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Full text of "Le grand vocabulaire françois"

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L E G R A N D 

VOCABULAIRE 

FRANÇOIS 



L E G R A N D 

VOCABULAIRE 

F R AN G O I S, 

CONTE N A N T 

I**. L*explicatîon de chaque mot confidcrc dans fes diverfes acceptions grammati- 
cales., propres , figurées , fynonymes & relatives. 

x^. Les lois de l'Orthographe •, celles de la Profodie , ou Prononciation , tant 
familière qu'oratoire ^ les Principes généraux & particuliers de la Granmiaire'j 
les Règles de la Verfification , & généralement tout ce qui a rapport à l'Eloquence 
& à la Pocfie. 

3®. La Géographie ancienne & moderne ; le Blafon , ou TArt héraldique j la 
Mythologie j l'Hiftoire naturelle des Animaux , des Plantes & des Minéraux j 
l'Expofé des Dogmes de la Religion , & des Faits principaux de l'Hiftoire Sacrée , 
Eccléfiaftique & Profane. 

4®. Des détails raifonnés & philofophiques fur l'Économie , le Commerce , la 
Marine , la Politique , la Jurifprudence Civile , Canonique & Béncficiale ; 
l'Anatomie , la Médecine , la Chirurgie , la Chimie , la Phyfique j les Ma- 
thématiques , la Mufique , la Peinture , la Sculpture , la Gravure , l'Archi- 
tedure, &c. &c. 

PAR UNE SOCIÉTÉ DE CENS DE LETTRES. 

TOME VINGT-CINQUIÈME. 







A P A R I s. 

Hôtel de Thou , rue des Poitevins , Quartier S. André-des-Arts; 

M, Dec. LXXI IL 
^ytc Approbation & Privilège du RoL 




LE GRAND 
VOCABULAIRE FRANÇOIS- 

RES RES 




ESACRER; verbe aûif 
de la première conjugaifon, 
lequel fe conjugue comme 
Chanter. Sacrer de nou- 
veau. On rcfacrc un calice 
quand H.a été profane. 
RËSAIGNER-, verbe aâif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chantsr. Fenam 
rurshs aperire. Saigner de nouveau. 
llfutfaignéhier ^& onle refaignera 
encore dans une heure* 
RESAISIR} verbe a^if de la fe- 
* conde conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Ravir. Saifir de 
nouveau. // avoit obtenu main-levée 
des meubles que le propriétaire de, la 
mai/on avoit fait faifir ^ mais, on 
vient de les refaifir à la requête d* un 
autre créancier. 
RESALUER i verbe aftif de lapre- 
mière conjugaifon , lequel fe con 
jugue comme Chanter. Refalu 
tare. Saluer derechef , ou rendre le 
falur. // ra faluée deux fois avant 
^u^elle k refahât. , 



RESARCELÉ , ÉE j adjeftif & ter- 
me de Blafon. Il fe dit d^s croix 

3uji en renferment une autre con^ 
uite en filet & d'un autre émail. 
FuMJLis , d*or à la croix^de fable 
reiarcelée d'or, chargée de cinq écuf* 
fous bordés & engrélés de gueules. 

RESCHT } ville de Perfe , Capitale 
d'une contrée de même nom & de 
la province de Ghilan, dans une 
plaine fertile entourée de monta- 
gnes , i deux lieues de la Mer Caf- 
pienne , & i trente lieues , nord » 
de Ca(bln. 

RESCINDANT; fubftantif mafculin 
& terme de Palais. Demande ten- 
dante à faire annuUer un aâe » un 
Arrêt. Dans les requêtes civiles il 
faut juger le refcindant avant le refçi^ 
foire. 

RESCINDER i verbe aûifdel^pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Refcinde^ 
re. Terme de Palais. CafTer » annul- 
1er un aÛe contre lequel on s'étoic 
pptt(vupar letuei du Prince. // yé 



f 



I 



1 • RES 

je pourvoir pour faire refçinicr le eon» 
trac. 
RESCISION; fubftaniif féminin & 
terme de Palais. CafTarion des ac- 
tes , des contrats contre lefquels on 
» fe pourvoit par lettres du Prince. 
Il y a des aâes que les Coutu*, 
mes & les Ordonnances déclarent 
nuls, & dont on peut faire pro- 
noncer en luftice la nullité , fans 
au*il foit befoin de prendre la voie 
e refcifion , parceque ce qui eft 
nul e(l cenfé ne pas exiftef , & con- 
féauemment n'a pas befoia d'être 
reicindé. 

Mais » i moins que la nullité d-uo 
, z&e ne foit ain(i déclarée par la 
loi y un aâe n'eft pas nul de plein 
droit , quoiqu'on ait des moyens 
pour le faire annuller ; c'eft pour- 
quoi on dit que les voies de nullité 
n'ont pas lieu en France; il faut 
prendre ta voie de la refcifion , & 

[lour cet eiFet obtenir du Roi des 
ettres de petite chancellerie » que 
Ton appelle lettres de re/cifionjCcA^ 
i-dire , qui autorifent l'impérrànt 
à prendre la voie de la refcifion , 
& le Juge i refcînder l'aâe > fi les 
moyens font fuffifans. 

Les moyens de refcifion ou refti- 
tution en entier , font la minorité , 
la léfion , la crainte ou la force » 
le dol , Terreur de fait. 
RESCISOIRE ; fubftantif mafculin 
& terme de Palais. L'objet princi* 

f»al ptour lequel on s eft pourvu par 
ettres» foit contre an aâe, foit 
contre un Arrêt, & qui refte à ju- 
ger , Quani l'adte où l'Arrêt a été 
annuUc, Le refcindant & le refcifoire 
ne^nt pts jugés par le mime Arrêt. 
RESCRlPriON; fubftantif féminin. 
Orv4re , mandement par écrit que 
l'on donne pour toucher certaine 
' fom:Tie fur quelque fonds, fur quel- 
' que perfoftine. // m*^ donné une r^ \ 



RE S 

enption de mille écusfurfonfermïet^ 
Les refcriptions des banquiers fe trai^ 
tent comme Us lettres de change. 
RESCRIT i fubftantif mafculin. On 
a ainfi appelé la rcponfe des Em- 
pereurs iur les matières où ilt 
éroient confultés par les Gouver- 
neurs des Provinces. 

L'Empereur Adrien fut le pre- 
mier qui fit de ces fortes de rej^ 
crûs. ^ , 

Ils n'a voient pas force de loi, 
mais ils formoient un grand pté- 

Quand les queftions que Pon pro* 
pofoic à rEmpeceiir paroifioienc 
trop importantes pour être décidées 
par un fimple refera^ lEmperebc 
rendoit un décret. 

Quelques-uns' prétendent que 
Trajan ne donna point de refcrits ^ 
de crainte que Ton né tirât a con^ 
féquence , ce qui n*étoit fouvent ac- 
cordé que par des confidérations 
particulières; il avoir même deftein 
d oter aux referas toute leur auto* 
rite. ^ 

Cependant Jttftiuien en a fait in* 
férec plufieurs dans fon code , ce 
qui leur a donné plus d'autorité 
qu'ils n'en avoient auparavant. 
Rescrit , relativement aux expédi- 
tions de la Cour de Rome » fe dit 
des Lettres Apoftoliques , par lef- 
quelles le Pape ordonne de faire 
certaines chofes en faveur d'une 
perfonne qui l'a fupplié de lui ac- 
corder quelque grâce. H y * '^s ^c^* 
crits de grâce & les refcrits de Juf- 
rice. Les premiers font perpétuels 
ou pour le temps qu'il a plu au Pape 
de déterminer; les aurres ne fer- 
vent que pour un an. Les refcrits de 
Juftice n'attribuent aucun nouveau 
droit à la chofe , ils n'ont pour ob- 
jet que de commettre la connoif- 
fance ou le Jugement du droit qui 



RES 

eft acquis ; au lieu que les refcrîts 

-de grâce donnent droit d la chofe 

de la part du Pape , même avant la 

vacance. La fubreprion même par 

• Ignorance annulle le refcrit de grâce, 
, :& tout ce qui s enfuît, & n annulle 

pomt le refcrit de Juftice, parce que 
' ce dernier ne donne aucun droit 
quipuiffe nuire â un tiers. On n'en- 
regiftre point les refcri ts de Juftice , 
> comme les Tefcrits de grâce. On 
confidere pour les refcrits de Juf- 
tice le temps auquel ils ont été pré- 
lentes, parce que ce neft que du 
ipur de la préfentation que le Juto 
délégué eft fo dé en Juridiftion. A 
Icgard des refcrits de grâce où il 
ny a point de condition, on con- 
fidere le temps de leur date. 

Celui qui a obtenu deux refcrits 
•pour le même fujet, fans qu'il foit 
tait mention du premier dans le fé- 
cond , eft privé de TefFet de 1 un & 

• 1 autre. Si le fécond parle du pre- 
»ïier, celui-ci doit être produit , 
lans quoi le fécond eft nul. Mais il 
n eft pas nécelfaire que le premier 
refcrit foit rappelé , fi le Juge eft 

• différent , fi le premier eft refté in- 
- connu fans fignification, fi le pfe- 

miern'étant que général, le fécond 
eft fpécial j fi enfan le premier étoit 
' iuranné quand le fécond a été impé- 
tré. 

Des brefs ou refcrîts de Rome 
; ne peuvent être enregiftrés aux Par- 
' lemens fans Lettres-Patentes. 

Conformément à l'efprit & à la 

• difpofition du Concile de Trente , 
Texécution des refcrits de Juftice 
ou mixtes doit être commife aux 
ordinaires des lieux. C*eft uiie an- 
cienne Jurifprudence des Parlcmens 
du Royaume de déclafer abufive 
l'exécution des refcrits délégatoires, 

Îâr refquels fà faintelé commet des 
uges hors le refibct dil Parlement 



RES s- 

duquel les Parties font jufticîables»' 
On appelle encore refcrit ^ une 
réponfe du Pape fur quelque quef- 
tion de Théologie , pour fervir de 
décifion ou de loi. 

RÉSEAU ; fubftantif mafcuHn. Petit 
rets. Tendre des refeaux pour prendre 
des lapins* 

RÉSEAU^ fe prend plus ordinairement 
pour un ouvrage de fil , de foie , de 
fils d'or ou d'argent fait par petites 
mailles en forme de rets. Une coiffe 
de réfcau. 

En termes d'Ânatomie on appelle 
réfeauy un entrelacement de vaif- 
feaux fanguins. Rifeau artériel. Ré^ 
feau veineux. 

La première fyllabe eft brève, 8c 
la féconde moyenne au finguUer ; 
hiais celle-ci eft longue au pluriel. 
On prononce ré^au. 

RESÉCHER; verbe aftif de la pre- 

^ mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Denuh 
exjiccare. Sécher de nouveau Ce 
linge étoit fec y mais le brouillard l* a 
rendu humide , il faut le refécher. 

RÉSÉDA ; fubftantif mafcuhn. Plante 
annuelle qui s'élève à la hauteur d'un 

5àed & demi j fes tiges font canne- 
ées, creufes, revêtues de feuilles 
rangées alternativement , décou« 
pées, crêpées , d'une faveur amère , 
rougi (Tant le papier bleu ; fes ra- 
meaux foutièrmeiit des épis de fleUrs 
hefmaphrodites,en forme de Thyr- 
fes; ces flturs font compofécs de 
plufieurs feuilles itréguliçres, jau- 
nes & d'un rrcs-g^and nombre d'é- 
tamines. A ces fleurs fùctèdent des- 
capfules membraneufes à trois an- 

; '|les. Ceften Juin , JuiPet & A :ûr, 
que cette plante fleur r ; on la ren- 
contre dans les champs , le long des 
chemins, dans les terres qÙ la craie 
abonde. 

' Ce iféféda, qui eft fans' odeur, 

Aij 



i HE s 

retTemble exaâemenc en toat ad pe- 
tit réféda d'Égypce qai a ane odeur 
des plus douces. M. d'ÂIibard ayant 
préfumé que ces deux plantes n e- 
toienc peut-être qu une variété l'une 
de l'autre, la piemière ayant plus 
d^odeur parce qu'elle voient des pays 
chauds , il s'en eft afTuré en le- 
manc en E)écembre de la graine du 
réféda odorant dans des pots pleins 
de diverfes terres , & dans une au- 
tre remplie d'une terre fablonneufe. 
Tous les réfédas , qui ont crû dans 
la terre préparée 6c dans la terre 
de Jardin, ont donné des fleurs ex- 
trêmenaenr odorantes, au lieu que 
celles du réféda venu dans les fa^ 
blés , n'ont point eu du tout d'o- 
deur. Cette odeur paroît donc dé- 
terminée dès l'inftant de la germi- 
nation -j car les réféda tranfplantés 
altet native ment du fable dans la 
terre , & de la terre dans le fable , 
n'ont perdu j ni acquis d'odeur. 
On éprouve tdiis les jours pour la 

3ualité des légumes recueillis en 
ifTérens pays ^ ce que nous venons 
^ de vok pour l'odeur. 

Le réfcda pafTe pour adoaci(rant & 
réfolutif; on s'en fert appliqué ex- 
térieurement contre les tumeurs in- 
. flammatoires , dont il calme la dou- 
leur , 8c difSpe l'inflammation. 
RESELLER ^ verbe aûif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
{'ugue comme Chanter. Remettre 
a felle â un cheval. Z^j chevaux 
étaient àpcine défcUcs tpi il fallut Us 
. rtftlUr^ . 

RESEMER 'y verbe aâlF de la pre- 
mière conjugaifon, lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Denuhfe- 
rcrc. Semer de nouveau. Ces champs 
ont été mal femés il faut les refe- 



mer. 



RÉSERVATION ; fubftantif fémi- 
oiQ« ftefcryatio. Ââion par laquelle 



ôft téferve. Il ne fe dit guère (Ju^cH 
parlant du droit que le râpe exerça 
dans les pays d'Obédience , de Cà 
réferver la nomination , la colla* 
tion de certains Bénéfices , quand 
ils viendront à vaquer, f^oy eiKi-^ 

SERVE. 

Réservation , fe dit auflî quelque- 
fois des droits qu'on s'eft réfervéi 
dans un aûe. Réjigncr un Bénéfice 
avec réfervation d'une penjîon. 

RÉSERVE î fubftantif féminin. Re^ 
fervatio. Aûion de réferver. Ului.a 
cédé fa part dans la fucujjion xfins 
faire aucune réferve* 

Il fe dit auffi.des chofes réfervées: 
Les réferves de fa terre valent beaur 
coup d'argent» 

RésERV£,ou Corps DERisERVE^ 
ie dit dans l'Art Militaire j d'une 
partie de l'armée que le Général li^ 
ferve pour s'en fervir où il en eft 
befoin. Les réferves font fous le 
Commandement d'un Oflîcier Gé- 
nérât fubordonné au Commandant» 
Elles ne campent pasordinairemenc 
avec Parmée» mais dans des lieux i 
ponce de la rejoindre fi le Général 
le Juge à prppos. Le pofte le plus 
naturel des rélerves eft derrière Iz. 
féconde ligne. 

Les réferves font compofées de 
bataillons & d'efcadrons, c'eft-à- 
dire de cavalerie & d'infanterie. Ont 
en a vtt^ufqn'à trois dans lesgran* 
des armées. Dans une bataille , la 
réferve forme une efpèce de trpi- 
fième ligne ; le Général s'en fert 
pour fortifier les endroits qui ont 
Defoîn d'être foutenus. 

Le nombre d^s troupes de réfery« 
n'eft pas déterminé j il dépend de 
la force de l'armée & de la volonté 
du Général. En 1 747 , la réferve de 
Parmée du Roi en Flandre , éiôic 
compofée de p^ efcadrons &de 3 e 
tMtailloixs. 



^ R-ES 

L^ùfa^e de M. le Marécbal de 
Saxe étoïc de mettre fes meilleures 
croupes à la réferve \ ufage fondé 
fur la pratique & la coutume des 
Romains , qui plaçoient leurs bra- 
ves foldars à la troifième ligne , où 
ils formoienc une efpèce de ré- 
ferve. 

Un Général intelligent ne dçic 
jamais faire combattre des troupes 
fans les faire foutenir par des ré« 
ferves, parce qu'autrement le moin- 
dre détordre dans la première ligne 
fuffit pour la faire battre entière- 
ment. Suivant Végece , l'invention 
des réfervcs eft due aux Lacédé- 
xnoniens* Les Carthaginois les imi- 
tèrent en cela , Se enfuite les Ro- 
mains. 

En termes de Marine > on ap- 
pelle la réferve , certain nombre de 
vaifTeaux placés hors des lignes , & 
deftinés a fecourir ceux qui en ont 
befoin. 

)késBRVB APOSTOLiQUfi OU BES B£n£- 

fiCES, fe dit de la faculté que le 
Pape prétend avoir de retenir à fa 
collation les Bénéfices qu'il veut i 
au préjudice des CoUateurs ordi- 
naires. 

Anciennement les Papes n'ufoient 
point de réferves ; il n'en eft fait 
aucune mention dans tout le vo- 
lume du décret. 

Clément IV fut le premier qui 
introduifit les réferves; fon décret 
eft rapporté dans le fexte. Il pofe 
pour principe , que la collation 
de tous les Bénéfices appartient 
au Pape , qu'il peut même donner 
un droit fur ceux qui ne font pas 
encore vacans. 

Les fucce fleurs de Clément IV 
ne manquèrent pas d'adopter ce fyf- 
tême , & firent tant de réferves 
générales Se particulières j qu'il ne 
j:eftQit prefque plus aucun Bénéfice 



k È s t 

ï ta coUarion 6t% ordinaires. Les 
Conftitutions Execrabilis & ai rt^ 
gimen faites au fujet de ces réferves 
par Jean XXII , & Benoît XII , fou- 
levèrent tous les CoUateurs. 

Les réferves peuvent procéder d« 
quatre caufes différentes : favoir » 
du lien^ de la perfonne, de la qua« 
lité du bénéfice 6c du temps. 

La réferve ratione loci comprend 
particulièrement les bénéfices var 
cans par mort , in curiâ. 

De toutes )es réferves Apoftoli-* 
ques générales ou particulières^ cellft 
des Bénéfices vacans en Cour d% 
Rome eft la plus ancienne ; elle fuc 
érablie par Clément IV. Le Con- 
cile de Bafle & la Pragmatique- 
Sanâion , laifsèrent fubmter cettt 
réferve , & abolirent toutes les au- 
tres. On a fuivi la même chofe 
dans le Concordat • en force qut 
dans les pays fournis â cette loi on 
ne connoît point d'autre réferve 
que celle des Bénéfices vacans en 
Ôour de Rome. 

Lorfque le Pape ne confère pas 
ces Bénéfices dans le mois de la 
vacance ^ le Collateur ordinaire 
peut en difpofer, comme s'il n'y 
avoir pas de réferve. Lesprovifions 
que l'ordinaire auroir données dans 
le mois » font même bonnes , fi par 
l'événement le Pape n'a pas conféré 
dans le mois. 

Le Collateur ordinaire peut con-- 
férer les Cures oui vaquent en Cour 
de Rome pendant la vacance -du 
Saint - Siège , ou qui y ont vaqué 
pendant la vie d'un Pape.qui n'en a 

f>oint accordé de provifions ; la col- 
ation de ces fortes de Bénéfices 
étant inftante. 

Les Bénéfices en patronage laï- 

?|ue , & ceux qui doivent être con- 
érés par le Roi en vertu du droit 
de régalé , ne font pas fujets à la li» 



f RE$ 

< ferve des Bénéfices vacans en Coar 

• àe Rome.. 

A regard des Bénéfices confif- 
toriaux , cela foufFce difficuké j 
niais tous les autres Coltateurs & 
Bénéfices font fujets à cette réferve, 
. à moins qu*ils n'en (oient exempts 
- par un privilège fpécial émané dii 
Saint Siège. 

La réferve rati'onepcrfondtegVLïàe 
les petfonnes dont le Papes'eft vou- 
lu léfervec les^ Bénéfices , comme 
de fesi familiers , c'eft-à-dire de fes 
^domeAtques'ôc de ceux des Cardi- 
naux & au»:es Officiers de Cour de 

* Rome , qui fe trouveroienc abfens 

* de ladite Cour. 

La réferve ratione qualitatis Bc' 
-neficd eft celle pât laquelle les Pà- 

• pes ont aboli les élevions des Égli- 
'fes Cathédrales, Monaftères & au- 
tres Bénéfices vraiment éleâifs , & 
8"en font réfervé, & au Saint Siège, 
la difpofition abfolue par leur règle 
de Chancellerie , pour éviter les 
abus qui fe commettoient dans les 
éle&ions. 

La réferve ratione temporis eft 
celle par laquelle les Papes ont ôcé 
aux Ordinaires la difpofition dès 
Bénéfices en certain temps de l'an- 
née, prenant pour eux les deux 
tiers , ou en fe téCsrvant la collation 
alternative. 

De toutes cestréferves, il n*y a 
que la première , favoir ^ celle des 
Bénéfices vacans curiâ , qui foit re- 
çue par tout eiï^ France ; celle de 
menfihus & alternativâ n'a lieu que 
. dans les pays d'Obédience, tels que 
la Bretagne.. & quelques autres 
Provinces , les autres rc/^rv^J n'ont 
. point du tout lieapatmi nous« 
RisBRVES , fe die dans le droirpublic 
dAllemagne , des prérogatives ré- 
. fepvées à TBtnpereur feul , Se qu'il 



RES 

ne partie point avec les États de 
l'Empire. Ces réferves font prefqùe 
toujours difputées, & ne valeht 
qu'autant que celui qui les prétend , 
a le pouvoir de les faire valoir. On 
diftingue ces réferves en Eccléfiafti- 
quee & en Politiques. Parmi les 
premières , on compte le droit de 
préfenter aux premiers Bénéfices 
vacans après l'avènement au trône ; 
ce droit s'appelle jus primariarum 
precum^ le droit de protéger TÉglife 
Romaine , le droit de convoquer* le 
Concile, l^rmi les réferves politi- 
ques on compte le droit de légiti- 
mer les bâtards; le droit de réha- 
biliter , fam£ reJlUutio ; le droit: 
d'accorder des difpenfes d'âge & 
des privilèges; le droit de relever 
du ierraent, le pouvoir d'accordtc 
le droit de Ciroyen , jus civîtads ; 
d'accorder des foivesjjus nundina" 
rum; l!inipeâion générale fur les 
)oftes & (ur les grands chemins jt 
e droit d'établir des Académies j. 
e droit de conférer des titres &t 
des dignités, & même de faire 
des Rois ; cependant l'Empereur 
ne peut élever perfonne au rang 
des États de TEmpire , fans le coh- 
fentement des autres États ; le droit 
d'établir des Tribunaux dans l'Etti- 
pire-, le droit de faire la guerre dans 
une néceflî té preflânte; enfin le droit 
d'envoyer & de recevoir des Am- 
bafladeurs au nom de l'Empire. 
Reserves couTUMièREs , fe dit des 
biens donc les coutumes ne per- 
mettent pas de difpofer par tefta- 
ment. 

Chaque Citoyen avoît originai- 
rement en France là liberté de dif- 
pofer de l'univerfalitéde fes biens ; 
au moins on le pré fume ainfi d'a- 
près les formules qu'on trouve dans 
Marculfe , & l'on croit que les re* 
* fzrves coutumlères «ont pris leur b'ri- 



RES 

S me que dans le dernier ^tat des 
efs. 
On voit en effet que , lorfque les 
.fi'efs Furent réndas pAtrimoniaux & 
héréJitnires , ceux qui en avoient 
recueilli dans des fuccefCons , ne 
pouvoient les aliéner fans le con- 
lentement de leur héritier préfotn- 
ùi } il a même été un temps où cet 
ufage avoit Heu pour les rotures. 

La Coutume de Paris ne permet 
aux teftateurs de léguer que le quint 
de leurs propres : elle veut ^ue les 
quatre quints foient réfervés aux 
héritiers^ ce font ces quatre quints 
qu*on nomme re/irves coutumières à 
Paris. 

Les propres fiâifs ne font pas fufets 
aux re/crvcs coutumières ^ parceque 
cette fiâion n*a pour objet que les 
conjoints. 

Si un teftateur avoit Eaiit un legs 
particulier à fes héritiers préfomp- 
tifs, & avoit en mème-remps inf- 
titué un étranger fon légataire uni- 
verfel» les héritiers pourroient en 
même temps fe porter héritiers & 
légataires , & en ces qualités pren- 
,^ dre le legs , & demancfer la diftrac- 
, tion des r^fcrves coutumières. 

La même chofe auroit lieu en 
faveur d'un àcs héritiers préfomp- 
tifs , inftitué légataire particulier , 
' fl les autres héritiers fe trouvoient 
înftitués légataires univerfels , & 
renonçoient à la fuccedion pour 
s*en tenir au legs univerfel , à moins 
- que le défunt n'eût autrement ex- 
pliqué fon intention. 

L*adition d'hérédité n*empcche 
piint l'héritier de demander les lé 
lerves coutumières parcequ'elles ne 
lui appartiennent qu'en qualité d'hé- 
ritier. 

La Coutume d'Angoulême , ar- 
ticle 49 , défend de donner au-delà 
du ciôcs des propres } mais rarticle 



HES 7 

50 petot>et de donner ro/a ies fro^ 
près pour provifion de corps ; .t'eft-à-» 
dire , que quand Je donateur n'a pas 
alTez de reveimjpoiir fubiifter, alors 
il eft jufte gu'il le préfère à fe^ hé- 
ritiers , mais dans ce cas-U, les hé*' 
ritiers ont la faculté jd!éviiicer le 
donataire., en fe chargeant de four- 
nir la provifion convenue. 

Quoique les Coutumes de Xoa- 
raine & d'Anjou gênent beaucoup 
les difpofitions des pères,, en alTu- 
rant aux enfans A titre de réfervés 
CQUtumières » la totalité de Ifurs 
portions héréditaire s. j il eft néan- 
moins certain aujourd'hui que les 
pères peuvent fubftiruer la moitié 
defdites réfervés j c'eil la difpofi- 
tion de l'Arrêt de règlement du fix 
Septembre 1^74 , vulgaireiwcnc 
connu fous le nom de l'Arrêt de 
Beuil qui eft cité dans tous nos li« 
vres , & qui a arrêté qu à Tavenir 
la légitime des enfans en Touraine 
& en Anjou feroit 6xée à la moitié 
de tous les biens » & que l'autre 
moitié poutcoit déformais être fub-. 
ftituée. 

Lorfque l'héritier des propres eft 
inftitué légauire univerfel , un des 
parens de k même ligne des pro« 
pr^s » mais plus éloigné d'un de- 

f;ré , ne peut pas demander \es rés- 
erves coutumières , parcequ'ajors 
il ny a pas entr'eux de concurrence 
de degré. 

La prohibition de tefter au-deU 
du quint des propres, n'eft faite 
qu'en faveur des héritiers du (ang 
apptiés pr la loi pour y fuccéder j 
& s'il ne refte p.nnt d'héritier., le 
fifc qui fuccèie pu droit de déshé- 
rence , n*eft pas recevable à de- 
mander la diftraâion des réfervés 
courumières, parpecju'il . n a droit 
que fur le$ biens vac^i^s. 

£n Artois ^i,a toxaliié d«s .biens 



t RES 

patrimoniaux forme Us tiCétvts 
coucamières , & il n'eft permis de 
dirpofi^r par ceftamenc, qae des 
meubles & acquêts , de trois années 
du revenu xles propres , & du quint 
des fiefs. 

La portion des propres que la 
Coutume veut être réfervée a Thé- 
ricier , ne doit pas ètte précifément 
de chaque propre, mais bien des 
propres de chaque ligne. 

Si un teftateur avoir légué tous 
les propres d*une ligne , fa difpofi- 
' tionferoitfujecteauxréferves couru- 
tnières en faveur des héritiers dé 
cette ligne , quand même le legs 
n'excéderoit pas la portion de tQUs 
les propres que la Coutume lui per- 
mettroitde donner; & dans ce cas- 
là , le légataire n'auroit pas même 
d'adfcion contre les héritiers des pro- 
pres d'une autre ligne , pour fe faire 
récompenfer de ce qui lui feroit re- 
^. tranché ; parceque les propres des 
différentes lignes forment en quel- 

3Ue manière autant de fucceffions 
ifférentes : c'eft le fentiment de 
Dupleffis» de Lebrun 6c de Re- 



pulion. 

Par une fuite de ce même prin- 
cipe i le legs de l'ufufruit de tous les 
propres eft reduftiblei rufufruit du 
quint ou autre portion que les Cou- 
tumes permettent de donner. 

De même s'il y avoit un legs de 
la propriété de tous les propres avec 
réierve de l'ufufrttit de la totalité 
à rhéritier , celui-ci jouiroit de Tu- 
fufruit de la portion difponible > 8r 
de la propriété de ce que la Coutu- 
me vouloit. qu'on lui réfervat, par- 
cequ'il n'eft pas permis an teftateur 
de vouloir ^e que la Coutume lui 
défend. Il 7 a à ce fujet un Arrêt 
célèbre du 1 5 Juin 1^7$ , pour le 
ceftament de M. de Benoife» qu'on 
icottvc dans Soefye^ au Journal des 



RES ' 

Audiences & dans le Journal da 
Palais : c'eft aufli l'avis de Lebrua 
& de plufieurs autres. 

L'héritier ne peut demander les 
réferves coutumières, & s'affran- 
chir des difpofitions teftamenrai-* 
res» qu'en faifant faire inventaire » 
& en en repréfentant le contenu 
aux légataires} autrement» & s'il 
confondoit les biens du teftateur 
avec les fîens , il feroit tenu d'acr 
quitter les legs* 

L'héritier qui veut fe difpenfer 
de contribuer ^u payement des legs 
en prenant les réferves coutumiè- 
xesj doit abdiquer & abandonner 
tous les autres biens difponibles ; 
autrement s'il accepte la fucceC- 
fion fans abandonner ce qui eft dif- 

Iionible , pour fe libérer envers les 
égataires , fon adition d'hérédité I9 
lie d'une obligation perfonnelle en« 
vers eux» & il doit contribuer 2 
proportion de fon émolument. ^ 
A LA RBSERVE, fe dit adverbiale^ 
ment j pour dire , à l'exception. On 
rappela tes e$èUs à la réftrve de deuxi 
Il perdit toutjon argent à la réfervC 
d'un écu. 

On dit auffi adverbialement, fans 
réftrve i pour dire, fans exception,; 
// lui donna tout fans réftrve. 

0h dit encore adverbialemetir , 

ta féferve ; pour dire, à part^ î 

quartier. // pajfe pour avoir beau* 

coup d! argent en réftrve. 

RÉSERVE , fignifie aufli , difcrétidn ;; 

circonfpeâion , retenue* Cétoit un 

étourdi , .mais il agit maintenant 

'avec réferve. On ne doit juger fon 

prochain qu'avec beaucoup de reTervt» 

RÉSERVÉ , ÉEj participe paffif.^cy. 

RÉSERVER. 

On appelle cas réftrvés , les pé- 
chés dont il n'y a que l'fivêque 
ou le Pape qui puifle âbfoudre. 
RÉSERvi , employé -adjeftivement ^ 

fignifio 



hès 

Ifgoifie aaffi, circonfpeftt difcrec/ 
4]ai ne k hâte pas trop de dire , 
m de faire connoîcre ce qu'il pea- 
fe. // efi fort rcfcrvé dans tout ce 
qu*il dit. Il faut une autrefois être 
plus réfcrvi à dire votre fentinient. 
Elle a toujours été fort réjervée avec 
Jjii* 

Il s'emploie quelquefois fubftan- 
tîvemeni. // veut faire le réfervé. 

On die , <yàune femme fait lien 
Ja réfervée'j pour diçe , qu elle veut 
paroître avoir plus de vertu qu'elle 
n'en a. 
ÏLÈSERVER, verbe aftif de la pre- 
mière con/ugaifbn , lequel fe con- 
fugue comme Chanter. Servare. 
Garder j retenir quelque chofe du 
total. En donnant fin tien à fin 
neveu ^ il fe réferva un appartement 
dans cette maifon. La Cour a jugé 
Ja demande principak & a réfervé à 
faire droit fur fincident. Réfervons^ 
en une partie à demain. Le Pape s*efi 
réfervé plujîeurs droits par le Con- 
tordat. 

On dît , fe referver k faire quel- 
que chofe ^jé referver a parler ^ pour 
dire , attendre , remettre â faire » 
i parler , quand on le trouvera à 
propos , en temps & lieu. // fe ré- 
ferve à lui parler de votre affaire 
quand il retiendra de la campagne. 

On dit , fe referver la réplique ; 

fout dire i qu*on veut répliquer. Et 
on dit , qaun Avocat prie les Juges 
de lui referver la réplique*; pour dire, 
qu'il leur demande la permiflion , 
le droit de répliquer quand il en 
fera temps. 
Réserver , (ignifie audi, garder une 
chofe pour un autre temps» pour 
un autre ufage , la ménager pour 
une bonne occafion. Il faut referver 
ce vin pour P année prochaine. Il avoit 
réfervé cette fomme pour réparer fon 
château. On réferva cinquante ouvriers 
Tome XXK - • ' 



pour cette entreprife. Il réfervé fes 
anfis pour une meilleure occajîon. 

La première fyllabe eft brève» la 
féconde moyenne & la troifième 
longue ou Brève. Foyer Verbb. 
RÉSERVOIR i fubaantif mafculin- 
Receptaculum. Lieu fait exprès pour 
Y referver certaines chofes. Il ne fe 
dit proprement que d'un lieu où 
Ton amafTe des eaux , ou dans le« 
quel on conferve du poiflbn. Vn.ré" 
fervoir voûté. Un refervoir de cina 
cens muids d\eau^ Les réfervoirs fe 
conflrfiifent de même que les haffias » 
en glaife , en terre franche , en ciment 
& en plomb. 

£b termes d'Anatomie , on ap- 
pelle refervoir du chyle jO\x refervoir 
de PecquetfVin petit fac formé d'une 
membrane très*mince. Il eft reffer- 
ré par quelques liens qui l'entou* 
rent) Se félon que ces liens font 
plus ou moins reflerrés ou relâ- 
chés , il a aufli plus ou moins de 
capacité. On ne peut pas détermi- 
ner au jufte la grandeur & la figura 
de ce refervoir. Il eft intérieure- 
ment véiîculaire. La membrane qui 
en forme l'enceinte eft fi déliée , 
qu'elle paroi t Itiifante , & quand it 
eft gonflé du chyle, il paroi t blanc ; 
mais il arrive auflî de -li que lorf* 
qu'il eft vide & affailTé fur lui-mê- 
me j on ne le peut appercevoir que 
très difficilement. 

On le trouve a la partie droite 
du corps des vertèbres fupérieures 
des lombes , fur lefquelles il eft in?- 
médiatement couché. L'appendice 
mufculaire droite du diaphragme y 
eft en partie appuyée , & en partie 
couchée. A gauche j le tronc de 
l'aorte monte par-deftiis; il a fur le 
devant l'artère émulgente droite » 
qui part de l'aotte, & va par-delTus 
lui à la fcilTure du rein droit. Sa par* 
tie inférieure fe trouve fous la veine 



ÏO 



RES 



ëmalgencegauche, entre le tronc 
de la veine care inférieure» & ce- 
lui de Taorte defcendante , ainfi 
que Cowper Ta fore, bien repréfen- 
té. Tout ce qui eft die ici du réfer- 
▼oir du chyle , peut aifémenc fe dé- 
montrer dîans toutes fortes de ca- 
davres, pourvu qu'en enlevanr la 
mafTe des inteflins qui l'embarrafle^ 
on n'ait rien endommagé de ce qui 
eft dans l'état naturel. 

Les glandes lombaires entourent 
ce réfervoir, 6c les v,eines la&ées 
fecondaires s'infèrent dans fa cavi- 
té, de m^me que prefque toutes' 
les veines lymphatiques des parties 
inférieures. 11 donne naidance au 
canal thorachique. Pecquet Méde- 
cin de Dieppe 1 a découvert , 8c en 
a donné la première defcription en 
1*51. 

On appelle quelquefois la ycjiçuk 
du fiel ^ le réfervoir de la bile. Foy. 

Vésicule. 

RÉSIDANT, ANTE-; adieûif. Qui 
léûde , qui demeure. Il efi rcfidant 
à Lyon. Elle étok alors réfidanu en 
cette vilUé 

ilÉSIDENCE; fubftantif féminin. Z>o. 
micilium. Demeure ordinaire en 
quelque ville, en quelque lieu, en 
quelque pays. // va faire fa réfidencc 
à Paris. \ 

RÉSIDENCE , feidit auffi du féjour ac- 
tuel & perpétuel d'un Officier ou 
d'un Bénéficier , dans le lieu de fa 
^ charge , de fon bénéfice. 

Tous les Officiers & Employés 
font naturellement obligés a réfi- 
dence dans le lieu où le fait l'e- 
xercice de leur office ou emploi , 
du moins lorfqu'il exige un fer vice 
continuel ou amdu \ cependant cette 
obligation n'eft pas remplie bien 
exaâement par la plupart des Offi- 
ciers. 



RES 

Larréfîdence eft un devoir tndif- 
>enfable pour les Bénéficie rs. Dans 
es premiers fiècles de TEglife, tous 
es Clercs demeurcuent attachés i 
eur titre : ils ne pouvoient le quit- 
ter , & encore moins pafTer d'ua 
Diocèfe â un' autre fans permiffioo 
de leur Èvèque , fous peine d'ex- 
communication contre eux & mê- 
me contre i'Èvèque qui les rece- 
voir. 

Depuis que l'on .fit des ordina-^ 
rions fans titre, les Clercs qui 
étoient ainfi ordonnés fe crurent diC- 
penfés de réfider dans le lieu de leur 
ordination. 

La pluralité des bénéfices s'étanc 
enfuite introduite, les Bénéficiers 
auxquels on a permis de pofTéder à 
la fois plufieurs bénéfices , fe font 
trouvés dans^rimpoffibilicé de rem- 
plir partout Tobtigation de la réfi- 
dence ;[on en a même vu qui ne ré^ 
fidoient dans aucun de leurs béné- 
fices , s'occupanc de toute autre 
chofe que du devoir de leur état. 

C'eft delà que le Concile d'An- 
tioche en 347, défendit aux Évê- 
ques d'aller à la Cour fans le con- 
sentement & les lettres des Èvèques 
dé la province ^ & principalement 
du Métropolirain. 

Le Concile de Sardlque défendit 
aux Èvèques de s'abfenter de leurs 
églifes plus de trois ans fans grande^ 
necefilté, ic ordonna à tous les 
Évêques d'obferver leurs confrères 
quand ils pafTeroient dans leur Dio- 
cèfe, & de /informer du fujet de 
leur voyage , pour juger s'ils dé- 
voient communiquer avec eux de 
foufcrire aux lettres de congé-qu'ils 
porroient. 

Alexandre III, en xi79> ^^^^^ 
damna â la réfidence tous les fié* 
néficiers à charge d'ames \ on ajou- 
ta depuis \%% dignités ^ Canoniça^s 



RE s 

6c amrè$ charges dans une Églire. 
Le Concile de Trente ne permet 
aux Èvèques de s'abfemer de leur 
Diocèfe que pour Tune de ces qua- 
tre caufes, Chrifliana chantas y ur- 
gens neccffitas , débita obcdUntiaj evi- 
denseccUJîdt vel reipublicA utilitas. 11 
veut que la caufe foie approuvée 
par écrit & certifiée par le Pape ou 
par le Métropolitain, ou en Ton 
* abfence par le plus ancien Évêque 
de la province. Le Concile leur en- 
joint particulièrement de fe trouver 
€n leurs Êglifes au temps de l'A- 
vent , du Carême , des Fêtes de 
Nôcl , Pâque , Pentecôte & de la 
Fête Dieu , i peine d*être privés des 
fruits de leur bénéfice à proportion 
du temps qu'ils auront été abfens. 
Les Ordonnances du royaume 
ont aufiî prefcrir la réfidence aux 
Evêqués, Curés & autres Bénéfi- 
ciers dont les -bénéfices font du nom- 
bre de ceux qui , fuivant la préfente 
difcipline de TEglife , demandent 
réfidence : telle eft )% difpofition de 
l'Ordonnance dé Châteaubriant en 
1 5 5 1 , de celle de Villers - Cotte- 
rets en 1557, de celle d'Orléans 
en 15^0 9 de l'Edit du mois de 
Mai de la même année» de l'Or- 
donnance de Blbis , an. 14^ de 
celle du mois de Février 1 580 , de 
celle de 1(^199 an. 11. Le Parle- 
ment défendit même en 1 560 aux 
Évêques de prendre ie ritre de Con^ 
feilters du Roi^ comme étant une 
fonâion incomparible avec Tobli- 

Î;ation de réfider dans leur Diocè- 
e ; le Procureur Général Dourdin 
faifoit faifir le temporel des Evê- 
ques qui r^oient plus de quinze 
jours à Paris. 

L'Édit de 1^95 » qui forme le 
dernier état fur cette matière, por- 
te, an. 2^ , que fi les Bénéficiers 
gjui poITédem des bénéfices à chax- 



RES n 

ge d'ames manquent a 7 r£fidec 
pendant un temps confidérable , le 
Juge Royal pourra les en avertir » 
6c en même temps leurs Supérieure 
ecdéfialHques \ Se en cas que dans 
trois moisaprès ledit avertiflemenr^ 
il négligent de réfider fans en avoic 
des excufes légitimes j il pourra » 
i regard de ceux qui ne réfidenc 
pas & par les ordres du Supérieur 
eccléfiaiiique , faire faifir jnfqu'i 
concurrence du tiers du revenu 
defdtcs bénéfice» au profit des pau- 
vres des lieux ou pour être em- 
pU7é en autres œuvres pies , telles 
qu'il le jugera i propos. 

Suivant notre isfage, on appelle 
bén^cts Jimplts , ceux qui n*onc 
point cha^e d'ames, & n'obligent 
point d'amfter sm chœur , ni con- 
féquennfttient à réfidence : tels font 
les Abbayes ou Prieurés tenus en 
commende , & les Chapelles char- 
gées feulement de quelques Méfies 
que 1 on peut faire acquitter par aur 
trui. « ' ^ 

Quant aux Chanoines, quoiqu'eh 
généjal ils foient- tenus de réfider ^ 
lobfervation plus ou moins étroite 
de cette rigle dépend des ftatuta 
du Chapitre , pourvu qu'ils ne 
foient pas contraires au droit corn* 
mun. A Hildesheim en Allemagne^ 
Evêché fondé par Louis le Débon-«& 
naire » un Chanoine qui a fait fon 
(Vage , qui eft de trois mois , peut 
s'abfenter pour fix ans , favoir deux 
années pcregrinandi causa , deux au- 
tres devotionis ' causa , & encore 
àtxxj.Jludioriêm causa. 

Les Chanoines qui font de TO^ 
ratoire & Chapelle du Roi , de la 
Reine & autres employés dans les 
états des maifons royales ^ lesCon* 
feillers Clercs des Parlemens , les 
Régens , Etudians des Univerfités 
font difpen(és dd la réfidence tant 
Bii 



?rue la caufe^ai les occupe ailleurs 
ubfifte. 

Deux bénéfices fuîets à réddence 
font incompatibles, à moins que 
celai qui en eft pourvu n'aie quel- 
Que qualité ou titre qui le difpenfe 
de la réfidence. 

RisiOENCE, fe .prend auffi poirr le 
lieu de- la réfidence ordinaire d'un 
Prince , d'un Seigneur. Munich cjl 
la r4fidence de tEicelcur de Ba- 
fiiière. 

RistDENCB^ fe dit encore de Tem- 

' ploi d*un Réiïdent auprès d'ua Pri n- 

 ce. // demande la rifidenct de Vc^ 
ni/c, 

RisiDBNCfi, en termes, de Chimie ^ 
fignifie les parties les plus groffiè- 
res qui s'amaSent au fond d'un va* 
fe , apcès que la liqueur qu'il con- 
tienr s'eA repofée. On juge de la 
qualité des liqueurs par leur refi- 
dence. 

Les deux premières fyllabes font 
brèves» la troifième longue & la 
quairième très-brève. 
On prononce rqp/Vtf;2/ê« 

ItESIDENTi fubftanwf mafcunn. Ce- 
lui qui eft envoyé de la part d^un 
Souverain vers un autre pour réfi- 
der atiprès de lui > & qui eft moins 
^u'un Amba<flradeur & plus qu'un 
Âgeht. La France na qjtiun Rifi- 
dent a Genèye. Les Elecieurs envoient 

f des Rjéjidens à la Cour de France. 
Les Réfidensfont comme les Ambaf- 

. fadeurs fous laproteSion du droit des 
gens. ' 

JbESLDER ; vei^be neutre de la pre- 
mière conpigaifon y lequel fe con- 
[ugue conHne Chanter.- Manere. 
faire ia demeure en quelque en*- 
droit. // va réfider à Marfeille^ 

Ouî dit, toute r autorité réjidt 
ébns Ia perfonne d'un tel;^ pou» ai- 
sri qu'il ajoute Tauiiorité.. l 

()te dii auâ| %p£émeur^ ^iTax»! 



RES 

tàmme croit que toute^ la pgcffè'r 
toute la fcience , tout le fens téfidc 
dans fa tête ; poux dire , qu'il fe 
croit feul fag^ » feul favant , & avoic 
tout le bon fens en paruge. 
RÉSIDER y fe dit abfolument d'un EvS* 

3ue, d'un Bénéficier qui demeure 
ans le lieu de fon Bénéfice. Vrt 
Chanoine qui efi ConfeUler Clerc oxl 
Parlement efi difpenfe de réfider. 

Les deux premières fyllabes fonc 
brèves, &: la troifième longue o\k 
brève. f^<ye\ Verbe. 

RÉSIDU î. fubftantif mafcuUn. ReU- 
quum^ Terme de Commerce. Le 
reftant. Quand payerere^VQUS leré'- 
fidu de ce compte* 

Résidu , fe dit auffi du nombre qui> 
tefte d'une divifion d'aritbmétique- 
Le réfidu de cette divifion efi cinq. 

Résidu , fe dit en termes de Palais ^ 
des pièces inutiles dans une affaire», 
& qm ne font pas produites. 

Quelquefois en prononçant fur 
l'appel d'une Sentence ,. la Cour en 
infirme tme partie » Se confirme 
l'autre » en fe fervant de ces Ker-> 
mes , La Sentence au réfidu fortijfantt 
fon entier effet. 

Résidu , (è mt encore en termes de 
Chimie , de ce qui refte d'une 
fubftance qui a pallé par quelque 
opération. 

RÉSIGNANT i fubftanrif mafculin. 
Refignator. Celui quj réfigne un- 
office ou un bénéfice à quelqu'un^ 
Si le réfignant meurt avant* que lar 
réfignation foit adtnife , elle demeure 
fans ejfei. 
Mouillez gn. 

RÊSIGNATAIRE i fubfiantîf mafcu*^ 
lin. Refignatarius. Celui à qui on » 
réfigné un office ou*un bénéfice. Zc: 
Réfignataire efi tenu des événemensi 
des procès que le Réfignant ayon à 
$aufe de fon bénéfice* 
Mouiik» gn^ 



RES 

XâsIGNATIONi fubftantif ftmi- 
nin. Refignatio. Dcmiffion d'un offi* 
ce ou d'un bénéfice. 
^ On diftingue en matière bénéfi- 
clale deux forces de réfignacions : 
Tune qu'on appelle pure 6c Jimple 
ou abjolue; 1 autre ^ qu'on appelle 
Tcfignation en faveur ou condition- 
nelle , parcequ'elle n'cft faire que 
fous la condition que le bénéfice fe- 
ra conféré à un autre. 

La réjîgnation pure & (Impie 
qu'on appelle atffi démijfion & re- 
nonciation ^ eft un aéte par lequel 
U Titulaire déclare au CoUaceur 
ordinaire qu'il fe démet en fes mains 
du bénéfice. 

Elle doir être abfolue 6c fans 
condition » ^ ne doir même pas fai- 
re mention de celle-ci » que le Ré- 
fignant dejireroit avoir pour fuccef- 
feur y car ce feroit une efpèce- de 
condition. 

Cette force de réfignacion fe fait 
ordinairement devant deux Notai- 
res royaux , oa devant un Notaire 
& deux ténK>ins : elle feroit aufii 
valable étant fîgnée de l'E vcque , de 
/on Secrétaire » du Ijléfigpant» & de 
deux témoins» 

La procuration ad rejîgnandum 
rft valable , quoique le nom du Pro- 
cureur 7 foit en blanc» 

Tant que la réfignacion pure & 
fimple n'eil pas admife par le Col- 
kteur^ elle peut être révoquée. 

La réfignation une fois admife ^ 
le Réfignant ne peut plus retenir le 
bénéfice , quand même il (eroir de- 
meuré paifible poflefieur pendant 
trois ans. . . 

. Les réfignarîons en faveur ne 
peuvent fe faire qu'entre les mains 
du Pape» Nos Rois cependant font 
dans Tufage d'admettre les réfignar 
lions des bénéfices fi^mplesqui va-- 
^nc eu régale* lis. ou U même 



RES 15 

droit pour les bénéfices dont ils font 
Collateurs ordinaires. 

Lorfque la réfignation en favçijr 
eft faite enire les mains du Pape ^ 
il ne peut conférer le bénéfice qu'i 
celui qui eft indique par la procura-» 
tion ad refignandum , autrement le 
réfignataire feroit aurorifé par l'ar* 
tide 47 de nos libertés > à préfenter 
fa requête à la Cour , pour que TE- 
vêque diocéfain ou autre donne 
provifion de même effet qu'eût été 
celle de Rome fi elle n'eue été rèr 
fufée. 

La réfignation en faveur ne k 
fait entre les mains du Pape , que 
par un fondé de procuration. L'edic 
àt% petites dates du mois de Juin 
X 5 7P » veut non feulement que cette 
•procuration foir fpéciale & particu* 
culière , mais encore qu'elle ne 
foit point furannée; autrement ^ 6c 
fi la réfignation étoit admife un an 
apr|s la date de la procuration , le» . 
provifions feroient nuUes.Cene pro« 
curaiion doit être paffée devant cieux 
Notaires apoftoliques , ou devant un 
feul Notaire apoftolique en préfen-^ 
t^àt deux témoins qui forent mâiles» 
régnicoïes , capables d'effets civils ,. 
& âgés au moins de vingt ans. H 
fautqu'ilsnefoienrninovicesnipro^ 
fès d'un ordre régulier, ni Clercs , 
ferviteurs ou dbmefliques du No- 
taire qui reçoit la procuration. Les 
Ordonnances exigenrégalement que 
ces témoins ne foient ni domefti* 
ques » ni alliés , ni paréns dans le 
degté de coufin germain du réfi- 
gnant ou du réfignatairev Us dbrvenc 
de plus, être connus, domiciliés 6c 
favoir écrire & figner. Un àè% No^ 
taires , ou le Notaire , s'il n'y en s 
qu'un pour palier. l*adïe , doit lui- 
même écrire la pcociiratTon^ U lire 
au réfignant , St faire mention de 
cette Uâurc dans la procuratioB 



,4 RES 

m^tne. II eft auffi nécelTaire de faire 
mention dans la procuration pour 
réfigner , de Téut de fanté ou ma- 
ladie du réfignanc. Enfin la procu- 
ration doir être fignée par le réfi- 
gnant , par les Notaires & témoins , 
s'il y en a , & fi le réfign^nt déclare 
ne pouvoir figner , il faut en faire 
mention exprededans Taâe. Toutes 
ces formalités font prefcrites par 
redit de Juin 1550 , & par la dé- 
claration de 16^6 , par Tédit de Dé«^ 
cembre 1 (^9'! , éc par la déclaration 
. du i4F.évrier 1737. 

Les CoUateurs laïques peuvent 
admettre les réfignations foie iim- 
ples 9 foit en faveur , même pour 
caufe de permutation de bénéfices 
qqi font à leur collation ^ mais on ne 
peut pas les 7 contraindre. 

Dans les pays d'obédience ^ un 
Bénéficier ne peut pas valablement 
réfigner en faveur , â moins au'il 
n*ait d'ailleurs de quoi vivre*, d'où 
Vient cette claufe uficée dans les 
réfignations en faveur , aliundc com- 
mode vivcre valens \ mais dans le 
refte de la France on n'examine 
point fi le réfignant a de quoi vivre 
ou non. 

Les réfigatîons en faveur ne peu- 
vent être admifes fans le confente- 
ment du Patron laïque,quand même 
le Pape > en homologuant la fonda- 
tion , fe feroit réfervé le droit de 
prévention. 

Celui quia paflé procuration pour 
réfigner en Cour de Rome , ne peut 
pas réfigner ce même bénéfice en-^ 
tre les mains de l'Ordinaire , qu'il 
n'ait préalablement notifié une ré- 
vocation de la procuration par lui 
envoyée i Rome. 

Quand le réfignacaire , après 
avoir accepté la réfignation , a laiflTé 
pafier trois ans fans prendre pof- 
feffion 9 on ne peut pas lui réfigner 



une féconde fois le même bénéfice; 
tel eft l'efprit de la règle de publia 
candis , & de Tédit du contrôle de 
1 ^37. Si l'on fait une féconde réfi« 
gnation à la même perfonne , il faut 
faire mention de la preniière pour 
obtenir difpenfe. 

Pour rendre la réfignation vala« 
ble , il fauc que le réfignant , s'il 
eft malade, & qu'il décède de cette 
maladie , ait furvécu yingt jours i 
la réfignation, autrement le bénéfice 
y^Qixepcrobuum. 

Dans les réfignations des bé- 
néfices , tels que les Cures > Prieu^ 
rés ou Chapelles, il n'eft pas be* 
foin d'autre publication que celle 
qui fe fait en prenant pofiefiion pu** 
bliquement , un jour de Fête ou de 
Dimanche , à l'idue de la MefTe 
ParoiflSale ou des Vêpres , dont le 
Notaire drefie un aâe qu'il fait fi^ 
gner des principaux babitans. 

L'cdit de 1 (^9 1 veut aufii que le 
réfignataire qui prçnd pofiefiion 
après les fix mois qui lui font ac- 
cordés , Se pendant la vie du réfi- 
Îjnant , fafie infinuer fa prife de poU 
effion tu moins deux jours francs 
avant le décès du réfignant. 

Les mineurs ne peuvent réfigner 
en faveur, de leurs Régens , pré- 
cepteurs i 6c autres perfonnes oui 
peuvent avoir quelqae afcendant iur 
eux. 

On ne peut en réfignant à un 
particulier ^ fe réferver tous les 
fruits du bénéfice } cela ne fe peuc 
faire par forme d'alimens, que quand 
on unit le bénéfice à qifelque Églife, 
Monaftère ou Hôpital. 

Le Bénéficier qui eft en rcam , ne 
peut réfigner en faveur. 

Celui ^ui poflède deux. bénéfices 
incompatibles, peut réfigner le pre- 
mier , lequel devient vacant. 

Tant que la réfignation n'eft pas 



\ 



R E s 

Cdmife, te réfignant j)ieiit révoquer 
fa procuration ad rejignandum , en 
iignifianc la révocation au réfigaa* 
taire. ♦ 

Il faut même obferver que fi la 
réfignation eft en faveur , & que le 
réfignacaixe meure , ou qu'il n'ac- 
cepte pas » k réfignanc demeure en 
pofTemon de^foa bénéfice , fans 
avoir befoin de nouvelles provi- 
fions. 

La réfignacion pour caufe de per- 
mutation 9 eft une réfignation mu* 
tuetlo que deux Bénéficiers fe font 
au profit l'un de l'autre. 

Il y a plufieurs fortes de bénéfices 
qui ne peuvet|t être réfignés } de ce 
nombre font les bénéfices confifto- 
riauz ; ou du moins ils ne peuvent 
être réfignés qu'avec la pèrmiflBon 
exprefle , & du confentement du 
Roi. La nomination de Sa Majefté 
eft nécefiaire , de même que fi ces 
bénéfices vaquoient par mort. Âufli 
ces fortes de réfignations font re- 
gardées moins comme des réfigna- 
tions en faveur , que comme des 
démifiions pures & amples faites 
entre les nriains du Roi. 

Lorfque le bénéfice eft éle&if- 
confirmatif par le titre de fa fonda- 
tion, il n'eft jpoint fujet i la réfigna- 
tion. Il y a li-defius un Arrêt du 
Parlement de Befançon du 9 Août 
1709. 

Des bénéfices qui font afFeâés 

Ear leur fondation ou par un ftatut 
omologué à des perfonnes de cer- 
taine qualité » ne peuvent non plus 
être réfignés au préjudice de cette 
affeâation , plufieurs Arrêts l'ont 
ainfi jugé. 

Les Cures de TOrdre de Malthe 
ne peuvent être réfignées fans le 
confentement de l'Ordre » ou du 
moins du Commandeur qui les a 
dans foD patronage* 



R E S ij 

Les prov ifions envoyées de Rome 
pour les bénéfices qui peuvent être 
réfignés , font certihées & délivrées 

f|ar le Banquier au réfignataire j 6c 
elon qu'elles font expédiées, ou en 
forme gracieufe ^ ou en forme 
commifioire , ce dernier prend pof-> 
feffion du bénéfice réfigné , ou de- 
mande â l'Évêque le vya avant de la 
prendre. 
RÉsiGHATioN^fignifie encore abandon- ^ 
nement i la volonté de Dieu. Le 
Chrétien doit avoir une entière refi^ 
gnation à la volonté de Dieu. Ilmow- 
rut avec beaucoup de réjignation. 

Les deux premières fyllabes^ font 
brèves , la troifième longue, & les 
autres brèves au fingulier » mais la 
dernière eft longue au pluriel. 
Mouillez gn. 
RÉSIGNÉ , ÉE ; participe paflif. Mou- 
rir bien réfigné à la volonté de Dieu. 

Voy. RÉSIGNER. 

RÉSIGNER î verbe aftif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel Te con- 
jugue comme Chanter. Rejignare, 
Se démettre d'un office, d'un béné- 
fice en faveur de quelqu'un. // a ré* 
Jignéfi charge à fon neveu. lia réjîgné 
Ja Cure à, fon Vicaire. 

RÉSIGNER , s'emploie aufii abfolu* 
menr » & alors on entend ordinai- 
ment parler d'un bénéfice. Il mourut 
deux jours aprh avoir refgné. 

On dit, réfignerfon ame à Dieu j 

I)ourdire, remettre fon ame entre 
es mains de Dieu, Et fe réfigner ^ 
la volonté de Dieu ; pour dire , s'a^ 
bandonner, fe foumettreâ la volonté 
de Dieu. 

Les deux premières fyllabes font 
brèves r ic \i troifième longue ou 
brève. Voye\ Verbe. 
On prononce rÀ//ï/Vr. 
RÉSILIATION i fubftantif fémion 
& terme de Palais. Réfolution d'un 
aâet La réfiliatioa du contrat de 



u 



RES 



vente. Il demandoit la rcjiliaàon du 
bail. 
RÉSILIÉ , ÉE j participe paffif. Fcye[ 

Résilier. 

RÉSILIER ; verbe adif de la pre- 
mière coujugaifon , leqael fe con- 
jugue comme Chanter, Caflfèr » 
annuUer un aâe. Réjîlier un bail. 
Réjilier un contrat de vente. 

BÉSINE ; fubftantif féminin. Refîna. 
Matière inflammable , gratTe & 
Cn£bieufe qui coule ^ qui fort de 
.cercains arbres tels que le pin , le 
fapin 9 le lentifque » le térébinthe , 
&e. 

Les réfinei font employées i 
beaucoup d'ufages ; celles qui font 
très-communes fervent à faire des 
flambeaux & à goudronner les na- 
vires & les bateaux \ celles qui font 
belles & tfanfparentes encrent dans 
la compo/icion des vernis. Il y en a 
un très-grand nombre dont on^ fe 
fert en médecine, foit â l'extérieur, 
comme celles qui entrent dans les 
<>nguens & emplâtres , foit a Tinté- 
rieur , comme les réfines de fcam« 
monée , de jalap, de turbit qui font 
purgatives : d'autres dont 1 odeur 
icft très-agréable » telles que le ben* 
join & le ftorax qui font employés 
dans les parfums , &c. 

Les deux premières fyllab^ (ont 
trêves & la troisième très brève. 
Prononcez riiinc. 

RÉSINEUX , EUSE ; adjeftif. Refi- 
aofus. Qui produit la réfine ou qui 
en a qnelque qualité. Lefapïnejlun 
bois refineux. Une fubjlance ré/i- 
neufel Ce bois a une odeur réji- 
neufe^ * " 

RESINGUE ; fubftantif féminin & 
terme d'Orféyres. Sorte d'inftru- 
ment fur leqael on met une pièce 
pour la relever, La refingue nejl au- 
tre chefiqu une branche de fer foia- 



RES 

tue & pRée par un bout y& arfûndU & 
courbée par l'autre. 

RÉSIPISCENCE; fubftantif féminin. 
Refipifcentia. Reconnoi (lance de fa 
faute avec amandement. Lajeunejfe 
ejl emportée j mais l'âge la fait venir 
à réjipifcence. A-t il donné des preuves 
de fa réjipifcence. 

Prononcez ré^ùpVfanfe. 

RÉSISTANCE ; fubftantif féminin. 
Qualité par laquelle un corps » une 
chofe réufte au choc , i l'effort » à 
l'impreftion d'un autre corps. 

Pour avoir une idée de la réfif- 
tance ties parties d'un corps folide» 
il faut fuppofer d abord un corps 
cylindrique fufpendu verticalement 
par une de fes bafes , en forte que 
fon axe foit vertical & que la Mfe 
par laquelle il eft attache « foit ho- 
rifontale. Toutes ces parties étant 
pefantes tendent en bas & tâchenc 
de féparer les deux plans contigus 
où le corps eft le plus foible \ mais 
toutes les parties ré(iftent â cette 
féparation par leur force de cohé- 
rence & par leur union : il y a donc 
deux puifTances oppofées , favoir, le 
poids du cylindre qui tend â la frac- 
ture , & la force de la cohé(ion 
des parties du cylindre qui y réfif- 
tent. 

Si l^on augmente la bafe du cy- 
lindre fans augmenter fa longueur ^ 
il eft évident que la réfiftance aug- 
mentera à raiion dé la bafe > mais 
le poids augmentera aufti en même 
raifon. SiTon augmente la longueur 
du cylindre fans augmenter la bafe, 
le poids augmentera, mais la ré- 
fiftance n'auemenccra pas *, confé- 
quemment la longueur Je rendra 
plus foibU» Pour trouver jufqu'à 

• quelle longueur on peut étendre un 
cylindre d'une matière quelconque, 
fans qu'il fe rompe, il faut prendre 
un cyiindre de la même matiè|:e , 



RES 

0C y attacher le plus grand potds 
qu'il foit capable de porter fans fe 
xompre ^ & on verra par là de com- 
bien il doit être alongc pour être 
rompu par un poids donné. 

Si deux cylindres de la même 
matière , ayant leur bafe & leur 
longueur dans ia même proportion, 
font fufpendus horifontalement ^ il 
«ft évident que le plus grand a plus 
de poids que le plus petit » par rap- 
port â fa longueur & à fa bafe; 
mais il aura moins de réfiftance â 
proportion j car fon poids multi- 
fAié par le bras du levier, eft com- 
me la quatrième puiflance d'une de 
ifes dimenfions » Se fit ré/iftance qui 
«ft comme fa bafe , c'eft-à-dire , 
comme le carré d'une de fes dimen- 
£ons , agit par un bras de levier 

Sui^ft comme cette même dimen- 
on , c'eft-à-dire j que le moment 
de la réfiftance n'eft que comme le 
cube d'une des dimenfions du cy- 
lindre } c'eft pourquoi il furpaflèra 
le plus petit dans fa mafTe & dans 
fon poids j. plus que dans fa réfif- 
tance, & conféquemment il fe rom- 
pra plus aifément. 
. Ainfi nous voyons qu'en (ai fan t 
des modèles & des machines en 
petit , oh efl bien fujet â fe trom- 
per en ce qui regarde U rcfiflance 
Se la force de certaines pièces ho- 
rifontales, quand on vient à les exé- 
cuter en grand , & qu'on veut ob- 
ferver les mêmes proportions qu'en 
petit. 

Voici les lois de la réfiftance des 
milieux fluides les plus générale- 
ment reçues. Un corps qui femeut 
dans cm fluide » trouve de la réfif- 
tance par deux caufes : la première 
eft la cohé(ion des parties du fluide; 
car un corps qui dans fon mouve- 
ment fépare les parties d'un li- 
. quide , doit vaincre-la force avec 
Tome XX r^ 



RES 17 

laquelle ces parties font cohéren- 
tes. 

La féconde eft Tinertie de la ma- 
tière du fluide qui oblige Je corps 
d'employer une certaine force pour 
déranger les particules» afin qu'elles 
le laiflent pafler. 

Le retardement qui réfulte de la 
première caufe , eft toujours le 
même dans le même efpace , rant 
que ce corps demeure le même , 
quelle que foit fa vîtefTe; ainfî la 
réfiftance eft comme Tefpace par- 
couru dans le même temps » c'eft-a- 
dire , comme la vîtefTe. 

La réfiftance <)ui naît de la fé- 
conde caufe, quand le même corps 
k meut avec la même vîteffe k rra- 
vers difFérens fluides ,fuit la pro- 
portion de la matière qui doit être 
dérangée dans le même temps, c'eft- 
à*dire , elle eft comme U denfité du 
fluide. 

Quand le même corps fe mettt ï 
travers le même fluide avec difl^é* 
rentes vîtefTes , cette réfiftance croît 
en proportion du nombre des parti* 
cules frappées dans un temps égal, 
& ce nombre eft comme Te fpace 
parcouru pendant ce temps , c'eft-» 
a-dire j comme la vitelfc ; mais de 
plus elle croît ep proportion de la 
force avec laquelle le corps hetirre 
contre chaque partie , & cette 
force eft comme la vitede du 
corps ; par conféquent fi la vîtefle 
eft triple , la réfiftance eft triple à 
caufe d'un nombre triple de par- 
ties que le corps doit écarter ; elle 
eft aufli triple i caufe du choc trois 
fois plus forr dont elle frappe cha- 
que particule ; c'eft pourquoi la ré- 
fifliance totale eft neuf fois auffi 
grande , c'eft - à - dire , comme le 
carré delà vîtefl^e; ainfî un corps qui 
fe meut dans un fluide « eft retardé 
partie en xaiibn fimple de la virefTe^ 

C 



f8 



RES 



& partie en raifon doublée de h mê- 
me vîcefTe. 

La réfiidance qui vient de là co- 
héHon des parties dans-les fluides , 
excepté ceux qui font glutineuz , 
n'eft guère fenubie en comparaifon 
-de l'autre léflftance quieft en raifon 
des carrés des vîteUes ; plus la vî* 
teffe efk grande , plus les deux té- 
fiftances (ont différentes ; c*eft pour- 
quoi dans les mouvemens rapides il 
ne faut confîdérer que la réfiftance 
qui eft comme le carré de la vi- 
tede. 

Les retardeméns qui naiflent de 
la réfîftance , peuvent être comparés 
avec ceux qui naiflfent de la pefan- 
teUr, en comparant la réfiftance avec 
la pefanteur. 

La réfiftance d*un cylindre qui fe 
meut dans la diredtion de fon axe » 
eft égale à la pefanteur d*un cylindre 
de ce fluide dans lequel le corps 
eft mu y qui auroit fa bafe égale à 
la bafe du corps , 8c fa hauteur éga- 
le à la hauteur d*où il faudroit 
qu'un corps tombât dans le vide , 
pour acquérir la vîtefle avec la- 

Suelle le cylindre fe meut dans le 
uide. 

Un corps qui defcend librement 
dans un fluide y eft accéléré par la 
pefanteur relative du corps qui agir 
continuellement fur lui , quoique 
avec moins de force que dans le 
vide. La réfiftance du fluide occa- 
fionne un retardement, c'eft-à-dire, 
une diminution d'accélération , & 
cette diminution eft comme le carré 
de la vîtefle du corps. De plus il y 
a une certaine vîteOê qui eu la plus 
grande qu'un corps puifle acquérir 
en tombant ; car ii la vîtefle eft 
telle que la réfiftance qui en refaite 
devienne égale à la pefanteur rela- 
tive du corps , fon mouvement cef- 
fera d'être accéléré. £n effet le mpu- 



RES 
▼emenr qui eft engendré contlntfelt* 
lement par la gravité relative » fera 
détruit par la réfiftance » Se le corps 
fera forcé de fe mouvoir uniformé- 
ment. Un corps approche toujours 
de plus en plus de cette vîtefle qui 
eft la plus grande qui foie pom- 
ble , mais ne peut jamais y at- 
teindre. 

Quand les denfités d'an corps 
fluide font données , on peut con- 
noître le poids refpedif du corps -, & 
en connoiflant le diamètre du corps 
on peut trouver de quelle hauteur 
un corps qui tombe dans le vide , 

i)eui acquérir une vîtefle telle que 
a réfiftance d'un fluide fera égale à 
ce poids refpedkif j ce fera cette vî- 
tefle qui fera la plus grande donc 
nous venons de parler. Si le corps 
eft une fphère , on fait qu'une 
fphère eft égale â un cylindre de 
même diamètre , dont la hauteur 
eft les deux tiers de ce diamètre ; 
cette hauteur doit être augmentée 
dans la proportion dans laquelle le 
poids refpeâif du corps excède le 
poids du fluide , afin d'avoir la hau- 
teur d'un cylindre du fluide donc 
le poids eft égal au poids refpeétif 
du corps. Cette hauteur fera celle 
de laquelle un corps tombant dans 
le vide , acquiert une vîteffe telle 
quelle engendre une réfiftance* égale 
à ce poids refpeûifi & c'eft par 
conféquent la plus grande vîteflfe 
qu'un corps puifle acquérir en tom- 
bant d'une hauteur infinie dans un 
fluide. Le plomb eft onze fois plus 
pefant que l'eau ; par conféquent > 
fon poids refpeâit eft au poids de 
l'eau , comme dix font à un : donc 
une boule de plomb » comme il pa- 
roit par ce qui a été dit, ne peut pas 
acquérir une vîtefle plus grande en 
tombant dans l'eau j qu'elle n'en 
acquerroiten tombant dans le vide 



RE s 

d'une hauceat dé ^f fois foh dia- 
mètre. 

Un corps qui eft plus léger qa*unâui- 
de&qui monte dans ce fluide par l'ac- 
tion de ce âuide/e meut exaâement 
• par les mêmes lois qu^un corps plus 
pefânt qui tomberotr dans ce fluidp* 
partout où vous placerez le corps j 
il eft foutenu pir ce fluide , & em- 
porté avec une force égale à 1 excès 
du poids d'une quantité du fluide 
de^mènie volume que le corps fur le 
poids dû corps. Cette force agit con- 
tinuellement & d'une manière uni- 
forme fur le corps ; par là , non feu- 
lement laâion de la gravité du 
corps eft détruite ; mais le corps 
tendauffi â fe mouvoir en enhaut, 
par un mouvement uniformément 
accéléré , de la même façon qu'un 
corps plus pefant qu'un fluide tend 
à defcendre par fa gravité refpec- 
tive. Or , l'uniformité d'accéléra- 
tion eft détruite de la même ma- 
nière par la réûftancé dans Tafcen- 
fion d'un corps plus léger que le 
fluide , comme elle eft détruite 
par la defcente d'un corps plus pe- 

• ianr. 

Quand un corps fpécifiquement 
plus pefant qu'un fluide, y eft j^té^ 
il éprouve du retardement par deux 
raifons ; par rapport d la pefanteur 
du corps , & par rapport 1 la réfif- 
- ftance du fluide : cohféqaemment 
un corps moate moins haut qu'il ne 
feroit dans le vide, s'il a voit la me- 

• me vîtefTe. Mais les différences des 
c hauteurs aux^iuelles un corps s'élève 

dans un fluide , d'avec celleà la- 

c quelle un corps s'élèveroit dans le 

vide avec la même vîtelfe , Toht en- 

tr'elles en plus grand rapport que 

les hauteurs elles-mêmes ; & fi les 

• hauteurs font petites , les différen- 

. ces font, â peu près» comme les 

carrés des hauteurs dans le vide. 



ft E S I ^ 

RisisTANCE , fe dît auflî de la défenfe 
que fpnt les hommes , les animaux 
contre ceux qui les attaquent. On 
croyait emporter cette place (t emblée^ 
mais les ennemis y firent une vigou^ 
reufi réfiftance* Le Gouverneur Je rên^ 

' dit /ans relance. 

RÉSISTANCE , fignifie encore » oppo* 
(ition aux defleins , aux volontés » 
aux fentimens d'un autre. La vérité 
trouve fouvent de la réfiflance dans 
' notre cœur. Il veut être obéi fans r/- 
Jtftance. San avis a prévalu malgré la 
féfiftance que le Chef de là Compagnie 
y a faite. 

Dans Tes premiers tranfports Tamoar im<« 
pécueuz » 

S*irrice par la réfiftaocc. 

Corneille» 

Les deux prehiièlés fyllabes font 
brèves, la troifième longue^ & la 
quatrième très-brève. 

RESISTER \ verbe neutre de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fé con- 
jugue comme Chanter. Hç^«rrtf. 
Il fi^ie proprement d'un corps qui 
ne cède pas au choc , â l't^ort , 1 
l'impreflion d'un autre corps. Il ny 
a point de fortifications qui puijjinc 
refificr à l'artillerie. Il y a long- temps 
que les pyramides d'Egypte réfifient 
aiix injures du temps. Cesfouliers ré-* 
fi fient à Veau. ' 

Résister, fignifi« àufli fe dépendre, 
oppofer la force à la force. Cette 
Brigade réfifia vigoureufement. La 
citadelle n'a réfifiéque huit jours. 

On dit encore , qu'w/i cheval ré^ 
fifie au cavalier ; pour dire , qu'il 
n'obéit qu'avec peine. 

Résister, fignifie auflî s oppofer aux 
defleins , aux volontés de queU 
qu'un , tenir ferme contre quel- 
que chofe de fort , de puiflant. // 
ne permettra pas que vms lui réfif'* 
tier.'Ellc cro'u que perfonne ne peut 
Cij 



a^ H Ê S 

M réJtJkr.RéJiJler à PamounRJjifr 
ter à la tentation. Toute l^AffembUe 
réjifte à votre avis. 
Résister , fignifie encore fttpporcer 

. facilement la peine, le travail ^ fc 

^ il fe dit des hommes & des ani- 
maux. Il fait une chaleur à laquelle 

. il eft difficile de refiler. Les chevaux^ 
entiers réjiflent mieux à la fatigue que 
les chevaux hongres. 

Dans le fty le familier ^ ea parlant 
de quelque^ incommodité .qu*on a 
peine i fopporter ^^ on dit , qu'on 
ri y peutjxlus ré fi fier. Il tient des dlf 
cours auxquels il ny a pas moyen de 
réjifier. 

Les deux {premières fyllabesfbnt 
brèves, & la troidème longue ou 
brève. Voye\ Vïrbe, 

RÉSOLU >, UE î participe paffif, 

.^Oy^^ RésOWDREè . 

RisoLTj ^ s'emploie aulll adfeâive- 
ment Se fignine , déterminé , har^^ 
di. // a une femme réfolue qui ne le 
. craint pc^s. 

Il s'emploie encore fubftantive^ 
. ment, yous faites bien le rtfblu. Il 
r eft dti fty k Éamijier, 

On dit proverbialement & en 
plaifantant aun homme hardi , dé- 
eifif & entreprenant > quW efi ré- 
fhlu comme Bartole^ ' 

Les trois, premières fyllabes fcmc 
brèves au (ingulier , mais 1^ demie- 
^ r^ eft k)nga(3 au pturiel & au fémi- 
nin. 
RÉSOLVANT, ANTE ; ad|eaif. 
Qui céfout» Je le trouvai réfohantla 
. difficulté. 

Il s'emploie auSî fubftantivement 
d'ans le dulaâique pour figniiier ce 
qui réfour. Ç'eftunréfolvàru. 
ÎCÉSOLUBLE ; adjeûif des deux 
genres & terme dida^ique» Que 
refolvipoteft. Qui peut être réfolu..Il 
le dit principalement en Mathéma- | 
. tiç^ues^dcs ciiieftions.&; problèmes [ 



RE S 

dont on peut trouver laibktioii (NUf 
quelque méthode connue* Le pro^ 
blême de la quadrature du cercle proie 
réfolu s'il avoit été réfoluile, 

RÉSOLUMEIÎT^ adjeôif. AbJblutK 
Abfolument , avec une réfolution 
^fixe & dcferœinée» Elle veut réfo" 
lument l'époufer^ 

Résolument ,, £gnifie auflî $ hardi- 
ment, avec coarage, avec intré- 
pidité. Ils montèrene réfolament it 
tajfaut. il leur parla réfolument. 

RÉSOLUTIF , IVE } adiedif c^t 
s'emploie aufld fubftantivement & 
terme de Pharmacie. Qui réfour 6c 
diflSpe une humeur peccante; 

Les réiblutifs les plus doux qui 
poffédent des panies aélives j capa- 
bles d'atténuer les humeurs, & de 
donner du reffort aux vailTeaux ^ 
joints à des mucitages adbuciiTans^ 
& émolliens , font les fleurs de 
mélilot , de fureau , de camomille ,. 
de Safran } les farines de lifi, de^ 
froment , de feigle , d'orobes , de 
luDÎns , de fèves. Les plantes vuU 
neraires & légèrement aromatiques 
vi^nnept enfuite r&.enftn tes aro- 
matiques aftringens i & tous les re» 
médes corcoborans & toniques , qui 
donnent beaucoup de reÔbrt aux 
vaiû[eai^x j font des réjhlutifs ptusf 
aétifs. Le camphre eft unexcellenc 
remède » attéquant , calmant & 
réfolutif. Tous les livres enfeignenc 
la méthode de préparer ces médi- 
camens y & d'en faire des fomea^ 
tarions ^ des catapUfmes , S^c. Les^ 
emplâtres £bndans font réfolutifs^ 
aomme les emplâtres de ciguë',, 
de favcKv, de diabocanum > de vigo ^ 
avec ou fans mercure. Le mercure 
eft le plus puiflani rcf/b/ttTz/que loa 
connoiflfè. 

RÉSOLUTION i^ fubftantif féminin. 

. Solution Décifion d'Unc qtieftion ,. 

d'una difficulté*. Il a donné une ré^ 



RES , 

' folution favanù fur cette difficulté. 
Cela peutftryir à la réfolution de ce 
problème. Réfolution d*une quefiion 
de Pkilofophic j dun cas de con» 
fcience, 

RésoiuTiOM , fignifie auffij deflein 
que Ton forme , que l'on prend. 
L'amour efifécueil des plus fortes 
réfolutions. Il a pris fa réfolution. Il 
fitja réfolution de refier à Paris juf 
quà ce que fon procès fût jugé. Ce- 
toit une affaire dont il ne pouvoit for- 
tir que par une réfolution hardie. 

RÉSOLUTION ^ fignifie encore , fer^ 
mecé, courage. Pour être capable de 
renoncer au monde à fon âge ^ il faut 
bien de la réfolution. En ce fens on 
dit , qaun homme a de la réfolution ; 

Four dire , qu'il a du courage. £c 
on dit j qu'«/2 homme efi homme de 
réfolution , que c*eft un homme de ré- 
folution; jfom dire, qu'il exécute 
avec beaucoup de courage , avec 
beaucoup de fermeté , les réfolu* 
tions qu il a prife». 
Resolution » fe dît aufe en termes 
de Chimie, de la téduâion dW 
> corps en Tes premiers principes. La 
réfolution des corps en leurs élémens^ 
€n leurs principes. 

On dit, la réfolution d'un baîl^ 
£un contrat ^ pour dire^ la caiïà- 
tion d'un bail , d'un contrat, foît par 
le ctmfencement des parties, foitpar 
l'autorité des Juges. 

On dit , la réfolution Jttmt tumeur^ 
£un calus , en parlant d'une tu- 
meirr , d'un calus oui fe réfouc , qui 
fe difHpe par l'anenuation de rbu- 
meur oui le formait » & parceque 
cette même humeur s^eft évacuée 
en partie par la tranfpiration , & 
qu'elle eft rentrée en partie dans-Ia 
▼oie de la circulation. 

Tout eft bref au finguKer , mais 
la dernière fyllabe eft longue au 
lluriel^' 



'» 



RES îi 

Différences relatives entre rf/â- 
Jion de réfolution. 

La décifion eft iin afte de refprir, 
& fuppofe Texamen. La réfolution 
eft un aâe de la volonté , & fup- 
pofe la délibération. La première 
attaque le doute , & fait qu'on fe 
déclare. La féconde attaque l'incer- 
titud'e & fait qu'on fe détermine. 

Nos décifons doivent être juftes,» 
pour éviter le repentir. Nos réfolu^ 
//(7nj doivent être fermes, ponrévi-» 
ter les variations. 

Rien de plus défagréable pour 
foi- même & pour les autres , que 
d'être toujours indécis daiïs les af- 
faires, & irréfolu dans les démar- 
ches. 

On afouvent plus d'embarras & 
de peine à décider fur le rang & fur 
la prééminence que fur les mtétcts 
folides & réels. 11 n'eft point de r/- 
folutions plus foi blés que celles que 
prennent au confeffional & au lit le 
pécheur & le malade; l'occafîon 
& la' famé rétablilTent bientôt la 
première manière de vivre. 

Il femble que la réfolution em- 
porte la décifion \ & que celle - ci 
puiflTe être abandonnée de l'autre , 
puifqu'il arrive quelquefois qu'on 
n'eft pas encore réfolu a entrepren- 
dre une chofe pour laquelle on a 
dé/1 décidé; la crainte , la timidité 
ou quelqu'autre motif s'oppofant k 
l'exécution de l'Arrê.t prononcé. 

11 eft rare que les déctfions aient 
chez les femmes d'autre fondement 
que l'imagination & le cccur. Eiti- 
vain les hommes prennent des réfo^ 
luttons \ le goût & rhabîtitde trioiti- 
phent toujours de leur raifon^ 

En fait de fcience, on dîr, fx. 
décifion d'une qireftion , & la réfo^^ 
ktion d'une difficulté. 

C'eft ordinairement ou Ton décS^ 
de ie plus qu'on prouve le motus;. 



i^ RES 

Quoiqu'un rcpjn^ic dans les écoles 
à toutes les difHculiés^ on y en 
résout très peu. 

RÉSOLUTOIRE ; adjeftif dés deux 
gentcs. Diremcorius. Tetme de Pa- 
lais , qui le dit des aâes , des con- 
ventions par lefquedcs les parties 
consentent qu'une précédente con- 
vention n'aura point d'exécution. 
Une claujc réfolutoire. 

RÉSONNANCE j fubftantîf fémi- 
nin. Prolongement ou réflexion du 
fon , foit par les vibrations conti- 
nuées des cordes d'un inftrument, 
foit par les parois d'un corps fono- 
re s loit par la collision de Tair ren- 
fermé dans unJnftrument a vtnr. 

Les voûtes elliptiques & parabo- 
liques réfonnent , c'eft-à-dircj ré- 
âéchitTent le Ton. 

'Selon M. Dodarc, le nez, la 
bouche j ni fes parties ^ comme le 

{>alais , la langue j les dents , les 
èvres , ne contribuent en rien au 
ton de la voix \ mais leur effet eft 
bien grand pour la rifonnahce. Un 
exemple bien fenfîble de cela fe 
tire a un inftrument d*acier appelé 
trompe de Bearn ou guimbarde ; 
lequel « (i on le tient avec les doigts 
& qu'on frappe fur la languette « ne 
rendra aucun fon \ mais fi le tenant 
entre les dents on frappe de même , 
il rendra un fon qu'on varie en fer- 
rant plus ou moins » & qu'on en- 
tend d'aflez loin , furtout dans le 
bas. 

Dans les inftrumens à cordes, 
tels que le clavecin , le violon , le 
violoncelle, le fon vient unique- 
ment de la corde \ mais la rélon- 
nance dépend de la caifTe de l'inf- 
trument. 
RÉSONNANT , ANTE j ^adjeûif. 
Rejonans. Retentiflant , qui'renvoie 
le fon. Les voûtes elliptiques & pa- 
raioli^ues font fon réfonnantes* 



RES 

On dît auffi , qu'a/i^ voix eft Claire 
& réfonnante ; pour dire , qu'elle 
rend un grand fon , qu'elle rend 
beaucoup de fon. 

On dit dans le même fens , c^uun 
luth , qu'un violon eji bien refont 
nant. 

RÉSONNEMENT i fubftamif maf- 
culin. Retentiflement, fon renvoyé. 
Le réfonnement de cette voûte nuit à 
la voix y & fert aux inftrumeris. 

RÉSONNER i verbe neutre de la 
première conjugaifon , lequel fe 
conjugue comme Chanter. Refo*, 
nare. Retentir , renvoyer le fon. 
Les appartemens où il ny a point de 
meubles réfonnent mieux que ceux qui 
font meublés. Autrefois les échos re- 
fonnoient des plaintes amoureufes des 
bergers* Tout réfonnoit du bruit des 
eors , des trompettes. ■ 

On dit âgurémcnr , tout réfonnc 
du bruit dejes lonanges , du bruit de 
fes exploits. 

Oo dit, qu*ii/itf voix y une cloche ^ 
un clavecin , &e. réfonnent bien dans, 
un certain lieu ; pour dire i qu'ils y 
rendent un grand fon, beaucoup de 
fon. 

Les deux premières fyllabes font 
brèves, & la troifième longue oa 
brève. fCoye{ Verbe. 
On prononce re\oner. 

RESOUDER i verbe adif de la pre- 
mière conjugaifon ,. lequel fe con- 
jugue cortime Chanter. Iterùmfer* 
ruminare. Souder de nouveau. Ces 
tuyaux de fontaine ne gardent pas 
l'eau j il faut les refouder. 

RÉSOUDRE; verbe:aaif irréguUer 
de la quatrième conjugaifpn. Sta^ 
tuere. Uécider une difficulté » une 
queftion. Cette que/iion eft difficile à 
réfoudre. V algèbre fert mervtiUeufe^ 
ment à réfoudre les problèmes , foie 
numériques , foit géométriques, la 
Sorbbnne a refolu la difficultés 



RES > 

lli^ôtrfiits , (îgnifie auflS ^ caâèc , aa« ' 
nuUer./d confins à réfi>udre U bad^ 
U contrat. Voulc:^yous que nous ré- 
folvions le traité. 

RâsouDRB , (ignîfie encore^ amollir j 
difliper ; ic il fe die le plus fouvent 
des homears qui s'épaifliiTent & 
sVndurcilTenc en quelque partie du 
corps. Le mercure eji un excellent re^ 
mède pour réfoudre les tumeurs yéné- 
riennes & firophuleufis. 

RESOUDRE y fîgnifie auffi réduire. La 
chaleur réfi>ut la glace en eau. En ce 
fens il ne s'emploie qu'avec la par- 
ticule en. 

RisouDRE , Hgnifie encore » détermi- 
ner quelqu'un 'â quelque chofe. On 
na jamais pu la réfoudre à l'épou^ 

• fer. Je l'ai réfolu à vendre fa terre 
pour payer fis dettes. 

II fe dit aulfi des chofes » dans le 
fens de déterminer. On ne dit pas 
encore ce qui a été réfolu dans cette 
jiffèmblée. Il prétend que vous ave\ 
réfolu fa ruine. 

Il Hgnifie encore détetminer , ar- 
rêter de faire. // a réfolu d'aller 
pajfer l'hiver en Italie. Nous réfolu-- 
mes d^ établir enfimhle une Manufac- 
ture de drap. 

Se résoudre, verbe pronominal ré- 
fléchi , fignifie , fe déterminer. // 
ne peut pas fe réfoudre à vous quit- 
ter. Il faut que vous vous réfolvie^ à 
finir cette affaire. 

Se résoudre , (îgnifie auffi fe rédui- 
re. Le brouillard fe réfout en eau. Le 
bois qiCon brûle fi réduit en cendres & 
enfumée. On die â peu près dans le 
même fens en termes de Philofo- 
phie , qu'/z/2 'corps fe réfout en fis pre- 
miers principes^ 

Se RÉSOUDRE , fîgnifîe encore, s'a- 
mollir , fe diffîper. La tumeur com- 
mence àfe réfoudre. 

Conjugaifon des temps irrégu- 
liers du verbe Résoudre. 



RES - »5 

Le préfenc , l'imparfait , le futur 
& le conditionnel préfent de Tindi- 
caeif , le préfent de l'imparfait , ce- 
lui du fubjonaif & le ge^rondif , fe 
conjuguent comme les temps pa- 
reils du verbe Absoudre. Foye:^^ ce 
mot. 

Prétérit DÉFim de l'indicatif. 
Singulier. Je réfolur» tu réfolus , il 
réfolut. 

Pluriel, Nous réfolûmes , vous^ 
réfolûtes, ils réfolùrent. 

Les deux premières perfonnes du 
(ingulier, ont les deux premières 
fyllabes brèves , & la troiuème lon- 
gue. La troifième perfonne a fes 
trois fyllabes brèves. 

Les trois perfonnes du pluriel ont 
les deux premières fyllabes brèves » 
la troifième longue & la quatrième 
très-brève. 

Imparfait du subjonctif. «S//7« 
gulier. Que je réfolufle » que tu ré- 
foluffes, qu'il réfolûe. 

Pluriel. Que nous réfoluffions » 
que vous réfoiuiliez, qu'il réfo- 
luflent. 

Les deux premières perfonnes du 
fingulier » & la troifième du pluriel^ 
ont les deux premières fyllabes brè- 
ves , la troinème longue & la qua- 
trième très-brève. La rroifième per# 
fonne du fingulier a les deux pre- 
mières fyllabes brèves & la troifiè* 
me longue. Les deux premières per- 
fonnes du pluriel one les trois pre- 
mières fyllabes brèves, & la qua- 
trième longue. 

Ce verbe a deux participes paf- 
fifs : l'un fait réfolu y au mafculin , 
& réfolue au féminin. // avoit réfo^ 
lu , elle étoit refolue^ &c. Foye:^ Ré- 
solu en fon ordre. 

L'autre participe fait refous: il 
n'a d'ufage qu'en parlant des chofes 

S|ui fe changent , qui fe convertif- 
ent en d'autres ^ & il ne f e die 



U RES 

point aa féminin. Le brouillard sUJl 
réfous en pluies 

La première fyilabeeft brève, & 
la féconde longue. 

Prononcez résoudre , re\oudre\ 
réfolvais , icc. 
RESPECT i fabftancif mafculin. Fe- 
' neratio* La vénération , la déféren- 
ce qu'on a pour quelqu'un , pour 
quelque chofe > à caufe de Ton excel* 
leiice , de fon caraâère , de fa qua- 
lité. 

Le refped eft un aveu de la fupé- 
riorité de quelqu'un , dit un Aca- 
démicien Philoiophe. Si la fupéfio- 
rité du rang fuivoit toujours celle 
da mérite, au qu'on n'eût pas pref 
crit des marques extérieures de ref- 
pcâ: , fon objet feroic perfonnel , 
comme celui de Teftime ; & il a dû 
Terre originairement, de quelque 
nature quait^té le métice de mo- 
de. Mais comme quelques hommes 
n'eurent pour mérite , que le crédit 
de fe maintenir dans l'es places que 
leurs aïeux avoient honorées , il ne 
fut plus dès-lors poflible de confon- 
dre la perfonne dans le refpeélque 
les places exigeoienc Cette diftinc- 
rionfe trouve aujourd'hui (î vulgai- 
rement établie qu'on voie des hom- 
mes réclamer quelquefois pour 
leur rang , ce qu'ifs n'oferoîent pré- 
rendre pour eux mêmes. Vous de- 
vez , dit-on humblement , du ref- 
peft i ma place , à mon rang : on 
le rend alTez de juftice pour n ofer 
dire i ma perfonne. Si la modeftic 
fait tenir le même langage , elle ne 
l'a pas inventé ; & elle n*auFoit ja- 
mais dû adopter celui de l'aviliflTe- 
' menr. 

La même réflexion Jît compren- 
dre que le refpeâ; , qui pouvoir fe 
refufer à la perfonne , malgré Télé* 
vation du rang , devoir s'accorder , 
maigri l'abaiflement de 1 état , à la 



RES • 

(iipérîorité du mérite ; car le téù 
peâ: y en changeant d'objet dans rap* 
plication , n*a point changé de na- 
ture, & n'eft dû qu'à la fupériorité. 
Ainfi il y a depuis long-temps deux 
fortes de refpeâ j celui qu'on doit 
au mérite , 6c celui qu'on rend aux 
places , à la naiflance. Cette der- 
nière efpèce de refpeâ: n'eft plus 
qu une formule de paroles , ou de 
geftes. 

Quand on veut dire quelque 
chofe qui pourroir choqutr ceux 
devant qui on parle , on dit par 
adouciffement dans le ftyle familier, 
faufle rtfpccl que je dois à la com^ 
pagnie j avec le refpecl que je dois à 
la compagnie , cela ntfi pas exadt^ 
ment vrai. 

On dit au Palais $ fauf le refpeâ 
de la Cour ^ ce fait efi abfolument 
faux. 

0\\ appelle/rVi^ de refpeB^ un lieu 
où l'on doit être dans le refpeâ:. Le 
temple du Seigneur efi un lieu de rcj^s 
pcà. 

On dit d'un homme puiATant , & 
qui fe fait craindre , que c*efi un 
homme qui fe fait porter refpeâ. Ec 
l'on dit d'une place de guerre, qu'^/^ 
le tient Vtnnepii en refped, ; pour 
dire ^ qu'elle empêche les courfes 
des ennemis, ôc qu'ils craignent 
de l'attaquer. 

Respect , ou Respect humain , fo 
dit des égards que l'on a pour le ju- 
gement des hommes. 

Dans les derniers cnomefls la conCcience 

prcflc. 
Pour rendre compte à Dieu tout rcfpe£b 

humain celle. 

Corneille. 

On dit . en rermes de compli- 
ment ^ ajfurer quelqu'un de fon ref- 



RES 

Jpe2 ^ itfcs rtfpeêls , de fis trcS'» 
humbles refpeàs. E: Ton dit , rendre 
fis refpe3s^fis très-humbles refp'ccls 
à quelquun^ pour dire , lui rendre 
viuce pouJ l'alTucec de Tes refpeâs , 
de fon refpeâ* 

On die , perdre le refpeà à quei^ 
quun ; poar dire , lui manquer de 
refpeâ; , faire ou dire quelque cho- 
fe contre le refpeâ qui lui eft dû. 
f^ous me perde^ le rejpeà. Il m^a 
perdu le refpeà. Cette phrafe vieil- 
lit. 
Respect , s*eft dit autrefois pour (î- 
gnifier rapport, égard. On difoir 
par exemple, qxxune propqfitîon éeo'u 
vraie & Jauffejbus divers refpeàs. il 
is'eft plus pillé en ce fens. 

Le t final ne fe fait pas fentir. 
Voye:^ Vénération, pour les 
différences relatives qui en dillin- 
guent refpeS. 

RESPECTABLE ; adjcâif des deux 
genres. Venerandus. Qui mérite du 
lefpeâ. Se rendre refpeclahle par fis 
mœurs. Il porte un nom refpeclahle. 

RESPECTÉ , ÉE; participe paffif. 

^ Voy€\ Respecter. 

RESPECTER \ veirbe aâif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fc con- 
jugue comme Chanter. Revereri. 
Refpeâer » honorer , porter ref- 
pcd. Refpeâer les myfieres de la re- 
ligion. Ûétoit un homme dont on doit 
refpeâer la mémoire. Si vous ne ref- 
pc3e7[ point fa perfonnc^ vous deve^ 
du. moins refpeUerfon caractère. 

Respecter , fignifie figurément, épar- 
^er, ne point endommager. Les 
pyramides d^Egyptefont des monu'- 
mens que le temps a refpeàés. Ven- 
vie fitt forcée de refpeâer fon mé- 
rite. 

Se Respecter, fignifie garder avec 

foin la décence & la bienféance 

convenables à fon fexe , à fon âge , 

i fon état. Cetu femme ntferefpeâe 

Tome XXr. 



RES 15 

pas affe\. Si vous voule{ qu'on vous^ 
refpeâe , il faut commencer par vous 
refpeâer vous-même, le fage fakji 
refpeâer. 

RESI^ECTIF , IVE ; adjeûif, Reci- 
procus. Réciproque, relatif ^ qui a 
rapport j qui concerne de part de 
d'autre. Après avoir examiné les 
moyens refpeâifs des Parties De- 
voirs refpeèlijs. Prétentions refptâi* 
ves. 

RESPECTIVEMENT ; adverbe. iî#- 
ciprocè. D'une manière réciproque , 
d'une manière refptâive. Ils ont 
fourni refpeâivtment leurs Mcnioircs. 
La Cour les a maintenus refftciive^ 
ment dans leurs droits. 

On dit quelquefois, en ccnfu- 
rant pludeurs propoficions , c^w'elUs 
font refpcâivement faujfes y fcandj.-* 
leufes^ hérétiques^ téméraires ^ ikc. 
pour dire, qu'il n'y a aucune de 
ces proportions â laquelle quelqu'u- 
ne de ces dénominations ne con^ 
vienne. 

RESPECTUEUSEMENT; adverbe 
Avec refpedl. Répondre refpeâueu-- 
fiment. Illeur parlarefpeâueufement. 
Il s*eji comporté refpcâuefem^nt e/z- 
vers elle. 

RESPECTUEUX, EUSE; adjcaif. 
Reverens.X^\x\ porte tefpeA. Un fils 
doit être .refpeâue^ix envers fon père. 

Respectueux , figniiîe aufli j qui mar* 
Que du refpeâ: , & en ce fens il ^e 
dit des chofes. // lui répondit tn 
termes refpeâueux. Un air refie.^ 
tueux. La Cour arrêta qu'il ferait 
fait au Roi de très humbles & très* 
refpeâueufes remontrances^ 

RESPIRATION; fubftant if féminin, 
Refpiratio. L'Aûion de refpirer , 
la faculté par laquelle on refpire, 
La refpiraticn confifte en deux 
mouvemens oppofés , dont l'un fe 
nomme infpirathn , l'autre expira* 
lion. Pendant l'infpiration , Pair en^ 
D 



^ê RES 

tredans les véficales des ^umons 
parla trachée-artère j & il en fore 
ne nouveau pendant l'expiration. 

Les principaux organes de la rcf- 
piration, font les poumons, la tra- 
chée-artère » le larynx » &c. 

Pour donner une idée de la ref- 
piration , on a comparé la poitrine 
à on foufflet , dans l'intérieur du- 
quel feroir une vedie qui commu- 
ni(}ueroit avec Tair extérieur, & 
• qui ne permettroit pas à Tair de 
s'introduire entr'elle & le foufflet. 
Si Ton élève les parois du ioufikt , 
l'air entre dans la veffie & la dif- 
tend ; c*efl: l'image de Tinfpi ration ; 
Si ces parois s abaiffent d'ellesmè- 
me , l'air eft chaiTé , la veffie eft 
reflerréej k c'eft l'expiration. La 
comparaifon eft parfaite quant â 
VaSet , puifque l'air en entrant 
dans les poumons, les dilate ; mais 
- il y a une caufe qui met le foufflet 
e mouvement , & il faut de même 
dans la poitrine , une caufe capa* 
ble de produire régulièrement fes 
différens mouvemens. 

Quoique les Parties foient dif^ 
pofces de façon à exécuter facile- 
ment les mouvemens d'infpirarion 
& d'expiration j cependant il faut 
remarquer que l'infpiration eft plus 
difficile , & qu'elle a befoin d'une 
~ caufe particulièie pour avoir lieu ; 
l'expiration au contraire eft plus 
facile & plus prompte, 6c elle peut 
être produite par l'abfence des eau- 
{es qui procurent l'infpiration , ainfi 
qu'il arrive dans la dernière expira- 
tion. L'infpiration commence la 
vie ^ & fuppofe une aâion partico- 
lière j l'expiration la termine , & 
eft un état paffif qui dépend înoins 
^'une force particulière que de l'in- 
clination naturelle des côtes, de 
Tefpèce de torfion qu'éprouvent les 
cartilages > 8c de leur ftruâure élaf- 



RES 

tique; il v a cependant des muf- 
cles qui fervent à une expiration 
forte ou forcée. 

Avant de rechercher la caufe ca- 
pable de mettre la poitrine en moa«- 
venoent , & de l'entretenir régu- 
lièremenr dans cet état , il faut ob- 
ferver que la poitrine & le poumon 
fe meuvent en même temps , 6c 
que cependant Tune & l'autre peu* 
vent avoir un mouvement indépen- 
dant., La poitrine ouverte dans un 
animal vivant agit encore , quoique 
le poumon n'agifTe plus. 

On a affigné différenres caufes 
des mouvemei>s de la refpiratien. 

i^. Beliini , & Pitcarn après lui , 
ont regardé les mufclesinfpirateiKs ,, 
comme n'ayant point d'antagonif- 
tes ; & i'ioJpiration étant faite aind 

I»ar la contra&ion de ces mufcles > 
a dirpofîtion des parties procure 
l'expiration qui félon eux ^ doit 
durer jufqu'à une nouvelle adion 
des mufcles infpirateurs. Mais oa 
fait qu'il y a des mufcles eicpira- 
teurs : d'ailleurs pourquoi Tinlpira»- 
tion ne commenceroit-elle qu'à 
rinftant de la naiiTance. 

1^. Baglivi a penfé que la poi- 
trine étoit dilatée en conféquence 
de l'aékion de Tair j enforte que 
félon lui, l'air par fa peÇuiteur en- 
tre dans la poitrine, il s'y raré- 
fié aufli tôt, & procure l'élévation 
des côtes; enfuite Tair extérieur 
plus pefant arrête cette aAion , 6c 
détermine les cotes à l'abaifTemenr^ 
& CCS mouvemens fe continuent 
ainfi avec la vie. L'aârion de l'air 
ne contribue à la refpiration que 
Conjointement avec les parties de 
la poitrine , fans cela la refpiration 
fe feroit même après la mort ; d'aiC* 
leurs on peut obferver que l'air en- 
tre dans la proportion que les co- 
tes «'élèvent, & que rélévaticaf 



RES 

Ses. cotes ne fuit pas Feutrée de 
l'aie. 

^ 3^« Willis a attribué la refoira- 
don i an mouvement naturel de 
fyftole & de diaftole commun â 
toutes les fibres pat l*aftion des ef- 
prits animaux. Ce mouvement «ft 
encore à prouver. 

4^. On ne peut pas non plus 
luppofer que la re^iration dépende 
d un peu d'air qui refte dans le 

roumon après chaque expiration : 
aélion du poumon n'eft pas la cau^ 
fe abfolue du mouvement de la 

Eoitrine ; dViUeurs quelle fecoit 
i caufe de la première infpira*- 
Jlion ? 

5^. On a cherché dans la poitri- 
ne une caufe ftimulantè capable de 
mettre fes mufcles en aâion par 
iine néceflicé mécanique. On a cru 
trouver cette caufe dans le (en- 
.timent de malaife^ qui auoiqu in* 
/enfible dans l'état naturel , fe fait 
.cependant appercevoir après chaque 
inipirationou expiration trop long- 
temps continuées , & auauel on 
eft obligé de céder^algré la réfo- 
iution prife de reftec dans l'un de 
xes deux états. Les changemens qui 
arrivent i la circulation du fang 
dans les poumons , procurent ce^ 
fentiment, 6c on pourroit penfer 
que cette caufe irritante détermi- 
ne la refpiration malgré nous, quoi- 
que cependant nous puiffions l'ac- 
célérer ou la diminuer , puifqu'elle 
force les mufcles que la volonté 
fait agir ppur retenir la refpira- 
tion. 

L'illttftre Borcchaave a adopté 
cette caufe, & il remarque qu'elle 
agit en déterminant plus de. fang, 
tant â la poitrine qu'au cerveau > 
qui enfuite détermine les mufcles 4 
une plus grande aâion. Le célèbre 
>}. Haller admei la jo^èn^e jcauf^ 



R E S 17 

Incitante » & il penfe que la feule 
néceffité de refpirer eft une caufe 
fuffifante pour mettre alternative- 
ment en aâion les 4ames capables 
de produire la refpiration. L'air eft 
abfolument néceuaire pour la con- 
fervation de la vie i il n'eft donc 
pas furprenant que l'abfence de ce 
fluide, ou le changement qu'il fouf-- 
fre dans la poitrine, agiflent fut 
les parties , & déterminent leur ac« 
tion. Cette caufe incitante dépcfnd 
du fangi & pour la reconnoitre » 
il fufEt d'examiner les changemens 
qui arrivent d ta refpiration j lorf- 
que la circulation du fang eft alté- 
rée. On remarque dans l'état fain 
une efpèce d'harmonie entre le pouls 
& la refpiration ; & fi le coeur re« 
çoit plus de fang , fi fon aâion eft 
plus vive y comme dans la fièvre , 
fi la circulation eft ralentie pat la 
pléthore des vaifleaux, on apper* 
^oitaufli quelques changemens dans 
a refpiration. Ainfi le cœur four* 
ait au poumon la caufe ftimulantè 
qui détermine l'aâiion de la poi- 
trine ; & par une difpofition mé-» 
canique, u le poumon n'agilToit 
pas, la circulation & le mouve- 
ment du cœur feroient bientôt dé- 
rangés : ces deux fondions fe ferv 
vent donc réciproquement. 

Cette caufe , quoique conforme 
A la di(pofition des parties *une 
£bis mifes en aâion , laiffe à dé« 
firer pourquoi elle n'agit que dans 
l'inftant de la tiaiflTance» & corn-' 
ment peut être déterminée la pre-* 
mière mfpiration. Si Ton peut trou« 
ver une caufe ftimulantè qui agifTe 
4ans ce premier inftant , on aura un 
mécanifme ttès-fimple. 

Lorfqu'un enfant naîr, les poa^ 

mons forment une mafie folide , 

les bronches & la trachée • artère 

laifient une cavité dans laquelle 

D i| ^ 



l 



«8 RFS 

Tair doit être déterminé oar fa pe*] 
fanceur, les membranes du nex & 
de la crachée-artère » qui font très- 
fenfibtes , é{>rottvefic une irritation 
particulière qui mec en jeo le dsa^ 
phragme & les mufcles incercof- 
taux} enfin lagication doubùreufe 
que j'en£aht éprouve en venanc au 
fnonde , & les eiForcs qu il fait pour 
fe débarralTer , paroiflent être une 
caufé très-naturelle, capable de 
inettre en jeu tous les mufcles t & 
^ déterminer la première infpira- 
^ ciom Ainfî la refpiration dépend 
. d'une caufe ftimulante première » 
qui agit à l'inftanc de la. naifTance : 
elle eft entretenue par deux caufes 
ftimulantes fécondes , qui font Tac- 
tion du fang & Taâion de Tair con^ 
cinuellement refpiré. 

L'air en encrant, dîftend les 

iFéficules da poumon ; le poumon 

érant dift^ndu , les tronches aug 

mentent en longueur, ainfi que 

. les vaiflTeaux fanguins; leurs an- 

Etes font moins aigus la circu- 
Ltion eft plus facilei ainfi , dès la 

. première infpiration , la préfence 
de l'air fait différer le poumon de 
Tadulre d'avec celui du fœtus , & la 

. circulation du fan^ y eft changée. 
Pendant rinfpiFacton la préfence 
de l'air un peu dilaté par la chaleur 
de la poitrine , comprime les vaif- 
jêaox 'j la circulation tend à fe ra- 

. Ie<itir ; & fi l'on vent continuer trop 

. long-temps cette infpiration» les 
veines extérieures fe gonflent, le 

. vifage rougit , on eft près de fuf- 
foquer, pacceque le fang tend à 
s'arrêter dans 1 -artère pulmonaire» 
le ventricule droit & les veines- 
caves. 

La nafufe prévient cet inconvé- 

^ nient par l'expiration; dans cet état 
les vaiiïeaùx s'afFaiiTent» leurs an- 
^Içs deviennent plus aigus ^ ils £3] 



chargent du fang qn*tb comTen^: 
nent , & ils deviennent en état d*ei» 
recevoir par une nouvelle infpira* 
tion qui devient néceffaire par iim-> 
polfion du iang dans l'artère pulmo- 
naire ; ainfi il jjl une alternation^ 
continuelle d'infpisatioa & d'ei^i- 
ration. 

L'air contribue à la refpiration ». 
& Ton voit qu'il 7 procure des 
chaagemens félon (a chaleur, faa 
pefanteur , fon élafticicé y &c. 

Les animaux qui onc refpiré font 
fttffoqués par l'interception de la. 
circulation , loifque l'air ne pénètre 

{>lus. dans le poumon, à moms que 
a circulation ne pusfle fe conti- 
nuer j l'ouverture du trou ovale ti'é' 
tant pas fermée. 

Le mouvement étant continuel* 
dans le poiuxion » tt% vaiffeaux n'onr 
pas le même diamètre ^ la même, 
longueur ni la même aâion pen* 
dant deux momens de fuite : le fang;^ 
V fouffre différens changemens , de 
k la (ànguificanon ^ la couleur ver«^ 
meille du fang^ de la veine pulmo* 
naire & la chaleur , qui eft plus con— 
fidérable a la région-de la poitrine». 

La refpiration contribue à la di-^ 
gefiion , à là circulation du chyle ^ 
au» fécrétions , â Texpulfion des 
excrémens,.à l'accouchement, en 
produifant une compreffion douce ^ 
& quelquefois forte , fur les vif- 
cères du bas-ventre. L'infpiration. 
permet i l'air de pénétrer dans les 
vaiffeaux fatiguins par le moyen dea* 
veines pulmonaires \ elle xft né« 
ceflaire pour Tinfpiratîon-des corps, 
• odorans; Texpi ration procure l'ex** 
peâroration, Tiffue des particules 
Buiâbles , & Pi (Tue de l'air contena 
dans les vai (Féaux fanguins; elle: 
fert aufli pour produite le fon & 
la parole. La quantité d'air que- 
1 un refpû» varie feioa les di^Iirena^ 



RES 

. IctOt l'Sge» U cooftitation da corps, 

&€. L'expétifinc^ fait voir qa'on peut 

. infurerune aflèx grande quamiié 

d*air (ans geaer la refyiration. 
IlESPlRÊ « Ê£ y participe paffif. Voy. 
. RcspiREa. 

K£SP1R£R \ verbe neutre de la pre- 
mière conjugaifon , lequel ie con- 
jugue cocnnie Chanter. Sfirare. 
Attirer l'air dans fa poitrine , & ie 
pouder dehors par le niouvement 
. des poumons. Un homme plongé 
dans Ctau ne peut plus rcfpinr, Lorf- 
que dans un malade la diffi(,ulté de 
Wffpirer ejl jointe au délire , elle an- 
monce la mort. Il refpite facilement^ 
On dit , c^une perjhnne refpire 
tncore ; pour dire , qu'elle h'eft pas 
encore morte.. 

On dit auffi » tout ce qui refpite , 
, pour dire , tout ce qui vit. 
KfiSPiaea, figniâe figurément, pren- 
dre quelque relâche « avoir quel- 
fue relâche après de grandes pei- 
es , après un travail pénible. // 
. €/i tellement occupé qu^il na pas le 
loifir de rc/pirer. Quand la paix fut 
^gnét , les troupes commencèrent à 
refpirer. Ah de grâce , un moment ! 
Soufflre\ que je refpire. 
Hespirea , elt quelquefois verbe ac- 
. cif. Il va refpirer l'air natal Cejl 
un lieu oà l*on refpire un air mal 

ll-fignifie figurémenc , marquer, 
* nétnoiffxtf. Elle ejl charmante j tout 
refpire ch^ elle iajoie , la gaieté. 

U fignifie aufli» défirer ârdem- 
ttient ^ & en ce fens il s'emploie 
. dxirdinaire avec la négative» Le 
mainqueur ne rejpiroit que la yen- 
. gtance. Il ne refpire que la volupté. 
On dît ^\xiX\ ^rejpirer après quel- 
que chofe ; pour dire , fouhaiter 
quelque chofe avec paffion , avec 
ardeur. Il y a long-temps que nous 
r^efj^ironi après cU^ 



RES t^ 

Les deux premières fyllabes font 
brèves , & la tr^ème longue ou 
brève'. f^oyc\ Verbe. 

Les temps ou personnes qui^ft 
terminent par un € iéuMnin , ont 
la pénultième fyllabe longue. 
RESPLANDiSSEURj vieux mot qui 

iignifioit autrefois clârcé« 
RESPLANDRE; vieuc mot qui fi- 

gnifioic autrefois reluire. 
RESPLENDIR i verbe neutre de la 
féconde conjugaiforv , lequel fe 
coi^fugue comme Ravir. Splende^ 
n. Briller avec grand éclat. Il y 
avoit une infinité de lumières , & tout 
le château rtfpltndïjjoit. Quand fair 
. eft pur y les afircs refplend'tfjent. It 
n*a d'ufage qu*en pociie &: dans le 
ftyle foutenu. 
RESPLENDISSANT, ANTEj ad- 
jeâif. Fulgens, Qui refplendit. //- 
fuS'ChriJl dans fa transfiguration pa'^ 
rut tout refplendijjant de gloire & de 
lumière. 
RESPLENDISSEMENT; fubftantif 
mafculin. Grand éclat formé par 
le rejaillifTement , par la téflexion 
de la lumière. Ce grand amas de 
lumière formoit un refplendijjement 
merveilleux. 
RESPONSABLE ; adjeûif des dcur 
genres. Fidejuffor. Qui doir répon-» 
dre & erre garant de quelque cho*^ 
fe, de ce que fait quelqu'un. 
Celui qui contracte eft refponfahle. de 
fes faits & promejfes. S'il a dit une 
impertinence^ jenenfiiis pas refpon^ 
fable. En matière d'eaux & Forêts ,. 
le père eft refponfahle des délits dt: 
f on fils , & lé maître^ de ceux de fon 
domeftique. 
RESSAC^ fubftantif mafculin & terme 
de Marine. Choc ^ts vagues qiij^ 
frappent avec impétuosité une terre 
& s'en retournent de même. 
RESSASSER i verbe aftif de la pre- 
mièie conjugaifon^ lequel fecpo-*- 



$0 RES 

jugae eomme Chantée. Saflér de 
nouvi^u. Rejfaffèr du plâtre & de la 
farine* 

On die figarément » rcjfajjcr une 
fiffaire , un compte i pour dire , 
les examiner » les difcacer de nou- 
veau. 

On die encore figurémenc, ref^ 
fajftr quelqu'un^ rcjjaffer la conduite 
de quelqu un ; pour dire , examiner 
exa^emenc & avec foin pour voir 
s'il n'y a rien a redire* On fa bien 
fajfe & reffkffe. Et dans ce fens on 
dit, rejfaffer les gens d'affaires; pour 
dire y faire des recherches contre 
eux. 11 eft familier. 

On dit aulli figurément 8c fami- 
lièrement , rejjaffer un ouvrage; 
pour dire , l'examiner avec foin pour 
en découvrir julquaux moindres 
défauts. Enreffajjant c< difiours on y 
a trouvé quelques fautes. 

On ne prononce pas le premiers. 
RESSAUT i fubftantitmafc & rerme 
d'Archit€>6tare. Avance oa faillie 
d'une corniche ou d^une autre par- 
tie qui fort de la ligne droite. 

On ne prononce qu'un s. 
RESSAUTER j verbe neutre de la 
première conjagaifon , lequel fe 
conjugue comms Chanter. Sauter 
de nouveau. Il fauta & reffautapar* 
deffus la muraille. 

II s'emploie au(fî aâiyement. // 
fauta le foffé^ mais il ne put pas le 
refjauter. 

On ne prononce qu'un s. 
RESSEANT, ANTE; adjeftif & teriiie 
de Palais. Il fe dit de celui qui a 
une demeure fixe dans un lieu. Ainit 
quand on demande une caution 
reffeante , c'eft demander une eau- 
tipn domijciliée dans le Heu. 
RESSEL î petixe Ville dePologne dans 
le Palannat de Warmie , près du 
lac de Zain. 

Jg^ESSEM^LANCSi fttbft»ntif f^i- 



RES 
nio. Slmilitudo» Rapport, confor- 
mité entre des perionnes , entre 
des chofes. Il nyapointderejfem^ 
blance entre ces deux étoffes. Il y a 
quelque reffemblance entre ces deu9C 
planus. Il y a beaucoup de reffèm^ 
blançe entre leurs humeurs. Un mau-* 
vais Peintre qui n'efl occupé que de la 
feule imitation j attrape quelquefois 
mieux la reffemblance quun habile 
homme ; mais celui- ci fait toujours un 
tableau^ & foutre ne fut qi^'unpor* 
trait. 

On dît ({XJLunfils efi la vraie ref^ 
femblance de fon père^ que c*efi fa 
reffemblance ; pour dire , qu'il y a 
beaucoup de relTemblance entre 
eux. Cette filUeflia reffemblance d% 
fa mère. » 

On prononce refanblanfe. 

RESSEMBLANT . ANTE i adjedif. 
Similis. Qui reflemble. Un portrait 
efi reffemblant quand il rappelle • ai^ 
premier coup d'ail ridée de la per^. 

, fonne quon a voulu repréfenter. l/o^ 
rigin^l efi beau , mais la copie n^e/l 
pas reffemblante. 

On dit que deux perfonnes fçnt 
bienrfiffcmblantes; pour dire» qu'elles 
fe reffemblent beaucoup. 
On ne prononce pas le premier i; 

RESSEMBLÉ, ÉE; participe paflif,. 
Foyfx Ressembler. 

RESSEMBLER ^ verbe neutre de la 
première conjugaifon , lequel fe 
conjugue comme Chanter. «&mi« 
lare. Avoir du rapport » de la con-- 
formité avec quelau'tm » avec queU 
que chofe. Cet enfant reffemble à fa 
rqire. La ciguë reffemble un peu au 
perfil. Son portrait ne lui reffemble 
pas. Je voudrois reffembler à cette 

. femme. Vous lui teffemble\ en lal^ 
fleur. Il efi fort riche & Ufirois bien 
aife de lui reffembler par eu endroit* 
là. Les Peintres habiles tâchent tou^ 
jours défaire Us portraits dç mfmièrç 



RES 

tpi^lts tefJemUcnt en beau à tdrîgU 
nal. 

li eft auffi pronominal rcciproque. 
les deuxfxursfe reffemblent de vijage 
& de earaêlère» 

On dit d'un Peintre, d'un Mufi- 
cien , &c. qà*il/e rejfemble; pour 
dire» qu'il fe copie lui-même, & 

3tt'il ne met poinc aflfez de variété 
ans fes ouvrages. 

On dit proverbialement, que les 
jours fefuivent^ mais qu'ils nefe ref^ 
femblentpas; pour dire , que le bon- 
heur ni le malheur oe durent pas 
toujours. 

En parlant de parens proches, qui 
ont un air de famille , ou les mê- 
mes inclinations» x>n dit familière* 
ment , qa'a/2 fe rejfemble de plus 
loin. 

On dit proverbialement de deux 
perfonnes qui fe refTemblent fort, 
qa'elles fe reffemblent comme deux 
gouttes d'eau. 

La première fyllabe eft très- 
brève , la féconde moyenne , la troi- 
lîème longue ou brève. Foye^ 
Verbe. 

Les remps ou perfonnes qui fe 
terminent par un e féminin , ont la 
pénultième fyllabe longue. 

On prononce re-fanbler. 

RESSEMELÉ, ÉE; participe paflSf. 
yoyc[ Ressemeler. 

RESSEMELER ; verbe aftif de la pre- 
jnière conjugaifon , lequel fe con« 
jugue comme Chanter. Mettre de 
nouvelles femelles à une vieille 
chauffure. Reffimeler des^ bas. Ref 
femeler des fouliers. Rejfemeler des 
bottes. 

RESSENTI , lE; participe paffif. 
^Foyei Ressentir, 

Ressenti , en termes de Peinture & 
de Sculpmre, fignifie l^fFet d'un 
(eùtiment réfléchi, qui a engagé 



RES 31 

rArtîfte à donner du caraâère & de 
la force à un trait ou à une touche. 
Les mufcles dans les figures ou fta«* 
tues d'hommes , doivent être reffen^ 
lis , quand il s'agit de les repréfen- 
ter dans un état violent, tel que ce- 
lui d'un homme qui tire ou porte 
un fardeau pefant , qui fait une ac- 
tion dans la colère , le défefpoir , oa 
quelqu'autre paâion violente. Dans 
les femmes au contraire rous les 
traits doivent être moëlleui , les 
contours arrondis , & les mufcles 
très-peu marqués. Se de manière 
feulement qu'on les devine } leuc 
déhcateile l'exige ainfi* 

RESSENTIMENTi fubftantîf maf- 
culin. Senfus. Foible attaque, foible 
renouvellement d'un mal qu'on a 
eu , d'une doule A qu'on a eue. // a 
quelquefois des reffentimens de fa 
ble£ure. Le fort déjà goutte ejl paffé ^ 
il ne lui en rejle qu'un léger rejfenti^ 
ment. 

Ressentiment , fignifie aufii te fouve- 
nir qu'on garde des bienfaits ou 
des injiKes. lia tout le reffentimenc 
poJp.ble de vos bontés pour lui. Ilcon^ 
ferve un rejjentiment de l'injure qu'on 
lui a faite. 

Ressentiment, employé abfolu- 
ment , fignifie toujours fouvenir des 
injures & defir de vengeance. Iln*a 
pas diffîimulé fon rejfentimcnt. Elle 
fit éclater fon reffentiment. 

Il verra , le perfide , à qael comble d*Eior« 

reur , 
De mes re/Tentimens peut monter la 

fureur. , 

COKNEXLLS. 

On prononce re-Jantimane. 
RESSENTIR; verbe adif de la fe^ 
conde conjugaifon , lequel fe coiv- 
jugue comme Sentir. Seruire. Sen- 
tir. // reffent un mal continuel dans U 



3» RE S 

bas ventrée Nous avons rejfentï une 
grande joie de votre arrivée^ 

Il fe ditaudi dans^an fens moral. 
Il rejfent vivement toffenfe qu'il a rc^' 
eue. Il rejfentira toute fa vie les bien- 
faits dont vous tave\ comblé. 
Se Ressemtir » verbe pronominal ré- 
fléchi , figniâe fencir quelaue refte 
d'an mal qu'on a eu. Il Je rejffènt 
encore quelquefois de fa blejjure» Une 
fe reffènt plus de fa fièvre. Ce paysfc 
reffencira long- temps des ravages que 
lapejley a faits. 

On die i peu près dam le mftme 
ièns , qu'tt/z homme fe rejfent de la 
mauvaife éducation quon lui a don^ 
née ; pour dire, que le dérèglement 
de fa conduite eft une fuite de fa 
mauvaife éducation. 
Ss Ressentir ^ (i^ifie encore avoir 
parc à quelque chofe de bien ou de 
mal. Ses amis fe rejfentent de la for- 
tune quil a faite. Je me fuis reffenti 
de r accident qui lui efi arrivé. Nous 
nous rejfentons de fa générofité. 

On dit , fe rejfentir d*une injure , 
s*en rejfentir ; pont dire, avoir le 
défit de s'en venger. Ellefe reffènt 
de l'offenfe quon lui a faite. Elle s en 
rejfentira. 

On dit auflî dans le fens oppofé , 
il m* a fait un mauvais tour , mais il 
s* en rejfentira; pour dire, il m'a 
fait un mauvais tour » mais il en 
fera puni. 

Le premier / ne fe fait pas fen- 
ttr. 
RESSERRè, ÉEi participe paffif. Foy. 

RESSfiaRER. 

RESSERREMENT; fubftantif maf- 
• cplin. Contrario. Aftion par la- 
quelle une chofe eft reflerrée. Le 
rejferremtnt des pores donne quelque- 
JQis lieu à des maladies férieuf es. 

Le preifder /ne fe fait pis fcn- 
tir. 
RESSERRER ; verbe aûif de la pre-: 



tt£S 

mière conjogaifon , lequel fe con^ 
jttgue comme Chanter. Co/i/W/i- 
gere. Serrer davantage ce qui s'eft 
lâché. Rejjerrer un corps de jupe. Ref 
ferrer un ruban. 

11 fe dit auffi figurémenr. Vab-^ 

fencc loin d'affoiblir notre amitié ^ 

^ en refferra les nœuds* 

Ress^errer , fe dit encore figuré^ 

ment en parlant d'un ouvrage d*ef- 

prit , & lignifie > abréger. Rejferrer 

fa matière. Rejjerrer fon difcours. Oa 

dit en ce fens , pour me rejferrer dans 

des bornes plus étroites , je ne parler. 

rai que de.... 

Resserrer , fignifie aufli , remettre 

une chofe dans le lieu d'où on Yz'^ 

voit tirée, 8c ok elle étoit enfermée. 

Rejjirre^ ce linge dans V armoire. A^ 

vant de fortir il faut que je rejferrc 

tous ces papiers. La pluie obligea les 

Marchands à rejferrer Us marchan^^ 

difes quils avoient étalées. 

On dit, rejferrer un prifonnier; 
pour dire » l'enfermer dans un lieu 
où il ait moins de communication 
au-dehors, le garder plus exaâe* 
ment. // a penféfe fauver j ceft 
pour cela quon le rejferre. 

On dit aufli d'une garnlfon ^ 
qu'elle efi fort rejferrée ; pour dire , 
que les troupes ennemies qui ne font 
pas éloignées de la place , ne lui 
perniettent guère d*en fortir. 

On dit encore , ckxjLune place eft 
fort rejferrée ; pour dire , qu'il eft 
fort difficile d'y faire entrer des vi- 
vres , des fecours » & d'en faire for- 
tir des troupes, des bouches inu^ 
tiles. 

On dit aufli d'un Prince , qu'i/ 
efi fort rejferré d*un tel côté par telle 
place. On dit de même d'un pays , 

3u'i/ efi fort rejferré par la mer ; pour 
ire , qu'il n'a pas d'étendue i caufe 
du voilinage de la mer. 
Resserrer , fignifie aufli » rendre le 

ventre 



RES 

ventre moins libre» moins liche. 
Ces confitures font bonnes pour ref- 
ferrer le ventre. Le eoin efi un fruit 
quia la propriété de rejjèrren 

On dit, que le froid refferre les 
pores ; pour dire ^qù'il les rend 
moins ouverts , qu'il les rétrécir. 

Il eft aufll pronominal réfléchi 
dans quelques - unes des accep- 
tions précédentes. Ainfi on dit, que 
ie ventre fe refferre ; pour dire, qu'il 
devient moins libre , moins lâche j 
que les pores fe rejferrent ; peur dire, 
qu'ils deviennneut moins ouverts y 
qu un paysy un tcrreinfe rejferre; pour 
dire , qu'il devient moins étendu , 
qu'il fe rétrécit, &c. 

On dit fîgurément & familière- 
ment dans un temps de difette , 
■ chacun fe refferre ; pour dire> chacun 
retranche de fa dépenfe. 

Le premier yne fe fait pas fentir. 

RESSIF y fubftantif mafculin & terme 
de Marine. Chaîne de rochers ca- 
chés fous l'eau. 

RESSONS ; Bourg de France en Pi- 
cardie , a quatre lieues » fud , de 
Montdidier. 

RESSORT î fubftantif mafculin & 
terme de Phyfique. Elaterium, La 
propriété par laquelle les corps fe 
rétablifTent dans leur premier état 
après en avoir été tirés par force. // 
y aplufieurs degrés de reffort dans les 
corps. La plupart des corps que nous 
connoiffons ont du reffort., He reffort 
de l*air. Le reffort d*un corps efi la 
même chofe quefon élafiicîté. Voyez 
Élasticité. 

On dit en ce fens , qu'^/i corps 
fait rejforty quand cetTant d'être con- 
traint il fe remet au premier état 
où il étoit. La lame d*un couteau 
fait reffort. 

Ressort , fe dit auffi pour fîgnifier un 
morceau de métal fort élaftique, 
qu'où emploie dians un grand nom- 
Tome XXV. 



RES 35 

bre de différentes machines, comiae 
montres , pendules 9 ferrures , fu- 
fils , &c. pour réagir fur une pièce 
& la faire mouvoir par leffort qu'il 
fait pour fe détendre-, pour cet effet, 
une des extrémités du reffort s'ap- 
pnye ordinairement fur la pièce si 
faire mouvoir , tandis que l'autre 
efl fixement attachée i quelque par- 
tie de la machine y ces refforts lonc 
quelquefois de laiton très-écroui , 
mais communément ils font de fer 
forgé ou d'acier trempé & un peu 
revenu au recuit » pour qu'ils ne 
caflent pas. 

Les Horlogers en emploient de 
plufieurs fortes , auxquels ils don- 
nent ordinairement le nom de la 
pièce qu'ils' font mouvoir ; ainfi 
reffort du marteau j de la détente » 
du guide-chaîne , &c. fignifie le 
reffort qui fait mouvoir le marteau 
ou la détente , ou le guide- chaîne» 
&c. 

Pour qu'un reffort foir bien fait , 
il faut qu'il foit trempé & revenu 
bleu , de façon qu'il ne foit pas affez 
dur pour cafler , ni allez mou pour 
perdre facilement fon élaflicité j 
il faut de plus 4)ue fon épaiffeur , 
fa longeur , & lefpace que lui fait 
parcourir , en le bandant, la pièce 
qu'il fait mouvoir , aient un cer- 
tain rapport entre elles pour qu'il 
foit liant & que (a bande n'aug- 
mente pas dans une trop grande 
proportion : il faut de plus qi\e fon 
épaiffeur aille en diminuant juf- 
qu'au bout , afin que toutes fes par- 
ties travaillent également lorfqu'il 
eft tendu. 

De tous les ouvrages d'Horloge- 
rie y ceux où l'on emploie le plus 
de refforrs font les répétitions de 
toutes efpèces , & les montres oa 
pendules à trois .ou quatre parties. 

On dit figurément , c^une per* 
£ 



34 R£^ 

Jonnt ne fc remue que. par fejfort ; 
pour dire , qu'elle n*a rien de natu- 
rel dans Tes manières » que cous 
fes mouvemens font étudiés & con- 
traints. 

Onditauflî figurément d'une per- 

fonne qui n'agit que par le conleil, 

par le mouvement d autrui , & fe- 

. Ion qu'elle eft poulFée , jqu'<//d nagit 

que par reffort. 
Ressort j fignifie figurément , moyen 
dont on k fert pour faire réuHîr 
quelque delTein » quelque affaire. // 
a fait mouvoir bien des rejforts pour 
venir à bout defon entreprife. Le pré- 
texte de la Religion ejl un rejfort très* 
fur pour remuer le peuple* Le Pape 
Paul IV difoit que tinquiftion étoic 
le grand rejjort du Pontificat. En ce 
fens on dit , faire jouer tousfes ref 
forts ; pour dire , employer tout fon 
pouvoir, tous les moyens que Ton a. 
Ressort , fe dit en termes de Jurif- 
prudence, & (ignifie étendue de Ju- 
rididlion. On compte cinquante Vil- 
lages qui font du reffort de ce Bail- 
liage. La Cour Souveraine de Lor- 
raine a un réconfort étendu. Le Per- 
che eji du rejfort du Parlement de Pa- 
ris. , 

On dit figurément , cela n*ejipas 
de mon reffort ; pour dire , il ne 
m'appartient pas a en juger. Cela 
ejl du reffort de la Théologie ; pour 
dire , c eft à la Théologie â traiter 
de cette matière , i en décider. 

On dit , juger en dernier reffort ; 
.pour dire, juger fouverainement 
£afans appel. 

La première fy Uabe eft très-brève , 
& la leconde longue. 

Le premier/ ne fe fait pas fen- 
tîr. 
Ressortir j verbe neutre îrréguller 
de la féconde conjugaifon , lequel fe 
conjugue comme Sortir. Rursàs 
egredi. Sortir une féconde foi$ après 



RES 

^tft déjà forti. A peine a^t*iUtérert* 
tré quil efl reffbrti. 

Il fignifie audi , forrir après erre 
entré. // entra dans mon cabinet ^ 
il en reffortitfur le champ* 

Le premie(/ne fait pas fentir« 

RESSORTIR ; verbe neutre de la fe-' 
conde conjugaifon , le^quel fe con- 
jugue comme Ravir. Être deladé* 
pendance de quelque Juridiâionr 
Cette Prévôté rejfortit au Bailliage de 
Nancy. Le Châtelet de Paris reffbrtit 
au Parlement. 

Le premier/ ne fe fait pas fen- 
tlr. 

RESSORTISSANT, ANTEi adjec- 
rif. Qui eft de la dépendante d'une 
Jurididrion. Les Pairies font reffor^ 
tiffantes au Parlement. 

Le premier / ne fe fait pas fen- 
tir. 

RESSOURCE ; fubftantif fémi- 
nin. Ce qu'on emploie & à quoi 
on a re.cours pour fe tirer de quel- 

3ues affaires , pour vaincre des 
ifficultés. Les habiles gens ont des 
rejfources que les autres ne peuvent 
avoir. Cette banqueroute ta ruiné fans 
rejfource. La dévotion eft la rejfourcc 
des femmes que le monde fuit. Il ne 
manquoit pas de rejfources. 

On dit , qvL*un cheval a de la ref 
fource ; pour dire , qu'après une lon- 
gue fatigue , on lui trouve encore 
de la vigueurr 

On dit figurément, c'tf/î un homme 
de rejfource , c^eft un homme plein de 
rejfources , qui a des rejjources dans 
l efprit; pour dire , c'eftun homme 
fertile en expédiens, en^ mpyen? 
pour lui & pour les autres. 

On dit familièrement faire ref-- 
fource ; pour dire , raccommoder , 
rétablir fes aftaires. 

Le premier/ ne fe fait pas fcn- 
tir. 
RESSOUVENIR j ( fe ) verbe pronor 



RES 

tninal réfléchi de la féconde con|a« 
gaifon , lequel fe conjugue comme 
Soutenir. RtcordarL 5e fouvenir 
d'une chofe,>foic qu'on Teuc ou- 
bliée 9 foie qu'on en air confervé la 
mémoire. Je me rejfouvitns et avoir 
ouï parler de cette affaire. S* il oublie 
ce quilVous a promis on Ven fera ref- 
fouvenir. ElUfe rejfouvient de ce que 
vous lui avei dit. Je ne m* en fuis pas 
rejfouvenu. 

Il eft aùffi tmperfonnel. Fous ref 
fouvientilde la convention que nous 
fîmes enfemble. 
Sb Ressouvenir , s'emploie auffi pour 
lignifier, confidérer, faire atren- 
f ion , faire réflexion. On doit fans 
€effefe rejfouvenir de V infiabilité des 
chofes de ce mqnde. Vn enfant doit fe 
rejffbuvenir continuellement des obli- 
gâtions qu*U a am parens qui lui ont 
donné le jour* 

Le premier / ne fe fait pas fen- 

RESSOUVENIR i fSbftantif mafcu- 
lin. Reminifctntia. Idée que l'on 
confervé ou que Ion fe rappelle 
4l'une chofe paffée. // ne lui refioit 
quun léger rejjouvenir de yous avoir 
vu à l* armée. 

Il fe prend quelquefois pour ref- 
fenciment. Âinfi on dir , qu'/7 j^ a 
des maux dont on n*efl jamais fi bien 
guéri y qu'il nen refie quelque ref" 
fouvenir^ des rejjouvenirs ; pour dire, 
qu'on en reffenr quelques incom- 
modités de remps en remps.] 
» Le premier/ne fe fait pas fen- 
tir. »,', 

RESSUAGE ; fubftaniif mafculin. Ac- 
tion , écar d un corps qui reflue. // 
ne faut habiter une mdifon neuve qua- 

. près le reffuage des plâtres. 

Ressuagb , fe dit auflî d*une opéra- 
tion de Métallurgie par le moyen 
de laquelle on fépare la portion 
d'argent qui eft contenue dans du 



RES sy 

cuivre* Ceft ce qu'on nomme au« 
trement liquation. Voyez ce mot. 
Et l'on appelle fourneau de rejjuase » 
le fourneau deftiné à cette opéra-, 
tion. 

Les deiXK JJ fe font fentir. 
RESSUER; verbe neutre de la pre- 
mière conjugal fon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Il fe die 
des corps qui rendent & laiflenc 
fortir leur humidité intérieure. Tels 
font les murs nouvellement faits. 
vivant d'habiter cette maifon % il faut 
en laifftr reffutr les murs.. . 

Ressuer , fe dit aufli en termes de 
métallurgie , & fignifie , féparec 
Targent contenu dans du cuivre par 
le moyçn de la liquation. Foye\ 
Liquation. 

On prononce les deux j/T 

RESSUI; fubftantif mafculin & terme 
de chafle. Lieu où les bètes fauves 
& le gibier fe retirent pour fe fé« 
cher après la pluie ou la rofée du 
matin. 

Les deux j/^fe font fentir. 

RESSUSCITÉ, ÉE; participe paffif. 
Voyei Ressusciter. 

RESSUSCITER j verbe aftif de la 
première conjugaifon , lequel fe 
conjugue comme Chanter. Ref 
fufcitare. Ramener de la mort à la 
vie. Il n y a que Dieu qui puiffè 
rejfufciter les morts. Jéfus-Chrifi a 
rejfufcité Lazare. 

On dit paT extenfion , qvCun re^ 
mède a rejfufcité un malade ; pour 
dire , qu'il Ta guéri d'une maladie 
qui paroidoit défefpérée. 

On dit auflî , q\x'une bonne nou^ 
velle rejfufctce quelqu'un ; pour dire, 

au'elle le tire du chagrin mortel où 
étoit. 

On dit proverbialement, cette 
liqueur , cette effence , ce vin Jcroii 
capable de rejfufciter un mort. 



36 RES 

Ressusciter , s'emptoie âoffi figu^ 
rément , & fîgnine » renouveler , 
faire revivre. Le printemps rejfufiite 
la nature* Oeft une erreur quil a 
reffufcitée. ' Le père avoic abandonné 
le procès , mais le fils ta rejjuf- 
cité: 

Ce difcoors d*un guerrier que la çdire 

enflamme » 
ReiTafcice l'IioDaeur déjà mort dans lear 

amc. 

-- BOILÈAU, 

Ressusciter ^ eft auffi verbe n&vere > ; 
& fignifie, revenir de la more à4af 
vie. JéfuS'ChriJi rejjufcua le troijiè- 
me jqur comme il l'avoit prédit. 
Les Jf Ce font fentir. 

ÏIESSU YÉ , ÉE i participe J)aflîf. ^oy. 
Ressuyer. 

RESSUYER y verbe neutre de la pre- 
mière conj.ugairon , lequel fe cofi- 
jugue comme Chanter. Sécher. 
Ce linge eji mouillé^ il faut le laijfer 
rejfuyer avant d'en faire ufage. * 

Il eft aa(fi pronominal réâécbi. 
Après la pluie ^ ils fe rejfuyèrent au 

• fokil. 

On prononce les àexoiff. 

RESTANT, ANTEvadfedif. Qai 
refte. Cefi le feul enfant reft^mt de 
Jîx <iu*il y avoiu Quand piiy€re\^ 
vous la fùmme refiante ? 

Qiioiqaon pailfe dire//«5 cint 
livres rejiantes^ on dit plus ordinai- 
rement , les cent livres refiant. 

Restant , s'emploie auffi fubftantî- 
vement , & fignifie , ce qui refte 
d*nne plus grande fomme , d*une 
plus grande quantité, lia payé une 
partie de ce qu'il devokj mais il a\ 
fallu lui faire crédit du re fiant. On! 
dit plus ordinairement le refte. \ 

RESTAU R j fubftancif mafculin & 
terme de commerce maritime. Re- 
cours que les aflureurs ont tes uns 
centre les autres» fuivantladate de 



RES 

lettf àflurance » oa contre le Maî- 
tre t fi l'avarie provient de foo 
fait. 

RESTAURANT ; fuWbmif roafca- 
lin. Aliment qui reftaure » qui ré* 
pare les forces. Le vin vieux eft un 
reftauran^. Un confommé fucculent j 
unpre^ de perdrix foncée bons ref-^ 
tauTûns. 

RESTAURATEUR i fubftantif maf- 
culin. Qui répare , qui rétablit.^ Il 
fe dit^tticuliirement des villes 6c 
des monomens iniblics* Cor^antin 
fut le refiaurateur de By:iançe. Le 
Cardinal de Rkhdieu a été h ref- 
taurateur de la Sorbonne. 

Il fe dit plus ordinairement dans 
le moral» Les Médids furent les ref- 
tauratears des arts en ItfUe. Ce 
Prince fut lé refiaurateur des loisp 
de la difcipiine ^*des rtuturs » du coai' 
mer ce. 

RERTAURATION ; fubftamif fé- 
minin. Refii^tion Réparation, ré<- 
iMitkmem.' Les Juifs attendent Ta 
pefiauration du temple^ On travaille 
à la refiauraiion dupbare* 

11 fe dit particulièrement dans 
le moreK La refiauration de la le» 
berté , delà religion , des lois ^ &c. 

RESTAURE , ÉE -, participe paÛif^ 
Foye;^ Restaurer. 

On dit popalairement & par ma- 
nière de plailmterie, d'un nomme 
qui n'obtient qu'une foible récom- 
penfe pour le dédommager d'une 
grande perre ^ le voilà bien refiauré i ^ 
pour dire ) qu^iln'a pas de quoi être 
Hirisfait. 

RESTAURER; verbe aââf de la pré- 
mière conjugaifon, lequel fe cou-» 
fugue comme Chanter. Reftau.* 
rare. Réparer , rétablir , remettce 
en bon état , en vigueur. Cela .efi 
excellent pour refiaurer les forces •. 
Cette liqueur m* a tout rtftauré.. - 
Restaurer ^ fedh4iufli des ouvrage^ 



RE s 

« as fcolptare , ci'architeûure , de 
peiocuce. D^habiUs aniftts ont ref- 
taure Us ftatues antiques de t Hercule 
de Farnèfe , du Faune de Borghèfe à 
Rome y des Lutteurs de la galerie du 
grand Duc de Tofcane à Flortnce , 
de la Vénus d'Arles qui g? à Fer- 
failles ^ Sec. Rejiaurer une colonade. 

. Rejiaurer un vieux tableau. 

RfiSTAURER 9 fe die encore datis le 
ftyie foucenu , des lettres , da corn* 

^ merce , des lois , de la diicipline , 
du gouveirneine&c. Franfois pre- 
mier a reftauré les Uures en France. 
Rejiaurer la religion , la liberté , la 
police^ 

RÉSTAUr , (Pierre) Ai^ocar^ naquit 
â fisauvais en 1^94 » & moarjit à 
Paris ea 17^4. On a de lui une 
GraoMnâire f cançoife qui a écé im- | 
primée pludeurs fois , nvais<iiii n*eft i 
pas exempte de fautes. 

RESTE i fubftantif mafculin. Reli^^ 
quium, Ct qui demeure djUD tout ^ ' 
d'«oe plus grande quantité. // a 
vendu Je re/Ie de/es marchaniifes. Si 
vous gagne[ la partie vous aure^ le 
refie de mon argent. Foiti le refte de 
mon vin. lia quelques reflesde goutte. 
Si vous aviei un rejle de pudeur. Ce 

, Jont les tfiftês rcJUs de fa grandeur 
pajfée. Elle a encore quelques r^ies 
des grâus quen aémiroit 4ans fes 

. jeunes ans. Voilà tout ce que je puis 
vous écrire j le porteur vous dira le 
rcfle. 

On die auffi proverbialement & 
par ironie, pour fe moqueir, d'une 
lettre trop longue , le porteur vous 
dira le rejle. 

En capporcanc un paflTàge qp*on 
abrège , on ajoute , & le re/le; pont 
dire , & cetera. 
, On dit dans le ftyle poétique 8c 
foutenu, les rejles d'un homme il- 
lujlre; pour dire « les cendrés > ce 
qui en refte dans fon tombeau. 



RE S 37 

On dît auffi , le rejle des hommes; 

Eour dire » les autres hommes , les 
omities d'une autre nation , les 
hommes d'un autre caraâère 9 par 
oppofition à ceux dont on parle. 
Les politiques fe gouvernent par d'au-' 
très maximes que le rejle des hom- 
mes. 

On dit proverbialement 6c figu- 
lément , jouer de fon rejle ; pour di- 
re 9 hafarder -tout ce qu'on a de 
refte» faire fes derniers efforts^ em- 
ployer fes dernières refTources* 

On dit au jeu de la paume j du 
volanr , &c. donner le refie à quel" 
qu'un ; pour dire , lui pouflfer la 
Salle , le volant de telle forte qu'H 
ne puiflTe les renvoyer. <7<^ ^oup ejl 
pour lui donner fon rejle. 

On dit auffi figurcment & fami- 
Uèremenr , donner le rejle à quel" 
qu'un ; pour dire , repartir à quel- 
qu'un de telle forte qu'il n'ait rien 
. â répliquer* Après quelques railleries 
rejpeclives elle lui donna fon refie. • 

On dit familièrement qu'i//2 hpnf 
me ne demande pas fon refte , qu'i/ 
s'en va fans demander fon refte; pour 
dire ; qu'ayant reçu ou craignant 
recevoir quelque mauvais traite- 
ment de fait ou de paroles, il fe 
retire prompcemeut fans rien dire. 

On appelle par injure & popu- 
lairement , un homme qui a mérité 
d'être pendu , refte de gibet. 

On dit , cire en' refte ; pour dire , 
devoir encore une partie d'une plus 
grande fonnue. Ileft encore en refte 
de vingt piftoles. 

Il le dit auffi figurément. h fuis 
encore en refte avec lui des fervices 
qu'il m'a rendus. 
RjbSTB , figniâe auffi ce que quelqu'un 
a abanoonné ou refufé. Vous rfave\ 
eu que fon refte , que fes reftes. 
De reste, fe dit adverbialement & 
/igniâe> plus qu'il neil néceSaire 



38 RES 

pour ce dont il s*agît. On croyoit 
qu'il navoit pas affe\ d'argent pour 
cela j mais il en a eu de rejte. lia de 
la force de rejle pour porter ce far* 

• dean. 

On dit aufli adverbialement & 
pour fervir de conjon£):ion , au 
rejle y du rejle^ qui fignifient, au 
furplus, d'ailleurs , cependant, mal- 
gré cela, outre cela. Cet homme ejl 

' bt[arrey emporté ; du rejle brave & 
intrépide. Au rejle ^ il nous promit 
qaà fon retour il finirait cette af- 
jaire. 

La première fyllabe eft moyenne 
& la féconde très-brève. 

RESTÉ, ÉE; participe paOîf. Foye\ 
Rester. 

RESTER ; verbe neutre de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 

" fugue comme Chanter. Reliquum 
ejje. Être de refte. Il ne reRe de 
toute cette fuccejjion que la maifon 
que y occupe. Voilà ce qui rejle de 
votre écu. De dix ote\ trois rejle fept. 
Il ejl rejlé le feul héritier de fon on- 
cle. Voilà ce qui rejle à régler. 

11 s'emploie aufli imperfonnelle- 
ment. // lui rejle à payer le loyer du 
dernier quartier. Il ne me rejle que la 
peine. 

On dît , rejle un tel article à exa- 
miner , rejle à faire attention , refte à 
favoir ; pour dire , il refte à exami- 
ner un tel article , il refte à faire 
attention , il refte à favoir , &c. 

Rester, (ignifie encore, demeurer 
après le départ de ceux avec qui Ton 
étoit. Son frère fortit ^ je rejlaifeul 
avec elle. 

Rester, figniSe auflî, fe tenir, être 
arrêté dans un lieu au-delà du temps 

3ue l'on s'étoit propofé , demeurer 
ans un état contraint, dans une 
ânaéèion forcée. Ce Général eut or- 
dre de refler dans cette province juf- 
(fuà çc quç Us troubles qui l'agitoienc 



RES 

fujfent pacijiés. Le Médecin veut que 
vous reftie^ au Ut. Son bras efi rejié 
paralytique. 

On dit proverbialement, qvL*un 
homme ejl rejlé en quelque endroit 
pour les gages ; pour dire , qu'il; y 
a été i^tenu , qu il y eft mort, qu'il 
y a été tué ; ou Amplement pour di- 
re , qu'on ne fait ce qu'il eft deve-. 
nu , 6c qu'on n'a point de fes nou^. 
velles. 

On dit d'un homme qui a été 
tué fur le champ de bataille j qu'i/ 
ejl rejlifur la place j & abfolument, 
qu'i/^ eji rejlé. 

Rester , en termes de Marine, fignl- 
fie , être fitué. Cette île nousrejloit i 
telle aire de vent^ c'eft-â*dire , étoit 
fituée par rapport à hops dans U 
ligne d'une telle aire de vent. 

^oye^ Demeurer , pour les dif- 
férences relatives qui en diftinguent 
rejler. 

R E S T I G N É } bourg dé France en 
Anjou , dans TEleâion de Saumur. 

RkSTlTUABLE ; adjeârif des deux 
genres & terme de Palais. Qui peuc 
être reftttué , remis en fon premier 
état. Tout mineur ejl rejlituable con^, 
tre les aSes dans lejquels il ejl léfé. 

RESTITUÉ, ÉE; participe paffif.royj 
Restituer. 

On appelle en termes d'antiquité» 
médailles rejlituées , certaines mé- 
dailles dont le type repréfente des 
monurtiens reftaurés par les Princes 
fuccefleurs de ceux qui les avoient 
éle^s ou à l'honneur defquels on 
les avoir conftruits. 

M. le Baron de la Baftie dit que 
c'eft fous Titus que l'on a commen-, 
ce à voir.des médailles reftituées , 
& l'on en connoît de frappées fous 
ce Prince pour Augufte , Agrippa , 
Livie , Drufus , Tibère , Drufus fils 
de Tibère, Germanicus , Agrippi- 
ne, Claude^ Galba j Oihon. Do-* 



RES 

mitien & Trajan eu firent autant; 
& ce dernier non-feuletnenc pour 
les Empereurs qui l*avoienc précé- 
dé y mais encore pour un très grand 
nombre de familles Romaines, donc 
il renouvela lei médailles Confu- 
laires , celles que les familles (S/ni- 
lia , Cœcilia , Claudia , Horatia^ Ju* 
lia Junia ^ Mania Rubiiia , 6c plu- 
iieurs aucres donc on a les mé- 
<lailles. 

La plupart des Ânciquairescroienc 
^ue le moc Rbst, qui fe lit fur rou- 
tes ces médailles» (îgoide feule- 
mène que Ticus , Domîtien , Ner- 
va » Trajan*^ onc faic refaire des 
coins de la monnoic de leurs pré- 
^écefleurs » qu41s onc faic frapper 
^es médailles avec ces mcmes coins, 
^ qu'ils onc permis qu'elles euf- 
ienc cours dans le commerce, ab(î 
4que leurs propres monnoies. 

Le P. Hardouin s'eft moqué de 
4cetce explicarion , précendanc que 
<e feroic â- peu- près la même cho- 
ie que n Louis XIV avoic voulu 
faire baccre monnoie au coin de 
Charléroagne, de Philippe-Augufte, 
ou de Henri IV. 11 ajoute que le 
moc rejiituit^ furronc fur les mé- 
clailles refticuées par Tire & fes fuc- 
cefleurs , ne veuc dire aucre chofe , 
iinon que ces derniers Princes re- 
<lonnoienc au monde l'exemple des 
irercus qui brilloienc dans leurs pré- 
diécefleurs , & dans les célèbres per- 
sonnages donc le nom fe lir fur ces 
forces de médailles. Mais cecce ex- 
plicacion n'eft pas à beaucoup près, 
aufli folide quelle parole ingé- 
nieufe. 

Car , comme le remarque M. le 
Baron de la fiaftie , fous précexce 
d*appuyer un paradoxe , il n'eft ja- 
mais permis aux Anriquaires de 
faire une nouvelle langue , ni d'at* 
tribuer aux mots Grecs ou Latins 



RES 39 

qu'ils renconirenc fur 1er médail- 
les , des (ignificacions que ces ter- 
mes n'onc jamais eues. Or , outre 
que reftituere aliquem n'a jamais 
voulu dire reprcfentcr quelquun, ou 
le rendre à tétat par l'image de fes 
vertus y c'eft que ce verbe , dans la 
conftrudion latine , régi flanc Tac- 
cufatif, ne tomberoit fur rien dans 
les médailles en queftion , où cous 
les noms des Empereurs & des Hé- 
ros font au nominatif, ou il fau- 
dra fuppofer que les Romains igno- 
roienc leur langue pour faire des 
fautes fi groflîères , ou il faudra 
fuppléer des pronoms entiers , & 
par cette méthode on rrouvera couc 
ce qu'on voudra fur les médailles. 
Enfin , eft-il vraifemblable que Tiie 
les délices du genre humain , & 
Trajan fi cher aux Romains , ayenc 
voulu faire penfer qu'ils retraçoient 
en leur perfonnes & la diffimula- 
tion de Tibère & la moHeffe d O- 
choii ? Les découvertes du P. Har- 
douin ne tiennent pas contre une 
critique fi judicieufe. Il y a bien 
plus de probabilité dans le fenci- 
ment de M. Vaillant ; favoir , que 
Trajan , afin de fe concilier les ef- 
prits du Sénat & du peuple , vou- 
lut donner des marques de fa vé- 
nération pour fesprédéceffeurs, & 
de fa bienveillance envers les pro- 
mières maifons de la République ; 
dans ce defiein , il fie reftituer les 
monnoies des Empereurs qui avoienc 
régné avant lui , & celles fur lef- 
quelles étoient gravés les noms des 
familles Romaines. 

Quanc aux médailles reftituées 
par Gallien, ce fonc celles que cet 
Empereur fit frapper pour renou- 
veler la mémoire de la confécration 
de la plupart de k^ prédéceffeurs, 
qu'on avoir mis au rang des Dieux 
après leur mort. Ces médailles onc 



4© 



RE S 



toutes là même légende au revers , 
Confecratio ; & ces revers n'ont que 
deux c^pes' difFérens , un autel fur 
lequel i! y a du feu , & un aigle 
avec les ailes déployées. Les Empe- 
reurs pour la confécration defquels 
Gallien a fait frapper des médailles 
reftituées , font Augufte > Vefpa- 
Cen, Titus, Nerva j Trajan, Adrien, 
Anronin Pie , Marc- Aurele , Com - 
mode Severe , & Alexandre Sévè- 
re , pour chacan defquels il n'y a 
que deux médailles , à l'exception 
de Marc Aurele, dont on en trouve 
trois différentes. Mais il ne s'eft pas 
encore trouvé de médailles refti- 
tuées par Gallien , avec les confé- 
crations de Claude , de Lucius- Ve- 
rus, de Perrinax,de Pefcennius, 
de Caracâlla , de Gordien , & des 
Impératrices qui avoient été mifes 
au nombre des DéelTes. 
RESTITUER; verbe aftif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Rejiituere, 
Rendre ce qui a été pris ou poffcdé 
induement, itijuftement. On lui a 
rtftitut ce quon lui avoit volé. V ar- 
rêt U condamne à rejl'uuer les fruits 
du bénéfice. 

Il s'emploie quelquefois abfolu- 
ment. Les Juges & les Confejfeurs 
obligent les ufuriers à refiituer. 

On dit auffi , refiituer l'honneur ; 

Eour dire rendre l'honneur , réta- 
lirjtéparerl'hontîeur de quelqu'un. 
// ejl difficile de rejfituer l* honneur 
quand on fa été* 

Les gens de httres difent ; refii- 
tuer un texte , un pajfage de quelque 
Auteur ; pour dire , rétablir un paf- 
fage qui étoic corrompu , le remet- 
rre comme il doit être. Scaliger^ /. 
Lipfe , Cafauton , Erafine ont rejHtué 
divers pajfages des Auteurs anciens. 
On dit en termes de Palais , refii'^ 
' tuer une verfonne en [on entier ; pour 



RES 

dire , la remettre dans Tétat oà elle 
étoit auparavant. La force , la crain- 
te y le dolfont des moyens fufififans 
pour faire refiituer un majeur en fon 
entier. 

On dit dans h même fens , fe 
faire refiituer contre fon obligation j 
contre Ja promeffe. 

Fbyei Rendre, pour les diffé- 
rences relatives qui en diftinguent 
refiituer., 

RESTITUTION; fubftantif féminin. 
Refiitutio. AEfcion par laquelle on 
reftitue. Celui qui a du bien d' autrui 
eji obligé à refi'ttution. On condamne 
un pojfejjeurde mauvaife foi à la ref- 
titutipn des fruits envers le propfié^ 
taire. 

Restitution en entier , ou Ample- 
ment , RESTITUTION, fe dit en ter- 
mes de Jurifprudençe , d'un béné- 
fice que les'loix accordent à celui 
(]ui a été léfé dans quelque ade où 
il a été partie, pour le remettre 
au même état où il étoit avant cet 
aâe , s'il y a jufte caufe de le faire. 
L'ufage de ce bénéfice nous vient 
des Lois Romaines; mais parmi 
nous il eft fujet à quelques règles 
particulières. 

La reftiiution s'accorde contre 
des Arrêts & Jugemens en dernier 
reiTort , foit par voie de re(|uète ci- 
vile , foit par voie de caffation. 

La reftitution contre des aâes 
a lieu quand l'aâe n'eft pas nul en 
lui-même , Se néanmoins qu'il peut 
être annullé par quelque caufe de 
reftitution. 

Quoique les lois aient réglé les 
cas dans lefquels la reftirurion doit 
être accordée , néanmoins en Fran^ 
ce elle ne peut être prononcée par 
le Juge , fî la Partie qui fe prétend 
léfée n'a obtenu des lettres de ref- 
cillou y donr elle doit demander 
l'entérinement » 



RES 

Tem jcinemenr » lequel dépend tptK 
jours de la prudence du Juge. 

La reftitucion en entiec a fon 
effec non-feulemenc encre ceux qui 
ont pafTé Taâe, mais auiB contre 
les ciers-polTefleurs. 
, Elle peut èçre demandée par Thé- 
ticier du x:hef du défunt» 

Si c'eft un fondé de procuration 
qui demande la reftitution fous le 
nom de fon commettant » il faut 
qu'il foit fondé de procuration fpé« 
ciale. 

Celui qui a ratifié un aâe.en 
majorité , n'eft plus recevable à de^ 
mander d'être reftitué contre cet 

^ L'effet de la reftitution eft que 
les deux Parties (ont remifes au 
même écii»t qu'elles étoient avant 
fade y de manière que celui qui eft 
leftitué 9 doit rendre ce qu'il a 
ireçu. 

Si la léfion ne portoit que fur 
pnç partie de l'aâe »dont le furplus 
fut indépendant, la reftitution ne 
devroit être accordée que contre la 
Partie de l'aâç où il y auroit ié- 
iîon. 

La reftitution doit être deman- 
dée dans les dix ans de Tade » & 
ce temps qui a couru du vivant de 
celui qui a pafle Taâe , fe compte â 
l'égard de Ion héritier ) mais n ce* 
luvci étoit mineur , le refte de ce 
délai ne cour roit que du jour defa 
majorité. 

Quoique l'on fe porte plus faci- 
lement à relever les mineurs qiils 
les majeurs , cependant la^ minorité 
n'eft p|LS fet|}e un moyen de refti- 
tntioh t il faut que le mineur foit 
léié) mais aufli on le relève de 
toutes fortes d aâes où il fouffre la 
moindre léfîon » foit qu'il s^gifle 
de prêts d'ai;gent ou autres conven- 
jtipns , foie qu'il foie queftion de 
TomcXXF. 



RES H 

l'acceptation d'un legs ou d'une fuc- 
ceffioa » ou que le mineur y ait re- 
noncé ; on lui accorde même la 
reftitution pour les profits dont il a 
été privé, & des demandes qu'il a 
formées , ou des confentemens qu'il 
a donnés â fon préjudice dans àt% 
procès. 

Si deux mineurs traitant enfem- 
ble , l'un fc trouve léfé , il peut de- 
mander la reftitution. 

L'autorifarion du tuteur n'em« 
pêche pas que le mineur n'obtienne 
la reftitution^ on la lui accorde mê- 
me contre ce qui a été fait par fon 
tuteur j quand il y a léfion. 

Si l'on a vendu un immeuble du 
mineur fans néceffité ou fans utilité 
évidente j ou que les formalités 
n'aient pas été obfervées , telles que 
l'eftimation préalable, les affiches 
& publications , le mineur en peur 
être relevé quand il ne (buffriroic 
d'autre léfîon que celle d'être privé 
de fes fçnds , qui eft ce qu'on ^p^ 
pelle la leji^n d affcclion. 

Les moyens de reftitution â l'é- 
gard des majeurs , font^Ja force, la 
crainte , le dol. 11^ faut pouttant 
qu'il y ait léHon \ mais la léuon feule 
ne fuffit pas. 

Néanmoins dans les partages des 
fucceffions la léfion du tiers au quart 
fuffit pour donner lieu à la reftitu- 
tion à cauie de l'égalité qui doit 
régner entre des cohéritiers. 

Le vendeur peut auffi être refti- 
tué contre la vente d'un fonds , s'il 
y a léfion d'outre moitié du jufte 
prix. . < 
Restitution J fe dit ep termes de 
Phyfique du rétablifie^ent d'un 
corps élaftique qui après avoir été 
dans un état forcé pendant quelque 
ten}ps^> fe remet enfuite dans Ion 
. état naturçl. ' 

Qx\^ilMS^^larJtJ^Uumn^d^uxtC:^ 



4i RE5 

J^un paffage de quelque Auteur ^ pour 

dite le rétabliflemenc da texte, d*un 

' pafTage , l'aâion de les remettre 

' dans l*étac où ils érotent avant qu'ils 

euflent été corrompus dans les co* 

• pies. 

Restitution , s'emploie en ftyle nu- 
mifmaiique, pour désigner certai- 
nes médailles qu'on appelle indiffé- 
remment médailles de rejïitution ou 
médailles reflituées ^ 8c dont nous 
avons pnrlé au mot Restitua. 

Tout eft bref au iiAgulier , mais 
la dernière fyllabe eft longue au 

• pluriel. 

RESTOUT, ( Jean ) Peintre ordinai- 
re du Roi » des Académies de Caën 
& de Rouen fa patrie , naquit en 
1691 , fils & petit- fils de Peintre. 
Il hértia de fon père & de fon grand 
père leur goât pour ce bel art, & 
fa nature y ajouta un génie plus 
vafte. Sm excellent tableau d Al- 
phée qui fe fauve dans Us bras de 
Diane ^ le fit agréer â TAcadémie 
de Peinture en 1720. Parmi plti- 

- iieurs autres itiorceaux qui îUuftrè- 
rent fon <alent , on cite le tableau 
du triomphe de Bdcckus > fait pour 
le Roi de Prude ^ qui lapprécia en 
homme de goût & le paya en Mo- 
narque. Reftout mourut en 1768. 

RESTREINDRE ; verbe aôif de la 
quatrième conjugaifon , lequel fe 

- conjugue comme Craindre. Ref- 
tringere. Reflerrer. Un remède qui 
ri/lreine. Il vieillit au propre. 

Restreindre , fignifie figurément , 

• ditninuer, réduire^, retrancher quel- 
que chofe , une propofition y une 

- prétèhtibnf; ur> droite II a reflreint 
; fis éùhchfions à demander Vufufruit 

de cette terre. Il eft de principe en 
juri/prudence quoi doit étendre les 

■ éifpojitions favorable^ & r^rèindre 
celles qui font odieufesi llfaûéref 

titr0h^e^]tes privilèges dont on ééufe. 



Il s^eft reflreint à une iemande/ofi 
raifonnable. 

RESTREINT . EINTE; participe paf- 
fif. Voy€\. Restreindre. 

RESTRICTIF , IVE -, adjeûif. Aflrin^ 
gens. Qui reftr eint , qui limite^ // 
y a dans le contrat une claufe refiri-' 
clive qui renferme cette difpojition 
dans de juftes bornes. 

RESTRICTION \ fubftantif féminin. 
Modification Modification , condi* 
tion qui reftreint. La Cour mit une 
reftriSion en enregiftrant cette Dé^ 
claration. Les lois générales fouffrene 
ordinairement' quelques reftrillilms. 
Cette claufe du traité porte referio- 
tion. 

On appelle reftriSîonmintale ^ Im 
réferve que l'on fait d'une partie de 
ce que l'on penfe pour induire|en 
erreur ceux à qui l'on parle. Les 
faux dévots ne manquent jamais* de 
reftriclions mentales pour accommo'^ 
der leur confcience avec leurs inté- 
rêts. Les honnêtes gens ne doif'ent 
point uftr de refaisions mentales^ 

RESTRINGENT , ENTE; adje^if- 
Qui s'emploie fubftantivement. Ref 
tringens. Qui a la vertu de reflerrer 
une partie relâchée. On fe /en de: 
remèdes reftringens pour rejjerrer fo- 
rifice du vagin à ta fuite des couches 
lahorieufes lorfquuh enfant a ^étl 
long temps aupajfage* Dans les niai» 
fons deoroftitution les filles fùntfàu- 
véntujage de reftringens pourrépater 
eh quelque forte la virginité perdue.- 

RÉSULTANT , ANTEj adjêûif & 
terme de Palais. Qui réfolte. i^t 
Cour , pour les cas refultûns du^pro- 
eès , Fa condamné à faire arneitdc 
honorable i Sec. Les preu\/^s réfuVdn* 
tes des informations '& autres piètes 
du procès. ' ' 

RÉSULTATi fttbftantif mafctt|în. 
} * Sumrna. Ce quVn a r6cneilli^d*ùhe 
conférence ^ d^une recherche^ d'ùfa^ 



«léElitâribn j d*un dirfcdilrf, m ce 
qui a été cbncla ôc arrêté y oa qui 
8'eft enfuivi d'une ou de pluûeucs 
autres chofes. 

Les Diètes de Pologne font or- 
dinairement fi tumultueufes , qu'il 
eft bien difficile d'y former un ré- 
fultat qui foit au goût de tout le 
monde. 

Le réfultat' ordinaire des difpu- 
tes j dit M. Bayle , c'eft que chacun 
demeure plus attaché â fon fenti- 
ment qu'auparavant. 
RESULTER } veibe neutre de la 
première cou jugaifon^ lequel fe con- 
jugue comme Chanter. NafcL 
S*enfuivre. Il ne fe dit qu'à la troi- 
fième perfonne , & il s'emploie pour 
marquer letânduâions , les confé 

Îuences qu'on tire d'un difcoùrs , 
'un raifonnement , d'un fait , &c. 
Que réfiilU't'd de la dépojition de 
ce témoin^ Ce font des propos vagues 
dont il ne peut rien réfuUer. VoUà 
tabfurdité qui réfulte de fon raifon- 
nement. ^ 
Il fe dit auiS quelquefois des 
fuites d'une ou de plusieurs chofés. 
La ruine de la Province réfulterade la 
mauvaîfe adminijlration de cet Inten- 
dant. 

Les temps compofés fe conju- 
guent avec l'auxiliaire Avoir. 
Qua-'t'il refaite de cette- entre- 
prife? 

Les deux premières fyllabes font 
brèves j & la troifièmé longue ou 
brève. Voyt^ Verbe, 
RÉSUMÉ , ÉE ; participe paOîf. 
Feyeil Résumer. 

Il s'emploie aufli fubftantivement. 

Le réfumé d'un Mémoire. 

RÉSUMER ; verbe aôif de la [>re. 

tgnière conjugaifon , lequel fe con- 

^gue comme Chanter. Refktàere. 

'- Recueillir, reprendre en peu de pa- 

jroles uu arguoftenc , un ffttfenne-' 



RES 4s 

ment qui a été plus étendu. If fe dit 
^ parcicnlièrement dans le Dogqati- 
que & dans la Juiifprudence. Je 
vais réfumer votre propojition & en» 
fuiu j'y répondrai. Il réfuma ^le^ 
principaux points de la contejlation 

' avant d'ouvrir fon avis. 

Les deux premières fyllabes font 

' brèves, & la troifième longue ou 
brève. Foyer Verbe. 
RESUMPTÈi fubftantif féminin. Il 
fe dit dans l'école de Théologie de 
la thèfe de cinq heures que le nou- . 
veau Dôâeur doit foutenir, félon 
les lois de la Faculté , pour avoir 
fufFrage aux AfTembtées , & jouir 
des droits du Doâorat. L'objet de 
ia Faculté, en ordonnant cette>thè- 
fe, a été d'entretenir les jeunes 
Doâeurs dans une étude profonde 
de la Théologie , & (urtout^des 
matières qui y ont iè plus de rap- 
port. C'eft pourqudi il a été ftâiué 
qu'il n'y aura que les Doâeurs y au 
moins depuis cinq ans , qui feront 
admis à cet aâe ; que la thèfe ton* 
tiendra iix colonnes ; que les deux 
premières agiteront les queftions les 
plus difficiles de l'Ancien Tefta* 
ment , les deux fuivantes > celles 
du Nouveau H les dernières ^ les 
points de l'Écriture-Sainte , les plu» 

comeftés par les Hérétiques des der« 

niers temps. Les Evèques font dif- 

penfés de la réfumpte \ ainfi ilscpm- 

mentent i jouir de tous les droits du 

DoAorât , auffi-tot qu'ils font élevés 

à cette dignité. 
RÉSUMPTÉ } adjeâif mafculin. Il 

fe dit du Doâeur qui a fouterfu fa 

réfumpce. ' 
RÉSUMPTION; fubftantif féminin. 

Récapitulation Aâion de réfuoier, 

La réfumption d*un difcours. 
RÉSURRECTION i fubftamif fémî- 

nin. Refarreclio. Retour de la mbrt à 

la vie. ' 

F ii 




44 R£S 

Là rifarreâion peut ftrre » oa 
.. pour un temps , ou perpétuelle. La 
' . réfurrtàion pour un temps eft celle 
où un homme mort reflufcite pour 
mourir de nouveau. Telles font les 
réfurreclions miraculeufes . dont il eft 
fait mention dans l'Ecriture , com- 
me celle de Lazare. La réfurrtclion 
perpétuelle eft celle où i on paflé de 
la more à Timmortaliié > relie qu*a 
été la réfurrcàion de Jesus-Christ, 
& telle que la foi nous enfeigne que 
, iera la nôtre â la fin des fiècles. 
Le dogme de la réfurreâion des 



tnorts ett un croyance commune aux 
Juifs & aux Chrétiens* On le trou- 
ve clairement marqué dans l'Ancien 
& le Nouveau Teftament. Lorfque 
Jésus-Christ. Darut dans la Judée , 
la réfurredion des morts étott reçue > 
comme un des principaux articles 
de foi de la religion des Juifs par 
: tout le corps de la Nation , à Tex- 
ception des feuls Sadducéens qui 
la nioient , & qui toutefois étoient 
tolérés , mais Jésus-Christ a en- 
seigné expreftementi^e point de no- 
tre foi , & eft lui-même reffufcité. 

L'argument qu'on' tire de far/-, 
furrcQion en faveur delà vérité de la 
Religion chrétienne, eft un de ceux 

3ui preflènt avec plus de force & 
e conviAion. Les circonftances en 
font telles , qu'elles partent ce point 
jufqu'à la démonftration. 

Quoique Us Juifs admettent la 
réfurreclion , ils varient beaucoup 
fur la manière dont elle fe fera. 
Les uns la croient générale , d'au- 
tres avancent que tous les hommes 
ne reflufciteront pas , mais feule- 
ment les Ifraélites , encore excep- 
tent-ils du nombre de ceux-ci les 
plus grands fcélérats. Les uns n'ad- 
mettent qu'une réfurnUion à temps, 
les autres une réfurrcQion perpé* 
fuelle > mais feulement pour les 



RE S 

tmes^ Léon de ModSm dîrqur'îîy 
en a qui croient , comme Pyiha«^ 
gore , que U% âmes paftent d'un 
corps dans an autre , ce qu'ils ap« 
pellent gilgul ou roulement. D'auues 
expliquent ce roulement du tranf- 
port qui fe fera à la fin du monde 
par la puiffance de Dieu de tous les 
corps des Juifs morts hors de la Ju- 
dée > pour venir dans ce dernier 
pays fe réunir à leurs atnes. 

Ceux d'entre les Juifs qui ad- 
mettent la Métempfyjcofe font fort 
einbarraflées fur la manière dpnt fp 
fera la réfurreclion ; car comment 
l'ame pourrait-elle animer rous les 
corps dans lefquets elle aura paf- 
fé ! Si elle n'en anime qu'un « que 
deviendront tous les autres ? Et fe^ 
roit-il â fon choix de prendre celui 
qu'elle jugera le plus à propos ? Les 
uns croient qu'elle reprendra: fon 
premier corps » d'autres qu'elle fe 
réunira au dernier } & que les autres 
corps qu'elle a autrefois animés » 
demeureront dans la pouftière con-^^ 
fot)dus avec le refte de la matière. 

Les anciens Philofophes qui ont 
enfeigne la Mérempfycofe , ne pa- ' 
roiftent pas avoir connu d'autre re* 
furreSion , & il eft fort probable.que 
par la jéfurreâion plufieurs Juifs 
n'entendoient non plus que la tranfr 
rnigcatign iucçeffive des âmes. 

On> demande quelle fêta la na« 
ture des corps reftufcités , quelle 
fera leur taille , leur âge , leur fe« 
xe ? JÉSUS - Christ , dans l'Evarv 
gile » nous apprend que les hocn- 
mes après la réfurreclion » feront 
comme les Anges de Dieu » c'eft- 
â-dire , félon les Pères , qu'ils fe- 
ront immortels , incQtruptibles > 
tranfparens, légers, lumineux^dç 
en quelque forte fpirituels , nins 
toutefois quitter les qualités corpo- 
^reUe»^ comoae nous voyons^ qi^ le 



Coffi 4« iU^ s • Cha n% rt 0î^ité! 
étoic fenfible» & avotc dç }a çhg^r Sc\ 
des os. ! 

Quelques anciens poâeurs Hé- 
breux » cicés^ans la Geijiarre , fou- 
cenoient que les hommes refuTci- 
teroienc avec laimèmetaille» avec 
les m&mes qualités &; les mêmes 
défauts corporels qu'ils avoiçnt.eus: 
dans cette vie y opinion embraffée 
par quelques Chrétiens qui fe fon- 
doient fur ce que Jésus -Christ 
avoit conferv é les ftigmates^ de 
fes plaies après f^ Béjkrreclion. 
Mais , comme le remarque^Sé Âu- 

Êuftin , Jésus-Christ n'en ufa de 
i forte que pour convaincre Tin- 
jcrédulité de fes Difciples » 8c Us 
autres hommes n'auront ps de pa- 
reilles raifons pour refli^fçitec avec 
des défauts corporels ou des di^or-* 
mités. 

La réfurreSion des enfans renfer- 
me aufli des difficiihés. S'ils relTuf- 
citent petits , foiblcs Se dans la for- 
me .qu'ils ont eue dans le mopde, 
. de quoi leur fer vira la refumàion} 
Et s'ils reflufcitenc grands , bien 
faits & comme dans un âge avancé, 
iU feront ce qu'ib n'ont jamais été, 
ce ne fera pas proprement une ré- 
furrcUion* o. Auguftin penche pour 
cecre dernière opinion, & dit que 
la rcfurrt^ion leur donnera toute la 
perte Aion au'ib auroient eue , s'ils. 
avoienc eu le temps de grandir , & 
au'elle les garantira de tous les dé- 
fauts qu'ils auroient pu contraâer 
en grandiflant. Plufieurs ^ tant an- 
ciens que modernes, ont cru que 
tous les hommes reflufciteront â 
l'âge où Jésus -Christ eft mort, 
c'eft-a-dire, vers jj ou $5 ans, 
pour accomplir cette parole de Saint 
Paul , afin que nous arrivions tous à 
t état d* un homme parfait à la mefure 
de Vâgexomflet de Jésus-Christ ; 



«ES 4f 

, c^ que le$ nrêilleurs Interprètes en* 
tendent dak)sun fensfpitituel , des 
progrès que doivent faire les Chré- 
tiens dans la foi & dans la vertu. 

Enfin , plufieurs Anciens ont 
douté que les femmes duilent ref- 
flifciter dans leur prppre fexe, fe 
fondant fur ces paroles de Jésus* 
.Christ , dansUiïéi}^ite€t\on Us ne 
fe marieront pas & népouferont 
point de femmes. A quoi l'on ajoute 
que félon Moïfe , la femme n'a été 
tirée, de Thomme que cpmmi» un 
accident ou ,iui accefToire , & par 
cpnfcquent qu'elle reifufcitera (ans 
diftinékioti du fexe. Mais on répond 
que fi la diftinâion des fezes n'eft 
pas néce (Taire après la réfurreSion , 
elle ne l'eft pas plus pour l'homme 
que pour la temme i que U fenîme 
aeft pas moins parfaite en fon gen- 
re que rhofnme, & qu'enfin le fexe 
de la femme n'eft rien moins qu'un 
défaut ou une imperfeâion de la 
nature. 

Résurrection ji fe. dit aufli par ex« 
tenfipo , d'une guérifon furprenan- 
te , ipqpinée. v 
VxovïoTïCt'L ré^urekjton. 

RETABLE i fubftantif mafculin. Or- 
nement d'Architeâure contre le- 
duel eft appuyé l'autel , &..qui en- 
ferme . ordinairement un tableat). 
Vn retable de marbre. Vn retable de 
menuiferie* 

RÉTABLI, lE j participe paflSf. Foye:^ 
Rétablir. 

RÉTABLIR} verbe adif de la f^- 
conde conjugaifon , lequel (e con- 
jugue comme Ravir. Refiaurare. 
Remettre au premier état , eh bon 
état , en meilleur état. Son château 
menafoit ruine , mais il ta fait ré* 
tablir. Les eaux ont rétabli fa fantL 
Après la mort de Cromi¥ely Charles 
II fui rétabli dans fes droits. La paix 
rétablira le commerce. llaUa yiyre à 



< 



4£ RET 

. ^ la campagne pour Yctaitirfes chaires. 
Ce fut fous ie règne de ce Prince que 
lej jirts fe rétablirent dans le Royau- 
me. 

On die en ternies de Palais , réta- 
bUr quelquun dans fa bonne fnmt & 

' renommée; pour dire, donner- un 
Jugement par lequel un homme eft 
lavé de l'iQfamie donc il avoir été 
noté. 

On dit , rétablir un pajfage d'un 
Auteur; pour dire » le reihcuer, le 
remettre dans l'érat où il était avant 
qu*il( eût été cori'ompu dans les co- 
pies. Les Critiques ont rétabli diffé- 
rens pajfages de Tacite^ de Tite-Live, 
d*Ariflophane , &c. 

Les deux premières fylUbes font 
brèves » & la troinème longue ou 
brève, ^-oye^i Verbh. 

-RÉTABLISSBMENTi fubftantif maf- 
culin. Rejlauraeio, Aâion de réta- 
blir y état d'une perlonne» d*une 
chofe rétablie. Chacun des deux 
vol/ins doit contribuer pour fa part 
au fçtahliffemcnt du mur mitoyen. Ce 
Miniflre s'occupa du rétabliffement 
de la difcipUne militaire* Elle doit au 
lait le rétablijjiment deJa/hnte\Le 
rétablijfemcnt des Stuardsfur le trône 
de leurs ancêtres ne paroît pas pro- 
ehain. 

RETAILLE; fabftantif fcthînîn. Par- 
tte , morceau qu'on retranche d*une 
chofe en la façonnant. Les retailles 
des peaux fervent à faire de la colle 
forte. 

RETAILLER; verbe aûif de la pre- 
mière conjagaifon , lequel fe con-^ 
jttgue comme Chanter, Tailler de! 
"nou veair. On a mal taillé ces arbres , 
ilfautlesretailltr. 

RETAPÉ . ÉE ; participe paflSf, Foy. 
Retaper. 

RETAPER ; verbe aftif de la pre- 
mière confugaifon , lequel fe con- 
jogut comme Ghakter. Retrouf-i 



RET 

fer Ie& bords d'un chapeau cobtrè I« 
forme. Ce Chapelier retape bieti un 
chapeau* 

On dit auffi en termes de Per-* 
ruquiers , retaper '^s cheveux^ C9 
ejm fignifie ) les peigner à rebèurs 
enc commençant par le côté de la 
pointe, afin de faire renfler la ^ri^ 
furepour arranger enfuiteles bou- 
des. 

RETARD; fubftantifmafculin. Mora» 
Délai , remife. Jt nai pas été en r«- 
tardde le payer. 

On dit aiiifi , le retard d'une rtion^ 
tre\ d'une 'horloge. ' ' 

RETARDATION ; fubaantif fémi- 
nin & terme de Phyfîque. Il fe die 
du ralenriiïement du mouvenlent 
d'un corps , en tant que ce ralentie* 
fcment eft r<;fFet dtme caufe parti- 
culière. 

M. Newton eft le premier qui 
nous ait donné les loix de la reur- 
dation du mouvement dans les flui- 
des , de Galilée le premier qui aie 
donné celle de la retardation du 
mouvement des corps pefahs. Ces 

; deux Auteurs ont été commentés & 
étendus depuis par une infinité d'au- 
tres ; comme par MM. Huyghens ^ ' 
Varignon, Bernoully , &c. On 
trouvé* dans le difcours de ce der- 
nier , fur les loix de la commanica* 
tioh du mouvettiem ; plufleors beaux 
théorèmes fur les loix de la retar- 
dation du mouvement darïs les flui- 
des. M. Newton a démontré qu'un 
corps qui fe meut dans un fluide 
d'une denfité égale à la (ienne , doit 
perdre la moitié de vitefle avant 
d'avoir parcouru trois de (es dia- 
mètres. Delà il conclut que lestila- 
nètes , & fur- tout les comètes ,'aQi- 
vent fe mouvoir dans un efpace 
non réfiftant. Les Cartéflens ont fait 
|ufqu'à préfent,de vains efforts poar 
répondre à cette objeâiôm 



RÉTAKbè / tÉ ; paixidtJe 'paffif. 
Voyti^ Retarder. 

RETARDEMENT ; fubftamif maf- 
culin. Dilatio. Délai, rômife. Je 
î^aî point apporté de retardement à la 

'' décifion de cette affaire. Il faut càn- 

'^clure ce traité fans retdtdiment. Cela 
fut caufe da retardement du mariage. 

RETARDER; verbe aûif de la pre- 
mière conjagaifon , lequel fe con- 
g* gne comme Chanter. MorarL 
ifférer , faire qu'une chofe (bit 

. lemife, renvG7ée k un temps plus 

" éloigné. Cet iiicident retarda le Ju^ 

• gement du procès. C^éji un payement 
^ue vous ne deveT^ point retarder. Cet 
événement pourra retarder fon ma- 

' riage. Le manque d'urgent a retardé 

le rétahliff-ment de cet édificeî. ' 
Retarder j fignifie auffi eàapeçlier 
V tfâlfer ,' de pàrjtir , d^àvàncêr. Le 
' Mauvais temps à retarde le coùrier. 

• Cette montre va trop vite ^\il faut la 

• retarder. 
Rht ARbE:R ^ eft auffi ïiéutre^ & fe 

dit d'une' Aïontre » .d'une horloge' 
qui 'va trop hntttticnt.^ dette pen- 
date retarde d*un quart d%eure par 
jctur. • - ' 

On dit aufli , que/â lune retarde 
'- tous les jqurs de trois quarts d* heure 
'• cù environ j pour dire , : que' tpus 
les jours elle retarde de tant 'à pa- 
; roître. Et l'on dit da^s femçme 
fcns i ijiie ta marée retarde , q\ie 
la fhhrè' marde ^^ ainâ de 
fienrs autres chofes. 
RETÂTÇR ; yerbe aftif de la pre- 
^ miète conju^aïlbdVleqîiôl fe con- 
jugua comme Chant eïu Tâtef de 
'iiouvei»tr- Après àvoit\tûté ^ tetâté 
U petits du^ rhàtade ^î il l^ùi;a ^uÛ le 

ff^^^^^^^^ ' ' ' ■ 

RETAXER î verbe aftif dé la pre- 
mière confugaifon, lequel fe couju- 

^ gue ôomtee CnAiirER. Taxer de 
noixyMil*' Ces d4^ar^ n*on$ pas été 



tfue 

:^u. 



J^ E ^ 47 

^* îai^s 'feiàh fÔr^ôh'riahhâ, lï fkut 
les faire retaxer J' 

RETEINDRE ; verbe aûif de la qua- - 
irième conjugaifon , lequel fe con- 

' ' jitgûe comme Craindre. Teindre 
Uiîe féconde fois. Ce drap ejl mal 
teint il faut lé r éteindre. 

RÉTElNDRE ; verbe aftif de la qua- 
friètne conjilgâifon , leçjuel fe con- 
jugue comme Craindre. Éteindre 
de nouveau. Le feu fe ralluma pen^ 
dont la, nuit , <& on ne put pas le ré' 
" ttindrt avant lej.çur. 

RETENDRE i vèfbé aâif de la qua- 
trième conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Fendre. Tendre de 
nouveau. Si cette corde fe détend^ 
'^ous la retendre-:;. 

RETENDRE ; verbe aftif de la qua- 
trièmè cofiiugaifonJequelfecpnju- 
'giiôcommèTENDRE.Étendredenou- 
veau. Ce linge efl encore humide ^ il 
faut le rétendre pour le faire fécher. 

RETENIR } verbe aûif dç la féconde 
'conjugaifon , féquet 'fè conjugue 
"comme' Soutenir. Ketinere.\x' 
voir ^ tenir encore une foi^. Si je 
*pàùyois retenir T argent ^ qu'ils r^*ont 
gàgàé , je ne le rejoucrois plus. 

On dit à peu près en ce fens , yc 

I voudrois bien retenir ce que fai dit ; 

\ J pôur,dire , je vbutîrois bien ne Tas- 

j yî^h pai dit. Il eft fânoilier'. 

RétbnirL.^ fignifieauflî/gijardet par <ïe- 

*;* vers fbf ce qui efli i ttn autre. Çnnc 

' doit pai retenir le fa là ire d'un o»- 

vrïer.. Pourquoi reteney^vous ce: qui 

ne vous appartient pas. . , 

Retenir jiighifie encore » garder rou^ 
jfours, cônfcrvdr ce <\x^e Ion a , ne'^ 
] point s*eu défaire, nepoint s'en dèf- 
faifir. EnVîe fensondîf,que donner Sf 
retenir ne vaut j; poui: due , qu'une 
donation n'eft point valable , fi pn 
be fe deffaifit pas en eflTei de ce que 
Ton donne. \ ' \ 

On dit retenir V accent du pays ; 



4» IlET 

Kur dire > avoir coujouri» coofetirar 
ccenc> la prononciation de fon 
pays. 

On dit dans le même fens , r^te- 
n\r les ykillcs habitudes. Les bêtes 
féroces que l'on a appriyoifées , re- 
tiennent toujours quelque chofe de 
leur naturel. Ce vafe retient quelque 
chofe de fçdeur du vin que Fon y ayoit 
mis auparavarUé 
Retenir , fignifie anflî réferver. En 
lui vendant fa terre il en retint la 
jouiffance pendarît dix ans . // n* a pour 
vivre quuru ptnjion de cent pifioles 
quil s'efl retenue en réfignantfa curé* 
On die à peu près dans le même 
fens , quand vous me payere\ ce que 
je vous ai prête y vous retiendrez ce 
que vous venc[ de nie S^gf^cr. Ilafe^ 
ténu dtxécus pour fes frais. On re- 
tient aux' Officiers quatre deniers p<fur 
. livre fur leurs appointemens. 

Quand oh veic que quelqu'un ra« 
malTe quelque chofe , on oit popu- 
lairement, fen retiens part ; pour 
' dire 'y je prétends avoir part â ce que 
voû5 ayez trouvé. 
' En termes d'Arithmétique , on 
dit, q\ion rerient un chiffre ; pour 
, dire , qu'on le réferve pour le join- 
dre aux chiffres de la colonne qu pn 
' 4oit calculeif aprèsl Âinfi lorfque le 
total d'une colonne monte â 4.7^ on 
dityjtf poffjcpt, & je retiens deitx^o^ 

* âbf6lunient,/F0,^/<?^r 6* retiens deux^ 

Od dit , que lès Juges retiennent 
une caùfe ; pour dire , qu'ils s'en ré- 
fer vent la connoiffance, en décidant 
qu'elle leur appai tient. ^, 

Retenir » fignine eiicore, s'a(furer par 

* précaution d'une chofe qu'un autre 
autoit pu prendre. Il faut envoyer 
retenir une loge à l'Opéra, îfoûs le 
retiendrons pour jouer du violon^ Il 
retint le cuifinier àfonfervice. 

On dit , retenir une date en Cour 
de Rome '^ pour dirç ^ prendre une 



.REJ 

date eti Cour de Rome. It Ton dff| 
retenir date , en t^arlant des aâes quf 
fe paffent paidevant Notaires. Il 
retint hier date pour un tel contrat. 

On dit j ç\\xun Confeilltr retient 
le bureau ; pour dire , qu'il s'afli^re 
d'un joui: fixe pour rapporter le pro- 
cès dont il elt chargé. 

^ Quand on joue à croix à pile, 011 
dit , je retiens croix , je retiens^ pile ; 
pour dire , je gage , je parie que le 
coté de la pièce de monnoie qui pa^ 
roîtra, fera croix, fera pile. 

On dirdansle même fens , quand 
on joue â pair $c i non ^ je retiens 
pair^ je retiens non. 

Retenir , fîgnifie auffi, arrêter , faire 
demeurer , faire féjourner , ne pas 
laifler aller j fes affaires le retien* 
nene â Paris. Je voulus fortir à midi^ 
mais elle, me retint, à Miner. Les piQn* 
geurs quipêchent lès perles 9 font fxoti* 
gés de retenir long- temps leur haleine. 
Ses créanciers le retiennent enprifon. 
. Ces tuyau:ç ne retiennent j>as ieau. 1 

Retenir , fignifie auflî empêcher l^ef^ 
' fet d'une action qui eft fur le pQ)nc 
d'arriver. // feferoit jeté par làfe* 
àetre fi on ne reut retenu. 

On dit â peu près dans le mêihe 
fens 5 retenir une poutre , pour dire , 
l'attacher avec qn lien de fer pouc 

y^i^épfipêchèr de tomber. 

' On dïtf Je retenir 9 poux. dire » 
s'arrêter avec e^or t. afin ^é ne pas 
tpihbér. // jeroit tombe dé l'arbre 
s* il ne s*étoitj>as retenu^ aux branches» 

I^etenir , Cgnifiç encore mertre, im.^ 

J^ primer , garder quelque choie d^^ns* 
on efprit/p ^pis fa mémoire. 
L'el prît retient les i^hofes de deux 
, manières ^ la première en fe perpé- 
tuant quelque temps la perception 
d'une idée , qui eft ce qu'on appellq 
contemplafion. La féconde eft en fai« 
fant. renaître en quelque^ |açon les 
idées c^vCH avoir p^rdu^s'de vue ^ & 



RET 

cette féconde opération éft on e ffe 
de la mémoire laquelle eft pour ainfi 
' dire » le réfervoir de nos idées. 

Nos idées n'étant que des percep- 
tions aâuelles qui ceiTent d'avoir 
^ un être réel dès que ces perceptions 
cefTent, cette coUeârion de nos 
idées dans le réfervoir de la mé- 
moire y ne HgniBe autre chofe que 
le pouvoir qu a notre efprit de faire 
repaître ces perceptions en plufieurs 
cas 3 avec une perception de plus , 
qui eft celle de leur préexiftence. 

C'eft au moyeti de cette faculté 
que nous pouvons nous rendre tou- 
. us ces idées préfentes , & en faire 
les objets de nos penfées fans le fe- 
cours des qualités fenfibles qui les 
ont fait naître la premfère fois. 

L'attention Se la répétition fer- 
vent beaucoup à fixer les idées de 
notre imagination ; mais celles qui 
s'y gravent le plus profondément & 
qui y font les imprefllons les plus 
durables j font celles qui ont été 
accompagnées de plaifir & de dou- 
leur \ les idées qui ne fe font pré* 
fentées qu'une fois à l'efprit, & qui 
n'ont jamais été répétées depuis , 
s'effacent bien tôt j comme celles 
des couleurs dans les perfonnes qui 
onr perdu la vue dès l'enfance. Il y 
a des perfonnes qui retiennent les 
chofes d'une manière qui tient du 
prodige^ cependant les idées s'effa- 
cent peu a peu quelque profondé- 
ment gravées qu'elles foient , même 
dans les perfonnes qui retiennent le 
mieux , de forte que fi elles ne 
font pas quelquefois renouvelées , 
l'empreinte s'en efface à la fin fans 
q l'on puiflTe davantage fe les rap- 
peler. 

Les idées qiiJ font fouvenr re- 
nouvelées par le retour des mêmes 
adions qui les ont excitées, font 
celles qui fe fixent le mieux dans 

Toiiui XXF 



l'imagination & qui y reftent le plus 
long-temps^ telles font les qualités 
fenhbles des corps , telles que la 
folidité^ l'extenfion, la figure, le 
mouvement, &c. & celles qui nous 
afFeâent le plus ordinairement, 
comme la chaleur & le froid, & 
celles qui font des afitjâions com- 
munes â tous les êtres , comme 
l'exiflence, la durée, le nombre, 
qui ne fe perdent guère tant que 
l'efprit eft capable de retenir quel- 
ques idées. •^ 

Retenir, fignifie auftî réprimer j mo- ^ 

dérer, empêcher de s'emporter. La 

préfcnce du général retint les troupes 

dan^ te devoir. Nos paffions ont be^ 

foin d'un frein pour les retenir. 

Retenir, s'emploie abfolument & 
fans régime \ & alors il fe dit de la 
génération des bêtes & fignifie con- 
cevoir. Les jumens retiennent ^mieux 
quand elles jont en chaleur & dans 
leur liberté naturelle que quand on les 
fait couvrir en main. 

Retenir , fe dit auifi abfolument des 
chevaux de carrofTe ou de charroi 
qui fout au timon , pu dans les li- 
mons, & qui empêchent le carroffe, 
la charrette , èfc. d'aller trop vire à 
une defcente. La voiture eft trop 
lourde^ les chevaux ne pourront pas 
retenir à la defcente de la côte. 

On ditauJn en parlant du che- 
val ,y^ retenir ; pour dire > qu'il ne 

, veut point (e porter librement en 
zvzni. Un jeune cheval fe retient. Ces 
chevaux font fujets àfe retenir. 

Différences relatives entre retenir^ 
garder. • 

On garde ce qu'on ne veut pas 
donner. On retient ce qu'on ne veut 
pas rendre. 

Nous gardons notre bien. Nous 
retenons celui d'autrui. 

L'avare j^r^^ fes tréfors, le dé- 
G 



)o RET 

bitear retient Targenc de fon créan- 
cier. 

L'honnête homme a de la peine 
k garder ce q^i'il pafsàde, lorfque 
le fripon eft autorifé à retenir ce 
qa'il a pris* 

RETENTER; verbe aûif de la pre- 
mière conjugaifon » leqael fe con- 
jagae comme Chanter* Itérant 
tentare. Tenter de nouveau. // a 
tenté & retenté inutilement de réfou-- 
dre ce problême. 

RÉTENTION j fiibftantif féminin. 
Retentio. Rifervatiotij réferve. On 
peut réjigner un bénéfice avec réun- 
tion de penfion , mais non avec ré- 
tention de tous les fruits^ 

En termes de Médecine > on ap- 
pelle rétention d'urine , ou Ample- 
ment rétention » uae maladie par 
laquelle l'urine eft retenue. Elle eji 
malade d'une rétention d'urine. Il 
a une rétention d'urine. Voyez Is- 

CHU RIE. 

On dit en termes de Palais , la 
rétention d'une caufç ^ un Arrêt de 
rétention , en parlant d'un jugement 
par lequel des Juges retiennent une 
caufe , en décidant que la conno>f- 
fance leuren appartient. 

.RÈTENTIONNAIRE j fubftamif 
mafculin & terme de Palais. \\ fe 
dit de celui qui retient encre fes 
mains ce qui appartient à d'au- 
tres. 

RETENTIR; verbe neutre de la fc- 
conde conjugaifon, lequel fe con- 
jugue comme Ravir. Rejhnare. 
Rendre , renvoyer un fon éclatanc , 
en xemplir un lieu.. Ce bocage re- 
tentit du ramage d'une multitude d'ai- 
Jeaux* Toute la ville retentijfoit de 
plaintes. & de cris^ L'écho retentit de 
ps tendres accens. La foudre reteu- 
ti(pjit dans ces vallons pendant l'o- 

Oa dit ^ ce bruit ni^ retenti doux 



RET 

foreUle ; pour dire > m'a fortement 
frappé l'oreiller 

On dit figurément que toute PEu^ 
rope , toiite la terre retentit des louan* 
ges de quetquum , que fes louanges 
retentijfent partout ; pour dire > 
qju'on le toue dans toute TEuropej^ 
par toute la terre , en tous lieux. 

Les temps compofés fe forment 
avec l'auxiliaire avoir. Le bruit a rc'- 
temti , autoit retenti » &c. 

La première fyllabe eft trèsbro^ 
ve , la féconde moyenne, & la troi- 
fième longue ou brève. Foy. Viit- 

Prononcez retantir. 

RETENTISSANT ,. ANTE ; adjeûif. 
Refonans. Qui retentit. Un bruit re- 
tentiffant.Une, voûte reuntiffante. Desi 
lieux retentiffans. 

RETENTISSEMENT j fubftantif 
mafculin. Repercujfus fonus. Bruit ^ 

, fon rendu , renvoyé avec éclat. Du» 
rantlejiége de cetu ville l'artillerie: 
occafionnoit un grani retentiffemtnt 
dans cette forets 

RETENTUM ;. fubffantrf roafculîn. 
Terme de Palais qui a palTé du la- 
tin dans le françois , & qui cpn* 
fecve la prononciation latine. Il fe 
dit d un acticle que les Juges n'ex- 
priment pas dans un Arrêt qu'ils* 
rendent, maisqjui ne lalHe pas d'en* 
faire partie & d'avoir fon exécution.. 
Les retentum ne font guère ufîtis 
qu'en matière criminelle ; par exem- 
ple y locfqu'un homme eft. condam- 
né au fupplice d^ la roue , la Cour 
mer quelquefois en retentum que le 
criminel £era étranglé au premies ^ 
fécond ou troiiîème coup. 

L'ufage de ces retentum eft forr 
ancien j on en trouve un exemple* 
dans les regiflrcs OZi/77, en 13 10, où: 
il eftditqoe le Parlement condam- 
na un particulier en l'amende da 
£000 livres au grofu du Roi ^ ma^ 



HET RET ji 

^^il fiit arrêté in mente CurU j qui I poiTédera la charge après \\ïuCe Ma-- 
le condamné n'en payecoit que looo i ^giflrat a obtenu un brevet de retenue 
livres. Sed intentio CurU eft ^uodkjk de vingt milie francs. 
4iùn leventurni/i mille libra , & quoi Retenue , en termes de Jurifprude»- 



Rex qtàttit refiduum. 

Lovfeau , en fon traité des Offi- 
^s , dit que les Cours Souveraines 
font les Teules qui peuvent mettre 
des rettnutm i leurs jugemens \ & 
en effet ^Ordonnance de 1^70, tit. 
•10, art. 7 , ne permet qu'aux Cours 
^e faire des délibérations fecretcei 
pour faire arrêter celui qui eft feu- 
lement décrété d'affigné pour être 
ouï , ou d'ajournement perfonnel. 

Rbtentum y fe dit aufli dans le ftyle 
familier, de ce qu'on retient ^ qu'on 
réferve en foi même par duplicité, 
lorfqu'on traite d'affaires avec quel - 
^tt'un. On ne peut pas fe fier A ce 
qu'il promet y parcequil a toujours 
quelque retentum. 

RETENU , UE ; participe paffif. f^oy. 
Retenir. 

Retenu , employé adjeûivement , fi- 
gnihe circonfpeâ, fage , modéré. 
C'ejl un jeune homme fort retenu. 
Vous nctes point ajfe7[ retenu dans 
vos manières. On doit être retenu à 
condamner les aciions d'autruu C'ejl 
une fille fage & retenue. 

RETENUE i fubftantif-fémînin. ilfo.. 
deratio. Modération , difcrction , 
•modeftie. Cefi un pays oh Von ne 
doit parler des gens qui ont Vanto- 
rite en main ^ quovec beaucoup de 
retenue. Il faut avec les Grands 
plus de retenue que vous rien ave:^. 
La retenue eft une vertu des deux 
fexes^ mais qu^on exige encore plus 
des femmes que des hommes. 

Retenue^ fe dit auili en parlant de la 
grâce -que le Roi fait , lorfque fur 
les Charges qui ne font point héré- 
ditaires , il aÏÏure par un brevet au 
titulaire ou à fes héritiers , une cer- 
taine famme payable par celui qui 



ce 



eft le droit accordé par plu- 
fieurs coutumes au Seigneur Cen* 
fier , de retenir l'héritage qui eft 
dans fa cenfive > lorfqu'il a été 
vendu par le Cenfitaire , en rendant 
à l'acquéreur le prix de la vente. Le 
droit de retenue ri a pas lieu dans Ul 
coutume de Paris. 

Retenue ,'fe dit encore en Méde- 
cine, en parlant du retardement des 
règles d'une femme^ 

Différence relative entre retenue^ 
modeftie. 

L'avantage de ces deux qualités 
fe borne au fujet qui les pofsède \ 
elles contribuent à fa pettcâion & 
ne font pour tes autres qu'un objet 
de fpéculacion qui mérite leur ap- 
plaudidement, mais qui nuit quel- 
quefois à leur fatisfaâion. 

On eft retenu dans fes paroles ic 
dans fes aâions ; le trop de libellé 
qu'on s'y donne , eft le défaut con- 
traire ; quand il eft pouffe à l'excès 
& qu'on n'a nulle retenue , il devient 
impudence. On eft modefte dans fes 
delirs > dans fes airs , dans fes pof< 
tures &c fon' habillement ; ce qui 
fait trois genres do modeftie , par 
rapport au cœur , à Tefprit & au 
corps dont les vices oppofés ne Tant 
pas tous exprimes par le mot d*im* 
modeftie qui ne oéfigne que celui 
qui regarde le corps , provenant de 
l'indécence des poftures & des ha^ 
bits. La vanité eft par l'effor & la 
hauteur des airs qu'on fe donne 
mal à propos , le vice oppofé au 
genre de modeftie qui concerne l'ef- 
prit. Celui «qui eft contraire â la 
modefiie du cœur , eft une ambition 
démefurée qui fait délirer au-delà 
Gij 



51 RET 

de ce qui convient & de ce qu'on 
peut obtenir. 

LsL retenue ^Abonne parcour» ni^ 
elle eftabrolumenrnécedàîreen pu- 
blic & avec les Grands j quelque 
liberté qu'ils femblenc accorder , 
on en ell la dupe (i Ion s'y livre 
trop 'y car ils fe réfervent toujours 
un certain droit de refpedb dont ils 
imputent le hianquement comme 
un crime irrémiffible. La modejiie 
eft un ornement pour les perfonnes 
qui peuvent prétendre aux plus 
hauts rangs » pour celles oui ont un 
mérite connu & diftineue , & pour 
celles à qui leur métier permet 
tout fans conféquence ^ mais elle efl 
)pour toutes les autres perfonnes 
une vertu indifpenfable & d'état , 
fans laquelle elles ne fauroient pa* 
roître décemment ni éviter le ridi- 
cule, 

RETFORD, petite ville d'Angleterre 
dans la province de Nottingham , i 
55 lieues de Londres. Elle a deux 
r)éputés au Parlement. 

RÊTHEL 'y ville de France en Cham- 
pagne , chef lieu du Rhételois, près 
de l'Aine , â neuf lieues nord-e(t » 
de Rheims. Elle fut érigée en Du* 
ché-par Henri III en 1 581 , en fa- 

' veur de Charles de Gonzague :en. 
fuite le Cardinal Mazarin acheta le 
duché de Réthel , & la confirma- 
mation lui en fut accordée eni66}. 
Ceft un des plus beaux duchés du 
Royaume , dont le revenu va au- 
delà de foixante mille livres ; l'E- 
leârion de Réthel eft compofée de 
deux cent quatre- vingt-feiîe Pa- 
roi (Tes, prefque toutes duDiocèfe 
de Rheims. 

RÉTHELOIS ; ( le ) pays de la Cham- 
pagne » borné au fepcentrion parles 
Pays-EÎas , à l'orient , par le pays 
d'Argonne & le Clermontois , au 
midi , par le Rémois» & à l'Occi- 



dent , par le Laonnois. Une partie 
de ce pays eft couverte de bois oà 
il y a beaucoup de forges de fer» 
Le refte eft très-abondant en pâtu* 
rages; il y a plufieurs rivières*donc 
la plus confidérable eft TAîne; la. 
ville capitale eft Réthel , les autres 
villes font Rocroy , Maubert Fon- 
taine , Chateau-Porcien , Mezières 
& Charicville. * 

RETHEM; petite ville d'Allemagne r 
au duché de Lunebourg , près de 
l'Aller. 

RÈTIAIRE ; fubftantif mafculin 8c 
terme d'antiquité. Retiarius. Gla- 
diateur ainfi nommé parcequ'en com** 
battant contre le Myrmillon , il por- 
toit fous fon bouclier un filet (rerr) 
dans lequel il tâchoit d'envelopper 
la tète de fon adverfaire » afin de 
le reavérfer & de le tuer. Ou- 
tre ce filet d'où le Rétiaire avoir 
tiré fon nom , il étoit encore armé 
d'un Javelot à trois pointes , ou d'u-* 
neefpèce de trident. Jufte Lipfe & 
d'autres auteurs difent qu'il corn- 
battoit vctu & portoic plufieurt 
éponges , foit pour eftuyer la fueur 
qu'il contra&oit en pourfuivant le 
Myrmillon , foit pour étancher le 
fang qui couloit des blelTnres qu'il 
pouvoir en recevoir ; car ces fortes 
de Gladiateurs fe faifoient raremenc 
quartier. 

On attribue l'invention de ce 
genre de combat à Pittacus^lun des 
fept fages de la Grèce » qui dans un 
combat (ingulier contre Phrynon ^ 
pour terminer une conteftation mue 
entre les Argiens& lesMytileniens^ 
apporta un filet caché fous fa cui- 
rafTe \ Se en embar rafla la tète de foi> 
ennemi. Cette fupercherie fut de- 
puis réduite en art & figura aux jeux 
publics. 

RÉTICENCE î fubftantif fémiwnv 
Koluntaria omi^o. SupprelEon 0111 



RET 

omlffion volontaire d'une chofe 
qu'on devroic dire. En ce fans il 
n* eft guère uHré quen parlant de 
certaines formalités judiciaires.C^ 
par une réticence fraaduUufc qu^ilna 
pas fait inférer dans cet aêle les qua* 
Vues qu'il a coutume de prendre. 
Réticence , fe dit aufll d'une figure 
de Réthorique par laquelle l'Ora-^ 
teur s'interrompt lui-même au mi- 
lieu de fon difcours » & ne pourfui- 
vant point ce qu'il a commencé , 
palTe fubitement à d'autres chofes , 
en forte néanmoins que ce qu'il a I 
dir , fafTe fuffifamment entendre ce 
qu'il afFefte de fu^-primer. Dans la 
Phèdre de Racine , Aricie qui vou- 
droit faire connoître à Théfce l'in- 
nocence d'Hypolite t n'ofe lui dévoi» 
1er l'ameur inceftueux de Phèdre y 
mai^elle laiflTe foupçonner que ce 
Prince efl: viâim« de la calom- 
nie : 

Prenez garde , Seigneur , vos invincibles 
mains 

Ont de monftres fans nombre affranchi 
les humains ; 

Mais tout n'efl pas détruit , & vous en 
laidcz vivre 

Un ... . votre Fils , Seigneur , me dé- 
fend de pourfuivre : 

Inftruire du refpcdt qu'il veut vous con- 
fcrver , 

7e l^afHigerois trop fi j*ofois achever. 

On emploie encore cette figure 
dans un mouvement de colère ou de 
menace. C'eft aînfi qu'Âthalie parle 
à Joad., lorfqu'elle lui demande 
Eliacim & les tréfors qu'elle croit 
cachés dans le Temple : 

En Tappui de ton Dieu tu t'étois repofé l 
De ton frivole efpoir es-tu défabufé ? 
U iaifle en mon pouvoir & fon temple & 
uvie. 



RET 



53 



7e devtois fur Tautel od ta main facrifie 
Te • • • . mais du prix qu'on m'offre il 

me faut contenter ; 
Ce que tu m'as promis fonge à l'excuter. 

La réticence efl: quelquefois plus 
expreiSve que ne le feroient le^ dif- 
cours ; mais on ne doit l'employer 
que dans les occafions important 
tes* 
RÉTICULAIRE ^ adjeûif des deux 
genres & tertne d'Anatomie. Qui 
reffemble à un réfeau. La membrane 
réticulaire que Malpighi a décou- 
verte & qu'on appelle autrement 
tijfu réticulaire , n'eft , félon quelques 
Anaromiftes , que la furface interne 
de l'épiderme, fur laquelle on voie 
une prodigieufe quantité de petites 
lignes faillantes qui font un fore 
beau réfeau , dans les mailles du- 
quel les papilles nerveufes font corn» 
me enchalfées. 
RÉTICULE; fubftantif mafculîn & 
terme d'Âftronomie; Machine qui 
a été inventée le fiècle dernier dans 
l'Académie des fciences de Paris & 
qui fért à mefurer exaâement la 
quantité des éclipfes. 

Ce qui n'eft dans l'Aftronomie 
que de pratique & de détail , efl: 
d'une extrême importance ; fouvenc 
même il en coûte autant d'efforts 
d*efprit pour trouver les moyens 
de faire certaines obfervations., que 
pour remonter de ces obfer varions 
aux plus fublimes théories qui en 
dépendent. jEn un mot y la manier» 
d'obferver , qui n'eft que le fonde- 
ment de la fcience , eft elle-mèn>e 
une grand* fcience. Qu'une éclipfe 
de loleil ou de lune ait été d'une 
certaine grandeur, on fera étonné 
de la quantité Ik de la fîneffe des 
conféquences qu'un Aftronome fati- 
ra en tirer \ mais on ne fongera pns 
combien il aura eu de peine a s'af- 



Î4 RET 

Axrer de la grandeur précife Recette 
. éclipfe,& que peuc^-crre ce poiac-iâ 
a été le plus difficile. 

Le récicule eft ordinairement 
comporé de treize fils de foie fins 
parallèles , également éloignés les 
uns des autres ^ & placés au foyer 
du verre objeâit.du télefcope» c'eft- 
â-dire , dans l'endroit où l'image 
de l'aftre eft repréfentée dans fa 
pleine extenfion. C*eft poarquoi on 
voit par ce moyen le diamètre du 
foleii ou de la lune divifé en dou- 
ze parties égales ou doigts; de forte 
que pour trouver la quantité d*une 
-^clipfe, il ne faut que comprer le 
nombre des parties lumineufes & 
des parties obfcures. 

Comme un réticule carré ne peut 
fervir que pour le diamètre , & 
non pour la circonférence de l'aflre, 
on le fait quelquefois circulaire , 
en traçmt fix cercles concentriques 
égaiemeiu diftans qui repréfenrent 
les phafes de l'éclipfe parfaitemenr. 

Mais il eft clair que le réticule, 
foit carré ou circulaire, doit ccre 
parfaitement égal au diamètre ou d 
la circonférence de la planerte, telle 
qu'elle paroîrdans le foyer du ver- 
re, autrement la divifion ne fau- 
roit être jufte. Or c'eft une chofe 
qui n'eft pas ai fée à faire â caufe 
que le diamètre apparent du foleil 
ou de la lune diffère dans le cours 
de la même éclipfe. 

Une autre imperfJdion du rcri- 
iCule^ eft que fa grandeur eft Termi- 
née par cclb de l'image aai paroîr 
dans le foyer ; 6c par tonfequenc il 
ne peut fervir que 4>our une cer- 
taine grandeur. 

Alais M. de la Hîre a trouvé le 
fecret de remédier d tous ces incon- 
yéniens , 8c a trouvé le moyen de 
^aire fervir le même réticule pour 
cous les télefcopes , & pour toutes 



RET 

les grandeurs de la planète dans It^ 
même éclipfe. 

Le principe fur lequel il appuie 
fon invention , eft que deux verres 
objedifs appliaués l'un contre Tau- 
trc , ayant un foyer commun , & y 
formant une image d'une certaine 
grandeur , cette image croit k pro- 
portion que la diftance des deux 
verres objeâifs augmente^dumoms 
jufqu'â un certain point. 

Si donc on prend un réticule de 
telW grandeur qu'il puiflfe égaler 
précifément le plus grand diamètre 
que le foleil ou la lune peuvent ja- 
mais avoir dans le foyer commun 
des deux verres objeétifs placés l'un 
contre l'autre \ il ne faudra que les 
éloigner l'un de l'autre à mefure 
que Taftre viendra à avoir un plus 
petit diamètre , pour en avoir tou- 
jours l'image exadement repréfen- 
tée & comprife dans le même ré-> 
ticule. 

M. de la Hire propofa en même 
temps de fubftitner aux fils de foie 
un réticule fait de glace de miroir 
mince , en traçant des lignes ou des 
cercles deffus avec la pointe d'un 
diamant ; prétendant par ce moyen 
éviter l'inconvénient des fils de foie 
qui font fujets à s'éloigner du pa- 
ralléliftne par les différentes tem- 
pératures de l'air ; mais cela ne peut 
abfolument s'exécuter. 

En effet , il eft iropoftîble, même 
*avec le diamant le plus dur & le 
mieux taillé^ de faire ou de tracer 
un trait net fur une glace ; car (î . 
le rrair eft alTez marqué, la glace 
fera coupée 6c fe cafTera facilement 
dans Tendroit marqué; que fi au 
contraire il n'eft pas allez marqué 
pour que la glace foit coupée , il ne 
fera pas viiible , même au microf* 
cope 'y on ne verra qu'une efpèce 
de rainure toute raboteufe. Ainfi , 



RET 

•n doit regarder toute machine ou 
inftrument où l'on oarle de tracer 
des lignes bien diltinâes fur une 
glace ^ comme âbrolument impra- 
ticable. 
RETIERCEMENT^ouRbtibrs } fub- 
ftantif mafculin. Terme de Jurif- 
pradence qu| fe trouve dans l'an- 
cienne Coutume de Montreuil,pout 
exprimer le tiers du tiers , c'eft-â- 
dire, la troifième partie du troifiè- 
me denier du prix de l'héritage : il 
. eft dit que ce retiercement eft du 
au Seigneur , quand le prix de l'hé- 
ritage cottier om roturier eft vendu 
francs deniers au vendeur} autre- 
ment il n'eft du au Seigneur que le 
tiers , & non le retiercement. 
RÉTIF, IVE} adjeftif. Qui s'arrête 
ou qui recule au lieu d'avancer. 11 
ne ie dit au propre que des che- 
vaux ou autres bêtes de monture. 
Un cheval rétifs Une mule rétive. 

On dit figurément & familière-- 

ment» <^*un homme fait le rétif ; 

pour dire ^ qu'il réfifte & qu'il ne 

veut pas faire ce qu'on défire de 

lui. Fous ave\ beau faire le rétifs il 

faudra obéir. 

RETIFORM E } ad jeaif & terme d'A- 

natomie. Qui a la forme d'un ret. 

Le plexus rétiforme. 

RETIMO } ville de Tlle de Candie fur 

la cote fepcentrionale à vingt huit 

lieues de Candie. C'eft la réfidence 

d'un Bâcha. 

RÉTINE; fubftamif féminin. Retina. 

On appelle ainfi la membrane la 

plus interne de Tœil. Elle tjipifle le 

fond de Tceil £c eft étendue fur 

la choroïde , où elle s'avance 

yurqu'au ligament ciliaire y autour 

duq-iel elle eft fortement collée. 

Son épaiffeur eft confidérable au 

fond de l'œil , & diminue d mefure 

qu'elle approche du ligament ciliai- 

le. On peut la çonildiies comme 



RET 



5Î 



une efpèce de pulpe mollaffe^ éten* 
due fur une toile réticulaire exttè- 
mement fine. Elle eft parfemé# 
d'un très -grand nombre de vaif- 
feaux. Prefque tous les Ânatomiftes 
la regardent comme une expanfion 
de la fubftance médullaire au nerf 
optique. 11 y a des Auteurs qui lu» 
réfutent cette origine, fondés fur 
ce qu'on voit manifeftement cette 
fubftance médullaire fe terminer 4 
fon entrée dans^ le globe , par un 
petit bouton blanchâtre. 
RETIRADE; fubftamif féminin & 
terme de fortification. Retranche* 
ment fait derrière un ouvrage 2f 
dans lequel les afliégés fe retirent 
quand les afiîégeans ont emporté 
louvrage. La retirade confijk ordi-- 
nairement en deux faces qui font rnt 
angle rentrant* 

RETlRATlONj fubftantif féminin 
& terme d'Imprimerie. Aâion 
d'imprimer le fécond côté d'une 
feuille de papier » autremenr dît , 
le verfo. 

RETIRÉ, ÉE; participe pftflîf. Voy^ 
Retirer. 

Retiré, employé adjeâivement , fi- 
gnifie auffi foHtaire, peu fréquenter 
Les lieux les plus retirés. 

On dit auflî , c^xx^un homme eji 
retiré , fort retiré , qu'il mène -une vie 
fort retirée i pour dire , qu'il vir 
dans une grande retraire , dans an 
grand éloignemem du commeice 
ou monde. 

RETIREMENT; fubftantif mafculin, 
Contraelio, Contradlidn , raccour- 
ci (Temen t. 11 n'a d*ufage qu'en ter- 
mes de Chirurgie & dans ces phra* 
fes , le rtûremcnt des rurfs. Un rai" 
rement de nerfs. 

RETIRER j verbe aaif cte la pre- 
mière conjugaifon, lequel fe con- 

. |uguecomm€CH;A.NTia. Tiffsrufie 



5 



^ 



RET 



féconde fois. Fousavei^ mal tiré , il 
faut retirer. 
RbtÎrbr , fignifie aufli , cirer à foi 
ane chofe que l'on avoit poaifée 
dehors. AinUon dit familièremenc , 
retirer fon haleine i pour dire, faire 
rentrer de Tair dans fa poitrine. 
RsTiRBR » fignifie aufli , tirer une cho- 
fe d'un lieu où elle avoit été mi- 
fe, où elle écoit entrée.// faut le 
recirer dufojfé. Il va retirer fa fille du 
Couvent. Sa montre étoit en gage , 
mais il vient de la recirer. Il y a des 
paquets pour vous che'[ le mejfager^ 
il faut les retirer. Je vais retirer de 
. cht\ le Notaire l'argent que j'y avais 
d:pofé pour payer la terre que je 
comptais acheter. 

On dit figuréraent , retirer quel- 
quun du vice , delà débauche , &c. 

On dit encore figurément , re- 
tirer fa parole \ pour dire , fe déga- 
ger de la promefle que Ion avoit 
Faite , de la parole qu'on avoit 
donnée. ^ 

On dit figurcment & prover- 
bialement, retirer fon épingle du jeu; 
pour dire y fe dégager d'une affai- 
re, d'une intrigue dangereufe. 

On dit , que Dieu retire fes grâ* 
ces , lorfqu il cefle de les donner. 
Retirer, le dit aufli en parlant des 
chofes qui prôduifent du revenu , 
& fignine, percevoir, recueillir. 
Il retire au moins mille écus de fi 
charge. Cette maïfcn lui a coûté cent 
mille livres , & il nen retire que quin- 
ze cens francs par année. 

En ce fens on dit figurément, 
rerirer de Is. gloire , retirer de grands 
avantages de quelque chofe. On dit 
^^ufli , au lieu du profit qu'il efpé- 
roit , il nen a retiré que de la honte 
& du mépris. 
RETiRbR , en termes de Palais , figni- 
fie % retraire , rentrer dans la pro- 
priété & poffeffion d'un héritage , 



RET 

d*an bien aliéné , en rendant i l'a- 
chetçur le prix qu'il en avoir donné« 
Retirer une terre par retrait Ugnager j 
féodal , conventionnel. Il a retiré ce 
fiej fur ce Magiflrat. 

On dit auffi, qu'«/i homme €c 
retiré une terre qui étoit autrefois dans 
fa famille ; pour dire , qu'il l'a ra- 
chetée. // vient de retirer un Mar'» 
quifat que fon hifaïeul avoit aliéné» 
Se Retirer , verbe pronominal ré« 
fléchi, fignifie, s'en aller, s'éloi- 
gner. Quand elle arriva , je me reti^ 
rai. Avant de mettre cette affaire en 
délibération , ïl faut faire retirer tous 
ces gens-là. L'ennemi nous attaqua 
avec des forces fupérieures , mais il 
rie put nous rompre j & nous nous 
retirâmes en bon ordre. 
Se Retirer , fe joint avec la prépofi- 
tion de , & alors il marque le lieu 
quelonquirte, d'où l'on s'éloigne. 
// s*ejl retiré de la ville pour aller 
vivre à la campagne. On f obligea 
defe retirer de la Cour. En" ce lens 
on dir quelquefois abfolumcnt , il 
s*ejl retiré , il eut ordre de fe reti^ 
rer. 

On dit auflî , fe retirer de. • • pour 
dire , quitter la profeflion qu'on 
faifoit , le genre de vie qu'on me- 
noir. Il s*eft retiré du commerce y du 
barreau , dufervici. 

On dit aulfi figurémenr , il s'efl 
retiré du défordre^ de la débauche ^ 
&c. Et l'on dit quelquefois abfo- 
' lument , il s'efi retiré , U s'efl tout-^^ 
à-fait retiré\ pour dire , il a quitré 
le commerce du monde , ou , il mè« 
ne une vie moins diflîpée. 

On dit à la guerre , qu'i//î Ofi^ 
cierfe retire } pour dire, qu'il quir- 
te le fervice. On dit aufli dans le 
jeu , qu'tt/ï homme fe retire \ pour di- 
re , qu'il quitte le jeu. Et Ton dit, 
qu'i/ fe retire fur fa perte , fur 
fon gain 'j pour dire j qu'il quitte le 

jeu 



ftET 

fea !otfqa*U perd , 1orfqa*il gagne. 
9^ Retirer ^ fe joint auflî avec les 
prépofîcions , à , dans , fur , &c. 
£c alors il marque le lieu où Ton va, 
où l'on s'établit » où Ion fixe fa 
demeure , après avoir quitté un au- 
tre lieu. Son projet n'efi pas de de- 
meurer à Paris , il veut fe retirer en 
Bourgogne. Je vais me retirer à la 
Campagne. Cet hermite fe retira fur 
une montagne. Elle vient de fe reti^ 
rer dansfon appartement. 

En ce fens » on dit , q\x*uneper- 
^ fonne fe retire » quand elle rentre 
chez elle le foir , pour ne plus for- 
cit du refte de la journée, ou quand 
elle ne veut plus recevoir de com- 
pagnie. Cette dame nefe retire jamais 
■ avant minuit. Et lorfqu'une perfon* 
ne eft chez elle le foir. Se q\itlle 
ne veu( plus recevoir per fonne de 
dehors s on dit , qu'elle ejl retirée. 
On dit aufli t fe retirer dans , 
fur^ &c. pour dire, fe mettre en 
fureté , fe réfugier. Les rébelles fe 
retirèrent dans, la forêt. Après avoir 
€ommis ce erime , ilfe retira en An- 
gleterre* Vennemi s* ejl retiré fous le 
canon de la citadelle. Le renard que 
les chiens ckaffbientfe retira dans fa 
; tanière. 

On dit en termes de pratique, 
Je retirer pardevaat un Juge , un In- 
tendant ; pour dire , s'adrefTer a lui 
• pour avoir ju(âce. Le Confeil ordon- 
na que les Parties fe retireroient par^ 
devers la Chambre des Comptes. 

Si RETIRER, en parlant des chofes 3 
^ fignifie fe xaccourcir. Les toiles fe 
retirent quand on les blanchie. La cha^ 
leur fait retirer les peaux. Le nerf 
s^efi retiré. 

On dit y que la rivière fe retire ; 
pour dire > qu'elle rentre dans fon 
lit , après s*ètre débordée. Les eaux 
éommencent à fe. retirer^ Dans Us 

Tome XXr. 



grandes marées la mer fe retire fort 
loin. 

On dit neutralement dans les 
ports de mer , que la mer fe retire , 
quand elle eft dans le reflux. 

RETOISER;verbéaaif de la première 
conjugaifon , lequel fe conjugue 
comme Chanter. Toi fer de nou- 
veau. Ces murs ont été mal toifés /il 
faut les retoifer. 

RETOMBÉE i fubftantif féminin & 
terme d'Architeârure. Il fe dit de 
la naiflance d'une voûte ^ de cette 
portion qui , par fa pofe ^ peut fub- 
fifter fans cintre. 

RETOMBER ; verbe neutre de la pre- 
mière conjugaifon lequel fe conju-^ 
gue comme Chanter. Recidere. 
Tomber encore. Son cheval fi fut à 
peine relevé , quil retomba. 

Retomber, fe ditauili figurénient& 
abfolument pour fignifier, etfre at» 
taqué de nouveau d'une maladie 
dont on croyoit être guéri, La^fiè^ 
vre l'avoit quitté , mab il vient de 
retomber. 

Il eft plus ufité dans l^s chofes- 
morales. yous devcsf^ éviter de re^. 
tomber dans cette faute. C*ejl un pé^ 
ché d^habitude dans lequel il retom^^ 
bera toujours. En ce feiis on dit ab- 
folument % retomber. Le pécheur qui 
retombe doit recourir à la pénitence» 

Retomber, fignifie quelquefois fim-« 
plement tomber , & il fe dit des 
chofes qui ayant été élevées, tom- 
bent. La bombe retomba au milieu 
de la place d'armes. Le brouillard qui 
s* élève retombera en pluie. 

On dit figurément , c^x'unt inju^ 
rcy qii^une condamnation^ (\\l*unc 
perte , &c. retombe fur quelquu/i j 
pour dire , qu'il en eft chargé j qu'il 
en porte la peine. La honte en re* 
tomba fur eux. Les dépens du procès 
retomberont fur vous, 

c RETONDRE : verbe aftîf de -U 

H 



5« RET 

> quatrième conjugatfon , lecpxel fe 
cofijugue comme Fendre. Recun- 
derc. Tondre de nouveau* On rc* 
tond une pièce de drap , quand le 
"poil ejl encore trop long , & qu'il na 
pas été tondu d' abord d^aïïirprès. 
RETpRDEMENTi fubftaniif maf- 
culin & terme de Manufàâure* Ac- 
tion de retordre ou TefFet de cette 
aârioli. Il ne fe die guère que des 
foies. 
RETORDRE-, verbe aûif de la qua- 
trième conjugaifon, lequel fecon- 
Jague comme Fendre. Retorquere. 
Tordre une féconde fois. Tordre & 
retordre du linge mouillé* 

11 fignifie audi fimplement , tor- 
dre ; & en ce fens il ne fe die guère 
que du fil ou de la ficelle^ qu;tiid 
on en tord deux ou crois ^nfemble. 
, Retordre dufiL 

Qn die proverbialement & fi- 
;gurement , donner du fil , donner hien 
du fil à retordre à quelqu'un*^ pour 
dire» lui caufer bien de la peine 
lui fufcicer bien des embs^rras. Cette 
. affaire lui a donné bien du fil à re- 
tordre. 
RETORDU , UE ; participe paOîf. 

f^oy^ Retordre. 
RÉTORQUÉ, ÉE; participe paffif. 

Voyc^ RiroRQUER. 
RÉTORQUER ; verbeadif de la pre 
mière conjugaifon » lequel fe con* 
fugue comme Chanter. Rétorquerez 
Employer contre fon adverfajire les 
moyens, les argumens, les preu- 
ves dont il s*eft fervi. // pourra ré- 
torquer ce raifi>nnement contre vous. 
Il leur rétorque le principal moyen 
^ fitr lequel ils fe fondent* 

Les deux premières .fyllat>es font 
' brèves & la troifième Içngue ou 

brève* roye:[ Verbe. 
RETORS , ORSEj adjeftif. Qui a cré 
retordu plus, d'une fois. Ou filre- 
^ (OfS. ^, _ _ 



RET 

On dît lîgurément & ftimîlîJrfe^ 
ment d*un homme fin > tufé & crtu* 
ficieux , que cUfi un homme bien 
retors» 
RÉTORSION; fubftantif fémiiiin ac 
terme de dialeâique. Emploi que 
l'on fait contre fon adverfaire des 
raifons » des moyens » des argu* 

. mens, des preuves dont il a fait 
ufage. En employant ce raifonne^ 
ment y vous devc\ craindre la r^r 
torfion. 
REl ORTÊ j fubftancîf féminin & 
terme de Chimie. VaiflTeau de tçr- 
le ou de verre, qui a un bec re- 
courbé pour fe joindre au rédr 
pienr. 

RETOUCHÉ, ÉEî participe paf- 
fif. Voye\ Retoucher. 

RETOUCHER jverbe àdif de la prt- 
ttîière conjugaifon, lequel fe coii- 
jugue comme Chanter. Rechg-^ 
nofcere. Corriger , réformer , pér- 
feftionner. Les grands Traîtres oni 
retouché la plupart des tableaux ptints 
fous leurs yeux par leurs élèves.^ Cèjl 
un ouvrage qui a befoind^iêtre tc^, 
touché. . . y .'' - 'j 

On dit ^ufCi y retoucher S' un Ar- 
bleau j à un ouvrage. On a gâtéxc 
tableau en y retouchant. ' * 

On dit^ retoucher une planche ; 
pour dire, repàflèr lé- burin fur 
une planche qui commence à èère 
ufée. 

RETOUR j fubftantif mafculfenlToiar 
contraire,ou prefque contraire jtouc 
multiplié. En ce fenàil ne s'emploie 
gaèrje qu'au plurieri^.avec murxé^ 
Les tours '^retours d'un lafyrinthe , 
de la rivière^ . ' 

Retour , fignifie auflî , aftion de re- 
venir , de retourner. ^ fon retour 
d'Italie il pajfa par le Daupkiné. 
On dit familièrement d'un hom« 

. me qui , étant éloigné de fon pays y 

: coûferve Je défie d'y retoucnec , 



HET 

t fÊp^il à tàujaurs refprie'dc 'reSDur: 

* . 'Cela fe 4ic a«ii£ par extenfion » en 

termes de droit , des aniaiaux do- 

r mefttqites» comme des figeons» 

On. die , itrc furfon retour ; pour 
. dire, être prèr à partir pour re- 
tourner. // ritfi pas encore fur fon 
, retour^ 

On dit auflî , être fur le retour^ être 

furfonretour'^pout dire, commencer 

; i déchoir , à vieillir , à décliner , â 

perdre de fa vigueur , de ion éclat. 

Ces chines font fur leur retour. Cette, 

futaieejlfur fon retour. Une beauté qui 

■: eft/ùrUretpur. On le dit auflî des 

; hommesqui commencent â vieillir. 

. ileftfurJonretouryfurUretour^ 

On dit, le retour d'une amc à Dieu ; 
t pour dire, raâion d'un pécheur 
' flui £e convertit. On dit en ce fens , 
Jaire un retour à Dieu^ vers Dieu , 
' pour dire > Te convertir, jiprès tous 
les difordres ieja vie , il a fait un 
bony unfincirc retour vers Dieu^^Ez 
^^IVm^dic^ faire un retour fur fôi-mê- 
; 4n^; pour dire, faire une férieufe 
. réflexion fur fa. conduite. | 

Il fe dit figurément du change-! 
ment , de la viciflitude des affai- 
res. On le priva de fa place fans ef 
pérànce de retour. S^ il manipie lemo- 
• ment favorable , il n'y aura point de 
- retour. La fortune a f es retours. 

On dit auffi figurément , en par- 
lant de la jeuneife , de la beauté , 
. 'du temps , & autres chofes de cette 
. efpèce , que quand elles font *paf 
» fées , cejl fans retour ; pour dire , 
qu'elles ne reviennent plus. 

On dit d*un homme, quilade 
fâcheux retours j pour dire > qu'il eft 
. bifarre. 

On dît auffi d'un homme vindi- 

• "^cztif 9 cfï*7ln*y a point de retour avec 

4ui , que c'efl un homme avec qui il 

n'ya foint de^ retour i poi»r dic^ | 



MTET o^ 

. : qà*lL«tie &utpas efpérer de fê pou- 
. voir reconcilier avec lui quand on 
la offeni^J 

On dit4)f ovetbialement , àleau 
jeu beau retour y pour dire , qu'on 
a bien eu , ou qu'on aura bien fa 
revanche , qu'on a bien rendu , ou 
qu'on rendra bien la pareille. 

On dit au jeu du triârac , que 
ïon eji à fon jan de retour^ lorsque 
l'on pafle ies dames dans le eôcé 
de l'adverfaire pour y faire fon 
plein. 

Retour , ou Droit de retour ,Te 
dit en termes de Jurifprudence du 
droit en vertu duquel les afcen- 
dans fuccèdent aux immeubles qu'ils 
ont donnés i leurs defcendans lorf- 
que ceux-ci viennent à mourir fans 
enfans. 

Le retour eft conventionnel oa 
légal. 

Le retour conventionnel eft .ce<- 
lui qui eft ftipulé par ta donation ; 
il peut avoir lieu au profit de tou- 
tes fortes de donateurs , parêns ou 
étrangers, 'félon ce qûi'a été ftipu- 
lé, l'étendue de ce droit dépen- 
dant en tout des termes de la con- 
vention. "^ 

Xe retour lépal eft celui qui eft 
établi par la loi ; il a lieu dans les 
pays de droit & dans les pays cou- 
tumiers , mais il ^'y pratique di« 
verfemenr. 

Dans tes pays de droit écrit ^ il 
eft fondé fur les lois .romaines. 11 
fut d'abord accordé au père , pour 
la dot profe^ive. 

On l'accorda aufli enfuite au père 
pour la donation. faite à fon fils ea 
faveur de mariage. « 

Enfin il fut accordé k la nière Bc 
i tous les|afoendans paternels ic ma- 
ternels. 

Vl % ^ti£ accordé ^ux afcehjaQ) 



ilonaitars» par deux motifs égale- 
ment juftes. 

L'un eft afin que llafcendant ne 
loufFre pas en même lemps la perte 
<le fes enfans & de Tes biens» 

L'autre eft la crainte de refrcndir 
les libéralités des parens envers leurs 
enfans. 

Le Parlement de Tooloufe a 
étendu le droit de retour aux païens 
collatéraux jufqu'aux frères & fœurs». 
oncles & tantes , fur «le fondement 
de ces termes de la loii r, cod^ de 
bonis quA lib. Ne hâc injeSlâ formi" 
dîne parentum circà libéras munifi- 
€entia retardetur. 

Le retour a lieu au profit du do- 
nateur, foit aue l'enfant doté foi t 
mort pendant le mariage» ou q^'il 
foit mort étant en viduité} mais il 
n*'a lieu que quand le donataire 
meurt fans enfans. 

Dans le cas où les enfans du do- 
nataire décèdent après lui ,' pendant 
' la vie de l'aïeul» 1^ queftion, fe 
juge diverfemeiit dans les différens 
tribunaux y on peut voir , i ce fu« 
jet » te recueil des quejlions de JBre- 
tonnier. 

Dans lei pays coummîers on fuit 
pour le retour légal , la difpofition 
de l'article 3^15 ^e la coutume de 
. Paris 9 qni porre aue les père, mè- 
re j aïeul ou aïeule , fuccèdent è& 
chofes par eux données i leurs en- 
fans décédés fans enfans 8c defcen- 
dans d'eux. 

U y a néanmoins quelques cou- 
tumes qui ont fur cette matière des 
difpofîtions différentes , mais celle 
de Paris forme le droit commun Se 
^ le plus général. 
• Les apanages des Fils de France 
leur font toujours donnés a la char- 
ge du retour à la Couronne, à dé- 
faut d'hoirs mâles. 
^ On appelle douaire fans rciour^ 



le douaire préfix qui eft ftfpnU pi^Vl 
ble à la femme , pour lui appacte^ 
nir en toute propriété. 

Or appelle retour de partage , ce 
^u on ajouté au Ipt d'un des. cohé- 
ntietSj pour fuppléer ce qui lai 
appartient de dtoîu II a eu tant pour 
retour de partafft^ 

On dit en parlant des batimens^ 
il y a un grand corps de logis en fa^ 
ce y & une galerie en retour , pour 
dire , que la galerie joint le corps, 
de logis à angles droits. On air 
dans te même fens» retour if^-r 
querrc 
Retour, fignifie auflt» arrivée ta 
lieu d'où Ton étoit parti. Nous aê^ 
tendons fin retour avec impatutuep. 
Le mauvais temps a empêché le re^ 
tour defafieur. Nous /aurons celaaià 
retour du courîer. . Le retour de l'efiom 
dre dans, le port de Toulon.^ 

On dit dans ce fens , être de rt^ 
tour; pour dire, être revenu. Dê^ 
puis quand êtes-vous de retour.? 

Oa dit en termes de commerce 
maritime, le retour d*un vaijfeau.\ 
pour dire , les marchandifes qa'îl a 
rapportées en échange de celles qu'il 
avoit portées. Les retours n'ont pas 
été avantageux. On dit auffi , les re^ 
tours de ce vaijfeau fi trouvèrent de 
cent pour cent ; pour dire , les profits- 
dés marchandifes rapportées ont 
été de cent pour cent. 

On appelle retour de cHaffe^utu 
repas que Ton fait s^rès la chafle». 
avant l'heure ordinaire du fouper. 
Il leur donna un^retour dechajfe ma^^ 
gnifique. 

£n termes de Vénerie , on ap-i. 
pelle r^/0ar jl'aâion du cerf qui 
revient fur lui-même ,c*eft-â-dire^ 
fur les mêmes voies. 

Ondit figuréœent &proverbîa-» 

lement j que le retour vaudra mieux: 

^ ^uc matines^ pour dire^ 9.H'WI# 



RET 

:' ÀativaUe atfaire fera (ame d*ane 

: plus maavaife encore. // crayoit être 

hors de ce procès criminel^ mais on 

Upourfuit de nouveau , le retour vau- 

« dra mieux que matines. On dit auf- 
, fi clans le fens oppofé » le retour 
vaut tien matines^ vaut mieux que 
matines, 

Ketovr , (Ignifîe aa(& > ce au*on ajou- 
te , ce qu'on joint à la cnofe qu'on 
troque contre une autre , pour ren- 
dre le troc égal. .Si vousvoule\ chan- 

. ger votre bague contre ma montre , 

. Je vous donnerai du retour;. On le 
dit plus fouvent d'une manière ad- 
verotaley de retour, comme dans 
cette phrafe»*y'tfi changé mon ca- 
iriolet contre lefien > ^ je lui ai don- 
né cinquante écus dc^ retour* . 

JfUrouR, Qgnifle quelquefois; au fi-. 

t.. guré f reconnoilTance > ou une fôrte 
d'équivalent d'ua bienfait reçu. // 

' leur a rendu cefervice fans attendre 
mucun retour. 

On dit familièrement d'un hom- 

y tM qui par orgueil reçoit froide- i 
ment les civilités qu'on, hii iFait ,; 

' ou ne témoigne pas de reconnoif- 
iâace des fervices qu'on lui rend , 

> il fembU quon lui en doive de. re- 
tour. . i 

HETOURNE } fubftantif féoûnin. 

..Carte qu'od retourne à certains 

^ .jeux y quand chacun des joueurs a 
le nombre de cartes qu'il doit avoir. 

? La retourne efl de carreau. 

HETOUFCNÊ, ÉEi participe paffif. 
yoye\ Retourhbr. 

ItETOURNER ; verbe neutre de la 
première con jugaifon, lequel fe con- 
jugue comme Chanter» Redire^ 
Auçr; une autre fois en un lieu, où 
l'on a déji été. Van prochain je re- 
tournerai en Italie. Elle eji retournée 
tn province. Il vient de fortir pour 
retourner che\ lui. Il rencontra . un 
. sfymm^î4 l^J^ utwacrmarcière. 



RET 



it 



Ondh auffi figuréinent, retour^ 
ner en arrière ; pour dire , aban- 
donner une entreprife > s'en rebu- 
ter. Nous fommes trop avancés pour 
retourner en arrière^ 

On dit proverbialement & po- 
pulairement , quand on a été mal- 
traité en quelqu'endroit » c*eft le 
ventre <fe. ma n^èrcj je ny retourne 
plus i pour dire , il ne m'arrivera 
plus de me trouver > d'aller en par 
reil endroit. 

Retourner, fignifie encore, recom«- 
înenceri faire les .mêmes chofes » 
les mêmes aâions. // ejl temps de 
retourner à l'ouvrage. Les ennemis 
retournèrent plujieurs fois à la charge. 
On dit 9 retournera D'uu\ pour 
dire , fe conves tir. Et l'on dit d'un 
péfheur qui retombe ,dans fon pée 
ché , qu'i/ retourne à fon vomijfe^ 
ment. ' ' * 

Retourner , eft auflî aékif , & figni* 
fie 9 tourner d'un autre fens. // re-^ 
tourna fon manteau pour je déguifir. 
Quand fes habits commencent à s\^ 
fer , il les fait retourner. Il a beau^ 
eoUp de pein^ à fe retourner dans fon 
l'a. 

'On dit fîgurément & familière* 
ment^yi retourner ; pour dire, 
prendre d'autres biais, prendre ^ 
d'autres mefures félon les difiFéren« 
tes. circonftances. Cefi un homme 
qui fait fe retourner. 

On dit figurément , je tai tourné 
& retourné de tout fens y & je h* en 
ai pu tirer aucun éclaircijfement ^ 
pour dire, j'ai pris différens biais > 
ie luiai tenudiifrérensdifcours pour 
le faire parler, fans qu'il ait jamais 
voulu rien dire. Le Juge a tellement 
tourné & retourné ces accuféy qu*U ejl 
parvenu à découvrir la vérité. 

S'en retourner , verbe pronommat 
réfléchi » fignifie la même chpfe 
que s'ea ailçr. Il faut nous, m re^r: 



tourner, ^près vous èitok' attendU 
. deux heurts > il s* en eji retourné. ' 

On die â certains jeux des cartes » 
qucJl'Ce qui retourne» Il retourne de 
cœur y de pique ^ &c- pour dire, que 
«^ la carre qu'on a retournée,^ après 
que tous les joueurs ont eu les car- 
tes qu'ils dévoient avoir > efl: de 
cœur , de pique y. £^c* En ce fens il 
eft neutre. 

Différences relatives entre re- 
tourner & revenir. 

On revient au iieu d'où l'on étoit 
parti. On retourne au lieu où l'on 
ctoitaUé. 

On revient dans fa patrie } on re- 
tourne dans Ton exil. 

On dit auffî , revenir â la vertu, 
reeournef au crime. 
RETRACÉ i ÉE} particippe paflîf. 

^oyq Retracbr. 
RETRACER i verbe adif de k pre- 
niière cohjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chastek, Delineare 
iterùm. Tracer àp nouveau ou d'une 

• manière nouvelle* Quand un deffein 
léger n*eft pas confervé ^^c foin Jies 

* traits je confondent , 6* f o« efi obli'- 
gé de les retracer: 

RfiTRAcBR, fignifie figurémetltj ra- 
conter les cfaofes pa(rée$& connues > 
en renouveler la mémoire, lés dé- 
crire. V Iliade retrace les exploits 
et Achille. Eh lui partant de cetu 
femme ^ on Uù retract f es malheurs. 

Dans le fond des forées vorre image me 

fuit , 
Toat retrace à mes yeux les charmes.que 

j'évite. Racine. 

RÉTRACTATION; (iibffantif ^-^ 
niv}in. RetraQaiio. Aâion par la- 
quelle on, récràâe, on abandonne 
une opinion , une propoficion que 
l'on avôit avancée. //^ ontfigné leur 
rétraàation. On ne voulut pas Vab^ 
Jôudre , quil n eut fait une rétraSa^ 

^ Ma publique dç fis erreurs^ . ^ ^ 



î. On appelle \iti RétrÀSoûot/t iè 
Saint-Augujiin^ un livre.où il ^ rer 
vu & corrigé plufieurs endroits do 
fes Quvrages. 

RETRACTE, ÉE; pattiâpe paffif< 
foyiif Rétracte». ^ 

RÉTRACTER; verbe adif der la 
première conjugaifon , lecpiel fe 
conjugue comme Chaktbr. ii%». 
traâare. Déclarer qu'on n'aplus^I'oH' 
pinion que l'on avoir avancée. Des 
Inquifiteurs ignorons obligèrent Ga^, 
Uléeàrétraâerfonfyfièmedumonde. 
lia retraSé l* opinion qu^ilavoitavan't 
cée. - . i 

' il eft auffi pronominal réfléchi i 
8c fignifie fe dédire. Molinoshfut 
contraint de fe rétra^r publiquement 
de fes erreurs k 
' ' Les deux premières fyllabes fonl 
brèves , 6c la troifième longue-: on 
brève. ^ay« Vïrbë. j^ 

RÉTRACTION; fubftamif féminin 
& rerme de Médecine. Il fe di^da 
taccourdiflèmeni d'une jpartie. La 
rétraSion des nerfs ôte èufkgcrklcé 
membre». • li -^ ? 

RETRAIRE; v«rbe aâif ivréguliefi 
de lia quatrième coÀjugaifbn-, le», 
quel fe coiijuguecomme ABSTi^Ar*^ 
RE. Terme de Palais. Retirer par 
dvoîrMe parenté^, 6u par droit iei( 
>gneurial , &o. ^un 'héritage qui a été 
vendu. ComUiH'e Seigneur dominant ; 
il a -droit de rétraire ce fief é 

RETRAIT, AlTEj participe paflîf. 
Foye^ Retraire. "^ ] 

Retrait^ employé adjeAîvemènt ; 
fe die des blés qui muriflent fané 

' fe remplir , & contiennent beau« 
coup moins 'de farine^que les blés 
bien conditionnés. Les blés^ verfés 
font fbuvènt retraits. De l* avoine rc* 
traite. ^ 

Retrait, en termes de Btafon, ife 
dit des bandes , paùx & fafces , ^ui 
de I*tta de Ituf^^ côtés ^em^te^ue 



^4pt|chfp!::pî^. le? bppi* 4ft .Km. ] 

lè^i (fot$ bandes 4'9F Fcnaices jen 1 
chef. 
RÇTRAÏIi futilancif mafcttUn, Ac- 
V tioti puJa(iic(i par l^c^iielle nori fe- 
vtir^ lin ^^içn.qui av^k écf-iflliéfié. 

aiplî,<. r.; .^ : > ^ 

)B.fiTRAiT LXGKAGPR > fc dît du droit 
accordé aux parens de Cjeifx qui 
r ont vei^du.qaelque^érit9ge pfopçe» 

- 4^ le rei^irer lar ) ac<14i^?^4< « i^" 
4tH rembçmlant le , pcU & je^ loy4^VLX 

II paroîc que le retrait lignag^r , 
^ tel qae npifs je pratiquons y a été 
introduit noq par ^cMne Or^gn* 
^ tiaace d^ Bps llois , mai^ p^t les 
V pœms ^ aragps4e qi|elqae$ pto- 
^ WfioWf Ç^^q^Hl ajcté^fui^e %4^p- 

- té pftf if )^ iÇpiituines j à npçlfre 
^ quelles ont été récjigées par éçcît, 
f xce qai commf nça i ^ faire 4m^ 1^ 
,,.pi^Ji^rpefi^cle. / .. . 

Les établiÇCb^fiin^ 4^ S. ^I^uis , 
^ -ré^jgéi^ eu ; 112.70 ;fonïrm€|ntiçn du 

- ]Xetcait Ugo^ger ; & d^p^is eefte^nps 
; il e(]t 4^venu un 4'^pit ç<]^a:vn>un •& 
^ prefqoe général pour pus les pays 

coucumiers. 
■y-. Henri III ordonnai en 1.^81 que 
.. le retrait Ug^ger ^urpitlieu dans 
,ctout le royaumes .mai$ çett^ei^r- 
• 4opnance ne fut vpf Uîée qu'au Par- 
,^ iement de Paris , & ^elle n*a été re- 
çue pour les provinces de droit 
: écrit de fon redort, que dans le 
. Maconnois & dans l' Auvergne^ 

Le. retrait lignag^r n'a pas lien 
^ dans le Lyonnois , ni dans le Fo- 
rez, .ni dans le Parlement de Tou- 
- Ifîiife, fi ce n'eft dans le Quercy & 
le Rouergue y dans le Parlement de 
Dauphiné , il n*a lieu que dans les 
. Bailliages de Romans & de Brian- 
, çoD} daiv les P^j:kipens de Bout- [ 



R E IF O 

.d«aw fifldeiJQuon, il n*a fienr que 
4aD$ tlês: pa]^s de Coutume feule- 
ment ; il a.aufii lieu dans le Comté 
de Bourgogne , excepté dans la Vil- 
>lerde ReÇançon& dans fon ancien 
tertitoirel 

Pour: ce qui eft du pays couru* 
mier, le retrait a lieu dans toutes 
les Cootuoies ; njais il s'y pratique 
fort diverfement. 

. JRour exercer le retrait lignager 
•.dans ; les Coatdaoes qu'on appelle 
jdAcqcé & lignp , comme à Paris Sc 
«asiit/^ quftrotment rie plus grand 
nombre » il faat être parent du ven- 
deur du côté & ligne d'où Théticage 
lui éroit écibu. 
Il.fàutrmême dans quelques-unes 
.qaè ioii appelle fouchères , être 
defcendu de celui qui a mis l'héri- 
! tage dftns la fimille;. 

Mais ^ans qudques autres Cou« 

tûmes. qu'on appelle deJîmpU côté ^ 

au défaut de parens de la ligne , on 

, admet au reccaic les atures parens 

du vendeur. 

Le retrait lignagerpeut être exer- 
cé par • les ènnins mêmes du ven- 
' deur , quoiqu'il foit encore vi- 
vant. Et la qualité d'héritier n'em- 
pêche pas non plus l'exercice du 
retrait , parceque c'eft un droit que 
rhéricier tire de la loi , & non de 
. fa . qualité xl'héritièr. 

> dLe retrait lignager n'a pas lieu 
quand l'acquéreur eft lui-même li- 
gnager , ou qu'il a des enfans qui 
font en ligne ; mais i\ dans la fuite 
, il raettoit l'héritage hors la ligne , 
il y anroir lieu an retrait , & en ce 
cas 9 le premier vendeur peut venir 
lui-même au retrait. 

Celui qui a vendu fon propre 
peut lui-même le retirer^ comme 
tuteur de fon fils; & l'on peut in- 
tenter' le retrait an nom d'un en- 
iFant ^ quoiqu'il ne^ fut ni vu ni 



^4 



RET 



' coDhâ att temps de la^ VétitdJ 
Le mari peut exercer le retrait 
du coté de fa femme » fans être 
fondé de fa procuration. 

£n concurrence de pluGeurs re- 
trayans, la Coutume de Paris & 
pluiieurs autres préfèrent le plus 

' , prochain. 

Si deux lignagers ont formé 
la demande en même temps > ou 

: bien dans les Cqucumes qui admet- 

: tent le plus prochain , fi deux re- 
trayans font en égal degré , en ce 
cas ils viennent au retrait par- con- 

. currence & par moitié ; mais fi 
l'un des deux manque à remplir 
quelque formalité qui le fafie dé- 

' choir du retrait , fi Fautre veut fui- 
vre le fien « il eft obligé de retirer 

> le tout* 

Le retrait n'a» lieu que pour la 
propriété des héritages » maifons , 
rentes foncières & autres droits 
réels y il n'a pas lieu en cas de 

. vente de l'ufurruit de ces mêmes 
biens , ni pour les meubles » quels 
qu'ils foient. 

Lts mutations qui donnent ou- 
verture au retrait lignager (ont la 
vente i prix d'argent , ou autre 
contrat éqùipollent à vente ^ le bail 
à rente rachetable » le bail i longues 
années. La plupart des Coutumes 
admetrent aufli le retrait en cas 
d'échange! quand il y a fôutie qui 
excède la moitié de la valeur de 
l'héritage. 

Suivant le droit commun, les 
propres font feuls fuiets au retrait » 
excepcé en Normandie & dans quel- 
ques autres Coutumes qui étendent 
le retrait aux acquêts. 

L'héritage donné en contre-échan- 
ge d'un propre , tient lieu de propre, 

. & eft fujet i retrait. 

La plupart des Coutumes admet- 

, tout le retrait en cas de^ vçnte par 



décret ou Ucitatibn ; mais il tTa fât 
lied quand la vente- eft fiutr pac. 
une tranfaâion', & qu'elle en eft 
une des conditions. 

La vente faite fur Théritier bé-^ 
néficiaire, eft fujette au retrait ; il 
en eft autrement de celle faite fuc 
un curateur aux biens vâcahs;parce^; 
qu'en ceças iln'yaplus de propre* 

Lorfque l'héritage vendu eft par4 
tie propre & partie acquêt j il eft 
au choix de l'acquéreur de laiSer 
le tout au retrayant , ou feulemdit 
la portion qui eft propre ^ il en eft 
de même lorfqu'on a vendu parU» 
même contrat piufieurs héritages ^v 
les uns propres » les autres acquêts » 
ic qu'il n'y a qu'un feul prix. 

Lé retrait lignager n'eft point 
ceffiblè , & fi le retrayant qui èft 

}>référé! prêtôit fon nom i un tiefrs»' 
es autres qui aùrolent intenté leur 
àâion dans l'an & jour ^ pour- 
roient revenir au retrait dans l'an 
te jour 9 depuis que la collufion àu^ 
roît été découverte^ 

Lé retrait lignager' eft ptéféré'^a 
ffodal» tellemetit que le lignager 

Kut' retirer fur le feigneur auquel 
leritage àuroit été tranfmis â titre 
de retrait féodal. 

Mais le retrait conventionnel pu 
réméré eft préféré au retrait ligna^ 
ger» auffibîeh qu'au retrait (eodal; 
** L'héritage retiré par un lignager 
eft tellement affeâé à la famille » 
que fi ce retrayant meurt , laiiTanc 
un héritier des acquêts» l'héritage 
retiré appartient ï rhéririer des pro- 

[>res, en rendant néanmoins dans 
'an du décès â l'héritier des ac-^ 
quêts» le prix de l'héritage. , 

Les formalités du retrait étant 
différentes prefque dans chaque 
Coutume , on doit fuivre celles de 
la Coutume dans laquelle les hé« 
mages fujets à retrait font fitués , 



RET 

it non pas celles du lieu 0& U Je* ^ 
mande de poucfuit. 

Poar en donner ofne idée , on fe 
contentera de rappeler ici briève- 
menc celles (jue préfentenc *la Cou- 
tttnïe de Pans. 

Saivanc cette Coatume » Taftlon 
\ «n retrait doit être intentée , 6c le 
terme de l'affignation doit échoir 
dans Tan 8c jour que le contrat de 
vente a été enfaifiné , à l'égard des 
rotures j & pour les héritages tenus 
en fief ^ du jour de la réception 
en foi : fi c'eft un (ranc-aleu , ou 
un héritage acquis par le Seigneur 
dans fa propre mouvance ou cenfi 
ve f le temps du retrait ne court 
que du jour que l'acquifition a été 
publiée en jugement au plus pro- 
chain Siège royal. 

L'an du retrait 'court contre tou- 
tes fortes de perfonnes , mineurs , 
dbfens & autres, fans efpérance de 
reftitution. 

L'affignation doit contenir offre 
debourfe^ deniers , loyaux-eouts , 
& à parfaire*, il faut que THuiffier 
ou Sergent ait une bourfe à la main ; 
mais il n'eft pas néceffaire que le 
prix y foit en entier , il fuffit qu'il 
y ait quelques pièces d'argent. 

Ces offres doivent être réitérées 
à toutes les journées delà caufe , 
c'efl-d-dire , dans toutes les procé- 
dures faites ou réputées faites en 
jugement; favoir, en caufe princi- 
pile jufqu'à la conteflation en caufe 
inclufivement , & en caufe d'ap- 
pel jufqu'à la conclufion inclufive- 
ment. 

Si la caufe eft portée à l'audien- 
ce , ne fût ce que par défaut , l'A- 
vocat doit avoir en main une bour- 
fe avec de l'argent , & réitérer les 
offres dans les mêmes termes* 

Quand l'acquéreur tend le giron , 
c*eft â-dire » reçoit les offres ^ ou 
Tome XX r 



RET ^y 

que le retrait eft adjugé, le re- 
trayant doit payer à l'acquéreur , ou 
à fou refus, configner dans les 
vingt-quatre heures , après que 
l'acquéreur aura mis fon contrat au 
Greffe, Partie prcfentc, ou dû- 
ment appelée^ & qu'il aura affirmé 
le prix, s'il en eft requis par le 
retrayant. 

Pour que la confignaticn foie 
•valable , il faut qu'elle foit précédée 
d'offres réelles » & qu'elle contien- 
ne tout le prix en bonnes efpèces 
ayant cours. 11 faut auflfi appeler 
Tacquéreur pour ctre préfent » fi 
bon lui femble , â la confignaiion , 
ôc que le tout foit fait dans les vingt- 
quatre heures. 

Toutes ces formalités font telle- 
ment de rigueur , que celui qui 
manque à la moindre chofe eft dé- 
chu du retrait : ^ui cadit à fyliahâ ^ 
cadit à toto ; ce qui a fait croire à 
quelques Auteurs que le retrait li- 
gnager étoit odieux, comme gè« 
nant la liberté du commerce ; mais 
, s'il étoit odieux , les Coutumes ne 
l'auroient pas admis ; elles ont feu- 
lement voulu empêcher les parens 
d'en abufer pour vexer l'acquéreur. 

Le rembourfement des loyaux» 
coûts doit fe faire après qu'ils fonc 
liquidés ; ils confident dans les 
frais du contrat , les droits fei- 
gneuriaux , les labours & femen- 
ces » les réparations néceffaires. 

Le retrayant doit rembourfer les 
droits feigneuriaux en enrier , quoi- 
que le feigneur ait fait remife d'une 
partie à lacquèreur. 

Un acquéreur qui eft exemj^t de 
droits feigneuriaux dans la mou- 
vance du Roi , ne laiffe pas de lés 
répéter au retrayant « comme s'il 
les avoir payés , i moins que l'ac- 
quéreur âc le retrayant ne foienc 
tous deux privilégiés* 



ێ RE T 

Retrait TfiODAL , fe die du droit 

3ue la Coutume donne au feigneur 
e retirer &c retenir par puifTance de 
fief, le fief' mouvant de lui, lorf- 
qu'il a été vendu par fon vatTai , en 
rembourfant a l'acquéreur le prix 
de Ton acquifition & les loyaux- 
coûçs. 

On W^tWe^yàGi retenue féodale^ 
dans quelques-uns des pays de droit 
écrit. 

Le retrait féodal a lieu dans tout 
le royaume ; la Coutume de la Sal- 
le y Bailliage & Ghâtellenie de Lil- 
le en Flandre, eft la feule qui le 
rejette. Son objet eft de donner au 
"feigneur la faculté de réunir le fief 
fervant au fief dominant, de profi- 
ter du bon marché de la vente , & 
empêcher que le fief ne foit vendu 
1 vil prix en fraude du feignent , 
' enfin que le feigneur ne foit point 
ezpofé d avoir malgré lui un valTal 
qui ne lui feroit pas agréable. 

Le feigneur peut céder â an au- 
tre fon oroit de retrait féodal. 

Ce droit n^a lieu qu'en cas de 
vente ou autt e contrat équipoUent â 
Tente; tels que le bail â rente ra- 
che table y l'adjudication par dé- 
cret. 

Il n'a point lieu dans les muta- 
tions par échange ou par fucceffion , 
foit direâe ou collatérale ^ par do- 
nation ou legs. 

Le feigneur ne peut pas non plus 
«fer de retrait en cas de partage ou 
licitation , pourvu que celui qui de- 
meure propriétaire du tout ou de 
partie de l'héritage , fût l'un des 
copropriétaires a titre commun ; 
mais il en feroit autrement s'il n'é- 
toit devenu copropriétaire que par 
un titre fîngulier. 

Au refte,Ie reirait lignager eft. 
jpréféré à coa$ deux. 



RET 

Le' feigneur a quarante jours.^ 2 
compter de l'exhibition du contrat , 
pour opter s'il exercera le retrair» 
ou s'il recevra les droits dûs pour 
la vente. Quand une fois il a fait 
fon option j il ne peut plus varier. 

Tout ce qui èft tenu en fief eft 
fujet au retrait féodal en cas de 
vente. 

S'il y a plufieurs héritages rele- 
varis de différens feigneurs, chaque 
feigneur peut retirer ce qui eft 
dans fa mouvance , & n'eft pas obli-. 
gé de retirer le futplus. 

Si ce font plufieurs fiefs, le Seî- 

f^neur en peur retirer un , & laifier 
'autre \ mais il ne peut pas retirer 
feulement une partie d'un fief. 

Si la mouvance eft vendue t elle 
peut être retirée. 

Le feigneur fuzerain peut auflS 
retirer les arrière fiefs pendant la 
faifie qu'il a faite du fief de foh 
vafiai , pourvu que ce foit faute de 
foi & hommage, parceque cette 
faifie emporte perte de fruits. 

Le retrait féodal ne peut être 
exercé que par le propriétaire da 
fief dominant^ ainu les Âpanagif- 
tes peuvent ufer de ce droit \ mai» 
les ufufruitiers ne peuvent retK- 
ter, fi ce n'eft au nom du proprié- 
taire \ & à l'égard des Engagiftes , 
ils n'ont ce droit que quand il 
leur a été cédé nommément par le 
contrat d'engagement. 

Lorfqu'il y a plufieurs proprié- 
taires du fief dominant , chacun 
f>eut retirer fa part, ou recevoir 
es droits ; mais il dépend de Tac- 
3uéreur d'obliger celui qui retire 
e garder le tout. 

Le mari peut retirer le fief mou- 
vant de fa femme , & même fans 
fon confentement ; la femme peuc 
auflii retirer malgré fon mari> en 



ft faifent' autorifcr par Juftic0* 
Les gens dÊglife ôc de main 
morte peuvent retirer les fiefs mou- 
vans d'eux , à la charge d'en vider 
leurs mains dans Tan &c jour, ou 
de payer au Roi le droit d*amortif- 
fetnent , & au feigneur le droit d'in- 
demnité. 

Le tuteur peut retirer pour fon 
mineur ^ 6c s'il ne le fait pas dans 
le temps prefcrit ^ le mineur n^j eft 
plus recéyable. 

Le fermier du fief dominant peut 
aufli ufer du retrait féodal , iT ce 
droit eft compris nommément dans 
ion bail. 

Le temps pour exercer le retrait 
féodal eft difrérent fuivant les Cou- 
tumes 'y celle de Paris ôc beaucoup 
d'autres ne donnent que quarante 
Jours , à compter du jour de l'exhi- 
bition du contrat, d'autres don- 
nent trois mois , d'autres un an & 
jour. 

S'il Y a fraude dans lu contrat , 
le délai ne court que du jour qu'el- 
le eli découverte. 

Le feigneur peut exercer le re- 
trait fans attendre l'exhibition du 
contrat , ni les quaratite jours. 

Quand le contrat ne lui eft pas 
notifié , il peut intenter 4e retrait 
féodal pendant trente ans. 

11 n'eft pks recevable à l'exer- 
cer , foit lorfqu'il a reçu les droits , 
ou qu'il en a compofé ou donné 
terme pour les pajer , ou lorfqu'il 
^ reçu le vafiàl en foi , ou baillé 
foufFrance volontjiire. 

11 en eft de même' lorfque le 
vaCT^l a été reçu en foi par main 
fouveraine , & qu'il a conûgné les 
droits. 

Le feigneur n'eft pas exclu du 
retrait , lorfque fon receveur- ou 
fermier ^ ouJ'afiifraiiiec ont reçu 



Au Afoïti.j il doit feulement les 
rendre à l'acquéreiir. 

Si c'eft fon fondé de procuration 
fpéciale qui ait reçu les droits, il 
ne peut plus retirer. Il en ferpit au- 
trement , fi- c'étoit feulement un 
fondé de procuration générale , qui 
eut fait quelques démarches con- 
traires au retrait. 

Le tuteur qui a reçu les droits 
en ladite qualité , ne peut plus 
ufer du retrait pour fon mineur. 

La femme ne peut pas Aon plus 
retirer quand fon mari a reçu les 
droits. 

Le fait d'un des co-feigneurs ne 
peut pas empêcher les autres de re« 
tirer pour leur part. 

L'aflîgnation en retrait peut être 
donnée après les quarante jours » 
pourvu que le Seigneur ait fait djins 
les quarante jours fa déclaration 
qu'il entend ufer du retrait. 

Les formalités de ce retrait étant 
difFérenres , fnivant les Coutumes , 
il faut fuivre celles du lieu où eft 
fitué le fief aue l'on veut retirer. 

La demanae en retrait doit être 
formée au Bailliage ou Sénéchau& 
fée royale du dothicile du défen-^ 
deur. 

Il faut offrir réellement par un 
Huiffief ou Sergent le prix du con- 
trat , Se une fomme pour les loyaux- 
coûts , /auf à parfaire. Ces offres 
doivent être faites à perfonne ou 
domicile de l'acquéreur ; fi elles ne 
foiit pas acceptées , il faut les réa- 
lifer â l'AtidieiKC. 

Le retrait étant jugé, il faut 
payetj ou fi l'acquéreur refufe de 
recevoir, con-'figner. 

Le fief retiré féodalement n'eft 
pas réuni de plein droit au fief do- 
minant , à moins que le Seigneuc 
ne le déclare expreffément. 
Rets. AIT SE Mi-P£Ni£R , fe dit d'on^ 

m 



«î RET 

efpèce parcicaliçie de retrait Ugtla- 
ger établi par la coutume de Paris 
& par la plupart des autres coû- 
tâmes. Quand des conjoints du- 
rant leur mariage acquièrent ,un 
héritage propre a un vendeur dcmt 
l'un d'eux eft parent de la ligne » il 

. n*y a pas lieu au retrait tant que le 
mariage dure j mais après fa dif- 
folurion » la moitié de cet héritage 
eft fujet à rçtrait au profit ,du 
conjoint lignager , ou de fes hé- 

• xitiers à Tencontre de 1 autre , pu de 
fes hériti^ersqui ne le font pas. 

On appelle ce retrait, de mi^^ 
nier j parcequ'on n*jr rembourfe 

3ue la moirie du prix principal & 
es loyaux- coûts. 

Le retrait na lieu qu'en, cas dac- 
quifition bite à prix d'argent ou â 
rente rachqtable , & non to cas que 
les conjoints aient eu le propre par 
retrait \ car en ce cas l'héritage eft 
fait propre pour le tout au feul 
^ conjoint lignager , qui eft feulen^nt 
* tenu de rembourfer le prix fuivant 
l'article i}9. . 

Un des héritiers du conjoint li- 
gnager ne voulant pas nfer de ce 
. retrait^ Tautre peut l'exercer pour 
le tout. 

L'an & jour pour l'exercer ne 
courent que du jour de l'enfaifi- 
nement ou inféodation ; les forma- 
lités font les mêmes que pour le re- 
trait ordinaire. 

/ Il n'a point lieu quand les deux 
conjoints font lignagers % ou que 
le conjoint non lignager a des en- 
fans en ligne. 

Ce retrait n eft ouvert qu'au dé- 
cès de l'un des conjoints. 

Qiand le conjoint h'gnager ou 
fes héritiers négligent d'exercer le 
retrait, en ce cas les autres ligna- 
gers non > copartageans font admis 
. M retrait de la jBoûié du propre ^ 



ft E T 

pourvu qu'ils intèncelit leur a^HdH 
dans l'an du décès du conjoint iî« 
gnager. , 

Retrait conventionnel , fe dit de 
celui qui fe fait en veitu des claufes 
portées par le contrat de vente de 
l'héritage dont il eft queftion. C'eft 
la même chofe que la faculté de 
Tachât ou réméré, ^oy^^ces mots. 

Retrait ducal , fe.dit de la faculté 
qu^e redit du mois de Mai 171 1 , 
portant règlement pour les Duchés- 
pairies s donne à l'aiM des xnâles 
defcendans en ligne direde de celui 
en faveur duquel l'éreûion en Du- 
ché-pairie aura été faire, ou à fon 
défaut i celui qui le fuivra immé- 
diatement , & enfttite â tout autre 
mâle de degré en degré , de' retirer 
les Duchés-pairies des frlles qui fe 
trouveront en être propriéiaircs , 
en leur en rembourfant le nrix dans 
(îx mois fur le pied du denier 25 
du revenu adtuel , & fans qu'ils 
puiftent être reçus en ladite dignité 
qu'après en avoir fait le payen>enc 
réel & efFcdfciF, & en avoir rap- 
porté la quittance. 

RETRAIT; fubftantif mafculîn. On 
appelle ainfi le lieu fecret d'une mai- 
fon où Ton va aux néceflités uatu« 
relies. Vn cureur de retraits^ 

RETRAITE ^ fubftantif féminin» Re^ 
ceffus. Aâion de iè retirer. Xi? re^ 
traite dans^une Ville de guerre ejl â 
f entrée de la nuit. 

On dit que la cloche a formé la re- 
traite , que le tambour a battu la re* 
traite ; pour dire» que la cloche » 
que le tambour a averti qu'il falloir 
ie retirer. Quand on a Jonné ou bat- 
tu la retraite on punit les foldats qui 
fc trouvent dans les rues. 

Retraits , fe dit particulièrement 
de la marche que font des troupes 
pour s'éloigner de l>nnemi après un 
combat difavanta^çux ^ ou pour 



RET 

Abandonner un pays dans leqael elles 
ne peuvent plus fe foatenir. 

Lofqa'ttne armée aorès avoir 
combatta , ne peut plus ibutenir les 
efforts de l'enoemi , & qu'elle eft 
forcée de lui abandonner le champ 
de bataille , elle fe retire. Si elle 
le fait en bon ordre , fans rien per- 
dre de fon artillerie ni de fes ba- 
gages, elle fait une belle retraite; 
telle fut celle de l'armée Françoife 
après la bataille de Maiplaquet. Il 
eft difficile d'en faire de cette ef- 

{►èce devant un ennemi vir.& inieV 
igent j car s'il pourfuit à toute ou- 
trance , la retraite , dit J^. le Ma- 
réchal de Saxe , fe convertira bien- 
tôt en déroute* 

Une armée qtie les forces .i«pé- 
rieures de l'ennemi obligent de quit- 
ter un pays , fait auffi une belle re 






traite , lotfqa'elle la feit fans con- 
fufion & fans perte d'artillerie & de 
bagage. 

La retraite des dix mille de Xé- 
nophon eft la plus célèbre que Ton 
puiflTe citer ; elle a fait l'admira- 
tion de toute l'antiquité, & tjafqu'i 
f)réfent il n'en eft aucune qui puiffe 
tti être comparée > au moins avec 
juftic?. 

Qu'on fafTe attention que les^dix 
mitle Grecs qui avoient fuivi le 
jeune Cyrus en Perfe, fe trouvoient « 
après la perte de la bataille & la mort 
de ce Prince» abandonnés â eux- 
mêmes & entourés d'ennemis de 
tous côtés. Que néanmoins leur re- 
traite fut conduite & dirigée avec 
'tant d'ordre & d'intelligence, que 
malgré les effjrrs des Perfes pour 
les détruire , & les dangers infinis 
auxquels ils fureruexpolés dans les 
différens pays qu'ils curent à traver- 
fer pour fe retirer > ils furmontè- 
rent tous ces obftacles Se regagnè- 
rent enfia la Grèce. Cette belle re- 



R E T €^ 

traire Te fit fous les ordres de Xé- 
nophon, qui après ta mort de Cléar- 

Î|ue & des autres che&» que les Pèr- 
es firent aflfafliner , fut choifi pour 
Général } elle fe fit dans l'efpace de 
huit mois 9 pendant lefquels les 
troupes firent environ 610 lieues- 
en cent vingt-deux jours de mar- 
che. 

Comme le fuccès des batailles^ 
n'eft jamais certain, les retraites 
doivent être toujours prévues & ar- 
rangées dans Tefprit du Général 
avant le combat \ il. ne doit plus 
être queftion que de prendre les me- 
furesnéceffaires pour les exécute^, 
fans défordre & fans confufion lors- 
qu'il en eftbefoin. 

L'objet qui mérite le plus d'atten- 
tion dans les renaites , eft la mar^ 
che des troupes enfemble & tou- 
jours çn ordre de bataille. Il faut 
éviter avec foin routée qui pourroir 
leur donner occafion de fe rompre 
ou de fuir en. défordre. Dans ces 
niomens critiques, le Général a be- 
foia d'un grand fang froid Se d'une 

Î;rande préfence d'efprit pour veil- 
er au mouvement de toute l'armée, 
pour la rafturer, lui donner de la 
confiance » & même la tromper , 
s'il eft poffible, fur le danger au- 
quel elle fe trouve expofée j enfin , 
faire enforte qu'elle ne fe perfuade 
point que tour eft perdu » & que 
la fuite' feule peut la mettre en 
(Târeié , c'eft un art qui n'appar- 
tient qu'aux grands Capitaines ; les 
médiocres ont peu de reflburces 
dans ces occafions; ils nefavent que 
iirt^ fuivant l'expreffion de * M. le 
Maréchal de Puyfcgur, &touteJl à 
f abandon. Sous des chefs de cette 
efpèce, les retraites fe font avec 
beaucoup de perte & de confufion , 
i moins qu'il ne fe trouve des Offi- 
ciera Généraux alTe?: habiles & alTez 



70 RET 

Çkoy^M , poar favoir fuppléer l 
Tincapacicé da général. 

Au refte on conçoic que les re« 
traites n'écant que des marches» elles 
fuppofenc les principes & les rè- 
gles qu on doit y obierver y ce qui 
concerne le paûTage des rivières » 
des déHlés j & une grande connoif- 
fance de la Ta£tique. Il faut de 
plus avoir le jugement Se le coup 
d œil excellens pour changçr ou va- 
rier les difpoficions des troupes > 
fuivant les circonftances des temps. 
En Vénerie, on dit j/onncr la re- 
traite ; pour dire» rappeler les chiens 
& les faire retirer. 

Retraite, fe dit auffi de Tétat qu'on 
embraflfe en fe retirant du monde , 
de la Cour ,.des affaires. Quand on 
a des rides jur Iç front ^ c*efi le y rai 
ttmps de la rttraite. A cet dg€ on 
doit renoncer 4 la Cour ^ & vivre 
dans la retraite* 

Retraite , fe dit encore de l'éloigne- 
ment du commerce du monde pen- 
dant quelques jour$, pour fe récueil- 
lir avec plus d'éxaâtitiide , & ne va- 
quer qu'aui^ exercices de piété. // 
s*cft mis en retraite che[ les Capucins. 
Ce Prêtre en efi retraite^ Une retraite 
de huit jours. 

Retraiie, fignifie encore le lieu où 
Ton fe retire. Ilfe fait bâtir une re- 
traite hors de la faille pour y pàjfer 
le rejle defç^ jours. Çnç agréable re- 
traite. 

JRetraite , fignifie auffi , un lieu de 
refuge. Les loix défendent de donner 
retraite aux criminels. 

On appelle retraite de voleurs , de 
brigands , un lieu où fe retirant les 
voleurs , les brigands. Cette forêt 
n'ejl quune retraite de voleurs. 

Les Militaires nomment retraite, 
les emplois dans les places quant 
fjux Officiers d'Infanterie , & les 
p«io(îqns quant aux Officiçrs 4e Ç?- i 



RET 

Valérie. On lui dohna pour retraité 
une Lieutenance de Roi. 

Retraite, en termes d'Archîtefture; 
fignifie , la diminution d'épailTeur 
qu'on donne à un mur, d'étage en 
étage*. Ce mur fait retraite de deujg 
pouces à chaque étage. 

Les Maréchaux appellent retraite i 
une pointe de clou demeurée dans 
l'ongle du cheval, ' 

Retraite , fe .dit en termes de Bpur-^ 
reliers , d'une efpèce de longe de 
cuir attachée à la bride du cheval 
de devant, & liée à un cordeau 
dont on fe fert pour manier un che*^ 
vaK 

On dit en termes de Tanneurs ; 
mettre les cuirs en retraite j pour 
dire, les arranger dans une cuve oià 
' on les laiflTe tremper dans de leaii 
4'alun ppi^r Içur faire prçndre nour-i 
riture. 

RETRANCHÉ , ÉE ; participe paffif; 
Foyei Retrancher. 

RETRANCHEMENT; fubftantîf 
mafculin, Diminutio. SupprefCon 
ou diminution de quelque chbfe^ 
Une veut vas confentir au retranche'^, 
ment de ja dépenfe. Il fe plaint du 
retranchement de fes gages. Le retran*^ 
chemtnt du luxe^ des abus. 

En termes de Jurifprudence ,^ on 
appelle retranchement de, tEdit des 
fécondes noces ^\2l diminution àeê 
avantages faits par une perfonne re« 
mariée i fon fécond conjoint , làrf- 
que les avantages excèdent ce que 
la loi lui permettoit de donner/Ça 
les réduit à la part de l'enfant te 
moins prenant , bc l'excédant que 
l'on en retranche eft ce que Ion ap^ 
pelle le retranchement de l'Édit. 

Dans les pays de Droit Écrit , ce 
retranchement appartient aux feuls 
enfans du premier lit. 

Dans les pays de Coutume ^ il ff 



RfeT 

: partage également entre les enfaûs 
du premier & du fécond lit. 

Ebtranchement j fe dit en termes 
d'Architeûure , d'un efpace retran- 
ché d*un plus grand. On peut rendre 

\ cette chambre plus régulière en y pra- 
tiquant un retranchement. Ce retran-' 
thement ejl. trop petit pour une garde* 
robe. 

J^STRANCHEMENT , fignifie auffi , les 
travaux qu on fait à la guerre pour 
fe mettre â couvert contre les at- 
taques des ennemis. Il y a des re- 
tranchemens de plufieurs efpècesj 
les plus ordinaires ne confident que 
dans un fo/Té dont la terre étant jç- 
tée du côté des troupes qu'on veut 

* couvrir , leur fert de parapet. On 
en fait auflli avec des arbres abattus 
& jetés confufément les uns fur les 
autres. On donne auffi le nom de 
retranchement aux coupures qu'on 
fait dans les dehors de la fortifica- 
tion 9 & dans les battions , pour les 
défendre pied-à pied. Ces fortes de 
retranchemens font compof ées d'un 
petit rempart & d'un parapet ; ils 
torment plus fouvent un angle 
rentrant , pour en défendre l'appro- 
che plus avantageufemenc : on les 
fait de facs à terre, de gabions, 
fafcines» &c. On donne encore 
quelquefois le nom de retranche- 
ment aux lignes de circonvalla- 
tion. 

On dît figurément , forcer quel- 
qu'un dans Je s retranchemens , ddns 
Jes derniers retranchemens , dans fon 
dernier retranchement ; pour dire , 
détruire les dernières raifons, les 
plus fortes raifons de quelqu'un. 

RETRANCHERjverbe aftif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue, comme Chanter. Séparer 
une partie d'un tout , ôter quelque 
choie d'un tout. // faut retrancher 
ics branches fupetflues de cet arbre. Il 



R ÉfT ^^ 

a retranché plujieurs fcèn^s de fa pii^ 
ce. On leur retrancha une partie de 
leurs gages. 
Retrancher , fignifie quelquefois 
diminuer. // fut obligé de retrancher 
fa dépenfe. 

Retrancher, fignifie auflî , ôter en- 
lièrement , fupprimer. La Cour le 
punit en lui retranchant fa penfion. 
On entreprit inutilement de retrancher ^ 
cet abus. Cet Évêque a retranché plu* 
Jieufs fêtes dans fon Diocèfe. 

On dit , que les Médecins ont r^- 
iranché le yia à quelquun ; pour 
dire , que les Médecins lui ont in«. 
terdit Tufage du vin. 

On dit retrancher de la Commua 
nion des fidèles i pour dire , excom^ 
munier. 

Retrancher , fignifie encore y faire 
des retranchemens. Ain fi l'on die 
en termes de guerre , retrancher un 
camp ; pour dire, fortifier un camp , 
en faifant des lignes ou devant ou 
à l'entour. Le Général fit retrancher 
le camp quil occupoit. 

Se Retrancher , verbe pronominal 
réfléchi, fignifie, fe reftreindre , 
fe réduire. Quoiqu'il etit plufieurs 
moyens en fa faveur , // fe retrancha. 
à unfeuL De toutes les perfonnes quil 
fréquentoit autrefois il s'efi retranché 
à deux- ou trois avec lef quelles il eft 
lié particulièrement^ 

Se Retrancher, s'emploie auffi ab-* 
folument , pour dire , diminuer fa 
dépenfe. Ce Prince s'efifort retran^ 
ché. Il vaut mieux fe retrancher que 
défi ruiner. 

Se Retrancher , fignifie encore en 
termes de guerre, faire des lignes , 
des tranchées & autres travaux , 
pour fe mettre à couvert contre 
les attaques des ennemis. L'ennemi 
fis retrancha derrière la brèche. 
Il fe dit auffi figurément. // s' eft 



retranche fur l*envie quit avoh dé Fo- 
bligtr. 

RETRAYANT ^ ANTE; fubftantif. 
Celai oa celle qui exerce i*aâion 
de retrait, ^oyc^ Retrait. 

RÉTRÉCI , lE i participe paffif. Foy. 
RsTRicia. 

RÉTRÉCIR ; verbe aftif de la fé- 
conde conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Ravir. Arctare\ 
Rendre pjus étroit, moins large. 
Rétrécir un habit. Rétrécir un che- 
min* 

Il s'emploie audi figurémenr. ta 
fcrviiude rétrécit Vefprit. 

Rétrécir un chbvalj terme de Ma- 
nège , qui a pcmcipalement lieu en 
parlant de celui que l'on travaille 
fur des cercles. Le rétrécir , c'eft 
le faire rravailler, foit dans la leçoo 
des cercles , foit dans la leçon des 
voltes, fui: un terrein plus étroit, 
en relTerrant infendblenient l'efpace 
& récendue. 

On dit auflî , votre cheval fe ré- 
trécît i pour dire , qu'il ne parcourt 
plus autant ds terrein. Etarg'ijfe[ 
votre cheval ^ ilfe rétrécit.^ & vous le 
ferei défendre. 

Se RÉTRÉcia, verbe pronominal ré- 
fléchi , (îgnifie , devenir plus étroit. 
Le parchemin fe rétrécit au feu. La 
toile fe rétrécit au tlanchijfage. Cette 
forêt va en fe rétrécijfant , en rétré- 
ciffant depuis le milieu jufqua V ex- 
trémité orientale. 

Les deux premières fyllabes font 
brèves, & la troinème longue ou 
brève. ^oye\ Verbe. 

RÉTRÉCISSEMENT; fubftantif maf 
culin. Contraclio. Aélion par laquelle 
une chofe eft rétrécie. Le rétrécif 
fementdu lit de la rivière. Le rétrécif 
fment de la toile fe fait à la première 
lejftve. 

On dit auflî au frguré, le rétrécif^ 
fenient de Vefprit. 



RET 

RETREMPER ; verbe a&if de la pte-^ 
mière conjugaifon » lequel fe con<^ - 
jugue comme Chamtbr. Tremper 
de nouveau. Cet injlrument n'a pas 
été bien trempé , il faut le retremper • 

RETRESSER ; verbe aûif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Trèfferde 
nouveau. Ces cheveux font mal tref^ 
fis , il faut les retrejfer. 

RÉTRIBUTION i fubftantif féminin. 
Rétribution Salaire, récompenfedu 
travail qu'on a fait , de la peine 
qu'on a prife pour quelqu'un , oa 
du fervice qu'on lui a rendu. Il ne 
demande aucune rétribution pour les 
. fervices quil leur a rendus. Cette opé^ 
ration mérite une bonne rétribution.^ 
Un l\t privé de la rétribution due à 
,fott travail* 

Rétribution , fe dit auflî de l'hono' 
raire que Ion donne aux Ecclédaf** 
tiques , pour leur droit de préfence 
aux offices » ou pour quelques au- 
tres fervices qu'ils rendent à TÈ* 
glife. 

• Tout eft bref au fingulier , maïs 
la dernière fyllabe eft longue au 
pluriel. 

RÊTRILLER -, verbe aftif de la pre- 
mière conjugaifon ) lequel fe con* 
Jugue comme Chantkr. Ecriller 
de nouveau. Ce cheval a été mal 
étrillé y il faut le réifiUer. 

RÉTROACTIF . 1V£ i adjeûif. Qui 
agit fur le pafle. li ne fe dit guère 
qu'avec le mot effet. Les lois nou- 
velles nont ordinairement point d^ef^ 
fet rétroactif On a donné au traité un 
effet rétroactif 

RÉTROACTION ; fubftantif fémi- 
nin. Effet de te qui eft rétroac* 
tif. 

RÉTROCÉDÉ , ÉE ; participe paffif. 

Voyei RÉTROCÉDER. 

RÉTROCÉDER i verbe neutre de fa 
première conjugaifon , lequel fe 

conjugue 



RET 

Mnjagae comme Chanter. ReJJc' 
r«« Terme de pratique. Remettre à 
quelqu'un le droit qu'il nous avoir 
cédé auparavant. Jlm*a rétrocédé la 
créance que je lui avois tranfponét. 
RÉTROCESSION y fubftantif fémi- 
nin & terme de Palais. AAe par 
lequel on rétrocède. Vous pourre\ 
agir en vertu de la rétrocejfion que je 
vous ai faite. 
RÉTROGRADATION } fubftantif 
féminin. Aâion par laquelle un 
corps fe meut en arrière. Il fe dit par- 
ticulièrement en termes d'Aftrono- 
mie » d'un mouvement apparent à^s 
planètes, par lequel elles femblent 
reculer dans l'écliptique ^ & fe 
mouvoir dans un fens oppofé i l'or- 
dre ou fttcceflîon ^é^% lignes , com- 
d*j4riès en Taurus , en Gemini^ &c. 
c'eft-à-dire, d'occident en orienr. 

Quand une planète paroît pen- 
dant quelques jours dans le même 
point du ciel , on dit qu'elle eft fta« 
lionnaire. 

Quand elle fe meut contre l'ordre 
des (ignés » favoir, d'orient en occi- 
dent , on dit qu'elle eft rétrograde. 

Le foleil & la lune pargiffent 
toujours direâs , Saturne , Jupiter, 
Mars , Venus.& Mercure font quel- 
quefois rétrogrades. 

L'intervalle de temps entre les 
deux rétrogradations ces différen- 
ces planètes eft différent \ il eft d'un 
an & treize jours dans Saturne ; 
d'un an & quarante-^ trois jours dans 
Jupiter y de deux ans & cinquante 
jours dans Mars ; d'un an & deux 
cent vingt jours dans Venus ; de 
cent quinze jours dans Mercure ; 
Saturne demeure rétrograde pen- 
dant environ cent quarante jours j 
Jupiter pendant cent vingt ; Mars 
pendant foixante treize*, Vénus pen- 
dant quarante-^deux; Mercure pen- 
dant vingt deux. 
Tênit XXK. 



RET 75 

Ces changemens de cours &de 
mouvement des planètes ne fonc 
qu'apparens j fi les planètes étoiént 
vues du centre du fyftème , c'eft-â- 
^ire du foleil » leurs mouvemens 
paroîtroient toujours uniformes & 
réguliers» c'eft-â-dire, dirigés d'oc- 
cident en orient. Les inégalités 
qu'on y obferve en les voyant de la 
terreiUaitTent du mouvement & de 
, lapofition de la terré d où on les voit« 
RETROGRADE ; adjeélif des deux 
genres. 11 fe dit de ce qui va en ar- 
rière ou en un fens contraire à fa 
direâtion naturelle : telle eft la mar- 
cbedes écrevilfes. 

Si l'œil & l'objet fe meuvent 
tous deux du même fens , mais que 
l'œil parcoure plus d'efpace que 
lobjet , il femblera que l'objet foit 
rétrograde , c'eft-à dire , qu'il ailU 
en arrière ou dans un fens contraire 
à la direâion qu il fuit en effet j la 
raifon de cela eft que quand l'œil 
fe meut fans s'appetcevoir de foti 
mouvement , comme on le fuppofe 
ici , il transporte fon mouvement 
aux objets , mais en fens contraire; 
car comme il s'éloigne des objets 
fans s'en appercevoir , il juge que 
ce font les objets qui s'éloignent de 
lui jainfi quand im objet fe meut 
dans le même fens que l'œil , le 
.mouvement apparent de cet objet» 
eft compofé de fon mouvement réel 
dans le^ même fens que l'œil , &c 
d un mouvement en lens contraire 
égal à celui de Tœil j fi donc, com^- 
me on le fuppofe ici » ce dernier 
mouvement eft plus grand que l'au- 
tre , il doit l'emporter , & l'objet 
doit paroîcre rétrograder. 

C'eft pour cela que les planètes 
en quelques endroits de leurs orbiteS9 
paroiifent rétrogrades. 

On appelle ordre rétrograde dans 
les chiffres ^ lorfqa'ao lieu de comp« 

K 



74 



ïlEt 

&c. on compte 4 , 



ter t ,1, },4, 

RETROGRADER j vetbe neutre de 
la première conjugaifon , lequel fé 
conjugue comme Chanter. -R^- 
trogndi Retourner en arrière. Quand 
nous/ûmes au milieu de la forêt , nous 
fumes obligés de rétrograder. Mars 
rétrograde plus que Jupiter.Le foleil & 
la lune ne rétrogradent jamais. 

RETROUSSÉ ; EE ^ participe paffif, 
Foy. Retrousser. 

On dit , avoir le bras retrouffé 
jufquau coude ; pour dire, avoir le 
bras nu jufquau coude. Et Ton ap- 
pelle ne^ retroujfé , un nez dont le 
Dout eft un peu relevé enhaur. 

On dit en parlant dés flancs du 
cheval, des flancs retrouffés; pour 
dire 9 des flancs creux. 

RETROUSSER j verbe adif de la 
première conjugaifon , lequel fe 
conjugue comme Chanter. Re- 
coIUgere. Replier , relever enbaut 
ce quon a voit détroufTé. Retrouffe-^ 
votre robe y votre jupe y votre manteau. 
En ce fens on dit à une perfonne 
dont la jupe , la robe , &c, eft dé- 
troufféc , retrouJ[Je:[ vous* 

Retrousser , a auffi la même figni- 
fication que troaÏÏer^ mais outre ce- 
la on l'emploie dans des fens aux- 
quels trouffer ne convient pas. fi 
bien. RetrouJJirfis cheveux. Retrouf 
fer fa moujlache , fon chapeau. Re- 
iroujfei vos manches. Ce cheval avoit 
la queue ntroufjée. 

RETROUSSIS i fubftantif mafculin. 
Il ne fe dit guère que de la partie 
du bord d*un ' chapeau qui eft re* 
trouffce. Cet Ambafjadeur avoit un 
diamant' au retroufjîs de fon cha- 
peau, 

RETROUVER -, verbe aûif d© la 
première conjugaifon, lequel; fe 
conjugue comme Chanter. Repe-* 
rirji. Trouve! une féconde fois. // 



REt- 

fnefembloit que j'avoîs trouvé ettti 
ordonnance dans ce recueil^ cependant 
je ne Vy retrouve pas. 

Il fignifie aufli trouver ce qu'on 
avoit perdu , oublié, y ai retrouve 
le chien que fa\ois perdu. Je connoi$ 
cette femme y meus je ne retrouve pas 

fon nom- 

RETS ; fubftantif mafculin. Filet , ou- 
vrage de corde , de fil , ^c. noué 
par mailles & à jour , pouc 
prendre du poiflTon , des oifeaux. 
Tendre des rets. Unpoifjon énorme a 
brifé le rets quon avoit jeté dans la 
mer. Ces oifeaux ne donnent guère 
dans les rets. 

Ce monofyllabe eft long. 

RÉTUDIER i verbe aûif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Étudier de 
nouveau. Cet Àcleura oublié fon rôle, 
il faut quille rétudie. 

RÉTUVER î verbe adif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Étuver de 
nouveau. Fous étuver e^ la plaie le 
matin , & vous la rétuvere\ à midi. 

RETZ , (Jean-François Paul de GonJ 
di f Cardinal de ) naquit â Mont* 
mirel en Brie en 1614, d'une fa- 
mille illuftre originaire de Floren-; 
ce. On lui donna pour Précepteur 
le fameux Vincent de Paule. 11 fit 
fes études particulières avec fuc- 
ces , & fes études publiques avec 
diftinârion , prit le bonnet de Doc- 
teur de Sorbonne en 154} y 6c fuc 
nommé la même année coadjuteuc 
de r Archevêché de Paris : TAbbé de 
Gondi fentoit beaucoup de degoac 
pour fôn état. Son génie & fon goûc 
étoient décidés pour les armes. Il fe 
battit plusieurs fois en duel , même 
en follicitam les plus hautes digni- 
tés de rÉglife. Devenu coadjuteur^ 
il fe gêna pendant quelque temps 
pour le gagner le Clergé & le peu; 



AET: 

}Je;maîs dès que le Cardmâl Ma- 1 
zarin eût été mis â la cèce du Mi- 
niftère , il fe montra tel qa*il étoit. 
Il précipita le Parlement dans les 
cabales , & le peuple dans les fé- 
dirions. Il leva un régimenr qu*on 
noàimoit le régiment de'Gorinthe >^ 
parcequ'il étoic Archevêque Titu- 
laire de Corinthe. On le vit pren- 
dre féance au Pariemenr avec un 
poignard dans fa poche dont on ap- 
percevott la .po^née^ Ge fut alors 
qu'un plaifant dit^voUà le trcviairede 
notre Archevêque. L'ambition lui fit 
foufler le feu de la guerre civile y 
1 ambition lui fit faire la paix, il fe 
réunir fecrettemnent avec la Gour 

Jour avoir un chapeau de Cardinal. 
#ouis XIV leinommai la ^poctrpre 
en 1^51. Le nouveau Cardinal >ne 
cabala pas mois». Il fut atrcté au 
Louvre , conduit i Vincennes , & 
de là dans le château de Nantes d'où 
il fe fauva. Après ;avoiîr erré, pen- 
dant longteÀipseaitalie ,ien HpU 
lande, en Flandre & en Angleterte, 
il revint en France en i(^jSf,fit;fa 
paix avec la Cour en fe démettant 
de fon. Archevêché, & obtint en 
dédommagement l!Abbaye de Saint 
Denis. 11 avoirvécu|ufqu*aIorsavec 
fine magnificence extraordinaire; il 

S|ritJe patti de la retraite.pour payer 
es dettes j ne fe réfervant que 
vingt mille livres de rente* Il reni- 
bourfa à fes créanciers plus de douze 
cent mille écùs^ 6ç fe vit en état i 
la fin de fes jourlsi.de faire des pen- 
fioils â fes amis. 11 mourut en 1^79 
c^Atticus , après avoîc vécu long- 
tein{isen'Catilina«;90nadeJa'peîne, 
9> dit le Préfident Hénault , à com* 
t^. prendre commenr un homme qui 
V padà ia ,irie à .cabaler , n*eat ja- 
j> miKs de véritable objer. Uaimoir 
n rintrîgue pour .intriguer; efprit 
m hdxdip délié^ v^fte&4inpea cor 



» IttaÀefqae > fâchant tirer parti 
a> de lautorité que fon état lui don- 
» noir fur le peuple , & faifanr 
» fervir la religion â fa politique » 
» cherchant quelquefois à fe taire 
M un mérite de ce qu'il ne devoir 
»> qu'au hafard , & ajoutant foù- 
9> venr après coup les cxioyens aux 
}> événemens ; il fit là guerre au 
»> Roi, mais le perfonnage de ré- 
» belle étoit ce qui le flattoit le plus 
» dans fa rébellion ; magnifique » 
ii bef efprit , turbulent , ayant plus 
»' de faillies que de fuite ),plixs de 
» chimères que de vues , déplacé 
» dans une Monarchie, Se n'ayant 
99 pas ce ^u'il falloir pour être Ré- 
» publicain , parcequ il n'étoit ni 
» fujet fidelle ni bon citoyen ; adflî 
» vain ; pids' hardi Se nioins hon* 
n nête hbnime que Ciceron ; en- 
» fin plus d'efprit , moins grand Se 
» moins méchant que Catilina. 

On a du Cardinal de Retz plu- 
fieurs ouvrages dont fes mémoires 
font lés plui ciirîeûx à lire, lïs vi- 
rent' ,1e jour pour là première fois 
en 1717 ; on les réimprima avec 
ceux de Madame de Nemours , i 
Amfterdamen 17 ji en fepr volu- 
mes ih-i 1. Cette édition paflepouc 
la plui béUe. 11 y en a eu une au- 
tre éh 175» en .quatre petits volu- 
mes in-î.i , qui ne lui eft 'guère in- 
férieute : ces mémoires font écrits, 
dit 1 auteur du fiècle de Louis XlV» 
avec un air de grandeur , une im- 
péttiofitéde génie , & une inégalité 
qui font l'image de fa conduite ; il 
les eompofa dans- fa retraite avec 
l'impariialirë d'iin Philofophe qui 
ne l'a pas toujours été. Il ne s y mé- 
nage point , 8c il n*y ménage pas 
davantage les autres. On y trouve 
les portraits de t6us ceux qui jouè- 
rent un' rôlç dans Us intriguas de 
Ufi:on4ë* Ces portraits fpuyent na- 
Kii 



1^' 



REY 



turels, font quelquefois gâtés par un 
refte d'aigreur & d'enihoufiafme, fc 
trop chargés d'antiihèfes. 
RETZ; pays de France qui comprend 
la partie du Diocèfe de Nantes , 
fîtuée au midi de la Loire. II peut 
avoir quinze lieues du levant au 
couchant j & neuf du midi au nord» 
Ce pays eft arrofé par \% Sèvre dans 
la partie du levant ; il n'y a que 
quelques ruiflTeaux dans la partie du 
couchant. Au centte eft un grand 
lac que Ton nomme le Lac de Grand 
Lieu. Cette contr^ dépendoit an- 
ciennement de ^Aquitaine » mais 
ayant été conquife par Hérifpoé^ ou 
Hérifpée , elle fut d*abord unie au 
PoitQU y & fàifoit partie du Dio- 
cèfe de Poitiers ^ pn Ten a démem- 
brée depuis pour Tunir au Diocèfe 
de Nantes. Ce pays a eu Tes Sei- 
gneurs ou Barons particuliers ; il a 
paiïé de l'ancienne maifon de Cha- 
bot en celles de Laval ^ de Chau- 
vigni y puis a été pofTédé par la 
maifon de Gondy en qualité ^de 
comté. Il fut érigé en Duché Pai- 
rie en 1 5 ji 9 en faveur de la même 
maifon ; & en. i^;4 il pafia dans 
. la maifon de Villeroy» Ce pay^ a 
pris fon nom d'une ancienne bour- 

{|ade nommée Ratiaft^ j mais ce 
ieu eft détruit depuis Ipng-cemps » 
& Machecga lui a fuccédé. 

KEVALOIR; verbe aâif irrégulier 
de la troi(îème conjqgaifon , lequel 
fe conjugue comme Vki^oik. Par 
pari rtfcrru Rendre la pa^reille en 
bien ou en mal. Urnajmt et fiai- 

. fir &je tâcherai df lui revaloir cela 
dans une attire pccafion. Elle lui re^ 
valut bien V affront quil lui avoir 

: fait. 

REVANCHE-, fubftamif féminin.P^r 
pari reddicio. Adion par laquelle on 
ie revanche du pial qu'^n a re^u» 



REV 

S*ilvùttS a offenfé , vous dve^ Bien età 
votre revanche» 

11 fe dit auffi en bonne part. C'ejl 
unfervice que vous mave\ rendu^dont 
je tâcherai d\avoir ma revanche* Il eft 
du ftyle familier» 
Revangkb', fe dit au Jeu, de la fé- 
conde partie que joue le perdanc 
pour fe racquitter de la première. 
// m* a gagné vingt pijloles & il n'ct 
pas voulu me donner ma revanche. Il 
demande fa revanche. Je rais prendre 
ma revanche. 

Il fe dit atiffi de tome reprife de 
feu demandée pour fe racquitter de 
de ce qu'on a perdu, pour regagner 
ce qu'on a perdu auparavanCr Vou^ 
ki^-vous me donner aux échecs la rc^ 
vanchc de ce que y omis m*ave\ gagne 
au quina[C. Quand me donnere^-vous 
ma revanche de ce que vous m^avei^ 
gagné avant hier ^ 
En revanche , fe dit adverbiale- 
ment , & figni&e en récompenfe ^ 
pour rendre la pareille , fott en biea 
loit en mah // lux prêta dix nulle 
francs f&en revanche elle lut fit p^- 
tenir la grâce qudfollicitoit à la Cour.. 
Il manqua d'yards pour elle, , & err 
revanche elle empêcha la réujhe du 
mariage quil avoit en vue.. 

La première fylkbe eft rrès-btèw 
ve y la féconde longue & la troifiè- 
me très-brèver 
REVANCHE , ÉE ^ participe paflîf- 

yoye\ Rbvanchbr. 
REVANCHER j verbe aÔif de la de- 
rnière conjugaifon ,. lequel fe côn^ 
jugue comme Chanter. Défendre 
quelqu'un cpA eft attaqué » te fbu- 
tenir , l'aider , le fecourir dans une 
batterie, dans une querelle. Le fils 
avait ra'ifon de revancher fon père. 

On dit auffi, yê revancher ; pour 
dire , fe défendre. Si vous Ikittaque^ 
Ufe revanchtra^ 
S* REVANCHER ^ fignifîe encore «a- 



REV 

ifare la pareille d'ane injare^d'untnal 
qu'on a reçu. // m* a rendu de mau- 
vais offices^ mais je /aurai ni en revan- 
cher. 

Se REV ançher » fe dit auffi quelqae- 
fois en bien dans le ftyle familier. 
En me prêtant cet argent y vous m^-a-- 
ve^ rendu un grand fervice ^je tâcher» 
rai de trouver Poccafion de m* en re- 
vancher. 

IREVANCHEUR \ fubftancif mafca- 

' lin. Qui revanche. // a dans fan 
frère un bon revancheur» Il eft peu 
ufité. 

RÊVASSER, verbe neutre de la pre* 
noiera CpjDJugairon , lequel fe con. 
jogue comme Chanter. Terme da 
ftyle familier. Avoir de fréquences 
& diverfes rêveries pendanc un 
fommeil inquiet. Quand on ejl i/z- 
difpofé% on efi fujet à rêvajfer pen» 
dant la nuit. 

RÊVE 'y fubftancif mafculin. Songe 
qu oti fait en dormant. 
• Les rêves dénocent Tétat du cof p$ 
Se de Tame » dit Lommius d*après 

' Hypocrate» futtout s'ils nont rien 
de commun avec les occupations 
du jour ^ alors ils peuvent fervir de 
dtamoftic & de pronoftic dans les 
maladies. Ceux qui rêvent du feu 
ont trop de bile jaune ; ceux qui 
rêvent de fumée ou de brouillards 
épais y abondenc en bile noire ) 
ceux qui rêvent de pluie , de neige , 
de grêle , de glace , de vent , onr 
les parties intérieures furchargées 
de pnlegme \ ceux qui fe fentenren 
rhe àuïB iter maumtfes odeurs > 

C lovent compter qu'ils logent dans 
uc corps quelque humeur putri- 
de ^ fi l*on voit en rêve du rouge , 
ou qu'on s'imagine avoir une ctêre 
comme un coq > c'eft une marque 
qu'il y ar furabondance de fang ^ fi 
Ton rêve de b lune, on aura les 
cavisés du corps affeâées^ du fo- 



REV 77 

leil I ce feront les parties moyen* 
nés 'y ic des étoiles » ce fera le con-> 
tour ou la furface extérieure du 
corps. Si la lumière de ces objets 
s'affbiblit , s'obfcurcit ou s'éteint , 
on en conjeûurera que l'afFeaion 
eft légère j R l'éclipfe provient de, 
rincerpofition & de l'obfcurciflTe- 
ment des élémens , enforte qu'elle 
foit entière , on fera menacé de 
maladie ; mais fi lés obftacles qui 
dcroboient la lumière viennent à fe 
difiiper y & que le corps lumineux 
reparoiiTe d^niQ tout fon éclat, l'état 
ne fera pas dangereux ^ fi les objets 
lumineux pafient avec une vicefie 
furprenante» c'eft figne de délire ; 
s'ils vont à l'occident , qu'ils fe 
précipitent dans la mer y ou qa'ils 
fe cachent fous terre > ils indiquent 
quelque indtfpoficion. La mer agi- 
tée pronofttque l'afFcârion du ven- 
tre ; la terre couverte d'eau h'eft pas 
un meilleur rêve , c^eft une marqne 
%i'il y a intempérie humide ; & fi 
l'on s'imagine erre fnbmergé dans 
un éun^ » ou dans une rivière , la 
même intempérie fera plus confi- 
dérable. Voir la terre féchée Se brû- 
lée pas le foleil , c'eft pis encore ; 
car il faut que l'habitude du corps 
foit alors extrêmement ' sèche. Si 
Ton z bielbtn' de manger ou boire y 
on rêvera mets & liqueurs ; G l'on 
croit boire de Teau pure, c'eft bon 
figne j fi L'on croit en boire d autre, 
c'eft mauvais figne. Les monftres , 
les perfonnes armées^ , & tous les 
objets qui caufent die i'eflfroi , font 
de mauvais augure ; car ils annon* 
cent le délire. Si 1 on fe fenr préci* 
pité de quelque lieu élevé , on fera 
menacé de vertige , d'épilepfie ou 
d'apoplexie, furtout fi la tête eft en 
même temps chargée d'humeurs. 

On dit figuréroenr 8c femilîère- 
ment , c'efi jut rêve que dt vous voir 



j 



75 



REV 



ici. Ce héros du en mourant que fa 
vie ayoit été un beau rive. 

La première fyllabe eft longue, 
& la féconde très-brève. 
»ÊVÊ , ÉE } participe paflîf. Foye^ 

REVÊCHE i adjedif des deux gen- 
res. Acer. Acre , rude > âpre ' au 
goût. Des pommts revéches. Du vin 
revêche. 

Revêche , fe die figurément des pfer- 
fonnes rudes , peu traitables , ré- 
barbatives. C*efi une femme bien re^ 
vêch'e. 

REVÊCHE; fubftantif féminin. Sorte 
d'étoffe frifée , faite de laine & pro- 
pre à faire des doublores. Les revê- 
ches fe fabriquent ordinairement en 
blanc y & on les teint enjuite en rou^^ 
ge , en bleu , en jaune / &c. 
La première fyllabe eft très-brève, 
la féconde longue, & la croiûème 
très- brève. 

R'ÉVEIL; fubftantif maficulin. *Som/72; 
folutiir. Ceflarion de fommeil. <^%/î 

: une nouvelle que je lui ai apprife à fon 
réveil, Lamour lui prépara un agréa- 
ble réveil. 

Réveil, fignifie aulïî réveille-matin. 
Ce réveil ne va plus , il faut le faire 
raccommoder. Il mit le réveil fur qua- 
tre heures. 

RÉVEILLÉ, EE ; participe paflîf. 

Vjyei RÉVEILLER. 

RÉVEILLE MATIN ; fubftantifmaf- 
culîn. Sorte d'horloge , de montre 
qui fonne pendant un efpace de 
temps pour éveiller précilément à 
: l'heure fur laquelle on a mis Tai- 
. guille en fe cpuchant. Monter un ré- 
- veille matin. Mettre le réveille-matin 
fur trois heures. En ce fcns réveil qQ: 
plus uGié. 
RÉVEILLE' MATIN , fe dit familière- 
ment du bruit que faic le matin un 
Maréchal , un Charron , un Serru- 
rier » un Chaudronmer » &Cn II y a 



REV 

dans dite rue un réveille matin bien 
fatigant. 

On dit figurément & familière-* 
ment d'une bonne nouvelle , d'une 
méchante nouvelle quon apprend 
en s'éveillant , qtte cejl un agréable 
réveille" matin , que c'ejl un fâcheux 
réveille- matin. 

RÉVEILLER jvetbeaaif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con^. 
jugue comme Chanter. Evigilarei 
Il fignifie la même chofe que éveil* 
1er y tant dans le propre que dans le 
figuré.. Elle veut quon la réveilla 
avant fept heures. 

On dit , réveiller quefltun d'un 
affoupijjcmenty d*une léthargie ; pour 
dire , tirer quelqu'un d'un afibupifr 
fement , d'une léthargie. 

On dit proverbialement , il ne 

faut pas réveiller le chat qui dort ^ 

pour dire , qu'il ne faut renouvel-i 

1er une méchante affaire , une que-^ 

. relie «(ïpupie. 

On dit figurément, réveiller s 
pour dire, exciter de nouveau 3 fe- 
nquveler. Ceté figuré ejl propre à 
réveiller t attention de V auditeur'. Cet 
objet réveille fon amour ^fa haine. Ce 
difcours réveilla le courage dufoldati 
Pourquoi réveilloit-il cette difficulté., 
ir faut de temps en temps donner de 
t éperon à ce cheval potir le réveiller. 

Se R£V£iL;.Ea , verbe pronominal ré- 
fléchi , fignifie la même chofe que 
s'éveiller. Une s* ejljéveillé quàfix 
heures du matiny ■ . 

On dit au propre & au figuré , // 

^ s^ejl réveillé de fon affbupiffement y de 

fa léthargie j pour dire , il eft forti 

de fon adoupiflement , de fa léthar-* 

gie; il celle d'être alfoupi^ d'être 

en léthargie. 

Il fignifie figurément , fe renou^ 
vcler. Son amour commençoit à fc 
réveiller. Si fa haine venait à fi r«- 



fiiller. Leur ancUnne querelle fi ré^t 
■ yeilla dans une occafion. 

Piftérences relatives entre éytil- 
. Ur & réveiller. 

Le premier de ct^ mots eft d'un 
plus fréquent ufage dans le fens lit- 
téral 'y le fécond eft plus fouvent 
employé dans le fens figuré. L'un fe 
fait quelquefois fans le vouloir ; 
mais l'autre marque ordinairement 
du delTein. 

Le moindre bruit éveille ceux 
qui ont le fommeil tendre. Il faut 
peu de chofe pour réveilUr une paf- 
fîon qui n'a pas été parfaitement dé- 
. racinée du cœur. 
RÉVEILLON î ^ubftantif mafculin. 
Petit repas extraordinaire qui fe 
fait entre le fouper & le coucher. 
On nous donna un réveillon. Après 
la MeJJe de mimât , nous fîmes ré- 
veillon 
RÉVEILLON y en termes de Peinture» 
fe dit de certaines touches claires 
& brillantes que le Peintre place 
dans quelque^ endroits de fon ta* 
bleau y pour y faire fentir la lu- 
mière >& la rendre plus piquante. 
JlEVEL \ grande ville de Ruffie dans 
. la haute Livonie , capitale de l'Efto- 
nie , fur la côte de la mer Baltique » 
partie dans une plaine, & partie fur 
une montagne, avec une forteretfe , 
à x6 lieues au nord de Riga , à 5 S 
au couchant de Narva , & 60 audi 
au couchant de Petersbourg. 

Waldemar 1 1 , Roi de Danne- 
marck , jeta les fondemens de cette 
ville au commencement du dou- 
zième fiècte. Elle a été anféatique 
jufqu'en 1550. Les Suédois la ppf- 
fédèrent enfuite , & aujourd'hui les 
Rudes à qui elle appartient , y 
entretiennent un beau commerce àé 

Îrrains. On l'échange furtout contre 
e fel que les Uollandois amènent 
dans ce port» & dont il fe.confom- 



me une grande quantité en Ru(&e> 
où tout le pain eft avec du fel. 

La partie de Revel qui eft fur la 
montagne , eft occupée par des mai- 
fons neuves \ la partie d'en bas eft 
habitée, par les petites gens. Le châ- 
teau domine la ville , & la Ruflie y 
entretient toujours une nombteufe 
garni fon. 

Revel étoît déjà une place très-forte 
vers le feizième fiècle^car elle foutinc 
alors deuxfiéges mémorables^ un 
en 1470 ,& l'autre en 1577 , con- 
tre les Rudes qui fe retirèrent 
avec perte» LEvèque qui eft du Rit 
Grec , eft fuffragant de Riga. Cette 
ville jouit encore des mêmes privi- 
lèges dont elle jouidbit fous Char- 
les XII, Elle ne paye prefqu'aucun 
impôt ; elle conlerve fes ancien- 
nes lois ; elle entretient unç com- 
pagnie de foldats à elle , qui fait le 
letvice conjointement avec la gar<* 
nifon Rude ; mais les payfans font 
comme en Pologne, les efclaves de 
leurs Seigneurs , qui les vendent 
comme les beftiaux. 

La ville de Revel eft gouvérnée.par 
troisConfeil$;celui du Czar, qui a la 
puidance exécutrice \ celui des No- 
bles ^ dont l'emploi eft de veiller 
aux intérêts de la Province ; & ce- 
lui des Magiftrats de la Ville , qui 
règle la police & les aftairey civiles. 
Revel, eft audi le nom d'une petite 
ville de France en Languedoc dans 
le pays de Lauragais , près de la 
montagne noire, i deux lieues au 
midi de Puilaurens > on y compte 
environ 1700 habitans. 

Cette ville n'étoit autrefois qu'un 
bourg , qu'on appeloit Rtbel ou 
Baftide dé Lavaur , jufqu'au règne 
de Philippe- le-Bel, qui après lui 
avoir donné la permidion de fe fer- 
mer de murailles , j'érigea en ville, 
. comme on 1q voit pat Tinfcripiion 



^o 



REV 



gra?ée fat la porce de la Ville. Les 
Huguenots qui s'en écoient empa- 
res dans les guerres de religion » 
Tavoienc fortifiée \ mais fes forti- 
fications ont été détruites, & même 
entièrement raféesen 1(^1.9* 
RÉVÉLÉ, ÉEj participe paffif. roy. 

RévÉLER. 

RÉVÉLATION i fubftantif féminin. 
Rcvelado. Il fe dit de Tinfpi ration 

Îar laquelle Dieu a fait connoître 
urnatureliemenc aux Pronhètes, 
aux Saints , à fon Églife» fesMyf- 
cères j fa volonté , la venue , &c. 
Révélation divine. 

11 s'emploie quelquefois abfolu- 
mène» Se fignine la révélation di- 
vine. V autorité de VEcrUurfSainte 
efi fondée far la révélation» 

Il fe prend auffi quelquefois pour 
les choies révélées. Les révélations de 
S. Paul. 
Révélation , en termes de Jurifpru- 
dence , (^ dit d une déclaration aiii 
fe fait pardevant un Curé ou Vi- 
caire , en coiiféquence d'un moni* 
toire qui a été publié fur des faits 
dont on cherchoit à acquérir la 
preuve par la voie de ce monitoire. 
Ces révélations n'étant point pré 
cédées de la preftation du ferment , 
' elles ne forment point une preuve 
juridique , avant que les témoins 
aientfté répétés devant le Juge dans 
la forme ordinaire de Tinforma- 
tion j jufqu'à ce moment elles ne 
font regardées que comme de Am- 
ples mémoires, auquels les témoins 
peuvent augmenter ou retrancher. 

Tous ceux qui ont conoilfance du^ 
fait pour lequel le monitoire eft ob- 
tenu, ne peuvent fe difpenfer de ve- 
nir à révélation fans encouri^^ la 
peine de l'excommunication ; les 
impubères mêmes , les Eccléfiafti- 
ques , les Religieux , & toutes 
perfonnes en général y font obligées. | 



HEV 

Il faut cependant excepter celaî 
contre lequel le monitoire eft pu- 
blié > fes confeils , tels que les Avo- 
cats ) Coofttfeurs» Mécliateurs, fos 
parens ou alliés jufqu'au quatrième 
degré inclufivement. 

Les deux premières fyllabes fonc 
brèves , la rroifième longue , &^ les 
autres brèves au fingulier , mais \sl 
dernière eft longue au pluriel. 

RÉVÉLER ; verbe aûif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Nunciare, 
Déclarer , découvrir , faire favoic 
une chofe qui étoit inconnue 6c fe-> 
crerte. Dieu a révélé Us vérités de la 
Religion aux Prophètes , aux Saints p 
à fon Églife. Ce Minifire eut la foi-- 

' blejfe de révéler à fa maitrejje lefecret 
de l'Etat. Quand on a conno'^ancc 
d'un crime de lè^e^ Majejié au pre-* 
mier chef^ on eji obligé par la loi 
de le révéler. 

Il fe dit auffi des perfonnes. Une 
voulut pas révéler fes complices. 

f^oyei Déclarer, pour lesdif- 
féiencts relatives qui en diftinguenc 
révéler ^ &c. 

REVENANT, AN TE ; adjeftîf. Qui 
plaît , qui revient. Un air revenant. 
Une phyfionomie revenante. 

On appelle populairement, un 
revenant , des revenans , un efprîr ^ 
des efprits que le peuple croit qui 
reviennent de l'autre monde. // a 
peur des revenans. Dans cette accep- 
tion , il eft fubftantif. 

Revenant- BON , fe dit des deniers 
qui reftent entre les mains d'un 
Comptable. Le fonds étoit de dix 
mille frartcs , on n'en a employé que 
Jix mille , c'efi quatre mille livres de 
revenant-bon. 

Revenant-bon , s'emploie auffi fub- 
ftantivement , & lignifie profit» 
émolument. Ce font les revenant* 
bons de cette entreprife. 

Retenant-bon^ 



REV- 

Hi^fiNANT-BoN 9 fe dit encore* fîga- 
rémencde toutes fortes de profits 
& d'avantages qui vienoent par une 
efpèce de hàfard. Ltplaifird obliger 
quelquefois fts amis efi V unique reve- 
nant-bon de fa charge* Il s'ejl attiré 
des injures ^cc font des revenant-bons 
de fa fatuité, 

EEVENDEUR , EUSE ; fubftantif. 
Propola. Qui revend , qui achette 
pour revendre. Revendeur de meu- 
bles. 

On appelle â Paris Revendeurs ^ 
de certaines femmes dont le mé- 

. fier eft de vendre de vieilles har- 

, des & den acheter elles -menées 
pour les revendre. 

On appelle Revcndeufes à la toi- 

. iette , des fem^ies qui portent dans 
les maifons des hardes » des bi- 

. jouz qu'elles font chargées de ven- 

, dre. Elles fe mêlent aufli de .ven- 
dre & débiter en cachette , foie 
pour leur compte , foit pour celui 

. a'autrui, certaines marthandifes de 

: contrebande oa entrées en fraude , 
comme étoffes des Indes « toiles 
peintes , dentelles de Flandre. Ce 
dernier négoce que font les Reven- 
deufes à la toilette^ a été trouvé 
fî pernicieux pour les droits du 

^ Roi , & pour le bien des Manu- 
fadures du Royaume » qu il y a 
plufieurs Arrêts 6c .Réglemens qui 

Econoncent des peines conHdéra- 
Ics coutre celles qui le font. On 
nomme ces fortes de femmes Re- 
vendeufes à la toilette , parcequ elles 
fe ttouvent pour Tocdinaire le ma- 
: tin â. la toilette des Dames pour 
1 leur faire voir les marchandifes & 

les chofes qu èlle<5 ont"î vendre. . 
REVENDICATION i fubftantif fé- 
minin âc terme de Palais. Vindica- 
iio. Ââion par laquelle on réclame 
une perfonne ou une chofe. 

La revendication des perfonpos a 
Tome -XX f^^» 



REV 



8f 



lieu lorfque le Souverain réclame 
fon fujet qui a paiïe fans permif&dn 
en pays étranger. Le Juge ou fon 
Procureiy: d office peuvent revendi- 
quer leur Jufticiable , qui s'eft fouf- 
trait à la Juridiâion. Le Juge reven- 
dique la caufe, ceft- à -dire, de- 
mande à un Juge fupérieut que ce- 
lui-ci la lui renvoie. L'Official peut 
auflî revendiquer un Clerc qui plai- 
de en Cour-laie ^ dans une matière 
qui eft de la compétence de TOffi-. 
cial. Un Supérieur régulier peut pa-^ 
reillement revendiquer un de fes 
Religieux qui s'eft évadé* 

La revendication d'une chofe eft 
lorfau'on réclame une chofe â la* 
quelle on a droit de propriété « ou 
qui fait le gage & la fureté de celui 
qui la réclame*. 

Ainfi le propriétaire d*un e0ec 
mobilier qui a été enlevé, volé, on 
autrement fouftrait, le revendique 
entre les mains du polfeffeur aétuel» 
encore qu'il ait patfé par pliifieurl[ 
mains. 

Lorfque fous les fcellés ou dans 
un inventaire il fe trouve quelque 
chofe qui n'appartenoit point au 
défunt 3 celui auquel la cnofe ap- 
partient peut la réclamer , c'eft en** 
core une efpèce de revendication. 

Enfin, le propriétaire d'une n^ai- 
fon qui apprend que fon locataire a 
enlevé fes meumes fans payer les 
loyers , peut faifir & revendiquer 
les meubles, afin qu'ils foient réin- 
tégrés chez lui pour la fureté des 
loyers échus , & même de ceux à 
écheoir. 

Toutes ces revendications ne fçnc 

Sue des aâions qui ne donnent pas 
roit à celui qui les exerce de re- 
prendre la chofe de fon autorité pri- 
vée ; il faut toujours que la Juftice 
Tordonne , ou que la partie intécef- 
iee y coAfence. 



ti HEV 

REVENDIQUÉ, ÉE; participefaf- 

fif. f^oye:[ Revendiquer. 
HEVENDlQUER^j verbe aftif de la 
première conjugaifon ^ lequel fe 
conjugue comme Chanter. Vindi" 
care. Réclamer une pQrfonne ou une 
chofe qui nous appartient & qui eft 
entre les mains d'un autre. Reven- 
diquer un accufé* Revendiquer un fol" 
dat. Revendiquer un chevaL Revendi- 
que/des meubles. Voyez Rbvini^i- 

CATION. 

REVENDRE ; verbe aftif de 1^ qua- 
trième conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Fendre. Emptum 
vendere. Vendre ce qu'on a acheté. 
// a revenii fon carrojjfe. Il n*a 
acheté c(s meubles que pour les re^ 

- vtndren 

On dit figurément & familière- 
ment quand on a abondance de 
quelque chofe » que Von en a à re- 
vendre. Il n*eft pas riche , mais il a. 
. du talent à revendre. 
REVENIR j verbe neutre de la fécon- 
de conjugaifon , lequel fe confugue 
comme Soutenir. Redire. Venir 
^ une autre fois. // revint jious avertir 
de ce qui fe paffbit. ifous revenons 
-pour vous faire part de cette nou- 
yelle. 

On à\i^ que te foleil revient fur 
thorifon'y pour dire 3 qu*il paroît de 
nouveau fur Thorifon; que hjièvre 
tft revenue à quelqu^un j pour dire , 
qu'elle lui a repris ; que des bois 
qui ont été coupés reviennent-bien ; 
poui^ dire , qu'ils repouflTenc bien ^ 
que les ongles y les cheveux reviens 
nent ; pour dire , qu'ils croilTenr de 
nouveau après avoj^r été coupés. On 
dit auffi quand le printemps appro* 
che, que Us beaux jours font prêts 
à revenir. £c l'on dit au figuré , du 
tetnps , de la beauté ^ de la jeu- 

- neiïe , des plaidrs , &c. quVj paf 
feht & ne reviennent plus% 



^ REV 

On dit y <\M'une chofe revient danà 
VefpritK pour di(e, qu'on s^en ret 
fouvient tout à coup. On dit abfo- 
, lument , ce nom ne me revient point f 
pour dire , je ne m'en reflouvicn* 
point. 

On dit provetbialenrcnt, à tout 
bon compte revenir; pour dire » qu'on 
doit être toujours reçu i cakuleir 
de nouveau un compte. 
Revenir , (ignifie encore , rctourneir 
au lieu d'où l'on éxph parti. Je re- 
viendrai dans peu. Iljdoic bientôt re*: 
venir d*Amfterdam. 

En ce fens on dit familikemeAt^ 
s* en revenir; pour dire, fimplement,. 
revenir. Il s'en revint fans leur avoir: 
parlé. 

On dit proverbialement & faiiiî-^ 
lièrement i un homme qui n*eft 
pas inftruit d'un événement public 
& intérefTant arrivé depuis peu » 
quil revient y quil femble qu^il re^ 
vitnne de C autre monde. 

On dit , qu^/ revient des efprits ^ 

que des efprits reviennent dans un 

lieu ; pour dire , qu'on y entend det- 

bruits que le vulgaire attribue i 

des efprits. 

' En parlant d'un homme qui e(t 

mort depuis long temps, & de qui 

Ton demande des nouvelles , parce- 

u'on le croit encore en vie , ott 

it proverbialement & familière- 

ment , cfi'ily^a fi longtemps quil 

efimort , qu*il efi tout prit à revenir* 

On dit de certaines viandes y 

^qu'elles reviennent; pour dire, que 

lorfqu'on les a mangées , elles çau«^ 

fent des rapports ^ qu'elles envoient 

àes vapeurs qui en portent le goût ^ 

l'odeur y &c. , . 

Revenir , fignî6e auflî , recommen* 

cér à faire ou à dire les mêmes cbo* 

fes que l'on a faites ou dites pré* 

cédemment. Ainfi l'on dit, que^^r^ 

troupes reviennent à la charge ; pour 



% 



RÉV 

^!re , qa^après avoir été pouffîes oa 
après avoir plié elles retoarnent au 
fotnbar. 

On dît auffi figurément , revenir 
à la charge ; pour dire, réitérer fes 
raifoDS , fes inftances , fes prières , 
fes reprochés, Cts inveâivesj &c. 
On s*eft oppoje plufieurs fois à fes 
vues , // eft toujours revenu à la 
charge. 

Quant ^ après une digredion ou 
.une interruption on reprend fon 
fujet^en dit. Je reviens^ à ce que 
nous dirons. Pour revenir à la chofe 
qui vous intéreffe^...é 

On dît ^ yen reviens toujours Ai, 
qu il faut..... pour dire, je perfifte 
toujours a penfer , i repréfenter 
qu*il faut..... ^ 

On dit proverbialement & figu- 
cément , revenir à fis moutons;^om 
dire , reparler d*une chofe qu'on a 
fort â cœur , retourner à fon prin- 
;cipal fujet après quelque digreflion. 
Pour en revenir à nos moutons , il 
faut remarquer que..... 

On dit , revenir fur une mattire ^ 
fur une affaire \ pour dire , en repar- 
ler. // revient toujours fur fon pro- 
che 
Kevenir , (îgnifîe encore , fe rétablir, 
fe remettre, être rétabli , être re- 
mis dans le même état qu'aupara- 
vant. Revenir en fon premier état, 
'avenir enfin bon fins. 

On dit, revenir àfoi\ pour dire, 
f éprendre fes efprits après un éva- 
^ouifTcment, une foibleflTe. En ce 
fensy on dit aufli àbfolumenc re- 
venir. 

On die dans le ftyle familier , 
que le vin , ks liqueurs , &c. font 
revenir le cœur ; pour dire , que le 
vin, les liaueurs, &c. réparent, 
rétablifTent les forces. 

On dit , revenir d*une maladie ; 
pour dice^ fe rétablir ^ irecouvier 



' REV . 83 

fa fanté. // ejl bien revenu de fa ma^ 
ladie. Il efl trop malade pour en re^ 
venir. £n ce fens, on dit abfolo* 
ment , revenir. Il revient à vue 
d'ceit: 

On die proverbialement , que la 
jeuneffe revient de loin; pour dire , 
que les jeunes gens reviennent fou- 
vent des maladies les plus danger 
reufes. 

On die proverbialement & figci*- 
rément, revenir fur i^éau ; pour di- 
re , fe retrouver dans fon premier 
état de fortune , de crédir , de fa- 
veur. ' . • 

On dit figurémenr , revenir d'un 
étonnement , d'une furpfife j tPune 
frayeur y ôcc. Ce mariagèSn'aJifort 
étonné que je» nen fauroisf^ revenir. 
Elle nejl pas encore revenue de fa 
peur. 
Revenir , fignifie figuréfiient , aban- 
donner l'opinion dont on étoit» pour 
fe ranger a l'avis d'un autre. Je r^- 
, viens à Tavis d'un tel. En ce fens ,^ 
on dit d'un homme opiniâtre , qu^/7 
ne revient foint , quil ne revient ja^^ 
mais. . ^ 

On dit , qu'un homme revient de 
fis erreurs , défis opinions , des im^ 
prejfions qu'il a remues; pour dire , 
, qu'il s*en défabufe. On dit dans le 
même fens , je fuïs bien revenu des 
chofis du monde. Cejl Mn homme 
dontjefui^ bien revenu. 

On. dit auffi, cpL'un homme re* 
vient de fes débauches 1 ie fes em* 
porumens , des égarèmens de fa jeu* 
^iff^ i ppttt dire , qu'il s'en corrige. 

On dit encore , revenir à Joi ; 
pou& dire , prendre de meilleurs 
lentimeps. Le premier mouvement 
l'entraîne au-delà des bornes , ruais 
bientôt il revient à lui. 

Revenir , fe prend auffi figurément 
pour fe reconcilier , s^appaifer^ 
Lij 



«4 REV 

Quand ilfc croit offenje il revient 
diffiàUment. 
Revenir , fignifie encore » réfalcer â 
lavaDcage , à ruciKcé de quelqu'un. 
Voilà tout le bénéfice qui lui revient 
de cette affaire. Qwel avantage vous 
rçviendra-tM de vous oppofer à fon 
dejfiin. 

• On dit y cet habit revient à tant , 
lui revient à tant; pour dire , tout 
compté &c roue calculé il coiice 
tanc. 

On dit auffi 3 que deux étoj^es re* 
. viennent au même prix; pour dire , 
qu'elles fonr de même prix. Et 1 on 
dit , que plufieurs fommes enfemble 
reviennent à celle de....* pour dire 9 
qu'elles font enfemble la fomme 
de 

On dir, K\\x*une choje revient à 
Vautre ; pour dire, qu'elle eft fem- 
blable, t}u'elle eft égale. Fous pou- 
ve^ choifir entre ces deux maifons , 
Vune revient à l'autre. 

Revenir , fe prend quelquefois pour 
plaire. Elle a un caractère qui revient 
à tout le monde. Le jeu de cette Ac- 
trice me revient beaucoup. 

On dit , c^une. couleur revient , 
ou ne revient pas à une autre; pour 
dire, qu'elle convient ou ne con- 
vient pas , qu'elle affortit ou n at- 
fortic pas. 

Revenir , s'emploie encore en quel- 
ques phrafes où il a différentes fi- 
gniâcations. Âinfi on dit, il me re- 
vient de toutes parts que vous vous 
'plaigne:[ de moi. La même chofé me 
revient devant <t endroits \ pour dire, 
on me rapporte , on - m'informe , 
on me dit de tous côtés» * 

On dit auffi , faire revenir de la: 

viande ; pour dire , la mettre ea 

état d'être piquée ou bardée , pour 

la faire rôtir enfuite* Il faut mettre 

- €ette volaille fur le gril pour Im faire 



revenir. Taxre revenir des pigeons ian$ 
teau bouillante. 

On dit en termes de Palais , r^* 
venir fur quelqu'un ; pour dire, exer- 
cer contre quelqu'un une aâion ei» 
garantie. Vous êtes fa caution & s'il 
ne paye pas le créancier reviendra 
fur vous. 

On dit auffi en- termes de Palais^ 
revenir par oppofitiofi contre unefen^* 
tence , par requête civile contre un 
arrêt; pour dire, fe pourvoir, ett 
juftice, contre une fentence, con- 
tre un arrêt. 

P oyei Retourner , pour les di& 
férences relatives qui en diftin- 
guent revenir. 
REVENTE; fubftantif féminin. Se^ 
conde vente. 

On appelle revente des domaines 
du Roi y ladludication qui fe faic 
au Confeil d'un domaine aébielle^ 
ment engagé i faculté de rachac 
perpétuel , a la charge par l'adjudi*- 
cataire, de rembourfer comptant 
& en un feul payement les finances 
de l'engagifte , & de payer en outre 
une rente annuelle aa domaine ». 
avec le fou pour livre du capital de 
cette rente (ur le pied du denier 
trente. 

La revente eft un moyen de dc^ 
poiïéder un engagifte, dont la fi- 
nance eft trop modique, en fubro» 
géant un autre eneagifte en fon lieu» 
6c place , & en chargeant celui - ck 
de payer une rente , qui augmente 
les revenus de l'état^ fans augmen*^ 
ter les finances (ju'il faudra rem.^ 
bourfer , lorfqu'il s'agira de réunie 
les biens au domaine* 

L'adjudicataire par revente eft: 
entièrement fubrogé au contrat d'en-^ 
gagement fait â celui qu'il dépoC* 
léde ou J^ fes^ auteurs r il jouit an 
même titre» il a les mêmes privi^^^ 
lèges^ & il eu tena dermeoies:. 



REV 

fcliar^es j outre la nouvelle rente ; 
au heu que quand les biens en- 
sages font rentrés dans la main du 
Roi , par réunion ou autrement , & 
que S. M. les aliène enfuite^ c'eft 
par un nouvel engagement 

Celui qui veut dcpofféder un en- 
gagifte & fe rendre adjudicataire 
par revente , xloit faire des offres 
de rembourfer comptant & en^ un 
feul payement la finance de Tenga- 
gifte , fur le nied de la liquidation, 
qui en fera taité au Confeil, & 
en outre de payer une rente an- 
nuelle au domaine , telle qu'il vou- 
dra l'offrir 'y ces offres doivent être 
remifes aux Intendans ou au Con- 
trôleur général des finances. Les 
offres ne font reçues-que par Ârrêr 
du Confeil , qui ordonne qu'après 
}0i les publications fuffifantes ^ il fera 
procédé à l'adjudicarion à titre de 
revente , au plus offrant & dernier 
enchérifleur. 

Si les engagiftes prétendent avoir 
.Jes moyens de soppofe^r i la. re- 
vente ; ils doivent les fournir de- 
vant les Intendans, ou à Paris au 
greffe des commiffions extraordi- 
naires, trois jours avant celui in- 
diqué pour ladjudicatien défini- 
tive. 

Les ad)udicataires doivent rem- 
bourfer la finance des eneagiftes> 
avec les intérêts â raifon du denier 
}o â compter du jour dé la remife 
qu'ils ont faite de leurs titres pour 
ctre procédé i la 4iquidation defdi- 
tes finances , jufqu'à l'aduel rem- 
bourfement. 

Ils doivent faire expédier & re- 
tirer les contrats des adjudications 
qui leur ont été faites â titre de 
revente, en remettre des expédi- 
tions en forme au fermier du do- 
maine ^ & les faire enregiftrer aux 
gtçffe$ des bureaux des finances > 



REV 85 

ou i ceux des Chambres des Comp- 
tes , dans les provinces où il n'y à 
point de bureaux des finances ; fau- 
te de quoi , il doit être procédé à 
une nouvelle adjudication à leur 
folle enchère. Ces expéditions ne 

, peuvent leur être délivrées ^ qu'ils 
n'aient préalablement payé le fol 
pour livre au denier trente du ca* 

^pital de la rente flipulée par l'ad* 
judication* 

On dit, une tapijjiru de revente^ 
un Ut de revente , des meubles de re^ 
vente ; pour dire , un Ut , une ta- 
pi (rerie,des meubles qu'on n'achette 
pas de la première main. 

REVENU j UE j participe paffif. roy. 
Revenir. 

Revenu , fe dit fubftanrivement au 
mafculin de ce qu'on retire annuel- 
lement d'un domaine, d'une char- 
ge , d'une penfion , &c. Les revenus 
de ce Seigneur conjîjlent plus en bien* 
fdifs du Prince que dans le produit 
de/es terres. Cette terre lui vaut deu,t 
mille écus de revenu. Il na pour vi- 
vre que le revenu de fan .emplou Pour 
fixer les revenus publics il faut avoir 
égard & aux nécejjltés de tétat & aux 
nécejffités des citoyens. 

On appelle revenus cafuels , cer- 
tains profits qui reviennent aux 
Princes, aux Seigneurs , & qui ne 
font point compris dans leurs rêve-» 
nus ordinaires. 

REVENUE; fubftantiffeminlli.il ne 
fe dit que du jeune bois qui re- 
vient fur une coupe de taillis. Foilà 
une belle revenue. 

RÊVER ; verbe neutre de la pre- 
mière ccnjugaifon, lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Faire de» 

fonges. Quand il dort il rêve à haute 
voix. Hippocrate & d'autres Méde- 
cins ont prétendu que quand on revoit 
de pluie ^ de neige ^ de grêle, déglace^ 



26 REV 

on avoît Us parties ifuérieures char^ 
gées de flegme. 

En ce feas il eft quelquefois ver- 
be aftif. ]c vais vous conter ce que 
j'ai rêvé. • 

Rêver , fignifie aufli , être en délire , 
â caufe de quelque fièvre chaude 
ou autre mal femblabie. Si ce ma- 
lade vient à rêver ^ il ne guérira 
pas. 

On dit par reproche ^'quelqu'un 
qui dit des choies déraifonnables » 
extravagantes , quV/ rêve. Il faut que 
yous rêvie[ pourjoutenir ce qu'il vient 
d'avancer. On a dit d^Homère qu'il 
rêvait quelquefois* Son oncle efl^un 
vieux radoteur ^qui ne fait plus que 
rêver. 

Rêver , fignifie ebcore» être diftrait,* 
lailfer aller Ton imagination fur des 
chpfes vaines 8r vagues fans aucun 
objet fixe & certain. Les amans fe 

-* plaifent à rêver. On a beau luipar^ 
1er il nçfait que rçver. 

R&YEaj fignifie auffi penfer , médijter 
profondément fux quelque chofe* 
Ç'eft une entreprife à laquelle je vous 
confeillt de rêver plus £ une fois ayant 
4e prendre votre réfolution. Quand 
vous aure:^ rêvé fur cette affaire vous 
m'en dire^ votre avis, 

La première fyllabe eft longue 
Se h féconde longue ou brève. T^j^. 

VeRB£. 

' f^oy^ Songer pour les différen- 
ces relatives qui en diftinguent rê^ 
ver y &c. 
RÉVERBÉRATION; fubftantif fé- 
minin. Reflcxio. RéfléchifTement , 
réflexion. Il fe dit particulièrement 
de la lumière & de la chaleur. Ce 
corps ne reçoit les rayons du foleil 
ique par réverbération. La réverbéra^ 
tion dt^feu de cefouineau. 

On le dit auffi du fon. Les échos 
ylennçat de Ig, réverbération dufon 



REV 

produite par des obftacles qui le^rcfà, 
voient. 

RÉVERBÈRE ; fubftantif mafculin; 
On appelle /^tt de réverbère , un fea 
appliqué de manière que la flamme 
eft obligée de rouler fur les matières 
qu on e^pofis à Tad^ion du feu. 

Rév^rbè^e 9 fe dit Auflî d'une mz^ 
chine qui eft ordinairement de 
quelque métal > & qu'on ajoutie k 
une lampe , à un flambeau pour en 
augmenter la lumière. Ily atmain-r 
tenant des réverbères dans toutes les 
rues dfi Paris. 

RÉVERBÈRE , ÉË j participe pa0if. 

Voy. RÉVBR,BÉRBR. 

RÉVERBÉRER ^ verbe adif de \% 
première conjugaifon, lequel fe con- 

- jugue comme Chanter. RefUQeref 
Refléchir ^ repcufier «^ renvoyer, il 
ne f^ dit propremjent que de la lu 
mière ^ de la chaleur. Le mur ré* 
verbère les rayons, du foleil dans mon 
appartement. La .plaque réverbère lif 
chaleur dans la chambre. 

Il ^ft auffi neutre. Le mur fait ré^ 
verbérer les rayons dujoleil. La cha^, 
leur révçrbère contre la plaque. 

REVERDI , lEj participa paffif.^Tyt 
Reverdir. 

REVERDIR ; verbe aftif de la fe- 
conde conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Ravir. Peindre d^ 
ver^ une autre fois. Cette porte nUJl 
plus verte y il faut la reverdir. 

Reverdir , eft aiiijS verbe neutre & 
fignifie redevenir vtit. Au printen^ps 
les arbres reverdijjent. 

Reverdir ^ fe dit figurément des dar« 
très , de la gale & autres . mjjux 
femblables , lorfqu'après avoir para 
qu(îlque temps guéris , ils recom- 
mencent plus fort qu'auparavant. Jà 
leçfoyois guéri de fa dartre^ mais flic 
reverdit vivement. 

On dit proverbialement , figuré- 
i^ent & populairement ^ p^^f^Ptr /^ 



^ 



REV 

\uelqjiun four reverdir j pour di- 
te » faifTer qaelqa'un en quelque 
, endroit fans le venir reprendre , 
comme on leMui avoir promis. // 
s*tn fut & nous planta là pour re- 
verdir. 
RÉVÉRÉ , ÉE ; participe paffif. Foy. 

Révérer. 
RÉVÉREMMENTj zi^tihft.Reveren^ 
ter. Avec vénération. Quandii s^agU 
des chofes falntes , on doit en parler 
révéremment. Il vieillie. 
RÉVÉRENCE } fubftamif féminin. 
Fcneratlo* Relpeâ: , véneration.Ptf r- 
kr de la religion avec révérence. Il 
yieillit dans ceiens. 

On diÉ*au Palais jy^tt/* Ai rêvé- 
tence de la Cour , quand on veut ex* 
cufer la liberté de quelque terme 
qui paroît peu rcfpeâueux , & lorf- 
quorf accule la Partie adverfe de ne 
' pas dire la vérité. 

Qn dit auffi en langage popu-- 
laire i quand on parle de quelque 
chofe dont on craint que l'idée ou 
rezpreffion ne btefle ^Jauf révérence^ 
rivérence parler , en parlant par révi^ 
rence. 
Kévérbncb t eft auffi un titr^ d'hoi>- 
neur qu'on donne aux Religieux 
qui font Prêtres. Votre révérence na 
pas fait attention que . . • Je prie VO' 
tre révérence de remarquer que • • • 
^ivERENcs, (ignifie aufii le mouve- 
ment du corps qu'on fait pour fa- 
laer ^ foit en s'inclinanr , foit en 
pliant les genoux. Elltfait une révé- 
rence de bonne grâce. Ce provincial efl 
unfaifeur de révérences. Il leur fo une 
profonde révérence. Fous faites la ré- 
vérence bien bas. 

On dit ^ faire la révérence au Roi , 
à uneperfonne de qualité ; pour dire, 
ht rendre fes refpeârs & le faluer 
popr la première fois , ou quand on 
a été un temps confidérable fans le 
voir. Quand il revint d'EJpagne ^fen 



REV «7 

premier foin fut et aller faire la révé^ 
rence au MiniJIre de la guerre. 

Les deux premières fyllabes font 
brèves , la troifième longue , & la 
quatrième très brève. 
Prononcez révéranfe. 

RÉVÉRENCIELLEj adjcûif fémini» 
& terme de Palais qui ne fe die 
que dans cette phrafe , crainte rêvé- 
rencielle ; pont dire, le femimenc 

^ mêlé de crainte & de refpeft que 
les enfans doivent avoir pour leurs 
pères & leurs mères* 

RÉVÉRENCIEUX, EUSE -, adjeûif 
du ftyle familier , & qui ne le die 
que paç moquerie , pour défignec 
quelqu'un qui affeâe de faire quan- 
tité de révérences. Les gens Ji révé^ 
rencieux me fatiguent. Ceji unefejfimc 
bien révérencieufe. 

RÉVÉREND, ENDEi adjeûif. Re^ 
verendus. Digne d'être révéré. 11 
n'eft ufité que comme un titre d'hon- 
neur qu'ion donne aux Prélats,» airx 
Religieux & aux Religieufes. Fut 
pnéftnt en perfonne le révérend Père 
en Dieu y Mefjire Charles . . . ^bbé 
dt . .. Les révérends Pères Capucins. 
La révérende Mère Prieure. Oui , mon 
révérend Père. 

RÉVÉRENDISSIME ; adjeârif des 
deux genres. ReverendiJJîmus. Titre 
d'honneur ptus relevé que celui de 
très -révérend , & qu'on donne aux 
Évêques , aux Arcnevêqties & aux 
Généraux d'ordre. A Monfeigneur 
tlllufirifjime & Révérendijfîme -^r- 
ckeveque de Lyon. La RévérendiJJïme 
mère Générale. 

RÉVÉRER î verbe aûif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Citante R. Revereri. 
Honorer , refpefter. On doit révérer 
les Miniflres de la religion. Révérer 
la perfonne facrée du Souverain. Ré*' 
vérer les reliques des Saints. Révérer 
la vertu & ceux qui la pratiquent* RHj . 



S« REV 

vérer les lois , les Magiftrats. Il fe 
die parciculièrecnenc des pecfonnes 
& des chofes faintes & facrées. 

Les deux premières fyllabes font 
brèves , & la rroifième longue oa 
brève, Foye:^ Verbb. 

Le pénulciètne e des temps qui fe 



terminent par un e féminin , prend 
le fon de 1 ^ 

fyllabe 



ouvert & allonge la 



RÊVERIE i fubftantif féminin. Mc^ 
ditatio.. Penfée où fe lailfe aller 
rimnginacion. roccupc mon cfprit 
d'utiles rêveries, Lefilence qui régnoit 
dans ce bois , injpiroit une douce rê- 
verie. Ilfe liyroit à de profondes rê- 
veries^ 

Il eft vrai qu'avec toi dans ces plaines 

fleuries , 
Tentretiens quelquefois mes douces ré^ 

vcries. 

tlêvERiE , (ignifie auffi imagination 

extravagante. Quand on lie les rêve- 
. ries que les Alchimijles ont voulu don- 
ner pour des vérités . . . Cette opinion 
ntjl quune rêverie d^Aftrologue. 

Re VERis , (ignifie encore délire caufé 

par une maladie ou autrement. «Si 
' ce malade vient à rentrer dans la rêve- 

rie , // n'en reviendra pas. Son livre 
' cjl ridicule , ce ne font que des rêveries 

de malade. 

La première fyllabe eft longue, 

la féconde trè$ • brève & la trpifiè- 

• me longue 

REVERNIR i verbe aftif de la fé- 
conde conjugaifon, lequel fe con- 

• jugue comme Ravir. Vernir une 
^utre fois. Le vernis de cette table efl 
enlevé > il faut la reyernir. 

'RE\ï€RO ; petite ville ou bourg d'I- 
talie , dans le Mantonan j fur le 
Po » â quatre lieues , nord-eft , de la 

• Mirandole. 
AEVERQUIER i fubftantif mafculin. 



HEV 

Sorte de jeu qui fe joue dans eut 
tridlrac. On le nomme auffi revers, 
Mer. 

REVERS j fubftantif^ mafculin. Coup 
d'arrièie-main. AbattYe la tête d^un 
revers. Mtttre la balle dans la grille 
d'un coup de revers* 

Revers , en parlant de monnoies 6c 
de médailles » fignifie le côté oppofé 
à celui où eft l'empreinte de la tète 
du Prince ou du particulier pouc 
qui la médaille a été frappéer 

Il y a plufieurs fortes de revers; 
qui rendent les médailles plus oa 
moins précieufes aux curieux* Les 
uns font chargés de figures ou de 
perfonnages » les autres , de monu* 
mens publics ou de (impies inf- 
criptions. 

Le% médailles dont le rever$ ne 

f^orte qu'une feule figure qui repré* 
ente ou quelque vertu par laquelle 
la perfonne s^eft rendue recopman- 
dable » ou quelque Divinité qu'elle 
a plus particulièrement honorée , 
doivent être mifes au rang des mé* 
daiiles commuiies > fur tout fi la tète 
n'en eft pas rare. 

Il faut bien diftinguer ici la fim*: 
>le figure dont nous parlons , d'avec 
les tètes ou des enfans ou des fem- 
mes , ou des Collègues de l'Em- 
pire , ou des Rois alliés : c'eft une 
règle générale chez tous les con* 
noiifeurs , que les médailles à deux 
têtes font prefque toujours rares , 
comme Augufte au revers de Jules, 
Vefpafien au revers de Tite , Anto- 
nin j au revers de Fauftine , M; 
Aurele au revers de Verus , &c. d'où 
, il eft aifé d'inférer que quand il y a 
plus de deux tètes, la médaille eft 
encore plus rare. Telle eft Sévère au 
révère de (es deux fils , Géra & 
Caracalla, Philippe au revers de fon 
fils & de fa femme , Adrien au 
revers de Trajan , de Plautine. Le 

Père 



(.1 

lei 



REV 

The Joaberc ajoace la médaille de 
Néron au revers d'Oâavie ) mais 
cette médaille ne doit pas être 
mife au noicûbre des plus rares } 
c'eft uniquement la tête de cette 
Princefle qui rend la médaille ca- 
rieufe. 

Les médailles qui ont la même 
tète ôc la même légende des deux 
côtés » ne font pas auflî de la pre- 
mière rareté. M. Vaillant en rap- 
porte une d'argent d'Otacille. Elles 
font plus communes en moyen bron- 
ze ,^ furtouc dans Trajan 6c dans 
Adrien» 

Il eft donc vrai généralement que 
plus les revers ont de figures > & 
plus ils font i eftimer , particuliè- 
rement quand ils marquent quelque 
«dbion mémorable , par exemple , 
la médaille de Trajan , régna adfi' 
gnata » où il paroîc trois rois 
au pied d'un théâtre fur lequel on 
voit l'Empereur qui leur donne le 
diadème^ le Congiaire de Nerva â 
cinq figures; une allocution de Tra- 
jan où il y en a fept } une d'Adrien 
au oeuple où il y en a huit fans lé- 
gende j une autre aux foldats où ilj 
y en a dix \ une médaille de' Fauf- 
fine qui fe trouve en or 8c en ar- 
gent , mais qui eft également rare 
en ces deux métaux* Dans la mé- 
daille d'argent il y a feulement Hx '\ 
figures , & dans celle d or il y en a 
douze ou treize* 

Les moniimens publics donnent 
alTurément au revers des médailles 
une beauté particulière » furtout 
quand ils marquent quelques évé- 
nemens hiftotiques. Telle eft la mé- 
daille de Néron qui pré&ote le tem- 
ple de Janus fermée & pour légen- 
de , pau P. -R. terri manque portây 
Janum clufit. Telle eft encore une 
médaille très-rare citée par M. Vail- 
^ lanr , dans laquelle » avec la légende 



ftEV 



«I 



p4cp P. R.jkc. on ttoriyt\ tu Uea 
du Temple de Jamis , Rome ailif# 
fur un cas de dépouilles des enne- 
mis , tenant une couroime de U 
main droite » & le Paraxpnium de la 
gaïuche. Mettons au nombre de ces 
beaux monumens , T^mphithéitre 
de Tite , la cplonne navale , le 
temple qui fut bâti Ronu & Au* 
giijto , les trophées de M. Âurel^ & 
de Commode qui font les premiers 
connus par ies curieux. 

Les animaux diffêrens qui fe ren- 
contrent feu les revers , en aug* 
meotent aiidi le mérite , furtout 

3uat)d ce font des animaux extraor- 
inaires. Tels fonc ceux que l'on 
faifoit venir â Rome des p^ys étran- 
gers » pour le divertiflefnent du 
peuple dans les jeux publics , éc 
particulièrement aux jeux féculai- 
res , ou ceux qui repréfentent les 
Enfeignes des légions qu'on diftin- 
guoit par des animaux difFérens* 

Les revers font fouvent chargés 
des époques des tems ; ils le ibnc 
auili des marques de l'autorité du 
Sénat , du peuple & du Prince » du 
nom des villes où les monnoies ont 
été flopées , des marques différen- 
tes des Monétaires ; enfin de celles 
de la valeur de la monnoie. 

On dit figurément , le reversée la 
médaille ; pour dire 3 le mauvais 
cmé^ les mauvaifes qualités dune 
perfonne , d'une chofe dont on fait 
voir le beau côté , les bonnes qua- 
lités. // vient de vous dire le beau ^je 
vais vous montrer U revers de la mé^ 
daUle. 
RpvEas , fignifie audi la féconde page 
d*un feuillet. Fùyei^ le revers du pN* 
mier feuillet. 

On dit figurément , un revers de 

fortune ou Amplement , un revers ; 

pour dire , une difgrace , un acci*- 

deoti^i change une bonne fortu^ie 

M 



90 REV 

en une maovaire. La fortune des né- 
godons eflfujttte à (Vétranges revers. 
Ce courtifan a éprouvé un grand reters 
defortune* 

On appelle revers dépavé, un des 
cotés da pavé d*une rue , depuis les 
jDaifons juf qu'au ruifleau. 

£n termes de guerre , on ÛAiCj^un 
ouvrage eft vu^ efi battu à revers ; 
pour dire, qu'il eft vu, qu'il eft battu 
par derrière. 

On appelle U revers de la tran- 
shéè , le côté de la tranchée qui eft 
tourné vers la campagne , & qui 
eft oppofé i celui qui regarde la 
place. 

On appelle auflî quelquefois le 
revers de la tranchée ^ le côté du pa- 
rapet. 
Revers ^ en termes de Marine y fe 
dit de tous les membres qui fe jet'' 
tent en dehors du vaiflèau» comme 
certaines alpnges, certains genoux. 
Et Ton appelle manœuvres de revers^ 
celles qui (ont ious le vent , qui ne 
ibnt pas halées » & qui ne fervent 
pns jufqu'âce qu'on revire ; car alors 
ces manœuvres étant au vent , de- 
viennent manœuvres de fervice, & 
celles qui fervoient auparavant, de* 
viennent manœuvres de revers. 

LapremLère fyllabe eft très-br^ve 
& la itfconde longue. 
IlÉVERSAL s ALE j adjedif. W fe 
dit d'un aAe , d'une réponfe qui fe 
rapporte à un autre aâe , â une pro- 
poution. Un diplôme réverfaL 

On appelle en Allemagne rêver- 
faux y certains décrets par lefquels 
on déclare que ce qui s'eft fait par 
nécefiicé dans un cas particulier , 
ne pourra nuire aux règles géné- 
rales. 

Aind comme par la bulle d'Or , 
le couronnement de TEmpereur doit 
fe faire i Aix la-Chapelle , lorfque 
cette cérémonie- fe fait ailleurs, 



REV 

l'Empereur donne des réverfaux ^ 
la viUe d'Aix-la-Chapelle, pac 
lefquels ri déclare que cela s'eft taie 
fans préjudice de fes droits & fans 
tirer à conféquence. 

REVERSEAU i fubftaniif mafculin & 
terme d'Archite&ure. Pièce de bois 
attachée au bas du châffis d'une 
porte croifée , qui , en recouvre- 
ment fur fon feuil ou tablette, em- 
pêche que l'eau n'entre;dans la feuil* 
hire. Quand elle eft fur l'appui d'u- 
ne fenêtre ^ on la nomme pièce d'ap* 
pui. 

REVERSER ;. verbe aftif de la 
première coBJugaifon , lequel fe 
conjugue comme Chanter. Verfec 
de nouveau. Reverfe^i du vin dans 
fon verre. 

REVERSI ; fubftaniif mafculin. Sorte 
de jeu des cartes ou celui qui fait 
le moins de points & le nnroins de 
mains eft celui qui gagne ,,& ou le 
valet decœurquon appelle le qui^ 
nota , eft la plus in ter e dan te. Pour 
jouerlèreverjîy on peut être quatre on 
cinq perjhnnes. 

On dit i faire le rever/i; pf ur di- 
re , faite toutes les levées. Quand 
on fait le teverfion gagne la poule. 

RÉVERSIBLE j adjeftif des deux gen- 
res. Rcverfibilis. Terme de Jurilpru* 
dence qui fe dit des biens , des ter* 
res qm doivent en certains cas re-^ 
tourner au propriétaire qui en a dif- 
pofc. Au défaut d* héritiers mâles ^ les^ 
apanages des Fils de franctfont ré* 
verfiblts à la Couronne. 

RÉVERSION; fubftantif féminin & 
terme de Jurifprudence. Retour ^ 
réunion d'un fief mouvant au fief 
dominant dont il avoit été détaché». 
Rentrer dans un fief par droit de ré* 
verjion. Vn apanage ne fe donne au à 
charge de réverflon â la Couronne faute: 
dhéritiers mâles. 

REV|iSTlAia£^ fubftanrif mafculin^ 



Lien féparé dtm VÈgliCe où tes PA^ t 
f tes fe revècem desnabics facerdo- 
taax pour l'office divin.. 
REVÊTEMENT i fubftantif mafculin. 
Oavrage de pierre ^ de brique gu 
de quelque autre matière (blide 
donc on revèc un fofle , un baftion , 
Me terrafle. Le Maréchal de Fauban 
c donne une table dans laquelle il dé^ 
termine l^épaijfeur du revêtement & 
fes d^érens talus , depuis la hau- 
teur de dix pieds jufqu'à celle de 
quatre-vingts 

REVÊTIR i verbe adif îrtégulier 
de la ièconde conjugaifon *, lequel 
fe conjugue comme Vêtir. Fejiem 
dare. Donner des habits â qaelqu'^in 
qui en a befoin. Le teftateur ordonna 
àfoa héritier de revêtir ^m\e pauvres 
le jour de fa mort. 

Revêtir , fe die auflî des habits de 
dignité & de cérémonie , ou des au- 
tres manques de dignité. Tous les 
membres du Parlement étoient revêtus 
de leurs robes rouges.. Ils étoient revê- 
tus du manteau ducal j du grand co- 
ller de tordre du Saint EJprir. 

JRe VÊTIR , fe dit figttrément des char- 
ges s des bénéfices , des emplois ^ 
des biens dont on eft pourvu. Ils^eft 
démis de fa charge pour en revêtirfon 
fils. Le Pape Va revêtu d* une bonne 
Abbaye. Il ta revêtu de la plus grande 
partie de fes biens^ 

On dit ^ qu*2/iz homme eft revêtu 
du pouvoir d*un autre ; pour dire , 
qu'il a le pouvoir » Taucorité d'un 
autre. Les Maires du Palais furent 
autrefois revêtus du pouvoir de nos 
Aoiss V empereur tavoit revêtu d'un 
plein pouvoir» 

On .dit en termes de pratique , 
VjjSÎun acle eft revêtu de toutes fes fcr^ 
mes 9 de toutes les folennites requi- 
fes ; pour dire , ^u on n'y a rien 
«mis de ce aui étoit néceflaire pour 
ie rendre valable. 



Od dît • revêtir un fo]jfe\ un baf- 
tion } pour dire , le couvrir , le 
remparer de pierres» de briques» 
• &c. 

Ou dit saiffi^ revêtir une terraffê 
^tgafon j revêtir une muraille de car-' 
reaux de porcelaine. l 

La première fyllabe eft brève» 
la féconde longue, & latroifième 
longue ou brève. Feye:[ Verbe. 

REVÊT ISSÈMENT j fubftantif maf- 
culin 6c ternje de coutume. Il fe die 
en matière féodale, de l'aftioupac 
iàquette le Seigneur donne l'invetti-^ 
ture d'un fieJF à fon va0al. 

Revêtissement » fe dit aufli dans 
quelques coutumes » du don mutuel 
éc égal qui fe fait entre deux con- 
joints par mariage j & par le moyen 
duquel ils fe revêtilTent mutuelle* 
ment de leurs biens. 

REVÊTU , UE j participe paffif. Foy. 
Revêtir^ 

On appelle gueux revêtu, un hom- 
me de rien qui a fait fortuue & qui 
en eft devenu arrogant. 

Revêtu , fe dit aum figurément pour 
orné. Les grâces j la beauté, les vet" 
tus dont elle eft revêtue 

RÊVEUR, EUSE ; adjeftif. Qui 
rêve , qui s'entretient de fes imagi- 
nations. Le mauvais état de fes affai- 
res ta rendu rêveur* C*eft t amour qui 
. la rend rêveufe. 

RÊVEUR j fe dit aufli fubftantivement 
en ce feus. C^eft un rêveur perpe^ 
tuel. 

Il fe dit encore de quelqu'un qui 
fait ou qui dit des chofes extrava- 
gantes & hprs du fens commun. Ne 
faites pas attention à ce qu'il dit ^ 
ceft un vieux rêveur. 

\.^% deux fyllabcs font longues » 
& la troisième du féminin très- 
j brève. 

I REUILLY) bourg de France en Berry^^ 

M ij 



fiir TArnSn, à crois lîeités^ Û9tà^ 
d'KToudun. 

RËV IN } petite ville de France , près 
des frontières de la Champagne ^ 
fur la Meufe 9 à quatre lieueS ^ eft » 
de Rocroi. 

REVIRADE ; fubftantif féminin. 
Tertne du feti de Triftrac* Aâion 
d'un joueur (jui , pour ifaire une 
café avancée , en>ploie une dame 
d'une café déji faite. 

REVIRÉ , ÉE} participe paffif. f^oyei 
Revirbsl. 

REVIREMENÎ î fubftantif mafcu- 
lin & rertne de Marine. A£fcion de 
xevirer. V Amiral ordonna un rtvirt* 
ment par la queue. 

On dit en termes de banquç , re- 
virement de parties , pour fignifier le 
tranfport d'une dette aâive de cer- 
taine valeur , fait à un créancier à 
qui l'on doit une fomme de pareille 
valeur. A la Bourfe d^Amfterdam on 
fait la plupart des paycmens par re- 
virement de parties* 

REViRER ; verbe aAiF de la pre- 
mière confugaifon , lequel fe con- 

" JQg'ic conMtie Cranter. Toufner 
d'un autre c6té. H n*eft guère ufité 
qu'en cette pbrafe de Marine , rd* 
virer de Bord; Ôc alors il eft neutre.^ 
On dit fîgurément 6c familière- 
ment , qu'on homme a rei^iré de bord; 
pour dire ^ qu'il a changé de patti. 

Revirbr, en termeé de tiiArac, fi- 
gnifié ètopîoyer tihe dame d\ine 
café défi faite , pour iâire une au*- 
tre café plus avancée^ 

RÉVISEUR ^ filbftamif mafculiii. 
Revijhr. Celui qiii revoit aptèi un 
autre. Ce/if tin bon re)^ifiur. 

RèvrecùRi y fê dit en rermes^ de 
Chancellerie Romaiïie, de certaine 
Officiers commis par le Daraire 
pour recevoir tes fuppliques, & Tes 
réduire aux rermes ne droit, des 
lègles de Cbaifecelleiie^ & (oàvaat 



KEV 

les itictatibiis du Pa|>ei 11^ n^ttiflf 
ixpediantut litterd » au bas des fap- 
pliques , lorfqu'il faut des bulles ;. 
& un grand C » quand ce font dei 
matière fusettes à componeade* 

Après que les révifeuts ont rev» 
& corrigé les fuppliques « ils met- 
tent la première lettre de leur nom 
a la marge de la fupplique » en bas^ 
â l'extrénaité , à gauche. Ces fuppli^ 

3ues amfi revues Se corrigées y fonc 
épofées à l'audience du Dataire » 
entre les mains de TOtiicier de Mif- 

. fis » où chaque Expéditionnaire peui^ 
les faire arrêter » s'il tfouve que les 
révifeuts y aient ajouté ou dimioué* 
quelque chpfe^ contre L'iacention di» 
commettant. 

RÉyiSIONi fubftantif fétninin. Ac^ 
tion pat laquelle on revoit , on tx^ 
mine de nouveau. 11 fe dit particu-t j 
lièrement en matière de comptes Se 
de procès. La révifion £un compte 
eft la nouvelle vérification que ïon 
en fait, j la. révifion finale eft lorf- 
qu'après dea débats fournis lors dir 
premier examen que Ton a fait di^ 
compte y on ei& réforme jes articleii^ 
fuivanc les jugemens qui font inter- 
venus fur les débats pour procéder 
enfui te à un calcul jyu&e , Se à la cl&». 
ture du compte.- 

RÉVFsiow, en matiire civile , eft une 
voie de droit ufitée en certains p^ys^ 
au lieu de la requête civile ; les ré- 
vifions ont été- ea ufagè au Parle- 
ment de Befançon , jufqn'l l^Edis. 
du mois d'Août i ^9 s , qui les a abo^ 
lies. 

RÉVisiOK, en matiire erîmînelley.ttt 
un nouvel examen d'un procès qui 

^ a^voit été )Ugé en dernier retTort;. 
e'eft i:peu près la même chofe que 
la requête civile , o« plutôt que lan 
voie de caflTattonen matière civile j; 
il y a néanmoins cerre différence 
entre la révifion iL la requête civile^ 



REV 

- que clans colle-ci Us Jages ae pea- 
vent d'abord Juger qae le rdfcin- 
danc, c'eft^i-dire, la forme & pon 
le refcifoire qui eft le fpndj & par 
la voie de caflàcion les Arrècs ne 
ibnc point recraâés , â moins qu'il 
n'y ait des moyens de forme, au lieu 
que dans la révifion les Juges peu- 
vent revoir le procès au fond > & 
abfoudre l'accu fé en encérinanc les 
lettres de refcifion par le feul mé- 

. rite do fond» quaâd il n'y aoroit 
pas de moyen en la forme. 

On ne peut procéder à la révifion 
d*un procès fans lettre du Prince » 
expédiées en la grande Chancelle- 
rie ; celui c|ui veut obtenir de telles 

. lettres, doit préfenter fa requête au 
Confeil , où elle eft rapponée ; & 
enfuite , fi le Confeil le jun à pro- 
pos » elle eft renvoyée aux Requêtes 
. de i'Hotel pour avoir Tavis des 
Maîtres des Requêtes , dont le rap- 
port fé fait aufii au Confeil , & fur 
le tout on décide fi Ut lettres dpi- 

- vent être expédiées ; en général on 
.en accorde rarement. L'Amiral Cha- 
bot , qui avoir été ccHidaomé par 
des Commiffairea , obtint des let- 
tres de révifion , & par un Arrêt de 
révifion rendu au Parlement en 
1 541 » en préfence de François il» 
il fut abfous* 

Hivisiow, fe dit encore d^un droit 
que les Procureurs onr pour revoir '■ 
te lire les écritures des Avocars -y ce 
droit qui leur a été accordé moyen- 
nant finance , a été établi fous pré- 
. texte qtie le Procnrenc devant con- 
. duire toute l'aiFaire , doit lire les 
écritures des Avocats pour fe met- 
tre au fait de ce qu^êltes conrien- 
aent , & voir ce qu'il peut y avoir 
à faire en conféquence* 
KEVISITER ; ^erbe aftif de la pre- 
mière conjugaifon » lequel fe con- 
. }itgMe cotnme C«akt£r. Rsyifiùorc. 



REV 95 

Vifiter de nouveau. Quoiqu'on eue 
yifité ces marchandifes 4 /« tanière , 
on Us revifita à la Gouane^ 

REVIVIFICATION j fubftantif fé- 
minin & re^me de Chimie. Opéra- 
tion par laquelle on redonne la fof 
jpe & les propriétés métalliq^^i aux 
métaux qui en étpif nt privés. C'eft 
ce qu'on appelle autrement r^duc-» 
iion. Voyez ce mot, 

REVIVIFIÉ , Ée i patwcîp» paffif. 
f^oye\ Revivifier. 

REVIVIFIER i verbe a^tif 4e lapre- 
mière çQn}ugaifQn » lequel fe con« 
jugue comme Chanter. Reviyifi-- 
care. Vivifier de nouveau. On revi-^ 
Vifie quelquefois le^ gens qui fe font 
^oy^4 , en les frottant avfc des Un^ 
gçs , • en l€urfoi^<^nt de l'air par les 
narrinps , en leur appliquant des /i- 
qn^ur^ antiapQpkàiquçs , ^e, 

On dit eu termes de Chimie > 
rr^ififier k mçrcure; pqurdire, le 
féparer àt% minéraux avec, lefquels 
îl avoir été mêlé j de le remettre en 
tan état naturel. 

On dit iîgurémeiil , k grâce revi- 
vifie le pécheur ^ 

RtVlVREj verbe neutre îrréguiiet 
de la quatrième conjugaifon ,. le- 
quel fe con;ague <y)mme Vivre» 
Advkam redire. Re/fufcieer, reve- 
nir de la mon à h vUrSi Us kçm^ 
mes ppuvpient revivre avec VcKpé^ 
rienutquils ont en mourant^ il en 
cfi peu qui ne fe conduïfiffmt aatre^ 
ment quils naureieht fait. Jisus- 
Christ fit revivre La\(tr£ mort de^ 
puif quatre jours^ 

Revivra « lignifie figqrémeot , vivre 
de iHiuveau ea xiMelque face». Et 
dans cette aception on dijC^ que les 
pères revivent dans leiirs en/ans* 

On dit auffi d'un bomme .q'.it 
imite les grandes ai9kions de.fe$ 
anccrres , qu'i/ fait revivrç ea lui la 
gloire de fes ancéttfi^^ 



-a 



94 REV 

On dit en ftyle de dévotion > que 

pour revivre à la grâce il faut mourir 
au péché ; pour dire , qu'il faut re- 
noncer entièrenaent au péché j fi 
Ton veut revenir en état ae grâce. 

On dit auffi figurémenc te par 
exagération ^ faire revivre ; pour 
dire , faire recouvrer de nouvelles 
forces , redonner une nouvelle vi- 
gueur , redonner de la confolation , 
3e la joie. Ceue liqueur me ranime 
& méfait revivre. La belle faifon le 
fera revivre* Il étoit dans le pluf 
grand accablenifint ttfifprity mcài cet 
. événement ta fait revivre. 

On dit encore , faire revivre , en 
parlant de vieilles dettes & d^an- 
ciennes prétentions, pour diri?, les 
faire valoir de nouveau. // voulut 
faire revivre une prétention formée 
par J on aïeul ^ & depuis abandonnée 
par fon père. Ils ont fait revivre le 
procès que leur onde Mvoic corn- 
mencé. 

11 fe dit auin des charges qui 
avoient été éteintes & fupprimées , 
pour dire , les rétablir. Cette charge 
avoit été fup primée au mois de Jan- 
vier y mais quelque temps après le 
fi.oi la fit revivre. 

Il fîgnifie aufli $ remetrre de 
nouveau en crédir; 8c c'efl: dans 
ce fens qu'on dk , faire revivre une 
héréfie y une opinion. Faire revivre 
la mémoire des grands hommes* 

On dit que le vernis fait revivre 
les couleurs \ pour dire, qu'il leur 
donne un nouvel éclat \ ôc , que la 
noix de galle fait revivre de vieilles 
écritures ; pour dire ; qu'elles les 
fait repacoitre, qu'elles les rend 
lifîbles. 

On dit figurément , faire revivre 
t amour , la haine , &c. \ pour dire, 
rallumer l'amour , la haine , &c. 

En parlant d'un criminel, qui 
après avoir eu abolition de fes çri- ^ 



REU 

fnes \ en commet de nouveaux \ oii 
dit j que le nouveau crime quil a. 
commis a fait revivre ceux que fon 
abolition avoit '^'teints ; pour dire , 
qu'ils font alors regardés comme 
s'ils ne lui avoient point été pardon- 
nés. 

RÉUNI , lE j participe paflif. f^oyei^^ 
Reunir. 

RÉUNION} fubftantif féminin. Ac- 
tion de réunir & l'effet qui en ré- 
fulte. Il y a des plaies dont la réu^ 
nlon nefipas difficile., M. Pikr^ca 
inventé une méthode utile pour la. 
réunion des plaies de la langue. Cet 
emplâtre efi excellent pour opérer la 
réunion des chairs. 

Réunion , fe dit figurémenc en ma«> 
çièredefief. 

ht% biens qui ont dépendu d^un 
fief, peuvent y être réunis de diffé- 
rentes manières , foit patceque le 
Seigneur acquiert les biens mou- 
vans de lui , foit parcequ'il les re- 
tire féodalemenc » ou qu'ils lui 
viennent par déshérence , barar- 
dife ou cbnfifcation ; foie enfin t 

Earceqùe le propriétaire defdits 
iens acquiert le fief dont ils 
étoient mouvans. Par tous ces 
moyens ^ il y a réunion & confo-^ 
: lidation , tellement que l'héritage 
qui étoit tenu en cennve & qui re- 
tourne au Seijgneur^ devient une 
partie du fiet, & reprend la na« 
ture féodale qu'il avoit originaire- 
ment \ cette confolidation eft de 
droit pour tout ce que le Seigneur 
réunit en vertu des droits attachés 
â fa feigneurie j mais dans quelques 
coutumes , il peut empêcher la 
réunion dés biens qu'il acquiert Se 
qui étoient mouvans de fon fief, 
en déclarant qu'il entend les pof- 
féder roturièrement. L'article aoo 
de la coutume de Normandie , por- 
te même que cette réunion n'a lieu 



lidaf les acqulfitions , que lotfque 
le fucceiïeur de l'acquéreur les a 
pofTédées comoie domaine Bon fiefFé 
par 40 ans. 

Suivant Tare. 18 de TArrèc de 
règlement du Confeily du 1 1 Avril 
27ji , tout roturier poffiffeur de 
fiets ou terres nobles, qui acquiert 
des fonds dans fa cenfive , eft tenu 
d'en payer le droit de franc-fief ^ & 
s'il acquiert le fief dont il eft cen- 
fitaire , le droit de franc^fief doit 
être également payé pour la totali- 
té , tant du fief acquis que des ter- 
res qui étoient auparavant pofie- 
dées rorurièrement , en préfuppo- 
faut néanmoins, dansi'un & l'autre 
de ces deux cas , que la réunion de 
la roture au fief ait lieu. 

Réunion, fe dit auffi figfirémenc des 
volontés & des efprics, & fignifie 
réconciliation. On travaille à laréu* 
nion des deux frères. On ejpéroit la 
réunion des Eglifes d'Orient à celles 
d'Occident. La différence des opinions 
fur les matières de la grâce ^ eji le 
plus grand objlacle quil y ait à la 
réunion des Luthériens avec les Ré- 
formés. 

Tout eft bref au fingulier , mais 
la dernière fyllabe eft longue au plu- 
riel. 

RÉUNIR ; verbe adif de la féconde 
conjugaifon , lequel fe conjugue 
comme Ravir. Recolligere. Raf* 
fembler , rejoindre ce qui étoit 
épars , défuni , féparé. Cet emplâ- 
tre e^ ion pour réunir les chairs. Le 
Général réunit les différens corps de 
troupes qui étoient difperfés dans la 
Province , avant de marcher à l'en- 
nemi. Les verres convexes font propres 
à réunir les rayons dufolelL 

Reunir , fe dir figurément en matière 
de fief & antres chofes femblables. 
On a réuni peu à peu les fiefs de la 
Couronne qui en ay oient été démcm^ 



hrés depuis Hugues Captt. Reunir le 
fief dominant. Cette Abbaye fut réu^ 
nie à la Menfe épifcopale. 

On dit aufii figurément , toutes 
Us vertus , toutes les grâces étoient 
réunies en fa perfonne ; pour dire » 
toutes les vertus , toutes les grâces 
étoient ralTemblées & brilîoient en 
fa perfonne. 

RÉUNIR, fignifie encore figurément; 
réconcilier , remettre en bonne in- 
telligence. // vint à bout de réunir le 
frère avec lafœur. Il nefl pas aiféde 
réunir à VEglife Romaine les Héré- 
tiques qui s en font féparés. Cetévé^ 
nement ne contribua pas peu k réu^ 
nir Us efprits. 

Réunir , fe prend auflï quelquefois 
pour unir. On lui permit de bâtir un 
pont & d'en retenir le péage , à corp* 
dition quau bout de trente ans il Je» 
roit réuni au Domaine, 

Se réunir , verbe pronominal réflé- 
chi, fe dit partitulicren^ent en par- 
lant de ta réunion des chairs. Les 
chairs commencent àfe réunir. 

Il fe dit auffi de la réunion des ef- 
prits & des volontés. Ils eurent rai^ 
fon defe réunir contre cette Puiffance 
qui auroit pu les fubjuguer Us uns 
après les autres. 

Les deux premières fyllabes font 
brèves, & la troifième longue 00 
brève. Foye^ Verbe. 

RÉVOCABLE } adjeaif des deux 
cenres. Qui revocari poteft. Qui peut 
être révoqué, qui peut êtredeftitué. 
Une donation efl révocable lorfquil 
furvient des enfans. Tous Us Em- 
ployés dt la Ferme font révocables. 

REVOCATION j fub^if féminin^ 
A6tion de révoquer*^^ r^Vooirio/? 
d*un Procureur en caufe n*ejh point 
valable s*il nen efl en même temps 
conflitué un autre à fa place. La ré- 
vocation d'un Tefiameru ^ £uue do- 



\ 



96 REV 

natiefi. Là révocation de FEdit de 
Nantes fut préjudiciable à VEtau 

Les deux premières Tyliabes font 
brèves » la croifième longue , & les 
aucres brèves au fingulier , mais la 
der nièce eft longue au phinel. 

RÉVOCATOlREi adjeâif des deux 
genres» Qui révoque. A3z révoca- 
tbire. Claufe révocatoire* 

REVOIR i verbe adtif irtWier de 
la troinème conjugal Ton , lequel fe 
conjugue comme Voir, herum vi- 
dere. Voir de nouveau, h toi vue 
hier & pirai la revoir demain. Quand 
vous reverrons nous ? Elle fe réjouit 
de vous revoir. 

On die familièrement , adieu juf- 
qu*au revoir ; & en cette phrafe» 
le mot de revoir eft employé fubf- 
tamivement. 

Revoih d*un cerf, en termes de 
Vénerie , fignifie , prendre con- 
noiflfance de la force du cerf; ce 
^ui fe fait par le pied , les fumées , 
Jes abatcires, les portées, les foulées, 
• le frayoir & les rougeurs. 

A REVom ; façon lie parler dont on 
k fen pour dire , qu'il faut faire 
un nouvel examen d*un compte , de 
parties, &c. 

Revoiïl , fignifiô auflî , examiner de 
nouveau. Cejl une pièce que vous de^ 
ve{ encore revoir avant de la faire 
repréfcnter, fax revu le Mémoire de 
votre Avocat^ & il m'a paru tien 
fait. Il faut revoir le compte dutu^ 
teur. 

REVOLER -i verbe neutre de la pre- 
mière conjogaifon', lequel fecon* 
jngue comme Chanter. Revolare.' 
Voler de nouveau. Cet oiftau revoie 
vers fon wàd. QuandXhhon fut inf 
rruit *de J^ui s'étcît pajfé à Rome 
depuis quil en étoit parti , il revola 
en Italie* 

REVÔLER i verbe aûif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 



REV 

ji^ne comme Ch antbr. Iterhmfur^ 
tum incipere. Voler une autre fois. 
On lui reprit la montre quil avoit 
volée ^ mais il la revola deux jours 
après. 

REVOLIN; fubaamif mafculin & 
tecme'de Marine. Il fe dit d'un 
vent qui n'eft pas dired^ mais qui 
eft renvoyé par ^quelque çhofe , 6c 
dont les vaifleaux à l'ancre lonc 
quelquefois fort tourmentés. 

REVOLTE; fubftantif féminin. Rc- 
belUo. Rébellion , foulevement des 
fujets contre le Souverain ou d'un 
inférieur contre fon fupérieur. Ce 
nouvel impôt occafionna une révolte 
dans la Province. Étouffer les fe^ 
mentes de la révolte. La révolte des 
Janijfaires fut caufe de la défaite du 
Grand-Vtjir. Cefl èe qui excita Ëz 
révolte desfoldats contre leurs Offi-^ 
ciers. 

On dit figurément , la révolte des 
fens contre la raifon. La révolte de la, 
chair contre tefprit. La révolte des 
Paffions. 

RÉVOLTÉ , ÈE i participe paflîf. 
Vcye\ RÉVOLTER. 

Il s'emploie aufli fubftantive* 
ment. Les Révoltés s'emparhrcnt des 
magajins qui étoient dans Cette 
Fille. 

RÉVOLTER ; vethe aiSkif de la pre^. 
mière conjugaifon » lequel fe con- 
jugue comme CHAinrER. Rtbellare. 
Soulever, émouvoir à fédition , por- 
ter à la révolte. // chercho'u à révol" 
ter le peuple contre le Gouvernement. 
Ils parvinrent à révolter les Légions 
contre l* Empereur. 

Rivoi^TER , ngnifie quelquefois atti- 
rer contre foi j ou contre queU 
qu'autre , la conrradiâion ^ l'indi-^ 
gnacion , le chagrin, la haine, tè 
mépris , &c. Cette demande révolta 
les Juges. Sa conduite révolte tous les 
honnêtes gens contre lui. 

RÉVOLTER 



ItirottlR) fc die %aréixseilt dans les 
chofes morales. Les paffîons révol- 
tent Us ftns contre la raifon. Lepé- 
^hé ^Adam a révolté la chair contre 
Vefprit. 

Il eft aiiffi protlominal réfléchi. 
JU armée fe révolta contre le Général. 
La plupart des Filles de cette Pro- 
Vmce fc révoltèrent. Nos fens fi ré- 
voltent contre la févérité de V Evan- 
gile. 

Révolter, eft auffi verbe neutre, 
^ Ufc au propre qu'au figuré. Sa ty^ 
rannicfit révolter la Nation. La vo- 
lupté f^t révolter Us fens contre la 
raifon. 

Les deux premières fyllabes font 
brèves , & la rroifième longue ou 
brève. Voyez Ver3B. 

RÉSOLU, UE; ad|eaif. ExpUtus. 
Il fe dit du cours des planètes & des 
, ;iftres , lorf(^ue par leur mouvement 
périodique ils font revenus au même 
point d oùils éroient partis. Le cours 
de Jupiter riefi révobi quau bout 
ïon^eansy i 17 jours , 14 heures & 
dtfi minutes. 

Il fe dit auffi du temps. Ce ma- 
riage fe/era avant que Cannée fou 
révolue. 

RÉVOLUTION j fubftantif féminin. 
Revolutio. Le retour d'une planète , 
d'un aftre au même point d'o^ il 
^toit parti. 

Les planètes ont deux efpèces de 
dévolutions ; l'une autour de leur 
axe qu'on appelle rotation diurne , 
^u amplement rotation , & qui dans 
la terre , par exemple , conltitue ce 
que nous appelons les jours & les 
nuits. L'autre révolution des pla- 
nètes fe faix autour du foleil : on 
l'appelle révolution annuelle ou pé- 
riode ; c'eft la révolution annuelle 
de la terre qui conftitue nos an- 
liées. 
Saturne, félon Kepler» fait fa 
T0mc XX r^ 



révolution amiHelle en 19 ans 174 
jours, 4 heures, 58 minutes, i5 
fécondes , 3 tierces ) Jupiter t» 
II ans , 3 1 7 jours ,14 heures , 4? 
minutes^, 31 fécondes, 5 6* tierces» 
Mars en un an, 3zi jours, 13 heu* 
res, 31 minutes, ^6 fécondes, 49 
tierces; Vénus en 114 jours , 17 
heures , 44 minutes ^ 5 5 fécondes » 
14 tierces » Mercure en 87 jours ^ 
ij heures 9 14 minutes , Z4 fecon* 

On dit dans le même fens , la r/- 
volution desjiècles , des temps j des 
faifons. 

En Géométrie , le mouvement 
d'une figure plane qui tourne au- 
tour d'un axe immobile , eft appelé 
révolution de cette figure. 

Un triangle reâangle tournant 
autour d'un de fes câtés engendre 
un cône par fa révolution; un de- 
mi-cercle engendre une fphère» &C0 

On appelle révolution d'humeurs , 
- un mouvement extraordinaire dans 

les humeurs, qui altère la famé. 

RâvoLyTïON , fe dit auffi figurément 

du changement qui arrive dans les 

affaires publiques, dans les chofes 

du monde. Cette rivolution rétablit 

la maifon de Bragancefar le trône de 

Portugal. Il ny a point d*Ètat qui 

n'ait eu des révolutions. Ce naufrage 

fit une grande révolution dansfafor^ 

tune. Toutes les chofis de ce monde 

font fojettes à de fréquentes révolu-- 

tions. 

Tout eft bref au fingulîer j maïs 
la dernière fyllabe eft longue au plu- 
riel. 
REVOMI , lE ; participe paffif. Voy. 
RevoMiR* 

^EVOMIR ; verbeaâif de la féconde 
conjugaifon , lequel fe ^conjugue 
comme Ravir. Revonure. Vomir 
ce qu'on a avalé. Une perfonne efi 



9» BEU 

bien malade quaid elle révùmii tous 
Us alimens quelle prend. 
RÉVOQUÉ , ÉE î participe paffif. 

yoye\ RÉVOQUBR. 

RÉVOQUER; yecbe aâif de la pre- 
mière conjagaiioQ , leqaei fe con- 
jugue comme Chanter. Revocare. , 
Rappeler* Il fe die proprement de 
ceux à qui Ton ote par des raifons 
de mécontentement » les fonâions« 
le pouvoir 6c l'emploi amovible 
qu'on leur avoir donné. La Cour ré- 
voqua f Intendant de cette Province. 
Les Fermiers Génlrajux ont révoqué 
tous les employés qui avoicnt eu part 
à cette affaire. Il faut révoquer votre 
Procureur. 

Il fe dit auffi des chofes. Âinfi on 
dit j révoquer un ordre , un pouvoir , 
une donation y pour dire, déclarer 
de nul effet i l'avenir un Éditqa'on 
a rendu, un ordre, un pouvoir 
qu'on a donné , une donation qu'on 
a faite , &c. On a révoqué fa commif- 
fion. Il fit un codicilk par lequel il 
révoqua le legs qu il leur avo'u fait par 
fon tefiament. 

On dit , révoquer en doute ; pour 
dire , mettre en doute. Le mouve^ 
ment de la terre nefi plus révoqué en 
doute. 

Les deux premières fyllabes font 
brèves , 8c la troiiième longue ou 
brève. V'oyei Verbe. 

KEUSS; rivière de Suiffe qui a fa 
fource au Mont Saint-Gothar dans 
un petit lac fort profond ^ & fon 
embouchure dans l'Âare au-deflbus 
de Windifcti. 

RÉUSSI , 1E j participe paiEf. Voye\ 
RéussiR. 

RÉUSSIR ; verbe neutre de la féconde 
conjngaifon , lequel fe conjugue 
comme Ravir. Felices habere «i-* 
tus. Avoir un fuccès heureux. 11 fe 
dit dit des perfonnes & des chofes. 
X^efl un homme qui réujjit dans, tout 



TIEV 

ce qVil entreprend. Cet Aâeur réùffu 
mieux dans le comique que dans le 
tragique. Cette dame na pas réufji à 
U cour. Ce projet pourra riuffir. Cette 
tragédie na pas réufji. 

On dit auflli , qu'aie chofe réufftt 
à quelqu*un ; pour dire , qu'elle a 
le fuccès qu'il défirej qu'il en at- 
tend. Sa confiance lui a réuffi. Cette 
entreprife ne leur réufjira pas. Cette 
prétention vous réufjira mal. 

On dît , que des fruits réufjifjenr 
dans un terroir ; pour dire , qsiils y 
viennent bien. Les melons réufjijjent 
à merveille dans ce cantoA. La vigne 
ne réufjitpas dans cette Province^ 

Les depx première fyllabes fonc 
brèves , & la troinème longue oa 
brève. /^oy«:[ Verbe. 

Réussite -, fubftantif féminin. Suà^ 
ceffus. Bon fuccès. Il ne fe dit que 
des chofes. La Tragédie de Zaïre a 
eu beaucoup de réuyîte. Cet ouvrage 
n'a point eu de réujjtte. 

Il fe dit quelquefois pour fuccès 
en général. Ainfi on dit , il faut voir 
quelle en fera la réufjite \ pour dire , 
il faut voir. quel en fera le fuccès. 

.Les trois premières fyllabes font 
brèves , & la quatrième très brève. 

REUTLINGEN; Ville libre & Impé. 
riale d'Allemagne dans le Cercle de 
Suabe, fur la rivière d'Efchez » â 
quatre lieues , eft, de Tubingen , 
& à fept lieues , fud , de Stutgard. 
Elle eft fous la proteâion du j3uc 
de Wirtemberg. 

REVUE; fubftantif féminin. Recher- 
che» infpeâion exaâe. Le gardien 
fit la revue dans tout le Couvent. * 
On dit figurément , yiir^ une re^ 

. vue defes aSions , de fa vie paffée , 
Jurfes aàions , Jur fa vie pafjée. 

Revue , fe dit principalement en par- 
lant des troupes de cens de guerre 
que l'on met en bataille » & qu'on 
tait enfuite défiler » pour voir fi elles 



REY 

. font«ompletté)$ » & )(WeUes font eh 

• bon ordre* 

Le Colonel d'un R^imenc doit 
faire toutes les années la revue de 

- fon régiment» & les lafpeâreurs de 
vCmlerie 6c dlafancerie doivent 

• faire leur revue de tous les ctifé- 
i rens Régimens de ces deux corps.' 

Les Commiiraires des Guerres 

• doivent faire , une fois le ikois , la 
. revue des troupes dont Us ont la 

• police; & ils ne doivent y panfer 
. que les Officiers » Gendarmes» Ca- 
, vaUers , Dragons oa Soldats qui 
; font efFeékivement fous les arme^ » 

ou dans Thôpital du lieu où fe fait 

< la^ revue. Ik doivent dans l'extrait 

qu'ils font de chaque revue marquer 

- le i»>mbre, la qualité' des hommes 
sic des chevaux, de même que ce 

> qui concerne les arme» & les habil- 
lemens des troupes. Oes extraits 

: dolvenc être fignés par les Gouver- 
neurs ou Commandans des Places , 

- ou dans le lieu où il n'y a point de 
: Coaverneur-Commandant ou Ma- 
r }or » par^ les Maire, Èchevins;» ou 
. sucres Magiftrats defdks Keux. Ces 

extraits doivent être envoyés au 

• Secrétaire d'État de la Guerre, & 
'. aux Intendans dans lesdépatremelis 
. defquels .fe font les rcvues^ , &c. 

RÉVULSIF, IVE; adjeékif & terme 

de Médecine. Qui détourne les hù- 

'meurs vers des parties oppoféeslâ 

. celles où elles fe portoient en trop 

- grande abondance. 
RÉVULSION i fubftantif féminin. 

> Revulfio. Il ne fe dit proprement 

- que du retour des humeurs du corps 
humain, lorfque le cours vient à 
en être changé. Dâfls4es bteflures 
dangereufes oùle fang fe perd^ibon- 

; damment , & où il eft prefque- im- 
poffibie de l'arrêter , on ouvre or« 
dinairement une veine dans quelque 

.partie éloignée pour cfiufer une lé* 



TuUTôn, *c*eft«d^dire9 boi^ oEiiger 
le £ing de retourner de la plaie i 
rendroit où la veine eft ouverte. 
REY y. nom d'une ancienne Ville de 
Perfe , autrefois la capitale des SeU 
- glucides^ &'dont on voit les ruines 
. ^dans Hraque-Agémi i cinq joùr- 
.n^es de Mifchabourgr La Géogra- 
phie Perfanedit qu'elle étoit la 
. plus grande Ville de TAfie dans le 
/ on2dème fiêcle. Les Auteurs Ara- 
bes afliirentaufli qu'elle étoit alots 
I ' ila Ville d'Afie la plus peuplée » & 
qu'aucune , après fialwlone , nV 
voit jamab éce fi conudérable foie 
en richellès y fdit en nombre d'ha* 
bitans. Elle fubfifta en fa fplendeur 
jusqu'aux conquêtes des Mahomé- 
tans , qui La detruifirent' trois fiècles 
après. * 

R.&YNA.) Vilile d^Efpbgne dsCns 
rEftramadore de LéoA , fur les 
frontières de i'Andaloufie^ Elle eft 
fituée dans une plaine , avec un 
château fur une hauteur. Elle fut 
fondée pat les Romains fous le nom 
de Regina^ qu^on a changé eti celui 
,àeRèyM;otk y trouve encore quel- 

Îiûes reftes d'antiquité. Elle fut prife 
ur les Maures en 1 1 8 5 » par le Roi 
Dom Alphonfe IX ; & elle appar^ 
tient aujourd'hui à l'Ordre de Saint- 
Jacques^ 

REZyprépoficion. Tout contre, joi- 

' gnant. Elle n'eft plus ufitée que 
dans cfette phràfe, nrpied^ rt\ terre ^ 
qui (ignifie joignant la terre , à fleur 
•* de terre. On détruifit les fonlfica^ 
tiens de cette VilU re[ pied ^ re\ 
terre. 

REZAL , ou RESAL j fobftantif mat 
culin. Mefure de continente dont 
onfefert pourmefurer les blés en 
Lorraine. Voye^ Lorraine. 

RËZAN; Ville de Ruffie , Capitale 
d'un .Duché de même nom lut la 
rivière d'Occa, à foixante iieues , 
N ij 



ICO RHJl 

fadUeft « dei Molbow:.' Les Tahsres ^ 
de Cfimée la rainèrent prefqae en- 
liçremenc en 1 5^8. Elle s*eft an pea 

/ téc^blie.dans la faite* Ceft le Siège 

. d'uQ Archevêché, 1/: 

JLe D^cbé de KcUn eft «ne Pro- 

. vinqe fitoée le long.destbord$ de 

., rOcca, au nord derOcraina, & 
au midi des Duchés de Mofcow t 
de Sufdal & de«Wolodinier. Ce 
pays , ou le Tanai> prend fa fouree^ 
^ft (pxt )é(epdu du couchant au le- 
>v^nt, niais beaucoup moins du nord 
aiu fud, 11 eft fort fettileenrbled ,& 
bien peqplé, 11 a eu autrefois fes 
Pirinces particuliers qui furent dé- 
pouillés par le Czar Jean Baille. 
Kezan eft la feule Ville coniidérable 
de ce Duché. ^ f 

REZ . DE . CHAUSSÉE j fubftamif 

, mafeulin. Niveau du cetrein* Les, 
fondations dû bâtiment font élevées 
jufqu\aw re^-de-chauffée. Cène tour a 
trois cens pieds depuis le re\-de chduf* 
fée jufquau haut» Son apparteme/tt 
n*e^ élevé que de*trois marcher au* 

^ deffus du re^'derckauffee, 
. On dît au(By y appartement:iUres[' 
de-chauffée. Et uti appoHement > de 
re-^^de-chauffée* 

RHABILLAGE ^ fubftaniif oiafculin, 
du ftyle familier. Refircinatio^ Rac- 
commodage. L'Horloger a demandé 

. dçwieJrançspQur Iprhaiillage de cette 
. montre* , . 

RHABILLÉ , ÉE ; participe paffif. 
yoyt[ Rhabiller. 

RHABILLER ^ verbe adif de la pre- 
mière conjiigaifon , lequel fe con-» 
jugue comme Chanter. Veftem 
. iterùminduere. Hàbiiler encore une 
fois. // étok déshabillé lorfquon . efl 
venu X appeler ^ & il a fallu le rha' 
hiller^ Il Je rhabHle pour y aller. 

Rhabiller y figniiie auffi fournir de 
nouveaux habits. H rhabille fes^ do- 
m^Ji^uistçusU4'ao^i .. . 



KHA 

RHit0tt.LCft^ fe dit figurément^ 8t fz^ 
milièremenij poar dire, reâifier 
ce qn*il y a eu de défeâueux dan» 
une affaire ^tacher de juftifier , de 
diminuer une faute. Iljira difficile 

. éterhab'dler ce que fon Rnocureur a 
fignifié mal*à'propos. Elle tâcha de 
rhabiller le propos imprudent qu'elle 
avoittenu» 

RHADAMANTE ; nom d*un frère de 
MiDos9& ^Q même temps fils de Ju« 
piter & d'Europe. C*éroit un Prince 
vertueux & éclairé , 6c Minos tira: 
de fes lumières de grands fecours , 
non-feulement pour compofer fes 
lois y mais encore pour les faire 
exécuter. Il les porta dans plufieurs^ 
lies de l'Archipel » & enfuitedans^ 
ia Lycie ^ Province de TAfie mi-> 
nenre , où les peuples charmé^de fa. 
dpuf eur » ie (oumitent volontaire-* 
ment à fa domination» Son amouc 
pour la juftice lui fit donner après* 
la 'mort , le titre de Juge des En- 
fers. On lui commit > pour foulager 
foti frère » l'examen des ombres qui 
venoient de^ l'Afie & de l'Afrique » 
& U fonâton- de faire punir lestrir 
' minels condamnés au tartare. 

RHADAMISTE , fils de Pharafma^ 
nés , Roi d'Ibérie » feignant d'être 
m^ ayec (on père , fe retira auprès 
de foa oncle Mithridate » Roi d'Aral 
ménie » dont il époufa la fille ^ ap- 
. pelée Zéaobici Dans la fuite, il leva 
une puiffame armée contre Mithn-> 
-date , & l'ayant attifé à une confé- 
. rence , il le fit étoufEer par trahifon r 
Mais fon crime ne demeura pas im- 
puni » car ayant été vaincupar Ar- 
rabane Roi des Parihes, il tut con- 
traint de f cendre la fuite , apès 

' avoir tujé lui-mème^ fa femme Zé- 
nobte, l'an ;|-a de Jâsus-CHRiST;. 
fon père Pharafmanes, le ficenfuite 
mourir cq^ime un traître. 

RHAGAPES^fttbftantifœafcuiinplor 



k 



RHA 

• fîef 8t terme de Chirurgie. Onâp- 
' pelle ainfi des fentes & crevafles ul- 
cérées , qui fe font aux lèvres , aux 

' mains , au fondement » au prépuce j 
aux parties naturelles des temmes , 
aux mamelons , accompagnées fou- 
vent d'une ragofité & <f une con- 

- traAion de la peau , qui les rend 
fore dôuloureuies & fort incommo- 
des. On les guéric%i détrntfant les 
callofités, par le biftouri & les 

' cauftiques » après quoi on applique 
deflus des vulnéraires comme dans 
les^fimples plates. 

Les rhagadés des parties naturel- 
les étant fouvent aes ffmptomes 
de la maladie vénérienne , ils dif- 
paroiflènt ordinairement k)rfau*on 
a détruit le principe de la maladie 
par les remèdes qui y font propres. 

RHAMNUSIE; adjeébif féminin & 

- terme de Mythologie. Rkamnufia. 
' Surnom de Némefis i caafe d'une 

ftatue qu'elle avoir à Rhamnus, 
bourg d'Âttiqne. Cette ftaruede dix 
coudées de haut étoit d'une feule 
pierre j & d'une fi grande beauté » 
qu'elle ne le^cédoit point aux ou- 
vrages de Phidias. % 

RHAPONTIG; voyq Rapontïc. 

RHÂSUT} fubftantif mafculin. 

* forte d'ariftoloche étrangère que 

- lés Maures appellent ri/m/^ir Sa 
-^ racine eft aflez grofTe , profonde 
^ en terre » d'un goût ttès-amer : 

elle poûfte pluiieurs tiges menues 
^ comme des filets» bkmcbâtres, gar- 
nies chacune de fept ou huit petites 
< feuilles étroites, pointues, en forme 
de lance , oppofées les unes aux au- 
tres fie de couleur cendrée. Ses âeurs 
font femblables à celtes àes autres 
ariftoloches ^ de couleUr obfcnre & 
attachées à un pédicule lanugineux : 
' il leur fuccède des fruits membra- 
neux, qui renfermenr des femeoces 
plates, pofées les unes fur les au- 



RHA lor 

très. Toute certe plante a une odeur 
défagréable ^ elle croît principale- 
trient chez les Maures ; elle eft vul- 
néraire & réfolutive. 

RHÉA , ou RHÉE ; voyer Cvske. 

RHÊDA ou RHEIDE ; petite Ville 
d'Allemagne , en Weftphalie , dans 
l'Év^ché de Munfter » fur TEmbs » 

^ prèsdeRittberg. 

I^HEIMS , ou REIMS ^ Ville Archié- 
pifcopale & confidérable de France 
en Champagne , Capitale du Ré- 
mois 3 fur la rivière de Vefle , k 
douze lieues » nord-oueft , de Char 
Ions 9 8c )6 y nord-eft, de Paris , 
ibus le 2 1^ degré , 41 minutes cin-* 
quanté-trois fécondes de longitude» 
& le 49^ degré , 14 minutes, }6 fe* 
condes de latitude. 

Cette Ville eft trèsancienne : du 
temps de Jules-Qéfar elle étoit la 
Capitale des peuples Rémois qui 
avoient beaucoup de pouvoir dans 
la Gaule Belgique ^ étoîent alliés 
des Chartrains ou Camutes » fie 
jottifToient de leur liberté. De plus 
cette Ville tenoit à Rome par un 
des grands chemins de Tëmpire- 
Elle étoit au nombre des plus fidel- 
les alliés du peuple Romain. Sous 
les Empereurs , il y avoir â Rheim» 
on magafin d^armes fie une manu«» 
faâure où l'on doroit lés armes 
Impériales. U refte encore des vef-' 
riges près de Rheims , des chemins 
publics qui conduifoienc de cette 
Ville dans plufieurs autres de l'Em- 
pire, fie qui prouvent la grandeur 
des Maîtres du monde qui les onc 
fait faire } enfin lorfque Conftan- 
tin créa une nouvelle Belgique , it 
lui donna la Ville de Rheims ponc 
Métropole. 

Elle fut célèbre fou« les premiers 
Rois de France » puifque Clovis y 
fut baptifé avec les principaux de 
ia Cour pac i'Éyèqu^ Saînc Remî^ 



ICI RHE 

qui l'avoic infttaic dans la Religion 

. Clicctienne. Les Rois Mérovingiens 
donnèrent dans la Tuice de grands 
biens à rÉglife de Rheiois » enforce 
que les Archevêques devinrenc Sei- 

. gneurs temporels de la plus grande 
partie de leur Diocèfe. Sous les en- 
tans de Louis le Débonnaire» cette 
Ville échut â Charles le Chauve , 

. & devine Capitale da Royaume de 
Ncuftrie. 

Les Rois Louis le jeane & Phi- 
lippe-Augufte fon fils , donnèrent 

. le titre de Dox; à 1* Archevêque Guil- 
laume de Champagne » Cardinal ic 

1 frère de la Reine Âdelle j & ils lui 
conBrn;ièrent les droits de facrer Se 

. couronner les Rois de France, qui 
avoientété fortement conteftés daqs 

; ce (iècltl'là. Auffi tous les Succef- 

, fems de Philippe Augufte ont cté 
facrés à Rheimsj excepté Henri IV^ 

, qui Çt faire cette cérémonie à Char- 
tres , parce que Rheims étoit atta- 
ché au parti de la ligue, &que 
l'Archevêché étoit poITédé par le 
Cardinal Pellevé , l'un des plus 
grands ennemis de la Maifbn 
Royale. Le facre de Philippe- 
Aagufte pafTe pour avoir été le plus 
célèbre de tous ceux qui l'ont pré- 
cédé & qui Tout fuivi. Les Pairs de 
France y affiftèrent en perfonue» ce 

. qui eft tans exemple» 

La ville de Rheims tCk le fiége d'un 
Préfidial , d'une élection, d'un hôtel 

. des monnoies , Se ce qui la dif- 
tingue encore » le. fiège d'un Ar- 
chevêché qui porte le titre depre- 
m'icr Duc & Pair de France ^ Légat 
né, du faint Siège , 6c Primat de la 
Çaule Belgique. 

Son Églife métropolitaine dédiée 
^ la Vierge , tient un des premiers 

.rangs, dans les ÊgUfes de France. 

, Elle a été bâtie avant l'an ^o6 , & 1 
(on pQttail quoique, gothique » eit I 



RHE 

très««ftitné, La jdus célèbre des 
cinq Abbayes qui font â Rheims eft 
celle de S. Rémi , de l'Ordre de S. 
•Benoît. On y voit le tombeau da 
Saint j & Ton y conferve la fainte 
Ampoule qui contient Thuile avec 
laquelle on facre nos Rois. 

On vient d'y conftruire une place 
royale } l'ardùteâure eft de M. le 
Gendre , ing^ieur de la Province > 
& la itatue pédeftre eft de M. Pi^L 
C*eft un Louis XV , pcoteâeur du 
commerce Se des lois. 

Les principaux ol^'ets de corn** 
merce de la ville de Rheims font 
diverfes fabriques d'étoffes de laine 
ou mêlées de (oie , bine & coton i 
la boouecetie,la fabrique des cha- 
peaux., ta manu£aâure deis couver- 
tures de laine , la tannerie fie la 
m^giflerie % enfin la fabrique \desi 
toiles de diverfes fortes. Lesétof* 
fes qu*un y fait font des étamines j 
d^s dauphines » des rafes de Maroc» 
des rafes de Perfe , des droguets, des 
fergeS: façons de Londres, des fer* 
ges rafes» qu'on nomme cordelières^ 
: des draps façon de Bercy , des ca* 
mèlots , des Banelles , des crcpes » 
des blutaux & autres} pour le fou-' 
tien de cette fabrique , il y a nom-i 
bce de teinturiers & de fooloos. 
Toutes ces éteffes (e débicent partie 
dans le Royaume , partie chez l'é<- 
tranger » furtout dans la Flandre 
& l'Italie. On fait auffi dans ce^te 
ville beaucoup de crêpes façon de 
Lyon; la' bonneterie fournit quan<- 
tité de bas de laine Se de foie. Les 
couvertures de laine fe confooun^nc 
prefque toutes dans le pays ; les 
chapeaux font faits de laine de Brie 
Se de Champagne ^ & fe débitent 
dans la ville Se aux environs. Le 
commerce des cuirs fournit de^ 
peaux de moutons paflfées en mégie» 
Sç des cuirs forts » aufli efiimés que 



RHE 

cetix dé Namuc & de Liège* Enfin 
il fe fait à Rheims une grande quan- 
tité de toiles de lin de trois quarts 
de large , 6c de toiles de chanvre de 
toute largeur. Les chandelles de 

. cette ville font fort eftii&ées. 

RHEIN; royqRHiN. 

^EINAW , ou Rhinaw ; petite 
ville de Suifle , dans le Turgaw » 
fut la gauche du Rhin à dejux 
lieues au - delTous de SchalFouze. 
C'écoit du temps des Romains une 

: place importante^ dont ils fe fer- 

• votent pour arrêter les coorfes des 
. Germains. Il y a aujourd'hui une 
. Abbaye de fiénédiâins » Fondée 

environ Tan 8op « dont l'Abbé eft 

feigneur de la ville» fous la fouve- 

, rainecé des Cantons : une partie des 

• habicans font Réformés , & les au- 
tres font Catholiques. 

RHÉMOBOTE j fubftantif mafcu- 
lin. On a ainii appelé une efpèce 
de faux Religieux qui parurent au 
quatrième fiècle. Ils habitoient deux 
ou trois enfemble , vivoient à leur 
fanuide , couroient les villes de 

. les campagnes , afFefkoienc de por- 
ter de grandes manches , de larges 
fouliers de un habit groflier , dif- 
putoient fur lobfervance de leurs 
jeûnes , médifoient des eccléfîaf- 

• tiques , 6c s'enivroient les jours de 
fêtes. S Jérôme les appeUe RAc" 
mobotcs & Caffien Sarabaftes. 

RHENEN; ville des Pays-Bas dans 
la province d'Utrechr j fur le Rhin, 
i quatre milles d'Utrecht. 

RHÉTEUR ; fubftantif mafculin Rhi^ 
ton Celui qui enfeigne Tare de bien 
dire , & fous cette acception on ne 
comprend ordinairement que ceux 
des anciens Grecs qui faifoient pro- 
feflion de donner des règles & des 
préceptes d'eloauence , loit de vive 
voix, foit par écrit. 
Qaintillen dans le tcoifième livre 



RHE îo) 

de fes Inftitutions oratoires » a fait 
un aiTez long dénombrement des 
anciens Rhéteurs tant Grecs que 
Larins. Les plus connus font par- 
mi les Grecs » Empedocle j 
Platon , qui dans fes dialogues, 
& furtout dans le Phèdre & 
dans le Gorgias , a femé tant de 
. réflexions (blides fur Téloquence ; 
Ariftote i qui Ton eft redevable de 
cette belle rhétorique divifée en 
trois livres , où l'on ne fait ce 

3u'on doit admirer le plus de l'or* 
re & de la juftetfedes préceptes, 
ott de la ptofonde connoilfance du 
cœur humain qui paroît dans ce que 
Tauteur dit des mœurs & des paf« 
fions ; Denvs d'Alycarnaffe , Uer^ 
mogène , Aphtonius , Longin \ 6c 
parmi les Latins , les plus diftingués 
lont Photius , Gallus , Cicerpn, 
Sénèque le père & Quintilien. 

On appelle aufE Rhéteurs chez 
les anciens Grecs » les Orateurs qui 
trairoient des affaires publiques 
dans les harangues qu'ils faifoient 
au peuple. Et c'eft dans cette ac- 
ception qu'on a dit , que dans 
Athènes les Rhéteurs avol^t grande 
part au gouvernement. 

Aujourd'hui Rhéteur ne fe dit 

Î;uère qu'en mauvaife part , en par- 
ant d'un homon, dont toute l'é- 
loquence confifte dans une sèche 
pratique de l'art. 
RHÉTIE ; nom d'une ancienne con- 
trée d'Europe dans les Alpes; elle 
s'étendoit en*deçi & au-delà de cts 
montagnes , félon Strabon & Pli- 
ne. Les habitans de cette contrée 
font connus fous le nom de Rhœtu 
Us étoient originaires de la To(^ 
cana> ils allèrent s'établir dans les 
Alpes fous la conduite de Rhœtus , 
& ils s'appelèrent Rhœtî j du nom 
de leur chef. 

La Rhétie peut être coniidérée 



104 RHE 

comme diftiaâe & fépar^e de la 
Vindélicie, où comme une province 
compofée de la Rhécie propre & de 
la Vindéïicie. Lorfqu'on établie une 

, nouvelle divifion des provinces , la 
Rhctie propre fut appelée première 
Bàcûc , &on nomma la Vindéïicie 
féconde Rhetie* Coire fuc Capitale 
de la première » & AagsboQrg » la 
capitale de la dernière. 

Les bornes de la Rhétie propre 
prenoient depuis le Rhin |ulqu'aux 
Alpes Noriques. C'étoit la longueur 
de cette contrée; fa largeur étoit 
depuis l'Italie jufqu'à la Vindéïi- 
cie. 

RHÉTIQUE j voyei AtPis. " 

RHÉTORICIEN j fubftantif mafcu- 
lin. Rketor. Celui qui fait la rhéto- 
rique. Ce profejfeur eji un hàiile 
Khetoricie/f* 

Il fe prend plus ordinairement 
pour un écolier qui étudie en rhé- 
tho tique. Cçji un Rhétoricien. 
Ce Régent fait de bons Rhéepri- 
tiens. 

JlHÉTORïENSi ( les) Hérétiques 
qui ptfurent.en Êgypcç daps le qua- 
trième fiêcle, & prirent ce nom 
de Rhçtorius, leur Chef; leur doc- 
trine, félon Philaftre, étoit com- 
pofée de toutes les héréfres qui les 
avoientprécçdél, 8c ils enfeignoient 

Îiu*elles étoient toutes également 
oucenables } mais on penfe corn- 
inunémpnt que Philaftre leur a at- 
tribué cette tolérance univerfelle » 
ic qu'ils avoient quelques dogmes 
particuliers & diftinûifs, quoique 
Ton ne lesconnoifle pas. 

RHÉTORIQUE ; fubftantif fémipin. 
Rhaorica. L'arc de biçn dire. 

Selon lePèreLamy^la rhétorique 
renferme tout ce qu'on appelle en 
françois belles- lettres \ en latin & 
W gi^eç^/'^i/^^^i^ Savoir )e$ bielles- 



RHE 

lettres 3 ajoure-t-il , c'eft faVôirpafi 
ler» écrire , ou juger de ceux qui 
écrivent. Or cela eft fort étendu j 
car rhiftoire n'eft belle & agréa* 
ble» que lorsqu'elle eft bien écrite. 
Il n'y a point de livre qu'on ne life 
avec plaifir ^ quand le ftyle en eft 
be^u. Dans la PhiloCbphie même p 
quelqa*auftère qu'elle foit,*on j 
veut de la oolitefle ; & ce n'eft 
pas fans raifon , car l'éloquence eft 
dans les fciences ce que le foleil eft 
dans le monde : les fciences ne fonc 
que ténèbres > fi ceux qui les rrai«> 
cent ne favenc pas écrire. L'art do 
parler s'étend ainfi â toutes chofes* 
La Théologie en a befoin, poif* 
qu'elle ne peut expliquer les véri« 
tés fpirituelles» qui font fon objet » 
qu'en les revêtant de paroles fenfi* 
blés. En un mot > ce même art penc 
doimer de grandes ouvertures pour 
l'étude de toutes les langues , pour 
les patler purement & poliment » 

Eour en découvrir le génie 6c U\^ 
eauté. 
Si l'éloquence n'eft pas anrériea« 
re à l'origine. des fociécéss dit M« 
l'Abbé Mallet, la rhétorique qui 
n'eft que l'art d'appliquer le talent 
de l'éloquence aux objets qui fonc 
de fon reflbrr , remonre encore 
beaucoup moins haut dans l'anti^ 
quité. Les livres de Moïfe , les pre* 
miers & les plus anciens monumens 
d'éloquence qui nous reftent , n'ont 
été écrits qu'après l'an du monde 
1500. Combien d'Empires & d'É- 
tats politiques étoient déjà formel 
& établis fur de folides fpndemens ? 
mais l'infpiration des livres faints 
les tire ablolument hors de la règle 
des raifonnemens ic des obferva- 
tiens que nous allons faire fur l'oii- 
gine de larhétorique. 

Quand on fuppoferoit que pea 
de temps après jNioïfe » Çadmus 

întroduifii 



RHE 

înttùdiiiCit en Grèce le^oata^resf 
phéniciens» des pcemiers élémens 
de la Gramoiaire aux fineiïes de la 
rhétorique ^ il y a encore un très- 
lon^ intervalle. Il eft cependant 
vraifemblable que l'on »e carda pas 
à cultiver leloquence dans la Grè- 
ce, & que depuis Cadmus juf- 
qa*dk prife dé Troye» on ne la 
négligea point ^àcaufe de Tinâuence 
qu elle avoir dans le Gouvernement. 
On peut juger qu on avoir fait des 
obfervations fur la bonne & fur la 
mauvaife manière de parler , & 

3 n'en conféquen/ceonavoitau moins 
égroilî k$ règles 9 & ébauché une 
méthode pour bien parler. Enfin il 
eft probable qu'au moins au temps 
d'Homère , la rhétorique éroit par- 
venue en Grèce > à un grand point 
de perfeârion ; car fi la grammaire 
& la poétique étoient alors perfec- 
tionnées i comme il n'eft pas pof- 
£ble d'en douter â Tinfpeâion de 
l'Iliade Se de l'OdyfTée , pourquoi 
la rhétorique ne l'a^roit^elle pas 
été égalennent ? En effet , dit M. 
Hardion dans' des difTercations ttès- 
érendues fur cette madère , on rrou- 
ve dans ces deux pocmes des mo- 
dèles de tous ou prefque tous les 
difcours oratoires^ La forme du 
ftyle ne fait rien au fond de l'élo- 
quence. Chez les Anciens , lès let 
très ont commencé, en quelque 
forte , à fe polir par où elles finif- 
fenc parmi nous. La pocfie, que 
nous regardons comme un langage 
extraordinaire, étoit pour eux le 
ftyle commun , dans lequel on énon- 
çok les lôisjles^my ftèresde la mytho- 
logie les précepter de U morale , 
les traditions hlftoriques.Laprofe, 
qui nous paroit plus unie,plns fami- 
lière , plus propre â traite rtoutes^les 
matières , par fa marche (impie & 
exaâe , fut encore long- temps négii- 
Tome XXr. 



105 

gée; Phérécyde dé Scyros , & Cad- 
muS'deMilec, fai^eat les premiers 
qui ofèrent écrire Thiftoire en pro- 
fe i Ôc ce fuc plus de 450 ans après 
Homère. Leur exemple fut luîvi 
par Hécatéede Miiet j & par quel- 

?|ues autres Hiftoriens; maiscé^ ne 
ut que cinquante ans après Héca* 
tée, qu'Hérodote, en écrivant l'hif- 
toîre, mit des grâces, de la noblef* 
fe , du choix de de l'harmonie dans 
fon ftyle» Le talenrde la parole de- 
yinv enftiittt dans Athènes le plus 
puiflànt moyen d^acquérir du cré^ 
die , de la confidération & des hon<- 
neurs: on le cultiva, & l'émulation 
fit naître* tout à la fois une foule 
d'Orateurs. La rhétorique ne tar« 
da pas après cela à être réduite en 
art. 

Roture^ toure occupée du foin 
d'étendre ôc d'affermir iapuifTance» 
ignoroit profondémeilt 1-éloquence 
cuns le temps qu'elle commençoic 
â déchoir en Grèce de fon plus 
grand' éclat. Depuis quatre ou cinq 
cens ans que cette ville étort fontlée » 
on^ n'y connoiflôit d^autre éloquen- 
ce ^ dit Ctcéron , que celle qui 
vient de la nature ôc d'un génie heu- 
reux. Mais enfin, lorfque les Ro- 
mains eurent vaincu les Grecs » 
cêux-ci portèrent les fcîencés à Ro- 
me , & y enfeignèrent la rhctori- 
due, ds)nt Cicéron donha dans la 
ÙÀ10 des préceptes. 

Âriftote femble ne reconnoître 
que trois parties de la rhétorique » 
l'invention, l'élocution & la dif- 
pofition , auxquelles picéron Sc 
Quintilien ajoutent la prononcia- 
tion , ou l'aâion dé l'Orateur. 

On appelle ^gure de rhétorique^ 
toure façon de parler que l'Orateur 
emploie pour donner de la force ou 
de la grâce au discours. Vfyperbo^ 
le, lA nusaphore ^ h profopopée * 



Scc.font des figures dé rhétorique^ 

Rhétorique , fe die aa(fi de la clade 
où Tonenfeigne la -rhétorique dans 
les Collèges. Et Ton dit , aller en 
rhétorique , être en rhétorique \ pour 
dire y étudier dans la clafle de rhé- 
torique. 

On appelle auflî rhétorique , les 
traités de rhétorique. La rhétorique 
d^Ariflote. 

Rhétorique , fe dit quelquefois dans 
le ftyle familier , de tout ce qu'on 
emploie dans le difcours pour per- 
fuader quelqu'un. Ainfi on dit , fai 
employé toute ma rhétorique pour ef- 
fayer de le perfuadcr ; pour dire , 
j'ai employé route mon éloquence y 
)'ai dit, j'ai fait tout ce que j'ai pu 
pour le per fuader. Et, vous y fer- 
dre7[ votre rhétorique ; pour dite > 
vous avez beau parler^ vous ne le 
perfuaderez point. 

RHÉV AN j nom que les Indiens don- 
nent â un perfonnage auquel ils at- 
tribuent rmvention des pèlerinages 
& la fondation de lafede des Fa- 
quirs. Ils racontent que ce Rhévan 
ayant enlevé la femme de Ram , 
nommée Sita , celui-ci ^ fécondé 
du fameux (inge Hanuman , fe ven- 
gea de l'outrage qu'il avoit reçu , en 
détrônant Rhévan. 

RHIN y nom d*un des plus grands 
Fleuves de l'Europe. Il a fes four- 
ces au mont St Gothard ou Adula j 
au pays des Glrifons dans la Ligue 
haute. L'une fe nomme Rhin in- 
férieur , & Tautre Rhin fupérieur , 
jufqu'à leur confluent » à quelques 
lieues au delTus de Coire. Depuis 
fes fources jufqu'au lac de Conf- 
tance qu'il traverfe , ce fleuve di- 
rige fon cours du fud-oueft au nord- 
eft \ depuis le lac de Conftance 
jufqu'à Bafle , il dirige fon cours 

. du levant au couchant, en faifant 
beaucoup de finuofités. Depuis Bafle 



RHl 

ce ffâuve dirige fon cours da tnid2 
au feptentrioo , côtoie l'Alface dans 
toute fa longueur au levant de cet- 
te province qu'il fépare du Sund- 
graw & de la Souabe. Après avoir 
traverfe les trois Éleftorats de 
Mayence, Trêves, Cologne, les 
Palatinats du haut & du bas Rhin » 
& avoir baigné les Villes de Spire > 
Manheim , Vorms , Mayence , Co- 
blentz y Duflfeldorff , il fe fépare à 
l'entrée des États de Hollande , & 
fe divife en deux branches , donc 
l'une conferve le nom de Rhin , ic 
va fe perdre dans les fables de l'O- 
céan au-deflous de Leyde. La plus 
confldérabie prend le nom de Leck, 
& £s perd dans Ja Marwe , à deux 
lieues au nord-oueft , de Dordrecht» 
Ce fleuve donne le nom à deux Cer-«. 
des d'Allemagne , dont l'un eft ap* 
pelé Cercle du haut Rhin , & l'autre 
Cercle du bas Rhin. Ce dernier , au- 
trement appelé Cercle Électoral cota* 
prend les Archevêchés de Mayence» 
de Trêves fc de Cologne , & la par- 
tie du Palaiinat qui eft â TÈleâeur 
Palatin. Le Cercle du haut Rhin 
comprend les Évèchés de Bafle » de 
Strasbourg 2 de Spire , de Vorms > 
plufleurs États des Cadets de la 
Maifon Palatine ; les Landgraviats 
de Heflè & plufieurs Villes Impé- 
riales & Comtés. 

La navigation du Rhin eft diffi- 
cile , tant à caufe de la rapidité de 
ce fleuve, que des coupures qu'il 
fait dans fon cours , où Ton voit un 
grand nombre d*!les couvertes de 
brouflàilles. 

Il roule quelques paillettes d'or 
dans fon fable, que leshabitans des 
îles du Rhin vont chercher après 
fes débordemens. Les feigneurs 
limitrophes afferment ce droit , ainfi 
que celui de la pêche du poiflbn^ 
. (^ui eft abondant dans ce fleuve» 



RHI 

Les anciens Gaulois Honotoiént 
ce flcave comiile une divinité. On 
du que lorfi|u ils foupçonnoient la 
fidehté de leurs femmes ^ ils les 
obligeoienc d'cxpofer fur le Rhin 
les enfans dont ils ne ie croyoienc 
pas les pères , & Ci Tenfanc alloic au 
fond de l'eau , la mère étoit cenfée 
adultère j fi au contraire il furna- 
geoit, le mari perfuadé de la chaf- 
leté de fon époufe , lut rendoit fa 
confiance & fon amour. L'Empe- 
reur Julien, de qui nous apprenons 
ce fait, afottte que ce fleuve ven- 

Feoit fouvenc par fon difcernemenc 
injure qu'on faifoic à la pureté du 
lit conjugal. 
aHINBERG i ville forte d'Allemagne 
dans rÉleâorat de Cologne » à huit 
milles au nord-ouell de cette ville , 
fur le Rhin, & piè^du Comté de 
Mœurs. Le Roi de Prufie s'en ren- 
dit maître en 1705 , mais elle eft 
revenue à TÈleûeur de Cologne , 
par le traité de paix de Raftad en 

HHlNËCK, ou Rhbincck; ville de 
Suifle capitale du Rhintal , fur le 
Rhiq , à l'endroit où ce fleuve en- 
tre dans le lac de Conftance. 
RHINFELD; ville d'Allemagne dans 
le cercle de Suabe» & la plus im- 
portante des quatre villes foreftiè- 
res , fur la gauche du Rhin , qu'on 
y pafle fur un pont, i neuf lieues 

' au fud-oueft de Fribourg , & à trois 
au levant de Bafle. En 1^38 , il y 
eut près de cette ville deux aâions, 
dans une desquelles le Duc de Ro* 

, bàn fut bleâfé à mort. 

RHINFELS y château d'Allemagne au 

. cercle du bas Rhin , dans le cercle 
de Rhinfels. Il eft regardé comme 
une des places les plus importantes 

J|ui foient fur le Rhin y tant pour 
a force que pour fa fituation. Il eft 
. (pat auprès de Saint^Goar 9 6c lui 



RHI tùf 

fert de citadelle , â fix lieues, fud# 
de Cobleniz. 11 appartient au Landr 
grave de Rhinfels. 

RHlNGRAVEi lubftantif ipafculia; 
Comte du Rhin, il s'eft dit autre-* 
fois des Juges, des Gouverneurs 
des villes fituées le long du Rhin. 
Aujourd'hui ce titre appartient aux 
Seigneurs d'une ancienne maifon , 
dont les terres font (ituées près du 
Rhin. Cette Maifon polTéde des 
terres confiilérables , tant en deçà 
qu'en delà de la Sarre ; favoir, i^ 
le Comté de Rhingrafenftein , fitué 
entre le Duché de Deux - Ponts fc 
rÈledorat de Trêves, i"". La Prin- 
cipauté de Salm. 5^. Le Comté de 
Hochflracen. 4^ La Seigneurie d'An- 
halt , &c. La Maifon des Rhingra- 
ves eft divifée en trois branches. 
La Maifon de Neuf-Ville ou Salm , 
& les deux Comtes de Rhingrafenf- 
tein font de la branche aînée* Les 
Comtes de Grumbach & de Green- 
ville , font de la féconde branche , 
& les deux Comtes qui font leur 
réfidence, l'un à Dauhn , & l'autre 
à Putlingen , font de la troifième. 

RHINLANDj on appelle ainfi cette 
partie de la Hollande méridionale 
qui fe porte aflez loin des deux cô- 
tés du Rhin , fur-tout du côté du 
nord , & dont Leyde eft la ville 
capitale. On y trouve encore une 
autre ville conlîdérable qui eft Har- 
lem. Ce pays s'étend en longueur 
du nord au fud, depuis le Kènne- 
merland & ITe jufqu'au Delfe- 
land & auSchieland; & fa longueur 
fe prend depuis TOcéan germani- 
que , ou la mer du nord qui le 
baigne à l'occident, jufqu'à TAmf- 
teland, & jnfqu'aux terres de la 
Seigneurie dUtrecht, qui le bor- 
nent à l'orient. Wisher a donné la 
meilleure Carte que l'on ait da 
Rhinland. 

Oij 



fcS 



RHI 



RHINOCÉROS i fubftantif mafcûlin. 
Sorte d'animal fauvage qui apcè^ 
l'éléphant eft le plus puiifanc des 
quadrupèdes ; il a au moins douze 
pieds de longueur , depuis Vexùé- 
mité du mu(eau jufqu'fii l'origine de 
la queue j fix à iept pieds de hau- 
teur 9 & la circonférence du corps 
à- peu-près égale à fa longueur. Il 
approche do'oc de Téléphanc par 
le volume &c par la malle » ôc s'il 
paroîc bien ^^lus petit , c'eft qoe/es 
jambes fonc bien plus courtes â 
proportion que celles de l'éléphanc^ 
mais il en diffère beaucoup pac les 
facultés naturelles ôc par rmtelli- 
gence ; n'ayant reçu de la nature , 
que ce qu elle accorde aiïez corn- 
mutiément d tous les quadrupèdes » 
frivé de toute fenlibilité dans la 
peau » manquant de mains & d'or- 
ganes diftinâs pour le fens du tou- 
cher j n'ayant au lieu de trompe 
qu'une lèvre mobile» dans laquelle 
^onfiftenr tous Ces moyens d'adrelfe. 
11 n'e(( guère fupérieur aux autres 
animaux , que par la force, la gran- 
deur & l'arme ofFenfive qu'il porte 
fur le nez , ôc qui n'apparrienr qu'à 
lui : cette arme eft une corne très- 
dure , folide dans toute fa longueur, 
êc placée plus avantageufement que 
les cornes des animaux runynans y 
celles ci ne muniflènt que les par- 
ties fupérieures de la tète ôc du cou, 
au lieu que la corne du Rhinocéros 
défend toutes les parties antérieu- 
res du mufeau & préferve d'infulte 
le mufle» la bouche ôc la face; enforte 
que le tigre attaque plus volontiers 
l'éléphant 3 dont il faifit la trompe , 
que le Rhinocéros qu'il ne peur 
coiffer fans rifquer d'être éventré : 
car le corps ôc les membres font 
recouverts d'une enveloppe impé- 
nétrable , & cet animal ne craint 
pi la griffe du tigre, ni Tongle du 



RHI 

Uoti, ni le fer , ni le feu dulchaf- 
feur 'j fa peau eft un cuir noirâtre 
de la même couleur , mais plus 
épais & plus dur que celui de Té- 
léphant ; il n'eft pas fenfible com- 
me lui d la piquure des mouches ; 
il ne peut auflî froncer ni conttac* 
ter fa peau : elle eft feulement pliC- 
fée par de groffes rides au cou, aux 
épaules & à la croupe pour facili- 
ter le mouvement de la tctc ôc dés 
jambes , qui font maflives & ter- 
minées par de larges pieds armés 
de trois grands ongles. U a la tète 
plus longue à proportion que l'élé- 
phant ; mais il a les yeux encore 
plus petits ôc ne les ouvre jamais 
qu'à demi. La mâchoire fupérieuré 
avance fur l'inférieure , & la lèvre 
du deflus a du mouvement & peut 
s'allonger jufqu a fix ou fept pouces 
de longueur ; elle eft terminée par 
un appendice pointu^ qui donne à 
cet animal plus de facilité qu'aux 
autres quaorupèdes pour cueillir 
rherbe & en faire des poignées a- 
peu près comme l'éléphant en fait 
avec fa trompe : cette lèvre muf- 
culeufe ôc fîexible eft une efpèce de 
main ou de rrompe trèsincomplet- 
te , mais qui ne laifle pas de laifit 
avec force & de palper avec adrefle* 
Au lieu de ces longues dents d'ivoi- 
' re qui forment les défenfe* de l'é- 
léphant, le Rhinocéros a fa puif- 
fante corne & deux fortes dents in« 
cifives à chaque mâchoire; ces dents 
incifives qui manquent à l'éléphanc 
font fort éloignées l'une de l'autre 
dans les mâchoires du Rhinocérjps, 
elles font placées une d une â cha-l 
que coin ou angle des mâchoires» 
defquelles l'inférieure eft coupée 
carrément en devant j & il n'y a 
point d'autres dents dans toute cette 

Î>artie antérieure que recouvrent les 
èvres) mais indépendamment de 



RHI 

CM qxMte dents kicifiv£S placées 
en avant aux quatre coins des mâ- 
choires , il a de plus vingt-quatre 
dents molaires» Rx de chaque c&cé 
des deux mâchoires. Ses oreilles fe 
tiennent toujours droites , elles font 
aiTez fcmblables pour la forme â 
celles du cochon , feulement elles 
font moins grandes â proportion 
du corps : ce font les feules parties 
fur iefquelles il y ait dq poil ou 
plutôt des foies; l'extrémité de la 
queue eft comme celle de l'élé- 
phant ,^ garnie d*un bouquet de 
grofles loies très-folides te très- 
dures. 

La corne du Rhinocéros eft plus 
eftimée des Indiens que l'ivoire de 
l'éléphant » non pas tant à caufe de 
la matière iiont cependaiK ils font 

Î^luiieuTs ouvrages au tour & au ci- 
eau; mais à caufe de fa fubftance 
même â laquelle ils accordent plu- 
iieurs qualités fpécifiques & pro- 
priétés médicinales ; les blanches 
comme les plus r^res font auffî cel- 
; les qu'ils efttmènt & qu'ils recher- 
chant le plus. Dans les préfètes que 
le Roi de Siam envoyai Louis XlV 
en 168^9 il y avoir Hx cornes de 
Rhinocéros. Il y en a au cabinet du 
Roi , douze de* différentes gran* 
deurs» & une entr'autres qui^ quoi- 
que tronauée , a 5 pieds & pouces 
& demi de longueur. 

Le Rhinocéros fans être, ni- fé- 
roce y ni catnadier , ni même ex- 
trêmement farouche , eft cependant 
intraitable; il eft à - peu - près *en 
grand , ce que le cochon eft en pe- 
tit, brdque & brut^ fans inrelli- 
gence» fans fentiment & fans do- 
cilité : il faut même qu'il foit fujet 
i des accès de fureur, qne ritn ne 
peut calmer;. car celui qu'Emma- 
nuel Roi de Portugal envoya au 
Pape en 151} > fit périr le' bâti- 1 



RHI Î09 

ment fur lequel on te tranfportoit, 
<& cdui qu'on a vu à Paris il y a 
quelques années , s'eft noyé de mê- 
me en allant en Italie. Ces animaux 
font auffi, comme le cochon , très- 
enclins i fe vautrer dans la boue 6c 
à fe rouler dans la fange ; ils ai-* 
ment les lieux humides 6c maréca^ 
geux , & ils ne quittent guère les 
bords des rivières ; on en trouve 
en Afie & en Afrique , à Benga- 
le, i Siam , à Laos , au Mo^ol , â 
Sumatra , â Java en Abiffinie , en 
Ethiopie , au pays des Anzicos , & 
jufqu au Cap de Bonne Efpérance ; 
mais en général Vefpèce en eft 
moins nombreuse & moins répan- 
due que celle de l'éléphant; il ne 
{>roduît de même qu'un feul petit i 
a fois ) 8^ â des diftances de temps 
a(&E confidéfables. Dans le pre- 
mier mois le jeune Rhinocéros n'eft 
§uère plus gros qu'un chien de gran- 
e taille. Il n'a point en naiffant la 
corne fur le nez, quoiqu'on en voie 
déjà le rudiment dans le fœtus ; â 
deux ans cette corne n'a encore 
poudé que d'un pouce , & à (ix 
ans , elle a neuf â dix pouces ; & 
comme on connoît de ces cornes 
qui ont près de quatre pieds de lon- 
gueur , il paroît qu elles croiflTent 
au moins jufqu'aû moyen âge, & 
peur-être toute la vie de l'animal , 
qui doit être d'une afTez longue du- 
rée , pttifque le Rhinocéros décrit 
par M. Parfons n avoir à deux ans 
que la moitié de fa hauteur , d'où 
l'on peut inférer que cet animal 
doit vivre comme l'homme (bixan- 
terdix ou quatre-vingts ans. 

Sans pouvoir devenit mile com- 
me l'éléphant, le Rhinocéros eft 
auffi nuifible par la confommation, 
& furtout par le prodigieux dégât 
qu'il fait dans les campagnes; il 
o'eft bon que par fa dépouille y fa 



110 RHI 

chair eft excellente au goâc des In- 
diens fie des Nègres \ Kolbe die en 
avoir fouvent mangé & avec beau- 
coup de plaifir. Sa peau faic le cuir 
le meilleur & le plus dur qu'il v 
ait au monde , & non-feulemenc la 
corne j mais toutes les ancres par- 
ties de fon corps & même fon (ang, 
fon urine &c fes excrémens font 
eftimés comme des antidotes con- 
tre le poifon , ou comme des remè- 
des à pluiieurs maladies. Ces anti- 
dotes ou remèdes tirés des diffé- 
rentes parties du Rhinocéros ont le 
même ufage dans la pharmacopée 
des Indes » que la tliériaque dan6 
celle de TEurope. Il y a toute ap- 
parence que la plupart de ces ver- 
tus font imaginaires : mais combien 
n'y a-t-il pas de chofes bien plus 
recherchées qui n ont de valeur que 
dans l'opinion ? 

Le Rhinocéros fe nourrit d*her- 
bes groffières, de chardons , d'ar- 
brifleaux épineux j & il préfère ces 
alimens agrelles à la douce pâture 
des plus belles prairies ; il aime 
beaucoup les cannes de fucre» Bc 
mange aufli de toutes fortes de 
grains : n'ayant nul goût pour la 
chair, il n'inquiète pas les petits 
animaux , il ne craint pas les grands, 
vit en paix avec tous & même avec 
le tigre , qui fouvent l'accompagne 

* fans ofer l'actaquer. 

Les rhinocéros ne fe ralTemblent 
pas en troupes, ni ne marchent pas 
en nombre comme les cléphans , ils 
font plus folitaires >pl<^< fauvages , 

. & peut-être plus difficiles à chaiier 
Se à vaincre : ils n'attaquent pas les 
hommes à moins qu'ils ne foient 
provoqués } mais alors ils prennent 
de la fureur & font très - redouta- 
tables : l'acier de damas ^ les fabres 
du Japon n'entament pas leur peau ; 
les javelots & les lances ne peuvent i 



RHI 

la percer } elle rèfifte même tflf 
balles du moufquet; celles de plomb 
s'applatiflent fur ce cuir , & 4eji 
lingots de fer ne le pénètrent pas 
en entier ; les feuls endroits abfo- 
lument pénécrables dans ce corps 
cuiralfé, font le ventre, les yeux 
& le rour des oreilles y aufli les 
chalTeurs , au lieu d'attaquer cec 
animal de face & debont , le fui- 
ven; de loin par fes traces , & at- 
tendent , pour l'approcher , les heu- 
res où il U repofe & s'endort. 
RHINTAL ; (le) vallée delaSuifle 
Icigue ti'envir0n Cix lieues , le long 
Ou Ahin , mais étroite , £c qui s'é- 
tend depuis la baronrie d'Âlt-Saxè 
jufqa'au lac de Confiance , étanc 
bornée à l'oueft par le Canton d'Ap» 

Eenztl. On div>fe cette vallée en 
aute de bafle ; elle contient plu- 
fleurs villages Ôc les deux petites 
villes d'Uicftettin ôc de Reineck. 
Cn y recueille de bons vins « & ou 
y cofirimerce en toiles & en lins. Le 
Rhînthat dépend des huirs anciens 
Cantons & de celui d*Appeûzel. Les 
droit fcigneuriaux fe partagent en« 
rre ces Cantons & l'Abbé de Saint 
Gai. Les Neuf-Cantons y envoyenc 
tour à tour un Bailli qui réHde à 
Reineck, & qui n'efib en office que 
pendant deux ans. Quoique le Khith 
ihal foit pour la plus grande partie , 
de la religion, rétormce , l'Abbé eu 
a cependant le Patronat , c'eft-à- 
dire, que les Èglifes élifent deux 
Pafteurs qu'elles préfentent à l'Abbé, 
& il choifit celui des deux qu'il lui 
plair. 
RHINWALD j grande vallée au pays 
des Grifons , dans la Ligue haute. 
Cette vallée s'étend depuis celle 
de Schams au nord , jufqu à la four- 
ce du haut Rhin j c'eft là que le 
Mont de l'Oifeau , Vogelberg , eu 
mlien Ce Imcdcll* Uccllo autrement 



RHO 

^tSaiftt-- Bernardin j eft couvert 
île glaces éternelles , ou de glaciers 
de deux lieues de longueur , d'où 
fortenc divers ruifleaux qui fe jeccent 
dans un lit profond. 

Les montagnes qui s'élèvent au- 
defTus duRhinwald, fontii rudes, 
qu'elles ne fervent qu'au pâturage 
de quantité de troupeaux des Gri- 
fons & des brebis qu'on y mène d I- 
calie â la fin des grandes chaleurs de 
l'été , ce qui vaut aux peuples de la 
Ligue haute environ deux cent mille 
écus par an. 

Les Bergers Bergamafques qui 
paiflent ces brebis , mènent une 
vie dure & fort groflSère. Leur nour- 
riture eft de la farine de mil cuite 
i l'eau , fans fel & fans beurre. 
Leurs cabanes font quelques rochers 
unis, couverts d'un toit tranfparent. 
Leurs marelas eft du vieux foin , 
leur oreiller , un morceau de bois , 
& leur couverture > une mauvaife 
houfle de cheval. 
RHODES i île d'Afie , fur la côte 
méridionale de la Natolie & de la 
province d*Âidinelli dont elle n*eft 
léparée que par un canal de huit â 
dix lieues de largeur. Elle peut avoir 
environ cent trente milles de tour. 
Elle a changé plusieurs fois de nom, 
fuivant les différentes colonies qui 
s'y font établies. Pline dit qu'elle a 
été appelée Ophieufe ^ Afiéric , 
Œfr/tf , Trinacrie , Corymbie , Ala- 
baris 8c Okoejfa. Ses trois principa- 
les villes étoiént d'abord Lynde j au 
fud^eft de l'île j Camire â l'occi- 
dent , & Jalife au feptentrîon; mais 
la ville de Rhodes bâtie à l'orient 
du temps de la guerre du Pélopo- 
nèfe, devint bientôt la capitale, de 
toute rîle. 

On met au nombre de fes pre- 
miers Rois Tleptolème , Doricus , 
Damagete. Maufole , Roi de Carie^ 



RHO III 

s'en empara par la rufe , 9c les 
Rhodiens » d'alliés qu'ils étoienc 
de ce Prince » devinrent fes fujets. 
Après fa mort ils voulurent réta- 
blir la démocratie ^ & choidrent 
le temps qu'Artemife jetoit les fon- 
démens du maufolée ^ mais cette 
Reine habile & courageufe furpric 
la flotte des Rhodiens ôc porta chez 
eux le fer & le feu. 

Rhodes romba dans la fuite fous 
la dominatioh des Grecs & des Ro- 
mains. Elle a été très-célébre par 
les beaux arts qui y ont fleuri , par 
fa marine , par fon commerce , par 
l'équité de fes lois , &c. 

Ses Académies & furtout celU 
de fculpture y attiroient toutes for- 
tes d'étrangers , & il en fortoit tant 
de beaux morceaux , qu'on difoic 

Sie Minerve y faifoit fon féjour* 
n comptoit dans cette ville jufqu'à 
trois mille ftatues de ditférentes 
grandeurs , toutes faites par d'ex- 
cellens Artiftes. 

Ses temples étoient d'ailleurs or- 
nés des chefs-d'œuvre des premiers 
Peintres , tels que les Parrhaflus , 
les Protogène » les Xeuxis & les 
Apelles^ 

Vers le déclin de l'empire des 
Grecs , l'île de Rhodes eut le fort 
des autres îles de l'Archipel. Elle 
romba fous la domination des Gé- 
nois , des Sarrafins ^ des Cheva- 
liers de Saint Jean de Jérufalem 
qui s'en emparèrent en 13103 & 

aui furent alors appelés Chevaliers 
e Rhodes. Enfin Soliman la leur 
enleva en 1421, & depuis ce remps 
elle eft reftée fous la domination 
des Tares oui. ont hâci deux tours 
pour défendre l'entrée du port, mais 
lis laifTent l'île inculte. 
RHODES , ou RoDâs ; ville de Fran- 
ce , capitale du Rouergue , éat 
TAveirou , à dix lieues ^ nord d'Al^ 



III. RHO 

bt , vîngt-huit: , nord-eft j de Tou- 
loufe , 6c cent quaiante-cinq , lad , 
jde Paris, fou5 le io« dcgro , 14 
minutes , 10 lecoa«ies de louguu • 
de , & le 44* , 1 1 minutes , dîx fé- 
condes de lacicuac. On y compte 
environ onze mille h:ibitans.C*eft le 
iîéged'un Evêché fufFragam d'Albi , 
d'un Pcé(idial » d'une Scnéchauiiée , 
«l'uneEleâion^^'une Maicriie parti- 
cuculière des Eaux 6c Forèts,âc d une 
Lieutenance de la^MaréchaulFée. 
C'eft auffi un gouvernement de pla- 
ce , & le (îége du Commandant de 
la province de Rouergue. Il y a un 
entrepôt pour le tabac , une recette 
des gabelles . une Juftic« feigneu- 
riale pour TÊvèque , ep fâ qualité 
de Comte de la ville & Seigneur de 
la cité. 

On cultive dans TEleâion de 
Rhodes des mûriers blancs pour la 
nourriture des vers à foie. On y 
élève beaucoup de mules 8c de mu- 
lets qui font un objet confidérable 
de commerce pour cette partie de 
la province : on croit quà la feule 
foire de la mi-carème , la vente des 
mules êc mulets rapporte jufqu'â 
vingt mille écus. On en vend en- 
core beaucoup i d'autres foires dont 
les principales font à la Saint Jean 
ou Saint Pierre , â Notre-Dame de 
Septembre , & i la Saint André au 
mois de Novembre. Ce font furtout 
les Ëfpagnols qui font valoir le com- 
merce dès mulet^i 

11 s*en fait dans cette Eleâîon 
un autre atfez conHdérable de toi- 
les grifes , de ferges , de cadis , de 
tiretaine qui fe débitent dans le 
Languedoc j 6c paflent mèine juf- 
qu en Italie. 

La ville de Rhodes eft très-an^ 
cienne \ il en eft fait mention dans 
les commentaires de Céfar. 



RHÔ 

LesWtngoth» s'étant ciuparls 4e 
ccac ville dans la décaacnce de 
rEiiipire, en furent chalfés depuis 
paâ les François ious leiqutts Rho- 
des iut gouvernée par des OfhcierSj 
jufques vers la fin da onzième, fiè- 
de , que cette ville eut des Comtes 
particuliers qui en futent dépolfé- 
dés par les Comtes de Touloufe« 
Cette ville vint enfuite à la mai* 
fon d'Armagnac, de là à celle d'AU 
bret & de ilourbon -Vendôme » Se 
Henri IV U réunit à la Cou- 

• Tonne. 

RHODIENS } ( les) peuples de l'île 
de Rhodes. Fby€\ Rhodes. 

RUODION^fubftantif mafculin. C'eft 
le nom que l'on donne parmi les 
favans , â deux médailles^ d'argienc 
que Von conferve , Tune Sans* le 
tréfor de TÉglife de fainte Croix 
en Jéf u(alem , dans la ville de Ro- 
me » & l'autre » dans celle de Saine 
Jean de Latran à Paris , & que Ton 
prérend être celles que Ton donna i 
Judas pour le prix de Notre SfiV* 
gneur , lorfque ce traître le vendit 
aux Juifs. Ces médailles font cer- 
tainement d'anciennes CQonnoies de 
Rhodes, comme le montrent Tinf- 
cription Rhodion j & la rofe qui y 
eft imprimée d'un côté , & de Tau* 
tre la tète du cololfe ou du foleii. 
Goltzius & Antoine Pi fou ont ea 
en main de pareilles médailles j 6c 
les ont fait graver. Il n'eft pas im* 
poûible que par hafaid on ait pu 
donner i Judas quelques pièces de 
cette monnoic qui peuvoit être en- 
core alors en valeur dans l'empire ; 
mais il eft bieti plus vraifemblable 
que l'on paya Judas avec U: mon- 
noie la plus commune du pays , qui 
étoit la monnoie romaine de l'Em- 
pereur qui régnoit alors , ou de 
quelque uns de fes prédéccflèurs. 

RHODOPE^ ancien nom d'aoe fa- 

meufe 



RHO 

teeufe montagne de Thrace s qu'on 
appelle aujourd'hui le Monc*Der- 
venc. Il commence entre la Servie 
6c la Macédoine , d*où il s'avance 
dans la Romanie , jufqu*â Andri- 
pople. 

Rhodope , $*eft auflî dît d*ane pro- 
vince de la Thrace , fous le Bas- 
EîTipirâ, Elle école bornée au nord 
par la province particulière de Thra- 
ce ^ à lorienc ^ par la province de 
Mimo jt j au midi i partie par la 
mer Egée^ partie par la Macédoine, 
& i Toccident encore > par la Ma- 
cédoine. Le mont Rhodope dont on 
vient de parler , & qui la craverfoit, 
lui donnoit Ton nom. 

RHODOPB,eft encore le nom d*une an- 
cienne ville de TAfie Mineure dans 
rionie. 

RHOMBÊ ; fubftantif mafculin & 
terme de Géométrie. Lofange , fi- 
gure reâiligne qui a deux angles 
aigus & deux obtus , & dont les cô- 
tés font parallèles & égaux. 

RHOMBITE i fubftantif mafculin. 
Nom donné par quelques auteurs 
au criftal d'iflmde , parcequ'il a la 
propriété de fe partager en rhom- 
poïdes. 

Quelques Naturaliftes ont àuflî 
appelé rkombae l'empreinte ou la 
pétrification d un turbot^ & d'autres 
ont donné ce nom à une famille de 
coquillages qu'on nomme plus com* 
munément rouleaux on cylindres. 

RHOMBOÏDE i fubftantif mafculin. 
Figure refbiligne qui a deux angles 
aigus & deux obtus , & quatre côtés 
dont il ny a que ceux qui font pa- 
rallèles qui foient égaux. 

Rhomboïde , fe dit aufti en termes 
d"Anitoaiie , d'un mufcle de Tomo- 
plate , ainfi appelé à caufe de fa 
figure en lofange. 11 eft fitué fous 
la^ partie moyenne du trapèze. ' 

RHÔNE ; nom d'un des neuves les 
Tome XXF<k 



RHO IT3 

plui confidèrables de France. H k 
fa fource au pied du mont Saine 
Gothard , â deux lieues des fburces 
du Rhin. Api^ès avoir arrofé le 
Valais » jl patte à travers le lac 
de Genève , fépare le Bugey de la 
Savoye, commence à eue naviga- 
ble à Seuffel, fcpare la Breffe ; le 
Lyonnois > le Forez & le Vivarais 
du Dauphiné , puis le refte du Lan- 
guedoc , du comtat d'Avignon & 
de la Provence , & fe jette dans la 
Méditerranée avec beaucoup de ra- 
pidité y à cinq lieues au - delTous 
d'Arles , par trois embouchures » 
après avoir reçu un grand nombre 
de rivières donc les plus confidéra- 
bles font la Saône , \*\Çttt ^ la Du- 
rance. Le Rhône eft le fieuve le 
plus impétueux de l'Europe^il chan- 
ge fouvenc fon lit , & occafionne 
des changemens aux limites des 

f^ays qu'il confine. On trouve dans 
e lit de ce fleuve, des paillettes d'oc 
& des fragmens d'un beau marbre à 
fond vert , marqué de taches d'un 
gris brun. 

RHOPALIQUEj adjedif & terme 
de poëfie ancienne. On a ainfi ap^ 
pelé une forte de vers qui com- 
mençoient par un monofyllabe y & 
qui concinuoient par des mots tous 
plus longs les uns que les autres ; 
en forte que le fécond étoit plus 
long que le premier , & le troifiè- 
me plus long que le fécond , & ainfi 
de fuite jufqu'au dernier. 

RHOPOGRAPHEj fubftantif msL^cxx- 
Wtï.Rhopographus. Onappeloit ainfi 
chez les anciens un Peintre qui ne 
s'attachoit à peindre que de petits 
fujets , comme des animaux ^ des 
plantes jé'c. 

RHOTENAMER ; (Jean) Peintre 
né i Munich en 15^4. Le fejouc 
qu'il fit en Italie développa fon 
goût. 11 fe fixa quelque temps à 



f^' 



or 



ii4_ ktiv 

^rèhîjîe bh il 4'^iVina à'après ^îiito- 
j^eCé On aâmua iurcouc un tableau 

\, que ce Peintre fie pat lordre.de 
FEmperéùr Rodolphe îï ; le Aijec 
étôit lé bahqûer des Dieux. 11 pei- 
£nic anflî pour Ferdinand , Due de 
Mancoue , le bal des Nymphes y 
ouvrage très-eftimé. Rhotenamer 
s*écoic fait une manière qui renoic 
i\x goûc flamand & du gouc véni- 
tien. Il eft gracieux dans Tes airs de 
tèce « fon coloris eft brillant , Tes 
ouvrages font très- finis. On lui re- 
proche de manquer quelquefois de 
correction ^ lorfqu'il y avoir quel- 
ques payfages à faire dans fes ta* 
bleaux ^ il les envoyoit â Breugel 
de Velours ^ ou à Paul Bril , pouc 
Ifitppl^er â cette partie que Elhote- 
namer n*entendoit point. On voit à 
Augsbourg plufieurs grands mot* 
ceaux de ce Peintre y on y admire 
entt'autres , fi>n tableau de cous les 
Saints. 

RHUBARBE i fubftantif 'fcrainin. 
Khabarbarum. EUcine qu'on noUi 
apporte en morceaux afli^z gros , 
légers , inégaux , de la longueur de 
quatre » cinq ou /ix pouces ^ & de 

1 la groflfeur de trois à quatre. Elle 

, «ft jaune ou un peu brune en-de- 
hors y de couleur de fafran en-de- 
dans y jafpée comme la noix muf-- 
cade > un peu fongueufe , d'un goût 
cirant fur Tâcre amer » & un peu 
aftringent ^ d'une odeur aromatique 
"& foiblemenc défagréable: elle croie 
d la Chine. 11 faur choifîv foigneu- 
ièmenc celle qui eft nouvelle , qui 
fi^êft poinc cariée , pourrie , nitioi- 
re> qui donne la couleur de fafran 
à l'çau , & qui laiffe quelque chofe 
de vifqueux & de gluaat Sat la 
langue.. 

On n'a jufqu'^ici que des defcrîp- 
lions imparfaites de la plante qui' 
(roiuic la rhubarbe de }a Chine ^ 



RHÛ 

mais comme on la cultive aujoar- 
d'hui au Jardin du Roi â Paris oûb 
elle vient très- bien > on en a donné 
la defcription fuivante. 

La rhubarbe eft une grofle racine 
vivace , ariondie , d'envi roh une 
coudée de longueur , ran^éufe , d'ûl^ 
roux noirâtre en-dehors \ quand on 
lève quelques morceaux de l'écorce^ 
on trouve la fubftance pulpeufe de- 
là racine panachée de points d'un^ 
beau jaune de fafran , furcout en 
fon milieu ^ on reconnoîr l'odeur- 
qui lut eft particulière en la âairane 
vers fon collet :- fon goût eft amer^ 
vifqueux & aftringent : du fommer 
de la racine naiffenc plufîeuts feuiU 
les couchées fur la terre , difpoféc»^ 
en rond les unes fur les autres :: 
elles fonc très-grandes y entières , 
vertes , taillées en forme de cœur , 
garnies de deux oreillettes à leur 
bafe , & portées fur de longues 
queues cpii fournident i la fcuille^ 
même cinq nervures principales.- 
Du milieu des feuilles s'élève une 
tige anguleufe , eannelée , haute 
d'un pied & demi , garnie de qael-^ 
ques enveloppes particulières^ mem- 
braneufes j les fleurs , en fortant de^ 
ces. enveloppes , forment de petites- 
grappes » & chaque fleur eft portée 
fur un petit pédicule particulier r 
elles font femblables à celles de* 
notre rhapontic ^ mais beaucinip 

f^lus petites y fans calice & d'une 
eule pièce » en forme de petite 
cloche découpée en fîx partit-s ; à 
chaque fleur fuccède une graine 
pointue , triangulaire y bordée d'uri. 
feuillet membraneux j elle poufTe* 
d'ans le printemps & fleurit en Juin:: 
fes graines mùrifTentenAoût. 

Par le moyen de l'eau , on retire 
de la racine de ihubarbe de la; 
Chine» plus de moirié de fon poids 
d.'exixait gommeux ^ car elle cov^ 



ïtHU 

tient très-peu de réiîne. Tous les 
JMédecins coonoiirenc deux vertus 
de la rhubarbe , Savoir , d'évacuer 
les humeurs » furcouc celles qui font 
bilieufes » & de fortifier par une 
douce afttiâion les fibres de l>fto- 
fiiac & l«s inceftius j elle lève les 
ôbftctt£kioQ| d^ foie ^ o'eft pour cela 
qve quelques -ttflsi appellent /'of?;^, 
Ja vie 6c la thériaque du f ou. On 
Remploie utilement dans la jaunifTe 
& dans la diarrhée : elle a audi la 
propriété de tuer les vers, & con- 
vient à toutes les perfonnes bt à 
coût âge , lorfqu'elle eft prefcrit%â 
propos j car il y a des cas où elle 
deueche le ventre &c attaque les 
reins , &c. Il faut s'en abftenir dans 
les fièvres chaudes: on l'ordonne en 
fubftance avant le repas , pour ai- 
der la digeftion & pour fortifier 
l'eftomac : la dofe qn eft depuis 
douze grains jufquâ un gros, félon 
l*âge & le tempérament. Lemery 
dit avoir reconnu par expérience que 
la partie brunâtre oui fembie être 

, gâtée dans les grands &c gros mor- 
ceaux de rhubarbe y eft plus aftrin- 
genre & plus propre pour le aux 
de fang & la diarrhée, que la bonne 
rhubarbe. Enfin la rhubarbe centre 
dans quantité de compositions ga- 
léniques; fpn nom eft très célèbre en 
médecine. 

On appelle rhubarbe des MoineSy 
une plante appelée autrement pa- 
tience des jardins. Voyez Patience, 

RHUMATISMAL, ALE-, adjeiif 
&c terme de Médecine. Qui appar- 
tient au rhomatifme. Douleur rhu- 
madfmale* 

RHUMATISME ; fabftantif mafcu- 
hn. Rhumdùfmus. Maladie qui a 
. beaucoup de rapport avec la goutte, 
& dans laquelle on refTent de la dou- 
leur dans les mafcles , dans les 

.. meiubraA^s, ou mèoxe dans le pé- | 



RHU jij 

riofte^accompagnée de difficulté dans 
le mouvement volontaire. 

Il y a des rhumatifmes qui entre- 
prennent tout le corps , & d*autres 
qui fe jettent fur une pactiç ^Ics- 
ment. 

L'impreflion du ffroid , {qcfqu on 
eft échauffé , les habitations h^mi'- 
des & nouvellement bâties ^ la vie 
fcdentaire , l'abus dn vin' & des 
femmes , la fuppreflion des règles , 
des hémorrhagies ou de toute autre 
perte de fang habituiel}e, 1^ rentrée 
des éruptions cutanées , ^c. en font 
les caufes les plus ordinaires. Siden- 
ham a prétendu que le grand ufnge 
du quinquina y difpofoit j mais n'a 
t-il pas imputé trop légèrement à ce 
remède ce qui pouvoir avoir un au- 
tre principe ? 

On fait que le rhumatisme a dif- 
férens degrés ainû que la goutte* 
Lorfque les douletirs font à un cer- 
tain point , l'aâiion des mufcles efl: 
fufpendue â çaufe que leur. mou- 
vement augmente les fouffrances. 
Ceux qui ont voqlu diftinguçr le 
rhumatifme en chaud & en froid , 
ne fe font fondés que fur la pré- 
fence & l'abfence de la fièvre. Il 
commence communémer^ par le 
fniïbn & la fièvre j enfuite, ceft- 
à-dire , le fécond pu le tcoifième 
jour, Us douleurs fe font fentir plus 
ou moins vivemtnr ; ^lles changent 
fouvent de place , & afF.û^nt fuc- 
ceflîvement différentes parties ♦ fur- 
tout dans les jeunes gens. La fièvre 
rhumacifmaie dont les légères at- 
taques font exemptes , n'a point de 
type ; elle eu tantôt foible , tai^côt 
véhémente , continue ou incermit- 
tente : elle fe termine ordinaire- 
ment en peu de temps ; mais les 
douleurs perfiftent davantage , quel- 
quefois mcme avec plus de violence. 
Elles durent alTez communém,enc 

p ij 



11^ 



RHU 



trente ou quarante jours, quelque- 
fois der mois , des années , 6c mê- 
me toute la vie \ les récentes peu- 
vent être accompagnées de rougeitr 
6c de tenfion à la partie ^ de même 
qu'à la goutte. 

Il faut obfetver que les douleurs 
rhumatifmales tant fixes que va- 
gues , qui deviennent plus aiguës 
par le mouvement , redoublent en- 
core pendant la nuit , & qu'elles 
relTemblent , quant à ce point , aux 
vénériennes & aux fcorbutiques : 
elles font moins violentes que celles 
de la goutte \ cependant celles des 
lombes font très-vives \ on les prend 
quelquefois pour la néphrétique. 

Le rhumatifmeeft rarement dan- 
gereux , (i on ne donne lieu , par 
un mauvais traitement » ou par quel- 
que faute dans le régime ,* au tranf- 
pott de la matière morbifique vers 
les vifcèresj& principalement vers le 
cerveau &c le poumon d*où il réfulte 
des accidens qui ne font pas moins 
redoutables que ceux delà goutte re- 
montée. Le rhumatifme univerfel 
fe termine le plus fouvent par les 
fueurs» quelquefois par une érup- 
tion â ta peau : dans quelques-uns 
il fe fait une évacuation critique 

Ear les urines , les menftrues , les 
émorrhoïdes , &c. Le rhumatifme 
particulier eft ordinairement plus 
obftinéque Tuniverfel, mais moins 
i craindre. Si l'un & Tautre vien- 
nent par paroxyfme, ils cèdent 
mieux aux temédes. Le rhumatifme 
invétéré rend perclus de tous les 
membres j & de même que la 
eoutte , il tord , renverfe , & noue 
les doigts des mains 6c des pieds , 
qui en reftent contrefaits 6c cro- 
• chus. 

Ob enFiploie les faignées dans la 
£èvre thumatifmale, furtout lorf- 
^u'il / a rougeur & tenGon aux ar- 



ftHU 

ticuUtions ; mais elles ne fôm patr- 
ies que dans les premiers jouis de I» 
maladie. On a remarque cenif^fois 
qu'après le feptième jour, elles 
rendoient la maladie plus rébelle» 
Elles ne doivent pas même être pro* 
diguéesdans le temps marqué: trois 
ou quatre font ordinairement fuffi- 
fantes , quoi qu'en difent ceux qui 
prétendent qu*on doit faigner tant 
que la fièvre & les douleurs peifif- 
tent. 

H eft quelquefois néceflTaire après 
la première faignée , de faire vo- 
#mir les malades. A l'égard des pir* 
gatifs, on n'en doit ufer, fans de 
bonnes raifons , que vers le dédi» 
de la maladie. Mais il e(l ttès im- 
portant « de tenir , dans tous les 
temps, le ventre libre, tant par le 
fecours des iavemens , que par ce- 
lui des plus doux laxatils. Les dé- 
layans , les rafraîchitTans & les 
tempérans , tels que le petit-lait > 
les tifanes nirtées , la crêinede tar- 
tre* ta poudre tempérante, &c. 
les dépurans & les diaphorétiques » 
les légers diurétiques , 6c même les 
apéritifs font tes remèdes qu*oti 
emploie le plus heureufement pen- 
dant le paroxyfme* Mais il fauc 
éviter, parmi ces derniers^ ceux 
qui font trop aâifs , parce qu ils 
peuvent devenir très - perni- 
cieux. La thérébenthine , i'anti* 
moine diaphorétique , refprrt de 
corne de cerf, celui de vipères, 6c 
tous les autres écbauffans , que l'ont 
donne aflfez familièrement , deman- 
dent beaucoup de ctrconfpeâion » 
lorfque la fièvre eft forte ; car on a 
vu plus d'une fois , qu elle a dég^ 
néré en inflammatoire. 

Les caïmans hypnotiques ne con- 
viennent pas mieux au rhumatifme 
qu'à la goutter ils peuvent troubler 
ces fortes decrifes qui fuivent afleai 



RHU 

commanémenc les plus violens 
accès : ils rendent d'ailleurs Tune 
& l'autre plus opiniâtres, & les dé- 
terminent même quelquefois vers 
le cerveau. Le camphre eft le feul 

Îu'on puiITe donner en (ureté , & 
ont on a éprouvé le plus conftam- 
menc de bons effets. Les pierres 
d'écrevifles , la corne de cerf pré- 

Earée , Sz plufîeurs autres- abfor- 
ahs font dans quelques cas très-, 
utiles. On recommande encore la 
rhubarbe & le quinquina , la racine 
de bardane , 6c les baies de Geniè- 
vre, le mercure doux , ôc les pilules 
de favon j mais tous ces remèdes 
^^appartiennent guère qu'au rhuma- 
tisme chronique , pour lequel on a 
donné encore quelquefois avec a flTez 
de fuccès l'eau de goudron. Au ref 
te rien n'eft plus propre â prévenir 
le retour de cette maladie j que le 
lait, les eaux minérales & les bouil- 
lons de vipère. 

A l'égard des remèdes externes, 
les topiques les plus employés font , 
la grailTe d'ours , la moelle de cerl^ , 
l'onguent d'althacâ", Thuile de vers , 
de camomille 5c de laurier, le mica 
panis, ùc. On applique encore des 
veflies pleines de laie, des boules 
d'étain remplies d'eau chaude , des 
animaux vivans j &c.On a recours 
enfin au baume tranquille , ëc â 
d'autres caïmans ^ pour appaifer les 
grandes douleurs ; mais leur ufage 
a toujours paru fufpeâ. Lorfque les 
douleurs accompagnées de renfîon 
& de rougeur , n*ont pas cédé aux 
faignées Ôc aux autres remèdes , on 
propofe d'appliquer des fang-fues à 
la rarrie , & même des véficatoircs ; 
& cette méthode eft fuivie des fuc- 
cès Us plus heureux. Le rhumatif- 
me chronique demande d'autres 
fecours : tels font l'ufage de la ag- 
nelle » les étuves ou les bains de 



ÎIHU 



"7 



vapeurs^ les bains des eauxiher« 
maies, comme de Plombières > de 
Vichy j de Bourbon TArchambaut], 
de Balaruc, de Digne, d'Aix-la- 
Chapelle , &c. ceux du marc de 
raiHns ; l'application des boues mi- 
nérales , les friâions avec du lin- 
ge, ou de la flanelle chaude ; fans 
parler des cautères & des ferons» 
defquels on ne peut attendre que de 
bons effets. On ne connoît enBn 
rien de plus efficace pour le rhuma- 
tifme borné à quelque partie , que 
Taâion des mufcles qui en font le 
(iége*: ce remède eft à la vérité cui« 
fant , mais il opère bien. Pour le 
rhumatifmedu cou , il ne demande 
que de la chair ur & des parfums 
avec l'encens, le karabé , &c. Il ell 
inutile de dire que lorfque la 
fuppreffion de quelque perte , oit 
la rentrée de quelque éruption ont 
donné lieu à cette maladie , ondoie 
avant toute chofe, tâcher de les 
rappeler ; & Ton n*a dans ces cir- 
conft'>nces, ^uère befoin d'autres 
remèles. 

RHU\i€ -, fubftantîfmafcuHn. Fluxion 
cauféc par une humeur acre qui or- 
dinairement excite la toux , Se rend 
la voix enrouée. 

Généralement parlant, les rhu« 
mes font précédés de pefanteur de 
tcre , d'eneourdilTement des fens » 
d'une grande laflitude ; il futvienc 
enfuite un fentiment de ftoid fur 
toute la futfacOidu corps. Se un 
léger friflon au dos. Souvent une 
grande difficulté de re(pi(er , des 
douleurs vagues autour des épaules » 
& enfin un petit mouvement de fiè- 
vre. Mais n le rhume eft caufé par 
une inflammation, on rcflent de 
Tardeur, de la douleur ,, & tout le 
corps eft comn>e en phlogofe- Dans 
le rhume froid les humeurs font 



ii8 



RHU 



plus vifqaeufes & plus groffières » 
& le malade eft fai(î de froid. 

Enfin on penc regarder le rhume 
en général comme une légère périp- 
iieumonie qui eft prête à commen- 
cer. 

Les caufes éloignées du rhume 
font les mêmes que celles du ca- 
carre. 

Le traicement doit être différent 
félon les caufes & les (ympcômes. 

1^. Les diurétiques & les fudo- 
rifiques arec les atténuans de tout 

Î;enre, conviennent pourdivifer 
es humeurs vifaueufes , & faire 
couler celles qui (ont trop lentes 8c 
tu congeftion. 

1®. Lis mucilagineux , les încraf- 
fans conviennent dans les rhumes 
produits par Tacrimonie & la chaleur 
de la férofité. 

j^. Les relâchans font indiqués 
dans la teniîon , les hume(%ans dans 
la féchereife , les adouciiïans dans 
la rigidité ,rafpérité& la douleur 
de la gorge. Les narcotiques & 
les anodins font cxcellens dans 
tous les cas de douleurs & de fpaf- 
mes qui accompagnent le rhume ; 
miis ces derniers demandent la fai- 
gnce. 

Si les premières voies ou les fé- 
condes font remplies de fnlure , fi 
le ventre neft pas libre, les lave- 
mens émolliens , les purgatifs, les 
émétîques doux font indiqués. 

Mr'.is comme rien n'entretient 
davantage le rhume & les cararres , 

?iae Tabord de nouvelles humeurs 
ur la partie, la faignée qui les di- 
minue , & la dicte, font auffi deux 
grands remèdes dans ce cas. D'ail- 
eurs , le rhume demande particu- 
ièrement la faignée ^ parceque 
*état naturel du poumon , qui re* 



RHY 

çoit autant de fatxg que le refte dvi 
corps , étant d'être dans une tenfion 
continuelle , il fe trouve furchargé 
dans le rhume. 

Au refte la pratique doit varier 
autant dans le rhume que les caufeg 
qui l'ont produit. 11 eft bon quel- 
quefois d'employer les béchiques 
expeâorans', d'autres fois les fudo- 
rihques » les alkalis volatils , les itls 
volatils huileux , & fouvent les vé« 
ficatoires : les ventoufes appliquées 
entre les épaules ont guéri des rhu- 
mes féreux , invétécés & incurables 
par toute autre voîe« 

Remarquez ici furtoat au'il arri- 
ve des rhumes par répaiflifFemenc 
des humeurs ^ par le defféchemenc 
des fibres. C'eft ce qui fe voit dans 
ceux qui combattent â tout inftanc 
fous les étendards de Vénus , ou qui 
facrifient très-fouvent i fiacchus. 
Dans ces cas les remèdes doivent 
être bien ménagés j la diète reftau* 
rante eft le plus grand fecouts. 

RHUS} voy^i Sumac. 

RHYÂS} fubftantifmafculin & terme 
de Cbirurgie« Diminution confidé- 
rable , ou même confomption to- 
tale de la caconcaleiacrymale, fituée 
dans l'angle interne de 1 œil, d'où 
refaite un larmcôement continuel 
par le défaut de cette caroncule » 

3ui ne peut plus diriger les larmes 
ans les jposnts lacrymaux. Cette 
maladie eft oppofée à l'encanthis; 
elle eft fouvent l'effet des corrofifs 
appliquée imprudemment dans i œil, 
ou d'une férofué acre , quife jette 
fur cette partie : elle fuit ordinai^ 
, rement, ou elle accompagne la fif- 
tule lacrymale. 

RHYTHME ; fuhftantif mafculin. 
C'eft dans fa définition la plus géné- 
rale , la proportion qu'ont encr'elles 
les par ries d'un mêine tout. C'eft en 



RHY 

inafiqae , U différence dtt moove- 
mcm qui réfulce de la Ticeire ou de 
k lenteur » de U longueur ou de la 
brièveté des temps. 

Ariftide QuiniUidn divife lé rhy th- 
meen trois efpècesj (avoir, le rhyth- 
me des corps immobiles, lequel 
réfulte de la jufte proportion de 
leurs parties , comme dans une fta- 
^ eue bien faite j le rhythme du mou- 
vement local , comme dans la dan- 
fe , la démarche bien compofée , les 
attitudes des pantomines ^ & le 
rhythme des mouvemens de la 
voix ou de la durée relative des 
fons , dans une telle proportion , 
que, foit qu'on frappe toujours la 
même corde , foit ^u on varie les 
fons du grave à Taigu , Ion falTe 
toujours réfulter de leur fucceflion 
des ^ets agréables par la durée & 
la quantité* Cette dernière efpèce 
de rhythme eft celle dont il s'agit 

Kl. 

Le rhythme amtiqué â la voix peut 
encore s'entendre de la parole ou du 
chant. Dans le premier fens, c*eft 
du rhythme que naiflTent le nombre 
le rharnnonie dans Téloquence ; la 
mefûre Se la cadence dans la pocfie; 
dans le fécond , le rhythme s'appli- 
que proprement à la valeur des no- 
tes, & s'appelle aujourd'hui mefu- 
te. C'eft encore à cette féconde 
acception que fe bornera ce qui 
^vaètre dit far le rhythme des An- 
ciens. 

Comine les fyllabes de ta langue 
]|recque avoîent nne quantité & des 
valeurs plus fenfibleSi plus déter- 
minées que celles de notre langue , 
& que les vers qu'on chancoit 
étoienc compofés d'un certain nom- 
bre de pieds que formoient ces 
fyllabes, longues ou brèves, diffiê- 
teoiineot combinées > le rb jthme 



RHY 



119 



du chant fuivoît régulièrement la 
marche de ces pieds , Se n'en étoit 
proprement que l'expreflion» Il fe 
divifoit , ainfi qu'eux j en* deux 
temps j l'un frappé, l'autre levé; 
on en comptoit^rois genres , même 
quatre & plus , félon les divers 
rapports de ces temps. Ces genres 
étoient l'égal y(\\x Us appeloient auilî 
dacUliquey où le rhythme croit divifé 
en deux temps égaux; le double y 
trochaïque , ou ïambique , dans le- 

2uel la durée de l'un des deux temps 
toit double de celle de l'autre ; le 
fefquialtèfc qu'ils appeloient audî 
péonhque^ dont la durée de l'un des 
temps étoit â celle • de l'autre en 
rapport de j à i ; enfin Yépitrite ^ 
moins ufité , oii le rapport des deux 
temps étoit de } à 4. 

Les temps de ces rhyihmes étoienc 
fufcepiibles de plus ou moins de 
lenteur , par un plus grand oxk 
moindre nombre de fyllabes ou de 
notes longues ou brèves , félon le 
mouvement , & dans ce fens , un 
temps pouvoit recevoir jufqu'à huit 
degrés différens de mouvement par 
le nombre des fyllabes qui le corn* 

Ï^ofoient^ mais les deux temps con- 
ervoient toujours entr'eux le rap- 
port déterminé par le genre du 
rhythme. 

Outre cela, le mouvement & 
la marche des fyllabes , & par 
conféquent des temps &: du rhythme 
qui en réfutroit , étoit fufceptible 
d'accélération & de ralenti fTement » 
à la volonté du Poëte, félon l'ex- 
preffion des paroles & le caraârère 
des partions qu'il falloir exprimer. 
Ainfi de ces deux moyens combinés 
nai(Tbient des foules de modifica^ 
lions poflibles dans le mouvement 
d'un mênre rhythme, qui n avoienc 
d'autres bornes que ccdles aiide^i 



ïxo 



RHY 



ou au delà defquelles l'oreille n*eft 
plus à portée d'appercevoir les pro- 
portions. 

fcerhythmej par rapport aux pieds 
qui eniroienc dans la pocUe,fepar- 
tageoit en troir autres genres. Le 
(impie, qui n^admcttoic qu'une forte 
de pieis \ le compofé , qui réfultoit 
de deux ou plufieurs efpèces de 
pieds ; & le mixte , qui pouvoir fe 
ïéfoudre en deux ouplufieurs rhyih- 
lîies, égaux ou inégaux, félon les 
diverfes corabinaifons dont il ctoit 
fa fceptible. 

Une autre fource de variété dans 
le rhythme étoit la différence des 
marches ou fuccefliyns de ce même 
rhythme , félon renrrelacement des 
diffcrens vers. Le ihythme pouvoir 
erre toujours uniforaie;c'eft-à-dire, 
fe battre à deux temps toujours 
égaux , comme dans les vers hexa- 
mètres , pentamètres , adoniens , 
anapeftiques , &c. ou toujours iné- 
gaux, comme dans les vers purs 
ïambiques ; ou diverfifié , c'eft-à di- 
re , mêlé de pieds égaux & d'iné- 
gaux, comme dans les fcazons, les 
choriambiques , d'c. Mais dans tous 
ces cas les rhythmes , même fem- 
blables ou égaux, p^uvoient , com- 
ité on Ta dit , être fort différens en 
vîteffe félon la nature des pieds. 
Ainfi de deux rhythmes de même 
genre , réfultant l'un de deux fpon- 
dées , Tautre de deux pyrriques , 
]e premier auroic été double de 
l'autre endurée. 

Les filences fe trouvoîenc auffi 
dans le rhythme ancien j^ non pas, 
à la vérité , comme les nôtres pour 
faire tair^ feulement quelqu unede$ 
parties , ou pour donner certains 
caradiires au chant; mais feule. 

ment pourremplir ta mefure decej 
V^rj» appelés catalei3;iqiie$ , qui cpan. 



RHY 

^noient d'une fyllabe: ainfi le (ilen<^ 
ce ne pouvoir jamais fe trouver qu'à 
la fin du vers pour fuppléer à cette 
fyllabe. 

A regard des tenues , ils les con- 
noifloient fans doute , puifqu'ils 
avoienr un mot pour les exprimer. 
La pratique en devoir cependant 
ê;re fore rare ptrmi eux ; du moins 
cela peut il s'mférer de la narure 
de leur rhythme j qui n'étoit que 
Texpreflion de la melure & de Thar- 
monie des vers. Il ne paroît pas 
non plus qu'ils pratiquaient les 
roulades , les fyncopes , ni le^ 
points, à moins que les inftrumens 
ne fi(rent quelque chofe de fem- 
blable en accompagnant la voix -, de 
quoi nous n'avons nul indice, 

Voflîus dans fon livre de pocma'* 
tum cantu & viribus rhythrtti , relève 
beaucoup le rhythme ancien , & il 
lui attribue toute la force de l'an- 
cienne mufîque. II dit qu'un rhyth- 
me déraché comme le nôtre , qui 
ne repréfente aucune image des 
chbfes , ne peut avoir aucun effer , 
& que les anciens nombres poéti- 
ques n'avoient été inventés que 
pour certe fin que nous négligeons. 
Il ajoute que le langage & la poëfie 
modernes^ font peu propres pour U 
mufique, & que nous n'aurons ja* 
mais de bonne mufique vocale » 
jufqu'à ce que nous faffions des vers 
favorables pour le chanr; c'eft-à- 
dire, jufqu'â ce que nous réfor- 
mions notre langage , & que nous 
lui donnions , i l'exemple des An^ 
ciens , la quanriré & les pieds me- 
furés, en p rofcri van t pour jamais 
l'invention de la rime. 

Nos vers , dir- il , font précifé* 
ment > comme s'ils n'avoient qu'un 
feul pied \ de forte que nous n'a« 
vonsdans notre poëfie aucun rhyth- 
me 



RHY ^ 

inèvéritabfe. Se qa*eri fabriquant 
«os vers , nous ne penfons qu'à y 
faire entrer un certain nombre de 
fyllabes , fans prefque nous embar- 
rafler de queliç nature elles font. 
Ce n eft fûrement pas là de TétofFiç 
pour la miifique. 

Le rhythrtie eft une partie eflen- 
délie de la mufique , & furtout de 
Timitative. Sans lui la mélodie n*eft 
rien , & par lui-même il eft <fhel- 
que chofe, comme on le fent par 
l'effet des tambours. Mais d'où 
vient Timpreflion que font fut nous 
la mefure& la cadence? Quel eft 
le princijpe par lequel ces retours 
tantôt égaux & tantôt varies affec- 
tant nos anies , & peuvent y porter 
le fentiment des paflions ? Deman* 
dez-le au Métaphyficien. Tout ce 
que nous pouvons di^e ici eft que , 
comme la mélodie tirefoh caraâè> 
re des accens de la langue, le 
rhythmc tire le fîen du caraâère de 
la profodie , & alots il agit corn- 
meimage de la parole ^ à quoi nou$ 
ajouterons que çettaipes. paflions 
ont dans la tiatùte un caraâèrè 
rhyttitmïque auflî bien qu'un caraci 
fère mélodieux, abfolu& indépen- 
dant 41 la langue ; comme la trif- 
tefle , qui marche par temps égau:f 
& lents , de même qi;e par 
tons remiflès: & bas; la joie *par 
temps fautillans & vîtes, de mêm^ 
que pat tons aigus &,intenfcs « d*où 
l'on ptut pté fumer qu^on pourroit 
cbferver dans rourcs les autres paf- 
fions un caradlère ptopre , mais 

Î^lus diftîctle à (aiflr , à caufe que 
a plupart décès autres paflions étant 
compoféés \ participent- plus ou 
nioinsj tant des pVécédentes que 
l'une dé l'antre. 
ARYTHMIQUE ; adjeftlf des deux 
genres. Qui appartient au rhyiKme. 
VUrt rhychmtquc* 
Tome XXV. 



RHVTHki(^tj¥', s*eftatjflldîtfubftî}nti- 
vemenr clie^ les Anciens , ^de ç^ tte 
partie de l'art muflcal qui enfeignoic 
i pratiquer les règles du mouvement 
& du rhythmc^ ^lou les lp;i5 de la 
rhythmopée. 

La rhythmiquc , pour le dire un 

. peu plus en détail , confiftxnt à fr- 
voir choi/ir , entre les trois modes 
établis par la rhythmopée, le plus 
propre au caraâère dont il sVgif- 
ibit, à cbnnoitre & pofléder à fond 
toutes les fortes de rhytbmes ,-à 
difcerner te employer les plus coii- 
venables en chaque, occafîon , à les 
entrelacer de la manière à la fois la 
plus expreffive & la plus agréable , 
& enfin a diftinguer Xar]^s ic la 
thefis , par la marche la plus fenfible 
& la mieux cadencée. 

RHYTHMOPÉE j fubftantif «mî- 
nin & terme de Mufique ancienne. 
Partie de la fcience muficale qui 
prefcrivoit à Tart ihythmiqae les 
lois du rhythme fi( de tout ce qui 
lui appartient. La rhythmopée étoit 
i, la, ihytl^miqite , ce qu'étoit la 

^ ^mélc^^ à)la mélodie. i 

La rhythmopée z^oit pour objet 
le roouvemçnt j ou le temps daîit 
elle marquoit la mefure » les divi« 
fions , l'ordre & le mélange ^ foie 
pour émouvoir les paflions ,- foit 
pour, les changer ; foit pbut les cal- 
t mpr. Elle jre|>rer^oiiD aufli la fcience 
des mouvemenx muets , appelés ar^ 
chejis , & eh général de tous les 
mouvemens réguliers. Mais elle fe 
r^ppprtoit principalement à la poc- 
fie,pa.rcequ alors la pocfie régloit 
fei^ie. lef mpuvemét)s de la Mufi* 
que , & qu'il n*y a^vdit; point de 
Mufique purement inftrumemale 
qui eut un rhythme indépendant. 
On fait que la rhythmopée fe 
partageoit en trois modes ou tropcs 
principaux , l'un bas & Terre , ua 

Q 



autre élevé & grande &.Je moyen 

{laifible & tranquille j mais du refte 
es Anciens ne nous onc laifTé que 
des préceptes fore généraux fur 
cette partie de leur Mufique, Se ce 
qu'ils enônt dit'fe rapporte toujours 
aux vers ou aux paroles deftinées 
pour le chanta 

RlÂNS 'y nom de deux bourgs de 

France, dont l'un eft (icué en Bérry, 

à quatre lieues, eft, de Bourges, 

' Se l'autre en Provence , à cinq 

lieues , eft , d'Aix. 

RIANT , ANTE ; adjeftif- ïTiiaris. 
Gracieux , qui marque de la gaie- 
té , de la joie. Elle a toujours un 
air riant y une mine riante, m-^^oir 
fœil vif& riante 

KiANT > fignifie auffi agréable â la 
vue , qui plaîc aux yeux. Unpayfage 
riant. Une maifoh riante. s 

De figures fans nombre égayez votre 

ouvrage. 

Que tout y fafle aux yeux une riante 

image» ' - . 

. . :BoiiiEAU. 

La première fyllAe eft brève, là 
féconde longue, & là trbificn!iie di> 
féminin rrès-brève. 
: RIADHIAT ; fubftantîf mafculin & 
terme de Relation. Pratique fuper- 
ftitieufe en ufag.e cher les Maho^^ 
métatls , & furtout chez ceiix de 
rindoftan. Elle confifte à s'enfermer 
pendant quinze jo^rs dans un lieu 
où il n'etitre àucuhe lumière ; du- 
rant ce temps ,. le dévot Mufalinan 
qui s*eft reclus, répète fans cefTe le 
mot hou , qui eft un dés artributs 
de Dieu \ il ne prend d'autre nour- 
riture que du pam & de leaù après 
le coucher du foleil. Les cris re- 
doublés de hou ^ les fconcorfions 
dont le pénitent les accompagne, 
le jeûne rigoureux qu'il obferve ne 
tacdem pas ile mettre dans uni état 



violent ; alots les Mahomé^taJi* 
croyent que la force de leurs prià^ 
tes oblige le diable à leuc révéler 
l'avenir j & ils s'imaginent a-voir de^ 
vifions. 
RIALEXA , ou RÉALÉJO ^ ville 
fort dépeuplée de TAmérique fep- 
tentrionale , dans la Nouvelle- Efpa* 
gne ixxi une petite rivière ,. à deux 
lieues de la mer du Sud , où elle a. 
^n grand havre qui porte le même 
'Çom , & (^ui peut contenir deu» 
cens voiles. On y mouille par fept 
à huit bra(Tès d'eau ,. fond de fable 
clair & dur ; la'ville a trois "Êglifcs 
& un hôpital , mais l'air y eft très- 
mal fain y à caufe du voifinage desr 
marais. 
RIEADAVIA i vHle dTfpagne dans, 
la Galice , au confluent du, Mînho' 
Se del'Avia, & à fix lieues ,/lud- 
oueft , d'OrenCe, Qn y recueille: 
d'excelleiu vin. 
RIBADfiO y ville d'ÈfpagRe- dans !» 
Galice ,.près de rembouchure d une- 
' rivière de même nom x ^ ^^^ lieues 
deLuartia.. 

La rivière de Ribadeo a fa fourcê 
dans les montagnes aux frontière!^ 
' des royaumes de Galice Se de Léon ». 
Se fon embouchure dans^ mer. 
RI BAS j. ville d'Efpagne d!hs la Noa- 
velle-Caftille , fur la rivière de 
Xi rama ', à trois lieiies de Madrid. 
RIBAÙD , AUDEi adjeûif.quL 
s'emploie auflî • fubftanttveroent. 
Rei venerU deditus. Luxurieux y im- 
pudique. Un ribaud. Une femme ri^ 
î^<2ttt/d. Ce terme eft libre Se Ton eit 
évite l'ufage. 

Oh agpeloit autrefois rihauds ^ 
une force de foldats qui fervoient 
fous Philippe-Auguft&J Us avoient 
un Chef qui portoit le titre de Ror 
fuivant L'ufage qui s'étoit introduit 
alors de donner cette qualité â çeiix 
qui avoient quelques commapde-r 



• mens fur les autres. Ce roi des RU 

• iauds n'avoic point bouche en Cour, 
' mais feulement fix denrées de pain , 

& devait être monté pzv l'écurie. Le 
- devoir de fa charge écoit de fe tenir 
toujours hors la porte , pour écarter 
ceux quinavoient point droit dy en- 
trer. S'il fe conjifiettoit quelque cri- 
me dans Vhofi<yvL chevauchéedu Roi , 
c'ëtoit lui qui en faifoic informer , 
tjui jugeoit , qui décernoit la peine 
convenable. 

Ragueau dit que ce roi des Ri^ 
' bauds tiroit un tribut des femmes 
proftituëes qui fuivoient la Cour. 
Le Fércn veut que cet officier ait été 
fergent des premiers Maîtres d'hô- 
tel \ qu'il en avoir deux ou trois 
fous lui avec un Prévôt , pour gar- 
der les- prifonniers \ que toutes les 
femmes publiques qui fuivoient la 
Cour , iogeoîent chez lui \ - qu'il 
avoit la garde » tant de la chambre 
& de la lalle, que de la Maifon du 
Roi ; quele Prince n'étoit paspluc&c 
au lit, qu'il alloit partout le palais 
• avec un flambeau allumé , ann de 
voir s'il n'y avoit perfonne de ca- 
ché. 

Boutillier ajoute que les jeux de 
dés , de brelans , les lieux & les 
femmes publiques de la Cour lui 
dévoient par femaine chacun deux 
fous. 

FoucketzSwi^ qu'il étoLt Officier 
de la ^laifon du Roi ; qu'entr'au- 
tres fondions , il venoit le foir 
dans toutes les chambres , une tor- 
che â la main » vificer tous les 
coins & recoins , même les lieux 
les plus fecrers , afin d'être plus 
affiiré qu'il n'y avoit ni étrangers , 
tii larrons j ni débauchées ^ ni offi* 
ciers avec elles. 

Du Millet cft d'un autre avis , il 

5 prétend guc le roi des Rihauds écoit 
e Grand- Ptevôt de THôtei ioi- 



' "hième j auquel il appàrtenoit dPhb 
juger des diuolurions & des crimes 
qui fe commettoient à la fuite de 
la Cour , hors la Maifon du Roi ; 
que les femmes publiques fuivanc 
la Cour y étoient fous fa charge ; 

3ue tous les ans , pendant le mois 
e Mai , elles étoient obligées de 
faire fon lit 6c fa chambre. 

Enfin , Pafquier veut que le roi 
desRibauds^ io\is Philippe* Augujle^ 
ait été le capitaine d'une compagnie 
nommée les Rihauds du Roi , cens 
braves & d'une grande léputation ^ 
qui fe diftinguoient à l'attaque 6c 
aux afTauts des places. Quoi qu'il en 
foit, le nom de cet Officier fut fup^ 
primé fous Charles FIL S 

RIBAUDEQUINi fubftantif mafcu- 
lin. Nom d'une ancienne machine ' 
de guerre qui étoit un arc de douze 
à quinze pieds de long , qu'on pla- 
çoit fur un mur , & par le moyen 
duquel on lançoit un prodigieux ja- 
velot qui tuoit fouvent plufieura 
hommes à la fois. 

RIBBLE i rivière d'Angleterre quia 
fa fource dans le Duché d'.Ybrck » 
au nord de Gisborn ^ & fon •em- 
bouchure dans la mer d'Irlande ^ 
après avoir traverfé le Comté de 
•Lancaftre. 

RIBCHESTER ; ville d'Angleterre 
dans le Comté de Lahcaftre , fur la 
Ribble , près de Prefton. 

RIBEMONT ; ville de France en Pi- 
cardie, près de TOife, entre Guife 
& la Fère. C'eft le fiége d'une Pré- 
vôté Royale. 

RIBER A-GRANDE i ville de Tîlede 
San-Jago, la plus conûdérable de 
. celles du Cap- Verd , dans la partie 
occidentale^de l'île , à trois lieues 
au nord-oueft de Praya , â l'embou- 
chure de la rivière de San- Jago , qui 
prend fa fource â deux milles de la 
Vilte^ entte deux montagnes. Soi^ 



114 RIB 

.i^ Evèché, qui eft fufFragant <fe Lif- 
bonne, compre coures les îles du 
Cap-Verd dans fou diocèfe. La 
maifon du Gouverneur domine fur 
toute la Ville , qui eft prefque en- 
; tièremenc peuplée de Portugais. Ce 
Gouverneur étend fajuridiâion , 
non-feulement fur les îles du Cap- 
Verd , mais encore fur tous les do^ 
maines du Portugal qui font dans la 
haute Guinée. Le port , qu'on nom- 
, me Sa'imc' Marie , eft ad nord de la 
I Ville j & les vaifleaux y font en fû- 
, reté. 

RIBLER ; vieux mot qui fignifioit 
autrefois courir la nuit comme les 
.filoux. 

RIBLET TE ; fubftantif féminin. Mecs 

.fait d'une trancht; de boeuf, de 

rveau ou de porc , déliée , falce , 

épicée & cuite fur le gril. Manger 

. des rlbleues. 

RlBLEUH; vieux mot. Il Hgnifioit 
.autrefois qui court les rues la nuit 
-comme les BIoux. 

RIBNITZ ;. petite ville d'Allemagne, 

;au cercle de la baffe Saxe , fur un 

cPfci^. golfe de la met Baltique , à 

cinq lieues, nord -eft, de Rof- 

tock. 

RIBORD j fubftantif mafcuiia & 
terme de Marine. C eft le fécond 
raiig de planches qu'on met aa- 
.deuus de la quille pour faire le 
bordage du vailTeau. Ce rang for- 
me avec le gabord , la coulée du 
bâtiment. 

RIBORDAGE ; fubftantif mafcuUn 
& terme de Marine. Dommageque 
le choc d'un vaifTeau caufe à un au- 
tre dans le port ou dans la rade en 
changeant de place. Payer le droit de 
ritordage. 

RICANEMENT; fubftanrif mafca^ 
lin. Adèion de Ricaner. Ce ricane- 
ment me déplaît. 

RICANER y, verbe neuigre 4e t^ P^^" 



R I G 

imdre ronjngaifon , lequel (e cott* 
îugue comme Chanter. Cachinnari^ 
Rire â demi , foit par fotile , foie 
par malice. // ny a pas à ricaner 
fur ce que je viens de dire. Elle ne 
fait que ricaner.. 

Les deux premières (yllabes font 
brèves, & la tro^ème longue pi» 
brève. f^oye{ VeiSe. 

RICANEUR , EUSE ; fubftantif. Qui 
ricane. C'efi un ricaneur , une rica^ 
neufe. 

RIC A-RICî façon de parler adver- 
biale & du ftyle familier ^ qui fi- 
gnifie, avec une exaftitude entière^ 
a la rigueur. Il fut payé defesgage^ 
ric-à-rïc. 

RICARD ; ( Jean Marie ) Avocat ait 
Parlement de Paris , né â Beauvais 
en K^az, & mort en 1678. Ona4e 
lui , i^. un traité des fubftitutions ^ 
1^. un commentaire fur la coutume 
de Senlis : 3^. un excellent tra'uédes 
donations , dont la meilleure édi- 
tion eft celle de *7i 5.« en 1 vol, in- 
fbl. ^ avec le commentaire fur: les 
coutumes de Senlis. Denis Simon , 
Confeiller au Préfidial de Beauvais,. 
a fait des additions aux ouvrages de 
cet Avocat. 

RICAUTS , ( Paul ) Chevalier An- 
glois\» fut d'abord fecrét.ire du: 
Comte Winchelfea, Ambaflàdei^r 
extraordinaire de Charles II, auprès^ 
de Sultan Mahomtt IV. }\ fut en- 
fuite Conful de la natioiî Angloife 
à Smyrne , pendant onze ans , ic 
dans ces portes différens , il fçt 
très -utile aux négocians Anglojs 
établis en Turquie, De retour c;n 
Angleterre, le Comte de Clarcndan 
le nomma en 1^85 fon premier (Se- 
crétaire pour les provinces de Lein- 
fter & de Connaught , en Irlande.. 
Le Roi Jacques II Thonora du titre 
de Confeiller privé pour l'Irlande ^ 

; & .de Juge d^ TAmirauté* Après Ut 



RIC 

. révolution qui chatTa le Monarque 
du trône , il fit fa cour à Guillau- 
me JI ^ & en obtint le caraAère de 
rendent d'Angleterre dans les villes 
anféatiques de Hambourg, Lubeck> 

. Brème ,. &c. Il retourna en Angle- 
terre en 1 700 ,& y mourut la même 

^ année : nous avons de lui, 1'^. Vhif- 
toire de l'état prefent de l'Empire 
Ottoman , en Anglois , i Londres \ 
c'eft un des ouvrages qui nous fait le 
mieux connoître l'état de cet Em- 

- pire. 11 fut d'abord traduit en Fran- 
çois par Briot , dont la traduâiqn 

• parut à Pari^ en 1750 , in-4^. & in- 

• 12. Cette ^rfioneft bonne: rin-4^. 

3ui eft rare & magnifique , eft orné 
e belles figures gravées par Le- 
cler. fiefpier traduifit depuis le 
même ouvrage en 1 voK in-11 > & 

• accompagna fa verfion de remar- 
ques curieufes y qui la font recher- 
cher : x°. une hiftoire des Turcs in- 
1 1 , j voL , traduite par Briot : ou- 
vrage exaék. }®. Vétat prefent des 

r Èglifcs de la Grèce fr de t' Arménie y 

• &c. , en 1 678 , in- K X , traduit par 
Ro\amond, 

RICCA ; bourg d'Italie au Royaume 
. de Naples , dans le Comté de Mo* 

• lilTe , fur les frontières de la Capi- 
lanate 8c de la Principauté ultérieu- 

• re . au nord de Bénévenr. 

RICCI , ( Mathieu ) Jésuite , né à 

■ Macerata en 1 5 5 1 , pafla aux Indes^ 

acheva fa théologie à Goa en 1 578, 

ic y enfeigna la rhétorique. Les fu-< 

• périeurs l'ayant deftiné aux midions 
de la Chine ««il apptir la langue du 
pays > & ne négligea point les ma- 
thématiques qu'il avoit étudiées â 
Rome fous le fâvant Clavius. Après 
bien des traverfes , il arriva â Pé- 
kin , & y fut reçu avec diftindion 

. par l'Empereur. Ricci n'oublia rien 
pour lui plaire. Ce Prince lui ayant 
4emandé une carte géographique^ 



HIC xt^ 

il la difpbfa de façon que la Chine 
fe trouva placée au milieu du mon- 
de. Pour que les Miniftres de la Re- 
ligion Chrétienne ne choqua^Tenc 
point les Chinois, il plia la févérité^ 
de l'Évangile aux maximes & aux 
pratiques du Paganifme. Ce fut par 
cette ftife qu*il obtint de faire bâtir 
une Églife. Cet apôtre politique 
mourut â Pékin en 1^10 , à 5S 
ans. Il laiflà des Mémoires curieux 
fur la Chine 5 dont le Père Tri-^ 
gault s'eft fervi pour écrire l'hif- 
toire de ce vafte Empire. Le Père 
^Orléans , Jéfuite , qui a donné 
en 160^ la vie de Ricci', dit que 
ce Fère compofa pour les Chinois 
un petit catéchifme , oU il ne mit 
prejque , dit-il ^ que les points de la 
. morale & de la religion , les plus coiu- 

formes à la Religion Chrétienne. 

RICCI , ( Sebafticn ) Peintre , né à 

' Belluno dans les Érats de Venife , 

en 1^59 , mourut à Venife en i7}4-r 

Les Princes de 1 Europe ont prefque 

, tous occupéefon pinceau. Ricci fut 

appelé en Angleterre par la Reine,^ 

Il pafTa par Paris , y léjourna quel-* 

que temps , & fe fit recevoir i 

TAcadémie de Peinture. Après avoir 

fatisfait â Londres k tour ce qu'on 

exigeoit de lui , il revint à Venife 

§c s'y fixa. Ce Peintre avoit de* 

idées nobles & élevées ^ fon ima- 

?[ination étoit vive & abondante ^ 
on coloris eft vigoureux j quoique 
fouvent trop noir ; (es ordonnant* . 
ces font frappantes, & fa touche 

' , facile. Il entreprenoir niufieurs ou^ 
vrages i la fois , 8c préférant la for* 
tune à la réputation , il a fouvenc 
négligé.de confulter la nature ; fe^ 
deifeins font touchés avec efprit & 
pleins de feu. Il y a plufieurs mot- 
ceaax gravées d'après lui. 

RICCIOLI , ( Jean Baptifte ) Jéfuîte , 
né â Ferrare en 1 5 (>8 , profeflQi avec 



Ii6 



RIC 



. fuccès la Théologie â Parme 8c i 
Bologne. 11 fe fit un nom par fes 
connoifTances Âftrononomiques & 
Mathématiques. Ses principaux ou- 
vrages font i^. GçographU & Hy^ 
drographtA lib. 1 1 , in-foL qui peur 
fecvir à ceux qui veuleoc travailler 
i fond fur la Géographie j^ais il 
faur prendre garde en lé lifant» aux 
inexactitudes donc il eft rempli, z^. 
Chronologïa reformata , in- fol. livre 
où 1 on trouve beaucoup de chofes 
communes , avec quelques-unes 
d'utiles. Ces deux ouvrages, fur- 
tour le premier , font aOez rares. 
5®. Almngeftum novum , dans lequel 
il expofe tous les travaux des Aftro- 
nomes qui avoienr paru jufqu*à fon 
temps. Le Père Riccioli fîr auffi des 
expériences curieufes fur la chute 
des corps , de concert avec le Père 
Grimaldi fon confrère , qui le fé- 
conda dans tous fes rravaux. 
RICEY \ nom de trois bourgs fîcués 
fur la petite rivière de Leigne , à 
environ deux lienesaïu-detrus de 
fiar-fur- Seine , & i trois au fep- 
centrioh de Châtillon , dans une 
Vallée qui forme les confins des 
Provinces de Bour^oi^ne & de 
Champagne. Ces crois Bourgs fonr 
diflîngnés par les furnoms de Ri- 
cey-haut , Ricey- Haute- Rive, & 
Ricey-lebas: ils font crès-anciens , 
& ont été* fondés par des Bohémiens. 
Le plus fore de ces Bourgs a envi- 
ron 700 habitans , & le moindre 
en a plus de $00. Il n*y a pour tous 
les trois qu'un même Seigneur , 

2u*un même Juge & qu'un même 
luré. 11 y a à Rieey Haute-Rive un 
Prieuré de TOrdre de SaiaE-Bénoîr. 
Le terroir de ces Bourgs eft pres- 
que tout entier planté de vignes , 
dont les vins font de très -bonne 
qualité. 
IVICH > fubftantif mafcolin. Efpèce de I 



RÎC 

Loup . Cervier aflez commun èh 
Suède & en Pologne , & dont la 
peau fournit une très- belle four- 
rure, ^oyq^ Loup-Cervibr &: 
Lynx. 

Les Pelletiers de Paris appellent 
Rich , une efpèce de lapin dont Id 
poil tire fur le bleu 3 & approcha 
en quelaue forte de celui du Rich 
quanta la couleur. 

On prononce riche. 
RICHARD; fubftantif mafculîn dit 
ftyle familier. Qui a beaucoup de 
bien. Il ne fe dit ordinairement que 
des perfonnes d'une condition mé- 
diocre ; mais ce n'eft {fils un terme 
odieux comme le prétend Je Dic- 
tionnaire de Trévoux. Il pajfe pour, 
un richard. 

RICHARD I, Roi d'Angleterre, fur-i 
nommé Cœur de Lion , monta fur le 
trône , après la mort de Henri II 
fon père, en 1 189. Il écoit devenir 
l'aîné par la mort de fon frère aîné 
Henri, dit le jeune, en 1188. La 
fureur épidémique des Croifades 
agitoit alors toute l'Europe. Richard 
y prit parr comme tous les autres, 
ôc fe croifa avec Philippe- Augufle , 
en 1151. La divifion s étant mife 
dlans leurs armées , Philippe re- 
tourna en France. Richard demeu- 
rant maître du champ d'honneur i^ 
mais non de cette multitude de croî- 
fés plus divifés entre eux que ne 

. l'avoient été les deux Rois , déploya 
vainement le courage le plus'hcroï- 
que. Saladin qui rev^noit vainqueur 
de la Méfopotamie , livra bataille 
aux croifés , près de Céfarée } Ri- 
chard eut la gloire de le défarmer ; 
mais ce fur prefque tout ce qu'il 
gagna dans cette expédition mémo- 
rable. Les fatigues , les maladies , 
les petits combats ruinèrent entiè- 
rement Içs Croifçs. Richard s'en 



RiC 

tetoHrna i la vérité avec beaucoup 
plus de gloire que Philip fc-Augufici 
mais d'une manière bien moinspru- 
dence. Il partir avec un feul vameau» 
& ce. Navire ayant fait naufrage 
fur les cotes de Venife , il rraverfa 
déguiré la moitié de rAUemagne. Il 
avoir offenfé par fes hauteurs Lco- 
poldy Duc d'Autriche > fur les terres 
duquel il eut l'imprudence de paiïer. 
Ce Duc le chargea de chaînes « & 
le livra au barbare & lâche Empe- 
reur Henri IV , qui le garda en 
prifon comme un ennemi qu'il 
auroir pris en guerre , & qui exigea, 
dit'on » cenr mille marcs d'argenr 
pour fa rançon. Richard de retour 
dans fon Royaunne en 1 194 le trou- 
va déchiré par la faâion (jue Jean 
fon frère y avoir formée: illa dif- 
£pa ic tourna enfuite fes armes 
contre Philippe- Augujlc j mais les 
fuccès de cette guerre ne furent 
pas décififs. En 1 15^9 il apprit qu'il 
y avoir un tréfor renfermé dans 
Ghalus^ place du Limouiïn \ il alla 
l'attaqaerj & y reçut une blelTure 
donr il mourut le 6 Mars de la même 
année à 41 ans. Ce Prince avoir un 
orgueil qui lui faifoit regarder les 
Rois fes égaux comme fes Sujets , 
te fes Sujets comme des efclaves* 
Son avarice ne refpeâoir ni la Re- 
ligion ni la pauvreté ^ & ia lubri-, 
cité ne CKHipoifToir ni bornes ,9 ni 
bienféances. Il fut brave» mais fé- 
roce î entreprenant , mais inquiet ;, 
ferme, mais opiniâtre^ paâionné* 
pour la gloire des armes , mais ja- 
loux de lous ceux qui pouvolent la. 
lui difpurer. Richard éroic Comte 
de Poitou , U Duc de Norman- 
die. 

Richard II , Roi d'Angleterre y 
fils d'Edouardy Puince de Galles , 
monta fur le trône après fon aïeul 
Edouard IIl^ eu 1 3 77 ^ il ctoic ea- 



HIC 117 

tore extrêmement jenné. Après 
avoir éprouvé dans fa minorité ^ di^ 
vers troubles qu'il parvint â calmer^ 
il fit la guerre aux François & aux 
Ëcoflbis 9 avec affez de bonheur ^ 
mais fa profpérité ne fe foucint pas. 
Jean Duc de Lancaftre, Edouard 
Duc d'Yorck , Se Thomas Duc d& 
Glocefter ^ rous les trois frères de 
fon père , étoienr rrès- mécontena 
de Tadminiftration de leur neveu» 
Le dernier confpita contre lui ea 
I ) 97 9 & périt fur un échafaûd. Le 
Comte d^Àr^del eut la tête cou- 
pée , & celui de Warvick fut con- 
finé dans une prifon. Quelque temps 
après» Henri, Comte de Derbi » 
fils du Duc de Lancaftre , voulant 
défendre la mémoire de fon oncle> 
fut banni du Royaume où il fut 
rappelé pax quelques féditieux« Le 
Comte de Northumberland aLVtctsL le 
Roi â Flint » dans la principauté de 
Galles,&le remit entre les mainsde 
Henri^quil'enferma dans une prifon» 
Richard II demanda feulement 
au'on lui laiflTât la vie & une pen* 
non pour fubfifter. Un Parlement 
afTemblé le dépofa juridiquement» 
Richard , enfermé dans la tour , re- 
mit au Duc de LancaJIre les mar- 
ques de la Royauté avec un écrit 
figné de fa main % par lequel il (e re* 
connoitToit indigne de reener. Il l'é- 
toit en effet puifqull s abbaifToit i 
le dire. Le Parlement d'Angleterre 
ordonna en même temps que fi quel- 

3u un entreprenoit de le délivrer ,, 
es- lors Richard II feroît digne de 
mort. Au premier mouvement qut 
îe fit en fa faveur , huit fcélérars 
l'allèrem aflaffinecdansfa pcifon. Il 
défendit fa vie mieux qu'il n'avoit 
défendu fon trône , il arracha la. 
hache d'armes à l'un des meurr- 
riers » & il en rua quatre avant de 
fuccomber. Enfia. il expira ibos les 



j^ ICÏGT 

parlant des ouvtages^(k*6rprk&>de<.ce 

; jttatiète , rifAc^, Une eotn^maifin. ri- 
che. 

'■■. EàrermM^ pftiii|Ciir^, on ap- 
peler, ampq/iaûnsi rhfhesj caUeiou 
la féconoicé du génie entichit la 
taûLÛèsé par la beaiué des formes. 
Uneterraile fiogulièremenc éboa- 
lée y des. cailloux. » des plantes de 

. 6}tmes 8c de couleurs bigarres , un 
voile j une diapérie d ecaSe corn- 

: munei d^Si acraurea de fer » une 
caflbletce^d'acgiUe » le parfuiu qui 
a'eihale eorfumée» u«x tourbillon 
de pou/fière enlevé par un air. agité , 
toutes ces chofes* judLcieufement 
difpofées & traitées par une main 
favante^ conftimeoc une^richeiTe 
de compofitioo qui fe coœœuai^ue 

. i routes, les. autres parties d'un ta- 
bleau. 

On appelle rimes riches , celles 
qui vont au-delà de T^exaditude 
e:frigéei Navigation & oàlig^ibn , 

. viSoritux, & myfiéKieuxfontdes rimes 
riches. 

Riche y s^em^oie auflî ftibftadtive- 
ment. La juftlce doit être rendue au 
pauvre comme au riche. 

'On appelle riche mal ai/è\ un 
homme qui a de grande ' bien j& 
beaucoup de dettes. 

On appelle le mauvais riche ^celm 
dont Jesus-Christ a parlé dans 
levangile. Et Ton appelle par corn- 
paraifon , mauvais riche y un hom- 
me fort riche qui n*a point de cha- 
rité pour les pauvres* 

Lapremièxe fyUabe ed brève>, & 
la ieconde très brève. 

RICHEDALE, ou Risdale , ou Rix- 
DALB 'y fubftantif féminin. Monnoie 
dargent qui fe fabrique dans 
plttfieurs États. & villes libres 



^ 



ftïC 

d'AUrtmgeft, & qui t^xfi^p^vwym 
UniécMK ■ / • 

R1CHEI,ET , ( Céfiir- Pierre ) naquit 
en i<>j,i » à Cheminon en Cbarn- 
pagne y DÎQçèfe de^ Châlons fur 

, MArnVsL^i la#)gue françcifie; fit Ç^n 
ctiid^ .principale. L'Abbé d*Àui>i* 
gôac Tadmi^ dans (on açadéfnie en 
i66j. Richëlet étoit dans la capi- 
tale depuis 1660 j & il s'y 6t rece- 
voir Avocat. Il quitta enfuite Pa- 
ris , .& parcourut différentes villes 
de province. Son penchant pour la 
fatyre lui fit des ennem\$ par tour. 

. On prétend que Ipr (qu'il étoit à 

. Qrenoble » des gens mécontens de 
fbn efprit inquiet & brouillon » 
l'invitèrent un jour i fouper chez 
un traitejur. Au fottir de table » 
fous prétex^te de l'accompagner , ils 
le çonduifirent à coups de canne 

' |iifqvi'4 la potte de France. L of- 
ijcicr qui ce jour-là étoit de garde » 
avoir le mot} on bailla le pont- 
levis yôc on le relc^va lo^rfque Riche- 

'kt eiit> pallé » de manière qu'il fut 
oblig4>dç faire cinq quar^ts de lieue 

.,:po(ii:gagperune mairpn «^n'y ayant 

. point alori de fauxbourg de ce coté- 
là. 11 fe retira tout furieux à Lyon , 
où il donna une nouvelle édition de 
fon DiAionnaire^ dans laquelle il 
dit <\u^_ les .Normands Jir oient les 

^iplus m^héuifes gens du monde , s'il 
riy \ avoi^ pa^ des Dauphinois, Ce 

. fatyriqiie Uiiom^ut à Paris %ïi 169Z , 
â 67 ans. Noifê avons de lui » 
I ^ ' Dictionnaire françois , conie^ 
nant l'explication des mots , ^tf- 

^eurj nouvelles rMa^rquesfurla hn* 
guefrançoife,^ les exprejpcns propres^ 
figU^^^ & butUfques > ^c. La pre- 
mière édition d^ cet ouvrage efl de 
Genève, xGio , & la dernière eft 
de Ly6n j 1759 > en j vol. in -fol. 

,. On la doit â TAbbéGoujet qui a 

) donué eA pïême temps uu abrégé 



aie 

de te Dl^ionnaire » en un vol. in*' 
S^* x^. Diàionnairc des rimes : la 
meilleure édition de cet ouvrage 
eftcelledeM. Berchelin^en 1751» 
ia-S^. li'édicear l'a augt^encé <^ .mis 
à9fl$ an'Aouve} ordce* j^. Les plus 
hflles le^es des^ tailleurs nufeursf 
Jranfois-avec dks notes. La meilleure 
édicion^e ce rectieil crè$-médiocre,; 
eft celle de firusten de la Marti-; 
nicre , en 1737» en ivol. in-nj 
4®, Hiftoiredela Floride ^ écvite en| 
efpagnolpar Gaccilaflb dela^ Veea,i 
traduire en François^ plufieucsAfois 
réimprin^ée. La derinière édition eft 
telle de Leyde, en 1731 , i/aS^ 
avec figures. 5^ Quelques autres 
ouvrages adèz mal écrits , quoique 
l'auteur eût fait, un Diâiootaaire de 
la langue^ f rançoifet . . * 

RICHELIEU i ville de Fraice^dan^ 
le bas Poitou . fuç'te^ rivières d'A-i 
ma.ble & de Vide, à. dix lieues, 
nord , de Poitiers^; C'eft Je £égQ 
d'i^eâlèdlion , dniin <7rwier àiSel^ 
E\\p a été b&cie par. U GafcdinaJ dd 
Richelieu. • / 

RICHEMENT ; adverbe. D'une^mai 
nière riche-, magnifiquement. // eji 
richement meuble- , richement yêtui 
Les chevaux de l^AmbaJJkdeur etoient 
■' richement harnachés . 
. On dit, marier une filk riches, 
ment; pour dire, lui faire épôufeij 
un homme qui a de grands bi.ens \ 
Ce pourvoir richement fes enfans ; 
pour dire , leur donner des établif* 
lemens confidérables. 

On dit /par manière de plaifante* 
rie , qu'tfwtf femme efi richement 
laide; pour dire., qu'elle eft fort 
laide. 

En parlant de vérification , on 
dit , qu'tt/i poëte rime richement ; 
pour dire , qu'il n'emploie ordinai- 
rement que des rimes très- riches 
dans (es vers. 



HIC «ijix 

RICHEMOND; ville d'Angleterre 
dans le Duché dTorck, fur laSwa- 
le , À onze lieues , nord - eue ^ » 
dTorck* Elle a deux Députés au 
Parlement. . ' 

RICHEMQNiTi bourg des Pays-Bas 
datisle Diiejié de^Luxembotttg^fur 
rO^ne i iprês de iltemboHchute de 
nçeiterivigècedans^la Mefelie. 

RIGHËSSE4 fdbftMtifiSmkôa. Opes. 
Opulence , abondance de biens» En 

. I œ iens • il (e diti d'ordtnaicejaii:pla' 
riel. . 

Oeputisr «que • Us ricileiFes , di t Se- 

. nè^ae, ,ont coutnéacé à èiW en 
honheur parmi ks^iionmes, & â 
devenir t' en quelque fotte^ la me- 

. fqre^de U considération i publique » 

. le goût d^^chofe^vraioMenf! belles 
& h.oonète&fs'cft^encièoennieat «per- 
ditt. Nocu ^ommesftjDqs^deyàBiis mar-* 
^bands, &*ti3lJ4ment corcompus par 
l'argent, que noos demandoos, non 
pas de quelle utilité efi: i une chofe » 
mats de quel ^gtément^ >L'asnouc 
de9 riobéJBTes oâus ceDdjtpBT^iirtour 
gens de bien , ou fripons y fèloti que 
notre miérèt &.lles circooftanees 
l'exigent... Enfin les moeurs £ont fi 
dépravées , >que nous maudilTons la 
pauvreté , jque nous la regardons 
comme no deskûiuaeaïr & une in- 
famie, «Il «n motiiqa'eileeft l'ob- 
jet du mépris dies riches , & de la 
haine des pauvres. Cepeiidtant de 
continuelles inquiétudes rongent ic 
dévorent les riches, à proportion 
des biens qu'ils poffédent. La peine 
.^u'il y a à ^gner du bien, eft 
beaucoup x^moindre que celle qui 
vient de la polTefliôn même. Tout 
le monde regarde ies riches com- 
me àQ% gens heureux ; tout le mon- 
de voudroit être i leur place ^ 
mais quelle erreur ! Eft - il de 
condition pire gue d'être fanscelTe 
en bttC à la misère & â i*envie? 



,'31 îirc 

Plût aux Dieux que ceux qui ré- 
cherchent les rîcbeffes , interrogeai 
fent les riches fur lent fort , cer- 
tainenient il ceflèroient bientôt de 
defirer les richefles. 

Que l'on faite réflexion que ce- 

' lui qui parle dans ce paffage eft un 

Philofophe qui potfédoit des biens 

immenles , innumeram pccuniam « 

. comme il eft dit dans Tacite \ & 

l'on fentira alors de quel poids un 

• 'pareil aveu doit erre dans fa bou-; 

che. 

Zétion le Stoïcien ne penfoit pas 

. . plus favorablement des richefTesj 

i- car ayant appris que le vaifleau fur 

lequel étoient cous fes biens , avoir 

fait naufrage , il dit » fans lémoi- 

. gner aucun regret de cette perte y 

- f> la fortune veut que Je puiife phi- 

^ lofijpher plus tranquillement. 

On dit proverbialement , conten- 
tement paffe richejfe : Se Ton dit , en 
parlant de ceux qui gagnem leur vie 
par leur travail , confime les labou- 
reurs , ôc que les enfansfont U ri- 
chejfe des pèreSé 
Richesse, ie dit en parlant d^nne 
mine d'or ou d'argent extrêmement 
riche , pour marquer l'abondance 
du métal. La richejfe de la mine. 

U fe dit auflî de certaines chofes 
dont la matière ou les ornemens 
font riches & précieux. Le lit ne ré- 
pond pas à la rickejje de la tapiffe- 
rie. La matière fait toute la rickcjfede 
cette étoffe. 
Richesse , fe dit en parlant de l'exac- 
titude & de la luftefTe des rimes. 
Ce Poète s'ejl furtout attaché à la 
richejfe des rimes. 

On dit aufli figurément , ta ri^ 
chejfe d'une langue , dans le même 
fens qu'on die, Q^*une langue çji 
riche. 

h^$ arts repréfentent les rîchejfes^ 
par U moyen d'une femoie oM^ni* 



fïquement vêtue , couverte de pîer-» 
reries & tenant en fa main la corne 
dabondance. 
RICIN 5 fubftantif mafculin. Ricinus^ 
On donne ce nom à plufîeurs fortes 
à^ amandes ou noix , ou fèves pur^ 
gatives , que Voh apporte , (bit des 
Indes » foit de l'Amérique } favoir» 
1^. le ricin ordinaire ; x^. la fève 
purgative des Indes occidentales qui 
eft le pignon de Barbarie , ou la fève 
du Méaiciniery on la noix des Bar* 
bades; 3^. V aveline purgative du 
nouveau monde , qui eft la noix du 
Médicinier d*Efpagne , ou le bem 
grand; 4'. la noix du ricin Indien ^ 
qui eft le pignon d'inde ^ ou le grain 
de tilli » on grain des Moiuques. Voici 
la defcription de ces difiî^rentes 
noix purgatives & des plantes qui 
les portehr» 

i^. Lb Ricin oRDrMAiRE. Le 
fruit en eft triangulaire » à ttoi» 
loges , un peu hérifTé, & il eon-»^ 
tient trois graines y cliaque grai* 
ne eft oblongue, de la figure d'un 
œuf, convexe d*un coté , applatie 
de l'autre, avec un petit ombilic 
placé au fommet : elle cache fous 
une coquille mince , fragile , lifte ,. 
couverte de raies tachetées de blanc 
& de noir, une fubftance médal«^ 
lairej femblable à une grande aman-^ 
de , blanche , partagée en deux » 
grafte , douceâtre , acre , & qui ex« 
cire des naufées. La plante qui por* 
te ce fruit eft le ricinus vulgaris » 
efpèce de palma Chrijli : elle eft 
commtme dans l'Egypte, dans les 
deux Indes t elle ^ la figure d'ui» 
p«rit arbre: I4 tige s*élève commu* 
nément à la hauteur de fix oa fepr 
pieds j& même davantage ^ elle eft: 
grofte, ligneufe, creufe en -dedans 
comme le rofeau , rameufe en h >ur» 
&c de couleur obfcure^ couverte 
d'une efpèce de poudre bkaclie 



RTC 

femblable à de fa fariné. Ses feuiU 
les font pareilles à celles du figuier, 
mais plus grandes , découpées à leur 
circonférence » & dentelées , litCes, 
tendres, molles» d'un vert foncé j 
garnies de nervures , & portées par 
de longues queues. Les fleurs font en 
grappes , élevées fur une tige par- 
ciculièr^e à Tertrémité des brancnesj 
arrangées fur un long épi : elles font 
ftériies} car les embryons des fruits 
naKTent avec elles ^ ils font arron- 
dis, verts, & portent à leur fom- 
met des crêtes rouges^ ils fe chan- 

Î;ent en des fruits dont les pédicules 
ont d*un pouce de longueur : ces 
fruits font noirâtres , garnis d'épi- 
nes molles, de la grofTeur d'une 
aveline : le refte du. fruit eft ainH 
que nous l'avons dit ci-defTus.Quand 
le fruit de ce ricin eft bien mûr , 
il s'y fait des crevafles par oii les 
femences fortent avec impétuofité : 
fa racine eft longue « gra(Iè , dure, 
blanche & fibteufe : on cultive cette 
plante dans quelques jardins, tant à 
caufe de fa beauté , que parçequ'on 
croit qu'elle chafTe les taupes. Lé- 
mery dit qu'elle croit i différentes 
hauteurs & grofTeurs, fuivant les 
lieux : car on voit» dit*il, des ri< 
cins en^ Efpagne, qui ont la grof- 
. feur d'an homme > & d'autres en 
Candie, qui égalent en hauteur les 

Srands arbres , enforte qu'il faut 
es échelles pour y montée. 
Les Nègres du Sénégal fe fer- 
vent avec fuccès de l'application 
d'une feuille du ricin ordinaire fur 
la tète , pour difliper la migraine ; 
. ils l'appliquent également comme 
un calmant fur les parcies du corps 
où il y a inflammation ^ furtout fur 
les inflammations des yeux : fans 
douce que dans ces deux cas , ce 
remède agit comme un véflcatoire. 
Les truits du ricin ordinaire 



RIC 133 

font remplis de beaucoup d'huile 
douce , tempérée ^ mais outre, cela 
ils contiennent une certaine por- 
tion d'huile très-âcre j & (î eauflî- 
que qu'elle brûle la gorge : c'eft de 
cette huile que dépend leur vertu 

[Purgative. Diofcorides dit que fi 
'on avale le nombre de trente grai- 
nes de ce pignon d'inde pilées 8c 
dont on aura ôcé l'écorce , elles pur- 
geront par les felles la bile , la 
pituite , & la férof!té , & ex- 
citeront le vomifTement. Mais il 
faut que cet Auteur fe foit trompé} 
car trois grains feuls fuffifent pour 
caufer une purgation fi défagreable 
& fi laborieu(e , qu'elle femble 
bouleverfer tout l'eftomac:ajoutez i 
cela les épreintes fanguinolentesdes 
felles. Les habitans du Bréfil , qui 
fon( beaucoup plus difficiles à émou- 
voir que ceux de notre climat, di- 
fent qu'il y a du danger d'en don- 
ner plus de fept grains en fubftan- 
ce. Heureufement que ce purgatif 
dangereux eft rarement en ufage : 
on fait qu'il caufe au moins Tin- 
flammation de Tœfophagc & de l'o- 
rifice de Teftomac : enfin le favanc 
Rolfincius voyant que des Indiens 
mêmes écoient morts en ufant de 
ce purgatif , confeille aux Méde- 
cins fenfés , de ne point faire ufage 
de ces graines. 

Les anciens tiroient une huile 
des graines de ricin , foit par dé- 
codion , foit par expreflîon j & ils 
l'appelloient kuUe de ricin ^ ou huiU 
de kerva , ou huile de figuier infer^ 
nal : elle a une odeur puante, mais 
elle efl bonne à bràler & utile dârs 
quelques onguens. Pifon dit que 
les habitans du Bréfil en font tous 
. les jours ufagé contre les maladies 
froides : elle téfout les tumeurs, & 
diflîpe les coliques & les vents fi 
l'on en frotte le basventre : appli- 



154 RIC 

quée fur le nombril , elle Tait mou 
^ir les vers des enfans j elle guérit 
aufli la graielle Se les autres vices 
de la peau. 

2^. Le Pignom de Barbarie. 
Cette féconde noix purgative eft 
l'amande du grand ricin d'Améri- 
que , ou plutôt d^ ficinoïdc qui 
s appelle auflî médicinicr & pignon 
de Barbarie , ou le grand haricot du 
Pérou. Ceft une graine oblongue . 
ovoïde , de la grolTeur -d'une petite 
fève , convexe d'un côté & appla- 
eie de l'autre , cachant fous une 
peau déliée un noyau blanc , oléa- 
gineux , d un goût douceâtre, acre, 
SfC qui caufe des naufées. Les An* 
glois nomment cette fève purgati- 
ve , noix des barbadcs : elle naît 
d'une plante qui s'appelle ricinoïdes 
Americana goffipii - folio , 8c qui 
croît en Amérique entre Carthagène 
& Nombre de Dios: elle croît auili 
dans la Guyane d la hauteur d'un 
arbrifTeau : c*eft le mundiguacu de 
Marcgrave t cet arbrilTeau eft touf- 
fu , fon bois eft mou , plein de 
moelle, caftant & rempli d'un fuc 
laiteux & acre : il eft fort branchu 
& garni d'un nombre de feuilles 
femblables à celles du citronnier , 
liftes , luifantcs , & d'un vert fon- 
cé : vers l'extrémité des branches 
il s'élève des tiges inégales , lon- 
gues de quatre pouces , qui portent 
un grand nomore de fleurs difpo- 
fées comme en parafol , mais peti- 
tes , d un vert blanchâtre , cqm. 
f^ofées de cinq pétales en rofe^ rou- 
ées en dehors. Ces fleurs font ftéri- 
les ; car les embryons des fruirs 
naiftènt entr'elles , & ils fe chan- 
gent en des fruits de la groffeur & 
de la figure d'une noix encore verte, 
longue de plus d'un pouce j ils font 
pointus aux deux bouts, attachés 
trois ou quatre enfemble , d'un vert 



RIC 

foncé lofCqu'ils font tendres » 9c 
enfuite noirs , fans épines. Cet ar- 
brifteau prend aifément de bouture : 
on l'emploie quelquefois à la Guya« 
ne pour faire des haies vives , pour 
entourer les parcs â vivres ou à 
beftiaux , & pour d'autres efpèces 
de clôture i peu près comme o(a fe 
fert de fur^au en France. 

La graine du ricinoïde purge en- 
core plus violemment que le ricin 
ordiriaire : elle eft très-dangereufe » 
quelque correâif qu'on lui aflbcie. 
Les Bréfiliens & d'autres peuples 
de TAmérique tirent de cette raci- 
ne une huile dont on fe fert pour 
les lampes , & propre à guérir les 
maladies qui viennent des humeurs 
froides , & toutes fortes d'hydro- 
pifies , foit «n en frottant le ventre 
ou en en avalant quelques gouttes 
dans du vin blanc : elle eft nerva« 
le ; elle amolit le ventre , tue les 
vers > & convient aufli pour tous les 
vices de la peau & pour les mala- 
dies des articles. 

i^. Le FRUtT DU MÉDlCINIElt 

d'Espagke. Sa gfaine eft de la gro(^ 
feur d'une avcUne, prefqae trian- 
gulaire , couverte d'une coque min- 
ce, pâle & brune : fa fubftance mé-^ 
dullaire eft ferme, blaiiche, doa« 
centre, & d'Un goât iembkble i 
eelui d'une aveline relie naît d'une 
plante qui s'appelle R/rinoWtfj arbor 
Amertcafia folio muhîfido : fon tronc 
eft environ de la grofleurdu bras , 
8c haut tout au plus de trois ou qua- 
tre pieds : il eft tendre, cotrvert 
d'une ^corce cendrée , veinée , & 
en forme de réfeau marqué de u- 
ches aux endroits d'où les feuilles 
font tombées : les extrémités des 
branches font garnies de i o â iz 
fifuillesqui fe répandent de tous cô- 
tés , attachées à de longues queues^ 
découpées en lanières pointues » 



RIC 

mnde» d*un pied, liflès y d*an vert 
blanchâtre en delTous 6c d*un vert 
pins foncé en deffus : vers Torigine 
des queues naiflentil'atttres petites 
feuîllest découpée! fort, menu , qui 
rendent rexrrcmité des rameaux 
comme héri/Téet » d'où s'élève une 
longue tige roqge , qui porte un 
beau bouquet de ûexm^ en parafol. 
Cette tige fe partage en beaucoup 
d'autres rameaux branchus» ayant 
chacun une fleur de la même cou- 
leur. Parmi ces fleurs il y en a de 
fiériles & de fertiles : celles-ci font 
plus grandes que les autres , mais 
moins nombreufesj elles font en 
rofe , foutepues par un petit calice 
^chancre en cinq parties : celles qui 
font ftériles contiennent dans le mi- 
lieu j des étamines garnies de leurs 
fommets découlent dor : Tembryon 
de celles qui font fertiles eft ova- 
laire, à trois angles» vert, couron- 
né de ftyles dont les ftygmates font 
jaunes & en croiflant , il fe change 
enfuite en ub fruit en forme ae 
poire , gros comn\e le pouce, â rrois 
capfules qui contiennent chacune 
une amande. 

Il faut éviter foigneufemenc de 
prendre intérieurement cette aman- 
de , car elle purge H violemment 
qu'elle peut caufec la mort« Lorf- 
qu'on taille le tronc de cette plan- 
ce > ou'quon en arrache les feuilles» 
il en fort une alTez grande quantité 
de fuc liquide , jaunâtre 8c un peu 
vifqueux : on cultive cette plante 
furtout dans les jardins : on l'a ap- 
portée de la rerre ferme de TAmé- 
rique dans les îles. 

4.^. La graine du Ricin In- 
niBN.C'eilce que nous nommons 
vulgaireinenr pignon d*îndc j ou 
grain de Tilli , ou des Moluqucs : ce 
Ibnt des eraines qui reffemblent 
beaucoup a celles de la première 



efpèce de ricin , convexes d'un co- 
té , & un peu applaties de l'autre , 
marquées de quatre angles : leur 
écorce eft grilâtre & tiquetée de 
brun; l'amande eft folide, blan- 
châtre , d'un goût gras , mais acre , 
brûlant, & qui caufe desnaufées : 
la plante s'appelle /'//z/^^ indica nucUo 
purgante. Cet arbrilTeau porte des 
tiges (impies qui nailTent fans ra- 
meaux latéraux : les fleurs font ra- 
daflees en long épi au fommet de 
ces tiges : il fort de la tige quel- 
ques feuilles longues , ovalaires , 
pointues , lifles , ânement dente- 
lées , portées par des queues longues 
d'un pouce 5 tendres & molles, avec 
une côte & des nervures faillantes 
en dehors : vers l'origine de chaque 
épi il fort tous les ans deux ia« 
meamt de même hauteur que la ti- 
ge. Les fleurs inférieures fonr les 
femelles ^ & celles qui fe trouvent 
à la partie fupérieure font les mâ- 
les : c'eft dans Us femelles que fe 
forme un embryon , qui fe chan- 
ge en tme capfule ronde , â trois 
niions , & à rrois loges , contenant 
chacune une graine. On cultive 
cette plante dans le Malabar , ic 
dans quelques pays des Indes orien- 
tales. 

Le bois & les graines de cette 

Elame font d'ufage en médecine : 
i bois qui s'appelle panava ou pa^ 
vana , eft fpongieux , léger , non 
compacte , pâle , couvert d'une 
écorce mince , cendrée , d'un goût • 
acre , mordant & cauftique , d'une 
odeur qui caufe des naufées. Lorf- 
qu'il eft récert & encore vert , il 
purge les humeurs féreufes par le 
vomiflemem & par les felles,mais 
d'une manière qui furpafle la colo- 
quinte mcme, laiflant dans Tœfo- 
phage.& dans l'anus une inflamma- 
tion à caufe de fa grande âcreté : 



iyé RIC 

lorfqu'il eft fec il purge moins vio- 
lemment 5 la dofe en eft depuis 14 
jufqu â i6 grains. On en peut dire 
autant des graines dont ia plus 
grande vertu paruît confifter en 
deux petites feuilles j oui germent 
les premières , 6c qui font cachées 
dans le milieu de la fubftance de 
ces graines. On donne depuis trois 
grains jufqu'à cinq grains peûint 
d'amandes de pignon d*inde ; cha- 
que grain procure au moins une 
felle 9 n on boit par delTus de l'eau 

« chaude ou un bouillon j mais le 

• ventre eft refferrc dans Tinftant , fi 
Ton bpit un grand verre d'eau 
froide , ou fi Ton trempe les 
pieds ou les mains dans de 
l'eau froide : on donne au (Il l'huile 
de ces graines» tirée par expref* 
fion , jufqu à un grain pefant j car 
elle purge plus violemment que 
l'huile que l'on exprime du ricin 
ordinaire. Ceft avec cette huile 
que les Indiens préparent la pom- 
me royale purgative dont ia feule 
odeur purge ceux qui font délicats: 
on fait macérer une orange ou un ci- 
tron dans l'huile de tilli pendant un 
mois , on.la retire enfuite ; fi on la 
frotte fortement dans les mains juf- 
qu'à qu'elle s'échau(re,qu*on l'appro- 
che des narines , & que Ton en tire 

: fortement l'odeur , le ventre s'en 
reflfentira bientôt après , comme fi 
l'on avoir pris une potion purga- 
tive. 

RICINOÏDE ; voyq l'article Ricm. 

RlCLA ; bourg d Efpagne , au Royau- 
me d'Ârragon . fur le Xalon , entre 

. Catalayod & Sarragoffe. 

RICOCHET ; fubftantif mafcuUn. 

: Bond que fait une pierre plare ou 
quelque autre chofefemblable , je- 
tée obliquement fur la furface de 
l'eau. Cette pierre fera pluficurs rhço- 

. çhct^ du mén^e coup. 



RID 

On dit proverbialement 6c figu- 
rément d'un homme qui a plus de 
revenu qu'il ne lui en faut pour vi- 
vre fuivant fa condition , qu'iV a tant 
pour faire des ricochets ; pour 'dire j 
qu'il lui en refte beaucoup pour em* 
ployer à fes fantaifies. 

En parlant d'une nouvelle qu'on 
ne tient pas de la première main , 
mais qui avoir fait beaucoup de 
circuits auparavant , on dit aiiilî 
proverbialement , qu'^Z/e ejl venue 
par ricochet. 

En termes de taâique , on die 
battre à ricochet ; pour dire , battre 
une place affiégée avec des pièces 
qui , au lieu d'être oppofécs perpen- 
diculairement à la face d'un baf- 
tion ou d'une demi-lune, font au 
contraire placées en batterie fur le 
prolongement de cette face , & qui 
tirent à toute volée , c'eft-à dire ; i 
la manière des mortiers ^ en forte 
que le boulet vient plonger fur le 
remparr , derrière le parapet , où il 
faitplufieurs bonds & nuit beaucoup 
aux affiégés. 
RiGOcH£T , s'eft dit autrefois d'une 
efpèce de petit oifeau qui répète 
continuellement fon ramage ; fie 
c'eft dans ce fens qu'on dit prover- 
bialement j ctfila chanfon du rico* 
cka ; pour dire , c'eft tpujours le 
même difcours. 
RIDE s fubftantif féminin. Pli qui fe 
fait fur le front , fur le vifage , fur 
les mains , 6c qui vient ordinaire- 
menr par l'âge. 

La peau s'étend , & croit à me« 
fure que la graifie augmente \ ce 
gonflement produit le blanc par la 
tenfion de la peau , Se le rouge ^ 
par la plénitude des vaiffeaux &n- 
guins. Voilà les lis & les rofesdu 
bel âge \ tous les fards n'en font 
qu'une vaine repréfentation. Dès 
que le gonflement diminue » la peau 

qui 



RID ' 

qui n'eft plus remplie , fe plilTe » & 
les fiUens cooimencent à fe for- 
mer ; enfuice , à mefure qu'on 
avance en âge , les cartilages , les 
membranes j la. chair , la peau Se 
routes les fibres du corps deviennent 
plus folides , plus durs* Se plus 
îecs ; « alors roures les parties fe 
retirenr , fc refferrenc , la circu- 
lation des fluides fe fair avec moins 
de liberté , la tranfpirarion dimi- 
Uqe , les fucs nourriciers font moins 
abondans , Se ne poiivanc être re- 
çus dans la plupart des fibres'deve- 
nues trop folides,ils ne fervent plus 
à leur nutrition ; de là vient que 
ces fibres fe retirent Se fe pliflènr. 
Voilà raccroiffement journalier des 
rides. 

L an le plus favant n*a point de 
remèdes contre ce dépérifTementdu 
corps. Les ruines d'une maifon peu- 
vent fe réparer , mais il n*en eft p»s 
de même de celles de notre ma- 
chine. Les femmes qui trop cprifes 
de leurs charmes , le fentent finir 
d*a^ance par la perte de leurs agré- 
mens , défîreroient avec pafTion de 
reculer versl^jeune(Ie& den em- 
prunter les couleurs. Comment ne 
chercheroienr elles pas â tromper 
les autres , puifqu'elles font tous 
leurs effort^ pour fe tromper elles- 
mêmes , & pour fe dérober la plus 
affligeante de toutes les idées j celle 
qu'elles vieillirent ? Combien y en 
a t-il qni voudroient placer les ri- 
des de leur vifage dans cette partie 
du corps où les Dieux avoient caché 
IVndroit mortel du fils de Thétis & 
del^elée? MademoifelleLcnclos plus 
éclairée que la plupart des perfon- 
nesde fon fexe, n'avoir gardie de 
prendre â \\ lettre les cnjoleries de 
TAbbé de Chauvelin qui préten loit 
que l'amour s'était retire dans les 
rides du front de cette belle per- 
Tamc XXf^. 



• RID 137 

fonne^Elle nommoît elle-même fe«' 
rides le dép|||^e l'amour 6c \tu Qiar* 
ques de fa d^flt. 

On dit figurémenc » que le vent 
forme des rides fur Peau , fur la ri'' 
viere , quand il frife légèrement la 
furface de l'eau , Se qu'il y fait com- 
me de petits plis. 

RiDE , en termes de Marine t fe dît 
d'une cor Je qui fert à en roidir une 
plus groffe» Rides de hauban. Rides 
d'étai. 

RIDÉ, ÉE.; participe paffif. Voya^ 

RlD^R. 

RIDEAU ; fubftantif mafculin. Ve^ 
• lum. Morceau d'étoffe t de toile , 
&ۥ qu'on emploie pour cacher , 
couvrir ^ entourer ou confervec 
quelque chofe , & auquel font atta- 
chés >des anneaux qui couUnt fur 
une tringle , &• par le moyen def<- 

auels on le fait mouvoir. On fait 
zs rideau^ avec du taffetas , du da* 
mas , de lajerge , de la toile de co^ 
ton , de fil. Sec. Un rideq/t de Ut. Un 
rideau dcfenetre* 

On dit , tirer le rideau , tant pour 
fignifier cacher quelque chofe avec 
le rideau , que pour dire » oter le 
rideau de devant quelque chofe. 
Tire-^ le rideau fur ces livres pour 
empêcher que la poujfière ne les gâte. 
Tire\ le rideau de devant ces livres ^ 
afin que ncfus les voyons, Tirc^ le ri^ 
dcau y elle veut ffurmir , c*eft-à-dire^ 
fermes le rideau. TLre\ le rideau » 
que je me lève , c'eft à-dire , ouvie^ 
le rideau. 

•Lorfqu'on veut faire enrenire 
qu'il ne faut point parler ni s'oc- 
cuper l'èfprit de quelque chofe de 
fâ.hcux » de défagréable , on dit fi- 
gurément. que c*efl une chofe fur la* 
quelle il faut tirer le rideau. Il nous 
faut tirer le rideau fur cette malheur 
reufc affaire. • • 

On dit proverbialement & figu* 



13^ RID . 

. rément , tire:[ le rideau , ta farce ejt 
jouée; pour dire ,* ^'une affaire eft 
finie > & qu'il tiy a plus rien à ac- 
cendre. 

Rideau , fe die auflî d^une pecire clé- 
vacion de terre qui a quelque écen* 
due en longueur y & derrière la- 
quelle on peut fe cacher pour n'ècre 
pas vu. Il y avoU dans la plaine un 
rideau derrière lequel on mie des Gre^ 
nadiers. 

Rideau , s^eft encore dit chez les an- 
ciens y de certaines machines com- 
pofées d'un tiflii de crin & d§ peaux 
crues avec quoi les ^égéans dé- 
fendoient les cours & les ouvrages 
qu'ils élevoienc , en empêchant l'ef- 
fet du feu des afliégés Se des corps 
lancés par leurs machines. 

La première fyllabe eft brève , & 
la féconde moyenne au fingulier , 
mais celle-ci eft longue au pluriel. 

RIDELLE ; fubftancif féminin. Un 
des côtés d'une charette fait en for- 
me de atelier. Les ridelles d'une 
charette empêchent que ce qui ejl de- 
dans ne tombe. 

RIDER j verbe neutre de la pre^ 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter, Corrugare. 
Faire des rides , caufer des rides. 
L^âge lui a ridé le front. Il n eft pas 
vieux , c*eft le travail qui l'a ridé. 

I] eft aufti pronominal réfléchie 
*Quand le vifage frride^ il faut re^ 
noncer à t amour. 

Rider , en termes de Marine , fe dit 
de l'aâion d'accourcir une vpile 
avec des ris. Rider les voiles. 

RIDICULE i adjeaif des deux gen- 
res. BJdiculus. Digne de rifée , de 
moquerie. Cejl un procédé ridicule, 
f^ous dites des chofes ridicules. Cejl 
une femme bien ridicule. 

Ridicule , s*emploie aufli fubftanti- 
vement \ ainfi. Toa dit dé ^uelqu'un^ 



RID 

que c^efl un ridicule ; pour dire J quô 
c'eft un homme ridicule. • 
Ridicule , fe dit encore fubftanti-^ 
vement de ce qu'il y a de ridi- 
cule dans une pçrfonne » dans une 
chofe. 

Le ridicule , die un Académî*^ 
cien , eft l'objet de la comédie*^ 
Un Pliilofophe diflerte contre le 
vice ) un fatylrique le reprend al* 
grement j un Orateur le combat 
avec feu y le Comédien l'att^ue 
par des railleries ,& il réuftit quel- 
quefois mieux qu'on ne feroit avec 
les plus forts argumens. 

La difformité qui conftitue le rlr 
dicule » fera doâc une contradic* 
cion des penfées de quelque hom^ 
me » de fes fentimens , de fes 
mœiUs , de fon air , de fa façon de 
faire avec la nature » avec les lois 
reçues j avec les ufages > avec 
«ce que femble exiger la fituation^ 
préfente de celui en qui eft la dif-t 
formité. Un homme eft dans la 
plus baiïe fortune , il ne parle que 
de^ Rois & deTctrarques j il %ft de* 
Paris y i Paris il s'habille i la chi-- 
noife ;-il a cinquante ans , & il 
s*amufe à atteler des rats & duPa* 
pier à un petit chariot de cartes; il 
eft accablé de dettes , ruiné, & veuc 
apprendre aux autres à fe conduire 
& â s'enrichir : voila des difformi- 
tés ridicules qui font » comme on 
le voie I autant de comradiârions 
avec une cei raine idée d'ordre oa^ 
de décence bien établie. 

Il faut obfervcr que tout ridicule 
a'eft pas vidble : }1 y a un ridictrie 
qui nous ennuie , qui eft mâuffade y 
c'eft le ridicule groffier. II y en a. un 
qui ndus caufe du dépit , parcequ'iL 
tient à un défaut qui prend fur no« 
tre amour propre; tel eft le fot or- 
gueil. Celai qui fe montre fur l^ 
Icèoe comic^ue , e{l,touîours agréar 



? 

Il 



RID . 

l'Ie 9 délicat ^ & ne nous càufe aa- 
cune inquiétude fecrette. 

Le comique , ce que les Latins 
appellent vis comica , eftdonc le ri- 
dicule vrai j mais chargé plus ou 
moins 9 félon que le comique eft 
plus ou moins délicat. Il y a un 
I>oint exquis en-decà duquel on ne 
rit pohit, & au-delà duquel on ne 
tit plus , au moins les honnêtes 
[ens. Plus on a le goût fin & exercé 
ur le bon modèle , plus on le fenc ; 
mais c'eft de ces choies qu'on ne peut 
que fentir. 

Or , la vérité paroît pouflée au- 
delâ des limites, i^ quand les trâts 
tdÊt multipliés & préfentés les uns 
i côté des autres. Il y a des ridi- 
cules dans lafociéré, mais^ils font 
moins fréquens. Ua avare » par 
exemple , ne fajt fes preuves d'a- 
varice que de loin en loin. Les 
craits qui prouvent , font noyés y 
perdus dans une infinité d'autres 
craits qui portent un autre carac- 
tère j ce qui leur ôte prefque toute 
leur force. Sur le théâtre, un avare 
ne dit pas un mot, ne (ait pas un gefte 
oui ne repréfente l'avance ; ce qui 
fait un fpeéèacle fingulier , quoique 
vrai , 8t d'un ridicule qui néceUai- 
rement fait rire. 

^. La vérrtéeft au-deli des limites 
quand elle patTe la vraifenMance 
ordinaire. Un avare voit deux chan- 
delles allumées , il en fouffle une ; 
cela eft jufte ; on la rallume en- 
core , il la met dans fsbpoche. Ç'eft 
allet loin , mair ee n eft peuc-êcre 
pas au-delà des bornes du comi- 
que. Don Quichotte eft ridicule 
par fes idées de chevalerie ;Sancho 
ne l'eft pas moins par fes idées de 
fortune ; mais il femble que l'au- 
teur fe mocqne de rous deux , Se 
qu'il leur fouffle des chofes outrées 
êc bifarres j pour les rendre cidicu- 



RID 139 

les aux autres de pour fe divertir lui* 
même. 

La tVoifième manière de faire 
fortir le comique, eQ: de faire con- 
trafter le dédfent avec le ridiaile. ^ 
On voit fur la même fcène un hom- 
me fenfé Se un Joueur de triârac 
qui vient lui tenir des propos im- 
pertinens ; l'un tranche l'autre & le 
relève. La femme ménagère figure 
â côté de la fervante ^ l'homme 
poli Se humain à côté du mi fan- 
thrope ; Se un jeune homme pro- 
digue à côté a'un père avare. La 
comédie eft le choc des travers des 
ridicules entr'eux , ou avec Ja droite 
raifon & la décence. 

Le ridicule fe trouve partout ; il 
n'y a pas unlte de nos aâ:ions , de nos 
penfées , pas un de nos geftes , de 
nos mouvemens qui n'en foit fuf- 
ceptible. On peut les conferver 
tout entiers , & les faire grimacer 
par la plus légère addition ; d'où il 
eft aif^dç conclure que quiconque 
eft né pour être Poëte comique a 
un fonds inépuifable de ridicules i 
mettre fur la fcène dans tous les 
caraâères des gens'' qui compofent 
la fociété. 

On dir , tomber dans le ridicule ; 
dans un grand ridicule j pour dire , 
«devenir ridicule. 

On dit auili , fi donner uri ridi* 
cule, un grand ridicule; pour dire, 
fe rendre ridicule par fes manières , 
par fa conduite. 

En ridicule , fe dit adverbialement 

en ces phrafes , tourner en ridicule » 

traduire en ridicule. On les tourna en 

, ridicule. On l'a traduit en ridicule^ 

Les trois premières fyllabes font 

brèves , Se la quatrième très-brève. 

RIDICULEMENT; adverbe. Ridi^ 
culè. D*nne manière ridicule. //i'Aa- 
bille ridiculement» 



HO RIE 

RIDICULISÉ , ÈE ; participe ptffif. 
Foy€\ Ridiculiser. 

RIDICUUSER) verbe aâif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme ChI^ter. Terme du 
ftyle familier. Rendre ridicule , 
tourner en ridicule. Ridiadifef fac- 
tion la plus férieufi. . 

Ci - g!c de barlefiiac mémoire » 
Lubin qui mit tonte (a gloire t 
A ridicttlifcr autruL 

RIDICULITÉ î fubftantif féminin 
du ftyle familier. Adion ou parole 
ridicule. // ne dit que des ridiculités. 

ttlÊ ; île de l'Océan fur les côtes du 
Poitou près de la petite rivière de 
Vié , dan» T Êleftion des Sables d'O 
loi)ne. On y compte environ onze 
cens habirans diftribués en trois Pa- 
roides. 

RIÉBLE ; v^^^-Grateron. 

RIED *, bourg d'Allemagne dans la 
haute Bavière , fous la Régence de 
Burchaufen. 

RIEDENBURG5 petite ville'd'Alle- 
magne 'dans Ja haute Bavière , fous 
la régence de Munich. 

RIEDLINGEN ; petite ville d'Alle- 
magne 3 dans l%Suabe» fur le Da- 
nube. Elle appartient â la Maifon 
d'Autriche. 

RIEN j febftantif mafculin. NîkîL 
Néant , nulle chofe. Dieu a créé la 
terre de rien. Un anonyme a fait /V- 
hge de rien dédié à ptrfonne. Elle ne* 
fous a rien demandé. Je n'ai encore 
rien fait aujourd'hui. Dans leJiècU cà 
fiOttsfommes on ne donne rien pour 
rien. Ce qu'il difoit ne portoit fur 
rien. Il en goûta Ji pea que rien, Jl 
vous en laijje un peu plus que rien. 
Il ne lui parlerait pas pour rien au 
snpnde. Fous ne deve\pas les comp^ 
icr pour rien. Quand on lui fa ce te- 



RIE 

proche , Une répondu rien. Ce vhi ne 
vaut rien. 

On dit familièrement , ne /avoir 
rien de rien 9 ne dire rien de ritn ; 
pour fîgnifier , ne fa voir abfolument 
rien, ne dire rien du fait princi- 
pal , ni àes circonftances qui peu- 
vent y avoir rapport. 

On dit , m une affaire "ne dent à _ 
rien ; pour dirç , que rien n'emçc- 
che qu'elle ne fe faffe. Et l'on At j 
il ne tint à rien quil ne fe tuât\ 
pour dire > il ne s'en fallut prefque 
rien. 

On dit proverbialement, oj^on 
% ne fait rien de rien ; pour dire, que 
Ton ne fauroit réufllir dans dcune 
affaire , dans aucune entrepiife , fi 
l'on n'a du moins quelque chofe , 
quelques q^oyens , quelques fecours 
pour y parvenir. Et l'on dit , qa'0/2 
ne fak rien pour rien ; pour dire , 
qu'il entre prefque toujours quel- 
ques vues d'intérêt perfonnel dans 
les fervices qu'on rend aux autres. 

On dit proverbialement d'un 
mauvais ménager qui n'entend pas 
fes affaires , d'un homme qui difiipe 
fon bien mal-à propos , qu'il fait de 
cent fous quatre livres j & de quatre 
livres rien. 

On dit , qu*une chofe s'efl réduite 
a rien; pour dire, qu'il n'en eft 
piffque rien refté. Et la même phra- 
le fe dit aufli en parlant d'une af- 
faire donr on fe promet toit un geand 
fuccès> & qui n'en a eu aucun. 

On die d'un homme qui n'a au^ 
cun emploi , ou qui n'en a plus , 
quil ne fait rien , qu'il ne fait plus 
rien. 

On dît , qu*un homme efl venu de 
rien , qu'il s' efl élevé de rien , bc ab- 
folument » que c^efi un homme de 
rien ; pour dire ,, qu'il eft d'une fort 
baffe nailTance. 

On dit , cet homme ne m^ejt ticn^ 



RIE 
poor dire , il D*eft pomt mon pt- 
renc. On die auffi, cet homme ne 
m*efi de rien i cela ne m*efi de tien \ 
pour dire , je n'y prends nul intérêt. 
Il eft du ftyle familier. 

RfEN p (ignifie quelquefois par exagé- 
jration peu de caofe.i/^ eu cette 
terre pour rien. Cefi fe fâcher 
pour un rien. Vous difputt[ fur un 
rien. C*ejl une femme qui v it de rien. 
Cefi, une province oà ton vit pour 
rien. 

' On die, il rfy a rien que nous Savons 
Vtt y il n*y a rien qu'il étoit ici \ pour 
dire > il Y ^ p^n de temps que. • • 
£t Ton dit auifî ^ en moins de rien; 
pour dire , en très-peu de temps* 

Ri£N > s'emploie auflî quelquefois > 
pour figniner quelque chofe. Y a^ 
t'il rien de plus amufant que fa con- 
verfation ? Qui vous reproche rien f 

Rien, s'emploie quelquefois an plu- 
riel. Jl nefaut pas fe fâcher pour des 
riens. Toute la difpute rouloitfur des 
riens. Ces difficultés j ces objeàions 
font des riens , c'd^-dire » des ba- 
gadsUes, des chpp de nulle im- 
portance. 

On dit auflfi de ceux dont les dif- 
cours font pleins de belles paroles » 
fans qu'il y ait aucune folidité , que 
ce font des dffi§rsde rien^ de grands 
difeurs de rien. 

Ce monofyilabe eft moyen au 
lihgulier & long au pluriel. 

RIETBERG ; gros bourg d'Allema- 
gne , chef- lieu d'un comté de me me 
nom dans le cercle de Weftphalie , 
près de Paderborn. 11 appartient au 
Roi de Prufle. 

RlETl i ville épifcopale d'Italie, dans 
rÉtat de l'Èglife , au Duché de 
Spolère , fur le Velino, à quinze 
lieues , nord eft , de Rome. 

RIEUMES} petite ville de France en 
Gafcogne^ dans le ComiédeCosi- 



• RIE 141 

mitigés, environ^ i crois lieues j 
fud-eft, de Lombez. 

RIEUR , EUSE î fubftantif. Celui , 
celle qui rit. Ces rieurs mUtourdif 
fent les oreilles. 

Il (ignifie auflS qui aime à rire. 
C*efl une grande rieufe. 

Rieur, fignifie encore qui raille, qui 
fe mocque. Vous eus une rieufe. 

On dit , qu'il/2 homml a les rieurs 
defoncàtéy pour dire , qu'il a pour 
lui l'approbation du plus grand nom- 
bre \ que* ceux cjui ont le plus de 
crédit & d'autorité , & qui font ca- 
pables de faire valoir les chofes^ 
font pour lui. 

On dit dans le même fens , // a 
raifon , mais les rieurs ne font pas 
de fon côté* Vous naure[ pas Us 
rieurs pour vous. 

La première fyllabe eft brève, la 
féconde longue & la troiûème du 
féminin très brève. 

RIEÛX ; petite ville d^ France dans 
le bas Languedoc, à quatre lieues » 
eft , de Carcaflbnne. 

RiEwXj eft aufli le nom* d'une ville 
épifcopale du *haut Languedoc , H- 
tuée iur 4a rivière de Rife, à, dix 
lieues , fud-oueft , de Touloufe. 
Cette ville fut érigée eh Évècbé en 
i}i8 oar le Pape Jean XXII, & 
mife fous la même métropole» dont 
ce Pape Tavoit démembrée. La Ca- 
thédrale de Rieux eft dédiée â No- 
tre-dame : fon Chapitre eft compo- 
fé d'un Prevot , d'un Archidiacre , , 
d*un Sacriftain , d'un Précenteur & 
de douze Chanoines , dont un eft 
Théologal. Pour le bas Chœur , il 
y a quatre Hebdomadaires , denx 
Diacres, deux Sous - Diacres & 
vingt- (îx Piében3ier$. La prcvcré 
eft éleâive, confirmative ; les autres 
dignités font i ta nomination ne 
l'Évcque. Les Canonicats du coté 



i^z RIF • 

droit (ont aufli à la nomination de 
rÉvèque; ceux du côté gauche à 
celle du Chapitre. Le Diocèfe ren- 
ferme quatre vingt- dix Paroiflfes , 
& vaut environ vingt- cinq mille 
livres de rente. 

Il y a â Rieux plufieurs fabriques 
de drap. 

RIEZ , ou RIÊS 'y ville épifcopale de 
France , «n Provence , lur la rivière 
d*Auve(lre, à quatorze lieues, nord- 
eft y d*Âix. Le Chapitre de l'Églife 
Cathédrale eft compofé d'un Pré- 
vôt 3 d*un Archidiacre, d'un Sacrif- 
cain , d*un Capifcol & de huit Cha- 
noines. Il y a quinze Bénéficiers & 
deux Officiers pour le bas Chœur. 
Les dignités & les canonicats font 
à, la nomination du Chapitre af- 
femblé. ' 

Le Diocèfe de Riez ne comprend 
que trente-quatre ParoilTes. 

Il s'eft tenu deux Concises dans 
cette vill%, Tun en 439, él l'autre 
en 1185. Outre le Chapitre de la 
Cathédrale, il y a des Cordeliers, 
des Capucins & des Urfulines. 

Les environs de Riez font de 
belles plaines , très-abondantes en 
toutes fortes de fruits, & en vins 
excellens , qui pafTent pour être les 
meilleurs de la Provence. 

RIFLARD ; fubftantif mafculin & 
terme de MenuiHers & d'autres 
Ouvriers en bois. Efpèce de rabot 
à deux poignées, qui fert à dcgroflîr 
le bois. 

RrpL ARD ) eft auffi un nom qu'on don- 
ne dans le commerce i l'efpèce de 
laine la plus longue de toutes celles 
qui fe trouvent fur les peaux de 
moutons non apprêtées; elle fert 
aux Imprimeurs a remplir ces for- 
tes d'inftrumens au'ils appellent 
ial/es , 6c avec leiquels ils pren- 
nent l'encre qu'ils employeur 1 Tim- 
preûion des livres. | 



RI F 

RIFLOIR; fubftantif mafculîn & teu 
me d'Arts qui fe dit d'une efpèce de 
lime un peu recourbée par le bout; 
les Sculpteur5 , les Graveurs fur 
acier , les Serruriers , les Arque- 
buSeu, Eperonniers, Couteliers, 
&€. ont des rifloirs , mais lin peu 
difFérens les uns des autres , loic 
pour la forme , foit pour la lon^ 
gueur. 

RIGA \ ville de Rtiffie y capitale de 
la Livonie j fur la rive feptentrio^ 
nale de laDwina , â deux tieue's de 
fon embouchure dans la mer Balti* 
que, à dix lieues de Mittau , & à 
quatre- vingt quatre au fud-oueftde 
Petersbourg. Cette ville eft grande » 
peuplée & fort commerçante. Le 
château fert de demeure au Gou- 
verneur *y outre cela plusieurs forts 
contribuent à fa défenfe. 

Quelques Marchands de Brème 
étant entrés dans la Dwina vers le 
milieu du douzième fîécle , y firent 
commerce avec les habirans du 
pays , ce quLdonna lieu k Tctablif- 
fement de B^cligion Chrftienne 
dans ce quartier. Les Papes en 
étant inftruits , y envoyèrent des 
Evèques qui environnèrent la ville 
de Riga de murailles , & fondèrent 
quelques Evèché§en différentes par- 
ties de la Province. L'Evcque Albert 
en fut nommé Archevêque en 1 21 5^ 

?ar Innocent III. Vers Tan i i8o les 
Chevaliers Teuroniques qui s'é«- 
toient établis dans le pays , firent 
la guerre aux Archevêques, Dun 
autre côté , les Bourgeois de Riga 
$*étant enrichis par le trafic j en- 
trèrent dans Talliance des Villes 
anféatiques , & fe virent en état de 
tenir tête aux Archevêques & aux 
Chevaliers. 

Par la révolution qui arriva dans 
la Religion , le Luthéranifme s'ip- 
troduiiit dans cette Ville avec de fi 



RIG 

grands |>rogèr3 , que Sigifmond , 
Roi de Pologne , auquel les habi- 
lans fe foumicenc en 15^1 > fe vit 
obligé d'accorder le libre exercice 
de la religion Luthérienne dans le 
pays. Tous les Eccléfiaftiques ayant 
quitté la Religion Catholique , 
TArchevcché de Riga fut éteint en 
iS^Sy Se les biens eccléfiaftiques 
fécularifés» Etienne Batcori ne ré- 
tablit la Hcligion Catholique que 
jufqu au temps que Gudave-Adol- 
phe s'empara de Riga en 1^21 . En* 
fin , Pierre I j après les défaites de 
Charles XII ^ prit cette Ville en 
1710, & elle til reftée depuis ce 
temps -là fous la domination des 
Rurfes. 
RIGAUD , ( Hyacinthe ) Peintre , 
* né à Perpignan en r66i , a été 
nommé avec juftice , le Vandick de 
la France. Aucun Peintre ne l'a 
furpa(ré pour le portrait. Les Sou- 
verams > les Grands .& les Sei- 
gneurs étrangers y les célèbres Ar- 
tiftes & les Savans , ont emprunté 
le pinceau de ce grand homme ^ 
pour faire revivre leurs traits après 
leur mort. La ville de Perpignan 
fa patrie , qui jouit du privilège de 
nommer tous les ans (feux nobles , 
voulut donner à fon citoyen une 
marque éclatante de fon ^(lime j 
en le nommant. Louis XV ajouta à 
cet honneur, le cordon de Saint 
Michel 9 & des penûc^ns. Ri^aud 

*t aufli à la place de Direc- 
e l'Académie de Peinture > 
perdit en 1743 j à 80 ans. 
i^e maître a compofé quelques ta-' 
bleaux d'hiftoire , mais en petit 
nombre. U confultoit toujours la 
sature avec difcernement & avec 
choix ', il a peint les étoffes avec 
un arf qui va jufquà féduire le 
fpeâateur. Les couleurs & les tein- 
tes font d'une vivacité & d'une 



♦RIG 14} 

fraîcheur- admirables. Ses. ouvrages 
font finis fans être peines \ fes por- 
traits frappent pour la relTemblan- 
ce. U a furtout excellé- à peindre 
les mains qu'il a faites d'une beauté 
au-delà de toute expreflfion. On- lui 
reproche d'avoir mis trop de fr^a» 
dans les draperies , ce qui détourne 
l'attention due k la tête du portrait >. 
& l'on remarque dans plufieufs ta« 
bleaux de fes derniers tems , des 
contours fecs , & un ton de cou- 
leur qui tire fur le violer. Un ha- 
zard (ingulier fut l'occaHon de fon 
mariage. Une dame avoir envoyé 
fon domeftique pour avertir ai> 
Peintre de venir mettre foa plan- 
cher en couleur. On s'adreifa à Ri- 
gaud , qui charmé de cette mé- 
prife dont il voulut s'amufer , pro* 
thit de fe rendre à l'heure & dans 
la osaifon qu'on lui indiqua. U y fut 
en effet \ iHais la dame voyant un 
homme de bonne miné , fuperbe^ 
ment habillé , «'excufa fur la fotife 
du laquais , plaifanta & fit beao- 
coup d'accueil à Rigaud. Celui-ci 
ne demeura point infenfîble. U vint 
revoir cette dame : les deux parties 
fe plurent : enfin le marine fe fit 
& fut des plus heureux. On a beau- 
coup gravé d'après ce maître» 
RIGEL 'y fubftantif mafculin 8c terme 
d'Aftronomie.Nom d'une étoile fixe 
de la première grandeur qui eft dans 
le pied gauche d'Orion. 
RIÇIDE} adjeâif des deux genres- 
Rigidus. Sévère , exaft , auflère- 
Caton avait une vertu rigide. Cejl 
un rigide Obfervateur des anciens ufa^ 
ges. Il ne faut pas qu'un directeur de 
cônfcience fait trop rigide. 
Rigide , fe ditauffi en parlant de ceux 
qui étant d'une religion , d'une fec- 
te, font profeffion publique d'e» 
foutenir tous les dogmes , fans U 
moindre altération ; & c'efL dan^ 



144 



RI(^ 



' ce fens qu'on dit , un Anglican rigi- 
de. Un Calvinijie rigide. 

On lé dit aaffi en parlant de ceux 
qui s*atcachenr fcrupuleufement à. 
tous les dogmes d*ui> Phildfophe } 
& c*efl dans ce fens qu'on die » un 
Cartéjieh rigide , pour clire » un hom- 
me attaché à toutes les opinions de 
Defcarres. 

RlGiPEMEPfT ; adverbe. Rigidi. 
Avec rigidité. Les Religieux de la 
Trape vivent trop rigidement. 

RIGIDITÉ i fnbftariif féminin. Sevc-^ 
ritas. Grande fé vérité , exaâitude , 
auftériré. V ordre fut exécuté avec 
rigidité. La rigidité extrême de h mo* 
rale^flaujji condamnable que le re- 
lâchement. 

RIGN AC ; boure de France en Sain- 
tonge , à une lieue de BarbeHeux. 

RIGNy ; Abbayç d'Hommes de TOr- 
dre de Ciieaux ^ en Bourgogne , 
près de Vermanton.^Elle ell en 
commande, & vaut au titulaire 
environ 6oqo livres de rente. 

RlGNY-le-FERRON ; bourg de Fran- 
ce en Champagne , à* cinq lieues , 
eft , de fens. 

RIGODON; fubftantif mafcuh'n. 
Sorte^d'air qui fe bat â deux temps 
d'un mouvement gai, & tft ordi- 
nairement divifé en deux reprifes. 
Chanter un rigodon. Jouer un ri- 
godon. 

Il fe dit aufli de la danfe qu'on 
danfe fur cet air làyi Danftr un ri- 
godon. 

Tout eft bref au (ingulier, mais 
la dernière fyllabe eft longue au 
pluriel. 

RIGOLE i fubftantif féminin. Petite 
tranchée , petit foifé qu'on fait dans 
la terre , ou petit canal qu'on creufe 
dans des pierres de taille , pour faire 
couler (de I'cali dans un jardin , dans 
un pré, ^Cp Falrç une ri^olç. Faire 
dçf rigoUs. 



RIG 

RrcoiB 9 fe dit auffi des f etites <raii« 
chées qu'on fait pour planter àK:% 
bordures de buis , de lavande j de 
thym, ou des palilHides de ihar- 
gies, d'érable, &c. Une rigole de 
tant de pieds de profondeur. 

RIGORISME; lubftantif m.^fculin. 
Morale trop (éycve. Cela ne peut être 
toléré félon les principes du riga* 
rifme. 

RIGORISTE î fubftanrif roafculin. 
Celui qui poufte trop loin la févé- 
rité dans la morale. // y a des rigo* 
rifles dans toute $ Us religions. 

RIGOURLUSEMENT ; adverbe. 5i?- 
v<fr^. Avec rigueur, d'une manière 
dure 6c févère. Ils furent punis ri-' 
gourcufement. 

Les deux premières fyllabe? font 
brèves , la troiHème longue , la qna* 
trième très brève r & la dernière 
moyenne. 

RIGOUREUX, EUSE; adjeûlf. JP^- 
yerus. Qui a beaucoup de févérité 
dans fa conduite, dans Tes maximes 
â l'égard des autres. Un pire rigou- 
reux. Un Juge rigoureux. C*eft un 
créancier rigoureux qui ne donne 
point de quartier à fes débiteurs. 

Rigoureux^ fe dit aufli des chofes. 
Un jug-^ment rigoureux. Une peine 
rigoureufe. Une morale rigoureufe. 
Subir un examen rigoureux. 

On dit, hiver rigoureux ^ /ai/on 
riaoureufe ; pour dire, hiver rude, 
âpre , fâcheux \ faifon rude, JMku- 
fe , infupporrable. j^^ 

Les deux premières fylIaBHBnt 
brèves, la troifîème longue' 5: ta 
quatrième du féminin très- brève. 
RIGUEUR ; fubftantif féminin. Ri. 
gor. Sévérité , dureté , auftériré. // 
traite fes enfans avec une rigueur ex* 
trême. Il leur tient rigueur. Ce novice 
n'eft pas affe^ fort pour fouten'ir la 
rigueur de la règle, f^ous ayei trop 

de 



RI<5 

^ 'd^rîgtieurpour i^sgeâs.la rigueur 
des tourment* 

• Qn.4i&>. la rigueur de lafaîfon , 
h rigueur du froid i pottrdUQ, i"â- 
pr^té du /raid, &e. 

Rigueur^ fignifie aufli grande exac- 
tirude , ftv^ité dans la Juftice. On 
ne doit pas toujours prononcer fui- 
vant la rigueur de là loi. Les Juges 
inférieurs doivent juger félon la ri- 
gueur des Ordonnances. . 

On appelle la loi de Moyfe , la 
loi de rigueur^ par oppofition à la 
loi nouvelle q^u'on appelle la loi de 
grâce. 

On appelle /w^w ifc rigueur^ les 
Juges d'une Juftice réglée, à la dif- 
férence des Arbitres qui Jugent 
d'ordioaire â l'amiable. On appelle 
auffi Juges de rigueur , les Juges fu- 
balternes , i la différence des Ju- 
ges qui jugent en dernier reffbrt, 
qui peuvent quelquefois adoucir la 
rigueur de la loi. 

En matière bénéficiale , on ap- 

Ïelle mois de rigueur , les mois de 
anvier & de Juillet , parceque le 
collateur eccléfiaftiquc eft obligé de 
conférer au plas ancien des gradués 
infinucs , certains bénéfices qui ont 
vaqué dans l'un ou d^s l'autre de 
ces mois. 

On dit figurément , la rigueur du 
fort j la rigueur du dejlin , des def 
tins. Et l'on ditauflî figurément ,. Az 
rigueur ^^ les rigueurs d'une belle y d'u- 
ne maùreffi. Il fe plaint des rigueurs 
de fa maitrejji. 

A LA RmUEUR , A lA DERNIERE Kl' 
CUEUR j A TOUTE RiGUEUR , EN 

Rigueur j façons de parler adver- 
biales, pour dire, dans la dernière 
ezaâitiide» avec une extrême fé- 
vérité , fans faire aucune grâce. // 
faifoit obferver la difcipline militaire 
à la rigueur. Cefi traiter l'affaire en 
Tome XX fT 



RIL 



145 



toute rigueur. Voilà tout et quen ri- 
gueur H pourroit prétendre. 

On dit auflî, à la ripueury pour 
' dire , trop fi la lettre , (ans modifi- 
cation, // ne faut pas prendre, ccfte 
phrafe à la rigueur. 

La première fyllabe eft brève, 
& la féconde longue. 

Différences relatives entre févé-^ 
rite, rigueur. 

La Jevérité fe trouve principale* 
ment dans la manière de penftr ôc 
de fuger ; elle condamne facile- 
ment , & n'exciife pas. La rigueur 
fe trouve particulièrement dans la 
manière de punir; elle n'adoucit 
pas la peine, & ne pardonne rien. 
Les faux dévots n'ont de fivérité 
que pour «utvuî ; prêts à tout blâ- 
mer , ils ne ceftent de s'applaudir 
eux-mêmes. La rigueur ne paroit 
bonne que dans les occafions où 
l'exemple feroit de conféquence ; 
il femble que partout ailleurs on 
doit avoir un peu d'égard à la foi« 
bleffe humaine. 

RILLÈ ; petite ville de Fracfce en 
Anjou , environ à fix lieues , eft j 
de Baugé. 

RILLE; (la) rivière de France en 
Normandie : elle a fa fource à quar 
tre ou cinq lieues , eft > de Séez 9 
dans la Paroiffe de Saint Vandril- 
le , St fon embouchure dans la Sei- 
ne entre Quillebœuf & Honfleur > 
après' un cours d^envirqn trente 
lieues. 

RIMÂC ; fubftantif mafculin. Lesan-^ 
ciens Péruviens adoroient une di- 
vii\)té qu'ils appeloient. Rimac ^ 
c'eft-à-dire , celui qui parle , par- 
cequ'ilsla coofnltoient- dans toutes 
les ejitreprifes , & qu'elle paroif- 
fpit répondre , par l'adreffe des Prê- 
tres,. a tout ce quon lu^ deman- 
doit. 

RIMAILLER; verbe neutre delà pre- 



f4« RI M 

mière conjugaifon , lequel Ce côn- 
)agae comme Chanter. 11 fe dît 
été ceux qui font beaucoup de mé- 
chans vers. Pajfer coût fon temps à 
rimailler» 
RIMAILLEUR ; fubftantif mafculin. 
Qui fait beaucoup de méchans vers, 

Gf iphon rimaillear fubalcerne » 
Vante Siphon le barbouHlcur i 
Et Siphon peintre de taYernc, 
Yante Gciphon le rimailleur. 

ROCSSIAV. 

RIME^ fubftantif féminiD. Uniformité 
de (on dans la cermiuaifon de deux 
mots. 

Il n*eft pas néceffaire de remon* 
ter avec Richelec jufqu*â l'antiqui- 
té la plt^ reculée y pour démontrer 
celle de la rime par des conjeâures 
incertaines. Apres la décadence de 
l'Empire Romain » les Barbares, 
qui en avoient partie le$ débris » 
en corrompirent la langue par le 
niélange de leur {argon ; & ce que 
les Lombards avoient fait i cet 
^ard en Italie, les Francs lintro* 
duiCrent dans les Gaules. Les Poè- 
tes Languedociens mirent la rime 
en honneur dans le dixième fiède , 
quoiou'à vrai dtie, elle fût encore 
bien barbare & bien imparfaite. A 
en juger par le} chanfons du Com- 
le de Chamnagne , elle commença 
i fe polir tous S. Louis ; néan- 
moins , (i Ion en croit Defpréaux ,. 
elle doit fon plus grand kftre i 
Villon qui vivoit en 146011 

On diAingue deux fortes de 
rimes y les mafcuUnes & les^ fé- 
tmnines : la rime mafculioe eft 
celle qui fe termine par uni e 
fermé, commme Àzïi\ charité ^Ji-- 
itérité y oupai quelqu'autre termi- 
naifonque ce foit, â l'exceptionr de 
|e mu^r., comme d^ns fureur ^ hor- 



RIM 

r€ury accueil^ recueil^ mépris^ Jurprbl 
amours , fecours , &c. 

La rime féminine au contraire » 
eft celte qui finir par un e muet » 
foit qu'il termine abfolanaent le 
mot > comme dans plainte ^ cen^. 
tramtej foit qu'il foit fuivi d'un 
' s , comme dans oreilles , abeilles ^ 
ou de ces deux lettres «r , comme 
dans ces mots, foutienncnt ^ fau^- 
viennent, 8cc. 

Voici -les principales règles aux- 
quelles tes rimes font foumifes. ^ 

Première règle. Un vaot terminé 
par une de ces lettres i , ï , ^» »*«* 
pas cenfé rimer avec un autre mot 
qui ne finiroit pas par la même let* 
tre, quand bien même il rendcôit 
le même fon : ainfi foret & ciprès 
ne riment points non plus que di^ 
foit dcfaifois. 

Deuxième rèsle. Les verbes ne 
font point cenKs rimer avec d'au- 
tres verbes qui ne feroient pas au 
même temps, ou à la même per- 
fonne j ou au même nombre. De-^ 
H difent ne rime pas avec précpnifi ^ 
ni donnât avec pardonna , ni faif' 
foit zvecfaifbient. 

Troijième règle. On ne permet 
que dans les Comédies ,. les chan* 
(ons , & autres pocfies d*un genre 
aifé, d'employer pour rime deux 
mots qui ont le même fon , mais^ 
qui ne font pas écrits de la même- 
manière j tels que feroit un verbe- 
& un fubftantif , comme l'es forêts ^ 
je dîroîsy tabouret y feroit. Mais cela 
ne fe fouffre en aucune occafion > 
lorfqu'H s^agit de mots qui ne fe« 
roient pas- également terminés pas: 
la lettre r, comme plongé 6c àet^ 

Quatrième règle. It faut éviter de 
faire rimer deux mots dont l'uts 
aurok la fiaab longue & l'aucre 
hcève > tels que font les» fttiiv>ao)^ 



wmme ^phantômc^ trône ^ eowronne. 
Pea de Pocces fe foumectenc à cette 
règle , mais leur négligence ne fait 
pas loi , & loreille déiapproavera 
tottjoars les fons difparaces de ces 
ximcs^ 

Ce hideux bonrctaa , moins on homme 
Qo'on patibulaire phancôme. 
La vérité leor laiflè on dirâne « 
Xa candear forme leur couroone. 

Cinquième rigU. Deux mots dont 
Ye eft ouvert ^ns Tun , & fermé 
dans l'autre 9 comme mer Se enflam- 
mer^ JupUerSc rej/ifler ^fer Se étouf' 
^r 9 ne riment point. 

Sixième règle. Les (impies & lei 
compofés » comme mettre & remet- 
tre , ami Se ennemi ^ puijfant Sc im" 
fuiffantyfaire Sc défaire j ne doivent 
point rimer enfemble > excepté lorf- 
qu'ils font ptis dans un fens diffé- 
rent» comme courir Scfecourir^ ou 
l'un dans le fens naturel, & l'autre 
dans le iîguré j comme^îr Se par* 
fait^ 

Septième règle. La rime eft dé« 
feâueufe. lorfque la même con- 
foane » qui précède la voyelle fi^- 
nale , fc prononce différemment 
comme h lettre / dans les mots 
mouillé Sc révélé. 

Huitième règle. La confonne qui 
précède ïe fermé , doit être la mê- 
me dans les limes mafcolines & 
féminines , pour qu'elles foient fuf- 
fifantes ^ ainfi , parlé & confvmmé , 
exciter St forcer , fermée Se frappée 
ne riment point j mais /^or// & ré- 
vêlé ^ exciter Sc réfifler ^ formée Se 
eharmée .timwu On trouve cepen- 
dant une rime très-heureufe par fon 
défaut même dans un de nos bons 
Poètes ^ rinfudirance de cette rime 
marque parfaitement combien l'a- 
▼ea^de rA^teut eft fondé. 



RIM ^ 147 

Adiea. Voilà trop Je folies; 
Trop pareflenx pour abréger. 
Trop occupé pour retoucher , 
Je TOUS livre mes rêveries » 
Que quelques vérités hardies , 
VieDoent librement mélanger. 

Neuvième règle. Les monorylla» 
bes 9 quoique commençant par des 
confonnes différentes, rimtnt en» 
femble > Se même avec des mots do 
pittfieurs fyllabes; car il ment rime 
avec ilfent ; & il rime encore aVec 
paffant , combattam , enfant ^ fer^- 
ment ; ce qui ne feroit point s'il 
n'étoit pas monofjUabe» à giufe 
de la multitude des rimes en 
mem* 

Obfervationsfur la rime. Un mot 
peut rimer avec lui même» lorf- 
qu'il a deux fens différens, ainfi 
pas^ paffus \ rime avec pas , néga- 
tion , point , punBum , avec point j 
particule négative. 

On ne doit jamais placer plus 
de deux, rimes, mafculines ou fé- 
minines de fuite dans les pièces 
régulières. 

Dans les vers libres , on ne doit 
changer de rime^ que lorfque le 
fens eft parfait, c'eftâ-dire» que 
la phrafene foit achevée. 

Il faut prendre garde avec foin , 
que le mot qui termine le preniier 
hémiftiche» ne rime avec tes fi- 
nales des. vers les plus voifins* C'eft 
le défaut des vers fuivans. 

Croire trop fonhaiter » c*eft borner ma 

puiflaoce » 
On douter que je veuille t après tes grands 

exploits , 

M'acquicter en vrai Roi de ce que je te 

dois : 
Parle \ & puifqu*) cbn choix ma faveur 

akmdonne. •'..• 

T îj 



14^ 



RI M 



Le Fcx, avec le feu volciit it tontât t>art» , 
Des mains âcs a/pégeofu , 6c du haut des 

remparts. 
Ces remparts menafons leurs cours & leurs 

ouvrages. 

La terre eft fans glafons , le ciel eft fans 

. nuages ; . 
L'un montre Ton azur, l'autre fonterc 
ga[ott . • • - 

Mânes plaintifs qui fur le noir rivage , 
Vont regrettant que ce cenfeur fauvage 
Les enchaînant dans d'immortels accords... 

Au refte on peut fans' manqner 
à#rharmonie, faire rimcf le dernier 
mot du pretxlier hémiftîche avec la 
fin du vers, & même répéter ce 
mot â la lîn du premier hémiftîche 
À\x vers fntvanr ; mais il faut que 
ce foie par k figoire qu'on nomme 
réfctiùon , laquelle donne cîe la for- 
ce & de ragrémenc i la poëâe : 

Ce fang qui tant de fois garantit vos mu* 

railles , 
Ce fang qui tant de /ô/^vous çagna des 

batailles.... 
Toujours haï des cieux^ toujours "digne 

des cïeux . . ', , ' ' , 

Une grande exaftitude ne per- 
met pas de faire revenir deux 
fois la même rime dans Tefpace de 
dix vers. 'Ce retûqr fréquent d'un 
même fon rend ht verfification mo- 

^ &ocone ,* & déplaît ik l'oreille. 

On doit tacher de> ne pas em- 
ployer furtour dans les fujets nobles 
& férieux y des rimes mafculines 
& féminines qui forment des fons 
peu dîffcrèns t cte retour des' m'êmes 
fons eft défagréablé' dans les vers 

:iuiya()s«; 7 :. ^ , , 

Ayez çnçcnfi;? les autels . .. 
De ces charmantes immonclles ; 



A vbtrc retournes mortels .' ' 

Vous compteront parmi Irs telles. 
Et les anîiours Icçplns cruels- 
Vous ferviront fouvent mieux qu*elle^« 

De la rime mafcuUne, :X^ càgle 
générale par rapport aux rimes maf- 
culines , eft que la dernière fyllabe 
des deux moc^ qu-on veut fkitigf ri* 
mer enfemble, foit entièrement la 
même pour le fon, &• s'il fe peut, 
pour les lettres» comme cachet^ 
ricochet ^parler y révéler ^ punir ^ bjari'- 
nir y amour j joi^ &c. Çeperidfanc 
voici deux occafions' où cette rè* 
jle générale n'a ^ôint lieu , éè dans 
efquelles il n'eft pas néceflfairé que 
a confonne qui précède la Voyel^ 
e , foit la même dans les deux 
mots. ' ' 

Quand le fon des fyllabes «eft - 
plein ) ou que la dernière fylUbe fe 
pironônce , & même encore Ibrfque 
cette fyllabe eft une des diphtongues 
au y eu y ou , il n'eft pas néceuaire 
que la dernière fy^llabe du vers foie 
abfolumenc la même; ainfi dejir 
rime bien avècypx//?ir,parceque la. 
prononciariotl ex ige qu'on faile Ton- 
ner U lettre >r j plafàni rime avec 
C?/^//t?/2 ; parce que le ion eft plein 
dans l'un & dans l'autre; il en eft 
de même de marteau avec tableau^ 
étborihéUf^ avec chàUur^ de jaloux 
rftc di^ôusl . •- 

> ' 1^. On rrVxige*pa$ non plus cette 
^r^nd^ ex^iâ:kpde'piar rapport aux 
rimes qui ne font pas tres-abon- 
4antes^» e3fi|repté celleîde l'enfermé , 

* car deffein time avec affaffin ,i deftin^ 
divin.; <}uet^tte^ bonr Poëte» l*t>nt 

. ' jfpît rimer ^vec^hamgini certain l6cc. 

^^a\f lieaqae lès dmes en'^e»2t^* étant 

! tt-ès-abonduntes , fentifntnt &: j^ra- 
«fc/Wne font pas cenfés^rimèr en- 

' femble. On. foufFre cependant de 
pareilles rimes dus les Ouvrages 



'>d*iiBéip6cfie familière i tomm^ésins 
Is Comédies » nlanc les versifies 9 

: jdans:iescfaaqfcms9 ^r. >: > ''i 

£>£ Az rink féminine. Ce que nous 

avons die jufqa'ici de la rime en 

géhécaL, convient 4 ^ féûtttnine 

comme i la mafculine ^ car, lorf- 

?|u\ine rime mafcnline ^eilt devenir 
éminine , coibmie ôntùrit ^dChéàr^ux 
donc on peut ftxtt izrfiahté ic' heu- 
rcufe , & que la màfcultne eft fuf- 
fifante, \z féminine Teft audi. Faites 
cçp^ndahc les bbfervations fuîvan- 
tes. 

,1^. Uae rime matcolisie» qui 

feroir défeâaeule , jpottrroic être 

^uffifante ) devenant féminine: car 

prudente mm avec charmante s quoi- 

*^ que prudent & charmant ne foienc 

pas deux rimes fuffifantes. Mai^ il 

' y a desf ôcffànons où la rime femi- 

^ hbeiie vaut rien /quand la mafcu- 

, line n*e(l pas bonne, furtont ijans 

lés finies en é fermé ; car révélée & 

* . dofte ne riment pas mieulc que //- 

yilé & doré. 

1^, L> muet , qui conftirûe la 
- rime féminine , nefertpas à fSaire 
'cohnoître fi la rimé eft bonne' ou 
'-non ; quand m8mï la tonfoniWéMqui 
. précéderoit cet e fetoit la mSme 
dans'.lès deux mots ebtfi me dans 
avantage & dans vendange. Mais pn 
doit cdnfidérefr le' fon mi nfiot .^n- 
- "dépendàmment dé V\cl mtiét ,*ou 
λour le dire autrement i 3 <iieftut 
iaire attention ^q'à la voyelle & à 
la" confonnè qui ptècèdétît ;mmé- 
diâtemerit cer tf muet, comme ag 
àsLTïs fauvage &C ^ya^^^gç% an^à^ns 
* 'vi/iifû;2Jgfc^fe 'échange ^ ni, ûàhs punie 
^1 J^ bannie y lf<c.,L'c tn)ïej:Jir\z fi^ des 
mots françois ne. ie compte pour 
rieiiti la . Bn r du yer^. \l fiât donc ' 
. juger de la rions, pj^r je. û)n de la fyl- 
labe précédente. 
Li lU&me.UAiÙMr. des Pocfies \ 



dreSbireaiti 8&(de L fl; Râi0eaa\nt 

'Contribuera pas pettd:airurecde tec« 

'«•eut de la' bonté des ripaes qu'il 

>v6udroit employer j cette leâure 

fêrvira de fopplément à tout ce 

cju on a dit fur la rime, car ilietoit 

inutile d'entrer fur ce fujet dans^un 

plus 'grand tlévail. Nous albhs traU 

' ter i préfent de la ricbedè des^^ri^ 

mes & de leurs différentes fofi- 

:cions« 

Des rimes riches. Le mot riche ; 
en fait de rimes, fert à marquer 
le degré de perfeâion dans cette 
^partie du vers. La rlthcffe des rîmes 
' dépend d'une* àttcTiribn fcfupufeufe 
fur le choix que Ton en fait. On ne 
doft, i cet égard , fe permettre de 
licence que le moins qu il eft pof- 
fible, parcequ*elle dégénère tou- 
jours en défaut. La. Fontaine en a 
pris de grandes, mais il n'a &lla 
rien moins qu'une infinité de beau- 
tés pour juftifier fa hardieffe ; d'ail- 
leurs les grands bûmmes ne doivent 
point être imitéPra^s leurs défauts. 
. «Eagénéral, la_ reflemblance de fon 
ne ïuffit pas pour que la..rime foie 
^ficbe; il faut dans les rimes 
mafculines une conformité de fon 
•^darts la dernière fyllabe des mots 
qui terminent les vers comme heu-^ 
^ teux , amoureux , qui ne forment 
t ^ liéanoioins^ que dès rimes fuffifan- 
? tey;'rtaîrles rimeir feront riches^ 
'» Â hS^ifLcte Iftlà bëndhièttte fyl- 
: '' labfe xititle -A&hî'é forf comme cel- 
' les-cî inouis ^- éblouis ; elles feront 
encdre pliis riches , fi non-feulement 
la dernière fyllabp, mais la périul- 

• ^-tièdië Kf^mèm^ ranté-péunltième 
•' formehc Je^thepre foh v cémrtie cel- 
« ;'"fes-c?, amàtitéiix^^ langoureux ^ glo^ 
'''rie\iX'y viciôrieux:^Dzt)s leê rimes fé- 

* minines* l'uniformité de fon doir, 
comme on Ta obfervé, commeiurer 
à la pénulrîfèmeiyHabé^y'CoinBie/î^r-; 



fSê RIM 

iune i Neptune , poar la fùfirahcé » 
& pour la richerfe , à rantc-pénul- 
cième, comme forcune^ importune^ 
Socrate , Ifocrate. RoulTeau eft ce- 
lai de tous nos Pocces qui brille le 
plus par la régularité & fa richefle 
cfes rimes. 

Des rimes fuivies. On appelle ri- 
- me» fuivies celles qui fe fuccèdcAC 
de deux en deux , tantôt mafcuii- 
nes » uotot féminines. Exemple : 

Pour les osars. corrompas l*amitié n'eft 
poinc faite} 

ô divine amitié ! félicité parfaite ! « . 

Seul mouTcment de l'ame ou l'excès foi' 
permis , 

Corrige les défauts qu'en moi le ciel a 
mis : 

Compagne de mes pas dans toutes mes 
. demeures* 

Dans toutes les ùâCons Sc^dans toutes les 
heures , 

Sans toi tout homme eft feul ^ il peut par 
ton appui • 

Multiplier Ton ||^Sc vivre dans autrui. 

Idole d*un cœui^Re , & paffion du fage » 

Amitié, que ton nom couronne cet ou- 
vrage. 
, Voltaire. 

On fe fert ordinairement de ri- 
mes fuivies dans les grands Ouvra- 
ges I comme dans les pocmes ^i- 
aues • didaâiques Se dramatiques » 
ans les difcQurs, & dans d'autres 
..pièces moins conQdérables. Il faut 
remarquer qu'on ne place jamais 
de fuite deux rimes féminines , ni 
deux mafculines d*une efpèce difté- 
. rente. 

Il y a des Auteurs qui appellent 
les rimes fuivies, des rimes plates. 
Des rimes croi/ees. ^ Les times 
croilées font celles qui ne fe fuccè- 
denc pas immédiatement > mais qui 
ibnt interrompues par une différen- 
f ente î comme lorfque Ton met un J 



RIM 

fers mafcttlin après un féminin , cM 
deux mafçalins de même rime en* 
tredeux féminins pareillement de 
même rime* Exemple. 

A un enfant pourfuiyane des abeille* 

Enfant , d*oil viennent tes furcocs l 
Ta pleureras ton imprudence. 
Ces volatiles bienfaiteurs 
Avec eux portent leur vengeance. 
Pour leur bocin ils ont des fleurs » 
£t leur aiguillon pour défenfe. 

Do&iLT* 

Celle qui fonffre en fa pre(ènce» 
Qn'on vaate en elle des appas 
Et des venus qu'elle n*a pas» 
N*eft qu'une idole 4P^on encenft. 

PAVILl^Oir* 

* L*ode I le rondeau , le ibnnet ^ la 
ballade , (e compofent à rimes ccoi* 
(ces. 

Des rimes mêlées. Une pièce de 
pocfie eft en rimes mêlées j lorfque » 
dans le mélange des vers » on n'a 
gardé d autres règles que celle de 
ne pas mettre de fuite plus de deux 
vers mafculinsi ou plus de deux fé-* 
,minins. Les rimes mêlées fontc^m- 
pofées de rimes plates ou fuivies » 
& de rimes croifées. Exemple : 

yers à M. te Comte de Touioi^fe- 
Lautrec , par Mde.\ de *** , en, lui 
envoyant un naud d'epée. 

Voici le jour ou dans réglife on fête ' 

Le Saint dont vous poncz le nom p 

Je dois , pour plus d'une rai(bn» 

De guirlandes de fleurs touronner votra 
tête. ' 

Otii » mais de quelles ijeurs fàut*il que je 
m'apprérc, 
Lamréc, à ceindre votre front? 
De celles des jardins? Elles fetoieat fa- 
nées 
Ava&t que de vous parvenir i 



RIM 

p 

Le fort les condamne ï mourir 
" Prefqa'aaffitâc qu'elles font nées. 
De lauriers ? Mars aflez tous en a cou- 
ronna , 
£t TOUS en promet plus encore. 
De mortes ? A Paphos l'amour eft étonné 
De voir qu'en Tes jardins à peine un vient 
d'éclore. 
Que par vous il eft moifTonné. 
Oh 2 pour le coup ? ou je fuis bien trom- 
pée. 
Je fais ce qu'il tous £iut : on petit nœud 

d'épée. 
Acceptez donc ceci « non comme mou 

bienfait» 
Mais comme un don qn amour vous £ut* 
Heureufe fi ces noeuds fécondant mon 
envie , 
Peuvent défendre votre cœur 
Contre le regard fédudeur 
De mainte rivale aguerrie , 
AuQi bien que Tépée au bras de mon 
vainqueur » 
Saura bien défiendre fa vie , 
Des aoups d'une main ennemie 
Qui viendra braver fa valeur l 

On dit proverbialement 9 ilny a 
ni rime ni raifon dans tout et qu*il 
die 9 dans tout ce quil fait ; pour 
dire 9 qu'il n'y a point de bon lens^ 
& que tout 7 eft mauvais, 

La première fyllabe eft brève, & 
la féconde très-brève. 

RIMÉ, ÈE} participe paffif. Foye^ 
Rimer. 

On appelle bouts rimes , des mots 
qui riment, & qu'on donne i un 
Poète pour faire foit un fonner , 
ibit quelqu'autre forte de poëfie. Et 
Ton appelle aufli Bouts rimes toute 
. petite pièce de vers faite fur des 
bouts rimés. En voici un exemple : 

Toi dont les ans font les. deux tiers 
de troue ^ 



BIM 



«5» 



Te jure » Iris > qu'au de - là de quarante » 

* Mon cœur encore fuivra la loi du tien , 

Si ton défir veut s'accorder au mien. 

Feux mutuels rarement à cinquante • 

Se font fcntir ac jamais à foixante j 

Chacun alors fent éteindre le Jien : 

L'amitié refte » & le cœur n'y perd rien : 

Lors nons lirons l'ouvrage des Septante , 

, Peut-être auffi gagnerons-nous non orne i 

Puis nous mourrons enfemble en gens 

de éien , 

Autant amis que (kint Roch de fon c/^en • 

On faifoir autrefois beaucoup de 
fonnets en bours rimes : ces fortes 
d'Ouvrages étoient furtout fort 2 
la mode du temps de Sarraân & de 
Voiture. Le premier s*en eft agréa- 
blement mocqué dans un petit poë'^ 
me burlefque , intitulé : /a défaite, 
des bouts rimes. En effet on peut , 
fans injuftice, les ranger dans la. 
clafle de ces fortes damufemens 
d'e(prit , dont le plus grand fuccàa 
ne iauroit jamais réparer la moindre 
partie du temps qu'on a perdu à 
les compofer , tels aue font les 
énigmes , les logogriphes, ' & leur 
appliquer ce beau mot d'uh Ancien: 
Turpe efi difficiles habere nugas. L*cf- 
pric gêné par la bifarrerie de la ri-, 
me , néglige la jufteffe de la pen* 
fée, pour s'occuper uniquement 
de la verlïfication j qu'en réfulte- 
t-il ? Un aflez mauvais compofé , 
mais nullement un fonnet, puif. 
.qu'ilneftpas permis d'être médio- 
cre en ce genre , dont le vrai ca- 
raâière eft un mélange de force & 
de délicateffe, qui demande de 
rimaginacion, de la grandeur dans 
l'expreifion ^ èc furtout un tour heu* 
reux & naturel dans lespenfées» 
RIMER j verbe neutre de fa pre- 
micre coujugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter, llfe^cîit 
de&mots dont les dernières fyllabes 



ont la même terminaifon , & for- 
Vuent le même fon. Aimer rime avec 
charmer. Ces deux mots riment mal. 
Fortune 6c i(npprtunc riment riche^ 
ment* • 

On appelle s rimer à la fois aux 
yeux, ^ aux oreilles , lorfque les 
Tyliabes qa'on fait rimer ont le 
même fon , & font orcogcaphiées 
de même. 

On dit , qu'tt/2 Poète rime bien ; 

. pour dire, qu'il it'empioie que des 
rimes exaâes dans fes vers \ & qu'zV 
rime mal; pour dire , qu'il emploie 
de mauvaifes rimes. 

Rimer , (ignifie aufli , faire des vers. 
// ne s'occupe quà rimer. En ce fens 
il fe dit avec quelque ft>rte d« mé- 
pris. 

Rimer , fignifie quelquefois faire ri- 
mer ; & alors il fe prend aâive- 
menr. On ne doit pas rimer liberté 
avec ajfuré. 

RiMBR ) 9*empIoie encore quelquefois 
afti vement pour fignifier , mettre 'en 
vers. Il faut rimer cette rtouvélle 
aventure. 

La première fyllabe eft brève, & 
la féconde longue ou brève, yoye^ 
Verbe. 

RlMEURj fubftantif mafcuUn. Ce 
terme ne fe dit guère que par mé- 
pris- , en parlant d'iin mauvais 
Poëte. 

On peut dire pourtant d'un hom* 
me qui n'emploie que des rimes 
très-riches dans fes vers, que c'aft 
un excellent rimeur. 

RIMINI î Ville Épifcopale d'Italie 
dans la Romagne , d Tembouchure 
de la Marecckia dans la mer Adria- 
tique & â huit lieues , fud-eft , de 
Ravenne. 

Certe Ville étoit anciennement 
dans le pays des Senonois d'Italie ,, 
& devint enfuire Colonie Romaine. 
Tite-Live , la met au nombre des 



RÏM 

diz^huît Colonies qui afliftèreift U 
République de Rome dans le temps 
des profpérités d*Annibal. Il paroîc 
qu'elle étoit chérie des Ron)ains par 
les beaux leftes d'antiquité qui s*j 
voient encore. Auguftç y fiç bâtir le 
magnifique pont fur lequel on pafTe 
la Marecchia. Il Joignit à Rimini la 
voie Flaminiet)ne avec lavoieEmi-* 
lienne. Tibère contribua de fon.c6té 
à la.conftru6tioii de ce pont , c*eft«- 
à-dire qu'il le finit. Les autres ^an^ 
tiquités de Rimini , font les ruines 
d'un ampliitéâtte » celles d'un arc 
triomphal érigé pour Augufte,&' 
Il .Tour de briques , qui étoit le 
phare de l'ancien port; mais la mer 
s'étant retirée à un demi^mille de 
ce poet» le phar^ eft ptéfeatemenc 
environné de jardins. 

La Ville de Rimini fut fujette 
aux Empereurs Romains jufqu â la 
fin de leur Empire. Elle obéit aux 
exarques de Ravenne tant qu'ils fe 
maintinrent; enfuicé elle fubit le 
joug des Lombard : après que ceux- 
ci eurent été défaits par les Fran-» 
çôis , elle reconnut les Rois d'Italie 
& puis les Malateftes , Vicaires de 
ceux-ci. Pandolfe Tun d'eux , ven- 
dit la Ville aux Vénitiens; mais 
l'armée de ' ces derniers ayapt été 
dé£aitd à Rivolta Seccà par les trou* 
pes de Louis XII , Roi de France, 
ce Prince mit le Pape en pofTeflion 
de Rimini , pofleflion qu'il a gardée 
jufqu'à ce jour. 

* Cette Ville eft aujourd'hui petite^ 
dépeuplée , pauvre & fans fortifica- 
tion. Les filles y porrent les che- 
veux treffés , avec dèi fleurs qu'elles 
mettent fur loreille & qui font très* 
bien. 
RIMMAGEN; petite Ville d'Alle- 
magne , dans le Duché de Juliers , 
fur le Rhin. Les Suédois la brûlé-, 
rem en 1(933. 

RINCÉ i 



RIN 

r RINCÉ, ÉE; participe paffif. yoye:^ 

Rincer. 
RINCEAU} fubftantif mafcûUn. Feuil- 
lage que l'on emploie dans les or- 
nemens de Peinture & d^Ârchitec- 
tare. Il y a dans la vigne de Mcdicis 
À Rome des rinceaux antiques de 
marbre fculftis , £unc fingulière 
ieaui€. 

Ufe die aufli dans le Blafon, des 
branches chargées de feuilles 
RINCER 5 verbe aâif de la première 
conjugaifon , lequel fe conjugue 
•comme Chanter. Nettoyer en la- 
vant & en frottant. Il ne fe dit que 
' des verras, des rafles » & de quel- 
ques autres vafes. Rincer des verres. 
Rincer d€s bouteilles. Il faut rincer la 
cruche. 

On 4it auffi , rincer fa bouche ; 
pour dic€ , laver fa bouche. Je me 
Juis rincé la bouche. Rince^-vous la 
bouche. 

On dit populairement d*un hom- 
me qui a été fort mouillé , quV/ a 
été bien rince\ 

La première fyllabe eft moyenne, 
Se la féconde longue ou brève. Fby. 
Verbe. 

Les temps ou perfonnes qui fe 
terminent par un e féminin , ont la 
pénultième fyllabe longue. 
;RINÇURE i fubftaniif féminin. Ueau 
avec laquelle on a rincé cm verre , 
une bouteille. Il faut jeter ces rin- 
fures. 

On dit par exagération ^ Il y a 
trop d*eau dans ce vin , ce neft que \ 
de la rinfure de verre. 

La première fyllabe eft moyenne, 
la féconde longue , ^ la troifième 
très-brève. 
RINGARD ; fubftamif mafcuUn & 
terme 4e For-ges. Barre de fer qui 
fert à manier de groffes pièces à 
forger , comme une enclume. 
iRINGKOPINGj Villede Danne- 
Tome XXV. 



RIN* 155 

«arck dans le nordjutland, â \6 
lieues , nord » de Rypen fur la met 
d'Allemagne* 

RINGRAVEj fubftantif féminin. On 
appeloit aixm autrefois; june culptte 
fort ample garnie d'aiguilleues & 
de rubans. 

RINGSTED \ Ville de Dannemarck , 
chef-lieu d'un Bailliage de même 
nom dans llie de Zélande. 

RINTLENi Ville d'Allemagne au 
Cercle de Weftphalie^ dans le Comi- 
té de Schavenbourgj fur le Véfier , 
entre Minden & Hamelen. EUe ap- 
partient au Landgrave de HelTe* 
CaflTel. 

RINUCCINÏ, (Ottavio) Pocte Ita- 
lien de Florence , vint en France à 
la fuite de U Reine Marie de Médi' 
cis. Il eft l'inventeur des Opéra , 
<i'eft-â-dire , de l'ufage inconnu aux 
anciens de reptéCemer en mufîque 
les Comédies , les Tragédies , Se 
l^s a^ut^es pièces dramatiques ^qboi- 
oue d'autres attribuent cet établif- 
(ennent aun GentilhommeRomainy 
nommé Emilio del Çavalera , qui en 
avoic donné un dès 1 5 90. Toute 
l'Italie a applaudi à trois pièces de 
Rinaccini, qui [oniDaphnéi Ew- 
ridice & Arianne. Les libéralités du 
Grand Duc de Tofcatie contribua» 
rent beaucoup à l'éclat de fa réputa- 
tion. Rinuccini employa les plus ex- 
cellensMuflciensde toute l'Italie, &c 
il n'épargna rien pour les machines 
& les autres décorations du théâtre. 
U n'étoit pas moins bon Pocce qu'ex- 
celletK Machinifte} il ccftnpafoit fes 
vers avec beaucoup dVxa£ki{ude » 
H leur donnoit toute la netteté-pof- 
fible. U mourut vers 1^10 oui 612, 
& fes œuvres furent publiées l'an 
i6ti i Florence, parles foins dé 
• PierreFranfois Rinuccini fon fils. 

RIO-AQUADO; rivière d'Afrique 
dans la Nigritie » au Royaume de 

V 



154 RÏN 

Cofa. Elle prend fa fource an pays 
des Houdos , & fe ^ecce dans la mer 
à neuf lieues de Cabo- Monte» Elle 
eft large 6c pfafonde^mais elle n'efl: 
pas navigable à caufe des écueils 
qui imerrompenc Ton cours. 

RIO-BIANCO; Rivière d'Afrique 
dans le Biledulgérid. Elle fore des 
Montagnes près de la Libye , & fe 
jette dans l'océan par plufieurs em- 
bouchures. 

RIO BLANCO , rivière de l'Améri- 

. que Méridionale. Elle a deux four- 
ces ,. une appelée Parima , Se l'autre 
Tacuta dans la Guyane. Elle pafTe 
fous la ligne , & fe rend dans Rio 
Négra aurdeffus du fort des Portu- 
gais. 

RIOBUS ; (les) On appelle atn(» au 
Japon , les Sinroïftes mitigés , qui 
fe relâch^renc de lafévérire de leur 
feâe lorfquela doârine du Budf- 
doïfme commença de fe répacnlre , 
l'an 67 de Jésus-CHaisT,& qui pré- 
tendirent par un certain tempé- 
rament concilier enfemble ce» deux 
fcfûes ; ce qui forma un fchifme 

Îuî fubfifte encore aujourd'hui au 
apot) où l'on diftingue les Sintoif- 
tes rigides d'avec les Sintoiftes re 
lâchés. 

RIO DA\rOLTA; Rivière très-ra- 
pide 3 d'Afrique , dans la Guinée , 
lut la côte d*Of . Elle fe fette dans 
k mer i dix lieues d'Acara , & 18 
au-deffous de Juda. Son nom lui 
vient des tours & détoi^rs qu'elle 
fait danS' les terres. 

RIO DE-HACHA; Rivière de l'Amé- 
rique Méridionale , au nouveau 
Royaume de Grenade. Elle donne 
fon nom à «n Gouvernement » & 
fe jette dans la mer du nord. 

RIO DE LA HUCHA ou NUESTRA 
SENORA DE LOS REMEDIOS j 
Ville de l'Amérique Méridionale^ 
ail nouveau R oyauine de GreuacLe > | 



RIN 

Capîtate du Gouvernement dé 
même nom, fur la rivière de lai 
Hucha » près de la mer du nord *^1 
dans un terrein fertile. Elle étoic 
autrefois très - riche par la pèche 
des perles qui s'y faifoit fur fes côtes. 

RIO DE L A MADERA , ou RI- 
VIÈRE DU BOIS, ainft nom- 
mée d caufe de la quantité d'arbre» 
qu'elle charie au temps de fes dé- 
bordemens ^ rivière conAdérablé de 
l'Amérique méridionale dans \i 
pays des Amazooes.^ Elle prend f» 
fource près des mines de Potofi 
dans le Pérou , traverfe le pays des 

. Moxcs , 6c fe dégprge dans la rivière 
des Amazones* 

RIO-GRANDE ; grande rivière de 
l'Amérique méridionale qui prend 
fa fource dans le Popayan , paflfe au; 
ncmveau Royaume de Grenade » & 
fe jette dans lap mer du nord par 
trois embouchures. 

Ceft aufli le nom d'une rivière 
& d'une Capitainerie de l'Afnéri* 
que méridionale au Bréiîl, quî^eft 
Dornée au nord par les Pétaguais, k 
left y p»r la mes du tiord , au fod , 
par la Capitainerie de Tameraca ^ 
& d i'oueft par les Tapuyes. Il v a 
uès^peu de Portugais. La Ville -. de 
Natal-los-Reyes , qui en eft la Ca« 
pitale , eft Atuée à ion embouchture. 

RIOLAN, (Jean) Médecin de la 
Faculté de Paris , né à Amiens y & 
mort en 1605 , fut un des plus zé« 
lés défenfeur^ de la doârine à'Hy^ 
pocrate contre les Chimiftes. On a 
de lui divers ouvrages de Médecine 
& àiAnatomic , recueillis en 1 6 1 o > 
à Paris , in folio. Ce Médecin afoic 
une vafte littérature ; il écrivoit 6c 
il parloir avec une facilité admir^ 
ble. Ses livres font encore conful* 
tés aujourd'hui. 

Riot AH,(Jean)Hls du précédent futauflS^ 

. DoâeardclaFacultédemédeciAedH 



RIO 

Paru 9 & mourut en 1^57 , à fi>i- 

\ xance dix-fepc ans. Il fuc Profefleur 

Royal en Anatomie & en Borani- 

3ue , & enfuice Médecin de Marie 
c Médias ^ Mère de Louis. XUI. Il 
fit pluiieurs découvertes Ânaromi- 
ques irès-uciles. Nous avons de lui 
un grand nombre d'ouvrages fur TA- 
natomie, ils eurent beaucoup de 
cours dans leur temps 

RIO-JANElROiVoyq Janeiro. 

RIOM i Ville confidérable de France 
en Auvergne, fur une colline » â 

^ «rçis lieues , nord-eft» de Clermonc, 
& ^6 y fud , de Paris , fous le ving- 
tième degié , 45 minures , 5o*fe- 
.•condes de Ipngicude , & le 45 S 51 
fécondes » 30 minutes de lacicude. 
On y compte 4 à 5000 habitans« 
C*cft jun Gouvernement de Place , 
le chef lieu ^ d'une Généralité de 
d'une Èleâion ; le .fiége d'un Pié- 
(irlial fort étendu j d'une Sénéchauf- 
fée , d'un Bureau des Finances & 

. <1 un Hôtel des Monnoies. C'eft 
aufll la réildence d'un Lieutenant 
-de la Maréchauffise & d'un Lieute-' 
fiant des Maréchaux de France. 11 
j a un Bureau pour le fel. 

Riom a été la capitale des Ducs 
d'Auvergne qui y avoient leur palais. 
Il y a une fainte Chapelle qui eft 
. upei Collégiale , outre laquelle il y 
en a deux autt es ; un collège con- 
sidérable gouverné par les Pères de 
l'Oratoire, Ôc quelques maifens 
Religieufes* 

RIO NEGRO; grande rivière de l'A- 
mérique méridionale, qui commu- 
nique avec rOrénoque. M. de Lifle 
la fait courir du tiord au fùd; mais 
il fe trompe; elle vient de loueft, 
& court à Teft en inclinant un peu 
vers le Sud. Rio Negro entre fi pa- 
rallèlement dans l'Amazone qu'on 
la prendroit pour un bras de l'A- 
mazone fépaté par une île. 



RIO 15J 

^ Les Portugais fréquentent cette 
rivière, depuis plus d'un fiècle , & 
ont bâti un tort fur le bord fep- . 
tentrional » i l'endroit le plus étroit 
qui eft de laoj toifes; ils y font 
un grand commerce d'etclaves qu'ils 
doivent prendre dans les limites 
prefcrites par les lois de Pprrogal , 
qui ne permettent de priver de U 
liberté que celui dont on rend la 
condition meilleure, en le fai- 
fant efclave s tels fon<t ces malheu- 
reux captifs deftinés à la mort , & 
â fervir de pâture à leurs ennemis 
parmi les nations qui font dans ce 
barbare ufage. C'eft par cette raifon 
que le camp volant de la rivière 
noire porte le nom de troupe de^ra^ 
chat ; ce camp volant pénètre cha*- 
que année plus avant dans les ter- 
res , ou remonte plus haut la ri- 
vière. 

Toute la partie découverte des 
bords de RiO'Negro^ eft peuplée 
de millions portugaifes. Quand on 
a remonté pendant quinze jours , 
trois femaines & plus la rivière noi- 
re , on la trouve encore plus large 
qu'à (on embouchure, à caufe du 
grand nombre d îles & de Jacs qu'el- 
le forme. L'ancienne carte de M. de 
Lille eft plus exade â cet égard que 
la nouvelle. Dans tout cet intervalle 
le terrein des bords eil élevé , 8c 
n'eft jamais inondé^ le bois y eft 
moitis fourré , & c'eft un pays tout 
différent de celui des bords de l'A- 
mazone. 

RIONS } petite ville de France dans 
la Guienne ^ a trois lieues , eft , de 
Bordeaux. 

RIO SAINT. ANDRÉ ; rivière d'A- 
frique dans la Guinée , entre le cap 
de Pabues & celui des trois pointes. 
Elle donne fon nom â la cote voi- 
fine, jufqu'à une cettaîne diftance. 
Cette rivière eft confidérable, me- 
Vij 



15^ RIO 

me avant d'avoir re^a I«^ eaux 
d'itcie autre rivière qui s'y {ferd , 
une Itèite avant (oh embouchure 
dans Ik nier. Elle eft bordée de prai- 
ries i & de vaftefis eèfapâtgnesunitSt 
d'un terrein gras^ coupeur des! 
ruiffeauk qui le ràfraichifferit. Le 
riz , le mil , le tàa^h, lëis pois , les 
patates ) en un mot routes fortes 
de légumes y viennent parfaite- 
ment. On voie d'efpace en efpace 
dès bouquets de painiiers ^ d'oran- 
gers , de citronniers^ de côronniers, 
de diverfes efpèces y, qui fans cul- 
ture portent dès^ fruitsexceliens. On 
y voit quantité de cannes à fucre 

?ui y font naturelles ^ & dont les 
léphans profitent ; mais les nègres 
de ces quartiers font féroces , & 
même antropophages } ils n'ont pour 
vêtement qu'un très-petit tnorceau 
de toile devant eux. Cependant La- 
bat prétend qu'il ne feroù pas dif- 
ficile de les apprivoifer, & que 
Rio Saint-André eft le lieu de toute 
ia côte te plus propre à placer une 
fartereflTe utile, pour le commerce 
de l'or , des dents & des efclaves. 
RIO-SANGUIN; rivière d'Afrique^ 
dans la Guinée, & dont l'embou- 
churt eft à douze lieues de celle de 
Rio*Sextos. Les François ont eu un 
établifTement fur les côtes de cette 
rivière ,dont lès Portugais s'ctoient 
emparés , mais ils en ruremchalTés 
eux-mèm^s par les Anglois & les 
Hollandotsen i6o^. L'embouchure 
de Rio Sanguin eft à douze degrés 
de longitude , & i cinn degrés y 
douze minutes de latimdê,fepten- 
trionale» 
RIO SEXtOS , rivière d'Afrique,. 
dans laGuiilée. Son embouchure eft 
à douze lieues de celle de Rio-San- 
guin , & à peu-près à la même dif- 
tance du petit Dieppe. Ce fut fur 
ies bords de cette rivière que les 



i^oitugais vîreiit pour fa pttmîl^ 
fois du petit poivre, qu'on appelle 
en France graine dt Paradis , oi» 
maniguctu ; ce qui à fait donMt à 
la c&ce lé nom de Manigueete, 8c 
par ies Portugais côte de Seàioi.l^ 
Tivièrt de ce nohfi a Hû ttès-king: 
tmrrs, & Wivîron une dfefni-tîèue 
de largeur à fou etobouchure. Les^ 
nègres de cette côte font fouvens 
des courfesfur leurs voifins, pour 
enlever des captifs qu'ils vendent 
aux Ei^opéens. Les autres marchan- 
difes qu'on peut tirer de cette côte 
à grand marcné,font la maniguette , 
le riz, le mahisj les volailles , les 
beftiaux. On y trouve auffi de plus 
beaux cailloux que ceux de Medoc^^ 
RIOTER V verbe neutre de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Terine d» 
ftyle familier qui eft un diminutif 
de rite. // riotoit en la regardant. 
RIÔXA i petite province d'Efpagne ^ 
dans la vieille Caftille. Elle eft fé- 
paréederAlavafarl'Ebre, & elle 
prend fon nom de la rivière Oxa; 
qui l'arrofe^On y jouit d'un air fore 
pur; fon terroir eft fertile ^n blé,, 
en vin & en miel. Elle renferme 
trois ou quatre villes ou bourgs ,, 
comme Navarette^ Guatdia, Baf- 
tida& Belovado. 
RIPAILLE; fubftantif féminin & 
terme populaire oui n'a d'ufaee que 
dans cette façon de parler , faire ri» 
paille y qui fignifie, faire grande 
chère, faire la débaucha arable^ 

Malgré la bataille 
Qa*oii donne demain > 
Ça laifons ripaille 
Charmante Cacin. 

Ripaille , eft auffi le nom d'un boutjç 
de Savoie dans le Chablais , fur W 
bord du lac de Genève > l une 



RIP 

lieue âe Thonon. Amidit VlII 
s*y retira pour s'y livrer , dit*^n , 
aux piaifîrs de h vie % & de - là 
cft veho te pioverbcs fcàn ri- 

AlPATRANSONE) ville^fcopale 
dlcaif e dafis '* Marthe d'Ancùfie , 
à trois lieues » fad-eft » de Feritio. 

RIPE ^ fobftaocif l^minin. Outil de 
Maçons , de Tailteors de pierre & 
Sculpteurs 9 qui fert à gratter un 
enduit, ou de la pierre, ou une 
fieiire. 

RIPEN , cm Rytom \ ville de Damie* 
OKirck , dans le Jmland feptencrio- 
nal , ptès de rembouchure de la 
rivière de Nipfaa, à i8 lieues, 
nord-oueft , de SIefvich. 

RIPER} verbe aâif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Gratter 
avec la ripe. Voyt^ Ripe. 

RIPOL; ville d'Efpagne dans la Ca- 
talogne, près des Pyrénées , i qua- 
tre lieues, fud, de Campredon. 

RlPOPÉîfubftantif mafculin & ter- 
me populaire. Mélange que font les 
Cabaretiers de differens reftes de 
vin. // ne nous a fait boire que du 
ripopé. 

RipopÉ ^ fe dit aufli familièrement du 
mélange de différentes liqueurs, 
de différentes fauces. Pourquoi a- 
t-on fait ce ripopé? 

kiPOpE , fe âk encore figurément & 
familièrement d'un difcours où l'on 
a mêlé différentes chofes qui ne 
font qu*un méchant compote. Son 
fermon eft uti vrai ripopé. 

RIPOSTÉ i fubftantif féminin du ftyle 
familier. Réponfe vive faite fur le 
champ, répartie prompte pour re- 
pouffer quelque raillerie. Elle eji 
prompte à la rrpojle. Faire une ripojie 
piquante. Avoir la ripojie en main^ 

Riposte , fe dit auflî figurément & 
familièrement de ce qui fe fait fur 



RIP Ï57 

le champ pour repoullèr quelque 
injure. Quand il lui tint et propos 
injurieux , la ripojie fut tm coup de 
canne^ 

Riposte , fe dit atiffi en termes d'ef* 
crime , d une botte que l on porte. 
Pour bien exécuter la ripofte, il 
faut i^. que k parade foit extrê- 
mement vive \ 1?. détacher Tef- 
locade dans Tinftant qu'on a paré , 
& que Tennemi termine fa botte. 
) ^. Porter à l'ennemi la même bott» 
que l'on a parée. 

RIPOSTER j verbe neutre de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe conju- 
gue comme Chanter. Terme âe 
ftyle familier qmfignifie, répondre, 
repartir vivement & fur le champ 
pour repouffer quelque raillerie. // 
voulut la plaijanter , mais elle lui rU 
pojla vivement* 

Il s'emploie auffi aékivement. Si 
vous lui dites cela , il vous ripojlera 
quelque chôfe de piquant. 

Riposter , fe dit auflî figurément & 
familièrement , & fignifie , repouf- 
fcr vivement, une injure. // me 
donna un démenti j je ripojiai d*un 
fouffiet , par un foufflet. 

Riposter , en termes d'efcrtme , fi- 
gnifie , parer & porter la borte ei> 
même temps. Si Tejiocadt que Von 
a parée eft de quarte bcjfe y on ri* 
poftepar quarte baffe. 

Les deux premières fyllabes fonr 
brèves , & la troifième longue ou 
brève, f^oyej Verbe. 

RlPPONi ville d'Angleterre dans la 
Province d'Yorck fur l'Youte^à 70 
lieues, nord-oueft ,de Londres. Oa 
y fabrique beaucoup de draps & d'é- 
perons. Elle a deux Députés au 
Parlementr 

RIPUAIRE , ou RipuRiENs; (les) 
on a aînfî appelé les anciens peu- 
ples des bords du Rhin ou de \» 
Meufe«* 



15» RIR 

On appelle hi ripuaire , le code 
des lois des Ripuaires. Cette loi 
fut rédigée fous le Roi Théodoric 
étant à Chalons - fur • Marne avec 
; celles des Allemands & des Bava- 
rois \ il y avoir fait plufieurs correc- 
tions , principalement de ce qui 
n'étoit pas conforme au Chriftia- 
nifme. Childeberc , Se eafuite Clo- 
taire II la corrigèrent , & en6n Da- 
gobert la renouvela, & la mit dans 
fa perfedlion. 

Pour juger du génie de la loi ri- 
puaire il lu(Hc d'en citer deux dif- 
politions : il en coûroit cent fous 

Epur avoir coupé une oreille â un 
omme , & fi la furdité ne fuivoit 
pas , on en étoit quitte pour cin-* 
quante fols. Le chap. iij de cette 
loi permer au meurtrier d'un Eve- 
que de rachetei fon crime avecau> 
tant d'or que pefoir une tunique de 
plomb de la hauteur du coupable y 
ôc d'une épaitTeur déterminée ; ainfi 
ce n'étoit pas tant la qualité des 
perfonnes » ni les autres çirconftan- 
ces du délit » qui régloient la peine, 
ç'ctoii; la raille du coupable» 
RIRE; verbe neutre irrégulier de la 
quatrième conjugaifon, Ridcre. Fai- 
re un certain mouvement de la bou- 
che , caufé par TimpreATion qu'ex- 
cite. en nous quelque chofe de plai- 
fant. Je nai aucun fujct de rire. Il 
nous fit rire à gorge déployée. Ils 
fe teno'pent les côtés de rire. Cela 
la fit éclater de rire. Vousi voule7[ 
nous faire écouter de rire , pâmer dç 
rire. Tous lesjpeàateursje mirent à 
rire. Elle rit de bon cœur.f Rirg aux 
farmes , jufquâux larmes. J'en 41 ri 
commis un fou. Dç quoi riei-yous? 
Je ris de fouvenir. 

On dit , qu*/7 riy a pas le mot 
pour rire , qu'p/i ne trouve pas le 
rnot pour rire danf un ouvrage^ pour 
dire , qu'il n'y ^ rien d^ plaifant 



RIR 

dans un ouvrage qui eft Fait poaf 
réjouir. 

Oh dit familièrement « & de rire; 
pour dire j 6c alors on fe mit à rire. 

On dit auili familièrement ^/li/z* 
cer fans rire , pour dire , fe moquer 
de quelqu'un , fans faire femblanc 
d'en avoir le deffein. 

On dit d'une chofe qui donne 
de la |oie â quelqu'un , mais qui 
fait de la peine à d'autres , qu'i/ 
n*y a pas à rire pour tout le monde. 
Et l'on dit dans le même fens , /'/ 
ny a pas trop à rire pour vous. , de 
quoi rire pour vous. Il ny a pas tant 
à rire. 

On dit proverbialement & 6gu- 
rément, ^w'un homme rit du bout 
des dents ; pour dire , qu*il ne t\t 
pas de bon coeur. On dit aufld , rire 
fous cape , rire dans fa barbe j pour 
dire , être bien aife de quelque cho- 
fe , & n*en rien tétpoigner. ' ^ 

En parlant de ceux qui font tel- 
lement rranfportés de joie, qu'ils 
en paroilTenr comme extadés , oii 
dit proverbialement, qui/5 rient 
aux Anges. On le dit aum de ceux 

Î|ui rient feuls ^ niaifement & (2Ltis 
ujet connu. 

Rire, fê dit au figuré , en parlant de 
ce qui eft agréable > de ce qui plaît. 
Ainfi on dit, rowr rit dans cette mai" 
fon de campagne , tfMt rit dans ce^ 
près^ dans ce boofge ; pour dire', 
que tour y eft agréable , que tout 
y plaît aux yeux. On dit aufii » cela 
rit à l'imagination ; pour dire, cela 
plaît à l'imagination. 

On dit aufi] figurément d'un 
homme heureux , â qui tout réufiit, 
ue la fortune lui rit , que tçut rit â 
Iss defirs. 

RiRB , fignlfie quelquefois dans le"ftyle 
familier , fe divertir , fe réjouir» JU 
fai^t que vousfoye^ du voyage , rioû^ 



% 



RIR 

• rirons. N*amcnt\ que des gens qui 
aiment à rire. 

On die , rire aux dépens d' autrui; 
pour dire» que quand on eft dans le 
malheur , ou que Ion foufFre quel- 
que perce, on n*eft pas d'humeur 
i fe réjouir. 

On die proverbialement 9 y^ cha- 
touiller pour fe faire rire i pour dire, 
faire couc ce qu*on peuc pour fe ré- 
jouir. 

On dit proverbialement à quel' 
qu'un qui fe réjouit trop toc , & 
Qont on veut rabattre la joie, en 
lui faifant entrevoir quelque revers, 
rira bien , qui rira U dernier. 
Rire» figniâe encore, railler, badi- 
ner , ne parler pas tout de bon , n'a- 
gir pas férieulemenr. EJi • ce pour 
rire que vous ave-^ fait cette propcfi- 
tion. Elle na dit cela que pour rire^ 
ainfi vous aurie\ tort de lui enfavoir 
mauvais gré. Cejl une vérité que je 
lui ai dite en riant. 
Rire , fignifie aufli quelquefois , ne 
fe point foncier , témoigner qu'on 
ne fe foucie point , fe moquer^ // 
na fait que rue des remontrances de 
fon oncle. Elle rit de vos menaces. 

On dit , rire de quelqu'un ; pour 
dire , fe moquer de quelqu'un. Et 
rire au ne^ de quelquun ; pour dire, 
fe moquer de quelqu'un en face. U 
eft familier. 

On dit aufli familièrement,qu'A/7 
„ homme apprête à rire ; pour dire , 
qu'il donne fujet de fe moquer de 
lui^ 

On dit communément à un hom- 
me qui tient des difcours , qui fait' 
des proportions déraifonnables , 
vous me faites rire i vont dire, ce, 
que vous me propolez eft rUible, 
eft digne de moquerie. 
Se rire., verbe pronominal réfléchi,' 
fîgnifie ,fe moquer, llfe rit de tout 
ce quon peut lui dirft II ny a per^ 



RIR 15^ 

fonne qui ne fe riroit d^une pareille 
entreprife. Ellefe rit de fon mari, 

La première fyllabe eft longue 
& la féconde très- brève. 

Conjugaison & quantité pro- 
fodique des autres temps. 

Indicatif. Préfent ^ finguïier. Je 
ris , tu' ris, il rit. 

Pluriel. Nous rions , vous riez , 
ils rient. 

Le monofyllabe des deux pre- 
mières perfonnes du fingulier Se 
celui de la troifième du pluriel eft 
long , mais celui de la troifième 
perlonne du fingulier eft bref. Les 
deux premières perfonnes du plu- 
riel ont la première fyllabe brève 
6c la féconde longue. 

Imparfait. Singulier. Je riois , tu 
riois, il rioit. 

Pluriel. Nous riions» vous riiez, 
ils riotent. 

Toutes les perfonnes des deux 
nombres ont la première fyllabe 
brève , Se la féconde longue , ex-* 
cepté la troifième perfonne du fin- 
gulier qui a fa féconde fyllabe 
moyenne» • 

Prétérit défini. Singulier. Je fis , 
tu rts , il rit. 

Pluriel. Nous rîmes > vous rîtes , 
ils rirent. 

Le fingulier a la même (quantité 
que le fingulier du piéfent. Les trois 
perfonne du pluriel ont la première 
fyllabe longue & la féconde très- 
brève. 

Futur fimple, Préfent. Je rirai, ta 
riras,: il rira. 

Pluriel. Nous rirons, vous rirez, 
ils riront. 

La première & la troifième per* 
fodné du fingulier cmt les deux fyl- 
labes brèves : la féconde perfonne 
de ce nombre & les trois du pluriel 
ont la première fyllabe brève» 6c 
la féconde longue» 



t6o RIR 

Condiûonnel préfcat. StnguUtr. 
Je ricois» ta rirois, il droit. * 

PluricL Nous ririons» vous ririez, 
ils riroient. 

La quantité profodique eft la mê- 
me que celk de l'imparfait. 

Impératif* Préftnu Singulier. 
Ri, ou ris, quil rie. 

Pluritl. rions, riez, qu'ils rient. 

Subjonctif. Préftnu Singulier. 
Que je rie, que tu ries, <]u'il rie. 

Pluriel. Que nous riions » que 
vous riiez » qu'ils rienr. 

Le monoiyllalie des trois per- 
fonnes du fîngulier & de la troifié- 
me du pluriel eft long. Les deux 

{>remières perfonnes du pluriel ont 
a première fytlabe brève & la fé- 
conde longue. 

Imparfait* Singulier. Que je rifle, 
que tu rifles , qu il rît. 

Pluriel. Que nous riflions , que 
vous rifliez , qu'ils riflent. 

Les deux premières perfonnes du 
fingulier & la troifième du pluriel 
ont la première fyllabe longue & la 
féconde très-brève. Le monofyllabe 
de la troifième perfonne du fingu- 
lier éft long. Les deux premières 
perfonnes du pluriel ont la premiè- 
re fyllabe brève , & la féconde lon- 
gue. 

Participe actif & gérondif. 
riant. 

La première fyllabe eft brève & 
la féconde longue. 

Participe PASSIF. Ri. 

Ce monofyllabe eft bref. 

Les temps compofés fe conju- 
guent avec l'auxiliaire avoir* J*ai ri, 
ils auroient ri » &c. Madame s* eft ri 
de vous. 
RlRE ; fubftantif ouifcalin. Aâton de 
rire. Elle a le rire agréaUe. On en-- 
tendit de grands éclats de rire. 
RIS ; fubftantif mafculin. Mouveoienc 
de la bouche ciufé par l'impreflion 



RIS 

qt^excîce^nnouf quelque diofe da 
plaifant. Un ris agréaUe. Un risfor^ 
ce. Un ris moqueur^ Des ris conti- 
nuds. Des ris immodérés. Non-feule^ 
ment on doute de nos myftè^es , mais 
fouvent d*un ris dédaigneux & mo^ 
queur on fe joue de la fimplieité de 
uux qui les croient. 

On dit figurémdnt te poétique- 
ment d'ane belle perfonne » que les 
grâces & les ris la fuivent partout. 
Les ris , les amours & Us jeux. 

Le ris y ckez les anciens Lacé- 
démoniens , étoit honoré comme le 
plus aimable de tous les Dieux , 6c 
celui qui favoit le mieux adoucir les 
peines de la vie. Ils plaçoîent toa* 
- fours fes ftatues auprès de celle de 
Vénus y avec les Grâces & les A- 
mours. Le Ris étoit aufli fpéciale- 
ment honoré chez les Theflalieiis » 

Î|ui célébroienr, tous les ans, fa 
ête avec beaucoup de folennité. 
Ris Sardoniqve , ou Sardoniek , fe 
dit d'une efpèce de ris convulfif j 
''caufô par une contraâion dans les 
mufcles du vifage. Le ris fardonique 
peut être occqfiormé par différentes 
<aufts* 

On dit figurémenr de quelqu'un 
qui fait femblant de rire , qu'// a 
un ris fardonien. 
Ce monofyllabe^ft long. 
RIS ; fubftantif mafcnlin. Glandule 
qui eft fous la gorge du veau & qui 
eft un manger a(^ délicat. Vne 
tourte de ris de veau. 
RIS, ou Riz; fubftantif mafculin. 
Ôry^a. Plante qui rcflemble i quel- 
ques -égards aux fromens , 8c que 
l'on cultive dans les pays chauds 
at]ix tieox humides & marécageux. 
Sa racine eft comme celle du fro- 
nient , elle poufle des riges ou 
ruyâux à le hauteur de trois ou qua- 
tre f^iecls , cannelés , plus gros & 
plus fermes que ceux du blèd ou 

de 



nis 

.*4e Torgi^» noués d'ef^ace en efpa- 
ce 'y fes feuilles font longues, char* 
nues ,. aflez femblables a celles du 
poireau ; leur graine eft applacie 8c 
couronnée d'une membrane courre, 
avec deux* oreillecres latérales 8c 

[ barbues } (es Heurs qui font herma- 
phrodites naiiïent en fes fommités, 
de couleur purpurine & forment 
^es panicules , comme celles du 

^ millet ou du panis. On remaroue 
qufi b'j a qu'une fbur dans cha- 
que calice » Cix étamines » deux fty- 
les , 8c deux ftygmates en pinceau : 

. â ces fleurs paUées fuccèdent des 
femences oblongues > blanches ^ de- 
mi - tranfparentes , dures , enfer- 
mées chacune dans une capfule jàu- 

. i^âtr^, rude 9 cannelée^ anguleu- 
£e^ velue 8c armée d'une arrête , 

. le tour difpofé alternativement le 
long des rameaux. 

On fe ferr de la graine du riz , 

. principalement en aliment, & quel- 
quefois en médecine : on nous l'ap- 
porte sçche des Indes orientales , 
du Piémont, d*£fpagnet.& delà 
Caroline. On dpit choidr celui qui 
n*a pas l'odeur de poudre : c^îui 
du Piedmonr eft plus courr , plus 
gfos & moins blanc que celui de la 
Caroline, mais il eft de meilleur 
goût & plus nourriiTant. 

Le nz eft une des principa- 
les nourritures dans tout le Le- 
vant , d'oji il a été apporté pre- 

, inièrement en Grèce 8c en Italie ; 
il aime unt l'humidicé qu'il croit 
dans Teau même. Dans l'ile deCey- 
lan,&dans toute l'Afie, après avoir 
foui Se labouré h terre , on y pra- 
tique des réfervoirs d'eau de puits 
ou de pluie , pour l'arrofer tous les 
jours \ &c ces inondations perpé- 
tuelles amolilT^nt tellement le ter- 
rein qiii eft déjà très humide & très- 
«ras par Int même, que les cultiva-* 
Tome IXV. " ^ 



RIS 



itf» 



tenrs s*y mettent à Teau jufqu'à mi- 
jambe. Quand le temps de la moif« 
Ton approche , on laide delTécher 
le terrein. Alors les moiftbnneurs j 
entrent & coupent le riz ^ on en fait 
des tas dans le milieu des champs , 
8c on les fait piler par des bœufs ou 
des bufles qui tiennent lieu de bat* 
teurs en ce pays, fui vaut l'ancien 
ufage des Orientaux. Les Afiati- 
ques mettent leur riz tout vanné ea 
^cs 3 qu'ils portent dans des efpè-« 
ces de puits de terre cuite, ou dans 
des paniers couverts. & bien fer- 
més , pour le garantir des rats ;& 
des infeûes. Porta dit qu'on sème 
une grande quantité de riz dans les 
plaines humides du territoire de 
Salerne , , où; les habitans l'arrofenc 
auifi au moyen des canaux & des 
rigoles qu'ils tiretit des rivières au 
befoin , autrement le riz n'y vien-- 
droit points ou n'y rapporteroit 

{>oint de graines ; deforte , difenc 
es Continuateurs de la Mat. Médic. 
^u'il eft furprenant qu'un grain fi 
éc demande un terrein fi humide, 
& qu'une terre maréca^ufe pro- 
duife un blé d'un goût exquis & 
d'une nourriture aoQi faine que sè« 
che. Il ne mûrit qu'à force de fo« 
leil , & la récolte ne s'en fait que 
vers l'équinoxe d'automne. C'eft U, 
fans doure > pourquoi il ne fauroic 
venir dans les. pays en nord , 
quoique plus numides , mais 
trop troids. On pourroic faire 
de forr bon pain avec la farine de 
riz., 8c même il tient lieu de pain 
dans les Indes. Non- feulement les 
Indiens en font de bons gâteaux 
& de la bouillie , mais ils en tirent 
encore par la diftillation une li- 
queur fpiritueufe , qu'ils appellent 
rack , ou arak ^ & qu'ils chargent 
enfuite de fucre & de divers aro-* 
mates : cette boiftbn les enivre plus 

X 



?. 



i4i RIS 

ttoitaftémeM que ne pourfoîr ftîre 
le vin le plu* fotx $ enfiw une légère 
éécoâion de th dstts Teau » faic 
l^atmi eux la bafe ou le véhicule le 
pluf ufiié pour la plupart âx^s thé- 
< dîcamen^. 

Les anciens ccmiptoient le riz 
parmi* les alimens de légère fubf- 
tance 8c faciles à d^érer : c'eftilne 
opinion fi répandue dan^ le public 
^e le riz engraifle , que les fem- 

• tties maigres i' la Cour & à la ville 
^ en ufent fréquemment, le prenant 

* fur tout avec du laît & beaudoùp de 
fdcf e ; nous avonè même l'exemple 
de plufieurs nations qui en font 
leur nourriture ordinaire depuis 
quantité de (iècles : on convient 
wulement que le riz reflerre un 
peu , 8c ^ae dans certaines circoilf- 
tances , il pèfe un peu fur l'cfto- 

' mac, ^ 

On fait ufage en France du rîz , 
en le faifant cuire dans le bouillon^ 
qu'il blanchit fans lur donner de 
mauvais goût : on en fait de la pa- 
: fiade , dtf la bouillie , une efpèce de 
crème. Quoique ce foit un bon ali- 
ment pour toutes fortes de perfon- 
• Iles, il convient fingulièrement aux 
pef fonnes épuifées par des hémor- 
' rhagies , &c. aux femmes qui ont 
' fouffert des pertes exceflîves , aux 
- pulmoniqnes & aux* éthiques:' il 
^ adoucit Pâcreté du ian^ 8t modère 
le tours de ventre. On fart une eau 
de riz, ou décoârion, qui eft pec- 
torale 8c aftringente. 

On dit ; faire du rii ; ' podr dire , 
faite cuire du rîi avec du l^if. 
RIS; fiibffantif Inàfculîh pluti€r-& 
' tefmfe de* Marine, (ffiillers 'qui font 
à une voile , trois pieds au-deffous 
de la vergue, & dans ïefqueh en 
palTe de petites cofdes qu'on noih- 
me garccttes , pour raccourcir )a 
voile, quand le vent eft^ttop foiti 



RIS 

ce qui s*a|>pelle prendre dès risi 

RIS ; petite ville de France en Auver- 
gne , près de l'Allier , d trois lieues 
au-deffus de Vichy. On y recueille 
d'aflPez boit vin. 

RlSANA i petite ville de Ehlmarte » 
fur le golfe de Cattaro< Les Tutci 
l'ont tumée. 

RISANO } tivière d'Italie dans Pldrie^ 
Elle fejene dans le golfe deTnefte 
environ à trois milles de C apo-dlf- 
tria. Ceft le Formio des anciens.* 

RISBAN i fubftantif mafculin & tep. 
me de fdnificatiôn. Terre • plein 
garni de canons pour la défenfe d'un 
port. Tel étoit le fameux riifban bâti 
par Louis XIV, au milieu des je- 
tées qui conduifent i Dunkerque » 
Ôc qui a été démoK à la paix de 
1711. Ce rHban étoir de forme 

; triangulaire , avec de belles cafèr- 

I nés pour 100 hommes degarnifon» 
deux grandes citernes, des magafins 
pour les munitions de guerre & de 
Douche, une communication avec 
la ville V & trois rangs de batterie 
for fon rempart, où l'on pouvoir 
mettre 54 pièces de cation. 

RISDALE; voyq RicKEDAtE. 

RISE ;. ( la ) rivière de France qui a ùt 
fource dans une montagne du Com- 
té d^ Foix aU-deflus du Maz d'Azil,. 
& fon embouchure dans la Garonne 
i une'lieué ail deffous* de Rieux» 
après un coufs d'environ quinze 
lieues. 
RISÉE j fubftantif féminin. Effufus 
rifus. Grands éclars^de rire que font 
plufieurs perfbhney enfemble en fe 
moquant de quelqu'un ou dé quel- 
que chbfe. Lu pri^ofitlon excita une 
; grande ripe'ddnïl àjjembléc, Lesjpe^ 
' ttaretirS firent de grandes rifies. 
Rrsii 'i ffgnîfie auiîi fimplement, mo- 
querie. J^/r^ expofé au mépris & à lit 
rifée d'aut?ui\ ' ' 

RtsÉE ,' fe prend quelquefois pour roI>- 



RIS 

Jet de h rifôe , comme ecixet phra* 
fes , i/ d€vin£ la rijge de la Cour , de 
la ville j des honnêtes gens. Il fut la 
rifU de tous fes compagnons. 

On die auffi dans le même iens, 
je ne veux point fervir de rifée à mon 
ennemi, h ne prétends point vçusfer^ 
vir dt rifée. 

La n«micre fyllabe elt brève , la 
féconde longue & la troifième xxès- 
brève, 

RISIBILIXÉ î/ubftantif féminin & 
terme de l'École. Faculté de rire. 
La rifibiliti eft le propre de F homme. 

RISlfiLE } adjeAif des deux genres. 
Rijibilis. Qui a la faculté <fe rire. 
Dans ce fens , ce mot eft pris de 
l'école, & n'a d'uCige qu*eu parlant 
de l'homme , duquel on dit , que 
cejl un animal rifible. 

RisiBLE , dans le difcours ordinaire , 
iîgnifie, qui eft {propre à faire rire. 
Cetu aventure eft fort rifibU. Une 
nouvelle rifible. Un conu rifible. 

RisiBLE, iîgnifie encore 9 dîgoc de 
moquerie \ & alors il fe dit auffi 
bien des perfonnes que des chofes. 
Qkft une femme rifibU. Il a unepré^. 
tentionfort rifibU. 

RISIÈRE ; voye\ Rizière. 

RISQUABLE i adjeûif des deux gen- 
res. Qui a du rilque. Une entreprife 
rifquable. 

RISQUE , fubftamif mafculin. Péri- 
culum. Péril , danger. Il y afouvent 
grand rïfque à prêter fon argent aux 
grands Seigneurs. . Pour prévenir le 
rijquc que courent fur mer Us mar- 
ch'jndijes ^ on a coutume de les faire 
ajjurer. Il y courut rifquc de la vie. 
Il sUxpofa au r if que d*être arrêté. 
Les voyageurs ont bien des rifques à 
courir. 

En parlant de quelqu'un qui a 
entrepris quelgue choie , & qui 
veut bien courir le hafard de tout 
ce qui en peut arriver ^ on dit pro- 



RIS 1^3 

verbialement ^ qu'i/ fa entrepris à 
fes rifques , périls & fortunes. 

On dit aaffi proverbialement» â 
toute rifque ; pour dire , i tout ha- 
fard : 6c dans cette pbrafe « r^que 
eft féminin. 

Foyei Dan/qeb. pour les diffé- 
rences relatives qui en diftingwent 
ri/que^ &c. 

RISQUE , ÉE; participe paOîf. Foyei 
Risquer. 

RISQUER î verbe aftif de U pre- 
mière conjugaifon , le^u^sl fe icon- 
jugae comme Chanter. Hafarder, - 
mettre en danger. Tout citoyen eft 
obligé de rifqutr fa vie jfour iefclut 
de rétat. Un joueur rifque fon argent. 
Rifquer fon honneur ^ fa réputation. 
Il rifquoit de perdre beaucoup pour 
gagner peu. Cela ne pouvoitpas s*en^ 
tr^prendrefans rifquer. 

Sachez que d'une fille on rifque ia vertu « 
Lorfque dans un hymen fon jouc eft* 
combattu. 

MOLlCRB. 

La première fyllabe eft brèwe, & 
la féconde longue ou brève. Voye\ 
Verbe. 

RISSOLE ; fabftanclf féminin. Sorte 
de menue pacilTerie qui eft faire de 
viande hachée » enveloppée danis de 
la pâte & frite dans 4a beutte ou 
du faindoùx. 

RISSOLÉ j ÉÊ ; participe paffif. Foy. 
Rissoler. 

On dit d'un homme fort hâlé & 
dont le foleil a brûlé la peau du 
vifage , qu'r/ a le vifage riffolé. 

RISSOLER î verbe aélif de la pre- 
mière conjugaifon lequel fe conju- 
gue comme Chanter. Torrere. Cui- 
re , rôtir de manière que ce que ton 
rôtit prenne une couleur roulfe &c 
appéciiïante. Rijfoler de la viande. 
IT eft aulfi pronominal réfléchi . 
Xij 



1^4 RIT 

Ce cochon de lait commence àfe rif- 
foUr. 

Les deax premières fyllabes font 
brèves , & la rroifième longae ou 
brève. 

RISSONifubftamif mafculin & ter- 
nie de galères. Ancre qai a quatre 
branches de fer. 

RISTE^ vieux mot qui (îgnifioit' au- 
trefois , Golier. 

RISTER; vieax mot qui (îgnifioit au* 
trefois prefTer. 

RIT, ou Rite j fubftantif mafculin* 
Ritus. Ordre prefcrir des ccrémo- 
nies qui fe pratiquent -dans une re- 
ligion. Il fe dit plus ordinairement 
de ce qui regarde la religion Chré- 
tienne. 

Les Chrétiens de TOrienr j com- 
me les Arméniens » les Maronites, 
&c. célèbrent le Service Divin fui- 
vant le rit Grec. L'Occident fuit le 
rit Latin , ou celui de l'Églife Ro- 
maine. Les différens diocèfes, fur- 
tout en France, ne s'y attachent 
pourtant que pour le fond ; car en 
fait de rit , il n'y a point d'unifor- 
mité générale , chaque Églife ayant 
ks uiages propres établis de temps 
immémorial 3 dont elle eft en pof- 
feffion, & qu'elle eft en droit de 
fuivre. Ain h l'on dit à cet égard ,, 
le rit Parifien , U ritSenonois , &c. 

On diftinçue cependant dans 
l'Occident t rois forres de rites prin - 
cipaux : le rit Grégorien , ainfi nom- 
mé de Saint Grégoire le Grand , 
Pape,>& c'eft le même que le rît 
Romain propremem: dit ; le rit Am- 
broifien , qui a pour auteur Saint 
Ambroife, & qui eft encore au- 
jourd'hui en ufage dans l'Eglife de 
Milan ; & le rit Mofarabique , au- 
trefois reçu dans toute l'Efpagne » 
& dont il fubHfte encore des vefti- 
ges dans les Églifes de Tolède & 
de Scville»^ 



RIT 

Les Anglois qui fuîvoîent autre^ 
fois le rit Romain, l'ont changé 
du temps de la prétendue réfortna- 
tion , en un rit que leurs Evèques 
& quelques Théologiens composé» 
rent fous le règne d'Edouard VL 

A Rome on appelle Congrégation 
. des Rites , une commiflion particu* 
Hère compofée de Cardinaux & au- 
tres Prélats , à laquelle le Pape ren- 
voie tout ce qui regarde les cano- 
nifations, les coutume6, cérémo- 
nies , préféances ufitées dans TÉ- 
glife. 

On écrit toujours rites au plci- 
riel. 
RlTOURNELLE;fubftantif féminin^ 
Trait de fymphonie qui s'emploie 
en manière de prélude à la tète d'un 
air , dont ordinairement ri annonce 
le chant ; ou à la fin , pour imiter 
. & affiirer la fin du même chant ; 
ou dans le milieu , pour repofer la 
voix , pour renforcer l'exprefGoa^ 
ou amplement pour embellir la 
pièce. 

Dans les recueils ou partitions 
de vieille mufique Italiennef les 
ritournelles font fouvent délignées 
par les moisjifuona , qui fîgnifient 
que riBftrument qui accompagne 
doit répéter ce que la voix a chanté. 

Ritournelle y vient de l'Italien ri- 
tomello y & fîgnifieyî^r/f retour. Au- 
jourd'hui que la fymphonie a pris 
un caraâète plus brillant j & ptef- 
que indépendant de la vocale , on 
ne s'en tient plus gtière a de fîmples 
répétitions ; auffi le mot ritournelle 
a-t-il vieilli. 
RITUEL; fubftantif mafculin. Livre 
contenant les cérémonies , les priè- 
res , les inftrirâions & aurres cho- 
fes qui regardent 1 adminiftration 
des Sacremens , particulièrement 
les fondions curiales. Le Rituel de 
Paris. Le Rituel Romain. 



î(rrZENBÛTTEL -, bourg^ Allem^ 
gne dans le Duché de Brème » à 
l'embouehure de l'Elbe. 

Kl VA} petite ville dltalie dans le 
Trenrin , i fept lieues , fud oueft , 

' de Trente. l\ j croît de beaux ci- 
rronsv & àe belles oranges. 

RIVAGE } fubftantif mafculin. Rîj?a. 
Les rives , les bords de mer. Le 
long du rivage. L'ambre que la mer 
jette fur le rivage. Les rivages de la 
mer. 

Il fe ditauffi poeciquemeht des ri- 
vières. Les rivages de la Loire. 
On appelle à Paris droit de riva- 

{re^ un oâroi quon lève fur tous 
es bateaux chargés de marchandi- 
fes qui y arrivent par la Seine , & 
qui féjournent dans les ports. 

La pre'mière fyllabè eft brève , 
la féconde longue & la troifîème 
très brève. 
RIVAL, ALE ; fubftantif. Rivalis. 
Concurrent en amour. Les intrigues 
des Romans & des Comédies font 
affèr communément fondées fur la ja» 
loujie de deux rivaux qui fe difpu^ 
tent une maître ffe. La Princejfe le 
préféra à tous fes rivaux. Il doit re- 
douter ce rival. Vous ave^ une dangC" 
reufe rivale^ ' 

Il fe dit figurément de tous ceux 
qui afpirent , qui prétendent ' en 
même temps à la même chofe. // 
afpiroit à f Empire , mais fon rival 
lui fut préféré. Aihines fut la rivale 
de Lacédémone Turenne & Condé 
étoient rivaux de gloire. 
RIVALITE ; fubftaniif féminin. Con- 
currence entre des amans. If y a 
de la rivalité entn les deuxfœurs. 

Il fe dit auflî de toute forte de 
concurrence.' La rivalité qui régnoit 
entre Rome & Carthage. Cette guerre 
fut la fuite de la jaloujie & de la ri- 
valité des deux nations > 
RIVALLO î ville d'Italie au Royau- 



f 

me de Naples , dans la terre de La- 
bour , à huit lieues de Naples. 

RIVE j fubftantif féminin. Ripa. Le 
bord d'une rivière, d'un fleuve, d*un 
lac , d'un étang , de la mer. La rive 
méridionale du lac. Les fables qui 
font le long des rives de ce fleuve. 
On dit auflî , la rive d[un bois. 
On dit figurément & proverbia- 
lement d'une affaire qui eft fore 
embrouillée , qu'0/2 ny voit ni fond ^ 
ni rive. 

La première fyllabe eft longue & 
la féconde très-brève. 

RIVÉ , ÉE j participe paffif. Voyei^ 
River. 

RIVE-DE.GIER; petite ville de Fran- 
ce dans le Forez, fur la rivière de 
Gier , à deux lieues de Saint • Cha^ 
' mond & à cinq de Lyon. 

RIVER; verbe aûif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Clavi mu* 
cronem retundtre. Abattre la pointe 
d'un clou fur l'autre côté de la cho- 
fe qu'il perce, & l'aplatir en forte 
que ce foit une autre tête. On a rivé 

• lei vis qui attachent la ferrure. River 
un clou. 

On dit proverbialement & figuré- 
ment , river le clou à quelqu'un , lui 
river fon clou ; pour dire,, lui ré-, 
pondre' fortement , vertement, en 
forte qu'il n'ait rien à répliquer. // 
voulut lui faire des reproches , mais 
elle lui riva fon clou. 

La première fyllabe eft brève & 
la féconde longue ou brève. Voye^ 
Verbe. " 

Les temps ou perfonnesquî fe rer-r 
minent par un e féminin ont la pé' 
niiltième fyllabe longue. 

RIVER AGE; fubftnntif mafc. Droit 
qu'on paye au Roi ou au Seigneur 
en quelques endroits pour raifon 
à^s cheviux qu'on cœpbie à tirer 
les bateaux , foit en mourant , foie 



,^^ RIV 

en defceodanc la rivière* Ea 1708 

ET la Déclaration du Roi du 29 
écembre il fut ordonné une levée 
par doublemenc au profit de Sa Ma- 
jefté , de tous les droits àc péages , 
jponcenaecs , river agcs ^ 9cc«. dans 
toute retendue du royaume. 

RIVERAIN ; lubftantif mafculin. Qui 
habite le long d'une rivière. Les ri- 
verains de la Loire. Les riverains 
propriétaires des héritages qui avoifi" 
tient lesfieuves & rivières navigabbes 
doivent y laijfer vingt-quatre pieds de 
tirage. 

Riverain 9 fe dit aufli de ceux qui 
pofTédent des héritages le long d u- 
ne forêt. Les riverains font obligés 
de féparer leurs héritages des forêts 
du Roi , par des foffés de quatre 
pieds de largeur & de cinq de prof on- 
deur. 

RlVESALTESj bourg de France dans 
le RouiTilIon fur la Gly, i deux 
lieues , nord , de Perpignan. On y 
recueille d'excellent vin mufcat. 

RIVET} fubftantif mafculin. Pointe 
rivée du clou broché dans le pied 
d'un cheval. Les plus petits rivets 
font les plus convenables. Ces rivets 
débordent trop. 

RIVET ; Abbaye d'hommes de l'or- 
dre de Cîteaux, dans le Diocèfe 
de Bazas ptès de Langon. Elle eft 
en commende & vaut environ cinq 
mille livres de rente au titulaire. 

RIVETIER ; fubftantif mafcuUn & 
terme de Ceinturier. Outil c^tti fert 
a faire de petits yeux d'étain pour 
attacher plufieurs pièces de cuir en- 
femble. 

RIVIÈRE; fubftantif féminin. Fleu- 
ve , afTemblage d'eaux qui coulent 
toujours dans un lir , dans un canal 
d'une largeur & d'une étendue con- 
fidérable. fleuve Fleuve. 

Les fieuves.â^ les rivières navi- 
. gables du royaume » appartiennent 



tu Roi en pleine pfopciété > ]Nif It 
feul ritre de fa fouverainecé» ainfi 
^ue tout ce qui fe trouve dans leurs 
lits, comme les îles & îlots ^ atté- 
xifTemens & accroiïïemens » droits 
de. pèche , péages, paiT^ges î fpnts ^ 
1>acs » bateaux ., moulins , èaifices, 
& autres chofes & droits* que cet 
fleuves & rivières pcoduifent. 

Par Arrêt xlu Parlement de Paris 
du 29 Mai 1745, rendu fur les 
concluions de M. Joly de Fleury > 
Avocat Général , il a été juçé au un 
diamant trouvé dans le ht de la 
rivière de Seine y par le nommé 
Guenemand » retenu par Us gardes 
de l'Orfèvrerie , & non léclamé , 
étoit une épave dont la vente feroit 
faite, pour en être le prix diftribaé» 
favoir, un tiers au Receveur géné- 
ral du domaine , un tiers à Guene** 
mond » & lautre tiers aux Orfè- 
vres , conformément aux Ordon» 
nances qui leur ont attribué le tiers 
des épaves de jouaillerie & orfé- 
vl?erie. 

Il eft défendu à toutes perfonnes 
de détourner l'eau des rivières , Se 
d'en affoiblir le cours par des tran- 
chées , folTés ou canaux , â peine 
d'être punis comme ufurpateurs, 6c 
obligés de réparer les chpfesi leurs 
frais. ^ 

Il eft pareillement défendu de 
jeter dans les rivières aucune dro« 
gue ou appât à peine de {mnitioa 
corporelle. 

Suivant l'article trob du titre pre** 
mier de l'Ordonnance des Eaux èç 
Forêts , toutes les aâions concer- 
nant les enrreprifes ou prétentions 
fur les rivières navigables & flotta- 
bles , tant pour raifon de la naviga- 
tion & flottage 9 que des droits de 
pêche , pallage » pontonage ic au- 
tres drdits^ conduite » rupture .» Se- 
loyers de flettes ^ bacs & bateaux ^ 



RIV 

'^vès <tir V^Kily conftraébibh &f 

demoluioD d'éclofes , gords , pèche- 

lies & moaiius , vidcacion de poif- 

fon y tant dans les bateaux qae dans 

Us hofKVcpkts & rcfei voirs 9 & gé- 

' néraleoieac de tour ce 9111 peoc pré- 

r ' ludicîer à b navigation , charroi 

& flbcrage des bois » font de Ucocn- 

pécence des Officiers des Maitcifbs, 

ians pcé/udice néanmoins de W ju- 

xidiâion de» Prévôts des Mar- 

■f chands , es villes où ils font en pof- 

leifioQ de comàohre de tout ou de 

1 partie de ces. matières & de celles 

: îlei Officiers àt^ turcies & levées, 

: & ancres qui pourroient avoir titre 

, àc poûTciffion pour en connoitre. 

Oti dit 3 jque la rivière tfl mar^ 

éhande ; pour dire , qu'elle n'eft ni 

trop haute ni Trop bafle, mais en 

: état de portei des batesiux chargés 

^iemarchandifes. ' 

On appelle particulièrement oi^ 
fcaux de rivière j les catiards fau*- 

* varge»; & veaux de rivière , les veaux 

aui font élevés en Natitiandie , dans 
esprairies votfines fie la rivière de 
Seine. On appelle auflî vins de- ri- 
' vière\ les vins de Champagne qui 
croitTenr fur les bords de la rivière 
de- Marne., 

On dir proverbialement & fign- 
- ïè^em Ic^fquW porte en un lieu 

* ' ' de« chofes (^i s'y trouvent «en abon- 

dance, q%ie cefi porter deteauà'la 

rivière. EtiatK^nrtaire on dit d'un 

homme qui ne fauroit trouver ime 

ckofe dansun lieubù prdinaîrement 

il y en a en abondance , <\\iiU ne 

trouverait pjs dé t eau à la rivière.. 

La- côte de rÉtat- de Gènes fe 

' nomme la rivière de Gènes, 

RivièRB , et^ auffi le m>m d'un petit 

Cys de France qui fait partie du 
s Armagnac en Gàfeoene : il eft 
' ficué fui^ lés deux rivfes de la Save , 
* ftèi de&m cùn&utntdans h Ga- 



RIZ i6y 

tonne , & au feprentrîon du Comié 
de Comminges. La partie de ce 
pays dans laquelle eft fitué Verdun 
qui eft fa capirale, fe nomme pêrys 
de rivière-Verdun, Cette dernière 
partie forme une éleâion dont le 
i licgé éft â Grenade. Tout le pays 
peut avbir neuf à dix lieues dans 
fa plus grande longueur, fur fept 
i huit dans fa plus grande largeur. 
La Saye eft la feule rivière un peu 
confidérable qui arrofe cette con* 
tsée ^ qui eft fertile en froment » 

. en feiglû & en avoine , dont on 
£ait qaelque commerce i Bordeaux 
de dans: le Languedoc. 

La première fyllabe eft brève , la 
féconde longue 8c la troifième 
très-brève. 

RIVOLI} bourg d^Itatte dans lé Ké- 
' naoïlt » à deux lieues , oueft , de 

* Tuxîn, On 7 voit un chattàu ou 
maifon .de plaifance des Ducs de 
Savoie. Ce château eft bâti en bri- 
; oues^, a trois étages avec onze croi- 
' féefe dé face ; il n'a pas l'air con- 
' ^fidérable,. C^étoie ct^devaht un rén- 
der'-voiis de çhafle-^niais <lépuis 
long-témpS' le Roi ri^y va plus. Le 
'Duc Charles- Êmmamiel I , furnom- 
mé le grand cpx y éroir né le ix 
Janvier 15(^2, fit reBâtir & embel- 
lir ce château île Roi Viftor- 
Amédée y éft inort pri(<5nnier er^ 
173 '4 , deux ans /ajprès avoir abdi- 
qué la Couronne en faveitt de fou 
fils. 

RIVOUR ; abbaye d'hommes de l'or- 
dre de Cîteaux en Champagne > à 
deux Heues , eft , de Troyés. Elle 

' vaut environ 5000 liv. de rente à 
FAbbé Commendataire. ' 

RIXDALE ^ voyeii^ Richedale. 
RIZ ; voyei Ris. 

RIZE^ fubftantif mafculin.. Terme dfe 
coiçpte dans lesÈtac&du Giand.Sei* 



lu 



ROA 



gnear. Le rize eft de quinze mille 
ducats. 

RIZIÈRE ; fabftantif féminin. Cam- 
pagne femée de ris. H y a beau-* 
coup de rizières in Italie <^ le long du 
Pô. 

La première fyllabe eft brève y la 
féconde longue éc la croifième très- 
brève. 

ROA \ ville d'Efpagne dans la vieille 
Caftille , fur le Duero j à 30 lieues, 
nord , de Madrid. 

ROANNE ; ville de France , chef- 
lieu du Roannois , dans le Foreft , 
fur la Loire , à fix lieues, nord- 
oueft , de Peurs. C'eft le fiége d'un 
Bailliage 3 d'une Èleâion . &c. On 

. y compte ienviron , fix mille habi- 
tans. il fe fait dans cetre viUc/un 

. .dilez bon comn^iercè de laine. 11 y a 
qp^lquçs TiiTerands dans la ville. 
On y a conftruic depuis peu d'an- 
nées deux ponçs de bois qui facili- 
tent beaucoup le commerce. Les 
vins du Roannois font très-renom- 
més Sf. fe tranfpottent àParis par la 
Loice* Ceft, si Ro^^ne que cette ri- 
vière .commence à porter bateau : 
elle fi^it U richefTe de cette ville , 
qui eft: le grand p^lfage & 
l'entrepôt du commerce de Lyon 
avec Paris , Orléans » Nantes , 
&c. , ,., ^. - . ' . ■ . 
ROfi; fubftantif mafculin. Suc àt- 

. p^ré d^ fruits c^ics en condftance 
de miel ou, de firop épais. On fait 
des robs de coins , de mures , de ré- 
%l'^Sf^ y de baies de furcau^ ÔÇC» pçur 
diverfe^ maladies. 
ROBE i fubftantif féminin. Sorte de 
vêtpnaçnt long , ayant des niancKes, 
& qui eft différent fplgn les perfoni- 
nés qui le portent. 

Dans quelques Univerfités les 
Médecins portent la robe d'ccarlate; 
dans celle de Paris, le Reâeor 9 
une rob^ violette avec le ^baperpn 



ROB 

d*hetmihe) les Doyens dTesFacafrÂrv 
Procureurs » Quefteurs de Nation , 
portent la robe rouge fourrée de 
vert. Les Doâeurs de la maifonde 
Sorbonne porcenc toujours la robe 
' d'étamine ou de voile noir par- 
deflus la foutane dans leur maiiun » 
& les doâeurs en rhéologie la pDr- 
rent également aux aftemblés » exa<- ' 
mens , thèfes & autres aétes de fa- 
culté» de même que les Profeilèars 
& autres Suppôts de la Faculté^ des 
arts, dans les clafles & alTembkes 
foit de leur nation feio de l'Usoiv^r- 
ficé. Ces robes fonc faires comme 
. celles des Avocats » à l'exception 
à&s manches qui font plus courtes ; 
quelaues' unes font garnies de pe- 
tits Doutons , & d'autres fimple- 
menr ouvertes par devanr avec un 
ruban noire fur lés bords. Les robes 
àts Appariteurs où Bed^git fontjde 
la même forme & de la même cou- 
leur, & quelquefois toutes fem«- 
blablesf a celles des Avocats. Ceux 
àt% Paroifles en portent ordinaire- 
ment 4e mi'p^rties ou:<ledeux cou- 
leurs. 

Les Dames difenc , prcnei ma 
robe , porte\ ma robe ; pour dire , 
prenez , pottez la queue de ma 
•robe* 

On dit figurément & familière^- 
ment ^ & le plus fouvent en raille** 
rie , rèodre vifite cri robe détroujfée ; 
pour dire , fendre, yifiçè en céçc- 
monie. 

On dit proverbialement , beile 
fille & ,méÀante robs trouvent tùu^ 
jours qui le^ accroche, 

, Oi> dit , Arrêts rendus en robe 
rouge ; pour dire , des Arrêts ren4us 
folennelUment , les Juges étant tti 
robe reoge. - 

oBE PB cHAMBRB.ife dit d'uoe robe 
que les hpmmes portent dans(;la 
cbambxe^ // vient de /^j^ffrf/^ m^tf 



ROB 

<fe chambre. Et l'on appelle rohe de 
chambre pour les femmes , une robe 
que les remmes portent chez elles 
quand elles font en déshabille , 6c 
avec laquelle elles nelaiiTent pas de 
forrir quelquefois. 
RofiE , fe dit aulfi de l'habit des an- 
ciens Romains, Les Confuls par* 
toient une robe différence de celle dzs 
autres Romains. Pompée eut le pri- 
vilège déporter la robe triomphale aux 
fpeHacles. La robe avec laquelle les 
Romains faifoient leurs repas , éto'u 
ordinairement blanche. 
Robe , fe prend aufli pour la profeflSon 
des gens de judicature, // a em^ 
brajféle parti de la robe. Cette femme 
n*aime pas les gens de robe. Il y a des 
pays oà la noblejfe de robe efi, moins 
conjîdérée que celle d'épée , ce qui efi 
abfurde. Il quitta la robe pour prendre 
tépée r • 

On appelle Ja'^^^ de robe-courte , 
les Prévôts àts Maréchaux , leurs 
Lieutenans , & quelques autres Offi- 
ciers non gradués qui jugent Tépée 
au côté. Le Lieutenant Criminel de 
robe-courte de Paris commande une 
compagnie compofée de deux Lieutc-^ 
nansyd*un Guidon^dc neuf Exempts ^ 
\ d*un Procureur du Roi, d*un Greffier^ 
d'un Commijfaire , d'un Contrôleur 
des guerres , dun premier Huiffier^ 
d'un Brigadier , 6 de foixante Ar- 
chers i tf cette compagnie efi appelée 
compagnie de robe-courte. 
KoBB > (k dit aufli familièrement de 
la profeffion des EccléGaftiques , 
des Religieux » mais il eft toujours 
précédé a un pronom poflTeflif. C'eft 
un Religieux , & ton ne fuppofe pas 
. qui les gens de fa robe foient capa^ 
blés de former une pareille entre- 
prife. 

On dit 5 deux chevaux de même 
robe; pour dire , de même poil. On 
flic auâi , qu'xM chien , cïVLun chat j 
Tome XX r^ 



ROB 



i6f 



8cc. à une belle robe ; pour dire » 
qu'il a une belle peau. 

On die encore , la robe d'un co-^ 
quUiage ; pour dire , la fuperficiede 
la coquille après qu'on a levé Tépi- 
derme. Et la robe a un oignon ; pour 
dire , l'enveloppe d'un oigpon. 

RoBB , fe dit en termes de filon^ 
diers y d'une enveloppe de carte ou 
de parchemin dont on entoure les 
fufeaurpour ne point falirla piècâ 
qu'on travaille. 

Robe fe dit d'une mefure des liauides 
ufitée en Efpagne , & qui rait la 
huitième partie d'une pipe. 

ROBEC ; petite rivière de France en 
Normandie , qui a fa fource àSaipt- 

• Martin du Vivier » & fon embou- 
chure dans la Seine à Rouen oi^ elle 
eft fort utile aux Teinturiers & aux 
Tanneurs. 

ROBER -, verbe adif de la premièrô 
conjugaifon , lequel fe conjugua 
comme Chanter. Ternfte de Cha- ' 

. palier qui llgniBe enlever le poil 
d'un chapeau de caftor avec la peaU 
de chien marin. 

ROBER i petite rivière d'Allema- 
gne dans TArchevêché de Trêves. 
Elle fe perd dans la Mofelle à Trêves. 

ROBERIE ; vieux mot qui fîgni&oic 
autrefois vol, larcin. 

ROhERT, Eleûeur Palatin , fils de 
Robert le tenace , naquit en 1 3 5 1 » 
& fur élu Empereur d'Allemagne 
en 1400, après la dépoficion du 
barbare Winceflas. Pour gagner les 
Allemands » il voulut rendre à 
l'Empereur le Milanez que Win- 
ceQas en avoit détache ; mais 
fes efforts furent inutiles. Spn atta- 
chement pour le Pape Grégoire Xil 
aliéna entièrement les eiprits des 
Princes d'Allemagne. Ils formèrent 
contre lui une confédération ; mais 
la mort de ce Prince arrivée en 
i^io p iQmpit leurs me{ures> Il 



ijo ROB 

partagea fes États entre fes quatre [ 
fils qui font les tiges àts différent 
tes branches de la Maifon Palatine. 
Robert acheva d'établir la Souve- 
raineté des Princes d'Allemagne. 
Les Empereurs avoient confervé le 
droit de haute judicedans les terres 
de plusieurs Seigneurs j mais il 
leur céda ce droit par des privi- 
lèges. 
KoBtRT , Roi de France j furnommé 
le Sage j parvint â la Couronne en 
5^9^ , après la mort de Hugues Ca- 
pet fon père. lï fut facré à Orléans 
où il étoit né. Il avoir époufé Berte 
fa coufine , fille de Conrard , Roi 
de Bourgogne ; mais Grégoire V 
déclara nul ce mariage & excom- 
munia le Monarque. Les hiftoriens 
difenc que cet aiiathcme fie en Fran- 
ce tant d'effet , que tous lès cour- 
tifans du Roi & fes propres DomeJf- 
liques fe féparcrent de lui. 11 ne lui 
refta que deux Domeftiques qui 
pleins d'horreur pour tout ce qu'il 

• avoit touché, palToient par le feu 
jufqu'aux plats où il avoit mangé. 
Le Cardinal Pierre Damien rap- 

• porte qu'en punition de cet inceftc 
prétendu , la Reine accoucha d'un 
inonftre qui avoit la tète & le cou 
d'un canard. On ajoute que Robert 
fur fi frappé de cette efpèce de pro- 
^ige , qu'il fe fépara de fa femme. 
Il contraâa un fécond mariage avec 
Confiance , fille de Guillaume , 
Comte d'Arles & de Provence ; 
mais l'humeur alrière de cette Pirin- 
ccffe auroit bouleverfé le Royaume 
fi la fageffe du Roi ne l'eût empê- 
chée de fe mêler du gouvernement 
de l'État : Henri , Duc"de Bourgo- 
gne , frère de Hugues Capet , mort 
en looi fans enfans légitimes^ laîfia 
fon Duché au Roi de France fon 
neveu. Robert invertir de ce duché 
Henri fon fécond £ts qui depuis 



ROB 

étant devenu Roi , le céda à Robert 
fon cadet , chef de la première 
branche royale des Ducs de Bour- 
gogne qui dura jufqu'en i}6i. Ce 
duché hit réuni a la Couronne par 
le Roi Jean qui le donna à fon qua* 
trièrae fils , Philippe le Hardie chef 
de la deuxième Maifon de Bour-» 
gogne qui finit en la perfonne de 
Charles le Téméraire tué en i477» 
Robert mérita par fa fiigefle qu'ors 
Uii offrît l'Empire & le Royaume 
d-ItaKe î mais il les refufa', & après 
avoir fait couronner a Reims foa 
fécond fils Henri I , îl mourut e|t 
loji , à foixanre ans. Robert étoic 
un Prince favant, mais de la fcience 
de (on temps. Helgaud , Moine de 
Fleuri , raconte dans îa vie de ce 
Prince ^ que pour empêcher que fes 
fujets ne rombaftent dans le parju- 
re, & n'encouruflent les peines qui 
en font la fuite, il les faifoit jurer 
fur un reliquaire donr on avoit ôté 
les reliques ; comme fi l'intention 
ne faifoit pas le parjure y mais alors 
on ne ra^ifonnoit pas mieux. Robert 
non feulement cultivoit les fcièn- 
ces , il les protégeoir. On a de lui. 
plufieurs hymnes que* Ton chante 

. encore dans l'ÉgJife. Son règne fut 
heureux & tranquille. 

Robert de Fhancb , éroît le tioifiè-^ 
me fils de Louis VIII , & frère de 
Saint Louis qui érigea en fa faveur 
l'Artois en Comté- Pairie en 1237. 
C'étoit dans le temps de la funefte 
querelle entre le- Pape Grégoire IX 
& l'Empereur Frédéric II. Grégoire 
offrit a Saint Louis l'empire pour 
Robert; mais les Seigneurs François 
aflembics pour délibérer fur cette 
propofirion , furent d'avis de la re- 
jeter; ils répondirent au Pape que 
le Comte Robert fe tenoit affè:^ ho'^ 
noré d' être frère d^un Roi qui furpaf^ 
foit en dignité j en forces , en biens ^^ 



M nohhjfc , tous les antres Potentats 
-du monde. Robert fuivit Saint Louis 
en Egypte , & ce fut lai qui enga- 
gea avec plus de bravoure que de 
prudence , la bataille de la Ma(fou« 
re le ^ Février 1 2 5o.Comaie il pour- 
fuîvoic les fuyards à travers cette 
petite ville, il y fut afTommé des 
pierres , bûches & autres chofes 
que Ton jetoit par les fenêtres. C'é- 
toit un Prince intrépide» mais trop 
•fougueux, trop opiniâtre, frop que- 
relleur. 

JloBERT II , Comte d'Artois, fils du 
précédent , furnommé le Bon , 6c le 
Noble , fut de Teipcdition d'Afri- 
que en i 170. Il cliâcia les rebelles 
de Navarre en 1176. Il mena un 
puifTant (ecours après les vêpres 
ficiliennes , à Charles I , Roi de Na- 
ples , & fut Régent de ce Royaume 

' pendant la captivité de Charles II. 
Il défit les Arragonois en Sicile en 
1 189, les Anglois proche de Bayon- 
fieen 1196 y les Flamands a Furnes 
eni 198. Mais en xjozi ayant voulu 
imprudemment forcer les mêmes 
Flamands retranchés proche deCour- 
trai^ il reçut trente coups de pique , 
& perdit dans cette journée Ja ré- 
putation & la vie. Homme vaillant» 
mais emporté Se violent , il n'étoit 
bon que pour un coup de main. 

KoBERT d'Anjou , troifième fils de 
Charles le Boiteux , fuccéda i fon 
père dans le Royaume de Naples, 
par la proieûion des Papes , 5c par 
la volonté des peuples , a l'exclunon 
de CharoberCjfils de (on hère aîné. 
Il fut un grand Roi, jufte , fage , 
vaillant. Il régna ^ 3 ans , 8 mois , 
& mourut le 16 Janvier i $43, âgé 
de 65 ans. Philippe de Valois s'ab- 
Aint de livrer bataille en 1339 fur 
les avis réitérés que lui donna ce 
Prince, grand ami de la France, par 
inclination & par intérêt. Robert 



(âéteftoit la gifferre entre les Princes 
chrétiens , & il avoit d'ailleurs écu* 
dié la fcience desadres ^ moins pour 
en connoîcre le cours que pour ap- 
prendre par cette fcience chiméri- 
que les mydcres de l'avenir. Il 
croyoit avoir lu dans le grand livre 
du ciel un malheur extrême pour 
la France , fi Philippe hafatdoit une 
bataille contre les Anglois. 

ROBERT I , Duc de Normandie , 
étoit le Chef de ces Danois ou Nor- 
mands qui firent tant de courfes & 
de ravages en France dans les neu- 
vième &c dixième fiècles. Le Roi 
Charles le Simple conclut à Sainte- 
Claire fur Eptes en 5^1 1 un traite 
par lequel il donna à Rollon » chef 
des Normands fa fille Gifle ou Gi« 
felle en mariage , avec la partie de 
la Neudrie appelée depuis de leur 
nom , Normandie y à condition qu'il 
en feroit hommage , & qu'il fe fe- 
roit Chrétien : Rollon y confentit , 
fut baptifé , & prit le nom de Ro- 
bert , parceque dans la cérémonie 
Robert , Duc de France & de Pa- 
ris , lui fervit de Parrain. Le nou- 
veau Duc de Normandie montra 
autant d*équiré fur le trône , qu'il 
avoit fait éclater de courage dans 
les combars. Il termina fa glorieufe 
carrière vers 910. 

Robert de Bruis ou Bruce , Roi 
d'Ecofle , monta fur le Trône en 
1305 , après Texpulfion de Jeaa 
fiailleul ou Baillol qui avoit ufurpé 
la couronne d'Ècofle par le fecours 
d'Edouard I , Rpi d'Angleterre. Il 
fecoua le joug des Argloîs , les 
chnffii de fon pays & rendit l'Écoffe 
très- pui (Tan re & très - floriflante. 
C etoit un Prince chéri de fon peu- 
ple , quoiqu'il aimât ta guerre j 
mais il ne la fit que pour tirer fa 
nation de l'efclavage &: pour laren- 
. dre heiueufe. Il mourut en i)^^% 
Yij 



i 55 ans. Il laifTa poûF fuçcelTettr' 
DavU II, âgé lie 5 ans , & une fille 
qui porta le fcepcre d'ÉcoITe dans 
la ntaifoB de Scuarc. 

KofiÉRT DE Bavière, Pcince Palatin 
du Rhin , Duc de Cutnberiand y fils 
dé Frédéric , Prince Electeur Pala- 
tin du Rhin & d'Eiifabeth , fille de 
Jacques 1 Roi d'Angleterre & d'É- 
coHe, fe fignala d'abord en Hollan- 
de : il pana enfuite en Angleterre. 

' Le Roi Charles I fon oncle , le fit 
Chevalier de la jarretière , & lui 
donna le commandement de Ton 
armée. Le Prince Robert remporta 
d'abord de grands avantages fur les 
Parlementaires ; mais il fut enfuite 
obligé de fe retirer en France. Char- 
les II ayant remonté fur le trpne 
de fes pères , \ç fit membre de fon 
Confeil ^rivé en ié(>2 , & lui don- 
na le commandement de la flotte 
contre les Hollandois en 1 66 j^. Le 
Prince Robert défit Tannée fuivante 
la flotte HoUandoife , & fut fait 
Amiral d'Angleterre en 167;. 11 fe 
montra digne de cet emploi par fon 
intelligence 6c par fa valeur. Ce 
Prince mort en i6ii ^ s'appliquoit 
aux fciences>entr'autres à la Chimie. 

Robert de Covrtenay , Empereur 
François d'Orient, fuccéda à Pierre 
de Ceurtenay fur la fin de Tan 
I2ZO. Il s'adrefl!a au Pape pour 
prêcher une croifade contre Vatace 
qui après s'être fait déclarer Em- 
pereur à Nicée , avoir fait de rapi- 
des conquêtes fur les François , & 
ire(ferré leur empire jufques dans le 
territoire de Conftantinople. Le Pa- 
pe arma par des indulgences plu^ 
fieurs Chrétiens pour lui donner du 
fecours. Ils payèrent en Orient 
fous ta Conduire de Guillaume de 
Mont- Ferrât i mais {ce Général 
mourut. Ils retournèrent en Europe, 
& Robert fut obligé de demaxîder 



ROB 

la paa 4 Vatace : Robert époui^ Ta 
fille d'un Chevalier d'Artois ; elle 
avoit été promife i un Gentilhom- 
me Bourguignon qui outré de voir 
qu'on préférât un Empereur à lui , 
enleva l'Impératrice 6c fa mère » fie 
eter celle-ci dans, U nier , coupa 
e nez & les lèvres à la fille 6c la 
aiffa fur le rivage. Robert en naou- 
rut de douleur Tan 1 128. Ce Prince 
n'avoit aucun talent militaire j les 
divifions de fes ennemis l'appeloienc 
aux conquêtes , mais fon indolence 
& fon goût pour le plaifir le retin* 
renttoujours, 

ROBERTINE ^ fubftantif féminin: 
Nom d'une thèfe que foutiennenc 
ceux qui. veulent être de la maifon 
de Sorbonne. Elle a pris fon nom 
de Robert Sorbon , Inftituteuc de 
la Sorbonne. 

ROBIG ALES , ou Rubigalbs ; fub- 
ftantif féminin pluriel & terme de 
Mythologie. Fête inftituée par Nu- 
ma , la onzième apnée de fon rè- 
gne, & que les Romains célé- 
bfoient en l'honneur du dieu jRa- 
iigus , pour le prier d'empêcher la 
nielle de gâter leurs blés ; cçtte 
fête fe faifoit le feptième jour de 
devant les calendes de Mai , c'eft' 
â-dire > le 25 Avril » parceque dans 
ce temps - U la conftellation du 
chien ,^ qu'ils regardoieçt conimç 
une conftellation malfaifante » fe 
couche ) & que de plus , c'eft vers 
ce même temps que la rouille oa 
la nielle a coutume d'endommager 
les blés qui font fur terre. 

ROBIGUS, ou RuBiGUs ^ nom d'un 
dieu de la campagne 8c de l'agr in- 
culture chez les anciens Romains. 
C'étoit ce dieu qu'on invoquoit 

[>our le prier de garantir les blés de 
a nielle , en latin Robigo ou Ru^ 
bigo , & c'eft de-là qu'il avoit pris 
fon nom. On lui facrifioit les eUt 



ROB 

treilles d*iin chien Bc celles d'une ^ 
brebis » félon Ovide ^ 6c félon Co- 
lumellej un petit chien nouvelle- 
ment né. Numa* Pompilius avoir 
lui-même inftiiué une fête & des 
facrifices à ce dieu. Onuphrius- 
Panvinius dit qa41 avoit i Rome 
un temple & un bois dans la cin 
quième région de la ville. Il avoit 
encore un autre temple fut la voie 
Nomencane , hors la porte Ca- 
pêne. 

ROBIN î fubftantifmafculin. Terme 
de mépris fie du (lyle familier donc 
on fe fert en parlant des gens de 
robe. E/U va époufcr un Robin. 

Robin , eft aufli un nom propre u(icé 
dans quelques pbrafes proverbia- 
les. Aind en parlant d'un homme 
qui h\i toujours tomber le difcours 
fur ce qui le couche » on dit , il 
fouvient toujours à Robin de fcs 
flûtes. Et en patlant d'un homme 
mépri fable &c du témoignage de qui 
Ton fait peu de cas » on dit , c'cjl un 
plaifant robiri. 

ROBINE ; fubftantif féminin. Sorte 
de poire que la Quintinie met au 
rang des bonnes poires. Elle a la 
chair cailànte avec une eau douce 
& fucrée. Elle mûrit avec le rouf- 
felet. 

ROBINET; fubftantifmafculin. Piè- 
ce d'un tuyau de fontaine qui fert à 
donner l'eau & à la retenir. Il y a 
piufieurs fortes de robinets. Un ratk- 
net à tête carrée. Un robinet à bran- 
ches. Un robinet à deux eaux , à trois 
eaux. Des robinets de cuivre. Ouvrir 
le robinet. Fermer le robinet. La clef 
du robinet. 

On^it , un robinet de deux pou- 
ces y de trois pouces , d*un demi-pied; 
pour dire, un robinetpar ou paiïent 
deux pouces ^ trois pouces , un de- 
mi- pied d'eau. 

Quelquefois oo appelle robinet , 



ROB 173 

la feule clef du cobinet. Tourne^ ic 
robinet. 

On dit populairement d'un grand 
parleur , que quand une fois le robi" 
net eji lâ/hé , il a de la peine èi finir * 

ROBORATIF, IVE ; adjeftif Robo^ 
rans. Qui fortifie. Remède roboratif. 
Vertu roborative. 

ROBKE; fubftantif mafcuiin. Efpèce 
de chtne qui croit dans les heut 
ihontagneux , 8c donc le bois eft 
très-dur. Foye\ Ci^ene. 

ROBUSTE ; adjcftif des deux geu- 
res. Rohuftus. Qui eft fort de corps 
fie de complexion. Un foldat ro'* 
bufle. Être d^une complexion robufle. 
Il faut avoir une famé robuflc pour 
foutenir les fatigues de la guerre. 

Différences relatives entre vigou* 
reux , fort , robufte. 

Le vigoureux femble plus agile » 
& doit beaucoup au courage! Le 
fort paroît être plus ferme , & dote 
beaucoup â la confttu^ion des muf« 
clés. Le robufte eft moins fujet aux 
infirmités , & doit beaucoup â la 
nature du tempérament. 

On eft vigoureux par le mouve- 
ment & par les efforts qu'on fait. 
On t&fort par la folidité & par \à 
réfiftarice dçs membres. On eft ro- 
bufle par la bonne conformation des 
parties qui fervent aux fonctions 
naturelles. 

Vigoureux eft d'un ufage propre 
pour le combat , & pour tour ce 
qui demande de la vivacité dans 

, l'aâion. Fort convient en fait 
de fardeaux , & de tout ce qui eft 
défenfe. Robufle fe dit à l'égard de 
la fanté & de l'aftiduité au tra« 
vail. 

Un homme vigoureux attaaue 
avec violence. Un homme fort 
porte d'un air aiféce qui accableroic 
un autre. Un homme robufle eft à 
l'épreuve de la fatigue. 



174 ROC 

ROC; fubftantif mafçalih. Rupes.' 
Maâe de pierre très-dure , qui a 
fa racine en terre. Un chemin taillé 
dans U roc. Cette mai/on ejl bâtie 
fur un roc. On fit fauter le roc avec 
de la poudre. 

Roc , fe dit audi d'une pièce du jeu 
des échecs qu'on appelle plus ordi- 
nairement tour. 

Le c final fe fait fentij, 

«lOCAlLLE ; fubftantif féminin èc 
terme coUedif. Petits cailloux, co- 
quillages & autres chofes qui fer- 
vent à orner une grotte , à faire des 
rochers , &c. Grotu de rocaille. 
Mafque de rocaille. 

La première fylle eft brève , la 
féconde longue, 5c la troifième très- 
brève. 

ROCAILLEUR ; fubftantif mafcu- 
lin. Celui qui travaille en ro- 
caille. 

ilOCAMBOLE ; fubftantif féminin. 
Légumequi eft une efpèced ail, mais 
moins violent que l'ail ordinaire. 
On l'appelle aulîi échalotte d'Efra-- 
gne. On cuhive la rocambole dans 
ï^s jardins pour lufage de la cui- 
fine. 

Rocambole , fe dit figurément & fa- 
milièrement pour fignifier , ce qu'il 
y a de meilleur , de plus piquant 
dans quelque chofe. Les derniers vers 
d*une épigramme en font la rocam- 
bole. 

ROCCA D'ANFO ; ville fotte d'Ita- 
lie dans le Brelfan , fur le lac d'I- 
dro. Elle appartient aux Véni- 
tiens. 

ROCHE j fubftantif féminin. Rupes. 
Roc , maffe de pierre très-dure qui 
a fa racine en terre. Un pays cou- 
vert de roche. Le vaijfeau fe brlfu 
contre une roche. Une roche cachée 
fous l'eau. Veau de roche eft ordi- 
nairement claire & Umpide. Du criflal 
de roche. 



ROC 

* On ' dit figurément > un cœur de 
roche ; pour dire , un cœur inflexî-* 
ble , dur & difficile à émouvoir 4 
compaflion. 

On dit proverbialement & iiga«< 
rément, qu'i/j^ a quelque anguille 
fous roche; pour dire, qu'il y a dan» 
une affaire quelque chofe de caché* 
Il fc prend ordinairement en mau« 
vaife part. 

On appelle roche d*émeraudes , ro- 
che de turquoifes , &c. de petits amas 
d'émeraudes &c de turquoifes, unies , 
par une petite pierre où elles font 
comme enchaiïées. 

On appelle turquoifes de la vieille 
roche , les turquoifes tirées d^une 
roche découverte il y a très-long*, 
temps. 

Et l'on dit figurément d'un hom* 
me d*une probité reconnue , que 
ceft un homme de la vieille roche. On 
dit auffi , noblejfe de la vieille roche. 
Amis de la vieille roche. 

Les Naturaliftes Allemands ap-^ 
pellent roche de corne , une pierre 
dure, réfradaire, reflemblante ua 
peu à l'ongle dés quadrupèdes , âc 
qui fe trouve dans les montagnes 
en filons prefque perpendiculaires» 
Les Naturaliftes François n'ont pas 
encore une connoiftance bien cer- 
taine de la nature & de l'origine de 
cette forte de pierre \ celle que M. 
Bernard de Juilieu a reçue de Suède 
H^us le nom de Corneus fojfilis durior 
W^allerii^ reflemble parfaitement à 
de la lave. On diftingue trois fortes 
de roches de corne, i ^ celle à écorcc 
molle-: M. Vallerius dit qu'elle eft 
couverte comme d'une efpèce d'en- 
veloppe courbée, qui reiïemble a 
du cuir brun : elle eft audi peu com- 
pacte que la pierre ollaire tendre. 
La deuxième eft à écorce dure ; elle 
eft noire & reflemble au fabot d'un 
cheval , elle Vendurcit au feu: tan* 



ROC 

toc elle eft luifante , & tantôt elle eft 
grainelée. Lst iroiûème ék feuilletée; 
fa couleur eft, ou noirâtre , ou rou- 
geâtre; fes feuillets font pofés per- 
pendiculairement fur leur tranchant: 
il y en a de tendre qui peut fervir à 
' tracer des lignes > & de l'autre afTez 
folide pour être employée à couvrir 
des maifons : elles jaunifTent beau- 
x:oup dans le feu. Au refte , il paroîc 
<}ue les ouvriers des piines donnent 
indifféremment le nom de roche de 
xorne au roc vif & dur qui enve- 
loppe fouvenc les filons des mi- 
nes. 

La première fyllabe eft brève , & 
la féconde très brève. 

ROCHE; (la) ville des Pays-Bas, 
dans la forêt d'Ardenne j à treize 
lieues, nord-oueft, de Luxem- 
bourg. 

Il y a en Savoie une petite ville 
de même nom , à fix lieues , fud , 
de Genève. 

KOCHE-BERNARD ; ( la ) bourg de 
France en Bretagne , fur la Vilaine, 
à quatre lieues de (on embouchure 
. dans rOcéan. On y noutric beau- 
coup de bétail. 

ROCHECHOUART ; petite ville de 
France en Poitou , â cinq lieues , 
fud , de Confolens. On y compte 
environ 1 600 habitans. 

ROCHECHOUART , ( Françoife 
Athénaïs de ) fut d'abord connue 
fous le nom de Mademoifelle de 
Tonnai' Charente. Sa beauté la rendit 
encore moins célèbre que le carac- 
tère de fon efprit plaifant , agréa- 
ble & naturel. Recherchée par les 
grands Seigneurs , elle fut mariée 
au Marquis de Montefpan , qui lui 
facrifia des partis confidérables , & 
qui ne fit qu'une ingrate : la Du- 
chefle de la KalUere , maîtrcfle de 
Louis XIF^ l'admit dans fi fociécé , 
^ le Roi ne la regarda d'aborc) que 



ROC 175 

comme une aimable étourdie. Elle 
agaçoit fans celFe ce Monarque , qui 
difoic en fe moquant à Madame de 
là VûlUcre : elle voudrait bien que je 
Vaimajje , mais je n en ferai rien. Il 
ne tint pas parole , & il fut bientôt 
épris de ics charmes. La Marquife 
de Montefpan régna avec empire. 
Elle aima le Roi par accès, & en- 
core plus l'argent. Ses fantaifies en* 
gagèrent ce Prince à des dépenfef 
exceftives & inutiles. Elle régna 
long-temps fur le coeur de ce Mo- 
narque \ mais (on humeur impé- 
périeufe & bizarre l'en éloigna peu 
à peu. Elle avoir fupplanié la Val- 
liae y & elle fut lupplantée d fon 
tour par la Marquife de Maintenons 
Louis XIV lui ordonna de quitter 
la Cour, & elle mourut en 1707, 
âgée de G6 ans , à Bourbon , où ello 
avoit été prendre les bains. Elle 
avoit ordonné par fon Teftamenc 
que fes entrailles feroient portées 
à la communauté de*Saint Jofeph. 
Elles jetoient une fi grande puanteur 
à caufe de la chaleur de la faifon , 
que le porteur revint fur fes pas, 
& alla les remettre aux Ospucins 
de Bourbon. Le Père Gardien in- 
fedé de cette odeur , les jeta aux 
chiens. Quand on apprit à la Cour 
ce qu'ctoient devenues les entrail- 
les de Madame de Montefpan , un 
de fes amis dit : efi-ce quelle en 
avoit ? Quoiqu'elle eût naturelle- 
ment beaucoup de fierté &c de hau- 
teur , fon caraftèré étoit auflî rufé 
que fon efprit étoit fin. Lorfqu'eUe 
tencoit d'enj^^ager Louis XIV dans 
fes filets, elle tâcha de donner le 
change à la Reine , dont elle étoic^ 
dame d'honneur. Pour lui faire 
prendre une haure opinion^de fa 
vertu , elle communioit . tous les 
huit jours en fa préfence ; elle vi- 
fitoit les hôpitaux , & faifoit plu- 



17^ ROC 

fieurs ^e ces bonnes œavres d*eclar, 
qui trompent fi fou vent les hom- 
mes. Son crédit fut tel pendant quel- 
3ue temps, que dans la promotion 
es Maréchaux de France de 1^99, 
elle fouilla dans les poches du Roi, 
pour y en prendre la lifte : n'ayant 
pas vu le nom du Duc de Vivonnc 
Ion frère , elle éclata en reproches, 
& le Roi ne la calma qu'en lui 
donnant le bacon. 
ROCHE DE RlENi (la) bourg de 
France en Bretagne , à deux lieues, 
fud » de Tréguier. On y compte 
environ 5Q0 habitans. Ce bourg eft 
remarqy^able par plufieurs fiéges 
qu'il foutint au quatorzième fiècle , 
& par une fanglante bataille qui fe 
donna fous fes murailles en 1547, 
* dans laquelle Charles de Blois qui 
réclamoit le Duché de Bretagne ^ 
demeura prifonnier. 
ROCHEFLAVIN i ( Bernard de la ) 
ni exi I5 52i » i Saint Cernin en 
Rouergué , fut d'abord Confeiller 
i Touloufe , puis au Parlement de 
Paris. Son favoir lui procura la 

Elace*de Préfidem en la Cham- 
re des Enquêtes du Parlement de 
Touloufe, & celle de Confeiller 
d'Etat. Il mourut en 1(>Z7 à 7^ ans. 
On a de lui , 1°. un excellent recueil 
des Arrêts notables du Parlement de 
Touloufe. On y trouve un traité des 
droits fçigneuriaux , très-conful- 
té: :^^. un traité des Parlemens ^ in^ 
fol. &c. plein de recherches. 

ROCHEFORT j ville maritime de 
France , dans le pays d'Aunis , près 

. de l'embouchure de la Charente , 
vis-à-vis de l'île d*01eron , ^ fîx 
lieus , fud-eft , de la Rochelle , 3c 
i cwt deux lieues , fud-oueft , de 
pari$, fous le i6* degré quarante- 
une minutes , vingr-fix fécondes dç 



ROC 

trente - cinq fécondes de lattt!i<fc. 
Cette ville qui eft aujourd'hui le 
chef- lieu d'un des trois départe^ 
mens de la Marine du Roi , nétoic 
autrefois qu*un château que Henri 
m donna â un Officier de fa Mai* 
ion y appelé Polivon. Louis le Grand 
ayant formé le deffèin d'établir un 
Arfenal de Marine fur la rivière de 
Charente , où depuis long - temps 
on conftruifoit des vaifleaux â Ton- 
nay-Chareitte, jeta les yeux furie 
château de Rochefort , comtne un 
lieu plus commode par fa fitnation » 
ea fit l'acquificion de Tun des hé-- 
ririers de Polivon , 8c fit drefier 
le plan d'une ville fur le modèle de^ 
celle de Bordeaux. Ce Prince a{Hrès 
avoir pris les emplacemens nécef- 
faires pour fes bâtimens , aban* 
donna en 1^64 ^ le refte du terrein 
â des Particuliers , qui y ont bâti 
la ville qu'on y voit aujourd'hui. 
L'arfenal que le Roi y fit conftrui- 
re, eft un des plus vaftesSc des plus 
magnifiques du royaume. On trou«> 
ve dans ce bâtiment tout ce qu'on 

Peut défirer pour la conftruéipion , 
armement , l'équipement & le ra-> 
doub des vaidèaux du toi , dont 
chacun a fon enceinte & fon ma^ 

frafin. Il y a un hôpital fuperbe pour 
es Officiers , Matelots , Ôc foldats 
de marine , &f un autre pour les or- 
phelins, fondé par' Madame Be- 
gon. Les cafernes font de toute ma* 

Snificence. Le Roi y a une maifon 
ans laquelle loge l'Intendant de U 
marine. La ville eft fort régulière- 
ment bftie , Se les irues en font fore 
belles. Outre fon magafin, fourni 
de tout ce qui eft nécefTaire pour 
les vaiffeaux du Roi , il s'y trouvQ 
une belle corderie, une fonderie 
de canons & une fabrique de toi- 
les â voile. 

J^pçhefgrî «'a qu'upç ftule Par\ 

fOÎiTe» 



ROC 

toiSe 9 (bas l'invocacion de Saint 
Louis : il y a d'ailleurs un Couvent 
de Capucins, bâti par les ordres de 
Louis XIV , 6c un féminaire pour 
les Aumôniers des vaiffeaux du 
Roi 9 dirigé par les Prêtres de la 
fniffion qui deHervent auffi la Pa- 
loitTe* 

Cette ville eft ornée de deux 
èeaux remparts , 8c gardée par fes 

Sropres Bourgeois , auxquels Louis 
AV a accordé par fes lettres-pa- 
tentes de 16^9 , des foires & de 
trèS'beaux privilèges , entr*auttes 
lafFranchiiTement pour toutes les 
denrées dont on y fait la confotn- 
«latâon. Louis XIV a auifî accordé 
â cette ville un Corps de Comtnu- 
tiauté & un Hôtel de Ville, compofé 
d'un Maire , de deux Échevins , & 
de fix Confei 11ers. 

La ville de Rocheforr ri'ctant qu'à 
deux lieues de Tembouchure de la 
Charente , Louis XIV a fait con(- 
truite plufîeurs forts, & drefTer des 
batteries de canon pour défendre 
rentrée de ce fleuve : ces forts 
font celui de lîie d*Aix , le fort de 
Lupen & celui de TAiguille ^ qui 
n'eft qu'une redoute , commandant 
fur l'Anfe qui eft vis-à-vis 111e 
d'Aix , celuide Fouras , celui de 
la Pointe & celui de Vergerou. Ce 
dernier fort eft i une lieue au-def- 
fous de Rocheforr. 

Au refte l'air de Rocheforr eft 
adez mal fain , particulièrement 
dans les mois d'Août , de Septembre 
& d'Oâobre , tant à caufe de Ton 
expoGcion qui eft route entière au 
plein midi , que par le voifinage 
des marais falans j & par le défaut 
d'eau douce , n'y ayant qu'une feule 
fource pour diftribuer de botme eau 
par toute la vilte. Outre les fabri- 
q^ucs que Rocheforr a pour la ma- 
Toiiic XXK 



ROC 177 

rine 9 il y a une rafinerie de fucre 
& plufieurs autres fabriques. 

RocHEFoRT , eft auffi, le nom d'une 
petite ville du Hurepoix , i deux 
lieues , nord y de Dourdan. 

RocHiFORT, eft encore le nom d'une 
ville des Pays-Bas Autrichiens » 
fituée à fix lieues , fud-eft , de Dî- 
nant, & vingt lieues» nord-oueft, 
de Luxembourg. , 

ROCHEFOUCAULD ;(la) petire 
ville de France dans l'Angoumois » 
fur la Tardouère , i cinq lieues » 
nord'oueft, d'Angoulème. Elle fut 
érigée en Duché -Pairie par Louis 
XUIen i6it. 

ROCHEFOUCAULD, ( François 
Duc de la ) Prince de MarfiUac » 
fils de François premier , Duc de 
la Rochefoucauld , naquit en 1 61 j. 
Sa valeur & fon efprit le*mirent au 
premier rang des Seigneurs de la 
Cour 3 qui mèloienr les lauriers de 
Mars à ceux d'Apollon. Il fut lié 
avec la Ëi'meafe Duchefle de Lon- 

{;ueville , Se ce fur ' en partie par 
'inftigation de cette Princefle qu'il 
entra dans les querelles de la Fron-* 
de. Il fe fignala dans cette guerre » 
& furrout au combat de S. Antoi- 
ne , où il reçut un, coup de mouf- 
qnec. qui lui* . fit perdre quelque 
reœps la vuet C eft alors quil fie 
ces vers fi conntis tirés de la Tra- 
gédie d'Alcyonée* , 

Pour mériter fon cœur , pour plaire à 

Tes (>eaux yeux » 
J'ai fait la guerre aux Rois , je Tauroi^ 

faite aux Dieux. 

On fait qu'après fa rupture avec 
Madame de Longueville , il parodia 
ainfi ces vers. 

Pour ce cœur inconftant qu'enfin je coo' 

nois mieux » 
Tai fait la guerre ajux Rois » j*en ai perdu 

les yeux. 

Z 



f 78 It O C 

Après qae ces iquei^elles forent 
aiTouoifis , le Doc de la Roche£»tt- 
•CMMild «le tongiSL pha qu'i jouir ^ 
doux pUiGrs de ramâtié Se de la 
liccérauure. Sa naîToa école le ceii' 
dez voas de tout C9 cpxt Paris '9c 

, Verfaiiles avoienr d'ingéai^uau Les 
Racine , les Boileau, les Sévigné» Içs 

, Lafajreite rrouvoie ne dans Tac on ver- 
farion des agrérçens qu'ils auroienc 
cherché vainement ailieors» La goot- 

. te le courmenca Air ta fin de (es- 
jours, il rapporta U$ douleurs de 
cette maladie cruelle avec la conf- 

^ tance d*un Philofophe , & il mourut 
à Paris en 1680, à foixante - huit 
uns. 

On a de lai , t**» Jks Mémoires 
d^Annc d'Autriche en 2 vol. in la. 

. écrits avec l'énergie de Tacite» C'eft 
«n tableau (îdelie de ces tempsora» 
geuxi peints par u» Peintre qui 
avoit été lui- même un des Aâeurs.. 
aP. Des Réflexions 8c des Maximes 
téinupcimées pludeurs fois en un pe 
lie velurae i/s«ir. Quoiqu'il n'y ait 
prefqiie qu'une vérité dan&ce livre , 

' ^tti eft que Tamottc propre eil le 
mobile de toiit^ cependant cette 
penfée fe pféfente tous tant d'af- 
peâs varies , qu'elle eft prefque 
toujours piquante. Ce petit Kecueil 
écrit avec cette fine({è & cette dé- 
licatelTe qui donnenttant de prix au 
ftyle , accoutuma à penfer & i ren- 
fermer fes penfées dans un tour viF 
& précisi 

ROCHE-GUYON; (la) bourg de 
France dans le Vexin fiançois , fur 
la Seine, à quatre lieues » nord- 
oueft « de Mantes. ' 

ROCHELLE y (la) ville épifcopale & 
considérable de France , capitale du 
pays d* Aunis , fur TOcéàn » à 95 
. lieues , nord , de Bordeaux y 8c i 
la; , fudoueft , de Paris, fous le 
x&c degré , 14 minutes» 16 fecondea 



ROC 

u 

de longitude , & le* 4^^ ; 9 œi 
nutes , 4t (econdes de latitude. 

Ci9cee ville a ^té nommée par le» 
Mcieos Portas Santonum ^ parce- 

2a«Ue était autrefois dépendante 
e la province de Sainionge , àc le 
meilleur port- qu'il y eût dans ces* 
quartiers-là fur rOcéan. Depuis oa 
la nommée Ruptlla 8c Rochtlla pour 
Rocclla , noms qui (îgnifioient um 
petit roc ^ 8c quon lui adonné, foit 
a caufe du fonds pierreux fur lequel 
elle eft bâtie „ foit à cau£e qu ori-* 
ginairement elle uétoit qu'un châ- 
teau avec quelques maifons habitées 
par des gens de mer. 

Ce château appartenoit en pre- 
mier lieu aux feigneurs de Mauléoi» 
en Poitou. Guillaume , dernier 
Comte de Poitiers , l'ufurpa fur les^ 
leigneurs de Mauléon ^ il en fit une 
petite ville ,. 8c lui donna des pri» 
viléges.^ Cette ville s'accrut avec le 
temps , 8t fe forma en une efpèce 
de République r ayant appartenu aa 
Roi d'Angleterre depuis le mariage- 
d'Éléonore de Guyenne avec Henri 
U , fes privilèges furent confirmés^ 
par Louis VIU , fils de Philippe» 
Âugufte, lorfquil s'en rendit maii> 
tre en 11x4. 

La Rochelle étoit déjà dans ce 
temps-lâ un port de mer très>fio- 
riflfant par fon commerce. Elle re-- 
tourna aux Anglois par le traité de 
firetigni en m^o , & douze ans^ 
après elle fe donna au Roi de France 
Charles V , i condition qu'elle 
conferveroit tous fes privilèges j 8c 
qu'ea outre eUe auroit droit de 
battre en fon propre nom de lai 
monnoîe d'argent^ que les Èchevîna 
feroient réputés nobles \. que le 
Maire refteroit Gouverneur de la» 
ville , & qu'en fia fa charge feule 
annobliroit fa famille.- 
JLe Calvmifme s'y int£o4uifir e^ 



ROC- 

t$S7$ & le Prince de Coodé eat 
poar tiinfi dire , la gloire d*y ré- 

Î|ner. Le brave de la Noue la dé* 
endic en 1576 contre Henri, Duc 
d'Anjoa , frère de Charles IX , & 
obligea ce Prince d'en lever le 6ég^, 
Les Proceftans 7 tinrent depuU la 
plupart de leors fynodes , & fon 
commerce âorifl^nt tons les jours 
davantage la rendir puiflTante jaC- 
<|u'au temps du Cardinal dé Riche- 
lieu , qiH réfolttt de (banieitre cette 
vtUe i l'autorité royale , de Sup- 
primer fes privilèges , 9c d'y dé- 
rroire le Calvinifme^ 

11 engagea Louis XIU â cette ex- 
pédition* Ce Prince pour commen- 
cer i brider les R ochelois , fit con f- ; 
cruire le fort Louis. Ënfuite il af- | 
fiégea la ville en 1^77 , 2c s'en ren- , 
die le maître l'année futvante > aprè^ 
treize mois d'un fiége des plus mé- 
morables ^ pendant lequel les ha- 
bitans foufFrirent avec courage une 
des plus horribles fitmines dont 
Thiftoice hffé mention* De quinze 
mille perfonnes qui fe trouvèrent 
dans cette ville , quatre mille feu- 
Jement furvécurent à cet affreux 
défaftre. 

Enfin la réduâion de cette ville 
fut due i la conftruâion d une di- 
gue de 747 toifes dont Clément 
Metezeau de Dreux fut l'inventeur » 
& que la Cardinal de Richelieu fit 
exécuter , pour empêcher les An- 
glois de fecourir la place. Il eft 
étonnant combien de millions le 
Clergé fournit pour laprife deçette 
ville 9 & avec quelle joie il en Aii- 
foit les avances. 

Louis XIU étant entré dans la 
Rochelle le jour de la Touflaint 1 
1618, priva les Rocheloisde tous | 
leurs privilèges , fit abattre .leurs | 
belles forrifications , nomma de I 
nouveaux Magiftiats > & un plus • 



ROC i|> 

granS nombre de Prêtres catholi- 
ques. 

Louis XIV fortifia cette ville de 
nouveaux Ouvrages , qu'imagina 6c 
qu'exécuta le Maréthal de Vauban. 
Il fit la Rochelle chef d'une Géné- 
ralité, Se j établit un: Intendant 
dittingu^ de celui de Rochcfort 
quia la marine. Il y a atifii créé un 
Bureau de Finances > une Chambre 
du domaine » un Préiidial, une 
Éleâion , & 7 a laifTé fubfifter l'Hô- 
tel des Momioses. 

Le Siège Èpifcopat d«r Mailiesoiis 
fut transféré dans cmte Vilfe en 
164:9 » & poarfornter leDfocèfe $ 
ofty a joint le pays d'Aunis & 1-ile 
de Ré, que l'on a démembrés de 
rÉvèché de SainceSé 

Les Tues de la Riochellè font en 
général affcz droites v & ht plupart 
éss maifons fouteniies.par des atea- 
des. On entre datxs cette^ ville par 
cinq portes. San port qui peut avoir 
quinze cens pas de circuit ^ & qui 
eft de forme prefqne'ionde, eftun 
des plus, commodes de l'Océan. 
Deux grofles tours le défendent. 
Tons tes vailTeaux, excepté ceux 
de haut-bord , 7 entrent. Le com- 
merce de cette ville e(t regardé corn.* 
me un des plus étendus du royau- 
me: c*eft de-lsl que partent une par- 
tie à^s vaitTeaux marthands qui 
vont en Amérique ^ en Afrique , 
&c^ Ceux de la Rochelle vont par- 
ticulièrement à la c6te de* Saint Do* 
mingae , d'où ils rapportent de la 
cochenille » du chocolat , du quin- 
quina, des éméraudet', des perles 
& de l'argent. Us rapportoient du 
Canada & despays fepcentrionaux v 
de ta morue , du faumon , de Thui- 
le de poitTon» des oiats, &t:. Ils 
vont chercher dans les îles de l'A- 
mérique toutes (ortes de pelleté-^ 



ries ^ du fucre » 



de 4'indig0 9 



da 



iSo 



RÔC 



coton , des cuîrs : ils' rapportent de 
rAfrique , de la poudre d'ol: , du 
morphil , des cuirs , de la cire. 6c 
des gommes, lis vont auffi commer- 
cer a Cayenne, àt Cadix , en Portu- 
gal , &a 

Quant au commerce que les étran- 
gers viennent faire i la RocheUe, 
ils y enlèvent dés vins, des eaux de 
vie, du Tel « du papier d'Auvergne 
& d'Angoulème , des toiles & des 
ferges. 

Il y a dans cette ville des rafine- 
ries de fucre^ & Ton y fait de bon- 

. nés liqueurs. 

RCX:HEP0SAY ; bourg de France 
en Touraine , fur la Creufe, uirpeu 
au-deiTous de l'endroit où- elle re- 
çoit la Gartempe. 

ROCHER'} fubftantifmafculin; Ru^ 

V pes. Ce mot a la même (ignifica- 
tîot» que roc & roche. liy a dans 
la mer beaucoup dt rochers contre Itf- 
quels les vaiffeaux font fiijets à Je 
brifir. Immobile comme un rocher. 
Un rocher efcarpé* Veau qui fort du 

. rocher efi claire & limpide. 

On dit figucémeat , parler aux 
rochers ; pour dire , parler â des gens 
qui ne font point touchés de ce 
qu'on leur dit. £t l'on dit aufli figu- 
réipent , c'efl un cœur de rocher , 

. c'eft un rocher i pour dire , un cœur 
infenfible. 

On appelle rocher dans les jar- 
dins , dans les fontaines 6c dans les 
grotte» artificielles, un alTemblage 

. de petits cailloux , de coquilles, de 
moufle & de corail,qui repréfentent 
en quelque forte un rocher natu- 
rel. 

Rocher , en termes de Conchyliolo- 
gie, fe dit d'une famrlle entière de 
coquilles univalves qu'on appelle 
autrement murex* Voyer ce mot. 

Rocher , en termes d'Anatomie , fe 
dit d'une partie de l'os lemporal à 



ROC 

csufe de fa grande dureté. On Tap^ 
pelle autrement os pierreux. C'eft 
dans l'iotérieur de cet os que To- 
teille interne eft placée. ^oj^^{ 
Oreille. 

ROCHES; ( les ) bourg de France dans 
le Vendômois, fttr le Loir, âHne 
lieoe , noir^ , de Quérohenr. 

Il y a une Abbaye de même 
nom de l'Ordre de Cîteaux , 
dans le Gatinois Orléanois, fur la< 

, Loire , . près de Cône. Elle êft en 
commende , 6c vaut qua^e milla 
livres de rente au titulaire. 

ROCHESTER; ville d'Angleterre? 
dans la province de Kent , fur I& 
Medwài , â neuf lieues , fud-eft , 
de Londres. H s'y f^it un commer- 
ce confidérable. C'eft le fiége d'Un* 
Évèché. 

{lOCHE 'SUR-YON; bourg de Fran^ 
ce dans le Poitou j ptès de i'Von ^ à 
cinq lieues^;, nord-oued, de Lu-^ 
çon. 

ROCHEf } fubftantif mafcnlin. Sorte 
de furplis â manches étroites , que 
portent les Évêques, les^ Abbés & 
plufieurs autres Èccléfiaftiques. Z^i^ 
Chanoines réguliers de Saiht-Auguf 
tins portent des rochets par - defjeuX 
leur chàppe. Un Éyêque prêche en> 
camail&en rochet. 

RocHi^T, fe dit aufli d'une efpèce de 
manteau que portent en Angleterre 
les Pairs du Royaume féans aa 
Parlement dans les jours de cété- 
monies. 

Ceux des Vicomtes ont deux 
bandes ou bords & demi ; ceux des 
Comtes , tirois ; ceux des Marquis 
trois & demi , & ceux des Ducs, 
quatre. 

RocHET , eft encore le nom par lequel^ 
on déHgne chez les Marchands de 
ibse, chez les Manufadfcuriers & 
Ouvriers en étoffe d'or, d*argent 
& de foie , chez les teinturiers <q 



ROC 

'ûAe » laine 8c fil ^ des bobines plus 
grofles & plus courtes que les bo- 
bines ordinaires. C'eft fur ces ro- 
chers que tous ces Marchands & 
Ouvriers dévident leurs foies , ou 

e pour les vendre , ou pour les em- 
ployer , ou pour leur donner quel- 

' que préparation de teinture. 

RoGHET , en termes d'horlogers , fe 
dit dune roue dont les dents ont une 
£gure à peu près femblable à cel- 

. les d'une crémaillère de chemi- 
née. Ces fortes de roues font or- 
dinairement d'ufage dans les en 
cliquecages Se dans les échappemens 
des pendules. 

ROCHLITZ^ ville d'Allemagne dans 
la Saxe , fur la Muldau » à fepc 
lieues de Leipfic.On y fabrique des 
draps & des toiles. 

R'OCHOIR;*fubftantif mafculin. 

• Inftrument â l'ufage de prefque 
tous les Ouvriers qui emploienr les 
•métaux- Ceft une petite boite de 
cuivre ronde, & élevée â peu près 
comme la moitié d'un étui rond ^ 
il y a un couvercle , & au bas un 
irou auquel eft adapté un tuyau fur 
lequel eft une petite bande de métal 
crenée. Dans le corps de la boite 
eft renfermé ie borax pulvérifé » & 
Ton fait tomber cette poudre 
fur les parties que l'on veut fan- 
poudrer de borax , en faifant 

' pafter fon ongle le long des crans 
de la petite bande crénée , & en 
dirigeant le tuyau fur les places où 
l'on a befoin de borax. 

ROCK ; vieux mot qui fignificnt au- 
trefois robe, habit. 

ROCKENHAUSEN ; ville d'AUema- 
gne dans le bas Palatinat , près de 
Falkenftein. 

ROCKIZAU ; ville de Bohème au 
cercle, & à trois milles de Pilfen. 
ROCOU ; voyq Roucou. 
ROCROI ; ville focte de France ^ en 



ROD 



"i8t 



Champagne, à onze lieues , nord ^ 
de Rethel. C'eft le fiége d'une pré- 
vôté royale, & d'un grenier à fel. 
On y compre environ deax mille 
cinq cens habitans. Cette ville eft 
la dernière de la Champagne du , 
côté des Pays-Bas 5 & ce fut pour 
couvrir cette province de ce côté- 
là , que François I fit conftruire 
cette forterefle en un lieu défcrr, 
entre la forêt de Thiérache & celle 
des Ardennes , dans une plaine ed^ 
vironnée de bois de toutes parts, 
ôc que Ton ne peut aborder que 
par des défilés : audi fdn territoire 
eft tout-à*fait ftérile. Les fortifi- 
cations de Rocroi confiftem en cinq 
battions, deux con t regardes , & 
cinq demi lunes. Elle a àeux por- 
res , celle de France & celle de 
Bourgogne. 

Ce fut dans ta plaine de Rocroi 
que Louis de Bourbon ^ alors Duc 
d'Enguien & depuis Prince de Con- 
né , gagna une célèbre bataille con- 
tre les Efpagnolsle 19 Mai de Tan 

RODA ; petite ville d'Allemagne ' 
dans la Principauté d'Altenbourg. 
Elle appartient â la Maifon de Saxe- 
Gorha. 

RODAGE; fubft^ntif mafculin 6c 
terme de Coutume. On a donné ce 
nom à un droit que le Seigneur 
perçoit en quelques endroits pour 
le pafTage d'une charrette. 

RODAS j place forte des Indes orien- 
tales, dans le royaume de Bengale , 
à 80 lieues d'Ajgrra. 

RODEN M^ACHÈREN ; vil»e des 

• Pays-Bas autrichiens dans le Duché 
de Luxembourg, vefsThionville. 

RÔDER ; verbe neutre de la p e*' 
mière conjugaifon, lequel fe con- 
jugue comme Chakter. Concurfare, 
Tournoyer, courir , errer ci & H^ 
La Maréchaujlct rcdok amour dtt 



18% 



ROD 



château pour lis arrêter. Il a Uen 
rédepar le monde. Ces voleurs ont 
rSdé toute la nuit autour du village. 
Il fe dic plus fbuvenc en maavaife 
parc qu'en bonne. 

La première fyllabe eft loogae» la 
fe conde longue ou brève» f^oye:^ 

V£RBfi. 

RODÉS ; voyq Rnonis. 

HODESTO } vôyei Rodosto, 

RODEUR \ rubftantif oiafculin. Con^ 
curfator. Qui rôde- // y eut ordre 
d'emprifonncr les rôdeurs de nuit. 

RODOLPHE I, de Habsbourg, Em- 
pereur d'Allemagne, furaommé le 
Clément , iroic fils d'Albert » Comte 
de Habsbourg , château ficué encre 
Bafle & Zurich. Il fut, élu Empereur 
au moisd'Oâobre ixji^Cc ne vou- 
lut point aller à Rome pour fe fai- 
re couronner » difanc, <\\x* aucun de 
Jesprédécejfeursn en étoit jamais re- 
venu qu après avoir perdu fes droits 
cufon autorité. Il fit cependant un 
traire en 1178 , avec le Pape Ni- 
colas III , par lequel il s'engagea à 
défendre les biens & les privilèges 
de rÈgliiTt Romaine. Son règne tut 
troublé par la guerre au'il eut avec 
Orcocare , Roi de Bohême, fur le- 
quel il remporta une viâoire figna* 
lée. Le vaincu fut obligé de céder 
au vainqueur TAutriche , la Sri* 
rie & la Carniole. Il confentit de 
faire un hommage- lige â rÇmpe- 
reur, dans une île au milieu du 
Danube , fuus un pavillon dont les 
rideaux devoienr erre fermés pour 
lui épargner Une mortification por- 
blique. Ocrocare s'y rendit tout 
couvert d'or & de pierreries. Ro- 
dolphe, par un fafte fupérieur, le 
reçut avec l'habit le plus (impie. 
Au milieu de la cérémonie les ri- 
deaux du pavillon -tombent , & font 
voir aux yeux du peuple & des ar« J 



ROO 

itnéêsqtti bocdoienc le Danàbe^Ie fa^ 
perbe Otcocace à genoux , tenant les 
mains jointes entre les mains defon 
vainqueur. Quelques Écnvaios ont 
traite cela de conte, mais ce dit eft 
accrédité. La f eoBune d'Ottocare , 
indignée de cet hommage 3 enga- 
gea fon époux â recQmn}eiB:ec la 
{;uerre. L'Empereur marcha: contre 
ui, le vainquit» Bc le tua b i£ 
Août 1 177. Pour rnetrre le comble 
i la gloire de Rodolphe^ il eût 
fallu s'établir em Italie « après s'i- 
tre afluré l'Allemagne » mab le 
temps étoir palTé. Il fe contenta de 
rendre la lifanerté aux villes d'Italie 
qui voulurent bien Tacheter. FIo« 
rence donna quarante mille ducats 
d'or, Luques douze mille » G&nes 
& Bologne lix. mille. Cette liberté 
confiftoit dans le droit de nommée 
des Magiftrats, de fe gouvernes 
fuivant leurs lois municipales , de 
bartre monnoie, d*enrretenir des 
troupes. Rodolphe mourut à Ger- 
metsheimprès de Spire, en 1197 
à 7) ans , avec la repuutioa d^un 
dea plus braves guetriers, & des 
plus grands politiques de fon fiè* 
de. Il y a un Recueil de cent qua- 
rante Lettres de cet Empereur. On 
con&rve précieufement ce Manuf- 
crit dans la Bibliothèque Impériale 
à Vienne. 
RODOLPHE II, fit» de l'Empereur 
Maximiliea U , né en ly^^^y Roi 
de Bohême en 1 575 , élu Roi des 
Romains à Ratistx>nne le 15 Oc- 
tobre de la tnème année, prie les 
rênes de l'Eu^pire en 1 577 » après 
la mort de Maximilien II , fon pè« 
re , & les tint d'une main foible. 
La grande pallion de* fes prédécef- 
feurs étoit d'amaffer de l'argent » 
& celle de Rodolphe fut de vou* 
loir faire de Por. T^ute fa gloire 
fe borna à la réputation d'avoir' éti 



ROD 

ttn grand Dtftillacear , tm Aftr«Éo- 
me paflTable, an a(I«s bon Écoyer, 
fc «n fort mauvais fitnptrenr. Tou- 
te la Hongrie fut eiavafaîe par les 
Turcs en 1 59S , £mpis qu«to put les 
en empêcher. Les revenus piibiics 
écotenc fi hnU lukrikiiftrés > ^uon 
fiic obligé de faire une qt^ête pour 
avoir de quoi s oppofer au Conqué- 
rant Ottoman. Des troncs furent 
établis â toutes les portes des Égli 
fes. C'eft la première guerre qu'on 
ait faite avec des aumônes. Enfin 
Rodolphe envofa en Hongrie une 
ajmée qui n'arriva qu'après la 
prtfe d'Agria & de plufîeurs autres 
places importantes. Le Duc de Mer- 
cœur , accompagné d'un grand 
nombre de François > rétablit en 
1600 les affaires de ce Royaume» 
L'£mperear eut d'autres chagrins à 
efTuyer. Son frère Mathias fe ré- 
volta , & il fut obligé de lui céder 
les Royaumes de Hongrie & de 
Bohème. Les divifions de fa Maifon 
fointes au chagrin que lui caufa la 
«kmande que lui firent les Éleâeurs 
de choifir un fuccelTeur à Pempire , 
Bâta fa mort arrivée en 1611 à éo 
ans. 

Ce Prince ne fe maria pmais ; il 
devoir époufer l'Infante irabelle, 
mais Pirréfolution qui formott foa 
caraé^èrt , lui fit manquer ce ma- 
riage , ainfî que cinq autres. Il eut 
?4ttfienrs maitrefles & quelques en- 
ans naturels. 
RODOMONT; fubftantif mafculin. 
On appelle ainfi un fanfaron qui 
vante fes beaux faits pour fe faire 
Taloir Se fe faire craindre. Ceft an 
rodomont dont je nt crains point Us 
menaces^ 
ROD)MONTADEi fubftantif fé- 
minin. Fanfaronade, vanterie en 
fait de bravoure. On a bcauœup 
éariifurles rodomontades des EJpa^ 



R06 iSf 

gnols, C^ejl un faux hâve qui ne fait 
que des rodomontades. 

RODOSTO ,,ott RoMSTo i ville de 
la Turquie d'Europe dans la Ro« 
manie , fur la mer de Marmora , 
i 15 lieues» fnd^pueft, de Conf^* 
tanlinople. 

RÔÉ ; •( la ) bourg de France en An- 
jou , près de Craon. 11 y a une Ab- 

- baye d'Horinmes de l'Ordre de Se 
Aaguftin qui vaut à l'Abbé com- 
mendaiaire environ trois mille liv» 
de rente. * 

ROER , ou RouRBj nom de deux 
rivières d'Allemagne : Tune a fa 
fource dans les Etaci des Comtes 
de Manderfcheid> près des fron^ 
tières du Luxembourg , & fon em- 
bouchure dans la Meufe , â Rure-^ 
mon.ie: l'autre qui eft dans le cer- 
cle de Wellphâlie , a fa fource près 
de Grunebick « aux frontières dis 
Comté de Waldeck , & fon em« 
bonchure dans le Rhin â Duis- 
bourg» 

ROGATIONS ; fubftantif féminin 
pluriel. Prières publiques accom- 
pagnées de proceffions » que l'Eglife 
fait pour les biens de la terre pen- 
dant les trois Jours qui précèdent 
la fête de Tafcenfion. ^ 

On rapporte Pluftitution des Ro-^ 
gâtions a S. Mamert ^ Evèque d^ 
Vienne en Dauphinéj qui^en 4^4 
félon quelques-uns ^ & en 46 8 fe--'. 
Ion d'autres , aftèmbla plufieurs 
Évèques de la. Province pour im*-^ 
plorer ta miféricorde divine ^ pen- 
dant trois jours y êc lui demander 
la ceflation des tremblemens de ter« 
re 8c dps ravages caufés par des 
bètes féroces. Les )eùnes Se le» 
prières de trois jours qui avoient 
fair ce (Ter ces (léaux , furent con» 
tinués depuis comme un préferva- 
rif contre de pareilles calamités*. 

i i.^ Concile d'Orléans^ e^n ;^i^^ 



i«4 - R O G 

. ordonna que les Rogaridns s'obfer- 
veroient par route la France^ cet 
uGige pauà en Efpagi^e vers le dom- 
mencement du feptième fiècie ; 
mais les crois jours des Rogations 
dans ce pays, étoienc le jeudi, le 
vendredi , & le famedi après la 
Pentecôte. Les Rogation$ ont été 
reçues plus tard en Italie j Chacle- 
m^gne 6c Charles- le-Chauve firent 
des lois pour défendre au peuple 
de travailler ces jours U, & elles 
ont été obfervées long temps dans 
rÉglife Gallicane. On a appelé les 
pioceilipns des Kogwons pccic<s JJ- 
tanics , pu Litanie gallicane , parce- 
Qu'elles avoient été inftiruées par un 
Eveque des Gaules, pour les dif- 
tinguer de la grande Litanie , ou 
Litanie romaine , qui eft la procef- 
fion que l'on fait le 15 d'Avril , 
jour de S. M^tc , qui a pour Au- 
tour le Pape S. Grégoire le grand : 
les Grecs âc les Orientaux ne fa- 
vent ce que c^eft que Rogations. 

Elles avoient lieu en Angleterre 
4vant le fchifme, & il y en refte 
encore quelques veftiges \ car c'eft 
la Coutume dans la plupart des 

' P.iroiflTes , d'en aller faire le tour en 
fe promenant les trois jours qui 
précèdent l'afcenfion, mais on ne 
le fait pas proceiSonnellement , ni 
par dévotion. 

ROGATOlREi adjeûif des deux 
genres & terme de Palais. Il fe 
dit des <:oniniiiiions qu un Juge 
adretle i un autre Juge fon égal, 
pour faire qu'elqu'aàe de procé- 
dure , d'inftruâion dans Tétendue 
de fon redorr « &c éviter aux parrjes 
les frais de çranfport. CommiJJîpn 

-. rogaioire. 

ROGATQN ; fubftantif mafculin du 
ftyle fanjilier. On appelle ainfi tou- 
tes fortes de papiers de nulle im- 
po;rtail«e, 8f jlopt^on pe fait p^jnc 



RO<î 

d'état. Ces papiers ne font que âc 
vieux rogatons. 

Rogaton , feditaufli familièrement^ 
des mets communs ou des mets ré- 
chauffés. On ne fert çhe[ lui le foif 
que des rogatons. 

Ufe dit encore des reftes de v!an« 
des ramaflfées. Il faut donner ces ro* 
gâtons aux pauvres. 

Tout eft bref au fingulier y mais 
la dernière fyllabe eft longue au 
pluriel, 

ROGl ANO i bourg dltalie , dans la 
Caiabre citérieu^e, fur llfauro, 
en vison à trois lieuei, oueft,,de 
Befignano. 

ROGNE ; fubftantif féminin. Scabies. 
Gale invétérée^ La rogne eji difficile 
à guérir. 

La première fyllabe eft brève , 6c 
la féconde très-brève. 
On mouille ^72. 

ROGNÉ , ÉE j participe- f^oye\ Ro- 
gner. 

ROGNE PIED; fubftantif mafculin. 
Efpèce de couteau avec lequel le 
Maréchal rogne & retranche <ies 
porùons plus ou moins confidéra« 
bles de l'ongle du cheval. 

ROGNER; verbe xadif de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe*con-* 
jugue comme Chanter. Retran- 
cher , ôter quelque chofe des ex* 
rrémités , de la longueur ou de la 
largeur d*une érofte , d'un cuir » 
d'un morceau de bois » d'un mor- 
ceau de fer blanc , d'une pièce de 
mpnnoîe , Scç. Rogner les ailes d'un, 
oifeaupour l* empêcher dç voler. Cette 
jupe efl trop longue , il faut la JX)^ 
gner. Rogner les marges d'un liwe^ 
On puniç de mçrt ceux qui rognent 
les monnoies. Ilejl de la propre de 
fe rogner Us ongles. 

On à^t proverbialement ic éga- 
rement, rogner les ongles à quelquun^ 
lui rogner les ongles de près) Mut 

dire. 



ROG 

i£re » lai diminuer , Ini retrancher 
fon pouvoir ou Tes profits. 

Rogner ^ fe dit aulli figuiémenc & 
familièrement, pour dire , ôter , 
retrancher â quelqu'un une partie 
de ce qui lui appartienr. // a rogné 
les appointcmtns de fcs Officiers* On 
leur a bien rogné de leurs privilé* 
ges. 

La première fyllabe eft brève , 
& la féconde longue ou brève, f^oy. 
Verbe. 

Prononcez Ronier. 

ROGNEUR , EUSEi fubftantif. Ce- 
lui , celle oui rogne. Il ne fe dit 
guère que ae ceux qui rognent les 
pièces de monnoie. On punit de 
mort les rogneurs de monnoie d'or & 
d^argent, 

ROGNEUX. EUSE; adjeftif. .Sc^. 
biofus. Qui a la rogne. Un, enfant 
rogneux. Un cheval Rogneux, Un 
chien rogneux» 

ROGNON î fubftantif mafculin. Le 
rein d'un animal. 11 ne fe dit guère 
que de certains animaux dont les 
reins font bons à manger. Une 
tourte de rognons de veau. Des ro- 
gnons de bœuf. Des rognons de mou- 
ton. 

On dir populairement & par rail- 
lerie, tenir , mettre j avoir la main 
fur les rognons ; pour dire , fur les 
hanches. Elle mit la main fur fe s ro^ 
gnons , en leur difant mille injures. 

Rognon , en parlant de certains ani- 
maux , fignifie , tefticule. Un ragoût 
de rognons de coq efl un fort bon 
mets. 

En termes de Métallurgie , on 
appelle mine en rognons , ou mine en 
marrons , celle qui fe trouve en maf- 
{qs détachées , & non par couches 
ou filons fuivis. 

Les deux fyllabes font brèves au 
jfingulier , mais la féconde c(l lon- 
gue au pluriel. 

ToKt xxy. 



ROH i8j 

On prononce ronion» 
KOGNONtR ; verbe neutre die la 
première conjugaifon , lequel fe 
conjugue comme Chanter. Terme 
populaire qui fignifie gronder,grom- 
meler , mu^rmurer entre fes dents* 
Elle ne fait que rognoncr. 
Prononcez ronioner. 
ROGNURE } fubftantif féminin. ^^^- 
men. La partie qui a été rognée. D^x 
rognures de papier. On fait de la colle 
avec les rognures des peaux. 

On appelle figurément, rognures^ 
les reftes des matériaux qui ne fonc 
point entrés dans un grand ouvrage 
pour lequel ils avoienteté deftinés » 
SfC dont on fait un petit ouvrage dans 
le même genre. 

La première fyllabe eft brève , la 
féconde longue, & la iroifième très-* 
brève. 

Prononcez roniure. 
ROGOMME i fubftantif mafculin & 
terme populaire. Eau -de-vie , bran-, 
devin. Boire le rogomme. 
ROGOSNO ; petite Ville de Polo- 
gne ^ dans le Palatinat de Pofnanie , 
entre Pofnanie & Nackel. 
ROGUE; adjcâif des deux genres du 
ftyle familier. Fier , arrogant , fu^ 
perbe. // efl bi^n rogue^ Avoir l*Mir , 
l'humeur rogue. 
ROHACZOW ; Ville de Pologne ; 
en Lithuanie , au confluent du Nie* 
per & du Lordwa , environ à vingt- 
huit lieues au-deifous de Mohilow. 
ROHAN ; Bourg de France en Breta- 
gne fur l'Oueft , à dix lieues , nord- 
oueft y de Vannes. Il fut érigé ea 
Duché-Pairie en i^oj. 
ROHAN , ( Henri Duc de ) Pair de 
France , Prince de Léon , naquit au 
Château de Blein en Bretagne , en 
1 579. Henri IV , fous les yeux du- 
quel il doona des marques diftin- 
guées de bravoure au fiége dA- 
miens» i lage de 16 ans, Taioia 
Aa 



tî6 ROH 

avec tendreffe. Après la more de ce 
Monarque il devine Chef des Cal- 
viniftes en FraBce\^8r Chef auffi re- 
doutable par fon génie aue par Ton 
épée. Il fomincau nom de ce ptrci , 
trois guerres contre Louis XII I. 
La première terminée i lavantage 
des Proteftans , s'anima lorfqne ce 
Prince voulut rétablir la Religion 
Romaine dans le Béarn ; la féconde, 
à Toccafion du blocus que le Cardi- 
nal de Richelieu mie devant la Ro- 
chelle^ & la troifième , lorfque cette 
Place fut afliégce pour la féconde 
fois. On fjpt les événemens de cette 

fuérre. La Rochelle fe rendit. Le 
>uc de Rohan , s'appercevant après 
la prife de cette Place que les Villes 
. de fon parti cherchoienc à faire des 
* accommodemens avec la Cour , 
rendit 4 leur procurer une paix gé- 
nérale à des conditions plus a van ta- 
geufes. Le feul facrifice un peucon- 
. iidérable que les Huguenots furent 
obligés de faire , fut celui de leuts 
fortifications , ce qui les mit hors 
d'érat de recommencer la guerre. 

La paix de 1 619 ayant éteint le 
feu de la guerre civile , le Duc de 
Rohan inutile i fon parti » & défa- 
gréable i la Cour , fe retira à Ve- 
nife. Cette République le choifit 

fout fon Généralidime contre les 
mpériaux. Louis XIII Penleva aux 
Vénitiens pour l'envoyer AmbafFa- 
. deur en Suiffe & chez les Criions. 
Il vouloir aider ct% peuples à faire 
rentrer fous leur obéiflance laValre- 
line , dont les Efpagnols & les Inî- 
Dcriaux foutenoient la révolte. Ro- 
nan, déclaré Général des Grifons 
par les trois ligues, vint à bout par 
plufieurs viftoires , de chaffèr en- 
tièrement les troupes Allemandes 
& Efpagnoles de la Valteline , en 
1^35. La France ne paroiffant pas 
vouloir retirer fes troupes, les Gii- 



ROH 

fons fe foulevèrenr, & le Duc dii 
Rohan mécontent de la Cour , fie 
un traité particulier avec eux ett 
1^3 5. Ce Héros craignant le reiïen-. 
riment du Cardinal de Richelieu ; 
fe retira à Genève , d^où il alla 
joindre le Duc de Saxe-Weîmar, 
fon ami , qui voulut lui donner le 
commandementdefonarmée, prête 
ai combattre celle des Impériaux 
près de Rhinfeld.^ Le Duc de Rohan 
refufa cet honnneur , & s'étant mis 
à la tète du Régiment de NalTau, il 
enfonça les ennemis j mais il fut 
bleflTéjleaS Février 1(^38, iSc mou- 
rut de fes bleflures, le 13 Avril fui- 
vanr i ^^ ans. Il fut enterré le 27 
Mai fuivant, dans TÉglife de Saine- 
Pierre de Genève j où on lui a 
drefle un magnifique tombeau de 
marbre , avec une épitaphe qui 
comprend les plus belles adions de 
fa vie. Le Duc de Rohan fut un des 
plus grands Capitaines de fon fiè-- 
cle , comparable aux Princes d'O- 
range , capable comme eux de fon- 
der une République ; plus zélé 
qu'eux encore pour fa religion, ou 
du moins paroiffant l'être ; homme 
vigilant , infatigable , ne fe per- 
mettant aucun des plaifirs qui dé<- 
tournent des affaires , & fait pour 
être chef de parti \ pofte toujours 
gliflant, où l'on a également à crain- 
dre fes ennemis & fes amis. C'eft 
ainfî que le peint M. de FoUaire , 
qui a fait ces heureux vers fur ce 
grand homme. 

Jkvcc tons les talcDS le ciel ravoît^faîi' 
naître , 
Il agit en Héros ." en fagc il écrivit. 
Il fut même grand homme en combattant 
Ton maicre , 
£t plus grand lorfquil le fcrvic. 

Les qualités militaires étoiene rclei 



ROH 

tées en lai par une doaceur extrême 
dans le caraâère , par des manières 
affables & gracieuies, par une gêné- 
roficé qui a peu d'exemples. On ne 
remarquoic en lui ni ambirion , ni 
hauteur , ni vue d'intércc ; il avoit 
coutume de dire qat la gloire & fa- 
mour du bien public ne campent ja- 
mais où rinterec particulier com- 
mande. Le Duc de Rohan avoir eu 
deffein d'acheter l'ifle de Chypre , 
pour y introduire les familles pro- 
ceftantes de France & d'Allemagne. 
Le grand Seigneur devoir la lui cé- 
der moyennant deux cens mille écus, 
6c un ttibut annuel de foixanre 
mille livres ; mais la mort du l^a- 
triarchexQ^r/V/tf^ auquel il avoit con* 
fié cette affaire^ la ht échouer. Nous 
avons de ce grand Capitaine plu- 
fieurs ouvrages intérelTaoc ; i^. Les 
intérêts des Princeê^ïvixt imprimé à 
Cologne en 1 66G , i/z-i x , dans le- 
quel il approfondit les intérêts pu- 
blics de toutes les Cours de TEu- 
rope. x^.Lc Parfait Politique. C'eft 
un abrégé de réflexions relatives 
aux Commentaires de Céfar. 11 fait 
▼oir que la Ta&ique des anciens 
peut fournir beaucoup de lumière 
pour la Tadiquedes modernes. 3^. 
Un Traité de la corruption de ta Mi- 
lice ancienne. 4°. Un Traité du Gou* 
yernement des Trei:(e Cantons. 5**. 
Des Mémoires dont lès plus amples 
éditions font en 1 volumes i/2- 11 : 
ils contiennent ce qui s'eft paflé 
en France depuis 1610 jufqu'en 
1^29. 6^. Recueil de quelques dif- 
cours politiques fur les affaires d'É- 
tat , depuis 16 il jufquen idzp 
i/»•|?^ à Paris, 1644, itfc^j , & 
1755 , avec les Mémoires & Let- 
tres de HenrîDuc de Rohan» fur la 
guerre de la Valteline^ 3 volumes 
in'i2 i Genève. (Paris) 1 7 j 7. c'eft la^ 
première édition qu'on ait donnée 



ROI rJ7 

9e ces curieux Mémoires. On en eft 
redevable au foin de M. le Baron de 
Zurlauben^qui lésa tirés de différens 
manufcrics authentiques. Il a orné 
cett^ édition de notes Géographi- 
ques, Hiftoriques & Généalogiques» 
& d une Préface qui contient une 
vie abrégée, mais intéreflante du 
Duc de Rohan , Auteur des .Mé- 
moires. 
ROI; fubftantif mafculin. Rex. Mo^ 
narque , Prince fouverain du pre- 
mier ordre. 

Un Roi , dit le fage Auteur do 
Télémaque, peut tout fut les peu-, 

f>]es , mais les loix peuvent tout fur 
ui. Il a une puifTance abfolue pour 
faire le bien , & les mains liées s*il 
vouloir faire le mal. Les loix lui 
confient les peuples comme le plus 
précieux de tous les dépots j â con- 
dition qu'il fera le père dé les Su- 
jets : elles veulent qu'un feul 
homme ferve par fa fagefle & fa 
modération ) â la félicité de tant 
d'hommes ; & non pas que tant 
d'hommes fervent par leur misère 
8c par leur fervitude , i flatter^'or- 
gueil de la mollefle d'un feul 
homme. 

Un Roi ne doit rien avoir au- 
deflus des autres , excepté ce qui eft 
néceflaire , ou pour le toulager dans 
fes pénibles fonûions , ou pour im- 

f>rimer au Peuple le refpeâ: dû à ce- 
ui qui eft né pour foutenir les loix. 
Il doit être au-dehors le ^éfenfeuc 
de la Partie ; & au-dedans le Juge 
des peuples , pour les rendre bons » 
fages & heureux. ^ 

Il doit les gouverner félon les loix 
de l'état , comme Dieu eouverne 
le Monde félon les loix de la na- 
ture. Rarement emploie- 1 -il fa 
toute-puiffancepour eir interrompre 
Qc en changer le cours 9 c'eft4-dire^ 
Aâ ij 



i88 ROI 

que les dérogations & les hoUveaii- j 
tés feront comme des miracles dans 
Tordre de la bonne politique. 

Quelques lauriers que la guerre 
lui promette , ils font tôt ou tard fu- 
neftes â la main qui les cueille. 

En vain aux cooquerans 
L'erreur parmi les Rois donne les premiers 

rangs. 
Entre tous les Héros ce font les plus 

vulgaires $ 
Chaque fîècle cft fécond en heureux 

téméraires 

Mais un Roi vraiment Roi , qui fage en 

fcs projets. 
Sache en un calme heureux maintenir fcs 

fujcts , 
Qui du bonheur public aie cimenté fa 

gloire; 
Il faut pour le trouver courir toute 

rhiftoifc. 
La terre compte peu de ces Rois bien- 

faifans ; 
Le ciel à les former fe prépare long- 

mpsl 
Tel fut cet Empereur fous qui Rome 

adorée » 
Vit renaître les )ours de Saturne & de 

Rhée. ' , 

Qui rendit de Ton joug l'univers amoa 

reux. 
Qu'on n'alla jamais voir fans revenir heu- 
reux , 
Qui foupiroit le foir (î fa main fortunée 
N'avoit par Tes bienfaits fignalé la jour- 
née : 
Le cours ne fut pas long d'un empire fi 

doux. 

En France , fous les deux pre- . 
mières races , les François élifoient 
Pour Roi lé Prince qu'ils jugeoient 
le plus digne de les commander , 
tnâis il dévoie être itCti du fapg 
roya;! ; ceft à cette liberté de choix 
que Pépin & Hugues Capet durent 
la couronne , puifqu'iU n'éioienc 



KOI 

pas les héritiers les plus proches 
de leurs prédéccflt^urs. 

Sous la troifième race , les Princes 
du fang Royal ont toujours été ap- 

t^elés â la Royauté » félon Tordre &C 
a prérogative de leur naiiTance ; le 
plus proche a toujours exclu le plus 
éloigné. 

La maxime de droite le mort faific 
le vif, a lieu pour la fuCceflîon à la 
couronne , comme pour celle des 
Particuliers ^ ainH , quand le Roi 
meurt , fon fuccetTeur eft dans Tinf* 
tant même faifi de l'autorité fou* 
veraine , Se des droits attachés à la 
royauté, fans qu'il foit befoin ni da 
confentement des Sujets , ni du fa- 
cre , ni du couronnement ; & c'efl: 
ce qui a fait dire que le Roi ne meurt 
point en France. Du Tillet dit néan- 
moins que l'ufage ancien étoit con^ 
traire \ mais le Parlement l'a ainfi 
|agé par un Arrêt célèbre de Tan 
1498 dont parle Bodin. 

Anciennement nos Rois ne de- 
venoient majeurs qu'à 1 1 ans. Louis 
VIII ordontsa que les enfans demcu* 
reroient fous la tutelle de la Reine- 
Blanche jufqu'à cet âge; mais les 
troubles ordinaires des Régences 
ont déterminé nos Rois â abréger la 
minorité de leurs fucceffeurs. Char- 
les V ordonna donc par un Edic 
donné à Vincennes en 1 ^ 74 , qu'à 
l'avenir n les Rois de France ayanc 
» atteint lage de 14 ans, pren- 
» dtoit nt en main le gouvernement 
»> de l'état , recevroient l'hommage 
99 de leurs Sujets , & feroient re^ 
«9 pûtes majeurs j comme s'ils^ en 
** avoient 15 »>• 

On dit , férvir le Roi ; pour dire , 
le fervir dans fes troupes. 

De pak le Roi j formule qui 
fignifie , de la part du Roi> & qui 
fe met â la tête de divers aâe$ 
publics 9 de diverfes affiches» 



ROI 

Vive le Roi j acclamation pu-' 
bliqoe pour la longue vie & la prof- 
pécicé du Roi. 

On appelle Maifon du Roi , tous 
les Officiers domeftiques de la Mai- 
fon du Roi » & les troupes de Ca- 
valerie & d'Infanterie qui font def 
tinées pour la garde de fa perfonne 
& de fa maison. Et l'on appelle 
bouchedu Roi » les Officiers qui ap- 

Î>tètent à manger pour le Roi & 
es Offices où ils travaillent. 

On appelle Commijjaîrc du Roi , 
homme du Roi , celui qui a commif- 
fion du Roi pour quelque affaire 
qiU regarde le fervice du Roi ou du 
Public. Et Lieutenant de Roi d'une 
telle Province j d'une telle paille j 
celui qui en a le commandeoient en 
labfence du Gouverneur. 

On appdle main iu Roi y\z pulf- 
fance & l'autorité du Roi interpo- 
fée dans les procédures judiciaires 
entre Particuliers. Ainfi , mettre 
quelque chofe fous la main du Roi , 
c'eft en ftyle de pratique, faifir quel- 
que chofe en Juftice. 

On appelle les Ordres du Roiy les 
, Ordres de Chevalerie de Saint-Mi- 
chel & du Saint- Efprit. Chevalier dts 
Ordres du Roi. 

On appelle coin du Roi y un mor- 
ceau de fer trempé & gravé pour 
marquer la monnoie. Denier du 
Roi y rintérct qu'il eft permis par 
rOrdonnance du Roi , de tirer d'une 
fomme prêtée par contrat de conf- 
riiution. Taux du Roi , le prix d'une 
chofe réglée par l'autorité du Roi. 
Poids du Roijèc plus ordinairement/ 
poids de Roiy le lieu où l'on pcfe les 
.groffes marchandifes. Pain du Roi^ 
le pain qui eft fourni aux prifon- 
niers aux dépens du Roi. 
. Il faut retnarquer que quand on 
dit abfolument le Roi , on entend 
cidinairement le Roi qui règne dans 



ROI 1S9 

' le' pays où Ton eft. Et c'eft dans ce 
fens qu'on dit en France ^ on vient 
de publier un Ed'u du Roi , une T)é' 
claration du Roi^ des Lettres- Paten^ 
tes du Roi, Le fervice du Roi, Les or^ 
dres du Roi. Les Bénéfices confijlo^ 
riaux font à la nomination du Roi. 

Dieu eft appelé dans l'Écriture , 
le Roi des Rois^ le Roi du Ciel & de 
la terre. 
Roi DEirRoMAiNS y fe dit dans TEm- 
pire d'Allemagne, d'un Prince élu 
par les Éle&eurs pendant la vie de 
l'Empereur, pour avoir la conduite 
& le maniement des affaires en fon 
abfence, comme Vicaire général 
de l'Empire , & pour fucccder après 
fa mort au nom & à la digniié d'Em- 
pereur , fans qu*il foit befoin d'au- 
re éleâion ou confirmation. 

Cette qualité , dans le fens où on 
la prend »ujourc^'hui , étoit tout à- 
fait inconue du temps des premiers 
Empereurs de la Maifon de Charle- 
magne, qui étoient Empereurs & 
Rois des Romains , c'eft-à>dire , 
Souverains de Ja ville de Rome 
tout enfemble. Us donnoient à leur 
héritier préfompiif la qualité de 
Roi d'Italie , comme les anciens 
Empereurs Romains faifoient pren- 
dre celle de Céfar à leurs fuccef- 
feurs défignés à l'Empire. 

Le nom de Roi des Romains ne 
commença à être en ufage que fous 
le règne d'Othon I , & les Empe- 
reurs le prenoient , quoiqu'en plei- 
ne poftefliion de l'Empire , & de la 
dignité impériale, jufqu'â ce qu'ils 
euftent été couronnés par les Papes. 
C'eft en ce dernier fens qu'il faut 
entendre le texte de la bulle d'or , 
quand elle fait mention du Roi des 
Romains dont elle n'a jan sais parlé 
•dans le fens où l'on emploie .au- 
jourd'hui ce terme que nous avons 
4'aboid dçâni fuivant l'ufage pré- 



190 ROÎ 

fent ; car le deflein de Charles 
IV , en faifanc la bulle d'or , étoic 
de rendre l'Empire purement élec- 
tif, de fonder & d'affermir les pré- 
rogatives des Éleéleurs. Or » ce'qui 
s'eft paflTé dans la Maifon d'Autri- 
che depuis 200 ans , montre alTez 
clairement que rien n*eft plus con- 
traire à cette liberté que l'éleâion 
d'un Roi des Romains y du vivant 
mcmede l'Empereur. LesÉleâreurs 

{)révirent bien ces inconvéniens , 
orfque Charles V voulut faire élire 
Ferdinand Ton frère , Roi des Ro* 
mains , & prétendirent les préve- 
nir par un règlement conclu en- 
tr'eux & cet Empereur à Schwin- 
furt, en 15}!, mais que la Mai- 
fon d'Autriche a bien fu rendre 
inutile. 

Le Roi des Romains eft choifi par 
les Élefteurs , & confirmé par l'Em- 
pereur^ il eft couronné d'une cou- 
ronne ouverte qu'on appelle romai- 
ce , mais on ne lui prête aucun fer* 
ment de fidélité qu'après la mort 
de l'Empereur ^ on lui donne le 
titre d'Augufte, & non celui de 
toujours Augufte , qui eft réservé à 
l'Empereur. L'aigle éployée qu'il 
porte dans fes armes , n'eft qu'à 
une tcte. En vertu de fon titre , il 
eft fans conteftation fucceCTeur de 
l'Empereur , Vicaire unique & uni- 
verfel , fécond Chef & Régent de 
l'Empire. Il eft vrai que tant que 
l'Empereur réfide dans l'Empire, 
tous ces titrés magnifiques font pour 
le Roi des Romains des honneurs 
fans pouvoir. ' 

Le Roi des Romains a d'ailleurs 
des avantages qui lui font communs 
avec l'Empereur , comme de pré- 
iîder aux diètes, de les convoquer, 
de l'aveu des Éleâeuts , les congé- 
dier ^ de faire des Comtes & des 
garons , de donner des lettres de 



ROI 

iiobleffe , d'accorder de$ ptîvîlcgell 
aux Univerfités , de mettre les ré- 
belles au ban de l'Empire j en ob- 
fervant toutefois les formalités or- 
dinaires, de rappeler les profcrits j^ 
de commuer les peines, &c. Mais 
il reconnoît l'Empereur pour fon 
Supérieur. Il ne doit agir qu'au nom 
& pat ordre de l'Empereur j c*eft 
au moins ce qu'il doit promettre , 
par la capitulation qu'on lui fait 
figner après fon éleftion. Suppofé 
qu'il n'ait pas l'âge de dix-huit ans » 
& qu'avant de l'avoir atteint, il 
parvienne à l'Empire, on lui im« 

{)ofe la condition de n'agir enqua- ' 
ité d'Empereur, que fous l'autO" 
rité des Vicaires de l'Empire , com-» 
me fes Tuteurs , jufqu à ce qu'il aiç 
les années de majorité fixées par la 
bulle d'otj les Édits 'néanmoins Se 
les Ordonnances doivent être ren<i 
dus en fon nom. 

Le Roi des Romains eft traité de 
majefté royale par tous lesPrinces , 
& dans les cérémonies ; iTnhwohe 
au côté gauche de l'Empereur , un 
pas ou deux derrière. Quand il s'y 
trouve feul , le Maréchal ne porte 
l'épée devant lui que dans le four- . 
reau , au lieu qu'on la porte nue 
devant l'Empereur. Le même Roi 
traite l'Empereur de majefté. Se 
l'appelle fon Seigneur^ mais l'Em- 
pereur ne le traite que de di/ecf, 
tion. 

Comme la bulle d'or, quand il 
s'agit d'élire un Empereur, parle 
feulement d'élire un Roi des Ro^ 
mains futur Empereur, c *eft toujours 
une condition préliminaire » que le 
fujet i qui on deftine l'Empire , foie 
choifi 6c déclaré Roi des Romains 
par les ÉieSeurs. 

Gn dit proverbialement que /es 
Rois ont les mains longues , pour 
dire y que leur pouvoir s'étend bieti 



ROI 

loin y te qu^en qaelqae lieu que Ton 
foie y il eft dangereux de les ofFen- 
fer. 

On ditaufli proverbialement d'un 
homme magnitiqup , qu^ilvuen Roi, 
<\VLilJait une dépenfc de Roi ; d'un 
homme généreux flc libérai , qu'il a 
vn caur de Roi ; d'un homme ex- 
trêmement heureux dans fon état > 
qu'i/ efi heureux comme un Roi , 
comme un petit Roi ; d'un homme 
impérieux & hautain , qvL il parle en 
Roi , ij^ il fait le Roi ; &C d'un hom- 
. me qui aime à faire plaifir Se qui eft 
d'un agréable commerce, que c^ejl 
. le Roi des hommes* 

On dît encore d'un manger ex- 
quis & délicieux , que c'efi un man- 
ger de Roi y un morceau de Roi; & 
d'un grand plaiûr > que c'e^ un plai- 
Jir de Roi. 

On dit proverbialement d'un 
Roi foible & qui ne fait pas ufer 
de fon pouvoir , ou d'un Roi dont 
le pouvoir eft fort limité , fort bor* 
né , que c^eft un Roi en peinture ^ 
m^ Roi de cartes , un Roi de théâ- 
' ire. 

On dit proverbialement & dans 
le ftyle familier » en parlant d'une 
maiion , d'une compagnie où la fu- 
bordination n'eft point gardée , que 
c'eji la Cour du Roi Petaut , chacun y 
*W tjl maître. 

Onditauflî proverbialement & 
familièrement , cUtoit du temps du 
jRoi Guillemot ; pour dire , c'étoit 
dans l'ancien temps. 

On dit par exagération , qixun 
^ homme ejl noble comme le Roi ; pour 
dire , qu'il eft d'une nobleffe an- 
cienne & généralement reconue. Et 
lorfqu'un homme riche & puiflant 
a quelque chofe de rare y de cu- 
rieux , de magnifique , on dit pro- 
verbialement , pour marquer qu'il 
fi'jr a pas lieu d'en être furpris^ qui 



ROI 191 

mura de beaux chevaux^ ce nejl le 
Rou 

Op dit , être fur le pavé du Roi]; 
4)Our dire , être dans la rue ou dans 
un chemin dont perfonne n'a droit 
de chafTer celui qui y eft.*Et on ap« 
pelle en plaifanterie la prifon^ la 
maifon du Roi. 

On dit proverbialement & fami- 
lièrement aller où le Roi va à pied ^ 
où le Roi n envoie perfonne ; pour 
dire^aller-aux befoins naturels. 

On dit familièrement d'une chofe 
excellente à manger , qu'elle nepour- 
roit être meilleure quand ccjeroitpour 
la bouche d'un Roi. 

On dit figurément , les coffres du 
Roi; pour dire , les finances du 
Roi. La guerre avoit epuifé les coffres 
du Roi. 

On appelle livres des Rois, qua- 
tre livres canoniques de l'ancieivtef- 
tament, qui contiennent l'hiftoire 
du peuple de Dieu depuis Samuel 
jufqu'â la captivité de Babylone» 
Ces quatre livres n'en faifoientan* 
ciennement que deux dans le code 
hébraïque , dont le premier portoic 
le nom de Samu'él\ ôc l'autre , celui 
des Rois ou des règnes. 

Le premier livre comprend dans 
trente-un chapitres, l'efpace d'en^ 
viron cent ans depuis la naiflfance 
de Samuel , en 2S49 , jufqu'à la 
mort de Saiil , en ip4p. Le fécond 
livre des Rois contient en vingt- 
quatre chapitres , l'hiftoire du rè- 
gne de David , pendant Tefpace 
d'environ quarante ans , depuis la 
féconde ondion à Hcbron , Tan 
du monde 294P » jufqu à l'an 2988. 

On ignore l'auteur de ces deux 
premiers livres des Rois j quelques- 
uns les attribuent à Samuel dont le 
nom fe lit à la tête dans l'original 
hébreu i mais en tout cas il n'eft 
pas l'auteur du total , car fa more 



191 ROI 

fe trouve dans le vingt-cînquîime 
chapitre ^du premier livre j quant 
au fécond livre , ceux qui le don- 
nent à Gad Ôc i Nathan , ne fe foM 
pas apperçus qu'il s*y trouve des 
faits qui ne peuvent ctre du temps 
de Samuel ni de Nathan ; auili 
les meilleurs critiques conjecturent 
qu ils font l'ouvrage d^Efdras , fur 
des originaux de Samuel & autres 
écrivains du temps de David. 

Le troifième livre des Rois com- 
prend en vingt-deux chapitres l'hif- 
toire de cent vingt-fix ans , depuis 
rafFociaiion de S.\Iomonau Royau- 
me Tan du monde 2989 jufqu'à la 
mort de Jofaphat , Rci de Juda en 
31 M. Le quatrième livre des Rois 
renferme en vingt-cinq chapitres, 
rhiftoire de deux cent vingt - fept 
ans y depuis ia mort de Jofaphat en 
3 w 5 , jufqu'au commencement du 
règne d'Evilmcrodach , Roi de Ba- 
bylone.qui tira Jéchoniasdeprifon 
en344Z. 

On ne connott pas mieux TaU- 
teur des deux derniers livres des 
Rois j que celui des deux pre- 
miers. 

On appelle le jour de Tcpîpha- 
nîe , le jour des Rois ; Et la ré- 
jouiflance qui fe fait en chaque 
maifon au louper de ce jour-là-^ ou 
de la veille > s'appelle /âircr les Rois. 
Et parcequ'entre ceux qui foupent 
ce jout-lâenfemble, on partage un 
gâteau où il y a une fève; on appelle 
ce gâreau , le gâteau des Rois. Et Roi 
de la fève , ou amplement Roi , ce* 
lui à qui échet la part où eft la fève. 
Faire Us Rois en famille , faire les 
Rois en compagnie. Couver le gâteau 
des Rois. Qui a été Roi che^ vous ? 
Ce fut un tel qui fut Roi. Il vous a 
bien fait crier le Roi boit^ On dit 
aurtî , la chandelle des Rois. 
RqI p£s SAÇî^ifiçEs , s'eft dit chcç 



ROI 

les Romains , d'une dignité (acer- 
dotale. Sous le confulat de Lucius 
Juiiius Brutus , & de Marcus Va- 
lerius Publicola, le peuple murmu- 
rant de ce que l'abolition du gou- 
vernement monarchique fembloic 
déroger à la religion , pàrcequ'il y 
avoir certains facrifices qui étant 
réfervés aux Rois perfonnellement , 
ne pouvoient plus fe faire , on éta- 
bht un Sacrificateur qui en remplie 
les fondions; & on l'appela Roi des 
facrifices ; mais afin que le nom de 
Roi même ne fît point d'ombrage » 
ce Roi des facrifices fut fournis au 
Grand Pontife , exclus de routes 
les Magiftratures , & privé de la 
liberté de haranguer le peuple 

Lorfqu'il étoit obligé de fe trou- 
ver aux afTemblées des comices » 
par rapport aux facrifices dont il 
avoit l'intendance ; au(Ii-tôt que 
les cérémonies étoient finies , il fe 
retiroit pour montrer qu*il n'avoic 
aucune part aux affaires civiles. C e« 
toit au Grand Pontife & aux Au- 
gures qu'appartenoit le droit de 
choifir le Roi Ats facrifices qu'ils ri* 
roient ordinairement d'entre les Pa« 
triciens les plus vénérables par leur 
âge & par leur probité} fon éleâion 
* fe failoit dans le champ de Mars 
où le peuple fe trou voit affembté 
par centuries y la maifon qu'habi*^ 
toit le Roi des facrifices s'appeloic 
Regia > & fa femme Reine » Rc* 
gina. 

G. M. Papyrius fut le premier 
à qui on confia ce miniftère ; & la 
coutume de créer un Roi des facri-- 
fices fubfifta chez les Romains îuf- 
qu'au temps de Théodofe qui l'a-^ 
bolit de mçme que les autres cé« 
rémonies religieufes du Paganif^ 
me. 
Ror d'armes , fe dit en France d'un 
Q^cier qui aqnonçoit autrefois la 

guerre ^ 



ROI 

gaerre , les crèves , les traités de 
paix 6c les tournois. C'eft le pre- 
mier &. le chef des Hérauts d'ar- 
mes : nos ancêtres lui ont donné le 
citre de Roi qui (ignifie feulement 
premier Chef. La plupart des favans 
aflurem que ce nie Louis le Gros 
qui donna à Louis de RoulFy le ti- 
tre de Roi d'armes inconnu jufques- 
lâ. Cec écablifTement fut imité par- 
tout I honoré de plufieurs privilé- 
{;es , de pendons con(idérables > & 
es Souverains à qui les Rois d'ar- 
.mes écoienc envoyés , affeâoient , 
pour faire éclater leur grandeur 
dans les autres pays > de leur faire 
de beaux préfens. 

Philippe de Commiaes a remar- 
qué que Louis XI , quoique fort 
avare , donna â un Roi d'arnies que 
le Roi d'Angleterre lui avoit en- 
voyé , trois cens écus d*or de fa 
I propre main , & trente aunes de ve- 
ours cramoifi , & lui promit en- 
core mille écus. Le rang de leur 
Maître les rendoit refpeAables , & 
ils jouiflbient des mêmes privilè- 
ges que le droit des gens accorde 
aux Âmbadadeurs y pourvu qu'ils 
fe renfermaiTent dans les bornes de 
leur commiffion j mais s'ils vio- 
loient les lois de ce droit, ils per- 
daient leurs privilèges. Froi(f«rt ob 
ferve que le Roi d'armes du Duc 
deGLiw'ldre ayant défié le Roi Char- 
les VI clandeftinement dans la ville 
de Tournai , & fans lui en donner 
connoi (Tance , » il fut arrêté , mis 
M en prifon , & cuida être mort » 
t» dit cet hiflorien , pour ce que tel 
•» défi étoit contre les formes & 
9» contre l'uTage accoutumé > & de 
>' plus 3 dans un lieu mal conve- 
» nable , Tournai n'étant qu'une 
» petite ville de Flandre. 

Le refped qu'on avoit pour les 
Rois d'armes (uivis de leurs Hé- 

Tonu XXK 



ROI T93 

rauts , étoit fi grand , qu'ils ont 
quelquefois » étant revêtus de leur 
cotte d'arme , arrêté par leur pré- 
fence , en criant hola , la fureur 
de deux armées dans le fort du 
combat. FroiiTard a obfervé que 
dans un furieux adaut donné à la 
ville de Villepode en Galice , à la 
parole des Hérauts , les affaillans 
celèrent & fe reposèrent. 

Le Roi d'armes avoit un titre 
particulier qui étoit Mont-Joie St.* 
Denis ; & les autres Hérauts por-* 
toient des titres de province. f^oye[ 

HâRA.UT. 

On appeloit autrefois Roi de As 
Bû:j[oche , le Chef de la Bazoche. 
f^oy^t BazocHB. • 
Roi DBS Merciers , s'eft dit autne^- 
fois en France d'un Officier qui 
étoit confidérable , & qui veilloic 
feul fur tout ce qui concernoit le 
commerce. Quelques-uns en attri- 
buent la création à Charlemagne* 
On i'appeloit Roi des Merciers , 
parcecju'alors il n'y avoit que les 
Merciers qui fiflent tout le com- 
merce \ les autres corps des Mar- 
chands qui en ont été tirés, n'ayant 
été établis qu'affez tard fous les Rois 
de la troifième race. 

Ce Roi des Merciers donnoit 
les lettres de Maîtrife & les brevets 
d'apprenriflâge. pour lefquel on lui 
payoit des droits atfez forts ; il en 
tiroir aufll de confidérables des vi« 
fîtes qui fe faifoient de fon ordon- 
nance & par fes Officiers pour les 
poids & mefures , & pour l'exa- 
men de la bonne ou mauvaife qua- 
lité des ouvrages & marchandnes. 
Il y avoit dans les principales villes 
de province des Lieutenans pour y 
exercer la même Jurifdi&ion dont 
il jouiifoit dans la capitale. 

Les grands abus qui fe commet- 
toienc dans l'exercice de cette chat'*. 
Bb 



1^4 ROI 

ge 9 engagèrent François I â la fti^- 

{trimer en 1544* Elle fut rétablie 
année fuivante.* Henri III la fup- 
prima de nouveau en 1581 par un 
éditqui n'eut point d exécution à 
caufe des troubles de la ligue. Enfin 
Henri IV en 1 5P7 , fupprima le 
Roi des Merciers , Tes Lieucenans 
& Officiers , caiTanc , annullant & 
révoquant toutes les lettres d'ap- 
prentiflTage ou de maitrife données 
par cet Officier ou en fon nom ; 
défenfes à lui d*ei> expédier à l'a- 
venir, ni d'entreprendre aucune vi* 
fice à peine d'être puni , lui Se fes 
Officiers comme tauflàires > & de 
. dix-mille écus d'amende. Depuis 
ce temps-là il a*eft plus fait men- 
tion du Roi des Merciers ; les let- 
tres font expédiées » & les vifites 
faites par les Maîtres & Gardes 
des Corps des Marchands » & par 
les Jurés des Communautés des 
arts & n»étieîs , chacun* dans fon 
diftriâ , & fur ceux de fon métier 
& de fa profeffion. 

On appellerai des vholons^ le 
chef de la Communauté des Maî- 
tres â danfer & des Joueurs d*înf- 
trumens. 

Parmi les tireurs d*arbalête , on 
appelle Roi de l'oifeau , celui qui 
abat Toifeaa Er parmi les Pèlerins , 
Roi des Pèlerins , celui d'entr'eux 
quia vu le premier le clocher de 
l'endroit où ils vont en pél(;rinage. 

On appelle Roi du bal^ celui qui 
donne le bal , ou celui a qui on le 
donne & qui mène le premier 
branle. * 

Roft)'YvET<>T, Suîvânt Froiftart, Clo- 
taire premier Roi de France ayant 
rué Gaultier fon fujet. Seigneur 
^liYvttoty dans TEglife de SoifTons, 
un jour de Vendredi Saint» le Pape 
■ Agapst exigea d« Roi une répara- 
noD dw^ ce crime > Clotaice fe j^cta 



noi 

i cette réparation , & pour la rea-^ 
dre à jamais authentique > il érigea 
la terre é^Yvetot en royaume indé- 
pendant. Quoi qu'il en foit de ce 
fait » contefté par plufîeurs bons 
Hiftoriens » le titre de Roi fe trou- 
ve avoir été donné au Sei^eur 
d*Tvetotf par un Arrêt de l'Echi- 
quier de Normandie de Tan i j^iT. 

A préfent les Seigneurs de ce 
lieu ( bourg de Normandie > à deux 
lieues deCatidebbc)fc qui ont por- 
té long temps le titr« de Rois aT- 
vetet 9 ne prennent plus que celui 
de Princes ^ & le nom de Roi don- 
né au Seigneur àiYyetot , ainfi que 
celui de Reine accordé à Madame 
fiiYvetot font patTés en raillerie. Ce- 
pendant le bourg d'ryeA>r, & ceux 
qui en font Seigneurs jouidenr de 
plufieurs exemptions & privilèges. 
On appelle/^ie^ de Roi , certaine 
mefure contenant douze pouces, en 
longueur» 

Un pendule long de cinq pieds 
de Roi fait en une heure 1 845 vi- 
brations (impies. On pourroit donc 
retrouver , par le moyen du» pendu- 
le,, la longueur dvi pied de Roi^ (i 
cette mefure venoit à être perdue 
ou altérée.. 

Roi , fe dit auflî en pafïlanr de cer- 
tains' animaux au'on regarde com- 
me les plus nobles de tous. Ainfi 
on dit , que le Lion efi le Roi- des 
animauoc , & l* Aigle le Roi des* oi^ 
féaux. 

Roi i (e dît encore au |eu de cartes ». 
de la principale figure de chaque 
couleur. Roi de cœur. Roi de piq^ie. 
QuatorT^e de Rois. 

K^iy au jeu des échecs, fedît de la. 
première & principale pièce du jeu.^ 
C'eft de la perte de cette pièce que 
dépend la perte de la partie, ceftr 
encore elle qui \^ fivit finir. Le Ro> 
£e place au milieu du damier fur k^ 



f' - 



Rôr 

Îfnamitae café blanche oa noire > 
elon fa couleur. Quant â fa njar- 
che, elle eft fore grave, il ne va 
jamais que de cale en café , en 
droite ligne ic obliquement i de- 
vant, derrière! à côté , lorfqu il ne 
trouve point d obftacles qui Carre- 
teat. Il ne fait qu'un pas â la fois , 
i moins qu'il ne faute y pour lors il 
peur fauter deux cafés feulement 
de fcp côté ou de celui de la da- 
me ; car le faut de trois cafés n'eft 
plus ttlité. 

Quand le Roi faute de fon côté , 
il prend la place de fon Chevalier , 
& fa tour fe place auprès de lui à la 
café de fon fou« 

Si c'éft du côté de la dame qu'il 
faute , il prend la place de fon fou , 
& la tout de ce côté prend la café 
de la dame. 

Il y a cinq chofes au jeu des 
ëchecs qui , empêchent le Roi de 
fauter : x^. s'il fe trouve quelques 
pièces entre lui & la tour j i^. quand 
cette tour a changé de place j 3*. 
fi le Roi a été obligé de fortir de fa 

{>lace ; 4°. sM eft en échec ^ & 5^. 
orfque la café au-defTus de laquelle 
il veut fauter » eft une de quelques 
pièces de fon ennemi , qui pourroit 
%faire échec en paflant. Quoiqu'il 
foit permis aux Rois de fe remuer 
de tpus côtés , ils ne peuvent néan- 
moins jamais fe joindre, il faut 
qu'il Y ait au moins une café 
de diftance entre eux : & quand 
chaque Roi eft en marche « il prend, 
fi bon lui femble , toutes les pièces 
qui fe rencontrent dans ion che- 
min^ 

ROIDE ; adjeélif des deux genres. 
Rîgidus. Qui eft fort tenélu & qu'on 
a de la peine à plier. Un cheval qui 
41 Us jambes roides. Roide comme. 
M9€ barre de fer. Il faut tendre iU" . 



ROI 



ïfî 



vaniage cette corde ^ elle nefi pas 
aJfcTf^ roide. 

On dit familièrement , il ejl tom^ 
bé roide mon ^ il a été tué tout roide^ 
il demeura totlt roide mort fur la fia* 
ce\ pour dite , il eft tombé mort » 
il a été tué tout d*un coup. 

On dit , que du linge eft tout roi^ 
de d'empois , qu i/ efl empefé trop 
roide; pour dire , qu'il eft trop fer- 
me , trop dur , parcequ'on y a mis 
trop d'empois. 

On dit d'une rivière , que le 
cours en efl roide ; pour dire, qu elle 
eft rapide. 

On dit, que les hirondelles , les^ 
pigeons ont le vol roide , l*aile fore 
roide; pour dire , qu'ils ont l'aile 
forte j qu'ils volent rapidement. 

^ On dit , qu'âne montagne efl roi^ 
de ; pour dire , que la pente ert eft 
droite j qu'elle eft difficile à mon- 

On dit dans le même fens , flk- 
gré roide , efcalier trop roide. 

Roide , fignifie figurément , inflexi- 
ble, opiniâtre , dur. Cefi un Prince 
roide. Un Juge \oide. Un caraâère 
roide. 

On dît yfe tenir roide ; pour dire, 
ne pas fléchir , perfifter j s'obftiner 
dans fx réfolution. Quelques repré^ 
fentations quon lui.ait faites , ilsejl 
tenu roide. 

RotDE, s'emploie quelquefois adver- 
bialement & fignifie , vice. // cor- 
roie auffî roide quun cerf. En ce fens 
on dit y que pour bien jouer au vo- 
Unt^ il faut jouer bas & roide. 

On dit familièrement , qu'on a 
mené une affaire bien roide ; pput 
dire, qu'on la poulfce fort vive- 
ment. Et ion dit dans le même 
fens, qu'0/2 a mené quelqu'un bien 
roide. lia un créancier qui le mène 
bien roide. 

Bbij 



19^ ^ROI 

La première fyllabe eft bogue , 
la féconde très brève. • 
Prononcez raidâ, 

ROIDEURi fubftancif féminin. Ten- 
fion , qualité de ce qui eft roide. La 
raideur des jambes eft un vice dans 
un chevaL Le reffbrt de cette montre a 
trop de roideur. Il faut être à cheval 
fans roideur & liant fans mollejfe* 

RoiDEua , fignifieplus ordinairement» 
rapidité , impetuofité. de mouve- 
ment. // eft entraîné par U roideur 
du courant, La roideur du vol de thi- 
rondelle* Une balle poujjée avec roi- 
deur* 

Roideur , fe dit auflî d'une monta- 
gne , quand la pente en eft (î droi- 
te > qu elle eft difficile à monter 
& d defcendre. La roideur de la côte 
fait que les voitures y montent diffi- 
cilement. 

On die dans le même fens» la 
roideur d'un degré. La roideur d'un 
efcalier. ^ 

Roideur, fignifie fîgurément, fer- 
meté exceffive , févérité inflexible. 
// a trop de roideur dans le caraUere. 

^ JNe fbutene^ pas. votre opinion avec 
trop de raideur. 
Prononcez raideur. 

ROIDI, lEj participe paffif. yoyei 

RoiDIR. 

ROIDILLONi fubftantif mafculin. 
Petite élévation qu'on ne peut re- 
garder comme une montagne & 
qui fe trouve dans un chemin La 
voiture eft bien chargée , elle ne mon- 
tera pas aifément ce roidillon. 

ROIDIR; verbe aûif de la féconde 
con|ugaifon, lequel fe conjugue 
comme Ravir. Contendere. Ten- 
(}ceou étendre avec force, rendre 
roide. L\iir humide roidit les cordes 
tendues. Ce cheval étoit bon , mais un 
travail exceffif lui a roidi les jam- 
bes. 

RoiDiR , eft aufld verbe neutre fie £- 



ROI 

gnifie» devenir roide. Nous roUif" 
Jons de froid 

Il eft auffi pronominal rcflcchi. 
Les mufclesfe roidijfent dans Itspaf^ 
(ions violentes. 
Se roioir , fignifie fîgurémenr ,' renie 
ferme j ne vouloir poinf fe relâ- 
cher. Se roidir contre la raifon. Se 
raidir contre la mauvaife fortune. It 
ne faut pas fe roïdir contre l'évi'- 
dence. ^ 

Prononcez raidir. 
ROINE i vieux mot qui fignifioit au- 
trefois Reine. 
ROITELET i fubftantif mafculin. Pe- 
tit Roi. U ue fe die qu'odieufemenc 
& pour déprimer la puiffance du 
Roi dont on parle. Il y a fur cette 
côte d'Afrique plufieurs roitelets. 
Roitelet, fe dit auffi d'une forte 
d'oifeau dont on connoît en Europe 
trois efpèces principales , favoir » 
le roitelet ordinaire \ le roitelet hiippl 
& le roitelet non huppé. 

Le Roitelet ordinaire pèfe 
environ trois gros : fa longueur to- 
tale eft de quatre pouces 6c demi ^ 
& Ton envergure eft de fix & démit 
il a 4a tête , le cou & le dos d'ua 
bai brun ; les ailes & la queue bi- 
gaïées par des lignes noires tranf« 
verfales ; la gorge d*un |aune pâle ^ 
la poitrine blanchâtre au mili#u & 
tachetée de noir par les cotés \ le 
bas ventre d*ttn brun roux \ le bout 
des ailes & de la queue pointillé de 
blanc \ le bec Long d*un demi pou«^ 
ce, menu, jaunâtre en defTous & 
brun en denus \ Tîris couleur de 
noifette ; le doigt & l'ongle de der- 
rière fort longs. 

Ce roitelet rampe à travers les 
haies & les trous des foffés & de$ 
muraillfs : il fait de courtes volées» 
& vole b^s : il a coutume de bâtir 
fon nid le long des murs y au der- 
rière dea maifons & des étable$ 



jAojf,7^ner de paille » lnaîf^le fias | 
« ibuvenc dans les bois & . dans les 
haies y il le conûruic de moufle en 
dehors , de plumes & de crin en 
dedans > lui oonnanc {a forme d'un 
œuf dre(ré fur un de fes boucs, 
avec une petite po^ce vers le mi- 
lieu, par laquelle il entte & fore : 
fa ponte eft de neuf à dix œufs, & 
nieme plus. 

Ce petit oifeau aime a fe tenir 
feul , & même s'il trouve un de 
{es femblables j principalement s-*il 
eft mâle r ils fe battront Tun & i*au- 
tre , jufqu a ce que Tun d'eux s'en- 
fuie comme étant vaincu j il eft 
. toujours gai ^ alerte & vif : il porte 
fa queue trouffée comme un coq : 
il fe nourrit ordinairement de vers, 
. d araignées : il fréquente les buif- 
fons : il ne fe prend qu'avec beau- 
coup de peine : il n'eft jamais mé- 
lancolique , mai^ toujours prêt à 
chanter } aufli l'entend-on loir & 
matin de bien loin , furtout en hi- 
ver. Apprivoifé , il chante agréa- 
b^fiment , d'une voix mqcne plus 
haute bc plus fonore quç ne femble 
comporter un (i petit corps : fon 
ramage le plus agréable eft au mois 
de Mai > c'eft la faifon de , fes 
amours. Ses petits font fort diffi^ 
ciles à élever pour les nourrir en 
cage. ) 

Le Roitelet huppé eft le plus 
petit des oifeaux qui fe voient en 
Europe ; on l'appelle yoftrc/V/s en 
quelques endroits , les Italiens le 
nomment ^c?r-r<7/2cio (^ fleur de fou- 
ci ) : il a fur fa tète une très belle 
ou brillante tache ou huppe , d'un 
faune doré» mélangée de couleur 
de fafran : de là il s'eft acquis chez 
les anciens , les titres pompeux de 
Regulus & de Tyrannus. Il peut 
quand il veut , cacher entièrement 
cette efpèci de huppe & la rendre 



ROI i$7 

xiiyifîble ; en tidant Ton front & en 
redorant les côtés de la tache : elle 
eft oblongue & dir^â^^i^^nt éten- 
due à travers le milieu de la tète » 
depuis le bec jufqu au cou \ elle eft 
entourée d'une ligne noire : les cô- 
tés du cou font; verdâtres, relui* 
fans & jaunâtres \ les yeux entourés 
de blanc \ le cou 6c le dos d'un verc 
fombre , tirant fur le jaune : la poi- 
trine eft d'un blanc fale, le plumage 
des ailes de couleur tannée , ter- 
miné en, dedans par des taches jatH 
nés « & blanches en dehors : le bec 
eft délié , noir , droit & court j l'iris 
couleur de noifetier \ les pattes & 
les grifiPes jaunâtres. La femelle 
pond Hx ou fept œufs , du volume 
d'un très-gros pois. Cesoifeaûx font 
leurs nids dans des ifs ou des fapins, 
de ils lecompofent de moufte verte, 
Q^élangée de toile d'araignées , ce 

3 ni les fortifie beaucoup. Ce nid eft 
e la.groftèur d'une grofte balle. Le 
roitelet huppé fe nourrit de petit? 
infamies 9 il fe glifte auài dans les 
brouflaillçs^ ou dans les bui(rons. 

Le ROITELET NON HUPPB, eft 

plus petit que le roitelet ordinaire \ 
mais plus grand que le précédent. 
Le plumage fupérieur du mâle eft 
d'un vert fombre , celui de la fe- 
melle eft plus brun : le menton Se 
les cô.tés de la tète fous les yeux 
font jaunâtres j il a une tache de 
la même couleur des deux côrés de 
la poitrine , prés de la naidance de 
l'aile : le plumage inférieur eft 
blanchâtre \ le bec brunâtre &c fore 
délié} les jambes & les pieds fonc 
petits , jaunâtres datis le mâle , & 
noirâtres dans la femelle : leur ra- 
mage reftemble au ton rauque des 
fanterelles : ils fréquentent les bois 
& les déferts , & fe perchent fur 
le$ fommets des chênes : ils font 
leurs nids de mouife 6c de paille » 



iî)R ROL 

& les girnlITenc en dedans ^e poils ^ ' 
Se de plumes : leur ponte eft de cinq 
ceufs tiquetés de rouge. 

On nourrit en cage les roitelets 
avec du pain d'œillèt de Sttàsbourg 
ou de pavot noir : ils portent le nom 
de raitillon ,' de bcurrichon , de ribe- 
trin , &c. 

On donne le nom de meeUt des 
Indes y ou de ronchicy ou de moineau 
mufqué ^ à la femeUe du colibri. 

ftOKOSZ; fubftâïitif mafculin & 

•. ter me de relation. On appelle ainfi 

: en Pologne une efpèce' de confé- 
déracion , qui a lieu quelquefois 
dans les diètes ou aiTemblées de 
cette nation tumultueufe. Lotfque 
les nobles craignent quelque thofe 
de la part du Roi od du Sénat » ils 
fe lient par ferment i/i caput & ani- 
mant , de foutenir les intérêts de la 
patrie , & font obligés en verru du 
rokofi de s'armer pour venir i fon 
fecours , ou plutôt la déchirer. 

tlOLDUC', petite ville des Pa^p- 
fias dans le Duché de Limbourg , 
â quatre lieues au nord d' Aix-la- 
Chapelle ,& chef-lieu d'une contrée 
de même nom qui appartient à la 
maifon d'Autriche, & en partie aux 
États généraux par le traité fait i 
la Haye en i66i.\.t territoire de 
Rolduc a d'orient en occident envi- 
ron C\TL lieues de longueur , ic deux 
de largeur dû nord au fud. 

RÔLE} fubftantif mafculin. On a 
ainfi appelé une ou plulîeurs feuil- 
les de papier , de parchemin , col- 
lées bout d bout , lut lefqudtes on 
écrivoit des ades , des titres. 

RoLB , fignifie aujourd'hui en termes 
de Palais , un feuillet ou deux pa- 
ges d'écriture, La requéu contient 
vingt^dnq rôles. 

RÔLEj (îgnifie s^udi lifte, catalogue. 
Les rotes des tailles ne font exécutoi- 
res^ qu^ après avoir été vérifiés par Us 



'Oj^cièrs des Éïeclions. Le MajôrfitOÊ 
Régiment a le râle desfoldats de chU^ 
que Compagnie. Le rôle de la capi^ 
ration. 

RaLE , fe prend encore pour Tétat > 
la lifte des caufes qui fe doivent 
plaider au Parlement. On appelle 
^and rôle , celui où l'on infcrit les 
caufes qui fe plaident aux grafides 
audiences ;. petit rôle^ celui où To» 
met les caufes des petites audiei^ces. 
Rôles des Provinces y ceux où Toâ 
' met les appels des Bailliages' de 
chaque province qui fe plaiderit le 
lundi & le mardi. Rôle des jeudis » 
celui où l'on met les caufes des 
jeudis. Rôle d'après la St Martin ; 
rôles de la Chandeleur , de Pâqitcs , 
. &c. les rôles des caufes qui fe plai- 
dent dans ces temps y rôle de tele« 
vée, celui des caufes qui fe plaident 
le n^ardi ; & rôle de la Tournélle > 
celui des cz\x£$s de la grande au- 
dience de la Tournelle. 

On dit , mettre Jur le râlé , tirer 
du rôle , rayer du rôle. 

RôtE » en termes de Chancellerie, fî« 
gnifie les cegiftres fur lefquels fonc 
portées toutes les oppofitions faites 
au fceau des provifions des offices » 
& qui ont été fignifiées à des Offi- 
ciers nommés gardes des rôles. 

Rele , (ignifie auffi ce que doit réci<^ 
ter un Aéleur dans une pièce de 
théâtre. Cette varice ne fait pas 
fon rôle. Il étudie fon rôle. 

RÔLB, fignifie encore le perfonnage 
repréfenté par l'Afteur. // joue le 
rôle de Nereflan dans Zaïre. La 
Chanmêlé jàuoit fupérieurement le 
râle d* Iphigénie^ 

On dit figurénfient , qu'Un homme 
joue bien fon rôle ; pour dire, qu'il 
s'acquitte bien de fon emploi. Cet 
Amhajjadeur joua bien fon tôle dans 
la négociation dont on Vavoit chargé. 
On dit àufli , qu'^/z hs>mme a joué 



RÔÊ 

"isf/ï i/nauvaîs rôle dans une affaire ^ 

• ^'i/ joue un ^rand rôle dans le 
t monde y ^çpiil a joué plùfiears fortes 

de rôle ; &c. ic dans toutes ces 
phrafesy rd/^ngnîfie perfonnage. 
li fe^lic auffi en général de rous 

i ceux qat difenc dd font tout ce qui 
leur convient de dire & de faire 
pour leurs rues particulières. La 
plupart des femmes ne prennent le 

' parti de la dévotion j que quand elles 

• ne peuvent plus jouer un autre' râle. 
C^ était autrefois le rôle des amans de 
foupirer & de faire les avances , les 
femmes â leur tour fe font chargées de 
C€ rôle. 

La première Tyllabe eft longue > 
& la féconde très brève. 

R Ô L E R ; verbe neutre de la pre- 
mière confugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Terme ^e 
Palais du ftyle familier , qui fiuifie 
faire des rotes d'écriture. Il le die 
en mauvaife parc. La plupart des 
Procureurs aiment à rôlen 

RÔLET ; fubftantif mafcuKn. Peut 

- rôle* Il n'eft phis guère en ufage 
qu'au figuré dans ces deux phrafes 
proverbiales, jouer bienfon rôlet\ 
pour dire, jouer bien fon peifon- 

• nage \ être au bout de fon 'rôlet ;pour 
dire , ne favoir plus ni que dire y 
ni que faire. 

R O L L E ; bourg de Suifle-, fur le : 
lac de Genève > à trois lieues de 

- Morges. 

ROLLIN ( Charles ) fils d*un Coute- 
lier de Paris, n&<juit en cette ville 
en 1(^6 1 . Un Béncdiftin des Blancs 
Manteaux , dont il fervoit la- tneATe, 
ayant reconnu dans ce jeune homme 
des difpoficions heureufes , lui ob- 
tint une bourfe pour faire fes étu- 
des au Colléj;e du Pleffis. Qiaries 
Gobinet en écoir alors principal; il 
devint k protcâreurde Rollin, qui 
fat g.2^n^r.ramiiié de (ba bieolai- 



ROL 1^9- 

tetrr par fon caraâ:ère,& fon eftîme 
par fes talens. Après avoir fait - 4e$ 
humanités & fa philofophie au Col- 
lège du Pleffis , il fit trois années de 
Théologie en Sorbonnej mais il 
ne pouua pas plus loin cette étude » 
& il n'a jamais été que tonfuré. Le 
célèbre Herfan ^ fon profeflèur d'hu- 
manité , lui deftinoit fa place. Rol- 
lin lai fuccéda en effet en féconde 
en i<^8j , en Rhéthorique en 
1(187 , & â la Chaire d'éloquence 
au Collège Royal en x<^88. A k 
'fin de i(>94 , il fut fait Reâeur \ 
place qu'on lui laiffa pendant deux 
ans pour honorer fon mérite. L'U- 
ni verfité prit une nouvelle face \ 
Rollin y ranima Tétude du grec ; 
il fubftitua les exercices académi- 
ques aux Tragédies ; il introduire 
l'ufage , toujours obfervé depuis^de 
faite apprendre par cceur l'Écriture» 
Sainte aux Écoliers. L'Abbé Vitte- 
ment, coadjureur de la principalité 
du collège de Beauvais,ayam été ap- 
pelé à la Cour , fit donner cette pla- 
ce i Rollin , qui gouverna ce Col- 
lège jufqu'en i/ii. Ce fut dans 
cette année qu'il fe retira pour fe 
confacrer a la compofirion des Ou- 
vrac^es qui ont illuitré fa mémoire» 
L'Univerfitc le choifit une féconde 
fois pour reâeur en ijzo. llétoit 
de l'Académie des Infçriptions & 
Belles-Lettres depuis i^ai. Ces 
deux corp* le perdirent en 1741 à 
80 ans. 

Rollin étoït principalement efti- 
mable par la douceur de fon carac* 
tère , par fa modération , par la 
candeur j par la fimplîcîté de fon 
ame. Au lieu de roirgir de fa naif- 
fance, il ércjîr le premier â en par- 
ler. C"|î^ de l'antre des Cy dopes ^ 
difoit il dans une Épigramme la- 
rine à un de fes amis , en lui enw 
voyant oa coàteau, ^^ j'ai prû 



lOO 



ROL 



mon vol vers le Parnaffc. Ce n'cft pas 
qu'il neûc en mènie temps ane force 
de vanité , furtout par rapport 
à fes Ouvrages , dont les éloges em- 
phatiques lui avoient donné une'hau- 
ceopinion .11 difoic naïvementce qu il 
enpenfoic,& fes jugemens» quoique 
trop favorables , étoient moins l'ef- 
fet de la préfomption, que de lafran- 
chife de fon caraâère. C'écoit on 
de ces hommes qui font vains fans 
orgueil. RoUin parloit bien^ mais il 
avoic plus de facilité d'écrire que de 
parler ; & on trpuvoic plus de plai- 
fir à le lire qu'à Tentendre. Son 
nom palfa dans tous les pays de 
l'Europe. Plufieurs Princes cherchè- 
rent â avoir des relations avec lui. 
Le DuedeCumberlandâc le Prince 
Royal , aujourd'hui Roi de Prufle , 
étoiènr au rang de fes admirateurs. 
Ce Monarque l'honora de plu- 
fieurs lettres , dans l'une defqueU 
1^ il difoit ; Des hommes , tels 
que vous^ marchent à coté des Souve- 



rains. 



Les principaux Ouvrages de cet 
Auteur^ font» i^, une édition de 
Qaintilien , en i yolin-xi , â l'u- 
fage des écoles » avec des notes Se 
une préface très-inftruaive fur l'u- 
tilité de ce livre , tant pour former 
l'Orateur que l'honnête homme. 
L'Éditeur a eu attention de retran- 
cher de fon Ouvrage quantité d'en- 
droits qu'il a ttouvés obfcurs & inu- 
tiles. 20. Traité de la manière d'en- 
feigner & d'étudier les Belles^Lettres 
par rapport à l'e/prit & au cœur , en 
4 vo\. in- 11' plufieurs fois réim- 
primé. 3®. VHiJioire ancienne des 
Égyptiens^ des Carthaginois y des 
AJJyriens j des Babyloniens , en 14 
vol.î/iii. publiée depuis 1730 juf- 
qu'en.1738. Il y a des morceaux 
très- biens traités dans cet Ouvrage. 
C*eft toujours le mêqie goût pour 



ROL 

le bien public^ & le m&me amont 
pour la vertu j mais on s'eft plaine 
que la chronologie n'eft ni exaâe» 
ni fuivie ^ qu'il y a J>eaucoup d'i«- 
nexaditude dans les faits , que l'Au- 
teur n'a pas alTez examiné les exa- 
gérations des anciens. Hiftoriens ; 
que les récits les plus gtaves fonc 
Souvent interrompus par des rninu* 
ties i que fon ftyle n'eft pas égal , 8c 
cette inégalité vient de ce q.ue i'Aur 
teur emprunte de nos Écrivains mo- 
dernes des quarante & cinquante 
pages de fuite. Rien de plus noble 
fie de plus épuré que fes réflexions » 
mais elles font répandues avec tcop 
peu d'économie > 6c n'ont point ce 
tour vif & laconique qui les fait lire 
avec tant de plaiur dans les Hifto^ 
riens de l'antiquité. On apperçoic 
au(]$ beaucoup de négligence dans 
la^iâion par rapport à lufage gram^ 
matical & au difcernement des ex*- 
preflions qu'il ne choififlToit pas tou- 
jours avec a(Tèz de goûc , quoiqu'on 
général il écrivît bien. 4^. VHîJ^ 
toire Romaine depuis la fondation de 
Rqme jufquà la Bataille dAâiumi 
La mort l'empêcha d'achever cet ou- 
vrage , que M. Crevier fon difciple 
a continué depuis le neuvième volu- 
me. L'Hiftoire Romaine eut moins 
de fuccès que l'fiiftoire Ancienne. 
On trouva qu'elle éioit plutôt un dif- 
cours moral & hiftorique, qu'une 
Hiftoire en forme. L'Auteur ne fait 
qu'indiquer plufieurs événemens 
confidérables , tandis qu'il s'étend 
avec une forte^ de prolixité fur ceux 
qui lui fournifient un champ libre 
pouL* moralifer. Le plus grand avan- 
rage de ce livre eft qu'on y trouve 
les plus beaux morceaux de Tite- 
Live rendus aflfez élégamment en 
François. 5°, La Traduftion latine 
de plufieurs Écrits théologiques fur 
les querelles du temps. L'Auteur 

étoic 



^ itoït un des plus zélés partifans du 
Diacre Paris , & avant la dorure 

^ ^u Cimetière de Saint Médard j on 
^ avoit vu fouvent cet homme illuftre 
pfalmodier avec la vile populace au 
pied du tombeau de ce pieux Fana- 
tique. 

ROM j bourg de France en Poitou , 
fur la Dive > à huit lieues , fud , de 
Poitiers. 

ROMAGNE; province d'Italie, dans 
TÉtat de TEglife » bornée au nord 
par le Ferrarois , au^ midi par la 
Tofcane , & le Duché d*Urbin , au 
levant par le Golfe de Venifej & 

' au couchant par le Bolonois. Ceft 
an pays fertUv^en blé» vin> huile 
& fruits j il y a beaucoup de gi- 
bier» des eaux minérales, des fali- 
Aes abondantes} l'air y eft falubre ^ 
la mer Se les rivières qui font navi- 
gables, donnent aux habitans de 
cette contrée du poifTon , Se Tavan- 
cagede pouvoir commercer. 

Les principales villes de cette 

province , font , Ravenne , qui en 

^ eft la Capitale , Rimini , Sar(ina\ 

Cecene , Forli , Faenza , Càftel- 

fiolognèfe, Imola.* 

HOMAIN, ( Jufes) dont le nom de 
* Famille eft Giulio Pippi , naquit à 
. Rome en 1491. Il mt le difciple 
chéri du Éameux Raphaël qui le kt 
ton héritier. Jules Romain fut long- 
temps occupé a peindre les deflfeins 
de Ion illuftte Maître , au'il ren- 
doic avec beaucoup de précifion & 
d'élégance, ^ant que Jules ne fut 
qu'imitateur , il fe montra un pein- 
tre fage» doux» eracieux: mais 
^ quand il eut donné PelTor à fon gé- 
nie» il étonna parla hardieiTe de 
ion ftyle » par ion ^rand goùi de 
deflein , par le feu de fes compcfî- 
tions ^ par la grandeur de fes pen« 
^. Tées poétiques , par U âe£(« & le 



ROM iat 

terrible de fes exprefliôns. On lu^ 
reproche d'avoir trop négligé Ic- 
tude de la nature pour fe livrer i 
celle de l'antique , de ne pas enten- 
dre le jet des draperies ; de ne pas 
varier fes airs de tète ; d'avoir un 

^ coloris qui donne dans la brique Sc 
dans le noir » fans intelligence du 
clair-obfcur j mais aucun Maître n'a 
mis dans fes tableaux plus d'efprit » 
de génie Sc d'érudition. Jules étoit 
encore excellent Architeébe ; plu- 
fîeurs palais admirés dans l'Italie » 
furent élevés fuivant les plans qu'il 
en donna. Ce célèbre Artifte fuc 
fort occupé par le Duc Frédéric 
Gonzague de Mantoue; Ce Prince 
le combla de bienfaits » Se fa pro- 
teâion lui fut très-utile contre les 
recherches qu'on faifoit de lui peuc * 
les deflTeins qu'il avoit compofes da 
vingt eftampes très - dîflTolues qui 
furent gravées par Marc^Antoiee ^ 
& que Pierre Aretin accompagna. 
de lonnets non moins condamna-* 
bles. Tout l'orage tomba fur 1» 
Graveur » qui fut mis en prifon , Se 
qui auroit perdu la vie fans la pro-^ 
teâion du Cardinal de Médicis. 
Les delTeins que Jules a lavés au^ 
biftre font très-eftimés ; on y re-* 
marque beaucoup dé corredbion 
& d'efprit. Il y a auffi beaucoup de 
liberté & de hardielTedans les traits 
qu'il faifoit â la plume , de fierté 
& de noblefTe dans fes airs de tète ; 
maisîl ne faut point rechercher 
dans fes delTtins des contours ccu^ 
Uns y ni des draperies riches & de 
bon goût. On a beaucoup gravé d'a- 
près ce grand Maître. Il mourut 1 
Mantoue en 1 54^. 

ROMAIN, AINE; adjeftif. Roma^ 
nus. Qui appartient à Rome , qui 
eft de Rome. La République Romain 
ne s'affaira fous le poids defagran-* 

' dwr Çf de fa puiffanee. Le Peuple Roat 

Ce 



maîn. V Empire Romain. Les cU 
toyens Romains^ 

Il s'emploie aufli fubftantivetnent 
dans ce iens. Brutus fut le dernier 
des Romains. 

On dit d'un homme connu par 
de grands fencimens de probité & 
par fon amour pour la pactie, que 
cejl un Romain. 

On appelle chiffre romain , le 
chiffre qui eft compofé des lettres 
numérales , comme G , ' D , I , -L , 
M , V > X, auxquelles on a donné 
une valeur déterminée, foit qu^on 
les prenne féparément , foix qu'on 
les confidère relativement i la place 
qu'elles occupent avec d'autres let- 
tres. Le Chifffe romain efi fort en 
ufage dans les infcriptions y fur les 
cadrans des horloges ^ &c - 

On dit, VÉglife Romaine, ^ut 
(îgnifier 1-ÉgliU Garholiqtie, Apof- 
tolique & Roifnaiiie. On dit auÏÏi , 
Bréviaire Romain ,. Rituel y Pontifia 
eal^ Rite ^ Calendrier ^ Martyrologe 
romain; pour dire y leBréviaire j le 

• Rituel , &c. en ufage à Rome y dans* 

• rÉglife Romaine. 

On appelle beauté romaine , une 
* femme quia de grands traits bien 
marqués, & un air, un port ma- 
feftueux. 

On appelle laitue Romaine y une 
efpèce de laitue longue , qu'ordi- 
nairement on fait blanchit en la 
liant. 

iloMAiN , fe ditauflî fobftantivement 
en termes d'imprimerie, de cer- 
tains carad^èras ; favoir , le-gros ro- 
main y qui eft entre le petit paran- 
gon & le gros texte , & le petit ro- 
main , qui éft encre la philorophie 
& la gaillarde. 

Dans chaque corps de caraâère , 
on dtftingue encore le romain & 
ïitaliquc. Les traies du romaia font 



-ROM 

perpendfcubipes , Se ceux j dé VktM 
lique font inclinés. 

giOMAINE ; fubftantif féminin, ^e- 
fon, inftmtnent dont ou fe ier^^ 
pour pefer avec un feul poids. La 
romaine ejl .^opre pour pefer de 
grands fardeaux. 

Lapremière fyllabe^ft ttès-brèvet 
la féconde longue & la troifième 
très-brève. 

ROMAIN MOTIER j ville de Suiffe 
dans le pays Romand, au pied d'U'* 
ne montagne. 

ROMAN i, fubfhmtrf mafculin. Sorte 
d'ouvrage contenant des aventures^ 
fabuleules d^'mours ou de guerre »> 
&c. 

Sans réchercher Torîgine des ro- 
mans , il fuffira d'obferver qu'ils 
ri'étoient' point un genre douv^age 
inconnu aux anciens. Antoine Dio^ 
gène écrivit les amours de Dinacc ôc 
de DéocilUs ; c'eft , dit- on y le pre- 
mier des romans Grecs. Jambliquc 
écrivit Thiftoire des amours de Rho^ 
danïs '& de Simonide. Achille Tatitis 
compofa le roman de Ltucippe & 
de Clitophon. Enfin Héllodore , Evc- 
que de Trica , dans lé quatrième 
fiècle de notre cre ,. raconta les 
^mofitsA^Théagene'&C àtChariclee^ 
Le rofman diffère du poëme épi- 
que, en't:e que. celui ci choifittou-^ 
{'ours une aAion grande & fufcepti« 
)le de merveilleux ; au lieu que les 
petites aventures & les amourettes 
fufiifent au roman. D'ailleurs TEpo- 
pée eft toujours un ouvrage de poc- 

, He , & le roman ^ un ouvrage 
écrit en profe. 

Ge fut fous Je règne brillant de 
Charlemagnecpxeh chevalerie & le^ 
romans de dhievalerîe prirenr naif* 
fance.. La valeur de Charltmagné ^ 
fes hauts faits d'armes égaux à ceux 
des Ghevaliets les plus renommés ^ 
la forcée l'intrépiaité de fon nevea 



ROM 

Èolland^ fboit autant d\>bj9t« i]ae ^ 
tous les roipaçciers^roi^eDt en vue 
àziïs k ûiice. Us oe négligèrent 
tien de ce qui ppUji^Qit iufpker 
ri^Ginew» U juftkç, ladéfeniede 
la veuve & de^ l'orpbelm i enfin l'a- 
mour dps d^AMS* Le règue des che- 
vaUersi Se des. romans de chevalerie 
duroit encore k>ri<)ue Miguel Ccr* 
vantes Efpagnol » publia le roman 
éiDon Quickoecy ouvrage admira- 
ble » & fatyre très fine de toute la 
noblefleEfDagnole» fpr laquelle il 
|e€a tàivt oe ridicule qu'il lui 'fit 
perdre le gouc de chevalerie dont 
elle écoit eucore entêtée. 

L'aboItfTement des tournois, des 
duels , les guerres civiles 8c étran- 
gères , Textinâion de la magie 8c 
des enchantemens, en un mot , une 
nouvelle face que prit la France Ôc 
l'Europe fous le règne de Louis 
XIV y changea la bravoure 8c la 
galanterie romanefque en une ga- 
lanterie plift fpirituelle 8c plus tran- 
quille. On vint à ne plus goûter les 
taits inimitables à'Jmadis , 

Tantdecbâceauxforc^» de géans pour- 
fendus» 

De chevaliers occis , d'eochaoteurs cpn- 
foado^. • • * 

On fe livra aux charmes des def- 
cTÎptions propres à infpirer la volpp- 
lé de Tamour; 4 ces mouvemens heu- 
xen% 8c paifibles , autrefois dépeints 
dans les romans Grecs du moyen âge; 
aux douceurs d^aimer » ou d'èire 
aioié» en un mot à tous ces ten- 
dres femimens qui font djécrits dans 
VAJlrée de H. d'Ur/é. Cet auteur , 
idit Pi/préaux^ homme très- enclin 
i Tampur , voulant faire valoir un 
grand nombre de vers qu il avoir 
composés pour fes mairreffes , 8c 
Xftâembler en un corps plufi^rs 



ROM to| 

ftVe&ta|€»at«pureufe5 qui lui àcoien r 
arrivées , en fit un roman. Il fei- 
gnit que dans le Forés, pays cgii- 
tigu à la LUnagoe d'Auvergne , il 
y avoir du temp$ de. nosi pcemij^rs 
Roi9 » une trouçQ de B^i-gcrs, & de 
Berge;e^qui(babiiEjcHent fur les.boids 
de la rivière du tignon, & qui allez 
accommodés des biens de h foriu- 
ne,ne laiffoient pas néatunoins, par 
un (impie amnfement & po^r l4uc 
feul pl^r . de mener paître" ^ac 
eux-mêmes leurs troupeaux. Tous 
ces Betgers 8c toutes ces pergçres 
étant d un fojt grand loifir , l'a- 
mour j comme on le peut penfer , 
8c comme il le raconte lui-même, 
ne tarda pas à les y venir trçubler » 
8c produifit quantité d'événemens 
confidérables. M* dVr/é y fit arri- 
ver toutes fes aventures , pat mi 
lefqctelles il en mêla beaucoup d'au- 
très ) & y enchâflTa les vers donc 
on a parlé qui , tout mauvais qu'ils 
étoient , ne laifferent pas d*être 
goûtés , & de paffer à U fayeuj: de 
Part avec lequel il les mie ^n oçu- 
vre. Mais fon roman iiAfirét lui 
acquit encore une plus grande ré- 
putation. 11 le publia après c^ui 
dont on vient de parler. Afirée eft 
en quatre volumes. Le grand fuçcçs 
de cet ouvrage échauffa (i bieti les 
beaux efprits d'alors, qu'ils en com- 
poferent à fon imitation quantité 
de femblables » & ce fut pendat^ 
quelque temps une efpece de dé-, 
bordement fur le Parnaflè. 

On vantoit fur-* tout ceux de 
Gomherville , de la Calprtneic , de 
Defmarais 89 de Scudery. Mais jces 
imitateurs s'efforçanr mal- i- pro- 
pos 4'enchérir fur l'original, 8c pré- 
rendant anoblir fes caradères tom- 
bèrent dans la puérilité. Au lieu de 
E rendre comme M. d!Urfé pour 
îurs héros» desfiergers occupes du 
Ce ij 



feol foin de gagner le eœttf de tetirs 
maicrefTes j ils prirent pour leur 
donner cette étrange occapation , 
non-fealement des Princes 6c des 

' Rois , mais les plus fameux Capi- 
taines de Tantiquicé qa'ils peigni- 
rent pleins du même efprit que ces 
Bergers j ayant â leur exemple fait 
une efpece de vœu de ne parler ja- 
xnais , & de n'entendre jamais par- 
ler que d'amour. Ain fi au lieu que 
M. aUrfé dans fon 4Jfrie avoir fait 
de Bergers très- frivoles , des héros 
de roman confidérables 3 ces au- 
teurs, au contraire 9 des héros les 
plus çonfidérables deThiftoire» fi< 
rent des Bergers frivoles , & quel- 

' quefois même des Bourgeois encore 
plus frivoles que ces Bergers. Leurs 
ouvrages néanmoins ne taifsèrent 
pas de trouver un nombre infini 
aadmirateursy& eurent long^- temps 
une fort grande vogue. 

Mais ceux qui s'attirèrent le plus 
d'applaudiffement , furent le Cyrus 
Se la Clélk de Mademoifelte de 
Scudéry ^ fœur de Tauteur du même 
nom. Cependant non-feulement elle 
tomba dans la même puérilifc , mais 
elle la pouffa encore â un plus grand 
excès. Au lieu de repréfencer , 
comme elle devoit , dans la per- 
fonne de Cyrus , un roi tel que le 

' peint Hérodote , ou tel qu'il eft fi- 
guré dans Xcnophon j qui a fait , 
fiuili-bien qu'elle » un roman de la 
vi« de ce prince \ nu lieu d'en faire 
un modèle de perfeâ:ion, elle com« 
pofa un Artamene , plus fou que 
tous les Céladons Se tous les Sylvan* 
drcs , qui n'eft occupé que du fcul 
foin de fa Mandant , qui ne fait du 
matin au foir que lamenter , gémir 
& filer le parfait ampur. 

Elle a encore fait pis dans fon 
autre roman ^ intitulé Clélic , ou 

* #lle répréfence toutes les hérdûies 



1ÉLÔVL 

ic tous les héros de la Répttt)lî<ia<^ 
romaine naîflante , les Clélic$ \ les 
Lucrèccs ^ les Horadus- Codés j les 
Muûus Scévola , les Brutus , encore 
plus amoureux c^ Artamene ; ne 
s*occupant qu'à tracer des carte» 
géographiques d'amout , qu'à f© 
propofer les uns aux autres des 
quelHons & des énigmes galantes , 
en un mot qu'à faire tout <:e qui 
parok le plus oppofé au caraârce 
Se à la gravité héroïque de ce» 
premiers Romains. 

Madame la comtefle de la Vayetté 
dégoûta le public des fadaifes ridi- 
cules dont nous venons de parlcr.^ 
On vit dans fa Zalde & dans fa 
prînceffe de CVeves des peinture» 
véritables & des aventures natu- 
relles décrites avec grâce. Le comte 
à'Hamilton eut l'art de les tourner 
dans le goût agréable & plaifanc 
^qui n'eft pas le burlefque de Sca^ 
ron. Mais la plupart des autres ro- 
mans qui leur ont fuccédé dans ce 
fiècle I font' ou des produâions 
dénuées d'imagination , ou des qu« 
vrages propres à gâter le goût ; en- 
fin les Anglois ont heureufemenc 
imaginé depuis peu de tourner ce 
genre de fiâiions à des chofes utiles^ 
& de les employer pour infpirer > 
en ai;^ufant ,. l'amour des bonne» 
moeurs & de la vertu , pai^ des ta- 
bleaux fimples , naturels 8c ingé- 
nieux des événemens de la vie. 
C'èft ce qu ont exécuté, avec beau- 
coup de gloire & d'efprit MM* 
Richard/on Sc Fteldin^. ^ • 

Avant de donner aucun précepte 
for les Romans , nous dirons qu'il 
feroit à fouhaiter qu'on fe proposât 
toujours rinftruâion dans ces fortes 
d'ouvrages. H faudroit pour cela 
que la compofi^^tion de ces livres ne 
tombât qu'a d'honnêtes gen$ feafi- 
bles y Se dont le cecur fe peigni% 



ROM 

' Sans lents écrite , à des Aatetlft qui 
ne faffeni pas au-deflus des foiblefles 
de rhumanité » qai ne démontraf- 
fent pas tout d*uQ coap la vertu dans 
le Ciel hors de la portée des hom- 
fties » mais qui la leur fifTenc aimer 
en la peignant d'abord moins auf- 
tère 3 & qui enfuite du fein des paf- 
. fions où i on peut fuccomber 6c fe 
repentir , fiiOent les conduire infen- 
fîblement à l'amour du bon & du 
bien. C'eft ce qu*ont fait quelques- 
uns de nos Rotnar^iers , Se entr au- 
tres TAuteur du Télémaque » TAu- 
; teur de la Nouvelle Héloifc^ic celui 
. * de Bélîjairt^ Il féroble donc que le 
. Roman & la Comédie pourroient 
; ctre aufli utiles qu'ils font générale- 
ment nuifibles. On y voit de fi 
grands exemples de cofiftance , de 

• vertu , de cendrefle &: de définie- 
, reflemeiit , que qtund un» jeune 

perfonne jette de-U fa vue fur tout 

ce qui l'entoure, ne trouvant que 

des fujets indignes ou fort au-def- 
, fous de ce qu'elle vient d'admirer , 
, on doit s'étonner , avec La Bruyère^ 

qu'Ole foit capable pour eux de; la 
: moindre foibleiTe. \ 

D ailleurs on aime les Romans 
. fans s'en douter, à caufe des paflions 

qu'ils peignent , & de Témotion 
: qu'ils excitent. On pe(tt par confé- 

quent tourner avec fruit cette émo- 
,, tion & ces paffions. On réudiroit 

d'atitant miteux , que les Romans 
j font aujourd'hui des ouvrages plus 
: recherchés , plus débités , & plus 

avidement goûtés que tout ouvrage 

• de morale , & autres qui deman- 
, dent une férieufe application d'ef- 

prit. Il éft donc à propos d'expofer 

ici quelques-uns des préceptes qu'on 

a donnés fur ces fortes d'ouvrages. 

Ce qui n'eft écrit que pour di- 

. vertir , ne doit point s'écarter de la 

. yraifemblance }. & une fi^ioo.ne 



HOM ioj 

doit pas mettre la crédulité du lec- 
teur à une trop rude épreuve. Un 
homme perd routfoncrédit, quand il 
veut faire croire des chofes dont 
rimpoflibilité faute aux yeux \ & on 
lui refufe toute croyance fur ce cfiW 
dit enfuite , quelque plaufible qu'il 
puifle ctre. Le vrai efl le fondement 
de THiftoire. Le vraifemblable fuf- 
(ît au roman & â la nouvelle*, en- 
core ne doit- on cette liberté d'in- 
venter à quiconque travaille ék ce 
genre là , qu'à «onditîon qu'il ne 
s'en fetvira que pour produire quel- 
que chofé de plus intérefTant qu'un 
vrai tout uni , dans lequel il eft alTez 
rare de trouver rafTemblées toutes 
les circonftances qui doivent con<* 
courir pour rendre une Hiftoire aufft 
agréable & aufli intérelTante que 
l'eft une aventure , où^l' Auteur eft 
le maître d'ajouter des particulari- 
tés qui touchent 1k qui pafHonnenc 
le Leûeur , ou d'en retrancher cel- 
les qui prodniroient un etfet con- 
tiaire. 

Dans un roman fi[îvolc aiCîmenc tout 

s'cxcûfc; 
C*eft afTcz qu'en courant la fiâion 

amufe} 
Trop de rigueur alors feroh hors de 

faifoo. 

II a les coudées franches ; on lui 
permet d'inventer } il n'ell point 
gêné fur la certitude des faits , qui 
eft un des plus dangereux écueiîs 
pour un Hiftorien. On ne le chicane 
point fur la bonté des fources où il 
a, pris ^n événement brillant \ tout 
cela efl vrai. Mais à quel prix a t-il 
cette liberté? On veut en récom- 
penfe qu'il dédommage fon Leâeur 
par une invention qui n'ait rien de 
trivial ni rien de forcé. S'il n'écrit 
que des aventurés dont on voie tous 



^(bê 



ROM 



Us |ottrs des exemples 1 on méprife 
une peintare i laquelle le g|étiie u'a 
aucune part. Si pour dire des chofes 
extraordinaires ».oa tput-àrfalt neu- 
ves i il donne l'eflar Jk fon imagina- 
tion fans règle ni mefure j on s^en 
accommode auffi peu. Dès qu'un 
événement eft mal ménagé , c'eft. fa 
faute 'y on ne s*ett prend qu'à lui. 
Maître de créer fa matière , que ne 
fe fervoit-il mieux du privilège qu'il 
a*it d'inventer ? Où s'il n'en écoit 
point capable ^ qui le forçoic à 
écrire ? 

On veut que rien lie lai^uifle 
dans fon écrit ) qu'une chaleur d'i- 
tnaginaiion donne de l'ame â toute 
l'intrigue & fe communique au 
Leâeur j Se qu'elle ne $'amortifle 
point dans tout le cours de Touvra- 
ge. Un récit languifTant ennuie. Le 
Leâieur doit être tenu en fufp^ns 
|ufqu'aù dénoutment ^ mais cette 
inquiétude où on le laîiïe , en in- 
terrompant le récit de l'aventure 
dont il brûle de favoir la fin , pour 
courir après un incident qui vient à 
la traverfe, dénude beaucoup d'art 
Bc de ménagement. Ces incidens 
doivent avoir afTez de beauté pour 
dédommager un Leâeur de Timpa- 
tience qu'on lui caufe , & affe^ d'in- 
térêt pour qu'il ne foit pas tenté de 
les franchir pour voir plutôt le dé- 
nouement. 

Les épifodes doivent être variés^ 
& naître du fujet même. La variété 
dans routes fortes d'ouvrages , eft 
une fource d'agrémens toujours 
jiouveaux. 

Il faut bien choîfîr la «nation ou 
la qualité du perfonnage que Ton 
Veut faire agir & parler : il faut pour 
cela en bien connoître les mœurs , 
les vertus & les vices ^ mais quand 
ce choix eft fait , il faut fe foutenir 
d'un bout à l'autre. 



IVeft àflèz indiSsrem queleinfe^ 
fuit grav^ Se férieux, ou cpi'il (oie 
baddn & en|oué r le cour dépend de 
la manière ic le traiter. Il y a des 
fujets qui par eux-mêmes n'ont rien 
de- relevé, comme (^l^BIas.y petit 
écolier ^enfuicelaqnats;, ér^rMais 
Vhrt avec lequel l'AUMur le pbce 
fucceifi renient en divers états , 
amène des peintures charmantes. Il 
fait faire intervenir dans le roman 
une variété de perfonnages de toute 
condition ; ic cela donne liea à 
une fatyre délicate d'autant plus 
agréable ,. qu'elle embralTeune plus 
erande diverdté d'objets. Mais* il 
faut que Tinftruâion y foit ména- 
gée avec une certaine économie ; 
que l'on feme k morale , & qu'elle 
forte pour ainfi dire du fûjet. Cet 
'Art manque i plufieurs romans , i 
celur entr'autres » qui a' pour titre » 
Gtifman d*Alfarachc. L'Auteur faîfit 
toutes les occafions de moralifer; Il 
faut au contraire que la morale fe 
tire des aâriôns qui font dépeintes 
6c de la conduite des perfonnages » 
plutôt que de la réflexion de l'Au- 
teur. Il doit fe perfuader que ceux 
qui ont envie de s'inftruire des de« 
Voirs de l'honnête homme, & d'é- 
tudier a fond les principe^ du jufte 
9c de i'injûfte» ont d'autres livres 
que le fien pour les y apprendre. On 
ne cherche dans un 'roman qa'un 
amufement agréable. On peut fous 
l'appât de la fable » faire aimer la 
vertu , en faifant agir une perfotine 
vertueufe qui , aptes bien des tra- 
verfes , arrive enfin à un bonheur 
qui l'en dédommage. On peut inf- 
pirer l'horreur du vice , en peignant 
une perfonne vicieufe qui , après 
une profpérité qui n'eft qu'appa- 
rente , tombe enfin par fa malignité 
imprudente dans le piège qu'elle 
tendoit à d'autres » devient réelle* 



ROM 

nfem malh^ivretxfe , & stçoît;ibfîn| 
le châtiment dû. à (es .«auvaifes 
aûioiis. ' ' 

On ditd'une.aventttfequi paroîc 
furprenaate» c^efi iwie aventure de 
roman. 

On appelle figurément , héros de \ 
roman ^ un homme >qaiaf{)&£fce d*a 
>r & de parler â la manière des! 
éros de roman, & de les imiter^ 
en fes faucons de &ire. 

On dit proverbialement. ^p/r/us&i^ 
le roman par la queue .; pour dire , 
allerd abord à la conclufion. 

Différences relaciv:es encrfi £onte j 
yaile^ 'roman. 

Un conte jeCt une avenriire feinte 
êc narrée par un Auteur connu.XJne 
Jaifle ed une aventure Éuiflè, di- 
vulguée dans le Public &: dont on 
ignora l'origine. Un roman eVt' un 
compofé & un^ fuite de plufieurs 
aventures fuppoféçs. 

Le mot de conte eft plus propre [ 
•lorfqu il n'eft queftion que .d une ■ 
aventure de la vie privée j ondir , 
le concc de la matrone dlEphèfe. Le 
xno^ de fable .convient mieux lorf- 
f^u'il s'agit. d'un événement qui cré- 
dit , la 



garde la vie publique y on 

Jableàt la Papefle Jeanne. Xemoc 

de roman eft â fa ^place lorfqtie la 

defcription d'une vie illuftreouex- 

tcaordinaire fait le fu|et de la fic- 

lioDjon dit,le roman de Cléopaire. 

L^s contes doivent être bien nar- 

xés 5 les fables bien inventées , & 

les romans bien fuivis. 

Les bons contes .divertiiTenr [les 

^honnêtes gens , ils fç plaifent à' les 

entendre. Les fabks amufent le 

peuple » il en fait des articles de 

foi. Les romans gâtent le goût des 

jeunes perfonnes, elles en préfèrent 

le merveilleux outré au naturel (im^ 

. pie de la vérités . 

Les dtux fyilabes de Roman iovn 



ROM ^207 

brèves au fingulier, tpais la féconde 
eft longne au ptutiel. 
ROMANCE ifubftamifféminin.Moc 
tiré de rEfpagnol & qui (ignifie une 
forte de pocue en peu de vers donc 
le fu|et féft pottr lordinaire quelque 
hiftoire anvoureafe & fouvent-ita- 
^ique« 

La firnplicité^ le naturel , le» 
tours naïfs caraûéivifent principale- . 
ment les romances., .& Ton doit y 

t^rendre le ton de Thiftoke qui en 
ait le.fuiet. Si.un Berger çn eft le 
•héros > elle doit avpirjune tournure 
villpgcoife , ifur-.tout fi un autre 
Berger eft fuppoCé.en faire le récit 5 
telles font les deux petites romance» 
qu'on a inférées dans la petite co- 
médie lyrique HAnnctte & l^uhin^ 
SL rhiftoire qui fosme la romance 
eft'une hiftoire duvieux temps , le» 
vers & le ton de la pièce doivent 
refpirer un air de vieillefle y fur- 
tout fi une vieille perfonne eft fup- 
pofée la raconter : telle eft la ro- 
mance de la fée Urgelle , T^vq- 
^;ous vu y mon hicn-aime? &c. Il y a. 
des romances d^un genre plus iio- 
•ble & qui demandent toutes les gra- 
ces'de la chanfon erotique ; ce font 
celles qui contiennent des aventure» 
galatites : telles font , par exemple , 
celles de M. de Moricrif; celles de 
M. M.trmonrel , fur Daphné^ & fur 
Xaure ; telle eft encore celle de M* 
Teutry qui a pour titre l*Hermice^ 
Cette romance , qui eft imitée de 
TAnglois , eft intérefTante : en voici 

une courte analyfe. 

Un voyageur qui s*eft égaré prie 

ainfi un hermite qu'il rencontre, de; 
le remettre dans fon cheniin :^ 



Non moins fcconrablc qu'auftèrc j. 
Ecmicc qui connoîs ces lieux > 
Dans cette roacc folitaire 
Viens > guide -un être màlheureaxr * 



^ 



( 



€0% 



àOM 



Le jour tombe, & cette bruyère 
Semble s'alonger fous mes pas ; 
Conduis-mw vers cette lumière 
Qui jette au loin quelques éclats. 

L'Ermite le prefle de venir paf- 
fer la nuit dans fa cellule ; il lui 
préfente un repas (impie Se frugal; 
il s'apperçoic que fon hôce eft jeu- 
ne , 6c qu'il a des chagrins j il l'in- 
vite à les lui confier : l'amour les 
caafe peuc-êcre; s'il fistir quelque- 
fois le bonheur de la jeuneile, il en 
fatc fouvenc le tourment. Cette té- 
flexion fait rougir l'étranger j il ré- 
pand quelques larmes ; 

Bientôt une pâleur mortello 
Succède à l'èçlat de fon teint; 
Il tremble , foupirc , chancellp , 
Il tombe, & fon regard s'éteint* 
).e père toujours fecourable 
Va porter la main fur Ton coeur. 
ô furprife ! • . . tine fille aimablç 
Se trouve être le voyageur, 

Pardonnez / lui dit-elle, d fai 
ofé vous fuivre lufqu'en ce lieu. 
Vous avez pénétre la fource de n^s 

{reines ; elles pe viennent que de 
'amour. Je fais née fur les bords 
de la Lyme ; mon père eft riche & 
puitTant ; une foule d'amans fe font 
lemp.refrés de me rendre hommage; 
le leul Edwin â feu toucher mon 
cœur. La fortune de ce jeune hom- 
me étdit médiocre. Mon père m*or- 
dgnne de le fuir : foumife i fes 
vobntés , j'ai rebiué l'amant que 
j'adorois* Edwïn affligé de mes ri- 
gueurs , défefpéranr d'obtenir ma 
main , a quitt)^ fa patrie. On m'a 
dit qu^il a nrii fes jours dans la foret 
prochaine. Je fuis partie fous ce 
dcguifçment dans le deflein d'aller 
mourir fqr fon tombeau. L'her- 
jpi^ç g cç; ni9ts f^. jeitç aus^ pied$ 



ROM 

de Ton hôtedè , & lui fait reconéof-* 
tre Edwin. Heureux 6c réunis , ^es 
deux amans fe propofent de palfer 
leurs jours dans cette folitûde , oc-> 
cupés de leur tendreife mutuelle , 6c 
du foin de s'en donner fans ceOTi» 
des preuves. 

Cette romance offre de la naïveté 
& du fentiment } mais les vers en 
font trop fouveot profaïques » & le9 
expreflions^eu harmonieufes. ' 

Romance » fe dit aufli «n termes de 
mufiqueyde l'air fur lequel on chante 
le pocme du même nom. Comme U 
romance doit être écrite d'un ftyle 
(impie & touchant, l'air doit répon« 
dre au cara&ère des paroles \ point 
d'ornemens , rien à^ maniéré , une 
mélodie douce , naturelle , cham- 
pêtre , & qui produife fon eifet pac 
elle-même j indépendamment de la 
manière de la chanter. Il n'cft pas 
néce(raire que Je chant foit piquant^ 
il fuffit qu'il foit naïf, qu'il n'offuf-f 
que point la parole , qu'il la fàfTe 
bien entendre , & qu'il n'exige pa$ 
une grande étendue de voix. Une 
romance bien faite , n'ayant rienr de 
faillant, n'affeâe pas d'abord ; mais 
chaque couplet ajoute quelque cho- 
fe â l'effet aes précédens 9 l'intérêc 
augmente infenfiblement » & quel- 
quefois on fe trouve attendri juf- 
qu'aux larmes fatis pouvoir dire où 
eft le charme qui a produit cet effet, 
C eft une expérience certaine que 
*^out accompagnement d'inftrumenc 
affoiblit cette impreflion. U ne faut, 
pour le chant de la romance , qu'une 
voix jufte j nette , qui prono^e 
bien , & qui chante fimplementé 

La première fyllabe eft brève, 
la féconde longue & la troifième 
très brève. 

ROMANCIER î fubftantif mafculin. 
Auteur qui a compofé des roni^nst 
U fç dit paxticuU^remem d<s au- 
gure 



ROM 

tenrt des anciens roihans écries en 
vieux langage. 
KOMAND } ( le) pays de la Suifle 
borné par la Savoie , le Vallais , le 

f^ays de Gex de h Franche-comté. 
1 eft pofledé par les Bernois & les 
^ Fribottrgeois , ou. plutôc prefc^ue 
onrièremenc par les Bernois. Sa 
longueur eft d'environ 14 lieues-, i 
compter depuis Genève , jufqu'à 
Morar ; ce qui appartient aux Ber- 
nois comprend plus de cent cin^ 
auante PacoifTes » 8c forme treize 
iailliages, fans compter ceux d'Or- 
be 8c de Grançon que les Bernois 
pofledent par indivis avec les Fri- 
Dourgeois« 
ROMANE; adjeâif qui n*a d'ufage 
qu'en cette phrafe , langue Romane^ 
^ pour (ignifier » la langue qui a écé 
en ufage en France tous les deux 
premières races de nos Rois. On l'a 
auflî appelée langue Romance , ou 
tangage Romans ou Ramant. Elle 
étoit nommée rujlîque ou provins 
claie par les Romains , ce qui fem- 
,ble prouver qu'elle ti'étoit patlée 
que par le peuple fie les habitans de 
la campagne. 

Le plus ancien monument que 

nous ayons de la langue Romane 

eft le ferment de Louis le Germa* 

' nique auquel répondent les fei- 

Î;nettrs François du parti de'Char- 
es le chauve. 

Les deux rots Louis de Germa- 
nie & Chartes le chauve ayant à fe 
défendre contre les ^treprifes de 
Lochaire leur frère aîné , font en- 
tr'eùxiStrafbourg en 841 un traité 
de paix , dans lequel ils convien- 
nent de fe fecourir .mutuellement y 
^ fie de défendre letirs états refpeé):ifs 
avec le fecours des feigneurs fie des 
vafTaux qui avoient embrafTé leur 
parti. Du côté de CKarles le chauve^ 
r étoient les feigneurs^Ftançois habi- 
Tgm XXK 



tans de la Gaule , fie du cÂté de 
Louis 9 étoient les François orieo* 
taux ou Germains. Les premier» 
parloient la langue Ao/iM/ie , fie les 
Germains garloienc la langue Ta-' 
defque. 

Le&François occidentaux , ou les 
fujets de Charles le chauve , ayanc 
donc une langue différente de celle 
que parloient les François orien« 
taux 9 ou fujets de Louis de Germa- 
nie » il étoit nécefTaire que ce der^ 
nier prince parUt en faif^nt fon 
ferment » dans la langue des fujets 
de Charles 3 afin d'en être entendia 
dans les promefles qu*il faifoic » 
comme Charles fe fetvit de la lan-* 
gue Tudefque pour faire connoîcre 
fes fentimens aux Germains \ 8c 
l'un fie l'autre de ces peuples fie 
auffi fon ferment dans la langue qui 
lui étoit particulière. 

Nous ne parlerons point des ier« 
mens en langue Tudefque ; il n» 
s'agit ici que des fermens en langue 
Romane. On mettra d'abord le texte 
des fermens au-deilus de l'interpré- 
tation latine \ 8c enfin , dans une 
troifîème ligne j les mots françois 
ufités dans les XII fie XI1I^ 
fiècles 9 répondant i chacun des 
mots des deux fermens \ p^r-j^^oa 
verra d'un coup d'œil la relTem- 
bUnce des deux langues ï'rançoifes» 
fie leur rapport commun avec Iq 
Latin. 

Serment de Louis i. Rai de Ger* 

manie. La première ligne contient 
Us paroles du ferment ; la fccohdt 
r interprétation latine , & la troifièmc 
le françois du xijt. fièçle. 



Pro 'Deu amur fie pro ChrifUan 
Pro Dei amore & pro Chrijuana 
PorOéu amôrfie por Chriftiatv 
Dd 



poblo & noftro commun falvamêttt 
populo & nojiro communifalvamcntoy 
pople & noftre commun falvament 

dift cli en avant injquant Deus 
de ijia die in ab anu in quantum Dcus 
de fte di en avant en quant Deu 

favir &podir medunat^fi {alvarai 
fapcrc &potire mi donat , ficfalvaro 
iaveîr& pou me donne ^ fi falvarai 

jo cift meon fradre Karto , & 

egocccijlummcumfratrem Karlum^& 

^ |e cifl: mon frète Karle j & 

in adjudha er in cadhuna cofa fi 
in adfutum ero in quâquc una çaufajic 
en adiadha (erei en cas-cune eofe fi 

cunr om peE dreit fon^ £an- 
guornodo- homo per direSum fuum fra- 
; cum om per dreiâ: « Ton fre- 

^re farvar di(t in o qaîd il 
. trtm falyarc dchtt in hoc quid ille 
'. le falver dift en o qui il 

[ me altrezi fazet de ab Ludher 
mi/iherum Jicfdctfct & éb Loihario 
me altrefi faicet éc i Lothàire 

IH&l plaid numquam prindrai 
nullum pla^itum nunquam prcndcro 
nul plaid nonques prendrai 

qui 3 meo9voly cift meon fradre 
quod meoifbllcj €ccifli fnco fratri 
qui par mon voil ,. a cift mon frère 

Karle in damno fir. 
KcpIq in damno Jiu 
KarU en dan feic. 

P*eft-i-dire > <« pour Tamoar de 



ROM 

«1 Dieu , & pour Tamout du peupte 
)> Chrétien en notre commun faiut 
19 de ce four en avant autant que' 
i> Dieu m'en donne le faveur & le 
»j pouvoir y je déclare qiie je fau- 
» verai moq frçre Charles , ci prc- 
» fent , & Ipi ferai en aide d;ms 
•» chaotre chofe ( ainfi qu'un bom« 
» melelon la juftice doit fauverfon 
9> frère ) en tout ce qu'il feroit delà 
>»mème manière pour moi j & que 
js je ne ferai avec Lothàire aucun 
M accord qui par ma volonté PÇr- 
n teroit préjudice à mon hère 
i> Charles ci-préfent i*« 

Serment des Seigneurs françols ^ 
fujets de Charles- le ^Chauve. Ijïï^ 
première ligne contifnt les paroles 
du ferment ; la. féconde Vinterpré^. 
talion latine ^ & latroljième le jran» 
fois du xije.fiècle^ 

Si Lodiiuigs Sagramant que 
Si Ludovicus Sacramentum quod 
Si Louis le Sagrement que 

fbn frade Karlo, [urat , confervat^ 
fuusf rater Karlûs jurât , confervaty 
fon frese Karle ~|ure > conferve ^ 

& Karlus nieos (endra de fuo part 
& Karlus meus fenior defua pé^rtc 
8c Kàrles qion fenhor de fiie par( 

non*los tanit > fi^ jo rerarnar 
nonillad terieret^fi ego retornart 
ne lio nmlft , fi je retourner 

non lint piw ^ ne jo , * ne 

non UluM indè pofjum y nec ego^' nec 
ne l'eut ^oîk ^ ' ne [e ^ ' ne 

nenis coi ]o retumar int . pois ;; 
nullus quem ego retornare inctepojfumy 
fittU cui je retourner en t pois j^ 



iii nufla aînd Har cdûtra XoJavîg 
if^ ' nuUo aijuto centra Ludavicum 
£11 nal uùde contre Louis 

non H juer. 
fiQn UU futro. 
^Aqn li feraL 

Ceft-à-dîre «« fi Louis obferve le 
fc» ferment que Cbn frère Charles lui 
^ jure , & Que Charles » mon Sei- 
n gneur de la part ne le tînt point , 
»> fi ]e ne puis détourner Charles de 
»> ceviolement , ni moi , ni aucun 
M de ceux qae je puis détourner , ne 
»t feront en aide â Charles contre^ 
m Louis 9». 

On voit pas cet exemple que la 
langue romane avoir déjà autant de 
rapport avec le françois auquel elle 
a donfié naiflance , qu'ave c le latift 
4oBt elle foctoit. Quoique les ex- 
prefiions en (bienr latines j la fyn- 
taxe ne l'eft pas ; & Ton fait qu'une 
langue eft auffi diftinguée d'une 
autre par fa fyntaxe que par fon 
vocabulaire. Voye:^^ les Mémoires 
de l'Académie des Infcriptions & 
Belles Lettres. 

!R O M A N EL LI , ( Jean-François ) 
Peintre, né â Viterbeen 1^17, en- 
tra dans l'école de Plttrt dt Cor^ 
ione. Le Cardinal Barberin & le 
Cardinal Filomarino le recomman- 
dèrent à Sa Sainteté , qui l'employa 
i, plufieurs oi^vrages confidérables. 
Romanelli fut élu Prince de l'Aca- 
démie de St Luc» Le Cardinal Bar- 
berin ayant été obligé de fe recirer 
en France , prapofa ce Peintre au 
Cardinal Maiarin , qui le fit auflî- 

' toc venk , & lui donna occafion de 

faire éclater fes talens. Le Roi le 

créa Chevalier de St Michel , & 

lui fit de erands préfens. L'amour 

' 4è fa p^trip ic les follieications de 



fa fiamille' avoient rappelé Roma* 
nelli deux fois i Virerbe » lieil de 
fa naifiànce } enin il fe préparoit à 
revenir dans ce royaume * lorfqu^ 
la mort l'enleva à la Heur de fon 
âge» en 1661. Ce Peintre étoic 
d'une humeur enjouée. Le Roi » la 
Reine & les principaux Seigneurs 
de la Cour i'honoroient quelque- 
fois de leur préfehce j autant pour 
l'entendre parler , que pour le voir 
peindre» Il étoit grand deffinateur, 
non colorifte \ il avoir des penfées 
nobles & élevées , qu'il rendoit 
avec une touche facile \ (ts airs de 
tète font gracieux; il ne lui a man- 
qué que plus de feu dans fes com- 
pofitions. Il a fait peu de tableaux 
de chevalet. 

ROMANESQUE; adjeûifdes deur 
genres. Qui tient du roman , qui 
eft à la manière des romans. Avm^ 
turc romancfquc* Idccs romancfqucs 
Style romancfquc. Hiros romancf^, 
que. 

ROMANIE , ou RoMEiiB ; province 
de la Turquie d'Europe , bornée au 
nord par la Bulgarie ^ à l'eft par 
la mer noire , au fud par l'Archi- 

f>el 9 & la mer de Marmora j i 
'oueft par la Macédoine & la Bul- 
garie. C'eft un pays très' fertile en 
blé & en pâturages. Il y a des mi- 
nes d'argenr , de plomb , & d'alun. 
Il y a un Bâcha » donr le gouverne- 
ment eft le p4tts confiderable )des 
Turcs en Europe. Il fait fa réfidence 
à Sophie. On donne auffi générale- 
ment parlant , le nom de Romélie 
i tout ce que les Turcs poflédent 
en Europe. 

R O M A N O ; ville d'Italie , dans le 
Bergamafque, fur une petite riviè- 
re qui coule entre le Sefio & TO- 
glio. Il s'y fait un commerce alfes 
confidérable en blé. 

ROMANS ; ville de France dans le 
• Ddij 



Daaphiné , fur l'Isère , 1 i X lieues. 

fud j de Vienne. C'eft le fîège d'une 
juftice royale»d*fpe éleâion,(S'^.Elte 
doit fon origine à un Monaftère 
fondé dans le IXc. (lècle , oui a été 
"^ ficularifé , Sc donc la menie abba- 
L tiale a été unie à T Archevêché de 
'Vienne. II y a dans cette ville une 
Abbaye de filles , ordre de Cîceaux^ 
fondée en 1 5 5 1 « & plufieurs Coa- 
vens de^ Religieux. Romans eft un 
Gouvernement particulier du Gou- 
vernement militaire de Dauphiné. 
liOMANT ; voye^ Romane, 
il O M À R 1 N i rubftantif mafculin. 
Rofmarinus. ArbrifTeau qui croît' 
fans culture dans les pays chauds & 
fecs, comme en EfpagRe j en Italie» 
en Languedoc & en Provence ; on 
le cultive auffi dans les jardins : fa 
racine eft menue & fibreufe 9 elle 
pou (Te une tige en arbrilfeau a la 
hauteur de trois ou quatre pieds , 
divifée en plufieurs rameaux, longs> 
grêles » cendrés» garnis de feuilles 
• étroites » d'iin vert brun en deffus , 
blanchâtre en de(ïbus , peu fuccu- 
lentes » d'une odeur focte , aroma- 
tique , agréable , &c d un goût acre : 
fes fiaurs , qui paroifTent en Avril» 
Mai & Juin i font en gueule » peti- 
tes , mais fort nombreufes , mêlées 
parmi les feuilles. Chacune d'elles 
. êft un tuyau découpé par le haut 
.. en deux lèvres ^ de couleur bleue 
. pâle » ou tirant fm le blanc j d'une 
r^ odeur plus douce que celle des 
feuilles : à ces fleurs fuccédent des 
femences menues , arrondies , ;oin* 
: fes quitte enfemble , & enfermées 
dans une capfule qui a fervi de cali- 
: ce à la fleur. 

Il y a d*autres fortes de roma* 

. fins j dont Tun a les feuilles fem- 

btables au Fenouil , & la graine 

blanche fentant la téfine : un autre 

:* • ^9 g^taine noire ; on autre qui l 



ROM 

ctoit^rmi.les rochers t eft prefqoe 
toujours ftérile. Le romarin fauva-» 
ge de Bohème a le boi^ de "fes 
branches rouge , fes^ feuilles vertes 
deflus & rouges deflbus.; fon odeur 
approche de celle du citron. 

Toute cette plante fenc un pea 
le camphre ou Tencens. Le romarin 
a été connu de tout tout temps â. 
caufe de fon utilité , & parcequ'oti 
lemployoit autrefois dans les çpu* 
tonnes ou chapeaux de fleurs : il 
vient de bouture , & à^ toute fotte 
d'expofition ^ il veut feulement une 
bonne terre , ic prend telle forme 

aue Ton fouhaite , fnrtout quand 
a été multiplié de plants enraci^ 
nés : les grands froids lui font con- 
traires & le font périr » de même 
que fi on lui met du fumier au pied. 
On^ a foin d'accélérer fon accroifle-^ 
ment » & de le rendre plus dur aux 
intempéries des faifons» et» cou«- 
pant les ibmmités de fes rameaux. 

On ne fe fert ordinairement eti 
Médecine que des feuilles & des 
fleurs de cet arbri fléau \ mats on 
doit préférer celui qui croît aux en* 
virons de Narbonne en Languedoc; 
fon odeur eft plus agréable. Étant 
pris intérieurement 5 il fortifie le 
cerveau} il eft bon contre Tépilep- 
fie & les vapeurs hyftériques î l'eau 
où les feuilles & les fleurs de roma- 
rin ont macéré pendant la nuit» eft 
bonne pour la jaunifle & les fleurs 
blanches; elle- foftifie la mémoire 
& la vue. On fait, par infufion» un 
vin de romarin » qui convient dans 
les affeûionsdes nerfs } on prefcrit 
auffi ce même remède pour la fté^ 
rilitc. 

La liqueur appelée eati de la Rel^ 
ne de Hongrie^ eft tirée par la diC- 
tillation , des fleurs & des calices de 
cette plante , mis en digeftion'dans 
l'efprit de vin } on 7 ajoute quel^ 



moH 

^ii^fois les jeunes feuilles pouf la: 
rendre plus force. Tout le monde; 
faic que cette eau semploie avec 
fuccès, dans les défaillances ^4^"^ 
les éroucdifTeaiens , dans les verti- 
ges (c dans le's vapeurs hyftériques 
& hypocondriaques j on eh prendi 
une petite cuillerée dans un verre' 
d'eau. 

Les Apothicaires tietmenc 4^ns! 
leurs boutiques une eau diftillée , 
une conferve, & un miel de roina- 
rin ^ ce miel eft connu fous Ien,om 
d'amhofac. Le romarin produit audi j 
par la diftillation une huile eiïen- 
tielle» qui eft merveiUeufe poi|r les 
affcâions du cerveau Se de la ma- 
trice. Bbheraave la regarde comme 
le meilleur remède contre 1 epilep- 
fie I Se pour procurer l'écoulement 
des règles* 

On fait ufage extérieurement des 
feuilles de romarin bouillies dans 
du vin j pour fortifier les nerfs Se 
les jointures» ^poat réfifter à la 
gangrène. On en brûle dans les hô- 
pitaux, conjointement avec les baies 
-Qc genièvre 5 pour corrijger lair 
corrompu par les mauvaifes etha- 
laifons oui y régnent & pour dé- 
tourner les odeurs contagieufes* 
J(0MBAL1ÈRE ; fubftamîf féminin 
& terme de Marine* Onapjpelleainfî 
les planches qui couvrent le dehors 
de la galère & qui Cbnt attachées 
avec de grands clous de fer. 
.ROMBOUTS, (Théodore) Peintre 
né à Anvers en -i 5 97 , poffédoit 
très-bien la partie du coloris; mais 
trop prévenu en fa faveur, il op- 

5oia toujours fes ouvrages à ceux 
u célèbre Rubcns » foii contempo- 
rain , & fon compatriote. Ce paral- 
lèle qu il auroit dû prudemment 
éviter , aggrandit en quelque for- 
ce » les détauts Se diminua les beau- 
jéi de ies uUeaux. Après avoir 



JIOM 115 

' pûnii (les fujets graves & .m^e(« 
tjieux j il fe délaUoit à repréfeçter 
des atTemblées de Charlatans » de 
Buveurs , çle Muficiens , &c. On a 
peu gravé d'après lui. U mourut i 
Anvers en iô^j* 
RÔMEj yill0i4meufe & copfidéra- 
ble d'Jtalie ,* îîtpée fur le Tibje , 
f nvif on à 1 5 5 lieues de Turin y à 
}oo de Madrid, à jjo au fud-eft 
de Paris, à 540 d'Âmfter4am , i 
5 1 o nord-oueft de Conftantimple , 
Sei 1 90 fudeft de Vienne , fous la 
jo» degré , io tii) invites, de longitu- 
de, & le 41 » 54 minutes de lati-* 
tude. 

La plupart des Hiftoriens fonc 
venir le nom de cette ville , de 6lo« 
mulus qui en eft regardé comme 
le fondateur , Se quoique Tempo- 
rarius dans U troifièm.e yplume de 
fesDémonftraticma chronologiques, 
Cluvier dans fpn Italie ancienne 
aient regardé comme des fables les 
hiftoires ile Romulus Se même des 
autres Rois de Rome \ il paroîc 
difficile de les révoquer en doute. 
11 y avoit même eu probablement 
une ancienne ville à l'endroit où 
Rome fut fondée \ mais elle n'e* 
xiftoit plus du te^ps de Romulus» 
Janus, Saturne , Hercule, Êvaii* 
dre, y.avoient habité, fi Ion en 
croit les Htftoriens de Rome; mais 
on n'avoid de tout cela qu'une tra- 
dition obfcure & incertaine, au lieu 
que depuis Numa il y avoit des 
Annales dreflfées par le Grand Prê- 
tre, Se d'autres monumens que 
Tite - Live confulta , & qu on ne 
fauroit foupçonner d'être faux en 
tout point. Il fe peut bien faire 
cependant que le nom de Rome 
fut venu du mot grec qui exprime 
la force , auflî bien que le nom de. 
Romulus ; Se que l'allégorie d'une 
. louve qui le nourrit > (pit relative 



àT4 ROM 

à la force de ce Héros , oa À la 
Inaavaife réputation de fa mère. 

Les variations de poiflance & 
les alcernatives de pecicefle, & de 

frandeur , ont été plos fingulièces 
ans la ville de Rome » que dans 
• aucun autre Ueudu monde; fes 
commencemens furenc foibles & 

Î Petits ; fes accroiflemens lefits & 
ucceffifs. Dès qu'elle fut parvenue 
à un certain degré de grandeur , les 

r Glulois la brûfêrenc } elle fut reba- 
tie> mats^avec précipitation.& com« 
me au hafatd; il n'y aVoit atlors 

^ ni Ingénieurs » ni; Architeâes , ni 
alignemens , ni régularité. Le luxe 
s'y étant introduit à th^fure que 
Ses conquêtes s'écendoient , elle de- 
vint fuperbe dans fes édifices , fur- 
tout fous les premiiels Empereurs. 

• Après l'incendie arrivé* fous Né- 

< ron , les reconftruâions furW fai- 
tes avec ordre de avec deJTein ; & 

> la ville s'accrut tellement qu elle 
s'érendoic depuis Ocricoli qui eftâ 
treize lieues Se demie , au nord , de 
Rome , jufqu'à la isier qui en eft â 

*' f\x lieues au fud-oueft ; elle fut en- 

' > fuite faccagée & brûlée par tesGoths 
& les Vandales ; elle alla toujours' 
en diminuant , jufqu'â ce qu'enfin 
Totila acheva de la ruiner en 54^. 
Depuis ce temps- là elle ne fe ré- 
tablit plus » foumife aux Exarques; 
de Ravcnrie, gouvernéeenfuire par: 

- le peuple romain, & enfin par lesj 
Papes f elle cefta pauvre & gtof- 
iière. Le féjour des Papes en France 
.depuis Tan 1309 , jufqu'à ijtf?» 
la rendit prefque délerte. Ce fut- 
U le fiècle de fon plus grand abaif- 
fement ; maïs après cette époque , 
le foin que jpluueurs Papes en ont 
pris l'a conudétablement relevée , 
&^elle s*eft augmentée continuel- 
lement depuis deux fiècles : les 

- ' ieaux attt quii y ont.fleuri .^ * les. 



ROJVP 

beautés de l'ancienne Rome qti^ott 
a fait fortir de la terre» & celles 
qu'on y a [encore ajoutée , lonc 
mife de nouveau au rang des pre-- 
mières villes du monde. Elle e(b 
aujourd'hui non -feulement la ça« 
pitale de l'Italie dans l'état de l'É-* 
glife , mais elle eft encore â plus^ 
d'un égard , la capitale de tous les 
royaumes catholiques , puifque cha« 
cun d'eux a le droit d'y nommer un 
Miniftre » Se que leurs caufes ec- 
clefiaftiaues , même , leurs caufes 
temporelles , y font jugées par l^ 
tribunal de la Rote, compofé' de 
Jiiges de chaque nation. 

Rome fut divifée foys l'empiro 
d'Augufte en quatorze régions : la 
première étoit celle de la porte Ca-* 
pêne } elle renfermoit le temple de 
Mars fitué hors des murs > fur la 
voie Appienne , & tous les environf 
de la porte St.*Sébaftien. 

La féconde région éroit appelée 
Cœltmontana , parcequ'elle étoit fi- 
tuée prefque en eAtier fur le monç 
CÎœlius , a Torient de la première 
région. Elle renfermoit principale* 
ment la Saburra Se tout le quartier 
de Saint- Jean-de-Latran. 

La troifième région appelée Ifis^ 
étoit fituée au nord de la fécond^ 
région , fur une partie du mont Ef» 
quilin; elle renfermoit le Colrfée , 
les thermes de Titus & le qiuirtiec 
d<; Saint Pierre aux liens» ^ 

La quatrième région appelée Vm 
facra ou Templum pacis , s'étëndoi t 
entre le Capitole , le Palatin 3 le 
Quirinal Se TEfquilin ; elle joignoit 
le Forum ou la principale place de 
Rome qui eft àujourd'Jvui le Campo 
Faecinno , & renfermoit la voie 
facrée. 

La cinquième région étoit appe* 
lée EfquUina , â caufe de la monta-» 
gne quelle oecupbit ^ elle s'érendoic 



: fexs la potte de Saint-Laurent » la 
porte Majeure » & jufqu'aox envi- 
. rons de Sainte Agnès , hors -des 
. murs. 

La d&ième rçgion de Ronve.è^oic 
:} .appelé altà fcmitay du nom d'une 
/ mçntée rapide qui étoir dans le jar- 
din Colonne, du côt4. des Saints 
Af 6tres ; elle éroir au nord de la 
cinquième région. Elle renfermoit 
une partie du Quirinal « la place de 
la, colonne Trajane.» l'eiidroit où 
. V eft le Palais de Monté Cavallù , les 
(jàrdii^s ide Çolçnne ,* naènie une 
. parcie^du Monte PinciOf vers la Tri- 
nité du mont. 

La feptiènie région étoit celle 
de via lata , ainfî appelée i çau£^ de 
la grande rue qui portoit le m^me 
nom , & qui eft ai^jottrd*h\ii pne 
partip du cours. Elle étoit, au pied { 
du Quirinal » joignant le champ de 
Mars , du côté du couchant \ elle 
. embr^fToic le quartier de la fontaine 
de Treyi^.dejla place' Grimana'^ duj 
Cpllége rptna«in , de la Minerve ^ & ' 
.ie cirque de Floija autrefois^ très-! 
^ /célçbté.;.^. ,:,l,,.^ , .. , ; 

La huitième région i appelée Fo- 
y rum romanum , écoit la plus remar- 
./ quablede toutes, parçeque le «Fa-: 
^ -rupt «oie le centre .de^la ville,, le' 
/ lieu des aflèmblées: du peuple ,. Ifen-j 
. droit où fe d^cidcient Je^ affaires 'y 
x'eft ce qui a JTait doniiier le nom dej 
i^0rttm aux iTribunaux de Jciftiofe &« 
aux chofes qui , y font relatives. 
Cette région étoit cependanç aflezj 
^ petite , fe ré!fijii%ît prefqiie ^ Ça ' 

.. .fitole 6c aixÇampoyaçcinno. 
l. La neuvième ré^^ion appelée p>- 
• €us FlammiuSyhovthoiqçfii^^ 
par le Capitole , au aprd ^ au cou- 
chant par le Tibre ; elle s'éçendoit 
jufqu'a la porte du peuple î elle 
, étoir grande & célèbre par le nom-' 
;. bre des édifices fuperbes qu'il y 






avoir dans le champ de. M^rs , dans 
les prés de Fiaminius , quoique ces 
édifices fuITent prefque tous hors des 
murs. Cette neuvième région qen- 
jfermoit ieippriiûi^e..4'Oâtavie., le 
Panthéon ,: la^pU^:^ Navonne | U 
yàiej^hminia &c les Jardins de ^^^ 

La dixième région s'appeloit Pa-* 
latium , â caufe du palais des Em- 
pereurs ; elle renfermoir princîpa^ 
lement le mont Palac^n ),c'étoir par 
conféquent la région, la ; plus , an« 
cienne &: la plus célèbre de toutes ^ 

f^uirqu'elle a voie été, le berceau' de 
ancienne Rome. 
La onzième région appelée Çircus 
i maxifnus y éiovc comprife entre le 
mont Palatin , le mont Aventip & 
V le Tibre : cjle renfernKiit au(S TAu* 
,, tel quHerc^ avoir drçffé 1^38 
- ans avaat Jésus-CHaiST au pied du 
mpnt Aventin. 

La douzième, région appelée Pif- 
I clpapui/ifqy étoit; toute jifenfei^mée 
entre le grand Cirque $ç l^s tàer- 
,; mes' d'Aptpnin; j (on nort) :\5eiioic 
. d^anb^flinpublic où les jaunes gens 
alloient .apprendre à nager j pour 
. ne pas s'expofer à périr en s*exerçanc 
dans leTibreCettepirpine é€oîç/or- 
T ;méeparr<7f f/'a^^iâ,la première qM on 
.. ^aniena dans Rome. Qn ne JG^it^pas 
l préclférçent; la ntuatio/n deîla pif« 
cine ; mais cette région rei|feriiioic 
r'iesr thermes d'Afironinçu de Ca« 
. I racalb ; c*eft le feul mPHUmenc 
^^ çonfidécabje dc^t 1^ (^qfition /oic 
^^ -: i^f^f^i^^P, dxns^h ^pji^innfe.r^gion. 
.1 Lz treizième régioi7:étoi( appelée 
. jéycntlnui^ ,, garcequ'ell^, ; occupoic 
pcincipalement le tnopt Aveoiin : 
, cette- région ; renrermpic aûffi le 
monte Tejlatio & la' pyramide de 
Çeftius qui eft auprès de la porte 
Sfiint,-PauL i. ., • > 

l .Là quîit>?r2i^n}e & ]4ernièj« ré- 



\ti4 



ROM 



^ gion de ranci eniie Rome, fuîvant 

la divifion d'Âugufte , écoic appelée 

Trans • Tiberina , parceqa'elle ren- 

fermoit toute la partie de Rome 

^ qui étoit aurdelà du Tibre, le Ja- 

- nicule , le Vatican & Tîle appelée 

' aujourd'hui Saint Barthelemt. * 

Rome moderne e(l divifée en 

Î[ua(or7e quartiers appelés Rioni^ 
uiyant une ancienne divifîon en 
-' treize parties auxquelles Sixte Qiiint 
'- eh ajouta une quatorzième, pour 
former le même nombre de quar* 
tiers que du t^mps d*Âugufte. Les 
limites en oht été mieux détermi- 
nées du temps de Benoît XlV , & 
on les trouve marquées fur des 
pierres en difFérens endroits de la 
villfe. 

L affiette de Rome eft belle & 
ttvantageufe ; les Mtites montagnes- 

aui fe trouvent dedans , procurent 
e la variété dans les plans , for- 
ment des points de vue agréables j 
& ddi^nent la facilité à ceux oui 
habitent dans le bas » de prendre 
Tair fans fortir de Rome , en mon* 
cane fur lés élévations. La ville eft 
percée par de erandes rqes droites 
qui la traverlent en tout fehs ^ 
d*un bout à Taurre ; elles forment a 
' leur rencontre de beaux carrefours, 
tels que celui dés quatre fontaines , 
& 'plufienrs antres dans la rué du 
Cours» ' 

Il y a dans tes carrefours' de ko- 
tfitlk dans quantité dé petites pla- 
' ^éSi des fontaifies qui donnent béau-^ 
iéodp d'agrément à de'gàieté à ctette: 
ville<^H fèçrie' un air de grandeur! 
dans tonte Ta ville dé Rome , qui 
viéiit 4e ce que lé^ façades princi- 
pales font toujours fur la rue , i 
caufe des fpeâracles qui s'y paflent; 
cet air de magnificence vient auw 
de la hauteur des édifices qu'on eft 
p^lieé 4'^{çvei: beaucoup afin d'aï 



no M 

voir plufieur's étages plus ou môtns 
éloignés du fol. On fait fervir èes 
djfférens étages aux différentes fai- 
fons de Tannée \ car il eft d'ufage 
Thiver d'habiter lesappartemens les 
plus élevés f tels que ceux qui font 
immédiatement fous le toit , & en 
été , d'habiter le rez «* de* chauffée. 
Quant au premier étage qu'on ap^ 
pelle communément appartamcnta 
nobitt , il eft deftiné aux fêtes iC 
aux ademblées extraordinaires. 

Le premier des quatorze qiiar** 
tiers de Rome eft^ appelé celui des 
montagnes î parcequ'il renfermé le 
mont Quirinal , le Viaiinal & TEf-- 
quilin } il commence vers l'extré- 
mité du cours , à l'endroit appelé 
Riprtfca de Barbtri , & renferme 
toute la partie orientale & méridio- 
nale de Rome , depuis la porte 
Saint Laurent jufqu'â Saint Jean de 
Latran. 

On y remarque la colonne Tra?^ 
Jane , un des plus- beaux monumens 
de l'ancienne Rome , & qui eft en 
même temps la plus belle colonne 
qui foit au monde \ elle a eu l'a^» 
vantage d'échapper aux ravages des 
barbares , & de reftcr en placé aa 
milieu des ruines dont elle étoic 
environnée ^ ^tiffi bien que la cô^ 
lonhe Aiitofiinê \ on voit par l'inf- 
criprionf qu'elle fut élevée aprèi la 
vîadîre oue Trajah remporta fur 
iesDacesl'an loi déJésus Christ. 

On V voit auflfi le Colyfée , am- 
phithéâtre fuperbe qui étoit deftiné 
aux Gladiateur^ 6c aurres fpeâr^N» 
clés des Romains. Il fut bâti • par 
l'Empereur Vefpafien , après qu'U 
eut triomphé des Juifs l'an 71 de 
Jisusi-CHRiST, ' 

C'eft encore dans ce quaitier 
qu'eft l'Eglife patriarchale de Sainte 
Marié Majeure, ainfi appelée parce* 
qu elle eH la plm conMérabte dei 



ROM 

ëglifes confacrées à la Vierge ; 
elte fuc bâtie dans l'endroit où 
ctoic un Temple de Junon , Junonis 
LucinA. Les auteurs difent que ce 
fut en conféquence d'une viuon de 
Jean ^ Patrice romain ,& du Pape 
Liberius à qui le plan même de l'é- 
glife fut tracé miraculeufement par 
une neige tombée du ciel le 5 Août 
de l'an 551 fur le mont Efquilin. 
BaiHetj Tillemont & d'autres cri- 
tiques ont révoqué en doute ce mi* 
racle ; d'autres l'ont admis & l'ont 
rapporté à des temps poftérieurs , 
c'eit à dire , au Pontificat de Sixte 
III 9 tels font Sollernius dans fes 
notes fur le martyrologe d'Ufuar- 
dus « les BoUandiftes^ Benoît XIV , 

Le fécond quartier de Rome qui 
eft au nord . de celui dont nous ve- 
nons de parler , tire fa dénomination 
de la grande fontaine de Trévi ; il 
commence dans le cours , à la rue 
appelée Riprcfca de Barieri, éc paf- 
fant vers la Colonne Tra jane , par 
la montée de Magnanapoli, & par 
Strada Papale , va aux quatre fon- 
taines , â la Porte Pie , à la porte 
Salara, & revient par la Place Bar- 
berini , le Collège de Nazareth , 
régoùt appelé del Bufaloy Saint 
Claude des Bourguignons , l'Arc 
de Cïrbognano» la Place Sciara|flans 
le cours. 

On y remarque 1^. le Palais Bar- 
berini qui eft un des plus beaux & 
des plus vaftes palais de Rortv? 3 
avec de grands jardins dont l'em- 
placement forme une ile quia plus 
décent toifes en tout fens , quoique 
dans le fein de la ville» & fur le 
mont Quirinal. 

Ce palais eft de rarclnteâure du 
Cavalier Bernin , & fut fait vers le 
temps du Pape Urbain VIII, qui 
étoit de la Mfifon Barberini. 

Tqhic XXF. 



ROM 117 

i*. Le Palais Pontifical de Monte 
Cavajlo qui eft dans une très belle 
iituation^ les points de vue en fonc 
grands, les bâtimens nobles , mais 
fa forme eft très-irrcgulière , & la 
fontaine qui eft dans le milieu n'eft 
pas bonne. 

C'eft fur la place de ce Palais , en 
face de la Strada Pia que Sixte- Quinc 
fit placer deux grouppes de marbre 
de proportion coloffale : ce fonc 
deux chevaux tenus chacun par un 
jeune homme qui femble les domp-^ 
ter. Ces deux grouppes font an très* 
bon effet. 

Ce font eux qui ont fait donner 
an Palais Pontifical , le nom vul« 
gaire de Monte Cavallo. Ce fuc 
Conftantin , qui les fit venir d'Ale- 
xandrie, & ils étoient dans les ruî« 
nés des Thermes de Conftatttin, 
d'où Sixte Quint les fit tirer par les 
foins de Fontana. 

} ^. Le Palais Colonne le plus vaf« 
ce^ & le plus riche qu'il y ait à Ro-* 
me. Il eft bâti au pied du Quirinal,d^ 
il a« des ^jardins qui s'étendent juf- 
au'au fommet de la montagne \ fa 
(itoation dans la place des Saints 
Apôtres , eft une des plus belles 
qu'on ait ï Rome , & il eft occupé 
par la plus illuftre famille qu'il y 
ait dans cette ville. 11 fut commencé 
par le pape Martin V , qui étoit de 
cette maifon; mais il a été aug- 
menté à diverfes reprifes par les 
Cardinaux & les Princes Colon-, 
ne. 

Le troifième quartier de Rom» 
tire fon nom de la Colonne Ânto* 
nine , qui eft au milieu d'une des 
plus belles places de Rome. Ce 
quartier commence à la Porte Pin- 
ciaha y il s'étend vers la Propagande , 
puis a Sanclo Torenzo in Lucina » 
à la Place de Saint Ignace ou du 
Collège Romain, & renv)nte par 
£e 



fci8 ROM 

l'arc de Carbognano^ jufqu'a la 
Place Bacberini & à la Vill^ Ludo- 

vin. 

On 7 remarque la Rotonda y ou 
le Panthéon qui eft le plus beau refte 
de la magnificence de l'ancienne 
Rome , & le feul Temple des Ro- 
mains qui fe foie confervé dans fon 
entier. On lit fur l'architrave de la 
façade extérieure cette infcription : 
M. Agrippa L. F.Cof. tercium fecit , 

Î[ui nous apprend que ce bel édifice 
ut fait par Agrippa , Gendre d'Au- 
. guft.e. Il y a des Auteurs qui pré- 
tendent qu'Agrippa ne fit faire que 
le portique; & l'on voit en effet, 
«ntre le portique & le corps de la 
Rotonde, une difparité de conf- 
rruâion , qui donne lieu de croire 
. que le corps du bâtiment ou la ro- 
t(||ide avoit été bâti du temps de 
la République Romaine , & que le 
Porche fut ajouté par Agrippa*; 
quoi qu'il en foit, ce Temple a été 
célèbre fous le nom de Panthéon ou 
de Temple de tous leà Dieux > & 
l'Empeteur Adrien le Jécor^ inté- 
rieurement de colonnes.. 

Lorfque le Pape Boniface IV 
voulut abolir à Rome le fouvenir de 
l'Idolâtrie, il obtint de l'Empereur 
Phocas la permifiion de changer ce 
Temple en une Églife , qu'il dédia 
l'an 607 à la Vierge & à tous les 
Xfartyrs , fuivant Te Cardinal Ba- 
ronius^ dans fes notes fur le Marty- 
. rologe Romain , & y fittranfporrer 
de différens Cimetières de Rome 
, la charge de vingt-huit voitures de 
reliques , dont il fit le dépôt fous 
le pavé du grand autel. 11 y baptifa 
plus de cent Juifs qui furent con- 
vertis de fon temps par la guérifon 
d'un aveugle né , attribuée a Tan- 
cienne image de la Vierge , que l'on 
révère dans cette Églife, & qui 
pafle pour ctre de Saint-Luc \ ony 



ROM 

tonferve l'ancienne image du SaM 
veur. 

Grégoire IVj en 850 , confacra 
cette Églife â l'honneur de tous les 
Saints , & ordonna que ce feroit à 
l'avenir une fête de commandement 
dans toute l'Églife Catholique , 
comme on la célèbre encore le pre- 
mier de Novembre. C'eft auffi une 
grande fête à la rotonde que le joue 
des morts. ^ 

Le quatrième quartier de Rome 
a retenu le nom du Champ de Mars » 
dont il occupe l'emplacement, & it 
forme la partie feptentrionale de la 
ville , depuis la Porte Pincienne , 
& la place d*Efpagne jufqu'au porc 
de Ripetta & à S. Loren\o in Luci^ 
nâ dans le cours. ^ 

L'ancien champ de Mars , cam* 
pus Mart'is , avoit été le champ ides 
Tarquins, & après leur expulfion 
il fut confacré au Dieu Mars \ cotti* 
me tel , il devint le lieu des exer- 
cices militaires, courfes, combats» 
fpedtacles fur la terre & fur le Ti- 
bre, & des aflemblées du peuple. 
Strabon dans fon cinquième livre 
nous en donne une ample defcrip- 
tion; il s'étendoit du nord au fud 
depuis le Panthéon jufqu'au Mau- 
folée d'Augufte, près de Ripetta, 
& jufqu'au pont Saint- Ange , c'eft- 
àl^ire, qu'il avoit plus de deux 
cent cinquante toifes de long : il 
comprenoit la place Navone, & 
tout ce qui eft au nord de cette 
place jufqu'aux bords du Tibre j fa 
largeur d'occident en orient étoic 
renfermée entre la voie Flaminia 
vers l'orient ^ & la Via rccla qui 
conduifoit au Pont triomphal , & 
qui eft aujourd'hui la Straia Giu^ 
lia , vers l'occidenr. 

11 étoit environné de portiques, 
de temples , de théâtres , d'amphi- 
théâtres & autres édifices \ les pria- 



ROM 

dpaux étoienc le portique d'Êuro- ^ 
pe , les fcpia , le Panthéon , le cir- 
que appelé -Éçz/zV/V, qui fer voit aux 
courfes des chevaux , les thermes de 
Néron , le portique de Gracien. La 
partie où Ton s*exerçoit à la cour- 
le, étoit couverte de gafon , com- 
me Tindiquent plusieurs Auteurs. 

On y remarque la porte du peu- 
ple , autrefois porta Flaminïa , qui 
lire fon nom moderne d'un bois de 

{peupliers qui en étoit voifin. •C'eft 
a potte la plus feptentrionale de 
Rome, & celle dont l'entrée eft la 
plus noble ; elle annonce la ville de 
Rome de la manière la plus bril- 
lante à ceux qui arri\rent ae France 
& d'Allemagne par la route de Flo- 
rence. Caius Flaminius avoit fait 
conftruire jadis vers cet endroir , 
une porte de fon nom ; Pie IV la 
fit reconflruire fyi les defleins de 
Michel-Ange . par Barrozio de Vi- 
gnole» qui décorala partie extérieu- 
re de cette porte. 

On voit auflî dans ce quartier le 
Palais Borgbèfe qui eft un des plus 
beaux & des plus riches palais de 
Rome. Il fut commencé par le 
Cardinal Dezza en 1 590. Martin 
Lunghi donna les delTeins de la fa 
jade principale , gui a cent quatre- 
vingt-cinq pieds ae long; Flaminio 
Ponzîo fît celle qui eft du côté de 
Ripetta ; on y a joint dans la fuite 
un autre grand bâtiment qui fert 
de commun pour les gens d^ la mai- 
fouj fur les defleins d'Antoine de 
Batifti. Ce palais à l'extérieur a de 
la nobleïïe > ainfî que tous les palais 
italiens ; ce qui provient de la gran- 
deur de fes ma(tes & du peu de di- 
yiHon de fes parties. 

L'appartement du rez de chauffée 

% une enfilade d'onze pièces» tou- 

. it% ornées de tableaux précieux : pn 



3: 



F. 



ROM 2T> 

prétend qu'il y a dans ce Palais /uf^ 
qu'à 1700 originaux. 

Le cinquième quartier de Rome 
tire fon nom du pont Saitit-Ange > 
ui en faifoit partie avant le temps 
e Sixte Quint. Ce quartier com- 
mence à la place du pont Saint- An- 
je, & s'étend le long du Tibre vers 
a grande & belle rue appelée Stra^ 
da Julia , & jufques du côté de la 
place Navonne. 

Les environs du pont Saint-Ange 
étoient autrefois une des parties les 
plus ornées de la ville de Rome ; 
on y trouve aâuellement plus de 
peuple que de haute nobleffe. La 
place qui eft devant le pont Saint-' 
Ange efl celle où fe font les exécu- 
tions de Juflice; elles fe faifoient 
autrefois fur la roche Tarpéienne , 
dans l'endroit appelé Monte Capri" 
/7o» mais on a changé cet ufage der 
puis l'an 1488. 

Le fixième quartier de Rome ap- 

[)elé Hîone di Parione^ s'étend fur 
a place Navone dans ' le Champ de 
Flore & tous les environs , jufqu'au- 
près de S. Andréa délia Valle \ il 
occupe une partie de l'ancienne ré- 
gion du cirque de Fbminius & du 
Champ de Mars } fon nom de Pa* 
rionc vient par corruption de l'an- 
cien nom des Huîflîcrs Apparitores 
qui y avoient peut-être leur habita* 
tion. 

Le Champ de Flore efl une an- 
cienne place dont le nom vient , 
fuivant quelques Auteurs , de la 
MaîtrefTe de Pompée dont il efl 
parlé dans Plutarque ; il eft plus 
vraifemblable qu'il vient d'unecour- 
tifanne nommée Tcrralia , qui laifla 
cet emplacement au peuple Romain, 
& inftitua des jeux floraux analo- 
gues à la profeffion qu'elle exer- 
-oit. Laitance dit que les Romains 
a fuppofanc Déeflè des fleurs^^ la 
£e ij 



i 



*io ROM 

déifièrent (bus le nom àt Flora } on 
y tient un marché de grains ^ Se 
tous les lundi ôc famedi Te marché 
aux cbevaux. Cette place eft aufli 
le liçii des exécutions de ceux que 
l'inquifîcion livre au bras féculier , 
& c'eft-lâ où fut brûlé le célèbre 
Jordano Bruno : mais ces forces de 
Tragédies font rares aâuellement. 
On voit dans ce quartier le Pa- 
lais OrHni qui occupe l'endroit où 
fut le théâtre de Pompée, le pre- 
mier théâtre fixe qu'il y ait eu â 
Rome. 11 étoit fi grand qu'il pouvoit 
contenir 8ocoo (peâateurs , & ce 
fut là que les conjurés placèrent un 
grand nombre de Gladiateurs le 
jour que Céfar fut tué. 

On voit encore dans l'écurie de 
ce Palais plufieurs voûtes rampan- 
tes , faifant partie de celles fur lef- 
auelles les degrés étoienc pofés : on 
iflringue la pence de ces voûtes vers 
Saint André délia Valle » & l'on 
voit que les maifons voifines font 
un demi cercle y dont le diamètre 
eft la rue qui aboutit à cette Êglife; 
ce qui fait voir que la fcène étoit 
de ce cocé'li : il paroît aufii que c'eft 
U qu'étoit fiflle le porcique dont 
parie Vitruve , où le peuple fe re- 
riroit pendant la pluie , Se où les 
AAeurs faifoient la répétition des 
chœurs & des ballets } cette conjec- 
ture paroît établie par l'ancien plan 
du Capicole, qui fut fait fous Sep- 
time Sévère , où l'on voit un frag- 
ment du théâtre de Pompée & des 
Portiques qui font placés de la même 
manière que nous venons de le dire. 
Le feptième quartier de Rome 
s'étend le long du Tibre , depuis les 
prifons neuves jufqu'à la Juiverie , 
& vers Torient à Saint Carlo de 
Catinari , & â Saint André délia 
Valle. 11 s'appeloic Arcnula , â caufe 
de la quantité de (able que le Tibre 



f. 



ROM 

jette fur fes bords , dans la princr- 
pale partie de ce quartier j on en a 
fait par corruption Argola^ Se en- 
fuice Regola. On remarque dans ce 
quartier le Palais Farnèfe qui eft re- 
gardé par les connoifieuts j comme 
e plus beau de tous* les Palais de 
Rome. U fiu commencé fut les 
defieins non pas du Bramanre , 
comme on l'a cru , mais d'Antoine 
Giamberti de Sangallo ; MicheU 
Ajiee le continua jufques à la cor-> 
niche j il en régla la forme inté- 
rieure, fit Gonftruire l'efcalier & 
les ornemens de la Cour , à l'ex- 
ception de la gallerie du cocé du 
couchant, c'eft-à-dire vers Strada^ 
Julia y qui eft un bel ouvrage de Jac- 
ques délia Porca; on lie avec regrec 
que le Pape Farnèfe , Paul 111 , élu 
en 15^9 fie enlever le marbre Se 
les pierres de caille du Colfée Se 
du théâtre de^Marcellus pour la. 
conftruâion de ce Palais, Se l'on 
n'en parle encore à Rome qu'avec 
exécration. 

Le huitième quartier de Rome 
tîre fon nom de TÈglife de Saine 
Eaftache ; il s'étend au midi vers 
la Place Saint-Marc ; au couchant 
vers 5. Carlo de Cartinari ; il <:om- 

[>rend la Sapience , Saint André del- 
a Valle , le Gouvernement , le Pa- 
lais Juftiniani & quelques autres 
édifices remarquables. 

Le neuvième quartier de Rome 
qui s'étend depuis la Place Cefarinî 
& la Place Saint Marc , jufquà la 
Roconde,tire fon nom d'une pomme 
de pin qui peur-ccre étoit autrefois 
une enfcigne remarquable de ce 
quartierlà. Il renferme le Collège 
Romain, la Mâifon Profeffe des 
Jéfuites , & le Palais de Venife. 

Le Collège Romain eft le plus 
grand Se le plus beau Collège de 
Rome ^ Se. peut-être du monde eii^ 



tier : c*eft un vafte édifice que Cvé^ 
goire XllI (icconftraire fut un beau 
deiTein de Barthelemi Âmmaciaco , 
célèbre Archiceâe Se Sculpteur de 
Florence, Le Père Clavius travail- 
loi c au grand ouvrage de la réfor- 
macion du Calendrier , que Gré- 
goire XllI avoic fore à cœur , & 
fur lequel il nous a donné un vo- 
lume in-folio i le Pape voyant qu'il 
étoit logé d une manière miférable, 
fe détermina â faire conftruire pour 
le Collège ce fuperbe édifice. 

La Cour eft environnée d*un por- 
tique à double étage i les clalTes & 
les Congrégations font difpofées 
lout autour ; on y enfeigne la 
Théologie , THébreu , le Grec , les 
Mathématiques , & les Humanités, 
& c'eft le plus nombreux de tous 
les Collèges de Rome. La biblio- 
thèque de ce Collège eft confidéra- 
ble; M. Coccino» Auditeur de 
Rote, eu a é^é le principal fonda- 
teur t & elle n'a ceflé de s'augmen- 
ter. 

La Maifon Profefle des Jéfuites' 
. qui eft la principale des huit que 
. ces Religieux ont à Rqme » fut bâtie 
en i6i} pat le Cardinal Odoardo 
Farnèfe. C'eft U où réfide le Gé- 
néral de cette fameufe Société. 

Le Palais de Venife eft un des 
plus grands bâtimeiis de Rome , & 
il donne fur deux grandes Places; 
il fut bâti par Paul II , & Toti crpit 
qu'il eft de TArchitedure de Giulia- 
no da Majano ; c'eft-U que Charles 
VIII logea lorfquil pafla dans Ro- 
me pour aller à la conquête de Na- 
pies en 1494- Le Pape Clément 
. VlII le donna â la Réoublique de 
Venife pour y loger (es Ambafla- 
deurs & fes Cardinaux j en même 
iem|)s que la République affigna un 
Palais â Venife pour rhabitatiQn.du 
. Nonce Apoftolique. . _ 



ROM %x\ 

Le quartier du Capitole qui eft 
le dixième quartier de Rome , oc* 
cupe toute la partie méridionale de 
la Ville^ depuis la Place Saint-Marc 
jufqu'à la Porte-Latine , & dtpuis 
le Colfée jufqu'au Tibre. Son nom 
de Capitole , & fes armes qui font 
une tète de dragon ^ viennent de 
l'ancienne tête qui fut 9 dit - on , 
trouvée au Capitole èc qui fut re« 

Î;ardée comme un préfage aiTuré de 
a grandeur de Rome : Le quartier 
du Capitole eft encore le chef-lieu 
de Rome moderne , & la réfidence 
de fes Magiftrats municipaux \ c'é- 
toit une partie de la huitième ré- 
gion appelée forum Romanum. La 
montagne ou la Colline du Capi^ 
tôle n'a guère que cent toifes de 
largeur du nord au midi, & aoo 
toifes de l'eft â^ loueft , en y cbm« 
prenant même les racines de^ la 
montagne ou les montées qui y con- 
duifent. Elle étoit couverte d'une 
épailTe forêt, lorfque Romulus y bâ- 
tit un temple 3 & y forma un afyle. 
Ce temple dédié à Jupiter, avoic 
félon Nacdihi, aSo pieds de long 
& autant de largeur, y compris les 
portiques dont il étoit environné ; 
Sylla l'avoir enrichi de colonnes 
grecques du temple de Jupiter 
Olympien : il fut bruIé fous ViteU 
lius, & refait par Vefpafien , & 
une troifième fois par Domiticn 
avec plus de magnificence quau- 
paravant j cet Empereur fit venir 
des colonnes d'Athènes j & il eft 
probable que ce font celles qu'on 
voit dans TÈglife d'Araceli. Ce bel 
édifice ne fubfiftoit plus du temps 
. de faint Jérôme 4 fans doute que 
\ts Goths l'avoient détruit. 

On voyoir anciennement dans ce 
temple la ftatue de Jupiter affis , 
la foudre dans une main & la lance 
dans l'autre ; cette ftatue avoit ité 



tii ROM 

d'abord de pierre cuite , elle fut 
enfuite d or. Scipion l'Africain par 
une diftindion bien extraordinaire , 
avoir une ftatue près de celle de 
Jupiter. 

Ce temple étoit enrichi de tro- 
phées j de dépouilles , & de riches 
préfeils* offerts pat leë Confuls , les 
Généraux^ les Rois , les Empereurs j 
on en peut voir un vafte détail dans 
Martianus, Lipfîus, Ryckius, Do- 
nati, Hiéron, Roi de Syracufe^ y 
avoir confacré une ftatue de la vic- 
toire en or j qui pefoit 320 livres 
romaines : on y voyoit 3000 tables 
de bronze ou étoient l'hiftoire & 
les lois de la République ; les portes 
étoient de bronze, ornées de lames 
d*or , les voûtes aufli dorées. 
• Le Capitole nfioderne eft bien 
différent de lancien Capitole j la 
façade principale qui eft vers la 
. grande montée par laquelle on y 
arrive aâuellement, eft du côté du 
nord ; au lieu' que Tancienne étoit 
au midi du côté de Campo- Vacci- 
no. On y monte par un bel efcalier 
cônftruit fur les^ defTeins de Michel- 
Ange » le lopg des ruines du Capi- 
tole ; il y a auûi un efcalier cordon- 
né, où les carrolfes peuvent mon- 
ter.. 

Le onzième quartier de Rome, 

3ui tire foti nom de TÉglife de Saint 
inge, eftle plus petit des quatorze 
quartiers ; il commencé au pont 
Quattro Capiy paffe à la place Mon- 
tanara , à la Pêcherie , de va juf- 
qu*i l'extrémité feptentrionale de la 
place du Capitole. Ce quartier com- 
. prend pour la. plus grande partie la 
. neuvième région de rancienne Ro- 
me, qui étoit zppelée Crcus JFia- 
minius. 

Le cirque dont cette région pt)r- 
• toit le nom , & qui en étoit le prin- 
: cipal édifice,. avoir été ccmllbuic 



ROM 

dans Tendcoit qu'on appeloît dé;2 
Prata Flamînia ^ 8c par les foins de 
ce Flaminius qui fut tué à la bataille 
de •I^afymène , 118 ans avant Jb- 
sus-Christ ; il n'y a pas deux (lè^ 
clés qu'on en voyoit encore les vef- 
tiges vers le palais Mattei 3 dont 
une partie eft dans le cirque : l'È- 
glife de Sancla-Caterina de Furnari^ 
étoit dans le milieu même , & le 
cirque s'étendoit vers la place Mar- 
gana , jufqu'â la fontaine de Caica* 
rara , & même jufqu'i SanQo-An^ 
gelo in pefcaria , fuivant la defcrip- 
tton exade 8c circonftanciée qu**eni 
donne Ligorius dans le livre des cir- 
ques , des amphithéâtres & des 
théâtres. Ligorius dit que la fonr 
taine qui eft far la place Mattei « 
eft à 1 endroit où Augufte fit venir 
des* eaux- lorfqu'il donna le grandi 
ipe£baelêoù il y eut 3 (ï crocodiles 
deuiés. 

C'étoit du cirque de Flaminius 
que commençoit la marche des 
triomphes \ elle venoit du Chahip 
de Mars , & padant par deifrière le 
temple de Bellone , et^trôit par U 
porte appelée Carmentalis , & en- 
fuite Porta Scelerata , fi tuée aur 
pieds du Capitole du côté du Ti- 
bre vers l'endroit où eft la place 
Montanara. 

Le fenatule , c'eft-à-dire, Tin- 
droit où le Sénat donnoit audience 
aux Confuls qui demandôiént le 
triomphe , & aux Ambadàdeurs des 
Pui (Tances ennemies , n'ctoit pas 
loin «du temple de Bellone , U il 
paroît avoir été à l'endroit où eft le 
couvent de Tor -de Sptcchi. 

Le douzième quartier de Rotne 
eft appelé JRi^^ , à caufe des rivages 
du Tibre qu'il fuit dans une partie 
de fa longueur \ il commence à 
PonteTRotto , & ya le long dès murs 
de Home , jufqu'à U porte Saim S$<n 



îl O ]VJ[ 

baflfen, ou porte Capène, la plus 
méridièiale de Rome, de-U revient 
au grand Cirque, i, Saint Nicolas in 
carcere , & il comprend le Mont- 
Aventin & toute Tile de Sr. Barthe- 
lemi. Il renferme auffi le Mont-Pala- 
tin , où Augufte eut deux maifons , 
Tune où il étoit né dans la partie 
qui regarde fur le Fonim Boarium , 
près de Saint Anaftafe , l'autre où il 

.\ ^^^ pendant 40* ans , d une ma- 
nière fimple & modefte, fans chan- 
ger même de chambre , ni l'été , 
ni rhiver j on ne fait pas exadte- 
ment dans quelle partie du Mont- 
Paiatin , mais feulement qu'on y 
alloit par le Clivus FiciorU , CUvus 
facer^ qui étoit vers la partie fep- 
tentrionale du Mont-Palatin. 

L'Empereur T%ère augmenta ce 
falais ou Augufte avoit logé, & le 
rendit plus commode & d'un afpedb 
plus augufte. Caligula l'étendit 
eacore davantage ; Te luxe & les 
fuperfluîtés commençant â devenir 
fans mefur#^, il prolongea les dépen- 
dances du palais fur le penchant de 
la montagne , jufqu'à la place du 
Forum ^ avec des efcaliers & des 
portiques immenfes. Il s'y fit conf- 
truire un temple à lui-même avec 
une ftatue d'or , & enfin il forma un 
pont de communication pour aller 
au Capitole j mais après qu'il eûr 
été tué , l'an de Jésus Christ 41, 
le peuple ou l'Empereur Claude fon 
fuccerteur , démolirent la plupart de 
ces ouvrages. 

L'Empereur Claude ne fit rien de 
fi confidérable dans le palais j mais 
Néron fon fucceffeiir s'ctendant vers 
le midi, plus encore que Caligula 
ne s'étoit étendu vers le nord, occu- 
pa tout le Mont Palatin jufqu'au 
grand cirque , & le vallon qui ai- 
bit i TEfquilin & a« Celius , même 



ROM aij 

une (ttrtîe de l'Efquilin. Ce grand 
palais appelé d'abord Domus Tran^ 
fitoria ayant été brûlé l'an de Jésus- 
Christ 64 , fut reconftruit avec 
une nouvelle magnificence , & ap- 
pelé Domus Aurta ; fon veftibule 
étoit en face de f'ia Sacra , là où 
eft aujourd'hui TÊglife de Sanâa- 
Francefca * Romana , à l'extrémité 
de CampO'f^accino ; Tefcalier abou- 
tifloit vers Tare de Titus. Suétone 
& Tacite parlent fouvent de h ma- 
gnificence & des richelTes qui y 
croient prodiguées j c'étoit les dé- 
pouilles de l'Italie & de tout TEm* 
nre qu'on y voyoit j les marbres > 
ivoire, Tor, les diamans y bril- 
oient de toutes parts , les falles où 
'on mangeoit étoient environ- 
nées de tribunes , d'où Ton verfoic 
continuellement des fieurs ôc des 
parfums; tou^ les genres de luxe, 
de délicatefie, de profufîons s*é- 
puifoient pour les plaifirs d'un Maî- 
tre , qui toujours las de jouir, ne 
jouifToit jamais, qui ne trouvoitdu 
plaifir que dans les chofes diffici- 
les, extravagantes ou impoffiblesj 
& qui finit par n'être fufceptible 
d'aucune efpèce de plaifir. 

Il ne refta après la mort de Néron 
que la partie qui étoit fur le Palatin, 
qui fut encore embellie par l'Em- 
pereur Domitien. 

Il y eut fous l'Empereur Com- 
mode un incendie confidérable 
dans le palais des Céfars , mais il 
fut rétabli par Eliogabale &Alexan- 
dre 'y il continua d'q|re l'ong-temps 
la réfidence des Empereurs , 6c on 
l'a ppeloit toujours le fiége de l'Eir- 
pire , fedes Imptrii Romani. 

Ce tie fut que fous l'empire de 
Valeminien ou deMaximin que le 
fac des Vandales rendit méconnoîf- 
fable cet immenfe & fameux édi- 
fice ^ on du moins â la prife de 



J24 ROM 

Rome par Alaric Tan 40P #iil n*en 
relie aujourd'hui que des ruines que 
l'on voie dans les jardins de Farncfe. 

Le treizième quartier de Rome 
eft à loGcidenr du Tibre , ^uflî- 
bien que le quatorzième > & pour 
cette raifon il a érc appelé Tranfle- 
vcre ; il s'étend depuis la porte du 
Saint- Efprit , qui eft au nord du 
côté du Pont-Saint-Ange , jufqu au 
port de Ripa Grande ^ qui efl à la 
partie méridionale de Rome. 

Le quatorzième ou le dernier 
quartier de Rome qui eft celui du 
Vatican, s'appelle Borgo^ c'eft-4- 
dire , Fauxbourg , parcequ on ne 
le confidéroit pas autrefois comme 
faifant partie d^ Rome ^ ce fut 
Sixte-Qain( qui , comme nous l'a- 
vons dit y en fi( un quatorzième 
quartier pour {miter le nonibre 
des quatoriBe régions de Rome an- 
cienne. \\ lui donna pour armes un 
lion , & une écoile fur trois mon- 
ragnes, avec ces n^ots, vigilat facri 
thcfauri eujlos. Le lion fait allufioQ 
au nom de Cité Léonine , que faint 
. Léon IV donna à cette partie de 
Rome lorfqu il la fit environner de 
murs vers l'an 850 j il eft aflîs fqr 
une chaife environnée de cercles de 
fer , qui marquent les trois millions 
de fcudi que Sixte Quint dépofa 
dans le château Saint- Ange, 

Le Vatican qui faifoit autrefois 
partie de la quatorzième région , 
fut ainfi appelé, fuivantAuluGelle, 
à caufe des Oracles qui s'y ren- 
doient , ^iiri^i/i ; il étoit regardé 

auelquefois comme faifant partie 
u Janicule \ mais quelquefois aufli 
toute la campagne de Rome à l'oc- 
cident du Tibre étoit appelée Jger 
yatiçanus. Le Campus Vétticanus 

firopreniencdit, étoit la plaine où 
on a bâti le ^orgo ou Cuta Lc(h 
ffiffa ^ Sf par où Tgn va jufcju'4 ï% 



ROM 

glifede faint Pierre : Tair jba tou^ 
jours été regardé comn%mal fain ; 
cependant le grand jardin de Néron 
& le cirque où il s'exerçoit à la 
courfe des chars étoient dans ce 
vallon , comme ]e fait voir lobé-* 
lifquequi éroit autrefois élevé près 
de la facriftie de faint Pierre j Sixte 
Quint le fit mettre au milieu de la 
place où il eft aâuellement. Cet 
obélifque étoit une partie de celui 

Îu'avoit fait faire Nuncoreus » fils 
e Sefoftris , & Pline nous apprend 
que Néron le fit tranfjporter dans 
le cirque du Vatican ; il éroit déjà 
porté fur des lions de bronze da 
temps de Pétrarque comme aujour*- 
d'hui ^ & il étoit furmonté d'une 
boule de bronze où l'on croyoit qu*é« 
toient les cend|^s d'Augufte. 

La fituaiion de cet obélifque au-- 
devant de la facriftie nous fixe le 
milieu du cirque ; une partie s'é^ 
tendoit du côté de Sainte-Marthe » 
l'autre vers les efcaliers & le*clp« 
cher de faint Pieri|[. : Martinellt 
dans fa Rome facrée , nous dit qu'en 
1616^ lorfqu'on bâtifibit le refte 
de l'Églife de faint Pierre fous Paul 
V , on reconnut les vefti^es des 
tours & des murailles de cecirque,8c 
Ton en mefura l'étenduezfa longueur 
étpit de 49 5 pieds , 6c fa largeur de 
173 , mefure de France > il étoit à 
l'extrémité des jardins , fur la 
voie Aurélia , & dan$ le chemin 
qui conduifoit du Pont triomphal 
au Vatican. Ce cirque fut le théâtre 
fangtant de la perfécurion de Néron 
contre leis Chrétiens, comme Ta- 
cite le rapporte. La religion ne 
pouvoit mieux •fandifier un lieu 
confacré par tant de martyrs , qu'en 
y élevant l'Églife la plus belle de 
Tunivers. Elle eft bâtie d'ailleurs 
dans l'endroit même où faint Pierre 
fut çntgrré l'an 6^ , fuivant Eufebe, 



ROM 

faint Jérôme , &c. Saint Anaclet 
fon fuccelTeur 7 fit élever un ora- 
toire 9 & Conftancin décruifu le 
cirque & les jardins pour y bâtir 
une Églife. 

\a% jardins de Néron qui joi- 

fioienr le cirque écoienc encre le 
ibre & TÉgliie de faine Pierre \ 
ils avoient. appartenir à CaliguU, â 
fa mère Agiippine , femme de 
Germanicus > & à la mère de Né- 
ron , cçmme nous Tindique Se- 
neque. 

On ne va mainienanc au Vatican 
que par b pont Saint- Ange ; mais 
on voit encore cent coift^ plus bas , 
près du Saint- Eiprit , les v;^(hges 
du pont triomphal « ou pons vaci- 
canus j qui eft ruiné. 

C'eft-là qu'on voie le château 
Saine Ange qui^ fut fait par l'em- 
pereur Adrien pour lui fervir de 
tombeau , eii oppofition avec celui 
d'Augufte qui étoit de lautre côté 
du Tibre , à 450 toifes plus haut ; & 
comme celui d'Augufte étoir près 
xlu grand Champ de Mars » Adrien 
6t le fien vis à-vis d\^ petit Champ 
de Mars , qu*il joignit par un Pont 
dont nous venons de parler. Ce Mo- 
nument avoir , comme celui d'Au- 
f|ufte f' la forme d'un carré , au tfii- 
ieu duquel s'élevoit une tour ron- 
de , toute incrudée de marbre de 
Paross couronnée par des ftatiîçs » 
des chars ^ des chevaux , & la pom- 
me de pin en bronze qui eft au Va- 
tican : il étoit entoure d'une colon- 
nade » dont on croit que les colon- 
)hes furenr tranfportées à Saint Paul 
dès le tertips de CJonftantin. On mon- ^ 
toit intérieurement jufquau haut 

J>ar une pente douce en fpirale ^ où 
es voitures pouvoienr aller ; ce qui 
en refte occupe un quarr de la tour 
par en bas, & les murs font de 
pierre pépérine noire Se poreufe. 
, Tome XXV m 



ROM aij 

Lorfque l'empereur Aurélien eue 
renfermé le Champ de Mars dans 
i'encetnre des murs » le maufolée 
d'Adrien s*en trouva (i voifîn , qu'il 
devint naturellement une ef[ȏce de 
citadelle vers le temps de l'empe- 
reur Honorius , ou du moins fous 
fiélifaire. Il étoit alfcz propre à çec 
uloge , car les murs en (ont doublas, 
couliruits avec la pierre pépérine^ 
&: le mafljf de la tour , ou l'entre- 
deux des murs rempli de mortier & 
de briques jetées au. hazard fans 
aucun arrangement , inais fi épais , 
<\\xï, peine y a t'on ménagé la place 
de l'efcalier. Dans la guerre des 
Gochs, les Romains s'y défendirent 
fouvent, & les Goths prirent plu- 
Heurs fois ce'' château : on brifoit les 
ftatues pour en jeter les morcea^ux 
fur l'armée des afliégeans, & tout 
ce bel ouvrage fur dégradé. Les 
exarques de Ravenne , & d'auc|:es 
en fuite l'occupèrent focceffivtmenr, 
& continuèrenr de le ruiner. 

Saint Grégoire Pape, dans les 
écrits duquel on trouve beaucoup 
de vifîons & de miracles, raconra 
qu'il avoic vu pendanc la pe(Ve de 
59}, fur le haut de cette fort wii: fie, 
un Ange qui remettoit 1 epée ilans' 
le foureau \ dès lors ce Saint Pape 
annonça que la fin de la contagion 
étoit proche : en. mémoire de cet 
heureux événement y ,1a tour fut 
nommée Château Saint Ange , & 
l'on y plaça dans la fuite une ftatue 
d'Ange pour lui fervir de couronne*- 
ment. 

C'eft dans le Château Saint Ange 
qu'eft le tréfor du Souverain & qu^on 
renferme les prifonniers d'érat. C'eft 
aufl] au-deUus de cette grande & 
belle tour qu'on tire un feu d'arti- 
fice pour la fête de Saint Pierre , & 
un pour l'anniverfaire du couronne- 
ment du Pape ; on ne peut pas ima- 
F f 



^gift^t ^^ fltoâtiofl phis betireafe 
pour on ^fpeâ^ckttc cette éfpècc j 
«!B le^Vok de'coQfs ^tés \ la girati- 
dôie ibtanée pâT 4500 fufées qui 
pflfc^m à k'h^îs, & fe répandent 
circulairemeRr en forme de parafai , 
eft la plas beHe chôfe qu*6n puiÏÏe 
Toir en fait d'artifice. La vue de 
Rome fait aufli un coup d œil fu- 
perbe quand on eft fur le haut du 
château Saint Ange. 

L'Eglife de Saint Pierre de Rome 
eft fituce à l'extrémité nord-oueft 
de la ville de Rome , au-deB du 
Tibre , dans la ciré I.éonine , au 
pied du Mont Vatican, vers l'en- 
droit où étoient les jardins de Né- 
ron , & 1 ancienne vqje Triomphale. 

Cette Églife eft , fans connredit , 
la |>ius grande & la plus belle Églife 
qu'il y ait au monde } mais cen*eft 
point aïTez dire , il n'exifte aucun 
* édifice qui égale celui-là pour la 
grandeur, la richeflè & le goût. 
Ceft letchef- d'œuvre de Pltalie , 
on pourroit mcme l'appeler la mer- 
veille de l'Univers. Elle feule mé- 
literoit un voyage de Rome , parce- 
qu'on ne fauroit trouver ailleurs de 
quoi s'en former une idée. Tous les 
arts ont contribué â fa décoration , 
lafculpture» la peinture, la mofaï- 
que , l'art de couler le bronze , la 
compc^Htion du ftuc , la dorure , y 
ont éputfé leurs redontces; les plus 
grands Artiftes en tous genres y ont 
développé leurs ralens. 

La France a ta gloire d'avoir 
fourni des artiftes dignes d'y parta- 
ger avec les Italiens , l'admiration 
des étrangers. Les ftarues de Legrbs, 
de Monnot , de Slodtz , figurent 
avec celles de l'Algarde , du Bernin 
& de Rufconî; les tableaux du Pouf- 
fin , de Vivien , de Subleyras rap- 
prochés de ceux du Dominiquin , 
du Gaerchin , de Lanfranc , fixent 



ROM 

^eneoi^ les yeux & y balancftnt les 
fufFrvges. Enfin tout ce que Von 
voit dans cette Églife , elt d'une 
fraîcheur,, d'une propreté , d^in 
éclat qui annonce le foin qu'on >ea 
prend'^ & qui -augmente le f^laiiir 
* que donne la beauté de fe$ orne* 
mens. 

Population , mœurs , ufages , 8rc. 
de Rome. Cette ville ne refleroble 
plus à ce qu'elle étoit il y a 1 8oa 
ans , quand toutes les parties du 
>monde y envoyoient leurs tréfori , 
leurs habitans , leurs foldats , leur 
commerce & leur luxe j elle avoir 
alors plufieurs millions d'habirans» 
Elle déchut par la fuite jufqu au 
point de n'en avoir que quelques 
milles ; mais elle s'cft accrue con- 
tinuellement depuis trois (iècles • 
|ufqu*â contenir environ 170 mille 
habitans. 

La magnificence des grandes maî- 
fons conufte principalement à avoir 
de vaftes palais , beaucoup de pa- 
ges , de Coureurs , de laquais , <ie 
chevaux, de carroftes , des tableaux 
précieux, & de belles ftacues anti- 
ques & modernes. Ce n'eft ni dans 
la bonne chère ni dans le luxe ces 
habits que leur fomptuofiré fe dé- 
ploie : on ne donne à manger que 
rarement & dans de grandes occa- 
fions ; il faut excepter les vilicgia* 
tures où l'on invite fouvent des 
amis , & où l'on fait de la dépenfe ; 
car enfin il faut bien que le revenu 
des nraifons qui font très-riches » 
foit erhpioyé à quelque chofe. 

Ces maifons riches font très- 
rares , même parmi les Princes , les 
autres n'ont qu'un fuperflu qui peut 
fe confumer aifément par deux ou 
trois fêtes d'appareil , quelque noce» 
quelque baptême , la fondation de 
quelque chapelle , l'entretien de 
quelque Couvent , peut- être celui 



RÔM; 

d'une maitrefTe. Mais les femmes 
-«entretenues ne font point un ordre 
à part } ce font ordinairement des 
perfonnes qui ont un état , des fem- 
mes marias & à qui les bienfaits 
d'un amant ne fervent qu'à donner 
, plus d'aiGince, ou à former un état 
aurdelfustda leur. Dans ce f«insi-là 
on prétend: dans toute l'Italie qu'il 
eft trcs-aifé d'en avoir , c'ell à-due, 
de trouver des maris qui ne foient 
pas portés à penfer mal nia gènor la 
focieté de leurs femmes. • ♦ 

Ce n'eft qu'à Venife où les cour- 
ti faunes^ c'eft-à^dire , les femmes 
entretenues , font un ordre â part , 
comme à Paris , 9c font quelquefois 
opulence^ ; encore cet afage com- 
mence à fe piller , mèmei Venife, 
depuis bieja des années, y mais â 
Rome ocii n'en voie prefque pas. 
La bienfifance <£e TÈtac ecciéfiafti- 
que nfe permet pas même qu'il y 
air à Rome de» m\69^ de tbéâf re , & 
il ne paraît dansi les ;reJQ$dei fem- 
me^, q^e des jeunes, gn^çons .que 
Ton prendroit véritablemeiic pour 
des nlUs par leurs voix Sc^ leurs fi- 
gures. 

La ville de Rome , quoique très- 

Êrande , ne fent point la capitale ; 
)$ habitims y mènjQnt imovie a^ez 
uaifoime : elle reflen^le pimot i 
nos grandes vîUes de ptiovuKe qu'à 
; celle de Paris où tout eft en rumuite, 
& où loiv vit (ans fe connoitre: y & 
f an^ fe fofucier les uns des autn:& A 
Rome on k yok de Ton fo connoît 
comiTie d49s DOS; ailles, de pro- 
•. viiKe»- : ' , -' 

L'ufagd des figîsbés eft ordinsûre 
à Rouie- comme dinspcefqiie toute 
lltaUe- 'y aucune femme ne paioît 
en compagnie fans un écuyer ou 
cavalier fervant qui lui donne ta 
main ; chacuner a le fien , fc on 
h$ voit prefque toujoura arriver en- 



ROM 117 

fembk dans les aflemblées^j ilsfe 
promènent ainfi deux à deux le long 
des apparremens , jufqu'à ce qu'a 
leur prenne fantaifie de jouer. Le 
cavalie&eft obligé d'aller dès le ma- 
tin entretenir la dame \ il fyït an- 
tichambre ju(qu'à ce qu*(;Ue Ibit 
viûblè , & il la fect à fa toilette ; 
il la mène à la meiPe , & l'entre* 
tient ou fait fa priâe jufqu'au dî- 
ner. Il revient bientôt après , la 
mène aux Quactante * keures "de en- 
fuite à la conveorfation , dt la ra* 
mène chesc elle à Pheure du fou- 

Eer, Cette affiduité r^ndles figis- 
es plus incommodes pour de^ étran- 
gers • que ne le font en France des 
maris y on ne peut faire fa cour que 
de coacettavec eux. 

On fe pique de conftance , < en 
fait de âgisbéatore , touc comme 
dans les> chofes les plns^fci^eu^fés ; 
c'eft une fociét^ prefque aoffi* du- 
rable que cellédii mariage , fc pi^f- 
2ae auffi autorifée pat Wage. €es 
aiibns. ducenr vinet aais ic phks ; 
on n'eft point datis f ufage de cban- 

f;er. La coquetterie de nos femtiies 
tançoifes dont quelques-unes met- 
tent leur gloire à agacer les hom- 
mes & àfe fiiire fuivre d'un grand 
nombre; d'adorateurs > eft regafdée 
conmè le canahie de l'îndécenée & 
des mmvaÀJÛésc mœurs ^ 4M on pré- 
tend 0i^ttre< beaucoup de < décence 
dans le commerce des (igisbés. Leur 
conftante afliduité n'eft /dir- oh , 
qu'un ufage reçu de pdioefle âc de 
U>c>6té^ ils n'ont aïKiMie antre pré* 
tetitk>n y i8( il faut avoir 00 - les 
mipeac» dures & fauvages de PAn- 
glettecre « ou l'etprit naturelienfieht 
mal fait ou gâté par les coutumes 
de France pour lien imaginée au- 
delà. 

Les . étrangers fe perfuadent au 
comraire qu'une occa(bn perpé- 
Ff ij 



^i8 ROM 

ctielle de fe voir, doit nécêflaîre-' 
ment amener la féduâion ; ils ne 
font pas atcencion que rhabitade& 
Tufage d'un pays mettent de très 
grandes difFérences dans les mœurs. 
Un père en Angleterre ne vit-il pas 
avec fa fille > un fièré avec fa fœùr , 
jin tuteur avec fa pupille , fans qu'il 
Y ait de paflion illégitime ; ne peut- 
il pas y avoir un autre nom , une 
autre forte de liaifon ou d aiop- 
cion ou de liaifon qui foit indépen- 
dante dp 1 amour /^ 

Ce qu'il y a de, vrai , c'eft qu'on 

* diftingaecrès-bien en Italie le iigis- 

bé qui eft de convenance d'avec 

celui qui e(l amoureux j celui • ci 

déplaît quelquefois au mari ^ il oc- 

cafionne des querelles j on veille 

; fqr fa conduitp , & 4 on reftreint 

fcs fonctions aux bornes étroites de 

, Tufage. Les autres ont une licence 

entière; & peut-être ce font ceux 

qui font les moins dangereux ; ils 

w font fouvent les gardiens & les 

furvallans d*une remme , au lieu 

d'en être les féduâeurs ; mais dans 

tous les cas ils n'empêchent point. 

que le mari ne vive avec fa femmej 

car les plus grands Seigneurs font 

encore à cet égard iur le ton qu^on 

appelle: bourgeois i Paris \ ils n'cnt 

ni deux appartemens ni deux lits. 

Le caradkère des Romains eft fort 

i doux ; il eft humanifé par l'habi- 

' tude que tout le monde a de faire 

. fa cour à m plus grand que foi » & 

. par ta fociété continuelle des étran- 

- gers qui y vienneiit de toûWrôtés. 
Ils font pleins de cordialité & de 

- prévenance , plus obligeanS'&îde 
plus facile accès qu'en atxcun autre 
endroit de Htalie. Uufage eft mê- 
me de prévenir Se d'aller voir les 
étrangers qui arrivent , lorsqu'ils 
font annoncé5 par à^^ lettres. 

Les alfemblées appelées convcr^ 



ROM 

fa^ioni font à Rome la principale 
relTource des étrangers , & le prin- 
cipal amufement dans une ville où 
il n'y a de fpedacie que pendant 
une fort petite partie de l'année. 

On cultive la politique i Rome 
plus qu on ne feroic tenté de le 
croire. L'habitude des négociations 
les plus adroites j & de la politique 
la plus rafinée > accoutume les Ro- 
mains à s'occuper férieufement de 
toutes les affaires des pays étran- 
gers. On eft aufti agité à Rome qu'à 
Londres & à Paris , quand il y a 
guerre entre les Ânglois & les Fràn^ 
çois. On y prévoit les événemens ^ 
on y critique les généraux ; on y 
condamne les fouverains j on y pa- 
rie pour les joueurs. 

Cette fermentation des efprits 
conferve à Rome la politique qu'on 
y admiroit dans les derniers (iècles ^ 
beaucoup de cardinaux & de prélats 
y fonr^ comme autrefois, une étude 
lérieufe des intérêts des nations , 
& feroient très propres à les régler » 
s'il étoit poffible que le pape fût 
encore le médiateur & l'arbitre des 
différens, comme il l'a été plus d'une 
fois. 

Les plus belles aflfemblées qu*on 
pnifte voir à Rome , font celles qui 
ont lieii à l'occafion d'un mariage» 
On choiCr un put , quelque temps 
après la célébration pour faire le 
ricC'Vimento , c'eft-â-dire , pour re- 
cevoir les vifites. Tout le monde s'7 
rend fur le foir , & un étrangerjpeut 

? y voir paflfer en revue, dans l'efpace 
de quelques heures, tout ce qu'il y 

' a de pli^s élégant dans là ville j tous 
les diamans de Rome fc tout l'arc 
des plus belles toilettes y c'eft pref- 
que la feule circonftance où les da- 
mes portent des paniers; car d'ail- 
leurs elles fç.font affranchies de ce 

gênant attiraih 



?. 



ROM 

Quand il eft mott ane perfonne 
de qualicé à Rome » tous les parens 
& coures les parentes » quoique éloi- 
gnés , font obligés de s'abfenter pen- 
dant huit jours de toutes les con- 
verfations y la mort même d'un ami 
fuffir quelquefois pour impofer 
cette btenléance. Au contraire quand 
il arrive quelque perfonne de dif- 
tlnâion que Ion veut amufer , on 
flic une invitation en règle , & cela 
rend la converfation beaucoup plus 
nombreufe. * 

Les femmes d'un certain âge ne 
vont point dans les grandes alTem- 
blées & dans les belles converfa- 
tions ; on n'y voit prefque jamais 
ue la jeunefTe » ce qui rend ces af- 
embiécs beaucoup plus agréables 
& plus vivantes ; les dames qui n'y 
vont pas fe raflembient en petite 
fociété pour faire leur partie de 
jeu ; les François font quelquefois 
choqués dans les comm«ncemens 
de voir que les dames ne fe lèvent 
point quand ils entrent dans une 
compagnie ; en effet elles fe font 
affranchies en Iralie de ce petit ce- 
rémonial j & en général elles fe gê- 
nent peu y fouvenc même la mai- 
rreiTè de la maifon ne fait à ceux 
qu'on lui préfente qu'une légère at- 
tention 'y mais puifque c'eft un ufa- 
ge , il n'eft pas naturel de s'en plain- 
dre. 

11 n'en eft pas de même lôrfqu'il 
entre une dame qui eft annoncée à 
haute voix & de loin par les pages 
de la maifon -y la maîtreife fe lève 
& elle va toujours la recevoir dans 
la pièce qui précède celle de i'af- 
femblée. 

Une fille ne peut aller feule ^ elle 
va toujours avec fa mère ou une pa- 
rente , & elle ne marcheroit jamais 
avec un homme dans une rue^â moins 
^ue ce ne fût fon père ou fon frère* 



ROM iij 

Si une fille alloit même chez fon 
galant , elle n'iroit pas ftrule y il n!ar<* 
rive que trop fouvent que fa mère 
l'y conduit -y la misère elï fi grande, 
que parmi les gens du peuple , le 
ménage efl fréquemment fondé fur 
les charmes de leurs filles : tant 
quelles font avec la merev il n'efl 
pas permis d'en glofer. 

Les fpedacles durent a Rome de- 
puis le 7 Janvier jufqu'au Mercredi 
des Cendres exclufivement ; ils com- 
mencent à deux heures de nuit > 6c 
durent quatre ou cinq heures. 

Les principaux aâeurs de l'opéra 
font des cafîrats, il n'y a jamais 
d'aârices , & ce font les mêmes 
caflrars déguifés qui jouent les rôles 
de femmes , quelquefois d'une ma-* 
nière â faire illufion , tant pour la 
voix que pour la figure. Il en eft de 
même des danfes j elles font exé- 
cutées par de jeunes aâeurs dégui- 
fés en temmes ou habillés en hom* 
mes. 

Quoique pendant la plus grande 
partie de l'année il n'y ait point de 
Ijpeâacle à Rome , on ne laifle pas 
d'y compter iufqu'à huit théâtres 
difFérens , où Ton repréfente tomes 
fortes de pièces. 

Le carnaval de Rome commence 
le lendemain des Rois y les mafca- 
rades y font çjuelquefois très-brillan- 
tes 'y on y^ voit des chars trèsgalans 
& ouverts entièrement des deux cô- 
tés, comme les chars antiques^char- 
gésdemafques en domino , efcorrés 
de nombre de domeftiques habillés 
uniformément , tantôt en efclaves 
Afiatiques , qui marchent de chaque 
côté du char de triomphe , quelque- 
fois en bacchantes ) qui environnent 
le char de Bacchus} (buvent ce font 
des troupes de p^lichinels & 4 arle- 
quins , comme au fauxbourg Saiat 
Ân^oifl^ à Paris. 



«3Ô ïl O M 

Il n*y a dans Romeqae des bran- 
ches de commerce bien médiocres ; 
les odenrs » les pommades , les fleurs, 
les tableaux & la curioflcé des écran» 
gers fonc le fonds principal du re* 
venu de cette ville. La poudre (e 
fait i Rome d'une manière très- 
agréable \ on l'appelle Cyprio^ parce 
qae c'eft de Tîle de Chypre que le 
fècret en eft venu } mais ce qu'il y 
a de bien fingùlier , c'eft qu'elle re- 
çoit Ton odeur d'un lychen ou moufle 
fort commune qui vient fur les ar- 
bres , & qui par la macération dans 
l'eau j prend une odeur délicieufe. 

La pommade a odeurs qui fe fait 
• Rome eft recherchée , avec raifon» 
comme une des meilleures qu'on 
puifle avoir. 

Les fleurs artificielles de Rome 
font des plus eftimécs, quoiqu'il 
s'en fafle auflt de très-belles i Gè- 
nes , à Pife , à Vicence. On en fait 
à Rome , foit avec les cocons , fiôri 
di èoiii , foit avec des plumei de 
vieux pigeons , c]u'on fait bouillir 
dans dlverfes teintures » que l'on 
peigne & q l'on arrange avec beau- 
coup d'art. 

L'érudition y les langues , les an- 
tiquités, les monumens, les mé* 
dailles ont été cultivés de tout 
temps , beaucoup plus à Rome que 
dans tout autre pays ; tout le monde 
connoit les ouvrages de Baronius , 
Kircher, Panvinins jFulvius ^ Mar- 
cianus , Ligorius , Donati » Nardini, 
Venuti, Paranefl , Artemani , Nor- 
ris , & tant d'autres de la première 
célébrité , fans parler même des U- 
yres de Théologie. 

Quoique la pôëfîe Se l'érudition 
ancienne aient eré à Rome les gen- 
res de littérature les plus cultivés j 
les fciences n'y ont point été ou- 
bliées. On en a vu forcir des ouvra- 
ges célèbres en Hiftoke naturelle > ] 



ROM 

I tels que ceux de Paul Jbve , de SzU 
vien , de Donati , jie Lancifl » de 
Baglivi. On peur citer de même 
dans les Mathématiques , c^ux de 
Bianchini , de Clavius , du Père 
Bofcovich.» & plufleurs autres. 

Dans la partie des beaux arcs » 
Rome a été réellement la Capitale 
du monde ; en fait de peinture , 
l'École Romaine reconnoît , il èft 
vrai » pour chef Raphaël , qui éioit 
d'Urbin, aufli bien que les Qui- 
cheri & le fiaroche ; mais le plus 
grand nonibre avoir pris nailFance 
a Rome même. Jbles naquit en 
eflei à Rome en 1491 > André Sac- 
chi, en 15S9} Dommiq^e Feti» 
en 1599; Michel'- Ange des Ba- 
tailles, en i(>oi j Ciro Ferri, ea 
i6i^-\ Brandi & Lauri, en 1(715. 
Rome a été le centcedes eSuttsSc 
de la. réputation des plus grands 
Peintres » mèrae de ceux que l'on 
ne compte' point parmi les Maîtres 
de l'École Romaine , tels que Mi- 
chel-Ange , les Carrache , le Gui- 
de , le Dominiqaia & le Guer- 
chin. 

Quant à l'architeaure , TÉglife 
de Sain^ Pierre a occupé feule tout 
ce qu'il y a eu^ de plus célèbre dans 
les deux derniers fiècles , Lebra- 
mante » Michel- An^^Fomana j le 
Bernin% 

Rome , eq termes de Mythologie» 
efli une DéeâG^ des anciens Ro- 
mains t dont le culte fut beaucoup 
plus étendu que celui des autres 
villes auxquels les Anciens rendi- 
rent des nenneurs divins. On la 
peignott ordinairement reflèmblan- 
te a Pallas , aûife fur uaroc , ayant 
des trophées d'armes à fes pieds , la 
tète couverte d^un< cafque» & une 
pique à la^main. On lui donnoit un 
air jeune y pour marquer que Rome 
étoit toujours dans la vigueur dç 



ROM 

la feunefle ; on la repréfentoic avec 
un habit long, pour moncrer quelle 
écoit également prête à la pai?^ & à 
la guerre; quelquefois au lieu d'une 
pique , elle tient une viâioire , fym- 
bole convenable à celle qui avoir 
vaincu tous les. peuples de la terre 
connue. 

Les figures de la DéeHe Rome 
font affez fouvent accompagnées 
d'autres types qui la repréfentoient; 
telle étoit Thiftoire de Rhéa Sylvia, 
la naiffance de Rémus^ & de Ro- 
mulus « leur expofition fur le bord 
du Tibre , le Berger Fauftulus qui 
les nourrit , la louve qui les alaite , 
le lupercal ou la grotte dans laquelle 
la louve en prit foin. 

On bâtait des Temples à la Dcef 
fe Rome y on lui éleva des autels 1 
non-feulement dans la Capitale , 1 
mais dans la plupart des villes de 
l'Empire. Abenda, ville de Carie, 
montra la première l'exemple félon 
TiteXive. Et cet exemple fut imité 
à Smyrne , à Nicée , à Éphèfe , à 
Melaffe^ à Pola, ville de TIArie, 
& ailleurs, où le Culte de cette 
Déeflè étoit auffi célèbre que celui 
d'aucune autre Divinité. On n'en- 
treprenoit point de long voyage fans 
brûler de l'encens à la gloire , & 
fani lui adreifer des vœux; enfin, 
les moindres titres de la flatterie , 
dont on cajola cette prétendue Déef- 
fe , étoient Romavicirixj Rome vie- 
âorieufe; Roma inviSa , Rome in- 
vincible^ Roma facruy Rome fa- 
crée ; Roma jLUtna , Rome éter» 
ntlle. 

Augufte vît avec plaifir que l'on 
confacra des Temples à lui Auguf- 
te \ il étoit trop vain pour n'être pas 
touché de cet honneur \ mais en po- 
litique adroit , il voulut qu'on le 
joignit dans la confécration des 
Temples à la DéeflTe Rome. On dît 1 



ROM in 

qu'on voit encore en France , à l'en- 
trée de la ville de Saintes , au mi- 
lieu du pont fur la Charente,, un 
monument qui entr'aurres înfcrip- 
tions en a confervé une dans la- 
quelle il eft dit que celui qui le 
dédioit étoit un Prêtre attaché au 
fervice de la Déefle Rome & d' Au- 
gufte. 

On trouve fouvent îa tête de la 
Déefle Rome repréfentée comme 
Pallas dans les médailles confulai' 
tes , & dans quelques médailles 
grecques. On la trouve auflî jointe 
avec celle du Sénat , repréfentéen 
vieillard , parce qu'il étoit compofé 
de gens d un âge mûr- Les titres 
qui accompagnent les têtes de Ro^ 
me & du Sénat, dans les médail- 
les grecaues, font la Déejlc de Ro- 
me ^ Se le Dieu du Sénat , ou le yi- 
cri Sénat. 

Les médailles de Maxence re- 
préfentent Rome éternelle afllfe fur 
des enfeignes militaires, armée 
d*un cafque , tenant d'une main fon 
fceprre , & de l'autre un globe 
qu'elle préfente à l'Empereur cou- 
ronné de lauriers, pour lui dire qu'il 
étoft le maître 8c le confervateur 
de rout le monde , avec cette inf- 
cription , Confervacori Urbis JE^tet^ 

Les Médailles de Vefpafien nous 
font voir Rome ayant le-cafque en 
tête, & couchée fur fept monta- 
gnes , tenant fon fceptre , & ayant 
ifes pieds le Tibre , fous la figure 
d'un vieillard. 

Enfin par les médailles d'Adrien , 
Rome tient un rameau de laurier 
delà main gauche, 6c de la droite la 
viftoire fur un globe, comme étant 
viftorieufe de tout l'Univers. 

ROMELIE ; voycç Romanie. 

ROMENCV; bourg d'Angleterre dans 
la province de Kent. C*eft un des 



x3* ROM 

cinq ports. Il a deux Députés au 
Parlemenr. 
ROMES i fubftancif mafculin pluriel. 
CeTont les deux principales pièces 
qui compofenc le métier où fe fa- 
brique la baûTe lifTe. Ces pièces font 
des deux côcés du métier , & por- 
tent à leur extrémité les deux enfu- 
ples fur Tune defquelles fe roule la 
chaîne, & fur l'autre ouvrage. 
ROMESCOT; fubftancifmafculim 
Nom que les Anglois donnent à ce 
qui s'appelle autrement le denier de 
Saine- Pierre. 
ROMESTECQi fubftantif mafculin. 
Nom d'une forte de jeu des carres 
qu'on joue à deux» quatre ou flx 
perfonnes. 
ROMETTA ; petite ville d'Iralie en 
Sicile, dans la vallée de Démone 
environ à Hx milles » nord-oueft, 
de Mefîîne. 
ROMNEY ; voyei Romency. 
ROMONT; ville de Suifle, dans le 
canton de Fribourg, avec titre de 
comté > d Hx lieues de Berne, &c à 
cinq de Fribourg. C'eft la plus jolie 
ville du canton, après la capitale. 
Elle fut bâtie ou fortifiée par Pierre 
de Savoie dans le treizième fiècle , 
lorfqu'il fe fur rendu maître du pays 
de Vaud. On la nomma Rondemont 
â caufe de fa fituation fur une mon- 
tagne ronde , & qui domine de tous 
côcés. Le Duc Charles jouit du pays 
de Vaud , & de celui de Romont 
jufqu*à Tan 153^» que les Qernois 
allies des Genevois , attaqués par 
le Duc* conquirent le pays de Vaud ; 
les Fribourgeois qui n étoient pas 
en guerre avec ce Prince , prirent 
le Comté de Romont^ de crainte 
que les Bernois ne s'en faififlTent, 
Ils en ont toujours joui depuis ce 
remps-Iâ , & comme b Maifon de 
Savoie n'a pas pu çn obtenir la re(- 
xicutioni les Ducs fe font cpnceotés 



ROM 

^ de prendre le vain titre de Comté 
de Romont^ &de Seigneur de Vaud» 
La ville a aujourd'hui des foires fore 
fréquentées. 

ROMORANTIN j ville de France, 
chef-lieu de la Sologne , dans le 
Blaifois , fur la Saudre , à quinze 
lieues 3 fud-eft , de Blois. Ceft le 
fiége d'un Bailliage , d'une Châtel- 
lenie royale , d'une Éleâion , d'un 
Grenier â fel , d'une Maîtrife des 
Eaux & Forets , &c. On y compte 
environ huit mille habitans. 

Cette ville dans une infcription 
qui eft fur unede fes portes , fe qua- 
lifie de petite Rome , Roma minor ; 
mais elle n'a rien qui mérice ce ti- 
tre. Le ruilTeau de Morantin la rra* 
verfe dans le milieu, & fe jette 
dans la Saudre au midi de cette vil- 
le. Elle a un château, bâti par les 
Princes de la Maifon d'Angoulcme. 
C'eft le lieu de la nai (Tance de la 
Reine Claude , femme de François 
L II y a une Collégiale dédiée k 
notre-Dame , dont le Chapitre eft 
compofé de huit Chanoines, c'eft 
la paroifle de la ville : le Chanoine 
qui eft de femaine nomme aux ca- 
nonicats vacans. Elle a hors de 
fon enceinte au couchant y un Cou- 
vent de Capucins. Romorantin a 
une manufafture confidérable de 
draperies , & entr'autres , de draps 
blancs de cinq quarts de large , pour 
Thabillement des troupes , & autres 
étoffes de laine , comme ferges 
blanches & grifes d'une aune de 

large , qu'on envoie à Orléans & 
à Paris. 

Il fe confomme dans cette manu* 
fafture une grande partie des laines 
de |a Sologne & du Berri , où il y 
a un grand nombre de troupeaux. 
Certe ville a une foire fameufe. Il 
s'y fait un petit commerce de poif- 

fpl) 



' ROM 

ton qu'on tYanfporte par c&afroh à 
Orléans* On trouve dans les envi- 
rons une terre fort propre au dé- 
grais » qui contribue beaucoup à la 
perfeâion des draps* 
R O M P £ I Z ; fubftancif mafculin. 
Vieux terme de la Coutume de Ne- 
vers pour exprimer des terres nou- 
vellement cultivées , dont il n'y 
asoit auparavant ni veftige > ni mé- 
moire de culture* 
ROMPEMENTi fubftantif mafculin. 
Il ne fe dit qu'en cette phrafe , 
romptmcnt de tête , pour exprimer 
la fatigue que caufe le grand btuit , 
ou un difcours importun , ou une 
forte application» &€» Il pajjifans 
cejffe des voitures, dans cette rue j cejl 
un rompement de tête coAtinueL\ 
ROMPRE} verbe aâifir régulier de 
la quatrième conjugaifon. Frangère 
Brifer , cafler , mettre en pièces. 
// lui a rompu fa canne furies épau- 
les. On rcfufa de lui ouvrir la porte , 
il la rompit. Rompre un gâteau. Cette 
chute lui a rompu le bras. Il s'ejl 
' rompu la jambe en tombant fur la 
glace. 

On dit par exagération, yi rom- 
pre tejlomac à force de vomir. Les 
efforts que f ai faits en vomijfant m'ont 
tout rompu tefèomac. 

On dit , rompre un criminel; pour 

' dire , rompre les os à un criminel 

■ avec une barre de fer. On rompt 

les a[faffins. Mandrin fut condamné 

À être rompu vif. 

On dit en termes de Graveurs 
en taille douce , qu o/z a rompu une 
planche ; pour dire, qu*on n'en fera 
plus d'ufage » ou même qu'elle a 
été brifée par l'autorité du Magif- 
irat. Les efiampes dont on a 
rompu les planches^ augmentent or- 
dinairement de prix par la difficulté 
di*en trouver. 

On dit figtirément , rompra le 



ROM in 

cou i quelqu'un ; pour dire , lui fai- 
re perdre fa fortune. On lui ay>oit 
promis cette charge , mais ce Couni" 
fan lui a rompu le cou. 

On dit figurémcnt , rompre le pain 
de là parole de Dieu aux fidelles ^ 
pour dire , prêcher la parole de 
Dieu. 

En matière de joutes 8c de toQr« 
nois , on dit , rompre une lancé , 
rompre la lance j pour dire , brifer 
tme lance en courant ou en com- 
battant contre quelqu'un. ïls rom^ 
pirent deux lances , trois lances. Ec 
l'on dit figutémenr , rompre une lan» 
ce pour quelqu'un ; pour dire , pren- 
dre le parti de quelou'un dans une 
converfation où Ton n en parloit pas 
bieo. J'ai rompu bien des lances 
pour vous. 

On dit figurément, rompre en 
vif ère , pout fignîfier , dire en face 
& brufquement quelque chofe de 
fâcheux & de désobligeant à queU 
qu'un.* 

On dit en termes de guerre» 
rompre un bataillon , un efcadron } 
pour dire , enfoncer un bataiU 
Ion , lin efcadron , le mettre efi 
défordre. La Cavalerie acheva d€ 
rompre fàîlt droite de t armée enne^ 
mie. 

En termes de Fondeurs de carac- 
tères, on dit, rompre le jet; pour^ 
fignîfier , féparer du corps d'une 1er*' 
tte nouvellement fondue, la por- 
tion de matière qui a rempli cette 
efpèce de petit entonnoir qui eft 
audedans du moule , Se qui porte 
la fonte jufque fur la matrice du 
caractère. 

On dît figurément, rompre fes 
chaînes; pont dire , s'affranchir , fe 
mettre en liberté. Les prifonniers 
rompirent leurs chaînes. 

On dit aufli figurément , rompre. 
fes fcn pfes chatnes , fis liens j pour 
G g 



j»54 RDM 

dire, Te délivrer d'une paffion , d^an 
. . attachement. // aimoit pajfionné- 
ment cette femme , mais il a rompu 
fes chaînes» 

On dit auflî fîguréaienc dans 
. une acception femblable j rompre 
un enchantement. 

On dit encore figurcment,ro/72^rtf 
Veau à un cheval ; pour dire, inter- 
rompre un cheval , quand il boit , 
i'obhger à boire à difFérentes re- 
prifes. Rompe\,Veau à votre cheval. 
On dit proverbialement & figu- 
rcment , rompre la glace ; pour dire , 
faire les premiers pas dans une af- 
faire, en furmontant les premières 
difHcuhés. 

On dît figurément & proverbia- 
lement , rompre la tète à quelqu'un ; 
pour dire, lui faire trop de bruit , 
pu rimpôrtuner . par des difcours 
\ inutiles & hors de faifon. On dit 
dans le même fens, rompre les 
oreilles ' f^ous nous rompe:[ toujours 
les oreilles de la même choje. Et Ton 
dit,yi rompre lioutete à quelqiie cho- 
' fi j pour dire , s*y appliquer trop 
fortement ou inutilement. 

On dit 5 rompre les chemins , pour 
dire * gâter les chemins. La rivière 
fe déborda^ & rompit les chemins. Et 
ion dir , rompre les pajfages , rom^ 
preUs gués; pour aire, les rendre 
imptaticables , afin de n'être pas 
atteints par ceux qui nous fuivent. 
Quand nous eûmes pâjjé la rivière , 
nous rompîmes le pont pour empêcher 
l'ennemi de nous pourfuivre. 
RoMPRB , fignifie aufli , arrêter , dé« 
tourner le mouvement droit de 
quelque corps. Rompre le cours du 
ruijjeau. Rompre timpétuojlté du 
vent. 
KoMPRE , en termes de Dioptrique , 
fe dit des milieux qui occafionnent 
la réfraftion , qui obligent les rayons 
de lumière de fe détourner de leur 



ROM / 

première direâion. Tout fluide a Ç 
propriété de rompre les rayons de 
lumière quiy entrent. 

On dit figurément % rompre le 
fildefon difcours ; pour dire, quît* 
ter tout-à-coup la uiite de fon dif- 
cours, & entrer dans une autre ma- 
tière. ' 

On dit en termes de peinture » 
rompre les couleurs \ pour dire ,«les 
mêler enfembie. On rompt les cou- 
leurs pour faire les teintes & les 
demi-teimes , pour en former Tac-» 
cord & runion dans les tournans 8c 
les ombres , c'eft-à-dire , qu'on les 
mêle, & qu'on ne les emploie pas 
crues & entières. Il faut une grande 
expérience pour rompre les couleurs 
a propos \ Tart du coloris & la du- 
rée des tableaux dans leur beaaté,| 
n'ont point de bafe plus elTen-; 
tielle. 

En termes de Manufactures de 
lainage , on dit , rompre la laine ; 
pour dire , mêler enfembie les lai-* 
nés de différentes couleurs que l'on 
veut employer 4 la fabrique des 
draps mélangés. Ces laines font 
ceinres » & non filées y 6c le filage 
ne s'en fait qu'après qu'elles ont 
été bien rompues, c'ell-à-dire» 
bien mêlées 5 enforte que le fil de 
laine dont on doit compofer la chaî* 
ne & la trame de cette efpèce de 
draps , tiennent également de tou- 
tes les couleurs qui font entrées 
dans le mélange. 

Rompre, en parlant d'amitié» de com-' 
merce , d'alliance , de traité j &c. 
fîgnifie figurément, détruire , faire 
cefler , rendre nul. Rompre l'union^ 
t amitié. Cela a rompu tout comnur^ 
ce^ toute liaifon ent/eux. Rompre 
une alliance. 

Rompre j s'emploie auflS abfolument, 
pour dire , rompre l'amitié, la bon- 
ne intelligence qu'on avoir avep 



ROM 

tqoelqu'an. // a rompu avec fa maU 
trejfe. Ils ont rompu emjimble* Il 
n*aurou pas du rompre avecfon ami 
pour fi peu de chofe. Et dans ce fens, 
on dit figurément & proverbiale- 
ment , rompre la paille] 

On dit auffi figurément , r£>/wprg 
un mariage ; pour dire , rompre un 
projet de mariage. Et , rompre fon 
voyage j pour dire, ne pas taire un 
yoysLge qu on avoir réfolu de faire. 

^ On dit , rompre le camp; pour 
(dire , renvoyer les troupes dans 
leurs quartiers. Et Ton dit , (\\xun 
Prince a rompu fon armée ; pour di- 
re, qu'il Ta congédiée. 

On dit dans le même fens , rom- 
pre une affemblée ^ une diète ; pour 
dire, faire cefler, congédier une 
affemblée , empêcher que la diète 
jue continue. 

On dit auffî , rompre fa maifon , 
fon train ; pour dire , congédier 
ion train , (a maifon. Rompre fa ta*- 
^^e ; pour dire , ceffer de tenir ta 
ble. Et , rompre fin ménagé ; pour 
dire ,' ceffer de tenir ttiénage. 

On dit figurément , rompre le, 
fommeil; pour dire , éveiller quel- 
qu'un ^ troubler le fommeil de quel- 
qu'un. 

On dit en termes de chaffe^ ro/»- 
pre les chiens ; pour dire , les em- 
pêcher de continuer la chaffè. Et 
proverbialement & figurémerît,pour 
dire , empêcher qu'un difcours qui 
pourroit avoir quelque mauvaife 
fuite , ne continue. 

Op dit au jeu des dés , rompre le 
dé j ^ rompre le coup ; pour dire , 
brouiller les dés que jette celui con- 
tre qui on joue ^ avant qu'on ait pu 
voir ce qu'ils marquent. Il rompt les 
dés à tous momens. Je vous romps ce 
€oup'là. Et l'on dit figurément, rom- 
pre un coup à quelqu'un ; pour dire, 
empêcher qu'il ne réuflilTe en quel- 



ÎIOM 23 î 

que cKofe qu'il avoit entreprîfe. On 
lui rompit fin coup. Elle lui a rompu 
un beau coup. 

On dit au jeu de triétrac , rom-- 
pre fin plein; pour dire, lever une 
des deux dames qui faifoient une 
d^s cafés du plein & iaiffer cette 
café découverte. 

On dit en termes d'efcrime , 
rompre la mefure à celui contre qui 
on fait dis armes , lorfqu'on le meç 
hors d'état déporter le coup qu'il 
vouloit. 

On dit dans le même fens , rom^ 
pre le dejfeinjes dejjeins de quelqu'un, 
lui rompre fis mefures ; pour dire , 
empêcher qu*il n'exécute fon def- 
fein , qu'il ne réuflîffe dans les mO" 
fures qu'il avoir prifes. 

On dît encore figurément , rom^ 
pre la volonté , l'humeur d'un d/i- 
fant ; pour dire , l'accoutumer ,â 
n'avoir point de volonté. 
Rompre, fe dit encore figurément» 
en parlant des manquemens qu'on 
fait à l'égard des chofes auxquelles 
on eft obligé. Rompre fin ferment. 
Rompre fis . engagemens* Rompre 
l'abjiinence. Rompre un vota. . 

On dit dans une acception à jjeu 
près femblable, rompre fa prijon ; 
pour dire , s'évader de prifon. Et , 
rompre fin ban; pour aire, ne pas 

f;arder fon ban , forcir des lieux où 
'on étoit rélégué. 
Rompre , fignifie encore figurément,* 
ftyler , dreffer , exercer. Aînfi on 
dit , rompre un homme aux affaires; 
pour dire , rendre un homme habi- 
le , expérimenté dans les affaires. 
On le mit dans un tel emploi pour le 
rompre aux affaires^ En ce fens 
on dit , rompre la main d*un jeune 
homme à P écriture , le rompre à Vé^ 
criture; pour dire, l'exercer à écrire* 
On dir en termes de manège 9 
rompre un cheval; pour dire, dé-, 
Gg ii 



155 . R O M 

bourrer un cheval , raâbuplîr. Et 
rompre le cou à un cheval; pour di- 
re , l'obliger quand on eft deiTus , à 
plier le cou â droite & à gaache , 
pour le rendre flexible & le fair^ 
obéir aifcmenr aux deux mains. 
C'eft uneaûTciz mauvaife leçon qu'on 
donne i un cheval lorfqu'on ne 
gagne pas les épaules en même 
cemps. 

Rompre » eA: quelquefois verbe neu- 
tre 9 comaie en c0s phrafes , ces ar- 
ires rompent de fruits. Les poutres 

' fompirent. Cette pièce de bois nejl^ 
pas ajfii forte elle rompra. 

On dit proverbialement & figu- 
rément , vous verre\ beau jeu , ft la 
corde ne rompt ; pour dire , vous 
verrez des chofes qui vous étonne- 
ront , qui vous furprendront , C\ 
les moyens dont on fe fert pour 

• .les fiiire réudîr ne manquent pas. 

On dît provetbialement 8c fîgu- 
tément , qu'i/ vaut mieux plier que 
rompre ; pour dire, qu'il vaur mieux 
céder que de fe perdre. Et Ton dit , 

• il rompra plutôt que de plier ; pour 
dire , il périra plut&t que de cé- 
der. 

Rompre , eft auffi verbe pronominal 
réfléchi. Cette barre fe rompra. Les 
vagues fe rompent contre le rivage. 
Les rayons de lumière fe rompent en 
pajfant d'un fluide da^ns un autre. 

On dit adverbialement & fami- 
lièrement , à tout rompre ; pour di- 
re., tout au plus , à toute extrémité. 
Sa fucctjfion à tout rompre , n'ira 
pas à vingt mille écus. Quelles que 
foientfis prétentions , à tout rompre 
on ne lui doit pas cent pijioles. 

La première fyllabe eft longue & 
la féconde très- brève. 

La troifième petfonne du fingu- 
lier du préfent de Tindicatif fait, 
il rompt. Pans tout Iç relie ce vjer- 



ROM 

be eft régulier & fe conjugue com- 
me Fendre. 
Rompu , UEj participe paffif. Voy. 
Rompre. 

On die par exagétation ; en par-* 
lant d'un homme extrêmement fa- 
tigué , qu'iV efl tout rompu de fati* 
gue. 

En arithmétique, on appelle izom- 
bre rompu , une rraétion , irtie partie 
d'unité. Unfîxième^ un tiers ^ trois 
quarts font des nombres rompus. 
Rompu y en termes de Blafon^ fe die 
des chevrons dont la pointe d'en 
haut eft coupée. 

fiiANcus , en Touraine, d'azur 
au chevron rompu d'or, accompa*- 
gné de trois étoiles d'argent. 

On appelle bâtons rompus , cer- 
taines pièces de compartiment dans 
des vîtres & dans d'autres ouvra- 
ges ; comme auffi une forte de ta- 
pi (Terie où Ton repréfente plufieurs 
bâtons rompus , & entremêlés les 
uns dans les autres^ 

Ga dit advetbialemerit , a bâ^ 
tons, rompus , en parlant des cho- 
fes qui fe font avec de fréquentes 
interruptions & à diverfes reprifes* 
// ne travaille àfon poème quà bat- 
tons rompus. 
ROMPURE ; fubftantif fémioîn & 
terme de Fondeurs de caradèrcs 
d'Imprimerie. Lorfque la lettre eft 
fondue , le jet ou ouverture du 
moule par laquelle on introduit 
le métal , la remplit 8c fait une 
adhérence au corps de la lettre» 
Cette partie eft de trop, on ja fup- 
prime en la rompant à un. endroit 
foible^ ce jet ainli cafle s'appelle 
rompure. 
ROMULUS, fondateur & premier 
Roi de Rome étoit frère de Bemsy 
& fils de Rkéa Silvia, fille de Nii- 
. miror , Roi d'AIbe. Ce dernier 
Pnuce. ayant été détrôné pat foo 



RÔM 

Frère Amulîus , fa fiUe fut mîfe an 
nombre des veftales. On croyoic 
rempêchec d*avuir des enfans , mais 
elle fe trouva biemôc enceinte j & 
poux couvrir fon deshonneur , lorf- 
qu elle eue accouché de deux ju- 
meaux , elle publia qu'ils écoient le 
fruit d'un commerce avec le Dieu 
Mars. Amulius les fie expofer fur le 
Tibre , où Faujlule , Intendant des 
Bergers du Roi , les trouva & les 
fit élever par Launntia fon époufe. 
C'étoit une femme à qui fa lubri* 

^ cité avoir mérité le nom de Louve, 
De-lâ, la fable dit quils avoien\ 
écé allaités par Tanimal qui porre 
ce nom. Dès que les deux frères fe 

. virent en état de combattre , ils 
jraifemblèrent des voleurs & des bri. 
gands, tuèrent Amulius ^ & réta- 
blirent Num'uor dans le Royaume 
d*Albe. Romulus fonda enfuite la 
ville de Rome vers Tan 751 avant 
J. C. Comme fes fujets manquoient 
de femmes , il célébra une grande 

r folcnnité y pendant laquelle il fit 

^enlever les filles des Sabins & de 
plufieurs autres peuples. Les nations 
voifines coururent aux armes pour 
fe venger de certe infulte ; mais el- 
les furent vaincues & contraintes 
de faire la paix. Romulus établit 
enfuite un Sénat , fit de bonnes 
loix , & difparut en faifant la vifi- 
te de fon armée ^ prés du marais 
de Caprée , pendant un grand ora- 
ge \ foit qu'il eût été tué par le 
tonnerre , foit que les Sénateurs 
qui commençoient à redouter fa 

Ituiffance, reuflent mis à mort vers 
*an7i5 avant J. C. Le fondateur 
de Rome avoit fait faire le dénom- 
brement de tous les citoyens de 
cetce ville , quelque temps aupara- 
vanr. Une s'y trouva que trois jnille 
hommes de pied , & environ trois 
cens cavaliers Tel fut le berceau 



ÎIÔN 137 

3e VEmpîre Romain. Mais Jacques 
Gronovius publia en 1684 , une 
diifertation dans laquelle il en^e- 
prend de prouver que lorigine de 
Romulus^ fanaiffance, fon éduca- 
tion & l'enlèvement des Sabin^s , 
ne font qu'un pur roman inveiité 
par un Grec nommé Diodes. 

RONCE ; fubftantif féminin. Rubus. 
Sorte d'arbufte dont on diftingue 
deux efpèces principales , favoir , 
la ronce ordinaire Se leframboijier. 
yoye\ Framboisier. 

^ Les fleurs des ronces font en 
rofe. Le pidil eft formé d'un grand 
nombre d'embryons raffembles en 
forine de tête , & d'un pareil nom- 
bre de (liles qui partent des côtés 
des embryons. 

Ces embtyons deviennent de pe- 
tites Jpaies fucculentes, & qui font, 
prefque toujours réunies les unes 
aux autres. . 

La forme des feuilles de cet ar« 
briOeau varie; mais lapluparrdes 
ronces les ont compofées de trois ou 
cinq grandes folioles dentelées par 
les bords , & qui font attachées aux 
extrémités d'une queue commune î 
elles font hcriflées d'épines cro- 
chues. Toutes les ronces ont leuts 
feuilles pofées alternativement fur 
les branches. 

Les ronces proprement dites ru- 
bus vulgaris , poulTent de grandes 
branches, plianciîs, farmenteufes 9 
dont les unes fe rament dans les 
buiflons y 6c les autres rampent à 
terre : elles prennent racine dans 
les endroits où elles touchent im- 
médiatement la terre y elles font 
vertes , rougeâcres , anguleufes » 
moelleufcs j garnies d'épines fort 
piquantes & crochues , qui s'at- 
tachent fortement aux habits des 
paifans. Elles donnent des fruits 
iemblables aux mûres » qu'oai itp- 



»38 



mures 



RÔN 

dt renard l elles font 



pelle 

fades en cotnparailbii des mfirts 
véritables. Le fruit àt% ro'ices rou- 
git le papier bleu prefqu autîî fort 

- que l'alun , ce qui prpuve qu'il con- 
tient un acide aflez développé \ & 

• ce qui rend eh même temps ces 
fruits aftringens , déterfifs & âb- 
forbans. Les feuilles font prefque 
audi dans le même cas ; étant mâ- 
chées, elles nettoient les ulcères des 
gencives, de la bouche , & affermif- 
fentlesdencs.Ces mêmes feuilles ap- 
pliquées fur les dartres & les hémor*« 
roïdes , les mortifient & lesguérif- 
fent^appliquées fur les vieilles plaies 
& fur les ulcères des jambes, elles 
les guériflfent autfi en peu de temps. 
On fait avec les ronces un (irop qui 
s'emploie avec fuccès dans les maux 
de gorge & l'efquinancie pouten tem- 
pérer l'inflammation. Les fruits des 
ronces bien mûrs & bien noirs font 
rafraîchiffans & appaifent la foif } 
on peut les fubdituer aux mûres do- 
meftiques. On s'en fert en Provence 
pour colorer le vin mufcat blanc , 
& pour faire le vin mufcat rouge 
de Toulon. 

On peut élever par curîofité la 
ronce à fruit blanc, celle qui eft faos 
épine ^ & celle dont les feuilles font 
panachées. L'efpèce qui mérite d*ê- 
cre vraiment cultivée efl: celle à 
fleur blanche & double \ car depuis 
le mois de Juinjufc^u'aux premières 
gelées , elle produit des âeurs lar- 
ges comme un petit écu , d'un beau 
blanc , & qui font auffi belles que 
les renoncules femi-doubles ; ces 
fleurs font difpofées par rameaux. 

Ronce , fe dit audî ngurément , & 
flgnifie de grandes difficultés. On ne 
trouve dans f es' affaires que des ronces 
& des épines* 

La première fyllabe eft longue & 
la féconde très-brève. 



RON 

RONCEVAUX; boutg d'Efpagneâtt 
Royauinede Navarre , dans la vaU 
lée de même nom , entre Pampe*- 
luné & St.-Jean-Pié- de-Port. 

On fait que la Navarre s'étend 
fort avant dan» les Pyrénées» àc 
qu'elle comprend Tefpace de ztf 
lieues le long de ces montagnes. 
Elle eft divifêe en quatre vallées 
dont celle de Roncevauz eft la plus 
commode & la plus courte, n'ayant 
' que huit 'lieues de travers dans les 
montagnes. Elle eft famcufe dans 
l'hiftoire de France , i caufe d'une 
bataille donnée entre les François 8c 
les Efpagnols en 778. Charlemagne 
y fut vaincu par la trahifon de Ga- 
nelon ; plufleurs braves Paladins de-^ 
meurèrent fur la place , entr'autres, 
Rolland j neveu de Charlemagne » 
Renaud & quelques autres que les 
romans ont tant chantés. Lorfqu'oa 
traverfe cette vallée , on voit che- 
min faifant , le champ de bataille 
où l'on a bâti une Églife nommée 
Notre - DaTTte de Roncevaux. Dom 
Sanche le fort fonda dans le boufg 
l'Églife royale de Sainte*Marie pour 
fa fépulture > avec un collège de 
Moines & un Prieuré. 

RONCIGLIÇNE ; ville d'Italie dans 
. le patrimoine de Saint Pierre , fur 
le Tercia , à, cinq lieues , fud j de 
Viterbe. 

ROND , ONDE , adjeûif. Rotun^ 
dus. Qui eft de telle hgure que tou- 
tes les lignes droites tirées du cen- 
tre à la circonférence font égales. 
11 fe dit des furfaces comme des 
folides. Un globe ejl rond , parcequc 
toute fa Jurf ace efl compofée de cercles 
qui ont un même centre. . Une figure 
ronde. Une table ronde. 

En termes d'écriture ^ en appelle 
lettres rondes^ ou abfolumen^. ran-- 
dcsj une des trois fortes d'écritoie. 



RON 

Les deux autres font U bararde & 
^'italienne. 

U y a quatre fortes de rondes; la 
titulaire , la moyenne du premier 
degré 3 qui' s'emploie dans les let- 
tres-patentes de grâce, de rémiflîon, 
dans les États du Roi ^ & générale- 
ment dans tous les comptes qui fe 
rendent à la chambre y la moyenne 
du fécond degré , en ufage dans le 
notariat ; la troiGème eft la minute 
ufitée dans les finances ; la quatriè- 
me eft la groiïe de Procureur em- 
ployée quelquefois auflU dans les fi- 
nances. 

On appelle Chevaliers de /a table 
ronde , les douze Chevaliers qu'un 
vieux roman dit avoir écé compa- 

Snons du Roi Artur , ancien Roi 
es Bretons. £t Ton appelle pro- 
verbialement & figurément , Che- 
valiers de la cable ronde , ceux qui 
aiment à être long-temps â table. 

En termes de fculpture, on ap- 
pelle/^«rejr de ronde bojfe ^ des figu- 
res donc lès différentes parties ont 
tout leur contour , pour les oppofer 
aux figures de demi-boflfe & de bas- 
relief. 

Oiyditd'un Ifomme gros & court, 
qu i/ ejl tout rond , qu // tjl rond 
comme une boule. 

On éic auffi de quelqu'un qui a 
le ventre bien plein pour avoir beau- 
coup bu ou beaucoup mangé , qu'i/ 
tjl bien rond. Et Ion dit figurément, 
qu*tf/2 homme tjl rond & franc , qu'i/ 
€Jl tout rond y quand il agit fans fa- 
çon , fans artifice , avec fincérité. 
OeJ} un homme tout rond. Il eft fami- 
lier. 

On dit figurément en termes de 
Mufique , c^une voix ejl ronde ; 
pour dire , qu'elle eft pleinei égale 
& unie. 

On appelle figurément période 
(ondc 9 une période qui eft pleine , 



RON 13? 

nombreufe , bien tournée , 8cd une 
agréable cadence. 

On appelle compte rond, un compte 
dont la fomme eft parfaite ou fans 
fradîon. // veut vendre fa toile trois 
livrer dix fous l'aune , & je lui en 
offre trois livres pour faire un compte 
rond. 
Rond , s'emploie auffi fubftantive- 
ment au mafculin ôc fignifie cercle , 
figure circulaire. Tracer un rond avec 
lecompas.Danferen rond. 

En termes d*Ânatomie on appelle 
grand rond , un mufcle du bras ap- 
prochant de la figure ronde qui a 
une de fes attaches à toute la face 
externe de langle inférieur de l'o- 
moplatte ; l'autre exrrémiré eft ac* 
tachée â la partie fupérieure & in- 
cerne de los du bras ^ au bas de 
la ligne ofleufe de la petite tube- 
• rofiie ,.un peu plus bas que le grand 
dorfal. Les tendons de ces deux 
mufcles ne fonc pas confondus , 
comme ils le paroidenc d'abord au 
premier coup d'œil j ils fe croifent 
un peu l'un fur l'autre par leurs 
bords. La portion antérieure du 
grand lonà eft cachée par le del- 
toïde. 

L'ufage de ce mufcle eft de tour- 
ner le bras & de le tirer en arrière. 
On voit par là qu'on peut le con- 
fidérer comme auxiliaire du grand 
peéfcoral. 

On appelle petit rond , un muf- 
cle fort charnu qui s'attache par 
une de fes extrémirés i route la 
cote inférieure de l'omoplate, & va 
fe (terminer par fon autre extrémité 
à la partie inférieure delà grofte 
tubérofité de l'humérus, au-delfouf 
de l'attache du fous-épineux. Le pe- 
tit rond eft recouvert par le del- 
toïde , ic piffe lui-même fur lori- 
gine de la longue tête du triceps 
brachial. Le tendon de ce mufcle ; 



140 r:o N 

en paflfanc fur le ligament capfii- 
laire du bras , y contraâe une ad- 
hérence qui augmente la force de 
ce ligament , & Tempèche d'êrre 
pincé dans les mouvemens du bras. 
Ce tendon eft collé avec celui du 
fous-épineux » ce qui a fait que les 
nnciens Anaromiftes ont confondu 
ces deux mufcles enfemble. 

Ce mufcle peur aider à tirer le 
bras en arrière , & lui faire faire U 
rotation. 

On appelle rond d'eau , un grand 
baflin d'eau de figure ronde » pavé 

' de grcs , ou revêtu de plomb ou dç 
ciment , & bordé d'un cordon de 
gazon ou d'une tablette de pierre. 
Tel eft le rond £caii du Palais R oyal 
à Paris. Quelquefois cette forte de 
bâflîn fert de décharge ou dç réfer^^ 
voir dans les jardins. 

En termes de CHapeUer$ on ap- 
pellel rond de plomb , une grande 
plaque de plomb qui a la figure 
d'un chapeau fans forme, de laquelle 
on fe fert pour t^nir un chapeau çn 
état. 

Rond , en termes de Manège , fc dit 
de la ptfte circulaire qu^on appelle 
autrement la yolte. Couper le rondou 
la volte j c'eft faire un changement 
de main lorfqu'un cheval travaille 
fur Ics voltes d'une pide ; en forte 
que divifant la votte en deux , on 
cnange de main , & le cheval part 
fur une ligne droite pour recom- 
mencer une autre volte. Pans cette 
efpcce de manège , les écuyers ont 
accoututtïé de dire, çoupe\ ou coupe[ 
le rondf 

ïlONDx\ ; ville forte d'Efpagne, 
dans le Hoyaume de Grenade, fur 
un rocher fort efcarpé , ihuit lieuesj 
' nord , de Gibraltar. 

P.ONDACHE ; fubftantif féminin, 
fiffèce de grand bouclier rond dont 
^4 (ç frtyyi; .^uçrç fais, La rçnJ0f/^g [ 



RON 

éco'u encore en ufage du temps i^ 
Henri ir. 
RONDE î fubftantif féminin & ter- 
me de guerre. La viHte qui fe faic 
la nuit autour d'une place , dans un 
camp , pour obferver (i les fenti* 
nelles & les corps de garde fonc 
leur devoir, & ii tout eft en boa 
état. 

Ilfe dit aufti de la troupe mèm^ 
qui fait cette vifite. 

ÂufE-tôt que la retraite eft bat- 
tue , les rondes doivent commen- 
cer ï fe faire fut les remparts. Eti 
Quelque nombre que foienrles Of- 
ciers d'infanterie de la garnifon , 
il doit y en avoir au moins le quarc 
de commandé à ce fujet. La pre« 
mière de ces rondes doit être raito 
par le Major de la place , tant pour 
voir (i le mot du guet a été porté 
fidellement aux gardes par le Ser- 
gent , que pour examiner fi les 
lentinelles lont bien pofées & fi 
chacun fait fon devoir. Pour cet 
effet , il fe rend d'abord à telle porte 
ou à telle pofte qu'il lui plait pour 
commencer fa ronde. 

Lorfqu'il y e^ arrivé & qu'au 
qui va là de la fentinelle ,' il a. ré- 

{)ondu , ronde Major ,-^uflî - tôt 
'Officier de garde fe préfente à lui 
avec fes armes , ayaftt (Rrrière lui 
deux fufiliers les armes préfentées. 
Il lui donne enfuite le mot la tête 
dccouverre ; le Major le reçoit & 
rOrficier lui rend compte de ce quj 
peut ptre furvenu de nouveau à foi^ 
pofte. 

Si le Major demande qn foldat 
avec un fanal pour l'éclairer , & 
quelques fufiliers pour l'efcorter 

i'ufqu'au premier corps de garde , 
'Officier les lui donne fans diffi^ 
culte. Après que le Major a fait fji 
ronde , & qu'il a bien examiné 
fpjitej çhofes , il çn dpii; ^Uer ren- 

^19 



RON 

'9re compte atf Gouvernent auquel 
ii rend en même temps le mot du 
guet , pour lutfarire voir qu'il eftle 
même qu'il a reçu de lui. 

Le Grouvemeur , le Lieutenant 
de Roi y 8c les Officiers & Infpec- 
teurs Généraux qui font employés 
dans la place , doivent auffi , (inon 
tous les jours % au moins de remps 
en temps , faire la ronde. En ce 
cas les Gardes doivent pour les 
deux premiers » fe mettre en haie 
lorfqu'ils paffent ^ Se pour les uns 
& les autres» prendre les armes ^ 
Us porter , fuivant que leur dignité 
de Général l'exige ; mais fans bruit 
de tambour , lequel eft abfolument 
interdit pendant la nuit > i moins 
que ce ne foit pour annoncer quel- 
que allarme ; du refte l'Officier de 
garde les reçoit , 8c leur donne le 
mot , comme au Major , excepté 
qu'il a quatre fufîiiers derrière lui 
au lieu de deux. 

Les autres Officiers qui doivent 
faire la ronde à l'heure qui leur eft 
échue par le fort » doiveuc la com- 
mencer précifémeht à Thcure mar- 
quée : s'ils y manquent , le Caporal 
du premier pofte ou ils paflent, doit 
refufer leur maron. 

Si une ronde en rencontre une 
autre , le premier qui crie qui va 
là , doit recevoir le mot du fécond 
en paCTant, & pour ce fujet , lui 
préfenter fépée ; mais ce cas ne 
dpit jamais arriver quand les ron- 
des fe font régulièrement, puif- 
qu'il ne peut provenir que de ce 
que ces ceux rondes ont com- 
mencé leur marche â la même heure 
& à roppt>(ition Tune de l'autre ; 
ce qui eft contre la règle » toures 
les rondes deva\it marcher à la fuite 
les unes des autres ; autrement il 
y auroir un intervalle de vide pen- 
dant trop de tempç. 

Tome XXF. 



RON 141 

Mais pour éviter les furprifes ^ 
il eft bonde donner tous les foirs 
deux mots » afin que la ronde qui 
doit répondre > ayant donné le pre^ 
mier , l'autre foit obligée de rendre 
le fécond. 

Si pendant qu'un Caporal va po«* 
fer fes* fentinelles , une ronde vienc 
à fa rencontre , celui qui fait la 
ronde , lui donne le mor , & il 
doit le recevoir avec les formalités 
ordinaires. Il y a encore d'autres 
rondes qu'on appelle rondes rou* 
lames. Elles fe font par des Offi-* 
ciers ^ Sergens ou Caporaux qui doi- 
vent .fe promener fur un certain 
rempart , en allant & venant pen- 
dant un temps marqué » â peu près 
comme font les fentinelles quand il 
fait froid. 

L'Officier qui fait la ronde doit 
porter une lumière bu une mèche 
allumée » & répondre au qui va là 
des fentinelles , ronde (tofficier^ 
Les fenrinelles doivent préfenter 
leurs armes 8c ne s'en point laiiTec 
approcher de trop près. Si l'Officier 
ou autre faifant la ronde , manque 
à vifiter la guérite , à regarder dans 
le foflfé , 8c i écouter quelque temps 
fur la barberte , la fentinélle peut 
l'y obliger & l'arrêter jufqn*à ce 
qu'il l'ait fait. De même s'il vou- 
loir prendre quelque chemin pour 
raccourcir celui qu'il doit faire , 
la fentinélle doit auffi l'obliger î 
fuivre celui qui eft marqué , lequel 
eft le lon^ de la banquette dans les 
places où il n'y a point de chemin 
des rondes. 

L'Officier qui fait fa ronde » en 
arrivant auprès d'un corps de garde, 
y eft reçu par un Caporal , pourvu 
que le mot qu'il lui donne foit bon ; 
car s'il écoit faux ou qu'ill'eût ou- 
blié, le Cnporal doit l'arrêter & le 
mener â l'Officier de garde , lequel^ 
Hh 



X421 RON ' 

s'il U Kecpnnoic j 8c 9*U ^ofiC que 
cçihQft<|u'un oubli 9 p9uc lui don- 
ner le yui moc & le lùthjc pafler. 
. lli ({pu néwmoins avoic foin d'en 
nw^re QQiDpc]» sut Major qui en 
doic auiE rendre comp.ce shi Gqu- 
v^nQMff^afin que coucce qui regar- 
de ce point eOenciel ibtc régulîène- 
men^ o.l>(er^. Si. l'Officier, qui eft 
d^îgacde.n^ CQpnoît poixit. celui qui 
Qe r«voic past le moc, il doic lar- 
f ècer 8c le: cooir' dans un corps de 
garde^ jurqu*i.cequele Gouverneur 
en.aic^ordooQc^ 

Qoand.U fi^ncînelle apperçoic la 
: fonde 9 elle, doit crier qui y a là (i 
haut que le corps de garde puiflè 
rencendrcL,.& Too eft oblige de lui 
répondre » randfi dt Gouycrntur ^ 
ronde Major y ou autre, La feocinelle 
qui eft priés da corps de garde , 
aptes avoir ^^t , dcmcwrc-là » crie 
encore > Caporal hors de la garde : 
le Caporal fore du corps de garde ^ 
mer l'épceâ.U mwij^ demande en- 
core qtà va là? Et on lui répond , 
ronde,:, il die > avance qui a tor- 
dre. . 

On dit aitflS Sgurément ^ faire la 
ronde i pout dire , tourner astour 
tYon |ardin>d*UDe oaaifoB » &c. pour 
obrerycr , pour épier» 6c 

On dit à table y. faire fa ronde ; 
pour dite , boire à la fanté de cba- 
COD des cofMfives l'un après lanrre. 

Poferfa ronde j fe dit au lanf- 
qittnety en parlant de l'argent que 
chaque Joueur paye pour les cartes 
ayant de fe mettre au. jeu. f^ott^ il V 
ve\ pas payé votre ronde. 
Roif De , eo termes de muCqne , fe dit 
, d'ooe note blanche & ronde » fans 
queue ^ laquelle vaut une mefure 
entière i quatre remps , c eft-i- 
dire 9 deux blanches ou quatre noi- 
res. La ronde <ft de toutes les oo- 
tca f eftées en ufage > celle q^ a. le 



RON 

' pltts^dt valeur. Autrefois aacoi^ 
traire elle étoit celle qui en avoir le 
moins » & elle s'appeloic £emi- 
brève. 

On appelle ronde de table ^ une 
focte de chanTou à boire ,, & pour 
l'ordinaire 9 mêlée de galanterie » 
compofée de divers couplets quW 
chance à table chacun à fon cour » 
& fus lefquels tous les convives 
font chorus en' reprenant le re* 
frain. 

On dit adverbblement ^ à la 
^ ronde ; pour dire » à l'entour. Une 
' lieue à la ronde^ 

On dit 9 toire à la ronde ; pour 
dire » boire tour â tour ^ les uns. 
après les autres. Et porter des verres 
à la ronde ; pour dire » en porter à 
tous ceux qui font aune même ra* 
ble y ftttvant le rang dans leq^aeliU 
font aflîs. 
RONDEAU i fubftantif mafculînv 
Petit Poëme compofé de treize vers 
& de deux refrains formés du pre- 
mier moc ou de l'hémidiche du pre« 
mier vers. Il ne ro«le que fur des 
rimes redoublées qui fe parcagenc 
de manière > que s'il y a huic rimes 
mafeulines> il n'y en a que cinq fé- 
minines , & réciproqu^menc- Mais 
3uclques rimes qui y dominenc » 8c 
e quelque manière q|a'on les diC- 
pofe y il fe rencontre en quelque en- 
droit trois rimes mafcuUnes oufé*^ 
minines de fuice y ce qui forme une 
excepcton à la règle générale de l'ar- 
rangement des rimes de cotre Poc> 

Après les cinq premiers vers dis 
rondeau , on marque un repos ou ntt 
fens complet , mais fans répéter le 
mot ou le refrain qu'on^ ramène feu- 
lement après le huitième & le trei- 
zième vers. L'art confiile à faifît 
deux applications beureofes 8c na.- 
tnielles ^ mai^ différentes de ce mou 



RON 

Ceci regarde nniquement le ton- 
^deàtt fimple ; car il en eft d'une au- 
tre efpèce, qu'on nomme rondeaux 
redoubles : nous en parlerons dans 
un niomenr« 

On crouye des rondeaux admira- 
bles dans Marot. La Bruyère en cite 
deuk aui n'ont d'autre défaut ( & 
c'en eft un ) que d'avoir quatorze 
vers. Madame Deskoulières & Rouf- 
feau en onc auffi fait de fort bons. 
Celui qu'on va lire eft de Voiture , 
contre un Frondeur, Tout le monde 
connoît celui de ce Pocte fur le 
rondeau mîme, * 

En boa fraoçois , politiqae & dévot , 
VousdifcoineB plus grave qu'an msgoc. 
Votre chagrin de tout fe Formalifc ; 
Et Ton diroit que la France 5c TÉglifc 
Tournent far voas comme far «n ^vot. 
A tout propos vous faites le bigot 
Pleurant nos maux avec maint fanglot \ 
Et votre coeur cfpagool (è dégulfe 

En bon françois. 
laiflez rÉrat& n*en dites plus mot ; 
11 eft pourvu d*un très-bon matelot ; 
Car s'il vous faut parler avec franchife , 
On vous coonoit^ & vous n*ctcs qu'un fot. 

En bon françois. 

^ Le rondeau redoublé confifte en 
cinq quatrains» à la fin de <Aacun 
defquels on répète un vers du pre- 
mier quatrain. Ces forces de pièces 
ne font plus guères d'ufage ; au refte> 
pour en apprendre les règles , il ne 
faut que le.rems de les lire} les 
exemples de ces morceaux » rares 
dans les Poëres de nos jours , font' 
extrîmemenr communs dans ceux 
qui écrivoient il y a on fiècle. En 
Yoici un* 



Si ton en trouve , on n'en trouvera guère 
De ces rondeaux qu'on nomme redoublés ^ 
Beaux & tournés d'une fine manière , 
Si quâ ion droit la plupart font fifiés* 



RÔN t4j 

A fir quatrains les vers en font réglés. 
Sur double rime &d*efpièce contraire. 
Rimes oâ foienc ïouie mots accouplée » 
Si ton en trouvé on n* en trouvera guire. 
Doitanfurplus fermer fon quarcenairc 
Cluéun des vers au premier àflèAbléii^ 
Pour varier toujours rimeTcakiTe 
De ees ^rondeaux qu*on nommt redouhâs. 
Puis pat on tour » t6ur dos pluscndiaUcs , 
Vont à pieds joints, fatfcant la pièce en- 
tière; 
ht% premiers oiots q|i*aa bout vous en* 

fflci. 
Beaux ^tournis (tune 'fine hianihe^ : 
Damepare^Tc , à parler fansasyftère ^ 
Tient nos rtmeurs de & cape affublés ; 
Tout ce qui g£ne eft sûr de leur dépUire $ 
Si qu'à bon droit la plupart font fifiés. 
Ceux qui de gloire écoiient jadis comblés » 
Par beau labeur en gagnoient le fakaire » 
Ces fores efpiics aujourd'hui cbcrchcz-lcs: 
Signe de croix on auiaiicude faire , 
Si ton en trouve. 

On voit par cet exemple que le 
refrein du rondeau redoublé ie-mec 
au bout de la dernière Aance. Ce 
rondeau qu*on cite prefque partout 
avec éloge , & qui doit avoir beau- 
coup coûté^au pocte , eft déteftable . 
& fuffiioit pour dégoûter de ce 
genre. Celui que Voiture a fait fur 
le rondeau fimple : 

Ma foi y c'eftfait, &c. 

eft bien meilleur que celui-là. 

Le rondeau (impie eft toujours en 
ufage , & la forte de vers qui lui 
eftafFeâée eft celle de dix fyllabes, 
quoiqu'on en trouve quelques-uns 
en vers de huir j mais cela eft plus 
rare. Nos Maîtres en ce genre , Ma'^ 
rot & Roujfeau , onr.toujours préféré 
la première efpèce de iwrs, non^^a? 
exclufivement à toute autre » mais 
parcequ'ils lont crue plus fimple , 
plus naïve , & en quelque manière 
Hhij 



t44 R O N 

moim éloignée de U profe» En effet, * 
par fes deux hémiftichesf inégaux 
elle cienc dans notre langue la place 
que le vers ïambe occupoit chez les 
anciens , & regagne par l'harmonie, 
fav . le vers Alexandrin , ce qu'elle 
femble perdre du côté de la Ma* 
feAé. D'ailleurs ce vers permet des 
f epos , de& enjambemens , des in- 
verfions qui deviennent fautes dans 
tous nos autres vers : cependant , le 
^ rondeau ne devant point avoir de 

Î4us grand mérite que la naïveté j 
a petfeâion dépend beaucoup 
Bioins de la ftruâure du vers , que 
d'un génie aifé , facile & naïf qui 
fair airoxtir h diâion à la (implicite 
des penfées. 

On appelle improprement ron- 
deau ^à^zuttes petites pièces de Poe 
fie ,qu^on met ordinairement en mu- 
squé, & dont le premier vers, où 
les premiers vers font répétés â la 
fin. 

On appelle auflî rondeau , une 
force d'air i deux ou plufieurs re- 
prises ^ & dont la forme eft telle , 
qu'api es avoir fini la féconde re- 
prife on reprend la première, & 
ainfi de fuire , revenafnr toujours & 
finiflant par cette première reprife 
par laquelle on a commencé. Pour 
cela , on doit tellement conduire la 
modulation y que la fin de la pre* 
mière reprife convienne au com- 
mencement de toutes les autres ; & 
que la fin de toutes les autres con- ! 
vienne au commencement de la pre* 
mière. 

Les grands airs italiens Se toutes 
nos ariettes font en rondeaux , de 
même que la plus grande partie des 
pièces de clavecin françoifes. 
KoNDBAu , eft encore le nom d'une 
plaque de fer forgé ou de fonte , 
dont les Miroitiers- Lunetiers fe 
(ervent pour y travailler les- vecres 



RON' 

dont la fuperficie doit être plâibe / 
c'eft'à-dire, ni convexe ni concave. 
Les rondeaux fervent aufli pour faire 
des bifeaux fur les glaces ; le grès » 
l'éméri , le tripoli j la potée d'c- 
tain , fervent à dégrofiir , adoucir , 
polir & luftrer le verre ou le criftal 
qu'on travaille fur le rondeau. 

Rondeau , fe dit parmi les paciffierV, 
d'une planche en rond , fut laquelle 
on dreflè les pains bénits. 

RONDELET , ETTE} adjeAif dir 

ftyle familier. Diminutif de rond. 

11 ne ie.dit que des perfonnes , SC 

' (îgnifiâ^ qui a un peu trop d'embon-r 

point. Elle efi rondelette. 

RONDELLE |^ fubftantif féminin.^ 
Sorte de petit bouclier rond , donc: 
les gens de pied armés à la légère fe 
fervoient autrefois. 

Rondelle , fe dit en termes de Sculp- 
teurs , d'pne efpèce de cifeau arr 
rondî. 

Rondelle , fe dit en termes de Mar 
çons , d'un outil de fer* dont ces Ar* 
tifans fe fervent pour eratter 6c 
finir les membres a'Ârchite6ture. 

Rondelles, fe dit en termes de Plom- 
biers , de deux pièces de enivre ron- 
des, qui fisrmentpar les deux bout» 
les moules où ils fondent des tuyausit 
(ans foudure ; c'eft au milieu de ces 
rondelles que font placés les deux 
portées qui tiennent le boulon oa 
noyau du tuyau , fufpendu au miliea 
du moule, & qui règlent l'épaif- 
feur du plomb; 

RONDEMENT ; adverbe, j^quali^ 
ter. Uniment, également. 7nzvû/7/6r 
rondement. 

Rondement , fe dît auffi figurément 
& familièrement , pour fignifi'er ,. 
fincèrement , franchement , fans ar- 
tifice , fans façon. C*ejl un honnête 
homme qui va rondement. Il faut y 
aller rondement fans ufer de fineffe. 
La première fyllabe eft longue > 



IlÔlSf 

fa féconde très-btàye« & la trpiiième 
moyenne. 

RONDEUR i fubftamif fSttiinîn./îo- 
tunditas. Figure de ce (jui eft tond. 
La rondeur d*unc boule. La rondeur 
d'un cylindre j d'une ajjieae*. 

RONDIN i fubftantif mafculin.Mor. 
ceau de bois de chauffage *& qui eft 
Ifond. Des rondins de hecre^ Des ron- 
dins de chêne. Brûler des rondins. 

RoNDiM , fe dit au(&d*an gros bâton. 
// lui donna vingt coups de rondin fur 
le dos. 

RONDON i fubftantxf mafculin & 
terme de Fauconnerie. On dit , au*2//z 
oifeau fond en rondon ; pour dire , 
qu'il fond avec impécuonté fur (a 
proie, 

RONEBYi ville de Suéde, danfi. la 
Bleckinçie , i quelques lieues , oueft, 
de Catlicron» & à une lieue de la 
mer. 

RONFLEMENT ; fubftantif mafcu- 
lin. Bruit fourd qu'on fait en ron- 
flant. Quand il dort on entend fon 
ronflement dans la chambre voifine. 

La première fyilabe eft long^é'^ 
la féconde très-brève, & la troi- 
/lème moyenne au fingulier , mais 
celle-ci eft longue au pluriel. 

jRONFLER ; verbe neutre de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Ronchif 
fare. Faire un certain bruic de la 
gorge & des narines en refpiranc 
pendant le fommeil. Il eft incom- 
mode de coucher auprès des gens qui 
ronflent. Ce chien ronfle comme une 
perfonne* 

Ort d i t j qu'tf /î cheval ronfle , qua nd 
la peur qu'il a de quelque chofe lui 
fait faire un certain bruit des ru- 
jines. 

On dît , que les violons ou d'au- 
tres inflrumens de muflquc ronflent ; 
pour dire , qu'ils jouent & font 
grand bruit. 



\0n* dit, dans le difcours fami« 
lier, que le canon ronfle en quelque 
endroit }po\xi dire y qu'on y tire force 
coups de canon. 

RONFLEUR, EUSÉ; fubftantif. Ce- 
lui 0x1 celle qui ronfle. // ne couche 
pas avec fà\Jemme ^ parcequ'elle eft 
une ^onfieuCe incommodl* 

RONGÉ , ^E ; . participe paflîf. Un 

. habit rongé des vers.* Une perfonnc 
rongée dg remords, f^oyex Rongxr. 

RONGER i verbe aftif de la première 
conjugaifon , lequel fe conjugue 
comme Chanter. Rodere. Couper 
avec les dents à plufieurs & tré« 
quentes r eprifes». £<i chiens aUncnt 
à ronger les as. Les. rat s ont rongé 
cette étoffe. Il y a des infectes dans la 
terre qui rongent les racines des 
plantes. 

On dit , que des cheyaux rongent 
leur frein ;foviK dire , qu'ils n;tâcheilc 
leur frein. «t 

On dit (igutément , ronger fon 
frein ; poup dire , retenir fon dépit, 
fon reUentiment en foi-mème, fans 
en rienjaiffer éclater au>dehors. 

On dit aufld fîgurément , donner 
un es â ronger à quelqu'un ; pour 
dire ^ lui donner quelque occupa- 
tion , quelque emploi où il puiife 
gagner quelque chofe. // faut lui 
donner quelques os à ronger» 

On le dit aufii pour figniSer , fuC- 
citer quelque affaire à quelqu'un 
pour rëmbarralfer , pour l'occuper 
d'un coté , afin qu il n'ait pas le 
temps de fotigçr à autre choie i 6c 
qu'il ne puilFe pas nuire. Pour le dé" 
tourner de fon projet , on l'engagea 
dans cette affaire , on lui donna ua os 
â ronger. 

On dit , que l'eau forte & la rouille 
rongent le fer , le cuivre , Hcc. pour 
dire, quelles le minent & le con-» 
fument peu à peu. 
'On dit fîgurément ^ qu'foi Proa$», 



14^ 



RQN 



ftjUr ronge aux qui ont affaire à tu! ; 
pour dire » qu'il leor fatc confamcr 
Leuts bions par ides chicanes & par 
des frais. Les gens de Jujlice Vont 
rongé jufquaux os. 

On ait aofli figorémenc, que le 
fûuci ronge j (\\xune affaire ronge Vef- 
prit y qu*«/2 remords ronge la conf^ 
cience ^ ronge le cœur ; pour dire, 

^ que l'erpric en eft agité , qae la conf- 
cience en eft rourmencée. 

La première fyllabe eft naoyenne, 
& la féconde longue ou brève. Foy. 
Vbrbb. * 

Les ^mps où perfonqes qui fe' 
terminent par un e féminin, ont la 
fyllabe précédente longue. 

RONGEUR ; adjedif qui n'eft ufité 
qu'au figuré dans cette phrafe , le 
ver rongeur } pour dire, un remords 
qui tourmente le coupable. 

-RONSARD , ( Pier« de ) né au châ- 
teau de la PoWonniere , dans le Ven- 
domôis en 15x5, d'une famille no- 

> ble , fut élevé à Paris au collège de 
Navarre. Les fciences ne lui offrant 
que des épines , il quitta ce collège 
Se devint Page du duc d'Orléans j 

- qui le donna i Jacques Stuarr^ roi 
d'Ecofle , marié à Magdeleine de 
France. Ronfard demeura en Ecoffe 
auprcs de ce prince plus de deux 
ans, & revint enfuite en France j où 
il fat employé par le duc d'Orléans 
dans diverfes négociations. Il ac- 
compagna La:^are Baîfi la diète de 
Spire. Ce favant lui ayant infpiré 
du goût pour les Belles-Lettres, il 
apprit le grec fous Dorae , avec le 
fils de Saif. On dit que Ronfard 
ctudioit jufqu'à deux heures après 
minuit-, Se qu'en fe couchant il ré- 
veil lot t Baïf qui prenoit fa place. 
Les Mufes eurent des charmes in- 
finis à fes yeux j il les cultiva , & 
avec un tel fuccès , qu'on l'appela 
le prince des poètes de fon temps. 



Henrî H, François it, Charles IX 
& Henri III le comblèrent de bieir- 
faits & de faveurs. Konfard ayant 
mérité le premier prix des feux flo- 
raux , on regarda la récompenfe qui 
ccoit promiie comme au delTous d« 
mérité de l'ouvrage & de la repu* 
ration du pocte : la ville de Tou- 
loufe fit donc faire une Minerve 
d'argent maflif & d'un prix coti- 
fidérable,qu'elle lui envoya. Le pré- 
sent fut accompagné d*un décret 
qui déclaroit Ronfard le poeu fratf 
çois par excellence. Marie Stuart , ■ 
Reine d'ÉcoiTe, auffi fenfible à fon 
mérite que les Touloufains , lui 
donna un buffet fort riche , où il 7 
avoir un va(e repréfentatvt le Mont- 
Parnafle^ avec certe infcription : 

A Ronfard^ C Apollon de lafource des 
Mufes* 

On peut juger par ces deux traitf 
de la réputation dont ce pocte a 
joui » & qu'il foutint jufqu'au temps 
de Malherbe. Il y a de l'invention 
ic du génie dans fes ouvrages ; mais 
fon aneâation â mettre partout de 
l'érudition , & à former des mots 
tirés du gtec , du latin , des diffé- 
rens parois de- France , a rendu fa 
verfificarion dure & £buvent in* 
intelligible. 

»... Ronfard par une aotre méthode » 
Réglant tout , brooilla tout , fie un arc i 

fa mode; 
£t toutefois long-temps eut on heureux 

dedin: 
Mais fa Mufecnfranfois parlant grec Se 

latin , * 

Vit dans Tâge fuivant^ pat un retour gro« 

tefque , 
Tomber de fes grands mots le fafte pé- 

dantcC)ae« 

BOlLtAU. 



.. - Ce poëte a FaIc d6& fiV^ 

Odes y un pocmé 'inciittiè h Fran- 
ciadc ^. des Églogucs > des Épiffont" 
mes j des Sonnets ^ &Cé H moHf uc 
i. Saine- Come de Tonrs» Tonde 
fês bénéfices , en 1585. L'hocnine 
écoic encore plus ridicule, eq lyi 
que le poëte j il écoic fingulièrenient 
Yain. Il ne parbic que de fa maifôn, 
de fes prérendues alliance^ avec des 
cftcts couronnées, llëtoitnéea Tan- 
née de h défaite de François t de- 
vant Pavie , comme fi le ciel , difôit- 
il 9 nyoi/ 90ulu par-là- dédommager \ 
• ta France de fes pertes. 11 ne fiiiif- 1 
foie point fur le récit de fes bonnes 
fortunes. Tomes les femmes le re- 
cherchoienr. 
RONSBERG ; petite ville de Bohètne 
dans le cercle de Pillen , près de 
Herftein. 
ROQUE ; ( la ) petite ville de France 
dans le Languedoc , à quelques 
lieues » aunord^de Nifmes. On y 
cyompre environ* 1 ooo halMtans. Elle 
'<■ eft célèbre pour avoir fervi d*afile 
aux CarboUques contre tes infultes 
des Huguenots dans les guerres de 
religion fous Louis XII : le Duc de 
Rohan ^ Chef des Religionnaires , 
échoua devant cette ville » malgré 
toutes fes tentative^ pour s'en em- 
parer. 
ROQUE, (Gilles- André de la) 
Sieur de la Lontiere > Gentilhomme 
. Normand^ mort i Paris en i6ij ^ 
. à 90 ans > s*eft fait un nom par plu- 
iieurs ouvrages fur les généalogies 
&; fur le blafon» Les principaux 
^ S;>nt, i^. un traité curieux de la 
nobleflè & de.ies diverfes efpèces » 
10-4**.: z^.. traité du ban^ in^iz.) 
qui eft bon : 3 ^ •. /a généalogie de la 
maifon et Harcourt y in-foL curieufe 
par le grand nombre de titres qu'il 
f apporte : 4'^. trétd des noms ^fur- 



ROQ fH7 

HlOQÙfiEORT \ (abfl4|v4£ mafculin. 
Nom d*on /romag^ tm-^eftimé qui 
tire fon nom d'un village du Lan^ 

Suedoç r où il ^ &it avec du laM de 
r^bis«,4£2^^ i/ii r^j^^r^* 
RQQUEEORT Dfi MA;RSAN v pe- 
. (ite ville de Fcmce en ^Gafv^i^e ^ 
.' fur la Médoofey à quatre lieues y 
nord-eft, de-MonsdeMarfàn, 

ROQUELAURE ^ petire ville dfe 

' • France » dans- fe Rpuergue , environ 

àf f rx lieues; pofd-eft , de RKo- 

ROQUELAURE , (Antoine de) 

d'une maifon noble . &L ancieppe » 

'fût deftinc i Tétai £cclé(iaftiqpe » 

, qu'il quitta peur Tétat Militaire* 
Jeanne itAUireîy Reine de Navarre, 
qui rUonoroit de fon eftime y Ven* 
g^gea dans le parti du Prince Ton fils 
qui le fît Lieutenant de la Gim* 
' pagnie de fes gardes* Ce Pnnce 
vojjant fiiir fes gens au coa>ba,tx de 
Fontaine- FrançoiCe» lui commanda 
de courir après eux pour Tes rame- 
ner. Je ni en garderai bien , répon- 
dit ce rufc courtifan j a/2 croiroit que 
Je fais tout comme eux ; je ne vous 
quitterai point & combattrai à vos 
côtés. -Le Roi de Navarre deye- 
nu Roi de France , fous le nom 
de Henri lY ., récojmpenfa fes. fer- 
vices & fâ fidélité par la place.de 
Grand- Maître de fa garde- robe, en 
I 5S9 > par la Croix du Saint-Efpric 
en X 5 9 5 ï & par divers Gouverne- 
mens , dont le plus confidérable 
étoit celui de Gaienne. Louis XIII 
ajouta à ces bienfaits le bâton de 
Maréchal de France» Roquelaure ne 
Si'endormit pas fur fes lauriers^ 
après Tavoir reçu il remit dans te 
devoir Nérac , Clairac &c quel- 
ques autres places ,.& mourut fu». 
bitement a. Leiâ:oure en 1614^ ^ 
Sx ans : c^étoir. ua courtiiaa xnUé 



i4« RPQ 

' -qui né eonftikoic giières que (ii poti- 
tiqae même dans les aâaires ae la 
religion. Un' Ntinîftre Haguèhot 

-> exiiortantHenrilV i ne point chan- 
ger de religion ; malheureux que ju 

. • es y lui dic-il » mets iihs une balance 
d'un côté la Couronne de France i de 
Vautre les pfeaumes de Marot ^ & 
vois qui des dmx l'emportera. 

RoQOELAURB, (GaftonDucde) fils 
du précédent , (t ilgnaladans divers 
■fiéges'& combats j /ut bUflc. & 
fait prifonhier à la bataille de Sé- 

. dan en 1 6^ i . Il fervic de, Maréchal 
de Camp âiî fiege de Gravelines en 

f ' it>44 , & au fiege de Courtrai en 

• ' 16^6. Il devint enfuite Lieutenant 

• Général Ats Armées du Roi , & fut 

• l)Jeflré au fiége de Pôrdeaux.Xe Roij 
'-. 'aufficoncéncdéfesfervices,que char- 
mé de fes plaifanteries , le fit Duc & 
pair dp france. Chevalier de fes 
Ordres , & Gouverneur de la 
Guîenne en t<^7<>. Ce Seigneut 

•^ monrup'^n 1681 , à âi ans. C'eftâ 
lui'que le peuple attribue une foule» 

' de bons mots & de bouffonne- 
ries. • 

ROQUEMADOUR ; petite ville de 

• France dans le Querci , environ à 
dix Ueues» nord-eft , deCahors. Il 
y a un Chapitre cdfnpofé d'un 

\ Dbyen & de treize Chanoine: il y a 

^ àuffi une Abbaye d'hortunes, dédiée 
i Notre-Dame , & de l'ordre de S. 
Benoît : la menfe abbatiale vaut 
7000 liv. , & eft unie d TEvêché de 
Tulles , dont le Prélat confère les 
bénéfices qui dépeadoienjt de cette 
Abbaye, 

ROQUEMAURE; bourg de France 
dans le Languedoc , fur le Rhonc , 
i deux lieues au«deïïus d'Avi* 
• gnon, 

îtOQUER; verbe neutre de la pre- 
mière conjugaifon , lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Terme du 



jeu désr échecs j qui fe dît lotfqu'oiî 

mec fon !rdc » (a tour après de fon 

* toty ôctjuon fait pafler le roi de 

'; l'autre côté joignant le roc. On ne 

' 'veut raquer quune fois à chaque par* 

■ tie. ■ - , :. ^' t 

ROQUET î'fubftantifmafculîn. Sorte 
de petit chien très-commun. Son 
chien nefi quun roquet» 

RoQu,£T , eft auiC le nom d*une ef-- 

J)èce de lézard qu'on trouve dans 
es petites îles qi^i font voifipes de 
la Guadeloupe.. Ce léstard a i;oiit au 
plus un pied de long \ les pattes an- 
térieures font plus longues que les 
pôftérieures : il a les yeux fort étin- 
celans & vifs : fa pe^B eft de coa^ 
Içur die feuille morte , tiquetée 
: de pointes jaunes & noirâtres: il 
porte la queue retrouftée en arcade 
fur le dos > au lieu que tous les au-«^ 
1res lézards la portent ctaioanie 2 
terre « & il tient toujours la tÊte 
élevée en lair : il eft u agil^ qu oa 
le voit toujours fauiec autour des 
hommes qu'il prend plaifir i voir , 
epforte qu'il s'arrête aux lieui^ où it 
en rencontre. Si on le pourfuit » il 
ouvre auffi-tÀt fa gueule , & tire U 
langue comme un petit chien de 
chafie ; il fe fourre aufli dans la 
terre , non pour y pondre fes œufs ^ 
mais pour y manger cieuic des autteii 
lézards & des tof cuesi» 
ROQUETIN ; fubftantif mafculîn. 
Efpèce de petite bobine de bois , au 
milieu de laquelle on a pratiqué 
une moulure a deux bords pour re« 
cevoir ce qu'on y veut dévider. Il y 
en a une autre , où fe pofe 'la corde 
du contre-poids qui fert à mouvoir 
le roquetin , d le retenir à mefure 
qu'il fe dévide, &à tenir tendu le 
ni qui porté deffus \ le roquetin ainfi 
que le rcchet eft percé dans (a lon« 
gueur , pour être traverfé d'une bro- 
che 



ROQ 

^e fat laquelle il tourne » Se qui le 
tienne fulpendu. 

aOQUETTE; fubftantif féminin. 
Eruca. Plante dont on didingue 
deux efpèces principales > lune col- 

. «tivée, & lautre fauvage, 

La roquette cuàivtfi a fa racine 
Wanclie, ligneufe, menue, viva- 
<:e , 6c d'une faveur acre ; fes tiges 
font hautes d*environ deux pieds ^ 
^ peu velues; fes feuilles font 
femblables à celles de la moutarde , 
blanches s longues ^ étroites» dé- 
coupées profondément » tendres , 
iiflês, & de même faveur que la 

..racine : aux fomnîtés des tiges naif- 
Xent des fleurs en croix , de couleur 
bleue, tirant fur le blanc, rayées 
xie noir^ & Soutenues par des cali 

, 4:es velus, A ces fleuri fuccèdçiit 
-des filiques longues qui fe divifenr 
en deux loges remplies de quelques 
iemences jaunâtres j plus grolfes 
^ue celles^e la moutarde, & moins 
rondes. i 

L odeur Se la faveur de cette 
plante font fortes & défagréables ; 
cependant en Ixalie on la recherche 

. |>our la mêler dans les falades , i 

xleflein d en relever le goût : on la 

' fème dans les jardit» & dans 4es 

champs j fes graines Se fes feiUHes 

font d'ufage. 

La roque/te /àuvàgci^roU' contre 
Us murailles, aux lieux incultes & 
fablonneux : elle a une odeur entiè- 
rement fétide todéfagféableifa ra- 
cine eftaflez longue, grofle Se blan- 
che ; fes tiges font fore découpées , 
comme ceues du piiTenlit^ vertes > 
liiïes , d'une faveiir brûlante , fem- 
blables à celles de la roquette des 
jardins, auâi bien que les fleurs , 
mais qui font de couleur jaune & 
odorantes. Il leur faccède des (ili- 
ques aiiguleufes , remplies de grai- 

^ aes fen^Ubles à celles de la mou- 

To.Tifi xxr. 



ROQ 14, 

tardé fauvage » d'i^n goût acre ôt 
un peu amer 9 ainfl que toute la 
plante. ' 

Toutes tes parties de cette plante 
étant mangées, excitent l'appétit; 
elles aident la digeftion j^ provo- 
quent révacuation de Turine & de 
la femence ; en un mat , on les 
emploie dans les compofitions def- 
tinées à provoquer Tadte vénériefr. 
La roquette , & furtout la graire[ 

. eft encore utile dans le fcorbut Se 
dans quelques maladies chroniques « 
(oit quonTnange cette plante toute 
crue , foit qu*on en boive le fuc 
feul ott dans le vin » foit qu'on la 
faffe bouillir dans les bouillons ou 
dans les apozèmes, foit qu'on la 
mâche; enfin elle produit 1 effet des 
falivaires & des (inapifmes dans là 
par.alyfie & l'apoplexie. 

Les fiotaniiUs diftinguent encore 
une autre espèce de roquette fauva^- 
gt , ou des champs yerucago fegttum , 
^ui croît aux environs de Montpel- 
lier , entre les blés , Se dans d'au- 
tres lieux chauds ; fa racine eft lon- 
gue d'un pied , & fibreufe , alnû 
que fes tiges qui font* rudes > ra- 
m^ufes & purpurines : fes feuilles 
font étendues par terre , oblongu?$ , 
étroites, velues Se rudes ; celles 
des tiges font jointes deux à deux , 
ou trois à rrois; \t% fleurs font pe- 
tites , à quatre feuilles difpofées en 
croix & jaunâtres: il leur fucccde 
6&% fruits relfemblans a une mafle 
épineufe , Se qui renferment trois 
ou quatre femences ^u^rondies Se 
garnies d'un petit bec. Cette plante 
e!l incifive i?c fternutatoite. 

ilOQUEVAIREi bourg de France 
en Provence , à quatre lieues, eft , 
de MarrcîUe. On y prépare beau- 
coup de raihns de caifle. 

XOQÙlLLEi fubftantiffémimn.Pe- 
tice mefure des liquides , qui cgn- 

1 i 



ijo R05 

• tient la moitié du detnî'- feptîer. 
Une roquille de vin. Une roquille 
d'eau de vie. 

ROREL ; voyei Herbe aux Gout- 
teux; 

ROS ; rivière de Pologne dans l'U- 
kraine. Elle a fa fource au Palatinat 
de Braclaw , près de Spicina ^ & 
fon embouchure dans'le Boryfthène 
^auprès de Kaniow. 

ROSAIRE; fubftaniif mafculîn. Ro- 
farium. Grand chapelet compofé de 
cent cinquante petits grains , & de 

?iuinze autres un peu pAis gros , qui 
éparenc chaque dixame des petits. 
On récite fur ceux-ci des ave-maria^ 
& fur les autres Yoraifon dominicale. 
- Il y a le rofaire ordinaire, & le 
rofaire perpétuel. Le premier con- 
fifte à dire les quinze dixaines une 
fois la femaine \ Tautre à réciter 
une fois l'année le rofaire tout en* 
lier â l'heure du jour ou de la nuit 
qu'on s'eft prefcrite. 

Quelques Auteurs attribuent l'o- 
rigine du rofaire à Saint Domini- 
que. Mais Dom Luc d'Achery prou- 
ve qu'il étoit en uf^ge dès Tan i loo 
& que Sftint Dominique ne fit que 
le mettre en honnenr. 0*autres l'at- 
tribuent à Paul, Abbé du Mont 
Phermé en Libye , contemporain 
de Saint Antoine ; d'autres k Saint 
Benoît , quelques-uns au vénérable 
Bède ; & Polidore Virgile raconte 
que Pierre i'Hermire voulant dif- 
pofer les peuples à la Croifade, 
îbus Urbain II , en 1096 , leur en- 
feignoit Iç pPeautier laïque compofé 
de ^\\xÇ\^VLX3 pctter 8c de cent ciur 
quanre ave , de même que le pfeau- 
tier ecclé(iaftiqne eft compofé de 
cent cinquante pfeaumes ; & qu'il 
avoit appris cette pratique des So- 
liraîres de la Paleftine. On a trouvé 
dani U tombeau de Sainte Gertrude 
de Nivelle , décédée en 667 , Se 



ROS 

dans celui de Saint Norbert, déccJé 
en ir}4, des grains enBlés qui 
paroiflent ttre des ft^ftes de chape* 
iets. 

Lafcre du rofaire fe célèbre dans 
rÉgUfe le premier Dimanche d'Oc- 
tobre. Cette fête fut inftituée par 
Pie V & par Grégoire Xlll , en 
mémoire de la célèbre vi Aoire que 
les Chrétiens remportèrent fur les 
Turcs à Lépante te fepc Oârobro 
1571. 

On appelle. Ordre du Refaire , oa 
de Nôtre-Dame du Rofaire ^ un Or- 
dre de Chevalerie , inftitué par 
Saint Dominique, félon Schoone- 
bekr&lePere fionani Jéfuite, qui 
tous deux fe font trompés en ce 
point \ car jamais Saint Dominique 
n'inftitua d'ordre dé ce nom. Ces 
Auteurs ont apparemment pris pour 
un Ordre Militaire l'armée des crôi« 
fés y qui foiis les ordres de Simon 
Comte de Monfort , combattirenr 
contre les Albigeois. 

L'Abbé Jufliniani & M. Her- 
mant , prétendent que cet Otdre 
fut inftitué après la mort de Satnr 
Dominique par Frédéric, Arche- 
vêque de Tolède , & que les Che- 
valiers portoient pour marque une 
croix blanche & noire fur laquelle 
étoit repréfentée la Sainte* Vierge 
tenant fon fils d'une main , & un 
Rofaire ou chapelet de' l'autre. Le 
Pète Mendo ajoute que ces Cheva- 
liers étoient obligés de réciter.le Ro- 
faire certains jours. 
Rosaire, fe dit auifî d'un vaiflaux 
dont on fe fetvoit autrefois pour la 
diftillation de l'eau rofe.^ 

La première fyllabe eft brève , U 
féconde longue j & la troifième 
très-brève. 

Prononcez Roi^^aîre. 
ROSANA ; Ville de Pologne au Grand 
Duché de Lithuanie j dans la parût 



ROS 

méridionale du PtUtinat de Novo- 
grodeck» près de la rivière de 
Zolva. 

ROSASSE} fubftantif féminin, ou 
RosoK j fubflancif mafcalin. Or- 
nemenc d*Architeâure en forme de 
rofe , dont on remplie les comparci- 
mens des voûtes. 

ROSAT j adjeûif des deux genres. 
Il fe die de quelques compofîcions 
dans lefquelles il entre des rofes. 
Miel rofat. Onguent rofau Huile rofau 

ROSCHILD , Ville de Dannemarclc , 
dans l'ile de Zéelande> au fond d'un 

{)etit Golfe rempli de fable , à huit 
ieues au fud-oueft de Coppenlia- 
gue. Son Évêché fondé en ion eft 
lufFragant de Coppenhague. La Ca- 
thédrale renferme les tombeaux de 
quelques Rois de Dannemartr. 
ROSCIUS, (Quintus) Gaulois de 
' Nation & contemporain à^Éfapus -, 
fut le plus célèbre Adleur de fon 
lîècle pour la 'Comédie. Cicéron 
fon ami & fon admirateur , a parlé 
de fes talens avec enthoufiafme. 
Cet Orateur dit , qu'iV plaîfoit tant 
fur le théâtre , quil n^ aurait jamais 
dû en defcendre , & quil avait tant 
de vertu & de probité qu'il rC aurait 
jamais du y manter. Il prit fa dé* 
fenfe contre Fanniusy&c c'eft a cette 
occafion qu'il fit fon beau difcours , 
pro Rojcio. Pifon-^ Sylla ne lui mar- 
quoient ni moins d'amitié, ni moins 
d'eftime que Ciceran. Rofcius inf- 
piroit ces fentimens par la pureté 
de fes mœurs , par fon humanité » 
par fa candeur, par fon caradère 
obligeant & par fa libéralité.La Ré- 
publique lui faifoit une penfion de 
quarante mille écus; & quoiqu'on 
eût été lo ans de fuite lanf la lui 
payerjilnecefla pas de repréfenter. 
C'eft à rort qu'on a dit qu'il étoit le 
premier qui fe fût fervi-du mafque; 
il eft vrai qu'il avoir les yeux un 



ROS zîr 

peu de travers y mais cette diffor- 
mité nel'empêchoit pas d'avoir très- 
bonne grâce en déclamant. Ce Co- 
médien illuftre mourut vers l'an de 
Rome 6^^ , 6i ans atanr Jésus- 

• Christ. Il avoir compofé un paral- 
lèle des mouvemens du Théâtre &c 
de ceux de Téloquence , mais cec 
Ouvrage n'eft pas parvenu jafqu'â 
nous. 

ROSCOFF ; Bourg de France en*re- 
t^gne , â une lieue^ nord /de Saint- 
PoldeLéon. 

ROSCOMMON,(WeniworthDillon, 
Comte de ) d'une ancienne ^ il- 
luftre famille d'Irlande , fit une par* 
rie de fes études â Cacn , fous la 
direâion du favant Bochart. De 
retour en Angleterre-, il pafTa plu«- 
(ieurs années â la Cour , mais s'y 
étant fait une affaire , il fut obligé 
de fe retirer en Irlande. Le Duc 
à'Ofmand^ Viceroi du pays, le fie 
Capitaine de fes Gardés. Sa paflion 
pour le jeu Tayant retenu fort tard 
dans un lieu aifez dangereux , il fuc 
attaqué par trois voleurs ; il fe dé- 
fendit vaillamment, mais le nom- 
bre l'auroit emporté , s'il n'eût été 
fecouru par un pauvre Officier ré- 
formé qui l'aida à fortir de cer em-* 
barras; Le Comte pénétré de recon-» 
noiffance pour fon libérateur » fe 
démit en fa faveur de fa charge de 
Capitaine des Gardes. Cet Officier 
étant mort trois ans après , le Vice- 
roi qui avoir admité la générofité du 
Comte , le fit rentrer dans fon em- 
ploi. Rofcommon reparut â la Cour 
d'Angleterre , & y devint Écuyer 
de la OucheHe d'Yorck , qui lui fie 
époùfer la fille du Comte de Bur* 
lington. Les charmes de fon efpric 
& de fon caraâère le firenc 
aimer de Driden & des autres 
grands hommes d'Angleterre. Il 
mourut en 1684 ^ «^^c la réputar 



zji ROS 

lion cl*iin homme qui avoît mclc les 
fleurs de la pocfie avec les fruits de 
Tcrudiiion, Il cpnnoiffbit parfaite- 
ment les monuhiens antiques , Se il 
avoir puift cette connoiffance dans 
un voyage en Italie. On difoltdelui 
& du Duc de Bmkingham , que ce- 
loi-ci faifoit vanité de n'être pas fa- 
yam , & que l'autre l'étoit (ans en 
tirer vanité. Ses ouvrages font , i ®. 
une traduction en vêts Angtois , de 
\ Art poétique d'Horace. z<>. Un Poe- 
me intitulé \ Effaifur la manière de 
traduire en vers. Pope , dans fon 
Effai fur la Critique , parle de lui 
avec éloge. 

Tel écoit Rofcommon » auteur dont la 
naiflance 

JÊgaloit la bonté , rcfprit & la fcicncc. 

Des Grecs & des Latins partifan déclaré , 

Il aimoit leurs écrits , mais, en juge 
éclairé. 

Injudc pour lui feul > pour tout autre 
équitable , 

Toujours au vrai mérite ort le vit fa- 
vorable 

ROSCOMMONi ville d'Irlande dans 
la province de Connaughr à treize 
milles , nord, de Tulsk. Elle envoie 
deux Députés au Parlement. 

Cette ville e(t le chef lieu d'un 
comté de même nom qui a rS lieues 
de long fut fept de farge. Il ell 
borné à l'orient par les comtés de 
Longford , d'Eft-méaih, du Roi & 
deLecrira; k loccidentj par ceux 
de Mayo & de Galloway ; au nord, 
par ceux de Slégo & de Lctrim , & 
au midi par ceux de Galloway & du 
Rot : c'eft un pays uni & fettile; 

.ROSE y (Salvaror) peintre graveur 5c 
pocte, né à Naples en i^i y^ connut 
la misère^ & le vii d'abord réduit 
^ expo fer fcs tableaux dans les pla- 
ces publi(^î.e5.. Lanfra/tc cjui remar- 



nos 

qua du talent dans fes ouvrages >éi» 
acheta pluneucs& rencooracrea. «S^/- 
vûtor^ natte du iunrage de ce grand 
maître y Ce porta avec plus d'^rdeut 
à l'étude. II a principalement excellé 
à peindre des combats , des marinesj 
des payfages, des fujets de caprice , 
des animaux & des figures de fol- 
dats. Sa touche efl; facile & très fpi» 
rituelle^ fon payfage> & fur-tout le 
feuillet de fes arbres eft d'ua goût 
exquis. Il peignoit avec une telle 
rapidité que fouvent il commençolc 
& finifloit un tableau en un jour. 
Lorfqu'il avoit befoin de quelque 
attitude, il fe préfentoit devant un 
grand miroir , & la dedinoit dV 
près lui. On remarque dans fes ou- 
vrages un génie bifarre , des figures^ 
gigantefques » £c quelques incorrec- 
tions. On a plùfieurs morceaux grai- 
vés de Tamab, qui font d'une tou-« 
che admirable. Salvatvr uniflbit le 
talent de la pocfie à celui de la pein-- 
ture. Il a compofé àtsfatyres & desr 
fonncts. , dans lefquels il y a de la 
fineiïe & des faillies. Sa maifon étoic 
devenue une académie , où les gens» 
de bon goût Sc d'efprit fe raffeai- 
bbient. On fait fon aventure avec 
le. connétable Colonne, Ce Seigneut 
paya un tableau de Satvacor avec 
une bourfe pleine d'or ;. le peintre 
lui envoya un fécond tableau, & le 
connérable une bourfe plus confi- 
dérable. Salvator fit un nouvel ou^^ 
Il rage ^ & fut récompcnfé de nou- 
veaa; un quatrième tableau lui mé*^ 
rita le même préfent : enfin au cin- 
quième Le connétable ne wulut plus^ 
. continuer un jeu qui Tépuifoit. Il 
envoya deux bourfes A Salvator 8c 
lui^fit dire^ qu'il luicédoit 1 hon- 
neur du combat. Ce maître conferv* 
jufqu'à la mott, fon humeur en jo*iée- 
Sa dernière parole fut une plaifan- 
ïeùe* Il mouiut à Rome eu i ^^ 



ROS 

ROSE ; fubftanti^ féminin. Rofa. Sorte 
de fleur très connue que prochiic le 
rofier & que Pline appelle la reine 
des fleurs , l^ ornement des jardins , 
& là panacée d^'une infinité dt mala-^ 
dies. En cffer outre fa beaulé & fon 
odeur agréable , cette fleur fournit 
pour la guérifon de nos diaux , plu- 
iieurs remèdes que Ton trouve non- 
feulement dans les différentes par- 
ties qui la compofentj mais aufli dans 
les aifferentes efpèces de rofes , qui 
font en grand nombre : les unes font 
ilmples, les autres doubles>blanclies, 
de couleur incarnate , jaunes » cra- 
moifies , panachées. On produit tout 
ce mélange des. couleurs par le mé- 
lange des efpèces. On peut ménager 
cette variété fur le même pied> 6c y 
faire croître à la fois cinq ou Hx 
fortes de groiïes rofes toutes diffé- 
rentes par lemoyende la greffe, f^oy. 
Rosifin. 

On appelle eau de rofe , Se plus 
communément eau- rofi, Teau qu'on 
tire des rofes par Talembic. Et, lit 
de rofes , une couche de feuilles de 
. rofes qu'on étend pour en tirer de 
reffence. 

On dit d'une belle perfonne qui 
« le teint délicat» blanc Se vermeil» 
qu'f //f a un teint de lis & de rofes ; 
éc dans cette accepcion on dit auffi y 
les rojes de fon teint. 

On dit encore des jeunes fîfles, 
des jeunes garçons qui ont le reint 
bâiu & de belles couleurs , qu'i/j 
font frais y qa ils font vermeils comme 
la rofe , comme une rofe. 

On dit protrerbîalemenr & figu- 
rément , qu'il nefi point de rofes 
fans épines , pour dire , qu'il n'y a 
point de plaifîr fans peine , ni de 
joie fans quelque mélange de cha- 
grin^ 

On dit auffi proverbialement & 
figurément qui/ ncjl point dcfibelU 



ROS 255 

rofe qui, ne devienne gratte-cu , pour 
• dire , qu'il n'y a point de fi belle 
petfonne qui en vieilliflant ne de- 
vienne laide. 

•On dit encore proverbialement, 
fignrément & familièrement , 1//- 
couvrir le pot aux rofes , pour dire ,, 
découvrir le fecrec de quelque ga- 
lanterie, de qudque friponnerie, 
&c. Il croyoitfon intrigue fort cachée^ 
on a découvert le pot aux rofes ^ 

On dit proverbialement & figu- 
rément du plus grand honneur » de 
l'avantage le plus confidérables qu'aie 
une perfonne , que ceft lapins belle 
rofe de fon chapeau,. S* il vend cette 
terre il perdra la plus belle roft de fort 
chapeau. 

On appelle rofe de Jéricho , une 
forte de ihlafpi qui croît dans^ l'A- 
rabie déferre, aux lieux fablonneux,. 
aux rivages de la mer rouge , d où 
elle nous eft apportée feche ; quoi- 
qu'on l'ait^pelée rofe de Jencho,tll& 
n'çft point Une rofe, & l'on n'euf 
trouve point autour de Jéricho. Lé- 
mery dit que c'eft une petite plante 
haute d'environ quatre doigts , li- 
gneufe, rameufe, ayant la figure d'un 
petit globe de couleur cendrée : fes 
feuilles font-petites, difpofces eii 
croix dans des épis , blanches ou de 
couleur de chair j fa femence eft 
arrondie, rougeatre& acre au goût, 
fa racine eft fimple , groflTe ôc ii« 
gneufe. Pendant que cette plante eJt 
encore en vigueur fur k terre , elle 
pârpît en bouquet ; mais à mefure 
qu'elle sèche , fes rameaux s'entre- 
lacent les uns dans les ancres , Se 
îes extrémités fe courbant en de- 
d As , fe réunifTent à un centre corn- 
mun, Ô^ cainporfent une efpèce d^ 
petit globe que des Gbarlatms fonc 
accroire au public ne devoir s'oi/vric 
qu'au jour de Noël ; ils la vendent 
aoflî aux femmes enceintes > en leiai: 



254 ROS 

prédifanr que dans les douleurs d*ac« 
couchemeuc , H elles tnetcenc cette 

. rofe tremper quelque temps dans de 
l'eau > elles veçront alors fes ra- 
meaux s'écarter peu à- peu , s épa- 
nouir , & fes fleurs paroîcre agréa- 
blement , ce qui les louUgera beau- 
coup dans leur tcavail : mais en quel* 

* que temps que 1 on humeâie cette 
plante , foit homme_j foit femme , 
Ibit fille>la rofe de Jéricho produira 
le même phénomène ; & dès qu on 
la retirera de l'eau , elle fe séchera & 
fe renfermera comme auparavant. 
Cette plante expofee à l'air peut fer* 
vir d'un hygromètre j car elle eft 
fufceptible de l'impreffion de l'air : 
ainfî en temps fec^ elle fe reflferre ; 
& à l'approche d'un temps pluvieux, 
elle fe gonfle & fe développe. 

Il y a encore Quelques autres plan- 
tes qu'on appelle rofes , parce que 
leurs fleurs ont de la teflemblance 
avec ia rofe^ aind on appelle rofe 
4' Inde , une plante dont la tige eft 
rameufe i haute de trois pieds , & 

Îrarnie tout- au- long de petites feuil- 
es étroites 6c dentelées. Ses fleurs 
font de coulent aurore , doubles , 
en forme de rofe , avec un calice 
écailleu3( qui contient des graines 
poires. 

On mec ia rofe d'Inde dans des 
pots , fie dans les parterres , parmi 
les plantes de la grande efpèce. Elle 
fleurit toujoursen automne > & de- 
mande une culture générale. On la 
$ème fur couche , & on a foin de la 
mouiller. 

On appelle rofe de la Chine ou de 
Sienne^Mue plante ou arbrifle^ dont 
les feuilles reffemblenc â celles du 
figuier. Elle jette plufleurs branches 
qui fe chargent par le bout de plu- 
lieurs boutons ronds de la groneur 
d'une noix , qui s'ouvrent & s'éten- 
jjçRf 4 ^^ \V^-^ 4'une rife à ççnr } 



ROS ^ 

feuilles , & elle eft aflèz fournie de 
feuilles crépues & friféés. Elle fleurie 
dans l'automne , & la fleur ne dura 
*aue deux ou trois jours» mais elle a 
aes cdhleurs fl beMes & fi variées » 
qu'on ne la peut voir fans l'admirer. 
Au commencement elle eft blanche 
puis elle rougit & enfln elle fe char- 
ge & devient d'un beau pourpre. 
Pour la multiplier il en faut.fe- 
mer la 'graine > ou en planter les 
branches. 

JOn appelle rofe de Gueldre , ua 
arorifTeau appelé autrement obier, 
f^oyei ce mot. 

On appelle rofe d'Iflrie ^,ic rofe 
royale j deux efpèce d'œillecs. f^oy. 
Œillet. 

Oh appelle la rq;'^ d'or , une rofe 
artiflcielle faite avec des feuilles 
d'or & bénie par le Pape le qua- 
trième Dimanche de Carême , pour 
en faire prêtent en certaines con- 
jondures, à quelcjue Eglife,à quel- 
que Prince on Princerfe. 

La coutume qu'a le Pape de con- 
facrer une rcfe d*or le Dimanche 
Léteare Jerufalem , n'a pris fon ori- 
gine que dans le Xil^ (iecle ', du 
moins n'en eft il pas parlé plutôt 
dans Thiftoire. 

Jacques Picart Chanoine de Saint 
Viélor de Paris , dans fes notes fur 
rhiftoire d'Angleterre, écrite, par 
Guillaume de Neubourg ^ fupla 6n 
du XIP fiècle , nous donne l'extrait 
d'une lettre d'Alexandre III â Louis 
le jeune , roi de France , en lîii 
envoyant la rofe d'or; « imitant ( dit 
9> ce Pape au Monarque) la coutume 
M de nos ancêtres, de porter dans 
»> leurs mains une rofe d'or le Di- 
%i manche Ld$are ^ nous avons cru ne 
w pouvoir la préfenter à perfonne qui 
i>la méritât mieux que votre exceU 
f9 lençe ^ à çaqfç dç fa dévotion ex*» 



KOSf 

^itràordlnaire pouc TEglife, 8c pour 
»> nous- mêmes >». 

C'eft ainii <]u'Âlexandre IIl paya 
les grande hjnneur^ que Louis le 
jeune lui avoir rendus dat^s Ton 
voyage en Fiance. Bientôc après les 
Papes changècenc cette galanterie 
en afte d autorité ^ par lequel en 
donnant la roje d'or aux Souverains , 
ils réinoignoienc les reconnoîore 
pour tels j & d'un autre côté , les 
Souverains acceptèrent avçc plaidr 
de la part du Saint Siège cette ef- 
pèce d'hommage. Utbam V donna 
•en I ) (S 8 la rofe d^or à Jeanne , reine 
de Sicile » préférablemenr au roi de 
Chypre: En 1418 Martin V confa- 
cra folennellement la rofz d^or , & 
la 6t porter fous un dais fuperbe à 
l'Empereur qui étoit alors au lit. Les 
Cardinaux , les Archevêques & les 
Evèques , accompagnés d'une foule 
de peuple v la lui préfentèrent en 
pompe , & l'Empereur s'étant fait 
mettre fur un trône, la reçut avec 
beaucoup de dévotion aux yeux de 
tout le public. 

Henri Vlll reçut auffi \9rofe d*or 
de Jules H , & de Léon X. Ce der- 
nier pape ne prévoyoit pas qu'un de 
fes parens & fuccelTeurs ( Jules de 
Médicis) qui p|-it le nom de Clé- 
ment V1I« saviferoir bientôt après 
d'excommunier ce même Monar- 
que , & qu'il arriveroit de-U que 
toutes les rofes de la tiare -pontifi- 
cale feroient flétries en Aneleterre. 

On donne auffi 'le :nom de rofc d 
pluiîeurs chofes artiSciellês , parce 
qu elles en ont en quelque forte la 
ngure. Ainfî on dit une rofe de dia- 
mans y une rofc de rubis , &c. en 
parlant des diamans & des rubis qui 
font mis en œvre en forme de 
lofes. 

On appeloit auffi autrefois des 
rofes ie foulUrs~^ des rofes de jarre-- 



ROS^ 255 

ticres ,- les rubans qu*oûpof toit fur 
les fouliers , les touffes de rubans 
qui étoiem attachées aux jarretières. 
Les femme s recommencent 'â porter des 
rofes de fouliers. 

On appelle anffi diamant en rofe ^ 
diamant rofc j un diamant taillé en 
facettes par^deflfus » & dont le def- 
fous eft plat» 

On dit rofe de luth j rofe de gui-' 
tarrcy pour dire j louvetture qui tft 
au milieu de la table d'un tu:h oi^ 
d'une guitare. 

On appelle auffi rojfn dans les 
Eglifes d'architeâure gothique , 
une grande fenêtre de figure ronde 
par compartimens en manière de 
îofe. . 

En termes d'archîtefture, on ap- 
pelle ro/^ de compartimens^ tout 
compartiment formé en rayons pac 
des plates bandes en guillochis , en- 
trelas, étoiles jfi'c. & renfermé dans 
une figure cfrculaire. Il ferc à déco- 
rer un cul de-four j un plafond j 
un pavé de marbre , rond ou ova- 
le, &c. 

On nomme auffi rofe de compar* 
timentj certains fleurons ou bou-~ 

Î|uets ronds , triangulaires ou lo- 
anges , qui rempliflènt les renfon- 
, cemens de fofite , de voûte, £c« 

En fermes de marine 3 on ap- 
pelle rofedes vents & du compas j un 
morceau de carton ou de corne, 
boupé circulair^ment , qui repré- 
fente Thorifon , & qui eft divifé en 
trente-deux quartiers pour repré- 
fenter les trente-deux vents. On 
fufpend fur ce cercle une aiguille ai- 
mantée ou l'on attache une aiguille 
aimantée à ce cercle* qu'on fuipend 
dans une boîte y & l'on écrit à cha-* 
que divifion , en commençant par le 
nord , les noms des vents dans Igr- 
drefuivant. 



25« R os i 

Noms d&s Rumbs de Vent. î. N. 

ceft-à-dire , nord. i. N.:^. N. E. 
• nord-quarc - nord - elt.- j . N. N. E. 
*^ nord-npnd-eftr. 4 N.-E. ^ N. nord- 

eft-quart-nord. 5. N.-Ç. nord- eft. 
. ^. N. - E. ~ E.-nord-eft-quart- 
. d'eft. 7. E.-N.-E. eft-nord-eft. S. E. 

~ N.-E. eft-quan-nord-eft. .9. E, eft. 

10 E. :^ S. E. eft-quart-fud-eft* 1 1. 

E.-S.-E. eft^fudeft. II. S.-E. ^ E. 
-: fadrcft-quarr-deft. 13. S.-E.fud-eft. 

14. S.E. :^S. fjà-eft-quarc-de-fud. 
' 15.S.-S..E. fudfiideft. 16. S,:^S.. 
. E.fud-(g|^t-fud-eft. ly.'S.-rud-iS. 

S, ^ S. oTfud quarc-fud oueft. 19. 
^5!-S.-0. fud-fud oueft. 10. S O.:^. 
. S. fiid ouelVquarc-fud. ii.' S. O. 
' fui oueil. 21. S.-O. •;. O. fiîd- 
. oueft-quarT-d'cnieft, .i^ O. S.-O. 

oued-fud-oueft. 14' ^' i- ^'O. 
ouert quart- fud oueil. 15. O. cueft. 
. x6, p. \^ N;-0. oueft-quart nord- 
; .oueft. 17. O. N'-O. ouefl: nord- 
oueft, 18..N. O. fO. nord-oùeft- 
quarc-oueft. ip. N. O. nord o.ueft. 

30. N.-O.rV N. nord'oueft-qiurc- 
nord. 5 1. N.-N. O nord-nord-oueft. 

31. N. ^.. N.'P. nord-quarc-nord- 
oueft. 

Rose , en termes de Ôoutonniers * *fe 
dit d'un ornement dxmc le fond eft 
de canifanc , divifc en plufienrs 
branches formant autant de raydns 
compofés d'un (eul britr plié en 
deux , qui s'éloignent les uns des 
autres, àmefure qu'ils s éloignent 
de leur centre commun : les angles 
en font arrondis a peu près comme 
ceux des feuilles d*ane rofe. La ro- 
fe entre comme les pompons dans 
les difFcrens ornemens que le Bou- 
ronnicr imagine. 

Rose blanche & Rose rouge, font 
des noms qui défignent dans THif-. 
roire d'Angletene les deux Maifons 
d'Yorck^^cde Lancaftret Ces noms 
font fameux par les guerres entre 



ROS 

ces deux Maifons , la quantité dé 

fang anglois qu'elles ont fait ré- 
pandre » & qui aboutifà la ruine 
entière de la Maifon de Lancaftre. 

Il faut donc fe rappeler que fous 
le règne de Henri VI, en 1453 , il 
y aTOit en Angleterre un defcen- 
daixt d'Edouard III ^ de qui même la 
branche étoit plus près d'un degré 
<le la fouche commune que la blan- 
che régnante. Ce Prince étoit un 
Duc d'Yorck. Il portoit. fur fon 

' écu une ro/e blancke y ôc \e Roi 
Henri VI de*ia Mnfon de Lancâ(f- 
rre , portoit une rofe rouge. C eft de- 
là que vinrent ces noms* célèbres 
consacrés à la guerre civite. La ba- 
taille de'BoKworch donnée en 148 5 
&C dans laquelle périt Richard ill, 
mit fin aux défolacion s dont la Ro- 
fe Rouge & la Rofe Blanche avoiefnt 
rempli l'Angleterre. Le trône tou- 
jours enfangïanté & renverfé, fut 
enfin ferme &c tranquille ; les mal- 
heurs qui ^avoient perfécuté la fa- 
mille^ d'Edouard III , cédèrent ; 
Henri VII en époufantune fille d*É- 
douarcPvl, réunit les droits des 
Lancaftre & des Yorch en fa per- 
fonne. Ayant fu vaincre» il fut 
gouverner. Son règne, qui fut de 
vingt-quatre ans, & prefque tou- 
jours paifible , humani^i un peu les 
mœurs de la nation. Les Paclemens 
qu'il affembla Se qu'il ménagea , fi- 
rent de fages lois. La Juftice dif- 
tributive rentra dans tous fes droits; 
le commerce qui avoir commencé 
à fleurir fous le grand Edouard »^& 
qui avoit été ruiné pendant les guer- 
res civiles , fe rétablit , & fe ranicna . 
pour profpérer encore davantage 
fous Henri VIII» & fous la Reine 
^lifabeih* : . 

Rose, fe dit en termes de Teintu* 
tiers , d'une certaine marque ron- 
de \ de U grandeur d*ao écu » bleue , 

jaune» 



} 



nos 

I » <Nt 4*^tf €^ rauItBf 9 qaei les 
Teintariers font obligée é^ UUTer 
M h^m dfi chitc|M wç^ d'étoffe 
qu'ils fisigoâm fo\xx faire ccKitioître 
lea coiiImcs qui Uw oni fervi de 

fied ou de fond > & fuite voir que 
on y a employé les drogues & in* 
grédiens nécedàilfis poui les reiKlre 
de bon teint. 

|lo&B , eu cermei de Tourneurs , fe 
die d'ttue force de cheville coutaiée » 
qui eft grofle par uu boni » & que 
l'on mec à un racelier avecplufieurs 
autres pour fer vif i fieadre des ha- 
bits. 

JRoss , eft auffi le nom d'Un pottflbp de 
riviàrp plus petii ic mains large que 
la rofière. S^ queue oft rouge» c'eft 
pourquoi on a donné à ce poiHon le 
nom de rofe* L9 refte du covps eft 
bleu. 

La première fyllahe eft longue , 
Se la fecoade très- brève. 

RÛ&É ; adjeûif mafculin. Qui eft de 
couleur rouge & vermeille» il n'a 

. d*tt£ige qu'en cette phcafe. Du vin 
rofi\ 

KOSEAU } ftthftantif mafcnlîn. Arun- 
io. Sorte de plante dont on diftin- 
gue trois eipèces pfifu:ipales, fa* 
voir » le w/èau de marais j le rofeau 
€MUivéy & le txjfeau appelé maffc ou 
maffc. d^tau. 

Xe roftau de marais ctok dana les 
endroits marécageux ; il a des ra- 
cines noii^reufes> longues , nouées 
dt traçantes , qui pouffent plufieurs 
tuyaux , hauts de iix pieds Se mime 
davantage » plus menus que le petit 
doigt, noués» vides; il fort de fes 
Aamds des feuille; longues de plus 
d'un pted , aflèx larges , roides , un 
peu rudes au toucher , enveloppant 
en partie leur tige s les fleurs naif« 
fent par paquets, petites , molles « 
compofées d'étamines qui fortenc 
d'un calice à écailles > de couleur, 
Tome XXf^^ 



daDprc 



*57 
purpurine d^bprd , puis ces pa- 
quets fe dévebppam, s^aloi^genc» 
fe répandent en manière de cheve^ 
lure , & prennent une couleur cen- 
drée : à ces fleurs fuccèdenc des fe^ 
menées. On coupe les rofeaux de 
marais avant qu^ils foienc cout-â*faic 
mûrs , pour en faire de pecics baU 
lets d'appartement. 

Le rofiau cultivé j qu'on appelle 
auffi C(fnne des jardins , a fa racine 
longue, grofle , charnue » fe répan-- 
dant au long Se au large dans la 
terre , d'un goût doux &ç agréable ^ 
elU poafle plufleurs tiges a la hau« 
teur de huit i neuf pi^ds, plus grof- 
fes que le pouce , fortes , creules Se 
launsUcesj Les feuilles & i^s fleurs 
fpnt femhlables à celles de l'efpece 
précédante , mais plus gratules. On 
cuhive cette plante dans les jardins ; 
les rejerons tendres de fa raçino 
peuvent fis manger. Quelques Au- 
teurs ont cru que cetre racine brû- 
lée eft le fpode des Arabes ,• duquel 
00 ne fe fert plus finon eu Guyarie , 
où les fauvages frottent de hoircif- 
fent avec cecie cendre peux qui font 
incommodés par le pian. 

Ce rofeau cultive crpît en Pro« 
veace, en Languedoc, en Italie, 
ep Efpagne , Se îl fleurit rarement 
dans ce pays^i \ maïs comme il 
poufle quantité de drageons enra- 
cinés, on le multiplie aiicment. 11 
eft à propos de plantqt ce rofeau 
dans des endroiri fort fecsj mais 
lesxannes n*y viennent ni auffi hau- 
tes , ni auffi groitès. Ceux qui en 
font commerce ont foin de les pla« 
cer au:^ expoflcions les plus chaudes , 
afin i^e les cannes acquièrent plus 
de maturité. Ces fortes de rofeaux 
font très-utiles dans certaines pro^ 
vinces. Leurs tiges fervent décha- 
laes pour faire iês enceintes autour 
des chanmu On en fait des tceîlla^, 
K k 



A 



«58 R^S 

ge$ d'efbaliec qui dareot très-long 
cemps. C'eft encore avec ces rofeaux 
ou cannes qu*on forme les pêcheries 
qui font en grand nombre fur le 
bard de la Méditerranée. On les 
nomme bourdiques. En Guyane on 
s^en fert à latter les toits , ou à pa- 
liffader & fermer les cafés. 

Enfin perfonne n'ignore que Ton 
en fait des bâtons à niain très-lé- 
ers pour la promenade > & aufli 
cle fort jolies quenouilles : afin que 
les cannes fe maintiennent bien 
droites 9 on les attache avec des 
liens fur un morceau de boisj dans 
le temps qu'elles font encore ver- 
ces , & on ne les en fépare que 
k>rfqu'eUes font entièrement fècbes. 
On enjolive ces cannes d'une efpèce 
de peinture qui fe fait en y appli- 
quant des feuilles de perfil^ ou des 
papiers découpés de différentes fa- 
çon; enfuite on les expofe à la fu- 
mée : les parties qui n'ont pas été 
couvertes de feuilles de perfil ou de 
papier, prennent une couleur de 
maron, ^ les endroits où étoient 
collés les papiers ou les feuilles de 
perfil , reftenc blancs » ce qui fait 
un très-;oli effet. On peut encore 
former des defTeins (ur ces can- 
nes avec un enduit de cire, & 
frotter le tout avec une eau-forte 
afFoiblie dans laquelle on a fait dif- 
. foudre du fer. Les panies décou- 
vertes > qui font expofées â cet aci- 
de, brunifTentj & les autres qui 
écoient enduites de cire » reftent 
blanches : on fait auffî avec ces ro« 
féaux des étuis a cure-dencs , & de 
petits inftrumens de mufique cham- 
pêtres*, que l'on nomme chala> 
meaux , des anches de haut bois 
& de mufette , &c. 

Les racines de ces rofeaux font 

f propres pour exciter les mois aux 
emmes ^ & les urines j leurs feuil- 



ROS 

les ic leurs fleurs font déterffves tt 
vulnéraires. 

A l'égard du rofeau appelé mafjt 
ou maffc Jttau. Voyez Mas^i. 

Dans plufieurs pays on fe fett de 
rofeaux pour couvrir les maifons r 
ces couvertures durent trente àqua« 
rante ans :on en fait aufir des claies 
ou paillafTons qui fervent même de 
murs & d'enceintes de melonnières^ 
dans les provinces où le bois efb 
rare j on s'en fert pour chauffer le 
four. 

Il y a une efpèce de rofeau donc 
les riges meurent tous les ans , Se 
qu'on feme dans les capitaineries^f 
pour en faire des remifes \ les per- 
drix & les faifans s'y plaifent beau- 
coup , & y placent leurs- nids r cette 
efpèce a l'avanuge de fubfifterttès- 
bien dans des lieux affez fecs. Enfia 
^ il y a encore une forte de rofeau à 
feuilles panachées , qui fait un effet 
très-agréable dans les bofquets d'été 
& d'automne. 

On dit figurément d'un homme 
mou & foible, qui cède facilement, 
iqul n'a point de fermeté dans fct 
réfolucionsj quec'e^ir» rofeau qui 
plie à tous vents. 

On dit au(n figurément , qn'c^/r 
homme s'appuie fur un rofeau; pour 
dire , que celui en qui il met fa 
confiance , n'a pas la torce , le cré- 
dit , l'autorité de le foutenir. 

La première fyllabe efk brève» & 
la féconde moyenne au fiogulier ,. 
mais celle - ci efk longue au plu* 
riel. 

Prononcez ro^au. 
ROSECROIX ; fubftantif fépîwn. 
Nom qu'on a donné à une certaine 
Société imaginaire qui fans avoir 
eu d'exiftence réelle a cependant été 
célèbre. Ce fut en 1610 que l'on 
commença à entendre parler de 
cette fociété chimérique » dons oa 



ROS 

Â*a découvert oi trace ni veHige. 
Ce qu'il 7 a de plaifanc« c*eft que 
dès lors ks ParaceUiftes ^ les Âlchi- 
niftes , & autres gens de cet ordre, 
prérendirenc en erre , parcequ'it s a- 
eiflbit des fciences occultes & ca- 
D;.«liftiques , & chacun d eux atcri- 
buoit aux frères de la Rofe-Croix 
fes opinions particulières. Les élo- 

fes qu'ils firent des frères de la 
Lofe-Croix aigrirent quelques hom- 
mes pieux y 6c les portèrent â in* 
tenter toutes fortes d'accufations 
contre cette fociété , .de Texiftence 
de laquelle ils auroient du préala- 
blement i afTurer. 

Cependant on débitoit haute- 
ment qu*il paroifToit une illuftre fo- 
^été y jufques-là cachée , & qui de« 
voit fon origine à Chriftian Rofen- 
crenz. On ajoutoit que cet homme 
né en 13S7, ayant fait le voyage 
de la Terre-Sainte , pour vifiter le 
tombeau de Jésus-Christ , avoir 
€u à Daftias des conférences avec 
les fages Chaldéens , defquels il 
avoir appris les fciences occultes , 
entr'autres la magie & la cabale ; 
Qu'il avoir perfeâionné fesconnoif- 
iances , en conrinuant fes voyages 
en Egypte & en Libye : que de re- 
tour dans fa patrie, il avoir conçu 
le généreux delTein de réformer les 
fciences. Que pour réuflir dans ce 

Îjrojer , il avoir inftitué une fociété 
ecrecte , compofée d'un petit nom- 
bre de membres , auxquels il s'é- 
toic ouvert fur les profonds myftè- 
res qui lui étoient connus , après 
les avoir engagés fous ferment à lui 
garder le fecret , & leur avoir en- 
joint de tranfmettre fes myftères 
de la même manière à la pofté- 
rite. 

Pour donner plus de poids à cette 
fable 5 on mir au jour deux petits 
ouvrages contenant les myftères de 



ROS z5a 

là ibciété. L'un a pour inte/ama 
fraumitatis y id tfi j deteSio fraier^ 
nicatis IdudabiUs ordinis Rofié^Cru" 
cis ; l'autre intitulé Confeffio fratcr-' 
nitatisy parut en Allemand & en 
Latin. * 

Dans ces deux ouvrages , on at- 
tribuoit à cette fociété i**. une ré- 
vélation particulière que Dieu avoir 
accordée à chacun des frères , par 
le moyen de laquefle ils avoienr ac- 
quis la connoiflance d'un grand 
nombre de fciences, &c qu'en qua- 
lité de vrais Théofophes» ils étoienr 
en état d'éclairer la rai fon humaine 
par le fecours de la grâce, x^. On 
recommandoir,ourre la leâure de 
l'ÉcrirureSainte , .celle des écrits 
de Taulerus » & de la Théologie 

f;ermanique. 3^. On affuroit j[ue 
es illuftres frères fe propofoient 
de faire une réforme générale des 
fciences, & en particulier de la 
Médecine & de la Philofophie. 4®. 
On apprenoir au public que lefdits 
frères potfédoienr la piètre philofo- 
phale , & que par ce moyen ils 
avoient acquis la Médecine univer- 
felie, l'art de tranfmuer les mé- 
ranx , & de prolonger la vie y en- 
fin, on annonçoit qu'il alloit venir 
un fiècle d'or qui procureroit toute 
forte de bonheur fur la rerre. 

Sur lé bruit que firent ces deux 
ouvrages , chacun jugea de la fo- 
ciéré Ses frères de la Rofe-CroisT, 
febn fés préjugés > & chacuti crut 
avoir trouvé la clef de l'énigme. 
Plufieurs Théologiens prévenus déji 
contre l'école de Paracelfe , pensè- 
rent qu'on en vouloit à la foi , & 
Î|u'une feâe fanatique fe cachoit 
ons ce mafque. Chtiftophorus Ni- 
grinus prétendit démontrer que les 
frères étoient des difciplesde Cal^ 
vin. Mais ce qui détruifoit Tune & 
Tautre de ces conjeâures , c'étoienc 
Kk ii 



t6» 



nos 



t 



âruelqaes^droirt des ikm livres 
oonc nous avdns parlé , qsi prou- 
volent qu« Us frirev étoiem forre- 
Itient atcâch^b àii Lutlvérmirnit» En 
cénCi<\{ietKi i qaêlqufs Luthériens 
défendh-enc avec zèle l'orcbodoxie 
de la focléttf* 

Les pltii éeliirés totijeatttorent 

Jjtie tour cela n'étoiç qa'ti*re fable 
ôrgée f>ar dçis Alchiftiîftes > com- 
ité rîndtqiroient âflc^ lei connoif- 
fances chimiques dont cette fociété 
h vàntoit. Ils a)outoient pour nou^ 
velle preuve, que le nom itt&me 
de Roft' Croix étôlt chimétiqùe, 
& qu'il fîgniâoic urt Philofopke qai 
fait de lor. Telle a été Foptnion 
de M. Mosheim. 

Il y eut âafll des gens qui cru- 
rent bonnement que Dieu < par tine 
grâce fpéciale , s etoit révélé à quel- 
ques hoàimes pieux pour réformer 
ùs fciences i & découvrir au genre 
Kumain des myftères inconnus* 

Mats comme on ne découvroit 
en tucun endroit m cette fociété, 
ni pecfôntle c(uî en fut meaibre , 
les gins dVfprtt fe cenvàinquilent 
de. f\w 4n plus $ qu'elle n'exiftoie 
point ék> féàlité» qu'elle n^avoit ja- 
mais exifté j & que ce qti'oh débî- 
toic de fod ailteor i étoit un conte 
fait à plaifil ^ inventé pour fe di- 
vtttit des gens crédules ^ ou pour 
inieux c(^hnûHte ce ^ue le public 
penfoit de bddétcite de Parslc^lfe 
& dés Alchiitiiftes* 

Lé dénoâeiffetit âa to pièce fut 
qu'bH li^énten^k piits parler dt la 
feéiécé , depuis qM teuiC qiftt i a- 
i^dlétit tnife fût U tapis giitdèrent 
fefiléncej & fi'étrmrentpliYf. On 
^ fod^çotiné fortetfy^nt Jean Vâfen- 
lin AAdréà , Thédiogiefn de Wir- 
temfcéfg, homtffe favântâc de gé- 
«iâi d'aVdir été, dmo le jK^eciiier 



ROS 

Atiteor , du tnoûis air des pteAhtf 
Aâeurs dé cette comédie. 

Quoi qil*H en foit i» le tïQtA de- 
frères de la Rofi ^ Crèix eft .rcfti 
aux difcîples de Paracelfei aux Al- 
chimtftes « & aotres gen$ de éetor* 
dce y qcn ont foritié on cor^s aflèz 
nohibrenx. 
ROSÉE^fubftantif fémmim RofMi- 
téore aqueux qu'on ^eut airec Muf-* 
fchenbf oeck dtftinguer en eroilf ef-* 
pices^ favoir^ la tofé« tpii scbve 
de la terre dsne l'air ^ h tofée qui 
tombé de Tair ^ 6t enfin la rofée 
que Ton apperçoic fooS la^foliiiode 
gouttes fur les. feailies des af Bres 
de de» planeesé i^. La roféê s'élève 
de k terre pat l'aâion du ftsdtil » 
petida^^t tés m«ie de l'été *, te foleil 
ne ^rodtttt pal èes effets du premiec 
coop, mais infenffblementy car aufli* 
tôt qu'il pâroît au-dedus de l'kori- 
fon , il ccrmmenec â échaafiFev la 
ferre 6c y darde fes Payons ^ te fa 
ehaleor rontinue de/ s'introduire 
plus profondéinent ^ fufqù'à Une 
ou deux heures aptes fon coucher ^ 
c'ëft alors que la chaleur commen- 
ce à s'arrêter , b. qu'elle craitûnence 
i remotiter infenirblementr 

Qn peut tafTemblèr la rofée i en 
mettant Id foir fur la terre ^ oif un 
peu au^defTos > des plaques de thé- 
tal non polies ^ on dé grands dif- 
ques de verre'^ Si ^ après qa'fl â fait 
un jour fott ^haud ^ on place ces 
.traques dârns un endroit qui ait été 
DÎen éclairé du fokil« ta sapeur 
qui s'élève de fa terre fe portera 
contre la furfàce inférieure & s'y 
attachera , fie fi cm Texpofe un peu 
obliquement ïtà U terre > la rofée 
s'écoulera vers le bout infériemr * 
lai (Tant après elle les traces qui 
marquent la tome qci^*elle a prife ; 
û au contraire on place les plâtres 
daBf M endroic qui n ait pa^ été 



nos 

'^ icUM dû mtils ot ml ne l'aie 
été ^Ué (àil pé\ï I il Ae ft^y àttutt^ra 
' ^tt^tine petite ic|«aâtitè 4e rofte. 

Lorfqu'ôtl éfl ilâ leàthpâgM , & 
Qu'aptes lih joUc thàUd, on ^iefac à 
avoir une fôiréê frofde , dft Voit 
. ibrtic des canaux & des fbflTéS la 
Vâpéut At l*èaii , qui s^élèVe eti ma- 
tiièré éé flitfiée ; cette npént tïë Ce 
trouvé pas piilcôc â ^a hauteur d'un 
piôd où dé deUit , âi2-de(ÎUi de l'en- 
citott d où elle parc , qu'elle fe té- 

bahd (igaUfheht de tous cbtètj alors 
là campagne pAtéU blôntât couver- 
te d'uiié rofeé dûi i'éle^é infehfi* 
blement ; elle humede côui les 
corps lur iéfàuelielle tôibbè^ & 
mouille les hàDÎfs dé ceUt qui s'y 
promènent. 

; La rofée qui 8*élèire ne faûroic 
ctre la même dans les différentes 
contrées de la terre. En effet, la ro- 
iée fe trouvera prefque toute con^o- 

• £èe d*eau ciàns les pays aqueux , 
proehe des lacs & îles rivières , ou 

: d^ns levûifinage de la mer; mais 
£ la terre ëft gralfe , fulfuf euie , 

: pleiae de bois , d'animaux , de poîf- 
ibns^de champs enifemencés» kt ro- 
iee£sra alors oompoiee de diverfes 

. fortes d*iiuiles 4 de /els volatils* & 
d'efprits fubtils des plantes; (i le 
terrein contient beaucoup de miné- 
tàïkti la rofée fera aufli compo((e 
de femblabiés parties comme lob- 
ferve M^ Boethaavc dans fa C/tf- 
772/^. Il s'élève aufTt beaucoup de ro- 
fée dans les pays humides ôr aqueux^ 
& moins dans les lieux fecs & ari- 
des, qui font éloignés de la mer, 
des rivières ou des lacs \ ajoutons 
que la rofé&ne monte pas toujours 
à la ûnème hauteur ; la plu$ grande 
partie s'arrête forr bas , une autre 
parrie s'arrête dans latmofphère , 
jufqu'à une hauteur moyenne > & 



la ineÎMire patrie â une g«ande hau- 
teur. 

La rofée s*éfâht élevée /ufqu'à 
Une certaine hauteur ^ flotte lente- 
ment dans l'ait } laniôt elle monte , 
elle defcend , entourant tbus les 
corps qu'elle trouvée à fa rencontre, 
fc quelquefois elle retombe di» l'air 
flour huftieâer la cerre. Les Phtlo- 
fôphes he s'accdrd^nt pâ^ là-deffus, 
mais M. Mufehéthbroeck a faic 
Averfes expérieiice^ à cet égard , 
^ ne perHiettçnt pas de douter de 
(a ciiute de la roféepllesik ptefque 
foutes faites for l'èbfervatoire de 
L^yde> au kaUc duquel on trouve 
une krge plateforme » pu il a dif- 
pefé en tout fens des morceaux d'é« 
tbfFe I dès fdnnes > vafes* cloches , 
6'Ci qui f>ilt tous reçu de.Ufofée de 
l'aifé 

La forte ne rôôibe pes indUTé* 
rémihent fôt toutes rotris de corps j 
ceae âflTertiort pâroît fingulière, & 
rhabile PhyfuJeh que nous tenons 
de citer , a remarqué que tei diffc- 
t^titet ëouldôts àttirëii^ laf tof«e avec 
t^é fofce irtégale^ l'ihégelité de • 
leur fotce âttràftive dépend dé la 
ftruâure Sc de la grandeur de6 corps 
cblôrésé 

Il ne tombe pornt de tofée lorf- 
qu^il fait Un gt(js vent, pàrceque 
tout ce qui monte de la terre , eft 
d^abord èmpotté par le vent , & que 
tout ce qui à'eft élevé dàhs l'ait pen» 
dant le joôf > eft àuffi atrêté 6c em- 
porté par le veht. 

' tl tombe beaucoup de rofée dans 
le mois de Mai , f)arceque le foleil 
met alofs fen mouvement une gran- 
de quantité de fucs de la rerre , & 
fait monter beaucoup de vapeurs. 
La rofée de Mai eft plus aqueufe 
que celle de l'été , pàrceque la gran- 
de chaleur .volatilife non^feuteii^enf 



i6i ROS 

Teaii , mais auffi les huiles & les 
fels- 

Ariflote , Pline & d autres, ont 
cru que la rofée comboic la nuic ^^ 
parceque les étoiles & la lune la 
prelFoieiu en bas ; & ced pour cela 
que les Philofophes qui (ont venus 
enfuite , ont ajouté que la (ofée 
tomboit en très grande abondan- 
ce , lorfque la lune étoit pleine y 
& qu'elle luifoit toute la nuit. Ils 
ont appelé la lune, la mère âk la 
rofee , & la rofée , la fille de Vahr & 
de la lune. Cependant on ramaffe 
tout autant de rofée , & avec la mê- 
me facilité , dans les nuits ou la lu- 
ne ne luit pas , qu'à la clarté de cet 
aftre; & quelle vertu pourroient 
avoir les rayons de lumière qui en 
partent j puifque (i on les reçoit fur 
le plus grand miroir ardent^ & 
qo eh les raflemblant dans le foyer, 
on les y condenfe cinq cens fois da 
vantage , ils ne produifent pas le 
moindre effet Air le thermomètre le 
plus mobile. 

On peut dift^nguer la rofée d'a- 
vec la pluie; i^. parceque la pluie 
eft une eau blanche & claire j aa 
lieu que la rofée eft jaune & trou- 
ble ; 1^. en ce que leau de pluie 
pure diftillée y n'a ni odeur ni goût, 
au lieu que la rofée diftiilée a l'un 
& l'autre. 

La troiHème efpèce de rofée dont 
nous avons à parler^ porte ce nom 
abuHvement^ il s'agit de ces gouttes 
aqueufes que Ion voit à la pointe 
du jour fur les feuilles des plantes 
& des arbres , après une suit sèche. 
On a cru que cette ligueur tomboit 
de l'air fur les plantes & fur l'her- 
be , où elle fe trouve an fi grande 
quantité , qu'on ne fauroit tra ver- 
fer le matin une prairie , fans avoir 
les pieds tout mouillés. On fe trom- 
pe fort à cet égards car la rofée 



ROS 

des plantes eft proprement leiir 
fùeur , & par conféquent une hu- 
meur qui leur appât tient, & qui 
fo{t de leuri vailleaux excrétoires* 
Voyez ce que dit i ce fujet M. Muf- 
chembroeck dans fes eflais de Ph/- 
fique. 

La rofée eft faine ou nuifible aux 
animaux & aux plantes , félon qu'elle 
eft compofée de parties rondes ou 
tranchantes , douces ou acres , fali** 
nés ou acides , fpiritueufes ou ôléa« 
gineufes , corrofives ou tetreftres ; 
c'eft pour cela que les Médecins at- 
tribuent à la rofée diverfes mala- 
dies. 

On dit proverbialement & fiè- 
rement d'une viande qui eft tore 
tendre, qu'elle èfl tendre comme la 
. rofée. 

Rosée, fe dit anflî d'une humeur qui 
fe montre fur la folle du cheval » 
quand le pied a été paré à une cer- 
taine prorondeur. Quand on pare le 
pied d'un cheval on peut en abbattrc 
jufquà la rofée , mais il ne faut pas 
aller plus avant de peur d'atteindre 
les Vaiffeaux rouges. 

Rosée du soleil^ voye{ Herbe aux 
Goutteux. 

La première (yllabe eft brève, la 
féconde longue j & la tvmidème très- 
brève. 

Prononcez roiée. 

ROSEL ; vieux mot qui fignifioit au- 
trefois roféau. 

ROSELLI, (Mathieu) Peintre, na- 
quit a Florence en 1578. Il s'eft 
particulièrement attaché à la pein- 
ture à frefque ; genre dans lequel 
' un travail raifonné » beaucoup de 
parience , un deftein par , Se un 
coloris d'une grande fraîcheur. Pont 
fait exceller. Ses ouvrages fe reffen-* 
tent, pour l'ordinaire» de fon ca- 
raâère tranquille. Ses couleurs lo* 
cales ne font pas dans le vrai ton 



ROS 

. ide k nature ; mais il y a trtis un 
accord qui plaîc , 6z fes coinpofi- 
tions gagnent â êcre décaillées. 

ROSENBERG ^ nom de trois villes 
d'Allemagne > l'une eft dans TÈvè- 
ché de Magdebourg , fur la Sala ^ 

frès de Ton confluent avec i*Elbe. 
.a féconde eft dans la Bohème , 
fur les confins de l'Autriche. La 
troifième en Siléfie » dans la Prin- 
cipauté d*Oppelen , fur les frontiè- 
res de Pologne. 

ROSENFELD *, ville d'Allemagne 
dans la Suabe au Duché deW^ircem- 
berg, fur la rivière de Tayah, à 
cinq lieues, fud-oueft, de Sultz. 

ROSENHEIM } bourg d'Allemagne 
en Bavière, fur rinn, dans la*Ré- 
gence de Manich. 

ROSENTHAL} nom de deux petites 
villes d'Allemagne» donc une eft 
£tuée dans l'Eveché de Hildesheim, 
& l'autre en Bohème dans le Cer- 

^ cle de Frachin y près de Brèfniz. 

ROSER; verbe actif de la première 
conjugaifon, lequel fe conjugue 
comme Chanter. Terme de Tein- 
turiers , qui fignifie donner un œil 
cramoifî au rouge , & le rendre plus 
brun. Ceft le contraire d'aviver. 

ROSERAIE ; fubftantif féminin. JRo- 
fttum. Terrein qui n'eft planté que 
dé rofiers. 

ROSES j ville forte d'Efpagne dans 
la Catalogne, fut la Méditerranée, 
à fept lieues, nord-eft, de Gitonne. 

ROSETTE; fubftantif féminin. Pe- 
tite rofe. Il n'eft ooint en ufage au 
propre ; mais il (t dit au figuré de 
certains ornemens ,de certains a}uf- 
temens qui font faits en forme de 
petites rofes , & que l'on emploie 
dans les broderies , dans la fculp* 
ture. 

On appelle diamant h rofttte ^ ua 
diamant taillé en facettes, par-def- 
fus , & dont le deflbus eft plat. ) 



ROS itf| 

RositTB» en termes de Marchands 
de Modes ^ fe dit d'un ruban plus 
ou moins large qui forme une bou* 
cle â deux ou trois feuilles de cha- 
^que côté» 

Rosette , en termes d'Horlogerie , fe 
dit d'un petit cadran numéroté^ par 
le moyen duquel on fait avancer ou 
retarder par degrés le mouvement 
de la montre» 

Rosette , fe dit auÛi du cuivre pur 8c 
dégagé de toute fubftance éttangèce* 
Foyti Cuivî^E & Airain^ 

Rosette , fe dit encore d'une forte de 
craie rougeâtre approchant de 1» 
couleur amaranthe , oui n'eft autre 
chofe que du blanc de Rouen , au* 
quel on a donné cette couleur par 
le moyen d'une teinture de bois de 
Bréfîl plufieurs fois réitérée. La ro* 
fette eft une efpece de ftil de gcam 
dont on fe fet't dans la peintute. Il 
V a ime autre efpece de rofette fem- 
olablepour la compodtion â celle 
ci-deiïtts 9 mais dont la couleur eft 
d'un plus beau rouge, qui fert 2 
faire cette encre dont les Impri- 
meurs fe fervent pour marquer en 
rouge les titres des livres qu'ils im- 

! triment. On s'en fert aufli quelque-^ 
ois pour peindre. 
Rosettb » eft aufti le nom qu'on a 
donné à un poiflon de mer tort ra- 
re, de figure pyramidale, & long 
d'un pied ou environ. Sa tète eft 
grande , carrée , cuirallée & ftriée 
de différentes façons» ce qui forme 
un ouvrage cizelé ; elle eft de 1» 
même couleur que celle du dos : le 
haHt& les côtés font très-plats; à 
l'occiput eft un aiguillon fort , pointu 
& tourné du côté du dos \. près du 
même endroit il en paroit un autre 
qui fort d'une lame ofleufe : la bou- 
che eft large, très*ample \ le bour 
en eft rude \ on y voit de chaque 
côté crois éminences \ le& dents font 




i64 nos 

nombreafes , mais peciref ; ta aA^ 
choire inférieare eft plas pecir« que 
la fupérieure, 8c n'a point de lèvres. 
Les narines j couvefces d'une 
membrane 2 font fur le penchant 
de la tète , entre les yeux 4€ la 
bouche. Les yeux font placés au 
fommet dç h tète , fort proches 
l'un de Tautre , couverts d'une peau, 
grands & placés de manière que le 
poiflbp regatde de côté. La bafe des 
orbites des yeux eft garnie de petits 
aiguiHonç ; la paupière eft d*ttn bleu 
noir j riris eft large & blanche j le 
dos eft comme finonné- Ce poiffon 
a huit i^ag^oires épinettCes ; fw le 
dos il y en a deux rougeâtres^ & 
donr Içs épines font tournées vers la 
qqeue; cçftes 4e la poittine font 
couvertes d'une membrane férte & 
bleue j celles du ventre font btan- 

' ches ,^ ii^u,etées de rougè } 1â na- 
geqire, qui formé ta queue eft lé- 
gèrement rouge & fourchue , mais 
etpndue. L'anus placé devan» la na- 
geqire répond â l'ofTelet carré de 
la féconde nageoire du dos i il y a 
emre les dieux nageoires de la poi- 
trine 8^ du vçntre crois appendices 
articulées & un peu repliées vers la 
qi^eue. 

Lps écailles de la rofctie font 
lallçes , bUnches au ventre, & d'un 
vert poiige au dos, tubercoloufesj 
d'un ver^ rgageatre : fa chair 'eft 
blanche 8c de bop goût* 

Ds^ns les mois de Juin & de JvlxU 
Ut les pèpheurs Hollandois pren- 
nent en quantité un autre petit poif- 
fon quHls pgrtene aa marché fous 
ie nom de rofcue. 11 eft aufli eftimé 
que le précédent} mais il en diffère 
par fes n:igeoires molles, & par les 
couleurs qu'on voit fur fa peau , qui 
difparqifleut à la mort de Vantmal : 
il n'a que fept pouces de long. 

HOSETTEj ville d'Egypte pr^ 4es 



R0S 

MlÉei ^ l^aMienoeGatMipe » fiir Itf 
faeiddubratoccid^nial du Nil, i 
une lieue de la mer, à huit au le-- 
vaut d'Alexandrie , & à trente- huit 
au nord-oueft de la ville du Caire, 
avee laquelle elle communique par 
un canal que deux ch&teaux dééo* 
dent. 

Cette ville eft apcienne ,puifque 
au tçmp^ da Géographe ^driffi elle 
exiftoit déjà \ elle eft en pitrtie bâtie 
fur uuQ montre de roche qiu çôtu^ 
mençe^ubord du Nil» & s'étend 
alTez ^vant dans tes tçrre^ vers Voçr 
ci4et>t. Etiç eft graqde 8c çommer* 
çantç, c^r on y ^ranfpqrte plijfiçpr^ 
piarchandifes qui viennent de hi 
mer Roûge & de la h^iute Egypte ; 
il eft vrai cependap^ qu'il q y ^ 
que les Saïques de; Grecs qui 

(>aitfçnt rqonter {ufqu'à Rofette; 
^s pavirçs ne le peuvent paj f4ute 
d>avi. 

Il ré(ide ojrdin^irçmçnt d^ns cfii^ 
ville vn Vice-Conful de France » qui 
• çft loge dans upe oh^le : c'çft un 
bâûmenç fait ço façon de çloîue, 
avec une grande pqrçe , & uns bafle- 
couir envirpimée d$ magglins) au* 
d^lTiis il y ^ d^s galeries qui condi^<* 
fcnt d^ns Iff çh^ipbres qu op loue 
aux marchands. 

ROSETTIER j fubftantif m^fçiain tf 
terme de Coutelieta. Outil dofut fe 
fervent ces Artifa«$ pour faise les , 
petites rofettes de cuivre av^ç le& 
quelles ils montent pl|i/Seurs de 
lèurç ouvrages. C'eft w^ éfpèç§ de 
poinçon en forme d'emplie- pif ce» 
qu'ils frappent fur ua bloc de pto«ib» 
une feuille de laicpQ entre dei^x.* Les 
Orfèvres fe fervent auffi du. rc/it^ 
eicr pour faire les rofettes d'atgf nr« 

ROSHËIM } petite ville de Fiance en 
Alface^ près deMolshèim, à qua- 
tre lieues^^ueft^deStrasbouEg.C'é* 

toit 



RO$ 

toit autrefois une ville libre & im- 
périale. 
tlOSICLER , oa Rossicler ; fabftan- 
tif mafculin.Efpèce de minéral noir 

3ae l'on tire des mines du Chil/ & 
u Pérou. Son nom lui vient de ce 
qu'en le mouillant & le frottant 
contre du fer il rougit. Ce minéral 
eft crès-riche , & l'argent qu'on en 
tire eft le meilleur de toutes les mi-~^ 
nés du Potod & des autres Provin- 
ces de l'Amérique. Il paroîc par la 
propriété de rougir le fer qu'on at* 
tribue i cette mine^qu'elle contient 
du vitriol cuivreux dont le métal 
eft précipité par le fer. U ne faut 
point confondre cette mine avec la 
mine dargent en criftauz rouges, 
femblables à des grenats ou à des 
rubis. 
ROSIENNE) petite villç de Pologne 
dans la Samogitie » à Vingt- cinq 
lieues, fud^de Mittau^ & à foixante- 
quinze , nord-eft , de Varfovie. 
ROSIER i fubftantif mafculin. Rofa. 
Arbrifleau épineux qui fe trouve 
en Europe plus qu'en nulle autre 
parrie du monde. 11 poufte plufieurs' 
tiges du pied qui (ont de peu de 
durée, mais qui fe renouvellent ai- 
iement. La hauteur commune des 
Toficrs eft de quatre à cinq pieds : 
quelques efpèces en prennent beau- 
coup moins ,& d'autres utipeu plus. 
Les racines de cet arbriffeaa tra- 
cent beaucoup, & produifènt des 
rejetons. Sa feuille eft compofée de 
cinq ou fept folioles qui font ovales, 
dentelées & attachées par paires à 
up filet commun qui dl terminé par 
une feule foliole. Ses fleurs font (im- 
pies ou doubles , plus ou moins , & 
de diffé tentes grandeurs & couleurs, 
félon les efpèces. Elles viennent au 
bout des branche , & elles don- 
nent un fruit oblong qui contient 
x^ludeurs femences. . 
Tomt XXV. 



R O S \%\ 

Le rofier doit tenir une des pre- 
mières places parmi les arbriflefiux 
de fleurs.. C'eft fans contredit l'un 
des plus beaux , des plus variés &: 
des plus agréables , tant par la quan- 
tité & la durée de fes fleurs , que 
par leur éclat & U douce odeur 
qu'elles exhalent. La rofe embellit 
tous les lieux qu'elle habite \ elle 
eft la parure la plus, brillante de la 
Nature. C'eft le plus riant objet de 
fes produâions , & l'im^ige la plus 
pure de la douceur , de U peauté & 
de la candeur. 

Rien de plus Ample & de plus 
facile que d'élever , de cultiver & 
de multiplier le rofier. 11 fe plaît 
• dans tous les climats tempérés \ il 
vient à toute expofition , de il réuf- 
fit dans tous les terreins. Cepen- 
dant il vit peu dans les terres sè- 
ches & légères, & fes fleurs ont 
moins d'odeur dans celles qui font 
graflfes ^ humides. On évitera ces 
deux inconvéaiens e» mettant le 
rofier dans un terretn de moyenne 
qualité. 

On peut multiplier cet arbrilTeaa 
de toutes les façons poflibles ^ de 
rejetons^ de branches couchées, de 
bourures, par les graines » par la 
greffe & par les racines. La femen- 
^ ce eft le moyen le plus lonç & le 
plus incertain. Pour l'ordinaire on 
n'acquiert de cette façon que des 
efpèces bâtardes ou dégénérées. 
Toutes les autres méthodes ont un 
fuccès a peu-près égal. Cet arbrif- 
feau peut fe tranfplanter en tout 
temps avec fuccès, & même pen- 
dant tout l'été, en fupprimant tout 
le fanage , & en réduifant la tige à 
quatre pouces au-deilus de la terre. 
Nulle autre culture que de le tail- 
ler fouvent & fans ménagement. 
Plus on le taillera , plus il durera , 
plus il donnua de fleurs , & plus le 
L 1 



%66 ROS 

temps de leuc venue pourra varier. 
Lês différen& temps de la tranfplan- 
talion rempliront aufli ce dernier 
objet. 

Tous les rofiers peuvent fe gref- 
fer les uns fur les autres ; mais il 
faut éviter de prendre pour fujets, 
ou plutôt on doit exclure des jar- 
dins» la rofc à odeur de canelle^ celle 
à fleur jaune Jimple j celle à feuille 
. de pimprenelle y & fur- tout la rofe 
fauvage de Virginie. Elles envahif- 
fent le terrein par la quantité de re- 
jetons qu'elles pouflent fur leurs ra- 
cines » qui s'étendent cotlddétabje- 
ment. Le mois de Juin eft le temps 
le plus convenable pour greffer ces 
arbrifleauz en écuuon. 

On connoit près de quatre-vingts 
variétés du rouer , dont le tiers en- 
viron ne donne que des. fleurs (im- 
pies \ cependant il v en a plufieurs 
qui ont affez d'agrément ou de fin- 
^ularité pour mériter qu'on les cul- 
tive. Tous les rofiers à fleurs dou- 
bles ont de la beauté. On peut con- 
(îdérer les rofes fous quatre cou- 
leurs principales > les jaunes » les 
blanches , les incarnates & les roU' 
ges. Il y en a peu de jaunes, un peu 
• plus de blanches » beaucoup davan- 
tage d'incarnates » & les rouges font 
le plus grand nombre. Dans ces deux 
dernières couleurs il y a une infi- 
nité de nuances depuis le couleur 
de chair le plus tendre jufqu'i l'in- 
carnat le plus vif, Ik du rouge pâle 
au pourpre foncé. Il règne encore 
une grande variété dans la ftature 
des rofiers > dans l'odeur des fleurs , 
dans les faifons de leur venue , dans 
leur grandeur. 11 y a aufli des rofiers 
fans épines ; d'autres font toujours 
verts \ dans quelques-uns les feuil- 
les ont une odeur agréable \ dans 
d'autres elles font joliment tachées. 
U s'en trouve plusieurs dont les ro- 



R OS 

fes font panachées , tiquetées oa 
mi - parties. On en voit de prolife-*^ 
tes î d'autres à fruit épineux \ d'au- 
tres qui fleuriflent deux fois l'an ; 
d'autres pendant prefque toute Tan- 
née ; d'autres enfin ne s'ouvrent 
qu*â demi. Nul arbrifTeau Ae raf* 
lemble des différences auflî fingu- 
lièies , aufli variées & auflî intéref* 
fautes. Le rofîer feul peut former 
une colleâion nombreufe , où char 

3ue jour de la belle faifon donnera 
u nouveau & de l'agréable. 
Le rofier étant donc de la plus 
grande reffour ce pour l'embelli ffe- 
ment des jardins, on peut en faire 
plufieurs ufages. On le met en buif- 
^on dans les plates bandas ^ on le 
mêle avec d'autres arbrifleaux de 
fleurs dans les bofquers \ on en garnit: 
des carréf entiers , ' où on le retient 
i trois pieds de hauteur; mais fi 
l'on veut tirer grand parti de cet ar- 
brl fléau , c'eft de l'entremêler de 
jafmin & de chèvrefeuille pour en 
former des bordures longues & 
épaiflès que l'on taille en ados , & 
que l'on retient i deux ou trois 
pieds de hauteur. Les bordures peu« 
vent fe mettre , & réufliflent tort 
bien fous de grands arbres taillés 
en hautes paliflàdes fur tiges , où 
elles donneront des fleurs pendant 
toute la belle faifon. 

La Médecine tire des fervices da 
rofier. Il v a des rofes purgatives » 
il y en a d'aflringentes : on fait avec 
les rofes pâles ou incarnates , oa 
avec les rops blanches une eau dif- 
tillée propre pour les maladie^ des 
yeux, & eftimée contre le cours 
de ventre , les crachemens de fang 
& les hémorthagies. On fait avec 
les mêmes rofes un fyrop folutif ; 
aînfi ces 'rofes font principalement 

f purgatives, mais elles ont quelque 
égère aftriaion , qu'elles empiun-: 



ROS 

> tene de leurs parties terreftres. La 
rofe mufcade , celle fur-touc qui 
vient des pays chauds » eft très-pur- 
gative : on ne doit l'employer qu'a- 
vec prudence. 

On tient dans les boutiqtes une 
eau diftiilée de ces fleurs» qui fert 

{Jutôt dans la cuifine pour relever 
e goût de la pârilTerie » qu'elle n'eft 
en ufaçe en Médecine j elle purge 
aflfèz bien i la dofé de hftic onces. 
Les rofes d'un rouge foncé , qu'on 
nomme rofes de Provins , paflènt 
pour &tre aftringentes y ainfi que 
les rofes blanches » fuivant un grand 
nombre de Médecins. On prépare 
avec les rofes de Provins une con* 
ferve , cm miel & un fyrop qui font 
aftringens. Â l'extérieur on k fert 

' communément de ces rofes dans les 
fonientations aftringentes & réfoln- 
tives : on les met dans du vin » & 
elles font propres â fortifier les par* 
fies nerveufes foulées. Ces mêmes 
fomentations fiices fur la tèce après 
des coups & des chûteSs, <|ui mena- 
çoient d'un abcès dans cette partie , 
ont fonvenr réufli pour le prévenir 
& pour adoucir des migraines vio- 
lentes. L'onguent ou pommade de 
rofes eft fait, tantôt avec la rofe 
de Provins , tantôt avec la rofe or- 
dinaire : on s'en fert pour les ger- 
çures des lèvres. 

ROSIÈRE jfubftantîf féminin. Poiflfon 
de rivière qui n'a pas plus d'un de- 
mi-pied de longueur, & qui relTem- 
ble â la brènie pour la forme du 
corps. 

ROSIÈRES ; Abbaye d'hommes* de 
l'ordre de Citeauz , en Franche- 
Gomté,à quatre lieues de Dole. 
Elle vaut environ 5000 livres de 
rente i l'Abbé. 

ROSIÈRES, ou RoziIres aux Sa- 
lines ; ville de France en Lorraine, 
fur la Meurthe , à deux lieues , fud- 



ROS 167 

eft , de Nancy. C'eft le Siège d un 
Bailliageroyai.il y a aufli un Prieuré 
deBénediâins fous le titre des Saints 
Innocens; un Couvent de Corde* 
liers , un Hôpital & un HoteUde* 
Ville, bâti en 171 8. 11 y a auffi des 
reftes du château, fitué à droite de 

' la Meurthe , près d'une porte i la- 
quelle on arrive par une chauffée 
qui commence entre Dombâle 6c 
Léomonr. 

La ville de Rofières a deux bour« 
fes au collège de la Marche â Paris» 
pàrceque le fondateur y avoir «été 
Curé. 

Suivant l'infcription qui eft fur 
la principale porte de la Saline de- 
Rofières > il y avoir 79 ans qu'elle 
étoit abandonnée , lorfque Chriftine 
de Dannemark la rétablit en M^}« 
La fource en étoit fugitive, dimcilé 
â extraire ,*& â féparer de quejques* 
fources d'eau douce qui fe trouvent 
dans le même endroit ; ce qui de- 
mandoit une grande attention ôc ua 
travail continuel. 

Aujourd'hui il n'eft plus queftios 
de falines , les fources falées s'étanc 
mêlées depuis quelques années avec 
celles d'eaux douces. 

ROSMARINI; rivière de Sicile, (fana 
la vallée de Démope. 

ROSOIR î fuHftantif mafculin, Outil 
dont les faâ;;urs de clavecins fe fer- 
vent pour percer dans les tables des 
clavecins & des épinettes , les trous 
où l'on met la rôle. 

ROSS; province de TÉcoffe fepten*. 
trionale , ôc la plus (grande de ton- 
tes, car elle s'ctend d'une mer i 
l'autre. Elle eft remplie Je lacs , de 
montagnes & de bois ; auiSi le bétail 
& les bètes fauves y abondent. Elle 
fut annexée â la couronne fous le 
règlne de Jacques IIL 

ROSSANO ; ville dltalie , au royau- 
me de Naples j dans la CaLbre cl« 
L 1 ij 



1^8 



ROS 



térieure , i deux ou trois milles du 
golfe de Venife , au bord d'une pe- 
tite rivière qui-fe jette dans le Ce* 
lan^ » à dix liea^s au nord-eft de 
Cofen^^. Cette ville dansie viij^ fié- 
cle , ét0i( un ^vèché fpus Re^io : 
on y transféra Tévêché de Thsrium ; 
& enfin on Térigea en Archevêché 
vers Tan ii9)« 
ROSSE ; fubftantif féminin. Cheval 
fans force , fans vigueur » Se qui 
n'eft fenfible ni à l'éperon ni â la 
gaule. Ses chevaux font de vraies 
rajfes. 

On dit proverbialement ^ figa* 
rément, <^ilnefifihon cheval qui 
ne devienne raffe ; pour dire , qu'il 
n'y a point d'homme fi robufte^ fi 
vigoureux , ou d'un efprit fi fort j 

3ui ne s'4ffoil>li(re par l'âge. On dit 
s^ns un fens coiuraire ^ jamais bon 
chevaine devint rojfè. - 

Lz première fyllabe eft brève , & 
la féconde très^brève. 
ROSSE ^ fubftantif féminin. Poiflbn 
de rivière & de lac » donc les na- 

f;eoires font rouget, & qui eft de 
a grandeur d'une carpe. 

ROSSË , ÉE ; participe pafiif. Foyei 
Rosser. 

ROSSER ; verbe aélif de la première 
conjugaifon , lequel fe conjugue 
comme Chanter. Terme popu- 
laire , qui fignifie battre bien quel- 
qu'un. // les ro0a tun & l'autre. 

ROSSICLER j voye:i Rosicler. 

ROSSIGNOL } fubftantif mafculin. 
Oiféau dont on diftiogue deux ef- 
pèces principales , le rofjîgnol franc 
Se le roffignol de muraille. 

Le roffignol franc eft un oifeaa de 
pafiage qui tient le premier rang en- 
tre les oifeaux chanteurs. Autant 
l'alouette eft recherchée par la force 
& par l'aifance dQ fon chant , autant 
le rofiignol franc la furpafie par la 
douceur de fa voif , par la variété 



ROS 

de fes tons doux , par fes fredpns , 
& fon gazouillen^ent haimoniepx* 
Cet oiieau eft un peu plus pçtic 
qu'ufi aïoineau , qqoiqu il paroifie 

S^lus leng. Il ne pèfe qu'une onoe ;. 
on bec eft longuet ^ fendre » flexi- 
ble fie npitâtre \ quand il l'ouvce» 
il fait voir uni large gosier de cou- 
leur jaqne orangée } il a l'œil grand 
Se vif» la tète» le cou & le dos , font 
couverte d'an plumage fauvage , qui 
eft plus brillant aux ailçs de fur-tout 
â la queue. La gorge , la poitrine .Se 
le ventre font d'une couleur cen- 
drée \ les jambes longuettes » & les 
ongles déliés ; la feoielle a le porc 
du malle , mais elle eft d une coulejur 
plus cendr^» de même que les jqch 
nes.roflignols. 

Au retour du mots de Mai le 
/nâle chante continuellement \ mais 
quand une fois fes petits font éclos 
on ne l'entend plus , parcequ'il eft 
occupé du foin de les nouivir » Se 
de jouir de la compagnie de fa fis- 
melle qu'il aime éperduement. 

Les rofiignols ont grand foin de 
leur poftérité. Les pères inftruifeoc 
leurs perits , & ceux-ci les écoutenc 
avec beaucoup d'attention & de do- 
cilité, répétant enfuite leurs leçons- 
Quelques Naturaliftes difent que le 
rofligool franc aime la compagnie 
de celui de muraille , avec lequel il 
s'accouple fouvent. 11 a une aver« 
fion naturelle pour les ferpens : il 
redouce auffi le froid. Divers auteurs 
prétendent qu'il fe trouve des rofii- 
gnols blancs. 

Le roffignol n'a prefque point de 
chair ; cependant M. Chomel die 
que les Gafcons ren^raifient pour 
en faire un mets qu'ils préfèrent i 
tout autre , lorfque l'oifeau eft gras. 
Sa chair eft blanche^ tendre. Se 

[irefque aufil bonne que celle de 
'ortolan. 



ROS 

On ne fait point où le roflignol 
fie cecire dans Thiver : ce qu il y a 
de certain > difent les Voyageais • 
c'eft qu'il n'y en a en aucun teais 
dans l'Afriqae^ Quoiqu'il en foit , 
cet agréable oifeau fe place ordinai- 
jrepiem aux environs de quelque col- 
line ou d'un roifleau , s'il le peut 
faire» âc fur- tont dans les endroits 
ou il fe trouve uti écjio } c'eft là 
qu'il fe plaie i chanter : il coupe fon 
ramage par mefures & par paufes , 
pour s'écouter & fe répondre en 
quelque forte ; pat le moyen de 
l'écho. On croifoitj dit M. PItiche, 
qu'ilfait combien valent festalens ^ 
il fe plaît à chanter quand tous les 
autres oifeaux fe taifenr. Rien ne l'a* 
nime tant que le filence de la na- 
ture; c'eft alors qu'il compofe & 
exécute fur tous lestons. 11 va du 
férieux au badin ; d'un chant (im- 
pie au gazouillement le plus bifarre ; 
des tremblemens & des roulemens 
les plus légers , à des foupirs Im- 
guillàns , qu'il abandonne enfui te 
pour revenir i fa gaieté naturelle. 
Cet aimable muficien fait entendre 
fes plus beaux fons dans le tems que 
fa femelle couve ; il double alors la 
durée de fon chanr. Le nid de fa fe- 
melle eft près de la terre , parmi les 
brou^Tailles , & dans des buis ou des 
ifs , ou au pied d'une baie ou d'une 
charmille; les chiens, les chats, les 
renards > les fouines , &ç. mangent 
^ fouvent fes ccufs. Ce nid eft un peu 
long & profond , compofé , pour la 
plus grande partie > de feuilles de 
chênes sèches , qui fe tiennent bien 
enfemble , quoique fans fiis ni au« 
. cane autre liaifon, pourvu toutefois 
qu'on ne le déplace point ; car fi-côt 
qu'on y touche , tout s'écroule dans 
les climats chauds. Cet oifeau peut 
faire quatre pontes chaque année ; 
dans ce pays-ci, il n'en fait com- 



R O S 16^ 

munémeht que deux, i caufe du 
froid : chaque ponte eft pour l'ordi- 
naire de quatre ou cinq <sufs de 
couleur de bronze ^ & qui produi- 
fent plus de mâles que de femelles, 
comme dans prefque tous tes autres 
oifeaux. 

Voici quelques dérails fur la ma« 
nière de prendre , d'élever & de 
multiplier les roflignols. 

Rien de plus facile que de pren- 
dre des roffignols ; le goût qu'ils 
ont pour les vers de farine , qui par 
leur blancheur fefont aifémentap- 
percevoir, les attire Ci puiflamment 
qu'ils .fe jettent fans réflexion fur 
cette amorce , & qu'on peut même 
par ce moyen attraper ceux dont on 
a fait choix , & qui ont le plus b^u 
gofier. Ces oileaux ne fouffrenc 
point de proche voiHn ; ils fe ren- 
dent maîtres d'un efpace fuffifant 
pour leur fournir de la nourriture % 
' Se ils fe battent contre ceux qui vou« 
droient s'établir dans le même ter* 
rein ; ain(î lorfqu'il y en a plufieurs 
dans un bois , ils font toujours à des 
diftances éloignées les uns des au- 
tres. En les entendant chanter , on 
fe détermine à tendre l'appât à ce- 
lui dont le gofier a le plus d'agré- 
menr. On ne nuit point à la multi- 
plication de Tefpèce en prenant les 
mâles ; car comme il y a toujours 
plus de mâles que de femelles , la 
veuve a bientôt trouvé un nouvel 
amant. 

La veille du jour 011 l'on veut 
>rendre le roflîgnol , on Pamorce en 
)iquant en terre aux environs de 
'endroit qu'il fréquente , un petit 
^âtonjau haut duquel on attache 
avec une* épingle deux vers de fa- 
rine ; le roflignol attiré par cet ap- 
pât reviendra le lendemain au même 
endroit. 
. L'heure la plus favorable pour le 



270 R O s 

prendre eft depuis le lever du foleil 
jttfqu'à dix heures du matin, par- 
ceque cet oifeau n'ayant point man- 
gé de la nuit » cherche le matin les 
▼ermiffeaux , les fourmis , leurs 
ceufs ou d'autres infeâes. On tend 
donc un trébuchec auquel on atta- 
che un ver de farine i dès que loi- 
feaa vient le becqueter , il détend 
le trébucher , & il fe trouve pris 
dans un filet : on le retire & on le 
mer dans un petit fac de taffetas qui 
s'ouvre & fe terme par les deux 
bouts ^vec des cordons ^ par ce 
moyen , on ne lui froiffe point les 
plumes» fie on ne rifque pas de le 
Wefler. ^. , 

On le fait pafler enfuite dans une 
cage conftruire de planches des trpis 
côtés » & garnie de barreaux par le 
devant j on couvre cette grille d'une 
ferge veite , afin que Toifeau ne 
s'effarouche point des perfonnes 
qu'il pourroit voir , & on pUçe la 
cage a une fenêtre cxpofée au le- 
vant. On met dans la cage deux 
petits pots , dans l'un defquelsil y a 
de Teau^ l'autre eft rempli d'une pare 
dont nous donnerons ci -après la 
«:ompofnion , avec des vers de fa- 
fine par deflfus. A la vue de ces 
vers dpnt le roûignol t& très 
friand » il oublie fa captivité & fe 
met à manger. Pour ne point l'ef- 
faroucher , on lui jette de nouveaux 
vers d^ns fon petit pot par l'ouver- 
lure d'un entonnoir que l'on a n^is 
hors 4e f^ cage. L'oileau ainlî tran- 
quille , chante aw bout de quelcjws 
jours , & on le Uiffc fut la fenêtre 
f ufqu'au %o Jûip , qpi eft le temos 
pu il fini^ de changer , alors on le 

. rentre i la m^ifon. On le laifle en- 
cote couver; & caché dans fa cage 
pendant quinze jouts j mais petit à 
petit on le découvre , pont Thabî- 

fuçf 4 voit le fRçndç ff»nf ?>!f%Ç«^T 



ROS 

On le met enfuite dans une antre 
cage entre les fenêtres , & on IHip- 
pr^voife au point qu'il vient pren- 
dre les vers à la main. Il ne faut 
point cependant donner trop de 
vers aux roflignols ; car cela 
les fait maigrir. Pour les tenir 
propres dans leur cage » on peut 
mettre fur la planche d'en bas de 
la moufle bien sèche. 

Il eft aflez farprenant que le rof-« 
fignol qui depuis le mois de Mai , 
chante d'une manière fi mélodieufe 
jufqu'au lo Juin » fe condamne 
aldfs i un filence obftiné » jufqu'à 
ce que le printemps fuivant vienne 
l'exciter à recommencer fa mélodie. 
Les amateurs du chant de cet oi- 
feau , fâchés de ne plus l'entendre , 
onr cherché plufieurs moyens pour 
l'engager à chanter , & ils y font 
parvenus. 

On a imaginé pour cela de le 
tromper ^ en l'enrermant pendant 
plufieurs mois dans un lieu obfcur » 
& en lui préféntant enfuite lui famt 
printemps au milieu de l'hiver. 

Pour fe procurer le plaifir d'en« 
tendre chanter toute l'année des 
roflignols , il faut prendre au mois 
de Décembre un vieux mâle » que 
l'on enferme dans une cage conf* 
truite de manière qu'on puiflè la 
rendre de jour en jour plus obf- 
cure i en fermant par aegrés les 
volets j jufqu'au point de n'y pas 
laifTer pénétrer le moindre rayon 
de lumière. On tient l'oifeau dans 
cette obfcuriré profonde pendant 
les mois de Décembre , Janvier » 
Février , Mars j Avril , Mai \ ft i 
la fin de ce mois, on lui redonne 
peu â peu du jour. 

Le roflfîgnol étant â l'air ^ com<r 
mence â chanter en Juin , dans le 
tems où les autres ceffent leurs 
f|)4nu^ Qa doit daps. çç même 



ROS 

mois de Juîn en enfermer un antre 
dans la même obfcurité par degrés, 
& l'y laifler fufqu'aii mois de No- 
vembre ; alors en lui rendant la lu- 
mière dans un fîeu tempéré, le 
printemps renaît pour lui , & il fe 
met À chanter. Âin(î on peut avec 
deux roflignols , fe procurer pen- 
dant toute Tannée, le chant de ce 
charmant oifeau. On doit avoir foin 
de placer les cages où font ces deux 
romgnols , aflTez élojgnées pour que 
celui qui eft enfermé dans les ténè- 
bres n'entende pas chanter Tautre. 

Quelques perfonnes pour tirer un 
chant prefque continuel des roflli- 
enols, les aveuglent. Us mettent d'a- 
bord le roilignol dans une caee , où 
il l'habituent par degrés à Ta plus 
profonde obfcurité , enforte qu'il 
parvient à trouver facilement au 
milieu de cette obfcurité les petits 
pots où font fon boire & fon man- 
ger. Enfuite on prend un tuyau de 
f»ipe que l'on a tait chauffer , & on 
approche de l'œil duToflignol juf- 
3u'au point que l'oifeau-foit obligé 
e fermer les yeux ^ il en découle 
quelques larmes & auffi-tot on ap- 
proche le bout de p\pe un peu plus 
près. Ces larmes font une efpèce de 
vifcofité que la chaleur de la pipe 
defTeche tout de fuite , & elles de- 
viennent une efpèce de colle qui 
tient les yeux de l'oifeau fermés. 
Cette opération étant faite délicate- 
ment , n'alcère point l'organe de la 
vue de l'oifeau y elle lui rerme Hm- 

t^ement les paupières , & on peut 
ui rendre la vue en les ouvrant lé- 
gèrement avec la pointe d'un canif. 
Toutes les autres efpèces d'oi féaux 
chanteurs fur lefquels on exécute 
cette opération , étant ainiî concen- 
trés en eux-mêmes , chantent beau- 
coup plus. 
Pn peut avec des foins parvenir 



ROS lyt 

â faire couver des roflignols , & à fe 
procurer le plaifir de voir leur petic 
ménage. Vers la fin du printemps ^ 
dans le temps de la detnière ponte 
des roflignols , on obferye un en- 
droit où il y ait un nid de roflignof, 
& on tend â côté deux filets amor- 
cés avec des vers de farine ; parce 
moyen on prend aifcment le père 
& la mère. On les met dans une 
cage obfcure avec leur nid ; on leur 
donne des petits pots où il y ait des 
vers de farine } on leur donne auflî 
une pâte compofée de mie de pain » 
des chenevi broyé & de cœur de 
mouron haché j l'amour de ces oi- 
féaux pour leurs petits, leur faic 
oublier leur captivité , ils les nour- 
riflènt , les élèvent & Peur appren- 
nent i chanter. 

Lorfou'ils ont élevé leur famille, 
on les (epare. Au printemps fuivanc 
ils font plus apprîvoifés j on les met 
dans une grande cage j & on leur 
jette de la moufle , de la bourre , 
des feuilles de chênes sèches pour 
conftruire leur nid. On peut même 
leur donner la liberté dans le temps 
où ils Qnt de la famille ; le mâle 
fortira dans le jardin , ira chercher 
des vermifleaux , des infeftes , & 
viendra les apporter a la cage. Leur 
attachement eft fi grand pour leurs 
petits qu'il n'eft point â craindre 
que pendant tout ce temps ils les 
abandonnent; ni qu'ils cherchent i 
recouvrer leur liberté. Le mâle ref- 
tera pendant la nuit dans le jardin ; 
mafc dès le matin, il reviendra ap- 
porrer les vermifleaux & les autres 
infedtes qu'il aura attrapés. 

Si Ton a découvert un nid de jeu-* 
nés roflignols , & qd'on n'ait point 
le père & la mère, on peut les éle- 
ver comme les autres oifeaux â Ja 
brochette , en ne leur donnanr i 
manger que toutes les heures » Se 



%-]! ROS 

.quacre becquées feulement i cha- 
que fois. Si Ton a un vieux roflSjgnol 
privé , on peut lui confier ce (oin : 
pour cet effet , il faut laifler crier 
un peu les petits avant de leur don- 
ner â manger » & le& mettre à ren- 
trée de la cage du roflignol j qu'on 
lailTera ouverte jour & nuit \ le cri 
lattirera , il prendra de la pâtée 
dans fon bec , & dès qu'il leur en 
aura donné une* fois , il fe chargera 
de les noutrir & de leur apprendre 
â chanter. Il cft bon d'obferver que 
de jeunes roffignols qu'on auroit 
élevés ainH foi-mcme à la brochette, 
& qu'on n'auroit point menés â la 
campagne pour entendre chanter 
d'autres roûignols , ne feroient que 
de très-mauvais chanteurs. 

Lorfqu'on veut apprendre à de 
jeunes roflignols â (iSler àt% airs , il 
faut dèsqu'îis commencent à chanter 
feuls , les réparer des autres » les 
mettre dans une cage que l'on cou- 
vre d'une ferge verte , & le matin , 
l'açrès-dîné de le foir , letlr fîtïler 

. huit ou dix fois de fuite l'air qu'on 
veut leur apprendre. Mais ils ne le 

• chanteront qu'après la mue & au 
printemps fuivant. Il en eft de même 
des bouvreuils , qui- apprennent très- 
bien i iiffler^ tant les femelles que 
les mâles. Un des oifeaux qui ap- 
prend le mieux les airs qu'on lui nf- 
fle , c'eft f allouait hupét , dite co- 
çhtvïs ; elle les répète très-bien au 
bout d'un mois. 
On dit que Ton a vu des rofli- 

!;nols qui avoient appris â parler \ 
e fait eft atTez croyable > puifqu'on 
voit des pies communes, des pies- 
grièches, des merles, des geais ^ 
^ à^z perroquets , des étouineaux qui 
parlent. On voit auflii des griyes, 
desferins,. des Utipttes, des moi- 
' neaux , des bruans ^ des gprgesr 
rouges , qui Ip font^ ^ . ' ' 



ROS 

Les roffignols font un des plus 
grands agrémens des jardins qu'ils 
nabitent» ils embelliilent par la mé« 
lodie de leur chant les (oirées da 
printemps \ éaSx il n'y a perfonne 
qui ne fuit difpofé â apprendre avec 
plaiûr le fecret d'établir des roffi- 
gnols dans les jardins où il n'y en a 
pas. 11 faut au mois de Mai décou- 
vrir un nid de roffignols de la pre« 
mière couvée : s'il n'y a que des 
•Gcufs» il faut attendre qu'ils foient 
écios» & que les petit$ aient huit 
jours : alors on tend des filets ^ & 
l'on prend facilement dans le même 
jour le père & la mère , dvec les 
précautions dont nous avons parlé 
plus hauts & on les met chacun fé- 
parement dans une cage obfcure \ 
on enlève enfuite le nid fans tou- 
cher aux petits : s*il eft placé fur 
un petit arbriffeau ,x)n le coupe & 
on l'emporte chargé du nid » en 
ayant fuin de couvrir les petits avec 
un peu de coton afin qu'ils n'aient 
point froid : on tranfporte & on 
place l'arbriflTeau à peu près d la 
même hauteur, & orienté de la 
même manière qu'il Técoit dans le 
lieu où on l'a enlevé r on place en- 
fuite a(Tèz près du nid, mais de- 
deux côtés oppofés , les deux cages 
où font le maie & la femelle : on 
attend l'inftant où les petits oifeattz i 
du nid, preffés par la faim, jetteoc 
les hauts cris & demandent la bec^ 
quée: auffitôton ouvre par le moyen 
d'une ficelle qui répond à l'endroit 
où on s'eft caché , la porte de la fe- 
melle^ elle fort, elle entend le cri 
de fes petits & s'arrête â confidérer 
le lieu : on donne de même la li- 
berté au mâle ; l'un & l'autre , inf- 
pirés par le mouvement de la pâ- 
ture , vont â leurs petits , & bientôt 
ils leur apportent la becquée. La per 
tite progéniture s'élève ^ s'habitue 



^0$ 

«t tieo0& «Ils ^ pris MâffMçty Ar 
fi le jardijD eft fpaci^ttx » ib s y ^a- 
bliflenc ^ & peupUnt lei bofqv^cs. 
Ces oifeiiax »in(i élevés > vieooent 
cous les pcim^tppc b^ibiier U mwie 
eodroit, le y tmc «ncMck^ la i>f;aiiié 
de ieiur c^nc. 

Lor/qu'oi) 4 pris lin rofldgnol au 
filec • tl eft £brc 4ifi(cUe de comoî- 
fre au (Impie cp^p^d œil û Ï90 a 
pris 00 maie on une fi^iDf li^ Le 
chant les fait connoicre aifésn^c î 
mab il laiK aueoiireiquelquti i^mps. ! 
L'ameiK da traité du ro^ignci dit' 
avoir Fait une femaiqM, auiMy^ren; 
de laqueJle pu peat évitef et HWu 
Il fauf « di^'îl j exaininer 1 anua de 
l'aoîwal \ s'il fêtons un tiib^^ule 
eu une léoiioeiiKis ded^ux ligoei au 
moins au-detTus du niveau 4e la 
peau p cm peuc £cf e fèr que c^eft un 
mâle \ fi au cooccaite 1 anus ne f or- 
use point de tubercule , ^'«ft cectai- 
aement uoe femelle. 

Lorfqu 00 a des ooffignob pQvés 

qui charment par leurs chants ^ on 

a*iiKciefliè.aax suladiesquî peuv^eec 

4our Survenir ; on «Vmpteâè dy 

apporter cemède , dautast cdus vo- 

Joatiecs i^ueHes ibnt Je fins ifou- 

vent la AiicedejceqUioa Ijemrajtavi 

la liberté , pour fe pcoencer Tagré^ 

jnem4e jes po(féder» Ces oi£^z 

foAt qoelqnefde acta^aés de la 

goutee^ elle nent ardinairemecit4e 

ce ^'on leur dpooe tiïop i maogerj 

ou4eiceqa*oa ks lùSt dans la cage 

fans moQ& jc Cms falsile fiu^ ils 

fost iii|ets aiilfi i cette maladie > 

Iftrfqu'ils t>nt ké tx^foScs i <|uelque 

( vem coulis. fQuetqâefioîs il (e forme 

£nt leur croupîoo des abcès , où il 

s'^ngeodre du^us^ qui p« ion fé- 

JQur les fait lauguir. Cetse jnaladie 

eft occi^aBoée a^ïtz foQv.ettt ^ par- 

cequ'oD a négligé au moî^ de Mars 

de leur donner quedaiies acsu^éesl 

Tome XXy. 



nos X7J, 

4 mang^ , naurriturc ^ui leur tient 
lieu de purgatif. Le feul remède i 
ces abcès eil de les ouvrir , de faire 
écouler le pus> & de donasj: au 
^affîgnol des cloportes» des arai-. 
gnées 4e x^lques ^^^ de farine. 

Le roflj}^! , aiuâ que quelques 
Métras peiits xsîfeaux tels que le 
chardoaneru ^ êçç. (ont fujets au mal 
caduc 9 ils tp«ib«nt étendus d^ns 
kur <age » les pattes en Tair » les 
yeu« wnyecfi^s ; fi pn n^ iear ap- 
porte wi R^OP^ feçpu^s ils périf- 
£eiu« L^ rf^de le plus fur eft de 
prendre IpiA^aa , de hii couper les 
ergori de ^tciè/Cje , juCqu'ap Mine 
d'en vp!f r cpoler un peu de lang » 
çni#iie 4e tiv laver Wpai«ef dans 
du ^î« Uanc ; ^1 jrepf esid peu à pea 
deMiPHvettes forces^ 8^ peu d*beu- 
tes après on le voit m suffi boPQO 
fant s qu'auf gravant. 

P'après les obretvatjpns q»e Ton 
a ^ûff Air les efpècas d'alimens 
dont <e j»ourrit le roffi^nol iprf- 
$|u'il jouir de fa liberté dans les 
b^s» on a tMonnu qi^Âl eft larnaf-- 
£^r i Âl Ae fe nourrît i V ^appp^* 
gne q«e d'mkfs , de «nymphes» de 
lottrjnÂs, d'auignées, de clppor* 
«es » de nsQOchâ U de différentes 
«efpÂces de vere* O» a ipw: ppm^ 
poîé une r&te'qui e* p^ttr^xune 
ieac«Jlaiite naufracnre , & dans la- 
lydlle on fait emref de la viande. 

•On pcend deuKilivfes de -rouelle 
de bffuf & on la nettoie btien eitac-. 
temeiit de £ss peaw • ;graiitre^ 8c 
filefs ; Qfi ia bâche ibien «nenu.. Se 
on la réduit dans un inerrier en une 
àfpèœ de pulpe ; .d!au«re part on 
p^érife une .dcmiiivte de pois 
d'ECpagne» autant de millet jaune 
j& de femence de payot^ on çul- 
witiékMSi ie phis Au qu'il ed polTi- 
Jbije une<dâgni-livQe 4*amandes dou- 
ces.» .4oQt on A.àié la feau aup^ra^ 
Mm 



X74 Ros 

vanc} on cafle douze œufs , clone 
oh prend feulement les jaunes que 
l'on mec dans un plat ^ on les 
bac avec une livre de miel blanc & 
un gros de fafran en poudre ; lorf- 
qoeces trois ingrédiens font bien 
mêlés enfemble y ;on y incorpore 
fuccelTivement la viande, les aman- 
des douces & les farines; on en 
fait une efpèce de bouillie que l'on 
fait cuire dans un vaiHêau de terre, 
que l'on a frotté avec un peu de 
beurre pour • empèchâr qu'elle ne 
s'attache* On fait cuire cette pâte 
jufqu'à confillance de bifcuit ; lorf- 
qu'elle eft â fon point , elle fe con- 
' ferve très-bien dans une boîte de 
fetbianc, qu'on tient dans un lieu 
fec. Cette pâte peut fe conferver 
fix mois» & cette quantité peut 
fuffire pour la nourriture d'un rofC- 

Spol pendant un mois. Dans la 
aifon où chantent les roflSgnols, 
il eft bon de mêler dans leur pâte du 
cœur de mouton haché , & de leur 
' donner quelques vers de farine. 
Le roffignol de muraille eft moins 
remarquable par fbn chant que le 
roflignol franc donc nous venons de 
parler : il fe nourrit d'infeâres & 
de cerfs - volans. II a le bec & les 
jambes noirs , . la langue fendue , 
le dedans de la bouche jaune , l'iris 
couleur de noifetier , le plumage 
fombre , plombé & tiqueté de noir \ 
la poitrine , le croupion & les côtes 
fous les ailes font rouges \ le def- 
fous du ventre & le front font mar- 
oués de blanc \ la gorge & les joues 
ious les yeux font noires. 

On prétend que cet oifeau eft 
d'un caraAère fauvage : il aime la 
liberté , â prendre fes repas , ga- 
zouiller & faire fon nid fans être 
vu : C\ quelqu'un touche i un de fes 
œufs , il les quitte pour toujours; 
fi Ton touche un de. fes petits , ou 



ROS 

il Taffamera » ou il le jetera tors 
du nid. Cependant lorfqu'il eft éle- 
vé dès fa jeunefle en cage, il ap« 
prend aifément à fiffler , & il de- 
vient aflez doux. Par cet expofé jon 
voit que le roflignol de muraille a 
les mœurs & la voix différentes* du 
roflignol franc : il vole légèrement 
& fait du bruit lorfqu'il eft perché i 
il remue la queue , & la tient ptef« 
que toujours droite comme le roi- 
telet. 

On dit d'une petfonne qui a la 
voix douce & les cadences ^^^^^ 
blés , qïCelle a'une voix de rojjignol^ 
un gojier de roffignol , qu'elle a des 
rcfffignols dans la gorge. Et l'on ap« 
pelle ironiquement & populaire- 
ment un âne , un rojpgnol à'Area* 
die. 

Il y a dans les orgues un jeu qu'on 
appelle les rojjignols. 

Rossignol , en termes de Serruriers, 
fe dit d'un petit infttument donc 
ils fe fervent pour ouvrir toutes for- 
tes de ferrures. 

Rossignol , fe ditien termes de Char- 
penterie , d'un coin de bois qu'on 
met dans les morroifes qui font trop 
longues , lorfqu'on veut ferrer quel* 
ques pièces de bois. 
On mouille^/7. 

ROSSILLON » bourg de France dans 
le Bugey , au Bailliage de Belley. 

ROSSO , ou Lbroux , Peintre » na- 
quit i Florence en 1 4^9 : fon génie 
& l'éc^de des ouvrat^es de Michel- 
Ange & du Parmefan lui tinrent 
lieu de Maître. C'eft en France qu'eft 
la plus grande partie de fes ouvra- 
ges. François I le nomma Sur- In- 
tendant de^ ouvrages de Fontaine- 
bleau. La grande galerie de ce châ- 
teau a été conftruite fur fes def- 
feins» & embellie par les morceaux 
de peinture , par les frifes & les ri- 
ches ornemens de ftuc qu il y a faits 



ROS 

Le Roi charmé de fes ouvrages, 
le combla de bienfaits, & lai donna 
unCanonicac de la Sainte Chapelle. 
Ce Peintre ayant accufé injattement 
Pellegrin fon ami , de lui avoir volé 
une grande fomme d argent > & 
ayant été caufe des tourmens qu'il 
avoir foufTerts à la queftion ^ il ne 
put fupporcer le chagrin que cet 
événement lui caufa , & prit un 
poifon violent qui le fit mourir le 
même jour â Fontainebleau en 1 541 . 
Maître Roux mettoit beaucoup de 
génie dans fes compofitions ^\ il 
réuflitToit parfaitement â exprimer 
les paflîons de l'ame. Il donnoit un 
beau caraâère i (es tctes de vieil- 
lards j & beaucoup d'agrémens aux 
figures de femmes qu'il repréfen- 
toit : il poiïédoit bien le clair obf- 
cur j mais fa façon dé defiiner , 
quoique favante , avoit quelque 
chofe de fauvage. 11 travailloit de 
caprice , confultoit peu la nature , 
paroiiïoit aimer ce qui avoit un 
caradère bifarreSc extraordinaire. 
Maître Roux n'étoit point borné â 
un feul talent \ il étoit encore 
bon Ârcbiteâe , Se cuhivoit la 
- poëfie & la mqfique. 

ROSSOLISj fubftantif mafculin. Sorte 
de liqueur compofée d'eau de vie , 
de fucre Se de quelques parfums. On 
vante le roffblis de Turin. 

Les deux premières fyllabes font 
brèves & la troifième longue. 

RÔSTElNj fubftantif mafculin. Inf- 
trument du métier dès étoffes de 
foie. Le Roftein eft une eroiTe bo- 
bine percée de bout en bout , fur 
laquelle on dévide la groffe foie 
fervant i former la lifière de Té- 
toffe. 

ROSTOCK i ville forte d'Allemagne 
dans le Cercle de la Baffe-Saxe , au 
duché de Mecklenbourg ^ fur la 



' ROS Z75 

Varna y à une lieue de la mer Bal- 
tique ^ à douze au nord -eft de Vif- 
mar j & à trente de Lubeck. 

L'origine de cette ville e(Lfort 
obfcure. Quelques favans préten- 
dent qu'elle fe nommoit Lacinium 
ou Laciburgum » du temps que les 
Parni occupoient le pjiys , avant 
l'irruptioi;! des Vandales. Quoi qu^il 
en foit , Roftock n'étoit qu'un vil- 
lage habité par des Pécheurs^ en 
319. Ce village s'aggrandit infènfi-- 
blement \ Se Primiflas II , d'autres 
difent Burevin II , ceignit Roftock 
de murailles en i x6i* Cetre ville a 
éprouvé dans la fuite différentes 
révolutions. Le Duc de Mecklen- 
bourg en eft préfentemenc reconnu 
le Seigneur ; mais la ville jouit des 
mêmes droics & franchifes que Lu- 
beck y Se elle eft gouvernée par di- 
vers corps de Magiftrature. Son 
UniverHcé a été fondée en 1490. 

ROSTOF , ou RosTov j ville Ar- 
chiépifcopale de Ruftie , capitale 
d'un duché de même nom » fur le 
lac de Cotorie » â quarante lieues i 
nord-eft , de Mofcou. 

Le duché de Roftof eft iwrnéau 
nord par celui de Jaroflav , au midi, 
par celui de Mofcou , au levant » 
par celui de Sufdal , & au cou- 
chant J par celui de Tuer. Roftof 
ou Roftov étoit autrefois le preinier 
duché de la grande Ruftîe ^ après 
celui de Novogorod , & on le cfon- 
noit pour apanage aux féconds fils 
des Grands Ducs ^ mais Jean Bafi- 
lowicz ne pouvant fouffrir de Sou- 
verains au milieu de fes États , fie 
matTacrer le dernier Duc de Rof- 
tov en I $66 , & réunit le duché i 
fon domaine. On ne connoît dans 
ce duché que la culture de l'ail Se 
des oignons qui font la nourriture 
des haoitans. 

ROSTRALE j adjeélif féminin qui 
Mm ij 



27« ROT 

fi'elî ntué qa'eti ces phfafe^ , eou* 
tonne roJlrcUe y colonne rdjtrdte^ pour 
dire , une (^duroïine , Qiie colonne 
dÊtiU de proues de AAvke. On von 
fur Us conibeduM dts Amiraux de 
Botlande , dts couronnes toltrales 
pour marque dé leurs digttités. 

KOSVANGEN , ou Ruspéh j ville 
d'Allemagne , àix\i ta Saxe, luf la 
Mulda , près de l'Abbaye àt 2sil , 
entre Doblen & NoiTeh. 

ROTj fubftantif ftiàfculih. Vento- 
(ité • va^Ur qui (otl de réitomac 
par la bouche avec bruit. La caufe 
^ des rots ejl une mdùère élajllque que 
la chaleur , VefferHftenct ou la fer* 
mehtatïon dilatent. L'idée défagtéa- 
ble que ce mot occafiohnô , fait 
qu'on en évite l'ufage parmi \ts hon- 
iiëtes gens. 

Ce monofyllabe eft bref. 

'ROTl fubftantif mafculin & terme 
de Tiûerands. Nom du chaffisdes 
Tifleratids , par les ouvertures du- 
quel paffetit les fils àt la chaîne d une 
éfôffd. 

T(ÔT ; petite ville d'Allemagne ^ans 
la Franconie , au ttiarquifàt d'Anf- 
jpach , encre Nuremberg & Weif- 
lembôurg. 

'RÔT j fubftantif mafculift. Ajfa caro. 
Du ràti ^ viande rÀrie à la broche. 
On appelle ^r(7^ rdt^ hi groflê viande 
fotie , comme longe de veau , din- 
don , S'c. Et Ton app^lhî pnh Rôt , 
menu rôt , \tÈ poulets , les perdrix , 
bécadr^s , becaffines j ortolans y 
&c. 

Ob dit proverbialement & popu- 
lairement , mander fon pain à la fu- 
mée du rôt ; pour dire , être témoin 
d'un divertilTemem auquel on ne 
peut avoir part. 

On dit proverbialement & fatni- 
lièrement , t^'un homme tfi àpot& 
à rôt dans une maifon ; pour dire , 
qu'il y eft fôn familier , qu'il y 



ROT 

tuinte j qu'il y mange matin S 
foin 

Rort y fe dit auflS dans les feftins 8c 
dans les grandes tables , du fervice 
qui fuit immédiatement celui des 
potages 8c des entrées > & il fe dit 
également en maigre 6c en gras. // 
e^ temps defervir le rôt. On n*en ejl 
pas encore au rôt. 

Ce monofyllabe eft Ion^« 

ROTA ; bourg d'Efpagne , dans TAn- 
daloulie , fur la c6te du golfe de Ca« 
dit, entre Cadix & rembouchure da 
Guadalqnivir. 

ROTATEUR ; ( le ) fubftantif maf- 
culin. On a donné ce nom i une 
belle figure déterrée dans les fouil- 
les de Rome , fit tranfportée il y a 
près d'un fiecle dans le palais ducal 
de Florence. 

Cette figure repréfente Tefclave 
qui , fuivant le récit de Tite-Live ^ 
entendit par hafard le projet que 
faifoient les fils de Brutus pour ré- 
tablir dans Rome les Tarqutns , Se 
qui fauva la république naiftante y 
en révélant leur conjuration ati 
Confnl. 

Les perfonnes les moins attenti- 
ves remarquent en voyant cette 
ftame , dit M. L'Abbé du Bos, que 
cet efctave qui k combe 6c qui fe 
montre dans la pofture convenable 
pour aigoiftc le fer qu'il rieut » afin 
de paroître cniquemexu occupé de 
ce cravail , eft néanmoins diftrait » 
6c donne fon attention , non pas à 
ce qu'il femble faire > mais â ce 
qu'il entend. Cette diftraâion eft: 
ienfible daus tout ion corps ^ 6c 
princijpalement dans fes mains 6c 
dans la tète : fes ddigts font bien 
placés comme ils doivent l'être pour 
pefer fur le fer & pour le prefier 
contre la piecre à aiguifer j mais 
leur aâion eft fufpendue par un 
gefte naturel â ceux qui écoutent 



ROT 

• : t% ctalftiMt qa'oA ne s^ippetf oîve 

Îfîls prêtent Toceille à ce qu'on 
t ; notce efclave cache <le lever 
dTes la prunelle de £es yeux ppur^ 
•ppercevoir £dd objets (ans lever la 
tcee conune il la leveroit naturelle- 
mène » s'il n'écoît ms contraint» 

•ILoTATEOR » eft anffi iinaoflQ que quel- 
ques Ânatomiftes donnent aux m uf- 
clés obliques de l'œil qu'on appelle 
autrement circulaires & amoureux , 
parceque leur mouvement caraâé- 
rife la tendrefTe. 

ROTATION ; fubftantif féminin & 
terme de phyfique. Mouvement 
circulaire d'un corps qui tourne fur 
lui-même. La rotation de la terre fur 
fon axe. 

Rotation % fe dît auffi en terfties 
d'Anatomîe , du mouvement en 
rond qui peut être exécuté par cer- 
taines parties du corps. 

ilÔT-DE-BIF j fubftantîf mafcnlîn. 
La partie de derri^e d'un mouton, 
d'uo acneau , d'un chevreuil , &c. 
qu'on fcrt rôtie, 

ROTE ; fubftantîf féminin. Juridic- 
tion de Rome compofée de douze 
Doreurs Eccléfiaftiques qu'on ap- 
pelle Auditeurs de Rote. Ces Doc- 
teurs font choisis dans les quatre 
nations d'Italie» France, Efpagne 
8c Allemagne. Il y en a trois Ro- 
mains , un Tofcan , un Milanois , 
un Bolonois , un Fer raroîs , un Vé- 
nitien , un ÎFrançois , deux Efpa- 
gnols 8c un 'Allemand. Chaque Au 
diteur a quatre Clercs ou Notaires 
fous lui. Ts connoiflènt de toutes 
les caufes ecclcfiaftiqtfês 6c civiles , 
tant de Rome que des provinces 
de rÈtat eccléiiaftique » en cas 
d'appel , 8c de tous les procès des 
Etats du Pape , audeffus de cinq 
cens écus. Les décifions de la Rote 
font exaâement recueillies , mais 
elles n'ont parmi nous qu'une auto- 



ROT 1^7 

rite pareille aux déclarations des 
congrégations des Cardinaux. 

Le nom de Rote a été donné i ce 
Tribunal , foit parceque les Juges 
y fervent tc^ur â tour , foit parce* 
que toutes les affaires y roulent fuc- 
ceffivement, foit , fuivant Ducan- 
ge , parceque le pavé de la cham- 
bre étoit autrefois de porpfaire 8c 
taillé en forme de roue. 

Cfaaque place d'Auditeur de Rote 
produit environ mille écus par an 
aux titulaires » 8c c'eft le Pape qui 
les paye. Il leur eft défendu , fous 
peine de cenfures , de recevoir au« 
cune autre rétribution pour leurs 
jugeraens , même par forme de 
pcéfent. 

Les audiences de la Rote fe tien- 
nent tous les lundis , hors le temps 
des vacances qui commencent la 
première femaine de Juillet , ic du- 
rent jufqu'au premier d'Oiîkobre. 
La rentrée eft annoncée par une 
nombreufe cavalcade où les deux 
derniers Auditeurs de Rote fe ren« 
dent au Palais fuivis de tous les 
Officiers inférieurs de leur Tribu- 
nal , & de plu/ieurs Gentilshommes 
que les Cardinaux , Ambaffadeurs» 
Princes &c Seigneurs romains en- 
voient pour leur faire cortège j Se 
l'an ^Qi deux prononce une haran* 
gue Urine fur quelque nutière re- 
lative aux fonâioûs du tribunal de 
la Rote , ic en préfence des autres 
Auditeurs qui le font auffi rendus 
an Palais a^oftolique. C*eft encore 
un des nrivil^es des Auditeurs de 
Rote» de donner le bonnet de doc- 
teur en l'un 8c l'autre droit aux fu- 
jets qu'ils en fugent capables. 

ROTELEN; viUe d'Allemagne dans 
le marquifat de Bade - Donrlach , 
â une Iteiie de Baie. 

ROTELLE; fubftanrif féminin- Poif- 
fon de rivière y blanc , plus Urge 



178 ROT 

qae la carpe « 8c plas épais que 
la brème : la couleur eft d'un brun 
jaune, & Tes écailles font de la 

{grandeur de celles de la carpe : il a 
a queue & les nageoires du ventre 
rouges : il a anifi une raché rouge 
fur les ouies : les yeux ont l'iris 
aune , marquée de points noirs : 
es dents & le palais font fembla- 
>les à ceux de la carpe : la nageoire 
du dos en occupe la moitié en Ion- 

f;ueur, elle eft fournie de Hz rayons; 
a nageoire des ouies en a dix*neuf: 
le ventre a deux nageoires qui ré- 
pondent â celles du dos ; chacune a 
neuf rayons-, les nageoires des ouïes 
font plus blanches que les autres : 
l'anus eft fort éloigné de la queue. 
On pêche de ces poiflfons dans le 
Rhin ôc en plusieurs lacs d'Angle- 
terre : il s'en trouve qui ont douze 
â feize pouces de longueur. 
ROTENBOURG i ville libre & im- 
périale d'Allemagne y dans la Fran- 
conie , fur la rivière de Tauber jà 
quinze lieues, oueft, de Nurem- 
berg. Elle fut fondée au commen- 
cement du (ixième (iècle , & fes ha- 
bitans étoiehc encore païens. L'Em- 

f>ereur Frédéric I l'erigea en ville 
ibre de TEmpire* Les troupes Sué- 
doifes , Françoifes , Impériales & 
Bavaroifes la prirent & la ruinèrent 
tour à tour dans le dernier fiècle. 
Tous les habitans de cette ville & 
du comté de fon nom, font Lu« 
thériens. • 

Rotenbourg , eft encore le nom de 
trois aurres villes d'Allemagne : Tu- 
ne eft dans la Suabe » fur le Nec- 
ker , à trois lieues j oueft , de Ru- 
bingen. Elle ^^ppartient à la Maifon 
d'Autriche. La féconde eft dans 
rÉvèché de Spire : & la troifième 
dans la He^Te , fur la Fulde. 

ROTENFELS ; nom de deux petites 
villes d'Allemagne , donc l'une eft 



Rôt 

far la Moer, dans l'Évèchéde Vntti 
zbourg , & appartient à TÊvèque ; 
l'autre dans l'Ëvèché de Spire » ap- 
partient pareillement à l'Évèque ce 
Spire. Il y & AofE une Seigneurie 
de Roten^ls qui forme dans TAl- 

i;ov jin Bailliaçe aflfez érendu » don( 
e bourg de même nom eft le chef* 
lieu. 

ROTËNxVf ANN ; ville d'Aïlem^çne 
. dans la haute Styrie , à huit milles 
de Leuben. 

ROTE R } vetbe neutre de la première 
conjugaifon , lequel fe conjugue 
comme Chanter. Eruêlare* Faire 
uarot. Il ne fait que roter. On évite 
de fe fervir de ce mot parmi les 
^ honnêtes gens. 

ROTERDAMj ville des Pays-Bas; 
dans la Hollande , fur la Meufe, k 
deux lieues j fud-eft , de Delf , te 
i crois de la Haye , fous le vingts- 
deuxième degré , vingt- uive minu- 
tes > trente fécondes de lon^tude , 
& le cinquante-unième , cinquan- 
te-cinq minutes , quarante - cinq 
fec^ondes de latitude. 

Il ne faut point douter que le. 
nom de cette ville ne vienne de ce 
qu'elle fut bâtie â l'embouchure de 
la Rotte j on ne fait point en quel 
temps, maison fait qu'environ Van 
1 270 , elle fut érigée en ville , car 
on y fit des remparts , & on Ifii 
donna des privilèges. Sa fituation 
fur la Meufe lui eft extrêmement 
favorable pour le commerce j cette 
rivière qui en cet endroit a près 
d'une demi-lieue de largeur, lui 
forme un port aflTez profond • pour 
que les plus gros vaiflTeaux viennent 
charger jufqu'au milieu de la ville 
i la faveur ' d'un canal où les eaux 
de la Meufe enrrent. Cette com- 
modité pour charger & pour dé- 
charger, eft caufe qu'il fe fait plus ^ 



ROT 

. 3*embàrqueinens à Rotrerdam qa*à 

y Amfterdam.Eii levant Tancre à Rot- 
terdam } on peut bientôt cingler en 
pleine mer , d où cette ville n'eft 
éloignée que de C\x lieues j deforte 
que les vaifleaux qui partent , peu- 
vent s'y rendre dans une marée j 
au lieu qu a Amfterdam on eft obli- 
gé d'aller faire le jcoui; des îles du 
Texel. 

Quoique Rotterdam ait le der- 
sûer rang Darmi les villes de la pro- 
vince » eue ne le cède cependant 
en richelTes & en beauté qu'à Âmf- 
lerdam. Elle eft le (tége de l'Ami- 
rauté de la Meufe. Elle eft acrofée 
de fept canaux j ornée de quais & 
d'allées d'arbres. Les maifons y font 
à la moderne & très-propres. La 
bourfe eft un beau bâtiment , ainfi 
que l'Hôtel-de- Ville , les arfenaux 
éc les maifons des Compagnies des 
Indes, l^ Gouvernement eft entre 

^ les mains de vingt-quatre Confeil- 

* 1ers , donc quatre font bourgmef- 
tres. • 

Rotterdam eft la patrie d^jjfCmt 
& l'on y a érigé une ftaïuefl^^é- 
moire de cet illuftre perfonnage. 

liOTEUR i fubftantif mafculin 8c 
terme de Coutume. Rothorlum. 
C'eft le lieu où l'on fait rouir le 
chanvre. Comme le chanvre cor- 
rompt l'eau j plufieurs. Coutumes 
& Ordomiances ont défendu. de 
faire des roteurs en eau courante. 
Voye:i la Coutume de Normandie , 
article Z9 y Recueil fur les ftaruts 
de Brede» TOrdonnance de i66^. 

ROTHER i rivière d'Angleterre. Elle 
a fa . fource dans le Comté de Suf- 
fex, & fe partage en deux bras 
qui fe perdent dans le Rye-Haven. 

I^OTHESS; ville d'ÉcoflTe dans la 
province deMurray , à trente lieues 
d'Edimbourg. 

RÔrij fubftaotif . mafculin. Tojla 



KOT 279. 

tare. Viande r6tie. Une mange que 
du rôti. 

La première fyllabe eft longue » 
& la féconde brève au finguliet ^ 
mais longue au pluriel. 

ROTI , lE j participe paflîf. Voyei(^ 
RÔTia. 

RÔTIE; fubftantif féminin. Tranche 
de pain qu'on fait rôtir fur le gril 
ou devant le feu. Rôtie à l'huile. 
Rôtie au vin. On met des rôties fous 
les grives , fous les\bécajjes. 

Les deux fyllabes font longues. 

ROTIER ; fnbftamif mafculin. Arti- 
fan qui fabrique les rots ou peignes 
dont fe fervent les Ouvriers qui 
travaillent avec la navette* 

RO TIN , ou Rotang j fubftantif 
mafculin. Efpèce de rofeau qui 
croît abondamment fur les côtes du 
détroit de Malaca : on en diftinguâ 
plnfieurs efpèces: les uns nous four- 
nilTent les petites cannes ou baguée* 
tes dont on fe fert pour battre les 
habits } & pour faire des broHes 
colorées en rouge , & propres à né- 
toyer les dents. Ces mêmes rofeaux 
fe fendent aufti par petites lanières 
pour faire des meubles , notam- 
ment des fiéges & dofliers de chaifes 
& fauteuils. Les autres qui fe nom- 
ment rotangs ^ font les rofeaux à 
canne » d'une conHftance ligneufe , 
très flexibles » & fort poreux : ils 
ont cependant aftez de folidicé pour 
fervir de bâton » lorfqu'en marchant 
on a befoin de s'appuyer* Les Hol* 
■ landois, qui vont les chercher i 
Bengale & à. Malaca , en font un 
commerce confidérable. Il y a des 
jets de ce jonc ou rofeau eftimés 
foixanie louis d'or. On eft dans Tu- 
fage de les vernir. 11 y a des rotangs 
articulés dans les îles de Bourbon Se 
de France. 

ROTINC , ou RoTiNGEN ; petite ville 

i & feigneurie d'Allemagne dans la 



a8ô ROT 

f ranconie , fur le Taul)er. Elle ap- 
paccienc à TÉvêque de Wiwtz- 
bourg. ^ 
RÔTIR i verbe aftif àe la fecoode 
conjugaifon , leqael fe coajague 
comme RAVit.. Torrcfaccrc* Faire 
cuire de la viande à la broche en 
la tournanr devant le feo* Rôtir 
des ftrdtix. Rôtir une tpauU de 

VCM* 

On dît provecbialemeut d*un 
grand feu j que e'ejl uu feu à rScir 
un hœuf^ à rètir bœuf. 

On die proverbiaUmenc & 6gu* 
rémenc de quelqu'un qui n*eft pro- 
pre à rien ^ qa'i/ nUJl bon ni à rôtir 
ni à bouillie* 
K&Tia , fe prend aafli pour griller , 
faire coire fur le gril. Faire rScir 
une carpe fur te gril. 
R6tir ) fe <iit encore en pirkm: de 
cerraines chofes qu'on fait cinre 
dans la braife 4c dans les cendces. 
Faire rôtir des marons» 

On dit «oflî , rôtir au font ; pour 
dire , faire cuire de (a viande dans 
le four. 

On dit figuréaicnt d'une perfon- 
M qui fe c£au<Fe de trop près /ou 
q«iîefttoo|our€ auptès dufeu) qu'el- 
le fe r^tit» 
HÔTiR f eft auifi verbe neutre. // faut 
faire en forte que us volailles ne ta- 
tifjimpait trop. 

Il eft auffi pronooiînal réfiéchi. 
Ce dindon nefk retira paSj jl vous 
ne faites pas un meiJieurfeu. 
HâriR 9 fe dit encore de l'émet que 
canfe la trop grande ardeur du fo- 
leil; Oc dans^cecte acception il eft 
quelquefois aftif , quelquefois neu- 
tre, i8c quelquefois pronominal ré* 
fléchi. Le chaud njuii a fait a rôti les 
plantes* Ce jardin e fi fans omèr^e j 
on y rôtit. Onfe rôtit en pcffantjous 
ta ligne. 

On dk proverbialemem & £gu- 



ROT 

rément, rôtir ùr àalai ; foat dSié i 
paflfer û vie ou placeurs années de 
la vie en quelqu'eœploi , (ans y 
acquérir une grande confîdération. 
I/y a lang^temps quil rôtit te balai 
à la Cour* 

On die encore d'une coqsetrequi 
a vieilli dans rîacrigiie , dans la 
galanterie , qu'^ a long-temps rôti 
le balai. 

^ On dit aqi£ , nous avons bien 
rôti le ialai enfindiei pour dire » 
ooQS avons bien fait des parties do 
plaifir enfemble. il eft familier. 

ROTISSERIE; fubftaatif féminin. Le 
lieaoi^ U% Aociifears vecideuc lears 
viandes rôties oo prêtes î ^âiir. Fous 
trouverez des yolaUks à la rôt^er 
rie. 

La premièoe fyllabe eft longue , 
la féconde brève, la trpifi^e trèsr 
brive, & la <lemière longue. 

RÔTISSEUR , EUSE j ^^bftamif. 
Celui , celle qui vend des viandes 
rôties ou prêtes i rôtir. Et loii ap- 
pf lie rôtiffeur en blanc , un rotiffeuc 
a^ÊmcmSc foutoit les viandes lar- 
^^Breres à râtir » mais qui ne les 
vend point toutes rôties. 
. La Coniaïunauté des Maîtret 
Rociffeors de Parie neft pas une 
de$ monts anciennes de cette viHe ; 
leurs premiers Sratuts qui porsènc 
poor titre j Ordonnance du métier 
des Oyers yient funem donnés vers 
1158 par Etienne Boileaa, Frevôc 
de Palis. Cette quaiiiéd'e^y^tfrjquî 
iignifie vendeurs a oies » a fait croire 
â Quelques Auteurs que les anciens 
habîrans de Paris avoient an gouc 
particulier ^our cette forte de vian« 
de. Mais il eft certain qoe le nom 
è^Oyers leur vinr de ce qa'anoien^ 

. nement l'oie étoic la feule volaiAe 
qu'il leur fût permis Ao rendre & 
d^apprêter. Les autres volailles & le 
"lier étcdeat «du ceflbct dds pou* 

laillers 



ROT 

laîUers dont le commerce fat ref- 
cceinc enfuite à vendre le gibier en 
:poil & la volaille en plume. Ces 
anciens Rôcifleurs étoienc en même 
temps Charcutiers ; ils achecoient 
des Bouchers les chairs de bœuf) de 
veau , de mouton & de porc , & ils 
Jes vendoient rôties y bouillies ou 
atTaifonnées. Ils demeuroient pref- 
que tous dans la rue aux OueSy on 
aux Oi€s y où Ton voie encore à 
préfenr un bon nombce de boutiques 
<le Rôtiffeurs- 

Des Jurés qui demeurent deux 
ans en chargegouvernenccetteCom- 
munauté. 11 y a de plus un Syndic 
qui eft particulièrement chargé de 
certaines affaires du corps. 

Nul Rotiffeur n*eft reçu maître , 
qu'il n'ait fait chef-d'œuvre Se ap- 
prentifTagè de cinq àns,â moins qu*il 
se Toit nls de maître;, fi celui-ci 
n'eft pas affez expert pour renir ou* 
vroir ou fenêtres ( c'eft ainfi qu'on 
nomme dans les anciens Statuts les 
boutiques vitrées des RôtifTeurs ) , 
de qu'il foit cependant reçu maître, 
il' doit avoir un garçon ou compa- 
gnon habile quM garde chez lui juf- 
qii'à ce qu'il fe (oit rendu capable. 

Les Maîtres ne peuvent prendre 
de compagnons pour habiller & 
larder U viande , qu'ils n'aient aq 
moins fervr deux ans. ^ 

Les Compagnons & Garçons tra-> 
vaillant au mois ou à Tannée j nei 
peuvent quitter leurs maîtres , qu*ils 
n'aient achevé leur temps ; ni au- 
cun maître les recevoir^ que du 
gré du premier» 

La Communauté des RotifTeurs 
eft compofée a Paris d'environ trois 
cens Maîtres. 
RÔTISSOIRE i fubftantif féminin. 
Machine qu on peut comparer par 
fa fotme aune garde-robe faite de 
tôle ou de plaques de fer battues 
Team XXY. 



ROT 



lit 



devant j derrière, en haut&'en 
bas, où Ton peut faire rôtir une 
grande quantité de viandes à la 
fois. La rotiffbire eft propre aux Com- 
munautés I Hôpitaux, grandes mai- 
fons , &;atttre$ endroits où elle de- 
vient un meuble d'économie. 

ROTOLI, ou RoTotoj fubftantif 
mafculin. PiMds donc dn- fe fert en 
Sicile , en quelques^ lieux d'Italie , 
à Goa ,. en Portugal , & dans plu- 
fieurs Echelles du Levant , & par- 
ticulièrement au Caire , & dans les 
villes maritimes de rÉgvpre. Quoi- 
que le rocolo ait le même tiom dans 
tous ces endroits, il eft néanmoins 
bien di(Férenr par la pefanteur ) par 
exemple le roco/o de Sicile pèfe une 
livre & demie de Paris ^ le rotoio 
portugais eft égal à treize onces un 
gros de Paris; au Caire cent dix 
roioHs font io8 livres dp Marfeille. 

ROTONDE; fubftantif féminin. Bâ-^ 
timent rond par- dedans & pat-de- 
hors , foit une Èglife , on iallon , 
un veftibule , &c. La plus fameufe 
rotonde de l'antiquité - eft le Pan- 
théon de Rome. i^oye:[ Rome; 

ROTONDITÉ; fubftantif féminin. 
Qualité de ce qui eft rond. Il ne 
s'emploie guère qu'en plaifanterie , 
comme dans la première fcènede la 

' Comédie du Joueur , où Heâor dit: 
* - • ' ■ ■' * . " ' 
J aurois un beau carrbilc ^ rciTons bien 

lians , 
De ma rotondité )*emplirois le dedans. 

ROTTA , ou RojA; rivière d'Itah'e, 
dans le Piémont au Comté de Ni- 
ce ; elle a fa fource dans les mon- 
tagnes du Comte de Tende , mouil- 
le îa ville de ce nom ^ ttaverfc la 
partie orientale du Comcé de Nice , 
& fê jette dans la mer de Gcnes , à 
Vintimiglia : cette rivière eft la rv- 
tuha des Anciens. 

ROTVEIL , ou RoTVYL ; ville 
' N n 



aSx ROT 

libre & impériale d'Allemagne dans 
le cercle de Souabe » fur leNecker , 
à fept lieaes , fud, de Tubingen» 
& neuf lieues , nord, de SchafFoufe. 

£lle eft fameufe en Allemagne 
par le Tribunal qui y eft établi 
& qui décide an nom de l'Empe- 
reur en dernier relforc les orocès 
qui s'élèvent dans les cercles de 
Souabe» d'Autriche , de Franconie 
& du Rhin. Ce Tribunal eft corn- 
pofé d'un Préfident ou grand Juge 
nérédiraire» qui eft aâuellement 
le Prince de Schwartzenberg , & de 
treize Âdèflèurs. 
ROTULE i fubftantif féminin & 
terme d'Anatomie. C'eft le nom 
d'un os placé antérieurement fur 
l'articulation du fémur avec les os 
. de la jambe. La rotule forme le 
genou. Elle eft inégalemer^c arron- 
die & applatie ; on .y confîdèie deux 
faces, une antérieure & l'autre pof- 
térieure.L'antérieure eft un peu con^ 
vexe & inégale, & la poftérieure 
a deux cavités féparées par une 
éminence; la cavité extérieure fe 
trouve plus creufe que l'autre : elles 
répondent aux dei)x éminences Se 
à la caviré de la partie antérieure 
& inférieure du fémur. Il fe ien< 
contre à fa partie fupérieure un lé- 
ger enfoncement , dans lequel s'at- 
tachent un grand nombre de fibres 
tendîncufes qui viennent des muf- 
des extenfecus de la jambe : le refte 
de cette face eft couvert de quel- 
ques unes de ces mcmes fibres , qui 
lui font fi adhérentes , qu'elles fem- 
blenc lui tenir Heu de périofte. A la 
partie inférieure de cette même 
face fe voient des inégalités pour 
l'attache d'un ligament très-fort qui 
joint la rotule à Téminence anté* 
rieure du tibia^ nommée tubérofité. 

L*ufage de la rotule eft de fervir 
comme de poulie aux tendons des 



ROT 

mufcles extenfeurs j & d'augmenter 
un peu la force de ces mufcles. 

ROTURE i fubftantif féminin. État 
d'une perfonne ou d'un héritage 
qui n'eft pas noble^ Le befoin £ar^ 
gcnt , dit Labruyere , a réconcilié la 
noblejfe avec la roture. Dans la plu-' 
part des coutumes Vaîné na point 
de préciputfur les biens de roture. 

La première fvHabe eft brève , 
la féconde longue ^ & la troifièm» 
très brève.. 

ROTURIER , 1ÈRE j adjeûif. Qui 
n'eft pas nKibXt.Une^ femme roturière. 
Des biens roturiers. 

RoTURiBR } fignifie aufil , qui rient 
du roturier , qui n'a rien de noble « 
qui eftgroflîer. lia f air roturier. Une 
mine roturière. Dés façons roturières. 

Roturier. $K;mploie aufii fubftan- 
tivement. Les nobles jouijfent de 
différens privilèges auxquels les ro* 
turitrs ne peuvent prétendre. 

ROTURIÈREMENT ; adverbe. A 
la manière des roturiers, félon l'étàc 
delà xoKwxt.Lesb'iens de cette fuccef 
lion dévoient être partagés roturière^ 
meiity parce quil ny avoit aucun fief. 

RoTURiâREMENT , fignifie auflî d'une 
manière bafle & ignoble. Il y a des 
roturiers qui penfint noblement , & 
des nobles qui penfent roturièrement. 

ROUAGE ; fubftantif mafculin & 
terme coUeftif. Toutes les roues 
d'une machine. Dans les montres 
ou pendules qui fonnent ou répè- 
tent , les Horlogers diftinguent l'af* 
femblage des roues déftinées pour 
la fonnerie ,. d'avec celui qui fert i 
faire mouvoir les aiguilles. Ils ap- 
pellent le premier , rouage de fonne* 

' rie s & l'autre, rouage de mouvement. 
Ce qu on exige principalement 
d'un rouage, c'eft i^*.que les en- 
grenages le fdflent , autant qu'il eft 
poQible , au milieu des tiges des 
pignons ou roues qui s'engrènent 



ROU 

Tnne dans Taotre : i^. que ces en* 

grenages fe faflenc d'ane manière 
aniforme : 5^. que les pignons ne 
fbienc peine trop petits, de pear 

3ae les frotcemens fur les pivots ne 
eviennent trop confidérabies : 4^. 
que les roues ne foient point trop 
nombrées pour leur grandeur, afin 
que leurs dents ne deviennent point 
trop maigres, & puiiïent être fa- 
cilement & bien travaillées ; 5 ^.que 
U$ dents des roues 8c les ailes des 
pignons foient bien portées, pour 
qu'elles puiflent facilement gliflTer 
les unes fur les autres : enfin que 
toutes les roues foient fort mobiles> 
afin que le rouage puifleètre mis en 
mouvement par la plus petite force. 
En termes d*Eaux & Forêts on 
appelle toU de rouage , les bois que 
les Charrons ont coutume d*em- 
ployer â faire des roues de carrolTe, 
ae chariot, &c. 

Pans quelques coutumes on ap- 
pelle droit de rouage , un droit qui 
le paye en quelques lieux au Sei- 
gneur pour la >permi(fion de tranf- 
porter par charroi , le vin ou le blé 
qu'on a vendu» • 

ROUAN i adjeâif. Il n*a d'ufage 
qu'au mafculin , & en parlant des 
chevaux dont le poiL eft mêlé de 
blanc , de gris 8c de bai. Si le bai 
mélangé eS doré , ou fi au lieu de 
poils bais , le mélange eft formé 
de poils alezans , le cheval eft dit 
rouan vineux. 

ROUANE ; voye^ Roamb, 

ROUANNE; fubftantif féminin. Inf- 
trument dont les Commis des Ai- 
des & les Marchands de vin fe fer- 
vent pour marquer les tonneaux. 

ROUANNE , ÉE; participe paflif. 

f^Oyei ROUANNER. 

ROUANNER ; verbe aftif de la pre- 
mière conjugaifon, lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Marquer 



ROU 283 

^ ftvec la rouanne ou la rouannetre. 

ROUANNETTEj fubftantif fcmitim. 
Inftrument dont les Charpentiers 
fe fervent pour marquer les bots. 

ROUANT i adjeAif & terme deBIa- 
fon. Il fe dit du paon qui étend fa 
queue. 

Saint Paul db Ricault, d'a- 
zur au paon rouant d or. 

ROUBAIX i bourg ou petite ville de 
France dans la FlandTe Vallone , i 
trois lieues , nord-eft , de Lille. 

ROUBLE; fubftantif mafculin. Mon- 
noie d'argent de RuflSe ^ qui vaut 
fept livres quatre fous neuf deniers 
de France. C'eft aufli une monnoie 
de compte qui vaut cent copecks. 

ROUCHE ; fubftantif féminm & ter- 
me de Marine. Carcafle d'un vaif- 
feau fur le chat^tier , fans mature 8c 
fans manœuvres. 

ROUCOU i fubftantif mafculin. Ar- 
bre de la graine duquel on tire une 
pâte ou extrait qu'on appelle anSî 
roucou^ 8c dont on fait ufagedans 
la teiiiture. Cet arbre eft cultivé 
' dans toutes les îles de l'Amérique. 
Il eft nommé chez les Indiens 8c 
chez les Sauvages Caraïbes achiotc 
ou cochehuc ; les femmes Caraïbes 
l'appellent biihet : c'eft l'urucu des 
Botaniftes.. Cet arbre efl; de la 
grandeur d'un noifetier : il eft fort 
rouftu: il poulie de fon pied plu« 
(ieurfr tig9S droites & rameufes : s'il 
croît trop haut on l'étêce afin qu'il 
s'arrondifte. Son bois eft blanc » 
facile à rompre : fes feuilles foit 

f)lacées alternativement, grandes » 
ilTes , d un beau vert , ayant en- 
deftbus plusieurs nervures roufsâ- 
tres : Elles font attachées à des 

3ueux longues de deux ou trois 
oigts. Ses rameaux portent à leur 
extrémité , deux fois par an , dtS 
touffes de fleurs en rôles j grandes» 
belles , d'un rouge pale , tirant fur 
Nn ij* 



7^ ROU 

rincârnar , fans odeur & fans gouc : 
à ces fleurs fuccèdenc des fruics ou 
goufles oblongues , ovales , appla- 
ties fur les côtés , ayant à peu près 
la figure d'un mirobolan > longues 
d'un doigt & demi an plus , com- 
pofées de deux coffes hériffees de 
pointes d*un rouge foncé. Ge fruit , 
en mûriflfànt , devient rougeâtre , 
Se il s'ouvre en deux parties qtri 
renferment environ foixante grains 
ou femences partagées en àtux 
rangs : ces grains font de la grof- 
feur d'un petir grain de coriandre, 
de figure pyramidale > attachés par 
de petites queues: ces mêmes grains 
font couverts dune matière humide 
très adhérente aux doigtS lorfqu'on 
y touche avec te plus de précaution, 
d'un très- beau rouge , d'une odeur 
affez forte : la femence féparée de 
cette matière rouge , eft de couleur 
blanchâtre. Comme les oifeaux re- 
cherchent ce fruit , les Sauvages 
plantent l'arbre auprès de leurs ca- 
les. Il y a encore une autre efpèce 
• d'arbre de roucou qui rie diffère du 
précédent qu'en ce que fon fruit 
nVft pas épineux , & qu'il eft plus 
difficile à ouvrir. La récolte du rou- 
. cou fe fait deux fois l'année i la 
' Saint Jean & à' Nbçl : on connoît 
qde la gouffeeft mûre , lorfquellc 
• s'ouvre d'elle même fur Tarbre. 
On en tire la graine en ouvrant 
toutes tes coiTes & les prenant en- 
tre les doigts , comme nous le pra- 
tiquons en écoffant les pois. En- 
< fuite on remplit d'eau une auge 
: faite d'une feule pièce de bois ; on 
j jette toutes les graines , & on les 
y hiSe plufieurs jours pour que 
Teau puifîe bien détremper ta ma- 
tière rouge & vifqueu^edont elles 
font environnées. Au bout de huit 
jours te mélange prend une Irès- 
maafaifi^ odeur j il 3'jr établît une 



ROU 

efpèce de fermentation t & if s^ 
forme une grande quantité de buUe» 
d'air qm viennisnc crever à la fur- 
face ; on a foin alors pour facili- 
ter l'opération^ de remuer de temp» 
eh temps avec des pelles^fic même de 
battre les graines avec des pilons de 
bois. Lor^ue la couleur en eft en- 
rièrement détachée j on paiTe le 
tout i travers des cribles faits de 
rofeaux refendus , ou de jonc ou de 
groife toile. Ces cribles ne retien- 
nent que les graines , & taiflent 
pafler le refte du mélange qui eft 
un peu épais » rougeâtre , & d'une 
odeur fi rorre & fi puante 9 que les 
ouvriers chargés de ce travail, font 
fouvent attaqués de violens maux 
de tête qu'on ne peut guérir qu'ea 
les employant ailleurs. On met ce 
mélange dans une chaudière fur le 
feu , Se après quelque temps d'é- 
bullition , il fe forme à fa furface 
une écume qui n'eft autre chôfe 
que le roucon même y on le rainafTe 
&on en remplit des baflines. Quand 
il ne fe forme plus d'écume j il ne 
refte dans la chaudière qu'une eau 
r(ftfsatre que l'on jette comme inu- 
tile. Quelques perfonnes font ce- 
pendant dans l'ufage de la confer* 
ver , pour y faite fermenter de nou- 
velles graines. 

Les écumes dont on a rempli les 
badines fe remettent dans une sutre 
chaudière où on tes fait bouillir 
fortement pendant douze heures », 
pour faire prendre au toucou te 
degré de confiftance convenable > 
mais comme il eft déjà fort épais » 
lorfqu'on lui fait fubir cette cuif- 
fon, il faïu avoir grand foin de le 
remuer continuellenvent avec une 
fpaiule de bois « pour empêcher 
qu'il ne s'attache au fond Se aux 
parois de la chaudière, Sc qu'il ne 
DoirciÛe* Oi> connoît qu'il eft iii£^ 



ROU 

fifamment cuit , lorfqa'il fe détache 
de lui-mètne ii§ la fpatule quon 
emploie â le remuer j aulli-côt on 
ce (le le feu , on verfe le roucou 
dans des badines ou danis des auges» 
&c on le mec refroidir â lombre. 
Le lendemain , pendant qu il lui 
relie encore un peu de chaleur , 8c 
qu'il eft par conféquenc » facile à 

Î pétrir j on le mec en peloces, ayant 
bin auparavant de fe frotter les 
mains avec l'huile carapat ou palma 
Chrijli^ pour empêcher le roucou 
de s'y attacher par fa grande vifco- 
fité. Quand les pelotes font for- 
mées, on les enveloppe encore tou- 
tes fraîches dans des feuilles de ba« 
lifier amorties devant le feu. 

Le roucou , après la cuifibn , ne 
fent plus mauvais » au contraire , 
il exhale une odeur douce qui ref- 
femble aflez 4 celle de la violette ^ 
mais quand il nous parvient en Eu* 
rope , il a perdu cette odeur , & la 
pâte a perdu au(H une partie de fa 
foupleflè & même de fa couleur 
rouge. Celui que l'on trouve ici 
dans le commerces & que nos Tein- 
turiers emploient , ell couleur de 
brique j mais cette nuance fe con* 
vertit en un beau jaune doré par le 
mélange de la potalTe ou de la cen- 
dre gravelée. 

Quoique la belle nuance du rou- 
cou foie peu fohde , & qu'elle fe 
détruife aifémenc par le lavon ou 
même par Taftion de l'air ou du 
foleil , cependant lorfque cet in- 
grédient délayé tombe fur le linge 
ou fur une étoffe » il y laifTe une 
tache prefqu'inefFaçable jc'eft pour- 
quoi on a attention de placer les 
fabriquss de roucou loin des ha- 
bitations , pour préferver de Tim- 
preflion de cetcfi couleur les meu- 
bles & \q% vêtemens. Les. Indiens 
Caraïbes font un grand ufage du 



ROU 28 j 

roucou » mais ils ne font pas tant 
de façons pour fa préparation. Us 
cueillent les gouflTes encore un pea 
. vertes , ils les écofTent dans les 
maiiff , & frottant rudement les 
graines , ils en détachent la partie 
colorée & vifqueufe dont ils for- 
ment une pâte â force de la rouler 

. entre les mains. Ils la font enfaite 
fécher â l'ombre , & ils s'en fervent 
habituellement pour s'en frottée 
tout le corps , & fe garantir par 
ce moyen des chiques & des ma- 
ringouins. L'habitude de fe voir le 
corps enduit de cette couleur rou- 
ge , les a accoutumés à l'envifager 
comme une parure & un ornement; 
en forte qu'ils fe frottent de rou- 
cou , autant par goût que par né* 
ceflité. 

Le roucou préparé par cette mé- 
thode , eft infiniment plus beau 
que celui du commerce : on pré- 
tend que l'éclat en eft fi vif que 
les Caraïbes font obligés de le tem« 
pérer par un mélange de fan ta! en 
poudre , pour qu'il ne leur offenfe 
point la vue. 

ROUCOULER i verbe neutre de la 
première conjugaifon, lequel fe con- 
jugue comme Chanter. Il ne fe dit 
qu'en parlant du fon que les pigeons 
fbnt avec le gofier. Des pigeons qui 
roucoulent, 

ROUCY; petite ville de France en 
Champagne , fur TAifne , à quatre 
lieues , nord-oueft , de Rheims. 

ROUE; fubftantif féminin. Rota. 
Machine fimple confiftant en une 
pièce ronde de bois , de métal « oa 
d'autre matière qui tourne autour 
d*un eflieu ou axe. 

La roue eft une des principales 
piiiftances employées dans la mé- 
canique , & eft d'ufage dans la 
plupart des machines ; en effec les 
principales machines dont nous nous 



1^6 



ROU 



fervotts, comme horloges, moulins, 
&c. ne font que d^s auemblages de 
roues. 

La forme des roues eft ^fférence 
fuivanc le mouvement quon veut 
leur donner, & i'ufage qu'on en veut 
faire. On les diftingue en roues (im- 
pies Ôc roues dentées. 

La roue (impie ou la roue propre- 
ment dite, eft celle dont la circon- 
férence eft uniforme ain(i que celle 
de fon eflieu ou arbre , & qui n'eft 

Ç)int combinée avec d'autres roues. 
elles font les roues des voirures 
faites pour avoir un mouvement 
double , l'un circulaire autour de 
Taxe , l'autre reâiligne pour aller 
en avant i quoique , i la vérité , ces 
deux mouvement ne foient qu'ap- 
parens , puifqu'il eft impo(fible 

Îu'un corps puîSé avoir à la fois 
eux direâions. 

Le feul & unique mouvement 
qu*ait la roue ^ eft un mouvement 
curviligne, c0tnpofé du mouvement 

I>rogreilif 8c du mouvement circu- 
aire } c« qu'on peut voir aifément 
en fixant un crayon fur la roue de 
manière qu'il marque fa trace fur 
la muraille pendant que la roue 
tourne i car k ligne qui fe tr9uve 
tracée alors eft une vraie courbe ) 
cette courbe s'appelle par les Géo- 
inècres cycioïde^ Se elle eft d'autant 
moins courte que le crayon a été 
placé plus proche de l'axe 

Dans les roues (impies, la hauteur 
doit toujours être proporcionée à 
la hauteur de l'animal qui les fait 
mouvoir. La règle qu'il raut fuivre, 
c'eft que la charge & Taxe de la 
roue foienc de même hauteur que la 
pui(rance ; car (î l'axe étoit plus haut 

3ue la puitTance qui tire , une partie 
e la cnarge porteroit fur elle , & (i 
l'axe étoit plus bas, la puifTance tire- 
tQïi d'une mviiçte dçfavantageufe , 



ROU 

& auroit befoin d'une plus grande 
force. CependiRt Scevin , Vallis , 
&c. prétendent que pour tuer uo 
fardeau fur un terrain inégal , il eft 
plus avanrageux de placer les traits 
des roues au-defTous de la poitnne 
du cheval. 

La force des roues (impies réfulte 
de la différence entre le rayon de 
TefSeu Bc celui de la roue. Cette 
force fe mefure par cène règle r le 
rayon de l'axe oo de l'effieu eft i 
celui de là roue , comme la puiifance 
au poids à foutenir. 

Une roue qui tourne doit être re« 

Î gardée le plus fouvent cpmme un 
évier du fécond genre , qui fe répète 
autant de fois qu'on peut imagmec 
de points i la circonférence : car cha- 
cun de ces points eft l'extrémité d'aa 
rayon appuyé d'une part fur le ter- 
rain , & dont l'autre bout , chargé 
de l'effieu qui porre la voiture , eft 
en même temps tiré par la puiflance 
qui la mène , de forte que (i le plan 
étoit parfaitement uni & de niveau, 
(i la circonférence des roues éroic 
bien ronde , & fans inégalités , s'il 
n*y avoir aucun frottement de l'axe 
^ux moyeux & (i la direâion de la 
puiifance étoit toujours appliquée 
pardielement au plan , une petite 
force mèneroir une charge très pe- 
fante i car la réfiftance qui vient de 
fon poids repofe pour ain(i dire , 
entièrement fur le terrain par le 
rayon vertical de la roue dont l'ex- 
trémité eft appuyée fur le mçme 
terrain. 

Mais de toutes les conditions que 
nous venons de fuppofer , 8c dont 
le concours feroit néceflTaire pour 
produire un tel effet, à peine s*en ren- 
contre t-il quelqu'une dans lufage 
ordinaire. Les roues des charcettes 
font grofTièrement arondies & gar- 
nis de gros doux ; les chemins font 



ROU 

Inégs^ar par eux-mêmes , ou ils le 
deviennent par le poids de la voitare 

3 ai les enfonce ; ces inégalités» foit 
es roues ^ foit du terrain, font que 
la roue s'appuie fur le terrain par un 
rayon oblique â la direûion de la 

{miflànce ou de la réfiftance y de 
brte que la puiflànce eft obligée de 
foutenir une patrie du poids y com- 
me il le poids éroit placé fur un plan 
incliné. D'ailleurs » il le fait roujours 
à lendroir du moyeu un frortement 
très confidérable. Enfin les creux & 
les hauteurs qui fe trouvent fouvent 
fur les chemins changent auflii la di* 
redion de la puifTance» & l'obligent 
à foutenir une partie du poids , c'eft 
de quoi on peut s'alTurer journelle- 
ment. Car une charrette qui fe meut 
alTez facilement fur un terrain hori- 
fonral » i fouvent befoin d'un plus 
grand nombre de chevaux pour être 
tirée fur un plan qui va tant foit peu 
en montant. 

Mais s'il n'ed pas poflible de fe 
mettre abfolument au - deiTus de 
toutes ces difficultés , on peut ce- 
pendant les prévenir en partie en 
employant de grandes roues ; car , 
il eft certain que les petites roues 
s'engagent plus que les grandes dans 
les in^alités du terrain } de plus 
comme la circonférence d'une gran- 
de roue mefure en roulanr plus de 
chemin que celle d'une perite , elle 
tourne moins vite , où elle fait un 
moindre nombre de tours pour par- 
courir un efpace donné » ce qui 
épargne une partie des frottemens: 
On entend par grandes roues celles 
qui pnt cinq ou fix pieds de diamè- 
tre \ dans cette grandeur , elles 
ont encore l'avanrage d'avoir leur 
centre à peu près à la hauteur d'un 
trait de cheval , ce qui met fon 
effort dans une direftion perpendi- 
culaire au rayon qui pofe verticale- 



ROU 187 

tnent fur le terrain ; c*eft-A-dire 
dans la direâion la plus favorable ^ 
au moins dans les cas les plus ordi- 
naires. 

Les roues dentées font celles donc 
les circonférences ou les effieuz font 
partagés en dents , afin qu'elles puif- 
fent agir les unes fur les aurres & 
le combiner. 

L'ufages de ces roues eft vifible 
dans les horloges > les tourne-bro« 
ches, &c. 

On donne le nom àe pignons aux 
petites roues qui engrènent dans les 
grandes. On les appelle aufli quel- 
quefois lanternes » & ces petites 
roues fervent beaucoup â accélérer 
le mouvement, comme il n'eftper- 
fonne qui ne lait remarqué. Les 
roues denrées ne font autre chofe 
que des leviers du premier genre 
multipliés , & qui agiffent les uns 
par les autres y c'eft pourquoi la 
théorie des leviers peut s'appliquer 
facilement aux roues j 6c Ton trpu- 
vera par ce moyen le rapport qui 
doit être entre la puifTance & le 
poids pour être en équilibre. 

La force de la roue dentée dépend 
- du même principe que celle de la 
roue (impie. Cette roue eft, par rap- 
port â l'autre , ce qu'un levier com- 
pofé eft à un levier fimple. 

On dit fij^urément & familière* 
ment , poujjer à la roue ; pout dire , 
aider à quelqu'un à réufCr dans une 
affaire. // ne feroit pas venu à bou; 
de fon entreprifejî vous neujjiei pas 
poujfé à la roue. 

On dit , <\\xun paon , qu*///7 tog 
d'Inde fait la roue^ quand il déploie 
fa queue en rond. 

En termes de Marine , on appelle 
roue de câble , un cercle ou cerceau 
qu'on fait faire à un câble pour le 
plier. On dit aufTi , plï de câble. 

On dit fi^uiément) la roue de la 



-I 



^88 ROU 

fortune j pour lignifier , les révolu- 
tions & les vicimiudes dans les évé- 
nemens humains. Les uns montent , 
les autres defcendeut , ainfi va la roue 
de la fortune. Et dans ce fens on dit, 
être au haut ^ au plus haut de la roue ; 
pour dire , êcre dans une grande élé- 
vation , dans une grande profpétité. 
Et , être au bas , au plus bas de la 
roue; pour dire» être dans labaif- 
femenc & dans la misère. 

On dit proverbialement , en par- 
lant d*uns chofe fort inutile , qxxelle 
frt comme une cinquième roue à un 
charriot. 

Roue , fe dit auffi d'un fupplice qu on 
fait fouffrir aux aiTaflins , aux vo- 
leurs de grand chemins , &c. où 
après avoir rompu les bras» les jam 
bes & les reins au criminel > on l'at- 
tache fur une roue pofée fur un do- 
teau. On ne condamne pas les fm 
mes à la roue » par des raifons de dé' 
cence & d* honnêteté publique. 
Ce monofyllabe eft long. 

ROUÉ , ÉE; participe paffif. Foye^ 
Rouer. 

En Vénerie , il fe dit du bois du 
cerf, lorfquil eft ferré & peu ou- 
vert. 

ROUELLE ; fubftantif féminin. De- 
cifusorbicalits. Tranche de certaines 
choies coupées en rond. Rouelle d'o- 
range. Couper des betteraves par 
rouelles. 

On appelle rouelle de veau , une 
partie de la cuifTe d*un veau coupée 
en travers, & qui par-là eft de fi- 
gure ronde- 

ROUEN \ ville Archîépifcopale & 
confidérable de France , capitale de 
la Normandie , fur la Seine , à vingt 
lieues, fud-oiieft , d'Amiens, foi- 
xante , nordoueft , de Paris , fous 
le 18^ degré, 45 minutes, 10 fé- 
condes de longitude, & le 49", x6 
minutes, 2.5 fécondes de latitude. 



ROU 

Cette ville fut nommée premier 
rement Rothomagus , & enfuite Ro^ 
thomum , & par corruption Rodo^ 
mum. C'étoit la principale place des 
peuples Velocafles , defquels elle 
n'a pas pris le nom , comme plu- 
fieurs autres villes ont pris celui de 
leurs peuples. Quoiqu'on ne puilTe 
nier que cette ville ne foit ancien- 
ne j Jules Céfar , dans (es Com- 
mentaires , & les autres Écrivains 
n en ont fait aucune mention avant 
Ptolémée. Il falloit cependant que 
cette ville fut confidérable , puifque 
quand on divifa en deux la provin- 
ce Lyonnoife, fous Conftanim , on 
donna/?c7z/^/zpour capitale à la nou- 
velle provirice Lyonnoife. 

Cette ville eft le fiége d'un Con- 
feil fupérieur qui vient d'y être éta- 
bli pour y remplir une partie des 
fondions du Parlement de Norman- 
die quelaCourafuppriméen i77i. 
Il y a aufii une Chambre des Comp- 
tes Cour des Aides, un Préfidial, 
un Bailliage , une Amirauté ^ un 
Grenier à fel , une Juridiâion con- 
fulaire , &c. On y compte irente-fix 
Églifes paroiûiales > quarante-huit 
Monaftèresx)u Communautés régu- 
lières & plufieurs autres non régu- 
lières. Il y a d'ailleurs depuis 1744 
une Académie des Sciences , Belles- 
Lettres & Arts , & une Société d'A- 
griculrure qui a été établie en 
17^1. 

Rouen eft une des villes les plus 

[>euplées , les plus commerçantes & 
es plus riches du royaume. On pré- 
tend qu'elle eft peuplée d'environ 
?|uatre- vingt mille habitans. Elle eft 
unifiée du côté des terres de bons 
remparts , flanqués de tours rondes 
à l'antique : fes murailles , à pren- 
dre le long du parapet > ont deux 
lieues moins un quart de circuit. 
Outre la Seine qui baigne fes murs 

au 



HOU 

ta midi , la rivière dé Robèc 6c la 
petite Âubette palTent dans ia ville, 
où elles font tournes plafieurs mou- 
lins , & fervent aux Artifans qui ont 
befoin de leurs eaux. 

On entre i. Rouen par cinq por- 
tes du côcé des terres ; (avoir la 
porte Cauchoife » les portes Bou- 
vreuil, B«auvoi(ine» Saint Hilaire 
& Marcainville. li v en a treize du 
côté de la Seine j lavoir les portes 
Guillaume-Lion, Jean leCœur , 
d'Elbeuf ou de la Halle-au Blé, cel- 
les de la Vieille-Tour , du Bac j la 
porte de Paris , celles du Grand- 
Pont , de la petite Boucherie ; la 
porte du Crucifix ; celles de la Bour- 
fe j de la Harangerie , de la Vi- 
comte, & la porte Saint Éloi. 

Les deux petites rivières qui paf- 
fent par la villô ont occafionné la 
conftruâion de plufieurs. petits 
ponts y mais on ne remarque que le 
pont de batteaux qui eft lur la Sei- 
ne. Ceft un chef-d'œuvre dé TArt : 
il eft foutenu fur vingt-an bateaux 
de front dans la longueur de foi- 
zante-dix pas. Des deux côtés il y a 
des planchers pour les gens de pied. 
Sur le bout de plufieurs bateaux on 
a pratiqué de grands bancs , enfon- 
cés à double équerre & peints en 
vert , fur lefqoeU pUi9 dt deux cens 
perfonnes peuvent fans incommo- 
der les patTans , s^aifeoir 8c jouir 
d'une vue agréable par la di ver fi té 
des chofes qui paflenç fur ce pont , 
8ç par celle des grands fie petits ba- 
teaux qui montent Sç defcendent. 
Quatre hommes ouvrent ce pont en 
fix minutes aux heures marquées , 
pdur faire monter pu defcendre les 

Î;rands bateaux & les vaifTeaux avec 
eurs voiles. Les petits bateaux neii- 
venc palfer fans qu'on foit obugé 
de l'ouvrir. On le démoate dans le 
temps des forces glaces. 



ROU i8i> 

La ville de Rouen eft divifée en 
quatre grands quartiers, qui avec 
les fauxbourgs, renferment plus de 
yioomaifôns. Les fauxboifrgs font 
Saint Sever , ceux des portes Cau- 
choife , Bouvreuil , Beauvoifine , 
Saint Hilaire & Martainville : on 
compte trente'cinq à quarante fon- 
taines publiques à Rouen , fans par- 
ler de celles qui font dans les coii- 
*vens & autres maifons particur 
lières. * 

Il 7 a près de douze cens lanter- 
nes pour éclairer lés rues pendant la 
nuit \ & pouf fubvenir aux incen- 
dies, on a dépofé quatre pompes 
dans les différens quartiers de la 
ville , & environ 500 fceaux : on j 
a aufii établi huit Commiflaires 
pour maintenir la police. 

L'Archevêché de Rouen a été 
érisé au troifième fièçle pi a pour 
funragans Bayeux , Avranches , 
Èvreux,Scez, Lifieux & Coutan- 
ces. La Cathédrale eft fous l'invo- 
cation de Notre-Dame. 

Le Chapitre de cette Églife Mé- 
tropolitaine a un Doyen , un Grand- 
Chantre , un Tréforier , un grand 
Archidiacre , cinq autres Archidia- 
cres , & cinquante Chanoines. Le 
Doyenné eft éleâif^Jies. autres Di- 
gnités & Canonicats font à la no- 
mination de rArchevèque , qui 
prend la qualité de Primat de Nor«« 
mandie ^ quoiqu'il n'ait aucun Ar- 
chevêque pour fufFragant. 11 dépend 
immédiatement du Saint Siège , de- 
puis l'an 1457 que rArch3veché de 

' kouen a été fouftrait à la Ptiniatie 
de Lyon. Ce Prélat jouit d'environ' 
80000 livres de revenu. 

te commerce de Rouen eft fort 
étendu ;, foit dans le Royaume , foie 
che:ç l'Étranger. Il confifte principa--: 

' lement en draps » fiâttioifes , toilesj' 

O o 



Xj'O 



ROU 



facins , drogaecs â carreaux (or co- 
ton , Se aucres paflemenceries; cein- 
tures de toutes façons,. tapifferies, 
bonneteries, rubanneries, quincail- 
lerie , chapeaux , cuirs tannés, pei- 
gnes , tabatières en écaille & en cor- 
ne y papiers , parchemins , yélins , 
, cartes & cartons ; fers, épingles , 
aiguilles, verres , faïences, aoiidons, 
blés , cidre , chevaux 8c autres bef- 
tiaux; chanvre, lin , coton filé ;"& 
en différentes pèthes qui fe font à 
Dieppe , Honfieur Se au Havre. 

Quant aux fabriques de Rouen , 
il y a des manufaâures confidéra- 
blés de draps , efpagnolettes , rati- 
nes blanches , flanelles , frocs y & 
quantité de paffementeries 8c toile- 
ries 'y une manufaAure royale de 
velours de coton & autres étoffes 
. nouvelles , ainfi que quatre calan- 
drejs de nouvelle invention ; une ma- 
nufadurede fangles & de Telles An- 
eloifes,de ceinturons, porte-feuilles, 
le tout à TAngloife: des fabriques 
de mouffeline, de tapifferiesen laine 
hachée , en verduçe & perfonnages 
imitant les vraies hautes-liffes ,. & 
de velours cifelé , fur papier & fur 
toile, & gaufrés de toutes couleurs, 
imitant ceux d' Atigleterre : une ma- 
nufadture de tapifferie j de fiamoife 
fleurie de tontes efpèces j une autre 
. de cordes de nouvelle conftruAion j 
^ façon d'Angleterre: une fabrique 
de toiles cirées ; une manufaâure 
de fayence blanche & brune i une 
autre d'étoffes brochées en or , en 
argent & en foie , pour veftes & au- 
tres ufages : quatre rafineries de fu- 
' cre j une fabrique 4e très beaux ma- 
roquins. On y teint fur fit& coton, 
bon teint, & cramoifi, incarnat fa- 
çon d'Andrinople. 

La ville de Rouep eft renomn^iée 
pour fes gelées dçpommes, fes noix 



ROU 

pîtés da raftme veaa. 

On coc&pce aufli plofieors manu- 
faâures dam les environs de cette 
ville. 

Rouen a trois foires franches ; 
favoir , la foire de la Chandeleur y 
transférée à perpétuité , par Arrêt 
du Cottfeil , au premier Avril ; elle 
dure quinze jours ouvrables j la foire 
de la Pentecôte , transférée de mè^ 
me au premier Juillet; elle ^re 
neuf )oars ouvrables ; la foire de 
Saint Romain , transférée de même 
du 15 Oâobre au 12 Novembre ^ 
elle dure douze jours ouvrables r 
chaque foire a deux jours de vide. 
II y a trois autres foires qui ne du- 
rent qu'un jour , la foire Dupré à 
Bonnes-nouvelles > qui fe tient le 
15 Mai; & la foire de Saint Ger- 
vais y dans le fauxbot» g de ce nom ^ 
qui fe tient le ao Juin : la foire de 
Saint Romain le i) Oûobre pout 
les xhevanx & autres animaux^ U 
n'y a que la foire de Saint Romain 
pour les boiflbns qui ait été cranf*^ 
, férée au 11 Novembre. 

Rouen eft la patrie de plufîetirs 
hommes illuftres , dont nous par- 
lons , fous les noms qpi leur Ibnt 
propres. 

On prononce Rouan, 
ROUER ; verbe aOif de la première^ 
conjugaifon , lequel fe coitjugue 
comme Ckahtiii* Punir du foppli- 
ce de la roue. La loi ordonne de 
rouer vif tout affajjinde guei-à-pens. 

On dit figurément, rpuer un hom* 
me de coups ^ de coups de bâton; 
pour dite?, le baKre exceffiveménr» 
// roue fes ènfaks de coups, ' 

On dit auffî par exagération» 
Qu'tt/3 homme apenféêtre roué y Cj^'it 
Je fera rouer i pourdire,qu*ilapenfé 
être écrafé , qu'il fe fera écrafer en* 
tre des roues » ou fous les roues 



ROU 

' d'âne charrette , d*an carroffe. Nous 
penjhnes être roués en firtant de 
rOpéra. 

On dit figarément & finnilière- 
ment, être roué de fatigue ^om fim- 
plement , être roué ; pouc dire , être 
tellement fatigué ^ qu on eft prefque 
 demi rompu , & qu'on a peine à 
fe remuer. // eft roué d* avoir monté 
la côte à pied. Les cahots de la voi^ 
ture nous ont rouis. 

En termes de Marine on dit , 
rouer un câble , une manœuvre ; pour 
dire , plier un câble , une manœu- 
vre en rond ^ en cerceaux. 

La première fyllabe eft brève , 
Se la féconde longue ou brève, f^oy. 
ViRlB. • 

Ve féminin qui termine le fin- 
gulier du préfent de l'indicatif, &c. 
s'unit à la fyllabe précédente & la 
' rend longue. 

ROVERE , ou RovBREDo j ville forte 
du Tyrol » fur l'Adige , près des 
frontières de l'état de Venife , à 

auatre lieues de Trente , Se à feiza . 
e Brefce« Il y a des fabriques de 
foie. 
ROUERGUEi ( le ) province de Fran- 
ce j faifant partie du gouvernement 
militaire de Guyenne & de Gafco- 
gne : elle eft bornée au feptentrion 
par l'AïUvergne ; au levaat & au 
midi par le Languedoc , & au cou- 
chant par le Quercy. Ellç a environ 
trente lieues de longueur , depuis 
Saint Jean-deRreuil» jufqu'à Saint 
Antonin , fur vingt lieues de lar- 
geur depuis Saint Pierre d'Yffis juf- 
qu'au mur de Barrés. Les rivières 
les plus confidérables du Rouergue 
font le Lot , le Tarn , & l'Aveirou : 
l'air du pays eft fain. Les habitans , 
quoique naturellement affez doux , 
aiment également les arnies & les 
lettres^ la noblefle fur-tottt y palTe 
pour belliqueqfe. 



ROU i^T 

Cette province eft divifèe en 
comté de Rouergue , & en haute 
Se balTe Marche. Le comté renfer- 
me Rhodès^qui en eft la capicale,En- 
traigues^ la Guiolle , Eplaix , Mar- 
cillac , Albin y Rignac» & Cafta^ 
gneS'Begognes : on trouve dans la 
haute Marche , Milhaud , Efpalton 
qui en eft la capitale , Sainte Frique» 
S. Sernin , Belmont , Vabres Se Ser- 
rac-le-Château. Dans la bafle Mar- 
che il y a Ville-franche , capitale , 
Saint Antonin , Najac , Verfeuil j 
Rupeyroux , Salveterre , Conques , 
Peyruffe , & Villeneuve.' 

LesGoths j ayant conquis ce pays 
fur les Romains, en furent chaflés 
dans la fuite par les François : le 
Rouergue eut depuis fes Seigneurs 
particuliers , comtes de Rhodes Se 
comtes de Milhaud. Les comtes de 
Touloufe s'en font emparés depuis : 
mais le comté de Rhodes fut enfinT^ 
réuni à la couronne par S. Louis en 
1 158 , & le comté de Milhaud par 
Henri IV. 

La fénéchauftee de Rouergue a 
deux Sièges Piéfidiaux , Ville-fran- 
che & Rhodes. Le^Piéfi Jial de Ville- 
franche eft de la première création 
des Préfidiaux , & a dans fon ref- 
fort toute l'éleâion de Ville franche 
& celle de Milhaud. Le Préfidial de 
Rhodes a été démembré de celui de 
Ville-franche en itf} 5 , & fon ref- 
fort ne va pas au-delà de Téleftiou 
de cette ville 11 y a i^ème un Siège 
de Juftice royale à Rignac j dans 
réUaion de Rhodes , & qui eft 
néanmoins du reflbrt de Ville- fran • 
che. Le Sénéchal de Rouergue a les 
mêmes droits que celui de Quercy. 

La province de Rouergue eft un 
pays de montagnes. Mais les vallées 
en font fertiles, principilement en 
pâturages î on y nourrit beaucoup 
de beftiaux , fur-rmu des mulets^ 
Oo ij 



»9» ROU 

qu'on conduit en Efpagne : c'eft le 
principal commerce du pays. Il e(l 
d'ailleurs riche en mines de fer ^ de 
cuivre , d'alun , de vitriol Se de 
foufre. 
ROUET ; fubftantif mafcûlin. Inftru- 
ment propre à filer les foies , les 
chanvres » laines , cotons 5 Se autres 
matières feniblables. Le rouet com- 
mun conHfte en Quatre pièces prin- 
cipales j favoir, le pieu , la roue , 
la fufée & répinglier. Le pied eft 
une tablette de bois «avec des fou- 
tiens aufli de bois. La roue eft 
d'environ iS i xo pouces de dia- 
mètre , & eft portée par un axe de 
fer fur deux foutiens attachés à 
la table du pied. La fufée , qui eft 
une efpèce de bobine, eft pareille- 
ment traverfée par un axe ou verge 
de fer j qui a aufli fes deux foutiens 
très-bas , qui tiennent à l'extrémité 
de la même table. Enfin , Tépin- 
gtier eft fait de deux parties de 
cercle percées d'épingles ou de lé- 
ton recourbé , qui environnenç la 
fufée & qui tournent avec elle. L'é- 
pinglier lert à plier le fil fur la bo- 
bine ou fufée , â mefure qu 06 le 
file. On appelle Jillons , les rangs 
difFérens qui fe forment en par- 
courant toutes les pointes de Tépin- 
glier; une manivelle fert à donner 
le mouvement au rouet* 

Les Dames & les perfonnes eu- 
rieufes fe fervent de rouets faits au 
tourj dont les principales pièces 
font femblables \ celles du rouet 
commun qu'on vient de décrire. La 
principale ou plutôt l'unique difié- 
rence eflentielle confifte en ce 

3u il y a deux manières de leur 
onner le mouvement ^ l'une en 
tournant la manivelle à la main 
comme au premier rouet, & l'.nu- 
tre par le moyen d'une marche qui 
eft audeflous du rouet ^ laquelle 



ROU 

étant attachée à ^la manivelle pat 
un bâton d'une longueur propor-* 
tionnée » fuffit pour aire tourner la 
roue, en appuyant ou levant le pied 
qu'on met deflus. 

U y ^ une troifième fone de 
rouet portatif très - commode , Se 
très-ingénieufement imaginé , donc 
toutes tes perfonnes de qualité fe 
fervent. Le rouet entier n'a guère 

Elus de fix ou fept pouces de haut. 
)eux roues de\ cuivre , dont la plus 
grande n'a pas 18 lignes de dia- 
mètre , & la plus petite à peine 4» 
font engrenées l'une dans l'autre » 
& enfermées entre deux platines 
de métal , avec lefquelles elles ne 
font que 4 ou 5 lignes d'épaifleur* 
La grande roue où eft la manivelle, 
donne le mouvement à la petite 
qui porte la fufée & l'cpinglier. Un 
petit pied d'ébene attaché à une 
queue de même bois » qui fert 2 
pafler dans la ceinture de celles qtii 
s'en veulent fervir en marchant , 
ou à l'attacher fur une petite ta- 
blette appefanrie par un plomb Se 
ordinairement couverte de maro- 
quin ou de velours , quand on veut 
travailler fur une table , achevé 
toute la machine , à laquelle même 
tient la quenouille d'une longueur 
proportionnée â la petitefle du 
rouet. 

Rouet, en pariant de certaines armes 
à feu dont on fe fervoit autrefois , 
fignifie , Une petite roue d'acier qui 
étant appliquée fur la platine de 
l'arquebufe , & montée avec une 
clef, fait du feu en fe débaiidant 
fur une pierre de mine. On voit des 
arquebufes à rouet dans d'ifferens ar-^ 
fenaux & dans les cabinets de quel^ 
ques curieux. 

Rouet, fe ditaufll en termes 'd'Ar- 
chiteûure , d'un, cercle de bois fut 
lequel on pofe la première aillfe de 



ROU 

^UtH ^oor fonder un puîts ; ce qnl 
fe pratique furcouc dans le cas où 
Ton rencontre un grand banc de 
glaife , qu'il eft impoffible de per- 
cer fans occafionnec réboulement 
des terres. 

£n termes de Charpenterie » on 
appelle rouet de moulin y une petite 
roue attachée fur Tarbre d'un mou- 
lin , ic garnie de dents qui entrent 
dans les fufeaux de la lanterne pour 
faire tourner les meules. 

£n termes de Marine , on appelle 
rouet de poulie de chaloupe , une pou- 
lie de fonte ou de fer qu'on met a 
Tavanc ou à l'arrière de la grande 
chaloupe pour lever une ancre qu'on 
ne veut pas lever avec le vailTeau. 
Rouet , fe dit en termes de Serrure- 
rie j d'une garniture qui fe met 
aux ferrures pour empêcher qu'on 
ne puilTe les crocheter. 
HOUGE ; adjeâif des deux genres 
qui s'emploie auflifubftantivement. 
Ruber. Qui eft de couleur fembla- 
ble à celle du feu ^ du fang , O'c. 

La couleur rouge eft une des 
couleurs HoQples dont la lumière 
eft compofée & la moins téfrangi- 
ble de toutes. 

Les acides changent le noir , le 
bleu & le violet en rouge> le rou- 
. ge en jaune & le jaune en jaune pâ- 
le. Les alkalis changent le rouge 
en violet on pourpre , & le jaune 
en couleur de feuille morte. 

Les matières terreftres & fulfu- 
reufes deviennent rouges, par l'ac- 
tion du feu , & même à la 4ongue 
noires comme la brique , U pierre 
ponce , la chaux, l'ardoife qui de- 
viennent noires quand elles font 
fondues par le verre ardent. 

Les écrevttTes deviennent rou- 
ges , étant expofées à un feu mo- 
déré i mais (i le feu eft violent , 
elles deviennent noires. Le mercu- 



ROU Ï93 

re ic le foufre mêlés & mis fur un 
feu modéré 9 deviennent d'un beau 
rouge , qu'on appelle cinnabre ar^ 
tificitU Un efprit acide étant verfé 
fur une folution bleue de tournefol» 
le change en beau rouge \ un alkali 
lui reftitue fa couleur bleue. 

M. de la Hire a obfervé qu'un 
corps lumineux vu d travers un 
corps noir paroît toujours rouge , 
comme quand on regarde le foleil 
d travers un nuage fombre. U ajou- 
te que bien des gens qui voient 
parfairemenr les autres couleurs » 
n'ont pour aind dire qu'une faufle 
fenfation du rouge, & ne l'apper- 
çoivent que comme noir. 

Les Teinturiers diftinguertc fept 
fortes de rouge dans le grand teint; 
favoir , i°. Técarlare des Gobelins \ 
2**. le rouge cramoîfi ) 3''. le couge 
de garance ; 4^. le rouge de demi- 
graine; 5^. le rouge demi-cramoiH; 
C^. le nacarat de bourre; 7'. l'é- 
carlate façol^de Hollande. Le ver* 
millon » la cochenille & la garance 
font les drogues principales qui 
produifent ces diverfes efpèces de 
rouges. 

L'écarlate des Gobelins fe fait 
avec de j'agaric , des eaux fures , du 
paftel & de la graine d'écarlate ou 
du vermillon. Quelques Teinturiers 
y ajoutent de la cochenille. Le rou- 
ge. cramoiH fe fait avec les eaux 
fures , le tartre & la fine cochenille. 
Le rouge de garance fe fait avec 
la garance de Flandre. Le rouge 
demi graine fe fait avec les eaux 
fures, l'agaric, moitié graine d'é« 
carlate & moitié garance. Le demi- 
cramoid fe fait avec moitié garance 
& moitié cochenille. Le nacarat de' 
bourre exige que l'étoffe foit aupa- 
ravant mife en jaune; enfuite le na- 
carat fe fait avec le bain de la 
bourre qui a ,été mife dans un 



194 ROU 

i)oaillon avec des cendres grave* 
lées. L'écarlace façon d'Hoiiande 
fe fait avec ia cochenille i le tartre 
ic Tamidon , après avoir bouilli 
avec de Talun , du tartre, du fel 
gemme & de l'eau- forre où rétaiu 
a écé dllfous \ mais cette couleur , 
quoique des plus éclatantes , fe rô- 
le & fe tache aiTément. 

Encre ces fortes de rouge , il n'y 
en a Que trois qui aient des nuan- 
ces; lavoir, le rouge cramoifi , le 
nacarat de bourre , & Técarlate de 
' Hollande. 

Les nuances du rouge de garance 
font couleur de chair , peau d'oi^- 
gnon, ginjolin. Celles du cramoifî 
font fleur de pommier, couleur de 
chair ^ fleur de pécher ^ couleur de 
rofe incarnadin , incarnat rofe, in- 
carnat &: rouge cramoid. Les nuan- 
ces de ia bourre font les mêmes 
que celles du rouge cramoifl. L'é- 
carlate , outre cell^du cramoifl & 
de la bourre , a eiMre pour nuan- 
ces particulières la couleur de céri- 
fe , le nacarac , le ponceau » & la 
couleur de feu. ^ 

Quant au rouge de Bréfil , c*efl: 
une faulTe teinture que n'emploient 
point les Teinturiers du-bon teint. 

En peinture on diftingue un grand 
nombre de rouges qu'on varie en 
les rompant avec d'autres couleurs 
plus claires ou plus brunes. 

On appelle y^r rouge ^ tout rouge j 
du fer enflamme qui eft devenu 
rouge au feu. 

Ou dit dans lemème fens , Jes 
boulas rouges ; pour dire , des bou- 
lets de canon qu'on fait rougir avant 
d'en charger le canon , & qui met- 
tent le feu aux matières combufti- 
bles qu'ils frappent. 

On appelle rouge bord ^ un verre 
plein de vin jufqi^aux bords. On 



ROtJ 

dît phis commanémem hoîrc à rouge 
bords. ® 

On dit proverbialement , rouge 
aufoir , blanc au matin , cefi la jour^ 
née du pèlerin ; pour dire , que le 
ciel rouge au foit & blanc au maim 
préfage un beau temps. 

Lorfque la honte ou la colère 
fait monter le fang au vifage ^ on 
dit , que le rouge monte au vifage. 
Rouge , fe dit aufli d'une efpèce de 
fard que les femmes fe mettent fur 
le vihge pour avoir plus de cou- 
leur. 

Le rouge dont on faifoit ufage an- 
ciennement fe nommqh purpurijjfus ^ 
forte de vermillon préparé ; c'étoit 
lin fard d'un très-beau rouge pat* 

Êurin , dont les Dames Grecques 8e 
Lomaines fe coloroiènt le vifage : 
il paroît par fa composition qu'il 
avoir quelque chofe d'approchant 
de ce que nos Peintres appelenr 
ro/i d'œillet , carnation d'ctillet. Il 
étoit fait de la plus fine efpèce de 
craie blanche , creta argentaria , 
difloute dans une forte teinture 
pourpre , tirée de l'écume du poif- 
îbn purpura , du murex , ou à leur 
défaut des racines & des bois qui 
teignenten rouge;quand ia partie la 
plus groffiére étoit tombée au fond 
du vaifleau , la liqueur , quoiqu'en- 
core épaiffè , fe verfoit dans uni au* 
tre vaifleau , & ce qui alloit au 
fond de cette dernière liqueur éfoit 
d'un beau pourpre pâle qu'on met- 
toit dans des vafes précieux & qu'on 
gardoit pour l'ufage. 

L'ufage du rouge a paflé en Fran- 
ce avec les Italiens fous le règne 
de Catherine de Mé licis. On em- 
ployoit le rouge d^Efpagne, dont 
voici la préparation. On lave. plu- 
fieurs fois dans l'eau claire les éta- 
mines jaunes du cartame ou fafran 
bâtard, jufqua ce qu'elles ne do»* 



ROU 

4Mtit plas àt couleur jaune ; ah>rs 
on 7 mêle des cendres gravelées', 
èc Ton y verfe de l'eau chaude. On 
remue bien le tout, enfui te on laide 
repofer pendant très-peu de temps 
Ja liqueut rouge j les patries les 
plus groffières érarit dépofees au 
tond du vaifleau > on la verfe peu 
â peu dans un autre vaiiTeau fans 
verfer la lie , & on la met pendant 
quelques jours à J'ccatt. La lie 

Elus fine , d'un rouge foncé & fort 
rillante fe iépare peu à peu de la 
liqueur ^ & va au fond du vailTeau : 
on verfe la liqueur dans d'autres 
vaiffeaux ; & lorfque la lie qui 
f efte dans ces vaifleaux , après en 
avoir verfé l'eau » eft patfaitement 
sèche , on la frotte avec une dent 
d'oc. De cette manière on la rend 
plus compaâe » afin que le vent ne 
la diffipe point lorfqu'elle eft en 
fine pouflière. Le gros rouge fe fait 
de cinnabre minéral bien broyé avec 
l'eau -de- vie &: lurine^ Ôc enfuite 
féché. 
Rouge -gorge; voj^r!|^ Gorse rou- 

Rouge queue y fe dit d'un oifeau 

Su'on nomme autrement Rofiignol 
e muraille. f^oye\ ce mot. Et l'on 
appelle grand rouge queue , le merle 

^ de rocher. Et rouge queue de Ben- 
gale , un oifeau un peu plus grand 
que le grand rouge-queue. Le bec 
eft fauve , Tiris blanche , la Vête 
noire , le deflbus des yeux eft garni 
d'une roufte de plumes écatlates» 
pointillée de blanc ôc de noir. Le 

' plumage du dos «ft brun ; ceiui du 

' ventre, de la'-poitrine & des cuiffes 
eft blanc : les jambes & les pieds 

' Ibnt noirs. ' - 

Séba cite auili le rouge^queue de 
t Amérique, Rubicilla Americana \ & 
il le regarde comme une efpèce^ de 
lofllgnol de muraille. Son chan^eft 



ROU 19 j 

très-harmonieux. Sa tète eft ornée 
d'une crête noire : il a le bec blanc, 
les yeux luifansj le devant du cou 
marqué d'une tache noire \ la poi- 
trine & le ventre bleus \ le dos , 
les ailes & la queue font d'un rou- 
ge écarlate : les pieds font aiTez 
longs j grêles & bien ongles. 

On appelle rouge - queue de la 
Chine , un oifeau de la grandeur 
de la linotte rouge. Le bec eft 
épais, court & brun : les yeux font 
fauves } la tète & le derrière du cou 
d'un pourpre bleuâtre , le dos verr, 
le refte du pluçiage d'une couleur 
mélangée de jaune & de vert , & 
par intervalles d'un rouge fombre 
& pourpré ou écarlate : les jambes 
& les pieds font jauges. 

On appelle mer Rouge ^ cette par- 
tie de rOcéan qui fépare TÉgypte 
& une partie de l'Afrique de l'Ara- 
bie. Voye\ Mer. 
ROUGEÂTRE;adjeaif des deux 
genres. Qui tire fur le rouge. Vn 
temps rougedtre. V alliage du cuivre 
rend Vor rougeâtre» . 

La première fyllabe eft brève, la. 
féconde longue & la troifième très- 
brève. 

Prononcez roujâere. 
ROUGEAUD, AUDE; adjeftif du 
ftyle familier. Qui a naturellement 
le vifage rouge , un peu haut en 
couleur. // eji rougeaud» 

Il s'emploie aufii fubftantive- 
ment. C'eji une grojfe rougeaude. 
ROUGEOLE j fubftantiffémin. Sorte 
de maladie qui vient communément 
aux enfans Se caufe des rougeurs au 
vifage & par tout le corps. 

La rougeole commence â peu près 
comme la petite vérole. : il eft mê- 
me fouvent très-difficile de les dif- 
tinguer dans leur première érup- 
tion , au point que les Médecins 
I Us plus expérimentés > s'ils ne fe 



icf6 ROU 

décermtnénc par répidemte tégntn- 
te , ont de la peine à prononcer far 
l\ine ou l'autre de ces deux mala- 
dies : cependant les taches lentica- 

, laires j ou ïes puftules de la rou* 
geôle, rafTeaiblées en plaques, font 

. ordinairement beaucoup plus nom- 
breufes que dans la petice vérole la 

[4us confluente*i & c'eft peut-être 
a feule différence bien fenfible 
qu'on puiffe remarquer à la peau. 
Mais on fait qu'après ces premiers 
jours , elles prennent chacune un 
caraûère tout différent , 6c fur le- 
quel il n'eft plus permis de fe trom- 
per. 

La rougeole commence ordinai- 
rement par le fridon, futvi de la 
chaleur. Ils fe fuccédent quelque- 
fois alternativement , pendant le 
premier jour : la fièvre prend en- 
fuite le defTus ^ la tète s'appefantit 
avec envie de vomir : les paupières 
s'enflent j les yeux deviennent lar- 
moyans , douloureux , rouges & 
étincelans : on a mal a la gorge -y 
on refpire difficilement , Se l'on 
touffe lans cracher j la langueur en- 
fin , les anxiétés , l'éiernuement , 
la douleur aux lombes, le vomiffe- 
ment 3 la colique , le cours de ven« 
tre, & rhémorrhagie qui procure 
quelque calme j font les fignes les 
plus ordinaires qui annoncent l'é- 
ruption. Elle ne fe manifefte que 
vers le quatrième jour ^ par des ta- 
ches lenticulaires j ou des puftttles 
peu relevées , rafTemblées en ma- 
nière de grappes , qui fotment fur 
la peau une afpérijté que le taâ dé- 
couvre facilement : on fait que ces 
puftules ne fuppurent point ; qu'elles 
commencent a fe montrer fur le vi- 
fage y qu'elles fe répandent enfuite 
fur la poitrine , & fur les autres 
parties, ainfi eue dans la fcarlatine ] 
9c la petite YCi:oIe« yéruptioa de ) 



ROU 

cette dernièire appaife Ui fjmfiShi 
mes } mais ils fubdilcnt ordinaire^- 
ment après celle de la rougeole » 
qui ne dure que deux ou trois jours» 
ainfi que la fcarlatine. Les puftules 
de la maladie dont nous parlons » 
laiffentj'en féchant, des écailles j 
ou une efpèce de farine fur la peau. 
Non- feulement la fièvre , la toux ôc 
l'oppreflion peuvent durer encore 
aueique temps après la difparitîoa 
des puftules > mais il peut lurvenic 
de plus la péripneumonie , & autres 
accidens très - graves. Au refte U 
rougeole eft rarement dangereuCe , 
fi ce n'eft qu'une mauvaife conduite 
de la part des malades , & un trai- 
tement irrégulicr Se capricieux nQ 
la rendent telle : lorfque la t^ux 
qui l'accompagne eft violente » . Se 
qu'on a fait ufage des remèdes 
chauds , foa$ Iç prétexte d'en hâtec 
réruption , elle peut donner lieu i 
Tinflammation dç la poitrine » dé- 
générer même en phthifie » ou toute 
autre maladie de langueur. Perfon*!* 
ne n'ignore cnxe les fvitçs de la rou^ 
geoie font plus à craindre qiiQ la 
maladie rnème. On augure bien de$ 
puftules relevées , qui fui vent Tor- 
dre des t^mps que nous avons mar-» 
que c on craint au contraire , té-^ 
ruption prématurée , comme la w^ 
dive ; fa durée au-delà du quatriè- 
me jojur 'y les taches qui noirciffenc; 
&ç. Qn a vu par les didèâions ana* 
comiques , les vifcères tant de la 
poitrine que du bas- ventre, couverts 
dç puftules femblables à celles de la 
peau : on a encore obfervé les vif-* 
cères tuberculeux j des abcè« au 
cerveau , les poumons en fuppura- 
tion^répiploon pourri & détïuiz^&c. 
On ne fe propofej dans le trai- 
tepient de la rougeole » que de 
pallier la maladie, parcequon n'eft: 
pas maître d'ça abréger le coiirs. 



^i quelque chofe peut metttel cou- 
vert des fymptomes fâcheux & des 
accidens qui VaccompagneBt^ c*eft 
la faignée & l'émécique , employés 
dans le commencement. Les (ai- 
; ;nées nombreufes ^ lorfqué la vio- 
ence de la fièvre , Toppreffion ; 
'inflammation de la poitrine »ou de 
a gorge ne les demandent pas, font 
inutiles , Se même dangereufes : il 
eft rare qu'on ait befoin d'en venir â 
la troisième. Les fautes que l'on fait 
tant dans la rougeole que dans la pe- 
titevérole,en multipliant les faignées 
ain(i que 'les autres remèdes , font 
trop communes , pour qu'on puifTe 
les diflimuler. On a remarque plus 
d une fois , & en divers lieux , que 
ces maladies abandonnées â elles- 
mêmes , ou â la nature , avoient été 
moins meurtrières, que lorfqu elles 
avoient été traitées lelon la métho- 
de ordinaire : les Médecins fages 
& expérimentés ne l'ignorent pas , 
& fa vent en profiter. 

Les délayans &c les (empérans 
font lès remèdes les plus employés^ 
& les moins à craindre: les nitreux 
peuvent encore être de quelque fe- 
cours. Les cordiaux & alexitères , 
qu'on y prodiguoit autrefois > font 
iaremenrnéce(raires;maisona fou- 
vent de la peineà réfifter à l'opinion 
du vulgaire , qui leur donne la pré- 
férence fur tous les autres remèdes. 
Si l'expérience a fait connoître qu'ils 
croient dangereux dans la petite vé- 
role , elle a auflS appris qu'ils pou- 
voient être plus pernicieux dans la 
rougeole. Il faut en excepter le< lé- 
gers diaphorétiques , tels que la 
fcorfonère , la bourrache, les fleurs 
de coquelicot Se de fureau , &c. 
qu'on fait entrer communément 
dans la boiflbn ordinaire. On a re- 
cours aux béchiques adoucifTans & 
Hfl^dyns, lorfque les malades font 
Tome XX y» 



ROU 197 

preflfés pat h toux j à la dtco<5bion 
blauche^ 6c au diafcordium , lorf- 
que le' cours de ventre paroît ex- 
ceflif ; aux lavemens les plus tim« 
plef , lorfqu'on craint 1 ecat con« 
trairejaux anii-fpafmodiques, lôrf- 
qu'il furvient des convuilions; &- 
enfin aux narcotiques j lurfque les 
infomnies , la toux exceffive & les 
doul^rs y obligent. Mais ces der« 
niers doivent être adminiftrés avec 

Erudence , quoi qu'en dife Syden- 
am qui s'en fervoit un peu trop 
familièrement : on doit meo^e s'en 
abftenir , lorfqu'on traite de& enr 
fans. On remédie au mal de gorge 
par des gargarifmes adouciflans, & 
par des cataplafmes relachans : on 
badine les yeux avec l'eau de rpfe 
& de plantain , &c. Il arrive quel- 
quefois que l'éruption difparoit tout 
d'un coup , Se avant le temps que 
nous avons indiqué } on tâche alors 
de prévenir les accidens dont on eft 
menacé j par les faignées , les véfi- 
catoires > les purgatifs , les diapho- 
rétiqnes & les cordiaux. Nous de- 
vons enfin faire obferver que les 
malades ne doivent pas être plus 
couverts qu'ils l'étoient avant la 
rougeole : plufiursjtant dans cette 
maladie que dans la petite vérole » 
ont été & font encore tous les 

Jours, les vidtimesdu préjugé con- 
traire. L'expérience a enfin appris 

v^u'on devoir terminer ce traitement 
par des purgatifs rércrés , & riea 
n'eft plus commun que les maU 
heurs qui arrivent à ceux qui l'ont 
néglige. 
ROUGET i fubftantif mafcuHn. Poif- 
fon de mer à nageoires épineufes* 
Il a la figure de l'hirondelle de mer; 
mais il en diffère par fa boUi he , 
par la multitude de Tes écailles , fic 
par la grandeur de fes nageoires. U 
a le venue gros > le rcfte dùeoips 



CQ^gÇ'*Ut ét« gwflfe^.fiike.miin- 
igle. San mur^sau eft i:ouii€ ^ Se tfinic 
|>g,f d^uic ;aiguiUQt^ ipoimusi. oSes 
y^q}c f9iH;gUQ<is^;& gaoïi^fin-^ef- 

. ^rjièra fie jl^ >îe(Fjtt5 cte Id ïiicfie finifl£nt 
aufliî «n /pointe vers Ja .<;ueiie. ^)Ce 
qui copvre les ouïes eft garni 4l*<ai- 
goiHons , ic fa peau eft déliée. Aux 
côtés , par le n;)iUea du icprps H a 
uaccaic large jX^ouvesc .dléoatUfis » 
^ au 4qs depuis U tète iîoG:]» a la 

' j^Qne^ deUK rangs .d'écaMies ipctin- 

I ;t|ie5j .d'où Tortent deux nageoires, 
>^ui ie dceiTenc quand le poiiTon 
nage^ & qui s'abatffenc <£c le cou- 
chent cosnme dans un éruî quand 
^1 (e cepoXe : il nage l'hiver en 
pleki>e jner , & approche du rivage 
«n été : il eft fcgrc gouiunand & 
mange les petits poifloos. 

Le rouget eft chairtui par cour le 
corps , épais , rond , on peu lafge 
vers la queue. Ses ouïes Toek dou- 
tbles ; Ton fulais eft jaAine ; £a chair 
«ft ferme ,, l>lanclie , s^che , peu 
ou poÎQC gloance , éc de crès-bon 
gow. Léfnery.& Ândsy di^esitqu'elle 
eft prolifique \ on /donne ouelque- 
fois le nom de rougit au jurmuUt. 
Kolbe dit qu'ii fis tcouve des rou- 
gets au Cap de JiblUDNe-Erpérance 
. ^ à MadagaCcar. tCe poiilon .que 
les Européens y nomment rcjvlch, 
a environ fix pouces de longueur , 
<&ideux d'épaiffeur. On le nomme 
roug/st ^ parcequ'il eft rouge en« 
dehors. 

ROUGEUR i fuhftantif féminin. Ru. 
bor. Couleur Vouge. La rougeur du 
vifiigt viitti de Jf abondance ou de la 
trop grande agitation du fang, La 
rougeur des lèvres. 

Rougeur , fignifie quelquefois une 
tache f ouge qui vient au vifage. E/le 
feroit belle ^ fi elle n^avoitpas des rou» 
geurs au yifa^e* 



XatpfmniÀe /y^labe ejft èrève. Se 

. Jaifejcoftde longue. ' 

jROUQl , j£^ .participe paffif. y<>ye'i 
RoyiiifL* 

On appcAk de IVitcr rougk^ il'eaa 
.QÙ il )py a que fort «o «de mcu 

JUdl^GIR ; veche iàCtit de Ja iêconde 
con}ugaifon , lequel ie conjugue 
comme Ravir. Colore ruheo inficere. 
Rendce rouge. On rougit parfaite-' 
ment ie mar^oquin dxms ie L&mntm 
Rougir Jesrau£s de :caroJ]fè. 

<Qn die* d*jme personne quf ne 
bon que très-peu de vin avec beau* 
coup a*eftU , ^a'd/^20^ Jak que rou* 
girjou,eau. 

RouGUK, eft auffi v^che neutre, & 
jfîgtôfie» devenir rouge. Les écrwlf- 
fes rcugyfmt £n cu^&nt. Rougir de 
pudùur. Elit aefauroit lui parier fans 
rougir. 

RouGiiR , fe dit eaiàcote figuriiaent 
pour iignifier , avx>ir iionte , oon- 
£\^ùù3à. Vefi uxye pJEUm dùrft il doit 
rougir. Il fait rnuffir toute fa fa" 
mille* . 

La première fyUa^ eft brève , 8c 
la féconde longue xm bcève. /^q 
Veriub. 

ROUI , IE; participe paffif. Dm lin 
rou^. Voyez Rojuir. 

On dit qiie de la mande fent le 
roui ; pour dioe« qu'elle a on mau- 
vais goât qui vient de la malpro* 
prêté du vafe où elle a^té cuite^ 

ROyiCNO; ville d'iaiie dans llf- 
trie , ï trois lieues , fud , de Pa* 
renzo. On y recueille d'excellent 
vin. 

ROVIGO; yilb d'IraUe, Capitale 
du Polefin de Rovigo» dans TÉ* 
tat de Venife , fur TAdigefto , à 
neuf lieues , fudoueft j de Padoue. 

ROUIILE; fttbftantif féminin. Ef- 
pèce de cralFe tougeâtre qui fe for- 
me fur la partie du fer la phis ex" 
pofée à l'air. 



R ou 

fcMt oompttndter la' fonbadon 
de la rouille» on n*a <ja?ic feire acten- 
«ion aux propriétés de l'air }. de l'a- 
veu de toos^ lea Chim4ftes,«ii'eft 
chargé de l'acide vicrîoliquej qui 
eft de tous le» acides oeiiiii<}ui a le 
. plush de difpodtion à- s^uAit avèc^ lî 
fer ; de Tunion'db œt akicfe-avet le 
mécàl ,; il! refaite' ùw £4 ntiuic^^ 
cdnnu fous le nom de vitriol: Ce Tel 
fe décooipofe à l'air, Ôe alors il 
s*en dégage une terre' ferruginetife 
birune ou cougeâtte ,. qui rfeft 
autre chofe que deJ l'ocre: ou de 
h, rouillé ; d*où l'oa voir que la 
xoiiille eA la terre qui fervoit de 
bafc au fer privé du phlogiftiqoe j 
ce principe eft fi foiblenieat côm- 
biné dans^ le fer» que l'eau fuffit 
pour l'en dégager. 

On a tente difFéreHs moyeitÈ 
pfNftr. prévenir là rouille^} mais^ ilvne 
paroît pas- qu^ilr aient eir le fttccès 

2tte IVmi déEroic >oek retiiédei n'crnt 
:é que momcttcànéesi, de Id^ue 
les lubftances dont or aivoîf CMtett 
le fer font, évaporées^ , J'amrepr^d 
foaaâivité'fnr ce métal. Les hui- 
- les , les peintures). Us vernis^ fbnt 
les feuls moyens de garantir ie fer 
delà rouille, furtourfiron a foin 
de les renouveler de temps i aucre ; 
du moins ces fiibftancM emp^bènt 
la rouille de fe montrer ^ cte dans 
le vrai elles comiennent de rewff& 
de l'acide qui doivenc néceflfaite- 
ment agir fous le fer; par- d)e ffbus , 
& y former delà rouille, L'endtoit 
vert' qui fe forme for le cuivre , & 

3m eft connu fooS'le nom db vert 
e gxis^ peut auili être regardai cùtn- 
me une efpèce de rouille. 
Rouille, en termes de Botanique, 
fe dit d'une maladie qui attaque les 
tiges & les feuilles^ de ptufieurs 
plantes. Elle s'y manifefte par une 
fubftance de la cooletu^ dofer rouil- 



ROU 



^ 



If quî- s'ktrathe au^. doigts , 8t fe 
réduit en pouflière quand on totikhe 
la partie de là^ plàtitè où dlfe s'eft 
romteev 

Si la rouille attaque! les fromena 
encore jeunes». Se avant qu'ils aient 
pouflc leurs tuyauxV le dothmage 
ert médiocre » . pourvu ncaumoins 
qu'il furviennè aU temps propre i 
la végétation. Dans ces circond'an- 
ces , les pieds font feulement gÉoU 
blis, comme fi l'on eh avôit coupée 
ou fait paître les feuilles. Ces pieds 
font de nouvelles' j^rodudlons , & 
ils donnent des épis > la paille en eft 
feulement pliis courte, & lés épis 
nioins gros. Mais fi la rouille atta* 
qpe & les feuilles & les tuyaUx , 
alors la végération du froment eft 
arcôtée, fie le grain ne profite pref- 
que plus;^ enforre qu'il en réfulte 
un trèi-gpand dommage pour^ la 
moiffon. 

Cette trîfte maladie a été décrite 
pât M. du Tillet : ce laborijur 
Obfervâteur en attribue là caufe i 
l'âcreté des brouillards qtii brifeoc 
le tiffuides feuilfei & dès tdyàux ; 
& q*utocfcafiohrfe''pàt-là Pextrava- 
fation d'un fuc gras & oléagltièiix , 
lequel etife dénéchant peu-à peu, 
. fe'convclrtit en une: pouffière rouge 
orangée. Il ae^amihé', dît-il, avec 
une Toneiôupe plufieurlf pieds de 
fromènr, dont les tiges & les feuil- 
les étdierit chargées de rouille ,& il 
a vu diftinâemènt quéi dans les en- 
droits où étoit cette pouflière rou- 
ge, il y avoir dé pet^tescreviafl^s , 
& que l'épiderme de ta plante érbic 
einr'buvert d'efpace- en efpace. 
11 a- obiervé que ce fuc réduit^ en 
pouflière rougeâtre, fortoit d entre 
ces' petites ouvertures , au-deflut 
defquelles on voyoit de légers frag- 
ment depiderme ,. qui recou- 

ppij 



joo ROU 

vroienc imparfaitement les petites * 
crevafles. 

M. de Chateauvieux a propofé 
nn moyen qu'il a expérinienré pour 
arrêter le progrès de la rouille des 
blés. Après avoir remarqué que le 
corps de la plante dans la terre étoit 
fans aucune altération , ôc que fes 
racines étoientparfaitement (aine's^il 
retrancha fur la fin de Septembre 
toutes les feuilles des plantes rofuil- 
lées. Quelques jours après cette 
' opération cle nouvelles feuilles pa- 
rurent j les plantes firent des pro- 
grès confidérables , & à Tentréé de 
l'hiver elles étoient belles Se en 
pleine vigueur. Après l'hiver elles 
produiiirent de fort grands épis qui 
parvinrent en maturité. La rouille 
continua fes ravages fur les plantes 
dont il n'avoir pas retranché les 
feuilles » & elle les fit périr à un 
tel point qu'elles nç produifirent pas 
un leul épi. 

La premiète fyllabe efl longue , 

* k la féconde très- brève. 

On mouille les //. 

ROUIILÉ., ÉE; participe paffif. 
Un fufil rouille ^ des armes rouiU 
lécs» 

il fe dit auflS des plantes. Du fro- 

• ment rouillé. Voye-:^ Rouiller. 

R O U I L L E R 5 verbQ aftif de la 
première conjugaifon i, Jequel fe 
conjugue comme Chanter, Paire 
venir de la rouille. L'humidué ayoit 
rouillé les armes dcsfoldats. 

\\ eft auflfl pronominal réfléchi. 
Le fer fe rouille quand il çji exppfé à 
: fair. [ 

On dit figurémenr , <fie foljeveté 
rouille fefprit » <\VAlè goût ^ k\\xq tef 
prit fe rouilla dans l'oifveté. Cet 
homme s'ejl bien rouillé dans la pro- 
vince. 

La première fyllabe eft brève ^ 



Rotr 

& la féconde longue ou Irève» 
Foye\ Verbe. 

Les temps ou perfonnes qui fe 
terniinent par un t féminin ^ ont la 
fyllabe précédente longue. 
On mouille les //. 

ROUILLURE î fubftantif féminin. 
Effet de la rouille. 

ROUIR } verbe aéHf de la féconde 
. conjugaifon » lequel fe conjugue 
comme Ravir, il ne fe dit que du 
lin & du chanvre quç l'on fait trem- 
per dans de l'eau , afin que les filets 
fe puifient facilemem féparer de la 
partie ligneufe. Rouir du Un. On ne 
peut pas déterminer xombien il faut ^ 
de temps pour que le chanvre foit af^ 
fe'[ roui; cela dépend de la qualité 
de l*eau , de la chaleur de l'air , & 
même de la qualité du chanvre.. 

RcviR^ efl aufii verbe neutre. Faire 
rouir du lin. Le chanvre ne rouit pas 
bien dans l* eau courante. 

ROULADE; fubftantif féminin da 
ftyle familier. Aâion de rouler de 
haut en bas. Faire une roulade. 

Roulade > en termes de Mufique » 
fe die du paftàge de pliifteurs no- 
tes fur une n:>ème fyllabe en chan* 
tant. i 

La roulade n'eft qu'une incitation 
de la mélodie inftrumentale dans 

, les occafions , ou foit pour la grâce 
du chant » foit pour la vérité de l'i- 

. mage, foit pour la force de l'cx- 
premon , il eft à propos de fufpen- 
dre le difcours & de prolonger la 
mélodie: mais il faut de plus que 
la fyllabe foit longue, que la voix 
en foie éckrante &. prope à laificr 
laugpfîer la facilité d'entonnej: net- 
tement .& légèrement les notes 
de la roulade , fans fatiguer l'or- 
gane du chanteur, ni , par confé* 
quent, l'oreille des écoutans. 

Les voyelles les plus favorables 
.pour faire fortir la voix font les a ^ 



ROU 

èfifuite les o , les ^ ouverts : Yi\ 
& Tu font peu fonores ; encore 
moins les diphtongues. Quant aux 
voyelles nafales , on n'y doit jamais 
faire de roulades. La langue ita- 
lienne pleine à*o & d'à eft beau- 
coup plus propre pour les inflexions 
de voix que n'eft la françoife 'y 
auflî les Muficiens Italiens ne les 
épargnent-ils pas. Au contraire^ 
les François ooligés de compofer 
prefque toute leur mufîque fyllabi- 
- que , à caufe des voyelles peu favo- 
rables, font contraints de donner 
aux notes une marche lente & pofée 
ou de faire hearter les confonnes » 
en faifanc courir les fyllabes ; ce 
qui rend néceflairement le chant 
langçiflant Se dur, 

Oeft un préjugé populaire de 
penfer qu'une roulade foit toujours 
hors de place dans un chant trifte 
& pathétique. Au contraire, quand 
le cœur eft plus vivement ému , la 
voix trouve plus aifément des ac- 
cens , que l'efprit ne peut trouver 

• des paroles , & de-là vient l'ufage 
des interjcdbions dans toutes les 
langues. Ce n'eft pas une moindre 
erreur de croire qu'une roulade eft 
toujours bien placée fur une fylla- 
be ou dans un mot qui la compor- 

' te, fans confidérer fi la fituation 
du chanteur , Ci le fentiment qu'il 
doit éprouver la compo.rte aufli. 

La roulade eft une invention de 
la mudque moderne. Il ne paro^ 
pas que les Anciens en aient fait 
aucun ufage , ni jamais battu plus 
de deux notes fur la même fylla- 
be. Cette différence eft un effet de 
celle des deux mufiques dont l'une 
étoit afTervie à la langue, ÔC dont 
l'autre lui donne la loi. 

ROULAGE i fubftamifmafculin. Fa- 
cilité de rouler. On a préparé un 



ROU 30Ï 

chemin pour le roulage de V artillerie. 
Roulage , fe dit aufli de la profeffion 
des routiers^ & du^falaire qu'on 
leur paye. 
ROULANT , ANTE ; adjeftif. Qui 
roule aifément. Un darrojfe bien 
roulant* 

On dit, qu*tt/i homme a un car-' 
roffe bien roulant ; pour dire, qu'il 
a un carroffe bien entretenu. Ec 
l'on dit , qu'tt/i chemin efi roulant^ 
bien roulant; pour dire, qu'il eft 
beau & commode pour le charroi(. 

On appelle chaife roulante ^ une 
voiture a deux roues traînée par cin 
cheval de brancard. 

On appelle en termes de Chirur- 
gie, vaiffeau roulant^ veine roulant 
te , un vaiffeau , une veine qui va- 
cille , qui change de place quand 
on met le doigt defttis. 
ROULÉ , ÉE -, participe paflSf. Voy. 

Rouler. 
ROULEAU; fubftantifmafculin. Pa- 
quet de quelque chofe qui eft rou- 
lé. Un rouleau de parchemin. Un 
rouleau de cinquante louis d*or. Un 
rouleau de tabac. 
ROULEAU , fe dit auflî d'une pièce 
de bois de figure cylindrique donc 
on fe fert dans les fabriquas de 
plusieurs ouvrages , & dans diver- 
ses manufaéhires , mais fouveti^ 
fous d'autres noms. 

C'eft fur des rouleaux que fe 
dreffent les laines, les foies j les 
fils , les poHs &c. dont on fait 
la chaîne des étoffes & des toiles ; 
chaque métier en a ordinairemertc 
deux ; celui des gaziers en a trois. 

Les Tiflutiers-Rubaniers qui tra- 
vaillent aux galons & tifTus* dor & ' 
d'argent, appellent rouleau de la 
poitrinière , un petit cylindre qui 
eft attaché au-devanr de leur mé- 
tier. C'eft fur ce rouleau que paffe 
l'ouvrage j à mefure qu il s'avance > 



50t R OU 

AV^nt (k le couler far TenCiple de 
devant.. 

DanScles manufaftacest de glaces 
de grand volume » on uompie rou^ 
Icauà couler y un gfos cylindre de 
fonce , qui fert à conduire le vott^ 
liquidé jufquau bouc de la cable 
fur laquelle on cpule les- glaces* 

Le& Sondeurs en fable fe ferve^nc 
d'un rouleau pour corroyer le (âble 
qu'ils emploient i faire leurs moB- 
les; on l'appelle plus communémenc 

Les Pâciffier^ onc un rouleau 
pour applacir &. finiillscer leurs 
pâtes. 

Les* pceiles qu'on nomme calcn- 
drcsy, qui. fervent, à calendrer les 
étoffes , font encc'aucres parties ef- 
fentielles , compofées de deux rou- 
leaux ou fe £)nc les ondes des-étof- 
fes de foie , de poil ou de laine 
propres à çtre cabifées j comme les 
moires 9 les cabis, les camelots, 

Les images , eftaoïpes & cailles 
douces s'impriment en paffant en^ 
tre deux rouleaux la planche, de 
cuivre gravée , ^ le pîtpier humi-^ 
de qui en doit prendre l!impref- 
fîon. 

On fe fçrc de rouleaux pour fai- 
re rouler les fardeaux qu'on veut 
conduire d'un lieu à un autre» 

Dans les* gro (Tes. horloges*, il y 
^ des rouleaux autour defquels s'en- 
veloppe la corde qui élève les poids. 

On appelle encore rouleaux ^ cer- 
taines pierres en forme de cylindre 
dont les Jardiniers fe fervent pour 
aplanir les allées Jes jardins. 
|(puL£AU j. en rermes de conchylio- 
logie« fedit. d'un coquillage uni* 
valve de la, forme du^ cornet , mais 
il eft moins^ conique. ]L^a rd>e: du 
rouleau eft foiivenc des plus agréa- 
\^^^ voir paip les JjteîittJj^oinpar^- 



menstdont elle eft ornée. II y" m « 
d'encourés de bandes, de peints 
en ondes j & quelques-uns d!une 
feule couleur*. On diiUngçte dans 
cecte famille de coquilles Tecorr 

! chce f la tulipe-^ & le drap otangp^ 

RcuLEiLu , en termes^ de peiticufo» fe 
die. de cercaios» éccîceaus« que les 
anciens* peincres meRo&enCi ds^ns 
leurs cableaax, & qu'ils faifoisnc 
fortir groffièremenc de la bouche 
de leurs perfonna^es : c*eft ce que 
fit Simon Memmi, qui repréfen- 
tant le diable chaH^é par S. Rei« 
gl&er, lui mit est écriteau dans la 
Douche ;, Qhi me j. non poffo pià. ^ 

Ces rouleaux d'une invention 
b^bare y. k^ font anéantis avec le 
goût gothique ; mais les Peintres 
ahiftoîredevf oient, imaginer queU 
qu'autre idée moins gromère , pour 
indiquer le fu|ec de leurs compofi^ 
tions, qu'un grand nombre de 
fpeâateurs cherchent quelquefois 
iputilemenc, furcôuc quancl c'éft 
un craie d*hiftoice. peu connu. Des 
infcrijuions mifes au bas du cableaa 
feroienc alors* d'un gcandnfage. 

Raphaële & Annibal Carxaclie 
n'onc poiiu. héfité. d'infcrei dans 
leurs ouvrages trois ou. quacre mots» 
quand ils les ont jugés nécefTaines 
pour rincellig|5nce dîu tableau. Par 
la même raifbn , on ne. grave* guère 
aujourd!hui d'eftampes., fans.met* 
tre au bas des vers , dés paflagcs» 
des paroles , qui en expliquent le 
«fujec. 

ROULEMENT ; fubftantif mafculin. 
Mouvement de ce qui roule. Le 
bruit, que fait dans la rue le route ^ ' 
mtnt continuel des voitures rend cet 
appartement incommode* 

RouLfiMBNT, en termes de mufique» 
fignifie roulade, paffage de nia-* 
HeuTs noces fur une même fyllabv 
çn chantant. Foye\ RoutAM% 



KOV 

OniappeUe rouUment d^ytux ^ îe 
mouvement par lb<]uel on tourne 
les yeux de côté & cl*aacre^ en 
:forte que la 4qie|paroîr égarée. £//^i 
eeoient effrayées >dts gHPuues & des 
roulemens d'y<ux qu il faifoiu 
KouLEMENT, fe dît dttffi en matière 
d'habillement en parlant des bas re- 
troutTés fur la culotte , de manière 
qu'ils font une «fpèce de bourrelet 
autour .du ^enoOk Ze reulôment des 
bas neji plus à la mode. 
ROULER i verbe aâif de la pre- 
mière conjugai-fon , lequel ie con- 
jugue comme Chantba. f^olvere. 
Faire avancer une chofe d un ilieu 
à un autre en la faifaot rouler. JRt^u- 
ler des tonneaux. Les ennemis rou" 
loient dcspkrres é^haut £unt mon^' 
tagne. 

On dit, yZ rouler fur l'herie , fe 
TiOuUrfur un lu , pour dire fe tour- 
ner de coté & d'autre étant couché 
fut rtierbe., fiir un lit. Et Ion dit 
figurément d'un homme fort riche , 
<jfiilj€ roule fur for &' fur fttrgenu 

On dit , rouler les yeux ; pour 
dire« tourner les yeux de côté & 
d^autre , en forte que la vue paroît 
^arée. // rauloit les ytux comme un 
pofféiié.On le fait aufli neutre. Les 
yeux lui rouloient dans la tête. 

On dit populafrement , rouler 
^arroffe; pour dire » avoir un car- 
rofle i loi. Âv€C cette fucceffion j 
avec cet emploi i il roukra bientât 
€arroJJi. 

Rouler fa vie , (i^i&e figurément, 
pafler fa vie. Âin(it>n dit d'un hom- 
me qui pafle fa vie dans une fortune 
médiocre» fans ècre ni pauvre ni 
trop aifé , qu // roule doucement fa 
vie. Et Ton dit d'un homme qui 
mène isae vie alfez pauvre, aflèz 
malheurenfe, qM* il roule fa viecom^ 
me il peut. Il eft du fty le familier. 
On dit figurément ^ rouler de 



RÔU 5^3 

grands ilejfèins dans fa tête .; pour 
dire., méditer de grands delTeins. 
RoujuEiR, fignifie aâfi iplter en 'iou« 
leaa. 'Las Marebands nrouknt (les fa- 
iins,f ks rubans , ies^galoas. Rouler 
un parcliemin» 

On dit aufli , roukrd&s ^or.; pour 
dire , retrouflTer le -haut des bas fur 
la culotte^ de-maDtère qu'ils faflfent 
tine^efpèce de botirrélet autour du 
genou. Latmaic de roultr-ks bas efl 
pajfee. 

On dit en-termes âeCiriers, toa- 
ler les cierges ^ pour iignifior ,^atron- 
<Hr les 'cietiges fur une table arrofée 
d'eau «vec l'inftf ument appelé rou'- 
loir, 
KovLEK ) en neroies de Fondeurs de 
petit plocnb ^ Signifie «rrondir le 
plomb dans le moulûi en Vy re- 
muant avec précipitation. 
Rouler, en termes de Bootonniers^ 
fe dit de l'aâion de faire plusieurs 
lacets de cordonnet ou de luifant , 
or ou foie , fur un moule de bouton 
i épt après le premier jetage. 
RotJLcit , eft aisffl vevbe neutre , & fi- 
gnifie avancer en coitrnant. N'arrê^ 
te-^ pas cette boule j /'/ faut la laijjer 
roukr. Oefi un chemin joù ies voitu-- 
res ne roulent que difficilement. VoyeTç^ 
ies globes céU^s ijui roulem fur nos 
têtes. Son cheval s'abatit & roula du 
haut en bas de la côte. 

On dit, qxi*il fait beau feuler; 
pour dire , que le chemin eft beau 
pour le carrolTe , pour le charroi. 

On Aïi^ faire rouler la prejfe ; pour 
dire , faire imprimer des ouvrages. 
Il eft familier. 

On dit figurément , ^ue l* argent 
roule dans une maifon ; pour dire que 
largent y eft en abondance. Et ton 
dit que l'argent roule dans un pays ; 
pour dire, que l'argent circulé dans 
le commerce, qu'il paiTe fréquem- 
ment d'une main i l'autre. 



504 R O \j 

On die figarément, qn*une eon» 
vcrfadon^ un ^if cours y un livre ^ &c. 
rouit far une telle matière ; pour dire 
que c'en eft le principal fujec. 

On dir auffî fig'irément, tout 
roufe là'dejfus; pour dire que c'ell le 
point principal, TafFaire principale 
dont tout le refte dépend. 

On dit encore figurément,qu*w/itf 
affaire roule fur une perfonne ; pour 
cure qu'elle eft abandonnée â l'es 
foins. 

i^ouLER , fe dit de plufieuri^perfonnes 
qui ont quelque commandement, 
quelque léance alternative. Se Tun 
après l'autre. Ces deux Officiers rou- 
lent enftmhle. Il prétend quil doit 
rouler avec vous. Et l'on dit que des 
régimens roulent enpre eux; pour dire 
qu'ils font de la même création , 
qu'ils ont le même fang, & qu al- 
ternativement ils fe priment les uns 
les autres. Le régiment de Champa- 
gne roule avec ceux de Navarre & 
Piémont. 

RoutER, fe die tn termes de marine , 
d'un vailTeau qui étant agité par les 
vagues lorfque la mer eft grofTe , 
penche beaucoup d'un côté &t puis 
auflî-tôt de l'autre. Le navire ne fit 
que rouler pendant vingt - quatre heu- 
res. On dit auffi , nous roulâmes tout 
le jour; pour dire, le vaifTeau oi\ 
nous étions roula tout le jour. 

Rouler , (îgnifie figurément fubfîfter, 
trouver moyen de fubûfter. On die 
quil ne lui refie plus rien , 6- cepen^ 
dant il roule toujours, Cefi fon tra- 
vail qui fait rouler toute la famille. 

Rouler, fignifie aufli figurément er- 
rer, fans s'arrêter en an lieu. // a 
roulé par toute f Europe. 

On dit figurément , mille penfées 
flifférentes lui roulent dans l'efprit; 
pour dire,lui palTent & lui repaifent 
dans l'efprit, fans qu'il s'ai:r&te , 
(ans quHl fç fixe si aucuocr 



ROÛ 

La première fyllabe eft brève, Si 
la féconde longue ou brève. Voyc^ 
Verbe. 

Les temps ou perfonnes qui fe 
terminent par un e féminin ont la' 
fyllabe précédente longue. 

ROULETj fubftantif malculin & ter- 
me de Chapeliers. Inftrument qui 
eft une efpèce de grand fufeau de 
bois dur dont ces Ârtifans fe fer- 
vent pour rouler- les chapeaux. 

ROULETTE i fubftantif féminin. Ef- 
pèce de petite roue de bois , de fec 
ou de cuivre fervant à faire rouler 
la petite machine où on l'attache. 
Et c'eft dans ce fens qu'on dit , une 
roulette d*enfant , en parlant d'une 
machine roulante, où de petits en^ 
fans fe tiennAt debout fans pouvoir 
tomber. 

Il fe dit auffi d'une forte de petite 

* chaife â deux roues , dans laquelle 

on va par la ville en fe faifanr tirer 

par un hôilime. Aller par lu ville 

dans une roulette. 

RoytETTE , fe dit auffi d'une efpèce 
de petite boule de buis , de fer ou 
de cuivre fervant à faire rouler le lit 
ou le fauteuil auquel on l'attache. 
Et c'eft dans cette acception qu*on 
dit , un Ut à roulettes j un fauteuil à 
roulettes. 

On appelle auffi roulettes ^cQix:i\n!& 
perits lits fort bas qui fe peuvent 
mettre fous de grands lits. 

Roulette, fe dit en termes de Re- 
lieurs, d'un inftrument de fer en 
forme de petite roue qui fert à faire 
le bord des livres. 
Roulette , fe dit en termes de Géo- 
métrie , d'une courbe qu'on appelle 
plus communément cycloïde. Foye^i 
ce mot. 
Roulette, eft auffi le nom d'un jeu 
de hafard qui fe joue dans un grand 
cercle divilé en portiques de cou* 
leur noire ou bUqi:he9 & ooméro- 



ROU 

tes. La petlie boule d'ivoire q^a'on 
|ecre dans ce cercle » & qui doic dé- 
cider du fore des joueurs , eft pouf- 
fée par une rigole , d'où elle entre 
dans le jeu ; & après avoir heurté 
contre divers rochers, elle va fe 
rendre dans un des portiques noirs 
ou blancs. On gagne quand la boule 
tombe dans les portiques de fa cou- 
leur , Se t*on perd quand c'ell le con- 
traire. 

ROUUER ; fubftantif mafculin. Car- 
^ rucarius veclor. Charretier public 
qui voiture par charroi des mar- 
chandifes, des ballots , des meubles 
d*une ville ou d'une province â une 
autre. 

Les rouUers , à moins que ceux 
pou^ qui ils onc chargé ou quelqu-un 
de leur part ne les accompagne , 
doivent avoir la lettre de voiture 
des marchancjifes qu'ils tranfpor- 
te;i