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Full text of "Les Jsuites Metz : Collge Saint-Louis, 1622-1762, Collge Saint Clment, 1852-1872"






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JESUITES A METZ 



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JÉSUITES 



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METZ 



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-<S~^ï*^ -SB- 



COLLÈGE SAINT-LOUIS 
1622 — 1762 

COLLÈGE SAINT-CLÉMENT 
1852 — 1872 





L. VIANSSON-PONTE ' 




MEMURE DES ACADÉMIES DE MEIZ ET DE NAN'CV 




^^^^^ 




STRASBOURG 


F. X. 


LE ROUX & Ci% Libraires-Éditeurs 




34, RUE DES HALLEBARDES 



1897 



B03T0N COLLEGE LIBRARY 
Chfc^lNUT'HILL. MASS. 



Tous droits réservés 




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LISTE 



SOUSCRIPTEURS 



PRESENT OUVRAGE 



-6^^3-s- 



Monseigneur Louis FLECK . . Évêque de Metz (Lorraine). 

Monseigneur Félix KORUM . . Evèque de Trêves (Prusse rh.). 

Monseigneur MARBACH. . . . Suffragant de Strasbourg. 

MM. 

Althoffer, Gh Guebwiller (Alsace). 

Amblard, a Vitry-le-François (Marne). 

Amblard, E Paris. 

AuBERT, F Montpellier (Hérault). 

AuBi.iN, Abbe Liesse (Aisne). 

AwENG, E Styring-Wendel (Lorraine). 

Barbier, Abbé Poitiers (Vienne). 

Barthélémy, Abbé Metz. 

Bastien, F Paris. 

Bastien, L. R. P Haut-Mont-Mouvaux (Nord). 

Bastien, P Nancy. 

Baudry, p Sennheim (Gernay), (Alsace). 

Bazelaire, L, de Agen. 



VI LISTE DES SOUSCRIPTEURS 



MM. 

Beauvant, de Gorze (Lorraine). 

BEGASSiiîRE, Comte de la . . . . Nancy. 

Benoist, Baron P. de Ghàlons-sur-Marne. 

Benoit, A Berthelmingen. 

Berga, R Versailles. 

Bernadac Angers. 

Bernard, F. H Nancy. 

Bernault, E Clermont-Ferrand. 

Bertin, Ch Nancy. 

BizEMONT, Vicomte de Bouxières-a.-Chênes(M.-et-M.). 

Bobet, Général de Paris. 

Boistertre, a. de Paris. 

BoLLEMONT, A. dc Rambcrvillcrs (Vt)sges). 

BoNviLLER, A. de Vannes (Morbihan). 

BoNY DE Lavergne, Gomte de. . Paris. 

BoRsoN, F Ghambéry (Savoie). 

Boulangé, H Nancy. 

Boulangé, H Arras (Pas-de-Galais). 

Boulnois, R. P Notre-Dame-de-Liesse. 

BouR Lille. 

Bouron, h Paris. 

BoYER, M'"e Longuyon (Meurthe-et-Mos.). 

Braun Nancy. 

BuRTiN, H Metz. 

Gampigneulles, g. de Arras (Pas-de-Galais). 

Ghabert, D'' G. de Roubaix (Nord). 

Ghapiron, J.-B St-Acheul, Amiens (Sommei. 

Ghappuis, Gh Vannes iMtirbihan). 

Gharpentier, ¥1. Baron .... Strasbourg. 

Ghatenay, de Grèvecœur-le-Grand (Oise). 

Ghevigny, Adhémard de ... . Gairaut. 

Ghévigny, p. de Nancy. 

Gisterne, L Paris. 

GoETLosQUET, Maurice du . . . Ghâteau de Mercy. 

Goetlosquet, Ed. R. P. Dom. du St-Maur de Glanfeuil |M.-ct-L.), 

GoETLosQUET, Gomte du ... . Nancy. 

Goetlosquet, Vicomtesse du . . Nancy. 

Goetlosquet, du Boulogne-sur-Mer (P.-de-C.). 

Cohanier, R. P La Louvesc (Ardèche). 

Gomte, H. D'' Rouen. 



LISTE DES SOUSCRIPTEURS VII 



MM. 

CoRHUMEL Metz. 

CouRSON, Comtesse de Paris. 

Croizier, a Saint-Etienne (Loire). 

GUSSY-GUNY, M™e Metz. 

Decoster, L. R. P Lille (Nord). 

Delaval, A St-Max-lès-Nancy (M.-et-M.). 

Dellès, Abbé Metz. 

Desforges, J Paris. 

Deseorges, h Paris. 

Deubel, M""" Strasbourg. 

Didierjean, R. P Chàlons-sur-Marne. 

Diesbach,. Comte A. de Paris. 

Dieu, l'Abbé Paris. 

DlLSCHNEIDER, M^'le MetZ. 

DoMMANGET, H Dôle (Jura). 

Dommanget, Oliv Sedan (Ardennes). 

DoRVEAUx, P. Docteur Paris. 

Ducluzeaux, Docteur Stenay (Meuse). 

DuTHOiT, M''"'^ Amiens (Somme). 

Ehrmann, J. r. p Amiens. 

EsTERHAZY, Comte Paul .... Bordeaux. 

Fabre, a Paray-le-Monial (S.-et-L.). 

Fallois, a. de Paris. 

Ferry, de L Poitiers. 

Forestier, E Bordeaux. 

François, Chan Metz. 

Frécot, g Nancy. 

Fristot, r. p Lille. 

Gand, a Nancy. 

George, Em Varennes-en-Argonne (Meuse). 

Gérardin, H Vendresse (Ardennes). 

GÉRARDiN, Louis Paris. 

Gérardin, Maurice Paris. 

Gill'et Orléans. 

Gloria, H Beaune (Côte-d'Or). 

GossELiN, Ch Alger. 

GouRjAULT, de Balan-Sedan. 

Greau, h Paris. 

Grille d'EsTouBLON, ComteH. . Chàteauroux. 

Grisard, Léon Saint-Pétersbourg ^Russie). 



VTII LISTE DES SOUSCRIPTEURS 



MM. 

Grocholski, Etienne Kolodno (Galicie). 

Gruss, Alphonse, Abbé Eckbolsheim. 

GuÉPRATTE, Abbé Montigny-lès-Metz. 

GuÈzE, Léon R. P Montpellier 

Haas, Prosper Belfort. 

Hannoncelles, d' Ch°" Je Crépy p. Peltre (Lorr.). 

Havret, J Le Mans (Sarthe). 

Heinrich, Jos. R. P Dijon. 

Henriet, Albert Nancy. 

Henry, Léon Brévilly (Ardennes). 

Herbin, A Nancy. 

Heymes, m. Abbé Martin-Eglise (Seine-Inf''<'.) 

Hoffmann, Al Remoncourt (Vosges). 

Hozé. J Nancy. 

Humbert, M^'ic» Metz. 

Jacques Hottweiler. 

Jeunhomme, O. Abbé Metz. 

Kauffeisen, R Saint-Dié. 

Kempf, Eug Moyenmoutier (Vosges). 

KiFFER, H. Abbé Metz. 

Lacaille d'Esse, V Tarbes (Hautes-Pyrénées). 

Lachambre Douay (Nord). 

Ladonchamps, r. de Ch"" de Ladonchamps pr. Metz. 

Lallement, Abbé Vitry-s.-Orne (Lorraine). 

Lambertye, Comte de Cons-la-Grandville (M.-et-M.) 

Landre, Baron de Ch"" de Ludres près Jarville. 

Laugel, a Saint-Léonard (Alsace). 

Lauras, L Rouen. 

Lavigne, L. j Paris. 

Lebrocquy, a. r. p Mons (Belgique). 

Leclerc, j. r. p Paris. 

Ledergerber, Jos. r. P. . . . Enghien (Belgique). 

Lefèbvre, H Nancy. 

Le Goueff, r. p Brest. 

Lejeune, Jules Nancy. 

Le Mergier-Moussaux Paris. 

Leneveux, D'' Langres (Haute-Marne). 

Lennuyeux, Abbé Plappeville (Lorraine). 

Lesecq, René Mareuil-sur-Av (Marne). 

Liesenfelt Verdun (Meuse). 



LISTE DES SOUSCRIPTEURS IX 



MM. 

Lœwenbruck, Ch Le Havre (Seine-Inférieure). 

Lœwenbruck, E Maromme (Seine-Inférieure). 

Macquardt, J Nancy. 

Maigret, Comte G. de Epernay (Marne). 

Maire, Ch Toul (Meurthe-et-Moselle). 

Marc, R Nantes (Loire-Inférieure). 

Mardigny, R. de Calais (Pas-de-Calais). 

Marin, Ch. de Hagondange (Lorraine). 

Martin, Ludovic Rome. 

Mathis DE Grandseille. .... Paris. 

Maud'huy, de . Nancy. 

Mecquenem, a. de Paris. 

Mercier, Maurice C\Y" de Saubion (Landes). 

Metz, Léon Esch s. A. (Gr.-D. de Luxemb.) 

Moidrey, Baron de Reims. 

Monnier, a Ch°" de Baudin (Jura). 

MoNNiER, L. Chanoine Paris. 

MoRAwsKi Cracovie (Autriche). 

MuLLER, Abbé Metz. 

MuLLER, L. Aumônier Metz. 

MuRY, P Metz. 

Nathan, de Bordeaux. 

Neuville, D Reims. 

NiGETiET, Chan Metz. 

Offel de Villaucourt Besançon. 

Paquel, g Nancy. 

Paul, J. Abbé Juvélize (Lorraine). 

Peultier, E. r. P Amiens (Somme). 

Poncelet, Abbé Metz. 

PoRTALic, E Tarancon (Cuenca), (Espagne) 

Prevel, V Metz. 

Redon, A. de Epinal (Vosges). 

Redon, E. de Paris. 

Reimsbach Metz. 

Remy Epinal (Vosges). 

Richard, Jos. Abbé Saint-Dizier (Haute-Marne). 

Richard d'Aboncourt, P. de . . Dunkerque. 

Richon, C Nancy. 

Robert, des Nancy. 

Rochette, r. p Marseille. 



LISTE DES SOUSCRIPTEURS 



MM. 

RoHoziNSKi, Comte de Nice. 

RoLLiN Châlon-sur-Saône (S.-et-L.). 

Rosette, A. R. P St-Leonards-on-Sea (Angl). 

RoussELiN, A. R. P Reims. 

RouviER, F. R. p Villefranche-SLir-Saône. 

Saglio, Alph Blagnyp. Carignan(Ardennes) 

Saladin, h Paris. 

Samain, g Metz. 

Sancy, Abbé Gandrange (Lorraine). 

Scharff, Abbé Montigny-Iès-Meîz. 

ScHMiT, Ad Luxembourg. 

Scorraille, r. de R. P Toulouse (Haute-Garonne). 

SiDOT frères Nancy. 

SoMMERvoGEi Paris. 

SoMMERvoGEL, X Autun ( Saôoe-et-Loire). 

Stoffels d'Hautefort Saint-Mandé près Paris. 

Supérieure Générale, M^", des 

Sœurs de Sainte-Chrétienne. Metz. 

Supérieure, Mme ije Sainte-Chré- 
tienne Saint-Vincent Metz. 

Supérieure, Mme de Sainte-Chré- 
tienne Metz. 

Supérieure, Mme ju Sacré-Cœur Metz. 

SuRY d'Aspremont, Alph. de . . Soleure (Suisse). 

SuRY d'Aspremont, Stan. de . . Amboise (Indre-et-Loire). 

Taufflieb, Ch Barr (Alsace). 

Tharon, J. Abbé lussy (Lorraine). 

TiNSEAU, Edgard de Toul (Meurthe-et-Moselle). 

TissoT, Paul Saint-Germain-en-Laye. 

ToucHET, Gabriel de Saint-Omer i Pas-de-Calais). 

ToucHET, G. de Lunéville. 

Toussaint, Henri Paris. 

Varroy, Ch. R. P Nancy. 

Vaultrin, h. . . Nancy. 

Vautier, p. r. p Amiens. 

Vêlez, J.-M Madrid (Espagne). 

Veriot, Mme Metz. 

Vernette, Maxime de la . . . . Metz. 

Vevi;r, h Paris. 

Viansson-Ponté, p. Abbe. . . . Petit Faillv (M.-et-M.). 



LISTE DES SOUSCRIPTEURS 



XI 



MM. 

ViANssoN-PoNTÉ Fillièrcs p. Pierrcpont (M .-M .) 

ViGY, L Bar-le-Duc. 

ViLLEROY, Eug Versailles. 

ViLLEROY, E Vaudrevange. 

ViLLiER, Abbé Metz. 

VoGEiN, Mme Metz. 

VoGELWEiD, R. P Enghien (Belgique). 

VuiLLAUME, Abbé Vic-sur-Seille (Lijire). 

Wenger, h Drusenheim (Alsace). 

WiLLEUMiER, H. Chanoine . . . Metz. 

WiTTE, de . Caen. 

Zeder Meulan (Seine-et-Oise). 

Zeller, Paul ■ Semouse p. P]ombières(Vosg.) 

Zugmeyer, R. P Belfort. 





PRÉFACE 




;' a vingt-trois ans révolus qu'en vertu de la 
fameuse maxime v la force prime le droit », les 
Jésuites d'Alsace -Lorraine ont dû prendre le 
chemin de l'exil, et laisser à l'abandon le noviciat d'Is- 
senheim, la résidence de Strasbourg et le florissant col- 
lège Saint-Clément à Met^. 

Qu'avaient-ils fait pour mériter d'être chassés de leur 
patrie? ^(Ah! votre crime, mes Pères, s'écriait dans 
l'église même de Saint-Clément, le Si Juillet 18'] 2, l'élo- 
quent panégyriste de Saint-Ignace , M. l'abbé Jacques, 
ancien aumônier militaire, chanoine de la cathédrale de 
Met'{, — votre crime, c'est de vous être dévoués du matin 
jusqu'au soir, de vous être dévoués à toutes les œuvres de 
l'apostolat chrétien, d'avoir élevé chrétiennement notre 
jeunesse, d'avoir évangélisé nos villes et nos campagnes , 
d'avoir prêté votre puissant concours aux prêtres de ce 
diocèse, d'avoir entretenu la ferveur dans le sacerdoce et 
dans nos communautés religieuses , d'avoir nourri nos 
pauvres. Voilà votre crime. Il n'en est pas d'autre avons 



XIV LES JESUITES A METZ — - PREFACE 

reprochej^. Vous êtes persécutés et hais, paîxe que vous 
ave'{ aimé la justice et prêché la vérité; et voilà pourquoi 
vous êtes bannis! Heureux bannis du Christ I^»^ 

Mais, en partant , les Jésuites laissaient derrière eux 
le souvenir de leur dévouement , et parmi leurs anciens 
élèves, il en est peu, s'il en est, qui n'aient point gardé 
pour eux la mémoire du cœur. 

L'un d'eux, M. Viansson-Ponté , n'écoutant que sa 
reconnaissance, encouragé d'ailleurs par le R. P. Stuinpfj 
le vénérable Recteur de Saint-Clément, voulut se faire 
l'historien des a Jésuites de Met^y^ C'est son ouvrage 
que nous présentons aujourd'hui au clergé de Lorraine 
et aux anciens élèves de Saint-Clément. 

D'infatigables chercheurs , les PP. Bach et Lauras, 
avaient déjà réuni de nombreux documents, puisés dans 
les Archives et les Bibliothèques publiques de la Lorraine; 
l'érudit académicien de Met^ les a mis en œuvre avec une 
intelligente patience. Elargissant son cadre. Une raconte 
pas seulement l'histoire de Saint-Clément, mais il remonte 
aux origines de la Compagnie de Jésus à Met:^. 

Dans une première partie, richement documentée , il 
nous fait assister au premier établissement des Jésuites 
dans la cité messine , malgré la longue et vive opposition 
des Calvinistes du pays; il iwus décrit ensuite la fonda- 
tion, les agrandissements et les dijferentes translations 
de l'ancien collège, établi définitivement dans la rue de la 
Chèvre, sous le nom de collège Saint-Louis, à côté de 
l'église devenue aujourd'hui la pai^oisse Notre-Dame ; il 
nous initie aux travaux des Pères, à leur enseignement, 
aux succès de leurs écoliers, comme aussi aux tracas que 



LES JESUITES A METZ PREFACE XV 

leur suscitaient leurs adversaires ou leurs émules. Puis 
vient la triste histoire du bannissement des Jésuites, et de 
la suppression de la Compagnie. 

Mais l'iniquité ne devait pas durer toujours : en 1814^ 
le prisonnier de Fontainebleau , rentré triomphant à 
Rome, rétablit par tout l'univers l'Ordre de Saint-Ignace : 
dès 18J2, l'abbé Potot, l'ancien commandant des armées 
de la République, devenu prêtre, entre dans la Compa- 
gnie; il fonda dans sa maison paternelle une résidence, 
transportée plus tard rue des Trinitaires, et transformée 
en collège, sous le haut patronage de Mgr Dupont des 
Loges, d'abord à Saint- Augustin, puis à Saint-Clément. 

C'est l'histoire de cette résidence et du nouveau collège 
qui forme la deuxième partie de l'ouvrage de M. Viansson- 
Ponté. Tous les anciens élèves de Saint-Clément la liront 
avec intérêt; ils y retrouveront avec plaisir le récit des 
fêtes joyeuses, des solennités brillantes et des cérémonies 
religieuses qui venaient embellir leur vie de collège et 
einbaumer leur adolescence d'un parfum de piété qu'ils 
ne sauraient oublier ! 

Les pages qui terminent cette seconde partie réveille- 
ront des souvenirs bien douloureux ; mais au milieu des 
ruines du passé brille toujours l'invincible espérance de 
l'avenir ! 

Saint-Clément, 1 g Mars i8g6 

en la fête de saint Joseph. 

P. MURY. 

s. J. 



PREMIERE PARTIE 

COLLÈGE SAINT-LOUIS 




CHAPITRE PREMIER 



LA REFORME A METZ 




A ville de Metz si fermement attachée pen- 
dant près de quinze siècles à la Religion 
catholique; Metz, si fière de ses quatorze 
abbayes suivant la règle de saint Benoît, de ses vingt 
paroisses, de ses nombreux établissements hospitaliers 
et religieux, fournit d'ardents sectateurs au protestan- 
tisme, dès son apparition. 

Ce fut surtout dans la haute bourgeoisie et dans 
l'aristocratie de la cité, au sein des familles dont les 
alliances et les intérêts se trouvaient en Allemagne que 
se recrutèrent les adhérents de la Réforme, tandis que 
le peuple resta fermement attaché à la foi de ses 
ancêtres. Dès l'origine, les deux camps se dessinent 



4 LES JESUITES A METZ 

nettement : les catholiques, alliés de la F'rance, les 
protestants, partisans de l'Allemagne.^ 

Les Réformc\s trouvèrent un protecteur en la per- 
sonne du premier magistrat de la cité, Gaspard de Heu. 
Ce maître-échevin appela à son aide l'un des plus 
puissants promoteurs des doctrines nouvelles, le comte 
Guillaume de Furstemberg. 

Le comte, secondé par le duc de Wurtemberg, par 
le landgrave de Hesse, par les municipalités protestantes 
de Strasbourg et de Francfort se présenta devant Metz, 
à la tète d'un nombreux corps de troupes. Le 9 juillet 
1842, Gaspard de Heu leur ouvre les portes et les 
Allemands se précipitent dans la ville aux cris de 
Ville gagnée. Le peuple courut aux armes, refoula les 
envahisseurs et Furstemberg n'échappa à la mort que 
par une fuite rapide. 

A la suite des Allemands, un ministre du nouvel 
évangile, Guillaume Farel, s'était introduit dans les 
environs de Metz. Il établit son prêche à Montign\ , et 
invita les prêtres catholiques à venir discuter avec lui. 
Un moine de Gorze, nommé Fidelis, confiant dans la 
bonne foi de son adversaire, se présenta. Après une 
courte discussion théologique, Farel, à bout d'arguments, 
appela à son aide les soldats allemands. Fidelis fut 
accablé de mauvais traitements et menacé de mort. 
Les représailles ne se firent pas attendre ; peu de jours 



' Mkurissi:, Histoire des livéques de Met-, 1(134, et Histoire de 
l'hérésie djiis Li ville de Melj. n')^i. — Huguenin, Les chroniques 
de la ville de Met^, i838. 



CHAP. I. LA REFORME A METZ 



après, Farci s'étant rendu à Gorze et a^'ant insulté un 
Jacobin qui prêchait sur l'Immaculée Conception, les 
femmes se précipitèrent sur lui, lui arrachèrent les 
cheveux et la barbe et lui eussent fait un mauvais parti, 
si les lansquenets de F'urstemberg ne fussent venus à 
son secours. 

Après de nombreux pourparlers, les Messins, menacés 
par les princes allemands, acceptèrent à contre cœur 
qu'un ministre protestant fût reçu dans l'intérieur de 
la cité. 

Le Cardinal de Lorraine, résolut de s'opposer à 
l'établissement des réformés dans le pays Messin. 
Appelé par lui, son frère, Claude de Guise, accourut 
avec un corps d'armée; attaqua Gorze, occupé par les 
Allemands, s'en empara et livra aux flammes, l'abba^'e 
et le château que les ennemis avaient transformés en 
forteresse. 

Enhardis par le voisinage du duc de Guise, les 
Messins nommèrent comme maître-échevin un zélé 
catholique, Richard de Raigecourt. A la demande de ce 
magistrat, Charles-Quint envoya au commencement 
d'octobre i343, Charles Boisot, conseiller d'Etat et 
maitre des requêtes de l'Empire. Boisot expulsa le 
ministre Vautrin Dubois, cassa les traités et conventions 
conclus avec les réformés et ordonna le bannissement 
des novateurs. Cet édit fut publié le i5 octobre i SqS 
et strictement observé jusqu'en i552, époque de la 
reddition de Metz à la France. 

A peine remis du terrible siège soutenu par la ville 
contre toutes les forces de l'Empire, les Messins dont 



LES JESUITES A METZ 



la destinée était dès lors inséparablement liée à celle 
de la France, songèrent à établir un collèi^e qui put 
former des défenseurs de leur foi. Dans ce but, ils 
députèrent à Henri II, a Reims, deux membres de la 
noblesse, Michel Praillon et Claude d'Abocourt. ' Le 
Roi accueillit leur requête et les adressa au Cardinal 
de Lorraine. Cx^lui-ci, alors occupé de la fondation de 
l'Université de Pont-à-Mousson, les renvoya avec de 
bonnes paroles, qui restèrent, pour le moment, sans 
effet. 

Les décisions des Etats généraux et l'édit de Janvier 
i562, autorisant les Huguenots à exercer publiquement 
leur culte, ravivèrent les querelles religieuses. «A cette 
époque, dit Dom Calmct, les réformés lirent dans Metz 
un progrès prodigieux, tant par le grand nombre de 
personnes qui embrassaient leur créance que par le 
concours des protestants étrangers et des apostats 
prêtres qui, étant chassés de France, d'Allemagne et 
de Lorraine v étaient récusa bras ouverts.»^ 

Les prêches des ininistres retentissaient tous les di- 
manches de déclamations conti'e le célibat ecclésias- 
tique; on V exaltait en revanche les mariages des prêtres, 
religieux et religieuses dont les apostats, qui afiluaient 
à Metz, donnaient fréquemment le scandaleux spectacle. 

Les dissidents avaient de puissants protecteurs; le 
gouverneur François de Scépeaux, sire de \'ieiileville 
était gagné à leur cause; il avait marié sa (ille à un 



' Voir IMùces juslificalives, note i. 

^ Dom Calmict, I/isloirc lie Lorriiiiw, tome III. 



CHAP. I. — LA REFORME A METZ 



huguenot lorrain de la famille Du C^hatelet et avait 
pour favori Claude de Vienne, baron de CHervant, 
désigné comme chef du parti par les princes allemands. 
Les emplois les plus importants de la ville furent 
confiés à des sectaires : un protestant allemand, François 
d'Inguenheim fut pourvu de la charge de maître-échevin. 
Le Président ro\aI, Antoine de Senneton, placé à la 
tète de l'administration judiciaire de la province était 
ouvertement favorable a la religion nouvelle; sa femme 
et ses deux filles en faisaient publiquement profession.' 
N'ayant rien à craindre de l'autorité devenue leur 
complice, les réformés s'enhardirent; ils ouvrirent des 
écoles à Metz, comme dans les villages environnants 
et établirent au centre de la ville un collège protestant. 
En même temps des libraires et des imprimeurs, venus 
presque tous de Genève, multiplièrent et firent circuler 
des livres déversant la haine et le mépris sur tout ce 
qui touchait à la vraie religion. Justement eflVayés de 
l'audace des hérétiques," les catholiques recoururent au 
Cardinal de Lorraine et a l'Évèque de Metz, François 
de Beaucaire. Par leur entremise, ils portèrent au 
pied du trône leuis humbles supplications. Le prince 
de Condé et l'amiral de Coligny empêchèrent l'efiet de 
ces démarches en affirmant à Charles IX qu'elles 



• Brantôme, Vie des liof>iiiics illustres et. des £(rands capitaines. 
Paris, i838, in-12. Liv. 1. Ch. 34. — Mkukissil, Histoire de l'hé- 
résie. — Michel, Histoire et Biographie du Parlement de Metj. 
Bibliothèque Je Metz, manuscrits, carton 34. Correspondance du 
Président royal de Senneton. — Thirion, Histoire du protestan- 
tisme à Met:;. Nancy, 1884, in-8û. 



8 LES JÉSUITES A METZ 

« 

n'avaient d'autre but que de créer à Metz un parti à la 
maison de Lorraine déjà trop puissante. Ce refus 
encouragea les protestants d'Allemagne qui formèrent 
le dessein de s'emparer de Metz et d'}' établir une 
République semblable à celle de Genève. Le Maréchal 
de Vieilleville fut informé du complot par un espion 
qu'il entretenait à Luxembourg; il apprit par la même 
voie que son lieutenant, Jacques de Montheron, sieur 
d'Ausance y donnait les mains.* Cette fois, le vieux 
Maréchal, craignant, à juste titre, le reproche de haute 
trahison, accourut, déconcerta les conjurés par sa venue, 
fit massacrer les ennemis déjà introduits secrètement 
dans la ville par un moine du couvent des Cordeliers 
et se portant au devant des princes allemands réunis 
près de Thionville, leur infligea une sanglante défaite 
dans laquelle ils eurent onze-cent-cinquante hommes 
tués et quatre-cent-cinquante prisonniers. Le sieur 
d'Ausance fut destitué et Vieilleville mit à sa place, 
son neveu Jean de Thévalle, comte de Créance. 

La raison d'état vint alors à l'appui des remontrances 
et des supplications des catholiques. (Charles IX, venu 
à Metz, pour y consolider son pouvoir, fit publier dans 
toutes les rues de la ville, le 7 avril i^lu), un édit 
défendant: «qu'il n'\^ ayt, es dicts ville et païs, aultre 
exercice de relligion que de la catholicque, sans qu'il 
soyt loisible à aulcuns habitans des dicts ville et païs 
compris en la dicte protection, faire aultre exercice n}' 
entretenir escholes à l'instruction de leurs enfans. » ' 

' MiouRissic, Hisldii-c de l'hcrcsic, paL;e 33 1. 



CHAH. I. — LA RKFOkMli A METZ 



En quittant Metz, le 12 Avril, le Roi recommanda 
encore à Thévalle de tenir la main à l'exécution de ses 
ordres. Ce dernier le lui promit, mais, convaincu que 
l'amour de la religion s'inspire plus par la persuasion 
que par la force, il prit la liberté' de demander au Roi, 
d'envo^'er un prédicateur de talent qui, soutenant la 
religion par la sainteté de ses mœurs et de sa doctrine, 
put réfuter les erreurs des ministres et confirmer les 
catholiques dans la religion de leurs pères. 

Le Cardinal de Lorraine avait appris à connaître les 
Jésuites au Concile de Trente, et était en relations 
avec le Père Edmond Auger, célèbre par son éloquence, 
son savoir et son zèle ; il fit promettre a ce Père de 
venir prêcher à Metz. Retenu par des engagements 
antérieurs, Auger ne put remplir sa promesse qu'en 
iDyi. Il prêcha le carême à la Cathédrale avec un 
éclatant succès et sa parole ramena de nombreux 
hérétiques. ' 

Irrités de ces conversions, les réformés envo}-èrent 
au Roi des députés ; grâce au crédit de l'amiral de 
Colignv, ils obtinrent un décret, en date du 25 avril 
iByi, donné à Charenton, autorisant le libre exercice du 
culte calviniste à Courcelles-Chaussy, distant de Metz 
seulement de quatre lieues. 

Les Messins protestèrent et Thévalle prit sur lui de 
suspendre l'exécution de l'arrêt du Roi jusqu'à plus 
amples instructions. Bien lui en prit ; Charles IX se 
trouvant le 10 Mai à Ennette,. soustrait à l'influence de 

' Voir Pièces justificatives, n" 2. 



10 LES JESUITES A METZ 

l'amiral de Coligny, révoqua l'autorisation qui lui avait 
été arrachée par surprise. 

Coligny s'empressa de revenir à la cour; ' à force de 
réclamations, il obtint l'érection d'un temple à Montoy, 
à deux lieues de Metz. La joie des Protestants fut de 
courte durée; la Saint-Barthélémy suivant de près, 
anéantit leurs espérances. Thévalle refusa dans cette 
circonstance encore, de se faire l'instrument de la 
politique royale, il suspendit l'exécution des ordres 
reçus et sa sage modération épargna toute effusion de 
sang. 

Le Maréchal de Vieilleville, mort avant ces événe- 
ments, 2 avait été remplacé par Albert de Gondy, 
comte de Retz, maréchal de France. Le nouveau gou- 
verneur se fit accomgagner par un prédicateur renommé, 
le Père Maldonat. Pendant un mois, devant le Palais, 



' « Les envoyés protestants bien accueillis par Vieilleville et 
scachants bien se gouverner selon le vent, eurent gain de cause, 
grâce à Coligny à qui rien n'était refusé.» — Thicodore dk Beze, 
Histoire des Eglises réformées. Anvers, i 58o, livre XVI. 

'■^ Vieilleville était un soldat. Son rôle politique fort exalté par 
les partisans de la Réforme, consistait à agir suivant les inspira- 
tions des hommes qui l'entouraient. Son gendre était protestant; 
son principal favori, Clervant, était l'agent des princes alle- 
mands, enfin l'amiral de Coligny avait sur lui une influence 
considéiable. C'est ainsi que s'expliquent les inconséquences 
de conduite, la variabilité de sentiments dont Vieilleville a fait 
preuve, suivant qu'il agissait comme patriote et ct)mme soldat, 
ou qu'il se trouvait sous l'influence des Anglais et des Alle- 
mands, de Colignv, Clervant, d'Auzance et SennetcMi. — Voir 
Brantôme, de Thon, Aletirisse. (^arloi.v : Mémoires de Vieilleville, 
Paul Ferry, Observations séculaires, manuscrits loû à loS de la 
Bibl. de Metz. 



CHAP. 1. LA REFORME A METZ I I 

le Père tit tous les jours le Catéchisme aux dissidents, 
qui eurent ordre d'y assister. Il leur exposa spéciale- 
ment la doctrine chrétienne touchant le sacrifice de la 
Messe et le Purgatoire. Ses instructions produisirent 
des fruits merveilleux et de nombreuses conversions. ' 

En ib-j3, Charles, marquis de Piennes, de la maison 
d'Halluin, remplaça le comte de Retz, comme gou- 
verneur de Metz. Un de ses premiers actes fut d'or- 
donner le désarmement de tous les religionnaires et 
d'interdire le prêche établi au village de Burtoncourt, 
fief du duc de Deux-Ponts. A cette époque, le prince 
de Condé se trouvait en Allemagne pour y soudoyer 
des troupes. Le baron de Clervant l'amena à conclure 
avec l'Electeur palatin, un honteux traité d'après lequel, 
un corps dé reitres devait aller combattre le Roi de 
France, à condition qu'à la paix on exigerait d'Henri III 
pour Jean Casimir, fils de l'Ellecteur palatin, le gou- 
vernement de Metz, Toul et Verdun, avec le revenu de 
ces villes et une pension. Le duc de Montmorency et 
Clervant ayant été écrasés à Dormans, le i i Octobre 
1575, par Henri de Guise le Balafré, les Allemands 
rendirent leurs armes avant de s'en servir. 

En 1 576, Henri de Navarre, s'échappant de la cour, 
alla prendre le commandement des huguenots et des 
mécontents qui tenaient contre l'autorité royale. 
Catherine de Médicis effrayée, accorda toutes les 
concessions demandées. Les protestants de Metz se 
hâtant d'en profiter, firent bâtir un temple, au milieu 

' Voir sur le P. Maldonat : Pièces justificatives, note 3. 



I 2 LES JESUITES A METZ 



de la ville, rue de la Chèvre. Moins de deux mois 
après la publication de l'édit, le 2 Juillet iSyG, ils 
inaugurèrent cet éditice avec une grande solennité. 

Leur triomphe fut de courte durée. Le 12 Décembre 
iSyb, les Etats généraux réunis à Blois, déclarèrent 
ne pas reconnaître la paix honteuse faite avec les 
protestants. La ligue affirma par là son existence et sa 
force dans le pays. La nouvelle de cette déclaration fut 
apportée à Metz, par un religieux trinitaire, député par 
le clergé de la ville aux Etats de Blois. Ce leligieux 
remit à Thévalle l'ordre du Roi de ne souffrir aucun 
exercice du culte réformé. 

Thévalle signifia la volonté royale aux protestants, le 
21 Février 1577; forcés d'abandonner leur temple, les 
ministres se retirèrent à Montoy. Le peuple célébra par 
des cérémonies religieuses la joie causée par cet événe- 
ment ; des actions de grâces furent chantées dans toutes 
les églises et une procession générale du chapitre, des 
moines et du clergé séculier, suivie d'un immense 
concours de fidèles, parcourut les rues de la ville, 
portant dévotement le chef de saint Etienne, patron de 
la Cathédrale. 






'kJ^' 




CHAPITRE II 



ETABLISSEMENT DES JESUITES A METZ 




E premier établissement des Jésuites à Metz 
eut lieu en i5<S2. Grâce aux libéralités de 
Didier Nicolas et du chanoine Toussaint 
Roussel, une maison fut achetée sur la paroisse Sainte- 
Ségolène. ' Deux Pères y furent envoyés avec mission 
de catéchiser, de confesser et de combattre l'hérésie. Le 
père Commolet fut le Supérieur de cette résidence qu'il 
dirigea jusqu'en 1589; à cette époque, il dut se rendre 
à Paris, où son talent de prédicateur fut mis au service 
de la Ligue. - 

Quelques années plus tard, Monseigneur Fournier, 
chanoine de Reims, suffragant et vicaire général de 



' Voir Pièces justiticatives, note 4. 
- Voir Pièces justificatives, note 5. 



14 LES JÉSUITES A METZ 

rÉvêque de Metz, voulut fonder un collège à Metz et en 
confier la direction aux Jésuites. Dans cette intention, 
il acheta la maison dite de Jo}'euse-gardc (Jardin 
botanique), mais ne pouvant réaliser son projet, il y 
installa les Capucins en i(3o2. 

Pendant cette funeste époque, Metz demeura neutre. 
Tour à tour, sollicitée par les ligueurs et par les 
huguenots, elle résista avec une égale énergie aux 
menaces de Clervant, zélé défenseur des intérêts alle- 
mands et aux sollicitations des princes de la maison de 
Lorraine, se bornant à empêcher les différents partis 
d'approcher de ses iiiurs. Dès qu'Henri IV eut abjuré, 
elle reconnut son autorité et avec la majeure partie de 
la France l'acclaiTia comme son souverain. 

L'abjuration du Roi amena la pacification du royaume ; 
les Jésuites s'en virent refuser le bénéfice. L'LTniversité 
de Paris, irritée de voir ses classes désertées, leur 
suscita les chicanes les plus injustes, La tentative 
régicide de Chàtel permit d'accueillir toutes les ca- 
lomnies. Le Parlement se fit l'instrument de ces 
rancunes et le 2q Décembre 1594, un édit bannit du 
royaume les membres de la Compagnie de Jésus. Les 
Pères de Metz se retirèrent à Pont-à-Mousson, en 
Lorraine. 

Cependant Metz demeurait toujours privée de collège. 
Les abba}'es de Bénédictins avaient bien quelques 
classes où l'on instruisait les jeunes gens appelés à 
reci'uter le clergé régulier ou séculier, en même temps 
que les enfants des tenanciers et des serviteurs de 
l'ordre, mais cet enseignement n'avait rien de régulier 



CHAF\ II. ETABLISSEMENT DES JESUITES A METZ I ;> 



et dépendait de la bonne volonté de l'abbé et des 
moines. L'abba3^e de Gorze, qui avait entretenu une 
école célèbre, venait d'être détruite dans les guerres 
du protestantisme. Quant aux écoles, jadis si renom- 
mées , de la Cathédrale, fondées et réglementées 
par Charlemagne, elles avaient disparu. Le Chapitre, 
absorbé par les luttes dirigées contre son influence 
politique, les avait laissées tomber et ne songeait pas à 
les rétablir. 

L'instruction n'était cependant pas anéantie dans la 
ville. Nos anciennes chroniques parlent à chaque 
instant de mystères religieux ou de scènes romanesques, 
qu'on représentait sur les places de la cité. Toutes les 
classes de la société fournissaient des acteurs à ces 
drames qui duraient parfois plusieurs jours. Ainsi en 
Janvier i5oi, c'était une comédie de Térence, dont la 
représentation fut troublée par les gens du quartier 
d'Outre-Seille, vignerons et manœuvres, peu familiarisés 
avec le latin et que ce spectacle ennu3^ait. En 1437, on 
joua la Vengeance de Notre Seigneur Jésus-Christ , 
mystère qui contenait plus de trente mille vers. La 
môme année encore, ce fut le tour d'un autre mystère 
qui contenait cinquante-trois actes ou scènes. ^ 

Il y avait dans la ville une ancienne abbaye, dite de 
Saint-Eloy' presqu'entièrement ruinée par les malheurs 



' Histoire de Met^ parles Bénédictins. — Huguenin. Chroniques 
messines. — Bégin, Histoire des sciences dans le pays Messin. — 
Vivii.LE, Dictionnaire dit département de la Moselle. — Petites 
affiches de Met-^, S avril i77<). 

■■^ Voir sur Tabbave de Saint-Eloi, note 6. 



I () LES JÉSUITES A METZ 



des temps et par une mauvaise administration. L'abbé 
a^^ant été déposé, les trois ordres de la ville saisirent 
cette occasion pour demander à Henri IV de disposer 
des biens de ce couvent pour y fonder un collège ; ils 
lui exposèrent que l'abbaye de Saint-Éloi, dite de 
Sainte-Croix, était vacante et abandonnée, que l'abbé 
et les moines étaient poursuivis pour crimes de toute 
espèce et demandèrent que cette abbaye leur fut donnée 
pour servir à l'établissement d'un collège devenu 
indispensable dans une ville aussi considérable que 
Metz. Henri IV donna ce brevet, daté du camp de 
Clermont, le 27 Septembre 1690; les Prémontrés 
protestèrent contre cette décision et il fallut une bulle 
du Pape Grégoire XIV, datée du mont Quirinal, le 
22 Juin iDQi pour réduire les moines au silence. Par 
cette bulle, le Pape supprimait et anéantissait l'abbaye 
de Sainte-Croix ou Saint-Eloi avec le titre et la 
dignité d'abbé « pour les revenus servir à l'érection 
d'un collège et à l'entretien des régents, lesquels 
obéiront à l'Evèque de Metz et à ses successeurs. » 
Henri IV confirma par de nouvelles lettres patentes 
du 8 Août i5()7 la donation de l'abbaye aux trois 
ordres de la ville de Metz. 

Trois professeurs se présentèrent pour faire les cours 
du nouveau collège et Alexandre Humbert, chanoine 
de la Cathédrale, en fut nommé principal. ' 



' F.e Chani)iiic IlLimlK-rl Alcxandio Jcccda le i(i mai i(")23, pt-ii 
après que son eiillcgo (jut été remis entre les mains des Rev. 
Pères Jésuites (Jutinial de Duni Sebastien Floret). 



CHAP. 11. — ÉTABLISSEMENT DES JÉSUITES A METZ I7 

Les réformés devenaient chaque jour plus nombreux. 
Enhardis pir les guerres civiles, ils se sentirent' assez 
forts pour reprendre, à main armée, leur ancien temple 
de la rue de la Chèvre et ne cédèrent qu'aux ordres du 
Roi. Par lettres patentes du i3 mars iSqy, il leur assi- 
gna un terrain pour y construire un temple dans un 
retranchement des fortifications (rue Chambière). Le 
Président royal de Batilly, le Procureur général Pierre 
Joly avaient embrassé la réforme, et d'accord avec Rai- 
mond de Sobolles, lieutenant du duc d'Epernon, avaient 
confié l'administration de la Cité à des magistrats pro- 
testants. La promulgation de l'édit de Nantes, qui 
avait eu lieu le i3 avril iôqS, leur avait rendu toute 
confiance. Sobolles pilla plusieur«s- églises et exerça une 
tyrannie qui força enfin Henri IV à se rendre lui-même 
à Metz.^ 

Le Roi arriva dans nos murs le 14 mars i6o3 ; il 
chassa les Sobolles, les remplaça par MM. de Montign}^ 
et d'Arquien, renouvela la garnison et s'occupa de l'ad- 
ministration de la ville, entrant dans les moindres 
détails. 

Un des principaux favoris du Roi, le marquis de la 



' Raimond, sieur de Sobolles, de la maison de Comminges et 
son frère, s'étaient fortifiés dans la citadelle d'où ils ne sortaient 
que pour piller et mettre à contributions la ville et les environs. 
Le duc d'Epernon,. envoyé par le Roi, n'osa pas entreprendre de 
les renverser. Henri IV les bannit et remplaça la garnison par 
une autre, prise dans le régiment des gardes {Mémoires de Sidl)-, 
liv. XIV, tome IV). — Vie du duc d'Epernon, p. 217. — Cjhiers 
des doléances des trois ordres de la ville au roi, du 1 5 janvier i588. 
— Meurisse, Histoire des Evéques de Met^, p. 646. 



LES JESUITES A METZ 



Varenne, voulut profiter de la bonne disposition dans 
laquelle il voyait le souverain pour tâcher d'obtenir de 
ce prince, la rentrée des Jésuites en France. L'éloigne- 
ment de Sully, qui s'était engagé envers le roi d'Angle- 
terre à agir et à parler contre la Coiiipagnie de Jésus, ^ 
la présence de Villerov, des ducs d'Epernon et de 
Gesvres et de plusieurs autres seigneurs affectionnés 
aux Jésuites, offraient une occasion favorable. 

Par l'entremise du sieur de la Varenne, le Père Pro- 
vincial Ignace Armand,^ accompagné des Pères du 
Chastelier, Brossart et de la Tour, fut introduit, le mer- 
credi saint, après le dîner du Roi, en son arrière cabinet 
où étaient le Duc d'Epernon et MM. de Villeroy et de 
(iesvres. Les Jésuites se jetèrent aux pieds du Roi. Sa 
Majesté les reçut en toulc douceur et huinauiié , leur 
commanda de se lever et ne permit pas qu'ils lui par- 
lassent à genoux. 

Le Père Provincial fit une longue harangue^ à la- 
quelle le Roi répondit fort amicalement: «Je ne veux 
point de mal aux Jésuites ; que le mal que je désire à 
homme qui vive m'avienne ! Ma cour de parlement a 
fait quelque chose contre vous, ce n'a pas été sans y 



^ Mémoires de Sully, \\\ . 2.S, t. V. p. 107. 

2 I.e P. li^nace Armand, né à Gap, entra chez les Jésuites en 
iSGg, âgé de dix-sept ans. Il enseii^na la philosophie et la théo- 
logie, fut recteur du collège de Tournon, quatre lois de celui de 
Paris, deux fois supérieur de la maison professe, trois fois ï^ro- 
vincial de France, deux fois provincial de Champagne. Il mourut 
à Paris le 2 décemhre 1(138. 

•* \\n\' Pièces justiticalives, note 7. 



CHAP. II. — ÉTABLISSEMENT DES JÉSUITES A METZ I9 

bien songer.» Puis il leur demanda par c'crit ce qu'ils 
lui avaient dit et leur commanda de passer ce jour 
auprès de lui. 

Le lundi de Pâques, Henri IV fit revenir le P. Armand, 
lui commanda de le venir trouver à Paris avec le Père 
Cotton, dont il avait entendu parler comme d'un fort 
bon prédicateur: «Je vous veux: avoir, ajouta le Roi, 
vous estime utiles au public et à mon Etat. » Puis en 
leur donnant congé, il les embrassa tous les quatre. ^ 

L'année suivante, malgré la résistance des protestants 
et surtout de l'LIniversité de Paris, les membres de la 
Compagnie de Jésus furent autorisés à rentrer en 
France. Les Messins firent alors de nouvelles démarches 
pour obtenir l'établissement d'un collège. La maison 
d'éducation dirigée par le chanoine Humbert ne faisait 



* Voir pour l'entrevue d'Henri IV avec les Jésuites, de Thou, 
liv. CXXIX. — Chronologie septennaire, an 1 6o3, P. Mathieu, t. II, 
p 2.; liv. IV, 550; Sully, Mémoires, 1. XIV, p. 218; Galerie de 
l'ancienne cour, t. I, p. iqo; Girard, Histoire de la vie du duc 
d'Epernon. — Ckétineau Joly. Cette entrevue semble toute em- 
preinte de la préoccupation profonde qu'Henri IV avait déjà 
manifestée en i 5q4 lorsque s'adressant aux députés de Beauvais, 
il leur disait : «Si la guerre durait encore longtemps, vous verriez 
le pauvre peuple français en telle ignorance, qu'il perdrait du 
tout la cognoissance de Dieu et la mémoire de le servir et 
honorer, au lieu qu'autrefois on a vu de tous temps les Français 
passer les aultres nations, soit en vertu, soit en armes, par les 
bonnes instructions que mes ancêtres, Rois de France, leur ont 
fait donner. J'établirai de si bons précepteurs à toute la jeunesse 
française que l'honneur en volera jusqu'aux confins du monde. Je 
n'ai aultre désir que vostre grandeur et pouvez vous assurer que 
mon travail sera pour vous agrandir et vous faire fleurir sous mon 
règne.» Mercure de France, fév. ijjS. Galerie de l'ancienne cour, 
t. I, p. l52. 



20 LES JESUITES A METZ 

que languir. En i6o5, par l'intermédiaire du duc 
d'Epernon, ils firent parvenir au Roi l'expression de 
leurs désirs. ^ 

Henri IV accéda volontiers à cette demande et fit 
expédier, la même année des lettres patentes; mais 
SuUv nous apprend dans ses mémoires par quelles 
menées il empêcha l'exécution de la volonté royale. ^ 

La supplique des catholiques au Roi montre combien 
l'hérésie avait gagné de terrain dans ces dernières 
années.^ Les protestants avaient obtenu cinq charges 
d'échevin, ils occupaient, à presque tous les degrés, les 
offices de judicature et de même que Sully s'était 
approprié trois abbayes, de même plusieurs protestants 
de Metz s'étaient fait attribuer des emplois auxquels 
afféraient des revenus destinés à soutenir des fondations 
catholiques ou des hôpitaux. ^ 

Les démarches des catholiques restèrent sans résultat 
immédiat. En 1621, la mort de Jean Ghéneau qui avait 
continué à s'attribuer le titre d'abbé de Saint-Éloy vint 
raviver les discussions. Les Prémontrés voyaient avec 
chagrin la suppression d'une abba}'e de leur ordre; 
ils présentèrent requête au Conseil, exposant que 
«Tabbaye Saint-Éloi avait été depuis quelques années 
transférée en un collège pour l'instruction de la jeunesse, 
avec suppression de leur ordre, sans les ouïr, ni appeler 



' Voir Piùces justiticatives, note S. 

2 Mémoires de Sui.i.v, liv. XXIll, tome VI, p. 267; voir Talle- 

MANT DF.S RkAUX. 

^ Voir Pièces justilicalives, note t). 

'■ Mémoires de Suli.y, livre 23, t. 6, p. 267. 



CHAP. II. — ETABLISSEMENT DES JESUITES A METZ 2 I 

et qu'ils avaient continuellement poursuivi pour y 
être réintégrés, à quoi les magistrats avaient toujours 
donné empêchement. Qu'à présent ledit collège est 
administré avec telle nonchalance qu'il n'y reste que 
trois classes, si mal pourvues de régents que la jeunesse 
y reçoit fort peu d'avancement aux lettres. Qu'en con- 
séquence ils requéraient de nouveau être réunis et 
réintégrés en ladite abbaye, olïrant d'augmenter le 
nombre de ses classes et de les pourvoir de religieux 
capables d'instruire la jeunesse avec un professeur de 
théologie et les soumettre à la juridiction épiscopale 
pour la direction dudit collège et y faire le service 
divin, selon l'intention du fondateur.» 

Contre toute attente, l'assemblée des trois ordres 
accueillit favorablement la requête des Prémontrés, 
mais l'Évêque de Metz intervint, fit valoir la bulle de 
Grégoire XIV qui attribuait aux Évêques de Metz la 
supériorité sur le collège et demanda d'être maintenu 
dans son droit. 

Henri de Bourbon, marquis de Verneuil occupait 
alors le siège de Metz; il n'eut point de peine à obtenir 
un arrêt du Conseil, le i8 Octobre 1621, lequel, sans 
avoir égard à la requête et aux offres des Prémontrés, 
ni au consentement donné par les trois ordres, main- 
tint l'Évêque de Metz dans ses droits.' Louis XIII 
accorda de nouvelles lettres patentes autorisant la fon- 
dation d'un collège de Jésuites. ^ 



' Voir Pièces justiftcatives, note 10. 
'^ Lettres patentes du Roi, voii- note 11. 



2 2 LES JESUITES A METZ 



La volonté du Roi trouva cependant encore des 
oppositions. Malgré une nouvelle requête des pro- 
testants,' M. de Fromigères, lieutenant pour le Roi à 
Metz, crut devoir passer outre. Messire Nicolas 
Coeffeteau, Évéque de Dardanie, dominicain, suffrag^nt 
et administrateur général de l'Èvèché, assisté d'un 
notaire apostolique, de plusieurs officiers de la garnison 
et personnes notables de la ville installa les Jésuites 
dans l'abbaye le jour de la fête de Saint-Georges. 

Sur une seconde requête des réformés, le Conseil 
d'État, séant à Béziers, le 29 Juillet 1622, cassa et 
révoqua la mise en possession faite par Mgr Coeffeteau 
comme illégale en la forme. ^' I^n même temps le Roi 
ordonna «que lesdits Pères Jésuites continueront 
d'enseigner à Metz et seront mis en possession de 
l'abbaye Saint-Eloi par le Président royal à Metz ou 
par le Maistre - Echevin , nonobstant oppositions et 
appellations quelconques. A la charge toutefois, que 
lesdits Pères Jésuites instruiront et enseigneront aux 
bonnes lettres les enfants desdits habitants de Metz 
tant catholiques que de la R. P. R.^, sans les contraindre 
et empêcher dans l'exercice de leur religion ou de faire 
chose contraire à icelle. » 



' Voir Pièces justificatives, note 12. 
2 Voir Pièces justificatives, note i3. 
•'' Rclii^ion Prétendue Reronnèe. 



-^^^^à^-~ 



CHAPITRE III 



FONDATION DU COLLEGE DE METZ 




N exécution de l'arrêt du Conseil d'État, Mi- 
chel Charpentier, conseiller du Roi en ses 
Conseils d'État et privé et Président pour 
S. M. es villes de Metz, Toul et Verdun se mit en 
devoir de procéder à l'installation des Jésuites dans les 
bâtiments de l'abbaye Saint-Éloi. Le procès-verbal de 
cette installation se trouve dans les archives de la Pré- 
fecture de Metz. 

«Le lo Novembre 1622, à dix heures du matin. 
Nous, Michel Charpentier.... déclarons nous être 
transporté en la maison de l'abbaye Saint-É!oy. . . Sont 
comparus : le R. P. Bouvet, provincial, assisté 
d'Antoine Prévôt, procureur es cour de Metz et dudit 
collège. . . Après lecture faite de l'arrêt du Roi, en 
présence de tous les comparants et de maitre Jean 
de Bazoilles, substitut et exerçant la charge de procureur 
général du Ro\- au dit Metz. ... 



24 LES JESUITES A METZ 

« Ledit Bazoilles a requis pour le Ro\% et confor- 
mément audit arrêt, que Icsdits Pères Jésuites soient 
mis en possession réelle et actuelle de ladite abbaye et 
collège... En conséquence avons enjoint auxdits Pères 
Jésuites d'instruire et enseigner aux bonnes lettres les 
enfants, selon la lettre du Roi. 

« Ce fait, nous nous sommes transportés en l'église 
de ladite abbaye, où entrés par la grande porte d'icelle, 
avons fait entrer ledit R. P. Bouvet et, en présence 
dudit Bazoilles, substitut et des sieurs Grosjean et 
Bontemps, chanoines, cy devant et derniers administra- 
teurs de ladite abbaye, avons mis iceluy P. Bouvet en 
réelle et actuelle possession de ladite église, abbaye et 
collège, en signe de laquelle possession il a fait sa 
prière au devant du grand autel et iceluy baisé, aurait 
allumé et éteint le cierge, sonné les cloches et aspergé 
d'eau bénite, et en sortant de ladite église avons mis es 
mains dudit R. P. Bouvet les clefs de ladite. Puis dans 
les classes où le R. P. s'est assis dans la chaire ; dans 
les chambres, où il alluma du feu, et, en signe de 
possession, lui avons baillé les clefs de la maison et 
mis en possession de tous les revenus de ladite abbaye 
et collège. 

« Arrivés en la grande chambre basse, sont comparus 
les sieurs Simon La Hière et Jacques Bachellé, licenciés 
es lois, bourgeois de Metz, et nous ont dit etie députés 
de l'assemblée extraordinaire de ceux de la R. P. R.... 
et avoir charge de ladite assemblée de nous déclarer, 
au nom d'icelle qu'elle proteste.... et avons passé 
outre. » 



CHAP. m. — FONDATION DU COLLÈGE DE METZ 2 5 



Le Père provincial quitta Metz, laissant les Jésuites 
paisibles possesseurs de l'abbaye et du collège; s'il 
restait de grandes difficultés à vaincre, les plus sérieuses 
étaient surmontées. Le Gouverneur et le Maître-échevin, 
si souvent en lutte avec l'Évèque, se trouvaient cette 
fois d'accord. A la tète de la justice de la ville, figurait 
Abraham Fabert, père de l'illustre Maréchal, qui 
prouva si souvent son attachement aux Jésuites. Le 
clergé séculier, comme les religieux des quatre grandes 
abba3'es voyaient arriver les Pères avec satisfaction. 
Effrayés des défections qui s'étaient produites dans 
leurs rangs, fatigués de cette lutte incessante contre les 
protestants, ils saluaient avec joie ces nouveaux auxi- 
liaires chez lesquels la science était au niveau de la foi. ' 

Le Père Jacques Pérard, ancien recteur des collèges 
de Caen, Rennes et ^'annes fut le premier Jésuite 
chargé de la direction de la nouvelle maison. - Meurisse 



' L'un de ceux qui firent meilleur accueil aux Jésuites, fut 
l'abbé de saint Arnould, André Valladier, chanoine et princier de 
la Cathédrale de Metz, grand vicaire et prédicateur du Roi. «Il 
avait porte pendant vingt trois ans la robe de la Compagnie, il en 
sortit on ne sait pour quel motif, mais montra qu'il n'avait pas 
oublié ce qu'ils lui avaient montré.» Journal de Henri IV, par 
P. DE L'EsroiLE, t. 4. 

2 Le Y". Jacques Pérard, né à Vitry-le-Français en 1567, entra 
dans la Compagnie en 13S7. En 1599, à la réouverture des classes 
de l'Université de Pont-à-Mousson, il prononça un discours : 
De eriiditis Lotharingiœ viris. Ayant été successivement recteur à 
Caen, Rennes, Metz et Chàlons, partout il montra que par sa 
prudence, son aménité, sa vertu, il avait tout ce qu'il fallait pour 
le gouvernement d'un collège. Il mourut au collège de Clermont 
à Paris, le 25 Décembre i638. 



2 6 LES JÉSUITES A METZ 



nous apprend que dès l'ouverture des classes, le 
nombre des élèves du collège de Metz fut de cent 
quarante, « compris quinze à dix-huit huguenots des 
meilleurs familles du pays.» 

Dès les premiers jours de liviS, les Pères présen- 
tèrent une requête aux chanoines de la Cathédrale pour 
obtenir qu'une école de petits enfants établie dans les 
bâtiments de Saint-Eloi, lut transférée ailleurs. Le 
Chapitre obtempéra sans discussion à la demande des 
Jésuites. Le signataire de la requête était le Père Anne 
de Maupeou. ' 

Nous avons peu de documents sur les commence- 
ments du collège; nous voyons cependant, dès le début, 
les Pères établir une Congrégation de la Sainte-\'ierge. 
Celui à qui est confiée la mission de seconder le père 
de famille dans sa tâche, doit non seulement façonner 
des savants, des littérateurs, des magistrats, des mili- 
taires, mais surtout former des hommes. L'œuvre de 
l'éducation ne peut avoir son effet sur le cerveau si 
mobile de l'enfant' que, comme l'eau qui, tombant 
goutte à goutte , finit par avoir raison de la pierre 
la plus compacte. Pour parvenir à graver cette em- 
preinte, tout maître adopte un règlement ; ce règlement, 
on s'épuise â le faire respecter; les Jésuites, eux, sont 
parvenus â le faire aimer. Ils apprennent â leurs élèves 
en élevant leur âme, â vivre en quelque sorte en contact 
avec une puissance occulte, mais présente dans leurs 
pensées et dans leur cœur. Cette puissance qui les voit, 



Voir Pièces justificatives, note 14. 



CHAP. III. — FONDATION DU COLLÈGE DE METZ 27 



les suit, les soutient, les encourage n'est autre que la 
Vierge Marie qui forme le trait d'union entre l'humanité 
et la divinité. Ce lien surnaturel habitue l'entant à se 
mettre au-dessus des préoccupations du moment, il lui 
apprend à envisager toujours et partout la véritable fin 
de notre existence en ce monde. L'action de la Congré- 
gation, dans les collèges des Jésuites, est immense, elle 
a formé une quantité innombrable d'hommes selon le 
cœur de Dieu. 

Pendant les premières années, les classes étaient in- 
complètes et n'embrassaient pas tout le cours des études. 
L'Université de Pont-à-Mousson continuait à recueillir 
les étudiants ecclésiastiques et ceux qui se destinaient 
aux études juridiques ou médicales. 

Au mois de Juillet i()23, on célébra avec solennité 
dans la chapelle du Collège le premier anniversaire de 
la canonisation de saint Ignace et de saint François- 
Xavier. 

En 1O24, le Gouverneur de Metz, le Duc de la Valette 
résolut de venir à Metz et d'y amener sa jeune femme, 
Gabrielle de Bourbon, tille d'Henri IV et sœur du Duc 
de Verneuil, Évéque de Metz. Jean-Baptiste de Villers, 
maitre-échevin, qui se trouvait alors à Paris, revint à 
Metz pour s'occuper de cette réception. Le 19 Avril, il 
assembla les trois ordres. Une commission fut nommée 
pour arrêter les mesures à prendre. 

Après plusieurs projets « les sieurs commis trouvèrent 
bon de s'adresser aux Pères Jésuites comme à ceux dont 
les inventions, en semblable subject, avaient paru avec 
satistaction dans toute la France. Ces pères qui ont 



28 LES JÉSUITES A METZ 



sacrifié leur sang et leur vie au bien commun, comme 
victimes du public, ainsi que les Athéniens disaient de 
Thémistocle, tenant à honneur d'avoir une si belle 
occasion de servir la ville et pouvoir témoigner quelques 
traits de recognoissance à ceux à qui, après Dieu et sa 
Majesté, ils doibvent leur établissement en icelle, 
sacrifiant les premiers fruits de leurs travaux à la gloire 
de leur maison, offrirent très volontiers toute leur petite 
industrie à la première demande qu'on leur en fit, 
croyant que ce serait trop vendre leur travail en ce faict 
s'ils permettaient qu'on en vint aux prières. De plu- 
sieurs desseins qu'ils dressèrent à la hâte, on choisit 
le plus facile et de moins de temps, lequel, en sem- 
blables occasions n'est d'ordinaire que trop court. 

«Ce projet n'était autre qu'un combat d'honneur 
concerté entre les quatre éléments, à qui recevrait le 
mieux la duchesse et qui, représentés sous la forme de 
divinités païennes, lui feraient leur compliment l'un 
après l'autre, lorsqu'elle passerait au milieu de leurs 
palais élevés dans la ville sous quatre arcs de triomphe 
des plus superbes construicts entre la porte Saint- 
Thiébault et l'église Cathédrale.' » Jamais, dit le Béné- 
dictin Dom Broc, aucun prince, roi ou empereur, n'a 
été reçu en la ville de Metz, avec autant de pompe et 
magnificence. 



' Voir note i3. I.a relation du ces telcs attrilnice d'aliord à 
Abraham Fabeit, mais c|Lii est du Maitro-Kchevin de Villers a été 
imprimée en 1(127, chez llanzeletà Pont-à-Mousson sous ce titre: 
Combat d'Jioiuicur conccrle par les llll éléments: in-folio, sans 
date, nom d'imprimeur, ni de \ille, 21 ^i^avures. 



CHAP. III. FONDATION DU COLLÈGE DE METZ 29 



Le 2 5 Août, jour de la fête du Roi, à la suite d'un 
repas splendide donné par la ville à la Duchesse, dans 
la grande salle du Palais, une pastorale fut jouée par 
les élèves du collège. Le sujet en était : « Sur la résiouis- 
sance de l'advenue et du séiour de Madame en la ville, » 
le tout accompagné de beaux concerts de voix et 
d'intruments, ' Le Duc et la Duchesse de la Valette 
quittèrent Metz le \6 Septembre. 

L'année i625 fut terrible pour le Pays Messin : la 
peste, apportée à la suite des armées de Mansleld et de 
Cardonne pénétra dans la ville et y emporta plus de 
trois mille personnes. La même année le P. Pérard 
fut appelé à Paris et remplacé, comme recteur, par le 
R. P. Tiphaine. Connu déjà par ses écrits contre les 
protestants, le nouveau recteur sut bientôt faire appré- 
cier l'exquise douceur de son caractère à laquelle 
s'alliait une science remarquable. ^ 

En ih'i-j, il fut remplacé par le P. Louis Magniet, 
auquel succéda en i(')3o, le P. Jean Rousselet. L'abbaye 
de Saint-Eloi possédait un certain nombre de fermes. 
Ces biens furent attachés au collège des Jésuites, lors 
de sa fondation. Comme l'abbé son prédécesseur, le 
Père Recteur était seigneur des villages où ces fermes 
se trouvaient. A ce titre, il devait prendre les mesures 
nécessaires pour y conserver le bon ordre, rendre la 
justice et assurer la sécurité publique. Le premier acte 
de juridiction de cette nature est du 14 Septembre i63o. 



1 Voir Pièces justificatives, note 16. 
-' Voir Pièces justificatives, note 17. 



3o LES JÉSUITES A METZ 

Certains désordres s'étaient produits à la fête du village 
de Marivaux. Le P. Rousselet, recteur et en cette qualité, 
seigneur de Marivaux, publia une ordonnance « en- 
joignant et commandant à toutes personnes de quelque 
condition et qualité qti'elles s-oient se trouvant en 
ladicte fête et sur la seigneurie dudit Marivaux, de sV 
comporter en toute honnesteté et modestie chrétienne, 
conserver et nourrir la paix et bonne amitié fraternelle, 
défendant en outre très expressément de blasphémer 
ou jurer le nom de Dieu, se quereller, battre ou frapper 
à peine d'une amende, ou de châtiment corporel, si le 
cas y echet. » ' 

En 1(334, le P. Lecazre fut nommé recteur. « C^était, 
dit l'Évéque de Madaure, un homme d'une probité et 
d'une piété singulières, d'une rare et profonde érudition 
et un des plus excellents et des plus soigneux ouvriers 
de la vigne du Seigneur que j'a3'e encore connu. » 

Bien que les Jésuites eussent obtenu de la ville en i()32- 
l'abandon d'un bâtiment voisin du collège pour en 
agrandir les dépendances, ils reconnaissaient chaque 
jour l'impossibilité de faire prospérer leur établissement 
dans un local aussi peu spacieux. Le P. Recteur présenta 
une requête à la Congrégation des cardinaux, alin de 
l'autoriser à vendre et aliéner la maison et chapelle 
de Saint-Eloi. Le décret d'autoiisation fut accordé le 



' Archives de la l'réfeclurc, tonds l'\ ()i-ioi. 
2 Résolution prise par l'Asseiiihlec des Trois ordres le i3 Mars 
i(j3-2 Aichiv. Prêt", fonds G. 



CHAP. III. FONDATION DU COLLÈGE DE METZ jl 

27 Mai ir)34 et le R. P. Mutio Vitelleschi, général de 
la Compagnie y acquiesça le 3 Juillet. 

Le Père Fulgence, prieur du couvent des (larmes 
déchaussés de la maison de Nancy, acheta l'abbave de 
Saint-P'loi pour y fonder un nouvel établissement de 
son ordre. Le prix en fut fixé à onze mille six cents 
livres et le contrat passé par devant Charles Sertorius, 
aman ou notaire de Saint-Médard, le 17 août 1644. 
L'aliénation à perpétuité fut confirmée par Lettres 
patentes du Roi du mois de Septembre i<)44, vérifiées 
au Parlement de Metz, le 19 Octobre de la même 
année. 

Les autorités de la ville permirent aux Carmes dé- 
chaussés de s'y établir, à condition de ne pas mendier. ^ 
Grâce aux libéralités de Catherine de Médicis, ces 
religieux firent bâtir l'église qui sert actuellement de 
bibliothèque publique de la ville. 

Les Jésuites transportèrent alors leur collège au delà 
de la Seille, dans une maison située rue Mazelle. Ils en 
prirent possession et y firent la rentrée des classes, le 
2() Octobre i()35. - 



' Les petits Carmes ou Carmes déchaussés prirent possession 
des bâtiments de l'abbaye Saint-Éloi , occupés plus tard par 
la Caisse d'épargne et par le mont de piété. L'église fut bâtie en 
i()7() par Jean Beto, architecte italien. Les Carmes fondés par le 
B. Jean de la Croix, réformés par sainte Thérèse assistaient les 
malades, prêchaient et donnaient des missions. Le Maréchal de 
Schomberg fut un des insignes bienfaiteurs de leur maison 
de Metz. 

^ Les Jésuites n'occupèrent que deux ans cette maison qu'ils 
avaient achetée au sieur Bandolliez. Ils la cédèrent en i63j à 



32 LES JÉSUITES A METZ 

Les protestants avaient profité des préoccupations 
causées par la guerre de Trente ans pour donner une 
extension considérable à leurs institutions. En i(334, 
ils avaient à Metz vingt et une écoles et un collège 
fréquenté par 83 élèves. Ils donnaient des prix, 
jouaient des tragédies et faisaient des assemblées aussi 
impunément, qu'on eût pu le faire au collège de Navarre, 
à Paris. 

Le Roi, averti par l'Évèque de Madaure, supprima 
ces établissements par lettres du 5 Novembre i()34. 
Tout en contraignant les réformés à faire élever leurs 
enfants au collège de la ville, on leur laissa des garanties 
pour la conservation de leur religion. Un ministre de 
Metz, nommé par lettre cachet du Roi, devait pourvoir 
à l'instruction religieuse de ceux des enfants de la 
R. P. R. dont l'instruction était confiée aux Jésuites. 

En i63(5, Jean Bontemps, chanoine et trésorier de la 
Cathédrale, laissa en mourant tous ses biens à la maison 



Philippe Praillon qui la vendit le 3 août i663 aux Ursulines. 
Elle fut occupée par ces religieuses jusqu'en 1670. A cette époque, 
les chanoines réguliers de l'ordre de saint Antoine, vulgairement 
appelés Antonistes en firent l'acquisition. Les jardins du couvent 
bordaient la Seille. En 1S12, l'administration municipale Ht 
ouvrir une rue dans toute la longueur de ce couvent et construire 
un pont établissant une communication entre la rue Mazelle et 
la place l'^riedland (ancien emplacement de l'église Saint-Simplice, 
démolie en uScx)). dette rue est actuellement la rue de la Grande 
armée. A l'époque où les Jésuites l'occupaient, la façade sui- la 
rue Mazelle était longue de SG pieds messins (27 mètres 27 c). La 
longueur mesurait 2X0 pieds {79 mètres 14); la largeur, au milieu, 
140 pieds (4.^ mètres i(i). Arcliivcs de Li Prcfccliirc. Jauriml de 
Mc't^. — Voir le plan ci-ct)ntre. 



CHAP. m. 



FONDATION DU COLLEGE DE METZ 



33 



des Jésuites de Metz, à charge par les Pères du collège 
d'emplo\'er chaque année une somme de deux cents 
francs messins en missions dans l'un des villages dépen- 
dants du chapitre de la Cathédrale. ' Cette donation 
vint d'autant plus à propos que cette époque fut terrible 
pour le Pays Messin, tour à tour pris et repris par les 
Suédois, les Espagnols, les Lorrains et les Français. 
La jnisère atteignit ses dernières limites. - Le collège 
dut faire des requêtes pour pénurie. Grâce aux secours 
extraordinaires que les Trois ordres de la ville et les 
Messins, chaque jour plus affectionnés aux Jésuites, 
leur procurèrent, la crise fut heureusement surmontée. 



' Voir Pièces justificatives, note iS. 

- Les Croates ont laissé un souvenir qui survit encore dans 
certaines parties du pays Messin. Plusieurs villages disparurent 
de telle sorte qu'on en connaît à peine remplacement. Plus de 600 
églises furent saccagées. Voir Chroniques de J. Bauchez, etc. 




CHAPITRE IV 



TRANSLATION DU COLLEGE RUE DE LA CHEVRE. 






E nombre des élèves croissant chaque jour, 
les bâtiments du nouveau collège devinrent 
bientôt insuffisants. En illSy, le P. Lecazre 
acheta de Philippe Praillon, lieutenant-général du bail- 
liage de Metz et de sa sœur, Madeleine de Leinange, 
veuve du sieur de Noiza), deux maisons aboutissant 
l'une sur l'autre (dans le sens de la percée faite par la 
rue de l'Evéché, au chevet de l'église Notre-Dame) 
moyennant vingt mille francs messins et la jouissance, 
sa vie durant, de la maison que les Jésuites abandon- 
naient dans la rue Mazelle. ' 



' « Le sieur Praillon, quoiqu'il prise raisonnablement sadite 
maison la somme de trente mils francs, toutefois sur l'assurance 
qu'il a que les Pères auront st:>uvenance de lui en leurs prières et 



CHAP. IV. TRANSLATION DU COLLÈGE 35 

En i()42, le P. Lelorrain, qui avait remplacé comme 
recteur le P. Lecazre, présenta une requête au Roi 
pour obtenir la cession d'un magasin occupant l'em- 
placement de l'ancien Temple occupé par les Réformés, 
Dans cette requête, il remontrait respectueusement à 
Sa Majesté qu'en accordant cette grâce, on ne froissait 
pas les intérêts de ceux de la R. P. R. attendu que ce 
bâtiment avait été condamné à démolition et qu'on 
leur avait donné en échange un terrain plus consi- 
dérable. Le Roi se hâta de répondre d'une manière 
favorable à cette demande. * 

Le 6 Juin, les protestants obtinrent un arrêt de sur- 
séance. Le R. P. Recteur partit pour Paris, porteur des 
suppliques les plus vives, en faveur des Jésuites, de la 
part des autorités et de l'assemblée des Trois ordres. ^ 



saintes messes et conserveront la mémoire de son affection, 
accorde que moyennant la somme de vingt mils francs, ladite 
Compagnie entre dès à présent en possession réelle et actuelle de 
ladite maison, pour y établir leur demeure permanente.» {Arcli. 
Pr. fonds G). 

' Voir note 19. — Le Temple de la rue de la Chèvre avait été 
bâti en 1576, en deux mois; c'était un hangar en planches qui fut 
inauguré le 18 novembre i5yf). Le 21 février 1577, les protestants 
en avaient été expulsés. En 1597, ils s'étaient remis, les armes à 
la main, en possession de ce terrain. Henri IV, par lettres patentes 
du 12 mars 1597, avait ordonné la démolition de ce hangar et 
avait assigné aux réformés un terrain dans le retranchement de 
Guise (arsenal). L'emplacement de la rue de la Chèvre était 
abandonné; en i63o, le maitre-échevin y faisait emmagasiner le 
bois de la ville. Il avait 3o mètres de long sur 23 de large; c'était 
un bâtiment mal construit et sans apparence. 

^ Lettres patentes du Roi, 3 février 1642. — Lettres des représen- 
tants catholiques des Trois ordres à M. de Chavigny et à M. Des- 
noyers, conseillers d'État. {Archives de la Préf. fonds G. 14^). 



36 LES JÉSUITES A METZ 

Ces démarches furent couronnées de succès. Le 
24 Décembre, Louis XIII, par de nouvelles lettres 
patentes, leva l'arrêt de surséance et chargea M. de 
Lambert, Gouverneur de Metz, de mettre défini- 
tivement les Jésuites en possession de l'ancien 
Temple. ^ 

La cérémonie de l'installation eut lieu le 22 Janvier 
1643. Messire Jean de Lambert, Maréchal des camps 
et armées du Roi, Gouverneur de Metz, s'étant présenté 
en face du Temple et le R. P. Lelorrain lui a3'ant 
exhibé les lettres patentes du Roi, il prit les clefs du 
Temple et les remit au Jésuite en présence de Mgr. 
Meurisse, administrateur de l'Evéché, de Henri de Ha- 
raucourt, do3'en du Chapitre, du R. P. Jacquinot, 
provincial de la Compagnie de Jésus et de plusieurs, 
tant du clergé et de la noblesse que des notables bour- 
geois de la cité. ^ 

En ce moment tout semblait favoriser le collège de 
Metz : bonne volonté de la part des autorités, affectueux 
accueil des Evèques et du clergé, entente complète avec 
les Trois ordres et les habitants de la ville; ces bonnes 
relations furent encore consolidées par l'arrivée, comme 
Gouverneur de la province, du Maréchal de Schomberg, 
homme des plus bienfaisants, d'une piété fervente et 



' Lettres patentes du Roi, 4 août lù^'^. 14 octobre 1644. (.ire//. 
P réf. fonds G.). 

2 Voir Pièces justiticati\ es, note 20. 



CHAP. IV. TRANSLATION DU COI-LKf.E Sy 



qui, comme le Roi Louis XIII, avait pour les Jésuites 
une grande affection. ' 

En 1644, '^^ disette et le mauvais temps avaient com- 
plètement ruiné les villages du pays Messin. Depuis 
trois ou quatre ans, les terres ne rapportaient plus rien. 
A cette époque les revenus de ces fermes étaient la 
seule ressource du collège. L'instruction était absolu- 
ment gratuite, les Jésuites n'avaient pas de pensionnaires 
et la seule rétribution exigée des élèves consistait en 
une somme de 25 sols par an, pour le bala\age et 
l'éclairage des classes. De toutes parts, les Messins 
vinrent à leur secours, mais la misère générale était 
grande et il fallut que le Roi intervint. Il ordonna qu'il 
fut délivré à chacun des religieux du collège une double 
ration de pain; plus tard, ce don fut converti en une 
certaine quantité de froment. Pantin, l'abbesse de Saint- 
Pierre fit remise des dîmes alfectées sur certains biens 
appartenant au collège. - 

Vers la même époque, un incident faillit troubler la 
bonne harmonie qui existait entre les Jésuites et le 
Parlement. Cette assemblée avait été exilée à Toul, par 
lettres patentes du 10 Mai iGjG. Elle s'y trouvait encore 



' Charles de Schomberu, duc d'Halliiin, Pair et Maréchal de 
l'^rance, Chevalier des ordres du Roi, Ct>lonel-General des Suisses 
et Grisons, Gouverneur des Trois Evéchés, puis Vice-Roi de 
Catalogne, mort en i65G. Il avait épousé en premières noces une 
tille du Duc d'Epernon, en secondes noces Marie d'Hautefort. — 
En 1644 i^leux morts vinrent affliger les Jésuites de Metz, celle de 
Mgr. Meurisse et celle du R. P. Duez. 

- Voir Pièces justificatives, note 21. 



38 LES JÉSUITES A METZ 

en 1646, lorsque le P. Committi, de Pont-à-Mousson, 
prêchant TAvcnt dans la Cathédrale de Toul, prononça 
quelques paroles qui blessèrent la vive susceptibilité 
des magistrats. Il fallut, pour apaiser ce débat, que le 
R. P. Provincial se rendit à Toul. Le premier Président, 
au nom de la Cour, déclara « qu'elle estait satisfaicte 
de la submission et pardon qu'il avait demandé pour 
le P. Committi et l'autorisa dorénavant à prêcher devant 
elle. » Jusqu'à la suppression de la Compagnie, ce fut 
d'ailleurs la seule discussion grave que cette cour sou- 
veraine eut avec les Jésuites. • 

En i65o, le R. P. Thomas de Villers vint remplacer 
comme recteur le P. Lelorrain. L'année suivante, les 
Trois ordres de la ville de Metz décidèrent qu'il y avait 
lieu, pour l'utilité publique de fonder au collège deux 
chaires de philosophie. Ce projet approuvé par le 
Maréchal de Schomberg, ratifié à Rome par le R. P. 
Général, fut arrêté et le contrat en fut signé le 10 Jan- 
vier 1053. La ville s'engageait à entretenir à perpétuité 
deux régents de philosophie sous lesquels les enfants des 
catholiques et ceux des protestants pourraient égale- 
ment étudier. Les Jésuites, de leur côté, devaient 
fournir deux sujets capables qui n'enseigneraient rien 
qui put alarmer la croyance des deux religions. On fix-i 
l'entretien des deux régents à mille francs messins à 
prendre sur les revenus les plus clairs de la ville. - 



^ Histoire du Parlement de Met':;, par Michici., Paris, 1845. 
- 27 avril i63i. Délibération des Trois ordres au sujet de la 
fondation des cours de philosophie. — 2() avril i63i. Lettre des 



CHAP. IV. TRANSLATION L»U COLLÈGE 3g 



Les protestants de Metz avaient adopté, à une époque 
restée incertaine, au lieu des doctrines étroites de 
Luther, la religion plus commode de Calvin. Les chefs 
du parti, trouvant ces formes plus accessibles aux masses, 
plus conformes au tempérament des Français, avaient 
opéré ce changement sans qu'il en soit resté trace dans 
les écrits du temps. ' Grâce peut-être à cette modi- 
fication, grâce surtout à l'esprit conciliant de Paul 
Ferry qui, pendant plus de cinquante ans, gouverna 
l'Fglise réformée de Metz, les luttes religieuses s'étaient 
fort adoucies dans notre région, au milieu du XVIL 
siècle. 

Les élèves protestants du collège étaient nombreux. 
Dans les livres qu'ont écrits les réformés, on ne trouve 
ni une plainte, ni une critique contre l'éducation 
donnée à leurs enfants. On peut ajouter, qu'à l'exception 



mêmes au Maréchal de Schomberi;. — 26 octobre i65i. Lettre 
des mêmes au R. P. Magniet, Provincial. — Réponses favorables 
du maréchal et du R. P. Provincial. — 10 janvier if)33. Contrat. 
— 5 mars i653. Ratiiication du R. P. General Goswin Nickel 
[Archives Préf. fonds G). 

D'après ces documents, on voit qu'en i653 le P. Jean Forget 
était préfet des classes. A Saint-Arnould, les Bénédictins avaient 
aussi une chaire où Ton enseignait publiquement et gratuitement la 
philosophie. Selon Dom Tabouillot, les mille francs messins 
assignes à la fondation des chaires représentaient à la dissolution 
du collège une valeur de 3i6y livres 10 sols et il rend, sur ce point, 
justice aux Jésuites, en ajoutant que bien que toutes les choses de 
la vie aient considérablement augmenté depuis le temps de la 
fondation, ils n'avaient jamais exigé aucun supplément. 

' Les écrivains les plus autorisés du protestantisme a Metz, 
Paul Ferry, Ancillon, Cuvier, Thirion ne fournissent aucun ren- 
seignement sur cette variation. 



40 LES JESUITES A METZ 

de Paul Ferrv, tous les hommes de quelque valeur 
sortis de leurs rangs, ont été élevés par les Jésuites. 
Les Ancillon, Le Goullon, de Couet, Bancelin, de Saint- 
Aubin, de Vigneulle firent leurs études au collège 
de Metz. 

Les prédicateurs catholiques avaient des sièges ré- 
servés dans les Temples, ils pouvaient ainsi écouter les 
sermons des ministres et les réfuter. Ils s'y rendaient 
régulièrement et de leur côté, les ministres fréquen- 
taient les églises catholiques. Un jour même, un jésuite 
de Metz, le P. Sevestre, prêchant à la Cathédrale le 
28 Avril i<)35 loua fort un sermon de Paul Ferry, auquel 
il avait assisté. ' 

Paul Ferrv disait très-hautement : « Il n'y a personne 
qui ne déplore la séparation qui est arrivée et qui n'en 
blasme les auteurs, encore qu'on ne demeure pas 
d'accord sur ceux qui le sont, » - Les Jésuites espérèrent 
longtemps arriver à une entente avec ce ministre. Par 
lui, ils comptaient entraîner les religionnaires de bonne 
foi. La situation de l'Eglise réformée de Metz qui avait 
dans le ro\aume une indépendance exceptionnelle, per- 
mettait d'obtenir un meilleur résultat que dans d'autres 
villes où tous les efforts s'étaient brisés devant la violence 
fanatique ou la mauvaise foi des contradicteurs. Plu- 
sieurs Pères du collège de Metz entretenaient person- 



' CuviER. Notice sur Paul Ferry. Mcnwircs de l'AcadcDiie de 
Met-Il, 1869, p. 483. 

^ Paul Fkrrv, Catéchisme i:^L'iiérjl de Li reformjtion. Sedan 
1654, in- 12, p. 3. 



CHAP.MV. - — TRANSLATION DU COLLÈGE 41 



nellenicnt avec Paul Ferry des relations fort amicales. 
Le P. de Rhodes, procureur du collège, et le P. Adam 
lui firent les premières ouvertures à ce sujet. Elles 
furent accueillies favorablement, ils en donnèrent avis 
au P. Annat, confesseur du Roi. ' 

(Jn crut, dès lors, pouvoir .c(jmmencer les négocia- 
tions; Bossuet, do\en du chapitre de Metz, fut chargé 
par le Roi de conférer avec Ferrw Après quelques en- 
tretiens et l'échange réciproque de mémoires sur les 
questions qui les divisaient, Paul Ferr}' déserta la lutte 
se retranchant derrière la nécessité où il était d'en 
référer à ses collègues et d'avoir le consentement des 
autres églises réformées du Ro\aume. - 

En noq, le Maréchal de Schomberg vint a Metz; les 
élèves du collège lui donnèrent la représentation d'une 
tragédie latine. Le titre de la pièce était Ncaitias 



' l''errv écrivait quelques mois plus tard à un de ses correspon- 
dants, Théodore Maimbouri;, cousin du célèbre Jésuite de ce 
nom : « I.c P. de Rhodes me dit, il v a quelque temps qu'il avait 
écrit de moi au P. Annat et lui avait répondu de ma sincérité. . . 
Une personne d'honneui- qui a vu sa lettre m'assurait encore hier 
qu'elle portait que je suis un homme incorruptible et non inté- 
resse. . . (^'est le premier qui me fit l'ouverture de ce grand dessein 
et il me la fit d'une manière si sérieuse et si franche et avec une 
telle avance d'abord que je crus ne devoir pas lui fermer la bouche 
sur une chose que j'ai désirée toute ma vie et dont j'ai fait plus 
d'une fois la déclaration et ou je n'ai trouve personne qui m'ait 
contredit.» La liaison de Paul Ferry avec le P. de Rhodes était 
assez étroite. Il dit en effet dans la même lettre : «Il a pris grand 
soin de moi durant mes longues et âpres douleurs et m'a amené 
un de sa robe qui se tient à Pont-à- Mousson et qui fait la médecine 
avec grande réputation. » 

2 BossuET, édition de Versailles. in-X", iSi3, tome XXV, p. loi. 



42 LES JÉSUITES A METZ 

niart/r, sire Procopiiis ' Le théâtre classique de la 
Compagnie de Jésus a toujours été une forte et féconde 
méthode d'enseignement. Chaque année, les professeurs 
devaient composer ou faire préparer dans leurs classes 
par leurs élèves pour les fêtes scolaires, des tragédies, 
des comédies, des drames en prose ou en vers. L'étude 
des chefs-d'œuvre de l'antiquité sacrée et profane four- 
nissait un thème inépuisable de compositions drama- 
tiques. Les écoliers choisis parmi les meilleurs, 
humanistes et rhétoriciens surtout, apprenaient sur le 
théâtre du collège l'art difficile de bien dire en public; 
la mémoire, le geste, la parole trouvaient dans ces 
exercices fréquents et souvent solennels, un excellent 
moyen de se développer et de se fortifier. 

En 1(357, 1^ Père René Ditheau remplaça comme 
recteur le R. P. de Villers. Cette même année eut lieu 
une innovation. A la fin de l'année scolaire, les élèves 
virent leurs efforts récompensés par une distribution 
• de prix. Henri de Haraucourt, doyen du chapitre et 
Vicaire-général de l'Evéché de Metz, voulut en faire les 
frais. Cette cérémonie fut accompagnée de la représenta- 
tion d'une tragédie latine.- 

Le 18 septembre lÔDy, après la prise de Montmédy, 
Louis XIV vint à Metz, accompagné de la Reine mère, 
du Cardinal Mazarin et d'une suite nombreuse. Les 
Messins épuisés par les guerres et les disettes des an- 



'■ Voir Pièces justificatives, note 22. 
2 Voir Pièces justificatives, note 23. 



CHAP. IV. TRANSLATION DU COLLÈGE 40 



nées précédentes, hrent cependant au Roi une brillante 
réception. Louis XIV^ quitta la ville le 27 octobre pour 
retourner à Paris. 

Les réformés voulurent profiter du passage du Roi 
pour obtenir quelques concessions. Ils demandaient 
entr'autres choses, l'autorisation de faire enseigner le 
grec et le latin par des régents de leiTr religion. Loin 
d'être favorable à leurs prétentions, le Roi crut devoir 
restreindre les libertés dont jouissaient les protestants.^ 
Durant son séjour à Metz, Anne d'Autriche posa solen- 
nellement la première pierre du couvent de la Propa- 
gation de la Foi destiné à recevoir les femmes juives 
et protestantes qui voudraient se convertir. La fondation 
en avait été autorisée par lettres patentes du 2(3 mai 
1(356. La chapelle fut consacrée le 3 février i(358. 
Bossuet, choisi pour directeur spirituel et temporel de 
cette maison, prononça le sermon d'inauguration. 

Vers la fin de i()62, un ancien élève des Jésuites, 
Mathieu Lécossois, d'une famille de ^^erdun,^ fit re- 
mettre au Roi un mémoire dans lequel il dépeignait 



' 1660. Un Kchevin catholique, tut- il le dernier, doit avoir le 
pas sur un echevin appartenant à la R. P. R. — i(J63. Arrêt de 
bannissement contre les prêtres et relit^ieux apostats. — iG65. 
Peines sévères contre les hérétiques relaps. — Recueil des édits 
enregistrés au Parlement. 

2 Ancillon dit un Jésuite; mais, il v a tout lieu de croire que 
l'auteur du Mémoire intitulé : les Crimes impunis de ceux de la 
R. P. R. dans la ville de Met:^ était Mathieu Husson l'Ecossois, 
qui après avoir fait ses premières études au collège des Jésuites 
de Verdun, fit sa rhétorique à Paris, sa philosophie à Pont-à- 
Mousson et devint Conseiller au presidial et échevin de \'erdun. 



44 LES JESUITES A METZ 

avec anxiété les entreprises et usurpations des réformés 
dans quelques localités du gouvernement des Trois 
Evèchés, Il soutenait que des crimes contre les per- 
sonnes et les choses sacrées avaient été commis sans 
que la justice du pays en eut été informée. Louis XIV 
renvoya ce mémoire au parlement de Metz avec ordre 
de lui donner des explications sur chacun des articles 
qui V était contenus. Le Procureur général fut chargé 
avec le lieutenant criminel et le procureur du roi du 
bailliage de Metz de s'enquérir des faits qui avaient 
donné lieu à la plainte. Les réformés, mal inspirés, ré- 
pondirent d'une manière arrogante. Ils réclamèrent le 
libre exercice de leurs écoles, la restitution de leur 
ancien temple et la réintégration dans tous les emplois 
dont ils avaient été dépossédés. Un arrêt du Conseil 
d'Etat du H) mai i(')()3, ordonna aux magistrats de faire 
observer strictement les ordonnances.' 

De leur côté, les religieux de l'abbaye de Saint-Vincent 
réclamaient, comme leur appartenant, le terrain sur le- 
quel avait été bâti le nouveau temple. Le Conseil d'Etat 
ht droit à cette requête et accorda aux protestants un 
emplacement dans les fortihcations pour y construire un 
temple. Cet édifice fut inauguré le 2Ô mars KÎlïq, par 
Paul Ferr\'. 

Le R. P. René Ditheau a\ant cessé ses fonctions 
de Recteur en \6ho, avait été remplacé par le P. Charles 
d'Haraucourt. Issu d'une famille lorraine, ce Père n'était 



' Recueil des édils eiuei^istrês au Parlement de Metj, tome IV 
pp. 5i et (j8. 



CHAP. IV. TRANSLATION DU COLLÈGE 46 

pas moins illustre par sa science que par l'extrême 
douceur de son caractère, l'exquise politesse et le tact 
qu'il montrait dans ses relations avec le monde. * 

A cette époque fut terminé un procès pendant depuis 
plusieurs années avec les Ursulines. Ayant acheté, après 
la mort de Philippe Praillon, l'ancien collège de la rue 
Mazelle, ces religieuses, se plaignaient d'une erreur de 
contenance, le terrain qui leur avait été livré étant in- 
férieur à celui qui était porté sur les titres de propriété. 
Le parlement rendit un arrêt, le lo mai i6(3i, dans le- 
quel il donnait gain de cause aux Ursulines, en lavant 
les Jésuites de tout reproche, vu qu'ils avaient cédé ce 
qu'ils avaient reçu. Deux ans plus tard, du reste, ces 
religieuses abandonnèrent cette maison, Philippe de 
Loynes, président à mortier au parlement, a^ant donné 
à ses deux tilles qui entraient au couvent des Ursulines 
de Metz, la maison de la rue Saint-Marcel, occupée par 
cet ordre jusqu'en 1702. 

D'autres procès, à propos des biens du collège, vinrent 
encore à diflerentes reprises occuper, soit le parlement, 
soit les tribunaux inférieurs, mais ces diverses affaires, 
poursuivies à la requête des maires ou officiers de basse 
justice des villages où se trouvaient situées les fermes et 
métairies, se passaient en dehors des Jésuites et n'étaient 
le plus souvent que des questions de police locale.^ 



' Voir Pièces justirtcatives, note 24. ' 

■^ 1657. Procès au sujet des vignes de Woippy. — 1G60. Si les 
liabitants de Marivaux ont droit de vaine pâture sur le ban de 
Mèy — contre M'" du Bac, conseiller en la cour, seigneur de Hayes, 
etc. Archives de la Préfecture, fonds G. 



46 LES JÉSUITES A METZ 

F^n 1664 Le P. Etienne Legrand vint remplacer le 
P. d'Haraucourt. Les relations avec le Parlement, où 
les anciens élèves du collège devenaient chaque jour 
plus nombreux étaient excellentes ; aussi, en i6b5, lors- 
qu'il fut question de poser la première pierre de l'Église 
du collège, les Jésuites en déférèrent l'honneur à cette 
cour souveraine. Le parlement accepta avec empresse- 
ment et reconnaissance. Dans la séance du 2 mars, il 
décida, toutes chambres assemblées, qu'une somme de 
cinq cents livres serait prélevée sur les fonds de la Cour 
pour la construction d'une arcade de l'Elglise et que 
vingt-deux livres seraient distribuées en gratification aux 
ouvriers. Le 2 5 mars i665, la première pierre fut posée 
avec une grande solennité par Claude de Bretagne, 
baron de Loisy, premier président du parlement. La 
cérémonie religieuse fut présidée par son frère Jean de 
Bretagne, abbé de Saint-Georges de Metz. La pierre 
fixée dans les fondations porte l'inscription suivante : 

D O M .... V M. 

S'^Liidoj'ico, Fraucorum rc^^i, S'^Ig-iialio, Soc.J. 
fiiudalori, cxacta ab hoc loco, in via cui a capra 
uomcu est, Ihvrcsi, primum me hiijits lempli lapi- 
deui dicai'il sacrainlque L)D. Joauiies de Bj\'taiine, 
abbas S^' Georgii Metensis et ]^illerii ; posuit rero 
uoiuine senalus Aleteiisis, illiist)'issiiiiiis DU. Claii- 
diits de Bretai!;!ie ejusdeni seimtiis priimis pra'ses. 

ANNO SALUTIS MCCCCCCLX^^ DIE XXV' MARTIS. 



CHAP. IV. TRANSLATION DU COLLÈGE 47 

La construction de l'Eglise, interrompue en iôôq, fut 
reprise en ibyS, et discontinuée en 167G, les ouvriers 
axant reçu l'ordre de ne plus travailler qu'aux fortifi- 
cations de la ville. En lySS, on posa la première pierre 
du portail et l'église fut consacrée le i*^^ octobre 1741 
par Monseigneur de Saint-Simon, Évèque de Metz. 

En i6(35, une institution nouvelle vint concourir à la 
diminution de l'hérésie à Metz. Quinze personnages 
notables, entraînés par le zèle du P. Pierre Polonceau, 
prédicateur des controverses, se réunirent sous le pa- 
tronage de saint François de Sales, pour procurer aux 
nouveaux convertis une maison de refuge. La maison 
de la Propagation de la Foi pour les hommes fut achetée 
(rue des Trois Boulangers) par contrat du 5 août 1Ô77 
et 7 février 1730. Philibert Estienne d'Augn\', lieute- 
nant général au bailliage de Metz en fut le premier 
directeur par voie d'élection. Cet établissement reçut 
comme fondation la censé et les biens de Longeau 
(commune de Moulins) ancienne léproserie fondée lors 
de la première croisade par divers habitants de Metz.* 
L'acte d'affectation de ce bien, daté du 5 juillet 1668, 
contient quelques réserves, entr'autres la condition de 
rendre les dits biens à leur destination dans le cas ou 
la lèpre se montrerait de nouveau dans le pays. La 
maison de la Propagation comptait parmi ses adminis- 
trateurs le conseiller au parlement Bénigne Bossuet, 



* Notice sur la léproserie de Longeau. Ch. Abel. — Mémoires 
de l'Académie de Met:^ 1886. 



48 LES JÉSUITES A METZ 

père de l'Evèque de Meaux, des chanoines, des magis- 
trats et autres notabilités de la cité. ' 

Indépendamment de cette association, les Jésuites 
avaient établi des congrégations qui se réunissaient 
dans la chapelle du collège. Elevant les humbles au 
niveau des grands de la terre, au pied de la croix, la 
Congrégation rassemblait les hommes des différentes 
classes de la société; elle leur permettait de se con- 
naître, de s'apprécier, de se liguer pour résister aux 
attaques incessantes livrées contre la famille et contre 
les grands intérêts sociaux. Le magistrat, le militaire, 
le patron sV agenouillaient à côté de l'ouvrier et de 
l'artisan ; puisant dans la mèine foi religieuse l'esprit 
de charité et d'amour, ils étaient unis' entre eux par les 
liens d'une solide et véritable fraternité. 

« Les mœurs chrétiennes dès qu'elles sont en honneur, 
exercent naturellement leur part de bienfaisante in- 
fluence, car elles attirent la faveur de Dieu, principe et 
source de tout bien.»"^ L'histoire de la ville de Metz se 
ressent ici de la part que les Jésuites ont eue dans les 
institutions charitables et religieuses et surtout dans 
l'éducation de la jeunesse. Les luttes, les inimitiés si 
vivaccs entre les familles semblent s'apaiser, les conflits 
de toutes sortes entre les diverses juridictions surgissent 
plus rarement. Cette période de l'histoire de la cité, 
embarrassante pour les historiens, justifie ce dicton : 



• Voir Pièces justificatives, note 25. 

^ SS. I.ÉON XIII. Encyclique SU}- la coiidilioii des om'i-icrs. 



CHAP. IV. TRANSLATION DU COLLÈGE 49 

Heureux les peuples qui n'ont pas d'histoire. Forcé de 
nous circonscrire dans le récit des faits qui concernent 
plus spécialement le collège, il est cependant inté- 
ressant de voir les résultats de l'éducation qui y était 
donnée si généreusement. Le sentiment religieux était 
la base de cette éducation et si, malgré tout leur dé- 
vouement, les Pères ne formaient pas toujours de bons 
littérateurs ou de savants mathématiciens, du moins, 
le plus souvent, l'ancien élève des Jésuites, ses études 
terminées, emportait, dans les diverses carrières où la 
Providence le plaçait, des principes sûrs, une intelli- 
gence droite, un cœur ouvert aux sentiments élevés 
que la religion sait semer dans les âmes. Ce collège 
était le seul établissement d'instruction existant dans la 
ville, il a compté presque toujours environ cinq cents 
élèves. De là, sortit un clergé vénérable qui se soutint 
dignement à une époque où la licence et la dépravation 
des mœurs gagnaient ceux qui avaient pour mission 
d'en prémunir les autres, des magistrats éminents, des 
administrateurs distingués, toute une population calme 
et forte qui sut, malgré les excitations du dehors, 
passer les plus tristes époques de notre histoire, dans 
un calme et une union qui fut l'honneur de la ville. 

Le () Janvier lOGy, mourait à Metz, l'un des plus 
éminents prédicateurs de la Compagnie, le P. Edmond 
de Joyeuse, allié aux premières familles de France. 
En 1670, le R. P. Emilien Vaussin fut nommé Recteur. 
Au mois de Mai de cette année, une gazette protestante, 
imprimée à Amsterdam, circula dans la ville et attira 
l'attention des magistrats. Ce journal éditait une pré- 

4- 



5o LES JÉSUITES A METZ 

tendue correspondance reçue de Metz, annonçant que 
trois ou quatre Jésuites de cette ville, convaincus d'un 
crime énorme, avaient été condamnés à être brûlés vifs et 
que leurs confrères avaient été bannis du ressort du 
Parlement. 

Le 23 Mai, un substitut du Procureur-Général 
déposa cet écrit sur le bureau de la Cour. Le Parlement 
ordonna qu'il fut brûlé par Texécuteur de la haute 
justice, au milieu de la place publique. 

Depuis plus de cinquante ans, Metz n'avait pas vu 
d'Evèque résider dans ses murs. Henri de Bourbon- 
Verneuil, nommé en 1621, n'avait reçu aucun ordre 
sacré et ne vint jamais dans son diocèse. Il résigna 
l'Évèché de Metz en i(')52 pour se marier. Mazarin, 
déjà pourvu de trois des plus importantes abbayes de 
la ville : Saint-Arnould, Saint-Clément et Saint- Vincent 
chercha à capter à son profit les revenus de l'Evèché. ' 
Grâce aux: démarches du Chapitre, Rome lui refusa les 
bulles d'institution. François-Egon de Furstemberg, 
Évéque de Strasbourg et le Cardinal Guillaume 
de F'urstemberg ne furent pas reconnus par le Roi. 
Enfin les Souverains Pontiies Alexandre VII et 
Clément IX ayant par induits du 11 Septembre 1664 
et 2 3 Mars lôoS concédé aux Rois de France la 
nomination aux Evèchés de Metz, Toul et Verdun, 
Louis XIV y nomma Georges d'Aubusson de la 
Feuillade, Commandeur du Saint-Esprit, Pair de 



' Histoire d'un inlerrcgne à Mcl:;, par le R. P. Bach, S. J. 
Mémoires de la Société d'archéologie, 1867, p. 199. 



CHAP. IV TRANSLATION DU COLLÈGE 5l 

France, etc. Ce prélat avait été auparavant F^vcque de 
Gap et Archevêque d'Embrun. ' Il arriva à Metz, dit 
Ancillon- précédé par une réputation d'un rare mérite. 
Il fit son entrée le Maidi 3 Septembre iG(h) et fut reçu 
magnifiquement. 

Le 10 Février 1670, pour solenniser la prise de 
possession de l'Evèché, les élèves du collège jouèrent 
un drame en trois actes : Le trioinphe de la religion sur 
l'hérésie par les l'erliis de la eroix pastorale. ^ 

Cette même année, l'Evèque voulut faire les frais 
d'une distribution de prix. A cette séance fut jouée une 
tragédie latine : Mors Coriolaui. 

Une discussion d'étiquette qui prit naissance au 
collège de Metz faillit, deux ans plus tard, brouiller le 
Parlement avec l'Evèque. Il était d'usage de solenniser 
la rentrée des classes par un exercice public; les ma- 
gistrats se rendaient à ces réunions en robes et en 
cérémonie. Lors de la rentrée cie iGyS, le jour de la 
Saint-Martin, les élèves de rhétorique donnaient une 
séance où l'on devait faire le panégyrique du Roi, au 
sujet de la conquête de la Franche-Comté. Les convo- 
cations furent nombreuses et l'on fut fort étonné, à 
l'heure de la réunion, de ne voir arriver d'autres membres 



' Selon Moréri, Mf^r d'Aubusson aurait été Jésuite avant d'être 
Evêque et se gouvernait entièrement par les conseils de la 
Compagnie. 

'■* Ancillon, Chronique de Metr^. Manuscrit 121 de la bibliothèque 
de la ville. 

•^ Voir Pièces justificatives, note 26. 



52 LES JÉSUITES A METZ 

du Parlement que le président Bonneau et quelques 
conseillers. 

Mgr d'Aubusson présidait l'Assemblée. Avant de 
parler, l'élève chargé de l'exposition du sujet à traiter, 
saluait d'abord l'Evèque. A l'issue de la séance, le 
premier président fit remontrer au Père Recteur qu'il 
ne pouvait désormais assister à ces exercices à cause de 
la préséance et du salut attribués à l'Evèque. Mgr 
d'Aubusson, informé de cette prétention, lit représenter 
à ces Messieurs le droit de son caractère, la possession 
où il était depuis quatre années, l'usage pratiqué à Paris 
et leur fit donner connaissance de l'arrêt du Roi, donné 
en semblable occasion pour le Parlement de Toulouse. 
Tout fut inutile, les magistrats s'abstinrent et un seul 
membre du Parlement, l'avocat-général Etienne 
Pavillon, témoigna par sa présence, à la séance sui- 
vante, qu'il n'avait pas embrassé les futiles prétentions 
de sa compagnie. Il ne fallut rien moins qu'un arrêt 
du Roi, en son Conseil d'Etat pour que le premier 
président se contentât de la seconde place, lorsqu'il 
venait au collège, l'Evèque s'}' trouvant et de la troi- 
sième, si le gouverneur était présent.' 

En 1(374, le R. P. Jacques Pupin vint remplacer 
comme Recteur le P. ^^aussin. Un des Pères du collège, 
le P. Etienne Petiot in imprimer à Metz cette année 
un volume in-folio intitulé : Démonstrations théolo- 
giques pour établir la foi chrétienne contre les supersti- 



' Recutil des arrêts eoregistrés au Parlement de Metz. 
8 déc. 1674. 



CHAP. IV. TRANSLATION DU COLLÈGE 30 



tioiis et les erreurs de toutes les seetes infidèles. Cet 
ouvrage sorti des presses de Nicolas Antoine, était 
dédié à Mer d'Aubusson. 

En 1677, le R. P. Jean-René Jobal qui avait été 
Chancelier et fut plus tard Recteur de l'Université de 
Pont-à-Mousson vint remplacer le P. Pupin. Fils d'un 
Conseiller à la cour des comptes de Metz, le P. Johal 
comptait parmi ses proches parents plusieurs magistrats 
du Parlement; aussi, le premier Président Thomas 
de Bragelongne, étant mort, la Cour chargea un Jésuite 
de prononcer son oraison funèbre. Il se trouvait alors 
au collège un célèbre prédicateur, le P. Cuillaume 
Daubenton, qui depuis occupa les premiers emplois de 
sa Compagnie et fut honoré de l'amitié du Pape 
Clément XI. Ce Père perdu au milieu de ses frères dans 
un rang assez humble pour qu'il n'en soit pas resté de 
trace, devait quelques années plus tard être désigné par 
Louis XIV pour accompagner à Madrid le nouveau 
Roi Philippe V. Ce fut le P. Daubenton qui, le 18 Mars 
1G81, prononça cette oraison funèbre dans l'église 
Saint-Simplice, en présence de toute la Cour, des 
ditférentes autorités civiles et militaires et d'une 
immense affluence de peuple. ' 

En 1681, le R. P. Jobal ayant quitté Metz, le Père 
Amé lui succéda pendant trois années et fut lui-même 
remplacé par un messin, le R. P. Nicolas Andry. 



Ce discours fut impiimé à Metz, chez CoUignon, in-4'>, ie')Si, 



CHAPITRE V 



DE I.A REVOCATION DE L EDIT DE NANTES A LA SUPPRESSION 

DU COLLÈGE 




'époque de la revocation de l'édit de Nantes 
approche, on s'en aperçoit par un redouble- 
ment de rigueur contre les protestants. Le 
17 Juin i(3Ni, déclaration défendant à ceux de la reli- 
gion prétendue réformée de faire élever leurs enfants 
à l'étranger; le i3 Mars iG85, lettres patentes portant 
suppression de l'Académie de Sedan. Le 1^' Octobre 
i685 parut la déclaration royale révoquant l'édit de 
Nantes. 

Un historien dont les travaux ont porté la lumière 
la plus vive sur l'histoire de notre Cour souveraine 
apprécie de la manière suivante le rôle que le Parlement 
de Metz a joué dans cette affaire et examine la question 
dans ses causes et dans ses elfets. 

«Il faut sonder, dit M'" Michel, les motifs politiques 
qui ont dicté la révocation de l'édit de Nantes. 



CHAP. V. LE COLLÈGE DE l685 A I762 55 

Louis XIV pensait qu'il importait à l'unité et, par 
conséquent, à la puissance de la France qu'une seule 
religion fut suivie dans son royaume; il avait trouvé 
dans le Parlement de Metz, des magistrats partageant 
ce sentiment et disposés à favoriser ses vues politiques. 
Le Roi de France faisait au XVIL' siècle, ce que vou- 
draient pouvoir faire, au XIX"^, le gouvernement anglais 
pour la religion anglicane; le roi de Prusse, pour la 
confession d'Augsbourg et l'Empereur de Russie pour 
le rite grec. Le Parlement, en contribuant à l'extinction 
du protestantisme, dans son ressort, ne faisait pas un 
acte de fanatisme religieux, il coopérait à un acte 
politique. Fm déclarant une guerre à mort à la religion 
prétendue réformée, il combattait une importation 
germanique, il défendait les cro3'ances nationales. ' 
« L'accueil s^'mpathique et fraternel que l'électeur 
de Brandebourg a fait aux protestants chassés de Metz 
a prouvé que le Parlement ne s'était pas trompé en 
repoussant la religion protestante comme une ennemie 
de la France. Il est donc permis de dire que la révoca- 



' A l'appui de l'opinion exprimée dans l'histoire du Parlement 
de Metz on peut citer les extraits suivants : « Nous avons en mains 
les actes authentiques des synt)des clandestins dans lesquels les 
Calvinistes arrêtèrent de se mettre sous la protection de Cromwel 
dans le temps où l'on pensait le moins à les inquiéter et les preuves 
de leur liaison avec le prince d'Orange subsistent également, w 
{Mémoires du duc de Bourgogne). «Ce ne sont pas les garnisons 
des villes de guerre, ce ne sont pas les forteresses fédérales qui 
nous protégeront contre la France, mais seulement le mur d'airain 
du protestantisme." (Ancillon, T^evue des Deux-Mondes, 1842, 
t. I, p. 63). 



56 LES JÉSUITES A METZ 



tion de redit de Nantes et la rigueur avec laquelle le 
Parlement de Metz en a fait exécuter les dispositions 
ont contribué à consolider dans la province des Trois- 
Evôchés le pouvoir de la France et ont aidé à assurer 
pour toujours à la mère-patrie la possession de ces trois 
villes impériales connues autrefois sous le nom de Metz 
la Riche, A^erdun la noble et Toul la sainte. » 

Pas plus que l'auteur de l'histoire du Parlement, 
nous ne chercherons à justifier les moyens que 
Louis XIV employa pour obtenir les résultats auxquels 
il arriva. Il est probable que si, au lieu de ces moyens 
violents, on avait suivi la ligne de conduite qui a 
inspiré saint François de Sales, saint Vincent de Paul, 
Fénélon, Bourdaloue et tant de nobles esprits, on aurait 
évité bien des malheurs. 

Les conversions furent nombreuses. Furent-elles 
toutes sincères? Nul ne peut le dire. Quoiqu'il en soit, 
rien ne fut négligé pour éclairer ceux que l'hérésie 
avait séduits. Mgr d'Aubusson obtint une ordonnance 
du Roi, en date du 9 Novembre 1686 qui prélevait sur 
les bénéfices du diocèse une somme annuelle de 2400 
livres pour l'entretien de trois prédicateurs extraor- 
dinaires dans la ville de Metz et d'un quatrième dans 
les villages. Il tint lui-même plusieurs synodes dans 
lesquels il s'efforça de régler la marche de son clergé 
vers le but qu'il désirait atteindre. Il n'est pas besoin 
d'ajouter que les Jésuites ne restèrent pas en dehors 
de ce mouvement de propagande et qu'ils travaillèrent 
avec l'aide de Bossuet, alors doyen du chapitre de 
Metz, à remplir cette maison de la Propagation édifiée 



CHAP. V. LE COLLÈGE DE l685 A 1 762 67 



avec l'aide de son père. Pendant les trente années qui 
précédèrent la révocation de l'édit de Nantes, on 
compta à Metz, douze mille abjurations. Turgot estime 
à sept mille environ, le nombre des réformés qui 
prirent le chemin de l'exil. ' 

En 1(^87, le P. François de Gournay, issu d'une des 
plus anciennes familles de Metz fut nommé recteur du 
collège; en 1691, il était remplacé par le R, P. Joseph 
de Beauveau et en 1(394 par le P. Hubert Parizot qui 
appartenait à une famille considérée de Verdun. 

Les finances épuisées par la guerre ne permettant 
plus de faire face aux besoins de l'Etat, Louis XIV, en 
[(mji, frappa toutes les communautés religieuses et 
biens de main-morte d'une imposition déguisée sous 
le nom de droit d'amortissement; en outre, il exigeait 
du clergé, un don gratuit se montant, pour le diocèse de 
Metz à cent mille livres. Pour pouvoir taxer ces biens, 
un arrêt du Conseil d'Etat, rendu à Versailles le 
18 Mars i6()2, ordonna aux bénéticiers et gens de main- 
morte de déclarer au grelîe de leur résidence, la qualité 
et consistance de leurs biens, le lieu où ils étaient 
situés, etc. A ce sujet le Père Recteur adressa une 
requête pour demander l'intervention de l'autorité 



' Mémoires par M. Turgot, manuscrits -248-249 de la biblio- 
thèque de Metz. 

D'après le recensement de iS5i, le nombre des protestants, 
calvinistes et luthériens, à Metz et dans les quarante communes 
rurales qui l'environnent, était de 635. Dans tout le département 
de la Moselle, ils étaient 3620. Aujourd'hui, on en compte, à Metz 
seulement, près de dix-huit mille. 



58 l-ES JÉSUITES A METZ 



municipale. Il exposa que les biens des Jésuites devaient 
être considérés, non comme biens du clergé, mais 
comme affectés à la dotation du collège J Le Conseil 
de la ville nomma une Commission composée de six 
anciens élèves du collège, Roussel, Baltus, Lefèvre, 
Mamiel, Poutct et Biaise. - La requête fut accueillie 
favorablement, les propriétés du collège furent dé- 
chargées de leur part contributive pour le don du clergé, 
mais elles durent payer comme amortissement de main- 
morte, une somme de 3()(S() livres, 6 sols, 5 deniers. 

En 1696, le président Jean Thiersant de Bu\^ ma- 
nifesta l'intention de vendre sa maison contiguë au 
collège. Le P. Parizot adressa aux Trois ordres de la 
ville de Metz une supplique, dans laquelle il démontrait 
la nécessité de remédier par l'acquisition de cette 
maison à l'obscurité et à l'espace trop resserré, le 
nombre des élèves se montant à près de cinq cents et 
celui des Jésuites à dix-huit. Il représentait que le 
collège était fortement endetté. Les Trois ordres réunis 
s'engagèrent à fournir (îooo livres, à condition que les 
Jésuites bâtiraient des classes dans cette nouvelle 
dépendance du collège. Le Père recteur parvint de son 
côté à réunir une somme de cinq mille livres et la 
maison fut achetée. Mais ce dernier paiement avait 
épuisé les ressources du collège. On se casa tant bien 
que mal dans le nouveau bâtiment et les fonds man- 



' Archives de la Préf., fonds G. 

- Voir Pièces justificatives, note 27. 



CHAI'. V. — LE COLLÈGE DE M 685 A I 762 69 

quant pour \' aménager des classes, le Père recteur dut, 
par une nouvelle supplique, démontrer l'impossibilité 
de remplir immédiatement les conditions imposées par 
la ville, L'Assemblée, toujours bien disposée, en faveur 
des Jésuites, étendit à trois ans le délai primitivement 
fixé. 1 

Le 12 Mai ibqy, Mgr d'Aubusson mourut à Metz; 
le collège perdit en lui un puissant protecteur; les 
pauvres, les malheureux, un père toujours prêt à 
soulager leurs misères. Titulaire de riches bénéfices 
ecclésiastiques, il avait cru devoir faire servir au bien 
de l'Eglise et au soulagement des misérables tous les 
revenus qu'il en retirait. En iIkj.^, il avait créé à 
l'Université de Pont-à-Mousson un séminaire pour les 
ecclésiastiques pauvres du diocèse de Metz. Son tes- 
tament consacrait encore à cet établissement d'impor- 
tantes libéralités. - Il légua sa bibliothèque aux Jésuites 
de Metz, réservant aux Lazaristes qui dirigeaient le 
séminaire Sainte-Anne le droit d'\' prélever, à leur choix, 
des livres pour une valeur de mille huit cents livres. 



^ Archives de la Pref., {\)nds G. 

- Fondation du séminaire pour les pauvres ecclésiastiques du 
diocèse de Metz établi dans le collège de Pont-à-Mousson. Metz, 
Brice Antoine, 1693, in-40. 

En 1660, Anne d'Autriche avait fondé le séminaire Sainte-Anne 
iHôtel de Montgommery, rue de la Fontaine, en face de l'Hôpital 
Saint-Nicolas, dirigé par les Lazaristes). 

Le séminaire de la rue d'Asfeldt fut dû à la munificence de 
Mgr. de Saint-Simon. A ce dernier établissement avait été uni, 
le séminaire de la paroisse Saint-Simplice, bâti et fondé en 1725 
par Mgr de Coislin. 



6o LES JÉSUITES A METZ 



Le K) Février UuiS, Messire Henri-Charles de Cam- 
boLit, duc de Coislin, Pair de France, membre de 
l'Académie française, nommé Evèque de Metz par 
lettres patentes du 26 Mai 1607, faisait son entrée dans 
sa ville épiscopale. En lyoS, l'Evèque de Metz publia 
un mandement où il ordonnait des prières pour la 
prospérité des armes du Roi, dans toutes les églises et 
chapelles du diocèse. Ces exercices eurent lieu chez les 
Jésuites le 3i Juillet lyoS. En 1708 et 17 10, les mêmes 
prières furent ordonnées, elles se tirent à la chapelle 
du collège les 16 Septembre i70(S et 9 Juillet 17 10. 

Ees premières années de l'épiscopat de Mgr de Coislin 
avaient été affligées par de pénibles luttes avec le 
chapitre de la Cathédrale. ' Celles-ci étaient à peine 
apaisées, lorsque la bulle Uniu^ciiitiis vint éveiller de 
nouvelles discussions. Treize Evèques refusèrent de se 
soumettre. Mgr de Coislin, peu versé dans les dis- 
cussions théologiques, mais entièrement soumis à deux 
vicaires-généraux que lui avait imposés Mgr de Noailles, 



' Ces discussions commencèreni dès l'arrivée à Metz de IVlgr 
de Coislin. A la mort de son prédécesseur, luic brochure sur le 
cérémonial du chapitre de la Cathédrale avait été imprimée par 
les soins du princier et des chanoines. Par cet écrit, le Chapitre 
entendait se débarrasser complètement de la juridiction de 
l'Evêque. Cette querelle dura plus de vingt ans. Les doctrines 
jansénistes de l'Evèque et sa soumission aveugle au Cardinal 
de Noailles et à ses émissaires, tous étrangers au diocèse, avaient 
creusé un abimc entre l'autorité diocésaine et le clergé, l/allaire 
fut assoupie par des excuses que présentèrent les chanoines et 
leur renonciation aux prétentions qu'ils avaient émises. 



CHAP. V. LE COLLÈGE DE l6S5 A 1 762 61 

lors de sa nomination, fut du nombre. ' Le mandement 
de l'Evèque fut supprimé, par arrêt du Roi, le 5 Juillet 
17 14, comme injurieux à Sa Sainteté et aux Prélats de 
l'Assemblée du clergé et censuré à Rome comme 
scandaleux, présomptueux et téméraire. Mgr de Coislin 
en appela à un futur concile. Un fort petit nombre 
d'ecclésiastiques avaient pris part à cette discussion, 
lorsque le Parlement excité par quelques esprits 
brouillons se mit de la partie. Trois ans après la 
publication de la bulle, la Cour souveraine défendit de 
recevoir aucune lettre ou bref du Pape, sans lettres 
patentes du Roi. Cette déclaration tardive n'avait 
d'autre but que de rouvrir la porte aux anciennes 
discussions, puisque le 24 Février 17 14, la Cour avait 
enregistré la bulle et autorisé sa publication. Enhardi 
par cette démarche, P'rançois Le GouUon de C^hampel, 
qui, à vingt six ans, venait d'hériter de la charge de 
Procureur-Général, appela comme d'abus de la bulle du 
Pape du 5 Septembre 1 7 i S (Litterœ adiiniversos fidèles).'^ 
Plusieurs écrits, plusieurs sermons, déférés au Parle- 
ment furent déclarés supprimés et cette législation. 



' Les deux vicaires-généraux imposés par Tarchevêque de Paris 
étaient: Joseph Séron, docteur en Sorbonne, auteur de mande- 
ments sur la bulle Unigenùiis, condamnés à Paris et à Rome et 
Pierre Brayer, docteur en Sorbonne, grand archidiacre. 

* Le père du Procureur-Général avait été protestant, il avait 
abjuré lors de la révocation de Tédit de Nantes. Ne pouvant plus 
être protestant, le fils s'était fait janséniste, ou plutôt il était imbu 
de ce vieil orgueil parlementaire qui, ne soutirant aucune autorité, 
avait fini par croire ses arrêts infaillibles et supérieurs à tout, 
même à ceux de la justice divine. 



62 LES JÉSUITES A METZ 

monument d'impuissance, qui a la prétention d'annuler 
les paroles prononcées et d'eiTacer les écrits, ne fut, alors 
comme toujours, qu'une provocation à de plus violentes 
disputes. Le 3o Juin 17 iQ, effra}'é du nombre considé- 
rable de contraventions que le Procureur-Général avait 
relevées, le Parleinent s'empressa, avec satisfaction, 
d'enregistrer l'édit qui suspendait toutes les disputes et 
contestations à l'occasion de la bulle Unigcuilus. 

L'ardeur théologique des grands-vicaires se révéla de 
nouveau par les difficultés faites pour admettre aux 
ordres sacrés les jeunes clercs sortant des collèges de la 
Compagnie. ^ 

En 1721, le P. Tresse, ancien professeur de théologie 
à Pont-à-Mousson et confesseur du duc Léopold 
de Lorraine, fut nommé recteur; il y était encore 
lorsque Marie Leczinska qui venait d'épouser à Stras- 
bourg le Roi Louis XV, fit son entrée à Metz le 
21 Août 1725. Le Jeudi 23, vers les dix heures du 
matin, le duc de Noailles, commandant de la maison 
du Roi, présenta à la Reine les écoliers du collège qui 
venaient pour lui réciter quelques vers. «Elle les écouta 
avec cette bonté qui lui est si naturelle et voulut bien 
leur en donner une preuve plus authentique; elle 
permit que ces mêmes pièces qui venaient de lui être 
déclamées fussent chantées en musique pendant son 
diner. » ^ Déjà l'année précédente, lors de l'entrée en 



' Voir Pièces justilicatives, note 2S. 

'^ Relation du voyage de la Reine de Strashouri; à Metz, puis de 
Metz à Fontainebleau, Metz, 1725, V. Antoine. 



CHAP. V. — LE COLLÈGE DE l685 A I762 63 

France de la duchesse d'Orléans, les élèves avaient été 
admis à lui faire leur compliment en vers.' 

Pendant toute cette période, le collège poursuit sa 
marche normale, les études sérieuses, une éducation 
complète, des divertissements honnêtes ^ menaient au 
but que se proposaient les Pères. Un certain refroi- 
dissement se manifeste cependant dans les bonnes 
relations qui existaient avec les membres du Parlement. 
Plusieurs de ces magistrats, recrutés à Paris, professent 
des opinions jansénistes ou philosophiques. Cette 
colonie étrangère fait élever ses enfants loin de Metz, 
s'intéresse peu aux progrès et aux intérêts de la cité. 
Ils n'y résident que lorsqu'ils y sont contraints par les 
devoirs de leur charge. 

Peu à peu, cette coterie finit par attirer à elle la plus 
grande partie de la cour souveraine. Toujours inquiète, 
vo^'ant partout des attentats à sa puissance et constam- 
ment empiétant sur tous les pouvoirs, elle se signale 
chaque année par des révoltes contre l'autorité royale, 
des luttes avec le Gouverneur militaire, des contestations 
avec les Evêques, le Chapitre et les administrateurs de 
la ville. r3eux fois, le Procureur-Général est exilé pour 
sa résistance aux ordres du Roi ; la Cour saisit le 



1 Compliments en vejs du collège de Met^ de la Compagnie de 
Jésus par les écoliers du même collège à S. A. R. Madame la 
duchesse d'Orléans, lors de son entrée en France. Metz, J. Antoine, 
1724, in-4''. 

^ Josias, tragédie qui sera représentée par les rhétoriciens du 
collège de Metz, dans la salle des Pères Jésuites, le 25 février 
1724. Metz, J. Collignon, 1724, in-40. 



6zj LES JÉSUITES A METZ 



prétexte de son rappel pour en faire un sujet de 
triomphe et cependant, de l'aveu de nos chroniqueurs, 
M. Le Goullon de Champel était universellement 
détesté dans sa ville natale. ^ 

En 1724, un jésuite d'une famille messine honorée 
et aimée, le P. Baltus fut nommé Recteur. Ses pro- 
fondes connaissances n'excluaient pas une parfaite 
bonté ; ses élèves conservèrent pour lui le plus vif 
attachement et lorsque le célèbre chirurgien Louis fit 
orner les salles de l'Hôtel-de-Ville des médaillons en 
marbre des plus illustres enfants de Metz, il tint à y 
faire figurer le portrait du P. Baltus. - 

Le maréchal de Bellisle vint remplacer comme gou- 
verneur le maréchal d'Alègre. On sait de quelle façon 
il a renouvelé l'aspect de la ville. Admirateur passionné 
de notre vieille cité, il s'efib rça de l'embellir. Il acheva 
les fortifications, élargit les rues, augmenta les voies de 
communication, créa des places, fit construire des 
ponts. L'ancienne place du Change, avait pris le nom 
de place Saint-Louis depuis que M. Ferrand, curé de 
Saint-Simplice avait fait mettre au-dessus de la fontaine 
qui la décorait, la statue de saint Louis. Cette place 
n'avait de communications avec le centre de la ville 
que par des voies détournées ; le maréchal iit tracer une 
rue directe (rue neuve Saint-Louis et de la A'ieille 
Intendance) qui traversait les bâtiments du collège et 



' Journal DUiiiisail du CliO'jiicr m--. Bi:i. champs (Bililiiith. du la 
ville). — MiCHici., Histoire Ju Parlement de Metj, p. 3c)-2. 
- Voir Pièces justilicatives, note 2g. 







§~ s 



CHAP. V. — LE coLi.i':(^.K HE 1 685 A 17(52 65 



lui enlevait environ mille pieds carrés. ^ Une large 
indemnité fut accordée, elle suffît non seulement pour 
reconstruire les façades des maisons condamnées, mais 
encore elle permit de reprendre les travaux de l'église. 
La première pierre du portail fut posée avec cérémonie 
par M. de La Bâtie, chanoine et do\'en du chapitre de 
la Cathédrale ; Mgr de Saint-Simon la bénit le 
•25 Novembie i73() et la consacra le i'^'" octobre 1741.^ 
En 1744, le 4 Août, Louis XV vint à Metz; la ville 
fit les plus grands efforts pour l'accueillir dignement. 
Dans la nuit du 8 au (), le Roi tomba gravement 
malade; le i5 au matin, on lui administra les derniers 
sacrements. La consternation, l'abattement, le désespoir 
se répandaient dans la ville ; tout le peuple assiégeait 
les avenues du palais; les églises ne désemplissaient 
pas. Le 16, le Roi cessa d'être en danger et le 20, il 
entra en convalescence; les démonstrations de la joie 
la plus vive succédèrent à l'affliction la plus profonde. 
Le 25, la Reine, informée qu'il y avait salut solennel 
chez les Jésuites, voulut y assister avec le Dauphin et 
Mesdames de France. 



' i5 juillet 1733. Arrêt du Conseil du Roi ordonnant l'expro- 
priation. — G sept. 1735. .Jugement du bureau des finances donnant 
l'alignement. — • Pétition du Recteur pour obtenir indemnité. (Arch. 
de la Prêt'., fonds G). 

'^ L'église Notre-Dame est aujourd'hui la paroisse la plus im- 
portante de Metz. Elle a été construite par un Père de la Com- 
pagnie dont le nom ne nous est pas parvenu. L'architecture de 
cet édifice est d'un goût simple et sévère et rappelle les églises 
bâties d'après les plans des Jésuites en France et en Allemagne. 

5 



66 LES .lÉSUITES A METZ 

L'abbé Jossct, chanoine de la Cathédrale, avait été 
prié par les Pères, de prononcer le panégyrique de 
saint Louis. A la fin de son discours, il saisit l'occasion 
de la présence de la Reine et de la maladie du Roi et 
cédant au mouvement général qui se manifestait en ce 
monient dans toute l'étendue du ro\'aume, il s'écria : 
« Non, jamais prince ne fut plus sincèrement regretté, 
plus amèrement pleuré, plus ardemment demandé, et 
si l'histoire lui donne un jour quelque titre, quel titre 
mieux mérité et qui fasse plus d'honneur à un Roi que 
celui de Louis le Bien-Aimé. » A ces mots, toute 
l'assistance, enlevée par un de ces mouvements qui ne 
se peuvent définir, se leva en criant : Vive Louis le 
Bien-Aimé! Hélas! les voûtes de cette même église 
devaient faire retentir d'autres cris. La responsabilité 
des orgies et des fureurs impies de lyqS retombe lour- 
dement sur le souverain débauché et sceptique dont la 
maladie avait fait couler tant de larmes. 

En 1742, le P. Jean de Maugre, professeur de rhé- 
torique au collège et, à ce qu'il parait, critique assez 
mordant, offensa, dans une satire en vers, un président 
au Parlement qui avait la faiblesse de se croire bon 
poète. Les Jésuites se hâtèrent de donner satisfaction 
à la Cour souveraine en faisant partir de Metz ce jeune 
père qui en conçut assez de dépit pour quitter en même 
temps la Compagnie.' 



' l>e P. Jean de Maunie, né à Sedan 2S lévrier 1714, entra élans 
la Compagnie en 173-, après avoir t'ait ses -études au collège de 
Sedan. Envoyé à Metz, il y professa les humanités et la rhéto- 



CHAP. V. LE COLLÈGE DE 1686 A I762 G'] 

L'année suivante, un enfant de douze ans, élève de 
la classe de sixième, découragé de ne pouvoir suivre 
sa classe, humilié des surnoms outrageants que lui 
donnaient ses camarades, se prosternait au pied de 
l'autel de Sainte-Marie-Madeleine (rue d'Asfeldt); ses 
prières furent exaucées et Jean- Nicolas Beauregard, 
doué d'une énergique volonté qui ne le cédait qu'à la 
ferveur de sa foi, devint l'un des premiers prédicateurs 
de son temps et le prophète de la révolution. ^ 

En i74<)» on envoyait comme Recteur à Metz, le 
P. Philippoteau Duchesne qui avait été Provincial de 
Champagne, après avoir présidé pendant plusieurs 
années à l'éducation des infants d'Espagne. ^ 

L'ouverture du jubilé de l'année sainte rySo fut 
l'occasion de nouveaux témoignages d'affection donnés 



rique et fut victime de sa verve satirique. Ses vers, lus d'abord par 
quelques personnes, puis copiés, circulèrent dans les salons. Forcé 
de partir de Metz, le P. Maugre quitta la Compagnie et devint 
curé de Givet. Il est mort à Carignan, le 17 mai 1801. En ijSi, 
le P. Blanchard, né à Tourteron (Ardennes) le 12 octobre ijSi 
professait la rhétorique. Après la dissolution de la Compagnie, ce 
Père composa plusieurs ouvrages qui eurent un grand nombre 
d'éditions. Il est mort le i5 juin 1797. 

' Voir Pièces justiHcatives, note 3o. 

^ Le P. Jean-Baptiste-Philippoteau Duchesne, né en 1682 dans 
les Ardennes, fit ses études au collège de Reims, entra dans la 
Compagnie en 1700 et fut professeur à Reims, Verdun, Strasbourg 
et Metz. Il composa en 1730 un ouvrage intitulé : La science et la 
jeune noblesse qui fit jeter les veux sur lui pour diriger l'éducation 
des infants d'Espagne. II composa une histoire d'Espagne qui 
traduite en espagnole, eut un grand nombre d'éditions. Nommé 
en 1743 Provincial de Champagne, puis Recteur à Metz, il mourut 
à Dijon en 1755. 



68 LES JÉSUITES A METZ 



aux Jésuites par les Messins. Mgr de Saint-Simon avait 
fait venir douze de ces religieux. Ils pi-échèrent et tirent 
des conférences trois fois par jour à la Cathédrale, et 
une fois par jour dans les églises de Saint-Martin, 
Saint-Simplice et Saint-Marcel et, en allemand, dans 
l'église des Récollets. Le i8 Août, le chapitre de la 
Cathédrale lit une procession solennelle à la suite de 
laquelle une croix de mission fut plantée et fixée d'une 
manière permanente au haut des escaliers de la place 
de Chambre. Le chroniqueur Baltus qui donne ces 
détails ajoute: «Jamais le public n'a donné tant de 
marques de piété et de dévotion. >•> 

Madame la maréchale de Bellisle mourut à Paris, le 
5 Mars \jbb, à l'âge de quarante-six ans. La ville de 
Metz, voulant témoigner ses regrets, fit célébrer, le 
5 Mars lySb, un service solennel suivi de l'éloge de la 
défunte prononcé au milieu d'un concours immense de 
peuple par le P. Bergeron.^ Deux ans après, Louis- 
Marie Fouquet de Bellisle, comte de Gisors, gouverneur 
de Metz et de Verdun, tombe frappé à la tête du régi- 
ment de carabiniers qu'il commandait à la funeste 
bataille de Creveldt. Cette fois, un Jésuite fut chargé 
d'exprimer la douleur que la ville entière par- 
tageait avec le maréchal, si cruellement frappé. Le 
P. Charles, de la maison des Missions ro3^ales de 



' Cette oraison tunèbre a été imprimée à Metz chez Joseph 
Collignon, ij5G, in-40. On trouve en tête une vignette allégorique 
et les écussons du duc et de la duchesse de Bellisle. Le P. Ber- 
geron était Récollet. 



CHAP. V. — LE COLLÈGE DE I 685 A I762 ÔQ 



Nanc}^, prononça le 9 Août lySS l'oraison funèbre 
intitulée : Tribut de douleur cl de reuera/ioii dont les 
iiuio-isl}\ils de la ville de Mel^ oui houoré les cendi\'s 
d'un couiuiauddul qui leur fui elier. 11 prit pour texte 
ces paroles du livre de la sagesse: Habebo claritatem 
ad turbas el houoreiu apud seuiores, juveuis. Quoique 
jeune, je serai célèbre parini les peuples et je mériterai 
l'estime des sages. ' 

Les deuils succèdent aux deuils. Le maréchal de 
Bellisle ", Mgr de Saint Simon -^ emportent dans la 



' Cette oraison funèbre a paru chez Joseph Collignon, Metz 
1758, in-4'\ — Le journal intitule: La clef du (\ibinct des Princes, 
septembre, octobre 175S, p. i32-i33-3i2, parle des hommages 
rendus au comte de Gisors : « On nous a envH)yé, ajoute-t-il, de 
Verdim, de Saint-Avold et d'autres villes des récits de ce qui a été 
mis en usage dans ces cérémonies, même des pastorales, dont une 
du P. Coutuiier, jésuite et professeur de rhétorique à Verdun, qui 
mériterait place dans nos journaux, si elle pouvait s'v trouver.» 

- n Tant que le maréchal de Bellisle avait vécu, les adversaires 
de la Compagnie s'étaient vus réduits à formule!" des vœux contre 
elle. Principal ministre, il étudiait avec effroi les tendances de son 
siècle et sa main essayait de les comprimer. Le 26 janvier 1761, 
son trépas leur laissait toute latitude.» Crktineau Joi.v, HisUnre 
de Ici Coitipa^iiie de Jésus, tome V., chap. IV. 

•' Claude Rouvro\'. duc de Saint-Simon, Pair de F'rance, Evèque 
de Metz, en ij33, se fit gloire d'égaler en charité les Evèques ses 
prédécesseurs. Le chevalier de Belchamps nous apprend les 
sacrifices énormes que Ht TEvèque pt)ur nourrir la population de 
Metz, pendant la famine de 1741. Le diocèse lui doit son grand 
séminaire qu'il fit bâtir de 1743 à 1743, rue d'Asfeld, sur des ter- 
rains abandonnés par le génie militaire. Il le dota de douze mille 
livres de rente, fit venir les Frères des écoles chrétiennes et fonda 
dans son diocèse de nombreux établissements religieux et chari- 
tables. Mort en 1760, il fut remplace par Mgr de Montmorency- 



70 LES JÉSUITES A METZ 

tombe les regrets des Messins. Le Parlement refuse 
d'assister aux obsèques du prélat qui avait osé lui tenir 
tête. Une lente agonie s'empare du royaume et paralyse 
toutes les forces vives du pays. L'autorité royale est 
avilie, les grands corps de l'Etat se décomposent et 
pour essayer ses forces contre la religion, la révolution 
attaque les Jésuites. 



Laval. I.ors de l'expulsion des Jésuites en 1762, l'Evêque qui, en 
sa qualité de Conseiller d'honneur au Parlement, devait être 
convoqué, ne fut pas prévenu et fut écarté de toutes les déli- 
bérations. 




CHAPITRE \ I 



SUPPRESSION DE LA COMPAGNIE DE JESUS 




E 25 Février 1762, le Parlement de Metz se 
préoccupa pour la première fois de la lutte 
que les autres Parlements avaient commencée 
contre les Jésuites. Le i'^'" Mars, le Procureur-Général, 
ce même M^' Le Goullon, qui, depuis quarante ans 
faisait une guerre acharnée à toute autorité, requit et 
le Parlement ordonna le dépôt dans un délai de trois 
jours des constitutions de la Société. Le R. P. Claude 
Jacquemin, alors recteur du collège, déposa aussitôt 
au greffe de la Cour, deux volumes imprimés à Prague» 
intitulés : Institutiim Soc. Jesii. Le Procureur-Général se 
disposait à faire connaître à la Cour le résultat de 
l'examen auquel il s'était livré, quand on reçut les 
lettres patentes du mois de mars, concernant les Jésuites. 
L'enregistrement en fut requis et des commissaires 



nommes. 



72 LES JESUITES A METZ 

Les amis des Jésuites avaient demandé qu'une 
Commission nombreuse fut désignée, on rejeta leur 
demande. Le 24 mai, le conseiller François de Cabouilly 
se disposait à lire son rapport. Ce discours fut-il 
trouvé trop bienveillant? ne répondait-il pas aux ordres 
transmis? on ne le sait, mais il est certain que le 
rapporteur nommé fut écarté et que ce furent MM. 
Michelet et Bertrand qui rédigèrent le pamphlet juri- 
dique lu devant les Chambres assemblées, dans les 
séances des 25 et 26 mai. Cet écrit se terminait ainsi : 
«Que nos malheurs passés nous instruisent; combien 
de faibles élèves ont déjà reçu de leurs mains une 
doctrine pernicieuse et opposée à nos principes ; combien 
des forts séduits par les honneurs, la gloire et la richesse 
du monde qui leur ont été présentés du faîte du temple, 
ont fléchi le genou devant leurs maximes. N'attendons 
pas que la contagion soit universelle et que frappée 
d'étonnement, la France entière gémisse de se voir 
ultramontaine. » 

Le 28 mai 17(12, le Parlement rendit un arrêt rece- 
vant l'appel comnie d'abus des bulles de 1540, 154? et 
i552 approuvant la Compagnie de Jésus. 

Les deux principales imputations sur lesquelles 
M. Le Goullon avait basé son réquisitoire étaient les 
suivantes: i" le Général des Jésuites veut se mettre au- 
dessus des trônes et des tètes couronnées ; 2" la mort 
civile, que les membres de la Société s'imposent, 
répugne à la nature humaine. Dans ce réquisitoire, pas 
un fait n'est allégué contre les Jésuites de Metz, ils ne 
sont même pas cités; pas un argument n'est présenté 



CHAP. VI. SUPPRESSION Dli LA COMPAGNIE yS 

en dehors des banalités qui s'étalaient dans les livres 
des philosophes et des réformateurs du XVIII"' siècle. 
Il concluait à la suppression de la Compagnie.^ 

Le même jour le Parlement condamnait le livre du 
P. Busembaum et les pages 35 1 et 352 d'un livre 
intitulé : Monoirc concernant Vlnstilul, la doctrine et 
les établissements des Jésuites en France, à être lacérés 
et brûlés par le bourreau. 

Cet arrêt fut exécuté le 5 Juin, mais de crainte que 
le peuple ne prit ouvertement parti pour les victimes, 
il fut décidé que le livre et les pages incriminés seraient 
lacérés et brûlés par l'exécuteur de la haute justice, 
dans l'int-érieur de hrcour du palais, au pied du grand 
escalier, en présence seulement d'un commis du greffe 
et de deux huissiers. 



' Réquisitoire du Procureur-Général suivi de l'arrêt rendu le 
Li.S mai 1762. Metz, Joseph Colliynon, in-4". — Demande au profit 
de défaut de M. le l^rocureur t;éneral du Parlement de I\lelz de 
l'appel comme d'abus de constitutions de la Société se disant de 
Jésus. Metz, Joseph Collii^non, 1762, in-4'j. — doiicliisiuiis prises 
après l'arrêt du Parlement de Metz, du 2S mai 17(12 et arrêt du 
20 septembre. Metz, in-40, sans nom d'imprimeur. 

Compte-rendu des Constitutions et de la doctrine des soi-disants 
Jésuites, in-8ù et in- 12°. Le Procureur-Général Ht faire plusieurs 
éditions. 

Arrêt du Parlement qui juge comme d'abus interjeté par le Pro- 
cureur-Général, des bulles, brefs, constitutions et autres règle- 
ments de la Société se disant de Jésus; fait défense aux se disans 
Jésuites et à tous autres de porter l'habit de la Société, de vivre 
sous l'obéissance au Général et aux constitutions de ladite 
société et d'entretenir aucune correspondance directe ou indirecte 
avec le Général et les Supérieurs de cette Société. Metz, Joseph 
Collignon, 1762 in-40. 



74 l'ES JÉSUITES A METZ 



L'arrêt du 28 mai ordonna que l'on procéderait à 
des inventaires de tout ce que possédaient les Jésuites 
à la date du G septembre 1762 et que ces inventaires 
seraient joints aux pièces du procès. ' Le 20 septembre, 
le Parlement déclara qu'il y avait abus dans les bulles 
instituant la Compagnie des soi-disants Jésuites, lit 
défense à tous les ci-devants Jésuites de porter l'habit 
de la Société, de vivre sous l'obéissance du Général et 
d'entretenir aucune correspondance directe ou indirecte 
avec les Supérieurs de la Société. La spoliation de tout 
ce qu'ils avaient fut prononcée, (Jn défendit en outre 
de leur confier aucune fonction s'ils ne se soumettaient 
à prêter le serment suivant : o Je jure et promets à 
Dieu et au Roi d'être inviolablement fidèle sujet de 
Sa Majesté, de tenir et enseigner les quatre propositions 
du clergé de France de 1682, les libertés de l'Eglise 
gallicane, de combattre de tous temps la morale per- 
nicieuse contenue dans le compte-rendu de la Gourdes 
24," 25 et 26 mai dernier de la doctrine des ci-devants 
Jésuites et notamment les articles attentatoires à l'au- 
torité du Roi, à la sûreté de sa personne sacrée à 
l'indépendance de sa couronne, ainsi que de toute autre 
autorité ecclésiastique et de me conformer en tout aux 
dispositions de l'arrêt de la Gour du 20 septembre 
dernier, dont lecture m'a été faite. » 

Tous ceux qui consentaient à prêter ce serment et 
qui avaient plus de trente-trois ans révolus devaient 



Voir Pièces justiticatives, note 3i. 



CHAP. VI. SUPPRESSION DE LA COMPAGNIE yS 

toucher une pension annuelle de 25o livres, soit treize 
sous par jour, pension hypothéquée sur leurs propres 
biens. Aucun des dix-neuf membres de la Compagnie 
qui se trouvaient à Metz ne consentit à prêter ce 
serment. ' 

Appelés à comparaître, les Pères ne se présentèrent 
pas; ils pensèrent, à l'animosité mise à les poursuivre, 
que la cause était jugée d'avance. Les libelles, les bro- 
chures, les réquisitoires contre la Compagnie avaient 
été répandus en grand nombre. On ne connaît pas un 
seul écrit par lequel les Jésuites de Metz aient essaN'é 
de conjurer leur perte. ^ Une sorte de terreur avait 
étouffe toutes les plaintes. A peine pouvons-nous relever 
quelques rumeurs soulevées par les pauvres qui, 
chaque jour, trouvaient aux portes du collège les 
secours destinés à alléger leur misère ; quelques pro- 
testations de leurs élèves dont ils avaient su se faire 
aimer; quelques récriminations tardives de ceux qui 
étaient attachés sincèrement à Dieu et à leur patrie, 
mais ces protestations ne connaissent guères qu'une 
formule : la prière, et cette forme, toute puissante au 
ciel, laisse peu de traces en ce monde. 

Ainsi fut fermé, à Metz, le premier collège de la 
Compagnie de Jésus. 



* V(Mr Pièces justificatives, note 32. 

- Dans l'arrêt du Parlement de Metz, il est dit que les Recteurs 
du collège des Jésuites du ressort ont présenté une requête aux 
fins d'obtenir un délai pour présenter une défense légale, sur 
laquelle requête il aurait ete mis : refutata. (Cerutti, Apologie des 
Jésuites. Soleure, ijôS, in-8o, p. 39.) 



76 LES JÉSUITES A METZ 



A bien peu d'exceptions près, tous les Messins qui 
ont honoré leur patrie, durant l'espace des cent-qua- 
rante années écoulées de la fondation à la fermeture 
du collèi^e, ont été élevés par les Jésuites. 

Les (jcolfroy, Maniiel, Auhurtin, Durand, Bertrand, 
de Blair, de Chazelles , Georges de Chelaincourt, 
Evrard, Charpentier, Favre, Fériet, Dutertre, Jobal, 
de Laubrussel, La Vallée de Pimodan siégèrent au 
Parlement. 

Les Gabriel, Fagnier, Dilange, Baltus, Rulland, 
Thorel, Lepage illustrèrent le barreau. Dans les rangs 
du clergé, on compte Langlois, Gissey, Foës, Jeoffroy, 
de Beausire, Durand, Michelet, Marchand, Dom 
Gaugué, de Gourcy, l'Evèque de Québec, Dosquet, et 
les abbés Chantant de Vercly dont l'un fut Directeur 
du collège de Pontlevoy et le second, supérieur général 
des Antonistes de F'rance. 

A l'armée, on remarque les Fabert, d'Epernon , 
de Beausire, Baltus, GouUet de Rugv, Lacroix d'Evry, 
de Chazelles, Dupasquier de Dommartin, Durand, 
Foës, Georgin de Mardigny, Couei de Lorry, Leduchat, 
Malherbe, de Saint-Aubin, de Belchamps, du Buat, 
Dubalay, Marien de Betting. 

Lançon, Maujean de Labry, Pacquin de Rupigny, 
Séquer, Pantaléon, Auburtin de Bionville, le baron 
Poutet en sortirent pour diriger l'administration de la 
ville. 

Aux savants, ils donnèrent : Bécceur, Buchoz, Pla- 
tine, Foès, Louis, Michel du Tennetar, Le Goullon, 
Gardeur, I>ebrun, Michelet d'Enner\'. 



CHAP. VI. — SUPPRESSION DE LA COMPAGNIE 77 



Aux littérateurs: Ancillon, Baltus, Blouet, Chenu, 
de Chazelles, Dumont. 

Dans les contrées voisines, les Soucelier, Hue de 
Saint-Rem\', P^this de Corny, de Clémer\-, Dattel de 
Luttante, de Ferriol, Gomé, de ^^^atronville, Dupas- 
quier, Larminat portèrent très haut le renom du collège 
de Metz. Léopold de Lorraine appela à ses conseils les 
Breton, les Hu}'n et de Serre. 

Parmi les hommes élevés dans les autres collèges 
des Jésuites, depuis l'illustie Bossuet jusqu'au comte 
de Gisors, au marquis de Bouille et au premier prési- 
dent Chifflet, tous se transmirent les mêmes traditions. 

La Compagnie de Jésus elle-même recruta à Metz 
un brillant personnel : Raigecourt et Gournay, Bertrand, 
Hdr\', Dollière, Malapert, Broquard, Gu) on, d'Harau- 
court, Baltus, Saint-Jurc, de Belchamps, Beauregard. 
Collas, Derand, Laas, Hollande de Colm\, Johal, 
de Laubrussel, Béraud Bercastel, Andr}', héritent des 
vertus, des talents et de la science de ceux qui les ont 
élevés. ' 

Chassés de F'rance, les Jésuites de Metz cherchèrent 
un refuge en Lorraine, où Stanislas, ne cessa de leur 
donner des marques de son attachement. Le rôle de 
ce prince que l'on a surnommé à bon droit le Bien- 
faisant a été oublié par l'historien des Jésuites. Tous 
les mo\'ens furent employés par son ancien sujet, 
Choiseul , pour l'engager à imiter les Cours de 



Voir Pièces justificatives, note 33. 



jS LES JÉSUITES A METZ 

Portugal, de France et d'Espagne. Stanislas refusa et 
fut inflexible. Madame de Pompadour dans une lettre à 
Madame de Baschi écrit: «Stanislas aime fort les 
Jésuites qui dirigent sa conscience et ses revenus, ainsi 
les voilà en bonnes mains. Cependant, par égard pour 
son rang, son âge et ses vertus, la proscription de ces 
honnêtes gens ne s'étendra pas jusqu'en Lorraine; ce 
bon Prince en mourrait de chagrin et il est bon qu'il 
vive encore pour l'exemple des rois et le bien des 
peuples.»' Chacune des années du règne de Stanislas 
est signalée par quelque nouveau bienfait accordé aux 
Jésuites. " Non content de la fondation de la maison 
des missions diocésaines (Grand séminaire de Nanc}') 
de la création de nombreuses chaires et de la constitu- 
tion de bourses dans les divers collèges de la Compagnie, 
Stanislas contribua en 1762, par un don de 5o,ooo, 
livres à l'acquit des dettes des Jésuites de Lorraine et 
paya les 2 5o,ooo livres dont était chargée la Province 
de Champagne dans la répartition des dettes de toutes 
les maisons du royaume. 

Stanislas mourut le 23 février i7<)(). La Cour sou- 



' Mémoires de la marquise de Pompadour. Correspondance. 
Lettre i85, tome V. Paris Lepetit 180S, in-iS. 

2 Lettres patentes, 21 mai 17^0, 21 mars 1740, 28 juillet, 27 dé- 
cembre 1740, 7 et 27 mai 1741, 10 mai 174?, 17 septembre 1748. 
Actes sous seing-privé, 18 juin i7('>o. Déclaration 17 octobre 1763. 

Brevet: 6 mars 1743. Contrats 28 juin 1742, i3 mars 1744, 
25 avril 1750, 8 octobre 1749, 5 janvier 1753. 

Lettres patentes, 4 septembre 1752, 17 mars i7(k), 29 mars 1761. 

Table du Recueil des ordonnances et règlements de Lorraine 
jusqu'en 1773. Nancy, Babin, in-4''. articles: Fondations, Jésuites. 



à 



CHAP. VI. SUPPRESSION DE LA COMPAGNIE 79 

veraine de Nancy fut forcée de se conformer aux lois 
qui régissaient le royaume. Pendant deux ans, elle 
lutte encore et ce n'est qu'au i^'"' septembre lyivS qu'elle 
signifie le décret supprimant la Compagnie. Dans 
l'exécution, on observe tous les ménagements possibles. 
Les .Jésuites ne sont astreints à aucun serment, à 
aucune déclaration. Il leur est permis de vivre, en 
particulier, dans toute l'étendue du royaume «en bons 
et fidèles sujets et suivant les lois de l'Etat», tous 
reçoivent une pension : 400 livres pour les Pères, 
200 livres pour les Frères. 

L'influence de la Compagnie de Jésus, à Metz, ne 
saurait être mise en doute. Prédisposée par ses ten- 
dances lédéralistes, par les guerres civiles et religieuses, 
par le mauvais choix des officiers désignés dès le début 
pour gouverner la ville, par le relâchement qui s'était 
mis dans le clergé régulier et séculier, Metz fut devenue 
une ville protestante ; elle eut abandonné le glorieux 
drapeau qui lui est si cher. Qui représente à Metz le 
parti français, le parti catholique, puisque Metz pro- 
testante eut infailliblement fait retour à l'Allemagne? 
C'est Thévalle, cette noble figure historique, Thévalle 
patient et juste qui refuse d'exécuter les massacres de la 
saint Barthélémy et ne permet pas l'oppression des 
catholiques. Thévalle s'appuie sur le P. Auger. C'est le 
Cardinal de Lorraine qui envoie le P. Maldonat, C'est 
Fabert, l'ami du P. Adam. Plus tard c'est le maréchal 
de Schomberg, Bossuet, Mgr d'Aubusson, le maréchal 
de Bellisle. Dans le siècle compris entre i65o et lySo 
Metz, brille entre toutes les villes de France, par la 



8o LES JÉSUITES A METZ 

modération et la sagesse de ses habitants, par leur 
patriotisme, par sa bonne administration. Nier le rôle 
des Jésuites dans cette situation, c'est nier le rôle de 
l'éducation dans la vie de l'homme. 

A la place du collège c"[u'on venait de fermer, il 
fallait cependant créer quelque nouvel établissement 
d'instruction. Le Parlement s'empara du droit d'en 
choisir le personnel, déniant à la ville toute action dans 
ce choix qui l'intéressait cependant à un plus haut degré. 
Louis Rœderer, substitut du Procureur-(iénéral, fut 
délégué à cet effet; il se rendit à Paris et s'adressa au 
Recteur de l'Univeisité. Lebeau lui fournit immédiate- 
ment un personnel quelconque. Rœderer en informe le 
Parlement, s'excusant toutefois d'avoir été forcé de 
choisir un prêtre pour principal. ' Ouvert le i"^'' novembre 
17(33, ce nouveau collège subsista cinq années. Pendant 
ce temps, les huit professeurs qui le dirigent sont 
changés plusieurs fois. On crée un pensionnat, mais on 
renvoie le professeur de phvsicjue «attendu que les 
écholiers sont partis. » Enhn la désorganisation arrive 
à un tel point, qu'au milieu de l'année scolaire 176.7- 1768 
le collège dut fermer ses portes. 



' Rœderer reçut ordre, par arrêt du l'arlemcnt du ijoctolire 
1762, de se rendre à Paris; le i3 novembre il était de retour. Le 
Parlement, en témoignage de satisfaction ordonna que ses frais de 
voyage lui seraient remboursés sur le simple état, en gros, qu'il 
fournirait. Il demanda 104S8 livres i\ deniers. On lui ofl'rit, en 
outre, un présent d'aigenterie d'une valeur de (Sooi,) livres, le tout 
payé sur les biens du collège. Voir Pièces justificatives, note Sq. 



CHAP. VI. — SUPt^RESSION DE LA COMPAGNIE 8l 



Dans le mémoire présenté, le 25 septembre 1762, au 
bureau d'administration du collège, Rœderer avait dit: 
« d'abord point de moines. Tout religieux imbu des 
règles et des institutions monacales est peu propre à 
former le cœur et l'esprit d'un citoyen. » Cinq ans 
seulement se sont écoulés et l'administration de la ville 
s'adresse aux Bénédictins de Saint- S3'mphorien pour 
les prier de prendre la direction du collège. Le Parlement 
se garde bien cette fois de réclamer la prérogative qu'il 
s'était attribuée en 1762. Les savants religieux qui diri- 
gèrent cet établissement y relevèrent bientôt le niveau 
des études : Lacretelle, Colchen, Blouet y tinirent leurs 
études commencées chez les Jésuites ; le comte Rœderer, 
Charles de Villers, les Duquesney, le baron Dupin, le 
comte de Bournon, le baron d'Hannoncelle, le général 
Lallemand, le baron Marchant}- firent toutes leurs classes. 1 

Déliés de leurs vœux parla révolution, les Bénédictins 
dirigèrent le collège jusqu'en 1794. Chassés à cette 
époque, ils se fixèrent à Metz ou dans les environs, 
mais ne paraissent pas avoir été inquiétés. Le dernier 
directeur du collège, Dom Collette, mourut en 1827, 
chanoine de la Cathédrale. 

L'an IV vit ouvrir les écoles centrales ; les premiers 
professeurs en sont des prêtres apostats, des religieux 
mariés ; dès l'année suivante, ils sont contraints de fuir 
devant Tindignation générale, de nouveaux professeurs 
les remplacent. Les cours avaient lieu dans le couvent 
des Petits Carmes (la bibliothèque de la ville). Pendant 



Vcjir Pièces justificatives, note 35. 



82 LES JÉSUITES A METZ 

ce temps l'ancien collège des Jésuites était profané. 
On avait détaché et vendu comme biens nationaux tous 
les bâtiments qui en avaient fait partie. L'église fut 
convertie en club, elle servit à la célébration des ma- 
riages républicains. Tous les décadis du mois, les 
futurs époux venaient devant un amphithéâtre occupé 
par les musiciens et les acteurs du théâtre. Le magistrat, 
après un discours républicain et vertueux, unissait les 
époux. Après chaque niariagc, les artistes chantaient 
des hymnes patriotiques et l'orchestre jouait une phrase 
musicale. Heureusement, la foi n'était pas morte à 
Metz, beaucoup de prêtres ont pu passer l'époque de 
la Révolution sans y être inquiétés, et bon nombre des 
unions avaient été bénies par l'Eglise, lorsque les Jeunes 
gens venaient se soumettre à ces stupides bouffonne- 
ries. En 1804, TEglise est rendue au culte, elle est 
consacrée à la Sainte Vierge, elle en porte le nom. 

Quant aux Jésuites, il n'en reste plus à Metz; tout 
a été fait pour éteindre jusqu'à leur souvenir. Le Souve- 
rain-Pontile lui-même s'est joint à leurs ennemis. Ils 
se sont inclinés et se sont réfugiés en Allemagne, en 
Russie, où la Providence leur a ménagé un abri pendant 
l'orage. Ils avaient peuplé la Erance de collèges où près 
de 70,000 enfants recevaient une instruction gratuite; 
ils sont chassés et tout s'effondre. ' Un monde nouveau 
s'élève; la terreur règne et la force prime le droit. 



Voir Pièces justiticatives, note 36. 



'^^m^^~ 




) 



p. POTOT. 



DEUXIEME PARTIE 



RESIDENCE DE METZ 



COLLÈGE S^-CLÉMENT 



t 




CHAPITRE PREMIER 



RETABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE DE JESUS, RESIDENCE 

DE METZ 




Ei'Uis 1762, près d'un demi siècle s'est écoulé 
et cependant le régime de la Terreur trouve 
I encore quelques Jésuites survivants. Ce sont 
ses premières victimes. Une vingtaine d'entr'eux sont 
compris dans le massacre de l'église des Carmes, en 
i7t)2, à Paris; d'autres périssent sur les échafauds, ou 
expirent, jetés sur des plages lointaines. Parmi ces der- 
niers quelques uns appartiennent a notre région : le Père 
Baudoin, de Thionville, les Pères Nicolas Cordier, 
Macusson, de Romécourt, etc. D'autres Jésuites, exilés 
de leur patrie, errent, cherchant les membres de leur 
famille dispersée. C'est en Russie que les débris épars 
de la Compagnie ont trouvé un asile. C'est là que va 
les rejoindre le P. Billy, né dans le diocèse de Metz, 



86 LES JÉSUITES A METZ 

l'un des six Pères français qui, après avoir assisté à la 
destruction de leur ordre, furent témoins de sa résur- 
rection en France. C'est en Russie qu'entrèrent dans 
la Compagnie de Jésus : le P. Richardot, successive- 
ment supérieur des collèges de Mohilow et d'Orcha et 
de l'Université de Polotzk et le P. Coince, né à Metz, 
en 1764 qui fut recteur du collège de Riga et curé de 
l'église catholique de Saint-Pétersbourg. 

Vers la même époque, la Société des Pères de la Foi 
préparait de nouvelles recrues à la Compagnie, le 
P. Robert Debrosse, né à Chàtel, dans l'ancien diocèse 
de Metz. Séminariste au moment de la Révolution, il 
avait dû émigrer en Allemagne où il reçut le sacerdoce. 
S'étant engagé dans la Société des Pères de la Foi, à 
sa rentrée en France, il avait été supérieur du collège 
de Bellev, le plus florissant de ceux que cette congré- 
gation ait dirigés. Au mois de juin 181 o, chassé par la 
police de Napoléon, menacé d'être déporté à Cayenne, 
le P. Debrosse se réfugia à Metz où il se tint cache' 
sous les humbles fonctions d'aumônier de l'hospice 
Saint-Nicolas. Son zèle ne se borna pas à consoler les 
malades. Effra3'é des ravages que les mauvaises lectures 
causaient dans la classe ouvrière, il rassembla quelques 
centaines de volumes et fonda la première bibliothèque 
populaire ; heureuse initiative d'une œuvre qui devait 
prendre d'immenses développements non seulement 
dans le diocèse de Metz, mais dans toute la France. 
Le séjour à Metz du P. Debrosse ne fut pas très long; 
tout à coup, au milieu de i8i3, par une mesure de 
cette police ombrageuse qui poursuivait partout les 



CHAP. I. RETABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE 87 

Pères de la P^)i et s'etfarouchait même de leurs bonnes 
œuvres, le P. Debrosse fut obligé de partir pour les 
Ardennes. Bientôt après, il fut nommé curé à Bouillon. 

Le P. Debrosse laissait à Metz un disciple fervent 
auquel était réservé la mission de rétablir les Jésuites 
dans notre ville. Ancien avocat, puis officier distingué 
des armées de la République, Dieudonné Potot voyait 
s'ouvrir devant lui la carrière la plus brillante, lorsqu'à 
vingt-huit ans, blessé grièvement au siège de Mannheim, 
il vit comme saint Ignace s'évanouir toutes les espé- 
rances de la gloire humaine. Le brillant officier supé- 
rieur alla s'asseoir sur les bancs du séminaire, devint 
prêtre et bientôt après chanoine de la cathédrale de 
IVietz. Les rapports de M. Potot avec le P. Debrosse 
avaient contribué puissamment à ce résultat. Porté à 
une rigueur excessive par son éducation, par son 
tempérament, par les habitudes contractées au service 
militaire, Potot eut probablement adopté une religion 
étroite, voisine du jansénisme; le P. Debrosse dilata ce 
cœur, lui apprit à obéir et surtout à aimer.' 

Sur ces entrefaites, parut le 7 août 1814, la bulle de 
Pie VII qui rétablissait la Société de Jésus. Le P. De- 
brosse n'attendait que la résurrection de la Compagnie 
pour y entrer. Potot le chargea d'offrir à ses supérieurs 
la maison qu'il possédait a Metz pour }• établir une 
résidence. 

Le P. Debrosse fit part de la proposition de M. Potot; 



' Voir Pièces justificatives, note S/. 



88 LES JÉSUITES A METZ 



à ce moment on ne put y donner aucune suite; le 
nombre des Pères était loin de suffire aux nécessités 
des nouvelles créations et, de plus, comme à l'origine 
presque tous les membres de la Société étaient astreints 
à suivre les exercices du noviciat, tous devaient se 
réunir autant que le permettaient les exigences de leurs 
collèges. L'abbé Potot ne se laissa pas décourager. 
En i8i(), il fit prier publiquement à la cathédrale et dans 
d'autres églises pour obtenir le rétablissement des 
Jésuites à Metz. De nombreuses démarches furent re- 
nouvelées dans ce sens en 1826, 1828 et 1829 tant par 
l'abbé Potot que par Mgr Besson, Evéque de Metz. En 
1827, les prédications ordinaires du carême à la cathé- 
drale se terminèrent par une retraite pour les militaires 
prechée pendant huit jours par un Jésuite, le P. Claude 
Gu\on. Huit cents soldats suivirent les exercices de la 
retraite qui se termina le Dimanche des Rameaux par 
une communion générale à laquelle prirent part plus 
de trois cents homines. Signe caractéristique de l'époque, 
un seul officier, un Colonel d'artillerie, eut le courage 
de braver le respect humain et de se présenter à la 
Table sainte avec ses soldats. La cathédrale ornée de 
faisceaux d'armes, de trophées et de drapeaux offrait 
un spectacle splendide. 

En 182S, les collèges des Jésuites sont fermés. En 
i83o, Saint-Acheul et Monti'ouge sont pillés et incendiés; 
les quatre cent cinquante Jésuites qui se trouvaient en 
France sont pourchassés, traqués et forcés de se ré- 
fugier à l'étranger. 

Au milieu de ces temps néfastes, Mgr Besson re- 



CHAP. I. RÉTABLISSEMENT DE LA COMPACNIE 8q 



noLivela ses instances; c'est à Sainte-Glossinde, dans 
les dépendances de son palais épiscopal qu'il ofl're un 
asile aux enfants de saint Ignace. Poussé par de pieux 
prêtres, par l'abbé Fidry, par l'abbé Uhrich que leur 
âge seul a empêchés d'entrer dans la Compagnie ^ et 
surtout par l'abbé. Potot, il insiste pour obtenir une 
résidence à Metz. 

La révolution de juillet semblait avoir ruiné à jamais 
l'espoir de voir se réaliser ce vœu. La Société des 
missionnaires diocésains, dont l'abbé Potot était di- 
recteur, venait d'être dissoute ; les œuvres de charité 
réduites au silence; les fondations religieuses étaient 
compromises. La Société de Jésus semblait encore une 
fois, du moins en France, anéantie et proscrite à jamais. 
C'est ce moment où tout semble désespéré que la Pro- 
vidence choisit pour accomplir ses desseins. 

Le 2 5 janvier iNlvi, l'abbé Potot, écrivant à son ami 
le P. Debrosse, renouvelait les offres si souvent faites 
en vain. Connaissant la détresse dans laquelle se trou- 
vaient les Jésuites depuis leur dispersion, il mettait à 
leur disposition une somme de trente mille francs: 
(f un motif tout particulier, ajoute-t-il, pour votre venue 
ici, c'est que si le gouvernement accorde la liberté 
d'enseignement, il existe, dans Metz, une abbaye de 
bénédictins dont on pourrait faire l'acquisition et qui 
aurait sur le lycée de la ville un avantage inappréciable, 
celui d'une belle église. » 



' Voir Pièces justificatives, note 38. 



go LES .1ÉSU1TES A METZ 



Cette parole en quelque sorte prophétique passa 
probablement bien inaperçue a ce moment; mais le 
R. P. Druilhet, récemment nommé Provincial, ému de 
l'insistance de l'abbé Potot, arriva à Metz, le 9 avril i S32, 
pour se rendre compte par lui-même de l'état des choses. 
Il descendit chez l'abbé Potot et dès le lendemain se 
rendit à l'Evèché. Mi^r Besson eut à peine entendu le 
Père lui indiquer le but de son voyage qu'il lui exprima 
toute sa joie et le pria de hâter la réalisation d'un 
projet qu'il était prêt à favoriser de tout son pouvoir. 

Le Père Provincial céda à tant de st)llicitations. Le 
nom de l'abbé Potot était une sauvegarde contre les 
fureurs révolutionnaires; n'avait-il pas en i83o, protégé 
l'Evèque et le clergé contre les colères d'une foule 
ameutée par quelques meneurs. La ville de Metz était 
au milieu d'une vaste région, Lorraine, Barrois, Ver- 
dunois, Alsace, où ne se trouvait alors, aucune résidence 
de la Société. Enfin, les subsides oiïerts par le véné- 
rable prêtre qui, lui-même demandait à entrer dans la 
Compagnie, permettaient de soulager quelques unes 
des infortunes les plus pressantes. Une seule cht)se 
embarrassait l'Evèque, il avait offert les dépendances 
du palais épiscopal pour 3' loger les Pères; il fallait 
réparer les locaux attectés à cet établissement, les 
meubler et les ressources lui manquaient. 

L'abbé Potot rassura l'Evèque; pour installer la 
résidence, il offrait sa maison, contiguè à l'église Saint- 
Martin, toute meublée et prête à recevoir les Jésuites, 
Mgr Besson s'écria alors les larmes aux yeux: «C'est 
une providence! 11 n'y a pas à balancer. La Providence 



CHAP. I. RÉTABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE qi 

a commencé, la Providence achèvera. Il faut nous y 
confier entièrement.» 

Le 8 novembre i832, le Père Morin arriva à Metz. 
On avait entouré son arrivée d'un certain mystère. 
L'autorité civile était hostile; la magistrature et la bour- 
geoisie, imbue de préjugés; les militaires, indifférents; 
le peuple, ébranlé par tant d'écrits absurdes se forgeait 
du Jésuite, l'idée d'une sorte de monstre indescriptible. 

L'abbé Potot n'eut aucune inquiétude. Il présenta 
partout le P. Morin au clergé, à ses amis, à tous ceux 
qu'il avait occasion de rencontrer: «C'est un Jésuite, 
il vient pour résider à Metz» La première impression 
de beaucoup était une sorte de stupeur en se trouvant 
en présence d'un vrai Jésuite, mais la confiance du 
vénérable prêtre, l'aménité de caractère du nouvel 
arrivant gagnèrent tous les cœurs et de nombreux té- 
moignages de s\mpathie vinrent de toutes parts donner 
confiance pour l'avenir. 

Le 7 janvier iN33, le P. Ronsin vint à Metz, trouva 
la résidence bien installée et reçut l'abbé Potot dans 
la Compagnie. Le R. P. Général l'avait autorisé à faire 
à Metz, une partie de son noviciat. Vers la fin de 
l'année, il partit pour Estavaver, d'où il revint, en 1834, 
terminer dans sa ville natale une carrière si bien 
remplie. 

Dès le début, les Jésuites eurent à Metz une action 
considérable. Le Chapitre reçut les Pères avec grand 
honneur et leur donna l'autorisation d'officier et de 
confesser à la cathédrale; les curés de Saint-Martin et 
de Sainte-Ségolène leur ouvrirent leurs églises. Les 



92 LES JÉSUITES A METZ 



Pères passaient de longues heures au confessionnal. De 
toutes parts on aftîuait à la Résidence et les membres 
des diverses classes de la Société se trouvaient souvent 
fort étonnés de s y rencontrer. 

Comme prélude et premier essai, ils prêchèrent une 
retraite au petit séminaire. Le succès en fut considé- 
rable. Les enfants disaient hautement que jamais on ne 
leur avait parlé comme cela. En i833, les Pères de la 
Résidence de Metz avaient dirigé quarante retraites et 
donné trois-cent-cinquante sermons. Jamais, lit-on, 
dans les Lettres annuelles de la Province de France, on 
n'avait vu les Pères travailler autant, si on considère 
leur petit nombre. Dans la suite, ils donnent les re- 
traites annuelles des séminaires de Metz, Verdun, 
Nancy et Saint-Dié, ainsi que celles de toutes les com- 
munautés religieuses du diocèse. Le P. Chable fonde à 
la cathédiale l'œuvre des Allemands; le P. Gaillat 
reprend dans cette même basilique la série des prédi- 
cations du mois de Marie que le P. Potot avait intro- 
duites à Metz en icS'22 et qui, à part un petit nombre 
d'exceptions, furent chaque année, pendant quarante 
ans, préchées par des Pères de la Compagnie. Le 
P. Cloriot dirige la retraite ecclésiastique du diocèse. 
Avant de quitter Metz, le P. Barthés, imitant une 
œuvre qu'il avait vue installée à Angers, fonda l'établis- 
sement du Bon Pasteur. Le P. Potot réorganise à la 
Cathédrale la confrérie du rosaire érigée en icSoq par 
Monseigneur Biena\ mé et continue avec succès à diriger 
l'œuvre des soldats. 

Au mois de janvier i835, on annonce la visite du 



CHAP. I. RÉTABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE qS 



R. P. Renault, qui avait remplacé le P. Druilhet, dans 
la charge de Provincial. A tort ou à raison, on s'ef- 
fra3'ait de cette visite, le Révérend Père a3'ant énoncé 
hautement l'opinion qu'il y avait lieu de supprimer les 
résidences qui ne pouvaient réunir au moins douze à 
quinze religieux. La maison de Metz était précisément 
dans ce cas. Elle devait se suffire avec les quatre mille 
francs de rente que le P. Potot avait laissés et les locaux 
convenables pour une modeste famille ne se prêtaient à 
aucun développement. On fut donc tout surpris de 
voir le Père Provincial tellement ému des témoignages 
de sympathie dont on entourait les Jésuites qu'il dit à 
plusieurs reprises : « Nulle part, une maison de Jésuites 
ne peut être mieux qu'à Metz. « 

A son départ, le Père Provincial laissa comme supé- 
rieur le P. Morin. ^ Ce père qui dirigea la résidence de 



' Liste des Supérieurs de la Résidence de Met^. 
P. Morin François, 8 novembre i832 

(né i^r nov. 1797. — S. J. 17 oct. 1826. Mort 18 oct. 1848 ) 
P. Bayakd Emmanuel, i<''' janv. i833 

(né le 19 mai 1790. — S. J. 18 oct. 1814.) 
P. MoRiN François, i3 janv. i835. 
P. Grail Jean-Baptiste, i*^"" nov. 1840 

(né 12 juillet 1789. — S. J. 10 sept. 1S23.) 
P. MoRiN François, i""' oct. 1842. 
P. Huss Jean-Baptiste, i5 oct. 1846 

(né 27 janvier i8o3. — S. J. i5 sept. 1823.) 
P. Desbouillons Joseph, 19 sept. 1849 

(né 18 déc. 1791. — S. J. i 5 sept. 1816.) 
Le 27 juillet i85i, la résidence de Metz fut absorbée par le nou- 
veau collège. 



94 LES JÉSUITES A METZ 



Metz pendant plus de douze ans fut, après le Père 
Potot, le véritable fondateur de cette maison. 

En i833, un prêtre du diocèse de Nancy, qui avait 
été professeur à Lyon, M. l'abbé Bureaux, docteur en 
droit canon, reprit à Metz les traditions de l'enseigne- 
ment chrétien interrompu dans cette ville depuis la 
Révolution. Les vieilles familles messines firent au 
nouvel arrivant un excellent accueil. L'abbé Bureaux 
mettait au service de leurs enfants, non seulement un 
profond savoir, mais encore un rare talent d'organisa- 
tion, une étonnante activité et un don merveilleux de 
communiquer la vie à tout ce qu'il entreprenait. Logé 
d'abord, rue des Prisons militaires, il parvint à acquérir 
une partie de ce qui restait de l'ancien couvent des 
Augustins. ^ Pendant quatorze années, l'institution 
Saint-Augustin se soutint, luttant pied à pied contre 
le monopole universitaire, forcée d'envo\'er ses élèves 
suivre les cours du lycée à partir de la classe de troi- 
sième ; obligée de subir toutes les inspections et les 
vexations d'une administration tracassière et tyrannique 
et réduite à soumettre toutes ses aspirations vers le 
bien et toutes les améliorations désirables aux calculs 
d'une sage prudence. Secondé par des maîtres laïcs, 
pourvus de titres universitaires, l'abbé Bureaux parvint 
à organiser un programme sérieux d'enseignement. Il 
suftit pour s'en assurer de consulter les listes des 
anciens élèves de l'institution Saint-Augustin, parmi 



' Voir Pièces justilicatives, note 39. 



CHAP. 1. — RÉTABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE Cjb 

lesquels on rencontre un grand nombre de noms qui 
font honneur à leur ville natale J 

Des le commencement de son œuvre, l'abbé Bureaux 
chercha un appui auprès des Jésuites. Lié intimement, 
avec le P. Morin, il appelle les Pères chaque fois que 
cela lui est possible. Nous relevons sur le Diarium de 
la résidence le nom des Pères désignés pour prêcher 
les retraites de première communion, confesser les 
élèves ou donner quelque sermon à l'occasion de la 
rentrée, de la fête patronale ou de quelqu'autre grande 
fête. Bien plus et cela répond à ceux qui ont supposé 
quelque mésintelligence entre les Jésuites et l'abbé 
Bureaux, nous voyons presque chaque année, le nom 
du Directeur de Saint-Augustin, parmi les amis de la 
maison conviés le 3i juillet, jour de la fête de saint 
Ignace, à s'asseoir au banquet de famille. 

Le Père Potot, revenu du noviciat d'Estava3'er, avait 
prononcé ses vœux, le 25 mars i835, dans la petite 
chapelle de la résidence. Pendant une année il sur- 



' Sur les listes des anciens élèves de l'institution Saint-Aui^ustin 
on relève les noms d'Alphonse et Stanislas Mennessier, deux 
jeunes officiers d'avenir tués à Magenta, des Colonels de Vassart 
et de Franchessin tués à Frœschwiller, des généraux Lanty, des 
Essarts, Mennessier de Lalance, de Brie. Le général Roux de 
Montlebert et son frère intendant-général. Tardif de Moidrey, 
général au service de l' Empereur de Chine. Les colonels de 
Viville, de Chérisey, de Montbel. Le général Eugène Mangin et 
son frère, inspecteur-général des forêts. L'abbé Michaut, supérieur 
des Oblats ; le docteur Michaux, l'abbé Risse. Les de Gargan, 
Didiun, Dorr, de Faultrier, de Tinseau, Berga, de Marguerye, des 
Roberts, Purnot, Durand, etc. 



gG LES JÉSUITES A METZ 

monta des indispositions déjà assez graves et put donner 
un libre cours aux exigences de sa charité, mais il 
semblait que le but de sa vie était atteint et bientôt 
son état ne laissa plus d'espoir. 

Sa patience pendant ses derniers jours fut admirable; 
des sentiments d'humilité et de pénitence semblaient 
remplir son âme et on ne pouvait guère obtenir de lui 
d'autres paroles que celles qui exprimaient la conviction 
de son néant, de sa misère et de la nécessité où il était 
de souffrir pour paraître avec confiance devant Dieu. 
Sa dévotion à Marie paraissait prendre encore de nou- 
veaux accroissements à mesure qu'il approchait du 
terme de sa carrière. Peut-être fut-ce une marque d'af- 
fection de Celle qu'il aimait si tendrement, que l'instant 
fixé par sa mort fut celui où commençaient les exercices 
du mois de Marie. Il mourut le 2 mai iSSy. 

La veille de sa mort, le bon Père avait réglé ses fu- 
nérailles. Il avait fixé à une somme modique le mon- 
tant des frais d'enterrement et avait remis la pièce de 
monnaie nécessaire pour acquitter le montant du con- 
voi d'indigent qu'il réclamait. C'était tout ce qui lui 
restait de sa fortune. Dès que la nouvelle de sa mort se 
répandit dans la ville, ce fut un deuil général. Le soir 
même, pendant les exercices du mois de Marie, à la 
cathédrale, le P. Rousseaux, ayant annoncé la mort de 
celui à qui l'on était redevable de l'introduction de ces 
pieux exercices dans le diocèse, fut interrompu par 
les sanglots et les marques de douleur des assistants. 
Le lendemain, le corps fut exposé dans la chambre 
voisine de la porte d'entrée qui servait de chapelle à la 



CHAP. I. — RÉTABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE qy 



résidence. Plusieurs milliers de personnes délièrent 
devant la bière découverte où se trouvait le corps du 
Père, revêtu de ses habits sacerdotaux. En passant, on 
faisait toucher des croix, des chapelets, des médailles 
et autres objets de piété. 

On vit se presser à ce convoi funèbre, un concours 
immense de population. Sur le cercueil étaient placés 
les insignes des diverses professions qui, successivement, 
avaient été les siennes : la toge de l'avocat, les épau- 
lettes du commandant, la mosette du chanoine et le 
surplis du religieux; l'étole et l'épée se croisaient par- 
dessus. Deux officiers supérieurs et deux chanoines 
tenaient les glands du drap funéraire et l'escorte était 
formée par un détachement de la garnison. Le convoi 
fut reçu à la grande porte de la cathédrale par le cha- 
pitre et malgré une pluie torrentielle, on estime à plus 
de trois mille, le nombre des fidèles qui conduisirent le 
corps du vénérable Père jusqu'au cimetière de l'Est. * 
L'exiguité de la petite maison de la place Saint- 
Martin devenait chaque jour plus gênante. On chercha 
longtemps un local pouvant réunir un plus grand 



' Le tombeau du P. Potot est encore de nos jours un lieu de 
pèlerinage. On y voit souvent allumés un grand nombre de cierges 
apportés par ceux qui invoquent son intercession. M. Paixhans, 
son neveu, a fait élever un monument sur lequel le Père est 
représenté agenouillé sur son genou gauche, la jambe droite qu'il 
ne pouvait plier à cause de ses blessures reste étendue. Il tient à 
la main un crucifix qu'il adore. La tète sculptée par un artiste 
messin, Deny, sur un dessin du professeur Thiel, passe pour être 
ressemblante. On cite plusieurs guérisons obtenues par son inter- 
cession. 



g8 LES JÉSUITES A METZ 

nombre de pères. L'abbé Charr}', ^ alors aumônier du 
Sacré-Cœur, fut chargé de négocier l'achat de l'ancien 
Hôtel connu dans les vieilles chroniques messines sous 
le nom de Maison de Burtaigne. (Le populaire en avait 
fait : Hôtel de la Bretagne.) Cette maison, située place 
des Charrons, appartenait alors à M. Colchen. Diverses 
considérations y firent renoncer. L'ancienne abba}e du 
Pontifioy, vis-à-vis l'abreuvoir de la rue Chambière, 
avec l'église Saint-Ceorges qui subsistait encore en 
partie ; l'ancienne maison de Refuge, située entre Saint- 
Marcel et les Ursulines furent successivement pro- 
posées. Le P. Morin désirait vivement faire acquisition 
de l'Hôtel Saint-Livier, en face de l'ancienne église des 
Trinitaires, affectée après la révolution au culte pro- 
testant. 

Au cours d'une promenade entreprise dans le but de 
poursuivre ces recherches, les Pères Potot, Morin et 
Bach étaient montés sur le haut de la maison crénelée, 
située sur la place Sainte-Croix. De là en parcourant 
l'horizon et apercevant les tours de l'église Saint- 
Clément : « C'est là, dit le Père Potot à ses compagnons, 
que vous établirez un jour le collège de la Compagnie 
à Metz. » A ce moment, rien ne permettait de supposer 
la réalisation de cette prédiction. Les Jésuites, à peine 
tolérés, ne pouvaient songer à ouvrir aucun établisse- 
ment d'instruction et le génie militaire, possesseur des 



' Vrnr Pièces justificatives, note 40. 



CHAP. I. — RÉTABLISSEMENT DE LA COMI'AGNIE 99 



vastes emplacements de l'ancienne abba}"e, ne semblait 
pas disposé à céder la place. 

Le 21 mai 1839, fut conclu l'achat d'une maison 
située rue des Trinitaires et appartenant à la famille 
de Ladonchamps. Le 12 juillet, commencèrent, sous la 
direction de l'architecte Gautiez, les travaux d'aménage- 
ment de cette maison. La bénédiction de la chapelle 
eut lieu sans cérémonie et le 3o octobre, les Pères 
transférèrent leur résidence aux Trinitaires.' 

Le Père Morin avait hérité de l'influence du Père 
Potot. Les relations avec le haut clergé étaient excel- 
lentes. Il avait trouvé surtout dans l'abbé Chalandon, 
alors vicaire-général, plus tard évèque de Belley et 
archevêque d'Aix, un ami éprouvé qui amortissait les 
heurts que pouvait amener le contact parfois rude de 
l'abbé Beauvallet ou de quelqu'un de ces vieux prêtres 
encore imprégnés de vieux levain janséniste ou gallican. 
Si les relations officiel les se ressentaient des difficultés 
qu'un mot d'ordre donné à Paris imposait aux fonction- 
naires, du moins, elles étaient' polies. Le Père Bigot, 
dont le père avait été ministre des cultes sous l'empire, 
l'ami et le successeur de Portails, dirigeait les œuvres 
qui s'occupaient des militaires. Sa distinction native, à 
peine atténuée par l'humilité du religieux, lui avait 
concilié les sympathies d'officiers et de magistrats qui, 
jusqu'alors haïssaient autant les Jésuites qu'ils aimaient 



' La maison du P. Polot, place Saint-Martin, fut vendue le 
i'=r juin 1841 à ÎVI. Thomy. La maison de campagne de Vaux ne 

fut aliénée qu'en iS5i. 



100 LES JESUITES A METZ 



le Père Bigot. Le père Lavigne captivait les lettrés, les 
poètes, tous ceux qui se piquaient de bel esprit, ses 
prédications avaient le don d'attirer une foule consi- 
dérable. Le P. Mullois, qui, lui aussi, comme le 
P. Lavigne devait quitter de bonne heuie la Compagnie 
et qui occupa le poste envié d'aumônier de l'Empereur, 
était fort rechei'ché par les curés du diocèse; sa bon- 
homie et sa rondeur les séduisait. Parmi les autres 
Jésuites de la résidence, nul, après le P. Morin, ne fut 
aussi populaire que le P. La}bach. Il avait la confiance 
de l'ouvrier et du pauvre et son confessionnal était 
presqu'aussi assiégé que celui du P. Boutilier, confes- 
seur attitré du clergé et des communautés religieuses. 

Indépendamment de leurs œuvres extérieures, selon 
la coutume de la Compagnie, les Pères recevaient un 
assez grand nombre de prêtres et de laïcs venus chaque 
année pour faire une retraite. Parmi eux, on relève les 
noms des Evèques de Nancy et de Saint-Dié, de 
plusieurs prêtres des diocèses voisins, des professeurs 
des établissements d'instruction du département. En 
iSSy, un officier d'artillerie figure avec cette mention : 
pcr toliiin Unnpits , maxiiucv a'dificatioui fuit nostris. 
Cet officier qui avait laissé d'excellents souvenirs à 
Metz, devait }' revenir quinze ans plus tard comme 
premier recteur du collège des Jésuites. Quant aux 
Pères, leur retraite annuelle se faisait le plus souvent 
à la maison de campagne de Vaux qui avait appartenu 
au P. Potot et qu'il leur avait laissée. 

De temps à autre, les poites de la résidence s'ou- 
vraient pour offrir l'hospitalité à quelques personnages 



CHAP. 1. RETABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE 10 1 

de passage. C'est ainsi qu'à trois reprises, le P. Lacor- 
dairc résida à Metz. Le giiind orateur vint s'}^ recueillir 
en 1X37 et i838. Le P. Jeandel, le nouveau supérieur 
des Dominicains, \- tit également plusieurs retraites. 
En 1843, tous deux semblent venir chercher un 
ressouvenir des inspirations qui ont décidé leur vo- 
cation. ' Plus tard, un de leurs disciples, le R. P. Sou- 
aillard, passa à plusieurs reprises à Metz, cherchant à 
faire revivre les traditions qui semblent avoir fait de 
cette petite maison de Metz, l'un des berceaux du 
nouvel institut. Dom Pitra, lui aussi, s'abrite pendant 
plus d'un mois, chez les Jésuites, pour travailler au 
rétablissement de l'ordre de saint Benoit, en France. 
En 1847, ce sont les oblats de Marie qui à leur tour y 
reçoivent une généreuse hospitalité. 

Lors de son passage à Metz, le Général de la Com- 
pagnie de Jésus, le R. P. Roothaan, comme l'avaient 
fait les Pères de Ravignan et Félix, partage la vie de la 
communauté. Le Père Varin y passa une dizaine de 
Jours en allant visiter les religieuses du Sacré-Cœur et 
fonder à Nancy, une maison de cette congrégation. ^ 



'■ Le 3 novembre iSlî-, le P. LacoiJaire coinmença à la cathé- 
drale une série de conférences contre le protestantisme. L'atHiience 
fut énorme. Le ministre calviniste Nicolas y répondit dans une 
série d'articles qui parurent dans le Courrier de la Moselle. L'abbé 
(^huine répliqua dans la Galette de Met^. Pendant tout l'hiver, la 
politique fut délaissée, on ne parlait plus que des conciles et de 
Luther. De toute cette polémique, il resta un document. C^'est 
l'apologie faite par le pasteur Nicolas, du Roi de l^russe, des 
Prussiens et de leur nouvelle Eglise évangélique. 

- Voir Pièces justificatives, note 40. 



102 LES JESUITES A METZ 

La mort de Mgr Besson, survenue le 23 juillet 1842, 
ne modifia pas la situation des Jésuites à Metz. Le 
]h mars 1X43, arrivait Mgr Dupont des Loges. Dès les 
premiers jours, le nouvel p]vèque donnait aux Pères, les 
témoignages de la plus grande bienveillance. Non 
content de la visite officielle qu'il leur rendait le lende- 
main de son arrivée, il revenait seul, peu après, passer 
une journée à la résidence, afin de faire plus ample 
connaissance avec les Pères. Là, il se nrontra tel qu'il 
devait être pendant les trente années de son épiscopat. 
Ami sur, prudent, dévoué. Si parfois quelque diver- 
gence d'opinions parut exister, l'expression en fut bien 
vite atténuée par sa charité parfaite, par son patrio- 
tisme ardent et son attachement inaltérable à l'Eglise 
et au Saint-Siège. Ce saint Evèque qui illustra le siège 
de Metz d'un éclat sans pareil, semblait par son air 
austère, par ses manières empreintes d'une dignité 
antique, une de ces belles figures de prélat dont les 
verriers du mo\'en-àge ont cherché à reproduire les 
touchantes images sur les vitraux de nos cathédrales. 
En l'approchant, on était bientôt séduit par sa simpli- 
cité, on était surtout ému par son afiection sans bornes 
pour les âmes, qui lui étaient confic'es et on le quittait 
embaumé par la sainteté qui ra\'onnait de toute sa 
personne. 

Dans les premiers jours de 1N45, alors que les 
hommes politiques parvenus au pouvoir, excitaient les 
passions contre les Jésuites pour s'attirer une popu- 
larité malsaine et cherchaient à ameuter les masses 
afin de satisfaire leur cupide ambition, Mgr Dupont 



CHAP. 1, RÉTABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE Io3 

des Loges assura les Jésuites de sa protection. Il les fit 
venir et les pressa, si l'on en venait à quelqu'extréniité, 
de chercher un refuge auprès de lui, offrant à tous les 
Pères un asile dans son palais épiscopal. 

La campagne politique de 1845 eut d'ailleurs peu de 
retentissement dans notre ville. Un journal hostile et 
la loge maçonnique accentuèi-ent un peu plus la lutte 
contre le parti-pretre, les Jésuites et le Pape, mais ces 
excitations n'eurent pas de prise sur la partie saine de 
la population, si nombreuse à Metz. Celle-ci, du reste 
voyait chaque jour à l'teuvrc l'ardente charité du clergé 
et des communautés religieuses et savait reconnaître 
de quel côté se trouvaient ses véritables amis. 

En 1843 et 1844, le mois de Marie fut prêché à la 
Cathédrale par des Pères de la Compagnie. Le jour de 
la clôture de ces exercices, en 1844, plus de six mille 
auditeurs se pressaient autour de la chaire occupée par 
le P. Lavigne. Pendant l'Avent, prêché en 1845 par 
le P. de Ravignan, la même foule ne cessa d'affluer, 
attirée par une voix plus élevée, plus éloquente, plus 
religieuse, mais moins imagée et moins populaire que 
celle du P. Lavigne. 

Nous avons vu, en 1827, les Jésuites débuter à Metz, 
à la cathédrale, par une mission préchée aux soldats. 
L'œuvre des militaires était fondée. Depuis cette époque, 
chaque dimanche, la chambre du P. Potot, puis, le 
parloir de la résidence, se remplissait de soldats, heureux 
de trouver pendant quelques heures, une parole amie, 
des livres intéressants, des distractions honnêtes et 
un asile où ils pouvaient se reposer. Là, on cherchait 



I04 lES JESUITES A METZ 

à raviver la foi de leur enfance, on leur apprenait le 
respect d'eux-mêmes, l'obéissance à leurs chefs, on 
développait les sentiments patriotiques qui sont encore 
la meilleure des institutions militaires. Pendant vingt 
ans ces réunions purent avoir lieu sans susciter la 
moindre récrimination. 

En juin 1847, le Général commandant la division, 
brave homme du reste, mais qui ne connaissait guères 
les Jésuites que par ce qu'il en avait appris dans les 
romans d'Eugène Sue et autres documents puisés dans 
les cabinets de lecture de ses diverses garnisons, fulmina 
au rapport, un réquisitoire contre l'œuvre des militaires. 
A la suite de cette communication, un chef de corps 
eut l'ingénieuse idée de donner mission à deux sous- 
officiers de s'introduire à la réunion qui avait lieu à la 
résidence, de noter les sous-officiers et soldats qui s'y 
trouvaient et de faire afficher leurs noms dans les 
chambrées des casernes. 

Mgr Dupont des Loges, informé de ce procédé, se 
rendit immédiatement chez le Général, avec lequel, du 
reste il était en fort bons termes. Le Général, à sa 
grande surprise, apprit que les Jésuites n'étaient pas 
une société secrète affiliée à quelque secte sauvage, 
qu'ils étaient approuvés et tenaient leur pouvoir de 
l'Eveque, qu'ils lui rendaient de grands services et qu'il 
en était parfaitement content. 

Stupéfait, le Général se rabattit sur le Golonel et lui 
reprocha d'avoir cmploN'é des moyens indignes. Cepen- 
dant, comme il avait informé le jMinistre de la guerre 
et que sa conduite lui avnit mérité des éloges, il était 



CHAP. I. RÉTABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE I05 

fort embarrassé. Il pioniit à l'Eveque de prendre à 
l'avenir son avis avant d'édicter une mesure de cette 
nature, de fermer les }eux sur les réunions et en tous 
cas, de donner toute autorisation pour faciliter aux 
Jésuites, l'entrée du pénitencier et de l'hôpital mili- 
taires. 

Cette même année, un i^rand changement eut lieu 
dans l'institution Saint-Augustin. Le poids des années 
et le désir d'atïermir son (tuvre portèrent le fondateur 
de cet établissement à l'olfrii- a l'Eveque de Metz. 
Celui-ci l'accepta en remerciant M. l'abbé Bureaux des 
services rendus à son diocèse pendant plus de treize 
ans. « En se retirant, dit la Cazette de Metz du 24 août 
1N47, M. l'abbé Bureaux emporte au plus haut point 
l'estime publique et la reconnaissance du clergé et des 
familles catholiques. » 

Au mois d'octobre 1N47, l'institution entra dans une 
nouvelle phase. M. l'abbé Eugène Braun, ancien élève 
des Jésuites de Ei'ibourg, que des raisons de famille 
avaient seules pu faire renoncer momentanément à 
entier dans la Compagnie de Jésus, fut désigné pour 
diriger cet établissement. 

L'élément laïc qui avait dominé jusque là dans le 
choix des professeurs fit place pour la plus grande pairie 
a l'élément ecclésiastique ; le nouveau Directeur s'ad- 
joignit plusieurs prêtres jeunes, instruits et dévoués. 
Cette substitution fut accueillie favorablement. Le 
nombre des élèves augmenta d'une manière notable, 
tellement que pour abriter les nouveaux venus, on dut 
acquérir une maison située en face de l'établissement 



Io6 1. ES JÉSUITES A METZ 

principal, de l'autre côté de la rue des Augustins. Les 
élèves des basses classes furent installés dans la nouvelle 
maison. 

Le gouvernement de juillet n'avait pu voir sans om- 
brage, près des frontières de France, les établissements 
des Jésuites où une partie de la jeunesse française 
échappait au monopole universitaire. Il avait applaudi, 
sinon coopéré à la chute de la ligue catholique ciu 
Sonderbund qui entraina la ruiue du célèbre collège de 
Fribourg. Mais, trois mois après, ainsi que Montalem- 
bert l'avait prédit à la tribune de la chambre des dé- 
putés, au milieu des rires d'incrédulité, le contre-coup 
de la lévolution suisse i^enversait Louis Philippe. ' 

Les journées de février 1 8q.(S surprirent les Messins. 
Le préfet fut renvoyé, une coinmissidn départementale 
prit la direction de l'administration ; à l'exception de 
la révolte de quelques soldats alfolés par les théories 
socialistes, l'ordre ne fut pas sérieusement troublé. Le 
25 février, un chef de bureau de la préfecture vint, au 
nom de la Commission départementale, engager le Père 
Huss, supérieur de la résidence de Metz^ à quitter la 



' Revue des Dcii.v-Moiidcs, août 1873. — l'ix'Jciic Guillaume IV 
et le Baron de l^unseii par Sdint-Reiw 'JailLnidier. — Aux veux 
de Frédéric Guillaume, tout ce qui s'est passé en Allemagne et en 
rVance n'est que la conséquence de la guerre du Sonderbund. 

- Jean-Baptiste Huss, né à Coutances 12 mars i8o3. jésuite 
2 octobre 1S23. En quittant Metz, il fut supérieur de la mission 
du Canada, séjournant tour à tour à New-^'ork, à Montréal 
et à Québec. Sous l'empire, il fut désigné comme supérieur de la 
mission de Cavennc. Ami intime du Gouverneur, l'amiral Fou- 
richon, il vit se succéder sous ses ordres en Guyane plusieurs des 



r.HAl\ I. — RETABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE 107 



maison dans la crainte d'un mouvement de la part du 
peuple. Le R. P. Supérieur répondit qu'il avait toute 
confiance dans le peuple de Metz, qu'il était chez lui 
et ne pouvait consentir à ce qu'on lui demandait. Le 
lendemain il se rendit auprès de la Commission dé- 
partementale et a\ant été introduit dans la salle des 
réunions, déclara n'avoir rien à regretter dans le passé, 
rien à redouter dans l'avenir. Les membres de la 
Commission le remercièrent et le congédièrent en lui 
promettant aide et protection, comme a tous les autres 
citovens. 

Les œuvres de piété et de charité ne subirent aucun 
contre-coup de la Révolution de févi'ier 1N4X; il semble 
niéme qu'une certaine liberté lut accordée en ce mo- 
ment aux catholiques. Au mois de jnars, le P. Lavigne 
prêcha avec grand succès le carême à la Cathédrale ; 
les Pères Laybach, Huss, Friedel faisaient les mêmes 
exercices dans diverses paroisses de la ville; au Péni- 
tencier militaire, Monseigneur donne la Communion à 
soixante détenus préparés par les Pères, il en confirme 
vingt. Le mois de Marie est prêché à la Cathédrale par 
le P. Huss. En 1S49, '^'^^^^^ ^^^^^ même basilique, le 
P. Hacquin prêche le carême et le mois de Marie. Dans 
la semaine de Pâques, suivant une coutume touchante 
du pays, il invite toutes les mères a amener leurs plus 
jeunes enfants pour les bénir et les consacrer à la Sainte- 



Pères qui ont appartenu à la maison de Metz : les Pères Bazin, 
Alet, Gaudré, Xavier Bertrand, Florent Ringot, Louis Bigot, 
Constant Girre, de Montfort, etc. 



I08 LES JÉSUITES A METZ 



Vierge; on répond à son appel en amenant plus de 
trois mille enfants. 

Le 5 mai 1849, mourut à la résidence de Metz un 
des plus anciens et des plus vénérables Pères de la 
Compagnie : le P. Didier Richardot. Bien qu'il ne fut 
que depuis peu de mois à Metz, il avait pu, malgré son 
âge avancé, faire apprécier sa haute intelligence et son 
ardente piété. Le clergé messin honora d'un nombreux 
concours les obsèques de ce vénérable vieillard qui fut 
inhumé au cimetière de l'Est, à côté du saint Père 
Potot. 1 

La France venait de traverser les événements de 1848. 
La facilité avec laquelle cette révolution s'était accom- 
plie avait effraN'é les hommes politiques. Une réaction 
se produisit; on comprit qu'il fallait contre ces doc- 
trines désolantes une barrière plus puissante que des 
théories philanthropiques et des utopies humanitaires. 
Une seule digue pouvait arrêter ce torrent, l'enseigne- 
ment religieux, la dillusion des idées religieuses. 
Thiers, qui, en iNqf), s'était fait l'accusateur de cet 
enseignement, qui l'avait odieusement calomnié et 
outragé, monte à la tribune, il défend la loi de la liberté, 
se donnant à lui-même les plus implacables démentis. 
Cousin, Guizot, Lamartine, Montalembert, 'i^)cque- 



^ Didier Richai'dnt, ne a Lanières 211 janvier i J'iQ, reçu dans la 
Compai^nie en Russie 24 août ijw-i, tut reeleur Je l'Université de 
Polotzk. Revenu en l''rance vers 1820, il axait ete SLiperietnà Dole 
et à Laval et vint terminer sa carrière à Metz à Tas^e de Su ans 
donl 37 passés dans la Compat^nie. (Notice p.ir le P. Guidée. S.J.] 



CHAP. I, RÉTABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE I09 



ville, Victor Hugo, Lacordaire unissent leurs voix à 
celle de Thiers. 

A la liberté du mal, il s'agit d'opposer la liberté du 
bien ; à la liberté de l'en eur, la liberté de la véiité. 
Tous ont compris que la religion ne peut être bannie 
de l'enseignement, qu'elle seule offre une résistance 
suffisante pour protéger l'ordre social ; qu'elle est la 
base immuable et nécessaire de l'éducation dont l'ins- 
truction ne saurait se séparer et que pour rétablir la 
discipline dans la société, il faut prendre les moyens 
pour la fonder dans les âmes où elle fait défaut. 

De ce magnifique etfort, sortit la loi de liberté de 
l'enseignement piimaire et secondaire. L'effet en fut 
immédiat. Près de huit cents établisseinents d'instruc- 
tion secondaire furent fondés au lendemain de la pro- 
mulgation de cette loi. 

A Metz, Monseigneur Dupont des Loges fut des pre- 
miers à se préoccuper des mo3'ens à prendre pour pro- 
fiter de la liberté nouvelle. L'institution Saint-Augustin, 
débarrassée des entraves qui l'empêchaient de se déve- 
lopper, allait pouvoir prendre une nouvelle extension. 
Deux considérations arrêtaient le prélat. D'une part, il 
craignait de ne pas trouver dans son clergé si dévoué, 
assez de prêtres aptes à soutenir vis-à-vis de l'Université, 
la lutte que le nouvel enseignement avait à supporter; 
d'autre part, il voyait avec inquiétude un trop grand 
nombre de jeunes prêtres jetés en dehors de leur cercle 
d'études et d'habitudes, dans un milieu qui ne saurait 
les préparer convenablement à leur mission sacer- 
dotale. 



IIO LES JESUITES A METZ 

Ne voulant, ni appauvrir le recrutement de son clergé, 
ni exciter ses meilleurs séminaristes à entreprendre des 
études spéciales qui les éloigneraient du ministère 
évangélique, l'Evèque s'adressa aux Jésuites. Dès le 
mois de janvier iS5o, il entra en pourparlers avec le 
R. P. Provincial venu à Metz pour sa visite annuelle. 

Au mois d'octobre i85i, tout était convenu. Le 
directeur de Saint-Augustin, M. l'abbé Braun avait 
aplani toutes les diflicultés de détail. Non seulement, 
il remettait aux Jésuites son établissement, mais lui- 
même, sollicitait son entrée au noviciat de la Com- 
pagnie. Les professeurs de Saint-Augustin avaient trop 
à cœur le bien de leurs élèves et l'avenir de la maison 
pour ne pas entrer dans les vues de leur directeur et de 
leur Evéque. 

Lorsque le 28 février i852. Monseigneur leur an- 
nonça sa résolution, fidèles aux nobles sentiments qui 
les guidaient, les prolesseurs de Saint-Augustin s'of- 
frirent pour suppléer, s'il en était besoin, même dans 
l'enseignement des basses classes, à la disette du per- 
sonnel. 

La question du local offrait, dès le début, des diffi- 
cultés qui pouvaient devenir menaçantes dans une ville 
aussi resserrée par ses remparts. On s'en préoccupa. 
Le Père Provincial visita Saint-Augustin, il alla voir 
deux autres établissements : l'ancienne abbaye de 
Saint-Clément qui servait de dépôt aux lits militaires 
et la Fonderie, située place Saint-Thiébaut, dont les 
bâtiments étaient utilisés en magasins pour le service 
du génie. Rien ne pouvait faire présumer que le 



CHAP. 1. — RETABLISSEMENT 1)K i.A COMPAGNIE 1 I I 



ministère de la guerre consentirait à l'aliénation de ces 
immeubles; en tous cas, cela demanderait des négocia- 
tions de longue durée, il fallait être prêt pour la rentrée 
de i852. 

On se décida donc à s'installer provisoirement à 
Saint-Augustin. L'intérieur de la ville n'oMVant aucun 
emplacement assez vaste, on acheta dans la commune 
de Devant-les-Ponts, le domaine de la Ronde. Cette 
maison de campagne entourée de vastes dépendances et 
de trois hectares de jardins était située à environ 
quinze cents mètres des portes de F'rance et de Thion- 
ville. A ce moment nn était résolu à }' construire le col- 
lège, si l'on ne trouvait rien de mieux. M. l'abbé Braun 
en fit l'acquisition, le 20 octobre i<S5i, moyennant le 
prix de soixante-dix mille francs. 

En même temps, on disposa la maison des Trini- 
taires pour }• recevoir les plus jeunes enfants. Deux 
grandes salles situées au rez-de-chaussée furent con- 
verties en réfectoire et en études. Le second étage qui 
n'était qu'un vaste grenier fut divisé en chambres et en 
dortoirs, La chapelle construite en façade sur la rue 
des Trinitaiies exigea des travaux plus considérables. 
Ce n'était primitivement qu'une vaste salle quelque peu 
appropriée au service du culte. (Jn éleva à l'intérieur 
de jolies arcades ; des colonnes en st^de roman vinient 
soutenir une nef assez élevée. Deux petites tours habile- 
ment disposées encadraient la porte d'entrée. Une 
tribune ouvragée reposant sur des consoles taillées 
dans le mur régnait au-dessus des bas-côtés et du por- 
tail de manière à donner place à un plus grand 



I I 2 LES .lESUlTES A METZ 

nombre de fidèles. Au choeur, des vitraux représen- 
tant saint Paul et saint Ignace vinrent compléter l'en- 
semble de la décoration. Ces travaux effectués sous la 
direction de l'architecte Gautiez étant terminés, la 
chapelle fut bénite solennellement le 23 déceiribre i85i 
par l'Evèque assisté d'un grand nombre de prêtres du 
diocèse et en présence d'une assemblée aussi nom- 
breuse que le compoitait l'exiguité de la chapelle. 

C'est le i3 février i852 que le Père Provincial signa 
l'acceptation définitive de Saint-Augustin, se réservant 
de déterminer ultérieurement l'emplacement du futur 
collège. L'abbé Eugène Braun prévint les familles et 
les élèves. La bonne entente qui a présidé a ce change- 
ment , devait s'affirmer hautement quelques mois plus 
tard par l'entrée dans la Compagnie de ce digne prêtre; 
il ne sut pas trouver pour lui-même de meilleur 
guide que cette règle de saint Ignace dont il avait voulu 
assurer les bénéfices à ceux qu'il aimait comme ses 
enfants. Sa lettre datée du 28 février i852 est conçue 
dans les termes suivants : 

hislitulion Saiul-Aiiiriisliu. 

Metz, le 28 février i852. 

M. . . 

wJe m'empresse de vous annoncer une nouvelle du 
plus haut intérêt pour tous les amis de l'éducation 
religieuse et surtout pour les honorables familles qui 
nous ont confié leurs enfants. A dater du mois d'octobre 
prochain, l'institution Saint-Augustin sera mise sous 
la direction des Pères de la Compagnie de Jésus. 



CHAP. I. RETABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE I 1 3 

« Placé par Monseigneur à la tète de l'établissement, 
soutenu dans cette mission laborieuse, par des confrères 
bien-aimés dont le dévouement sans bornes, la parfaite 
unanimité de sentiments facilitaient singulièrement ma 
tâche, j'ai cherché à réaliser autant qu'il m'était possible 
les espérances qu'on avait conçues d'une Institution 
due à la sollicitude de notre vénérable Evèque. 

«Mais il fallait développer cette œuvre et en assurer la 
prospérité pour l'avenir; c'était depuis longtemps la 
préoccupation constante, le vœu le plus ardent du 
cœur de l'illustre prélat. 

«Enfin parut la loi du i5 mars i85o qui donna aux 
pères de famille une certaine mesure de liberté dans le 
choix des instituteurs de leurs enfants. Le bon sens de 
la France venait de rendre justice aux PP. Jésuites : ils 
pouvaient rentrer dans la carrière de l'enseignement. 
Monseigneur invita ces maîtres habiles à continuer 
notre œuvre en la perfectionnant. 

« Ses désirs sont exaucés aujourd'hui. Est-il besoin de 
dire combien nous en sommes heureux! Nous aussi, 
nous connaissons la Compagnie de Jésus. Prêtres catho- 
liques, nous l'aimons parce que l'Église l'aime. Elle a 
fait ses preuves depuis trois siècles sous les yeux et 
avec l'approbation des Évèques et des souverains 
Pontifes. Son absence fut longtemps un deuil pour les 
lettres et pour la religion. Ses adversaires comme ses 
amis proclament sa supériorité dans l'art d'instruire et 
d'élever la jeunesse. Dans nos contrées, nous trouvons 
encore vivant le souvenir de l'ancien collège de Metz, 
de l'université de Pont-à-Mousson, si florissants sous 



ÏI4 LES JESUITES A METZ 

la direction des PP. Je'suites. De plus, l'estime et 
l'affectueuse reconnaissance que conservent générale- 
ment pour eux les jeunes gens sortis de leurs maisons ; 
l'empressement de tant de villes de France à leur offrir 
de nouveaux collèges, le nombre des élèves qui affluent 
dans ces établissements dès qu'ils sont ouverts ; les 
vœux que nous ont exprimés bien souvent des hommes 
distingués, d'excellents amis; tout nous persuade que 
la mesure adoptée par Monseigneur est l'événement le 
plus heureux pour le présent et pour l'avenir de l'insti- 
tution Saint-Augustin. 

« A notre joie se mêle cependant un regret bien naturel 
et vivement senti, celui de quitter cette chère maison, 
ces entants dont le bon esprit, l'affection filiale for- 
maient autour de nous une véritable famille. 

«Ce souvenir nous suivra partout; il s'unira, dans 
notre mémoire, au souvenir de nos rapports avec leurs 
bons parents, rapports rendus si agréables par la bien- 
veillante confiance dont ils nous honoraient. Sans 
doute, ils avaient compris la sincérité de notre dévoue- 
ment et ils pardonnaient à notre insuffisante bonne 
volonté le bien que nous ne pouvions réaliser. 

« Il nous reste maintenant à prier les élèves de Saint- 
Augustin de reporter sur leurs nouveaux maîtres les 
sentiments qu'ils nous avaient voués : rien ne leur sera 
plus doux et plus facile; c'est ce qu'une heureuse ex- 
périence leur aura bientôt prouvé. 

«Veuillez agréer, M... l'expression de mes sentiments 

les plus distingués. » 

Le Directeur, 

L'Abbé Braun, Chanoine honoraire. 



CHAP. I. RÉTABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE I l5 

Cet envoi fut suivi d'une lettre pastorale par laquelle 
le saint Evèque de Metz annonçait sa résolution à tout 
son diocèse. 

LETTRE PASTORALE DE MONSEIGNEUR l'ÉVÊQUE DE METZ 

Paul-Georges-Marie DUPONT DES LOGES 

Par la miséricorde divine et la grâce du Saint-Siège apostolique 

Évêque de Metz 

Aux iidèles de notre Diocèse 

Salut et bénédiction en Notre Seigneur Jésus-Christ. 

Dieu nous est témoin, nos très-chers Parères, oserons- 
nous dire en empruntant les paroles du grand Apôtre, 
avec quelle tendresse nous vous aimons tous dans les 
entrailles de Jésus-Christ et avec quelle ardeur nous 
cherchons vos intérêts spirituels. ' Depuis que la divine 
Providence nous a établi votre Pasteur, tel est l'objet 
constant de nos pensées, de nos préoccupations, de nos 
prières; tel est le but de toutes nos résolutions et de 
toutes nos entreprises. ^ 

C'est encore à ces mômes sentiments que nous avons 
obéi en adoptant après de longues et sérieuses rétlexions, 
l'importante mesure que nous croyons devoir vous faire 
connaître aujourd'hui, nos très-chers Frères, avec la 
simplicité et la confiance dont nous aimerons toujours 
à user envers vous. 



' Testis eiiini niihi est Deiis, quoiiiodo ciipiciDi onines vos in vis- 
ceribus Jesu Christi. — Philip. 1. S. 

2 Et hoc oro, ut caritas vestra magis ac magis abiindet. — Ibid. 9. 



I I 6 LES JÉSUITES A METZ 

Lorsque, il y a quelques années, l'ecclésiastique 
distingué qui a fondé dans cette ville le pensionnat Saint- 
Augustin, M. l'abbé Bureaux, nous exprima, à plusieurs 
reprises, le désir de le remettre entre nos mains, nous 
ne reculâmes point devant la responsabilité et les 
charges nouvelles qui allaient peser sur nous; nous ne 
voulûmes point nous laisser etïrayer par les difficultés 
de tous genres que nous aurions à surmonter pour sou- 
tenir et diriger une oeuvre si importante; nous ne pen- 
sâmes qu'à une chose, nos très-chers Frères, à l'intérêt 
de vos enfants bien-aimés ; et dans l'unique vceu de leur 
procurer le plus grand de tous les bienfaits, celui d'une 
éducation vraiment chrétienne, nous fermâmes les 
3'eux aux considérations vulgaires de la prudence 
humaine; aucun sacrifice ne nous sembla trop pénible. 

Dès lors, tous nos efforts tendirent à rendre cette 
Institution, devenue la nôtre, digne de votre confiance, 
et à y faire fleurir avec l'innocence et la piété qui sont 
le plus précieux trésor de la vie, une instruction solide 
et variée propre à ouvrir aux élèves toutes les carrières 
honorables de la société. Grâce à la protection divine 
que nous n'avons cessé d'implorer, grâce aussi, nous 
nous plaisons à consigner ici cet honorable témoignage, 
grâce au dévouement, au zèle, à la maturité précoce 
des ecclésiastiques d'élite que nous avions préposés â la 
direction de la maison, nos espérances et, nous osons 
ajouter les vôtres, n'ont point été trompées. 

Et toutefois, nos très-chers Frères, dans notre solli- 
citude toujours plus grande pour l'avenir de vos enfants, 
nous n'étions pas encore satisfait. Plus de si heureux 



CHAP. I. — RETABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE I I 



résultats nous apportaient de consolation, plus l'expé- 
rience de chaque jour vous les faisait apprécie)- à vous- 
mêmes et plus nous sentions la nécessité de développer 
cette Institution, de l'étendre, de la perfectionner et 
surtout d'en assurer la perpétuité. Aussi, dès que des 
barrières injustes tombèrent devant le bon sens de la 
France et les dispositions d'une loi plus équitable, 
nous songeâmes à confier notre précieux établissement 
à cette illustre Société, qui, pendant trois siècles, a 
élevé et formé la plupart des grands hommes qui se 
sont fait un nom glorieux dans les lettres, la magistra- 
ture, l'armée, le clergé ; à ces maîtres aussi savants que 
désintéressés et vertueux, dont, en homme non suspect, 
le célèbre Bacon a écrit ces remarquables paroles : 
« Pour ce qui regarde l'instruction de la jeunesse, il n'y 
«a qu'un mot à dire: consultez'les classes des Jésuites ; 
« car rien de mieux que ce qu'ils y pratiquent » ; ' à ce 
corps si parfaitement constitué, selon l'expression de 
l'illustre historien de Fénélon qu'il n'a eu ni enfance, 
ni vieillesse ; à ces habiles instituteurs enfin dont 
M. de Chateaubriand déplorait ainsi l'absence : 
« L'Europe savante a fait une perte irréparable dans 
« les Jésuites. L'éducation ne s'est jamais bien relevée 
« depuis leur chute. Ils étaient singulièrement agréables 
M à la jeunesse ; leurs manières polies étaient à leurs 
« leçons ce ton pédantesque c|ui rebute l'enfance. 



' At pœdagogicam qiiod attinct, brevissimutn foret dictu: consiile 
scliolas Jesuitarum ; niliil eniin qiiod in usiiui venit, liis jnelitis. — 
De dignit. et aiig. Scienticv. — Lib. 7. 



Il8 LES JÉSUITES A METZ 

« Comme la plupart de leurs professeurs étaient des 
M hommes de letti'es recherchés dans le monde, les 
« jeunes gens ne se cro3aient avec eux que dans une 
« illustre académie. Ils avaient su établir entre leurs 
« écoliers de différentes fortunes une sorte de patronage 
(( qui tournait au profit des sciences. Ces liens, formés 
« dans l'âge où le cœur s'ouvre aux sentiinents généreux, 
« ne se brisaient plus dans la suite, et établissaient entre 
« le prince et l'homme de lettres ces antiques et nobles 
«amitiés qui vivaient entre les Scipion et les Lelius. » ^ 

Le ciel vient d'exaucer nos vœux, nos très-chers 
Frères ; et nous nous estimons heureux de pouvoir 
vous annoncer aujourd'hui que, acc|uiesçant à nos 
invitations pressantes et réitérées, les Pères de la Com- 
pagnie de Jésus ont accepté la direction de notre 
Institution Saint-Augustin et y entreront à l'issue des 
vacances de la présente année. 

Nous ferions-nous illusion, en espérant que vous 
voudrez bien voir dans cette transformation une nou- 
velle preuve de notre dévouement pour vous et de 
notre tendre amour pour vos enfants; et que vous 
remettrez, avec une confiance égale à la nôtre, un dépôt 
si précieux et si cher entre les mains intelligentes et 
sûres de ces nouveaux maîtres qui ne travailleront 
point, il est vrai, à cette grande œuvre, avec plus d'ap- 
plication et de zèle que ceux auxquels ils vont succéder, 
mais qui y apporteront plus d'expérience, plus de 



' (jt'tiic du clirishaiiismc. 



CHAP. I. RÉTABLISSExMENT DE LA COMPAGNIE I IQ 



connaissances acquises, et par suite des chances plus 
assurées de succès? 

Nous terminons, nos très chers Frères, en vous 
adressant dans toute l'effusion de notre cœur, ces 
paroles du roi prophète : Que le Seigneur vous comble 
de plus en plus de ses bénédictions, vous et vos enfants ; 
Adjiciat Donùiiiis super vos et super filios restros. 
(Psalm. CXIII, 23.) 

Donné à Metz, le 5 mars i852. 

7 Paul, Evéque de Metz. 

Les derniers jours de la résidence de Metz furent 
consacrés à terminer les préparatifs nécessaires pour 
l'ouverture du nouveau collège. Nous voyons les Pères 
saisir toutes les occasions pour se faire connaître des 
élèves de Saint-Augustin. Ainsi la retraite de première 
communion fut donnée par le Père Lauras, nouvelle- 
ment arrivé à Metz et à plusieurs reprises les Pères 
allèrent prêcher dans la chapelle de l'Institution. 

Le 5 mai i832, jour de la fête patronale de Saint- 
Augustin, les professeurs et les élèves se rendirent à 
la maison de campagne de la Ronde. Mgr l'Evéque 
vint y bénir la maison. Un repas servi sous la charmille 
du bosquet vint donner aux enfants un avant-goût des 
récréations qu'on leur réservait. Monseigneur, par quel- 
ques paroles parfaitement appropriées aux circonstances, 
sut resserrer encore les liens d'affection qui unissaient 
les anciens et les futurs maîtres de Saint-Augustin. 

Le 5, (S et 7 j.uillet, un triduum solennel fut célébré 



120 LES JESUITES A METZ 

pour la béatification d'un jésuite, le bienheureux 
Père Glaver. L'afHuence des fidèles fut telle que la 
chapelle de la maison des Trinitaires fut trop exiguë 
pour recevoir tous ceux qui s'y présentaient. Les ser- 
mons furent prêches par le P. Hacquin, par l'abbé 
Béeseau, professeur à Saint-Augustin, l'abbé Noël, pro- 
fesseur au petit séminaire et par l'abbé Wonner, curé 
de Notre-Dame. 

Vers le inéme iTioment, parut le règlement du nouveau 
collège. Il avait été préparé par le Père Jean-Baptiste 
Stumpf, et le P. Studer, provin'cial qui vint passer 
plusieurs jours à Metz pour présider aux derniers pré- 
paratifs. ' 

Le 5 août eut lieu la distribution des prix de l'insti- 
tution Saint-Augustin. Dès le lendemain, les Jésuites 
prenaient possession des bâtiments du nouveau collège. 



' Voir Pièces justiricatives, note 42, le règlement du Collège 
Saint-Aucustin. 




CHAPITRE II 



HISTOIRE DU SECOND COLLEGE DE METZ 




A décision prise par Mgr Dupont des Loges 
produisit à Metz une assez vive émotion. 
Le caractère messin est froid et peu dis- 
posé à accueillir favorablement les innovations. L'an- 
nonce de l'arrivée des Jésuites, plus connus de la 
génération actuelle par la description qu'en faisaient 
les mauvais romans et les journaux impies que par le 
souvenir des bienfaits qu'ils avaient répandus dans le 
passé, suscita d'assez violentes polémiques. Les uns 
craignaient que des adversaires aussi redoutables 
n'eussent grande facilité à démontrer que ces lumières 
et ce prétendu progrès dont ils faisaient leur titre aune 
malsaine popularité, ne pussent à meilleur droit se 
nommer ignorance et mauvaise foi. D'autres, et des 
meilleurs, avaient, du seul nom de Jésuite, une appré- 
hension vague et peu raisonnée. 



122 LES JESUITES A METZ 

L'impiété ou le respect humain n'étaient pas seuls 
hostiles à la cession de Saint-x-Vugustin à la Compagnie 
de Jésus. (Certain vieux levain janséniste et parlemen- 
taire se conservait religieusement dans plusieurs familles 
et faisait cause commune avec l'éloignement miturel 
qu'éprouvaient ceux qui vo\aient dans ce nouveau 
collège une atteinte à un monopole légal que cinquante 
ans de possession avait fait regarder comme un droit 
imprescriptible. 

S'ils avaient des ennemis acharnés, les Jésuites pou- 
vaient compter de nombreux amis. Tous ceux qui, 
dans le danger, lèvent les veux au ciel, savaient trouver 
en eux de puissants auxiliaires. L'histoire montre la 
Compagnie de Jésus inébranlable sur le terrain de la 
Foi et de la Charité. Toujours exposée aux premiers 
coups de l'erreur et de l'impiété, la Réforme, la Révo- 
lution avaient en vain cherché à la terrasser. A l'heure 
marquée, 'contre toute espérance, contre toute attente, 
les Jésuites rentrent à Metz pour travailler de nouveau 
dans ce champ dont la Compagnie s'était vue chasser 
après cent quarante années de soins patients, laborieux 
et dévoués. Le Père envoyé pour remplir les fonctions 
de Recteur contribua à modifier bien des jugements 
faux et à faire revenir nombre de personnes de préjugés 
fort anciens. C'était le R. P. Tuiquand, connu de toute 
la société messine quinze ans auparavant, alors qu'élève 
à l'école d'application, il portait l'épaulette de la manière 
la plus honorable. On avait appris un jour que le 
brillant officier d'artillerie avait sacrifié sa carrière à la 



CHAF. II. COLLEGE SAINT-CLEMENT 12:) 

défense de l'une de ces causes chevaleresques qui attirent 
les ànies les plus capables de sentiments élevés. 

De singuliers rapprochements durent frapper un 
cœur aussi généreux, il embrassa la règle de saint 
Ignace et revint à Metz, la ville militaire par excellence, 
réunissant en sa personne, ces deux choses si bien 
faites pour aller ensemble : la charité du prêtre et le 
courage du soldat. 

Le P. Turquand retrouvait à la tète de l'armée, ses 
camarades de l'école polytechnique, sesaniisde régiment. 
L'excellente impression qu'il avait laissée à Metz se 
raviva et contribua à rendre faciles et s3-mpathiques les 
relations qui s'établirent entre les Messins et les Pères 
du nouveau collège. 

Le P. Turquand rixa sa résidence à la maison des 
Trinitaires. A Saint-Augustin, le premier rang était 
occupé par le préfet des études. Le P. Jean-Baptiste 
Stumpf était la véritable incarnation du jésuite. Tout à 
son devoir, il semblait lorsque vous l'entreteniez, soit 
de vos études, soit de vos intérêts, soit d'une question 
personnelle quelconque que vous étiez sa plus grande, 
sa seule préoccupation. Cet homme avait à diriger 
plusieurs centaines d'enfants, à gouverner leurs études, 
à pourvoir à leurs intérêts matériels et moraux; il 
avait mission de régir une communauté nombreuse ; 
recevant de fréquentes visites, il devait en outre s'occuper 
au dehors de tout ce qui intéressait la maison qui lui 
était confiée. On ne sait par quel prodige, il trouvait 
le temps de tout faire et de tout bien faire avec un 
calme, une douceur, une patience admirables. Son 



1 24 LES JÉSUITES A METZ 

action sur les enfants était considérable. Trop aimé 
pour être craint, les élèves allaient, dans sa cellule 
toujours ouverte à tous venants non seulement lui de- 
mander aide et conseil, mais trop souvent ils se présen- 
taient chez lui sans motifs bien sérieux. Jamais quelles 
que fussent ses occupations, il ne les laissait partir sans 
leur avoir dit un mot qui les rendit satisfaits et heureux 
de leur démarche. Kn grondant, en punissant même, 
il avait le don de faire sentir sa bonté et sa douceur, 
savait panser la blessure que son esprit de justice le 
forçait à faire dans l'intérêt même du coupable. 

Le nombre des élèves présentés pour suivre les 
classes fut aussi considérable que le comportait l'em- 
placement dont on pouvait disposer. A ceux qui, 
jusqu'alors avaient suivi les classes de l'institution 
Saint-Augustin, s'adjoignirent les jeunes gens de la 
province qui avaient commencé leurs études, sous la 
direction des Jésuites, à Brugelette ou ii Namur. 
L'Alsace fournit un solide contingent et l'université 
vit ses bancs abandonnés par une assez nombreuse 
phalange. 

Qui n'a pas vu les bâtiments du collège Saint-Augustin 
ne peut se rendre compte des difficultés à vaincre pour 
y installer trois cents élèves. On dut renoncer à toute 
modification sérieuse, l'espace faisant complètement 
défaut, La maison où se trouvaient les classes était 
séparée du logis principal par une large rue. Quatre 
fois par jour, on devait traverser cette voie pour se 
rendre en classe et en revenir. Les dortoirs étaient 
disséminés un peu de tous côtés. Les maîtres étaient 



CHAP. II. — COLLÈGE SAINT-CLÉxMENT 125 

aussi mal logés que les élèves. La cour de récréation 
offrait une surface de quelques mètres carrés, entourée 
de bâtiments et de hautes murailles, le soleil nV par- 
venait que tard, en disparaissait de bonne heure, mais 
lorsqu'il dardait ses rayons pendant la récréation de 
midi, il n'y avait à chercher aucun abri. Dès qu'il 
pleuvait, c'était un cloaque sans écoulements. Dans les 
dortoirs, à l'étude, en classe, à la chapelle, comme en 
récréation, chaque élève avait à peine la place nécessaire 
pour se mouvoir. L'eau chassée par le vent entrait de 
toutes parts dans les études et transformait les abords 
des portes en véritables marécages. Au milieu de la 
classe de rhétorique, s'ouvrait la trappe qui donnait 
accès dans la cave. 

Le logement des Pères ne présentait pas un aspect 
moins pittoresque. Le prolesseur de physique qui 
occupait une vaste chambre dans le bâtiment des classes 
y donnait asile à tout un attirail de machines et 
d'instruments. Le P. Bach, dans sa cellule longue et 
étroite, avait réuni les éléments de ce qui devint un 
cabinet d'histoire naturelle, on se heurtait la tète à un 
crocodile empaillé qui se balançait suspendu au plafond 
et l'on ne pouvait remuer sans renverser une collection 
quelconque. Le professeur de philosophie se calfeutrait 
contre les courants d'air, mais aussi contre le jour, au 
moyen des in-folios de sa bibliothèque. Quand les rhé- 
toriciens se rendaient chez leur professeur, le R. P. 
Richard, ils devaient séjourner sur l'escalier, la pièce 
ne pouvant contenir plus de trois personnes. La plu- 
part des autres professeurs n'avaient même pas de 



120 LES JÉSUITES A METZ 

chambres çt couchaient dans les dortoirs des élèves. 
Quant au logement du P. Lauras, il contenait tout ce 
qui n'avait pas trouvé place ailleurs, tout ce qui était 
perdu, égaré ou en réparations. On y vo3^ait avec sur- 
prise les objets les plus disparates. 

Les soins matériels se ressentaient naturellement 
d'une installation aussi défectueuse, mais nul ne son- 
geait à s'en plaindre et pendant les quatre années de 
l'existence du collège Saint-Augustin, on ne vit pas la 
moindre manifestation d'indiscipline ou de mauvais 
esprit. Il régnait au contraire entre les maîtres et les 
élèves, une union telle qu'une maison d'éducation doit 
rarement en présenter de semblable. 

Le 20 octobre i(S52, l'Evèque de Metz célébra dans 
la chapelle de son palais épiscopal, la messe du Saint- 
Esprit qui devait appeler les bénédictions du ciel sur 
le nouvel établissement. Les généraux Mare3'-Monge, 
d'Aigremont, Colomb ; le préfet de la Moselle, le comte 
Malher; les colonels de Boblaye, de Pu3^busque, Ardant, 
de Brie}'; MM. de Montbel, inspecteur-général de la 
police, Rogelet, adjoint au maire de Metz, tous les curés 
de la ville se faisaient remarquer au premier rang de 
la nombreuse et sympathique assistance qui avait tenu 
à témoigner hautement de l'intérêt qu'inspirait le 
collège Saint-Augustin. 

Après le Veni Creator, Mgr Dupont des Loges pro- 
nonça une chaleureuse allocution sur les bienfaits de 
l'éducation chrétienne. Il ht ressortir avec force l'in- 
fluence décisive qu'une bonne direction donnée aux 
études de la jeunesse exerce sur la destinée des hommes 



CHAP. II. COLLEGE SAINT-CLEMENT I27 

dans le temps et dans l'éternité. Tout en restant dans 
les termes de la plus parfaite bienveillance pour les 
personnes, le digne prélat signala la vanité des efforts 
tentés pour asseoir l'instruction publique sur d'autres 
bases que sur le christianisme. Dans la voie de l'en- 
seignement surtout, ce n'est qu'en regardant le ciel que 
le maître est sur de ne point s'égarer. Les faits viennent 
de toutes parts appuyer cette doctrine avec une effrayante 
éloquence ; la société, chancelante sur ses assises si 
violemment ébranlées, contemple avec terreur les 
abîmes auxquels elle a échappé par un miracle. A elle 
de profiter de ce bienfait de la divine Providence en se 
hâtant d'entrer dans les voies salutaires que la religion 
lui indique de sa main protectrice. 

Monseigneur aborda ensuite une des questions brû- 
lantes du moment ; la question tant controversée des 
classiques païens, il soutint que le commentaire du 
professeur chrétien écartera tout danger de la traduction 
et de la lecture des classiques. 

Des paroles' d'encouragement adressés aux élèves du 
nouvel établissement, quelques mots d'affectueuse 
sympathie et un juste tribut d'éloges pour leurs maîtres 
terminaient la paternelle allocution du saint Evèque. 

Au début d'une institution nouvelle, bien des tâton- 
nements, bien des hésitations viennent ralentir le 
progrès des études, déconcerter les élèves, décourager 
les maîtres. Ici, rien de semblable. La règle si admira- 
blement tracée pour servir de guide dans tous les 
collèges, le Ralio studiorum venait répondre à toutes 
les innovations intempestives. Quant aux questions 



128 LES JÉSUITES A METZ 

personnelles, reflet, déjà vivant au collège, des passions 
qui agitent la société, elles étaient singulièrement 
atténuées par l'abnégation et le dévouement de maîtres 
pour qui l'ambition et la soif du lucre sont deux choses 
complètement inconnues. 

Il devait y avoir, il } eut en effet des difticultcs insé- 
parables du début. Parmi tant d'enfants, d'origines aussi 
diverses, qui se trouvaient ainsi réunis, il se trouvait 
des caractères indociles, des tempéraments incapables 
d'études sérieuses, peut-être même des sujets dont le 
voisinage pouvait être dangereux pour leurs condis- 
ciples. Iinmédiatement on employa les mo\ens éner- 
giques. Plusieurs parents furent avertis d'avoir à retirer 
leurs enfants et dès les premiers jours de novembre, 
cette sélection fut faite. Les Pères ne se sentaient pas 
encore maîtres de la situation, il leur semblait que la 
confiance, l'affection qu'ils étaient en droit d'attendre 
de leurs élèves, tardait trop à venir : ils employèrent 
alors les moyens secrets de la Compagnie. Chaque Jour, 
la sainte Communion est offerte dans ce but et Dieu 
seul sait les sacrifices, les jeûnes, les macérations 
accomplis dans cet esprit de sublime charité. 

Ils triomphèrent, le ciel ne resta pas sourd à de si 
ardentes supplications et l'un des Pères qui a le mieux 
connu le collège de Metz, le R. P. Didierjean, dans ses 
souvenirs de Saint-Clément' rend ainsi hommage à 
l'excellent esprit qui dominait à Saint-Augustin. 



■ Souye}7irs de Met^. — L'école Saint-Clément par le R. P. 
DiDiEKjEAN S. J. Paris, Albanel, iSj5, tome II, p. 193. 



CHAI'. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I 29 

«Tous ceux qui ont connu les premières années du 
collège de Metz, années vraiment légendaires, se les 
rappellent encore avec bonheur. Dans un local provi- 
soire, incommode de toutes façons, vivaient de nom- 
breux élèves, pensionnaires ou externes restants. Mais 
quel joyeux entrain dans ces murs si resserrés! quelle 
union intime des cœurs! quelle généreuse émulation! 
quels ardents désirs de bien faire et de bien apprendre ! 
Et, comme tous, sans souci des inconvénients maté- 
riels qui imposaient constamment la gène, souvent le 
sacrifice, trouvaient heureuses et fécondes les années 
passées à Saint-Augustin. » 

Les jeux, les amusements occupent une place impor- 
tante dans le règlement d'un collège. Les Jésuites 
s'intéressent autant à la cour de récréation qu'a la salle 
d'étude. Les surveillants entraînent les enfants aux jeux 
avec la même ardeur qu'ils déploient pour les stimuler 
au travail. 

Généralement on aime la maison où l'on a fait ses 
études, mais le sentiment qui pousse les hommes faits 
à conserver un souvenir de cette nature est plutôt un 
sentiment égoïste de regret: regret de voir leur jeunesse 
s'évanouir, de sentir leurs forces physiques s'amoindrir, 
de constater la perte de l'heureuse insouciance de leur 
enfance. Tant qu'ils sont sur les bancs du lycée, ils ont 
hâte de s'en éloigner et d'en finir avec un régime qui 
leur est odieux. Ici, rien de pareil, les enfants aiment 
leur collège, ils s'y plaisent; ils n'ont point affaire à des 
indifférents, à des étrangers, ils ont trouvé dans cet 

9 



I 3o LES JÉSUITES A METZ 



asile la prolongation de la vie de famille, d'une famille 
chrétienne, unie et dévouée. 

On n'a le temps ni de rêver, ni de s'ennuyer. A 
l'étude, en classe, on est tout au travail; en récréation, 
on doit s'amuser. Les jours de congé on invente les 
récréations les plus variées. Lorsque le temps le permet, 
on se rend à la maison de campagne et au lieu d'une 
promenade ennuyeuse dans laquelle on marche alignés 
le long d'une grande route, on va s'ébattre sur les pe- 
louses, on court au gymnase, on organise des jeux de 
ballons ou de barres. La division toute entière, sur- 
veillants en tête, se partage en deux camps. L'ardeur est 
aussi grande que dans la classe, alors que partagés en 
Romains et Carthaginois, les deux partis cherchaient à 
se surpasser l'un l'autre. 

Parfois, des distractions d'un ordre plus relevé vien- 
nent abréger les jours de congé. Le i(5 décembre r852, 
première séance de cette nature. On vient de créer dans 
la classe de rhétorique une académie. Pour y être reçu, 
il y a lutte, lutte de bonnes notes, de devoirs et d'appli- 
cation. Les plus remarquables des travaux qu'ont pro- 
duits les académiciens sont développés en séance pu- 
blique, on les discute, on y répond en prose, en vers, 
en latin, en grec, en français et l'auditoire prend souvent 
un vif intérêt à savoir qui l'emportera. 

Le 6 janvier i853, c'est le jour des Rois, cette vieille 
fête de famille. Il y a un roi par table, puis le roi des 
rois, pri)]ius iuicr parcs. La fanfare du collège essaie 
ses premiers morceaux. Quelle musique, bon Dieu ! 
Enfin, cela fait du bruit, cela monte les têtes, on n'est 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I 3 I 

pas tenu de l'écouter avec l'attention soutenue qu'on 
mettrait à entendre une sx'mphonie de Beethoven et les 
musiciens trop absorbés par leur tâche, ne trouvent pas 
mauvais que les rires et les cris viennent couvrir le 
bruit de leurs fausses notes. Le roi des rois prononce 
un discours, chacun des rois est tenu de lui adresser 
quelque réponse; le tout se termine par une espèce de 
feu d'artifice et chacun remonte au dortoir fatigué, 
époumoné, éreinté, mais enchanté de sa journée. 

Le 2 février, séance académique, présidée par Mgr 
l'Evèque. Puis viennent les jours gras; le h, ombres 
chinoises; le 7, concert donné par quelques artistes de 
la ville; le mardi-gras, on s'essaie à répéter quelques 
actes de Molière arrangés ad usiim collegii. 

Une des premières préoccupations des Pères fut de 
placer l'éducation de leurs élèves sous l'égide de la 
sainte Vierge. On les voit donc en i852, comme on les 
avait vus en 1(322, dès les premiers jours de la fonda- 
tion du collège, ériger une Congrégation. A tous ceux 
qui, par leur conduite et leur travail ont mérité d'être 
cités comme modèles à leurs camarades, la Congré- 
gation ouvre ses portes. Les engagements que l'on y 
prend sont d'obéir à la règle et de remplir exactement 
tous les devoirs de l'écolier et du chrétien. Les membres 
de la Congrégation n'ont nul signe distinctif, nulle place 
réservée, nul privilège, mais partout où il 3' a un 
exemple à donner, un bon conseil à inspirer pour venir 
en aide à un camarade, une heureuse initiative à prendre 
pour imprimer un bon mouvement à une classe ou à 



l32 LES JÉSUITES A METZ 

une division, une corvée à faire, ou un sacrifice à s'im- 
poser, il y a un congréganiste prêt à se dévouer. 

Le 8 décembre, en présence de tous les élèves, à la 
chapelle, Mgr l'Evéque reçut les six premiers membres 
de la congrégation auxquels s'adjoignirent quatre de 
leurs camarades déjà reçus dans d'autres collèges de la 
Compagnie. Grâce à la direction du R. P. Richard, la 
nouvelle congrégation ne tarda pas à se développer et 
une grande partie de l'excellent esprit dont le collège 
de Metz fit toujours preuve lut certainement dû aux 
efforts de ses membres. 

Le 22 mai, la Fête-Dieu fut célébrée à Metz avec 
grande pompe. Depuis 26 ans, le saint Sacrement n'avait 
plus été porté triomphalement dans les rues de la cité; 
aussi, cette solennité fut-elle l'occasion d'une magni- 
fique manifestation religieuse. Sur le parcours de la 
procession, les maisons étaient splendidement décorées, 
les façades disparaissaient sous une forêt de verdure, 
les fenêtres étaient bordées de tentures. A chaque pas, 
on rencontrait d'émouvants témoignages de la piété la 
plus vive. Les emblèmes, les inscriptions faisaient 
éclater les preuves de ce sentiment qui se montrait 
sous une forme naïve. Un certain nombre de reposoirs 
rivalisaient d'élégance, de richesse et de bon goût. 
Aucun n'était plus imposant que celui qui s'élevait sur 
la place royale, devant la façade de la caserne. Ce re- 
posoir monumental avait été élevé par les soins des 
officiers et des soldats du régiment du génie. Au milieu 
d'une colonnade de gabions reliée par d'épaisses guir- 
landes de feuillage s'élevait l'autel demi circulaire 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT l33 

supporté par des tambours. Des armes de toutes espèces 
étaient disposées de chaque côté et une immense croix 
formée d'épées et de baionnettes surmontait l'édifice. 

De cet autel élevé d'une vingtaine de marches au- 
dessus du niveau de la place, la bénédiction fut donnée 
à une foule immense. Le collège Saint- Augustin figurait 
dans les rangs de la procession où l'on remarquait la 
magistrature en robes, les Généraux suivis d'un grand 
nombre d'officiers, le Préfet et la plus grande partie 
des notabilités de la ville. 

Le 29 mai, jour de l'octave de cette belle fête, chacune 
des paroisses de la ville eut sa procession. A Saint- 
Martin, on remarquait sur la place Saint-Thiébaut un 
reposoir élevé par les soins des soldats de l'arsenal et 
ce fut un ancien officier d'artillerie, le R. P. Turquand 
qui y donna la bénédiction du Saint-Sacrement. 

L'année scolaire se termina le 17 août, par la distri- 
bution des prix qui eut lieu à l'orangerie du jardin des 
plantes, sous la présidence de l'Evèque de. Metz et de 
Mgr Ghalandon, Evèque de Belley. 

Le R. P. Turquand, chargé de prononcer le discours 
d'usage, exposa le plan d'études adopté depuis des 
siècles par la Compagnie. Dans son exorde, l'orateur 
exprime au clergé, à l'armée, à la magistrature, à la 
population messine, toute la gratitude des Pères, pour 
l'accueil bienveillant qu'ils ont reçu. Il rend un hom- 
mage affectueux aux enfants du Pays Messin dont l'in- 
telligence, le cœur délicat, la docilité, le travail et la 
piété ont adouci les travaux de leurs professeurs. 

Dans deux parties distinctes, le R. P. donna le pro- 



I 04 I-ES JÉSUITES A METZ 



gramme raisonne, le prospectus moral d'un collège 
tenu par les Jésuites : l'éducation du cœur, l'instruction 
de l'esprit. En ce qui concerne le premier point, nul 
ne peut contester les avantages d'une éducation pieuse 
et solide, la seule qui puisse porter des fruits durables. 
Cette vérité semble enfin généralement comprise et 
tous les gens éclairés conviennent que l'éducation qui a 
une base religieuse est le premier et le plus impérieux 
besoin de l'individu, tant pour le bonheur de la famille 
qu'au point de vue de la sécurité sociale. De là, ce 
mouvement spontané et réfléchi qui entraîne vers les 
établissements fondés par la religion ; de là, cette 
émancipation de la génération actuelle, cette proclama- 
tion de la liberté d'enseignement qui sera l'honneur du 
temps où elle a été accomplie. 

La seconde partie du discours esquissait à grands 
traits le plan d'études suivi par les Jésuites. Il y a deux 
cents ans, on apprenait les langues anciennes et on les 
savait ; aujourd'hui on lés apprend encore, mais on ne 
les sait guères. Le temps consacré aux études a été 
augmenté, l'intelligence de la jeunesse studieuse n'a 
pas baissé, c'est donc aux méthodes qu'il faut s'en 
prendre. Il est temps d'en revenir aux méthodes qui 
ont formé depuis des siècles tant d'hommes supérieurs, 
aux méthodes qui ont préparé à la France, la puissante 
génération qui, sous Louis XIV, brilla d'une éclatante 
lumière. 

Le R. P. Turquand se prononça hautement en faveur 
de l'emploi des auteurs anciens dans les études clas- 
siques. Mo\'ennant des expurgations intelligentes, non 



CHAP. II. — COLLÈGE SAINT-CLÉMENT l35 



seulement on peut faire profiter les élèves des élans 
immortels du génie antique, mais encore par des 
explications bien dirigées, faire tourner au profit du 
christianisme le tableau du monde païen, en faisant 
toucher du doigt, l'excellence et la supériorité sur les 
philosophies anciennes de la pensée chrétienne qui a 
émancipé l'âme et créé la charité, fondement de la 
religion et de l'état social des peuples modernes. 

En terminant, le R. P. a glorifié l'alliance intime de 
la philosophie vraie avec la religion, en rappelant, qu'au 
moyen-âge, les couvents avaient été les dépositaires des 
traditions des lettres et des sciences. L'Eglise toujours 
fidèle à cette mission continuera à être l'ardent foyer 
des connaissances humaines et des progrès civilisateurs. 

Après ce discours, l'Evèque de Metz en quelques 
mots pleins de l'éloquence du cœur, a indiqué tout le 
secret de l'éducation chrétienne, telle que les Jésuites la 
donnent. Ils ont pris pour devise cette parole de saint 
Bernard : « Si vous voulez être aimé, aimez. » 

Ea distribution des prix fut suivie d'un salut solennel 
en l'église Sainte-Ségolène. A ce salut, suivant l'usage 
consacré dans les collèges des Jésuites, chacun des 
élèves récompensés vint déposer sa couronne aux pieds 
de l'autel, reportant ainsi à Dieu, la gloire des succès 
remportés. 

La rentrée des classes eut lieu le 5 octobre i853. 
Instruit par l'expérience de l'année précédente, on 
s'était efforcé d'améliorer la situation matérielle de 
Saint-Augustin, mais toutes ces tentatives étaient vaines. 
Il avait fallu trouver un emplacement pour la classe de 



l36 LES JÉSUITES A METZ 

philosophie que l'on était parvenu à caser dans une 
ancienne remise cionnant sur la rue de la Gendarmerie. 
Certains dortoirs jugés insalubres au rez-de-chaussée 
avaient été transférés au grenier ; une nouvelle étude 
avait été ouverte sous la chapelle, mais le noiTibre des 
élèves augmentant, l'insuffisance des bâtiments devenait 
toujours plus grande. 

Au premier jour de congé, le 18 octobre, on se rendit 
à la maison de campagne, où Mgr Dupont des Loges 
bénit une statue érigée en l'honneur de saint Ignace. 
Des concours de jeux, une distribution de prix pour les 
lauréats, un goûter servi sous la charmille occupèrent 
toute cette journée de fête. 

Le premier deuil qui vint attrister le collège eut lieu 
le II janvier 1834; un enfant de la classe de septième, 
Alfred Lang, fils du directeur des forges de Stiring- 
Wendel, mourut à la maison des Trinitaires. Quelque 
temps après, on apprenait la mort à Ca}"enne du bon 
Père Bigot. L'année précédente il avait rempli à Saint- 
Augustin les fonctions de procureur.' 

L'hiver de i853-i 864 fut des plus rudes, la récolte 
avait été peu satisfaisante, la température se montrait 
fort rigoureuse, il fallut aviser à venir au secours des 
indigents. Suivant l'usage des maisons de la Com- 
pagnie, de larges aumônes étaient faites aux portes du 
collège, mais les Jésuites trouvant l'occasion d'initier 



' Voir Pièces justificatives, note 43. Notice sur le R. P. Bioot et 
les Pères de Cayenne. — V. Les Jésuites à Cayenne, par le P. 
Paul Muky. Paris, Retaux, i8c)3. 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT iSy 

leurs élèves d'une manière plus complète à la pratique 
de la charité, ne la laissèrent pas échapper. 

La société de Saint-Vincent-de-Paul avait organisé 
un fourneau économique. L'Evèque avait héni cette 
œuvre et l'avait inaugurée le i8 janvier 1854 en servant 
lui-même les pauvres. Les Pères obtinrent que le 
service de ce fourneau fut fait une heure chaque jour 
par les élèves et, pendant tout l'hiver de onze heures 
et demie à midi et demi, une escouade d'une dizaine 
d'élèves venait, sous la conduite d'un professeur, servir 
les pauvres réunis dans la maison de Saint-Vincent- 
de-Paul. Le choix des servants était subordonné aux 
places, aux notes, aux efforts; aussi pendant tout l'hiver 
V eut-il une rivalité ardente qui tourna au profit des 
études. La satisfaction de ceindre le tablier blanc, 
insigne de ce service et l'attrait de la curiosité ne suf- 
fisent pas pour justifier cet engouement et la charité de 
quelques élèves trouvait là une belle occasion de 
s'exercer. On se disputait la faveur de servir certain 
pauvre, dont les habitudes et la propreté faisaient con- 
traste avec les idées reçues ; d'autres fois, un alfamé 
trouvait à satisfaire son appétit sans remarquer que sa 
portion était doublée au moyen d'un prélèvement opéré 
sur la petite somme mise chaque semaine à la disposi- 
tion des élèves. 

Le 2 février 1854, c'est pour une fête de famille que 
tous les élèves se pressaient à la chapelle de Saint- 
Augustin. Monseigneur l'Évèque }■ présidait l'office 
solennel pendant lequel les Pères Stumpf et Jaxel pro- 
noncèrent leurs grands vœux. Le 10 mai, une belle 



l38 LES JÉSUITES A METZ 

cérémonie réunissait à la Catiiédrale une foule im- 
mense à laquelle se joignirent les élèves de Saint- 
Augustin. Le Général commandant la division suivi des 
officiers et de tous ceux des soldats de la garnison qui 
étaient décorés de la Légion d'honneur ou de la mé- 
daille militaire, présentait à la bénédiction de l'Évèque 
les drapeaux destinés à deux régiments d'artillerie de 
nouvelle formation. Après la fête religieuse, les dra- 
peaux furent remis aux troupes assemblées devant leur 
caserne. 

A la tin du même mois, un des Pères de la maison 
des Trinitaires, le P. Bourdilleau reçut l'avis qu'il était 
désigné par ses supérieurs pour se rendre en Chine. 
Deux jours après, il fit ses adieux aux élèves de sa 
division et partit directement pour sa nouvelle desti- 
nation. Ce départ précipité, l'annonce de la mort du 
P. Bigot ne donnent lieu à aucune démonstration, mais 
cela ne laisse pas que de frapper l'imagination des en- 
fants. Les grands modèles de sacrifice et de dévoue- 
ment qui se déploient sous leurs yeux, sans ostentation, 
sans réclame, resserrent encore les liens respectueux 
d'attachement qui les unissent à leuis maîtres. 

Le I I juin, eut lieu à la chapelle de rÉvéché, la 
première communion des élèves du collège. Quelque 
temps après, le R. P. Félix prêchait à la Cathédrale la 
neuvaine de l'Assomption et obtenait un très grand 
succès en développant cette parole prophétique : Eccc 
vieil leo Je Iribii Jiida et en exposant comment malgré 
tout ce qui s'\- opposait, Jésus-Christ a réussi à se faire 
aimer des hommes. 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I Sq 

A la fin de juillet, on célébra à Sainte-Glossinde, un 
triduum solennel pour la canonisation des Bienheureux 
Jean de Britto, André Bobola et des Quarante Mart\rs. 
Ces fêtes eurent lieu avec une pompe sans précédents 
à Metz ; le vendredi la messe fut chantée par les élèves 
du Grand-Séminaire; le samedi, par ceux de Saint- 
x\ugustin et le dimanche par le Petit-Séminaire. Le 
i3 août, nouvelle cérémonie, à l'occasion des grands 
vreux du R. P. Turquand. Le i(3 août, la distribution 
des prix eut lieu à l'orangerie du Jardin des Plantes. 
Le P. Stumpf indiqua le rôle de l'éducation chrétienne 
dans le développement moral de l'enfant, montrant 
l'action lente amenée par un dévouement assidu et con- 
tinuel ; il mit en évidence cette parole de Saint-Augustin : 
(2'est arec les petits saci-i/ices qu'on fait les i^faiids 
caractères. 

Pendant l'hiver de iSSq-iNSS, la note caractéristique 
de l'histoire du collège fut l'entrainement patriotique 
qui portait les élèves de Saint-Augustin à suivre les 
diverses phases de la guerre de Crimée. Dans une ville 
comme iMetz, il n'était guères de familles qui n'eut de 
représentants dans le corps expéditionnaire, aussi la 
plupart des élèves accueillaient-ils avec un intérêt mêlé 
d'anxiété toutes les communications qui leur étaient 
faites sur les événements du théâtre de la guerre. 
C'était généralement au réfectoire que le Père Préfet 
apportait ces documents. Le silence le plus recueilli se 
faisait lorsqu'au lieu de voir le lecteur ouvrir VHistoire 
de la milice française du P. Daniel, on le voyait dé- 
ployer quelque journal ou prendre en main une lettre 



140 LES JÉSUITES A METZ 

émouvante d'un officier ou d'un soldat de Crimée. Une 
grande fête religieuse vint détourner un instant l'atten- 
tion de cette lutte. La proclamation du dogme de l'Im- 
maculée Conception fut la plus splendide manifestation 
catholique que l'on puisse imaginer. 

Dès le matin du 2b mars, des bannières bleues et 
blanches, des guirlandes, des chilfres se voient à un 
grand nombre de fenêtres des maisons particulières. Les 
églises sont pavoisées à l'extérieur et revêtues à l'inté- 
rieur de leurs plus beaux ornements. A la Cathédrale, 
magnifiquement décorée, l'F^vèque donna pendant la 
grand-messe lecture des Lettres apostoliques qui con- 
sacraient ce dogme. 

Le soir, salut solennel; tout l'intérieur de la vieille 
basilique resplendissait et reflétait au dehors les mille 
feux qui l'illuminaient. Sur le pourtour du chœur, on 
lisait en immenses caractères de feu: MARIA sijie labe 
concepta, ora pvo nabis. 

L'office se célébra au milieu d'une émotion indescrip- 
tible. Ce mouvement se communiqua à l'extérieur, les 
maisons s'illuminent et tel bon bourgeois qui avait bien 
juré de laisser sa demeure dans l'obscurité se laisse 
gagner par l'élan général. L'excitation qui s'était pro- 
pagée au milieu d'une population si froide et si calme 
avait naturellement pris au collège des proportions 
considérables. Dans l'excès de leur joie, les moins dé- 
monstratifs l'étaient devenus et l'on vit de graves philo- 
sophes se livrer aux manifestations les moins philoso- 
phiques. 

L'impression de cette belle fête durait encore lorsque 



(,pj^p^ 11, — COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I4I 



s'ouvrit le mois de Marie. Aussi fut-il célébré avec 
entrain. Chaque classe, chaque étude avait sa statue de 
la Sainte-Vierge qui disparaissait sous les fleurs. 

C'était à qui rivaliserait pour l'emporter sur les 
autres; cette émulation ne se bornait pas à des dé- 
monstrations stériles et le travail se ressentait de la 

ferveur générale. 

Les élèves de la grande division de Saint-Augustin 
se distinguaient tout particulièrement. Leur étude était 
sous la direction d'un jeune Père qui devait peu de 
temps après aller recevoir de Dieu la récompense de sa 
douceur et de son angélique piété. On le savait atteint 
d'une grave maladie de poitrine. Dans cette salle, se 
trouvaient plus de quarante jeunes gens de quinze à 
vingt ans. Immédiatement, un mot d'ordre, parti, on 
ne tait de qui, s'impose à tous: A l'étude, on devra 
éviter au surveillant toute peine, toute fatigue inutile. 
Celui qui manquerait au silence, qui troublerait l'ordre 
serait justiciable de ses camarades et expierait en ré- 
création la faute commise. Dans cette étude on eût en- 
tendu une mouche voler et jamais le surveillam, pendant 
le cours de cette année n'eut une observation sérieuse 

à faire à un élève. 

Depuis l'ouverture du collège, on souffrait de l'exi- 
guité des bâtiments. Les regards se portaient toujours 
sur la vieille abbaye de Saint-Clément que le P. Potot 
désignait trente ans auparavant comme devam être un 
futur collège de Jésuites. De tous les établissemems 
religieux de la cité, l'abbaye de Saint-Clément était le 
seul qui n'eut pas été morcelé par la Révolution, mais 



142 



LES JESUITES A METZ 



le génie militaire s'en était emparé et bien que ces 
larges cloîtres et cette église à la nef élancée fussent peu 
commodes et mal appropriés à ce genre de service, on 
sait trop à Metz la ténacité de la bureaucratie militaire 
pour que Ton eut quelque chance de voir se réaliser 
ce rêve. 

Le R. P. Turquand, connaissant mieux que tout 
autre les traditions du Ministère de la guerre, y avait 
complètement renoncé et dirigeait la confection de plans 
de construction d'un collège à la maison de campagne 
de La Ronde, après avoir rejeté l'idée d'agrandir Saint- 
Augustin par l'acquisition des maisons voisines de cet 
établissement. 

Toutefois on avait adressé au Ministère de la guerre 
la proposition d'acheter Saint-Clément, moyennant une 
somme de trois cent mille francs. Aucune réponse ne 
fut donnée. Le P. de Ravignan en parla au Ministre 
de la guerre et obtint des ordres pour que l'affaire fût 
examinée. Les bureaux du génie répondirent en établis- 
sant qu'il fallait au moins 5oo,ooo francs pour rem- 
placer les bâtiments de Saint-Clément et construire de 
nouveaux séchoirs, dont le besoin se faisait sentir. Les 
Jésuites demandèrent une expertise, portant non sur les 
bâtiments à créer, inais sur la valeur de Ceux qui exis- 
taient, La nouvelle expertise conclut à une estimation 
de quatre cent mille francs. 

Le Maréchal Vaillant, alors Ministre de la guerre, 
écrivit en ce moment à l'Evèque de Metz que l'aliénation 
de Saint-Clément était chose impossible et qu'on devait 
y renoncer. Le R. P. de Ravignan pria la princesse 



CHAP, II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT 1^.3 

Marie de Bade, cousine de l'Empereur, de lui exposer 
la véritable position de la question. L'Empereur or- 
donna la mise en vente de Saint-Clément. 

Le P. Turquand était absent, lorsque le P. Stumpf 
vit arriver le Colonel Directeur du génie, lui disant: 
(( On accepte l'estimation cie l'expertise, mais si vous 
voulez que l'affaire soit conclue rapidement et soit 
comprise dans les propositions de l'inspection générale 
de cette année, il me faut votre acceptation dans les 
vingt quatre heures. » 

Le P. Turquand revint en toute hâte, le P. Provincial 
envoya son approbation par le télégraphe. Au jour dit, 
les signatures étaient données, mais tout n'était pas 
terminé. On annonça pour le 28 juin, la vente publique 
des bâtiments, de l'église et des dépendances de Saint- 
Clément, comprenant une superficie d'un hectare 3o ares 
de terrain, sur la mise à prix de quatre cent mille francs. 
L'adjudication eut lieu à la Préfecture. Le P. Turquand 
ajouta mille francs à la mise à prix et aucun enché- 
risseur ne s'étant présenté, la vente fut définitive. . 

Le lendemain, on donna à Saint-Augustin un salut 
solennel, suivi du Te Dciim, en actions de grâces de 
l'issue favorable de cette importante affaire. Mgr en 
annonça la conclusion en ces termes dans une lettre 
adressée à son clergé. 

«Vous aurez partagé notre joie. Nos très chers Frères, 
en apprenant que l'antique abba\'e de Saint-Clément 
va être bientôt rendue à sa religieuse destination. Oui, 
encore un peu de temps, et cet asile sacré, où, durant 
tant de siècles, ont retenti les accents de la prière, que 



144 LES JÉSUITES A METZ 

les disciples de Saint-Benoit ont illustré par leurs 
veilles savantes et sanctifié par leurs vertus, deviendra 
la demeure d'une autre famille religieuse que vous con- 
naissez désormais et que vous aimez, et abritera, en 
même temps cette intéressante jeunesse qui se presse 
déjà si nombreuse autour des maîtres chéris et vénérés 
que votre confiance a choisis pour elle. Encore un peu 
de temps, et il nous sera donné de contempler, dans 
son ancienne splendeur, la magnifique église que la 
piété de nos pères avait élevée en l'honneur de ce grand 
saint dont le nom est si populaire parmi vous, de 
l'apôtre de cette ville et de ce pa^s, qu'une tradition 
appuyée sur les monuments les plus respectables de 
l'histoire nous représente comme le disciple et l'envoyé 
de l'apôtre saint Pierre, et qui se trouve ainsi le premier 
anneau de cette chaîne glorieuse de pontifes qui, du 
plus indigne, remonte jusqu'au berceau du christianisme, 
et rattache l'originedu siège illustre de Metz aux temps 
apostoliques. ' 

«Glorifiez Dieu avec nous, Nos très chers 'Frères, et 
bénissons tous ensemble son saint nom pour ce nouveau 
témoignage de sa providence particulière sur cette ville 
et sur ce diocèse. Ainsi se prouvent réalisés au-delà 
même de nos espérances, les vœux que nous exprimions, 
il y a trois ans, en vous annonçant l'arrivée dans nos 
murs de ces pieux et habiles instituteurs de la jeunesse. 



' Voir Topuscule intéressant qui a pour titre : De l'origine apos- 
tolique de VEgUse de Met:^, par M. l'abbé Chaussiek, Supérieur du 
petit Séminaire de Metz. 



CHAP. II. — COLLÈGE SAINT-CLÉMKNT 1 45 



Un vaste collège catholique va bientôt s'ouvrir à l'im- 
patience des familles de ce pays et des contrées voisines, 
et Metz possédera un établissement d'éducation digne 
de sa vieille renommée, un foyer de piété, de science 
et de lumière dont elle pourra se glorifier avec d'autant 
plus de justice, qu'elle n'en sera redevable qu'à ses 
propres efforts et à une généreuse pensée. 

« Mais, Nos très chers Frères, nous n'avons pas besoin 
de vous le faire remarquer, l'acquisition de l'édifice, la 
nécessité de l'agrandir et de l'approprier à sa nouvelle 
destination, la restauration de l'église nécessitent des 
dépenses considérables. Serait-il même juste de les 
laisser tout entières à la charge des nouveaux proprié- 
taires? Nous ne le pensons pas. Désintéressés pour eux- 
mêmes, ou plutôt pauvres volontaires par l'effet de leur 
^profession religieuse, ne connaissant d'autre récompense 
que celle de faire le bien, et n'ambitionnant d'autre 
émolument que les progrès de leurs élèves, les plus 
généreux sacrifices ne leur coûtent pas, il est vrai, et 
c'est avec joie qu'il consacreront à cette grande œuvre 
toutes les ressources dont ils pourront disposer. Mais 
ces ressources ne sont point proportionnées aux besoins ; 
et nous ne saurions oublier que si, dédaignant les calculs 
de la prudence humaine, et appuyés sur leur confiance 
en la Providence, ils ont acquis le vaste domaine de 
Saint-Clément, c'est pour doter cette ville et ce diocèse 
d'une magnique maison d'éducation chrétienne, et 
accomplir ainsi le vœu des familles les plus honorables, 
en faisant revivre, au profit de leurs enfants, les plus 
pures et les plus saines traditions de l'enseignement. 



146 LES JÉSUITES A METZ 

« Souffrez donc, Nos très chers Frères, qu'au nom de 
ces enfants qui vous sont si chers, au nom de la religion 
et de la patrie dont ils sont l'espoir, nous fassions au- 
jourd'hui un appel à vos cœurs en faveur d'une œuvre 
à laquelle se trouvent liés vos intérêts les plus sacrée ; et 
qu'après avoir déposé nous-mème notre humble offrande 
entre les mains des vénérables propriétaires de Saint- 
C^lément, nous vous exhortions avec simplicité à nous 
imiter.^ 

«Quelle plus belle occasion, ô Frères bien-aimés, de 
vous montrer encore une fois généreux ! Eh ! si l'au- 
mône, comme le dit un saint docteur, a des ailes qui 
nous portent jusqu'au trône du Père des miséricordes, 
en fut-il jamais une plus luéritoire que celle-ci, et mieux 
faite pour toucher le cœ^ur de Dieu et attirer sur vous 
et sur vos enfants les bénédictions du ciel et de la terre. 

« Donné à Metz, le dix-neuvième jour de juillet, fête 
de Saint-Vincent-de-Paul, l'an de grâce iS55. 

7 Paul, Evèque de Metz. » 

Le '2 juillet, à l'occasion de la fête du Père Recteur, 
on joue à Saint-Augustin deux petites comédies. Le 



' Tous, selon leurs facultés et leurs convenances, pourront con- 
tribuer à cette œuvre éminemment religieuse et sociale, soit par des 
dons et les plus minimes seront reçus avec reconnaissance, soit 
par des prêts sans intérêt ou à intérêts réduits, pendant un certain 
nombre d'années, cinq ou dix années par exemple. Les offrandes 
pourront être adressées au R. P. Turquand, Supérieur du Collège 
ou à M. l'abbé Brave, chanoine de l'église cathédrale. Nous nous 
ferons nous-même un plaisir de transmettre celles qu'on voudrait 
bien nous confier. 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT 1 47 



lendemain, dès le matin, on prend le chemin de fer pour 
se rendre à Join -aux-Arches. Un plantureux déjeuner 
}■ était offert par les parents de divers élèves, résidant 
dans ce village. De là, on se rendit à la maison de 
campagne où le dîner suivi d'un feu d'artifice termina 
gaiment la journée. 

Le 18 août, eut lieu la distribution des prix. Les 
discours d'usage furent remplacés par des exercices 
littéraires auxquels prirent part les élèves de la classe 
de rhétorique. 

La rentrée des classes devait avoir lieu le () octobre 
i855, mais pour se conformer à une mesure prise dans 
les établissements de l'Etat, les vacances furent pro- 
longées de huit jours à l'occasion de la prise de Sé- 
bastopol. 

Pendant les dernières années de Saint-Augustin, les 
séances publiques prirent un développement considé- 
rable. On sait l'importance que les Pères ont toujours 
attachée à ces exercices. 

« Et ce n'est pas, écrivait un de nos camarades, pour 
le seul amour de la tradition qu'ils les conservent dans 
leurs maisons d'éducation, en dépit des programmes 
universitaires qui étranglent' les classes par l'examen 
du baccalauréat. A leurs 3'eux, ces exercices sont le com- 
plément naturel le plus utile, le complément nécessaire 
des humanités. 

«A la première apparence, on leur reconnaît l'utilité 
d'apprendre aux jeunes gens à se produire en public. 
C'est le côté superficiel qui n'est assurément pas sans 
importance; de même qu'il n'est pas non plus sans 



148 LES JÉSUITES A METZ 

Utilité de se former à bien lire devant un auditoire. On 
pourrait nommer, non pas telle personne instruite 
prise au hasard, mais tel ingénieur, tel savant, tel aca- 
démicien de l'Académie française qui donnerait beau- 
coup pour avoir appris à lire dans une académie de 
collège. Mais ces exeixices ou plutôt leur préparation a 
sur l'éducation des effets bien autrement importants et 
profonds. 

«C'est la vie donnée aux études littéraires où les 
jeunes gens se dégageant pour quelques jours des 
langes de l'enseignement, commencent à essayer leurs 
propres forces, non plus dans de simples devoirs, qui 
ne peuvent espérer que l'approbation d'un maître, mais 
dans de véritables œuvres littéraires où leur pensée 
s'adressera à d'autres esprits, où leur cœur cherchera 
un écho dans d'autres cœurs. Aussi, quelle ardeur dans 
cette préparation, quels efforts pour dégager toutes les 
ressources d'un sujet et pour les mettre dignement en 
œuvre ! Bien des jeunes gens coniiliencent à 3' sentir 
leurs forces et s'y révèlent pour la première fois à eux- 
mêmes, 

« Ces premiers travaux sont suivis de la diction et de 
l'action qui doit en compléter les effets. C'est une nou- 
velle discipline de l'espiit et du goût où l'enchainement 
des idées, la facture des phrases, leur clarté et leur 
mouvement sont soumis à une épreuve qui n'est guère 
moins utile que les soins de leur composition. Et puis 
est-il besoin de dire que le sujet choisi par les profes- 
seurs est toujours une mine des plus fécondes en idées 



CHAI'. II. — COLLÈGE SAINT-CLEMENT 141) 



larges, en pensées généreuses et en enseignements 
utiles?» 

Ces séances attiraient un public nombreux et l'em- 
placement fort restreint de la grande salle de Saint- 
Augustin forçait de limiter strictement le nombre des 
invités. En iN53, ce sont les élèves de troisième, par- 
tagés en deux camps qui se livraient bataille devant une 
assistance choisie, présidée par les Évèques de Metz 
et de Belley. Plus tard les élèves de sixième, mettent 
en dialogue quelques lettres de Cicéron. Aux jours 
gras, la classe de seconde représente un drame : Les 
Captifs. Enfin pour la fête du R. P. Recteur, les rhé- 
toriciens avec une sûreté de diction parfaite jouent une 
nouvelle pièce : Biaphoiiius, due à la collaboration du 
professeur et des élèves de rhétorique et tirée de l'his- 
toire générale de la Nouvelle Erance (Canada) du Père 
de Charlevoix. ' 

Le P. Recteur, suivant l'usage, accorda a cette occa- 
sion un grand congé. Le lendemain, donc, on prend le 
chemin de fer, on part pour Saint-Avold. Malheureuse- 
ment une pluie torrentielle ne cessa de tomber; après 
avoir franchi la distance assez considérable qui sépare 
la gare de la ville, on arrive dans un état indescriptible. 
Heureusement le Colonel du régiment de lanciers qui 
tenait garnison à Saint-Avold avait fait allumer de 
grands feux, dans l'intérieur du manège. On se sécha, 
puis frais et dispos, on se mit à table dans une im- 



' Voir Pièces justiHcatives, note 44. 



1 5o LES JÉSUITES A METZ 



mense salle toute garnie de trophées d'armes, de dra- 
peaux et de verdure. 

Ces réjouissances n'empêchèrent pas à la tin de 
l'année dix-sept élèves de remporter brillamment leur 
diplôme de bachelier. 

En 1N57, la musique du collège sort un peu des 
langes où elle végétait et le 2 février sur la demande du 
chapitre, l'orchestre exécute à la Cathédrale avec un 
certain succès, un salut composé de VAre Reg'uia du 
P. Lambillote, de VO Salutaris de Lesueur, des litanies 
de la Sainte-Vierge, d'un Taiititm ergo et du cantique: 
Oui., je le crois, elle est immaculée. 

Les trois jours de fête du carnaval furent célébrés 
joyeusement. Le dimanche, les élèves de seconde 
jouèrent la comédie de M. des Chalumeaux , traduite 
en latin ; quelques scènes du Bourgeois gentilhomme 
eurent beaucoup plus de succès. Le lundi, brillant con- 
cert ; le mardi, le tirage fastidieux de la loterie an- 
nuelle lassait fortement la patience des auditeurs, mais 
avait le don de jeter deux mille francs dans la bourse 
des pauvres. 

Le i^'" juillet 1S57 un drame historique : Campiauus 
est représenté par les académiciens des classes de 
philosophie, rhétorique, seconde et troisième.^ Le 
lendemain pour le grand congé du Père Recteur, on 
se dirige vers Pont-à-Mousson où l'hospitalité est 



^ Voir Pièces justificatives, note 45. 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT l5l 

offerte dans les bâtiments de l'ancienne Université des 
Jésuites. 

Le 24 mai, mourut l'un des }?lus anciens Pères de 
la résidence de Metz. Bien qu'a\ant peu de rapports 
avec lui, tous les élèves connaissaient le P. Boutilier; 
soit à la maison de campagne, soit dans la cour des 
Trinitaires il avait toujours un mot afiectueux a dire à 
tous ceux qu'il rencontrait. ' 

Le 16 août, à la distribution des prix, célébrée pour 
la dernière fois à l'orangerie du Jardin des Plantes, le 
discours prononcé par le R. P. de Laage, professeur 
de philosophie, traitait de l'accord de la science avec 
la foi. Ce discours trop élevé et inintelligible pour la 
moyenne des auditeurs et pour la presque totalité des 
élèves fut de plus complètement perdu dans le bruit du 
tonnerre et d'une grêle épouvantable qui ne cessa de 
tomber pendant que l'orateur s'époumonait en vain. 

Les examens de fin d'année étaient venus justifier les 
espérances que les efforts des élèves avaient fait con- 
cevoir. Sur vingt-huit candidats, vingt reçurent leur 
diplôme de bachelier et le doyen de la. faculté des lettres 
de Nancy décerna- publiquement un éloge mérité aux 
élèves de Saint-Augustin en les proposant pour modèles 
aux jeunes gens de l'auditoire : «Voilà, Messieurs, leur 
dit-il, comment on doit préparer un examen. » 

Ces succès joints à ceux remportés .par les élèves des 
autres collèges de la Compagnie en France commen- 



' Voir Pièces justificatives, note 46. 



l52 LES JÉSUITES A METZ 



cèrent à inquiéter les charitables journalistes qui, 
s'apitoyant sur le sort des famille^ assez aveugles pour 
confier leurs enfants aux Jésuites, avaient répété sur 
tous les tons que dans leurs collèges on formerait de 
bons petits jeunes gens, bien élevés, mais que les 
études y seraient de la plus complète nullité. A Saint- 
Augustin, la préparation du baccalauréat n'avait que 
fort peu entravé les études, on ne s'en était occupé que 
dans les derniers jours. Ainsi, pendant cette année, en 
rhétorique, on avait traduit une partie de Virgile en 
vers grecs; en philosophie, suivant Tusage, tout le 
cours s'était fait en latin. 

L'acte de vente de Saint-Clément avait eu lieu en 
juin i<SS5, mais l'administration des lits militaires était 
peu disposée à livrer les bâtiments vendus. Nombre de 
préposés, d'adjoints, d'employés s'étaient établis dans 
ces vastes emplacements, ils s'y étaient taillé des lo- 
gements et comprenaient facilement que dans des 
constructions nouvelles, les mêmes abus ne seraient 
pas tolérés. Le Père Recteur dut faire de nombreuses 
démarches et adresser même une requête à l' Empereur 
pour obtenir que Saint-Clément lui fût livré. Petit à 
petit, on évacua les différentes parties de rabba\"e; 
d'abord l'église, puis les cloîtres et en dernier lieu les 
parties habitées. 

Mais, dans quel état ! Pendant soixante-cinq ans ces 
bâtiments avaient été la proie d'habitants qui avaient 
usé à leur convenance et sans contiôle du bien qui leur 
avait été abandonné. Des murs avaient été démolis sans 
souci des lois de l'équilibre pour agrandir quel- 



CHAH. 11. — COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I 53 

qu'appartement; ailleurs, faute d'entretien, la pluie et 
la neige avaient laissé des traces irréparables. Les 
cloitres étaient souillés de peintures ignobles ; les 
colonnes avaient été entaillées pour seirir au poutrage 
de greniers ou de hangars. Tout disparaissait sous un 
épais voile de crasse accumulé par les générations qui 
s'y étaient succédées. Dès qu'on abandonnait une 
chambre, un appartement, un corps de logis, on s'en 
emparait, on y mettait les ouvriers, on }■ travaillait 
avec une ardeur fiévreuse. 

La restauration de l'abbaye de Saint-Clément est 
l'ceuvre du R. P. Lauras. Dès le début, il avait arrêté 
un plan complet d'appropriation des anciens bâtiments 
à leur nouvelle destination. Pendant toute l'année, 
secondé par un élève de Saint- Augustin , Edmond 
Duthoit, qui devint un des plus brillants élèves de 
l'école des Beaux-Arts de Paris, ' le Père Lauras dressa 
les plans de détail, s'occupa des mo3'ens d'exécution et 
ne cessa de surveiller l'entreprise et de diriger les 
travaux. 

Au mois d'octobre iSSy, le R. P. Turquand, appelé 
par ses supérieurs à la direction de la maison de la rue 
des Postes à Paris, quitta Metz et fut remplacé comme 
recteur par le Père Jean-Baptiste Stumpf. Ce fut sous 
les auspices de ce digne et excellent Père que se fit 
l'installation à Saint-Clément. 

Les clefs ne furent définitivement remises que le 



'■ \'<>ii- Piccts JListilicatives, imtc; 47. 



I 54 LES JÉSUITES A METZ 

4 octobre iHbj. A ce moment, la partie centrale des 
bâtiments avait été complètement transformée, elle était 
habitable ; aussitôt on brosse les cloîtres, on replâtre 
les corridors, on renverse des murs appuyés contre les 
bas côtés de l'église, on transforme en dortoirs les vastes 
salles bien assain-ies, on crée des cours de récréation, 
de toutes parts on déploie une activité merveilleuse. 

Dès le lo octobre, à la rentrée, on put installer a 
Saint-Clément une division; le i3 octobre, la chapelle 
de congrégation est bénite en attendant que l'église soit 
achevée. En ce moment le collège est partagé en trois 
sections ; à Saint-Augustin, les plus grands à partir de 
la classe de seconde ; aux Trinitaires les élèves de 
troisième, de quatrième, et de cinquième; à Saint- 
Clément, les plus petits. Le 20 janvier i858, les élèves 
de Saint-Augustin effectuèrent leur déménagement et à 
la fin de mars, tout le collège se trouva réuni à Saint- 
Clément. 

Les premiers arrivés s'y trouvèrent dans des con- 
ditions assez défectueuses. Malgré toutes les précautions, 
la partie qui leur était réservée était souvent envahie 
par les ouvriers. L'intérêt que la population attachait à 
ces travaux amenait aussi de trop nombreux visiteurs. 
Le Général Mare\-Monge qui commandait la division 
militaire dirigeait souvent ses promenades de ce côté. 
Tout en conversant avec les Pères, un jour il avise un 
bambin qui portait bravement les insignes de premier 
de la classe de septième, il l'arrête et lui adresse grave- 
ment ses félicitations au sujet de la décoration qu'il 



CHAP. 11. — COLLÈGE SAINT-CLÉMKNT l55 



porte : « Général, lui répond l'espiègle, j'aimerais encore 
mieux la vôtre. » 

Au carnaval, on improvise une salle de fêtes, c'est 
un grand hangar formé de planches à peine reliées 
entr'elles. Les élèves de seconde }' jouent le Misoponus 
du P. Forée. 

Le 28 mars, dimanche des Rameaux, l'église fut ré- 
conciliée et le Saint-Sacritice put y être otîert pour la 
première fois après une interruption de près de trois 
quarts de siècle. A cette occasion, un journaliste messin, 
M. Chenard de Mazières, écrivait les lignes suivantes : 

« La restitution au culte de la belle église Saint- 
Clément est une précieuse conquête sur le génie de la 
destruction prêt à s'appesantir sur elle. Devenu pro- 
priété de l'Ktat dans les temps révolutionnaires, cet 
édifice a servi pendant soixante ans de séchoir couvert 
à l'administration des lits militaires. Déjà des couches 
noires, provenant de la fumée des poêles, déshonoraient 
son beau portail ; déjà des mutilations regrettables 
avaient, à l'intérieur, éraillé les murs, troué les colonnes, 
menacé l'ornementation architecturale d'une prochaine 
destruction. 

« Les RR. PP. Jésuites, après des travaux longs et 
dispendieux, ont reniis en état les anciens 'bâtiments, 
en ont édifié de nouveaux dans des conditions admirables 
d'appropriation et bientôt le collège de Metz sera cer- 
tainement cité comme un des établissements d'édu- 
cation les plus complets au point de vue de l'ordre 
intérieur, de rh3^giène, de l'air et de l'espace. Nous ne 
parlons pas ici des garanties qu'il offre sous le rapport 



l56 LES JÉSUITES A METZ 



de l'instruction et de l'éducation. A cet égard les 
RR. PP. Jésuites ont fait leurs preuves depuis trois 
siècles et notre population les voit à l'ctuvre depuis 
près de six années. 

« L'ancienne église du coLivent des Bénédictins devient 
celle du collège Saint-Clément. Une intelligente restau- 
ration lui à déjà rendu les imposantes proportions de 
ses lignes monumentales et l'intégrité de son ornemen- 
tation primitive. On a pu critiquer au point de vue de 
Toiihodoxie de l'art, l'ordonnance de son architecture.. 
Il est très vrai qu'elle oftVe à la fois les spécimens de 
plusieurs styles et que les volutes et les acanthes antiques 
de ses colonnes évidées sont éclairées par les larges 
fenêtres du XIV'" siècle que surmontent les cordons 
contournés et les dessins bizarres de l'ogive flamboyante, 

«Cette église due au génie du moine Spinga ' est, si 
l'on veut, une fantaisie, mais il faut convenir que c'est 
une fantaisie grandiose et qui atteste un prodigieux 
talent de conception. Disparate dans ses détails, cet 
édifice n'en offre pas moins un ensemble magistral et 
des proportions harmonieuses. Telle qu'elle est au- 



' C'est en 1680 que Spini;a, artiste italien commença les Ion- 
dations du chœur, de la nef et des collatéraux. Toute celte masse 
architecturale en y comprenant les deux tours était achevée en 
ibq3. On s'occupa alors des décors intérieurs et des stalles. En 
1715, toujours sur les dessins de Spinya, secondé par les architectes 
Barlet et Louis, le portail en fut commencé et l'Evèque Coislin en 
posa la première pierre le 5 février. Les travaux discontinués 
peu après jusqu'en 1735 reprirent alors avec vigueur et deux années 
plus tard réditîce était achevé dans tout son ensemble {Annales de 
Battus, p. 5-1, 53.) 




ÉGLISE SAINT-CLEMENT. 



CHAP. 11. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT iSj 

jourd'hui, elle apparaît entière, achevée; restaurée par 
d'habiles artistes, elle semble sortir d'hier du cerveau 
de l'architecte et des mains de l'ouvrier. 

« En ce moment les RR. PP. Jésuites s'occupent de 
lui donner une ornementation intérieure convenable. 
Ils ont confié à M. Lusson, l'exécution des verrières du 
chœur. Les belles compositions de M. Lusson, d'après 
les dessins de notre concitoyen M. Joseph Hussenot, 
professeur de dessin à l'école militaire de Saint-Cyr, 
ornent un très grand nombre d'églises du premier 
ordre, Notre Dame de Paris entr'autres et il a été chargé 
de la tâche si difficile de restaurer les vitraux de la 
Sainte Chapelle de Paris. Cinq grandes fenêtres occu- 
pent le pourtour du chœur de l'église Saint-Clément. 
Les verrières déjà posées et celles qui complètent la 
décoration doivent exprimer dans leurs sujets divers une 
conception unique : à droite et à gauche, les sacrifices 
d'Abraham et de Melchisédech, promesses et gages pro- 
phétiques ; la roche d'Oreb, d'où jaillit sous la baguette 
de Moïse l'eau pure, source symbolique des grâces 
célestes ; et en regard le serpent d'airain dont la vue 
rend la vie et le salut; enfin la sainte Cène, puis le 
Calvaire. Et c'est ainsi que la pensée du Saint-Sacrifice, 
ramenée à une majestueuse unité, se dégagera de ces 
pages qui toutes, la préparent, l'annoncent, la réalisent. 
Ce symbolisme offre assurément une inspiration d'une 
véritable grandeur. » 

Entre la bénédiction et la messe, le R, P. Recteur 
adressa la parole à l'assemblée nombreuse dont la 



|58 LES JÉSUITES A METZ 

réunion était un témoignage de s^-mpathie d'autant plus 
spontané qu'on n'avait pas fait d'invitations. 

Le Père Stunipf exposa d'abord l'objet de la céré- 
monie. « Hier encore cette enceinte n'était qu'un lieu 
profane, moins que cela, un lieu souillé par d'impies 
sacrilèges. Il a fallu purifier avec l'eau sainte et ré- 
concilier avec Dieu, cette terre que nous foulons, ces 
murs et ces voûtes qui nous abritent... et maintenant, 
cet édifice est redevenu la demeure du Très-Haut. 
Ve7^e non est hic aliiid iiisi domus Dei et porta aeli... 
La victime immolée pour la première fois sur cette 
terre de Metz, par son premier Evèque Saint-Clément 
s'offrira désormais dans le temple consacré à son nom. » 

En second lieu, l'orateur fit ressortir le dessein de 
la Providence dans la conservation de ce monument 
et de ses dépendances. « Parmi les monastères qui 
s'élevaient dans la ville de Metz, avant la Révolution, 
il en était un, qui, mieux que tous les autres, pouvait 
répondre aux exigences d'une maison d'éducation au 
XIX*-' siècle. C'est cette maison que Dieu marqua du 
sang de l'Agneau et il n'est pas donné à l'ange de la 
destruction d'y exercer ses ravages. La propriété y est 
conservée dans son intégrité, avec son temple élancé, 
ses cloîtres majestueux, ses vastes dépendances; la garde 
en a été confiée à l'Etat lui-même... puis, au jour et à 
l'heure marqués, ce domaine est rendu à son ancienne 
destination par suite d'événements providentiels. Dans 
les nombreuses péripéties de ce long drame dont le 
dénouement a été notre mise en possession de l'an- 
cienne abbaye, le doigt de Dieu se montre clairement 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I Ôg 



dessiné à chaque scène. ... C'est le cas ou jamais 
de dire avec le Roi Prophète : Hœc miitatio dexterœ 
excelsi. 

«Cette considération de l'action de Dieu dans la 
préservation et la destination de l'abbaye ne peut-elle 
pas être considérée comme une sûre garantie de l'avenir 
et ne peut-on pas appliquer à l'œuvre de ce collège tout 
entier la parole que l'Kglise dans ses prières liturgiques 
applique à ce monument religieux : Hœc est domiis 
Domiiii Jirmiter œdijicata, bene fuudata est supra Jîr- 
111 am petram. 

«Oui, cette œuvre est fortement établie, ses fonda- 
tions reposent sur un roc inébranlable. Notre confiance 
repose, non, sur les hommes qui passent et disparaissent, 
mais sur Dieu, dont la providence vient de nous donner 
une garantie certaine que nous sommes appelés à pro- 
mouvoir dans cette cité la gloire de la religion et le 
bien réel de la Société. » 

En troisième lieu le Père Recteur a payé un Juste 
tribut de reconnaissance à ceux qui, dans la restauration 
de Saint-Clément ont accepté la mission que la Provi- 
dence leur a confiée. 

« 1" L'Empereur... C'est à sa parole bienveillante 
qu'ont été résolues les graves difficultés qui s'opposaient 
à la mise en vente de l'antique abbaye. C'est grâce à 
son intervention qu'il nous est permis de relever les 
autels de ce temple. 

«2" Nos prières suivront au-delà de la tombe deux 
âmes étroitement unies par une estime réciproque et 



l6o LES JÉSUITES A METZ 

qui ont porte un haut intérêt à cette œuvre : le vain- 
queur de l'Aima et le bon Père de Ravignan.^ 

t( 3" Reconnaissance au premier magistrat de ce dé- 
partement. Appuyé sur le vœu unanime du conseil de 
la cité et de l'édilité de la bonne ville de Metz, il a 
rapporté une ordonnance royale qui menaçait l'immeuble 
dans son intégrité. ^ 

«4*^ Reconnaissance à tant de familles honorables de 
cette ville qui nous ont soutenus dans l'accomplissement 
de cette œuvre par leurs prières, leurs conseils, leur 
appui et leur généreux concours. Dieu leur rendra en 
riches bénédictions le bien qu'elles nous ont fait et 
qu'elles nous souhaitent dans la sincérité de leur dé- 
vouement. 



' Le Maréchal de Saint-Arnauld était ministre de la guerre, au 
moment de la cession de Saint-Clément. Les sentiments religieux 
du vainqueur de l'Alnia ont été mis en lumière par la publication 
de sa correspondance, éditée à Paris en 1864. Quant à la cession 
de Saint-Clément, l'estime et la respectueuse affection qu'il témoi- 
gnait au P. de Ravignan, ont eu une action décisive sur les réso- 
lutions du ministre. 

' Le comte Malher a exercé les fonctions de préfet à Metz de 
i832 à 1859. Son esprit de justice et sa bienveillance ont laissé 
un excellent souvenir dans le pays. Une ordonnance royale, ren- 
due, on ne sait dans quel intérêt privé, avait autorisé le percement 
d'une rue qui, passant devant le portail de Saint-Clément, coupait 
en deux tronçons les dépendances de l'abbaye. Aucune suite n'a- 
vait été donnée à ce projet. En 1837, un personnage malveillant 
l'exhuma et en réclama l'application. Le Conseil municipal, à 
l'unanimité, déclara qu'il n'y avait aucun intérêt à effectuer ce 
percement et pour éviter le retour d'une semblable objection, le 
préfet fit rapporter l'ordonnance. 



CHAP. II. — COLLÈGE SAINT-CLÉMENT ibl 

« 5° J'ai trop tardé à prononcer un nom cher à tous 
les cœurs et à notre foi. Mais, ce nom, vos regards l'ont 
déjà lu au bas de la page magnifique qui décore ce 
sanctuaire. Après Dieu, c'est à notre pieux évéque , au 
digne successeur de Saint-Clément, que revient la part 
la plus large dans le succès de cette restauration. C'est 
lui qui, dans sa sollicitude pastorale pour la jeunesse 
de son diocèse, a remis entre nos mains l'œuvre de 
l'éducation c[ue nous avions exercée pendant plus de 
deux siècles dans cette cité ; c'est son action infatigable 
et intelligente qui a entamé et poursuivi avec persévé- 
rance les négociations. . . . 

«C'est sa confiance dans la Providence qui nous a sou- 
tenu constamment dans les moments les plus difficiles. 
C'est lui encore qui, naguère, dans son pèlerinage à 
Rome, a dit au Pontife souverain les espérances que 
donnait à son cœur d'Evèque la jeunesse élevée sous 
notre direction. C'est à sa paternelle sollicitation et par 
ses mains que le successeur de Pierre, le Vicaire de 
Jésus-Christ sur la terre, envoie aux enfants de ce col- 
lège et à leur famille, comme gage de sa tendresse, une 
bénédiction apostolique avec indulgence plénière. 

« Bientôt il viendra donner à ce temple et à ces autels 
la consécration pontificale et perpétuer ainsi le souvenir 
du bien qu'il nous a fait, dans le lieu même où notre 
reconnaissance devra à jamais l'en remercier. » 

Cette première solennité eut lieu avec toute la pompe 
possible et la magnifique exécution d'une messe due au 
talent du P. Lambillotte vint ajouter à la splendeur de 
cette fête. 



l62 LlùS JÉSUITES A MKT/. 



I.cs bâtiments de Saint-Augustin furent achetés par 
M. Leinen Spol qui en lit don à l'I^vèché à charge d'y 
installer une école supérieuie dirigée par les Frères des 
écoles chiétiennes. Au mois d'octobre i85fS les Frères 
s'y installèrent. 

Quant aux bâtiments et à la chapelle de la rue des 
Trinitaires, ils devinrent la propriété des religieuses 
du Cariuel qui y fondèrent un couvent de leur ordre. 

Le 4 avril, fête de Pàc]ues, messe avec orchestre; le 
lendemain axant le départ j^our les vacances eut lieu la 
première séance académique donnée dans les murs de 
Saint-C'iément. L'Evêque l'honorait de sa présence. On 
avait pris poui" sujet : de hiudlbus Siiiic/i (lloutnilis ; ce 
sujet fournissait de nombreuses allusions qui de Saint- 
Clément remontaient et s'adressaient tout naturellement 
à son successeur; il est inutile d'ajouter que ces allu- 
sions furent vivement applaudies. 

Au mois de niai, quelques Pères excités pai' les récits 
de ce qui s'était passé dans d'autres villes, entreprirent 
d'ajoutei' à toutes les bonnes (euvres dont ils étaient à 
Metz les piomoteurs ou les soutiens, la mission de ré- 
concilier à Dieu, les lualheiiieux qui parcouient le 
monde, allant de ville en ville, exhibei' leurs tours d'a- 
di"esse, leurs curiosités et souvent leurs monstruosités. 

Cette ceuvre a\ait débute' dès iN.^4 au noviciat d'An- 
gers sous le nom d'fFuvre des Saltimbanques. Elle 
consistait à aller de baraque en baïaque, tâchant de re- 
cruter les enfants ou adultes qui n'ont pas fait leur 
première communion, de les instruire et de les amener 
à ce grand acte. Au prix de quelques injures acceptées 



CHAP. II. — COLLÈGE SAINT-CLKMENT l63 

humblcnicnt, on peut arriver ainsi à obtenir le saint 
d'une âme et la rougeur qu'une grossière insulte peut 
faire monter au front du missionnaire, est bien vite 
effacée en jetant un regard sur la Croix. 

A Bordeaux, Lille, Amiens, Vannes, Nantes, Laval, 
on avait déjà entrepris le régénération de ces pauvres 
abandonnés. A Metz, quatre jeunes Pères parvinrent, 
pour leur premier essai, à amener à la Table sainte sept 
premiers communiants. Le 24 mai, lundi de la Pente- 
côte, eut lieu cette cc'rémonie à la chapelle de Congré- 
gation. Le même jour on mena les néophytes à Mon- 
seigneur qui leur donna la confirmation dans sa chapelle 
particulière et leur adressa une allocution sur la force 
dont ils auraient besoin pour persévérer, au milieu des 
dangers, dont, plus que d'autres, ils étaient entourés. 

Le !h) mai, fête de la Sainte-Trinité, fut encore un 
beau jour pour Saint-Clément. L'Evèque, lors d'un 
vo\'age récent, avait rapporté de Rome une bénédiction 
spéciale du Saint-Père pour les élèves anciens ou ac- 
tuels et pour leurs familles. Un triduum de prières 
devait servir à prépai'er les âmes à cette faveur. Le jour 
où devait avoir lieu la première communion fut choisi 
pour cette cérémonie. Après avoir célébré le saint Sa- 
crifice et reçu à la Table sainte les quarante-six pre- 
miers communiants suivis de tous les élèves et d'un 
nombre considérable d'assistants, Monseigneur, inondé 
de joie, en songeant à l'état où il avait vu naguères 
cette église, lui appliqua ces mots du Psalmiste : Qiiam 
dilecta tabernacula tua. Domine virlutum! 

L'église ne suffisait pas à contenir la foule accourue 



164 l'ES JÉSUITES A METZ 

et lorsque fut donnée la bénédiction papale, l'émotion 
du saint Pontife gagnait tous les assistants. Beaucoup 
versaient des larmes de joie en voyant notre Seigneur 
revenu dans un sanctuaire si longtemps profané. 

La veille de la Saint Jean-Baptiste, on représenta en 
l'honneur du P. Stumpf un draïue latin, emprunté à 
la légende de saint Eustache, martyr. ' 

Cette pièce en cinq actes, composée par le professeur 
de rhétorique, le P. Baltenveck, eut un très grand 
succès. Les décors neufs représentaient au premier 
acte, un camp romain ; au second, le temple de Jupiter 
au Capitole ; au troisième, le palais de l'empereur ; au 
quatrième, un cachot au Capitole; au cinquième, une 
place à Rome. Ils avaient été peints par le frère van 
den Kerkove et produisaient un excellent effet. Aux 
premiers rangs d'une nombreuse assistance, on remar- 
quait plusieurs officiers supérieurs, des magistrats et 
même le professeur de rhétorique du hcée. 

Le lendemain, excursion à Nanc}'. On dut traverser 
toute la ville pour gagner l'église de Bon-Secours. En 
vo3ant défiler les élèves, musique en tète, les habitants 
se demandaient avec stupéfaction ce que cela pouvait 
bien être. On arriva à l'église escorté d'un grand concours 
de curieux. Mgr Menjaud, Evèque de Nanc\ , y reçut 
le cortège, et après la messe, fit à l'assemblée une courte 
allocution. 

De Bon-Secours, on s'achemina vers le grand Sémi- 



' Voir Pièces justiHcatives, note 48. 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT l65 

naire qui occupe les bâtiments de l'ancienne maison 
professe, édifiée par Stanislas pour les Jésuites de Lor- 
i-aine. Les Pères avaient obtenu qu'on tolérât la présence 
de leurs élèves, pendant quelques instants, sous les 
allées de tilleuls de leur ancienne résidence, pour y 
prendre le repas qu'ils avaient fait préparer. 

On repartit vers six heures du soir. La rentrée à Metz 
fut une véritable ovation, on eut dit que la ville entière 
s'était donné rendez-vous aux abords de la gare, et 
c'est au milieu de la foule, au son de la musique, qu'on 
regagna Saint-Clément. 

La fête de saint Ignace ne le céda en rien aux fêtes 
si belles qui avaient précédé. L'Evéque présidait la cé- 
rémonie. Le panégyrique du saint fut prononcé par 
Dom Guéranger, abbé de Solesmes, dans cette église 
de Saint-Clément, bâtie par les enfants de Saint- 
Benoit. ' 

Dom Guéranger consacrait ainsi solennellement par 
sa présence et par sa parole la prise de possession de 
l'ancienne abbaye des Bénédictins par les Pères de la 
Compagnie de Jésus. Il rappela avec autant d'érudition 
que de délicatesse les liens de la fraternelle amitié qui 
n'ont cessé d'unir les deux ordres depuis la naissance 
de la Compagnie jusqu'à nos jours : un bénédictin de 
Montserrat fut le premier directeur d'Ignace ; c'est dans 
une abbaye de bénédictins, Saint-Paul hors des murs. 



' Voir Pièces justificatives, note 49 : Le panégyrique de saint 
Ignace, par Dom Guéranger. 



l66 LES JÉSUITES A METZ 

près de Rome, que le fondateur de la Compagnie de 
Jésus et ses premiers disciples prononcèrent leurs vœux; 
près de trois siècles plus tard, de cette même abbaye 
de Saint-Paul, sortait Pie VII, le restaurateur de la 
Compagnie. 

A l'issue de la messe, le Père Recteur distribua aux 
assistants une lithographie, exécutée d'après les indica- 
tions du R. P. Turquand. Dans la partie supérieure, 
on voyait la sainte ^'ierge a^ant à ses côtés saint Clé- 
iTient et saint Augustin. Aux pieds de ces trois person- 
nages qui semblent présider à la scène, apparaissent à 
genoux, saint Benoit et saint Ignace. Le fondateur des 
Bénédictins remet à Saint-Ignace l'acte de donation de 
l'abbaye de Saint-Clément. 

Quelques jours après, la distribution des prix clôtu- 
rait cette magnifique année. Nous emprunterons à 
M. Chenard de Mazières le récit de cette solennité, tel 
qu'il parut dans le Journal qu'il rédigeait à cette époque: 

« Lorsque l'excellente musique du génie eut achevé 
sa brillante ouvertuie, tous les regards se sont portés 
avec un intérêt marqué vers l'estrade où, au milieu de 
la nombreuse jeunesse du collège, le R. P. Stumpf, 
supérieur, se présentait, revêtu du manteau de Tordre, 
pour prononcer l'allocution d'usage. 

u En commençant son discours, le R. P. rappela au 
souvenir de ses auditeurs, comment le collège de Saint- 
Clément avait été inauguré, il \' a six ans, sous un 
autre nom, et comment les sympathies dont il fut ho- 
noré, dès sa naissance, avaient donné un démenti so- 
lennel aux vieux préjugés répandus contre les Jésuites. 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT l6j 



« Quelques aunées auparavant, dit-il, dans d'autres 
localités, leur nom était une injure; leur institut, un 
m}'stère ; leur enseignement, un anachronisme; leur 
présence, un danger. C'était l'idée qu'en donnaient 
des romans et des journaux, mais ces romans et ces 
journaux n'avaient point eu d'inliuence sur le bon sens 
traditionnel de la ville de Metz, protégé par deux élé- 
ments puissants : l'esprit religieux, l'esprit militaire. » 

('.... Dès l'établissement du collège vous nous avez 
amené vos enfants en grand nombre et avec une confiance 
illimitée ; vous nous avez dit : So\ ez leurs pères, soyez 
leurs mères, leur santé, leur cœur, leur intelligence, 
nous remettons tout entre vos mains. . . . En un mot, 
vous nous demandiez pour vos lils l'éducation prise 
dans son acception la plus large : le triple développe- 
ment du corps, du cœur et de l'esprit. 

u Tant de confiance de votre part, Messieurs, nous 
impose l'obligation de la justifier à vos yeux. Nous vous 
devons par délicatesse, avec un exposé des faits, le 
compte rendu des principes qui nous dirigent et des ré- 
sultats obtenus durant cette première période du collège 
Saint-Clément. 

«I. Education plD'sique. — Trois éléments concourent 
à former la bonne constitution de l'adolescence : une 
alimentation saine et réglée, des exercices corporels 
convenables, enfin et surtout, des mœurs pures. Ces 
trois éléments se trouvent-ils a Saint-Clément de ma- 
nière à satisfaire aux justes exigences des Pères de fa- 
mille ? » 



l68 LES JÉSUITES A METZ 

Le premier point n'était pas difficile à établir; à cet 
égard, la réputation des pensionnats dirigés par les 
Jésuites, est faite depuis longtemps et parfois un re- 
proche amical leur a été adressé. Nous avons entendu 
répéter que les élèves étaient trop bien traités à Saint- 
Clément, Cet excès, si c'en est un, sera facilement par- 
donné et pour notre part, nous n'avons qu'à féliciter les 
établissements qui méritent de pareils reproches. Toute- 
fois le R. P. a cru devoir se justifier. Il a prétendu que 
pour des enfants sevrés de bonne heure des douceurs 
du fo\^er domestique, une certaine compensation était 
désirable; centre le régime de la jeunesse Spartiate, a-t-il 
dit, et le régime des enfants de Sybaris, il y a un milieu 
sage que réclament la faiblesse des tempéraments et les 
usages de la société de nos jours; nous avons tâché de 
les saisir. » 

Quant aux exercices corporels propres à développer 
les forces physiques, après avoir indiqué les leçons qui 
sont communes à tous les grands établissements: l'es- 
crime, la natation, l'équitation et la gymnastique, le 
R. P. a signalé un autre moyen de santé plus universel, 
et que le collège Saint-Clément renferme avec surabon- 
dance. Ce sont les jeux variés que chaque saison ra- 
mène et qui remplissent les heures de récréation, selon 
les goûts, les âges et les forces. Tous ceux qui ont eu 
l'occasion d'}' assister en ont été frappés. Nous en 
avons été témoin bien des fois, et, à la vue de la gaité, 
de la franche animation qui régnaient dans les cours, 
nous nous demandions avec surprise où les Jésuites 
avaient trouvé le secret de prolonger jusque dans les 



CHAI'. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I 6c) 



classes les plus avancées, le temps de l'âge d'or. Qu'ils 
soient félicités d'avoir su préserver leurs élèves «de ce 
froid scepticisme, de cette virilité prématurée qui ôte 
à la physionomie, son sourire ; au corps, ses grâces et 
sa force et qui fait du plus bel âge de la vie, une époque 
de tristesse, de mutinerie, de dangereuses méditations. » 

Le troisième élément de la santé du jeune âge, la 
pureté des mœurs était plus délicat à traiter. « Quand 
les rivaux de Godefroy de Bouilion s'extasiaient sur la 
vigueur extraordinaire de son bras et lui demandaient 
le secret de sa force, il leur répondait par ces mots : 
J'ai toujours eu des mœurs pures. » 

Partant de cette belle sentence d'un héros chrétien, 
fort de la conviction de tous ses auditeurs et appu\'é 
sur l'autorité d'une longue expérience, le R, P. établit 
que les bonnes mœurs étaient tm des secrets les plus 
efficaces de l'état sanitaire d'un collège. ... « Et qui 
n'en a pas fait souvent la remarque? Tandis qu'un jeune 
cœur, flétri par l'habitude du vice, se révèle malgré lui 
à l'œil de l'observateur, il est des marques certaines 
pour reconnaître que le cœur d'un enfant est heureuse- 
ment préservé : Epanouissement de la physionomie ; 
assurance et simplicité du regard, aisance et réserve 
dans les manières, sensibilité généreuse. ...» 

Et en parlant ainsi, le digne supérieur semblait mon- 
trer avec bonheur la nombreuse jeunesse dont il était 
entouré et dire aux parents: «Voilà les enfants que vous 
nous avez confiés ; vous avez été heureux de les revoir, 
et en vous réjouissant du bon état de leur santé, vous 
avez peut-être senti quelque chose de plus vrai dans la 



lyO LES JESUITES A METZ 

douceur de leurs étreintes; n'en so3^ez pas étonnés, la 
santé de l'âme influe merveilleusement sur celle du 
corps; dans cette IVaicheur de teint et de ph\'sionomie, 
reconnaissez un avantage plus précieux encoie que la 
santé et qui en est le principe : la pureté des uKcurs. » 
('Aussi, a-t-il dit, c'est à cette cause et a la bénédic- 
tion du ciel que nous devons une prospérité sanitaire 
presque sans exemple. Pendant six ans, le collège placé 
dans des conditions matérielles bien peu satisfaisantes, 
a cependant évité, non-seulement les maladies sérieuses, 
mais même les petites épidémies si communes à cet 
âge dans les agolomérations nombreuses. . . . Nous 
l'espérons avec fondement, dans le nouveau local ouvert 
à nos vceux par la Providence, la santé de ces chers 
enfants trouvera les mêmes sécurités, de plus grandes 
encore. Nous espérons former à Saint-Clément des gé- 
nérations saines et vigoureuses, de cette vigueur surtout 
qui est le fruit et la récompense de la vertu. » 

II. Education morale. — Le R. P., arrivé à cette 
partie de son discours, déclare que, comme prêtre et 
comme religieux , il regardait la formation du cœur 
des enfants comme l'objet principal de l'éducation. 

« Continuer l'œuvre de .lésus-Christ et des apôtres 
pour le bien des âmes, voilà notre devoir, dit-il ; nous 
n'avons pas d'autre raison d'être dans l'Kglise ; nous 
cro3'ons aux âmes de vos enfants ; nous avons sans cesse 
devant les yeux leur divine origine et leur céleste fin; 
les former pour la terre, pour le ciel, telles sont nos 
préoccupations du jour et de la nuit. » 



CHAP. II. COLLEGE SAINT-CLEMENT I7I 

Alors, pour mieux apprécier l'importance de l'édu- 
cation morale, le R. P. s'est placé pour ainsi dire à un 
point de vue sublime, il s'est demandé quelle était la 
loi du développement moral de l'homme? « Dieu, ré- 
pondit-il, nous en a tracé lui-même de sa main, la 
marche infaillible au jour où il a dit: Fraisons l'homme 
à notre image et ressemblance. Donc, plus l'enfant se 
rapproche de Dieu, plus il se rapproche de l'idéal, plus 
il devient homme ; et par la raison des contraires, plus 
vous l'écartez de Dieu, plus aussi il s'abaisse, il se dé- 
grade, moins il est homme. 

« L'histoire nous le démontre jusqu'à l'évidence: une 
jeunesse élevée dans l'oubli de ces principes est une 
jeunesse amoindrie, inquiète, incapable de vertu. Quelle 
sera son attitude en présence d'impérieux devoirs qui 
demandent de l'abnégation, du dévouement, si, au lieu 
de l'habituer de longue main à se vaincre sous les re- 
gards d'un Dieu rémunérateur, on ne lui parle jamais 
que d'intérêts matériels, de félicité terrestre ? Quel sera 
son respect pour l'autorité de la terre, pour les lois de 
la patrie, si elle n'a pas appris, avant tout, à respecter 
l'autorité du ciel? Je ne crains pas de l'affirmer, toute 
éducation qui n'a pas été fortement trempée au foyer 
de la religion est, par la force même des choses, une 
conspiration contre la famille et la société. Loin de 
nous le soufrte empoisonné de cette indifférence qui, 
dans notre siècle, s'attaque même à des intelligences 
de quinze ans et leur ôte la vue du ciel avant qu'elles 
aient connu la terre. Dieu est l'idéal vers lequel doivent 



172 LES JÉSUITES A METZ 

graviter les âmes et la pratique de la religion est la 
grande loi de l'éducation morale. » 

S'il en est ainsi, les auditeurs du R. P. avaient le 
droit de lui adresser quelques questions. «Gomment pré- 
tendez-vous atteindre ce but? Quelle est votre méthode 
et quels sont vos moyens, non-seulement pour sauve- 
garder l'innocence de vos élèves, mais encore pour dé- 
velopper dans leurs cœurs les vertus morales ?» Ce qui 
regarde les mo\ens de préservation avait une réponse 
facile. Personne n'ignore la vigilance scrupuleuse des 
Jésuites pour empêcher la contagion du vice, et le 
R. P. n'a pas eu de peine à nous faire comprendre que 
si un jeune homme lit, sans un contrôle sérieux, les 
livres à la mode, en littérature, en histoire, en philo- 
sophie, sa moralité est immédiatement compromise et 
avec elle son éducation tout entière. Mais la vigilance 
ne suffit pas : l'enseignement même de la doctrine mo- 
rale ]a plus pure est stérile. Il faut quelque chose de 
plus pour le cœur de l'enfant. Car, au jour de son 
baptême. Dieu v a déposé le germe des vertus chrétiennes 
et d'une vie surnaturelle. 

« Il y a surtout deux mo\ens qui doivent tenir la 
première place dans l'éducation : la prière et les sacre- 
ments. Un jeune homme qui ne prie point, qui fuit la 
confession et l'Eucharistie, est incapable de résister 
aux séductions du vice ; au contraire, épanouissez cette 
jeune âme par les confidences filiales de la confession, 
vivifiez-la par la nourriture divine de la Communion et 
vous lui communiquerez une force infinie pour la pra- 
tique de la vertu. » 



CHAP. 11. — COLLEGE SAINT-CLEMENT ivj 



Fa voilà le grand secret des Jésuites, voilà pourquoi 
ils enseignent soigneusement à leurs élèves, l'art de la 
prière et les encouragent à la fréquentation des Sacre- 
ments. Ils leur font même entendre la messe tous les 
jours, et cet usage est consacré par une expérience de 
trois cents ans. Un esprit superficiel dira peut-être que 
c'est du temps perdu pour les études. Si nous pénétrons 
au fond des choses, nous dirons : c'est un gain assuré 
pour l'éducation morale et même pour les études, car 
c'est ce qui donne la vie à tout le reste. 

« L'éducation morale ainsi conçue a-t-elle atteint son 
but au collège Saint-Clément? Telle a été notre aspira- 
tion continuelle, et nous croyons pouvoir aflirmer que 
nos efforts ne sont pas demeurés stériles. En rentrant 
avec vous au foyer domestique, vos fils pourront prier 
avec vous, ils vous reviendront avec des convictions 
sérieuses, et aux progrès qu'ils ont pu faire dans les 
vertus morales, vous reconnaîtrez l'action vivifiante de 
la piété chrétienne. Persévéreront-ils dans ces heureuses 
dispositions ? C'est le secret de Dieu et de la liberté 
humaine. Toutefois, s'il est permis de juger l'avenir 
par le passé, loin de se tiétrir, ces vertus naissantes se 
fortifieront avec les années. D'ailleurs, pères et mères, 
vous le savez, quoique notre responsabilité expire sur 
le seuil de cette maison, notre amour et notre dévoue- 
ment s'étendent plus loin : nous joindrons notre solli- 
citude à la vôtre; notre voix sera toujours écoutée parce 
que, comme la vôtre, elle est aimée. Ceux-là même qui 
auraient le malheur de s'écarter du droit chemin y se- 
raient raiTienés tôt ou tard par le souvenir du bien perdu 



174 Ï-ES JESUITES A METZ 

et finiront par décrire cette courbe rentrante dont t 

parle le comte de Maistre ; ils reviendront à cette foi J 

pratique qui fera leur consolation dans Vàs,e mûr, v 

comme elle avait fait le bonheur de leur adolescence. » ) 

III. Education intellccliicUc. — Les collèges de la | 

Compagnie de Jésus étaient fermés en France depuis fj 

quatre vingt-dix ans, quand une législation équitable, ■; 

secouant enfin des préjugés qui font sourire aujourd'hui, ) 

décréta avec la liberté d'enseignement, la liberté des ^ 

méthodes. Les Jésuites purent fonder à Metz, comme ^ 

autrefois, un établissement d'instruction secondaire, i 

Mais à cette époque de réformes, d'innovations et ;; 

d'essais de tous genres, au milieu de ces programmes | 

divers qui naissaient et mouraient si vite depuis quel- ^ 

ques années, quelle sera la méthode des Jésuites ? | 

« Notre choix ne pouvait pas être douteux. Nous ^^ 

avons repris le programme que l'Europe savante avait :* 

connu, estimé depuis trois siècles. Ce programme a | 

deux parties : l'une qui est immuable, fondée sur la \ 

nature même de l'homme, de l'enfant ; une autre ^ 

•fi 

variable et qui peut se plier aux exigences particulières | 

des temps et des lieux. Mais là comme autrefois, le l 

cercle entier des études littéraires doit être la prépara- % 

tion à l'étude exclusive des sciences. » Pour justifier ^ 

cette plus grande importance qui est accordée aux ^ 

lettres, le R. P. a invoqué le jugement des savants eux- % 

mêmes, et avec une foule de noius illustres, depuis | 

Newton et Leibnitz jusqu'à Lalande et Ampère, il a '\ 

cité l'opinion de Napoléon L' qui a dit que les lettres .: 



CHAP. II. COLLEGE SAINT-CLEMENT I 7D 

forment l'homme tout entier et que les sciences exactes 
ne le forment qu'en partie, a C'est que les sciences 
exactes ne s'adressent qu'au raisonnement et que les 
lettres développent harmonieusement toutes les facultés. 
De là cette dénomination si philosophique appliquée 
aux belles lettres : Liitciw hiimaniores, c'est-à-dire des 
études qui rendent l'homme plus homme. . . . Aucun 
homme sérieux ne révoque en doute cette nécessité des 
lettres ; des expériences récentes l'ont constaté. Mais 
comment concilier ces avantages incontestables avec 
les exigences impérieuses de l'avenir? La vingtième 
année est la limite fatale placée à l'entrée des carrières 
où la jeunesse de notre pays se porte de préférence. Le 
problème est moins compliqué qu'il ne le parait 
d'abord et le programme de Saint-Clément peut en 
donner la solution. En suivant ce programme, un en- 
fant doué d'une intelligence ordinaire, qui a complété 
ses études littéraires avant l'âge de seize ans, parvient 
avec un esprit mieux disposé aux études scientifiques 
et parcourt alors cette carrière plus sûrement et même 
plus rapidement ; en supposant même, sans l'admettre 
en général, qu'un élève ainsi formé arrive aux écoles 
du gouvernement un an plus tard que tel ou tel de ses 
condisciples, déserteur des études littéraires à partir de 
la 4'""' ou de la 3"'"' ; bien loin de regarder ce retard 
comme un malheur, il faudra l'en féliciter; son éduca- 
tion a été plus complète et il se présente aux diverses 
carrières de la vie avec des chances plus certaines de 
succès. 

« Supposons qu'après trois ou quatre années d'études 



176 



LES JESUITES A METZ 



scientifiques, un échec définitif interdise à un jeune 
candidat l'entrée des écoles ; qu'arrivera-t-il, s'il a été 
préparé comme nous venons de le dire? P'ort de ses 
études littéraires, muni de son diplôme, développé 
suffisamment sous tous les rapports, il peut avec con- 
fiance se présenter à d'autres carrières honorables et les 
suivre avec succès 

« Depuis cinq ans, la moyenne constante des bache- 
liers-ès-lettres du collège représente les trois quarts des 
candidats. Ainsi i3 sur 18 ont été reçus l'an dernier; 
12 sur 16 cette année; plusieurs avec la mention bien, 
ou par ordre de mérite à la tète de leur série, 
presque tous à Tâge de seize ou de dix-sept ans. 

« Pour les sciences sur douze candidats, déjà pour- 
vus du diplôme des bacheliers-ès-lettres, dix jusqu'ici 
ont été admis par la Faculté; plusieurs aussi avec? la 
mention bien ou par ordre de mérite à la tête de 
leur série; quelques-uns après six mois, tous les autres 
après une seule année d'études scientifiques. Les moins 
heureux aux examens des sciences ont été ceux des 
élèves que Tàge ou des exigences particulières ont forcés 
de se dispenser du cours complet des lettres. La moitié 
seulement des candidats de cette catégorie ont été reçus 
et c'est là une nouvelle preuve de la vérité démontrée, 
que le meilleur moyen de réussir dans les sciences, 
c'est l'étude complète des lettres. » 

Avant de terminer, le R. P. fit à ses auditeurs une 
annonce qui fut accueillie avec applaudissements. 
Depuis plusieurs années, les vœux exprimés bien des 
fois par les familles chrétiennes de l'Est de la France, 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I77 

réclamaient des Jésuites une école immédiatement pré- 
paratoire aux écoles du gouvernement. Ces vœux vont 
être satisfaits ; les cours spéciaux seront ouverts au 
collège Saint - Clément , à dater du prochain mois 
d'octobre. Ils y seront établis sur les mêmes bases 
qu'à l'école préparatoire de la rue des Postes, à Paris, 
c'est-à-dire dans le but d'ouvrir aux jeunes gens l'accès 
aux écoles de Saint-C}'r, centrale, polytechnique, des 
mines et des eaux et forêts. On connait de réputation 
l'établissement de la rue des Postes et on n'ignore pas 
les succès qu'il a obtenus les années précédentes. On 
apprendra avec plaisir les résultats des examens de 
l'année qui vient de finir : Vingt-cinq bacheliers-ès- 
sciences sur vingt-sept candidats ; quatre sur sept 
admissibles à l'école navale; six sur dix, admissibles à 
l'école polytechnique, enfin les douze candidats à Saint- 

C\i% déclarés admissibles tous les douze 

« Pourquoi la ville de Metz a-t-elle été choisie de 
préférence pour cette seconde école préparatoire? Nous 
le devons, répond le Révérend Père, aux goûts et aux 
aptitudes spéciales du pa}s. Nous désirions aussi té- 
moigner par là notre reconnaissance à la cité qui nous 
avait accueillis avec une si parfaite bienveillance, il y a 
six ans, et qui, depuis, nous a prêté un si généreux 
concours dans l'achat et la restauration de Saint- 
Clément. Sans doute, et je le rappelle avec bonheur, la 
présence du collège, encore incomplet, a déjà pu réa- 
liser quelque bien dans la ville et acquitter envers elle 
une partie de notre dette. Une église rendue au culte, 
un quartier populeux retrouvant un nouveau centre 



178 



LES JESUITES A METZ 



d'action catholique, de vraie civilisation ; en outre des 
pauvres soulagés, des ouvriers occupés en grand 
nombre; des familles honorables fixées à Metz, pour \ 
suivre l'éducation de leurs entants ; d'autres attirées 
plusieurs fois l'année, des pays étrangers; enlin près de 
trois millions de plus jetés en la circulation de la ville, 
depuis quelques années, voilà les résultats « de l'exis- 
tence de Saint-Clément à son début. Mais ce n'est pas 
assez pour notre gratitude et nous avons l'ambition de 
nous rendre de plus en plus dignes de l'ceuvre qui nous 
est confiée. Puissions-nous en agrandissant la sphère 
du collège agrandir aussi son utile influence sur la 
prospérité morale et matérielle d'une ville qui nous est 
devenue bien chère et qui est pour nous, comme une 
seconde patrie ! » 

La rentrée du i3 octobre i858 amena un «rand 
nombre de nouveaux élèves. Quelques jours après, 
avait lieu la retraite accoutumée. Cette retraite est une 
transition nécessaire entre la dissipation des jours de 
vacances et la reprise sérieuse des études. Cette période 
de recueillement, ces trois jours consacrés à reprendre 
les traditions de piété et de discipline produisent tou- 
jours un merveilleux elTet. 

Peu de temps après, les Pères réunissaient, pour la 
première fois, les élèves sortis du collège de Metz. Les 
Jésuites ne regardent pas leur tâche comme terminée, 
alors que, les études finies, leurs élèves abandonnent 
les bancs du collège. Ils les suivent, s'intéressent à 
leurs succès, à leurs études, à leur établissement. 

A quelqu'heure qu'un ancien se présente dans une 



CHAP. II. — • COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I 79 



maison de la Compagnie, il est assuré de trouver quel- 
que Jésuite prêt à l'accueillir, à deviser avec lui des 
souvenirs d'enfance, à réveiller tous les nobles et bons 
sentiments qu'on s'est efforcé de lui mettre au cœur 
pendant de longues années. On invite ceux qui résident 
dans une ville où se trouve un collège de la Compagnie 
à prendre part, comme ils le faisaient alors qu'ils étaient 
encore sur les bancs, à toutes les solennités, fêtes reli- 
gieuses, exercices scolaires, représentations théâtrales 
ou promenades extraordinaires. La place des anciens 
est toujours marquée au premier rang. Mais indépen- 
damment de ces attraits, chaque collège groupe ses an- 
ciens .élèves en associations dont les membres sont 
prêts à se tendre les mains, à s'entr'aider au besoin, 
et en tous cas, à se soutenir les uns les autres. C'est la 
première manifestation de cette association qui réunis- 
sait le i3 octobre, une cinquantaine d'anciens autour 
du P. Stumpf et des plus anciens professeurs du col- 
lège. La génération présente de Saint-Clément était 
représentée par une nombreuse délégation choisie 
parmi les plus grands et les plus sages. A la droite du 
Père Recteur s'assit, un ancien élève de Saint-Augustin, 
revêtu du froc des Dominicains, le R. P. Colchen ; à 
sa gauche, un jeune magistrat, avocat-général de de- 
main, Charles Pierron. C'est lui, qui d'une voix émue 
remercie éloquemment les Pères d'avoir provoqué cette 
réunion. Le Père Stumpf répond. Son improvisation 
tout empreinte de cet entrain, de cette gaîté qu'il 
conserve partout et toujours malgré les graves préoc- 
cupations qui l'assiègent, est accueillie par des applau- 



i8o 



LES JESUITES A METZ 



dissements répétés. Le soir, un concert improvisé 
retient les convives et l'on se quitte, gardant un pré- 
cieux souvenir de cette fête qui se renouvellera chaque 
année. Le lendemain, suivant l'usage, tous les convives 
de la veille se retrouvent aux pieds des autels où une 
messe est offerte pour ceux de leurs camarades que 
Dieu a rappelés à lui. 

Les études sont reprises avec vigueur. Chacune des 
fêtes que l'on aurait célébrées dans la famille, on les 
solennise au collège. C'est la Sainte-Cécile, où les mu- 
siciens après avoir été à la tâche toute l'année, se 
trouvent à l'honneur pour fêter leur patronne. C'est la 
Saint-Clément, la fête religieuse de la maison. C'est la 
Saint-Nicolas : non content de visiter les plus petits, 
le grand Saint pénètre jusqu'à la classe de philo- 
sophie et dans la cellule des jeunes Pères. Ce sont les 
saints Innocents. C'est surtout le jour des Rois. Chaque 
table a partagé le gâteau. Les souverains se réunissent. 
Le roi des rois lève triomphalement la fève qui con- 
sacre son pouvoir. Musique en tête, le cortège s'ébranle ; 
l'Etoile ouvre la marche, puis les massiers, les grands 
seigneurs de la cour, les rois Mages y compris le sou- 
verain de l'Ethiopie, accompagné de ses suivants rapi- 
dement travestis et hâtivement bronzés. Enfin le roi 
des rois. C'est un futur officier supérieur. Les décora- 
tions de papier qui couvrent aujourd'hui sa poitrine 
seront un jour remplacées par une croix chèrement 
achetée sur un champ de bataille. Pour le moment, 
tout joyeux, sans souci du lendemain, il se laisse enle- 
ver sur une civière tendue de draperies multicolores et 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT l8l 

portée sur les épaules de ses tidcles sujets. Le cortège 
parcourt les cloîtres, les corridors, les cours de récréa- 
tion pendant que les pages jettent des bonbons et la 
soirée s'achève aux sons de la musique. 

A la Saint-Jean- Baptiste, fête du R. P. Recteur, les 
philosophes et les rhétoriciens représentent une tragédie 
du P. Cahour : Les derniers /ours de Diocletieii. Cette 
pièce accompagnée de chœurs obtient un grand succès. ^ 

Parmi les œuvres qu'abrite la résidence des Jésuites, 
celle des militaires n'a pas cessé d'exercer son action 
bienfaisante de i832 à 1870. Depuis 1848, les généraux 
qui se succèdent à Metz : Randon, Marey-Monge, 
Bourbaki, de Martimprey, d'Aurelle de Paladine con- 
naissent cette œuvre, la suivent avec intérêt et l'encou- 
ragent. Profitant de ces bonnes dispositions, les Pères 
invitèrent les hommes de bonne volonté à venir pen- 
dant trois soirées entendre une courte instruction, 
suivie du chant de cantiques et de la bénédiction. Le 
quatrième jour, une messe de communion les réunis- 
sait à Saint-Clément. Cette sorte de petite retraite 
attirait chaque année une aftiuence considérable; cette 
année (i85()), on y comptait les trois généraux com- 
mandant à Metz, un grand nombre d'officiers et près 
de douze cents hommes. 

Le ih août à la distribution des prix, le Père Bach 
prononça un discours sur les anciens travaux des 
Jésuites à Metz. 



* Voir Pièces justificatives, note 5i. 



l82 



LES JESUITES A METZ 



Toutes les fêtes de Tannée 1860 s'effacèrent devant 
celle de la consécration de l'éi^lise de Saint-Clément. 
Le mercredi 6 juin, Mgr Dupont des Loges, assisté 
d'un nombreux clergé accomplit les magnifiques céré- 
monies prescrites par le rituel. Une foule nombreuse 
assistait à la messe de la dédicace. On remarquait aux 
places d'honneur toutes les notabilités de la ville. A la 
fin de l'olfice, l'Evèque adressa la parole aux fidèles. 

« Avant de terminer par une dernière bénédiction, 
cette auguste cérémonie, c'est un devoir, c'est surtout 
un besoin pour mon cceur de rendre à Dieu de publiques 
et solennelles actions de grâces. Qu'avons-nous vu et 
que voyons-nous? 

« Dès l'origine de l'établissement du christianisme 
dans notre contrée, c'est-à-dire dès les temps aposto- 
liques, la piété et la reconnaissance des fidèles avaient 
érigé sur le tombeau de Saint-Clément leur premier 
Evèque et leur apôtre, un modeste oratoire célèbre 
dans les annales de l'Eglise de Metz, que les persécu- 
tions des premiers siècles et plus tard les invasions des 
barbares ont longtemps respecté. C'était dans son en- 
ceinte, c'était aux pieds du corps vénéré de Clément 
que plusieurs des Evéques qui succédèrent à ses vertus 
autant qu'à son autorité voulurent que leurs dépouilles 
mortelles reposassent. 

(( Que si, dans la suite des âges, cet antique inonu- 
ment avait disparu, peut-être pour faire place à notre 
magnifique cathédrale, jamais du moins, jusqu'à ces 
derniers temps, saint Clément, l'apôtre de cette ville, 
n'y avait été privé d'un sanctuaire où son nom si doux 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I 83 

put être invoqué. Mais hélas! depuis soixante-dix ans, 
il n'y en avait plus ! ou plutôt, je me trompe, il y en 
avait un magnifique, digne de la munificence et de la 
piété de nos pères, mais désolé et profané. Le nom de 
l'église Saint-C^lément était encore prononcé, on la 
montrait encore de loin, mais avec des larmes dans les 
yeux, en pensant a son antique gloire et à sa désolation 
présente. 

« Mon Dieu ! vous connaissiez à ce sujet mon ardent 
désir et les gémissements secrets de mon cœur ne vous 
étaient point cachés ! Vous les avez exaucés par ces 
voies pleines de force et de suavité qui sont les voies 
ordinaires de votre providence. Vous avez incliné vers 
nous le cœur ciu souverain qui tient dans ses mains 
puissantes les destinées de la F'rance; dans un sentiment 
généreux et une pensée pleine de grandeur, il a voulu 
que ce monument élevé par la science et la religion, fut 
rendu aux sciences, aux belles-lettres et à la religion ; 
et, lorsqu'un peu plus tard, à son passage dans cette 
ville, je lui exprimai ma respectueuse reconnaissance, 
je ne saurais oublier tout ce que sa réponse renfermait 
de bienveillance : il témoigna être heureux d'avoir fait 
cette bonne action. Belle et noble action, en elîet ! Que 
Dieu la récompense ! 

« Et maintenant que vo\'ons-nous ? Que voyez-vous, 
dans ce beau jour, mes très chers Parères ? Cette église 
sortie de ses ruines, parée, pour me servir d'une ex- 
pression des Saints Livres, comme une épouse pour 
son époux immortel et glorieux ; ces murs, qui ont se- 
coué leur poussière, consacrés par l'onction sainte ; cet 



i84 



LES JESUITES A METZ 



autel prêt pour le sacrifice ; ces voûtes élevées qui 
retentissent de l'harmonie des divins cantiques ; et, 
autour de nous, comme une couronne embaumée, cette 
nombreuse et florissante jeunesse dont ces murailles 
abritent l'innocence, et qui vient apprendre ici à aimer 
Dieu par dessus tout, à honorer ses parents et à servir 
un jour sa patrie; et, près d'elle, à ses côtés, dirai-je 
ses maîtres, ses pères ou ses amis? Je dirai tout à la 
fois ses pères, ses amis et ses maîtres qui lui consacrent 
leurs travaux, leurs veilles, leurs talents, leur cœur 
surtout, oui tout le dévouement de leurs cœurs; dignes 
enfants d'Ignace, marqués comme leur père de ce 
double sceau qui fait la principale gloire de leur com- 
pagnie : le respect des bons et la haine des méchants. 

(( Tel est le touchant spectacle que nous avons sous 
les yeux et que relèvent par leur présence toutes ces 
familles accourues pour confondre avec nous leurs 
prières et les accents de leur reconnaissance, l'élite de 
la société de cette ville et des villes voisines et à leur 
tète, ceux qui gouvernent la province, venus ici pour 
donner à cette grande œuvre un témoignage public et 
solennel de leur sympathie. 

«Mon Dieu, que vous êtes bon ! et que je sens vive- 
ment en ce moment mon impuissance à vous remercier! 
Dilatez mon cœur, ou plutôt Seigneur, donnez-moi un 
autre cœur, un cœ^ur nouveau pour mieux vous aimer, 
pour vous mieux bénir, pour mieux me dévouer à Vous, 
à votre Eglise, à ces enfants bien-aimés ; ou plutôt en- 
core mes enfants, mes frères, mes pères, donnez-moi 
tous vos cœurs afin que je les présente à Dieu en ce 



CHAP. II. COLLEGE SAINT-CLEMENT lôD 

beau jour par les mains pures de saint Clément. . . . 
Je vous les offre, ô mon Dieu, comme un hommage de 
reconnaissance et d'amour! Daignez, Seigneur, les 
accepter et nous bénir! » 

En prononçant ces paroles, Mgr Dupont des Loges 
semblait avoir perdu son air d'austérité et sa majesté 
imposante ; son visage était transfiguré par l'amour qui 
débordait de son àme. On sentait que cette parole n'ap- 
pelait pas ce genre d'approbation qui nous fait applau- 
dir les génies de l'éloquence de la chaire. Elle forçait 
cet immense auditoire à s'incliner sous la main qui 
le bénissait et chacun était heureux de sentir son àme 
vibrer à l'unisson de celle d'un saint. 

Après la messe, un banquet réunit plus de six cents 
convives dans la grande salle des exercices. A l'issue 
du repas, le R. P. Provincial adressa à Mgr l'Evéque 
quelques mots empreints de la plus touchante gratitude. 
Ce discours fut suivi de couplets de circonstance, pleins 
d'esprit et de délicatesse, dus au Père Sengler, dont le 
Père Camille de la Croix avait parfaitement saisi le 
sens et le rh} thme en en faisant la musique. Nous en 
citerons ici quelques uns pour justifier la véritable ex- 
plosion de bravos qui accueillait chaque refrain : 

O jour heureux ! o touchant privilège ! 
Par la bonté dominant la grandeur, 
Monseigneur, veut, au banquet du collège, 
De sa présence ajouter la splendeur. 
A la jeunesse il se plaît à sourire ; 
Toujours, dit-on, il l'aima tendrement. 
Il a pourtant, je ne crois pas médire, 
Un petit faible, et c'est pour Saint-Clément. 



f 



i86 



LES JESUITES A METZ 



Combien de fois dans l'arène classique, 
Des combattants il entlamma les cœurs, 
Combien de fois aux jeux, à la musicjue, 
Il couronna de sa main nos vainqueuis. 
Voici bien plus 1 Oui, c'est un vrai miracle : 
Le carnaval a vu ce trait chaimant. 
Monseigneur daigne assister au spectacle ; 
Toujours un faible, et c'est poui- Saint-Clément. 

Nobles amis, protecteurs de l'enfance. 

Valeureux chefs de ncjs brillants soldats, 

Père chéri de nos Pères de France, 

Prêtres pieux, illustres magistrats : 

De Monseigneur, vénérant la personne, 

Vous le prenez pour modèle aisément. 

Voilà pourquoi. Messieurs, je vous soupçonne 

D'avoir un faible aussi pour Saint-Clément. 

Les membies de la presse locale qui assistaient à ces 
fêtes attestent, que chacun admira la tenue de cette 
jeunesse, toujours de bonne compagnie, même au sein 
du plaisir; toujours docile, même dans l'entrain des 
jeux ; on applaudissait « à cette attitude, à ces senti- 
ments qui savent allier les enseignements de la religion 
aux légitimes distractions du jeune âge. KÛ'^it précieux, 
résultat inappréciable de la bonne éducation dont les 
Révérends Pères sont les dispensateurs. 

« La gaité de cette jeunesse faisait véritablement du 
bien à notre vénérable Evèque dont la noble et austère 
ligure s'éclairait d'un ravon de joie pure qui se commu- 
niquait de proche en proche. Il souriait à ces chants 
dont le bon goût, la sensibilité, la reconnaissance pou- 
vaient revendiquer la meilleure part et il daignait leur 
prodiguer ses applaudissements. » 



■A 
.,-1 



CHAP. 11. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT 187 



Cette fête fut terminée par la lecture du procès-verbal 
de la cérémonie de la dédicace de Saint-Clément. Tous 
les assistants tinrent à honneur d'apposer leur signa- 
tuie sur cette pièce officielle et de rendre ainsi hommage 
à ceux qui furent avec Monseigneur les promoteurs de 
cette solennité: les vénérables Bénédictins qui habi- 
tèrent l'abbaye pendant trois siècles;' le saint Père 
Potot, le prophète de Saint-Clément; le Père Eugène 
Biaun dont l'abnégation permit la fondation du collège; 
le Père Lauras, qui de cet amas informe de construc- 
tions et de ruines, tira un si heureux parti, et enfin 
celui qui porta la vie dans les plus petits recoins de 
cette œuvre grandiose, le R. P. Stumpf. 

A la fête du Père Recteur, fe 25 juin 1860, les élèves 
furent conduits à Luxembourg. A leur arrivée, la po- 
pulation couvrait les glacis aux abords de la gare. 
Mgr Adamès, pro-vicaire apostolique du diocèse de 
Limbourg, à la tète d'un nombreux clergé était venu 
au devant du collège. Le cortège se dirigea, musique 
en tète, vers la ville, dans laquelle on entrait, sur une 
étroite passerelle élevée de cinquante mètres au-dessus 
du fond du large fossé de la place, ce qui est fort pitto- 
resque, mais non moins étourdissant pour les natures 
tant soit peu impressionnables.- «La première visite 
des voyageurs fut pour l'église Notre-Dame où ils en- 



' Voir Pièces justiticatives, note 52. 

" De nombreux emprunts sont faits à la relation de ce voyai^e 
insérée par M. Clienard de AIa:^ic'res dans le journal tiu'il diri- 
geait à cette époque. 



88 



LES JESUITES A METZ 



tendirent la messe célébrée pontificalement par Mgr 
Adamès. En entrant, dans cette église pleine pour les 
Jésuites de souvenirs tristes et doux, où chaque image, 
chaque pierre, chaque tombe éveille en eux de pro- 
fondes et légitimes sympathies, les physionomies, tout 
à l'heure si rieuses, avaient pris un remarquable carac- 
tère de gravité. Disons d'ailleurs et nous le savons de 
source certaine que la tenue toujours parfaitement con- 
venable et distinguée des élèves de Saint-C^lément, leur 
politesse aimable et aisée, ont produit à Luxembourg, 
les plus favorables impressions. » 

En sortant de l'Eglise, on alla saluer le bourg- 
mestre de la ville, qui offrait au collège une généreuse 
hospitalité dans les salons splendides du Palais des 
Etats. Une table de six cents couverts avait été dressée 
et, sans bruit, sans confusion, comme par enchante- 
ment, les nombreux convives se trouvèrent à leur place. 
Pendant le repas, on exécuta des chants et des sympho- 
nies. Le Père Stumpf prit la parole pour remercier 
Mgr Adamès, le bourgmestre et les habitants de Lu- 
xeinbourg. Il réussit à faire partager à tout son audi- 
toire l'émotion attendrie dont il était lui-même pro- 
fondément pénétré. L'Evèque répondit au R. P. Recteur. 
Le président de l'Athénée de Luxembourg dans un 
savant discours, rappela les anciens souvenirs des 
Jésuites dans cette contrée; les fondations utiles, chari- 
tables et pieuses dues à leur initiative, les bienfaits ré- 
pandus par cet ordre illustre. 

Mgr Adamès voulut que chacun des voyageurs em- 
portât un souvenii" de cette journée et lui-même distri- 



CHAP. II. — COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I 89 

bua environ six cents images de la Vierge miraculeuse 
de Luxembourg. A'ers quatre heures de l'après midi, 
les vovageurs, reconduits par la ville entière, remon- 
tèrent en wagons après des adieux empreints de la plus 
cordiale affection. 

Au commencement de l'année iSin une division du 
lycée rencontrant en promenade, une division de Saint- 
Clément, quelques coups de poing furent échangés ; une 
mêlée de quelques instants eut lieu, à la suite de la- 
quelle chacun reprit son chemin, ne laissant sur le 
carreau, ni morts, ni blessés. L'autorité universitaire 
fit son rapport. Le Préfet s'en saisit. Le Baron Jeanin 
avait été nommé depuis le mois de juillet iHbq en 
remplacement du Comte Malher, Ce personnage, ami 
d'Edmond About ^ et de toute la camarilla qui exerça 
une influence néfaste sur la fin du règne de Na- 
poléon IH, saisit avec empressement cette occasion de 
susciter une mauvaise affaire aux Jésuites. Il envoya 



'Edmond About, Causet'ies {Paris, Hachette, iS65, in-12), rap- 
porte une lettre de son ami le Préfet Jeanin : « Le choix de l'Em- 
pereur m'a jeté dans un foyer de réaction furieuse; je lutte en 
désespéré, mais que puis-je à moi tout seul! Mon Evêque est un 
enragé, un père Duchesne en soutane. La centième partie des 
injures qu'il nous dit en puhlic suffirait pour faire envoyer un 
pauvre diable à Cavenne, mais que faire? Mon procureur général 
(Baron de Gérando) est un vieillard austère, sincère, toujours prêt 
à plier les genoux ; mon Général (Bourbaki) est une culotte de 
peau, de la peau la plus douce et la plus maniable; mon receveur 
général (de Saint-Chamant) a mis ses enfants chez les Jésuites. Je 
suis seul de mon bord.» 

Ce personnage n'a laissé que de tristes souvenirs dans le pays 
qu'il était chargé d'administrer. 



190 



LES JESUITES A METZ 



immédiatement un réquisitoire à Paris. A la vue de 
cette pièce, l'émoi est à son comble. Deux inspecteurs 
généraux de l'Université reçoivent l'ordre de partir pour 
Metz. Ces messieurs arrivent inopinément au collège, 
visitent toutes les classes, se font ouvrir les salles 
vides, saisissent le moment où les élèves sont absents 
pour fouiller les pupitres, parcourir les cahiers, exa- 
miner les livres et iinalement après sept ou huit heures 
d'interrogations et de perquisitions se retirent, avouant 
qu'ils n'ont absolument rien vu de suspect. 

Le journal messin qui était en communion d'idées 
et recevait les inspirations de M. Jeanin présenta les 
faits en dénaturant ce minuscule incident et l'enrichis- 
sant de grossières inventions. Le Père Marquet, préfet 
des études, dut écrire une lettre rectifiant les faits. La 
plupart des autorités et notamment le Général Com- 
mandant la Division, vinrent offrir au R. P. Recteur, 
leur appui contre la malveillance préfectorale. 

Au mois de juin, l'académie de la classe de seconde 
donna une brillante séance ?<ut Jeanne d'Arc. ^ Quelques 
jours plus tard, pour la fête du Père Recteur, on représen- 
tait un drame historique, tiré de l'histoire des Ducs de 
Bourgogne et intitulé Jean-sans-Peur. A la fin de l'année, 
le collège faisait recevoir 17 bacheliers ès-lettres sur 21 
candidats; ib bacheliers ès-sciences sur 35. Un élève 
était reçu à l'école pol\'technique, le premier d'une 



' Voir Pièces justificatives, note 53. 



CHAP. II. — COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I9I 

nombreuse et vaillante série, deux à Saint-Cyr et deux 
à l'école de médecine militaire. 

L'histoire d'une institution, d'un collège présente 
nécessairement quelque monotonie; chaque année re- 
commence le c\xle des études, des exercices formant 
un intérêt actuel, vivant pour ceux qui \' prennent part, 
niais qui, de loin, tînit par changer d'aspect et amener 
une repétition fatigante. Plaisirs et pleurs d'enfants 
passent. A peine, à trente, à quarante années de dis- 
tance, se rappelle-t-on les larmes versées à l'annonce de 
la mort d'un Père que vous avez aimé, d'un camarade 
dont vous avez partagé les jeux et les travaux. Nous ne 
pourrions rappeler ici tous ces deuils. Pour beaucoup 
de nos camarades le R. P. Didierjean, dans ses sou- 
venirs de Metz ^ a retracé des portraits qui nous font 
revivre à l'époque où les Béhé, du Coëtlosquet, Purnot, 
Altmayer, Aweng, Boulangé, Chenard de Mazières et 
tant d'autres, après avoir entraîné leurs amis pendant 
qu'ils vivaient, leur apprenaient comment on meurt 
pour aller au ciel. Mais pour les Pères? Comment 
écrire ces souvenirs? Que dire d'un Jésuite? Il a aimé 
Dieu, a été fidèle à sa règle jusqu'à la perfection, il 
s'est fait aimer de tous. Mais cette piété, cette obéis- 



' Souvenirs de Met^. L'école Saint-Clément, ses derniers jours, 
par le M. P. Didierjean de la Compagnie de Jésus. Paris, Albanel, 
1875, 2 vol in- 12. 

Elèves des Jésuites. Souvenirs des collèges de la Compagnie 
de Jésus en France i85o-i8So. Paris. Victor Palmé, 1882, 2 vol. 
in- 12. Jeunes chrétiens de notre temps. Notices biographiques par 
le R. P. Didierjean. Paris, Victor Retaux, 1891, i vol. in-8°. 



ig2 



LES JESUITES A METZ 



sance, ce dévouement, ils ne seraient pas Jésuites, s'ils 
n'avaient ces vertus au suprême degré. Quant à leurs 
talents, leur science, leurs succès individuels, ils passent 
leur vie à cacher ces mérites et à les en croire, plus ils 
sont grands, plus ils sont misérables. Combien ont 
passé à côté des Pères Bigot, Ringot et de ceux qui ont 
été chercher le martyre à la Guyane, des Pères Ber- 
trand, Bonnomet, Joubaud de Montfort, Denizot et 
n'ont su qu'à l'heure de leur mort et leur héroïsme et 
leur immense charité. On s'use vite quand on ne mé- 
nage ni sa santé, ni ses forces. De i85'2 à 1802, dix 
Jésuites passés par le collège de Metz ont disparu et 
sont allés recevoir au ciel la récompense d'une sainte vie. 

En i8b3, furent célébrées à Metz les 2, 3, 4 et 5 fé- 
vrier, les fêtes de la canonisation des Martyrs Japonais. 
De ces vingt-six martyrs, trois: Paul Miki, Jean Soan 
et Jacques Kisaï appartenaient à la Coinpagnie de Jésus. 
Ces fêtes coïncidant avec les exercices de l'adoration 
perpétuelle eurent lieu avec une pompe solennelle. Les 
instructions furent données par le R. P. Ambroise, 
gardien du couvent des Capucins de Paris. Les enfants 
de Saint-François et ceux de Saint-Ignace a3'ant été 
associés dans le martyre, il était juste que leurs frères 
s'unissent pour célébrer le triomphe.^ 

Signalons cette même année, une séance des élèves 
de seconde auxquels on avait donné comme argument : 



' Les Martyrs Japonais. Notice historique extraite de l'histoire 
du christianisme au Japon, par le P. de Gharlevoix. Le Puy, 
Marchesson, i863, in-i8. 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT 1 q3 

reufauce de Dui^iiescUu. F^nfin, la distribution des prix 
où le R. P. Stumpf prononça un discours sur Pt'ludt' 
de /j philosophie. Pour compléter l'historique de la 
maison, ajoutons que le Père Letierce donna à la Ca- 
thédrale une série de sermons sur le spiritisme qui 
eurent un énorme retentissement. 

La plus grande fête de l'année est toujours celle où 
l'on apporte ses vœux au Père de famille, au R. P. Rec- 
teur. Tout est combiné, préparé de longue main pour 
en assurer la réussite. Maîtres et élèves rivalisent de 
zèle, on garde le secret, le plus possible, enfin, le grand 
jour arrive, tout est prêt. En 1864, on joue un drame 
historique emprunté à l'histoire de Bretagne: la Tra- 
liisoii.'^ Le lendemain, tous partent dès le matin, on 
se rend à Gorze où une hospitalité grandiose est offerte 
dans la belle propriété du père d'un des élèves du 
Collège. 

En i865, on garde le souvenir d'une belle séance 
académique de la classe de rhétorique qui avait pour 
thème, un épisode du bomba7\iement d'Alger, en i683, 
ainsi que des fêtes qui eurent lieu les 26, 27, 28 mai 
en Thonneur de la béatification du Père Canisius. 

C'est également vers cette époque que les élèves de 
Saint-Clément qui faisaient partie des Congrégations 
de la Sainte-Vierge se décidèrent, sous l'inspiration du 
Père Sucher à embellir la chapelle de Congrégation. 
Ce sanctuaire d'une belle et simple architecture romane 



1 Voir Pièces justificatives, note 54. 

i3 



194 



LES JESUITES A METZ 



devint un modèle idéal de grâce et de splendeur digne, 
autant que possible, en ce monde, de Celle qu'on 3' 
révérait. Le Père Didierjean, dans sa notice sur Etienne 
Aweng, nous dit avec quel zèle et quel amour on y 
travailla. « De magnifiques vitraux, représentant les 
chers patrons de la jeunesse, saint Louis de Gonzague, 
saint Stanislas Kotska, saint François de Sales, le Bien- 
heureux Pierre Fourier, décorèrent les murailles, ne 
laissant pénétrer dans l'enceinte qu'un demi jour mys- 
térieux, comme pour inviter au recueillement et à la 
prière. Au-dessus d'un autel admirablement sculpté, 
d'un s\mbolique dessin que la peinture rendit plus 
manifeste, une grande fresque offrit aux regards l'image 
rayonnante de Notre-Dame des Anges. Le chœur reçut 
un pavé de marbre précieux au fond blanc, sur lequel 
ressortissaient des chiffres du plus riche eflét. Des 
boiseries en chêne, artistement travaillées avec stalles 
pour les dignitaires, firent le cordon de la nef, enca- 
drant les quatorze stations du chemin de la croix, de 
vrais chefs d'oeuvre dus au pinceau délicat d'une dame 
messine. Des peintures pleines de goût et de style ta- 
pissèrent les murs, embellirent les colonnades, et des 
voûtes bleu de ciel, parsemées d'étoiles d'or, couron- 
nèrent tout l'édifice...)) 

« Un jour, une pensée touchante vint s'oftVir avec 
insistance à l'esprit de l'un des dignitaires de la Con- 
grégation. A la Reine des Anges, il faudrait une cour 
digne d'elle. Autour de son image, ne pourrait-on pla- 
cer quelques reliques des angéliques patrons de la 
jeunesse et de la bienheureuse Marguerite-Marie, récem- 



CHAP. II. — COLLÈGE SAINT-CLÉMENT 1(^5 

ment élevée sur les autels? Les congréganistes accueil- 
lirent cette pensée avec enthousiasme. Avec l'approba- 
tion du P. Directeur, une requête fut envoyée au Très 
Révérend Père Général de la Compagnie de Jésus. 
Bientôt arrivèrent de Rome les reliques demandées : 
deux élégants monuments en bronze doré les reçurent 
et vinrent orner le chœur de la chapelle. La joie des 
congréganistes à cette vue, ne lut égalée que par leur 
reconnaissance. Ils la témoignèrent par une lettre col- 
lective au Très Révérend Père Général qui daigna leur 
adresser cette bienveillante réponse : 

Rome, 28 mars 1866. 

Très chers Congréganistes de la B. V. Marie, 

«J'ai lu avec une grande consolation pour mon âme 
la lettre où vous me remerciez de vous avoir envové 
quelques reliques de ces Jeunes bienheureux qui, par 
la protection de la Vierge Mère de Dieu, ont conservé 
sans tache jusqu'à la mort le lis de leur innocence. Ce 
qui m'a causé le plus de joie, c'est le saint désir dont 
vous brûlez, de marcher sur leurs traces et d'implorer 
leur patronage pour traverser sans atteinte la contagion 
pestilentielle de ce siècle qui exerce une influence mor- 
telle sur tant d'imprudents jeunes hommes. Elle mérite 
aussi de grands éloges, elle semble même pour vous un 
nouveau gage de prédestination, la tendre dévotion que 
vous professez envers le Sacré Cœur de Jésus; elle vous 
a suggéré le pieux souhait de voir s'allumer dans votre 
cœur une étincelle du feu qui embrasait la bienheureuse 



igô 



LES .lESUITES A METZ 



Marguerite-Marie d'amour pour ce sanctuaire de la 
Divinité, pour cette intarissable source de grâce. Per- 
sévérez, très chers fils Congréganistes, à honorer avec 
ardeur ces admirables jeunes saints que les Souverains- 
Pontifes vous ont donnés pour patrons : Louis de Gon- 
zague, Stanislas Kostka et Jean Berchmans ; imitez 
leurs éclatantes vertus, afin qu'après avoir suivi comme 
eux les voies de la justice, Dieu vous montre son royaume 
et couronne vos travaux d'une éternelle récompense. 

« Souvenez-vous de moi, dans vos saintes prières; en 
retour, je vous recommande instamment à notre Bien- 
heureuse Mère, vous tous, Congréganistes très chers en 
Jésus-Christ. » 

Votre tout dévoué dans le Seli^neur, 

Pierre Becks, 

Général de la Compagnie de Jésus. 

Presque chaque année ramène des fêtes religieuses | 
destinées à honorer quelque saint de la Compagnie de 
Jésus, Après les martyrs de la Pologne et du Japon, 
après le Père Canisius vint le tour de la béatification 
du Bienheureux Jean Berchmans.^ C'est à la cathédrale 
de Metz que furent célébrées, les ii, i 2 et i3 mai, les' 
fêtes destinées à honorer ce nouveau patron de la jeu- 
nesse chrétienne. 



• Nous empruntons le récit de ces tètes au journal le Vœu na- 
tional, dans lequel le rédacteur en chef M. Vaillant a donné à 
Saint-Clément de si nombreuses marques d'affection et de dévoue- 
ment. 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I 97 

« Rien de plus solennel que ces cérémonies où ont été 
déploN'ées toutes les pompes de l'Eglise. La cathédrale 
est ornée avec un luxe exquis et majestueux. D'immenses 
tentures de couleur écaiiate, descendant d'un dôme fixé 
au-dessous de la clef de voCite de l'abside, encadrent le 
maitre-autel ; à droite et à gauche du transept et ados- 
sées aux gigantesques piliers du choeur sont élevées deux 
sortes de chapelles, abritant, celle de gauche : la statue 
de la Sainte Merge ; celle de droite : les reliques du 
Bienheureux. Sur une immense bannière tombant de 
la nef, on lit écrit en lettres d'or sur fonds rouge : Beato 
Joaniii Berchniaiis inter C( dites adscripto. . . 

« La population messine tout entière s'est associée 
aux pieuses intentions des organisateurs de cette grande 
manifestation catholique. Toute la journée, une foule 
immense a assisté aux saints exercices avec le zèle le 
plus édifiant. Le soir, c'est à peine si le flot sans cesse 
grossissant des auditeurs a pu trouver place sous la nef 
immense. Au pied de la chaire, devant l'autel du Dieu 
vivant, dans cette cathédrale dont les architectes sem- 
blent avoir calculé les dimensions sur la foi et la piété 
des populations qui vivent à son ombre, tous les rangs 
étaient confondus, toutes les classes étaient représentées ; 
il n'y avait qu'une inspiration pour rendre au héros du 
jour un religieux hommage, il n'y avait qu'une âme 
pour seconder la grande et pieuse pensée qui a inspiré 
cette touchante cérémonie. 

« A sept heures et demie, Mgr Mermillod, Evèque 
d'Hébron, monte en chaire. Mgr Dupont des Loges et 
Mgr Adamès , vicaire apostolique de Luxembourg, 



iq8 



LES JESUITES A METZ 



avaient pris place au milieu d'un nombreux clergé. Dès 
six heures, tous les sièges étaient envahis, toutes les 
voies étaient obstruées ; la circulation dans les bas-côtés 
était impossible. Chacun était avide d'entendre l'élo- 
quent successeur de Saint- François de Sales et son digne 
continuateur. Monseigneur l'Evèque d'Hébron est l'une 
des plus grandes paroles de ce temps ; son geste est 
simple et énergique, sa phrase est accentuée, sa période 
abondante et portant coup. Il a des élans qui saisissent 
et des inspirations qui enlèvent. Son éloge vrai et dé- 
licat de notre vénérable Evèque a été au cœur de l'as- 
sistance ; toutes les poitrines frissonnaient à ce noble 
langage qui exprimait excellemment la pensée de tous. 
L'orateur a eu aussi d'heureuses allusions au passé re- 
ligieux de notre ville, à l'esprit de sa population, au 
souvenir de Bossuet, dont les premiers essais oratoires 
ont retenti sous les voûtes sonores qui renvoient au- 
jourd'hui d'autres échos puissants. 

« L'orateur avait son sujet tracé d'avance. Dans la 
vie de Jean Berchmans qui, mort à 23 ans, a mérité la 
couronne des bienheureux, il a mis en relief les trois 
vertus qui l'ont faite si grande en la faisant si humble: 
la pureté, l'amour, la fidélité, trois vertus dont notre 
siècle a besoin et que Pie IX a voulu exalter devant les 
générations contemporaines. 

«A Dieu ne plaise que nous essayons de donner une 
idée, même affaiblie, même lointaine, des lumineux 
développements, des aperçus profonds, des considéra- 
tions élevées que ce point de départ a inspirés à l'ora- 
teur. . . . Disons seulement que la péroraison a été le 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT I 99 

digne couronnement de cette magnifique homélie. Son 
invocation à Jean Bcrchmans qui a ému tous les cœurs, 
a atteint des hauteurs sublimes. Cette puissante parole 
descendant sur cette forêt de tètes attentives, tous ces 
yeux levés sur l'apôtre inspiré, c'était beau, c'était 
grand ! 

« Après le sermon, il y eut un magnifique salut en 
musique. Le choix des morceaux était excellent; l'exé- 
cution, par les élèves de Saint-Clément, très réussie. 
On entendit V Ecce panis de Chérubini, solo admirable- 
ment chanté par une voix pure, suave, aux accents 
vraiment religieux; Qiiis ascendet, solo et chœur de 
Zingarelli ; l'oia pidchra es du P. Lambillotte et un 
magnifique Taiiium Ergo de Gluck. 

« Le chœur était décoré splendidement. Des feux 
multicolores dessinaient ses lignes architecturales ; les 
lustres de la nef, comme autant de couronnes projetaient 
par des milliers de bougies leurs rayonnements circu- 
laires. La cathédrale était devenue une vallée de flammes. 
La bénédiction eut pour la foule d'indicibles émotions. 
Quand les fronts courbés se relevèrent, l'abside étince- 
lante apparut baignée dans une lumière ardente et pour- 
tant vaporeuse qui en fit saillir tous les contours, en des- 
sina tous les arceaux, en détailla toutes les nervures. 
Les feux verts encadrant le chiflVe de la Compagnie de 
Jésus se mariaient aux feux rouges qui remplissaient 
le chevet, aux étincellements des verres de couleur, aux 
incandescences d'une forêt de cierges. 

« L'effet était incomparable, la pompe grandiose et 
digne de la Majesté d'en haut; c'était comme une per- 



200 



LES JESUITES A METZ 



spective céleste, comme une porte ouverte sur les 
splendeurs du Paradis ! 

c( Le triduum en l'honneur du Bienheureux Berch- 
mans s'acheva au milieu d'un enthousiasme dont notre 
ville n'avait pas donné l'exemple depuis longtemps. Il 
est impossible de voir plus d'empressement pour 
trouver place dans l'immense cathédrale et plus de 
recueillement dans une foule aussi compacte. On 
évalue à huit mille environ le nombre des auditeurs 
qui se pressaient le soir dans les nefs de la basilique 
et l'on a compté jusqu'à trois cents prêtres venus des 
diverses parties du diocèse. 

Mgr Mermillod a été visiblement touché de ce con- 
cours. Chaque fois que l'orateur paraissait dans la 
chaire, quand son regard se promenait sur cet impo- 
sant auditoire, sans qu'il lui fut possible d'en atteindre 
les extrémités, on voyait l'éclair d'une sainte joie 
briller sur son front et l'on sentait que l'émotion lui 
montait au cœur. Ce peuple aimable et généreux, ces 
enfants, ces jeunes gens, cette blanche légion de lévites, 
l'honneur de l'éducation catholique, l'espoir du sanc- 
tuaire, ces religieux qui sont une des plus vaihantes 
milices de l'Eglise, ces prêtres dévoués, savants et mo- 
destes et à la tête des uns comme des autres, les unis- 
sant dans son amour ainsi qu'ils sont unis entre eux 
dans le zèle et la passion des âmes, ce pontife univer- 
sellement vénéré, modèle de fermeté épiscopale, 
invinciblement attaché aux grands devoirs de sa dignité: 
c'était un spectacle ravissant qui a saisi l'orateur et a 



CHAP. II, COLLEGE SAINT-CLEMENT 201 

tiré de son cœur des accents émus, de véii tables 
effusions de tendresse apostolique. 

« Le Bienheureux Jean Berchmans, étudié dans son 
cœur et dans l'opportunité de son trioniphe ; Jésus- 
Christ considéré comme idéal, force et chef des saints ; 
l'Eglise envisagée comme le chef-d'œuvre de Dieu, 
tille du Père, épouse du P'ils, mère des âmes, et en 
même temps, comme la seule puissance capable de 
sauver le monde : voilà les thèmes léconds développés 
par le grand orateur, ou, si l'on veut, la sublime 
trilogie chantée par ce poète. S'attacher à Jésus-Christ 
qu'on outrage, servir l'Eglise à qui l'on veut fermer 
la porte des sociétés, telles sont les deux grandes idées, 
les deux cris de l'àme qui ont fait le caractère dis- 
tinctif de cette prédication. 

« Comme il était chaleureux, le cri de l'apôtre appe- 
lant à la régénération du monde les jeunes clients du 
Bienheureux Berchmans, les fils de l'éducation catho- 
lique ! Ah, venez à nous, disait-il, donnez-nous votre 
jeunesse, vos forces, votre ardeur, votre dévouement et 
nous sauverons le monde. N'allez pas grossir le nombre 
des amollis et des blasés, qui ne savent plus que con- 
duire un cheval et battre des mains dans un théâtre 
avili. Laisseriez-vous donc aux fils de vos fermiers 
l'honneur de vous bénir et de vous absoudre? Ce n'est 
pas l'Eglise qui a besoin de vous, c'est vous qui avez 
besoin de l'Eglise pour faire entrer la bénédiction dans 
vos familles et sanctifier vos richesses. Ces généreux 
appels en face du tabernacle, en présence d'une aussi 
auguste assemblée faisaient songer à saint Bernard dont 



202 



LES JESUITES A METZ 



l'orateur lui-même a rappelé les deux voyages dans le 
pays Messin. 

« La messe en musique du deuxième jour a été 
chantée par le Petit-Séminaire, Celle du troisième 
jour et les saluts des trois jours par les élèves de Saint- 
Clément. Les chœurs ont été enlevés avec entrain et 
accord. Quelques soli ont été vraiment remarquables, 
notamment VEcce paiiis de Cherubini, le vendredi. A la 
messe du samedi, citons le Super Jlitinina du P. Lam- 
billotte. Au salut du même jour ont été exécutés un 
O Salularis (solo et chœur) de Lesueur : un trio Bealiis 
vir de Ha\dn, le magnirique Ave Maria de Cheiubini 
et enfin un Tanliim crgo (duo et ch(eur) du directeur 
de la musique de Saint-Clément, le R. P. Collin, page 
intiniment remarquable et qui l'évèle des qualités de 
premier ordre. 

« La messe solennelle du dimanche était en partie de 
Mercadante. Elle a des passages admirables notamment 
le Credo. A l'oirertoire, c'est le magnifique Quis asceudet 
de Zingarelli qui a été chanté; le solo O Salularis de 
l'élévation est de Panowska. Au salut, le solo et chteur 
O f'oiis pietatis est de Ha\dn; le duo Justus ut pabna 
du P. Lambillotte ; le touchant Aj'c Maria (duo et 
chœur) de Mozart; enfm le l\inlu)u e}\i^() de Rossini a 
dignement couronné cette série de pages magistrales. » 

A la fête du Père Recteur, le Père Bach fut chargé 
de composer le drame qui fut représenté. Baldomir ou 
la fête du solslice d'elJ à Dii'oduruin est une étude sur 
les druides, sur la religion et les mœurs des Caulois 



CHAP. II. COLLEGE SAINT-CLEMENT 2o3 

OÙ l'érudition archéologique ne le cède en rien aux 
charmes de la versification et à l'intérêt de l'action. ' 

Nous reproduirons ici la dédicace dont le Père Bach 
avait fait précéder son œuvre : 

«Au Révérend et bien aimé Père Stumpf, recteur de 
l'école Saint-Clément. 

«Mon Révérend Père, l'amour du pays natal m'a fait 
étudier les antiquités de Divodurum et m'a inspiré 
ridée de mettre en scène les Druides qui avaient leur 
asile dans son voisinage. Mais ce qui m'a guidé dans 
cette œuvre d'imagination, c'est le désir de représenter, 
sous le voile de l'allégorie, ce gouvernement si paternel, 
qui vous fait ciiérir de votre nombreuse et intéressante 
famille. Baldomir est un personnage de fiction, et pour 
rendre son rôle plus digne du but que je me proposais, 
j'ai dû lui supposer une élévation de sentiments à la- 
quelle ne put jamais atteindre la grossière simplicité 
de nos ancêtres. Au moyen de cet artifice qu'autorisent 
les vulgaires licences de l'art dramatique, j'ai pu offrir 
un tableau d'une grande vérité. S'il a été applaudi, ce 
n'est pas à cause de son mérite littéraire, c'est parceque 
les spectateurs y ont reconnu le portrait de celui qui 
faisait l'c^bjet de la fête. Cet opuscule n'est pas destiné 
à la publicité. C'est un souvenir de famille. Puisse-t-il 
vous être aussi agréable qu'il sera cher à tous vos 
enfants. » 

J. Bach, S. J. 



' Voir Pièces justiticatives, note ??. 



204 



LES JESUITES A METZ 



Plus nous avançons, plus nous vo3'ons se consolider 
les excellentes relations qui existaient entre les Pères 
de Saint-Clément et les habitants de Metz. Si l'on en 
veut une nouvelle preuve, on n'a qu'à jeter les yeux 
sur la nombreuse assemblée c|ui se presse à la distri- 
bution des prix, sous la présidence de l'Evèque. Au 
premier rang, le Général Comte de Martimprey, séna- 
teur, dont les trois fils sont élèves du collège ; le 
premier président; M. Odent, préfet de la Moselle; le 
Maire de Metz; plusieurs généraux ; un grand nombre 
de magistrats ; les Colonels Desaint de Marthille, Seré 
de Rivières, de Hecquenem de Lamothe qui eux aussi 
avaient leurs fils à Saint-Clément, des officiers supé- 
rieurs, l'Ingénieur en chef des Ponts et chaussées, le 
Receveur Général, le Vicaire général, des chanoines, 
des curés, etc. 

A quoi peut-on attribuer cette affluence? Générale- 
ment les réunions de ce genre ne sont guère consi- 
dérées que comme une corvée imposée par une situation 
officielle. Ici, on ne peut expliquer cet intérêt que par 
l'attrait même que les Jésuites savent mettre dans toutes 
les parties de leur enseignement. Une distribution de 
prix n'est pas pour eux le derniei" chaînon de ce lien 
qui, pendant deux mois, va se détendre et leur laisser 
un peu de liberté; c'est une séance dans laquelle, plus 
qu'à un autre moment, on voit le jeune homme, l'enfant, 
livré à lui-même, plus libre, plus expansif, où on pourra 
lire plus clairement dans cet esprit et puiser des ren- 
seignements qui permettront d'agir plus aisément sur 
son imagination et sur son cœur. Ne doit-on pas aussi 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT 2o5 

reconnaître qu'une bonne partie de cet attrait est du au 
R. P. Stunipf qui, depuis quatorze ans, a passé, laissant 
partout des marques vivantes de sa sagesse, de sa 
charité et de prudence. Il y a peu de familles qu'il 
n'ait consolées dans leurs deuils, soulagées dans leurs mi- 
sères, dont il n'ait eu à relever le courage, l'espérance. 
On aime à l'entourer dans ces réunions où son esprit 
^ if, sa douce gaîté ne reculent même pas devant un jeu 
de mots ou une bonne plaisanterie. 

Quoi qu'il en soit, après une introduction musicale 
jouée avec brio, le Père Masse, professeur de rhéto- 
rique, a prononcé le discours d'usage. Résumer dans 
une dernière parole les leçons de l'année, faire com- 
prendre le mot qui doit être, pendant les vacances et 
à jamais le cri de ralliement des élèves de Saint-Clé- 
ment, tel est le but que s'est proposé l'orateur. Or ce 
mot, c'est l'honneur, l'honneur chrétien. Le Père Masse 
a retracé dans un tableau vif et étincelant le principe 
du sentiment de l'honneur, son histoire, son action sur 
le destin des peuples. En terminant, il a exhorté les 
élèves de Saint-Clément à inculquer le sentiment de 
l'honneur « par leur langage, par leur vie, par leurs 
luttes, et, s'il le fallait même, par leurs défaites, car 
il en est de triomphantes, comme a dit Montaigne, à 
l'égal des plus grandes victoires. » 

Les succès remportés répondaient aux efforts des 
maîtres et des élèves. Chaque année le collège faisait 
recevoir un ou deux élèves à l'école polytechnique. En 
1864, dix candidats sur onze avaient été admissibles à 
Saint-Cyr; en i865, quatorze admissibles sur quinze 



io6 



LES JESUITES A METZ 



candidats. Enfin, en r866, sur treize candidats pré- 
sentés, tous étaient admissibles et dix étaient reçus. 
Cette même année l'élève l'eçu le premier à l'école 
forestière sortait de Saint-Clément. 

Ces succès, de plus éclatants encore, remportés dans 
d'autres collèges de Jésuites, stupéfiaient les Universi- 
taires qui ne savaient à quoi les attribuer. Ils en cher- 
chaient l'explication dans je ne sais quelle préparation 
immédiate, dans laquelle la machine surchauffée recevait 
son maximum d'entraînement. Mais, voyant que ces 
efforts n'amenaient aucune catastrophe, que, loin de 
faiblir, une fois arrivés, les élèves des Jésuites se main- 
tenaient et même gagnaient des rangs, ils sentaient le 
côté faible de leur argumentation. 

On était bien forcé alors de reconnaître que la force 
des Jésuites était dans leur plan d'études. Dans une 
éducation intellectuelle sagement conduite, il ne suffit 
pas de donner aux enfants une grande quantité de 
connaissances, de leur apprendre des mots et des faits 
qui viennent s'entasser sans ordre et sans méthode, il 
faut surtout élever, développer, éclairer et fortifier 
l'esprit. L'intelligence qui aborde les mathématiques 
sans être suffisamment préparée par les études littéraires 
peut se transformer en une machine à calcul, elle ne 
saurait former ni le goût, ni le jugement. Quand, avec 
une parfaite unité de vues, un ensemble d'efforts com- 
binés pour obtenir le même but, l'enfant est arrivé au 
terme de ses études littéraires, alors il peut subir cet 
entraînement, cet énergique coup de la fin, dont pour 
son malheur et pour son appauvrissement intellectuel 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT 207 



et moral, la société moderne marque l'entrée de toutes 
les carrières libérales. 

Il est une autre cause, mais celle-là, dans leur aveugle- 
ment, ils ne veulent pas la voir. C'est que la littérature, 
l'histoire, l'éloquence, la philosophie, les mathématiques 
même reçoivent de la religion, leur véritable grandeur, 
leur perfection et leur valeur morale et sociale. 

En l'SGy, nous emprunterons à la plume de 
M. Vaillant, rédacteur en chef du J^œii national, les 
lignes consacrées à la fête du R. P. Recteur. 

« Soirée littéraire, soit, mais, soirée musicale, chorale, 
dramatique, soirée à surprises et à effusions de famille, 
soirée charmante pour tout dire en un mot, Arthur de 
Brctai>ue^, tel est le titre du drame historique en trois 
actes qui a déroulé devant les spectateurs ses sombres 
et toucliantes péripéties. On y a vu l'ambition cruelle 
aux prises avec l'enfance naïve et innocente et les vic- 
times comme les bourreaux ont eu une large part dans 
les applaudissements. 

w Notez que Saint-Clément prend tout à son propre 
fonds, acteurs, costumes, décors et jusqu'au drame lui- 
même, taillé de toutes pièces dans l'histoire, par une 
plume habile qui est de la 'maison. Chaque acte est 
précédé et suivi d'une manifestation musicale, ouver- 
ture à grand orchestre savamment exécutée et choeurs 
enlevés avec précision et vigueur. Tout l'honneur de ce 
lyrisme revient au R. P. Collin, organisateur infati- 



' Voir Pièces justificatives, note 56. 



20S LES JÉSUITES A METZ | 



gable, chef d'orchestre distingué, virtuose et composi- 'i 

teur qui n'en est plus à faire ses preuves. Et quand le r, 

rideau fut tombé sur la péripétie sanglante, il se releva ■} 

pour dégager d'autres émotions plus intimes et plus y 

douces. :| 

« Le noble Arthur, méchamment occis, ressuscita i 

juste à point, pour offrir, au nom de l'école tout entière, ^ 

et au milieu des acclamations enthousiastes, une magni- ) 

fique gerbe de fleurs au héros de la fête, au R. P. Rec- t 

teur qui se leva tout ému et prit la parole... Ce fut le j 

véritable bouquet ! Ce qu'il dit de bon, d'aimable, de i 

senti à l'assistance, les éloges qu'il distribua, l'hommage i 

-* 

qu'il rendit à notre bonne ville de Metz, dont il est 'j 

■i 

l'hôte aimé depuis quinze ans... ce serait témérité folle |; 

d'en essayer même une analyse dont l'accent, l'âme, f 

l'inspiration seraient absents. Tout le monde sait que y 

l'éloquence du P. Stumpf est faite à dose égale de creur I 

et d'intelligence et quand l'émotion lui arrache une 1 

larme, on y voit toujours briller l'éclair de l'esprit. » )< 

Il n'y a pas de belle fête sans lendemain. Le 24 juin, "l 

on alla donc visiter les usines de Styring-Wendel. 

M. Aweng, le directeur de ce magnifique établissement 

qui avait déjà les précédentes années offert en sem- 

blables circonstances, l'hospitalité au collège dans les t 

. . . , i 

différentes usines qu'il avait dirigées, à Moyeuvre et à ^ 

Hayanse, attendait les visiteurs et les accueillait d'une ] 

manière qui reste dans la mémoire de tous ceux qui en J 

•Il 

profitèrent, comme l'un des meilleurs souvenirs de leur k 

enfance. Quelles charmantes journées! on visitait les ^ 

forges, on faisait de magnifiques promenades à travers 



CHAP. II. COLLEGE SAINT-CLEMENT 20() 

des sites pittoresques. Avant le départ, le banquet 
réunissait sous les yeux de leurs excellents hôtes, des 
centaines de jo^^ux convives. 

Quelques jours après, nouvelle solennité. Les fêtes 
de l'Adoration perpétuelle coïncidant avec la fête de saint 
Ignace attirèrent à Saint-Clément une foule considérable. 
Dans le diocèse de Metz, les pieux exercices de l'ado- 
ration perpétuelle, institués par Monseigneur Dupont 
des Loges, durent trois journées dans chaque église. 

Tout était en fête à Saint-Clément. La vaste église 
était insuffisante, ses portes étaient assiégées, ses vesti- 
bules encombrés, le trop plein stationnait dans la cour 
que jalonnaient des mâts, où llottaient des banderolles 
et des oriflammes. L'église avait reçu une ornemen- 
tation d'un goût riche et charmant. Aux nombreux 
piliers de la nef couraient des spirales de fraîches guir- 
landes. Des lustres prodigués descendaient dans les 
entrecolonnements et des bannières magnifiquement 
brodées semblaient garder l'accès du chœur. De riches 
draperies surmontées d'une croix étincelante, enca- 
draient les magnificences de l'autel, tandis que sous la 
clef du chevet, quatre immenses voiles de pourpre, 
sortant d'un diadème aérien, dessinaient une courbe 
gracieuse en se reliant à des pendentifs et iormaient 
comme un dôme auguste au-dessus de l'autel... mais 
cette pâle description donne une idée trop affaiblie de 
cette magnifique décoration. 

L'orateur choisi pour adresser la parole aux fidèles 
était le premier prédicateur de l'époque, celui qui 
attirait autour de la chaire de Notre-Dame de Paris, 

14 



210 



LES JESUITES A METZ 



l'élite de la société, le R. P. Félix. Ses discours ont 
suivi l'ordre des fêtes. Le premier jour, paraphrasant 
ce texte du psaume: ]\'iii/e, dd(»\'}niis el procidaniits 
anle Deiini, il a montré que la religion est un commerce 
avec Dieu, que ce commerce a lieu par la création, l'in- 
carnation, la communion et après la mort, la glori- 
fication ou déification, que ce commerce enfin est une 
union remplie de charmes et qu'il doit être de la part 
de l'homme une union d'adoration et d'amour. 

Le lendemain, après cette parole du Roi-prophète 
Tibi sacrijicabo hostiain laiidis, il a montré comment 
la communion produit le Sacrifice, ce qui a lieu seule- 
ment par le catholicisme qui seul possède l'Eucharistie, 
source divine de tous les dévouements; cette belle ex- 
position était remplie de sublimes tableaux où étaient 
peints le curé d'Ars, l'archevêque de Paris, le pape 
Pie IX et la charité de Donoso Cortés. 

Enfin le dernier jour, sur ce texte des Macchabées, 
Surrexit rir fortis, le P. Félix a fait voir dans saint 
Ignace la force et le courage de la séparation, de la 
mortification et de l'abnégation ; il a ajouté que la 
Compagnie de Jésus ou la grande création de saint 
Ignace, par sa naissance, son éducation, son histoire 
est elle-même une œuvre de force et de courage et que 
c'est là ce qui la rend si utile à l'Eglise pour résister 
au mal. Tout en se défendant de prononcer un panégy- 
rique, le P. Félix a esquissé dans ses grandes lignes 
l'histoire religieuse de l'apôtre du X^T'•' siècle. En 
traits de fiammes, il a expliqué sa mission sur la terre 
et celle de ses successeurs. La force, le courage, telles 



I 



; 



CHAP. 11. COLLEGE SALNT-CI.ÉMENT 2 1 1 



sont les deux vertus mères de l'Institut fondé par 
Ignace, tels sont les deux stimulants de son apostolat, 
les deux sources de sa grâce militante et de son in- 
domptable vitalité... La péroraison a été un magnitique 
morceau d'éloquence sacrée. Ce geste simple, mais 
dominateur et parfois terrible, cet organe souple qui 
s'insinue et qui éclate, ces belles images qui burinent 
dans le cœur de sublimes vérités... tout cela a une in- 
comparable puissance ! 

La distribution des prix eut lieu le 5 août 1867. 
Profitant de la présence à Metz du P. Félix, on l'avait 
chargé d'improviser le discours d'usage. Il était chargé 
d'annoncer aux Messins, que le R. P. Stumpf, forcé 
par sa santé de prendre un peu de repos, allait s'éloigner 
du collège, dont depuis tant d'années, il était la force 
et la vie. 

L'orateur commença son discours par remercier notre 
vénérable Evéque, protecteur de Saint-Clément; les 
autorités civiles et militaires, si dignes de gratitude 
pour la sympathie précieuse qu'ils témoignent aux Jé- 
suites ; enfin le R. P. Stumpf, dont l'autorité paternelle 
sur ses chers élèves, ou plutôt, sur ses enfants est 
hélas! si près de prendre fin. «Il savait si bien im- 
primer les effusions de son âme d'apôtre, les convic- 
tions de son cœur de prêtre et de français ! » Et cet 
éloge si mérité d'un Père, qu'on allait voir quitter 
l'école qu'il a formée et qu'il a tant chérie, soulevait 
sur les bancs des élèves, comme parmi cette assistance, 
une tempête d'applaudissements et des marques émou- 
vantes d'attendrissement. 



212 



LES JESUITES A METZ 



L'orateur abordant le sujet de son discours signale à 
la jeunesse qui l'écoute, une puissance que son dévoue- 
ment peut mettre au service de la religion et de la 
patrie. Cette puissance est la presse qui a le pouvoir 
d'universaliser, de perpétuer et de précipiter le mouve- 
ment des idées. 

En terminant, le Père Félix s'est tourné vers son 
jeune auditoire, il lui a dit que cette giande, cette irré- 
sistible puissance de la presse, il fallait l'accepter en 
l'utilisant et la glorifier en la inettant au service de la 
vérité... «A Rome, une armée généreuse se presse 
autour du doux et auguste Pontife, prête à lui faire un 
rempart de son corps. Elle représente dans les temps 
modernes, le dévouement, le coui'age, la chevalerie des 
âges de foi, elle saura vaincre ou mourir en combattant 
héroïquement. Mais il est d'autres armes pour résister 
aux ennemis de la vérité. Servez-vous, jeunes gens, 
servez-vous de la presse, de la parole, de la discussion 
pour résister à l'ennemi, pour faire triompher la patrie, 
la foi, la papauté ! » 

A la suite de ce discours interrompu vingt fois par 
des applaudissements enthousiastes, Mgr Dupont des 
Loges a pris la parole. 

« Il y a quinze ans, a dit l'Evèque, j'ai transformé un 
établissement modeste pour le confier aux maîtres 
habiles qui le dirigent aujourd'hui... je l'ai toujours 
entouré de mon amour et de ma piotection, mais soyons 
reconnaissants à Dieu qui a incliné une volonté auguste 
vers la réalisation d'un bien cher désir et a permis l'ac- 
quisition, la création de Saint-Clément... reconnaissance 



CHAP. II. COLLÈGE SAINT-CLÉMENT 2l3 

encore aux parents qui ne connaissaient pas les futurs 
maîtres de leurs enfanta et qui ont eu foi dans la parole 
de leur Evcque... Mais pourquoi une pensée triste 
vient-elle planer sur cette belle solennité?... Je suis 
l'interprète de toutes les familles en exprimant leur 
gratitude pour celui qui a dirigé ou plutôt qui a 
fondé cette maison, qui a établi sur des bases si solides 
l'éducation qu'on y reçoit et l'a soutenue par les rares 
qualités de son esprit et plus encore par les rares qua- 
lités de son cœur... Ah ! qu'il le croie bien ! l'amitié des 
habitants de Metz le suivront partout... » 

En prononçant ces dernières paroles, l'émotion de 
l'Evèque avait gagné tout son auditoire. Le Père Stumpf, 
cédant à l'impulsion de son cœur, se leva et vint baiser 
finalement les mains du vénérable Prélat. L'émotion 
de l'assemblée tout entière est indicible. 

La distribution des prix eut lieu ensuite. Le pal- 
marès épuisé, on se rendit a l'église pour rendre au 
Seigneur de solennelles actions de grâces. Cette année 
encore, le collège avait à enregistrer de nombreux 
succès : sur vingt-trois élèves qui avaient subi l'exairicn 
du baccalauréat ès-sciences, vingt avaient été reçus ; on 
comptait vingt-trois bacheliers ès-lettres; onze élèves 
reçus a Saint-Cyr et deux à l'Ecole forestière. 

Les paroles prononcées par le R. P. Félix avaient 
fait allusion à la lutte engagée au-delà des monts et qui 
avait pour but de ravir au successeur de saint Pierre, 
sa souveraineté temporelle. 

Depuis dix ans, les etforts coalisés de la barbarie et 
de la révolution livraient à la Croix un assaut formi- 



214 



LES JESUITES A METZ 



dable. Réduit au territoire de Rome, menacé de toutes 
parts, Pie IX a besoin de soldats. Dans cette lutte 
héroïque où vingt combattront contre mille, on le sait 
à l'avance, on ne trouvera aucune compensation hu- 
maine. Ce n'est pas à l'ennemi seulement qu'il faut 
livrer bataille, tout d'abord, il faut s'arracher des bras 
de sa mère. Elle sait son enfant sacrifié à la plus noble 
des causes; elle comprend qu'elle doit lui dire, pour ce 
monde, un dernier adieu. On fait facilement, à vingt 
ans, bon marché de sa vie et de son sang, mais quel 
courage ne faut-il pas pour triompher des larmes d'une 
mère! Enfin, le sacrifice fait des aliections de famille, 
que d'obstacles encore à surmonter ? C'est le respect 
humain à vaincre, l'opinion à braver, les convenances 
personnelles à fouler aux pieds, sa carrière, son avenir 
à sacrifier. C'est enfin, l'enfer tout entier déchainé contre 
l'Eglise. 

Il s'agissait de servir Pie IX, de se sacrifier pour 
sauver Rome et la France, les enfants des Jésuites de 
Metz ne pouvaient pas se trouver sans représentants 
dans cette lutte. 

Chacune cies stations de cette voie douloureuse coûte 
la vie a un enfant de Saint-Clément. Dès i86i, au pre- 
mier appel Lanfranc de Beccar}' part. A 17 ans, il 
tombe sur le champ de bataille de Castelfidardo. Au- 
gustin Lieber est blessé grièvement sur le même champ 
de bataille. Paul Do3'nel marque de son sang la journée 
de Mentana. ' Trois frères : Auguste, Léon et Anatole 



' Voir sur I.anfranc de Beccary : Les Martyrs de Castelfidardo, 



CHAP. II. COLLEGE SAINT-CLEMENT 21 D 

Tliiriet, Casimir et Maurice de Ratfélis-Soissans, Odon 
de Meckenheim, Joseph de Waresquiel, Joseph de Vau- 
bernier, Emile Burot de l'Isle, Charles Barbier de 
Montault, Paul P'iottierde la Messelière, d'autres encore 
vont les remplacer. 

Et lorsque, revenus en France, les défenseurs de 
Pie IX viendront se briser contre les hordes allemandes, 
Jean de Chabrignac, Anatole Thiriet, Casimir de Raf- 
félis-Soissans, Vaubernier, Odon de Meckenheim scel- 
leront de leur sang, leur foi et leur attachement au 
drapeau des plus saintes causes. 



par le comte A. de Ségub. — Sur Paul Doynel, Les études reli- 
gieuses des Pères de Li Compagnie de Jésus et une Xotice dans les 
Souvenirs de lécole Sainte-Geneviève, par le R. P. Chauveau. — 
Paris, Alhanel, 187^, 3 vol. iii-i-2. 




CHAPITRE III 



DERNIERES ANNEES DE SAINT-CLEMENT 




la rentrée de 1867, le R. P. Eugène Coué 
avait été désigné comme recteur de Saint-Clé- 
ment pour remplacer le P. Stumpf. Pendant 
cette année, les Pères eurent une nouvelle occasion de 
témoigner leui" reconnaissance au vénérable Evèque de 
Metz. Mgr Dupont des Loges célébrait le vingt-cinquième 
anniversaire de son exaltation à l'épiscopat. Tous les 
Messins se rappellent avec quel éclat cette Tète fut célé- 
brée, de combien de marques d'alfection et de vénéra- 
tion on combla le Prélat à cette occasion. On se sou- 
vient de l'immense afHuence de fidèles pressés pour 
applaudir au magnifique discours que Mgr Mermillod 
prononça à la cathédrale. 

Le lendemain même de cette solennité, l'Evéque de 
Metz consacrait sa journée à saint Clément. A la messe, 




p. STUMPF, 



k 



I 



CHAP. III. — bKRNIERKS ANNEES DE SAINT-CLEMENT 2 17 



Mgr Mcrmillod adressa la parole aux élèves. Il rappe- 
lait les moments qu'il avait passés a Metz, lors des fêtes 
de la béatification de Jean Berchmans. « Il y a deux 
ans, ajouta-t-il, je vous parlais de la vocation. Ma pa- 
role n'a pas été vaine, j'en ai des preuves bien conso- 
lantes. Plusieurs de nos jeunes auditeurs m'ont écrit 
depuis, que cette pensée de la vocation leur était tou- 
jours présente et qu'ils demandaient à Dieu la force de 
répondre à son appel. » 

Après la messe, les élèves se rendirent à la maison 
de campagne. Vers cinq heures du soir, vingt élèves 
des cours préparatoires aux écoles militaires escortaient 
à cheval la voiture qui amenait l'Evèque de Metz, ac- 
compagné de l'Evèque de Strasbourg. 

Les élèves et plus de deux mille personnes de la 
société de Metz les attendaient, placés sur les gradins 
d'un vaste amphithéâtre. ' Des lanternes vénitiennes 
sans nombre étaient suspendues aux arbres, et a me- 
sure que la nuit tombait, leurs clartés brillant dans le 
feuillage donnaient à toute la scène un aspect féerique. 
Alors défila sous les regards de l'immense assemblée, 
un magnitique cortège de i5o personnages, divisés en 
cinq groupes et représentant les illustrations de Metz 
aux grandes époques de son histoire. 

« L'époque gallo-romaine, celle de la conversion au 



' Cette descripiiun est insérée dans une notice consacrée à Paul 
Chknakd df. IVIazierks, par le P. Didikrjean dans son ouvrage in- 
titule : Elèves des Jésuites. Soiiyenii-s des collèges de la Comya- 
gnie de Jésus en France, i85()-i S8o. 



2l8 



LES JESUITES' A METZ 



christianisme, avec un chef des druides, un proconsul 
romain et saint Clément, premier éveque de Metz; l'é- 
poque austrasienne , avec Dagobert, Charles-Martel, 
Pépin-!e-Bref et Charlemagne ; l'époque de la ville libre 
avec les deux comtes Folmar, Godcfroy de Bouillon et 
Henri de Porsaillis, maître-échevin ; l'époque de la 
réunion à la France, avec Henri H et François de 
Guise ; enhn l'époque du XVH^' siècle avec Fabert et 
Bossuet, passèrent successivement sous les veux, exci- 
tant le plus vif intérêt par la richesse et l'exactitude 
historique des costumes, comme par l'art habile qui pré- 
sidait à cette évocation des gloires du passé. Des chants, 
solos ou chœurs, ingénieuseiTient placés dans la bouche 
des personnages, animaient toute la scène et contenaient 
des allusions délicates et flatteuses. D'unanimes applau- 
dissements accueillirent les couplets adressés par saint 
Clément a l'Evéque de Metz; par Fabert, au général 
Guérin ; par de Porsaillis, à M. Léror, président à la 
Cour; par Bossuet, au clergé de Metz qui l'avait compté 
dans ses rangs; par Godefroy de Bouillon à la vieille cité 
qu'il avait protégée. On acclama surtout ces vers presque 
prophétiques, chantés par Charles Fourcauix , au nom 
de F'rançois de Guise au général d'Aurelles de Paladines, 
qui devait, deux ans plus tard, justifier si noblement, 
mais ailleurs hélas ! la confiance des Messins dans sa 
vaillante épée. 



Quand rEspaf^nul, ennemi de la l'^iance, 
Contre nos murs, fit gronder le canon, 
Il s'y brisa; Guise par sa vaillance, 
De Metz-l^Lieelle a sauve l'écusson. 



CHAP. III. — DERNIÏiRES ANNEES DE SAINT-CLEMENT 2ig 

Si e:[uelejue jour, craignant d'être conquise 
Metz réclamait un défenseur nouveau, 
Ah ! puisses-tu, fier successeur de Guise, 
Te trouver là pour sauver son drapeau ! 

La fête se termina par un feu d'artirice. A la nuit, 
on regagna le collège traversant une partie de la ville, 
aux sons de la musique et à la lueur des torches. ' 

A la fête du R. P. Recteur, les élèves jouèrent un 
diame intitulé : le Proscrit ou Patrie el famille. ^ A la 
distribution des prix, le R. P. Rousselin, professeur 
d'histoire, prononça sur la formation morale de l'homme, 
un discours où la grandeur des pensées était relevée 
encore par la noblesse du style. Nous nous reproche- 
rions d'omettre un touchant épisode de ce discours. 
Lorsque le P. Rousselin rappela, avec une charmante 
délicatesse, le souvenir des fêtes du 3o juin, célébrées 
avec tant de pompe et de lilial entrain, à l'occasion du 
vingt-cinquième anniversaire de la consécration épisco- 
pale de Monseigneur, les applaudissements les plus 
chaleureux s'élevèrent de toute l'assemblée et prou- 
vèrent une fois de plus combien Metz et Saint-Clément 
chérissent et vénèrent leur premier Père et leur Evéque. 

Aussitôt après le discours du P. Rousselin, la pro- 
clamation des prix fut faite par le P. Juster, préfet des 
études. Comme leurs devanciers, les élèves de Saint- 



' l/auteur, l'organisateur et le poète de cette soirée était le Père 
Chknard oe Mazieres, ancien élève de Saint-Clément et fils de 
l'un des premiers et des plus vaillants champions des idées reli- 
gieuses dans la presse messine. 

2 Voir Pièces justificatives, note 5y. 



220 



LES JESUITES A METZ 



Clément avaient à enrei^istrer de nombreux succès : 
deux élèves reçus à l'école polytechnique, neuf à 
Saint-Cyr, le premier de la promotion de l'école fores- 
tière, 27 bacheliers ès-sciences, 47 bacheliers ès-lettres. 

Le collège Saint-CMément , pendant l'année scolaire 
1868- 1869 continue sa marche; les Pères admirent 
eux-mêmes l'ardente piété de leurs élèves et les témoi- 
gnages d'attachement et d'affection qu'ils en reçoivent. 
A chaque instant, ils surprennent des actes de foi et de 
véritable et sincère dévotion ; on retrouvait vraiment la 
ferveur des premiers temps de saint Augustin. L'action 
des Jésuites dans la ville est aussi heureuse. On peut 
citer l'Œuvre des bons livres, à la fondation de laquelle 
les Pères Debrosse et Potot avaient attaché leur nom 
et qui fut lavivée sous le nom d'Œuvre de Saint-Michel, 
par le R. P. Félix, Cette association prospéra au-delà 
de toute attente et recevait chaque jour de nouveaux 
accroissements, non seulement à Metz, mais dans beau- 
coup de localités du déparlement. L'Œuvre des Alle- 
mands fondée et dirigée par les Pères Chable, La3^bach, 
Thro, dont l'organisation excita l'admiration du Cardi- 
nal Mathieu, l'Œuvre des pénitenciers militaires, celle 
des soldats, celle des forains, etc. En i8(h), la station 
de carême, prêchée à la cathédrale par le Père Lemoigne, 
eut un très grand succès. 

La fête de saint Ignace fut célébrée avec grande so-. 
lennité, en présence de l'Evéque de Metz, par Mgr Dubar, 
vicaire apostolique du Tcheu-I\- oriental (Chine). 

La distribution des prix donna l'occasion au P. de 
Week, professeur d'histoire, de prononcer un magni- 



CHAP. III. DERNIERES ANNEES DE SAINT-CLÉMENT 22 1 

riquc discours sur Vhisioire ualionalc. Citons la conclu- 
sion de ce beau sujet dont le Père a su tirer les ensei- 
gnements les plus profonds. 

« Notre critérium en histoire c'est: i° Jésus-Christ, 
auteur de la loi divine, seul juge équitable des intérêts 
divers des nations ; 2" la France, dont les destinées ne 
peuvent être celles des autres peuples. — Jésus-Christ, 
France, voilà pour nous les bases de notre histoire 
nationale. Avec ces deux mots, nous apprenons à 
nos enfants, à respecter le passé, à être hers du pré- 
sent, à espérer dans l'avenir. Car Jésus-Christ seul est 
le maitre du passé, du présent, de l'avenir. Et voilà 
pourquoi, sûrs de travailler infailliblement au bonheur et 
à la gloire de la France, nous redirons comme nos pères, 
au commencement de la loi salique : « Mve le Christ 
« qui aime les Francs ! Que Dieu veille sur leur royaume, 
(' qu'il répande sur leurs chefs la lumière de sa grâce, 
«qu'il protège leurs armées, qu'il fortifie leur foi, qu'il 
« leui- accorde les joies de la paix et une félicité durable 
« par l'assistance de Jésus-Christ, roi des rois ! » 

Ce discours a fortement impressionné l'auditoire. On 
a remarqué sa logique ferme et continue, son élan pa- 
triotique, son éclat de st\ le. L'orateur s'exprimait avec 
âme et à certains passages il a produit une sorte d'effet 
électrique, très puissant, sur la masse entière des audi- 
teurs. Nous voudrions pouvoir citer les passages prin- 
cipaux de ce remarquable discours, son début grave et 
solennel , le passage relatif aux fautes que pleurait 
Louis XW devant ses généraux, et le trait final adres- 
sant un hommage ému à l'Evéque de Metz. 



2 2 2 LES JESUITES A METZ ^ 

j 

Au mois d'octobre iSOc), le R. P. Constant Couplet, ; 

remplaça comme rec.teur le P. Couc, L'année classique ■ 

fut prospère et donna d'excellents résultats. Aux fêtes ] 

du carnaval, on représenta une pièce sur la Conjura- ^ 

tion d'Amboise. Les exercices du carême prêches à la ; 

cathédrale par le P. Genévrier eurent leur succès accou- i 

tumé. î 

Les Pères continuent leur tâche qui est d'intiltrer ] 

goutte à goutte dans le cceur des enfants, qui leur sont ' 

confiés, l'amour de Dieu et le sens chrétien. A l'homme s 

qui travaille pour une rémunération pécuniaire, vous \ 

ne sauriez demander qu'un travail proportionné à la ' 

i 

somme qu'il reçoit. Pour Dieu, on ne saurait imposer .^ 

de limite au sacrifice de celui qui se dévoue. Aussi, | 

s 
quand l'un considère sa tâche comme terminée par la \ 

fin de la classe ou de l'étude, l'autre suivra l'enfant, \ 

prendra avec lui ses repas, ses récréations, abdiquant 't 

les satisfactions personnelles pour ne chercher qu'à ;' 

conquérir le cœur et la confiance de ses élèves. ^ 

L'exemple d'une vie de dévouement et de sacrifices , 
est à lui seul un enseignement qui laisse des traces \ 
dans les natures les plus pauvrement organisées. Aussi, ■; 
quel spectacle ne présente pas un établissement comme 
Saint-Clément où tout est prévu, tout est soumis à la 
règle, où tous aiment et respectent la règle. L'éduca- 
tion ainsi comprise forme l'intelligence en apprenant à 
croire, le cœur en apprenant à aimer, la volonté en 
apprenant à obéir. % 

Entrons dans ces salles d'études, tout est calme, 
tranquille, chacun est à son ouvrage. Si on lève les 



CHAI', m. — DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 223 

yeux, les regards s'arrêtent sur un crucifix, sur une 
statue de la Sainte Vierge et de suite les bonnes résolu- 
tions reviennent à la mémoire infidèle. Si l'on rencontre 
une difficulté, si l'on a une explication à demander, le 
surveillant est là, tout prêt à vous aidei', ne s'occupant 
que de ses élèves. On le voit passer et repasser le long 
des bancs, récitant son chapelet, en attendant que l'on 
implore son assistance. En classe, tout est disposé pour 
raviver l'intérêt, pour exciter une fructueuse émulation. 
Les insignes qui brillent sur la poitrine du premier et 
du second sont l'objet d'une lutte qui se renouvelle 
chaque semaine. Partagés en deux camps, ou formant 
une académie réservée à ceux qui font le plus d'elforts, 
chacun tâche de l'emporter sur ses rivaux. Le profes- 
seur, lui aussi est tout prêt à aider, à seconder ses 
élèves. A certaines heures, on est autorisé à aller lui 
demander l'explication d'un passage difficile, la dé- 
monstration d'un problème. Lui-même les appelle sou- 
vent pour leur donner quelque bon conseil et imprimer 
à leurs études une sage direction. 

En récréation, tout est aux jeux, aux exercices vio- 
lents ; les parties de barres, de balles, d'échasses s'or- 
ganisent; les surveillants s'en mêlent, c'est à qui aura 
dans son camp de si vaillants jouteurs. En promenade, 
il en est de même. (3n se hâte d'atteindre, soit la mai- 
son de campagne, soit un espace assez vaste pour 
installer une partie de ballon ou quelqu'autre exercice 
exigeant un parcours plus considérable que les cours 
de récréation. Les heures s'écoulent avec rapidité et le 



2 24 1-IîS JESUITES A METZ A 

>^ 

goûter qu'on a eu soin de faire apporter sur place î 

interrompt à peine la partie commencée. i 

A la chapelle, il n'y a ni fausse honte, ni respect j 

humain. Oui v trouverait à redire? Est-ce ce camarade l 

toujours et partout le premier de sa classe qui afliche , J 

bien haut son titre de membre de la Congrégation de ] 

Très Sainte Vierge? Est-ce ce surveillant qui a tout i 

abandonné; souvent, grande fortune, beau nom, espé- 1 

rances légitimes de positions enviées pour venir remplir ■■ 

ce métier pénible ? Il n'y a qu'une loi, qu'un but, qu'un * 

i 

cœur. Partout règne un ordre qui n'est pas seulement :| 

le fait de la volonté du Père, mais le résultat de l'action | 

réfléchie et voulue de l'enfant. Pas ou peu de puni- j 

tions, l'élève qui n'a pas le c(eur assez large pour ac- 'i 

cepter ce genre de vie ne peut rester dans cette maison. % 

On n'entend pas dans cet asile béni, les rumeurs du | 

dehors et cependant l'orage gronde. Dès iH?~, du haut v' 

de la chaire sacrée de la cathédrale de Paris, comme 'i 
autrefois l'avait fait le Père Beauregard, le R. P. Félix 
avait fait entendre des paroles prophétiques. ' Depuis 
le mal n'avait fait qu'empirer. 

L'abandon du Pape mit le comble à la mesure. La 
France a une mission en ce monde à laquelle elle ne sau- 
rait impunément se montrer infidèle ; Savone et Fon- 
tainebleau précédèrent Moscou et Waterloo, comme 
Casteltidardo et Monte Fiotondo ont précédé Metz et 
Sedan. 



' Voir Pièces justificatives, note 58. 



CHAP. III. — DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 225 

Le i() juillet 1870, la guerre est déclarée.' 

Il n'y avait pas plus d'effroi à Saint-Clément que dans 
Metz; la nouvelle soudaine de la déclaration de guerre 
à la Prusse y avait excité de vifs transports d'enthou- 
siasme à peine modérés par la préoccupation de l'avenir. 
Tous les cœurs palpitaient de patriotisme et de dévoue- 
ment ; l'on ne pensait qu'aux moyens de se rendre utile 
aux défenseurs du pays. Les élèves consacraient leurs 
récréations à faire de la charpie. Les Pères se dé- 
vouaient dans les camps voisins de la ville au soin re- 
ligieux des soldats qui arrivaient de toutes parts. Les 
supérieurs décidaient l'établissement d'une ambulance 
à Saint-Clément. 

Le Père Recteur mandait en effet au R. P. Provin- 
cial, à la date du 20 juillet : 

« Je viens d'écrire au maréchal-commandant à Metz 
que je mets à la disposition de l'intendance militaire, 
notre maison et notre personnel pour soigner les 
blessés. 

« La campagne autour de Metz est devenue un camp 
immense. Nos Pères vont le visiter et distribuent aux 
soldats des médailles de la Sainte Vierge. Ces bons 
militaires sont avides de consolations religieuses ; quand 
ils voient paraître un Père, ils se précipitent en masse 



• Pour ce ejui concerne Saint-Clément pendantvle blocus de Metz 
et Toccupation allemande, de fréquents emprunts ont été jaits au 
R. P. DiDiERjKAN, Souvenirs de Met:;; aux Lettres annuelles des 
Pères de /a Compagnie et à un Journal écrit par un ancien élève 
du collège de Met^, le Père Léon Bastien. 

i3 



2 26 LES JÉSUITES A METZ i 

i 

. ^ -_- I 

vers lui pour obtenir une médaille, qu'ils suspendent ^ 

immédiatement à leur cou et portent ostensiblement. i: 

Ils viennent aussi se confesser en assez grand nombre. ^ 

Ils se plaignent de n'avoir pas d'aumôniers. La présence ^ 

du prêtre, disent-ils, nous encouragerait parce que ..^ 

nous serions sûrs de ne pas mourir comme des chiens. 

Aussi pressent-ils nos Pères de les accompagner. » 

Avec quelle joie, les Pères eussent accédé à ce désir 
qui était aussi dans leur cœur! Il n'en est pas un seul 
qui n'ambitionnât ce ministère ; malheureusement leurs 
demandes ne furent pas exaucées. Malgré les offres | 
réitérées de service, les Jésuites furent tenus en dehors }{ 
des cadres de l'aun^iônerie militaire. Ces cadres étaient, y 
du reste dépourvus de toute organisation, incomplets \\ 
et insuffisamment pourvus. Sans autre titre que leur | 
zèle, les Pères de Saint-Clément ne laissèrent pas du | 
moins de se dévouer, autant qu'il leur fut permis, au 
bien religieux des troupes. 

Les élèves voulurent partager cet apostolat des camps ; 
ce fut l'occupation et la joie de leurs promenades qui 
n'eurent plus d'autre but. La troisième division se dis- 
tingua par son zèle et conquit une vraie popularité. 
Touchés de leur jeunesse, les soldats accouraient en 
foule autour de ces enfants; ils écoutaient avidement 
leurs exhortations naïves, parfois hardies et acceptaient 
avec empressement leurs pieux cadeaux. Au départ de 
la division, on en vit chaque fois plusieurs groupes se 
rendre à sa suite à l'église du collège pour se réconci- 
lier avec Dieu dans la confession. 

Depuis dix-huit ans, les chefs de la garnison de Metz 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 227 

avaient rivalisé de bienveillance et d'amitié pour Saint- 
Clément. Alors, plus que jamais, le collège devint le 
rendez-vous du monde militaire. On voyait chaque jour 
apparaître dans les cloîtres des uniformes de toutes 
sortes ; c'étaient des soldats, des officiers de tous grades, 
des généraux, des maréchaux même, dont la plupart 
venaient demander aux Pères les secours religieux qui 
rendent les cœurs plus vaillants. Parmi eux, les Jé- 
suites eurent la joie de voir accourir, comme chez eux, 
un grand nombre d'anciens élèves des divers collèges 
de la Compagnie, restés fidèles à leur éducation et dé- 
voués à leurs maîtres. Ceux-là, plus que tous les autres, 
furent accueillis avec affection. 

La correspondance du R. P. Recteur continue à nous 
dépeindre la situation de Saint-Clément, pendant ces 
jours où, comme on l'a dit, le cœur de la France battait 
à Metz. 

« Le 25 juillet : ule commandant d'un des corps d'ar- 
mée s'est montré très touché de ma proposition en fa- 
veur des blessés. Il a lu ma lettre à ses généraux réunis 
et m'a fait une réponse où il me remercie de cette offre 
«qui témoigne, écrit-il, de vos sentiments de dévoue- 
ment à la patrie, d'abnégation et de charité chré- 
tiennes. » 

« Nos élèves, la classe de rhétorique en tète, nous 
prient de consacrer aux blessés l'argent destiné à leurs 
prix. La pétition est trop belle et trop généreuse pour 
n'avoir pas un plein succès. Au milieu du bruit et des 
agitations qui nous environnent, vous pensez bien que 



228 LES JESUITES A METZ 



les élèves travaillent fort peu. Je laisse partir ceux que j 

leurs parents réclament. » ) 

Le 28 juillet : « il devient difficile de retenir plus long- .; 
temps les élèves. Toute étude est impossible, si près 

du théâtre de la guerre, nulle tête n'est à l'abri d'exal- '■ 

tation. Je me vois forcé d'avancer le départ et de le l 

fixer à mardi prochain. » 1 

«Toute la garde est arrivée. C'est toujours le même j 

entrain religieux. On dit que l'administration munici- i 

pale nous jalouse. ' Elle se montre mécontente de nos ' 

rapports avec les autorités militaires et aussi de i'heu- \ 

reux effet produit en ville, par l'offre de Saint-Clément, i 

comme ambulance. » \ 

Le i*^'" août: «nos élèves partent ce soir et demain -^ 

matin. Nous nous sommes décidés, sur leur demande, •,' 

à supprimer la distribution des prix. Nous donnerons '* 

à chaque lauréat une attestation illustrée indiquant le i 

nombre de ses prix et l'acte d'offrande à l'armée. — t 

Nous allons nous mettre tout de suite en état de rece- î 

voir les blessés. Toute la garde est encore à Metz; elle | 

r. 

partira incessamment. Le mouvement religieux des ^ 

troupes continue à être admirable ; nos Pères font tout i 

ce qu'ils peuvent pour le seconder. » 

Le 8 août : « nos Saint-Cyricns partent pour Paris 

avec le Père Cosson. L'armée prussienne est à Boula}', ^ 

à cinq lieues de Metz. Serons-nous enveloppe's demain ] 



' L'administration municipale avait été élue, le 22 juillet i865, 
sous la pression administrative du Préfet Jeanin et grâce à Tabs- 
tention de la majorité des électeurs. 



CHAP. III. DERNIERES ANNEES DE SAINT-CLEMENT 229 



OU après ? Nous l'ignorons. Nos embarras commencent, 
nos créanciers réclament, nos fournisseurs nous res- 
serrent et nous sommes à bout de ressources pécuniaires. 
La Providence y pourvoira sans doute ? 

Le août : « les événements se précipitent. Tout se 
prépare en prévision d'un siège. Je vous envoie nos 
Pères scholastiques. N'étant pas prêtres, ils ne pour- 
raient guère rendre de services; puisque nos provisions 
sont trop restreintes, leur présence hâterait inutilement 
le moment de la gène. Enfin, nous recevons aujourd'hui 
une certaine quantité de farine. Deo G7\jtias ! )) 

Le 14 août, à dix heures du soir : « je vous écris en 
veillant nos blessés, car nous en avons cent-cinquante 
depuis deux jours, et nous les veillons à tour de rôle. 
Outre nos i5o blessés, nous avons eu à loger le maré- 
chal Canrobert avec tout son état-major, son inten- 
dance, etc. . . Canrobert a été charmant de courtoisie. 
Une partie de son monde est encore la et voici qu'on 
vient demander sa place pour le général de Laveaucou- 
pet, avec son état-major et son intendance. On an- 
nonce que Bourbaki a choisi notre maison de campagne 
pour son quartier-général. » 

Le i5 août: «cinq de nos Pères ont passé la nuit 
sur le champ de bataille de Born}', confessant, admi- 
nistrant les moribonds, "présidant à leurs funérailles. 
Ils ont rempli un laborieux et fructueux ministère. 
Monseigneur l'Eveque avait confié au clergé des pa- 
roisses le soin religieux des ambulances de la ville. 
Les curés ne pouvant suffire me demandent du secours; 



2DO 



LES JESUITES A METZ 



je vais leur envoyer chaque jour des Pères pour les 
aider. » 

Enfin le 17 août: «une dizaine de nos Pères sont allés- 
hier sur le champ de bataille pour ramasser les blessés, 
et administrer les mourants. Ils ont dû continuer leur^ 
œuvre toute la nuit et ne sont pas encore de retour. », 

Ici s'arrêtent les lettres du R, P. Couplet; le blocus 
était complet, l'agonie de Metz, qui dura soixante-dix 
jours, commençait. Le journal, écrit par le Père Léon 
Bastien, retrace fidèlement l'histoire de Saint-Clément 
pendant cette triste période. ' 

« Les blessés de Borny encombraient la ville. Dès 
les premiers moments, le collège en avait reçu un bon 
nombre et on insistait pour nous en confier d'autres. 
Cependant la prudence imposait une limite à la géné- 
reuse hospitalité du R. P. Recteur, Recevoir les blés- ' 
ses, leur donner un abri, ce serait possible à la rigueur; j 

mais les soigner convenablement, pourvoir à tous 

"^ • • i 
leurs besoms, les nourrir surtout, cela exige des res- 
sources que nous n'avons pas : «Mais, nous disait-on, \ 
où mettrons-nous ces malheureux ? Voulez-vous les 
laisser dans la rue ? De grâce donnez-leur au moins un ^ 
lit, nous viendrons à votre secours pour le reste. » | 

« Il semblait impossible de refuser. On se résigna, I 

et les malades déjà en possession de tout le grand bâti- ; 

ment allaient envahir le bâtiment des classes. Le Père ! 

C^atillion, grand organisateur de l'ambulance, me 1 

chargea de faire préparer les salles, transporter les lits |i 
et tout le matériel nécessaire. J'étais arrivé à 2 heures; 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 23 I 



à 2 heures et demie il fallait être à l'ouvrage. Jugez 
par là de l'agitation qui régnait chez nous. 

« Cependant les blessés annoncés ne vinrent point. 
L'externat resté libre, fut occupé par les soldats de 
l'escorte du maréchal Canrobert, par les officiers de la 
division du général de Laveaucoupet et par les gens du 
Trésor. Le hangar, la grande salle, le g\mnase étaient 
à la merci des soldats, des gendarmes, des palefreniers 
et des chevaux; et pour les nécessités du service, il y 
avait un certain nombre d'hommes campés dans les 
cours. Quel changement, quel coup d'œil ! Cette vue 
n'avait pourtant rien de pénible. Nous avions encore 
tant d'illusions et de si belles espérances ! Elles nous 
tenaient bien à cœur ces espérances, car elles ne furent 
même pas effleurées par la concentration imprévue de 
toute l'armée du Rhin, sous les murs de Metz, par le 
spectacle navrant qu'offraient vingt-cinq mille blessés 
ou malades entassés les uns sur les autres. 

« Tout ce qu'on a publié sur le dévouement des ha- 
bitants de Metz, sur la charité des dames, en particu- 
lier, est loin d'être exagéré. Mais comment pourvoir à 
tout ? Les maisons particulières, les casernes, les bâti- 
ments municipaux ne suffisant plus, on dressa des 
tentes sur l'Esplanade, sur la place Royale, dans l'ile 
du Saulcy, sur la place de la Préfecture, et cinq, six, 
quelquefois dix blessés réunis sous cet abri misérable 
gisaient sur la paille, plusieurs étaient oubliés et res- 
taient sans secours, mais pas un ne se plaignait. Au 
polygone d'artillerie, on avait construit d'immenses ba- 
raques en planches pour y recueillir des blessés. Il y 



2J2 LES JESUITES A METZ 

en eut en effet un très grand nombre, mais dans un 
dénùment qui faisait peine. Deux de nos Pères allaient 
y passer la nuit; un autre, pendant le jour, y remplis- 
sait les fonctions d'aumônier. Bientôt les deux premiers, 
succombant à la tâche, }' tombèrent malades. Le Père 
Gadaut seul s'y fixa complètement et prit courageuse- 
ment en main les intérêts spirituels et matériels de ces 
pauvres abandonnés. Debout, le jour et la nuit, prenant 
à peine quelque nourriture, respirant continuellement 
un air fétide, multipliant ses soins, ses consolations aux 
malades, il put, grâce à une santé de fer qui demeura 
au niveau de son courage, supporter ce laborieux mi- 
nistère pendant huit mois, c'est-à-dire jusqu'à l'entière 
évacuation des blessés français. 

« Mais ce fut à Saint-Clément surtout que s'exerça le 
dévouement des Pères. Une ambulance, comprenant 
les dortoirs, les corridors et la salle de dessin y fut 
installée dès le i3 août et ne cessa d'être remplie. Le 
dortoir inférieur fut réservé aux officiers. 

« Nous n'avons jamais eu plus de soixante-dix blessés 
à la fois, car nous n'avions pas, hélas ! le pouvoir de 
nous multiplier, ni d'élargir la maison. Mais, par suite 
du mouvement journalier, plus de cinq cents blessés re- 
çurent nos soins. Une trentaine seulement nous quittèrent 
pour une vie meilleure : ce résultat est prodigieux, vu 
la gravité des blessures et la mortalité extraordinaire 
qui régnait en ville. Dieu, sans doute, a voulu bénir 
visiblement nos efforts et récompenser le zèle infatigable 
de notre cher docteur, M. Warin, qui, lui, mourut à 
la peine. 



((Voulez-vous une idée de notre organisation? A la 
tète de l'ambulance se trouvait le R. P. Catillion, chargé 
par le Père Recteur de la direction générale. On ne 
peut redire l'entente, l'abnégation et l'infatigable acti- 
vité avec laquelle il sut établir et conserver partout un 
ordre admirable. A chaque dortoir était préposé un 
Père qui tenait note des prescriptions du médecin et 
veillait à leur exact accomplissement ; il passait tout le 
jour dans son quartier, pourvoyait aux exigences du 
moment, renouvelait l'air des salles en temps opportun 
et maintenait partout une irréprochable propreté. 

(( Ces humbles détails de ménage donnèrent lieu à 
une petite scène réjouissante : M. le Maire, s'écrie un 
jour notre vénérable docteur en apercevant ce person- 
nage qui venait visiter notre ambulance, j'ai l'honneur 
de vous présenter le Révérend Père Professeur de phi- 
losophie dans l'exercice de ses fonctions. Et ce disant, 
il l'entraînait vers le Père Caudron, décoré d'un long 
tablier bleu et gravement armé d'un balai. Le Maire, 
qui n'est pas précisément de nos amis, et qui s'était 
fourvoyé chez nous par mcgarde, demeura stupéfait, il 
essa\'a un sourire et sans dire mot se hâta de se déro- 
ber à un spectacle qui renversait toutes ses idées. 

« Le professeur de ph\sique, le P. Hâté, avait le 
quartier des officiers, poste qui n'était pas toujours le 
plus facile, mais il s'y dépensa avec tant de dévouement 
et traita ses malades avec tant de charité et de douceur 
qu'il gagna bientôt toute leur sympathie et qu'en soi- 
gnant les corps, il put faire un bien infini aux âmes. 

(( Outre les Pères préposés à chaque dortoir, pen- 



284 LES JÉSUITES A METZ 

dant la journée, on désignait chaque soir deux Pères 
qui avaient la fonction de veiller toute la nuit ; ils de- 
vaient parcourir les salles à plusieurs reprises, afin de 
porter secours au besoin et d'assister ceux qui étaient 
en danger. Le Père Recteur, les Pères les plus âgés 
donnèrent l'exemple dans cet office. Notre bon Père de 
Week lui-même, déjà souffrant, et qui devait au mois 
de décembre succomber aux suites des fatigues et des 
gerines infectieux puisés au chevet des malades, paya 
de sa personne et s'acquitta avec ardeur d'une tâche, 
qui, pour lui, était plus dure que pour tout autre. 

u Après les chefs de salle, après les veilleurs, venaient 
ceux que les officiers appelaient en riant la Société des 
libres panseurs. Deux fois par jour, les Pères Gagnard, 
Victor Stumpf, Léon Bastien et le frère Oswald fai- 
saient régulièrement le pansement des blessures ; ils 
assistaient à la visite du médecin, lui prêtaient leur 
aide dans les opérations difficiles et se tenaient prêts 
tout le jour à courir au premier appel, là où leur ser- 
vice était requis. 

« Les frères, les domestiques montrèrent un infati- 
gable dévouement. C'est miracle, que le frère infirmier, 
le bon F'rère Riette, debout du matin au soir, ait pu 
supporter tant de fatigues sans tomber malade. » 

Le travail des Pères ne demeura pas stérile. La vue 
de ces religieux, de ces prêues remplissant avec joie 
des ibnctions aussi nouvelles que pénibles, rendant les 
services les plus humbles, ne reculant devant aucune 
fatigue, aucune répugnance, s'ingéniant constamment 
à écarter l'ennui et à soulager la douleur, toucha pro- 



CHAP. m. — DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 235 

fondement ceux qui recueillaient le bénéfice de leur 
abnégation. 

Tous ceux qui sont morts à l'ambulance de Saint- 
Clément, officiers et soldats, remplirent leurs devoirs 
religieux avec une pie'té touchante. Quant aux survi- 
vants, une admirable charité ne cessa d'}' unir les bles- 
sés entre eux. Une délicatesse toute française régnait 
dans leurs relations et leurs égards mutuels ; à la part 
que tous prenaient aux souffrances de chacun, aux té- 
moignages incessants de reconnaissance adressés à ceux 
qui les soignaient, on eut dit les membres d'une même 
famille, dont le malheur resserrait les liens. 

Le R. P. Didierjean, dans son récit des deux der- 
nières années de Saint-Clément, cite un grand nombre 
de traits qui montrent la vaillance, l'énergie de ces 
braves soldats et confirme cette opinion acquise par 
tous ceux qui ont vu de près cette magnifique aimée : 
des hommes de cette trempe, conduits par des chefs 
animés de la crainte de Dieu, eussent bravé tous les 
ennemis et remporté d'éclatantes victoires. Nous ne 
nous étendrons pas sur les souffrances endurées pendant 
ces jours lamentables, les privations de tous genres, 
la corruption de l'air vicié qui avait engendré la pour- 
riture d'hôpital, au milieu de laquelle les blessures ne 
pouvaient plus guérir, les exhalaisons des ambulances 
et la malpropreté des camps dans lesquels nos malheu- 
reux soldats durent subir les intempéries d'un automne 
froid et pluvieux. Toutes ces causes, jointes aux souf- 
frances morales, aux fatigues de jour et de nuit, ébran- 



236 



LES JESUITES A METZ 



lèrent les santés : vingt-quatre Pères ou Frères tombèrent 
successivement malades. 

Quelques scènes de famille (on ne pouvait dire alors 
des fêtes) apportèrent une consolante diversion aux 
peines et aux labeurs journaliers. 

L'une des plus émouvantes, dont nous empruntons le 
récit au P. Didierjean, fut ménagée le i6 octobre, par 
les officiers de l'ambulance au bon et si dévoué docteur 
Warin, dont le mérite enfin reconnu venait d'être ré- 
compensé par la croix de la Légion d'honneur. 

« L'occasion était belle pour ces cœurs délicats d'ex- 
primer à l'infatigable médecin, leur admiration et leur 
gratitude ; ils ne la manquèrent pas. Tous se mirent 
en frais; l'un fi-t un discours, l'autre une pièce de vers 
français; chacun voulut concourir à l'achat d'un bou- 
quet ; les plus valides parcoururent les magasins de la 
ville pour choisir une croix digne d'être offerte au nou- 
veau chevalier : et tout cela dans le plus grand secret, 
avec le zèle qu'inspire l'affection. Tout est prêt, il est 
cinq heures du soir ; c'est le moment où le docteur 
commence sa seconde visite dans la salle des officiers. 
A peine a-t-il franchi le seuil que les applaudissements 
éclatent. Il trouve devant lui, en grand uniforme (autant 
du moins que le permettent les membres mutilés), tous 
les officiers rangés en demi-cei-cle. Un brave capitaine 
d'artillerie, le doyen de son grade, s'avance, appuyé sur 
des béquilles, un papier à la main. C'est à peine s'il 
balbutie quelques mots; les larmes qui jaillissent de 
ses yeux l'empêchent de lire ce qu'il a écrit. Alors, 
d'un mouvement spontané, il tend sa feuille au bon 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 287 



docteur et l'embrasse en sanglotant. Après lui, un autre 
capitaine présente le bouquet et un lieutenant-colonel 
attache à la boutonnière la décoration si noblement 
conquise. Pleurant de surprise, d'émotion et de joie, 
le vénérable M. Warin ne peut que prononcer quelques 
paroles sorties du cœur. Le lendemain il répétait à 
chacun : « Ah ! Messieurs, je vous remercie ! je préfère 
mille fois l'hommage de votre amitié à toutes les déco- 
rations officielles. Jamais je n'oublierai ce que vous 
avez fait pour moi. » Il ne l'oublia pas en effet, il re- 
doubla de zèle et de soins pour ces chers blessés, jus- 
qu'à négliger toute prudence et n'avoir plus souci de 
sa propre vie ; c'est à l'ambulance, comme à son véri- 
table champ d'honneur qu'il contracta, un mois après, 
la maladie qui l'emporta en peu de jours. Il mourut le 
II novembre, en admirable chrétien, ainsi qu'il avait 
toujours vécu. » 

Nous devions une place dans cette histoire de Saint- 
Clément, à cet excellent ami qui, médecin du collège 
pendant dix-huit ans, lui rendit de continuels services 
avec un dévouement que nul autre n'aurait pu sur- 
passer. 

Cette scène de famille inspira aux officiers blessés 
l'idée de laisser à Saint-Clément un témoignage de leur 
reconnaissance. Ils remirent au Père Recteur une courte 
mais expressive adresse à laquelle tous les malades 
avaient apposé leur signature, plusieurs, d'une main 
mutilée. A cette adresse était joint le produit d'une 
collecte faite entre eux, destinée à réaliser un projet 
qu'ils prièrent le Père Recteur de mettre à exécution. 



238 



LES JESUITES A METZ 



Ce projet consistait à faire graver sur une large plaque 
de marbre noir fixée dans les murs de l'église, l'ins- 
cription suivante : ' 

D. O. M. 

Gai/ici exe?\^ifus milites et Prœfecti 

irnieiilibiis iu Patriam Germaiiis 

circa Mêlas 

riilneribus morbisve coufecti 

œdibus Gymuasii Clément iaiii a Sodalibiis Societatis Jesii 

libeiiler exeepti 

beiiejicii memores. 

MDCCCLXX. 

Nous devrions ici raconter l'agonie de Metz, mais 
comment retracer des scènes dont le seul souvenir 
arrache encore des larmes. L'histoire de Saint-Clément 
est en ce moment celle de la ville et de l'armée, La 
douleur confondant toutes les âmes, on vivait d'une 
seule et même vie, on souiïrait de la même souffrance ! 

Cependant le malheur rapproche de Dieu; n'attendant 
plus rien des hommes, on se prosternait aux pieds des 
autels, implorant un miracle. Les églises étaient pleines 
de fidèles qui priaient avec ferveur. Les femmes de 
Metz, avec l'approbation de l'Evéque, firent vceu d'éri- 
ger sur la seconde tour de la cathédrale, une statue 



' Voir Pièces justificatives, note Sg. 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 'iSg 

monumentale de la Très Sainte-Vierge, sous le vocable 
de Notre-Dame de Me/-, pour obtenir que l'ennemi du 
moins n'entrât pas dans nos murs. Mais Dieu avait 
résolu de châtier la France. Pour la punir, il frappe ce 
qui faisait sa gloire. Cette admirable armée, après avoir 
subi des humiliations telles qu'aucune autre, en aucun 
pays, n'en a éprouvé de semblables, devait expier le 
crime de la nation. Metz-la-F^orte, Metz-la-Sainte, nou- 
velle Jeanne d'Arc, fut souillée, ruinée, déshonorée aux 
yeux des hommes. 

Le 29 octobre, Metz était envahie. On ne pourra ja- 
mais dépeindre l'horreur de cette journée ! Dans les 
environs, toutes les routes sont défoncées, encombrées 
de ruines, d'arbres abattus, elles sont jonchées de sque- 
lettes de chevaux, d'armes brisées, de vêtements déchi- 
rés, de débris de toutes sortes. Il tombe une pluie fine, 
glaciale, serrée. Nos pauvres soldats, épuisés de priva- 
tions et de misère, sont livrés aux Prussiens. On ren- 
contre des officiers, pleurant, sanglotant, fous de rage 
et de douleur. Pendant que les nôtres s'acheminent 
vers l'Allemagne, semant sur leur passage plus de vic- 
times que n'en eussent fait les batailles les plus meur- 
trières , les Allemands entrent dans Metz, aux sons 
d'une musique triomphale. La ville semble déserte, les 
maisons sont fermées, les rues abandonnées et l'armée 
ennemie est obligée d'enfoncer les portes pour envahir 
nos demeures. 

Un détachement de cinquante homines envahit le 
collège, le lendemain on en envoie cinq cents. L'ordre 
est brutalement signifié d'évacuer sans délai Tambu- 



240 LES JESUITES A METZ 



lance, on transporte dans d'autres hôpitaux ceux qui ne 
peuvent marcher. 

Malgré ces déchirements, la dispersion de l'ambu- 
lance arrivait à propos, car, succombant à la peine, les 
infirmiers allaient manquer aux malades. Les épidémies 
qui sévirent si cruellement à Metz, pendant le mois de 
novembre et de décembre 1870, s'étaient abattues sur 
Saint-Clément; elles achevèrent d'ébranler des santés 
déjà compromises par les soufilrances, les privations et 
les fatigues. Presque tous les Pères tombèrent succes- 
sivement malades, la plupart atteints gravement de la 
petite vérole, de la fièvre typhoïde ou de la dyssenterie. 
Quatre des plus jeunes furent emportés en peu de jours. 
Leur nom doit figurer à côté des noms des élèves de 
Saint-Clément tués pendant la guerre, car eux aussi 
sont tombés sur le champ de bataille de la charité et 
du sacrifice. Ce sont : les Pères Victor GanglolT, Joseph 
Wetzel, Romain de Week et le F'rère Célestin Collet. 
Ajoutons-y les noms des anciens Pères du collège de 
Metz, morts dans d'autres villes, victimes du même 
dévouement : les Pères Dégardin, Danet, Chenard de 
Mazières et Draulette. 

Les portes de la ville étaient à peine ouvertes que le 
Père Ministre de la maison d'Arlon arrivait à Saint- 
Clément. Emu de l'extrême misère dans laquelle il 
pensait trouver ses frères, il arrivait chargé par les 
Pères de Belgique de leur offrir de l'argent, des secours 
de toutes espèces. Les communications étant coupées, 
le bon Père avait dû, pour parvenir jusqu'à Metz faire 



CHAP. III. — DRRNIKRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 24 I 



quatorze lieues à pied, à travers les lignes prussiennes, 
par des chemins impraticables. 

A leurs travaux d'infirmiers, aux continuelles préoc- 
cupations du ministère sacerdotal, les Pères avaient 
ajouté avec intrépidité les fatigues de l'enseignement. 
Le i3 octobre, au jour marqué sur le Palmarès, en 
plein blocus, avait eu lieu la rentrée des classes. Quatre- 
vingts externes environ avaient répondu à l'appel, mais 
leur nombre, pendant les premiers mois, fut souvent 
réduit par les maladies. 

La réunion de famille qui eut lieu pour les souhaits 
de nouvelle année, le 3i décembre 1870, offrit un na- 
vrant contraste avec celles du passé. Devant les Pères, 
devant ses quatre-vingts condisciples rassemble's dans 
une salle d'études, un élève du cours de sciences lut 
une émouvante adresse au Père Recteur ; nous la re- 
produisons comme la peinture exacte de la situation et 
comme l'expression des sentiments qui jaillissaient de 
toutes les âmes. 

Mon Révérend Père, 

« Il y a un an, à pareil jour et à pareille heure, vous 
contempliez, réunis autour de vous, comme une cou- 
ronne, vos nombreux enfants jo3^eux d'offrir leurs vceux 
de reconnaissance' et d'amour aux Pères bien-aimés qui 
dirigent leur jeunesse. 

« Aujourd'hui, hélas ! ce n'est plus que l'ombre du 
passé et nous ne sommes plus autour de vous qu'une 
poignée. Mais du moins l'adversité rend plus étroits 
encore les liens qui unissent les âmes ; aussi venons- 

16 



242 LES JÉSUITES A METZ 



nous nous serrer autour de vous et autour de nos \ 

Pères, en redoublant, s'il est possible, de gratitude, de ^ 

filiale affection. ] 

1 
« Nous représentons près de vous, mon Révérend .; 

Père, la grande famille de Saint-Clément, absente et | 

dispersée. En son nom et au nôtre, nous voulons vous | 

exprrmer, à vous, mon Révérend Père et par vous, à | 

tous nos Pères, notre reconnaissance et nos souhaits, -j 

« Notre reconnaissance d'abord. Oui, merci, surtout 
d'avoir, avec un cœur ferme et une énergique espérance, 
au milieu de nos tristesses et de nos désastres, main- 
tenu Saint-Clément; merci de nous l'avoir ouvert comme 
un asile où nous pouvons continuer notre apprentis- 
sage de la vie. Nous ne serons point ingrats, certes; 
nous tâcherons de devenir ce que vous voulez faire de 
nous : des hommes et des chrétiens. Aux lugubres 
clartés de l'heure présente, en face des humiliations de 
notre pauvre Metz et de la patrie tout entière, nous 
comprenons mieux que jamais Timportance de l'édu- 
cation virile, française et religieuse que vous nous 
donnez. 

« Après nos remcrcîments, nos souhaits. 

« Des souhaits, pouvons-nous en former qui ne disent 
nos angoisses et qui n'aient pour objet les saintes 

causes de l'Eglise et de la Patrie? - j 

l 
« Par une remarquable coïncidence ou plutôt par une 

liaison naturelle qui augmente sans doute notre tris- | 

tesse, mais qui ajoute à la fernieté de nos espérances, >j 

les malheurs de l'Eglise ont suivi de près les malheurs '| 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 243 

de la France ; et les malheurs de l'Eglise et de la France 
sont devenus les malheurs de Saint-Clément. 

« Dieu veuille exaucer les ardentes prières que nous 
lui adressons pour toutes ces saintes causes, d'autant 
plus chères qu'elles sont plus éprouvées et qu'elles pa- 
raissent plus abandonnées des hommes. Ah ! qu'un 
miracle de sa Providence, changeant toute la face des 
choses, vienne consoler notre foi aussi bien que notre 
patriotisme, et donner raison à notre invincible espé- 
rance. 

«Puisse Saint-Clément revoir bientôt dans son en- 
ceinte et dans son cloître de nombreux essaims d'élèves, 
dignes de leurs maîtres, de leur qualité de Français, 
de leur titre de chrétiens ! » 

Malgré ces vœux et ces prières, l'année 1871 devait 
apporter à Metz, plus de douleurs encore et de plus 
irréparables ruines que sa devancière. Le mois de 
janvier préluda par de dures épreuves au coup suprême 
de l'annexion. 

Le 7 janvier, une quinzaine de pensionnaires ren- 
trèrent au collège. Mardi, 17 janvier à onze heures et 
demie du soir, les Pères sont réveillés en sursaut par 
d'étranges vociférations qui retentissent dans les cours. 
C'étaient quinze ou seize cents Brandebourgeois de la 
landwehr qui envahissaient le collège. Pour s'en débar- 
rasser, des emplo\és subalternes de la municipalité leur 
avaient dit à la gare: «Allez chez les Jésuites, ils ont une 
grande maison, ils sont riches, vous trouverez tout ce qu'il 
vous faut.» Et ces quinze cents braves, que nous avons 
appris être la lie du peuple de Berlin, s'élancent à l'attaque 



244 LES JÉSUITES A METZ 



d'une demeure qu'habitent une trentaine de religieux et •< 
quelques enfants. Pas un officier n'était parmi eux. Entrés | 
par la rue des Bénédictins, ils se concertent un- instant 1 
avec leurs compatriotes casernes dans l'externat, puis, {•■ 
poussant d'horribles cris, ils- se précipitent avec une | 
incroyable violence contre les portes du grand bâtiment. | 
Elles volent en éclats. Ils se répandent dans la maison | 
par le petit escalier qui conduit chez le Père Recteur. | 
On entend partout le bruit des portes qu'ils brisent ; | 
ils traînent et maltraitent les Frères qui veulent les 
arrêter ou mcttre'quelque ordre; le Père Juster, le Père 
Hâté, d'autres Pères encore sont menacés, battus, 
souffletés. Un instant, ils voulurent fusiller le Père 
Recteur et le Père Ministre qui n'échappèrent que pro- 
videntiellement au péril. C'était une chose affreuse de 
voir, à la clarté blafarde de quelques chandelles qu'ils 
portaient, ces hommes armés, la plupart ayant des 
figures avinées et des yeux pleins de fureur, briser tout 
obstacle qu'ils rencontraient, emporter les meubles 
qu'ils trouvaient et se jeter sur les Pères qu'ils avaient 
aperçus. La chambre du Père Didierjean fut envahie 
pendant trois heures: cris, objurgations, injures en 
allemand ; deux fois le Père qui restait silencieux, vit 
les baïonnettes dirigées contre sa poitrine. Les cloîtres 
des Pères furent cependant respectés pendant la nuit 
et le Père Hâté sauvegarda le dortoir où étaient les | 
élèves en se plaçant courageusement au travers de 
la porte. " | 

A trois heures du matin, les envahisseurs semblèrent j 
se calmer, mais toute la n^aison restait en leur pouvoir. \ 

\ 



CHAP. lll. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 245 

Lorsque le jour parut, leur fureur se ralluma. Vers 
Ncpt heures, ils mirent, en brûlant des sommiers, le 
feu à l'externat. Les Pères accoururent pour rétcindre, 
pendant qu'un grand nombre de ces héros, debout 
dans les cours, les poursuivaient de leurs ricanements 
et de leurs insultes. Vers neuf heures, le pillage re- 
cominença, il était cette fois organisé. Des voitures de 
receleurs stationnaient dans la rue des Bénédictins et 
se remplissaient japidement. Chaises, matelas, literie, 
linge, souliers des élèves, meubles ; tout était saisi et 
emporté. Les misérables achevaient de tout briser. Le 
cloitre même fut envahi, encore quelques instants, ils 
arrivaient au parloir et à l'Eglise, qui seuls demeuraient 
à l'abri de leurs déprédations. Pères et élèves devaient 
disparaître, sous peine d'être repoussés à coups de 
crosses de fusil par des hommes ivres de colère et de 
brigandage. Enfin à dix heures et demie, après des 
réclamations instantes qui duraient depuis quatre heures 
du matin, un officier arriva de l'Hôtel de ville. Il 
souffleta, menaça, injuria les pillards, et, au bout d'une 
demi heure, aidé par d'autres officiers, accourus pour 
lui prêter main Ibrte, il put faire évacuer la maison. 
Ces forcenés le firent, non sans cris de rage et de 
révolte. 

«Ainsi pendant onze heures, dit le P. Didierjean, 
nous avons été au pouvoir de cette soldatesque bru- 
tale, sans savoir comment cela finirait. Pour être 
juste, il faut dire que les autorités prussiennes 
en sont honteuses, courroucées; elles ont puni les 
coupables. Le Gouverneur nous a fait demander un 



246 LES .lÉSUlTES A METZ 

rapport. Les dégâts sont considérables. La police alle- 
mande nous a amené une voiture d'objets saisis chez 
une receleuse prussienne. Quatre autres receleurs ont 
été jetés en prison. 

« La ville est à la fois consternée et indignée et pen- ij 
dant plusieurs jours, les parloirs n'ont pas désempli ;; 
de personnes qui venaient nous exprimer leur sympa- - 
thique douleur. » ; 

Saint-Clément dut, au cri d'horreur que souleva cette ! 
barbare invasion, d'être exempt, pendant un mois, de | 
tout logement militaire. Ce laps de temps écoulé, l'ad- | 
ministration municipale, prit à sa charge et sous sa 
responsabilité les bâtiments qui environnent les cours; 
elle y fit faire les réparations nécessaires pour les rendre 
habitables, puis le casernement recommença, mais, de 
sérieuses précautions furent prises pour garantir les 
élèves et les Pères et pendant quelque temps le Collège 
put jouir, de ce côté, d'une sécurité relative. 

Le 2C) janvier 1871, à cinq heures du soir, les canons 
des forts annoncent la capitulation de Paris. Les an- 
goisses des journées du blocus recommencent. Le sen- 
timent religieux, le seul qui puisse trouver accès dans 
des âmes désespérées reprend toute son intensité. Le 
magnifique mandement de l'Evèque de Metz, en date 
du 2 février 1871 en est une superbe manifestation. 

Dès le i^''' mars, le bruit se répandit dans la ville, 
que Metz était cédée â l'Allemagne. Il n'était que trop 
fondé, hélas ! et le 4 mars un Père pouvait écrire: 

« Le coup fatal est porté. Le canon des forts, par 
cent coups tirés de chacun d'eux, vient de nous annon- . 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINÏ-GLÉMENT 247 

cer que la paix est signée. Metz, livré à l'ennemi, 
devient la rançon de la France. Quelle poignante émo- 
tion ! Tous les cœurs saignent et tous les yeux pleurent. 
La ville entière est consternée. Au premier coup de 
canon, les magasins se sont fermés, les maisons aussi. 
Retirés au fond de leurs demeures, les Messins gémis- 
sent amèrement sur la patrie qu'ils perdent et que le 
malheur contraint à sembler les repousser elle-même. 
Pourtant quelle ville est plus française que Metz! 

« Bon nombre de personnes priaient à Saint-Clément, 
dans l'église, quand la voix lugubre des forts se fit 
entendre. Il y eut là une indicible explosion de douleur: 
c'étaient des sanglots, des plaintes, des cris déchirants. 

«Voila bien en effet pour nous le deuil suprême. 
Pauvre Metz! pauvre Saint-Clément! pauvre et mal- 
heureuse France! » 

Nous avons vu le rôle des Jésuites sur les champs 
de bataille des environs de Metz, nous les avons vus à 
l'œuvre dans les ambulances. Tels ils ont été à Metz, 
tels ils furent dans toute la France. Sans compter les 
saintes victimes de la Commune : les Pères Olivaint, 
Ducoudray, Caubert, Clerc et de Bengy, le Père Arnold 
était victime de l'explosion de Laon, les Pères de Damas 
et de Renneville blessés à Belfort , le Père Tailhan 
mis à l'ordre du jour au combat de la Malmaison. Une 
vingtaine furent victimes de leur dévouement dans les 
ambulances. A Metz, on ne pouvait signaler tous ceux 
qui s'étaient distingués, le gouvernement français se 
décida à adresser un solennel hommage à tous les 
Pères de Saint-Clément en décernant la décoration de 



248 LES JÉSUITES A METZ 

la Légion d'honneur au R. P. Recteur. En décorant le 
Père Couplet, c'était le chef, le drapeau du régiment 
que l'on honorait. Les élèves furent dignes de leurs 
maîtres et c'est avec une légitime fierté, un Jour, t^u'on 
pourra lire sur les murs de Saint-Clément les noms de 
ceux qui ont donné leur vie pour la Patrie : 

Paul Bjsiicn, né à Nancy 22 mai i85i, élève de Saint- 
Clément i8(")3-(m), engagé volontaire au b^ réglaient 
de chasseurs à cheval, décoré de la médaille militaire. 
Mort 20 nov. 1870 à Verdun des suites de ses 
blessures. 

Gaston Berger, né à Strasbourg, 19 oct. i83o, élève 
de Saint-Clément 1864-67, engagé volontaire au Sq^de 
ligne, caporal à Mentana, sous-lieutenant à Metz. 
Mort à Metz 2 oct. 1870 des suites de blessures reçues 
à Born}'. 

Henri Briot-ValroJJ', né à Bussang (Vosges), 19 nov. 
1849, élève de Saint-Clément 1860-67, engagé volon- 
taire. Tué à Gravelotte iS août 1870. 

Gaston de Buyer, né à Saint Loup, i 1 mars 1849, 
élève de Saint-Clément i<S()4-()7. Elève de Saumur 
1867, sous-officier au 'j'' chasseurs. Mort prisonnier 
de guerre à Dresde 11 février 1871. 

Raymond de Buyer, né à Besançon 2 février i85i, élève 
de Saint-Clément 1868-70, admissible à Saint-C}r 
1870, sous-lieutenant au ()3'', puis au 38^' de marche. 
Mort I juillet 1N71. 

Alphonse Chantrou, né à Toulouse, 23 août 1846, élève 
de Saint-Clément 1854. Maréchal des logis au 17'' 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 24Q 

d'artillerie. Mort à Berne des suites de blessures 
reçues à Saint-Privat le iNaoùt 1870. 

Louis Robinet de Clcry, né à Metz, 2 3 mars i<S47, élève 
de Saint-Clément i855-G(3, Saint-Cyr ifS66, sous- 
lieutenant au I 3'' Bataillon de chasseurs à pied. Mort à 
Haguenau 19 août 1870, des suites de blessures reçues 
à Wœrth. 

Charles Robinet de Clérj-, né à Metz, 2 5 février i85o, 
élève de Saint-Clément i85q-68, Saint-C\r 1868, 
sous-lieutenant au 3^ Bataillon de chasseurs à pied 
Tué à Cravelotte i() août 1870. 

Albert Jacob de la (lotlière, né à Metz, 5 déc. i85o, 
élève de Saint-Clément 1 857-63, élève de l'école cen- 
trale, engagé volontaire. Tué a Orléans 2() octobre 
1870. 

Nicolas JJelatte, né à Woippy près Metz, 2Ô déc. 1848, 
élève de Saint-Clément 1862-68, contrôleur des con- 
tributions directes, engagé volontaire 1870. Mort pri- 
sonnier de guerre à Steitin 2 janvier 1871. 

Emile "-'Delat le, né à Woipp\', 12 Juillet i84(). Elève de 
Saint-Clément i85()-6(), engagé volontaire 1870. Mort 
prisonnier de gueire en Allemagne 1871. 

Robert Didio, né à Munster (Haut-Rhin), K) oct. 1849, 
élève de Saint-Clément 1867-69, Saint-Cyr 1869, 
sous-lieutenant au 120^ de marche. Tué à la Malmai- 
son 27 oct. 1870. 

Jeaii de Geojj're de Chabrig-nac, né à Vendôme 22 mai 
I 845, élève de Saint-Clément 1 863-65, emplo\é à la 
Banque de France, engagé volontaire aux zouaves de 
Charette. Tué à Champagne 10 janvier 1871. 



2:do 



LES JESUITES A METZ 



Joseph de Goite, né à Napoléon-Vendée, lo déc. 1844, 
élève de Saint-Clément i86i-()4, Saint-Cyr 1864, 
sous-lieutenant au 2"' zouaves. Tué à Wœrth 6 août 
1870. 

Camille de Goiirjaiilt, né à Mézières, 24 mars 1845, élève 
de Saint-Clément i83(')-5(), lieutenant au S*-' hussards. 
Mort 19 juin \X-j2 des suites de la guerre. 

Léon Hanriou, né à Tulle, i5 juillet 1849, ^l^ve de 
Saint-Clément 1 N()3-()7,Saint-C\'r i 807, sous-lieutenant 
d'état-major iNImj. Tué au Bourget 3o octobre 1870. 

Mieliel Hème, né à Thoré (I.oir-et-Cher), 24 oct. i85i, 
élève de Saint-Clément 1861), engagé volontaire, ca- 
poral au 3'' bataillon de marche de chasseurs. Tué à 
Villerceaux 14 déc. 1870. 

Paul Hein-y, né à Metz, 23 oct. 184N, élève de Saint- 
Clément i(S(u), engagé volontaire au ii"-' dragons, 
maréchal-des-logis, porte-fanion du général de Lad- 
mirault. Tué à Gravelotte i<S août 1870. 

Charles Hérard, né à Metz i84(), élève de Saint-Clé- 
ment 1 858- 1863, garde mobile de Metz, décoré de la 
médaille militaire, lieutenant de mobiles (armée du 
Nord). Tué 1871. 

Augitsle Herbiu, né à Strasbourg, 28 déc. 1841 , élève 
de Saint-Clément 18S4-39, garde-mobile à Strasbourg. 
Tué à Strasbourg octobre 1870. 

Joseph Ro^ée d'Iiifrerille, né à CreuUy (Calvados), élève 
de Saint-Clément i(S()i-()7, Saint-Cyr 1NG7, sous-lieute- 
nant d'infanterie. Tué 1 N7 i . 

[Robert le Jumeau de Kergaradee, né à l'aris, 5 mai 
184^, élève de Saint-Clément i<X(M)-hi, Saint-Cyr 



CHAP. m. — DERNIERES ANNEES DE SAINT-CLÉMENT 25 I 

1864, lieutenant au 78' d'infanterie. Tué à W(crth 
() août 1870. 

Paul Klein, né à Metz, 6 juin 1842, élève de Saint- 
Cnément 1852-62, avocat à Metz, volontaire détaché 
au.\ ambulances de Metz où il est mort le 20 janvier 
1S71. 

Paul Lacour, né à Bruyères, 2() janvier i852, élève de 
Saint-Clément i8()5-(7, garde mobile 1870. Tué à 
Belfort 1871. 

Maurice de LardciJielle, né à Puxe (Moselle), 5 juin 1847, 
élève de Saint-Clément i855-64, Saint-C^r 1867, 
sous-lieutenant au 94^ de ligne. Mort à Metz 22 août 
1870. 

Odon de MeclceNlieiin,n(id Diozières (Loir-et-Cher) 1844, 
élève de Saint-Clément 1862-63, volontaire pontifi- 
cal 18(37. Tué à la bataille du Mans i 1 janvier 1871. 

Maurice du Pont de Rouiémont, né à Nancy, 14 déc. 
184g, élève de Saint-Clément i864-6(), maréchal-des- 
logis au 5*-" chasseurs à cheval. Mort prisonnier de 
guerre 16 déc. 1870 à Wittemberg. 

Casi>nir de Pajfélis-Soissaiis, né à Cavaillon, 28 février 
1848, élève de Saint-Clément 1866-68, Saint-Cyr 
1868, sous-lieutenant au [)[f de ligne. Tué à Reichs- 
hoffen 6 août 1870. 

Olij'ier de Saillr, né h Metz, 20 juillet 1848, élève de 
Saint-Clément i8()3-67, Saint-Cyr 1867, sous-lieute- 
nant au 44^' de ligne. Tué à Saint-Privat 18 août 1870. 

Viri^'ile Sibille, né à Herny (Moselle), élève de Saint- 
Clément 1 86)3-66, Saint-Cyr 1866), sous-lieutenant 
d'infanterie. Tué 1871. 



2D2 



LES JESUITES A METZ 



Ulric Stoffels, né à Warsberg (Moselle), 23 sept. 1S46, 
élève de Saint-Clément iS55-hb, Saint-Cyr 1866, 
sous-lieutenant au (jS'" de ligne, chevalier de la Légion 
d'honneur. Mort à Metz des suites de ses blessures 
le i3 octobre 1 870. 

Anatole Thiriet, né à Metz, ("> mai 1843, élève de Saint- 
Clément 1852-55, zouave pontifical i8()7, sous-offi- 
cier au 4"' zouaves 1870, blessé à Paris. Mort à Metz 
2 5 août 187 I . 

Edmond J^ailLiiit, né à Metz, 23 février 1-^48, élève de 
Saint-Clément i855-()i, franc-tireur de Metz. Tué à 
^'^an^' 2 3 sept. 1 870. 

Joseph de l^aubernier, né à I>aval 26 janvier 1845, élève 
de Saint-Clément i85c)-62, zouave pontifical 1867. 
Tué II janvier 1871 a la bataille du Mans. 

A ces noms il est juste d'ajouter ceux des élèves tués 
dans d'autres expéditions : 

Laufranc de Beeeary, né à Ancy-sur-Moselle, 2 mai 
1844, élève de Saint-Augustin iX52-55, zouave pon- 
tiUcal 1857. Tué a Castelfidardo i8()i. 

Paul iJoynely né à Torchamp (Orne), i 3 juin 1847, ^lève 
de Saint-Clément iN<)("), zouave pontifical, Chevalier 
de Pie IX. Tué à Mentana 1N67. 

Léon Coulon, né à Saint-Omer, 28 juillet 1840, élève de 
Saint-Augustin i(S52-55, médecin de la marine mili- 
tai le. Mort au Mexique iNi^^. 

Hitmbert Ferrand, né h Belley, 23 avril 1N45, élève de 
Saint-Clément iN(')3-(')5, Saint-Cyr i<S()5, chef de ba- 
taillon des tirailleurs sénégalais. Mort au Sénégal 
1884. 



CHAP. m. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 253 

Joseph de Larminat, né à Bcaurieux (Aisne), 2 fcv. i852, 
élève de Saint-Clément i8(j2-(38, école navale iHCx), 
lieutenant de vaisseau. Mort au Tonkin iN85. 

Henri Maugin, né à Commercy, irS oct. 1837, élève de 
Saint-Clément i8()r)-(39, lieutenant au 1.4.3^' de ligne, 
chevalier de la Légion d'honneur. Tué à Lang-Son 
2(5 mai i885. 

Charles Marin de la Haye, né à Versailles, 28 avril i85o, 
élève de Saint-Clément i86()-r)8, capitaine au i'"'' ré- 
giment étranger. Tué au Tonkin 12 octobre 1S88. 

Augnste de Mayerhofl'en, né à Metz, 3 i juillet 1 856, élève 
de Saint-Clément i8r)5-(")7, capitaine adjudant-major 
au 2"^ régiment étranger. Tué à Chin-Hoa (Tonkin) 
7 février i8r)i . 

AlheiH Thomas de Colligny, né à Sarreguemines, 3i mars 
1855, élève de Saint-Clément i8()3-72, capitaine au 
3"' bataillon de tirailleurs algériens. Tué au Tonkin 
28 octobre i 885. ^ 

Après l'annexion, l'existence même de Saint-Clément 
semblait menacée. Dès les premiers jours, la suppres- 
sion du collège avait été résolue dans les conseils de 
l'administration allemande. Une intervention aussi gé- 
néreuse qu'inattendue vint modifier cette résolution. 
Ce fut celle d'un médecin anglais, excellent catholique 
et cœur dévoué, accouru dans Metz, dès le début de la 
guerre, pour secourir nos blessés. D'après lui, il était 



' Voir Pièces justificatives, note 60. 



2 54 l'E^ JÉSUITES A METZ 

iinpolitie]ue au premier chef de détruire une école chère 
aux Messins, alors d'autant plus aimée qu'elle était leur 
unique ressource pour l'éducation de leurs enfants. 
Pourquoi froisser ainsi gratuitement et sans nul profit, 
le sentiment d'une ville entière, déjà si profondément 
atteinte par les derniers évèneiTients ? Les Pères étaient 
populaires. Leur dévouement et leurs services avaient 
mérité dans Metz l'aûection de toutes les classes. Les 
chasser, c'était provoquer l'émigration en masse de la 
société dont ils élevaient les fils. Qu'avait à craindre le 
gouvernement prussien du maintien de Saint-Clément? 

Le Préfet de la Lorraine, le comte Henkel de Don- 
nersmarck, grand seigneur cosmopolite, habitant Paris 
six mois de l'année, membre du Jockey-Club, était ar- 
rivé à Metz avec la conviction qu'il allait rallier immé- 
diatement la population au nouvel état de choses. Pour 
lui, il comptait recevoir des Messins, un aussi bon 
accueil que celui qui avait été fait par les populations 
rhénanes aux administrateurs français du premier em- 
pire. Tout porté à la conciliation, il fit valoir auprès 
du gouvernement l'opinion du médecin anglais. 

Ces considérations prévalurent ; aussi un Père écri- 
vait le 3o mars : 

«Notre existence à Metz semble dorénavant assurée. 
Aujourd'hui même le Secrétaire Général de la Préfec- 
ture est venu déclarer au Père Recteur que non seule- 
ment nous pouvions continuer notre œuvre en toute 
liberté, organisant à notre gré l'enseignement, mais, que 
même, on nous priait de le faire dans l'intérêt de la 
ville et du pa^^s. » Ajoutons qu'une lettre officielle du 



CHAP. III. DERNIÈRIÎS ANXIÎES DE SAINT-CLÉMENT 235 



Commissaire pour l'instruction publique pour l'Alsace 
Lorraine fut remise au mois d'avril par le nouveau 
Préfet, Baron de Kœnneritz, confirmant cette décla- 
ration et reconnaissant ces mêmes droits. 

Nous n'essaierons pas de redire la mission toute de 
charité et de dévouement que les Pères eurent à remplir 
au milieu des populations soumises à une domination 
abhorrée. Que d'âmes abattues, découragées, à relever 
par les pensées de la foi ! que d'infortunes de toutes 
sortes à secourir! Ils s'y emplo^'èrent sans relâche. De 
loin aussi, on faisait appel à leur zèle, qui dut franchir 
les obstacles et les frontières. C'étaient des services 
réclamés par nos soldats et nos officiers pendant leur 
captivité ou depuis leur retour; d'autres fois, c'étaient 
les angoisses de mères, de femmes chrétiennes qu'il 
fallait adoucir en transmettant les détails recueillis sur 
les derniers moments de fils ou d'époux tués dans les 
combats sous Metz ; plus souvent encore, c'étaient de 
chères dépouilles qu'on devait rechercher, exhumer 
péniblement des champs de bataille, afin de procurer 
à des familles en deuil une dernière consolation. 

Au saint jour de Pâques, Metz souffre d'une peine 
encore plus grande; la résurrection qu'elle attend avec 
une fiévreuse impatience semble toujours s'éloigner. 
Mais, pendant ce temps, la foi des habitants croît de 
jour en jour et chaque nouvelle occasion en offre d'ad- 
mirables témoignages. 

Le carême prêché à la cathédrale par le Père Mon- 
sabré attirait autour de la chaire chrétienne tout ce que 
la ville contenait encore de Messins. A ces réunions, 



'2 66 LES JÉSUITES A METZ ' 

on se comptait, on remarquait les vides nombreux ] 

produits par l'exil volontaire ou forcé, on adressait ! 
d'ardentes prières au ciel, cherchant avec anxiété, dans 

l'illusion de cœurs pleins d'espérance, à entrevoir ^ 

quelques ra3'ons de lumière dans les ténèbres qui nous , 

environnaient. Les adieux du P. Monsabré, répondant ' 

à ces anxieuses préoccupations, provoquèrent un fré- \ 

missement, qui, malgré le respect du lieu saint, se j 

traduisit pai' un de ces mouvements que n'oublieront \ 

jamais ceux qui en furent témoins. \ 

Cependant le collège semblait sortir de l'état précaire '; 

où l'avait réduit les événements. A la rentrée de Pâques, i 

cent pensionnaires vinrent de l'Alsace, de la Lorraine ■ 

et de toutes les contrées de l'Est rejoindre leurs maîtres; j 

avec les cent vingt externes que fournit la ville, ils | 

repeuplèrent les classes et les exercices scolaires re- j 

prirent leur cours habituel. Malheureusement le caserne- \ 

ment militaire, qu'on dut subir jusqu'à la fin de l'année, ^ 

occupait la moitié de Saint-Clément: l'externat, le \ 

bâtiment des classes, les réfectoires, les cours étaient au ] 

pouvoir des soldats prussiens et les élèves durent se i 

trouver constamment au milieu d'un camp ennemi. | 

Cette situation ne cessa de causer une çrande ^ène, : 

parfois même créa des périls, qui rappelaient les plus j 

mauvais jours de l'occupation. Un élève donne fidèle- j 

ment dans une lettre le récit d'une rixe qui épouvanta ^ 

Saint-Clément et frappa de stupeur la ville entière: \ 

«Les autorités militaires avaient promis que nous ■ 

n'aurions plus de Prussiens à loger; on venait même i 

de nous rendre nos cours et nos classes. Le i i juin, en '• 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 2^^] 

dépit de cette promesse, un bataillon entra pendant la 
récréation de midi. Or, ce bataillon se composait de 
Brandebourgeois et de Poméraniens, race grossière, 
particulièrement laide et malpropre. Les officiers 
étaient aussi désagréables que leurs soldats. Le lende- 
main de leur arrivée, l'un d'eux vint se plaindre pendant 
la récréation au Père Surveillant que les élèves faisaient 
trop de bruit. Le Père feignit de ne pas comprendre et 
l'officier s'en alla furieux. Les Prussiens commencèrent 
alors à tracasser les élèves, crachant sur eux et leur 
jetant de l'eau sur leurs habits. Voj'ant qu'on ne ré- 
pondait pas à leurs insultes, ils résolurent d'attaquer. 
Mardi dernier, pendant la récréation de midi, ils crurent 
l'occasion favorable. Les externes étaient absents, les 
Saint-G} riens au manège et la plupart des autres grands 
étaient aux répétitions de musique et de la sacristie; 
il 3' avait donc en tout dans la cour, une cinquantaine 
d'élèves dont quatre ou cinq grands seulement et trois 
Pères. Il y avait de quoi exciter l'ardeur de ces nobles 
guerriers; jamais, ils n'avaient eu occasion de battre des 
Français avec un si grand avantage numérique. 

« Après quelques coups de poing perdus, ils em- 
poignent Maurice Neuville qui venait au milieu d'eux 
ramasser sa balle, l'acculèrent contre le mur du gvmnase 
et commencèrent à le frapper avec les bâtons crochus 
dont les élèves se servent pour le jeu de balles. Le Père 
Mctor Stumpf s'élança, en saisit un au collet et le colla, 
lui aussi, contre le mur. Alors plusieurs prussiens se jettè- 
rent sur lui et l'un d'eux lui assena par derrière sur la tête 
un coup de bâton tel qu'il l'aurait assommé si sa birette 

17 



2 68 LES JÉSUITES A METZ : 

ne l'avait protégé. Il parvint néanmoins, grâce au secours • 

de Foch et de quelques élèves à se tirer de la bagarre v 

avec Neuville et Odinet ; ce dernier avait été renversé ■ 

par les Prussiens et à moitié assommé à grands coups \ 

de poing sur la tête, non sans se défendre énergique- ^ 

,1 
ment. Pendant ce temps, Poncin avait terrassé un ] 

allemand qui ne fut pas à son aise pendant la bataille. 
Le Père Patris y était aussi, mais sa taille le fit ] 
respecter, les Prussiens n'aiment pas à s'attaquera ces 
gens-là. La mêlée s'étendait à toute la cour, elle menaçait ^ 
de devenir sanglante, plusieurs soldats tiraient leurs ^ 
couteaux et d'autres allaient chercher leurs armes. ..i 
Heureusement on prévint les Pères qui se promenaient >?' 
dans le cloître. Tous accoururent, se mirent entre les î 
assaillants et les élèves, et entourant ces derniers comme '^ 
d'un cordon de sûreté les firent au plus vite sortir des 5 
cours; puis on ferma les barrières. Plusieurs Pères | 
furent brutalement frappés pendant ce mouvement de | 
sauvetage. Comme de juste, les officiers étaient absents | 
au moment de la bataille; les sous-ofticiers n'osèrent | 
retenir leurs hommes, ni même se montrer. Des Pères 1 
allèrent les trouver sur le champ dans leurs retraites, .i 
et se plaignirent hautement d'une si lâche aggression, 
dont ils rendaient responsable leur négligence. LTn chef 
qui survint par hasard prit l'affaire à cœur et nous rendit 
justice. Les soldats furent immédiatement consignés 
sous les hangars et vers la fin de la récréation, nous } 
reprîmes devant eux possession de nos cours, en pous- 
sant des cris de triomplie. 

«Vingt-quatre élèves portaient la trace des coups 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 2bg 

qu'ils avaient reçus. Neuville et Odinet avaient des 
blessures saignantes ; heureusement aucune n'était 
grave. Sans retard, on conduisit au palais du gouver- 
nement les vingt-quatre contusionnés, voulant faire 
constater les preuves de la brutalité des soldats. Ils ne 
furent pas reçus, mais on remit un mémoire, contenant 
avec des plaintes trop légitimes, une énergique récla- 
mation contre la continuation du casernement. Qu'en 
adviendra-t-il ? Pour qui connaît le fétichisme militaire 
qui existe outre Rhin, il ne serait pas étonnant de voir 
le jugement clos par la sentence connue : Les battus 
paient l'amende. » 

L'affaire n'eut pas cette conclusion par trop arbi- 
traire. Si le logement des troupes ne cessa d'être 
imposé à Saint-Clément, l'autorité prit du moins des 
mesures pour maintenir parmi elles une exacte disci- 
pline et prévenir le retour de pareilles scènes de sau- 
vagerie. 

Au milieu de ces difficultés journalières, peut- 
être à cause d'elles, nous dit le Père Didierjean, les 
élèves prirent à tache de consoler leurs maîtres par 
leurs vertus. Le travail, la régularité, l'obéissance, un 
charmant esprit de famille ne cessèrent de régner 
parmi eux. Les tristes événements qui se déroulaient 
sous leurs yeux semblaient les avoir mûris avant l'âge. 
Jamais ils n'avaient si bien compris l'importance d'une 
éducation toute virile et chrétienne, seule capable de 
les rendre utiles au relèvement de la patrie. 

Les fêtes religieuses se succédaient, apportant à la 
population messine le seul adoucissement possible à la 



26o LES JÉSUITES A METZ M 

douleur amère qui les étreignait. Le ii juin 1871, le f 

diocèse était consacré solennellement au Sacré-Cœur f 

de Jésus ; ce fut une véritable explosion de foi, exaltée ^ 

par la solidarité du malheur et du patriotisme. Le ^ 

Maire, le Conseil municipal, tous les Messins suivaient | 

'y 

le Saint-Sacrement porté triomphalement dans les rues | 

de la cité. L'Evèque avait formellement refusé l'escorte j 

et la musique des régiments Bavarois; les pompiers -; 

de Metz, en grand uniforme, formaient la haie et leurs j 

clairons redisaient les vieilles sonneries françaises qu'on | 

n'avait plus entendues depuis le jour de la capitulation. 

En même temps, la Mutte remplissait les airs de sa 

voix majestueuse : la population était comme trans- ': 

figurée dans cette atmosphère de prières et d'encens. '■» 

Le 1(3 juin, jour où la catholicité acclamait Pie IX | 

atteignant les années de Pierre, c'est à Saint-Clément ^ 

que la procession déplo3^a ses splendeurs en traversant | 

les cloîtres et les cours. Pour avoir un caractère plus -* 

i 

intime, cette cérémonie n'en était pas moins émou- .^ 

•î 

vante, car, à l'abri des regards indiscrets, la piété unie i 

au patriotisme pouvait plus librement se donner ; 

carrière. ) 

Le double amour de l'Eghse et de la France lut | 

l'énergique stimulant de la piété des élèves, qui, alors, -\ 

plus que jamais, se montra sérieuse, active, suggérant | 

de nobles pensées, produisant le dévouement et la ; 

fidélité au devoir. Saint-Clément avait salué par de J 

joyeux transports, cette fête du i() juin, unique dans 5 

l'histoire, providentielle consolation donnée à l'Eglise | 

universellement persécutée, récompense divine réservée j 



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CHAP. III. — DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 26 I 

au Souverain Pontife si cruellement éprouvé. Les 
élèves qui faisaient partie de la Congrégation de la 
Sainte-Vierge y virent l'occasion d'affirmer l'atTection 
traditionnelle des élèves des Jésuites pour le Saint- 
Siège. 

« Le I I juin, lisons-nous dans le livre de leurs déli- 
bérations ' la Congrégation ne pouvant oublier que le 
lô de ce mois, l'immortel Pie IX termine la vingt- 
cinquième année de son glorieux pontificat, résolut, 
avec l'approbation du P. Directeur, d'envoyer à Rome, 
une adresse qui put consoler au fond de sa prison du 
V^atican, le Père commun des fidèles. Composée par le 
Préfet, le premier assistant et le secrétaire, signée par 
les h8 congréganistes de l'hnmaculée Conception et 
par 55 membres des autres congrégations, cette adresse 
fut envoyée à Rome le i3 juin. En voici la traduction: 
Très Saint Père, 

« L'an dernier Votre Sainteté daigna accueillir avec 
bienveillance, présenté par l'un de nous,^ l'hommage 



' Voir Pièces justificatives, note Gi. 

•' Au uiois d'avril 1S70, la Coni^régation de Notre-Dame des 
Anges avait envove au Souverain Pontife une adresse qui lui fut 
présentée et lue par Dom Miguel de Bragance, alors élève de 
Saint-Clément et membre de cette Congrégation. Pie IX daigna 
écouter cette lecture avec une gracieuse bonté; par de fréquentes 
approbations, il témoigna qu'elle lui était agréable. Quand elle 
fut terminée, il prit le papier, traça du doigt un signe de croix sur 
cliaque signature et écrivit au bas de l'adresse les paroles latines 
qui suivent: Die 3o aprilis 18-0. 

Dik'Ctissimi filii, rogo Deiiiii ut vos benedicat, et beiiedicjt 
pariter corda et inlelligentijs veslras, seiuper anibiiLjnles in 
Chris to Jesii. ' Pi'is P- P- J^- 



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202 l.ES JESUITES A METZ 



de notre filial amour. Voici qu'un nouveau bienfait de a 

la divine Providence nous ramène à vos pieds, pleins \ 

de reconnaissance et d'espoir. \ 

«Vous avez vu les années de Pierre! Quand tout \ 

l'univers catholique tressaille de joie, permettez, très \ 

Saint Père, à vos enfants de Saint-Clément de Metz, | 

de venir, au milieu de leurs patriotiques douleurs, i 

dans le nombre restreint que la tempête a permis de .^ 

rassembler, vous exprimer encore les sentiments d'ad- \ 

miration et de dévouement qui débordent de leurs ' 

jeunes cœurs. \ 

« Nous bénissons Dieu de toute notre âme d'avoir ,'■ 

réservé à son Eglise, en nos temps malheureux et i 

.... \ 

troublés, un si vaillant et si magnanime Pontife. L'Ini- \ 

maculée Conception de Marie proclamée, la condam- ■'', 

nation vigoureuse et constante des erreurs modernes, '\ 

la foi catholique propagée sous tous les cieux, la puis- : 

santé protection de saint Joseph donnée à l'Eglist; uni- < 

verselle, la réunion du saint Concile du Vatican et ^ 

surtout la déclaration dogmatique de l'inlaillibilité du î 

■« 

Vicaire de Jésus-Christ, splendide couronnement d'un *\ 

. . . . 3 

admirable pontificat: voilà les motifs de nos actions de \ 

grâces et de notre allégresse catholique, à ce terme de | 

vingt-cinq années que nul Pape n'atteignit avant vous. ^ 

« Sans doute, très Saint Père, les déplorables cllets / 

de la haine des impies viennent assombrir notre joie. î 

Nous connaissons leurs iniques spoliations et l'indigne } 

captivité où ils ont réduit votre personne sacrée. ; 

Aussi, de toute l'énergie de notre àme, nous protestons 

avec Vous contre cette criminelle violation de tous les } 



CHAH. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 203 

droits. Ah! Jésus ne semble avoir prolongé les années 
de Votre Sainteté que pour lui donner une plus grande 
part aux amertumes de son calice. Mais, nous le savons, 
la persécution soulferte pour la justice est la suprême 
gloire des Papes et le plus ferme fondement des espé- 
rances de l'Eglise. 

« Nous ne cessons d'implorer Dieu qu'il hâte la dé- 
livrance de notre Père. Au jour béni du i() juin, fête 
du Sacré-Cœur de Jésus, nous ferons tous. la sainte 
Communion, demandant à notre Seigneur d'abréger 
pour Votre Sainteté les jours de l'épreuve et de nous 
rendre bientôt témoins de son triomphe; heureux s'il 
est donné à plusieurs d'entre nous d'y contribuer, 
même au prix de leur vie, comme l'ont fait nos aines 
de Castelfidardo et de Mentana. 

«Nous osons, très Saint Père, solliciter de votre 
bonté paternelle pour chacun de nous une spéciale 
bénédiction qui fera la joie et sera la force de notre 
jeunesse. » 

Un second acte, manifestation de la piété des congré- 
ganistes, eut lieu le 29 juin dans la chapelle de la 
Congrégation magnihquement ornée. Renouvelant à 
Saint-Clément la cérémonie que l'Evéque de Metz avait 
accomplie lui-même en vouant son diocèse au Sacré- 
Cœur, les élèves de Saint-Clément, car presque tous 
alors faisaient partie de la Congrégation, prononcèrent 
au milieu de l'émotion générale un acte d'amende ho- 
norable qu'avaient rédigé quatre élèves du cours de 
sciences. 

Les salutaires impressions produites par de tels actes 



264 LES JÉSUITES A METZ 

demeurèrent vivantes dans les cœurs, pendant que 
Tannée scolaire achevait son cours. La piété est utile à 
tout et procure même les biens du temps ; on en eut 
une preuve nouvelle dans les succès qui couronnèrent 
les travaux des élèves. 

Une correspondance de Metz, envo3'ée à ï Espérance, 
journal qui paraissait à Nancy, les résume ainsi : 

« L'année qui vient de s'écouler au milieu de tant de 
vicissitudes a été, comme les précédentes, une année, 
de succès pour Saint-Clément. Sur cinq candidats pré- 
sentés aux examens de l'école polytechnique, quatre ont 
été déclarés admissibles, trois ont été définitivement 
admis, l'un d'eux avec le numéro (). Deux élèves pré- 
parés pour l'école centrale ont été reçus. Les vingt 
élèves admissibles à l'école militaire qui n'avaient pu 
subir, en 1870, les examens oraux à cause de la guerre, 
vont entrer prochainement à Saint-Cyr. De plus, 62 
élèves ont été reçus bacheliers ès-lettres durant l'année 
scolaire et 33 bacheliers ès-sciences. De pareils succès 
dispensent de tout commentaire. » 

Le 21 juillet 1871, le R. P. Couplet quitta Saint- 
Clément pour aller diriger le nouveau collège que la 
Compagnie de Jésus établissait à Boulogne. C'est le 
Père Stumpf qui fut désigné pour le remplacer. 

On avait vu partir de Metz, avec une grande tristesse, 
le fondateur de Saint-Clément. Sa santé, altérée par 
d'excessives fatigues, avait forcé ses supérieurs à l'en- 
voyer chercher au loin un climat plus doux. Il avait 
passé l'année iX(î() en Algérie. Là tout en prenant une 
large part aux travaux apostoliques de Mgr Lavigerie 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 205 

qui l'estimait et l'aimait, il avait continué à exercer sur 
ses anciens élèves une action qui se manifestait par une 
correspondance incessante. Sa direction paternelle sou- 
tenait les uns, encourageait les autres, venait à l'aide 
de tous par ses conseils et par les témoignages juulti- 
pliés de son affection. 

La guerre éclate, trois cents enfants de Saint-Clément 
se trouvaient sous les armes, devant l'ennemi, soit 
comme officiers, soit comme volontaires. N'a\ant pu 
prendre part aux dangers et aux fatigues de sa commu- 
nauté, le P. Stumpf obtint d'être envoyé en Alle- 
magne comme aumônier de nos soldats prisonniers. 
Il pénétra dans les camps, dans les forteresses où 
ils étaient détenus, dans les hôpitaux où ces mal- 
heureux, épuisés de fatigues, de douleurs et de 
mauvais traitements, sans nouvelles de leurs familles, 
sans secours religieux, mouraient par milliers, succom- 
bant au désespoir de leur défaite et de leur abandon. 
Bravant la contagion des maladies et trop souvent 
le mauvais vouloir des autorités prussiennes, il restait 
comme un trait d'union entre la France mutilée 
et vaincue et ses défenseurs malheureux. Il prodi- 
guait à tous des secours spirituels et corporels, se 
faisant mendiant pour scjulager les misères poignantes 
dont il était le consolateur. Sa conduite l'avait entouré 
d'une telle auréole de courage et de dévouement qu'on 
jugea que, lui seul, serait capable de remplir la dou- 
loureuse mission de défendre le collège Saint-Clément 
contre les envahisseurs. 

Peu de jours après l'arrivée du nouveau Recteur, eut 



k 



266 LES .lÉSUITKS A METZ i 

heu la distribution des prix. La grande salle étant en- '. 
core au pouvoir des troupes allemandes, on dut se réunir 

dans le dortoir situé au-dessus de l'église. La solennité j 

fut simple et modeste, ne rellétant aucune des splen- ; 
deurs du passé, en complète harmonie avec le deuil 
présent. 

Le Père Stumpf, répondant à des inquiétudes trop ' 
Justifiées, déclaia que les Pères avaient le droit et la 
volonté de rester à Saint-Clément, continuant d'oftrir ' 
à la jeunesse du pa}s une instruction française et une ■ 
éducation chrétienne. La ville entière accueillit cette ^ 
annonce avec des transports de joie dont nous rctrou- j 
vous l'écho dans un article envo\é par un Messin à un î 
journal de Nanc\' : «Je vous communique la nouvelle du \ 
jour qui réjouit tout notre pauvre Metz : nous conser- , 
vous les Révérends Pères Jésuites et l'école Saint-Clé- 
ment. Nous avions craint un instant la tianslation de \ 
cet établissement à Nancy; nos appréhensions ont dis- i 
paru. Les Pères partageront notre sort, aussi longtemps ' 
que la Providence le leur permettra : Metz leur en j 
gaideia une éternelle reconnaissance. Que Dieu nous 1 
laisse longtemps l'école Saint-Clément ! Les familles : 
chrétiennes ne cessent de le lui demander!» j 

\ 

La nouvelle année scolaire s'ouvrit le 4 octobre icSyi -j 

sous (.le rassurants auspices. Le casernement des troupes j 

de passage venait d'elle supprimé ; Saini-CJémeiit put , 

accueillir dans ses bâtiments réparés et rendus à leur ^ 

destination pi'imiiive, les nombreux élèves qui rêve- ^ 

naient habiter ses murs. La renirée dépassa toutes les 5 



CHAP. III. — DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 267 

prévisions et sembla justifier la confiance des Pères dans 
le maintien du collège. 

Le début était plein de promesses, la suite les réalisa. 
Malgré les difficultés et les menaces de la situation , 
l'année fut heureuse; l'école en a peu compté de plus 
féconde pour les élèves et de plus consolante pour les 
maîtres. 

« Notre collège, écrivait un Père au mois de mars 
1872, jouit pour le moment d'une prospérité relative ; 
il compte 410 élèves (dont 220 pensionnaires) qui tous 
font notre joie par leur bon esprit, leur travail et leur 
piété. Jamais nous ne les avons vus meilleurs, plus 
unis entre eux, plus dociles et plus aifectueux avec 
nous, plus ouverts, plus courageux et plus chrétiens. 
Le souvenir de nos désastres, q.ue rappelle sans cesse 
a leur mémoire le lieu même où ils sont, exerce sur 
leurs jeunes cœurs la plus salutaire infiuence. Dieu 
veuille qu'ils ne l'oublient jamais et deviennent des 
hommes tels qu'en réclament la F'rance et l'Eglise ! 

« L'enseignement de la langue allemande occupe une 
plus large part dans le programme. Sauf ce point, tout se 
passe comme autrefois. Les fêtes religieuses ont le même 
éclat ; les séances théâtrales, les académies littéraires 
sont aussi brillantes et attirent la même foule ou même 
une plus grande. Il faut voir l'empressement de toute 
la société messine à s'\' rendre ! 

<( Saint-Clément, ai-je maintes fois entendu répéter, 
est la grande consolation de Metz : c'est comme un coin 
de la ville demeurée terre française. Quand nous vovons 
vos élèves, nous nous laissons aller un instant à de 



208 LES JÉSUITES A METZ 



chères illusions : l'annexion nous parait un rêve et nous 
croyons être toujours au sein de notre patrie bien- 
aimée. 

« Les récréations dramatiques du Jour de l'an et du 
carnaval ont été données en grande partie par d'anciens 
élèves, venus de Nanc\', de Paris même. Elles ont rap- 
pelé la magnificence et le cliarme de celles qui eurent 
lieu en des temps plus heureux. Leur succès a été 
complet. 

« Monseigneur l'Evèque se montre plus que jamais le 
père de Saint-Clément. 11 daigne souvent honorer nos 
fêtes de sa présence. Il s'est fait un bonheur de venir 
présidei- les séances académiques de la philosophie et 
du cours de sciences élémentaires. 

« Voilà le présent : l'avenir n'est point encore éclairci. 
Puissions-nous continuer à verser un peu de baume 
sur les plaies de ce pauvre pays et y perpétuer le bien 
opéré par la Compagnie, depuis vingt ans! » 

Les mois d'été, comme ceux de l'hiver, eurent leurs 
consolations et leurs fêtes. Pendant le mois de mai, 
les élèves semblèrent rivaliser à qui témoignerait plus 
d'amour à la sainte Vierge. La division des sciences 
l'emporta sur les autres pai" une dévotion plus virile 
et de plus touchantes manifestatit)ns. Au sortir de l'une 
des réunions de la Ojngrégation, le K. Père Recteur 
dirait; «Jamais Marie n'a reçu à Saint-Cdément plus 
d'iionneur que de la part de ces jeunes hommes. » 

Les séances littéraires continuèrent d'attirei' au col- 
lège ce qui restait de la population messine. l)evant 
elle, l'académie des humanistes lit revivre, en des ta- 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 269 



bleaux pleins d'intérêt, la grande et chrétienne figure 
de Christophe Colomb ; celle des rhétoricicns mit en 
drame, le glorieux martyre de saint Herménégilde, 
premier prince catholique de l'Espagne. 

« Que la Saint-Jean d'été est un beau jour pour Saint- 
Clément, écrivait dans le J^œii iialioual du 24 juin 1872, 
le regretté M. Vaillant ; c'est la fête patronale du R. P. 
Recteur, ce supérieur obéi comme s'il était craint, 

révéré comme s'il n'était pas plus aimé encore si 

c'est possible ! Aussi ses chers élèves lui préparent-ils 
toujours une surprise, toujours bien accueillie, toujours 
charmante pour ceux qui \' prennent part. D'abord il 
y a représentation dramatique, donnée avec une grande 
pompe à la salle de récréations, enceinte coquette, ad- 
mirablement appropriée à sa destination. Dimanche 
soir, c'était la sombre histoire de Jean sans terre et les 
touchantes infortunes du jeune Arthur, son neveu, qui 
se sont déroulées devant un auditoire nombreux 

d'élèves et de parents Comme toujours, les jeunes 

interprètes ont fait merveille, c'était un assaut de bonne 
diction, d'élan, de sensibilité, de cris partis du cœur. 
Un jeune élève de seconde, Louis Bohin, sut, dans le 
rôle touchant d'Arthur de Bretagne, faire couler les 

larmes d'un immense auditoire Mais je résiste à la 

tentation d'un compte-rendu en règle, il y aurait trop 
de bonnes intentions à noter, trop de verve juvénile à 
louer, trop de noms à citer Et les ouvertures en- 
levées par la musique du collège et les choeurs chantés 
avec entrain, cela va sans dire, mais aussi avec beau- 
coup de justesse et d'ensemble, ce qui est plus dilficile. 



270 LES JÉSUITES A METZ 



Le tout terminé par le don d'un gigantesque bouquet 
otfert au héros de la fètc et par des couplets à lui 
adressés et empreints du sentiment filial qui anime 
toute l'école pour son père.... Et quels joyeux bravos ! 
quelle expansion de tendresse et de gratitude pour ce 
dévouement qui s'affirme depuis vingt ans et qui, si 
fala rolitcrint, grandira durant vingt ans encore ! Mais 
ce n'est pas tout et il y a un autre bouquet, c'est le 
discours de remerciements, d'effusion, de tendresse 
communicative du Père à ses enfants et, par extension, 
à toute l'assistance émue et charmée. Que de fine bon- 
homie, que de vues élevées, que de sensibilité discrète 
et que d'esprit ! 

« Ah ! de l'esprit beaucoup et du plus séduisant et du 
mieux inspiré. Heureux le maître qui a de tels élèves, 
mais plus heureux encore les élèves qui s'instruisent 
et deviennent hommes sous une telle direction. 

«Hier, lundi, autres réjouissances promenade 

dans les bois, déjeuner sur l'herbe, inauguration du 

nouvel établissement de bains mais départ et retour 

sans tambours ni trompettes Enfin, il n'y a pas de 

bonne fête sans lendemain ! » 

Cependant les difficultés ne manquèrent pas. Le fait 
suivant qui est rapporté par le Père Didierjean montre 
quel genre de conflits on avait constamment à re- 
douter. 

«Les élèves de la première division, au nombre de 
quatie-vingt-dix, revenant de promenade, marchaient 
sur la route de Montigny, non loin de la gare de Metz. 
A ce moment, une compagnie du (f pionniers prussiens 



CHAP. III. DERNIERES ANNEES DE SAINT-CLEMENT 27 I 



manœuvrait sur le glacis de la porte serpcnoise, à 
l'entrée de la ville. On sait qu'un français peut diflkile- 
ment regarder sans rire les mouvements lourds et 
gauches des conscrits allemands faisant l'exercice. Toute- 
fois, sans avoir souci d'un tel spectacle auxquels ils 
étaient accoutumés, les élèves cheminaient devisant 
paisiblement entre eux. A un moment, l'un d'eux, 
parait-il, ne put résister au plaisir de contrefaire la 
raideur du soldat prussien. Grand crime aux yeux du 
sous-officier qui commandait la manœuvre. Aussitôt 
celui-ci lance au pas de course son détachement, lui 
fait franchir le fossé et le jette, poussant des hourras, 
sur les élèves tout surpris de ce qui arrive. Il est aisé 
de se figurer le tumulte qui s'ensuivit, les cris indignés 
des jeunes gens contre une si brutale aggression. Ils 
ripostèrent vigoureusement aux coups reçus ; mais et 
c'était là le but des assaillants, leurs rangs furent 
bientôt rompus et dispersés. Fier du succès de sa ma- 
nœuvre, le sous-ofhcier imagine de la recommencer; 
seulement pour se précautionner contre le courage 
d'enfants désarmés, il commande aux hommes de mettre 
les baïonnettes aux fusils. C'était d'une cruauté lâche : 
on pouvait craindre des malheurs. A la vue du danger, 
les Pères Surveillants font hâter le pas aux élèves. De 
la sorte, même en obliquant, les Prussiens ne peuvent 
atteindre que les derniers rangs de la division où se 
trouvaient les plus grands et les plus robustes élèves. 
L'un d'eux, Joseph de Noinville, ancien zouave ponti- 
fical, qui s'était battu à Patay, se vit directement me- 
nacé d'une baïonnette. A l'aide d'un vigoureux coup de 



272 LES JÉSUITES A METZ 

poing appliqué sur la figure d'un pionnier, il repoussa 
l'attaque , non sans avoir la manche de son habit 
transpercée. Il n'3^ eut pas d'accident plus grave et la 
lutte finit. Les Prussiens rentrèrent triomphants sur le 
glacis, pendant que les élèves, froissés d'une si grossière 
violence, regagnaient Saint-Clément. Plainte fut portée 
au Général von Bentheim, Gouverneur de la ville, qui 
prit l'affaire au sérieux. Le sous-officier et le soldat qui 
avait failli blesser Joseph de Noinville furent cités 
devant le conseil de guerre ainsi que le Père surveillant 
et l'ancien zouave pontifical. Quelques jours plus tard, 
le gouverneur annonçait dans une lettre qu'il avait 
iniiiaé un blâme au sous-officier, mais recommandait 
la prudence. Cet incident eut du moins pour effet de 
diminuer les insultes que les soldats allemands pro- 
diguaient en toute rencontre aux Pères et aux élèves. » 
En 1872, les processions de la Fête-Dieu se firent 
avec plus de pompe encore que l'année précédente. 
L'Evéque avait vu accourir pour lui faire cortège, tous 
les hommes qui, par le rang, la position ou les lumières 
sont comme les racines et l'autorité morale d'une grande 
cité. Mêlés à l'élément populaire, ils lui donnaient 
l'exemple d'une piété qui brave le respect humain et se 
manifeste pour être une leçon en même temps qu'un 
hommage. « Le vénérable prélat^ était radieux au milieu 
de ces cœurs fidèles, en si parfaite communauté avec 



' L' Alsace-Lorraine sous la dofuijuilion alleiiiaudc, par G. d'Ei. 
STEIN Paris, Ohlinei-;, 1877, in- 12. 



CHAP. III. DERNIERES ANNEES DE SAINT-CLEMENT 27:» 



lui d'aspiration et de zèle chrétiens. Il comprenait que 
cette foule était bien à lui, parcequ'elle était à Dieu et sa 
bénédiction était celle d'un père qui voit pressés autour 
de lui et remplis de tendresse ses enfants bien aimés. » 

Ah ! qu'en ce moment, élèves et anciens élèves de 
Saint-Clément, confondaient dans un même amour ces 
deux grandes tigures qu'il leur a été donné de vénérer: 
le sublime Prélat, le doux et pieux Religieux. Pour 
les bien apprécier tous deux, il fallait les entendre 
parler l'un de l'autre. Quelle sainte affection les unis- 
sait! C'est avec les larmes aux 3'eux que le Père Stumpf 
nous lisait, lorsqu'il le reçut, le mandement pour le 
carême de 1872 : 

« Nous avons été séparés violemment par la rigueur 
des événements du pays qui nous a vus naître; nous 
avons revu ce qu'avaient vu nos ancêtres, ces mouve- 
ments des deux nations portées tour à tour l'une contre 
l'autre comme les vagues de la mer : un pauvre moine, 
annaliste de Metz, en racontant, il y a huit siècles ce 
qui s'était passé sous ses yeux, écrivait notre histoire : 
u Un roi franc voulant souiiiettre à sa domination tout 
le pays jusqu'au Rhin; son adversaire réunissant ses 
princes autour de lui et assemblant de toutes parts une 
armée innombrable, puis s'avançant jusqu'à Paris et 
ravageant tout sur son passage. «^ Hélas! Metz tran- 



1 Rex Francorum... animum inlendit ut sua.' ditioni RJicnum 
usquc sibi subjugaret... Imperator... convocatis cuuctis principibus... 
innumerabilis multitudinis cogit cxercitum, usque Parisios porre- 
xit, vastata regione... 

(Alpertus, Metens. monach., de episcop. Metens.) 



2 74 LES JESUITES A METZ 



quille voyait alors le flot des armées rivales passer sous 
ses murs, et aujourd'hui la vague en se retirant l'a em- 
portée. 

« Nous sommes devenus la rançon de la France, notre 
séparation douloureuse a délivré nos frères et notre 
sacrifice a été le salut. C'est là notre sort ! Nous le 
portons avec une résignation qui en honore le malheur 
et en demandant à la religion les forces qui manquent 
à la nature. Mais c'est là notre sort. Et nous pourrions 
entendre dire quelque part, sans que tout notre sang se 
soulève, que ce que nous donnons à Dieu et à l'espé- 
rance d'une vie à venir, nous l'enlevons à cet impéris- 
sable sentiment que nous gardons au fond de nos âmes? 
Cette amertume manquerait à notre calice ? 

« Non, non, affirmons-le hautement, nos très chers 
Frères, nous tous qui croyons et confessons notre foi ; 
affirmons-le, surtout en ces jours d'épreuve, à la gloire 
de cette même foi, non moins qu'à l'honneur de la 
vérité : la fidélité à Dieu n'enlève rien à ces généreux 
sentiments de la nature. Loin de là. Le patriotisme le 
plus vif a toujours été religieux. Dans ce noble pays qui 
était encore le nôtre hier, et dont l'histoire remplit nos 
souvenirs, tout ce qui s'est fait de grand en ce sens a 
été marqué de ce caractère. Les noms seuls le disent. 
En nos jours même, malgré l'affaiblissement des âmes, 
si, par impossible, il avait fallu, comme en d'autres 
temps, le sacrifice de quelques vies pour désarmer le 
vainqueur qui nous a réclamés comme le gage de sa 
conquête, nous nous serions levés en grand nombre et 
chacun de nous aurait dit, comme Eustache de Saint 



CHAP. III. DERNIKRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 276 

Pierre, et en s'inspirant des mêmes sentiments que lui : 
« J'ai si grande espérance d'avoir pardon en Notre Sei- 
gneur, si je meurs pour ce peuple sauver, que veux être 
le premier. » 

« Il ne nous a pas été donné de nous dévouer ainsi. 
On exigeait de nous un autre sacrifice : « Puissante ville 
de Metz, disait il y a deux cents ans Bossuet, du haut 
de notre chaire, et il nous semble maintenant entendre 
retentir cette parole, quand nous entrons dans notre 
cathédrale attristée; puissante ville de Metz, ô belle et 
noble cité ? il y a longtemps que tu as été enviée. Ta 
situation trop importante t'a presque toujours exposée 
en proieJ » Nous ne l'avons que trop appris. Et, chaque 
jour, la triste réalité nous le rappelle, sans amortir nos 
regrets. 

« Mais c'en est fait. Que nous reste-t-il, que de nous 
tourner vers Dieu, non parce que nous sommes mal- 
heureux, mais parce que le malheur nous rappelle que 
notre devoir est d'aller à lui ? Quand notre patrie ter- 
restre manque, en un instant, sous nos pieds, pouvons- 
nous ne pas nous souvenir de notre patrie céleste et de 
Celui qui nous y attend? » 

Ni l'Evèque, ni le Père Stumpf ne se faisaient d'illu- 
sions. Tous deux avaient vu clairement dans les évé- 
nements qui se déroulaient depuis dix ans, la lutte 
constante de l'enfer contre Dieu. 

Au XIX^, comme au XVIIP ou au XVP siècle, que 



' Bossuet, Panégyrique de saint Bernard. 



276 LES JÉSUITES A METZ 



ce soit la révolution, qiie ce soit l'hérésie, la marche de 
renncmi de Dieu a toujours été la même. La Compa- 
gnie de Jésus a toujours été frappée la première. 

Dès que les chefs qui conduisaient les Allemands à 
l'asservissement de la F'rance eurent réussi dans leurs 
entreprises ; dès que par la constitution d'un empire 
germanique, ils eurent effectué l'affaiblissement des 
Etats catholiques qui pouvaient s'opposer à leurs des- 
seins, ils marchèrent rapidement vers leur but. 

Une loi impériale du 4 juillet 1872 prononça l'expul- 
sion des Jésuites. Elle fut mise en vigueur en Alsace- 
Lorraine par un décret du 8 du même mois. 

Cette nouvelle retentit à Metz comme un coup de 
foudre. 

Le maire de Metz, ce noble et digne patriote, qui, lui 
aussi, mourut mart3/r de son devoir, Paul Bezanson 
convoque immédiatement le Conseil municipal et 
adresse, au nom de la ville entière, au Gouverneur 
d'Alsace-Lorraine, la délibération suivante votée par 
l'unanimité des membres du Conseil : 

« Les dernières nouvelles des journaux, concernant 
l'extension probable à l'Alsace-Lorraine de la loi de 
proscription votée par le Reichstag contre les Jésuites 
d'Allemagne, ont jeté les plus vives inquiétudes dans 
la population messine et dans toutes les familles fran- 
çaises qui, jusqu'ici en si grand nombre, ont confié l'é- 
ducation de leurs lils à l'école Saint-C^lément de Metz. 

« L'administration municipale de Metz elle-même se 
préoccupe à juste titre d'une question qui tient si pro- 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 277 

fondement an C(eur des habitants et touche aux plus 
graves intérêts de hi cité. 

u L'école Saint-Clément, depuis vingt ans qu'elle 
existe, n'a cessé d'être pour la ville de Metz un foyer 
de civilisation, une source toujours croissante de ri- 
chesses matérielles, un précieux secours offert aux fa- 
milles pour l'éducation de la jeunesse. 

u La célébrité que lui ont value ses succès lui attire 
chaque année en mo\'enne prés de cinq cents élèves, dont 
plus de trois cents pensionnaires venus non-seulement 
des départements voisins, mais encore des provinces 
les plus éloignées de la France. 

«On peut évaluer à un million l'argent que chaque 
année l'école Saint-Clément met en circulation dans la 
ville de Metz, sans parler des sommes considérables 
dépensées, soit par les familles que cet établissement 
attire et fixe dans la ville, soit par les parents des élèves 
dans leurs visites et leurs séjours plusieurs fois renou- 
velés durant l'année scolaire. 

« L'administration municipale a l'intime et doulou- 
reux pressentiment que le départ des Pères Jésuites de 
Metz et la fermeture de l'école Saint-Clément achève- 
ront de ruiner le commerce, précipiteront l'émigration 
des familles les plus aisées et contribueront beaucoup 
à léduire sous peu cette ville, autrefois si florissante, à 
l'état de désert et de dénuement. 

« C'est sous l'empire de cette préoccupation pénible 
que l'administration municipale prend la liberté de 
s'adresser à M. le Gouverneur général de l'Alsace-Lor- 
raine, pour le prier de vouloir rassurer les populations 



278 LES JÉSUITES A METZ 

alarmées et par la re'ponse aux questions suivantes fixer 
les familles dans les déterminations qu'elles ont à 
prendre pour leurs personnes, leurs biens et l'avenir 
de leurs enfants. 

« i*" l)ans le cas où la loi projetée contre les Jésuites 
d'Allemagne serait promulguée et de fait étendue à 
l'Alsace-Lorraine , l'école Saint-Clément pourrait-elle 
continuer d'exister à Metz, à titre de colonie française, 
sous la direction de professeurs exclusivement français? 
Ces professeurs s'engageraient sur l'honneur à ne rien- 
lai re de contraire aux lois du pays ; au reste la conduite 
digne et lo\'ale de ces Messieurs pendant ces deux der- 
nières années est une garantie sûre de l'avenir. 

« 2" Dans le cas où le gouvernement allemand n'ac- 
corderait pas le maintien de l'école Saint-Clément, même 
à titre de colonie française, l'administration municipale 
et les directeurs de l'établissement pourront-ils compter 
d'être avertis officiellement de la suppression, au moins 
un an d'avance, cela pour éviter de jeter la perturba- 
tion dans les familles, pour empêcher toute interruption 
subite et fatalement préjudiciable dans les études de 
tant de centaines de jeunes gens, enfin pour laisser à 
l'établissement le temps strictement nécessaire de pré- 
parer dans une autre contrée une installation ayant les 
proportions de Saint-Clément. 

« 3" Dans le cas de cette garantie d'une année au 
moins d'existence après l'avis officiel de la fermeture de 
réc(jle, les élèves appartenant à des familles d'origine 
française ou qui auront opté pour la nationalité Iran- 



CHAP. III. DKKNIKRES ANNEES DE SAINT-CLEMENT 27g 



çaise, jouiront-ils à l'école Saint-Clément des mêmes 
garanties de séjour que par le passé? 

« L'existence d'une colonie française à Metz ne serait 
pas un fait exceptionnel : il y a un collège français à 
Constantinople. Elle serait la compensation naturelle 
des soins que pendant vingt ans les Pères n'ont cessé 
de prodiguer aux intérêts matériels et moraux d'une 
population allemande qui ne comptait pas moins de 
cinq mille personnes. » 

Deux jours après, les Dames de Metz, si nobles et si 
fières dans leur deuil patriotique, acceptaient l'humble 
rôle de suppliantes. Malgré une répugnance bien natu- 
relle, elles s'adressèrent au cceur d'une femme qui sem- 
blait pouvoir mieux comprendre leurs inquiétudes de 
mères et envoyèrent à Tlmpératrice d'Allemagne la 
supplique suivante, signée par quatre cents d'entre elles. 

Madame, 
« Les mères de famille de la ville de Metz, soussi- 
gnées, se sont justement émues à la pensée de voir 
leurs enfants privés, par le départ des Pères Jésuites, 
de l'éducation solide et morale qu'ils reçoivent au col- 
lège Saint-Clément. Elles osent supplier Votre Majesté 
de solliciter S. M. l'Empereur de laisser subsister à 
Metz ce bienfaisant établissement, qui y est entouré des 
plus légitimes sympathies. Qu'elle daigne lui demander, 
en leur nom, d'épargner à l'Alsace-Lorraine l'applica- 
tion de la loi votée contre la Compagnie de Jésus, ou, 
en tous cas, d'en retarder l'exécution, de manière à ne 
pas interrompre dans son cours l'année scolaire qui va 
prochainement recommencer. 



28o LES JÉSUITES A METZ 

ce llne période de transition pareille à celle que nous 
traversons amène, hélas ! de nombreux déchirements : 
que Sa Majesté laisse du moins à ceux qui veulent 
rester dans leur cité natale, de laquelle tant de leurs 
amis se seront éloignés, la consolation de pouvoir y 
procurer à leurs iîls une éducation dont la solidité est 
garantie à leurs \'eux par l'expérience et le dévouement 
de ceux qui la donnent. Que l'Empereur, nous l'en 
conjurons, n'éteigne pas bruscjuement ce to3'er de 
science, de lumières et de foi; qu'il daigne comprendre 
le prix que nous attachons, nous, mères chrétiennes, à 
voir nos enfants y former leurs cœurs et leurs intelli- 
gences ! Que sa décision ne force pas nos familles à 
subir ou la désolante nécessité d'une séparation nouvelle, 
ou celle d'une expatriation qui rendrait plus rapide et 
plus complète encore la dépopulation de notre ville. 

u Madame, ce sont des mères de famille qui, au nom 
des intérêts qui leur sont les plus chers, sollicitent le 
cœur de Votre Majesté. ]"dle daignera écouter leurs 
voix, elle se souviendra, en même temps que Saint- 
Clément a été, vingt ans entiers, pour les Allemands 
pauvres résidant à Metz, le siège d'une (cuvre qui leur 
donnait des protecteurs, leur rendait la famille et comme 
l'image de la patrie. » 

Ces suppliques montrent les étranges illusions que 
l'on se faisait alors à Metz sur le régime que le chan- 
celier de l'Empire entendait infliger aux vaincus. La 
municipalité n'obtint jamais de réponse à sa délibé- 
ration du I 3 juillet. 

Quant à la pétition des Dames, il leur fut fait, cinq 



CHAl>. 111. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 28 I 



mois plus tard, après l'expulsion des Jésuites, une ré- 
ponse grossière et dérisoire. 

Il est inutile de dire que pas un élève de Saint-(llé- 
nient ne se présenta pour entrer au Ivcée allemand. Ils 
ne tirent du reste que suivre l'exemple donné par les 
fonctionnaires de toutes les catégories. Pas un magis- 
trat, pas un seul titulaire des administrations de l'Etat, 
malgré les offres les plus brillantes et les tentatives de 
séduction incessamment répéte'es, n'a accepté l'investi- 
ture de l'ennemi. Dans tout le département de la Lor- 
raine, on ne compta que deux délections, toutes deux 
étrangères à l'ancien déparlement de la Moselle : un 
garde général des forets et un vieux juge de Vie. 

Nous renonçons à dépeindre l'explosion de douleur 
indignéequi accueillit le fatal décret dans la villcentière. 
Ce fut pour Metz un nouveau deuil public. Les jour- 
naux de M. de Bismarck mêmes ne purent en cacher 
leur étonnement. 

La Galette d'Elberfeld disait dans sa correspondance: 
u On se rendra diflicilement compte en Allemagne de 
l'émotion produite dans toute la ville de Metz par la 
loi contre les Jésuites. Ils ont là de nombreux amis 
très chauds, très puissants. Jusqu'à la fin on espérait 
les garder, et voilà que tout espoir est évanoui. Leur 
départ sera le signal de l'émigration d'un grand nombre 
de familles. Les Jésuites, en effet, jouèrent un si grand 
rôle dans les habitudes sociales du pays que leur absence 
fera un vide impossible à combler. Et vraiment on ne 
peut nier qu'il n'y ait chez eux des hommes très re- 
marquables, dignes de tout respect, jouissant de la plus 



282 LES JÉSUITES A METZ 



haute considération et d'une aifection universelle. Mais 
c'est le cas de rappeler le proverbe : Dura lex, sed Icx. » 

Dès L]ue l'expulsion des Jésuites fut annoncée, deux 
manifestations touchantes se produisirent. 

La première fut celle du clergé. 

A la fin de la retraite sacerdotale, les prêtres du dio- 
cèse avaient déjà hautement exprimé dans une chaleu- 
reuse adresse remise au Père prédicateur de la retraite, 
la part qu'ils prenaient aux épreuves et à la persécution 
que subissait la Compagnie de Jésus dans Metz. Les 
curés de la ville voulurent faire une démarche plus 
significative encore. Le journal allemand de la I^réfec- 
ture, ayant prétendu que le clergé séculier voyait le 
départ des Jésuites sans regrets, on lui répondit par la 
note suivante : 

«Mardi dernier, les curés de la ville de Metz se sont 
rendus auprès du R. P. Recteur des Jésuites de Saint- 
Clément, pour lui exprimer leur dévouement respec- 
tueux, l'assurer en même temps de leur vive et profonde 
S3'mpathie, tant pour les Pères de Metz que pour tout 
l'ordre en général. 

«Ils ont voulu aussi féliciter en sa personne la Com- 
pagnie de Jésus de s'être placée toujours depuis trois 
siècles et de se trouver encore aujourd'hui aux premiers 
rangs des défenseurs de la vérité catholique, pour rece- 
voir les coups qui sont destinés à l'Eglise et à son 
auguste chef, » 

Pour les curés de Metz : 
L. Fi.ECK, curé de Saint-Martin. 



CHAP. III. — DERNIÈRES ANNÉES UE SAINT-CLÉMENT 283 



La seconde manifestation fut celle des ouvriers et 
ouvriè-res de Metz. Cette adresse revêtue de plusieurs 
centaines de signatures s'exprimait ainsi : 

Mes très Révérends Pères. 

u La proscription dont vous êtes l'objet nous atteint 
tous dans nos sentiments et dans nos afi'ections reli- 
gieuses. Nous n'ignorons pas que c'est à l'Eglise catho- 
lique que s'adresse votre bannissement. Pour nuire au 
catholicisme et, s'il se peut, pour l'exterminer, il faut 
arracher sa plus forte racine, briser son plus fort no) au ; 
c'est pourquoi la Compagnie de Jésus est la première 
chassée d'un territoire que l'erreur envahit déjà et où 
l'on veut la faire prédominer complètement. La foi s'en 
ira-t-elle loin de nos contrées, loin de cette antique et 
pieuse ville de Metz? Non, à Dieu ne plaise! Fidèles 
aux croyances de nos pères, nous serrerons nos rangs 
et nous nous montrerons d'autant plus catholiques que 
notre foi semblera plus menacée. Nous puiserons dans 
les enseignements que nous avons reçus de vous, dans 
votre exemple surtout, le courage, l'énergie, la résigna- 
tion et laissez-nous vous le dire, une profonde et invin- 
cible espérance. 

«Je viens, xMes Révérends Pères, au nom d'une classe 
que vous avez aimée, que vous avez soulagée, que vous 
avez protégée, mêler nos regrets à ceux qui vous ont 
déjà été adressés, vous faire nos adieux... l'adieu du 
pauvre et de l'orphelin, l'adieu de la veuve, l'adieu 
des ouvriers. 

« Partez, mes Pères, puisqu'on vous l'ordonne. Mais, 



284 LES JÉSUITES A METZ 

on vous l'a dit, ne secouez pas la poussière de vos vête- 
ments sur une ville qui vous fut si chère, où vous 
laissez tant de souvenirs, où tant de cœurs vous resteront 
unis, d'où tant de sympathies vous suivront. 

«Votre départ est un triomphe; être chassé pour 
Jésus-Christ, c'est une i^loire, c'est le sacrifice, le der- 
nier peut-être coiitre lequel viendra se briser la colère 
du Tiès Haut, peut-être aussi le dernier et douloureux 
holocauste qu'il demandera de nous, pauvres catho- 
liques de Metz, restant par position et par devoir, forcé- 
ment exilés de la patrie. 

« Dieu a dit et tout a été fait, il dira encore et tout 
sera retait. Et ces inénarrables angoisses de notre 
cité, ces douleurs profondes de nos âmes se conver- 
tiront sous peu, nous en avons la confiance, en de bien 
douces et providentielles bénédictions. Les épreuves ne 
duient pas toujours, pas même longtemps, disait un 
Jour en chaire, un prêtre dont nous avons gardé la 
parole. Eh bien, plus elles sont intenses, moins elles 
ont de durée. Toutes les époques de crise sociale ou 
religieuse ont eu leur libérateur; le XIX"^" siècle verra 
naître aussi un sauveur de l'Eglise et de la Patrie. 

«Mes Révérends Pères, séparés aussi bien que réunis, 
nous prierons; la prière lait qu'on se rejoint en Dieu; 
là se trouve notre force. Eaites donc votre vo\age; 
patients et résignés, nous attendrons votre retour... 
Au revoir donc et non pas adieu. 

«Vos tout dévoués et alTectionnés serviteurs et ser- 
vantes en Notre Seigneui- Jésus-(^hrist. » 

Les Oiirricfs cl Onrricres catholiques de Mely. 



CHAI\ III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 285 

Les douleurs augmentaient à mesure que s'appro- 
chait le terme fatal assigné pas les Prussiens. La dis- 
tribution des prix donna lieu à des scènes émouvantes, 
que décrit en ces termes, une très tidèle relation envoyée 
par un Messin au journal : La Décentralisation de Lyon. 

Metz, le 8 août 1872. 
LA DERNIÈRE JOURNÉE DE l/ÉCOLE SAINT-CLÉMENT (METZ) 

«La France ne saurait rester indifférente au sort de 
sa fille infortunée, la pauvre Lorraine, si cruellement 
arrachée de son sein. On creuse de plus en plus l'abime 
qui sépare Metz de son ancienne patrie. Les institutions 
françaises tombent les unes après les autres, sous la 
hache de la proscription. C'est aujourd'hui le tour de 
notre chère école Saint-Clément. Sa dernière distri- 
bution des prix a eu lieu dimanche dernier, 4 août. Ce 
fut un véritable événement pour la ville de Metz; c'est 
aussi une page de l'histoire nationale... 

«Cette année, plus que jamais, parents et élèves, 
attendaient la distribution des prix avec une anxieuse 
impatience. Ce n'était plus seulement la vue des cou- 
ronnes qui faisait battre les cœurs d'espoir ou de crainte, 
l'avenir de Saint-Clément préoccupait les esprits. 

«Le vieux Metz tout entier était venu triste et inquiet 
sur le sort des Pères. Dans les temps de prospérité, 
il s'était attaché à eux par les liens d'une si profonde 
sN'mpathie, d'une si étroite amitié. Mais, depuis le 
malheur surtout, il avait appris à connaître l'héroïque 
fidélité de leur dévouement. Et c'était aujourd'hui le 



286 LES JÉSUITES A METZ 



jour des adieux. Tous le sentaient et nul n'osait se 
l'avouer. 

« En entrant sous ces beaux cloîtres, qui, depuis 
vingt ans abritaient une si florissante jeunesse, où, 
naguère encore, se déployaient des fêtes si splendides, 
on se disait tout bas: Tout cela bientôt sera vide et 
désert, et qui leur succédera? et l'on refoulait les larmes 
prêtes à jaillir des 3'eux. Cependant, on s'avançait à 
travers les cours, en se flattant que peut-être des lèvres 
du Père Recteur tomberait encore une parole d'espé- 
rance. 

« La grande salle des exercices était comble. Les 
familles les plus distinguées de Metz, avant de quitter 
pour jainais leur malheureuse cité, avaient tenu à se 
rencontrer à ce dernier rendez- vous; Mgr Dupont des 
Loges, Evêque de Metz, présidait. 

«Quand on vit le R. P. Stumpf, Recteur de l'école 
Saint-Clément se lever de son siège et se tourner vers 
l'assemblée pour prendre la parole, impossible de redire 
le frémissement qui saisit les cœurs et le silence plein 
d'angoisses qui se fit dans tous les rangs. Il portait le 
secret des destinées de Saint-Clément. Sa bouche allait 
prononcer une sentence de vie ou de mort sur le 
célèbre établisseiTient qu'il avait fondé et glorieusement 
gouverné pendant de si longues annc'es, sur les quatre 
cents enfants qui, dans ces tristes temps, étaient venus 
se réfugier près de son cœur. 

« La parole du R. P. Recteur fut grave et digne. 
On y sentait à la fois l'émotion profonde d'une immense 



CHAl\ 111. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 287 

responsabilité et la fermeté sereine de la douleur chré- 
tienne. 

« Dans cette réunion tristement solennelle, disait-il, 
les honorables familles qui nous ont confié avec tant 
de sécurité ce qu'elles ont de plus cher, s'attendent, de 
notre part, à une communication franche et loyale sur 
les dangers qui peuvent menacer l'éducation de leurs 
fils, sur nos craintes et nos espérances pour l'avenir. 
C'est leur droit et leur devoir: c'est aussi pour nous 
une obligation sacrée de répondre sans hésitation et 
sans réticence à leur légitime anxiété. 

«.J'écarterai soigneusement de mon discours tout ce 
qui pourrait attendrir les cœurs. Pourquoi chercher des 
émotions, quand les faits eux-mêmes sont pleins de 
larmes ? Sunt lacrj-nhv rcrum. 

«.l'espère aussi que pas une parole d'amertume ou 
de blâme ne tombera de mes lèvres. La douleur chré- 
tienne doit avoir sa dignité, comme la bonne fortune, 
sa modération. Je craindrais d'ailleurs de manquer de 
délicatesse envers la divine Providence, et par là de 
diminuer nos espérances pour l'avenir. 

« 11 y a un an, dans une pareille circonstance, j'ai 
cru pouvoir annoncer une brillante rentrée et une année 
pleine d'honneur :. le ciel n'a pas trahi notre confiance.» 

Puis le R. P. Recteur traçait le tableau rapide des 
bénédictions que Dieu avait daigné répandre sur cette 
dernière année de Saint-Clément. L'antique monument, 
délabré à la suite du service des ambulances et d'une 
longue occupation militaire, était sorti de ses ruines 
et avait repris sa physionomie fraîche et sérieuse; le 



t88 LES JÉSUITES A METZ 



nombre des élèves qui avaient répondu à l'appel des 
Pères, rappelait la prospérité des anciens jours; l'esprit 
de foi surtout, l'énergie du travail, le respect de la 
règle, l'amour de l'autorité, l'attachement profond des 
enfants à leurs Pères avaient adouci à tous les diffi- 
cultés d'une position exceptionnelle. Cérémonies reli- 
gieuses, séances littéraires et scientifiques, soirées ré- 
créatives, tout s'était fait comme dans les années les 
plus régulières, avec un éclat, une distinction dignes 
des traditions du passé. 

Le succès avait répondu au travail. Sur quatre can- 
didats présentés à l'Ecole pol3aechnique, trois avaient 
été reçus; dans le cours de l'année scolaire 1871-1872, 
vingt élèves reçus au baccalauréat es sciences et vingt- 
six au baccalauréat es lettres (depuis le jour de la dis- 
tribution dix autres se sont ajoutés à la liste et sept 
d'entre eux avec une mention honorable); enfin au 
dernier concours pour Saint-Cyr treize candidats dé- 
clarés admissibles « prêts à remplacer à l'école les 
officiers sortis de Saint-Clément, qui ont si vaillam- 
ment fait leur devoir dans la dernière guerre, et dont 
plusieurs, à vingt ans, portent la croix d'honneur, et, 
ce qui est plus glorieux, de nobles cicatrices.» 

Quant à l'état sanitaire, jamais année n'avait été 
aussi heureuse. Pas un seul de ces 400 enfants qui ait 
été atteint d'une maladie tant soit peu sérieuse. 

«En présence d'un ensemble de choses si consolant, 
ajoutait l'orateur, la philosophie païenne en appellerait 
aune intervention d'en haut: Dciis nohis JilVC olia fccil. 
Nous, chrétiens, nous pouvons et nous devons voir 



CHAP. III. — DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 28c) 



dans ces bienfaits la preuve d'une protection spéciale 
de la Providence en faveur de Saint-Clément.» 

Voilà le passe, mais l'avenir? 

(« Ah ! je le sais, cet avenir, l'avenir immédiat surtout, 
est bien sombre, et vous demandez avec une inquiétude 
que les circonstances ne justilient que trop, si nous 
pourrons continuer notre œuvre ici ou ailleurs, et con- 
duire vos tils jusqu'au terme de leurs études, comme 
vous et nous, nous l'avions espéré.» 

Avant de répondre, le R. P. Stumpf crut devoir 
mentionner en passant les précautions prises par lui 
pour ce temps d'orage; les mesures de prudence que 
lui avait commandées, dès le principe, sa lourde 
responsabilité; l'autorisation donnée de vive voix et 
pai- écrit par les premières autorités allemandes de 
continuer dans les mêmes conditions que par le passé. 

C'est sur ces garanties que l'école a vécu tranquille 
jusqu'au mois de juin, époque où commençait à se dis- 
cuter au Reichstag la loi de proscription contre la 
Compagnie de Jésus. 

La sollicitude du R. P. Recteur n'avait pas attendu 
ce montent pour chercher un abri à sa chère jeunesse. 
Cet abri, la Providence semblait l'avoir ménagé elle- 
même. Dès le mois de mars, un vaste château, situé 
dans l'Est, avait été spontanément mis à la disposition 
des Pères Jésuites. Aussi, lorsque, dans le courant du 
mois de juillet, on apprit l'extension à l'Alsace-Lorraine 
du décret contre l'ordre de Saint-Ignace, le R. P. Stumpf 
avait cru pouvoir sans imprudence et sans témérité 



■iqo LES JESUITES A METZ 



répondre aux parents qu'un abri était trouvé, qu'on ne 
quitterait pas la vieille terre de Lorraine. 

Mais hélas! des obstacles auxquels on ne pouvait 
s'attendre avaient surgi tout à coup; cette planche de 
salut lui échappait des mains ; tous ses plans étaient 
déconcertés, et cela, à la veille de la distribution des 
prix, de la séparation, au moment où tant de familles 
avaient à prendre leur décision, non seulement pour 
l'éducation de leurs enfants, mais encore pour le choix 
d'un domicile et le sort de leurs biens. 

Moment cruel! Que faire? Tout espoir est-il donc 
perdu ? — Non. 

L'administration municipale veillant avec un intelli- 
gent dévouement aux grands intérêts de la cité a fait, 
auprès de la première autorité de l'Alsace-Lorraine, une 
démarche qui honore les proscrits, et dont la vieille 
population messine lui saura éternellement gré. Dans 
une Adresse fortement motivée, elle sollicite la con- 
servation de Saint-Clément comme colonie française, 
et dans le cas d'un refus, au moins le délai d'un an 
entre la promulgation de la loi et son exécution, pour 
donner le temps d'établir ailleurs une institution aux 
mêmes proportions, et pour empêcher toute interruption 
dans les études de centaines de jeunes gens. Les mères 
de famille, de leur côté, ont envo}'é à l'impératrice 
d'Allemagne une lettre inspirée par les sentiments les 
plus élevés, sollicitant le même sursis. Jusqu'à ce jour 
aucune réponse n'a été donnée. Se montrera-t-on sen- 
sible au moins aux secours de tout genre que pendant 
vingt années les Pères de Saint-Clément ont prodigués 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNEES DE SAINT-CLEMENT 29 I 

à la colonie allemande, alors que la F'rance était grande 
et la cité prospère. 

Mais l'axiome diii\i lex, scd lex prévaudra peut-être. 
S'il faut partir dans l'espace de six mois, la rentrée du 
moins pourrait-elle se faire à Saint-Clément? — Oui, 
pourvu que d'ici à peu de temps les Pères trouvent dans 
l'Est de la France un asile sûr, où l'école puisse se 
transporter sans détriment pour les santés et les études. 
Une circulaire partira le i3 août pour faire connaître 
aux familles le résultat définitif de ces pénibles investi- 
gations, et si, ce qu'à Dieu ne plaise, ces démarches 
devaient être infructueuses, ces pauvres enfants proscrits 
avec leurs maîtres, trouveraient dans les collèges de 
Dôle, de Vaugirard, d'Amiens, de Lille et de Boulogne, 
le même esprit, le même programme d'études, la même 
règle, les mêmes Pères et partant les mêmes dévoù- 
ments. 

Mais ce beau Saint-Clément, qu'allait-il devenir? 
« Eh bien ! nous le garderons, ajouta le P. Recteur 
d'une voix émue; oui, nous le garderons comme un 
monument cher à la cité messine, comme une preuve 
de l'étroite amitié qui nous lie à ces généreuses familles 
de Lorraine, comme une exhortation persévérante à la 
fidélité aux principes que nous y avons enseignés aux 
jeunes générations, enfin, comme une espérance de 
l'avenir. Quant à cette délicieuse chapelle intérieure 
où tant de jeunes gens se sont consacrés au culte de la 
Vierge, quant à ce temple, unique dans le diocèse, 
dédié au premier apôtre de la cité, nous en confierons 
la garde à l'ange de l'église de Metz, au quatre-vingt- 



292 LES JÉSUITES A METZ 



dix-neuvième successeur de Saint-Clément. Sa piété ; 

en a relevé les autels; sa générosité y a rallumé le feu \ 

du sacrifice, sa charité ne permettra plus à ce feu de i 

s'éteindre ; et quand un jour, semblables aux exilés de ] 

Babylone, il nous sera donné de revoir cette terrée bénie ; 

de Lorraine et de nous réunir autour de ces sacrés ; 

autels, nous en trouverons la flamme plus brillante et ï 

plus pure que jamais. Puisse le retour n'être pas trop ' 

éloigné du jour du départ! C est le vœu qui (ait battre ,' 

ici tous les cœurs. Ce vœu, Dieu l'exaucera. » ■; 

Ces paroles prononcées avec une confiance qui sem- 
blait tenir de l'inspiration, furent accueillies par les 3 
plus chaleureux applaudissements. Les cœurs étaient \ 
émus, les larmes coulaient des yeux. } 

La proclamation des prix ne fut, pour ainsi dire, qu'un \ 

moment de trêve laissé à la douleur. A peine Monsei- ^ 

gneur se fut-il levé pour prononcer le mot d'adieu, que ' ; 
les sanglots éclatèrent de nouveau. Sa Grandeur, d'une 

voix attendrie, remercia les Pères de Saint-Clément, \ 

au nom du clergé, au nom du diocèse, au nom de la ] 
cité, en son propre nom, du dévouement avec lequel 

ils s'étaient dépensés pour le salut des âmes, pour ^ 

l'instruction de la jeunesse, pour la consolation des fa- ï 

milles. \ 

« Vous partez, mes Pères, leur disait-il, vous partez J 
pour porter sur une terre plus hospitalière vos vertus, 

votre science et votre zèle. Sachez, du moins, que notre l 

reconnaissance vous suivra partout où vous dresserez \ 

votre tente. Cher Père Recteur, il y a vingt ans déjà, Sj 

lors de la fondation de ce collège, je vous ai vu à la ; 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 2<^3 



peine, aujourd'hui qu'il s'agit de la dissolution, je vous 
vois sur la croix ; un jour, je l'espère, et ce jour luira 
bientôt, je vous reverrai dans la joie du retour. Et 
vous, mes chers enfants, vous allez quitter cet asile 
béni où vous étiez venus abriter votre innocence ; vous 
le quittez, je le sais, le cceur plein de larmes. A la joie 
si pure, aux jeux si pleins d'entrain dont vous animiez 
ces cours, va succéder le silence et la solitude. Mais ce 
ne sera pas la solitude et le silence de la mort. Sur 
Saint-Clément vide et désert, comme sur nos tombes 
chrétiennes, nous écrirons ce mot plein d'espoir: In 
spcm bcatœ resurrectioiiis.» La résurrection, le retour! 
c'est là un espoir qu'on ne saurait arracher du cœur 
des Messins. Plus l'Iiorizon est sombre, moins il y a 
de probabilité du côté des hommes, plus on compte 
sur Dieu; Dieu permettra-t-il que tant de confiance soit 
déçue ? 

Après la distribution des prix, l'assistance tout en- 
tière se porta vers la belle église, qui, pour la dernière 
fois, allait entendre les voix harmonieuses des enfants 
de Saint-Clément. Monseigneur était à l'autel : il y 
recevait les lauréats qui venaient déposer leurs cou- 
ronnes entre ses mains et faire hominage au Dieu des 
sciences de leurs succès et de leurs prix. Un salut so- 
lennel d'actions de grâces termina la fête. 

()n peut bien appeler cette journée la dernière de 
Saint-Clément. 

Journée de larmes pour Metz; pour les Pères, journée 
de déchirements, mais aussi de consolation et de gloire. 
Ils ont aimé cette pauvre ville; ils lui sont restés 



294 l-ES JÉSUITES A METZ 



fidèles dans le malheur; en ce jour, elle leur a prouvé 
sa profonde reconnaissance, ses immenses regrets, son 
inaltérable attachement. A leur tour les familles leur 
seront fidèles partout où ils porteront leurs pas, heu- 
reuses de trouver, ne fût-ce qu'une cabane ti côté d'eux, 
pour y suivre l'éducation de leurs enfants. 

De pareilles scènes devraient cependant faire réfléchir 
les proscripteurs. 

Voilà des hommes qui ont passé, comme le divin 
Maître, en faisant le bien. On les proscrit. Et pourquoi 
donc? Quel est leur crime? «Ah! votre crime, mes 
Pères — disait, dans l'église même de Saint-Clément, 
l'éloquent panégyriste de Saint-Ignace, l'abbé Jacques, 
ancien aumônier militaire, chanoine de la cathédrale 
de Metz, — votre crime, c'est de vous être dévoués du 
matin jusqu'au soir, de vous être dévoués à toutes les 
œuvres de l'apostolat chrétien, d'avoir élevé chrétienne- 
ment notre jeunesse, d'avoir évangélisé nos villes et 
nos campagnes, d'avoir prêté votre puissant concours 
aux prêtres de ce diocèse, d'avoir entretenu la ferveur 
dans le sacerdoce et dans nos communautés religieuses, 
d'avoir nourri nos pauvres. Voilà voti'e crime. Il n'en 
est pas d'autre à vous reprocher. Vous êtes persécutés 
et haïs, parce que vous avez aimé la justice et prêché 
la vérité; et voilà pourquoi vous êtes bannis. Heureux 
bannis du Christ ! ce n'est pas vous qui êtes à plaindre; 
c'est nous qui sommes les véritables malheureux, nous 
qui désormais allons rester seuls à gémir sur les ruines du 
sanctuaire et de la patrie. Nous avions espéré qu'après 
nous avoir ravi tant de choses chères à notre cœur. 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 295 



on VOUS laisserait près de nous pour consoler et sou- 
tenir nos cœurs défaillants, et l'on vous arrache aussi 
de notre cité infortunée ! Que la volonté de Dieu soit 
faite! Adieu, mes Pères, adieu! » 

On se figure sans peine l'émotion de l'auditoire en 
entendant ces tristes et touchants adieux. Le départ 
des Pères est un véritable deuil pour le peuple de Metz; 
Saint-Clément était le refuge de sa douleur. Désormais 
il ne lui restera qu'un seul abri: la croix e]ui domine 
le monument funèbre élevé à ses portes aux sept mille 
héros qu'il a vus tomber sous ses murs. Là, du moins, 
il pourra encore pleurer et prier, en attendant que Dieu 
lui suscite des libérateurs. 

L'histoire, en enregistrant dans les annales de la ville 
de Metz et de la Lorraine, cette dernière page de Saint- 
Clément, pourra du moins constater que la Compagnie 
de Jésus est restée, jusqu'au bout, au poste de l'honneur 
et du dévouement, que la violence seule a pu l'en 
arracher, et, qu'en partant elle a emporté, avec la cons- 
cience du devoir accompli, les bénédictions d'un peuple 
héroïque devenu la rançon de la P'rance. 

Saint-Clément ne pouvait tomber plus glorieusement. 

Espérons que bientôt une plage hospitalière lui per- 
mettra de revivre pour l'honneur de la religion et de 
la France. » 

Un Messin. 

Il restait en effet une dernière espérance, celle de 
relever sur une terre lorraine, non loin de la frontière, 



2q6 LES JÉSUITES A METZ 



un nouveau Saint-Clcment, où l'on put, du moins, 
recueillir les débris du naufrage. 

De généreuses initiatives olTraient aux Jésuites un 
asile au château d'Haroué, appartenant à la princesse 
de Beauveau-Craon ; à Frouard, une autre vaste de- 
meure avec un parc immense était mise a leur dispo- 
sition par la famille Du Coëtlosquet. 

Pourquoi ce dernier espoir dut-il être abandonné? 
Pourquoi cette chance de reprise d'une œuvre de pré- 
servation et de salut social fut-elle anéantie? L'Evèque 
et le clergé de Nancv s'\ opposèrent. Mgr. Foulon 
craignit que l'institution de la Malgrange qu'il soutenait, 
n'eut trop à soulVrir de la concurrence d'une maison 
dirigée par les Jésuites. 

Chassés par les Prussiens, repoussés par le haut 
clergé de Nanc}^ les Pères durent se résigner à adresser 
a leurs élèves un suprême adieu. 

Le 17 août 1872, le père Stumpf envo^'a aux familles 
des élèves de Saint-Clément la circulaii'c suivante: 

«Le jour de la distribution des prix, nous nous 
étions engagés a communiquer aux parents, dans un 
bref délai, le résultat de nos recherches, pour tiouver 
un asile au moins provisoire, où nous pourrions con- 
tinuer l'éducation de leurs enfants. 

Notre désir, notre volonté bien arrêtée était de rester 
dans l'Est de la France, à la poitée de nos chères 
familles de l'Alsace, de la Lorraine et de la Cham- 
pagne. 

Les preuves touchantes de sympathie et d'attache- 
ment qu'elles nous avaient données depuis vingt ans. 



CHAH. III. — DKRNIÈRES ANNEES DE SAINT-CLÉMENT '2^7 

la confiance véritablement héroïque qu'elles nous avaient 
témoignée spécialement pendant ces deux dernières 
années, nous imposaient l'obligation sacrée de tenter 
l'impossible pour rester au milieu d'elles. 

Le ciel nous a refusé ce bonheur. 

Des obstacles divers ont fait échouer les démarches 
nombreuses que nous avons faites successivement dans 
les départements voisins. D'autre part, le gouvernement 
allemand ne nous accorde pas le sursis d'un an demandé 
par l'administration municipale de .Aletz. 

Nous voilà donc réduits à dire à nos chers enfants 
un adieu, qu'il nous coûtait tant de leur faire pressentir 
le jour de leur départ. 

Dieu sait combien cette séparation est déchirante 
pour notre cœur. Lui aussi connaît tous les elforts que 
nous avons faits pour répondre à la constance de leur 
afl'ection. Nous aurions voulu -leur continuer notre dé- 
vouement jusqu'à l'entrée des carrières auxquelles la 
Providence les destine. 

Du moins, pouvons-nous leur assurer qu'ils ren- 
contreront le plus parfait accueil dans nos établisse- 
ments de Dole, de A^augirard, d'Amiens, de Boulogne 
et de Lille (externat). 

Dispersés dans ces trois dernières écoles, les Pères 
de Saint-Clément seront heureux d'v retrouver leurs 
anciens élèves, en attendant que Dieu les ramène dans 
ces contrées de l'Est qu'ils ne peuvent se résoudre à 
quitter pour toujours. » 

Le Supérieur de l'école Saint-Clément. 

J. B. Stuimpf, s. J. 



298 LES JÉSUITES A METZ 

Les élèves des cours de sciences, restés à Saint- 
Clément pour préparer les seconds examens d'admission 
aux écoles du gouvernement, ressentirent, les premiers, 
l'impression navrante que cette circulaire allait produire 
dans les familles. Avant de quitter, pour ne plus les 
revoir, les murs de leur cher collège, ils adressèrent à 
leurs maîtres une lettre d'adieu qu'ils tirent publier 
dans les journaux français. 

« Révérend Père Recteur, et vous tous, nos Pères de 
Saint-Clément. 

«C'en est donc fait! tout espoir est perdu! La circu- 
laire des adieux est envo3'ée aux familles. Quel coup de 
foudre pour les enfants et pour les parents! Nous avons 
eu le triste avantage d'apprendre les premiers la triste 
nouvelle, et nous allons assister aux funérailles de ce 
beau collège si cher à nos cœurs. 

« Avant de vous quitter, qu'il nous soit permis, au nom 
de tous nos camarades absents, de vous donner un 
témoignage public de nos regrets et de notre éternelle 
reconnaissance. 

« Depuis longtemps déjà, toutes les classes de la société 
rivalisent de zèle pour vous prouver leur douleur et 
leur dévouement. 

«Tous pleurent votre départ à l'égard d'une calamité 
publique. 

«A vos élèves, maintenant, ô Pères chéris, d'élever 
leurs voix et de vous redire dans de solennels adieux 
les sentiments qui se pressent dans leurs cceurs. 

« Notre allection ne pourra vous sauver, mais elle 
vous consolera et vous vengera. 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 299 

«Pendant vingt années, nous et nos camarades, nous 
vous avons vus à l'œuvre; nous avons été les témoins 
assidus de votre sollicitude, de votre abnégation, de 
votre intrépidité, de votre dévouement. 

«Trop souvent on vous accuse sans vous connaître, 
trop souvent l'aveugle préjugé dicte contre vous les plus 
odieuses calomnies. 

«Nous, vos élèves, nous vous connaissons. Le té- 
moignage de notre amour vaudra-t-il moins que celui 
de la haine et de l'envie? 

« Vos succès sont connus de la France entière. Mais 
ce que nous ne saurions proclamer assez haut, c'est le 
zèle éclairé et infatigable avec lequel vous avez fait 
germer dans les âmes de vos enfants les fortes vertus 
du citoyen et du chrétien. 

«Mais, il ne nous sied pas ici de faire votre éloge. 
Votre éloge. Ah ! ce sont ces nombreux jeunes gens 
formés par vos soins, et qui, à cette heure, sont déjà 
l'honneur de la magistrature, de l'industrie et de l'armée ; 
votre éloge, ce sont les jeunes héros qui, remplis à votre 
école de l'amour inséparable de l'Eglise et de la France, 
ont si tôt et en si grand nombre rougi de leur sang les 
plaines de Merltana et de Castelfidardo, les champs de 
bataille de Reichshoffen et de Gravclotte. Votre élo^e 
enfin, ce sont les angoisses de tant de familles, à l'ap- 
proche de la catastrophe qui vous menaçait, ce sont 
leurs larmes et les nôtres en ces jours d'adieux, c'était 
aussi notre ferme et inébranlable résolution de vous 
suivre partout où vous auriez pu nous ofl'rirun refuge. 

« Vous nous dites que le ciel vous a refusé ce bonheur. 



:)00 LES JESUITES A METZ 

Eh bien! nos camarades sauront encore protester de 
leur inviolable attachement, en frappant à la porte de 
vos autres maisons de France, pour y chercher la con- 
tinuation des mêmes soins, des mêmes enseignements, 
des mêmes dévouements que nous avions trouvés près 
de vous. 

«Rappelez-vous la parole qui terminait tous leurs 
adieux: Pères, partout où vous irez, nous irons avec 
vous. 

«Mais héhis ! il faut nous séparer; merci. Révérend 
Père Recteur et vous tous, nos Pères, qui avez présidé 
à notre éducation, merci de vos soins et de vos fatigues: 
merci de la fermeté avec laquelle vous avez, tant de 
fois pour nous, méprisé les daiigers, bravé les orages, 
soutenu les assauts dirigés contre votre magnifique 
œuvre de Saint-Clément. Merci de la science que vous 
nous avez communiquée, des exemples que vous nous 
avez donnés, du patriotisme vigoureux et sincère que 
vous nous avez inspiré, des principes dont vous avez 
armé nos àrnes pour les luttes de l'avenir. 

« Merci enfin de l'honneur qui nous revient aujourd'hui 
de votre proscription même. Oui, ce sera éternellement 
une gloire pour les derniers élèves de Saint-Clément 
d'être tombés avec leurs maîtres pour la cause de Dieu 
et de la Patrie. 

M Adieu donc. Pères vénérés. Pères tendrement aimés, 
adieu! ou plutôt: au revoir! A^otis-mêmes, vous nous 
conviez à vous retrouver bientôt dans ces mêmes 
contrées de l'Kst que vous ne pouvez vous résoudre à 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 3o I 



quitter pour toujours; son'cz sûrs que pas un de vos 
enfants ne manquera au rendez-vous.» 

Celte noble protestation des élèves, ces adieux pleins 
de larmes et de reconnaissance, furent comme les der- 
nières paroles de Saint-Clément, il n'y eut plus après 
elles que les convulsions de l'agonie. 

Les jours suivants, le collège offrit un lamentable 
spectacle, celui d'une maison visitée par la mort et 
qu'on se prépare à abandonner. Tout le mobilier fut 
vendu, les portes furent encombrées d'une foule d'ache- 
teurs qui, en sortant, emportaient les dépouilles. Même 
alors, bien des traits de généreuse délicatesse vinrent 
adoucir ce que de pareilles scènes avaient de pénible. 
Combien de familles messines prirent à tâche d'atténuer 
le désastre matériel que subissaient les Pères. (Jn vit 
de pauvres ouvrières, des artisans n'ayant pour vivre 
que le produit de leur travail journalier, acheter avec 
empressement les statues de la Sainte-Vierge qui se 
trouvaient dans les classes et on les entendit redire : 

«Ces statues resteront dans nos demeures comme les 
précieux souvenirs d'une maison qui nous fut chère. 
Leur vue nous rappellera les bienfaits des Pères, elle 
doublera notre ardeur à implorer de Dieu leur retour. 
Nous prierons mieux, agencuiillés devant elles. Nous 
les garderons du reste avec soin jusqu'au jour où le 
collège sera rétabli et les Pères rendus à nos vreux; 
heureux alors de les rapporter aux places qu'elles n'au- 
raient pas dû quitter. » 

Cette triste vente durait encore, lorsque le départ 
des expulsés commença. Le 22 juillet 1872, ordre avait 



302 LES JÉSUITES A METZ 



été transmis au Supérieur d'avoir à fermer Saint- 
Clément et de sortir de Metz, avec ses collaborateurs, 
dans le plus bref délai possible. 

Le Comte d'Eulembouri^, président de la Lorraine, 
vint, lui-même, avertir le Père Stumpf de la mesure 
qu'il était chargé d'appliquer; il le tit en y mettant les 
formes les moins pénibles et assurant les Pères de son 
vif regret de voir le gouverneinent allemand prendre 
un parti si peu conforme à ses véritables intérêts. Il 
accorda du reste tous les délais qu'il était en son pouvoir 
de concéder. 

Au commenceinent de septembre, pressé par les 
brutales injonctions de la chancellerie de Berlin, le 
président revint, demandant qu'on se hâtât, pour éviter 
de fâcheuses complications. 

La police allemande savait, à Metz, l'élément popu- 
laire très surexcité, elle craignait que les Jésuites ne 
se servissent de leur influence pour soulever la popu- 
lation contre leurs oppresseurs. Aussi grande fut la 
différence dans les procédés employés. Tandis qu'en 
Alsace, les Jésuites furent l'objet de persécutions lâches 
et odieuses, qu'ils furent jetés brutalement hors de 
leurs maisons, que nul délai ne leur fut accordé et que 
défense fut faite et affichée à la porte des Résidences 
de confesser, d'administrer les sacrements et de célébrer 
l'office divin ; à Metz, toute rigueur de ce genre fut 
épargnée. 

Le cœur navré, mais ferme jusqu'au bout, le 
R. P. Recteur présida lui-même à la dispersion de sa 
communauté. C'était le capitaine, qui, au moment du 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 3o3 



naulVa<^e, sauve l'équipage et, le dernier, quitte son 
vaisseau menacé d'être englouti par la tempête. 

Le 2g septembre 1872, quelques Pères chantèrent 
une dernière fois le salut dans l'église de Saint-Clément. 
Puis tout fut lini ! 



* 



L'histoire du second collège des Jésuites à Metz se 
termine ici. Comme on a pu le constater, elle ne fut 
pas sans gloire. Malgré sa courte existence, peu de 
collèges, croyons-nous, ont plus que Saint-Clément 
honoré l'Eglise et la France. 

Toujours il compta parmi ses maîtres des hommes 
distingués, non seulement par leurs vertus et par leur 
dévouement, mais encore par leur talent et leur science.' 
Pour ne citer que ceux dont les ouvrages ont accru le 
patrimoine intellectuel ou artistique de la France, on 
trouve parmi eux des théologiens, comme le Père 
Gamard; des philosophes et des publicistes, comme les 
Pères de Bonniot, Caudron, Fristot,Marquigny, Chabin, 
Charlier, Henri Mertian, Wagner; des écrivains ascé- 
tiques, comme les Pères Godfroy, de Franciosi, Letierce, 
de Laage, Turquand ; des historiens, comme les Pères 
Joseph Bertrand, Pierre Brucker, du Coëtlosquet, 
Didierjean, Lauras, Colombier, Mury; des littérateurs 
et des grammairiens, commes les Pères Sengler, 



' Voir Pièces justificatives, note 62, la liste des Pères de Saint- 
Clément de i852 à i8y2. 



3o4 I^IiS JÉSUITES A METZ 



Delavenne, Draulette, Juster; des mathématiciens et \ 

des savants comme les Pères Colombel, Hâté, Charles i 

et Henri La Couture, Le Bail, Poulain, Varroy, ! 

Saussier; un géographe, le Père Carrez; des archéo- i 

logues, des poh^graphes et des linguistes, comme les j 

Pères Bach, Couvreur, Dussart, Alfred Hani}^; des : 

musiciens, comme les Pères Abel Collin, Camille de | 

la Croix, Sucher, Zuiîmeyer. Plusieurs de ces auteurs \ 

.' 1 

ont atteint une certaine célébrité, tous ont mérité 1 

l'estime publique. Dernièrement encore, l'Académie 

des inscriptions et belles lettres accordait une de ses 

récompenses les plus enviées au Dictionnaire français \ 

chinois du Père Séraphin Couvreur, missionnaire en ï 

Chine. ] 

Les élèves n'ont pas moins honoré et servi l'Eglise i 

et la France que leurs maîtres. Saint-Clément a compté i 

2,5 lo élèves. Sur ce nombre, 58 ont passé par l'école i 

polytechnique ; 23(3 ont été reçus à Saint-C^r, une j 

quarantaine sont sortis de l'Ecole centrale avec le ' 

diplôme d'ingénieur civil, plusieurs ont passé par ; 

l'école des mines ou des ponts et chaussées; une : 

vingtaine par l'école forestière. i 

Pendant la guerre de 1870, trois cents élèves de ] 

Saint-Clément, firent vaillamment leur devoir. ^ ingt j 

ans après cette époque, nous relevons sur les contrôles i 

de l'armée plus de 450 noms d'anciens élèves. Parmi i 
euK des généraux, de nombreux officiers supérieurs 
et d'anciens élèves de l'école de guerre. A un certain 

moment, à l'extrême frontière de l'Est, sept chefs de ; 

corps dont quatre colonels de cavalerie, se trouvaient [ 



CHAT. III. — DERNIKRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 3o5 

au premier rang,^tous sept, anciens élèves de Saint- 
Clément. 

A quelques âmes privilégiées, les Jésuites ont en- 
seigné les sublimes conseils de l'Evangile; ils leur ont 
si bien appris le chemin du dévouement que cinqiianle- 
hiiil élèves de Saint-Clément sont entrés au noviciat 
prêts à perpétuer les traditions que leur ont léguées 
leurs Pères. > 

Une quarantaine environ sont entrés dans les rangs 
du clergé régulier ou séculier; saluons en passant: 
l'archevêque de Bagdad, vicaire apostolique de la 
Mésopotamie et l'Evèque d'Hué en Annam. 

Un certain nombre de magistrats sont sortis du 
Collège de Metz. Plusieurs d'entre eux n'hésitèrent pas 
à sacrifier un avenir plein de promesses, plutôt que 
d'appliquer les rigueurs de lois iniques. ^ 

L'université elle-même recruta parmi les élèves de 
Saint-Clément quatre professeurs de faculté, des agrégés 
et cinq ou six professeurs de l3Tées. Ajoutons une 
soixantaine de médecins dont plusieurs, notamment 
dans la médecine militaire, ont acquis une situation 
ofticielle br'llante et une notoriété scientifique incon- 
testable ; les directeurs de plusieurs grands établisse- 
ments industriels, principalement dans la région de 
l'Est; une quinzaine de conseillers généraux et deux 
députés : de Chatenay et de Martimprey qui, dans la 



' Voir Pièces justificatives, note tj3. 

- Voir Pièces justificatives, note 63^ les noms des élèves de Met:^ 
entrés au iio]'icijt. 



SoG LES JÉSUITES A METZ 

législature de 1885-1890, ontrempli leur mandat 103'ale- 
ment et avec distinction. 

Si nous jetons les yeux au loin, nous y vo3'ons encore 
des élèves de Saint-Cléinent. En ce moment même, 
l'un d'eux représente la France comme résident général 
au Cambodge; un autre est gouverneur général du 
Sénégal ; un troisième a été résident général à Mada- 
gascar. C'était un des nôtres qui partait naguères 
comme envo3'é extraordinaire à Siam. La terre d'Orient 
a été arrosée du sang des élèves de Metz et, indépen- 
damment de ceux qui sont tombés pour faits de guerre 
et dont nous avons rappelé les noms, après ceux des 
héros de 1870, nous pourrions citer les noms d'un 
Conseiller à la cour de Saïgon, d'un pa3'eur de l'armée 
en Cochinchine, du capitaine Maurice d'Elbée, mort 
en 1885, après avoir administré les affaires indigènes 
en Indo-Chine; d'Octave et d'Aimé de Saint-Cermain, 
de Ton\' de (}uaïta, du commandant Zaccone, tués par 
le soleil d'Algérie et enfin de cet aventureux messin, 
cet intrépide lieutenant de turcos, Charles de Semelle, 
mort en cherchant à se frayer une route à travers les 
déserts de l'Afrique centrale. 

Et si l'on demande qui inspire à tous ces hommes 
les généreux sentiments, qui les poussent à sacrifier 
leur vie au sentiment du devoir, j'emprunterai les 
paroles prononcées à l'une des réunions des anciens 
élèves de Saint-Clénienl par l'un d'eux, le colonel de 
Witte : 

«Tous ceux que j'ai connus et que vous avez connus, 
je puis l'affirmer ici hautement, sont tombés vaillam- 



CHAP. III. — DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT Soy 



ment, la lace tournée vers ce signe dont nous avons 
tous été marqués au front, signe glorieux qui était au- 
trefois le grand s\-mbole de Constantin et de la victoire, 
comme il est encore reste' aujourd'hui le s3'mboIe de 
tous ceux qui souffrent et qui espèrent. 

«Bon courage donc... encore et toujours... et si 
vous me demandez où nous puiserons ce courage, je 
vous ramènerai à Metz, à Saint-Clément, aux Pères. 

« Voilà notre origine, nos archives et notre lien ; 
voilà le point de départ de nos aspirations, voilà l'école 
de notre foi, la raison de notre confiance dans l'avenir 
et le salut de la patrie. Et puisque j'ai parlé des absents 
et que j'ai évoqué leur souvenir, je les prends encore à 
témoin ; leur voix éteinte saura mieux redire que je ne 
pourrais le faire où se puise la force et leur exemple 
nous rappellera d'où vient le courage et comment on 
apprend à se dépenser et à se dévouer. 

" Les pertes de l'année sont sensibles. . . c'est Louis 
Blondel, cueilli à la tieur de l'âge, lieutenant au 104^^ 
de ligne, un de nos premiers et plus fermes adhérents, 
dont la pensée jusqu'au bout a suivi notre œuvre et s'y 
est attachée. Deuil pour l'armée et deuil pour nous, car 
on peut dire de lui, dans toute l'acception du mot : Ce 
fut un militant. 

« C'est Victor Stumpf, un Jésuite, un proscrit. Un 
Jésuite portant un nom vénéré par nous tous et qui 
n'avait rien trouvé de plus beau que de revêtir cette 
robe noire portée si glorieusement par les Ignace et 
les François-Xavier, comme elle le fut plus tard par son 
oncle, alors qu'elle semble aujourd'hui n'être plus qu'une 



3oS LES JÉSUITES A METZ 



livrée abandonnée à toutes les insultes et aux derniers 
outrages. A tous ces titres, il a droit à tous nos regrets, 
à toute notre estime, à tous nos respects. 

«C'est Louis Le Bleu, un vaillant, moissonné, lui 
aussi dans le printemps de la vie, charmante et s^aii- 
pathique figure à laquelle je me reprocherais de ne pas 
rendre un éclatant hommage : car choisi, dès le début 
de notre association pour secrétaire, comme l'un des 
plus meilleurs et des plus dignes, il s'est toujours dé- 
voué à tous. . . En même temps, avocat de grand avenir, 
ayant le talent de la parole, ayant mieux que cela, ayant 
le cœur qui échauffe, qui sait allumer, qui sait toucher 
et qui sait convaincre ; c'est pour nous une grande 
perte. 

«C'est enfin Humbert Ferrand, chef de bataillon aux 
tirailleurs sénégalais, commandant la station et tous 
les cercles du haut Fleuve, de Kayes sur le haut Séné- 
gal à Bakel, de Bakel à Médine, de Médine à Bafoulabé 
et de Bafoulabé à Bammako sur le haut Niger, quelque 
chose comme six à sept cents kilomètres, en plein pays 
d'Afrique centrale, officier des plus brillantes espé- 
rances, victime de la grande idée coloniale et de son 
amour sans bornes pour la grandeur de son pays. 

« Ici, l'amertume me monte au creur, car je vous 
parle d'un ami de toutes les heures, ami de Saint-Clé- 
ment, comme ami de Saint-Cyr, ami des preinières 
années, comme aussi de la dernière heure. . . Tous ceux 
qui l'ont connu, voudront redire avec moi son grand 
cœur, son esprit original, son attachement à la grande 



CHAP, 111, Dl'RNIERES ANNEES DE SAINT-CLÉMENT 3o9 

cause religieuse, ii votre œuvre, aux Pères, à tout ce 
qui lui rappelait la Fiance, Metz et Saint-Clément. 

u Tu ne saurais croire, m'écrivait-il l'an passé, com- 
bien le cœur bat plus vite et plus fort lorsqu'on est 
loin de P'rance et qu'il nous en arrive quelque chose. Je 
dévore les bulletins de Saint-Clément ; écris-moi sou- 
vent, répète bien aux Pères, à tous les camarades, que 
si le soleil dessèche tout ici, il ne dessèche pas le 
cœur. » 

« Des officiers comme ceux-là, il en faudrait beaucoup 
à la France, m'écrivait d'un autre côté un prêtre de 
Saint-Louis du Sénégal, car nous, nous ne pouvons 
rien, on suspecte notre dévouement, on va jusqu'à nous 
refuserd'accompagnerles colonnes, et cependant, le grand 
fléau de ce pays, l'obstacle à tout progrès, à toute civi- 
lisation, ce n'est pas nous, c'est l'islamisme. » 

u Ceux qui ne l'ont pas connu voudront également 
applaudir ce héros modeste qui, sans bruit, sans cal- 
culer le prix de son dévouement, a payé de sa vie, sa 
foi dans la grande œuvre de la colonisation et de l'ex- 
tension française en Afrique, répétant un jour dans un 
de ces élans d'orgueil national bien digne de lui : « Si 
l'Europe est aujourd'hui trop petite pour donner à la 
France ses limites naturelles, l'Afrique sera, j'espère, 
assez grande pour ne point lui marchander de frontières.» 
Voilà l'homme. 

« C'était un croyant et il appartenait bien à cette race 
dont parle le maréchal Bugeaud et dont il aimait à 
dire : A la guerre, ce sont toujours les mêmes qui se 
font tuer. 



ilO LES JESUITES A METZ 

« Oui, tué, oui, mort à la peine, enlevé, arraché en 
un instant par ce terrible ennemi des climats meurtriers, 
par le soleil. Et cependant, il avait été partout, il avait 
été en Cochinchine, au Cambodge, rapportant de ces 
pays lointains mille maux, mille maladies, mille dou- 
leurs, repartant toujours avec le même sourire, emporté 
par cette sorte de nostalgie des grands cœurs, qui les 
rend insatiables des horizons grandioses et leur fait 
toujours trouver trop petite la part faite à leur pays. 

«A défaut d'autre consolation, n'est-il pas bon par- 
fois de se réchauiler le cceur aux cendres encore chaudes 
de ceux que l'on a aimés et qui se sont dévoués, ne 
fût-ce que dans l'espoir, en secouant la cendre de tous 
ces souvenirs, d'en faire rejaillir quelques unes de' ces 
vivantes étincelles qui semblent prêtes à s'éteindre au- 
jourd'hui, mais qui font tout resplendir et qui se 
nomment la foi dans le sacrifice, la foi dans le devoir, 
la foi dans l'abnégation, la foi dans l'honneur et dans 
le salut de la France. » 

L'école où tant de générations ont été formées dût 
être abandonnée. Un Père, sentinelle perdue, en garde 
les murs. Ce fut, pendant vingt ans, le bon Père Christ, 
ce fut ensuite le Révérend Père Fleck, le frère de l'E- 
vêque de Metz, ancien missionnaire revenu de la Nou- 
velle-France ; c'est aujourd'hui le P. AUny, l'un des 
professeurs de la dernière année de Saint-Clément. 
Pères et élèves ont été dispersés. 

En 1873, le Père Stumpf, bien que fort occupé par 
la fondation d'un nouveau collège à Dijon, résolut de 
réunir par un lien commun ses eniants de Saint-Clé- 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINT-CLÉMENT 3 I I 



ment. De Paris, il adressa une convocation à tous ceux 
dont il put découvrir la résidence. Dans une réunion 
tenue à Athis, maison de campagne du collège des Jé- 
suites de la rue des Postes, mise généreusement à la 
disposition du Père Stumpf par le Père du Lac^ on 
jeta les bases d'une association entre les diverses géné- 
rations de Saint-Clément. Depuis ce temps, chaque 
année, deux fois par an eurent lieu des réunions sem- 
blables. A Paris, pendant l'hiver ; au mois de mai, à 
Athis, tant que ce magnifique asile resta entre les mains 
des Jésuites. Depuis leur proscription, dès i(S8o, ce fut 
à Nancy que se tint la réunion d'été. 

« Puissent, dit le Père Stumpf, à la première réu- 
nion, toutes les générations de Saint-Clément, demeurer 
unies dans cette amitié franche, loyale, désintéressée, 
qui a caractérisé les années de collège. 

i< Puissent-elles demeurer constamment unies dans les 
mêmes convictions religieuses et les mêmes sentiments 
patriotiques. 

« Puissent-elles par la fidélité des souvenirs prendre 
une part généreuse à la réalisation des espérances. 

« Puissent-elles bientôt, sous les vieux cloîtres de 
Saint-Clément, fêter ensemble les gloires rajeunies de 
la France. 

« Au souvenir d'un passé plein d'honneur... In memo- 
riam. 

«A l'espérance d'un avenir meilleur encore... In 
spcm. » 

/// memoriam, in spem, cette devise est restée celle 
des élèves de Saint-Cle'ment. 



3 I 2 LES JÉSUITES A METZ 

Les tempêtes succèdent aux tempêtes, les deuils, les 
malheurs publics se suivent et semblent confondre les 
plus robustes confiances. Pour nous, avec la croix que 
le Père Stumpf nous a tracée sur le front, avec la de- 
vise, qu'il nous a laissée, nous marchons in uieinoriain, 
in spcm. 

Si la mort est déjà venue frapper plus de quatre cents 
élèves de Saint-Clément, elle n'a pas épargné les Pères. 

Les Pères Turquand, Lauras, Coué, Catillion, Ri- 
chard, Juster, Kistaller, Bertrand, Danet, Billot, bien 
d'autres, dont l'énumération serait trop longue, ont 
atteint le but de leur vie, de leurs travaux, de leur 
dévouement. 

Le 3 décembre 1S78, le Père Stumpf mourut à Dijon. 

En perdant le Père Stumpf, les élèves de Saint-Clé- 
ment ont fait une perte irréparable. Il n'en est pas un 
d'entre eux dont il n'ait été le soutien, le consolateur, 
l'ami fidèle des bons comme des mauvais jours, l'inspi- 
rateur de tous les nobles sentiments, le guide dévoué, 
qui, au sortir du collège, savait orienter leur vie vers 
le beau, le bien, le vrai. 

« En perdant le Père Stumpf, disait notre vaillant 
camarade, le colonel de Witte, nous avons perdu un 
Père, je serais presque tenté d'ajouter que nous avons 
perdu plus encore et que maintenant nous ressemblons 
en quekiue sorte à ces troupes qui n'ayant plus de dra- 
peau dans la bataille cherchent partout le signe du ral- 
liem'ent, 

u Hélas! c'est que le Père Stumpf n'était pas seule- 
ment le symbole du passé, mais encore il était le signe 



CHAP. III. DERNIÈRES ANNÉES DE SAINTCLÉMENT 3l3 

de ralliement du présent et le signe de l'espérance de 
l'avenir. C'est qu'autour de son nom, venaient se res- 
serrer les souvenirs de notre pauvre Metz, c'est qu'il 
était notre lien commun et qu'il nous rappelait qu'ayant 
servi sous le même chef, nous étions des frères d'armes 
qui devaient rester unis pour les mêmes espérances.»' 

Quelques années plus tard, Mgr Dupont des Loges 
quittait la terre pour recevoir de Dieu la récompense 
de ses vertus et de ses épreuves si vaillamment sup- 
portées. Saint-Clément sembla revivre un instant pour 
honorer l'héroïque prélat. Une cinquantaine d'anciens 
élèves, ayant à leur tète les Pères Didierjean et de 
Franciosi, figurèrent dans le triomphal cortège qui ac- 
compagna sa dépouille mortelle. L'immense couronne 
de roses blanches avec cette inscription : le Colli'g-e 
Saint-ClcinciU à son pi'rc cl à son Jondaleur, attira sur 
son passage les regards attendris des vieux Messins. 
Elle leur rappelait tout un monde de chers souvenirs 
et de temps heureux. 

Le Père Stumpf, Mgr Dupont des Loges. Ces deux 
noms dominent l'histoire du second collège de Metz. 

Grâce à eux, ce foyer de vie, de courage, d'honneur 
a brillé pendant vingt ans d'un éclat sans pareil. 



' Voir Pièces justiHcatives, note 64. 



014 



LES JESUITES A METZ 



Aujoitrdliiii (3i juillet i8g(j) les Jésuites sont 
proscrits; les bâtiments du colle i^e , restés loni^temps 
vides et solitaires, sont loués en partie à l'Intendance 
militaire du 1 6"^ corps d'armée, eu partie à l'école nor- 
male des instituteurs catholiques. L'égiise sert de chapelle 
à l'école noi'male ; quant à la chapelle de Congrég-ation, 
ce petit bijou d'architecture romane, oii tant de grâces 
sont tombées du ciel sur des aeurs d'ailleurs bien pré- 
parés, elle attend de nouveaux congréganistes venant se 
ranger aux pieds de Notre-Dame-des-Anges ! 

K On dirait un tombeau » , dit le P. Didier jean dans 
ses « Souvenirs de Met'i»; c'en est un, hélas! Mais, sur 
ce tombeau, nos avurs qui gardent une impérissable 
confiance et nos yeux qu'illuminent les souvenirs du saint 
Erèque de AJet-^ et du vénérable P. Stumpf, sauront lire 
toujours l'inscription qu'ils y ont mise : 



IN MEMORIAM 



IN SPEM, 




NOTES 



ET 



PIECES JUSTIFICATIVES 



t 




D 



eours de récréât lo 




(Collège S' élément 

avec .îts dépendances 




nent 

es 




NOTES 



PIECES JUSTIFICAXnES 



1. «Il n'y a, disaient-ils, en ladite ville, aucun c(illège, ni 
maistre d'écolle pour instruire la jeunesse, même aux plus petits 
commencements et rudiments et à ceste cause, les habitants sont 
contraints à grands frais, de les envover et entretenir hors de la 
ville. Pour ce, supplient très humblement ladite Majesté, qu'il lui 
plaise ordonner qu'il soit érigé un collège, en ladite ville, de trois 
ou quatre régens de bonne conduite et mœurs, et que pour la 
fondation et l'entretènement d'iceluy, les chapitres et abbaves v 
contribueraient selon leur pouvoir, ce que le corps de la ville est 
prêt de faire pour sa part.w — A quoi, le Roi ayant répondu fa- 
vorablement, les sieurs Michel Praillon et Claude d'Abocourt 
furent députés vers le Cardinal de Lorraine, avec lequel il fut 
conclu que l'on mettrait ce collège en la cour d'Orme, qui est de 
la maison de la Trinité (Couvent des Trinitaires). La réalisation, 
des points arrêtés dans cette conférence qui eut lieu le 12 octobre 
i5Go, le choix des régents et le mode des contributions à lever fut 
réservé jusqu'au moment où le Cardinal pourrait venir à Metz. 
(MiîURissE, Histoire des Evêqves de Met^, p. 670.1 

2. Edmond Auger, né en r53o à Alleman, près Sézanne, au 
diocèse de Troyes, de parents laboureurs, fut élevé chez un de 
ses oncles qui était curé. Il alla ensuite à Lyon chez son frère qui 
y exerçait la médecine. Ce dernier l'envoya à Rome avec une lettre 



3l8 NOTES (2, 3) 

de recommandation pour le P. Lefèvre. Entré au noviciat de la 
Compagnie de Jésus, Ignace de Loyola avait compris tout ce que 
ce caractère si vif, si enjoué, si français, renfermait d'énergie et 
d'ardeur; il semble avoir eu pour lui une prédilection toute spé- 
ciale. Chargé à la fin de son noviciat de la chaire de poésie au 
Collège Romain, il remplit cet oflice avec distincti(^n et fut envoyé 
en France, après la mort de Henri II. En i53(), il fonde un col- 
lège à Pamiers. Il combat l'hérésie dans le Dauphiné et dans 
l'Auvergne ; dans la seule ville d'issoire quinze cents protestants, à 
sa voix, abjurent leurs erreurs. A Lyon, il rétablit le catholicisme 
écrasé un instant par les efforts des huguenots. Il prêchait à Va- 
lence, quand les protestants conduits par le Baron des Adrets 
s'emparent de la ville. Il est conduit à la potence, une corde au 
cou. Du haut de cette chaire, il parle à la foule ; à sa voix, les 
hérétiques sont troublés, émus; malgré leurs ministres, on ra- 
mène le P. Auger en prison, d'où les catholiques de Valence 
trouvèrent le moyen de le faire évader et de l'arracher à la mort. 
En iSjS, Charles IX ; en i375, le roi Henri III le prirent pour 
prédicateur et pour confesseur. Egalement en butte aux haines des 
ligueurs et des réformés, le P. Auger se retira à Lyon, puis à 
Rome. Il fut employé quelque temps en Italie et mourut à Côme 
le iQ janvier i5oi. Il a laissé quelques ouvrages et son biographe 
assure qu'il ne convertit pas moins de quarante mille protestants. 
Voir sur le P. Auger : Moréri, Dictionnaire historique. Créti- 
NF.AU-.IoLY, Histoire de la Compagnie de Jésus. P. d'Origny, Vie 
du P. Auger, ijiG. 

3. Jean Alaldonat, né en i534 à Triente del Maestro, dans l'Es- 
tramadure, fut élève du P. Tolet. Envové en France, Maldonat 
enseigna à Paris la philosophie et la théologie pendant dix années. 
Il combattit l'hérésie, à Paris, en Lorraine, à Poitiers, Metz, 
Bourges, Sedan, etc. L'Université de Paris l'attaqua en iSjS, au 
sujet de sa doctrine sur l'Immaculée Conception. L'Evéque de 
Paris, Pierre de Gondy, prit sa défense, mais ses supérieurs mirent 
fin à la discussion en l'envoyant au collège de Bourges. Le Pape 
Grégoire XIII le fit venir à Rome pour éditer une version des 
Septante. Le P. Mald(^nat mourut à Rome le 5 janvier i583. Ce 
savant jésuite a laissé quelques ouvrages de théologie qui ont eu 
un grand n()mbre d'éditions. Crkvirr, dans son Histoire de l'Uni- 
versité de Paris, tome VI, p. i68, a dit du P. Maldonat. «Ce fut 
un des plus savants hommes d'un siècle où il y en a beaucoup.» 

Voir sur le P. Maldonat: Moréri, Crétineau-Joly, Bégin , 



NOTES (3, 4) 3 19 

Histoire des sciences dans le pays messin. P. Prat, Maldonat et 
l'Université de Paris au XMI" siècle. Paris, 1856, in-S". 

4. «En i582, une dame, dont je veux bien taire le nom, nous 
avait eni^agés d'acheter une maison à Metz, dans l'espérance 
qu'elle servirait à établir un collège et a\ait promis que l'acquisi- 
tion s'en ferait de ses deniers. Le contrat en fut passé même en 
son nom, mais lorsqu'il fallut en délivrer le prix, elle changea tout 
à coup de sentiment sans aucun pre-texte ni motif et ne voulut 
plus fournir la somme convenue, en sorte que nos Pères furent 
obligés d'emprunter la plus forte partie de la somme pour payer 
le prix de cette acquisition, pour ne point passer pour gens sans 
paroles et pour ne point donner matière à la médisance. On avait 
déjà commencé à nous taxer de légèreté el on était sur le point de 
nous faire un procès, mais nos Pères aimèrent mieux chercher 
chez quelques amis une partie de la somme. Ils la trouvèrent chez 
le sieur Didier Nicolas, tige de la belle famille des Loup, qui nous 
prêta, sans aucun intérêt. Cette action généreuse et désintéressée 
mérite que le Collège conserve pour lui et sa famille une éter- 
nelle reconnaissance. Cette maison était très belle et très agréable ; 
elle était située dans la paroisse Sainte-Ségolène, elle nous coûta 
avec deux autres petites maisons voisines quinze cents écus 
d'or. Nous ne fûmes pas longtemps à rendre ce que nous avions 
emprunté du sieur Nicolas, parceque le sieur Toussaint Roussel, 
que je crois avoir été Chanoine de la Cathédrale de Metz, entra 
dans la Société et \ apporta mil écus d'or qui nous vinrent fort à 
propos pour rembourser ce que nous avions emprunté pour faire 
l'acquisition des trois maisons dont nous venons de parler. Après 
qu'on eut ajusté ce nouvel établissement, on y envoya deux de 
nos Pères qui, pendant quelques années, s'appliquèrent à caté- 
chiser, à confesser et à faire toutes les fonctions voulues par Notre 
Institut. » 

(Note manuscrite. Archives de la Préfecture de Met^. Fonds G. 

I^e P. Toussaint Roussel, docteur en théologie et chanoine de 
la cathédrale, fut attiré dans la Compagnie par l'éloquence du 
P. Auger, lors du Carême de ibji. 11 professa la théologie et 
l'Ecriture sainte à Pont-à-Mousson en 1578; fut recteur à Bor- 
deaux, Rodez et Billom ; succéda en iSXh au P. Du Chêne dans le 
gouvernement du pensionnat et du séminaire des Ecossais à l'Uni- 
versité de Pont-à-Mousson. En iSgo, il quitta, cet emploi pour se 
Consacrer à l'enseignement public de la doctrine chrétienne. En 
1595, le P. Toussaint Roussel fut désigné avec le P. Fronton du 



320 NOTES (5, G) 

Duc pour revoir le bréviaire du diocèse de Toul, à la demande de 
Mi;r Christophe de la Vallée, E\èL|ue de Toul. Il mourut à Pont- 
à-Mousson en i^gj. (Abbk Martin, l'Université de Pont-à-Mousson 
I <S'/ 1 , in-S".) 

3. Le P. Jacques Commolet, né au château de Commolet, en 
Auvergne, était un religieux savant, d'un caractère vif, d'un juge- 
ment solide et d'une prudence consommée ; il était extrêmement 
zélé pour le salut des âmes et passait pour le plus habile prédica- 
teur de son temps. Après avoir enseigné la philosophie, pendant 
plusieurs années, à Paris, au collège de Clermont, il se donna à 
la conversion des pécheurs et à la prédication. Son rtMe, comme 
celui des Jésuites, a été complètement dénaturé par les ennemis 
de la Compagnie. Au plus fort des troubles de la Ligue, les .lé- 
suites déclaraient qu'il fallait reconnaître Henri IV pour roi, s'il 
voulait aller à la messe [Mémoires de la Ligue, tome IV, p. 198) 
En i5q3, dans \e?. Mémoires de la Ligue, on rapporte un sermon du 
Père Commolet : «Vous dites que le roi de Navarre est un magna- 
nime prince, guerrier, victorieux, bénin et clément; je le veux 
bien et plus encore que vous ne sauriez m'en dire ; mais de la re- 
ligion, vous n'en parlez pas. Donnez-nous assurance seulement 
qu'il maintiendra notre religion et qu'il ne fera point de mal aux 
pauvres catholiques, et puis vous en venez à moi, je vous montrerai 
que je ne suis point espagnol ». Journal de l'Estoile, déc. i(h)3. — 
Commolet, après la conversion du Roi fut un des plus zélés inter- 
cesseurs auprès du Pape, pour la réconciliation de Henri IV avec 
l'Eglise. 

Voir SciPiON DuPLEix, Lettres du Cardinal d'Ossat, Crétineau- 
JoLY, etc. 

G. L'abbaye de Saint-Eloi fut fondée au Xlle siècle par un 
moine de ral)bave de Belleval, de l'ordre des Prémontrés, qui vint 
s'établir à Metz, sur les bords de la Moselle. Il fit annoncer dans 
tous les environs qu'il apportait un morceau de la vraie Croix. 
(>hacun accourut, on lui fit quantité d'oITrandes ; les seigneurs de 
Vantoux et de Hayes portèrent la dévotion jusqu'à se dépouiller 
totalement. Ils donnèrent la terre des Tappes et celle de Mari- 
vaux. Ce moine, étonné de sa fortune, ambitionna le titre d'abbé; 
il s'adressa à Etienne, Evêque de Metz, il en obtint une bulle, 
datée de 1161, qui érigea son hospice en abbaye, le nomma abbé 
et lui permit d'appeler à lui telle quantité de moines qu'il jugerait 
à propos. Cet établissement devint bientôt considérable ; les Papes 
le prirent sous leur protection et accordèrent différentes bulles 



NOTES (6) 32 I 

pour confirmer non-seulement les donations déjà faites, mais celles 
que des personnes qui auraient leur salut à cœur pourraient faire 
dans la suite. {Bulles d'Alexandre III et de Lucius.) 

L'Evêquede Verdun voulut donner aussi au nt)uveau monastère 
des preuves de bienveillance, il accorda quarante jours d'induli^ence 
à ceux qui y feraient du bien. Le chapitre de la cathédrale y établit 
à certains jours de rannée des processions qui se faisaient a\ec le 
plus grand concours du monde; mais le relâchement et la dé- 
bauche se mirent bientôt parmi les moines. Les Messins scanda- 
lisés ralentirent leur dévotion à la vraie Croix et les ollrandes 
baissèrent considérablement. Les excès furent dans la suile portés 
au point que Pierre Jodin, qui était abbé, fut arrêté le i3 février 
i5()o; on lui fit son procès, les Prémontrés le revendiquèrent, sui- 
vant les pi'ivilèges du temps, pour être jugé par eux, ils le dépo- 
sèrent et le condamnèrent à une prison perpétuelle. 

(Ex manuscript. D. Taboui[.lot, t. 2. Bibl. de Met\, 2" série, 
no I 52). 

Les Trois Ordres prirent possession des biens de l'abbaye et 
donnèrent tous leurs soins à ce nouvel établissement, mais un 
moine nommé Goëry Huart vint les troubler; il prétendit qu'il 
était abbé de Saint- Eloy, que le (îcnéral de l'ordre des Prémon- 
trés l'avait nommé et il s'empara d"une partie des revenus. Les 
magistrats de la Cité parvinrent à engager ce prétendu abbé à re- 
noncer à son droit, ce qu'il fit par acte du 20 novembre i-Spo et 
les Trois Ordres s'obligèrent de leur côté, à lui payer une pension 
viagère qui serait affectée sur la terre d'Outremont. La ville de- 
vait espérer qu'au moven de cet arrangement, il n'y aurait plus 
d'obstacles à la création de son collège, mais un autre moine, 
nommé Jean Chêneau, se présenta comme nouvel abbé ; il soutint 
que le brevet du Roi ne pouvait avoir lieu, qu'aucune puissance 
temporelle ne devait, ni ne pouvait supprimer un bénéfice quel- 
conque. Les Trois Ordres virent bien alors qu'ils ne seraient 
jamais paisibles possesseurs, tant que n'interviendrait pas le con- 
cours des deux puissances. En conséquence, ils écrivirent au 
Pape Grégore XIV une lettre en forme de supplique ; ils lui expo- 
sèrent que le défaut de collège nuisait considérablement à la reli- 
gion, que les jeunes gens qu'on était obligé d'envoyer en Alle- 
magne rapportaient presque toujours dans le sein de leur pairie le 
poison des erreurs de Luther. 

Cette supplique eut tout le succès qu'on pouvait en attendre. 
Le Pape adressa au Cardinal de Lorraine, Evêque de Metz et son 
légat, une bulle par laquelle il «supprime et anéantit l'abbaye de 



322 NOTES {C), 7) 

Saint-Eloi ou de Sainte-Croix avec le titre et la dignité d'abbé, 
pour les revenus servir à l'érection d'un collège et à l'entretien 
des régents lesquels obéiront à l'Evêque de Metz et à ses succes- 
seurs ». 

La bulle du Pape, datée du Mont Quirinal le 22 juin i5qi, n'en 
imposa pas à Jean Chêneau, il soutint toujours ses prétentions 
avec chaleur et ne cessa d'écrire et de faire des protestations contre 
tout ce qui pouvait porter atteinte à son prétendu titre. 

{Arcliives de la Préfechn'e. Fonds G.). 

7. Harangue du P. Armand : « Sire, depuis qu'il plût à Dieu de 
vous rendre victorieux et paisible possesseur du sceptre et de la 
couronne qui vous estaient deus et que nous eûsmes ce bien de 
pouvoir lire et recognoistre en Votre Majesté les perfections con- 
joinctes en très' haut degré, lesquelles depuis la mémoire des 
hommes se sont trouvées desparties aux plus grands princes et 
monarques qui furent oncques, et particulièrement ceste grande 
clémence, marque asseurée d'un cœur très noble et généreux, de 
laquelle après tant de victoires et triomphes, vous avez usé envers 
ceux qui vous avaient le plus offensé; nous conceumes dès lors 
une très grande espérance que vous useriez envers nous de la 
mesme clémence et douceur, laquelle de faict nous expérimen- 
tasmes quelque temps. 

a Mais comme les choses de ce monde sont muables, sur ce 
commencement et lorsque nous ne pensions qu'à vous rendre très 
humble service et prester l'obéissance que les subjects doivent à 
leur Rov et Prince naturel, survint un malheur qui troubla tous 
nos desseins, et nous esloignant de vous, Sire, nous osta le moyen 
de vous rendre le service que prétendions. Si est-ce toutefois que 
nous pouvons vous asseurer, en toute vérité, que nonobstant 
toutes les traverses et contradictions, nonobstant les faux bruits 
suscités contre nous tant dedans le royaume que dehors, nous 
n'avons jamais perdu l'affection envers notre chère patrie, ny le 
désir de votre service, nv l'espérance qu'avons en votre clémence 
et lionté naturelle, nous asseurant que le temps enfin découvrirait 
la vérité et adoucirait toutes les offenses que les malheurs de la 
guerre avaient apportés avec soy. 

« Cette mesme espérance s'accreut beaucoup depuis vosire arri- 
vée en ces quartiers, qui nous faict maintenant jetler à vos pieds, 
et supplier Votre Majesté d'avoir pour agréable de ne différer 
plus longtemps la grâce, laquelle tant et si souvent nous avons 
demandée, et de nous donner occasion de prescher pai' tout le 



NOTES (7) 3-2 3 

monde que nos espérances n'estaient pas vaines, estant appuyées 
sur la bonté d'un si grand Roy, nous recevant à la fin conune ses 
très humbles subjects et très désireux de s'employer en tout ce 
qui nous sera possible au service de Vostre Majesté, ne pouvant 
nous arriver chose en ce monde qui nous apporte plus de tristesse 
que de nous voir hors des bonnes grâces de nostre Rov, et ne 
pouvant avder nostre patrie, selon les petits moyens que Dieu nous 
a donnés et selon la vocation en laquelle il nous a appelés. Nous 
ne doutims aucunement que l'on n'ait tasché par tous moyens, de 
nous faire paraistre devant vous, tous autres que nous sommes, 
par imposition de crimes les plus grands et les plus énormes qu'un 
subject pourrait commettre contre son Prince et sa Patrie, les- 
quels toutefois nous détestons comme les plus exécrables ; et si 
nous avions tant seulement pensé de les commettre, nous nous 
estimerions indignes, ne diray pas d'estre receus en nostre pays, 
mais que la terre nous portast. f^'on s'est pareillement efforcé de 
blasmer notre Institut, approuvé en un concile général, et par tant 
de Papes, receu par les Roys très chrestiens, vos prédécesseurs, 
comme s'il nous ordonnait une obéissance envers nostre Général 
en toutes choses, voire mesme qui seraient contre Dieu et raison. 

n Je ne pense pas, toutesfois, Sire, que jamais telle opinion ait 
pu loger dans l'âme de ceux qui ont eu la moindre cognoissance 
de n(^stre Institut pour estre du tout contraire à nos institutions 
qui exceptent toujours en l'obéissance deue à nos supérieurs, tout 
ce qui ne pourrait se faire sans l'offense de Dieu. Mais comment 
serait-il possible que de tant et tant de personnes qui entrent en 
nostre Compagnie, et tous désireux de faire leur salut, il en de- 
meurastvoire unseul, s'ils s'appercevaient que telle non-obéissance, 
mais impiété y eust lieu ? A-t-on jamais ouy dire d'un seul qui en 
soit sorty, quelque grand ennemy qu'il soit, qu'il y eust lien de 
seml)lable et que ceste obéissance dérogeast en rien à celle que 
nous devons aux rois et magistrats, tant s'en faut qu'elle nous 
conduise à donner conseil à personne qui soit préjudiciable à 
Vostre Majesté et à vostre état? 

«Plusieurs ont aussy tasché. Sire, de vous persuader que nous 
sollicitions les enfants de bonne maison de se faire de nostre Com- 
pagnie et religion pour avoir leur bien et le joindre au nostre, 
chose qui est du tout contraire à la manière que nous tenons en 
la réception de ceux qui désirent servir à Dieu en nostre Compa- 
gnie, ne les recevant jamais sans avoir bien et longtemps sondé 
leur vocation, si elle est par inspiration de Dieu ou suasion des 
hommes, et ce souvent jusques à trois ou quatre ans. Que si l'on 



324 NOTES (7) 

cognoist telle vocation n'estre de Dieu, ils sont du tout esconduits, 
pour estre cela un empêchement essentiel à leur réception ; et n'y 
a' autre chose que nos supérieurs recommandent plus souvent à 
ceux qui sont de ceste Compagnie, que de se garder fort soigneu- 
sement d'induire personne qui soit, en aucun estât religieux en 
particulier, ains se contenter seulement de les exciter à la vertu et 
bonnes lettres, laissant du tout au Saint-Esprit ce qui est de la 
perfection évangélique et des conseils de Nostre Seigneur ; et du 
faict, le nombre de ceux qui se sont rangés en France, est si 
petit, qu'il ne fait pas la vingticsme partie de ceux qui sont aux 
aultres religions et quand ils n'v eussent été receus, aussi bien 
eussent-ils choisi quelqu'autre ordre religieux. Quant à ce qu'on 
dit que nous prétendons nous enrichir par le moyen de ceux qui 
sont receus en ceste Compagnie, il n'est besoin de beaucoup de 
paroles pour mettre au jour ceste faulseté. Un chacun qui sait les 
revenus de nos Collèges, estime que peu de personnes se pourront 
vanter de s'en estre beaucoup enrichis. Une chose, puis-je dire, 
qu'à peine se trouvera-t-il un de nos collèges par toute la France 
duquel la fondation soit suffisante pour ce qui est nécessaire à 
soustenir les charges desquelles on se doit acquitter; et l'on en 
trouvera plusieurs qui, pour la plupart vivent d'a.umosnes. Celuy 
de Paris, ville capitale de vostre Royaume, compris les legs de 
Saint André et Hennequin et tout ce qui pourrait estre party d'ail- 
leurs, n'a jamais eu plus de trois mil livres de rente, lesquelles à 
peine pourraient suffire pour vingt personnes; un tel collège en 
méritant jusqu'à soixante, pour toutes les sciences et facultés des- 
quelles nous faisons profession. 

'( Plusieurs de ceste grande ville sont entrés en nostre Compa- 
gnie et quelqu'uns de maison ; lesquels ne nous ont laissé un 
poulce de terre. ()ue s'ils ont parfois donné quelqu'aumosne en 
denier, pour suppléer le défaut de la fondation, la plus grande 
n'est jamais arrivée jusqu'à la huictième partie de leur bien, et l'on 
a toujours tasché de le faire avec le gré et le consentement des 
parents. Si nos collèges ont des fondations suffisantes, nous n'en 
désirons pas davantage. Eilt si quelqu'un de nostre ciups dispose 
de ses biens, l'application lui en est laissée libre, et d'ordinaire, 
si les parents sont pauvres, il leur laisse tout; s'ils sont riches, il 
en applique quelques parties à œuvres pieuses, ou hôpitaux, au 
gré de ses parents. Nous serions à la vérité bien misérables et dé- 
pourvus de tout entendement si, avant quitté toutes les connno- 
dités que nous avions, ou par succession, ou que nous pouvions 
acquérir par nostre industrie, nous les voulions rechercher en re- 



NOTES (7) 325 

ligion. Et comment serait-il possible que nous fussions si ardents 
à les désirer et à les procurer, veu que nous n'avons rien de propre ; 
et quand nous en aurions cent fois davantage en commun, nous 
n'en retirerions aucune commodité plus grande pour nostre parti- 
culier; le surplus (s'il y en a) estant emplove selon nos constitu- 
tions, nous en faisons dispensation charitable aux pauvres escho- 
liers, pour continuer leurs études et aux autres pauvres pour se 
subvenir en leurs nécessités. Ce nous serait une trop grande 
charge de conscience devant le jugement de Dieu, qu'il nous i'uét 
imputé de prendre le prétexte de bien pour abuser le monde et en- 
vahir leurs biens, pour feindre qu'ils iraient, ce faisant, en para- 
dis, qui est notre vraie conqueste, à laquelle nous tendons seule- 
ment et n'avons aultres desseins quelconques (Dieu nous en est 
témoin) que de prouffiter à tout le monde et non endommager 
aucun. Nos déportements en font fov, et toujours seront prests de 
justifier nos paroles par les effets en tous les pays de la terre ha- 
bitable, là où les nostres sont avec beaucoup de travaux et de 
périls si imminents, que c'est merveilles comme ils peuvent sub- 
sister, là où ils n'ont d'entrée cogneue dans le pays, ni entendu la 
langue, ains expérimenté des sauvages et des antropophages toute 
ci-uauté et barbarie. Si auti-ement dans les pays de la chrétienté, 
et autres endroits de la terre où les peuples sont civils, nous avons 
tasché de nous accomoder, tant par la libéralité des gens de bien 
qLie par un bon mesnagement, ce n'est que pour meilleur moyen 
de laire nos charges; car nonobstant que la pauvreté volontaire 
est trèii louable aux bons religieux des ordres mendiants qui sont 
desdiés à ceste règle, néantmoins, nous qui entendons servir au 
public, pour ce regard, ne pouvons estre blasmés justement, si 
nous avons soin de notre entretènement, mais nous avons aussi 
nos profès qui ne vivent que d'aurnosnes. 

" Nous supplions donc, Sire, en toute humilité Vostre Majesté, 
qu'il lui plaise d'ajouster cette signalée obligation à une infinité 
d'aultres qui nous tiennent du tout engagés en vostre service; 
taictes que vostre miséricorde et clémence de laquelle vous userez 
envers nous ne dépende que de vous mesme, qu'elle soit toute de 
vous. Le don sera plus précieux et l'obligation qu'aurons envers 
vous beaucoup plus grande. Cela nous accroistra le courage à 
vous aimer et servir et excitera un chacun à mesme devoir pour 
s'affectionner et passionner à vostre service. Nous ne voulons 
point en cela estre vaincus par les étrangers, ains plutôt les vt)u- 
lons surmonter. Si ceux de nostre Compagnie en Espagne, en 
Italie, Allemagne le sont, nous mourrons plus tost qu'estant l'ran- 



326 NOTES (7, 8, 9) 

çais nalLirels nous ne rendions le mesme devoir à nostre Rov et 
Patrie. Le droit et naturel et divin, commun à tous, nous y obli£;e. 
Et si, aurons beaucoup de particulières oblii^ations à le faire 
quand il aura plu à Vostre Majesté d'user d'une si L;rande clé- 
mence. 

« Le sainct et sacré temps, Sire, de la mort et passion de Nostre 
Sauveur parle pour nous. Ce sang qu'il a respandu à gros randons 
sur l'autel de la Croix, pour les pécheurs ses ennemys, vous con- 
vie d'user de doulceur envers ceulx cjuide cœur et d'aflection sont 
vostres. Nous n'avons pas tant mérité de Vostre Majesté, pour 
impétrer une si grande grâce. Mais celuy au nom de laquelle nous 
la demandons, et qui sans doute la demande pour nous après tant 
de prières que nous lui avons offertes, aura bien ce pouvoir envers 
Vostre Majesté qui par sa pieté très chrestienne ne voudrait jamais 
se départir de ce qu'elle cognoistrait estre agréable à ceste souve- 
raine bonté de nostre Dieu, lequel nous prions que, après avoir 
fait vivre et régner longues et heureuses années en ce monde, il 
vous donne un royaume éternel et asseuré en l'autre. » 

{Archives de la Préfecture de Met^. Fonds G. Pièce manuscrite.) 

S. Lettres des Catholiques de Met^ à AI. le duc d'Epernon. 

« Monsieur, encore que cette ville soit tort consolée du collège 
qu'il a plu au Roy nous faire establir, en quoi il a obligé toute 
notre postérité, sy est-ce que le principal meuble nous v manque, 
qui sont les règens, que ne pouvons et ne voulons rechercher ny 
appeler sans la volonté de Sa Majesté. C'est pourquoy. Monsieur, 
nous vous supplions très humblement faire cette faveur, si vous 
jugez que Sa Majesté Paye pour agréable, luy présenter nos lettres 
par lesquelles nous la supplions très humblement de nous donner 
et envoyer icy quattre régens jésuites, tels qu'il luv plaira choisir 
et qu'il cognoistra aymer le bien de son service. Ains, assurons 
que lesdits régens seront honnestement traites et sv en debvrt)ns 
à sadite Majesté une perpétuelle obligation, comme à vous. Mon- 
sieur, une entièi'e volonté de vous rendre nostre humble service 
à quoy nous trouverez toujours disposés. » 

[Archives de la Préfecture. Fonds G. n" 141). 

(j. Sire, les catholii.]ues de Metz, composés d'un grand et hono- 
rable clergé, d'une noblesse bien remarquable et d'un grand 
nombre de peuple se plaignent à Vostre iMajeste que ceu.\ de la 
religion prétendue réformée qui ne les peuvent passer en qualité 
et nombre veulent ^aiiner sur eu.\ de contrôler leurs actions et 



NOTES (9) 327 

empèscher les supplications très luimbles qu'ils font et continuent 
de faire vers Vt)stre Majesté pour obtenir d'icelle ce qu'ils con- 
naissent estre nécessaire pour l'accroissement de la religion catho- 
lique et instruction de la jeunesse. Les susdits de la religion pré- 
tendue réformée ont cy devant essayé d'empêcher l'establissement 
des Capucins, Récollets et Minimes ; maintenant ils s'opposent à 
celuv de quelques régens Jésuites que lesdits catholiques deman- 
dent à Vostre Majesté, tels qu'il luy plaira et qu'elle cognoitra 
estre affectionnés au bien de vostre service, afin que la jeunesse 
des uns et des aultres soit instruite et sans que les enfants de ceulx 
de la religion prétendue reformée puissent être contraints es 
choses qui dépendent de leur opinion, à quoy lesdits catholiques 
tiendront la main afin qu'ils vivent toujours en union, selon la 
volonté de Vostre Majesté, mais ne voulant lesdits catholiques en 
ceste consideiation, rechercher lesdits de la religion prétendue 
réformée encore qu'ils en aient juste occasion tant à cause du 
nombre de leurs ministres qu'ils augmentent tous les jours, y en 
avant qui sont moines défroqués et qui sont à scandale aux catho- 
liques, aultres qu'ils ont débauché ou taché de débaucher tant des 
capucins que des récollets ; les prêches qu'ils font dans et hors la 
ville, les écoles et aultres exercices qu'ils ont contre les édits de 
Vostre Majesté, dont on pourrait avoir subject de plainte, même 
de ce que les susdits de la religion prétendue réformée possèdent 
tous les états et offices de la ville, ne leur restant plus que la 
charge de Maitre échevin qu'ils ont pensé emporter. Ils semblent 
qu'ils ne se doivent mêler du fait des catholiques et auxquels ils 
doivent justement céder et les reconnaitre comme ceux desquels 
ils se sont volontairement séparés, aultrement il faudrait céder à 
leurs passions et soumettre lesdits catholiques à leur volonté. 
C'est pourquoi il plaira à Vostre Majesté, Sire, n'apporter aucune 
considération aux empêchements que lesdits de la R. P. R. forment 
sur cet établissement, d'autant qu'il ne leur est à charge, ni à frais, 
joints que ce sont quelques particuliers retirés depuis certaines 
années en la ville, sous votre protection, qui suscitent ce trouble 
aux catholiques, y en avant plusieurs aultres natifs de la ville 
qui n'empêchent ledit établissement du Collège pour n'avoir moyen 
à envover leur jeunesse aultre part; que si, par importunité, les ca- 
tholiques recevaient un refus de Vostre Majesté, elle les porterait 
à une plus grande désunion et en plaintes continuelles. Vue icelle, 
laquelle ils supplient très humblement et sans avoir égard aux 
prétextes et faibles oppositions desdits de la R. P. R. accorder 
auxdits catholiques leur juste requête. Ce sera l'honneur de Dieu, 



328 NOTES (9, 10, II) 

l'accroissement de vostre service et suhject aux remontrans de 
prier Dieu pour votre santé et prospérité. 

(Archives de la Préfecture de Met:^. Fonds G, n" 1 1 5). 

10. 1er sept. i(J2i. Requête présentée au Général de Tordre des 
Prémontrés par (Claude Pilbrin, abbé de Justement. 

Sept. 1621. Ordonnance dudit Général par laquelle il consent 
que la pension qui pourra être adjugée audit ordre appartienne 
audit abhe de .lustemont. 

18 nov. 1G21. Arrêt du Roi qui maintient TEvêque dans ses 
droits, à charge toutefois de payei' et continuer à l'abbé de Juste- 
mont, la somme de mil livres en mon noie de France, au paiement 
de laciuelle S. M. déclare tout le revenu de ladite abbave St-Eloi 
affecté, obligé et hypothèque. 

28 déc. 1621, Lettre de l'Evéque aux administrateurs du collège 
au sujet de la pension de l'abbé de Justemont. (La dite pension a 
été rachetée l'année suivante moyennant la somme de dix mil 
francs messins. Note nianuscrile de Doni Taboiiillot.) 

{Archives de la Préfecture. Fonds G, n" i52. 

1 1 . Lettres Patentes du Roi. 

Louis, par la grâce de Dieu, roi de P'rancc et de Navarre, à tous 
présents et à venir : Salut. Sachant combien il importe poui- notre 
service et le bien de nos sujets que la jeunesse soit dûment ins- 
truite aux lettres humaines,.philosophie et théologie par personnes 
qui excellent en toutes les sciences et qui {iratiquent soigneuse- 
ment les vertus qui s'acquièrent par ces études; alin que le public 
profite autant des bons exemples que des instructions, prédica- 
tions, leçons et conférences de ceux qui font profession de ces 
saints et louables exercices; nous avons toujours estimé que l'oc" 
casion s't)lTrant d'établir des collèges et séminaires dans les villes 
de notre royaume pour l'instruction de la jeunesse, nous ne pou- 
vons faire choix et élection de personnes plus religieuses, ni de 
plus grande condition et savoir et de meilleur exemple que des 
Pères Jésuites, et, lorsque nous avons été lequis de ce faire, nous 
nous V sommes portés de zèle et d'alfection, alin de témoigner à, 
ceux qui en faisaient instance que nous desirions contribuer à 
leur bonne volonté et charité et les faire effectuer à leur conten- 
tement comme chose qui regarde non-seulement le salut des âmes 
de nos sujets, mais l'obligation que nous avons de le procurer 
pour eux. C'est pourquoi. Notre très cher et amé frèie naturel, 
Henri de lîourbon, Evêque de Metz, maintenu par arrêt de notre 
Conseil d'état du i8'' novembre derniei', en la possession et jouis- 



NOTES (l I^ 



329 



sance d'être supérieur et avoir la direction du Collège et sémi- 
naire établi en ladite abhave Saint-Eloy de madite ville de Metz, 
ensemble de tous les biens, droits et revenus de ladite abbave 
pour être employés à l'entretiennement et charge du collège et 
séminaire que nous voulons et entendons être effectuellement éta- 
blis, au tel nom]:)re de classes et professeurs que le ix'venu pouna 
porter, Tordre et la discipline requises pour l'instruction et l'edi- 
tication de nos sujets ; nous ayant personnellement fait entendre 
et représenter que pour la décharge de notre conscience, il ne 
pouvait commettre et laisser la direction du collège qui lui est 
ordonné par ledit arrêt à personnes d(jnt la vertu, doctrine, pro- 
bité et bonne vie soient plus connus que desdits Pères et qui se 
puissent plus dignement et plus religieusement acquitter de cette 
sage administration et gouvernement qu'eux, en usant comme ils 
font aux autres collèges où ils sont établis dans plusieurs villes de 
notie rovaume. Savoir faisons, que Nous, désirant pour l'honneur 
de Dieu, l'avancement de la religion catholique, apostolique et 
romaine, le salut des âmes et instruction de la jeunesse, tant de 
notre dite ville de Metz que pays messin, favoriser la bonne réso- 
lution que notre dit frère naturel a prise de procurer l'établisse- 
ment desdits Pères Jésuites dans le collège de ladite ville et 
faire en sorte qu'elle soit de tout point effectuée. Avons aux sus- 
dits Pères Jésuites, permis, accorde et octroyé et en agréant la 
nomination que notre dit frère naturel nous a faite de leurs per- 
sonnes, permettons, ordonnons et octroyons de grâce spéciale, 
pleine puissance et autorité royale par ces patentes signées de 
notre main de s'établir au collège de l'abbaye Saint- Eloy de notre 
dite ville de Metz avec tel nombre de personnes de leur Société, 
régents et classes pour l'instructicm de la jeunesse qu'ils advise- 
ront bon pour le tenir et posséder selon les règles et formes qu'ils 
ont coutume d'observer en leurs autres collèges établis en noire 
royaume. Et y faire tous les exercices et fonctions auxquels ceux 
de leur Compagnie ont accoutume de vaquer. Voulons et nous 
plait que lesdits Pères soient poui- cet effet reçus et admis en notre 
dite ville de Metz, installés et mis en possession dudit collège et 
séminaire de Saint-Eloy et que pour la fondation, dotation et 
entretiennement d'iceluv et de ceux dont il sera compose, lesdits 
Pères puissent accepter toute donation de meubles et immeubles 
qui leur sont et seront faites ci-après par nos sujets, en général 
ou particulier, ou en acquérir sullisamment sous les charges et 
conditi(Uis expressément portées par ladite du mois de septembre 
iôo3, registre en notre cour de parlement le 2 janvier en suivant. 



330 NOTES (11,12) ; 

Et où les bâtiments dudit collège Saint-Elov ne seraient, en l'état 
qu'ils sont à présent, assez grands, spacieux et commodes pour les • 
logements et exercices desdits Pères, voulons que pour le mettre ' 
et rendre plus habitable et commode, ils puissent acquérir les 
maisons voisines et autres lieux proches en pavant aux proprié- 
taires d'icenx le prix convenu entre eux volontairement et de gré ' 
à gré. Et donnons un mandement à notre amé et séable conseiller \ 
en nos conseils, intendant de la justice et président en ladite ville ' 
de Metz, le sieur Charpentier, que, du contenu en ces patentes il j 
fasse, souffre et laisse lesdits Pères Jésuites jouir et user pleine- \ 
ment, paisiblement et pei'pétuellenient. (contraignant à ce faire, 
souffrir et v obéir tous ceux qu'il appartiendra par toutes voies : 
douces et raisonnables, nonobstant oppositions ou appellations 
quelconques. Pt)ur lesquelles et sans préjudice d'icelles ne voulons 1 
être différé et dont si aucunes inteiviennent nous avons retenu et ' 
i-éservé, retenons et reservons à Nous et à Notre Conseil la con- ' 
naissance et icelle interdite et défendue, interdisons et défendons -j 
à toutes nos cours et juges quelconques. Car tel est notre désir. V 
Et afin que ce s(.)it chose ferme et établie à toujours, nous avons ^ 
fait mettre notre scel. Donne à Paiis, au mois de mars de l'an de ' 
grâce 1G22 et de notre régne le douzième. Signé : Louis. 

Lettres de cachet notifiant lesdites lettres patentes au Maitre 

échevin. Treize, Conseils et habitants de la ville de Metz. 21 mars 1 

1022. j 

Lettre de Henri de Bourbon, Evéque de Metz au R. P. Bouvet, J 

provincial de Champagne, (> aviil it)22. ; 

Lettre du Gouverneur de Metz â M. de Villers, sieur de Saulny, ■ 

Maitre échevin de Metz, f» mars it)22. j 

Lettre du même au Commandeur de Lromigère, (}rand prieur ( 
de Toulouse, (Commandant pour le Koi es ville et citadelle de 

Metz. i 

{Arcliives de la Préfecture. Fonds G.). .! 

1 

12. /\'f^//('/e présentée au Rov par les Gentilshommes, citoyens ( 

et habitants de la ville de Metz, faisant profession de la R. P. R. 

Les suppliants après avoir rappelé que déjà sous le feu roi, les i 

Jésuites ayant obtenu des lettres patentes pour s'introduire dans ; 

le collège; ce prince, considérant le préjudice que cette introduc- : 

tion ferait auxdits su|ipliants, avait sursis l'exécution desdiles j 

lettres, ils ajoutent ()ue lesdits IV'ies Jésuites avant obtenu de ; 

no Liv elles lettres patentes, les su|i|iliants. parceque c'était les spolier \ 

des di'oils qui leur avaient ete concèdes par le feu roi, s'étaient ; 



NOTES (l2, l3, 14) 



.'>.'> I 



opposes à rext'cutioii desdites lettres. . . requerent du Roy qu'en 
faisant droit sur icelle, il lui plut ordonner que lesdits Pères Jé- 
suites soient assignés au Conseil de S. M. pour voir casser et an- 
nuler lesdites lettres comme subreptices. 
(.l/-f//n't'.s- de la Préfecture. Fonds G.). 

t3. Les Réformés prétendant que la prise de possession était 
contre tout droit et équité, ledit sieur Coetteteau n'ayant ni auto- 
rité, ni pouvoir, ni juridiction de connaitre a TexecLition des 
Lettres patentes de S. M... requeiaient qu'il plut à S. M. de 
maintenir lesdits suppliants en leur ancienne et paisible posses- 
sion, révoquer, casser et annuler tous actes de prise de posses- 
sion, etc. . . 

Lettre de Henri de la Valette, (}ouverneur de Metz à l'Evèque 
de Dardanie pour le remeicier de ses démarches au sujet des Jé- 
suites, pour l'encourai^er et le soutenir « malgré les traverses que 
ceux de la R. P. R. leur suscitaient auprès du Ro.y. Mais j'espère 
qu'il continuera à les protéger. Ce m'est un grand contentement 
d'avoir su que le clergé et la noblesse les ayant receus avec ap- 
plaudissements. . . » 

{Archives de la Préfecture. Fonds G.). 

14. ^1 M. M. de la Cathédrale. 

Les Pères Jésuites remontrent très humblement que par la vo- 
lonté du Roy, avec votre ayde et faveur, ayant été establis en ceste 
ville au Collège de Saint-Eloy pour instruire la jeunesse et vaquer 
aux autres fonctions de leur Compagnie, ils y auraient trouve une 
escholle d'abécédaires gouvernée par un maistre séculier, ce qui 
est contraire à leur manière et façon ordinaire d'enseigner et peu 
convenable à leur institut religieux. Outre que ledit collège étant 
peu hal)itable, par ce moyen la plus commode place est occupée, 
et celle seule qui leur reste pour exercer leurs escholiers aux ac- 
tions publiques qu'ils ont accoustun^e d'exhiber à diverses fois 
pendant l'année et pour placer une Congrégation en l'honneur de 
Nostre Dame, comme par la grâce de Dieu, ils ont faict aux aultres 
bonnes villes du royaume. Ils auraient toutefois souffert ceste 
incommodité et différé d'en chercher le remède jusques à présent, 
qu'ayant appris qu'il y avait un lieu commode dans vostre cloître, 
lequel de toute ancienneté a esté destine pour ce subject et ayant 
aussi éprouvé en plusieurs occasions par de signalez etlects la 
bonne volonté que vous, Messieurs, leur daignés porter, ils se se- 
rayent retirez par devers vt)us, suj^pliants très humblement L|u'en 
continuant ceste bonne et sinqulière affection, il vous plaise y 



332 NOTES (14, l5) 

pourvoir et ordonner que ladicte eschole d'abécédaires soil trans- 
férée en son premier lieu. Ce que faisant, les suppliants seront 
obligés de prier Dieu pour vostre prospérité. 

Ce onzième janvier Hr^S. Anne Maupicau, de la C''^ de Jésus. 

{Archives de la Préfecture. Fonds G.). 

i5. Tous les principaux citoyens costumés et armés d'une ma- 
nière uniforme formaient onze compagnies d'infanterie et trois 
corps de cavalerie échelonnés sur le passage de la Duchesse. Le 
Maître Echevin, escorté de différents olHciers, au nombre de cent- 
cinquunte, alla au devant du (jouverneur jusi_]u'à la ferme de Bra- 
din. Là, il harangua la duchesse. A la porte Saint-Thiebaut, Ca- 
therine de Bazoilles, petite-fille du substitut du Roi, montée sur 
un char de triomphe et richement vêtue, présenta les clefs de la 
ville. Son discours fit grand plaisir ainsi que la grâce avec laquelle 
il fut prononcé. 

Les maisons étaient ornées de magnifiques tapisseries, de Heurs 
et de verdure. Devant la fontaine Saint-Nicolas, un arc de triomphe 
de plus de trente pieds de haut représentait le temple de Neptune. 
Le Dieu de Tonde fit danser les Naïades au chant des svrènes na- 
geant dans l'eau. \ l'entrée du champ à Seille se trouvaient plus 
de cjuatre cents enfants n'avant pas encore treize ans formant 
quatre compagnies. « Ils étaient couverts de soie, satin, taffetas 
ou aultre telle matière, le tout conforme aux livrées de Madame : 
blanc et bleu ; le (panache incarnat, blanc et bleu, l'escarpin blanc, 
les bas incarnadins, les armes grandement reluisantes... Les 
armes leur venaient si bien et eux aux armes qu'on eut quasi 
doubté s'ils n'étaient point nez avec elles. « Chaque capitaine de 
Compagnie vint faire compliment à la Princesse. 

Le premier dit : 

\'()us qui ave/ lIioLsI le plus i;r;nid capitaine. 
Voyez les bons guerriers lesquels je vous aineiue, 
'l'ous prêts, à \otre voi,\ de subii- mille morts. 
Ne vous étonnez pas de leur petil \olume, 
('ar vous savez trop mieux, que le eiel a eousMime 
he loi;er un grand cceur dedans un pelil eoips. 

A l'entrée de la rue Rovale, un second arc de triom|ihe repré- 
sentait le palais de la Terre. La déesse l'iore accompagnée de 
nymphes parsemait le sol de tlenis. Le dieu Lan vint otfrir son 
eni|nre à la fille de (>elui qu'il a\ait souhaite \()ir le monarque 
universel de toute la terre; les svlvains, les satvres dansaient au 
son d'un concert exécuté par les muses. 

Au bas de Lournirue, se voyait le palais de Lair. Zephir, Lurus 



NOTES (i5, i6) 333 

L't les autres messagers du Dieu dansaient pendant que des rossi- 
sii^nols artiliciels faisaient entendre une délicieuse mélodie. 

Sur la place Saint-P^tienne, le palais du feu se présentait haut 
de cent pieds, des hommes aimes de torches et de lettres tlam- 
ho\antes formaient en dansant des devises et des anai^ranunes en 
rhonneur de la Duchesse. 

Un Te Deiim fut ensuite chanté à la Cathédrale où le Duc et la 
Duchesse furent reçus par le chanoine .lean de P)elchamps, aumô- 
nier du roi. Le cortège retourna ensuite à Thôtel du Gouverneur, 
rue Haute-Pierre, en passant par la rue des Clercs le long de la- 
quelle sept acteurs représentant les sept planètes adressèrent 
leur compliment. 

if). Le titre de la pièce était : Pliilis retrouvée ou Pastorale des 
m'iiiplies d'Austrasie sur l'heureuse entrée et séjour de Mme la 
Duchesse de la Valette, eu la ville de Met:;. 

Liste des élèves qui jouèrent des nMes : 

François Fo'es, fils et petit-iils des médecins de ce nom, perpétua 
glorieusement la renommée médicale de ses ancêtres. 

Charles Mengin. 

François Dompremy. 

Louis Riaville (de Vaux). 

Abraham Le Clerc. 

Claude Julien devint notaire au bailliage. 

Nicolas Aubertin, avocat en 1*134, puis Conseiller Echevin. 

Gaspard Dubois (d'Epinal). 

Louis Bertrand devint assesseur à la maréchaussée de France. 

Jean-Baptiste Goi^e, Conseiller Hlchevin en i636. 

Bernard de Nogaret de la Valette, proche parent du Duc d'Epernon. 

Jean Hélion (de Thionville). 

Thierry Charpentier devint Conseiller au Parlement de Metz, puis 
de Paris. Mort en iGSi. 

Antoine Dilange, avocat, Conseiller Echevin. 

Charles Guichard, avocat, Conseiller Echevin. 

Jean de Ba^oille, fils du Procureur général. 

Pierre Liénard. 

Jean-Baptiste Lamotte. 

Christophe Crespin de la Woivre, Conseiller secrétaire du Roi en 
la chancelleiie du Parlement. 

Gabriel Sylvestre. 

Louis Sylvestre, avocat en 1634. 



334 NOTES (iG, 17, iS) 

Dès que la duchesse eut pris place, on lui remit la copie de 
Faction écrite en un livre relié d'or sur tranche avec Tari^ument 
de tout ce qui y était compris tiré sur une grande thèse de satin 
i>lanc. Le chroniqueur ajoute : « Les enfans de Metz ont prouvé, 
en ceste occasion, qu'ils sont aussi bien nés pour l'olive que pour 
la palme, ayant autant d'adi'esse et de bienséance au\ exercices et 
gentillesses de la paix que de courage aux effets du champ de ba- 
taille. » 

17. Claude Tiphaine, né iSji à Notre-Dame des Vertus, entra 
dans la Compagnie en iSqS. Il enseigna avec succès la philosophie 
et la théologie. Le savant E^vèque de Marseille, Nicolas Coeffeteaii. 
l'ancien administrateur du diocèse de Metz, disait en parlant du 
P. Tiphaine que si tous les écrits de saint Thomas et d'Aristote 
venaient à périr, on ne pourrait trouver dans le monde que ce 
jésuite capable de rendre ce qu'ils avaient écrit. 11 fut ix'cteur des 
collèges de Reims, la Flèche, Pont-à-Mousson et Metz, Chancelier 
de l'Université de Pont-à-Mousson, puis Provincial. C'était un es- 
prit très doux, tous ceux qui ont parlé de lui insistent sur cette 
qualité qui n'excluait pas cependant une juste sévérité d'opinions. 
Il mourut saintement au collège de Sens le 27 déc. 164.1 (Moréri, 
DoM Calmet, Br.GiN, Hist. de l'Université de Pont-à-Mousson). 

Le P. Louis Magniet, né en ibjb^ fit imprimer une paraphrase 
des psaumes de David qui eut un grand nombre d'éditions et dont 
Titon du Tillet fait l'elogc dans le Parnasse français. Lorsqu'il 
vint à Metz, le P. Magniet avait b-i ans et était dans la Compagnie 
depuis 3-2 ans. Il avait professé les humanités et la théologie à 
Pont-à-Mousson. 

Le P. Jean Rousselet, né à Reims en i5Si, publia en 1623 : le 
Testament du chrétien. En lOSq, il fut nommé recteur du collège 
d'Autun, où il mourut en iGSG. 

18. Testament de Charles Bontemps, G juin i636. 

« Je fais et institue mon héritier universel le collège et maison 
des RR. PP. Jésuites de Metz aux charges et conditions portées 
en ce mien testament, et en mes codiciles ou mémoires, si aucuns 
se trouvent écrits ou souscrits de ma main, alin que je contribue 
quelque peu au grand fruit que la ville de Metz et tout le pays 
doit attendre de l'érection et accroissement de cette sainte maison 
et que ces bons Pères enrôlés en la Compagnie et sous les dra- 
peaux de mon bon et souverain prince Jésus m'assistent auprès 
de lui par leurs sacrifices cl leurs prières, que j'implore de tout 



NOTES (i8, 19, 20, 21) 335 



mon cœur, ce que je suis assuré que leur L;rande charité ne me 
déniera pas. » 

«Je supplie en outie le lvc\ ci ciidissinie l'ère Génei'al de la 
(Compagnie, qu'en considération de cette petite gratification, il lui 
plaise ordonner, si toutefois il le trouve ainsi raisonnable et qu'il 
le puisse sans faire brèche aux règles et statuts de la même Com- 
pagnie, que le collège de Metz emploiera à perpétuité deux cents 
francs messins, en missions, pour quelque village du chapitre de 
cette cathédrale pour Tinstruction spirituelle de ceux qvii les ha- 
bitent. » 

Le R. P. Miitio Vitellcsclii, Général de la Compagnie, donna le 
17 octobre iG3(), son appi-obation à la fondation des missions. 

(Archives de la Pré/. Fonds G.). 

En janvier it)38. Lettres patentes de Louis XIV pour faire jouir 
le collège de Metz de la terre d'Outremont en Lorraine. 

[Arch. de la Préf. Fonds G. 175-17.S). 

K). '(Que depuis vingt-deux ans qu'il a plu à V. M. d'établir les 
Jésuites en ladite ville, ils n'ont point encore trouvé moven de s'v 
bastir une église où ils puissent exercer au moins passablement 
leurs fonctions ordinaires dans l'administration des Sacrements 
et la prédication de la parole de Dieu, n'avant même pour le ]iré- 
sent, qu'une chambre haute qui leur sert de chapelle, où il y a une 
cheminée et où l'on ne peut s'y assembler qu'en y montant avec 
beaucoup d'incommodité. . . D'ailleurs, dans un quartier de la 
ville qu'on appelle la rue de la Chèvre, il y a un temple dont ceux 
de la R. P. R. se sont voulu servir autrefois pour y faire leurs 
assemblées qui est maintenant inutile et déserté. . . et sans que 
ceux de la R. P. R. puissent s'en formaliser, attendu que ce bâti- 
ment étant condamné par autorité royale et qu'ils en ont une 
autre. . . » 

{Arch. Pr. Fonds G.). 

20. A la suite de cette cérémonie, une expertise eut lieu pour 
estimer la valeur des immeubles cédés aux Jésuites. Le temple fut 
évalué à 5740 livres et la maison attenante occupée par le Ministre 
La Cloche à i4r)4 livres. Le Roi se chargea de solder cette dépense. 

{Arch. Pr. Fonds G.). 

2 I . De par le l^ov. Sur la remontrance qui nous a été faicte que les 
Itères Jésuites de notre ville de Metz estaient en grande nécessite et 
qu'ils avaient beaucoup de peine à continuer leur collège. Nous 
avons, de l'advis de la Revue régente, notre très honorée Dame et 



336 NOTES (21, 22) 

Mère, ordonné et ordonnons à Mathelin Derlon et P>ançois Modéra, 
gardes et contrôleurs de nos magasins à bled en nostre ville de 
Metz, de délivrer à chascun des religieux dudict collège une double 
ration de pain par jour à commencer du jour des présentes, et ce, 
jusqu'à nouvel ordre, pour subvenir à leur subsistance. Toutes 
lesquelles rations de pain seront passées et allouées aux dicts 
Derlon et Modéra, à la reddition de leurs comptes, en rapportant 
certificat du P. Recteur dudict collège. 

(Arch. Préf. Fonds G.). 

Au Maréchal de Schomberg. Mon cousin, les Pères Jésuites de 
ma ville de Metz se trouvent réduits à une grande nécessité ciepuis 
la guerre, à cause de leurs métairies entièrement bruslées par les 
ennemys et ensuite leurs rentes perdues. Pour obvier à la trop 
grande nécessité qui les pouriait obliger à fermei- leur collège, 
avec perte du bien public et nommément de la jeunesse catholique 
qui manquant d'instruction serait en danger au milieu de l'héré- 
sie, désirant les faire subsister, je vous escris cellecy, par l'advis 
de la Reine Régente, Madame ma Mère, pour vous dire que vous 
ayez a leur faire délivrer une aumosne de soixante rézeaux de 
froment pris aux magasins de madite ville de Metz pour l'année 
présente et à continuer les années suivantes, tant qu'ils seront en 
nécessité. A quoy m'asseurant que vous ne manquerez selon mon 
intention, je prie Dieu, qu'il vous ayt, mon Cousin, en sa saincte 
garde. Louis. 

' {Arch. Pr.). 

Remise des rentes annuelles sur la terre d'Outremont de 1034 
à 1647 de i()S quartes de bled froment que nous donnons aux 
Pères .lésuites, en considération des misères des temps et désirant 
coopérer au bien public par l'instruction qu'ils donnent à la jeu- 
nesse, dans la foi et les bonnes mœurs, comme aussi de participer 
à leurs prières et les voir fructifier au milieu «.le l'hérésie, 24 JLiillet 
1G47. Françoise d'Haraucourt, abliesse de St-Pierre. 

{Arch. Pr. Fonds G. 4). 

22. Neanias martyr, sivc Procopiiis. Trjf^tvdia dahitiir a selec- 
tis Coll. Met. S../, rhc'torihiis, /'••' .'iept. i 054. 

J^cr.'ionniif^c.'i : 
Neanias, martyr sive Procopius : François Fsticnne, Metensis. 

(François Fstienne d'Augnv devint (conseiller au Par- 
lement de Metz et mourut doven de cette compagnie 
le 20 janvier 1704). 



NOTES (22) 337 

Theodosia, mater Neaniœ : Carohis de Repaire, Lemovix. 
BÉRÉNICE, Neani;v soror : Pclriis Jjcqiie, Metensis. 
Phu-etas, amicus Neanife : Carolus de St-Reviy, Metensis (Charles 
Hue de St-Remy, écuyer, Sr de Gras et Voickrange 
devint ofHcier). 
JusTus, prœfectus Ga^sarea; : Charles Pontet, Metensis, devint 

Gonseiller cchcvin de l'Hôtel de Ville de Metz. 
Faustinianus, tilius Justi : Gabriel Bédacier, Turonensis, neveu 
de dom Pierre P.édacier, Evêque d'Aost, sudi-agant 
de l'Evêque de Metz et Gonseiller d'honneur au Par- 
lement. 
Centurionhs Lysias : Carolus Letnoyne, Gatalaunensis. 
Antiochus : Arnaldus Mamiel, Metensis. 
Nicostratus : Ludovicus Bertrand, Metensis, devint 
secrétaire de la ville, Gonseiller du Roi et trésorier 
des finances en la généralité de Metz. 
Antimachus : Philippus Durand, Metensis, né if^îj, 
mort jeune, frère de Durand de DistroflF, tige des 
Durand de Tichémont, de Lançon, de Villers, de 
Laubrussel et d'Aunoux. 
DoRYPHORi : Joannes Lacour, Metensis. 
Jacobus Isbert, Metensis. 
La tragédie fut suivie d'un ballet intitulé : La Victoire de Thé- 
mis sur ses ennemis. 

ire partie : Thémis déplore l'état où ses ennemis l'ont réduite. 
2e » Elle est environnée et serait contrainte à se rendre, 

3e » Si deux génies venant à son secours ne la vengeaient 

de ses ennemis. 

Ges deux génies sont le génie du Maréchal de Schomberg et 
celui du Lieutenant général. 

Personnages : 

Thémis : Philippe Des/orges, de Metz. 

L'ambition : Charles de la Vallée, de Toul (Charles Christophe de 
la Vallée de Pimodan devint, comme l'était son père, 
lieutenant de roi au Gouvernement de Toul et grand 
bailli de cette ville. 

La faveur : Charles Hue de Saint-Remy devint lieutenant général 
au bailliage de Thionville. 

L'intérêt : Etienne Julien, de Metz, était en 1670 notaire et pro- 
cureur au bailliage de Metz. 

Le génie de Mgr le Maréchal : Henri de Haraucourt de Chain- 



338 NOTES (2 2, 23, 24) 

bley, neveu du doyen et princier du chapitre de la 
Cathédrale. 
Le (iÉNiiî DR M. i.F. Lieutenant général : Antoine Mangeât, d'Ars. 

23. Leslœns sire a}nor catholicus, tragœdia dabitur in theatrum 
a selectis rhetoribits Coll. Met. S. ./. die aiigusti lô.^y ad solem- 
nem pranniorum di.^lributionem ex liberalitate et munificentia 
nobilissimi D. Henrici de Haraiicoiirt, insignis Ecclesitv Metensis 
Decani et Vie. Gen. 

Personnages : 

DuGLAsus, Scotia; rex : F)-aneiscus Roussel, Metensis. 

Drakus, nobilis anglus : Joannes Biche, Pictavus. 

SiLvius, Aberdoniae princeps : Matheus Andry, Metensis, devint 
Conseiller au Parlement de Metz 167(1, 

Lesi..*:us, principis filius ignotus : Antonins Thévenet, Parisiensis. 

MoMMUSKius Cornes, alter principis filius : Franciscus Borne, de 
Montpellier. 

RossiA, Comitis uxor : Josephiis Roj'er, de Nancv. 

Lenarkius, tertius principis filius : Germain Boucher, Altissiodcu". 

Eduardus, comitis filius ; Carolus De Ville, Parisiensis. 

Kenneius, princeps familioc modernac : Carolus de St-Reniy, Tul- 
lensis. 

Hamiltonius, noliilis scotus : Nicolaus Mamiel, Metensis. 

Sydl.«us, doctor haL-reticus : Josephns Biche, Pictavus. 

Eph.ebi : Claudius De Ville, Metensis. 

Carolus Auburtin, Metensis, devint Conseiller au bail- 
liage de Metz. 
Franciscus Husson, Metensis, devint Chanoine de Saint- 
Sauveur. 

24. Charles d'Haraucourt de Chambley était au noviciat de 
Nancy, lorsque François de Gournay y entra. Les familles de ces 
deux jeunes gens étaient séparées par une haine profonde. Le 
père de Charles de Haraucourt avait été tué en duel par celui de 
François de Gournay. Le premier mouvement des deux jeunes 
religieux fut de se jeter dans les bras l'un de l'autre. Charles de 
Haraucourt sollicita la faveur de servir Gournav pendant les pre- 
miers jours de sa probation. Désirant apaiser par la vue de leur 
union, les inimitiés profondes qui subsistaient encore à cause de 
ces anciennes querelles entre plusieurs familles lorraines et mes- 
sines, Charles de Haïaucourt, nomme recteur à Metz, demanda 
que François de Gournay lui fût adjoint. Il le fut, en effet, à 
titre de prédicateur des controverses. Ses discoui's, disent son 



NOTIÎS (24, 25, 26) 339 

historien, iirent un yrand bien, mais la vue de cette union pro- 
duisit encore un fruit autrement salutaire dans le pays. 

Un autre membre de la famille de Haraucourt avait été déjà 
dans la Compat^nie, où ses connaissances l'avaient désit;né comme 
un des professeurs les plus distingués de l'époque. Né au château 
de Ghambley près Gorze en i 598, César-François de Haraucourt 
entra dans la Compagnie de Jésus en 1G19 et enseigna à l'Univer- 
sité de Pont-à-Mousson. C'était selon le P. Abram et Dom Cai.met: 
Poeta e.vccllcns, orator non nwdiocris, lingtiannn satis peri'.us. 

25. Bai.ton dans ses Annales de Met'^, éditées en 17X9 à Metz 
chez Claude Lamort, nous donne la liste des fondateurs de la 
maison de la Propagation. 

Jacques Foes, chanoine et trésorier du chapitre de la cathédrale; 
Jcoffroy, chanoine et archidiacre de Metz ; Etienne Michclet, cha- 
noine et doyen de Saint-Sauveur. 

Marchand, curé de Sainte-Croix ; Bénigne Bossuet, François 
Jobal de Pagny et François Estienne d'Aitgny, tous trois Conseil- 
lers au Parlement. 

Philibert Estienne d'Aiigny, lieutenant général au bailliage ; 
Mathieu Jeoffroy, lieutenant criminel ; Antoine Andry, Conseiller 
au bailliage ; Vincent, Conseiller échevin de l'Hôtel de ville; Ber- 
trand, ancien échevin ; Jean-Baptiste de Saint-Didier, Procureur 
au Parlement. 

Leur première assemblée eut lieu le i3 août it)65 en la chapelle 
de la Congrégation établie au Collège des Pères Jésuites. En 1747, 
l'association établit dans cette maison les frères des Ecoles chré- 
tiennes que Mgr de Saint-Simon venait d'appeler à Metz; aujour- 
d'hui, elle est occupée par les Sœurs de Sainte-Chrétienne qui y 
tiennent un pensionnat de jeunes tilles. 

26. Mrtensis ecclesi.e de h.cresi TRiuMfHus, drania gratula- 
toriuni DD. Georgio d'Aiibiisson de la Fextillade episcopatus pos- 
sessionem tneunti, a selectis Collegii S. ./. scholasticis. 

Personnages : 
GÉNIE de la nature : Charles Lepage, reçu avocat au Parlement 

de Metz en 1G73. 
Génie de l'église : François Fagnier, reçu avocat au Parlement 

de Metz en iG-3. 
Génie du royaume : Resnault Tlioret, reçu avocat au Parlement 

de Metz en i<")74. 
Génie de l'Espagne : Bertrand Jeojfroy, devint lieutenant criminel 

du bailliatre. 



340 NOTES (26) 

GÉNIE DE Venise : Louis Jenffroy, avocat en 1674. 
Génie de Metz : Henri Juliot. 

GÉNIE d'Embrun : Jean Jeoffrqy, secréfaire du Roi en la chancel- 
lerie du Parlement. 
NoBiLiTAS : Claude de la Ronpère, fils du Gouverneur de Toul. 
Prudentia : Charles du Barail, officier. 
Religio : Brice Gomé de la Grange, devint Maire royal de Toul et 

Receveur des finances. 
PiETAs : Charles de Rorthay, de Poitiers. 
SciENTiA : Pierre Michelet, devint capitaine d'infanterie. 

Prologue ; 
Charles Jeoffroy, devint Commissaire provincial d'artillerie. 
Claude Henri de la Bussière, de Paris. 
Louis Fétiq, fils d'un échevin de Metz. 
Nicolas Grillot, de Toul. 

l'f Ballet : La religion renversée par l'hérésie. 

ire entrée: La religion descend d'un trône où elle avait été éle- 
vée par les Evêques de Metz, elle exprime par un récit et par ses 
soupirs la douleur qu'elle a de se voir si longtemps sann pasteur. 

2^ entrée : \Jhérésie attaque la religion et n'étant point assez 
forte seule pour la vaincre ; 

3e entrée : Le mensonge, V ignorance et V impiété, ses troupes 
auxiliaires viennent combattre pour elle. Ils renversent la religion, 
lui ôtent ses habits et ses ornements dont ils couvrent Vhérésie, 
laquelle ils font monter sur le trône où était auparavant la religion 
et prennent place autour d'elle. Le théâtre change et parait plus 
obscur. 

4" entrée : La curiosité, principale source de la propagation des 
hérésies paraît sur le théâtre, et après avoir vu quelle est la cause 
de ces changements, s'en retourne. 

5«= entrée : La même curiosité entre une seconde fois amenant 
avec elle un bourgeois et un pavsan pour les engager dans l'/u'Ve.vîV. 

fifi entrée : Les vices sortent de leur place et font tant avec la 
curiosité qu'ils les engagent tous deux à rendre leurs respects à 
l'hérésie et à la reconnaître pour leur religion. 

Danseront : 

La religion. . . Louis Geojffroy. 

L'hérésie .... Regnaull Thorel. 

Le mensonge . . Claude de la Routière. 

La curiosité . . . Bertrand Jeoffroy. 

L'impiété Jean Jeoffroy. 



NOTES (26) 341 

L'ignorance. . . iXicoljs Grillât. 

Lk paysan .... Fra)icois Fagnier. 
Le p.ouKGicois . . . Louis Fétiq. 

2"-' Bali-et. — Lliércsic vainciw à la faveur des armes de Mon- 
seigneur. 

l'c entrée : Deux pelils anunirs qui sont les deux effets de la 
charité, laquelle étant un feu a sa lumièie et sa chaleur, par le 
moyen desquels la relit^ion subsiste, commencent le ballet et voyant 
ce changement de théâtre, se doutentdece qui est arrivé et chacun 
en témoigne sa douleur. L'un d'eux tire un rideau qui cache Vlie- 
résie et ses monstres. 

2'^ entrée: Le génie de Met':; à la faveur de ces deux amours se 
résout d'attaquer Vhérésie, le combat commence par deux flèches 
que les amours lui tirent. 

3" entrée : Lliérésie avec ses monstres attaque le génie de Metj 
avec les amours ; déjà, il semble qu'ils soient vaincus lorsque 

qi-' entrée : Le génie de l'église appelé par les deux amours pré- 
sente à celui de Metz l'écu de Monseigneur avec lequel il met en 
fLiite les monstres ; les petits aijwurs ravissent à Vhérésie abattue 
les ornements de la religio]i ; et après quelques pas en cadence 
comme pour se féliciter de leur victoire, ils sortent pendant que 
le génie de Met':; il'xi un récit sur la force de ses armes, victorieuses 
de l'hérésie et de ses monstres. 

b'^ entrée : Les deux aniours ramènent la religion chassée par 
rhé)-ésie. Le théâtre change et parait plus beau. 

•')<-• entrée : Les vertus descendent du ciel pour régner avec la 
religion à la faveur des armes de Monseigneur, et ce ballet se ter- 
mine par les aniours qui exhortent le gé)iie de Met:; à pcnusuivre 
sa victoire. 

Danseront : 

Le génie de l'É(;lise . François Fagnier. 

l^E GÉNIE DE Meiz . . (^liarles Lepage. 

La religion .... Louis Jeoffroy. 

La science Pierre MicJielet. 

La prudence .... Charles du Barail. 

La piété Brice Gomé. 

Le ZÈLE Charles du Korthay. 

L'hérésie Kegnault Thorel. 

La curiosité .... Bertrand Jeoffroy. 

Le mensonge .... Claude de Ronjières. 

L'impiété Jean Jeoffroy. 



342 NOTES (2(), 27) 

L'ignorance .... Nicolas Grillol. 

\ Charles Jcoïïroy. 

Amours î . i 7, • 

j • . . . . de la Biisswre. 

S*" Bali.ilt. — La religion rétablie à la faveur des tiieiiies armes. 

i''^' entrée : La religion traîne Vhéresie enchainec sur le iheatre. 

2^ entrée : La prudence et la piété traînent de même les vices 
contraire à ces vertus. 

3*^ entrée : La science amène Vignorance enchaînée. 

4e entrée : Le génie de Met^ fait tomber à son entrée ces mons- 
tres en leur montrant les armes de Monseit^neur et pai' un récit 
qu'il commence et qui se continue en musique, il insulte à ces 
vaincus. Il va en cadence attacher ces armes au-dessus du trône 
qui est préparé pour la religion, il enchaîne les monstres à l'en- 
tour, puis il v fait monter la religion accompat^née des autres 
vertus. 

5^ entrée : Le génie de l'église avec les deux a}nours ramènent le 
bourgeois et le paysan qui s'étaient fourvoyés, pour ieur faire re- 
connaître et embrasser la véritable relit^ioil rétablie à la faveur des 
armes de Monseigneur. 

(')'-* entrée : Les vertus viennent danser avec leurs monstres 
qu'elles tiennent enchaînés et les amènent sur le bord du théâtre 
où la religion et le génie de Metj font compliment à Monseigneur 
et teiminent le ballet. 

Danseront : 
Le génie de l'église . Joacliim de Vaseille. 
Les AUTRES Les mêmes. 

Christus a pastoribus coronatus, tragédiejoiiée en janvier i liù i 
au collège de Met^. 

Mors (>oriolani, tragœdia dabitur in tliealrnm a selectis Metensi 
collegii S. J. scholasticis 23 jnill. hor. -j^' ad soleninem prœmiorum 
distributionem ex liberalilate et munificentia Excellentissimi et 
illustrissimi DD. G. d'Aubusson de la Feuillade. archiepisc. Ebro- 
dun. Episc. Met. 

Personnages : 
Coriolanus : Henri Juliot. Chabliensis. 

Accius, Volscorum princeps : Ed. H. de Chappelenne. Trecensis. 
Veïuria : Louis Jeojfroy, Metensis. 

27. Jacques Roussel, né à Toul 1(^)44, avocat, Con.seillei- au liail- 
liage de Metz 1668, échevin de Tllotel de \ille KiSo. 

Lo7//i" i3a/iHi", frère du savant .lésuite, né à Metz itJ.So, avocat, 
notaire et échevin. Mort 1720. 



NOTl'S (27, 28) 343 

Je.TH-XicoLis Lcfebvrc. Seigneur de LaJonchamps, né à Toul, 
d'abord capitaine d'une compagnie franche, puis Conseiller en la 
Chambre des comptes près le Parlement et échevin de Metz. 

Nicolas Mamiel, avocat 1662, receveur, payeur des gages du 
bailliage et échevin. 

Heiiri-Fraiiçuis Pontet de Vitrange occupa pendant cinq ans 
(ib83-i6S8) le poste de Maître échevin, il, était en outre président 
à mortier au Parlement. Constamment occupé des intérêts de la 
cité, il transmit cette sollicitude à ses descendants et fut Taïeul du 
Baron Poutet, Maitre échevin de Metz, qui scella de son sang en 
171)3 les liens qui l'attachaient à sa ville natale. 

Jean-Baptisle Biaise, procureur au l^arlement et échevin. 

28. Litteras accepit subdiaconus Metensis, Mussiponti in semi- 
nario degens, quibus mandabatur ut coram 111. Metensi episcopo 
quamprimum se sisteret. Huic pra:;cepto 8 febr. dato obtempe- 
rare volens die o" ejusdem mensis profectus est et recta Metas 
perrexit. Sequenti die, hora circiter seplima matutina, adivit 
D. Talvatz, superiorem Seminarii Metensis, ab ipso de qua re 
ageretur quaisiturus. Hic respondit: Scis quod magni te faciam, 
sed sunt ex confratribus tuis aliqui qui tecum contenti non sunt : 
adeas Illustr. Episcopum ; ibi ad aliquas quas tibi proponet 
quivstiones respondeas secundum conscientiam tuam. Cogeris 
enim jusjurandum pr^estare : noli itaque restrictionibus uti. — 
Respondit Subdiaconus : non utar, dicam quod sentio. 

Hic, hora circiter 7" cum dimidia, palatium episcopale est in- 
gressus et obtenta Episcopum adeundi facultate, prcj more genu 
flectens, debitam salutationem prœstitit ; cum cccc tono episcopali 
in ha;c verba Illustrissimus erupit : 

« Quid audio de te? An verum est quod l'apa sit primus Metensis 
episct)pus et ego secundus .•" Quid sentis t 

Subd. — Illustrissime Domine, his rébus nondum exofticio studui, 
unde ad ea qua; a me qua^ri possint respondere non 
valeo. 

Ep. — Relinque talia et responde ut sentis in corde : quid putas .•' 

Subd. — 111. Domine, sentio quod summus Pontifex, ex eo quod 
sit caput ecclesia;, princeps episcoporum, possit in hac 
diœcesi, sicut et in aliis omnibus, exercere functiones 
sibi proprias. 

Ep. — Quid? An me invito possit missani légère, contessiones 
excipere, etc. in hac mea diœcesi." 

Subd. — Ita, credo. 



û44 



NOTES (28) 



Ep. — Quid suntis Je constilutione Unip;enilus? Estne régula 

tidei ? 
Sitbd. — Parce, 111. 1). I)., mcum non est talia definire. 
Ep. — Numquid jam dixi me hujusmi^di subterfugia habere noUe ? 

Relinque taies responsiones et die prout sentis : Estne 

régula fidei? 
Siibd. — Ita ; credo illan:i esse regulam lidei. 
Ep. — Quid ergo sentis de illis qui illam rejiciunt ? 
Siibd. — Si quidem jubct Exe. vestra, ut respondeam prout sentio, 

dico quod illi sunt ha'retici, si cum pertinacia illam 

rejiciunt. 
Ep. — Quid ? Quid ? Sum ergo hœreticus c 
Subd. — 111. D. D., non dico; non enim scio aut examino quid 

agas ; nec enim meum est illud examinare. 
Ep. — Dico tibi quod constitutionem rejiciam, quod nunquam 

illam sum recepturus, imo cras vel perendie ab illa con- 

stitutione ad futurum concilium appellabo. Sumne ha-re- 

ticus propterea f 
Subd. — 111. D. D., orabo Deum ut nos a tanto malo praservet. 
Ep. — Quid, orabis tu ." Indignus es qui ores : es enim schisma- 

ticus, et prohibeo ut ad sacram synaxim accédas. Res- 

ponde, quid sentis? Sumne hareticus, quia constitu- 
tionem rejicio ? Responde, Responde? 
Subd. — Si cum pertinacia hoc facias, es hareticus. 
lïp. — Suntne alii séminariste Mussiponti bujus senlenlia- ? 
Subd. — Ita sunt. 
Ep. — Quinam illi? 
Subd. — Dom. Haas et Dom. Turbert. 
Ep. — Ergo eos tecum rejiciam e seminario. Exi et expecta pr;v 

foribus cubiculi. 

Tum exivit subdiaconus et expectavit in proccetone, 
dum denuo juberetur ingredi. Intérim episcopus cura- 
vit ad se vocari vicarios suos générales D. Braver, 
D. Séron, D. Baudoin quibuscum venit D. Talvatz. 
Postquam per aliquod tempus cum 111. Ep. locuti lue- 
runt, denuo jussus est ingredi subdiaconus, ad cujus 
ingressum 111. ait: Ecce, Domini, iste homo vos dicit 
hxMX'ticos. 
Subd. — Parce, 111. D. D., nemiiicm nominavi. 
Ep. — Quid ? an non dixisti quod omnis qui cum pertinacia 

rejicit constitutionem ihuiiC)iilu.s est hivreticus ? hoc 

dixisti ? 



NOTES (28) 343 

Subd. — Ita, III. D. D., luvc dixi. 

l'^p. — Ert;o dixisti hune dominum (manu ostendens D. Braycr), 

esse ho-'ieticum. Appcllavit enim et constitutiuncm rejicit. 

Respondcas ? 
Subd. — Hoc posito, est ho-Mcticus. 
Ep. — Ii^itur et hi omnes sunt hivietici ; omnes cnirn sunt cjusdcm 

cum D. Brayer sententiiv\ ()uid putas ? 
Subd. — Ita sunt. 

Ep- — Nollcs eri^o audire missani emum :' 
Subd. — NolJem, si alias missam audiie possem. 
/). liraj'cr. — Contii^it sa'pius ut, me ad altare accidenter ad- 

stante, se ad aliam parteni converteret 
l-.p. — Cur ergo loqueris cum ipso ? 
Subd. — i^icet loqui cum aliqun exconununicato, quamdiu non 

est denuntiatus, secundum hullam Martini V : Ad Vi- 

tanda scanda la. 
Tune D. Séron. — Mentionem l'acit subdiaconus Bullœ alicujus 

L|ua' incipit ab his verbis : Ad vitanda scandala, sicut 

huila moderna inci|iit ab eis : Unigenitus Dci est filins. 

Et juxta primam l)Ldlaui licitum est loqui et conversari 

cum excommùnicalo non denuntiato. 
Ep. — Si ert;o Papa me denuntiaiet excommunicatum, mecum 

noUes loqui, nec a me ordines recipere.'' 
Subd. — Nollem, quia alias ipse excommunicationem minorenv 

incurrerem. 
Ep. — Nullus unquam jesuita eo usque pervenit, tôt et talia 

protulit. 
Subd. — Idem nihilominus sentiunt. Est enim illorum sentenlia, 

et si interro!.;arentui-, idem dicerent. 
Tu}ic D. Scron. — Er^o tu, virum celebrem, sanctum cardinalem 

de Noailles aichiepisc. parisiens, vocas ha.'reticum : 

appel lavit enim a pra'dicta constitutione ad concilium. 
Subd. — Eum talem nomino, si quidem talis est. 
/). Scrun. — Sed quo principio hœc asseris .-■ an omnis tenetur se 

dicta; constitutioni submittere .-' 
Subd. — Tenetur, quia omnis tenetur se submittere suo superiori, 

quoties aliquid mandat quod ejus potestatem non exce- 

dit, nec est evidenter contra legem Dei. Atqui dicta 

constitutio, qua; data est a summo Pontifice, non excedit 

ejus potestatem, est enim judex fidei ; nec est evidenter 

contra lei.;em Dei, tôt enim sunt et tam illustres episcopi 

qui eam cum summa veneratione recipiunt. Ergo. 



346 (notes (28) 

D. Séron. — Bone Deus, lege constitutionem et videbis quod 
aperte sit contra legem Dei et sancios l^atres. 

Siibd. — Legi, Domine, sed ita non est. 

D. Scroii. — Tôt universitates et parlamcnta, et ipsa Sorbonna, 
illam rejiciunt. An putas illorum iuiicniuni non esse 
tantum quantum est tuum r 

Subd. — Absit a me. Domine, ut talia mihi persuadeam. Sed dico 
quod nec Sorbonna, nec parlamenta, nec universitates 
sunt judices fidei. Summus i'ontilcx cmn episcopis taie 
privileL;ium sibi arroi^are possunt, illi enim soli habent 
depositum tidei. In alterum principium innixus, dixi 
quod omiiis homo tenetur se eonstitutioni submittere, 
quia omnis homo tenetur se submitteie judicio Ecclesiœ... 
Alqui... Ert^o... Probo minore»!. Summus Pontifex 
illam dédit et major numerus episcoporum illam recepit 
tanquam regulam tidei. Nonne hrec sufficiunt ad judi- 
cium Ecclesia." faciendum .'' Nonne omni tempore et in 
ouini concilio, licet aliqui contradixerint, semper defi- 
nitum est secundum sententiam majoris numeri episco- 
porum summo Pontifici unitorum? 

Ep. — En iste pertinax; nil lucrandum cum eo. SemjK'r suis 
l'irinciiiiis insistit. Fiet jesuita. Jesuita; hoc ipsum docu- 
erunt, et ideo est tam insolens et pertinax. 

Subd. — 111, I). D., parce ; nam etsi status iste sit sanctus, et in 
illo quis salvari possit, requiritur tameh vocatio Dei ad 
illum suscipiendum. Cum autem credam me a Deo ad 
statum clericalem vocatum esse, ipsi pro viribus in hoc 
statu servire conabor. 

D. Brayer. — Non credo ego, non credo, quod, cum .lesuitis, 
quis salvari possit ; hoc ego non credo. 

l). Séron. — Parce, parce; si enim mutarent sentenlias, equidem 
salvari possent. 

Ep. — Quid valet ! iste homo solis reluis pertinenlibus ad con- 
stitutionem studuit et neglexit omnia alia : nonne verum 
est ? 

Subd. — 111. D. D., verum est quod multa audierim et legerim de 
rébus bis; sed propterea studia mea non neglexi ; si 
placeal interrogare, paratus sum ad alia lespondeie qua? 
hoc anno in theologia tradita sunt. 

D. Tdlvat^. — • Iste dominus lantunnnodo perannum philosojihiam 
et per unicum annum theologiam audivit : miror ejus 
iniienium et doctrinam. 



NOTES (28, 29) 347 

Ep. — Prasstarct ut nullum habet ini;ciiiuin. 

/). Talviit-;. — Ita est. 

Ep. — Oleum et operain petdiJimus. Ejicio te pio semper a semi- 

nario meo ; abi et amplius noli cumpareie. 
Siibd. — 11!. D. D., placeat erL^o mihi dare unum excat. 
Ep. — Quid tu petis ? unum excjt? Non dabo, es cnim schisma- 

tiscus. 

Tune omnes, una voce, clamaliant: l^tique es schis- 
matiscus. 
E.p. — Nolo ut unL|uani fias sacerdos ; mallem enim habere lupum 

lapacem in mea diœcesi quam le. Abi, Abi ; iMohibeo 

ut ullam functionem subdiaeoni exerceas et nequidem 

cateehizes. Abi, exi. 

Ce sous-diacre a reçu depuis les ordies de M. le sulfrai;ant de 
Trêves, contre le i^re de Mi^r TEvêque de Metz, lequel a fait un 
mandement le 3o septembre 17K) pcuir détendre au sieur Linlz de 
faire aucune fonction. 

(Archives de la Préf. Eoiids G.). 

Voir ei;alement sur ces discussions Martin. Histoire de l'Uni- 
versité de Pont-à-Moiisson, p. i38. 

29. Jean- François Baltus, né à Metz, le 6 juin 16G7, entra dans 
la Société de Jésus le 2 nov. 1682, et v fit profession le i3 août 
1700. Il était alors professeur de philosophie à Slrasbourt;. Il 
avait été aupaiavant professeur d'humanités à Dijon et de rhéto- 
rique à Pont-à-Mousson. Il voulut ajouter à ses connaissances la 
science de l'archéoloi^ie chrétienne et de la lani^ue hébrai\|ue, 
mais ces études finirent par l'épuiser. Envoyé à Strasbourg:, puis 
à Dijon, ccMnme bibliothécaire, il fut ensuite appelé à Rome en 
1717 et chargé d'examiner les ouvrages écrits par les Pères de la 
Compagnie. De retour en France, il fut Préfet du collège de 
Dijon; recteur à Metz, de 1724 à 1735, puis préfet des études et 
enfin recteur de l'Université de Pont-à-Mousson. 11 mourut 
bibliothécaire du collège de Reims, le c) mars 1743. 11 a laissé de 
nombreux ouvrages dont plusieurs font encore autorite de nos 
jours. Cf. SoMMERVOGEL, Bibliographie S. J. 

Antoine-Louis, né à Metz le i3 février 1723, fils d'un chirurgien- 
major à l'hôpital militaire embrassa, après de brillantes études 
faites au collège de Metz, la carrière de la médecine militaire. A 
vingt-deux ans, il rit la campagne de Flandre, comme chirurgien- 
majtu- d'un régiment. .A son retour, il obtint au concours le grade 
de maitre-ès-arts en chirurgie et fut nommé en 1746, membre de 



348 NOTES (29, 3o) 

rAcadémie royale de chiruij^ie de Paris. En 1749, il voulut sou- 
tenir les épreuves du doctorat dont il était cependant dispensé 
par ses années d'exercice. Il renouvela Tusai^e tombé en désué- 
tude depuis près de cent ans, de scjutenir sa thèse en latin. Cet 
acte, aussi remarquable par sa nouveauté que par les talents de 
celui qui allait le présenter, attira une foule de praticiens distin- 
gués et d'autres personnages illustres. Louis, qui avait pris pour 
sujet : Les plaies de la tête, brilla dans ses léponses aux objections 
souvent spécieuses que lui adressèrent les examinateurs. Ce tut a 
cette occasion qu'un journaliste ayant écrit : « Tout est perdu, on 
parle latin à Saint-Côme» ! Louis XV répondit: « Et qui plus est, 
on l'y comprend.» Le récipiendaire avait fait graver en haut de 
sa thèse l'image du serpent d'airain élevé par Moïse dans le désert 
avec cette devise: Nuxiiis replaïuio. e.vcelsiis spes cerla saliitis. 
Cet emblème et cette devise forment encore les armes de la mé- 
decine en France. 

Louis devint docteur en médecine de la faculté de Paris, chiiur- 
gien en chef des armées du Ivoi, inspecteur-général des ho[iitaux 
militaires, secretaii'e perpétuel de l'académie de chirurgie, censeur 
royal, professeur et chirurgien en chef de la Salpétrière et membre 
d'un grand nombre d'académies. Non content de ces titres, Lt)uis 
Ht son droit, se fit recevoir avocat au parlement de Paris où il 
créa en quelque sorte la médecine légale. Pendant trente-cinq 
ans, il fut l'oracle, le guide et le conseil des juges et contribua par 
ses observations et ses écrits à faire absoudre les innocents et a 
faire reconnaître les coupables. 

En 1779, l'affection que Louis a toujours conservée pour sa ville 
natale, le porta à faire modeler plusieurs médaillons en marbre 
blanc représentant les plus illustres Messins et à les offrir à la 
ville (ces médaillons se trouvent encore dans le grand salon de 
l'Hôlel-de-Ville). La Compagnie de .lésus était abolie, il y avait 
un certain courage à faire l'éloge de ses membres ; Louis, qui ne 
savait pas transiger avec sa conscience, tint à faire ligurer le Père 
Baltus, au nombre des célébrités messines. L.e célèbre chiiuigien 
qui conserva jusqu'à la Hn de sa vie la foi de son enfance et une 
piété sincère, mourut à Paris le 20 mai 1702. — Voir Bicgin. Bio- 
i^raphie de la Aloselle. Biof^rapliie universelle, etc. 

3o. Le P. Jean-Nieolas Beaiireiiard (et non Pierre) est ne à 
Metz (et non à Pont-à-Mousson) comme tous les biogiaphes s'ac- 
cordent à le dire (Biof^r. iiniv. Crélineau Joly, etc.) le 1(1 juin 173 t. 
Il était lils d'un potier d'elain c|ui demeLuait place Mazelle. Après 



NOTES (3o) 349 

de brillantes études au collèi^e de Metz, il entra en i74<) au novi- 
ciat et deux ans après fut professeur de grammaire à Nancy, puis 
à Verdun. Envoyé- à Strasbourg, il y professa la logique, la philo- 
sophie et la théologie. Jeté hors de France en i7G2,il fut ordonné 
prêtre à Spire et rentra en Lorraine où Stanislas avait conservé 
la Compagnie. Le bref de Clément XIV vint le frapper en 1773. 
Le P. Beauregard prêcha dans les paroisses de Nancy, donna des 
missions dans le Luxembourg, en Alsace et à Pont-à-Mousson. 
En 1774, sa réputation était assez grande pour qu'on le chargeât 
de prêcher le carême à Notre-Dame de Paris. C'est là en face de 
cet autel où vingt ans plus tard devait trôner la déesse Raison 
qu'il prononça ces paroles célèbres : a Oui, c'est au roi et à la re- 
ligion que les philosophes en veulent ; la hache et le marteau sont 
dans leurs mains. Ils n'attendent que l'instant favorable pour ren- 
verser le trône et l'autel. Oui, vos temples, Seigneur, seront dé- 
pouillés et détruits, vos fêtes abolies, votre nom blasphémé, votre 
culte proscrit. Mais qu'entends-je ? Grand Dieu! Que vois-je ? 
Aux saints cantiques, qui faisaient retentir les voûtes sacrées en 
votre honneur, succèdent des chants lubriques et profanes! Et toi, 
divinité infâme du paganisme, impudique Vénus, tu viens ici 
même prendre audacieusement la place du Dieu vivant, t'asseoir 
sur le trône du Saint des Saints et recevoir l'encens coupable de 
tes nouveaux adorateurs.» Condorcet et d'autres philosophes 
accablèrent d'injures le P. Beauregard. Il n'y répondit qu'en con- 
tinuant à annoncer les malheurs dont la France était menacée. 
En 1780 et 1781, il prêcha à Meaux, la ville entière fut terrifiée 
par sa parole. En 1789, Louis XVI le désigna pour prêcher le 
carême à la cour. En 1702, il se réfugia à Londres. Indigné de la 
conduite légère et des mœurs scandaleuses des principaux émigrés, 
le P. Beauregard les apostropha en ces termes du haut de la 
chaire : «Vous, déserteurs du trône, de quel droit réclamez-vous 
la pitié ? Vous êtes punis, mais comme la race de Juda, d'un châ- 
timent juste. Couvrez-vous de cendres, errez à travers le globe, 
car vous étiez l'appui du sceptre et vous avez entraîné sa chute : 
en vous retirant, vous n'avez su ni combattre, ni fléchir.» Ces 
hommes qui ne voulaient ni changer de vie, ni entendre la vérité, 
forcèrent le P. Beauregard à quitter l'Angleterre. Il se réfugia à 
Cologne, puis à Maestricht. La princesse Sophie de Hohenlohe 
l'accueillit dans son château de Groning, où il termina sa vie en 
1804. Avant de mourir, le P. Beauregard écrivit en ces termes ses 
dernières volontés : c En 1749, Dieu m'ayant fait la grâce insigne 
de m'appeler à la Compagnie de Jésus, d'y faire les derniers vœux 



36o . NOTKS (3o, 3l) 

et d'y être reçu profès ; par une seconde grâce presque aussi pri- 
vilégiée c|ue la première et jiar une seconde vocation ayant été 
agrégé et incorporé à la province des Jésuites de Russie par le 
li. W (jiuber, alors général de cette même Compagnie; en vertu 
de mon vœu de pauvreté que je renouvelle en ce moment de très 
grand c(x,'ur, ainsi que mes autres vœux et par obéissance à nos 
saintes règles et constitutions cpie je révère encore plus à ma 
mort que pendant ma vie, vœux et constitutions qui ne nous per- 
mettent pas de tester, ce qui serait le plus grand acte de pio- 
priéte, je déclare donc que tout ce qui parait m'appartenir ne 
m'appartient pas, mais et sans aucune réserve, appartient aux 
Jésuites de Russie, auxtiuels je supplie la princesse Sophie de 
l'envoyer. 11 — Voir: Journal des Débals, 2 oct. 1804. Harrif.r. 
Bibliothcqitc de l'homme de goût. Tabarand. Biographie univer- 
selle. Notice par le P. Daniel, Paris i<S5<S et Eludes de théo- 
logie S. J. 

3i. Compte-rendu des deniers trouves au collège, qS livres, 

G sous, () deniers. — Inventaire de la Sacristie. — Mémoire des 

ciriers pour la congrégation des élèves pendant 4 ans : 410 francs. 

— Prise de possession. — Inventaires. 
(Archives de la Préfecture, fonds G. 323-:>28-33 1-335). 
Etat des riens et revenus du coli.è:ge : 

Saint-FJoy (commune de VVoippy), deux métaiiies de terre ; de 
plus, un jardin loué avec la charge de lessiver le linge du col- 
lège et une maison louée, dans les terrains du Pont des Morts, 
à M. le président d'Augny, le tout estimé 2100 francs. 

Les Petites Tappes [données à l'abbaye de Justement par Gervais 
de Lessy et vendues par l'abbaye de Justement à l'abbaye de 
Sainte-Croix), censé laissée pour bail movennant un canon 
de 3oo quartes de petit blé meteil évaluées à 1440 francs. 

Haulconcourt et Alaipères, prés loués (")3o francs. 

Marivaux (Commune de Hayes), bien donné à Sainte-Croix, par 
Guérin de Hayes, chevalier partant pour la croisade, évalué 
254C) francs et les droits seigneuriaux. 

Outremont près Thicourt en f.orraine, loue 400 quartes de blé. 

Slad (ban de Chesnois), revenu évalué <à 2o5 francs. 

Caulre (Commune de Saint-Marcel), ancien prieuré dépendant 
de l'abbaye Sainte-Croix, canon en nature, évalué i3t)(") francs. 

Mance (Commune d"Ais-sur-Moselle). Moulin et terres donnés au 
XI H"; siècle, par l'église Sainte-Marie de Verdun à l'abbaye 
Sainte-Croix, évalués SSq francs. 



NOTKS (3 I , 3-2) 



35 I 



Postilloinbois {han de Nonoy en Lorraine), loue 400 francs. 
Silly-siir-Nii'd, mctaii-ie confisquée, pour cause Je relii^ion a 

rjéJéiin Le Bachellc et affectée au coUèi^e, par hi'e\el Jii 

20 septembre 1702, louée 424 fi-ancs. 
/}V';n'j;z,i,'C, acquisition faite en 1714, louée 197 francs. 
Nciiville, près Marivaux (acquisitions de 1724, 1725 et 1737), loué 

140 francs. 

Différents petits jardins : loués 207 livres, 1400 arpents de bois 
estimés 1820 francs 4 sols; 187 mouées de vignes en 7 métairies 
estimées io3o livres (deux métairies à Ars; une en Dàle ; quatre à 
Vallières et Nouilly). 

Maisons : une, rue Ghambière, louée i 3o francs ; (.juatre, i-ue(!;bap- 
lerue, louées 210, 200, 200 et 25() francs; une cave, sous les 
classes, louée 5o francs; une grange, rue (>haplerue, 80 francs; 
sis maisons rue de la Vieille Intendance, louées de 60 à i5o francs. 

Renies et contrats: 12,800 livres sur l'F-Iôtel-de-Ville de Paris; 
27,o()o livres sur les inspecteurs des vins de la ville de i^aris ; 
2000 livres, sur le collège de Sens; 382.5 livres sur IMlôtel-de- 
Ville de Sarrelouis ; 1000 livres sur divers. 

Dettes : 4,(")oo livres empruntées SLir le collège de Strasbourg 
pour construction de l'église; 1,245 livres empruntées à la maison 
de Pont-à-Mousson. 

Pension de la ville : 307 livres 10 sols (fondation de 2 cbaires de 
pbilosophie en i653). 

Total des revenus : 21,098 francs. 

Total des dettes : 3,845 francs. 

32. Catalogue du Collège de Mety au 2S Juin lyOj. 
P. Claude .Iacquicmin, recteur, né à Verdun 1684, mort à Nancy 

I jG5 . 
P. Simon-Alexis Lhi-rvuk, ministre, ne à l.angres 1694, mort cà 

Pangres 1774. 
P. .lean-Baptiste iJr.sPHi'Z, procureur, né à AmbonviUe en Cham- 
pagne 1703, mort à Pont-à-Mousson 1778. 
1\ .loseph-.'\ntoine Vinci-.nt, directeur de la Congrégation des 

bourgeois, né cà Ncufchâteau 1707, mort à Saint-Nicolas 1779. 
P. .Jean-Georges Bii.gk u, préfet spirituel et préfet d'église, ne à 

Lantzer (Alsace) 1700, mort à Bartenstein en b'ranconic [782. 
P. .lean-Baptiste Habay, missionnaire, ne à Messincourt près 

Sedan 1709, mort à Sedan 1782. 
P. Maurice Brau.i.on, directeur de la Congrégation des Messieurs, 

né à Thionville 1711, mort à Nancy 1772. 



362 



NOTES (32) 



P. Gharles-Valentin Vogel, préfet des classes, directeur de la 
Congrégation des écoliers, né à Ensisheim 1719, mort à Ensis- 
heim 1785. 

P. Jean-Claude Roy, régent de logique, né à Bclfort 1721, se re- 
tira à Bell'ort. 

P.Jean-Pierre Oberrieder, régent de ph\'sique, né à Colmar 
i'/2C), mort à Strasbourg 1784. 

P. Jean Pelletier, prédicateur, né à Tournus 172S, devint en 
1762 directeur de la maison de probation de Nancy. 

P. Jean F^ouquet, régent de rhétorique, né à Dtjuzy près Sedan 
1729, mort à Sedan 1774. 

François-Auguste Thierry, régent de seconde, né à Saint-Nicolas 
1736, fut en L7('i2 régent de seconde au collège de Nancy. 

Nicolas-Alexis B.\rbier, régent de troisième, né à Merle en Ver- 
dunois 1740, se retira à Nancy. 

Nicolas-Michel Ménestrel, régent de quatrième, né à La Marche 

Jean Lacave, régent de cinquième, né à Vesoul 1740. 
Frères coadjutcurs : 

Dominique Barry, dépensier et cuisinier, né à Gries 171 5, se re- 
tire à Pont-à-Mousson, mort 1783. 

Jean Paulus, crédencier et menuisier, né à Vergaville 1710, mort 
à Bruxelles 1781. 

Maurice Duval, sacristain et couturier, né à Barbonville i733, 
envoyé au collège d'Epinal en 1762. 

Liste des Recteurs du Col lèse de Metz. 



IG22. 


p. 


Jacques Pérard. 


1G81. 


P 


1625. 


p. 


Claude TiPHAiNE. 


1684. 


P 


1627. 


p. 


Louis Magniet. 


.1687. 


P 


1(130. 


p. 


Jean Rousselet. 


I Gq I . 


p 


if)34. 


p 


Pierre Lecazre. 


1G94. 


p 


l(">42. 


p 


Lei.orrain. 


17OI. 


p 


lôSo. 


p 


Thomas de Villers. 


1704. 


p 


1657. 


p 


René Ditheau. 


1710. 


P 


1660. 


p. 


Ch. DE Haraucourt. 


1721. 


p 


I GG4. 


p 


Etienne Legrand. 


1724. 


p 


iGr>7. 


p 


François Mathieu. 


1735. 


p 


IG70. 


p 


Emilien Vaussin. 


1738. 


p 


IG74. 


p 


Jacques Pupin. 


1749. 


P 


IG77. 


p 


Jean-René Jobal. 


17.S3. 


P 



Amé. 

Nicolas Andry. 
François de Gournay. 
Joseph DE Beauve.'VU. 
Hubert Parizot. 
Jean Bordois. 
Du Poncet. 
Laguille. 
Joseph Tresse. 
Jacques Baltus. 
Trirollet. 
Nicolas Canelle. 

Louis DUCHESNE. 

Claude Jacquemin. 



NOTES (32) 353 



Lettre du P. L. Bertrand S. J. au Procureur général. 

Dijon, i«r sept. 1763, à M. Le Goullon de Champel, Procureur 
général près le Parlement de Metz. 

Monsieur, rien de si triste, comme vous le savez, que la situa- 
tion actuelle des Jésuites en France. Ceux de Bourgogne n'ont été 
guères plus ménagés que ceux des autres ressorts. Ce n'est pas 
pour me plaindre de cette condamnation que je prends la liberté 
de vous interrompre, un moment, au milieu des fonctions labo- 
rieuses de votre ministère. Je ne doute pas que vous n'écoutiez 
volontiers votre compassion pour des malheureux; l'amour de la 
religion vous intéressera toujours pour de prétendus coupables, 
que la voix publique justifie de toutes parts. A votre exemple, je 
vis et me console dans l'attente de Celui qui doit juger les justices 
mêmes. Trop infortunés alors seront ceux qu'il trouvera cou- 
pables 1 . . . Que le temps ne me permet-il de répandre mon cœur 
dans le vôtre, à ce sujet? J'y trouverais sûrement des sentiments 
bien propres à me taire oublier le douloureux de mon état. Mais, 
je viens au but de cette lettre, c'est de vous prier d'une grâce que 
je ne crois pouvoir obtenir que par votre protection. Le Père Jean- 
Baptiste Alexandre a émis ses derniers vœux, le i5 août 1742, dans 
l'église du collège de Metz. Le Parlement de Dijon demande à 
chacun des nôtres un acte authentique de l'émission de ses vœux : 
le registre du collège de Metz se trouvant déposé au greffe de 
votre Parlement, il est indispensablement nécessaire d'y avoir 
recours, afin de se mettre en règle vis-à-vis de notre Parlement. 
Je vous supplie donc, Monsieur, de donner vos ordres pour faire 
expédier une copie de cet acte d'émission de vœux et de le faire 
légaliser par M. le lieutenant général. 

Il V a plus, on veut bien supposer qu'on est en droit de soup- 
çonner que les Jésuites allient à tous les autres crimes dont on les 
accuse, celui d'enter les ordres sacrés du sacerdoce sur le paga- 
nisme et que peut-être ils ne sont point baptisés. Vous ne le croi- 
riez point. Monsieur, si je ne vous en donnais la pleine assurance. 
C'est cependant ce qui est certain. Mes lettres de prêtrise ne suf- 
fisent pas à prouver que je suis chrétien. Un arrêt nous ordonne 
de présenter à la cour un extrait de baptême. Je veux lui obéir; 
j'ai donc encore besoin d'un certificat de baptême. Je suis né le 20 dé- 
cembre 1713 et ai été baptise le lendemain. Comme j'ignore où se 
déposent ces sortes de registres, je suis encore forcé de m'adresser 
à vous, afin d'obtenir le plus tôt possible cet extrait, aussi légalisé 
par le lieutenant général du bailliage. S'il y a des frais, quoique 

23 



354 NOTES (3-2, 33) 

nous soyons gens ruinés, je ferai en sorte de les acquitter par mon 
frère. Ayez la bonté de m'adresser ces deux actes à Dijon, dans le 
courant de septembre. S'ils ne pouvaient arriver qu'en octobre, il 
serait plus sûr de les adresser à M. Carré de Quintin, procureur 
général, qui voudra bien me les faire remettre. 

Voilà bien des embarras, mais pardonnez-les aux circonstances 
où Ton nous jette, au titre de concitoyen et aux liaisons étroites 
que j'ai avec le Parlement de Metz. 

J'ai l'honneur d'être, etc. L. Bertrand, Jésuite. 

Lettre du P. Duchemin à M. Rœderer. 

Seurre, i5 oct. lybS. M. Rœderer, avocat au Parlement et 
substitut de M. le procureur général. 

Monsieur, la triste situation où je me trouve et les marques 
d'amitié, dont vous m'avez honoré en plusieurs occasions, m'en- 
gagent à m'adresser à vous pour avoir par votre moyen l'extrait 
de mes derniers vœux que j'ai faits à Metz en ij35 ou ij36. Vous 
le trouverez à la tête du registre qui doit être entre les mains du 
juge séculier. Je vous supplie donc instamment d'avoir la charité 
de m'envover au plus tôt cet extrait légalisé et revêtu de toutes les 
formalités de la justice. Nos seigneurs du Parlement de Dijon 
l'exigent avant de rien statuer sur la situation des profès. Plai- 
gnez, cher et éloquent disciple, plaignez le sort de votre malheu- 
reux maitre, frappé depuis sept ans d'une triste et incommode 
surdité, tourmente par des vapeurs et des vertiges continuels, âgé 
de 62 ans et sans aucune ressource. Si les juges n'ont point pitié 
de moi, je me trouverai, après 45 ans de services rendus au public, 
réduit à implorer la charité des fidèles ou à chercher un asile dans 
le sein d'un hôpital. Je n'en dis pas davantage. Les larmes coulent 
de mes yeux et je vous crois le cœur trop bien placé et trop bon 
pour ne pas vous employer et me faire avoir l'extrait en question 
que je dois présenter avec requête au Parlement avant le i^'" dé- 
cembre prochain, sans quoi je ne serais plus reçu à demander pen- 
sion. J'ai l'honneur d'être avec estime et respect. Duchemin. 

(Archives de la Préjecture. Fonds G.). 

33. P. Nicolas Andry, d'une famille parlementaire de Metz, fut 

recteur du collège de 1684 à 1687. 
P. Jean-François Baltus, né à Metz 8 juin 1667, mort (> mars 1743 

(voir note 29). 
P. Baudoin, né à Thionville 1731, déporté 1794, mort en mer. 
P.Jean-Nicolas Beauregard, né à Metz 1731, mort 1804 (voir 

note 3o). 



NOTES (33) 355 

P. Nicolas-François de Belchamps, né à Metz vers 1720. 

P. Antoine de Bérault-Bercastel, né à Briey 2 nov. 1722, devint 
après 1762 chanoine de Noyon, auteur d'une histoire de l'église 
en 24 volumes, etc., mort en 1794. 

P. Louis Bertrand, né à Metz 20 dec. 1713, frère d'un Maître 
échevin de Metz, oncle de Bertrand de Boucheporn, intendant 
général de Corse, guillotiné en 1794. 

P. Jacques Broquard, né à Thionville i588, jésuite en 1608, ré- 
sida longtemps à Luxembourg où il fonda la chapelle et le pèle- 
rinage de Notre-Dame, auteur de plusieurs ouvrages ascétiques, 
mort 1660. 

P. Jean-Paul-Louis Collas, né à Thionville i3 sept. 1735, mathé- 
maticien et astronome de l'empereur de Chine. Mort à Pékin 
22 janvier 1781 . 

P. François Derand, né à Saint-Avold i588, jésuite 161 1, archi- 
tecte, auteur d'ouvrages qui ont eu de nombreuses éditions, 
mort à Agde, 26 octobre 1644. 

P. Claude de Gournay, né à Metz, prieur de Gondrecourt, puis 
jésuite, vivait en 161 5. 

P. François de Gournay, né à Metz 26 oct. 1617, jésuite 1641, 
mort 2 janvier 1698. 

P. Claude-Nicolas Fidry, né à Metz 6 déc. 1722, jésuite 1740, 
fut de 1809 à 1821 supérieur du petit séminaire de Metz et vi- 
caire général, mort 3 décembre 1825. 

P. Xavier-Eléonore Guyon, né à Faulquemont en août 1734, officier 
puis jésuite, devint après la suppression chapelain de Morhange 
et curé de Lelling. Sa mémoire est en vénération dans le pays. 

P. Cesar-François de Haraucourt, né à Chambley près Gorze 
1598, jésuite 16 19 (voir note 24). 

P. Charles de Haraucourt (voir note 24). 

P. Hubert Hollande DE Colmy, né à Metz, vers 1700, d'une famille 
parlementaire de Metz. 

P. Jean-René Jobal, né à Metz 1610, fut recteur de Metz et pro- 
vincial de Champagne. 

P. Laas, ne à Metz vers 1740, jésuite 1759, carme 1772, fut après 
la Révolution cure de Sainte-Ségolène de Metz. 

P. Ignace de Laubrussel, né à Verdun i663, d'une famille parle- 
mentaire de Metz, jésuite 1679, devint précepteur du Prince des 
Asturies. ^ 

P. Charles Malapert, né â Metz, devint recteur à Douai et à Arras, 
et fut professeur de mathématiques à l'Université de Madrid. 

P. Francois-Marie-Dieudonné d'Olliiîres, né à Longuyon 3o nov. 



356 



NOTES (33) 



1722, fut longtemps supérieur des missions de Chine, mort 

24 déc. 1780. 
P. Jean-Baptiste de Saint-Jure, né à Metz i 588, fut supérieur des 

maisons professes d'Amiens, Alençon, Orléans et Paris, auteur 

d'ouvrages de piété qui s'éditent encore de nos jours, mort à 

Paris 3o avril 1657. 
Un DE Serre était au noviciat en 1762, ainsi que l'abbé de Gourcy. 

La plupart des avocats et magistrats nés à Metz avaient fait 
leurs études juridiques à Pont-à-Mousson ; on en cite même quel- 
ques-uns qui avaient porté la robe de jésuite avant de remplir 
leurs charges. François Rouver, de \'erdun, premier avocat gé- 
néral au Parlement de Metz de 1706 à 1731, avait été novice en 
i685. Henri-Antoine Regnard de Gironcourt, né à Nancy en 
1719, novice en 1740, avait été professeur de rhétorique et de 
philosophie, quand il quitta la Compagnie pour devenir conseiller 
au bureau des finances de la généralité de Metz. 

Le catalogue suivant des Pères et Frères, ayant exercé des 
fonctions dans l'ancien collège de Met^. nous a été gracieusement 
communiqué par le R. P. VAA' MEURS, qui a bien voulu le co- 
pier de sa main sur les Archives de la Compagnie. Qu'il en reçoive 
ici nos sincères remerciements. 



COLLEGIUM METENSE. 



i*)2b. 
R. P. Claudius Tipliaine, lector. 
P. Annas de Maiipeau, min. proc. 

conf. cons. 
P. Nicolaus Fagot, conc. cons. 
P. Joannes Mottet, prœf. stud. 

conc. conf. conc. 
P. Leonardus Dimittre, i '] n 
M. Jacobus Praillon, - ( g? 
M. Joannes Bompain, 3 à ^. 
M. Hugo Gœnet, 4 ; V 

FF. CG. Joannes de la Court, 

coq. empt. disp. 
Humbertus Coqueret, ced. jan. 
Dominicus Moitessier, sut. prœf. 

refect. 
PP. 5, m. 3, ff. 3. = Univ. 11. 

11)24. 

R. P. Claudius Tipliaine, rector. 
P. Carolus Havart, min. proc. 

conf. cons. 
P. Claudius Agnes, conc. conf. 

cons. 



P. Joannes Mottet, prasf. spir. 

adm. prœf eccles. studior. 

Congreg. utriusque, conc. ca- 

tech. conf. NN. et t. 
P. Nicolaus Fagot, conc. cons. 
P. Jacobus Girardin, cat. conf. 
M. Jacobus Praillon, 2 
M. Joannes Bompain, 3 
M. Claude de 'Veroncourt, 4 
FF. iidem, de la Court, empt. 

disp. pist. promus, hortul. 
Coqueref, sed. jan. 
Moitessier, coq. sutor. custos 

vest. 

if)2 5 ineunte. 

R. P. Claudius Tipliaine. rector. 
P. Carolus Havardus. min. proc. 

cons. 
P. Claudius Agnesius , conc. 

conf. cons. 
P. Joannes Mottet, praef. spir. 

adm. prcef. stud. prces. congr. 

mai. conc. conf. NN. et t. 



NOTES (33) 



357 



n 



P. Franciscus Lahire, mag. i 

prœs. congr. min. prtef. eccles. 

et LL. ad mensam. 
M. Franc. Rousselet, 2. 
M. Petrus Lemoyne, 3. 
M. Hieronvm. Denise, 4. 
FF. LaurentiusGî'^oî//^ ted.sart. 
Joannes de la Court, enipt. disp. 

pistor, hort. 
Hubertus Coqiieret, pi-œf. refect. 

infirm. 
Domimcns Moitessier, coq. jan. 

sutor. 

1626. 

R. P. Claudius Tiphaine. 

P. Franc. Laliire, min. proc. 

conf. cons. t. 
P. Claudius /Ijg72e5nis, conc.cons. 
P. Franc. La Vie, prœf. spir. 

adm. conf. NN. et t. conc. 

prœs. congr. 
P. Jacobus Gerardimis, prasf. 

stud. conc. conf. t. 
M. Franc. Rousselet, 
M. Hieronvm. Denise, 
M. Petrus Le Alovne, 3 i ^ 
M. Desiderius Chœlt^, 4) F 
FF. Laurent. Gigoult, œdit. sart. 

ut supra. 
Joannes de la Court, uti supra. 
Hubertus Coqiieret, uti supra. 
Dominicus Moitessier, ut supra. 
PP. 3, mag. 4., ff. 4. = Univ. i3. 

1627. 

R. P. Ludovicus Magniet, rect. 
P. Franc. La Hire, min. proc. 

conf. cons. prœs. sodal. opiHc. 

prœf. san. eccles. 
P. Claudius Agnes, conf. cons. 
P. Franc, de la Vie, admon. 

conc. prges. sod. maj. 
P. Jacobus Girardin, praef. spir. 

conf. NN. conc. prœf. stud. 
M. Petrus Le Moyne, i prc-es. 

sod. schol. 
M. Hieronvm. Den/se, 2biblioth. 
M. Desider. Chœlt:^, 3 vis. ex. 
M. HenricusiLe5<:o550zs,4 vis. or. 
Laur. Gigoult, œdit. sartor. 
Joan. de^ la Court, pist. olitor. 

empt. soc. proc. 



Humb. Coqueret, fab.lign.prom. 

prœf. rei\ict. 
Dominicus Moitessier, sutor. 

excit. coq. jan. 
Scholar. erant rhetor. i3 1 

2. 25 f 

Q > 1 17. 

3. 29 I ' 

4. 5o; 
Congregationes B. M. V. très. 
Nobil. et ecclesiastic. 60. 
Mercatorum 140. 
Scholastic. 40. 

1628. 

R. P. Ludovicus Magniet, rect. 
P. Franc. La Hire, min. proc. 

cons. prœf. t. prœs. sodal. 

opitic. 
P. Claudius zlg"ne5n/5, cons. 7 2 

mart. 1628. 
P. Stephanus Vitus, prœf. spir. 

conf. NN. et gerraanor. prœf. 

casuum. 
P. Franc, de la Vie, adm. cons. 

conc. prœf. maj. congr. 
P. Nicolaus Fagot, conc. conf. 

cons. mathematicus. 
P. Jacobus Girardin, prœf. stud. 

conc. cons. 
M. Hieronvm. Denise, i. prœs. 

sod. schol. 
P. Stephanus Legrand, 2. 
M. Joannes Lorrain. 3. 
M. Halarcus Petiot, 4. 
¥V . 4 uti supra. 

.4 lucalibus 1628. 
R. P. Ludovicus Magniet, rect. 
P. Leonardus Diniittre, min. 

proc. prœs. sod. artif. 
P. Stephanus Vitus, conf. NN. 

et germanor. in t. 
P. Philippus Plumeret, prœf. 

spir. adm. conf. conc. cons. 
P. Jacobus Girardin, prœf. stud. 

conc. cons. conf. 
P. Claudius Michin, conc. conf. 
P. Erasmus Deschamps, conc. 

conf. 
P. Stephanus Legrand, i. 
M. Joannes Lelorrain, 2. 
M. Hilarius Petiot, 3. 

M. Joann. Lenioleur, 4. 



358 



NOTES (33) 



FF. coad). uti supra; additur 
Joan. Renvoj'é. 

Ao. 1629-30. 
R. P. L\\ào\'\c. Magniet, rector. 
P. Leonardus Dimittre , min, 

prses. sodal. artif. cons. 
P. Stephanus Vitns, prtef. spir. 

conf. NN. et german. 
P. Petrus le Camus. 
P. Joannes Falckeustein, conf. 

t. cons. 
P.Jacob. Girardiu, conc. conf. t. 
P. Claudius Micliin, prass. sod. 

civ. conf. t. cons. 
P. Isaac Bellière, pvœï'. stud. 
P. Steph. Legrand, mag. 2. prises. 

sod. schol. 
P. Joan. Dominicus Ranch. 
M. Lucas Grandmaire, 3. 
M. Hilarius Petiot. 4. 
M. Henricus Berault, 5. 
Laurent. Gigoult, sart. sedit. 
Joannes de la Cour, soc. proc. 

empt. disp. 
Petrus Pressoir, prœf. refect. 
Dominicus Moitessier, coq. jan. 

sutor, excit. 
Joannes Richard, pistor. olitor. 
PP. 10, mag. 3, ff. 5 ^ 18 Univ. 

erant scholast. 140. 
Gong. Nobil. canonic. 84, arti- 

fic. i5o, schol. 36. 

i63o-3i. 
R. P. J oannes Rousselet, rector, 

prœs. sodaL civ. 
P. Hugo Stephanus, min. proc. 

conf. t. cons. 
P. Joannes Falckenstein, prœf. 

spir. admon. conf. NN. conf. 

t. et german. 
P. Paulus Balbon, prœs. sodaL 

artific. prœf. eccles. conf. t. 

cons. 
P. Claudius Michin, conc. ca- 

tech. prœf. stud. 
P. Nicolas /?og-er, mag. i. prass. 

sod. schol. 
P. Lucas Grandmain, mag. 2. 
P. Claudius Perrj^, mag. 4. prœf. 

biblioth. 
M. F'ranc. Bourot, mas. 3. 



Joannes de la Cour, empt. disp. 

soc. proc. vis. noct. 
Laur. Gigoult, œdit. sartor. 
Dominicus Moitessier, jan. co- 

quus, sutor, excit. 
Hugo3/j!7/e/(?r,hortul. promus. 
Joannes Richard, pistor, olitor, 

intirmarius. 
PP. 8, mag. I, ff. 5. = 14 Univ. 

i632. 
R. P. Joannes Rousselet, rect. 

prœs. congr. maj, 
P. Hugo Stephanus, min. proc. 

prœf. san. cons. conf. 
P. Nicolaus Fagot, prœf. stud. 

conc. catech. in t. summ. conf. 

cons. 
P. Joannes Falckenstein, prœf. 

spir. adm. conf. NN. et t. 
P. Paulus Balbon, catech. conf. 

cons. 
P. Claud. Michin, catech. conf. 

t. cons. 
P. Nicolaus Roger, mag. i. 
P. Claudius Perry, mag. 3. bi- 

bliothec. conf. sodal. 
M. Franciscus Bouvot, mag. 2. 
M. Joan. Boulon, mag. 4. 
Jacobus de la Cour, empt. prom. 

soc. proc. 
Laurentius Gigoult, œdit. sartor. 
Domin. Moitessier , coq. jan. 

excit. 
Joannes Richard, pistor. hortul. 

infirm. 
Gerardus Petitpierre, prœf. réf. 

sutor. 
PP. 8, m. 2, ff. 5. = i5 Univ. 

1(333. 
R. V .io?^nx\Q.^s, Rousselet, rector, 

prœs. sod. maj. 
P. Hugo Stephanus, min. proc. 

prœt. san. cons. conf. t. 
P. Nicol. Fagot, catech. in sum- 

mo templo, prœf. stud. cons. 
P. Joannes Falckenstein, prœf. 

spir. adm. conf. NN. et t. 
P. Joannes Feicrabend, germani 

fugitivi. 
P. Henricus Muller, germani 

fueitivi. 



NOTES (33^ 



359 



P. Claud. Michin, conc. catech. 

conf. t. cons. 
P. Paulus Balboii, prœf. ecclés. 

prœs. sod. artificum, conf. t. 

cons. 
P. ClaudiusPer?-)-, mag. 2. prœf. 

bibl. conf. sodal. 
M. Franciscus Boiivot, 1. prxf. 

sod. schol. vis. ex. ser. 
M. Joann. Boulon. 3. vis. ex. 

mat. 
M. Paulus Esberard, 4. vis. orat. 
Joannes de la Cour, soc. proc. 

cur. horrei et apothec. vis. 

noct. 
Dominicus Moitessier, coq. jan. 

excit. 
Reginaldus Vasquin, empt. disp. 

prom. sutor, infirmarius. 
Joannes Richard, pistor, hor- 

tulan. 
Stephanus Michenet, a.'d. cust. 

vestium. 
PP. 9, m. 3, ff. 3 = 17 Univ. 

1634. 

R. P. Joannes Rousselet, rector. 
P. Claudius Michin, min. conf. 

cons. 
P. Petrus le Cap-e, prœL spir. 

admon. conf. NN. lector con- 

troversiar. in summo templo.- 
P. Joannes Falckenstein, conf. 

cons. 
P. Paulus Balbon, prsef. eccles. 

prtes. sodal. artitic. conf. cons, 
P. Hugo Steplianus , procur. 

conf. cons. 
P. Jacobus Rinald, prœf. stud. 

LL. ad mensam, pi-tef. san. 

prcef. sod. majoris. 
P. Joannes Marcet, mag. i. bi- 

blioth. praes. sod. schol. 
M. Joannes Boulon, 2. vis. ex. 

mat. 
M. Paulus Eberard, 3. vis. ex. 

ser. 
M. Joann. Perisot, 4. vis. or. 
Joan. delà Cour, soc. proc. praef. 

horrei et cellae vinariœ. 
lyomxmcus Aloitessier, coq. jan. 

excit. 



Reginaldus Vasquin, empt. prom. 
sutor. refector. 

Joannes Richard, pist. hortul. 

Stephanus Michenet, sartor. 

Claudius Barbillat, a^dituus, in- 
firma r. 

PP. 8, m. 3, ff. 6= 17 Univ. 

Kal. Janïtar. i635. 

R. P. Petrus Lecap-e, rector. 
P. Rolandus Ogier, min. conf. 

cons. 
P. Joannes Lerrechin, prtef. 

spir. admon. prteses sod. maj. 

L. controv. in summo templo. 
P. Joannes Falkenstein, conf. 

cons. 
P. Hugo Stephanus, procur. 

conf. cons. 
P. Claudius i\'//c/n'7z, prœf. eccles. 

conf. cons. 
P. Jacobus Rinaldus, prœf. stud. 

prœs. sod. artif. 
P. Wilhelmus Itistan , conf. 

german. 
P. Joannes Marcet, rhet. praes. 

sod. schol. LL. a. m. 
P. Claude Perry, hum. conf. 
P. Joan. Beltemps, 4. biblioth. 

conf. 
M. Paulus Esberard, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Henric. Marionnel^, 5. vis. 

orat. 
ioanïïQS de la Cour, soc. procur. 

etc. 
Stephanus Michenet, infirm. 

7 3 Jan. i635. 
Petrus Simon, sartor. prom. 

excit. 
Reginaldus Vasquin, coq. empt. 

disp. sutor. vis. ex. ser. 
Joannes Richard, pistor. hortul. 

prcef. refect. 
Claud. Barbillat, xd. jan. infir- 
marius. 
PP. II, m. 2, ff. 6 ^ 19 Univ. 

1635-36. 

R. P. Petrus Lecap-e, rector. 
P. Rolandus Ogier, min. prœf. 
san. cons. conf. 



36o 



NOTES (33) 



P. Nicolaus Fagot, prœf. spir. 

adm. prtef. studior. Lect. con- 

trov. in summo templo, prtes. 

sodal. maj. 
P. Joannes Falckensteiii, conf. 

cons. 
P. Claudius Michin,prx(.eccles. 

operar. conf. cons. 
P. Thomas de Villers, procur. 

conf. cons. 
P. Thomas de Seri:^ay, operar. 
P. Joann. Bourgoin, rhet. prtes. 

sod. schol. LL. a. m. 
M. Barthol. Marc, hum. 
M. Paulus £"5^6??-^/-^, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Jacob. Capitaine, 4. biblioth. 
M. Edmundus Poncet, 5. vis. 

orat. 
Joann. de la Court, soc. procur. 

vis. ser. 
Petrus Siinon, sart. excit. 
Reginaldus Vasqtiin, coq. empt. 

disp. sutor. vis. ex. ser. 
Joann. Richard, pist. hortul. 

prcef. réf. 
Franc. Rollin, œd. jan. infirmar. 
PP. 8 m, 4, ff. 3 = 17 Univ. 
F.Regin.Fa5^(//n.f i3.Jan. i636. 

ibBb-Sj. 

R, P. le Cap-e, rector. 

P. Nicolaus Fagot, prœf. spir. 

admon. praef." stud. controv. 

in majori templo. prœs. sod. 

maj. conc. 
P. Claudius Michel, prcef. eccl. 

prœs. min. cong. oper. 
P. Thomas de Villers, proc. 

cons. conf. 
P. Joannes Bourgoin, rhetor. 

praes. sodal. schol. prœf. LL. 

a. m. cons. 
M. Paulus Esbérard, hum. vis. 

exam. utriusq. 
M. Edmundus Poncet, 4. 
M. ^\co\av\s Jacquet, 5. vis. orat. 
Joann. de la Cour, soc. proc. 

emptor. 
Joannes Richard, coq. pistor, 

hortul. 



Mansuetus Roscers, xd. jan. 

sartor. triclin. 
PP. 5, m. 3, ff. 3 = Univ. 11. 

1637-38. 
R. P. Franc, de la Vie, rector. 
P. Joan. Bourgoin, min, proef. 

san. conc. prœs. sodal. min. 

conc. 
P. Nicolaus Fagot, prœf. spir. 

adm. prees. sod. maj. contro- 

vers. praef. schol. 
P. Claudius A//c/ze/. praef. eccles. 

oper. conf. cons. 
P. Thomas de Villers, proc. 

prœs. sod. artiftc, conf. cons. 
P. Joannes Despinois, rhet. hum. 
M.Edmund.Po»ce?^, 3.-4.vis.ex. 
M. Nicolaus Erric, 5.-6. vis. or. 
Joann. de la Court, £ed. sutor, 

curât, triclin. 
Franc. Manget, empt. disp. cu- 
rât, vinar.'^cell. sartor. 
Stephanus Milley, coq. jan. in- 

firm. excit. 
Joannes Richard, pistor, cur. 

horr. hortul. 

i63S mense Dec. 
R. P. Franc, delà Vie, rector. 
P. Joann. Despinois, min. conc. 

conf. cons. 
P. Nicolaus Fagot, uti supra. 
P. Claudius Michel, prœf. eccles. 

procur. oper. conf. cons. 
P. Henricus Geoffroy, conc. 

operar. conf. 
M. Edmund. Poncet, rhet. hum. 

prœs. sod. schol. 
M. Jos. Anton, de Bardel, 3.-4. 

vis. ex. 
M. Nicolaus iirr/c, 5.-6. vis. or. 
Joann. de la Court, sutor, cur. 

triclin. 
Stephanus Milley, empt. disp. 

jan. infirmar. excit. 
Joannes Richard, pistor, curât. 

horr. coq. hortul. 
Joannes d'Hostel, œdit. sartor. 
PP. 5, m. 3, ff. 4. = 12 Univ. 

1639-40. 
R. P. Franc, de la Vie, rector. 



NOTES (33) 



:»()! 



P. Joann. le Lorrain, min. conf. 

cons. 
P. Nicolaus Fagot, uti supra. 
P. Claudius Michel, proc. prtef. 

sud. artif. conf. cons. 
P. Jacobus de Bill)', conc. conf. 

cons. 
P. Jacobus Puppin, rhet. hum. 

prses. sodal. schol. conf. 
P. Franc. Grandin, ^.-6. conf. 
M. Nicolaus Erric, 3.-4. vis. 

exam. 
Joannes de la Court, cur. horr. 

cellce vinarife, promus, refect. 
Franc. Manget , a;d. sartor. 

emptor. 
Joannes Richard, pistor. coq. 

hortul. 
Jacobus d'Hostel. janitor. 

1640-41. 

R. F*. Joannes le Lorrain, rector. 
P. Joannes le Jottier, min. prœf. 

san. conf. cons. 
P. Nicolaus Fagot, uti supra. 

7 Hoc anno, 4'^Sept. 1641. 
P. Claudius Michel, procur. 

prœs. sod. opif. cens. 
P. i acohus de Èillr, conc. cons. 
P. Jacobus Puppin, rhet. hum. 

pr^s. sod. schol. 
M. Nicolaus Erric, 3.-4. 
M. Carolus Servain, 5.-6. 
Joannes de la Court, prom. prœf. 

triclin. ' 

Jacobus Oudin, ced. janitor. 
i oannes Richard, pistor, coquus. 
Joannes Benaton. sartor. 

1641-42. 

R. P. Joannes le Lorrain, rector. 
P. Joannes Jottier, min. pr£ef. 

San. catech. cons. 
P. Paulus Due^, pra?f. spir. mo- 

nitor. 
P. Claudius iV/îc/ît^/, proc. prœf. 

eccles. prœs. sodal. artif. cons. 
P. Henricus Lescossois, praef. 

schol. controversista, conf. 

cons. 
P. Claudius Perry, rhet. hum. 

cons. 



M. Joannes Pelletier, 3. 
M. Carolus Servain, 4. 
M. Germanus le Bel. 5. 
Joannes (ie /a Court, empt.prom. 

curât, horrei. 
Joannes Richard, œdit. janitor. 
Claudius Cuny, sartor. infirmar. 
Jacobus Oudin, coquus, hortu- 

lanus. 
PP. 6, mag. 3, fF. 4. = r3 Univ. 

1642-43. 

R. P. Joannes le Lorrain, rector. 

P. Joannes le Jottier, min. ca- 
tech. conf. cons. 

P. Paulus Due:;, prœf. spir. ad- 
mon. prœs. sod. maj. 

P. Franc. Bourgeois, conf. cons. 

P. Ludovicus Sevestre, conc. in 
summo templo, catech. 

P. Adrian. Brunaulieu , prœf. 
stud. conf. NN. et t. 

P. Claudius Michel, prœs. sod. 
artif. conf. t. cons. 

P. Claudius Per?^', procur. prœf. 
eccles. catech. conf. cons. 

P. Joannes Boulon, rhet. hum. 
prœs. sodal. schol. 

M. Carolus Servain, 3. 

M, Andréas du Perrier, 4. 

M. Nicolaus Huyn, 3. 

Joannes de la Court, soc. pro- 
cur. cur. horr. et cellœ vinar. 

Joannes Richard, coq. pist. 

Claudius Cuny, œdit. sart. in- 
firmar. 

Jacobus Oudin, adjut. emptoris, 
hortulanus. 

PP. 9, m. 3, ff. 4. = 16 Univ. 

1643-44. 

R. P. Petrus le Ca:;re, rector. 
P. Joannes le Jottier, min. prœf. 

san. conf. cons. 
P. Paulus Due^, prœf. sodal. 

civium, conc. conf. cons. 

-j- i5 April. 
P. Adrian. Brunaulieu, prœf. 

spir. adm. prœf. eccles. stu- 

dior.conf. NN. cons. de rébus. 
P. Claudius Michel, catech. 

conf. t. 



36-2 



NOTES (33) 



P. Ludovicus Sevestre, conc. 

catech. cons. 
P. Joannes Boulon, rhet. prœs. 

sodal. schol. 
P. Claudius Perry , human. 

procur. conf. cons. 
P. Desiderius Moiirier, 5. 
P. Nicolaus Hityn, 4. 
M. Anton, du Perrier, 3. 
Joann. de la Court, soc. procur. 
Joann. Richaj'd, sedit. hortul. 
Renatus Feret, jan. promus, in- 

firmar. 
Jacobus Oudin , coq. pistor. 

emptor. 

1644-45. 
R. P. 1-etrus le Cap-e, rector. 
P. Claudius Perry, min. vice- 

procur. prœf. san. et eccles. 

prces. sod. artif. conf. t. cons. 
P. Claudius Michel, prasf. schol. 

conf. cons. 
P. Petrus Fournier, prtef. spir. 

adm. conf. NN. et t. praes. 

maj. sodal. conc. 
P. Nicolaus Petigot, rhet. hum. 

prtes. sodal. schol. conf. t. 

cons. 
P. Renatus Royer, 3.-4. conc. 

conf. t. 
M. Franc, de la Framboissière, 

5. biblioth. vis. orat. etexam. 
Stephanus Milley, fed. janitor. 

pistor. 
Joann. Richai'd, cur. pra^dium. 
Jacobus Oudin, coq. 
Franc. Cordier, cur. prfedium. 

1645-46. 
R. P. Petrus le Cap-e, rector. 
P. Petrus Fournier, rector con- 

troversista et conc. in summo 

templo. 
P. Claudius Pe/'/;)-, min. procur. 

prœf. san. eccles. prœs. sod. 

artiiicum, conf. t. cons. 
P. Claudius Michel, conf. t. 

cons. 
P. Eustach. Bernard, prncf. spir. 

adm. conf. NN. et t.pra^s. sod. 

maj. prœf. stud. cons. de ré- 
bus. 



P. Renatus Royer, rhetor. conc. 

trimestris in templo majori, 

prœf. sodal. schol. 
P. Simon Viriot , 3.-4. visit. 

orat. conf. t. 
P. Joannes Micault, 5.-6. vis. 

ex. ser. conf. t. 
Joann. Richard, in prœdio Me- 

rivalis. 
Joann. Cordier, in prœdio Me- 

rivalis. 
Stephanus Milley, œd. promus, 

hortul. vis. ex. mat. 
Jacobus Oudin, empt. coq. pis- 
tor, janitor. 

1646-47. 
R. P. Petrus le Cap-e, rector. 
P. Desiderius Remy, min. prsef. 

san. proc. cons. 
P. Claudius Michel, catech. 

conf. t. cons. 
P. Claudius Poirot, prœf. spir. 

admon. cons. de rébus, pr^ef. 

eccles. prœs. sod. nobil. conf. 
P. Joann. Renatus Royer. con- 

troversista in summo templo, 

catech. prgsf. schol. conf. t, 
P. Joannes Micaut , i. prœs. 

sod. schol. 
P. Simon Viriot, mediœ class. 

prais. sodal. opificum. 
P. Ludovic. Luyt, ullim. classis. 
Joannes Cordier et Joann. Ri- 
chard, curant pra;dium. 
ClauAxus Bar billat, ted. promus. 

excit. vis. orat. 
Jacobus Oudin, coq. emptor, 

hortulan. vis. nocturnus. 

1647-48. 1648-49. 1649-50 
Catal. annui desunt. 

1 649 
e.x Catalogo i. suppletur. 
P. le Cap-e. provinc. 1649. 
P. Joannes Forget. 
P. Ca^sar le Poix. 
P. Joannes Fagot. 
P. Claudius Michel, prœf. schol. 
P. Joannes le Lorrain. 
P. Claudius Poyrot. 
P. Nicolaus Huyn. 



NOTES (33) 



363 



P. Desiderius Reni]-. 

P. Guilelmus Hébert. 

Joannes Richard, promus, etc. 

Joannes Blan^é. 

Joannes Cordier, catech. dein 

in Poloniam soc. P. Rose. 
Joannes Lorin. 
Ludovicus Mineur, j 1049. 

Oudin, dimissus. 

i65o-5 I . 
R. P. Thomas de Villers, rec- 

tor, 10 Mart. i65o. 
P. Joanres Forget, min. prcef. 

san. procur. praef. eccles. cons. 
P. Joannes Mottet, prœf. spir. 

admon. conc. conf. 
P. Claudius Michel, prœf. schol. 

conc. cons. 
P. Joannes Royer, prœs. sod. 

maj. 
P. Claudius Vallon, rhet. prcef. 

LL. a. m. 
P. Antonius du Bois, hum. prœs. 

sod. min. 
P. Hilarius Petiot, 3. conf. t. 
M. Gerardus Brion, 4. vis. ex. 

ser. 
M. German. de Verville, 3. vis. 

or. biblioth. 
Joannes Richard, promus. 
Stephanus Petitot, empt. disp. 

coquus. 
Claudius Biiynot , jan. œdit. 

excit. 
Petrus Valant, sartor, pistor, 

infirm. vis. ex. mat. 
Desiderius Moitessier, praedium 

curât. 
Claudius Renard, prcedium cu- 
rât. 

i65 1-52. 
R. P. Thomas de Villers, rector. 
P. Nicolaus Petigot, min. praef. 

san. ecclesiœ, biblioth. conf. 

t. cons. prœs. sod. maj. 
P. Claudius Michel, conf. 2. 

NN. et t. cons. catech. 
P. Nicolaus de Conde, conc. in 

summo templo. 
P. Joann. Bapt. de Comitin, 

preef. spir. admon. controv. 



P. Joannes Forget, preef. schol. 

conf. t. cons. 
F. V^azdiVM?, Sauteran, L. logicae. 
M. Joann. Bocquin, rhet. 
P. Hilar. Petiot, 3. prœs. sod. 

artific. conf. t. 
P. Desiderius Remy, 4. conf. t. 
M. Bernardus Cromont, 5. vis. 

exam. biblioth. 
Desiderius Moitessier et Clau- 

àixxs Renard, curant procdiu m. 
Joannes Richard, pistor, pracf. 

triclin. vis. or. 
Stephanus Petitot, coq. dispens. 
Petrus Valant, aed. janit. sartor. 

i652-33. 

R. P. Thomas de Villers, rector. 
P. Olivarius Bienville , min. 

prtef. san. cons. controver- 

sista. 
P. Claudius Michel, catech. 

conf. 2. NN. et t. cons. 
P. Joann. Bapt. de Comitin, 

praef. spir. admon. conf. conc. 

p. adventum, prœs. sodal.ar- 

tificum. 
P. Nicolaus Petigot, prœs. sod. 

optimatum, conf. t. 
P. Nicolaus Forget, prtef. stud. 

conf. t. cons. 
P. Lazarus Sauteran, L. phy- 

sicœ. 
P. Nicolaus Viennot, L. logicas. 
P. Joannes Renat. Jobal, rhet. 

prtes. sod. schol. 
M. Franc. Tardivet, human. 
M. Germanus de Verville, 3. bi- 
blioth. 
P. Desiderius Remy, 4. conf. t. 
i\I. Bernard. Cromont, 5. vis. 

exam. 
Nicolaus Didot et Desiderius 

Moitessier, prœdii cur. 
Joannes Richard, pistor, cur. 

triclin. 
Stephanus Petitot, coq. empt. 

disp. vis. orat. et noct. 
Petrus Valant, œdit. sartor, 

cust. vest. excit. 
PP. 10, mag. 3, fï". 5. = 18 Univ. 



164 



NOTES (33) 



i653-54. 

. P. Joann. Forget, rector, q 

Mart. i653. 

. Joann. Putet, min. prtef. san. 

et eccles. 

, Claudius Michel, conf. NN. 

2. et t. cons. j- 14 Aug. 
P. Adrianus de Poiresson, prœf. 

spir. admon. prœs. sod. artif. 

conf. 
P. Carolus de Montigny, prœs. 

sod. optimat. conf. t. cons. 
P. Ludovicus de Sevestre, con- 

trov. conf. t. cons. 
P. Nicolaus Toussaints, procur. 

cons. 
P. Edmunduscfe Joyeuse, conc. 

prœf. stud. 
P. Joannes Grandidier, L. lo- 

gicœ. 
P. Nicol. Vienuot, L. phys. 
P. Joan. Renat. JoZ'lî/, uti supra. 
M. German. de Verville, hum. 

biblioth. vis. ex. mat. 
P. Franc, de Gournay, 3, 
P. Desiderius Remy, 4. conf. t. 
M. Joan. Cliquet de'^Flamanville, 

5.-6. vis. or. vis. ex. ser. 
FF. iidem uti supra. 
PP. 12, m. 2, ff. 3. = 19 Univ. 

1654-55. 

R. P. Petrus Bescliefer, rector, 

i3 cet. 1654. 
P. Nicol. TousSiiints, min. prcef. 

san. proc. cons. 
P. Adrianus de Poiresson, prcef. 

spir. admon. conf. NN. et t. 

prœs. sodal. artitic. casuista 

domesticus. 
P. Jacobus Cavelier, prses. sod. 

optim. prœf. eccles. catech. 

conf. t. cons. 
P. Ludovicus Sevestre, contro- 

versista. conf. t. cons. 
P. Dominicus Saint-Michel, L. 

physicœ, conf t. 
P. Petrus de Mouchy, L. logicas, 

prfef. stud. conf. sod. civ. 

cons. 
P. Joann. Ktnd.lu.sJobal, rhetor. 

prtes. sod.schol. prœf. L. a. m. 



M. Carolus 5ar?or/»5, hum. vis. 

ex. mat. 
P. F'ranc. de Gournay, 3. conf. 

sod. schol. 
P. Desiderius Reniy, 4. aJter 

conf. NN. et t. 
M. Joannes Cliquet de Flamen- 

ville, 3. biblioth. vis. ex. ser. 
Joannes Richard, jan. hortula- 

nus. vis. or, 
Stephanus Petitot, coq. empt. 

disp. pistor, vis. noct. 
Desiderius Moitessier , curât. 

prted. 
Franc. Vannier, ejus socius. 
Petrus Valant, sartor. cust. 

vest. Eedit. prœf. refect. infir- 

mar. excitator 
PP. 10, mag. 2, ff. 5. := 17 Univ. 
R. P. Joannes Forget, rector, 

ivit in Indiam orientaient. 

i655-56. 

R. P, Peu-\is Beschefer, i3 Oct. 

1654, conf. t. 
P. Joann. Renat. Royer, min. 

prœf. san, cons. conf. t. conc. 

adv. et quadrag. 
P. Adrianus Fagot, conc. adv. 

etquadrag. conf. t. catechista 

in Monte Mediano. 
P. Jacobus Cavelier, prœs. sod. 

optim. sod. artificum, prœf. 

spir. admon. conf. NN. 
P. Ludovicus 5c)'C5/^re, controv. 

conf. t. cons. 
P. Nicolaus Toussaincts, pro- 
cur. cons. 
P. Desiderius Remy, 3. a"' NN. 

conf. t. cons. 
P. Petrus de Mouchy, L. physi- 

cœ, casuista dom. prœf. stud. 

conf. t, 
P. Franc, de Gournay, L. logicœ 

missionarius. 
P. Guilelmus Caure , rhetor. 

prœs. sod. schol. 
P Jacobus Guyot, hum. conf. 

sodal. artihc. 
P. Joannes Cuellet, 5. gr. 
M. Joan. Cliquet de Flanienville, 

4. vis or. et ex. mat. 



NOTES (33) 



365 



Joannes Riclurd, jan. hortul. 

vis. ex. ser. 
Stephanus Petitot. empt. disp. 

coquus, vis. noct. 
Desiderius Moitessicr , curât 

prœdium. 
Joannes Blan^fé , curât pri-e- 

dium. 
Petrus Valant, sart. œd. curât 

vestes, inlirm. prœf. refector. 
PP. I 2, mag. I. fF. 5. = Univ. i8. 

1656-37. 

R. P. Petrus Beschefer, rector 

I 3 oct. 1654. 
P. Henricus Lescossois , min. 

prœf. san. cons. biblioth. prœf. 

sodal. civ. conc. p. urbem 

conf. t. 
P. Joannes Fagot, prœf. spir. 

adm. prtes. sod. schol. conf. 

NN. et t. 
P. Ludovicus Sevestre, contro- 

versistçi, conf. t. 
P. Joannes le Clerc, prœs. sod. 

artif. conf. t. 
P. Nicolaus Toussaincts. procur. 

cons. 
P. Franc, de Gournay, L. phys. 

catech. miss. 
P. Nicolaus i^rtT«ço/5, conf. sod. 

schol. 
M. Bernard. Cromont , rhet. 

prcef. LL. a. m. 
M. Glaudius Bouclier, hum. 
M. Joann. Cliq. de Flaiiienville, 

3. vis. examinum. 
P. Desiderius Remy, 4. 2"' conf. 

NN. et t. 
P. Jacobus Grandpaire, 5. conf. 

sod. civ. et artif. 
Joannes Richard, hortul. janit. 

vis. orat. 
Stephanus Petitot, empt. disp. 

promus, vis. noct. 
Sebastianus Maury , coquus 

pistor. 
Desiderius J\/oî7e55/er,inprtedio. 
Joannes Blan^é, in prcedio. 
Petrus Vallant, œd. sart.infirm. 

excitator. 
PP. 10 mag., 3, fF. 6. = iQ Univ. 



ib; 



■38. 



R. P. Renatus Dithaii, rector 

i3 oct. 1657. 
P. Claudius Merigot, min.prœf. 

san. conc. p. urbem, cons. 
P. Henricus Lescossois, praef. 

spiritus admon. controver- 

sista, catech. conf. 
P. Nicolaus Toussaincts, proc. 

cons. conf. t. 
P. Joann. le Clerc, prtes. sodal. 

civium, conc. p. urbem, conf. 

t. cons. 
P. Henricus Dithau, prœf. stud. 

prœs. sod. artif. pra^f. eccles. 

biblioth. conf. t. 
P. Nicolaus François, L. phy- 

sic. conf. in sod. artif. 
P. Franc, de Gourjiay, L. logic. 

conf. in sod. schol. mission. 
P. Joann. de la Bresèche, rhe- 

tor. prœs. sod. schol. praef. 

LL. ad m. 
M. Joann. Cliquet de Flamen- 

ville, hum. 
P. Stephanus Macheret. 3. 
P.Jacob. Grandpaire, 4. conf. t. 
P. Desiderius Remv, 3. conf. t. 
■ et 2"' NN. 
Steph. Petitot, soc. proc. empt. 

disp. vis. exam. 
Sébastian. Maury, coq. pistor, 

hortulanus. 
Joannes Blan^é, in prœdio. 
Nicolaus Lhoste, in prœdio. 
Govricus Gérard, sartor, œdit. 

excitator. 
Joann. Cordier , janit. intirm. 

praïf. refector. vis. orat. 
PP. 12, mag. I, ff. 6.= 19 Univ. 

i658-5g. 

R. P. Renatus Dithau, rector 

i3 Oct. 1657, conf. t. 
P. Glaudius 3/t?rî;^of, prees. sod. 

artific. min.prœf. sanit. cons. 
P. Nicolaus Fleurr, prœs. sod. 

optim. praef. eccles. biblioth. 

cons. conf. t. 
P. Henricus Lescossois, conc. 

in t. majori, catechista in no- 

socomio, cons. cont. t. 



366 



NOTES (33) 



P. Nicolaus Toiissaincts, proc. 

conf. t. 
P. Ludovicus Sevestre, contro- 

versista, catech. in t. majori 

pra;f. sod. schol. conf. sod. 

artificum. 
P. Desiderius Remy, mag. 4. 

2" conf. NN. conf. t. 
P. Franciscus de Goiirnay, L. 

physictC, missionar. 
P. Joann. de la Bretesche, L. 

logic. prœs. sod. schol. 
M. Gabriel Rolet, rhet. 
M. Renatus Ravinel, hum. 
M. Laurent. Morelot. 5. vis. ex. 

mat. adjut. bibl. 
Sebastianus Mj!/;;;', sutor, hor- 

tul. coquus. 
Stephanus Petitot, empt. pistor, 

vis. ex. ser. et noct. 
Petrus Moufflet, jan. faber lign. 

promus, vis. orat. 
Nicolaus Lhoste, in prœdio. 
Claudius Bugno^, in praedio. 
Gœricus Gérard, cedituus. 
PP. 9, mag. 3,ff. 5.= 17. Univ. 

1659-60. 
R. P. Renatus Ditheaii, rector 

i3 Oct. 1657, conf. t. 
P. C\a\iàiv\s Mérigot, min. prcef. 

san. cons. cohc. p. urbem 

conf. sod. artif. 
P. Nicolaus Fleurj', prses. sod. 

artif. catech. in nosoc. conc. 

p. urbem, prœf. t. et biblioth. 

cons. 
P. Claudius le Moine, prœs. so- 

dal. optim. conf. t. cons. 
P. Ludovicus Sevestre, contro- 

versista, catechista in templo 

majori, prœf. schol. 
P. Nicolaus Toiissaincts, procu- 

rator, conf. t. 
P. Joannes de la Bretesche, L. 

phys. prœs. sod. schol. 
P. Franc, de Goiirmay, L. lo- 

gicce, mission. 
P. Martinus Bigiiet, rhet. conf. 

sod. schol. 
P. Nicolaus Garnier , human. 

prœf. spir. admon. conf. NN. 

et in t. 



P. Desiderius Reiny, 3. conf. 

NN. 2"\ 
M. Alexander le Blanc, 4. 
M. Carolus Lançon, 5. vis. ex. 

mat. adj. bibl.' 
Sébastian. Maiiry, sutor, hor- 

tul. coquus. 
Stephanus Petitot, empt. pistor, 

vis. ex. ser. et noct. 
Petrus Moufflette, janit. promus. 

faber ligii. vis. or. 
Gœricus Gérard, œdit. sartor, 

infirm. excit. 
Claudius Biigno^, in praedio. 
Nicolaus Lhoste. in prœdio. 
PP. 1 1. mag. 2, ff. 6. = 19 Univ. 

1660-61 . 

R. P. Renatus Ditheau, i3 Oct. 

165-, R. conf. t. 
P. Claudius Mérigot, min. prœf. 

sanit. cons. conc. p. urbem 

casuista domest. conf. sod. 

artific. 2"' . 
P. Tussanus Deschamps, conc. 

p. urbem. 
P. Nicolaus Fleury, prœf. ec- 

cles. bibl. schol. cons. conf. t. 
P. Henricus Lescossois, prœs. 

sod. optim. conf. t. cons. 
P. Claudius le Moyne, contro- 

versista, conf NN. 2"' , catech. 

in templo majori, cons. 
P. Desiderius Remy, mag. 4. 

pri^f. spir. admon. conf. NN. 

et t. 
P. P>anc. de Gournay, L. phv- 

sic. mission, cons. 
P. Nicolaus Matthey, procur. 

conf. t. 
P. Joann. de la Bretesche, L. 

logic. prœs. sod. schol. 
M. Henricus Brau^:, rhetor. 
M. Claudius Faultrier, human. 

adj. bibl. vis. orat. 
M. Nicolaus Potin, 3. vis. ex. 

utriusque. 
M. Claudius Pillot, 5. vis. orat. 
Jacobus Gillet, jan. promus. 
Sébastian. Maiiry, coq. hortul. 

sutor. 



NOTES (33) 



367 



Stephanus Petitot, empt. disp. 

pist. vis. noct. 
Gœricus Gérard, sart. œdit. in- 

firm. or. excit. 
PP. lo, mag. 4, ff'. 4. = 18 Univ. 

i<")6i-62. 

R. P. Claud. Franc, de Haraii- 

coiirt, rector 12 Oct. 1661. 
P. Germanus le Bel, min. prœf. 

san. conf. sodal. scholastico- 

rum conf. t. conc. cons. 
P. Desiderius Cheminot. 
P. Tussanus Deschamps. 
P. Stephanus Petiot, controver- 

sista, conf. t. 
P. Nicolaus Fleury, prœs. sod. 

artif. catech. in t. maj. et in 

Xenodochio, pra;f. schol. bi- 

blioth. conf. t. 
P. Henricus Lescossois, prœs. 

sodal. optim. conf. t. cons. 
P. Desiderius Rerny, rnag. 3. 

prœf. spir. admonitor, conf. 

NN. et t. 
P. Jacobus Capitaine, procur. 

conf. NN. 2"%conf. t. cons. 
P. Franciscus Matthieu, conc. 

majoris templi p. adv. et 

quadr. conc. 
P. Franciscus de Gournav, L. 

logic. mission. 
P. Joann. de la Bretèsche, L. 

physic. prœs. sodal. schol. 

prsef. ecclesite. 
M. Petrus Chifflet, rhet. 
M. Claudius Faultrier, hum. 

vis. or. ex. ser. biblioth. adj. 
M. Claudius Pilloi , 4. vis. ex. 

mat. 
M. Nicolaus Isidor Lenocq, 5. 
Jacobus Gillet, jan. prom. 
Sebastian.Mjî/rj', hortul.sutor. 
Stephanus Petitot, coq. empt. 

disp. pist. vis. noct. 
Gœricus Gérard, œd. sart. in- 

firmar. excitator. 
PP. 12, mag. 4, fF. 4. = 20 Univ. 

1662-63. 

R. P. Carol. Franc, de Harau- 
court, rector 12 Oct. 1661. 



P. Joann. Pelletier, min. prœf. 

san. conf. in sod. artitic. cons. 
P. Desiderius Cheminot, senex 

casuista domestic. 
P. J. Bapt. Sauvage, prccf. spir. 

admon. conf. NN. et t. 
P. Stephanus Pef/of, controver- 

sista, conf. t. 
P. Nicolaus Fleurr, prœi\ sod. 

artif. prœf. schol. et biblioth. 

conf. t. cons. 
P. Henricus Lescossois, prœf. 

sod. optim. conf. t. 
P. Desiderius Remy, mag. 3. 

conf. NN. 2"', cons. 
P. Joann. le Clerc, conc. p. ur- 

bem, conf. t. 
P. Christophorus de Rocher, 

proc. conf. t. cons. 
P. Franc, de Gournay, F. phy- 

sicœ. 
P. Petrus Coqiielej', L. logicœ 

prœs. sod. schol. prœf. eccles. 

catech. in t. majori. 
M. Joannes Robin, rhet. prœf. 

LL. a. m. 
M. Theodoricus Thuret, hum. 

vis. in ex. ser. 
M. Nie. Isid. Senocq, 4. vis. in 

ex. mat. 
M. Joann. Bailly, 5. vis. in orat. 
Jacobus Gillet, janitor. 
Joannes Godelet, promus, infir- 

mar. 
Stephanus Petitot, empt. disp. 

coq. pist. vis. noct. 
Gœricus Gérard, œdit. sart. ex- 
cit. 
PP. 12, mag. 4, ff. 4. ^ 20 Univ. 

1663-64. 

R. P. Car. Franc, de Harau- 
court, rector 12 Oct. 1661, ca- 
tech. in Xenodochio. 

P. Joann. Pelletier, min. prœf. 
san. conf. t. 

P. Joann. Bapt. Sauvage, prœf. 
spir. admon. prœf. eccles. 
prœf. scholar. casuista, conf. 
NN. et t. 

P. Olivarcus Bienville, contro- 
versista, conf. t. 



368 



NOTES (33) 



P. Nicolaus Flexiry, prœs. sod. 

artif. biblioth. conf. t. cons. 
P. Balthazar Poiret, conc. in t. 

majori adv. et quadr. 
P. Henricus Lescossois, prres. 

sod. optim. cons. 
P. Desiderius Remy, mag. 4. 

conf. NN. 2'", conf. t. cons. 
P. Christoph. de Rode^, procur. 

conf. t. cons. 
P. Franc, de Goui-nay, L. logic. 

missionar. 
P. Petrus Coqiielei', L. phvsica? 

prœs. sod. schol. catech. in 

t. majori. 
P.TheodoricLis Beschefer, hum. 
M. Anton. Carol. Badoiix, rhet. 
M. Nie. Isidor. Senocq, 3. vis. 

ex. utriusque. 
M. Joseph. Marquât, 5. vis. orat. 
Jacobus Gillet, senex infirmus. 
Stephanus Petitot, coq. empt. 

disp. pistor, vis. noct. 
Daniel la Ruelle, jan. promus, 

hortulanus. 
Claudius Claiidot, a;d. sartor, 

infirmar. excit. 
PP. 1 2, mag. 3, ff. 4 = 19 Univ. 

1664-65. 

R. P. Stephanus le Grand, rec- 

tor, 21 Dec. 1664. 
P. Joann. Pelletier, min. prœf. 

san. eccles. conf. t. cons. 
P. Joann. Thouvenet, prœs. sod. 

artif. conc. p. urbem. 
P. Henricus Lescossois, prces. 

sod. optim. conf. t. cons. 
P. Christoph. deRode^^, procur. 

conf. t. cons. 
P. Germanus le Bel, prccf. spir. 

admon. conf. NN. 
P. Bernard, de Croviont, prasf. 

biblioth. 
P. Petrus Polonceau, contro- 

versista prœf. stud. 
P. Franc, de Gournay, L. phy- 

sic. cons. 
P. Carol. Sertorius, L. logic. 

prœs. sod. schol. 
P. Nicol. de Gournay, rhetor. 

prœf. LL. a. m. 



M. Joannes Do.vin, hum. vis. 

ex. mat. 
M. Edmund. Courcier, 3. vis. 

ex. ser. 
P. Desiderius Remy, 4. conf. 

NN. 2"% conf. t. cons. 
M. Joseph. Marquât, 5. vis. orat. 
Stephan. Petitot, coq. empt. 

disp. pistor. 
Daniel la Ruelle, hortul. vis. 

noct. 
Glaud. Claudot, sart. ttdituus 

infirm. 
Nicolaus de France, jan. pro- 
mus, excitator. 
Joannes de Villers, architectus. 
PP. 12, mag. 3, flf. 5. =^ 20 Univ. 

1665-66. 

R. P. Stephanus le Grand, rec- 
to r 2 I . ]^ec. 1664. 

P. Joan. Thouvenot, min. praef. 
san. eccles. schol. prœf. sod. 
artific. conf. t. cons. 

P. Christophor. de Rodes, pro- 
cur. conf. t. cons. 

P. Germanus le Bel, pra;f. spir. 
admon. director principum 
Hassiœ, conf. NN. 

P. Franc. Pierron, controvers. 
prœs. sod. optim. conf. t. 

P. Bernardus de Cromonl, in- 
firmus. 

P. Carolus Sertorius, prœs. so- 
dal. schol. cons. L. physicœ. 

P. Nicolaus de Gournay, L. lo- 
gic. prcef. bibl. 

P. Joannes Pierron, rhetor. 
prief. LL. a. m. conf. t. 

M. Carolus Lançon, hum. vis. 
ex. mat. 

M. Renatus Royer, 3. vis. ex. 
ser. 

M. Joseph. Marcot, 4. vis. or. 

P. Nicolaus Erric, 5. conf. t. et 
NN. 2"\ 

Joannes de Villers, architectus. 

Stephanus Petitot, empt. disp. 
vis. noct. 

Dominicus Régnant, coq. pist. 
hortul. 



NOTES (33) 



36q 



Anton. GouDiaiL xdix. jan. sar- 

tor, prom. excitator. 
PP. 10, mag. 3, ff. 4. = I- Univ. 

166G-G7. 
R. P. Stephan. le Grand, rector 

21 Nov. 166 5. 
P. .loannes Thoiivenot , min. 

prœf. san. prœf. sod. opific. 

conf. t. cens. 
P. Christophorus de Rodes, 

procur. conf. t. cons. 
P. Franciscus Pierron, contro- 

versista, prass. sod. optim. 

conf. t. conf. NN. 2"' . 
P. Franc, de Mon:;ay, prœf. 

stud. conc. p. urbem, conf. t. 

cons. 
P. Nicolaus de Goiirnay, L. phy- 

sica?, biblioth. conf. in sod. 

opitic. 
P. Carolus Sertoriiis, L. logiccC 

prœs. sod. schol. cons. 
P. Joann. Pierron, rhetor. prœf. 

eccles. pra;s. LL. a. m. conf. t. 
M. Renatus Royer, hum. vis. 

ex. mat. 
M. Joseph. Marquot, 3. visit. 
• orat. adjut. bibhoth. 
P. Nicolaus Erric, 4. preef. spir. 

admon. catechista, conf. NN. 

et t. 
M. Fiaciius Durand, 5. vis. ex. 

ser. 
Stephanus Petitot, empt. disp. 

pistor, vis. noct. 
Dominicus Régnant, coq. inhr- 

mar. hortul. 
Nicolaus Mignon, œdit. janit. 

prom. sartor, excit. 
PP. Q, mag. 3, ff. 3. = i3 Univ. 

1667-6S. 
R. P. Stephan. le Grand, 21 Nov. 

1GÔ5. 
P. Edmundus Gallard , min. 

praef. san. praef. schol. conf. t. 

cons. 
P. Stephanus de Rodes, procur. 

conf. t. cons. 
P. F ranciscus Pierron, controv. 

prtes. sod. optimat. conf. t. 

cons. 



P. Joann. Thouvenot, pra-s. sod. 

opiticum, casuistadomcsticus 

prgef. eccles. cons. 
P. Carolus Sertorius, L. phvsic. 

prœs. sod. schol. conf. t. conf. 

NN. 2■■^ 

p. Carolus Joly, L. logicœ 

conf t. 
P. Nicolaus Bardin . rhetor. 

prasf. LL. a. m. 
M. Joseph. Marquot, hum. vis. 

ex. mat. 
P. Nicolaus Erric, S.prœf. spir. 

admon. conf. t. et NN. 
M. Fiacrius Durand, 4. adj. bi- 
blioth. vis. ex. ser. 
M. Prudentius A/t^tTf, 5. vis. orat, 
Stephanus Petitot, empt. disp. 

vis. noct. 
Nicolaus Lhoste, soc. proc. hor- 

tulan. 
Dominicus Regnauld, coq. in- 

Hrmar. 
Nicolaus Mignon, sf.rtor, œdit. 

jan. promus, excitator. 
PP. 9, mag. 3, ff. 4. = 16 Univ. 

1G68-69. 

R. P. Franc. Matthieu, rector 
4Jul. 1668, catech. conf. t. 

P. Nicolaus Goulet, min. pra'f. 
san.casuistadomesticus,prœf. 
eccles. scholar. conf. t. 

P. Joannes Fleury, prœf. spir. 
admon. conf. NN. et t. prœs. 
sod. opificum. 

P. Andréas Devoyo, controv. in 
summo templo. prœs. sod. op- 
tim. conf. NN. 2'", conf.t, cons. 

P. Christoph. de Rode^, procur. 
conf. t. cons. 

P. Stephanus Macheret, conc. 
in maj. templo adv. et quadr. 

P. Carolus Joly, L. phys. conf. t. 

P. Carolus Sertorius, logic. 
prœs. sod. schol. biblioth. ca- 
tech. in Xenodochio magno 
cons. 

P Jacobus David, rhetor. prœf. 
LL. a. m. conf. sod. schol. 

M. Edmundus Nison, hum. 

M. Claudius 7 resse, 3. vis. ex. 
ser. 



Syo 



NOTES (33) 



M. Petrus Verrj^, 4. vis. ex. mat. 

ad), bibl. 
M. Prudentius Méat, vis. orat. 
INicolaus Trévelot. empt. disp. 

coquus. 
Nicolaus Lhoste, hortulan. vis. 

noct. 
Stephanus Colignon, œd. jan. 

sartor, infirm. excitator. 
PP. 9, mag. 4, ff. 3. = 16 Univ. 

i66q-70. 

R. P. Franciscus Matthieu, rec- 

tor 4 Jul. 1668, conf. t. 
P. Joannes Pelletier, min. prcef. 

san. prœf. eccles. conf. t. 
P. Claudius /e Morne, prœs. sod. 

opific. conf. NN. 2"*, conf. t. 
P. Henricus Marconnel^, prœf. 

spir. admon. conf. de rébus, 

prtcs. sod. optimal, conf. NN. 

et t. 
P. Cliristoph. de Rode^, procur. 

conf. t. cons. 
P. Franc. Tardivat, controver- 

sista in eccles. cathedr. conf. t. 
P. Carolus Set-toriiis, L. pliys. 

prœs. sod. bibl. cons. 
P. RenatLis le Seiirre, L. logic. 

prtef. schol. conf. sod. schol. 
M. Joann. Bapt. Quartier, rhet. 

prœf. LL. a. m. 
iVl. Claud. Tresse, hum. 
M. Y^ Qlvns Bi^art, 3. vis. ex. mat. 
M. Prudent. Méat, 4. vis. ex. 

ser. adj. bibl. 
M. Joann. Richard, 5. vis. or. 
Nicolaus Lhoste, hortul. vis. 

noct. 
Nicolaus Trévelot, coq. pist. 

empt. disp. 
Stephanus Colignon, asd. jan. 

sart. prom. infirm. excitator. 
PP. 8, mag. 5, flf. 3. = 16 Univ. 

1670-71. 

R. P. Franc. Matthieu, rector 

4 Jul. 1668, prœs. sod. optim. 

conf. t. 
P. Joann. Pelletier, min. prasf. 

san. eccles. bihlioth. conf. t. 

cons. 



P. Stephanus Petiot, prîef. spir. 

admon. conf. NN. et t. con- 

troversista in cathedr. 
P. Ghristoph. de Rode:;, prœs. 

sod. opific. conf. t. 
P. Franc. Tardivet, conc. p. ur- 

bem, conf. t. procur. 
P. Carol. Sertorius, prœf schol. 

prœs. sod. schol. conf. NN. 2"' 

casuista, dom. catech. Xeno- 

doch. 
P. Renatus le Seurre, L. physic. 

conf. t. catech. 
P. Nicolaus de Gournay, L. lo- 
gic, cons. 
M. Joseph, de Beauveau. rhet. 

prœf. LL. a. m. 
M. Petrus Bijard, ham. vis. ex. 

mat. 
M. Prudent. Méat, 3. prœs. sod. 

angel. vis. or. adj. bibl. 
M. Joann. Bapt. Quartier, 4. 
M. Joann. Richard, 5. vis. ex. 

ser. 
Nicolaus Lhoste, hortul. vis. 

noct. 
Nicolaus Trévelot, coq. pist. 

empt. disp. 
Stephanus Colignon, jan. œdit. 

sart. infirm. excitator. 
PP. 8, mag. 5, ff. 3. = 16 Univ. 

1671-72. 

R. P. .F^milianus Vaussin, rector 

3 I Aug, 1671, conf. t. 
P. Andréas Dnperrier , min. 

prœf. san. bihlioth. prœs. sod. 

optim. conf. t. cons. 
P. Stephanus Pefzo?, prœf. spir. 

adm. prœf. eccles. controver- 

sista in cathedr. conf. NN. 

et t. 
P. Carolus Piget, proc. conf. t. 
P. Ghristoph. de Rode:{, prœs. 

sod. artif. conf. t. cons. 
P. Thomas Lepagnol . prœf. 

schol. c(jnc. p. urbem, conf. t. 

cons. 
P. Nicolaus. de Gournar, L.phys. 

prœs. sod. schol. cons. 
P. Joann. Robin, L. logic. conf. 

sod. schol. 



NOTES (33) 



^71 



M. Claud. Tresse, rhet. prœf. 

LL. ad m. 
M. Gabr. Robinet, hum. 
M. Joan. Nie. Duponcet, 3. vis. 

ex. mat. 
M. Joan. Franc, de la Salle, 4. 

prtïs. sod. angel. adj. bibl. 

vis. ex. ser. 
M. Marcel, le Blanc, 5. visit. 

orat. 
Nicolaus Lhosie, hortul. visit. 

noct. 
Nicolaus Trevelot, empt. disp. 

coq. pist. 
Stephan. Colignon, œd. jan. sart. 

inrirm. excit. 
PP. S, mag. 5, ff. 3.= 16 Univ. 

1672-73. 
R. P. iEmil. Vaiissin, 3i Aug. 

1Ô71, casuista, conf. t. 
P. Claudius Vallon, min. prœf. 

san. cent", t. cons. conc. adv. 

et quadrag. in eccles. cathedr. 
P. Stephan. Petiot, prasf. spir. 

admon. praes. sod. optim. 

conf. NN. et t. 
P. Christoph. de Rode^^, praef. 

schol. praes. sod. artific. conf. 

NN. 2'", conf. t. 
P. Joannes Farder, controv. 

conf. t. cons. 
P. Nicol. Isidor. Senucq. proc. 

prœf. eccles. conf. t. 
P. Joan. Robin, L. phys.conf. t. 
P. Nicol. de Gonrnay, L. logic. 

prœs. sod. schol. 
M. Fiacr. Bern. Durand, rhet. 

prœf. LL. a. m. 
M. Joann. Nie. du Poncet,h\xm.. 
M. Nicol. Charpentier, 3. vis. 

ex. mat. 
M. Marcell. le Blanc, 4. vis. ex. 

ser. adj. bibl. 
M. Joseph. Guillaume, 5. vis. 

orat. 
Nicol. Lhoste, jan. hortul. visit. 

noct. 
Nicol. Trevelot, ccq. pist. empt. 

disp. 
Stephanus Colignon, aed. sart. 

prom. infirm. excitât. 
PP. 8, mag 5, fF. 3. = 16 Univ. 



1673-74. 

R. P. .Emilian. Vaussin, rector 

3 I Aug. 167 1, conf. t. 
P. Joann. Farder, min. praef. 

san. controv. in ecclesia ca- 
thedr. conf. t. cons. 
P. Stephan. Petiot, praef. spir. 

admon. prfes. sod. optim. 

conf. NN. et t. 
P. Christophor. de Rode^, ca- 
suista, dom'. conf. t. cons. 
P. Carolus Anton. i?(7^oz/A%prœs. 

sod. artif. prœf. schol. bibl. 

conf. NN. 2'". 
P. Nicol. Isidorus Senocq, prîef. 

eccles. procur. conf. t. cons. 
P. Nicolaus de Gonrnay, L. 

phys. conf. t. 
P. R'enatus le Seurre, L. logic. 

conf. t. cons. 
M. Fiacrius Bern. Durand, rhet. 

praes. sod. schol. LL. a. m. 
M. Jacobus Boucher, hum. 
M. Carolus Nie. le Beiif, 3. vis. 

ex. mat. 
M. Philippus Gentet. 4. vis. ex. 

ser. 
M. Claudius Thouvenot, 5. ad- 

jut. biblioth. 
Nicol. Lhoste, hortul. janitor, 

vis. noct. vis. orat. 
Nicol. Trevelot, cur. horrei et 

cell. vinariœ. coq. pistor. 
Stephan. Collignon, aed. sart. 

excitator. 
PP. 8, m. 5, flf. 3. = 16 Univ. 

1674-73. 

R. P. Jacobus Pupin , .rector 

8 Oct. 1674. 
P. Nicolaus Fleury, min. prcef. 

san. conf. t. cons. prœs. sodal. 

artificum. 
P. Stephanus Pei/o^, praef. spir. 

admon. conf. NN. et t. prœs. 

sodal. optimatum, 7 12 Febr. 

1675. 
P. Claudius Vignolles , pra.-!. 

eccles. biblioth. conc. p. ur- 

bem. 
P. Christophor. de Rode^, conf. 

NN. 2" , conf. t. cons. 



372 



NOTES (33) 



P. Franc. leMoleur, controver- 

sista, praef. schol. conf. t. 
P. Nicol. Isid. Senocq, procur. 

conf. t. cons. 
P. Renatus leSeurre, L. physic. 

conf. t. cons. 
P. Renatus RavineU L. logicae, 

praes. sod. schol. conf. t. 
M. Joann. Nie. du Poucet, rhet. 

praef. LL. a. m. 
M. Joann. Franc, de la Salle, 

hum. vis. ex. mat. 
M. Philippus Gentet, 3. vis. ex. 

ser. adj. biblioth. 
P. Desiderius de Chabiit, 4. 

conf. sodal. artif. 
M. Joachini de Champagne, 5. 

vis. G rat. 
Nicolaus Lhoste, hortul. janit. 

vis. noct. 
Antonius Goiirnail, œdit. sart. 

infirm. refector. excitator. 
Nicolaus Trévelot, coq. empt. 

disp. pistor. 
PP. 10, mag.4, ff. 3. = 17 Univ. 

1675-76. 
R. P. Jacobus Piipin, rector 

8 Oct. 1674. 
P. Nie. Isidor. Senocq, min. 

proc. praef. san. conf. t. cons. 
P. Joann. le Clerc, conc. p. ur- 

bem, prccs. sod. artific. conf. t. 
P. Andréas Devoyo, prœf. spir. 

admon. cons. de rébus, prass. 

sodal. optimatum, conf. NN. 

et t. 
P. Ghristophor. de Rode:;, prœf. 

eccles. conf. NN. 2"', conf. t. 

\ i3 Mart. 1676. 
P. Nicolaus Viennot, controver- 

sista, conf. t. cons. 
P. Franc, le Molenr, conc. adv. 

et quadrag. prœf. schol. conf. 

t. cons. 
P. Renatus RavineU L. phvs. 

prœs. sod. schol. conf. t. 
P. Petrus Patriarche, L. logic. 
M. Guilelmus Daubenton, rhet. 

biblioth. prœf. LL. a. m. 
M. Anton. Ludov. Pot hier, hum. 
M. Philipp. Gentet, 3. adj. bibl. 

vis. ex. mat. 



M. Nicol. Jardinier, 4. vis. ex. 
ser. 

M. Joseph. Tresse, 5. vis. orat. 

'Nicolaus Lhoste, janit. vis. noct. 

Anton. Gournail, œdit. sart. re- 
fector. excit. 

Nicol. Trévelot , empt. disp. 
pistor. 

Joann. Franc, du Flay, coquus 
hortulanus. 

PP. 9, mag. 5, fF. 4. ^ 18 Univ. 

1676-77. 

R. P. Jacobus Puppin, rector 

8 Oct. 1674. 
P. Nie. Isidorus Senocq, min. 

prcef. san. eccles. procurator 

conf. t. 
P. Joann. le Clerc, prses. sod. 

artific. conc. conf. t. cons. 
P. Andréas de Voyo, praef. spir. 

admon. casuista, dom. praes. 

sodal. optim. cons. de rébus, 

conf. NN. et t. 
P. Joannes Renatus /?o)^er, praef. 

schol. biblioth. conf. NN. 2"% 

conf. t. cons. 
P. Petrus Coqueley, controver- 

sista, conf. t. cons. 
P. 'Pelvn?, Patriarche, L. physic. 

conf. t. 
P. Renatus Ravinel, L. logic. 

praes. sod. schol. conf. 
M. Joann. Bapt. le Molenr, rhet. 

prcef. LL. a. m. 
M. Philippus Gentet, hum. adj. 

biblioth. 
P. Nicolaus Jardinier, 3. vis. 

ex. mat. 
M. Joseph. Tresse, 4. vis. ex. 

ser. 
M. Léonard. Villedieu, 5. vis. or. 
Nicol. Lhoste, inlirmus, senex. 
Nicolaus Trévelot, coq. pistor, 

empt. disp. vis. noct. 
Hubertus Deni^et, sart. cedit. 

infirmar. refector. excitator. 
PP. 8, mag. 5, ff. 3. = 16 Univ. 

1677-7S. 

R. P. Joann. Renatus Jobal . 

rector 3 Nov. 1677. 



NOTES (33) 



373 



P. Nie. Isid. Senocq, min. prœf. 

san. proc. pi-œf. eccles. conf. t. 
P. Andréas Devoyo, prcef. spir. 

admon . praes. sod.optim. cons. 

de rébus, conf. NN. et t. 
P. Joann. Renatus Royer, prœf. 

schol. biblioth. cons. prœs. 

sod. artificum, conf. NN. 2"', 

conf. t. 
P. Franc, de Gournaj', mission. 

conf. t. cons. 
P. Petrus Coqiieley, controv. 

conf. t. cons. 
P. Renatus Ravinel, L. phys. 

prœs. sod. schol. conf. t. 
P. Ghristophorus Guillaume, L. 

loi^ic. conf t. 
M. Pliilippus Gentet , rhetor. 

pr£ef. LL. a. m. 
M. Nicolaus Jardinier, hum. 

adj. bibl. vis. ex. mat. 
M. Jacobus Tresse, vis. ex. ser. 
P. Guilelmus Bérault, 4. conf. t. 
M. Leonardus Villedieii, 5. vis. 

orat. 
Nicolaus Lhoste, infirmus. 
Henricus du Parge, coq. empt. 

disp. vis. noct. 
Petrus i5o/55Q;2, jan. cedit. sartor, 

refector. excit. 
Stephanus de Fontaine, pistor, 

hortulanus. 
PP. 0, mag. 4, ff. 4. = 17 U^iiv. 

1678-79. 
R. P. ioann. Renatus Jobal, 

rector 3 Nov. 1677. 
P. Joann. Husson, min. prsef. 

san. conf. t. cons. prœs. sod. 

optimat. 
P. Joann. Renatus i^oj^er, prsef. 

schol. prœs. sod. opific. conf. 

NN. 2"% conf. t. cons. 
P. Andréas Devoyo, prœf. spir. 

admon. conf. NN et t. 
P. Franc, de Gournay, miss, in 

Lothar. Burgund. Campan. 
P. Petrus Coqueley, controver- 

sista, conf. t. cons. 
P. Henricus Braux, conc. adv. 

et quadrag. conf. t. cons. 
P. Nicol. Isidor. Senocq, proc. 

conf. t. 



P. Christophor. Guillaume, L. 

physic. conf. t. 
P. Renatus Ravinel, L. logic. 

conf. t. praes. sod. schol. 
P. Petrus Martin, rhetor. pra;f. 

LL. a. m. 
M. Léon. Robert de Flamenville, 

hum. 
M. Claudius Bernard, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Léonard. Villedieu, 4. vis. 

ex. ser. 
M. Hugo Moret, 5. vis. orat. 
Henricus du Parge, prtef. refec- 

torii. 
Stephanus Fontaine, coq. empt. 

disp. hortul. vis. noct. 
Petrus Pintre, cedit. sart. exci- 

tator. 
PP. II, mag. 4, ff. 3. = 18 Univ. 

1679-S0. 

R. P. Joann. Renatus Jobal, 

rector 3 Nov. 1677. 
P. Joann. Bocquin, min. prœf. 

san. conf. t. cons. praes. sod. 

optim. 
P. Joann. Renat. Royer, prass. 

sod. artif. conf. t. cons. 
P. Franc, de Gournay, miàsio- 

nar. 
P. Petrus Coqueley, controver- 

sista,pr£ef. schol. conf. t. cons. 
P. Nicol. Isidorus Senocq, pro- 

cur. conf. t. cons. 
P. Renatus Ravinel, L. physic. 

conf. t. 
P. Petrus Martin, L. logic. prœs. 

sodal. schol. 
M. Nicolaus Jardinier, rhet. 

praef. LL. a. m. 
M. Joseph. Tresse, hum. vis. ex. 

mat. 
M. Cosmas Damian. Gilotte, 3. 

vis. ex. ser. 
P. Nicolaus£'rrzc, 4. pra^f. spir. 

adm. conf. NN. et t. 
M Joann. Hachette. 5. vis. orat. 
Gabriel Havet, empt. disp. pro- 
mus, vis. noct. 
Stephanus Fontaine, jan. pistor, 

hortulan. 



74 



NOTES (33) 



Franciscus Aubry, ced. sartor, 

infirmar. excit. 
PP. 9, mag. 4, ff. 3 = lô Univ. 

I 680-81. 

R. P. Petrus Amé, rectorS ï^qc. 

1680. 
P. Joann. Bocqidn, min. prœf. 

san. conf. t. cons. prces. sod. 

optim. 
P. Joann. Renat. Royer, prœs. 

sod. artitic. conf. t. cons. 
P. Franc, de Gournay, prcef. 

spir. admon. conf. NN. et t. 
P. Petrus Coqueley, controver- 

sista, praef. schol. conf. NN. 

2"", casuista domest. cont. t. 

cons. 
P. Petrus Joseph. Avié, procur. 

conf. t. cons. 
P. Petrus Martin, L. physicne, 

biblioth. prtes. sod. schol. 
P. Guilelmus Daiibentoii, L. lo- 

gic. conf. t. 
M. Joann. Franc. Gerbillon , 

rhet. prœf. LL. a. m. 
M. Glaud. Jos. Bernard, hum. 

adj. bibl. vis. ex. ser. 
M. Jacobus Villotte, S.vis.orat. 
P. Sebastianus Rouffeaux , 4. 

conf. t. 
M. Joann. Bapt. Foissey, 5. vis. 

ex. mat 
Nicolaus Trévelot, coq. empt. 

disp. prom. vis. noct. 
Stephanus Fontaine, jan. pistor, 

hortulanus. 
Franc. Aiibry, œd. sart. infirm. 

excitator. 
PP. 9, mag. 4, ff. 3. = 16 Univ. 

1681-82. 

R. P. Petrus Amé, rectorS Dec. 

1680. 
M. Joann. Bocquin, min. praef. 

san. conf. t. cons. pra:s. sod. 

optimatum. 
P. Joann. Renatus Rayer, prtes. 

sod opific. conf. t. 
P. Franc, du Gournay, prfef. 

spir. admon. conf. NN. et t. 



P. Petrus Coqueley, controv. 
prœf. eccles. scholarum, ca- 
suista domest. conf. NN. et t. 

P. Petrus Joseph. Atné, procu- 
rator, conf. t. cons. 

P. Guilelmus Daubenton , L. 
physic. 

P. Petrus Martin, L. logic. bi- 
blioth. praes. sod. schol. 

M. Franc. Deschamps, rhet. 
prfef. L.L. a. m. 

M. Nicol. Gérard, hum. adj. 
bibl. vis. ex. mat. 

M. Jos. Bern. Tresse, 3. vis. ex. 
ser. 

P. Claudius lliouvenot, ^.conc. 
p. urbem. 

M. David Hochemond, 5. vis. 
orat. 

Nicolaus Trévelot, coq. empt. 
disp. prom. vis. noct. 

Stephanus de Fontaines, pistor. 
hortul. janitor. 

Franc. Aubry, œd. sartor, infir- 
mar. excitator. 

PP. 9, mag. 4, ff. 3. = 16 Univ. 

1682-83. 

R. P. Petrus Xmé. P. Joann. 
Bocquin. P. Joann. Renatus 
Royer. P, Franchi;/ Gournay. 
P. Petrus Coqueley. P. Petras 
Joseph. Amé. uti 1681-82. 

P. Petrus Martin. \^. physic. 
prœs. sod. schol. bibl. conf. 

P. Franc. Grenet. L. logicœ. 

M. Ignat. Chilly, rhet. prœf. 
LL. adm. 

P. Joann. Boucher, 3. conf. t. 

P. Claudius Thouvenot, 4. conf. 
t. conc. festivus. 

M. Ignatius du Chaillon, 5. vis. 
orat. et ex. mat. 

FF. Nicolaus Trévelot . uti 
1681-82. 

Stephanus Fontaines, coq*, pis- 
tor, hortul. 

Stephanus Colignon. sart. œdit. 
infirm. excit. 

PP. 10, mag. 2, ff". 3. ^ i5 Univ. 



NOTES (33) 



375 



1683-84. 

R. p. Nicolaus Aiidry, rector 

10 Dec. i683. 
P. Joannes Bocquin, min. pra^f. 

san. cont'. 
P. Petrus le Besque, prKs. sod. 

optimatum. 
P. Joann. Renatus le Royer, 

cons. prass. sod. opific. 
P. Joann. Royer, prccf. spir. 

admon. casuista dom. 
P. Petrus Coqueley, controver- 

sista, cons. 
P. Franc. Grenet, L. physicae. 
P. Petrus Martin, L. logic. conf. 

NN. 2"^ 

AI. Franc. Maiiparty. rhetoricas. 

M. Claud. de Bigot, hum. 

M. Ludov. Laguille, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Joann. de Chaillou.v, 4. vis. 

ex. ser. 
M. Guilelmus Thieriat, 5. vis. 

orat. 
Nicolaus Trérelot, empt. disp. 

vis. noct. 
Stephanus Colignou, œdit. sart. 

infirmar. excit. 
Stephanus de Fontaine, coquus, 

pistor. hortul. 
PP. 8. mag. 5, ff. 3. ^ 16 Univ. 

1684-85. 

R. P. Nicolaus Audrj', rector 

10 Dec. i683. 
P. Franc. Perrin. min. procur. 

conf. t. cons. 
P. Renatus Royer, prœf. spir. 

admon. pr^eî. eccles. praes. 

sodal. opific. cons. 
P. Franc, le Besque, conc. qua- 

drag. Rhemis. 
P. Joann. Bocquin, praes. sod. 

optim. conf. t. cons. 
P. Petrus Coqueley , controv. 

prœf. schol. conf. t. 
P. Robert, de Haraiicoiirt, conc. 

t. N. per trimestre. 
P. Petrus Martin, L. physic. 

conf. t. cons. 
P. Franc. Grenet, L. losicœ. 



P. Philippus de Villers, rhetor. 

ad pascha. 
M. Nicol. Gérard, 2. 
M. Joseph. Darsii, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Gabriel Thieriat, 4. vis. ex. 

ser. 
M. Edmund. Charron. 5. vis. 

orat. 
FF. iidem ut 1683-84. 
PP. 10, mag. 4, fF. 3. =; 17 Univ. 

1685-86. 

R. P. Nicolaus Audry, rector 

10 Dec. i683, conf. t. 
P. Franc. Perrin, min. proc. 

prœf. san. conf. t. cons. 
P. Joann. Renat. Royer, infir- 

mus, 7- 25 Dec. i685. 
P. Joann. Bocquin, prœs. sod. 

opific. conf. t. cons. 
P. Petrus Coqueley, controv. 

prœf. eccles. schol. conf. t. 
P. Joann. Jos. Michel, conc. ad- 

vent. Tulli, prasf. spir. adm. 

prEes. sod. optim. conf. NN. 

et t. 
P. Franc, le Besque, conc. adv. 

et quadrag. Métis, conf. NN. 

2'" et t. cons. 
P. Franc. Grenet, L. physicœ. 

prfef. bibl. casuista dom. conf 

t. cons. 
P. Joann. Gratien, L. logicae, 

prfes. sod. schol. 
P. Richard le Cerf, rhet. prœf. 

LL. ad. m. 
M. Nicolaus Geninet, hum. prtef. 

acad. grascae. 
M. Jacobus Simon, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Edmundus Charron, 4. vis. 

ex. ser. 
M. Jacobus de Bar t, 5. vis. orat. 
Nicol. Trévelot , disp. prom. 

infirm. vis. noct. 
Stephanus Fon^anze, coq. pistor, 

hortul. 
Laurent, le Gros, oià. jan. sar- 

tor, excitator. 
PP. 10, mag. 4, ff. 3. = 17 Univ. 



376 



NOTES (33) 



1686-87. 
R. F. Franc, de Gournay, rector 

20 Nov. 1686. 
P. Joann. Farder, min. prasf. 

san. cons. prtcs. sod. artif. 
P. Joann. Pierron, conc. qua- 

drag. praef. schol. cons. 
P. Ed'mundus Colîeniier, prœf. 

spir. admon. prcES. sod. opti- 

matum. 
P. Franc. Bavard, proc. cons. 
P. Laurent. Morelet. 
P. Joann. Gratien, L. physic. 

prœs. sod. schol. cons. 
P. Joann. Bapt. le Moteur, L. 

logic. 
P. Petrus Geoffroy, rhetor. 
M. Anton, de Chailloiix, hum. 
M. Edmund. Charron, 3. 
M. Jacobus du Bois, 4. 
M. Jacobus Ver:^eaux, 5. 
Stephan. Fontaine, coq. hortul. 
Joann. Chrétien, œdit. sartor. 
Joann. Henomont, janit.infirm. 
PP. g, mag. 4, fF. 3. = 16 Univ. 

1687-88. 
R. P. Y ranc. de Gournay, vecior 

20 Nov. 1686. 
P . Joann. Saget, min. prœf. san. 
P. Stephan. Mâcher et, conc. 

Domin. conf. t. 
P. Petrus Coqueley, prœf. schol. 

et eccles. catech. neophytor. 

casuista dbmesticus, cons. 
P. Franc. Bayard, procur. conf. 

t. cons. 
P. Edmundus Colîeniier, prœf. 

spir. admon. prœs. sodal. op- 

tim. conf. cons. 
P. Sébastian. Rouff'eau.v, intir- 

mus. 
P. Joann. Bapt. le Moleur, L. 

physic. conf. t. 
P. Petrus Geoffroy, L. logic. 

prœs. sod. schol. 
M. Anton, de Cliailloux, rhet. 
M. Jos. de Petitdidier, hum. 
M. Nicol. JEgid. de Husson, 3. 

vis. ex. mat. 
M. Jacobus Ver:feaHX, 4. vis. 

ex. ser. 



Stephanus de Fontaine, pistor, 

■ hortul. disp. f 17 Nov. 1688. 

Jacobus Barre, sart. infirm.vis. 

noct. 
Joann. du Han, œd. promus, 

excit. 
PP. 9, mag. 4, ff. 3. = 16 Univ. 

1688-89. 
7ion adest. 

1689-90. 
R. P. Franc, de Gournay, rector 

10 Nov. 1686, conf. t. 
P. Jacobus Lepagnol, min. prcef. 

san. cons. conf. t. conc. Do- 
min. in templo maj. et qua- 

drag. et adv. Mussiponti. 
P. Petrus Coqueley, prasf. schol. 

prœs. sod. artific. catech. conc, 

p. urbem, conf. NN. 2'" et t. 

cons. 
P. Carolus Lançon, prœf. spir. 

admon. casuista, domest.prœs. 

sod. optim. conf. t. cons. 
P. Jacobus Lempereur, conc. 

Domin. in templo maj. post 

pascha, conf. t. 
P. Nicolaus Gérard, procur. 

conf. t. cons. 
P. Claudius Bernard, L. phys. 

prœs. sod. schol. 
P. Joseph. Tresse, L. logicœ, 

praef. biblioth. 
M. Carolus Sicaud, rhet. proif. 

LL. adm. 
M. Nicol. Franc, de la Mer, 

hum. adj. bibl. 
M. Stephan. le Compasseur, 3. 

vis. ex. ser. 
M. Joannes Gresset, 4. vis. ex. 

mat. 
M. Nicol. de Lyencourt, 5. vis. 

orat. 
Joann. Peintre, disp. hortul. 

promus. 
Claudius Thourot, janitor, œdi- 

tuus. 
Nicolaus Peintre, coq. pistor. 
PP. 8, mag. 5, ff. 3. = 16 Univ. 

1690-91 . 
R. P. Joseph. Claud. de Beau- 
veau, i4Febr. 1691, cont. t. 



NOTES (33) 



'77 



P. Petrus Coqueley. prtes. sod. 

opific. prtef. schol. et eccles. 

conf. NN. 2"', conf. t. catech. 
P. Joann. Michel, prtes. sod. 

optim. casLiista dom. admon. 

conf. t. 
P. Nicolaus Audry, prœf. spir. 

et conf. 
P. Joann. Bapt. Christophe , 

conc. adv. etquadr. incathedr. 

conf. t. cons. 
P. Josephus Lempereur, conc. 

trimestris in cathedr. conf. t. 
P.Joseph. Tresse, L.phys.prœs. 

sod. schol. conf. t. 
P. Joann. Bapt. Dorigny, L. 

logic. conf. t. 
P. Nicolaus Gérard, procurator, 

conf. t. 
M. Petrus Anton. Daiir^on. rhet. 

prtef. LL. a. m. 
M. Franc. ]os. Robert, hum. adj. 

bibl. 
M. Franc. Bern. Tribollet, 3. 

vis. ex. ser. 
M. Joann. Bapt. Gresset, _(. vis. 

ex. mat. 
M. Anton. Renatus de Brasle, 

5. vis. orat. 
Joann. Peintre, prom. disp. hor- 

tul. 
Claud. Toiirot , sait, infirm. 

iedit. excitator. 
Nicolaus Colliquet, coq. pistor, 

vis. noct. 
Michael Forget, janitor. 
PP. g, mag. 5, ff. 4. = 18 Univ. 

1691-92. 
R. P. Joseph. Claudius de Beau- 
veau, rector 14 Febr. 1691, 

conf. t. 
P. Joann. Bapt. Christophe, 

min. prœf. san. conf. t. cons. 
P. Petrus Coqueley, prœf. ec- 
cles. schol. prœs. sod. opif. 

catech. conf. NN. 2'", conf. t. 

cons. 
P. Nicolaus Audry, prœf. spir. 

conf. NN. et t. 
P. Claudius Tresse, prœs. sod. 

optim. conc. p. urbem, conf. 

t. cons. 



P. Jacobus Lempereur , conc. 

Dominic. biblioth. conf. t. 
P. Nicolaus Gérard, proc. 

conf. t. 
P. Joann. Bapt. Dorigny, L. 

phys. conc. p. urbem, conf. t. 
P. Joseph. 7"re55e, L. logic. praes. 

sod. schol. conc. p. urbem, 

conf. t. 
M. Franc. Joseph. Robert, rhet. 

prœf. LL. a. m. 
M. Franc. Bern. Tribollet, hum. 

adj. bibl. 
M. Joann. ha^px. Gresset, 3. vis. 

ex. mat. 
M. Renat. le Brasle, 4. vis. ex. 

ser. 
M. Claudius Boucher, 5. vis. 

orat. catech. servor. 
Joann. Mignot, coq. empt. disp. 

vis. noct. 
Nicolaus Colliquet, sart. œdit. 

infirm. excit. 
] oannes Huitry . pistor, promus, 

hortul. 
PP. (1, mag. 5, ff. 4. ^ 18 Univ. 

1692-93. 

R. P.Joseph. Claudius Jt?LVc7Z(- 

veau, rector 14 Febr. 1691, 

conf. t. 
P. Joann. Bapt. Christophe, 

min. prîcf. san. conf. t. côns. 
P. Petrus Coqueley, prœs. sod. 

opif. prasf. eccles. catech. conf. 

NN. 2"' et t. 
P. Petrus Godinot. prœf. spir. 

admon. conc. advent. in ca- 
thedr. conf. t. 
P. Claud. Tresse, prœs. sod. 

optim. conc. p. urbem, ca- 

suista dom. biblioth. conf. t. 

cons. 
P. Nicolaus Gérard, procurator. 
P. Jacobus Lempereur, conc. p. 

urbem. 
P. Joseph. Tresse, L. physic. 

prœs. sod. schol. 
P. Ludov. Jacquesson, L, logic. 
M. Petrus Ignat. Laisné, rhet. 

prœf. LL. a. m. acad. grœc. 
AL Nicolaus Benoist, hum. 



378 



NOTES (33) 



M. Carolus de Mecquenem, 3. 

M. Franc. Gourcot, 4. adj. bibl. 
vis. ex. ser. 

M. Simon le Clerc, '?. vis. ex. 
mat. 

Nicolaus Colliqiiet, œdit. sartor, 
infirm. excit. 

Dionysius Gervais, empt. pro- 
mus, hortul. vis. orat. et noct. 

Pontius Mangin, coq. pister. 

PP. 9, mag. 5, ff. 3. = 17 Univ. 

1693-94. 

R. P. Glaudius Joseph. <:fei?ea»- 

veau, rector 14 Febr. 1691. 
P. Joann. Bapt. Christophe, 

min. praef. san. cons. 
P. Petrus Coqueley, prœf. spir. 

adm. prœf. scliolar. cons. 

praes. sod. artificum. 
P. Claudius Tresse, prass. sod. 

optimatum, casuista domest. 

conf. NN. 2"% cons. 
P. Jacobus Lempereur, conc. p. 

urbem. 
P. Nicolaus Gérard, procur. 

cons. 
P. Ludovicus Jacqiiesson . L. 

physic. prtes. sod. schol. 
P. Joannes Argenteitil, L. logic. 
M. Benedictus i^;V//o^ rhet.prœs. 

acad. grsecce. 
M. Paulus de Brielle, hum. 
M. Franciscus Goitviot , 3. vis. 

ex. mat. 
M. Simon Lec/crc, 4. vis. ex. ser. 
M. Gabriel Henry, 5. vis. or. 
Dionysius Gervais, empt. disp. 

prom. hortul. vis. noct. 
Nicolaus Coliquet, sart. ced. in- 

tirmar. excitator. 
Pontius Mansin, coquus, pistor. 
PP. 8, m&'j,.^b, flf. 3. = 16 Univ. 

1694-95. 

R. P. Hubertus Parisot, rector 

9 Junii 1694. 
P. Renatus le Rovrer, min. prœf. 

san. cons. bibîioth. 
P. Petrus Coqneley, prais. sod. 

civ. prtef. schol. eccles. conf. 

NN. -i"' , cons. 



P. Claudius Tresse, prces. sod. 

■optim. casuista, cons. 
P. Franciscus de Laiibrussel, 

prœf. spir. admon. conc. p. 

urbem. 
P. Jacobus Lempereur , conc. 

adv. in cathedr. 
P. Nicolaus Gérard, procur. 

cons. 
P. Joann. Bapt. Argenteuil, L. 

physic. prœs; sod. schol. 
P. Cav o\v\s BitjOiiard, L logic. 
M. Eraclius F////er5, rhet. praes. 

acad. gr£ec£e, prœf. LL. a. m. 
M. Claudius Jacquemin, hum. 

vis. ex. mat. 
M. Simon le Clerc, 3. vis. ex. 

ser. 
P. Bernardus Guidot, 4. 
M. Jacobus Laz/ran5, 5. vis. orat. 
Claudius Bertrand, coq. infir- 

mar. vis. noct. 
Nicolaus Coliquet, sart. empt. 

disp. fedit. excit. 
Pontius Ma/zo"/», coq. vis. orat. 2. 
PP. 10, mag. 4, ff. 3. = 17 Univ. 

1695-96. 
R. P. Hubert Parisot, rector 

9 Jun. 1694. 
P. Nicolaus de Gournay, min. 

praes. san. cons. 
P. Petrus Coqueley, prœs. sod. 

artif. prœf. schol. eccles. 
P. Claudius Tresse, prœs. sod. 

optim. casuista dom. 
P. Nicolaus Guérin, pra:f. spir. 

admon. conf. NN. 
P. Nicol. Gérard, procur. cons. 
P. Joann. Aiibry, L. logic. pra^s. 

sod. schol. 
P. Jacobus Schejfmacher , L. 

phvsicœ. 
M. Eraclius T7//zVr5, rhet. pra?s. 

acad. grtec. pra;f. LL. a. m. 
M. Simon le Clerc, hum. 
M. Thomas Gabriel Beaujour, 

3. vis. ex. mat. 
M. Jacobus Laurens. 4. vis. ex. 

ser. 
M. Petrus de Meau.v. 5. \is. or. 
Nicolaus Coliquet, sart. tedit. 

excit. 



NOTES 



(33) 



Poniius Mengin , empt. disp. 

pistor, prom. vis. noct. 
Leodegar.i^//5n2, coquus, hortu- 

lanus. 

PP. S, mag. 5, fî". 3. = i6 Univ. 

1 006-07. 
R. P. Hubertus Parisot, lector 

Junii 1694, conf. t. casuista. 
P. Nicol. Gérard, min. pr^f. 

san. procur. cons. conf. t. 
P. Petrus Coqueley, prces. sod. 

artif. prœf. scholar. ecclesiœ 

cons. conf. t. 
P. Claudius Tresse, prœs. sod. 

optim. proef. spir. admon. 

conf. NN. et t. 
P. Joann. .4?/^;')*, L. physicœ, 

prces. sod. schol. 
P. .Joseph. Roxard, L. Logic. 

conf. NN. 2"% conf. t. 
M. Armand. Njrel, rhet. pra's. 

acad. grcec. prtef. LL. a. m. 
M. Gabriel Beaiijour, 2. hibl. 
M. .lacobus Laurens, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Jacobus Reiu]-, 4. vis. ex. ser. 
M. Petrus de Meaii.v, 5. vis. orat. 
Nicolaus Coliqiiet, a'd. sartor, 

vis. noct. 
Pontius Mengin, empt. disp. 

prom. pistor. 
Claudius i^/c/î^r, coq. hortul. 

excitator. 
PP. 6, mag. 3, ff. 3. = 14 Univ. 

1697-98. 
R. P. Edmundus Ga/a7-ii, rector 

b Dec. 1697. 
P. Franc, de Laiibrussel, min. 

prsef. san. cons. 
P. Hubertus Parisot, procur. 

cons. 
P. Petrus Coqueley, praes. sod. 

artific. cont. NN. 2", conf. t. 
P. Claudius Tresse, prœs. sod. 

optim. prtef. spir. admon. 

conf. NN. conf. t. 
P. Nicolaus Gérard. 
P. Joannes Aubry, logic. prœs. 

sod. schol. 
P. Joseph. Franc. Roxard, phys. 

conf. t. 



M. Gabriel Beaiijour, rhet. praes. 

acad. graec. prœf. LL. a. m. 
M. Jacobus Laurens, hum. 
M. Jacobus Remy, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Joseph. Adanu 4. vis. ex. 

ser. 
M. Nicolaus Robert, 5. vis. orat. 
Nicol. Coliquet, ced. jan. sart. 

vis. n. 
Pontius Mengin, coq. hortul. 

empt. disp. excit. 
PP. 8, mag. b, fF. 2. = i5 Univ. 

1698-99. 

R. P. Edmundus Gai lard, rector 

5 Dec. 1697, i^onf. t. 
P. Franc, de Laiibrussel, min. 

praef. san. cons. conî. t. 
P. Petrus Coqueley, prees. sod. 

artif. prœf. schol. eccles. conf. 

NN. 2", conf. t. 
P. Claudius Tresse, prtes. sod. 

optim. prœf. spir. admon. 

conf. NN. et conf. t. cons. 
P. Hubertus Parisot, procur. 

cons. conf. t. 
P. Joann. Aubry, L. phvs. prîes. 

sod. schol. cons. conf. t. 
P. Gabriel Tliiroux, L. logic. 

conf. t. 
M. Gabriel Beaujour, rhet. prœf. 

LL. a. m. 
M. Jacobus Remy, hum. bibl. 

vis. ex. mat. 
P. Jacobus Richard, 3. conf. t. 
M. Carolus de Montigny, 4. vis. 

ex. ser. 
M. Joannes de Vienne, 3. vis. 

orat. 
Nicolaus Coliquet, a^dit. sart. 

excit. 
Pontius Mengin, empt. disp. 

prom. hortulan. vis. noct. 
Renatus Simonet, coq. pistor. 
PP. 8, mag. 4, ff. 3. = i5 Univ. 

1699- 1700. 
R, P. Edmundus Gallard, rector 

5 Dec. 1697, conf. t. 
P. Franc, de Laiibrussel, conc. 

p. quadrag. 



38o 



NOTES (33) 



P. Petrus Coqneley, prœs. sod. 

artif. prcet. schol. eccles. 

conf. t. 
P. Glaudius Tresse, prtes. sod. 

optim. prœf. spir. admon. conf. 

t. cons. 
P. H Libertus Par/50/, procurator. 

conf. t. cons. 
P. Nicasius Roland, min. prcef. 

sau. conf. t. cons. 
P. Gabriel Thiroux, L. physic. 

conf. t. 
P. Joann. Auhrj', L. logic. privs. 

sod. schol. 
M. Glaudius Dogii]-, rhet. prœf. 

LL. a. m. 
M. Joann. Franc. Denis, hum. 
M. Garol. Glaud. de Montigny, 

3. vis. ex. mat. 
M. Franc. Joann. de Vienne, 4. 

vis. ex. ser. 
M. Joann. Pichon, 3. vis. orat. 
Nicolaus Coliquet, jan. œd.sart. 

excit. 
Pontius Mengin , empt. disp. 

promus, hortul. vis. noct. 
Joann. Roussel, coq. pistor. 
PP. 8. mag. 5, ff. 3. = 16 Univ. 

1700-01. 
R. P. Joann. Bordais, rector 

7 Dec. 1700, conf t. 
P. Nicasius Roland, min. prasf. 

san. conf. t. cons. 
P. Petrus Coqneley, praes. sod. 

artif. prœf. eccles. conf. t. 
P. Glaudius Tresse, prœs. sod. 

optim. prœf spir. adm. conf. 

NN. et t. cons. 
P. Hubertus Parisot, procur. 

conf. t. cons. 
P. Ludovicus Laguille, conc. 

adv. et quadrag. conf. NN. 

2"\ conf. t. 
P. Edmundus Gallard, senex. 
P. Joann. Anbry , L. physic. 

conf. t. 
P. Alexander Gaucher, L. logic. 

prits. sod. schol. 
M. Julianus Matinet, rhet. pritf. 

LL. a. m. 
M. Gabriel Henry, hum. vis. ex. 

mat. 



M. Antonius Villiers, 3. 

M. Petrus Foynat, 4. vis. ex. 

ser. 
M. Andréas Jouffroy, 5. vis. or. 
Nicolaus Coliquet, jan. a^d. sart. 

infirm. excit. 
Pontius Mengin, empt. disp. 

promus, hortul. vis. noct. 
Nicolaus Benoist, pistor, coq. 
PP. Q, mag. 5, tï". 3 =: 17 Univ. 

1701-02. 
R. P. Joannes Bordais, fit rector 
Divionen. Nov. 1701 , novus 
rector P. Joann. Saget, i5 



Nov 



1701. 



P. Ludov. Laguille, min. pra;f. 

san. conc. adv. et quadrag. 

Virduni. 
P. Petrus Coquelcy, prœs. sod. 

artif. conf. t. cons. 
P. Glaudius Tresse, praes. sod. 

optim. prtef. spir. admon. 

conf. t. 
P. Joseph. Laguille, procur. 

conf. t. cons. 
P. Petrus Debouilly, pri-ef. schol. 

conf. t. cons, 
P. Alexander Gaucher, L. phy- 

sicas, prœs. sod. schol. cont. t. 
P. Ludov. Dumesnil, L. logic. 

conf. t. 
M. Glaud. Jos. Basson, rhet. 

prtef. LL. a. m. 
M. Lazarus Thiraux, hum. 
M. Anton. Alex. Dartois, 3. vis. 

ex. mat. 
M. Alexius Nobla, 4. vis. ex. ser. 
M. Stephanus Clerget. ?. vis. or. 
Pontius Mengin, empt. prom. 

disp. hortut. vis. noct. 
Joannes Roussel, pistor, coquus. 
Stephanus Brachet, xd. sart. 

infirmar. excit. 
PP. 8. mag. 5, ff. 3. = 16 Univ. 

1702-03. 
R. P. Joann. Nie. du Poucet, 

rector 3 1 Mart. 1702. P. Saget, 

fit soc. provinc. 
P. Jacob, du Bart, min, prcef. 

san. prasf. schol. conc. t. N. 

conf. t. 



NOTES (33) 



38i 



P. Petrus Coqueley, prœs. sod. 

artitic. cont. t. 
P. Nicolaus Aiidry, prtef. spir. 

admon. casuista dom. conf. 

NN. et t. 
P. Franc, de LaubrusseU prœs. 

sod. optim. conc. p. urbem, 

conf. t. 
P. Jf)seph. Laguille , procur. 

conf. t. 
P. Petrus de Bouilly, conc. adv. 

et quadrag. ineccles. SS. Sim- 

plicii et Martini, conf. t. 
P. Ludovicusiiî/ Mé'^/n'/, L.phy- 

sic. pr^s. sod. schol. conf. t. 
P. Claudius Henricus Villiain. 

L. logica?, conf. t. 
M. Eustachius Dordon . rhet. 

LL. ad. m. 
M. Anton. Alex. d'Artois, hum. 

biblioth. 
M. Nicol. Bigeard. 3. vis. ex. 

mat. 
M. Stephan. Clerget. 4. vis. ex. 

ser. 
M. Petrus Franc. Bresson, 5.-6. 

vis. orat. 
Pontius Mengin. 
Joann. Roussel. 
Stephanus BracJwt, 
PP. 9, mag. 5, flf. 3. = 17 Univ. 



é uti 
t,) ^701-02. 



1700-04. 

R. P. Joann. Nie. dit Poucet. 

rector 3i Mart. 1702. 
P. Joann. Franc. Baltus. min. 

prsef. san. prœf. schol. cons. 

conc. conf. t. 
P. Petrus Coqueley, prœs. sod. 

opific. prcef. eccles. conf. 

NN. 2"'. cons. conf. t. 7 12 

Mail 1704. 
P. Franc, de Laiibriissel, prœf. 

sod. optim. conc. p. urbem, 

conf. t. 
P. Nicolaus Aiidry, prœf. spir. 

adm. casuista, conf. NN. et t. 

fit provinc. 3 Nov. 1704. 
P. Joseph la Giiille , procur. 

conf. t. 
P. Martinus Jarosson, conc. 

adv. quadrag. in cathedr. 



P. Claudius Henric. Villiain. 

L. phys. prais. sod. schol. 

conf. t. 
P. Ludov. du Mesnil, L. logic. 

conf. sod. schol. et t. 
M. Petrus Maucolot. rhet. prx'f. 

LL, adm. 
M. Nicol. Bigeard. hum. bibl. 
M. Henric. Laprost , 3. vis. ex. 

mat. 
M. Petrus Franc. Bresson. 4. 

vis. ex. ser. 
M. Ludovicus Corriage, 5. vis. 

orat. 
FF. 3. iidem uti 1701-02 et 

1702-03. 
PP. 9, mag. 5. ff. 3. = 17 Univ. 

1704-05. 

R. P. Carol. Franc, de Machaut, 

rector 8 Nov. 1704, conf t. 
P. Christoph Ignat. de Chilly, 

min. prœf. san. conf t. cons. 

conc. 
P. Joseph le Fèvre, praes. sod. 

opif. et prasf. schol. et Eccles. 

conc. p. urbem, conf. t. 
P. Franc, de Laubrussel, prces. 

sod. optim. conc. p. urbem, 

conf. NN. 2"% conf. t. 
P. Nicolaus Guérin, praef. spir. 

adm. cons. de rébus, conf. 

NN. et t. 
P. Joseph, la Ouille, procur. 

conf. t. 
P. Claudius Henricus de Vil- 
liain, L. physic. prasf. sod. 

schol. 
P. Guilelm. Henric C'a:;otte, 

L. logic. conf. sod. schol et t. 

conc. p. urbem. 
M. Christophorus Vautrin, rhet. 

praef. LL. a. m. 
M. Joann. la Prost, hum. bibl. 
M. Joann. Pichon. 3. vis. ex. 

mat. 
M. Ludov. Corriage, 4. vis. ex. 

ser. 
M. [iavmund. Sauge. 5. vis. orat. 
Pontius Mengin^ empt. disp. 

prom. hortul. vis. noct. 
Joann. Harmand. coq. pistor. 



382 



NOTES (33) 



Carolus Gérardin, sartor. œdit. 

intirm. sanit. excitator. 
Leodegarius Fiisin, œconomus 

in prœd. Marivallensi. 
PP. 8, mag. 5, ff. 4. = 17 Univ. 

1705-06. 

R. P. Carol. Franc, de Machaud, 

rectôr 8 Npv. 1704, V. provin- 
ciales cons. prov. 
P. Nicolaus Guérin, min. pro^f. 

san. prœf. eccles. bihlioth. 

conf. t. cons. 
P. Velvusde Boiiilly, prass. sod. 

optim. praif. spir. admon. 

conf. NIN. et t. 
P. Petrus Geoffroy, prœs. sod. 

opif. conf. NN. 2"'', conf. t. 
P. Joseph. Lagiiille , procur. 

conf. t. 
P. Hub. Tribolet, cnnc. conf. t. 
P. Henric. Calotte, L. phys. 

cons. 
P. Guilelm. Padinet, L. logic. 

prfes. sod. schol. 
M. Ludov. Rovibuisson, rhet. 

prœf. LL. a. m. 
M. Joann. Pichon, hum. bibl. 
M. Stephan. Clerget, 3. vis. ex. 

sen. 
M. Glaudius Jannin, 4. vis. ex. 

mat. 
M, Ludovicus Vivenot, 5. vis. 

orat. 
FF. 4 iidem. 
PP. 8, mag. 5, fF. 4. = 17 Univ. 

170(3-07. 

R.P. CaroL ¥ra.nc. de Machaud, 

rector 8 Nov. 1704, conf. t. 
P. Nicolaus Guérin, min. praef. 

san. prfef. eccles. conf. t. cons, 
P. Petrus de Bouillr, prœs. sod. 

optim. praef. spir. admon. 

conf. NN. et t. cons. 
P. Petrus Geoffroy, praes. sod. 

opificum, conf.'NN. 2"', conf. 

t. cons. 
P. Joseph. Laguille, procur. 

conf. t. cons. 
P. CarcAus de Montberry, conc. 

pra;f. schol. conf. t. cons. 



P. Guilelmus Oudinet , L. phys. 

prces. sod. schol. 
P. Franc. Xav. Periiioti, L. logic. 

conf. t. 
M. Joannes Pichoii, rhet. prœf. 

LL. a. m. 
M. Stephanus Clerget, hum. 
M. Glaudius Jauiiiiu 3. vis. ex. 

mat. 
M.Nicol. Memmiustife Vandeuil, 

4. vis. ex. ser. 
M. Memmius Gargani, b. vis. 

orat. 
Pontius Alangin, empt. disp. 

promus hort. vis. noct. 
Joann. Hermand, coq. pistor. 
Quirinus Mousseau, jan. a^d. 

sartor. excit. 
Leodegarius Fa^iii, in pra;d. 

Marivallensi. 
PP. S, mag. 3,tT. 4. = 1 7 Univ. 

1707-08. 

R. P. Garol. Franc, de Machaud. 

8 Nov. 1704, rector conf. t. 
P. Nicolaus Guérin. min. prœf. 

san. conf. t. cons. 
P. Petrus de Bouilly, pnvs. sod. 

optim, praef. spir. adm. conl. 

NN. et conf. t. cons. 
P. Georg. Anton, de Vorge, 

praes. sodal. opiticum, conf. 

NN. 2'", conf. t. 
P. Richard, le Cerf, procur. 

conf. t. cons. 
P. Garolus Montberrr, conc. 

prccf. eccles. schoiar. cons. 

dimissus. 
P. Franc. Xav. Perinot. L. 

phvs. conf. t. 
P. Aiexius Petit, L. logic. praes. 

sod. schol. 
M. Stephanus Clerget, rhet. 

prtef. LL. a. m. 
M. Glaudius Jannin. hum. adj. 

bibl. 
M. Nie. Memm. de Vandeuil. 

3. vis. ex. ser. 
M. Nie. Foulon. 4. vis. ex. mat. 
M. lA^mm. Gargani. 5. vis. oral. 
Leodegar. Fu-;in. empt. disp. 

prom. hortul. vis. noct. 



NOTES (33) 



SK' 



Petrus Desistre, coq. pistur. 
Quïrinus Mousseaiix, xdk. sart. 

infirm. excir. 
PP. 8, mag 5. ff. 3. = i6 Univ. 

1708-09. 
R. P. l.udovicus Laguille, rect. 

2 Oct. 1708, conf.'t. 
P. Nicolaus Giiérin, min. prcef. 

san. conf. t. cons. 
P. Petrus de Bouilly, prœs. sod. 

optimatum, pra?f. spir.admon. 

conf. NN. t. 
P. Richard, le Cerf, procur. 

conf. t. cons. 
P. Prise. Faultrier, pr^ef. schol. 

conc. conf. NN. 2"', conf. t. 

cons. 
P. Joseph. Lagiiille. prœs. sod. 

opific. cons. conf. t. 
P. Odilo Valut. 

P. A\e\ius Petit, L.phys. conf. t. 
P.Joseph. Conat, L.logic. prœs. 

sod. schol. 
M. Joann. Claud. .Tannin, rhet. 

prtef. LL. adm. 
M. Nicol. Philippin, hum. bibl. 
M. Nicol. Foulon, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Memm. Gargam, 4. vis. ex. 

ser. 
M. Joann. Bapt. Menissier, 5. 

vis. orat. 
Petrus Foumet , empt. disp. 

hortul. vis. noct. 
Joann. Bomelin, coquus. 
Georg. Gillet, xàii. sartor. excit. 
PP. 0, mag. 5, ff. 3.= 17 Univ. 

1709-10. 
R. P. Ludovicus Laguille, rect. 

2 Oct. 170S. 
P. Nicolaus Guérin, min. prœf. 

san. biblioth. cons. 
P. Petrus Bouillj', prœs. sod. 

optim. prœf. spir. adm. prasf. 

eccles. cons. conf. NN. et t. 
P. Richardus le Cerf, praes. sod. 

opificum, proc. conf. t. cons. 
P. Joann. Macheron , praef. 

schol. conc. p. urbem, conf. t. 

cons. 
P. Odilo Valut, conf. t. 



P. Bartholom. Guenichot, conc. 

adv. et quadrag. 
P. Alexius Petit, L. physic. 

prœs. sod. schol. conf. t.' 
P. Joseph. Conat, L. logic. 

conf. t. 
M. Nicolaus /^o»/o7!, rhet. pra^f. 

LL. ad m. 
M. Memmius Gargam, hum. 

adj. bibl. 
M. Joann. Bapt. Carol. Mathias. 

3. vis. ex. ser. 
M. Valerianus Gantier, 4. vis. 

ex. mat. 
M. Joann. Franc, du Saussoj', 

5. vis. orat. 
Petrus Foumet , empt. disp. 

prom. hortul. vis. noct. 
Joann. Bomblain, coq. pistor. 
Remigius Gillet, asd. sart. infir- 

mar. excit. 
PP. 9, mag. 5, ff. 3. = 17 Univ. 

1710-1 1 . 

Non habetiir. 

R. P. Ludovicus Laguille, rect. 
ad i3 Maii 1712, Virduni. 

171 I - 1 2 . 

R. P. rector vacat. 

P. PtlvMsde Bouillv, prtes. sod. 

optim. cons. conf. t. 
P. Nicolaus GMt?'r/», min. pra.'f. 

san. cons. conf. t. 
P. Richard. /t^Cér/, proc. cons. 

conf. t. 
P. Petrus Geoffroy, pra;s. sod. 

opif. prtef. spir. admon. conf. 

NN. et t. 
P. Hubertus Tribolet , conc. 

prasf. schol. conf. 
P. Christophor Vautrin, L. 

phvsic. 
P. Carol. Franc. Delisle, L. 

logic. praes. sod. artit. 
P. Joann. Rocher, rhet. privf. 

LL. a. m. 
M. Joann. Carol. Mathias, hum. 
M. Valer. Bern. Garnier, 3. 
M. Joann. Donner, 4. vix. ex. 

ser. 



384 



NOTES (33) 



M. Petrus Coiiboin, 5. vis. ex.. 

mat. et orat. 
Petrus Fournet, disp. empt. 

promus, hort. vis. noct. 
Joann. Bomblin, coq. pistor. 
Remig. Gillet, œd. sert, infirm. 

excitator. 
PP. 8, mag. 4, ff. 3.= i5 Univ. 

1712-13. 
R. P. Joann. Nie. du Poucet, 

rector 23 Mai 1712. 
P. Nicolaus Guériii, min. prcef. 

San. conf. t. cons. 
P. Richard le Cerf, procur. conf. 

t. cens. 
P. Petrus Geoffroy, prses. sod. 

opitic. prtef. spir. admon. conf. 

NN. et t. cons. casuista. 
P. Joann. Macheron, praes. sod. 

optim. conf. t. cons. 
P. Carolus de Lisle, L. phys. 

prccs. sod. schol. conf. t. 
P. Ghristophor. Vautrin, L. 

logic. 
M. Joann. Matliijs, rhet. prœf. 

LL. ad. m. 
M. Valerianus Garnier, lium. 
.M. Remig. Periiet, 3. vis. ex. ser. 
M. Franc. Lud. de Tello, 4. vis. 

ex. mat. 
M. Joann. Lud. Raiissin, 3. vis. 

orat. 
Remigius Gillet, sart. tedit. ex- 

citajor, infirm. 
Joann. Lorrain, coq. pist. 
Carolus la Garde, empt. disp. 

prom. hortul. vis. noct. 
PP. 7, mag. 5, f}'. 3. = I 5 Univ. 

1713-14. 
R. P. Joann. Nie. du Poucet, 

rector, etc. uti supra. 
P. Nicol. Guérin, min. etc. uti 

supra. 
P. Ricliardus le Cerf, procur. 

etc. uti supra. 
P. Petrus Geoffroy, pra.'f. spir. 

etc. uti supra. 
P. Joann. Macheron, prces. sod. 

opt. 
P. Joseph, la Guille, prœf. schol. 

conc. conf. t. 



P.Christoph. Vaultriu, L.phys- 
P. Joseph. Couat , L. logic. 

prtes. sod. schol. 
M. Valerianus Garnier, rhet. 

prîef. LL. a. m. acad. groec. 
M. Joann. Franc. Vayriot, hum. 

vis. ex. mat. 
M. Henric. Massonet, 3. vis. ex. 

ser. 
M. Joseph. Goulot, j^. 
M. Paulusci;/ Poisson, 5.-6. vis. 

orat. 
FF. 3. iidem uti supra. 
PP. 8, mag. 3, ff. 3. =*i6 Univ. 

I 714-13. 
R. P. Joann. Nie. du Poucet, 

23 Mail 171 2, conf. t. 
P. Ghristoph. Ignat. de Chilly, 

min. prœs. san. conf. t. 
P. Nicolaus Guérin, prcçf. spii'. 

admon. prœf. eccles. cons. 
P. Petrus Geoffroy, pr^es. sod. 

opific. conf. NN. 2", conf. t. 

cons. 
P. Richardus le Cerf, procur. 

conf. t. cons. 
P. Joann. Macheron, prœs. sod. 

optim. conf. t. cons. 
P. Ludovic, de Rouibuisson , 

prtef. schol. conc. conf. t. 
P.Joseph. Couat, L. phys. prœs. 

sod. schol. conf. t. 
P. Claudius Jacqueuiin junior, 

L. Logic, conf. t. 
M. Carolus Gauthier, rhet. prtef. 

LL. a. m. acad. grœc. 
M. Jacobus de Saussey, hum. 
M. Richard. Lallemaud, 3. vis. 

ex. mat. 
M. Paulus du Poisson, 4. vis. 

ex. ser. 
M. Joseph. Grangier, 3. vis. or. 
Joann. Fordevel, empt. disp. 

prom. hortul. vis. noct. 
Remigius Gillet, ced. sartor, ex- 
citator. 
Carolus la Garde, coq. pistor. 
PP. 9, mag. 3, ff. 3. -— 17 Univ. 

1 7 1 3 - 1 6 . 
R. P. Nicolaus Audry, rector 
21 J a n . I 7 1 3 . 



NOTES (33) 



385 



P. Ignatius de CJiilly, min. prœf. 

san. cons. 
P. Joannes<iz< Pancet, prïtf. spir. 

admon. cons. 
P. Richard, du Cerf, procur. 
P. Bernard. Guidot, praes. sod. 

opitic. conf. NN. 2"', cons. 
P. Joannes JSIacheron, prses. 

sod. optim. 
P. Henricus la Prost , prtef. 

schol. 
P. Claudius Jacquemin junior, 

L. physic. 
P. Joseph. Conat, L. logic. prœs. 

sod. schol. cons. 
M. Léo Couderc, rhetor. prsef. 

LL. a. m, acad. grœc. 
M. Antonius Stackler, hum. vis. 

ex. ser. 
M. Memmius Jourdain. 3. vis. 

ex. mat. 
M. Carolus Baudot, 4. biblioth. 
M. Joann. Thoilley, 5. vis. orat. 
FF. 3. iidem ut 1714-15. 
PP. 9, mag. 5, ff. 3. = 17 Univ. 

171Ô-17. 

R. P. Nicolaus Audry, rector 

21 Junii 171 5. 
P. Nicolaus Benoist, min. preef. 

san. cons. 
P. Richard, le Cerf, procurator. 
P. Bernard. Guidot, prœf. sod. 

opific. conf. NN. 2'", cons. 
P. Joann. Macheron, prœs. sod. 

optim. cons. 
P. Ludovic, de Rombuisson, 

prccf. spir. adm. prœf. schoL 

cons. 
P. Luclovicus Grangier, L.phvs. 
P. Joann. Franc. Laythier, L. 

logic. prses. sod.. schol. bibl. 
P. Petrus Bresson, rhet. prsef. 

LL. a. m. 
M. Memmius Jourdain, hum. 

prces. acad. grcecœ. 
P. Dionysius Bonnet, 3. prœf. 

ecclesice. 
M. Ludovicus Raussin, 4. vis. 

ex. mat. 
iM. Joannes Thoilley, 3.-6. vis. 

orat. 



Joannes Forderel, empt. disp. 

prom. hortul. vis. noct. 
Carolus de la Garde, coq. pist. 
Franc. Husson, sart. œdituus 

excitator. 
PP. 10, mag. 3, flf. 3. = 16 Univ. 

1717-1.S. 

R. P. Nicolaus Audry, rector 

21 Junii 1713. 
P. Nicolaus Canelle, min. prœf. 

san. cons. 
P. Richard, /e Ct^/y, procurator. 
P. Jacobus Fy/e, prœf. schol. 

cons. prœf. spir. adm. 
P. Bernard. Guidot, prœs. sod. 

opific. conf. NN. 2"", cons. 
P. Joann. Alacheron, prves. sod. 

optim. cons. 
P. Petrus Sa/eî/r, conc. in diœc. 

Tullensi. 
P. Franc. Xav. Laythier, L. 

physic. prœs. sod. schol. 
P. Anton. Viart, L. logicœ. 
M. Petrus du Verger, rhet. 

prœf. LL. a. m. ac'ad. grœc. 
M. Joann. Maximil. Yoris, hum. 
M. Ludov. Raussin, 3. vis. ex. 
P. Dionys. Bonnet, 4. prœf. ec- 

cles. 
M. Ludovic. Patouillet, 5. vis. 

orat. 
Joann. Fordevel , empt. disp. 

prom. vis. noct. 
Carolus de la Garde, coquus 

pistor. 
Petrus Perinet , œdit. sartor, 

excitator. 
PP. 10, m. 4. ff". 3. = 17 Univ. 

1718-19. 

R. P. Nicolaus Audry. 

P. Nicolaus Canelle, cons. 

P. Richard, le Cerf, cons. 

P. Jacobus Fyfe, cons. 

P. Bernard. Guidot, 

P. Joann. Macheron, cons. 

P.Anton. Viart, L. physic. , 

P. Franc. Xav. Laythier, L. lo- 
gic. prœf. eccles. prœs. sod 
schol. biblioth. 

M. ioann.AIet:;inger, rhet. prœf 
LL. a. m. 



■y ri 

71 3 



386 



NOTES (33) 



M. Glaud. Philebert, hum. vis. 

ex. mat. 
M. Augustin. Noiret, 3. vis. ex. 

ser. 
M. L.udovic. Patouillet, 4. 
M. Nicolaus Chrétien, 5. vis. 

orat. 
Joann. Fordevel, empt. disp. 

prom. vis. noct. 
Petrus Perinet, aedit. sart. excit. 
Joann. de la Haut, coq. pistor. 
PP. 8, m. 5, ff. 3. = 16 Univ. 

171 Q- 20. 

R. P. Ludovicus Jacquesson , 

recto r 18 Mart. 171g. 
P. Nicolaus Canelle, min. prasf. 

San. cons. 
P. Richardus le Cerf, procur. 

cons. 
P. Jacobus Fyfe, conf. NN. 2"% 

cons. 
P. Guilelmus Ca-otte, prœf. 

schol. 
P. Bernardus Gnidot, prœs. sod. 

opific. praef. spir. adm. conc. 

adv. et quadrag. Mussiponti. 
P. Joann. Macheron, prœs. sod. 

optimatum, cons. 
P. Franc. Xav. Laythier , L. 

phvsic. prnes. sod. schol. prœf. 

eccles. 
P. Àugustinus Noyron, L. logic. 
M. Bernard. Philibert, rhet. 

prasf. LL. a. m. biblioth. 
M . Augustin . Noirot. hum. prtes . 

acad. grsecœ. 
Ml. Ludovicus Patouillet, 3. 
M. Hubert. Malcuit, 4. vis, ex. 

mat. 
M. Thomas du Fumeron, 5. vis. 

orat. 
Joann. Fordevel, empt. disp. 

prom. hoftul. vis. ex. ser. et 

noct. 
Petrus Perinet, ved. sart. excit. 
Joann. de la Haut, coq. pistor. 
PP. 9, mag. 5, fi'. 3 = 17 Univ. 

1720-21. 

R. P. Ludovicus Jacquesson , 
recto r 18 Mart. 17 19. 



P. Nicolaus Canelle, min. cons. 

prœf. San. 
P. Richard, le Cerf, proc. cons. 
P. Jacobus Fyfe. prtef. spir. 

adm. cons. conf. NN. 
P. Joann. Macheron, prœs. sod. 

optim. cons. 
P. Bernard. Guidot, prass. sod. 

opific. conf. NN. 2"'. 
P. Petrus Noiron, prœf. schol. 
P. Augustinus Ludovic. Noiron, 

L. phvsicœ. 
P. Franc. Xav. Laythier, L. lo- 
gic. prass. sod. schol. prasf. 

eccles. 
M. Ludovicus Yoris, rhet. prtef. 

LL. a. m. 
M. Ludovic. Patouillet , hum. 

vis. ex. mat. 
M. Joann. Durant, 3. vis. ex. 

ser. 
M. Augustin. Noirot, 4. prces. 

acad. graecce, biblioth. 
M. Thomas du Fumeron, 3.-6. 

vis. orat 
Petrus Perinet, œd. sartor, ex- 

citator. 
Joann. de la Haut, disp. coq. 
Jacobus Maret, pistor, promus 

hortul. vis. noct. 
PP. 9, mag. 5, ff. 3. = 17 Univ. 

1721-22. 
R. P. V.Viàoy. Jacquesson, rector 

18 Mart. 171 9. 
P. Nicolaus Canelle, min. prœf. 

san. cons. 
P. Simon Rousseaux, cons. 
P. Richard, le Cerf, procur. 
P. Jacobus Fyfe, prœf. spir. 

admon. cons. 
P. Bernardus Guidot, prœs. sod. 

opif. conf. NN. i"\ 
P. Joann. Macheron, prœs. sod. 

optim. 
P. Antonius le Molle, prœf. 

scholar. cons. 
P, Franc. Xav. Laythier, L, 

phys. prœs. schol. sod. prœf. 

eccles. 
P. Joseph. Marcol, L. logicœ. 
M. Joseph. Granoier , rhetor. 

prœf. LL. a. m. acad. grœc. 



NOTES 



(33) 



387 



M. Anton. Heiiiiiu, hum. vis. 

ex. mat. 
M. August. Noirot, 3. biblioth. 
M. Thomas du Fumeron, 4. vis. 

ex. ser. 
M. Joann. Petit. 5. et G. vis. or. 
Petrus Perinet, xd. sart. excit. 
Joann. de la Haut, empt. coq. 

vis. noct. 
Anton. T^^eder , pist. promus 

hortul. 
PP. 10. mai^. S, ff. 3. = iS Univ. 



R. P. Joseph. Tresse, rector 

18 April. 1722. 
P. Nicol. Canelle, min. pra;f. 

san. cons. 
P. Simon Rousseaux, prtcf. spir. 

admon. cons. 
P. Richard, le Cerf, procur. 
P. Odilo Valut. 
P. Bernard. Guidât, praîs. sod. 

artif. casuista dom. alter. 

conf. NN. 
P. Joann. Macheron. pra^s. sod. 

optim. 
P. Anton, le Molle, prœf. schol. 

praef. eccles cons. 
P. Joseph. Marcol, L. physic. 

cons. 
P. Jacobus Raussin, L. logic. 

prtes. sod. schol. 
M. Anton. Hennin, rhet. prœf. 

LL. a. m. acad. grasc. 
M. Joann. Saleur, hum. 
M. Thomas (ii/ Fumeron, 3. bibl. 

vis. ex. mat. 
M. Joann. Petit, 4. vis. ex. ser, 
M. Jacobus Coquey, 5.-6. vis. 

or. catechista. 
Petrus Perinet, coq. disp. vis. 

noct. 
Joann. la Flaut, prom. hortul. 
Anton. Molinet, xd. sart. excit. 
PP. 10, mag. 5, ff. 3. = 18 Univ. 

1723-24. 

R. P. Joseph. Tresse, rector 

18 Apr. 1722. 
P. Nicolaus Canelle, min. prasf. 

san. cons. 



P. Simon Rou.sseaux, prœf. spir- 

admon. cons. 
P. Richard, le Cerf, cuns. proc. 
P. Bernard. Guidât, pra.'s. sod. 

opific. cont". NN. 2"\ 
P. Joann. Macheron, privs. sod. 

optim. cons. 
P. Nicolaus Denise, praef. ceci. 
P. Jacobus Anton. Dillon, prœf. 

schol. 
P. Jacobus Raussin, L. physic. 

prœs. sodal. schol. 
P. Joseph. Donner, L. logic. 
M. Carolus Fossy, rhet. prœf. 

LL. a. m. acad. grœc. 
M. Thom. du Fumeron. hum. 

adj. biblioth. 
M. Joann. Bapt. iJc.vjpre'^, 3. vis. 

ex, mat. 
M. Jacobus Cocquej', 4. vis. ex. 

ser. 
M. Joann. Petrus Capet, 5.-6. 

vis. orat. 
Petrus Perinet, coquus. empt.' 

vis. noct. • 
Petrus Collet, promus, hortul. 
Anton. Molinet, sed. sart. excit. 
PP. 10, mag. 5, ff. 3. = 18 Univ. 

1724-25. 

R. P. Joseph. Tresse, rector, 

18 April. 1722. 
P. Nicolaus Canelle, min. prœf. 

san. conf. 
P. Simon Rousseaux , pricf. spir. 

adm. cons. 
P. Richard, le Cerf, procur. 

cons. 
P. Bernardus G/n'cio/, prœs. sod. 

opific. casuista domest. conf. 

NN. 2'" , direct, stud. mag. 4. 

et 5. 
P. ]oiinn. Macheron, prœs. sod. 

optim. cons. 
P. Nicol. Denise. pra;f. eccles. 
P. Anton. Dionys. Bonnet, prœf. 

schol. 
P. Joseph. Do««er, L. physic. 
P. Joann. Prévost, L. logic. 

prass. sod. schol. 
M. Thom. du Fumeron, rhet. 

praif. LL. a. m. acad. graic. 



388 



i\OTES (33) 



M. Joann. Jos. Lichtlé, hum. 

biblioth. 
M. Joann. Wolfgang. Kieffer, 

3. vis. ex. mat. 
M. Joann. Lud. Villesme. 4.. vis. 

ex. ser. 
M. Franc. Hoiriot, 5. vis. orat. 
Glaudus Christophe , coquus 

etadjut. hortul. f 3i Jul. 1725. 
Damianus Laignet, hortulan. 

empt. prom. vis. noct. 
Anton. Mo//;!f^ jan. œdit. sartor. 

excit. 
PP. 10, mag. 5, ff. 3. = 18 Univ. 

1725-26. 
R. P. Joann. Franc. Battus, 

rector, 22 Jul. 1725. 
P. Nicolaus Canelle, min.prœf. 

san. conf. 
P. Simon Rousseaii.v, procf. spir. 

ad m. conf. 
P. Ricliard. le Cerf, procur. 
■ P. Josepli. Tresse. 
P. Bern. Guidot, prass. sod. 

opific. conf. NN. 2'" , casuista 

direct, stud. 
P. Joann. Macheron, prœs. sod. 

optim. cons. 
P. Nicolaus Denise, prasf. eccle- 

siœ. 
P. Joann. Prévost, L. physic. 

prœs. sod. schol. 
P. Joann. Bapt. Menissier, L. 

logic. direct, stud. 
P. Henricus la Prost , prœf. 

schol. conc. adv. et quadrag. 

Mussiponti. 
M. Carol. Lud. Duhamel, rhet. 

prœf. LL. a. m. 
M; Onesirans Emon, hum. bibl. 
M. Anton. Survillat, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Joann. Franc. Huguin. 4. 

vis. ex. ser. 
M. Joann. Eleon. Boutelier, 5. 

vis. or. 
Damian. Laigret, empt. prom. 

vis. noct. 
Anton. Molinet, jan. ced. sart. 

excit. 
Henric. Petitjean, cop. hortul. 
PP. 1 1, mag. 5, ff. 3. = 19 Univ. 



1726-27. 
R. P. Joann. Franc. Baltus, 22 

Julii 1725, conf. t. 
P. Joseph. Tresse, min. prœf. 

san. cons. 
P. Simon Rousseaux, conf. NN. 

2'", cons. 
P. Richard, le Cerf, prœf. spir. 

admon. rationum auditor. 
P. Nicolaus Canelle, procur. 

conf. 
P. Joann. Macheron, prœs. sod. 

optim. cons. 
P. Nicolaus Denise, prœf. eccles. 
P. Petrus Saleur, prœs. sod. 

opific. 
P. Henricus la Prost. prœf. 

schol. et sodal. schol. 
P. Petrus Ernest. Dnbreuil, L. 

physic. 
P. Jacobus Raussin, L. logic. 
M. Ones. Emon, rhet. prœf. LL. 

a. m. 
M. Franc. Laur. Gneldin, hum. 
M. Claud. Joann. Bichot, 3. vis. 

ex. mat. 
M. Paul. Franc. Hébert, 4. vis. 

ex. ser. 
M. Benignus de Machero, 5. 

vis. orat. 
ï^aniian.Laigret, empt. promus. 

hortul. vis. noct. f 28 Sept. 

1727. 
Remigius Morot, œdit. sartor. 
Franc. Henric. Petitjean, coq. 

excit. 
PP. 1 1, mag. 5, ff. 3. = 19 Univ. 

1727-28. 

R. P. Joann. Franc. Baltiis. 

rector. 22 Jul. 1725, conf. t. 

dirigit studia 3. 4. 5. 
P. Joseph. Tresse, min. prœf. 

san. cons. 
P. Simon Rousseaux, conf. NN. 

2'" , cons. 
P. Richard, le Cerf prœf. spir. 

admon. auditor rationum. 

cons. -}- 5 Maii 171*8. 
P. Joann. Macheron, prœs. sod. 

optim. 
P. Petrus Sj/(?!/r, prœs. sod. opif. 



NOTES (33) 



389 



p. Nicolaus Canelle, procurator. 
P. Henrïc.la Prosi, praef. schol. 

prœs. sod. schol. 
P. Nicolaus Denise, prœf. eccl. 

cons. 
P. Jacobus Ranssin, L. phvsic. 
P. Petrus Ernest. Dubreal, L. 

logicœ. 
M. Petrus Adaini, rhet. prœf. 

LL. a. m. acad. grîec. 
M. Claud. Joann. Bichot, hum. 

adj. biblioth. 
M. Joann. Lud. Villesme, 3. vis. 

ex. mat. 
M. Benignus de Machcro, 4. vis. 

ex. ser. 
M. Garolus Wilhelmi, 5. vis. 

orat. 
Desiderius Freniy, empt. prom. 

hortul. vis. noct. 
Georg. Buttenveck, cedit. sartor. 
Henric. Franc. Petitjean, coq. 

excitator. 
PP. 1 1, mag. 5, fl". 3. ^ 19 Univ. 

1728-29. 
R. P. Edmund. Charon, 23 0ct. 

1-2S. 
P. Joseph. Tresse. 
P. Simon RoiisseaitA' , 
P. Joann. Maclieron, 
P. Nicolaus Denise, 
P. Petrus Salent-, 
P. Henricus la Prost, 
P. Nicolaus Canelle, 
P. Christoph. Ignat. de Chilly, 

prœf. spir.adm. auditor ratio- 

num, cons. 
P. Jacobus Raussin, L. physic. 
P. Petrus Ernest Dubrenil, L. 

logicœ. 
M. Claud. Joann. Bicliot, rhet. 

prœf. LL. a. m. acad. grœc. 

dirigit stud. mag. 5. 
M. Joann. Lud. Villesme, hum. 

adj. biblioth. 
M. Leopold. Oppel, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Franc. Ignat. Geiger. 4. vis. 

ex. ser. 
M. Carol, Willielmi, 5. vis. orat. 
Desiderius Fremr, empt. prom. 

vis. noct. 



uti 
supra. 



Georg. Bntterweck, tedit. sartor. 
Philippus Levassent-, coq. hor- 
tul. excitator. 
PP. 1 1, mag. 5, ff. 3. = 19 Univ. 

1729-30. 

R. P. Edmundus Charon, rector 

23 Oct. 1728, conf. t. 
P. Josep^h. Tresse, min. pra;f. 

san. cons. 
P. Simon Roiisseaiix, conf. NN. 

2", cons. 7 19 Dec. 1729. 
P. Christ. Ignat". cfe Chillr,'prveL 

spir. admon. auditor ratio- 

num. cons 
P. Petrus Geoffroy, prœs. sod. 

optimat. 
P. Nicol. Denise, prccf. eccles. 
P. Nicol. Canelle, proc. cons. 
P. Petrus Saleur, prces. sod. 

opificum. 
P. Henricus la Prost, prcef. 

schol. prœs. sod. schol. 
P. Jacobus Ranssin. L. phys. 
P. Petrus Ernest. Dubrenil, L. 

logic. 
M. Joann. Ludov. Willesme , 

rhet. prœf. LL. a. m. acad. 

grasc. dir. stud. mag. 5. 
M. Leopold. Oppel, hum. bibl. 

adjut. 
M. Joann. Bapt. Desprès, 3. 
M. Carolus Wilhelmi, 4. vis. 

ex. mat. 
M. Joann. Bapt. Ronssean, 5. 

vis. ex. ser. et orat. 
Desiderius Fremy, empt. pro- 
mus, vis. noct. 
Georgius Bntterweck, œd. sart. 
Philippus Levassenr , coquus 

hortul. excit. 
PP. II, maî,^. 5, ff. 3. = iq Univ. 



R. P. Edmund. CVîaron, uti supra. 
P. Joseph. Tresse, uti supra. 
P. Christ. Ignat. de Chilly, uti 

supra. 
P. Petrus Geoffroy, uti supra, 

f 29 Oct. 1731. 
P. Nicol. Denise, uti supra. 
P. Nicol. Canelle, uti supra. 



^90 



NOTES (33) 



P. Petvus' Saleur, uti supra. 
P. Henricus la Prost, uti supra. 
P. Petrus Ernest. DubreuiL L. 

phys. 
P. Joann. Bapt. Hennequin, L. 

logic. 
M. Joann. Ludov. Willesme . 

uti supra. 
M. Leopold. Oppel, uti. supra. 
M. Carol. Willielmi, 3. 
M. B'ranc. Jos. Schelec\ 4. vis. 

ex. mat. 
M. Joann. Bapt. Rousseau, 5. 

vis. ex. ser. et orat. 
Desiderius Fremy, empt. prom. 

vis. noct. 
Georgius Butterweck, xd. sart. 
Remigius Charnot, coq. hortul. 

excit. 
PP. 10, mag. 3, ft". 3.= 18 Univ. 

173 1-32. 

R. P. Franc. Baltus, rector 4 

Dec. 1731. 
P. Joseph. Tresse, min. prcef. 

san. cons. 
P. Christoph. Ign. de Chilly, 

prœf. spir.adm. audit, ration. 

cons. 
P. Nicolaus Denise, preef. eccl. 
P. Nicolaus Canelle, procur. 

cons. 
P. Joann. Saleu>\ prces. sod. 

opitic. 
P. Henricus la Prost, prœf. 

schol. et sodal, scliol. 
P. Reginaldus Cellier, infirmus 

conf. NN. 2"\ 
P. Joann. Bapt. Hennequin, L. 

physicir. 
P. Petrus Ernest. Dubreuil, L. 

logicœ. 
M. Léo Oppel, rhet. prœf. LL. 

a. m. academ. grœc. dir. stud. 

mag. 5. 
M. Carol. Wilhelmi, 3. adj. bi- 

blioth. 
M. Joann. Bapt. Rousseau. 4. 

vis. ex. mat. 
M. Claudius Lault, 5. vis. ex. 

ser. et orat. 
Desiderius Freniy, empt. prom. 

vis. noct. 



Georgius Butterweck, £ed. sart. 
Franc. Lallemant, coq. hortul. 

excit. 
PP. II, mag. 5, ff. 3. = 19 Univ. 

1/32-33. 
R. P. Franc. Baltus, uti supra. 
P. Joseph. Tresse, uti supra, 

cons. 7 2g Jan. 1733. 
P. Christ. Ignat. de Chilly. uti 
. supra, f I Jan. lySS. 
P. Benedictus Vet:^, conf. t. 7 20 

Apr. 1732, Métis; venitecoll. 

Virdun. 
P. Nicolaus Canelle, uti supra, 

cons. 
P. Joan. Saleur, uti supra, cons. 
P. Petrus Saleur, uti supra. 
P. Henricus la Pro5f, uti supra. 
P. Denise, abiit Senones. 
P. Reginaldus Cellier, uti supra, 

cons. 
P. Petrus Ernest. DubreuiL L. 

phys. 
P. Ludowïcus Busselot, L. logic. 
M. Valentinus Neef, rhet. etc. 
M. Franc. Joseph. Schelée, hum. 
M. Rud. Ludov. Dugué, 3. 
M. Claudius Lault, 4. 
M. Joseph. Desprès, 3. 
Desiderius Fremy,^empt. prom. 
Carolus Jacquet, sart. œdit. 
Franc. Lallemant, coq. hort. 
PP. 10, mag. 5, ff. 3. = 18 Univ. 

1733-34. 
R. P. Joann. Franc. Baltus, 

rector 4 Dec. 1731. 
P. Joann. Ignat. Josselin, min. 

prœf. san. cons. conc. p. qua- 

drag. 
P. Euslachius de BLnnoiii, prœt. 

spir. acimon. cons. 
P. Nicolaus Canelle, procurator 

cons. 
P. Petrus Saleur, prœs. sod. 

opific. 
P. Ernest. Dubreuil, prœs. sod. 

optim. cons. 
P. Henricus la Prost, prces. sod, 

schol. prœf. schol. 
P. Ludovicus Busselot, L. phy- 

sicœ. 



NOTES [OD; 



391 



P. Nicol. Diiport, L. logicte. 

P. Hubertus Hollande, infirm. 

P. Ludov. Anton. Ciiny, conc. 
t. N. 

M. Edmundus Blandin, rhet. 

M. Joann. Franc. Michael. Sif- 
fert, hum. 

M. Joann. Franc, delà Porte, 3. 

M. Joseph. Desprès, 4. 

M. Petrus Math. Charpentier, 5. 

Desiderius Fremy. empt. pro- 
mus, vis. orat. 

Franc. Lalleiuant. coq. hortul. 
vis. noct. 

Nicolaus Alexandre, itdit. sart. 
excit. 

PP. Il, mag. 5, flf. 3. ^ 19 Univ. 

I 734-35. 

R. P. Joann. Franc. Balius , 

rector 4 Dec. ij3i, conf. t. 
P. Joann. Ignat. Josselin, min. 

prœf. san. conf. t. cons. 
P. Eustach. de Blamont, praîf. 

spir. admon. cons. 
P. Nicolaus Canelle, proc. cons. 
P. Petrus Saleur, prces. sod. 

optimatum, conf. t. cons. 
P. Henric. la Prost, prœs. sod. 

schol. praef. schol. conf. t. 
P. Petrus Ernest. Dubreiiil, 

praes. sod. opificum, conf. t. 
P. Hubertus Hollande, conf. t, 
P. Nicolaus Diiport, L. pliysic. 
P. Ludovicus Bichelot. conc. 

t. n. 
P. Carolus du Chemin, L.logic. 
iVI. Petrus Theodoric. Mortier, 

rhet. prœf. LL. a. m. 
M. Carol. Leop. Lonis, hum. 
M. Josepli. Despre^, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Petrus Math. Charpentier, 

4. vis. ex. ser. 
M. Joseph, de Maiigre, 5. vis. 

orat. 
Desiderius Fremy. empt. disp. 

vis. noct. 
Franc. Lallemand, coq. hortul. 
Joann. Bapt. Alexandre, cedit. 

sartor, promus excitator. 
PP. 1 1, mag. 5. ff. 3. = iq Univ. 



1735-30. 
R. P. Hubertus Tribolet, rector 

16 Febr. 1735, conf. t. 
P. Joann. Ignat. Josselin, min. 

prref. san. conf. t. cons. 
P. Eustach. Franc, de Blamont, 

pr£ef. spir. adm. cons. pra'f. 

eccles. conf. t. 
P. Joann. Franc. Baltus. 
P. Nicol. Canelle, procur. cons, 
P. Henricus la Prost, praes. sod. 

schol. prccf. schol. conf. t. 

cons. 
P. Nicolaus Foulon, prœs. sod. 

opific. conf, NN. 2"', conf. t. 
P, Petrus Ernest. Dubreuil , 

prœs. sod. optim. conf. t. 
P. Carolus du Chemin, L. phvs. 
P. Ludov, Rodericus du Gué, 

L. logic. 
M. Carol. Leopold. Louis, rhet. 
M. Joseph. Despre^, hum. 
M. Carolus André, 3. vis. ex. 

mat. 
M. Joann. de Maugre, 4. vis. 

ex. ser. 
M. Aug. Lud. Noiron, 5. 
Desiderius Fremy. etc. 
FF. 3. uti supra. 
PP. 10, mag. 5, flF. 3.= iS Univ. 

1736-37. 
R. P. Hubert. Tribolet, rector 

I 6 Febr. 1735. 
P. Joann. Ign. Josselin, 
P. Eustach. de Blamont, 
P. Nicol. Canelle, 
P. Henricus la Prost, 
P. Nicolaus Foulon, 
P. Petrus. Ernest. Dubreuil, 
P. Petrus Duverger, conc. p. 

advent. 
P. Ludov. Petrus du Gué, L. 

physicœ. 
P. Carolus du Chemin, L. logic. 
M. Joseph. Desprej, rhet. 
M. Mauritius Braillon, hum. 
M. Joann. de Maugre, 3. 
M. Joann. David' Varnier, 4. 

vis. ex. mat. 
M. Jacob. Clerget, 5. vis. ex. ser. 
Desiderius Fremy, empt. pro- 
mus, vis. noct. 



0Q2 



NOTES (33) 



Joann. Bapt. Alexandre, xd. 

sart. excitator. 
Joann. Frenet, coq. hortul. vis. 

orat. 
PP. lo, mag. 3,fî. 3.= iSUniv. 

1-37-38. 
R, P. Hubertus Tribolet, rector 

i6 Febr. 1735. 
P. Nicolaus Canelle. min.proc. 

cons. 
P. Henricus la Prost. praet. 

schol. prœs. sod. schol. cons. 
P. Petrus Ernest. Dubreuil , 

proef. spir. admon. cons. pries. 

sodal. optimatum. 
P. Nicolaus Foulon, prœs. sod. 

opificum, cons. 
P. Garolus du Chemin, L. phys. 
P. Ludov. Rodericus du Gué, 

L. logic. 
M. Petrus Morin, rhet. 
M. iMauritius Braillon. hum. 
M. Franc. Anton. Geiger, 3. 
M. Xaverius Loyal, 4. 
M. Andr. Stanislaus Fj'an, 5. 

vis. ad. ex. 
F"F. 3. iidem. 
PP. 7, mag 5, ff. 3. = i3 Univ. 

1738-39. 
R. P. Nicolaus Canelle, rector 

I 3 Aug. 1738. 
P. Petrus Ernest. Dubreuil, 

min. praef. san. prces. sodal. 

optimatum. cons. prœf. spir. 

admon. 
P. Henricus la Prost, proes. 

sodal. schol. prœf. schol. 
P. Nicolaus Foulon, prces. sod. 

opiiicum, cons. 
P. Christophor. le Comte. 
P. Ludov. Rodericus du Gue, 

L. phvsic. cons. 
P. Franc. Valentin. Neef, L. 

loo'icte. 
M. Mauritius Braillon, rhetor. 
M. Joann. Anton. Geiger, hum. 
M. Franc. Xav. LoyaL 3. 
M. Andréas Stanisl. Fyan, 4. 
M. Edmundus Poullot, 5. 
Joann. Bapt. Alexandre, a-dit. 

sartor, excit. 



Joann. Frenest, promus hortu- 

lan. vis. orat. 
Franc. Chevalier, coquus, empt. 

vis. noct. 
PP. 7, mag. -S ff. 3. == i5 Univ. 

1739-40. 
R. P. Nicolaus Canelle, rector 

i3 Aug. 1738. 
P. Ernest. Dubreuil, min. prœs. 

sod. optim. cons. prœf. san. 
P. Henricus la Prost, pvs£s. sod. 

schol. prœf. schol. cons. 
P. Nicolaus Foulon, praes. sod. 

opific. prœf. spir. adm. cons 
P. Christophorus le Comte. 
P. Franc. Valentin. Neef, L. 

physic. conf. 
P. Joseph. Franc. Mack, L. lo- 

^icœ. 
i\L Joann. Anton. Geiger, rhet. 
M. Franc. Xaver. Loyal, hum. 
M. Andr. Stanislaus Fyan, 3. 
M. Edmundus Poullot, 4.. 
M. Gabriel, du BlaiseL 5. 
Joann. Bapt. Alexandre, œdit. 

sart. vis. noct. 
Joann. Frenet, coquus, dispens. 
Henricus Petit, promus, exci- 

*atur. _ . 

PP. 7, mag. 3, ff. 3. = !-■> Univ. 

1740-41. 
R. P. Nicolaus- Canelle, rector 

i3 Aug. 1738, 
P. Petrus Ernest. Dubreuil, 

min. proef. san. prtes. sod. 

optimat. cons. 
P. Henricus la Prost, prcet. 

schol. prœs. sod. schol. cons. 
P. Nicolaus Fo!//o;2, prœs. sod. 

opific. prœf. spir. adm. cons. 
P. Nicolaus Duport, procur. 

cons. 
P. Ludovicus, Busselot, conc. 

adv. et quadrag. 
P. Joann. Bapt. Bergerot. conc. 

Dominicalis. 
P. Joseph. Franc. 3/jc/.-. L. 

phvs. ^ 

P AuQu^ûnus Kolniaii, L.iogic. 
M. Franc. Ign. Loyal, rhetor. 



NOTES (33) 



:>ç)D 



M.AnJr. Stanisl. Fyan, luim. 
M. Edmund. Poiillot, 3. vis. ex. 
M. Gabriel. Ant. du Blaisel, 4. 
M. (^arol. Franc. Gjscjire, 5. 

vis. orat. 
Joann. Bapt. Alexandre, xd. 

sart. 
Joann. Frenet, disp. coquus. 
Henricus Petit, promus, etc. 
PP.q, mai;. 5. fî. 3. = 17 Univ. 

1741-42. 

R. P. Nicolaus Diiport, rector 

17 Nov. 1741 . 
P. Petrus Ernest. Diibreiiil, 

min. praef, san. proes. sodal. 

optimatum. 
P. Henricus la Prost, prirf. 

sciiol. prces. sodal. schol. 

cons. 
P. Nicolausi^oz//on, prtes. sodal. 

opificum, prœf. spir. admon. 

cons. 
P. Joann. Bapt. Desprès. proc. 

cons. 
P. Memmius Jourdain, conc. 

qu ad rage s. 
P. \.\.\do\w\\s HerbeuvaL conc. 

conf. t. 
P. AugustinusA"o//HL7;z, L. pliys. 
P. Jacobus Georgia, L. logic. 
M. Andréas Stanislaus. Fyan, 

rhet. 
M. Anton. Grandidier, hum. 
M. Carolus Marcel, 3. vis. 3''^ 
M. Gabriel, citi Blaisel, 4. vis. 4'". 
M. Franc. Ludov. Bnitel, 5. vis. 

Joann. Rouget, empt. coq. hor- 

tulanus, 
Joann. Bapt. Alexandre, œd. 

sart. vis. ?"". 
Henricus Petit, iaber lignar. 

excit. vis. r% f 1 1 Mail 1743. 
PP. 9, mag. 5, ff. 3. = 17 Univ. 

1742-43 deest. 

1743 i5 Dec. 
R. P. Nicol. Duport, rector 11 

Nov. 1741. 
P. Ernesx. Dubreuil, pr?es. sod. 

optim. min. prœf. san. cons. 



P. Nicolaus Foulon, pnvs. sod. 

opitic. pra'f. eccles. pnvf. spir. 

admon. cons. 
P. Valerian. Bernard. Garnier, 

prfef. scholar. cons. 
P . J o a n n . Bapt. Desp rès , p r o c u r . 

cons. 
P. Franc. Aubert, conc. qua- 

drages. 
P. Franc. Conrad. Pigenol, L. 

phys. prœs. sod. scHol. 
P. Jacobus Georgia, L. logica;. 
M. Petrus Lavaray. rhet. 
M. Ludovic. Reiner, hum. 
M. Franc. Ludov. Brutel, 3. 
M. Dominicus Kulin, 4. vis. 3'". 
M. Claud. Barthol. Deniot, 5. 

vis. 4"*. 
Claudius Dagognel, sartor. tedit. 

vis. 2"'. 
Nie. Martin. Brigaland, empt. 

coq. vis. 5"'. 
Joann. Paz//î/5, promus, hortul. 

excit. vis. i'". 
PP. S, mag. 5, fF. 3. = 16 Univ. 

1744-45. 
R. P. Edmundus Charron, rec- 
tor 23 Apr. 1745. 
P. Nicolaus 5/^f.7r^, min. prœf. 

san. cons. 
P. Ernest. Dubreuil, prœs. sod. 

optim. cons. 
P. Nicolaus Foulon, prœs. sod. 

opific. prsef. spir. admon. 
P. Valerian. Bern. Garnier, 

prtef. schol. cons. 
P. Joann. Bapt. Despre^. procu- 

rator, cons. 
P. Gabriel de Rosières, conc. 

advent. et quadrag. 
P. Franc. Conrad. Pigenot, L. 

logic. prœs. sod. schol. 
P. Jacobus Georgia, L. physic. 
M. Ludovicus Reiner, rhet, 
M. Joann. Carol. Rosier, hum. 
M. Ludov. Stanisl. Richard, 3. 
M. Joann. Bapt. Martin, 4. vis. 

3"', exam. 
M. Henricus Contrer, 5. vis. 

4'", exam. 
Anton. Detouche, asdit. sartor, 

excit. vis. i"' matut. 



^94 



NOTES (33) 



Nicol.jBr/^a/^ni, empt. coq. vis. 

5"' ser. nocturn. 
Joann. Paiilus, prom. hortulan. 

vis. 2'" ser. orat. 
PP. 9, mag. 5, ff. 3. = 17 Univ. 

1745-46. 
I" ex impresso. 

R. P. Edmundus Charron, rec- 

tor 25 Apr. 1745. 
P. Nicolaus Bigeard, min. prœf. 

san. conf. t. cons. 
P. Ernest. Diibreuil, prœs. sod. 

optim. conf. t. cons. 
P. Nicolaus Foulon, prœs. sod. 

opitic. prœf. spir. adm. cens. 

conf. NN. et t. prœf. eccles. 

praef. casuum. 
P. Joann. Bapt. Despre^, proc. 

conf. t. cons. 
P. Anton. Joseph. Vincent, conc. 

festiv. prœf. schol. conf. t. 
P. Conrad. Franc. Pigenot, L. 

physic. ao. 5°, conf. t. 
P. Joseph. Despre-^, L. logic. 

ao. 3", prœs. sodal. schol. 

conf. t. 
M.Zachar. Joseph. i?on.v5c^,rhet. 

mag. ao. 5", prœf. LL. a. m. 

academ. grœcœ. 
M. Philippus Rosé, hum. mag. 

ao. 4", prœf. biblioth. 
M. Joann. Bapt. Martin, 3. ao. 

40 mag. vis. 4'". 
M. Henricus Coutrey, 4. ao. 2" 

mag. vis. 3''^ 
M. Petrus Jos. NikeL 5. ao. i" 

mag. vis. 2"% catech. ad. fa- 

mulos. 
Nicol. Taillard, œd. sart. cur. 

inf. 
Joann. Rouget, empt. coq. hort. 

vis. 5"\ 
Joann. Paultis, fab. lign. prom. 

excit. vis. i"'. 
PP. 8, mag 5, tï. 3. = 16 Univ. 

1746-47. 
2" inipress. 
R. P. Edmund. Charron, rector 
25 Apr. 1745, conf. t. cons. 
provinc. 



P. Nicolaus Bigeard, min. prœf. 
san. conf. t. cons. 

P. Ernest. Dnbreuil, prœs. sod. 
optim. conf. t. cons. 

P. Nicolaus Foulon, prœs. sod. 
opific. prœf. casuum, prœf. 
spir. admon. conf. t. cons. 
7 2 3 Febr. 1747. 

P. Joann. Bapt. Desprej, procu- 
rât, conf. t. cons. conf. 2"'NN. 

P. Anton. Jos. Vincent, conc. 
festiv. prœf. schol. conf. t. 

P. JosepJh. Despre^, L. phvsic. 
ao. 4", prœs. sod. schol. conf. t. 

P. Franc. Leop. Gérard, L. lo- 
gic. conf. t. 

M. Philippus Rose, rhet. ao. 5" 
m. prœf. LL. a. m. acad. grœc. 

M. Joann. Bapt. Martin, hum. 
ao. 5" m. prœf. bibl. 

M. Henric. Coutrey, 3. ao. 3" m. 

M. Petrus Nikel, 4. ao. 2'' m. 
vis. 4'". 

M. Petrus de Breran, 5" ao. 1" 
m. vis. 3"% catech. ad famulos. 

Nicolaus Taillard, œdit. sart. 
cur. inf. 

Joannes Rouget, empt. disp. coq. 
hortul. vis. b"\ 

Joannes Pauliis, fab. lign. pro- 
mus, excit. vis 1'" et 2"". 

PP. 8, mag. 5, ff. 3. = 16 Univ. 

1747-48 

1748-49 

1749-50 

1750-51 ? deficiunt 

1751-52 l annuœ. 

1752-53 

1753-54 

1754-55 

R. P. Edm. Charron, -[- 17 Sept. 
1749, Mussiponti. 

1755-56. 

R. P. Claudius .Jacquemin, rec- 
tor 14 Nov. 1752. 

P. Joseph. Despre^, min. prœf. 
san. prœf. schol. cons. 

P. Nicolaus Bigeard. 

P. Petrus Ernest. Dubreuil , 
prœs. sod. optim. cons. 



NOTES (33) 



395 



P. Pet ru s BfJ illard, prit s. sod. 

opiHc. casLiista. 
P. Joann. Georg. Bilger, praît". 

eccles. prcef. spir. adm. cons. 
P.Joseph. Anton. Vincent, proc. 

biblioth. cons. 
P. Nicolaus Julian. Triboulet, 

cons.prœs. sodal. schol. conf. 

NN. 2"\ 
P. Carolus Franc. Gascaire, L. 

phvsic. ao. 6". 
P. Franc. Ant(m. Fuchs, L. lo- 

gic. ao. 6". 
M^ Claud. Petrus Trappct, rhet. 

ao. 5" mag. 
M., io^nn. Couturier, 2.ao. 4" m. 
M. Anton. Maria Gueuot, 3. ao. 

4" m. 
M. Franc. Xav. Clavey. 4. ao. 

3" m. 
M. Franc. George, 5. ao. i" m. 
Quirinusi\/o».sseL7».v, prom. soc. 

exeunt. 
Joann. Rouget, coq. empt. hort. 
Joann. Paultis, fab. lignar. 
Gabriel Florentinus Arnould, 

sartor. 
PP. 10, mag. 5, ff. 4. = 19 Univ. 

Supplenda ex catal. tertianis. 

I74y. 

R. P. Joann. Bapt. Duchene, 

rector. 
P. Nicolaus Bigeard, min. 
P. Petrus Saleur. 
P. Ernest. Dubreuil. 
P. Joann. Bapt. Despre^, proc. 
P. Joseph. Vincent. 
P. Alexander Pigenot, conc. 
P. Claudius Heèert, conc. 
P. Ignat. Loyal, L. phil. 
P. Carolus Martel, L. phil. 
M. Henricus Coutrey, rhet. ao. 

5" mag. 
M. Petrus Lault, hum. ao. 4" 

mag. 
M. Joann. Bapt. Martin, 3. ao. 

I" mag. 
M. Philippus Bahnain, 4. ao. i" 

mag. 
M. Petrus Languerau, 5. ao. 1° 

matr. 



Nicolaus Taillard. sart. iedit. 
Joann. Rouget, coq. empt. 
Joann. Paiilus, faber lignar. 
Joseph. Floquet, sartor. 
PP. 10, mag. 5, ff. 4. = iQ Univ. 

1754. 

R. P. Claud. Jacqueniin, rector. 

P. Nicolaus Bigeard. 

P. Petrus Ernest. Dubreuil. 

P. Petrus Brouillard. 

P. Henricus Sauvage. 

P Joseph. Anton. Vincent. 

P. Petrus Mortier. 

P. Alexander Pigenot. 

P .C&vo\. Martel,]^, phil. ao. i" 

P. Anton. Fuclis, L. phil. 

M. Franc. Xav. Mcvchteler, rhet 

ao. 7". 
M. Joann. Xav. Duchesne, hum 

ao. 4". 
M. Claud. Petrus Trappei, 3 

ao. 3°. 
M. Joann. Couturier, 4. ao. 2° 
M. Franc. Xav. C/crve)'', 5.ao. i" 
Quirinus Mousseaux , sartor, 

emptor. 
Joannes Rouget, coq. 
Joann. Paulus, faber lignar. 
Joseph. Floquet, sart. 
PP. 10, mag. 5, ff'. 4. = 19 Univ. 

Métis a i /4g-58 nul lus mor- 
tuus est. 

1758. 

R. P. Joann. Bapt. Clery, rector. 
P. Onesimus Emon, min. -j- 9 

Junii 1759. 
P. Petrus Ernest. Dubreuil. 

f 17 Mart. 1759. 
P. Petrus Bouillard, -■- i. Mail 

17G1 . 
P. Anton. Adam. 
P. Joseph. Vincent. 
P. Georg. Bilger. 
P. Augustin. Delecey. 
P. Petrus Ott, L. phil. 
P. Claud. Chevalier, L. phil. 
M. Damianus Go/{/c3!^ rhet. ao. 6". 
M. Xaver. Clavey, hum. ao. 5". 
M. Franc. George, 3. ao. 3". 
M. Claudius Vairon, 4. ao. 2". 



396 



NOTES (33, 34) 



M. August. Thierjy, 5. ao. 1°. 
FF'. Quirinus Mousseaii.v, empt. 

œconom. 7 20 Apr. 1761. 
Joann. Rouget, coq. 
Joann. Paiilus. faber lignar. 
Gabriel Arnonld, fed. sartor. 
PP. 10, mag 5, ff. 4. = 19 Univ. 

1761. 

Ultiiniis. 

R. P. Claud. Jjcqiiemin, rector. 
P. Petrus Xav. Henry, min. 
P. Joseph. Anton. Vincent, proc. 
P. Joann. Jos. Bilger. 
P. Mauritius Braillon. 
P. Carol. Valentin. Vogel. 
P. Jos. Anton. Lhote. 
P. Joann. Claud. Roy, \.. phil. 
P. Joann. Petrus O/'t^rr/fiier, L. 
phil. 



P. Joann. Bapt. Kiieneman , 

rhet. ao. 7°. 
M. Carol. Nie, Coster , hum. 

ao. y". 
M. F'ranc. August. Thierry, 

3. ao. 4". 
M. Nicolaus Barbier, 4. ao. 2°. 
M. Nie. Mich. Ménestrel, 5. 

ao. 170 
Joann. Pauliis, faber lign.ao. 170. 
Dominicus Bary, coq. ao. i 5°. 
The0bald.Fe.v5e/, sartor, ao. 10°. 
Mauritius Duval, sartor, eedit. 

ao. 9". 
PP. 10, mag. 4, ff. 4. = 18 Univ. 

1761 7 Métis 6 Maii frat. schol. 
Anton. Franc. Mais. 

Non occurrit aliquis . dimissus 
e societ. e.v ipsa doino Me- 
tcnsi. 



34. Mémoire présenté le 25 septembre 1^62 au bureau d'admi- 
nistration du Collège de Met^, par J. L. Rœderer. 

« Ce temps si désiré est enfin arrivé ! Nous n'aurons plus à 
gémir sur les misères dont les Jésuites ont occupé notre jeunesse 
depuis leur établissement dans notre ville: heureuse révolution! 
D'abord, point de moines. Tout religieux imbu des règles et insti- 
tutions monacales est peu propre à former le cœur et l'esprit 
d'un citoyen. » L'auteur en donne deux: preuves palpables. La pre- 
mière est un capitulaire de Charlemagne dans lequel il est dit 
qu'en l'an 742, les enfants n'apprenaient, la plupart du temps, 
dans les écoles des monastères, que ce qu'il fallait pour être moine. 
La seconde relève un prétendu arrêt du 2 janvier lO^h par lequel 
les religieux seraient déclarés incapables d'enseigner la jeunesse. 
Dudit arrêt, on n'indique d'ailleurs ni la provenance, ni le nom 
de l'autorité qui l'aurait émis. « Dirons-nous, ajoute Rœderer, 
qu'il doit en être de même des ecclésiastiques séculiei\s r Si nous 
approfondissions cette question, les faits et raisonnements nous 
conduiraient peut-être à l'aflirmative. . ., etc. « 

{Archives de la Préfecture. Fonds G.). 

Personnel du Collège de Met^. 
Principal de 1762 à 1708: Simon, prêtre, maitre ès-arts en l'Uni- 
versité de Paris. 
Préfet des classes 1702 à i7()3 : J. Morkau, prêtre. 



NOTES (04, 35) 397 

Professeur de philosophie 1762 : Guiotin, 1765 l'abbc Leguay. 

» rhéloriqne ijiri : P. G. Cosson, i764rabbé Larcher. 

» humanités 1762 : J.-B. Poissonnier, 1764 Baudoin. 

troisième 1762 : Ph. Dumas, 1764 Navarre. 

quatrième ijiri : Bailly, 17(35 Michel. 

cinquième 1768 : Hennequin. 
1. physique et mathématiques 1762 à 1764 : Mauduit. 

Nombre d'élèves en 1763: Physique.... 2 

Logique 18 

Rhétorique.. . 40 

Seconde 42 

Troisième ... 45 

Quatrième. . . 44 

Cinquième . . . 3q 

Sixième 36 

3o6 

Dépense fixe et annuelle à laquelle le collège est assujetti : Prin- 
cipal, 2,400 francs ; prof, de math., 2.400 fr. ; de logique, i,5oo fr. ; 
d'éloquence, i,5oo fr. ; humanités, 3^ et 4'', 1,200 fr. : 5« et 6", 
1,000 fr. ; aumônier, 200 fr. ; sacristain, 25o fr. ; portier, 100 fr. ; 
correcteur des classes, i5o fr. ; entretien des lampes, 70 fr. ; pour 
balayer le portail de l'église, 18 fr. ; entretien des bâtiments, i,5oo 
francs; impôts, 1,061 fr. ; économe, i,o54fr. Total, 17,403 fr. 

Extrait du règlement fait pour le collège le 21 déc. 1763. 

Pensionnaires : lever 5 h. V2? classe 8 h. ^4, messe 10 h. V25 
classe 2 h. ^/i, coucher 9 h. 

Gongés : mercredi et samedi après-midi, dimanche. 

Les pensionnaires sont tenus de déposer leur épée en rentrant 
de sortie, chez M. le Principal. Ils doivent porter au collège, par 
dessus leur habit, une espèce de robe, suivant l'usage de l'Univer- 
sité de Paris, pour qu'on ne puisse les confondre avec les ex- 
ternes. Le prix de la pension est de 3o livres par mois. 

35. Le collège fut donné aux Bénédictins par Lettres patentes 
du Roi, datées de Versailles du 22 juillet 1768, enregistrées au 
Parlement le 22 août suivant. Imprimées chez J. Goli.ignon 1768, 
in -40. 

Il prit le nom de collège Saint-Symphorien. 

Règlement : Pensionnaires, lever 5 h. ^'2 ; pendant le lever on 
fait une lecture d'histoire sainte; 6 h. catéchisme, puis étude; 8 h. 



SgS NOTES (35) 

classe; lo h. \'2 messe; midi, diner, lecture; 2 h. classe: 8 ^,'2 
coucher, pendant lequel on fait une nouvelle lecture. 

Les jours de congé, dîner à la maison de campagne de Saint-Eloy. 

Professeurs de 1 '^68 à 1 jf)4. 
Principal : 1768 Dom Casbois, 1784 D. Conscience, 1790 D. Col- 
lette. 
Prieur : 1768 D. Tabouillot, 1784 D. Pierron. 
Profess. de physique : 1768 à 1794 D. Enard. 

» pliilosopliie : 1768 D. Reughel, 1784 D. Bertilerville, 

1786 D. Amyot. 
y rhétorique : 1768 D. Pierron, 1786 D. Leblanc. 

« seconde: 1768 D. Breton, 1790 D. Bertrand. 

)) troisième : 1768 D. Lemaire, 1784 D. Carit, 1789 D. 

Toussaint, 1790 D. Calmar. 
» quatrième: 1768 D. Desrosieres, 1790 D. Bricet. 

» cinquième : 1768 D. Dépinois, 1784 D. Calmar, 1790 

D. Rewbel. 
» sixième: 1768 D. Gougelet, 1784 D. Bricet, 1790 D. 

Lombatte. 
Procureur : Dom Gaspard. Secrétaire : Dom Grosjean. 

L'enseignement était à peu près le même que celui des Jésuites; 
comme eux, les Bénédictins faisaient représenter à leurs élèves 
des drames et donnaient des séances publiques. En 1785, on joua 
la Mort de César, tragédie de Voltaire. Le rôle de César fut joué 
par Philippe Viville, depuis secrétaire général de la préfecture de 
la Moselle. 

En 1786, les Bénédictins de Sàint-Clément avaient été autorisés 
à créer une école de mathématiques pour les aspirants à l'école 
royale d'artillerie. Ce collège militaire, dirigé par Dom Pierron, 
puis par Dom Fumé, n'avait que deux professeurs bénédictins : 
D. Termonia et D. Jacques ; les autres étaient choisis par l'auto- 
rité militaire ; Gardeur-Lebrun fut de ce nombre. Toutes les se- 
maines, les élèves devaient passer des examens sur les matières 
de l'enseignement et les notes en étaient envoyées aux parents et 
au commandant de l'école royale d'artillerie. 

Indépendamment du collège Saint-Symphorien, les Bénédictins 
avaient des classes où l'on enseignait les humanités, la philosophie 
et la théologie dans les abbayes de Saint-Arnould, Saint-Clément 
et Saint- Vincent. Les chanoines réguliers de la Congrégation du 
Saint-Sauveur comptaient près de 200 élèves à leur collège de 
Saint-Louis du Fort. Le diocèse entretenait deux séminaires : 



NOTES (35, 36) 399 

Sainte-Anne, où l'on formait les missionnaires, et Saint-Simon, 
doté de cent bourses gratuites où Ton préparait le recrutement du 
clergé. Dans le reste du département, les Augustins avaient un 
collège à Thionville ; les Récollets, à Sierck, à Briey, à Sarregue- 
mines et dans bien d'autres localités des maîtres professaient la 
langue latine. Dans tous ces collèges l'externat est complètement 
gratuit. 

(Bégin, Hist. des Sciences. Baltus, Annales de Met^. Almanach 
des 3 Evèchés. Maggiolo, Mém. de Stanislas j888, etc.). 

36. En 1790, à Metz, l'abbaye Je Saint-Arnould ferme ses 
ccoles ; en ijqi, on vend au prix de 84,000 francs la maison de 
l'abbé ; quelques mois plus tard, au pied de l'arbre de la Liberté, 
sur la place de la Loi, on brûle les livres infectés parles emblèmes 
de la superstition et de la royauté. En l'an IV, on installe l'école 
du génie à Saint-Arnould ; l'arsenal d'artillerie, aux grands Carmes ; 
l'arsenal du génie, aux Célestins ; Saint-Clément, Sainte-Glossinde, 
les Ursulines servent de magasins d'habillements, de buanderie, 
de dépôts ; on met à la disposition des gens mariés de la garnison 
le couvent de la Congrégation. On affecte à la gendarmerie le cou- 
vent de Sainte-Marie-Madeleine; à la prison départementale, 
^abba^•e de Saint-Symphorien ; le séminaire de Sainte-Anne fut 
converti en hôpital ; celui de Saint-Simon et le collège Saint- 
Louis en casernes ; l'église Saint-Vincent sert d'écurie à bœufs, 
les autres églises sont livrées aux fournisseurs de l'armée ou à 
quelques industriels. L'église des Jésuites et celle de Sainte-Croix 
sont converties en clubs ; on démolit la maison des Capucins, on 
vend celle des Frères. 

En i-go, la municipalité de Metz convertit le collège Saint- 
Symphorien en collège national ; les Bénédictins restent, mais 
vivent comme des laïcs. En l'an IV le ministre ordonne la ferme- 
ture du collège. Le décret du 7 ventôse an III, rendu sur le rap- 
port de Lakanal, exigeait la suppression de tous les collèges et 
ordonnait de créer partout des écoles supérieures où trois cours 
seulement devaient exister : Un cours d'hygiène, un cours d'arts 
et métiers et un cours de méthode des sciences, de logique et d'a- 
nalvse des sensations et des idées. Le Directoire établit à Metz 
l'école centrale dans les bâtiments de l'abbaye de Saint-Vincent. 
Le personnel comprend sept professeurs, dont trois ou quatre 
anciens Bénédictins, 

En l'an IX, le préfet Colchen, dans un rapport au ministre, dé- 



400 NOTES (36, 37) 

clare « que la suppression des collèges a livré à l'ignorance une 
génération presqu'entière. » 

Le lycée de Metz fut créé dans les derniers mois de 1804. La 
ville dépensa plus de 3 3o,ooo francs pour son installation dans 
les bâtiments de Tabbaye de Saint-Vincent. Deux hommes ont 
surtout contribué à la réputation du Ivcée de Metz. Comme admi- 
nisti-ateur, l'abbé Sainsère qui fut proviseur de iNi5 à i83i et 
comme préparateur aux écoles du gouvernement, M. Blavette qui 
dirigea ce cours de 1840 à i858. Pendant les soixante-cinq années 
de son existence, le Ivcée de Metz a donné plus de cent généraux 
à l'armée française, parmi lesquels on peut citer : Ardant, Paix- 
hans, Poncelet, Chanzv, Clinchant. Il a envoyé à l'école poly- 
technique des ingénieurs éminents tels que : Collignon, Delesse, 
Sauvage, Frécot, Surell, Daubrée. Dans des genres différents : 
Tocqueville et le baron Henrion, Huguenin et Gandar, Ambroise 
Thomas et de Lemud ont apporte leur pierre a l'édifice consacre 
à la gloire de Metz. 

(Voir Maggiolo, recteur de l'Académie de Nancv, Mémoires de 
l'Académie de Stanislas 1 888-i88g). 

37. Nicolas-Marie-Dieudonné Potot, né à Metz le 12 juillet 1771, 
fut élevé par son père, qui lui-même avait puise au collège de Metz 
et à l'Université de Pont-à-Mousson les principes solides de l'édu- 
cation qu'on y donnait. A dix-huit ans, après avoir passé ses exa- 
mens devant la Faculté de droit de Strasbourg, Dieudonné Potot 
fut reçu le fi août 1789, avocat au Parlement de Metz. La même 
année, il fut élu lieutenant de la garde nationale et prit part à 
l'expédition commandée par le marquis de Bouille, dirigée contre 
les régiments révoltés à Nancy. Potot y reçut plusieurs blessures 
et s'y distingua tellement que Louis XVI le nomma par brevet du 
18 juin 1791 sous-lieutenant au régiment de Condé, infanterie. 
Arrêté comme suspect pendant la Terreur, il fut relâché par suite 
d'une erreur, et retourna à l'armée où il gagna, sur les champs de 
bataille, tous ses grades jusqu'à celui de chef de bataillon. Griève- 
ment blessé à Mannheim en 179G, il ne put revenir à Metz qu'en 
1800. Ramené aux idées religieuses, il ne cessa plus de marcher à 
grands pas dans les voies de la perfection. En 1817, à 47 ans. il 
entrait au séminaire et fut oixionné prêtre le 19 septembre 1818. 

D'abord chapelain de la maison de charité des Récollets, il 
transforma cet établissement où, en 1792, il avait été désigné par 
le club des Jacobins, pour surveiller les prêtres insermentés. Il 
devinr. en 1820, chanoine de la cathédrale et exerça les fonctions 



NOTKS (37, 38) 401 

de confesseur dans un grand nombre de communautés religieuses. 
En 1825, il fut nommé supérieur de la maison des Missions dio- 
césaines, fondée par Mgr Besson. Chacune des années du véné- 
rable prêtre fut marquée par des fondations pieuses ou charitables. 
Après le départ du P. Debrosse, il continua son œuvre en diri- 
geant la bibliothèque populaire où l'on distribuait chaque année 
plus de quinze mille volumes. En 1819, il fonda la ncuvaine de 
l'Assomption ; transférée de l'humble chapelle des Récollets à la 
cathédrale, elle attire encore chaque année un auditoire considé- 
rable autour de la chaire où se sont fait entendre les voix de plu- 
sieurs grands prédicateurs de l'époque. En 1820, il établit l'asso- 
ciation des Dames des bonnes œuvres qui servit de cadre à presque 
toutes les œuvres de charité dont Metz était si richement dotée. 
En 1S21, il fonda à la cathédrale la dévotion si populaire du Mois 
de Marie. 

En i833, Tabbe Potot entra dans la Compagnie de Jésus. Le 

25 mars i835, il prononça ses vœux et s'éteignit saintement à Metz 
le 2 mai 1837. 

(Vie du R. P. Potot, par le P. Phélipon S. J. 1842. — Eloge 
funèbre du R. P. Potot, par l'abbé Martin-. Metz, Collignon, iBS-, 
in-i2. — Vie manuscrite du P. Potot, par le P. Bach S. J.). 

38. Notice sur Mgr Besson. Metz, Collignon, 1842, in-80. — 
Indépendant de la Moselle, no du 2? juillet 1842. Galette de Mety, 

26 juillet 1842. 

Pierre Michel Uhrich, né à Bitche 29 sept. 1752, fils d'un prési- 
dent du bailliage de Bitche, élève des Jésuites de Pont-à-Mous- 
son, avait été empêché d'entrer au noviciat par la suppression de 
la Compagnie. Attaché à ses anciens maîtres, son visage s'illumi- 
nait quand on lui parlait d'eux. Nommé curé-archiprètre de Bitche 
et chanoine de Metz, il mourut le 23 juin i836. 

Claude-Nicolas Fidry, né ("> déc. 1742, élève des Jésuites, il entra 
au noviciat en 1762. A la mort de Stanislas, il se rendit en Italie 
et ne quitta la Compagnie qu'en 1773, alors que le bref de Clé- 
ment XIV eut mis fin à son existence. Après le concordat, devenu 
curé d'ArgancV;, il eut une part considérable à la fondation de la 
Congrégation des sœurs de Sainte-Chrétienne. De 1809 a 1821, il 
fut supérieur du petit Séminaire. A cette époque, l'Evêque le 
nomma vicaire général honoraire. Il mourut à Metz le 3 décembre 
1825. 

{Notices à la suite de la vie de Mme de Méjanes, par l'abbé Cha- 
LANnoN. — Metz, imprimerie Ch. Dieu, in-12. 



402 NOTES (39, 40) 

39. Les Aiigustins, d'après l'histoire des Bénédictins, s'établirent 
à Metz en 1260, à l'entrée de la rue du Neufbourg, auprès d'une 
chapelle que les Templiers leur cédèrent, sur un terrain qui leur 
fut donné par l'abbaye de Sainte-Glossinde. Après avoir rendu 
des services signalés à la cité, notamment lors des épidémies si 
fréquentes au moven-àge, le couvent des Augustins dégénéra com- 
plètement et fut l'un des principaux foyers où se développèrent 
les sectes de Luther et de Calvin. Réformés en iSjS, les religieux 
reprirent leurs anciennes traditions de piété, de regulariré et de 
charité. En i/'^Q, leur couvent fut en partie démoli pour agrandir 
la place Saint-Thiébaut. Le plan de reconstruction, tracé par Gor- 
montaigne, comprenait presque tout l'espace situé entre les rues 
du Neufbourg et des Augustins d'une part, et d'autre part entre 
la place Saint-Thiébaut et une ruelle qui, partant de la rue des 
Augustins allait aboutir rue du Neufbourg, en face de la rue 
Chandellerue. L'église se trouvait au coin de la rue des Augustins 
et de la place Saint-Thiébaut. Le portail était décoré par quatre 
grandes colonnes de granit, débris de l'amphithéâtre romain qui 
ornaient auparavant la vieille porte du pont des Morts. A la Ré- 
volution, le couvent fut vendu comme bien national; l'église, en 
partie détruite, fut convertie en greniers et en écuries, les bâti- 
ments situés en façade sur la place Saint-Thiébaut furent divisés 
et aménagés en maisons particulières. 

L'acquisition de l'abbé Bureaux comprenait la partie du cou- 
vent qui entourait une sorte de cloitre régnant au chevet de l'église. 
En démolissant la partie qui bordait la rue des Augustins, on 
construisit un bâtiment renfermant au rez-de-chaussée des classes 
et au premier une grande chapelle très simple. Dans un coin de 
la cour, on laissa subsister, pendant plusieurs années, la tour ver- 
moulue, dernier vestige du clocher de l'église. Sur le mur de la 
cour de récréation, l'abbé Bureaux avait fait graver en grands ca- 
ractères les mots: Deo, parentibus. patria\ ^]u il avait pris comme 
devise du nouvel établissement. 

40. Jc\Tn-Bjptiste Chary, né à Montois-la-Montagne près Briey 
le 10 juin 17Q9, après avoir été élevé au pensionnat de Talange, 
termina ses études au petit Séminaire qui se trouvait alors dans 
les dépendances de l'Evêché à Sainte-Glossinde, puis au grand 
Séminaire. Sorti en 1826, i-1 fut curé à Jœuf. et i-evint à Metz peu 
après comme vicaire à Saint-Vincent et aumônier du Sacre-Cœur. 
Entré au noviciat d'Estavayer, il dexint professeur de rhétorique 
au collège de Fribourg. Chasse par la guerre du Sonderbund, il 



NOTES (40, 41, 42) 4o3 



résida deux ans à Avignon et passa le reste de sa carrière dans les 
résidences de Strasbourg et de Troyes. Le P. Charv avait conservé 
un tendre attachement pour Metz et une grande vénération pour 
le P. Potot qui avait décidé son entrée dans la Compagnie. Nous 
devons à l'obligeance de ce bon et saint religieux de nombreuses 
notes qui ont servi à écrire l'histoire des Jésuites à Metz 

41. La Congrégation des Daines de Li Providence, fondée au 
XVL siècle par Jeanne Idelette de Morel, réorganisée à la fin du 
XVI IL' siècle par le jésuite d'Hervillé, martyrisé à Lvon en 1793, 
était prospère à l'époque de la révolution. Les religieuses, expul- 
sées de France, se réfugièrent en Belgique. En 1802, rentrées en 
France, elles se fixèrent à Charleville et fondèrent à Metz, en 
180G, à Luxembourg et à Arlon des établissements assez considé- 
rables. Jusqu'en 182 1, la maison de Metz n'était qu'une succursale 
de celle de Charleville où résidait la supérieure généi-ale. Le ré- 
tablissement de l'Evêché de Reims avant séparé le département 
des Ardennes de celui de la Moselle, le couvent de Metz, dit des 
Dames de Sainte-Sophie, se sépara et fonda un noviciat. En 1834, 
sur les conseils du P. Potot, les religieuses résolurent de deman- 
der aux Dames du Sacré-Cœur, dont le P. Varin avait été le fon- 
dateur en 1800 de les recevoir dans leur congrégation. Cette 
substitution décidée en 1834, elles quittèrent leur premier établisse- 
ment de la rue des Prisons militaires pour aller se loger rue Mar- 
chant (ancienne rue des Grands-Carmes). Le Conseil municipal 
de Metz, qui avait hautement apprécié l'utilité des Dames de 
Sainte-Sophie, affecta une somme de quarante mille francs à leur 
nouvel établissement. En 1860, la Congrégation des Dames du 
Sacré-Cœur vendit la maison de la rue Marchant à l'établissement 
des orphelines dirigé par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul et 
acquit movennant le prix de cent quarante mille francs la maison 
de la rue Chàtillon, n» 4, faisant angle avec le rempart Saint- 
Thiébaut. La même année, par décret impérial du 6 décembre 
1860, la Congrégation enseignante des Dames du Sacré-Cœur fut 
autorisée à fonder près de Metz, dans la commune de Montigny, 
un établissement magnifique où elles transportèrent le pensionnat 
de leur maison de Metz. 

42. Collège Saint-Augustin à Met:^, i852. 

Ce nouveau collège a pour but de continuer l'œuvre si heureu- 
sement commencée par l'institution Saint-Augustin. Sous les 
auspices de Monseigneur l'Evêque de Metz, des maîtres intelli- 



404 NOTES (42) 

gents et dévoués ont depuis longtemps acquis à cette maison la 
confiance des familles et Taffection .des élèves. Les nouveaux 
maitres, pour répondre aux vœux exprimés avec tant de bienveil- 
lance par le vénérable Prélat, n'auront qu'à suivre la voie ouverte 
par leurs prédécesseurs. 

Comme eux, ils se proposent d'assurer aux élèves, avec les 
avantages d"une instruction solide, le bienfait d'une éducation re- 
ligieuse. C'est en formant des chrétiens qu'ils espèrent former des 
hommes utiles à leur famille et à leur patrie. 

On s'efforcera de prévenir les fautes pour n'avoir pas à les ré- 
primer. Exercer une douce et paternelle \igilance, exciter une 
louable émulation, agir sur le cœur par la foi et la conscience, par 
tout ce qui réveille les sentiments élevés; tels seront toujours les 
moyens employés de préférence. . . 

Tous les trois mois, les parents reçoivent un bulletin constatant 
la conduite, l'application, le succès et l'état de santé de leurs en- 
fants. 

L'année scolaire se termine par des examens, un exercice litté- 
raire public et la distribution des prix. Les vacances commencent 
vers le milieu du mois d'août et durent environ sept semaines. . . 

Les externes habitent ou dans leurs familles ou dans des pen- 
sions honnêtes et religieuses. . . 

Les supérieurs du collège s'entendent avec les parents et les 
chefs de pension pt>ur le bien des élèves confiés à leurs soins. 
D'après le vœu des familles, ils se réservent le dioit de visiter de 
temps en temps les élèves, pour constater leur fidélité aux règle- 
ments.. . . 

Les demi-pensionnaires portent le même uniforme que les pen- 
sionnaires, les jours où il est de règle pour ces derniers. . . ils 
sortent le dimanche après vêpres et passent le reste de la journée 
dans leur famille. .. Le prix de la demi-pension est de 420 francs 
par an. Le prix de la pension entière est de 700 francs. . . 

Les trois premiers mois de séjour dans la maison ne peuvent 
être considérés que comme un temps d'épreuve. Si, pendant ce 
trimestre, on jugeait que les habitudes de la maison ne conviennent 
point à l'âge t)U au caractère de l'élève, les parents seraient priés 
de les reprendre. . . Le premier jeudi du mois est le jour de sortie 
pour les pensionnaires dont les parents habitent la ville ou les 
environs. . . 

Trousseau : Redingote, pantalon et gilet, bleu de roi ; casquette 
marine avec turban de velours bleu ; pantalon et gilet blancs pour 
l'été. 



NOTES (43) 40 5 

43. Il est si naturel pour un Jésuite de se sacrifier que la mort 
du R. P. Bigot fut à peine connue à Metz. On se borna à l'annon- 
cer aux élèves sans aucun commentaire, ce n'est que beaucoup 
plus tard que nous avons découvert quelques documents concer- 
nant ce Père. 

Le P. Louis Bigot de Préaineneu. ne à Elbeuf le 22 septembre 
1806, entra dans la Compagnie de Jésus le 21 juin 1829 et y fit ses 
grands vœux le 2 février 1841. Pendant les épreuves du noviciat 
et le temps des études qui le suivent, le jeune religieux marcha 
toujours d'un pas ferme et inébranlable dans le chemin de la fer- 
veur et des vertus de son état. Elevé au sacerdoce, le P. Bigot se 
dévoua tout entier aux œuvres de zèle et aux fonctions du minis- 
tère apostolique. Il avait un don tout particulier pour toucher les 
cœurs. Sa parole, quoique d'une simplicité extrême, avait une 
force irrésistible qu'elle exerçait également sur les âmes les plus 
justes et sur les plus grands pécheurs. 

En i852, un décret du Président de la République ordonna de 
transporter les bagnes à Cayenne. Il fallait des aumôniers. On en 
appela de tous côtés. Les Jésuites qu'on ne demandait pas vinrent 
s'offrir. Faute de mieux, on les accepta. Dès le premier convoi de 
condamnés, en voilà cinq qui partent, la joie daps le cœur, le sou- 
rire aux lèvres. 

Le P. Bigot se trouvait à Metz, on lut devant lui la lettre que le 
R. P. Provincial adressait à toutes les maisons de la province 
pour exposer les besoins de la mission de la Guyane. Il se sentit 
porté à s'offrir pour cette œuvre difficile et adressa à son supérieur 
la lettre suivante : 

Metz, 22 août i853. 
" Mon Révérend Père, 

(c Depuis deux jours que la circulaire de Votre Révérence a été 
lue, la pensée de Cayenne s'est tellement emparée de moi qu'elle 
m'accompagne partout et avec ce genre d'impression que saint 
Ignace indique comme signe de l'action du bon Esprit, dans ses 
règles du discernement des esprits. C'est donc de grand cœur que 
je m'off"re pour cette mission, si la sainte obéissance daigne agréer 
ma demande. Je vais donc me tenir tout prêt à partir pour le jour 
qui me serait indiqué, sans en parler toutefois à personne. D'autres 
peuvent être utiles ou nécessaires à nos maisons de France; pour 
moi, je puis être remplacé ici, comme partout ailleurs, avec avan- 
tage. C'est à genoux que je vous écris cette lettre, mon Révérend 
Père, absolument comme si je parlais à Notre Seigneur Jésus- 



406 NOTES (43) 

Christ. Je recevrai donc votre réponse comme l'expression de sa 
volonté, w 

Le P. Bigot partit pour Cayenne avec deux autres Pères. Il y 
arriva le 28 novembre i853. 

Un nouvel établissement venait d'être formé à Saint-Georges, 
sur les rives du fleuve Oyapock, pour les forçats les plus redou- 
tables. Saint-Georges renferme des marais dont les miasmes sont 
mortels pour les Européens et auxquels les nègres seuls résistent. 
Le P. Bigot fut chargé de cette mission où il arriva le 19 décembre 
i853. 

« Oh ! la belle œuvre, écrit- il au R. P. Provincial, ici, rien pour 
les sens, rien pour l'amour-propre, rien pour la nature corrom- 
pue ; au contraire, tout y est sacrifice, mais tout y est consolation 
pour le missionnaire qui prend franchement son parti et qui tâche 
de s'oublier pour ne plus penser qu'à Dieu et au salut des infor- 
tunés que l'Europe a perdus, mais que la miséricorde divine en- 
voie en Guyane pour les sauver. 

«A peiiie débarqué, je m'empressai de me rendre à l'hôpital. En 
voyant un Père, tous ces pauvres malades jetèrent un cri de joie, 
le premier peut-être qui fut sorti de leur cœur depuis bien des 
années. « Quoi, mon Père, s'écriaient-ils de tous côtés, vous venez 
avec nous, mais ce n'est qu'en passant, n'est-ce pas .-' » Non, assu- 
rément, leur dis-je, j'ai appris en Europe que vous mouriez sans 
Sacrements et que vous soupiriez après la venue d'un Père. Aus- 
sitôt j'ai tout quitté, j'ai entrepris un voyage de treize cents lieues 
pour venir vous consoler, vous mettre tous dans le chemin du ciel 
et mourir avec vous. Ce peu de paroles que je n'avais pu pronon- 
cer sans émotion furent aussitôt répétées de case en case et Dieu 
daigna s'en servir pour disposer favorablement les transportés à 
profiter des grâces que je venais leur offrir de sa part. La venue 
d'un Père fut un véritable événement pour la colonie, on ne parla 
que de cela. . . 

« Presque tous les transportes qui ne sont pas à l'hôpital viennent 
assidûment à la messe et aux vêpres. Ils paraissent écouter les 
instructions avec un vrai désir de s'instruire. Il s'en faut encore 
de beaucoup qu'ils soient tous convertis et je n'en suis pas étonné, 
car d'après les dossiers de leur procès, la plupart ont à revenir de 
loin. Voleurs de toutes les catégories, faussaires, assassins, voilà 
mes chers paroissiens. La plupart ne savent pas même l'oraison 
dominicale. On conçoit que ces infortunés n'en viennent pas tout 
d'un coup à demander la communion fréquente. Pour moi, j'ad- 
mire l'action de la grâce sur eux; je vois par la manière dont ils 



NOTES (43, 44) 407 

meurent que Dieu a sur tous des desseins de miséricorde; cela 
m'inspire pour eux, je ne sais quel intérêt qui me fait regarder 
comme un bonheur de mourir en les servant. » 

Ce généreux sacrifice devait être suivi d'une prompte récom- 
pense. Après avoir vu mourir plusieurs transportés réconciliés 
avec Dieu, lui-même allait recevoir les palmes du martyre et de 
l'apostolat, le 28 avril 1854. Il avait quarante-sept ans et n'était 
dans la Guyane que depuis quatre mois. I.es larmes et les sanglots 
des condamnes furent le plus touchant panégvrique du saint Jé- 
suite qui avait eu le bonheur de mourir en les servant. 

De iN32 à iSSq, quinze Jésuites furent, comme le P. Bigot, 
martyrs de leur foi et de leur charité, parmi eux citons : le P. 
Pierre Stumpf, mort à Cayenne le 20 avril i856; le P. Florent 
Ringot qui avait fait partie de la résidence de Metz de i855 à i858, 
mort à Cavenne le 17 décembre iS58, et le P. Alet, ancien Père 
également de la résidence de Metz, mort le 24 septembre i855. 

(V. Les Jésuites à Cayenne, par le P. Mury, S. J.) 

44. R. P. Leoni Turquand. Collegii Metensis S. J. Reclori , 
aluuini rhetorices academici Alfridiis de Geyer, Josephus Ehrmann, 
Euoenius An>eng; Vedastus du Coetlosqtiet, Atigiistus de Lestard. 

BIAPHONIUM. drama liistoncum 

Reverenter dedicant auctores et adju.vjntibus condiscipulis Henrico 

de RiifT}'. Josepho Berrard, Ediiardo de Morlaincourt, Paulo de 

Gérer. Die 8 JuUi i856. 
(P. DF. Charleyoix, s. j. Histoire générale de la Nouvelle France, 

Liv. XII r, année 1687.) 

Dramatis Person^. 
Hegemon (Cavelier de la Salle). Dux expeditionis, Quebeco, jussu 

Ludovici XIV emissœ ad investiganda Mississipi fluminis ostia. 

Avunculus Adelphidii (Moranget) 

occisi Vedastus du Coétlosquet. 

Archiphontes (Duhaut) particeps ex- 

peditionis, homicida Augiistus de Lestard. 

SYN.ETius(Liotot)amicus Archiphon- 

tae, particeps expeditionis, homi- 
cida Josephus Berrard. 

Metochus (Hiens) nauclerus, amicus 

Archiphontœet Synœtii, in scelere 

consors Henricus de Rugy. 



408 NOTES (44, 45) 

BiAPHONius (de Marie) Centurio He- 

gemonis ; ad consortium sceleris 

coactus Alfridus de Geyer. 

LocHAGus (Joutel) Prœfectus adjutor 

Hegemonis .....' Eduardiis de Morlaincourt. 

Hylobius, sylvicola Josephiis Ehrmann. 

Neoterus, Hylobii filius Pauliis de Geyer. 

Hyperetes, Hegemonis famulus . . Eiigeniiis An'eng. 

Naut.€, quatuor ex Comitatu : Carolus Breck, Paulus de Chevigny. 

Aloïsins Loïej, Ludovicus Zugmeyer. 

Actio peragitur in Americœ sylvis, non procul ab ostiis fluminis 
Mississipii. 

Si Ton s'intéresse au sort des treize acteurs de i836, on voit que 
trente-six ans après trois sont morts : Aloïs Loïez, en iSS-, pres- 
qu'encore au collège; de Rugy, officier de cavalerie en 1870; de 
Lestard, en 1887, à Lorient où il occupait le poste de contrôleur 
principal des contributions directes. Cinq se sont si bien trouvés 
de la règle de Saint-Ignace qu'ils n'ont point voulu la quitter. 
L"un d'eux, sans qu'il l'eut cherché assurément, fut même Provin- 
cial de la province de Champagne. Parmi les autres^, deux mili- 
taires : un colonel du génie ; l'autre commande un régiment d'in- 
fanterie ; un ancien inspecteur des forêts et un ingénieur qui dirige 
le plus important établissement métallurgique de la Lorraine. 

43. CAMPIANUM. 

Drama Jiistoricum occasione festi onomastici R. P. Leonis Tur- 
qiiand Rectoris collegii S. J. Metensis, Discipidi academici e 
classibus pliilosopkicv, rhetonccv, humanitatis et grammciliccv re- 
prcesentant actores. Die i Julii iSSy. 
(Cretineau-Jolv, Histoire de la Compagnie de Jésus, tome 2, 

Ch. 5.) 

Dram.\tis Personne. 

Campianus : Presbyter Societatis Jesu, 

proscriptus Eduardus de Morlaincourt. 

Yatesius : Lyfordensis castelli domi- 

nus, catholicus Alfridus de Geyer. 

Elliotus : Apostata anglicanus, olim 

catholicus nomine Pseudopistus. . Josephiis Berrard. 
Mysthocyon : Elliotii adjutor . . , . Léo Altviayer. 
AsTYNOMus : Prœtor Norvicensis . . Eugenius Aireng. 
Xylan DER, Lignarius ex Yatesii fa- 

milia Paulus de Geyer. 



NOTES (45, 46) 409 

Thyr.eus, Lyfordensis castelli janitor Paiilus Le Mercier. 
DuECETES, Yatesii œconomus .... Augiistiis Peyssard. 

Elpidius, Yatesii filius Caroius Chlafon'ski. 

Neaniscus, Xylandri lilius Henriciis Bertrand. 

Satellites, astvnorai. 
RusTici. 

Actio peragitiir in Xorfolciensi coniitJtn, non procul ab urbe 
Xorrico, partim juxta Lyfordense castelliini, partivi in ipso cas- 
tello. 

Des acteurs de ce drame, cinq avaient déjà figuré dans la repré- 
sentation de Bijplionius (note 44). Des cinq autres, trois sont 
décédés : Léon Altmayer, reçu à l'école polytechnique en 1862, 
(le R. P. Didierjean lui a consacré une notice dans son ouvrage 
sur Saint-Cle'nient, tome I, p. 3i3), Auguste Peyssard et Henri 
Bertrand; ce dernier, au moment de sa mort en 1889, était maire 
de Briev et conseiller général de Meurthe-et-Moselle. L'un des 
survivants est capitaine de vaisseau. 

40. Le Père Modeste Boutilier, né le 3 novembre ijgS, dans le 
diocèse de Belley, fils d'un receveur général des finances, semblait 
appelé à un brillant avenir, lorsqu'en 181 5 il se présenta à Saint- 
Acheul et demanda à entrer dans la Compagnie de Jésus. Envoyé 
à Metz, en i835, il y revint à plusieurs reprises, et depuis i852 y 
resta jusqu'à sa mort. Sa droiture, sa simplicité, son égalité d'hu- 
meur lui gagnaient tous les cœurs. Indépendamment d'un très 
grand nombre de membres du clergé et des communautés reli- 
gieuses, il confessait beaucoup de fidèles. On disait dans le peuple 
qu'il n'était pas étonnant que le P. Boutilier fût si jaune et si 
maigre, vu qu'il ne se nourrissait que de péchés et ne prenait pas 
le temps de manger, tant il était assidu au confessionnal. 

Un autre Père mourait à Amiens le 3 janvier iSSj; le Père 
Henri Maillet, né à Amiens le 27 février 1827, ancien élève de 
Brugelette, avait été professeur de cinquième à Metz en 1854 et 
i853 ; malgré son état de maladie et de souffrances, il était fort gai 
et très aimé de ses élèves. 

Le P. Arsène Dussaussoy, ne le i3 janvier 1829, entré dans la 
Compagnie en i852, fut envoyé à Metz en 1854 comme surveillant 
de la première division ; il n'y passa qu'une année, mais son ange- 
lique piété, sa patience à endurer les souffrances qui le tortu- 
raient, son extérieur même qui rappelait les portraits de saint 
Louis de Gonzague, ont laissé un souvenir profond dans la mé- 
moire des internes de 1834. Il mourut à Angers le 17 mars 18.17. 



41 NOTES (46, 47, 48) 



En i856, un ancien Père de la résidence de Metz, le Père Glo- 
riot, aumônier militaire et émule du P. Parabère en Crimée, suc- 
combait dans les ambulances de Gallipoli, aux atteintes du choléra 
qu'il avait gagné en soignant nos soldats. 

47. Edmond Diitiwit, né le i^^'" mai i83j à Amiens, où son père 
était architecte de la cathédrale, entra à Saint-Augustin le i^r no- 
vembre 1854. Pendant deux ans, il rendit de grands services au 
P. Lauras pour la confection des plans de Saint-Clément. C'était 
un excellent élève, et malgré sa mauvaise santé et ses occupations 
qui le mettaient un peu en dehors de la \-ie commune, son carac- 
tère aimable et gai, son talent de dessinateur, sa bonne et franche 
piété le faisaient aimer de ses camarades. Bachelier ès-lettres et 
ès-sciences, il quitta Metz à la lin de 1857 pour entrer à Paris 
dans les bureaux de M. Viollet-Leduc, le restaurateur de Notre- 
Dame de Paris, du château de Pierrefoiids et l'inspirateur des 
œuvres d'architecture qui ont fait le plus grand honneur à l'art 
moderne. H devint bientôt l'élève privilégié du savant architecte 
et, tout en suivant les cours de l'école des beaux-arts, fut chargé 
par son maitre de la surveillance de travaux et de la confection 
de plans que ne semblaient comporter ni son âge, ni le peu de 
temps qu'il avait passé à étudier les principes de l'art. C'est ainsi 
qu'il prit une part importante aux travaux de restauration de Notre- 
Dame de Paris. Succédant a son père, comme architecte de la ca- 
thédrale d'Amiens, il fut chargé de missions importantes. Il atta- 
cha son nom à toute la partie architecturale et archéologique de 
la belle expédition du raai-quis de Vogué qu'il accompagna en 
Orient. 

Nommé inspecteur des monuments historiques en Algérie et 
décoré de la Légion d'honneur, Edmond Duthoit est mort à l'âge 
de 32 ans, à Amiens, le 10 juin 1889. 

48. Eustacliiiiin, tragœdiam sacravi in festo onomastico R. P. 
Jo.iVNNis Baptist.'E Stumpf. rectoris collegii metensis S. J. Discipuli 
e classibus Philos^>phia.\ rhetoriccv et Inimanitjtis reprœsentant 
actoi'cs. Die i\V Jiinii 7tS'5(S'. 

Pei'sonnaf;es : 

EusT.\CHE, connu sous le nom de Placide, général d'armée, vain- 
queur des Parthes Edouard de Moi'laincoiirt. 

Agaimte, connu sous le nom de Victor, 

fils aine d'Eustache, tribun Ausiu^te Pevssai'd. 



NOTES -48, 49) 41 I 

Théopiste, connu sous le nom de Can- 
dide, second fils d'Eustache, tribun. Henri Bertrand. 

Trajan, empereur Romain Wodpcki. 

Flavius, grand prêtre de Jupiter . . . Joseph Berrard. 

Seriîne, sénateur, conseiller de l'em- 
pereur Eugène An^eng. 

CoRBULON. ministre du palais .... Léon Bastien. 

AcHACE, serviteur d'Eustache .... Paul Le Mercier. 

Priscus, diacre Charles Chlapowski. 

Sénateurs, soldats et licteurs. Prêtres de Jupiter. Chrétiens. 
Enfants. — La scène est à Rome. 

49. « Dieu a donné à son église des apôtres, des évangélistes, 
des docteurs pour y remplir un ministère sacré, celui de former 
des saints... Les ordres religieux participent à la vie intime de 
l'Eglise, ils ont des apôtres, des évangélistes, des docteurs.. . La 
Compagnie de Jésus a les siens ; le grand archidiacre de Metz, 
l'immortel Bossuet l'a proclamé : « Et vous, dit-il, sainte et savante 
Compagnie, qui ne portez pas en vain le nom de Jésus, à qui Dieu 
a donne, vers la fin des temps, des apôtres, des évangélistes, des 
docteurs, TEglise se réjouit à la fête d'Ignace, parcequ'elle célèbre 
en lui les œuvres du docteur, de l'apôtre, de l'évangéliste, œuvres 
qui rendent témoignage à son apostolat comme les œuvres du 
Fils de Dieu rendaient témoignage à sa Divinité. » 

<■ Quelles sont ces œuvres d'Ignace r Pour les apprécier, vovons 
l'état du monde où apparaît Ignace, l'état du monde après son 
entrée dans la carrière. 

« A la première époque, le cri de Réforme retentit partout : mot 
équivoqwe. Pour les rebelles à l'Eglise, c'est la révolte ; tandis que 
pour les enfants de l'Eglise, c'est une aspiration pieuse vers les 
améliorations possibles, l'Eglise, leur mère, demeurant seule, juge 
des movens. 

« A cette époque encore que voyons-nous? L'éducation de la 
jeunesse remise à des savants, ennemis de l'Eglise ; savants super- 
ficiels et sophistes, il est vrai, doués d'une érudition de nouvelle 
forme qui éblouit et à laquelle le catholique ne sait pas encore 
répondre. 

« La méditation des vérités éternelles tombée en désuétude, les 
sacrements à peine reçus une fois l'an^, les mœurs perdues dans la 
licence la plus effrénée, l'hérésie appuyée par les Princes et mar- 
chant de conquêtes en conquêtes, les pays infidèles assis dans des 
ténèbres de jour en jour plus épaisses. 



4 I 2 NOTES (49) 

« Quarante ans après cette lamentable époque, Ignace avait agi : 
instrument docile sous la main du Pontife romain, il avait tra- 
vaille à l'application des maximes établies à Trente. Les œuvres 
dès lors lui rendaient témoignage. Des collèges nombreux peuplés 
d'une jeunesse pieuse, laborieuse et chaste, aimant et respectant 
ses maîtres ; la science, dont se vantaient les novateurs, éclipsée, 
mise en défaut par la science des fils d'Ignace; une célèbre Uni- 
versité du protestantisme réduite à créer une chaire, une académie 
spéciale pour réfuter chaque année les irréfutables controverses 
du Père Bellarmin ; l'œuvre des retraites privées établies pour les 
esprits d'élite; les missions pour les campagnes ; la piété en hon- 
neur; la divine Eucharistie, source de sainteté fréquentée avec 
amour. Plus de communionsen une semaine qu'on n'en voyait na- 
guère durant toute une année; l'hérésie attaquée dans son centre, 
au cœur de l'Allemagne, ses progrès arrêtés. Pourquoi faut-il 
que des guerres sanglantes, la politique malheureuse même des 
Princes catholiques aient entravé les succès des enfants d'Ignace.» 
L'orateur félicite Metz, malgré ses cruelles épreuves, d'avoir 
conservé le drapeau de la vraie foi. 

« Que dire de l'Angleterre, devenue schismatique, hérétique ! 
Vous V suivez à la trace de leur sang les Jésuites martvrs de leur 
héroïque dévouement au salut des âmes. 

«A la voix d'Ignace, François-Xavier va conquérir les Indes, le 
Japon et rendre à l'Eglise de Jésus-Christ plus de pavs que Théré- 
sie ne lui en a ravi. Et François-Xavier n'est pas un météore 
isole, c'est un soleil autour duquel viennent successivement briller 
mille autres étoiles. 

"Voilà une légère esquisse des œuvres d'Ignace. N'est-il pas 
vrai que ses œuvres lui rendent témoignage et le proclament 
apôtre, évangéliste, docteur ? Et toutes ces grandes œuvres n'a- 
vaient qu'un mobile : Ad majorem Dei oloriam. 

« Joie pour Met^. Heureuse la ville qui bàlit un temple au Sei- 
gneur, heureuse celle qui rétablit ses temples ruinés ! Malheureuse 
axi contraire, celle qui les détruit ou ne les répare pas. C'est une 
menace suspendue sur sa tète, le paganisme lui-même le confessait 
parla voix d'un poète (Horace). 

«Jadis on comptait quarante ou cinquante églises à Metz, on en 
a diminue le nombre. A-t-elle été plus heureuse? Sous les auspices 
de saint Ignace, Metz reprend pt)Ssession de l'église Saint-Clé- 
ment. Quelle joie pour cette cité catholique ! Que de souvenirs se 
rattachent au nom de Saint-Clément ! C'est l'apôtre, c'est le Père 
par excellence des nombreux enfants qu'il a donnes à Jésus-Christ 



NOTES (49) 413 

dans cette contrée : Si decem millia pœdagogarnm habeatis in 
Christo, sed non multos patres. 

u Joie pour les fils de saint Benoit. Quel lien mystérieux rattache 
l'ordre de Saint-Benoit à l'ordre de Saint-Ignace? le premier est 
Tordre de la solitude et du silence; le second, l'ordre de l'action 
publique et de la parole. Cependant, outre ce lien général qui 
unit toutes les œuvres de Dieu, toutes les œuvres de l'Eglise, il en 
est de particuliers qui relient les deux Instituts. Six siècles avant 
les Dominique, les François, ces glorieux patriarches de deux 
grandes familles, Benoît avait créé la vie monastique en Occident. 
La prière, l'étude, la contemplation, telle est la vie des pieux so- 
litaires, mais, au foyer de la contemplation s'allume le zèle apos- 
tolique. Souvent les peuples viennent à la porte des cloîtres 
demander aux enfants de Benoît, des apôtres et des docteurs. 
L'Angleterre, l'Allemagne, les royaumes du Nord sont évangélisés 
par ces fils de la solitude. 

« L'apostolat, premier trait de la ressemblance, premier lien. 

« Mais, dans ces siècles reculés, les apôtres, fils de Benoît, pou- 
vaient en quelque sorte emporter avec eux leur solitude ; à peine 
avaient-ils touché le sol qu'ils devaient féconder de leurs sueurs 
qu'on leur voyait construire un monastère. Là, ils venaient sou- 
vent retremper leur àme, préparer dans la contemplation de nou- 
velles conquêtes. 

« Au X\'I«^ siècle, ce m'ode d'apostolat est impraticable ; l'hérésie, 
ennemie née de toutes les antiques institutions de l'Eglise, a pris 
en horreur les moines, Ignace l'a compris ; il dégagera ses enfants 
d'une partie des observances monastiques incompatibles avec le 
plan qu'il s'est tracé. Et cependant, c'est aux pieds d'un moine, 
enfant de Saint-Benoit, dans l'antique abbaye de Montserrat qu'il 
va épancher son âme, après sa conversion. C'est sous la direction 
d'un bénédictin qu'il fait les premiers pas dans la sainteté, qu'il 
médite le plan de ses grandes œuvres. Hôte de Saint-Benoit, pour 
ainsi dire, c'est entre Manrèse et Montserrat qu'Ignace forme les 
premiers linéaments de la Compagnie de Jésus et trace, sous l'ins- 
piration du Ciel, les livres de ses Exercices. 

« 2<= lien. Le nouvel institut est fondé. Paul III a prononcé la 
parole qui fait d'Ignace et de ses disciples un ordre religieux; 
c'est encore dans une abbave de Bénédictins, à Saint-Paul hors 
des Murs, près de Rome, que le saint fondateur et ses compagnons 
prononcent les vœux de religion. Souvenir précieux pour nos 
Pères 1 Ils l'ont consacré par une table de marbre qui rappelle 



414 NOTES (4g, 5o) 

encore aujourd'hui que la célèbre basilique des enfants de Saint- 
Benoît est le véritable berceau de la Compagnie de Jésus. 

« J?e lien. Après une longue et prospère existence, la Compagnie 
disparaît dans la tourmente. Le monde catholique la pleure. Qui 
tarira la source de ces larmes? C'est l'immortel Pie VII, ce doux 
bénédictin, ce moine de l'abbaye Saint-Paul hors des Murs. Il 
ressuscite, en 1814, la Compagnie de Jésus pour le bien de l'Eglise 
universelle qui avait besoin, dit-il. au milieu des tempêtes, de ces 
rameurs expérimentés et vigoureux : Expertes et validas rémiges. 

« _/e lien. Voilà ce qui explique l'apparition d'un solitaire béné- 
dictin dans cette fête de la Compagnie de Jésus. Il a quitté sa chère 
solitude, franchi de longues distances, il est entré dans une grande 
ville. Pourquoi .-' afin d'ajouter un nouveau lien à ceux qui unissent 
les deux ordres religieux. Il surabonde de joie en parlant de saint 
Ignace, en présence du vénérable Pontife, qui aime tant la Compa- 
gnie d'Ignace, qui lui a ouvert par sa protection, par ses bienfaits, 
le collège et l'église Saint-Clement. Jouissez donc, mes Révérends 
Pères, jouissez en paix de cette ancienne demeure des enfants de 
Saint-Benoît. Nous ne dirons pas : Alii laboraverunt, vos in eoriim 
labores introistis. Non, car vous n'êtes pas des autres pour nous, 
vous êtes les amis, les frères bien-aimés de l'ordre de Saint- 
Benoit. » 

5o. Diocletiani dieni snpremum, tragœdiam sacram, infesta 
onomastico R. P. Joannis'Baptist.« Stumpf, rectoris collegii me- 
tensis S. J. Discipnli e classibus rhetoricœ et philosophicv in scena 
exhibent auctores. Die 22 Junii i85q. 

Personnages : 

DiocLÉTiEN, empereur, retiré à Salone Romain Wodr;icki. 

Candidien, fils orphelin de Maximien 
Galère, adopté par Valérie, fille de 
Dioclétien, qui avait épousé Galère. Maurice de Chanteau. 

HiÉROPHiLE, chef d'un collège de drui- 
des et de bardes, établi à Salone par 
Dioclétien Edouard de Morlaincourt. 

EuRYSTHÈNE, grand prêtre de Jupiter. Auguste Peyssard. 

Ambiorix, barde, dernier rejeton de 
la tribu des Eburons, anéantie au- 
trefois par Jules César Henri Bertrand. 

FÉLIX, chrétien, habitant de Salone et 

ancien officier de Dioclétien .... Léon Bastien. 



NOTES (3o, Si. 52) 41 5 

Albin, tribun d'une cohorte de l'armée 

de Constantin et de Ucinius, il est 

païen et dévoué à Licinius, mais ses 

soldats sont chrétiens Paul Le Mercier. 

Deux sentinelles gauloises. (Ihœur de bardes et de druides. Chœur 

de prêtres de Jupiter. Guerriers chrétiens conunandés par Albin. 

— La scène est à Salone. 

5i. Julien Bach, né à Metz le 4 novembre 1795, fut à sa sortie 
du Séminaire chargé des fonctions de professeur de seconde et de 
rhétorique au petit Séminaire de Metz. Ami du saint Père Potot, 
il put entrer avant lui dans la Compagnie de Jésus, où il fut reçu 
le 25 septembre 1823. 

Employé d'abord en Suisse, puis en Bretagne, il revint à Metz 
en i852 et V resta jusqu'à sa mort, le i5 mai 1872. Le P. Bach 
était chargé de fonctions spirituelles ; de plus, il était appelé à 
remplacer tous les professeurs qui, par suite de maladie ou pour 
toute autre cause, étaient forcés d'interrompre leurs classes. Enfin, 
il faisait un cours d'histoire naturelle et avait organisé un musée 
d'une assez grande valeur. 

Le P. Bach avait conservé d'excellentes relations avec l'ancien 
clergé de Metz. On se servit de ces souvenirs pour l'attirer dans 
plusieurs sociétés locales où l'on n'appréciait pas moins sa vaste et 
solide érudition que son caractère aimable et conciliant. C'est 
ainsi qu'il fut un des membres les plus actifs de la Société d'his- 
toire et d'archéologie de la Moselle et de la Société d'histoire na- 
turelle de Metz. Ses travaux lui ouvriront également les portes de 
la Société asiatique de Paris et de plusieurs Sociétés savantes de 
Bretagne. Il a publié un grand nombre d'ouvrages et avait amassé 
une quantité de notes et documents dans lesquels il se plaisait à 
voir ses amis et ses élèves puisera pleines mains. Nous lui sommes 
redevable de la communication d'un grand nombre de documents 
concernant le premier collège de Metz. 

Sa mort, comme sa vie, a été un modèle d'édification. Ses élèves, 
devenus hommes, en se rappelant le souvenir de cet excellent 
Père, ne retrouvent dans leur mémoire, ni une démarche, ni un 
mot de lui qui ne puisse avoir été dicté par son ardente piété et sa 
profonde sagesse. 

52. L'abbaye de Saint-Clément est, selon dom Godefroy d'Ar- 
meine, le premier couvent érigé à Metz. « Cela est indubitable et 
sans difficulté, dit-il, car tout le monde avoue que ce saint sanc- 



41 6 NOTES (52) 

tuaire fut bâti par saint Clément en Tlionneur de saint Pierre, son 
maître, l'an de N. S. 46 et fut agrandi et fait collégiale par l'E- 
vêque saint Urbice, sous le nom de saint Félix, l'an 3q6. « Cette 
première chapelle, érigée sous le vocable de saint Pierre aux 
champs, était située hors des portes de la ville, au Sablon. 

En 6i3, Théodebert, septième roi de Metz, autorisa les religieux 
suivant la règle de saint Benoit à s'installer à côté de cette église, 
avec l'agrément de l'Evêque Arnould, du vivant de saint Çolomban. 

En qSS, Adalberon I<'^ Evéque de Metz, restaura Tabbaye. Saint 
Kadroe fut appelé par Adalberon pour réformer ou pour établir 
d'une manière définitive ce monastère. Il en fut le premier abbé 
en 94(5. 

1. — Si Kadroe. Natione Hybernus et regiali prosapia ortus ; 
monachus Luxoniensis qui omnium virtutum laude refulgens 
huic cœnobio 82 annis sanctissime prœfuit ejusque festiva dies 
annuatim recolitur 6 martii. Obiit anno 978. Cui successit : 

2. — Fingeniiis. Beatas memoriee et ipse etiam Hybernus, vir fa- 
mosus et inclvtus, tantaque in rébus agens discretione et pru- 
dentia ut uno eodemque tempore trium abbatiarum regimen 
sustinuerit : Sti démentis, Sti Vitonis (St Vannes) et Sti Sym- 
phoriani, ubi collapsam disciplinam regularem restituit et ubique 
singularis suas œconomias prasclara reliquit monumenta. Prœ- 
fuit 24 annis et obiit in senectute bona non sine magna sancti- 
tatis opinione i5 oct. 1002. 

Mai 991. Sauvegarde accordée sur la demande de Dom Fin- 
genius et à la mémoire de Kadroe par l'empereur Othon III à 
l'abbave de Saint-Clement. {Arcli. de Li Préfecture.) 

3. — Haf^anus. Suis multis annis prœfuit. Obiit in pace Cal. fe- 
bruarii, anno io36. 

4. — Widdo. Monachus Luxoniensis non minus eruditione et re- 
ligione quam sanguine clarus ; in decursu suœ prelaturae florebat 
cœnobium Sancti démentis, viris sanctis et doctis velut Para- 
disum Domini. Obiit in anno loSj. 8 Kal. februarii. 

5. — Hag-aniis, Hic multis annis dignissime prœfuit. Obiit 26 avril 
1098. 

io58. Donation d'Adalbéron, Evêque de Metz à l'abbaye de 
Saint-Clément. (Arch. Pré/., titre 27.) 

La petite chapelle contre laquelle le monastère s'était établi, 
renfermait les sépultures de Saint-Clément et de plusieurs 
Evêques, ses successeurs. Le 2 mai loqo, Hérimann, Evêque de 



NOTES (b-l) 417 

Metz, fit la translation de ces reliques et les déposa dans l'éplise 
de Saint-Félix. 

En ioqS, les religieux bâtirent l'église Saint-Pierre aux arènes, 
un peu au sud de l'ancien amphithéâtre romain, près du Pâté, 
hors la porte Saint-Thiébault, dans les cantons encore appelés 
de nos jours : Jardin de Saint-Pierre, en Saint-Pierre^ le Paradis. 

En 1094, TArchevêque de Trêves, Brunon, vint à Metz, bénir 
cette église. 

6. — Anceliniis . Excellent pasteur, cher à Dieu et aux hommes. 
Mort (") nov. i 12 1 . 

7. — Adelo. Nommé par le suflVage des moines et confirmé par 
Calixte, le supérieur de tous les moines suivant la règle de 
Saint-Benoit. Mort en odeur de sainteté le 2g janvier 11 28. 

II23. Bulle du Pape Callixte II renfermant les privilèges ac- 
cordés en loqopar TEvèque Herimann. {Archives de la Préf., 
tit. 27.) 
S. — Humbert. Mort l'^r déc. ii38. [Mém. Soc. Arch. 18G4, p. 45.) 

9. — Simon. Très fidèle observateur de la règle, cessit natiiiw 
1 1 oct. 1 145. 

10. — Jean. Assista le premier à l'élection des Maitres echevins de 
Metz. Mort lo mars 1184. 

11. — Sigisbert. Evocatur in cœliim 3 avril 1190. 

12. — Gérard. Obiit i8 nov. 1194. 

i3. — ^\\^rin. Trop adonné aux choses temporelles, il laissa entrée 

au relâchement, migravit ex hoc sœculo i5 janvier 1218. [Arch. 

Préf., tit. 39.) 

12x5. L'Evèciue Conrad de Scharpeneck fit donner par le Pape 

Innocent III aux abbés de Saint-Clément, le titre de Protecteur 

de Tordre de Giteaux. 
14. — Héribert. Mort 12 août i235. 
i3. — Anselme. Obtint par ses efforts la ferveur et le retour à la 

discipline. Mort 23 janv. 1247. 

16. — Wolframm. Mort 6 mars 1262. 

17. — Constantin. Donna entrée à tous les vices. Mort i5 juin 1270. 

18. — Benedictns. Nulla le.x\ nulla régula nisi desideriorum vo- 
luptas. Mort i3 oct. 1281. 

19. — Rodolphe. Mort 26 sept. 1295. 

20. — Venerabilis Guido Gengulphus. Chéri cie tous, rétablit la 
discipline. Mort 16 août i3i9. 

21. ■ — Guillaume. Mort janvier iSSg. Par bulle donné l'an i358, 
sixième du pontificat d'Innocent VI, le Pape accorde quarante 

27 



41 8 NOTES (52) 

jours d'indulgence et vrai pardon à tout fidèle qui visitera dévo- 
tement Tegiise de Saint-Clément. 

22. — André. Mort iS mars iSjô. 

23. — Jean dit Ancel. Mort j juin iSpo. {Mém. Académie de 
Met:^, i853 ) 

24. — Theobald Louve. Enrichit le temporel, négligea le spirituel. 
Mort 10 mars 1421. {Arch. Préj., tit. 80.) 

25. Jacob Travalt. — Mort i^r février 1443. 

2Ô. — Jean Noixe. Fort docte, mais peu soigneux de nos finances. 
Mort 1460. 

27. — Paul Hennequin. Mort ù mai 1464, 

28. — Paul de Foligny ou Jacques de Foville, prieur de Saint- 
Clément, et Loiviat Percj^, moine de Saint-Clément et prieur 
de Saint-Pierre aux champs, tous deux pour lors gouverneurs 
de l'abbave. 

29. — Désire Fouillet, ancien moine de Saint-Svmphorien. Mort 
17 juillet 1480. 

30. — Claude d'Ogévillers, aumônier du Duc de Bar, conseiller 
du Duc de Lorraine, obtint une bulle par laquelle Saint-Clément 
relevait directement du Pape. Mort 3o janvier i5ob. 

Pierre Nutis, religieux de Saint-Clément, avait été élu, mais 
le Pape Jules II donna Tabbave au suivant : 
Si. — Gabriel, Cardinal de Sainte-Agathe, puis de Sainte-Praxède, 
envova pour son procurateur un nommé Michel Le Roux, en 
faveur duquel il résigna le bénéfice au bout de ti-ois ans. 

32. — Michel Le Roux, de Venise. Mort 9 juillet 1317. 

33. — Jeannot de Pandulphe, Evêque de Tricassino, au royaume 
de Naples, nommé par Léon X. Il fit gouverner par procureurs. 

34. — Georges d'Haussonville gouverna aussi par commandataire. 
Mort i5 février i534. 

35. — Robert de Lénoncourt, Cardinal, abbé de Saint-Remy, resi- 
gna Fabbave en 1540. 

36. Remy de Bousset. Fructus percipit in otio et quiète, pendant 
que Claude de .launy, abbé de Saint-Agibien, gouvernait. Mort 
en I 546. 

37. — Robert de Lénoncourl reprit le bénéfice et mourut en i55i. 

38. — TJiéodore du Chastelet résigna en i567 ^'^^ grand bien de 
son abbaye. Lors du siège de j552, Tabbaye fut complètement 
détruite. Les moines et Tabbé réfugiés à Saint-Nicolas construi- 
sirent en 1567 un petit monastère fort étroit, rue du Pontifiroy. 

39. — Jean Gérardin, premier abbé du nouveau monastère, obtint 
dans Tile dite des Pucelles, l'emplacement d'une hôtellei'ie ap- 



NOTES (52) 419 

pelée la Licorne. Tout ce qu'il y a de commodités et d'avantages 
dans cette maison lui est du. Il dit pour la première fois la 
messe dans la nouvelle église, le ler janvier 1567. 11 mourut le 
20 août i5q3 et fut enterre dans le chœur. 

40. — François de Villers reçut de Clément VU, pour lui et ses 
successeurs, la permission d'officier avec la mitre et les autres 
ornements que Jules II avait déjà concédés. Il assembla une 
belle bibliothèque et mourut le 7 juillet i6i3. {Journal de Dam 
Séb. Floret.) 

41. — Louis Gillet, prieur claustral, canoniquement élu par le 
chapitre, fut prié par le Roi en 161 5 de résigner l'abbaye à Louis 
de Nogaret de la Valette, Cardinal, l'un des fils du Duc d'Eper- 
non, gouverneur de Metz, moyennant pension de cent-cinquante 
ducats. Gillet mourut le 20 février 1616 in mafrnis miseriis et 
paupertate maxima, non quideni evangelica^seddefectuœconomiœ. 

42. — Louis de la Valette, Cardinal, Archevêque de Toulouse, abbé 
de Saint-Svmphorien, de Saint-Vincent, etc., sans avoir reçu 
les ordres sacrés. Sous son administration, le cloître fut terminé. 
Le 23 juin i636, les Pères de la réforme bénédictine ont pris 
possession de l'abbaye. En ie]3o, le Pape ordonna qu'à la mort 
du Cardinal de la Valette, Tabbaye ne fut plus donnée, mais 
qu'elle reprit son droit d'élection. 

43. — Henri de Bourbon, Duc de \'erneuil, Evèque de Metz, abbe 
de Saint-Arnould, de Saint-Vincent, etc., sans avoir reçu les 
ordres sacrés, élu unanimement par les religieux le 3 août i652. 
Il se démit de l'Evéché et de l'abbaye en faveur de 

44. — Jules Ma^arin, Cardinal, chanoine de Saint-Jean-de-Latran, 
abbé de Saint-Arnould, de Saint-Vincent, etc., prit possession 
le 21 août i653. Mort le 9 mars 1661. 

43. — François de Çlermont d'Amboise, Comte de Reynel, abbe 
commendataire 1068. 

46. — Jean de Boulogne. Mort en 1689. 

47. — Jacques Nicolas de Berthier. 1699-1718. 

48. — René de Sesmaisons. Mort en 1734. 

La fondation des nouveaux bâtiments de l'abbaye remonte à 
1668. Ce fut en i(J8o que Spinga commença les fondations de 
l'église. Elle fut achevée en 1693. En 171 5, sur les dessins de 
Spinga, le portail fut élevé par les architectes Barlet et Louis. 
Mgr de Coislin en posa la première pierre le 5 février 1715. Elle 
porte cette inscription gravée : 

D. O.M. B. M. V. Sancto Clemenii hujus ecclesiœ patrono, primo 
Metensis ecclesiw episcopo. Anno Domini iji5 die 5 februarii 



420 (notes (52, 53) 

illustrissi}}io et rcrereiidissiiiw DD. Hcnrico Carlo du Caniboiit, 
duc de Cois lin. 

4Q. — Claudc-Frauçois Besse de Ij Kichardic, chanoine et vicaire 
général du diocèse de Metz. Mort 27 juillet 1767. 

5o. — Jean du Chilleau, grand-aumônier de la cathédrale de Metz, 
aumônici- de la Reine, resigna en 1774 et devint Evèque de Cha- 
lons-sur-Saône. 

5i. — Jean-Baptiste-Hono7-é Fumce, grand-aumônier du chapitre 
de la cathédrale, né 1747; abbé 1774 à 1790, fut après la Révo- 
lution chanoine et archiprètre de Metz, grand archidiacre de la 
cathédrale. 

L'abbaye de Saint-Clément, devenue propriété nationale en 
1702, fut affectée au Ministère de la guerre. On v établit le ma- 
gasin des lits militaires et un dépôt de médicaments pour un 
corps d'armée. 

(Do.M GoDEKRov i/Armeine, Cliroiiiquc iiuuuscntc de Saiut- 
Cleinent , Histoire de Met:; par les Bénédictins, Histoire des 
Evéques de Met;; par Meurisse ; d'Hanoncelles, Met:; ancien. 
[Archives de la Préfecture. \ 

53. Académie de la classe d'huniaiiitcs. Séance publique du 
I 6 juin 1 8fi 1 . 

JEANNE D'ARC. 

1>RE^UERE PARTIE. 

Le Barde. Nanation poétique Edmond Baudouin. 

La Mission, LÀ lutte. Narration française Georges TJiomy. 
Les ADiEix. Vers latins Victor Altmaver. 

, DEUXliiME PARTIE. 

.leaniU' dAic introduite à la cour par .loan de Mciz. 

Dialogue français : Edouard Boulangé, Alfred Malherbe 

et Charles Paulus. 

Charles \1I Albert Malherbe. 

Le Co.mte Du.nois (îeorges Tliomy. 

Lahire Paul de Morville. 

Jean de Mi:tz Ignace Morawski. 

Un hit<.aui Edmond Baudouin. 

TROISIÈME partie. 
Les triomphes et le martyre. 
I. La bj':LivRANCE d'Orléans. Narratii)n 

française . . Ernest Stouls. 



NOTES (53, 54) 421 

2. Le sacrk. Narration latine Ignace Moratvski. 

3. Li-: SONGE ET LE SUPPLICE. Narration 

française Paul de Morville. 

4. ChaiNT de triomphe. Essai lyrique . . Ignace Morawski. 

JQANNEM IMPAVIDUM. 

BUKGUNDI.E DUCEM. 

Di\ima historicum, in festo onomastico R. P. Joannis Stumpf, 
Kect())'is Gymnasii Metensis S. J. Ad Sanctinn Clementem. Dis- 
cipuli e classibus philosophiœ, rhetO}-ica\ luinianilatis in scena 
exhibent auctores. Die 23 jiinii 18G1. 
Personnages : 

Charles \'II, encore Dauphin Paul de Morville. 

Robert le IVIasson, son chancelier Paul Rouyer. 

Tanneguy Duchatel, son prévôt Henri Chatillon. 

Le Sire de Barbezan, chevalier armagnac . Henri Lorquet. 

Jean sans Peur, Duc de Bourgogne .... Gaston Laviron. 

Charles de Bourbon, gendre de Jean sans 

Peur Ludovic de Joybert. 

Archambault de Foix de Navailles, cheva- 
lier bourguignon Gustave Kleine. 

Guillaume de Vienne, chevalier bourgui- 
gnon Ignace Morawski. 

IsAAC, juif astrologue Georges Thomy. 

Un capitaine armagnac, au service de Tan- 
neguy Duchatel .^ Emile Muller. 

Le commandant des gardes de Jean sans 

Peur Laurent Rohiner. 

Une sentinelle bourguignonne Auguste Haas. 

Hommes d'armes armagnacs. Hommes d'armes bourguignons. 

Six chevaliers bourguignons. Un ménestrel. Peuple. 
La scène est à Montereau et à Bray-sur-Seine, près du confluent 

de la Seine et de l'Yonne. 

(Voir V Histoire des ducs de Bourgogne, par ]\L de Barante, 
10 septembre 141Q.) 

54. LA TRAHISON. 

Drame historique en trois actes représenté à l'occasion de la fête 
patronale du R. P. Jean-Baptiste Stumpf, Recteur de Saint- 
Clément à Met:^, le 2 juin 1864. 

Personnages : 

Jean de Montfort, Duc de Bretagne. . Alfred de Testa. 

Olivier de Clisson, connétable de France Henri Castillard. 



42 2 NOTES (54) 



Le Sire de Laval, beau-frère de Clisson Albert de Ravinel. 

Le Sire de Beaumanoir, tiendra de 

Clisson Louis Lemoyne. 

D'Harcourt, page de Clisson Raymond le Joindre. 

Jean de Bavalan, gouverneur du châ- 
teau de l'Hermine Charles Marcns. 

YvoNET, premier écuyer du Duc de Bre- 
tagne Léon Vigr. 

Grandson , envoyé du Parlement de 

Bretagne Hubert Obrin. 

Le Sire de Rohan, ami de Clisson. . . Albert yLilherbe. 

Le Sire de Chateaubriand Léopold de Testa. 

Le Sire de Tanneguy Paul de Morville. 

Le Sire de Rochefort Auguste Pierronnet. 

Le Sire de Malestroit Gaston de Saint-Armand. 

Un Varlet Paul de Nicéville. 

Soldats. Varlets. Peuple. 

L'action se passe à Vannes pendant la session des Etats de 
Bretagne en iSBj. 

Académie de rhétorique. Séance publique du -j février iHh5. 
MEZZO MORTO ou le RENÉGAT 

Épisode du bombardement d'Alger en i>>6'}. 

DÉDICACE. Distiques Joseph Heinrich. 

première i^-vrtie. 

1. Exposition du sujet. Devoir français Charles du Coëtlosquet. 

2. La régence d'Alger jusqu'en Ib83. 

Narration latine Louis de yLirtimprey. 

3. Hassan et ses deux ministres. Narra- 
ration et portraits Gaston La Rivière. 

4. Le Conseil. Dialogue français .... Joseph Heinrich cl Ray- 

mond Le Joindre. 

DEUXIEME partie. 

i. Conditions de Duquesne. Scènes et 
discours Jules Warin et Nicolas Humbert. 

2. Mezzo morto aux Algériens. Discours 

en vers latins Etienne Awencr. 

3. Avènement de MilZzo morto. Narra- 
tion française Auguste Pierronnet. 



NOTES (54, 55) 423 

TROISIÈME PARTIE. 

1. L'EIl DjEHAD OU LA GUERRE SAINTE. Ode 

latine Jules Warin. 

2. HÉROÏSME d'Al Aymar et chute de 

Mezzo morto. Dialogue français. Ai7né}Mt:^etAug.Pierronnet. 

3. L'hymne DE délivrance. Ode française Eus^ène Boulangé. 

Noms des personnages : 

Hassan, Dey d'Alger NicoLis Humbert. 

Mezzo morto, amiral d'Alger Eugène Boulangé. 

Al Aymar, ministre du Dey Joseph Heinrich. 

Ibrahim, commandant des Janissaires . . Charles du Coëtlosquet. 
Le nonce apostolique d'Alger, consul 

de France Auguste Pierronnet. 

Haly-Raïs, vice-amiral d'Alger Louis de Martimprey. 

Loys, fils d'Al Aymar Raymond Le Joindre. 

Ali, fils de Hassan Gaston La Rivière. 

Osmar, esclave d'Al Aymar Aimé TT'/ï^. 

Flavigny, esclave de Mezzo morto . . . Etienne Aweng. 

Un capitaine , . . . . Jules Warin. 

La scène est à Alger, sur la terrasse de la Casbah, d'où l'on dé- 
couvre la ville et le port. 

53. BALDOMIR ou la FÊTE DU SOLSTICE D'ÉTÉ. 

Drame historique en trois actes et en vers, par le Père J. Bach, 
de l'école Saint-Clément. — Metz, Nouvian, 1867, in-iS. 

Personnages : 

Baldomir, archidruide Albert de Ravinel. 

Carismin, son fils Edouard du Coëtlosquet. 

Ulric, prince des montagnards .... Louis Poisat. 

Isménor, chef des bardes Charles du Coëtlosquet. 

Thelismar, chef des Eubages Eugène Boulangé. 

César .... Louis de Martimprey. 

Umbrenus, centurion André Moll. 

Crispus, secrétaire de César Fursy Moratid. 

Soldats romains. Chœur des druides et des bardes. Chœur des 
montagnards. Chœur des jeunes gens. 

Le théâtre représente une forêt sacrée, avec un dolmen au mi- 
lieu de l'enceinte et au second plan sur les hauteurs, les remparts 
de Divodurum. 



4.24 NOTES (5(5, 57) 



56. LE ROI JEAN ou la MORT D'ARTHUR. 

Drame historique en trois actes, représenté à l'occasion de la fête 
patronale du R. P. Jean-Baptiste Stumpf, recteur de Saint- 
Clément à Met:^, le 23 juin i86j. 

Personnages : 

Jean sans terre Albert de Ravinel. 

Henri, fils de Jean Edouard du Coctloiiqiiet. 

Arthur, fils de Geoffroy et de Constance Agénor de Tajfin. 

Des Roches, ambassadeur de Philippe- 
Auguste Albert Deguerre. 

De Bkay, capitaine des gardes Félix de Balthasar . 

Maulac, chevalier Louis Poisat. 

Chatillon, lieutenant de l'ambassadeur 

français Louis de Martimprey. 

Edouard, fils de Maulac Joseph Bour du Moulin. 

Lord Lyonnel Louis de Bouilhac. 

De Pomfret, chevalier breton Charles du Co'étlosquet. 

Sir Fai.dstorfe Edme Marcotte. 

Chevaliers. Gardes. 



5-. LE PROSCRIT ou PATRIE ET FAMILLE. 

Drame en trois actes, représenté à l'occasion de la fête patronale 
du R. P. EuGiîNE CouÉ, recteur de Saint-Clément, le 2^ Juin 1868, 

Personnages : 

André Gritti, doge de Venise Albert Deguerre. 

,, ,, , i Albert de Ravinel. 

Vivaldi, rôle partage ? , _, - r^ r 

^ ' ( André Delaslre. 

Edmond Paul Schœffer. 

Cantarino, procurateur Camille Caruel. 

Alfieri, j I Jules Thiebauld. 

Orsano, i I Albert d'Allard. 

Calcagno, f . . y Prosper Laioye. 

^ ) patriciens \ t,^- , , ,.r-; J ;• 

Ganevaro, i i Michel Miladowski. 

Spalatro, I I Anselme Laugel. 

MiCHiELi, j ( Henri Gréau. 

Patriciens et bourgeois. Gardes. Gondoliers. 



NOTES (57) 



425 



Accidéviie de Li classe de rhétorique. Séance littéraire du 
:2g janvier i (S6g. 

MARTYRE DE SAINT-SÉBASTIEN. 

Prologue par Joseph Aweng, président, 
PREMIERE PARTIE. 

L'Eglise sous Dioclétien. Exposition 

française, par . . . . Maurice de Ba:;elaire. 

SÉBASTIEN FORTIFIE LES CHRETIENS, ScèneS 

françaises, par Emmanuel Ruault. 

SébastiExN CONVERTIT LES PAÏENS. Narra- 
tion française, par Mfred Piffard. 

Conversion du premier magistrat de 

Rome. Narration latine, par Charles Médinger. 

DEUXIEME partie. 
PrEMIIÎRES victimes de la PERSÉCUTION. 

Hymne, par Maurice de Ba^elaire. 

Sébastien accusé devant Dioclétien. 

Scènes françaises, par Léon Barat. 

Sebastien percé de flèches. Narration 

française, par Georges Monnier. 

Triomphe du paganisme. OJe latine, par . Georges Arth. 

troisième partie. 

Sébastien sauvé de la mort. Narration 

française, par Charles Fiichs. 

Sébastien reparaissant devant Dioclé- 
tien. Scènes françaises, par Henri Greau. 

Mort de Sébastien. Narration latine, par Auguste Maire. 

Conclusion, par Joseph Aweng. 



Personnaoes 



Sébastien, trihun 

Dioclétien, empereur . . 
Tranquillin, sénateur . . 
MArc, fils de Tranquillin 
Marcellin, Id. 

NicosTRATE, juge 

Ariston, ami de Marc . . 

CRESCENTiEN,amide Marcellin Lucien Thomas. 



des scènes : 

Emmanuel Ruault. 
Henri Gréau. 
Charles Médinger. 
Maurice de Ba^elaire. 
Alfred Piffard. 
Charles Fuchs. 
Georges Monnier. 



426 - NOTES (57, 58, 59, 60) 

ToRQUATus, apostat Léon Barat. 

Fabien, préfet de Rome. . . . Joseph Aweng. 

Albinus, ami de Sébastien. . Georges Ar-th. 

Hyphax, centurion Auguste Maire. 

58. « Lorsque j'entends les bruits qui retentissent à la surface 
du monde social et que j'écoute, attentif, les murmures qui gron- 
dent dans son fond, je ne puis me défendre d'une- frayeur secrète 
et je me demande avec effroi si la société ne touche peut-être pas 
à l'un de ces moments terribles où le fantôme d'une civilisation 
menteuse menace de s'évanouir en quelques heures au sein d'une 
barbarie réelle. J'entends vos lèvres qui disent : Nos mteurs de- 
viennent chaque jour d'une incomparable douceur, la fraternité se 
développe, la civilisation marche. Et j'entends les âmes qui mur- 
murent : Nos jours sont chargés cie menaces inconnues, des pro- 
jets affreux se remuent au fond des cœurs, la barbarie n'est plus 
à la frontière, elle est au fond des âmes, elle attend qu'un souffle 
passe et lui dise : Voici l'heure. » 

{Conférences de Xotre-Dsinie de Paris, i'^ conférence iSSj). 

5q. Pendant son existence le collège Saint-Clément a reçu en- 
viron 200 élèves d'origine étrangère parmi lesquels on compte une 
vingtaine de Belges, trente Russes, autant de Luxembourgeois, 4 
Brésiliens, 2 Anglais, 2 Américains, 7 Autrichiens, une centaine 
de Polonais, quatorze Allemands des provinces rhénanes et quatre 
Prussiens. Parmi ces derniers, quelques-uns durent marcher 
contre la France en 1870. Deux d'entre eux périrent sur le champ 
de bataille : 

Nicolas d'Arco-Zinnenberg, né à Munich 8 janvier 1848, élève 
de Saint-Clément 1 865-66, officier au service de Bavière, tué à 
Wissembourg 4 août 1870, et Bernard de Ha^a-Radlit:^, né à 
Vienne 5 octobre 1837, élève de Saint-Clément 1854-57, capitaine 
d'infanterie, tué à Gravelotte 16 août 1870. 

60. Liste des Préfets de la Congrégation de l' Immaculée-Concep- 
tion pendant les vingt années de l'existence de Saint-Clément. 

i852. Béhé, Eugène. Mort 1861. 
i853. du Coëtlosquet, Raoul. Mort 1860. 
i855. de Briey, Eniile, Jésuite iS56. Mort 1888. 
Breck, Charles, Jésuite i856. 



NOTES (60) 427 

i856. de Geyer, Alfred, Jésuite i858. 

1857. de Briey, René, colonel de cavalerie. Mort à Nancv. 

Ehrmann, Joseph, Jésuite i858. 
i838. de Morlaincoiirt, Edouard, colonel du génie. 
iSSq. de Gouttepagnon, Onésime, Jésuite i85g. 
i8t')o. du Coëtlosquet, Gaston, ancien inspecteur des forêts. 

Altmayer, Léon, élève de l'école polytechnique. Mort i863. 

1861. de Biiyer, René, élève de l'école des mines. Mort 1870. 

1862. Bernault, Emmanuel, otîicier supérieur d'infanterie. 
Haas, Auguste, docteur en médecine, député au Reichsrath. 
Altmayer, Victor, colonel breveté d'état-major. 

i863. de Meckenheim, Henvi, o'^ciev àe mobiles, amputé et dé- 
core en 1870. 
Mardis, Charles. Mort 1882. 

1864. Stouls, Ernest, élève de l'école Polytechnique, docteur en 
droit. Préfet, révoqué 1875. 

i865. Moniiier, Laurent, curé à Saint-Aubin (Jura). 
Heinrich, Joseph, Jésuite 1872. 

i8r)t). Poisat, Louis, Jésuite 1872. 

18G8. La Rivière, Gaston, ingénieur en chef des ponts-et-chaus- 
sées. 

1869. d'Allard, Albert, officier supérieur breveté d'état-major. 

1870. de Cajupigneulle, Charles, officier supérieur breveté d'état- 

major. 

1871. Michaux, Paul, docteur en médecine. 

Foch, Ferdinand, officier supérieur d'artillerie. 

1872. Aweng, Joseph, ingénieur civil. Mort iSgS. 



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428 



(notes (6i) 



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Pilard, Charles. . 
Ponche, Anicet . . 
Poulain, Auguste . 
Pouplard, Joseph . 
Rabussier, Louis . 
Regnaulf, Achille. 
Régnier, Julien . . 
Rej-, Elzéar . . . 
Richard, Charles . 
Richard, Pi erre- M a 
Ringot, Florent. . 
Rolland, Pierre. . 
Rousseltn, Antoine 
Ruhhnann, Laurent 
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Saussié, Auguste . 
Schimpff, Casimir. 
Schlosser, Georges 
Sengler, Antoine . 


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438 NOTES (62) 

62. Élèves de Saint-Clément entrés dans la Compagnie de Jésus. 

Vogehveid, Antoine, né 5 nov. i832 à Huningue. S. J. 5 nov. i855. 
Miiel, Jean-François, né 5 mai i835 à Murville (Moselle). S. J. 

3 déc. i855. Mort i858. 
Breck, Charles, né 27 mars i838 à Metz, élève du Lycée de Metz 

1846 à i852, de Saint-Augustin i852 à i856. S. J. 2 oct. i856. 

Aumônier militaire de 1870 à 1880. 
de Briey, Emile; né 12 juillet i836 à Huy. S. J. 2 oct. i856. 

Mort 1888. 
Becker, Emile, né 19 déc. i836 à Metz, élève du Lycée de Metz 

1844 à i852, de Saint-Augustin i852 à i856. S. J. 7 déc. i856. 

Missionnaire, supérieur général de la mission duTché-ly Sud-Est 

(Chine). 
de Geyer, Alfred, né 22 sept. 1839 à Grosbliedersdorf, élève du 

Lycée de Metz 1848 a i852, de Saint-Clément i852 à i858. S. J. 

14 mars i838. Supérieur à Dijon 1888. 
Ziigmeyer, Louis, né à Strasbourg 19 janvier 1840. S. J. 22 avril 

i858. 
Stiimpf, Victor, né à Mulhouse 10 janvier 1839, élève de Saint- 

Clement 1854 à i858. S. J. 3 nov. i858. Mort i" avril 1884. 
Ehrmann, Joseph, né à Strasbourg 8 mai 1840. S. J. 12 nov. i858. 

Provincial de Champagne, 1890. 
Berrard, Joseph, né 26 nov. 1839 à Saint-Pétersbourg. S. J. 

2 déc. i858. 
Lahr, Charles, né 3i déc. 1841 à Metz. S. J. 27 sept. 1S59. 
Triick, Alfred, né 29 juillet 1841 à Strasbourg. S. J. 8 oct. 1859. 
Bastien, Léon, né i5 fév. 1842 à Metz. S. J. i5 oct. 1859. 
de Goiittepagnon, Onésime, né 11 nov. 1839. S. J. 18 nov. i85q. 
Winsbach, Charles, né 24 déc. 1840 à Saint-Avold. S. J. 7 avril 

1860. Peintre, catéchiste en Chine. 
Chenard de Manières, Paul, né 6 mai 1S41 à Metz. S. J. i^'' oct. 

1860. Mort 24 nov. 1871 à Laval. 
Rœltgen, Léon, né 20 nov. 1842 à Rodemack. S. J. 24 déc. 1860. 

Mort 29 déc. 1862 à Angers. 
Pauliis, Charles, né 8 mai 1846 à Hochfelden. S. J. 17 sept. 1862. 
Gangloff, Victor, né 23 août 1845 à Forbach. S. J. 20 nov. i863. 

Mort 9 déc. 1870 à Metz. 
Le Bail, Gabriel, né i3 nov. 1849 à Jargeau. S. J. 23 août 1S67. 
du Coctlosquet, Charles, né i3 mai i85o à Metz. S. J. 4 oct. 1867. 

Supérieure Boulogne 1890. 
Le Gcnissel, Joseph, né à Châtel (Moselle). S. J. 2 5 sept. 1868. 



NOTES (62) 439 

Caniel, Camille, né 5 août i85o à Arias. S. .1. 3i déc. 1868. 
Boiir du Moulin, Joseph, né 8 sept. i853 à Metz. S. J. 26 sept. 1869. 
Motte, Philippe, né à Tourcoing 3 janvier iS5i. S. J. 25 oct. 1869. 

Mort 12 avril 1876. 
Zimmermann, François, né à Metz 12 avril iS53. S. J. 2 avril 

1871. Mort 22 juin 1876 à Dijon. 

Boulangé, Eugène, né 22 juin i85o à Metz, docteur en droit, avo- 
cat à Nancy, engagé volontaire 1870. S. J. i"'' nov. 1876. 

de Faultrier, Emile, né 18 mars i85i à Metz. S. J. 23 mai 1871. 

Poisat, Louis, né 12 juillet 1849 à Belfort, S. J. 28 janvier 1872. 
Supérieur à Belfort i.88q. 

Heinrich, Joseph, né 16 mai 1848 à Ammerschwihr. S. J. 24 fév. 

1872. Supérieur à Dijon 1891. 

Viard, Louis, né 24 déc. 1854 à Neufchâteau. S. J. 29 oct. 1872. 
Mort 20 mars 1882 à Gharleroi. 

Piffard, Alfred, né 12 août i853 à Molsheim. S. J. 18 nov. 1872. 

(.Aignien, Edmond, né 24 juillet i855 à Vézelise. S. J. i3 janv. 1873. 

Heymès. André, né 7 oct. 1864 à Metz. S. J. 29 déc. 1880. 

Assy, Eugène, né à Reims 5 juin 1854. S. J. 28 nov. 1876. 

Lornuller, Victor, né à Benfeld 17 janv. 1865, médecin-major au 
4<' d'artillerie. S. J. 3 avril 1884. Missionnaire en Chine. 

de Fontenay, Joseph, né 20 mai i85G à Baccarat. S. J. 12 nov. 1874. 
Mort i5 janvier 1892. 

Henry, Ernest, né 9 août i855 à Chénée. S. J. 17 nov. 1875. 

Monroë, François, né 2 juin i855 à Chervé S. J. 4 nov. 1874. 
Missionnaire en Amérique. 

Valeur, Henri, né 3 oct. 1857 à Mèzières. S. J. 5 nov. 1875. 

Morawski, Ignace, né i5 août 1845 à GrefFemberg. S. J. 

Reimsbach, Paul, né 19 mai i85 5 à Metz. S. J. 7 oct. 1874. Mis- 
sionnaire en Chine. 

Lallemand, René, né 24 déc. 1844 à Sarreguemines. S. J. le"' fév. 
1867. 

Mangin, Léon, né à Verny 3i juillet 1857. S. J. 5 nov. 1875. Mis- 
sionnaire en Chine. 

Durouchoux, Charles, né i3 avril i855 à Paris. S. J. 20 avril 1872. 

Havret, Justin, ne 25 mars 1857 à Vassy. S. J. 11 nov. 1876. 

Havret, Henri, né i5 nov. 1848 à Vassy. S. J. 19 avril 1872. Mis- 
sionnaire en Chine. 

Tardif de Moidrey, Joseph, né 2 déc. i858 à Metz. S. J. i3 mai 
1876. 

Gouverneur, Jules, né 23 nov. 1859 à Hirson. S. J. 7 sept. 1878. 

Rodet, Raymond, né i'^'- janv. i858 à Longeville. S. J. 9 sept. 1879. 



440 



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Billot, Louis, né 12 janv. 1846 à Sierck. S. J. 26 nov. 1869. 

Deligny, Eugène, né à Bourmont. S. J. 19 juin 1876. 

Gény, Pierre, né à Baccarat 18 mars 1860. S. J. 3o oct. 1878. 

de Ha:fa-Radlit^, Ignace, né à Lewitz 2 fév. 1846. S. J. 

Mathieu, Gabriel, né à Dieuze 20 juillet 1S57. S. J. 3o sept. 1876. 

Missionnaire en Chine. 
Reimsbach, Alphonse, né à Metz 8 mars 1862. S. J. i5 oct. 1881. 
Reimsbach, Jules, né à Metz 29 sept. 1854. S. J. 9 oct. 1875. 

SAINT-CLÉMENT 
Prix dlwnneur de i852 à iSyj. 

MATHÉMATIQUES SPÉCIALES 

Eugène Bélié, de Massevaux (Haut-Rhin), étudiant en droit. 
Mort 1861. 

Charles Breck, de Metz, Jésuite, aumônier militaire 1870 
à 1880. 

René de Briey, de Metz, colonel de cavalerie. 

Eugène Aweng, d'Orléans, élève de l'Ecole centrale, direc- 
teur des forges de Styring-Wendel. 

Charles Althoffer, de Guebwiller, élève de l'Ecole centrale, 
industriel. 

Edouard de Morlaincourt, de Montpellier, colonel du génie. 

Léon Altviayer, de Saint-Avold, élève de l'Ecole polytech- 
nique. Mort à l'Ecole i863. 

Paul Cadet, de Metz, élève de l'Ecole centrale, ingénieur 
civil. Mort 1869. 

Jean de Pange, de Pange, officier supérieur d'artillerie. 

Urbain Cheyre:^y, de Bessas (Ardèche), élève de l'Ecole de 
Saint-Cyr, sous-lieutenant. Mort 1868. 

Edouard Boulangé, de Metz, élève de l'Ecole polytechnique, 
de l'Ecole des mines. Mort 1878. 

Nicolas Petit, de Dom-le-Ménil (Ardennes), officier supé- 
rieur du génie. 

Olivier de Sailly, de Metz, élève de Saint-Cyr, sous-lieute- 
nant d'infanterie. Tué à Saint-Privat 1870. 

Léo7i de Lamothe, de Metz, colonel d'artillerie. 

Gaston La Rivière, de -Saint-Avold, ingénieur en chef des 
ponts-et-chaussées. 

Jules Warin, de Metz, officier supérieur d'artillerie. 

Adrien de Ba^elaire, de Briey, oflicier du génie. 

Louis de Ferry, de Paris, officier supérieur d'artillerie. 



iS55. 

i85b. 

1857. 
i858. 

1859. 

1860. 
1861. 

1862. 

i863. 
1864. 

1865. 

1866. 

1S67. 

1868. 
1869. 

1870. 
1871. 
1872. 



NOTES {(ri) 141 

MATHÉMATIQUES ELEMENTAIRES 

1837. Alphonse Poiihiidire, de l>oulav, notaire. Mort iXSC). 

i858. Charles AlllioJ/cr, de Gucbwiller, inijenicui' civil, iiulustricl, 

iSSg. Edmond Marchai, de Strasbourg. 

1860. Gaston du Cuctlosqiict, de Metz, -ancien inspecteur des forêts. 

1861. Fernand Maui-y, de Metz, officier supérieur d'infanterie. 

1862. Victor Kolb, de Marckolsheim, officier supérieur d'infanterie. 
iS63. Victor Altviaycr, de Saint-Avold, colonel breveté d'état- 
major. 

1864. Lucien Dubois, de Metz, inspecteur des forêts. 

i865. Maurice Bouche^, de Thionvillc, inspecteur des forêts. 

1866. Jules Richard, de Vitré, élève de l'Ecole centrale, de l'Ecole 

forestière n" i, de l'Ecole des chartes. 

1867. René Mathis de Grandseitle, de Blamont, capitaine de mo- 

biles 1870, archiviste paléographe, ancien garde général 
des forêts. 

1868. Charles Robinet de Cléry, de Metz, sous-lieutenant de chas- 

seurs. Tué à Gi-avelotte 1870. 
i86y. René Durand de Ramefort, de Ramefort (Dordogne), officier 
supérieur d'infanterie. 

1870. André Sordet, de Saint-Germain (Saône-et--Loire), officier 

supérieur de cavalerie. 

1871. Emmanuel Ruault, de Metz, officier supérieur d'artillerie 

de marine. 

1872. Louis Bride, de Freisdorf, officier d'infanterie. 

PHILOSOPHIE 

1854. Raoul du Coëtlosquet, de Metz. Mort 1860. 

i855. Charles Breck, de Metz, .lésuite. 

iS56. Paul Purnot, de Metz, avocat à la cour de Metz. Mort i8(')r). 

1857. Joseph Ehrmaun, de Strasbourg, Jésuite, provincial i8(jo. 

i858. Léon Altmaj-er, de Saint-Avold, élève de l'Ecole polytech- 
nique. Mort i863. 

1859. Charles Chlapowski, de Czer\vt)nawicz. 

18G0. Henri Bertrand, de Briey, avocat, maire de Briey, conseiller 
général. Mort 1889. 

1861. Paul Deguerre, de Rambervillers. Mort 1862. 

1862. Auguste Haas-Rohmer, de Barr, docteur en médecine. 
i863. Edouard Boulangé, de Metz, élève de l'école pol)technique, 

des mines. Mort 1878. 
iSe)4. Charles Marcus, de Metz. Mort 1882. 



442 NOTES (62, 63) 

i865. Félicien Grivel, de Valtin (Vosges), docteur en droit, ma- 
gistrat. 

1866. Aimé Wit^, de Cernay, élève de TEcole centrale, docteur 

ès-sciences, professeur à l'Université catholique de Lille. 

1867. Gabriel Le Bciil, de Jargeau (Loiret), .Jésuite. 

1868. Prosper Clément de Grandprey, de Haguenau, officier du 

génie. 
i8Gy. Michel Miladowski, de Wilna, docteur ès-lettres, agrégé de 
rUnivei'sité, professeur. Mort iS8(j. 

1870. Alfred Piff'ard, de Molsheim, Jésuite. 

1871. Jules Reimsbacli, de Metz, Jésuite. 

1872. Jules Méot, de Conflans, officier d'inlanterie. 

RHKTORIQUK 

i853. Eugène Béhé, de Massevaux. Mort 1861. 

1854. Félix Bastien, de Mirecourt, banquier à Paris. 

1855. Edmond Diilhoit, d'Amiens, architecte du gouvernement, 

inspecteur des monuments historiques. Mort 1889. 

i856. Alfred de Geyer, de Sarreguemines, Jésuite. 

1837. Edouard de Morlaincourt, de Montpellier, colonel du génie. 

i858. Charles Clilapowski, de Czerwonawicz. 

i8Sq. Henri Bertrand, de Briey, avocat, maire de Briey, conseil- 
ler général. Mort i88g. 

i8(")o. Emile Mnller , de Bouzonville, contiôleur principal des 
contributions directes. 

1861. Auguste Haas-Rohmer, de Barr, docteur en médecine. 

1862. Paul Rousselot de Morville, de Nancy, docteur en droit, 

auditeur à la Cour des comptes. Mort i885. 

i863. Joseph Zoltowski, d'Urbanow. 

1864. Victor Jacquemard, de Vouziers, avocat. Mort 1888. 

i8(J3. Joseph Heinrich, d'Ammerschwihr, Jésuite. 

i8(;b. Edouard du Coetlosquet, de Metz, docteur en droit, volon- 
taire 1870, abbé de Saint-Maur de Glanfeuil. 

1867. Charles Vuillaume, de Buchy. 

1868. Camille Caruel, d'Arras, Jésuite. 

1869. Charles Médinger, de Rombas, emplové des douanes. 

1870. René Herpin, de Saint-Dié, ingénieur des ponts-et-chaus- 

sées. 

1871. Louis Viard, de Neufchâteau, jésuite. Mort 1882. 

1872. Georges Saunois de Chevert de Metz, avocat. 

63. Parmi ces derniers, nous citerons : Charles Pierron, avocat 
général à Douai; Tony Marlier, avocat général à Aix ; Louis de 



NOTES (63, 64) 443 

Lonias , substitut du procureur général à Caen ; Henri Roget, 
avocat général à Clermont-Ferrand ; Jules Guesquin, juge à Char- 
leville ; Raymond de la Gorce, procureur de la République à Douai ; 
Gaston de Maillier, procureur de la République à Rochefort ; 
Adrien Bouchon-Garnie}-, procureur de la République à Rocroy, etc. 
On peut ajouter à cette liste un secrétaire général de préfecture, 
trois sous-préfets, des conseillers de préfecture et plusieurs mem- 
bres de l'administration des finances. 

64. Le R. P. Jean-Baplisic Stinnp/, né le 9 février 1817, élève 
de Fribourg, entré au noviciat le 16 octobre iS3j. Professeur et 
surveillant aux collèges de Fribourg et de Brieg. 

Professeur de philosophie à Brugelette i85o, à Liesse i85i. 

Profès à Saint-Augustin à Metz le 2 février 1854. 

Préfet des études à Metz, en même temps que professeur de 
mathématiques des élèves de seconde, chargé en outre de la sur- 
veillance générale de la bibliothèque, des malades, confesseur et 
de plus en i833 ministre des maisons de Metz. 

Recteur de Saint-Clement du 17 septembre iSSjau 23 août 1867. 

Missionnaire en Kabilie 1867. 

Ministre, préfet d'église et président du cercle des jeunes gens à 
Lille 1868. 

Aumônier militaire 1870. 

Recteur de Saint-Clément du 21 juin 1871 au 28 juillet 1873. 

Recteur du collège Saint-Ignace de Dijon 23 juillet 1873. 

Mort à Dijon 3 décembre 1878. 

Que de fois nous avons voulu essayer d'écrire la vie du Révérend 
Père Stumpf! 

Chaque fois la plume est tombée de nos mains. Les renseigne- 
ments font défaut. . . On s'adresse au.\. Jésuites ; ils ont en véné- 
ration la mémoire de leur frère, mais ne savent que vous répondre • 
Le P. Stumpf. . . il a suivi sa règle, il a obéi à ses supérieurs, il 
était doux et humble de cœur, il aimait ses frères et ses enfants. 
On demande à Lille, en Algérie, en Allemagne. Partout où il a 
passé, tous écrivent : il nous a soulagés, il nous a consolés, il a 
guidé nos enfants, pansé nos blessures, adouci nos souffrances 
Transiit benefaciendo. 

Et cependant cette vie est celle d'un saint. Ses œuvres montrent 
une force de volonté, un génie d'organisation, un talent surhumain 
à manier les cœurs et les âmes. Que de fois avons-nous vu des 
gens indifférents, hostiles même, quitter le Père Stumpf, ralliés à 
la grande cause qu'il défendait ou, tout au moins, convertis et 



444 NOTES (64) 

favorables à ses projets. Il savait par sa douceur, par sa franche 
bonhomie, par son esprit charmant, s'attirer l'affection de tous 
ceux qui l'entouraient. C'est lui qui a enseigné à tous ces jeunes 
gens morts sur les champs de bataille à mêler Théroïsme du sol- 
dat à la résignation du martyr. C'est lui qui a su imprimer dans 
des âmes de vingt ans de tels sentiments de foi et de patriotisme 
qu'elles étaient heureuses de se sacrifier pour l'Eglise et pour la 
France. 

En quittant Metz, le Père Stumpf avait été envoyé à Dijon, pour 
y fonder le collège Saint-Ignace. Là, comme à Metz, il aborda 
carrément la position. Il apprit à tous ceux qui l'approchèrent à 
vénérer et à aimer les Jésuites. Il sut en peu de temps se concilier 
l'estime et l'affection de toute la population de cette grande ville. 

Usé et épuisé par tant de luttes et de travaux, le Père Stumpf 
est tombé à l'âge de 62 ans. 

Pendant les derniers jours de sa vie, il supporta avec une pa- 
tience et un courage héroïques d'intolérables souffrances. Le 
médecin qui le soignait, répétait: «Je ne comprends pas où cet 
homme peut prendre la force de souffrir comme il le fait. » Pen- 
dant les dernières angoisses de son agonie, torturé par d'indicibles 
douleurs, il répétait: «Mon Dieu, je ne peux pas dire aiuplius , 
mais je ne veux pas dire satis. » Il savait l'etïicacité de la souffrance 
volontairement acceptée et quand on lui faisait respirer du chlo- 
roforme, il disait en souriant: «Jésus, sur la croix, n'avait pas de 
chloroforme. » 

Dans cette lutte terrible entre la vie et la mort, il eut la joie de 
recevoir la bénédiction paternelle du Souverain-Pontife. Contrai- 
rement aux prévisions de la science, ses derniers moments furent 
calmes; il régla lui-même, comme recteur de la maison, le céré- 
monial de ses obsèques jusque dans ses moindres détails, ordon- 
nant la plus grande simplicité et s'éteignit le mardi 3 décembre 
1878, à six heures trois quarts du matin, soutenu et assisté par 
son neveu, le Père Victor Stumpf. 

Ses volontés ont été scrupuleusement observées. Le convoi du 
pauvre l'emmena à sa dernière demeure. Il était suivi par toute la 
population catholique de Dijon. Nulle parole humaine ne retentit 
au moment où se comblait la tombe de l'humble religieux. 

Toutefois, dans toutes les villes où se trouvaient des élèves de 
Saint-Clément, ils firent célébrer un service solennel, touchant 
témoignage de leur affection et de leur vénération. 

Ce service à Nancy fut célébré le 3 décembre. Une assistance 
nombreuse, composée en majeure partie d'anciens élèves de Saint- 



NOTES ((34) 44b 

Clément, venus des départements voisins et du fond de l'Alsace et 
de la L.onaine remplissait la chapelle de la résidence des Jésuites. 
Le sanctuaire, orné par les femmes, les mères et les sœurs des 
anciens élèves, les chants dirigés par le R. P. Truck, tout était de 
nature à impressionner vivement l'auditoire. En quelques mots 
émus, le R. P. Félix, alors supérieur de la résidence de Nancy, a 
retracé les liens qui l'unissaient au PèreStumpfet a montré la perte 
immense que faisaient la Compagnie de Jésus, la France et l'Eglise. 
Il termina en développant cette pensée que la plus grande gloire 
du Père Stumpf était dans ses enfants et que ceux-ci n'avaient 
qu'à se montrer pour faire deviner ce qu'avait été leur maître. 

<f In sfc»i beatiX' resurreclionis ! C'est le rendez- vous qu'il donne 
à ses anciens élèves qui, dispersés aujourd'hui, apprennent sa mort 
prématurée. Il n'est plus là, prêt à répondre au premier appel, cet 
ami si fidèle, ce père si dévoué, ce conseiller si sage. Il n'est plus 
là, mais sa mémoire et ses exemples lui survivent. Il laisse der- 
rière lui toute une génération d'hommes de foi et de courage, 
fidèles à ses enseignements, animés de son esprit, prêts comme lui 
à user leurs forces et à offrir à Dieu leur mort pour l'Eglise et 
pour la France. » 

Des articles nécrologiques parurent dans plusieurs journaux, 
nous ne donnerons ici que les lignes suivantes insérées dans le 
Vœu national de Metz : 

n Un éminent serviteur de Dieu vient de recevoir la récompense 
de ses grands et nombreux travaux. Le R. P. Stumpf, ancien rec- 
teur du collège Saint-Clément, vient de mourir à Dijon, où, au 
prix d'inénarrables fatigues, à travers mille obstacles, il avait 
fondé une maison d'éducation aujourd'hui en pleine prospérité. Il 
n'est pas un de nos concitoyens qui n'ait au moins vu cette franche 
et lovale figure qui était l'enseigne de ce cœur excellent, de cet 
esprit aimable, de ce caractère entre tous sympathique. Homme 
du monde et prêtre édifiant, la virilité de sa volonté, le zèle de son 
apostolat, le parfum de ses vertus en faisaient une de ces physio- 
nomies à part qui commandaient le respect et l'estime. Dévoué 
jusqu'à l'immolation, aux intérêts de la jeunesse, il a usé ses forces 
pour lui assurer les bienfaits d'une éducation à la fois achevée et 
chrétienne. Déjà malade, accablé par la souffrance, il se raidissait 
contre ses atteintes pour accomplir sa mission et l'on peut dire 
que le vaillant lutteur est mort à la peine. Jeune encore, mais usé 
par l'excès du travail, affaibli par l'assaut des épreuves qui n'ont 
pas manqué à sa vie militante, il s'est éteint prématurément, ou 
plutôt il est mort debout et toujours à l'œuvre. Il n'avait pas fini 



446 NOTILS (64) 

sa tâche ici-bas, mais il lui avait donne toute son activité, toute 
son intelligence, toute son àme et Dieu, dans sa miséricorde, en 
a abrégé la durée et l'a trouvé mûr pour le ciel. 

« La nouvelle de sa fin sera accueillie à Metz avec une doulou- 
reuse émotion. Beaucoup de nos concitoyens pleureront en lui le 
conseiller prudent, l'ami fidèle, le bienfaiteur spirituel de leurs 
enfants et sa chère mémoire ne périra pas parmi nous. » 



GiP BlTl os 




TABLE DES MATIERES 

Pages 

1^1'^'t'^tcc xiri 

PREMIÈRE PARTIE 

COLLÈGE SAINT-LOULS 

Chapitre ]"'. — La réforme à Metz 3 

Chapitre II. — Etablissement des Jésuites à Metz . . . i3 

Chapitre III. — Fondation du collège de Metz 23 

Chapitre IV. — Translation du collège rue de la Chèvre 34 
Chapitre V. — De la révocation de Tédit de Nantes à 

la suppression du collège 54 

Chapitre VI. — Suppression de la Compagnie de .îésus 71 

DEUXIÈME PARTIE 

RÉSIDENCE DE METZ. COLLÈGE SAINT-CLEMENT 

Chapitre I". — Rétablissement de la Compagnie de 

Jésus. Résidence de Metz 85 

Chapitre II. — Histoire du second collège de Metz . . 121 

Chapitre III. — Dernières années de Saint-Clément . . 216 

Notes et Pièces justificatives 317 



STRASBOURG, TYPOGR. V. X. LE ROUX & C'", IMI'U. DE l'ÉVÊCHÉ. — lO.DDI 



,9 







BOSTON COLLEGE 



3 9031 024 82045 8