour des ocoupations 
plus lucratives. Il ouvrit dans 
Leaden-Hall-Street un magasin 
de marchandises des Indes, et 
obtint un bon emploi 'dans les bu-' 
reaux de la postç générale. Mot- 
teux , enrichi par le commerce , 
se maria et devint père de 
vingt-six enfans. Tout ce qu'ua 

Eent désirer dans la vie pour être 
etireux , Motteux le possédait ; 
mais une malheureuse passion dé- 
générée en habitude dégradoit 
son caractère et avança ses ioars.^ 
On le trouva mort le matin du 
ig février 1717 dans un mauvais 
fieu près Temple-Bar. On soup- 
çonne qu'il y fut assassiné. Mot- 
teux|termina sa carrière a 59 âins. 

t MOTTEVILLE ( Françoise 
BERTAim dame dé) , fille d'un gen- 
tilhomme ordinaire de la chambre 
du roi, née en Normandie vers 
16 15. Ses nianières aimables et 
son esprit plurent à Anne d'Aùtri- 
clie , qui la garda auprès d'elle. Le 
tardinal de Richelieu , jalousf 
des favorites de cette princesse. 
Payant disgraciée , elle se retira 
avec sa mère en Normandie , oit 
elle épousa Nicolas Langlois » 
seigneur de Motteville , premier 
président de la chambre des 
comptes de Rouen , màgisirat 
distingué , mais fort vieax, er 
sa femme fut veuve au bottt d& 
deux ans. Après la mort du car- 
dinal de Ricnelieu, Anne d'An- 
triche , ayant été déclarée ré- 
ffente , la rappela à la coor. Ce^ 
iiit alors que la reeonnoissance 
lui inspira le dessein d'écrire ïe^ 
Mémoires de cette prinoesse. On 
les a publiés sous le titre de Jtf «'-> 
moiriSf pour servir à fMi$t»' 



r 



r 



MOTT 

tdime JtJuêriduf , 1750 , Ams- 
terdam ( P«rû ) , ^709» en six 
Tol. iiiri2. Cet oovmge curieuc 

Srouva une grande connaissance 
eTiniénear de la cour et de la 
minorité de Louis XIV. Il est, 
pour la plus grande partie , de 
■ladame de Motteville ; mais on 
prétend qu'une autre main a re- 
touché le stjlçy qui cepeudaut 
n'est pas encore trop bon. L'édi- 
teur , auquel on attribue ce chan- 
SemenC y a sui*cfaargé cet ouvrage 
e m(»ceaux d'Histoii'e générale 
^uW trouve par-^tout II y a des 
Bli^uties dans ces Mémoires , mais 
elles sont rachetées par des anec* 
dotes curieuses. On trouve aussi 
plusieurs Letti^eê de cette femme 
Spirituelle dans le Recueil de ma- 
demoiselle de Mentpensier. Mad. 
de Motteville mourut à Paris le 
29 décembre 16B9. Les agrémens 
de son esprit et de son caractère 
lui avoient concilié l'amitié etPes- 
time de la reine d'Angleterre , 
veuve de Charles I"' , qui avoit 
en elle la eoniiauce la plus in- 
time. 

MOTTIN ( Pierre ), docteur 
dt 3orbonne , mort à Paris en 
1.775 ) a laissé on petit écHt inti- 
tulé Essai sur la nécessité du 
travail y in-i2 , qui iie manque 
pas d'intérêts 

«MOTTLEY (Jean), fils du 
Oi^oneMSIottley , qui , à la re- 
commandation du roi Jacques II , 
dont ii avoit suivi la fortune , 
obtint un régiment en France , 
naquit en 1693 , et, après diverses 
tentatives qu'il fit sans succès pour 
son avancement, se trouva réduit 
à vivre de sa plume. On lui doit 
^nq Pièces dramatiques qui eu- 
rent du succès , et une Histoire 
du czar Pierre /«', qu'il publia 
par soiiseription , et qui l'intro- 
((uisit lÊiiprèa de la reine Caroline. 



MOUC 



167 



Il eut part à quelques autres eu* 
treprises littéraires^ et mpuraf 
en 1750. 

* MOUAFFEKEDDIN Ahmje» 

Ben Cassem Al-Khezergi , mort 
Tan 668 ( 1369 de Jésus-Christ ) , 
publia dans sa langue un litre 
intitulé (yioun aVmtabatJi tha- 
hacal alatikeha j 5 volumes , et 
en cinq parties , concernant les 
médecins anciens et modernes. 
La première traite de l'orieine de 
la médecine ; la seconde , des mé- 
decins qui ont écrit sur cjel^rt ; 
la troisième des médecins gi'ees 
qui ont vécu avant Galien^ la 
quatrième , de ceux quioute^té 
après lui ; la cinquièine enfin, 
des médecins qui ont vécu de*' 
puis le musulmanisme. 

* I, MOUCHEGH, issu de 
l'illustre famille arménienne dus 
Maoïigooian , s'appliqua dès sa 
plus tendre jeunesse à ia profes- 
sion des armes, et sueeéda dans la 
principauté de Dai'on après la mort 
de son père vers l'an 553 de J. C. 
U fut honoré par les empereurs 
Justinien U et Tibère IL Mau-» 
rice le nomma due d^ la petite 
Arménie , soumise alors k Tem'^ 
pire grec. En 584 «* 586, à la tétc 
(l'une armée grecque et armé- 
nienne , il battit les troupes d'Or- 
mizt , roi de Perse j et mit en iuile 
précipitée Varham , son général 
en chef. Après la mort malheu- 
reuse de ce souverain , son fila 
Khosrou II , k qui appartenoit 1« 
couronne , se sauva , en 590 f 
auprès de l'empereur Maurice > 
et demanda sa protection pour 
être placé sur le trône de son 
père. Mouche^h fut chargé alors 
du commandement d*une armée- 
dans cette guerre fameuse , qui 
dura pendiint deux ans et çout% 
)a yi^ k beaucoup de monde. 
Après plusieurs natailles san« 
glanteaeld^avictoii^es partiellesot^^ 



a63 MOUG 

décisives^ qui furent toujours diri- 
gées, de l'aveu même de l'ennemi, 
par la prudence et le courage de 
Mouchegb , Khosrou fut placé sur 
le trône de Perse l'an dqî^ , et il 
commença à congédier, avec de 
riches présens , les troupes qui 
ëtoient venues à son secours. Ce 
prince , avant d'entrer en campa- 
. gne , avoit promis au comman- 
dant Mouchegh de lui donner le 
gouvernemenl général d'Arménie, 
s'il parvenoit à conquérirleroj^au- 
me de son père. Khosrou II, 
après ces victoires éclatantes , 
voulut exécuter sa promesse et lui 
accorder des honneurs plus su- 
périeurs ; mais les commandans 
grecs, informés de l'iatenlion du 
roi, et jaloux de la renommée du 
général arménien , l'accusèrent 
faussement d'une trahison délèse- 
majeslé , et Khosrou se décida à 
le punir ; mais quelques uns de 
ses ministres , indignés de la 
noirceur des Grecs , et de Tinjus^ 
tice de leur roi contre un hommtf 
à qui on devoit toute la victoire , 
informèrent secrètement le géné- 
ral Mouchegh de tout ce aui se 
passoit sur son compte ; celui-ci 
se retira bientôt dans la princi- 
pauté de Daron , et écrivit de 
suite des reproches au roi de 
Perse et aux généraux de l'empe- 
reur. Au bout de quelques mois, 
Khosrou , parvint à connoître la 
trame et la jalousie des Grecs; il 
envoya de riches présens à Mou- 
chegh , le nomma prince libre et 
ministre de son royaume en 
ïerse; mais l'aine grandeet géné- 
reuse de Mouchegh refusa toutes 
ces otl'res , et voulut rester dans 
sa principauté. En 6o5 , lors de 
son expéartiou .contre le succes- 
seur de Mauricîe, Khosrou II l'in- 
vita à venir couMuaiider une ar- 
mée , coiinoissant ia haine qu'il 
a\ oii. pour les Grecs v majis IVlou- 
ehegh se refusa de ûduveau à la 



MOPC 

• demande du roi. Au retour dé 
cette guerre > Khosrou envoyai 
contre lui une armée persane y 
sous les ordres de son général » 
nommé Mihran. Mouchegh , qui 
étoit dans un âge fort avancé , 
donna le commandement de ses 
troupes à Caïl-Vahan, qui rem*- 
porta une victoire complète } et 
il mourut l'an 6o4« 



* II- MOUCHEGH , de la fa- 
mille Mamigonian , avoit le com- 
mandement en chef de^ troupes 
du roi arménien Arsau U, Lors- 
que ce prince fut trahi et livré à 
Chapouh II , roi de Perse » 
Mouchegh se rendit à Constantî- 
nople , en 38o de J. G. , et par 
la protection de l'empereur , il 
fit couronner le jeune prince Bab , 
fils d'Arsau , et l'emmena en Ar- 
ménie , avec une puissante armée 
d'Arméniens et de Grecs. Après 
avoir placé le nouveau roi sur le 
trône de son père , Mouchegh , 
k la tête d'une armée de 4o,ooo 
hommes d'élites , - fondit dans 
la Médie , tailla en pièces les 
troupeside Chapouh II , fit pri- 
sonnière la' femme de ce roi , et 
plusieurs personnages distingués 
cle son royaume. Le souverain de 
Perse, qui ne s'attendoit poîut 
à une perte aussi grande , entra 
dans l'intérieur de ses états , icjr^ 
ma de nouvelles troupes , et'se 
mit de nouveau en campagne. Des 
batailles sanglantes eurent lieu 
dé suite entre les deux armées. 
Chapouh prit la fuite en maudis- 
sant la division de Mouchegh ; il 
l'appel oit la furieuse. Le géné- 
rai arménien , vainqueur et ven- 
gé , retourna alors auprès du 
roi , et fut comblé d'honneurs. 
Ijes principaux ministres , jaloux 
de la grande considération de 
Mouchegh, l'accusèrent fausse-* 
lûent de haute trahison auprès du 
roi Varagtade ^successeuracBob ^ 



MQUC 

f t lui ôtèrent la vie vers Tan 385« 
f" l^s bornes de cet ouvrage ne 
" BOUS permettent point d'entrer en 
brands détails sur les actions ini- 
• ntaires et politiques de ce guer- 
nér , qui fut un des plus grands 
bèmnies de son siècle. Mesrob- 
Erez ( voyez cet article ) , dont 
BOUS avons l'ouvrage dans Ja bi- 
bliothèque impëriale , n*» g5 et 99 , 
écrivit la vie de Mouchegh et 
rhJstoire des principaux person- 
nages de sa famille. Dans le ma- 
nuscrit i5o , on lit aussi un- éloge 
en l'bonneur de ce général , écrit 
en vers arméniens. 

♦ L MOUCHERON (Frédé- 
ric ) , de l'école hollandaise , né 
à Ëinbden en i635 , s'instruisit 
dans sa patrie àes premiers élé- 
mens de son art , et vint se per- 
fectionner à Paris , où l'on re- 
chei'cha ses cuivrages : mais il 
quitta cette ville pour aller se 
fixer à Amsterdam. 11 y mourut 
en 1686. Frédéric Moucheron, 
sans être mis au premier rang 
àes peintres paysagistes des Pajs- 
Bas^ j tient une place distinguée. 
On lait sur^tout grand cas du 
feuille de ses arbres , dont la tou- 
che est légère et facile , de ses 
lointains variés avec intelligence , 
et Ton admire la vigueur du de- 
vant de ses tableaux. 

* IL MOUCHERON (Isaac) , 
fils du précédent et son élève g 
né en 1070 , mort en 1744 > a de 
beaucoup surpassé son père en 
réputation. Comme il avoit vu 
ritahe , et étudié les chefs-d'œu- 
vre du genre qu'il avoit adopté , 
il ne faut pas s'étonner de cette 
supériorité. Isaac est cité pour 
la variété et la vérité de ses pay- 
sages • Sa couleur est celle de la 
nature , et la fraîcheur y est 
jointe à rbarmoaic la pluf par- 

l'ilit«. 



MOU G 269 

♦ aioUCHET ( George-Jean ), 
premier employé an département ^ 
des manuscrits de la bibliothè- 

2ue impériale , né en 1^3 7 k 
larnetal , près d« Rouen , fut 
élevé de Fonceniagne , ami de 
MM. de Sainte:Palaje et de Bré-» 
quigny , et jugé le seul en état , 
p^r sa position et ses falens , d« 
mettre \k exéculidn le plan conçu 

Ï)ar ces deux derniers , et déve* 
oppé par M. de Bréquigny pour 
procurer k la France le Glossaire 
de l'ancienne langue française , 
depuis son origine jusqu'au siècle 
(le Louis XIV. Ce plan avoit pour 
objet de présenter l'histoire phy- 
sique et métaphysique des mots : 
l'histoire physique , en réunis- 
sant sous le même article les va- 
riations d'orthographe d'un même 
mot y l'histoire métaphysique , 
en indiquant la génération et la 
filiation possible des idées que 
ce mot a représentées par exten- 
sion , par allusion , par méta- 
phore et autres espèces de méto- 
nymies. On crut pouvoir ajouter 
à l'intérêt du Glossaire , en y 
joignant des recherches sur noj 
antiquités , lorsqu^on rencontre- 
roit des mots gui y donneroient 
lieu , en se livrant néanmoins 
sobrement k ces objets , qu'on 
envisageroit toujours relative- 
nient a la langue française plu- 
tôt que relativement k l'histoire. 
La révolution vint suspendre ce 
travail ; il Wy a d'imprimé que 
sept cent quarante pages du pre- 
mier volume , depuis la lettre A 
jusqp'aux lettres AST. La Cume 
de oainte-Palaye avoit publié en 
1756 le premier projet de cet 
ouvrage ; c'est une brochure in- 
4" de trente pages. La même 
révolution enleva k Moucbet deux 
mille francs de pension que le 
roi lui fa i soit ; c'étoit son uni- 
[ que ressource , et il sçroit tomlté 
l dans l'indigence , sans l'amitié 



r 



370 Moue 

géftérense de M. de Br^nigny , 
qaî , appauvri luî*tném6 par la 
même cause , n^en fit pas moins ' 
à son ami le sacrifice du bieU le 
plus thter à un homme de lettres , 
ien liii donnant , en le forçant 
d'accepter, sa riche et nombre usiô 
biblio&ècitte. Ce savant estima-^ 
We et laDorieux , occupé toute 
sa vie de travauic obscurs 
mais importans , vécut et mourut 
sans bruif au milieu de $es 
livres et de quelques aniis , le 6 
février 1 807 , âgé de soixante-dix 
ans , sans avoir pu mettre au jour 
le fruit de ses veilles. Mouchet a 
encore beaucoup aidé M. de Bré- 
mii^j daUs la confection de la 
Table chroiiolopquc dés diplô- 
mes , chartes , titrés et actes im- 
J>rirt^és . eôncerhant l'histoire dé 
Fl'a^e , dont il a paru 5 vol. 
hi-fol. depuis 1769 jusqu'en 1783; 

* MGUCHI ( N. ) , sciilpfettr 
fVatrçais ; gendre du célèbre Pi- 
.gàlé, mourut é^ 1801. Sa statué 
'du Silefide est une dé ces pro- 
ductions qUi^ sur la fin du ï8« 
jiièelë , ont le plus honoré la sculp- 
ture. 

♦MOÙÇHON (Pierre) , né k 
Genlf> e lé 3o juitiet 1753 , où il 
mourut le ao août 179^, éxek^â 
le ttliiiiSïèi^ évangélimié, d'abo*-d 
k B&le , o<ù il fut appelé v^rs la fin 
dé 17^/ et daiUs sa Vrllé uafolé , 
depuis 1778 jusqu'à la fin de «à 
carrière. On lui doit la Tabft 
âes matières de tEtttycUpë^ié 
dé Paris , 2 vol. in-fol. , travail 
ilAmensé pour te<^fuel les libraires 
Oamet- et <le Tôtifues lui pro- 
posèrent 800 Ibàis , et qu'au Ixjut 
dé cit^q atas* il finit de là méi^iè're 
la plus distinguée : dette tablé sup- 
jyose Fesprit d'analyser riSunî aux 
i!fotanoissaiiCéS lès plus éteAdkies , 
et Mouéhon joi^noit k ce mérite 
Êdui d'uû «ar-tctère élevé , et tle 



M0U<5 

toutes les vertus sociales et dtf- 
ihestiques. Son talent pour là 
chaire est attesté par un Hect^t 
de ses serffions , publié ^pr^s sa 
mort , vol. in-80 , Genève , 1 798 . 

MOUCHY ou Mo^TcHT (An* 
tôine de ) docteur de la maison et 
société de Sorbonne , plus èonnik 
soùs le nom de Demockar^s , s^ 
distingua par son zèle contre les 
calvinistes. Nommé inquisiteur éik 
France , il rechercha les protes- 
tans avec une vivacité qui tenoit 
tth peu de la haine' et de la pas^ 
sion. C'est de son nom qu'od 
appela Mouches ou Moucharts 
ceux qu'il emplojoit pour décou- 
vrir les sectaires ; et ce nom est 
resté* aux espions de la police. 
Son zèle, ou plutôt son ertriporté- 
ment , ne produisit qu'un très-pe- 
tit nombre de convet-sions. Mou- 
chj auroit dû savoir que la cha- 
rité indulgente et la douceui^ 
compatissante soUt plus Confort 
mes att± préceptes de l'Ëvangile ^ 
et touchent plus c[tie les viofeh- 
ces et les rigueurs. Ce docteuf 
devint pénitencier de Noyon , ftit 
l'un des juges de l'infortuné Anne 
du Bourg , et parut avec édat ati 
colloque dePoissy, au concile dé 
Trente , et k celui de Reims en 
i564. Il mourut à Paris , sénicàf 
de Sorbonne", l:é 8 mai i574 » ^ 
80 ans. On a de lui , I. La Ha- 
Tangue qu'il pronotiçâ au con- 
cile deTi^ente. ÏI. tJn Traite' âa 
éUcHfiùê dé la Messe , en latin \ 
în-8* , rtempli de digressions 
inutiles; on ne trouve aucune 
critique , ni dans les citations 
d'auteurs, ni dans le choix des 
passages qu'il allègue. III. IM 
l^and Uoml3re d'autres ouvrages y 
plein 5 ^e ht bife et de" Pempwrte- 
Uient qui fornïoiônt son caractè)re. 

'r 

\ 

t MOtJFÊlT ^Thomas) , ce* 
lèbre médecin anglais , ué à hatt*^ 



Wn 



■»' 



MOUG 

irèà^ eterça son art avec beau- 
.{oiip dé succès , et se retira a la 
campagne sur la fin de ses jours, 
oU il mourut vers 1600. Ce raéde- 
cltt est connu par un ombrage re- 
clierclié , ceminencé d'abord par 
Edouard Wotton , et qu'il acné- 
va : il fut imprimé a Londres y 
6n 1654 9 in-folio > sous ce titre : 
Insectontm sive minimorum ani- 
matium theaJtrum icordhuM supra 
{ftdngentis illustratum. On en 
donna une traduction anglaise , k 
Londres i65S , in - folio. Martin 
Lister n'a pas jugé trop favorable- 
ment de ce livre. « Puisque Mou- 
fett , dit-il , s'est servi de Wotton , 
dé Gessner , etc. , on auroit pu 
attendre de lui un excellent ou- 
trage : cependant son Tkédlre 
est rempli de confusion, et il a 
fait un très-mauvais usage des 
matériaux que les auteurs lui ont 
fournis. Il ignore le sujet sur le- 
duel il travaille , et il s'exprime 
Q^unè manière barbare. D'auleurs 
c'est un orgueilleux y pour ne rien 
dire de pi.s; quoiqu'il ait copié 
^Idrovandus en une infinité d'en- 
droits , il ne le nomnie jamais* » 
Mais Kaj croit que Lister n'a pas 
rendu justice à Moufett en s'exprir 
ihant ainsi : .il prétend que ce 
deiruier auteur a rendu , par son 
ouvrage , un grand service h la 
république des lettres. On a en- 
core de lui De jure et prcestan^ 
tîd chy-rmcorum medicamtntorwn 
dialôgus apoîogeticus ; accesse- 
nàU epistotœ quœdam. mediciiia- 
tes admedlcos aliçuot consens • 
Ue y Francofurti , i5S4} ii>-8®. 

* MOUFLE (Pierre), conseil- 
ler du roi , lieutenant particulier 
deMagnj, et bailli de Saint-Clair, 
a donné une tragi-comédie cbré- 
tiàme en cinq actes , en vers , 
intitulée le Fils exilé y on le Mar* 
^re de Saint-Clair , imprimée à 
ràris-, en 164? > itt-4S L'^^^teur 



MOUH :>7i 

avoit aussi composé det^t: aut^ 
pièces restées ma^aascntes^ . ^ 

♦ MOUGHSEfey ou BâGHT- 
ctUTZY ( Ara^el ) , savant poëtè 
arménien ^ florissOit au comment 
eement du i5^ siècle. On a de lui 
plusieurs ouvrages fort esûmés ^ 
qui sont , I. Un recueil de Poésies 
sitr iUfférens sujets sacrés etpro- 
fahès. IL VntBiistoire et Armé- 
nie y depuis Porigine jùsqu^a soti 
temps , écrite en vers arméniens. 
m.Jjn Fie de saint Nersès IP^ , 
patriarche itAnnénie , écrite ea 
vers. 

MOUGNE ( RobeHe ), m^ 
vante du 17* siècle , suivoit la re-* 
ligion calviniste , et se oonsol;» 
d'un long veuvage en composant 
des ^a^mges pieûx, parmi les- 
quels on distingue oeiui qui «01 
intitulé Cmiinet de ia vernie ehrà' 
tienne , contenant des prières et 
des méiiitations sur disnsrs sujets 
de t Ecriture sainte y 1616. 

t MODE Y ( Charles de Fhïjx , 
chevalier de ) , de Tacadémie dt 
Dijon , né à Metz en 1701 , mort 
k Paris le 39 février 17^4» vini 
de bonne heure dans cette capi- " 
taie. Ayant le godt de la dépense, 
sans en avoir toujours les moyens, 
il sHntrigna et il écrivit. Le genre 
romanesque fut celui qui exerça 
le plus sa plume. Mais son style 
lâche , difius , incorrect , ne lui 
promettant pa^ de grands succès, 
il tâcha d'exciter la curiosité du 
public par les titres de ses livrés , 
qu'il empl*untoit ordinairement 
ae celui de quelqu^autre ouvrage 
célèbre. Ainsi l'on vit paroître sa 
Paysanne parvenue , 1735 , 4 vol, 
in- 1 a, quand Marivaux eut donné 
le Paysan parv:enu.'... Ses M émoi»* 
resdtunejille de (Qualité , 174^?.,^ 
4 vol, in- 12 , après les ^é^k%lfêê 
d'un h oin me de ^qualité deTabbé 
Prévôt. . Ses MilléS et une Faveurs^ 



272 MOUL 

174^ , è vol. in- 12 , qu'on auroît 
pu intituler les Mille et une {at- 
tises ,• rappelèrent les Mille et 
une Nuits,.. Son Masque de for, 
1747 > six parties m-xi , fut com- 
posé lorsquft les av'entures du pri- 
sonnier de la Bastille , connu sous 
ce nom , faisoient le^plus de bruit. 
Par- ces petites ruses , les romans 
du chevalier de^Mouhjr circulè- 
rent dans les maisons , ou du 
moins dans les antichambres de 
la capitale. Les gens de goût les 
lurent fort peu , et se contentè- 
rent d*êlre étonnés de l'intarissa- 
ble fécondité de Pauteur; car no^s 
n'avons pas nommé le quart de 
ses productions romanesques. 
Comme les événemens y sont 
multipliés et variés , quelques- 
unes ont été traduites en anglais. 
Le chevalier de Mouhj connois- 
soit bien le théâtre. Nous avons 
de lui un ouvrage intitulé Tablet- 
tes dramatiques , contenant un 
Dictionnaire des pièces, etfa- 
brégé de V Histoire des auteurs et 
des acteurs , l'jSi , in-8*. Il y 
avoit beaucoup d'omissions et 
d'erreurs de titres et de dates dans 
ce livre , que l'aulenr reproduisit 
quelque temps avant sa mort, 
sous le titre de Dictionnaire dra- 
matique , 1783 , 3 vol. in-8*. 

•f L MOULIN ou MoLiNiEus 
(Charles du) , naquit à Paris, en 
i5oo , d'une famille noble et an- 
cienne, originaire de Brie, et, selon 
Papjre Masson , ayant l'honneur 
d'appartenir h Elizabeth reine 
d'Angleterre , du côté de Thomas 
de Boulen, vicomte de Rochefort, 
aïeul maternel dé cette princesse. 
C'est ce qu'Elizabeth avoua un jour 
au seigneur de Montmorenc j,pen- 
dant un voyage qu'il fit à Lon- 
dres en i57^. Le jeune du 
Moulin fit paroftre , dès son en- 
iaacé , des dispositions extraor- 
dinaires pour \%^ belles-lettres , 



MOUL 

pour les sciences , et une înclisa* 
tion pour l'étude qui tenoit de R 
passion. Reçu avocat au parle- 
ment de Paris en 1622 , il plaida 
pendant quelques années au châ- 
telet et au parlement. Mais une 
difïiculté de prononciation Payant 
dégoûté du narreau , il s'appïiqua 
à la composition des ouvrages qui 
l'ont rendu si célèbre. Il publia , 
' en i539 , son Commentaire sur 
les matières féodales de la cou- 
tume, de Paris ; et en i55i , ses 
Observations siir l'Edit du roi 
Henri II, contre les petites dates. 
L'éditcontenoit divers réglemeus , 
concernant la conduite (Tes notai- 
res , des banquiers et des juges 
en matière béuéficiale. Il tendoit 
à réprimer les abus commis en 
ce genre , abus qui venoient plu- 
tôt, de l'avidité des aspirans aux 
bénéfices que de là connivence 
des officiers de k cour romaine. 
Cependant du Moulin s'en prit 
uniquement aux papes et à ceux 
qui les approchoient. La dis In- 
bution de sou livre fut défendue 

i)ar le parlement , et la Sorbonne 
e censura.. Il n'en fut pas moins 
a&réable à la cour de France , qui 
vit dans du Moulin le défenseur 
des libertés gallicanes ; mais il 
déplut beaucoup à celle de Rome, 
qui dès-lors ménagea plus les 
Français. Son ouvrage fut "pré-* 
sente au roi par Anne de Mont- 
mnrency, alors maréchal -, depuis 
connétable de France. Sire, lui* 
dit-il , c( ce que votre majesté h'a 

Su faire exécuter avec 3û,ooo 
ommes , de contraindre le pape 
à lui demander la paix , ce petit 
homme l'a achevé avec un petit 
livre. » 'Cependant , les catlioli- 
ques zélés étoient fâchés de la 
protection que trouvoit k la cour 
un homme soupçonné d'être favo- 
rable aux nouvelles opinions. On' 
lui donna des marques de la 
hdine qu'il avoit mspii;ée. Le peu- 



MO PL 

pie de Paris pilla sa maison en | 
i5a2. I^^i Moulin se voyant en 
danger d'être malti^aité , se retira 
k Bàle , s'arrêta quelque temps a 
Tabinge, et alla k Strasbourg , k 
ï)ole et k Besançon ; travaillant 
toujours a ses ouvrages , et en- 
seignant le droit avec une réputa- 
tion extraordinaire par-tout oh il 
faisoit quelque séjour. En i556', 
George, comte de Montbéliard, le 
retint prisonnier pour n'avoir pas 
voulu se charger d'une mauvaise 
cause ; mais Louise de Beldon 
vint k son secours , et obtint 
son élargissement , par le cou- 
rage et la fermeté qu'elle montra. 
De retour a Paris en iSSj , du 
Moulin en sortit encore en i56'j , 
pendant les guerres de religion. 
Il se retira pour lors k Orléans , 
et revint k Paris en i564* Trois de 
ses Consultations^ dont la der- 
nière regardoit le concile de 
Trente , lui suscitèrent de nou- 
velles aôaires. Il fut mis en prison 
k la conciergerie^ d^où il sortit 
peu de temps après k la sollicita- 
tion de Jeanne d'Albret. Cepen- 
dant la cour lui défendit d'écrire 
désormais sur les « matières oui 
appartenoieut a l'état , ou qui aé- 
pendoient de la théologie. » Du 
^oulin avoit perdu sa femme en 
. j556 , et ce ne fut pas k ses jeux 
le moindre de ses malheurs j il la 
regretta d'autant plus vivement , 
;que la compagnie assidue qu'elle 
lui tenoit , et les agrémens de sa 
conversation, allégeaient son tra- 
vail continu. Il se remaria néan- 
moins. Le parlement, pénétré de 
son mérite , lui oâiit une place de 
conseiller , qu'il refusa. Le mo- 
tif de ce refus étoit qu'il ne 
pouvoit en même temps remplir 
cette charge et composer des li- 
vres. Il étoit si avare de ses mo- 
taens , que , quoique ce fût alors 
l'usage cle porter la barbe , il se 
la fît couper , pour ne pas perdre 
T. xu« 



MOUL 



375 



de temps k la peigner. On le re- 
ardoit comme la lumière de la 



jurisprudence, et comme Toraclc 
des I^rançais. On citoit son nom 
avec ceux des Papinien, desUl- 
pien , et des autres grands juris- 
consultes de Rome, il étoit con- 
sulté de toutes les provinces du 
rojaiime , et Ton s'écartoit rare- 
ment de ses réponses . dans les 
ti'ibunaux tant civils qu'ecclé* 
siastiques. Sur la fip^de sa vie , il 
abandonna entièrement la doc- 
trine des protestans. Il mourut k 
Paris en i566. C 'étoit certaine- 
ment un homme d'un très-grand 
mérite ; mais il étoit trop plein de 
lui-même , et ne faisoit pas assez 
de cas des autres. <c Ses décisions, 
dit Teissier , avoient plus d'auto- 
rité dans le palais que les arrêts 
du parlement.' » C'est apparem- 
ment ce qui Tavoit enorgueilli ; 
mais cet orgueil , quoique juste 
k cer^ins égards , étoit trop peu 
circonspect. Que peut-on penser 
d'un homme qui s'appetoit le 
Docteur de la France et de V Alle- 
magne , et qui mettoit en tête de 
ses Consultations : a Moi qui n# 
cède k personne , et k qui per- 
sonne ne peut rien apprendre ?)> 
Il porta cet esprit de suffisance 
dans l'examen des matières de 
religion , et prononça sur les dog- 
mes comme sur les lois. Sa pro- 
fession l'ayantaccoutumé «traiter 
tout d'une manière problémati- 

3ue, sa foi contracta un caractère 
'inconstance , dont il donna des 
preuves toute sa vie. Ses Œuvres 
recueillies en 168 1 , 5 volumes 
in-folio , sont une des meilleures 
collections que la France ait pro- 
duites en matière de jurispru- 
dence. L'auteur a émis des opi- 
nions peu bonformes k la théolo- 
gie. Sa Coitsultation sur le con- 
cile de Trente est jointe ordi- 
nairement k la Réponse qu'y fit 
Pisrfe Gringoire : cette Réponsf 

1% 



i74 MOUL 

est fort recherchée. ( Fqyei Tair- 
ticle de DiNDS. ) Du Moiilia est 
encore au premier rang parmi \es 

i*urisconsultes i'i;-ançai6. Il excel- 
.oii dans la science du droit cou- 
tumier et du droit canonique , 
comme Cuias dans celle du droit 
romain : il est souvent cité comme 
le plus illustre défenseur de l'E- 

Slise gallicane. « Bon nom , dit 
e iThpu , étoit par-tout en véné- 
ration, pour son jugement solide 
çt sa profonde érudition, et aussi 
pour sa probité et la sainteté de ses 
.moeurs. » tllaissa deuxenfans de 
sa première femme : Charles du 
MouLiiT , ^ui mourut à Paris d'hj- 
dropisie en i.Sjo , et Anne ne 
(louLiif , femme de. Simon Rohé. 
L'accident ftmeste arrivé à cette 
dame mérite <3l'ôtre rapporté. 
La nuit du lO février iSya , des 
toleurs , introduits dans sa maison 

Ï rendant Tabsence de son mari , 
'assommèrent ( elle étoit alors 
enceinte ) , tirèrent deux jeunes 
fnfaos ^u^elle avoit, la nourrice 
du plus petit , etla servante. Ils 
nrirent ensuite la fuite , conduits 
hors de la ville par le cocher d'un 
conseiller, qu'ils poignardèrent 
de peur qu'il ne les fit counpître. 
£n çfFet , ils se cachèrent sil>ien, 
qu'on ne put jamais découvririez 
auteurs de ces diÛ'érens meurtres. 
{ f^ox*)* r^^l^tion qu'en donna son 
cendre , à la tête de rédition qu'il 
oublia du traité De Usuris.) 
Ilondeau a donné la Vie de du 
Loulin. 

t W-. îitOtJLIN (Pierre du ), 
.tiiéolpgien de la religion protesr 
tante , né l'an 1678 au château de 
JBuliuj, dansle Vexjn, de Joachiixi 
^u Moulin , seigneur.de Lorme- 
jzrenier'9 is&u. d'une ancienne no- 
blesse, qm donna , l'an 1 179 , ujii 
frand-roaiire a «l'ordre de Saint- 
ean de Jérusaleni , dans la per- 
aousiè dç fVoger duMOulin. Pierre, 



MOUL , 

après avoir enseigné la philos** 
pliie k Leyde , fut ministre à Cha- 
renton. il entra , en cette qualité^ 
auprès de Catherine de Bourbon, 
pnncesse de Na^arre , et seeur 
du roi Henri IV, mariée eh 1 599 
avec Tïenri de Lorraine , duc de 
Bar. U passa , Tan i6i5 , en An- 
gleterre , à la sollicitation du roï 
de la Grande-Bretagne , et il y 
dressa un Plan de réunion des 
Eglises protestantes. L^uuiversitè 
de Leyde lui o£Prit unie chaire de 
théologie en 1619 ; mais il la re^ 
fusa. Son esprit remuant lui ayant 
fait craindre avec raison que lé 
roi ne le fît arrêter , il se retira 
à Sedan, oii le duc de Bouillon 1« 
fît professeur en théolot^ie , mi- 
nistre ordinaire, et î'emplova danli 
les aïTairçs les plus importa htëà 
de son parti, llv mourut en i658i 
à près de 90 ans , avec la. repu-' 
tation d'un pfiauvais plaisant , d'ua 
satirique sans goût . et d'un théor 
logien emporte. Son caractère se 
faisoit sentir dans ses ouvrages. 
Les principaux sont, I. JÊnatomiè- 
de f Arminianisme , en latin \ 
Lejde, 1619, in-fol. IT. Traité de 
lapénitenc&etdes clefs de 7'EgIise, 
ïll. Le Capucin oxiVÈistoiredeces 
moines^ pcd^n, 164^1 in- 12 : saj- 
tire peu commune. IV. Nouveauté 
du papisme y ouvrage plein dé 
railleries indécentes, et de dé*- 
clamatious outrées et satiriques, 
dont la meilleure édition est celffe 
de i633,in-4**. V. he Combat chré" 
tien<i on les afflictions , à messieurs 
de l'église réformée de Paris , Se- 
dan, id22,in-8<».VI. De monarchie 
pontificis Romani, Londres, 161^ 
in- 8". Vn. Le Bouclier de la J&i ^ 
ou Défense des Eglises réformées^ 
in-S*» , contre le P. Âmoux , j en- 
suite ; et un autre livre contre lé 
même jésuite , intitulé Fuites et 
évasions du sieur Arnoux. VIIC* 
Du Juge des controvisrses et dés 
traditions , iàS*,' I^. Afiatùnub 



r 



MQVh 



de Ift messe , Sedan , \S^6 , in- 
12. IJ-jr^n a une deuxième par- 
tie y ioiipi'tmée à Geuève eu ;64o. 
et dont I41 lineilleure édition est 
celle deLie^cJe » ^.65.8 , in- 1 :2 * Cette 
anatomie e^ moins rare qu'une 
autre Anati^mi^ de U messe; dojit 
l'original en italien , i^Si y in-x3 , 
fut traduit en français , et im- 
primé avec une ëpître dcdica* 
toire au marquis del Vico , dat<5e 
de Genève 9 i555. Dans la prëi'ace 
4u traducteur , l'anlcur italien 
est appelé Antoine d'Adam» Daqs 
Vt traduction latine de i56i , 172 
pag. in-S", .et 19 pag. d'errata et 
Jle table , l'auteur y est .^pelé 
Arilomus ah Aedam. Suivant Gcs- 
oer , c'«^t un Augustin Maijuard; 
^ais Jean Le. Fèvre de Moulins ^ 
docteur on théologie de Paris , 
qui en a' publié une Iléfutation en 
^565 , Tattrikbue à Théodore de 
Bèze. Jj'édition française a été 
réimprimée en .i562 , in- 16, ^ar 
J[ean Martin , .sans nom de lieu. 
On a encore de Ixd^ I. Catalogue 
des traditions romaines , i632. 
n. Eclaircissement des contro- 
verses .saîrnuriennes , ou Déjejise 
de la doctrine des Eglises jréfor- 
^^es^ in-Ç*, Genève , 1649- ^^ 
j^i attribue upi petit/ipème latin , 
^ui coAtiejjrt l'éloge de la Hol- 
Jande , et qui a pour titre : Pétri 
MoUnai pcuvesyricus Bata\dœ» 
Ç'esi un écrit de d4>uze pages in* 
i» , «ans l'Epître dédica toire à 
Jean Oouzja , ^ean Qank et Jean 
Grotias , dajis laquelle le poète 
dit qm'Û étoit attaché depuis 
(»fiquante ans k l'uni versi te de 
Leyde ; U fit ce poëme pour so|i 
adiëiA. 



t in. MOULIN r Pierre du ) , 
lUs aîné dit précédent, héritier 
des talens et de d'impétuosité de 
ffénie de son père , fut chapelain 
Je Charles II , roi d'Angleterre , 
jBt chjm(Â¥ir 4« Ç^aSçrUéry, oi^ 



il mourut en ï63^ , à 34*J9f- Ont 
a de lui, I. ïTu Lvre intitulé ï^d 
paix de Varae , qui est /brt esti- 
mé de§ proteatans , et dont la 
meilleure édition est celle de 
Genève, 1729, in- 12. U. C/a-' 
mor régit sanguin is , La Ha je , 
i65a , in>ia , que Milton attribuoit 
mal à propos a Alexandre Morus,' 
qui n'en fut que l'éditeur. III. 
Une Défense ae la religioù pro^ 
testante , en anglais. — Louis et 
Cjrus DU Moulin , frères de ce 
dernier ( le premier , médecin , et 
l'autre , ministre des calvinistes ),; 
sont aussi auteurs de plusieiirâ 
ouvrages qui «e respirent que Peti- 
thousiasme et le fanatisme. Louis 
fut un des plus violens ennemis 
du gouvernement ecelési astiqué 
aqghcaii , qu*il attaqua et outi*a-* 
gea dans sa Parœnesis ad œififi.^ 
catores imperii , in-i" , dédiée -k 
Olivier Grpmwel , dans son Pa-^ 
pa ultrajectinus , et dans smi livre 
intitulé Patropjus bonoe fidei, 14 
mourut en 1680, à 77 ans. 

IV. M OOUN ( Gabriel du ) ^ 
curé de Maneval ^ au diocèsç dq 
Lisieux , connu dans le 17* siècle , 
I. par une flistijïre générale dp 
^ornfiaiuUe^ $o3XiisesaucsJ\ou&j%^ 
i63i , in-fol. , rare et reçherjçhee. 
H. Par V Histoire des conqudites 
des Normands dans les royaumes 
de Naples et de Sicile , Bouen , 
i()59 , in-fol. , mçins estimée qu^ 
la précédente 

* V. MOULIN , général fran- 
çais , emploj^é en 1795 et r-794 
contre les Vendéens. Forcé dans 
Chollet , en février 1794 > *1 y 
futblesâé de deux coups de feu , 
et se .brûla la cervelle d'un coup 
de pistolet , au moment où il 
alloit <itre fait prisonnier. La con- 
vention décréta qu'on lui élève'^ 
ro,it.à Tiûauges un tombeau sim- 
ple sur lequel seroit placée l'ins- 
cription suivante : « Républicain , 



37,6 ( MOUL 

il se donna la mort pour ne pas 
tomber vivant au pouvoir des 
brigands royalistes. ^ 

* VI. MOULIN , frère du pré- 
cédent , servit avant la . révolu- 
tion , et fut employé dans Tétat- 
major de la garde nationale pa- 
risienne i il étoit l'un des mem- 
bres 2él es de la société dei Jaco- 
bins. €e qui contribua à son avaif- 
cernent fut le trait béroïque de 
son frère qui se donna la mort. 
Il parvint à la dignité de membre 
du directoire delà république , k 
la suite d'une insurrection dirigée 
par les Jacobins. Il avoit çora- 
mandé quelque temps l'armée des 
Côtes du Nord , et ensuite , en oc- 
tobre 1794» celle des Alpes, où il 
montra de l'intelligence et beau- 
coup de bravoure. Se trouvant 
en 1796 a la tête d'une division 
en Alsace , il se porta sur Kelb 
avec une promptitude incroya- 
ble le 18 septembre ', au moment 
où le général autrichien Pétrarscb 
venoil d'enleVer une partie de ce 
fort au général Icherb, et aida 
ce derniei" a reprendre les postes 
qu'il venoit de perdre. Il com- 
manda ensuite la division de Pa- 
ris dans les années 1798 et 1799. 
La révolution d« 18 brtimaire 
an 8 (91 novembre 1799) le fit 
exclaré du dir.ecloire. Il prit sa 
retraitè"de général , et vécut m^o- 
dcstement , sans autre fortune 
qu'une petite propriété champê- 
tre près Paris. Il reprit ensuite 
du service et obtint le comman- 
dement de la place d'Anvers. Il 
mourut en 1808. 

Vil. MOULIN (du) , médecin. 

Voj, MOLIN. 

* MOULINES ( Guillaume de ) , 
né à Berlin eu 1728, d'une fa- 
mille de Français réfugiés ,y fut 
pendant long-temps pasteur de 
la colonie française. îlcrivant 
éians une terre étracgère , il ji'a ] 



MOUL 

pu tout-à-fàit éviter les TÎces de 
ce qu'on appelle le stjrle des réfu- 
giés y style lourd, traînant, chargé 
ae parenthèses et de phrases in- 
cidentes. Mais pendant le long 
séjour de Voltaire en Prusse il 
avoit beaucoup vu ce grand écri- 
vain , et on sent qu'il a profité 
de cette école. On a de lai , I. 
Lettre d^un habitant de Berlin 
à son ami à La Haye ^ Berlin , 
1773 , in-80. Cette lettre est re- 
lative au fameux passage sur 
Frédéric II , roi de Prusse , in- 
séré par l'abbé Raynal dans la 
deuxième édition de son Histoire 
philosophique. U. Réflexions 
dtun jurisconsulte sur Fordre de 
la procédure y et sur les déci^ 
sions arbitraires et immédiate 
du souverain , Berlin, 1764; 
La Haye , 1777 , in-S*. lïl. une 
Traduction dfes dix-huit livres 
de l'Histoire d'Ammieu-Mareellin 
qui nous sont restés , Berlin , 
1775 , et Lyon, 1778, 3 vol. in- 
12". IV. Les écrivains de thiS' 
toire ^Auguste , traduits en fran* 
çais , Berlin, 1783 , 3 vol. in-12^ 
nouvelle édition , revue et cor^ 
rigée, avec xxnaNotice sur la vie de 
l'auteur , Paris, 1806 , 3 v. in-12. 
Cette traduction , très-exacte, cl 
en général bien écrite, est d'un 
style simple et facile , et se fait 
lire avec intérêt. La période de 
tekips qu'embrasse cette histoire 
est une des pluâ remarquables de 
Tantiquité. « Dans l'espace de 
cent soixante aimées , dit le tra«- 
ducteur , on voit une succession 
d'au-delà de soixante-dix princes, 
un tableau animé de la corrup- 
tion des mœurs du peupjle ro- 
main , et de la licence effrénée 
des troupes ', qui se jduoîent de 
la vie de. leurs empereurs, et 
pour un vil intérêt les précipi- 
toientdu trône. » Ainsi, pendant 
ces deux siècles la durée moyenne 
du règne des erapereui-fi ne fut 



MOUL 

fphre que de deux ans et quel- 
ques mois ; mais il n^ faut 
Î)as tant l'imputer , comme Mou- 
lues , k Pavidité des soldats qu'à 
la nature des choses. Àugusre , 
en retenant entra ses mains tou- 
tes les parties de l'autorité, en 
ne soufirautdansTempire aucune 
autre volonté que la sienne^ 
«voit fait du gouvernement de 
tîmt de vastes cpntrées un far- 
deau que quelques hommes su- 
périeurs pouvoifent seuls porter , 
mais qui devoit écraser le très- 
grand nombre d'hommes ordi- 
naires qui , dans la série des siè- 
cles , seroient appelés à lui suc- 
céder. Les soldats , qui ont en 
mènerai un sentiment très-pfrompt 
de l'incapacité de leurs chefs, 
découvroienl bientôt Tcxtrava- 
gance ou l'ineptie d'un Commode 
ou d'un Héliogal>a!e , et préci- 
pitoient violemment du trône l'in- 
digne successeur des Césars. 
Mais quand par hasard un hom- 
me assez fort , un Trajan , un 
Adrien , un Marc - AurèJe , te- 
noient les rênes de Tempiie d'une 
main assurée, les soldats se plai- 
soient à lui obéir, et la durée de 
son règne n'avoit d'autre terme 
que celui de sa vie. Mais si Ton 
considère combien la nature est 
avare d'hommes d'une forte trem- 
pe , combien un pouvoir immense 
et absolu peut aisément troubler 
une raison commune, on sera 
encore étonné de la durée du 
gouvernement établi par Auguste. 
L'empire auroit di\ périr beau- 
coup plus tôt , si le génie de 
Rome, qui sembloit veiller encore 
sur le nom romain , alors même 
que ce nom n'étoit plus qu'une 
ombre , mngni nominis umbra \ 
si , dis - je , le génie de Rome 
n'eût fait naître à des intervalles as- 
sez rapprochés quelques hommes 
extraordinaires qui reudirent tout^ 
son 'éclat au. trône d'Auguste, 



MOUL 477 

et raffermirent une autorité' ébran- 
lée de totites parts. On doit de la 
reconnoissance à de Moulines, qui 
a surmonté toutes les dillicultés 
et les dégoûts de ce travail , pour 
nous faire jouir d'un ouvrage in- 
dispensable à qui veut étudier à 
fond l'histoire des empereurs. 
Ce savant historieu est mort k' 
Berlin le i4 mars i8o'i. 

* I. MOULINET (Claude du ), 
chanoine régulier de Sainte-Ge- 
neviqve à Taris , bibliothécaire 
et directeur du cabinet des mé- 
dailles de celte maison , s'appli-? 
qua particulièrement aux étu- 
des relatives a son état, comme 
on le voit par les ouvrages 
suivans : I. Figures des dif- 
Jerens habits des chanoines /v- 
guliers j Psivis , 1666, in-4**- H, 
Réflexions historiques* et curieu-^ 
ses sur les antiquités des cha- 
noines , tant réguliers que sécu- 
liers^ Paris, 167/1, in -4**. III. Ste- 
pJiani , Tornacensis episcopi , 
epistolœ^ 1678 , in-S*^. Cet évo- 
que de Tournaj , mort en iao3 , 
étoit en môme temps abbé de 
Ste-Geneviève de Pans. IV. Hi^- 
ioria swivnorum pontificum per 
numismata ab anno i4i7 ^tdan- 
num 1678 , Paris , 1679 , in-fol. ; 
ouvrage efFacé par celui du P. 
Bonami sur le même sujet. V. Le 
cabinet * de la bibliothèque ' de 
Saitite-Geneviève , Paris, lÔQ'î , 
iu-fol. , plein de choses curieuses. 
Moulinet vivoit encore , fort âgé , 
eu 169Q. 

II, MOUUNET. Foyez Thuil- 

LE RIES. 

1 1. MOULINS ( Gujard des ) , . 
prêtre et chanoine d'Aire ea 
Artois , doyen de son chapitre 
en 1997 , < est fort connu par 
sa Traduction de l'abrégé de la 
Bible de Pierre Comestor, qu'il 
oommença en 1291 3 à Tâge de 



^. 



3']9 BIOUL 

Suarainte fln^, et l'eut finie auboiit 
e qaatre. il y a inséré les livres 
moraux et proptkétiques ; mais un 
b'j^ trauve ni les Ëpîtres canoni- 
crues ni l'Apocalypse. La biblio- 
Kièque impériale possède plu- 
sieurs manusorits de cette traduc^ 
tion. 11 y a des choses singulières 
*dans cette version , qui fut im- 
piiraée à Paris , 1490 , in-folio , 
deux volumes , et revue par Je- 
han de Rely , par ordre du roi 
Charles Vlïî. 

* 

IL MOULINS ( Laurent des) , 
prêtre et poète français du dio- 
ècse deChartreSjflorissoit aucom- 
iheiïccment du i6« siècle. Il est 
èonnu par un Poëme moral in- 
titulé le CathoUcon des mal-avi- 
sés , autrement appelé le Cime- 
tière des^ malheureux , Paris , 
î5i5, in-8«> , et Lyon, id34 , 
même fonhat. C'est une fiction 
sombre et mélàncoliqiie , où l'on 
irouve des images lortes. P^oy, 
Dàlechamps. Matthiole , et Mou- 
lin , n' il , vers là fm. 

* ni, MOULINS ( Claude de ) , 
âocteur en là faculté de méde- 
cine de Montpellier f Philippe de 
Comihes Tappelle Maître Claude), 
jarvemi a la charge de premier 
Aiédecid de Louis XI , étoit au- 
près de ce prince, en ï4^^> ^^^^ <^^ 
raccident qu'il éprouva aux eaux 
de Forges , et c est h ses soins , 
iéunis a ceux d'Angelo Cutto , 
Napolitain , fameux astrologue , 
et d'Adam Fumée , médecm et 
maître des requêtes , que ce roi 
dut son rétablissement. 

> ♦SlODLTCHAND, gétiéral 
des armées de Mahraje , roi des 
Indes , dut a ' ses talens les fa- 
veurs constantes de la victoire, 
él l'estinie du monarque k ses 
Verlîis. Il savoit liëgocier comme 
H savoit v&ÏDCre. AprèÀ avoir ti" 



MODN 

front(* la mort dans les bartaHlcs , 
il la bravoit dans le conseil , en 
s'opposant aux volontés du roi , 
lorsqu'il les jugeoit contraires a a 
bien de Té ta t. Exemple unique 
dans l'Orient , où , qui dit souve- 
rain dit despote^ et sujet vil 
esclave. Kisraje s'étoit révolté 
contre Mahraje son pèi^e : Moult- 
chand , ineorniptible , repousse 
Por , méprise les menaces , court 
au rebelle , le défait , négocie , et 
obtient son pardon. Il marche 
ensuite contre le royaume de 
Dékân , qu'il conquit , et d'où il 
ramena les premiers musiciens 
qu'on ait vus aans l'Inde. Sst mort 
arriva peu de temps après cette 
expédition , qui mit le sceau à 
sa renonvmée , par sa conduite 
huiiiaine envers les vaincus. 

♦ MOU NIER, secrétaire des 
états provinciaux du Daupbiné , 
député 'du tiers-état de cette pro- 
vince aux états- généraux , homme 
chez qui la vertu, et l'amour du 
bien public l'emportèrent de 
beaucoup sur Famnition. Meu- 
nier fut un de ceux qui eontri- 
buèrent k accélérer la révolution 
française , mais , en même temps 
peut-être, celui de tous qui se re- 
tira le pi^emier de la lice, de» 
qu'il vit cette révolution prendre 
une marche qui répit£|[nott à son 
cœur. Au moment où il fut nom- 
mé aux états*généraux , il jouis- 
soit en Daupniné d'une consi-^ 
dération que lui a voit acquise 
sa conduite populaire s ainsi que 
les talens qu'd venoit de déployer 
aux état^ provinciaux. Pînécédé 
en conséquence , k cette assem-* 
blée , d'une espèce de fftveur, il 
exerça .«ssez d'empire au milieu 
des premières délibérations, parce 
qu'on ne pouvoit pas songer à 
opiner autrement que par tête«' 
Le i5 juin , lorsque cettiô cham* 
bre agita ki i{uejtida de savoi» 



f 



\ 



^ MOUN 

80US quelle forme elle se constîr 
tueroît j, il proposa lé nom de 
majorité des représentant. Le 
ao, il fut un des provocateurs de 
la fameuse séance et du serment 
du jeu de paume , qui deviurent 
véritablement comme Touyerture 
.de la révolution. Il y vola une 
adresse au roi , et nt une mo- 
' tien pour réloignerhent de la 
garde qui enfouroit l'assemblée. 
On le vit, le i*' juillet , s'oppo- 
ser avec éloquence à ce que 1 as- 
semblée s'immisçât dans, la dis- 
cipline militaire , qui apparte- 
noît exclusivement au roi , et 
, développer de nouveau , le 6 , les 
mêmes principes. Le 9 , il fît un 
long rapport sur la manière de 
procéder à la confection de la 
constitution , et fut d'avis de la 
faire précéder d'une Déclaration 
iles Droits de Thomme. JjC i5 , 
tout en reconnoissant que le 
.roi avoit le droit de changer ses 
ministres , il proposa de prier 
S. M. de rappeler ceux qu'elle 
venoit de renvover, imputa les 
désordres publics aux ennemis de 
la liberté , qui assiégeoient le roi , 
les 'accusa d'avoir formé une li- 
,gne pour la défense des abus 
auxquels ils étoient intéressés , et 
. demanda que l'assemblée déclarât 
BU roi qu'elle ne pouvoit prendre 
, aucune' confiance dans le nou- 
veau ministère. Cependant, le i5, 
il combattit ceux qui voulurent 
exiger impérativement le rappel 
.de Necker,et soutint qu'on ne 
pouvoit que le conseiller à Louis 
XVI. Dans le même temps il insista 
sur le renvoi des troupes que le 
roi avoit appelées vers Fa capitale. 
Le 27 , il lut , au nom du co- 
mité de constitution ,011 il étoit 
,«ntré le i4 , un projet de Décla- 
ration des Droits de Thomme , et 
UU aperçu des principes sur les- 
,^uels ce comité comptoit établir 
fofi constitution monarchique mi- 



j tîgëe.Le 3i juillet , il s'élçv? çon- 
; tre les proscriptions arbitraires 
du peuple de la capitale, efproi^v^ 
que 1% pooi^suite des crimes pu- 
blics nappartenoit pas à Paris 
seul , mais à toute la nation « Le 
10 août, il proposa et fit adopter> 
malgré l'avis de Mirabeau , line 
formule de serment pour les tron- 

Î)es , et un décret qui autorisoît 
es municipalités, à les requérir 
Eour le maintien du bon prdrç. 
€ 20 ^ il présenta une nouvelle 
rédaction des premiers articles 
des Droits de l'horamç , qui furent 
décrétés. ]Le 28 , il reproduisit , 
avec quelques changemens , son 
projet de travail pour la consti- 
tution ; et le 29 , il parla en fa- 
veur du veto royal. Le 5i , il 
lut , au nom du comité de cons- 
titution , un projet d'organisation 
pour le corps législatif; et le 4 
septembre , dans un long dis- 
cours , souvent éloquent , il dé- 
veloppa deux des articles de ce 
projet : l'un avoit rapport SLiivetp 
absolu , qu'il vouloit accorder gji 
roi ; le second^ à la formation d'un 
corps législatif permanent, et 
divisé en deux chambres,* lune 
des représentans , et l'autre du 
sénat. Ceitç opinion fut la pomme 
de discorde pour le parti patrio- 
tique ; car l'on vit aussitôt se for- 
mer dans sou sein trois factions 
difïërenles : celle des partisans 
d'une seule chambre , celle de 
deux chambres également com- 
posées , et celle d'une chambre 
haute et d'une chambre basse, l^ 
23 , lorsque Mirabeau "proposa de 
s'occuper d'une loi sur la régen- 
ce , Mounier réfuta cette motion , 
comme couvrant quelque piège 
tendu par la faction d'Orléans. 
Le 28 , il fut élu président , et 
cette place , qu'il occupoit le 5 oc* 
tobre , le mit à même de voir de 
plus près les événemcns de la 
nuit d!u 5 au 6 , inais uou de poii^ 



> • 



a8o MOUN 

• » ' 

Toir les empêcher. Aus^tôt après 
cet événement, qui lui avéit des- 
sillé les jeux sur les projets des 
dîôerentes factions , il retourna 
en Dauphiné , envoja sa démis- 
sion le 21 novembre , et publia un 
exposé de sa conduite. S'étant re- 
tiré ensuite a Genève , il y écrivit, 
sous le nom ^Appel à ropinion 
publique , un nouvel ouvrage , 
plus libre et pîlis hardi que le pre- 
mier , et qui contenoit des déve-. 
loppemens sur les journées des 5 et 
6 octobre , ainsi qu'une réfutation 
du rapport de Chabroud en fa- 
veur du duc d'Orléans et de ses 
complices. Mounier se retira par 
la suite en Allemagne , où ilétatlit 
une maison d'éducation à Wey- 
mar en Saxe. Rappelé en France, 
après le 1 8 brumaire an â ( g no- 
vembre 1799), il fut nommé, 
en 1802, préfet du département 
d'Ille- et -Vilaine, puis élii , en 
i8o4, candidat au sénat conser- 
vateur par le collège électoral 
,de ce département ; et enfin , ap- 
pelé au conseil d'état le i*' fé- 
vrier i8o5. 11 mourut a Paris le 
^5 janvier 1806, à l'âge de 45 ans. 
On a de lui , I. ProceS'Verbal 
dç rassemblée générale des trois 
états du Dauphiné , tenue à Ro^ 
mans , Paris 1788, iu-S». II. Pou- 
voirs des députés du Dauphiné , 
1788, in-80. III. Nouvelles ob- 
servations sur les étatS'généraux 
de France y 1789 j grand in-8°. 
IV. Considérations sur les gou- 
vernemens , et principalement sur 
celui qui convient à la France , 
1789 , in-8<'. V. Rapport sur le 
même sujet, 17&9 , in-8°. VI. Ex- 
posé de sa conduite et des mo- 
tifs de son retour en Dauphitpé , 
1789 , in-S". VII. Appel au tri- 
bunal de ropinion publique* VllI. 
Examen du Mémoire du duc 
et Orléans , et nouveaux éclair- 
cissemens sur les crimes des 5 et 
6 octobre 1789, 1791* ia-8«. 



MOUN 

IX. Recherches sur les causes' 

qui ont empêché les Français 
df» devenir libres , et sur les 
moyens qui leur restent pour 
acquérir la liberté, Paris, 1792, 
a vol. in -80. X. Adolphe, oa 
Principes élémentaires de poli- 
tique , et résultats de la plus 
cruelle des expériences, Lon- 
dres, 1795, in-8<'. XI. De tin-. 
Jluence attribuée aux philoso- 
phes , aux Jranà-maçons , et aux 
illuminés , sur la révolution de 
France , Tubingen , 1801, un 
volume in-80 , rare et cher. Cet 
écrit est une réfutation (les Mé- 
moires pour servir à l'histoire " 
du jacobinisme , par l'abbé Bar- 
ruel, 5 vol. in-80. 

♦MOUlNfTFORT (William) , né 
en 1659, ^î'Tis le comté de Staf- 
ford, travaillapourletliéâtre avec 
quelques succès , mais s'acquit 
une p tus grande ré p u tation comme 
acteur. D'une taille avantageuse , 
bien fait, et d'une belle tigure , 
MountforUavoitla voix claire , so- 
nore et mélodieuse. Il joua supé- 
rieurement les rôles de petit- 
maître, et se distingua dans la tra- 
gédie et dans la comédie. La reine 
Maiie II, connue par sa délica- 
tesse , fut friippée, ae la déçeuce 
qu'il metloit dans des rôles qui 
par leur nature en semhl oient 
peu susceptibles. IN toit excellent 
mime , et dans une fête ou il fut 
appelé en i685, par le lord chan- 
celier Jeffreys, on le vit chargé de 
plaider une cause supposée , imi- 
ter successivement to lis les grands 
avocats de ce temps, copier leurs 
gestes , leur ton de voix^ , leurs 
attitudes avec tant de vérité, qu'il 
éioit impossible ae ne pas les rc- 
connoître. Mountfort termina de 
bonne heure une carrière qu'il au- 
roit sûrement rendue très-bril- 
lante. Il fut assassiné danS te 
Strand, «n 1692, à l'âgie de^ aii#. 



MOUR 

La biographie dramatique fait 
mention de six. pièces de lui. 

♦ MOUQUÉ (Jean ) , né a Bou- 
logne-sur-mer dans le 16* siècle 
suivit le barreau et devint avocat. 
Âyaut du goût pour les vers , il 
sacrifia aux muses, et ses produc- 
tions se trouvent dans qttelf{ues 
recueils du temps. 11 se cfëgui^oit 
sotis ces mots ou manqué-^je, qui 
smit l'anagramme de son nom, et 
sous la devise suivante , Ni h il est 
ab omni parte beatum. On a de 
lui VAmàur desplumé ^ ou la Vic- 
toire de Vamour divin , pastorale 
chrétienne, en cinq actes, envers, 
avec des chœurs , imprimée a Pa- 
ris en 16112, in-S®. 

♦MOURAD-BEY, Vundeschefs 
des Mameloucks qui gouvémoient 
l'Egypte lorsque le général Bona- 
painc en fit la conquête. Depuis 
1776 , époque où PEgypte a voit 
secoué le joug des Turcs , Mou- 
rad et un loraïra s'étoient emparés 
de l'autorité ; souvent prêts a se 
la disputer les armes à la main , 
ils avoient fini par se la partager , 
et en jouir assez paisiolement , 
d'accord avec les autres beys , 
et secondés par cette milice des 
Mameloucks , qiii ne laissoit plus 
qu'une vaine ombra de puissance k 
la Porte, et un vain titre au pacha 
que cette dernière y entretenoit. 
Cefiirentces deux ennemis que les 
Français eurent à combattre. Mais 
ils furent loin de leur opposer la 
même résistance. Ibraïm se con- 
tenta de livrer quelques escarmou- 
ches, de ibmenter quelques mou- 
vemens ; et toujours errant sur la 
rive droite du!ViLil se relira,tantôt 
en Syrie , tantôt chez les Arabes. 
Motirad, au contraire , parut par- 
tout contre les Français et ne cessa 
de les combattre pendant leur sé- 
jour en Egypte. Ce fut lui sur-tout 
^ui^rasïsemLlant les Mameloucks 



MOUR 



281. 



et tontes les troupes des beys, se 
porta contre Je gâiéral Bonaparte 
dès qu'il le sut débarqué. Sou 
avant-garde fut battue le 6 juillet 
1798,. à Ramanieh, sur le Nil ; le 
lô, lie pouvant arrêter les Français 
k Chebreiine , il se retira après un 
combat vers^le Caire , et perdit 
ie ai la bataille d'Einbabé ou des 
Pyramides , qui lui coûta presque 
toute son artmerie, ses chameaux 
et ses bagages. Après cet échec , 
il s'enfuit vers la haute Egypte , 
et Ibraïm, qui avoit suivi et se- 
condé ses mouvemens avec un 
corps sur la rive droite du Nil , 
se retira vers le désert de Syrie , 
poursuivi par le général Bonaparte 
lui-même ^.qui tailla en pièces une 
partie de son arrière-garde a Sa- 
lahieh. Harcelé par rinlatigable 
Desaix , Monrad lui opposa aussi 
la plus grande activité ; toujours 
battu , toujours repoussé , il ne 
cessoit de rassembler de nouvelles 
forces , de réattaquer k chaque 
instant son vainqueur ; et ce ne 
fut, que vers le mois d'octobre que 
le général français parvint , après 
la bataille de Seditnan dans le 
Fayum, k l'éloigner des bords du 
Nii et k s'ouvrir rentrée de la hauteJ 
JEgypte. Mourad continua k y in- 
quiéter les vainqueurs par de con- 
tinuelles escarmouches; et lorsque 
le général Bonaparte eut été rè« 

Ï>oussé de Syrie , Mourad , dans 
'espoir de seconder la descente 
que hasarda alors la flotte turque, 
tenta , en juillet 1799 , une expé- 
dition par le Fayum vers les lacs 
Nalron, tandis qu'il erivoyoit un 
renfort à Ibraïm qui reparoissoit 
vers Gaza. Celte entreprise ne fut 
pasplushenreuseque les auïrës,et 
il regagna la ùaute l^gypte. C'étoit 
son asile leplus sûrrily réparoit ses 
pertes, rassembloit, véorganisoit 
ses forces; et sitôt qu'il se sentoit 
en état de reprendre l'offensive , il 
chèrchoilk se rapprocher duCaiié, 



38;» MOUR 

OÙ les Français venoient alors le 
combattre. Cette longiie vallée , 
dans laquelle descend le Nil étoit 
le champ de bataille des deux 
partis. Mourad^ qui connoissoit 
toutes les routes ciu désert , tou- 
jours battu , parvenoit toujours 
a s'échapper, suivi d'un petit nom- 
bre de cavaliers excelleus , et re- 
paroissoit ensuite dans les lieux 
où les troupes françaises ne Tat- 
tendoient pas , prenoit des vivres 
' dans les villages, et r^commençoit 
la guerre de coicane. Cette guerre 
qui emplojoit beaucoup de trou- 
pes, qu'il auroit été utile de réu- 
nir à 1 armée française, empêchoit 
de tirer de la haute Ë^pte des 
ressources pour la nourrir et pajer 
ses dépenses. Kleber , après le dé- 
part ou général Bonaparte , con- 
clut la paix avec Mourad-Bej, qui, 
s'étant fait rejoindre par presque 
tous les beys , inquiétoit le général 
français , et consentit néanmoins 
a devenir son tributaire pour les 
provinces qu'il se réserva. Mourad 
naïssoit les Osmanlis et redoutoit 
leurs vengeances ; mais sa polili- 
C|ue étoit de ménager tous les par- 
tis. Son traité avec Kleber le lioit 
au sort de l'armée ft'ançaise. Après 
^ la mort de ce général , il envoya 
un de ses oiïiciers à Menou , pour 
lui faire connoître le plan de la 
campagne des Anglo-turcs , ainsi 
que les propositions du grand- 
visîr, et lui ofinr ses secours. 
Henou reçut fort mal et refusa ses 
offres^ Lorsque l'armée anglaise 
eut débarquée , le général Bel- 
liard, forcé .de rappeler les trou- 
pes qui occnpoient une partie de 
|a h^ute Egypte, invita Mourad- 
Bej à descendre avec ses Mame- 
toucks ; ce bef eâectua ce mou- 
vement avec lenteur : une pesle 
horrible dévastoit alors ses pro- 
vinces ; les Mameloucks en éioient 
attaqués, et chaque hey, ^'isoloit 
dans le désejctaveç les sien^. Avant 



MOUR 

de se prononcer osten.sîblemept» 
Monrad vouloit connoître le résul- 
tat de la campagne qui sou\roir, 
et garder une espèce de nei.'^i*a* 
Lié pour s'arranger avec le \aiq- . 
queur. Déjà il avoit appris les pre- 
miers succès des Anglais, qui par 
leurs agens le pres^soicnt d'unir 
ses intérêts aux leurs. Ënneivi 
juré des Turcs, il espéroit trouver 
qnelqu'avantage de la protection 
de leurs alliés. Ses projets éven- 
tuels n'influèrent cependant pas 
sur sa conduite , il témoigna aux 
Français , jusqu'à sa mort, un at- 
tachement toujours égal : leurs 
revers et l'inquiétude au'il conce- 
voit de son sort futur ralFectèrent 
vivement. Les chagrins altérèrent 
sa santé ; il fut attaqué de la peste 
et y succomba le 22 avril 1801 , 
après trois jours de maladie. On 
ne man<^ua pas d'attribuer sa mort 
à des causes violentes , et Ton 
prétendit qu'il avoit été empoi- 
sonné dans une tasse de café par 
sa maîtresse. Les beys çt les Ma- 
meloucks sentirent vivement cette 
perte* Les circonstances ne per- 
mettant pas de transporter son 
corps au tombeau des JVlame- 
loucks , où ils a voient désigné sa 
place près d'Ali-Bey , ils Tinhu- 
mèrent solennellement à Soana- 
guy près Talsta , et ses compa- 
gnons brisèrent, ses armes sur sa 
tombe , déclarant qu'aucun d'eux 
n'étoit digne de les porter. Les 
beys reconnurent ensuite pour 
leur chef Osm'anbey-Tambourgi , 
que Mourad leur avoit désigné. 
Mourj.d-Beyn'étoit pasunhomme 
ordinaire ; il possédolt éminem- 
ment les vertus et les défauts ^ui 
tiennent au degré de civilisation 
où les Mameloucks sont parve-. 
nus. Livré à toute Timpétuosilé 
de ses passions , son premier 
moment étoit terrible ; maifS le 
second l'entraînoit souvent dans 
uu excès contjcaire* Il avoit l'isgi-v 



MOUR 

tlnct da ffouvernement sans en 
connoître les ressorts. Egalement 
prodigne et avide de richesses , 
il donnoit tont à ses amis , et près- 
suroît ensuite le peuple. Qu'on 
jpigne à ces traits généraux une 
force de corps extraordinaire, une 
bravoure a toute épreuve , une 
constance ^trême dans le mal* 
heur, on appréciera les obstacles 
^ûll dut opposer aux Français. 

* MOtJRAD JA d'Ohsson , 
né à Constantinople , attaché de 
bonne heure k la légation de 
Suède près la Porte ottomane > 
mérita par ses talens et ses ser- 
vices de parvenir aux prenrières 
fonctions diplomatiques ; d'abord 
chargé d'affaires et nommé che- 
vab'er de l'ordre de Wasa , en- 
suite ministre plénipotentiaire et 
envoyé extraordinaire. A 21 ans 
il possédoit déjà les divers dia- 
lectes orientaux , et lisoit dans 
leur, langue originale les Annales 
ottomanes. Il se proposoit d'écrire 
le règne de Sélim 11 ; mais bien- 
tôt il conçut le plan d'un Tableau 
général de l'empire ottoman ; 
dès-lors il se livra sans réserve à 
rexçcution de cette entreprise » 
et parvint , non sans de grandes 
difficultés , a acquérir sur les 
usages , les mœurs , les pratiques 
1 întériearea du «éraîl , de la mas- 
quée et des familleî, ces grands 
secrets des peuples superstitieux» 
asservis et jaloux , des connois- 
iances certaines qui avoieut tou- 
jours manqué au reste de l'Eu- 
rope sur une nation qui n'a jamais 
pu parveiûr k s'y amalgamer , 
même en y transportant le chef- 
lieu de sa domination. En 1784 , 
d'Ohsson , n'ayant plus rien a de- 
mander aux ho mrpes et aux lieux, 
se rendit a Paris pour mettre en 
œuvre ses riches matériaiix. En 
1788 il fit paroi tre le !•' vol. 
ûi«foI. du Tableau général de 



MOUR 



:iSS 



TBmpire ottoman; il publia le 
second l'année suivante. Cet ou- 
vrage remplit l'attente qu'il avoit 
excitée. Le luxe typographique, 
la beauté et le nombre des gra- 
vures , en élevèrent considérable- 
ment le prix , sans couvrir par le 
débit les dépenses de l'entreprise. 
Mais d'Ohsson , dont la fortune 
étoit considérable , ne calcula 
point les sacrifices pour satisfaire 
son amour scrupuleux pour la 
vérité dans les recherches histo- 
riques ; il se plut k en enrichir et 
en multiplier les utiles omemens» 
La résolution qui survint en Fran- 
ce suspendit son entreprise lit- 
téraire; on fuyoit Paris , et d'Ohs- 
son se rendît k Constantinople. 
L'empereur Sélim III , qui , pour 
son malheur peut-être , ne dedai- 
gnoit pas assez l'ijgnorance, ac- 
cueillit l'auteur qui traçoit le ta- 
bleau général de l'empire sur le- 
quel il régnoit encore. Il voulut , 
comme on eût pu l'attendre d'un 
monarque européen , que les deux 
volumes qui en avoient paru lut 
fussent présentés ; et loin de s'ef- 
frayer qu'on en eût dévoilé quel- 
ques mystères , il ordonna qu'on 
ouvrit tous les dépôts k l'invesdga- 




va k peine quelques vestiges. L'in- 
cendie de la révolution avoit tout 
consumé. Les dépôts mêmes de sa^ 
riche édition , qui seroit devçaua 
alors une ressource précieuse ^ 
volumes , gi^vuras. , planches , 
dessins , avoient été volés ou dé> 
tournés, ^uoi qu'il en soit, soiv 
sujet s'étoit agrandi encore k 1^ 
faveur de Sjes dernières acquisi^. 
tionS. Sop plan embrassoit alorc^ 
tout le tableau historique de 1*0-. 
I rient. H possédoit dans les volu-t 
I mineux portefeuilles qu'il venoit* 
de recomposer * tout ce qui liti 
j étoH nécessaire pour le rempluv 



284 



MOÛR 



Cette îdé« absorboit , tout. La 
meule du travail, qui brise les plus 
dures peines , le rendoit comme 
inaccessible aux vains regrets de 
tant de pertes. Déjà il avoit fait 
paroître , en i8o4, deux volumes 

"Vs du Tableau historique de t Orient y 

quand la rupture des rapports 
avec la Suède vint lui donner 
Tappréhension d'un nouveau dé- 
placement qui auroit interrompu 
encore la suite de ses travaux. Il 
«oUi'cita de son gouvernement la 
permission de s'ensevelir. dans une 
solitude champêtre, prenant l'en- 
gagement de n'en point sortir. Il 
obtint cette faveur et n'eut pas de 
peine à en remplir la condition. 
C'est dans ces occupations que 
s'écoulèrent trois années de sé- 
jour à la campagne. Elles furent 
remplies et fécondes. Les fruits 
de quarante-cinq années de tra- 
vaux y parvinrent a leur terme , 
formant , en trois divisions , qui 
composent aûtaut d'ouvrages dis- 
tincts , un corps d'ouvrage com- 
Î)let et entièrement terminé sur 
'empire ottoman. Ces trois par- 
ties sont rangées sous les titres 
Suivans : Tableau historique de 
rOrient , qui compV-end l'histoire 
abrégée de tous les peuples sur 
'lesquels s'est élevée la puissance 
ottomane : Tableau général de 
l'empire ottoman , législation , re- 
^ ligion , mœurs , lois civiles , cri- 
minelles et militaires : enfin, V His- 
toire de la maison ottomane , 
depuis Osman I«' jusqu'au sultan 
mort en 1^58. Cet ouvrage étoit 
$ur le point d'être terminé , lors- 
que la mort surprit d'OhsSon , 
en 1807 , et iaissa incomplète 
cette grande opération. Il a paru 

' depuis plusieurs ouvrages sur cet 

empire, qui font moins regretter 
l'ouvrage de d'Ohsson. 

t MOURAT, Génois , qui 
succéda à Justuf , -roi de Tu- 



Aiouii 

nis, renia la foi chrétienne dès 
son enfance , et, au moment de' 
son élection , étoit général des 
galères de Tunis. Il passoit pour 
le plus hardi corsaire de son 
temps. Mourat, intègre et clément 
autant que peut Tâtre un pirate, 
avoit été caïd, c'est-k-dîre, re- 
ceveur, a la montagne de la Chi- 
zera qui est voisine de Tunis. 
Après avoir exercé celte charge' 
pendant trois ans^ Soliman son 
maître le rappela et le fît son 
lieutenant. Il devint amoureux de 
Turquia , fille de ce sultan , qui , 
l'ayant surpris lorsqu'il baisoit la 
main de la princesse , les fit en- 
trer tous deux dans sa chambre , 
où il vouloit les sacrifier à sa fu- 
reiu*. Mais sa tendresse pour' 
Mo urat ayant retenu le cimeterre* 
qu'il avoit déjà levé pour lui 
couper la tête , il lui permit de se 
justifier. Il lui donna dans la suite 
sa fille en mariage , la moitié de 
la puissance dont il étoit revêtu, 
et tous ses biens après sa mort. 
Mourat, devenu roi , dompta tous 
les rebelles qui osèrent refuser le 
joug. Après avoir perdu .sa fem- 
me Turauia , il tomba dans une 
mélancolie qui avança sa mort , 
arrivée en 1646 , dans sa ^o* 
année. 

♦MOURATZY(Jean) , célèbre 
docteur arménien , mort en i^'^j^' 
laissa un erand nombre d'ouvra- 
g*?*, dont les principaux sont, î. 
Histoire des jnartyrs Jaits en 0-* 
rient sous r administration des s^u^ 
vemeurs de Gengkiz-Khan et de ses 
successeurs. 11, Histoire en vers 
arméniens sur la ruine de la ville 
éCAny. XÎL Un livre de rhétori- 
que , intitulé l'Eloquence des ser- 
mons^ IV. Commentaire de FEpi- 
tre de S, Paul aux Romains. 

t MOURET ( Jean;Joseph ) , 
musicien français , ué à Avignon 



MOUR 

«Q 1681 vinort à Cbarenton près 
de Pans en 1758 , se fît connoitre 
dès rage ^e ao ans par des mor- 
-ceaux excellens. Son esprit , ses 
cailHes et son goAt pour la musi- 
que , le firent rechercher des 
grands. La duchesse du Maine 
le chargea de composer de la mu- 
sique pour ces fêtes si connues 
^ous le nom de Nuits de Seaux : 
Ragonde ou la Soirée de village , 
dont les représentations ont iatt 
beaucoup de plaisir sur le théâtre 
de Topera , est un de ses di- 
Terdssemens. Mouret plaît sur- 
tout par la légèreté de sa musique 
«et par la gaieté de ces airs. Mou- 
ret eut à essuyer , sur la fin de sa 
vie , diverses infortunes qui lui 
<lérangèrent l'esprit et avancèrent 
la fin de ses jours. Il perdit en 
moins d'un an environ 5ooo li- 
vres de pension , que lui rappor- 
-toient la direction du concert 
spirituel , l'intendance de la mu- 
sique de la comtesse â^a Maine , 
■et la place de compositeiv de la 
musique italienne. Nous avons de 
lui un grand nombre d'ouvrages : 
I. Les Fêtes de Thalle , en inii^* 
•II. "LesAmours des dieux, III. Le 
Triomphe des sens* IV. Les Grâ- 
ces , opéra-ballet. Y. Ariane , 
PirithoUs , tragédies. VI. Trois 
livres dairs sérieux et à boire, 
VII. Des Divertissemens pour les 
tkédtres français et italien, VIII. 
Des Sonates à deux flûtes -ou 
violons* I X. Un Livre dejan" 
fares. X. Des Cantates et des 
CantdtiUes françaiÊçs, XI. Pe 
-petits Motets et des Divertisse- 
,mens donnés à Seaux. 

t I. MOURCiUËS ( Matthieu 
ide ) , sieur DE Saant-Germain , ex- 
jésuite, natif duVelay, prédicateur 
, ordinaii^ de Louis J^III , et aumô- 
nier de Ma rie de Médîcis. Le cardi- 
' nal de Richelieu se servit d'abord 
4a sa plume pour terrasserlies en- 



MOUR 



â85 



nemis et ceux de la reine; mais 
s'étant brouillé avec cette prin- 
cesse, il priva Saint-Germain , 
qui lui étoit resté fidèle , de 
l'évéché de Toulon, et l'obligea 
d'aller joindre la reine-mère k 
Bruxelles. Après la mort de ca 
ministre implacable , il revint à 
Paris , et fiuit ses jours dans la 
maison des Incurables , en 1670 , 
à 88 ans. 11 avoit écrit La parfaite 
histoire du feu roy Louis XIIl ; 
et voulut qu elle ne fût imprimée 
qu'après sa mort; et afin que cette 
histoire ne se perdît pas , il en fit 
faire sif, copies qu'il mit en dé- 
pôt chez SIX de ses meilleurs 
amis. On a de lui , I. La défense 
de- la reine-mère^ Bruxelles , 
1637 , en deux volumes in-folio : 
ouvrage emporté , mais curieux 
et nécessaire pour l'histoire de 
son temps.. IL Des Ecrits de con- 
troverse , qui ne respirent que la 
passion^ quoique l'auteur s'affi- 
che pour un nomme très -apa- 
thique ; tels que Bnmi spongia 
contre Antoine Le Brun ; les Avis 
dun tltéologien sans passion , 
1616 , in-8». III. Des Sermons , 
i665 , in-8^, aussi mal écrits que 
ses antres livres. 

t IL MOUHGDES ( Michel ) , 
jésuite d'Auvergne , professeur 
de rhétorique et de mathémati- 
ques dans son ordre , mourut en 
1713 , à rage de 70 ans. Ses 
principaux ouvrages sont , I. Plan 
tliéohgiquè du pythagorisme , 
i7ia, *2 volumes in-é® , pleiû 
d érudition. IL Patxillèle de Id 
morale chrétienne avec celle des 
anciens philosophes , Bouillon , 
i769,in-ïi. L'auteur y fait voir 
la supériorité des leçons de la sa- 
gesse évangélique sur celles de 
la sagesse païenne. On voit , a la 
suite de cet ouvrage , Paraphrase 
chrétienne du Manuel d'Ëpictète. 
C^te paraphrase; trè8-ancienn<î, 



r 



a^ 



MOUS 



composée par un solitaire d« VOt* 
rient, eu langue grecque, ét»iipefr<- 
itée incoonue jusqu'au commeDCe*- 
xnent du i^* siècte, que le hasard 
l'ajraot fait tomber entre les mains 
du P. Mourgues , il prit le parti 
de la traduire. III. Traité de 
la poésie française^ Paris , 1724. > 
in-12: le plus eomplet qu'il y eût 
«ujuscp^aiors. Le P. Brumoy e& 
donna, en 1^54 9 >n-i2 , une nou- 
velle édition , laevue et eorrigée , 
qui a été •éclipsée d^uis parcelle 
de rai>bé Joanoet. IV. J^ou^ 
veaux élemens de f^ométrie par 
méthodes particulières , m moins 
de 5o propositions , in- 1 2 . V. Tra- 
duction de ia Thérapeutique de 
Itiéodoret. VI. Metueif d'Apoph" 
thegmes , ou bons mots emciens 
et mùdemes , mis en vers fran^ 
f<vi5^ Toulouse, 1694, iii<-it2 % 
iait avec assée de choix. 

MOURBi^Sl { N. du ). Voyez 
Fojm6vKftRa , u<* If. 

MOUBRODî < Pierre de )• Voy. 

* MOUSIM (Jean ) , médecin , 
né à Nanci en iSjS , étudia kâ 
belles-lettres et la philosophie k 
Funiversilé de Cologne , et se 
peadit ensuite à Paris , oiii il 
s'appliqua à la médecine. Oe là 
lîousin passa en Espagne , en 
Allemagne , ea Italie , séjourna 
long-temps à Padoue , et j prit 
le bonnet de docteur. Le duc 
<^arles IH y pour fiécompenser 
flon mérite , le nomma médecin 
ordibaire de sa personne , et le 
duc Henri, qui succéda à ce prin- 
<ee , maintint Mousin dans cet 
emploi ,'en y joignant des letti-es 
^ noblesse. Ouvertement déclaré 
«onlre ces médecins à bonne for- 
tune, qui, se pei^ùadant que les 
grands airs suppléent jui talent , 
nubstitueiit ï^^ Jaosks mqts k la 



MOUS 

seîenee , la fatuité aixx consotst* 
sances utiles , les bassesses à la 
gravité de leur proéèssion , le nié*- 
pris de leurs coni'rères à la pror 
bité , Mousin écrivit contre eux^ 
et les auroit sans doute corrigés , 
si l'ignorance et la vanité étoieiU 
susceptibles de correction. Sa 
franchisse el la siipéliorité de ses 
taiens lui suscitèrent desennemiSt 
qui, par des tracasseries conti- 
aiueiles , le forcèrent en quelque 
sorte k abandonoer la société; 
Il se retira aux environs de Nanci, 
dans «ne charmante ha bi talion 
qu'il £t bâtif , et y moorut en 
1645 , après un séjour de 3o ans 
consacré à l'étude de la nature* 
On a de lui , I. Discours de /*&- 
vresse et ivrognerie y auqiàel hes 
causes y nature et effets de VivreS'- 
se sont arnpiement déduits, avec lu 
^uérison et préservation dUceUe-^ 
ensemble , la manière de carrous- 
ser , et les combats beuJiLques 
des anciens ivrognes , Toid , 
161 2 , ixi-i'Â. Le même en latin 
par lé médecin «Cachet , sous ce 
titre ' Pandora, bachica Jkretts 
medicis armis ,oppugMata\, Ttdli^ 
i6i4 ) in^i^. IL Hortus jalror-' 
physicus-, in quo ùnmensam èxo- 
ticorumflorum syivaat cvii>is der^ 
xierpere liœt , j^famceit , iiS3a ^ 
.in-8«. 

* MOUSKES (Philippe)^ 
'né k Gand y chancelier , puis 
évêque de'Touttiay en 1^74 > 
mort le a4 décenxbre i283, l'ut 
ânhunoé dans le choaur de son 
église cathédrale. Mouskes est au- 
teur d'une Histoire de franœ 
fort curieuse , en vers , dont la 
btbilïofhëque impériale possède 
un très-beau manuscrit , sous 
le n« 9654. Dans son Histoiie 
de Geoâroy de Ville-Hardoain » 
le célèbre du «Cange a ^it im- ^ 
primée un long fragment de -cette 
ittfitoire > q^ii luéritaroit -^^'^-'-^ 



^ 



r 



MOUS 

pH^lMc en entier. On y trouYe 
dei ds^taib intéressans sur la vie', 
ctjesh;rnitiuies des Français des 
«•et i5* siècles. 

*MOUSLÏERoK MoissY(Alexan- 
dfe-GuiHaume), mort le 8 novem- 
bre 1777 , â^é (ie 55 ans , a dunné. 
des ouvrages de lilléralui'e , des 
romans cl ées pièces de tliéâïre ; 
I. Le Pr'ovuicial à Paris , coiaé- 
die en 5 actes et en vers , 17^0 , 
in-i2. îl. Les hausses înco.is tan- 
ces , coï»édi« en «nacte, 1750 , 
in~i2. III. Le ^afet maure ^ cor 
médie en 3 actes et en vers , 
1751 , in-8'». IV. Lettres galantes 
el morales da marqttis de** au 
comte fh**, ijBi t in-ia.