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Full text of "Les poissons du basin du Congo"

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HEALTH SCIENCE LIBRARY 
STATE UNIVERSITY OF NEW YORK AT BUFFALO 



LES POISSONS 



DU 



BASSIN DU CONGO 



LES POISSONS 



DU 



BASSIN DU CONGO 



PAR 



G. A. BOULENGER 

Membre de la Société Royale de Londres et de la Société Zoologique de Londres, 

Membre correspondant de l'Académie royale des Sciences de Turin, 

de l'Académie des Sciences de New-York, 

de la Société impériale des Amis des Sciences naturelles de Moscou, 

de la Société Senckenbergienne de Francfort-sur-le-Mein, 

de la Société Linnéenne de Bordeaux, 

de la Société d'histoire naturelle de Bâle, de l'Union des Naturalistes de Magdebourg, 

de la Société Scientifique de Boston, du Musée national de Para (Brésil), 

Membre honoraire de la Société Scientifique du Chili, 

Membre de la Commission permanente d'étude du Musée Colonial de l'État du Congo. 



BRUXELLES 

Publication de l'État Indépendant du Congo. 
1 90 1 



45^ 




PRÉFACE 



En publiant ce livre, le premier traité d'un grand groupe d'ani- 
maux envisagé sur toute iétendue du bassin du Congo, je ne me 
dissimule pas combien il est incomplet. Certes, je pouvais attendre; 
mais il se passera encore bien des années avant que l 'exploration du 
vaste territoire de l'État Indépendant n'atteigne un degré satisfai- 
sant et il m'a semblé faire chose utile en réunissant dès à présent tous 
les matériaux disponibles en un ouvrage qui permette de se rendre 
compte de l'état de nos connaissances sur les poissons et qui puisse 
servir de point de départ à des études plus approfondies, non seule- 
ment sur la distinction des espèces, base de toutes recherches, mais 
aussi sur leur distribution, leurs mœurs et leur développement. 

Toutes les descriptions sont faites d'après nature. Outre l'étude des 
riches collections du British Muséum et du Musée du Congo, qui ren- 
ferment la grande masse des matériaux qui ont servi à cet ouvrage 
et dont, en raison de mes fonctions , f ai pu user sans entraves, il m'a 
été permis d'examiner et de décrire tous les spécimens du Congo con- 
servés aux Musées de Paris, de Gênes et de l'Université d'Utrecht, 
les seuls qui, avec les deux établissements déjà cités, contiennent des 
exemplaires types de poissons de cette partie de l'Afrique. En faisant 
allusion aux facilités qui m'ont été accordées, je tiens à exprimer 
publiquement mes remerciements à M. le professeur L. Vaillant, 
du Muséum d'histoire naturelle, à M. le marquis J. Doria et 
M. le docteur R. Gestro, du Musée civique de Gênes, et à M. le pro- 
fesseur Hubrecht, d'Utrecht. 

Les planches, qui accompagnent cet ouvrage sont également toutes 
originales, ce sont des réductions des planches lithographiées d'après 
nature, pour les Annales du Musée du Congo et pour mes Mémoires 
sur les Poissons du lac Tanganika, par mes excellents artistes 
MM. P. J. SmitetJ. Green. Les indications relatives à la coloration 
pendant la vie sont prises sur des aquarelles de feu Paul Delhe\ 
et de MM. Dardenne et Questiaux, faites pour le compte de l'Etat, 
ainsi que sur celles exécutées au Tanganika par mon ami M. J. 
E. S. Moore. Enfin, les noms indigènes sont transcrits d'après les 



IV 



PRÉFACE 



notes prises par MM. Wilverth, Delhe\, Dardenne, Hens et Weeks 
dans divers districts. Je n'ai rien emprunté à autrui sans en indiquer 
la source. 

Puisse cet ouvage, auquel j'ai consacré, pendant plus de deux ans, 
les loisirs que me laissent mes occupations officielles, avoir pour pre- 
mier résultat de donner l'impulsion qui manquait à V étude d'une 
classe d'animaux dont l'importance tant économique que scientifique 
ne saurait être exagérée. Que ce résultat se produise de suite ou non, 
on ne peut plus dire que la faune ichthyologique du Congo est pres- 
que inconnue, et je m'' estime heureux d'avoir pu contribuer, dans la 
limite de mes faibles moyens, à la grande œuvre d' avancement scien- 
tifique entreprise par le Gouvernement de l'Etat Indépendant du 
Congo. 




Banana, pirogue indigène. (Photographie de M. le major Wcyns. 



INTRODUCTION 



I. Caractère général de la faune ichthyologique 

DE L'AFRIQUE. 

En esquissant la distribution géographique des poissons d'eau 
douce d'Afrique, il y a lieu, tout d'abord, d'exclure la chaîne de l'Atlas 
et la zone au nord de celle-ci (Maroc, Algérie, Tunis), dont la faune, 
peu variée, ne diffère pas essentiellement de celle de l'Europe, par suite 
de la continuité qui a existé, à une époque géologique peu reculée, 
entre cette partie du monde et le district en question ; continuité 
qu'atteste, en ce qui concerne les poissons, la présence dans ce der- 
nier d'une truite, d'un gardon et d'une épinoche, ainsi que l'absence 
de tous éléments strictement africains. La Mauritanie fait donc partie 
de la région paiéarctique, ainsi désignée par Sclater, qui comprend, 
outre l'Europe, l'Asie septentrionale et tempérée. Par contre, et 
comme pour contre-balancer cette perte de territoire, la faune ichthyo- 
logique africaine pousse une pointe en Asie, dans la région du Jour- 
dan, dont un grand nombre des poissons sont semblables à ceux du 
Nil. 

Après exclusion de la Mauritanie, la faune des poissons d'eau douce 
de l'Afrique se montre très homogène. Elle s'appauvrit beaucoup dans 
la partie au sud du tropique du Capricorne, perdant les représentants 
d'un grand nombre de familles, comme les Polyptérides, les Lépidosi- 
rénides, les Mormyrides, les Notoptérides, les Characinides, les 
Mastacembélides, la plupart des Silurides ; mais cette partie australe 
ne se distingue que par la présence, au cap de Bonne-Espérance, d'un 
seul type étranger au reste du continent, un Galaxias, membre d'une 
petite famille propre à l'extrême sud de l'Amérique méridionale 
et de l'Australie, ainsi qu'à la Nouvelle-Zélande. Le fait que certaines 
espèces de Galaxias vivent à la fois dans l'eau douce et dans la mer, 
suffit à expliquer la distribution si curieuse de cette petite famille, 
sans qu'il soit nécessaire de faire appel à l'existence dans le passé d'un 
continent antarctique. Il est probable que les Galaxias ont été autrefois 
plus répandus, comme formes marines, tout autour du globe au sud du 
tropique du Capricorne, et que certaines espèces, en s'adaptant entière- 
ment à la vie en eau douce, se sont localisées aux points si éloignés les 
uns des autres d'où nous les connaissons aujourd'hui. 



VI INTRODUCTION 

Les grandes îles à l'est du continent africain présentent peu d'inté- 
rêt, par suite de la pauvreté de leur faune dulçaquicole. Les Séchelles 
n'ont que quelques Cyprinodontides et un Centrarchide (Kuhlia), 
et Madagascar ne possède que peu de représentants de la famille 
des Cichlides (avec un genre en propre), de celles des Silurides, des 
Cvprinodontides et des Centrarchides (Kuhlia) Le caractère de la 
faune ichthyologique de Madagascar est donc négatif, fait fort surpre 
nant eu égard à la composition si remarquable de la faune terrestre 
de cette vaste île. 

On connaît environ 58o espèces de poissons des eaux douces de 
l'Afrique, après exclusion des espèces marines, dites catadromes, qui 
pénètrent plus ou moins avant dans les rivières sans s'y reproduire, 
telles que les Anguilles et les Muges. L'Afrique tropicale ne possède 
pas de formes anadromes, c'est à dire vivant une partie de l'année en 
mer et se rendant en eau douce pour la reproduction, comme les 
Esturgeons et les Saumons. 

Les 58o espèces se répartissent en 22 familles, dont voici la liste 
avec l'indication de leur distribution en dehors de l'Afrique. 

Polypteridœ. 

Lepidosirenidœ (Amérique S.). 

Mormyridœ . 

Notopterida? (Asie S. E.). 

Osteoglossidœ (Asie S. E., Amérique S., Australie). 

Pantodontidœ. 

Phractolœmidœ. 

Clupeidœ (Cosmopolite). 

Galaxiidœ (Amérique S., Australie, Nouv.-Zélande). 

Characinidœ (Amérique C. et S.). 

Cyprinidœ (Europe, Asie, Amérique N.). 

Siluridœ (Cosmopolite). 

Cyprinodontidœ (Europe, Asie, Amérique). 

Ophiocephalidœ (Asie S. E.). 

Anabantidœ (Asie S. E.). 

Osphromenidœ (Asie S. E.). 

Nandidœ (Asie S. E., Amérique S.). 

Serranidœ (Cosmopolite). 

Centrarchidœ (Asie S. E., Amérique N., Australie . 

Cichlidœ (Asie S. E., Amérique C. et S.). 

Mastacembelidœ (Asie S.). 

Tetrodontidœ (Cosmopolite entre les tropiques). 



AFRIQUE VII 

Des quatre familles propres à l'Afrique, la plus importante par le 
nombre des genres et des espèces est celle des Mormyrides. Les Poly- 
ptérides, quoique moins nombreux, sont d'un intérêt plus grand encore 
comme seuls membres vivants d'un groupe richement représenté aux 
époques primaire et secondaire : l'ordre des Crossoptérygiens. Ces 
deux familles ont une distribution très étendue, leurs espèces se ren- 
contrent dans le Nil et dans les eaux de toute l'Afrique tropicale à 
l'exception du bassin du Zambèse pour les Polyptères et du lac Tan- 
ganika pour les Mormyres. Les deux autres familles que l'Afrique 
possède en propre ne consistent chacune qu'en un genre à espèce 
unique, le Pantodon Buchholp, Peters, dont l'habitat connu s'étend 
de Cameroun au Congo, et le Phractolœmus Ansorgii, Blgr., décou- 
vert tout récemment dans le delta du Niger. 

Des familles dont l'aire géographique est restreinte à deux parties 
du monde, cinq sont communes à l'Afrique et au Sud de l'Asie 
(Région indienne) : les Notoptérides, Ophiocéphalides, Anabantides, 
Osphroménides et Mastacembélides ; deux à 1* Afrique et à l'Amérique 
méridionale : les Lépidosérinides et les Characinides. L'affinité avec 
l'Asie est donc beaucoup plus grande qu'avec l'Amérique, ce qui est 
rendu plus évident encore par le fait que les genres sont les mêmes 
dans les deux premières de ces régions, tandis que l'Amérique ne 
possède que des genres souvent fort voisins mais non identiques à 
ceux de la faune africaine. Trois familles enfin, les Ostéoglossides, 
Nandides et Cichlides, sont propres à la fois à l'Afrique, à la région 
indienne et à l'Amérique du Sud, la première étant représentée en 
outre dans le Nord de l'Australie. 

On peut donc dire que la faune ichthyologique africaine présente le 
plus de rapport. avec la région Indienne ou Orientale, ensuite avec la 
région Sud-Américaine ou Néotropicale; la ressemblance avec la 
région Paléarctique ou Européo-Asiatique ne vient qu'en troisième 
ligne et à un degré incomparablement moindre. 

La faune dont il est question se montre en son plein développe- 
ment dans la région située entre les tropiques, ainsi que dans le cours 
entier du Nil. Car c'est un fait bien connu, que la population ich- 
thyique d'un fleuve est essentiellement la même dans toute l'étendue 
de son parcours et que cette faune revêt le caractère, non des contrées 
que traverse le fleuve, mais des pays dans lequel il prend naissance et 
reçoit ses principaux affluents. Les poissons strictement d'eau douce 
de la Basse-Egypte sont donc des formes tropicales dont le caractère 
contraste même assez fortement avec celui de la faune terrestre 
des rives du fleuve. Un fait fort remarquable est la grande ressem- 
blance qui existe entre les poissons du Nil et ceux du Sénégal, de la 



VIII INTRODUCTION 

Gambie et du Niger, un grand nombre d'espèces étant communes à 
ces fleuves malgré la vaste étendue qui les sépare. On est en droit de 
déduire de ce fait que la séparation de ces bassins ne remonte pas à 
une époque très éloignée, géologiquement parlant, et qu'une commu- 
nication a dû exister par une mer intérieure ou une série de grands 
lacs reliés entre eux, dont le Tchad, encore inexploré quant à sa faune 
ichthyique, est sans doute le dernier vestige. 

L'homogénéité frappante de la faune des poissons d'eau douce de 
l'Afrique ne peut d'ailleurs s'expliquer que par l'hypothèse d'un grand 
bassin central où se seraient formés les principaux types caractéris- 
tiques, dont les représentants se seraient dispersés dans toutes les 
directions. Bien que bon nombre de poissons s'adaptent assez facile- 
ment à un changement de milieu, il semble certain que la grande 
majorité des formes d'eau douce qui peuplent l'Afrique ont été confi- 
nées dans cet élément au moins depuis l'époque éocène et il n'y a 
aucune raison de supposer qu'elles aient pu émigrer d'autres conti- 
nents par voie marine. La grande affinité qu'on constate entre les 
poissons d'eau douce de l'Afrique et ceux de l'Inde peut s'expliquer 
très simplement par une communication entre l'Afrique et l'Asie 
avant que la mer Rouge ne débouchât dans l'Océan Indien (i). Les 
rapports avec l'Amérique tropicale sont sans doute le résultat de la 
persistance dans ces deux parties du monde de types, plus générale- 
ment répandus à une époque très reculée, qui seraient venus à dispa- 
raî re des autres régions, comme la paléontologie nous le montre 
d'ailleurs à l'égard des Dipneustes, qui sont précisément dans ce cas. 

Point n'est besoin, pour expliquer ces similitudes, de faire interve- 
nir l'hypothèse d'une continuité continentale qui n'a pu exister qu'à 
une époque antérieure au développement des groupes de poissons 
téléostéens que l'Afrique et l'Amérique du Sud possèdent en commun. 



(i) Une telle communication semble indiquée par la distribution actuelle d'un 
Cyprinide, Discognathus lamta, Ham. Buch., dont l'aire géographique s'étend de 
l'Abyssinie, à travers tout le sud de l'Asie, jusqu'en Birmanie. 



BASSIN DU CONGO IX 



II. Distribution des Poissons dans le Bassin du Congo. 

Dans ses conférences qui ont eu tant de succès à l'Université de 
Bruxelles et à la Société royale belge de Géographie (i), M. Dollo a 
fait observer qu'aucun des poissons de la Belgique ne se retrouve au 
Congo, mais que, par contre, beaucoup de poissons d'eau douce de 
l'Inde et de l'Insulinde ont été observés dans l'État Indépendant. Le 
savant conférencier n'avait en vue, assurément, que la communauté 
des types génériques, car aucune espèce n'avait et n'a encore été 
signalée comme habitant à la fois l'Inde et le Congo; et le fait que 
plusieurs genres très particuliers sont communs à ces deux régions 
est certes très remarquable. Mais, même avec cette restriction, cette 
donnée biogéographique n'est plus tout à fait exacte, dans l'état actuel 
de nos connaissances, car la Belgique et le Congo n'ont-ils pas en 
commun le genre Barbus'? Et si l'on prend en considération les formes 
catadromes, qu'on ne saurait exclure complètement de la faune des 
eaux douces, nous avons même à signaler une espèce se rencontrant 
à la fois dans ces deux pays si éloignés : Mugil capito, dont l'habitat 
s'étend de la mer du Nord au cap :de Bonne-Espérance; tandis que, 
par suite de la très grande séparation des faunes marines, aucune 
espèce catadrome ne se trouve à la fois au Congo et dans l'Inde. 

En ce qui cpncerne les rapports de la faune ichthyologique du 
bassin du Congo avec celles des autres bassins de l'Afrique tropicale il 
est à remarquer que, bien que la première se distingue par une grande 
richesse de formes génériques et spécifiques, elle ne possède, par 
suite de la grande homogénéité de la faune de cette partie du monde, 
aucune famille en propre. Mais le nombre des espèces est très consi- 
dérable. Le premier des grands bassins fluviaux du monde, l'Amazone 
(7,337,000 kilomètres carrés), possède,' d'après nos connaissances 
actuelles, à peu près 55o espèces de poissons. Le bassin du Congo, 
qui occupe le deuxième rang (3, 800, 000 kilomètres carrés) et dont la 
faune est beaucoup moins bien explorée, semble relativement plus 
riche en poissons, puisqu'on peut déjà dresser une liste de 320 espèces; 
il est vrai que dans ce chiffre sont comprises les 78 espèces propres au 
Tanganika, apport considérable dû à la faune spéciale de ce vaste lac 
qui ne fait que déverser son trop-plein dans le bassin du Congo. 
Dans ses conférences en 1896, Dollo estimait à environ i5o le nombre 
des espèces de poissons d'eau douce connus du bassin du Congo. 

(1) Citées plus loin, p. LVIII. 



X INTRODUCTION 

Ce chiffre était trop élevé et provient de ce que les espèces du Congo 
français (bassins de l'Ogowé et du Quilu) y étaient comprises ; car à 
cette époque je n'aurais pu mettre en liste plus de (>o espèces décrites, 
dont 6 du Tanganika, soit environ 28 p. c. du nombre actuellement 
connu. L'auteur cite d'ailleurs certains poissons (Gymnarchus, 
Heterotis) dont la présence n'a pas encore été constatée ni dans le 
bassin du Congo ni dans celui de l'Ogowé, et le Protoptère figuré 
dans sa brochure est de l'espèce sénégambienne qui n'a jamais été 
rencontrée au Congo. 

On doit établir trois divisions principales dans la faune des eaux 
douces du Congo : i° Le réseau fluvial, auquel est joint ici le Chi- 
loango ; 2 le Tanganika, et le Kivu qui communique avec lui, faune, 
particulière avec quelques éléments en commun avec leCongo et avec le 
Nil ; 3° les lacs du Katanga(Moero, Bangwelo. etc.) sur la ligne de faîte 
des bassins du Congo et duZambèse, ayant des rapports avec tous deux. 

Notons que, à l'exception d'une petite partie au nord-est, qui appar- 
tient au système du Nil (lac Albert-Edouard) et des lacs Tanganika 
et Kivu, qui constituent un bassin à part, les limites de 1 Etat du 
Congo sont des limites naturelles puisque celles-ci ont été tracées 
d'après le cours de l'Ubangi au nord et de la ligne de faîte Congo- 
Zambèse au sud. 




Pêcheries dans les rapides dj Biiizyville, (Phjt. i- M. le s jus -iutcad .uujMichel.) 




ml \.\i v , 



RESEAU DU CONGO XI 

A. LE RÉSEAU DU CONGO. — En raison de l'enchevêtrement de ce 
réseau avec celui du Nil, on se serait attendu à de plus grands rapports 
entre ceux-ci, quant à la faune ichthyique, qu'il n'existe réellement. 
Le nombre des espèces communes aux deux bassins est très res- 
treint, et en aucune façon comparable à ce qui existe sous ce rapport 
entre le Sénégal et le Niger et le Nil. Il est vrai que nous manquons 
encore de documents sur le Haut-Ubangi, mais l'uniformité de la faune 
ichthyique du Bas-Ubangi et du Haut-Congo ne nous permet pas de 
supposer que des découvertes dans ces régions puissent altérer nota- 
blement les conclusions qu'il est possible de tirer dès à présent (i). 

Les localités d'où proviennent les matériaux rassemblés jusqu'à 
présent, localités soulignées en rouge sur la carte qui accompagne cet 
ouvrage, peuvent être groupées en six catégories : i . Le bassin du 
Chiloango; 2. La région estuaire et du Bas-Congo (nous omettons 
naturellement toute mention des espèces marines qui ne se rencon- 
trent qu'à l'embouchure du fleuve) ; 3. La région des chutes, de Matadi 
à Léopoldville; 4. Le Haut-Congo du Stanley- Pool à l'Ubangi 
(y compris les lacs Léopold II et Tumba); 5. Le Haut-Congo de 
l'Ubangi aux Stanley-Falls ; 6. L'Ubangi. Ces numéros correspon- 
dent aux colonnes indiquant la provenance des diverses espèces énu- 
mérées ici par ordre systématique. Dans le tableau suivant, les noms 
des genres et [des espèces propres au bassin du Congo sont imprimés 
en caractères italiques, les autres en romains. 

Ce tableau indique donc la distribution des espèces selon l'état de 
nos connaissances; mais n'oublions pas combien celles-ci laissent à 
désirer, comme le montre d'ailleurs la carte ci-jointe avec ses nom- 
breux cours, d'eau encore absolument inexplorés. Il serait difficile, sur 
de telles données, de tirer, avec quelque chance de succès, des conclu- 
sions permettant d'établir des divisions ou districts ichthyologiques. 
C'est un travail qui devra se faire plus tard, quand l'exploration sera 
plus avancée. 



(1) Un jour viendra peut-être où l'industrie des hommes finira par faire de 
TUelle-Makua une voie de communication vers le Nil, propre à la navigation, 
comme l'entrevoit A. J. Wauters (Mouvem. Géogr. XV, 1898, p. 141), ce qui pro- 
duirait sans nul doute une certaine perturbation dans la faune ichthyique des deux 
bassins. 



XII 



INTRODUCTION 



POLYPTERID^E. 

1 . Polypterus congicus, Blgr. 

2. » Delhe^i, Blgr. 

3. » Weeksii, Blgr. 

4. » Palmas, Ayres 

5. » retropinnis, Vaill 

6. Calamichthys calabaricus, J. A. Smilh 

LEPIDOSIRENID.E 

7. Protopterus Dolloi, Blgr. . . . 

ELOPID.E. 

8. Elops lacerta, C et V 



9 
10 
1 1 
12 
>3 
14 
>5 
16 

»7 

18 

19 
20 

21 

22 

2 3 

24 
2 5 
26 

27 
28 
29 
3° 
3 1 
32 

33 
34 
35 

36 

37 

38 

39 
40 

4' 



MORMYRIDyE. 
Mormyrops deliciosus, Leach 
» engystoma, Blgr. 

» parvus, Blgr. . 

» Masuianus, Blgr. 

» sirenoides, Blgr. 

» Boulengeri, Pelleg 

» curtui,, Blgr. 

» lineolatus, Blgr. 

» nigricans, Blgr. 

» microstoma, Blgr. 

» Mariœ, Schilth. 

» attenuatus, Blgr. 

» furcidens, Pellegr. 

Petrocephalus Sauvagii, Blgr. 
» Ballayi, Sauv. 

» simus, Sauv. . 

Marcusenius brachyhistius, Gill 
» Cabrœ, Blgr. . 

» adspersus, Gthr 

» nigripinnis, Blgr. 

» pulverulentus, Blgr 

» plagiostoma, Blgr. 

» Wilverlhi, Blgr 

» psittacus, Blgr. 

Stomatorhinus puncticulatus, Blgr 
» humilior, Blgr. 

» Corneti, Blgr. . 

» polylepis, Blgr. 

» microps, Blgr. . 

A/xom^rws macrodon, Blgr 
Gnathonemus Leopoldianus, Blgr 
» Bentleyi, Blgr. . 

» Moorii, Gthr. . 



+ 



- 



- 



+ 



+ 



+ 



- 



- 



- 



- 



+ 



+ 



- 



-r 



Tanganika. 

Guinée. 
Cameroun-Niger. 



Sénégal-Congo. 



Sénégal-Congo, Afrique 
orient., Zambèse. 



Calabar. 

Ogowé, Côte d'Or. 

Ogowé. 

Sierra Leone-Congo. 

Lagos. 



Gabon, Ogowé. 



RÉSEAU DU CONGO 



XIII 



42 
43 
44 
45 
+'3 

47 
48 

49 
5° 

5' 

5 2 
53 
54 
55 

56 

57 

58 

59 
60 



61 
62. 



63 



64. 

65. 
66. 



67. 

68. 
69. 

70 

7 1 - 
72. 

73- 

74- 

75- 
76. 

77- 
78. 

79- 
80 
81. 



Gnathonemus Schilthuisiœ, Blgr. 

» cyprinoides, L. . 

» Stanley anus, Blgr 

» Monteiri, Gthr. 

» Petersii, Gthr. . 

» Greshoffi, Schilth. 

» kutuensis, Blgr. 

» tamandua, Gthr. 

» miras, Blgr. . 

3) elephas, Blgr. . 

» rhynchophorus , Blg 

» curvirostris, Blgr. 

» numenius, Blgr. 

Gett_Kom>TMS Donnyi, Blgr. . 
Mormyrus oi>/s, Blgr. . . . 
» caballus, Blgr. . . 

» longirostris, Ptrs. 

» caschive, L. 

» proboscirostris, Blgr. 

NOTOPTERID^E. 

Notopterus afer, Gthr. 
Xeiiomystus Nigri, Gthr. 

PANTODONTID.E. 
Pantodon Buchholzi, Ptrs. . . 



CLUPEID.E. 

Pellonula vorax, Gthr. 

» acutirostris, Blgr. 
Odaxothrissa losera, Blgr. . 



CHARACINID.E. 

Sarcodaces odoë, Bl 

Hydrocyon Goliath, Blgr. . . 
» vittatus, Blgr. . . 

» lineatus, Blkr. . . 

Bryconaethiops microstoma, Gthr 

» Yseitxi, Blgr. . 

Alestes longipinnis, Gthr. 
» macrophthalmus, Gthr. 
» Liebrechtsii, Blgr. . . 

» Fuchsii, Blgr 

» tœniurus, Gthr. 
» bimaculatus, Blgr. . 
» grandisquamis, Blgr. 
Micralestes humilis, Blgr. 

» holargyreus, Gthr. 



- 



+ 



+ 



+ 



+ 



+ 



+ 



+ 



+ 



+ 



+ 



Nil, Niger. 
Moero. 

Calabar, Nil. 



Calabar. 



Nil, Zambèse, Moero. 
Nil, Gabon. 



Gambie-Calabar. 
Nil, Guinée, Gabon. 

Niger-Cameroun. 

Sénégal-Gabon. 



Sénégal-Congo, Ngami. 



Sénégal-Congo, Zambèse, 

Moero, Tanganika. 
Gabon, Ogowé. 

Sierra Léone-Gabon. 
Gabon, Ogowé, Moero, 
Tanganika. 

Gabon. 



XIV 



INTRODUCTION 



82. 



90 

9» 
92 

93 
94 

95 

96 

97 
98 

99 



102. 

!-3 
104. 
105. 
106. 
107. 
108. 
109. 
1 10. 
111. 
1 12 

n 3- 



Micralestes altus, Blgr. . . 
» interruptus, Blgr. 

Petersius caudalis, Blgr. 

» Leopoldianus, Blgr 

» Hilgendorfi, Blgr. 

» modestus, Blgr. . 

Eugnathichthys Eetveldii, Blgi 
» macroteroleph 

Paraphago rostratus, Blgr. 
Mesoborus crocodilus, Pellegr. 
Phago Boulengeri, Schilth. . 

» intermedius, Blgr. 
Neoborus ornatus, Blgr. . . 
Nannaethiops unitaeniatus, Gthi 
Neolebias trilineatus, Blgr. . • 
Distichodus notospilus, Gthr. 
» affinis, Gthr. 

» altus, Blgr. . 

» noboli, Blgr. 

» maculatus, Blgr. 

» Antonii, Schilth 

» atroventralis, Blgr 

» fasciolatus, Blgr. 

» sexfasciatus, Blgr. 

» lusosso, Schilth. 

Nannocharax fasciatus, Gthr 

« elongatus, Blgr. 

Xenochnrax spilurus, Gthr. 

» crassus, Pellegr. 

Citharinus congicus, Blgr. . 

» macrolepis, Blgr. 

» gibbo^us, Blgr. . 



,Blgi 



CYPRINID.E. 
1 14. Labeo velifer, Blgr. 
115. 
116. 



longipinnis, Blgr. . 
lineatus, Blgr. . . 

117. » cyclorhynchus, Blgr 

118. » falcifer, Blgr. . . 

1 19. » macrostoma, Blgr. 

120. » nasas, Blgr. . . 

121. » barbatus, Blgr. 

122. Barbus Kessleri, Stdr. . 

123. » congicus, Blgr. . 

124. » pleuropholis, Blgr. 

125. Leptocypris modestus, Blgr 

126. Barilius Weeksii, Blgr. . 

127. » We/nszï, Blgr. . 



+ 



+ 



-r 



+ 



-r 



+ 



+ 



+ 



Côte d*Or,' Gabon. 
Gabon, Ogowé. 



Gabon. 
Gabon, Ogowé. 

Tanganika. 



Gabon-Angola. 



RESEAU DU CONGO 



XV 



128. Barilius Kingsleyœ, Blgr. . 

129. Chelaethiops elongatus, Blgr. 

SILURIDyE. 

30. Clarias lazera, C. et V. 

31. » longiceps, Blgr. . . 

32. » breviceps, Blgr. . 

33. » angolensis, Stdr. 

34. )> bythipogon, Sauv. 

35. Clariallabes mêlas, Blgr. . 

36. Channalabes apus, Gthr. . 

37. Hcterobranchus laticeps, Ptrs. 

38. Eutropius congolensis, Leach 

39. » Greiifelli, Blgr. . 

40. » Debauwi, Blgr. 

41. » laticeps, Blgr. 

42. Schilbc mystus, L. . 

43. » dispila, Gthr. . 

44. Parailia congica, Blgr. . 

45. Chrysichthys furcatus, Gthr. 

46. » Cranchii, Leach 

47. » punctatus, Blgr. 

48. » Delheji, Blgr. 

49. » Wagenaari, Blgr 

50. » brevibarbis, Blgr. 

51. » longibarbis, Blgr 

52. Gepbyroglanis congicus, Blgr. 

53. » longipinnis, Blgr. 

54. Auchenoglanis biscutatus, Geoffi 
55 Arius latiscutatus, Gthr. . 

56. Synodontis caudalis, Blgr . 

57. » Depauwi, Blgr. 

58. » acanthomias, Blgr 

59. » angelicus, Schilth 

60. » Greshoffi, Schilth 

61. » Alberti, Schilth. 

62. » Vaillanti, Blgr. 

63. » Soloni, Blgr. 

64. » ornatipinnis. Blgr. 

65. » notât us y Vaill. . 

66. » nummifer, Blgr. 

67. » pleurops, Blgr. . 

68. » decorus, Blgr. . 

69. Euchilichthys Guentheri, Schilth 

70. » Dybotvskii, Vaill 

71. Phractura Bovei, Perugia . . , 

72. » scaphirhynchura, Vaill 

73. Malopterurus electricus, Gm. . . 



+ 



-r 



+ 



-r 



+ 



+ 



+ 



x 



+ 



-r 



+ 



+ 



Oaowé. 



Syrie, Nil, Sénégal. 



Ogowé-Angola. 
Calabar-Ogowé. 

Angola. 
Mozambique. 



Nil, Galnbar. Moero? 
Nil, Niger, Calabar. Ga- 
bon. . 

Sénégal-Congo. 
Tanganika. 



Nil. Afrique tropicale 
Fernando P0-C01120. 



Moero. 



Nil, Afrique tropicale. 



XVI 



INTRODUCTION 







1 


2 


3 


4 


5 


6 






CYPR1NODONTID/E. 
















1 '74- 


Haplochilus spilauchen, A. Dum. 


+ 


+ 










Sénégal, Ogowé. 


| «75 


» elegans, Blgr. . 








+ 








17G. 


» singa, Blgr 

MUGILID^i. 




— 












177. 


Mugil cephalus, L . 




~T 










Atlanlique. 


178. 


» capito, Cuv 




— 










Atlantique, Merdu Nord. 


179. 


» auratus, Risso 




T 










Atlantique, Mer du Nord. 


180. 


» falcipinnis, C. et V 

POLYNEMID^E. 




T 










Sénégal-Congo. 


181. 


l'entanemus quinquarius, I 


T 




+ 








Guinée, Cuba. 


1S2. 


Polynemus quadiifilis, L 






T 








Sénégal- Congo. 


.83 


Galeoiucs decadactylus, BI. ... 
SPHYR^NID^. 




~T 


+ 








Sénégal-Congo. 


.84. 


Sphyrœna guachancho, C. etV. 
OPHIOCEPHALiD^:. 


T 


-^ 


+ 








Atlanlique tropical. 


■85. 


Ophiocephalus obscurus. Gthr. 


+ 


~ 




+ 


+ 




Nil Blanc.Gambie-Ogowé. 


186. 


» insignis, Sauv. . 
ANABANTID^:. 








T 


+ 




Oj,o\vé. 


.87. 


Anabas nigropannosus, Reichen. . . 


+ 




+ 




+ 




Gabon, Ogowé. 


188. 






~ 












189. 






+ 












igo. 


» Kingsleyae, Gihr 








+ 






Sénégal, Ogowé. 


191. 


» Weeksii, Blgr. . . . 
SFRRANID^E. 








+ 


+ 






1Q2. 


Lates niloticus, Hasselq 

SCIJENÏDJE. 




+ 




+ 


+ 




Nil, Sénégal, Niger. 


■93- 


Otolitlius senegalensis, C. et V. . 
PRISTIPOMATIDjE. 






+ 








Sénégal-Congo. 


194. 


Pristipoma Jubelini, C él V. . 






+ 








Sénégal-Congo. 


195- 


Diagramma macrolepis, Blgr. . 

cichlid^e. 






T 








Sénégal-Congo. 


196. 


Lamprologus tumbanus, Blgr. . . . 








T 








197. 


» congolensis, Schihh. 




T 


T 


+ 


"f 






198. 


Hemichromis fasciatus, Ptrs. . 




+ 


T 


+ 


'+ 




Sénégal-Congo. 


199. 


» bimaculatus, Gill- 




+ 






+ 




Afrique septent.etoccid. 


200. 


Paratilapia Demeasii, Blgr. .... 










+ 






201. 


» cerasogastcr, Blgr. . . 








+ 








202. 


» nigrofasciata, Pellegr. 








+ 








203. 


Pseudoplesiops nudiceps, Blgr. 








+ 




+ 




,04. 


Pelmatochromis lateralis, Blgr. 








+ 


+ 







RESEAU DU CONGO 



XVII 







1 


2 


3 


4 


5 


6 






205. 


Pelmatochromis congicus, B!gr. . . 








T 


+ 








206. 

207. 
208. 


» ocellifer, Blgr 
Tilapia natalensis, M. Web. 
» Jlavomarginata, Blgr. 




+ 


— 






+ 




Afrique est 
Moero. 


et sud-est, 


20Q. 
210. 
21 1. 
212. 
213. 
214. 


» lepidura, Blgr. . 
» fasciata, Perugia . . 

» lata, Gthr 

» Dolloi, Blgr. . . . 
» Cabrœ, Blgr. . . . 
» bilineata. Pellegr. 




+ 


+ 

-f 


+ 


+ 
+ 
+ 
+ 

+ 


+ 




Angola. 

Sénégambie 
Gabon. 


Ogowé. 


215. 


Steatocranus gibbiceps, Blgr. 






+ 


+ 


- 












MASTACEMBELID^:. 


















2l6. 


Mastacembelus paucispinis, Blgr 




+ 














217. 
2.8. 


» congicus, Blgr. . . 
» ma'moratus, Perugia. 




+ 




~r 


-r 








2 1Ç,. 
220. 


» brachyrhinus, Blgr . 
» Greshoffi, Blgr. . . 

TETRODONTID.E. 




T 




— 










„.. 










— 


+ 


— 








Un coup d'œil jeté sur ce tableau montre que, en ce qui concerne 
les types spécifiques, les rapports du Congo avec le Nil sont des plus 
insignifiants, puisque, même en comptant celles répandues dans 
presque toute l'Afrique tropicale, i3 espèces seulement sont com- 
munes aux deux fleuves. Les rapports avec le Zambèse sont pour ainsi 
dire nuls. i5 espèces seulement remontent sur le versant occidental de 
l'Afrique jusqu'au Sénégal, tandis que 35 se retrouvent aussi dans les 
bassins de l'Ogowé et du Gabon. Enfin, on ne peut citer que 7 espèces 
qui soient communes au réseau du Congo et au lac Tanganika. 




Le Congo dans la Région des Chutes. 



XVIII INTRODUCTION 

B. LACS TANGANIKA ET KlVU. — Bien que reliés au système 
du Congo par la Lukuga, qui en déverse le trop-plein à travers le col 
de Mitwangi, ces deux lacs, encaissés dans des roches escarpées, diffè- 
rent considérablement par leur faune du bassin du Congo. Le Tanga- 
nika, à l'altitude de 812 mètres, peut-être le lac le plus profond du 
monde (près de 800 mètres), quoique découvert depuis près d'un 
demi-siècle, n'a été exploré, au point de vue ichthyologique, que tout 
récemment. Déjà en 1 858, Speke recueillait des coquilles dont l'aspect 
étrange fit sensation; d'autres trouvailles parmi les mollusques, et 
surtout la découverte, en 1 883 , d'une méduse, avaient porté les natu- 
ralistes à envisager la possibilité d'une faune marine d'une haute 
antiquité qui se serait préservée depuis l'époque où ce lac aurait été 
en communication directe soit avec l'Atlantique, soit avec l'Océan 
Indien (1). Afin d'élucider cette question, un jeune et intrépide zoolo- 
giste, M. J. E. S. Moore, entreprit deux expéditions, en 1895-96 et en 
1899- 1900, dont une partie des résultats ont déjà été publiés. Les 
études de M. Moore sur les mollusques le portent à reconnaître deux- 
types distincts dans la faune du Tanganika, le type commun aux 
eaux douces de l'Afrique et celui qu'il désigne sous le nom de halo- 
Vunnique, propre aux régions profondes du lac, et qu'il considère 
comme relique d'une faune qui remonterait peut-être à l'époque 
jurassique. Quoi qu'il en soit de ces spéculations, la première collec- 
tion de poissons formée par M. Moore, venant s'ajouter à celles, 
représentant 9 espèces seulement, déjà rassemblées par M. Coode 
Horc et M. le capitaine Descamps, ne montrait aucun indice d'une 
faune halolimnique. Beaucoup mieux équipé, à sa seconde expédition, 
pour des dragages dans les grandes profondeurs du lac, M. Moore n'a 
pas davantage réussi à en trouver. Les poissons du Tanganika ne 
fournissent aucun appui à la théorie de l'origine marine de la faune 
de ce lac. Ils n'en sont pas moins fort intéressants par suite de l'ex- 
trême abondance et de l'étonnante diversité des Perciformes de la 
famille des Cichlides, ainsi que l'indique la longue liste qui suit. 
Par contre, une famille richement représentée dans le Congo et pro- 
pre aux rivières et aux lacs de toute l'Afrique tropicale, la famille des 
Mormyrides, fait absolument défaut, sans que rien dans les conditions 
du Tanganika n'explique un caractère négatif si frappant. Comme on 
peut le voir par le tableau suivant, la faune ichthyique, par sa compo- 
sition, est essentiellement et uniquement africaine, mais elle diffère 
très fortement de celle du Congo, comme d'ailleurs de celle de tous 
les autres bassins. 

(1) J. E. S. Moore. « On thc Zoological Evidence for the connection of Lake 
Tanganyika with the Sea. » Proc. Roy. Soc. Lond. LXII, 1898, p. 451 . 



TANGANIKA 



XIX 



Il était très important de savoir si, ou jusqu'à quel point, une explora- 
tion du lac Kivu, situé au nord du lac Tanganika, à un niveau près de 
700 mètres plus élevé, et ne communiquant qu'avec lui, par la rivière 
torrentueuse Rusisi, fournirait une explication de l'origine de la faune 
du Tanganika. Cette exploration a été entreprise par M. Moore à son 
second voyage et les résultats ont été purement négatifs (1). La faune 
est extrêmement pauvre, ne renferme aucune des formes frappantes 
du Tanganika, et les quelques poissons qui ont été rapportés mon- 
trent un mélange d'espèces du Nil, avec lequel le Kivu aurait été 
en communication à une époque relativement peu éloignée, comme 
l'indique la géologie du district, et du Tanganika, d'où certains pois- 
sons'ont pu émigrer depuis parla Rusisi. On peut donc conclure dès 
à présent, d'après les recherches qui ont été faites dans les lacs de 
l'Afrique centrale, tant au nord qu'au sud du Tanganika, que la 
faune de celui-ci ne peut provenir que d'une émigration de l'ouest, à 
une époque où le relief du bassin du Congo devait différer essentielle- 
ment de sa condition actuelle. 

(1) J. E. S, Moore. « Tanganyika and the Countries North of it. » Geogr. Journ. 
XVII, 1901, p. 1. 




Albertville. (Photographie de M. le capitaine Hecq.) 



XX 



INTRODUCTION 



Dans la liste suivante, la colonne i indique les espèces trouvées 
dans le Tanganika, la colonne 2 celles du Kivu. 



POLYPTERID^E. 

Polypterus congicus, Blgr. 

LEPIDOSIREN1D.E. 

Protopterus œthiopicus, Heck. (?) 

CHAFACINIDjE. 

Hydrocyon Iineatus, Blkr. . 



Alestes macrophthalmus, Gthr. 
» macrolepidotus, C. et V. 
Cithariuus gibbosus, Blgr. . . 



cyprinida:. 

Capoéta Tanganicœ, Blgr. 
Barbus platyrhinus, Blgr. 

» altianalis, Blgr. 

» serrifer, Blgr. . 

» tropidolepis, Blgr. 
Barilius Moorii, Blgr. . 

» Tanganicœ, Blgr. 



25- 
26. 
27. 
28. 
29. 

30- 



silurida:. 

Glanas Robecchii, Vincig. . 
)) liocephalus, Blgr. . 
Chrysichthys Cranchii, Leàch . 
» myriodon, Blgr. . 

» brachynema, Blgr 

Auchenoglanis biscutatus, Geoffr. 
Synodontis granulosus. Blgr. 

» multipunctatus, Blgr. 

Malopterurus electricus, Gm. . 

CYPRINODONTID^:. 

Haplochilus tanganicanus, Blgr. 

SERRANID^. 
Lates microlepis, Blgr. 

CICHLID^E. 
Lamprologus tetracanthus, Blgr. 
» elongatus, Blgr. . 

» tretocephalus, Blgr. 

» modestus, Blgr. . 

» Lemairii, Blgr. . 

» Hecqui, Blgr. . . 



+ 



+ 



+ 



Congo. 



Nil, Afrique or. 

Sénégal, Congo, Zambèse, 

Moero. 
Congo, Ogowé, Gabon. 
Nil. 
Congo. 



Somalis, Zanzibar 
Congo. 

Nil, Afrique trop. 

Nil, Afrique trop. 



TANGANIKA 



XXI 



3' 
3 2 
33 
34 
35 
36 

37 
38 

39 
40 

4' 
42 
43 
44 
45 
46 

47 
48 

49 

5° 
5 1 
5 2 

53 

54 
55 
56 

57 
S» 

59 

60 
61 

62 

63 
64 

65 
66 

67 

68 
69 
70 

7' 

72 

73 
74 

75 
76 

77 



Lamprologus Moorii, Blgr. . 

» brevis, Blgr. . . 

» compressiceps, Blgr 

» fasciatus, Blgr 

» furcifer, Blgr. 

Julidochromis ornatus, Blgr. 

Paratilapia vittata, Blgr 

» aurita, Blgr. 

» Bloyeti, Sauv. . 

» Pfefferi, Blgr . 

» calliura, Blgr. . 

» macrops, Blgr . 

» ventralis, Blgr. 

» Dewindti, Blgr. 

» furcifer, Blgr. . 

» stenosoma, Blgr 

» leptosoma, Blgr. 

» nigripinnis, Blgr. 

Bathy bâtes ferox, Blgr. 

» fasciatus, Blgr. 

Pelmatochromis polylepis, Bl 

Ectodus Descampsii, Blgr. 

» melanogenys, Blgr 

» longianalis, Blgr. 

Xenotilapia sima, Blgr. . 

» ornatipinnis, Blgr. 

Grammatotria Lemairii, Blgr. 
Trematocara marginatum, Blgr 

» unimaculatum, Blgr 

Telmatochromis vittatus, Blgr. 

» temporclis, Blg 

Gephyrochromis Moorii, Blgr. 
Tropheus Moorii, Blgr. . . 
» annectens, Blgr. . . 

Simochromis diagramma, Gthr 

Tilapia niloiica, L 

» Burtoni, Gthr. 

» Horii, Gthr. 

» rubropunctata, Blgr. . 

» Dardennii, Blgr. . 

» labiata, Blgr. . 

» pleurotœnia, Blgr. 

» trematocephala, Blgr. 

» boops, Blgr 

» grandoculis, Blgr . 
» microlepis, Blgr. . . 
Petrochromis polyodon, Blgr. 



-r 



+ 



Afrique or. 



Syrie, Nil, Sénégnmbie, 
Niger. 



XXII 



INTRODUCTION 



78. Petrochromis Tanganicœ, Gthr. . . . . 
80. Ectodus cyanostictus, Blgr. . ..... 

83. Xenochromis Hecqui, Blgr. 

MASTACEMBELID^. 
86. » Moorii, Blgr 

88. » Tanganicœ, Gthr 

89. » tœniatus, Blgr 


1 

+ 
+ 
+ 
+ 
+ 
+ 
+ 

+ 
+ 
-f 
+ 
+ 
+ 


2 





C. LE KATANGA. — La région connue sous le nom conventionnel 
de Katanga, la zone des hauts plateaux d'où sortent les sources du 
Congo (Lomami, Lualaba, Lufila, Luapula), possède deux vastes 
lacs, le Bangwelo (altitude 1,1 55 mètres) et le Moero (altitude 
869 mètres), ainsi que le petit lac Dilolo (altitude 1,445 mètres) à 
l'extrême ouest. Ces lacs sont sur la limite des deux grands bassins du 
Congo et du Zambèse, leur faune est par conséquent particulièrement 
importante à connaître; mais fort peu de poissonsy ont été récoltés jus- 
qu'ici. Le Bangwelo est encore inconnu sous ce rapport; par contre, 
de petites collections ont été faites dans le Moero, par la mission du 
capitaine Lemaire au Katanga et par M. Alfred Sharpe, ce qui permet 
de dresser une liste de 14 espèces. Le poste de Lofoï a fourni à la 
mission Lemaire quelques échantillons des poissons du district, et le 
lac Dilolo, sorte de pool fermé, au sud de la ligne de faîte Congo- 
Zambèse, ne communiquant, en dehors de l'époque des crues, avec 
aucun exutoire, a aussi été exploré par la même mission. Comme on 
pouvait s'y attendre, la faune de cette région est un mélange de celles 
des deux grands bassins au nord et au sud ; tous les genres, et plusieurs 
des espèces, sont de ceux dont la distribution est très étendue. 

Dans le tableau suivant, la première colonne renseigne la faune du 
Moero, la seconde celle de Lofo'i, et la troisième celle du Dilolo. Une 
espèce seulement, le n° 24 de la liste, a été trouvée par la mission 
Lemaire dans les étangs Pempéré, sur la ligne de faîte Congo-Zam- 
bèse, à l'altitude de i,5oo mètres environ. 



KATANGA 



XXIII 



POLYPTERID.E. 

1. Polypterus Weeksii, Blgr. . 

MORMYRID^. 

2. Marcusenius discorhynchus, Ptrs. 

■]. Guatlionemus macrolepidotus, Pirs. 
4 » Stanleyanus, Blgr. . 

5. Mormyrus longirostris, Pus. . 

CHARACINID/E. 

6. Hydrocyon lineatus, Blkr 



Alestes macrophlhalmus, Gthr. 
» lateralis, Blgr. 
» Lemairii, Blgr. . . 



18 



CYPRIN IDiE. 
Barbus Katangœ, Blgr. . . 

SILURID^C. 
Clarias gariepinus, A. Smith 
Eutropius Lemairii, Blgr. . 
Schilbe mystus, L. (?). . 
Chrysichthys Sharpii, Blgr . 
Auchenoglanis biscutatus, Geolli 

Synodontis zambesensis, Ptrs. 
» ornatipinnis, Blgr. 



26. 



CYPRINODONTIDjE. 

Haplochilus, sp. (?) 

cichlid^: 

Paratilapia robusta, Gihr. 

» macroccpliala. Blgr 

» mocntensis, Blgr. 

Tilapia nntalensis. M. Web. 
» ovalis, Stdr. 

» Sparrmani, A. Smith. 
» polyacanthus. Blgr. 



mastacembelida:. 

Mastacembelus congicus, Blcr. 



+ 



+ 



- 



T 



Congo. 



Zambèse. 

Zambèse. 

Congo. 

Nil, Congo, Zambèse. 



Se 11 égal -Congo, Tanganika, 
Zambèse. 

Gabon. Ogowé, Congo, Tan- 
ganika. 



Orange, Natal. 

Nil, Calabar, Congo. 

Nil, Afrique trop. 
Zanzibar-Mozambique, 

Nyassa. 
Congo. 



Zambèse. 



Congo, Afrique E. et S. E. 
Angola, Bechuana. 
Angola, Namaqua, Haut- 
Zambèse. 



Congo. 



XXIV 



INTRODUCTION 



III. PÊCHE. 

N'ayant jamais mis le pied au Congo, je ne puis mieux faire, sur 
ce chapitre, que de laisser la parole à M. le capitaine Wilverth, M. le 
capitaine G. Le Marinel, M. le commandant Chaltin et feu Paul 
Delhez, dont je reproduis ici les observations. 




A. Rapport de M. Wilverth (i) 

L'importance du poisson est indéniable tant au point de vue comes- 
tible qu'au point de vue commercial. Que de voyageurs lui doivent 
d'avoir pu apporter un peu de variété à leur ordinaire ! Lors d'un 
voyage d'exploration que je fis en août 1896 entre le Congo et la 
rivière N'ghiri, par la Moboka et le lac Ibanda, mes hommes et moi- 
même nous nous trouvâmes, pendant deux jours et demi, au milieu 
de la forêt au sol tellement détrempé qu'on y enfonçait jusqu'au-dessus 
de la taille; il n'existait pas un seul village; les vivres frais nous fai- 
saient défaut ; c'est alors que le chef indigène qui nous servait de guide 
nous vint bien en aide ; sur son ordre ses hommes se mirent en quête 



(1) Extrait de la brochure citée plus loin, p. ux. 



PECHE XXV 

de petites anguilles (i) qui pullulaient dans tous les marigots ; ils les 
tuaient d'un coup de bâton avec une extrême dextérité et le soir la 
récolte fut si abondante que la table des blancs lut amplement fournie 
de ces poissons qui, vu les circonstances, nous parurent délicieux. 

Pour les indigènes, quelle source importante de trafic le poisson 
n'est-il pas? Les gens de l'intérieur échangent couramment avec les 
riverains les produits du sol contre ceux de la pèche. 

Certaines peuplades de pécheurs, tels les Lokélés, près d'Issangui, 
sont absolument lacustres ; jour et nuit, elles habitent dans d'énormes 
pirogues, longues quelquefois de plus de 2 5 mètres. Ces embarcations, 
recouvertes en partie d'une toiture d'herbages, sont leur unique 
demeure : les indigènes ne descendent à terre que pour sécher leurs 
filets ou faire l'échange d'une partie de leur pèche contre d'autres 
produits que leur fournissent les populations de l'intérieur. 

Vers la fin de la haute crue annuelle, les indigènes placent leurs 
nasses, filets, etc., puis attendent le retrait des eaux. Chez les Upotos, 
par exemple, à l'époque de la baisse des eaux, c'est-à-dire à la fin de 
décembre, tous les gens valides des villages abandonnent leur logis et 
vont s'installer dans les îles pour pêcher ; il ne reste que quelques 
vieux chefs qui se constituent les gardiens des chimbecks vides ; car 
tout le ménage va s'installer pour un mois dans les îles : femmes, 
enfants, chiens, poules, tout émigré. Chaque pêcheur un peu impor- 
tant a son île à lui, où il tend ses filets; il existe là un droit de location 
de pêche absolument analogue à notre location de chasse en Europe. 
Certains villages louent, à perpétuité ou à bail, tel endroit contre tel 
ou tel paiement, en échange duquel le locataire est libre de pêcher en 
toute sécurité sans qu'aucun autre indigène puisse venir pêcher au 
même endroit, acte assimilé à un vol et puni comme tel. Les Upotos 
s'installent provisoirement; quelques toits en feuilles de palmier les 
protègent contre la pluie, de grands feux entretenus jour et nuit sont 
allumés et servent à fumer les poissons, à réchauffer les pécheurs et 
à éloigner autant que possible les trop nombreux et peu agréables 
moustiques. 

Une partie de la pêche est fumée et conservée dans les paniers ; 
l'autre partie sert à la nourriture journalière de la famille. Quand les 
eaux deviennent tout à fait basses, au bout d'un mois, tous les Upotos 
rentrent chez eux et échangent leurs poissons fumés contre chiewan- 
gue, canne à sucre, bananes, etc., que leur apportent les N'gombes 
de l'intérieur. 



(1) Silurides du genre Clarias, probablement. — G. A. B. 



XXVI INTRODUCTION 

L'indigène cuit le poisson à l'huile de palme et le mange soit avec 
de la chicwangue, soit avec des feuilles de manioc étuvées, soit avec 
des carottes de manioc ayant séjourné plusieurs jours dans l'eau. 

Il ne fume le poisson que pour le conserver, car il ne le mange 
ainsi (sans le cuire) qu'en cas de nécessité. Chez les Upotos, les femmes 
ne peuvent manger de certaines espèces de poissons ; ils ne veulent pas 
toucher au poisson nommé en indigène le tribu (i), animal curieux, 
qui a la propriété de se gonfler ou de se dégonfler lorsqu'il se trouve 
dans l'eau et dont la peau est lisse et visqueuse, comme celle de l'an- 
guille. Il paraît toutefois que les indigènes de l'Ubangi mangent le 
m'bu. Dans la Mongalla, il est défendu de manger du poisson dit 
électrique (2). 

Certaines peuplades possèdent des fétiches relatifs au poisson. 
Ainsi, les Upotos ont un fétiche ayant soi-disant le pouvoir de con- 
server le poisson, un autre d'empêcher de voler le poisson (naturel- 
lement celui du propriétaire du fétiche) ; un autre qui met dans 
l'impossibilité de prendre aucun poisson celui qui a volé son 
ami, etc., etc. 

Il n'est pas de ruisselet, pas de chenal, pas de marigot attenant au 
Congo, qui ne fourmille de vie. Un seul coup de filet donne lieu à de 
véritables pêches miraculeuses. On rencontre aussi des huîtres, des 
moules, des crevettes et des écrevisses. Aussi les poissons forment-ils, 
comme nous l'avons vu, la base de l'alimentation non seulement des 
populations riveraines, mais souvent encore de celles qui habitent fort 
loin dans les terres. Les blancs peuvent, grâce à cette nourriture 
fraîche, varier leurs menus un peu monotones. 

Les blancs ne pèchent généralement pas. Il y a pour cela diverses 
raisons : d'abord le manque de temps, la journée des trois huit n'ayant 
pas encore fait son apparition au Congo, ils ont peu de loisir à dépen- 
ser; ensuite, les noirs étant beaucoup plus adroits dans l'eau que les 
blancs, s'emparent des poissons beaucoup mieux que ne le feraient 
ceux-ci. Quelques blancs, le dimanche, se plaisent à péchera la ligne ou 
parfois se servent de l'épervier, vaste filet en forme d'entonnoir connu de 
nous tous ; lors de la construction du chemin de fer. une cartouche de 
dynamite jetée de temps à autre dans les rivières procurait au person- 
nel de la ligne quelques poissons frais ; mais ce sont là des exceptions 
et l'on peut dire que seuls les nègres pèchent au Congo. 

Toutes les tribus qui habitent les rives du fleuve pèchent, surtout 
par nécessité ; les moyens qu'elles emploient varient à l'infini ; plu- 
sieurs sont communs à toutes les peuplades, plusieurs sont particuliers 

(1) Tetrodon mbu. — G. A. B. 
|; (2) Malopter urus electricus. — G. A. B. 



PECHE XXVII 

à une région. Je me propose d'examiner ces divers moyens et, pour 
faciliter cette étude, je remonterai le cours du fleuve en partant de 
Banana et en examinant successivement chacune des pêcheries impor- 
tantes que je rencontrerai. 

A Banana, nous pouvons dire que les indigènes ne pèchent pas; 
leurs moyens de navigation sont trop primitifs pour leur permettre de 
s'aventurer en mer ou dans l'estuaire du grand fleuve; ils se conten- 
tent soit de couper les racines de palétuviers garnies d'huîtres, mollus- 
ques à écailles tourmentées, mais à chair maigre, n'ayant rien de 
commun avec nos Ostende et nos Zélande, soit de placer quelques 
nasses tronconiques faites en bambous, dans les endroits peu profonds 
et tranquilles, où ils pèchent de la sorte quelques rares poissons. 

Profitant de cette situation, un noir très intelligent, originaire de 
Lagos, M. Samuel, employé au secrétariat de l'État, à Borna, depuis 
près de dix ans, a installé une équipe de pêcheurs comprenant des 
Acras et des Haoussas. Ils sont une dizaine, sous la direction d'un 
clerc noir, qui vont journellementpêchersurune immense pirogue, soit 
en pleine mer, soit dans les criques ; les résultats obtenus sont sérieux, 
car il n'est pas rare de les voir revenir avec trente ou quarante grands 
poissons de 10 kilos en moyenne. Ils pèchent au grand filet traînant et 
s'emparent de la sorte des poissons-scie, des requins, des raies, etc. A 
leur rentrée, on découpe le tout en morceaux, le clerc pèse et fait 
sécher au feu. Les quelques blancs qui séjournent à Banana peuvent 
se procurer du poisson frais à 3 francs le kilo, si mes souvenirs sont 
exacts, et les noirs employés dans les factoreries, ou les indigènes, 
viennent acheter le poisson fumé de Samuel; le jour où un steamer 
remonte le fleuve, le clerc expédie toute la marchandise à Borna, où 
Samuel la vend à prix d'or à la population noire de la capitale. 

Borna. Ici encore la pêche est peu pratiquée par l'indigène; celui- 
ci ayant trop de facilité pour se procurer tout ce qu'il désire, trouve 
inutile de se fatiguer à pêcher, alors qu'il peut sans peine obtenir dans 
les factoreries du poisson de M'Putu (Europe), conservé, il est vrai. 
L'Etat est même obligé, pour nourrir son personnel noir très nom- 
breux ici, défaire venir de Suède du poisson séché; ce poisson coûte, 
rendu à Borna, meilleur marché que le poisson qu'il ferait pêcher sur 
place! C'est renversant, mais c'est ainsi. 

Les noirs de Borna, dans leurs moments de loisir, taquinent bien 
le goujon à la ligne, mais ce n'est qu'un plaisir et non un moyen don- 
nant des résultats importants. Aussi, comme je l'ai dit précédemment, 
M. Samuel a la partie belle et vend très cher, et aussi facilement qu'il 
le désire, le poisson qu'il fait pêcher à Banana. 



XXVI11 



INTRODUCTION 



A Matadi, on ne pêche pas. Matadi est une ville bâtie sur la mon- 
tagne par les blancs, loin des villages indigènes; d'un côté est établie 
l'administration du chemin de fer avec ses nombreux et coquets pavil- 
lons ; de l'autre se trouvent les bâtiments de l'État et les factoreries. 
Tous les noirs habitant Matadi sont employés et n'ont aucun loisir 
pour se livrer d'une façon constante à la pêche, ce qui fait que le pois- 
son est chose absolument rare ici. Pourtant, ce n'est pas qu'il fasse 
défaut dans le fleuve! C'est à Vivi et à l'embouchure de la M'Pozo, 
que j'ai souvenance d'une de mes plus abondantes pêches ; ce fut tout 
un événement à Matadi, ce jour-là, de voir figurer au dîner du poisson 
frais. 

Les nombreux cours d'eau traversés par le chemin de fer recèlent 
d'excellents poissons, voire des crustacés. Les écrevisses de la M'Pozo 
sont renommées et les ingénieurs du chemin de fer ont souvent pris 
énormément de poissons lorsqu'ils travaillaient aux environs du Kwilu, 
de la Lufu, de l'Unionzo, de la Lukunga, etc. Moi-même, j'ai eu la 
chance d'en capturer quelques-uns dans la torrentueuse Inkisi. 




Chute de l'Inkisi (Région des Cataractes). 



PECHE 



XXIX 



Le vrai centre de pêche indigène de la contrée se trouve sur le fleuve 
à Manyanga. Nous avons là trois points importants : Isangila, 
Manyangaet N'Sunghi. Les indigènes que le portage laisse libres se 
livrent assidûment à la pêche et en vendent le produit aux blancs des 
stations et aux voyageurs de la route des caravanes. A Manyanga, 
aux chutes de N'Gombé, les indigènes ont installé des nasses. La nasse 
est semblable à celle employée chez nous pour prendre les anguilles ; 
l'osier en est remplacé par des éclats de bambous artistement ajustés. 
Faut-il rappeler ici ce qu'est une nasse ? Un panier conique dont la 





tête est soigneusement fermée ; un cône plus petit mais ouvert s'ajuste 
à l'entrée du panier. Le poisson y pénètre volontiers guidé par l'en- 
tonnoir que forme le petit cône, mais une fois entré il ne retrouve- 
plus le chemin qu'il a suivi. 11 y a également des nasses cylindriques ; 
elles ont alors deux entrées que l'on a soin de faire obliquer afin 
qu'elles ne soient pas dans le prolongement l'une de l'autre. La nasse 
est le piège le plus répandu; on en rencontre en effet partout au 
Congo, et de dimensions les plus diverses ; certaines ont des longueurs 
de 5 à 6 mètres, et 2 ou 3 mètres de diamètre à l'orifice ; d'autres peu- 
vent être transportées sous le bras d'un enfant. 

Dans les rapides, en général aux hautes eaux, les indigènes placent 
entre les rochers d'immenses nasses dans lesquelles viennent s'engouf- 
frer les eaux et tout ce qu'elles entraînent. Ces nasses sont maintenues 
par des lianes, attachées à des perches, calées entre les pierres, 
bref, solidement fixées, afin de leur permettre de résister à la violence 
du courant. Dieu sait par quels tours de force sans cesse renouvelés 
les pêcheurs vont, deux ou trois fois par jour, chercher en pirogue la 



XXX 



INTRODUCTION 



récolte accumulée dans le fond de la nasse. Les engins ainsi employés 
sont très rapidement mis hors d'usage ; aussi ces pêcheries demandent- 
elles un travail considérable qui y provoque une perpétuelle anima- 
tion. On prend peu de gros poissons dans les nasses ainsi placées ; 
ceux-ci se laissent, en effet, moins facilement entraîner par le courant 
que les petits. 

Devant la station de Manyanga, où les eaux sont plus calmes, les 
femmes et les enfants disposent au fond de la rivière de petites nasses 
où ils capturent beaucoup de tout petits poissons et très souvent ils 
s'emparent de crevettes. 

A Léopoldville, le genre de pêche employé est le même qu'à 
Manyanga; à trois quarts d'heure de la station, l'État a installé un 
petit village de pêcheurs, non loin des rapides, où les hommes 
prennent beaucoup de poissons ; ils doivent apporter journellement 
une partie de leur pêche à la station, ce qui permet d'alimenter la table 
des nombreux blancs qui y séjournent ou qui y sont de passage. 

11 y a eu un temps où Léopoldville possédait une équipe de 10 à 

12 Basokos, qui n'avaient d'autre mission que de pêcher. Ils avaient 
la spécialité de s'emparer d'immenses silures du genre dit catfish. 
Voici le procédé qu'ils employaient : 

i° Les lignes flottantes qui sont de diverses espèces ; il en est qui 
sont simplement constituées par un morceau de bois léger auquel pend 
une corde terminée par un hameçon que l'on amorce par un appât 
quelconque. Les soubresauts annoncent au pêcheur que le poisson a 
mordu. 




2° Les lignes à renversement, très ingénieuses, se composent d'un 
flotteur recourbé qui, par suite de la disposition>des cordes, se retourne 
lorsque le poisson est pris. 



PÊCHE XXXI 

Aux lignes flottantes, on ajoute parfois une corde maintenue à une 
pierre, servant d'ancre et empêchant le piège d'être entraîné par le cou- 
rant ; elles deviennent alors des lignes dormantes. 

Au bord du Stanley-Pool, on pèche beaucoup de nuit, à la torche. 
Les noirs y attrapent les poissons à la lance qu'ils jettent comme un 
harpon, avec une adresse admirable, dès qu'un de ces animaux se 
montre. Les naturels du Pool les capturent aussi à l'arc au moyen de 
fléchettes de bambou dont les pointes sont travaillées. 

Les moyens employés par les tribus habitant le long du fleuve étant 
partout identiques, j'étudierai plus spécialement ceux des Upotos et 
des Basokos. 

Les Upotos emploient : 

i° Les nasses précédemment décrites. Les nasses sont parfois 
simplement jetées à l'eau en un endroit poissonneux et relevées chaque 
jour. Souvent, elles sont placées en eaux calmes ; elles ont alors des 
auxiliaires indispensables dans des claies légères qui servent à former 
de véritables chemins pour diriger le poisson et lui ôter tout moyen 
d'éviter le piège qui lui est tendu. A la descente des eaux, il n'est pas 
un chenal qui ne soit coupé par un clayonnage conduisant à une 
nasse. Dans cette nasse viennent se faire prendre tous les poissons 
tentant de regagner la rivière. Je me rappelle qu'en approchant du 
N'Ghiri, nous nous trouvâmes dans un chenal de 4 mètres environ de 
large et, de distance en distance, nous rencontrions d'immenses 
clayonnages fermant le passage; une grande claie en fibres tressées 
formant tamis était retenue par quatre pieux et pouvait, au moyen de 
lianes, être élevée ou abaissée à volonté; élevée, le passage était libre, 
abaissée, le poisson ne trouvait plus d'issue et se faisait fatalement 
capturer par les natifs; à d'autres places, il y avait de véritables digues 
en terre et en branches d'arbres, s'élevant jusque 2 mètres de hauteur 
et retenant les eaux. Donc, tout un système de pièges parfaitement 
compris et disposés sur environ deux à trois lieues de chemin. 

2 Le lokando, qui est un des pièges les plus usités, est une nasse 
en bambous très légers, longue de 1 5 à 20 mètres, sur 1 1/2 mètre 
de largeur. Très flexible, on peut la rouler et la dérouler en un instant. 
Au moment de la pêche, elle est ouverte et tenue prête à fonctionner 
par sept hommes, dont trois sont à l'avant de la pirogue, quatre 
à l'arrière, tandis que les pagayeurs manœuvrent de manière à ren- 
contrer les endroits où l'eau, peu profonde, court sur un lit de sable. 
Dès qu'apparaît une bande de poissons, les porteurs de la nasse sau- 
tent dans le fleuve et l'engin que l'on a fait descendre perpendicu- 
lairement, est vivement traîné de manière à capturer la plus grande 



XXXII 



INTRODUCTION 



partie de la troupe vagabonde. Celle-ci veut passer outre et va d'elle- 
même s'emprisonner dans le cu'-de-sac qui termine l'appareil. 

3° Les claies ou grands rectangles de fibres tressées formant tamis, 
ayant de 10 à 12 mètres carrés de superficie. Ces claies sont fixées du 
côté droit d'un canot à deux forts crochets de bois assujettis au fond 
de l'embarcation à l'avant et à l'arrière. Deux hommes se trouvent 
dans le canot et, au moyen de deux grandes perches, peuvent éle- 
ver ou abaisser l'appareil ; ils laissent l'embarcation dériver avec le 




courant et, tout en descendant le fleuve, abaissent leur engin dans 
l'eau ; chaque fois qu'ils le relèvent, une multitude de petits poissons 
appelés Bolas retombent dans le fond de la pirogue. (Voir p. XXIV, fig.) 




Tous les pièges qui précèdent sont faits en écorce de bambous ; les 
lignes et les filets en corde sont non moins intéressants à observer. 

Pour fabriquer la corde, on se sert de la deuxième écorce d'un 
arbrisseau, on la fait sécher, puis on la tresse. Les Upotos emploient: 

i° Les lignes flottantes, les lignes à renversement et les lignes dor- 
mantes précédemment décrites. C'est le moyen en usage pour prendre 
les grands poissons. Comme appât, on accroche à l'hameçon un petit 
poisson. 

2 Le filet traînant. C'est généralement aux eaux basses que la 
pêche est la plus productive. Les noirs ont des filets de toutes Ion- 



PECHE XXXIII 

gueurs; quelques-uns atteignent ioo mètres et sont hauts de 2 à 
3 mètres. Comme flotteurs, on met des blocs de bois léger; comme 
lest, des pierres, des morceaux de fer (rarement) ou des tubes de pote- 
rie fabriqués spécialement pour cet usage. Lorsqu'on pêche sur les 
bancs de sable, le poids du lest entraîne le filet afin de drainer le fond. 
Au moyen de pirogues, les indigènes font un large circuit qu'ils 
rétrécissent de plus en plus, emprisonnant le poisson qui est bientôt 
rejeté sur la grève. A certaines époques, on fait ainsi des pêches très 
abondantes. 

Les grands filets sont aussi employés d'une autre façon. Les flotteurs 
sont plus puissants que le lest et soutiennent les filets à la surface de 
l'eau ; deux pirogues, une à chaque bout, descendent le courant de la 
rivière avec ce rideau déployé ; des rabatteurs effrayent le poisson qui 
vient s'empêtrer dans les mailles du piège qui lui est tendu. 

La pêche à la ligne est peu pratiquée au Congo. Les noirs placent 
au bout d'une ficelle légère un petit hameçon sans barbillons et em- 
ploient des boulettes de chicwangue comme amorce. 

Lorsque l'on pêche le petit poisson au moyen d'une ligne suspendue 
au bout d'une gaule, la victime en frétillant parvient souvent à se 
dégager faute de barbillons à l'hameçon. Afin d'éviter la perte de 
leur capture, les pêcheurs, dès que le poisson est pris, le font tour- 
noyer vivement au bout de la ficelle ; la bête étourdie cesse de se 
débattre et ne risque plus de retomber à l'eau. 

Les Upotos pratiquent aussi la pêche au poison. Le toxique géné- 
ralement employé est une légumineuse du genre Acacia, la Ptéphrosie 
de Vogel. Les feuilles de cet arbuste sont écrasées, puis mises dans un 
récipient; après plusieurs jours de macération dans l'eau, la décoction 
est jetée par les indigènes dans les petits ruisseaux ou dans les mares. 
Aussitôt que le poisson a absorbé de cette substance, il devient malade 
et flotte à la surface. 

Dans le Congo et le Lomami, les natifs emploient des nasses qu'ils 
disposent de façon que l'ouverture soit tournée vers l'aval. Quant aux 
gens de l'intérieur, ils prennent également beaucoup de poissons dans 
les ruisselets et les mares. A cette fin, ils isolent certaines parties des 
cours d'eau au moyen de barrages en terre et les mettent à sec, de telle 
sorte qu'ils n'ont qu'à prendre le poisson à la main. Ils emploient aussi 
les feuilles d'une légumineuse qu'ils pilent dans un mortier et dont ils 
se servent pour étourdir le poisson. 

Lorsque, après les inondations périodiques, les eaux se sont retirées, 
les femmes vont déterrer une sorte de silure (1) dont la chair est très 
appréciée des indigènes. 

(1) Clarias. — G, \. B. 



XXXIV 



INTRODUCTION 




a, 



PECHE 



XXXV 



Aux Stanley- Falls, les indigènes ont réussi à garnir la ligne de rocs 
qui compose la septième cataracte, d'une forêt de pieux, perches, ma- 
driers qui, encastrés dans les interstices des rochers et enchevêtrés les 
uns dans les autres, constituent un véritable échafaudage auquel ils 
suspendent leurs engins de pêche. De grandes nasses, en forme d'en- 
tonnoir, de 3 à 4 mètres de longueur, sont immergées au pied même 
de la cataracte et sont retenues à l'échafaudage au moyen d'un fort 
câble en liane. Le poisson vient s'y engouffrer. 

Matin et soir, les indigènes montés dans leurs immenses canots 
vont, jusqu'au pied des chutes, vérifier la solidité de leurs engins et, 
aidés de leurs compagnons juchés au sommet des poteaux, il retirent à 
force de bras les nasses et récoltent le poisson ainsi capturé. Les canots 
employés pour cette opération sont généralement creusés dans le 
tronc du cotonnier-bombax et atteignent jusqu'à 5 mètres de lar- 
geur. Ils sont relevés à l'avant et possèdent à l'arrière une plate-forme 
où quatre hommes peuvent trouver place. A cause de leur fond plat, 
ils sont très stables sur l'eau et les indigènes s'en servent avec beau- 
coup d'habileté. Ces grands canots sont manœuvres par trente, qua- 
rante et i uelquefois soixante pagayeurs qui, debout à bâbord et à 
tribord, manœuvrent leur embarcation avec le plus grand sang-froid 
au milieu des rapides et des tourbillons. 

Les Waginia emploient d'énormes filets mesurant de 3o à 40 mètres 
de longueur sur 2 ou 3 mètres de largeur. Ces filets sont jetés en tra- 
vers de la rivière. A chacune de leurs extrémités, des pirogues mon- 
tées d'indigènes les tiennent tendus, et doucement descendent le fil de 
l'eau. Traînés dans le sens de la hauteur, les filets de l'espèce sont 
maintenus à la surface par de gros bouchons de bois et la partie 
inférieure est tendue au moyen de petits tubes en terre cuite qui rem- 
placent le plomb en usage chez nous. Cette pêche s'exécute la nuit ou 
de grand matin. Le poisson en mouvement, soit qu'il remonte ou 
descende le fleuve, vient se jeter contre le filet qu'il veut traverser. Sa 
tête s'engage dans les mailles, et plus il se démène, plus il s'embar- 
rasse dans l'inextricable réseau. 

Les populations Bashikinga des rives du Sankuru pèchent avec de 
grandes seines de plus de 100 mètres de longueur; ces engins néces- 
sitent de quinze à vingt hommes pour les manœuvrer. 

Les Ioumba habitant les rives du lac Léopold II se servent de 
paniers de forme conique qui se ferment au moyen d'une porte tirée 
par un ressort. Celui-ci est formé d'une baguette recourbée qui se 
détend lorsque le poisson touche à l'appât. Les mêmes paniers, mais 
plus petits, sont en usage chez les Zozo, tribu habitant près du haut 
Kwango ; à l'extrémité du panier et à l'entrée de celui-ci est placé un 



XXXVI INTRODUCTION 

lacet : lorsque le poisson introduit sa tête dans l'ouverture pour prendre 
l'appât, il est pris par le lacet derrière les ouïes. Dans certaines régions 
on fabrique des hameçons primitifs en fer; dans l'Ubangi, on emploie 
pour le même usage une épine fixée solidement à une tige de bois par 
une ligature de caoutchouc. 

Pour tuer le gros poisson, les indigènes emploient le harpon; dans 
le Kwango, des flèches à dard de bois, simple, double ou triple, sont 
spécialement destinées à cet usage. 

En résumé, il n'est pas de procédés ingénieux qui n'aient été ima- 
ginés pour s'emparer des poissons, base de la nourriture animale des 
indigènes au Congo, et l'art de la pêche est au moins aussi développé 
là-bas que dans nos pays. 

Chargé par la Société d'études coloniales de la mission de recueillir 
les poissons en Afrique (i), j'ai souvent opéré par voie d'achat aux 
indigènes; mais ce procédé ne donnait que des résultats bien insigni- 
fiants, un grand nombre d'espèces échappant à leurs engins. 

Afin d'obtenir rapidement de grands résultats, j'ai eu recours à la 
pêche par explosifs et le choix s'est arrêté sur la tonite. Cet explosif 
se fabrique sous forme de cartouche de ioo grammes. Il s'est très bien 
comporté et n'a guère souffert du climat; il n'a pas notamment donné 
lieu, comme la dynamite, à la séparation de la nitro-glycérine d'avec 
le restant du mélange, danger très sérieux. Ces cartouches de tonite 
étaient emballées dans du papier parafiné ; le tout mis dans une caisse 
de zinc, avec couvercle à glissière, elle-même renfermée dans une 
caisse de bois portant d'une façon bien apparente « Matière explosive ». 
Le poids n'excédait pas 25 kilos par charge afin d'éviter que les 
porteurs ne jetassent brusquement, suivant leur coutume, les caisses 
sur le sol. 

Une précaution importante au point de vue du transport, c'est 
d'isoler complètement les détonateurs de la tonite afin que si la 
charge de détonateurs saute, la tonite ne fasse pas de même. Il faut 
donc mettre autant que possible les deux substances dans des endroits 
différents. 

Au bout de quelques essais, j'ai conclu qu'il fallait 6 cartouches de 
tonite, soit donc une explosion de 600 grammes, pour obtenir une 
pêche fructueuse, d'une centaine de poissons en moyenne, quand on 
se trouvait à un endroit propice. 



(1) Après ma rentrée en Europe, MM. les lieutenants Wagenaar et De Bauw 
ont continué ma mission. 



PECHE 



XXXVII 



La mise à feu se faisait au moyen d'un détonateur au fulminate de 
mercure de i gramme et d'une mèche. Bickford en gutta-percha de 
7 centimètres de longueur, ce qui donnait à peu près 4 secondes entre 
le moment de la mise à feu et celui de l'explosion. Il était nécessaire de 
soigner spécialement le mode de liaison du détonateur de la mèche et 
de la cartouche; une bande de papier consolidait la mèche dans la cap- 
sule qui était elle-même retenue dans le logement de la cartouche par 




Explosion de tonite dans le Congo. 



une ficelle entourant tout le système. Une bonne quantité de parafine 
ou de chandelle empêchait l'eau de s'infiltrer entre la mèche et le déto- 
nateur, ce qui eût pu amener un raté. 

Le personnel nécessaire était le suivant : 1 5 pagayeurs excellents 
nageurs; 5 restant dans le canot après l'explosion, les 10 autres rame- 
nant à la nage les poissons flottant à la surface de l'eau. 

Pour les endroits rocheux et les parties peu profondes (6 mètres 
au maximum), la cartouche seule est suffisante; mais si l'on veut 
pêcher à une plus grande profondeur, je pense qu'il serait nécessaire 



XXXVIII INTRODUCTION 

d'employer le système suivant : après avoir choisi une place, immerger 
au fond du fleuve un large filet, soit en bambou, soit en cordes, filet 
carré de 20 mètres de côté minimum, par exemple; 4 flotteurs indi- 
queraient à la surface l'emplacement de l'engin. 

En jetant la cartouche, beaucoup de poissons sont projetés au fond 
et ne remontent pas. Or, après les remous causés par la détonation 
et la diffusion des gaz dans l'eau, les hommes ne savent pas plonger 
et ne distinguent rien dans le Congo, déjà si trouble en son état habi- 
tuel. Je crois donc qu'en remontant le filet on amènerait de curieux 
spécimens qui, sans cela, seraient perdus. 

Nous pouvons diviser les endroits propices à la pêche en trois caté- 
gories : 

i° Les endroits rocheux. Il suffit de s'installer sur une roche bien 
située, de faire placer le canot à peu de distance en aval et de jeter la 
cartouche à la place choisie. Peu d'instants après l'explosion, on voit 
apparaître à la surface de l'eau les poissons étourdis, qu'il suffit de 
ramasser à la main ou avec une épuisette. 

2 Les endroits d'une profondeur maxima de 6 mètres. Nous les 
trouvons soit dans les parties resserrées comprises entre une île et un 
banc de sable (très favorable), soit le long des îles du haut fleuve ; 
il se forme à certains endroits des barrages naturels avançant de 20 ou 
3o mètres et provenant soit d'un arbre mort, soit d'herbes arrêtées 
par les branches d'un arbre de la rive; des espèces de petites criques 
bien tranquilles prennent ainsi naissance et les poissons y séjournent 
volontiers. 

3° Les endroits de grande profondeur. Le mieux, je pense, serait 
d'immerger l'engin dont j'ai parlé précédemment; puis, on se met à 
l'arrière du canot, les hommes étant prêts à pagayer; on jette la car- 
touche et aussitôt les pagayeurs filent à toute vitesse. Après l'explosion 
on revient juger du résultat. L'époque la plus favorable est la saison 
des basses eaux. Dans le bas Congo, le mois de juin est excellent; dans 
le haut, septembre et octobre sont préférables. Novembre et décembre 
sont absolument mauvais ; par suite de la crue annuelle, toutes les 
îles sont inondées et les poissons s'éparpillent dans toutes les directions. 

Il est à noter, d'après le dire des Upotos, que vers la fin de décembre 
les poissons se retirent aux environs des îles. J'ai constaté le fait. Aux 
plus basses eaux, ils se rapprochent des rives. 



PfiCHE 



XXXIX 




XL INTRODUCTION 



B. Rapport de M. G. Le Marinel (Haut-Ubangi). 

Les Wattets présentent au plus haut point les caractères de peuples 
vivant delà rivière. Piroguiers admirables et pêcheurs habiles, ils tirent 
une large subsistance du poisson qu'ils prennent et ne demandent au 
commerce que le superflu. Vivant surtout de pêche, ces peuples se 
déplacent avec une étonnante facilité. Ils ne s'occupent guère de culture. 
Avec le produit de leur pèche, ils achètent aux populations de l'intérieur 
le manioc, les bananes et autres comestibles nécessaires à leur alimen- 
tation. Les échanges entre indigènes se font aux marchés, assemblées 
qui ont lieu périodiquement près de quelques grands villages. Les 
Bongos apportent là du manioc, des bananes, du charbon de bois, 
des perches pour manœuvrer les pirogues, des cordes, des éléments 
de filets. Les Wattets, par contre, vendent du fer, du poisson, du sel 
indigène, des perles et d'autres produits achetés au loin. Ces Wattets 
excellent dans l'art de capturer le poisson. Suivant la nature du fond 
et la force du courant, ils pèchent au filet ou au moyen de nasses. Ils 
étudient avec soin les meilleurs systèmes à employer et sont très 
habiles à découvrir les bons emplacements. Nulle part, si ce n'est 
aux Stanley-Falls, on ne rencontre des pêcheries aussi importantes 
que dans l'Ubangi. Les pièges qu'emploient les Wattets atteignent 
souvent des proportions telles qu'on est obligé de réunir ensemble 
deux pirogues pour les transporter. Ces peuples de pêcheurs ne tiennent 
aucunement aux lieux où ils ont vécu et, pour le moindre motif, ils 
recommencent des défrichements sommaires, mais cependant pénibles, 
dans le but de se créer une nouvelle résidence. On voit ainsi les vil- 
lages se diviser en plusieurs groupes qui vont occuper d'autres empla- 
cements à la suite de guerres extérieures, de dissensions intestines ou 
plus souvent encore à la recherche de pêcheries nouvelles. Aux eaux 
basses, certains quittent leurs villages pour deux ou trois mois et 
vont au loin pêcher dans les endroits les plus favorables. Ils vivent 
alors en nomades, les femmes et les enfants participant au travail de 
la communauté. En même temps ils font du commerce. C'est ainsi 
qu'ils s'éloignent à des distances de ioo à i5o kilomètres de chez eux. 
Ils vont dans les îles et les rapides de Zongo pêcher et trafiquer avec 
les Bakas, envers lesquels ils agissent souvent comme de véritables 
envahisseurs. 



PECHE 



XLI 




XLII INTRODUCTION 



C. RAPPORT DE M. CHALTIN. — Liste des nombreux procédés 
employés par les Basokos, dressée d'après les noms que leur donnent 
les natifs : 

i. Liemba. Panier de forme oblongue. Pour ce genre de pêche, 
l'indigène choisit de préférence les endroits où sont jetés les détritus 
de toute nature. Il entre dans l'eau, la trouble en marchant et pousse 
devant lui son liemba qu'il relève toutes les minutes. Au moyen de 
cet appareil, il ne prend que de tous petits poissons. 

2. Inango. Pêche à la ligne de fond. 

3. Itangi. Sorte de petit filet rond qu'une liane maintient ouvert 
et dans lequel sont déposées des amorces spéciales. Les poissons 
voraces se font prendre par les ou'ies dans les larges mailles du filet 
qui est maintenu à fleur d'eau. Ce sont surtout les femmes qui se 
livrent à ce genre de pêche. Une seule personne peut surveiller une 
dizaine de ces engins. 

4. Yophé. Petite nasse qui se place à l'embouchure des ruisselets. 

5. Ikwdiengé Petite nasse munie d'un couvercle qui se referme 
brusquement lorsqu'un poisson touche à l'amorce. Cette dernière con- 
siste généralement en un morceau de chicwangue. Au moyen de ce 
piège, on ne prend qu'une seule espèce de poisson désignée sous le 
nom indigène de Gondas. 

6. Ikutus. Lignes munies d'un petit flotteur cylindrique en bois; à 
l'hameçon, on attache généralement une lika (grenouille), dont cer- 
tains gros poissons se montrent très friands. 

7. Diotés. Lignes munies d'un grand flotteur en bois; elles s'amor- 
cent avec des vers. 

8. Bolo. Ligne ordinaire avec canne en bois flexible. Ce sont géné- 
ralement les femmes qui pèchent à la ligne. Elles se servent souvent 
d'insectes en guise d'appât. 

9. Kotiro. Filet rond maintenu ouvert par une liane et que l'on 
emploie de la même façon que le liemba. 

10. Moso. Grand filet rond maintenu ouvert par une liane. Les 
indigènes qui s'en servent se réunissent à trois dans une pirogue. Au 
moyen de longues perches, deux d'entre eux chassent le poisson qui se 
tient au fond de la rivière ; le troisième manie le filet qu'il relève à peu 
près toutes les cinq minutes. 

1 1 . Bulamba. Sorte d'épervier maintenu par une liane dont l'extré- 
mité est passée autour du cou du pêcheur. Celui-ci est monté dans 
une pirogue et lance le bulamba, tandis qu'un autre indigène se 
tenant à l'arrière dirige l'embarcation. 



PECHE 



XLIII 



12. Makayulu. Immense filet que l'on tend d'une rive à l'autre et 
aux extrémités duquel se tiennent deux canots montés chacun par 
trois hommes. Le makayulu n est relevé qu'après avoir été traîné pen- 
dant quelque temps par les pirogues marchant de ensemble. 

i3. Jkoso. Même filet que le précédent, mais plus petit. Un homme 
se tient à la rive, tandis qu'un autre, monté dans une pirogue, prend 
le large et tend le filet. Après quelques minutes d'attente, les deux 
pêcheurs relèvent simultanément. 

14 et i5. Mava et Soro. Harpons servant à capturer de grands 
poissons qui nagent à fleur d'eau. Pour cette pêche, comme pour la 
précédente, les indigènes sont en canot. 

10. Eturu. Longue claie que l'on place le long des rives inondées 
au moment où les eaux se retirent. Cet engin a pour but d'empêcher 
le poisson de rentrer dans le lit de la rivière. 

17. Lokalo. Claie rectangulaire de 9 à 10 mètres carrés. L'un des 
grands côtés prend appui contre le canot pendant que l'autre, main- 
tenu par deux lianes, s'abaisse lentement dans l'eau jusqu'à ce que la 
claie soit horizontale. On relève l'appareil toutes les minutes. Avec cet 
engin, l'indigène ne pêche que de tous petits poissons au bord de la 
rivière. 

18. Kesumba. Immense nasse en forme de cône que l'on place à 
l'embouchure des ruisseaux ou entre deux éturus (voir 16) lorsque les 
eaux baissent. 




XLIV INTRODUCTION 



D. Rapport de P. Delhez. 

Aux chutes près de Léopoldville, au mois de septembre, commen- 
cement de la saison des pluies, les indigènes pèchent peu; ils ne pèchent 
même pas du tout en rivière. L'engin principal est la nasse, panier de 
forme conique. Dans certains endroits où l'eau a peu de largeur, ils 
établissent des barrages en branchages soutenus à l'aide de cordes et 
de pieux solidement fixés entre les rochers, ou bien ils tendent des 
filets dans les mailles desquels le poisson se fait prendre. Les poissons 
remontent les chutes, car les pêcheurs placent l'ouverture de leurs 
nasses dans le sens du courant. Malgré la force du courant à Kin- 
shassa, j'ai obtenu, à l'aide de la dynamite, un grand nombre de spé- 
cimens. 

Pendant les huit jours que j'ai passés à Dolo, j'ai beaucoup fait usage 
de la dynamite. Après avoir mis à bord d'une pirogue des filets, des 
épuisettes et un grand réservoir en zinc rempli d'eau, destiné à recevoir 
les poissons, je donnais l'ordre du départ dès 5 1/2 ou 6 heures, le 
meilleur moment de la journée pour la pêche. Je jetais les cartouches 
à environ deux ou trois mètres de mon embarcation, en m'éloignant 
immédiatement après à force pagaies. Les indigènes qui m'accom- 
pagnaient, terrifiés de la force de l'explosion, se jetaient chaque fois à 
plat ventre, et je devais me fâcher pour les tirer de leur ahurissement 
et les forcer à ramasser, à la nage, à l'épuisette où à la main, les 
poissons qui apparaissaient en grande quantité à la surface quelques 
instants après. Car il faut que cette capture se fasse avec grande 
promptitude, le poisson se remettant souvent très vite de son étourdis- 
sement, s'il en est quitte pour si peu, un certain nombre étant tués ou 
même lacérés par suite de leur proximité de l'explosion. Dans les 
eaux ayant une grande profondeur, j'attachais à l'aide d'une ficelle, 
un morceau de bois léger à la cartouche. Ce morceau de bois servait 
de flotteur. Avec une charge de 3oo grammes de dynamite, soit trois 
cartouches, je provoquais une colonne d'eau que j'estime à 40 à 
5o mètres de hauteur. Il est préférable d'employer une mèche courte 
(6 ou 7 centimètres) pour la cartouche, afin de produire une explosion 
plus rapide; le poisson, curieux de sa nature, s'approche généralement 
de tout objet qui tombe à l'eau et il ne faut pas lui laisser le temps de 
s'éloigner après son inspection. 

Au lac Léopold II, les indigènes ont différentes manières de pêcher. 
Les nasses en fibres végétales sont fixées solidement à des piquets 
plantés en travers du lac, à des distances de 10 à 12 mètres, en lignes 
très droites; chaque village possède sa ligne de piquets. On construit 



PÊCHE 



XLV 



aussi des barrages, grâce auxquels, lorsque les eaux se retirent des 
criques et rivières après l'époque de la crue, les poissons se trouvent 
arrêtés et il n'y a plus qu'à les ramasser, Certains barrages, aux bons 
endroits poissonneux, forment de véritables forteresses carrées où le 
poisson vient se faire prendre quand les eaux baissent; d'autres 
encore sont disposés en cercle sur un banc de sable submergé. J'ai 
constaté aussi pendant mon séjour que les indigèdes pèchent à la 
ligne : l'hameçon est un morceau de fer grossier de 5 à 6 centimètres 
de longueur, le flotteur est en bois léger et mesure i5à 20 centimètres, 
la ligne elle-même, une ficelle végétale, a 2 à 3 mètres de long. A 
Ipabaka, les indigènes empoisonnent l'eau à l'aide d'un fruit dont ils 
laissent pourrir de grandes quantités dans les endroits dont ils veulent 
obtenir les poissons, qu'ils récoltent morts. 

A lboko les enfants capturent les petits poissons au moyen de 
nasses minuscules en bois, dont une de construction vraiment ingé- 
nieuse : elle est à déclanchement et on pourrait appeler cet engin 
une trappe à poissons. 




Pêcheries aux chutes du Congo, au Stanley-Pool. 



XLVI 



INTRODUCTION 



IV. Conservation. 

La valeur des récoltes zoologiques varie beaucoup selon les soins 
avec lesquels elles ont été faites. 11 est donc utile d'indiquer aux 
voyageurs la méthode à suivre pour obtenir de bons résultats. Avant 
tout, l'importance de l'indication de la localité exacte pour la prove- 
nance de chaque objet ne saurait être exagérée. Comme il ne faut rien 
confier à la mémoire, l'étiquetage des spécimens recueillis est indis- 
pensable. Les étiquettes en métal peuvent s'altérer dans l'alcool par 
suite de réactions chimiques (i), celles en papier se déchirent trop faci- 
lement après avoir été mouillées, il est préférable de faire usage de 
parchemin ; les caractères au crayon s'effacent par le frottement, l'encre 
fraîche coule et s'étale, je recommande donc aux voyageurs de se mu- 
nir de petites étiquettes en parchemin, chacune numérotée d'avance 
à l'encre et en double (les deux chiffres superposés) et enfilée afin qu'il 
n'y ait plus qu'à l'attacher au poisson ; après quoi, la moitié inférieure 
de l'étiquette, portant le chiffre répété, sera détachée d'un coup de 
ciseaux de la moitié enfilée et introduite sous l'opercule du poisson. 
Grâce à cette précaution, si l'une des étiquettes venait à se perdre, la 
seconde se retrouverait facilement pour fournir l'indication nécessaire, 
inscrite dans un journal qu'il serait bon, pour la même raison, de 
tenir, en double. 

Comme l'a indiqué le professeur Vaillant dans ses instructions pour 
voyageurs (2), on peut arriver, avec le parchemin, à l'inaltérabili é 
complète des chiffres à l'aide d'un procédé très simple et qui offre cet 
intérêt particulier d'avoir été imaginé au Congo, par les naturalistes 
attachés à l'expédition de M. J. de Brazza. Ce procédé consiste à substi- 
tuer le chiffre romain au chiffre arabe et à l'exécuter au moyen d'une 
paire de ciseaux en entamant le bord du parchemin, comme sur la 




figure ci-jointe, représentant une étiquette portant le chiffre CLXV1 
marqué aux ciseaux. C'est un système que je recommande à l'usage 



(1) A l'exception de celles en étain pur, qu'il est souvent difficile de se procurer 
en toute garantie. 

(2) Le Naturaliste, XV, 1893, p. 253. 



CONSERVATION XLVII 

des voyageurs qui ne se seraient pas pourvus d'avance d'étiquettes 
chiffrées du type figuré à côté. 

Les instructions suivantes ont été rédigées pour l'usage des voya- 
geurs au Congo. 

A l'exception de très grandes pièces, les poissons doivent être con- 
servés à l'alcool. La force de l'alcool à employer doit être réglée selon 
la nature des spécimens. Ainsi, s'il s'agit de petits poissons à peau 
nue, on fera bien de les jeter en premier lieu dans un liquide faible 
(5o p. c. d'alcool absolu) et de les transférer après un jour ou deux à 
de l'alcool plus fort (70 p. c). Pour les poissons écailleux on se ser- 
vira d'alcool fort (80 p. c.) qui devra être renouvelé une ou deux fois, 
à quelques jours d'intervalle, selon le cas. On évitera, pour la première 
immersion, de placer beaucoup d'individus dans le même réservoir, à 
cause de la quantité d'eau rejetée par les poissons qui vient affaiblir 
l'alcool. Et, afin de faciliter l'échange des liquides, il est bon de faire, 
à l'aide de ciseaux acérés ou du scapel, une incision le long du ventre, 
qui permette à l'alcool de pénétrer plus rapidement; incision dont 
la longueur variera, selon la taille de l'animal, de 2 à 10 centimètres. 
Tout exemplaire chez lequel la putréfaction aurait commencé avant la 
mise définitive en alcool, doit être rejeté, car il pourrait, par son con- 
tact, gâter le contenu du flacon ou réservoir. 

Quand, après quelques jours, les spécimens seront bien imprégnés 
d'alcool, ils pourront êtres transférés aux bocaux ou caisses destinés 
à leur expédition, en ayant soin de les séparer les uns des autres à 
l'aide de loques de tissu fin non-teint ou de papier de soie blanc, afin 
d'éviter le frottement pendant les secousses du transport. Ne jamais 
se servir, pour la fermeture des bocaux, de cire à cacheter, celle-ci se 
dissolvant par l'alcool. 

Mettre une étiquette à la queue ou à une nageoire paire du poisson. 
Répéter l'étiquette et placer la seconde sous l'ouïe gauche. 

De très petits poissons (3 à 6 centimètres) seront placés dans des 
tubes de verre, la tête en bas. 

Les grands poissons (mesurant plus de 70 centimètres) peuvent être 
conservés en peau. Ecorcher avec soin, faisant d'abord une incision 
tout le long du ventre, depuis la gorge jusqu'à l'origine de la nageoire 
anale, puis au-dessus de celle-ci jusqu'à la racine de la nageoire cau- 
dale. Détacher la peau des muscles sous-jacents, ne laissant en fait 
d'os que ceux qui servent à soutenir les nageoires. Enlever aussi peu 
que possible des parties molles de la tête et conserver la langue et les 
arceaux des branchies qui sécheront avec la peau. Enduire la surface 
interne d'arsenic, bourrer modérément d'ouate ou d'étoupe et bien 
sécher dans un courant d'air chaud au soleil. Avoir soin de conserver 
les nageoires intactes. Ne pas étaler celles-ci en faisant sécher, mais 



XI A'I II 



INTRODUCTION 



les laisser repliées contre le corps, à cause de la fragilité des épines et 
des rayons ; la peau devant de toute façon être ramollie à l'arrivée 
pour l'empaillage définitif. 

De grands poissons à peau nue, tels que les silures, pourront, après 
avoir été écorchés comme ci-dessus, être mis en alcool, la peau du 
corps roulée autour de la tête, ou placés dans de petits tonneaux rem- 
plis de sel. Ces peaux seront propres à l'empaillage. 

Tous renseignements relatifs à la coloration, la forme de la pupille 
oculaire, les mœurs et surtout l'époque et le mode de propagation 
seront fort utiles et pourront être consignés dans un journal spécial, 
avec signe de renvoi à l'étiquette attachée au spécimen. 

On a beaucoup vanté l'usage, comme liquide conservateur, de la 
formaldéhyde, souvent nommée formol ou formaline, certes ce produit, 
tel qu'on le trouve dans le commerce, a l'avantage de se transporter 
facilement, puisqu'il suffit de l'étendre de 25 volumes d'eau pour en 
faire usage. Mais les résultats, s'ils sont satisfaisants pour certains 
groupes d'animaux, sont bien inférieurs, pour les poissons, à ceux 
qu'on peut obtenir par la conservation en alcool. La formaldéhyde a 
le désavantage de raidir les tissus mous, de les fixer d'une façon abso- 
lument désavantageuse pour les manipulations nécessaires à l'étude; 
elle est plus ou moins instable, et exposée à la lumière elle produit 
une solution acide qui peut aller jusqu'à décalcifier les tissus osseux ; 
enfin, si elle conserve bien quelques pigments, elle décolore ou même 
noircit certains spécimens au point de nuire beaucoup à leur aspect. 
C'est ce qu'on a pu constater sur un grand nombre des poissons qui ont 
été exposés à Tervueren en 1897 et sur l'apparence desquels on avait 
tant compté. Je désapprouve donc la formaldéhyde comme liquide 
conservateur pour les poissons, et je n'en recommanderais l'emploi 
que dans des expéditions au cours desquelles les difficultés de trans- 
port s'opposeraient absolument à l'usage de l'alcool. 




Vue du Congo à Matndi. 



ÉTUDE SYSTEMATIQUE XLIX 



V. Etude systématique. 

La détermination exacte des poissons ne peut se faire que par une 
analyse, souvent assez minutieuse, des caractères extérieurs, tels qu'ils 
sont indiqués dans les descriptions, et qu'on peut diviser en trois caté- 
gories principales : la forme et les proportions, les rayons des nageoires, 
l'écaillure; la coloration, souvent fugace et variable, et même le 
dessin, fournissent des indications auxquelles il est bon de n'avoir 
recours qu'après épuisement des caractères morphologiques. Plus tard, 
quand l'œil s'est exercé sur un grand nombre de spécimens d'un même 
district, l'analyse devient superflue; c'est ainsi qu'on arrive à recon- 
naître les espèces à première vue et très sûrement sans faire appel k 
autre chose qu'une impression générale dont il serait souvent difficile 
de rendre compte. Mais c'est toujours aux caractères analytiques qu'il 
faut avoir recours quand il s'agit de motiver une détermination ou de 
comparer des formes nouvelles à celles déjà connues. Afin de faciliter 
au commençant cette étude, je passerai ici en revue les principaux 
caractères dont il est fait usage et les termes techniques qui servent 
à les désigner, en ajoutant qu'une loupe et un compas sont les seuls 
instruments indispensables pour s'y livrer. Pour ce qui est des carac- 
tères anatomiques, leur étude exige une préparation plus longue et 
l'aide d'ouvrages spéciaux, dont les principaux sont cités en notes dans 
le corps de cet ouvrage pour guider ceux qui voudraient acquérir des 
connaissances plus approfondies sur ce sujet, connaissances qui, si 
elles sont nécessaires pour se rendre compte des rapports qui existent 
entre les divers groupes de poissons, ne sont toutefois nullement 
requises pour la détermination des genres et des espèces. Que ceux qui 
pourraient s'effrayer des détails anatomiques, qu'il m'eût été impos- 
sible d'éviter, veuillent bien se borner à les passer; ils n'en réussiront 
pas moins, j'en suis sûr, à tirer parti de cet ouvrage pour arriver à 
connaître les poissons Les figures à la page suivante suffiront, dans 
la plupart des cas, à l'élucidation de la nomenclature des os du crâne 
suivie par moi dans cet ouvrage, et serviront en quelque sorte de glos- 
saire pour les termes usités dans les définitions d'ordres et de familles 
et dans les descriptions anatomiques. 

FORME, PROPORTIONS. — La hauteur du corps, à son point le 
plus élevé, est prise comme terme de comparaison pour exprimer le 
degré d'allongement du poisson. Par longueur totale s'entend la dis- 
tance du bout du museau à la racine de la nageoire caudale; celle-ci 



INTRODUCTION 



sph J*»J$ sq V f* fisp Pic 



„ PVf f \ps \ W° 




Crâne de Polypterus Palmas, vu en dessus, en dessous et de profil; les plaques 
osseuses du côté droit ont été enlevées sur la figure de la face supérieure de la tête. 



ar. 

bo. 

d. 

ecpt. 

eo. 

ept. 

eth. 

/■ 
g- 

km . 
hy. s. 

j- 

m. 

mpt. 



Articulaire. 


n. 


Nasal. 


pte. 


Post-temporal. 


Basioccipital. 


n. a. 


Nasal antérieur. 


ptor. 


Postorbitaire. 


Dentaire. 


0. 


Plaque occipitale. 


ptsp. 


Plaques postspiraculaires 


Ectoptérygoïde. 


op. 


Operculaire. 


q- 


Quadrate 


Exoccipital. 


opo. 


Opisthotique. 


qj- 


Quadrato-jugal. 


Entoptérygoïde. 


P- 


Pariétal. 


sbo. 


Sous-operculaire. 


Ethmoïde. 


paro. 


Paroccipital. 


sp. 


Plaques spiraculaires. 


Frontal. 


pm. 


Prémaxillaire. 


sph. 


Sphénoïde. 


Plaque gulaire. 


pop. 


Préoperculaire. 


spl. 


Splénial. 


Hyomandibulaire. 


por. 


Préorbitaire (lachrymal). sq. 


Squamosal. 


H)Oïde supérieur. 


M- 


Préfrontal. 


ste. 


Sur-temporal. 


Jugal. 


ps. 


Parasphénoïde. 


tu. 


Turbinai. 


Maxillaire. 


psp. 


Plaques préspiracu 


aires, v. 


Vomer. 


Métaptérygoïde. 











sor 




paro ec $o Pt® 



se 



,,- pte, 




op 



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^fe^^^»" \ : -J4É& 








77V 




' ; 




'' f/ °P 














S771 


àr q 


br ihpf 'ty 


pop 






Crâne d 


e Lates niloticus, vu en dessus 


et de profi 




ar. 


Articulaire. 




mpt. 


Métaptérygoïde. 


ps. 


Parasphénoïde. 


br. 


Rayons branchiostèges. 


n. 


Nasal. 


pte. 


Post-temporal. 


d. 


Dentaire. 




op. 


Operculaire. 


Ptf- 


Post-frontal. 


eept. 


Ectoptérygoïde. 




os. 


Orbîtosphénoïdc 


q. 


Quadrate 


eo. 


Exoccipital. 




p- 


Pariétal. 


sbo. 


Sous-operculaire 


ept. 


Entoptérygoïde. 




paro. 


Paroccipital. 


sm. 


Sur-maxillaire. 


eth. 


Ethmoïde. 




pi. 


Palatin. 


so. 


Sus-occipital. 


/. 


Frontal. 




pm. 


Prémaxillaire. 


sor. 


Sous-orbitaire. 


hm. 


Hyomandibulaire. 




pop. 


Préoperculaire. 


sq. 


Squamosal. 


top. 


Interoperculaire. 




por. 


Préorbitaire. 


ste. 


Sur-temporal. 


m. 


Maxillaire. 




PKf. 


Préfrontal. 


sy. 


Symplectique. 



Li: INTRODUCTION 

étant exclue pour la même raison que la hauteur des nageoires dorsale 
et anale n'est pas comprise dans les mensurations du corps. Mais dans 
l'indication de la taille à laquelle parvient chaque espèce, la longueur 
totale comprend la nageoire caudale, mesurée jusqu'à l'extrémité des 
rayons médians. 

Le museau est la partie antérieure à l'œil, mais sans compter le 
menton lorsque celui-ci dépasse la mâchoire supérieure. La longueur 
de la tête est mesurée du bout du museau à l'extrémité de l'opercule 
osseux, ou à défaut d'opercule distinct (Protoptères, Tetrodons), à 
l'orifice branchial, sauf chez les Silurides à casque osseux, où tantôt 
1 occiput, tantôt le sinus occipito-huméral est pris comme limite pos- 
térieure. L'œil, dont le diamètre comparé à la longueur de la tête et à 
la largeur interoculaire donne d'excellentes indications pour la com- 
paraison d'individus au même degré de développement, varie beaucoup 
avec l'âge, étant presque toujours beaucoup plus grand relativement 
chez les jeunes que chez les adultes. Les parties de la tête qui four- 
nissent des caractères importants pour l'étude dépendent du squelette 
et leur terminologie est suffisamment expliquée par les figures qui 
précèdent, représentant le crâne d'un Crossoptérygien (Polypterus) et 
celui d'un Téléostéen Perciforme (Latcs). L'opercule est bordé d'un 
repli membraneux, membrane des ouïes, le plus souvent soutenu par 
des rayons nommés branchiostèges. L'espace gulaire entre les cavités 
branchiales, souvent recouvert par la membrane en question, se 
nomme l'isthme. 

Le côté concave des arcs branchiaux, le côté opposé aux branchies, 
porte une série de protubérances cornées, de râtelures nommées bran- 
chiospines, dont la forme et le nombre au premier arceau fournissent 
souvent des caractères importants pour la distinction des espèces ; il 
suffit pour s'en rendre compte de soulever l'opercule. Les antérieures 
de ces branchiospines peuvent être rudimentaires, de simples tuber- 
cules, elles sont néanmoins comprises dans le nombre total, à moins 
d'indication contraire. 

La limite entre le corps et la queue est établie par l'orifice anal. 

La partie libre de la queue, entre le dernier rayon de la nageoire 
dorsale ou de l'anale et la racine des rayons médians de la caudale est 
désignée comme pédicule caudal. 

NAGEOIRES. — Elles se divisent en nageoires paires : pectorales et 
ventrales, et nageoires impaires : dorsale, anale et caudale. Elles 
sont soutenues par des rayons, simples et rigides (rayons épineux), 
simples et articulés, ou branchus (ceux de ces deux catégories désignés 
comme rayons mous). Dans les formules souvent insérées dans les 
diagnoses et les synopsis, les rayons épineux sont indiqués par des 



ÉTUDE SYSTÉMATIQUE LUI 

chiffres romains, les rayons mous par des chiffres arabes; l'insertion 
d'une virgule entre les deux chiffres indique une interruption, une dis- 
continuité dans la nageoire, comme il existe à la dorsale de nombreux 
Acanthoptérygiens. Ainsi: D. X, 12; A. III 8, indique une dorsale 
antérieure formée de 10 épines suivie d'une seconde dorsale formée de 
12 rayons mous, et une anale à 3 épines suivie sans interruption de 
8 rayons mous. Un grand nombre de Malacoptérygiens et d'Ostario- 
physes possèdent une nageoire dorsale cutanée non soutenue par des 
rayons : c'est ce qu'on nomme une nageoire adipeuse. Il arrive parfois 
(Cyprins, Perches) que le dernier rayon de la dorsale et de l'anale est 
fendu jusqu'à la base et semble représenter deux rayons; mais étant 
inséré sur un seul support osseux il n'en constitue réellement qu'un et 
est compté comme tel dans les descriptions. 

Par « longueur » des nageoires dorsale et anale s'entend la longueur 
de leur base. 

ÉCAILLURE — A l'exception d'un petit nombre de formes dont le 
revêtement cutané consiste en plaques osseuses ou en épines, le corps 
des Téléostomes est couvert d'écaillés, le plus souvent imbriquées, 
dites cycloïdes quand le bord en est lisse, cténoïdes quand il est épi- 
neux ou denticulé. On compte les écailles en série longitudinale, 
depuis l'opercule jusqu'à la racine de la nageoire caudale et en série 
transversale, au point le plus élevé du corps ou depuis les premiers 
rayons de la dorsale jusqu'à la ligne médiane du ventre. Les écailles 
qui s'étendent souvent sur la nageoire caudale, au delà de la région 
musculaire de la queue, ne sont pas comprises dans la série longitudi- 
nale. Des organes sensoriels et mucifères forment souvent une ou plu- 
sieurs séries le long du corps, indiquées par de petits tubes à la surface 
des écailles : c'est ce qu'on nomme la ou les lignes latérales. Ainsi la 
formule : Sq. 43-45 -j- ; 1. lat. 35-3y, indique 43 à 45 écailles le long 
du corps, comptées le plus souvent immédiatement au-dessus de la 
ligne latérale, 5 ou 6 en série transversale depuis le milieu du dos 
jusqu'à la ligne latérale, 10 en série transversale depuis celle-ci jus- 
qu'au milieu du ventre, et 35 à 3y écailles percées par la ligne laté- 
rale. 

La méthode suivie est d'ailleurs indiquée par la figure à la page 
suivante représentant un Téléostéen Perciforme de la famille des 
Cichlides, Tilapia Dolloi, décrit p. 467. Afin de mieux faire com- 
prendre la manière exacte dont les caractères techniques sont relevés, 
il est donné une courte description ou diagnose d'après l'individu 
figuré. 



LIV 



INTRODUCTION 




A, Anale épineuse;/!', Anale molle; Br, Premier arceau branchial (caché sous 
l'opercule); Bsp, Branchiospines; C, Caudale; D, Dorsale épineuse; D', Dorsale 
molle; L.l, Ligne latérale supérieure; L.l', Ligne latérale inférieure; N, Narine; 
Op, Opercule; P, Pectorale; Pc, Pédicule caudal ; Pop, Préopercule; S.tr, Série 
transversale d'écaillés ; V, Ventrale. 

Exemple de diagnose spécifique, d'après cette figure : 
TILAPIA DOLLOI. 

D. XV 1 1 ; A. III 8; Sq. 26 -|"i L - lat - 20 / 12 - 

Hauteur du corps 2 1/4 fois dans la longueur totale, longueur de la 
tête 2 4/5 fois. Diamètre de l'œil 1 i/3 fois dans la longueur du 
museau, 4 fois dans la longueur de la tête; bouche s'étendant un peu 
au delà du plomb de la narine ; deux séries d'écaillés sur la joue. 
Branchiospines courtes, au nombre de 14 à la partie inférieure du 
premier arceau. Dernière épine dorsale la plus longue, mesurant un 
peu moins de la moitié de la longueur de la tête ; dorsale et anale 
molle pointues. Pectorale pointue, subfalciforme, atteignant presque 
l'origine de l'anale. Caudale faiblement échancrée. Pédicule caudal un 
peu plus haut que long. 

Je n'ai pas cru devoir traduire en français les noms latins qui 
servent à désigner les genres et les espèces, convaincu que je suis 
qu'il y a avantage à faire usage des premiers seuls, surtout quand il 
s'agit d'une faune nouvellement connue. Mais j'ai indiqué les noms 
indigènes d'après les documents que m'ont remis divers voyageurs. 
Il va de soi que, dans un pays aussi étendu et aussi varié que l'Etat du 



INTRODUCTION. 



TABLEAU DICHOTOMIQUE 



P. LIV A 



DES 



FAMILLES DE POISSONS D'EAU DOUCE DU BASSIN DU CONGO 

dressé d'après les caractères extérieurs les plus faciles à apprécier et s* appliquant uniquement aux formes actuellement connues du Congo. 



rhomboïdales. osseuses; des épines détachées et bicuspides à la dorsale, chacune soutenant une membrane contenant un ou plusieurs rayons articulés 

styliformes ; orifice branchial très étroit ; corps très allongé; onhee anal à droite ou à gauche . 

.' étroite ; œil sans bord libre 

\ double ; ventrales rudimentaires ou absentes 



Écailles 



arrondies 

ou absentes; 

membres 



sans épine, ou n 

une seule épine; 

corps 



à rayons disposés 
plus ou moins 

comme les touches [ 

d'un éventail; 

nageoire dorsale 



à plusieurs 

épines; nageoires 

ventrales 



couvert d'écaillés 

imbriquées ; 
fente operculaire 



présente 



large; œil à bord 

libre : serrature 

ventrale 



absente; 
tête 



simple; ventrales bien développées 

„,..,/ immédiatement derrière la base des pectorales, 
dépourvue d écailles l 

(excepté sur l'occi- ) . . . , , , [ dentées ; dorsale l absente 

K ;.„<.) très en arrière de la base ) .Jin-.... ) 

put); nageoires / adipeuse ( présente 

ventrales ' des pectorales; mâchoires 



sans dents 

couverte d'écaillés; ) courte; pas de tentacule nasal . . . 
nageoire dorsale ) longue; un teniacule nasal . . 

sans écailles; parfois des écussons osseux j présents; des dents distinctes . . 

ou de petites épines eiectiles; barbillons | absents ; mâchoires en bec ; corps se gonflant en boule 

i présents 

largement séparées; appendices ) , . ... 

i _, & 11 \ petite ; dents faibles . 

\ filamenteux sous la pectorale / a b sen ts ; bouche , , . 

/ grande ; dents 



divisée, 
les deux parties 



fortes 



présentes ; 
nageoire dorsale 



/ i deux 

1 se touchant ; épines à l'anale j 



unique; narine 
(de chaque côté) i 



double; 
ligne latérale 



trois ... ... 

continue ; trois épines à l'anale 
interrompue; plus de trois épines à l'anale 



( simple; ligne latérale généralement double 
absentes ; dorsale à épines petites et détachées ; un appendice rostral 



POLYPTERID.E, p. 10. 
LEPlDOSIRJf.NID^, p. 3 i . 
M0RMYR1D.E, p. 49. 
NOTOPTERID^E, p. 1 r 5 . 
ClUPEIDvE, p. ? !23. 

Pantodontid.*:, p. 120. 

El.OPID.E, p. 46. 

Characinmd.k, p. 132. 
Cyprinid.e, p. 206. 
Cyprinodontid^g, p. 342. 
Ophiogephalid.e, p. 366. 
Silurid^:, p. 237. 
Tetrodontid^e, p. 5oi. 
Poi.ynemid/e, p. 358. 
MUGILIDiE, p. 35 1. 
Sphyr^enid^e, p. 363. 
SCIiENIDiE, p. 384 

Serranid^e, p. 379. 
Pristipomatid.e, p. 386. 

ANABANTIDjE, p. 370. 
ClCHLID/K, p. 390 

Mastacembelid^e, p. 489. 



TRAVAUX SPECIAUX LV 

Congo, ces noms diffèrent beaucoup selon les districts, et il est à peine 
nécessaire d'ajouter que la co'nception des espèces par les indigènes 
n'est pas toujours conforme à celle qui a généralement cours parmi 
les naturalistes. 

Dans l'orthographe des noms indigènes, comme dans celui des loca- 
lités, je me suis conformé au système généralement adopté (i), sauf 
pour les accents que j'ai cru pouvoir conserver. \Ju représente le son 
ou français ; le g a toujours le son dur, quelle que soit la voyelle qui 
suit immédiatement; le w se prononce comme en anglais; deux 
voyelles juxtaposées sonnent séparément. 

..VI. — Travaux spéciaux sur les poissons du bassin 

du Congo. 

La première exploration du Congo, au commencement du siècle, 
fournit aussi la première collection de poissons, décrite par LEACH, 
dans le livre de 

1. Tuckey, J. K. « Narrative of an Expédition to 
explore the River Zaire, usually called the Congo, in 
South Africa, in 1816. » Londres, 1818, 4 . 

La partie relative aux poissons (Appendix IV, pp. 409 et 410) con- 
siste uniquement en la description de trois espèces nouvelles du Bas- 
Congo : Silurus congensis [Eutropius], Pimelodus Cranchii [Chry- 
sichthys], et Oxyrhynchus deliciosus [Monnyrops]. Les spécimens 
sur lesquels ces espèces ont été fondées font partie des collections du 
Biïtish Muséum. 

Plus d'un demi-siècle s'écoule sans que rien ne vienne s'ajouter à 
nos connaissances. Puis paraît une petite notice de 

2. GiiNTHER, A. « New Fishes from Angola. » Ann. & 
Mag. N. H. (4) XII, 1873, pp. 142-144, 

décrivant quelques espèces rapportées d'Angola et de Borna par J. 
J. MONTEIRO, dont l'ouvrage « Angola and the River Congo », 2 vol. 
8°, Londres 1875, ne contient qu'une simple citation de ces poissons 
(vol. I, p. 95). 

Ici se trouvent indiqués pour la première fois Channalabes apns, 
Bryconœthiops microstoma, Alestes holargyreus, Distichodus affinis 
et Mormyrus Monteiri, dont les types sont conservés au British 
Muséum. 

(1) Voir Mouvem. géogr. XV, 1898, p. 141. 



LVi INTRODUCTION 

Cette note est suivie de près par une liste de poissons de la côte de 
Loango rapportés par l'expédition de la Société allemande de géogra- 
phie, parmi lesquels quelques formes d'eau douce provenant de Chin- 
coxo, près de l'embouchure du Chiloango, publiée par 

3. Reichenow, A. « Uebersicht der Fische aus Chin- 
coxo. » Mon. Berl. Ac. 1877, pp. 621-624. 

Cette liste consiste surtout en espèces marines, parmi lesquelles 
Pentanemus quinquarius et Sphyrœnà afra. Les espèces strictement 
d'eau douce sont au nombre de 6 seulement : Ctenopoma [Anabas] 
nigropannosum, décrit par l'auteur dans les Sitzb. Ges. Naturf. 
Freunde Berl. 1875, p. 147, Ophiocephalus obsciirns, Chromis nilo- 
ticus [?], Clarias gabonensis, Chrysichthys furcatus, Haplochilus 
spilauchen. 

Puis vient une notice de 

4. Sauvage, H. E. « Descriptions de quelques poissons 
de la collection du Muséum d'histoire naturelle. » Bull. 
Soc. Philom. (7) VII, i883, pp. i56-i6i, 

donnant la liste de quelques poissons du Congo (localité non 
indiquée, recueillis pendant l'expédition de M. Jacques Savorgnan de 
Brazza, dont un est décrit comme espèce nouvelle sous le nom de 
Petrocephalus Balayi. 

Une seconde notice du même auteur, publiée par la Société zoolo- 
gique de France en 1884, traite des poissons de Majumba, district qui 
est en dehors des limites assignées à la faune dont nous avons à nous 
occuper ici. 

La collection formée par la mission de l'Ouest Africain sous la direc- 
tion de M. de Brazza, contenait un nombre assez considérable de 
poissons, en partie de l'Ogowé, en partie du bassin du Congo. Cette 
section de la collection, déterminée provisoirement par L. VAILLANT, 
fait l'objet d'un petit article par 

5. Rivière, E. « Exposition de la mission de Brazza au 
Muséum. » Revue Scientifique, XXIII, II, 1886, pp. i3-23. 

De nombreuses espèces nominales y sont citées qui ont été décrites 
depuis, sous les mêmes noms ou sous d'autres, par Vaillant, par Pelle- 
grin et par moi. 



TRAVAUX SPECIAUX LVII 

La première collection, peu importante toutefois, formée au Congo 
sous l'État Indépendant a été décrite par 

6. Boulenger, G. A. « On new Fishes from the Lower 
Congo». Ann. & Mag. N.H. (5) XIX, 1887, pp. 14861149. 

Liste de quelques poissons recueillis par M. F. Hens dans le Bas- 
Congo. Trois sont décrits pour la première fois sous les noms de 
Ctenopoma congicum [Anabas], Clarias mêlas \Clarriallabes], 
Petrocephalus Sauvagii. 

Ces spécimens sont conservés au British Muséum. 

Un travail plus important, comme nombre d'espèces décrites, est 
celui de 

7. Schilthuis. Louise. « On a collection of Fishes from 
the Congo. » Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. (2) III. 1891, 
pp. 83-92. 

Énumérant 34 espèces du Bas-Congo (1) et du Stanley-Pool, faisant 
partie des collections envoyées par M. A.Greshoff au Musée zoologique 
de l'Université d'Utrecht. Les espèces suivantes sont décrites comme 
nouvelles : Lamprologns congoensis, Atopochilus [Euchilichthys] 
Guentheri, Synodoittis Greshoffi, S.angelica, S. Alberti, Distichodus 
Antonii, D. lusosso, Phago Bonlengeri, Mormyrus Greshoffi [Gna- 
thonemus], Mormyrops Swanenburgi\-~ deliciosus], M. Mariœ. Les 
types de ces espèces ont passé depuis, par voie d'échange, dans la col- 
lection du British Muséum. 

Presque en même temps paraît une liste de poissons recueillis entre 
l'embouchure du Congo et Vivi : 

8. Perugia, A. " Intorno ad alcuni pesci raccolti al 
Congo dal Capitano Giacomo Bove. « Ann. Mus. Genova 

(2)X, 1892, pp. 967-977. 

4 espèces nouvelles y sont décrites : Mastacembelus marmoratus, 
Chromis fasciatus [Tilapia], Peltura Bovei [Phractura], Alestes 

(1) Il m'a été impossible de trouver la position du « Bayari sea » indiqué dans la 
note de M 11 » Schilthuis. M le prof. Hubrecht a l'obligeance de m'informer qu'il 
s'agit sans doute de « Bayanzi », nom usité autrefois pour le district autour 
d'Upoto, où M. Greshoff aurait été à l'époque où il recueillait des poissons. 



LVUI INTRODUCTION 

brevipinnis [—Micralestes holargyreus\. Cette petite collection fait 
partie du Musée civique de Gênes. 

En 1893 seulement paraissent les premiers renseignements sur les 
poissons du lac Tanganika : 

9. Gunther, A. « Descriptions of the Reptiles and 
Fishes collected by Mr. E. Coode Hore on Lake Tanga- 
nyika. » Proc. Zool. Soc. 1893, pp 628-632, pi. LVII1. 

Description de 6 espèces nouvelles provenant d'Ujiji : Mastaccmbe- 
lus Tanganicœ, M. ophidium, Chromis Horii [Tilapia], C Tanga- 
nicœ [Petrochromis], C. Burtoni \ Tilapia], C. diagramma [Simo- 
chromis], 

La même année, 

10. Vaillant, L. « Notes ichthyologiques. » Bull. Soc. 
Philom. (8) V, 1893, pp. 13-17, 

décrit deux Silurides : Synodontis notatus, de Gantshu, et Chilogla- 
?iis Dybowskii [Euchilichthys), de l'Ubangi. 

Ici se placent trois articles très intéressants, mais qui, destinés seu- 
lement à la vulgarisation, n'ajoutent rien à nos connaissances des 
poissons du Congo et de leur distribution. 

11. Cornet. J. « Les Poissons du Congo. » Congo 
Illustré, II, 1893, pp. 56, 79 et 80. 

12. Dollo, L. « Mœurs et coutumes des Poissons du 
Congo, y Bull. Soc. Belge Géogr. XIX, 1895, C. R. 
pp. 38-40. 

i3. Dollo, L. « Cours de Zoologie (Poissons de la Bel- 
gique et Poissons du Congo). » Extension de l'Université 
libre de Bruxelles. Bruxelles 1896, 8°, 14 pp. 

Deux petites collections envoyées par des missionnaires anglais, 
MM. Weeks et Bentley, au British Muséum fournissent encore les 
types de quelques espèces décrites comme nouvelles par 



TRAVAUX SPECIAUX LIX 

14. Boulenger, G. A. « Descriptions of new Fishes 
from the Upper Congo, à Ann. & Mag. N. H. (6) XVII, 
1896, pp. 309-3 1 1 , et XX, 1897, pp. 422-427. 

Ctenopoma Weeksii [Anabas], Pelmaiochromis Guentheri s. late- 
ralis, P. congicus, Mastacembelus congicus, Clarias Dolloi [= ango- 
lensis], Synodontis pleurops. Citharinus congicus, Distichodus 
leptorhynchus [=lûsosso], D. sexfasciatus, Mormyrus Bentleyi, 
M. Stanley anus \Gnathonemus], M. psittacus [Marcusenius]. 

A la même époque se prépare l'Exposition congolaise de Tervueren, 
en vue de laquelle M. le capitaine Wilverth est chargé par la Société 
d'Études coloniales de réunir une collection de poissons du Congo. 

A cette occasion paraît une brochure de 

i5. Wilverth, E. « Les Poissons du Congo. » Société 
d'Études coloniales. Bruxelles, 8°, 1897, 38, pp., figs. 

L'intérêt de cette notice réside dans la description de la pêche au 
Congo. Les poissons eux-mêmes sont traités d'une façon insuffisante, 
eomme l'auteur en convient d'ailleurs, et les noms scientifiques atta- 
chés à quelques-uns d'entre eux sont très inexacts. 

Après la fermeture de l'Exposition, M. le secrétaire d'État baron 
van Eetvelde voulut bien répondre à la demande que je lui avais 
adressée par M. le commandant Liebrechts d'étudier la collection for- 
mée par MM. Wilverth, Wagenaar, De Bauw et Cabra, et elle me fut 
envoyée à Londres en juin 1898. Chargé du soin de la plus importante 
collection de poissons, celle du British Muséum, collection qui renfer- 
mait à cette époque, outre de très riches matériaux de l'Afrique entière, 
les types de presque toutes les espèces décrites du Congo depuis et y 
compris celles de l'expédition Tuckey, je jouissais de facilités excep- 
tionnelles pour mener à bien la tâche que le gouvernement de l'Etat 
Indépendant me faisait l'honneur de me confier. J'entreprenais ce 
travail avec d'autant plus de plaisir que l'Etat se chargeait d'en publier 
les résultats en figurant les types des espèces nouvelles dans le beau 
recueil « Annales du Musée du Congo » qui allait être fondé par ordre 
du secrétaire d'Etat. C'est ainsi que parurent successivement dans ces 
« Annales » trois fascicules traitant principalement des poissons nou- 
veaux qui avaient été exposés à Tervueren. 

Les collections rassemblées, un peu à la hâte, par M. Wilverth et 
ses coadjuteurs montraient la richesse exceptionnelle, on pourrait dire 
inattendue, de la faune ichthyologique du Congo. L'exploration plus 
méthodique de cette faune s'imposait donc et promettait de nouvelles 



LX INTRODUCTION 

et nombreuses découvertes, surtout en ce qui concerne les petites 
espèces, trop négligées dans les premières collections. Il fut décidé, 
par ordre du secrétaire d'Etat, de continuer les recherches et de réunir 
une collection aussi complète que possible des poissons du bassin du 
Congo, qui devait s'ajouter au nucléus déjà rassemblé en vue de la fon- 
dation d'un Musée du Congo. Appel fut fait à de nombreux agents de 
l'Etat, stationnés aux points les plus favorables, et qui furent pourvus 
du matériel nécessaire à la récolte des poissons et d'instructions rela- 
tives à leur conservation. Pour faire mieux encore, il fut décidé 
d'envoyer en mission spéciale, pour quelques mois, un naturaliste 
chargé de se consacrer exclusivement à ce genre de recherches et qui 
devait fournir des renseignements sur les mœurs des poissons et sur 
les caractères qui, s'altérant après conservation dans l'alcool, ne 
peuvent être relevés que sur le vivant. Paul Delhez, jeune artiste et 
naturaliste, mort depuis au retour d'un voyage au Sénégal, fut choisi 
pour cette mission, dont il s'acquitta avec beaucoup de succès, explo- 
rant, de la fin d'août 1898 à la fin de février 189g, divers points du 
Congo, depuis son embouchure jusqu'à Coquilhatville, ainsi que les 
lacs Léopold II et Tumba. Les espèces nouvelles découvertes par lui 
sont décrites dans les 4 e et 5 e fascicules. Le reste de l'ouvrage est con- 
sacré surtout aux découvertes de la mission du Katanga, dirigée par 
M. Lemaire, et à celles faites depuis 1897 par MM. Cabra, De Bauw, 
Hecq et Weyns. 

C'est ainsi qu'il a été possible de publier, en deux ans, un volume 
entier des « Annales », en six fascicules, sous le titre de : 

16. Boulenger, G. A. « Matériaux pour la faune du 
Congo, I. Poissons nouveaux. » Ann. du Musée du Congo, 
Z00L, série I. 164 pp., 56 pi., 1898-1900. 

Ce volume contient les descriptions de 145 espèces nouvelles et de 
24 genres nouveaux. 

En même temps que se poursuivait activement la description des 
poissons du réseau du Congo, l'étude des poissons du lac Tanganika, 
d'après les riches collections rapportées à Londres par M. J. E. S. 
Moore, et celles moins importantes de M. le capitaine Descamps et de 
la mission Lemaire, permettait la publication de deux mémoires illus- 
trés contenant ensemble les descriptions de 38 espèces nouvelles et de 
12 genres nouveaux, venant s'ajouter aux 6 espèces déjà décrites par 
Gùnther en 1893 : 

17. Boulenger, G. A. Report on the Collection of 



TRAVAUX SPÉCIAUX LXI 

Fishes madeby Mr. J. E. S. Moore in Lake Tanganyika 
during his Expédition, 1895-96. » Trans. Zool. Soc. XV, 
1898, pp. i-3o, pis. I-VIII. 

18. Boulenger, G. A. « Second Contribution to the 
Ichthyology of Lake Tanganyika. — On the Fishes obtai- 
ned by the Congo Free State Expédition under Lieut. Le- 
mairein 1898. » T. cit., 1899, pp. 87-96, pis. XVIII-XX. 

Nous avons encore à citer quelques petites notes décrivant des 
espèces nouvelles. 

19. Vaillant, L. « Polyptcrus retropinnis et Ectodus 
Foœ. » Bull. Mus. Paris, 1899, PP- 219-222. 

La première espèce du Congo, la seconde \-=Tilapia grandoculis\ 
du Tanganika. 

20. Boulenger, G. A. « Description of a new Osphro- 
menoid Fish from the Congo. » Ann. & Mag N. H. (7) 
III, 1899, PP- 242-243. 

Anabas fasciolatus, du Haut-Congo. 

21. Pellegrin, J. « Poissons nouveaux du Congo fran- 
çais. » Bull. Mus. Paris, 1899, pp. 357-364, 1900, pp. 
98-101, 176-181 et 275-276. 

Mormyrops Vaillanti [= nigricans], Ctenopoma ocellatum, acu- 
tirostre [= Anabas Weeksii], Tilapia bilineata, Pelmatochromis 
lepidanis [— lateralis], P. dimidiatus [Pseudoplesiops nudiceps], 
Xenocharax crassus, Mesoborus crocodilus, Peltura scaphirhyn- 
chura. 

22. Boulenger, G. A. « Descriptions of four new 
African Freshwater Fishes. « Ann. & Mag. N. H. (7) III, 
1901, pp. 80-82. 

Chrysichthys Sharpii, du lac Moero, et Mastacembelus Greshoffi, 
du Coniio. 



LXII 



INTRODUCTION 



Enfin une seconde collection de poissons formée par M. Moore dans 
les lacs Tanganika et Kivu, fournit le sujet d'un nouveau mémoire lu 
à la Société zoologique de Londres et qui paraîtra prochainement 
sous le titre de : 

23. Boulenger, G. A. - Third Contribution to the 
Ichthyology of Lake Tanganyika. — Report on the Collec- 
tion ofFishes made by Mr. J. E S. Moore in Lakes Tanga- 
nyika and Kivu during his second Expédition, 1899-1900. » 
Trans. Zool. Soc. XVI, pis. XII-XX. 

Des diagnoses préliminaires des espèces nouvelles, au nombre de 26 
et des deux genres nouveaux qui y sont décrits, ont déjà paru dans les 
Armais & Mag. N. H. 1900 et 1901 . 



LISTE DES PLANCHES 



I. 


1. 


Polypterus congicus. 


XIV. 


1. 


Chrysichihys Wagenaari. 




2. 


» Delhezi. 




2. 


Gephyrochromis congicus. 


II. 




Protopterus Dolloi. 


XV. 




Synodomis multipunctatus 


III. 


1. 


Mormyrops curtus. 


XVI. 


1 


Synodontis decorus. 




2. 


» attenuatus. 




2. 


Malopterurus electricus. 


IV. 


1. 


Marcusenius Wilverthi. 


XVII. 


1. 


Mugil cephalus. 




2. 


Myomyrus macrodon. 




2. 


» capito. 


V. 


I. 


Gnathonemus curvirostris. 


XVIII. 




Lates microlepis. 




2. 


» numenius. 


XIX. 




Diagramma macrolepis. 


. VI. 


1. 


Genyomyrus Donnyi. 


XX. 


1. 


Paratilapia Dewindti. 




2. 


Mormyrus proboscirostris. 




2. 


Ectodus melanogenys. 


VII. 




Hydrocyon Goliath. 




3- 


Xenotilapia sima. 


VIII. 


1. 


Eugnathichthys macroterolepis. 




4- 


Tropheus Moorii. 




2. 


Paraphago rostratus. 


XXI. 


1. 


Bathybates ferox. 




3- 


Phago intermedius 




2. 


Pelmatochromis polylepis. 




4- 


Mesoborus ornatus. 


XXII. 


1 . 


Lamprologus tretocephalus 


IX. 


1. 


Alestes Liebrechtsii. 




2. 


Grammatotria Lemairii. 




2. 


Distichodus maculatus. 




3- 


Tilapia labiata. 




3- 


» fasciolatus. 


XXIII. 




Tilapia Cabras. 


X. 




Citharinus macrolepis. 


XXIV. 


1. 


Mastacembelus paucispinis, 


XI. 




Labeo falcifer. 




2. 


« ellipsi^er 


XII. 




Barbus tropidolepis. 


XXV. 




Tetrodon mbu. 


XIII. 


1. 

2. 


Clarias breviceps. 
Eutropius Grenfelli. 









LES POISSONS 

DU 

BASSIN DU CONGO 



La classe des poissons peut être définie comme réunissant les verté- 
brés à sang rouge, à respiration branchiale, à membres conformés 
en nageoires consistant, comme les nageoires impaires, en rayons 
exosquelettiques plus ou moins nombreux soutenus par des éléments 
endosquelettiques différant par leur disposition du type pentadactyle 
des Vertébrés plus élevés. 

Elle se divise en trois sous-classes : Cyclostomes, Chondroptéry- 
giens, Téléostomes, dont la troisième seule est représentée dans les 
eaux douces du Congo. 

Les Téléostomes, Teleostomi (i), qui comprennent les quatre ordres 
nommés Crossoptérygiens, Dipneustes, Gano'ides et Téléostéens, sont 
caractérisés par un squelette plus ou moins ossifié, un arc mandibu- 
laire, des os de membrane, un revêtement cutané consistant en écailles 
ou en plaques osseuses, des branchies implantées sur des arcs bran- 
chiaux, un orifice branchial unique de chaque côté, recouvert d'un 
opercule à pièces plus ou moins nombreuses, et par l'absence d'appen- 
dices copulateurs pairs. 

Sur environ 12,000 espèces vivantes connues, 400 à peine appar- 
tiennent aux sous-classes des Cyclostomes et des Chondroptérygiens. 
Les Téléostomes, ou plutôt les Téléostéens, sont en immense majorité 
dans la nature actuelle ; mais comme plus des deux tiers en sont marins 
et que ce sont les formes d'eau douce seules que cet ouvrage a pour but 
de faire connaître, nous n'avons à traiter que d'un nombre d'espèces 
relativement peu considérable, le bassin du Congo ne possédant, 
d'après nos informations présentes, que 2 1/2 p. c. environ de celles 
du monde entier. 

(1) T. Gill, Smithson. Miscell. Coll. XI, n° 247, p. 1 (1872). — Dans la classifica- 
tion de Owen, Anat. Vertebr. I, p. 7 (1865), les Dipneustes étaient exclus de cette 
grande division. Le nom de Teleostomi avait été proposé dès 1838 par Bonaparte 
(Mém. Soc. Se. Neuchâtel. II, Syst. Ichthyol., p. 13), mais dans un sens plus res- 
treint, les Sturioniens, les Lophobranches et les Plectognathes étant placés dans 
des divisions différentes. 



GROSSOPTERYGII 



Ordre I. CÏIOSSOPTERYGH. 

Nageoires paires, au moins la pectorale, lobées, pour- 
vues d'un axe endosquelettique frangé de rayons 
dermiques. Arc mandibulaire suspendu au segment 
supérieur de l'arc hyoïde ou hyomandibulaire(hyostylie). 
Cœur surmonté d'un bulbe artériel musculeux, portant, 
à sa face interne, plusieurs rangées de valvules. 

Squelette plus ou moins ossifié, prémaxillaires et maxillaires bien 
développés, rayons branchiostèges représentés par une paire de grandes 
plaques gulaires. 

Téléostomes archaïques, combinant des caractères de Chondropté- 
rygiens, de Dipneustes et de Ganoïdes, représentés du Dévonien au 
Crétacé par des formes nombreuses et variées et à l'époque présente 
par la seule famille des Polyptères, dont les quelques espèces sont 
propres aux eaux douces de l'Afrique. 

La division en sous-ordres, proposée par Cope (i) et suivie par 
A. S. Woodward (2), d'après la structure des nageoires impaires, me 
semble très contestable par suite des variations qui s'observent dans 
la nageoire anale des Polyptérides et auxquelles il est fait allusion 
plus loin. Un arrangement basé sur la conformation de la nageoire 
pectorale et la position des narines me semble mieux répondre à l'état 
de nos connaissances actuelles. J'admets donc seulement deux sous- 
ordres : Cladistia, à pectorale obtusilobée, tribasale, à narines supères 
(Polypteridœ), et Osteolepida, à pectorale obtusilobée ou acutilobée, 
unibasale, à narines infères (3), comme chez les Dipneustes (Osteole- 
pidœ, Rhi^odontidœ, Holoptychidce, Cœlacanthidœ). Le premier fait 
seul partie de la nature actuelle et mérite un intérêt tout spécial par 
son organisation plus généralisée que celle d'aucun autre Téléostome 
vivant, son étude fournissant par conséquent la clef de la morphologie 
de ces poissons, et par ses rapports avec les Batraciens Stégocéphales, 
précurseurs de tous les autres Vertébrés adaptés à la vie terrestre (4). 

(1) Amer. Nat. XXV. 1891, p. 480. — Haplistia, Rhipidistia, Actinistia, 
Cladistia. 

(2) Cat. Foss. Fish. II, p. 316(1891). 

(3) Car on n'a jamais trouvé d'orifices nasaux à la face supérieure du crâne 
chez aucun des Crossoptérygiens fossiles. 

(4) Voir Cope, On the Phylogeny of the Vertebrata. Proc. Amer. Philos. 
Soc. XXX. 1892, p. 280. 



CROSSOPTERYGII 3 

Le groupe des Crossoptérygiens (i), longtemps confondu avec les 
Ganoïdes Actinoptérygiens (2), est intimement lié à celui des Dipneus- 
tes par une foule de formes dont les restes ont été trouvés dans les 
terrains primaires (3). La question de la position réciproque des Cros- 
soptérygiens et des Dipneustes, au point de vue phylogénique, a été 
traitée il n'y a pas longtemps par L. Dollo dans un article admirable 
« Sur la Phylogénie des Dipneustes » (4), aux conclusions duquel beau- 
coup d'ichthyologistes se sont déjà ralliés. Ses arguments sont basés 
principalement sur la structure des nageoires et sur la suspension de 
l'appareil mandibulaire. C'est surtout à la paléontologie et à l'embryo- 
logie qu'il faut en appeler pour la solution de ces problèmes, "et bien 
que ces deux sciences n'aient pas encore fourni une réponse aussi con- 
clusive qu'on puisse le souhaiter (5), il est de la plus haute importance 
de connaître l'état de la question pour fixer nos idées sur la classifica- 
tion naturelle des poissons. Je tâcherai donc de résumer brièvement 
nos connaissances sur ces points et les conclusions qu'on est en droit 
d'en tirer. 

L'origine et l'évolution des membres chez les Vertébrés est une des 
questions qui ont le plus agité l'esprit des morphologistes durant les 
trois dernières décades et ce sujet embrasse une assez formidable biblio- 
graphie (6). 

La célèbre théorie de l'Archiptérygium de Gegenbaur (7) étant 
diamétralement opposée à celle énoncée peu après par F. M. Bal- 
four (8), il s'ensuit que le sens de l'évolution des poissons Ganoïdes, 
Crossoptérygiens et Dipneustes se trouve renversé selon que l'on 
adopte l'une ou l'autre. Ces théories peuvent être ainsi définies : 

1. L'Archiptérygium, ou nageoire paire bisériale, Distichoptéry- 

(1) Ce nom a été créé, sous la forme inadmissible de Crossopterygidœ, par 
Huxley (Mem. Geol. Surv., Dec. X. 1861, p. 24) pour désigner un sous-ordre de 
Ganoïdes. Ce n'est qu'en 1871 que cette division a été élevée au rang de sous-classe 
par Cope (Trans. Amer. Philos. Soc. [2] XIV, p. 449) et nommée Crossopterygii. 

(2) Cope, 1. c. (Actinopteri). 

(3) A. S. Woodward, op. cit. et Vertebr. Palaeontol. (Cambridge Natur. Se. 
Man. 1898). 

(4) Mém. Soc. Belge Géol. IX. 1895, p. 79. 

(5) Voir Traquair, Nature. LXII. 1900, p. 505. 

(6) Résumée jusqu'à 1891 par Wiedersheim, Das Gliedmassenskelet der Wirbel- 
thiere (Iéna, 1892, in-8°). 

(7) Jenaische Zeitschr. V, 1870, p. 397, et VII, 1872, p. 131 ; Unters. vergl. Anat. 
Wirbelth. III. p. 181 (1872); Grundzùge d. vergl. Anat., 3. Aufl. p. 494 (1874); 
Morphol. Jahrb. V, 1879, p. 521, et XXII, 1894, p. 119. 

(8) Cambridge Journ. Anat. Physiol. XI, 1876, p. 132, Monogr. on the Develop- 
ment of Elasmobranch Fishes (Londres, 1877, in-8°), p. 102, et Proc. Zool. Soc. 
1881, p. 656. 



4 CROSSOPTERYGII 

gium d'Emery (i), consiste en un axe formé d'articles cartilagineux 
bordé de chaque côté de rayons également articulés, comme Cerato- 
dus (2), parmi les Dipneustes vivants, nous en offre un exemple. Ce 
type de nageoire proviendrait de rayons branchiaux métamorphosés, 
les ceintures scapulaire et pelvienne étant considérées comme dérivées 
d'arcs branchiaux, qui auraient émigré en arrière (3). Les nageoires 
paires des poissons Chondroptérygiens, Crossoptérygiens et Actino- 
ptérygiens représenteraient des modifications d'un type plus ou moins 
semblable à celui de Ceratodus . 

2. La théorie du repli latéral, émise pour la première fois par Bal- 
four, se basant sur l'embryologie des Chondroptérygiens, chez lesquels 
il avait découvert que les membres se développent dans un bourrelet 
setendant de chaque côté, de la tête jusqu'au niveau de l'anus, 
semblable aux crêtes épiblastiques qui forment les premières 
ébauches des nageoires impaires, représente les membres comme 
résultant de la concrétion à deux endroits des éléments carti- 
lagineux développés dans un repli latéral continu. Cette théorie, 
complétée par celle de l'homodynamie des nageoires paires et 
impaires, lancée presque simultanément, mais indépendamment, 
par J. K. Thacher (4) et Saint-George Mivart (5), et qui fait 
dériver les types Polypterus et Ceratodus des Chondroptéry- 
giens, a reçu une certaine confirmation de la paléontologie, surtout 
depuis la découverte des nageoires de Cladoselache [6), de Clado- 
dus (7) et de Symmorium, Sélaciens du Dévonien et du Carbonifère; 

(1) Anat. Anz. XIII, 1897, p. 147. 

(2) Gûnther, Phil. Trans. R. Soc. CLXI, 1871, p. 511 ; Huxley, Proc. Zool. Soc. 
1876, p. 24; Haswell, Proc. Linn. Soc. N. S. W., VII, 1882, p. 2; Howes, Proc. 
Zool. Soc, 1887, p. 3. 

(3) Voir J. Graham Kerr, Proc. Cambr. Philos. Soc. X, 1900, p. 227 

(4) Trans. Connect. Acad., III, 1877, p. 281. 

(5) Trans. Zool. Soc, X, 1879, p. 458. 

(6) A. S. Woodward, Nat. Science, I, 1892, p. 32, fig. 5; B. Dean, Tr. N. York 
Ac XII, 1893, p. 121, Journ. Morphol. IX, 1894, p. 102, Fishes Living and Fossil 
(Londres et New-York, 1895, in-8°), et Anat. Anz. XI, 1896, p. 673 

(7) R. H. Traquair, Geol. Mag. 1888, p. 82, et Trans. Geol. Soc. Glasgow, XI, 
1897. p. 41. — E. D. Cope, Journ. Ac. Philad., IX, 1895, p. 427. — La similitude 
des pièces qui prolongent la nageoire pectorale de Cladodus Neilsoni, Traq., avec 
les cartilages basaux de la nageoire ventrale de Pleuracanthus Gaudryi, Brongn., 
me suggère une interprétation différente de celle donnée par Traquair. Ne se 
pourrait-il pas que ces pièces se prolongeaient jusqu'aux ventrales, réalisant ainsi 
un état plus primitif encore que le ptychoptérygium de Cladoselache, état où la 
concrétion des pièces basales et la localisation des rayons se seraient produites aux 
deux extrémités du ptychoptérygium continu, laissant entre les deux nageoires une 
traînée de cartilages basaux primitifs? On aurait ainsi un type conduisant d'une part 
à Cladoselache, d'autre part à Pleuracanthus. 



CROSSOPTERYGII 5 

elle porte à conclure que les nageoires paires et impaires sont de 
même nature et ont eu la même origine, et que les ceintures pectorale 
et pelvienne, au lieu de provenir d'arcs branchiaux, se sont déve- 
loppées des cartilages basilaires des nageoires respectives. L'hypo- 
thèse de Balfour, Thacheret Mivarta été encore confirmée par la décou- 
verte, par A. Dohrn (i), de l'ontogenèse métamérique des rayons des 
Sélaciens, par laquelle s'explique le fait que les cartilages qui sup- 
portent les replis impairs sont en nombre égal ou double de celui des 
apophyses neurales et hémales du squelette axial. Ces cartilages, 
divisés en deux ou trois articles aux nageoires impaires des poissons 
les plus primitifs, portent les rayons dermiques, dont le nombre, 
beaucoup plus élevé, n'a aucun rapport avec celui des pièces qui les 
soutiennent. Plus tard, quand s'est opérée la concentration et la loca- 
lisation de ces nageoires et de leurs supports, la relation entre ces 
derniers et le squelette axial cesse et nous les voyons s'accorder avec 
les rayons dermiques. Cette explication du mode d'évolution pour les 
nageoires impaires s'appliquerait aussi aux nageoires paires si, comme 
bien des faits connus nous portent à le supposer, elles ont eu la même 
origine (2). 

Partant de cette seconde hypothèse, Dollo, dans le remarquable 
travail cité plus haut, a donné d'excellentes raisons pour considérer 
le type Crossoptérygien comme une adaptation dans le sens Dipneuste. 
Probablement qu'un type de nageoire tribasale plus ou moins sem- 
blable à celle des Squales pas trop spécialisés (Scyllium), s'est trans- 
formé pour produire, en autant de séries distinctes, les formes, au 
premier abord si différentes, que nous connaissons chez les Polyptères, 
les Dipneustes et les Esturgeons; tandis que, comme le soupçonne 
Traquair, le type Cladodus, peut-être dérivé directement du « Pty- 
choptérygium » de Cope (3) , aurait conduit à Pleur acanthus [Xenacan- 
thus) (4) et produit ainsi un membre distichoptérygial analogue à celui 
de Ceratodus; en d'autres termes, l'archiptérygium bisérial, loin d'être 

(1) Mittheil. Zool. Stat. Neapel, V, 1884, p. 161. 

(2) Mollier, Anat. Hefte, III, I, 1893, P- 3> et Sitzb. Ges. Morphol. Physiol. 
Mûnchen, 1894, p. 1. — Voir aussi la découverte par Andrews et par Willey de la 
continuité du repli métapleural droit et de la nageoire médiane chez certains Am- 
phioxus, découverte qui ne peut que confirmer l'hypothèse de Thacher, dont pré- 
cisément l'Amphioxus avait été le point de djpart. (A. Willey, Amphioxus and 
the Ancestry of Vertebrates. Londres et New York, 1894, in-8°, p. 38.) 

(3) Journ. Acad. Philad., IX, 1895, p. 431. 

(4) Kner, Sitzb. Ak. Wien, LV. 1847, P- 54»; Brongniart, Et. Terr. Houill. 
Commentry, III(Saint-Étienne, 1888, in-8°et atlas folio) ;.Koken, Sitzb. Ges. Nat. Fr. 
Berl., 1889, p. 77; Dôderlein, Zool. Anz., 1889, p. 123; Fritsch, Faun. Gaskohle 
Permform. Bôhm., II, p. 99 (1889) et III, p. 3 (1890). 



6 GROSSO PTERYG II 

le type primitif, comme le pense Gegenbaur, serait au contraire une 
modification secondaire réalisée indépendamment par les Chondro- 
ptérygiens {Pleuracanthus) et les Dipneustes (Ceratodus). C'est cette 
conclusion, ratifiée tout récemment encore par les recherches de 
Salensky sur Ceratodus (i), suivant celles de Semon (2), qui était 
arrivé à des résultats opposés, que je crois devoir adopter provisoire- 
ment comme l'hypothèse la plus conforme aux faits actuellement 
connus, tout en renvoyant pour les arguments en sens contraire aux 
dernières publications de Braus (3), de Jaekel (4), de Punnett (5) et 
de Graham Kerr (6). 

Notons enfin que les Dipneustes, longtemps considérés comme 
établissant un trait d'union entre les poissons et les batraciens, sont 
aujourd'hui presque universellement abandonnés comme ancêtres 
directs de ceux-ci en faveur des Crossoptérygiens, et particulièrement 
des Polyptères, dont la nageoire pectorale réalise davantage l'état 
conduisant au Chiroptérygium (7), ainsi que le pensent Emery (8), 
Pollard (9), Kingsley (10), Baur (11), Dollo, Klaatsch (12) et Gill (i3). 
Il est donc vivement à désirer que l'étude du développement de Poly- 
pterus puisse bientôt fournir les matériaux nécessaires à l'élucidation 
de cette importante question. 

Passons maintenant à la nageoire caudale. 

Si l'on se contente d'un examen superficiel, on croit pouvoir distin- 
guer, comme l'avait fait Agassiz dès 1 833 (14), deux grandes catégories 
de nageoires caudales : i° celles dont la partie vertébrée et musculaire 
s'étend plus ou moins loin dans le lobe supérieur tandis que le lobe 
inférieur consiste uniquement en rayons et rappelle souvent une 
seconde nageoire anale située sous l'extrémité de la queue dirigée en 



(1) Proc. Intern. Congr. Zool. Cambridge, 1898, p. 181 (1899). 

(2) Zool. Forsch., I. Ceratodus. Lief. 2, p. 61 (1898). 

(3) Jena. Zeitschr ., XXXI, 1898, p. 239. 

(4) Verh. Deutsch. Zool. Ges., 1899, p. 249. 

(5) Philos. Tr. Roy. Soc, B. CXCII, 1900, p. 331. 

(6) Proc. Cambr. Philos. Soc, X, 1900, p. 227. 

(7) Huxley, Proc. Zool. Soc, 1876, p. 56. 

(8) Zool. Anz., 1887, p. 185, et Arch. Ital. Biol., XXII, 1894, p. 223. 

(9) Anat. Anz., VI, 1892, p. 342; Zool. Jahrb., Anat. V. 1893, p. 414. 

(10) Amer. Natur., 1892, p. 679. 

(11) Anat. Anz., XI, 1896, p. 657. 

(12) Gegenbaur Festschrift, I, 1896, p. 341. 

(13) Rep. Brit. Assoc, 1897, p. 697. Voir aussi les résumés critiques publiés par 
S. Mollier, Anat. Hefte, V. I. 1895, p. 435, et Sitzb. Ges. Mûnch., 1894, p. 1, ains' 
que ses objections à cette hypothèse. 

(14) Recherches sur les Poissons fossiles, I. 



CROSSOPTERYGII 7 

haut ; c'est le type hétérocerque, tel que nous le connaissons chez les 
Squales et les Esturgeons ; 2 celles dont l'axe semble se terminer à la 
base, ni plus haut ni plus bas que la ligne médio-latérale, que la 
nageoire soit ou non divisée en deux lobes ; ce type, commun à la 
grande majorité des poissons vivants, a été nommé homocerque. Pour 
peu qu'on examine les choses de plus près, on s'aperçoit que cette 
distinction est loin d'être rigoureuse. En effet, et c'est ce qu'avait déjà 
constaté Agassiz lui-même, laîplupart des poissons dits homocerques 
nous montrent l'extrémité de la colonne vertébrale en vérité très 
asymétrique, la notochorde tout au moins étant relevée en arrière, ce 
qui fait que les os plus ou moins dilatés qui supportent les rayons 
dermiques de la nageoire ne sont autres que des éléments hémaux 
(hypuraux) ; il n'y a là qu'une modification, par abréviation, de la 
nageoire hétérocerque, d'autant moins grande que l'individu est plus 
rapproché de l'état embryonnaire. D'autre part, Agassiz confondait 
avec ce type, sous ses homocerques, des nageoires caudales qui sont 
véritablement symétriques et pour lesquelles le nom de diphycerques 
a été proposé par Me Coy en 1848 (1) et celui de isocerques par Cope 
en 1871 (2). Plus récemment encore, il a fallu distinguer entre la 
diphycercie qui consiste en un axe supportant des pièces neurales et 
hémales disposées symétriquement et celle qui est produite par la 
disparition de l'extrémité de l'axe; le nom de géphyrocerque a été 
inventé par Ryder en 1886 (3) pour désigner ce dernier type. Cet 
auteur, se basant sur des considérations phylogéniques tirées de 
l'ontogénie et de la paléontologie, a proposé les divisions suivantes, 
énumérées par ordre ascendant : Archicercie (pas de bordure mem- 
braneuse), Lophocercie (une bordure membraneuse sans rayons), 
Diphycercie, Hétérocercie, Homocercie, Géphyrocercie. 

L'évolution ontogénique, telle que nous l'ont fait connaître les 
recherches d'une foule d'auteurs sur l'embryologie des Poissons 
Téléostéens, nous montre en effet l'individu d'abord lophocerque, puis 
diphycerque, puis hétérocerque, et finalement homocerque (4). En 
appliquant ces données à l'élucidation de l'évolution phylogénique, 
on ne saurait, semble-t-il, se tromper sur la direction de cette évolu- 
tion ; ce n'est pourtant pas le cas, car, bien que tous les auteurs soient 
d'accord sur la dérivation de l'homocercie de l'hétérocercie, il règne 

(1) Ann. & Mag. N. H. (2) II, p. 304. 

(2) Trans. Amer. Philos. Soc. XIV, p. 452. — Voir aussi Amer. Natur., 1890, 
p. 418. 

(3) Ann. Rep. V). S. Fish Comm. f. 1884, p. 983. 

(4) Voir surtout Huxley, Quart. Journ. Micr. Se, VII, 1859, p. 33, et A. Agassiz, 
Proc. Amer. Acad. XIII. 1877, p. 119. 



8 CROSSOPTERYGII 

encore beaucoup d'incertitude sur la signification de la diphycercie. 

En discutant l'évolution des Dipneustes, L. Dollo s'est attaché 
à établir une distinction entre ce qu'il appelle la « diphycercie vraie » 
ou primitive, et la diphycercie secondaire, à laquelle il applique le 
terme « géphyrocercie » dans un sens plus large que ne l'entendait son 
créateur. Balfour et W. N. Parker avaient déjà, dès 1882 (1), cru recon- 
naître en la condition dite diphycerque ou protocerque des Dipneustes 
un état résultant de la disparition de la caudale proprement dite, 
remplacée par le prolongement de la dorsale et de l'anale, dont les 
rayons viennent se rencontrer à l'extrémité de la colonne vertébrale 
atrophiée. Mais ces auteurs ne tiraient de cette conclusion aucune 
déduction quant à l'évolution ou à l'origine des Dipneustes vivants. 

C'est ce qu'a fait Dollo en se basant sur la chronologie paléontolo- 
gique (les plus anciens poissons étant hétérocerques, qu'ils appartien- 
nent aux Chondroptérygiens, auxGanoides, aux Crossoptérygiens ou 
aux Dipneustes, groupes qui renferment tous des formes plus ou moins 
diphycerques) et sur la morphologie. Ses arguments me semblent irré- 
futables dans l'état actuel de nos connaissances, et je n'hésite pas à 
me ranger à ses conclusions sur l'évolution progressive et rétrogressive 
de la queue des poissons : Evolution progressive qui, partant d'une 
queue diphycerque primitive, accompagnée de nageoires impaires con- 
tinues, nous mène, par la décomposition en nageoires dorsales et 
anales discontinues, accompagnée du refoulement dorsal de la caudale 
primitive par le développement excessif de l'anale postérieure (lobe in- 
férieur de la caudale), au type hétérocerque ; puis, par aggravation de 
ce refoulement, de façon que le corps ne se termine plus en arrière que 
par l'anale postérieure, au type homocerque. Evolution rétrogressive, 
où la queue, perdant de son importance comme organe de propulsion, 
tend à s'atrophier, à redevenir une queue en pointe, une queue 
diphycerque secondaire ou queue géphyrocerque selon la terminologie 
de l'auteur dont je viens de citer les conclusions. 

On pourrait, je trouve, reprocher à Dollo le choix du terme « géphy- 
rocerque » pour le type de conformation auquel il l'applique à ren- 
contre de la définition de Ryder. Il ne faut pas oublier que le terme 
« diphycercal » a été créé par Me Coy pour les genres Diplopterus et 
Gyroptychius, tous deux « géphyrocerques » pour Dollo, « leptocerques » 
pour Gaudry (2). Aussi, pour ma part, préférerais-je conserver à la 



(1) Phil. Trans. R. Soc. CLXXIII, pp. 405, 411. 

(2) Enchaînements du Monde animal; fossiles primaires, p. 240 (1883) :« On 
pourrait appeler leptocerques ceux dont la colonne vertébrale se termine en pointe, 
stéréocerques ceux où elle se termine par une large dilatation. » 



GROSSO PTERYG II 9 

diphycercie son ancienne signification (théorie à part) et appliquer à 
l'état pour lequel Dollo veut réserver ce nom, celui de protocercie déjà 
employé par Balfour et Parker. 

Les représentants actuels desCrossoptérygiensetdes Dipneustessont 
donc probablement dérivés de formes hétérocerques ; nous connaissons 
d'ailleurs, à l'état fossile, des genres qui répondent à ce type ances- 
tral (1) : Dipterus (Dévonien inférieur) parmi les Dipneustes, Osteo- 
lepis (Dévonien inférieur) parmi les Crossoptérygiens. Notons enfin 
que, parmi les Ganoïdes proprement dits, le groupe le plus ancien, les 
Chondrostéens, dont les Esturgeons et les Spatulaires sont les survi- 
vants, est le plus franchement hétérocerque, et que, parmi les Chon- 
droptérygiens Plagiostomes, la diphycercie ne se rencontre que chez 
quelques genres de la division des Raies, formes certainement 
dérivées de Sélaciens hétérocerques. 

La suspension de la mandibule chez les poissons les plus primi- 
tifs se présente sous deux formes différentes dont l'importance au point 
de vue taxonomique a été fort exagérée par certains auteurs, puis- 
qu'elle a conduit à un rapprochement des Dipneustes des Chimères et 
des Coccosteus. Ces deux types de suspension ont été nommés hyo- 
stylie et autostylie par Huxley (2) ; le premier consiste en ce que l'arti- 
culation de la mâchoire inférieure est suspendue au segment supérieur 
de l'arc hyoïde (hyomandibulaire), tandis que chez le second l'arc 
mandibulaire s'attache directement au crâne sans l'intervention de l'arc 
hyoïde, dont le segment supérieur est atrophié ou absent. Mais, comme 
l'a fait observer Cope (3), le second dérive du premier dans l'onto- 
génie des Batraciens, ainsi que Huxley lui-même l'avait démontré (4) 
et Dollo (5 a donné d'excellentes raisons pour considérer l'autostylie 
dans le cas présent (6) comme « une pure conséquence de l'adaptation à 
un régime triturateur très accentué, dans un but de consolidation de 
l'appareil masticatoire », et n'ayant rien de radicalement différent de 
l'hyostilie. Par conséquent, « l'autostylie des Dipneustes ne les 
empêche nullement de descendre des Crossoptérygiens hyostyliques » , 

(1) En ce qui concerne la nageoire caudale seulement, car ces deux genres ont les 
autres nageoires impaires trop réduites pour représenter ce type tel que je me l'ima- 
gine. 

(2) Huxley, Proc. Zool. Soc. 1876, p. 40. Voir aussi les observations de Pol- 
lard, Anat. Anz. X, 1895, p. 17, et les figures de Bashford Dean, Fishes Living and 
Fossil (1895), p. 254. 

(3) Proc. Amer. Philos. Soc. XXX, 1892. p. 280. 

(4) Proc. Roy. Soc. IX, 1858, p. 412. 

(5) Loc. cit., p. 100. 

(6) Comme la fait observer Bridge (Tr. Zool. Soc. XIV, 1898, p. 371), ces argu- 
ments ne peuvent s'appliquer aux Batraciens, également autostyliques. 



IO GROSSO PTERYGII 

tout comme les Holocéphales (Chimères), qui ressemblent aux Dip- 
neustes par leur autostylie et par leur dentition, descendraient des Séla- 
ciens. Traquair, dont l'opinion sur des questions de ce genre a une si 
haute importance, se rallie entièrement aux conclusions de Dollo en 
ce qui concerne la dérivation de l'autostylie de l'hyostylie (i). 

Telles sont les principales raisons qui nous portent à considérer les 
Crossoptérygiens comme les ancêtres et non comme les descendants 
des Dipneustes, question qu'il importe de trancher en raison des liens 
très étroits qui relient les représentants des deux groupes à l'époque 
Dévonienne. 

Sous-ordre I. CLADISTIA. 

Nageoire pectorale tribasale (le segment basai consis- 
tant en trois pièces, proptérygium, mésoptérygium et 
métaptérygium\ ventrale du type actinoptérygial. Sque- 
lette complètement ossifié ; une seule série d'éléments 
(axonostes) à la base des rayons de la nageoire dorsale, 
correspondant en nombre à ces rayons. Narines à la 
face supérieure du museau. 

Le sous-ordre ainsi nommé par Cope (2) comprend les seuls 
Crossoptérygiens vivants, qui constituent la famille des Polypteridœ 
et qui se distinguent essentiellement de tous les groupes connus à l'état 
fossile. 

1. POLYPTERID^C. 

Corps revêtu d'écaillés osseuses rhomboïdales, à sur- 
face comme émaillée. Nageoire dorsale formée d'une 
série d'épines portant un ou plusieurs rayons articulés à 
la face postérieure, soutenant une membrane, simulant 
ainsi une série de petites nageoires. Nageoires pectorales 
à pédicule écailleux. Tête couverte de plaques osseuses ; 
maxillaire bordant l'orbite ; un évent de chaque côté 

(1) Nature, LVII, 1900, p. 506. 

(2) Trans. Amer. Philos. Soc. (2) XIV. 1871, p. 450. — De x><*Joç, branche, et 
ictc'ov, voile, par allusion à la nageoire dorsale des Polyptères. 



POLYPTERID^E il 

à la face supérieure de la tête, couvert d'une soupape 
osseuse et dépourvu de branchies accessoires ; des bran- 
chies operculaires externes chez les jeunes ; rayons bran- 
chiostèges remplacés par une paire de plaques osseuses 
situées entre les branches de la mâchoire inférieure. Vessie 
natatoire double, à conduit pneumatique communiquant 
avec la face ventrale de l'œsophage. Une valvule spiroïde 
dans l'intestin. 

Le crâne est remarquable par sa conformation généralisée, qui en 
fait un trait d'union entre les Ganoïdes et les Stégocéphales, précur- 
seurs des Batraciens de l'époque actuelle. C'est ainsi que, étudiant le 
chondrocranium, Bridge et Pollard ont insisté sur le caractère vrai- 
ment batracien de l'ethmoide (sphénethmo'ide, « os en ceinture » de 
Cuvier), représentant, selon toute probabilité, comme le suggère le 
premier de ces anatomistes, la première étape dans l'ossification 
endostéale de la région interorbitaire des vertébrés post-Sélaciens. 
D'autre part, les plaques exostéales et les canaux qui les traversent 
offrent des ressemblances si frappantes avec ceux des Batraciens 
Stégocéphales, qu'il est impossible de se rendre compte des homolo- 
gies de ces derniers sans faire appel à l'étude des Polyptères. 

Le crâne proprement dit comprend, comme os de cartilage, outre 
l'ethmoide déjà mentionné, un occipital unique (basioccipital -f- exoc- 
cipitaux), entourant le foramen magnum, flanqué de chaque côté 
d'un opisthotique, et deux éléments pairs : le préfrontal et le post- 
frontal ; comme os de membrane, le parasphénoïde (denté) et quatre 
éléments pairs : vomer (denté), nasal, frontal, pariétal (i), auxquels 
viennent s'ajouter les appareils maxillaire, palato-suspenseur et oper- 
culaire, ainsi que certaines pièces supplémentaires dont la détermina- 
tion n'est pas sans difficultés. Les pariétaux, grands, quoique 
beaucoup moins grands que les frontaux, forment, comme ceux-ci, 
une longue suture sagittale. 

Les mâchoires sont conformées tout comme chez les Vertébrés 
supérieurs aux Poissons. Il y a une paire de prémaxillaires, dentés, 

(1) Notons aussi la présence, signalée pour la première fois par Traquair, de 
deux petites plaques osseuses en avant des nasaux et bordant les narines, os qui 
ont été désignés sous le nom de « nasaux accessoires », et, presque constamment 
chez Polypterus congicus, d'un os impair séparant les nasaux, ossifications qui 
rappellent, jusqu'à un certain point, la condition observée chez les Holoptychidœ* 
Crossoptérygiens Dévoniens chez lesquels la région nasale est remplie par de nom- 
breuses petites plaques dermales irrégulières. 



12 CROSSOPTERYGII 

solidement fixés à la région antérieure du crâne et unis par suture, 
de chaque côté, au maxillaire, également denté, qui borde la plus 
grande partie de la bouche et fait partie du cercle orbitaire. Chaque 
moitié de la mâchoire inférieure consiste en quatre éléments recou- 
vrant le cartilage de Meckel, ossifié à la symphyse : l'articulaire, 
l'angulaire, le dentaire et le splénial ; ce dernier, qui forme l'apophyse 
coronoïde, est, comme le dentaire, armé de dents. 

L'appareil palato-suspenseur comprend les éléments suivants : 
hyomandibulaire, quadrate, ectoptérygoïde, entoptérygo'ide, métapté- 
rygoïde et palatin, ce dernier tout à fait rudimentaire et reposant sur 
la face dorsale de l'ectoptérygoïde; les trois éléments ptérygoïdes 
portant des dents. L'appareil operculaire consiste en un operculaire 
seulement chez Calamichthjys, en un operculaire et un sous-opercu- 
laire chez Polypterus ; l'inter-operculaire manque, le préoperculaire 
n'existe pas à l'état distinct L'os désigné sous ce dernier nom par 
Agassiz et J. Mùller, est l'« os de la joue » de Traquair, par lequel 
passe le canal sensoriel operculo-mandibulaire (i) et n'est autre que la 
plaque nommée tantôt squamosal, tantôt supratemporal chez les 
Batraciens Stégocéphales et désignée par Baur sous le nom de prosqua- 
mosal (Owen) chez ces derniers, de préoperculaire chez les Crossopté- 
rygiens (2). Le nom de squamosal ayant été appliqué à l'origine au 
temporal des Lézards (Cuvier), distinct du sur-temporal de ces mêmes 
Reptiles, os qu'il est facile de reconnaître chez les Stégocéphales, je me 
suis vu forcé, pour rétablir les homologies, d'employer pour ces pois- 
sons une terminologie différente de celle usitée par Huxley et par 
Traquair. Je crois d'ailleurs, avec Collinge, que le préoperculaire et 
l'« os de la joue » sont simplement unis en une seule pièce chez les 
Polyptérides. L'os souvent désigné comme « squamosal » chez les 
Grossoptérygiens et les Stégocéphales sera par conséquent pour moi 
le sur-temporal, et les trois ou quatre pièces de l'arrière du crâne 
nommées sur-temporales par beaucoup d'auteurs seront les occipitaux 
(dermo-sus-occipitaux, sus-occipitaux de Huxley) et les post-temporaux; 
nomenclature que je crois pouvoir appliquer logiquement à tous les 
Poissons et Stégocéphales, en tenant compte du parcours des organes 
de la ligne latérale, sans toutefois attacher à ces canaux la même im- 
portance que Baur, car il est incontestable qu'ils peuvent varier par 
rapport aux os qu'ils traversent : ainsi la branche transversale qui 
relie les deux canaux longitudinaux passe par les sur-temporaux chez 
Amia, par les pariétaux chez les Characinides et les Cyprinides. 

(1) Voir Allis, Latéral line System in Amia calva. Journ. Morphol. II, 1889^.463. 

(2) G. Baur, Anat. Anz. XI, 1896, p. 658. 



POLYPTERID.E l3 

Pour en revenir aux Polyptères, il y a donc, à l'arrière du crâne, 
quatre pièces osseuses en contact avec les pariétaux et traversées par 
un canal rectiligne. La paire médiane est nommée occipitale tandis que 
l'externe, recouverte par 3 ou 4 écailles, qui ont été désignées à tort 
comme sur-temporaux, est identifiée, d'accord avec la plupart des 
auteurs, comme post-temporal; le vrai sur-temporal est pour moi un 
petit os touchant au pariétal et en partie caché par les plaques nom- 
mées spiraculaires, qui forment l'opercule de l'évent, entre le squa- 
mosal, le frontal et le pariétal, et qui sont précédées et suivies d'une 
chaîne de petites plaques similaires nommées pré-spiraculaires et 
post-spiraculaires. La chaîne des sous-orbitaires, interrompue par le 
maxillaire bordant l'orbite en dessous, n'est représentée que par deux 
petits os, dont l'antérieur est l'homologue du lachrymal. Enfin, deux 
plaques, situées sous le squamosal, entre le maxillaire et le quadrate, 
semblent représenter le jugal et le quadratojugal des Stégocéphales. 

Il y a quatre paires d'arcs branchiaux, mais pas de pharyngiens 
inférieurs. Le cératohyal ne supporte pas de rayons branchiostèges, 
qui sont remplacés par une paire de grandes plaques osseuses dites 
gulaires, situées entre les branches de la mâchoire inférieure. 

Les pièces de la surface du crâne, ainsi que les plaques gulaires, 
sont intimement unies à la peau très mince qui les recouvre et semées 
de petites aspérités granuleuses. 

Le museau est court et arrondi ; les mâchoires sont cachées sous 
des lèvres très développées; les narines, au nombre de deux de chaque 
côté, sont assez largement séparées l'une de l'autre et l'antérieure se 
prolonge en un petit tentacule. Les yeux sont supéro-latéraux. D'assez 
grands trous à la surface du crâne et de la mandibule indiquent le 
trajet des organes sensoriels ou de la ligne latérale. 

Les dents sont coniques Distribuées à profusion sur la voûte pala- 
tine, longues et en brosses sur les vomers, elles sont très petites, sou- 
vent même de simples aspérités, sur les entoptérygoïdes et sur le para- 
sphénoïde; elles sont beaucoup plus fortes au bord externe des 
ectoptérygoïdes et surtout sur les prémaxillaires et les maxillaires où 
elles forment une seule rangée. La mâchoire inférieure porte comme 
la supérieure une série d'assez grandes dents ; derrière cette série se 
trouve une bande en velours de très petites, les antérieures en cardes, 
les postérieures plus obtuses. Agassiz a fait observer que « la présence, 
à l'intérieur de la dent, d'une cavité pulpaire simple, sans ramifica- 
tions, et de canaux calcifères presque rectilignes et dirigés directe- 
ment vers l'extérieur, éloigne évidemment les Polyptères de la plupart 
des autres poissons et les rapproche davantage des Reptiles ». 

Un des caractères les plus remarquables des Polyptérides, découvert 



14 CROSSOPTERYGII 

en 1869 par Steindachner, réside dans la présence chez les jeunes, 
parfois même pour certaines espèces jusqu'à un âge peu éloigné de 
l'état adulte, d'une branchie à la face externe de l'opercule, près du 
bord postérieur. Cette branchie consiste en un axe charnu bordé en 
dessus et en dessous non d'une série de lamelles filiformes comme 
chez Protopterus, mais de branches secondaires, elles-mêmes 
frangées. Par sa forme et sa structure, cet organe accessoire de 
la respiration est identique aux branchies externes des Batraciens 
Urodèles larvaires et pérennibranches, seulement, au lieu de dépen- 
dre des arcs branchiaux, il est inséré sur l'arc hyoïde, que représente 
l'appareil operculaire, et appartient par conséquent au 2 me arc viscéral, 
non aux 3 mtJ à 5 me ou même 6 me comme chez les Batraciens et les 
Dipneustes Lépidosirénides. Etant d'origine ectodermique, ces bran- 
chies ne sont pas comparables, morphologiquement, aux branchies 
ordinaires des poissons, même à celles dites externes des embryons de 
Chondroptérygiens, ni aux pseudobranchies ou branchies operculaires 
internes. 

Le corps, cylindrique ou un peu déprimé, plus ou moins allongé, 
est couvert de grandes écailles osseuses, comme revêtues d'une 
couche d'émail, rhomboïdales, formant des rangées obliques un peu 
sinueuses. Ces écailles constituent une armure où chaque rangée 
oblique est mobile et recouvre un peu celle qui la suit ; les écailles de 
chaque rangée sont imbriquées et solidement unies au moyen d'une 
petite pointe à la face interne du bord supérieur, qui vient se 
loger dans une échancrure correspondante du bord inférieur de 
l'écaillé voisine ; les écailles de la ligne médiane du dos et du ventre, 
lorsqu'elles sont impaires, comme c'est le cas pour la plupart, ont deux 
de ces appendices articulaires, et sont en outre prolongées en une lon- 
gue pointe dirigée en avant. Notons qu'à l'état frais les écailles n'ont 
pas cet aspect brillant sous lequel elles nous apparaissent générale- 
ment dans les collections, car une peau très mince les recouvre, ainsi 
que les os de la tête. Les organes de la ligne latérale ne forment pas 
de canaux comme sur la tête, mais plusieurs séries longitudinales de 
grandes fossettes ou dépressions plus ou moins profondes et assez 
espacées; on en distingue une série qui suit la rangée d'écaillés bordant 
la nageoire dorsale, une seconde, assez régulière, le long du milieu de 
chaque côté, enfin une troisième, souvent interrompue et très irrégu- 
lière, entre les deux; les fossettes de cette série intermédiaire sont 
souvent allongées perpendiculairement à l'axe du corps et aux autres 
petits sillons de la ligne latérale. 

La colonne vertébrale se compose d'un très grand nombre de pièces. 
On compte Sy vertèbres (44 précaudales et i3 caudales) chezPolypterus 



POLYPTERID^E l5 

Palmas, 60 (47 -\- i3) chez P. senegalus, 64 (49 -f i5) chez P. 
Lapradii, 67 (5i -f- 16) chez P. bichir, 110 à ii3 (ioo-io3 -f- 10) 
chez Calamichthys calabaricus. Les centres des vertèbres son bicon- 
caves, comme chez la plupart des poissons. Les neurapophyses, ainsi 
que les hémapophyses de la région caudale, sont des os distincts; les 
vertèbres précaudales émettent des apophyses transverses, à l'extré- 
mité desquelles sont attachées les côtes, subégales en longueur, presque 
horizontales et un peu renflées à l'extrémité; passé le tiers antérieur 
de la région précaudale, de petites côtes accessoires, qu'on doit consi- 
dérer comme arêtes intermusculaires, et qu'on pourrait nommer hypo- 
pleuraux, viennent s'attacher à la face inférieure des apophyses 
transverses ; d'abord excessivement minces et courtes, elles croissent 
graduellement jusqu'à acquérir un développement supérieur à celui 
des côtes, dont elles diffèrent par leur direction ventrale. Ces arêtes 
sont moins développées chez Calamichthys que chez Polypterus. La 
queue se termine d'une façon qui indique la régression de la nageoire 
caudale proprement dite ; les pièces terminales sont évidemment per- 
dues et on ne retrouve qu'un vestige de l'hétérocercie primitive, la 
nageoire caudale, simplement arrondie, étant formée des rayons posté- 
rieurs de la dorsale continus à ceux détachés de l'anale. 

La nageoire dorsale est très remarquable et on a souvent discuté la 
question de savoir si chacune des épines, avec ses rayons articulés, 
représente un rayon ou une petite nageoire (pinnule). Comme l'ont 
remarqué Steindachner (1), Cope (2) et Traquair (3), il suffit de suivre 
les modifications qu'offrent les rayons en procédant de la queue vers 
la tête pour se convaincre que la première interprétation est la vraie. 
On trouve en effet parfois, à l'état d'anomalie, la dernière épine asymé- 
trique et représentant d'un côté la « pinnule » , de l'autre le rayon 
mou articulé, semblable à ceux qui suivent et qui passent graduelle- 
ment dans ceux de la nageoire caudale. On voit aussi, en procédant 
d'arrière en avant, que les interépineux (axonostes) qui soutiennent 
les rayons postérieurs se redressent graduellement, se détachent 
complètement des neurapophyses pour se porter en avant, et finissent 
par être horizontaux et perpendiculaires aux rayons qu'ils soutien- 
nent. Chacun de ces rayons consiste en une épine aplatie, dont l'ori- 
gine double se révèle par les deux pointes en lesquelles elle se termine, 
et qui soutient en arrière un nombre variable de petits rayons arti- 
culés, réunis par une membrane attachée à la ligne médiane du dos ; 



(1) Sitzb. Akad. Wien, LIX, I, 1869, p. 105. 

(2) Tr. Amer. Philos. Soc. (2), XIV, 1871, p. 450. 

(3) Journ. Geol. Soc. lreland, II, 1871, p. 253. 



i6 GROSSO PTERYGII 

en se rapprochant de la queue on voit ces rayons s'insérer de plus en 
plus près de l'extrémité de l'épine pour finir par n'être plus que les 
ramifications d'un rayon articulé semblable à celui de la plupart des 
poissons téléostéens. J'ai à faire remarquer ici qu'une condition analo- 
gue à celle des « pinnules » des Polyptères se retrouve beaucoup plus 
loin parmi les Tilapia, dont les épines de la dorsale peuvent supporter 
de petits rayons minces, plus ou moins visibles dans la région 
supérieure de la membrane que soutiennent ces épines. Chez le 
genre anguilliforme Calamichthys, plus éloigné que Polypterus de 
l'état primitif, les épines sont plus largement séparées les unes des 
autres et chacune d'elles ne porte qu'un seul rayon articulé. Les épines 
sont couvertes, sur leur face antérieure, de la substance d'aspect vitreux 
qui caractérise l'écaillure, qu'on a comparée à de l'émail et à laquelle 
on applique la dénomination de gandine (i). La nageoire anale, 
très courte, est tout près de la caudale. Elle est composée d'un 
nombre variable de rayons articulés, supportés par une série de 6 ou 
7 pièces endosquelettiques, qui peuvent être décomposées en acti- 
nostes et en baséostes, ou dont les trois premières peuvent être unies 
ensemble, formant un seul os trifurqué vers les rayons (2) ; la struc- 
ture de l'anale répond donc ici parfois à la définition des Rhipidopte- 
rygia de Gope (3) et jamais à celle de ses Cladistia, puisque les sup- 
ports sont toujours moins nombreux que les rayons. Chez les mâles, 
en raison du rôle que cette nageoire a peut-être à remplir dans l'acte de 
la fécondation, les rayons antérieurs sont plus ou moins épaissis et les 
petites pièces osseuses qui les recouvrent de chaque côté atteignent 
des dimensions beaucoup plus considérables que chez les femelles. 

La ceinture scapulaire, suspendue au post-temporal par le sur- 
claviculaire, comprend le cleithrum (4) (claviculaire des poissons 
téléostéens), recouvert à sa partie ventrale par une paire de plaques 
osseuses formant une longue symphyse, les clavicules proprement 
dites (interclavicules ou infraclavicules de beaucoup d'auteurs) ; en 
partie caché sous le sur-claviculaire et le cleithrum, se trouve le post- 
claviculaire, formé de deux ou trois pièces, et à la face interne du 
cleithrum deux petits os, le scapulaire et le coracoïde, qui donnent 

(1) Williamson, Philos. Tr. R. Soc, 1849, H» P- 43^. 

(2) C'est ce que j'observe sur les squelettes de Polypterus senegalus, P. Palmas 
et Calamichlhys calabaricus. On a eu tort, croyant à l'existence d'une seule 
espèce de Polypterus, d'attribuer ces différences à l'âge des individus examinés, 
comme l'a fait Bridge en 1896. 

(3) Amer. Nat., XXV, 1891, p. 480. 

(4) Gegenbaur, Morphol. Jahrb. XXIII, 1895, p. 1, et Vergleich. Anat. Wirbelth. 
I, pp. 470 et 502 (i8q8). 



POLYPTERlDiE 17 

insertion à la nageoire pectorale. Celle-ci est très remarquable par la 
présence de trois os (proptérygium, mésoptérygium, métaptéry- 
gium) suivis d une seconde série d'os (actinaux) nombreux et dis- 
posés en éventail, qui supportent les rayons, près de deux fois plus 
nombreux encore, de la nageoire pectorale. Le proptérygium et le 
métaptérygium, en forme de bâtonnets, le second plus long que le 
premier, se touchent à l'articulation scapulaire, puis divergent forte- 
ment, embrassant le mésoptérygium, en forme de lame mince et 
arrondie. Il n'y a guère de différences très importantes entre la 
nageoire pectorale de Polypterus et celle de Calamichthys : le pédi- 
cule est seulement un peu plus étroit et les rayons plus petits chez 
le second, avec un nombre généralement moindre d'actinaux (1 3 à i5 
au lieu de 1 5 ou 16 chez P. senegalus et P. Palmas, 17 chez P. bichir, 
19 chez P. Lapradii). Les deux séries d'os basilaires de la nageoire 
pectorale sont enveloppées d'un pédicule charnu, doué d'une grande 
mobilité sur l'épaule, nu à sa face interne, couvert à sa face externe 
de petites écailles imbriquées. 

La nageoire ventrale, située très en arrière, est formée de 1 1 à 
i5 rayons attachés à 4 ptérygiaux assez allongés; l'os pelvien qui les 
supporte est dilaté en palette en arrière, tandis que son extrémité 
antérieure, assez étroite, forme chez l'adulte une symphyse avec 
celui du côté opposé (1), les deux branches affectant ensemble la forme 
d'un U ou d'un V. Les ventrales manquent chez Calamichthys. 

La vessie natatoire diffère de celle de tous les poissons, les Dip- 
neustes exceptés, et ressemble aux poumons des Vertébrés terrestres, 
en ce qu'elle consiste en deux sacs cylindriques (celui du côté droit 
plus long que l'autre), se réunissant en avant pour former un tube très 
court qui communique avec la face ventrale de l'œsophage par une 
fente longitudinale, comparable à la glotte. Mais, contrairement à ce 
qui se voit chez les Dipneustes, la vessie natatoire n'a point de cellules 
et ne reçoit que du sang artériel. Il n'en est pas moins vrai que cet 
organe est bien l'homologue des poumons au point de vue morpholo- 
gique s'il ne lui est pas strictement comparable au point de vue physio- 
logique, puisqu'il ne fait que suppléer à la respiration branchiale 
sans pouvoir la remplacer (2). Les observations récentes de Harrington 
et de Budgett sur les Polyptères vivants s'accordent à attribuer à la 



(1) 11 peut en être autrement, les deux os, dans certains cas, étant séparés par 
l'interposition d'épiphyses cartilagineuses, lesquelles, avec un cartilage médian 
placé entre eux, sont considérés par Davidoff comme représentant le vrai bassin. 

(2) Voir l'excellent schéma des vessies natatoires et des poumons donné par 
Bashford Dean, Fishes, Livingand Fossil, p. 22. 



18 CROSSOPTERYGII 

vessie natatoire des fonctions respiratoires, contrairement aux conclu- 
sions de J. Mùller basées sur l'étude du système circulatoire. 

La famile des Polypteridœ ne renferme que deux genres connus, 
tous deux représentés clans la faune qui nous occupe. 



Principales publications relatives à l'Anatomie, à la Physiologie 
et à VEthologie des Polypteridae (i). 

GEOFFROY SAINT-HlLAIRE, E. Le Polyptère Bichir. Description de 

l'Egypte. Histoire naturelle, I, pp. 4-18, pi. III. Paris, 1809, 

in-4 , atlas in folio. 
AGASSIZ, L. Du genre Polypterus. Poissons fossiles, II, pp. 32-52, 

pis. C et C (1843). 
MULLER, J. Ueber den Bau und die Grenzen der Ganoiden. Abh. 

Akad. Berl. 1844, pp. 117-206, pis. I-VI (1846). 

— Fernere Bemerkungen ûber den Bau der Ganoiden. Mon. 

Akad. Berl. 1846, pp. 67-85. 
HYRTL, J. Ueber die Pori abdominales, die Kiemenarterien und die 

Glandula thyreoidea der Ganoiden. Sitzb. Ak. Wien, VIII, i852, 

pp. 179-185. 
— Ueber den Zusammenhang der Geschlechts- und Harnwerk- 

zeuge bei den Ganoiden. Denkschr. Akad. Wien, VIII, 1854, 

pp. 65-72, 3 pis. 
LEYDIG, F. Histologische Bemerkungen ùber den Polypterus bichir. 

Zeitschr. Wiss. Zool. V, 1854, pp. 40-74, pis. II et III. 
REISSNER, E. Ueber die Schuppen von Polypterus und Lepidosteus. 

Arch. f. Anat. Physiol. 1859, pp. 254-269, pi. V. 
TRAQUAIR, R. H. Internai Structure of Calamoichthys calabaricus 

(J. A. Smith). Proc. Roy. Soc. Edinb. V, 1866, pp. 657-659. 
HYRTL, J. Ueber die Blutgefâsse der ausseren Kiemendeckelkieme 

von Polypterus Lapradei, Steind. Sitzb. Akad. Wien, LX, 1, 

1869, pp. 189-1 1 3, pi. — . 
TRAQUAIR, R H. On the Cranial Osteology of Polypterus. Journ. 

of Anat. and Physiol. V, 1870, pp. i66-i83, pi. VI. 
FfERTWIG, O. Das Hautskelet der Fische. II. Das Hautskelet der 

Ganoiden [Lepidosteus und Polypterus). Morphol. Jahrb. V, 

1879, pp. 1-20, pis. Mil. 
DAVIDOFF, M. V. Beitrage zur vergleichenden Anatomie der hinte- 

ren Gliedmasse der Fische. II. Ganoidei holostei. Morphol. 

Jahrb. VI, 1880, pp. 433-468, pis. XXI-XXIII. 
WALDSCHMIDT, P. Beitrag zur Anatomie des Centralnervensystems 

und des Geruchsorgans von Polypterus bichir. Anat. Anz. II, 

1887, pp. 3o8-322, figs. 

(1) Voir aussi les auteurs cités en tête des descriptions des genres et desespèces. 



POLYPTERID^ 19 

Bridge, T. W. Some Points in the Cranial Anatomy oi" Polypterus. 

Proc. Philos. Soc. Birmingh. VI, 1889, pp. ii8-i3o, pis. I et II. 
POLLARD, H. B. On the Anatomy and Phylogenetic Position of 

Polypterus. Anat. Anz. VI, 1892, pp. 386-428, figs., pis. XXVII- 

XXX. 
HASSE, C. Die Entwicklung und der Bau der Wirbelsaule der Ganoi- 

den. Zeitschr. Wiss. Zool. LVII, i8 9 3, pp. 76-96, pis. V et VI. 
COLLINGE, W. E. Note on the Latéral Canal System of Polypterus. 

Proc. Birmingh. Philos Soc. VIII, 1893, pp. 2SS-262, pi. MIL 
GEGENBAUR, C. Das Flossenskelet der Crossopterygier und das 

Archipterygium der Fische. Morphol. Jahrb.XXII, 1894, pp. 1 19- 

160, figs. 
LEBEDINSKY, J. Ueber die Embryonalniere von Calamoichthys cala- 

baricus. Arch. Mikr. Anat. XLIV, 1894, pp. 216-228, pi. XV. 
Cl.EMENS, P. Dieausseren Kiemen der Wirbelthiere. Anat. Hefte, I, 

V, 1894, pp. i-io8,pls. IX-XII. 
BlCKFORD, E. E. The Hypophysis of Calamoichthys calabaricus. 

Anat. Anz. X, 1895, pp. 465-470, figs. 
KLAATSCH, H. Die Brustflosse der Crossopterygier. Ein Beitrag zur 

Anwendung der Archipterygium- Théorie auf die Gliedmaassen 

der Landwirbelthiere. Gegenbaur Festschrift, I,pp. 26 1-392, figs., 
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BRIDGE, T. W. The Mesial Fins of Ganoids and Teleosts. Journ. Linn. 

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EMERY, C. Ueber die Beziehungen des Crossopterygiums zu anderen 

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JUNGERSEN, F E. Ueber die Urogenitalorgane von Polypterus und 

Amia. Vorlaufige Mittheilung. Zool. Anz. XXIII, 1900, pp. 328- 

334. 
BUDGETT, J. S. Observations on Polypterus and Protopterus. Proc. 

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— On some Points in the Anatomy of Polypterus. Abstract. 
Proc. Zool. Soc. 1900, pp. 430-433. 

ALLIS, E. P. The Latéral Sensory Canals of Polypterus bichir. Anat, 
Anz. XVI I', 1900, pp. 433-451, figs. 

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lary and Mandibular Breathing Valves of Polypterus bichir. Op. 
cit. XVIII, 1900, pp. 257-289, figs. 



20 POLYPTERID^: 



i. POLYPTERUS. 

Geoffroy, Ann. Mus. Paris, I, 1802, p. 57, et Descr. de l'Egypte, I, p. 4 (1809); 
A. Duméril, Hist. Poiss. II, p. 391 (1870). 

Corps plus ou moins allongé ; épines de la nageoire 
dorsale supportant plusieurs rayons articulés ; des nageoires 
ventrales ; os sous-operculaire présent. 

Dans un travail récent (1), j'a fait ressortir les principaux carac- 
tères qui permettent de distinguer sept espèces de ce genre, dont trois 
du Congo. Deux espèces nouvelles sont venues s'y ajouter depuis. 

Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

12 à 14 épines à la dorsale; diamètre de l'œil 8 à 12 fois dans 
la longueur de la tête ; sous-operculaire plus grand que 
l'œil; 48 à 52 écailles autour du milieu du corps, 52 à 

59 le long du corps, 11 à 15 de l'occiput à la première 

épine de la dorsale \. P. congicus, Blgr. 

10 ou 11 épines à la dorsale ; diamètre de l'œil 7 1/2 fois 

dans la longueur de la tête; sous-operculaire presque 

aussi grand ou un peu plus grand que l'œil ; 38 écailles 

autour du milieu du corps, 56 le long du corps, 14 à 

17 de l'occiput à la première épine de la dorsale . . . 2. P. Delhep, Blgr. 
9 ou 10 épines à la dorsale; diamètre de l'œil 7 à 8 fois 

dans la longueur de la tête; sous-operculaire plus petit 

que l'œil ; 44 ou 46 écailles autour du milieu du corps, 

60 à 65 le long du corps, 25 ou 26 de l'occiput à la pre- 
mière épine de la dorsale 3. P- Weeksii, Blgr. 

5 à 8 épines à la dorsale; diamètre de l'œil 5 à 7 fois 
dans la longueur de la tète; sous-operculaire plus petit 
que l'œil; 36 à 40 écaillés autour du milieu du corps, 
52 à 56 le long du corps, 23 à 26 de l'occiput à la pre- 
mière épine de la dorsale 4. P. Palmas, Ayres. 

6 ou 7 épines à la dorsale ; diamètre de l'œil 6 1/2 à 8 fois 
dans la longueur de la tête ; sous-operculaire plus petit 
que l'œil ; 32 à 36 écailles autour du milieu du corps, 
58 ou 59 le long du corps, 35 à 37 de l'occiput à la pre- 
mière épine de la dorsale 5. P. retropinnis, Vaill. 

Des quatre espèces étrangères à la faune du Congo, le Polypterus 
bichir, Geoffr., type du genre, est propre au Nil; le P. Lapradii, 
Stdr., de la Sénégambie et du Niger, en est excessivement voisin et 

(1) Ann. & Mag. N. H. (7), II 1888, p. 416. 



POLYPTERUS 2\ 

établit en quelque sorte, avec le P. congicus, un passage vers le 
P. Endlicheri, Heck., du Haut-Nil; enfin, le P. scnegalus, Cuv,, 
a une distribution très étendue, ayant été rencontré dans le Haut-Nil, 
le lac Rodolphe, le Sénégal, la Gambie et le Niger. 

L'enchaînement de toutes ces formes est des plus intéressant et 
explique comment une étude trop superficielle a pu faire croire à leur 
unité spécifique et à une variabilité dont on ne trouverait d'autre 
exemple dans le règne animal. Le fait est que le nombre des épines de 
la nageoire dorsale varie endéans certaines limites et que les nombres 
extrêmes, entre lesquels oscille chaque espèce, peuvent chevaucher 
de façon à rendre la détermination de certains individus impossible 
d'après ce caractère pris isolément. Je n'ai pourtant pu constater, 
sur les riches matériaux à ma disposition, un écart de plus de quatre 
dans le nombre de ces épines, ainsi que le montre l'énumération 
suivante, — P. bichir : i5-i8; P. Lapradii : 1 3-i 5 ; P. congicus; 
12-14; P. Endlicheri : 12-1 3 ; P. Delhep ; 10- 11 ; P. Weeksii : 9-10; 
P. senegalus : 8-10; P. Palmas : 5-8; P. retropinnis : 6-j. 

Il est également intéressant de constater comment les espèces à 
nombres d'épines réduits (5- 10) forment un acheminement vers le 
genre Calamichthys par la forme et les proportions de la tête, la gran- 
deur des écailles, et surtout par la réduction de l'os sous-operculaire, 
dont la disparition est un des caractères du poisson serpentiforme. 

Geoffroy Saint-Hilaire avait pu constater, en Egypte, que les Polyp- 
tères se tiennent habituellement au fond des eaux, dans la vase, et 
avait émis la supposition que la progression a lieu par une sorte de 
marche quadrupédale comparable, jusqu'à un certain point, à celle des 
phoques, en raison de la conformation des nageoires paires qui, sou- 
tenues par un pédicule, servent de supports. M. J. S. Budgett, qui a 
pu observer les deux espèces de la Gambie à l'état naturel et en 
captivité, a vu le poisson immobile pendant de longues périodes 
sur la vase, au fond de l'eau, la partie antérieure du corps 
un peu relevée et reposant sur les nageoires pectorales ; puis, se 
déplaçant lentement, mouvoir les pectorales à la façon d'un éventail, 
les rayons inférieurs étant défléchis les premiers. Si l'eau est cor- 
rompue, il se lance rapidement à la surface, prend une gorgée d'air, 
dont une partie s'échappe par les évents, et redescend comme une 
flèche. M. Budgett ne doute pas que la vessie aérienne ne serve 
d'organe accessoire de la respiration plutôt que d'appareil hydrosta- 
tique, ainsi que l'avait découvert Harrington, l'évent à l'émission 
d'air et non d'eau, comme on l'avait cru, et que les nageoires 
pectorales ne soient d'importants organes de propulsion et non 
simplement d'équilibre. Quoique d'ordinaire peu actif, le Polyptère 



22 P0LYPTERI1H 

se montre extrêmement remuant à l'époque des amours, période à 
laquelle il se rend dans les endroits inondés pour y déposer le frai. 
Mais, même dans les eaux profondes, on voit parfois des Polyptères 
nager au large et le Cap. S. Flower en a pris un à la ligne dans le Nil 
blanc. La nourriture consiste en petits poissons, batraciens et crustacés. 

Selon Geoffroy Saint-Hilaire, chez P. bichir les œufs ovariens, 
prêts à être pondus, sont de la grosseur des grains de millet et de 
couleur vert- pré. 

Paul Delhez, que j'avais prié de recueillir, pendant son séjour au 
Congo, tous les documents possibles sur les mœurs et la reproduction 
des Polyptères, n'a guère pu rien faire dans cet ordre d'investigations 
par suite de la saison défavorable. Il a dû se borner à consigner les 
notes suivantes, qui lui ont été fournies par les indigènes : <• Après la 
saison des pluies, lorsque les eaux se retirent, ces poissons s'avancent 
le plus loin possible vers la terre, sans toutefois quitter l'eau. Les œufs 
sont très petits et en très grande quantité, et restent parfois à sec quand 
les eaux baissent. La chair de ce poisson étant bonne, on en pêche 
beaucoup en saison sèche. » Les nègres n'en distinguent pas plu- 
sieurs espèces et ils se figurent que plus le Polyptère devient grand, 
plus il a d'épines à la dorsale, ce qui s'explique par le fait que le 
P. congicus est le seul qui atteigne un mètre de longueur, et que la 
membrane entre les épines postérieures est moins nettement diffé- 
renciée de celle qui réunit les rayons non épineux chez les jeunes 
que chez les adultes. 



i. POLYPTERUS CONGICUS (PI. I, fig. i). 

Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (7) II, 1898, p. 418, et Ann. Mus. Congo, Zool. I, 
pi. XXX, fig. 1 (1899). 

La tête, fortement déprimée, est comprise 4 à 5 fois dans la 
longueur totale, sa longueur 1 1/2 à 1 3/4 fois dans sa longueur; 
la mâchoire inférieure dépasse un peu le museau; le diamètre 
de l'œil est compris 8 (jeune) à 12 fois dans la longueur de la 
tête, 1 2/3 à 2 1/2 fois dans la longueur du museau, 1 2 ; 3 à 3 fois 
dans la largeur de la région interorbitaire, qui est plate ; les écussons 
nasaux sont séparés sur la ligne médiane par de la peau chez les jeunes, 
par un petit écusson impair chez les adultes (1) ; une chaîne de 4 ou 

(1) Il en est ainsi chez tous les individus du Congo, au nombre de 8, que j'ai pu 
examiner; mais sur quatre individus du Tanganika, deux ont le petit écusson 
impair tandis que les nasaux forment une suture médiane chez les deux autres. 





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'S 



POLYPTERUS 23 

5 écussons entre le postorbitaire et les écussons des évents ; le sous- 
operculaire est plus grand que l'œil ; les plaques gulaires sont 2 à 
2 i/3 fois aussi longues que larges. Il y a 12 à 14 épines à la dorsale; 
les antérieures sont 4 à 6 fois aussi longues que larges et chevauchent 
plus ou moins quand la nageoire est repliée ; la dernière épine mesure 
le tiers ou les deux cinquièmes de la longueur de la tête. 12 à i5 rayons 
à l'anale. La nageoire pectorale atteint ou dépasse la première épine 
de la dorsale. Les écailles sont lisses ou un peu rugueuses, mais tou- 
jours dépourvues d'aspérités bien sensibles; leur nombre varie de 55 
à 59 le long du corps, - de 48 à 52 autour du milieu du corps, de 
1 1 à i5 entre l'occiput et la nageoire dorsale. 

La coloration est olivâtre en dessus, jaunâtre en dessous ; 6 à 8 bandes 
transversales noirâtres, plus ou moins régulières, sur les parties supé- 
rieures; les nageoires sont tachetées ou mouchetées de noirâtre. 

Cette espèce atteindrait 1 mètre de long. Le plus grand exemplaire 
mesuré par moi est de 72 centimètres. 

Les branchies externes peuvent persister très tard chez cette espèce, 
car on les trouve encore, bien développées, chez des individus de 
26 centimètres. Tel est celui figuré sur la planche I. J'en ai observé 
un mesurant 22 centimètres et provenant du pays des Bangalas, chez 
lequel la branchie droite s'est maintenue, longue de 34 millimètres, 
tandis que la gauche a disparu jusqu'au dernier vestige (voir Proc. 
Zool. Soc. 1899, p. 554). 

Le Polypterus congicus, espèce intermédiaire aux P. Lapradii, 
Steindachner,de la Sénégambieet du Niger, et P. Endlicheri, Heckel, 
du Haut-Nil, a été trouvé à Manyanga, à Léopoldville et à Nouvelle- 
Anvers par MM. Wilverth et Wagenaar, au pays des Bangalas par 
M. De Meuse, aux Stanley-Falls par M. W. H. Bentley. Enfin je 
rapporte à cette espèce des individus pris par M. Moore dans le lac 
Tanganika. 



2. POLYPTERUS DELHEZI (PI. I, fig. 2). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 61, pi. XXX, fig. 2 (1899). 

La tête, dont la longueur est comprise 5 1/2 à 6 fois dans la lon- 
gueur totale, est médiocrement déprimée, 1 2/3 à 1 3/4 fois aussi 
longue que large ; les mâchoires sont égales en avant ; le diamètre de 
l'œil est compris 7 1/2 fois dans la longueur de la tête, 1 i/3 fois 
dans la longueur du museau, 2 fois dans la largeur de la région 
interorbitaire, qui est presque plate; pas d'écusson impair entre 



24 POLYPTERID.i: 

les nasaux; le sous-operculaire est aussi grand que l'œil, ou un peu 
plus grand; les plaques gulaires sont 2 1/2 fois aussi longues que 
larges. La nageoire dorsale est composée de 10 ou 11 épines ; les épines 
antérieures sont 4 à 5 fois aussi longues que larges et ne chevauchent 
pas quand la nageoire est repliée ; la dernière épine mesure les 3/5 ou la 
moitié de la longueur de la tête. 1 1 rayons à l'anale. La nageoire 
pectorale atteint ou n'atteint pas la première épine. Les écailles sont 
lisses, il y en a 56 le long du corps et 38 autour du milieu du corps, 
14 ou 17 entre l'occiput et la nageoire dorsale. 

Brun en dessus, blanc jaunâtre en dessous; 7 bandes noires en tra- 
vers de la moitié supérieure du corps ; nageoires grisâtres, mouchetées 
de brun foncé. Pupille orange pendant la vie, iris gris foncé. 

Longueur totale : 34 centimètres. 

Un seul individu a été recueilli par feu Paul Delhez, auquel je suis 
heureux d'avoir pu témoigner, par la dédicace de l'espèce, ma grati- 
tude pour la façon dont il s'est acquitté de la mission que lui avait 
confiée l'État Indépendant et dont les résultats m'ont été si utiles pour 
la préparation du présent ouvrage. Ce spécimen provient d'une crique 
marécageuse à Kutu, lac Léopold II ; un second, moins bien conservé, 
provenant de Nouvelle-Anvers, fait partie de la collection formée par 
MM. Wilverth et Wagenaar. 

Nom indigène à Kutu : Bonga. 



3. POLYPTERUS WEEKSII. 

Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (7) II, 1S98, p. 419. 

La tête, fortement déprimée, est comprise 4 1/2 à 5 1/2 fois dans la 
longueur totale, sa largeur 1 2/3 fois dans sa longueur; le bout du 
museau dépasse un peu la mâchoire inférieure; le diamètre de l'œil est 
compris 7 ou 8 fois dans la longueur de la tête, 1 2/3 à 2 fois dans la 
longueur du museau, 2 1/2 à 3 fois dans la largeur de la région inter- 
orbitaire, qui est presque plate; pas d'écusson impair entre les nasaux; 
une chaîne de 3 ou 4 écussons, parfois divisés en deux, entre les post- 
orbitaires et les écussons des évents ; le sous-operculaire est moins 
grand que l'œil; les plaques gulaires sont 2 à 2 1/2 fois aussi longues 
que larges. Il y a 9 ou 10 épines à la nageoire dorsale; les antérieures 
sont 3 à 4 fois aussi longues que larges et ne chevauchent pas quand 
la nageoire est repliée ; la dernière épine mesure le tiers, ou un peu 
plus du tiers, de la longueur de la tête. 10 ou 11 rayons à l'anale. La 
nageoire pectorale est loin d'atteindre la première épine de la dorsale. 



POLYPTERUS 25 

De petits tubercules ou carènes disposés en éventail rendent les 
écailles rugueuses chez le jeune; ces aspérités disparaissent chez 
l'adulte. 60 à 65 écailles le long du corps, 44 ou 46 autour du milieu 
du corps, 25 ou 26 entre l'occiput et la nageoire dorsale. 

Olivâtre en dessus, jaunâtre en dessous; 8 bandes transversales 
noirâtres chez le jeune, la troisième derrière la première épine de la 
dorsale, ces bandes se bifurquent vers le bas, où elles s'unissent à une 
bande longitudinale assez indistincte; toutes les nageoires tachetées ou 
marbrées de noirâtre. 

Longueur totale : 40 centimètres. 

Cette espèce a été fondée sur un jeune exemplaire à branchies oper- 
culaires externes, mesurant i65 millimètres de longueur totale, 
provenant de Monsembé (Haut-Congo) et offert au British Muséum 
par le Rév d J. H. Weeks. J'en ai examiné depuis un individu adulte 
recueilli par la mission Lemaire à Lofoï (Katanga). 



4. POLYPTERUS PALMAS. 

Ayres, Proc. Bost. Soc. N. H. III, 1850, p. 181, et Boston Journ. N. H. VI, 
1850, p. 241, pi. VI; Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (5) XIX, 1887, p. 148; Steind. 
Notes Leyd. Mus., XVI, 1894, p. 92; Bouleng. Ann. & Mag N. H. (6) XVII, 1896, 
p. 310 et (7) II, 1898, p. 420. 

Polypterus Biïttikoferi, Steind. Notes Leyd. Mus. XIII, 1891, p. 179. 



La tète, dont la longueur est comprise 4 1/2 à 5 2/3 fois dans la 
longueur totale, est médiocrement déprimée, 1 2/3 à 2 fois aussi longue 
que large; le bout du museau dépasse la mâchoire inférieure; la fente 
buccale s'étend très peu en arrière de l'œil; le diamètre de l'œil est 
compris 5 (jeune) à 7 fois dans la longueur de la tête, 1 à 1 2/3 fois 
dans la longueur du museau, 1 à 2 fois dans la largeur de la région 
interorbitaire, qui est convexe; pas d'écusson impair entre les nasaux; 
une série de deux ou trois écussons entre l'orbite et les écussons de 
l'évent; la distance entre l'évent et l'orbite égale ou excède très peu le 
diamètre de celle-ci ; le sous-operculaire est beaucoup moins grand 
que l'œil; les plaques gulaires sont 2 à 2 1/2 fois aussi longues que 
larges. La nageoire dorsale est composée de 5 à 8 épines (1); les 
épines antérieures sont 3 à 3 1/2 fois aussi longues que larges et large- 
ment séparées les unes des autres quand la nageoire est repliée ; la der- 

(1) Sur S individus du Congo que j'ai examinés, 1 a 5 épines, 5 en ont G et 2 en 
ont 7. Les individus de la côte de Guinée, décrits par Ayres et par Steindachner, en 
ont 7 ou 8. 



26 POLYPTERIDiE 

nière épine mesure moins de la moitié de la longueur de la tète. 12 à 
14 rayons à l'anale. La longueur de la nageoire pectorale est comprise 
au moins deux fois dans la distance qui sépare sa base de la première 
épine de la dorsale. Les écailles sont lisses, au nombre de 52 à 56 le 
long du corps, de 36 à 40 autour du milieu du corps, de 23 à 26 entre 
l'occiput et la nageoire dorsale. 

Brunâtre en dessus, jaunâtre en dessous ; les parties supérieures 
sont marquées de bandes transversales plus foncées, très rapprochées, 
se décomposant en marbrures ou en un treillage entourant des taches 
jaunâtres sur les côtés ; ce dessin s'efface en partie chez les adultes ; 
nageoires tachetées ou mouchetées de brun foncé ; une grande tache 
ovale noirâtre sur la partie charnue de la nageoire pectorale. 

Les individus, au nombre de 8, d'après lesquels je décris cette 
espèce mesurent de 8 à 29 centimètres. Ils proviennent du Bas- Congo 
(F. Hens), de Monsembé (Weeks) et des Stanley-Falls (Bentley). Sur 
la côte occidentale d'Afrique l'espèce remonte jusqu'à la République 
de Libéria. 

Les branchies externes ne persistent pas longtemps chez cette 
espèce ; je ne les ai trouvées que sur un seul jeune de 9 1/2 centimètres ; 
elles manquent chez tous les autres individus, de 8 centimètres et au- 
dessus. 

P. Palmas est très voisin de P. senegalus, du Nil, de la Sénégam- 
bie et du Niger. Il en diffère par le corps un peu moins allongé, les 
épines de la dorsale généralement moins nombreuses et par le dessin 
du corps et des nageoires, qui n'existe pas chez l'espèce voisine 



5. POLYPTERUS RETROPINNIS. 

Vaillant, Bull. Mus. Paris, 1899, p. 219. 

La tête, dont la longueur est comprise 5 3/4 à 6 1/2 fois dans la 
longueur totale, est médiocrement déprimée, 1 2/3 fois aussi longue 
que large ; le bout du museau dépasse la mâchoire inférieure ; la fente 
buccale s'étend très peu en arrière de l'œil ; le diamètre de l'œil est 
compris 6 1/2 à 8 fois dans la longueur delà tête, 1 1/2 à 2 fois dans 
la longueur du museau, 2 à 2 i/3 fois dans la largeur de la région 
interorbitaire, qui est convexe; pas d'écusson impair entre les nasaux; 
une série de deux ou trois écussons entre l'orbite et les écussons de 
l'évent; la distance entre l'évent et l'orbite égale ou excède un peu 
le diamètre de celle-ci; le sous-operculaire est moins grand que l'œil; 
les plaques gulaires sont 2 i/3 fois aussi longues que larges. La 
nageoire dorsale est composée de 6 ou 7 épines; les épines antérieures 



CALAMICHTHYS 



27 



sont 2 1/2 à 3 1/2 fois aussi longues que larges et largement séparées 
les unes des autres quand la nageoire est repliée ; la dernière épine 
mesure le i/3 ou les 2/5 de la longueur de la tête. 12 à i5 rayons à 
l'anale. La longueur de la nageoire pectorale, dont les rayons sont au 
nombre de 27 à 32, est comprise 3 1/2 à 4 i/3 fois dans la distance 
qui sépare sa base de la première épine de la dorsale. Les écailles sont 
un peu rugueuses, au nombre de 58 ou 5g le long du corps, de 
32 à 36 autour du milieu du corps, de 35 à 37 entre l'occiput et la 
nageoire dorsale. 

La coloration, après un assez long séjour dans l'alcool, est olivâtre 
en dessus, avec six bandes transversales plus foncées mais assez indis- 
tinctes, blanchâtre en dessous; une grande tache noire sur le pédicule 
de la nageoire pectorale, une autre sur la membrane derrière chaque 
épine de la dorsale; des stries noirâtres en travers de la pectorale. 

Cette espèce est décrite d'après les types, conservés au Muséum de 
Paris, au nombre de trois, mesurant de 19 à 23 centimètres, et prove- 
nant de Diélé sur l'Alima, affluent de la rive droite du Congo (mission 
de Brazza). Elle se rapproche tellement du P. Palmas, que j'avais 
d'abord cru ne pouvoir l'en séparer. 



2. CALAMICHTHYS. 

Erpetoichthys (non Swainson), J. A. Smith, Proc. R. Phys. Soc. Edinb. 1865, 

P- 2 73- 

Calamoichthys, J. A. Smith, Proc. R. Soc. Edinb. V, 1866, p. 655 ; A. Duméril, 
Hist. Poiss. II, p. 397 (1870). 

Corps très allongé, serpentiforme ; épines de la nageoire 
dorsale soutenant un seul rayon articulé ; pas de nageoires 
ventrales ; os sous-operculaire absent. 



Espèce unique. 



1. CALAMICHTHYS CALABARICUS. 

J. A. Smith, 1. c. et Tr. R. Soc. Edinb. XXIV, 1866. p. 457, pis. XXXI et 
XXXII; A. Dum. 1. c.j Gùnth. Cat. Fish. VIII, p. 328(1870); Traquair. Journ. 
Geol. Soc. Ireland (2) II, 1871, p. 24g. 

La tête est petite, faiblement déprimée, 1 2/3 à 2 fois aussi longue 
que large, sa longueur comprise 11 à 14 fois dans la longueur totale; 
le bout du museau dépasse la mâchoire inférieure ; la fente buccale 



28 POLYPTERIDjE * 

s'étend assez peu en arrière de l'œil ; le diamètre de l'œil est compris 
7 1/2 à 8 1/2 fois dans la longueur de la tête, 2 fois dans la longueur du 
museau, 2 à 2 1/2 fois dans la largeur de la région interoculaire, qui 
est convexe; une série de 2 à 4 écussons en avant des écussons de 
l'évent; la distance entre celui-ci et l'œil égale au moins le double du 
diamètre de ce dernier; les plaques gulaires forment ensemble un 
triangle équilatéral échancré en forme de cœur. La nageoire dorsale 
se compose de 7 à i3 épines (1) très éloignées les unes des autres et 
dont la longueur n'égale pas plus du double du diamètre de l'œil. 
12 à 14 rayons à l'anale chez les mâles, 9 a 12 chez les femelles. 
18 à 21 rayons à la pectorale. Comme chez Polypterus, la caudale, 
arrondie chez les adultes, est pointue chez les jeunes. Les écailles sont 
un peu rugueuses, grêlées et sillonnées concentriquement ; on en 
compte 106 à 114 en une série longitudinale et 3o à 34 autour du 
milieu du corps. 

La coloration est un brun olive uniforme en dessus, passant graduel- 
lement au jaunâtre en dessous; une grande tache noirâtre sur la 
nageoire pectorale. 

Les caractères ci-dessus sont relevés sur onze spécimens, mesurant 
de 18 à 37 centimètres, dont deux des plus jeunes sont porteurs de 
branchies externes telles que les a décrites M. Clemens en 1894, bran- 
chies qui diffèrent de celles de Protopterus en ce que les filaments 
branchiaux ne sont pas portés par l'axe mais par de courtes branches 
de celui-ci (2). 

Découvert en 1864 à Creek Town, Vieux-Calabar, par un mission- 
naire écossais, M. Alexandre Robb, ce curieux poisson a été retrouvé 
dans le delta du Niger, à la côte de Cameroun, et à l'embouchure du 
Chiloango. D'après les notes de M. Robb, le Calamichthys habite les 
petites rivières boueuses qui se jettent dans les estuaires, où on le 
trouve souvent parmi les racines entrelacées des palmiers mimbo, qui 
croissent dans les marécages; il en est du moins ainsi pendant la sai- 
son des pluies (juin-septembre au Vieux-Calabar) qui est aussi celle de 
la reproduction. Il disparaît pendant la saison sèche et M. Robb 
soupçonne qu'il se retire alors dans les parties profondes des rivières. 
Doué d'une grande agilité, il nage comme un serpent. La nourriture 
consiste d'insectes et de crustacés. 

(1) Le nombre des épines n'a aucun rapport avec le sexe, comme l'a cru 
A. Duméril. 

(2) Comme c'est également le cas chez Polypterus. 



DIPNEUSTI 29 



Ordre II DIPNEUSTI. 

Nageoires paires lobées, parfois réduites à un axe 
endosquelettique. Segment supérieur de l'arc mandibulaire 
confluent avec le crâne (autostylie). Des poumons, au 
moins chez les formes vivantes. Cœur surmonté d'un 
bulbe artériel musculaire portant, à sa face interne, plu- 
sieurs rangées de valvules qui peuvent être confluentes et 
former des replis longitudinaux. 

Les Dipneustes (1) diffèrent des Crossoptérygiens, outre l'autostylie 
et la présence de vrais poumons, recevant du sang directement du 
cœur sans passer par les branchies, par le squelette en grande partie 
cartilagineux, à colonne vertébrale non segmentée en vertèbres, par la 
disposition des plaques osseuses du dessus du crâne, s'il en existe, 
dont plusieurs pièces sont impaires, disposition qui s'écarte de l'état 
normal qu'on retrouve aussi chez les Ganoides les plus primitifs. Sous 
ce rapport, les Dipneustes connus ne diffèrent des Crossoptérygiens 
qu'au même degré que les Sturionides de leurs ancêtres les Paléonis- 
cides (2). C'est des Holoptychides, de tous les Crossoptéry- 
giens, qu'ils se rapprochent le plus. La dentition si remarquable de la 
plupart des Dipneustes, consistant en de grandes plaques paires de subs- 
tance dentaire recouverte d'émail (dentition cténodonte), sur les éléments 
ptérygopalatin et splénial, concurremment avec l'absence des os pré- 
maxillaire et maxillaire et l'absence ou la réduction du dentaire, ne 
constitue pas un caractère diagnostique universel de ce groupe (3). 

Les deux orifices de chacune des narines sont situés sous le pli 
labial supérieur et cachés quand la bouche est close. Les clavicules 

(1) Il me semble absolument nécessaire d'adopter le nom de Dipneusti (Haeckel, 
Gêner. Morphol. II, p. CXXIX, 1866) pour cet ordre de préférence à celui de 
Dipnoi (J. Mùller, Arch. f. Naturg. 1845, p. 129), ce dernier ayant été créé par 
Leuckart (Isis, 1821, Ber. p. 259) pour désigner les Batraciens, longtemps avant 
la découverte des Lépidosirènes. 

(2) Traquair, Ganoid Fish. Brit. Carb. Form., Palasontogr. Soc. 1877. 

(3) Puisque les Uronemidœ ont la région antérieure du palato-ptérygoïde couvert 
de petites dents arrondies et isolées ; et les Phaneropleuridœ, du Dévonien, feraient 
exception pour certains auteurs par la série de dents coniques qu'on a cru s'éten- 
dre le long du bord des mâchoires et représenter les vestiges de la dentition des 
Crossoptérygiens- Il résulte cependant des observations de Traquair que ces dents 
marginales de Phaneropleuron ne sont que le bord externe des plaques cténodontes. 
Voir Geol. Mag. (3) X, 1893, p. 264. 



3o DIPNEUSTI 

coexistent avec les cleithrums. Les écailles sont cycloïdes, rarement 
rhomboïdales à angles arrondis [Sagenodus), avec ou sans ponctua- 
tions de ganoïne. 

Les Dipneustes peuvent être divisés en cinq familles : Uronemidœ, 
Dipteridœ, Ctenodontidœ, Ceratodontidœ et Lepidosirenidœ. Les 
deux premières diffèrent des autres par la présence de plaques gulaires ( i ) 
semblables à celles des Crossoptérygiens. 

Après avoir été assez richement représenté dans les cinq parties du 
monde, cet ordre n'a plus aujourd'hui que trois genres survivants : 
Ceratodus, ou mieux Neoceratodus (2), en Australie, Protopterus en 
Afrique et Lepidosiren dans l'Amérique du Sud. Ces deux derniers 
constituent ensemble la petite famille des Lepidosirenidœ (3), famille 
très spécialisée, dont on ne connaît pas de types fossiles et qui se dis- 
tinguent des Ceratodontidœ (4) par l'absence de rayons cartilagineux 
endosquelettiques formant une frange de chaque côté de l'axe des 
nageoires paires, par la réduction de l'angulaire et l'absence de dentaire 
à la mandibule, par le poumon double, par la présence, au moins à 
l'état larvaire, de branchies externes, qui coincide avec l'absence de 
pseudobranchies, enfin par la conformation interne du bulbe artériel 
du cœur, dont les deux replis longitudinaux représentent les séries 
de valvules caractéristiques des poissons les plus primitifs. 

La découverte du premier Dipneuste [Lepidosiren paradoxa, Fitz.) 
ne remonte qu'à i836 ; il fut d'abord placé parmi les Batraciens. Cette 
découverte fut suivie de près de celle de Protopterus annectens, Owen, 
à laquelle vint s'ajouter, en 1870, le Ceratodus Forsteri, Krefft, objet 
du célèbre mémoire de Gùnther démontrant les liens d'affinité, déjà 
entrevus par Huxley, qui relient les Dipneustes aux Crossoptérygiens. 
Tout en séparant ces poissons des Batraciens, on les a cependant consi- 
dérés pendant longtemps comme établissant le passage entre ces deux 
classes de vertébrés. Si cela est vrai au point de vue physiologique, il 
n'en est pas de même au point de vue morphologique ou phylogénique, 
et les zoologistes modernes semblent se mettre d'accord pour consi- 
dérer les Dipneustes comme une branche très modifiée desTéléostomes 
les plus primitifs, parallèle aux Batraciens mais en aucune façon la 
souche de ceux-ci (5). 

(1) Si toutefois elles manquent réellement chez les Ctenodontidœ; s'il en était 
autrement les Dipteridœ devraient être réunis à ces derniers et nous n'aurions 
plus que quatre familles. 

(2) Castelnau, Journ. de Zool. V, 1876, p, 132. — Epiceratodus, Teller, Abh. 
Geol. Reichsanst. XV, H. 3, 189» , p. 37. 

(3) Sous-ordre des Dipneumones, Gegenbaur, Grundr.d.Vergl. Anat. , p. 43 1 (1878). 

(4) Monopneumones, Gegenbaur, 1. c. 

(5) Voir plus haut les remarques au sujet des Crossoptérygiens, avec les indica- 
tions bibliographiques relatives à Ceratodus. 



LEPIDOSIRENID^ 3i 



i. LEPIDOSIRENID^:. 



Corps plus ou moins anguilliforme, revêtu d'écaillés 
minces et cycloïdes. Nageoires dorsale et anale formées 
de rayons minces et excessivement nombreux, se réunis- 
sant à l'extrémité de la queue qui est dépourvue d'une 
nageoire caudale proprement dite. Nageoires paires très 
éloignées l'une de l'autre, styliformes, réduites à un axe 
cartilagineux à frange unilatérale ou absente. Crâne en 
grande partie cartilagineux, à os de membrane peu nom- 
breux ; ni prémaxillaire, ni maxillaire, ni dentaire ; 
angulaire ne recouvrant qu'une très petite partie de la 
mâchoire inférieure ; appareil operculaire très réduit ; pas 
de plaques gulaires; arcs branchiaux antérieurs dépour- 
vus de branchies; pas de pseudobranchies; des bran- 
chies externes, au moins à l'état larvaire. Pas de véritables 
dents, mais des proéminences à arêtes tranchantes, 
formées de substance dentaire revêtue d'émail et faisant 
corps avec le vomer, le palatoptérygoïde et le splénial. 
Vessie natatoire transformée en poumon, double, com- 
muniquant avec la face ventrale de l'œsophage. Bulbe 
artériel du cœur muni de deux replis longitudinaux. Une 
valvule spiroïde à l'intestin. 

Cette famille ne renferme que deux genres, très voisins l'un de 
l'autre : Protoptems, d'Afrique, et Lepidosiren, de l'Amérique méri- 
dionale (bassins de l'Amazone et du Paraguay), le second à 4 fentes 
branchiales au lieu de 5, perdant de très bonne heure toute trace de 
branchies externes, à membres plus réduits, et à ceinture pectorale 
suspendue au crâne par un ligament, le sur-claviculaire étant absent. 

A ces caractères différentiels on a parfois ajouté le degré d'allon- 
gement du tronc, mais à tort comme le démontre la découverte récente 
au Congo du Protopterns Dolloi. Par contre certains auteuis ont 
voulu réunir Protopterus à Lepidosiren II est préférable de maintenir 
la distinction ; bien qu'on ne puisse hésiter à accorder aux deux genres 
une origine commune, il n'est pas douteux qu'ils ont évolué parallèle- 
ment dans les deux parties du monde où ils se rencontrent aujourd'hui. 



32 LEPIDOSIRENID.E 



i. PROTOPTERUS. 

Owen, Proc. Linn. Soc. 1839, p. 27 ; Peters, Reise n. Mossamb. IV, p. 2 (1868); 
A. Duméril, Hist. Poiss. II, p. 469(1870); A. Schneider, Zool. Anz. 1886, p. 524. 
Rhinocryptis, Peters, Mon. Berl. Ac. 1844, p. 414. 

Proiomelus, Hogg, Ann. & Mag. N. H. VII, 1841, p. 359. 

Corps subcylindrique, plus ou moins allongé, à queue 
terminée en pointe ; nageoires dorsale et anale continues. 
Membres grêles, styliformes ; une frange plus ou moins 
développée, soutenue par des rayons très minces, au 
moins au membre antérieur. Six arcs branchiaux, cinq 
fentes branchiales. Des branchies externes, au nombre de 
deux à quatre, ordinairement plus ou moins distinctes 
pendant toute la vie. Orifice anal latéral. 

Le crâne, dont la base s'unit à la notochorde sans former d'articu- 
lation, n'a qu'un petit nombre de pièces osseuses : l'exoccipital, le 
parasphénoïde, le ptérygo-palatin, le fronto -pariétal, la lame supé- 
rieure de l'ethmoïde, tous impairs, et de chaque côté, le squamosal 
(quadratum de Gegenbaur), situé en avant du préoperculaire qui s'y 
attache par son extrémité inférieure (donc parfaitement comparable au 
squamosal des Polyptères. qui comprendrait aussi le préoperculaire), 
et un os d'aspect très remarquable que Bridge a déterminé comme 
ectethmoïde; cette paire d'ectethmoïdes, larges et appliqués sur le 
crâne en avant, s'atténue graduellement en arrière et, se détachant de 
la voûte crânienne, se relève comme une paire de cornes. L'appareil 
operculaire consiste en deux petits os : le préoperculaire de Owen et 
de Peters (operculaire de Gùnther, de Huxley et de Bridge) et l'intero- 
perculaire (Owen, Huxley, Bridge ; sous-operculaire, Gûnther). Le 
cartilage à plusieurs fenestrations, qui forme la capsule nasale, porte 
à sa face inférieure une paire de dents pointues qui représentent les 
vomers. Les dents qui arment la partie antérieure des palatoptéry- 
goïdes constituent trois arêtes tranchantes, la première très courte, 
simulant une paire d'incisives, la seconde plus longue, transversale et 
formant à l'extrémité interne un angle avec la troisièrhe, qui est plus 
longue encore et oblique. A ces trois arêtes correspondent trois autres 
à la mâchoire inférieure, dépendant de l'os splénial, qui se relève en 
une haute apophyse coronoide ; le second os de la mandibule est l'arti- 



PROTOPTERUS 33 

culaire, très petit. Un grand os en forme de tige cylindrique, de chaque 
côté de la base du crâne, représente la côte correspondant au premier 
arc neural. L'arc hyoïde consiste en un grand cérato-hyal ossifié et 
quelques vestiges de rayons cartilagineux. Un sur-claviculaire relie 
l'exoccipital à la ceinture scapulaire. Celle-ci comprend, en outre, 
deux os de chaque côté, clavicule et cleithrum, recouvrant en partie 
le cartilage coracoïdien. Lepelvis est réduit à un simple cartilage cru- 
ciforme. Les nageoires paires consistent en un long axe cartilagineux 
cylindrique ou un peu aplati et composé de nombreux segments 
articulés bout à bout. Un des côtés de cet axe (le ventral au membre 
antérieur, le dorsal au membre postérieur) porte de petits rayons 
cartilagineux simples, plusieurs à chaque segment, auxquels sont 
ajoutés des rayons dermiques extrêmement minces et en nombre 
double qui soutiennent la frange cutanée bordant la nageoire. Ces 
rayons peuvent manquer aux nageoires ventrales, qui sont ainsi 
réduites à l'axe comme chez Lepidosiren. 

La notochorde persiste toute la vie, sans autre indication de seg- 
ments que les arcs neuraux et les côtes dans la région précaudale, les 
arcs neuraux et les arcs hémaux dans la région caudale, qui sont ossi- 
fiés, au moins à la périphérie. Au-dessus de chaque neurapophyse et 
au-dessous de chaque hémapophyse s'attache une pièce osseuse (axo- 
noste), elle-même surmontée, dans la région des nageoires, d'une 
seconde pièce (baséoste) soutenant des rayons exosquelettiques fili- 
formes et très nombreux. La première hémapophyse supporte trois 
ou quatre axonostes, ou, comme l'a figuré Bashford Dean (i), elle peut 
se diviser en autant de branches, dont chacune représente un axonoste 
et porte un baséoste. 

Les os sont souvent de couleur verte. 

La bouche est munie de lèvres très développées; l'œil est petit, 
supéro-latéral, sans bord libre; la fente operculaire est très étroite. 
Les branchies externes, au nombre de deux ou de trois et à franges très 
courtes chez l'adulte, persistent le plus souvent pendant toute la vie et 
leur développement varie indépendamment de la taille des individus ; 
elles sont insérées derrière la fente operculaire, immédiatement au- 
dessus de la base du membre pectoral. Le corps est couvert d'écaillés 
cycloïdes minces et fortement imbriquées, plus ou moins visibles sous 
un épais mucilage; les canaux de la ligne latérale sont très développés ; 
outre la ligne latérale proprement dite, on en distingue une seconde, 
située plus bas sur le corps, de chaque côté du ventre, ainsi que de 
courts canaux en travers du corps et le long de la queue, à la base de la 

(1) Fishes, Liv. and Foss. p. 119, fig. 112. 



34 LEPIDOSIRENID^E 

nageoire, tandis que sur la tête, où ils sont encore mieux définis, ils 
décrivent des lignes courbes de chaque côté et s'étendent aussi en 
travers de l'occiput, du menton et de la gorge. Les stylets qui 
représentent les membres sont dépourvus d'écaillés. L'orifice anal est 
grand et situé au-dessus de la tranche inférieure de la queue, parfois à 
gauche, le plus souvent à droite. Il ne semble pas y avoir moyen de 
distinguer les sexes à l'extérieur, si ce n'est par la grandeur de la tête, 
un peu plus forte chez les mâles que chez les femelles. Des six arcs 
branchiaux, les trois derniers seuls sont pourvus de branchies. Les 
poumons sont très allongés, atténués en arrière, subégaux en longueur. 
Le cœur a l'oreillette divisée en deux par une cloison incomplète. Les 
globules du sang, de forme elliptique, à noyau, sont beaucoup plus 
grands que ceux d'aucun autre poisson (i). 

Les mœurs des Protoptères sont des plus curieuses. Vivant dans 
des marécages qui se dessèchent pendant une partie de l'année, ces pois- 
sons s'enfouissent dans la vase quand l'eau vient à disparaître et s'en- 
roulant dans une sorte de cocon ovale tapissé d'une couche de muci- 
lage dont ils produisent à ce moment une abondante sécrétion, ils 
restent enterrés à sec pendant une période qui peut durer plusieurs 
mois. Communiquant avec la galerie de passage, dont le calibre varie 
avec la taille du poisson qui l'a creusée, par un tube de matière 
semblable à la paroi du cocon et à orifice fort étroit, tube qui s'étend 
dans l'intérieur de la bouche, dirigée en haut, le Protoptère respire 
alors uniquement par ses poumons. C'est dans cet état surtout que les 
nègres de la côte occidentale d'Afrique recherchent activement ces 
poissons, dont ils sont très friands et qu'ils conservent parfois, comme 
provisions, dans des mottes de terre qu'ils ont extraites des marais 
desséchés. Un grand nombre de ces mottes, renfermant des Proto- 
ptères vivants, ont été envoyées en Europe, surtout de la Gambie et du 
Sénégal, ce qui a permis à plusieurs naturalistes de faire des observa- 
tions sur les mœurs de ces intéressants poissons (2). J'ai eu moi-même le 
plaisir d'assister à l'éclosion d'un de ces cocons, qui m'avait été donné 
par mon collègue le D 1 H. O Forbes, de Liverpool, et j'ai même pu 
faire partager ce curieux spectacle aux auditeurs d'une conférence sur 
les poissons d'Afrique, que j'ai donnée à la Société zoologique de 
Londres. En recevant ces mottes de terre, on peut s'assurer de l'état de 
leur contenu en introduisant un brin de paille par l'orifice qui commu- 
nique avec la bouche du poisson ; si celui-ci est vivant, il fait aussitôt 
entendre un cri assez perçant, produit par l'expiration brusque de l'air 

(1) Voir Gulliver, Proc. Zool. Soc. 1862, p 101, fig. 17. 

(2) Observations qu'on trouvera citées dans la liste bibliographique à la 
page 40. 



PROTOPTERUS 35 

des poumons (,). [1 faut ensuite humecter graduellement la terre 
en ayant soin de ne pas introduire d'eau par l'orifice respiratoire- 
après deux ou trois jours, il suffit de submerger la motte pour voir le 
Protoptere se dégager, en l'espace de quelques minutes ou de quelques 
heures selon les cas, et reprendre sa vie active et sa respiration en 
partie branchiale, en partie pulmonaire 

batmcilT^f ^ S ° nt '^ ™ raCeS ' Se nou " issant Principalement de 
bat ac.ens, de poissons, de vers, d'insectes et de crustacés, mais 
Stuhlmann a pu leur faire manger aussi des fèves et du riz eu ts H 
sont très querelleurs et il est presque impossible d'en conserver 
mut.T " C T"' té da0S ' e même ^ Ua ™ m ' «™ V™ s'ampu em 
SÏÏÏ 'f T Se0iKS ^ k b ° Ut dC k *"-• ^ ui - -produisent 
Ces ains em ' malS S ° UVent ' 1VeC dCS f°™es anormales. 

Parfois avec 1T " ' ^ '" "^"'^ P aireS re P ous «"< 

sTnt ère 1, h ° m Z? mne ™™1™ leur donnent une apparence très 

Les œ f Z^ re « enél T. n »eprendjamais sa longueur normale. 

Les œufs, assez grands, sphenques, de couleur verdàtre, sont déposés 

itcoreTmodt d Tf ^ ** ^ °" ^°^ t0Ut r& ™ 
encore le mode de développement, mais cette lacune sera bientôt 

comblée car M. J. S Budget! vient de rentrer de la Gambie avec e 

ma.er.aux nécessaires à cette étude; son travail, qui para ta ou 

& rt a t complét r ,es —<»" ^ ™ P oJZi 

de,, sur les autres types de Dipneustes, Ceratodm et Lepidosiren 

et que nous devons au zèle de Semon (a) et de Graham Kerr (3) ' 

Des a présent nous savons, par la communication faite à la Société 

ssenlXL t ^ 0nd - eS Pa '' "• BUdgett ' « ue k développement 
essentiellement le même que chez la Lépidosirène. L'œuf est holo- 
blastique, comme chez les Cyclostomes, les Ganoides et les Ba r ciens 

* Z7;XTT hlts a celles de nos Tritons ' ont *«■«» •>« 2 s 

la ê ë r , d , eVel °PP eeS ? un «8»ne adhésif à la face inférieure de 
la tête. Le maie veille sur les œufs et vit dans le nid jusqu'à ce que les 
jeunes soient capables de le quitter. a ce que les 

J" "" lon ? tem ps à l'unité spécifique des Protoptères d'Afrique 
tout comme une étude par trop superficielle avait fait croire à l'exis-' 

ss^i ml? r 5 '": ^ P ï rPterm - AUSSi ,a P' U P art *> auteurs 
IZT t Peœ type ' Prot °l"e™ onnectens, Owen, une aire 

géographique très vaste, setendant du Sénégal et du Nil Blanc au 

ceai oZTsot Z?" 1 "* RaPhae ' D " b0iS ' " Cn "' e81 <*«" '><< F»"' ^rpreodre 



36 LEPIDOSIRENIΠ

Congo et au Zambèze. Il se peut bien que cette distribution soit 
correcte, sauf en ce qui concerne le Congo, où on n'a jamais trouvé, 
que je sache, le véritable P. annectens ; mais il est loin d'être démontré 
que la forme du Nil Blanc (P. œthiopicus, Heckel) soit réellement 
identique au Protoptère de la Gambie sur lequel a été fondée l'espèce 
annectens. Les individus du Nil et du lac Albert-Edouard que j'ai pu 
examiner ont un plus grand nombre d'écaillés (55-62) à la ligne latérale, 
l'origine de la dorsale est un peu plus éloignée de la tête, et je crois qu'il 
faut les considérer comme d'espèce distincte (i). Le seul auteur récent 
qui se soit prononcé en faveur d'une distinction d'espèces est Anton 
Schneider (2) ; cet anatomiste a donné des raisons, peu conclusives à 
mon avis, pour réhabiliter l'espèce du Bas-Zambèze décrite par Peters 
sous le nom de Rhinocryptis amphibius. Mais ayant pu, ainsi que 
W. N. Parker, retrouver sur des spécimens de la Gambie le caractère 
tiré de la conformation des membres décrit par Peters et sur lequel 
Schneider a surtout insisté (3), je ne puis que partager la manière de 
voir de Peters lui-même en réunissant R. amphibius à P. annectens. 

Quant au Protoptère qui se rencontre au Congo, ses caractères 
distinctifs sont de telle importance que je ne pense pas devoir insister 
sur la valeur qu'il convient de leur accorder. 

Les principaux caractères qui distinguent les trois espèces peuvent 
être brièvement formulés de la manière suivante : 

P. annectens, Owen. — Longueur de la tête 33/434 1/2 fois dans la distance du 
bout du museau à l'anus; 34 à 36 paires de côtes; 40 à 50 écailles le long de la 
ligne latérale jusqu'à l'anus; diamètre de l'œil compris 8 à 12 fois dans la longueur 
de la tête, î 1/2 à 3 1/2 fois dans la largeur interoculaire ; origine de la nageoire 
dorsale plus rapprochée de la tête que de l'anus. 

P. œthiopicus, Heck. — Longueur de la tête 33/434 2/3 fois dans la distance du 
bout du museau à l'anus; 35 paires de côtes; 55 à 62 écailles le long de la ligne 
latérale jusqu'à l'anus; diamètre de l'œil compris 10 à 13 fois dans la longueur de 
la tête, 3 à 4 fois dans la largeur interoculaire; origine de la nageoire dorsale 
à égale distance de la tête et de l'anus, ou un peu plus rapprochée de celui-ci. 

P. Dolloi, Blgr. — Longueur de la tête 5 à 6 fois dans la distance du bout du 
museau à l'anus; 54 paires de côtes; 86 à 91 écailles le long de la ligne latérale 
jusqu'à l'anus ; diamètre de l'œil compris 15 à 19 fois dans la longueur de la tête, 
4 à 6 fois dans la largeur interoculaire; origine de la nageoire dorsale beaucoup 
plus rapprochée de l'anus que de la tête. 

(1) Je compte 35 paires décotes chez un individu de l'Albert-Edouard. 

(2) Zool. Anz. 1886, p. 524, et Zool. Beitr. II, 1887, p 97. 

(3) Il s'agit de la présence de paramères supportant les rayons exosquelettiques, 
paramères qui ont échappé à beaucoup d'auteurs. Afin de dissiper les doutes qui 
pourraient encore subsister sur la nature de ces pièces, j'ai prié mon ami le 
D r A. Willey de lés soumettre à un examen microscopique, d'où il résulte qu'elles 
sont bien formées de cartilage hyalin, entouré d'une gaine de tissu ligamenteux. 







rç 




PROTOPTERUS 37 

La découverte de cette dernière espèce vient infirmer d'une façon 
assez curieuse un des caractères distinctifs du genre Protopterus tel 
qu'on le concevait, et l'on ne peut plus dire que Lepidosiren a le corps 
long et anguilliforme par rapport à Protopterus, qui l'aurait relative- 
ment court et ramassé, puisque chez le premier la longueur de la tête, 
prise à bon droit comme terme de comparaison (1), est comprise 6 à 

8 fois dans la longueur jusqu'à l'anus et que le nombre de côtes (54 ou 
55) est le même que chez Protopterus Dolloi. 

I. PROTOPTERUS DOLLOI (PI. II). 

Bouleng. Ann Mus. Congo, Zool. I, p. 155, pL LVI (1900). 

La hauteur du corps est comprise (chez les individus à queue intacte) 
11 1/2 ou 12 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 

9 1/4 ou 10 fois. La tête, dont la longueur est comprise 5 à 6 fois 
dans la région précaudale, est d'un tiers ou d'un quart plus longue 
que large; le museau est largement arrondi; l'œil est très petit, son 
diamètre étant compris i5 à 19 fois dans la longueur de la tête, 4 à 
6 fois dans la largeur interoculaire ; certains individus ont la tête nue, 
d'autres ont des écailles sur la région occipitale. Les branchies 
externes sont distinctes, au nombre de deux ou de trois; elles 
mesurent, chez les individus examinés, 1 1/4 à 5 fois le diamètre de 
l'œil. L'origine de la nageoire dorsale est de 2 à 2 i/3 fois aussi éloignée 
de la tête que de l'anus. Le membre antérieur, qui se termine en fila- 
ment grêle, mesure ! 4/5 à 2 1/4 fois la longueur de la tête; la frange 
est bien développée, à peu près aussi large que l'axe qui la porte, et 
s'étend sur moins de la moitié de la longueur de celui-ci ; le membre 
postérieur, moins prolongé en filament et à frange tout à fait rudi- 
mentaire ou absente, mesure 1 i/5 à 1 1/2 fois la longueur de la tête. 
La queue, quand elle est intacte (2), se termine en un long filament et 
fait à peu près la moitié de la longueur totale. L'anus est à droite chez 
les individus examinés. Les écailles, jusqu'à l'anus, sont au nombre 
de 86 à 9 1 séries transversales ; 40 à 44 écailles autour du milieu du 
corps. 

J'ai trouvé 54 paires de côtes sur le spécimen unique que j'ai pu 
ouvrir. 

Certains spécimens sont d'un brun olivâtre avec de grosses taches 
noirâtres arrondies, d'autres sont uniformément noirâtres en dessus ; 

(1) Voir Ray Lankester, Tr. Zool. Soc. XIV. 1896, p. 15. 

(2) Le grand individu figuré sur la planche II a la queue régénérée, ce qui 
arrive souvent chez ces poissons, comme d'ailleurs chez les autres Dipneustes. 



38 LEPIDOSIRENID.^ 

les parties inférieures sont blanchâtres ; les organes de la ligne latérale 
se détachent en clair. 

Les spécimens que j'ai examinés mesurent 47 à 83 centimètres de 
longueur totale. Ils proviennent de Nouvelle-Anvers et du Bas-Congo. 

Cette espèce est dédiée à mon savant collègue du Musée de 
Bruxelles, M. Louis Dollo, l'auteur de l'admirable travail sur la 
phylogénie des Dipneustes, cité plus haut. 

On ne possède pas encore de renseignements suffisants pour décider 
à quelle espèce il faut rapporter le Protoptère qui se rencontre sur la 
côte ouest du Tanganika. M. Moore n'a pas réussi à en voir et je n'en 
ai non plus trouvé dans les collections envoyées au Musée du Congo 
par MM. Descamps et Hecq et par la mission Lemaire. Mais on ne 
saurait douter qu'il ne s'y rencontre un Protoptère, car en 1894, dans 
une lettre adressée de Mpala et reproduite dans les Missions d'Afrique 
et le Mouvement géographique (XI, p. 3o), le R. P. De Beerst a décrit 
un poisson dont l'identification est indiscutable. Voici un extrait de 
cette lettre : 

« Un jour où les femmes étaient tranquillement occupées à cueillir 
le riz, un cri d'effroi se fait entendre : Nguéma l Nguéma ! (un croco- 
dile! un crocodile!), et aussitôt de s'enfuir à toutes jambes! Ce pré- 
tendu crocodile n'était autre qu'un étrange animal, moitié reptile, 
moitié poisson, qui, avec la rapidité d'une flèche, avait traversé les 
rangs de nos cueilleuses Restant immobile, parfois des heures entières 
au milieu de l'eau, cet animal, dès qu'il se voit troublé dans son repos, 
s'élance d'un coup de queue, avec une rapidité telle que l'œil a peine 
à le suivre. Ses bonds, pour autant du moins que j'ai pu le constater, 
sont de quinze à vingt pas, ensuite il s'arrête. S'il est poursuivi, il 
s'élance de nouveau, et toujours avec les mêmes bonds prodigieux. 
Ses sens semblent peu perfectionnés, vu la facilité avec laquelle on 
peut s'approcher de lui. J'ai réussi à en faire prendre deux, que les 
enfants ont assommés à coups de hache au milieu de la mare. La 
femelle mesurait i m ,io de long et le mâle o m ,g2. 

« Comme les poissons il a le corps couvert d'écaillés; mais une 
couche glutineuse les cache à demi, de sorte qu'on ne peut guère les 
voir qu'en le dépeçant. Il n'a ni nageoires comme les poissons ni 
pattes comme les reptiles, — ces dernières sont remplacées par deux 
paires d'appendices en forme de queue de rat, minces, allongées (celles 
de devant avaient o m ,24 de long, celles de derrière o m ,ig chez le sujet 
mâle). Ces appendices sont munis, du côté intérieur, d'une espèce de 
courte nageoire. Comme les reptiles, il a des poumons, — quoi qu'il 
ne sorte jamais de l'eau et ne puisse se servir, pour marcher, de ses 
deux appendices en forme de pattes. Il a, en outre, comme les pois- 



PROTOPTERUS 3g 

sons, des branchies composées de quatre rayons. Une nageoire 
adipeuse, à partir du milieu du dos, va contourner sa grande queue 
comprimée latéralement, pour aller se terminer par dessous. Sa bouche, 
de moyenne grandeur, est armée de deux rangées non interrompues 
de matière osseuse, très irrégulièrement taillées, qui lui tiennent lieu 
de dents. Au dire des indigènes, il serait capable d'enlever d'un seul 
coup un doigt, voire même une main. Quoi qu'il en soit, il semble 
uniquement herbivore, le large estomac des deux spécimens que j'ai 
eus sous la main ne contenait que des plantes marécageuses et une 
quantité considérable de tiges de riz encore munies de tous leurs épis, 
ce qui suppose qu'il avale sa nourriture de toutes pièces. 

« Cet animal, que les indigènes appellent Sembé ou Sompé, est un 
objet d'horreur pour eux, ils en ont un dégoût instinctif. 

« La quantité d'œufs que j'ai trouvés suspendus aux côtés du dos, 
par une espèce de sac visqueux très allongé (i), était très considérable. 
Les enfants m'ont montré plusieurs milliers de larves, assez sembla- 
bles aux larves des tritons, qu'ils assuraient être les petits du Sembé. 
Ce qui confirmerait leur assertion, c'est que celui dont j'ai pu appro- 
cher de si près se trouvait précisément entouré de plusieurs centaines 
de ces Viroborobwé. comme ils les appellent (2). 

« Ce Sembé est probablement la Lépidosirène dont parle Schwein- 
furth au chapitre III de son ouvrage : Au cœur de V Afrique. » 

En 1887, dans le travail cité plus haut, Anton Schneider dit avoir 
examiné un individu, qu'il identifie avec P. annectens, conservé au 
Musée de Berlin, rapporté du district du Tanganika par le voyageur 
Reichard. Cet individu, que j'ai obtenu en communication, grâce à 
l'obligeance de MM. les professeurs Môbius et Hilgendorf, provient 
des marais de l'Ugalla, à l'est du lac, donc en dehors du bassin du 
Congo. Il appartient à l'espèce P. œthiopicus, Heckel, et mesure o m ,40. 
La longueur de la tête est comprise 4 2/3 fois dans la distance du bout 
du museau à l'anus ; le diamètre de l'œil est compris j o fois dans la 
longueur de la tête, 3 fois dans la largeur interoculaire ; la plus longue 
branchie externe mesure un peu plus du double de l'œil ; la nageoire 
dorsale commence à égale distance de la tête et de l'anus, qui s'ouvre 
adroite; 58 écailles en série longitudinale jusqu'à l'anus, 40 autour 
du milieu du corps. M. Hilgendorf m'informe que le Musée de 
Berlin en possède un second exemplaire, de même provenance, 
mesurant o m ,5i. 

(1) Il s'agit évidemment ici des ovaires de la femelle, dont le Père De Beerst aura 
fait l'autopsie. — G. A. B. 

(2) Ceci s'accorde bien avec l'observation de M. Budgett que les larves restent 
longtemps sous la garde du père. — G. A. B. 



4° 



LEPIDOSIRENID.E 



Principales publications relatives à VAnatomie, à la Physiologie, 
et à VEthologie des Protoptères. 

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pp. 325-327- 



TELEOSTEI 4-3 



Ordre III. TELEOSTEI. 

Nageoires paires non lobées, à base réduite à une série 
de ptérygiaux (actinostes) portant les rayons dermiques 
au membre antérieur, absente au membre postérieur. Arc 
mandibulaire suspendu au segment supérieur de l'arc 
hyoïde ou hyomandibulaire. Cœur à bulbe artériel non 
musculeux ou à zone musculeuse très réduite, pourvu 
d'une seule rangée transversale de valvules, exceptionnel- 
lement de deux. 

Si, comme je crois encore utile de le faire, on sépare les Ganoïdes, 
avec leurs sous-ordres, des Chondrostéens (i) et des Holostéens, des 
Téléostéens, auxquels ils sont réunis sous le nom de Actinopteri ou 
Actinopterygii par plusieurs auteurs modernes (2), il n'en est pas 
moins vrai que les deux ordres sont reliés par un si grand nombre de 
formes intermédiaires qu'il est bien difficile d'en établir la limite, 
surtout si l'on envisage les formes éteintes L'écaillure et la présence 
ou l'absence de baséostes et de fulcres aux nageoires varient trop chez 
ces dernières pour pouvoir servir à une définition, et les organes vis- 
céraux, dont on a fait tant état en traitant des formes survivantes, mais 
auxquels on ne peut naturellement faire appel dans le cas des fossiles, 
n'ont pas l'importance qui leur a été attribuée. C'est ainsi que Amia 
et Lepidosteus, parmi les Ganoïdes, n'ont qu'un rudiment de valvule 
spirale à l'intestin, tandis que cette valvule est bien développée chez le 
Téléostéen Chirocentrus ; que Amia a la partie musculeuse du bulbe 
artériel beaucoup plus courte que chez Lepidosteus et seulement un 
peu plus longue que chez le Téléostéen Albula, dont le bulbe est muni 
de deux rangées transversales de valvules au lieu de trois comme chez 
Amia, les autres Téléostéens n'en ayant qu'une seule (3). La concep- 
tion de l'ordre des Ganoïdes repose donc sur une combinaison de carac- 
tères dont aucun n'est diagnostique, à l'exception du nombre des ran- 
gées de valvules au bulbe artériel du cœur, toujours supérieur à 

(1) Podopterygia (Lysopteri + Chondrosteï), Cope, Amer. Nat. XXXIII, 1889, 
p. 856, etXXV, 1891, p 480. 

(2) Cope, Tr. Amer. Philos. Soc. (2) XIV, 1871, p. 449; A. S. Woodward, Cat. 
Foss. Fish. II, p. 423 (1891). 

(3) Boas, Morph. Jahrb. VI, 1880, p. 527. — Voir aussi Huxley, Proc. Zool. Soc. 
1883, p. 138. 



44 



TELEOSTEI 



deux (i). Nous n'avons, d'ailleurs, pas à nous occuper ici des 
Ganoïdes, car leurs représentants sont tous étrangers au bassin du 
Congo. 

Les Téléostéens constituent la grande majorité des poissons de la 
nature actuelle. On les répartit en un nombre assez considérable de 
sous-ordres, dont sept sont représentés dans la faune dont nous avons 
à traiter. La division en Malacoptérygiens et Acanthoptérygiens par 
Cuvier (2), pas plus que celle en Physostomes, Anacanthins, Acantho- 
ptérygiens et Pharyngognathes par J. Mûller (3), en Physostomes, 
Physoclistes et Pharyngognathes par Bonaparte(4) et la séparation des 
Lophobranches et des Plectognathes comme groupes équivalents au 
reste des Téléostéens, quoique encore suivies, avec de légères modifi- 
cations, dans un grand nombre d'ouvrages modernes, ont depuis long- 
temps cessé de répondre aux exigences de la classification naturelle. 
Par contre, les principes de Cope et de Sagemehl (5), dans leur ensemble 
au moins, expriment, avec une approximation suffisante, l'état de nos 
connaissances sur la morphologie de ces poissons et les déductions 
qu'on peut en tirer au point de vue phylogénique. 

Sous Ordre I. MALAGOPTERYGII. 

Vertèbres antérieures simples, distinctes ; pas d'osselets 
de Weber ; vessie natatoire communiquant avec le canal 
intestinal par un conduit pneumatique. Opercule bien 
développé; ceinture pectorale suspendue au crâne; méso- 
coracoïde présent ; pas de clavicules (infraclavicules) dis- 
tinctes des cleithrums. Nageoires ventrales abdominales, 
sans épines ; les autres nageoires également formées 
uniquement de rayons mous, articulés. 

Ce sous-ordre, établi par Cope en 1871 (6), avec des limites un peu 
plus restreintes, sous le nom de Isospondyli, correspond à une partie 
des Malacoptérygiens de Cuvier et des Physostomes de Johannes 

(1) Voir, au sujet des Ganoïdes, les considérations de Kner, Sitzb. Ak. Wien, 
LIV, 1, 1866, p. 519, et de Lùtken, Vidensk. Meddel. Copenh. 1868, p. 1, et Pa- 
laeontogr. XXII, 1 873, p 1. 

(2) Cuvier et Valenciennes, Hist. Poiss. I. p. 572 (1828). 
(3} Abh. Akad. Berl. 1844, p. 199. 

(4) Conspect. Syst. Ichthyol., Leyde, 1850. 

(5)Mor P hol. Jahrb. X, 1885, p 1. 

(6) Trans, Amer. Philos. Soc. XIV, 1871, p. 454. 



MALACOPTERYGII 45 

Mùller. A l'exemple de Gill (1), je préfère lui donner le nom le plus 
ancien, qui lui convient d'ailleurs parfaitement. Les types principaux 
sont les Elopes, les Butirins, les Hyodontes, les Mormyres, les 
Notoptères, les Ostéoglosses, les Chirocentres, les Harengs et les 
Saumons (2). 5 familles sont représentées dans la faune du Congo : 
Elopidœ, Mormyridœ, Notopteridœ , Pantodontidœ, Clupeidœ. 



Synopsis des familles représentées dans le bassin du Congo. 

I. Os pariétaux formant une suture médiane et séparant le sus-occipital des fron- 
taux; post-claviculaire appliqué sur la face interne du claviculaire. 

Une plaque osseuse intergulaire ou sublinguale; os operculaires 
au complet; symplectique présent; prémaxillaire pair; côtes 
pour la plupart sessiles; nageoires pectorales se repliant 
comme les ventrales, dont les rayons sont nombreux (10-16). 1. Elopidœ. 

Pas de symplectique; sous-operculaire petit ou absent; sur- 
temporal en forme de grande plaque mince recouvrant un 
grand trou de chaque côté du crâne; prémaxillaire impair; 
côtes pour la plupart sessiles; nageoires pectorales pouvant 
être dirigées en haut; 6 ou 7 rayons à la ventrale .... 2. Mormyridœ. 

Symplectique présent; pas de sous-operculaire; interopercu- 
laire petit, caché sous le préoperculaire; un grand trou de 
chaque côté du crâne, non recouvert par le sur-temporal; 
prémaxillaire pair ; côtes sessiles, derrière de longues apo- 
physes transverses; nageoires pectorales pouvant être diri- 
gées en haut 3- Notopteridœ. 

Symplectique présent; pas de sous-operculaire ni d'interoper- 
culaire; prémaxillaire impair et très réduit; côtes insérées à 
la face postérieure de longues apophyses transverses; 
nageoires pectorales se repliant comme les ventrales ; celles-ci 
à 7 rayons 4- Pantodontidœ. 

II. Os pariétaux très petits, séparés par le sus-occipital, qui s'articule aux frontaux; 
post-claviculaire appliqué sur la face externe du claviculaire ; 6 à 10 rayons à 
la nageoire ventrale 5- Clupeidœ. 

La famille des Osteoglossidœ , avec le genre Heterotis, viendra 
peut-être un jour s'ajouter à celles indiquées ici et devra être inter- 
calée entre les Notopteridœ et les Pantodontidœ. 

(1) Mem. Nat. Acad. Washington, VI, 1893, p. 130. 

(2) L'inclusion dans ce sous-ordre des Percopsidœ, qui semblent relier les 
Salmonidœ aux Acanthroptérygiens Perciformes, exigerait une modification de l a 
diagnose ci-dessus. Aussi est-il préférable de considérer provisoirement cette famille 
comme représentant un sous-ordre à part (Salmopercœ), ainsi que l'ont proposé 
Jordan et Evermann dans le premier volume de leur grand ouvrage sur les poissons 
de l'Amérique septentrionale et centrale (Bull. U. S. Nat. Mus. n° 47, 1896). 



46 . ELOPID^E 



i. ELOPID^E. 

Bouche bordée par les prémaxillaires et les maxillaires; 
ceux-ci les plus développés et fixés à l'extrémité de ceux-là. 
Os pariétaux formant une suture médiane et séparant le 
sus-occipital des frontaux ; os operculaires au complet ; 
symplectique présent ; une plaque osseuse intergulaire ou 
sublinguale, située entre les branches de la mâchoire infé- 
rieure. Rayons branchiostèges très nombreux (plus de 20); 
membrane branchiostège non soudée à l'isthme. Des dents 
pharyngiennes Côtes pour la plupart sessiles, insérées 
très bas sur le centre, en arrière d'une parapophyse ; des 
épineuraux, semblables aux côtes mais dirigés en haut, 
insérés à la base de l'arc neural. Nageoires pectorales 
insérées très bas, se repliant comme les ventrales, dont 
les rayons sont au nombre de 10 à 16 

Cette famille, comprenant les deux genres Elops et Megalops, est 
le dernier vestige d'un groupe très répandu à l'époque crétacée, remar- 
quable par le passage qu'il opère des poissons dits Ganoïdes aux 
Téléostéens, ayant conservé la plaque intergulaire des premiers. La 
présence de dents sur le vomer, les palatins, les ptérygoïdes, le para- 
sphénoïde et la langue indique aussi une grande généralisation. 

La joue est presque entièrement recouverte par de grandes plaques 
osseuses minces (les sous-orbitaires). Le maxillaire est grand et formé 
de trois pièces Les dents pharyngiennes sont très petites, en velours 
ras. Les écailles sont cycloïdes; la ligne latérale est complète. La 
nageoire dorsale est courte, située au milieu du corps, au-dessus 
des ventrales, l'anale courte, la caudale grande et fourchue. La 
vessie natatoire est simple. Les appendices pyloriques sont nom- 
breux. Les vertèbres sont au nombre de 5j à 83 Elops saurus 
en a 65 : 44 précaudales et 21 caudales (1); les parapophyses, les 
neurapophyses et les hémapophyses ne font pas corps avec la vertèbre, 
comme chez la plupart des poissons osseux, mais constituent des os 
distincts, articulés au centre par gomphose, comme chez les Butirins, 
les Gymriarches et les Brochets. Les côtes ne commencent qu'à partir 

(1) Je compte ici comme dernière précaudale la dernière vertèbre pourvue de 
côtes ; les parapophyses des trois dernières précaudales forment des chevrons fer- 
més, et les côtes sont appliquées au bord postérieur de leurs branches, non pas à 
leur extrémité, comme dans la région nommée lombaire chez les Mormyres. 



ELOPS 



47 



de la 7 me vertèbre chez Elops, de la 4 me chez Megalops, tandis que les 
épipleuraux et les épineuraux se montrent déjà sur la première ou 
la deuxième. Les épipleuraux, présents chez Megalops, manquent 
chez Elops ou ne sont représentés que sur les dernières vertèbres pre- 
caudales Les coracoïdes, plus ou moins amincis en avant, où ils 
viennent aboutir aux claviculaires, après en avoir été largement séparés, 
forment une carène ventrale chez Megalops, mais pas chez Elops. 

i. ELOPS. 

Linné, Syst. Nat. I, p. 518(1766); Gûnther, Cat. Fish. VII, p. 469(1868). 

Corps allongé, modérément comprimé. Ecailles petites, 
cycloïdes ; ligne latérale droite, à tubes simples. Bouche 
grande, le prémaxillaire et le maxillaire armés de bandes 
de petites dents en velours, ainsi que le vomer, les pala- 
tins, les ptérygoïdes, le parasphénoïde et la langue. Plaque 
gulaire étroite. Nageoire dorsale au-dessus des ventrales, 
un peu moins développée que l'anale; ces nageoires se 
repliant dans une gaine écailleuse. 20 ou 21 rayons à la 
nageoire pectorale, i5 ou 16 à la ventrale. Un appendice 
écailleux à la base de la pectorale et de la ventrale. Rayons 
branchiostèges au nombre de 24 à 3o. Pseudobranchies 
bien développées. 

Poissons carnivores répandus dans toutes les mers tropicales et sub- 
tropicales. Une espèce remonte assez haut le Congo. Les jeunes 
subissent des métamorphoses analogues à celles des Murénides, pas- 
sant par un stade hyalin et comprimé en ruban. 

1. ELOPS LACERTA. 

Cuvier et Valenciennes, Hist. Poiss. XIX, p. 301, pi. CCCCCLXXV (1846); 
Steindachner, Sitzb. Akad. Wien, LXI, I, 1870, p. 571. 

Elops congicus, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 21, pi. X, fig. 1 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 4 3/4 à 5 i/3 fois dans la lon- 
gueur totale, la longueur de la tête 4 à 4 3/4 fois. L'œil, dont la pau- 
pière adipeuse est fort développée, égale le museau en longueur, excède 
un peu la largeur interoculaire et est compris 4 fois dans la longueur 
de la tête ; la mâchoire inférieure dépasse le museau ; le maxillaire 
s'étend un peu au delà du bord postérieur de l'œil, son diamètre maxi- 
mum est compris 4 à 4 i/3 fois dans sa longueur ; les dents sont extrê- 
mement petites; l'espace interorbitaire est concave, avec deux paires 



48 ELOPIDjE 

d'arêtes assez saillantes ; les rayons branchiostèges sont au nombre de 
24 à 26; la plaque gulaire, ou os de l'isthme, est allongée, sa plus 
grande largeur étant comprise près de 5 fois dans sa longueur; les râte- 
lures branchiales ou branchiospines sont plus longues que les fila- 
ments branchiaux, on en compte 17 a 19 à la branche inférieure du pre- 
mier arceau ; les pseudobranchies sont longues et très développées. La 
nageoire dorsale est située à égale distance de la tête et de la racine de 
la nageoire caudale et commence un peu en arrière du premier rayon 
de la ventrale; elle a 18 à 21 rayons, dont 14 à 17 branchus, e_ son 
bord est fortement échancré. L'anale a 17 ou 18 rayons ; sa base égale 
presque sa distance de la caudale. L'appendice écailleux à la base de 
la ventrale est très allongé, parfois presque aussi long que celle-ci. La 
nageoire caudale est fourchue, à lobes étroits et pointus. La hauteur 
du pédicule caudal est comprise 1 2/3 ou 1 3/4 fois dans sa longueur. 
Les écailles, fortement striées en éventail, sont au nombre de 74 à 83 
le long de la ligne latérale, de -^- en série transversale (1); 6 ou 
7 séries entre la ligne latérale et l'appendice écailleux à la base de la 
ventrale, 20 ou 22 autour du pédicule caudal. 

Coloration argentée, sauf sur le dos, qui est noirâtre ou d'un bleu 
d'acier ; la dorsale et la caudale sont d'un jaune pâle à la base, noirâ- 
tres à l'extrémité, le noir formant une tache très distincte sur la dor- 
sale ; les autres nageoires sont jaunes ou grisâtres ; il n'y a pas de 
tache noire sur l'anale chez les individus du Congo. 

Longueur totale : 56 centimètres. 

Le spécimen que j'ai décrit sous le nom de E. congicus est indiqué 
comme provenant du bief de Manyanga, région des Cataractes. 
Comme son congénère E. saur us, ce poisson doit être considéré 
comme espèce marine remontant assez loin les rivières. Delhez en a 
rapporté deux exemplaires, mesurant 3i et 33 centimètres, de Banana, 
où les indigènes lui donnent le nom de M'veni; j'en ai examiné un du 
Gabon et plusieurs du Sénégal et de la Gambie. 

La figure de E. lacerta. dans Cuvier et Valenciennes, indique une 
soixantaine d'écaillés le long de la ligne latérale, mais elle est très 
inexacte, ainsi que M. le professeur Vaillant a eu l'obligeance de 
m'en informer et comme j'ai pu m'en convaincre plus tard par 
l'examen des spécimens conservés au Muséum de Paris. E. saurus, 
L., type du genre, répandu dans toutes les mers tropicales et subtro- 
picales, a g5 à 100 écailles à la ligne latérale; il diffère, en outre, 
par le maxillaire s'étendant beaucoup plus loin en arrière. 

(1) 80-83 — chez les individus du Congo. La formule 74 — est celle du type du 
Sénégal figuré par Valenciennes {fide Vaillant). 



MORMYRID^ 



2. MORMYRID^. 

Bouche bordée par le prémaxillaire (impair) et les 
maxillaires. Os pariétaux formant une suture médiane et 
séparant le sus-occipital des frontaux ; une profonde cavité 
de chaque côté du crâne, entre le pariétal et l'opistho- 
tique, recouverte d'une mince plaque osseuse (le sur-tem- 
poral) ; pas de symplectique; sous-operculaire petit et 
caché sous l'operculaire, ou absent ; interoperculaire bien 
développé. Les pièces de l'opercule cachées sous la peau ; 
fentes operculaires étroites. Pas de dents pharyngiennes. 
Côtes antérieures sessiles ; des épineuraux, pas d'épipleu- 
raux. Nageoires pectorales se repliant sur les côtés du 
corps, pouvant être dirigées en haut. Ventrales à 6 ou 
7 rayons. Vessie natatoire communiquant avec l'oreille. 

Bien qu'excessivement variable dans la forme du corps et du 
museau, l'aspect général de ces poissons a quelque chose de caracté- 
ristique, de commun à toutes les espèces, qui les fait reconnaître des 
plus inexpérimentés en matière ichthyologique comme appartenant à 
un même groupe naturel. Ce faciès est dû principalement au revête- 
ment muqueux des téguments, à la peau épaisse, criblée de pores, qui 
recouvre la tête, cachant les os de l'opercule et la membrane branchi- 
ostège,et s'étendant, amincie seulement et plus ou moins transparente, 
par-dessus les yeux, dont aucun bord libre ne définit le contour. Il y a 
aussi dans les proportions et dans l'atténuation de l'extrémité caudale 
quelque chose de bizarre, on pourrait dire un manque d'harmonie 
dans les formes telles que nous les concevons chez les poissons. 

Les écailles sont minces, cycloïdes, parcourues d'un réseau de petits 
canaux; la ligne latérale est complète, quoique souvent peu distincte. 
La bouche est non protractile, le plus souvent petite; le maxillaire, 
assez grand par rapport à la bouche, est doué d'une certaine mobilité, 
inséré au-dessus du prémaxillaire, parfois fourchu à la base (i), 
courbé ou dilaté en palette à l'extrémité et dépourvu de dents ; le 
prémaxillaire et le dentaire sont armés de dents, d'ordinaire peu 
nombreuses, parfois excessivement réduites. Il y a le plus souvent des 
dents sur le parasphéno'ide, formant une sorte de plaque allongée qui 

(i) Chez Marcusenius. Stomatorhinus, Gnathonemus, Genyomyrus, Mormyrus. 



5o MORMYRIDjE 

en rencontre une semblable supportée par le glosso-hyal pour former 
un second appareil préhenseur ou masticatoire à l'intérieur de la 
bouche. L'allongement, souvent si considérable, du museau est dû au 
prolongement de l'ethmoïde et de l'angulaire, le prémaxillaire et le 
dentaire étant plutôt réduits à mesure que le museau se prolonge en 
rostre. 

Les rayons brachiostèges sont au nombre de 4 à 8 (1) ; le supérieur 
est le plus souvent élargi et vient s'appliquer contre l'os operculaire et 
s'attache à l'interoperculaire et non pas à l'arc hyoïde (2); le sous- 
operculaire, s'il est distinct, fait partie de la même série, dont il ne se 
distingue qu'avec peine, et adhère au bord interne de l'opercule. Les 
branchies sont au nombre de 4; les pseudo-branchies manquent. Le 
second arc branchial supporte ventralement, chez les Mormyres, une 
paire d'os particuliers, courbés et dirigés en dehors, formant ensemble 
une figure en X à branches inférieures prolongées et venant se terminer 
sous les rayons branchiostèges externes. Ces os sont bien différents 
chez Gymnarchus, très grands, rappelant les clavicules d'un reptile, 
formant un arc disposé horizontalement. La langue est allongée et plus 
libre en avant que chez les autres poissons. 

Les coracoïdes sont unis suturalement aux claviculaires ou n'en 
sont séparés que par une fenestration étroite, et ne se joignant pas en 
avant pour former une carène unique. Ils sont généralement grands, 
atteignant presque l'extrémité antérieure des claviculaires, parfois 
[Mormyrops) beaucoup plus courts que ceux-ci. Chez Mormyrops, 
Gnathonemus et Genyomyrus le coracoïde entre pour moitié dans la 
circonférence du foramen à la base de la nageoire pectorale, tandis que 
chez les autres genres de Mormyres ce foramen est entièrement percé 
dans le scapulaire. Chez Gymnarchus le coracoï'de est très réduit, 
ainsi que le scapulaire, élargi à la base, puis styliforme; le foramen est 
percé dans le coracoïde 

La nageoire ventrale est composée de 6 ou 7 rayons seulement. 
La colonne vertébrale se divise le plus souvent en 3 régions : i° la 
région thoracique, à côtes sessiles ; 2 une région intermédiaire ou 
lombaire, où des apophyses dirigées en bas forment des arcs fermés à 
l'extrémité desquels sont suspendues les côtes qui embrassent la partie 

(1) J'en compte 8 chez Gnathonemus Greshoffi, 6 ou 7 chez la plupart des espèces, 
4 chez Gymnarchus. 

(2) On ne peut donc pas dire que l'attachement soit à l'hyoïde soit à l'intero- 
perculaire constitue un critère infaillible pour la distinction du sous-operculaire 
d'un rayon branchiostège. Ce que nous savons de la valeur morphologique de ces 
éléments réduit d'ailleurs de beaucoup l'importance de la présence ou de l'absence 
du sous-operculaire comme caractère systématique 



MORMYR1D7E 



5i 



postérieure de la vessie natatoire ; 3° la région caudale, à hémapo- 
physes semblables aux neurapophyses et dépourvues de côtes. La* 
seconde région n'existe pas chez Mormyrops et Stomatorhinus parmi 
les genres représentés dans le bassin du Congo, ni chez Isichthys et 
Gvmnarchus, genres étrangers à cette faune. Ce dernier, le plusanguil- 
liforme de la famille, a perdu les nageoires ventrales, anale et caudale 
et le rachis se prolonge en un filament notochordal calcifié et irréguliè- 
rement segmenté. On ne peut s'empêcher de reconnaître une tendance 
vers cet état dans la condition si réduite de la nageoire caudale chez 
certaines formes du genre Mormyrops. Quand la nageoire caudale est 
bien développée, l'hypural est fourni par l'avant-dernière vertèbre, la 
dernière étant étalée en palette dirigée en haut Tous les Mormyres, à 
l'exception de Gymnarchus, possèdent une paire d'os particuliers (os 
Gemmingériens), sans homologues connus, minces et linéaires, qui 
s'étendent de chaque côté de la queue, au-dessus et au-dessous de 
l'organe électrique; en arrière, sur le pédicule caudal, ces os sont en 
contact avec l'extrémité un peu dilatée des épines neurales et hémales 
J'ai compté les vertèbres chez un nombre assez considérable d'espè- 
ces de cette famille, dont voici l'indication 



Mormyrops anguilloides 
» deliciosus 

» parvus . 

» ^anclirostris 

Petrocephalus bane . . 
» Sauvagii . 

Isichthys Henryi .... 

Marcusenius discorhynchus 
» plagwstoma . 

» Isidori 

» Wilverthi. 

Stomatorhinus microps . 

Myomyrus macrodon . 

Gnalhonemus cyprinoides . 
» senegalensis . 

» Monteiri . 

» Greshoffi 

» tamandua 

)) rhynchophorus 

Genyomyrus Donnyi. . . 

Hyperopisus bebe . 

Mormyrus kannume. 
» caschive . 

» caballus . 

Gymnarchus niloticus . 



24 ; -f 37 = 


61 




24 H- 40 = 


64 




21 -\- 3i = 


52 




22 -\- 34 = 


56 




9 + 4 + 


29 = 


42 


12 -f 4 4- 


28 = 


44 


26 4- 38 = 


64 




9 4-5 4- 


27 = 


4i 


9 + 4 + 


28 = 


4 1 


10 + 4 4- 


23 =* 


37 


12 4- 5 4 


27 — 


44 


14 4- 25 = 


39 




14 4 4 4 


32 = 


5o 


14 + 6 -i 


29 - 


49 


H + 7 - u 


27 = 


48 


12 4- 8 4 


27 - 


47 


10 4 74 


28 = 


45 


12 4 64 


27 = 


45 


i3 4 4 4 


3o = 


47 


i3 4 7 + 


29 = 


49 


i5 4- 6 + 


38 = 


59 


i3 4- 7 + 


3o = 


5o 


i3 4 10 4- 


32 — 


55 


14+8-4- 


32 = 


54 


4 5 4- 75 = 


120 





52 MORMYRID^ 

Les côtes, sauf celles dites « lombaires », sont sessiles et insérées 
très bas sur le corps des vertèbres, qui sont dépourvues d'apophyses 
transverses ; à partir de la troisième ou de la quatrième vertèbre, elles 
sont fortes et dilatées, parfois fenestrées à la base. Les neurapophyses 
et les hémapophyses, sauf sur la région caudale postérieure, portent 
une crête mince en avant ; les zygapophyses, tant supérieures qu'infé- 
rieures, sont minces et longues et parfois au nombre de deux de 
chaque côté derrière la neurapophyse. Gymnarchus diffère en ce que 
les côtes sont moins épaisses à la base et s'articulent aux vertèbres par 
l'entremise d'un petit socle (os basipleural) enchâssé dans le centre ver- 
tébral, comme chez certains Cyprinides et en ce que les arcs neural et 
hémal, au lieu d'être de simples prolongements de la vertèbre, sont 
autogènes comme chez Amia, Albula, Elops, Esox, et divers genres 
de Gharacinides et de Cyprinides ; les zygapophyses en dépendent 
et les épineuraux sont attachés aux neurapophyses. 

La vessie natatoire est simple et allongée, arrondie ou pointue en 
arrière ; elle est celluleuse et rappelle un poumon chez Gymnarchus . 
L'estomac est pourvu de deux appendices pyloriques. 

Lacépède, dont les assertions sont souvent sujettes à caution, attri- 
bue aux Mormyres un seul ovaire. Valenciennes, au contraire, insiste 
sur la duplicité de cet organe, quoique le gauche soit de beaucoup le 
plus développé. Pour ma part, j'ai toujours trouvé la glande génitale 
droite tout à fait rudimentaire, lorsqu'elle ne m'a pas échappé entière- 
ment, ce qui confirme le dire de Lacépède. Le cœur est très rapproché 
des branchies et le bulbe de l'artère branchiale est pourvu d'un diver- 
ticulum qu'on n'a encore trouvé chez aucune autre famille. 

Une autre particularité de ces poissons réside dans l'énorme 
développement du cerveau, surmonté d'un organe longtemps con- 
sidéré comme problématique et qui, d'après les recherches de San- 
ders, représente la fusion du tuberculum impàr du quatrième ven- 
tricule et des tubérosités du vagus des poissons ordinaires; sa 
signification physiologique n'a pas encore reçu d'explication. M. le 
Prof. Burckhardt et M. le D r Sauerbeck, de Bâle, auxquels je suis 
heureux d'avoir pu fournir quelques matériaux pour l'étude du 
cerveau des Mormyres, étude qui sera l'objet d'un travail à paraître 
sous peu, m'informent que le cerveau de ces poissons ne se rattache à 
celui d'aucun des représentants des familles voisines (Elopidœ, Albu- 
lidœ, Osteoglossidœ, Clupeidœ, Salmonidœ) auxquels il a été comparé, 
bien que rien ne s'oppose à une dérivation possible de l'un ou de 
l'autre d'entre eux. Il diffère d'abord par le volume énorme, son poids 
atteignant i/52 à 1/82 du poids total du corps, volume sans parallèle 
parmi les vertébrés inférieurs ; ensuite par la confluence des tractus 



MORMYRID.E 53 

nlfactorii, au moins à la base; enfin, par le développement parti- 
culier, accompagné de plis et de convolutions, d'une partie qui corres- 
pond, en toute probabilité, à la valvula cerebelli. Par la séparation des 
bulbi olfactorii du reste du cerveau et leur rapprochement delà région 
nasale, les Mormyres ressemblent à Notopterus. Des divers genres 
dont des représentants ont pu être examinés par MM. Burckhardt et 
Sauerbeck, Petrocephalus, Marcusenius et Stomatorhinus s'écartent 
le moins, et Mormyrus le plus, du type normal des Malacoptéry- 
giens; Mormyrops, Gnathonemus et Hyperopisus se plaçant entre 
les deux extrêmes. 

Enfin les Mormyres sont particulièrement intéressants comme étant 
au nombre des poissons électriques. Des organes situés de chaque côté 
de la queue, découverts par Rùppell et désignés d'abord comme 
« pseudo-électriques », sont de véritables batteries, à décharges très 
faibles toutefois, ainsi que l'ont établi les expériences de Babuchin et 
de G. Fritsch sur divers Mormyres du Nil, tandis que Gymnarchus, 
pourvu d'organes analogues mais moins développés, a jusqu'ici 
échappé aux recherches des physiologistes. Ainsi que l'a montré 
Fritsch. il semble qu'on puisse établir, dans l'état actuel de nos con- 
naissances, une série graduée parmi les poissons à organes électriques 
dérivés des muscles, dont les jalons sont fournis par les Raies ordi- 
naires (Raja), Gymnarchus, les Mormyres proprement dits, et enfin, 
ex œquo, les Gymnotes et les Torpilles, les poissons électriques par 
excellence (i). Chez Mormyrus et genres voisins, les organes en 
question sont situés de chaque côté de la queue et forment des bandes 
obliques, comme les faisceaux musculaires dont ils sont dérivés, com- 
posées de petites colonnes perpendiculaires à leur axe. Chez Gymnar- 
chus ces organes sont presque horizontaux,parallèlesàl'axedela queue. 

En ce qui concerne les affinités naturelles de la famille qui nous 
occupe, les connaissances que nous possédons sur l'organisation de 
ces poissons démontrent qu'on ne saurait les rapprocher des Esocidœ 
ou Brochets, comme l'ont proposé Johannes Mùller et d'autres 
auteurs ; encore moins peut-on les associer aux Cyprinidœ et Cha- 
racinidœ dans le groupe des Ostariophysi, comme l'ont fait Jordan et 
Evermann. L'établissement d'un sous-ordre (2) pour leur réception ne 
me semble guère justifié. Je crois, suivant en ceci Valenciennes, qu'il 
convient de placer les Mormyridœ près d'une famille de Téléostéens 
très généralisés, voisine des Elopidœ : les Albulidœ, en les considérant 
comme probablement dérivés de la même souche. 

(1) Voir G. Fritsch, Die Elektrischen Fische im Lichte der Descendenzlehre. 
Samml. gemeinverstândl. wissensch. Vortrage, XVIII. Heft 430 (Berlin, 1883). 

(2) Scyphophori, Cope, Tr. Amer. Philos. Soc. XIV, 1871, p. 452, et Amer. Nat. 
XXIII, 1889, p. 857. 



54 MORMYRID.E 

Vénérés des anciens Egyptiens et souvent représentés sur leurs 
monuments, les Mormyres n'ont commencé à être étudiés que dans la 
seconde moitié du XVIII e siècle. On en distingue aujourd'hui 
86 espèces, rapportées à 1 1 genres, propres aux eaux douces de 
l'Afrique, depuis le Nil et le Sénégal jusqu'à Angola, le lac Ngami et 
le Zambèse; le bassin du Congo en possède 54 espèces, donc près des 
deux tiers de celles connues. 

Si la connaissance des espèces a fait de grands et rapides progrès 
dans ces dernières années, il n'en est malheureusement pas de même 
de l'étude de leurs mœurs, et nous sommes encore totalement igno- 
rants de leur mode de reproduction et de développement (1). Geoffroy 
Saint-Hilaire, qui a observé ces poissons dans le Nil au commence- 
ment du siècle, dit qu'ils se tiennent sur les fonds rocailleux, ce qui 
rend leur pêche au filet assez difficile, qu'ils sont nocturnes et très 
craintifs. M. le Prof. G. Fritsch, de Berlin, pendant un séjour en 
Egypte en 1891, dans le but d'étudier les poissons électriques, a cons- 
taté que les Mormyres périssent très vite quand on les retire de leur 
élément et ce n'est qu'avec les plus grandes précautions qu'il a réussi 
à en conserver quelques-uns dans des réservoirs, pour ses expériences, 
pendant deux ou trois jours au plus. 

Les espèces à bouche relativement grande {Mormyrops, Gymnar- 
chus) se nourrissent surtout de poissons et de crustacés ; les autres se 
contentent de très petites proies, vers, larves d'insectes, crustacés, — 
de végétaux et de matières en décomposition. P. Delhez a pu obser- 
ver, au Congo, que beaucoup d'espèces recherchent les rives dans le 
voisinage des habitations pour se nourrir de détritus jetés à l'eau. 
Il est probable que les espèces à long rostre s'en servent pour saisir 
les animalcules réfugiés entre les pierres ou enfouis dans la vase et 
que l'appendice charnu dont leur lèvre inférieure est pourvue est un 
organe tactile, compensant l'imperfection de la vue dans la recherche 
de leur nourriture. 

L'intérêt tout spécial qui s'attache à l'organisation des poissons de 
cette famille, m'engage à donner l'indication des principaux travaux 
anatomiques et physiologiques dont ils ont été l'objet. 



(1) Depuis que ces lignes ont été écrites, M. J. S. Budgett, de retour d'une expé- 
dition à la Gambie, a annoncé à la Société zoologique de Londres (séance du 
4 décembre .qoo), la découverte du développement du Gymnarchus niloticus. Ce 
poisson construit un nid fermé flottant, émergeant du côté opposé à son orifice. Le 
mâle veille sur le nid. Les embryons sont remarquables par la grandeur du sac 
vitellin et par la présence de longs filaments branchiaux projetant en dehors comme 
chez les Sélaciens; ils sont lophocerques. 



MORMYRIDiE 55 

HEUSINGER, C. F. Bemerkungen ûber das Gehôrwerkzeug des 
Mormyrus cyprinoides,... &c. Arch. f. Anat. u. Physiol. 1826, 
pp. 324-327, pi. IV. 

ERDL, M. P. Ueber dasGehirn der Fischgattung Mormyrus. Mùnch. 
Gelehrt. Anz. XXIII, 1846, pp. 403-407. 

— Beschreibung des Skeletes des Gymnarchus niloticus. Abh. Bayer. 

Akad V. 1847, PP- 209-252, pi. V. 
GEMMINGER, M. Elektrisches Organ von Mormyrus etc. Dissert. 

Inaug., Mùnchen, 1847. 
KoLLIKER, A. Ueber die elektrischen Organe des Mormyrus longi- 

pinnis, Rùpp. Ber. zootom. Anst. Wùrzburg, 1849, PP- 9 _I 3. 
FôRG, — . Remarques sur l'appareil pulmonaire du Gymnarchus 

niloticus. Ann. Sci. Nat (2) XX, 1 833, pp. 1 5 1 - 1 54. 
DUVERNÔY, G. Note additionnelle. T. c. pp. 154-162, pi. V. 
ECKER, A. Anatomische Beschreibung des Gehirns vom Karpfen- 

artigen Nil-Hecht, Mormyrus cyprinoides. Leipzig, 1854, 4 , 

12 pp., 1 pi. 

FISCHER, L. Ueber das Gehôrorgan der Fischgattung Mormyrus. 
Inauguraldissert., Freiburg i. Br. 1854, 4 , 36 pp., 1 pi. 

HYRTL, J. Anatomische Mittheilungen ùber Mormyrus und Gym- 
narchus. Denkschr. Akad. Wien, XII, i856, pp. 1-22, pis. I-VI. 

MARCUSEN, J. Die Familieder Mormyriden. Eine anatomisch-zoolo- 
gische Abhandlung. Mém. Acad. St. Pétersb.(7)VII, N° 4, 1864, 
162 pp., 5 pis. 

ŒFFINGER, H.NeueUntersuchungen ùber den Bau des Gehirns vom 
Nilhecht. Arch. f. Anat. u. Physiol. 1867, pp. 713-732, pi. XX. 

BABUCHIN, A. Beobachtungen und Versuche am Zitterwelse und 
Mormyrus. Arch. f Physiol. 1877, pp. 250-274, P^- VI. 

SANDERS, A. Contributions to the Anatomy of the Central Nervous 
System in Vertebrate Animais. I. On the Brain of the Mormy- 
ridœ. Phil. Trans. C LXX 1 1 1 , 1 882, pp. 927-959, pis. LIX.-LXI 1 1 . 

FRITSCH, G. Zur Organisation des Gymnarchus niloticus. Sitzb. 
Akad. Berl. 1 885, pp. 1 19-129, figs. 

— Weitere Beitrâge zur Kenntniss der schwach elektrischen Fische. 

Op. cit. 1891, pp. 439-460, figs. 

Du BOIS REYMOND, E. Vorlâufiger Bericht ûber die von Prof. 
Gustav Fritsch angelegten neuen Untersuchungen an elektrischen 
Fischen. T c. pp. 111-114. 

FRITSCH, G. On the Origin of the Electric Nerves in the Torpédo, 
Gymnotus , Mormyrus and Malopterurus. Rep. Brit. Assoc. 
1892, pp. 757 et 758 (1893). 

OGNEFF, J. Einige Bemerkungen ùber den Bau des schwach elek- 
trischen Organs bei den Mormyriden. Zeitschr. wiss. Zool. LXIV, 
1898, pp. 565-595, pi. XVIII. 



56 MORMYRID^ 



Synopsis des genres représentés dans le bassin du Congo. 

I. Nageoire anale mesurant plus de la moitié de la longueur de la dorsale. 

A. Une seule rangée de dents à chaque mâchoire. 

Bouche terminale ou subinfère; 10 à 36 dents à chaque 
mâchoire ; corps allongé ; anale plus longue que la dor- 
sale ; narines modérément espacées, éloignées de l'œil. 1. Mormyrops, J. Mùll. 

Bouche infère; 10 à 36 dents à chaque mâchoire; corps 
court; anale et dorsale subégales; narines très rappro- 
chées, tout près du bord antérieur de l'œil .... 2. Petrocephalus, Marc. 

Bouche infère ou subinfère; 3 à 10 dents à chaque 
mâchoire; corps court ou modérément allongé; narines 
largement séparées, éloignées de la bouche .... 3. Marcusenius, Gill. 

Bouche infère ou subinfère; 3 à 10 dents à chaque 
mâchoire; corps court ou modérément allongé; narine 
postérieure (inférieure) tout près de la bouche ... 4. Stomatorhinus, Blgr. 

Bouche infère; 6 dents à chaque mâchoire, les supé- 
rieures pointues, les inférieures tronquées en forme 
d'incisives; corps allongé; dorsale beaucoup plus 
longue que l'anale; narines très rapprochées, distantes 
de l'œil 5. Myomyrus, Blgr. 

Bouche terminale; 3 à 10 dents à chaque mâchoire ; 
corps modérément allongé ; dorsale et anale subégales; 
narines modérément espacées, éloignées de l'œil . . 6. Guathonemus, Gill. 

B. Une bande de petites dents coniques à chaque mâchoire; dorsale et 
anale subégales. . 7. Genyomyvus, Blgr. 

II. Nageoire anale mesurant moins de la moitié de la longueur de la dorsale; 
bouche terminale; 3 à 12 dents à chaque mâchoire . 8. Monnyrus, L. 



1. MORMYROPS. 

J. Muller, Arch. f. Nat. 1843, P- 3 2 4> V art -'i Boulenger. Ann. Mus. Congo, 
Zool. I, p. 2 (1898), et Proc. Zool. Soc. 1898, p. 780. 

Une série de 10 à 36 dents coniques, tronquées, ou 
échancrées, sur toute l'étendue des deux mâchoires ; des 
dents minuscules et coniques sur le parasphénoïde et sur 
la langue. Bouche terminale ou subinfère. Narines modé- 
rément éloignées l'une de l'autre, distantes de l'œil. Corps 
plus ou moins étiré ; nageoires ventrales à égale distance 
des pectorales et de l'anale ou plus rapprochées de celles- 
là ; nageoire anale plus longue que la dorsale. Colonne 



MORMYROPS 5 



7 



vertébrale divisée en deux régions ; vertèbres au nombre de 
52 à 64 (21-24 + 3i-39). 

Ce genre comprend 17 espèces, dont 12 sont exclusivement propres 
au Congo ; une espèce habite simultanément le Congo et les fleuves de 
l'Afrique occidentale et orientale; le Nil, la Bossumpra (Côte d'Or), 
le Saint- Paul (Libéria) et le bassin du Gabon-Ogowé possèdent cha- 
cun une espèce en propre. 

Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

I. Pédicule caudal 2 à 2 1/2 fois aussi long que haut, sa longueur environ 1/3 à 
1/2 fois celle de la tête. 

A. 24-36 dents à chaque mâchoire. 

D. 21-27; A. 40-51 î L. lat. 85-100; 16-18 écailles autour 
du pédicule caudal ; hauteur du corps 5 à 6 fois dans la 
longueur totale 1. M. deliciosus, Leach. 

B. 10-14 dents à chaque mâchoire. 

1. Museau court 

a. D. 19-22 ; A. 33-37; hauteur du corps 61/237 1/2 fois dans la longueur 
totale. 

L. lat. 80-93; '6 écailles autour du pédicule caudal . . 2. M. engystoma, Blgr. 
L. lat. 70-76 ; 12 écailles autour du pédicule caudal . . 3. M. parvus, Blgr. 

b. D. 30-31 ; A. 40-47; L. lat. 90-95; 16-18 écailles autour du pédicule caudal. 
Hauteur du corps 6 fois dans la longueur totale; le 7 e ou 

le 8 e rayon de l'anale correspond au premier de la dor- 
sale 4. M. Masuianus, Blgr. 

Hauteur du corps 7 à 8 fois dans la longueur totale; le 
13 e ou le 14e rayon de l'anale correspond au premier 
de la dorsale 5. M sirenoides, Bl^r. 

2. Museau prolongé en tube. 

D. 17 ; A. 38; L lat. 63-78; 8 écailles autour du pédicule 
caudal 6. M .Boulengeri, Pellegr 

II. Pédicule caudal peu ou point plus long que haut, sa longueur 1/6 à 1/3 celle 
de la tête. 

A. Dents tronquées. 

1. 16-28 dents à chaque mâchoire; D. 24-32 
D. 24-25; A. 40-43; L. lat. 62-67; J 6 écailles autour du 

pédicule caudal ; hauteur du corps 4 à 4 1/4 fois dans la 

longueur totale y. M. curtus, Blgr. 

D. 29-32; A. 46-50; L. lat. 80-90; 16-18 écailles autour 

du pédicule caudal ; hauteur du corps 5 à 6 fois dans la 

longueur totale 8. M. lineolatus, Blgr. 

D. 24-25; A. 38-41; L. lat. 54-68; 12 écailles autour du 

pédicule caudal; hauteur du corps 535 1/2 fois dans 

la longueur totale 9. M. nigricans, Blgr. 



58 MORMYRIDjE 

2. i2-2n dents à chaque mâchoire; D. 34-45. 
D. 45 ; A. 70; L. lat. 102 ; 14 écailles autour du pédicule 

caudal; hauteur du corps 6 1/3 fois dans la longueur 

totale 10. M. microstoma, Blgr. 

D. 34-39; A. 47-59; L. lat. 100-106; 22 ou 24 écailles 

autour du pédicule candal ; hauteur du corps 5 1/2 à 

7 fois dans la longueur totale il. M. Maria? , Schilth. 

li | ; ; A. 63 ; L. lat. 95; 16 écailles autour du pédicule 

caudal; hauteur du corps 8 1/2 fois dans la longueur 

totale. . 12. M. atténuât us, Blgr 

B. Denis hicuspides, profondément fourchues, au nombre de 14 à chaque 
mâchoire. 
D - 33 _ 35; A - 5561 ; L. lat. 90-0,5 ; 14 écailles autour du 

pédicule caudal . . 1 '• M. furcide ns, Pellegr. 

1. MORMYROPS DELICIOSUS. 

Oxyrhynchus deliciosus, Leach, in Tuckey, Exped. R. Zaire, p. 410(1810). 

Mormyrus Tuckeyi, Ct-v. et Val. Hist. Poiss. XIX, p. 2(53 (1846). 

Mormyrus jambanenje, Peters, Mon. Berl. Ac. 1852. p. 275 ; Gûnth. Proc. Zool 
Soc. i8g6. p. 22_|. 

Mormyrops Tuckeyi. Marcusen, Bull. Ac. St-Pétersb. XII, 1854, p. 14, 

Mormyrops deliciosus, Gûnth. Cat. Fish. VI, p. 224 (1866); Steind. Sitzb. Ak. 
Wien, I.XI, 1. 1870, p. 555. pi. V, rig 1 ; Perugia, Ann. Mus. Genova »2)X, 1892, 
p. 976; Steind. Notes l.eyd. Mus. XVI. 1894, p. 65; Boulbng. Proc. Zool. Soc. 
1898, p. 782. 

Mormyrops fambanenje, Gûnth. 1. c. 

Mormyrus [Mormyrops) ^ambanenje, Peters, Reise a. Mossamb. IV, p. 88, 
pi. XV, fig. 2 (1868). 

Mormyrus (Mormyrops) Swanenburgi, Schilthuis, Tijds. Nederl. Dierk. Ver. 
(2) III, 1891, p. 91. 

La hauteur du corps est comprise 5 à 6 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 3 1/284 1/4 fois. La tête est près de 2 fois aussi 
longue que haute, à profil supérieur légèrement concave, à museau 
large et arrondi ; les mâchoires sont égales ; la largeur de la bouche 
égale à peu près la longueur du museau ; les dents, tronquées ou 
coniques chez l'adulte, plus ou moins distinctement échancrées chez 
le jeune, sont au nombre de 24 à 36 à chaque mâchoire; l'œil est petit, 
situé dans le tiers antérieur de la tête, son diamètre est compris 2 fois 
chez le jeune à 4 fois chez l'adulte dans la longueur du museau, 2 à 
3 lois dans la largeur de l'espace interoculaire. La nageoire dorsale 
comprend 21 à 27 rayons, est beaucoup plus haute en avant qu'en 
arrière et mesure la moitié ou un peu plus de la moitié de la longueur 
de l'anale; son premier rayon est 2 à 2 1/2 fois plus éloigné du bout 
du museau que de la racine de la nageoire caudale. La nageoire anale. 



MORMYROPS 5q 

composée de 41 à 5i rayons, commence bien en avant de la dorsale 
(les 12 e à 16 e rayons correspondant au i er de la dorsale) et un peu plus 
près de la tête que de la racine de la caudale. La nageoire pectorale 
est arrondie et mesure les 2/5 ou la moitié de la longueur de la tête ; la 
ventrale en mesure le quart ou le tiers La nageoire caudale est assez 
petite, couverte en grande partie d'écaillés, à lobes arrondis. Le pédi- 
cule caudal est 2 fois aussi long que haut et mesure le tiers ou les 2/5 
delà longueur de la tête. Les écailles sont au nombre de 85 à 100 le 
long de la ligne latérale, ^|| en ligne transversale sur le corps, 22 à 
26 entre la nageoire dorsale et l'anale, 16 ou 18 autour du pédicule 
caudal. 

D'après les aquarelles de Delhez, le poisson à l'état frais est d'un 
brun olivâtre ou violacé plus ou moins foncé en dessus, jaunâtre sur 
les côtés, avec ou sans quelques petites taches noires, blanc à reflets 
violacés en dessous ; les pectorales sont d'un jaune clair, les autres 
nageoires varient du jaune ou de l'orange au brun pâle, la caudale 
étant bordée de jaune clair. La pupille de l'œil est orange, l'iris doré 
ou bronzé. 

Ce poisson, un des plus estimés pour l'excellence de sa chair, ainsi 
que l'avait constaté au commencement du siècle l'infortuné capitaine 
Tuckey (1), est le plus grand de la famille des Mormyres, atteignant 
une longueur de i m ,5o. De pareils exemplaires se vendent jusqu'à 
2 5 francs à Borna. 

La distribution de cette espèce est très étendue, sa présence ayant 
été constatée depuis le Sénégal jusqu'au Congo, dans le Zambèze et le 
lac Nyassa et dans les rivières de l'Afrique orientale (Webi Shibili et 
Juba). Découvert par Cranch, le compagnon de Tuckey. dans le bas 
Congo, ce poisson a été reçu de Borna, Matadi, Isangila, Léopoldville, 
Monsembé, Upoto, du lac Léopold II et del'Uerré. J'ai pu en exami- 
ner une trentaine d'exemplaires, mesurant de 63 millimètres à i m ,20. 

Delhez, qui a observé ce poisson à Borna, à Dolo et à Kutu, a cons- 
taté que le Mortnyrops deliciosus se nourrit de préférence de matières 
animales en putréfaction parmi les herbes des rives, qu'il fréquente en 
très grand nombre, surtout près des « chimbeks » des soldats, à l'en- 
droit où ceux-ci jettent à l'eau les détritus de toute espèce. Il se pêche 
surtout au lever et au coucher du soleil Peters a trouvé des restes de 
poissons et de crabes dans l'estomac, observation que je suis à même 
de confirmer, l'estomac d'un exemplaire dont j'ai fait l'autopsie étant 
rempli d'os de poissons et de membres de crustacés. 

La vessie natatoire est grande et s'étend de l'œsophage à l'anus ; elle 

(1) « Us flesh is of a'most exquisite flavour » (Leach, 1. c). 



6o MORMYRID^ 

est largement arrondie et non pointue en arrière; le foie est petit, le 
lobe gauche très peu développé; deux appendices pyloriques, un peu 
plus courts que l'estomac ; pas de graisse. 

Delhez a pu constater que l'œil est parfois lumineux, phospho- 
rescent. 

Les noms indigènes suivants ont été notés par Delhez : Lokombé, à 
Borna, Libolé, à Matadi, Imbolé, à Dolo, Duanda ou Loânda, à 
Kutu. 

2. MORMYROPS ENGYSTOMA. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p 3, pi. I, fig. 1 (1898). 

La hauteur du corps est comprise y à 7 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 1/2 à 5 fois. La tête est près de deux 
fois aussi longue que haute, à profil supérieur droit et déclive ; le 
museau est arrondi, dépassant un peu la bouche, dont la largeur égale 
à peine les 2/3 de la longueur du museau ; les dents sont échancrées, 
au nombre de 12. à chaque mâchoire; l'œil est très petit, situé dans le 
tiers antérieur de la tête, son diamètre est compris 3 fois dans la lon- 
gueur du museau, 2 1/2 à 3 fois dans la largeur de l'espace interocu- 
laire. La nageoire dorsale comprend 19 ou 20 rayons; elle mesure la 
moitié de la longueur de l'anale, et commence à distance du bout du 
museau double de sa distance de la racine de la nageoire caudale. La 
nageoire anale comprend 35 à 3y rayons, commence bien en avant de 
la dorsale (le 9 e rayon anal correspondant au i er de la dorsale) et à 
distance égale de la tête et de la racine de la nageoire caudale La 
nageoire pectorale est arrondie et mesure les 3/5 de la longueur de la 
tête, la ventrale en mesurant les 2/5. La nageoire caudale est assez 
petite, écailleuse à la base, à lobes arrondis. Le pédicule caudal est 
2 à 2 1/2 fois aussi long que haut et mesure la moitié ou les 3/5 de la 
longueur de la tête. Les écailles sont au nombre de 80 à 93 le long 
de la ligne latérale, ^^ en ligne transversale sur le corps, 18 ou 
19 entre la nageoire dorsale et l'anale, 16 autour du pédicule caudal. 

La coloration, chez les spécimens conservés, est brun pâle, poin- 
tillé de noirâtre. 

Longueur totale : 145 millimètres 

Trois spécimens, provenant de Matadi, font partie des collections 
réunies par MM. Wilverth et Wagenaar. 

Par leur petite taille, cette espèce et la suivante contrastent forte- 
ment avec le M. deliciosus. Ce sont les formes naines du genre, 
remarquables aussi par la petitesse de la bouche. 



MORMYROPS 6t 

3. MORMYROPS PARVUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo. Zool. I, p. 65, pi. XXXI, fig. 2 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 6 1/2 à 7 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 1/284 3/4 fois. La tête est deux fois 
aussi longue que haute, à profil supérieur droit et légèrement déclive; 
le museau est arrondi, presque tronqué à l'extrémité, qui dépasse un 
peu la bouche; celle-ci est très étroite, sa largeur n'égalant que les 
3/5 de la longueur du museau ; les dents sont échancrées, au nombre 
de 10 à 12 à chaque mâchoire; l'œil est très petit, situé dans le tiers 
antérieur de la tête, son diamètre est compris 3 fois dans la longueur 
du museau, 2 1/2 à 3 fois dans la largeur de l'espace interoculaire. La 
nageoire dorsale comprend 19 à 22 rayons; elle mesure la moitié ou 
les 3/5 de l'anale et son premier rayon est 2 à 2 1/2 fois plus éloigné 
du bout du museau que de la racine de la nageoire caudale. La 
nageoire anale comprend 33 à 36 rayons, le neuvième ou le dixième 
correspondant au premier de la dorsale ; elle commence à distance 
égale de la tête et de la racine ou de l'extrémité de la nageoire caudale. 
La nageoire pectorale est obtusément pointue et mesure les 3/5 de la 
longueur de la tête, la ventrale en mesurant les 2/5. La nageoire cau- 
dale est assez petite, en grande partie couverte d'écaillés, à lobes 
arrondis. Le pédicule caudal est deux fois aussi long que haut et 
mesure la moitié ou les 2/5 de la longueur de la tête Les écailles sont 
au nombre de 70 à 76 le long de la ligne latérale, |^ en ligne 
transversale sur le corps, 17 ou 18 entre la nageoire dorsale et l'anale, 
1 2 autour du pédicule caudal. 

Gris pâle en dessus, blanc en dessous, à reflets lilas ; la tête et le 
corps finement pointillés de noirâtre, au moins sur les parties supé- 
rieures ; des points blancs sur la tête; nageoires grises. 

5 exemplaires, mesurant de 100 à 1 65 millimètres, ont été péchés 
par Delhez à Borna, parmi les herbes de la rive du fleuve. Nom indi- 
gène : Kunga Ils peuvent être considérés comme adultes, l'un d'eux, 
que j'ai disséqué, ayant l'ovaire gauche très développé. Cet organe 
commence en arrière de l'estomac pour s'étendre jusqu'à l'anus; les 
œufs qui le remplissent mesurent 1 1/2 millimètre de diamètre. 

4. MORMYROPS MASUIANUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 4, pi. II. fig. 1 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 6 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 4 2/3 fois. La tête est 1 2/3 fois aussi longue que 



62 MORMYRID.E 

haute, à profil supérieur droit et déclive ; le museau es arrondi, dépas- 
sant un peu la bouche, dent la largeur excède un peu la longueur du 
museau; les dents sont tronquées, au nombre de 12 à la mâchoire 
supérieure, de 14 à l'inférieure; l'œil est très petit, situé dans le tiers 
antérieur de la tête, son diamètre compris 3 fois dans la longueur du 
museau et dans la largeur de l'espace interorbitaire. La nageoire dor- 
sale, à 3oou3i rayons, mesure les 2/3 ou les 4/5 de l'anale; son 
premier rayon est 1 2/3 à i 4/5 fois plus éloigné du bout du museau 
que de la racine de la nageoire caudale. L'anale, à 40 à 46 rayons, 
commence un peu en avant de la dorsale, son 7 e ou 8 e rayon corres- 
pondant au i er de celle-ci, et un peu plus près de la tête que de la racine 
de la caudale. La pectorale, arrondie, mesure la moitié de la longueur 
de la tête, la ventrale seulement le tiers. La caudale est assez petite, 
couverte d'écaillés, à lobes arrondis. Le pédicule caudal est 2 1/2 fois 
aussi long que haut et mesure la moitié de la longueur de la tête. 
90 à g3 écailles le long de la ligne latérale, ^^ en série transversale sur 
le corps, 2i à 23 entre la nageoire dorsale et l'anale, 18 autour du 
pédicule caudal. Brun pâle. 

Cette espèce, dédiée à M. T. Masui, a été établie sur un spécimen 
de 41 centimètres, provenant d Upoto, Haut-Congo (coll. Wilverth). 
Un second spécimen, de 24 centimètres, de Mokaka sur la Sanga, (ex- 
pédition de Brazza), fait partie des collections du Muséum de Paris. 

5. MORMYROPS SIRENOIDES. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 4, pi. 1. fig. 2 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 7 à 8 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 5 à 6 fois. La tête est 1 1/2 à 1 3/4 fois aussi 
longue que haute, à profil supérieur droit et déclive ; le museau est 
large et arrondi et dépasse la bouche, dont la largeur excède un peu 
la longueur du museau; les dents sont tronquées, au nombre de 
12 ou 14 à chaque mâchoire ; l'œil est très petit, situé dans le tiers ou 
le quart antérieur de la tête, son diamètre est compris 3 fois dans la 
longueur du museau, 3 1/2 à 4 fois dans la largeur de l'espace interor- 
bitaire. La nageoire dorsale, à 3o ou 3i rayons, mesure les 
2/3 ou les 3/4 de l'anale ; la distance qui sépare son i er rayon du bout 
du museau égale 1 1 /2 fois celle qui le sépare de la racine de la cau- 
dale. L'anale, à 46 ou 47 rayons, commence bien en avant de la dor- 
sale, dont le i er rayon correspond au i3 e ou au 14 e de l'anale, et à 
distance presque égale du bout du museau et de l'extrémité de la cau- 
dale. La pectorale, arrondie, mesure la moitié ou un peu plus de la 



MORMYROPS 63 

moitié de la tête, la ventrale seulement le tiers. La caudale est petite, 
couverte d'écaillés, à lobes arrondis. Le pédicule caudal est 2 1/2 fois 
aussi long que haut et mesure la moitié de la longueur de la tête. 
90 à g5 écailles le long de la ligne latérale, ^^ en série tranversale 
sur le corps, 20 entre la nageoire dorsale et l'anale, 16 ou 18 autour 
du pédicule caudal. Brun foncé, un peu plus clair en dessous. 

Le spécimen type de l'espèce, mesurant 63 centimètres, provient de 
Nouvelle- Anvers, Haut-Congo (collection Wilverth). Un second exem- 
plaire, long de 45 centimètres, fait partie de la collection Delhez et 
provient du Stanley- Pool. 

L'estomac du second exemplaire, que j'ai ouvert, était rempli de 
débris de grandes larves d'Odonates. 

6. MORMYROPS BOULENGERI. 

Pellegrin, Bull. Mus. Paris, 1900, n° 7. 

La hauteur du corps est comprise 9 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 3 1/2 fois. La tête est 3 i/3 à 3 1/2 fois aussi longue 
que haute ; le museau est prolongé en tube long et grêle, 6 ou 7 fois 
aussi long que haut, un peu courbé vers le bas ; la bouche est termi- 
nale et petite, et munie de dents tronquées, au nombre de 12 à la mâ- 
choire supérieure, de 14a l'inférieure; l'œil est petit, un peu plus rap- 
proché du bord libre de l'opercule que du bout du museau, son 
diamètre fait à peu près les 2/3 de la largeur interoculaire. La dorsale, 
à crayons, est beaucoup plus haute en avant qu'en arrière; sa lon- 
gueur fait la moitié ou les 2/5 de celle de l'anale ; elle est située au- 
dessus du milieu de l'anale et trois fois plus éloignée de la tête que de 
la caudale. L'anale, à 38 rayons, commence un peu plus près de la cau- 
dale que de la tête. La pectorale, arrondie, mesure i/3 de la lon- 
gueur de la tête, la ventrale n'en mesure que i/5. La caudale est petite, 
écailleuse à la base, à lobes arrondis. Le pédicule caudal est 2 1/2 fois 
aussi long que haut et sa longueur est comprise 3 1/2 fois dans celle 
de la tête. 63 à 70 écailles le long de la ligne latérale, ^^ en série 
transversale sur le corps, 12 ou 1 3 entre la nageoire dorsale et l'anale, 
8 autour du pédicule caudal. 

D'un brun noirâtre uniforme. 

Cette espèce est décrite d'après trois individus, dont le plus 
grand mesure 24 centimètres, de l'Alima, par l'expédition de M. de 
Brazza et conservés au Muséum de Paris. Elle est voisine de M. %an- 
clirostris, Gthr., originaire du Gabon, qui en diffère par le rostre plus 
court et par les écailles plus nombreuses. 



64 MORMYRID^ 

7. MORMYROPS CURTUS (PI. III. fig. 1). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 66, pi. XXXII, fig. 1 (1899). 

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 4 à 
4 1/4 fois dans la longueur totale. La tête est 1 1/2 fois aussi longue 
que haute, à profil supérieur concave ; le museau est arrondi ; la bouche 
est terminale, sa longueur égale la longueur du museau; les dents sont 
tronquées, au nombre de 22 ou 24 à chaque mâchoire; l'œil est petit, 
situé dans le tiers antérieur de la tête, son diamètre compris 3 à 
3 r/2 fois dans la longueur du museau, 2 1/2 à 3 fois dans la largeur de 
l'espace interoculaire. La dorsale, à 24 ou 25 rayons, est beaucoup 
plus haute en avant qu'en arrière ; sa longueur fait la moitié de celle 
de l'anale ; la distance de son premier rayon du bout du museau égale 
2 1/2 fois sa distance de la racine de la caudale. L'anale, à 40 à 
43 rayons, commence bien en avant de la dorsale, dont le premier 
rayon répond au 14 e ou au i5 e de la dorsale, et à distance à peu 
égale de la tête et de la racine de la caudale. La pectorale est arrondie 
et mesure les 3/5 de la longueur de la tête; la ventrale n'en mesure que 
les 2/5 ou le i/3. La caudale est petite, en grande partie couverte 
d'écaillés, à lobes courts et arrondis. Le pédicule caudal est un peu plus 
long que haut et mesure le tiers ou le quart de la longueur de la tête. 
63 à 67 écailles le long de la ligne latérale, ^^ en série transversale 
sur le corps, 21 à 23 entre la nageoire dorsale et l'anale, 16 autour du 
pédicule caudal. 

Violet en dessus, plus clair en dessous, irrégulièrement tacheté ou 
marbré de plus foncé, chaque écaille portant une tache brun foncé, ces 
taches plus ou moins régulièrement reliées par des lignes brunes sui- 
vant les séries d'écaillés ; dessous de la tête jaune orangé; nageoires 
d'un brun jaunâtre, à l'exception de la caudale, qui est violet foncé 
comme le corps et bordée de jaunâtre. Pupille de l'œil orange. 

Longueur totale : 40 centimètres. 

5 spécimens ont été rapportés de Borna par Delhez. 

Par la brièveté du corps, comparé aux autres membres du genre 
Mormyrops, cette espèce offre un frappant contraste avec le M. atte- 
nuatus figuré sur la même planche (PI. III. fig. 2). C'est la seule 
espèce dont la hauteur du corps soit contenue moins de cinq fois dans 
la longueur totale. Elle est voisine de la suivante, dont elle diffère, 
outre la forme moins allongée, par le nombre moins élevé des rayons 
aux nageoires dorsale et anale et des écailles à la ligne latérale. 







Bq 





* 



MORMYROPS 65 



8. MORMYROPS LINEOLATUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 5, pi. II, fig. 2 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 5 à 6 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 3 2/3 à 5 fois. La tête est 1 2/3 à 1 3/4 fois 
aussi longue que haute, à profil supérieur un peu concave ; le museau 
est arrondi ; la bouche est terminale, sa largeur égale la longueur du 
museau ; les dents sont tronquées, au nombre de 16 à 22 à la mâchoire 
supérieure, 16 à 20 à l'inférieure; l'œil est petit, situé dans le tiers 
antérieur de la tête, son diamètre compris 2 à 3 fois dans la longueur 
du museau, ainsi que dans la largeur de l'espace interoculaire. La 
nageoire dorsale, à 29 à 32 rayons, est beaucoup plus haute en avant 
qu'en arrière; sa longueur fait les 3/5 ou les 2/3 de celle de l'anale; 
la distance de son premier rayon du bout du museau égale 1 2/3 à 
2 1/4 fois sa distance de la racine de la caudale L'anale, à 46 à 
5o rayons, commence bien en avant de la dorsale, dont le premier 
rayon répond aux 1 i e à 1 5 e , et à distance égale de la tête et de la racine 
de la caudale ou un peu plus près de celle-ci. La pectorale est arrondie 
et mesure la moitié de la longueur de la tête ; la ventrale n'en mesure 
que les 2/5 ou le tiers. La caudale est petite, en grande partie couverte 
d'écaillés, à lobes courts et arrondis. Le pédicule caudal n'est pas plus 
long que haut et mesure seulement 1/4 ou i/5 de la longueur de la 
tête 80 à 90 écailles le long de la ligne latérale, ^^ en série trans- 
versale sur le corps, 23 à 25 entre la nageoire dorsale et l'anale, 1 6 ou 18 
autour du pédicule caudal. 

Ce poisson, tel qu'il est conservé, est d'un brun pâle, les côtés du 
corps ornés de lignes longitudinales plus foncées, suivant les séries 
d'écaillés. Delhez figure le jeune comme ayant la tête violet-pensée 
foncé, le corps brun clair, les nageoires violet clair, la pupille orange 
et l'iris blanc; l'adulte brun violacé en dessus, blanchâtre en dessous, 
les lignes longitudinales noirâtres, les nageoires brunes, la pupille 
orange et l'iris violet. 

Longueur totale : 40 centimètres. 

Fondée sur un seul spécimen d'Upoto, Haut-Congo (collection du 
Cap.Wilverth), cette espèce a été retrouvée en plusieurs exemplaires par 
Delhez au Stanley-Pool et au lac Léopold II, à Kutu, où elle porte, 
ainsi que l'espèce suivante, qui lui ressemble beaucoup, le nom de 
Elendé et se trouve parmi les herbes du rivage. De tout jeunes indi- 
vidus, mesurant de 75 à 80 millimètres, ont été recueillis par Delhez 
à Coquilhatville. 



66 mormyrim: 



9. MORMYROPS NIGRICANS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 66, pi. XXXII, fig. 2 (1899). 
Mormyrops Vaillanti, Pellegrin, Bull. Mus. Paris, 1899, P- 358. 

La hauteur du corps est comprise 5 à 5 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 3/4 à 4 fois. La tête est 1 2/3 fois aussi 
longue que haute, à profil supérieur un peu concave ; le museau est 
arrondi ; la bouche est terminale, sa largeur égale la longueur du 
museau; les dents sont tronquées, au nombre de 24 à la mâchoire 
supérieure, de 28 à l'inférieure; l'œil est très petit, situé dans le tiers 
antérieur de la tête, son diamètre 2 1/2 à 3 1/2 fois dans la longueur 
du museau ainsi que dans la largeur de l'espace interoculaire. La 
nageoire dorsale, à 24 ou 2 5 rayons, est beaucoup plus haute en avant 
qu'en arrière ; sa longueur fait à peu près les 3/5 de celle de l'anale ; 
la distance de son premier rayon du bout du museau égale 3 fois sa 
distance de la racine de la caudale. L'anale, à 38 à 41 rayons, com- 
mence bien en avant de la dorsale, dont le premier rayon répond 
au 12 e , et beaucoup plus près de la racine de la caudale que de la 
tête. La pectorale est arrondie et mesure la moitié de la longueur de 
la tête; la ventrale n'en mesure que le tiers. La caudale est petite, en 
grande partie couverte d'écaillés, à lobes courts et arrondis. Le pédi- 
cule caudal est peu ou point plus long que haut et mesure seulement 
1/4 ou i/5 de la longueur de la tête. 54 à 58 écailles le long de la ligne 
latérale, -Jj- en série transversale sur le corps, 14 ou i5 entre la 
nageoire dorsale et l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 

Noirâtre en dessus, grisâtre en dessous; dessous de la tête d'un 
rouge de rouille ; côtés du corps tachetés de noir, à lignes brun foncé 
suivant les séries d'écaillés; nageoires noirâtres. « Œil lumineux, à 
pupille orange. » 

Longueur totale : 34 centimètres. 

Le spécimen unique, type de l'espèce, a été recueilli par Delhez à 
Kutu, lac Léopold II, où il semble être confondu avec le Mormyrops 
lineolatus, Blgr., sous le nom de Elendé. Il a été péché à l'endroit où 
les indigènes jettent les détritus de toute espèce. 

Depuis la publication du 4 e fascicule des « Poissons nouveaux du 
Congo », M. le D r J. Pellegrin a redécrit deux jeunes individus de la 
même espèce, mesurant io5 et 175 millimètres, sous le nom de M. Vail- 
lanti. Ces individus, que j'ai pu examiner, proviennent de Diélé, sur 
l'Alima, font partie de la collection de la Mission de l'Ouest Africain 
et avaient déjà été désignés sous le nomen nudum de Mormyrus 
lineatus, Vaillant (Rev. Scientif. XXIII, II, 1886, p. 17). 



MORMYROPS 67 



10. MORMYROPS MICROSTOMA. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 6, pi. I, fig. 3 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 6 i/3 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 2/3 fois. La tête est deux fois aussi longue que 
haute, à profil supérieur droit, le museau est arrondi, dépassant la 
bouche, dont la largeur égale les 2/3 de la longueur du museau; les 
dents sont tronquées, au nombre de 14 à chaque mâchoire; l'œil, de 
grandeur moyenne, mesure les 2/3 de la longueur du museau, la moi- 
tié de la largeur de l'espace interorbitaire. La dorsale, à 45 rayons, 
mesure à peu près les 3/4 de la longueur de l'anale et commence 
presque deux fois plus loin du bout du museau que de la racine de la 
caudale. L'anale, à 70 rayons, commence bien en avant de la dorsale, le 
17 e rayon tombant sous le i er de celle-ci et plus près de la tête que de 
la racine de la caudale. La pectorale, arrondie, mesure la moitié de 
la longueur de la tête, la ventrale le tiers. La caudale est très petite, 
écailleuse à la base, à lobes courts et arrondis. Le pédicule caudal est 
à peine aussi long que haut et mesure le sixième de la longueur de la 
tête. 102 écailles le long de la ligne latérale, -j^- en série transversale 
sur le corps, 16 entre la nageoire dorsale et l'anale, 14 autour du pédi- 
cule caudal. 

Le spécimen unique, sur lequel cette espèce est fondée, est d'un 
brun noirâtre et mesure i65 millimètres. Il provient de Nouvelle- 
Anvers, des récoltes de MM. Wilverth et Wagenaar. 

11. MORMYROPS MARLE. 

Mormyrus (Mormyrops) Marice, Schilthuis, Tijdschr. Ned. Dierk. Ver. (2) III, 
1891, p. 92. 

Mormyrops Marice, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 3(1898), et Proc. 
Zool. Soc. 1898, p. 786. 

La hauteur du corps est comprise 5 1/2 à 7 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 à 5 fois. La tête est 1 2/3 à près de 
2 fois aussi longue que haute, à profil supérieur droit ou légèrement 
concave; le museau est arrondi; la bouche est terminale, sa largeur 
égale ou un peu inférieure à la longueur du museau ; les dents sont 
tronquées, au nombre de 14 à 20 à chaque mâchoire; l'œil est très petit, 
situé dans le tiers antérieur de la tête, son diamètre compris 3 à 4 fois 
dans la longueur du museau, 2 1/2 à 3 1/2 fois dans la largeur de 
l'espace interoculaire. La nageoire dorsale, à 34 à 3g rayons, est beau- 



68 mormyrida: 

coup plus haute en avant qu'en arrière ; sa longueur fait les 3/4 ou les 
4/5 de celle de l'anale; la distance entre son premier rayon et la fente 
operculaire est un peu plus grande que sa distance de la racine de la 
caudale. L'anale, à 47 à 59 rayons, dont les 8 e à 11 e correspon- 
dent au premier de la dorsale, commence beaucoup plus près de la 
racine de la caudale que du bout du museau. La pectorale est arrondie 
et mesure la moitié ou les 3/5 de la longueur de la tête; la ventrale en 
mesure le tiers ou les 2/5. La caudale est très petite, écailleuse à la 
base, à lobes.courts et arrondis. Le pédicule caudal n'est pas plus long 
que haut et mesure seulement i/5 ou 1/6 de la longueur de la tête. 
100 à 106 écailles le long de la ligne latérale, ^2 en s érie transversale 
sur le corps, 28 à 3 1 entre la nageoire dorsale et l'anale, 22 ou 24 autour 
du pédicule caudal. 

Lilas en dessus, blanc en dessous, pointillé de brun violacé au 
moins sur les parties supérieures ; nageoires fauve pâle ; pupille orange. 
Telle est la coloration indiquée par un croquis fait d'après le poisson 
frais par Delhez. 

Longueur totale : 39 centimètres. 

Cette espèce, découverte par M. Greshoff dans le Bas-Congo, a été 
retrouvée à Borna et à Matadi, d'où j'ai pu en examiner 7 exemplaires, 
mesurant de i3 à 39 centimètres. Delhez l'a pêchéeà Borna avec le Mor- 
myrops curtus. 



12. MORMYROPS ATTENUATUS (PI. III fig. 2). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 6, pi. I, fig. 4 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 8 1/2 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 6 1/2 fois. La tête est près de deux fois aussi 
longue que haute, à profil supérieur droit et déclive ; le museau est 
arrondi et dépasse un peu la bouche, dont la largeur égale les 2/3 de 
la longueur du museau; les dents sont tronquées, au nombre de 12 à 
la mâchoire supérieure, de 14 à l'inférieure ; l'œil est petit, situé dans le 
tiers antérieur de la tête, son diamètre 2 1/2 fois dans la longueur du 
museau ou dans la largeur de l'espace interorbitaire. Dorsale à 
43 rayons, mesurant les 3/4 de la longueur de l'anale, commençant un 
peu plus près de la racine de la caudale que de la tête. Anale à 
63 rayons, commençant bien en avant de la dorsale, son 14 e rayon 
tombant sous le i er de celle-ci, et à distance égale du bout du museau 
et de la racine de la caudale. La pectorale, arrondie, mesure un peu 
plus de la moitié de la longueur de la tête, la ventrale près des 2/5. 



MORMYROPS 69 

La caudale est très petite, écailleuse à la base, à lobes courts et arron- 
dis. Le pédicule caudal est à peine aussi long que haut et ne mesure 
que le sixième de la longueur de la tête. 9 5 écailles le long de la ligne 
latérale, — en série transversale sur le corps, 18 entre la nageoire 
dorsale et l'anale, 16 autour du pédicule caudal. 

Longueur totale : 41 centimètres. 

Le spécimen type, unique, provenant d'Upoto, Haut-Congo (col- 
lection du capitaine Wilverth), paraît blanchâtre, finement ponctué 
de brun foncé. 



i3. MORMYROPS FURCIDENS. 

Pellegrin, Bull. Mus. Paris, 1900, n° 7. 

La hauteur du corps est comprise 7 1/2 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 5 fois. La tête est près de deux fois aussi longue 
que haute, à profil supérieur droit et déclive; le museau est arrondi et 
dépasse un peu la bouche, dont la largeur égale les 2/3 de la longueur 
du museau ; les dents sont bicuspides, à couronne fourchue, au nom- 
bre de 14 à chaque mâchoire; l'œil est petit, situé dans le tiers anté- 
rieur de la tête, son diamètre 2 1/2 fois dans la longueur du museau, 
2 fois dans la largeur de l'espace interorbitaire. Dorsale à 33 à 
35 rayons, mesurant les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de l'anale, son 
premier rayon plus rapproché de la racine de la caudale que de la tête. 
Anale à 55 à 61 rayons, commençant bien en avant de la dorsale, son 
i5 e rayon tombant sous le i er de celle-ci, et à distance égale, à peu 
près, de la tête et de la racine de la caudale. La pectorale, arrondie, 
mesure la moitié de la longueur de la tête, la ventrale le tiers. La cau- 
dale est très petite, écailleuse à la base, à lobes courts et arrondis. Le 
pédicule caudal est un peu plus long que haut et sa longueur est com- 
prise 4 1/2 ou 5 fois dans celle de la tête. 90 à 95 écailles le long de 
la ligne latérale, -g— en série transversale sur le corps, 20 entre la 
nageoire dorsale et l'anale, 14 autour du pédicule caudal. 

Brun, finement ponctué et vaguement marbré de noirâtre. 

Cette espèce est décrite d'après deux individus, mesurant 24 et 
3o centimètres respectivement, recueillis par l'expédition de Brazza à 
Diélé, sur l'Alima, et conservés au Muséum de Paris. Ils avaient 
d'abord été rapportés à M. Mariœ par M. Pellegrin (Bull Mus. 1900, 
p. 177), mais ils diffèrent de cette espèce par la dentition, ainsi que 
l'indique le nom très caractéristique de furcidens, l'œil plus grand et 
les écailles moins nombreuses. 



7 o 



MORMYRID^ 



2. PETROCEPHALUS. 

Marcusen, Bull. Ac. St.-Pétersb. XII, 1854, p. i^,part.; Gill, Proc. Ac. Philad. 
1862, p. 443 (1863); Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 2 (1898), et Proc. 
Zool. Soc. 1898, p. 787. 

Dents bicuspides, formant une série complète à chaque 
mâchoire (10 à 24 a la supérieure, 18 à 36 à l'inférieure) ; 
des dents minuscules et coniques sur la parasphénoïde et 
sur la langue ; bouche infère, située sous les yeux. 
Narines très rapprochées l'une de l'autre, tout près du 
bord antérieur de l'œil. Corps court ; nageoires ventrales 
plus rapprochées des pectorales que de l'anale. Nageoires 
dorsale et anale à peu près également développées. 
Colonne vertébrale divisée en 3 régions, vertèbres au 
nombre de 42 à 44(9-12 -f- 4 + 28-29). 

Ce genre renferme 7 espèces, dont 3 se rencontrent dans le bassin 
du Congo et peuvent être distinguées à l'aide des caractères suivants : 

Largeur de la bouche 2/7 à 1/3 de la longueur de la tête; 

D. 28-31 ; A. 35-38 ; L. lat. 4O-46 . ........ 1 . P. Sauvagii, BIgr. 

Largeur de la bouche 1/3 de la longueur de la tête; 

D. 21-24; A. 28-30 ; L. lat. 35-37 ........ 1 P. Ballayi, Sauv. 

Largeur de la bouche 1/5 à 1/4 de la longueur de la tête ; 

D. 24-28; A. 30-34; L. lat. 38-42 3. P. simus, Sauv. 

Ces trois espèces ne sont toutefois pas propres au Congo, se ren- 
contrant aussi dans d'autres fleuves de l'Afrique occidentale. Une 
espèce habite le Nil, une autre le Nil et le Sénégal, tandis que le genre 
est représenté sur le versant oriental par une espèce dans le Juba et 
une autre dans la Rovuma et le lac Nyassa. 

1. PETROCEPHALUS SAUVAGII. 

Mormyrus (Petrocephalus) Sauvagii, Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (5) XIX, 
1887, p. 149. 

Mormyrus cyprinoides (non Geoffr.), Perugia, Ann. Mus. Genova, XXX, 1891, 
p. 976. 

Petrocephalus Sauvagii, Bouleng. Proc. Zool. Soc. 1898, p. 788. 

Le corps est très fortement comprimé; sa hauteur est comprise 2 3/4 
à 3 1/2 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 
4 fois. La tête est aussi longue que haute, à profil supérieur faible- 



PETROCEPHALUS 



7 1 



ment déclive, droit ou légèrement concave; le museau, très court, 
mesurant 1/6 à i/5 de la longueur de la tête, est tronqué verticalement 
ou obliquement, dépassant un peu la bouche : celle-ci, relativement 
large, mesurant les 2/7 ou le i/3 de la longueur de la tête, est armée 
de dents petites et bicuspides, au nombre de 20 à 26 à la mâchoire 
supérieure, de 28 ou 3o à l'inférieure; l'œil est assez grand, son dia- 
mètre 4 1/2 à 5 1/2 fois dans la longueur de la tête, égal à la largeur 
interoculaire ou un peu moindre. La nageoire dorsale est composée 
de 28 à 3i rayons, elle est élevée en pointe en avant, à bord libre 
échancré ; elle commence au-dessus du 4 e à 7 e rayon de l'anale et sa 
longueur est un peu plus de la moitié de la distance qui la sépare de 
la tête. L'anale, falciforme comme la dorsale, a 35 à 38 rayons ; elle est 
également distante de la base de la ventrale et de celle de la caudale, 
ou un peu plus rapprochée de celle-ci. La pectorale est pointue, me- 
sure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête et le double de celle de 
la ventrale, dont elle atteint le milieu ou presque l'extrémité. La cau- 
dale n'est écailleuse qu'à la base; ses lobes sont pointus. Le pédicule 
caudal est 3 fois aussi long que haut et mesure les 3/5 ou les 2/3 de la 
la tête. 40 à 46 écailles le long de la ligne latérale, -|^ en ligne trans- 
versale sur le corps, ^| entre la dorsale et l'anale, 12 autour du 
pédicule caudal. 

La coloration est argentée, plus foncée en dessus, à reflets irides- 
cents ; une tache noire arrondie est parfois présente de chaque côté du 
dos, entre les premiers rayons de la nageoire dorsale et la ligne latérale. 
La pupille est orange. 

Longueur totale : 19 centimètres. 

Décrite en 1887 d'après un exemplaire du Bas-Congo, recueilli par 
M. F. Hens et acquis par le British Muséum, cette espèce a été 
retrouvée au Vieux-Calabar par Miss Kingsley, et à Loango, Bas- 
Congo, par M. Demeuse. La collection Wilverth et Wagenaar en 
renferme des exemplaires de Matadi ; Delhez en a rapporté plusieurs 
de Borna, de Coquilhatville et de Kutu, lac Léopold II, et M. le 
lieutenant De Bauw de l'Uerré. 

D'après M. Hens, ce poisson se nomme Tembé dans le Bas-Congo, 
dont il fréquente les criques et les petits affluents. Il est considéré 
comme bon à manger. A Coquilhatville et au lac Léopold II, selon 
Delhez, il porte le nom de Lufumbé ou de Lofumbé; on l'y trouve en 
grand nombre et sa chair est estimée. 

La vessie natatoire se termine en pointe, cette pointe pénétrant 
entre les dernières côtes ; elle communique avec l'estomac par un con- 
duit court, immédiatement en arrière du pharynx. Beaucoup de 
graisse autour des viscères. 



72 mormyrim; 



2. PETROCEPHALUS BALLAYI. 

Mormyrus catostoma (non Gûnth. 1866), Gûnth. Ann. & Mag N. H. (3) XX, 
1867, p. 166. 

Petrocephalus Balayi, Sauvage, Bull. Soc. Philom. (7) VII, 1883, p. 159; 
Bouleng. Proc. Zool. Soc. 1898, p. 789. 

Mormyrus amblystoma, Gûnth. Ann. & Mag. N. H. (6) XVII, 1896, p. 281, 
pi. XIV, fig. A. 

Le corps est très fortement comprimé; sa hauteur est comprise 
2 3/5 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 3 2/3 fois. La 
tête est aussi longue que haute, à profil supérieur convexe; le museau, 
très court, mesurant 1/6 de la longueur de la tête, est tronqué obli- 
quement et dépasse la bouche; celle-ci, relativement large, mesurant 
le tiers de la longueur de la tête, est armée de dents petites et bicus- 
pides, au nombre de 20 à 24 à la mâchoire supérieure, de 3o à 36 à 
l'inférieure; l'œil est assez grand, son diamètre est supérieur à la lon- 
gueur du museau et égale les 2/3 de la largeur interoculaire La 
nageoire dorsale, à 2 1 à 24 rayons, élevée en pointe en avant, à bord 
échancré, commence au-dessus du 4 me ou du 5 me rayon de l'anale, et 
mesure à peu près la moitié de la distance qui la sépare de la tête. 
L'anale, falciforme comme la dorsale, a 28 à 3o rayons ; elle est un 
peu plus rapprochée de la base de la caudale que de celle de la ven- 
trale. La pectorale, pointue, mesure les 2/3 de la longueur de la tête 
et 1 3/4 celle de la ventrale, dont elle dépasse la base. La caudale n'est 
écailleuse qu'à la base; ses lobes sont pointus. Le pédicule caudal est 
2 1/2 à 3 fois aussi long que haut et mesure les 2/3 ou les 3/4 de la 
longueur de la tête. 35 à 37 écailles le long de la ligne latérale, ^-^ en 
série transversale sur le corps, -^- entre la dorsale et l'anale, 10 ou 12 
autour du pédicule caudal. 

La coloration, en alcool, est brun en dessus, argenté en dessous; 
une tache noirâtre à la base de la caudale et une autre, arrondie, sous 
les rayons antérieurs de la dorsale, entre celle-ci et la ligne latérale. 

Longueur totale : 145 millimètres. 

Le type de cette espèce fait partie des récoltes du D r Ballay, le com- 
pagnon de de Brazza, au Congo français; la localité n'a pas été 
indiquée. Le P. Ballayi a été retrouvé dans l'Ogowé par Miss Kingsley 
(M. amblystoma, Gthr.) et dans le Bas-Congo, à Matadi (Coll. Wil- 
verth et Wagenaar) ; il habite aussi la Côte d'Or, à en juger par un 
spécimen mal conservé que possède le Musée de Liverpool, indiqué 
comme « Mormyrus catostoma, Gthr., Bossumprah River (H. T. 
Ussher) ». 



PETROCEPHALUS 73 



3. PETROCEPHALUS SIMUS. 

Sauvage, Bull. Soc. Philom.(7) III, 1878, p. 100; Bouleng. Proc. Zool. Soc. 1898, 
p. 789. 

Mormyrus (Petrocephalus) simus, Sauvage, N. Arch. Mus. (2) III, 1880, p. 51, 
pi. II, fig. 3. 

Mormyrus tenuicauda, Steind. Notes Leyd. Mus. XVI, 1894, p. 69, pi. VI, fig. 1 . 

Mormyrus simus, Gûnth. Ann & Mag. N. H. (6) XVII, 1896, p. 282. 

Le corps est très fortement comprimé ; sa hauteur est comprise 
2 3/4 à 3 i/3 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 
4 1/4 fois. La tête est aussi longue que haute, à profil supérieur con- 
vexe; le museau, très court, mesurant i/5 de la longueur de la tête, est 
arrondi et dépasse fortement la bouche ; celle-ci, située sous l'œil, est 
étroite, mesurant le quart ou i/5 de la longueur de la tête; les dents 
sont petites et bicuspides, au nombre de 10 à 18 à la mâchoire supé- 
rieure, de 16 à 24 à l'inférieure ; l'œil est assez grand, son diamètre est 
supérieur à la longueur du museau et égale les 2/3 ou les 3/4 de la 
largeur interoculaire. La nageoire dorsale, à 24 à 28 rayons, élevée en 
pointe en avant, à bord échancré, commence au-dessus des 5 me à 
7 me rayons de l'anale, et mesure plus de la moitié de la distance qui 
la sépare de la tête. L'anale, falciforme comme la dorsale, a 3o à 34 
rayons ; elle est située à distance à peu près égale de la base de la cau- 
dale et de celle de la ventrale. La pectorale, pointue, mesure les 2/3 ou 
les 3/4 de la longueur de la tête et près du double de la ventrale, dont 
elle dépasse la base. La caudale n'est écailleuse qu'à la base; ses lobes 
sont pointus. Le pédicule caudal est 3 fois aussi long que haut et 
mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête. 38 à 42 écailles le long 
de la ligne latérale, -^ en série transversale sur le corps, ^^ entre 

O » 11-12 r ' 10-12 

la dorsale et l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 

Corps argenté, à reflets iridescents ; une tache noire arrondie parfois 
présente sous l'origine de la dorsale, entre celle-ci et la ligne latérale ; 
nageoires grisâtres, la dorsale noirâtre en avant. 

Longueur totale : 12 centimètres. 

Le type de l'espèce provient du Haut-Ogowé. Le M. tenuicauda, 
Steind., de Libéria, semble n'en pas différer. Delhez en a recueilli des 
individus au Congo, à Bikoro, lac Tumba. aux endroits où les indi- 
gènes jettent les détritus, et à Ibali, lac Léopold IL Enfin M. le lieu- 
tenant De Bauw l'a trouvé dans l'Uerré. Ce Mormyre se nourrit de 
préférence de matières en décomposition. Comme le P Sauvagii, il 
est désigné des indigènes de Bikoro et d'Ibali sous le nom de 
Lofumbé. 



74 MORMYRIDiE 



3. MARGUSENIUS. 

Gill, Proc. Ac. Philad. 1862, p. 12g; Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. 
I, p. 2 (1898), et Proc. Zool. Soc. 1898, p. 792. 
Heteromormyrus, Steindachn. Verh. Zool. -bot. Ges. Wien, XVI, 1866, p. 765. 

Dents petites, tronquées ou bicuspides, peu nombreuses 
(5 à 9 à la mâchoire supérieure, 4 à 10 à l'inférieure) ; des 
dents minuscules et coniques sur le parasphénoïde et sur 
la langue; bouche infère ou subinfère, située au dessous du 
niveau des yeux. Narines largement séparées. Corps court 
ou modérément allongé ; nageoires ventrales à égale dis- 
tance des pectorales et de l'anale, ou plus rapprochées de 
celles-là. Nageoires dorsale et anale à peu près également 
développées ou l'une ou l'autre la plus longue. Colonne 
vertébrale divisée en 3 régions, vertèbres au nombre de 
37 à 46 (9-12 -f 4-5 -f 23-3o). 

i5 espèces connues, dont 9 au Congo, 2 habitant aussi les rivières 
de la Guinée et 1 le bassin du Zambèze ; 1 espèce d'Angola, 2 de 
l'Ogowé, 1 du Calabar, 1 du Sénégal et 2 du Nil. 

Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

I. Anale commençant en avant de la dorsale; dos arrondi. 

A. 5-7 dents à la mâchoire supérieure, 6-8 à l'inférieure. 
D. 15-18; A. 25-30; L. lat. 58-64; pédicule caudal 

2 1/2 à 3 fois aussi long que haut, aussi long que 

la tête ou un peu plus court 1. M. brachyhistius, Gill. 

D. 16-18; A. 21-23; L. lat. 57-60; pédicule caudal 

2 à 2 1/2 fois aussi long que haut, plus court que 

la tête : 1. M. Cabrœ, Blgr. 

D. 20-22; A. 26-29; L. lat. 46-56; pédicule caudal 

3 fois aussi long que haut, aussi long que la tête 

ou un peu plus court 3 M. adspersus, Gthr. 

B. 9 dents à la mâchoire supérieure, 10 à l'inférieure. 
D. 20-22; pédicule caudal 3 à 3 1/2 fois aussi long 

que haut, mesurant les 3/4 ou les 4/5 de la longueur 

de la tête 4. M. mgripinnis, Blgr. 

D. 23-25 ; pédicule caudal 3 à 3 1/2 fois aussi long 
que haut, mesurant les 2/3 de la longueur de la tête 5. M . pulverulentus , Blgr. 

II. Dorsale commençant en avant de l'anale; dos à arête tranchante. 
D. 30-35; pédicule caudal 31/234 fois aussi long 

que haut, entouré de 16 écailles 6. M. plagiostoma, Blgr. 



MARCUSENIUS -]b 

D. 38-40; pédicule caudal 3 fois aussi long que haut, 

entouré de 12 écailles; largeur de la bouche 1/4 à 

1/3 de la longueur de la tête 7. M. Wilverthi, Blgr. 

D. 33-37 ; pédicule caudal 3 fois aussi long que haut, 

entouré de 12 écailles; largeur de la bouche 1/6 à 

1/5 de la longueur de la tête 8. M. psittacus, Blgr. 

D. 30-36; pédicule caudal 2 à 2 1/2 fois aussi long 

que haut, entouré de 14 écailles; largeur de la 

bouche 1/5 à 1/4 de la longueur de la tête ... 9. M. discorhynchus, Ptrs. 

1. MARCUSENIUS BRACHYHISTIUS. 

Gill, Proc. Ac. Philad. 1862, p 139; Bouleng. Proc. Zool. Soc. 1898, p. 793. 
Mormyrus brachyhistius, Gùnth. Cat. Fish. VI, p. 219 (1866). 
Mormyrus microcephalus, Gûnth. Ann. & Mag. N. H. (3) XX, 1867, p. 115. 
Mormyrus Uberiensis, Steind. Notes Leyd. Mus. XVI, 1894, p. 67. 

Le corps est fortement comprimé, le dos arrondi. La hauteur du 
corps est comprise 4 i/3 à 5 1/2 fois dans la longueur totale, la lon- 
gueur de la tête 4 1/2 à 6 i/3 fois. La tête est d'un cinquième à un quart 
plus longue que haute, à profil supérieur convexe; le museau est 
arrondi, mesurant 1/4 à 2/7 de la longueur de la tête, dépassant un peu 
la bouche ; celle-ci est petite, sa largeur i/5 de la longueur de la tête; 
dents petites, faiblement échancrées, 5 à la mâchoire supérieure, 6 à 
l'inférieure ; narines également distantes du bout du museau et de l'œil, 
l'antérieure au niveau du centre de celui-ci, la postérieure au niveau 
de son bord inférieur; œil petit, mesurant la moitié de la longueur 
du museau ou de la largeur interoculaire. La nageoire dorsale, com- 
posée de 1 5 à 18 rayons, mesure à peine le tiers de sa distance de la 
tête; elle commence au-dessus des io me à i4 me rayons de l'anale. 
L'anale, à 25 à 3o rayons, près de 2 fois à 2 1/2 fois la lon- 
gueur de la dorsale, est plus rapprochée de la base de la caudale 
que de celle de la ventrale. La pectorale, obtusément pointue, 
mesure au moins les 3/4 de la longueur de la tête et 1 1 \i à 1 2/3 fois 
celle de la ventrale, dont elle atteint la base. La nageoire caudale, cou- 
verte d'écaillés sur sa moitié basilaire, a les lobes obtusément pointus. 
Le pédicule caudal est 2 1 \i à 3 fois aussi long que haut et aussi long 
ou un peu plus court que la tête. 58 à 64 écailles le long de la ligne 

latérale, -^ en série transversale sur le corps, -|^- entre la dorsale et 

10-14 r 6-7 

l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 

La coloration, en alcool, est un brun uniforme. 

Longueur totale : 175 millimètres. 

Cette petite espèce habite l'Afrique occidentale, de Sierra-Leone au 
Congo. Elle a été trouvée à Matadi (Coll. Wilverth et Wagenaar) et 
aux Stanley-Falls (Demeuse). 



76 MORMYRID/E 

2. MARCUSENIUS CABR.E 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 130, pi. XLVIII, fig. 1 (igoo). 

Le corps est fortement comprimé, le dos arrondi. La hauteur du 
corps égale la longueur de la tête et est comprise 4 2/3 ou 5 fois dans la 
longueur totale. La tête est d'un quart ou d'un cinquième plus longue 
que haute, à profil supérieur convexe ; le museau est arrondi, mesurant 
le quart de la longueur de la tête, dépassant un peu la bouche; celle-ci 
est petite, sa largeur égale la longueur du museau ; dents petites, fai- 
blement échancrées, 5 à la mâchoire supérieure, 6 à l'inférieure; 
narines également distantes du bout du museau et de l'œil, l'antérieure 
au niveau du centre de celui-ci, la postérieure au niveau de son bord 
inférieur; œil petit, peu distinct, mesurant à peine la moitié de la lon- 
gueur du museau et le tiers de la largeur interoculaire. La nageoire 
dorsale, composé de 16 à 18 rayons, mesure un peu plus du tiers de sa 
distance de la tête ; elle commence au-dessus des 6 me à 8 me rayons de 
l'anale. L'anale, à 21 à 23 rayons, tout au plus d'un tiers plus longue 
que la dorsale, est plus rapprochée de la base de la caudale que de 
celle de la ventrale. La pectorale, obtusément pointue, mesure à peu 
près les 3/4 de la longueur de la tête et 1 1 \i à 1 2/3 fois celle de la 
ventrale, dont elle n'atteint pas la base. La caudale, écailleuse à la 
base, a les lobes arrondis ou obtusément pointus. Le pédicule caudal 
est 2 à 2 1 \i fois aussi long que haut et mesure tout au plus les 3/4 de 
la longueur de la tête. 57 à 60 écailles le long de la ligne latérale, ^ 
en série transversale sur le corps, -^g- entre la dorsale et l'anale, 
1 2 autour du pédicule caudal. 

Brun foncé (en alcool). 

Longueur totale : 12S millimètres. 

Cette espèce est décrite d'après trois spécimens des marais de Kop- 
Malafu, Mayombé, recueillis par M. le commandant Cabra. 

3. MARCUSENIUS ADSPERSUS. 

Mormyrus adspersus, Gùnth. Cat. Fish. VI, p. 221 (1866). 

Marcusenius adspersus, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 7 (1898), et Proc. 
Zool. Soc. 1898, p. 795. 

Le corps est fortement comprimé, sans former de carène sur le dos, 
sa hauteur comprise 2 2/3 à 3 1/4 fois dans la longueur totale, la lon- 
gueur de la tête 484 1/2 fois. La tête est aussi haute que longue, à 
profil fortement courbé; le museau mesure i/5 ou 1/4 de la longueur 
de la tête, et dépasse fortement la bouche ; celle-ci est petite, sa lar- 
geur comprise 4 1/2 ou 5 fois dans la longueur de la tête; les dents, 



' MARCUSENIUS 77 

plus ou moins profondément échancrées, sont au nombre de 5 à 7 à la 
mâchoire supérieure, de 8 à l'inférieure; la narine antérieure est au 
niveau du centre de l'œil, et à égale distance de celui-ci et du bout du 
museau, la postérieure un peu plus bas et très rapprochée de l'œil; 
l'œil est assez grand, son diamètre égal ou un peu supérieur à la lon- 
gueur du museau et compris 4 à 5 fois dans la longueur de la tête, 
1 1/4 à 1 i/3 fois dans la largeur interoculaire. La dorsale, à 20 à 22 
rayons, est assez élevée et pointue en avant, à bord libre concave ; elle 
commence au-dessus du ç) me ou du io me rayon de l'anale; sa longueur 
égale la moitié ou un peu plus de la moitié de la distance qui la sépare 
de la tête. L'anale, moins pointue que la dorsale, est composée de 26 à 
29 rayons; elle est également distante de la base de la ventrale et de 
celle de la caudale. La pectorale est pointue, aussi longue ou même un 
peu plus longue que la tête, et mesure le double ou plus du double de la 
ventrale, dont elle atteint l'extrémité. La nageoire caudale, écailleuse 
à la base seulement, a les lobes longs et pointus. Le pédicule caudal 
est 3 fois aussi long que haut, aussi long que la tête ou un peu plus 
court. 46 à 56 écailles le long de la ligne latérale, gg en série trans- 
versale sur le corps, g^ entre la dorsale et l'anale, 12 ou 14 autour du 
pédicule caudal. 

Olivâtre en dessus, blanc glacé de violet en dessous ; nageoires gri- 
sâtres ; tout le corps plus ou moins abondamment pointillé de noirâtre, 
les points plus grands sur la tête ; pupille orange, iris violet. 

Longueur totale : 8 centimètres. 

Établi sur deux individus indiqués comme de l'Afrique occidentale, 
ce petit Mormyre a été retrouvé à Lagos par Sir Alfred Moloney et au 
Congo par Delhez. De nombreux exemplaires ont été recueillis à 
Borna, où ils portent le nom de Sété. 

4. MARCUSENIUS NIGRIPINNIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 67, pi. XXXIII, fig. 1 (1899). 

Le corps est fortement comprimé, sans former de carène sur le dos, 
sa hauteur comprise 3 à 3 1/2 fois dans la longueur totale, la lon- 
gueur de la tête 4 à 4 1/4 fois. La tète est aussi haute que longue, à 
profil convexe; le museau, plutôt tronqué qu'arrondi, mesure i/5 ou 
1/4 de la longueur de la tête, et dépasse à peine la bouche; celle-ci est 
petite, sa largeur comprise 4 fois dans la longueur de la tête ; les dents, 
tronquées ou faiblement échancrées, sont au nombre de 9 à la mâ- 
choire supérieure, de 10 à l'inférieure; la narine antérieure est au 
niveau du centre de l'œil et à égale distance de celui-ci et du bout du 
museau, la postérieure un peu plus bas et tout près de l'œil ; celui-ci 



78 MORMYRIDiE 

est assez grand, son diamètre égal ou un peu supérieur à la longueur 
du museau et compris 1 i/3 fois dans la largeur interoculaire. La 
dorsale, à 20 à 22 rayons, est assez élevée et pointue en avant, à bord 
libre concave ; elle commence au-dessus du G me ou du 7™° rayon de 
l'anale; sa longueur égale la moitié de la distance qui la sépare de la 
tête. L'anale, moins pointue que la dorsale, compte 26 ou 27 rayons ; 
elle est un peu plus rapprochée de la base de la caudale que de celle 
de la ventrale. La pectorale est pointue, aussi longue que la tête, 2 1/2 
à 2 2/3 fois la longueur de la ventrale, dont elle dépasse l'extrémité 
La caudale, écailleuse à la base, a les lobes longs et pointus. Le 
pédicule caudal est 3 a 3 1/2 fois aussi long que haut et mesure les 
3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tête. 46 à 53 écailles le long de la 
ligne latérale, ~g en série transversale sur le corps, -—■ entre la 
dorsale et l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 

Violet foncé, à reflets iridescents ; le corps et la tête semés de petits 
points noirs ; nageoires noirâtres ; pupille orange 

Longueur totale : 1 1 centimètres. 

Plusieurs exemplaires ont été recueillis par Delhez à Kutu (lac Léo- 
pold II), près des herbes de la rive. Nom indigène : Loboij. 

Depuis qu'a paru la description de cette espèce le musée du Congo 
en a reçu un exemplaire de l'Uerré, par M. le lieutenant De Bauw. 

Cette espèce est très voisine de M. adspersus, Gthr. Elle en diffère 
surtout par les dents plus grandes, moins échancrées et plus nom- 
breuses et par la bouche moins étroite. 

5. MARCUSENIUS PULVERULENTUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 68, pi. XXXIII, fig. 2 (1899). 

Le corps est fortement comprimé, sans former de carène sur le dos, 
sa hauteur comprise 3 à 3 1/4 fois dans la longueur totale, la longueur 
de la tête étant comprise 3 3/4 à 4 fois. La tête est un peu plus 
haute que longue, à profil fortement courbé; le museau mesure le 
quart ou le cinquième de la longueur de la tête et dépasse à peine la 
bouche; celle-ci est petite, sa largeur comprise 4 à 4 1/2 fois dans la 
longueur de la tête ; les dents, tronquées ou très légèrement échan- 
crées, sont au nombre de 9 à la mâchoire supérieure, de 10 à l'infé- 
rieure; la narine antérieure est au niveau du centre de l'œil et à égale 
distance de celui-ci et du bout du museau, la postérieure est un peu 
plus bas et tout près de l'œil; celui-ci est grand, son diamètre com- 
pris 4 à 4 1/2 fois dans la longueur de la tête, 1 i/3 à 1 1/2 fois dans la 
largeur interoculaire. La nageoire dorsale, composée de 23 à 
25 rayons, est assez élevée et pointue en avant, à bord libre légèrement 



MARCUSENIUS 79 

concave; elle commence au-dessus des 5 me à y me rayons de l'anale; sa 
longueur égale un peu plus de la moitié de la distance qui la sépare 
de la tête. La nageoire anale, à 28 ou 29 rayons, a la même forme 
que la dorsale et est également distante de la base de la ventrale et de 
celle de la caudale, ou un peu plus rapprochée de celle-ci. La pecto- 
rale est pointue, aussi longue que la tête ou un peu plus courte, 
2 fois aussi longue que la ventrale, dont elle atteint l'extrémité. La 
nageoire caudale, écailleuse à la base seulement, a les lobes longs et 
pointus. Le pédicule caudal est 3 à 3 1/2 fois aussi long que haut, et 
mesure les 2/3 de la longueur de la tête. 5o écailles le long de la ligne 
latérale, -~ en série transversale sur le corps, -^- entre la dorsale 
et l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 

Brun olivâtre, finement pointillé de noirâtre sur le corps, plus 
grossièrement sur la tête ; nageoires noirâtres ; pupille orange. 

Longueur totale : 10 centimètres. 

Quatre spécimens proviennent des récoltes de Delhez à Coquilhat- 
ville. Nom indigène : Lufumbé. 

Comme la précédente, cette espèce est très voisine de M. adspersus. 
Elle en diffère par le nombre de rayons à la dorsale, le pédicule caudal 
plus court, et les dents plus nombreuses et peu ou point échancrées. 

6. MARCUSENIUS PLA.GIOSTOMA. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. 1, p. 7, pi. III, fig. 1 (1898). 

Le corps est fortement comprimé, le dos formant une carène tran- 
chante ; sa hauteur est comprise 2 2/3 à 3 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 1/2 à 5 fois. La tête est au moins aussi haute 
que longue, à profil supérieur convexe ou légèrement concave; 
le museau mesure 1/4 ou i/5 de la longueur de la tête; la bouche est 
située au-dessous du bord antérieur de l'œil, sa largeur est comprise 
4 à 5 fois dans la longueur de la tête ; les dents sont très petites et fai- 
blement échancrées, au nombre de 7 ou 9 à la mâchoire supérieure, de 
8 ou 10 à l'inférieure; les narines sont percées au niveau du bord 
inférieur de l'œil, la postérieure très rapprochée de celui-ci; la lon- 
gueur de l'œil, qui est médiocrement grand, égale ou excède un peu 
celle du museau et les 2/3 ou les 3/4 de la largeur interoculaire. La 
nageoire dorsale contient 3 1 à 35 rayons; sa longueur égale sa distance 
de la tête. L'anale, à 27 à 3o rayons, naît sous le io me ou le 1 i me rayon 
de la dorsale, à égale distance de la racine de la ventrale et de celle de 
la caudale, La nageoire pectorale est pointue, aussi longue que la 
tête, 1 2/3 fois aussi longue que la ventrale, et s'étend au delà de la 
base de celle-ci. Le pédicule caudal est 3 1/2 ou 4 fois aussi long que 



8o MORMYRIDiE 

haut et mesure les 3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tête. Il y a 55 à 70 
écailles le long de la ligne latérale, ^jffen série transversale sur le corps, 
^? entre la nageoire dorsale et l'anale, 16 autour du pédicule caudal. 

Argenté, à reflets iridescents, très changeants, le rose et le lilas 
dominant ; nageoires grisâtres ; pupille orange. 

Longueur totale : 20 centimètres. 

Les types de cette espèce proviennent de Matadi (coll. Wilverth et 
Wagenaar). Delhez en a recueilli bon nombre d'individus à Borna, au 
Stanley- Pool, à Kutu et à Irebu. Noms indigènes : Isanga à Borna, 
Lufumbé ou Lofumbé à Léopoldville, à Kutu et à Irebu. Le poisson 
se tient dans les herbes ou parmi les rochers près du rivage; il 
recherche les déchets de nourriture que l'on jette à l'eau. 

J'ai examiné les viscères d'un individu mâle de cette espèce. Il n'y a 
qu'un testicule, le gauche, mesurant seulement le tiers de la longueur 
de la cavité abdominale. Les appendices pyloriques de l'estomac sont 
très courts. La vessie natatoire se termine en pointe, logée entre les 
dernières côtes. 

7. MARCUSENIUS WILVERTHI (PI. IV. fig. 1). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 8. pi. IV, fig. 1 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 2 1/2 à 3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 43/4 à 5 fois ; le dos est gibbeux et 
caréné, à profil convexe en avant de la nageoire dorsale et parfois 
concave à la nuque. La tête est aussi longue que haute, à profil 
supérieur convexe, à profil inférieur concave ; le museau est court, 
mesurant 1/4 à i/3 de la longueur de la tête; la bouche est terminale 
ou subinfère, bien au-dessous du niveau de l'œil; sa largeur est 
comprise 3 ou 4 fois dans la longueur de la tête ; le menton porte un 
fort renflement globuleux ; les dents sont extrêmement petites, presque 
cachées dans la muqueuse, tronquées ou faiblement échancrées, au 
nombre de 3 à la mâchoire supérieure et de 6 à l'inférieure ; les narines 
sont situées dans la seconde moitié du museau, la postérieure un peu 
plus bas que l'antérieure, au niveau du centre de l'œil; celui-ci est de 
grandeur moyenne, mesurant les 2/3 ou les 3/4 de la longueur du 
museau ou de la largeur interorbitaire. La longueur de la nageoire 
dorsale, formée de 38 à 40 rayons, égale 1 2/3 à 1 3/4 fois celle de 
l'anale, ou la distance qui la sépare de la tête. La nageoire anale, à 
25 à 27 rayons, commence sous le i2 me ou le i4 me rayon de la dorsale, 
un peu plus près de la racine de la ventrale que de celle de la caudale. 
La nageoire pectorale est pointue, un peu plus courte que la tête, 1 1/2 
à 1 2/3 fois la longueur de la ventrale, s'étendant au delà de la base de 



> 





•5S 






MARCUSENIUS 81 

celle-ci. La nageoire caudale est écailleuse sur les 2/3 de son étendue 
et ses lobes sont pointus. Le pédicule caudal est 3 fois aussi long que 
haut, sa longueur égale les 4/5 de celle de la tête. 61 à 68 écailles 
sur la ligne latérale, ^^ en série transversale sur le corps, ^ entre 

O ' 20-21 10-J.ij. 

la nageoire dorsale et l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 

Ce poisson, qui paraît avoir été d'une couleur jaunâtre uniforme, 
atteint une longueur totale de 26 centimètres. 

Plusieurs exemplaires, recueillis à Matadi et à Upoto, ont été rap- 
portés par M. le capitaine Wilverth, auquel l'espèce est dédiée. 

8. MARCUSENIUS PSITTACUS. 

Mormyrus psittacus, Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (6) XX. 1897, p. 427. 
Marcusenius psittacus, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 7 (1898), et 
Proc. Zool. Soc. 1898, p. 798. 

Le corps est fortement comprimé, le dos formant une carène tran- 
chante; sa hauteur est comprise 3 à 3 1/2 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 1/2 à 5 1/2 fois. La tête est aussi haute que 
longue, à profil fortement courbé de l'occiput à la bouche, un peu 
concave en arrière du menton, qui est un peu renflé; le museau mesure 
i/5 ou 1/4 de la longueur de la tête; la bouche, terminale ou sub- 
infère, bien au-dessous du niveau du bord inférieur de l'œil, est petite, 
sa largeur comprise 5 ou 6 fois dans la longueur de la tête ; les 
dents, faiblement échancrées, sont au nombre de 5 ou 7 à la mâchoire 
supérieure, de 6 ou 8 à l'inférieure ; la narine antérieure est au niveau 
du centre de l'œil, la postérieure un peu plus bas et beaucoup plus 
rapprochée de l'œil que du bout du museau ; l'œil est assez grand, 
son diamètre égal ou un peu supérieur à la longueur du museau et 
compris 4341/2 fois dans la longueur de la tète, 1 1/4 à 1 i/3 fois dans 
la largeur interoculaire. La dorsale, dont les rayons varient de 33 
à 37, est assez élevée et pointue en avant ; sa longeur égale sa distance 
de la tête. L'anale, composée de 23 à 27 rayons, commençant sous les 
io me à i3 me rayons de la dorsale, a les rayons antérieurs très allongés, 
son bord libre formant une courbe sigmoïde ; elle est également dis- 
tante de la base de la ventrale et de celle de la caudale. La pectorale 
est pointue, aussi longue que la tête ou un peu plus courte, 1 1/2 à 
1 3/4 fois la longueur de la ventrale, dont elle atteint ou dépasse la 
base. La nageoire caudale, écailleuse sur la moitié de son étendue, a 
les lobes longs et pointus. Le pédicule caudal est 3 fois aussi long que 
haut, aussi long que la tête ou un peu plus court. 58 à 69 écailles le 
long de la ligne latérale, ^^ e n série transversale sur le corps, —^ 
entre la dorsale et l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 



82 mormyrim: 

Coloration argentée, plus sombre sur le dos, parfois jaune olivâtre ; 
jeunes piquetés de brun et portant une bande brune oblique dirigée 
en arrière entre la dorsale à la ligne latérale. 

Longueur totale : 21 centimètres. 

Découvert aux Stanley- Falls, par M. Bentley, ce Mormyre a été 
retrouvé à Loango par M. Demeuse, à Banana, à Borna, à Kutu 
(lac Léopold II) et à Coquilhatville par Delhez et dans l'Uerré par 
M. le Lieut. De Bauw. Il porte le nom de Bêté à Banana. 



9. MARCUSENIUS DISCORHYNCHUS. 

Mormyrus discorhynchus, Peters, Mon. Berl. Ac. 1852, p. 275, et Reise 
n. Mossamb. IV, p. 75, pi. XIV (1868). 

Marcusenius discorhynchus, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 7 (1898), et 
Proc. Zool. Soc. 1898, p. 797. 

Le corps est fortement comprimé, le dos formant une carène tran- 
chante; sa hauteur est comprise 3 à 3 i/3 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 1/2 à 4 2/3 fois. La tête est aussi haute que 
longue, à profil fortement courbé de l'occiput à la bouche; le museau 
mesure les 2/7 de la longueur de la tête ; la bouche, subinfère, bien au- 
dessous du niveau du bord inférieur de l'œil, est petite, sa largeur 
comprise 4 à 5 fois dans la longueur de la tête ; les dents, échancrées, 
sont au nombre de 5 à la mâchoire supérieure, de 6 à l'inférieure ; les 
narines sont au niveau du bord inférieur de l'œil et plus voisines de 
celui -ci que du bout du museau ; l'œil est un peu plus court que le 
museau et mesure les 2/3 de la largeur interoculaire. La dorsale, à 3oà 
36 rayons, est de près d'un tiers plus courte que la distance qui la 
sépare de la tête. L'anale, à 23 à 27 rayons, commence sous les io me à 
I2 me rayons de la dorsale et est également distante de la base de la 
ventrale et de celle de la caudale. La pectorale est pointue, presque 
aussi longue que la tête, 1 1/2 fois la longueur de la ventrale, dont elle 
atteint ou dépasse un peu la base. La nageoire caudale a les lobes 
obtusément pointus. Le pédicule caudal est 2 à 2 1/2 fois aussi long 
que haut et un peu plus court que la tête. 65 à 70 écailles le long de 
la ligne latérale, ^- en série transversale sur le corps, ^- 5 entre la 
dorsale et l'anale, 14 autour du pédicule caudal. 

La coloration est d'un olive foncé ; les ventrales sont rouges. 

Longueur totale : 26 centimètres. 

Cette espèce était connue du Bas-Zambèze et du lac Nyassa. La 
mission Lemaire en a rapporté un exemplaire, mesurant i3 centi- 
mètres, de Lofo'i (Katanga). 



STOMATORHINUS 83 

4. STOMATORHINUS. 

Bouleng. Anh. Mus. Congo, Zool. I,p. 9 (1898), et Proc. Zool. Soc. 1898, p. 799. 

Dents petites, bicuspides, peu nombreuses (7 a 10 à la 
mâchoire supérieure, 8 à 10 à l'inférieure); des dents 
minuscules et coniques sur le parasphénoïde et sur la 
langue; bouche infère ou subinfère, située sous le niveau 
des yeux, mais en avant de ceux-ci. Narines largement 
séparées, surperposées, l'inférieure tout près de la bouche. 
Corps court ; nageoires ventrales plus rapprochées des 
pectorales que de l'anale. Nageoires dorsale et anale à peu 
près également développées. Colonne vertébrale divisée 
en 2 régions (14 + 25 vertèbres chez S. microps). 

Une des espèces de ce genre (S. Walkeri, Gthr.) habite l'Ogowé; 
les cinq autres habitent le Congo. 

Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

I. Pédicule caudal 3 1/2 fois aussi long que haut, mesurant les 4/5 ou les 5/6 de la 
longueur de la tête. 

Museau dépassant la bouche; D. 17-18; A. 21-22; 
L. lat. 52-55; 16 écailles autour du pédicule caudal; 
hauteur du corps 333 1/2 fois dans la longueur totale 1. S. puncticulatus. Blgr. 

II. Pédicule caudal 2 1/2 fois aussi long que haut, mesurant les 3/5 ou les 2/3 de la 
longueur de la tête. 

Museau ne dépassant pas la bouche ; D. 18-19; A. 20-22; 
L. Iat. 51-53; 14-16 écailles autour du pédicule 
caudal ; hauteur du corps 41/335 fois dans la lon- 
gueur totale 2. S. humilior Blgr. 

III. Pédicule caudal 2 fois aussi long que haut, mesurant la moitié de la longueur 
de la tête. 

Museau ne dépassant pas la bouche; D. 17; A. 20; 

L. lat. 48; 12 écailles autour du pédicule caudal ; 

hauteur du corps 3 1/2 fois dans la longueur totale. 3. S. Corneti, Blgr. 
Museau dépassant un peu la bouche ; D. 18-19 ; A. 20-23 > 

L. lat. 54-60; 20-22 écailles autour du pédicule 

caudal; hauteur du corps 3 2)3 à 4 1/3 fois dans la 

longueur totale 4. S. polylepis, Blgr. 

Museau dépassant fort la bouche; D. 18-20; A. 20-22; 

L. lat. 48-53; 16-18 écailles autour du pédicule 

caudal; hauteur du corps 4341/2 fois dans la lon- 
gueur totale 5. S. microps, Blgr. 

Toutes ces espèces sont de petite taille, aucune ne dépassant une 
longueur totale de 1 1 centimètres. 



84 MORMYRID^E 

1. STOMATORHINUS PUNCTICULATUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. p. 69, pi. XXXI, fig. 3 (1899). 

Corps fortement comprimé, sa hauteur 3 à 3 1/2 fois dans la lon- 
gueur totale; longueur de la tête 4 fois dans la longueur totale. La 
tête est à peine plus longue que haute ; le museau est arrondi et fait 
les 2/7 de la longueur de la tête; la bouche est petite, située en 
dessous, mais en avant des yeux, sa largeur est comprise 5 fois dans 
la longueur de la tête ; les dents sont petites, à couronne tronquée ou 
faiblement échancrée, au nombre de 7 à la mâchoire supérieure, de 8 à 
l'inférieure; l'œil est petit, son diamètre compris 2 fois dans la lon- 
gueur du museau, 7 fois dans la longueur de la tête. La nageoire dor- 
sale comprend 17 ou 18 rayons, les antérieurs 2 1/2 à 3 fois aussi longs 
que les postérieurs ; sa longueur est un peu plus de la moitié de la 
distance qui la sépare de la tête. La nageoire anale comprend 2 1 ou 
22 rayons, le sixième ou le septième correspondant au premier de la 
dorsale; l'allongement de ses rayons antérieurs lui donne, comme à la 
dorsale, un aspect falciforme; elle est à peine plus rapprochée de la 
base de la ventrale que de la base de la caudale. La nageoire pectorale, 
pointue, est à peine plus courte que la tête et atteint presque l'extré- 
mité de la ventrale, qui n'en mesure que la moitié. Les lobes de la 
caudale sont longs et obtusément pointus. Le pédicule caudal est 
3 1/2 fois aussi long que haut et mesure les 4/5 ou les 5/6 delà longueur 
de la tête. 52 à 55 écailles le long de la ligne latérale, ^- en série 
transversale sur le corps, ^- entre la nageoire dorsale et l'anale, 
1 6 autour du pédicule caudal. 

Violet, tout piqueté de plus foncé; nageoires dorsale et anale plus 
foncées en avant qu'en arrière. 

Longueur totale : 87 millimètres. 

Trois spécimens ont été pris par Déliiez, à Borna, parmi les herbes 
et les rochers du fleuve. Le British Muséum en a acquis un quatrième, 
recueilli à Loango par M. Demeuse. 

2. STOMATORHINUS HUMILIOR. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. 1, p. 70, pi. XXXI, fig. 4 (1899). 

Corps modérément comprimé, deux fois aussi haut que large, sa 
hauteur comprise 4 i/3 à 5 fois dans la longueur totale, la longueur 
de la tête 3 2/3 à 4 fois. La tête est d'un quart plus longue que haute; 
le museau, tronqué verticalement, ne dépasse aucunement la bouche; 
sa longueur fait 1/4 de celle de la tête ; la bouche est petite, sa largeur 



STOMATORHINUS 85 

i/5 delà longueur de la tète; les dents sont petites, bicuspides, au 
nombre de 7 à la mâchoire supérieure, de 8 à l'inférieure ; l'œil est très 
petit mais bien distinct, son diamètre est compris 2 fois dans la lon- 
gueur du museau, 8 fois dans celle de la tête. La nageoire dorsale, à 
contour supérieur arrondi, comprend 18 ou 19 rayons, les antérieurs 
beaucoup plus longs que les postérieurs ; sa longueur excède un peu 
la moitié de la distance qui la sépare de la tête. La nageoire anale a 
20 à 22 rayons, le quatrième ou le cinquième correspondant au pre- 
mier de la dorsale ; les 6 premiers rayons branchus sont plus allongés 
et produisent une projection en courbe dans le contour de la nageoire. 
La nageoire pectorale, obtusément pointue, mesure les 2/3 ou les 3/4 
de la longueur de la tête, 1 2/3 fois la longueur de la ventrale, 
dont elle atteint le milieu. Les lobes de la nageoire caudale sont obtu- 
sément pointus. Le pédicule caudal est 2 1/2 fois aussi long que haut 
et mesure les 3/5 de la longueur de la tête. 5 1 à 53 écailles le long de 
la ligne latérale, jg— en série transversale sur le corps, ^ entre la 
nageoire dorsale et l'anale, 14 ou 16 autour du pédicule caudal. 

Brun violacé très foncé en dessus, un peu plus clair en dessous ; des 
points clairs sur la tête ; nageoires grises ; iris bleu foncé. 

Longueur totale : 8 centimètres. 

Un exemplaire d'Ibali, lac Léopold II (nom indigène : Lobé-ibili), 
et deux de Coquilhatville, font partie de la collection Delhez. 

3. STOMATORHINUS CORNETI. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I,p. 71, pi. XXXI, fig. 5 (1899). 

Corps modérément comprimé, près de 2 fois plus haut que large, sa 
hauteur égale à la longueur de la tête et comprise 3 1/2 fois dans la 
longueur totale. La tête est d'un cinquième plus longue que haute; le 
museau, tronqué verticalement, ne dépasse aucunement la bouche; sa 
longueur fait 1/4 de celle de la tête; la bouche est petite, sa largeur 
1/4 de la longueur de la tête ; les dents sont petites, bicuspides, au 
nombre de 9 à la mâchoire supérieure, de 10 à l'inférieure; l'œil est 
très petit mais bien distinct, son diamètre est compris 3 fois dans la 
longueur du museau, 12 fois dans celle de la tête. La nageoire dorsale, 
à contour supérieur arrondi, comprend 17 rayons, les antérieurs beau- 
coup plus longs que les postérieurs ; sa longueur entre pour 1 1/2 
dans la distance qui les sépare de la tête. La nageoire anale a 
20 rayons, le quatrième correspondant au premier de la dorsale; les 
cinq premiers rayons branchus sont plus allongés et produisent une 
projection dans le contour de la nageoire. La nageoire pectorale, 



86 mormyridjE 

obtusément pointue, mesure les 3/4 de la longueur de la tête, 1 2/3 fois 
la longueur de la ventrale, dont elle atteint le milieu. Les lobes de la 
nageoire caudale sont arrondis. Le pédicule caudal est deux fois aussi 
long que haut et mesure la moitié de la longueur de la tête. 48 écailles 
le long de la ligne latérale, -^- en série transversale sur le corps, 
-§- entre la nageoire dorsale et l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 

Brun en dessus, blanchâtre en dessous; nageoires incolores. 

Longueur totale : 10 centimètres, 

Un seul spécimen, du Stanley- Pool (coll. Delhez). L'espèce est 
dédiée à M. le Professeur J. Cornet, le naturaliste bien connu pour ses 
travaux sur la faune et la géologie du Congo. 

4. STOMATORHINUS POLYLEPIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 71, p!. XXXI, fig. 6 (1899). 

Corps modérément comprimé, près de deux fois plus haut que large, 
sa hauteur comprise 3 2/3 à 4 i/3 fois dans la longueur totale, la lon- 
gueur de la tête 3 1/2 à 4 fois. La tête est d'un cinquième ou d'un 
quart plus longue que haute; le museau est arrondi et dépasse un peu 
la bouche, beaucoup moins que chez S. microps, sa longueur fait 
1/4 ou i/5 de celle de la tête ; la bouche est petite, située bien en avant 
des yeux, sa largeur comprise 4 ou 5 fois dans la longueur de la tête ; 
les dents sont petites, bicuspides, au nombre de 7 à la mâchoire supé- 
rieure, de 8 à l'inférieure ; l'œil est très petit, mais plus distinct que 
chez S. microps, son diamètre est compris 2 à 2 1 \i fois dans la longueur 
du museau,, 8 ou 9 fois dans celle de la tête. La nageoire dorsale, à 
contour supérieur arrondi, comprend 18 ou 19 rayons, les antérieurs 
beaucoup plus longs que les postérieurs ; sa longueur entre pour 1 3/5 
dans la distance qui la sépare de la tête, La nageoire anale comprend 
20 à 23 rayons, le quatrième ou le cinquième correspondant au 
premier de la dorsale ; les 4 ou 5 premiers rayons branchus sont plus 
allongés et produisent une courbe plus ou moins nette dans le con- 
tour de la nageoire. La nageoire pectorale, obtusément pointue, 
mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête, 1 2/3 à 2 fois la 
longueur de la ventrale, au delà de la base de laquelle elle s'étend plus 
plus ou moins. Les lobes de la nageoire caudale sont arrondis. Le 
pédicule caudal est 2 fois aussi long que haut et mesure la moitié de 
la longueur de la tête. 54 à 60 écailles le long de la ligne latérale, 
j-^5 en série transversale sur le corps, j§^-| entre la nageoire dorsale et 
l'anale, 20 ou 22 autour du pédicule caudal. 

Brun violacé très foncé en dessus, plus pâle en dessous ; nageoires 
grises. 



STOMATORHINUS 87 

Plusieurs spécimens, mesurant de 3 à 11 centimètres, ont été 
recueillis par Delhez à Coquilhatville. J'en ai examiné aussi un spé- 
cimen d'Isangila, région des Cataractes, reçu par l'Etat du Congo il 
y a plusieurs années. 



5. STOMATORHINUS MICROPS. 
Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 7, pi. IV, fig. 2 (1898). 

Corps subcylindrique ou faiblement comprimé, sa hauteur 4 à 
4 1/2 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête y étant com- 
prise 4 fois. La tête est d'un quart ou d'un tiers plus longue que 
haute; le museau est arrondi et entre pour 1/4 ou 2/7 dans la longueur 
de la tête; la bouche est petite, située en dessous, mais en avant des 
yeux, sa largeur comprise 5 ou 6 fois dans la longueur de la tête; les 
dents sont petites, bicuspides, au nombre de 7 à la mâchoire supé- 
rieure, de 8 à l'inférieure ; l'œil est extrêmement petit et en partie 
caché sous la peau. La nageoire dorsale comprend 18 à 20 rayons, 
sa longueur est à peu près la moitié de la distance qui la sépare de la 
tête. La nageoire anale comprend 20 à 22 rayons, elle est plus 
rapprochée de la caudale que de la ventrale. La nageoire pectorale 
est obtusément pointue et mesure les 2/3 de la longueur de la 
tête, 1 2/3 fois la longueur de la ventrale, au delà de la base de laquelle 
elle s'étend un peu. Les lobes de la nageoire caudale sont arrondis. 
Le pédicule caudal est 2 fois aussi long que haut et mesure la moitié 
de la longueur de la tête. 48 à 53 écailles le long de la ligne latérale, 
•jyj en série transversale sur le corps, J^jj entre la nageoire dorsale 
et l'anale, 16 ou 18 autour du pédicule caudal. La tête est couverte 
de papilles verruqueuses très développées. 

La peau semble avoir été incolore; tous les spécimens que j'ai vus, 
conservés dans la liqueur, sont blancs ou d'un brun excessivement 
pâle. Ce fait, joint à la condition des yeux, donne au poisson un 
aspect d'habitant de caverne et me porte à croire qu'il vit dans des 
trous à l'abri de la lumière. Malheureusement, nous n'avons encore 
aucune observation sur ses mœurs ni sur la façon dont les spécimens 
ont été obtenus. 

Longueur totale : 10 centimètres. 

Les types sur lesquels l'espèce a été établie proviennent du Bas- 
Congo (Borna, Matadi) et de la région des Cataractes (Manyanga), par 
MM. Wilverth et Wagenaar. D'autres, provenant du district des 
Stanley- Falls, ont été acquis depuis par le British Muséum. 



88 MORMYRIDjE 

5. MYOMYRUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 9 (1898), et Proc. Zool. Soc. 1898, p. 800. 

Dents longues, au nombre de 6 à chaque mâchoire, en 
partie cachées dans les gencives, les supérieures pointues, 
les inférieures tronquées, à couronne taillée en biseau, la 
paire médiane très grande et en forme d'incisives. Bouche 
petite, infère, en avant des yeux. Narines très rapprochées 
l'une de l'autre, distantes de l'œil. Corps assez étiré; 
nageoires ventrales plus rapprochées des pectorales que 
de l'anale. Nageoire dorsale longue, beaucoup plus 
longue que l'anale. 

Bien que la forme du corps se rapproche, par son allongement, de 
celle du genre Mormyrops, la colonne vertébrale de l'espèce unique 
indique une affinité plus grande avec les genres Marcusenius et 
Gnathonemus ; elle se divise en effet en trois régions : la première 
comprend 14 vertèbres, la seconde 4, la troisième 32, ainsi que j'ai pu 
le constater à l'aide des rayons X, grâce au concours de MM. Gar- 
diner et Green. Ces mêmes rayons X m'ont aussi montré que les dents 
de la mâchoire supérieure, que j'avais d'abord décrites comme petites, 
sont au contraire très allongées, ce qui ne se constate que lorsqu'elles 
sont dégagées des gencives. 

1. MYOMYRUS MACRODON (PI. IV, fig. 2). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 10, pi. VII, fig. 1 (1898). 

Corps fortement comprimé, le dos caréné et tranchant ; la hauteur 
du corps égale ou excède un peu la longueur de la tête et est comprise 
4 à 4 2/3 fois dans la longueur totale. La tête est 1/6 à 1/4 plus longue 
que haute ; son profil supérieur est déclive et droit ou légèrement con- 
cave; le museau est court, dépassant beaucoup la bouche, mesurant 
le 1/4 ou les 2/7 de la longueur de la tête; la bouche est petite, située 
en dessous mais antérieure à l'œil, sa largeur comprise 4 à 6 fois dans 
la longueur de la tête; un léger renflement ou un petit appendice 
charnu au museau ; les narines sont situées au-dessous du niveau de 
l'œil, plus rapprochées du bout du museau que de celui-ci, qui est très 
petit, mesurant le i/3 ou le 1/4 de l'espace interorbitaire chez l'adulte (1). 

(1) L'œil est plus grand et plus distinct chez les individus de Coquilhatville et de 
Kutu, dont la coloration est aussi plus foncée que celle des individus du Bas-Congo 
et du Stanley-Pool. Je ne crois pourtant pas à une différence spécifique. 



GNATHONEMUS 89 

38 à 42 rayons à la dorsale, dont la longueur égale ou excède légère- 
ment la distance qui la sépare du bout du museau. L'anale, à 26 à 
3o rayons, est beaucoup plus élevée en avant qu'en arrière; le premier 
rayon correspond aux 1 3 e à 16 e de la dorsale et est un peu plus rap- 
proché de la base de la caudale que de celle de la ventrale. La nageoire 
pectorale, obtusément pointue, égale les 2/3 ou les 3/4 de la longueur 
de la tête et 1 i/3 à 1 1/2 fois celle de la ventrale, dont elle atteint la 
racine. La nageoire caudale, en grande partie couverte d'écaillés, a 
les lobes arrondis. Le pédicule caudal est 3 fois aussi long que haut et 
égale les 3/5 de la longueur de la tête. 80 à g3 écailles le long de la ligne 
latérale, ~^ en ligne transversale sur le corps, |^|| entre la nageoire 
dorsale et l'anale, 16 à 20 autour du pédicule caudal. 

Brun plus ou moins foncé en dessus, plus clair en dessous. Pupille 
orange ou gris orangé, lumineuse. 

Longueur totale : 34 centimètres. 

Cette espèce a été décrite sur deux exemplaires de Matadi, faisant 
partie de la collection Wilverth et Wagenaar. Cinq exemplaires font 
partie de la collection Delhez; ils proviennent de Borna, Stanley-Pool, 
Coquilhatville et Kutu (lac Léopold II). Enfin j'en ai examiné un 
d'Isangila, région des Cataractes. Ce poisson est désigné sous le nom 
de Lobibili à Coquilhatville. 



6. GNATHONEMUS. 

Gill, Proc. Ac. Philad. 1862, p. 443; Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 2 
(1898), et Proc. Zool. Soc. 1898, p. 801. 

Campylomormyrus, Bleeker, Versl. Ak. Amsterd. (2) VIII, 1874, p. 367. 



Dents petites, coniques, tronquées, ou échancrées, peu 
nombreuses (3 à 10 à la mâchoire supérieure, 4 à 10 à 
l'inférieure) ; des dents petites et coniques ou à couronne 
émoussée sur le parasphénoïde et sur la langue; bouche 
terminale. Narines modérément espacées, distantes de 
l'œil. Corps modérément allongé ; nageoires ventrales à 
égale distance des pectorales et de l'anale, ou plus rappro- 
chées de celles-là. Nageoires dorsale et anale subégales, 
ou l'une ou l'autre un peu plus développée. Colonne verté- 
brale divisée en 3 régions, vertèbres au nombre de 45 à 
49 (10-14 4- 4'8 -+■ 27-30). 



90 MORMYRID^E 

Les espèces sont au nombre de 23, dont 16 sont connues du bassin 
du Congo. 3 de ces espèces se rencontrent aussi dans le Nil, une 4 e 
dans le Calabar, et une 5 e dans le Zambèze. Des espèces étrangères au 
Congo, une est du Sénégal, une de la Gambie, une de Libéria et de la 
Côte d'Or, une de Libéria et du Gabon, une d'Angola, une du lac 
Victoria et une de la Rovuma. 



Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

I. Museau plus court que la partie postoculaire de la tête. 
A. Anale commençant plus ou moins en avant de la dorsale. 

1. Appendice cutané au menton absent ou réduit à un simple renflement 
globuleux. 

a. D. 20-25. 

Pas de renflement bien distinct au menton; hauteur 

du corps 3 1/2 à 4 fois dans la longueur totale ; 

A. 30-31; L. lat. 55-60; 12 écailles autour du 

pédicule caudal 1. G. Leopoldianus . Blgr. 

Un renflement au menton; hauteur du corps 5 fois 

dans la longueur totale; A. 34; L. lat. 58; 

12 écailles autour du pédicule caudal 2. G. Bentîeyi, Blgr. 

Un renflement au menton ; hauteur du corps 3 1/3 à 

4 fois dans la longueur totale; A. 28-32; 14 ou 

16 écailles autour du pédicule caudal 3. G. macrolepidotus, Ptrs. 

Un renflement au menton ; hauteur du corps 3 1/5 à 

833/4 fois dans la longueur totale; A. 25-30; 

L. lat. 43-49; 8 écailles autour du pédicule 

caudal 4. G. Moorii, Gthr. 

b, D. 26-31. 

A. 33; L. lat. 49-54; 8 écailles autour du pédicule 

caudal 5. G. Schilthuisiœ, Blgr. 

A- 32-35 ; L. lat 70-86; 16 écailles autour du 

pédicule caudal 6. G. cyprinoides, L. 

A. 37-40; L. lat. 70-80; 12 écailles autour du pédi- 
cule caudal 7. G. Stanleyanus, Blgr. 

2. Un appendice cutané au menton, mesurant au moins le diamètre de l'œil ; 
D - 2 7-33; A - 34-43- 

Appendice au menton court, arrondi ou tronqué ; 
L. lat. 75-80; 12 écailles autour du pédicule 
caudal 8. G. Monteiri, Gthr. 

Appendice au menton un peu plus long que le mu- 
seau, atténué; L. lat. 63-70 ; 8 écailles autour du 
pédicule caudal 9. G. Petersii, Gthr. 



GNATHONEMUS 91 

B. Dorsale commençant un peu en avant de l'anale. 

D. 31-36; A. 29-32; L. lat. 72-80; 12 écailles autour 

du pédicule caudal 10. G. Greshoffi, Schilth. 

D. 29; A. 27-29; L. lat. 42-43; 8 écailles autour du 

pédicule caudal 11. 'G. kutuensis, Blgr. 

II. Museau beaucoup plus long que la région postoculaire de la tête, tubiforme ; 
un appendice ou barbillon au menton; D. 26-35; A- 2 7*37- 

A. 10-12 écailles entourent le pédicule caudal. 

D. 26-30; longueur du museau 4 ou 5 fois son 

moindre diamètre vertical ; appendice du menton 

environ aussi long que l'œil 12. G. tamandua, Gthr. 

D. 34; longueur du museau 3 fois son moindre 

diamètre vertical; appendice du menton mesurant 

les 3/4 de la longueur du museau 13. G. mirus. Blgr. 

D. 31-35; longueur du museau 3 ou 4 fois son 

moindre diamètre vertical ; appendice du museau 

environ aussi long que l'œil , . . 14. G. elephas, Blgr. 

B. 16-18 écailles entourent le pédicule caudal. 

Museau fortement courbé, 5 ou 6 fois aussi long 

que l'œil i5, G. rhynchophorus, Blgr. 

Museau fortement courbé, 16 fois aussi long que 

l'œil 16. G. curvirostris, Blgr. 

Museau à peine courbé, excessivement long chez 

l'adulte 17. G. numenius, Blgr. 



1. GNATHONEMUS LEOPOLDIANUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 72, pi. XXXIII, fig. 3 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 3 1/2 à 4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 1/4 à 4 1/2 fois. La longueur de la tête 
excède un peu sa hauteur ; le profil supérieur est déclive et faiblement 
convexe ; la longueur du museau fait un peu plus du quart de la lon- 
gueur de la tête; la bouche est au niveau du bord inférieur de l'œil, sa 
largeur égale la longueur du museau ; les dents sont petites et échan- 
crées, au nombre de 6 ou 8 à la mâchoire supérieure, de 10 à l'infé- 
rieure ; le menton n'est pas sensiblement renflé ; l'œil est médiocrement 
grand, mesurant la moitié ou un peu moins de la moitié de la longueur 
du museau, les 2/5 de la largeur interoculaire, 1/8 à 1/7 de la longueur 
de la tête. La nageoire dorsale comprend 24 ou 25 rayons et commence 
au dessus du cinquième ou du sixième rayon de l'anale; sa longueur 



Q2 MORMYRID^E 

égale la moitié ou un peu moins de la moitié de la distance qui la 
sépare de la tête. La nageoire anale comprend 3o ou 3i rayons; elle 
est plus rapprochée de la base de la nageoire caudale que de celle de 
la ventrale; comme la dorsale, elle est beaucoup plus élevée en avant 
qu'en arrière. La nageoire pectorale est pointue, un peu plus courte 
que la tête, deux fois aussi longue que la ventrale, dont elle atteint le 
milieu. La nageoire caudale est écailleuse sur sa moitié basilaire; ses 
lobes sont longs et pointus. Le pédicule caudal est deux fois aussi long 
que haut et mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête. 55 à 
60 écailles le long de la ligne latérale, £^ en série transversale sur 
le corps, ^ entre la dorsale et l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 

Ce poisson est uniformément noir en alcool. L'aquarelle de 
Delhez le représente à l'état frais comme violet foncé en dessus, 
brun noirâtre en dessous, la gorge teintée de brun de rouille; 
nageoires d'un brun noirâtre. Pupille orange, iris vert émeraude. 

Longueur totale : 27 centimètres. 

Trois spécimens d'Ibali, lac Léopold II, font partie de la collec- 
tion Delhez. Ce poisson se trouve parmi les herbes dans les endroits 
marécageux et est désigné des indigènes sous le nom de Liifumbé, 
qu'ils appliquent aussi à d'autres Mormyres du genre Marcusenius. 
La chair est bonne. 

Le Gnathonemus Leopoldianns est voisin du G. niger, Gthr.,dela 
Gambie, et du G. Bentleyi, Blgr., dû Congo. Il diffère du premier par 
le museau au moins deux fois plus long que le diamètre de l'œil et le 
nombre plus élevé de rayons à la dorsale et à l'anale (D. 24-25, A. 3o- 
3i, au lieu de D. 18-20, A. 26-28); du second par le corps plus élevé 
(sa hauteur 3 1/2 à 4 fois la longueur totale au lieu de 5 fois), 
l'absence d'un fort renflement sphérique au menton et le moindre 
allongement du pédicule caudal. 

2. GNATHONEMUS BENTLEYI. 

Mormyrus Bentleyi, Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (6) XX, 1897, P- 4 2 6. 
Gnathonemus Bentleyi, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 10 (1898) et 
Proc. Zool. Soc. 1898, p. 804. 

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 
5 fois dans la longueur totale. La tête est d'un cinquième plus longue 
que haute; le profil est légèrement concave au-dessus de l'œil ; le mu- 
seau mesure le 1/4 de la longueur de la tête; la bouche, au niveau du 
bord inférieur de l'œil, mesure i/5 de la longueur de la tête; les dents 
sont médiocrement grandes, échancrées, au nombre de 7 à la mâchoire 



GNATHONEMUS g3 

supérieure, de 10 à l'inférieure; le menton est fortement renflé en boule; 
l'œil, médiocrement grand, mesure la moitié de la longueur du museau, 
les 2/5 de la largeur interoculaire. La nageoire dorsale, à 23 rayons, 
commence au-dessus du 5 e rayon de l'anale ; sa longueur égale la moi- 
tié de la distance qui la sépare de la tête. La nageoire anale, à 
34 rayons, est plus rapprochée de la base de la nageoire caudale que de 
celle de la ventrale ; comme la dorsale, elle est beaucoup plus élevée en 
avant qu'en arrière. La nageoire pectorale est pointue, presque aussi 
longue que la tête, presque deux fois aussi longue que la ventrale, dont 
elle dépasse la base. La nageoire caudale est en grande partie couverte 
d'écaillés ; ses lobes sont longs et pointus. Le pédicule caudal est 
3 fois aussi long que haut, presque aussi long que la tête. 58 écailles 
le long de la ligne latérale, -y en série transversale sur le corps, — 
entre la dorsale et l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 

Olive foncé en dessus, un peu plus clair en dessous. 

Longueur totale : 27 centimètres. 

L'unique spécimen connu jusqu'ici provient du district des Stanley- 
Falls. Il a été recueilli par le missionnaire anglais le Rév. W. H. Bent- 
ley, auquel l'espèce est dédiée. 

3. GNATHONEMUS MACROLEPIDOTUS. 

Mormyrus macrolepidotus, Peters, Mon. Berl. Ac. 1852, p. 275; Gûnth. Cat. 
Fish. VI, p. 219 (1866); Peters, Reise n. Mossamb. IV, p. 79, pi. XV, fig. 1 (1868). 

Mormyrops macrolepidotus, Marcusen, Mém. Ac. St. Pétersb. (7) VII, 1864, 
n°4, p. 142. 

Gnathonemus macrolepidotus, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 10(1898), 
et Proc. Zool. Soc. 1898, p. 804. 

La hauteur du corps est comprise 3 1/2 à 4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 1/2 à 5 fois. La tête est presque aussi 
longue que haute, à profil supérieur courbé ; le museau mesure le 1/4 
de la longueur de la tête ; la bouche, au niveau du centre de l'œil, 
mesure le 1/4 de la longueur de la tête; les dents sont très petites, 
coniques, au nombre de 3 à 5 à la mâchoire supérieure, de 6 à l'infé- 
rieure; le menton est fortement renflé en boule; l'œil, médiocrement 
grand, mesure les 2/3 ou les 3/4 delà longueur du museau, la moitié 
de la largeur interoculaire. La nageoire dorsale, à 23 ou 24 rayons, 
commence au-dessus des 5 me à 8 me rayons de l'anale ; sa longueur 
égale à peu près les 2/5 de la distance qui la sépare de la tête. La 
nageoire anale, à 28 à 32 rayons, est un peu plus rapprochée de la 
base de la nageoire caudale que de celle de la ventrale ; comme la dor- 
sale, elle est beaucoup plus élevée en avant qu'en arrière. La nageoire 



94 mormyrim: 

pectorale est obtusément pointue, plus courte que la tête, et atteint ou 
dépasse un peu la base de la ventrale. La nageoire caudale, en partie 
couverte d'écaillés, a les lobes obtusément pointus. Le pédicule cau- 
dal est 3 fois aussi long que haut, presque aussi long que la tête. 56 à 
68 écailles le long de la ligne latérale, p^y en série transversale sur le 
corps, |fj| entre la dorsale et l'anale, 14 ou 16 autour du pédicule 
caudal. 

Argenté, brunâtre sur le dos, parfois maculé de brun. 

Longueur totale : 32 centimètres. 

Cette espèce n'était connue que du Bas-Zambèze et du district des 
Victoria-Falls. Elle a été retrouvée au Katanga, à Lofoï, par la 
mission Lemaire. 



4. GNATHONEMUS MOORII. 

Mormyrus Moorii, Gûnth. Ann. & Mag. N. H. (3) XX, 1867, p. 1 16. 

Mormyrus lepturus, Gûnth. Proc. Zool. Soc. 1871, p. 670, pi. LXIX, fig. B, et 
Ann. & Mag. N. H. (6) XVII, 1896, p. 280. 

Mormyrus grandisquamis, Peters, Mon. Berl. Ac. 1876, p. 250, pi. —, fig. 3. 

Gnathonemus Moorii, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 10 (1898), et Proc. 
Zool. Soc. 1898, p. 803. 

La hauteur du corps est comprise 3 à 3 3/4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 à 5 fois. La tête est très peu ou point 
plus longue que haute, le profil supérieur fortement courbé; la 
longueur du museau excède le diamètre de l'œil et est comprise à peu 
près 4 fois dans la longueur de la tête ; la bouche est au niveau du bord 
inférieur de l'œil ; les dents sont petites, échancrées, au nombre de 5 à 
la mâchoire supérieure, de 6 à l'inférieure ; le menton porte un renfle- 
ment globuleux médiocrement développé ; l'œil mesure i/5 ou 1/6 de la 
longueur de la tête et la moitié de la largeur interoculaire. La nageoire 
dorsale comprend 20 à 25 rayons; elle est élevée et pointue en avant, 
son bord libre échancré, et commence au-dessus des 4 me à 6 me rayons 
de l'anale; sa longueur est comprise 2 à 2 i/3 fois dans la distance 
qui la sépare de la tête. L'anale, composée de 25 à 3o rayons, a la même 
forme que la dorsale chez les femelles, tandis que chez les mâles les 
rayons antérieurs forment un lobe arrondi. La pectorale est aussi 
longue que la tête, deux fois aussi longue que la ventrale, au delà de 
la base de laquelle elle s'étend. La caudale est couverte d'écaillés sur le 
tiers antérieur; les lobes sont longs et pointus. Le pédicule caudal est 
2 1/2 à 3 fois aussi long que haut, aussi long ou un peu plus court 



GNATHONEMUS g5 

que la tète. 43 à 49 écailles le long de la ligne latérale, j^ en série 
transversale sur le corps, — entre la dorsale et l'anale, 8 autour du 
pédicule caudal. 

Brunâtre (en alcool) ; une bande verticale noirâtre entre les rayons 
antérieurs de la dorsale et l'anale. 

Longueur totale : 21 centimètres. 

Cette espèce est connue du Gabon, de l'Ogowé et du Bas-Congo. 
J'en ai examiné des individus de Matadi (Coll. Wilverth et Wagenaar) 
et de Borna (Coll. Delhez). Elle se rencontre peut-être aussi dans le 
Nil si, comme j'ai lieu de le supposer, le Petrocephalus pictus, Mar- 
cusen, en est synonyme. 

Grâce à l'obligeance de M. H. O. Forbes, j'ai pu comparer le type 
de M. Moorii, de l'Ogowé, conservé au Musée de Liverpool, avec les 
individus du Congo. 



5. GNATHONEMUS SCHILTHUISLE. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 73, pi. XXXI II, fig. 4 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 4 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 4 1/2 fois.' La tête est à peine plus longue que 
haute; le profil supérieur est fortement courbé; la longueur du 
museau égale le diamètre de l'œil et est comprise 4 1/2 fois dans la 
longueur de la tête ; la bouche est au niveau du bord inférieur de l'œil, 
sa largeur est comprise 4 1/2 fois dans la longueur de la tête ; les dents 
sont très petites et profondément échancrées, au nombre de 5 à la 
mâchoire supérieure, de 6 à l'inférieure ; le menton porte un renfle- 
ment globuleux médiocrement développé; l'œil est assez grand, son 
diamètre égale les 2/3 de la largeur interoculaire. La nageoire dorsale 
comprend 27 ou 28 rayons ; elle est élevée et pointue en avant, son 
bord libre échancré, et commence au-dessus du quatrième rayon de 
l'anale; sa longueur est un peu moins de la moitié de la dis- 
tance qui la sépare de la tète. L'anale, composée de 33 rayons, est 
pointue et échancré comme la dorsale. La pectorale est pointue, un 
peu plus courte que la tête, et mesure le double de la ventrale, dont 
elle atteint le milieu. La caudale, écailleuse à la base, a les lobes longs 
et pointus. Le pédicule caudal est 3 fois aussi long que haut et mesure 
les 3/4 de la longueur de la tète. 49 à 54 écailles le long de la ligne 

Q Q 

latérale, ^ en série transversale sur le corps, -g- entre la dorsale et 
l'anale, 8 autour du pédicule caudal. 



c)6 MORMYRID,E 

Brun (en alcool), plus foncé sur la tête et le pédicule caudal ; une 
bande verticale noirâtre entre les rayons antérieurs de la dorsale et 
l'anale; nageoires noirâtres. 

Un spécimen, mesurant 85 millimètres, provient de Kutu, lac Léo- 
pold II (coll. Delhez). Un second a été mentionné du Stanley-Pool 
par M lle Schilthuis en 1891, sous le nom de Mormyrus grandi- 
squamis, Peters. 

Espèce voisine de G. Moorii, Gthr. ; s'en distingue surtout par le 
corps plus allongé, les rayons plus nombreux à la dorsale et à l'anale, 
l'œil un peu plus grand. Nommée en l'honneur de l'ancienne conser- 
vatrice des collections zoologiques de l'Université d'Utrecht. 



6. GNATHONEMUS CYPRINOIDES. 

Mormyrus cyprinoides, Linn. Mus. Ad. Frid. II, p. 109 (1764), et Syst. Nat. I, 
p. 522 (1766); Cuv. et Val. Hist. Poiss. XIX, p. 265(1849); Gûnth. Cat. Fish. VI, 
p. 218(1866). 

Mormyrus salahie, Lacép. Hist. Poiss. V, p. 619 (1803). 

Mormyrus labiatus, Geoffr. Descript. Egypte, Poiss. p. 275, pi. VII, fig. 1 (1829); 
Rûpp. Fortsetz. Beschr. n. Fische Nil, p 9, pi. II, fig. 2 (1832). 

Mormyrus elongatus, Rupp. 1. c. fig 1. 

Mormyrus abbreviatus, Cuv. et Val. ). c. p. 270. 

Mormyrops cyprinoides, Marcusen, Bull. Ac. St. Pétersb. XII, 1854, p. 14. 

Mormyrops elongatus, Marcusen, 1. c. 

Mormyrops abbreviatus, Marcusen, 1, c. 

Mormyrops labiatus, Marcusen, Mém.Ac. St. Pétersb. (7) VII, 1864, n° 4, p. 137. 

Gnathonemus cyprinoides, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 11 (1898), et 
Proc. Zool. Soc. 1898, p. 805. 

La hauteur du corps est comprise 3 1/2 à 5 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 3/4 à 5 1/2 fois. La tête est un peu plus 
longue que haute, à profil supérieur courbé; le museau mesure à peu 
près le quart de la longueur de la tête ; la bouche est petite, au niveau 
du bord inférieur de l'œil ; un renflement globuleux au menton ; les 
dents, très petites, coniques, sont au nombre de 5 à la mâchoire supé- 
rieure, de 6 à l'inférieure ; l'œil est de moyenne grandeur, son diamètre 
est compris 1 1/2 à 2 fois dans la longueur du museau, 2 à 2 1/2 fois 
dans la largeur interoculaire. La dorsale, à 26 à 28 rayons, com- 
mence au-dessus des 6 e à 9 e rayons de l'anale ; sa longueur est 
comprise 2 à 2 1/2 fois dans sa distance de la tête. L'anale, à 32 à 
35 rayons, est située à égale distance de la base de la ventrale et de 
celle de la caudale, ou un peu plus rapprochée de celle-là. La pectorale 
est pointue, aussi longue que la tête ou un peu plus courte, deux fois 



GNâTHONEMLIS 



97 



aussi longue que la ventrale, dont elle atteint ou dépasse la base. La 
caudale, écailleuse dans la moitié basilaire, a les lobes pointus. Le 
pédicule caudal est 2 1/2 ou 3 fois aussi long que haut, aussi long que 
la tête ou un peu plus court. 70 à 86 écailles le long de la ligne laté- 
rale, *— en série transversale sur le corps, ^-^ entre la dorsale 

20-24 r 12-10 

et l'anale, 16 autour du pédicule caudal. 

Argenté, olivâtre ou brunâtre sur le dos, avec ou sans macules plus 
foncées. 

Longueur totale : 27 centimètres. 

Cette espèce, connue du Nil et du Niger, a été trouvée aux Stanley- 
Falls par M. W. H. Bentley. Les deux individus que le British 
Muséum a reçus de ce missionnaire représentent les deux sexes à 
l'époque de la reproduction. Le mâle a la nageoire anale beaucoup 
plus élevée en avant, sa base formant une ligne sinueuse. Le testicule 
s'étend sur la moitié de la longueur de la cavité abdominale ; l'ovaire, 
énorme, la remplit tout à fait; les œufs mesurent de 1 1/2 à 2 milli- 
mètres de diamètre. 



7. GNATHONEMUS STANLEYANUS. 

Mormyrus Stanleyanus, Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (6) XX, 1897, p. 426. 
Gnathonemus Stanley anus, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 11 (1898), et 
Proc. Zool. Soc. 1898, p. 806. 

La hauteur du corps est comprise 3 1/4 à 4 i/3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 1/2 à 5 fois. La tête est très peu plus 
longue que haute, à profil déclive et faiblement courbé ; le museau 
mesure 2/7 à i/3 de la longueur delà tête; la bouche est au niveau 
du centre de l'œil, sa longueur est comprise 4 à 5 fois dans celle de 
la tête; les dents sont très petites, coniques ou tronquées, au nombre 
de 7 à la mâchoire supérieure, de 6 à l'inférieure ; le menton porte 
un renflement globuleux médiocrement développé ; l'œil mesure au 
moins les 2/3 de la longueur du museau, les 2/3 ouïes 3/4 de la 
largeur interoculaire, son diamètre est compris 434 1/2 fois dans la 
longueur de la tête. La nageoire dorsale, à 28 à 3i rayons, commence 
au-dessus des 9 e à i3 e rayons de l'anale; elle mesure la moitié de la 
distance qui la sépare de la tête. L'anale, à 37 à 40 rayons, est un peu 
plus rapprochée de la base de la caudale que de celle de la ventrale. 
La pectorale, pointue, est presque aussi longue que la tête et mesure 
le double de la ventrale, dont elle dépasse la base. La caudale, en 
grande partie couverte d'écaillés, a les lobes longs et pointus. Le pédi- 



98 MORMYRIDjÉ 

cule caudal est 3 à 3 1/2 fois aussi long que haut, et aussi long que a 
tête, ou un peu plus court. 70 à 80 écailles le long de la ligne latérale, 
—^ en ligne transversale sur le corps, x ~ s entre la dorsale et l'anale, 
12 autour du pédicule caudal. 

Coloration argentée, foncée sur le dos. 

Longueur totale : 40 centimètres. 

C'est des Stanley-Falls que provient le type de ce Mormyre, reçu de 
M. W. H. Bentley en 1897. J'en ai depuis examiné d'autres de 
Matadi, d'Isangila (région des Cataractes), d'Upoto (Haut-Congo), 
de l'Uerré et du lac Moero. 

Le G. Stanleyanus est très voisin de l'espèce suivante. Il en diffère 
par l'appendice charnu du menton moins développé, l'œil plus grand, 
et la forme des dents non usées, qui sont coniques au lieu d'être échan- 
crées et bicuspides, caractères qui le rapprochent de G. cyprinoides. 
Il se distingue très facilement de celui-ci par le pédicule caudal plus 
mince et entouré de t2 écailles seulement. 



8. GNATHONEMUS MONTEIRI. 

Mormyrus Monteiri, Gûnth. Ann. & Mag. N. H. (4) XII, 1873, d. 144. 
Gnathonemus Monteiri, Bouleno. Ann. Mus. Congo. Zool. I, p. 11 (1898), et 
Proc. Zool. Soc. 1898, p. 807. 

La hauteur du corps est comprise 3 i/5 à 4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 i/3 à 5 fois. La tête est de i/7a 1/4 plus 
longue que haute; le profil supérieur est fortement déclive, plus ou 
moins courbé; le museau mesure i/3à 2/5 de la longueur de la tête; la 
bouche est au niveau du centre de l'œil, sa largeur est comprise 5 à 
6 fois dans la longueur de la tête; les dents sont très petites, échan- 
crées, au nombre de 5 à 10 à la mâchoire supérieure, de 6 à 10 à l'infé- 
rieure ; le menton porte un appendice cutané très développé, globu- 
leux ou ovale, aplati, mesurant le diamètre de l'œil ou un peu plus; 
l'œil mesure la moitié ou les deux tiers de la longueur du museau, la 
moitié ou les 3/4 de la largeur interoculaire, i/5 à 1/6 de la longueur 
de la tête. La nageoire dorsale, à 28 à 33 rayons, commence au-dessus 
des 10 e à i5 e rayons de l'anale; elle mesure la moitié, ou un peu plus 
de la moitié, de sa distance de la tête L'anale, à 36 à 43 rayons, est 
également distante de la base de la ventrale et de celle de la caudale ou 
un peu plus rapprochée de celle-ci. La pectorale, pointue, mesure les 
3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tête et le double de la ventrale, dont 
elle dépasse la base. La caudale, en grande partie couverte d'écaillés, a 



GNATHONEMUS u 99 

les lobes longs et pointus. Le pédicule caudal est 2 1/2 à 3 fois aussi 
long que haut et mesure les 3/4 ou les 5/6 de la longueur de la tête. 
75 à 80 écailles le long de la ligne latérale, ^| en ligne transversale 
sur le corps, ^~ entre la dorsale et l'anale, 12 autour du pédicule 
caudal. 

Olive ou jaune-verdâtre en dessus, argenté en dessous, varié de reflets 
jaunes, bleus ou violets; parfois un peu de rouge à l'opercule et à la 
base de la nageoire caudale. Pupille grisâtre; iris argenté. 

Longueur totale : 45 centimètres. 

Les types sur lesquels cette espèce est fondée proviennent des col- 
lections de feu J. J. Monteiro, — d'Angola (la localité n'a pas été indi- 
quée), selon Gùnther. Cependant Monteiro lui-même (1) les renseigne 
comme ayant été pris à Borna. C'est de cette localité que proviennent 
le plus grand nombre des spécimens rapportés par Delhez; d'autres 
ont été recueillis à Banana, à Matadi, à Isangila, à Léopoldville et à 
Irébu. Dans le Bas-Congo, Delhez a observé que le poisson- se tient 
parmi les herbes près de la rive du fleuve. On l'y nomme N'Golomba à 
Banana, Sip à Matadi; Yaéra est le nom indigène au Stanley-Pool, 
Lufumbé dans la province de l'Equateur. Partout sa chair est fort 
estimée. 



9. GNATHONEMUS PETERSII. 

Mormyrus Petersii, Gûnth. Arch. f. Nat. 1862, p. 64, et Proc. Zpol. Soc. 1864 
p. 22, pi. II, fig. 2. 

Gnathonemus Petersii, Gill, Proc. Ac. Philad. 1862, p. 444; Bouleng. Proc. 
Zool. Soc. 1898, p. 808. 

La hauteur du corps est comprise 33/434 1/4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 i/5 à 4 2/3 fois. La tête est 1 i/3 à 
1 1 /2 fois aussi longue que haute, le profil supérieur descendant en pente 
droite ou un peu convexe ; le museau mesure les 2/5 de la longueur de 
la tête ; le menton est pourvu d'un appendice charnu, cylindrique et 
atténué en pointe obtuse, dirigé en avant et aussi long ou un peu plus 
long que le museau ; la bouche est très petite ; les dents sont très 
petites, échancrées, au nombre de 3 ou 5 à la mâchoire supérieure, 
de 5 ou 6 à l'inférieure ; l'œil est modérément grand, son diamètre 
compris 2 à 2 1/2 fois dans la longueur du museau, 5 à 6 1/2 fois dans 
la longueur de la tête, 1 2/3 à 2 fois dans la largeur interoculaire. La 

(1) Voir J.-J. Monteiro, Angola and the River Congo (Londres, 8 e , 1875), I. 
p. 95. 



100 M0RMYRID.E 

dorsale, à 27 à 2g rayons, commence au-dessus des io me à i2 me rayons 
de l'anale; sa longueur est comprise près de deux fois dans la distance 
qui la sépare de la tête. L'anale, à 34 à 36 rayons, est plus rappro- 
chée de la base de la caudale que de celle de l'anale ; comme la dor- 
sale, elle est beaucoup plus élevée en avant qu'en arrière. La pectorale 
est pointue, mesurant les 3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tête et le 
double de la ventrale au delà de la base de laquelle elle s'étend. La 
caudale est en grande partie couverte d'écaillés ; les lobes sont longs 
et pointus. Le pédicule caudal est 3 fois aussi long que haut et me- 
sure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête 63 à 70 écailles le long 
de la ligne latérale, ^^ en série transversale sur le corps, : -^ entre 
la dorsale et l'anale, 8 autour du pédicule caudal. 

Brun foncé (en alcool), avec deux bandes verticales plus pâles entre 
la dorsale et l'anale. 

Longueur totale : 23 centimètres 

Cette espèce a été trouvée au Vieux-Calabar, dans le Nil Blanc et 
dans le Congo : à Borna par M. Greshoff, à Monsembé par M.Weeks, 
aux Stanley-Falls par M. Bentley, dans l'Uerré par M. le lieutenant 
De Bauw. 

M. Greshoff lui applique le nom indigène de Lufula. 



10. GNATHONEMUS GRESHOFFI. 

Morttiyrus Greshoffi, Schilthuis, Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. (2) III, 1891, 
p. 90, pi. VI, fig. 3. 

Gnathonemus Greshoffi, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 11 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 3 1/4 à 3 3/4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 1/2 à 5 fois. La longueur de la tête égale 
ou excède un peu sa hauteur; le profil supérieur est fortement courbé; 
le museau mesure le quart de la longueur de la tête; la bouche est au 
niveau du bord inférieur de l'œil, sa largeur égale 1/6 à i/5 de la lon- 
gueur de la tête ; les dents sont très petites et tronquées, au nombre de 
3 à la mâchoire supérieure, de 4, exceptionnellement de 2, à l'infé- 
rieure; le menton porte un appendice cutané ovoïde, mesurant à peu 
près les deux tiers du diamètre de l'œil ; celui-ci est grand, compris 3 à 
3 i/3 fois dans la longueur de la tête et égal à la largeur interoculaire. 
La nageoire dorsale comprend 3 1 à 36 rayons ; elle est élevée et pointue 
en avant, son bord libre est échancré ; sa longueur égale les 3/4 ou les 
4/5 de sa distance de la tête. L'anale, à 29 à 32 rayons, de même forme 
que la dorsale, commence sous le 4 e ou le 5 e rayon de celle-ci. Lapecto- 



GNATHONEMUS IOl 

raie, aussi longue que la tête, est deux fois aussi longue que la ventrale, 
dont elle atteint le milieu. La caudale est couverte d'écaillés sur la 
moitié basilaire; ses lobes sont long? et pointus. Le pédicule caudal est 
3 1/2 à 4 fois aussi long que haut; sa longueur égale les 3/4 aux 5/6 
de celle de la tète. 72 à 80 écailles le long de la ligne latérale, ^— en 
série transversale sur le corps, ^£ entre la dorsale et l'anale, 1 2 autour 
du pédicule caudal (1). 

Olivâtre en dessus, argenté en dessous, à reflets iridescents. Pupille 
tantôt noire, tantôt jaune ou orange ; iris verdâtre. 

Longueur totale : 18 centimètres. 

Cette espèce a été découverte au Stanley- Pool, à Kinshassa, par 
M. Anton Greshoff (2). Elle a été retrouvée dans l'Uerré par M. le 
lieutenant De Bauw, à Borna, à Dolo et à Irebu par Delhez. D'après 
ce dernier voyageur, elle se nomme Lopembé à Borna, Pondon\o à 
Dolo, Lufumbé à Irebu, se nourrit de vers et d'insectes, et est très 
bonne à manger. 

J'ai examiné les viscères d'un individu mâle. Le testicule gauche est 
seul présent, pas trace du droit. La vessie natatoire est pointue en 
arrière. 



n. GNATHONEMUS KUTUENSIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 74, pi. XXXIII, fig. ^ (1890). 

La hauteur du corps est comprise 3 1/4 à 3 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 5 à 5 1/2 fois. La tête est à peine plus 
longue que haute; le profil supérieur est fortement courbé; le museau 
égale le diamètre de l'œil et fait le quart de la longueur de la tète; la 
bouche est au niveau du bord inférieur de l'œil ; sa largeur est com- 
prise 4 1/2 fois dans la longueur de la tête ; les dents sont très petites et 
faiblement échancrées, au nombre de 5 à la mâchoire supérieure, de 6 
à l'inférieure ; le menton porte un petit appendice cutané globuleux ; 
l'œil est assez grand, son diamètre égale les 2/3 de la largeur intero- 
culaire. La nageoire dorsale comprend 29 rayons ; elle est élevée et 
pointue en avant, son bord libre est échancré. L'anale, à 27 à 29 rayons, 

(1) C'est par erreur que j'ai indiqué (/. c.) 8 écailles autour du pédicule caudal. 

(2) Le directeur bien connu de la maison de commerce hollandaise à Kinshassa, 
établi au Congo depuis le 15 août 1875. De 1886 à 1890, M. Greshoff a fait des en- 
vois importants de poissons au Musée zoologique de l'université d'Utrecht, où 
ils ont été décrits par M lle Louise Schilthuis, à cette époque conservatrice des col- 
lections. Les types des espèces nouvelles décrites par M lle Schilthuis ont passé 
depuis, par voie d'échange, dans la collection du British Muséum. 



102 MORMYRIDiE 

de même forme que la dorsale, commence sous le4 me ou le 6 me rayon de 
celle-ci. La pectorale est pointue,, un peu plus longue que la tête et 
mesure le double de la ventrale, dont elle atteint presque l'extrémité. 
La caudale, écailleuse sur la moitié basilaire, a les lobes longs et 
pointus. Le pédicule caudal est 4 fois aussi long que haut et aussi long 
que la tète. 42 ou 43 écailles le long de la ligne latérale, -^- en série 
transversale sur le corps, ^ entre la dorsale et l'anale, 8 autour du 
pédicule caudal. 

La coloration est semblable à celle de G. Moorii et de G. Schilt- 
huisiœ. Le corps est brun, plus foncé en avant; une bande verticale 
brun foncé s'étend des premiers rayons de la dorsale aux premiers 
rayons de l'anale; le pédicule caudal est noirâtre dans ses deux tiers 
antérieurs, jaunâtre à la base de la nageoire caudale; les nageoires 
sont grises. 

Un seul exemplaire, mesurant 10 centimètres, a été rapporté par 
Delhez. Il provient de Kutu, lac Léopold IL Un second exemplaire, 
mesurant i5 centimètres, provenant de Diélé sur l'Alima, rive droite 
du Congo, fait partie de la belle collection rapportée par M. de Brazza 
au Muséum de Paris 

G. Kutuensis se distingue de G. Moorii et de G. Schilthuisiœ par la 
nageoire dorsale plus développée que l'anale et commençant en avant 
de celle-ci. Ce caractère le rapproche de G Greshoffi, qui en diffère 
par les écailles beaucoup plus petites. 

12. GNATHONEMUS TAMANDUA. 

Mormyrus tamandua, Gûnth. Proc. Zool. Soc 1864, p. 22, pi. Il, fig. 1. 
Gnathonemus tamandua, Bouleng. Ann. Mus Congo, Zool. I, pi. II (1898), et 
Proc. Zool. Soc. 1898, p. 809. 

La hauteur du corps est comprise 4 à 4 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de Iatète4à4 i/3 fois. Le profil supérieur de la tête 
descend en forte courbe ; le museau est très prolongé en tube, fortement 
comprimé, courbé vers le bas, sa longueur 1 2/3 à 2 fois dans celle 
de la partie postoculaire de la tête, 4 ou 5 fois son moindre diamètre 
vertical, qui égale le diamètre de l'œil; le menton se termine en 
appendice cutané comprimé, dont la longueur égale le diamètre de 
l'œil ; la bouche est très petite ; les dents sont très petites, coniques, 
au nombre de 3 à la mâchoire supérieure, de 4 à l'inférieure ; le 
diamètre de l'œil est compris 6 fois dans la longueur de la tête et égale 
les 3/4 de la largeur interoculaire. La dorsale, à 26 à 3o rayons, com- 
mence au-dessus des 6 me à 8 me rayons de l'anale; sa longueur est 



GNATHONEMUS Iû3 

comprise i 1/2 à 1 4/5 fois dans sa distance de la tête. L'anale, à 2g à 
34 rayons, est plus rappochée de la base de la caudale que de celle de 
la ventrale; comme la dorsale, elle est beaucoup plus élevée en avant 
qu'en arrière. La pectorale, obtusément pointue, mesure les 3/5 ou les 
2/3 de la longueur de la tête et s'étend au delà de la base de la ventrale. 
La caudale est en grande partie couverte d'écaillés ; les lobes sont 
longs et pointus. Le pédicule caudal est 3 1/2 fois aussi long que 
haut et mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête. 70 à 80 
écailles le long de la ligne latérale, prg-, en série transversale sur le 
corps, ^= entre la dorsale et l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 

Brunâtre en dessus, plus clair en dessous (en alcool) ; une bande 
verticale foncée, plus au moins distincte, parfois élargie et subrhom- 
bo'idale, entre le commencement de la dorsale et l'anale. 

Longueur totale : 23 centimètres. 

Découverte au Vieux-Calabar, cette espèce a été retrouvée dans le 
Bas-Congo par M. Greshoff et par le capitaine Bove, à Upoto par 
M. le capitaine Wilverth, et à Mokaka, sur la Sanga, affluent de la 
rive droite du Congo, par la mission de l'Ouest africain sous la direc- 
tion de M. de Brazza. 

D'après M. Greshoff, le nom indigène à Borna est Lukunku. 

i3. GNATHONEMUS MIRUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. 1, p. n, pi. Ill, fig. 2(1898). 

La hauteur du corps est comprise 3 1/2 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 fois. Le profil supérieur de la tête descend en 
forte courbe ; le museau est très prolongé en tube fortement comprimé 
et courbé, sa longueur est le double de celle de la région postoculaire 
de la tête et le triple de sa moindre hauteur, qui est le double du diamè- 
tre de l'œil ; ce dernier est compris une fois et demie dans la largeur 
de la région interorbitaire ; le menton porte un long appendice com- 
primé, atténué, mesurant presque les trois quarts de la longueur du 
museau; la bouche, très petite, n'a qu'un petit nombre de dents 
minuscules et coniques : 3 à la mâchoire supérieure, 4 à l'inférieure. 
La nageoire dorsale est composée de 34 rayons, le premier tombant 
au-dessus du 4 e de l'anale ; la longueur de sa base est comprise une 
fois et demie dans la distance qui la sépare de la tête. La nageoire 
anale, composée de 35 rayons, est située à distance égale des nageoires 
ventrales et de la caudale. La nageoire pectorale est pointue, mesure 
les 2/3 environ de la longueur de la tête, le double de la longueur de 
la ventrale et s'étend au delà de la base de celle-ci. La nageoire eau- 



IP4 : iMORMYRIDvE ; 

dale est en grande partie couverte de petites écailles , et les lobes en 
sont pointus. Le pédicule caudal est 3 fois aussi long que haut et 
mesure les 2/3 de la longueur de la tête. 7.8 écailles le long de la ligne 
latérale, -^- en série transversale sur le corps, -^- entre la nageoire 
dorsale et l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 

Uniformément brunâtre (en alcool). 

Le spécimen unique, d'Upoto, mesure 52 centimètres de longueur 
totale. Il provient des récoltes de M. le capitaine Wilverth. 

14. GNATHONEMUS ELEPHAS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool, I, p. 12, pi. V, fig. 1 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 3 à 4 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 à 5 fois. Le profil supérieur de la tète descend 
en très forte courbe ; le museau est très prolongé en tube, fortement 
comprimé, dirigé en bas, parfois même à angle droit au contour infé- 
rieur de la tête; la longueur du museau est près du double de celle de 
la région postoculaire de la tête et 3 ou 4 fois son moindre diamètre 
(perpendiculaire à l'axe), ce dernier égalant une fois et demie le diamè- 
tre de l'œil; la largeur de la région interorbitaire égale une fois à une 
fois et demie le diamètre de l'œil ; un court appendice charnu, obtus 
ou atténué, sous la mâchoire inférieure, cet appendice n'étant guère 
plus long que le diamètre de l'œil; la bouche est très petite; 3 dents 
minuscules et coniques à la mâchoire supérieure, 4 à l'inférieure. 
La nageoire dorsale, à 3i à 35 rayons, commence au-dessus du 
5 e rayon de l'anale, et sa longueur est d'un tiers ou de 2/5 moindre 
que la distance qui la sépare de la tête; ses rayons antérieurs sont 
plus ou moins prolongés, donnant à la nageoire un aspect falciforme. 
L'anale, à 33 à 37 rayons, pointue en avant mais moins prolongée que 
la dorsale, est à distance égale de la base de la ventrale et de la cau- 
dale ou un peu plus rapprochée de celle-ci. La nageoire pectorale est 
pointue, à peine plus courte que la tête, deux fois plus longue que la 
ventrale, et s'étend au delà de la base de celle-ci. La nageoire caudale 
est en grande partie couverte de petites écailles et les lobes en sont 
longs et pointus. Le pédicule caudal est 3 fois aussi long que haut et 
aussi long que la tête ou un peu plus court. 70 à 80 écailles le long de 
la ligne latérale, —^ en série transversale sur le corps, ~^ 
entre la dorsale et l'anale, 12 autour du pédicule caudal. 

Les jeunes ont une livrée très remarquable : sur le corps brun jau- 
nâtre ou olive se détache un dessin noir bordé de jaune clair. Une 



GNATHONEMUS i o5 

bande noire sur la ligne latérale s'épanouit entre l'origine des nageoires 
dorsale et anale en une grande tache rhomboïdale, dont la bordure 
claire s'étend sur les premiers rayons de ces nageoires, les plus longs 
rayons' étant noirs, les suivants jaunes; dessus et dessous de la queue 
noirs; pectorale et ventrale à bande noire bordée de jaune; caudale 
noire, bordée de jaune. Ce dessin disparaît graduellement avec l'âge, 
les tout grands individus étant uniformément brunâtres ou olivâtres 
en dessus, blanchâtres à reflets rosés ou lilas en dessous. Delhez note 
la pupille tantôt comme jaune d'œuf ou orange, tantôt comme noire; 
l'iris est argenté, à reflets iridescents. 

Longueur totale : 40 centimètres. 

Les types proviennent d'Upoto, Haut-Congo (collection Wilverth). 
Delhez en a rapporté des individus des marais aux environs de 
Borna, d'Irebu, (nom indigène, N'toko), et de Kutu (nom indigène, 
Lubango); péché, à cette dernière localité, près des chirribecks indi- 
gènes, où il se nourrit de détritus. 

i5. GNATHONEMUS RHYNCHOPHORUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 12, pi. V, fig. 2 (1898). 

La hauteur du corps égale la longueur de la tète et est comprise 
3 4/5 à 4 fois dans la longueur totale. Le profil supérieur de la tète 
descend en forte courbe ; le museau est très prolongé en tube, forte- 
ment comprimé, courbé, sa longueur 1 1/2 à 2 i/3 fois celle de la 
région postoculaire de la tête, 5 à 7 fois son moindre diamètre 
perpendiculaire à l'axe, ce dernier presque égal au diamètre de l'œil; 
la largeur de la région interorbitaire égale une fois et demie le dia- 
mètre de l'œil ; un appendice comprimé, à peu près aussi long que 
l'œil, sous la mâchoire inférieure; la bouche est très petite; 3 ou 
5 dents minuscules et coniques à la mâchoire supérieure, 4 à l'infé- 
rieure. La nageoire dorsale, à 27 à 3i rayons, commence au-dessus 
des 6 e à 10 e rayons de l'anale et sa longueur égale les 2/3 ou les 3/5 de 
la distance qui la sépare de la tête. L'anale, à 3 1 à 35 rayons, est à 
peu près à distance égale de la ventrale et de la caudale ; comme la 
dorsale, elle est élevée et pointue en avant. La nageoire pectorale est 
obtusément pointue, beaucoup plus courte que la tête et s'étend au 
delà de la racine de la ventrale. La nageoire caudale est en grande 
partie couverte de petites écailles et les lobes en sont longs et pointus. 
Le pédicule caudal est 3 à 3 1/2 fois aussi long que haut et mesure la 
1/2 ou les 2/3 de la longueur de la tête. 75 à 85 écailles le long de 
la ligne latérale, 1 ~ en série transversale sur le corps, 2 ^ entre 

o ' 00-02 r ' 20-20 



IOÔ MORMYRIDvt: 

la nageoire dorsale et l'anale, 16 ou 18 autour du pédicule caudal. 

La couleur, chez les individus conservés, est d'un brunâtre pâle, 
avec une bande foncée très indistincte s'étendant en travers entre la 
nageoire dorsale et l'anale, comme chez G.tamandua, espèce qui se 
distingue de la présente par le museau plus court et les écailles plus 
grandes et par suite moins nombreuses en travers du corps et autour 
du pédicule caudal. Delhez représente ce poisson comme olive en 
dessus, blanc violacé en dessous ; pupille orange, iris violet pâle. 

Longueur totale : 38 centimètres. 

Les types, au nombre de quatre, proviennent d'Upoto (Haut- 
Congo), par M. Wilverth. La collection de Delhez en renferme 
trois exemplaires de petite taille (18 à 22 centimètres), de Borna. 

16. GNATHONEMUS CURV1ROSTRIS. (PL V, fig. 1). 

Bouleng Ami. Mus. Congo, I, p. 13, pi. VI, fig. 1 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 4 2/3 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 3 1/2 fois. Le ppofil supérieur de la tête 
descend en forte courbe; le museau est très prolongé en tube 
fortement comprimé et courbé, sa longueur égale 3 1/2 fois la lon- 
gueur de la région postoculaire de la tête et 12 fois son moindre 
diamètre (perpendiculaire à l'axe), ce dernier excédant un peu le dia- 
mètre de l'oeil ; la largeur de la région interorbitaire est presque 
le double du diamètre de l'œil; l'appendice charnu du menton est 
comprimé, sa longueur égale une fois et demie le diamètre de l'œil; 
la bouche est très petite; les dents, minuscules et coniques, sont au 
nombre de 3 à la mâchoire supérieure, de 4 à l'inférieure. La nageoire 
dorsale, à 32 rayons, commence au-dessus du 10 e rayon de l'anale et 
sa longueur est comprise 1 1/2 fois dans la distance qui la sépare 
de la tête. L'anale, à 36 rayons, est située à distance égale de la 
ventrale et de la caudale ; comme la dorsale, elle est élevée et pointue 
en avant. La nageoire pectorale est pointue, de moitié plus courte que 
la tète, et s'étend au delà de la base de la ventrale, qui ne mesure que 
le quart de la longueur de la tète. La nageoire caudale est en grande 
partie couverte d'écaillés et les lobes en sont pointus. Le pédicule 
caudal est 4 fois aussi long que haut et mesure plus de la moitié de 
la tête, go écailles le long de la ligne latérale, — en série transversale 
sur le corps, — entre la nageoire dorsale et l'anale, 16 autour du 
pédicule caudal. 

Le spécimen unique, de Matadi, long de 37 centimètres, est bru- 
nâtre en dessus, blanchâtre en dessous. Il provient de la collection de 
MM. Wilverth et Wagenaar. 





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GNATHONEMUS 107 

17. GNATHONEMUS NUMENIUS (PI. V, fig. 2). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 14, pi. VI, fig. 2 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 4 2/3 à 5 fois dans la 
longueur totale, la longueur de la tête 2 2/5 à 2 1/2 fois. Le profil 
supérieur de la tète est convexe ; le museau est prolongé en un 
tube extrêmement long, comprimé, faiblement courbé, rappelant 
par sa forme le bec du Courlis (Numenius) ; sa longueur est 
5 à 5 1/2 fois celle de la région postoculaire de la tête et 20 fois 
son moindre diamètre vertical, qui égale le diamètre de l'œil ; la 
largeur de la région interoculaire égale une fois et demie le diamètre 
de l'œil; un appendice cutané comprimé à la mâchoire inférieure, 
presque aussi long que l'œil ; la bouche est très petite ; les dents, 
très petites et coniques, sont au nombre de 7 à la mâchoire supé- 
rieure, de 4 ou 6 à l'inférieure. La nageoire dorsale, à 27 à 34 rayons, 
commence au-dessus du 8 e ou du 9 e rayon de l'anale et sa longueur 
est comprise 1 2/3 à 1 3/4 fois dans la distance qui la sépare de la 
tête. L'anale, à 29 à 37 rayons, est à distance égale de la ventrale 
et de la caudale; comme la dorsale, elle est élevée en avant. La 
nageoire pectorale est pointue, mesure moins de la moitié de la lon- 
gueur de la tête, près du double de la longueur de la ventrale, et atteint 
presque l'extrémité de celle-ci. La nageoire caudale est en grand partie 
couverte de petites écailles et les lobes en sont obtusément pointus. Le 
pédicule caudal est 3 fois aussi long que haut et sa longueur est com- 
prise 2 à 3 fois dans celle de la tête. 76 à 81 écailles le long de la ligne 
latérale, '-^ en série transversale sur le corps, '4^| entre la nageoire 

' 24-20 r ' i5-i8 ° 

dorsale et l'anale, 16 autour du pédicule caudal. 

Brunâtre en dessus, blanchâtre en dessous. 

Longueur totale : 61 centimètres. 

Deux spécimens d'Upoto, Haut-Congo (coll. Wilverth), ont servi de 
types à cette curieuse espèce. J'en ai reçu depuis trois jeunes, mesu- 
rant de 9 à 16 centimètres, provenant du Stanley-Pool ; l'un d'eux a 
été recueilli à Dolo par Delhez, qui a noté que les indigènes le 
nomment Koti. Ces jeunes, reconnaissables à leur bec presque droit, 
diffèrent des adultes par l'allongement moins considérable de celui-ci, 
sa longueur n'étant que le double de celle de la partie postoculaire de 
la tête et 5 ou 6 fois son moindre diamètre vertical. Comme chez G. ta- 
mandua, une barre verticale foncée s'étend du commencement de 
la dorsale à celui de l'anale; le corps est violet foncé, plus clair en 
dessous et près de la barre verticale, ainsi qu'à la base de la caudale ; 
les nageoires sont d'un gris-brun assez foncé. 



108 GENYOMYRUS 

7. GENYOMYRUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 17 (1898), et Proc. Zool. Soc. 1898, p. 820. 

Dents très petites, grêles, coniques, disposées irréguliè- 
rement en plusieurs rangées, villiformes ou en râpe ; ces 
dents, comme celles qui arment le parasphénoïde et la 
langue, en partie cachées sous les muqueuses ; bouche ter- 
minale. Narines modérément espacées, distantes de l'œil. 
Corps modérément allongé ; nageoires ventrales plus rap- 
prochées des pectorales que de l'anale. Nageoires dorsale 
et anale subégales. Colonne vertébrale divisée en 3 régions; 
vertèbres au nombre de 49 (1 3 -f 7 f 29). 

Ce genre, qui ne renferme qu'une espèce connue, diffère de tous les 
autres Mormyres par sa dentition. Autrement, ses caractères sont ceux 
des Gnathonemus. 

1. GENYOMYRUS DONNY1 (PL VI, fig. 1). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 17, pi. IX (1898). 

La hauteur est comprise 3 i/3 à 4 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 3 3/4 à 4 i/3 fois. La tète est une demi-fois plus 
longue que haute, le profil supérieur en est droit ou légèrement con- 
vexe; le museau est rétréci, prolongé, sa longueur 2 1/2 à 3 fois sa 
moindre hauteur ; la bouche est terminale ; le menton porte un appen- 
dice cutané atténué en pointe, dont la longueur égale presque celle du 
museau ; cet appendice est dirigé en avant; l'œil, de grandeur 
moyenne, occupe le milieu de la longueur de la tête, son diamètre est 
compris 3 à 3 1/2 fois dans la longueur du museau et 1 1/2 à 2 fois 
dans la largeur de l'espace interoculaire. La nageoire dorsale se com- 
pose de 3 1 à 36 rayons ; elle commence légèrement en arrière de l'origine 
de l'anale (au-dessus du 3 e ou 4 e rayon) et sa longueur est comprise 

I 1/2 à 1 2/3 fois dans la distance qui la sépare de la tête. La nageoire 
anale comprend 36 à 38 rayons; elle est située à distance égale de l'extré- 
mité de la ventrale et de la racine de la caudale. La nageoire pectorale 
est obtusément pointue ; elle mesure les 2/3 de la longueur de la tête, 
un peu plus du double de la longueur de la ventrale, et s'étend au delà 
de la racine de celle-ci. La nageoire caudale est couverte de petites 
écailles et les lobes en sont arrondis. Le pédicule caudal est 3 fois aussi 
long que haut et mesure un peu plus de la moitié de la longueur de la tête. 

II y a 78 à 82 écailles le long de la ligne latérale, ^^ en série trans- 



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MORMYRUS 109 

versale sur le corps, Jf^ entre la nageoire dorsale et l'anale, 12 autour 
du pédicule caudal. 

Les spécimens observés par Delhez étaient violet foncé en dessus, 
plus clair en dessous, les nageoires brunâtres. 

Longueur totale : 45 centimètres. 

Cette espèce remarquable, dédiée à M. le général Donny, président 
de la Société d'études coloniales, a été découverte par M. Wilverth à 
Upoto (Haut-Congo), où elle porte le nom de Danki. Delhez en a rap- 
porté deux individus de Kutu (lac Léopold II), où le nom indigène est 
Monloko. Elle atteindrait une longueur de 60 centimètres. Delhez a 
péché ces poissons à l'endroit où l'on jette les déchets de cuisine et les 
détritus de toute espèce ; ils recherchent ces matières en putréfaction et 
se nourrissent, en outre, de petits mollusques et de vers. 

8. MORMYRUS. 

Linné, Syst. Nat. I, p. 522 (1766), part.; Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, 
p. 2 (1898), et Proc. Zool. Soc. 1898, p. 812. 

Scrophicephalus, Swainson, Nat. Hist. Fish. II, p. 187(1839) 

Mormyrodes. Gill, Proc. Ac. Philad. 1864, p. 139. 

Solenomormyrus, Bleeker, Versl. Ak. Amsterd. (2) VIII, 1874, p. 368. 

Dents petites, échancrées, peu nombreuses (5 à 8 à la 
mâchoire supérieure, 8 à 14 à l'inférieure); des dents 
petites et coniques sur le parasphénoïde et sur la langue ; 
bouche terminale. Narines modérément espacées, dis- 
tantes de l'œil. Corps modérément allongé; nageoires 
ventrales à égale distance des pectorales et de l'anale, ou 
plus rapprochées de celles là. Nageoire dorsale très allon- 
gée; anale courte, en mesurant moins de la moitié. 
Colonne vertébrale divisée en 3 régions ; vertèbres au 
nombre de 49 à 55 (12-14 -f 7-10 + 3o-32). 

Des i3 espèces connues de ce genre, 5 seulement ont été rencontrées 
au Congo ; encore n'y en a-t-il que 3 qui soient propres à ce bassin, 
les 2 autres habitant aussi l'une le Nil et le Gabon, l'autre le Nil et le 
Zambèze. Des espèces étrangères 3 sont du Nil, une de la Sénégambie 
et du Niger ( 1), une d'Angola, une de la rivière. Adi (Afrique orientale) 
et deux de l'Afrique occidentale sans désignation précise. 

(1) Depuis la publication de ma révision des espèces de Mormyres, j'ai pu me 
convaincre que Mormyrus Jubelini, C et V., est synonyme dé M. rume, C et V. 



no MORMYRUS 



Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

I. D. 53-70, 21/233 fois aussi longue que l'anale, commençant au-dessus, ou un 
peu en avant des ventrales; A. 23-26. 

D. 53; museau plus court que fa région postocu- 
laire de la tête; 16 écailles autour du pédicule 
caudal \. M. ovis, Blgr. 

D. 62-70; museau aussi long ou un peu plus long 
que la région postoculaire de la tête; 12 ou 
14 écailles autour du pédicule caudal .... 2. M. caballus, Blgr. 

II. D. 71-87,5 à 6 fois aussi longue que l'anale, commençant bien en avant des 
ventrales; A. 18-20; museau très allongé. 

D. 71-78; 20-26 écailles autour du pédicule caudal, 

qui mesure à peu près la moitié de la longueur de 

la tête 3. M. longirostris, Ptrs. 

D. 80-87; 2^-30 écailles autour du pédicule caudal, 

qui mesure à peu près la moitié de la longueur de 

la tête 4. M. caschive, Hasselq. 

D. 75-82 ; 18-20 écailles autour du pédicule caudal, 

qui ne mesure pas plus du tiers de la longueur de 

la tête $.-M. proboscirostris, Blgr. 

1. MORMYRUS OVIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 15, pi. VII, fig. 2 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 4 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 4 3/4 fois. La tête est d'un quart plus longue que 
haute, à profil supérieur fortement courbé, rappelant par sa forme la 
tête du mouton ; le museau est court, mesurant les 2/3 de la longueur 
de la région postoculaire de la tête; la bouche est petite et terminale; 
les dents, très petites et à bord échancré, sont au nombre de 5 à la 
mâchoire supérieure, de 8 à l'inférieure ; le diamètre de l'œil est com- 
pris 4 1/2 fois dans la longueur de la tête. La nageoire dorsale com- 
prend 53 rayons, commence au-dessus de la racine des ventrales, dépasse 
un peu en longueur la distance qui la sépare du bout du museau, et 
mesure 2 1/2 fois la longueur de l'anale. Celle-ci compte 23 rayons et 
commence un peu plus près de la tête que de la racine de la caudale. 
La nageoire pectorale est obtusément pointue et mesure les 3/4 de la 
longueur de la tête, tandis que la ventrale en mesure les 3/5. La 
nageoire caudale, à lobes obtusément pointus et en grande partie cou- 
verts d'écaillés, est aussi longue que la tête. Le pédicule caudal est 
2 1/2 fois aussi long que haut et mesure les 3/4 de la longueur de la 
tête. Il y a 92 écailles le long de la ligne latérale, -^- en série trans- 



MORMYRUS i I I 



versale sur le corps, 29 entre la nageoire dorsale et l'anale, 16 autour 
du pédicule caudal. 

Le seul spécimen connu, long de 29 centimètres, est uniformément 
roussâtre après séjour dans la liqueur conservatrice. Il a été recueilli 
à Upoto par M. le capitaine Wilverth. 



2. MORMYRUS CABALLUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. îG, pi. VIII, fig. 1 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 3 3/5 à 3 4/5 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 3/5 à 5 fois. Le profil supérieur de la 
tête descend en ligne courbe; le museau est aussi long ou un peu plus 
long que la région postoculaire de la tête, 3 à 4 fois aussi long que le 
diamètre de l'œil chez l'adulte, 2 à 2 1/2 fois chez le jeune; la bouche 
est très petite, terminale, cachée sous des lèvres épaisses; les dents 
sont petites, à bord échancré, au nombre de 5 ou 7 à la mâchoire supé- 
rieure, de 8 ou 10 à l'inférieure; le diamètre de l'œil est compris 5 
(jeune) à 9 fois dans la longueur de la tête, 1 1/4 à 1 1/2 fois dans la 
largeur de l'espace interoculaire. La nageoire dorsale, à 62 à 70 rayons, 
commence au-dessus ou un peu en avant de la racine des ventrales, égale 
ou dépasse en longueur la distance qui la sépare du bout du museau, 
et mesure 2 3/4 à 3 fois la longueur de l'anale. Celle-ci, à 23 à 26 rayons, 
commence à distance égale de la tête et de la nageoire caudale. 
La nageoire pectorale est arrondie ou obtusément pointue, mesure la 
moitié ou les 3/5 de la longueur de la tête chez l'adulte, les 2/3 chez 
le jeune ; elle est 1 1 /4 à 1 i/3 fois aussi longue que la ventrale. La nageoire 
caudale est en grande partie couverte de petites écailles et les lobes en 
sont obtusément pointus. Le pédicule caudal est 2 1/2 à 3 fois aussi 
long que haut et mesure la moitié (adulte) ou les 2/3 (jeune) de la lon- 
gueur de la tête. 85 à 100 écailles le long de la ligne latérale, ^g^g en 
série transversale sur le corps, 32 a 36 entre la nageoire dorsale et 
l'anale, 12 ou 14 autour du pédicule caudal. 

Les aquarelles de Delhez représentent ce poisson comme olive, 
verdàtre ou bleuâtre en dessus, jaunâtre ou lilas sur les côtés, blanc 
en dessous, les nageoires rosées ou grisâtres. Pupille orange ou gris- 
orangé, lumineuse; iris argenté. 

Cette espèce a été décrite d'après un spécimen unique, de 5o centi- 
mètres, recueilli à Upoto par M. Wilverth. 7 autres ont été rapportés 
par Delhez de Borna, de Matadi et de Kutu (lac Léopold II). Se 
nomme Modobudola à Upoto, Lisèsé à Matadi, Lojpali à Kutu. 



112 MORMYRUS 



3. MORMYRUS LONGIROSTRIS. 

Mormyrus longirostris, Peters, Mon. Berl. Ac. 1852, p. 275, et Reise n. 
Mossamb. IV, p. 83, pi. XVI, fig. 3 (1868); Bouleng. Proc. Zool. Soc. 1898, p. 817. 

Mormyrus mucupe, Peters, 11. ce. pp. 275, 87, pi. XVI, fig. 1. 

Mormyrus Geoffroy i, Gùnth. Cat. Fish. VI, p. 216(1866) 

Mormyrus oxyrhynchus, (non Geoffr.), Schilthuis, Tijdschr. Nederl. Dierk. 
Ver. (2) III, 1891, p. 84 

La hauteur du corps est comprise 3 2/3 à 5 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4341/2 fois. La tête est 1 i/3 à 1 2/3 fois 
aussi longue que haute, à profil supérieur courbé ou presque droit, plus 
ou moins déclive; museau prolongé, aussi long ou un peu plus long 
que la partie postoculaire de la tête, sa longueur 2 à 3 1/2 fois son 
moindre diamètre vertical ; la bouche est très petite, la mâchoire infé- 
rieure dépassant un peu la supérieure ; les dents sont petites et échan- 
crées, au nombre de 5 ou 7 à la mâchoire supérieure, de 8 à 10 à l'infé- 
rieure ; l'œil est de moyenne grandeur, son diamètre à peu près la moi- 
tié de la largeur interoculaire. Dorsale à 71 à 78 rayons, commençant 
en avant des ventrales, 5 à 5 1/2 fois aussi longue que l'anale, 1 1/6 à 
1 1/4 fois aussi longue que sa distance du bout du museau. L'anale, à 
18 à 20 rayons, commence à égale distance de la base de la pectorale 
et de celle de la caudale. La pectorale est pointue ; elle mesure les 3/5 
ou les 2/3 de la longueur de la tête, la ventrale en mesurant les 2/5 ou 
la moitié. La caudale, presque entièrement couverte d'écaillés, a les 
lobes pointus. Le pédicule caudal est deux fois aussi long que haut et 
mesure à peu près la moitié de la longueur de la tête. q5 à 108 écailles 
le long de la ligne latérale, -|j- en série transversale sur le corps 
40 à 5o entre la dorsale et l'anale, 20 à 26 autour du pédicule caudal. 

Les spécimens conservés en alcool sont olivâtres en dessus, blan- 
châtres en dessous. Peters décrit la coloration des sujets frais du 
Zambèze comme d'un vert sale à reflets métalliques jaune mat en 
dessus, d'un blanc argenté en dessous, l'iris argenté. 

Longueur totale : 55 centimètres. 

Ce poisson a une distribution géographique des plus étendues, car 
il est connu du Nil, du Zambèze et du Congo, où il a été recueilli au 
Stanley- Pool par M. Greshoff. Il a été aussi observé dans le lac Moero 
par la mission Lemaire, à en juger par un croquis exécuté par 
M. Dardenne, et le British Muséum en a reçu un grand individu du 
même lac par les soins de M. Alfred Sharpe. 



MORMYRUS i 1 3 



4. MORMYRUS CASCHIVE. 

Hasselq. Iter Palaest. p. 398 (1757); Cuv. et Val. Hist. Poiss. XIX, p. 227 (1846); 
Gûnth. Cat. Fish. VI, p. 215 (1866); Bouleng. Proc. Zool. Soc. 1898, p. 815. 

Mormyrus longipinnis, Rùppell, Fortsetz. Beschr. n. Fische Nil, p. 7, pi. I, 
fig. 2 (1832). 

La hauteur du corps est comprise 4 à 5 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 à 4 2/3 fois. Profil supérieur de la tête 
déclive, droit ou faiblement courbé ; museau prolongé, à peu près aussi 
long que la partie postoculaire de la tête, sa longueur 2 à 4 fois son 
moindre diamètre vertical ; bouche très petite, à lèvres épaisses ; dents 
petites, échancrées, au nombre de 5 ou 7 à la mâchoire supérieure, de 
8 ou 10 à l'inférieure; œil de grandeur moyenne, son diamètre à peu 
près la moitié de la largeur interoculaire. Dorsale à 80 à 86 rayons, 
commençant en avant des ventrales, 5 1/2 à 6 1/4 fois aussi longue que 
l'anale, 1 i/3 à 1 3/5 fois sa distance du bout du museau. Anale à 18 à 
20 rayons, commençant à égale distance de la base de la pectorale et 
de celle de la caudale. La pectorale est obtusément pointue ; elle 
mesure les 2/3 de la longueur de la tête, la ventrale en mesure la 
moitié. La caudale, presque entièrement couverte d'écaillés, a les 
lobes pointus. Le pédicule caudal est 1 3/4 à 2 fois aussi long que 
haut et mesure la moitié de la longueur de la tête. 100 à i3o écailles 
le long de la ligne latérale, ^| en série transversale sur le corps, 
3o à 45 entre la dorsale et l'anale, 26 à 3o autour du pédicule caudal. 

Olivâtre en dessus, blanchâtre en dessous. 

Longueur totale : 52 centimètres. 

Ce Mormyre habite le Nil, le Gabon et le Congo. Le British Muséum 
l'a reçu de Monsembé, Haut-Congo, par les soins de M. Weeks. 

Cette espèce doit être considérée comme le type de la famille des 
Mormyres, car c'est celle qui a été décrite la première par Hassel- 
quist, sous le nom arabe de Caschive, par lequel les pêcheurs du Nil 
désignent la plupart des espèces de cette famille. C'est aussi un des 
Oxyrhinques, dont l'image figure si fréquemment sur les monu- 
ments des anciens Egyptiens, et dont on a trouvé de nombreuses 
reproductions en bronze exécutées avec plus ou moins d'exactitude. 

L'espèce voisine M. kannume, Forsk., également honorée des 
anciens Egyptiens, qui se distingue de M. caschive par sa dorsale 
plus courte (58 à 66 rayons), n'a pas été trouvée dans le bassin du 
Congo. 



ti4 MORMYRIthE 

5. MORMYRUS PROBOSCIROSTRIS (PI. VI, fig. 2). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 16, pi. VIII, fig. 2 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 4 1/4 à 4 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 2/3 à 3 4/5 fois. Le profil supérieur de 
la tête descend en ligne courbe ; le museau est très prolongé, rappelant 
une trompe, sa longueur excède un peu celle de la région postoculaire 
de la tête et mesure 3 1/2 84 1/2 fois son moindre diamètre vertical; 
la bouche est très petite, terminale, cachée sous des lèvres épaisses; les 
dents sont très petites, à bord échancré, au nombre de 5 ou 7 à la 
mâchoire supérieure, de 12 ou 14 à l'inférieure; l'œil est petit, son dia- 
mètre est compris 5 1/2 à 7 1/2 fois dans la longueur du museau, 
2 fois dans la largeur de la région interoculaire. La nageoire dorsale, 
à 75 à 82 rayons, commence bien en avant de la racine des ventrales; 
sa longueur est près de 5 fois plus grande que celle de l'anale et 
dépasse d'un quart la distance qui la sépare du bout du museau. 
L'anale, à 19 ou 20 rayons, commence à distance égale de la base de 
la pectorale et de celle de la caudale. La pectorale est obtusément 
pointue et mesure la moitié de la longueur de la tête, la ventrale en 
mesure le tiers. La caudale est couverte de petites écailles et les lobes 
en sont arrondis. Le pédicule caudal est 1 1/2 ou 2 fois aussi long que 
haut, il mesure le tiers ou moins du tiers de la longueur de la tête. 
95 à 100 écailles le long de la ligne latérale, "-^ en série transver- 
sale sur le corps, 32 à 36 entre la dorsale et l'anale, 18 ou 20 autour du 
pédicule caudal. 

La coloration paraît rosâtre, avec une large bande gris bleuâtre 
s'étendant tout le long du corps et de la queue. 

Longueur totale : 57 centimètres. 

Upoto, Haut-Congo. — Depuis la description de cette espèce d'après 
un spécimen unique, recueilli par M. le capitaine Wilverth, j'ai pu en 
examiner un second, plus petit, de même provenance. Comme chez 
tous les « Poissons à trompe » le museau est relativement plus allongé 
chez les grands individus que chez les petits, ce dont il faut tenir 
compte dans la distinction des espèces. 



NOTOPTERID^i 



3. NOTOPTERID^:. 



Bouche bordée par les prémaxillaires et les maxillaires, 
ceux-ci les plus développés. Os pariétaux formant une 
suture médiane et séparant le sus-occipital des frontaux ; 
une profonde cavité de chaque côté du crâne, entre le 
postfrontal et le squamosal ; symplectique présent ; pas de 
sous-operculaire ; interoperculaire petit, caché sous le 
préoperculaire. Pas de dents pharyngiennes. Côtes ses- 
siles ; des os accessoires (adpleuraux) attachés à l'extrémité 
des côtes antérieures, avec lesquelles ils peuvent être com- 
plètement confondus et qu'ils prolongent jusqu'à la ligne 
médiane, embrassés par les ossifications qui forment une 
double serrature ventrale ; épineuraux et épipleuraux pré- 
sents ; vertèbres précaudales munies d'apophyses trans- 
verses antérieures aux côtes. Nageoires pectorales se 
repliant contre les côtés du corps. Vessie natatoire com- 
muniquant avec l'oreille. Pas d'oviductes. 

Les deux genres, à formes si bizarres, qui constituent cette famille, 
ont le corps très comprimé, la région précaudale excessivement rac- 
courcie, la région caudale très allongée et atténuée ; les écailles sont 
très petites, cycloïdes et pourvues d'un réseau de petits canauxs 'anasto- 
mosant ; le ventre est armé d'une double rangée de petites épines sou- 
tenues par des lames osseuses qui s'étendent jusqu'à la hauteur de la 
nageoire pectorale, ces lames doubles et alternantes, non pas en che- 
vrons impairs comme chez les Clupéides. La ligne latérale est com- 
plète. Les os du crâne (nasaux, frontaux, postfrontaux, pré- et sous- 
orbitaires) et de la mandibule sont caverneux, forment de profondes 
rigoles ; le sur-temporal est mince et comprimé et se détache du crâne 
pour former une arcade s étendant du pariétal à l'articulation du post- 
temporal avec le sur-claviculaire; l'épiotique est prolongé en arrière 
en lame mince et lacinée. La bouche est grande; les prémaxillaires 
sont dépourvus de mobilité ; le maxillaire est grand, sans os supplé- 
mentaire; il est armé, ainsi que les prémaxillaires et les dentaires, 
d'une bande de dents petites et coniques bordées extérieurement de dents 
plus grandes ; des bandes de petites dents sont aussi présentes sur les 
vomers, les palatins, les ptérygoïdes et le parasphéno'ide ; deux bandes 
de dents fortes sur la langue. La membrane branchiostège s'étend, 



Il6 NOTOPTERIDvE 

avec ou sans échancrure, en travers de l'isthme ; les rayons branchio 
stèges'sont peu nombreux, variant de 3 à 9. Il n'y a pas de pseudo- 
branchies. La nageoire dorsale est petite ou absente ; l'anale, très 
allongée, commence immédiatement en arrière de l'anus et se confond 
avec la caudale, qui est peu développée et peut être considérée comme 
simple prolongement de celle-là, la caudale proprement dite ayant dis- 
paru. Les pectorales sont bien développées, mais les ventrales sont 
rudimentaires ou absentes. Les coracoïdes sont séparés sur toute leur 
longueur, ne formant pas une carène unique avant d'aboutir aux cla- 
viculaires. Les vertèbres sont au nombre de 70 à 80 (io-i5 -f- 56-65). 
J'en compte 80 (1 5 -f- 65) chez Notopterus afer, 70 (10 -f 60) chez 
Xenomystus Nigri. Le premier a 12 côtes, les deux antérieures très 
courtes, les 5 ou 6 suivantes longues et prolongées par les adpleu- 
raux (1), qui restent toujours distincts des côtes chez les espèces afri- 
caines; les côtes les plus développées sont fortement épaissies à la base; 
les épineuraux sont très minces et touchent presque à la base des côtes ; 
les épipleuraux sont très petits et insérés entre la base des côtes et les 
apophyses transverses. La dernière vertèbre caudale n'est aucunement 
modifiée pour supporter la nageoire caudale. L'estomac est court, 
pourvu de deux appendices pyloriques. La vessie natatoire est grande, 
divisée en plusieurs loges, bifide en arrière, prolongée de chaque côté 
de la région caudale jusqu'en arrière de la nageoire dorsale ; en avant 
elle émet deux petites cornes qui pénètrent dans les deux grandes 
cavités du crâne, sous le sac auditif. Les ovaires ne sont pas renfermés 
dans un sac : les œufs tombent librement dans la cavité abdominale. 
La plupart des auteurs ont rangé les Notoptèresdans le voisinage des 
Clupéides, ce qui est, d'ailleurs, parfaitement correct. Il y a cepen- 
dant un rapprochement plus intime à établir entre ces poissons et les 
Hyodontides (2), groupe qui a été, à tort, associé aux Ostéoglossides ou 
tout au moins placé dans leur voisinage immédiat. Les Notoptérides 
me semblent occuper vis-à-vis des Hyodontides une position analogue 
à celle qu'occupent les Mormyrides vis-à-vis des Albulides, c'est à-dire 
qu'ils peuvent en être considérés comme modification excentrique. 



(1) Ces éléments, que je désigne sous le nom d'adpleuraux, me semblent pouvoir 
être considérés comme les homologues des « épipleuraux du Hareng » de Owen 
(Comp. Anat. I. p. 43), « Hypacanthoïdes » de Baur (Anat. Anz. IX, 1S93, P- n ^)> 
« Lower Extracostal» de Smitt(Scand. Fish. II, p. 947). Voir aussi Aug. Mûller, 
Arch. f. Anat. u. Physiol. 1853, P- 2 ^°- Toujours est-il que les éléments en ques- 
tion n'ont point encore été signalés dans la position qu'ils occupent chez les 
Notoplères. 

(2) Gùnther, Cat. Fish. VII, p. 375 (1868); Jordan et Evermann, Fish. N. Amer. 
I, p. 412(1896). 



NOTOPTERUS 117 



1. NOTOPTERUS. 

Lacépède, Hist. Poiss. II, p. 189 (1800), part.; Cuv. et Val. Hist. Poiss. XXI, 
p. 119 (1848) ;Gunth. Cat. Fish. VII, p. 478(1868). 

Corps allongé et fortement comprimé, atténué en 
arrière, l'anus situé très en avant ; écailles petites et 
cycloïdes ; ligne latérale distincte ; une double série 
d'épines érectiles formant une serrature ventrale. Bouche 
grande, armée de dents petites et nombreuses ; des dents 
sur le vomer, les palatins, les ptérygoïdes, le parasphé- 
noïde et la langue ; narines largement séparées, la posté- 
rieure près de l'œil. Un tentacule à la narine antérieure. 
Pas de pseudobranchies. 6 à 9 rayons branchiostèges. 
Une très courte nageoire dorsale, située vers le milieu 
du corps. Nageoire anale très allongée, commençant 
immédiatement en arrière de l'anus, et confluente avec 
la caudale, qui est rudimentaire. Nageoires ventrales 
rudimentaires ou absentes. Vessie natatoire fourchue en 
arrière, prolongée assez loin de chaque côté de la région 
caudale. 

Ce genre ne renferme que 4 espèces, dont 3 sont propres au sud-est 
de l'Asie. 

Bien que les Notoptères soient très répandus, on ne possède pas de 
données sur leur reproduction et leur mode de développement, qui ne 
peuvent manquer d'offrir beaucoup d'intérêt. C'est une lacune à 
signaler à l'attention des voyageurs qui voudraient contribuer à l'avan- 
cement de la science. 

1. NOTOPTERUS AFER. 

Gûnth. Cat. Fish. VII, p. 480 (1868); Steind. Notes Leyd. Mus. XVI, 1894, p. 83. 

La hauteur du corps est comprise 4 1/2 à 5 1/2 fois dans la lon- 
gueur totale, la longueur de la tête 5 à 6 fois. Le profil supérieur de 
la tète est légèrement concave; le museau est aussi long, un peu plus 
long, ou un peu plus court que le diamètre de l'œil, qui est compris 
4 1/2 à 6 1/2 fois dans la longueur de la tête, 1 1/4 à 1 3/4 fois dans la 
largeur interoculaire ; tentacule nasal court et tronqué, mesurant la 



Il8 NOTOPTERID,E 

moitié ou les 2/5 du diamètre de l'œil ; maxillaire s'étendant jusqu'au 
dessous du bord postérieur de l'œil; dents aux mâchoires formant une 
bande étroite, celles de la série externe assez grandes ; dents linguales 
entremêlées de quelques grandes canines ; le préopercule seul 
a le bord inférieur denticulé. Membrane branchiale assez profondé- 
ment échancrée; 7 rayons branchiostèges. Branchiospines longues, 
au nombre de 8 ou 9 à la branche inférieure du premier arceau. Dor- 
sale petite, composée de 6 ou 7 rayons, située à égale distance du bout 
du museau et de la caudale, ou un peu plus rapprochée de celui-là. 
Anale à 1 1 3 à 1 3o rayons (y compris la caudale), les plus longs mesu- 
rant les 2/5 ou près de la moitié de la longueur de la tête ; sa base 
égale un peu moins de 3 fois sa distance du bout du museau. Pecto- 
rale mesurant 3/5 à 4/5 de la longueur de la tête. Ventrale absente. 
L'arête ventrale est formée de 35 à 40 paires d'épines très petites. Les 
écailles sont très petite: ; la ligne latérale en perce i3o à 1 65. 

Gris-olivâtre à noirâtre, à taches ou marbrures noires plus ou moins 
distinctes ; ces marbrures entourent parfois des taches claires. Iris 
noirâtre ; pupille orange. 

Longueur totale : 57 centimètres. 

Le Notopterus afer est connu de la côte occidentale d'Afrique 
depuis la Gambie jusqu'au Vieux-Calabar. Il a été trouvé pour la 
première fois au Congo par Delhez, à Kutu et à Ibali, lac Léopold II, 
où les indigènes le nomment Lolembé. Il vit au milieu des herbes 
dans les endroits marécageux et sa chair est bonne à manger. 

2. XENOMYSTUS. 

Gûnther, Cat. Fish. VII, p. 479 (1868). 

Très voisin du précédent, dont il ne diffère que par l'ab- 
sence de toute nageoire dorsale, et par la présence de trois 
rayons branchiostèges seulement. 

Espèce unique. 

1. XENOMYSTUS NIGRI. 

Notopterus Ni gri, Gùnth. 1. c. p. 481. 

Notopterus (Xenomystus) Nili, Steind. Sitzb. Akad. Wien, LXXXIII, I, 1881, 
p. 196, pi. IV, fig. 2. 
Notopterus (Xenomystus) Nigri, Steind. Notes Leyd. Mus. XVI, 1894, p. 85. 

La hauteur du corps est comprise 4 i/3 à 5 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 6 à 7 fois. Le museau est très court, plus 



XENOMYSTUS 



court que l'œil, dont le diamètre égale la largeur interoculaire et est 
compris 3 à 3 1/2 fois dans la longueur de la tête; tentacule nasal 
long et atténué, mesurant les 3/5 ou les 2/3 du diamètre de l'œil ; 
maxillaire s'étendant jusque sous le tiers antérieur ou le centre de l'œil; 
dents aux mâchoires formant une bande étroite, celles de la série 
externe assez grandes ; dents linguales médiocrement grandes ; préor- 
bitaire, sous-orbitaires, préopercule et mandibule à bords libres forte- 
ment denticulés; une arête denticulée au préopercule, parallèle au 
bord inférieur. Membrane branchiale s'étendant sans échancrure en 
travers de l'isthme. Branchiospines très courtes, tuberculeuses, au 
nombre de 9 à 1 1 à la branche inférieure du i er arceau. Anale à 108 
à 1 17 rayons (y compris la caudale), les plus longs mesurant près des 
3/4 de la longueur de la tête ; sa base égale environ 4 fois sa distance 
du bout du museau. Pectorale aussi longue que la tête ou un peu plus 
courte. Ventrale très petite, rudimentaire. L'arête ventrale est formée 
de 26 à 3o paires d'épines assez fortes. Les écailles sont très petites, 
surtout au-dessus de la ligne latérale, qui en perfore 120 à 142. 

Le poisson, en alcool, est d'un brun uniforme plus ou moins foncé. 
Des aquarelles de Delhez le représentent violet foncé ou d'un brun 
violacé, la nageoire anale d'un gris olivâtre; l'iris d'un vert bronzé 
foncé, la pupille parfois orange. 

Longueur totale : 20 centimètres. 

Décrite d'abord du Niger, cette espèce a été retrouvée dans le Haut- 
Nil, à Libéria, au Gabon et au Congo : à Monsembé par M. Weeks, 
à Kutu et à Ibali (lac Léopold II) par Delhez. Nom indigène au lac 
Léopold 1 1 : Boli ou Bodé. 

Ces poissons se tiennent principalement dans les herbes des criques 
marécageuses, où ils se nourrissent de vers et d'insectes ; leurs mouve- 
ments sont très vifs. 

Les caractères par lesquels X. Nigri se distingue des autres 
Notoptères me semblent d'une importance suffisante pour l'en séparer 
génériquement; cette séparation avait d'ailleurs été prévue par l'auteur 
du « Catalogue of Fishes », auquel nous devons les premières 
descriptions des Notoptères d'Afrique. 



120 PANTODONTID^E 



4. pantodontim;. 

Bouche bordée par le prémaxillaire, impair et très 
réduit, et les maxillaires, très développés. Os pariétaux 
formant une suture médiane et séparant le sus-occipital 
des frontaux; symplectique présent ; pas de sous-opercu- 
laire ni d'interoperculaire. Des dents pharyngiennes. Côtes 
insérées à la face postérieure de longues parapophyses ; 
des épineuraux; pas d'épipleuraux. Nageoires pectorales 
se repliant horizontalement, comme les ventrales (1), 
dont les rayons sont au nombre de 7. Vessie natatoire ne 
communiquant pas avec l'oreille. Des oviductes. 

Le genre unique, type de cette famille, se rapproche des Osteoglos- 
sidœ, dont il diffère par le prémaxillaire unique. L'aspect général est 
aussi très différent et rappelle plutôt les Cyprinodontidœ . Le maxil- 
laire, dépourvu d'os supplémentaire, est armé, sur toute sa longueur, 
d'une double rangée de dents aiguës; le prémaxillaire, les vomers, les 
palatins, les ptérygoïdes, le parasphénoïde, les dentaires et la langue 
sont armés de dents semblables, qui forment de grandes plaques sur 
les ptérygoïdes, le parasphénoïde et la langue. La joue est cuirassée par 
deux grands sous-orbitaires. La membrane branchiostège est libre 
mais s'étend en travers de l'isthme ; il y a 9 rayons branchiostèges. 
Pas de pseudobranchies. La tête est nue ; les écailles du corps sont 
grandes et cycloïdes ; la ligne latérale est complète. La nageoire dor- 
sale est petite et située très en arrière. Les nageoires ventrales sont 
situées immédiatement en arrière des pectorales, qui sont très grandes. 
Les coracoïdes s'unissent pour former une carène recourbée en cro- 
chet en arrière, où ils s'articulent à l'arcade mésocoracoïde, laquelle 
forme un arceau grêle en contact avec son semblable sur la ligne 
médiane. Les vertèbres sont au nombre de 3o (16 -f- 14); les précau- 
dales ont toutes, sauf la première, une forte apophyse transverse; les 
côtes commencent à la 5 e et finissent à la dernière précaudale. L'esto- 
mac est court, sans caecum La vessie natatoire est simple. 

(1) La position donnée aux pectorales sur la planche qui accompagne le descrip- 
tion de Peters est contraire à la nature. L'articulation de cette nageoire ne permet 
pas qu'elle soit dirigée en haut, ainsi que l'artiste a cru devoir la représenter. 



PANTODON 121 



i. PANTODON. 

Peters, Mon. Berl. Ac. 1876, p. 195. 

Corps médiocrement allongé, comprimé, aplati en 
dessus ainsi que la tête, caréné en dessous en arrière des 
ventrales ; écailles grandes et cycloïdes ; ligne latérale dis- 
tincte, à canaux droits et simples. Bouche grande, armée, 
ainsi que le palais et la langue, de petites dents aiguës ; 
narines largement séparées, la postérieure grande et près 
de l'œil; pas d'écaillés sur la tête, excepté sur l'occiput. 
Une très courte nageoire dorsale; anale plus allongée et 
située plus en avant. Nageoire pectorale très grande, à 
rayons peu nombreux, l'inférieur attaché à un processus 
charnu; nageoire ventrale à 6 rayons, située immédiate- 
ment en arrière de la pectorale. 

Espèce unique. 

i. PANTODON BUCHHOLZI. 

Peters, 1. c. p. 196, pi. — . 

La hauteur du corps est comprise 3 i/3 à 3 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur delà tête4a4 1/3 fois. La tête est plateen dessus, à profil 
supérieur droit et en pente très faible; le museau est plus court que 
l'œil, dont le diamètre est compris 3 1/2 fois dans la longueur de la 
tête et 1 2/3 fois dans la largeur interoculaire ; la bouche, très oblique 
et dirigée en haut, s'étend au delà du bord postérieur de l'œil ; la sym- 
physe mandibulaire vient se loger dans une échancrure entre les 
maxillaires, le prémaxillaire étant en retrait. La nageoire dorsale, 
formée de 6 rayons faibles, est insérée au-dessus des derniers rayons 
de l'anale et 3 1/2 ou 4 fois plus rapprochée de la nageoire caudale que 
de la tête; le 3 me rayon est presque aussi long que la tête. L'anale est 
formée de 1 2 à 14 rayons décroissant en longueur vers l'arrière. La pec- 
torale mesure la moitié ou les 2/5 de la longueur totale (sans la cau- 
dale); elle est formée de 8 rayons, dont le premier est le plus long, 
simple, fort; le rayon interne est très faible et simple, attaché à un 
épais processus triangulaire couvert d'écaillés à sa face externe. La 
ventrale comprend 7 rayons simples, dont les 4 premiers sont pro- 



122 PANTODONTID^ 

longés en longs filaments dépassant l'anale et atteignant parfois la 
caudale La caudale est pointue, très grande, les rayons médians près 
de deux fois aussi longs que la tète. Le pédicule caudal est aussi haut 
que long. 28 à 3o écailles le long de la ligne latérale, -~ en série 
transversale, 22 ou 23 entre l'occiput et la nageoire dorsale. 

Olivâtre en dessus, jaune ou argenté en dessous, plus ou moins 
teinté de rose carmin ; quelques points noirâtres sur le corps ; parfois 
des bandes foncées en travers du dos ; nageoires rose vif, à petites 
taches rondes d'un brun violacé, formant des bandes transversales sur 
les pectorales ; celles-ci teintées de violet foncé du côté interne et vers 
l'extrémité; des barres foncées en travers de la mâchoire inférieure. 
Iris carmin. 

Telle était la coloration, à leur arrivée, des individus, très bien 
conservés sous ce rapport, que m'a fait parvenir M. Weeks avec 
d'autres poissons du Haut-Congo destinés au British Muséum. 

Longueur totale : g5 millimètres. 

C'est dans la rivière Victoria, Cameroun, que ce très curieux petit 
poisson a été découvert. Le British Muséum l'a reçu depuis de l'embou- 
chure du Niger, du Vieux-Calabar, enfin de Monsembé, Haut Congo, 
par les soins du révérend J. H. Weeks. Le Muséum de Paris l'a 
reçu de Brazzaville. Il avait été trouvé pour la première fois sur le 
Congo, à Gantshu, par M. Jacques de Brazza, en puisant de l'eau 
pour boire (1). 

Par sa coloration si brillante et par le développement extraordi- 
naire de ses nageoires, le Pantodon ( Buchhol^i est certes un des plus 
jolis poissons du Congo, qu'on voudrait voir en aquarium, comme 
les Gouramis et les Macropodes de la Chine. On ne sait encore rien 
de ses mœurs. Encore une espèce à signaler à l'attention toute parti- 
culière des naturalistes au Congo. 

(1) Revue scientif. XXIII, II, 1886, p. 18. 



CLUPEID^: 123 



3. CLUPEID/K. 



Bouche bordée par les prémaxillaires et les maxillaires, 
ceux-ci souvent les plus développés. Os pariétaux très 
petits, séparés par le sus-occipital, qui s'articule aux 
frontaux ; un grand trou de chaque côté du crâne, bordé 
par le frontal, le postfrontal et le pariétal ; os operculaires 
au complet ; symplectique présent. iMembrane branchio- 
stège non soudée à l'isthme. Des dents pharyngiennes. 
Côtes pour la plupart sessiles, insérées derrière des para- 
pophyses ; épineuraux, épipleuraux, et adpleuraux pré- 
sents. Nageoires pectorales insérées plus ou moins bas, se 
repliant comme les ventrales, dont les rayons sont au 
nombre de 6 à 10. Postclaviculaire appliqué sur la face 
externe du claviculaire. Vessie natatoire communiquant 
avec l'oreille. 

La famille des Clupes, dont le Hareng est le type bien connu, 
embrasse une assez grande variété de formes, marines pour la plupart. 
Le corps est plus ou moins allongé, souvent fortement comprimé et 
caréné sur le ventre et parfois aussi sur le dos, les arêtes soutenues 
par une série de scutelles osseuses en V, formées d'une ou de trois pièces, 
pourvues chacune d'une épine et formant ensemble une arête dentelée 
en scie. Les écailles sont minces et cycloïdes, à bord parfois cilié, se 
détachant facilement. La ligne latérale est le plus souvent absente. La 
tête est dépourvue d'écaillés. Le maxillaire est composé de deux ou de 
trois pièces ; sa partie basilaire est située derrière le prémaxillaire, 
dont il est complètement détaché, et s'insère directement sur l'ethmoïde. 
Les dents sont souvent faibles, parfois absentes. La membrane bran- 
chiostège est libre, soutenue par 5 à io rayons. La nageoire dorsale 
est courte ou modérément longue, rarement absente; l'anale est plus 
ou moins allongée; les ventrales peuvent manquer; la caudale est 
fourchue. Les appendices pyloriques sont généralement nombreux. 
Les vertèbres sont au nombre de 40 à 56. Pelïonula vorax en a 46 
(28 -\- 18). Les arcs neuraux et hémaux ne sont pas des os distincts 
des centres. En approchant de la région caudale, les côtes cessent 
d'être sessiles et s'attachent de plus en plus bas sur les parapophyses, 
tandis que les épipleuraux s'insèrent sur les centres dans la position 
habituelle aux vraies côtes. Parfois, les adpleuraux se confondent avec 



124 CLUPEID^ 

les côtes, beaucoup plus épaisses à l'extrémité qu'à la base ; une fusion 
analogue de ces deux éléments du squelette s'observe aussi chez 
Notopterus. Les coracoïdes forment ensemble une carène ventrale; le 
postclaviculaire, composé de plusieurs pièces, a ceci de particulier 
qu'il est appliqué sur la face externe du claviculaire, au lieu de l'être 
sur la face interne, comme chez tous les autres Téléostéens. 

Cette grande famille, répandue dans les mers du monde entier et 
dont plusieurs espèces sont d'une si haute importance comme ressource 
alimentaire, ne renferme qu'un petit nombre d'espèces fluviatiles. Le 
genre Clupea n'est représenté qu'à l'embouchure du Congo (i ), aucune 
espèce ne remontant le fleuve au delà de l'estuaire. Deux genres, en 
Afrique, sont propres à l'eau douce et tous deux habitent le bassin du 
Congo. 

i. PELLONULA. 

Gûnther, Cat. Fish. VII, p. 452 (1868). 

Corps fortement comprimé, caréné en scie depuis les 
nageoires pectorales jusqu'à l'anale. Ecailles de moyenne 
grandeur ; pas de ligne latérale. Bouche assez grande ; 
une série de dents coniques assez fortes et inégales à 
chaque mâchoire ; des dents minuscules le long du maxil- 
laire ; des dents coniques sur les palatins et sur la langue (2). 
Nageoire dorsale courte, commençant au-dessus des ven- 
trales ; anale modérément allongée, à moins de 20 rayons. 
Membranes des ouïes séparées ; six rayons branchiostèges. 
Pseudobranchies bien développées. 

Ce genre, excessivement voisin de Clupea et n'en différant que par 
sa dentition plus développée à l'état adulte, est représenté par deux 
espèces dans l'Afrique tropicale et par une troisième (P. bahiensis, 
Stdr. 1880) dans l'Amérique méridionale. 

(1) Clupea dorsalis, C. et V., a été recueilli par Déliiez dans le fleuve et dans 
les criques à Banana, où les indigènes le désignent sous le nom de Masupo. C'est 
une sorte d'Alose, commune à l'embouchure des rivières de l'Afrique occidentale, 
qui se reconnaît à ses écailles striées et à bord cilié, au nombre de 45 environ le 
long de la ligne latérale, et à ses branchiospines très minces et longues et excessi- 
vement nombreuses. 

(2) Les dents sont absentes, ou à peine développées, chez les individus mesurant 
moins de 4 centimètres. 



PELLONULA 125 



i. PELLONULA VORAX. 

Gûnth. Cat. Fish. VII, p. 452 (1868); Stvind. Silzb. Ak. Wien, LXI, I, 1870, 
p. 570, pi. VII, fig. 3; Perugia, Ann. Mus. Genova (2) X, 1891, p. 977; Steind . 
Notes Leyd. Mus. XVI, 1894, p. 83. 

Pellonula modesta, J. G. Fischer, Jahrb. Hamb. Wiss. Anst. Il, 1885, p. 75. 

La hauteur du corps est comprise 3 1/6 à 4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 fois. Le profil supérieur de la 
tête est presque droit et horizontal; le museau, pointu, est aussi long 
que le diamètre de l'œil, qui est compris 3 à 3 i/3 fois dans la lon- 
gueur de la tête ; le menton dépasse plus ou moins le bout du museau ; 
le maxillaire s'étend un peu au delà du bord antérieur de l'œil ; la pau- 
pière adipeuse est bien développée ; l'espace interoculaire mesure les 
2/3 ou les 3/4 du diamètre de l'œil. Branchiospines longues et minces, 
à peu près aussi longues que les filaments branchiaux, au nombre de 
27 à 3o au premier arceau. La dorsale, à 1 5 à 17 rayons, dont 2 rudi- 
mentaires, commence au-dessus delà base des ventrales, à égale distance 
du bout du museau et de la racine de la caudale, ou un peu plus près de 
celle-là. L'anale, à 17 a 19 rayons, dont 2 rudimentaires, est plus rap- 
prochée de la caudale que de la base des ventrales et commence 
immédiatement en arrière de la dorsale. La pectorale mesure les 2/3 
ou un peu plus des 2/3 de la longueur de la tète, et n'atteint pas la 
ventrale, qui mesure la moitié de la longueur de la tête. La caudale est 
fourchue, à lobes pointus. Le pédicule caudal est aussi long que haut. 
42 à 46 écailles en série longitudinale, i3 ou 14 en série transversale; 
i3 ou 14 scutelles épineuses en avant des ventrales, 9 ou 10 entre 
celles-ci et l'anale. 

Coloration dorée, avec une large bande latérale argentée; nageoires 
blanches; jeunes argentés, transparents, piquetés, comme poudrés 
de noir. Iris doré, la pupille entourée d'un cercle orange. 

Longueur totale : 12 centimètres. 

Cette petite espèce est connue du Sénégal, du Niger, du Gabon, du 
Benito et du Congo, où elle est très répandue. J'en ai examiné des 
exemplaires de Banana (Delhez), Borna (J. J. Monteiro, Delhez), 
Matadi (Wilverth et Wagenaar), Vivi (cap. Bove), Coquilhatville 
(Delhez), Monsembé (J. H. Weeks), Stanley- Falls (W.H. Bentley), 
de Bikoro, lac Tumba, et de Kutu, lac Léopold II (Delhez). 

D'après Delhez, les noms indigènes sont Weheli à Bikoro, Losera 
à Bikoro et à Coquilhatville, Lovensé à Banana, Sengé à Borna. Ce 
poisson se nourrit surtout de petits crustacés et vit en bandes nom- 
breuses. A Bikoro, en décembre 1898, les jeunes étaient péchés en 
quantités prodigieuses à l'aide d'un grand panier traîné par deux 



126 CLUPEIDvt: 

femmes, et les enfants du village se livraient aussi à leur pêche ; ces 
petits poissons, mesurant de 2 1/2 à 4 centimètres, étaient destinés à la 
friture, tout comme les jeunes Clupéides de la Tamise fournissent le 
plat si connu en Angleterre sous le nom de Whitebait. 

C'est sans doute le poisson auquel M. Cornet (1) fait allusion sous 
le nom de Dogara ou Dogala : « Poisson qui, bien que fort petit, 
contribue plus que tout autre à l'alimentation des indigènes. C'est une 
espèce de blanquette (2), qui se prend dans de grands filets où elle se 
jette par milliers d'individus. Son abondance permet d'en faire un sujet 
d'exportation. On le met sécher au soleil ou on le sale, et on l'envoie 
au loin. Il émet, dit-on, ses œufs par la gueule (3;; l'éclosion est 
immédiate et les jeunes pourvoient à leurs besoins dès leur naissance. 
Des gens disent avoir vu les œufs rester dans la gueule jusqu'au 
moment où ils vont éclore. Jamais les Dogalas n'atteignent plus de 
5 à 7 centimètres. Ils ont un goût piquant et amer, pas trop désa- 
gréable, et qui tient à leur genre de nourriture et à la bile, très abon- 
dante chez eux. Dans toutes les eaux courantes, ces petits poissons, 
genre Clupea, pullulent à la façon des sardines sur les côtes de 
France. » 

2. PELLONULA ACUTIROSTRIS. 

Bouleng Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 63, pi XXXV.', fig. 7 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 4 a 4 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 3/4 à 4 fois. Le profil supérieur de la 
tête est un peu moins oblique que l'inférieur; le museau, très pointu 
et dépassant un peu la mâchoire inférieure, est aussi long que le dia- 
mètre de l'œil, qui fait le tiers de la longueur de la tête et excède légè- 
rement la largeur interoculaire; le maxillaire s'étend un peu au delà 
du bord antérieur de l'œil ; la paupière adipeuse est bien développée. 
Branchiospines minces, beaucoup plus courtes que les filaments bran- 
chiaux, au nombre de 25 environ au premier arceau. La nageoire 
dorsale, à i3 ou 14 rayons, dont deux rudimentaires, commence 

(1) Congo Illustré, II, 1893, p. 56. 

(2) Lire « blanchaille ». — G. A. B. 

(3) Par quoi il faut entendre que le parent protège sa ponte en lui donnant asile 
dans la bouche, comme cela a été obervé chez certains Cichlidœ et Siluridœ. 
A rapprocher de la note de Livingstone (Last Journals, II, p. 17), d*après lequel un 
petit poisson nommé Dagala ou Nsipé au Tanganika se conduirait de même. 
Peut-être est-ce là la source du renseignement fourni par M. Cornet et appliqué à 
tort par lui à un poisson étranger à la faune du Tanganika. Voir plus loin, à 
propos de Haplochilus tanganicanus. — G. A. B. 



ODAXOTHRISSA I27 

au-dessus du premier rayon de la ventrale, beaucoup plus près du 
bout du museau que de la base de la caudale. L'anale, à 17 ou 
18 rayons, dont deux rudimentaires, est près de 2 fois aussi éloignée 
de la base des ventrales que de la caudale et commence bien en 
arrière des derniers rayons de la dorsale. La pectorale mesure les 3/5 
ou les 2/3 de la longueur de la tête et n'atteint pas la ventrale, qui 
mesure la moitié de la longueur de la tête. La caudale est fourchue, 
à lobes pointus. Le pédicule caudal est un peu plus long que haut. 
40 à 42 écailles en série longitudinale, 10 en série transversale; 12 ou 1 3 
scutelles épineuses en avant des ventrales, 12 entre celles-ci et l'anale. 

Olive en dessus, blanc en dessous ; une bande latérale argentée ; une 
grande tache bleu d'acier sur la tempe et la région au-dessus de la 
pectorale, et une autre à la base de la caudale ; iris argenté avec un 
cercle jaune autour de la pupille, qui est 'allongée verticalement. 

Longueur totale : 75 millimètres. 

Déliiez a rapporté deux exemplaires de cette espèce, de Coquilhat- 
ville, où elle est confondue par les indigènes avec Pellonula vorax et 
l'espèce suivante sous le nom de Losera. J'ai pu, en outre, en exami- 
ner deux autres, provenant du Haut-Congo, sans localité précise. 

Pellonula acutirostris se distingue de P. vorax par le museau plus 
pointu et dépassant la mâchoire inférieure, par la position plus en avant 
de la dorsale et le nombre moindre de ses rayons, par la position plus 
en arrière de l'anale, et le nombre moins élevé d'écaillés en travers 
du corps. 



2. ODAXOTHRISSA. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. 1, p. 64 (1899). 

Corps fortement comprimé, caréné en scie depuis les 
nageoires pectorales jusqu'à l'anale. Écailles de moyenne 
grandeur; pas de ligne latérale. Bouche assez grande ; une 
série de dents coniques aux prémaxillaires et à la mandi- 
bule, qui sont en outre armés d'une forte canine dirigée en 
arrière; des dents minuscules le long du maxillaire; des 
dents coniques sur les palatins et sur la langue. Nageoire 
dorsale courte, située au-dessus de l'espace entre les ven- 
trales et l'anale; celle-ci assez allongée (21-22 rayons). 
Membrane des ouïes séparées ; 7 rayons branchiostèges. 
Pseudobranchies bien développées. 



128 clupeim: 



Se distingue de Pellonula par la présence de grandes dents canines, 
par la position plus reculée de la nageoire dorsale et par le nombre un 
peu plus élevé des rayons de l'anale. 

Espèce unique. 



i. ODAXOTHRISSA LOSERA. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool., I, p. 64, pi XXXI, fig. 1 (1899). 

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 
3 1/2 fois dans la longueur totale. Le profil supérieur de la tête est 
presque droit et horizontal ; le museau, arrondi, mesure le tiers de la 
longueur de la tête; le menton le dépasse fortement; l'oeil, dont la pau- 
pière adipeuse est très développée, mesure le tiers de la longueur de la 
tête et excède d'un quart la largeur interoculaire ; le maxillaire est trois 
fois aussi long que large et s'étend en arrière jusqu'au-dessous du 
centre de l'oeil; les branchiospines sont beaucoup plus courtes que les 
filaments branchiaux, au nombre de 18 à la branche inférieure du 
premier arceau. La nageoire dorsale, à 16 ou 17 rayons, dont deux 
rudimentaires, est 4 fois plus haute en avant qu'en arrière et 
commence immédiatement derrière la base de la ventrale, à égale 
distance du bout du museau et de la caudale, tandis que l'extré- 
mité de ses rayons tombe au-dessus de l'origine de l'anale. Celle-ci 
comprend 21 ou 22 rayons, dont 2 rudimentaires, et est 2 1/2 fois 
aussi haute en avant qu'en arrière. La pectorale mesure les 2/3 
de la longueur de la tête et n'atteint pas la ventrale; celle-ci mesure 
la moitié de la longueur de la tête, sa base est à égale distance 
de la base de la pectorale et de l'origine de l'anale. La nageoire 
caudale est profondément fourchue, à lobes pointus. Le pédicule 
caudal est un peu plus long que haut. 44 à 46 écailles en série longi- 
tudinale, 14 en série transversale; la grande écaille à la base de la 
ventrale mesure le tiers de la longueur de celle-ci ; la serrature ven- 
trale comprend 1 1 écailles en avant des ventrales, 9 entre celles-ci et 
l'anale. 

Une aquarelle de Delhez représente ce poisson comme brun-olive 
en dessus, blanc en dessous ; dessous de la tête teinté de rose ; quelques 
petites taches vertes sur les côtés du corps ; nageoires olivâtres ; iris 
argenté. 

Longueur totale : 16 centimètres. 

Ce poisson a été découvert à Coquilhatville par Delhez. 

Nom indigène : Losera. 



OSTARIOPHYSI 129 



Sous Ordre II. OSTARIOPHYSI. 

Les quatre vertèbres antérieures fortement modifiées, 
souvent coossifiées, accompagnées de petits éléments spé- 
ciaux, osselets de Weber, par lesquels la vessie natatoire 
est mise en rapport avec l'oreille, en même temps qu'elle 
communique le plus souvent avec le canal intestinal par 
un conduit pneumatique. Os pariétaux séparant les fron- 
taux du sus-occipital, ou fusionnés avec ce dernier. Oper- 
cule bien développé; ceinture pectorale suspendue au 
crâne ; mésocoracoïde présent. Nageoires ventrales abdo- 
minales, sans épines proprement dites; les autres nageoires 
également formées uniquement de rayons mous, articulés, 
ou le premier de la pectorale et l'un des premiers de la 
dorsale s'ossifiant par articles en épines plus ou moins 
développées. 

C'est à Sagemehl(i) que nous devons le groupement, sous le nom 
de Ostariophysi, de quatre familles dont les rapports avaient été saisis, 
jusqu'à un certain point, longtemps avant, par Cope, mais absolument 
méconnus de la plupart de ses prédécesseurs : les Characinidœ, les 
Cyprinidce, les Siluridœ et les Gymnotidœ. Cette dernière, qui 
comprend, outre le Gymnote ou Anguille électrique de l'Amérique du 
Sud, les Sternopyges de la même partie du monde, fait seule défaut à 
la faune du Congo. Ce sous-ordre correspond aux Plectospondyli, 
Nematognathi et Glanencheli de Cope (2), le premier comprenant 
les Characins, les Cyprins et les Sternopyges, le second les Silures et 
groupes voisins, le troisième le Gymnote. Les auteurs américains qui 
ont publié plus récemment sur la classification (Gill, Jordan et Ever- 
mann) sont d'accord pour réunir les Glanencheli aux Plectospondyli, 
en un groupe qu'ils opposent aux Nematognathi. 

Le caractère essentiel de ce sous-ordre réside dans la présence des 
osselets de Weber, ainsi nommés d'après l'anatomiste qui en a donné 



(1) Morphol. Jahrb. X. 1885, p. 22. 

(2) Trans. Amer. Philos. Soc. XIV, 1871, p. 452, Amer. Nat. XXII, 1890, p. 857, 
et Origin of the Fittest, p. 329 (1887). 



i3o OSTARIOPHYSÎ 

la première description (i). Il a fallu longtemps pour que la véritable 
importance de ce caractère fut reconnue et l'homologie des pièces de 
cet appareil a été souvent contestée. C'est ainsi que Valenciennes, par- 
lant des Characinides (2), fait observer que « nous retrouvons bien aussi 
des caractères de Cyprinoïdes dans la réunion des premières vertèbres 
et dans l'appareil curieux des osselets de Weber ; osselets qui n'ont 
que de l'analogie avec ceux des Carpes, mais dont on ne peut dire sans 
une extension trop grande, ou qu'à la suite d'un examen trop rapide, 
que ces ossicula auditoria sont réunis avec le labyrinthe membraneux 
et semblables à ceux des Silures ou des Cyprins : c'est une organisa- 
tion analogue, mais complètement différente, dans les trois familles 
que nous rappelons ici. » Sagemehl a montré, au contraire, qu'il y a 
homologie complète entre les pièces de cet appareil chez les poissons 
en question, homologie qui ne peut s'expliquer que par une descen- 
dance commune des quatre familles qui le possèdent. « Ce sont cons- 
tamment les quatre premières vertèbres qui prennent part à la formation 
de l'appareil. La première de ces vertèbres est très réduite ; l'arcade 
supérieure lui manque totalement et sa place est prise par l'osselet 
nommé claustrum et par l'étrier, qui remplissent l'espace entre 
l'exoccipital et l'arcade supérieure de la seconde vertèbre. La pièce 
principale de l'appareil, le marteau, quoique variant beaucoup de 
forme, est pourtant toujours en rapport avec la troisième vertèbre, 
de la côte de laquelle elle doit sans doute être considérée comme 
une adaptation à une fonction particulière. Un ligament fibreux 
s'étend constamment de l'extrémité antérieure du marteau à l'étrier, 
et dans ce ligament est fixée l'enclume (3). Il y a aussi accord complet 
entre les nerfs spinaux qui trouvent passage entre ces pièces. » Ajou- 
tons que l'étude des otolithes vient confirmer ces conclusions (4). 

Dans la définition des Ostariophysi, j'ai eu soin de faire une restric- 
tion quant à la communication entre la vessie natatoire et le canal 



(1) E. H. Weber, De aure et auditu hominis et animalium. Leipzic, 1820. 

(2) Hist. Poiss. XIX, p. 497. 

(3) Pour ne pas préjuger des homologies de ces pièces avec les osselets de l'oreille 
des mammifères, homologies très contestables d'ailleurs, les termes « marteau », 
« enclume » et « étrier », usités par Weber et les auteurs subséquents, ont été chan- 
gés en ceux de tripus,intercalarium et scaphium par Bridge et Haddon, Proc. Roy. 
Soc. Lond. XLVI, 1889, p. 310. Selon Sôrensen, Danske Vidensk. Selsk. Skr. VI, 
2, 1890, p. 105, l'a étrier » représente l'arc neural de la première vertèbre, l'« en- 
clume » l'arc neural de la deuxième vertèbre, et le « marteau » la côte de la troi- 
sième vertèbre, en partie du moins. — Voir aussi L. Bloch, Iena. Zeitschr. XLIV, 
1900, p. 12. 

(4) Koken, Sizb. Ges. Naturf. Fr. Berl 1891, p. 26. 



OSTARIOPHYSl i3, 

intestinal. Les exceptions que j'ai en vue se rencontrent chez un cer- 
tain nombre de Silurides et Loricariides à vessie natatoire réduite et 
entourée d'une capsule osseuse (i) et, parmi les Cyprinides, chez les 
Homaloptera et la plupart des Loches (Cobitis et genres voisins) dont 
la vessie natatoire ressemble beaucoup à celle de ces Silures. Comme 
l'a fait observer M. Jacquet (2), qui s'est livré à un examen microsco- 
pique du prétendu canal pneumatophore des Loches d'Europe, ce 
canal, s'il a existé autrefois, peut être aujourd'hui complètement modi- 
fié dans sa structure et ne plus mériter le nom par lequel on le désigne ; 
le terme « physostome » ne peut donc toujours s'appliquer à ces 
poissons. 

Synopsis des familles représentées dans le bassin du Congo. 

Os pariétaux distincts du sus-occipital; bouche souvent dentée, 
jamais protractile; os pharyngiens à dents petites, coniques 
ou en velours ras ; symplectique présent ; vertèbres thora- 
ciques sans apophyses transverses; côtes principales sessiles; 
des écailles sur le corps; souvent une nageoire dorsale 

adi P euse 1. Characinidœ. 

Os pariétaux distincts du sus-occipital; bouche édentée, plus 
ou moins protractile; os pharyngiens falciformes, parallèles 
aux arcs branchiaux, à dents généralement grandes ; symplec- 
tique présent; vertèbres thoraciques sans apophyses trans- 
verses; côtes principales sessiles; peau nue ou couverte 
d'écaillés; pas de nageoire adipeuse 2. Cyprinidce. 

Os pariétaux fusionnés avec le sus-occipital en une pièce 
impaire; bouche le plus souvent dentée, non protractile; 
symplectique absent; côtes attachées à des apophyses 
transverses; peau nue ou couverte d'écussons osseux ; sou- 
vent une nageoire dorsale adipeuse et des barbillons ... 3. Siluridœ. 

Ces familles semblent représenter trois stades dans l'évolution des 
Téléostéens, les Cyprinides et les Silurides dérivant apparemment d'un 
ancêtre commun fort voisin des Characinides, ces derniers se ratta- 
chant par les Erythrins aux Ganoïdes Holostéens. 



(1) Bridge et Haddon, 1. c, p. 327. 

(2) Revue Suisse Zool. II, 1894, p. 431. — L'exactitude des observations de cet 
anatomiste a été mise en doute tout récemment par L. Bloch, Iena. Zeitschr. 
XLI V, 1900, p. 1 . Il n'en est pas moins vrai que les conclusions de M . Jacquet res- 
tent debout, car la communication entre la vessie natatoire et le canal intestinal, si 
elle n'a pas tout à fait disparu chez Cobitis, manque certes absolument chez Homa- 
loptera. 



32 OSTARIOPHYSI 



i. CHARACINID.E. 



Bouche non protractile, bordée le plus souvent par les 
prémaxillaires et les maxillaires, rarement par les pré- 
maxillaires seuls, généralement pourvue de dents. Os 
pariétaux formant une suture sagittale ou séparés par une 
fontanelle, le sus-occipital étant toujours séparé des fron- 
taux; os operculaires au complet; symplectique présent. 
Os pharyngiens normaux, à dents petites, coniques ou en 
velours ras. Côtes principales sessiles, pas d'apophyses 
transverses dans la région thoracique ; épipleuraux et 
épineuraux libres, flottants. Nageoires pectorales insérées 
très bas, se repliant comme les ventrales. Corps couvert 
d écailles. Souvent une nageoire dorsale adipeuse. 

Voici une famille des plus naturelles et dont l'organisation interne 
révèle une grande affinité vis-à-vis des Cyprinides, mais dont l'aspect 
extérieur, par suite de l'adaptation à des genres de vie très différents, 
varie tellement selon les genres que le naturaliste novice en ichthyo- 
logie africaine croit reconnaître tour à tour en ses divers représentants 
de proches voisins de nos Salmonidés, de nos Brochets et de nos 
Gardons d'Europe. Aussi est-il impossible d'indiquer en peu de mots 
ce qui caractérise à première vue les membres de cette famille, com- 
parés aux autres poissons à nageoires abdominales et à rayons mous 
autres que les Silures, les Mormyres et les Notoptères. La présence 
d'une nageoire dorsale adipeuse, ou dépourvue de rayons, située en 
arrière de la dorsale proprement dite ou rayonnée, bien que faisant 
défaut à certains genres étrangers au Congo, est un trait commun aux 
espèces de cette faune qui ne se retrouve que chez les Silurides, si diffé- 
rents par leur peau privée d'écaillés et leur bouche entourée de barbil- 
lons; car les Salmonidés, qui possèdent également cette nageoire 
adipeuse, quoique appartenant par l'ensemble de leur organisation à 
la même grande division que les Glupéides, qui en sont dépourvus, 
sont étrangers à l'Afrique en dehors de l'Atlas. 

Un des caractères auxquels il a été fait appel en première ligne 
pour séparer les Characinides des familles qui en sont le plus voi- 
sines, réside dans la conformation de la bouche, décrite comme bordée 
par les prémaxillaires au milieu et par les maxillaires sur les côtés ; 
tandis que, chez les Cyprinides et les Silurides, la mâchoire supé- 



characinim: i33 

rieure serait bordée uniquement par les prémaxillaires. Si cette défini- 
tion s'applique effectivement à la majorité des représentants de ces 
familles, il ne faut pas oublier que, comme l'a si bien fait observer 
Sagemehl, il y a de part et d'autre de nombreuses exceptions qu'il ne 
nous est pas permis d'ignorer et qui viennent infirmer la valeur dia- 
gnostique du caractère en question. Ainsi le maxillaire est si réduit 
chez Serrasalmo, Citharinus, Eugnathichthys, Phago, rejeté sur les 
côtés et couvrant l'angle de la bouche, qu'on peut se demander si cet 
os prend réellement part au bord buccal, et tout récemment j'ai pu 
constater qu'il en est absolument exclu chez Ichthyoborus etNeoborus. 
Par contre, parmi les Silurides, Callichthys a les prémaxillaires très 
réduits et la bouche bordée latéralement par les maxillaires, Chaca a 
un très grand maxillaire bordant largement la bouche, Diplomystes 
et Eutropiichthys ont le maxillaire denté, et, parmi les Cyprinides, 
Catostomus nous montre les prémaxillaires et les maxillaires concou- 
rant ensemble à la bordure de la bouche. Il y a d'ailleurs de très 
grandes différences dans la structure des mâchoires chez les poissons 
qu'on réunit à juste titre en une famille des Characinides; ainsi les 
prémaxillaires, quoique jamais protractiles, peuvent être mobiles dans 
le sens vertical (Ichthyoborinœ) ; les maxillaires sont ou bien ankylo- 
sés aux prémaxillaires, ou mobiles sur ceux-ci, et chez la plupart des 
genres ils ne s'articulent pas directement au crâne, la seule exception, 
parmi les formes africaines, se rencontrant chez Sarcodaces. 

Le caractère indiqué par d'autres auteurs pour distinguer les Chara- 
cinides des Cyprinides, tiré de la non-prolongation entre les orbites 
de la boîte cérébrale chez les premiers, n'est pas plus constant, car 
chez Citharinus et Xenocharax, par exemple, celle-ci s'étend en 
avant jusqu'à la région nasale, et il y a tous les degrés entre cette dispo- 
sition et celle, plus fréquente, à laquelle est empruntée la définition que 
je critique en tant que diagnostique. L'orbitosphénoïde, impair, sou- 
vent membraneux, forme un grand septum interorbitaire en avant de 
la cavité cérébrale ou en dessous de sa partie antérieure. Il y a là un 
caractère important, bien qu'il ne soit pas absolument constant, une 
spécialisation, dans cette réduction de la partie antérieure de la 
boîte crânienne et son remplacement par une mince cloison interor- 
bitaire. 

La présence de dents aux mâchoires ne distingue les Characinides 
des Cyprinides que pour autant qu'on n'envisage que les formes afri- 
caines, car plusieurs genres américains sont caractérisés par leur 
absence. Ces dents varient énormément par la forme et fournissent des 
caractères précieux pour la définition des genres si nombreux de cette 
famille; elles sont confinées aux prémaxillaires et à la mâchoire infé- 



1 34 



OSTARIOPHYSI 



rieure, ou bien elles sont présentes aussi sur les maxillaires. Il n'y en 
a que rarement sur les os du palais, et les genres africains n'en offrent 
aucun exemple. 

Les rayons branchiostèges sont au nombre de 3 à 5 seulement. Il y 
a 4 arcs branchiaux. Les pseudobranchies manquent ou sont rudi- 
mentaires, glanduleuses. Les coracoïdes forment le plus souvent une 
carène ventrale. Les scapulaires, les épicoracoïdes et les postclavicu- 
laires sont distincts. Le nombre de rayons aux nageoires ventrales 
est de io à i3. Les premiers rayons des nageoires pectorales, dorsale 
et anale ne sont que rarement ossifiés et ne constituent jamais des 
épines formidables, comme chez les Silurides. 

La colonne vertébrale peut se diviser en-trois régions : i° la région 
thoracique, à côtes sessiles et sans apophyses transverses; 2° une 
région lombaire, à paraphophyses dirigées ventralement et supportant 
des côtes ; 3° la région caudale, à parapophyses réunies en arcs 
hémaux et dépourvues de côtes. La délimitation entre les deux pre- 
mières régions n'étant pas toujours très nette, je me contente de diviser 
les vertèbres en précaudales et en caudales dans le tableau suivant de 
leur nombre chez les espèces africaines dont il m'a été permis 
d'examiner le squelette. 



Sarcodaces odoë . 
Hydrocyon Forskalii . 
B?yconœthiops microstoma 
A lestes dentex. . 

» Kotschyi. . . 

» longipinnis . 

» nurse .... 

» macrolepidotus. 

Petersius Leopoldianus. 
» Hilgendorjî . 

Phago Boulengeri . . 
Neoborus ornatus . . 
Distichodus niloticus. . 
» fasciolatus 

Nannœthiops unitœniatus 
Nannocharax elongatus 
Xenocharax spilurus . 
Citharinus Geoffroyi . 



28 --[- 16 = 44 

32 -f- 17 ou 18 = 49 ou 5o 

19 -f 19= 38 

22 ou 23 -f- 20 ou 21 = 42 ou 44 

2 5 -f- 23 = 48 
17 4" 20 = 37 

23 -f- 16 -= 39 

26 -f- 16 = 42 

'7 + ! 9 = 36 
17 -f- 19 = 36 

20 4- 24 = 44 
24+19 = 43 

33 -f 18 = 5i 

2 7 + '7 = 44 
20+ i3 = 33 

21 -[- 22 = 43 

23 4" J 6 = 39 
25 -f 19 = 44 



La quatrième vertèbre porte un arc ventral (suspensorium, Sôrensen), 
formé par les côtes de cette vertèbre. 



CHARACINID^ l35 

Les écailles, grandes ou petites, présentent, chez certains genres, 
cette particularité, rare chez les Physostomes, d'avoir le bord cilié; 
comme dit Valenciennes, au sujet de Distickodus, c'est une véritable 
écaille de cténoïde par la portion libre et de cycloïde pour tout le 
reste. La tête est toujours dépourvue d'écaillés et, chose exception- 
nelle chez les poissons, l'organe de la ligne latérale est représenté sur 
l'opercule par une branche du canal sous-orbitaire. 

La vessie natatoire est constamment divisée en deux par un étran- 
glement, la partie antérieure beaucoup plus petite que la posté- 
rieure (i). Chez certains A lestes, la vessie natatoire peut se prolonger 
dans la région caudale, contre les hémapophyses et les interneuraux 
du côté droit, aussi loin que l'extrémité postérieure de la nageoire 
anale (2). 

Il y a généralement de ioa25 caecumsà l'estomac, et ce nombre peut 
s'élever à 35 ou 40 (Hydrocyon, Citharinus). L'intestin est court et 
ne fait qu'une circonvolution chez les genres carnivores ; il est par 
contre excessivement long et fait de nombreuses circonvolutions chez 
les types herbivores. 

En parcourant cette revue des caractères de la famille des Chara- 
cins, on constatera qu'il n'en existe aucun qui suffise, pris isolément 
et en tenant compte des exceptions, à justifier sa séparation de celle 
des Cyprinides. Cela peut paraître surprenant en raison des définitions 
si tranchées que l'on lit dans la plupart des ouvrages ichthyologiques. 
Mais pour peu qu'on s'applique à la critique de ces définitions et qu'on 
s'efforce de remplacer les données erronées, ou trop généralisées, par 
l'expression de l'état réel des choses, selon nos connaissances actuelles, 
on trouve beaucoup à effacer et bien peu à ajouter; on peut dire avec 
Saint Jérôme : « Major styli pars quœ delet quam quœ scribit. » 
Nous sommes forcés de nous contenter d'une combinaison de carac- 
tères, chacun desquels, pris en particulier, peut faire défaut ; nous 
nous consolerons de cet échec, didactique, en songeant que nous 
avons ici affaire à un groupe des plus généralisés et que cet échec lui- 
même nous sert à mieux sentir le rapprochement de deux familles dont 
les affinités réciproques ont été souvent méconnues. Parer à ces difïi- 

(1) Valenciennes (Hist. Poiss XXII, p 53) croyait avoir constaté une exception 
chez Parodon. J'ai examiné un individu de P. affinis, Stdr., mesurant 65 millim., 
et je trouve cet organe divisé comme de coutume; la partie antérieure mesure 
5 millim., la postérieure 15. 

(2) Cette disposition asymétrique n'est pas unique parmi les poissons, car on la 
retrouve chez une forme voisine des Scombrides, Lactarius delicatulus, C. et V. 
D'après Valenciennes, ce serait du côté gauche que la vessie se prolonge chez cette 
espèce, tandis que je l'ai trouvée à droite chez le spécimen que j'ai examiné. 



l36 OSTARIOPHYSI 

cultes taxonomiques en décomposant le groupe des Characins en plu- 
sieurs familles ne me paraît pas un remède recommandable ; mais je 
me suis efforcé de faire ressortir les rapports qui relient entre eux les 
genres assez nombreux en le subdivisant en sous-familles, définies 
dans le synopsis suivant des genres propres au bassin du Congo. 
Notons que tous les genres connus d'Afrique y sont représentés,- à 
l'exception de Ichthyoborus, Gthr.,du Nil, proche voisin de Neoborus, 
et de Monostichodus, Vaill., de l'Ogowé. 

La famille des Characinidœ habite les eaux douces de l'Afrique et 
de l'Amérique centrale et méridionale. Ses types sont encore plus variés 
et ses espèces beaucoup plus nombreuses dans le nouveau monde. 

Synopsis des genres représentés dans le bassin du Congo. 

I. Hydrocyonin,e. Exclusivement ou partiellement carnivores. Dentition puissante; 
prémaxillaires immobiles ou à peine mobiles. Maxillaires bien développés, bor- 
dant la bouche; ouïes largement ouvertes, la membrane branchiostège libre ou 
très étroitement soudée à l'isthme; écailles non ciliées ; ligne latérale plus rap- 
prochée du ventre que du dos. 

A. Dents unicuspides. 

Dents très nombreuses, inégales, coniques, en deux 
séries; nageoire dorsale bien en arrière des ven- 
trales i. Sarcodaces, Gthr. 

Dents peu nombreuses, comprimées, en une série; 

dorsale au-dessus des ventrales. ...... 2. Hydrocyon, Cuv. 

B. Dents pluricuspides, en deux ou trois séries à la mâchoire supérieure, en une 
seule à l'inférieure. 

i. Une paire de dents coniques derrière les dents pluricuspides de la mâchoire 
inférieure. 

Trois séries de dents à la mâchoire supérieure, les 

internes à couronne biseautée portant de petits 

tubercules; nageoire dorsale commençant en avant 

des ventrales 3. Bryconœthiops, Gthr. 

Deux séries de dents à la mâchoire supérieure, les 

internes à couronne biseautée portant de petits 

tubercules; dorsale commençant au-dessus ou en 

arrière des ventrales 4. Alestes, Mûll. et Trosch. 

Deux séries de dents simplement comprimées à la 

mâchoire supérieure; dorsale commençant au- 
dessus ou en arrière des ventrales 5. Micralestes, Blgr. 

2. Pas de dents coniques à la mâchoire inférieure. 

Deux séries de dents simplement comprimées à la 
mâchoire supérieure ; dorsale commençant au- 
dessus ou en arrière des ventrales 6. Petersius, Hilgend. 



CHARACIN1D,E 1 37 

II. Ichthyoborin.e. Carnivores. Dentition puissante ; prémaxillaires mobiles de 
bas en haut; maxillaires rudimentaires; ouïes largement ouvertes, la membrane 
branchiostège libre ou étroitement soudée à l'isthme ; écailles ciliées ; ligne laté- 
rale suivant le milieu du corps. 

A. Deux séries de dents à chaque mâchoire; nageoire dorsale au-dessus des 
ventrales. 

Dents égales; museau arrondi; un espace nu entre 
les sous-orbitaires et le préoperculaire; écailles 
petites; un appendice écailleux à la base de la 
ventrale 7. Eugnathichlhys, Blgr. 

Dentsantérieures plus grandes; museau pointu ; un 
espace nu entre les sous-orbitaires et le préoper- 
culaire ; écailles petites ; pas d'appendicej écail- 
leux à la base de la ventrale . .... 8. Paraphago, Blgr. 

Des canines sur l'avant des mâchoires; un espace 
nu entre les sous-orbitaires et le préoperculaire; 
écailles petites; un petit appendice écailleux à 
la base de la ventrale 9. Mesoborus, Pellegrin. 

Dents antérieures un peu plus grandes ; museau 
rétréci en rostre ; joue entièrement cuirassée ; 
écaillesgrandes, dures; pas d'appendice écailleux 
à la base de la ventrale 10. Phago, Gthr 

B. Une seule série de dents; des canines sur l'avant des mâchoires; nageoire 
dorsale en arrière des ventrales ; joue en grande partie nue; écailles petites; 
un appendice écailleux à la base de la ventrale. 

Pas de dents à la face interne des mâchoires . .11 Neoborus, Blgr. 

III. Distichodontin.e. Herbivores. Denti'.ion faible ; dents échancrées ou bicuspides; 
bouche petite ou médiocrement grande; maxillaire bien développé; écailles 
ciliées; ligne latérale suivant le milieu du corps (parfois absente). 

A. Membrane br.inchiostège non soudée à l'isthme. 

De petites dents à la base du maxillaire; ligne 

latérale complète ou incomplète 12. Nanncethiops, Gthr. 

Pasdedentssur le maxillaire; pas de ligne latér.de. 13. Neolebias, Stdr. 

B. Membrane branchiostège soudée à l'isthme. 

Pas de dents sur le maxillaire; sous-orbitaires 
larges, protégeant la joue; 16 à 27 rayons à la 
nageoire dorsale 14. Distichodus, Mûll.etTrosch. 

Pas de dents sur le maxillaire; sous-orbitaires 

larges; 13 rayons à la dorsale 15. Nannocharax, Gthr. 

De petites dents à la base du maxillaire; sous- 
orbitaires étroits, ne protégeant par la joue; 
20 à 22 rayons à la dorsale 16. Xenocharax, Gthr. 

IV. CiTHARiNiNiE. Herbivores. Des dents minuscules et pointues insérées sur les 
lèvres; maxillaire petit; ouïes largement ouvertes, membrane branchiostège 
libre; écailles non ciliées; ligne latérale suivant le milieu du corps. 

Genre unique 17. Citharinus, Cuv. 



l38 CHARACINID^E 

i. SARGODAGES. 

Gunther, Cat. Fish. V, p. 352 (1864). 

Museau en rostre; bouche très grande; prémaxillaires 
non mobiles ; maxillaire très allongé, glissant sous les 
sous-orbitaires, armé, comme le maxillaire, d'une rangée 
de dents pointues entremêlées de fortes canines ; un proces- 
sus du prémaxillaire, portant une série de petites dents, 
s'étend en arrière entre le maxillaire et le palais; deux 
séries de dents pointues à la mâchoire inférieure, celles de 
la série externe entremêlées de fortes canines. Joue cui- 
rassée par les os sous-orbitaires ; narines très rapprochées, 
près de l'œil, séparées par une papille valvulaire ; mem- 
brane branchiostège non soudée à l'isthme. Rayons bran- 
chiostèges au nombre de 4. Corps allongé, comprimé; 
ventre arrondi. Écailles modérément grandes, non ciliées ; 
ligne latérale complète, à tubes droits, plus rapprochée 
du ventre que du dos; un appendice écailleux à la base 
de la ventrale. Dorsale à 9 rayons, bien en arrière des 
ventrales. Anale à 12 rayons. Nageoire adipeuse petite. 

Le crâne est dépourvu de fontanelle et de crête sus-occipitale. Les 
vertèbres sont au nombre de 44 (28 -f- 16). 

Une seule espèce connue, dont la voracité ne le cède en rien à celle 
de nos brochets d'Europe. 

r. SARCODACES ODOË. 

Salmo odoë, Bloch, Aus'. Fische, VIII, p. 122, pi. CCCLXXXVI (1794) . 

Xiphorhamphus odoë, Mull. et Trosch. Horae Ichthyol. I. p. 18(1845). 

Xiphorhynchus odoë, Cuv. et Val. Hist. Poiss. XXII, p. 345 (1840). 

Sarcodaces odoë, Gûnth. Cat Fish. V, p. 352 (1864), et Ann. & Mag N. H (3) 
XX, 1867, p. 114; Sauvage, Bull. Soc. Zool. France, 1882, p, 319; Steind. Notes 
Leyd. Mus. XVI, 1894, p. 63. 

La hauteur du corps est comprise 4 1/2 à 5 i/3 fois dans la lon- 
gueur totale, la longueur de la tête 3 à 3 i/3 fois. La tête est 2 1/2 à 
2 2/3 fois aussi longue que large, plate en dessus, à profil supérieur 
droit et tout d'une venue avec la ligne dorsale ; tous les os de la tête 
sont rugueux ou striés ; l'extrémité prémaxillaire du museau est rétré- 



SARCODACES i3g 

cie, arrondie, et dépasse la mâchoire inférieure ; l'œil est latéral, sub- 
infère, visible d'en bas et non d'en haut, son diamètre est compris 2 à 

2 1/2 fois dans la longueur du museau, 5 à 7 fois dans la longueur de 
la tête, 1 2/3 à 2 1/2 fois dans la largeur interorbitaire ; le maxillaire 
s'étend jusqu'au dessous du bord postérieur de l'œil ou un peu au delà; 
les dents canines sont très inégales en longueur, la plus grande mandi- 
bulaire est reçue dans un trou percé dans le prémaxillaire et apparaît 
à la surface du museau quand la bouche est fermée; un appendice 
cutané triangulaire à la mâchoire inférieure se rabat sur l'échancrure 
entre le prémaxillaire et le maxillaire Les branchiospines sont longues 
et minces, il y en a 12 a 14 à la partie inférieure du premier arceau. 
La dorsale, située au milieu de l'espace entre les ventrales et l'anale, 
est 2 1/2 à 3 fois plus éloignée du bout du museau que de la racine de 
la caudale; les rayons sont au nombre de 9, dont 7 branchus, les plus 
longs mesurant les 3/5 ou les 2/3 delà longueur delà tête. La dorsale 
adipeuse est un peu plus rapprochée de la caudale que de la dorsale 
rayonnée. L'anale, falciforme, a 12 rayons, dont 9 branchus; les plus 
longs égalent ou dépassent un peu ceux de la dorsale. La pectorale, 
pointue, mesure la moitié ou les 3/5 de la longueur de la tête ; elle est 
loin d'atteindre la ventrale, qui atteint ou n'atteint pas l'anale. La 
caudale est fourchue, à lobes pointus. Le pédicule caudal est un peu 
plus long que haut. Les écailles, un peu rugueuses, sont au nombre 
de 49 à 58 en série longitudinale, de -^ en série transversale (t), de 

3 ou 4 entre la ligne latérale et l'appendice à la base de la ventrale. 

Brunâtre ou olivâtre plus ou moins foncé en dessus, argenté en 
dessous; les jeunes ont des barres verticales foncées, très peu distinctes, 
au-dessus de la ligne latérale, et une petite tache noire derrière la tête, 
au-dessus de la ligne latérale; nageoires grisâtres ou noirâtres, la 
dorsale, l'anale et la caudale souvent avec de petites taches rondes plus 
foncées entre les rayons ; l'adipeuse noire, orange à la base. A M'Bali, 
P. Delhez a trouvé ce poisson presque entièrement noir, ce qui est 
dû à un enduit comme de la suie, qui se détache quand on le manie. 

Longueur totale : 33 centimètres. 

Ce poisson, dont la physionomie rappelle à la fois la truite et le 
brochet, habite le versant occidental de l'Afrique, depuis le Sénégal 
jusqu'au lac Ngami. Au Congo, il a été trouvé aux Stanley-Falls par 
M. Bentley et au lac Léopold II (M'Bali, Ibali) par Delhez. Nom 
indigène au lac Léopold II : Buengué. 

(1) Les spécimens du Congo et du district du lac Ngami se distinguent par les 
écailles plus petites, et par conséquent plus nombreuses : ^-^8 ^-£. au lieu de 

8-9 t * " ** 

49*53 "rF- Cette différence n'est cependant pas assez tranchée pour justifier à 
mes yeux une distinction spécifique ; je me borne donc à la signaler et à proposer 
pour la forme à petites écailles le nom de var. microlepis. 



140 CHARACINID^ 



2. HYDROCYON. 

Cuvier, Règne Anim. II, p. 167 (1817). part. (1); Cuvier et Valenciennes, Hist. 
Poiss. XXII, p. 309 (1849). 

Museau assez allongé; bouche très grande, armée de 
dents très fortes, pointues, plus ou moins comprimées, 
à bords tranchants, peu nombreuses, disposées en une 
seule rangée; prémaxillaires légèrement mobiles dans le 
sens vertical ; maxillaire médiocrement grand. Joue cui- 
rassée par les os sous-orbitaires; narines très rapprochées, 
près de l'œil, séparées par une papille valvulaire ; mem- 
brane branchiostège non soudée à l'isthme. Rayons bran- 
chiostèges au nombre de 4. Corps allongé, comprimé; 
ventre arrondi. Écailles modérément grandes, non ciliées ; 
ligne latérale complète, à tubes droits, plus rapprochée 
du ventre que du dos ; un appendice écailleux à la base 
de la ventrale. Dorsale à 10 ou 1 1 rayons, située au- 
dessus des ventrales. Anale à i3 à 18 rayons. Nageoire 
adipeuse petite. 

Ce genre établit le passage du précédent aux A lestes et formes voi- 
sines. C'est ce que démontre surtout l'examen du crâne, beaucoup 
plus semblable à celui des A lestes qu'à celui des Sarcodaces. Le sus- 
occipital se relève en crête, à laquelle s'attache la neurapophyse de la 
deuxième vertèbre; il y a une fontanelle qui sépare les pariétaux et les 
frontaux dans leur partie postérieure; cette fontanelle se ferme avec 
l'âge ; les prémaxillaires sont beaucoup plus grands que les maxillaires, 
auxquels ils sont solidement ankylosés, et ils sont doués d'une légère 
mobilité de bas en haut, formant charnière avec l'ethmoïde. Les ver- 
tèbres sont au nombre de 49 ou 5o (32 -f 17-18) chez H. Fors- 
kalii, l'espèce commune du Nil. 

Les « chiens de fleuve » ou « loups d'eau », comme on nomme ces 
poissons féroces, sont représentés dans le Nil, les lacs et les fleuves de 
l'Afrique tropicale par 5 espèces, dont 2 sont propres au Congo. 

(1) Hydrocynus. 



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c. 




HYDROCYON 141 



Synopsis des espèces du bassin du Congo (i). 

A. 16- 18 ; Sq. 54-58 — — ; longueur de la tête 4341/2 fois 

dans la longueur totale 1. H. Goliath, Blgr. 

A. 17; Sq. 56-57 — ; longueur de la tête 4341/3 fois dans 

la longueur totale 2. H vittatus, Blgr. 

A. 13-16; Sq. 44-48 4-»' longueur de la tête 3 1/2 à 4 1/4 fois 

dans la longueur totale 3. H. lineatus, Blgr. 



1. HYDROCYON GOLIATH (PI. VII). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo Zool. I, p. 23, pi. XI (1898). 

La hauteur du corps est comprise 3 2/3 341/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 à 4 1/2 fois. La longueur de la 
tète excède de 1/6 à i/5 sa plus grande hauteur; sa plus grande 
largeur est comprise 1 1/2 à 2 fois dans sa longueur; le museau 
égale 1 1/2 à 1 fois le diamètre de l'œil, celui-ci étant compris 
4 1/2 à 5 1/2 fois dans la longueur de la tête, 1 1/2 à 2 1/2 fois 
dans la largeur interorbitaire; la paupière adipeuse, en avant et 
en arrière de l'œil, est très développée La fente buccale s'étend 
jusqu'au-dessous du bord antérieur de l'œil, et le maxillaire jusqu'au- 
dessous du centre de celui-ci ; les dents, fortement comprimées, à 
bords tranchants, sont relativement plus grandes et plus élargies 
à la base que chez les espèces voisines ; on en compte 6 à 9 (5 grandes 
et 1 à 4 petites) à la mâchoire supérieure, 5 (4 grandes et 1 petite) à 
l'inférieure. Les os qui cuirassent la joue sont, ainsi que l'opercule, 
assez fortement striés. Branchiospines très courtes, 10 à 12 à 
la branche inférieure du 1 e1 arceau. La nageoire dorsale, à 10 ou 
1 1 rayons, dont 8 ou 9 branchus, naît au-dessus des ventrales et à 
égale distance du bout du museau et de la nageoire caudale, ou un 
peu plus près de celle-ci ; sa hauteur égale 1 4/5 à 2 1 /4 fois sa longueur. 
La nageoire anale, à 16 à 18 rayons, dont 1 3 à 1 5 branchus, falci- 
forme, commence à égale distance de la base de la ventrale et de la 
caudale. La nageoire dorsale adipeuse est courte mais bien dévelop- 
pée. La nageoire pectorale, de même longueur que la ventrale, 
mesure les 3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tête. La nageoire cau- 

(1) Deux des rayons de l'anale sont rudimentaires, le quatrième est le premier 
qui soit branchu. « Sq. » indique le nombre d'écaillés percées par la ligne latérale, 
le nombre de celles enire la série médiane immédiatement en avant de la nageoire 
dorsale et la ligne latérale, et entre celle-ci et la grande écaille allongée à la base 
de la nageoire \entrale. 



142 CMARACINID^: 

dale est profondément fourchue, et la longueur du pédicule caudal 
mesure i 2/3 fois sa propre hauteur II y a 54 à 58 écailles sur la ligne 
latérale, ™ en série transversale, 3 séries entre la ligne latérale et 
l'écaillé allongée à la base de la nageoire ventrale. 

Coloration argentée, brun olivâtre plus ou moins foncé sur le dos ; 
des lignes foncées plus ou moins distinctes s'étendent le long des séries 
d'écaillés des côtés du corps, au dessus de la ligne latérale ; dorsale 
rouge ou jaune, orangée en avant ; nageoire adipeuse noire ; lobe supé- 
rieur de la caudale jaune ou gris, l'inférieur rouge, le bord libre de la 
nageoire brun ou noirâtre. Iris argenté ou verdâtre; un cercle jaune 
entoure la pupille. 

Longueur totale : 1 mètre. Atteindrait 2 mètres au dire des indi- 
gènes . 

J'ai examiné onze exemplaires, mesurant de 1 1 centimètres à 1 m., 
provenant du bief de Manyanga, de Léopoldville et d'Umangi, par 
MM. Wilverth et Wagenaar, de Borna, de Matadi et de Dolo par 
Delhez, de Monsembé par M. Weeks. 

Noms indigènes : So?ija à Borna, Sakoi à Matadi, Salamangue au 
Stanley-Pool, Binga à Umangi et à Monsembé. 

C'est le plus formidable des poissons d'eau douce du Congo. 
D'après les indigènes il est le seul poisson qui ne craigne pas le Cro- 
codile. Selon l'observation des membres de la mission de Brazza, 
l'armature effrayante de ces poissons leur permet de couper avec la 
plus grande facilité jusqu'aux fils de cuivre qui servent à attacher 
l'hameçon à la ligne. C'est ainsi que les indigènes sont obligés, pour 
s'en emparer, de les rabattre dans de petites anses où ils finissent par 
les prendre dans des filets ou les tuer à la lance; ils profitent aussi de 
la baisse des eaux, pendant laquelle ces animaux se réfugient dans de 
petites criques, pour les pêcher plus facilement. 



2. HYDROCYON VITTATUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 24, pi. X, fig. 2 (1898). 

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 4 à 
4 i/3 fois dans la longueur totale. La hauteur de la tête est comprise 
1 2/7 à 1 i/3 fois dans sa longueur, sa largeur 2 1/2 à 2 2/3 fois; le mu- 
seau égale 1 i/3 à 1 1/2 fois le diamètre de l'œil, qui est compris 3 1/2 à 4 
fois dans la longueur de la tête, et égale à peu près la largeur de la 
région interorbitaire. La paupière adipeuse est bien développée, 
quoiqu'un peu moins que chez l'espèce précédente. Le maxillaire 
n'atteint qu'au-dessous du tiers antérieur de l'œil, et les dents sont 



HYbROCYON 143 

plus effilées que chez l'espèce précédente ; il y a 5 grandes dents à la 
mâchoire supérieure, qui peuvent être suivies de 4 autres très petites; 
4 grandes dents et une très petite à la mandibule. Os des joues et 
opercule très faiblement striés. 10 rayons à la nageoire dorsale, qui 
occupe la même position que chez l'espèce précédente. De même de 
l'anale, qui a 17 rayons, et de la nageoire adipeuse. La pectorale 
mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête. La caudale est 
profondément fourchue, à lobes prolongés en pointe fine. La longueur 
du pédicule caudal est comprise deux fois dans sa propre hauteur. La 
ligne latérale comprend 56 ou 5y écailles; la série transversale —; 
2 séries d'écaillés entre la ligne latérale et la grande écaille à la base 
de la nageoire ventrale. 

La couleur, chez les exemplaires conservés, est brun-olive en dessus, 
rosâtre en dessous; une bande noirâtre s'étend le long du corps, de 
l'opercule à la racine de la nageoii e caudale, sur les 2 me et 3 me séries 
d'écaillés au-dessous de la ligne latérale; un peu avant l'adipeuse, 
toutefois, cette bande se déplace pour baisser d'une série d'écaillés. 
La nageoire adipeuse est noire et le bord libre de la caudale est 
noirâtre. 

Trois spécimens font partie de la collection recueillie par MM. Wil- 
verth et Wagenaar. Le plus grand, d'Umangi, mesure 34 centimètres; 
le plus petit, d'Upoto, 12 ; le troisième, de Manyanga, est de taille 
intermédiaire 



3. .HYDROCYON LINEATUS. 

Bleeker, Nat. Verh. Vet. Haarlem, XVI II, 1863, n° 2, p. 125 ; Gûnth. Cat. Fish. 
p. 352 (1864); Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 23 (189,8). 

Hydrocyon Forskalii (non Cuv.), Peters, Reise n. Mossamb. IV. p. 69 (1868), 
part.; Steind. Notes Leyd. Mus. XVI, 1894, p. 62. 

La hauteur du corps est comprise 3 2/3 à 4 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 1/4 fois. La longueur de la tête 
excède de i/5 à i/3 sa plus grande hauteur; sa plus grande largeur 
est comprise 2 à 2 1/2 fois dans sa longueur; le museau égale 1 i/3 à 
1 1/2 fois le diamètre de l'œil, qui est compris 4 à 5 fois dans la lon- 
gueur de la tête, 1 1/4 à 1 2/3 fois dans la largeur interorbitaire ; la 
paupière adipeuse, en avant et en arrière de l'œil, est très développée. 
La fente buccale s'étend jusqu'au-dessous du bord antérieur de l'œil, 
le maxillaire jusqu'au-dessous du centre de celui-ci; les dents sont au 
nombre de 5 ou 6 à la mâchoire supérieure ainsi qu'à l'inférieure. Les 
os de la joue et l'opercule sont faiblement striés. Branchiospines assez 



144 CHARÀCINIDjË 

allongées, la plus longue mesurant au moins les 3/4 de la longueur 
des filaments branchiaux, au nombre de 7 à 10 à la branche inférieure 
du i er arceau. La dorsale, à 10 ou 11 rayons, dont 8 ou g branchus, 
commence un peu en avant des ventrales et à égale distance du bout du 
museau et de la nageoire caudale, ou un peu plus près de celle-ci ; sa 
hauteur égale environ le double de sa longueur. L'anale a 1 3 à 16 
rayons, dont 10 à i3 branchus. La dorsale adipeuse est courte mais 
bien développée. La pectorale mesure environ les 2/3 de la longueur 
de la tête. La caudale est fourchue, à lobes pointus. Le pédicule cau- 
dal est 1 i/3 à 1 2/3 fois aussi long que haut. 44 à 48 écailles sur la 
ligne latérale, — en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la 
grande écaille à la base de la ventrale. 

Brun en dessus, argenté en dessous ; des lignes olives ou noires le 
long des séries d'écaillés des côtés du corps, jusques et y compris la 
série adjacente en dessous de la ligne latérale ; nageoires tantôt grises, 
tantôt oranges ou rouges; la dorsale adipeuse noire. Iris verdâtre ; un 
cercle jaune ou rouge autour de la pupille. 

Longueur totale : 42 centimètres. 

Espèce très répandue dans les eaux douces de l'Afrique occidentale, 
depuis le Sénégal jusqu'au Congo ; habite aussi le Tanganika et le 
Zambèze. Des exemplaires en ont été recueillis à Léopoldville, à 
Obeke, au lac Léopold II, à Nouvelle-Anvers, aux Stanley-Falls 
et au lac Moero. D'après Delhez, elle vit principalement parmi les 
rochers et les herbes. Noms indigènes : Moenghé au Stanley- Pool, 
Obubu à Obeke, Bobubu à Ibali. 

Le bien-fondé de la séparation de H . lineatus de H. Forskalii, du 
Nil, me semble douteux; aussi ne puis-je l'admettre que provisoire- 
ment. Ce sont surtout les individus du Sénégal qui établissent un pas- 
sage complet entre les deux formes. Sur i3 individus rapportés de 
Saint-Louis, de Matam et de Kaèdi par Delhez, je constate que la 
hauteur du corps est comprise 434 3/4 fois dans la la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 1/2 à 4 4/5 fois; 10 rayons à la dorsale 
(8 branchus), i5 ou 16(12 ou i3 branchus) à l'anale. Écailles du corps : 
49-52 -|-. Parfois les lignes foncées s'étendent jusqu'à la série bor- 
dant la ligne latérale inférieurement ; le plus souvent elles s'arrêtent 
au-dessus de la ligne latérale et elles peuvent être très peu marquées ou 
même absentes chez les jeunes. Le lobe inférieur de la caudale est rouge. 

Il est certain que la détermination exacte de certains individus 
du genre Hydrocyon n'est pas chose facile. Je ne puis pourtant me 
rallier à l'opinion de Petersqui voulait réduire à une seule les espèces 
décrites à l'époque de la publication de son ouvrage sur les poissons 
de Mozambique. 



BRYCON^THIOPS i 4 5 



3. BRYCON^THIOPS. 

Gûnther, Ann. & Mag. N. H. (4) XII, 1873, p. 143. 

Museau court ; bouche modérément grande ; pré- 
maxillaires non mobiles, armés de 3 séries de dents 
pluricuspides, fortes et peu nombreuses, celles de la 
série interne à couronne biseautée et tuberculeuse ; pas 
de dents sur le maxillaire; une série de grandes dents 
comprimées, pluricuspides, à la mâchoire inférieure, der- 
rière laquelle une paire de dents coniques. Joue couverte 
par les os sous-orbitaires ; narines très rapprochées, près 
de l'œil, séparées par une papille valvulaire. Membrane 
branchiostège non soudée à l'isthme ; rayons branchios- 
tèges au nombre de trois. Corps modérément allongé, 
comprimé; ventre arrondi. Écailles grandes, non ciliées; 
ligne latérale complète, à tubes droits, plus rapprochée du 
ventre que du dos ; un appendice écailleux à la base de la 
ventrale. Dorsale à 10 rayons, située au-dessus des ven- 
trales et commençant en avant de celles-ci. Anale à 20 à 
23 rayons. Nageoire adipeuse petite. 

Le sus-occipital est peu relevé en arrière et les pariétaux sont 
remarquablement courts ; une fontanelle, qui s'étend aussi entre la 
partie postérieure des frontaux, sépare les pariétaux. Les vertèbres 
sont au nombre de 38 (19 -f- 19). La première côte libre est beaucoup 
plus forte que les suivantes. L'intestin ne forme que deux replis. 

Les deux seules espèces connues se rencontrent au Congo. 

1. BRYCON^ETHIOPS MICROSTOMA. 

Gùnth. Ann. & Mag. N. H. (4) XII, 1873, p. 143; Bouleng. Ann. Mus. Congo, 
Zool. 1, p. 82, pi. XXXVII, fig. 1 (1899). 

Brachyalestes Mocquardianus, Thominot, Bull. Soc. Philom. (7) X, 1886, 

P "67- 

Bryconœthiops Boulengeri, Pellegrin, Bull. Mus. Paris, îqoo. p. 101. 

La hauteur du corps est comprise 2 4/5 à 3 1/2 fois dans la lon- 
gueur totale, la longueur de la tête 3 i/3 à 3 2/3 fois. La longueur de 



146 CHARAClNIDyE 

la tête excède très peu sa hauteur, et sa largeur y est comprise 1 3/4 
à 2 fois; le museau, large et arrondi, est aussi long ou un peu plus 
court que le diamètre de l'œil, qui est compris 2 1/2 à 3 1/4 fois 
dans la longueur de la tête ; la largeur interoculaire est comprise 2 à 
2 1/2 fois dans la longueur de la tête; une paupière adipeuse recouvre 
les 2/3 de l'œil; la largeur de la bouche égale à peu près le tiers de la 
longueur de la tête ; le maxillaire s'étend en arrière jusqu'au-dessous 
du bord antérieur de l'œil ; 2 dents à la première série de la mâ- 
choire supérieure, 6 à la seconde, 8 à la troisième ainsi qu'à la 
série mandibulaire externe ; la couronne de ces dents est bordée de 
brun plus ou moins foncé ; le deuxième sous-orbitaire est le plus 
grand, la longueur de son bord inférieur égale ou excède un peu le 
diamètre de l'œil. Branchiospines minces, plus courtes que les fila- 
ments branchiaux, au nombre de 12 à 21 à la partie inférieure du 
premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, 
est plus rapprochée de l'occiput que de la dorsale adipeuse ; son cin- 
quième rayon correspond au premier de la ventrale ; sa hauteur est 
plus considérable que sa base, qui égale à peu près la moitié de la 
distance qui la sépare de la dorsale adipeuse; celle-ci est petite. La 
nageoire anale comprend 20 à 22 rayons, dont 17 à 19 branchus. La 
nageoire pectorale est un peu plus longue que la ventrale, qui atteint 
l'anus. La nageoire caudale est longue et fourchue, à lobes pointus. 
Le pédicule caudal est 1 i/3 à 1 2/3 fois aussi long que haut. Les 
écailles sont au nombre de 35 à 40 le lon 5 de la ligne latérale, -^ en 
série transversale, 3 entre la ligne latérale et la ventrale. 

Sous le rapport de la coloration, cette espèce se divise en trois 
types distincts : 1 . La forme décrite par Gùnther et aussi le Bra- 
chyalestes Mocquardianus de Thominot. Argenté, olivâtre sur le dos; 
une bande verticale foncée, plus ou moins distincte, traverse la ligne 
latérale au-dessus du milieu delà pectorale; une bande longitudinale 
noirâtre sur la membrane entre les rayons de la dorsale, dans sa 
moitié supérieure; un peu de noir au bout des ventrales. — Borna, 
Léopoldville, Kutu. 2. Bleu d'acier, presque noir en dessus, jaunâtre 
sur les côtés, argenté en dessous; nageoires noirâtres. — Coquilhat- 
ville. 3. B. Boulengeri, Pellegrin. Olive foncé ou bleu d'acier en 
dessus, vert clair sur les côtés, argenté en dessous; une grande tache 
noire allongée au-dessus de la ligne latérale, commençant à partir 
du milieu de la pectorale, et une bande noire également au-dessus de 
la ligne latérale, le long de la moitié postérieure du corps ; dorsale 
noirâtre entre les cinq premiers rayons, les autres nageoires grisâtres. 
— Ibali, Coquilhatville. 

Longueur totale : 17 centimètres. 



BRYCON^THIOPS 147 

Cette espèce est connue de Borna (Monteiro),Stanley-Pool(Greshoft), 
Léopoldville (Wilverth et Wagenaarï, Haut-Congo (Weyns), Coquil- 
hatville et lac Léopold II (Delhez), et de l'Uerré (De Bauw). Elle a|été 
décrite du Congo français (rivière Benito et Ogowé), sous les(noms de 
Brachyalestes Mocquardianiis et Bryconœthiops Boulengeri. 

Noms indigènes : Longamfoa à Coquilhatville, à Ibali, à Kutu, 
Moenjé à Coquilhatville. 



2. BRYCON^THIOPS YSEUXI. 

Poulenc Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 82, pi. XXXVII, fig. 2 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 2 3/4 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête près de 4 fois. La longueur de la tête égale sa 
hauteur et 1 3/4 fois sa largeur; le museau, arrondi, est plus court 
que le diamètre de l'œil, qui est compris 3 fois dans la longueur de la 
tête et égale la largeur interoculaire; une paupière adipeuse recouvre 
près des 2/3 de l'œil ; la largeur de la bouche égale à peu près le quart 
de la longueur de la tête; le maxillaire s'étend en arrière jusqu'au- 
dessous du bord antérieur de l'œil ; 2 dents à la première série de la 
mâchoire supérieure, 6 à la seconde, 8 à la troisième, ainsi qu'à la série 
mandibulaire externe ; ces dents ont la couronne brunâtre ; le deuxième 
sous-orbitaire est le plus grand. Branchiospines courtes, au nombre 
d'une douzaine à la partie inférieure du premier arceau. La nageoire 
dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, est remarquable par le prolon- 
gement en filaments de ses rayons, dont le plus long excède la moitié 
de la longueur totale ; le premier rayon est situé à égale distance du 
bout du museau et de la dorsale adipeuse, le quatrième correspond 
au premier de la ventrale. La dorsale adipeuse est petite et 2 fois plus 
éloignée de la dorsale rayonnée que de la caudale. La nageoire anale 
comprend 23 rayons, dont 20 branchus. La pectorale est de même 
longueur que la ventrale, qui atteint l'anale. La caudale est longue 
et fourchue, à lobes pointus. Le pédicule caudal est un peu plus 
long que haut. 38 écailles le long de la ligne latérale, ~ en série 
transversale, 3 entre la ligne latérale et la ventrale. 

Le spécimen unique, du Haut-Congo, est brun en dessus, jaunâtre 
sur les côtés et en dessous ; l'extrémité de la nageoire dorsale et des 
ventrales et le bord de l'anale et de la caudale sont noirâtres. 

Longueur totale : 8 centimètres 

Cette espèce, dédiée à M. le D r E. Yseux, se distingue de B. micros- 
toma par le prolongement des rayons de la dorsale et par la présence 
d'une série d'écaillés de plus entre la dorsale et la ligne latérale. 



148 CHARACINIDjE 



4. ALESTES. 

Mùller et Troschel, Hor. Ichthyol. I, p. 12 (1846), part.; Cuvier et Valen- 
ciennes, Hist. Poiss. XXII, p. 179 (1849); Gûnther, Cat. Fish. V, p. 312(1864). 
Brycinus, Cuv. et Val. t. c. p. 157. 
Brachyahstes, Gûnther, t. c. p. 314. 

Museau court; bouche modérément grande; prémaxil- 
laires non mobiles, armés de 2 séries de dents pluricus- 
pides, fortes et peu nombreuses, celle de la série interne 
à couronne biseautée ou tronquée obliquement et tuber- 
culeuse ; pas de dents maxillaires ; une série de grandes 
dents comprimées, pluricuspides, à la mâchoire infé- 
rieure, derrière laquelle une paire de dents coniques. 
Joue couverte entièrement ou en grande partie par les 
os sous orbitaires; narines très rapprochées, près de l'œil, 
séparées par une papille valvulaire. Membrane bran- 
chiostège non soudée à l'isthme; rayons branchiostèges 
au nombre de 4 Corps plus ou moins allongé, com- 
primé ; ventre arrondi. Écailles plus ou moins grandes, 
non ciliées; ligne latérale complète, à tubes courts ou 
ramifiés, plus rapprochée du ventre que du dos; un 
appendice écailleux à la base de la ventrale. Dorsale à 
10 ou 11 rayons, commençant au-dessus ou en arrière 
des ventrales. Anale à i3 à 28 rayons. Nageoire adi- 
peuse petite. 

Le crâne varie selon les espèces, plus qu'on ne s'y attendrait d'après 
les caractères extérieurs. Chez .4. longipinnis, macrophthalmus, Lie- 
brechtsii, Lemairii, lateralis, comme chez le type du genre, A . dentex, 
il y a une grande fontanelle séparant les pariétaux et les frontaux en 
arrière, et l'os sus-orbitaire, présent chez toutes les espèces, est très 
étroit. Chez A. Fuchsii, tceniurus, bimaculatus, macrolepidotus, 
grandisquamis et chez A. nurse du Nil, la fontanelle, si elle existe, 
ne s'étend pas entre les frontaux et l'os sus-orbitaire est plus grand. 

Le nombre des vertèbres varie de 37 à 48 (17-26 -j- i6-23) chez 
les espèces dont j'ai examiné le squelette. Chez certaines espèces à 
corps allongé (A. dentex, A. Kotschyi), la vessie natatoire se prolonge 



A LEST ES 149 

très loin dans la région caudale et d'une manière asymétrique par suite 
de la présence des interhémaux de l'anale, parfois à gauche, le plus 
souvent à droite ; chez les espèces moins allongées, le prolongement 
s'étend moins loin {A. nurse) ou n'existe pas (A. macrolepis). 

En raison du régime mixte des poissons de ce genre, le canal intes- 
tinal nest ni très court ni très allongé. 

Le genre Alestes, propre à l'Afrique tropicale et au Nil, renferme 
une vingtaine d'espèces bien caractérisées, dont 10 ont été rencontrées 
dans le bassin du Congo. 

Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

I. Dorsale commençant au-dessus de la base de la ventrale, à égale distance de la 
caudale et du bout du museau, ou un peu plus rapprochée de l'un ou de l'autre. 

A. 21-24 ; Sq. 24-28 |{-§-; hauteur du corps 

2 1/2 à 3 fois dans la longueur totale . . 1. A. longipinnis, Gthr. 
A. 21-22; Sq. 40-43 61 3 2 J 2 I/2 ; hauteur du 

corps 3 1/2 à 4 1/3 fois dans la longueur 

totale 2. A. macrophthalmus, Gthr. 

A. 18-19; Sq. 39-41 -HJ; hauteur du corps 

31/434 fois dans la longueur totale . . 3. A. Liebrechtsii, Blgr. 
A. 18-19; Sq. 30-32 |^|-; hauteur du corps 

4 fois dans la longueur totale .... 4. A. lateralis, Blgr. 
A. 19; Sq. 27-29 |~-; hauteur du corps 

3331/2 fois dans la longueur totale . . 5. A. Lemairii, Blgr. 

II. Dorsale commençant immédiatement en arrière de la ventrale ou au-dessus de 
ses derniers rayons, plus près de la caudale que du bout du museau. 

A. 17-18; Sq. 23-26 -|lf 5 hauteur du corps 
2 2/3 à 3 fois dans la longueur totale; 
17 ou 18 branchiospines à la partie infé- 
rieure du premier arceau 6. A. Fuchsii, Blgr. 

A. 19; Sq. 23 |]~; hauteur du corps 

2 4/5 fois dans la longueur totale ; 25 bran- 
chiospines à la partie inférieure du pre- 
mier arceau 1- A. tœniur us, Gthr. 

A. 15-17; Sq. 27-29 yj|-; hauteur du crps 
31/333 3/4 fois dans la longueur totale ; 
22-26 branchiospines à la pa'tie infé- 
rieure du premier arceau 8. A. bimaculatus, Blgr. 

III. Dorsale commençant bien en arrière de la ventrale, beaucoup plus près de la 
caudale que du bout du museau. 

A. 15-17; Sq. 22-24 ■—-, hauteur du corps 

3 1/3 à 4 fois dans la longueur totale . . 9. A. macrolepidotus, C. et V. 
A. 13-14; Sq. 24-27 -|^|; hauteur du corps 

3 W3 à 3 2/3 fois dans la longueur totale. 10 A. grandisquamis, Blgr. 



l5o CHARACINID^ 



i. ALESTES LONGIPINNIS. 

Brachyalestes longipinnis, Gûnther, Cat. Fish. V, p. 315(1864). 
Alestes {Brachyalestes) longipinnis, Steindachn. Notes Leyd. Mus. XVI, 1894, 
p. 64. 

La hauteur du corps est comprise 2 1/2 à 3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 fois. La tête est aussi longue que 
haute, à peu près 2 fois aussi longue que large; le museau est un peu 
plus court que le diamètre de l'œil, qui est compris 2 2/3 à 3 1/4 fois 
dans la longueur de la tête; la paupière adipeuse est à peine dévelop- 
pée au bord antérieur de l'œil; la largeur interoculaire égale à peu près 
les 2/5 de la longueur de la tête; la largeur de la bouche égale le dia- 
mètre de l'œil; le maxillaire s'étend à peine jusqu'au-dessous du bord 
antérieur de l'œil; 14 dents (-|-) à la mâchoire supérieure, les anté- 
rieures tricuspides, les postérieures beaucoup plus grandes, à 7 à 
g pointes et plusieurs petits tubercules ; dents mandibulaires quinqué- 
ou septemcuspides, au nombre de 6 ou de 8 ; la longueur du bord infé- 
rieur du second sous-orbitaire égale le diamètre de l'œil. Branchios- 
pines minces et modérément longues, au nombre de i3 ou 14 à la 
partie inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, 
dont 8 branchus, commence au-dessus des premiers rayons de la ven- 
trale, à égale distance du bout du museau et de la caudale ou un peu 
plus près de celui-là ; les rayons médians sont prolongés chez les 
mâles et excèdent la longueur de la tête ; chez les femelles la hauteur 
de la nageoire égale à peu près la longueur de la tête. La dorsale adi- 
peuse, petite, est 2 fois aussi éloignée de la dorsale rayonnée que de la 
caudale. L'anale a 21 à 24 rayons, dont 18 à 21 branchus. La 
pectorale est aussi longue que la ventrale, dont elle n'atteint pas 
la base, et mesure les 3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tête. La 
ventrale atteint l'anus ou l'origine de l'anale. La caudale est fourchue, 
à lobes pointus. Le pédicule caudal est un peu plus long que haut. 
24 à 28 écailles le long de la ligne latérale, j^~ en série transversale, 
2 entre la ligne latérale et la racine de la caudale. 

Argenté ; dos brunâtre ou olivâtre ; une bande noire sur le pédicule 
caudal, se prolongeant sur la nageoire caudale ; base des nageoires anale 
et caudale parfois d'un beau rouge. 

Longueur totale : 1 1 centimètres. C'est une des plus petites espèces 
du genre. 

Cet Alestes est connu de la côte occidentale d'Afrique, depuis 
Sierra-Leone jusqu'au Congo. Il a été recueilli aux Stanley-Falls par 
M. Bentley. 



ALESTES i 5 i 



2. ALESTES MACROPHTHALMUS. 

Gùnther, Ann. & xMag. N. H. (3) XX, 1867, p. 113; Bouleng. Tr. Zool. Soc. 
XV, 1898. p. 25; Pellegrin, Bull. Mus. Paris, 1900, p. 177. 

La hauteur du corps est comprise 3 1/2 à 4 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 i/3 à 5 fois. La tête est de i/3 ou de 1/4 
plus longue que haute, 2 à 2 1/2 fois aussi longue que large ; le museau 
est aussi long que le diamètre de l'œil, qui est compris 3 1/4 ou 3 1/2 fois 
dans la longueur de la tête ; une paupière adipeuse très développée ; 
la largeur de la bouche est un peu moins que le diamètre de l'œil ; 
le maxillaire n'atteint pas le bord antérieur de l'œil; 14 à 18 dents 
(~i~i~) * ^ a mâchoire supérieure, les antérieures tricuspides, les posté- 
rieures à 5 à 9 pointes; dents mandibulaires à 5 à 9 pointes, au 
nombre de 8. La longueur du bord inférieur du second sous-orbitaire 
égale le diamètre de l'œil. Branchiospines minces et longues, au 
nombre de 19 ou 20 à la partie inférieure du premier arceau. La 
nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, commence au-dessus 
des rayons internes de la ventrale, à égale distance du bout du museau 
et de la nageoire caudale ; la longueur de sa base fait les 3/5 ou la 1/2 de 
sa plus grande hauteur, qui mesure un peu moins de la longueur de 
la tête. La dorsale adipeuse, petite, est 2 1/2 fois aussi éloignée de la 
dorsale rayonnée que de la caudale. L'anale a 21 ou 22 rayons, dont 18 
ou 19 branchus. La pectorale est aussi longue ou un peu plus longue 
que la ventrale, dont elle n'atteint pas la base, et mesure les 3/4 ou les 
5/6 de la longueur de la tète. La ventrale n'atteint pas l'orifice anal. La 
nageoire caudale est fourchue, à lobes longs et pointus. Le pédicule 
caudal est 1 i/3 à 1 1/2 fois aussi long que haut. 40 à 43 écailles le 
long de la ligne latérale 6 ^"L^ 2 en série transversale, 2 entre la ligne 
latérale et la racine de la ventrale. 

Argenté, bleu verdâtre ou bleu d'acier sur le dos; nageoires gri- 
sâtres ; iris argenté. 

Longueur totale : 46 centimètres (1). 

Découverte au Gabon, cette espèce a été retrouvée dans l'Ogowé 
par M Ue Kingsley, dans le Congo, à Brazzaville, par l'expédition de 
l'Ouest Africain sous la direction de M. de Brazza, dans l'Uerré par 
M. le lieutenant De Bauw, dans le lac Tanganika par MM. Moore, 
Lemaire et Hecq, et dans le lac Moero par la mission Lemaire. 

Nom indigène à Moliro (Tanganika) : Laala. 

(1) Longueur d'un individu rapporté de Kalambo (Tanganika) par M. Moore. 



[52 CHARACINID^: 

3. ALESTES LIEBRECHTSII (PI. IX, fig. i). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 29, pi. XV (1898). 

La hauteur du corps est comprise 3 1/444 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 i/3 à 5 fois La longueur de la tête 
excède un peu sa hauteur, et sa largeur y est comprise 1 1/2 à 2 fois ; 
le museau, large et arrondi, égale en longueur le diamètre de l'œil, et 
fait les 2/7 de la longueur de la tête ; une paupière adipeuse, fort déve- 
loppée en avant et en arrière, recouvre près des 2 3 de l'œil, dont le dia- 
mètre est compris 1 i/3 à 1 1/2 fois dans la largeur delà région interor- 
bitaire ; la largeur de la bouche égale à peine le 1 /3 de la longueur de la 
tête et le maxillaire n'arrive pas jusqu'au-dessous du bord antérieur de 
l'œil; ily a 14 dents pluricuspides à la mâchoire supérieure et 8 à l'in- 
férieure (série externe) ; ces dents sont blanches ou bordées de brun pâle. 
Branchiospines plus courtes que les filaments branchiaux, au nombre 
de 17 à 20 à la partie inférieure du premier arceau. La nageoire dor- 
sale, à 1 1 rayons, dont 2 rudimentaires, est située à égale distance de 
l'occiput et de la base de la caudale et prend naissance au-dessus de 
la ventrale, un peu plus près de la caudale que du bout du museau; la 
longueur de sa base égale la moitié ou les 3/5 de sa plus grande hau- 
teur, au quatrième rayon, qui égale la longueur de la tête; la dorsale 
adipeuse, petite, est 2 1/2 à 3 fois plus éloignée de la dorsale proprement 
dite que de la caudale et correspond au dernier rayon de l'anale. La 
nageoire anale se compose de 18 ou 19 rayons, dont 2 rudimentaires ; 
son bord est fortement échancré. La nageoire pectorale est un peu 
plus longue que la ventrale, dont elle est séparée par un espace très 
considérable; sa longueur égale presque celle de la tête. La ventrale 
n'atteint pas l'anus. La nageoire caudale est fourchue. Le pédicule 
caudal est un peu plus long que haut. 39 à 41 écailles sur la ligne 
latérale, — en travers, 2 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. 
Brun olivâtre en dessus, jaune ou rose en dessous; les écailles de la 
moitié supérieure du corps bordées de noir et pouvant porter chacune 
une ou plusieurs taches brunes; nageoire caudale rouge. Iris doré. 
Longueur totale : 40 centimètres. 

Les types de cette espèce, nommée en l'honneur de M. le comman- 
dant Liebrechts, font partie des récoltes de MM. Wilverth et Wage- 
naar à Upoto et à Umangi (Haut-Congoi. D'autres individus ont été 
recueillis par Delhez à Dolo, à Léopoldville, à Coquilhatville et à 
Bikoro, et par l'expédiiion de Brazza dans l'Alima moyen. 

Noms indigènes : Salamoengé à Dolo, Bokwé à Léopoldville, 
Losera à Coquilhatville. 



ALESTES t 53 

4. ALESTES LATERALIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 130, pi. XLVIII, fig. 2 (19001. 

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 4 à 
4 1/2 fois dans la longueur totale. La tête est un peu plus longue que 
haute, 2 fois aussi longue que large; le museau est un peu plus court 
que le diamètre de l'œil, qui est compris 3 fois dans la longueur de la 
tête; la paupière adipeuse est peu développée ; la largeur interoculaire 
égale les 2/5 de la longueur de la tête ; la largeur de la bouche est un 
peu inférieure au diamètre de l'œil; le maxillaire n'atteint pas le bord 
antérieur de l'œil; 16 dents (-^-) à la mâchoire supérieure, disposées 
régulièrement, les antérieures tricuspides, les postérieures beaucoup 
plus grandes et à bord pluricuspide; dents mandibulaires tricuspides, 
au nombre de 8 ; la longueur du bord inférieur du second sous- 
orbitaire égale le diamètre de l'œil. Branchiospines minces et longues, 
au nombre de 18 à 20 à la partie inférieure du premier arceau. La 
nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, commence au-dessus 
de la base de la ventrale, à égale distance du bout du museau et de la 
caudale, plus près de l'occiput que de la nageoire adipeuse ; la lon- 
gueur de sa base fait la moitié de sa pi" s grande hauteur, qui égale la 
longueur de la tète. La dorsale adipeuse petite, est 2 1/2 fois aussi 
éloignée de la dorsale rayonnée que de la caudale. La nageoire anale 
a 18 ou 19 rayons, dont i5 ou 16 branchus. La nageoire pectorale 
est un peu plus longue que la ventrale, dont elle n'atteint pas la base, 
et mesure les 3/4 de la longueur de la tête. La nageoire ventrale 
n'atteint pas l'orifice anal. La nageoire caudale est fourchue Le 
pédicule caudal est 1 1/2 fois aussi long que haut. 3o à 32 écailles 
le long de la ligne latérale, j|| en série transversale, 2 entre la ligne 
latérale et la racine de la nageoire ventrale. 

Olivâtre en dessus, blanc argenté en dessous; une bande latérale 
foncée, devenant noire sur le pédicule caudal et les rayons médians de 
la nageoire caudale. 

Longueur totale : 1 1 centimètres. 

Plusieurs exemplaires ont été rapportés du lac Dilolo par la mission 
Lemaire, qui a tout récemment exploré la faune de ce petit lac, situé à 
la limite extrême sud-ouest du Katanga, à une altitude de 1445 mètres. 
Cette espèce se rapproche de A. Lemairii, Blgr., du lac Moero, et 
surtout de A. senegalensis, Stdr., du Sénégal Elle diffère du premier 
par les écailles plus nombreuses et de tous deux par le corps plus 
allongé. 



l54 CHARACINID/E 

5. ALESTES LEMAIRII. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I. p 84, pi. XXXVI, fig. 2 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 3 à 3 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 fois. La tête est aussi longue que haute, 
1 3/4 à 2 fois aussi longue que large; le museau est un peu plus court 
que le diamètre de l'œil, qui est compris 3 1/2 à 3 2/3 fois dans la lon- 
gueur de la tète ; la paupière adipeuse est à peine développée au bord 
antérieur de l'œil; la largeur interoculaire égale à peu près les 2/5 de 
la longueur de la tête ; la largeur de la bouche égale le diamètre de l'œil : 
le maxillaire n'atteint pas le bord antérieur de l'œil; 26 dents (jA 
à la mâchoire supérieure, les antérieures tricuspides et disposées 
en zigzag, les postérieures beaucoup plus grandes, à deux tuber- 
cules et à bord postérieur dentelé : dents mandibulaires tricuspides, 
au nombre de 8; la longueur du bord inférieur du second sous- 
orbitaire égale ou excède un peu le diamètre de l'œil. Branchios- 
pines minces et modérément longues, au nombre de 18 à la partie 
inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 
8 branchus, commence au-dessus de la base de la ventrale, à égale 
distance du bout du museau et de la caudale, plus près de l'occiput 
que de la nageoire adipeuse ; la longueur de sa base fait la moitié de sa 
plus grande hauteur, qui mesure un peu moins que la longueur de la 
tète. La dorsale adipeuse, petite, est 2 1/2 fois aussi éloignée de la 
dorsale rayonnée que de la caudale. La nageoire anale a iq rayons, 
dont 16 branchus. La nageoire pectorale est plus longue que la 
ventrale, dont elle n'atteint pas la base, et mesure les 3/4 ou les 4/5 de 
la longueur de la tète. La nageoire ventrale n'atteint pas l'orifice anal. 
La nageoire caudale est fourchue, à lobes pointus. Le pédicule 
caudal est un peu plus long que haut. 27 à 29 écailles le long de la 
ligne latérale, i^~ en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la 

o ' 3 1/2 D 

racine de la ventrale. 

Argenté; dos olivâtre ; une bande latérale foncée, plus distincte sur 
le pédicule caudal. 

Longueur totale : 125 millimètres. 

Deux spécimens font partie d'une petite collection de poissons du 
lac Moero, recueillie par l'expédition dirigée par M. le lieutenant 
Ch. Lemaire, auquel l'espèce est dédiée. Ils avaient été recueillis en 
même temps que des exemplaires de A. macrophthalmus. Une 
seconde collection, que le British Muséum a reçue depuis du même 
lac, par M. A. Sharpe, ne renferme que cette dernière espèce en fait 
d' A lestes. 



ALESTES l55 

6. ALESTES FUCHSII. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo. Zool. I, p. 83, pi XXXVI, fig. 1 (189g). 

La hauteur du corps est comprise 2 2/3 à 3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 i/5 fois. La tête est aussi longue 
que haute, ou à peine plus longue, 1 3/4 à 2 fois aussi longue que 
large ; le museau est aussi long que le diamètre de l'œil, qui est com- 
pris 3 à 3 i/3 fois dans la longueur de la tête; la paupière adipeuse 
est à peine développée au bord antérieur de l'œil ; la largeur interocu- 
laire égale à peu près la moitié de la longueur de la tête; la largeur de la 
bouche égale le diamètre de l'œil : le maxillaire n'atteint pas le bord anté- 
rieur de l'œil; 16 dents (-g-) à la mâchoire supérieure, les antérieures 
tricuspides, les postérieures beaucoup plus grandes, à deux tubercules 
et à bord postérieur dentelé; dents mandibulaires tricuspides, au nom- 
bre de 8; la longueur du bord inférieur du second sous - orbitaire 
égale ou excède un peu le diamètre de l'œil Branchiospines minces et 
modérément longues, au nombre de 17 ou 18 à la partie inférieure du 
premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, 
commence immédiatement en arrière de la base des ventrales ou au- 
dessus des derniers rayons de celle-ci, plus près de la caudale que du 
bout du museau, à égale distance de l'occiput et de la nageoire adi- 
peuse; la longueur de sa base fait la moitié de sa plus grande hauteur, 
qui mesure la longueur delà tête ou un peu moins. La dorsale adipeuse, 
petite, est 21/2 ou 2 2/3 fois aussi éloignée de la dorsale ravonnée 
que de la caudale. L'anale a 17 ou 18 rayons, dont 14 ou i5 branchus. 
La pectorale est plus longue que la ventrale, dont elle n'atteint pas la 
base, et mesure les 3/4 ou les 5/6 de la longueur de la tête. La ven- 
trale n'atteint pas l'orifice anal. La nageoire caudale est échancrée, à 
lobes obtusément pointus. Le pédicule caudal est aussi haut que long. 
23 à 26 écailles le long de la ligne latérale, |-y en série transversale, 
2 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale. 

Argenté ; dos olivâtre plus ou moins foncé ; une tache noire ou bleu 
d'acier derrière la tête, au-dessus delà ligne latérale; une autre, beau- 
coup plus grande, sur le pédicule caudal ; nageoires jaune olivâtre; 
l'adipeuse brun rougeâtre ; le tiers supérieur de l'iris rouge. 

Longueur totale : 17 centimètres. 

Cette espèce, dédiée à M . le gouverneur général Fuchs, se rappro- 
che de A. leuciscns, Gthr., avec laquelle elle a été confondue par 
M ,le Schilthuis et par moi. Elle en diffère surtout par le nombre 
d'écaillés au-dessus de la ligne latérale (4 1/2 au lieu de 5 1/2). Elle se 
rapproche aussi de A. Kingsley ce, Gthr., dont les rayons de l'anale sont 



1 56 CHARACINIDjE 

au nombre de i 5 ou 16 seulement et dont la tache noire du pédicule 
caudal est remplacée par une bande commençant au-dessus de l'ori- 
gine de l'anale sur la série d'écaillés supérieure à la ligne latérale. 
De beaux individus ont été recueillis à Borna (rivière des Crocodiles), 
au Stanley- Pool (région des chutes) et au lac Léopold II, par Dél- 
iiez, et le British Muséum en a reçu des jeunes de Monsembé, Haut- 
Congo, par les soins de M. J. H. Weeks, et de Bolobo par M. G. 
Grenfell. M. Pellegrin cite cette espèce parmi les poissons recueillis 
à Gantshu, sur la rive droite du Congo, par l'expédition de Brazza. 

Se nomme Son^a h Borna, Likuki au Stanley- Pool, Mon\uli à 
Kutu. 

7. ALESTES TvENIURUS. 

Gùnther, Ann. & Mag. N H (3) XX, 1867, p 113 

La hauteur du corps est comprise 2 4/5 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 fois. La tête est un peu plus longue que haute 
et 2 fois aussi longue que large; le museau est un peu plus court que 
le diamètre de l'œil, qui est compris 3 1/4 fois dans la longueur de la 
tête ; paupière adipeuse à peine distincte au bord antérieur de l'œil ; 
la largeur interoculaire égale les 2/5 de la longueur de la tête; la lar- 
geur de la bouche égale le diamètre de l'œil; le maxillaire n'atteint pas 
le bord antérieur de l'œil; 16 dents (-^-) à la mâchoire supérieure, les 
antérieures tricuspides, les postérieures beaucoup plus grandes, tri- ou 
quinquécuspides, à deux tubercules ; dents mandibulaires tricuspides 
au nombre de 8; la longueur du bord inférieur du deuxième sous-orbi- 
taire égale le diamètre de l'œil. Branchiospines minces, plus courtes que 
les filaments branchiaux, au nombre de 2 5 à la partie inférieure du 
premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, 
commence immédiatement en arrière de la base des ventrales, plus 
près de la caudale que du bout du museau, à égale distance de l'occi- 
put et de la dorsale adipeuse; la longueur de sa base est un peu 
moins de la moitié de sa plus grande hauteur, qui égale presque la 
longueur de la tête. L'adipeuse, petite, est 2 1/2 fois plus éloignée de la 
dorsale rayonnée que de la caudale. L'anale a 19 rayons, dont 
16 branchus. La pectorale est aussi longue que la ventrale, dont elle 
atteint la base, et mesure les 4/5 de la longueur de la tête. La ventrale 
atteint l'anus. La caudale est fourchue, à lobes pointus. Le pédi- 
cule caudal est un peu plus long que haut. 23 écailles le long 
de la ligne latérale, |^| en série transversale, 2 entre la ligne latérale 
et la racine de la ventrale. 



ALKSTES l 57 

Argenté, brunâtre sur le dos; une raie noire de chaque côté du 
corps, sur la série d'écaillés au-dessus de la ligne latérale, commençant 
sous la dorsale et s'étendant sur la caudale. 

Longueur totale : 1 1 centimètres. 

Décrit d'après le type provenant du Gabon. Cité du Congo par 
Sauvage (Bull. Soc. Zool. France, 1884, p. 202). 



8. ALESTES BIMACULATUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 85, pi. XXXVI, hg. 3 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 3 i/3 à 3 3/4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 3 2,3 fois. La tête est un peu plus 
longue que haute et 2 fois aussi longue que large; le museau est aussi 
long ou un peu plus court que le diamètre de l'œil, qui est compris 
3 à 3 1/2 fois dans la longueur de la tête ; pas de paupière adipeuse ; la 
largeur interoculaire égale les 2/5 ou la 1/2 de la longueur de la tête; 
la largeur de la bouche égale le diamètre de l'œil ; le maxillaire n'atteint 
pas le bord antérieur de l'œil; 16 dents (-=-) à la mâchoire supérieure, 
les antérieures tricuspides, les postérieures beaucoup plus grandes, 
bi- ou tricuspides, à deux tubercules ; dents mandibulaires tricuspides 
au nombre de 8 ; la longueur du bord inférieur du deuxième sous-orbi- 
taire égale ou excède un peu le diamètre de l'œil. Les branchiospines 
sont longues et minces, un peu plus courtes que les filaments bran- 
chiaux, au nombre de 22 à 26 à la partie inférieure du premier arceau. 
La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, commence immé- 
diatement en arrière de la base des ventrales, plus près de la caudale 
que du bout du museau, à égale distance de l'occiput et de la dorsale 
adipeuse ; la longueur de sa base fait à peu près la moitié de sa plus 
grande hauteur, qui mesure les 3/4 de la longueur de la tête. La dorsale 
adipeuse, petite, est au moins deux fois plus éloignée de la dorsale 
rayonnée que de la caudale. L'anale a i5 à 1.8 rayons, dont 12 à 14 
branchus. La pectorale est plus longue que la ventrale, dont elle 
n'atteint pas la base, et mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la 
tête. La ventrale n'atteint pas l'orifice anal. La nageoire caudale est 
échancrée, à lobes arrondis. Le pédicule caudal est un peu plus long 
que haut. 27 à 29 écailles le long de la ligne latérale, ^— en série 
ransversale, 2 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale. 

Vert foncé en dessus, argenté en dessous : deux grandes taches 
rondes noires, à reflets fortement métalliques, de chaque côté du corps, 
la première entre la ligne latérale et les derniers rayons de la dorsale, 



I 58 CHARACINID/E 

la seconde à la base de la caudale; nageoires jaunâtres, l'adipeuse 
parfois orange. Iris jaune ou orange. 

Longueur totale : 14 centimètres. 

Plusieurs exemplaires de Kutu, lac Léopold II. — Coll. Delhez. 

Noms indigènes : Monguli et Mokowi. 

Espèce voisine de la suivante, dont elle se distingue surtout par la 
nageoire dorsale moins reculée, la tête moins large, les branchiospines 
plus longues et plus nombreuses, et les écailles un peu moins grandes 



9- 



ALESTES MACROLEPIDOTUS. 



Brycinus macrolepidotus, Cuvier et Valenciennes, Hist. Poiss. XX, p. 157, 
pi. CCCCCCXXXIX (1849). 

Alestes macrolepidotus, Bilharz, Siizb. Ak. Wien, IX, 1852, p. 469, pi. XXXYll; 
Kner, Denkschr. Ak. Wien, XVIII, 1860, p. i9;Gûnth. Cat. Fish. V, p. 313(1864); 
Steino. Sitzb. Ak.Wien, LXI, 1870, p. 540, pi. I, et Notes Leyd. Mus. XVI, 
1894, p. 63. 

La hauteur du corps est comprise 3 i/3 à 4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 3/4 à 4 1/2 fois. La tête est d'un quart 
ou de 2/7 plus longue que haute et 1 3/4 à 2 fois aussi longue que 
large; le museau, arrondi et aussi long que l'œil chez les jeunes, est 
plus long, 1 1/2 à 1 2/3 fois le diamètre de l'œil, plus pointu et 
dépasse la mâchoire inférieure chez les adultes ; le diamètre de l'œil 
est compris 3 (jeunes) à 4 i/3 fois dans la longueur de la tête ; paupière 
adipeuse absente ou très peu développée; la largeur interoculaire 
égale la moitié de la longueur de la tète ; la largeur de la bouche 
excède le diamètre de l'œil ; le maxillaire est loin d'atteindre le bord 
antérieur de l'œil; 18 ou 20 dents (^) à la mâchoire supérieure, les 
antérieures tri- ou quinquéeuspides, les postérieures beaucoup plus 
grandes, à plusieurs pointes (3 à 9) et tubercules; dents mandibulaires 
tri-, quinqué- ou septemeuspides, au nombre de 8 ou 10; la longueur 
du bord inférieur du deuxième sous-orbitaire égale ou excède un peu 
le diamètre de l'œil. Les branchiospines sont minces et médiocrement 
longues, au nombre de i5 à 18 à la partie inférieure du premier 
arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, occupe 
le milieu de l'espace entre les ventrales et l'anale; elle est beaucoup 
plus rapprochée de la caudale que de l'occiput; la longueur de sa 
base fait la moitié, ou un peu plus de la moitié, de sa plus grande 
hauteur, qui mesure les 3/4 ou les 5/0 de la longueur de la tète. 
La dorsale adipeuse, petite, est deux fois aussi éloignée de la dorsale 
rayonnée que de la caudale. L'anale a i5 à 17 rayons, dont 12 a 14 



ALESTES 1 5 g 

branchus. La pectorale est plus longue que la ventrale, dont elle 
n'atteint pas la base, et un peu plus courte que la tète. La ventrale 
n'atteint pas l'orifice anal. Le pédicule caudal est à peine plus long 
que haut. 22 à 24 écailles le long de la ligne latérale, ~ 2 en série 
transversale, 1 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale. 

Verdâtre, olivâtre, ou gris foncé sur le dos, argenté sur les côtés 
et en dessous. 

Longueur totale : 42 centimètres. 

Cet Alestes, le plus grand du genre, habite le Nil et les fleuves de 
l'Afrique occidentale, depuis le Sénégal jusqu'à l'Ogowé. Il n'a pas 
été rencontré dans le Congo, mais il existe dans le lac Tanganika, 
où il a été trouvé par M. J. E. S. Moore ainsi que par l'expédition 
Lemaire. 

Nom indigène a Moliro (Tanganika) : Ilala. 



10. ALESTES GRANDISQUAMIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 85, pi. XXXV, fig. 3 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 3 r/3 à 3 2/3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 3/4 à 4 t/3 fois. La tête est plus longue 
que haute et 1 1/2 à 1 2/3 fois aussi longue que large; le museau est 
aussi long ou un peu plus long que le diamètre de l'œil, qui est com- 
pris 3 à 4 fois dans la longueur de la tête , pas de paupière adipeuse ; 
la largeur interoculaire égale la 1/2 ou les 3/5 de la longueur de la tête; 
la largeur de la bouche excède le diamètre de l'œil ; le maxillaire est 
loin d'atteindre le bord antérieur de l'œil 16 ou 18 dents ^) à la 
mâchoire supérieure, les antérieures tricuspides, les postérieures beau- 
coup plus grandes, à plusieurs pointes [3 à g) et tubercules; dents 
mandibulaires tri- ou quinquécuspides, au nombre de 8; la largeur du 
bord inférieur du second sous-orbitaire égale ou excède un peu le dia- 
mètre de l'œil. Les branchiospines sont minces et médiocrement 
longues, au nombre de i5 ou 16 à la partie inférieure du premier 
arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, occupe le 
milieu de l'espace entre les ventrales et l'anale; elle est beaucoup plus 
rapprochée de la caudale que de l'occiput ; la longueur de sa base est 
un peu plus de la moitié de sa grande hauteur, qui mesure les 2/3 ou 
les 3/4 de la longueur de la tête. La dorsale adipeuse, petite, est deux 
fois plus éloignée de la dorsale rayonnée que de la caudale. L'anale a 
i3 ou 14 rayons, dont 10 ou 11 branchus. La pectorale est plus longue 
que la ventrale, dont elle n'atteint pas la base, et est un peu plus courte 
que la tête. La ventrale n'atteint pas l'orifice anal. Le pédicule caudal 



l6o CHARACINIDiE 

est à peine plus long que haut. 24 à 27 écailles le long de la ligne 

latérale, — 2 en série transversale, 1 entre la ligne latérale et la racine 

'21/2 ^ 

de la ventrale. 

Brun olive plus ou moins foncé sur le dos, argenté sur les côtés et 
en dessous, parfois teinté de rose; une tache noirâtre, plus ou moins 
distincte, à la base de la caudale. 

Longueur totale : 26 centimètres. 

Ce poisson a été recueilli dans le Bas-Congo par M. F. Hens, qui 
lui donne le nom indigène de Sunça, à Matadi par MM. Wilverth et 
Wagenaar; ces individus ont été d'abord déterminés par moi comme 
A. macrolepidotus, espèce qui diffère par le museau plus long et plus 
pointu et le nombre des rayons à l'anale. Plusieurs individus ont été 
rapportés par Delhez de Borna et du lac Léopold II. Deux jeunes 
individus font partie des récoltes de M. De Bauw dans l'Uerré. 



5. MICRALESTES. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 87 (1899). 

Ce genre ne diffère du précédent que par le caractère des dents pré- 
maxillaires de la seconde rangée, qui sont simplement comprimées, 
non biseautées ni molariformes, semblables à celles du genre suivant, 
Petersius, dont il se distingue par la présence d'une paire de dents 
coniques derrière la série mandibulaire. 

Par la petitesse de ces dents mandibulaires coniques, M. altus 
établit une sorte de passage entre Micralesles et Petersius 

Ce genre comprend 5 espèces. Une d'elles, M. acutidens, Ptrs., 
habite le Zambèse ; les quatre autres se trouvent au Congo. 

Synopsis des espèces du bassin du Congo 

I. Ligne latérale complète. 

A. 20-22; Sq. 27 28 ^~\ la hauteur du corps égale 

ou excède à peine la longueur de la tête . . . . \. M humilis, Blgr. 
A. 20-22; Sq. 23-25 jt— ; la hauteur du corps excède 

la longueur de la tête 2. M. holargyreus, Gthr. 

A. 26-28; Sq. 23-26 ^-~ ; corps très élevé, sa hauteur 

2 1/5 à 2 1/3 fois dans la longueur totale ... 3. M altus, Blgr. 

II. Ligne latérale réduite à quelques écailles sur la 

partie antérieure du corpr. ; A. 21-22; Sq. 21 23 .— . 4. M. interruptns, Blgr. 

Toutes les espèces sont de petite taille ; comme l'indique le nom 
générique, ces ont des Alestes diminutifs. 



MICRALESTES ibi 

■ i. MICRALESTES HUMILIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 87, pi. XXXVI, fig. 4(1899). 

La hauteur du corps égale ou excède un peu la longueur de la tête, 
qui est comprise 3 1/2 à 4 fois dans la longueur totale. La tête est plus 
longue que haute et 2 fois aussi longue que large ; le museau est un 
peu plus court que le diamètre de l'œil, qui est compris 2 2/3Jfois dans 
la longueur de la tête ; pas de paupière adipeuse ; la largeur interocu- 
laire excède un peu le tiers de la longueur de la tête ;|la|bouche est 
plus étroite que le diamètre de l'œil ; le maxillaire s'étend en arrière 
presque jusque sous le bord antérieur de l'œil ; 14 dents à la mâchoire 
supérieure, les antérieures, au nombre de 6, tricuspides, celles du 
second rang beaucoup plus grandes et quinqué- ou septemcuspides 
comme celles de la mâchoire inférieure, qui sont au nombre de 8"; les 
pointes des dents brunâtres. Branchiospines assez courtes, au"nombre 
de 14 ou 1 5 à la partie inférieure du premier arceau. La nageoire 
dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, commence immédiatement en 
arrière de la base des ventrales, un peu plus près de^la racine de la 
caudale que du bout du museau; la longueur de sa base fait à peu 
près la moitié de sa plus grande hauteur, qui mesure les 4/5 de la 
longueur de la tète. La dorsale adipeuse, petite, est 1 1/2 à 2 fois aussi 
éloignée de la dorsale rayonnée que de la caudale. La nageoire 
anale a 20 à 22 rayons, dont 17 à 19 branchus ; les rayons antérieurs 
sont les plus longs et donnent une forme pointue à la nageoire. La 
nageoire pectorale est plus longue que la ventrale, dont elle atteint 
ou atteint presque la racine, et un peu plus courte que la tête. La 
nageoire ventrale n'atteint pas toujours l'orifice anal. La, nageoire 
caudale est bifurquée, à lobes pointus. Le pédicule caudal est un peu 
plus long que haut. 27 ou 28 écailles le long de la ligne latérale, |^| en 
série transversale, 2 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale. 

Olivâtre en dessus, blanc jaunâtre en dessous; une bande latérale 
argentée ; nageoires anale et caudale gris bleuâtre ; iris rouge. 

Longueur totale : 7 centimètres. 

Espèce fondée sur un seul exemplaire de Kutu, lac Léopold II'(coll. 
Delhez). Nom indigène : Ghienghé. J'ai eu depuis l'occasion d'en 
examiner trois exemplaires recueillis il y a quelques années \ par 
M. Greshoff au Stanley- Pool. 

Espèce très voisine de M. acutidens, Ptrs., dont elle se distingue 
par le corps moins élevé. 



«62 characinida: 



2. MICRALESTES HOLARGYREUS. 

Alestes holargyreus, Gûnth. Ann. & Mag. N. H. (4) XII, 1873, p. 144. 
Alestes brevipinnis, Perugia, ^nn. Mus. Genova (2) X, 1891, p. 975. 
Micralestes holargyrous, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 87 (1899) 

La hauteur du corps est comprise 2 2/3 à 3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 fois. La tête est un peu plus 
longue que haute et 2 fois aussi longue que large ; le museau est plus 
court que le diamètre de l'œil, qui est compris 2 1/2 à 3 fois dans la 
1 ongueur delà tête ; pas de paupière adipeuse; la largeur interoculaire 
égale le tiers ou les 2/5 de la longueur de la tête ; la bouche est un peu 
plus étroite que le diamètre de l'œil; 14 dents à la mâchoire supé- 
rieure, les antérieures, au nombre de 6, tricuspides, celles du second 
rang beaucoup plus grandes et quinqué- ou septemcuspides comme 
celles de la mâchoire inférieure, qui sont au nombre de 8; les dents 
sont blanches. Branchiospines assez courtes, au nombre de 12 ou i3 
à la partie inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale, à 
10 rayons, dont 8 branchus, commence immédiatement en arrière de 
la base des ventrales, un peu plus près de la racine de la caudale que 
du bout du museau ; la longueur de sa base fait un peu plus de la 
moitié de sa plus grande hauteur, qui mesure les 4/5 ou les 5/6 de la 
longueur de la tête. La dorsale adipeuse, petite, est 1 1/2 à 2 fois aussi 
éloignée de la dorsale rayonnée que de la caudale. L'anale a 20 a 
22 rayons, dont 17 à 19 branchus; les rayons antérieurs sont les plus 
longs. La pectorale est un peu plus longue que la ventrale, dont elle 
atteint ou atteint presque la racine, et un peu plus courte que la tête. 
La ventrale atteint l'orifice anal. La nageoire caudale est bifurquée, à 
lobes pointus. Le pédicule caudal est un peu plus long que haut. 23 à 
25 écailles le long de la ligne latérale, ~ 2 en série transversale, 2 entre 
la ligne latérale et la racine de la ventrale. 

Olivâtre ou bleu d'acier en dessus; une bande latérale argentée; 
quelques écailles latérales parfois noirâtres à la base; nageoires gri- 
sâtres; iris rouge. 

Longueur totale : 7 centimètres. 

Cette espèce a été découverte à Borna par feu J. J. Bianconi ; elle y 
a été retrouvée par Delbez, dont la collection renferme un exem- 
plaire qui répond bien à la description de l'espèce nominale Alestes 
brevipinnis, Perugia, établie sur des exemplaires recueillis à Vivi 
par le capitaine J. Bove. 



MICRALESTES 1 63 

3. MICRALESTES ALTUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 88, pi. XXXVI, fig. 5 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 2 i/5 à 2 i/3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 3 2/3 fois. La tête, à profil supé- 
rieur un peu concave, est plus longue que haute, 2 fois aussi longue 
que large ; le museau est beaucoup plus court que le diamètre de l'œil, 
qui est compris 2 à 2 i/3 fois dans la longueur de la tête; pas de pau- 
pière adipeuse ; la largeur interorbitaire égale à peu près la largeur de 
la bouche et les 3/4 du diamètre de l'œil ; le maxillaire atteint à peine 
le bord antérieur de l'œil ; 1 2 ou 14 dents à la mâchoire supérieure, les 
antérieures, au nombre de 4, tricuspides, celles du second rang plus 
grandes et quinqué- ou septemcuspides; 8 dents quinqué- ou septem- 
cuspides à la mâchoire inférieure, les deux dents coniques postérieures 
extrêmement petites ; les pointes des dents brunâtres. Branchiospines 
assez longues, au nombre d'une douzaine à la partie inférieure du 
premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, 
commence immédiatement en arrière de la base des ventrales, à égale 
distance du bout du museau et de la racine de la nageoire caudale; la 
longueur de sa base est à peu près la moitié de sa plus grande hauteur, 
qui égale la longueur de la tête. La dorsale adipeuse, petite, est deux 
fois aussi éloignée de la dorsale rayonnée que de la caudale. L'anale a 
26 à 28 rayons, dont 23 à 25 branchus ; les rayons antérieurs sont les 
plus longs et forment un lobe à contour arrondi. La pectorale est plus 
longue que la ventrale, dont elle dépasse un peu la racine, et un peu 
plus courte que la tête. La ventrale atteint, ou atteint presque, l'origine 
de l'anale. La nageoire caudale est bifurquée, à lobes pointus. Le 
pédicule caudal est aussi haut que long. 23 à 26 écailles le long de la 
ligne latérale, |^ en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la 
racine de la ventrale. 

Ce petit poisson est très brillamment coloré pendant la vie. Olivâtre 
sur le dos, argenté à reflets irisés sur les côtés, les écailles bordées de 
bleu ; une grande tache noire arrondie de chaque côté de la queue, 
entre l'adipeuse et les derniers rayons de l'anale ; dorsale et pectorale 
rouge vif, les autres nageoires gris clair à rayons jaunes; adipeuse 
noire. Iris doré. 

Longueur totale : 65 millimètres. 

Plusieurs exemplaires de Bikoro, lac Tumba. — Coll. Delbez. 

Nom indigène : Moendjé. 



164 CHARACINIDA 



4. MICRALESTES INTERRUPTUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 88, pi. XXXVI, fig. 6 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 3 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 3 i/3 à 3 1/2 fois. La tête est un peu plus longue 
que haute et 2 fois aussi longue que large ; le museau ne mesure que 
les 3/5 du diamètre de l'œil, qui est compris 2 1/2 fois dans la longueur 
de la tête ; pas de paupière adipeuse ; la largeur interoculaire égale les 
2/5 de la longueur de la tête ; la bouche est un peu plus étroite que le 
diamètre de l'œil ; le maxillaire s'étend en arrière jusque sous le bord 
antérieur de l'œil; 12 dents à la mâchoire supérieure, les antérieures, 
au nombre de 4, tricuspides et alternant avec celles du second rang, 
qui sont beaucoup plus grandes et quinquécuspides ; 8 dents quinqué- 
ou septemcuspides à la mâchoire inférieure, les deux externes petites ; 
les pointes des dents brunâtres. Branchiospines courtes, au nombre 
d'uile douzaine à la partie inférieure du premier arceau. La nageoire 
dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, commence immédiatement en 
arrière de la base des ventrales, un peu plus près de la racine de la 
caudale que du bout du museau ; la longueur de sa base fait les 2/5 de 
sa plus grande hauteur, qui égale la longueur de la tête. La nageoire 
dorsale adipeuse, petite, est deux fois aussi éloignée de la dorsale 
rayonnée que de la caudale. La nageoire anale a 21 ou 22 rayons, 
dont 17 ou 18 branchus. La nageoire pectorale est plus longue que la 
ventrale, dont elle atteint la base, elle mesure les 4/5 de la longueur de 
la tête. La nageoire ventrale atteint l'orifice anal. La nageoire cau- 
dale est bifurquée, à lobes pointus. Le pédicule caudal est aussi haut 
que long. 21 à 23 écailles en série longitudinale, |^ en série transver- 
sale, 2 entre la ligne latérale et la racine de la nageoire ventrale; 
la ligne latérale se perd avant d'atteindre le milieu du corps, elle ne 
s'étend que sur 7 à 10 écailles. 

Rougeâtre (en alcool) avec une bande latérale argentée. 

Longueur totale : 45 millimètres. 

Découvert par Delhez à Léopoldville. Nom indigène : Lufundi. 

Micralestes interruptus se distingue aisément de ses congénères par 
sa ligne latérale si réduite, caractère qui se rencontre assez fréquem- 
ment chez les formes naines, mais dont aucun exemple n'est connu 
dans le genre voisin A lestes. 



PETERSÏUS i65 



6. PETERSÏUS. 

Hilgendorf, Sitzb. Ges. Nat. Fr. Berlin, 1894, p. 172(1). 

Ce genre, qui ne diffère de Micralestes que par l'absence des deux 
dents coniques derrière la série mandibulaire, a été établi en 1894 
pour une espèce de l'Afrique orientale découverte par Stuhlmann : 
P. conserialis, Hilgend. Plus récemment encore, une espèce de la 
Côte d'Or, P. occidentalis, Gthr., est venue s'y ajouter. La collection 
Delhez a porté à six le nombre des espèces ; celles du Congo se diffé- 
rencient par les caractères suivants : 

A. 22-24; Sq. 29-30 -|^| ; la hauteur du corps excède la 

longueur de la tête 1. P. caudalis, Blgr. 

A. 22-23; Sq. 30-31 -§t§-; l a hauteur du corps égale la 

longueur de la tête 2. P. Leopoldianus, Blgr. 

A. 23-26; Sq. 35-36 yry; la hauteur du corps excède la 

longueur de la lête 3. P. Hilgendorfi, Blgr. 

A. 23 ; Sq. 40 -|jj| ; la hauteur du corps excède la lon- 
gueur de la tête 4. P. modestus, Blgr. 

Petersias est très voisin de Tetragonopterus , Cuv., dont les très 
nombreuses espèces habitent l'Amérique centrale et méridionale. Il en 
diffère par l'absence complète de dents sur l'os maxillaire, comme chez 
A lestes et Micralestes, dont il est probablement dérivé. 



1. PETERSÏUS CAUDALIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 89, pi. XXXVII, fig. 3(1899). 

La hauteur du corps est comprise 2 i/3 à 2 1/2 fois dans la 
longueur totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 fois. La tête n'est pas 
plus longue que haute, à profil supérieur très légèrement concave; la 
mâchoire inférieure dépasse un peu la supérieure; le maxillaire s'étend 
jusque sous le bord antérieur de l'œil ; les dents prémaxillaires 
externes sont tricuspides et au nombre de 4, plus petites et très rap- 
prochées des internes, quinqué- ou septemcuspides et au nombre de 8, 

(1) En dédiant ce genre à l'éminent zoologiste Peters, M. Hilgendorf faisait 
observer qu'aucun nom semblable n'existait encore en zoologie. Scudder, au con- 
traire, citait déjà en 1882 deux genres Petersia parmi les Mollusques. Si j'adopte 
Petersius, c'est parce qu'il me semble que la terminaison en us suffit à éviter toute 
confusion, comme nous distinguons Picus de Pica parmi les oiseaux. 



i66 CHARACINID^E 

avec lesquelles elles alternent, disposition semblable à celle décrite par 
Hilgendorf chez P. conserialis; les dents mandibulaires, en une seule 
rangée de 8, sont les plus grandes de toutes, quinqué- ou septemcus- 
pides, à pointe centrale beaucoup plus élevée qu'à la mâchoire supé- 
rieure; ces dents sont blanches; le diamètre de l'œil excède de beau- 
coup la longueur du museau, il est compris 2 1/2 à 2 2/3 fois dans la 
longueur de la tète et égale la largeur interoculaire ; le deuxième sous- 
orbitaire, le plus long, égale le diamètre de l'œil. Les branchiospines 
sont assez longues, au nombre de 16 à 18 à la partie inférieure du 
premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, 
commence à égale distance du bout du museau et de la caudale, immé- 
diatement en arrière des ventrales ; la longueur de sa base est à peu près 
la moitié de sa hauteur, qui égale la longueur de la tête. La dorsale 
adipeuse est petite et deux fois aussi éloignée de la dorsale rayonnée 
que de la caudale. L'anale, composée de 22 à 24 rayons, dont 19 ou 
20 branchus, les antérieurs les plus longs, a le contour arrondi. La 
pectorale est un peu plus courte que la tète et atteint presque la base 
de la ventrale, laquelle s'étend jusqu'à l'anus. La nageoire caudale 
est fourchue, à lobes pointus. Le pédicule caudal est aussi haut que 
long. Les écailles sont au nombre de 29 ou 3o le long de la ligne 
latérale, ■— en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la racine 
de la nageoire ventrale. 

La coloration, en alcool, est rougeâtre, avec une bande latérale 
argentée qui passe au noir sur le pédicule caudal et se prolonge en 
une bande noire sur la nageoire caudale, système de coloration très 
fréquent chez les Tetragonopterns d'Amérique, si voisins des Peter- 
sius. Une aquarelle de Delhez indique que, pendant la vie, le dos est 
bleu d'acier, les flancs jaune verdâtre, les nageoires jaunes. 

Longueur totale : 62 millimètres. 

Plusieurs exemplaires ont été recueillis par Delhez, à Borna. 

Nom indigène : Sengê. 



2. PETERSIUS LEOPOLDIANUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 90, pi. XXXVII, fig. 4(1899 . 

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 
3 1/2 à 3 2/3 fois dans la longueur totale. La tête est plus longue que 
haute, à profil supérieur droit et descendant en pente très faible; la 
bouche est obliquement dirigée en haut et la mâchoire inférieure 
dépasse notablement la supérieure ; le maxillaire s'étend jusque sous 



PETERSIUS 167 

le bord antérieur de l'œil ; les dents, tri- ou quinquécuspides, ont la 
pointe centrale longue, très aiguë; les dents de la série prémaxillaire 
externe, au nombre de 4, sont un peu plus petites que celles de la série 
interne, au nombre de 8, avec lesquelles elles alternent; les dents man- 
dibulaires, en une seule rangée de 8, sont les plus grandes de toutes ; 
le diamètre de l'œil excède un peu la longueur du museau, est com- 
pris 3 fois, ou un peu moins de 3 fois, dans la longueur de la tête, et 
égale la largeur interoculaire; le deuxième sous-orbitaire, le plus 
long, égale le diamètre de l'œil. Les branchiospines sont longues et 
serrées ; on en compte 2 5 à 3o à la partie inférieure du premier arceau . 
La nageoire dorsale, à ro rayons, dont 8 brancbus, est à peu près deux 
fois aussi haute que longue et commence au-dessus de la base de la 
ventrale, à égale distance du bout du museau et de la racine de la 
caudale ; la dorsale adipeuse est très petite et séparée de la dorsale 
rayonnée par un espace égal au double de la base de celle-ci. L'anale, 
composée de 22 ou 23 rayons, dont 19 ou 20 branchus, est plus haute 
chez les mâles que chez les femelles ; son contour est très convexe chez 
les premiers, droit ou un peu concave chez les secondes. La pectorale 
mesure les 3/5 ou les 2/3 de la longueur de la tête et n'atteint pas la 
base de la ventrale, laquelle s'étend jusqu'à l'anus. La caudale est 
fourchue, à lobes pointus. Le pédicule caudal est très peu plus long 
que haut. Les écailles sont au nombre de 3o ou 3i le long de la ligne 
latérale, y~ en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la 
ventrale. 

En alcool, ce petit poisson se fait remarquer par une bande latérale 
noire ou noirâtre et la dorsale noirâtre. A l'état frais, d'après Delhez, 
le dos est gris-olive, le ventre argenté, la bande latérale verte, les 
nageoires, et parfois le dessus de la tête, orange ou rouge brique. Iris 
argenté. 

Longueur totale : 9 centimètres. 

D écrit d'après plusieurs individus provenant de Kutu et d'Ibali (lac 
Léopold II). 

Noms indigènes : Opondi et Monjué. 

Très voisin de P. caudalis, P. Leopoldianns s'en distingue surtout 
par le corps moins élevé et par les branchiospines beaucoup plus nom- 
breuses et plus serrées, ainsi que par la coloration. 

Comme chez l'espèce suivante, dont j'ai également pu examiner le 
squelette, il y a 17 vertèbres précaudales et 19 caudales. Une très 
grande fontanelle allongée sur le crâne, limitée par les frontaux, les 
pariétaux et le sus-occipital. La vessie natatoire n'est pas prolongée 
dans la région caudale. 



l68 CHARACINIΠ

3. PETERSIUS HILGENDORFI. 

couleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 91, pi. XXXVII, fig. 5 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 3 à 3 i/3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 3 2/3 fois. La tête est à peine plus 
longue que haute, à profil supérieur légèrement concave; la bouche 
est peu oblique et la mâchoire inférieure ne dépasse pas la supérieure ; 
le maxillaire s'étend jusque sous le bord antérieur de l'œil; les dents, 
disposées comme chez l'espèce précédente, ont la pointe centrale beau- 
coup moins longue; les prémaxillaires externes sont tricuspides, les 
autres quinqué- ou septemcuspides; le diamètre de l'œil excède consi- 
dérablement la longueur du museau, est compris 2 1/2 à 3 fois dans la 
longueur de la tête, et égale la largeur interoculaire; le deuxième 
sous-orbitaire, le plus long, égale le diamètre de l'œil. Les branchios- 
pines sont moins longues et moins serrées que chez l'espèce précédente, 
on en compte i5 ou 16 à la partie inférieure du premier arceau. La 
nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, à peu près 2 1/2 fois 
aussi haute que longue chez les femelles, est beaucoup plus élevée chez 
les mâles, chez lesquels plusieurs rayons sont prolongés en filaments, 
le troisième atteignant le pédicule caudal ; elle commence au-dessus 
de la base de la ventrale, à égale distance du bout du museau et de la 
racine de la caudale. La dorsale adipeuse est très petite et séparée de 
la dorsale rayonnée par un espace égal au double de la base de celle-ci. 
L'anale, à 23 à 26 rayons, dont 20 à 23 branchus, est beaucoup plus 
haute, et à bord plus convexe, chez les mâles que chez les femelles. La 
pectorale mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête et atteint 
presque la base des ventrales, lesquelles s'étendent jusqu'à l'anus. La 
caudale est fourchue. Le pédicule caudal est à peine plus long que 
haut. Les écailles sont au nombre de 35 ou 36 le long de la ligne 
latérale, p| en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la 
ventrale. 

La coloration, pendant la vie, est brun foncé en dessus, argenté en 
dessous, bleu sur les flancs; une bande latérale plombée le long des 
deux tiers postérieurs du corps et une barre verticale noirâtre en travers 
de la ligne latérale au-dessus de la pectorale; nageoires noires, 
dorsale, anale, ventrales et caudale rouge vermillon à la base chez les 
mâles. Iris argenté. 

Longueur totale : 10 centimètres. 

Cette espèce est fondée sur plusieurs individus de Kutu et d'Ibali, 
lac Léopold II, recueillis par Delhez; mais dès 1886 elle était repré- 



PETERSlUft 169 

sentée au Muséum de Paris par des individus de Diélé, surl'Alima, 
faisant partie de la collection rapportée par la mission de l'Ouest 
Africain (M. de Brazza). 

Cette espèce est nommée en l'honneur du fondateur du genre 
Petersius, M. le professeur F. Hilgendorf, conservateur des collections 
ichthyologiques du Musée de Berlin. 



4. PETERSIUS MODESTUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 72, pi. XXXVII, hg. 6 (189g . 

La hauteur du corps est comprise 3 i/3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 fois La tète est à peine plus longue 
que haute, à profil supérieur droit ; la bouche est oblique et la 
mâchoire inférieure dépasse la supérieure ; le maxillaire s'étend jus- 
que sous le bord antérieur de l'œil; les dents sont semblables à celles 
de l'espèce précédente; le diamètre de l'œil est compris 2 1/2 fois 
dans la longueur de la tête et égale la largeur interoculaire, ainsi que 
la longueur du deuxième sous-orbitaire. Les branchiospines sont 
médiocrement longues et au nombre d'une douzaine à la partie infé- 
rieure du premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 
8 branchus, 2 i/3 fois aussi haute que longue, est située à égale dis- 
tance de l'œil et de la caudale ; son premier rayon correspond au der- 
nier de la ventrale. La dorsale adipeuse est très petite et séparée de la 
dorsale rayonnée par un espace égal au double de la base de celle-ci. 
L'anale, à 23 rayons, dont 20 branchus, est assez basse. La nageoire 
pectorale est un peu plus courte que la tète et un peu plus longue que 
la ventrale, dont elle n'atteint pas tout à fait la base; la ventrale 
n'atteint pas l'anus. La nageoire caudale est fourchue, à lobes pointus. 
Le pédicule caudal est un peu plus long que haut. 40 écailles le 
long de la ligne latérale, |^ en série transversale, 2 entre la ligne 
latérale et la ventrale. 

Olivâtre en dessus, argenté sur les côtés et en dessous ; nageoires 
jaune pâle; dorsale adipeuse orange; iris grisâtre. 
Longueur totale : 65 millimètres. 

Un seul exemplaire de Kutu, lac Léopold II, fait partie de la 
collection rapportée par Delhez. 
Nom indigène : Buntchèlé. 



170 characinim; 

7. EUGNATHICHTHYS 

Bouleng. A.nn. Mus. Congo, Zo >I. 1, p. 25 (1898). 

Mâchoires massives, prémaxillaires coossifiés, ainsi 
que les dentaires, mobiles de bas en haut mais non 
protractiles ; maxillaire très petit, édenté, coossifié avec 
le prémaxillaire et caché sous les sous-orbitaires quand 
la bouche est close ; une rangée externe de dents fortes, 
subégales, comprimées, bicuspides, et une rangée interne 
de dents comprimées, obtuses, très petites, aux deux 
mâchoires, les deux rangées séparées l'une de l'autre par 
un espace considérable. Narines très rapprochées, près 
de l'œil, séparées par une papille valvulaire. Ouïes large- 
ment ouvertes, membrane branchiostège non soudée 
à l'isthme. Écailles petites, à bord libre fortement cilié; 
ligne latérale complète, à tubes droits, suivant le milieu 
du corps. Dorsale a 1 t à 18 rayons, située au-dessus des 
ventrales. Anale à 12 ou i3 rayons. Nageoire adipeuse 
courte, bien développée. 

Une petite fontanelle sépare les pariétaux et la partie postérieure 
des frontaux. 

On connaît deux espèces de ce genre. 

1. EUGNATHICHTHYS EETVELDII 

Boullng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 26, pi. XII (1898). 

La hauteur du corps est comprise 4 à 5 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 3 3/4 34 1/4 fois. La longueur de la tête e'gale 
environ 2 fois sa largeur et 1 1/2 fois sa hauteur, le museau 1 1/4 à 
1 1/2 fois le diamètre de l'œil, qui est compris 4 à 5 fois dans la lon- 
gueur de la tête et 1 i/3 à 1 r/2 fois dans la largeur de l'espace interor- 
bitaire. La mâchoire supérieure s'étend jusqu'au-dessous du centre de 
l'œil ; il y a 12 ou 1 3 dents de chaque côté à chaque mâchoire ; ces 
dents sont bicuspides, la pointe secondaire est courte et mousse et 
située antérieurement. Les trois os sous-orbitaires qui recouvrent la 



EUGNATHICHTHYS 171 

joue sont grands, l'inférieur finement strié ; ils sont séparés du préo- 
perculaire et de l'operculaire, tous deux très étroits, par un espace nu 
égal à la moitié de leur largeur. Les râtelures des arceaux branchiaux 
sont très petites, très courtes. La nageoire dorsale, à 17 ou 18 rayons, 
dont i3 ou 14 branchus, est située au-dessus des ventrales (le premier 
rayon de celle-ci tombant sous le 6 me ou 7 1 " de celle-là) à égale 
distance de la caudale et du centre ou du bord postérieur de l'œil ; la 
longueur du plus long rayon (le 3 me ) égale les 4/5 ou les 5/6 de la lon- 
gueur de la tête, et au moins 3 fois la longueur du dernier rayon. La 
dorsale adipeuse est plus rapprochée de la caudale que de la dorsale pro- 
prement dite; sa base est couverte de petites écailles. 11 y a 12 ou 
i3 rayons à l'anale, qui est deux fois plus éloignée de la nageoire 
cauçlale que de l'anus. La nageoire pectorale est un peu plus courte 
que la ventrale et ne mesure qu'un peu plus de la moitié de la lon- 
gueur de la tète. La caudale, presque entièrement couverte de très 
petites écailles cténoïdes, est bilobée; le lobe supérieur, le plus long, 
est pointu, l'inférieur est arrondi La moindre hauteur du pédicule 
caudal est comprise 2 fois dans sa longueur. Les écailles ont le bord 
libre fortement cilié; on en compte 95 à 107 le long de la ligne latérale, 
4-^ en série transversale en avant des ventrales, et q entre la ligne 
latérale et la racine de la ventrale. 

Le corps est jaunâtre, olivâtre en dessus et orné de grosses taches 
noirâtres arrondies ou rhomboïdales, disposées en quinconce ; les 
nageoires sont oranges ; quatre ou cinq bandelettes noires ou violet 
foncé traversent la dorsale; une tache noire sur l'adipeuse; une raie 
noire le long du milieu de la caudale, quatre autres, obliques, sur le 
lobe supérieur et trois sur le lobe inférieur chez l'adulte, deux sur 
chaque lobe chez le jeune ; ces raies convergent en arrière vers le pro- 
longement de la ligne médiane. Iris violet; un cercle orangé autour 
de la pupille. 

Plusieurs spécimens ont été recueillis par MM. Wilverth et Wage- 
naar à Borna, à Léopoldville, à Nouvelle-Anvers et à Upoto. Le plus 
grand mesure 29 centimètres. Un spécimen a été obtenu à Liranga, 
Congo français, par Delhez. 

Le dessin de la queue, tout à fait exceptionnel parmi les Poissons 
sans épines, rappelle celui qui orne certains Mulets et Thérapons, et 
encore plus celui d'un Characinide de l'Amérique du Sud, Prochilo- 
dus insignis, Schomb., sans que toutefois il y ait la moindre corres- 
pondance dans le dessin des autres nageoires ni du corps. 

Noms indigènes : Mosabo à Léopoldville, Moengue a Upoto, 
Bosansala à Liranga. 



172 CHARACINIDjE 

2. EUGNATHICHTHYSMACROTEROLEPIS 
(PL VIII, fig. 1). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p 75, pi. XXXIV, fig. i (1899). 

La hauteur du corps est comprise 4 1/4 à 4 3/4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 fois. La longueur de la tête égale 
2 à 2 1/2 fois sa largeur et 1 1/2 à 1 2/3 fois sa hauteur; le museau, 
arrondi et dépassant un peu la bouche en avant, mesure 1 1/2 à j i/3 
fois le diamètre de l'œil, qui est compris 4 à 5 fois dans la longueur 
de la tête et 1 à 1 1 /2 fois dans la largeur interoculaire ; le maxillaire 
s'étend en arrière jusque sous la pupille; 14 à 16 dents de chaque côté 
à la mâchoire supérieure; le sous-orbitaire inférieur, strié en éventail, 
qui couvre une grande partie de la joue, est encore plus grand que 
chez E. Eeiveldii, l'espace nu qui le sépare du préoperculaire ne 
mesurant que le quart de sa largeur. La nageoire dorsale a 1 1 à 
14 rayons, dont 8 à 1 : branchus; elle est située à égale distance de la 
caudale et du centre ou du bord antérieur de l'œil, et son 5 me ou 
gme ra y 0n correspond au premier de la ventrale ; son plus long rayon 
ne mesure que les 2/3 de la longueur de la tête et 2 à 2 1/2 fois la lon- 
gueur du dernier rayon La dorsale adipeuse, petite et écailleuse à la 
base, est plus rapprochée de la caudale que de la dorsale rayonnée. 
12 rayons à l'anale. La pectorale est un peu plus courte que la ven- 
trale et ne mesure que la moitié de la longueur de la tête. La caudale 
a le lobe supérieur pointu, l'inférieur plus court et arrondi. Le pédi- 
cule caudal est 2 fois aussi long que haut. 68 à 71 écailles le long de 
la ligne latérale, ^2 en série transversale, 6 ou 7 entre la ligne laté- 
rale et la ventrale. 

Brunâtre en dessus, jaunâtre sur les côtés et en dessous (en alcool); 
une série médiane et deux latérales de grandes taches noirâtres sur le 
corps, alternantes, les latérales en forme de barres verticales, les infé- 
rieures, les plus grandes, au nombre de .12, traversant la ligne laté- 
rale ; trois raies noires en travers de la dorsale ; une tache noire à 
l'extrémité de l'adipeuse ; une raie noire le long du milieu de la cau- 
dale et des raies obliques et convergentes en arrière sur les lobes de 
celle-ci, 3 ou 4 en haut et 2 ou 3 en bas. 

Longueur totale : 145 millimètres. 

Le type de cette espèce a été recueilli par M. Demeuse à Loango (1) 

(1) C'est par erreur que je l'ai indiqué comme provenant du Chiloango. 



Poissons du Bassin du Congo. 



PI. VIII. 







1. EUGNATHICHTHYS MACROTEROLEPIS. 2. PARAPHAGO ROSTRATUS. 

3. PHAGO INTERMEDIUS. 4. NEOBORUS ORNATUS. 



PARAPHAGO 173 

(Bas-Congo). Trois jeunes individus, ne mesurant que de 7 à g cen- 
timètres, ont été trouvés dans l'Uerré par M. le lieutenant De Bauw. 
Enfin j'en ai examiné un plus petit encore, mesurant 5 centimètres, 
provenant des récoltes de M. Greshoffau Stanley-Pool. 

Quoique voisine de E. Eçtveldii. cette espèce s'en distingue facile- 
ment par le plus grand développement du troisième sous-orbitaire, le 
nombre moins élevé des rayons à la nageoire dorsale, et surtout par 
les écailles plus grandes. 



8. PARAPHAGO. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 76(1899). 

Mâchoires massives, pointues; prémaxillaires coossifiés, 
ainsi que les dentaires, mobiles de bas en haut mais non 
protractiles ; maxillaire très petit, édenté, ankylosé au 
prémaxillaire, non caché sous les sous-orbitaires ; une 
rangée externe de dents fortes, comprimées, bi- ou tricus- 
pides, les antérieures plus grandes, et une rangée interne 
de dents petites, coniques, acérées, aux deux mâchoires, 
les deux rangées séparées Tune de l'autre par un espace 
considérable. Joue presque entièrement cuirassée par les 
sous-orbitaires; narines très rapprochées, près de l'œil, 
séparées par une papille valvulaire Ouïes largement 
ouvertes, membrane branchiostège étroitement soudée 
à l'isthme en avant Corps allongé, comprimé. Écailles 
petites, à bord libre fortement cilié ; ligne latérale com- 
plète, à tubes droits, suivant le milieu du corps; pas 
d'appendice écailleux à la base de la ventrale. Dorsale 
à i5 rayons, située au-dessus des ventrales. Anale à i3 ou 
14 rayons. Nageoire adipeuse courte, bien développée. 

La fontanelle sur l'arrière du crâne, très réduite chez Eiignathich- 
thys, est absente chez Paraphago comme chez Phago et chez Meso- 
borus. 

Genre intermédiaire à Engnathichthys et à Phago. 

Espèce unique. 



174 CHARACINIDjE 

i. PARAPHAGO ROSTRATUS (PI. VIII, fig. 2). 

BOULENG. I. C, pi. XXXIV, fig. 2. 

La hauteur du corps est comprise 5 1/2 à 6 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 3 2/3 fois. La longueur de la tête 
est le triple de sa largeur; le museau, pointu, dépassant à peine la 
mâchoire inférieure en avant, mesure 1 1/2 fois le diamètre de l'œil, 
qui est compris 4 1/2 à 5 fois dans la longueur de la tète et égale l'espace 
interorbitaire; la mâchoire supérieure s'étend jusqu'au-dessous du tiers 
antérieur de l'œil ; i5 ou 16 dents de chaque côté à chaque mâchoire, 
la plupart bicuspides, la pointe principale dirigée en arrière, la pointe 
secondaire courte et située antérieurement; le sous-orbitaire inférieur 
est très grand et couvre presque entièrement la joue, n'étant séparé du 
préoperculaire que par un espace nu très étroit. Les branchiospines 
sont peu nombreuses, très courtes, presque rudimentaires. La nageoire 
dorsale, à i5 rayons, dont 12 branchus, commence à égale distance 
du bout du museau et de la racine de la caudale ; son cinquième rayon 
correspond au premier de la ventrale ; son plus long rayon mesure la 
moitié de la longueur de la tête. La dorsale adipeuse est plus rappro- 
chée de la caudale que de la dorsale rayonnée et commence au-dessus 
du dernier rayon de l'anale. Celle-ci a i3 ou 14 rayons, dont 10 ou 
1 1 branchus. La pectorale est plus courte que la ventrale et mesure à 
peine les 2/5 de la longueur de la tête. La ventrale n'atteint pas l'ori- 
fice anal. La caudale est fourchue, à lobes obtusément pointus. Le 
pédicule caudal est près de 3 fois aussi long que haut. Les écailles, à 
bord libre fortement cilié, sont au nombre de 87 à 90 le long de la 
ligne latérale, de ~^ en série transversale, de g entre la ligne latérale 
et la nageoire ventrale. 

Olivâtre en dessus, blanchâtre en dessous, les nageoires d'un blanc 
sale. Le dessin se rapproche beaucoup de celui de Eug-nathichthys 
macroteroiepis, consistant en 5 séries de taches alternantes sur le 
corps, l'inférieure, traversant la ligne latérale, en forme de barres 
verticales; ces barres, au nombre 12 a i5, ont une tendance à s'unir 
aux taches du dos ; trois bandes noires plus ou moins régulières sur 
la nageoire dorsale ; trois bandes noires obliques sur chaque lobe de 
la caudale, une septième bande entre les deux lobes ; nageoire adipeuse 
orange à la base, noire sur la seconde moitié. Pupille orange. 

Longueur totale : i3 centimètres. 

Trois individus de Kutu (lac Léopold II), coll. Delhez. Ce poisson, 
très vorace et ichthyophage comme les autres membres du groupe 
dont il fait partie, se trouve aussi bien au milieu du lac que sur ses 
bords. Nom indigène : Buengué. 



MESOBORUS [75 



9. MESOBORUS. 

Pellegrin, Bull. Mus. Paris, 1900, p. 178. 

Mâchoires massives, pointues; prémaxillaires coossi- 
fiés, ainsi que les dentaires, mobiles de bas en haut, mais 
non protractiles ; maxillaire très petit, édenté, ankylosé au 
prémaxillaire, caché sous les sous-orbitaires quand la 
bouche est close ; deux rangées de dents aux mâchoires, 
les internes très petites, les externes assez grandes, com- 
primées, à pointe dirigée en arrière, avec ou sans pointe 
secondaire ; les dents antérieures de la série externe 
grandes, en forme de canines. Joue en grande partie 
couverte par les sous-orbitaires; narines très rapprochées, 
près de l'œil, séparées par une papille valvulaire. Ouïes 
largement ouvertes, membrane branchiostège étroitement 
soudée à l'isthme en avant. Corps allongé, comprimé. 
Ecailles petites, à bord libre fortement cilié; ligne latérale 
complète, à tubes droits, suivant le milieu du corps; un 
petit appendice écailleux à la base de la ventrale. Dorsale 
à 18 rayons, située au-dessus des ventrales. Anale 
à crayons. Nageoire adipeuse petite. 

Pas de fontanelle sur le crâne. 

Genre très voisin de Paraphago, dont il diffère surtout par le déve- 
loppement des canines à l'avant des mâchoires, caractère qui le rap- 
proche de Neoborus. 

Une seule espèce connue. 

1. MESOBORUS CROCODILUS. 

Pellegrin, 1. c. 

La hauteur du corps est comprise 4 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 3 fois. La longueur de la tête est le triple de sa lar- 
geur ; le museau, triangulaire, dépasse un peu la mâchoire inférieure, 
qui est échancrée en avant; le diamètre de l'œil, qui excède la largeur 



176 CHARACINID^E 

interorbitraire, est compris près de 2 fois dans la longueur du museau, 
4 1/2 fois dans la longueur de la tête; la mâchoire supérieure s'étend 
jusqu'au-dessous du bord antérieur de l'œil ; une encoche latérale pour 
faire place aux canines de la mâchoire inférieure, qui sont au nombre 
de deux de chaque côté; entre celles-ci une paire de petites dents 
coniques ; les canines supérieures sont au nombre de deux, qui 
dépassent la mandibule quand la bouche est close ; 29 ou 3o dents laté- 
rales de chaque côté à la série externe de chaque mâchoire ; les os du 
dessus de la tête sont striés ; l'espace nu entre le préoperculaire et le 
sous-orbitaire inférieur mesure la moitié de la largeur de ce dernier. Les 
branchiospines sont courtes, au nombre de 17 à la branche inférieure 
du premier arceau. La nageoire dorsale, à 18 rayons, dont 14 branchus, 
commence à égale distance du bout du museau et de la racine de la 
caudale ; son sixième rayon correspond au premier de la ventrale; son 
plus long rayon mesure la moitié de la longueur de la tête. La dorsale 
adipeuse, écailleuse à la base, est plus rapprochée de la dorsale que de 
la caudale et commence au-dessus du tiers postérieur de l'anale. Celle- 
ci a 14 rayons, dont 1 1 branchus. La nageoire pectorale est un peu 
plus longue que la ventrale et mesure presque la moitié de la longueur 
de la tète. La nageoire ventrale n'atteint pas l'orifice anal. La nageoire 
caudale, couverte d'écaillés, est fourchue, à lobes arrondis. Le pédi- 
cule caudal est une demi-fois plus long que haut. Les écailles, à bord 
libre fortement cilié, sont au nombre de 96 le long de la ligne latérale, 
de -jj- en série transversale, de 12 entre la ligne latérale et la nageoire 
ventrale. 

La coloration, en alcool, est brunâtre, avec des traces de deux séries 
de grandes taches plus foncées de chaque côté, alternantes, les infé- 
rieures au nombre d'une dizaine traversant la ligne latérale ; nageoires 
grisâtres. 

Longueur totale : 2 5 centimètres. 

Décrit d'après le type unique, conservé au Muséum de Paris, pro- 
venant de Diélé, sur l'Alima, affluent de la rive droite du Congo. 

Ce curieux poisson est une des découvertes zoologiques les plus 
importantes de la mission de l'Ouest Africain, sous la direction de 
M. de Brazza, dont l'étude de la collection ichthyologique, commencée 
par M. Vaillant en 1886, vient seulement d'être achevée par M. Pelle- 
grin, en temps, heureusement, pour que j'en puisse incorporer les 
principaux résultats dans cet ouvrage. 



PHAGO 177 

10. PHAGO. 

Gûnther, Ann. & Mag. N. H. (3) XV, 1865, p. 209. 

Museau rétréci en rostre; prémaxillaires coossifiés, ainsi 
que les dentaires, mobiles de bas en haut mais non 
protractiles ; maxillaire très petit, édenté, ankylosé au 
prémaxillaire; deux rangées de dents aux mâchoires, les 
internes très petites, les externes grandes, comprimées, 
bicuspides, les antérieures plus grandes Joue entièrement 
couverte par les sous-orbitaires; narines très rapprochées, 
près de l'oeil, séparées par une papille valvulaire. Ouïes 
largement ouvertes, membrane branchiostège étroitement 
soudée à l'isthme en avant. Corps allongé, faiblement 
comprimé, cuirassé de grandes écailles dures à bord libre 
fortement cilié ; ligne latérale complète, à tubes droits, 
suivant le milieu du corps; pas d'appendice écailleux à 
la base de la ventrale. Dorsale à 12 ou i3 rayons, située 
au-dessus des ventrales. Anale à 10 à 12 rayons. Nageoire 
adipeuse très petite. 

Pas de fontanelle sur le crâne. 44 vertèbres (20 -f 24) chez P. 
Boulengeri. 

Le type de ce genre remarquable, P. loricatus, Gthr., provient de 
l'Afrique occidentale, sans désignation de localité, et n'a pas encore 
été trouvé au Congo II diffère des deux espèces décrites ici par la pré- 
sence d'une seule écaille entre la série médio-dorsale, en avant de la 
nageoire dorsale, et la ligne latérale. 

1. PHAGO BOULENGERI. 

Schilthuis, Tijdschr. Ned. Dierk. Ver. (2) III, 1891, p. 90. 

La hauteur du corps est comprise 6 à 7 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 fois. Tête 2 2/3 à 3 fois aussi 
longue que large; museau aussi long ou un peu plus court que la 
partie postoculaire de la tête, 1 i/3 à 1 3/4 fois le diamètre de l'œil, 
qui est compris 4 a 41/2 fois dans la longueur de la tête et égale la 
largeur interoculaire ; le bout du museau dépasse un peu la mâchoire 



178 characinim: 

inférieure ; 17 a ig dents de chaque côté à la mâchoire supérieure, qui 
s'étend jusqu'à l'œil; os de la tête granulés et striés. Branchiospines 
très courtes, rudimentaires. Dorsale à i3 rayons, dont 10 branchus, 
commençant au-dessus du premier rayon de la ventrale, plus près du 
bout du museau que de la caudale. Dorsale adipeuse très petite, à 
égale distance de la dorsale rayonnée et de la caudale ou un peu plus 
rapprochée de celle-ci, en arrière de l'anale. Celle-ci composée de 10 
à 1 1 rayons, dont 7 ou 8 branchus. Pectorale un peu plus courte que 
la ventrale, mesurant un peu plus des 2/5 ou près de la moitié de la 
longueur de la tête. Ventrale n'atteignant pas l'orifice anal. Caudale 
échancrée, à lobes arrondis, en partie couverte de très petites écailles. 
Pédicule caudal grêle, arrondi, 5 ou 6 fois aussi long que haut. 
Ecailles obtusément carénées, 42 à 45 sur la ligne latérale, ^ en série 

transversale en avant de la dorsale, — entre la dorsale et la ventrale, 

2 ' 

8 autour du pédicule caudal. 

Brun plus ou moins foncé en dessus, blanchâtre en dessous ; le 
plus souvent des taches foncées plus ou moins distinctes forment des 
séries longitudinales et alternantes sur le dos et les côtés du corps ; 
une série de taches plus grandes peut former une bande latérale inter- 
rompue; nageoires dorsale et caudale orange ou rose saumon, le plus 
souvent ornées de bandes noires, disposées horizontalement sur la 
dorsale, obliquement sur chacun des lobes de la caudale; nageoires 
paires et anale jaunâtres ou noirâtres. 

Longueur totale : 16 centimètres. 

Le type de cette espèce, recueilli au Stanley- Pool par M. Greshoff, 
fait maintenant partie des collections du Musée Britannique. Le même 
poisson avait été trouvé à Diélé, sur l'Alima, par la mission de Brazza. 
J'ai pu en examiner de nombreux exemplaires du Stanley-Pool (Wil- 
verth et Wagenaar, Delhez), du Lac Léopold II et d'Ibali (Delhez), 
de Monsembé (Weeks), des Stanley-Falls (Bentley), et de l'Uerré (De 
Bauw). 

Nom indigène à Dolo : Inladi ; à Kutu : Mokiki et Ipiapoli. 



2. PHAGO INTERMEDIUS (PI. VIII, fig. 3). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 77, pi. XXXIV, fig. 3 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 6 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 3 1/2 fois. Tête 3 1/2 fois aussi longue que large; 
museau plus long que la partie postoculaire de la tête, 2 1/2 fois le 
diamètre de l'œil, qui est compris 5 1/2 fois dans la longueur de la 



NEOBORUS 179 

tête et 1 i/3 dans la largeur interorbitaire ; le bout du museau dépasse 
un peu la mâchoire inférieure ; 22 dents de chaque côté à la mâchoire 
supérieure, qui s'étend jusqu'à l'œil; os de la tête faiblement gra- 
nulés et striés. Brancbiospines très courtes, rudimentaires. Dorsale 
à 12 rayons, dont 8 branchus, commençant au-dessus du premier 
rayon de la ventrale et à égale distance du bout du museau et de la 
caudale. Dorsale adipeuse très petite, plus rapprochée de la caudale 
que de la dorsale rayonnée, immédiatement en arrière de l'anale. 
Celle-ci est composée de 12 rayons, dont 9 branchus. Pectorale un 
peu plus courte que la ventrale, mesurant les 2/5 de la longueur 
de la tête. Ventrale n'atteignant pas l'orifice anal. Caudale échancrée, 
à lobes arrondis, en grande partie couverte de très petites écailles. 
Pédicule caudal grêle, arrondi, 5 fois aussi long que haut. Écailles 
obtusément carénées, 47 sur la ligne latérale, yjfe en série transversale 
en avant de la dorsale, — entre la dorsale et la ventrale, 6 autour 
du pédicule caudal. 

L'individu unique, provenant de Léopoldville (Coll. Wilverth et 
Wagenaar), est décoloré. La longueur totale de cet individu est de 
14 centimètres. 

Diffère de l'espèce précédente par le museau plus allongé. 



11. NEOBORUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 78 (1899). 

Museau en rostre étroit; prémaxillaires coossiflés, ainsi 
que les dentaires, mobiles de bas en haut mais non pro- 
tractiles ; maxillaire très petit, édenté, ankylosé au pré- 
maxillaire, caché sous les sous-orbitaires quand la bouche 
est close ; une seule rangée de dents aux mâchoires, les 
antérieures grandes, en forme de canines, les latérales 
pointues, comprimées, à pointe dirigée en arrière, avec ou 
sans une petite pointe secondaire. Joue en grande partie 
nue ; narines très rapprochées, près de l'œil, séparées par 
une papille valvulaire. Ouïes largement ouvertes, mem- 
brane branchiostège étroitement soudée à l'isthme en 
avant. Corps allongé, comprimé. Ecailles petites, à bord 
libre fortement cilié; ligne latérale complète, à tubes 



i8o CHARACINID^E 

droits, suivant le milieu du corps ; un appendice écailleux 
à la base de la ventrale. Dorsale à 16 à 18 rayons, située 
en arrière des ventrales. Anale à 17 à 19 rayons. Nageoire 
adipeuse courte, bien développée. 

Neoborus est très voisin de Ichthyoborus, Gthr., du Nil, type de 
la sous-famille des Ichthyoborince. Il en diffère par l'absence de dents 
en cardes à la face interne des mâchoires. 

Ayant pu faire préparer le squelette de l'espèce unique, je suis 
à même d'ajouter quelques renseignements ostéologiques à la défini- 
tion du genre. On distingue encore la suture entre les prémaxillaires, 
tandis que toute trace de séparation entre les dentaires a disparu. 
Une grande fontanelle s'étend sur l'arrière du crâne, séparant entière- 
ment les pariétaux et se prolongeant entre les frontaux jusqu'au 
niveau des bords postérieurs des orbites. Comme chez Ichthyoborus, 
le maxillaire ne borde pas du tout la bouche, contrairement à la 
définition habituelle de la famille des Characinidœ. La branche 
inférieure du préoperculaire est excavée en gouttière, bordée d'une 
forte crête qui s'étend jusqu'à l'articulation quadrato-mandibulaire. 
24 vertèbres pécaudales et 19 caudales. 

Une seule espèce. 



1. NEOBORUS ORNATUS (PL VIII, fig. 4). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 78, pi. XXXIV, fig. 4 (1899). 

Le corps est fortement comprimé, sa hauteur est comprise 5 i/3 à 
6 i/3 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 3 1/4 à 

3 2/3 fois. La tête est 2 à 2 1/2 fois aussi longue que haute, 3 1/2 à 

4 fois aussi longue que large, plate en dessus ; le museau est long et 
pointu, sa longueur égale celle de la région postoculaire de la tête, 
l'œil étant situé au milieu et contenu 5 à 5 1/2 fois dans la longueur 
de la tête; le diamètre de l'œil égale ou excède un peu la largeur 
interorbitaire ; 29 à 32 petites dents de chaque côté de la mâchoire 
supérieure, 22 à 26 à l'inférieure ; deux grandes canines à l'extrémité 
de la mâchoire supérieure et trois à l'extrémité de la mandibule; ces 
dents sont très asymétriques et une des deux canines supérieures, celle 
qui croise la canine mandibulaire médiane, est toujours plus déve- 
loppée que l'autre; la largeur du sous-orbitaire égale à peu près le 
tiers ou la moitié de la partie nue de la joue ; les os du dessus et des 



NEOBORUS 



côtés de la tête sont plus ou moins fortement stries. Les branchio- 
spines sont très courtes, presque rudimentaires, peu nombreuses. La 
nageoire dorsale commence un peu en arrière de la base de la ventrale 
et est située à égale distance de la tête et de la nageoire caudale; il y 
a 16 à 18 rayons, dont i3 à i5 branchus; le plus long mesure à peine 
les 2/3 de la longueur de la tète. La dorsale adipeuse est très petite et 
plus rapprochée de la caudale que de la dorsale rayonnée. La nageoire 
anale est basse et composée de 17 à 19 rayons, dont 140U i5 branchus; 
le dernier rayon correspond à l'adipeuse. La nageoire pectorale, plus 
courte que la ventrale, mesure moins de la moitié de la longueur de 
la tète; l'extrémité de la ventrale est très éloignée de l'orifice anal. La 
nageoire caudale, bifurquée, a les lobes courts et arrondis, en grande 
partie couverts de petites écailles à bord cilié. Le pédicule caudal est 
deux fois aussi long que haut. Les écailles, à bord fortement cilié, 
sont au nombre de 98 à 1 10 le long de la ligne latérale, ^ en série 
transversale, 8 ou 9 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. 

La coloration, que je puis décrire à l'aide des aquarelles qui accom- 
pagnent la collection Delhez, est d'un gris violâtre sur le dos, argenté 
ou verdatre sur les côtés, blanc sur le ventre ; trois raies olives de 
chaque côté du corps, la médiane la plus large, suivant la ligne laté- 
rale; dessus de la tête brun noirâtre; dorsale orangée ou grise; pecto- 
rales, ventrales et anale grisâtres ; caudale orange, avec un dessin noir 
consistant en raies droites selon l'axe du corps quand la nageoire est 
étalée, ces raies au nombre de 6 ou 7, parfois irrégulières. Iris ver- 
datre. 

Longueur totale : 18 centimètres. Atteindrait une longueur de 

3o centimètres. 

Cette espèce a été décrite d'après plusieurs exemplaires, provenant 
de Bikoro (lac Tumba) et de Kutu (lac Léopold II), pris par Delhez 
parmi les herbes. Poisson très vorace. 

Dès 1886 des individus avaient été rapportés de Mokaka, sur la 
Sanga, par la mission de l'Ouest Africain, sous la direction de 
M. deBrazza; mais ces individus, que j'ai pu examiner au Muséum 
de Paris, n'avaient été déterminés que provisoirement comme se 
rapportant au genre Ichthyoborus, et mentionnés sous le nom de 
/. tœniatus, Vaillant, sans aucune description, dans un article sur 
les collections rapportées par cette mission, publié dans la Revue 
scientifique, XXIII, II, p. 17- En décrivant la présente espèce 
en 1899, j'avais prévu cette identification, qui a été ratifiée depuis 
par Pellegrin, Bull. Mus. Paris, 1900, p. 177. 

Noms indigènes : Lopondi à Bikoro, Untchatcha à Kutu. 



182 CHARACINIDiE 

12. NANN^THIOPS. 

Gûnther, Proc. Zool. Soc. 1871, p. 669. 

Bouche médiocrement grande, armée de deux séries de 
petites dents échancrées (1) ; de petites dents à la base du 
maxillaire. Joue couverte par les sous-orbitaires ; narines 
très rapprochées, séparées par une papille valvulaire. 
Membrane branchiostège non soudée à l'isthme Corps 
fortement comprimé. Écailles assez grandes, à bord forte- 
ment cilié; ligne latérale complète ou interrompue, 
parfois très réduite, à tubes droits, suivant le milieu du 
corps; un appendice écailleux à la base de la ventrale. 
Dorsale à 14 ou i5 rayons, située au-dessus des ventrales. 
Anale à 10 rayons. Nageoire adipeuse très petite. 

Une grande fontanelle entre les pariétaux. 

Ce genre, dont on ne connaît qu'une espèce, est intéressant comme 
établissant un trait d'union entre Distichodus et le groupe des Tetra- 
gonopterina, dont font partie Alestes et genres voisins, auquel il a 
été rapporté par son fondateur, bien à tort, car il est, somme toute, 
plus voisin du premier. 

1. NANN^THIOPS UNIT^NIATUS. 

Gûnther, 1. c. p. 670, pi. LXV, fig. C. ; Sauvage, Bull. Soc. Zool. France, 1882, 
p. 321; Vaillant, Bull. Soc. Philotn. (8) V, 1893, p. 13. 

La hauteur du corps est comprise 2 3/4 à 3 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/234 ^ ols - La tête est un peu plus 
longue que haute; le museau est plus court que l'œil, dont le diamètre 
est compris 2 1/2 à 3 fois dans la longueur de la tête ; région interor- 
bitaire un peu plus large que le diamètre de l'œil; la bouche est ter- 
minale; 22 à 3o dents à la série externe du prémaxillaire; maxillaire 
s'étendant en arrière jusqu'au-dessous du bord antérieur de l'œil. 
Branchiospines courtes, au nombre de 10 à 12 à la partie inférieure 
du premier arceau. La nageoire dorsale, à 14 ou i5 rayons, dont 1 1 ou 

(1) Gûnther n'a pas examiné avec beaucoup de soin la dentition de ce poisson, car 
il ne lui accorde qu'une rangée de-dents à chaque mâchoire et les lui refuse catégo- 
riquement au maxillaire. Le caractère cténoïde si prononcé des écailles lui a ?ussi 
échappé; ce n'est qu'en 1893 M u '' a été signalé pour la première fois par Vaillant. 



NEOLEBIAS l83 

12 branchus, commence en avant de la ventrale; elle est située à égale 
distance de l'œil et de la racine de la caudale ; sa plus grande hauteur, 
en avant, égale presque la longueur delà tête. La dorsale adipeuse, très 
petite, est située immédiatement en arrière de l'anale; sa distance de la 
dorsale rayonnée égale à peu près i 1/2 fois la longueur de la base 
de celle-ci. La nageoire anale, à 10 rayons, dont 7 branchus, est plus 
rapprochée de la caudale que de la base de la ventrale. La nageoire 
caudale est fourchue, à lobes pointus. La longueur du pédicule caudal 
égale sa hauteur. 33 à 36 écailles en série longitudinale, -|- en série 
transversale, 4 entre la ligne latérale et l'appendice écailleux à la 
base de la ventrale. La ligne latérale est parfois réduite à quelques 
écailles. 

Brun olive en dessus, jaunâtre en dessous; une bande noire, souvent 
bordée d'un mince liseré argenté, s'étend de chaque côté du corps, de 
l'œil aux rayons médians de la caudale ; une tache noirâtre couvre 
l'extrémité des premiers rayons de la dorsale. 

Longueur totale : 62 millimètres. 

Cette espèce a été découverte au Gabon; des individus d'Assinie 
(Côte d'Or) y ont été rapportés par Sauvage; enfin Vaillant l'a signalée 
dans l'Ubangi (coll. Dybowski). 



i3. NEOLEBIAS. 

Steindachner, Notes Leyd. Mus. XVI, 1894, p. 78. 

Bouche petite, armée de deux séries de petites dents, les 
externes bicuspides, les internes coniques ; pas de dents 
sur le maxillaire. Joue couverte par les sous-orbitaires ; 
narines près de l'oeil, très rapprochées, séparées par une 
papille valvulaire. Membrane branchiostège non soudée 
à l'isthme. Corps comprimé. Ecailles assez grandes, striées 
concentriquement, à bord fortement cilié ; ligne latérale 
absente. Nageoire dorsale à 10 à 12 rayons, située au-des- 
sus des ventrales. Anale à 8 à 10 rayons. Nageoire adipeuse 
très petite. 

Une grande fontanelle entre les pariétaux. 

Le nom bien mal choisi de Neolebias (1) a été créé par Stein- 

(1) Lebias est le nom par lequel Cuvier désignait les poissons nommés Cypri- 
nodon par Lacépède 



184 characinida: 

dachner pour un petit poisson de 2 centimètres de long qu'il a cru 
devoir rapporter à la famille de Cyprinodontides. La petite taille, 
l'absencefde dorsale adipeuse (?) et de la ligne latérale sont probable- 
ment les motifs qui l'ont porté à établir ce rapprochement, auquel la 
conformation de la tête s'oppose absolument. Neolebias est réellement 
voisin de Nannœthiops et doit être considéré comme type ultra-nain 
de la famille des Characinidœ, 

Neolebias unifasciatus (1), l'espèce type du genre, provient de 
Libéria. Une seconde espèce a été trouvée au Congo. 



1. NEOLEBIAS TRILINEATUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 114 (1899). 

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 
3 2/3 à 4 fois dans la longueur totale. Le museau est plus court que 
l'œil, dont le diamètre est compris 2 1/2 à 2 2/3 fois dans la longueur 
de la tête et excède un peu la longueur du deuxième sous-orbitaire. 
Les branchiospines sont très courtes, peu nombreuses. La nageoire 
dorsale a 1 2 rayons; elle commence au-dessus de la ventrale et à égale 
distance du bout du museau et de la racine de la caudale. Une dorsale 
adipeuse excessivement petite, plus rapprochée de la caudale que de 
la dorsale rayonnée. La nageoire anale, à 10 rayons, est plus rappro- 
chée de la caudale que de la base de la ventrale. La nageoire pectorale 
mesure les 2/3 delà longueur de la tête. La nageoire ventrale n'atteint 
pas l'anus. La nageoire caudale est fourchue, à lobes pointus. Le 
pédicule caudal est un peu plus long que haut. 33 ou 34 écailles en 
série longitudinale, 1 1 en série transversale. 

Trois lignes noires de chaque côté du corps, séparées par des 
bandes argentées; dos jaune olivâtre; une tache noire arrondie, bordée 
de blanc, sur le pédicule caudal, à la base de la nageoire caudale ; 
nageoires jaunâtres ; iris orangé, avec un cercle jaune autour de la 
pupille. 

Longueur totale : 3 centimètres. 

Ce petit poisson a été trouvé par Delhez dans les herbes et entre les 
pierres sur la rive du Stanley-Pool à Dolo. Ses mouvements sont très 
vifs. 



(1) Aurait dû être univittatus, pour répondre à la pensée de l'auteur et au des- 
sin caractéristique du poisson; unifasciatus signifie portant une bande transver- 
sale, ce qui n'est pas le cas. 



DISTICHODUS i85 



14. DISTICHODUS. 

Mûller et Troschel, Hor. Ichthyol. I, p. 12 (1845); Cuvier et Valenciennes, 
Hist. Poiss. XXII, p. 172(1849); Gûnther, Cat. Fish. V, p. 359(1864). 

Bouche petite, subinfère, garnie de dents petites, cylin- 
driques, bicuspides, formant une ou plus souvent deux 
séries aux prémaxillaires et à la mandibule; prémaxillaires 
non mobiles ; maxillaires courts, sans dents. Joue couverte 
par les sous-orbitaires ; narines très rapprochées, séparées 
par une papille valvulaire Membrane branchiostège 
soudée à l'isthme, rayons branchiostèges au nombre de 
trois. Corps court ou plus ou moins allongé, comprimé; 
ventre arrondi. Ecailles petites ou modérément grandes, 
à bord fortement cilié ; ligne latérale complète, à tubes 
droits, suivant le milieu du corps Un appendice écailleux 
à la base de la ventrale. Dorsale à 16 à 27 rayons, située 
au-dessus des ventrales. Anale à 11 à 21 rayons. Nageoire 
adipeuse petite. 

Une fontanelle allongée, commençant entre les orbites, sépare les 
frontaux et les pariétaux sur la ligne médiane; le sus-occipital est 
relevé en crête plus ou moins haute. 44a 5i vertèbres (27-33 -f- 17-18). 
L'intestin est très allongé et forme de nombreux replis. 

Ce genre renferme 19 ou 20 espèces bien caractérisées, propres au 
Nil et aux fleuves de l'Afrique tropicale. 10 espèces ont été rencontrées 
au Congo. 

Synopsis des espèces du bassin du Congo. 
I. Écailles grandes, 37-45 ^-. 

A. D. 16-18, séparée de l'adipeuse par un espace égal à sa base. 
A. 15-16; Sq. 38-41 -jrjy; 6 ou 7 écailles entre la ligne 

latérale et la ventrale; lobes de la caudale pointus. 1 1) notospilus, Gthr. 

A. 19-21 ; Sq. 37-39 -J7J-; 7 écailles entre la ligne laté- 
rale et la ventrale ; lobes de la caudale arrondis . . 2. D. affinis, Gthr. 

A. 21-22; Sq. 40-42 y^' 9 écailles entre la ligne laté- 
rale et la ventrale; lobes de la caudale arrondis . . 3. D. altus, Blgr. 

B. D. 20, séparée de l'adipeuse par un espace égal aux 2/3 de sa base. 

A. 16; Sq. 45 — jjj- ; 8 écailles entre la ligne latérale et la 

ventrale 4. D. noboli, Blgr. 



186 CHARACIN1D,E 

II. Écailles petites, 60-85 "p^r}- 

A. Museau plus haut que long, large ou faiblement comprimé. 

1. D. K), séparée de l'adipeuse par un espace presque égal à sa base; A. 1 1 ; 
Sq. 70-75 ^^L 5. D. maculatus, Blgr. 

2. D. 22-27, séparée de l'adipeuse par un espace bien inférieur à sa base, 
A. 13-. 6. 

D. 22-25; Sq. 60-66 j|^ 6. D. Antonii, Schilth. 

D. 22-24; Sq. 68-77 {^j* 7. D. atroventralis, Blgr. 

D. 25-27; Sq. 68-78 J^j| 8. D. fasciolatus, Blgr. 

B. Museau plus haut que long, fortement comprimé; D 24-25; A 12-14; 
Sq. 60-68 y^t g. D. sexfasciatus, Blgr. 

C. Museau plus long que haut, non comprimé; D. 25-26; A. 13-14; 

15-17 
15-17 



Sq. 70-80 r^p 10. D. lusosso, Schilth. 



Ainsi que j'ai pu m'en assurer par la comparaison directe avec le 
type de D. lusosso, le Distichodus décrit par moi sous le nom de 
D. leptorhynchus est synonyme de cette espèce, chez laquelle les 
dents internes sont ou bien très petites ou manquent tout à fait. Cette 
constatation vient renforcer l'opinion émise par Peters (Reise n. Mos- 
samb. IV, p. 74) sur la valeur de la présence ou de l'absence de la 
seconde rangée de dents comme caractère spécifique, ce qui rédui- 
rait le D. macrolepis, Gthr., au rang de synonyme de D. mossam- 
bicus, Peters. C'est pourquoi je me suis abstenu, dans le synopsis 
ci-dessus, de diviser les Distichodus en espèces à une et à deux séries 
de dents aux mâchoires. 



1. DISTICHODUS NOTOSPILUS. 

Gunth. Ann. & Mag. N.H.(3)XX, 1867, p. 114. 

La hauteur du corps est comprise 2 i/5 à 2 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 2/3 à 4 fois. La tête est aussi longue que 
haute ; le museau, large et arrondi, égale ou excède un peu le diamè- 
tre de l'œil et fait à peu près le tiers de la longueur de la tête ; l'espace 
interorbitaire est légèrement convexe, sa largeur égale à peu près les 
2/5 de la longueur de la tête; le museau dépasse très peu la bouche, 
qui s'étend jusque sous les narines ; 2 séries de dents à chaque 
mâchoire, au nombre de 16 à 20 dans la série externe. Nageoire 
dorsale à 16 à 18 rayons, dont 3 rudimentaires, au moins aussi haute 
que longue, située à égale distance de la tête et de la nageoire 



DISTICHODUS 187 

caudale ou un peu plus rapprochée de celle-là ; sa distance de la dor- 
sale adipeuse égale la longueur de sa base. Nageoire anale à i5 ou 
16 rayons, dont 3 rudimentaires. Nageoire pectorale aussi longue que 
la ventrale, mesurant les 3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tête. La 
ventrale n'atteint pas, ou atteint presque, l'anus. La nageoire caudale, 
en grande partie couverte de petites écailles, est profondément échan- 
crée, à lobes pointus. La hauteur du pédicule caudal est égale à sa 
longueur. Les écailles, à bord fortement cilié, sont au nombre de 38 
à 41 le long de la ligne latérale, de -£- en série transversale, 6 ou 
7 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. 

Coloration argentée, dos brunâtre (en alcool) ; une grande tache ou 
bande noirâtre s'étend obliquement en travers de la nageoire dorsale, 
des 4 me à u me ou i2 me rayons; une petite tache noirâtre à la base de 
la nageoire caudale. 

Longueur totale : 14 centimètres. 

Espèce commune dans le Gabon et l'Ogowé. A été trouvée par 
M. Weeks à Monsembé, et par l'expédition de Brazza à Diélé, sur 
l'Alima. 



2. DISTICHODUS AFFINIS. 

Gûnth. Ann. & Mag. N. H. (4) XII, 1873, p. 144 
Distichodus abbreviatus, Peters, Mon. Berl. Ac. 1876, p. 845. 

La hauteur du corps est comprise 2 à 2 2/3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 fois. La tète est aussi longue 
que haute; le museau, large et arrondi, égale le diamètre de l'œil, ou 
i/3 delà longueur de la tête; l'espace interorbitaire est légèrement 
convexe et sa largeur égale la moitié ou les 2/5 de la longueur de la 
tête; la bouche est terminale et s'étend jusque sous les narines; 
2 séries de dents à chaque mâchoire, au nombre de 20 dans la série 
externe. Nageoire dorsale à 16 rayons, dont 3 rudimentaires, aussi 
haute que longue, située à égale distance de la tète et de la nageoire 
caudale; sa distance de la dorsale adipeuse égale la longueur de sa 
base. Anale à 19 à 21 rayons, dont 2 rudimentaires. Pectorale aussi 
longue ou un peu plus longue que la ventrale, mesurant les 3/4 de la 
longueur de la tête. La ventrale n'atteint pas l'anus. La caudale, 
entièrement couverte de petites écailles, est profondément échancrée, à 
lobes courts et arrondis. La hauteur du pédicule caudal excède sa lon- 
gueur. Les écailles, à bord fortement cilié, sont au nombre de 37 à 39 
le long de la ligne latérale, de -^ en série transversale, 7 entre la 
ligne latérale et la nageoire ventrale. 



188 CHARACINIDit 

Coloration argentée, brun olivâtre sur le dos, le bord antérieur de 
la dorsale noirâtre. Iris rouge vermillon très vif, d'après Hens. 

Longueur totale : 12 centimètres. 

Le type de cette espèce est un jeune individu recueilli à Borna par 
feu J. J. Bianconi. Delhez en a retrouvé de semblables à la même 
localité.!), abbreviatus, Ptrs., est du Bas-Congo. C'est du Bas-Congo 
que provient un bel individu rapporté par M. F. Hens. La collection 
Wilverth et Wagenaar en contenait aussi de Borna. M. De Bauw 
a trouvé la même espèce dans l'Uerré. 

Noms indigènes : Sakala, d'après Hens, Mukoinga, d'après Delhez. 



3. DISTICHODUS ALTUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 80, pi. XXXV, fig. 1 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 2 à 2 i/5 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 434 1/2 fois. La tête est un peu plus 
haute que longue; le museau, large et tronqué à l'extrémité, égale ou 
excède un peu le diamètre de l'œil et fait le tiers de la tête ; l'espace 
interorbitaire est légèrement convexe, sa largeur égale la moitié de la 
longueur de la tête et 1 1/2 à près de 2 fois le diamètre de l'œil; la 
bouche est terminale et s'étend jusque sous les narines ; 2 séries de 
dents à chaque mâchoire, au nombre de 18 à 22 dans chaque série 
externe. Nageoire dorsale à 17 ou 18 rayons, dont 3 rudimentaires, 
aussi haute que longue, située à égale distance de l'œil et de la nageoire 
caudale ; sa distance de la dorsale adipeuse égale la longueur de sa 
base. Anale à 2 1 ou 22 rayons, dont 2 rudimentaires ; elle est presque 
entièrement couverte de petites écailles. Pectorale aussi longue ou un 
peu plus longue que la ventrale, mesurant les 2/3 ou les 3/4 de la lon- 
gueur de la tête. La ventrale n'atteint pas l'anus. La caudale, en 
grande partie couverte de petites écailles, est profondément échancrée. 
à lobes arrondis. La hauteur du pédicule caudal excède un peu sa 
longueur. Les écailles, à bord fortement cilié, sont au nombre de 40 à 
42 le long de la ligne latérale, de ^^ en série transversale, g entre 
la ligne latérale et la nageoire ventrale. 

Brun bronzé, chaque écaille portant une tache dorée ; dessous de la 
tête et région pectorale blanchâtres; nageoires d'un gris noirâtre, la 
caudale à bord libre rose ; la dorsale adipeuse olive clair ; iris d'un noir 
bleu, avec un cercle jaune autour de la pupille. 

Longueur totale : 18 centimètres. 



DISTICHODUS 189 

Espèce établie sur trois exemplaires du lac Léopold II (Kutu et 
Utanda), de la collection Delhez. Avait été trouvé par l'expédition de 
Brazza à Diélé, sur l'Alima. 

Nom indigène à Kutu : Ekushu. 

Espèce très voisine de D. affinis, Gthr., qui s'en distingue par les 
écailles plus grandes (37-39 -—■). 



4. DISTICHODUS NOBOLI. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 81, pi. XXXV. fig. 2(1899). 

La hauteur du corps est comprise 2 4/5 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 3 1/2 fois. La tête est un peu plus longue que 
haute; le museau, large et arrondi, est un peu plus court que l'œil, 
dont le diamètre est compris 3 fois dans la longueur de la tête ; l'espace 
interoculaire est plat, sa largeur égale les 2/5 de la longueur de la tête ; 
la bouche est terminale et s'étend jusque sous les narines; 2 séries de 
dents à chaque mâchoire, au nombre de 1 8 à la série externe de la mâ- 
choire supérieure, de 16 à l'inférieure Nageoire dorsale à 20 rayons, 
dont 2 rudimentaires, aussi haute que longue, située un peu plus près 
de la tête que de la nageoire caudale ; sa distance de la dorsale adipeuse 
égale les 2/3 de la longueur de sa base. Anale à 16 rayons, dont 
2 rudimentaires Pectorale aussi longue que la ventrale, mesurant les 
2/3 de la longueur de la tête. La ventrale n'atteint pas l'anus. La cau- 
dale, en grande partie couverte de petites écailles, est profondément 
échancrée, à lobes courts et arrondis. La hauteur du pédicule caudal 
excède un peu sa longueur. Les écailles, à bord fortement cilié, sont au 
nombre de 45 le long de la ligne latérale, de -^ en série transversale, 
de 8 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale 

Olive en dessus, argenté en dessous ; une grande tache noire occupe 
le tiers antérieur de la dorsale, dont le reste est rouge vif, ainsi que les 
nageoires ventrales, anale, caudale et adipeuse; un gros point noi- 
râtre à la racine de la caudale. Bord de la bouche et iris rouges. 

Longueur totale : 6 centimètres. 

L'exemplaire unique provient de Kutu (lac Léopold II), où il a été 
recueilli par P. Delhez. 

Nom indigène : Noboli. 

Se distingue des espèces voisines {D. notospilus et D. affinis) par le 
nombre des rayons (20) à la dorsale et par les écailles plus petites et 
plus nombreuses. 



[QO CHARACINIΠ

5. DISTICHODUS MACULATUS (PI. IX, fig. 2). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 27, pi. XIII, fig. I (1898). 

La hauteur du corps est comprise 3 à 3 i/3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 i/3 à 5 fois. La longueur de la tête 
excède un peu sa hauteur; le museau, assez busqué, constitue le tiers 
antérieur de la tête ; l'espace interorbitaire, légèrement convexe, égale 
la moitié ou les 2/5 de la longueur de la tête; l'œil, bordé d'une courte 
paupière adipeuse, est compris 1 à 1 1/4 fois dans la longueur du museau, 
3 à 3 1/2 fois dans la longueur de la tête, près de 2 fois dans la largeur 
de l'espace interorbitaire ; le museau dépasse fortement la bouche, 
qui s'étend jusqu'au-dessous des narines ; 2 séries de dents à chaque 
mâchoire, assez petites et au nombre de 22 ou 24 dan chaque série 
externe. Nageoire dorsale à 19 rayons, dont 3 rudimentaires, sa 
base égale à sa plus grande hauteur, située à égale distance de l'œil 
et de la nageoire caudale; elle est séparée de la dorsale adipeuse 
par un espace presque égal à sa base. Nageoire anale à r 1 rayons, 
dont 2 rudimentaires. Nageoire pectorale un peu plus courte que 
la ventrale, mesurant les 5/6 de la longueur de la tête ; la ventrale 
est loin d'atteindre l'anus. La nageoire caudale est fortement bifur- 
quée et entièrement couverte de très petites écailles ; le lobe supé- 
rieur est pointu, l'inférieur arrondi. La hauteur du pédicule caudal 
égale presque sa longueur. Les écailles, à bord fortement cilié, sont 
au nombre de 70 à 75 le long de la ligne latérale, de -^ en ligne 
transversale; 7 ou 8 séries d'écaillés entre la ligne latérale et la 
nageoire ventrale. 

Le poisson, tel qu'il est conservé, est jaunâtre, un peu olivâtre en 
dessus, blanchâtre en dessous; le dos et les côtés sont ornés de grosses 
taches noirâtres arrondies, disposées, avec assez de régularité, en séries 
obliques, chacune de ces séries comprenant 5 ou 6 taches; de petites 
taches foncées sur la dorsale. 

Une aquarelle de Delhez représente le poisson comme argenté, 
olive sur le dos ; les grandes taches olive foncé ; ventrales orange ; 
adipeuse, anale et caudale olivâtres à la base, rouge vif sur le reste de 
leur étendue. Iris violet, avec un cercle orange autour de la pupille. 

Le spécimen type provient du bief de Manyanga et mesure 3 1 centi- 
mètres (coll. Wilverth et Wagenaar). Un second individu, jeune, 
mesurant 12 centimètres, a été recueilli par Delhez au Stanley- Pool, 
dans la région des chutes (nom indigène, Fuwité). Un troisième, long 
de 6 centimètres seulement, provient de l'Uerré, par M. le lieutenant 
De Bauw. 



Poissons du Bassin da Congo. 



PI. IX. 







1 



1. ALESTES LÏEBRECHTSH. 2. DISTICHODUS MACULVTUS. 

3. DISTICHODUS FASCIOLATUS. 



DISTICHODUS 191 

6. DISTICHODUS ANTONII. 

Schilthuis, Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. (2) III, 1891, p. 89. 

La hauteur du corps est comprise 2 i/3 à 2 2/3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 1/2 fois. La longueur delà tête 
égale à peu près sa hauteur; le museau n'est pas comprimé, sa lon- 
gueur égale 1 1/4 à 1 2/3 fois le diamètre de l'œil, qui est compris 
3 1/2 à 5 1/2 fois dans la longueur de la tête; la région interorbitaire, 
plus ou moins bombée, égale 1 1/4 à 1 1/2 fois la longueur du museau, 
qui dépasse peu la bouche; celle-ci s'étend jusqu'au-dessous des 
narines; 2 séries de dents à chaque mâchoire, 16 à 26 dans la série 
externe. Nageoire dorsale à 22 à 25 rayons, dont 3 rudimentaires, 
beaucoup plus longue que haute, située à égale distance de la tête et 
de la nageoire caudale, ou un peu plus rapprochée ce celle-ci, et 
séparée de la dorsale adipeuse par un espace égal aux 2/5 ou à la 
moitié de sa base. Nageoire anale à i3 ou i5 rayons, dont 3 rudimen- 
taires. Nageoire pectorale aussi longue ou un peu plus longue que la 
ventrale, mesurant les 3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tête. La ven- 
trale est loin d'atteindre l'anus. La nageoire caudale est fourchue, à 
lobes arrondis, presque entièrement couverte de petites écailles. 
La hauteur du pédicule caudal excède sa longueur. Les écailles 
ont le bord libre fortement cilié ; elles sont au nombre de 60 à 66 le 
long de la ligne latérale, de ^ en série tranversale, 9 ou 10 entre 
la ligne latérale et la nageoire ventrale. 

Brun ou olive en dessus, blanchâtre en dessous; 10 à 12 bandes 
verticales foncées, plus ou moins distinctes, ne descendant pas jusqu'à 
la face ventrale, disparaissant avec l'âge ; de nombreux points noirs 
entre les rayons de la dorsale. 

Longueur totale : 55 centimètres. C'est la plus grande espèce du 
genre. 

Cette espèce a été établie sur un jeune spécimen recueilli par 
M. Greshoff dans le Bas-Congo (1) J'ai pu en examiner un assez 
grand nombre d'exemplaires, mesurant de 85 millimètres à 55 centi- 
mètres, des localités suivantes : Manyanga, Léopoldville, Monsembé, 
Nouvelle-Anvers, Kutu (lac Léopold II), faisant partie des récoltes 
de MM. Wilverth, Wagenaar, Weeks et Delhez. 

Nom indigène : Mbutu d'après Greshoff, Mboto d'après Weeks. 



(1) La localité « Bayari sea », indiquée par Ml' e Schilthuis, m'est inconnue et on 
n'a pu me renseigner à son sujet ni à l'Université d'Utrecht ni au Service géogra- 
phique de l'Etat du Congo. 



192 CHARACIN1D,E 

7. DISTICHODUS ATROVENTRALIS. 

Boui.eng. Ann. Mus. Congo, Zool. [, p. 28, pi. XIII, fig. 2 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 2 1/2 à 2 3/4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 2/3 à 4 2/3 fois. La longueur de la 
tête égale ou excède un peu sa hauteur et le double de sa largeur ; le 
museau n'est pas comprimé ; sa longueur égale ou dépasse un peu le 
diamètre de l'œil chez les jeunes, en mesure le double chez les 
adultes; ce diamètre est compris 3 i/3 à 5 fois dans la longueur de 
la tête ; la région interorbitaire, plus ou moins bombée, égale 1 à 
1 i/3 fois la longueur du museau, qui dépasse fortement la bouche; 
celle-ci s'étend jusqu'au-dessous des narines ; 2 séries de dents à 
chaque mâchoire, assez petites et au nombre de 20 à 36 dans la série 
externe Nageoire dorsale à 22 à 24 rayons, dont 3 rudimentaires, 
située à égale distance de la tête et de la nageoire caudale et séparée 
de la dorsale adipeuse par un espace égal à la moitié ou aux 2/3 de sa 
base. Nageoire anale à i3 à i5 rayons, mesurant les 3/5 aux 3/4 de la 
longueur de la tête; la ventrale n'atteint pas l'anus. La nageoire cau- 
dale est bifurquée, à lobes arrondis ou obtusément pointus et en 
grande partie couverte de minces écailles cténoïdes. La hauteur du 
pédicule caudal égale sa longueur. Les écailles ont le bord libre cilié ; 
on en compte 68 à 77 le long de la ligne latérale, ^^ en série trans- 
versale, 10 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. 

Les jeunes sont d'un gris brunâtre ou brun violacé en dessus, barré 
de 6 à 9 bandes verticales d'un brun foncé ou violet foncé, complètes 
ou interrompues et ne s étendant pas jusqu'au ventre, qui est blanc; des 
points bruns entre les rayons de la nageoire dorsale ; nageoires ven- 
trales noires ou noirâtres. Avec l'âge, les bandes foncées deviennent 
moins distinctes ou disparaissent même tout à fait, les adultes étant 
d'un brun violacé uniforme plus ou moins foncé. L'iris est orangé ou 
rouge vermillon. 

J'ai examiné un grand nombre d'exemplaires de cette espèce, mesu- 
rant depuis 6 jusqu'à 42 centimètres, provenant de Banana, Borna, 
Matadi, Stanley- Pool. Bikoro et Kutu (lac Léopold II) et faisant 
partie des belles collections rassemblées par MM. Wilverth, Wage- 
naar et Delhez. 

Noms indigènes, d'après Delhez : Yésa et Késé à Matadi. Lengué 
à Dolo, M'Fé à Kutu. 

La chair de ce poisson passe pour très bonne. 



DISTICHODUS ig 3 



8. DISTICHODUS FASGIOLATUS (PL IX, fig. 3). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 27, pi. XIV (1898). 

Distichodus Martini (non Steind.), Schilthuis, Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. (2) 
III, 1891, p 84. 

La hauteur du corps est comprise 2 3/5 à 3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 à 5 fois. La longueur de la tête égale 
ou dépasse légèrement sa hauteur et le double de sa largeur; le 
museau, obtusément pointu, entre pour i/3 ou 2/5 dans la longueur 
de la tête et égale la largeur de l'espace interorbitaire, qui est médio- 
crement convexe; le diamètre de l'œil est compris 1 i/3 à 1 2/3 fois 
dans la longueur du museau, 3 1/2 à 4 1/2 fois dans celle de la tête; 
le museau dépasse fortement la bouche, qui s'étend jusqu'au-dessous 
des narines; deux séries de dents à chaque mâchoire, médiocrement 
grandes, au nombre de 20 à 24 à la supérieure, de 20 à 3o à l'inférieure. 
Nageoire dorsale à 25 à 27 rayons, dont 3 rudimentaires, de i/5 à 1/6 
plus longue que haute, située un peu plus près de la tête que de la 
nageoire caudale; la longueur de sa base excède de beaucoup la dis- 
tance qui la sépare de la nageoire adipeuse. Nageoire anale à 14 a 
16 rayons, dont 2 ou 3 rudimentaires. Nageoire pectorale mesurant 
les 3/4 aux 5/6 de la longueur de la tête, un tant soit peu plus courte 
que la ventrale, qui n'atteint pas, ou atteint à peine l'anus. Nageoire 
caudale fourchue, presque entièrement couverte de petites écailles 
cténo'ides, à lobe supérieur pointu, à lobe inférieur arrondi ou obtu- 
sément pointu. La hauteur du pédicule caudal est un peu moindre 
que sa longueur. Les écailles, à bord finement cilié, sont au nombre 
de 68 à 78 le long de la ligne latérale, de ï^g en ligne transversale, 
10 ou 11 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. 

La couleur des spécimens conservés est d'un brun clair en dessus, 
passant au blanc argenté en dessous, avec un grand nombre (18 à 20) 
de bandelettes verticales foncées, qui n'atteignent pas la région ven- 
trale; chez les tout jeunes spécimens, il y a une tache brune près de 
la ligne latérale, au-dessus de la pectorale, et une autre à la racine de 
la nageoire caudale; la membrane entre les rayons de la dorsale est 
ponctuée de petites taches noirâtres. En somme, la coloration rap- 
pelle celle du D. Martini, Stdr. , à cela près que chez cette espèce 
sénégalienne les bandelettes sont moins nombreuses et obliques. Une 
aquarelle de Delhez représente le dos vert, le ventre blanc; dorsale 
grisâtre, à points noirâtres ; pectorales, dorsale adipeuse et caudale 
olive, ces dernières bordées de noirâtre ; ventrales et anale rouge 
brique. 



194 CHARACINID^E 

J'ai pu examiner bon nombre d'exemplaires de cette espèce, mesu- 
rant de 65 millimètres à 32 centimètres. Ils proviennent des localités 
suivantes : Borna, cataractes de Manyanga, Léopoldville, Monsembé. 
Le même poisson avait été rapporté de Gantshu, rive droite du 
Congo, par l'expédition de l'Ouest africain (M. de Brazza). 

Nom indigène à Léopoldville : Ponghi. 



9. DISTICHODUS SEXFASCIATUS. 

Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (6) XX, 1897, p. 425. 

La hauteur du corps est comprise 2 1/4 à 2 1/2 fois dans la lon- 
gueur totale, la longueur de la tête 3 i/3 à 4 fois. La tête est aussi 
longue que haute, 2 à 2 1/2 fois aussi longue que large; le museau, 
fortement comprimé, est plus haut que long, tronqué à l'extrémité et 
dépassant à peine la bouche ; sa longueur égale ou excède un peu la 
largeur interorbitaire et mesure 1 1/2 à 2 fois le diamètre de l'œil, qui 
est compris 4 à 5 fois dans la longueur de la tête ; le maxillaire 
s'étend jusque sous les narines; 2 séries de dents à chaque mâchoire, 
les externes assez grandes, au nombre de 12 ou 14. Nageoire dorsale 
à 24 ou 25 rayons, dont 3 rudimentaires, au moins aussi haute que 
longue, située à égale distance de la tête et de la nageoire caudale, ou 
un peu plus rapprochée de celle-ci, séparée de la dorsale adipeuse par 
un espace égal au 1/4 ou aux 2/5 de sa base. Anale à 12 à 14 rayons, 
dont 3 rudimentaires. Nageoire pectorale aussi longue que la ventrale, 
mesurant les 3/4 ou les 5/6 de la longueur de la tête; la ventrale 
atteint l'anus. La nageoire caudale est bifurquée, à lobes arrondis, et 
presque entièrement couverte de petites écailles cténdides. Le pédicule 
caudal est un peu plus haut que long. Les écailles ont le bord libre 
cilié; 60 à 68 le long de la ligne latérale, ^^ en série transversale, 
1 1 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. 

Coloration très brillante : rose à brun-rougeâtre sur le corps et les 
nageoires dorsale et caudale, blanc argenté en dessous ; six larges 
bandes violettes ou noirâtres en travers du corps ; nageoires pecto- 
rales, ventrales et anale rouges ; iris d'un brun cuivreux. 

Longueur totale : 21 centimètres. 

Cette espèce a été découverte aux Stanley-Falls par M. Bentley, 
puis retrouvée à Matadi, à Manyanga, à Nouvelle-Anvers (Wilverth 
et Wagenaar), à Dolo, à Coquilhatville et à Kutu (Delhez). 

Noms indigènes : Lugala à Dolo, Lusaba à Coquilhatville, 
Luméné à Kutu. 



DISTICHODUS 19? 



10. DISTICHODUS LUSOSSO. 

Schilthuis, Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. (2) III, 1891, p. 90. 

Distichodus leptorhynchus, Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (6) XX, 1897, p. 425. 

La hauteur du corps est comprise 2 1/2 à 3 1/4 fois dans la lon- 
gueur totale, la longueur de la tête 3 à 3 1/2 fois. La tête est d'un tiers 
ou d'un quart plus longue que haute, 2 1/2 à 3 fois aussi longue que 
large, le museau arrondi, nullement comprimé, est plus long que 
haut; sa longueur excède la largeur interorbitaire et mesure 1 1/2 à 
2 1/2 fois le diamètre de l'œil, qui est compris 4 à 6 fois dans la lon- 
gueur de la tête ; le museau dépasse un peu la bouche, qui ne s'étend 
pas jusque sous les narines; les dents externes sont assez grandes, 
au nombre de 14 à 18 à la mâchoire supérieure, de 12 à 16 à l'infé- 
rieure, les internes sont extrêmement petites ou absentes. La 
nageoire dorsale à 25 ou 26 rayons, dont 3 rudimentaires, plus 
longue que haute, située à égale distance de la tête et de la nageoire 
caudale, ou un peu plus rapprochée de celle-ci, séparée de la dorsale 
adipeuse par un espace égal au i/3 ou aux 2/5 de sa base. Anale à 
i3 ou crayons, dont 3 rudimentaires. La nageoire pectorale est aussi 
longue que la ventrale, mesurant les 3/5 ou les 2/3 de la longueur de 
la tête; la ventrale n'atteint l'anus que chez les jeunes. La nageoire 
caudale est bifurquée, à lobes arrondis, et presque entièrement cou- 
verte de petites écailles cténoïdes. Le pédicule caudal est aussi haut, 
ou un peu plus haut, que long. Les écailles ont le bord libre cilié ; 
elles sont au nombre de 70 à 85 le long de la ligne latérale, ^ en 
série transversale, 11 à r3 entre la ligne latérale et la nageoire ven- 
trale. 

Jaune orangé ou rouge; six à huit bandes noires ou violettes en 
travers du corps; les jeunes individus ont la nageoire dorsale pointillée 
de noirâtre. 

Longueur totale : 38 centimètres. 

Décrite d'abord sur des individus découverts au Stanley-Pool par 
M. Greshoff, cette espèce a été retrouvée à Monsembé par M. Weeks, 
à Nouvelle-Anvers, à Léopoldville et à Manyanga, par MM. Wilverth, 
Wagenaar et Delhez, et aux Stanley-Falls par M. Bentley. Dès 1886, 
l'expédition de Brazza avait rapporté ce poisson de Mobaka, sur la 
Sanga, affluent de la rive droite du Congo, et il avait reçu au Muséum 
de Paris le nom provisoire de D. fasciatus, Vaillant. 

Noms indigènes : Lusosso au Stanley-Pool, Mpongongo à Mon- 
sembé. 



196 CHARACINID^ 

i5. NANNOCHARAX. 

Gûnther, Ann. & Mag. N. H. (3) XX, 1867, p. 112. 

Bouche très petite, garnie d'une seule série de petites 
dents échancrées ; pas de dents sur le maxillaire. Joue 
couverte par les sous-orbitaires ; narines très rappro- 
chées, près de l'œil, séparées par une papille valvu- 
laire. Ouïes libres sur les côtés seulement Corps cylin- 
drique ou faiblement comprimé. Écailles petites, à bord 
libre fortement cilié; ligne latérale complète, à tubes 
droits, suivant le milieu du corps; un appendice écailleux 
à la base de la ventrale. Dorsale à 12 ou i3 rayons, située 
au-dessus des ventrales. Anale à 10 ou 11 rayons Nageoire 
adipeuse courte, bien développée. 

Une fontanelle étroite entre les pariétaux. Vertèbres au nombre 
de 43 (21 -|- 22) chez N. elongatus. 

Outre une du Nil (N. niloticus, Joannis), ce genre comprend 
deux espèces représentées au Congo 

En décrivant ce genre en 1867, son fondateur s'est mépris sur la 
position systématique qu'il convenait de lui "assigner. Il n'y avait pas 
lieu de créer le groupe Nannochar acina ; encore moins ;de le placer 
entre les Anostomatina et les Tvtragonopterina . Le nombre de rayons 
à la nageoire dorsale n'a pas l'importance taxonomique qui lui a été 
attribuée, et nous le voyons descendre à 1 6 chez Distichodus. Natmo- 
charax n'est autre qu'un Distichodus nain, dont le corps s'est étiré, la 
bouche s'est réduite et le nombre des rayons] à la dorsale est tombé 
à 12 ou t3. 

1. NANNOCHARAX FASCIATUS. 

GÛNTH. 1. C. pi. III, fig. A. 

La hauteur du corps, qui est faiblement comprimé, est comprise 
5 i/3 à 5 1/2 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 3 2/3 
à 4 fois. La tête est aussi large que haute, 1 2/3 fois aussi longue ; le 
museau est courbé, à peu près aussi long que l'œil, dont le diamètre 
est compris un peu plus de trois fois dans la longueur de la tête 



NANNOCHARAX 197 

et égale la largeur interorbitaire ; la bouche est située en dessous et 
munie de 8 ou 10 dents à chaque mâchoire; opercule faiblement strié. 
Branchiospines courtes, au nombre de 8 ou 9 à la partie inférieure du 
premier arceau. La nageoire dorsale, à i3 rayons, dont 10 branchus, 
commence au-dessus de la base de la ventrale; elle est située à égale 
distance du bout du museau et de la racine de la caudale ; sa plus 
grande hauteur, en avant, égale la longueur de la tête. La dorsale adi- 
peuse, petite, est située au-dessus des derniers rayons de l'anale; sa 
distance de la dorsale rayonnée égale 1 1/2 fois la longueur de la base 
de celle-ci. La nageoire anale, à 10 rayons, dont 7 branchus, est plus 
rapprochée de la caudale que de la base de la ventrale. La nageoire 
caudale est fourchue, à lobes pointus. La longueur du pédicule caudal 
est le double de sa hauteur. Les écailles sont au nombre de 42 à 46 en 
série longitudinale, de ff 2 en série transversale, de 4 entre la ligne 
latérale et l'appendice écailleux à la base de la ventrale. 

Jaunâtre, avec 8 à 10 barres brunes en travers du dos, plus ou moins 
confluentes avec des barres de même teinte sur les côtés du corps ; 
deux ou trois barres brunes en travers de la dorsale, une sur la ven- 
trale et une sur l'anale; une tache brune à la base de la caudale et une 
barre très courte en travers de chaque lobe de cette nageoire. 

Longueur totale : 45 millimètres. 

Ce petit poisson a été découvert au Gabon par M. R. B. N. Wal- 
ker. Il a été trouvé récemment par M. le commandant Weyns dans le 
Haut-Congo, entre Nouvelle- Anvers et Stanley- Falls. 

2. NANNOCHARAX ELONGATUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 131, pi. XLVIII, fig. 3 (1900). 

La hauteur du corps, qui n'est nullement comprimé, est comprise 
6 1/2 à 7 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 4 1/2 à 
5 fois. La tête a les mêmes proportions que chez l'espèce précédente et 
la bouche et les branchiospines sont en tous points semblables. La 
nageoire dorsale, également à i3 rayons, est plus rapprochée du bout 
du museau que de la racine de la nageoire caudale, et la distance qui 
la sépare de l'adipeuse est le double de la longueur de sa base. L'anale 
et la caudale sont semblables à celles de l'espèce précédente. La pecto- 
rale est un peu plus courte que la tête et que la ventrale; celle-ci 
atteint l'anus. La longueur du pédicule caudal est le double, ou un 
peu plus du double de sa hauteur. 52 à 57 écailles en série longitudi- 
nale lit en série transversale, 4 entre la ligne latérale et l'appendice 
1 ' 71/2 ■ 

écailleux à la base de la ventrale. 



198 characinida 

Jaunâtre; 8 ou 9 barres brunes en travers du dos, alternant avec une 
série de grandes taches plus ou moins distinctes de chaque côté du 
corps sur la ligne latérale ; une petite tache brune entre les premiers 
rayons de la dorsale, une plus grande à la base de la caudale, et une 
petite sur chaque lobe de celle-ci. 

Longueur totale : 68 millimètres. 

Plusieurs individus ont été reçus de M. le commandant Weyns en 
même temps que des individus de l'espèce précédente. 

N. elongatus se distingue facilement de N. fasciatus par le corps 
plus allongé et les écailles plus nombreuses. Il se rapproche davantage 
de N. niloticus, dont il diffère par l'allongement plus considérable du 
corps (1). 



16. XENOCHARAX. 

Gûnther, Ann. & Mag. N. H. (3) XX, 1867, p. 1 14. 

Bouche large, garnie de très petites dents bicuspides 
très rapprochées, en deux séries à la mâchoire supérieure, 
en trois à l'inférieure; de petites dents bicuspides à la base 
du maxillaire. Sous-orbitaires étroits, ne protégeant pas 
entièrement la joue ; narines très rapprochées, séparées 
par une papille valvulaire. Membrane branchiostège non 
soudée à l'isthme ; rayons branchiostèges au nombre de 3. 
Corps fortement comprimé, ventre arrondi. Ecailles petites, 
à bord fortement cilié ; ligne latérale complète, à tubes 
droits, suivant le milieu du corps ; un appendice écailleux 
à la base de la ventrale. Dorsale à 20 à 22 rayons, située 
au-dessus des ventrales. Anale à 14 a 16 rayons. Nageoire 
adipeuse petite. 

Le crâne ressemble beaucoup à celui du genre Citharinus. Une 
grande fontanelle s'étend de la crête sus-occipitale, creusée en gout- 

(1) L'espèce décrite sous le nom de Coregonus niloticus par de Joannis a été 
retrouvée en très nombreux exemplaires près de Louqsor par M. Loat. Elle est 
intermédiaire aux deux espèces du Congo. La dorsale est à égale distance du bout 
du museau et de la racine de la caudale; hauteur du corps 5 1/2 à 6 fois dans la 
longueur totale; longueur de la tête 4 1/2 à 5 fois. D. 12-13; A. 10-1 1 ; Sq. 50-55. 



XENOCHARAX ' 99 

tière, à l'ethmoïde, interrompue par un pont étroit fourni par les fron- 
taux; le sus-occipital forme une forte crête, à laquelle est attachée la 
neurapophyse de la deuxième vertèbre. Le parasphénoïde se divise en 
arrière en deux processus longs et grêles, et les bulles acoustiques for- 
mées par le basioccipital et les exoccipitaux sont très développées. Les 
vertèbres sont au nombre de 3 9 ( 2 3 + 16) ; la première côte libre est 
beaucoup plus forte que les suivantes. 

L'intestin fait de nombreuses circonvolutions. Comme chez Citha- 
rinus, la branche supérieure du quatrième arceau branchial porte une 
aile triangulaire très développée et dirigée en haut, qui soutient la 
paroi latérale d'un diverticulum contenant un organe respiratoire 
accessoire. Un autre caractère, commun à ce genre et aux genres Dis- 
tichodus et Citharinus, n'a encore été signalé chez aucun membre de la 
famille des Characinides, n'étant connu que chez un grand nombre de 
Silurides et chez quelques Cyprinides (Cobitis, Homaloptera) à vessie 
natatoire en grande partie emprisonnée dans une capsule osseuse. La 
division antérieure de la vessie natatoire est en communication avec 
la peau et avec le commencement de la ligne latérale ou organe sen- 
soriel, ce qui établit un rapport entre l'extérieur et l'organe de l'ouïe, 
en même temps que ce réservoir gazeux interne acquiert, pour 
me servir de l'expression employée par Fatio, à propos des Loches, 
une sensibilité thermo-barométrique (i). En soulevant la peau du 
corps, derrière l'opercule, on trouve les deux grosses bandes des 
muscles latéraux séparées l'une de l'autre par un méat assez grand, 
rempli d'une substance gélatineuse souvent assez transparente pour 
permettre de distinguer au fond la membrane de la vessie natatoire. 
Cette ouverture, située derrière la première côte, correspond aux pre- 
miers tubes de la ligne latérale et à la branche latérale du dixième nerf 

crânien. 

Ce genre établit le passage entre Distichodus et Citharinus, aux- 
quels on peut dire qu'il est intermédiaire sous beaucoup de rapports. 
Il n'a aucune affinité avec le genre Crenuchus, Gthr., de l'Amé- 
rique du Sud, dont il est rapproché dans la classification si artificielle 

de Gùnther. 

La longueur du tube intestinal indique un régime exclusivement 

végétal. 

Deux espèces sont connues et toutes deux se rencontrent dans le 

bassin du Congo. 

(i) Fatio, Faune des Vertébrés de la Suisse, Poissons, Introduction, p. LIV, et 
vol. V, p. 24, pi. IV, fig. 1 (1890). — Voir aussi Sagemehl, Morphol. Jahrb. XVII, 
1891, p. 572. 



200 CHARACINID^; 

i. XENOCHARAX SPILURUS. 

GÛNTH. 1. C. pi. III, fig. B. 

La hauteur du corps est comprise 2 1/2 à 3 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 à 4 fois. La tête est large et plate en 
dessus, à profil supérieur descendant en pente faible, plus ou moins 
relevé à l'occiput; le museau est près de deux fois aussi large que 
long; la bouche est terminale, transversale, faiblement arquée; le 
maxillaire s'étend jusqu'au-dessous du bord antérieur de l'œil ; le 
museau est aussi long ou un peu plus court que le diamètre de l'œil, 
qui est compris 2 2/3 (jeune) à 4 fois dans la longueur de la tête ; la 
largeur interoculaire est comprise 2 à 3 fois dans la longueur de la 
tète. Branchiospines assez longues, grêles, au nombre de 10 à i3 à la 
partie inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale, à 20 à 
22 rayons, dont 3 rudimentaires, commence un peu en avant de la 
ventrale; elle est plus élevée en avant qu'en arrière, ses plus longs 
rayons mesurant les 3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tête. La dorsale 
adipeuse est courte, écailleuse à la base, un peu plus rapprochée de la 
caudale que de la dorsale rayonnée. La nageoire anale a 14 a 16 
rayons, dont 3 rudimentaires. La pectorale est pointue, mesure les 
3/5 ou les 2/3 de la longueur de la tête, et ne s'étend pas jusqu'à la 
base de la ventrale, qui n'atteint pas l'anus. La caudale est fourchue, 
à lobes longs et pointus. Le pédicule caudal est à peu près aussi long 
que haut. 68 à 77 écailles le long de la ligne latérale, ^- en série 
transversale. 

Coloration argentée, verdâtre ou olive-noirâtre en dessus ; les 
jeunes ont le corps traversé par de nombreuses bandelettes verticales 
plus ou moins foncées, et une grande tache noirâtre se trouve sur le 
pédicule caudal à la base de la nageoire ; ce dessin disparaît graduelle- 
ment avec l'âge. L'iris est verdâtre, avec un cercle doré autour de la 
pupille. 

Longueur totale : 23 centimètres. 

Ce poisson a été décrit pour la première fois sur de jeunes individus 
du Gabon. Il a été retrouvé dans l'Ogowé par M lle Kingsley ; dans le 
Haut-Congo, à Monsembé, par M. J. H. Weeks ; au lac Léopold II 
(Kutu, Ibali) et au lac Tumba par Delhez, qui a constaté qu'il vit 
de préférence parmi les herbes. 

Nom indigène au lac Léopold II : Loboli ou Lobuli. 



CITHARINUS 201 



2. XENOCHARAX CRASSUS. 

Pellegrin, Bull. Mus. Paris, 1900, p. 100. 

Espèce extrêmement voisine de la précédente, dont elle ne diffère 
que par le corps un peu plus court, sa hauteur comprise un peu moins 
de 2 1/2 fois dans la longueur totale, par la position de la nageoire 
dorsale, qui commence au-dessus des ventrales et non en avant de 
celles-ci, enfin par la présence d'une large tache noire à la partie anté- 
rieure de la dorsale. Sous tous les autres rapports, il y a identité par- 
faite. D. 20; A. i5; Sq. 74 ^. 

Longueur totale : 20 centimètres. 

Le type unique, conservé au Muséum de Paris, a été rapporté de 
Leketi, Alima moyen, par la Mission de l'Ouest Africain (M. de 
Brazza). 

17. CITHARINUS. 

Cuvier, Règne Anim. II, p. 168(1817), part.; Mùller etTROSCHEL, Hor. Ichthyol. 
III, p. 8 (1845). 

Bouche large, garnie d'une série de dents minuscules 
et pointues insérées tout au bord ; maxillaire petit, sans 
dents. Sous-orbitaires ne protégeant la joue qu'en partie; 
narines très rapprochées, séparées par une papille valvu- 
laire. Membrane branchiostège non soudée à l'isthme ; 
rayons branchiostèges au nombre de 4. Corps fortement 
comprimé, ventre arrondi. Écailles plus ou moins grandes, 
cycloïdes ; ligne latérale complète, à tubes droits, suivant 
le milieu du corps ; un appendice écailleux à la base de 
la ventrale. Dorsale à 17 à 23 rayons, située au-dessus des 
ventrales. Anale à 20 à 3o rayons. Dorsale adipeuse plus 
ou moins grande. 

Une grande fontanelle au crâne, s'étendant du sus-occipital à 
l'ethmoïde; crête occipitale très élevée. Le parasphénoïde se divise en 
arrière en deux processus longs et grêles, et les bulles acoustiques sont 
très développées. Vertèbres au nombre de 44 (25 -j- 19) chez C. Geof- 
froyi; côtes très larges à la base. Un organe respiratoire accessoire, 



202 CHARACINID^E 

formé de lobules d'apparence globuleuse, caché dans un diverticulum 
derrière le quatrième arc branchial, dont la partie supérieure se dis- 
tingue par une aile triangulaire très développée (i). Intestin à circon- 
volutions nombreuses, d'ordinaire rempli de limon et de diatomées. 
Régime exclusivement végétal. 

Il est probable que ces poissons, vivant en eau bourbeuse et par 
conséquent insuffisamment aérée, suppléent à la respiration branchiale 
en emmagasinant de l'air, puisé à la surface, dans la cavité derrière 
les branchies, et que l'organe découvert par Sagemehl sert à l'oxygé- 
nation du sang. On manque cependant d'observations directes à ce 
sujet. 

Cinq espèces sont connues, deux du Nil et du Sénégal, et trois du 
Congo. 

Synopsis des espèces du bassin du Congo (2). 

D. 18-21 ; A. 25-30 ; Sq. 60 -66 j^n; dorsale adipeuse ne 

mesurant pas plus de la moitié de sa distance de la 

dorsale rayonnée \. C. congicus. Blgr 

D. 17-19; A. 25-29; Sq. 55-60 j^7j2 ; dorsale adipeuse 

mesurant les 2/3 ou les 3/4 de sa distance de la dorsale 

rayonnée . 2. C. macrolepis, Blgr. 

1 1 15 

D. 20-23 » A- 22-27; Sq. 53-59 ïq^; dorsale adipeuse au 
moins aussi longue que sa distance de la dorsale 
rayonnée 3. C. gibbosus, Blgr. 



1. CITHARINUS CONGICUS. 

Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (6) XX, 1897, p. 424. 

La hauteur du corps est comprise 1 5/6 à 2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 à 3 3/4 fois. Le profil supérieur se relève 
brusquement de l'occiput à la nageoire dorsale ; le museau est court, 
large, un peu pointu, dépassant légèrement la bouche, sa largeur moins 
du double de sa longueur, qui excède le diamètre de l'œil chez l'adulte; 
ce diamètre est compris 3 1/2 (jeunes) à 5 fois dans la longueur de la 
tête; une étroite paupière adipeuse en avant et en arrière de l'œil; la 

(1) Voir Hyrtl, Denkschr. Ak. Wien, XXI, 1863, p. 7, et Sagemehl, Morphol. 
Jahrb. XII, 1887, p. 307, pi. XVIII. 

(2) 3 rayons de la dorsale et 2 ou 3 de l'anale sont rudimentaires ; les écailles 
de la série transversale sont comptées entre le premier rayon de la dorsale et la 
ligne latérale, puis entre celle-ci et le premier rayon de la ventrale. 







G 



oq 




CITHARINUS 2o3 

argeur de l'espace interoculaire égale les 2/5 ou la moitié de la lon- 
gueur de la tête. La nageoire dorsale est élevée en avant, falciforme, 
à 18 à 21 rayons, les 3 premiers rudimentaires; elle commence 
au-dessus du dernier rayon de la ventrale et est située à égale distance 
de l'occiput et de la nageoire caudale, ou un peu plus près de celle-ci. 
La dorsale adipeuse, en grande partie couverte d'écaillés, n'est que 
peu ou point plus longue que haute ; sa base mesure i/3 à 1/2 fois 
l'espace qui la sépare de la dorsale rayonnée. La nageoire anale, 
à 25 à 3o rayons, dont 3 rudimentaires, est prolongée en pointe en 
avant. La pectorale mesure les 3/4 ou les 5/6 de la longueur de la tête 
et atteint la racine de la ventrale. La nageoire caudale est fourchue. 
Le pédicule caudal est un peu plus long que haut. 60 à 66 écailles 
le long de la ligne latérale, i5 ou 16 entre le premier rayon de la dor- 
sale et la ligne latérale,* 1 3 ou 14 entre celle-ci et le premier rayon de 
la ventrale. 

Argenté, gris bleuâtre sur le dos. 

Longueur totale : 3g centimètres. 

Des exemplaires de cette espèce ont été reçus de Borna (Wilverth et 
Wagenaar), du Stanley-Pool (Delhez), de Monsembé (Weeks) et des 
Stanley- Falls (Bentley). 



2. CITHARINUS MACROLEPIS (PL X). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 93, pi. XXXVIII (18119). 

La hauteur du corps est comprise 2 à 2 i/3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 à 4 fois. Le profil supérieur se relève 
d'une façon plus ou moins prononcée de l'occiput à la nageoire dor- 
sale, quoique moins fort que chez l'espèce suivante. Le museau est 
court et large, carrément tronqué en avant, ne dépassant pas la 
bouche. Sa largeur est le double de sa longueur, qui n'excède pas le 
diamètre de l'œil; celui-ci est compris 3 1/2 (jeunes) à 5 fois dans la 
longueur de la tête; une étroite paupière adipeuse en avant et en 
arrière; la largeur de l'espace interoculaire égale à peu près la moitié 
de la longueur de la tête ; la largeur de la bouche égale les 2/5 ou 
les 3/7 de la longueur de la tête. La nageoire dorsale est élevée en 
avant, falciforme ; le nombre des rayons varie entre 17 et 19, les trois 
premiers rudimentaires ; elle commence au-dessus du dernier rayon 
de la ventrale et est plus rapprochée de la nageoire caudale que de 
l'occiput. La dorsale adipeuse, en grande partie couverte d'écaillés, 
est beaucoup plus longue que haute ; sa base mesure les 2/3 ou les 3/4 



204 CHARACINIDAC 

de l'espace qui la sépare de la dorsale rayonnée. L'anale, à 25 à 
29 rayons, dont 2 ou 3 rudimentaires, est prolongée en pointe en 
avant. La pectorale mesure à peu près les 2/3 de la longueur de la 
tête et atteint, ou atteint presque, la racine de la ventrale. La nageoire 
caudale est fourchue. Le pédicule caudal est aussi long que haut, 
ou un peu plus long. 55 à 60 écailles le long de la ligne latérale, i3 ou 
14 entre le premier rayon de la dorsale et la ligne latérale, 10 à 12 
entre celle-ci et le premier rayon de la ventrale. 

Une aquarelle de Delhez représente ce poisson comme argenté, 
bleuâtre sur le dos, brun -olive sur le dessus de la tête ; nageoires pec- 
totales et ventrales jaunâtres, les autres nageoires grises. Iris argenté 
verdâtre avec un cercle doré autour de la pupille. 

Ce beau poisson, qui atteint une longueur de 75 centimètres, a été 
trouvé à Borna, à Manyanga et à Upoto par MM. Wilverth et Wage- 
naar, à Loango par M.. Demeuse, à Borna (rivière des Crocodiles), à 
Kutu et à Ibali (lac Léopold II) par Delhez. 

Noms indigènes : Bulivanga à Borna, Lebéchék Kutu. 

Se pêche près des rochers et parmi les herbes des rives ; se nourrit 
de végétaux. 



3 CITHARINUS GIBBOSUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool I, p. 94, pi. XXXIX (1899). 

La hauteur du corps est comprise 1 3/5 à 2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1(434 fois. Le profil supérieur se 
relève fortement en ligne courbe de l'occiput à la nageoire dorsale, ce 
qui donne un aspect bossu aux individus d'âge moyen ou adultes. Le 
museau est court et large, mais au lieu d'être carrément tronqué au 
bout, le contour de son bord terminal forme un angle très ouvert et 
dépasse très nettement la bouche; sa largeur est moins du double de 
sa longueur, qui égale ou excède un peu le diamètre de l'œil; celui-ci 
est compris 3 (jeunes) à 4 1/2 fois dans la longueur de la tête; à âge 
égal, l'œil est plus grand chez cette espèce que chez la précédente; une 
étroite paupière adipeuse en avant et en arrière ; la largeur de l'espace 
interoculaire est la moitié ou un peu moins de la moitié de la longueur 
de la tête. La nageoire dorsale, à 20 à 23 rayons, est encore plus élevée 
que chez l'espèce précédente, elle occupe la même position. La dorsale 
adipeuse, beaucoup plus longue que haute et en grande partie couverte 
d'écaillés, égale ou excède l'espace qui la sépare de la dorsale 
rayonnée. L'anale a 22 à 27 rayons. La pectorale mesure les 2/3 ou 



CITHARINUS 20$ 

les 3/4 de la longueur de la tête et n'atteint pas la ventrale. La caudale 
est fourchue. Le pédicule caudal est plus haut que long. 53 à 
59 écailles le long de la ligne latérale, 14 ou 1 5 entre le premier rayon 
delà dorsale et la ligne latérale, 10 à 1 2 entre celle-ci et le premier 
rayon de la ventrale. 

Argenté, gris-bleuâtre sur le dos, avec des lignes longitudinales plus 
foncées entre les séries d'écaillés ; nageoires olivâtres ; iris argenté, à 
reflets rosâtres. 

Longueur totale : 52 centimètres. 

La collection Delhez renferme de beaux individus de cette espèce, 
provenant du Stanley-Pool (région des chutes) et de Kutu (lac Léo- 
pold II). J'en ai aussi examiné un grand individu de Monsembé, Haut- 
Congo (reçu de M. J. H. Weeks), un autre du Haut-Congo, sans 
localité précise, et des jeunes de Banana (collection Wilverth et Wage- 
naar), de Monsembé (Weeks) et de l'Uerré (De Bauw). M. Pellegrin 
cite ce poisson de Gantshu, sur la rive droite du Congo, d'où l'a rap- 
porté la mission de Brazza. Enfin, je ne m'étais pas trompé en croyant 
reconnaître la même espèce dans la série de dessins de poissons du 
Tanganika, exécutés par M. J. E. S. Moore,car ce même explorateur 
en a depuis rapporté plusieurs échantillons pris dans ce lac, à 
Kalambo. 

Péché au Stanley-Pool près des rochers et herbages. Consommé 
particulièremnnt par les nègres, qui le nomment Pungo; les Euro- 
péens l'estiment moins, quoique Delhez le renseigne comme très 
bon. D'après M. Weeks, le nom indigène à Monsembé est Loboko 
(au pluriel Mboko). 



206 cyprinid^: 



2. CYPRINID^. 

Bouche plus ou moins protractile, bordée le plus sou- 
vent par les prémaxillaires à l'exclusion des maxillaires, 
situés derrière ceux-ci , et constamment dépourvue de dents. 
Os pariétaux formant une suture sagittale ou séparés par 
une fontanelle, le sus-occipital étant toujours séparé des 
frontaux; os operculaires au complet; symplectique 
présent. Os pharyngiens inférieurs falciformes, parallèles 
aux arcs branchiaux, munis de dents le plus souvent 
grandes et très spécialisées. Côtes principales sessiles ; 
pas d'apophyses transverses dans la région thoracique ; 
épipleuraux et épineuraux libres, flottants. Nageoires 
pectorales insérées très bas, se repliant dans le même sens 
que les ventrales. 

Cette famille se divise en quatre sous-familles bien tranchées : les 
Catostomes (Catostominœ), les Cyprins (Cyprininœ), les Loches 
(Cobilidinœ) et les Homaloptères (Homalopterinœ). La seconde étant 
seule représentée en Afrique, nous pouvons laisser de côté les trois 
autres en énumérant les principaux caractères du groupe. 

La tête est presque toujours dépourvue d'écaillés et les fentes bran- 
chiales sont séparées en dessous par la peau qui s'étend sur l'isthme. 
La présence d'un os sus-orbitaire est assez fréquente. La boîte crâ- 
nienne se prolonge entre les orbites jusqu'à la capsule nasale et 
l'arrière du crâne est remarquable par la présence d'un grand trou 
dans chaque exoccipital (par lequel passe le nerf occipital) ; ces deux 
trous peuvent être séparés par une cloison osseuse très étroite. Si ces 
trous sont plus grands que chez lesCharacinides,les fosses temporales, 
par contre, sont plus réduites. Il y a souvent des barbillons autour de 
la bouche, mais celui de la lèvre supérieure n'est pas soutenu à la 
base par le maxillaire comme chez les Silures. L'absence de dents aux 
mâchoires et au palais est compensée par le développement excep- 
tionnel des os pharyngiens inférieurs, en forme de faux, disposés 
parallèlement aux arcs branchiaux et garnis de dents plus ou moins 
spécialisées, le plus souvent grandes et peu nombreuses, dirigées en 
dedans et en haut, qui agissent sur une sorte de meule, plaque sclé- 
reuse de la muqueuse pharyngienne, attachée à un prolongement 



CYPRINIDjE 207 

ventral du basi-occipital qui s'étend sous les premières vertèbres (1), 
Ces dents pharyngiennes, parleur forme et leur disposition en une ou 
plusieurs rangées, fournissent des caractères importants pour la dis- 
tinction des genres, caractères dont la valeur taxonomique a même été 
un peu exagérée, à mon avis. Selon la conformation de leur couronne, 
on les nomme excavées, masticatoires ou molaires, roncinées ou cro- 
chues, coniques, etc. (2). Le petit nombre de formes représentées en 
Afrique me dispense d'entrer ici dans plus de détails à leur sujet. 
Les arcs branchiaux sont au nombre de 4 et les rayons branchios- 
tèges de 3. Des pseudobranchies existent presque toujours. 

Le corps, plus ou moins comprimé, rarement cylindrique, est par- 
fois nu comme chez les Silures, généralement couvert d'écaillés 
cycloïdes et lisses. Pendant la saison des amours, cependant, les 
écailles peuvent acquérir, chez les mâles seulement ou chez les deux 
sexes, une rugosité plus ou moins grande, due au développement de 
petits tubercules durs, rappelant tantôt des perles, tantôt de petites 
épines. Ces productions dermales peuvent se développer aussi sur les 
rayons des nageoires et sur diverses parties de la tête, ainsi que cela 
se voit chez les Labeo. La peau peut être tuméfiée à leur base, 
rappelant par la forme de petits cratères après la chute de ces 
tubercules (3) ; ce sont des organes sensoriels, comme les canaux qui 
font partie du même système qu'on trouve plus ou moins développés 
sur la tête et même, comme chez les Characinides, sur l'opercule. La 
ligne latérale proprement dite est presque toujours présente et com- 
plète, s'étendant de l'épaule à la base de la caudale. 

Les vertèbres sont au nombre de 3o à 52 (4), 17 à 3 1 précaudales et 1 3 à 
27 caudales. Les côtes sont sessiles, souvent assez fortement dilatées 
à la base ; celles de la 4™ vertèbre forment fréquemment un arc ventral, 
comme chez les Characinides, et celles qui les précédents ont aussi forte- 
ment modifiées, par suite de leurs rapports avec les osselets de Weber. 

Les nageoires sont formées uniquement de rayons articulés ; mais 
le 2 me ou 3 me rayon de la dorsale peut être ossifié et former une épine 
plus ou moins développée; contrairement à ce qui se voit chez les 
Silures, cette épine est formée de deux tiges accolées sur la ligne 
médiane (5). Il n'y a jamais de nageoire adipeuse. 

(1) Ce processus peut être très court et bifide chez les Cobitidinœ et manque 
chez les Homalopterinœ. La meule n'existe que chez les Cyprininœ. 

(2) Voir Heckel, Russegger's Reisen, I, p 1001, pi. 1 (1843). 

(3) Voir F. Leydig, Unters. z. Anat. u. Histol. d. Thiere(Bonn, 1885, in-8°), p. 1, 
pi. I, etW E. Collinge, Proc. Zool. Soc. 1895, p. 286, pi. XIX. 

(4) Davantage encore chez les Cobitidinœ. 

(5) Voir L. Vaillant, N. Arch. Mus. VII, 1895, p. 259, pi. IX, fig. 9-11, et Congr. 
Zool, Leyde, 1896, p. 275. 



208 CYPRINIDyE 

La ceinture scapulaire est conformée comme chez les Characinides 
et le postclaviculaire est également présent ; les coracoïdes, séparés des 
claviculaires par une fenestration plus ou moins étendue, forment 
souvent une carène médiane en avant. Les claviculaires peuvent 
acquérir un développement extraordinaire, chez les Labeo par exem- 
ple, et former, par des lames internes, une cloison ou diaphragme 
osseux restreignant l'ouverture pharyngienne ; diaphragme analogue 
à celui qui s'observe chez un grand nombre de Silurides, mais formé 
ici uniquement par les os claviculaires. Chacun des rayons de la 
nageoire pectorale émet, à la base, un processus osseux, surplombant 
les os ptérygiaux, qui sont au nombre de 3 ou 4. Ces processus, 
dirigés en dedans et formant un angle avec les rayons, sont d'autant 
plus développés que les nageoires sont plus larges, plus étalées à la 
base. Le premier rayon s'articule directement avec le scapulaire. Les 
nageoires ventrales sont composées de 7 à 12 rayons, rarement de 
5 ou 6 (Cachius). 

La vessie natatoire est divisée en deux par une constriction, la par- 
tie antérieure plus courte que la postérieure (1). L'estomac est 
dépourvu d'appendices pyloriques. 

Les Cyprinides peuvent être considérés comme représentant un type 
spécialisé, dérivé des Characinides, dont ils sont très voisins et égale 
ment strictement confinés aux eaux douces. Le nombre des genres et 
des espèces est très élevé, on compte plus de 1,200 de ces dernières, 
et l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique septentrionale sont les 
parties du monde où ils se rencontrent. Ils sont relativement peu 
nombreux en Afrique (90 espèces), où ils vivent à côté des Chara- 
■ cinides, tandis que ces derniers existent seuls dans l'Amérique méri- 
dionale et font défaut en Europe et en Asie. 

Les Cyprinides du Congo se répartissent, au point de vue phy- 
siologique, en deux groupes : le premier, à dents pharyngiennes 
munies de facettes masticatoires, à tube intestinal beaucoup plus 
long que le corps, et principalement ou exclusivement herbivore, 
comprend les genres Labeo, Capoeta et Barbus; le second, à dents 
pharyngiennes simplement crochues, à tube intestinal à peine aussi 
long ou même plus court que le corps, indiquant un régime 
surtout animal, embrasse les genres Leptocypris, Barilius et Chelœ- 
thiops. 



(1) Chez la plupart des Loches, et pi lis encore chez les Homaloptères, la vessie 
natatoire est très réduite, la partie postérieure ayant disparu et l'antérieure, divisée 
bilatéralement, est emprisonnée dans une capsule formée en partie par l'ossifica- 
tion de sa membrane externe, en partie par les vertèbres antérieures coossifiées. 



LABEO 309 



Synopsis des genres représentés dans le bassin du Congo/ 

I. Ligne latérale occupant le milieu du pédicule caudal ; 739 rayons à l'anale. 

Sous-orbitaires étroits; lèvres très développées; un étui 
corné tranchant à chaque mâchoire; g à 13 rayons 
branchus à la dorsale 1. Labeo, Guy. 

Sous-orbitaires étroits; pas de lèvres mais un étui corné 
tranchant à la mâchoire inférieure ; 8 ou 9 rayons 
branchus à la dorsale t ••• 2. Capoeta, C. et V. 

Sous-orbitaires étroits; pas d'étui corné aux mâchoires, 
dont les lèvres sont minces ou modérément dévelop- 
pées; 739 rayons branchus à la dorsale 3 Barbus, Cuv. 

Sous-orbitaires grands, couvrant la joue; lèvres minces; 
8 rayons branchus à la dorsale 4. Leptocypris, Blgr. 

II. Ligne latérale sur la partie inférieure du pédicu!e caudal; 10 à 22 rayons à 
l'anale; sous-orbitaires grands. 

Dorsale commençant en avant de l'origine de l'anale ; 

ventre arrondi. . 5. Barilius, Ham. Buch. 

Doryale commençant en arrière de l'origine de l'anale; 

ventre tranchant 6. Chehvlhiops, Blgr 



1. LABEO. 

Cuvier, Règne Anim. II, p. 194(1817); Gûnther, Cat. Fish. VII, p. 45 (1868). 

Abrostomus, A. Smith, III. Zool. S. Afr., Fish. (1841') 

Tylognathus, Heckel, Russegger's Reis. 1,2, p. 1027(1843)6! II. 3, p. 283 (1846); 

GÛNTH. 1. C. p. 62. 

Corps modérément ou faiblement comprimé, couvert 
d'écaillés le plus souvent assez grandes. Ligne latérale 
complète, à peine plus rapprochée du ventre que du dos 
et occupant le milieu sur le pédicule caudal. Bouche plus 
ou moins grande, infère, à lobes labiaux très développés, 
chaque lèvre interne munie d'une arête transversale recou- 
verte d'un étui corné et tranchant ; barbillons présents ou 
absents. Sous-orbitaires étroits, ne couvrant pas la joue. 
Nageoire dorsale sans épine, à 12 a 26 rayons, commen- 
çant en avant des ventrales. Anale courte, à 7 ou 8 rayons. 
Un appendice écailleux à. la base des ventrales. Dents 
pharyngiennes en trois rangées, comprimées, à couronnes 



210 cyprinim: 

tronquées et très rapprochées, formant ensemble une sur- 
face masticatoire. 

Le crâne est très massif; un os sus-orbitaire est présent; le sus- 
occipital forme une arête courte et basse qui se continue dans la crête 
formée par les interneuraux des premières vertèbres. La mandibule a 
une forme bizarre, chacune de ses branches étant brisée en un angle 
droit ou très ouvert. Les clavicules sont excessivement massives et 
forment un diaphragme. Les vertèbres sont au nombre de 41 (24 -f- 17) 
chez L. niloticus et L. Forskalii. L'intestin fait de nombreuses 
circonvolutions, ce qui indique un régime essentiellement végétal. 

Ce genre, nombreux en espèces (on en reconnaît près de 5o), habite 
le Nil et l'Afrique tropicale et australe, ainsi que le sud-est de l'Asie. 
Environ 20 espèces sont connues d'Afrique, dont 8 du bassin du 
Congo. 



Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

I. Pas de barbillon. 

Dorsale très élevée, à bord convexe, à 13 rayons 
branchus (le dernier double, comme de coutume); 
Sq. 37-38 ^j ; largeur de la bouche (lèvres com- 
prises) près de deux fois dans la longueur de la 
tête ; face interne des lèvres plissée ; yeux franche- 
ment latéraux 1. L. velifer, Blgr. 

II. Un petit barbillon à l'angle de la bouche, plus ou moins caché sous le repli de 
la peau. 

A. Yeux franchement latéraux, visibles d'en bas comme d'en haut; dorsale à 10- 
12 rayons branchus, située à égale distance de l'œil et de la nageoire caudale; 

s q- 36-37 à- 

Dorsale très élevée, à bord convexe; pectorale 
s'étendant jusqu'à la ventrale; 4 séries d'écaillés 
entre la ligne latérale et la nageoire ventrale ; lar- 
geur de la bouche près de 2 fois dans la longueur 
de la tête; face interne des lèvres plissée. . . . 1. L. longipinn 1 s, Blgr. 

Dorsale modérément élevée, à bord plus ou moins 
échancré; pectorale n'atteignant pas la ventrale; 
3 séries d'écaillés entre la ligne latérale et la na- 
geoire ventrale; largeur de la bouche .2 2/3 à 
3 fois dans la longueur de la tête ; face interne des 
lèvres lisse .... 3. L. lineatus, Blgr. 



LABEO 2 i i 

B. Yeux supéro-latéraux, non visibles d'en bas; face interne des lèvres plissée. 

1. Dorsale à 12 rayons branchus, située à égale distance de l'œil et de la 
nageoire caudale ; Sq . 38 -y. 

Dorsale très élevée, à bord échancré; 4 séries 
d'écaillés entre la ligne latérale et la nageoire 
ventrale; 16 écailles autour du pédicule cau- 
dal; largeur de la bouche 1 3/4 fois dans la 
longueur de la tête 4. L. cyclorhynchus, Blgr. 

2. Dorsale à 10 ou 1 1 rayons branchus, plus rapprochée de l'œil que de la na- 
geoire caudale ; Sq. 38-40 |^. 

Dorsale très élevée, falciforme, à bord échancré; 
5 séries d'écaillés entre la ligne latérale et la na- 
geoire ventrale ; 20 écailles autour du pédicule cau- 
dal ; largeur de la bouche 2 à 2 1/2 fois dans la lon- 
gueur de la tête, diamètre de l'œil 485 fois chez 
l'adulte 5. L. falcifev, Blgr. 

Dorsale assez élevée, à bord peu échancré; 4 séries 
d'écaillés entre la ligne latérale et la nageoire ven- 
trale; 16 écailles autour du pédicule caudal ; lar- 
geur de la bouche 12/382 fois dans la longueur 
de la tête, diamètre de l'œil 5 à 6 fois chez 
l'adulte . . . 6. L. macrostoma, Blgr. 

Dorsale médiocrement élevée, à bord échancré; 
4 séries d'écaillés entre la ligne latérale et la na- 
geoire ventrale; 16 écailles autour du pédicule 
caudal; largeur de la bouche 1 2/3 fois dans la lon- 
gueur de la tête, diamètre de l'œil au moins 7 fois 
chez l'adulte; un appendice rostral y. L. nasus, Blgr. 

III. Deux barbillons assez allongés de chaque côté de la bouche. 

Dorsale à bord échancré, à 10-11 rayons branchus; 
Sq. 40 gTjjj ; 6 séries d'écaillés entre la ligne latérale 
et la nageoire ventrale; 22 écailles autour du pédi- 
cule caudal 8. L. barbatus, Blgr. 



1. LABEO VELIFER. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 32, pi. XVI (1898). 

La hauteur du corps est comprise 2 2/5 à 2 2/3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 à 4 i/3 fois. La tête est presque aussi 
large que longue, le museau épais et arrondi, couvert de tubercules 
cornés ; l'œil, parfaitement latéral, visible d'en haut comme d'en bas, 
est compris 4 1/2 à 5 fois dans la longueur de la tête, 4 à 4 1/2 fois 



212 CYPRINID^ 

dans l'espace interoculaire ; la bouche, avec les lèvres, mesure près 
de la moitié de la longueur de la tête ; une forte entaille de chaque 
côté du museau, qui forme en avant une sorte de voile épais à bord 
denticulé, couvrant en partie la lèvre supérieure; les lèvres sont plis- 
sées en dedans ; la supérieure a le bord entier, tandis que l'inférieure a 
le bord denticulé ou frangé et est munie en outre de une ou deux ran- 
gées de papilles coniques assez espacées ; enfin la bouche proprement 
dite est bordée d'un bourrelet tranchant et corné ; il n'y a pas de bar- 
billon à l'angle des lèvres. La nageoire dorsale est extrêmement élevée, 
à bord convexe, à 3 rayons simples et 1 3 branchus ; les plus longs de 
ces rayons dépassent considérablement la longueur de la tête; le 
sixième rayon est au-dessus du premier de la ventrale. L'anale a 
7 rayons, dont 5 branches; le plus long rayon excède un peu la lon- 
gueur de la tête; repliée, cette nageoire s'étend fort au delà de la 
racine de la caudale. La pectorale, falciforme, égale la longueur de la 
tête et ne s'étend pas jusqu'à la ventrale, qui, un peu plus longue, 
atteint l'orifice anal ou l'origine de la nageoire anale. La nageoire 
caudale est grande et échancrée. La hauteur du pédicule caudal excède 
sa longueur. Les écailles sont au nombre de 37 ou 38 le long de la 
ligne latérale, £- en série transversale, 4 entre la ligne latérale et la 
nageoire ventrale, 16 autour du pédicule caudal. 

Ce poisson, tel qu'il est conservé, est d'un brun olivâtre ou noirâtre 
uniforme. Le plus grand exemplaire mesure 42 centimètres. 

L'espèce a été trouvée à Borna, à Manyanga et à Nouvelle- Anvers 
par MM. Wilverth et Wagenaar. 



2. LABEO LONGIPINNIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 33, pi. XVII, fig. 1 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 2 1/2 à près de 3 fois dans la lon- 
gueur totale, la longueur de la tête 4 fois. La tête est de près d'un tiers 
plus longue que large, le museau épais et arrondi ; l'œil est latéral, 
visible d'en haut comme d'en bas, son diamètre compris 4 1/2 ou 
5 fois dans la longueur de la tête, 3 i/3 ou 4 fois dans l'espace intero- 
culaire ; la bouche, avec les lèvres, mesure près de la moitié de la lon- 
gueur de la tête; le museau est conformé comme chez l'espèce précé- 
dente et le lobe qui recouvre la lèvre supérieure est de même denticulé ; 
la lèvre supérieure est entière et l'inférieure finement denticulée et 
bordée d'une série de papilles coniques ; un bourrelet tranchant au 
bord de la bouche proprement dite ; un barbillon, mesurant tout au 



LABEO 21 3 



plus les 2/3 du diamètre de l'œil, est caché sous le repli de l'angle de 
la bouche, son extrémité étant à peine visible quand celle-ci est close. 
La nageoire dorsale est très élevée, à 3 rayons simples et 12 ou 
i3 branchus; les plus longs rayons excèdent considérablement la lon- 
gueur de la tète ; le 6 me ou le y me rayon est au-dessus du 1 er de la 
ventrale. L'anale a 7 rayons, dont 5 branchus ; le plus long rayon 
excède un peu la longueur de la tête et, replié, s'étend fort au delà de 
la racine de la caudale. La pectorale, falciforme, égale la longueur de la 
tête et s'étend jusqu'à la ventrale; celle-ci, de même longueur ou à 
peine plus longue, atteint l'origine de l'anale. La nageoire caudale 
est grande et assez profondément échancrée, en croissant. La hauteur 
du pédicule caudal excède sa longueur. 3y écailles le long de la ligne 
latérale, -f en série transversale, 4 entre la ligne latérale et la nageoire 
ventrale, 16 autour du pédicule caudal. 

Tète, corps et nageoires violet foncé, la caudale jaunâtre à la base, 
les écailles bordées de vert foncé; iris violet foncé, avec un filet d'or 
autour de la pupille. 

Cette espèce a été fondée sur un spécimen unique, provenant de 
Léopoldville (coll. Wilverth et Wagenaar) mesurant 17 centimètres. 
Un second, mesurant 38 centimètres, a été rapporté de Dolo par 
Delhez. 

Le Lulu, comme il est nommé par les indigènes, se tient dans le 
fleuve parmi les rochers et les herbes. Delhez en a vu de plus d'un 
mètre de longueur et en a trouvé la chair ferme et bonne. 



3. LABEO LINEATUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 34, pi. XVII I (1898). 

La hauteur du corps est comprise 3 à 3 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 à 5 fois. La largeur de la tête est d'envi- 
ron les 2/3 de sa longueur; le museau est arrondi, hérissé au bout et 
sur les côtés de tubercules coniques, souvent à peine développés ; l'œil, 
franchement latéral et visible d'en haut comme d'en bas, est compris 
6 fois dans la longueur de la tête et 4 1/2 fois dans l'espace interocu- 
laire chez l'adulte, 3 1/2 fois et 2 fois chez le jeune; la largeur de 
l'appareil buccal est comprise 2 2/3 à 3 fois dans la longueur de la tête ; 
une entaille médiocrement forte de chaque côté du museau, qui se 
rabat sur la lèvre supérieure en un lobe à bord entier ou à peine den- 
telé; les deux lèvres externes sont dépourvues de plis ou lamelles en 
dessous, mais leur bord externe est frangé d'assez longues papilles dis- 



214 CYPRINIDiE 

posées sur 2 ou 3 rangs ; les lèvres internes, bordant l'orifice buccal, 
portant chacune une lamelle à bord tranchant revêtue d'un étui corné; 
un petit barbillon à l'angle des lèvres, à peine visible quand la bouche 
est close et mesurant moins de la moitié du diamètre de l'œil. La 
nageoire dorsale, composée de 3 rayons simples et 10 à 12 branches, 
est modérément élevée, à bord libre très peu ou point échancré ; le plus 
long rayon égale ou dépasse un peu la longueur de la tête; le 6 rae ou le 
7 me rayon est au-dessus du premier de la ventrale. L'anale a 7 ou 
8 rayons, dont 5 branchus, le plus long, un peu plus court que la tête, 
atteignant la racine de la caudale. La pectorale, subfalciforme, pres- 
que aussi longue que la tête, ne s'étend pas jusqu'à la ventrale ; celle-ci, 
aussi longue ou un peu plus courte, n'atteint pas ou atteint à peine 
l'orifice anal. La nageoire caudale est échancrée, en croissant. La hau- 
teur du pédicule caudal excède sa longueur. Il y a 36 ou 37 écailles le 
long de la ligne latérale, ~ en série transversale, 3 entre la ligne 
latérale et la nageoire ventrale, 16 autour du pédicule caudal. 

Le corps est orné de raies d'un vert plus ou moins vif séparées par 
d'autres rosâtres ou lilas occupant chacune le centre d'une écaille; 
ventre blanc argenté; dessus de la tête et nageoires olive. Iris olive, 
avec un cercle orangé autour de la pupille. Les très jeunes (8 à 1 1 mil- 
limètres) ont les lignes roses ou lilas remplacées par des séries de 
points rouges, la caudale est bordée de rouge, et il y a une grande 
tache noire sur le pédicule caudal, à la base de la nageoire. 

Ce beau Cyprin, atteignant une longueur de 65 centimètres, est très 
répandu dans le Congo, car il est représenté par des exemplaires de 
Banana, Borna, Matadi, Manyanga, Upoto, Nouvelle-Anvers (coll. 
Wilverth et Wagenaar), Monsembé (Weeks) et Stanley-Falls (Bent- 
ley). Delhez en a recueilli des exemplaires dans la rivière des Croco- 
diles, à Borna. 

Noms indigènes : Vïgnia à Borna, Munjélé et Munganja à 
Monsembé. 



4. LABEO CYCLORHYNCHUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 98, pi. XL, fig. 1 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 3 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 4 fois. La largeur de la tête fait les 3/4 de sa lon- 
gueur; le museau est gros et arrondi, dépassant très peu la bouche, 
garni sur les côtés de petites verrues; l'œil, presque latéral, quoiqu e 
non visible d'en bas, est compris 4 1/2 fois dans la longueur de la tête 








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LABEO 2 I 5 

et 2 2/3 fois dans la largeur interoculaire ; la largeur de l'appareil buc- 
cal est 1 3/4 fois dans la longueur de la tête ; lobe sus-labial à bord fai- 
blement dentelé; lèvres externes faiblement plissées en dedans, à bord 
très faiblement dentelé; lèvres internes armées d'une lamelle à bord 
tranchant revêtue d'un étui corné ; un petit barbillon à l'angle des 
lèvres, à peine visible quand la bouche est close, et mesurant les 2/3 du 
diamètre de l'œil. ;La nageoire dorsale, composée de 3 rayons simples 
et de 12 branchus, est située à égale distance de l'œil et de la racine de 
la nageoire caudale ; elle est très élevée, à bord libre échancré, le plus 
long rayon 1 2/3 fois la longueur de la tête ; le y me rayon est au-dessus 
du premier de la ventrale. L'anale a 8 rayons, dont 5 branchus, le plus 
long atteignant la racine de la caudale. La pectorale, pointue, aussi 
longue que la tête, ne s'étend pas jusqu'à la ventrale; celle-ci. un peu 
plus courte, atteint l'anus. La caudale est profondément échancrée, 
en croissant. La hauteur du pédicule caudal égale sa longueur. 
38 écailles le long de la ligne latérale, — en série transversale, 4 entre 
la ligne latérale et la nageoire ventrale, 16 autour du pédicule caudal. 

Delhez représente ce poisson comme brun foncé en dessus, gris en 
dessous, chaque écaille des côtés du corps marquée d'un gros point 
rouge carmin; nageoires paires brun foncé, nageoires impaires gris 
foncé. Iris noirâtre; un cercle orangé autour de la pupille, rouge en 
dessus. 

Longueur totale": 16 centimètres. Atteindrait 75 centimètres. 

Cette espèce, établie sur un spécimen unique, provient du Stanley - 
Pool, à Léopoldville, dans la région des chutes, où elle se tient de pré- 
férence près des rochers (coll. Delhez). M. Pellegrin la cite de 
Gantshu, rive droite du Congo (coll de Brazza). La chair est bonne. 

Nom indigène à Léopoldville : Lusuli. 



5. LABEO FALCIFER (PL XI). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 35, pi. XVII, fig. 2(1898). 

La hauteur du corps est comprise 3 à 4 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 fois. La largeur de la tête égale les 2/3 de sa 
longueur ; le museau est arrondi, un peu renflé à l'extrémité, et garni 
tout autour de tubercules cornés ; l'œil, supéro-latéral, non visible d'en 
bas, est compris 4 à 5 fois dans la longueur de la tête, 21/3 à 3 fois 
dans l'espace interoculaire, qui est peu bombé ; la bouche, avec les 
lèvres, mesure les 2/5 ou la moitié de la longueur de la tête ; une forte 
entaille de chaque côté du museau, dont le repli labial est forte- 



2l6 CYPRINID^E 

ment dentelé et recouvre en grande partie la lèvre supérieure ; les 
lèvres sont plissées en dedans, et ces replis ou lamelles transversales 
sont denticulés ou frangés comme le bord des lèvres elles-mêmes ; de 
plus, la lèvre inférieure est hérissée, près du bord, de deux rangées 
irrégulières de papilles coniques; le bord de la bouche proprement dit 
porte, comme de coutume, un bourrelet tranchant revêtu d'un mince 
étui corné; un. barbillon, mesurant la moitié ouïes deux tiers du diamè- 
tre de l'œil, est caché dans l'enfoncement à l'angle des lèvres. La 
nageoire dorsale, à 3 rayons simples et 1 1 branchus, est falciforme, à 
bord profondément échancré; le premier rayon branchu, le plus long, 
mesure i i/3 à i 3/4 fois la longueur de la tête et 3 à 4 1/2 fois la lon- 
gueur du dernier rayon ; le g me rayon tombe au-dessus du premier 
rayon de la ventrale. L'anale a 7 rayons, dont 5 branchus; le plus 
long égale la longueur de la tète et dépasse la racine caudale. La pec- 
totale, subfalciforme, égale la longueur de la tête ; elle est un peu plus 
longue que la ventrale, dont elle n'atteint pas tout à fait la base; la 
ventrale s'étend jusqu'à l'orifice anal. La nageoire caudale est grande, 
à échancrure angulaire et profonde. La hauteur du pédicule caudal 
excède sa longueur. Il y a 39 écailles le long de la ligne latérale, 
-^ en ligne transverse, 5 entre la ligne latérale et la nageoire ven- 
trale, 20 autour du pédicule caudal. 

Les spécimens conservés, d'après lesquels cette espèce a été décrite 
en premier lieu, sont uniformément brunâtres en dessus, rosâtres en 
dessous. Ils proviennent de Borna, de Matadi et de Nouvelle-Anvers 
(collection Wilverth et Wagenaar). Le plus grand mesure 46 centi- 
mètres. Delhez en a rapporté un jeune de Matadi, péché dans les 
cataractes de Yélala (nom indigène : Bichangâta). Ce spécimen était 
d'un brun foncé en dessus, blanchâtre en dessous, les écailles bordées 
d'orange ; iris noirâtre, avec un cercle jaune très mince autour de la 
pupille. 



6. LABEO MACROSTOMA. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 36, pi. XIX, fig. 1 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 3 i/5 à 4 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 434 i/3 fois. La largeur de la tête égale 
les 2/3 de sa longueur; le museau est un peu pointu, très proéminent, 
et presque entièrement couvert de pustules épineuses ; l'œil, supéro- 
latéral, non visible d'en bas, est compris 4 (jeune) à 6 fois dans la lon- 
gueur de la tête, 234 fois dans t'espace interoculaire, qui est peu 



LABEO 217 

bombé; la bouche, avec les lèvres, est très large, occupant toute la 
largeur de la tête au niveau correspondant, sa largeur étant comprise 
1 2/3 à 2 fois seulement dans la longueur de la tète ; une forte entaille 
de chaque côté du museau, dont le repli labial est denticulé et recou- 
vre presque entièrement la lèvre supérieure; celle-ci a le bord entier, 
sans dentelure ni papilles; le bord delà lèvre inférieure est frangé; la 
face interne des deux lèvres porte plusieurs lamelles transversales ou 
replis muqueux, et le bord de la bouche proprement dite porte un 
bourrelet tranchant revêtu d'un mince étui corné; un petit barbillon, 
mesurant la moitié du diamètre de l'œil, est caché dans l'enfoncement 
à l'angle des lèvres. La nageoire dorsale, à 3 rayons simples et 10 bran- 
chus, a le bord libre peu ou point échancré chez l'adulte, plus nette- 
ment chez le jeune; le premier rayon branchu, le plus long, égale ou 
excède la longueur de la tète et mesure plus du double de la longueur 
du dernier rayon ; le 9 me ou le 1 o rae rayon tombe au-dessus du premier 
rayon de la ventrale. L'anale a 7 rayons, dont 5 branchus ; le plus long 
égale presque la longueur de la tète et dépasse la racine de la caudale. 
La pectorale, falciforme, très large, égale la longueur de la tète ; elle 
est un peu plus longue que la ventrale, dont elle n'atteint pas tout à 
fait la base; la ventrale atteint ou n'atteint pas l'orifice anal. La 
nageoire caudale est grande, à échancrure angulaire et profonde. Le 
pédicule caudal est presque aussi long que haut. On compte 38 ou 
3g écailles à la ligne latérale, -^ en ligne transversale, 4 entre la 
ligne latérale et la nageoire ventrale, 16 ou 18 autour du pédicule 
caudal. 

Les spécimens types de l'espèce, dont le plus grand mesure 59 centi- 
mètres, sont uniformément brunâtres. Ils proviennent de Matadi. 
Delhez en a recueilli deux individus prés de Matadi, aux cataractes 
de Yélala (nom indigène Kungu^i), le plus grand mesurant 40 centi- 
mètres. 

A l'état frais le poisson est d'un violet foncé en dessus, les écailles 
bordées de vert, jaune pâle en dessous; les nageoires dorsale et anale 
d'un beau rose, les pectorales et les ventrales violet foncé, la caudale 
jaune pâle à la base, rose vif à l'extrémité. Iris violet foncé, avec un 
cercle orange autour de la papille. 

Le British Muséum en a reçu un jeune individu de 14 centimètres, 
rapporté de Bolobo par le révérend George Grenfell. Chez cet exem- 
plaire, les premiers rayons de la dorsale sont beaucoup plus longs que 
la tète, le pédicule caudal porte une grande tache brun foncé à la base 
de la caudale, et celle ci est noirâtre, bordée de blanchâtre. 



2l8 CYPRIN idje 

7. LABEO NASUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, pi. 99, p. LX, fig. 2 (1899). 

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 
4 1/2 fois dans la longueur totale. La largeur de la tête, qui est assez 
fortement déprimée, fait les 5/6 de sa longueur; le museau est pointu, 
dépassant beaucoup la bouche, et terminé par un petit appendice 
transversal et légèrement relevé ; cet appendice porte, ainsi que les 
côtés du museau et le front, des verrues creusées en cratères et destinées 
à recevoir des tubercules nuptiaux; l'œil, supère, est très petit, son 
diamètre compris 7 fois dans la longueur de la tête (5 fois chez les 
très jeunes), 3 1/2 fois dans la largeur interoculaire; lobe sus-labial à 
bord non dentelé ; lèvres externes faiblement plissées en dedans, à bord 
très faiblement dentelé ; lèvres internes armées d'une lamelle à bord 
tranchant revêtue d'un étui corné ; un très petit barbillon caché sous 
les lèvres, ne mesurant que la moitié du diamètre de l'œil. La nageoire 
dorsale, composée de 2 rayons simples et de 10 branchus, est plus 
rapprochée de l'œil que de la nageoire caudale ; elle est modérément 
élevée, à bord libre profondément échancré ; le plus long rayon égale 
la longueur de la tête; le y me rayon est au-dessus du premier de la 
ventrale. L'anale a 7 rayons, dont 5 branchus, le plus long atteignant 
la racine de la caudale. La pectorale, large et pointue, est à peine 
aussi longue que la tête et ne s'étend pas jusqu'à la ventrale ; celle-ci, 
un peu plus courte, dépasse l'anus. La nageoire caudale est profondé- 
ment échancrée, en croissant. La hauteur du pédicule caudal égale 
presque sa longueur. 38 ou 39 écailles le long de la ligne latérale, 
— en série transversale, 4 entre la ligne latérale et la nageoire ven- 
trale, 16 autour du pédicule caudal. 

Violet en dessus, plus clair en dessous ; écailles des côtés du corps 
bordées de jaune ; iris rouge. 

Longueur totale : 19 centimètres. 

Un exemplaire de Matadi, péché par Delhez dans les cataractes de 
Yélala. Le Musée du Congo en possédait déjà de très jeunes individus 
provenant de Matadi. Nom indigène : Lulu. 



8. LABEO BARBATUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 36, pi. XIX, fig. 2 (1898). 

La hauteur du corps est comprise 3 i/3 à 3 3/4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 à 5 fois. La largeur de la tête est com- 



LABEO 219 

prise 1 1/4 à 1 i/3 fois dans sa longueur; le museau est arrondi, très 
proéminent, percé de pores ou portant de petits tubercules au bout et 
sur les côtés; l'œil, supéro-latéral, non visible d'en dessous, est com- 
pris 8 fois dans la longueur de la tête, 4 fois dans la largeur inter- 
oculaire chez l'adulte, 3 1/234 fois et 1 1/2 fois chez le jeune ; la lar- 
geur de la bouche, lèvres comprises, égale la moitié ou les 2/5 de la 
longueur de la tête; une forte entaille de chaque côté du museau, 
dont le repli labial est dentelé ou frangé et recouvre presque entière- 
ment la lèvre supérieure ; les lèvres sont plissées en dedans ; la lèvre 
supérieure a le bord entier, tandis que l'inférieure l'a frangé et bordé 
de 2 ou 3 rangées de papilles coniques ; le bord de la bouche propre- 
ment dite porte un bourrelet tranchant recouvert d'un mince étui corné ; 
deux barbillons très développés, plus longs que le diamètre de l'œil, 
de chaque côté, le premier au-dessus du lobe rostral, le second 
implanté dans le repli à l'angle des lèvres. La nageoire dorsale, à 
3 rayons simples et 10 ou 11 branchus, est médiocrement haute et son 
bord est échancré; le premier rayon branchu, le plus long, excède 
un peu la longueur de la tête et même 2 ou 2 1/2 fois la lon- 
gueur du dernier rayon ; le y me ou le 8 me rayon tombe au-dessus 
du premier rayon de la ventrale. L'anale a 7 rayons, dont 5 bran- 
chus; le plus long est un peu plus court que la tête et ne dépasse 
pas la racine de la caudale. La pectorale, subfalciforme, égale la lon- 
gueur de la tête; elle est un peu plus longue que la ventrale, dont elle 
n'atteint pas la base; la ventrale atteint ou atteint presque l'orifice 
anal. La nageoire caudale est grande, à échancrure angulaire et pro- 
fonde. La hauteur du pédicule caudal est égale à sa longueur. Il y a 
40 ou 41 écailles le long de la ligne latérale, -^ en ligne transver- 
sale, 6 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale, 20 ou 22 autour 
du pédicule caudal. 

Une aquarelle de Delhez représente ce poisson comme violet en 
dessus, blanc jaunâtre en dessous; le bord des écailles dorsales est 
d'un violet plus foncé et le centre en est d'un brun rougeâtre ; nageoire 
dorsale jaune pale, ainsi que la base de la caudale, le reste des 
nageoires violettes. Iris jaune d'or. Les jeunes ont une grande tache 
noirâtre sur le pédicule caudal. 

Longueur totale : 5o centimètres. 

Les types de cette espèce proviennent de Matadi et de Borna (Wil- 
verth et Wagenaar). C'est aussi de Borna que proviennent de beaux 
échantillons rapportés par Delhez, qui nous informe que ce poisson 
atteint près de 1 mètre de longueur, qu'on le pêche dans le fleuve mais 
qu'il n'est pas commun. 

Noms indigènes : Sakma et Mutua. r 



220 cyprinida: 

2. CAPOETA. 

Cuvier et Valenciennes, Hist. Poiss. XVI, p. 278(1842); GuNTHER.Cat. Fish.VlI, 

p. 77(1868). 
Scaphiodon, part., Heckel, Russegger's Reis. I, 2, p. 1020 (1843) et II, 3, p. 286 

(1846). 

Dillonia, Hëckel, op. cit. II, 3, p. 285. 

Corps plus ou moins comprimé, couvert d'écaillés plus 
ou moins grandes. Ligne latérale complète, un peu plus 
rapprochée du ventre que du dos, mais occupant à peu 
près le milieu sur le pédicule caudal. Bouche assez 
grande, infère, transversale, la mâchoire inférieure munie 
d'une arête transversale recouverte d'un étui corné et tran- 
chant, mais sans lèvre; barbillons présents ou absents. 
Sous-orbitaires étroits, ne couvrant pas la joue. Nageoire 
dorsale avec ou sans épine, à 10 à 14 rayons, commençant 
au-dessus des ventrales. Anale courte, à 7 ou 8 rayons. 
Un appendice écailleux à la base des ventrales. Dents 
pharyngiennes en trois rangées, comprimées, à couronnes 
tronquées. 

Le crâne est très semblable à celui de Labeo, et la mandibule est 
également en arc brisé, la partie symphysiale formant un angle avec la 
partie postérieure. Le maxillaire est large et recouvre en grande partie 
le prémaxillaire. Les vertèbres, chez l'espèce type (C.fundulus). sont au 
nombre de 48 (27 + 21). L'intestin forme plusieurs circonvolutions. 

Une vingtaine d'espèces sont connues du sud-ouest de l'Asie. On 
n'en connaissait qu'une seule d'Afrique : C. Dillonii, G. et V., d'Abys- 
sinie, à laquelle vient se joindre une seconde récemment découverte. 

1. CAPOETA TANGANICtE. 

Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (7) VI, 1900, p. 478. 

La hauteur du corps est comprise 3 3/4 ou 4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 5 fois. Le museau est large et arrondi, 
aussi long ou à peine plus long que l'œil, dont le diamètre est compris 
3 1/2 fois dans la longueur de la tête et près de 2 fois dans la largeur 
interoculaire ; la largeur de la bouche égale les 2/3 de celle de la tête ; 
un barbillon minuscule caché sous la lèvre à l'angle de la bouche. La 



. BARBUS 221 

nageoire dorsale a 3 rayons simples et 9 branchus ; le 3 me rayon simple 
est très fort, entièrement ossifié, sauf à l'extrémité, lisse ; la nageoire, 
située à égale distance de l'œil et de la caudale, a le bord libre échan- 
cré ; sa plus grande hauteur égale la longueur de la tête. L'anale a 
3 rayons simples et 5 branchus, dont le plus long mesure les 3/4 de la 
longueur de la tête. La pectorale est très pointue et aussi longue que la 
tête; elle est loin d'atteindre la ventrale, qui est insérée sous les pre- 
miers rayons de la dorsale. La caudale est fourchue. Le pédicule cau- 
dal est 2 fois aussi long que haut. 68 à 7c écailles le long de la ligne 

latérale, ™ en série transversale, 9 ou 10 entre la ligne latérale et la 

' 14-10 j ^ 

racine de la ventrale. 

Olivâtre en dessus, chaque écaille plus foncée à la base, blanc 
argenté en dessous; nageoires grisâtres. 

Longueur totale : 32 centimètres. 

Les trois spécimens rapportés par M. J. E. S. Moore proviennent 
de l'extrémité nord du lac Tanganika. 

Par la présence de deux barbillons et la petitesse des écailles, cette 
espèce rentre dans la section des Capoeta typiques, du sud-ouest de 
l'Asie ; mais elle n'a le gros rayon de la dorsale ni assez faible comme 
chez C. fundulus, Pall., et formes voisines, ni dentelé comme chez 
C. trulta, Heck. La seconde espèce africaine, C. Dillonii, se distingue 
par l'absence de barbillons et la grandeur des écailles (L. lat. 3o). 



3. BARBUS. 

Cuvier, Règne Anim. II, p 192 (1817); Gûnth. Cat. Fish. VII, p. 82 (1868). 

Corps plus ou moins comprimé, couvert d'écaillés plus 
ou moins grandes. Ligne latérale complète, un peu plus 
rapprochée du ventre que du dos, mais occupant à peu 
près le milieu sur le pédicule caudal. Bouche petite ou 
modérément grande, à lèvres minces ou modérément 
développées; barbillons présents ou absents. Sous-orbi- 
taires étroits, ne couvrant pas la joue. Nageoire dorsale 
avec ou sans épine, à 10 à 12 rayons. Anale courte, à 7 à 
9 rayons. Un appendice écailleux à la base des ventrales. 
Dents pharyngiennes en trois rangées, cylindriques, cro- 
chues, avec une excavation à la base de la couronne, 
souvent suivies d'une grande molaire. 



222 CYPRINID.E 

Crâne peu massif; un os sus-orbitaife; crête occipitale courte et 
basse. Clavicules et coracoïdes modérément développés. Le nombre 
des vertèbres varie, selon les espèces, de 3o à 47 (16 à 26 -{- 14 à 21). 
Tube intestinal beaucoup plus long que le corps. 

Ce grand genre, de 25o espèces environ, est représenté en Europe, 
en Asie et dans toute l'Afrique. C'est le sud-est de l'Asie qui produit 
le plus grand nombre d'espèces. On en compte environ 55 en Afrique. 
Le bassin du Congo, selon nos connaissances actuelles, n'en possède 
que huit. Nous devons à Max Weber l'intéressante découverte qu'une 
espèce sud-africaine de ce genre est vivipare. 

Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

I. Deux paires de barbillons. 

A. 35 à 40 écailles le long de la ligne latérale, 3 ou 4 entre la ligne latérale et la 
nageoire ventrale; barbillon postérieur au moins aussi long que l'œil; pas de 
dentelure au dernier rayon simple de la dorsale. 

Sq. 40 — g-j«— ; 8 rayons branchus à la dorsale (1), qui 
commence en avant du premier rayon de la ventrale. 1. B. platyrhinus, Blgr. 

Sq. 35 r-j-^; 9 rayons branchus à la dorsale, qui com- 
mence au-dessus du premier rayon de la ventrale. . 2. B. altianalis, Blgr. 

Sq. 35 jr-js; 7 rayons branchus à la dorsale, qui com- 
mence au-dessus du dernier rayon de la ventrale . . 3. B. Katangœ, Blgr. 

B. 22 à 30 écailles le long de la ligne latérale 

1. Une épine, le plus souvent dentelée, à la dorsale; 3 séries d'écaillés entre 
la ligne latérale et la nageoire ventrale; barbillon postérieur plus long que 
l'œil. 

Sq. 28-30 5 "j ) ' ; barbillon postérieur 2 fois aussi long 

que l'œil ; 7 rayons branchus à la dorsale 4. B. serrifer, Blgr. 

Sq. 23-26 j-jjg; barbillon postérieur 1 1/3 à 1 2/3 fois aussi 

long que l'œil; 8 rayons branchus à la dorsale. . • 5- .6 Kessleri, Stdr. 

2. Pas d'épine à la dorsale ; 2 séries d'écaillés entre la ligne latérale et la 
nageoire ventrale; barbillon postérieur beaucoup plus court que l'œil. 

Sq 23-25 ^-j^ 6. B. congicus, Blgr. 

Sq. 22-23 -— 7. B. plenropholis, Blgr. 



II. Une seule paire de barbillons, très petits; une épine osseuse, très développée 

8 1/2 
8 1/2 

8. B. tropidolepis, Blgr 



mais non dentelée à la dorsale, suivie de g rayons branchus; Sq. 44-46 



(1) Le dernier rayon, fendu jusqu'à la base, est compté comme un, selon la 
méthode suivie pour ces poissons, et non comme deux ainsi que le font certains 
auteurs. 



BARBUS 23? 

i. BARBUS PLATYRHINUS. 

Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (7) VI, 1900, p. 479. 

La hauteur du corps est comprise 3 1/4 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 fois. Le museau, large et arrondi, mesure le 
double du diamètre de l'œil, qui est compris 5 1/2 fois dans la lon- 
gueur de la tête et 2 1/2 fois dans la largeur interoculaire; la bouche 
est petite, pourvue de deux paires de barbillons subégaux, dont la lon- 
gueur égale le diamètre de l'œil. La nageoire dorsale est formée de 
11 rayons, dont 8 branchus; le 3 me rayon simple n'est guère plus 
développé que le premier rayon branchu qui le suit et ne porte aucune 
dentelure; le bord libre est convexe ; elle est située à égale distance de 
l'œil et de la racine de la caudale. L'anale a 8 rayons, dont 5 branchus, 
le plus long mesurant un peu moins des deux tiers de la longueur de 
la tête. La pectorale est un peu plus courte que la tête et n'atteint pas 
la base de la ventrale, qui correspond au milieu de la dorsale. La 
nageoire caudale est fourchue. Le pédicule caudal est 1 2/3 fois aussi 
long que haut. 40 écailles le long de la ligne latérale, 5 1, *~^ l/2 en série 
transversale, 3 1/2 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale. 

Brun olivâtre au-dessus de la ligne latérale, jaune doré en dessous. 

Ce beau poisson, mesurant 39 centimètres, a été découvert dans le 
lac Tanganika, au sud de Usambura, par M. J. E. S. Moore. 

Cette espèce paraît plus voisine de B. capensis, Smith, que de 
toute autre ; elle en diffère par le museau plus court et plus large. 

2. BARBUS ALTIANALIS. 

Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (7) VI, 1900, p. 479. 

La hauteur du corps égale ou excède légèrement la longueur de la 
tête, qui est comprise 4 à 4 1/4 fois dans la longueur totale. Le museau 
est modérément large et arrondi, et dépasse à peine la mâchoire infé- 
rieure; le diamètre de l'œil est compris 1 1/2 à 1 2/3 fois dans la longueur 
du museau, 5 à 5 1/2 fois dans la longueur de la tête, 2 fois dans la lar- 
geur interoculaire; la bouche est petite, pourvue de deux paires de 
barbillons subégaux, dont la longueur égale ou dépasse un peu le dia- 
mètre de l'œil. La nageoire dorsale est formée de 12 rayons, dont 
9 branchus ; le 3 me rayon simple est très fort, osseux, mais dépourvu 
de dentelures ; le bord libre est échancré ; le plus long rayon n'est 
qu'un peu plus court que la tête ; elle est située à égale distance de 
l'occiput et de la racine de la caudale. L'anale a 8 rayons, dont 
5 branchus, le plus long mesurant à peu près les 5/6 de la longueur 



224 CYPRINID^ 

de la tête; repliée, elle atteint presque la racine de la caudale. La pec- 
torale est un peu plus courte que la tête et est loin d'atteindre la base 
de la ventrale, dont le premier rayon correspond à l'origine de la dor- 
sale. La caudale est fourchue. Le pédicule caudal est près de 2 fois 
aussi long que haut. 35 écailles le long de la ligne latérale, |^- en 
série transversale, 3 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale. 

Brun olivâtre, très foncé en dessus. 

Longueur totale : 35 centimètres. 

Deux exemplaires de ce Barbeau ont été rapportés par M. J. E. S. 
Moore de sa dernière expédition. L'un provient de l'extrême sud du 
lac Kivu, lautre de la rivière Rusisi. 

B. altianalis est extrêmement voisin de B. marequensis, Smith. Il 
n'en diffère que par le museau un peu plus large, le 3 e rayon de la 
dorsale plus fort, et le pédicule caudal un peu plus allongé. 



3. BARBUS KATANG^:. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 132, pi. XLIX, fig. 1 (1900). 

La hauteur du corps est comprise 3 1/2 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 1/2 fois. Le museau, arrondi, égale le diamètre 
de l'œil, qui est compris 4 fois dans la longueur de la tête et 1 1/2 fois 
dans la largeur interoculaire ; la bouche est petite, pourvue de barbil- 
lons, dont l'antérieur égale et le postérieur excède considérablement le 
diamètre de l'œil. La nageoire dorsale est formée de 10 rayons, dont 
7 branchus, le troisième ossifié en une très forte épine dépour- 
vue de dentelures, dont la longueur égale celle de la tête ; elle est 
située à égale distance de l'œil et de la racine de la caudale. L'anale a 
6 rayons, dont 4 branchus, le plus long mesurant à peine les 3/5 de la 
longueur de la tête. La pectorale mesure les 3/4 de la longueur de la 
tête et n'atteint pas la base de la ventrale, dont le dernier rayon tombe 
sous le premier de la dorsale. La nageoire caudale est fourchue. Le 
pédicule caudal est près de 2 fois aussi long que haut. 35 écailles le long 
de la ligne latérale, |^ en série transversale, 4 entre la ligne latérale 
et la racine de la ventrale. 

Brun olivâtre en dessus, jaunâtre en dessous ; trois taches noires arron- 
dies de chaque côté au-dessus de la ligne latérale, la première au-dessus 
de l'extrémité de la pectorale, la deuxième sous les derniers rayons de 
la dorsale, la troisième à la base de la caudale. 

Décrit d'après un spécimen unique, mesurant 1 35 millimètres, de 
Lofoi (Katanga), rapporté par la mission Lemaire. 



BARBUS 225 



4. BARBUS SERRIFER. 

Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (7) VI, 1900, p. 479. 

La hauteur du corps est comprise 3 à 3 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 à 4 i/3 fois Le museau, arrondi et ne 
dépassant guère la bouche, est aussi long ou un peu plus long que le 
diamètre de l'œil, qui est compris 4 à 4 i/3 fois dans la longueur de la 
tête et 1 i/3 à 1 1/2 fois dans la largeur interoculaire; la bouche est 
petite, pourvue de barbillons, dont les postérieurs, les plus longs, 
mesurent le double du diamètre de l'œil. La nageoire dorsale com- 
prend 10 rayons, dont 7 branchus; le 3 me rayon, osseux et très épais, 
est fortement dentelé en arrière; le plus long rayon est un peu plus 
court que la tête ; le bord libre n'est pas échancré ; elle est située à égale 
distance de l'œil et de la racine de la caudale. L'anale a 8 rayons, dont 
5 branchus ; le plus long rayon mesure les 3/5 de la longueur de la 
tête La pectorale mesure les 3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tète et 
atteint ou atteint presque la base de la ventrale, dont le dernier rayon 
tombe sous le premier de la dorsale. La caudale est fourchue Le pédi- 
cule caudal est 1 1/2 à 1 2/3 fois aussi long que haut. 28 à 3o écailles 
le long de la ligne latérale, 4 ^j^ 2 en série transversale, 3 entre la ligne 
latérale et la racine de la ventrale. 

Brun olivâtre en dessus, blanc argenté en dessous ; une raie grisâtre 
de chaque côté du corps, au-dessus de la ligne latérale ; une petite 
tache noirâtre à la base de la caudale. 

Longueur totale : 12 centimètres. 

Trois individus, provenant de l'extrémité nord du lac Tanganika, 
font partie de la dernière collection de M. J. E. S. Moore. 

Cette espèce est assez voisine de B. Kessleri. Elle en diffère par l'œil 
moins grand, les barbillons plus longs, les écailles plus nombreuses 
et la présence de 7 rayons branchus seulement à la dorsale. 



5. BARBUS KESSLERI. 

Puntius Kessleri, Steindachner, Verh. Zool.-bot. Ges. Wien, XVI, 1866, 
p. 768, pi. XIV, fig. 3. 

Barbus Kessleri, Gûnth. Cat. Fish. VII, p. 107 (1868), et Ann. & Mag. N. H. (f>) 
XVII, 1806, p. 277. 

La hauteur du corps est comprise 3 à 3 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 fois. Le museau, arrondi, est 
aussi long que le diamètre de l'œil, qui est compris 3 à 3 1/2 fois dans 



226 CYPRINID^Î 

la longueur de la tête et égale ou égale presque la largeur interocu- 
laire ; la bouche est petite, pourvue de barbillons, dont les postérieurs, 
les plus longs, mesurent i i/3 à i 2/3 fois le diamètre de l'œil. La 
nageoire dorsale comprend 10 rayons, dont 8 branchus ; le 2 me rayon 
est plus ou moins ossifié, forme une épine plus ou moins fortement 
dentelée en arrière (i) ; le plus long rayon égale la longueur de la tête ; 
le bord libre est légèrement échancré ; elle est située à égale distance de 
l'oeil et de la racine de la caudale ou un peu plus près de celui-là. 
L'anale a 8 rayons, dont 5 branchus. La pectorale mesure les 3/4 ou les 
4/5 de la longueur de la tête et n'atteint pas tout à fait la base de la 
ventrale, qui est insérée sous les premiers rayons de la dorsale. La 
nageoire caudale est profondément échancrée. Le pédicule caudal est 
à peu près 1 1/2 fois aussi long que haut 23 à 26 écailles le long de la 
ligne latérale, ^-~ en série transversale, 3 entre la ligne latérale et la 
racine de la ventrale. 

Brunâtre en dessus, argenté en dessous; une bande latérale noirâtre 
s'étendant du bout du museau à la racine de la caudale, en passant à 
travers l'œil et au-dessus de la ligne latérale ; nageoire dorsale noire à 
l'extrémité, rouge à la base ; caudale rouge. 

Longueur totale : 95 millimètres. 

Ce petit Barbeau est connu de l'Ogowé, du Benito (Gabon), du Chi- 
loango et d'Angola. M. le capitaine Cabra en a recueilli de nom- 
breux exemplaires à Kaika-N'Zobé, sur le Chiloango. 

6. BARBUS CONGICUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 100, pi. XL, fig. 3 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 2 3/4 à 3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 3 2/3 fois. Le museau est plus 
court que le diamètre de l'œil, qui est compris 2 1/2 à 3 fois dans la 
longueur de la tête et égale la largeur interoculaire; la bouche est 
petite, pourvue de quatre barbillons, dont les postérieurs, les plus 
longs, mesurent la moitié ou les 3/5 du diamètre de l'œil. La nageoire 
dorsale, sans épine, comprend 10 rayons, dont 8 branchus; sa hau- 
teur égale 1 1/2 fois la longueur de sa base et la longueur de la tête; 
son bord libre est échancré ; elle est située à égale distance du centre 
de l'œil et de la racine de la caudale. L'anale a 8 rayons, dont 5 bran- 

(i)Je constate que le degré de développement de cette épine varie considérable- 
ment selon les individus; la dentelure est même absente chez un individu du 
Benito, qui s'accorde trop bien par tous ses autres caractères avec B. Kessleri pour 
que j'ose l'en séparer. 



BARBUS 227 

chus. La pectorale mesure les 3/4 de la longueur de la tête et atteint 
presque la base de la ventrale, qui est située sous les premiers rayons 
de la dorsale. La nageoire caudale est profondément échancrée. Le 
pédicule caudal est à peu près 1 1/2 fois aussi long que haut. 23 à 
2 5 écailles le long de la ligne latérale, |^ en série transversale, 

2 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale. 

Gris olivâtre en dessus, blanc en dessous, vert le long de la ligne 
latérale; pectorales incolores, les autres nageoires rouges; iris rouge. 

Longueur totale : 75 millimètres. 

Plusieurs spécimens ont été rapportés de Matadi et de Borna par 
Delhez. 

Nom indigène : Lomamé. 

7. BARBUS PLEUROPHOLIS. 

Bouleng. Ann Mus. Congo, Zool I, p. 100, pi. XL., fïg. 4(180)9). 

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 

3 i/3 fois dans la longueur totale. Le museau est plus court que le 
diamètre de l'œil, qui est compris 2 2/3 fois dans la longueur de la 
tête et égale la largeur interoculaire ; la bouche est petite, fpourvue de 
quatre barbillons, dont les postérieurs, les plus longs, mesurent la 
moitié du diamètre de l'œil. La dorsale, sans épine, a 10 rayons, dont 
8 branchus; sa hauteur égale i 2/3 fois la longueur de sa base et 
excède un peu la longueur de la tête; son bord libre est échancré; elle 
est située à égale distance de l'œil et de la racine de la caudale. L'anale 
a 8 rayons, dont 5 branchus. La pectorale mesure les 4/5 de la lon- 
gueur de la tête et atteint presque la base de la ventrale, qui est située 
sous les premiers rayons de la dorsale. La caudale est profondément 
échancrée. Le pédicule caudal est 1 1/2 fois aussi long que haut. 
22 ou 23 écailles le long de la ligne latérale, r ces écailles beaucoup 
plus étendues dans le sens vertical que les autres, ^ en série trans- 
versale, 2 entre la ligne latérale et la ventrale. 

Brun pâle en dessus, blanc en dessous, les côtés de la tête lavés de 
rose; les écailles bordées de carmin ; iris doré, avec un cercle orange 
autour de la pupille. 

Deux individus, jeunes sans doute, dont le plus grand ne mesure 
que 4 centimètres, ont été recueillis par P. Delhez à Coquilhatville, 
dans une source d'eau très limpide dans la forêt. 

Nom indigène : Maningo. D'après les indigènes, ce poisson 
n'atteint guère plus de 10 centimètres de longueur totale. 

La présence de deux séries d'écaillés seulement entre la dorsale et la 
ligne latérale distingue bien cette espèce de toutes celles déjà décrites. 



22 8 CYPRINID^ 

8. BARBUS TROPIDOLEPIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 133, pi. XLIX, fig. 2 (1900). 

La hauteur du corps est comprise 3 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 4 à 4 1/2 fois. Le museau, large et arrondi, dépasse 
beaucoup la bouche; le diamètre de l'œil est compris 1 1/2 à 2 fois 
dans la longueur du museau, 4 1/2 à 5 1/2 fois dans la longueur de 
la tête, 2 à 2 1/2 fois dans la largeur interoculaire; la bouche est petite 
et infère ; un très petit barbillon est en grande partie caché dans l'angle 
des lèvres. La nageoire dorsale est formée de 12 rayons, dont 9 bran- 
chus ; le 3 e rayon simple est très fort et entièrement osseux, mais ne 
porte aucune dentelure; sa longueur égale au moins les 2/3 de celle de 
la tête; le bord libre est échancré; elle est située à égale distance de 
l'occiput et de la racine de la caudale. L'anale a 7 rayons, dont 5 bran- 
chus, le plus long mesurant à peu près les 3/4 de la longueur de la 
tête. La pectorale mesure à peu près les 3/4 de la longueur de la tête 
et n'atteint pas la base de la ventrale, dont le premier rayon tombe 
sous l'origine de la dorsale. La nageoire caudale est fourchue. Le 
pédicule caudal est 1 1/2 à 1 3/4 fois aussi long que haut. 44 à 
46 écailles le long de la ligne latérale, |^j en série transversale, 5 entre 
la ligne latérale et la racine de la ventrale; les écailles, tout au moins 
celles situées sous la ligne latérale à partir des ventrales, portent un 
renflement médian, formant ensemble des lignes saillantes ou carènes 
obtuses très régulières le long du corps (1). 
Olivâtre au-dessus, blanchâtre en dessous. 
Longueur totale : 55 millimètres. 

Grande et très curieuse espèce dont les premiers exemplaires ont été 
envoyés du Tanganika, presque simultanément, d'Albertville par M. le 
capitaine Hecq et d'Usambura par M. J. E. S. Moore. 

Ce beau poisson est bien connu sous le nom de M'Biriki. Feu le 
R. P. De Beerst, de l'ordre des Pères Blancs, en avait rédigé une 
description dans laquelle il avait noté la disposition des dents pharyn- 
giennes et la forme arrondie de la couronne de la première d'entre 
elles, la longueur du tube intestinal, qui est deux fois celle du pois- 
son, etc. Il ajoutait que la chair en est excellente, une des meilleures 
de tous les poissons du Tanganika, qu'il atteint une longueur de 
1 mètre et un poids de 10 à 11 kilogrammes. M. L. Questiaux, pros- 

(1) Sans doute ce caractère n'est-il que passager et propre à l'époque des amours; 
il ne se voit pas chez les jeunes. 



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BARBUS 229 

pecteur attaché à la mission scientifique du Katanga, a bien voulu me 
communiquer les observations suivantes qu'il a pu faire sur ce poisson. 
Le M'Biriki est un nageur de premier ordre, franchissant des rapides, 
comme un saumon, à contre-courant et s'élançant au-dessus de chutes 
de i m ,5o à 2 mètres de hauteur. A l'époque de la ponte, de janvier à 
mai, il remonte en grand nombre le Lu-Fuko, rivière à cours tor- 
rentueux très rapide et semée sur son parcours de cataractes et de 
chutes ; il y séjourne pendant plusieurs mois, alors qu'il est pour ainsi 
dire inconnu dans les autres rivières de l'ouest du Tanganika. La 
pêche du M'Biriki constitue l'occupation principale de deux ou trois 
petits villages des environs de M'Pala. La méthode employée pour 
cette pêche est des plus intéressante : des barrages sont établis en diffé- 
rents points au moyen de pieux et de branchages et ne laissant qu'une 
ouverture de 2 ou 3 mètres derrière laquelle vient se placer la nasse, 
espèce de grand panier conique de 4 à 5 mètres de long sur 2 m ,5o de 
haut et de large; une seule ouverture est aménagée, au centre de la 
base du cône. La nasse une fois solidement fixée reste dans l'eau pen- 
dant 48 heures; au bout de ce temps, les pêcheurs s'assurent au moyen 
d'un roseau de la présence de prisonniers, ce qui n'est pas toujours 
nécessaire, les nouveaux venus, pleins de vigueur, se livrant dans la 
nasse à des bonds désespérés pour se libérer. La nasse est alors déta- 
chée, et son ouverture une fois bouchée, elle est traînée par dix à douze 
indigènes le long de la berge en eau moins profonde A ce moment, 
le spectacle devient intéressant. Les pauvres bêtes, effrayées, se 
tiennent en rangs serrés, le nez contre le grillage de la nasse traînée 
contre courant. Un indigène, armé d'un court morceau de bois, entre 
alors dans la nasse et soulevant légèrement les poissons hors de l'eau, 
leur assène l'un après l'autre un coup de massue sur la nuque. Un 
coup suffit s'il est bien porté; sinon le M'Biriki se livre à des bonds 
désordonnés, sautant souvent par-dessus son bourreau et essayant de 
grimper, pour ainsi dire, le long des parois de la cage. Au fur et à 
mesure qu'ils ont subi leur sort, les poissons sont déposés sur l'herbe. 
Cette pêche doit être fort lucrative pour les indigènes qui s'y livrent ; 
le jour où M. Questiaux y a assisté pour la première fois, la nasse 
contenait 46 poissons, la seconde fois elle en contenait 62, soit 
600 kilogrammes D'après les renseignements obtenus chez les Pères 
Blancs, la pêche s'élève quelquefois à 70 poissons par nasse et par 
barrage, hécatombes qui ne semblent diminuer en rien l'abondance du 
M'Biriki. On ne le pêche pas dans le lac. 



23o CYPRINID^£ 

4. LEPTOCYPRIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 133 (1900J. 

Corps allongé, faiblement comprimé, à ventre arrondi. 
Ecailles grandes ; ligne latérale plus rapprochée du ventre 
que du dos, mais occupant à peu près le milieu sur le 
pédicule caudal. Bouche assez grande, oblique; pas de 
barbillons. Sous-orbitaires grands, couvrant la joue. 
Nageoire dorsale sans épine, courte, à 10 rayons, com- 
mençant au-dessus des ventrales. Anale courte, à 8 rayons. 
Membrane branchiostège unie à l'isthme. Dents pharyn- 
giennes coniques, crochues, en deux séries (5.3-3.5). 

Espèce unique. 

i. LEPTOCYPRIS MODESTUS. 

Bouleng. I. c. p. 134, pi. XLIX, fig. 3. 

La hauteur du corps est comprise 5 2/3 à 6 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 1/2 fois Le bout du museau dépasse un 
peu la bouche, qui s'étend jusqu'au-dessous du quart antérieur de 
l'œil ; le diamètre de l'œil égale la longueur du museau, la largeur 
interoculaire, et est compris 3 1/2 fois dans la longueur de la 
tète. Les branchiospines sont très courtes, rudimentaires. La nageoire 
dorsale a 10 rayons, dont 8 branchus; le premier correspond au 
premier de la ventrale et est situé à égale distance du bout du 
museau et de la racine de la caudale ; le plus long rayon ne mesure 
que les 2/3 de la longueur de la tête. La nageoire anale a 8 rayons, 
dont 6 branchus. La nageoire pectorale, à 16 rayons, est pointue et 
mesure les 3/4 de la longueur de la tête. La nageoire ventrale n'atteint 
pas l'orifice anal. La nageoire caudale est fourchue, à lobes pointus. 
Le pédicule caudal est 2 fois aussi long qne haut. 40 écailles le long 
de la ligne latérale, -y en série transversale, 2 entre la ligne latérale 
et la nageoire ventrale. 

Longueur totale : 85 millimètres. 

Deux individus décolorés provienneut des récoltes de M . le com- 
mandant Weyns dans le Haut-Congo, entre Nouvelle-Anvers et les 
Stanley- Falls. 



BARILIUS 23 1 



5. BARILIUS. 

Barilius, Hamilton Buchanan, Fish. Ganges, p. 384 (1822), part.; Gûnther, 
Gat. Fish. VII, p. 286(1868); Bouleng, Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 102 (1899). 

Opsaridium, Peters, Mon. Berl. Ac. 1853, p. 783, et Reise n. Mossamb. IV 
p. 58(1868;. 

Pelotrophus, Gûnth. Proc. Zool. Soc. 1864, p. 314, et 1. c. p. 320 

Engraulicypris, Gùnth. Proc. Zool. Soc. 1893, p. 626. 

Corps allongé, plus ou moins comprimé, à ventre 
arrondi. Ecailles petites ou assez grandes; ligne latérale 
située plus ou moins bas. Bouche grande, oblique; pas de 
barbillons (chez les espèces africaines). Sous-orbitaires 
grands, couvrant en grande partie la joue. Nageoire dor- 
sale sans épine, à 9 à i3 rayons, commençant en arrière 
des ventrales et en avant de l'anale. Anale à 1 1 à 22 rayons. 
Membrane branchiostège unie à l'isthme. Dents pharyn- 
giennes coniques, crochues, en deux ou trois séries. 

Les os du crâne sont assez minces ; un grand os sus-orbitaire est 
présent ; la crête du sus-occipital est très courte ou à peine développée. 
Le maxillaire est très allongé, comme la branche orale du prémaxil- 
laire, dont il atteint ou dépasse un peu l'extrémité postérieure ; il est 
très élargi en avant, où il recouvre en grande partie le prémaxillaire. 
Les vertèbres sont au nombre de 36 à 48. Il y en a 36 (19 -(- 17) chez 
B. niloticus, 44 (22 -f- 22) chez B. Loati du Nil. 

Le genre Barilius est représenté par 18 espèces en Asie (Indes 
orientales, Chine), et par i3 en Afrique. 

Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

I. Dorsale entièrement en avant de l'anale, à 8 rayons branchus ; A. 13 ; Sq. 39 5- ; 
2 séries d écailles entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. 

1. B. Weeksii, Blgr. 

II. Dorsale en partie au-dessus de l'anale. 

A. A 1618. 

8 rayons branchus à la dorsale; Sq. 44-45 — ; 1 série 

d'écaillés entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. 2. B. Weynsii, Blgr. 
7 rayons branchus à la dorsale; Sq. 49-51 -j-, 1 2 séries 

d'écaillés entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. 3. B. Kingsleyœ, Blgr. 

9 rayons branchus à la dorsale ; Sq. 56-60 —7—; 3 séries 

d'écaillés entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. 4. B. Moorii, Blgr. 

B. A. 20; 10 rayons branchus à la dorsale; Sq. 82 -=-; 4 séries d'écaillés entre 
la ligne latérale et la nageoire ventrale 5. B. Tanganicœ, Blgr. 



232 CYPR1N1D/E 



i. BARILIUS WEEKSII. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 103 (1899), et p. 134, pi. XLVIII, tîg. 4 
(1900). 

La hauteur du corps est comprise 5 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 4 1/4 fois. La tète, à profil supérieur très légère- 
ment courbé, est 2 1/2 fois aussi longue que large; le museau, très 
pointu, dépasse légèrement l'extrémité de la mâchoire inférieure et 
égale la largeur interoculaire ou le diamètre de l'œil, qui est compris 
3 2/3 fois dans la longueur de la tête; la bouche s'étend jusqu'au-des- 
sous du tiers antérieur de l'œil ; pas de barbillons ; les sous-orbitaires 
couvrent entièrement la joue. Branchiospines courtes, au nombre de 
9 à la branche inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale, à 

1 1 rayons, dont 8 branchus, est insérée entièrement en avant de l'anale 
et commence à égale distance de l'occiput et de la racine de la cau- 
dale. L'anale, à i3 rayons, dont 10 branchus, est falciforme, les 
rayons antérieurs étant beaucoup plus longs que les postérieurs. La 
pectorale, très pointue, est plus courte que la tête et est loin d'attein- 
dre la base de la ventrale, qui ne s'étend pas jusqu'à l'anus. La caudale 
est fourchue. Le pédicule caudal est deux fois aussi long que haut. 
39 écailles le long de la ligne latérale, y en série transversale, 

2 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. 
Argenté, olivâtre sur le dos. 

Longueur totale : 7 centimètres. 

Un seul exemplaire fait partie d'une petite collection recueillie à 
Monsembé, Haut-Congo, par le révérend J. H. Weeks et offerte par 
lui au British Muséum. 



2. BARILIUS WEYNSII. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 104 (1899), et P- '35' P^ XLVIII, fig. 5 
(1900). 

La hauteur du corps est comprise 5 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 4 1/2 fois. La tête, à profil supérieur très légèrement 
courbé, est 2 fois aussi longue que large ; le museau, pointu, dépasse à 
peine l'extrémité de la mâchoire inférieure et égale la largeur interocu- 
laire ou le diamètre de l'œil, qui est compris 3 1/2 fois dans la longueur 
de la tête; la narine postérieure est extrêmement grande, en fente verti- 
cale ; la bouche s'étend jusqu'au-dessous du centre de l'œil ; pas de 
barbillons ; l'espace nu entre le second sous-orbitaire et le préopercule 



BARILIUS 233 

mesure à peine le quart de la largeur de celui-là. Branchiospines très 
courtes, rudimentaires. La dorsale a 1 1 rayons, dont 8 branchus, le 
tiers postérieur de sa base au dessus de l'anale, commençant un peu 
plus près de la racine de la caudale que de l'occiput ; elle est plus 
élevée en avant qu'en arrière, ses plus longs rayons mesurant un peu 
moins de la moitié de la longueur de la tête, et son bord est un peu 
échancré. L'anale, de même forme, a 17 ou 18 rayons, dont 14 ou 
i5 branchus. La pectorale, très pointue et aussi longue que la tète, 
n'atteint pas la ventrale, qui ne s'étend pas jusqu'à l'anus. La caudale 
est fourchue. Le pédicule caudal est deux fois aussi long que haut. 
44 ou 45 écailles le long de la ligne latérale, ~ en série transversale, 
1 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. 

Argenté, olivâtre sur le dos. 

Longueur totale : g 5 millimètres. 

Deux exemplaires ont été reçus de M. le commandant Weyns. 
Ils proviennent du Haut-Congo, entre Nouvelle-Anvers et les Stanley- 
Falls. 



3. BARILIUS KINGSLEY^. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 1 o^ (i8q<)). 

Barïlius bibie (non Joannis), Gùnther, Ann. & Mag. N. H. (6) XVII, 1896, p. 277, 
pi. XV,fig. c. 

La hauteur du corps est comprise 4 1/2 à 5 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tète 3 2/3 à 4 fois. La tête, à profil supérieur 
un peu courbé, est un peu plus de deux fois aussi longue que large; 
le museau, pointu, ne dépasse pas la mâchoire inférieure et égale ou 
excède le diamètre de l'œil, qui est compris 3 2/3 à 4 1/2 fois dans la 
longueur de la tête ; la largeur de l'espace interorbitaire excède un peu 
le diamètre de l'œil; la bouche s'étend jusqu'au-dessous du tiers pos- 
térieur de l'œil; pas de barbillons; un espace nu, assez étroit, entre les 
sous-orbitaires et le préopercule. Branchiospines très courtes, presque 
rudimentaires, au nombre de 7 ou 8 à la branche inférieure du pre- 
mier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 7 branchus, 
commence à égale distance de l'occiput et de la racine de la caudale, 
ou un peu plus près de celle-ci. L'anale, qui commence sous le 
milieu de la dorsale, a 17 ou 18 rayons, dont 14 ou i5 branchus; elle 
est falciforme, les rayons antérieurs étant beaucoup plus long que les 
postérieurs. La pectorale, pointue, est plus courte que la tête ; elle 
n'atteint pas la ventrale et celle-ci n'atteint pas l'anus. La caudale est 
fourchue. Le pédicule caudal est près de deux fois aussi long que haut. 



234 cyprinid^: 

49 à 5 1 écailles le long de la ligne latérale, — en série transversale, 
2 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale. Chez le mâle, chaque 
écaille porte, au centre, un tubercule conique ; le développement de 
ces tubercules augmente sur la région caudale. 

Argenté, le dos bleu d'acier ; des bandelettes verticales noirâtres, 
au nombre de 12 à 14, sur les côtés du corps; une tache noirâtre à 
la base de la nageoire caudale. 

Longueur totale : 1 3 centimètres. 

Outre le type, provenant del'Ogowé, par la regrettée Miss Kingsley, 
j'ai pu examiner deux individus de Leketi, sur l'Alima, affluent de la 
rive droite du Congo, rapportés par la mission de Brazza et conservés 
au Muséum de Paris où ils avaient d'abord été inscrits sous le nom 
manuscrit de Opsaridium fasciatum , Vaillant. 

4. BARILIUS MOORII. 

Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (7) VI, 1900, p. 480. 

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 
4 fois dans la longueur totale. La tête, à profil supérieur un peu 
courbé, est un peu plus de deux fois aussi longue que large ; le mu- 
seau, pointu, ne dépasse pas la mâchoire inférieure et égale ou excède 
un peu le diamètre de l'œil, qui est compris 4 à 41/2 fois dans la 
longueur de la tête ; la largeur de l'espace interoculaire excède un 
peu le diamètre de l'œil ; la bouche s'étend jusqu'au-dessous du tiers 
antérieur ou du centre de l'œil ; pas de barbillons ; l'espace nu entre 
le préopercule et les sous-orbitaires mesure au moins la moitié de la 
largeur de ceux-ci. Branchiospines très courtes, presque rudimen- 
taires, au nombre de 8 à la branche inférieure du premier arceau. La 
nageoire dorsale, à 1 2 rayons, dont 9 branchus, commence à égale dis- 
tance du bord antérieur de l'œil et de la racine de la caudale; son 
bord libre n'est pas échancré et sa hauteur égale à peu près les 2/3 de 
la longueur de la tête. L'anale, qui commence sous le milieu de la dor- 
sale, a 16 ou 17 rayons, dont i3 ou 14 branchus; ses rayons anté- 
rieurs, un peu plus longs que ceux de la dorsale et beaucoup plus 
longs que les postérieurs, forment un lobe arrondi. La pectorale, 
pointue, est plus courte que la tête; elle n'atteint pas la ventrale, qui 
s'étend jusqu'à l'origine de l'anale. La caudale est fourchue. Le pédi- 
cule caudal est deux fois aussi long que haut. 56 à 60 écailles le long 
de la ligne latérale, -^^ en série transversale, 3 entre la ligne latérale 
et la nageoire ventrale. 

Argenté, brunâtre sur le dos; des bandelettes verticales foncées, 



BARILIUS 235 

plus ou moins distinctes, au nombre d'une dizaine, sur les côtés du 
corps ; dorsale noirâtre à l'extrémité. 

Longueur totale : 1 1 5 millimètres. 

Plusieurs individus ont été recueillis par M. J. E. S. Moore à 
l'extrémité nord du lac Tanganika. 

5. BARILIUS TANGANIC/E. 

Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (7) VI, 1900, p. 480. 

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 
4 1/4 fois dans la longueur totale. La tête, à profil supérieur droit et 
déclive, est un peu plus de 2 fois aussi longue que large; le museau, 
très pointu, ne dépasse pas la mâchoire inférieure et égale la largeur 
interoculaire; le diamètre de l'œil est compris 1 1/2 fois dans la lon- 
gueur du museau, 5 i/3 fois dans la longueur de la tête ; la narine 
postérieure est grande, en fente verticale; la bouche s'étend jusqu'au- 
dessous du bord postérieur de l'œil ; pas de barbillons ; l'espace nu 
entre le second sous-orbitaire et le préopercule mesure à peu près le 
tiers de la largeur de celui-là. Branchiospines courtes, au nombre 
de 10 à la branche inférieure du premier arceau. Dorsale à i3 rayons, 
dont 10 branchus, le tiers postérieur de sa base au-dessus de l'anale, 
commençant à égale distance de l'occiput et de la racine de la cau- 
dale; elle est plus élevée en avant qu'en arrière, ses plus longs rayons 
mesurant un peu plus de la moitié de la longueur de la tête. L'anale, 
fortement échancrée, à lobe antérieur arrondi, comprend 20 rayons, 
dont 17 branchus ; les plus longs rayons du lobe antérieur mesurent 
les 2/3 de la longueur de la tête, tandis que les rayons postérieurs n'en 
mesurent que le quart. La pectorale, pointue, mesure les 3/4 de la 
longueur de la tête, et n'atteint pas la ventrale, qui s'étend jusqu'à 
l'anus. La caudale est fourchue. Le pédicule caudal est un peu plus 
de 2 fois aussi long que haut. 82 écailles le long de la ligne laté- 
rale, — en série transversale, 4 entre la ligne latérale et la ventrale. 

Argenté, olivâtre sur le dos; 16 ou 17 bandelettes verticales noi- 
râtres de chaque côté du corps, à égale distance du milieu du dos et 
de la ligne latérale. 

Le spécimen unique, mesurant 26 centimètres, rapporté par 
M. J. E. S. Moore, provient de l'extrémité nord du lac Tanganika. 

B. Tanganicœ se rapproche surtout de B.(Pelotrophus)microlepis, 
Gthr., du lac Nyassa; il s'en distingue par les écailles moins nom- 
breuses entre la ligne latérale et la nageoire ventrale et la nageoire 
anale moins éloignée des ventrales. 



236 CYPRINID/L 

6. CHEL^THIOPS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. 1, p. 101 (1890). 

Corps allongé, fortement comprimé, à ventre tranchant. 
Écailles grandes; ligne latérale située très bas. Bouche 
grande, oblique, dirigée en haut; pas de barbillons. Sous- 
orbitaires grands, couvrant la joue. Nageoire dorsale sans 
épine, courte, à 9 rayons, commençant en arrière de l'ori- 
gine de l'anale, qui est très allongée. Pectorales allongées, 
se touchant ou étroitement séparées sur la ligne médiane. 
Membrane branchiostège étroitement unie à l'isthme. 

Ce genre est voisin des Pelecus d'Europe et des Chela de la région 
indienne Une seconde espèce, du Nil, a été décrite par de Joannis 
sous le nom de Leuciscus bibie. 

1. CHELiETHIOPS ELONGATUS. 

Bouleng. 1. c pi. XL, fig. 5. 

La hauteur du corps est comprise 5 1/2 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tète 4 1/4 fois. Le profil supérieur de la tête est 
droit, horizontal; le museau est pointu, aussi long que le diamètre de 
l'œil, qui est compris 4 fois dans la longueur de la tête; la largeur 
de l'espace interorbitaire est comprise 3 1/2 fois dans la longueur de 
la tête; le prémaxillaire s'étend jusqu'au-dessous du centre de l'œil. 
La nageoire dorsale, à g rayons, dont le premier correspond au 
huitième de l'anale, est trois fois aussi éloignée du bout du museau 
que de la caudale. L'anale, à 20 rayons, est pointue en avant, les 
rayons décroissant en longueur vers l'arrière. La pectorale, à 
12 rayons, est falciforme et beaucoup plus longue que la tête, dépas- 
sant la base de la ventrale. Celle-ci a 9 rayons et n'atteint pas l'anale. 
La caudale est fourchue, à lobes longs et pointus. Le pédicule caudal 
est 2 fois aussi long que haut Les écailles sont au nombre de 36 le 
long de la ligne latérale, de — en série transversale, la ligne latérale 
étant très rapprochée de la ligne ventrale. 

Uniformément argenté; caudale jaunâtre à la base, grisâtre à 
l'extrémité. Iris blanc d'argent. 

Longueur totale : 6 centimètres. 

Un seul individu de Liranga, rive française du Congo (Delhez). 

Nom indigène : Ponde. 



SILURIDjE 237 



3. SILURID^. 

Bouche non protraclile, bordée le plus souvent par les 
prémaxillaires à l'exclusion des maxillaires, qui sont géné- 
ralement très réduits et supportent la base de barbillons ; 
à part quelques exceptions, les mâchoires portent des 
dents. Os pariétaux généralement unis au sus-occipital et 
formant un os unique (pariéto-occipital) ; symplectique et 
sous-operculaire absents. Os pharyngiens à dents petites, 
coniques ou en velours. Côtes attachées à la face infé- 
rieure de longues apophyses transverses ; épipleuraux 
absents. Nageoires pectorales insérées très bas, se repliant 
comme les ventrales, souvent armées, ainsi que la dorsale, 
d'une forte épine osseuse. Corps nu ou couvert d'écussons 
osseux, jamais écailleux. Souvent une nageoire dorsale 
adipeuse. Presque toujours des barbillons, au nombre de 
une à quatre paires. 

Pour ce qui concerne la faune d'Afrique, l'absence d'écaillés suffit 
à faire reconnaître les membres de cette famille des Cyprinides, leurs 
plus proches voisins. Mais comme il y a parmi ceux-ci de nom- 
breux genres à peau nue, chez lesquels ce caractère peut même être 
accompagné de celui tiré delà présence de barbillons, il est nécessaire 
de faire appel à des caractères internes, surtout ostéologiques, pour 
séparer sûrement les deux familles. Notons d'ailleurs que les formes 
qui paraissent se ressembler le plus dans les deux familles, on pour- 
rait dire séries parallèles, semblent n'être que le résultat d'une simi- 
larité dans le mode d'existence, des exemples de convergence, ne repré- 
sentant nullement des formes annectantes ou des traits d'union entre 
les deux groupes. 

Le crâne et l'appareil operculaire sont en général remarquables par 
la réduction dans le nombre des pièces qui les composent. Ainsi le 
sous-operculaire manque, ou plutôt, étant attaché à l'appareil hyoïde, 
doit être considéré comme rayon branchiostège externe, quoique par- 
fois assez large et en contact avec le bord inférieur de l'opercule. 
Comme je l'ai fait observer à propos des Mormyres, la distinction 
entre sous-operculaire et rayon branchiostège est souvent assez arbi- 



238 SILURID.E 

traire et le caractère en question n'a par conséquent pas une grande 
valeur au point de vue morphologique. Le symplectique, qui manque 
à peu de Téléostéens, est ici constamment absent, ainsi que le méta- 
ptérygoïde. Quand aux pièces de la voûte crânienne, la réduction, par 
fusion, de plusieurs d'entre elles peut aller très loin et a donné lieu à 
beaucoup d'erreurs dans la détermination de ces pièces. Parmi les 
formes d'Afrique, le genre Synodontis est celui qui me semble le plus 
favorable à l'élucidation de ce problème, par suite des changements 
qui se produisent avec l'âge et aussi des variations individuelles. 
Comme les éléments de la voûte crânienne se confondent souvent avec 
ceux formés par l'expansion des premiers os interneuraux, qui peuvent 
former un véritable bouclier s'élendant du crâne proprement dit à la 
base de la nageoire dorsale, il est nécessaire d'expliquer ici la nature 
et la conformation de ce bouclier, dit nuchal. La pièce du bouclier qui 
répond au deuxième interneural porte une épine très courte (le premier 
rayon de la nageoire dorsale), rudimentaire, fourchue à la base, qui sert à 
fixer la grande épine (le deuxième rayon de la dorsale, qu'on nomme 
généralement, quoiqu'à tort, le premier, par suite de l'état rudimen- 
taire de celui qui le précède) à l'état de redressement ; la pièce qui cor- 
respond au troisième interneural est toujours plus réduite et sert à 
l'articulation de l'anneau formé par la base de la grande épine, de 
chaque côté de laquelle elle forme un écusson. Le bouclier nuchal des 
Synodontis , tout comme le crâne de ces poissons, montre les éléments 
qui le composent dans leur développement le plus complet. On y voit 
la première pièce, transversale et séparant le sus-occipital de la 
deuxième pièce chez les jeunes, devenir relativement plus petite avec 
l'âge, étant enclavée entre ces deux os. 

L'os « interpariétal », comme le nommait Cuvier, et pour lequel je 
propose le nom de « pariéto-occipital », a reçu, de la part des anato- 
mistes, diverses interprétations, selon les matériaux d'étude à leur dis- 
position. Les Synodontis nous montrent que cette pièce résulte de la 
fusion des pariétaux et du sus-occipital (i), auxquels peut s'ajouter un 
os interpariétal proprement dit, qui, chez ces poissons, reste le plus 
souvent distinct, tandis que la suture entre les pariétaux et le sus-occi- 

(i) Déjà en 1871 (Tr. Amer. Philos. Soc. XIV, p. 454), Cope avait émis l'opinion, 
sans toutefois l'étayer d'aucun exemple démonstratif, que l'os nommé interpariétal 
par Cuvier, sus-occipital par Huxley, pariétal par Parker, est un complexe résultant 
de la fusion des pariétaux et du sus-occipital. Dans un travail récent sur la myo- 
logie de Silurus glanis, M. Juge (Rev. Suisse Zool. VI, 1899, pi. 1) représente le 
crâne de cette espèce avec des pariétaux distincts du sus-occipital, mais c'est une 
erreur et les sutures indiquant les contours de ces os sur la figure en question sont 
bien certainement imaginaires. 



siluridjE 239 

pital a déjà disparu; d'autres fois, au contraire, il y a fusion entre 
l'interpariétal et les pariétaux, alors que persiste la ligne de démarca- 
tion du sus-occipital. Je n'ai rencontré aucun cas semblable à celui 
figuré par Vaillant (1), où une pièce impaire, l'interpariétal proprement 
dit, est bordée et suivie d'une paire d'os que cet auteur désigne comme 
pariétaux ; ces derniers représentent en partie le sus-occipital, os tou- 
jours impair, ce qui me porte à soupçonner quelque erreur dans la 
délinéation des sutures sur la figure en question. L'os nommé « occi- 
pital supérieur » par Vaillant n'est autre que le sur-temporal (épio- 
tique de Huxley), qui s'unit souvent au post-temporal et même au sur- 
claviculaire en une pièce unique. Par l'intermédiaire de ce sur-clavi- 
culaire, l'os claviculaire est intimement uni au crâne, et lorsque 
celui-ci forme un casque, il en fait partie intégrante, souvent sous 
forme d'un grand prolongement situé au-dessus de la base de la pec- 
torale et auquel on a donné le nom de processus humerai. Outre la 
part qu'il prend à la formation du bouclier céphalique, le sur-clavicu- 
laire se fait remarquer par une apophyse très forte dont l'extrémité 
vient s'unir par suture avec l'exoccipital de chaque côté et former une 
barre transversale qui semble faire partie du crâne proprement dit. 
Pour en revenir à celui-ci, il faut faire mention de deux fontanelles, 
une antérieure, bordée par l'ethmoïde et les frontaux, et une posté- 
rieure, située dans le complexe pariéto-occipital ; l'antérieure de ces 
fontanelles existe toujours et se distingue souvent à l'extérieur, tandis 
que la postérieure disparaît avec l'âge chez la plupart des genres ; les 
deux peuvent pourtant être confluentes. Au palais, notons l'absence 
fréquente du métaptérygoïde et la forme bizarre du palatin, qui est 
subcylindrique, souvent fort réduit, s'appuie à la base sur la face dor- 
sale des ptérygoïdes et peut, chez certains genres, s'articuler avec le 
maxillaire. Celui-ci, dans la généralité des cas, est formé de deux pièces: 
une basilaire plus ou moins réduite, située derrière le prémaxillaire, 
et une distale en forme de baguette, mobile sur la première et cachée 
dans la base du barbillon. Ce n'est que chez quelques genres, tels que 
Chrysichthys, Eutropiichthys, Auchenoglanis, Callichthys, Chaca, 
Diplomystes, Nematogenys, pour la plupart étrangers à la faune 
d'Afrique, que cet os a conservé sa condition plus normale et borde 
réellement la bouche, enveloppé dans les lèvres, tout comme le pré- 
maxillaire ; chez Diplomystes et Eutropiichthys le maxillaire est même 
armé de dents, ainsi que cela a été reconnu pour la première fois par 
Gûnther (2) chez le premier de ces genres. 



(1) Nouv. Arch. du Mus. VII, 1895, p. 241, pi. XIII, fig. îc. 

(2) Cat. Fish. Y, p. 180(1864); voir aussi Eigenmann, Amer. Nat. 1888, p. G48. 



240 SILURID.E 

Le nombre des rayons branchiostèges varie de 4 à 17. Les pseudo- 
branchies manquent. Outre les prémaxillaires et les dentaires qui, sauf 
de rares exceptions, en sont armés, les dents sont fréquemment pré- 
sentes sur le vomer et parfois aussi sur les ptérygoïdes Ces organes, 
quoique moins variés que chez les Characinides, présentent cependant 
de grandes différences de forme selon les genres ou même les espèces : 
outre les dents coniques, en cardes ou en velours, qui se rencontrent 
le plus fréquemment, citons les dents à couronnes arrondies (Cnido- 
glanis, ptérygoïdes de certains Arius, vomer de plusieurs Clarias), 
les dents grêles, à extrémité crochue (lèvre inférieure des Synodontis) 
et celles en forme de soies des Euchilichthys et des Atopochilus . 

La présence de barbillons est un des caractères les plus frappants des 
Silurides, leur nombre variant de deux à huit. Il y en a fréquemment 
huit : une paire en relation avec les narines, une autre dépendant des 
maxillaires et deux à la mâchoire inférieure. Chez un Silure de l'Amé- 
rique du Sud, Ageniosus Valenciennesi, le barbillon maxillaire est 
transformé en épine osseuse érectile, armée d'aiguillons. Enfin, 
l'aspect bizarre de la bouche peut être augmenté par la présence de 
lobes labiaux plus ou moins développés, qui peuvent même constituer 
un appareil adhésif, une sorte de suçoir, à l'aide duquel le poisson qui 
en est pourvu peut se fixer aux pierres des torrents, ainsi que le genre 
Euchilichthys nous en offre un exemple très frappant dans la faune 
du Congo. 

La forme du corps varie excessivement, depuis les Chaca, rappe- 
lant la Baudroie, jusqu'aux genres anguilliformes comme les Clarias 
et surtout Gymnallabes. Tantôt déprimé, tantôt comprimé, le corps 
peut être nu ou protégé par une cuirasse osseuse, comme nous le voyons 
chez Callichthys, mais il est toujours dépourvu d'écaillés. Parfois, 
chez certains Synodontis et chez Malopterurus, par exemple, la peau 
est couverte de villosités, qui lui donnent une apparence poilue ou 
feutrée. Sagemehl (1) croyait reconnaître dans ces villosités les vestiges 
de dents dermiques réduites et non calcifiées. Pour L. Vaillant et 
A. Pettit (2), qui se sont livrés à des recherches histologiques sur le 
tégument du Synodontis schall d'Egypte, en vue d'expliquer leur 
rôle physiologique, il paraît probable que ces villosités ne sont pas 
des organes du tact, mais qu'elles servent plutôt de soutènement aux 
grosses cellules épithéliales et subviennent à leur nutrition. Il est à 
remarquer aussi que les organes de la ligne latérale s'étendent souvent 
en ramifications multiples ou peuvent se prolonger en tubules libres 



(î)MorphoI. Jahrb. X, 1885, p. 3. 
(2) Bull, du Mus. Paris, 1898. p. 2G4. 



SILURID^E 



241 



d'une longueur assez considérable, comme cela se voit sur les côtés du 
corps chez beaucoup de Synodontis . 

La colonne vertébrale, dans la région précaudale, diffère de celle 
des autres membres du sous-ordre des Ostariophyses par le déve- 
loppement des parapophyses, à la face ventrale desquelles viennent 
s'attacher les côtes. Cette région précaudale peut être excessivement 
raccourcie. Plusieurs des vertèbres antérieures, au moins celles qui 
portent les osselets de Weber, sont solidement unies ou ankylosées 
non seulement entre elles mais encore, fort souvent, avec le bouclier 
occipito-nuchal. Ramsay Wright (1) a montré, par l'étude du dévelop- 
pement, que le complexe qui suit la première vertèbre, plus ou moins 
rudimentaire lorsqu'elle existe à l'état distinct, résulte de la fusion des 
2 e , 3 e et 4 e vertèbres, sans que même les orifices donnant passage 
aux nerfs ne persistent pour révéler son origine. En indiquant le nom- 
bre des segments de la colonne vertébrale, dans le tableau suivant des 
espèces africaines examinées sous ce rapport, il convient de compter 
la vertèbre complexe comme trois et, par conséquent, d'admettre 
invariablement au moins deux pièces de plus à la région précaudale 
qu'il n'est possible d'en reconnaître sur le squelette à l'aide soit des 
sutures, soit des orifices intervertébraux. La première apophyse trans- 
verse, très développée, représente celle de la quatrième vertèbre. 

Clarias angiiillaris . . 2 5 -|- 42 == 67 

» lacera 23 -j- 42 = 65 

» angolensis 19 J. 46 = 65 

Channalabes apus 26 -j- 81 — 107 

Heterobranchus senegalensis 23 -\- 42 = 65 

Eutropius nilotieus 16 -{- 38 = 54. 

Schilbe uranoscopus 14 -j- 41 — 55 

» mystus i5 -j- 36 = 5i 

Siluranodon auritus 1 1 -j- 40 = 5 1 

Parailia congica . . . [ q -\- 44 = 54 

Bagrusbayad 22 -j- 34 -= 56 

» docmac ....." 2 3 -f 3o — 53 

Chrysichthys auratus jy _|_ 24 = 41 

» macrops 16 + 25 = 41 

» Cranchii. . . 18 -f- 25 == 43 

» myriodon 20 -l- 27 = 47 

» nigrodigitatus ■ . . . 17 -L 2 5 = 42 



(1) Zool. Anz. 1884, p. 88, et Proc. Canad. Inst. (2) II, 1884, p. 376.— Voir 
aussi Me Murrich, Proc. Canad. Inslit.. t. c. p. 294. 



SILURID^ 










21 4- 27 = 


48 








22 -j- 30 = 


52 








29 -j- 29 = 


58 










16 4: 24 = 


40 










17 + 22 -- 


39 










14 4- 22 = 


36 










16 4- 23 = 


39 










16 4- 23 = 


39 










16 4- 28 == 


44 










17 4- 27 - 


44 










16 4- 20 = 


36 










h 4- 24 = 


35 










22 4- 22 = 


44 



apophyses sont réunies 
mode de détermination, 



242 

Auchenoglanis biscutatus 

Galeichthys feliceps. 

Arius laliscutatus 

Synodo'ntis schall 
» nigrita . 

» gambiensis 

» Greshoffi 

» 0171Ï as 

» acanthomias 

» serratus . 

Chiloglanis- niloticus. 

Mochocus niloticus . 

Malopterurus electricus 



La région caudale commence là ou les par; 
en un Y sans apophyses latérales ni côtes. Ce 
tout conventionnel d'ailleurs, explique les différences, parfois considé- 
rables, qu'on trouvera en comparant les nombres indiqués ci-dessus 
avec ceux fournis par d'autres auteurs. 

Les nageoires, tant impaires que paires, présentent une variété de 
formes comme il ne se rencontre chez aucune autre famille. Tantôt les 
nageoires dorsale et anale sont composées uniquement de rayons mous 
et s'étendent tout le long du corps, pour se confondre même avec la 
caudale; tantôt c'est l'une ou l'autre qui l'emporte par la longueur, 
ou toutes deux peuvent être très courtes ; enfin la dorsale peut man- 
quer tout à fait. Comme chez les Characinides, il y a le plus souvent 
une nageoire dorsale cutanée, dépourvue de rayons, dite adipeuse, et 
cette nageoire est souvent extrêmement développée. Un grand nombre 
de Silurides possèdent une épine osseuse, formée par le second rayon 
de la dorsale et une autre, formée par le rayon externe de la pectorale, 
épines dont l'efficacité comme arme défensive peut être augmentée par 
la présence de serratures aux bords antérieur et postérieur. Ces épines 
n'ont rien de commun avec celles des Percésoces et des Acanthoptéry- 
giens. Comme l'ont démontré Cuvier, L. Vaillant (1) et Jacquet (2), 
l'épine des Silurides, ainsi que celle des Cyprinides, n'est pas une 
pièce simple, mais une réunion d'articles soudés et ossifiés, un rayon 
articulé comme les autres et dont on trouve encore l'extrémité molle 



(1) Comptes Rendus Acad. Se. CXXI, 1895, p. 909, et Nouv. Arch. Mus. 
VII, 1895, p. 257, pi. IX. 

(2) Bul. Soc. Se. Bucuresci, VIII, 1899, p. 167, pi. XII, fig. 101 et 102. 



SILURIDjE 243 

et divisible; ce sont ces articulations qui, en s'ossifiant, forment par 
leurs deux bouts les dentelures qui arment l'épine et qui, à la pecto- 
rale, sont dirigées en sens contraire parce que les articulations elles- 
mêmes étaient obliques à l'axe général du rayon. C'est aussi pourquoi 
ces épines, croissant avec l'âge par l'addition d'articles à l'extrémité 
distale, ont les serratures plus nombreuses chez les grands individus 
que chez les petits de la même espèce, fait qu'il ne faut pas perdre de 
vue dans les études systématiques. Une couche cutanée plus ou moins 
épaisse enveloppe l'axe osseux. Contrairement à ce qui s'observe chez 
les Cyprinides, l'épine de la nageoire dorsale, comme celle de la pecto- 
rale, possède un axe simple. Les rayons de la nageoire ventrale varient 
de 6 à 1 6, 6 étant le nombre le plus fréquent, comme chez les Percé- 
soces et les Acanthoptérygiens. 

La ceinture pectorale, solidement fixée au crâne par l'os sur-clavi- 
culaire, dont, souvent, une apophyse s'unit par suture avec le basi- 
occipital, forme, du côté ventral, un arc puissant, le claviculaire et le 
coracoïde étant unis suturalement sur toute leur longueur. A la suite 
de Parker (1), qui croyait reconnaître dans la ceinture scapulaire de 
quelques Silurides très spécialisés l'interclaviculaire ou infraclavicule 
des Esturgeons et autres Ganoïdes Chondrostéens (2), Cope (3) a cru 
pouvoir caractériser le sous-ordre des Nematognathi (4), qui corres- 
pond à nos Silurides, Loricariides et Bunocéphalides, par la présence 
d'interclavicules, et considérer ce groupe comme tenant de très près à 
ces Ganoïdes. Mais il n'en est rien. Il suffit d'examiner la ceinture 
scapulaire chez les genres les moins spécialisés, Silurus par 
exemple (5), pour se convaincre que le coracoïde ne diffère de celui des 
Characins et des Cyprins que par la forme et les rapports de son pro- 
cessus inférieur avec le claviculaire, que le scapulaire et l'épicoracoïde 
sont fusionnés avec cet élément, et qu'il n'existe pas d'interclavicule. 
Une arcade, formée par le claviculaire et le coracoïde, existe presque 



(1) W. K. Parker, Monograph of the Shoulder-girdle. Ray Soc. 1868, p. 23. 

(2) Comme l'a montré Gegenbaur (Merphol. Jahrb. XX III, 1895, p. 1). et comme 
je l'ai fait observer plus haut, lorsque la clavicule consiste en deux éléments dis- 
tincts, comme chez certains poissons et chez les vertébrés éo-tétrapodes (Stégocé- 
phales ou Labyrinthodontes), il convient d'appliquer le terme clavicule à l'élément 
inférieur, désigné généralement comme infraclavicule, mais correspondant" réelle- 
ment à la clavicule des vertébrés supérieurs. Aussi l'illustre nnaiomiste a-t-il pro- 
posé le nom de « Cleithrum » pour l'os claviculaire des poissons, nommé humerai 
par Cuvier. 

(3) Trans. Amer. Philos. Soc. XIV, 1871, p. 453. 

(4) Gill, Cat. Fish. E. N. Amer., Proc. Acad. Philad., 1861, p. 11. 

(5) Gegenbaur, Unters. z. vergl. Anat. d. Wirbelth. II, p. 116, pi. VII (1865). 



244 



SILURIDjE 



toujours en avant de la cavité articulaire de la nageoire pectorale, 
dont le premier rayon n'est pas en rapport avec un ptérygial mais 
s'articule directement sur l'épaule entre le claviculaire et le coracoïde ; 
les rayons suivants sont attachés à des ptérygiaux, grands, mais 
réduits au nombre de deux ou trois et qui s'articulent au coracoïde. Le 
premier rayon est, comme il a été dit plus haut, souvent ossifié en 
forme d'épine et sa base, renflée en deux condyles, joue sur une 
poulie des os de l'épaule qui ne permet que des mouvements latéraux. 

Chez un grand nombre de genres, le claviculaire et le coracoïde 
acquièrent un développement extraordinaire et s'unissent pour former 
une barre très large et très massive en travers de la région pectorale ; 
le claviculaire peut même se relever en arrière en une cloison verticale, 
qui forme une sorte de diaphragme osseux ne laissant qu'un petit 
espace ouvert entre l'œsophage et le thorax ; c'est ce qui a lieu, par 
exemple, chez Chrysichthys, Auchenoglanis et Synodoniis. Le post- 
claviculaire manque toujours. 

La vessie natatoire est le plus souvent grande, plus ou moins cordi- 
forme, triloculaire, incomplètement divisée à l'intérieur par un septum 
transversal séparant le tiers antérieur du reste de l'organe, divisé 
lui-même en deux par une cloison longitudinale ; la paroi dorsale de 
la loge antérieure est étroitement appliquée contre les vertèbres 
antérieures ankylosées, tandis que ses côtés sont exposés entre les 
muscles dorso-latéraux et ventro-latéraux pour s'appliquer directe- 
ment contre la peau du corps derrière la ceinture scapulaire, comme 
il est facile de s'en convaincre à l'extérieur par la vue ou par le 
toucher. C'est ainsi que la peau, tendue sur la membrane de la 
vessie, prend souvent, à l'endroit où ce contact a lieu, une teinte plus 
sombre et produit ce qu'on a nommé la tache humérale chez Schilbe, 
Eutropius, et genres voisins. La structure de la vessie natatoire peut 
être compliquée par la présence de nombreuses cloisons imparfaites, 
divisant l'organe en cellules communiquantes, ou par la présence de 
diverticulums externes ou appendices caecaux. Chez Malopterurus, 
la vessie natatoire est divisée en deux parties par un étranglement, 
comme chez les Chararins et les Cyprins. La partie antérieure, tri- 
loculaire, répond à la vessie entière de la majorité des Silures ; la partie 
postérieure, divisée en loges par un septum longitudinal, prolongé delà 
partie antérieure, et plusieurs cloisons transversales, est plus allongée, 
ovale, et s'étend presque jusqu'à l'extrémité de la cavité abdominale. 
Chez un certain nombre de genres, — Clarias et Euchilichtlrys , 
par exemple, — la vessie natatoire est plus ou moins réduite, par 
suite de l'atrophie ou de la suppression des deux loges postérieures ; 
et la loge antérieure se divise plus ou moins complètement en deux par 



SILURIDA 245 

un étranglement médian, en même temps qu'elle s'entoure en grande 
partie d'une capsule osseuse formée par les apophyses transverses de 
la 4 e ou des 4 e et 5 e vertèbres. Cette capsule est ouverte à son extré- 
mité latérale, par laquelle la vessie fait hernie et se met en relation 
avec la peau du corps par un petit méat produit par l'écartement des 
muscles à l'origine de la ligne latérale, tout comme chez les Loches 
parmi les Cyprinides. Chez Nematogenys elle est ankylosée au crâne. 
Enfin, certains genres, comme Cetopsis, reproduisent en apparence 
la condition de la vessie natatoire des Homaloptera parmi les Cypri- 
nides, ce qui a même fait croire à son absence : elle est tout à fait 
rudimentaire et réduite à deux petits sacs ovales encaissés dans des 
capsules formées non par l'ossification de la membrane externe de 
cette vessie, comme chez les Cyprinides, mais par les apophyses trans- 
verses des vertèbres ( 1 ). 

Beaucoup de Silurides, certains Chrysichthys, par exemple, pré- 
sentent une particularité dont la fonction n'a pas encore été élucidée : 
un orifice, designé sous le nom de pore axillaire, existe au-dessus de 
la base de la pectorale et conduit dans une poche sous-cutanée située 
sous la partie antéro-latérale de la vessie natatoire. C'est probable- 
ment encore un arrangement destiné à mettre la dite vessie en rapport 
avec les influences extérieures. 

Tantôt le canal intestinal est simple et de peu d'étendue (formes 
carnivores), tantôt il est plus ou moins allongé, formant des circonvo- 
lutions (Callichthys) . Les appendices pyloriques de l'estomac man- 
quent, comme chez les Cyprinides. 

Cette grande famille, presque entièrement confinée aux eaux douces, 
est répandue sur la plus grande partie du globe, mais en abondance 
seulement dans les pays chauds. On en connaît déjà près de mille 
espèces. 

En raison des grandes variations de formes et de structure que pré- 
sentent les membres de la famille des Silurides, Bleeker (2), Gill (3) et 
Eigenmann (4) ont proposé de diviser le grand groupe en un nombre 
assez considérable de familles, qu'ils ont dû, par suite, réunir en une 



(1) Pour plus de renseignements sur les raodihcatious si intéressantes de la 
vessie natatoire des Silurides, voir le grand travail de Bridge et Haddon, Philos. 
Trans. Roy. Soc. CLXXX1V, 1893, p. 65. 

(2) Nederl. Tijdschr. Dierk. I, 1863, p. 77. 

(3) Smithson. Mise. Coll. 1872, p. 247. 

(4) Occas. Pap. Calif. Acad. [, 1890, p. 8. — Les familles Chacidœ, Plotosidœ, 
Clariidœ, Diplomystidœ, Siluridœ, Pygididœ et Callichthyidœ rentrent dans les 
Siluridœ tels que je les définis. 



246 silurida: 

division d'ordre hiérarchique supérieur. Préférant, pour ma part, con- 
server à l'idée de la famille en zoologie une signification plus large, je 
me contenterai de décomposer les Silurides en un certains nombre 
de sous-familles, après en avoir éliminé les Loricariidœ et les Buno- 
cephalidœ qui diffèrent par les côtes sessiles, ces derniers étant en 
outre caractérisé par l'absence de l'os operculaire. La classification 
des auteurs américains, basée surtout sur les modifications de la 
vessie natatoire, me paraît d'ailleurs très artificielle. Cet organe ayant 
acquis, chez ce groupe de poissons, par suite de causes physiologiques 
qui nous échappent encore, une spécialisation excessive, entraînant 
diverses modifications des éléments osseux qui l'entourent, est évidem 
ment en rapport trop direct avec les conditions d'existence pour qu'une 
haute importance phylogénique puisse lui être attachée. C'est un de 
ces caractères éminemment adaptatifs (acquis indépendamment par 
des types de souches diverses) dont nous devons nous méfier dans nos 
efforts vers un arrangement naturel. Le fait seul que deux genres 
aussi voisins que Synodontis et Chiloglanis diffèrent l'un de l'autre 
sous le rapport de l'organe en question suffit à condamner une classi- 
fication qui lui assigne une si grande importance. 

La famille des Silurides est représentée en Afrique par une centaine 
d'espèces se rapportant à 26 genres, dont 1 5 sont compris dans la faune 
du bassin du Congo. 

Les genres africains peuvent être répartis en cinq sous familles, 
dont toutes ont des représentants au Congo, comme l'indique le 
synopsis suivant. 



Synopsis des genres représentés dans le bassin du Congo. 

I. Clariin^e. Nageoires dorsale et anale très allongées; membrane des ouïes libre. 

A. Dorsale unique, formée entièrement de rayons (supportés par les inter- 
neuraux). 

Yeux à bords libres; tête protégée en dessus et sur les 

côtés par un bouclier osseux; pectorales et ventrales 

bien développées 1. Clarias, Gron. 

Yeux sans bords libres ; tempes non protégées par des 

os ; pectorales et ventrales bien développées ... 2. Clariallabes, Blgr. 
Yeux sans bords libres; pas de bouclier céphalique; 

ventrales absentes 3. Channalabes, Gthr. 

B. Dorsale divisée en deux, la partie postéreure adipeuse, soutenue par les 
épines neurales prolongées 4.Heterobranchus,Geoftr. 



silurim: 247 

II. Silurin/e. Nageoire dorsale très peu développée ou absente; dorsale adipeuse 
très petite ou absente; anale très allongée ; membranes des ouïes libres. 

Dorsale présente, armée d'une épine; adipeuse présente. 5. Eutropius, M. et T. 
Dorsale présente, armée d'une épine; adipeuse absente. 6. Schilbe, Cuv. 
Dorsale et adipeuse absentes 7. Parailia, Blgr. 

III. Bagrin*:. Nageoire dorsale courte, suivie d'une adipeuse plus ou moins déve- 
loppée ; anale courte ou modérément longue; membrane des ouïes libres. 

A. Narines antérieures largement séparées des postérieures. 

Des dents au palais ; un barbillon nasal plus ou moins 

développé 8. Chrysichthys, Blkr. 

Pas de dents au palais; barbillon nasal très court; 

narines antérieures sur le dessus du museau. . . . 9. Gepliyroglanis, Blgr. 
Pas de dents au palais ; barbillon nasal absent; narines 

antérieures sur la lèvre supérieure 10. Auclienoglanis, Gthr. 

B. Narines très rapprochées ; pas de barbillon nasal . 11. Arius, C. et V. 

IV. Doradin/e. Nageoire dorsale courte ; une seconde dorsale, rayonnée ou 
adipeuse, plus ou moins développée: anale courte; fente des ouïes interrompue 
en dessous. 

Narine antérieure largement séparée de la postérieure; 
dorsale armée d'une épine, ainsi que la pectorale; 
barbillons mandibulaires frangés 12. Synodontis, Cuv. 

Narines très rapprochées ; bouche infère, à lèvre î très 
développées, à dents très nombreuses, les prémaxil- 
laires pointues, les mandibulaires tronquées ou bicus- 
pides 13. Enchilichthys, Blgr. 

Narine antérieure assez largement séparée de la posté- 
rieure ; une série de scutelles osseuses de chaque côté 
du dos et de la face ventrale de la queue.qui est dépri- 
mée et très allongée .... 14. Phractura, Blgr. 

V. Malopterurin.e. Pas de nageoire dorsale rayonnée, une adipeuse seulement; 
anale courte; fente des ouïes interrompue en dessous. 15. Maîop terurus, Laeép. 



La classification suivie ici diffère très peu de celle de Gunther (1). 
La première sous-famille correspond à une partie de ses Homalopterœ, 
la seconde à ses Heteropterœ, la troisième à ses Protopterœ, et les 
cinquième et sixième à ses Stenobranchiœ. 



(1) Gat. Fish. V. (1864). — Le principal défaut de la classification de cet auteur 
est d'attacher une trop grande importance à l'écartement des narines et à la position 
de la nageoire dorsale relativement aux ventrales. 



248 SI LU RI ILE 

1. CLARIAS. 

Gronow, Zoophyl. p. 100 (1781); Gunther, Cat. Fish. V, p. 13 (1864). 

Corps plus ou moins allongé, à nageoires dorsale et 
anale longues, composées uniquement de rayons mous, 
et atteignant ou atteignant presque la caudale, qui est peu 
développée. Nageoires pectorales à premier rayon épineux; 
ventrales à 6 rayons. Tête très aplatie, en forme de casque 
lisse ou grenu recouvert d'une peau plus ou moins mince; 
4 paires de barbillons : une aux narines, une aux maxil- 
laires, deux au menton ; narines largement séparées, les 
antérieures en tube court, les postérieures munies d'un 
barbillon; yeux à bords libres. Mâchoires munies cha- 
cune d'une bande de dents en velours; une bande de dents 
vomériennes, villiformes ou granuleuses. Membrane des 
ouïes libre, profondément échancrée. Branchies accom- 
pagnées en dessus d'un appareil respiratoire accessoire 
en forme de troncs très ramifiés, partant des deuxième et 
quatrième arceaux. Vessie natatoire petite, bilobée, dis- 
posée transversalement et en grande partie emprisonnée 
dans une capsule osseuse formée par les apophyses trans- 
verses des 4 e et 5 e vertèbres. 

Genre nombreux en espèces, habitant l'Afrique, la Syrie et les Indes 
orientales. Les espèces africaines sont au nombre de 20, dont 8 ont été 
rencontrées dans le bassin du Congo. 

Le crâne, remarquable par son aplatissement et l'absence de toutes 
carènes ou saillies autres que les rugosités dont sa face supérieure est 
souvent revêtue, est percé de deux fontanelles : l'antérieure entre les 
frontaux, ou entre l'ethmoïde et les frontaux, la postérieure dans le 
complexe pariéto-occipital. L'orbite est entourée par le préorbitaire, 
les sous-orbitaires et le postorbitaire ; ce dernier, très grand, s'étend en 
arrière pour former avec le squamosal et le sur-claviculaire les côtés 
du casque ; le post- frontal est petit et enclavé entre le frontal, le post- 
orbitaire, le squamosal, le pariéto-occipital et une grande plaque, 
située de chaque côté de celui-ci, qui résulte de la fusion des sur-tem- 
poral et post-temporal. Le palatin repose sur les ptérygoïdes et sup- 



CLARIAS 249 

porte le maxillaire, formé de deux pièces, dont une, immobile, s'étend 
jusqu'au préorbitaire, tandis que l'autre forme un stylet mobile qui 
soutient la base du barbillon. Le sphénoïde, le basioccipital et les 
cinq vertèbres antérieures sont ankylosées, parfois au point de 
former un os unique. Contrairement à ce qui existe chez la plupart 
des Silurides, le sur-claviculaire n'émet aucun processus interne. Le 
coracoïde et le claviculaire forment une large barre, tantôt lisse, 
tantôt striée, en travers de la région gulaire ; le plus grand diamètre 
de cette barre est à la symphyse. 

Les vertèbres sont au nombre de 62 à 78 La première n'est pas 
distincte du complexe qui précède la cinquième, qui y est ankylosée. 
Les neurapophyses de ces premières vertèbres forment une lame soudée 
au sus-occipital. Les apophyses transverses des 4 et 5 e vertèbres sont 
très développées et forment une sorte de cornet, plus ou moins incom- 
plet à la face ventrale, qui emprisonne la vessie natatoire; l'apophyse 
de la 4 e vertèbre s'articule solidement au sur-claviculaire. Les côtes 
ne commencent qu'à partir de la 7 e vertèbre; elles sont attachées à la 
face inférieure des parapophyses, près de leur extrémité distale; les 
quelques dernières vertèbres précaudales ont les parapophyses en 
forme de H, étant réunies par un pont hémal. La région précaudale 
est relativement courte (18 à 25 vertèbres). 

Il y a 9 rayons branchiostèges. 

L'appareil arborescent qui surmonte les branchies, comparable, 
dans son développement le plus complet, à un chou fleur, sert à la 
respiration aérienne, permettant l'oxygénation directe du sang dans 
l'air atmosphérique, soit pour supplémenter les fonctions des bran- 
chies, soit pour les remplacer tout à fait. On sait, en effet, que les 
Clarias sont de véritables amphibiens, possédant la faculté de vivre 
plusieurs jours hors de l'eau, ainsi que cela a été constaté aux Indes 1 ) 
aussi bien qu'en Afrique. 

Le D r Suard a pu faire, au Sénégal, d'intéressantes observations 
sur les mœurs du Cl. lacera, observations relatées par Vaillant (2). 
Pendant la saison sèche, qui dure dix mois de l'année, pas une goutte 
d'eau ne tombe; aussi les mares et marigots, où se rencontrent ces 
poissons, se dessèchent pendant la plus grande partie de cette longue 
période. Les Clarias s'enfoncent alors dans la vase, comme les Pro- 
toptères, mais pour s'y comporter d'une manière différente, car au 

(11 Voir à ce sujet l'intéressante note de Boake, « On the Air-breathing Fish of 
Ceylon » (Journ. Ceyl. Br. As. S< c 1866, p. 128), traitant des mœurs de ces pois- 
sons ainsi que des Ophiocéphales et Anabas, genres également communs aux Indes 
orientales et à l'Afrique. 

(2) Bull. Mus. Hist. nat. Paris, 1895, p. 271. 



25o SILURIIVE 

lieu de s'envelopper dans un cocon et d'y subir une estivation pas- 
sive, leur retraite leur sert simplement, en quelque sorte, de terrier 
pour se mettre à l'abri de la trop grande chaleur du jour; ils sortent 
le soir et la nuit, rampant alors sur le sol en quête de leur nourriture, 
qui consiste surtout en grains de millet, plante cultivée par les natu- 
rels du pays pour leur propre alimentation ; régime qui concorde 
avec l'observation de Peters (i) qui a trouvé dans l'estomac du Cl. 
mossambicus des crustacés, des insectes et des graines. Le D r Suard a 
pu conserver des Clarias en captivité pendant son séjour à Nioro. Il 
les avait installés dans une grande caisse de fer-blanc à biscuits, et les 
nourrissait en leur donnant de temps à autre quelques poignées de 
mil. Une précaution importante à prendre était de clore très exacte- 
ment la boîte ; sans cela, aussitôt la nuit venue, les poissons sortaient 
très agilement de leur prison pour gagner la campagne. 

J'ai moi-même gardé vivants pendant longtemps des individus, 
encore jeunes, du Cl. lacera provenant d'Egypte. Ils se jetaient avec 
avidité sur les vers et sur de petits morceaux de viande crue que je 
leur offrais, mais je n'ai pu leur faire manger de grains de millet. Je 
n'ai non plus réussi à leur faire passer plus de trois jours hors de 
l'eau. Cela tient sans doute au jeune âge de ces individus, car on sait 
que l'appareil qui permet à ces poissons de puiser dans l'air l'oxygène 
nécessaire à la respiration est plus développé chez les adultes que chez 
les jeunes. 

Les Clarias, lorsqu'on les prend à la main, poussent, hors de l'eau, 
des cris très forts qui ressemblent aux miaulements d'un chat en 
colère. Le D r Lortet en a fait le premier l'observation en Syrie, obser- 
vation confirmée par celles du D r Tirant en Cochinchine (2). 

La chair de ces poissons est assez estimée aux Indes et en Egypte ; 
il paraît en être de même au Congo. Delhez compare cette chair à celle 
de l'anguille. D'après M. Cornet, les Clarias sont fort recherchés des 
indigènes, qui savent les fumer et en font un commerce très actif. 

La distinction des espèces n'est pas sans offrir de difficultés. En se 
servant des caractères tirés de la longueur des barbillons, de la lon- 
gueur de l'épine de la nageoire pectorale, de la rugosité du crâne, et 
du nombre des branchiospines ou râtelures au premier arceau bran- 
chial, il y a lieu de tenir compte de l'âge de l'individu examiné ; en 
règle générale, les barbillons sont plus longs, relativement au crâne, 
l'épine pectorale est plus courte relativement à la nageoire, le crâne 
est plus lisse, et les branchiospines sont moins nombreuses, chez les 
jeunes que chez les adultes. 

(1) Reise n. Mossamb. IV, p. 36. 

(2) Lortet, Ann. Mus. Lyon, III, 1883, p. 153. 



CLARIAS 25 1 



Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

I. Barbillon maxillaire peu ou point plus long que la tête (1). 

A. Tête 1 1/2 à i 2/3 fois aussi longue que large, 4 à 7 fois aussi longue que 
l'espace qui la sépare de la dorsale; D. 62-82 ; A. 47-65. 

1. Dents vomériennes granuleuses ; tête fortement granulée en dessus chez 
l'adulte. 

Dents vomériennes formant une bande beaucoup plus 
large que celle des prémaxillaires; branchiospines 
très serrées, 60 à 100 au premier arceau \. C. lacera, C. et V. 

Dents vomériennes formant une bande peu ou point plus 
large que celle des prémax>llaires ; 30 à 35 branchio- 
spines au premier arceau 2. C. Robecchii, Vincig. 

2. Denis vomériennes coniques. 

Barbillon nasal mesurant 1/3 à 2/5 de la longueur de la 
tête, qui est granulée en dessus chez l'adulte; branchio- 
spines très serrées, 40 a 50 au premier arceau . . . 3. C. gariepinus, Burch. 

Barbillon nasal mesurant 2/3 à 3/4 de la longueur de la 
tête, qui est lisse ou faiblement grenue en dessus; 25 à 
30 branchiospines au premier arceau 4. C. longiceps, Blgr. 

B. Tête 1 1/6 à 1 1/4 fois aussi longue que large, lisse ou faiblement grenue en 
dessus, 1 1/2 à 2 fois aussi longue que l'espace qui la sépare de la dorsale; 
15 à 20 branchiospines au premier arceau. 

Tête 1 1/4 fois aussi longue que large; la distance entre 

le premier rayon de la dorsale et l'occiput égale les 

3/5 ou les 2/3 de la longueur de la tête; D. 70; A. 50 . 5. C. liocephalus, Blgr. 
Tête 1 1/6 fois aussi longue que large ; la distance entre le 

premier rayon de la dorsale et l'occiput égale la moitié 

de la longueur de la tête; D. 58-60; A. 40-42. . . . 6. C. breviceps, Blgr. 

II. Barbillon maxillaire au moins 1 1/2 fois aussi long que la tête; celle-ci lisse ou 
faiblement granulée en dessus, 1 1/3 à 1 1/2 fois aussi longue que large, 3 à 5 fois 
aussi longue que l'espace qui la sépare de la dorsale; 17 à 35 branchiospines au 
premier arceau; D. 70-87; A. 55-67. 

Barbillon nasal presque aussi long que la tête; barbillon 

maxillaire 1 1/2 à 1 2/3 fois la longueur de la tête . . 7. C. angolensis,Su\r. 

Barbillon nasal plus long que la tête; barbillon maxil- 
laire 2 3 2 1/2 fois la longueur de la tête 8. C. bythipogon, Sauv. 



(1) Les barbillons sont relativement plus longs chez les jeunes que chez les 
adultes; mais le caractère, tel qu'il est défini dans le présent synopsis, s'applique 
aux individus de tout âge. La tête, dans la description des Clarias, est mesurée 
jusqu'à l'extrémité du processus occipital. 



252 SILURIDA 



i. CLARIAS LAZERA. 

Heterobranchus anguillaris (non Linné), I. Geoffroy, Descr. Egypte, Poiss , 
p. 305, pi. XVI, fig. 1 (.827). 

Clarias lacera, Cuv. et Val. Hist. Poiss. XV, p. 372(1840); Gûnth. Gat. Fish. V, 
p. 16(1864); Peters. Rcise n. Mossamb. IV, p. 36(1868). 

Clarias syriacus, Cuv. et Val. t. c. p. 375. 

Clarias capensis (non C. et V.), Huxley, Mem. Geol. Surv. X, pp. 30 et 32, 
fig. (1861). 

Clarias Orontis, Gûnth. t. c. p. 15. 

Clarias mac-acanthus, Gûnth. t c. pp. 16 et 429; Lortet, Arch. Mus. Lyon, III, 
1883, p. 151, pi. XVII ; Tristram, Faun. Palest. p. 169, pi. XIX, fig. 1 (1884). 

Clarias xenodon, Gûnth. t. c. p. 16; Schilth. Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. 
(2) III, 1891, p 84. 

La hauteur du corps est comprise 6 à 9 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 à 3 1/2 fois. La largeur de la tête égale 
les 2/3 ou les 3/5 de sa longueur; sa face supérieure est entièrement 
couverte de granulations osseuses ; ces granulations sont faibles chez 
les jeunes, très fortes chez les adultes; le sus-occipital se termine sou- 
vent en pointe, mais est parfois arrondi ; la fontanelle frontale, en 
forme de semelle, est 2 1/2 à 4 fois aussi longue que large; la fonta- 
nelle occipitale est très petite et bien en avant du processus occipital ; 
l'œil est très petit, son diamètre compris 2 1/2 (jeune) à 3 1/2 fois dans 
la longueur du museau, 4 (jeune) à 7 fois dans la largeur interocu- 
laire, qui mesure environ les 2/5 de la longueur de la tête. La largeur 
de la bouche égale le tiers ou la moitié de la longueur de la tête ; la 
bande de dents prémaxillaires est 4 à 6 fois aussi longue que large ; 
les dents vomériennes, à couronne arrondie, granuleuses, forment une 
bande en croissant qui, au milieu, peut être deux fois aussi large que 
la bande prémaxillaire; les dents mandibulaires antérieures sont 
pointues, les postérieures granuleuses. Le barbillon nasal mesure 
i/3 à 3/5 de la longueur de la tête; le barbillon maxillaire est aussi 
long que la tête, ou un peu plus court ou un peu plus long, et atteint 
ou dépasse l'extrémité de l'épine pectorale ; le barbillon mandibulaire 
interne est aussi long ou un peu plus long que le nasal et mesure 
3/5 à 3/4 de la longueur de l'externe. Les branchiospines sont longues 
et minces, très serrées, au nombre de 60 à 100 (1) au premier arceau. 
Les clavicules sont striées et recouvertes d'une peau très mince ; la 
suture médiane entre elles mesure 1/6 ou 1/7 de la longueur de la tête. 
La nageoire dorsale a 62 à 82 rayons, l'anale en a 5o à 65 ; elles 
n'atteignent pas tout à fait la base de la caudale ; la distance qui 

(1) J'en ai compté 75 chez le type (Nil : Lefebvre), long de 30 centimètres 



CLARIAS 2 53 

sépare le premier rayon de la dorsale de l'occiput égale 1/6 à 1/4 de la 
longueur de la tête. La nageoire pectorale mesure la moitié, ou un 
peu moins de la moitié, de la longueur de la tête; l'épine, dont le bord 
externe seul est armée de dents réclinées, mesure les 2/3 ou les 3/4 
(les 3/5 chez les jeunes) de la nageoire. Les nageoires ventrales sont 
à égale distance du bout du museau et de la racine de la caudale, ou 
un peu plus rapprochées de celui-là. La longueur de la caudale est à 
peu près la moitié de celle de la tête. 

Gris olivâtre ou brun noirâtre en dessus, blanc en dessous. 

Atteint un mètre de longueur. 

Cette espèce a une distribution géographique très étendue. Elle 
est connue depuis longtemps de la Syrie et du Nil et elle a été 
signalée au Sénégal par Vaillant. Elle a été trouvée dans la région du 
Bas-Congo par Greshoff et à Monsembé (Haut-Congo) par le Révé- 
rend J. H. Weeks; le Musée du Congo en a reçu des exemplaires de 
Matadi et d'Upoto (Haut-Congo), recueillis par MM. Wilverth et 
Wagenaar. Longtemps avant, des individus avaient été rapportés du 
Bas-Congo par J. J. Monteiro, dont un a même servi à la figure du 
crâne dans le mémoire classique de Huxley, cité dans la synonymie. 

Nom indigène à Monsembé : Mpiki. 



2. CLARIAS ROBECCHII. 

Clarias gariepinus, part., Gùnther et Playfair. F 1S h. Zanzib. p. 113 (1866). 

Clarias mossambicus (non Peters), Fischer, Jahrb: Hamb. Wiss. Anst. I, 1884, 
p. 28; Vinciguerra, Ann. Mus. Genova (2) XV, i8q 5 . p . 31, fig., et XVII ' 1800' 
P 2 5- 

Clarias Robecchii, Vinciguerra, Ann. Mus. Genova (2) XIII, 1893 p. 4 co et 
XV, 1895, p. 30, fig. 

Clarias Smithii, part., Gûnth Proc. Zool. Soc. 1896, p. 219, fig. 

Clarias microphthalmus, Pfeffer, Thierw.O. Afr., Fische", p. 28 (1896). 

Clarias Gùntheri, Pfe,ffer, 1. c. 

Clarias anguillaris (non L.), Bouleng. Tr. Zool. Soc. X, 1898, p. 24. 

La hauteur du corps est comprise 6 à 8 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 3 a 3 2/3 fois. La largeur de la tête égale les 2/3 
ou les 3/5 de sa longueur ; sa face supérieure, lisse chez les très jeunes, 
est couverte de granulations osseuses qui deviennent très fortes chez 
les adultes ; le processus occipital est anguleux; la fontanelle frontale, 
en forme de semelle, est 2 1/2 à 4 fois aussi longue que large et sa lon- 
gueur est comprise 3 1/2 à 4 1/2 fois dans celle de la tête; la fontanelle 
occipitale est petite et en avant du processus occipital; l'œil est très 
petit, son diamètre compris 2 1/2 (jeune) à 4 fois dans la longueur du 



254 silurid^: 

museau, 4 (jeune) à 8 fois dans la largeur interorbitaire, qui mesure 
i/3 à 2/5 de la longueur de la tête. La largeur de la bouche égale pres- 
que la largeur interorbitaire ; la bande de dents prémaxillaires est 4 à 
6 fois aussi longue que large; les dents vomériennes, pour la plupart à 
couronne arrondie, granuleuses, forment une bande en croissant aussi 
large ou un peu plus large au milieu que la bande prémaxillaire. Le 
barbillon nasal mesure 1/4 (adultes) à 2/3 (jeunes) de la longueur de la 
tête; le barbillon maxillaire, aussi long ou un peu plus long que la tête 
et atteignant le milieu ou l'extrémité de la pectorale chez les jeunes, est 
plus court et n'atteint que la base de cette nageoire chez les adultes ; 
le barbillon mandibulaire externe est à peu près 1 1/2 fois aussi long 
que l'interne, qui mesure 1/2 à 3/5 fois la longueur de la tête. Les bran- 
chiospines, minces et plus ou moins serrées, sont au nombre de 3o 
(jeunes) à 55 au premier arceau. Les clavicules sont cachées sous la 
peau. La dorsale a 65 à 71 rayons, l'anale en a 47 à 60; elles 
n'atteignent pas la racine de la caudale, dont elles sont séparées par un 
espace supérieur au diamètre de l'œil ; la distance entre la dorsale et 
l'occiput égale i/5 à j/4 de la longueur de la tète. La pectorale mesure 
à peu près la moitié de la longueur de la tête ; l'épine, dont le bord 
externe seul est armé de dents réclinées, mesure les 3/5, les 2/3 ou les 
3/4 de la longueur de la nageoire, selon l'âge. La ventrale est à égale 
distance du bout du museau et de la racine de la caudale, ou un peu 
plus rapprochée de celui-là. La caudale mesure la moitié ou les 2/5 de 
la longueur de la tête. 

Olive ou noirâtre en dessus, blanc en dessous. 

Longueur totale : 46 centimètres. 

Habite l'est de l'Afrique, depuis les pays Somalis jusqu'à Zanzibar, 
et le lac Tanganika. 



3. CLARIAS GARIEPINUS. 

Silurus (Heterobranchus) gariepinus, Burchell, Trav. Int. S. Afr. I,p. 425, fig. 
(1822). 

Clarias capensis (non C. et V.), Smith, 111. Zool. S. Afr., Pisc. pi. XXVlIf(i845). 

Clarias gariepinus, Gûnth. Cat. Fish. V, p. 14(1864); M. Weber, Zool. Jahrb., 
Syst. X, 1897, p. 149. 

La hauteur du corps est comprise 6 à 7 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 3 à 3 1/2 fois. La tête est 1 3/5 à 1 2/3 fois aussi 
longue que large; sa face supérieure, lisse chez les jeunes, est couverte 
de granulations osseuses chez les adultes ; le sus-occipital se termine 
en pointe ; la fontanelle frontale est 3 à 3 1/2 fois aussi longue que 



CLARIAS 2 55 

large; la fontanelle occipitale est très petite, en avant du processus 
occipital ; l'œil est très petit, son diamètre compris 2 (jeune) à 3 fois 
dans la longueur du museau, 3 1/2 (jeune) à 6 fois dans la largeur 
interoculaire, qui égale la largeur de la bouche et les 2/5 de la lon- 
gueur de la tête. La bande de dents prémaxillaires est 5 ou 6 fois aussi 
longue que large; les dents vomériennes, presque toutes coniques, 
forment une bande en croissant qui, au milieu, est presque aussi large 
que la bande prémaxillaire. Le barbillon nasal mesure i/3 à 2/5 de la 
longueur de la tête chez l'adulte, la 1/2 ou les 3/5 chez le jeune; le 
barbillon maxillaire est un peu plus court que la tête et atteint la base 
ou le second tiers de l'épine pectorale chez l'adulte (plus long chez le 
jeune) ; le barbillon mandibulaire externe est à peu près 1 1/2 fois aussi 
long que l'interne, qui mesure 1/2 à 2/3 fois la longueur de la tête. Les 
branchiospines sont longues et minces, très serrées, au nombre de 40 
à 5o au premier arceau. Les clavicules sont cachées sous la peau. La 
nageoire dorsale a 68 à 79 rayons, l'anale en a 53 à 60; elles 
n'atteignent pas la racine de la caudale ; la distance qui sépare le pre- 
mier rayon de la dorsale de l'occiput égale i/5 à 1/4 de la longueur de 
la tête ; la distance entre la dorsale et la caudale excède le diamètre 
de l'œil. La nageoire pectorale mesure les 2/5 ou la moitié de la 
longueur de la tête; l'épine, dont le bord externe seul est armé de 
dents réclinées, mesure les 3/5, les 2/3 ou les 3/4 de la nageoire, selon 
l'âge. La ventrale est à distance à peu près égale du bout du museau 
et de la racine de la caudale. La longueur de la caudale est à peu près 
la moitié de la longueur de la tête. 

Olive foncé en dessus, uniforme ou marbré de brun foncé, blanc en 
dessous. 

Longueur totale : 62 centimètres. 

Le fleuve Orange et le Natal formaient tout l'habitat connu de 
cette espèce. On peut maintenant y ajouter le Katanga, car la mission 
Lemaire en a rapporté de jeunes individus provenant de Lofoï. 

Des individus de ce Clarias ont été rapportés par Sir Andrew Smith 
à C. capensis, C. et V. (Hist Poiss. XV, p. 377). Ayant pu examiner 
le type de cette dernière espèce, un individu empaillé mesurant 48 cen- 
timètres, je relève les caractères suivants qui le distinguent de C. garie- 
pimis : La bande vomérienne, interrompue au milieu et un peu moins 
large que la prémaxillaire, est composée en partie (aux bords) de dents 
pointues, mais principalement de dents granuleuses ; le barbillon nasal 
mesure presque la moitié de la longueur de la tête, le maxillaire égale 
cette longueur; la distance entre la dorsale et l'occiput égale le tiers de 
la longueur de la tête; la ventrale est plus rapprochée du bout du 
museau que de la caudale. 



256 SILURIDjE 

4. CLARIAS LONGICEPS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 103. pi. XLI.fig. 1 (.1899). 

La hauteur du corps est comprise 6 1/2 à 7 1/2 fois dans la lon- 
gueur totale, la longueur de la tête 3 à 3 1/2 fois. La largeur de la 
tête égale les 3/5 de sa longueur ; le dessus de la tête est lisse ou fai- 
blement grenu ; le prolongement occipital forme un angle aigu ; la 
fontanelle frontale est en forme de semelle, 3 à 4 fois aussi longue que 
large; la fontanelle occipitale est petite, ovale et située en avant du 
prolongement occipital ; le diamètre de l'œil est compris 2 à 2 1/2 fois 
dans la longueur du museau, 3 1/234 fois dans la largeur interorbi- 
taire, qui égale à peu près les 2/5 de la longueur de la tête. La 
largeur de la bouche égale les 3/5 de la largeur de la tête ; la bande de 
dents prémaxillaires est 5 fois aussi longue que large; les dents vomé- 
riennes, courtes et coniques, forment une bande en croissant plus 
large que la bande de dents prémaxillaires. Le barbillon nasal mesure 
les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête; le barbillon maxillaire 
excède la longueur de la tête et atteint l'extrémité de la nageoire 
pectorale; le barbillon mandibulaire interne égale le nasal et les 3/4 
de l'externe. Les branchiospines sont longues et minces, au 
nombre de 25 à 3o au premier arceau branchial. Les clavicules 
sont médiocrement distinctes sous la peau. La nageoire dorsale 
a 65 à 75 rayons, l'anale en a 5o à 58; elles n'atteignent pas 
tout à fait la base de la caudale ; la distance qui sépare le premier 
rayon de la dorsale de l'occiput égale 1/6 à i/5 de la longueur de la 
tête. La nageoire pectorale mesure les 2/5 ou la moitié de la longueur 
de la tête; l'épine, dont le bord externe seul est armé de dents réclinées, 
mesure les 3/5 de la nageoire. Les nageoires ventrales sont insérées à 
égale distance du bout du museau et de la base de la nageoire caudale, 
dont la longueur égale la moitié, ou un peu plus de la moitié de la 
longueur de la tête. 

Brun olive ou violacé en dessus, blanc jaunâtre en dessous ; barbil- 
lons maxillaires et nasaux olives, mandibulaires jaunes ; un trait 
brun de chaque côté de la région gulaire ; nageoires grises, bordées 
de jaune clair; une barre plus ou moins foncée, bordée de jaune, à la 
base de la caudale. Iris violacé, avec un cercle doré autour de la 
pupille. 

Longueur totale : 14 centimètres. 

De nombreux individus des marais de Borna, recueillis par 
Delhez. 

Nom indigène : Gola. 



CLARIAS 257 

Je suis redevable à mon collègue du Musée de Berlin, M. le Profes- 
seur Hilgendorf, de notes supplémentant la description par trop suc- 
cincte de Clarias albomarginatus par feu le Professeur Peters (Sitzb. 
Ges. Nat. Fr. Berl. 1882, p. 74). M. Hilgendorf a, de plus, 
bien voulu comparer directement un des spécimens du Congo, que je 
lui ai envoyé, avec les types conservés à Berlin. Il résulte de cette 
comparaison que l'espèce ici décrite est. bien distincte. Le nombre 
des rayons aux nageoires (D. 84; A. 66-70) est plus élevé chez 
C. albomarginatus, dont la tête est moins allongée ( 1). J'ignore, et on 
ignore également à Berlin, la position de la « Tooxlong River », 
Afrique occidentale, seule indication géographique accompagnant 
les types, acquis de M. Schillong, de Hambourg, avec des exemplaires 
de Isichthys Henryi [Mormyrus cobitiformis, Ptrs.), Marcusenius 
Marchii, Stomatorhinus Walkeri [Mormyrus affîtiis, Sauv.), 
Malopterurus electricus et Pellonula vorax ; association d'espèces 
qui semble indiquer le Gabon. 



5. CLARIAS LIOCEPHALUS. 
Bolleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1898, p. 24, pi. VII, fig. 2. 

La hauteur du corps est comprise 5 1/2 à 6 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 1/2 à 5 fois. La tête est de i/5 plus 
longue que large, lisse en dessus ; le sus-occipital se termine en 
pointe ; les fontanelles ne sont pas distinctes ; l'œil est très petit, son 
diamètre est compris 3 fois dans la longueur du museau, 6 fois dans la 
largeur interoculaire, qui égale la moitié de la longueur de la tête. La 
largeur de la bouche égale la moitié de la longueur de la tête ; les 
dents vomériennes sont coniques et forment une bande dont la largeur 
égale celle de la bande prémaxillaire. Le barbillon nasal mesure les 
2/3 de la longueur de la tête ; le barbillon maxillaire égale la longueur 
de la tête et atteint le milieu delà nageoire pectorale; le barbillon man- 
dibulaire externe excède de i/5 la longueur de l'externe, qui mesure les 
3/5 de la longueur de la tête. Les branchiospines sont espacées, au 
nombre de i5 seulement au premier arceau. Les clavicules sont 
cachées sous la peau. La nageoire dorsale a 70 rayons, l'anale en a 5o; 

(1) Chez un individu de 102 millimètres de longueur totale, elle mesure, ainsi 
que m'en informe M. Hilgendorf, 19 millimètres, sa largeur étant de 14 millimètres; 
un individu de C. longiceps de même longueur totale donne 28 pour la longueur 
de la tête et 17 pour la largeur. La dorsale et l'anale mesurent respectivement 67 et 
52 millimètres chez le premier, 53 et 36 chez le second. 



258 SILURIEN 

elles n'atteignent pas la caudale, dont la racine est séparée de la dor- 
sale par un espace supérieur au diamètre de l'œil ; la distance entre la 
dorsale et l'occiput égale les 3/5 ou les 2/3 de la longueur de la tête; 
l'épine, faible, lisse, fait à peu près la moitié de la longueur de la 
nageoire. La ventrale est beaucoup plus près du bout du museau que 
de la caudale. Celle-ci mesure la moitié de la longueur de la tête. 

Brun noirâtre uniforme. 

Cette espèce n'est connue que par de jeunes exemplaires, dont le 
plus grand mesure 8 centimètres, recueillis au lac Tanganika, à 
Kinyamkolo, par M. J. E. S. Moore.' 



6. CLARIAS BREVICEPS (PI. XIII, fig. i). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 135, pi. XLVIII, fig. 6(1900). 

La hauteur du corps est comprise 6 à 8 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 1/2 à 5 fois. La tête est remarquablement 
courte, à contour arrondi, sa plus grande largeur, qui n'est inférieure 
à sa longueur que de 1/7, est entre l'œil et l'opercule; le dessus de la 
tête est lisse ; le sus-occipital se termine en pointe , les fontanelles sont 
petites, la frontale en forme de semelle et mesurant i/5 de la lon- 
gueur de la tête, l'occipitale ovale et en partie sur le processus occi- 
pital ; l'œil est très petit, son diamètre étant compris 3 fois dans la 
longueur du museau et 6 fois dans la largeur interorbitaire, qui égale 
la moitié de la longueur de la tête. La largeur de la bouche égale la 
moitié de la longueur de la tête; la bande de dents prémaxillaires est 
5 fois aussi longue que large et de même largeur que la bande de dents 
vomériennes qui est également formée de dents coniques. Le barbillon 
nasal mesure les 3/5 de la longueur de la tête; le barbillon maxillaire 
est aussi long ou un peu plus long que la tête et atteint l'extrémité de 
la nageoire pectorale ; le barbillon mandibulaire interne égale le nasal 
et les 2/3 de l'externe. Les branchiospines sont minces et assez espa- 
cées, au nombre de 20 au premier arceau. Les clavicules sont cachées 
sous la peau. La nageoire dorsale a 58 ou 60 rayons, l'anale en a 40 
ou 42; elles n'atteignent pas la caudale, dont la racine est séparée de la 
dorsale par un espace supérieur au diamètre de l'œil; la distance entre 
le premier rayon de la dorsale et l'occiput égale la moitié de la lon- 
gueur de la tête. La pectorale mesure environ la moitié de la longueur 
de la tête; l'épine, lisse, fait à peu près les 2/3 de la longueur de la 
nageoire. La ventrale est beaucoup plus rapprochée du bout du 



CQ 




CLARIAS 259 

museau que de la caudale. Celle-ci mesure la moitié de la longueur 
de la tête. 

Brun noirâtre en dessus, blanc brunâtre en dessous. 

Longueur totale : 195 millimètres. 

Cette espèce est fondée sur deux exemplaires des marais de Siala 
Ntoto, Mayombé, reçus de M. le commandant Cabra. 

Elle est voisine de C. liocephalus, Blgr. et de C. liberiensis, Stdr. 
Elle diffère de toutes deux par sa tête encore plus courte. En outre, 
de la première, par les rayons moins nombreux à la dorsale et à 
l'anale ; de la seconde, par la forme de la tête dont la plus grande lar- 
geur est derrière les yeux et non aux opercules, le barbillon nasal plus 
court et l'espace très sensible qui sépare la dorsale de la caudale 



7. CLARIAS ANGOLENSIS. 

Steindachner, Verh. Zool.-bot. Ges. Wien, XVI, 1866, p. 766. 

Clarias gabonensis, Gûnther, Ann. & Mag. N. H. (3) XX, 1867, p. 1 1 1 ; Schjlt- 
huis, Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. '2) III, 1891, p. 88; Gûnth Ann. & Mag 
N. H. (6) XVII, 1896, p. 274. 

Clarias Dolloi, Boulenger, Ann. & Mag. N. H. (6) XVII, iSq6, p. 311. 

La hauteur du corps est comprise 6 à 7 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 3 1/2 à 4 i/5 fois. La longueur de la tête égale 
les 2/3 de sa longueur; sa face supérieure est lisse ou finement striée, 
faiblement granulée ; le sus-occipital se termine en pointe parfois 
arrondie, son bord libre forme tantôt un angle aigu, tantôt un angle 
obtus ; la fontanelle frontale est ovale ou en forme de semelle, environ 
deux fois aussi longue que large et plus grande que la fontanelle occi- 
pitale ; cette dernière ne s'étend sur le processus occipital que chez les 
jeunes ; l'œil est très petit, son diamètre étant compris 3 à 4 fois dans 
la longueur du museau et 4 1/2 à 6 fois dans la largeur interoculaire, 
qui égale les 2/5 ou un peu moins de la moitié de la longueur de la 
tête. La largeur de la bouche égale la moitié ou les 2/5 de la longueur 
de la tête ; la bande de dents prémaxillaires est près de 4 fois aussi 
longue que large; les dents vomériennes, courtes et coniques, parfois 
en partie granuleuses, forment une bande en croissant de même lar- 
geur. Le barbillon nasal est presque aussi long que la tête; le bar- 
billon maxillaire égale 1 1/2 à 1 2/3 fois la longueur de celle-ci et 
s'étend au delà de l'extrémité de la nageoire pectorale, sans dépasser la 
ventrale, excepté chez de tous jeunes spécimens de moins de 10 centi- 
mètres, chez lesquels le barbillon nasal est un peu plus long que la 



2ÔO SILURID^K 

tête et le maxillaire dépasse un peu la ventrale; le barbillon mandibu- 
laire interne est un peu plus court que le nasal et mesure les 3/5 ou 
les 2/3 de l'externe. Les branchiospines sont longues et minces, au 
nombre de 20 à 35 au premier arceau. Les clavicules sont striées et 
recouvertes d'une peau très mince ; elles forment deux grandes plaques 
pectorales dont la suture médiane mesure environ le quart de la lon- 
gueur de la tête. La nageoire dorsale a 70 à 82 rayons, l'anale en a 
55 à 63 ; elles atteignent presque la base de la caudale, ou n'en sont 
séparées que par un espace qui n'excède pas le diamètre de l'œil ; la 
distance entre le premier rayon de la dorsale et l'occiput mesure 
1/4 ou i/5 de la longueur de la tête. La pectorale mesure environ la 
moitié de la longueur de la tête ; l'épine, dont les deux bords sont 
armés de serratures, en mesure les 2/5 seulement. Les ventrales sont 
insérées à peu près aux 3/7 de la longueur totale (sans la caudale). 
La caudale mesure environ la moitié de la longueur de la tête. 

Coloration brun foncé ou noir, uniforme ou piqueté de blanchâtre ; 
ventre plus clair, brun ou grisâtre. 

Longueur totale : 35 centimètres. 

Cette espèce, décrite d'abord d'après de jeunes exemplaires d'Angola, 
puis du Congo français (Ogowé), a été retrouvée à l'embouchure du 
Chiloango, dans les lagunes de Lunga, Mayombé (commandant 
Cabra), à Borna (Delhez), au Stanley-Pool (Greshoff), au lac Léopold 
II et au lac Tumba (Delhez), et à Monsembé, Haut-Congo (Weeks). 
C'est à tort que j'ai décrit, il y a quelques années, comme espèce 
nouvelle, les spécimens de Monsembé, m'appuyant sur des caractères 
sujets à des variations plus considérables que je ne le pensais à cette 
époque. Je regrette d'autant plus cette méprise que je m'étais permis 
de dédier l'espèce que je croyais nouvelle à mon ami M. L. Dollo. 

Le plus grand des trois spécimens types de C. Dolloi se trouve être 
un albinos pie, jaunâtre (en alcool) couvert de taches noirâtres irrégu- 
lières. L'albinisme complet avait déjà été observé en Egypte chez deux 
individus d'une espèce voisine, C anguillaris, L., par Panceri (Rend. 
Ace. Se, Soc. R. Nap. XII, 1873, p. 110). Nous verrons plus loin 
que le Channalabes apus a aussi fourni un cas d'albinisme complet, 
ce qui porte à conclure que le groupe des Clarias a une tendance 
spéciale vers ce genre d'aberration. 

Noms indigènes : M'Beli au lac Léopold II et à Bikoro, N'Golo à 
Bikoro. 

Des individus pris au lac Léopold II en décembre étaient remplis 
d'œufs prêts à être pondus. Ces œufs mesurent 1 1/2 millimètres de 
diamètre. 



CLARIAS 261 



8. CLARIAS BYTHIPOGON. 

Clarias buthupogon, Sauvage, Bull. Soc. Philom. (7) III, 1878, p. 96; Gûnth. 
Ann. & Mag. N. H. (6) XVII, 1896, p. 275. 

Clarias gabonensis (non Gûnth.), Sauvage, N. Arch. Mus. (2) III, 1880, p. 39, 
pi. I, fig. 2. 

Clarias camerunensis, Loennrerg, Overs. Vet. Ak. Fôrh. Stockh.1895, p. 192. 

La hauteur du corps est comprise 6 à 7 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 à 4 1/4 fois. La tète est 1 i/3 à 1 1/2 fois aussi 
longue que large ; sa face supérieure est lisse ou faiblement granu- 
lée; le processus occipital est anguleux; la fontanelle frontale, assez 
petite, en forme de semelle, est 2 à 3 fois aussi longue que large ; la 
fontanelle occipitale, plus petite encore, est située en partie sur le 
processus occipital; l'œil est petit, son diamètre est compris 2 1/2 fois 
dans la longueur du museau, 4 à 5 fois dans la largeur interocu- 
laire, qui égale la moitié de la longueur de la tète. La largeur 
de la bouche égale la moitié de la longueur de la tête; la bande 
de dents prémaxillaires est de 4 à 5 fois aussi longue que large; 
les dents vomériennes, courtes et coniques, forment une bande en 
croissant de même largeur ou un peu plus étroite que la bande pré- 
maxillaire. Le barbillon nasal est un peu plus long que la tête ; le 
barbillon maxillaire est 2 à 2 1/2 fois aussi long que la tête et dépasse 
plus ou moins la base de la ventrale; le barbillon mandibulaire interne 
est au moins aussi long que la tête et mesure à peu près les 2/3 de 
l'externe. 17 à 22 branchiospines au premier arceau. Clavicules 
cachées sous la peau. La nageoire dorsale a 78 à 87 rayons, l'anale 
en a 55 à 67; elles sont presque en contact avec la nageoire caudale; 
la distance entre le premier rayon de la dorsale et l'occiput mesure les 
2/7 ou le tiers de la longueur de la tête. La pectorale mesure la moitié 
ou les 3/5 de la longueur de la tête; l'épine, dont les deux bords sont 
armés de serratures distinctes, mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur 
de la nageoire. Les ventrales sont insérées à peu près aux 2/5 de la 
longueur totale. La caudale mesure la moitié ou près des 2/3 de la 
longueur de la tète. 

Brun-olive en dessus, blanchâtre en dessous; un liséré foncé à 
l'anale. 

Longueur totale : 23 centimètres. 

C. bythipogon est connu du Calabar, de Cameroun, du Gabon et 
de l'Ogowé. Je n'en ai examiné qu'un seul exemplaire du Congo, 
recueilli à Kinshassa, Stanley-Pool, par M. Greshoff. 



2Ô2 SILURID^E 

Gùnther (1. c] a suggéré la possibilité d'identifier cette espèce à 
C. lœviceps, Gill (Proc. Ac. Philad. 1862, p. i3g). Mais la courte 
définition donnée par Gill indique un poisson plus anguilliforme que 
C. bythipogon. Ayant examiné à Paris l'exemplaire d'Assini, Côte 
d'Or, rapporté par Sauvage (Bull. Soc. Zool. France, 1882, p. 3 18, 
pi. V, fig. 2) à C. Icêyiceps. et que je crois correctement nommé, je 
considère cette espèce comme bien distincte et identique à celle décrite 
depuis sous le nom de C. Salœ par Hubrecht (Notes Leyd. Mus. III, 
1881, p. 68), dont le British Muséum possède des individus de Libéria 
déterminés par Stei»dachner (Notes Leyd. Mus. XVI, 1894, p. 52). 
Si la définition de Gill indique des barbillons maxillaires plus longs 
que chez les individus que j'ai pu examiner, c'est qu'elle est sans doute 
basée sur un jeune. 



2. CLARIALLABES. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 136(1900). 

Se distingue de Cl arias par le bouclier céphalique incomplet, la 
plaque postorbitaire seule étant présente, les tempes restant à nu. De 
plus, la peau se continue sur l'œil, qui est dépourvu de bord libre. 

Ainsi que je l'ai fait observer en la décrivant pour la première fois, 
l'espèce pour laquelle j'ai cru devoir fonder un genre nouveau établit 
le passage des Clarias proprement dits aux Gymnallabes, Gthr., chez 
lesquels le casque fait absolument défaut, dont les nageoires paires sont 
plus réduites, et dont le corps est plus anguilliforme encore. Gymnal- 
labes ne se distingue de Channalabes que par la présence des nageoires 
ventrales. 



1. CLARIALLABES MELAS. 

Clarias mêlas, Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (5) XIX, 1887, p. 148. 
Clariallabes mêlas, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 136 (1900). 

La hauteur du corps est comprise 10 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tète 6 fois. La largeur de la tête égale les 2/3 de sa lon- 
gueur; sa face supérieure est lisse; le sus-occipital se termine en 
pointe aiguë; la fontanelle frontale, en forme de semelle, est 2 1/2 fois 
aussi longue que large; la fontanelle sus-occipitale, un peu plus courte 



CLARIALLABES 263 

et ovale, empiète sur le processus occipital ; l'oeil est extrêmement petit, 
son diamètre étant compris 4 fois dans la longueur du museau et 7 fois 
dans la largeur interoculaire, qui fait le tiers de la longueur de la tête. 
La largeur de la bouche égale un peu plus de la moitié de la longueur 
de la tête; la bande de dents prémaxillaires est à peine 4 fois plus longue 
que large; les dents vomériennes, villiformes, forment un croissant 
qui, au milieu, est un peu plus étroit que la bande de dents prémaxil- 
laires. Le barbillon nasal égale les 3/5 de la longueur de la tête ; le 
barbillon maxillaire est presque aussi long que la tête et atteint 
l'extrémité de l'épine pectorale; le barbillon mandibulaire interne 
égale les 2/3 de la longueur de la tête, l'externe égale presque celle-ci. 
Les branchiospines sont minces et médiocrement longues, au nombre 
de i5 au premier arceau branchial. Les clavicules sont à peine expo- 
sées, la suture médiane entre elles mesure 1/6 de la longueur de la 
tête. La nageoire dorsale a io5 rayons, l'anale en a 88; toutes deux 
s'unissent à la caudale ; la distance qui sépare le premier rayon de la 
dorsale de l'occiput égale la moitié de la longueur de la tête. La 
nageoire pectorale mesure un peu moins de la moitié de la longueur 
de la tête ; l'épine, dont les deux bords sont armés de dents assez fortes 
et réclinées, mesure les 2/3 de la nageoire. Les nageoires ventrales, 
très petites, marquent le tiers antérieur de la longueur totale. La lon- 
gueur de la caudale égale la moitié de celle de la tête. 

La coloration est un brun noirâtre uniforme. 

Longueur totale : 26 centimètres. 

Ce poisson, d'après M. F. Hens, qui l'a découvert dans les lagunes 
et les marais du bas Congo, atteint une longueur de 5o centimètres. 
Il porte le nom de Fuca et est très bon à manger ; il se trouve pendant 
la saison sèche dans des trous dans la vase et peut vivre très longtemps 
hors de l'eau. Le spécimen rapporté par M. Hens, en 1886, et acquis 
par le British Muséum, est jusqu'à présent resté unique. 



3. CHANNALLABES. 

Gûnther, Ann. & Mag. N. H. (4)XII, 1873, p. 142. 

Clarias dégradé, anguilliforme, dépourvu de nageoires 
ventrales, à nageoires pectorales rudimentairesou absentes, 
à nageoires dorsale et anale complètement unies à la cau- 
dale, sans bouclier céphalique et à yeux minuscules plus 
ou moins cachés sous la peau. 



264 silurida; 

Le crâne diffère de celui de Clarias par la petitesse du postorbi- 
taire et l'absence du postfrontal et du squamosal. La vessie natatoire 
est entourée d'un cylindre osseux presque complet. Les vertèbres sont 
au nombre de 107, dont 81 caudales; les côtes sont minces; il n'y a 
pas d'arcade hémale aux dernières vertèbres précaudales. 

Ce genre comprend une espèce unique. 



1. CHANNALLABES APUS. 

Gymnallabes apus, Gunth. Ann. & Mag. N. H. (4) XII, 1873, P- I 4 2 - 
Channallabes apus, Bouleng. op. cit. (5) XIX, 1887, p. 148. 

Le corps est mince et très allongé, la tête étant comprise 10 à 14 fois 
dans la longueur totale. La tête, dont la largeur égale les 2/3 ou les 3/4 
de la longueur, est complètement lisse en dessus ; le sus-occipital se 
termine en pointe aiguë; les fontanelles sont peu visibles sous la peau, 
l'antérieure en forme de semelle, la postérieure ovale et s'étendant sur 
le processus occipital ; l'œil est très petit, presque caché sous la peau 
chez l'adulte, plus distinct chez le jeune; il est situé dans le tiers anté- 
rieur de la tête. La largeur de la bouche égale les 3/5 de la largeur de 
la tête ; la bande de dents prémaxillaires est 3 fois plus longue que 
large; les dents vomériennes. également pointues, forment une bande 
en croissant plus étroite et un peu plus longue. Le barbillon nasal 
égale les 3/5 ou les 2/3 de la longueur de la tête ; le barbillon maxil- 
laire est aussi long que la tête ou à peine plus court ; le barbillon 
mandibulaire interne est un peu plus court que le nasal, l'externe un 
peu plus court que le maxillaire. Les branchiospines sont médiocre- 
ment longues et très espacées, au nombre de 9 au premier arceau 
branchial La nageoire dorsale a 140 à i5o rayons, l'anale en a 1 25 
à i3o; elles sont complètement unies à la caudale; la distance qui 
sépare le premier rayon de la dorsale de l'occiput égale ou excède la 
longueur de la tête. La nageoire pectorale manque ou est réduite à un 
vestige à peine reconnaissable et dépourvu d'épine. Aucune trace de 
ventrales. L'orifice anal marque le quart antérieur de la longueur 
totale. 

Brun foncé ou noir uniforme. 
Longueur totale : 3i centimètres. 

Le type de cette curieuse espèce provient d'Ambriz, Angola. 
MF. Hens a retrouvé le même poisson dans le Bas-Congo en 1886 
et d'autres exemplaires ont été reçus depuis des lagunes de Lunga et 
des marais de Siala Ntoto, Mayombé (Cabra), des marais de Borna 



HETEROBRANCHUS 2Ô5 

(Delhez), de Nouvelle-Anvers (Wilverth) et de Monsembé (Weeks). 
Le Brirish Muséum en possède un individu albinos provenant des 
Stanley-Falls. 

Nom indigène à Borna : Doango. 

M. Hens nous informe que le poisson se nomme Sanga Monteké 
dans le Bas-Congo, qu'il vit dans les trous à la manière des Clarias 
pendant la saison sèche, et qu'il est très bon à manger. Quoique pou- 
vant vivre longtemps hors de l'eau, son appareil respiratoire supplé- 
mentaire est, comme l'a observé Gùnther, moins compliqué que celui 
des Clarias. 



4. HETEROBRANCHUS. 

Geoffroy, Descript.de l'Egypte, Poiss. pi. XVI &XVII (1809), part. ; Gùnther, 
Car. Fish. V, p. 21 (1864). 

Ce genre ne diffère de Clarias que par la division de la nageoire en 
deux parties, dont la postérieure est ce qu'on nomme une nageoire 
adipeuse ; cette dorsale adipeuse est toutefois soutenue par des rayons 
osseux, mais ces rayons ne sont que de simples prolongements des 
épines neurales. 

Des cinq espèces africaines qui, avec une de l'archipel Malais, cons- 
tituent ce genre, une seule a été trouvée au Congo. 



1. HETEROBRANCHUS LATICEPS. 

Peters, Mon. Berl. Ac. 1852, p. 682, et Reise n. Mossamb. IV, p. 37, pi. VII, 
fig. 1 (1868). 

La hauteur du corps est comprise 6 1/237 fois dans la longueur 
totale, la longueur delà tête 3 fois. La tête est 1 3/5 fois aussi longue 
que large ; sa face supérieure est striée en avant, granulée en arrière 
chez les adultes, presque lisse chez les jeunes; le sus-occipital se ter- 
mine en pointe aiguë ; la fontanelle frontale est 3 fois aussi longue que 
large, sa longueur comprise 5 fois dans celle de la tête; la fontanelle 
sus-occipitale est plus petite et située en avant du processus occipital; 
le diamètre de l'œil est compris 2 1/2 fois dans la longueur du museau, 
5 fois dans la largeur interoculaire, qui mesure à peu près la moitié de 
la longueur de la tête et égale la largeur de la bouche. La bande de dents 
prémaxillaires est 5 à 6 fois aussi longue que large; elle a la même 



2 66 SILURIΠ

largeur que la bande de dents vomériennes. Le barbillon nasal est 
aussi long que la tête; le barbillon maxillaire est i 1/2 à 2 fois aussi 
long et atteint la nageoire ventrale ou l'origine de l'anale. Une ving- 
taine de branchiospines au premier arceau. La première dorsale 
comprend 3o à 33 rayons; sa distance de l'occiput est à peu près le 
quart de la longueur de la tête ; la seconde dorsale en est séparée par 
un espace très court, elle est plus basse et plus courte, et atteint 
presque la base de la caudale. L'anale, a 44 ou 45 rayons, atteint 
presque la base de la caudale. La pectorale mesure presque la moitié 
de la longueur de la tête; son épine, à faible serrature externe, mesure 
les 3/5 ou les 2/3 de sa longueur. Les ventrales sont à peu près à 
égale distance du bout du museau et de la caudale. La caudale mesure 
la moitié de la longueur de la tête. 

Olivâtre en dessus, blanc en dessous ; parfois quelques taches 
noires éparses sur les côtés de la queue ; dorsale et anale bordées de 
noir ; caudale jaunâtre à la base, puis noire, puis liserée de rouge. 

Atteint une longueur de 33 centimètres. 

Cette espèce n'était connue que de Mozambique. Un jeune individu, 
recueilli par M. Demeuse dans le district du Kasaï, fait partie des 
collections du British Muséum. 

D'après Peters, ce poisson, contrairement à ce qui s'observe chez 
les Clarias, ne se trouve que dans les rivières, jamais dans les eaux 
stagnantes. 



5. EUTROPIUS. 

Mûller et Troschel, Hor. Ichthyol. III, p. 6 (1849); Gûnther, Cat. Fish. 
V, p. 52(1864). 

Corps modérément allongé, fortement comprimé, à 
région précaudale courte. Nageoire dorsale courte, 
composée d'une épine et de 5 ou 6 rayons mous ; 
une petite dorsale adipeuse; nageoire anale très allongée. 
Nageoires pectorales à premier rayon épineux. Nageoires 
ventrales à 6 rayons, insérées sous la dorsale ou en arrière 
de celle-ci. 4 paires de barbillons : une aux narines, une 
aux maxillaires, deux au menton, ces derniers placés 
l'un derrière l'autre ; narines largement séparées, la posté- 
rieure munie d'un barbillon ; yeux tout à fait latéraux, 



EUTROPIUS 267 

à bords libres. Mâchoires munies chacune d'une bande 
de dents en velours ; une bande de dents voméro-pala- 
tines. Membrane des ouïes libre, profondément échan- 
crée. Vessie natatoire grande, libre. 

Ce genre, dont on connaît i3 espèces, est propre à l'Afrique tropi- 
cale et au Nil. C'est par erreur qu'il a été signalé aux Indes (1). 

Le crâne se rapproche beaucoup de celui du genre Silurus, le type 
de la famille, quoique la forme de la tête soit très différente; les os 
sont plus minces et le sus-occipital émet un prolongement styliforme 
qui s'étend presque jusqu'à la nageoire dorsale; les sous-orbitaires 
forment une chaîne d'os très grêles ; il y a deux fontanelles très 
étroites, linéaires, l'antérieure bordée par l'ethmoïde et les frontaux, 
la postérieure dans le complexe pariéto-occipital ; le post-frontal et le 
squamosal sont très étroits et il n'y a ni sur-temporal ni post-temporal 
distincts. Le maxillaire est très réduit; le palatin, en forme de 
bâtonnet, s'étend du pterygo'ide unique au maxillaire et sa face ven- 
trale s'étale en une petite lame dentée, continuation de la bande de 
dents vomériennes. Le sur-claviculaire émet un processus interne en 
forme de stylet dont l'extrémité s'applique contre le basi-occipital. 
Le coracoïde et la clavicule forment une large barre transversale 
relevée en crête mince en avant et en arrière et formant une carène à 
la symphyse. Les 5 premières vertèbres sont unies entre elles en un 
os unique ankylosé au crâne, au sur-claviculaire et aux deux pre- 
miers interneuraux ; leurs apophyses transverses ne forment pas une 
plaque très étendue. Outre ce complexe, il y a 49 vertèbres (chez 
E. niloticus), dont 1 1 seulement peuvent être comptées comme pré- 
caudales ; de ces dernières, les 7 premières sont pourvues de côtes 
courtes et minces attachées à la face inférieure des parapophyses, près 
de leur extrémité, et les 4 dernières ont les parapophyses unies en 
forme de H ou de X et forment des arcs hémaux. Les rayons bran- 
chiostèges sont au nombre de 9 ou 10. La peau est amincie au-dessus 
de la nageoire pectorale et tendue sur la vessie natatoire, ce qui 
permet de distinguer celle-ci de l'extérieur, au moins par le toucher. 

La nourriture de ces Silures consiste surtout en petits poissons, 
vers et crustacés. 



(1) Pimelodus murius, Ham. Buch., qui a été rapporté à ce genre, avec doute il 
est vrai, est un Pseudeutropius. L'espèce décrite par Gûnther sous le nom de 
Eutropius obtusirostris, comme habitant l'Inde, est fondée sur deux jeunes 
E. niloticus. L'habitat repose donc sur une indication erronée. 



268 



SILURIDjE 



Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

I. Barbillon maxillaire plus long que le mandibulaire postérieur; museau dépas- 
sant la mandibule. 



Dorsale au-dessus des ventrales; pectorale beau- 
coup plus longue que la tête; hauteur du corps 4 
à 4 1/3 fois dans la longueur totale; A. 52-60 . . 

Dorsale en partie en avant des ventrales; nageoire 
pectorale à peine plus longue que la tête; hauteur 
du corps 3 2/5 fois dans la longueur totale; A. 52. 

Dorsale entièrement en avant des ventrales ; na- 
geoire pectorale un peu plus courte que la tête; 
hauteur du corps 4 fois dans la longueur totale; 
A. 38-40 



1. E. congolensis, Leach. 



2. E. Grenfelli, Blgr. 



E. Debauwi, Blgr. 



II. Barbillon maxillaire plus court que le mandibulaire postérieur; museau ne 
dépassant pas la mandibule; dorsale entièrement en avant des ventrales; pecto- 
rale plus courte que la tête. 

Hauteur du corps 3 1/2 fois dans la longueur totale ; 

A. 45; bande de dents voméro-palatines aussi 

large que la bande prémnxillaire 

Hauteur du corps 3 3/4 fois dans la longueur totale; 

A. 53; bande de dents voméro-palatines beaucoup 

plus étroite que la bande prémaxillaire .... 



4. E. laticeps, Blgr. 



5. E. Lemairii, Blgr. 



1. EUTROPIUS CONGOLENSIS. 

Silurus congensis, Leach, in Tuckey, Exped. R. Zaire, p. 409 (1818). 
Eutropius congensis, Gûnth. Cat. Fish. V, p 52 (1864). 

La hauteur du corps est comprise 434 i/3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 5 1/2 à 6 fois. La tête est 1 i/5 à 1 1/4 
fois aussi longue que large; le museau, 2 ou 2 1/2 fois aussi long que 
le diamètre de l'œil, 1 2/3 à 2 fois aussi large que long, dépasse nette- 
ment la mâchoire inférieure ; le diamètre de l'œil est compris 6 à 7 fois 
dans la longueur de la tête, le barbillon nasal mesure les 2/7 de la lon- 
gueur de la tête, le maxillaire les 2/5 ou les 2/3 ; le barbillon mandibu- 
laire antérieur est rudimentaire, plus court que l'œil, et le postérieur 
mesure à peu près le tiers de la longueur de la tête. Bande de dents 
voméro-palatines ininterrompue, un peu plus large que la bande pré- 



EUTROPIUS 269 

maxillaire. Les branchiospines sont assez longues et espacées, au nombre 
de i3 à i5 au premier arceau. La nageoire dorsale, située exactement 
au-dessus des ventrales, a 6 rayons branchus, dont le plus long excède 
la longueur de la tête ; l'épine est assez mince, à serrature postérieure 
faible, et est prolongée en un appendice filamenteux qui donne au rayon 
une longueur de beaucoup supérieure à celle de la tête ; la distance du 
bout du museau à la dorsale est comprise presque 2 fois dans la distance 
de celle-ci à la caudale. La dorsale adipeuse est très petite. 52 à 
60 rayons à l'anale. La nageoire pectorale est très longue, comme la 
dorsale, l'épine plus longue que la tête, faiblement dentelée au bord 
interne et prolongée en un filament qui atteint ou dépasse l'origine 
de l'anale. La ventrale mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de 
la tête. La caudale est fourchue, à lobes pointus, plus longue que la 
tête. 

Une aquarelle de Delhez représente ce poisson comme d'un brun 
violacé très foncé en dessus, argenté à reflets verts sur les côtés; l'extré- 
mité des pectorales, les ventrales, l'anale et la base de la caudale d'un 
beau rose. Iris jaune orangé. Le jeune porte une bande latérale noi- 
râtre. 

Longueur totale : 42 centimètres. 

Ce poisson est du nombre des plus anciennement connus du Congo. 
Le type, rapporté en 181 6 par les survivants de l'expédition Tuckey, 
et conservé au British Muséum, provient du Bas-Congo. Des 
exemplaires ont été rapportés de Borna par MM. Wilverth et Wage- 
naar, de Yélala, district de Borna, dans la région des chutes, où ils 
ont été péchés dans les cataractes, et de Kutu, lac Léopold II, par 
Delhez. Le British Muséum en a reçu un exemplaire de Monsembé 
(Haut-Congo) par le révérend J. H. Weeks. Delhez en dit la chair 
délicieuse, ressemblant à celle de la sole. 

Nom indigène à Yélala : Penvo; à Kutu : Nabolambi ; à Mon- 
sembé : Linkamba ja litani. 

L Eutropius congolensis n'a pas encore été rencontré en dehors du 
Congo Les spécimens du Vieux-Calabar et de l'Ogowé, qui y ont été 
rapportés par Gùnther en 1896, ont la nageoire dorsale entièrement en 
avant des ventrales et appartiennent à l'espèce E. niloticus. Les spé- 
cimens signalés à la Côte d'Or par le même auteur en 1899, différant 
par la longueur des barbillons mandibulaires postérieurs, qui égalent 
les maxillaires et mesurent un peu moins de la moitié de la longueur 
de la tête, représentent une espèce distincte, que je désigne sous le nom 
de E. mentalis. 



270 siluridjE 

2. EUTROPIUS GRENFELLI (PL XIII, fig. 2). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. 1, p. 137, pi. L, fig. 1 (1900). 

La hauteur du corps est comprise 3 2/5 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 5 fois. La tête est 1 2/5 fois aussi longue que large; 
le museau, un peu plus long que l'œil, 2 fois aussi large que long, 
dépasse nettement la mâchoire inférieure; le diamètre de l'œil est com- 
pris 4 fois dans la longueur de la tête ; le barbillon nasal mesure le 
tiers de la longueur de la tête, le maxillaire les 5/6; le mandibulaire 
antérieur est aussi long que l'œil, le postérieur mesure les 3/5 de la Ion 
gueur de la tête. Bande de dents voméro-palatines ininterrompue, un 
peu moins large que la bande prémaxillaire. Les branchiospines sont 
courtes et espacées, au nombre de 10 au premier arceau. La nageoire 
dorsale, dont la moitié de la base est en avant du plomb des ventrales, 
a 6 rayons branchus, dont le plus long égale la longueur de la tête; 
l'épine est assez mince, à serrature postérieure faible, sa longueur, y 
compris l'appendice filamenteux qui le termine, excède un peu la lon- 
gueur de la tête; la distance du bout du museau à la dorsale est com- 
prise 1 3/4 fois dans la distance de celle-ci à la caudale La dorsale 
adipeuse est très petite. 52 rayons à l'anale. La pectorale, à peine plus 
longue que la tête, atteint la racine de la ventrale; l'épine, faiblement 
dentelée au bord interne, est un peu moins longue que la tête. La 
ventrale mesure les 2/3 de la tête. La caudale est fourchue, à lobes 
pointus, un peu plus longue que la tête. 

Blanc argenté, dos brun (en alcool) ; une grande tache noirâtre arron- 
die au-dessus de l'épaule. 

Longueur totale : 21 5 millimètres. 

Le spécimen, type de l'espèce, a été rapporté de Bolobo et offert au 
British Muséum par le révérend George Grenfell, auquel l'espèce est 
dédiée. 

3. EUTROPIUS DEBAUWI. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p 138, pi. L, fig. 2 (1900). 

La hauteur du corps est comprise 4 a 41/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 5 fois. La tête est 1 1/2 à 1 3/4 fois aussi 
longue que large; le museau est aussi long que l'œil et dépasse un peu 
la mâchoire inférieure ; le diamètre de l'œil est compris 3 1/2 fois dans 
la largeur de la tête ; le barbillon nasal mesure le 1/4 ou le i/5 de la 



EUTROPlUS 271 

longueur de la tête, le maxillaire les 3/4, le mandibulaire postérieur la 
1/2. La nageoire dorsale, située bien en avant des ventrales, a 5 rayons 
branchus, dont le plus long mesure les 2/3 de la longueur de la tête ; 
l'épine est assez mince et distinctement dentelée en avant et en arrière ; 
la distance du bout du museau à la dorsale est comprise plus de 2 fois 
dans la distance de celle-ci à la caudale. La dorsale adipeuse est 
très petite. 38 à 40 rayons à l'anale. La pectorale, plus courte que la 
tête, n'atteint pas la ventrale, qui mesure à peine la moitié de la lon- 
gueur de la tête. La caudale est fourchue. 

Jaunâtre (en alcool); un trait noirâtre le long du milieu de la cau- 
dale; un second, parallèle au premier, sur le lobe supérieur. 

Longueur totale : 7 centimètres. 

Deux individus jeunes, provenant de l'Uerré, font partie d'une petite 
collection due aux soins de M. le lieutenant De Bauw. 



4. EUTROPIUS LATICEPS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 105, pi. XLI, fig. 2 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 3 1/2 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 1/2 fois. La tête est à peine plus longue que 
large; le museau, aussi long que le diamètre de l'œil, 4 fois aussi 
large que long, ne dépasse ni n'est dépassé par la mâchoire inférieure ; 
le diamètre de l'œil est compris 5 fois dans la longueur de la tète ; le 
barbillon nasal mesure les 2/5 de la longueur de la tête, le maxillaire 
les 2/3, le mandibulaire antérieur le 1/4, le mandibulaire postérieur les 
4/5. La bande de dents voméro-palatines est ininterrompue, aussi large 
que la bande prémaxillaire. Les branchiospines sont assez longues et 
espacées, au nombre de 12 au premier arceau. La nageoire dorsale, 
située entièrement en avant des ventrales, a 6 rayons branchus, dont le 
plus long mesure presque la longueur de la tête; l'épine est médiocre- 
ment forte, à serrature postérieure bien marquée dans son tiers supé- 
rieur; la distance du bout du museau à la dorsale est comprise 
1 2/3 fois dans la distance de celle-ci à la caudale. La dorsale adipeuse 
est très petite. 45 rayons à l'anale. La pectorale est un peu plus courte 
que la tête, l'épine un peu plus forte que celle de la dorsale et faible- 
ment dentelée au bord interne La ventrale mesure les .3/5 de la lon- 
gueur de la tête. La caudale est fourchue, à lobes pointus, longue 
comme la tête. 

Brun foncé en dessus, violacé en dessous, à reflets verts sur les 
côtés ; nageoires brun olive. Iris violet, pupille orange. 



272 silurid^: 

Longueur totale : 2 3 centimètres. 
Kutu (lac Léopold II). Collection Delhez. 

D'après les indigènes, ce poisson, nommé Etâta, atteindrait une 
longueur de 2 mètres. La chair est bonne. 



5. EUTROPIUS LEMAIRII. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 138, pi. L, fig. 3 C1900). 

La hauteur du corps est comprise 3 3/4 à 4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 1/2 à 4 2/3 fois. La tête est un peu plus 
longue que large; le museau, un peu plus long que le diamètre de 
l'œil, 2 1/2 à 3 fois aussi large que long, ne dépasse ni n'est dépassé par 
la mâchoire inférieure; le diamètre de l'œil est compris 5 à 5 1/2 fois 
dans la longueur de la tête, 3 à 3 1/2 fois dans la largeur interoculaire; 
le barbillon nasal mesure le i/3 de la longueur de la tête, le maxillaire 
les 2/5, le mandibulaire antérieur le r/5, le mandibulaire postérieur la 
1/2. La bande de dents voméro-palatines est ininterrompue, étroite, 
mesurant à peine la moitié de la largeur de la bande prémaxillaire. Les 
branchiospines sont assez longues et espacées, au nombre de 14 ou i5 
au premier arceau. La nageoire dorsale, située entièrement en avant 
des ventrales, a 6 rayons branchus, dont le plus long ne mesure que 
les 2/3 de la longueur de la tête; l'épine, qui mesure un peu plus de la 
moitié de la longueur de la tête, est médiocrement forte, à serrature 
faible au bord postérieur de sa moitié supérieure ; la distance du bout 
du museau à la dorsale est comprise près de 2 fois dans la distance de 
celle-ci à la caudale. La dorsale adipeuse est très petite. La nageoire 
anale a 53 rayons. La nageoire pectorale mesure les 2/3 de la lon- 
gueur de la tète et n'atteint pas la racine de la ventrale; l'épine est un 
peu plus forte que celle de la dorsale et faiblement dentelée au bord 
interne. La nageoire ventrale mesure un peu moins de la moitié de la 
longueur de la tête. La nageoire caudale est fourchue, à lobes obtus, 
plus courte que la tête. 

Brun foncé en dessus (en alcool), blanc en dessous, les côtés du 
corps finement pointillés de noirâtre; une grande tache noirâtre der- 
rière l'épaule. 

Deux individus, mesurant 3o et 16 centimètres repectivement, ont 
été recueillis à Lofoï (Katanga) par la mission dirigée par M. le capi- 
taine Charles Lemaire, en l'honneur duquel j'ai eu le plaisir de 
nommer cette espèce. 



SCHILBE 273 



6. SCHILBE. 

Cuvier, Règne Anim. II, p. 202 (1817), part.; Gûnther, Cat. Fish. V, p. 49 
(1864). 

Ne diffère du genre précédent que par l'absence de la dorsale adi- 
peuse. 

Nil et Afrique tropicale. Des quatre espèces connues (1), deux ont 
été rencontrées au Congo. 



1. SCHILBE MYSTUS. 

Silurus mystus, Linné, Syst. Nat. I, p. 502 (1766); Geoffroy, Descr. Egypte, 
Poiss. pi. XI, fig. 3 (1829); Joannis, Rev. et Mag. Zool. 1835, Poiss. pi. XII. 

Schilbe intermedius, Rûppell, Fortsetz. Beschr. Abbild. n. Fische, p. 6(1832). 

Schilbe auratus, Joannis, 1. c. pi. V. 

Schilbe mystus, Cuv. et Val. Hist. Poiss. XIV, p. 372 (1839); GûNTH.Cat. Fish. 
V. p. 50(1864); Schilth. Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. (2) III, 1891, p. 84. 

La hauteur du corps est comprise 434 3/4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 5 à 5 1/2 fois. La tête est 1/6 à 1/4 plus 
longue que large; la mâchoire inférieure dépasse un peu le museau, 
qui est 2 à 2 1/2 fois aussi large que long et aussi long ou plus long 
que le diamètre de l'œil ; celui-ci est compris 4 à 6 fois dans la longueur 
de la tête et 2 à 4 fois dans la largeur interorbitaire ; le barbillon nasal 
mesure les 2/5 ou la moitié de la longueur de la tête, le maxillaire la 
moitié ou les 2/3 ; le barbillon mandibulaire antérieur égale ou excède 
à peine le diamètre de l'œil, le postérieur mesure les 3/5 ou les 2/3 de 
la longueur de la tête. Bande de dents voméro-palatines ininterrom- 
pue, plus étroite que la bande prémaxillaire. Les branchiospines sont 
assez longues et espacées, au nombre de 14 ou i5 au premier arceau. 
La nageoire dorsale a 5 ou 6 rayons branchus et est située immédia- 
tement en avant de la ventrale ; les plus longs rayons sont plus courts 
que la tête ; l'épine est assez mince, à serrature faible en arrière, et 
mesure à peu près les 2/3 de la longueur de la tête ; la distance du bout 
du museau a la dorsale est comprise 2 fois, ou un peu plus de 2 fois, 
dans la distance de celle-ci à la caudale. 55 à 65 rayons à l'anale. 

(1) Il y a lieu de rayer l'espèce nominale S. Hasselquisti, C. et V., car j'ai pu 
m'assurer, sur le type conservé au Muséum de Paris, qu'elle a été établie sur un 
Eutropius niloticus, Rûpp. La nageoire dorsale adipeuse, dont il n'est pas fait men- 
tion dans la description, est pourtant bien distincte. 



274 SILURID.E 

Pectorale un peu plus courte que la tête, n'atteignant pas la base de la 
ventrale ; épine aussi longue mais plus forte que celle de la dorsale, 
faiblement dentelée au bord interne. Clavicule prolongée en une épine 
courte au-dessus de la pectorale. Ventrale mesurant la moitié ou les 
3/5 de la longueur de la tête. Caudale profondément échancrée, à 
lobes plus ou moins pointus, presque aussi longue que la tête. 

Brunâtre en dessus, argenté sur les côtés et en dessous ; une grande 
tache noirâtre arrondie sur la ligne latérale derrière la tête ; une bande 
latérale grise ou noirâtre, plus distincte chez les jeunes; une bande 
grisâtre parfois présente le long de l'anale ainsi que sur chaque lobe 
de la caudale. 

Longueur totale : 3o centimètres. 

Cette espèce, le type du genre, est connue du Nil et du Calabar. 
Elle a été trouvée dans le Bas-Congo par M. Greshorf. J'y rapporte, 
mais avec un point d'interrogation, un individu en peau du lac Moero 
envoyé au British Muséum par M. Alfred Sharpe. 



2. SCHILBE DISPILA. 
Gûnther, Cat. Fish. V, p. 51 (1864), et Ann. & Mag. N.H.(6) XVII, 1896, p. 276. 

La hauteur du corps est comprise 3 à 4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 1/2 à 5 fois. La tête est d'un quart 
plus longue que large; la mâchoire inférieure dépasse à peine le 
museau, qui est à peu près deux fois aussi large que long et aussi 
long ou un peu plus long que le diamètre de l'œil ; celui-ci est 
compris 3 2/3 à 4 fois dans la longueur de la tête et 2 à 2 2/3 dans la 
largeur interorbitaire ; le barbillon nasal mesure à peu près la moitié 
de la longueur de la tête, le maxillaire à peu près les deux tiers ; le 
barbillon mandibulaire antérieur égale ou excède un peu le diamètre 
de l'œil, le postérieur est aussi long que la tête ou en mesure au 
moins les 3/4. Bande de dents voméro-palatines ininterrompue, plus 
étroite que la bande prémaxillaire. Les branchiospines sont assez 
longues et espacées, au nombre de 12 à i5 au premier arceau. La 
nageoire dorsale a 5 ou 6 rayons branchus, dont les derniers corres- 
pondent à la base de la ventrale ; les plus longs rayons sont plus 
courts que la tête; l'épine est assez mince, à serrature faible en 
arrière, et mesure à peu près les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête ; 
la distance du bout du museau à la dorsale est comprise 2 fois dans 
la distance de celle-ci à la caudale. 5y à 67 rayons à l'anale. Pectorale 
un peu plus courte que la tête, atteignant ou atteignant presque la 



PARAILIA 275 

base de la ventrale ; épine aussi longue mais plus forte que celle de la 
dorsale, faiblement dentelée au bord interne. Clavicule prolongée en 
épine courte. Ventrale mesurant la moitié ou les 3/5 de la longueur de 
la tête. Caudale profondément échancrée, à lobes arrondis, plus 
courte que la tête. 

Brunâtre en dessus, argenté sur les côtés et en dessous ; une grande 
tache noirâtre arrondie sur la ligne latérale entre la nageoire pectorale 
et la ventrale; nageoires brunes. 

Longueur totale : 22 centimètres. 

Cette espèce, voisine de la précédente, dont elle diffère surtout par 
les barbillons mandibulaires plus allongés, est connue du Nil Blanc, 
du Niger, du Calabar et du Gabon Elle a été trouvée au Congo à 
Léopoldville (coll. Wilverth etWagenaar), à Monsembé (Weeks),dans 
le pays des Bangalas (Demeuse), et dans l'Uerré (De Bauw). 



7. PARAILIA. 

Boulenger, Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 105(1899). 

Corps allongé, fortement comprimé ; pas de nageoire 
dorsale ni d'adipeuse ; nageoire anale très allongée, déten- 
dant depuis les ventrales jusqu'à la caudale. Nageoires 
pectorales à premier rayon épineux. Ventrales très petites, 
à 6 rayons. Une seule rangée de très petites dents aux 
mâchoires. Pas de dents au palais. Yeux grands, à bords 
libres, situés au niveau de la bouche, derrière les com- 
missures des mâchoires. Narines très rapprochées. Quatre 
paires de barbillons : nasal, maxillaire, deux mandibu- 
laires. Membrane des ouïes complètement libre. 

Ce genre se rapproche de Siluranodon , Blkr., du Nil, dont il diffère 
par la présence de dents aux mâchoires et par l'absence de la nageoire 
dorsale, et de Ailia, Gray, de l'Inde et de l'Afrique orientale, dont il 
diffère par l'absence de dents vomériennes et de nageoire adipeuse, 
ainsi que par la forme de la vessie natatoire. Celle-ci, quoique petite,' 
est libre, comme chez Eutropius, Schilbe et Siluranodon, et se dis- 
tingue sous la peau derrière l'opercule, sans toutefois permettre le 



276 SILURIDiE 

passage de la lumière. Chez Ailia (1), au contraire, la vessie natatoire 
est un tube transversal en croissant, en partie emprisonné dans 
un cylindre osseux formé par les apophyses transverses des vertèbres 
antérieures ankylosées. Le squelette de Par ailia congica ressemble à 
celui de Entropius, mais les fontanelles du crâne sont plus grandes et 
le nombre des vertèbres est de 5 4. : 5 ankylosées, 5 précaudales libres, 
44 caudales. 



1. PARAILIA CONGICA. 

BOULENG. 1. C. p. ÎOÔ, pi. XLI, fig. 3. 

La hauteur du corps est comprise 5 à 5 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 6 à 7 fois. Le diamètre de l'œil excède 
la longueur du museau et est compris 3 1/4 à 3 1/2 fois dans la lon- 
gueur de la tête; la bouche est oblique, les mâchoires égales en avant ; 
le crâne est lisse ; une fontanelle occipitale étroite, allongée ; barbillon 
nasal aussi long que la tête, mesurant à peu près les 2/3 du barbillon 
maxillaire et la moitié des mandibulaires ; ceux ci très rapprochés, 
insérés en ligne transversale tout près du bord de la mâchoire. La 
nageoire pectorale égale la longeur de la tête ; son épine est assez forte, 
lisse, et en mesure les 3/4. Les nageoires ventrales, très petites et très 
rapprochées l'une de l'autre, marquent le quart antérieur de la lon- 
gueur totale. La nageoire anale est composée de 80 à 92 rayons ; elle 
atteint la racine de la caudale, sans toutefois se confondre avec elle. 
La nageoire caudale est fourchue. 

Le corps est d'un olive clair pointillé de noirâtre ; la tête et l'arête 
dorsale sont d'un brun noirâtre, les nageoires d'un gris bleuâtre ou 
verdâtre. L'iris est violet foncé et la pupille jaunâtre. 

Ce petit poisson ne dépasse pas une longueur de 8 centimètres. 
Malgré cette taille si réduite, il y a lieu de considérer les exemplaires 
ici décrits comme ayant atteint leur maturité ; une femelle que j'ai 
ouverte avait les ovaires remplis d'œufs très développés. 

Delheza rapporté plusieurs individus pris dans l'Ebinga (rivière du 
lac Léopold II) parmi les rochers et herbes. Les indigènes, qui donnent 
à cette espèce le nom de Bolengi, en pèchent de très fortes quantités, 
qu'ils étendent au soleil sur de grandes nattes. Delhez a retrouvé la 
même espèce dans le Congo, à Borna, parmi les herbes- 

(1) L'espèce africaine récemment décrite par Vinciguerra (Ann. Mus. Genova [2] 
XVII, 1897, p. 346) sous le nom de Ailia somalensis, n'a pas été examinée sous ce 
rapport. 



CHRYSICHTHYS 277 



8. CHRYSICHTHYS 

Bleeker, Act. Soc. R. Se. Ind. Nederl. IV, 1858, p. 60, et Nederl. Tijdschr. 
Dierk. I, 1863, p 95; Gùnther, Cat. Fish. V, p. 70 (1864). 
Melanodactylus, Bleeker, 11. ce. 
Chrysobagrus, Boulenger, Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 46 (1899). 

Corps médiocrement allongé, faiblement comprimé. 
Nageoire dorsale courte, composée d'une épine et de 5 ou 
6 rayons mous ; une dorsale adipeuse plus ou moins 
grande; nageoire anale courte. Nageoires pectorales à 
premier rayon épineux. Nageoires ventrales à 6 rayons, 
insérées en arrière de la dorsale. 4 paires de barbillons : 
une aux narines, une aux maxillaires, deux au menton ; 
narines largement séparées, la postérieure munie d'un 
barbillon ; yeux supéro-latéraux, à bords libres. Mâ- 
choires munies chacune d'une bande de dents en velours ; 
une bande de dents (souvent interrompue au milieu) sur 
le vomer, souvent plus ou moins prolongée sur les pté- 
rygoïdes. Membrane des ouïes libre, profondément 
échancrée. Vessie natatoire grande, libre. 

Une vingtaine d'espèces, de l'Afrique tropicale et du Nil. 

Le crâne, tantôt lisse, tantôt rugueux en dessus, est exactement 
intermédiaire entre celui des genres précédents et celui de Synodontis . 
Un processus occipital s'articule, comme chez ces derniers, avec un 
bouclier osseux formé par les trois premiers interneuraux, mais ce 
bouclier reste toujours très étroit. A la face supérieure du crâne on 
distingue l'etbmoïde, une paire de frontaux, une paire de préfrontaux, 
une paire de postfrontaux, une paire de sur-temporaux, une paire de 
post-temporaux, et l'os unique nommé pariéto-occipital. Il y a une 
fontanelle unique, bordée par l'ethmoïde et par les frontaux. Le 
maxillaire supporte la base du barbillon. Le palatin est un os étroit, 
qui repose sur la face dorsale des ptérygoïdes(ento-et ectoptérygoïde) et 
s'étend en avant jusqu'au prémaxillaire. Le sur-claviculaire est sutu- 
ralement attaché au sur-temporal et au squamosal et son processus 
interne, très développé, s'articule au basioccipital ; l'arcade très 
massive formée par la clavicule et le coracoide peuvent se relever 
verticalement en arrière pour former un diaphragme osseux plus ou 



2^8 SI LU RIDA 

moins développé (i), mais toujours moins que chez les Synodontis. 
Les six premières vertèbres sont ankylosées et leurs apophyses trans- 
verses forment une plaque unique, une sorte de selle qui recouvre la 
vessie natatoire ; leurs apophyses épineuses sont aussi unies entre elles 
et au processus occipital. En arrière de ce complexe on compte 10 à 
20 vertèbres précaudales et 24 a 27 caudales. 8 à 1 3 des vertèbres précau- 
dales sont munies de côtes, les antérieures attachées à la face inférieure 
de longues parapophyses ; chacune des 2 à 4 dernières vertèbres pré- 
caudales est transformée en arc hémal par un pont osseux reliant ses 
parapophyses. 

Les rayons branchiostèges sont au nombre de g ou 10. 

L'absence de muscles entre la peau et la partie antérieure de la 
vessie natatoire permet de reconnaître la présence de celle-ci de 
l'extérieur, bien qu'à un degré moindre que chez Eutropius et Schilbe. 

Me rangeant à l'opinion de Gûnther (2), opinion fondée sur la 
variabilité de la dentition chez certaines espèces, je réunis aux Chry- 
sichthys le genre Chrysobagrus que j'avais cru devoir en séparer. Il 
n'en est pas moins vrai que la disposition des dents sur le palais four- 
nit, le plus souvent, d'excellentes indications et je crois encore pou- 
voir disposer les espèces du bassin du Congo en deux groupes répon- 
dant à ceux que j'avais d'abord distingués génériquement, c'est-à-dire, 
d'une part celles dont les os ptérygoïdiens portent des dents, d'autre 
part celles dont le vomer seul en est pourvu. 



Synopsis des espèces du bassin du Congo. 

I. Dents du palais formant une bande sur le vomer et les ptérygoïdes. 

A. 12 a 16 rayons à l'anale, 8 à 11 branchus. 

1. Caudale à lobes longs et pointus, les plus longs rayons mesurant au moins 
le triple des médians; tête presque lisse en dessus. 

Tête d'un tiers ou de moitié plus longue que large; 

longueur du museau égalant à peu près la largeur de 

la bouche; le plus long rayon de la dorsale un peu 

plus court que la tête 1. C. furcatus, Gthr 

Tête d'un quart plus longue que large; longueur du 

museau égalant les 3/5 de la largeur de la bouche; le 

plus long rayon de la dorsale beaucoup plus court que 

la tête 2. C Sharpii, Blgr. 

(1) Plus chez C. auratus et C. macrops que chez C. polyodon; existe peine 
chez C. Cranchii. 

(2) Proc. Zool. Soc. 1899, p. 718. 



GHRYSICHTHYS 279 

2. Les plus longs rayons de la caudale ne mesurant pas plus de 2 1/2 fois les 
médians (1); le plus long rayon de la dorsale plus court que la tête. 

Tête rugueuse en dessus, d'un quart ou d'un tiers plus 

longue que large; barbillon mandibulaire externe 

mesurant les 3/5 ou les 2/3 de la longueur de la tête. 3. C. Cranchii, Leach. 
Tête rugueuse en dessus, d'un cinquième ou d'un 

sixième plus longue que large; barbillon mandibulaire 

externe mesurant la moitié ou le tiers de la longueur 

de la tête 4. C. myriodon, Blgr. 

Tête lisse en dessus, d'un cinquième ou d'un sixième 

plus longue que large; barbillon mandibulaire externe 

mesurant la moitié ou le tiers de la longueur de la 

tête 5. C. brachynema, Blgr. 

B. 11 rayons à l'anale, 7 branchus; lobes de la caudale arrondis. 

Bandes de dents vomériennes séparées sur la ligne 

médiane par un espace égal au tiers ou à la moitié 

de la distance qui sépare les narines antérieures; tête 

rugueuse en dessus; caudale assez profondément 

échancrée; le plus long rayon de la dorsale mesure 

les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête .... 6. C. punctatus, Blgr. 
Bandes de dents vomériennes étroitement séparées sur 

la ligne médiane; tête en grande partie lisse en dessus; 

caudale très faiblement échancrée ; le plus long rayon 

de la dorsale mesure la moitié de la longueur de la 

tête 7. C. Delheçi, Blgr. 

Bandes de dents vomériennes séparées par un espace 

égal à la distance qui sépare les narines antérieures ; 

tête lisse en dessus ; caudale faiblement échancrée ; 

le plus long rayon de la dorsale égale les 3/4 de la lon- 
gueur de la tête . . 8. C. Wagenaari, Blgr. 

II. Dents du palais en deux petits groupes sur le vomer; 12 ou 13 rayons à l'anale, 
8 ou 9 branchus; caudale fourchue, à lobes longs et pointus. 

Barbillon maxillaire ne dépassant pas, ou dépassant à 

peine, la base de l'épine pectorale 9. C. brevibarbis, Blgr. 

Barbillon maxillaire atteignant la nageoire anale ou le 

pédicule caudal 10. C. longibarbis, Blgr. 

Ce synopsis est tout à fait provisoire. Le nombre des spécimens qui ont servi à le 
dresser est beaucoup trop restreint pour que les changements qui se produisent avec 
l'âge puissent être bien compris. 

(1) La caudale est plus profondément échancrée, plus fourchue, chez les jeunes 
que chez les adultes. 



280 silurid^: 



i. CHRYSIGHTHYS FURCATUS. 

Chrysichthys furcatus, Gunth. Cat. Fish. V, p. 430(1864); Steindachn. Sitzb. 
Ak. Wien. LXI, II, 1870, p. 992, pi. VIII. 

La hauteur du corps est contenue 4 2/3 à 6 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 2/3 à 3 3/4 fois. La tête est médiocre- 
ment déprimée, de moitié ou d'un tiers plus longue que large, presque 
lisse en dessus ; le museau, arrondi, dépassant nettement la mâchoire 
inférieure, mesure un peu moins du tiers de la longueur de la tête et 
égale à peu près la largeur de la bouche; l'œil, ovale, mesure, chez 
l'adulte, i/5 de la longueur de la tête et la moitié, ou un peu moins 
de la moitié, de la largeur interoculaire ; le prolongement occipital, 
faiblement rugueux, est étroit, sa longueur plus du double de sa lar- 
geur au milieu, et en contact avec le bouclier de l' interépineux, qui est 
un peu plus long que large et affecte la forme d'un triangle à base 
échancrée; le barbillon nasal est très mince, égalant tout au plus le 
diamètre de l'œil, n'en mesurant souvent que les 2/3; le barbillon 
maxillaire égale les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête et ne dépasse 
pas la base de la nageoire pectorale ; le barbillon mandibulaire interne 
mesure les 2/3 environ de l'externe, dont la longueur égale les 2/5 ou la 
1/2 de celle de la tête. Les dents voméro-ptérygoïdienries forment deux 
bandes séparées sur la ligne médiane par un espace assez peu consi- 
dérable; ces bandes sont étroites chez les jeunes, presque aussi larges 
que la bande de dents prémaxillaires chez les adultes. La nageoire 
dorsale, composée d'une forte épine et de 6 rayons mous, est assez 
élevée ; l'épine mesure environ les 2/3 de la tête chez l'adulte, elle est 
finement striée et armée de très faibles dents en arrière ; le premier 
rayon mou est un peu plus court que la tête. La dorsale adipeuse n'est 
pas plus longue que haute ; sa base égale la moitié ou les 2/3 de celle 
de la dorsale rayonnée et le 1/4 ou le i/3 de la distance qui la sépare 
de celle-ci. L'anale a 14 à 16 rayons, dont 9 à 11 branchus; le pre- 
mier rayon branchu est le plus long et les rayons suivants décroissent 
rapidement, ce qui donne à la nageoire une forme pointue. L'épine de 
la pectorale, un peu plus courte mais plus forte que celle de la 
dorsale, est finement striée ; elle porte, au bord interne, 14 à 20 dents 
assez fortes et réclinées. La nageoire ventrale n'atteint pas l'anale. 
La nageoire caudale est profondément fourchue, à lobes longs et 
pointus, les plus longs rayons mesurant le triple des médians. La 
moindre hauteur du pédicule caudal est comprise 1 2/3 à 2 fois 
dans sa longueur. La ligne latérale est fortement ramifiée. 



CHRYSICHTHYS 281 

Gris-fer foncé en dessus, blanc en dessous ; à l'état frais les côtés 
du corps ont des reflets jaunes et verts ; nageoires grises, les pecto- 
rales, les ventrales et l'anale jaunes r la base; l'adipeuse parfois rou- 
geâtre. Iris violacé. 

Longueur totale : 46 centimètres. — Atteindrait, d'après les indi- 
gènes, une longueur de près de 1 mètre. 

Les jeunes (i5 à 21 centim.) ont l'œil compris 434 1/2 fois dans la 
longueur totale, l'épine de la dorsale mesurant les 4/5 ou les 5/6 de la 
longueur de la tête, et les rayons externes de la caudale 3 1/234 fois 
aussi longs que les médians. 

Noms indigènes : Tchinkrvandji à Banana, Tchimbanbo à Borna. 

Se nourrirait d'herbes .et de fruits. J'ai trouvé l'estomac rempli de 
bivalves (du genre Galatea, d'après mon collègue M. Edgard Smith). 

Cette espèce habite l'embouchure des fleuves de l'Afrique occiden- 
tale, au nord jusqu'au Sénégal. Delhez en a rapporté plusieurs exem- 
plaires de Banana et de Borna. 



2. CHRYSICHTHYS SHARPII. 

Bouleng Ann. & Mag. N. H. (7) VII, 1901, p. 81. 

La hauteur du corps est comprise 5 1/2 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 fois. La tête est très déprimée, d'un quart plus 
longue que large, presque lisse en dessus; le museau, largement 
arrondi, dépasse un peu la mâchoire inférieure, mesurée peu près le 
tiers de la longueur de la tête et les 3/5 de la largeur de la bouche; 
l'oeil, ovale, mesure 1/6 de la longueur de la tête et 2/5 de la largeur 
interoculaire; le prolongement occipital, lisse, est un peu plus long 
que large et en contact avec le bouclier de l'interépineux, qui est en 
forme de triangle à base échancrée ; le barbillon nasal, très mince, 
mesure les deux tiers du diamètre de l'œil ; le barbillon maxillaire 
égale les 3/5 de la longueur de la tête et n'atteint pas la base 
de la nageoire pectorale ; le barbillon mandibulaire interne mesure les 
2/3 de l'externe, dont la longueur égale les 2/5 de celle de la tête. Les 
dents voméro-ptérygoïdiennes forment une bande en croissant à peine 
interrompue sur la ligne médiane ; cette bande mesure à peu près la 
moitié de la largeur de la bande de dents prémaxillaires. La nageoire 
dorsale est composée d'une assez forte épine et de 5 rayons mous ; 
l'épine, finement striée, non dentelée, mesure la moitié de la longueur 
de la tête, le plus long rayon mou en mesure les 2/3. La dorsale adi- 
peuse n'est pas plus longue que haute ; sa base égale la moitié de celle 



282 SILURIDjE 

de la dorsale rayonnée et 1/7 de la distance qui la sépare de celle-ci. 
L'anale a i3 rayons, dont 8 branchus. L'épine de la pectorale, aussi 
longue et un peu plus forte que celle de la dorsale, est striée et armée au 
bord interne de 12 dents assez fortes et réclinées. La nageoire ventrale 
n'atteint pas l'anale. La nageoire caudale est profondément fourchue, 
à lobes longs et pointus, les plus longs rayons mesurant à peu près 
le triple des médians. Le pédicule caudal est un peu moins de 2 fois 
aussi long que haut. 

Cette espèce est décrite d'après un individu en peau, mesurant 
37 centimètres, provenant du lac Moero et offert au British Muséum 
par M. Alfred Sharpe, administrateur et consul général de l'Afrique 
centrale anglaise. 



3. GHRYSICHTHYS CRANCHII. 

Pimelodus Cranchii, Leach, in Tuckey, Exped. R. Zaire, p. 409 (1818); Griffith 
et Smith, An. Kingd. pi XL (1834). 

Chrysichthys Cranchii, Gûnth. Cat. Fish. V, p. 72 (1864); Schilthuis, 
Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. (2) III, 1891, p. 84; Bouleng. Tr. Zool. Soc. XV, 
1899, p. 95. 

La hauteur du corps est contenue 484 1/4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 à 3 1/4 fois. La tête est large et très 
déprimée, d'un quart plus longue que large, rugueuse et striée sur le 
vertex et l'occiput ; le museau est largement arrondi et dépasse à peine 
la mâchoire inférieure ; sa longueur égale environ le tiers de la tête et 
le triple du diamètre de l'œil, qui est compris 8 ou 9 fois dans la lon- 
gueur de la tête et 3 1/2 à 5 fois dans la largeur interoculaire; le pro- 
longement occipital, rugueux comme l'occiput, est en contact avec le 
bouclier de l'interépineux, qui est triangulaire équilatéral ou un peu 
plus long que large; le barbillon nasal mesure le diamètre de l'œil ou 
un peu plus, le barbillon maxillaire les 3/5 ou les 2/3 de la tête; le 
barbillon mandibulaire externe, un peu plus long que l'interne, mesure 
les 2/5 ou la 1/2 de la tête. Les dents voméro-ptérygo'idiennes forment 
une large bande en croissant à peine interrompue au milieu et s'atté- 
nuant en arrière ; sa largeur n'est qu'un peu moindre que celle de 
la bande prémaxillaire. La nageoire dorsale a 6 rayons mous ; l'épine, 
rugueuse mais non dentelée, mesure la moitié ou près de la moitié de 
la longueur de la tête et les 3/4 des plus longs rayons mous. La dor- 
sale adipeuse est une demi-fois plus longue que haute, sa base égale 
presque celle de la dorsale rayonnée et un peu moins de la moitié de 



CHRYSICHTHYS 283 

la distance qui la sépare de celle-ci. L'anale a i3 ou 14 rayons, dont 
9 ou 10 branchus. L'épine pectorale, aussi longue que celle de la 
dorsale, est très faiblement denticulée sur ses deux bords. La nageoire 
ventrale n'atteint pas l'anale. La nageoire caudale est profondément 
échancrée, en croissant, à lobes obtusément pointus; les rayons 
externes mesurant le double ou un peu plus du double des médians. 
La longueur du pédicule caudal excède d'un tiers ou de moitié sa 
moindre hauteur. 

Brun foncé en dessus, blanc en dessous. D'après Delhez, le corps a 
des reflets métalliques verts et lilas, les nageoires sont d'un jaune 
olivâtre ou brun-rouge, la pupille est orange et l'iris violet. 

La description précédente est prise sur un exemplaire d'un mètre de 
long provenant de Matadi (coll. Wilverth et Wagenaar) et sur un de 
70 centimètres provenant de Borna (coll. Delhez). 

Le type de l'espèce, recueilli par la malheureuse expédition com- 
mandée par le capitaine Tuckey au commencement du siècle et con- 
servé au British Muséum, est un jeune, mesurant 20 centimètres. Par 
suite de la différence d'âge, les proportions ne sont pas les mêmes. La 
hauteur du corps est comprise 5 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tête 3 fois (comme chez l'adulte) ; la tête est d'un tiers 
plus longue que large ; le diamètre de l'œil est compris près de 6 fois 
dans la longueur de la tête, deux fois dans la longueur du museau, 
qui égale la largeur interoculaire. La serrature au bord interne de 
l'épine pectorale est forte. 12 rayons à l'anale, dont 8 branchus. 

Des individus mesurant de 8 à 48 centimètres ont été recueillis par 
Delhez dans le Haut-Congo à Coquilhatville et dans le lac Léopold II, 
par M. J. E. S. Moore et par M. le capitaine Hecq dans le Tanganika. 
Les tout jeunes ont les lobes de la caudale plus longs et plus pointus, 
les rayons externes 2 1/2 fois aussi longs que les médians, le barbillon 
maxillaire aussi long que la tête, et l'épine pectorale fortement den- 
telée au bord interne. 

Nom indigène à Kutu : Ikoli; à Upoto : Libobu. 

Le C. Cranchii, est connu du Congo et du Tanganika. Les indi- 
vidus du Sénégal qui y ont été rapportés par Steindachner (1) appar- 
tiennent à une espèce distincte, C. nigrita, C. et V., à barbillons plus 
allongés, ainsi que l'a reconnu Sauvage (2). 

Cette espèce atteint, comme Auchenoglanis biscutatus, une taille 
énorme, une longueur de plus d'un mètre. D'après M. Masui, on en 



(1) Sitzb. Akad. Wien, LX. 1869, p. 987. 

(2) Nouv. Axch. du Mus. (2) III, 1880, p. 40. 



284 SILURIDyE 

pêche que deux hommes ont peine à porter et qui suffiraient à fournir un 
plat substantiel à la table de quarante blancs. M. Wilverth, qui com- 
pare la chair de ce Silure à celle du cabillaud, comme goût, dit qu'il 
en a été péché du poids de 80 livres. En 1892, à Léopoldville, une 
équipe de Bakokos rapportait journellement une couple de ces 
monstres, qu'ils prenaient à la ligne. Une photographie représentant 
un de ces grands poissons, pris dans la rivière Kwango, suspendu à 
une perche et porté par deux jeunes nègres a été reproduite dans la 
Belgique coloniale (1896, p. 85) et sur des cartes postales vendues à 
Bruxelles. 

Delhez a constaté que ce poisson produit, hors de l'eau, un cri 
rauque, semblable à un aboiement. 



4. CHRYSICHTHYS MYRIODON. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 139, pi. LI (1900). 

La hauteur du corps est contenue 4 1/2 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 3 i/3 à 3 1/2 fois. La tête est large et très dépri- 
mée, d'un sixième plus longue que large, rugueuse sur le vertex et sur 
l'occiput; le museau est largement arrondi et dépasse à peine la 
mâchoire inférieure ; sa longueur égale le tiers de celle de la tête et le 
double du diamètre de l'œil, qui est compris 6 fois dans la longueur 
de la tête et 2 ou 2 1 \i fois dans la largeur interoculaire ; le pro- 
longement occipital, rugueux comme l'occiput, est en contact avec le 
bouclier de l'interépineux, qui est triangulaire et un peu plus long que 
large; le barbillon nasal mesure les 3/4 ou les 4/5 du diamètrede l'œil, le 
maxillaire un peu plus de la moitié de la longueur de la tête ; le barbil- 
lon mandibulaire interne mesure le i/3 de la longueur de la tête, l'ex- 
terne un peu moins de la moitié. Les dents voméro-ptérygoïdiennes, 
très fines et très serrées comme les prémaxillaires et les mandibulaires, 
forment une large bande en fer à cheval ininterrompue; sa largeur sur la 
ligne médiane est un peu moindre que celle de la bande prémaxillaire, 
mais elle s'élargit considérablement en arrière et excède de beaucoup 
celle-ci sur les ptérygoïdiens. La nageoire dorsale a 6 rayons mous; 
l'épine, rugueuse mais non dentelée, mesure presque la moitié de la 
longueur de la tête et les 3/4 ou les 4/5 des plus longs rayons mous. 
La dorsale adipeuse est un peu plus longue que haute; sa base égale 
les 2/3 de celle de la dorsale rayonnée et le tiers de la distance qui la 
sépare de celle-ci. La nageoire anale a 12 ou i3 rayons, dont 8 ou 



CHRYSICHTHYS 2 85 

9 branchus. L'épine de la pectorale, un peu plus longue et plus forte 
que celle de la dorsale, est faiblement striée et armée à son bord 
interne d'assez fortes dents réclinées. au nombre d'une vingtaine. 
La nageoire ventrale n'atteint pas l'anale. La nageoire caudale est 
profondément échancrée, à lobes obtusément pointus ; les rayons 
externes mesurent le double des médians. Le pédicule caudal est 
i 2/3 ou 2 fois aussi long que haut. 

Brun olivâtre en-dessus, blanc en-dessous. 

Longueur totale : 47 centimètres. 

Ce grand silure habite le lac Tanganika. Un individu a été reçu 
d'Albertville, par M. le capitaine Hecq; un second a été rapporté de 
Tembwi, sur la côte ouest, par M. J. E. S. Moore. 

De jeunes individus, mesurant jusqu'à 1 3 centimètres, et que je crois 
pouvoir rapporter à cette espèce, ont été recueillis à Kibwesi, en eau 
profonde, par M. Moore. La hauteur du corps est comprise 5 à 6 fois 
dans la longueur totale ; la tête est d'un cinquième ou d'un quart plus 
longue que large; le diamètre de l'œil est compris 3 1/2 à 3 2/3 fois 
dans la longueur delà tète et 1 1/4 à 1 i/3 fois dans la largeur intero- 
culaire ; le barbillon maxillaire mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur 
de la tête; les dents voméro-ptérygoïdiennes forment une bande subcres- 
centique étroite, un peu interrompue sur la ligne médiane; la base de la 
dorsale adipeuse mesure la moitié ouïes 2/ 5 de la distance qui la sépare 
de la dorsale rayonnée; 12 à 14 rayons à l'anale (8 à 10 branchus); 
7 à 9 très grandes dents réclinées au bord interne de l'épine pectorale. 
Une tache noirâtre à l'extrémité de la dorsale et une autre sur chacun 
des lobes de la caudale 

Cette espèce est voisine de C. Cranchii. Comparé à un individu de 
même taille de ce dernier, C. myriodon diffère tout d'abord par ses 
dents plus fines et plus nombreuses (1), s étendant beaucoup plus loin 
sur les ptérygoïdiens où les bords s'élargissent fortement au lieu de 
s'atténuer en arrière ; ensuite, l'œil est plus grand (7 fois dans la lon- 
gueur de la tête, 3 fois dans la largeur interoculaire chez un C. Cran- 
chii de 45 centimètres) ; enfin l'épine pectorale est plus longue et plus 
fortement dentelée au bord postérieur. 

J'ajouterai que la comparaison du squelette confirme la distinction 
des deux espèces. L'arcade coraco-claviculaire est plus fortement 
relevée en arrière chez C. myriodon que chez C. Cranchii et le 
nombre des vertèbres est assez différent, le premier en ayant 47 
(20 -[- 27)5 I e second 43 (18 -\- 25). 



(1) Caractère très frappant quand on a devant soi des individus des deux espèces, 
mais naturellement difficile à décrire. 



286 . SILURID^E 

5. CHRYSICHTHYS BRACHYNEMA. 

Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (7) VI, 1900, p. 480. 

La hauteur du corps est comprise 4 à 5 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 3 i/3 à 3 1/2 fois. La tête est large et très dépri- 
mée, d'un cinquième ou d'un sixième plus longue que large, couverte 
d'une peau épaisse et lisse; le museau, très aplati, deux fois aussi 
large que long, largement arrondi, dépasse un peu la mâchoire infé- 
rieure; sa longueur égale le tiers de la tête; le diamètre de l'œil est com- 
pris 1 1/2 à 2 fois dans la longueur du museau, 5 à 6 fois dans la lon- 
gueur de la tête, 2 à 2 1/2 fois dans la largeur interoculaire ; le prolon- 
gement occipital, caché sous la peau, est en contact avec le bouclier 
de l'interépineux ; le barbillon nasal égale ou dépasse à peine le dia- 
mètre de l'œil chez les jeunes et n'en fait que les 2/3 chez l'adulte; le 
barbillon maxillaire mesure la moitié ou les 2/3 de la longueur de la 
tête, le mandibulaire externe le tiers ou la moitié, l'interne, le cin- 
quième, le quart, ou un peu moins du tiers. Les dents voméro-ptéry- 
go'idiennes forment une large bande en croissant ou en fer-à-cheval, 
continue ou étroitement interrompue sur la ligne médiane ; cette bande 
est aussi large que la bande prémaxillaire et s'élargit encore en 
arrière chez l'adulte, plus étroite et s'étendant aussi moins loin en 
arrière chez le jeune. La nageoire dorsale a 6 rayons mous; l'épine, 
très faiblement dentelée en avant et en arrière et enveloppée d'une 
peau épaisse, mesure le tiers ou les 2/5 de la longueur de la tête; 
les plus longs rayons mous mesurent la moitié ou les 3/5 de cette 
longueur. La dorsale adipeuse est 1 1/2 à 2 fois aussi longue que 
haute ; sa base égale à peine celle de la dorsale rayonnée et mesure le 
tiers ou la moitié de la distance qui la sépare de celle-ci. La nageoire 
anale a 12 ou i3 rayons, dont 8 ou 9 branchus. L'épine pectorale, 
plus épaisse et plus longue que celle de la dorsale, est armée à son 
bord interne de très fortes dents réclinées. La nageoire ventrale 
n'atteint pas l'anale. La nageoire caudale est profondément échancrée, 
â lobes obtusément pointus ; les rayons externes mesurent 2 à 2 1/2 fois 
la longueur des médians. Le pédicule caudal est 1 1/2 à 1 2/3 fois 
aussi long que haut. 

Olivâtre en dessus, blanc en dessous. 

Cette espèce, voisine de C. Cranchii, a été découverte dans le lac 
Tanganika par M. J. E. S. Moore, à Kalambo et à Usambura. Il en 
a rapporté, de sa seconde expédition, quatre individus, mesurant de 
22 à 40 centimètres. 



CHRYSICHTHYS 287 

6. CHRYSICHTHYS PUNCTATUS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 107, pi. XLII, fig. 1 (1899). 

La hauteur du corps est contenue 5 à 5 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 à 3 1/4 fois. La tête est modérément 
déprimée, 1 1/2 fois longue comme large, rugueuse en dessus, la peau 
étant complètement adhérente au crâne ; le museau est arrondi et 
dépasse très peu la mâchoire inférieure ; sa longueur égale le tiers ou 
un peu plus ou tiers de celle de la tête ; l'œil, grand et ovale, mesure à 
peu près le juart de la longueur de la tête et les 2/3 de la largeur 
interoculaire ; le prolongement occipital est étroit, 2 fois aussi long 
que large, et atteint le bouclier de l'interépineux, qui est petit et en 
forme de ier-de-lance ; le barbillon nasal est un peu plus court que le 
diamètre de l'œil; le barbillon maxillaire mesure les 3/4 ou les 4/5 de 
la longueur de la tête et ne dépasse pas la base de la nageoire pecto- 
rale ; le barbillon mandibulaire interne mesure les 2/3 de l'externe, qui 
mesure les 3/5 ou les 2/3 de la tête. Les dents voméro-ptérygoïdiennes 
forment deux rangées étroites, séparées l'une et l'autre par un espace égal 
au tiers ou à la moitié de celui qui sépare les narines antérieures. La 
nageoire dorsale a 6 rayons mous ; l'épine, striée, à faible serrature 
postérieure, mesure les 3/5 ou les 2/3 de la longueur de la tête ; le pre- 
mier rayon mou n'est qu'un peu plus long. La dorsale adipeuse n'est 
guère plus longue que haute ; sa base égale les 2/3 ou les 3/4 de celle 
de la dorsale rayonnée et les 2/5 ou la 1/2 de la distance qui la sépare 
de celle-ci. L'anale a j 1 rayons, dont 7 branchus. L'épine pectorale, 
presque aussi longue que la dorsale, est striée et armée au bord 
interne de 12 à i5 dents très fortes. La nageoire ventrale n'atteint pas 
l'anale. La nageoire caudale est assez profondément échancrée, les 
rayons médians ne mesurait que la moitié des externes, mais les lobes 
en sont largement arrondis. La longueur du pédicule caudal excède 
de moitié ou de 2/3 sa moindre hauteur. 

Brun olivâtre foncé en dessus, verdâtre sur les côtés, blanc en des- 
sous ; quelques points noirs sur les côtés du corps ; nageoires grises ; 
pupille orange, ovale verticale. 
Longueur totale : 1 5 5 millimètres. 

Etablie sur quatre individus jeunes du Stanley-Pool et un cinquième 
de Kutu, lac Léopold II, recueillis par Delhez, cette espèce se distingue 
facilement des jeunes C. Cranchii, de même grandeur, par la dentition 
du palais moins développée, le nombre moindre de rayons à l'anale, 
et l'allongement plus considérable ainsi que la forme plus arrondie 
des lobes de la caudale. A Kutu ce poisson porte le nom de Kuen- 



288 SILURID.E 

djèké; au dire des indigènes il atteindrait une longueur de 70 cen- 
timètres environ, donc 4 fois celle du plus grand exemplaire obtenu 
par Delhez, ce qui me semble fort probable. 



7. CHRYSICHTHYS DELHEZI. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 108, pi. XLII, fig. 2 (1899). 

La hauteur du corps est contenue 5 à 5 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 fois. La tête est large et très déprimée, sa 
longueur d'un cinquième supérieure à sa largeur ; sa face supérieure 
ne porte que peu de rugosités, étant recouverte d'une peau épaisse sous 
laquelle sont en partie cachés le prolongement occipital et le bouclier 
de l'interépineux ; le museau est très largement arrondi, dépassant très 
peu la mâchoire inférieure, 2 fois plus long que l'œil, dont le diamètre 
est compris 5 1/2 à 6 fois dans la longueur de la tête et 2 à 2 i/3 fois 
dans la largeur interoculaire; le barbillon nasal mesure 1 i/3 à 
1 1/2 fois le diamètre de l'œil, le maxillaire la moitié ou les 3/5 de la 
tête, le mandibulaire externe, près de 2 fois plus long que l'interne, la 
moitié ou les 2/5 de la tête. Les dents voméro-ptérygoïdiennes forment une 
large bande en croissant presque continue ou étroitement interrompue au 
milieu, sa largeur un peu inférieure à celle de la très large bande de dents 
prémaxillaires. La nageoire dorsale, peu développée, a 6 rayons mous; la 
partie ossifiée du rayon épineux, non dentelé et entièrement enveloppé 
d'une peau épaisse, ne mesure que le tiers de la longueur de la tête, les plus 
longs rayons branchus en mesurant la moitié. La dorsale adipeuse, une 
demi-fois plus longue que haute, est un peu plus courte que la nageoire 
rayonnée dont elle est séparée par un espace au moins double de sa 
longueur. L'anale a 1 1 rayons, dont 7 branchus. L'épine pectorale, un 
peu plus longue et plus forte que la dorsale, est faiblement striée et 
armée au bord interne d'une douzaine de dents réclinées assez fortes. 
La nageoire ventrale n'atteint pas, ou atteint à peine, l'anale. La 
nageoire caudale est arrondie, très faiblement échancrée. La longueur 
du pédicule caudal excède d'un tiers ou de moitié sa moindre hauteur. 

Brun foncé en dessus, blanc en dessous. 

Un spécimen, mesurant 27 centimètres, a été rapporté de Borna par 
Paul Delhez. Le British Muséum en a acquis un second spécimen, 
long de 17 centimètres seulement, provenant du Congo, sans indica- 
tion de localité. Enfin, un tout jeune individu de 9 centimètres, 
recueilli par Delhez à Coquilhatville, me semble se rapporter à la 
même espèce. La nageoire caudale est plus profondément échancrée, 



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CHRYSICHTHYS 289 

comme toujours chez les jeunes de ces Silures, les rayons médians 
mesurant les 3/5 des externes, la base de la dorsale adipeuse est plus 
du double de la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée et le bar- 
billon maxillaire, qui mesure les 2/3 de la longueur de la tête, atteint 
la base de l'épine de la pectorale. 



8. CHRYSICHTHYS WAGENAARI (PL XIV, fig. 1). 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 39, pi. XX, fig. 1 (1! 



La hauteur du corps est contenue 4 fois dans la longueur totale, la 
longueur de la tète 3 i/3 fois. La tête est large et très déprimée, un 
peu plus large que le corps, longue comme large, non rugueuse, entiè- 
rement couverte d'une peau épaisse; le museau est arrondi et dépasse 
très peu la mâchoire inférieure ; sa longueur égale les 2/5 de la tête, 
un peu plus du double du diamètre de l'œil, qui est compris presque 
6 fois dans la longueur de la tête et 3 fois dans la largeur interoculaire; 
le prolongement occipital, caché sous la peau, est en contact avec le 
bouclier de l'interépineux ; le barbillon nasal mesure 1 1/2 fois le 
diamètre de l'œil ; le barbillon maxillaire atteint le premier rayon mou 
de la nageoire pectorale, le mandibulaire externe, 1 1/2 fois la lon- 
gueur de l'interne, atteint presque l'os operculaire. Les dents voméro- 
palatines forment deux assez larges bandes séparées par un espace égal 
à celui qui sépare les narines antérieures. La nageoire dorsale a 

6 rayons mous; l'épine, striée, à dents excessivent faibles en avant et 
en arrière, mesure la moitié de la longueur de la tête et les deux tiers 
des rayons mous. La dorsale adipeuse est 3 fois plus longue que 
haute, sa base excède un peu celle de la dorsale rayonnée et égale les 
3/4 de la distance qui la sépare de celle-ci. L'anale a 11 rayons, dont 

7 branchus. L'épine pectorale, presque aussi longue que la dorsale, 
porte une vingtaine de dents très faibles au bord interne. La nageoire 
ventrale n'atteint pas l'anale. La nageoire caudale est médiocrement 
échancrée, à lobes largement arrondis. La longueur du pédicule caudal 
excède d'un quart sa moindre hauteur. 

Le spécimen unique, mesurant 46 centimètres, est brun foncé 
en dessus, plus clair en dessous. Il a été pris à Upoto, Haut-Congo. 

Cette espèce, dédiée à M. le lieutenant Wagenaar, se distingue faci- 
lement de C. Cranchii par la dentition du palais, l'absence de rugosités 
sur le dessus de la tête, les barbillons plus allongés, la dorsale 
adipeuse plus allongée, et -par la faible échancrure de la nageoire cau- 
dale ; de C. Delhe^i par la dentition, les barbillons plus longs, et par- 
la dorsale adipeuse plus allongée. 



290 SILURID^ 



9. CHRYSIGHTHYS BREVIBARBIS. 

Chrysobagrus brevibarbis, Bouleng. Ann Mus. Congo, Zool. I, p. 40, pi. XXI, 
fig. 1 (1899). 

La hauteur du corps est contenue 4 i/3 à 5 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 3/4 fois. La tête est très déprimée, 
d'un quart ou d'un tiers plus longue que large, faiblement striée et 
granulée sur l'occiput : le museau, carrément tronqué, dépasse à peine 
la mâchoire inférieure, sa longueur égale près du tiers de la longueur 
de la tête; l'œil, ovale, mesure i/5 à i/3 de la longueur de la tête et 
la moitié ou les 2/3 de la largeur interorbitaire; le prolongement 
occipital est un peu plus long que large et touche au bouclier de 
l'interépineux, qui est un peu plus court et en forme de triangle 
équilatéral échancré à la base ; le barbillon nasal est très mince et très 
court, mesurant moins de la moitié du diamètre de l'œil ; le barbillon 
maxillaire atteint la base de l'épine pectorale, le mandibulaire externe, 
1 1/2 fois la longueur de l'interne, atteint l'os operculaire. Les dents 
vomériennes forment deux petites bandes obliques, séparées l'une de 
l'autre par un intervalle étroit. La nageoire dorsale a 6 rayons mous ; 
l'épine est un peu plus courte que la tête, finement striée, à serrature 
très faible ou absente ; le premier rayon mou est presque aussi long 
que la tête. La dorsale adipeuse est 2 fois aussi longue que haute, 
sa base égale celle de la dorsale rayonnée et la moitié ou les 3/4 de 
la distance qui la sépare de celle-ci. L'anale a 12 rayons, dont 
9 branchus. L'épine pectorale, un peu plus courte que la dorsale, 
mesure à peu près les 2/3 de la longueur de la tête ; elle est lisse en 
dehors, armée de 10 à 25 dents réclinées au bord interne. La nageoire 
ventrale n'atteint pas l'anale. La nageoire caudale est profondément 
bifurquée, à lobes longs et pointus. La moindre hauteur du pédicule 
éaudal fait près de la moitié de sa longueur. La ligne latérale est ramifiée 

La coloration du spécimen type, conservé dans la liqueur, est uni- 
formément brunâtre clair ; le barbillon maxillaire est noirâtre du côté 
interne. 

Le spécimen type, provenant de Borna (coll. Wilverth et Wage- 
naar), mesure 44 centimètres. 

Un tout jeune, mesurant 85 millimètres, a été recueilli à Kutu, 
lac Léopold II, par Delhez. Un troisième individu, mesurant \6 cen- 
timètres, a été envoyé tout récemment de Monsembé (Haut- Congo) 
au British Muséum par le Révérend J. H. Weeks. 

Nom indigène à Monsembé : Likokoja musumba. 



CHRYSICHTHYS 291 

10. CHRYSICHTHYS LONGIBARBIS. 

Chrysobagrus longibarbis, Bouleng. 1. c. p. 41, pi. XXI, fig. 2 (1899). 

La hauteur du corps est contenue 4 1 \i à 5 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 3 1/2 à 3 3/4 fois. La tête est très déprimée, d'un 
tiers plus longue que large, faiblement striée et granulée sur l'occiput; 
le museau, arrondi, dépasse un peu la mâchoire inférieure, sa longueur 
égale près du tiers de la longueur de la tête; l'œil, ovale, mesure le 
tiers ou près du quart de la longueur de la tête et égale la largeur de 
la région interorbitaire ; le prolongement occipital est un peu plus long 
que large et en contact avec le bouclier de l'interépineux, qui est de 
même longueur et en forme de triangle échancré à la base ; le bar- 
billon nasal est très mince et très court, plus court que l'œil ; le 
barbillon maxillaire atteint la nageoire anale ou le pédicule caudal, le 
mandibulaire externe, plus de deux fois plus long que l'interne, atteint 
le quart ou le tiers antérieur de l'épine pectorale Les dents vomérien- 
nes forment deux petites bandes transversales, très rapprochées l'une 
de l'autre. La nageoire dorsale a 6 rayons mous; l'épine est plus courte 
que la tête, à serrature postérieure très faible ; le plus long rayon mou 
est aussi long ou un peu plus long que la tète. La dorsale adi- 
peuse est longue comme haute ou un plus longue que haute ; sa base, 
plus courte que celle de la dorsale rayonnée, mesure à peu près la 
moitié de la distance qui la sépare de celle-ci. L'anale a 12 ou 1 3 rayons, 
dont 8 ou 9 branchus. L'épine pectorale, un peu plus courte que la dor- 
sale, mesure les 3/5, les 2/3 ou près des 3/4 de la longueur de la tête; 
elle est lisse au bord externe, armée de 10 à 20 dents très fortes au bord 
interne. La nageoire ventrale atteint ou n'atteint pas l'anale. La 
nageoire caudale est profondément bifurquée, à lobes longs et pointus, 
le supérieur prolongé au delà de l'inférieur. La moindre hauteur du 
pédicule caudal est comprise 1 1/2 à 1 3/4 fois dans sa longueur. La 
ligne latérale est ramifiée. 

La coloration est gris brunâtre ou violacé, argenté à reflets verts 
sur les côtés, blanc en dessous; une tache noire derrière l'opercule; 
nageoires noirâtres en dessus, au moins à l'extrémité ; iris vert, avec 
un très fin bord doré autour de la pupille. 

Cette espèce a pour types deux spécimens provenant de Léopoldville 
(Coll. Wilverth). Le plus grand mesure 22 centimètres. Un individu, 
long de 39 centimètres, a été reçu de Monsembé par M. Weeks. (nom 
indigène : Likokoja kamba). Deux autres spécimens, encore jeunes, 
ont été rapportés par Delhez de Dolo, Stanley-Pool. 



292 SILURIDjE 

9. GEPHYROGLANIS. 

. Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 42 (1899). 

Voisin du précédent, ce genre s'en distingue par l'absence de toute 
dentition palatine. L'extrême petitesse du barbillon nasal chez l'espèce 
type établit d'une façon frappante le passage des Chrysichthys aux 
Pimelodus, qui en sont dépourvus, ainsi que de dents au palais. 
Bagrus, Chrysichthys, Gephyroglanis, Pimelodus forment les 
jalons d'une série complète et il ne saurait plus être question de 
maintenir les groupes Bagrina et Pimelodina. 

Deux espèces sont connues du Congo. Une troisième (G. ogoensis, 
Pellegrin) est de l'Ogowé. 

1. GEPHYROGLANIS CONGICUS (PI. XIV, fig. 2). 

Bouleng. 1. c. pi. XX, fig. 2. 

La hauteur du corps est contenue 5 1/2 fois dans la longueur totale, 
la longueur de la tête 4 fois. La tête est déprimée, sa largeur 1 3/5 fois 
dans sa longueur, lisse, sauf sur l'occiput et sur le prolongement occi- 
pital, qui est faiblement granulé et strié, et sur l'opercule, qui est 
strié; le museau, obtusément conique, mesure les 2/5 de la longueur 
de la tête ; l'œil, ovale, est compris 6 fois dans la longueur de la tête et 
2 fois dans la largeur de la région interorbitaire, qui est presque 
plane ; le prolongement occipital est long comme large et en contact 
avec le bouclier de l'interépineux, qui est un peu plus court et sub- 
cordiforme; le barbillon nasal est minuscule, à peine développé comme 
prolongement de la valvule de la narine postérieure; le barbillon 
maxillaire est mince, mesure à peine la moitié de la longueur de la 
tête et n'atteint pas l'opercule ; le barbillon maxillaire externe mesure 
le tiers de la longueur de la tête et près du double de l'interne. 
La bouche mesure un peu moins de la moitié de la largeur de 
la tête; les dents, très minces, villiformes, forment d'assez larges 
bandes aux deux mâchoires. La nageoire dorsale a 6 rayons 
mous; l'épine mesure les 2/3 de la tête, elle est finement 
striée, sans aucune serrature; le premier rayon mou est un peu 
plus long. La dorsale adipeuse, une demi-fois plus longue que haute, 
est un peu pius courte que la dorsale rayonnée, dont elle est séparée 
par un espace mesurant 2 1/2 fois sa base. L'anale a 12 rayons, dont 



GEPHYROGLANIS 293 

8 branchus. L'épine pectorale mesure la moitié de la longueur de la 
tête ; elle est lisse en dehors, armée d'une vingtaine de dents assez fai- 
bles au bord interne. La nageoire ventrale, insérée immédiatement en 
arrière de la dorsale, est un peu plus courte que la pectorale ; elle est 
largement séparée de l'anale. La nageoire caudale est profondément 
bifurquée, à lobes pointus. La longueur du pédicule caudal est un 
peu plus du double de sa moindre hauteur. Les canaux mucipares 
sont très développés sur les côtés de la tête et forment de longues rami- 
fications partant de la ligne latérale. 

Le spécimen unique, type de l'espèce, mesurant 48 centimètres, est 
brunâtre en dessus, blanc en dessous. Il provient d'Upoto, Haut- 
Congo, par M. le Cap. Wilverth. 

Depuis la publication de la description ci-dessus, j'ai pu examiner 
un jeune individu, mesurant 18 centimètres, que je crois devoir rap- 
porter à la même espèce. Il a été trouvé dans un bocal de poissons, 
marqué Isangila, reçu il y a quelques années par l'administration de 
l'Etat du Congo. Ce spécimen diffère du type par quelques caractères 
attribuables au jeune âge. Le diamètre de l'œil est compris 3 2/3 fois 
dans la longueur de la tête et égale la largeur interorbitaire ; le 
barbillon maxillaire mesure les 3/5 de la longueur de la tête et atteint 
l'opercule ; l'épine de la dorsale mesure les 3/4 de la longueur de la 
tête et est munie d'une assez faible serrature postérieure (9 dents); 
la serrature interne de l'épine pectorale est forte et consiste en 1 2 dents 
seulement. 



2. GEPHYROGLANIS LONGIPINNIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 109, pi. XLI, fig. 4 (1899). 

La hauteur du corps est comprise 4 3/4 ou 5 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 ou 3 1/4 fois. La tête est un peu déprimée, 
sa largeur 1 1/2 fois dans sa longueur, assez fortement granulée et 
striée en dessus à partir du vertex; l'opercule est faiblement strié; la 
fontanelle frontale est bien distincte, allongée ; le museau, obtusément 
conique, dépassant peu la mâchoire inférieure, égale en longueur le 
diamètre de l'œil ; celui-ci, très grand et ovale, mesure un peu moins 
du tiers de la longueur de la tête et égale presque la largeur interocu- 
laire; le prolongement occipital est long comme large et en contact 
avec le bouclier de l'interépineux, qui est de même longueur et en 
forme de triangle à base échancrée; le barbillon nasal est très mince et 
très court, mesurant le tiers ou la moitié du diamètre de l'œil; le bar- 



2g4 SILURlDiE 

billon maxillaire dépasse un peu la longueur de la tête et atteint le 
milieu ou le second tiers de l'épine pectorale ; le barbillon mandibulaire 
externe mesure les 3/5 de la longueur de la tête et un peu moins du 
double de l'interne. La bouche mesure la moitié de la largeur de la 
tête; les bandes de dents villiformes des mâchoires sont assez étroites. 
La nageoire dorsale a 6 rayons mous ; l'épine mesure les 3/4 de la lon- 
gueur de la tête, elle est finement striée et armée en arrière de dents 
réclinées très faibles ; les deux premiers rayons mous sont aussi longs 
que la tête et, repliés sur le corps, atteignent ou dépassent un peu l'ori- 
pine de la dorsale adipeuse. Celle ci n'est guère plus longue que haute; 
sa base égale les 3/5 ou les 2/3 de celle de la dorsale rayonnée, dont 
un espace 2 à 2 1/2 fois plus grand la sépare. L'anale ai3 ou crayons, 
dont 8 ou 9 branchus. L'épine pectorale mesure les 2/3 de la longueur 
de la tête; elle est striée, finement denticulée au bord externe et armée 
au bord interne de 10 ou 11 dents réclinées très fortes, La nageoire 
ventrale atteint l'origine de l'anale. La nageoire caudale est profondé- 
ment bifurquée, à lobes pointus mais moins prolongés que chez 
l'espèce précédente. La hauteur du pédicule caudal égale les 3/5 ou 
les 2/3 de sa longueur. Les canaux mucipares des côtés de la tête et 
les ramifications de la ligne latérale sont moins développés que chez 
G. congicus. 

Gris-brun en dessus, blanc en dessous; une tache noirâtre sur 
l'épaule, derrière l'opercule; nageoires noirâtres à l'extrémité. 

Plusieurs jeunes, mesurant de 60 à 1 35 millimètres, ont été recueillis 
à Dolo (Stanley-Pool) par Delhez. Un individu de 140 millimètres, du 
Congo, sans localité précise, a aussi servi à la description de cette 
espèce. 



10. AUCHENOGLANIS. 

Auchenaspis (non Egerton), Bleeker, Nederl. Tijdschr. Dierk. 1, 1863, p. 101 ; 
Gûnther, Cat. Fish. V, p. 137(1864). 

Auchenoglanis, Gûnther, Zool. Rec. I, p. 165 (1865). 
Oxyglanis, Vinciguerra, Ann. Mus. Genova (2) XIX, 1898, p. 249. 

Corps médiocrement allongé, Sfaiblement comprimé. 
Nageoire dorsale courte, composée d'une épine et de 
7 rayons mous ; une grande dorsale adipeuse. Nageoires 
pectorales à premier rayon épineux. Nageoires ventrales 



AUCHENOGLANIS 29 5 

à 6 rayons, insérées en arrière de la dorsale. 3 paires de 
barbillons : une aux maxillaires, deux au menton; narines 
largement séparées, l'antérieure sur la lèvre supérieure ; 
yeux supéro-latéraux, à bords libres. Dents prémaxillaires 
villiformes, formant un ou deux petits groupes; dents 
mandibulaires en une bande étroite, parfois réduites à 
deux groupes rudimentaires ; pas de dents au palais. 
Membrane des ouïes libre, faiblement échancrée. Vessie 
natatoire grande et libre. 

Deux espèces, dont la plus anciennement connue {A. biscutatus) 
est propre à l'Afrique tropicale et au Nil. La seconde (i) habite 
le Gabon et l'Ogowé. 

Le crâne se fait remarquer par la forme étroite et allongée de 
l'ethmoide, courbé en rostre, bordé par des nasaux assez allongés ; les 
prémaxillaires sont très petits et les maxillaires, relativement très déve- 
loppés, bordent réellement la bouche. Le crâne forme un casque épais, 
couvert de granulations, même sur les os sous-orbitaires, qui reposent 
sur le préoperculaire; l'orbite est ainsi complètement entourée par le 
casque, ce qui n'a lieu, parmi les Silurides d'Afrique, que chez Clarias; 
une fontanelle petite, allongée, située entre les frontaux; le pré- 
frontal et le postfrontal sont grands, le premier surtout; il y a deux os 
de chaque côté, représentant le squamosal et le post-temporal ; le com- 
plexe pariéto-occipital est grand mais ne forme pas de suture avec le 
bouclier nuchal, qui est grand et formé de trois pièces (i er , 2 e et 3 e inter- 
neuraux); les ptérygoïdes sont petits, mais le palatin est fort et très 
allongé, courbé comme l'ethmoide. Il y a 9 rayons branchiostèges. 

La structure de la ceinture pectorale ne diffère pas de celle de Chry- 
sichthys auratus. Il en est de mêmede la colonne vertébrale; en arrière 
du complexe qui recouvre la partie extérieure de la vessie natatoire 
on compte 1 5 vertèbres précaudales et 27 caudales. 

Le canal intestinal est très allongé pour un poisson principalement 
Carnivore et forme de nombreux replis. 



(1) A. Ballayi, fondé sur un jeune spécimen décrit par Sauvage sous le nom de 
Pimelodus Ballayi. Un individu plus grand a reçu le nom de Pimelodus Guirali, 
Thominot. 

Notons ici que le genre Pimelodus n'a pas de représentant en Afrique, 'puisque 
l'espèce décrite par Gûnther sous le nom de P. platychir est un Anoplopterus, 
P feffer (Chimarrhoglatiis, Vaill.). Voir Boulenger, Ann. & Mag. N. H. (7) I, 1898, 
p. 254. 



296 SILURID^E 



i. AUCHENOGLANIS BISCUTATUS. 

Pimelodus biscutatus, I. Geoffroy, Descr. Egypte, Poiss. p. 301, pi. XIV, fig. 1 
(1829); Cuvier et Valenciennes, Hist. Poiss. XV, p. 197 (1840). 

Pimelodus occidentalis, Cuv. et Val. t. c. p. 203. 

Auchenaspis biscutatus, Bleek. Nederl. Tijdschr. Dierk. I, 1863, p. 101; 
Gûnther, Cat. Fish. V, p. 137(1864); Steindachner, Sitzb. Akad. Wien, LX, 1, 
1870, p. 993, pi. VI, fig. 3 et 4 ; Bouleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1898, p. 24. 

Oxyglanis Saccliii, Vinciguerra, Ann. Mus. Genova (2) XIX, 1898, p. 250. 

La hauteur du corps est comprise 4 à 4 i/3 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 à 3 i/3 fois. La tête est 1 2/3 à 2 fois 
aussi longue que large, le museau y entre pour la moitié ou près des 
3/5 ; le diamètre de l'œil est compris 9 ou 10 fois dans la longueur de 
la tête, 3 1/2 ou 3 2/3 fois dans la largeur interoculaire, le museau est 
très atténué en avant, la largeur de la bouche ne mesurant que la moi- 
tié de celle de la tête; le dessus de la tète, ainsi que l'os operculaire, 
est couvert d'aspérités en forme de granules en séries rayonnant du 
centre des pièces osseuses ; la fontanelle frontale est étroite, 4 fois 
aussi longue que large ; la narine postérieure, beaucoup plus rappro- 
chée du bout du museau que de l'œil, apparaît comme une fente lon- 
gitudinale dans un renflement ovalaire. Les lèvres, dont la supérieure 
porte les narines antérieures, sont épaisses et très pa pilleuses ; les dents 
prémaxillaires, grêles et très aiguës, forment deux petites plaques 
ovales très rapprochées, à grand axe longitudinal ; les dents man- 
dibulaires sont réduites à deux petits groupes à peine sensibles. Les 
barbillons sont épais à la base, minces à l'extrémité; le maxillaire 
mesure les 2/5 ou un peu moins de la moitié de la longueur de la tête; 
le mandibulaire postérieur, situé au niveau des narines postérieures, 
est plus long et atteint presque la base de l'épine pectorale ; le mandi- 
bulaire antérieur, sur la lèvre, mesure le quart de la tête. Le repli 
operculaire forme, sous la tête, un angle obtus. Le prolongement 
occipital, deux fois aussi large que long et tronqué en arrière, est 
séparé, par un espace étroit, de la plaque interneurale, laquelle est 
grande, deux fois aussi large que longue, et couverte de gros granules 
osseux comme sur l'arrière de la tête. Le prolongement humerai est 
petit et couvert de granules. La nageoire dorsale a 7 rayons branchus ; 
l'épine, garnie de fortes granulations, mesure les 2/5 de la tête. La 
dorsale adipeuse est très élevée en arrière, 2 1/2 à 3 fois aussi longue 
que haute; la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée égale i/5 
ou à peu près 1/4 de sa base. La nageoire pectorale est courte; son 
épine n'est guère plus longue que celle de la dorsale et elle est 
dépourvue de denticulations. L'anale a 11 rayons, dont 7 branchus. 



AUCHENOGLANIS 297 

Les ventrales n'atteignent pas l'origine de l'anale. La caudale est 
arrondie, à bord un peu oblique, avec ou sans une échancrure 
médiane très peu profonde. Le pédicule caudal est aussi long que haut. 

Ces caractères sont relevés sur deux individus adultes, de Borna, 
l'un mesurant 80 centimètres, l'autre 68 centimètres. 

Comme toujours chez les poissons, les proportions sont très diffé- 
rentes chez les jeunes et la coloration, loin d'être uniforme comme 
chez les adultes, est très variée. Les notes suivantes sont prises sur 
plusieurs individus, mesurant de 4 à 57 centimètres, du Congo (Ibali, 
Bikoro) et du Tanganika. 

Hauteur du corps 3 2/3 à 4 i/3 fois dans la longueur totale, largeur 
de la tête 3 à 3 3/4 fois ; diamètre de l'œil 5 à 7 fois dans la longueur de 
la tête, 2 à 3 fois dans la largeur interoculaire. La longueur du bar- 
billon maxillaire peut excéder la moitié de la longueur de la tête La 
dorsale adipeuse est 3 à 4 fois aussi longue que haute et l'espace entre 
elle et la dorsale rayonnée égale 1/6 à 1/4 de sa longueur. 
Jaunâtre, brunâtre clair ou olive, tacheté de noirâtre; ces taches sont 
souvent grandes et si étroitement séparées les unes des autres que la 
teinte claire du fond apparaît comme un réseau à larges mailles; ventre 
blanc jaunâtre Iris violet, avec un cercle doré autour de la pupille. 

Ce Silure, qui atteint plus d'un mètre de longueur (1), habite le Nil, 
le lac Rodolphe, le lac Tanganika et les fleuves du versant Atlanti- 
que, depuis le Sénégal jusqu'au Congo. J'en ai examiné des spécimens 
de Borna (Wilverth et Wagenaar, Delhez), du lac Léopold II et du lac 
Tumba (Delhez), de Monsembé (Weeksï, du lac Moero (Sharpe). 

Noms indigènes : Lukombo à Borna, Boka ou Mpoka chez les Ban- 
galas, ainsi qu'au lac Léopold II, Mokira à Bikoro, Bwa lopembé 
(chien à cornes) au lac Moero, Porocco à Moliro, comme me l'appren- 
nent les aquarelles dues aux excellents pinceaux de MM. Dardenne et 
Questiaux, attachés à la mission Lemaire pour l'exploration du Katanga. 

Poisson très vorace, se nourrissant de poissons et de crustacés, sans 
doute aussi de matières végétales, comme semble l'indiquer la lon- 
gueur du canal intestinal. 

Grâce à l'obligeance de M le D r Gestro, directeur-adjoint du Musée 
civique de Gênes, qui a bien voulu m'envoyer en communication le 
type (une peau) de Oxyglanis Sacchii, provenant du lac Rodolphe, 
j'ai pu réduire cette forme, décrite à tort comme genre nouveau voisin 
de Synodontis, à l'état de synonyme de Auchenoglanis biscutatus. 



(1) La photographie d'un individu très grand, pris à l'Equateur par le lieute- 
nant Lemaire, a été reproduite dans l'article populaire de M. J. Cornet, dans le 
« Congo illustré », III, 1894, p. 79, sous le nom de « Silure ». 



298 SILURID^E 

11. ARIUS. 

Cuvier et Valenciennes, Hist. Poiss. XV, p. 53 (1840) 

Corps médiocrement allongé, arrondi ou faiblement 
comprimé. Nageoire dorsale courte, composée d'une 
épine et de 7 rayons mous ; une courte dorsale adipeuse ; 
nageoire anale modérément allongée. Nageoires pecto- 
rales à premier rayon épineux ; nageoires ventrales à 
6 rayons, insérées en arrière de la dorsale. 3 paires de bar- 
billons : une aux maxillaires, deux au menton; narines 
très rapprochées, la postérieure pourvue d'une papille 
valvulaire; yeux latéraux ou supéro-latéraux, à bords 
libres. Mâchoires munies chacune d'une bande de dents 
en velours ; des groupes de dents sur les ptérygoïdes. 
Membrane des ouïes libre, profondément échancrée. 
Vessie natatoire grande, libre. 

Genre assez nombreux en espèces, habitant les côtes entre les tro- 
piques et se tenant surtout dans les estuaires des fleuves. Une seule 
espèce a été rencontrée dans le bas Congo. 

Le crâne, plus ou moins rugueux en dessus, se prolonge en un pro- 
cessus occipital qui s'articule avec un petit bouclier nuchal formé par 
les deux premiers interneuraux. Les os du crâne sont en même nombre 
que chez Chrysichthys et il n'y a également qu'une seule fontanelle, 
étroite et allongée, percée dans l'ethmo'ide et entre les frontaux. Le 
maxillaire est plus rudimentaire et n'est pas prolongé dans la base du 
barbillon. 6 rayons branchiostèges. La ceinture scapulaire est aussi 
très semblable à celle de Chrysichthys, mais les caracoïdes sont moins 
relevés verticalement en arrière que chez C. auratus. 

Il y a 52 à 58 vertèbres, 25 à 29 précaudales et 27 à 29 caudales, 
Derrière la première, rudimentaire, 5 vertèbres, reconnaissables 
à leurs apophyses trans verses, dont les deux ou trois dernières por- 
tent même des côtes, se joignent à la pièce complexe, dont l'apo- 
physe transverse est excessivement développée, pour former un os 
unique en forme de selle, ankylosé à l'occiput et aux interneuraux, 
recouvrant la partie antérieure de la vessie natatoire. Les côtes, au 
nombre de i5 ou 16, ont la base logée dans une rainure à la face 
ventrale des parapophyses, très développées^; les 5 à 7 dernières ver- 



ARIUS 299 

tèbres précaudales ont les parapophyses jointes par un pont osseux, 
formant arc hémal. Les neurapophyses antérieures sont paires, divi- 
sées en deux jusqu'à la base, pour embrasser les interneuraux, tout 
comme chez les Loricariidœ . 

On sait que les espèces américaines et indiennes de ce genre trans- 
portent leurs œufs dans la gueule jusqu'à éclosion, comme cela a 
également lieu chez le Galeichthys feliceps de l'Afrique australe (1). 
C'est généralement le mâle qui s'acquitte de cette fonction, mais le 
D r v. Ihering a pu observer au Brésil, sur l'espèce A. Commersonii, 
que la femelle s'en charge parfois (2). Ces œufs sont remarquables 
pour leur grandeur, qui égale celle d'une cerise (18 millimètres de 
diamètre) chez l'espèce que je viens de citer. 

Les Arins sont plutôt marins que d'eau douce, mais comme ils 
fréquentent surtout les estuaires et les lagunes et qu'ils remontent par- 
fois assez loin les cours d'eaux, j'ai cru devoir traiter ici de l'espèce 
unique {A. latiscutatus) qui a été rencontrée dans le Congo près de 
son embouchure. 

L'espèce dont nous avons à nous occuper rentre bien dans les 
Arias typiques de Valenciennes (A. arias, C et V.), caractérisés par 
« leurs dents palatines formant deux plaques distinctes et éloignées,... 
portées sur le palatin seul ». Pourtant, pour « palatin » il faut lire 
« ptérygoïde » ; le palatin est ici en forme de bâtonnet, comme 
chez la plupart des Silurides, et ne porte pas de dents. Dans ses 
descriptions de ces Arius, Gùnther (3) parle de dents « vomé- 
riennes » et « palatines ». Le fait est que ni le vomer ni le palatin ne 
portent de dents chez ces poissons. Les dents du palais, quelle que soit 
leur disposition, en un ou plusieurs groupes de chaque côté, sont insé- 
rées sur un os pair qui n'est autre que le ptérygoïde antérieur (entop- 
térygoïde -(- ectoptérygoïde) . Les dents du palais de Genidens doivent 
également être considérées comme ptérygoïdiennes ; mais ici les élé- 
ments qui les supportent ne sont pas ossifiés. Chez Galeichthys 
(feliceps, C. et V.), que certains auteurs (4) ont eu tort de réunir aux 
Arius, bien qu'ils en soient extrêmement voisins, la bande de dents 
est formée par le vomer et par les ptérygoïdes, comme chez Chrysich- 
thys. Pour apprécier l'importance taxonomique de la dentition chez 
ces poissons, il est nécessaire d'en comprendre la valeur morpholo- 
gique, ce qui ne peut se faire que sur des crânes bien préparés. 



(1) Boulenger, Proc. Zool. Soc. 1891, p. 148. 

(2) Biol. Centralbl. VIII, 1888, p. 298. 

(3) Cat. Fish. V, p. 151 (1864). 

(4) Jordan et Evermann, Fish. N. Amer. I, p. 119 (i{ 



300 SILUR1D.E 

i. ARIUS LATISCUTATUS. 

Gunther, Cat. Fish. V, p. 151 (1864). 

La hauteur du corps est contenue 4343/4 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 fois. La tête, assez déprimée, se 
relevant à l'occiput, est un peu plus longue que large ; sa face supé- 
rieure, à partir de la région interoculaire, est fortement granuleuse, 
la peau adhérant intimement au crâne; l'opercule et le processus 
humerai sont striés; le museau, largement arrondi, à peu près deux 
fois aussi large que long, dépasse un peu la mâchoire inférieure ; sa 
longueur est comprise 3 i/3 à 3 1/2 fois dans la longueur de la tête; le 
diamètre de l'œil, qui est latéral, est compris 7 à 8 1/2 fois dans la 
longueur de la tête et 5 à 6 fois dans la largeur interoculaire; le pro- 
longement occipital, plus large que long, subtriangulaire, tectiforme, 
s'articule avec le bouclier interneural, qui est petit, en forme de V ou 
de croissant. Les barbillons sont assez épais : le maxillaire mesure les 
2/3 ou les 4/5 de la longueur de la tête, le mandibulaire externe la 
1/2 ouïes 3/5, l'interne les 2/7 ou les 2/5. Les dents du palais, en 
velours fin, forment deux grandes plaques triangulaires séparées l'une 
de l'autre par un espace assez large; chez les individus d'âge peu 
avancé, chacune de ces plaques est divisée par un sillon en une partie 
antérieure plus large que longue et une partie postérieure plus longue 
que large. La nageoire dorsale est composée d'une forte épine et de 
7 rayons mous ; l'épine mesure plus de la moitié de la longueur de la 
tête, elle est granuleuse en avant et finement dentelée en arrière. La 
dorsale adipeuse est petite, opposée au milieu de la base de l'anale. 
L'anale a i5 à 19 rayons, dont 10 à i3 branchus. La pectorale, dont 
l'épine est très semblable à celle de la dorsale, est largement séparée 
de la ventrale; celle-ci atteint, ou atteint presque, l'origine de l'anale. 
La caudale est fourchue, à lobes pointus. Le pédicule caudal est 
deux fois aussi long que haut. 

Brun olive uniforme en dessus, blanc en dessous; les nageoires sont 
noirâtres vers l'extrémité. 

Les individus, peu nombreux, que j'ai pu examiner, mesurent de 
5o centimètres à i m ,i5. 

Cette espèce habite la côte occidentale d'Afrique, depuis Fernando Po 
jusqu'au Congo. Un seul individu, de Borna, mesurant 85 centimètres, 
fait partie de la collection Wilverth et Wagenaar. 



SYNODONTIS 3oi 



12. SYNODONTIS. 



Cuvier, Règne Animal, II, p. 203(1817); Vaillant, N. Arch. Mus. VII, 1895, 
p. 233, et VIII, 1896, p. 87. 

Corps court ou modérément allongé, plus ou moins 
comprimé. Nageoire dorsale courte, composée d'une forte 
épine et de 6 ou 7 rayons mous ; une dorsale adipeuse 
plus ou moins grande ; anale courte. Nageoires pectorales 
et ventrales bien développées, les premières armées d'une 
forte épine, les secondes formées de 7 rayons et insérées 
en arrière de la dorsale. Un bouclier céphalo-nuchal, uni 
aux pièces scapulaires ; 3 paires de barbillons : une aux 
maxillaires, deux à la lèvre inférieure, ces derniers bran- 
chus ; narines largement séparées, les antérieures un peu 
tubuleuses ; yeux à bords libres, latéraux ou supéro- 
latéraux. Bouche petite, à lèvres plus ou moins dévelop- 
pées; une bande ou une série de dents prémaxillaires 
petites et coniques ; de petites dents coniques parfois pré- 
sentes sur la mâchoire inférieure ; des dents mandibulaires 
mobiles, grêles ou sétiformes, plus ou moins courbées ou 
crochues, implantées dans la lèvre inférieure (1); pas de 
dents au palais. Membranes des ouïes interrompues sous 
la gorge, séparées par un isthme gulaire plus ou moins 
large. Vessie natatoire grande, libre. 

Genre propre à l'Afrique tropicale et au Nil. 

Le casque osseux commun à toutes les espèces de ce genre est formé 
par l'union du crâne avec le bouclier nuchal, produit par l'expansion 
des trois premiers os interneuraux ou interépineux, et avec les os de la 
ceinture pectorale, dont le claviculaire se fait remarquer par son pro- 
longement postérieur désigné communément sous le nom de proces- 
sus humerai. Une fontanelle plus ou moins grande occupe le milieu 
du crâne, bordée par l'ethmoïde en avant et les frontaux sur les côtés ; 
chez les très jeunes il y a une seconde fontanelle, plus petite, entre les 
pariétaux ; les préfrontaux et les postfrontaux sont grands ; outre le 
complexe pariéto-occipital, dont il a été fait mention plus haut, p. 238, 

(j) L'étude de ces dents a été faite avec un soin tout particulier par Vaillant, 1 . c. 



302 SILURIDjE 

on distingue, à la partie postérieure du crâne, les éléments pairs sui- 
vants : squamosal, sur-temporal, post-temporal et sur-claviculaire; 
ces trois derniers sont souvent fusionnés en une pièce unique. Le pré- 
maxillaire est très petit et le maxillaire rudimentaire, supportant la 
base du barbillon ; le palatin est un os allongé, en forme de bâtonnet 
qui touche au prémaxillaire et est séparé du ptérygoïdien (entoptéry- 
goïde -f- ectoptérygo'ide) par un espace assez considérable ; le préorbi- 
taire et les sous-orbitaires forment une chaîne d'os très grêles. Les 
rayons branchiostèges sont au nombre dey. 

Les claviculaires et les coraco'ides sont extrêmement grands et mas- 
sifs et ceux-ci se relèvent verticalement en arrière pour former une cloi- 
son ou diaphragme osseux qui ne laisse qu'une assez petite ouverture 
triangulaire pour le passage de l'œsophage. Le mésocoracoïde se fait 
remarquer par son excessive gracilité. Le sur-claviculaire émet une 
très massive apophyse interne qui s'unit par suture au basioccipital. 

Les 6 ou 7 premières vertèbres sont unies entre elles, au crâne, et 
aux premiers interneuraux ; on distingue dans ce complexe quatre ou 
cinq apophyses transverses, dont la dernière ou les deux dernières 
portent des côtes. La première de ces apophyses est mcdifiée pour 
former un appareil particulier, décrit comme « ressorts » par J. Mill- 
ier (i) et qui consiste en une espèce de palette s'appliquent sur la face 
antérieure de la vessie natatoire tandis qu'un processus antérieur vient 
buter contre l'exoccipital. Derrière les vertèbres dont il vient d'être 
question, on distingue 8 à io vertèbres précaudales, munies de côtes, et 
22 à 28 caudales; les côtes sont attachées à la face inférieure de lon- 
gues parapophyses, tout près de leur extrémité; les 5 dernières 
paires de parapophyses forment un canal hémal, leurs branches étant 
réunies par un pont osseux; vers le milieu du corps, les neurapophyses 
atteignent une hauteur considérable, puis décroissent graduellement. 

Les mœurs des Schals, comme on nomme en Egypte les poissons de 
ce genre, sont encore peu connues. Les observateurs sont d'accord pour 
leur attribuer la faculté d'émettre des sons, produits par l'action des 
muscles qui entourent la vessie natatoire (2), compressible à volonté 

(1) Abh. Akad. Berl. 1843, P- H7- P^ 'U- fi§ s - 1_ 4- 

(2) D'après les observations de Sôrensen sur les Silurides de l'Amérique du Sud 
(C. R. Ac. Sci. LXXXVIII, 1879, p 1042, et Lydorganer hos Fiske, Copenh. 
1884, 8°), la partie antérieure de la vessie natatoire est alternativement tirée en avant 
et en arrière par la contraction et le relâchement des muscles; pendant ces mou- 
vements, l'air, en passant à travers les cloisons transversales incomplètes met 
celles-ci en vibration, et le son se produit. La hauteur ou plutôt la profondeur du 
son est en proportion directe de la vitesse des vibrations des ressorts décrits par 
J. Mûller A ces sons viennent se joindre ceux produits simultanément par les 
mouvements qu'exécute l'épine de la nageoire pectorale dans la cavité glénoïde, 
tel qu'un frein appliqué à la roue d'un véhicule. 



SYNODONTIS 3o3 

grâce à l'appareil à ressorts décrit par J. Mùller, renforcée par le 
grincement des épines dorsale et pectorales contre les poulies sur les- 
quelles elles jouent. On les dit se nourrir en grande partie de 
graines (l'intestin est très allongé et fait de nombreux replis), 
régime que Valenciennes a pu vérifier à l'autopsie ; mais ils mangent 
aussi des poissons, ainsi que j'ai pu m'en assurer. Les anciens Égyp- 
tiens avaient observé que ces Silures, dans le Nil, nagent souvent sur 
le dos; Geoffroy Saint-Hilaire et Rifaud ont été témoins du fait. Dans 
cette position, si anormale qu'elle paraisse pour un poisson, les Schals 
se dirigent librement en avant et de côté ; mais lorsque quelque dan- 
ger se montre, ils reprennent, pour s'enfuir, la position ordinaire. 
D'après Geoffroy, la chair de ces Schals est fade et les pauvres seuls 
ne la dédaignent pas. 

Le genre Synodontis est voisin des Doras de l'Amérique du sud, 
dont il diffère surtout par l'absence de boucliers osseux sur les côtés 
du corps. 

La distinction des nombreuses espèces de ce genre présente encore de 
grandes difficultés, malgré le travail de révision publié récemment par 
L. Vaillant. Sur environ trente-cinq espèces admises aujourd'hui, je 
crois pouvoir en bien définir seize du bassin du Congo, y compris le 
Tanganika, déterminables à l'aide du synopsis suivant, établi sur un 
nombre assez considérable d'individus. Je me suis abstenu de faire 
intervenir la présence ou l'absence de petites dents mandibulaires 
postérieures dans la définition des espèces, convaincu que ce caractère 
ne peut qu'induire en erreur vu la difficulté qu'on éprouve souvent à 
se convaincre de la présence de ces dents, insérées sur l'os de la 
mâchoire inférieure, souvent cachées par la muqueuse. D'accord avec 
Vaillant (i) et G. Pfeffer (2), j'attache grande importance au nombre et 
à la grandeur des dents mandibulaires antérieures grêles et mobiles, 
ne tenant compte, pour la longueur, que de la partie émergeant de 
la lèvre ; mais je ne saurais suivre ce dernier auteur en négligeant, 
comme caractères spécifiques de l'adulte, la présence ou l'absence de 
villosités sur le corps et la longueur relative de la nageoire dorsale 
adipeuse, caractères considérés à tort par lui comme dimorphisme 
sexuel (3). 

(1) Loc. cit. 

(2) Fische Ost-Afrikas, p. 34 (1896). 

(3) Il est nécessaire d'observer que le nombre des dents ou barbes aux épines 
dorsale et pectorale augmente avec l'âge et que l'adulte peut en posséder plus de 
deux fois autant que le jeune. Il ne peut donc être fait appel à ces différences, pour 
la distinction des espèces, qu'à condition de comparer des individus de même 
taille. 



3o4 silurid^e 



Synopsis des espèces du bassin du Congo (i). 

I. Barbillon maxillaire non branchu. 
A. Yeux supéro-latéraux ou supères. 

1. Barbillon maxillaire non bordé d'une manière sensible. 

a. Dents mandibulaires grêles au nombre de 70 à 80; dessus de la tête 
lisse; nageoire caudale prolongée en filaments 1. S. caudalis, Blgr. 

b. Dents mandibulaires grêles au nombre de 15 à 65; dessus de la tête 
rugueux. 

a. Barbillon maxillaire n'atteignant pas l'extrémité de l'épine pectorale. 

* Prolongement humerai non armé d'épines, caréné ; 30 à 42 dents man- 
dibulaires grêles. 

Barbillons mandibulaires externes à branches longues, 

minces, non ramifiées; côtés du corps un peu villeux 

chez l'adulte ....'. 2.5. Depauwi, Blgr. 

Barbillons mandibulaires à branches courtes, non 

ramifiées; corps granuleux 3. S. granulosus, Blgr. 

■* Prolongement humerai armé d'épines; 36 à 50 dents mandibulaires 

grêles ; peau villeuse chez l'adulte . . . 4. 5. acanthomias, Blgr. 
*** Prolongement humerai non armé d'épines, non caréné, très pointu; 
15335 dents mandibulaires grêles; peau lisse. 

Barbillons mandibulaires à branches courtes, mas- 
sives, trifides ou ramifiées; diamètre de l'œil 4 1/2 à 
5 fois dans la longueur de la tête (2) 5. S. angelicus, Schilth. 

Barbillons mandibulaires à branches longues, minces, 
non ramifiées; diamètre de l'œil 4 à 4 1/2 fois dans 
la longueur de la tête 6. S. multipunctatus, Blgr. 

Barbillons mandibulaires à branches longues, minces, 
non ramifiées; diamètre de l'œil 6 à 7 fois dans la 
longueur de la tête 7. S. ^ambesensis, Ptrs. 

(1) Le Synodontis décrit par Vaillant sous le nom de S. Robbianus, J. A. 
Smith, détermination incorrecte d'ailleurs, comme j'ai pu m'en convaincre, grâce 
à l'obligeance de M. le professeur Vaillant, par l'examen du spécimen conservé 
au Muséum de Paris, ne provient probablement pas du bassin du Congo, mais 
de celui de l'Ogowé, comme le reste des collection? rapportées par M, Thollon du 
Congo français. Le spécime en question, en assez mauvais état, manque de bor- 
dure membraneuse au barbillon maxillaire et il a dû posséder une trentaine de 
dents mandibulaires crochues. Il se rapproche beaucoup de S. Depauwi, Blgr., 
dont il se distingue surtout par les branches plus courtes des barbillons mandibu- 
bulaires externes, par l'épine de la dorsale très courbée, par la dorsale adipeuse 
plus courte que la tête et par l'absence de villosités sur le corps. Il appartient bien 
certainement à une espèce distincte de toutes celles qui me sont connues et je pro- 
pose de le désigner sous le nom de S. Tholloni. 

(2) Mesurée jusqu'au sinus occipito-huméral. 



SYNODONTIS 3o5 

/3. Barbillon maxillaire atteignant ou dépassant l'extrémité de l'épine pec- 
torale. 

40a G5 dents mandibulaires grêles; barbillon maxil- 
laire ne dépassant pas les ventrales; prolongement 
humerai très pointu; peau villeuse chez l'adulte . 8. S. Greshoffi, Schîlth. 

18 à 25 dents mandibulaires grêles; barbillon maxil- 
laire au moinsaussi longque le corps ; prolongement 
humerai tronqué, arrondi, ou obtusément pointu en 
arrière ; peau lisse 9. 5 Alberti, Schilth. 

C Dents mandibulaires au nombre de 8 ou g; barbillon maxillaire plus court 
que la tête; dorsale adipeuse beaucoup plus courte que la tête; prolonge- 
ment humerai se terminant en pointe mousse. 10. S. Vaillanti, Blgr. 

2. Barbillon maxillaire bordé d'une membrane du côté interne, très distincte 
tout au moins à la base. 

a. Prolongement humerai plus ou moins pointu. 

18 à 20 dents mandibulaires grêles; dorsale adipeuse 

plus longue que la tête ; diamètre de l'œil 6 fois dans 

la. longueur de la tête 11. S. Soloni, Blgr. 

20 à 26 dents mandibulaires grêles; dorsale adipeuse 

plus courte que la tête ; diamètre de l'œil 4 à 4 1/2 

fois dans la longueur de la tête 12. S. oniatipinnis, Blgr. 

b, Prolongement humerai très large, tronqué ou arrondi en arrière. 

17 à 20 dents mandibulaires grêles; barbillon maxil- 
laire beaucoup pluslongque la tête ; dorsaleadipeuse 
beaucoup plus courte que la tête 13. S. notatus, Vaill. 

8 à 12 dents mandibulaires grêles; barbillon maxil- 
laire pas plus long que la tête; dorsale adipeuse 
presque aussi longue que la tête 14. S. nummi/er, Blgr. 

B. Yeux absolument latéraux, visibles d'en bas comme d'en haut; barbillon 
maxillaire bordé à la base, atteignant à peine la base de l'épine pectorale; 
12 à 19 dents mandibulaires grêles; prolongement humerai très large, tronqué 
ou arrondi en arrière; dorsale adipeuse plus courte que la tête. 

15. S. pleurops, Blgr. 

II. Barbillon maxillaire branchu;4 à 11 dents mandibulaires grêles; yeux supéro- 
latéraux; prolongement humerai très large . . .16. S. décor us, Blgr. 



La coloration, ou plutôt le dessin, si remarquable chez certaines 
espèces, fournit d'importantes indications, qui, mentionnées dans les 
descriptions, serviront cà confirmer les déterminations obtenues à 
l'aide du présent synopsis, basé uniquement sur des caractères mor- 
phologiques. 



3o6 siluridj: 

.. SYNODONTIS CAUDALIS. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zoo!. I, p. 44, pi. XXII, fig. 1 (1899). 

Le corps est assez fortement comprimé, sa hauteur égale à la lon- 
gueur de la tête et comprise 4 a 41/2 fois dans la longueur totale. 
La tête est aussi large que longue, très déprimée, presque lisse en 
dessus ; la fontanelle frontale est petite. linéaire ; lé museau, arrondi, 
mesure la moitié de la longueur de la tête; l'œil est supère, son 
diamètre est compris 5 1/2 à 6 fois dans la longueur de la tête, 
2 à 2 1/2 fois dans l'espace interoculaire, qui est presque plat ; pas de 
carène occipitale. La bouche a les lèvres très développées; le barbillon 
maxillaire, simple, mesure 1 1/2 à 1 2/3 fois la longueur de la tête; les 
barbillons mandibulaires sont insérés sur une ligne transversale droite 
et portent de longues branches à courtes et épaisses ramifications ; les 
externes, un peu plus longs que les internes, mesurent les 2/3 de la 
longueur de la tête. Les dents prémaxillaires forment une assez large 
bande; les mandibulaires, très petites et crochues, mesurant à peine la 
moitié du diamètre de l'œil, sont au nombre de 70 à 80. La fente oper- 
culaire ne s'étend pas en dessous au delà de la base de la nageoire 
pectorale. Le bouclier occipito-nuchal, lisse et simplement convexe, 
n'est qu'un peu plus long que large et se termine en pointes aiguës ou 
obtuses qui ne s'étendent pas au delà de la base de l'épine de la dorsale. 
Le prolongement humerai, faiblement strié, est étroit et aigu et 
s'étend jusqu'au niveau de l'extrémité du bouclier occipito-nuchal. La 
peau du corps est dépourvue de villosités. La nageoire dorsale a 
7 rayons branchus ; l'épine n'est que médiocrement forte, à peine plus 
longue que la base de la nageoire, faiblement striée, lisse en avant, et 
porte en arrière 6 à 10 dents réclinées assez faibles. La dorsale adipeuse 
est 4 à 5 fois aussi longue que haute et 2 1/2 à 3 1/2 fois aussi longue 
que la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée. L'anale a 1 1 ou 
12 rayons, dont 8 ou 9 branchus. L'épine pectorale est forte, aussi 
longue que la tête ou un peu plus courte ; son bord antérieur est armé 
de i5 à 20 dents dirigées en arrière, son bord postérieur en a i3 à 16 
beaucoup plus grandes et dirigées en sens inverse. La nageoire ven- 
trale atteint presque l'origine de l'anale. La caudale est profondément 
échancrée et ses lobes se terminent en longs filaments, le plus long 
rayon mesurant plus de la moitié de la longueur totale sans la 
caudale. 

La coloration est uniformément brunâtre, chez les spécimens qui 
ont été conservés en formol. 



SYNODONTIS 3<7 

Plusieurs individus, dont le plus grand mesure 14 centimètres. Ils 
proviennent de Borna, de Matadi, de Léopoldville (Coll. Wilverth et 
Wagenaar). 

Voici une espèce facile à caractériser par sa tête recouverte d'une 
peau lisse et par l'extrême prolongement des lobes de la caudale. Par 
ses dents excessivement nombreuses elle se rapproche de l'espèce à 
laquelle Vaillant a imposé le nom de S. polyodon (1) et qui provient de 
l'Ogowé. Elle s'en distingue, outre les caractères mentionnés déjà, 
par l'épine dorsale plus courte, la dorsale adipeuse plus longue, le pro- 
longement humerai plus étroit, l'oeil plus petit, et par l'absence de vil- 
losités sur les côtés du corps. En prenant, à l'exemple de Vaillant, le 
S. schall comme type moyen de la série, si nombreuse et si variée, que 
nous offre le genre Synodontis, S. caudalis et S. decorits viendraient 
en occuper les deux bouts. 



2. SYNODONTIS DEPAUWI. 

Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 45, pi. XXII, tig. 2(1899). 

Le corps est assez fortement comprimé, sa hauteur égale ou un peu 
supérieure à la longueur de la tête et comprise 3 2/3 à 4 i/3 fois dans 
la longueur totale. La tète est aussi large que longue, assez déprimée, 
finement granulée en dessus ; la fontanelle frontale est petite, peu dis- 
tincte ; le museau, arrondi, mesure la moitié de la longueur de la tète; 
l'œil est supère, son diamètre est compris 5 à 6 fois dans la longueur 
de la tête, 2 fois dans l'espace interoculaire, qui est presque plat ; pas 
de carène occipitale La bouche a les lèvres assez développées ; le bar- 
billon maxillaire, simple, est un peu plus long que la tête; les barbil- 
lons mandibulaires sont insérés sur une ligne transversale droite et 
portent de longues branches, minces et au nombre de 4 à 6 sur les 
externes, plus épaisses et ramifiées sur les internes ; les barbillons 
externes, près de 3 fois plus longs que ces derniers, sont un peu plus 
courts que la tète. Les dents prémaxillaires forment une assez large 
bande; les mandibulaires, très petites et crochues, mesurant moins de 
la moitié du diamètre de l'œil, sont au nombre de 3o à 35. La fente 
operculaire ne s'étend pas en dessous au delà de la base de la nageoire 
pectorale. Le bouclier occipito-nuchal, finement granulé et simple- 
ment convexe, est d'un tiers ou de moitié plus long que large et se 
termine en pointes aiguës ou obtuses qui ne s'étendent pas au delà de 

(1) C. R. Soc. Philom. 1895, p. 48, et N. Arch. Mus. (3) VIII, 1896, p 127, 
pi. XI, tig. 1. 



3o8 SILUR1DA£ 

la base de l'épine de la dorsale. Le prolongement humerai est faible- 
ment strié, caréné, étroit, et se termine en pointe très aiguë et légère- 
ment relevée. La peau, chez les adultes, est un peu villeuse sur la 
moitié antérieure du corps. La nageoire dorsale a 6 ou 7 rayons bran- 
ches ; l'épine n'est que médiocrement forte, d'un tiers plus longue 
que la base de la nageoire et porte un prolongement mou assez déve- 
loppé ; elle est faiblement striée, et munie en arrière de 6 à 10 dents 
réclinées très faibles. La dorsale adipeuse est 3 1/2 à 4 1/2 fois aussi 
longue que haute et 2 à 3 fois aussi longue que la distance qui la sépare 
de la dorsale rayonnée. L'anale a 10 ou 1 1 rayons, dont 7 ou 8 bran- 
chus. L'épine pectorale est forte, aussi longue que la tète; son bord 
externe porte 25 à 32 dents dirigées en bas, son bord interne en a 1 5 à 
20 beaucoup plus grandes et dirigées en sens inverse. La nageoire 
ventrale n'atteint pas, ou atteint à peine, l'origine de l'anale. La caudale 
est profondément échancrée; son plus long rayon mesure le i/3 ou 
les 2/5 du reste de la longueur totale. 

Brunâtre uniformément. 

Cette espèce, représentée par 3 individus de Léopoldville (Coll. Wil- 
verth), le plus grand mesurant 21 centimètres et le plus petit 8 1/2, est 
nommée en l'honneur de M. Louis De Pauw, conservateur des collec- 
tions de l'Université libre de Bruxelles, par les soins duquel la collec- 
tion de poissons du Congo a été installée à l'Exposition de 1897, et qui, 
à maintes occasions, a rendu de réels services au Musée du Congo. Elle 
est assez voisine de l'espèce précédente, dont elle se sépare de suite 
par un caractère important : le nombre bien moins élevé des dents 
mandibulaires. En outre, elle s'en distingue par le dessus du crâne 
rugueux, par les dents plus nombreuses à l'épine pectorale, et par le 
prolongement moindre des lobes de la caudale Elle est encore plus 
voisine de S. angelicus, dont elle diffère par le prolongement humerai 
plus étroit et plus aigu, les barbillons mandibulaires différemment 
branchus, ainsi que par l'absence de tout dessin sur le corps et sur 
les nageoires. 



3. SYNODONTIS GRANULOSUS. 

Bouleng. Ann. & Mag. N. H. (7) VI, iqoo, p. 480. 

Le corps est faiblement comprimé, sa hauteur égale à la longueur de 
la tête et comprise 3 à 3 1/2 fois dans la longueur totale. La tête, peu 
ou point plus longue que large, faiblement déprimée, est couverte en 
dessus, à partir des yeux, de rugosités granuleuses; la fontanelle 



SYNODONTIS 3og 

frontale est assez étroite; le museau, arrondi, mesure un peu moins 
de la moitié de la longueur de la tête; l'œil est supère, son diamètre 
est compris 5 1/2 à 6 fois dans la longueur de la tête, 2 1/2 à 2 2/3 fois 
dans la largeur de la région interoculaire, qui est un peu convexe ; 
pas de carène occipitale. Les lèvres sont médiocrement développées; 
le barbillon maxillaire, simple, est aussi long ou un peu plus long 
que la tête et ne dépasse guère le tiers antérieur de l'épine pectorale; 
les barbillons mandibulaires sont insérés sur une ligne transversale 
droite; les externes mesurent les 3/5 ou les 2/3 de la tête et le triple 
des internes, tous deux portent quelques branches très courtes, sur- 
tout celles situées près de la base qui sont tuberculeuses. Les dents 
prémaxillaires, petites et nombreuses, forment une large bande; les 
dents mandibulaires antérieures, petites, peu courbées, mesurant à 
peine le tiers du diamètre de l'œil, sont au nombre de 40 à 42. La 
lente operculaire ne s'étend pas en dessous au delà de la base de la 
nageoire pectorale. Le bouclier occipito-nuchal, rugueux et tecti- 
forme, n'est qu'un peu plus long que large et se termine en pointes 
arrondies qui s'étendent jusqu'au niveau de la base du premier rayon 
mou de la dorsale. Le prolongement humerai, couvert de rugosités 
granuleuses, caréné, étroit et très aigu, s'étend presque aussi loin en 
arrière que le bouclier occipito-nuchal. La peau de tout le corps, et 
delà nageoire adipeuse, est couverte de papilles granuleuses, petites 
et très serrées mais visibles à l'œil nu. La nageoire dorsale a 7 rayons 
branchus; l'épine est assez forte, 1 1/2 fois aussi longue que la base 
de la nageoire, striée et munie en arrière de 10 à i5 dents réclinées. 
La dorsale adipeuse est 4 fois aussi longue que haute et 2 1/2 à 
3 1/2 fois aussi longue que la distance qui la sépare de la dorsale 
rayonnée. La nageoire anale a 1 r rayons, dont 8 branchus. L'épine 
pectorale est très forte, aussi longue que celle de la dorsale, striée, 
faiblement denticulée au bord antérieur, armée au bord postérieur de 
1 5 à 17 fortes dents réclinées. La nageoire ventrale n'atteint pas l'ori- 
gine de l'anale. La nageoire caudale est profondément échancrée, en 
forme de croissant. 

Olivâtre en dessus, jaunâtre en dessous ; dorsale, anale et nageoires 
paires noires en avant, oranges en arrière; caudale noire, à large bord 
postérieur orange. 

Longueur totale : 23 centimètres. 

■Trois individus de ce Synodonte, si remarquable par sa . forme 

lourde, la nature de ses téguments, la coloration brillante de ses 

nageoires, ont été rapportés de l'extrémité nord du lac Tanganika par 

M. .1. E. S. Moore en 1900. Ils avaient été pris à une assez grande 

• profondeur. 



3lO SILURID^E 



4. SYNODONTIS ACANTHOMIAS. 

Synodontis omias (non Gûnth.), Vaillant, N. Arch. Mus. (3) VIII, 1896, p. 130, 
pi. XIII, fig. 2. 

Synodontis acanthomias, Bouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 46, pi. XXIII 
(1899). 

Le corps est faiblement comprimé, sa hauteur égale ou excède un 
peu la longueur de la tête et est comprise 3 2/3 à 4 i/3 fois dans la 
longueur totale. La tête est aussi longue que large, faiblement grêlée 
et vermiculée en dessus ; la fontanelle frontale est très petite, ellip- 
tique, 2 ou 3 fois aussi longue que large ; le museau, obtusément coni- 
que, mesure la moitié ou un peu moins de la moitié de la longueur de 
la tète; l'œil est supère, son diamètre est compris 5 1/2 à 6 1/2 fois dans 
la longueur de la tète, 2 à 3 fois dans l'espace interoculaire ; la région 
interoculaire est peu bombée, l'occiput dépourvu de carène, le bouclier 
nuchal lui-même ne portant qu'une carène très obtuse. La bouche a 
les lèvres médiocrement développées ; le barbillon maxillaire, simple, 
est au moins aussi long que la tète et n'excède pas de plus d'une demi 
fois cette longueur ; les barbillons mandibulaires sont branchus, les 
externes, aussi longs ou un peu plus courts que la tête, mesurent le 
doubledes internes et sont insérés un peu plus bas. Les dents prémaxillai- 
res forment une très large bande; les mandibulaires, crochues, mesu- 
rant près de la moitié du diamètre de l'œil, sont au nombre de 36 à 5o. 
La fente operculaire ne s'étend pas en dessous au delà de la base de la 
nageoire pectorale Le bouclier nuchal, faiblement sculpté comme le 
dessus de la tête, est d'un tiers ou de moitié plus long que large ; ses 
processus postérieurs sont tantôt pointus, tantôt carrément tronqués 
et s'étendent jusqu'au niveau du premier rayon mou de la dorsale. Le 
prolongement humerai, 2 1/2 à 3 fois aussi long que haut, se termine 
en pointe en arrière du niveau du bouclier nuchal et est armé chez 
l'adulte de longues et fortes épines dirigées en arrière ; chez les jeunes, 
ces épines sont réduites à deux ou trois, terminant une forte carène; le 
nombre des épines augmente graduellement avec l'âge, en même temps 
que la carène s'émousse. La peau est couverte, sur les côtés du corps, 
devillosités très développées. La nageoire dorsale a 6 ou 7 rayons bran- 
chus; l'épine est très forte, 1 2/3 à 2 fois la longueur de la base de la 
nageoire, striée, munie de quelques dents très faibles ou à peine dis- 
tinctes à l'arrière de sa moitié surpérieure. La dorsale adipeuse est 5 à 

7 fois aussi longue que haute et 3 à 5 fois aussi longue que la distance 
qui la sépare de la dorsale rayonnée. L'anale a 12 a 14 rayons, dont 

8 à 10 branchus. L'épine pectorale est un peu plus longue que la tête, 



SYNODONTIS 3n 

à serrature modérément forte des deux côtés : 27 à 5o dents dirigées 
en arrière du côté externe, 18 à 38 droites ou dirigées un peu en arrière 
du côté interne; le premier rayon mou de la pectorale est prolongé en 
filament. La ventrale atteint ou n'atteint pas l'anale. La caudale est 
profondément bifurquée. 

Corps et nageoires d'un brun foncé ou gris, uniformes ou couverts 
de petites taches noires arrondies; ventre jaunâtre. Iris jaune orangé. 

Longueur totale : 40 centimètres. 

Depuis que j'ai établi cette espèce, sur deux spécimens de Borna et 
un de Léopoldville (Coll. Wilverth et Wagenaar), j'ai pu en examiner 
un assez grand nombre d'individus, mesurant de i3 à 40 centimètres 
et provenant de Matadi iDelhez), du Stanley-Pool (Demeusej et de 
Monscmbé, Haut-Congo (Weeks). Les individus rapportés par Delhez, 
sous le nom indigène de Kokolo, ont été péchés près des rochers, dans 
des eaux agitées ou torrentueuses. D'après les nègres, ce poisson attein- 
drait deux mètres de longueur. Le nom indigène à Monsembé est 
L ikuko ja libuku . 

Cette espèce est voisine de S. omias, Gthr., du Niger, auquel des 
spécimens de l'Ubangi ont été rapportés, à tort, par Vaillant. Chez 
S. omias le prolongement humerai est plus large et plus court et il ne 
porte que deux ou trois épines, près du bord inférieur, comme chez le 
jeune de la présente espèce ; les dents au bord interne de l'épine pecto- 
rale sont plus fortes et plus réclinées; la dorsale adipeuse est plus 
courte, seulement 2 fois aussi longue que la distance qui la sépare de 
la dorsale rayonnée, et les ventrales s'étendent bien au delà de l'ori- 
gine de l'anale. 



5. SYNODONTIS ANGELICUS. 

Schilthuis, Tijctschr. Nederl. Dierk. Ver. (2) III, 1891, p. 87; Vaillant, N 
Arch. Mus. (3) VIII, 1896, p. 141, pi. XIV, fig. 1 

Le corps est modérément comprimé, sa hauteur égale ou un peu 
inférieure à la longueur de la tète et comprise 3 1/2 à 4 fois dans la 
longueur totale. Là tête est un peu plus longue que large, assez 
déprimée, faiblement rugueuse en dessus; la fontanelle frontale est 
petite, très étroite, disparaît même avec l'âge; le museau, arrondi, 
mesure un peu moins de la moitié de la longueur de la tête ; l'œil est 
supère, son diamètre est compris 4 1/2 à 5 fois dans la longueur delà 
tète, 2 ibis dans l'espace interoculaire, qui est presque plat ; pas de 
carène occipitale. Les lèvres sont médiocrement développées ; le bar- 
billon maxillaire, simple, est un peu plus long que la tète et atteint 



3l2 SlLl'KID^E 

presque le milieu ou le tiers postérieur de l'épine pectorale; les bar- 
billons mandibulaires sont insérés sur une ligne transversale droite; 
les externes mesurent à peu près les 2/3 de la tête et portent quelques 
branches courtes, obtuses, bi- ou trifides pour la plupart; les internes, 
plus courts, ont les branches plus serrées et plus ramifiées. Les dents 
prémaxillaires, assez fortes et espacées en avant, minces et serrées en 
arrière, forment une large bande; les dents mandibulaires, très petites 
et crochues, mesurant à peu près le tiers du diamètre de l'œil, sont au 
nombre de 3o à 35 environ. La fente operculaire ne s'étend pas en 
dessous au delà de la base de la nageoire pectorale. Le bouclier occi- 
pito-nuchal, faiblement rugueux et simplement convexe, n'est qu'un 
peu plus long que large et se termine en pointes plus ou moins aiguës, 
parfois arrondies, qui s'étendent jusqu'au niveau de la base du premier 
rayon mou delà dorsale. Le prolongement humerai, strié sur sa moitié 
inférieure, granulé sur sa moitié supérieure, est étroit et aigu et s'étend 
j'usqu'au niveau de l'extrémité du bouclier occipito-nuchal ou un peu 
au delà. La peau est dépourvue de villosités. La nageoire dorsale a 

7 rayons branchus; l'épine est assez forte, i 1/4 à 1 2/3 fois aussi 
longue que la base de la nageoire, striée et munie en arrière de 10 à 
20 fortes dents réclinées. La dorsale adipeuse est 3 à 4 fois aussi 
longue que haute et de 2 à 3 fois aussi longue que la distance qui la 
sépare de la dorsale rayonnée. L'anale a 11 ou 12 rayons, dont 7 ou 

8 branchus. L'épine pectorale est très forte, aussi longue ou un peu 
plus longue que la tête; son bord antérieur est armé de 20 à 40 dents 
dirigées en arrière, son bord postérieur en a 12 à 25 plus grandes et 
dirigées en sens inverse. La nageoire ventrale atteint ou atteint presque 
l'origine de l'anale. La nageoire caudale est profondément échancrée. 

La coloration est des plus caractéristiques. Le corps est brun foncé, 
orné de petites taches jaunes, rondes ou ovales, espacées, disposées en 
quinconce d'une manière très régulière); ce dessin s'étend aussi sur la 
nageoire adipeuse; les autres nageoires sont jaunes^ barrées de noi- 
râtre : trois à six barres à la dorsale, trois à cinq à la ventrale, trois à 
cinq à l'anale, six à huit à la caudale. Iris bleu foncé, pupille orange. 
Les taches jaunes sont moins nombreuses et relativement plus grandes 
chez les jeunes que chez les adultes. 

Longueur totale : 18 1/2 centimètres. 

Le type de S. angelicus, maintenant conservé au British Muséum, 
provient du Stanley-Pool N (coll. Greshoff). Un spécimen du Congo 
français sans localité précise, a été décrit et figuré par Vaillant; enfin 
j'ai pu en examiner d'assez nombreux individus de Zambi, Bas-Congo 
(lieutenant Lepez), du Stanley-Pool (Wilverth et Wagenaar, Delhez) et 
de Kutu, lac Léopold II (Delhez). Le plus grand de tous a été rapporté 
de Bolobo par le rév. George Grenfell. 



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SYNODONT1S 3l3 

6. SYNODONTIS MULTIPUNCTATUS (PI. XV). 
Bouleng. Trans. Zool. Soc. XV, 1898, p. 24. pi. VIII, et 1890, p. 9;. 

Le corps est faiblement comprimé, sa hauteur comprise 3 14a 
3 1/2 fois dans la longueur totale; la longueur de la tète est comprise 
3 1/2 à 3 2/3 fois. La tête est un peu plus longue que large, fortement 
granulée en dessus; la fontanelle est très étroite, presque linéaire; le 
museau, arrondi, mesure moins de la moitié de la longueur de la tète ; 
l'œil est supéro-latéral, son diamètre est compris 4 a 4 1 2 fois dans 
la longueur de la tète, 1-1/2 -à 2 fois dans l'espace interoculaire, qui 
est faiblement convexe ; une carène très obtuse commence sur l'occiput 
et s'étend sur le bouclier occipito-nuchal. La bouche a les lèvres 
médiocrement développées ; le barbillon maxillaire, simple, est plus 
long que la tête et atteint presque le milieu de l'épine pectorale; les 
barbillons mandibulaires sont insérés sur une ligne transversale droite 
et portent de longues branches minces non ramifiées; les barbillons 
externes, deux fois plus longs que les internes, mesurent à peu près 
les 2/3 de la longueur de la tête. Les dents prémaxillaires, en 5 ou 

6 séries transversales irrégulières, forment une assez large bande; les 
mandibulaires, petites et faiblement courbées, mesurant à peine le tiers 
du diamètre de l'œil, sont au nombre de i5 à 20. La fente operculaire 
ne s'étend pas en dessous au delà de la base de la nageoire pectorale. 
.Le bouclier occipito-nuchal, granulé et très obtusément caréné, est 
tout au plus une demi-fois plus long que large et se termine en 
pointes, qui s'étendent jusqu'au premier rayon mou de la dorsale. Le 
prolongement humerai est granulé, sans carène, et se termine en 
pointe aiguë un peu en avant du niveau de l'extrémité du bouclier 
occipito-nuchal. La peau est dépourvue de villosités. La nageoire 
dorsale a 7 rayons branchus; l'épine est forte, un peu plus courte que 
la tête, striée et armée, à l'arrière, de fortes dents réclinées dans sa 
moitié supérieure. La dorsale adipeuse est peu élevée, un peu plus 
courte que la tête, et deux ou trois fois aussi longue que la distance 
qui la sépare de la dorsale rayonnée. L'anale a 10 rayons, dont 

7 branchus. L'épine pectorale est forte, striée, presque aussi longue 
que la tête; elle est armée d'une forte serrature au bord interne, dont 
les dents, réclinées, sont au nombre de 17 ou 18; la serrature est très 
faible ou absente au bord externe. La nageoire ventrale n'atteint pas 
tout à fait l'anale. La nageoire caudale est fortement échancrée en 
croissant. 



/m,| SILURIDiE 

Brun rougeâtre paie en dessus, tout couvert de petites taches noires 
arrondies, très nombreuses et très serrées ; blanchâtre en dessous; 
ventrales jaunes; dorsale et caudale largement bordées de jaune. Chez 
les jeunes, les taches sont moins nombreuses et relativement plus 
grandes. 

Longueur totale : 24 centimètres. 

Le type de cette espèce a été recueilli au sud du lac Tanganika, à 
Sumbu, par M. J E. S Moore, pendant son expédition de 1895-96. 
Un second individu (21 centimètres;, de Kalambo, fait partie de la 
seconde collection du même explorateur. Un troisième, de plus 
petite taille (i5 centimètres), a été trouvé dans le même lac, à Moliro, 
par l'expédition Lemaire en 1898, et est représenté dans la série 
d'esquisses à l'aquarelle exécutées par M. Dardenne. J'ai pu aussi en 
examiner un quatrième, encore plus petit, recueilli par M. le capi- 
taine Hecq à Albertville. 

Nom indigène à Moliro : Katétia. 

Voisin du suivant, ce Synodonte s'en distingue aisément à l'œil 
plus grand et aux taches plus grandes. 



7. SYNODONTIS ZAMBESENSIS. 

Peters, in Gùnth. Cat. Fish. V, p. 214 (1864), et Reisc n. Mossamb IV, p. 31, 
pi. V, figs. 2 et 3 (1868); Vaillant, N. Arch. Mus. (3) VIII, 1896, p. 126; Pfeffer, 
Fische O. Afr. p. 37(1896). 

Synodontis gambiensis, part., Gunth. et Playf. Fish. Zanz. p. 115, pi XVII, 
fig. 1 (1866); Vaill. I. c. p. 155. 

>. Synodontis ^an^ibaricus, Peters, Mon. Berl. Ac. 1868, p. 600; Vaill. 
1. c. p. 157. 

Le corps est comprimé ; sa hauteur égale la longueur de la tète et 
est comprise 4 fois dans la longueur totale. La tête est un peu plus 
longue que large, fortement granulée en dessus ; la fontanelle est modé- 
rément grande, beaucoup plus longue que large; le museau, arrondi, 
mesure les 2/5 ou un peu moins de la moitié de la longueur de la tête; 
l'oeil est supéro-latéral, son diamètre est compris 6* à 7 fois dans la 
longueur de la tète, 2 1 3 ù 3 fois dans l'espace interoculaire, qui est 
faiblement convexe ; l'occiput, ainsi que le bouclier occipital, est tecti- 
forme. La bouche a les lèvres médiocrement développées; le barbillon 
maxillaire, à bordure très peu sensible, est aussi long ou un peu plus 
long que la tête et atteint le tiers antérieur ou le milieu de l'épine pec- 
torale; les barbillons mandibulaires sont insérés sur une ligne trans- 
versale droite et portent de longues branches minces non ramifiées; 



SYNODONTIS 3,5 

les barbillons externes mesurent à peu près le double des internes et 
les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête. Les dents prémaxillaires, 
au nombre de 8 à 12 séries transversales irrégulières, forment une 
large bande ; les mandibulaires, fortement courbées et mesurant à peu 
près la moitié du diamètre de l'œil, sont au nombre de 20 à 3o (1). La 
fente operculaire ne s'étend pas en dessous au delà de la base de la 
nageoire pectorale. Le bouclier occipito-nuchal, granulé comme le 
crâne, est 1 14 a 1 1/2 fois aussi long que large et se termine en 
pointes qui s'étendent jusqu'au premier rayon mou de la dorsale. Le 
prolongement humerai est granulé, sans carène, et se termine en 
pointe aiguë au niveau de l'extrémité du bouclier occipito-nuchal ou 
un peu en avant de ce niveau. La peau est dépourvue de villosités. 
La nageoire dorsale a 7 rayons branchus; l'épine est forte, aussi 
longue ou un peu plus courte que la tète, striée et armée, à l'arrière, 
d'assez fortes dents réelinées. La dorsale adipeuse est 3 1/4 à 4 1/2 fois 
aussi longue que haute, aussi longue que la tête, 1 i/3 à 2 fois aussi 
longue que la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée. L'anale 
a 12 à 14 rayons, dont 7 à g branchus. L'épine pectorale est forte, 
striée, aussi longue ou un peu plus courte que la tête; elle est armée 
d'une forte serrature au bord interne, dont les dents, réelinées, sont au 
nombre de 22 à 23; la serrature est très faible au bord externe. La 
caudale est fourchue. 

Brun plus ou moins clair, uniforme ou semé de petits points noirs. 
Les bandes blanches à la base des nageoires, indiquées par Peters chez 
son S. yan^ibaricus, sont sans doute l'apanage du jeune âge, comme 
chez S schall. 

Longueur totale : 3i centimètres. 

Cette espèce est connue de l'Est de l'Afrique, depuis la côte de 
Zanzibar jusqu'au Mozambique, et du lac Nyassa. Un individu en peau 
fait partie d'une petite collection de poissons du lac Moero offerte au 
British Muséum par M. A. Sharpe. 

Des individus de la côte de Zanzibar ont été rapportés à S. gam- 
biensis, Gthr. (2), espèce de la Gambie qui se distingue facilement par 
l'œil plus grand, les barbillons mandibulaires internes plus ramifiés 
et la dorsale adipeuse plus développée. Les deux espèces sont parfaite- 
ment distinctes, ainsi que j'ai pu m'en assurer sur un assez grand 
nombre de spécimens des deux provenances. 



(1) Peters en indique^, mais ce nombre ne me paraît pas s'accorder avec la figure 
qui accompagne sa description et qui répond bien à ce que je vois sur les individus 
que je rapporte à la même espèce. 

(2) Cat. Fish. V. p. 214 (1864). 



3l6 SILURID.E 



8. SYNODONTIS GRESHOFFI. 

Schilthuis, Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. (2) III, 1891, p. 87. 
SynoJoutis Afro-Fischeri (non Hilgend.), Vaillant, N. Arch. Mus. (3) VIII, 
1-896) p. 152, pi. XIV, fi g 2. 

Le corps est faiblement comprimé, sa hauteur égale ou un peu supé- 
rieure à la longueur de la tête et comprise 3 à 4 fois dans la longueur 
totale. La tête est aussi large que longue, finement granulée en dessus; 
la fontanelle frontale est petite, 3 ou 4 fois plus longue que large ; le 
museau, arrondi, mesure les 2/5 ou un peu moins de la moitié de la 
longueur de la tête; l'œil est supéro -latéral, son diamètre est compris 
3 1/2 34 1/2 fois dans la longueur de la tête, 1 1/2 à 2 fois dans 
l'espace interoculaire; la région interoculaire est presque plate, l'occi- 
put dépourvu de carène, le bouclier nuchal lui-même ne portant 
qu'une carène très obtuse. La bouche a les lèvres médiocrement déve- 
loppées ; le barbillon maxillaire, simple, est au moins deux fois aussi 
long que la tête et atteint ou atteint presque la base de la nageoire 
ventrale; les barbillons mandibulaires sont branchus, les externes, 
plus longs que la tête, mesurent le double des internes et sont insérés 
un peu plus bas. Les dents prémaxillaires sont très petites et forment 
une large bande; les mandibulaires, crochues, mesurant à peine le 
tiers du diamètre de l'œil, sont au nombre de 40 à 65. La fente oper- 
culaire ne s'étend pas en dessous au delà de la base de la nageoire 
pectorale. Le bouclier occipito nuchal, finement granulé, est une 
demi-fois plus long que large; il se termine en arrière en deux pointes 
obtuses ou arrondies qui atteignent le niveau du premier rayon mou 
de la dorsale. Le prolongement humerai, au moins deux fois aussi 
long que haut, est strié et caréné et se termine en pointe aiguë qui 
atteint ou dépasse le niveau de l'extrémité du bouclier occipito-nuchal. 
La peau est couverte de villosités, plus sensibles chez les adultes que 
chez les jeunes, et les tubules de la ligne latérale sont tentaculiformes 
et dressés. La nageoire dorsale a b ou 7 rayons branchus ; l'épine est 
forte, 1 2/3 à 1 3/4 fois la longueur de la base delà nageoire, striée et 
munie de quelques dents très faibles à l'arrière de la moitié supérieure. 
La dorsale adipeuse est 3 1/2 à 4 fois aussi longue que haute et 2 à 
3 fois aussi longue que la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée. 
L'anale a 11 à i3 rayons, dont 8 à 10 branchus. L'épine pectorale est 
au moins aussi longue que la tête, à serrature forte; 17 (jeune) à 
48 dents dirigées en arrière au bord externe, 1 1 -à 32 dents plus longues 
et dirigées en sens inverse au bord interne. La ventrale n'atteint pas 
l'anale. La caudale est profondément échancrée; son lobe supérieur 
est souvent prolongé en filament. 



SYNODONTIS 3 17 

Le corps et la nageoire adipeuse sont marbrés de brun foncé sur un 
fond brun pâle ou jaune vif; les nageoires rayonnées sont tachetées 
de brun foncé. L'iris est bronzé, la pupille orange. Les très jeunes 
individus sont d'un brun foncé, avec deux ou trois bandes transver- 
sales onduleuses jaunes. 

Longueur totale : 24 centimètres. 

Cette espèce a été décrite du Stanley-Pool et du Congo français. 
J'en ai examiné, outre le type conservé au British Muséum, de nom- 
breux individus provenant de Matadi et de Nouvelle- Anvers (Wilverth 
et Wagenaar), du lac Léopold II et du lac Tumba (Delhez). Noms 
indigènes : N'Nio et Ikoko à Kutu, Ikoko à Bikoro. 

Un individu de Kutu contenait dans l'estomac un Petershts Leopot- 
dianus mesurant 7 centimètres, en partie digéré. 

L. Vaillant (1. c, p. 123) a rapporté au S. schall, Bl. Schn , espèce 
du Nil et du Sénégal, de jeunes exemplaires de Mobaka sur la Sanga 
et de Diélé sur l'Alima (coll. de Brazza). Ayant pu, grâce à l'obli- 
geance de M . Vaillant, examiner ces exemplaires, je suis convaincu que 
le plus petit, de Mobaka, mesurant 3o millimètres, est un S. Greshoffi, 
tandis qu'un second, long de 45 millimètres, semble devoir être rap- 
porté à S Alberti; quant aux deux autres, de Diélé, je n'ai pu les 
déterminer, mais je suis absolument certain qu'ils n'appartiennent pas 
à S. schall, dont je connais bien le jeune âge ; ils ne sont pas assez bien 
conservés pour qu'on puisse, à mon avis, en faire les types d'une espèce 
nouvelle. 



9. SYNODONTIS ALBERTI. 

ScniLTiiuis, Tijds;hr. Nederl. Dierk. Ver. (2) III, 1891, p. 88; Vaillant, N. Arch. 
Mus. (3) VIII, 1896, p. 118, pi. XII, fig. 1. 

Le corps est fortemement comprimé, sa largeur 1 1/2 à près de 2 fois 
dans sa plus grande hauteur, qui est comprise 3 à 3 1/2 fois dans la 
longueur totale. La tête, dont la longueur est comprise 3 1/234 fois 
dans la longueur totale, est d'un tiers ou d'un quart plus longue que 
large et rugueuse à partir de la région interoculaire, qui est à peine 
convexe; la fontanelle frontale est étroite, 3 ou 4 fois plus longue que 
large; l'opercule est lisse; le museau, arrondi, mesure le tiers ou les 
2/5 de la longueur de la tète ; l'œil est supéro latéral, son diamètre est 
compris 3 à 3 1/2 fois dans la longueur de la tête, et égale la largeur 
interoculaire; l'occiput ne forme de carène qu'à partir du bouclier 
nuchal. La bouche a les lèvres peu développées; le barbillon maxillaire 



3i8 SILURIDjE 

est très allongé et atteint le pédicule caudal ou le milieu de la 
nageoire caudale; les barbillons mandibulaires externes sont insérés un 
peu en arrière des internes et atteignent presque l'extrémité des 
nageoires pectorales, ou un peu au delà ; ils sont 2 fois plus longs que 
les internes, et tous deux sont garnis de branches longues, minces, 
non ramifiées. Les dents prémaxillaires, petites et assez serrées, 
forment 4a 6 séries transversales ; les mandibulaires, petites et crochues, 
mesurent à peine i/5 du diamètre de l'œil et sont au nombre de 18 à 25. 
La fente operculaire ne s'étend pas en dessous au delà de la base de la 
nageoire pectorale. Le bouclier occipito-nuchal, rugueux et grêlé, 
forme une carène obtuse; sa largeur est comprise 1 1/2 fois dans sa 
longueur; ses processus postérieurs sontarrondis ou obstusément poin- 
tus et s'étendent jusqu'au niveau du premier rayon mou de la dorsale. 
Le prolongement humerai, rugueux, strié dans sa partie inférieure, est 
assez large et s'atténue en pointe obtuse ou tronquée ; il s'étend à peine 
aussi loin en arrière que le bouclier nuchal. La peau du corps est 
dépourvue de villosités. La nageoire dorsale a 7 rayons branchus : 
l'épine est forte, striée, armée de très faibles serratures réclinées sur la 
moitié supérieure de sa face postérieure ; sa longueur égale ou excède 
un peu celle de la tête et mesure moins du double de la base de la 
nageoire. La dorsale adipeuse est 3 à 4 fois aussi longue que haute et 
séparée de la dorsale layonnée par un espace peu considérable. L'anale 
a 12 rayons, dont 8 branchus. L'épine pectorale est très forte, aussi 
longue que la tète ou un peu plus courte, à serrature très forte : 24 à 
38 dents dirigées en arrière au bord externe, i3 à 17 plus grandes et 
dirigées en sens inverse, au bord interne. La nageoire ventrale n'atteint 
pas tout à fait l'origine de l'anale. La nageoire caudale est profondé- 
ment échancrée, à lobe supérieur plus ou moins prolongé en filament. 
Olive ou brunâtre, cuivré, uniforme ou tacheté de brun foncé ; dos 
parfois violacé; nageoires dorsales, anale et caudale avec de petites 
taches foncées très nombreuses disposées en séries transversales. 
Longueur totale : i5 centimètres. 

Les types de cette espèce, conservés au British Muséum, provien- 
nent du Stanley-Pool (Collection Greshoft). Vaillant a décrit le même 
poisson du Congo français, et 4 spécimens en ont été rapportés de 
Manyanga et de Léopoldville par les officiers de l'État Indépendant. 
La collection Delhez en contenait 4 spécimens, recueillis à Léopold- 
ville. Enfin le Rév. J. H. Weeks m'en a envoyé un individu de Mon- 
sembé (Haut-Congo). Noms indigènes : Ikoko à Léopoldville, Likoko 
ja mosamba na kamba à Monsembé. 

Delhez a pris note d'un cri rauque, semblable à l'aboiement d'un 
jeune chien, que produit ce poisson lorsqu'il est hors de l'eau. 



SYNODONT1S 3iq 



10. SYNODONTIS VAILLANTI. 

Synodontis labco, part., Vaillant, N. Arch. Mus. (3) VIII, 1896, p. 112. pi. XII. 
fig. 2. 
Synodontis Vaillanti, Bouleng. Ann & Mag N. H. (G) XX, 1897, p. 424. 

La hauteur du corps est comprise 4 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 3 1/4 fois. La tête, 1 1/2 fois aussi longue 
que large, est médiocrement déprimée, très rugueuse, grêlée et vermi- 
culée à partir de la région interorbitaire ; la fontanelle frontale est petite ; 
le museau, long et subacuminé, est dilaté en une sorte de ventouse 
à la région buccale ; l'œil, situé dans la seconde moitié de la longueur 
delà tête, est supère, son diamètre est compris 8 1/2 fois dans la lon- 
gueur de la tête, 3 1/4 fois dans la largeur de la région interorbitaire, 
qui est un peu convexe; pas de carène occipitale. La bouche a les 
lèvres très développées; le barbillon mandibulaire, simple, mesure 
la moitié de la longueur de la tète ; les barbillons mandibulaires sont 
insérés sur une ligne convexe antérieurement, à branches courtes, 
unisériées sur les externes, qui sont aussi longs que les maxillaires, 
bisériées sur les internes, qui sont un peu plus courtes. Les dents pré- 
maxillaires sont petites, en plusieurs séries; les mandibulaires, assez 
fortes et crochues mesurant un peu moins du tiers du diamètre de 
l'œil, sont au nombre de 8 ou 9 seulement. La fente operculaire ne 
s'étend pas en dessous au delà de la base de la nageoire pe:torale. Le 
bouclier occipito-nuchal, rugueux comme l'occiput, relevé faiblement 
en toit en arrière, est d'un quart plus long que large et se termine en 
pointes obtuses qui ne s'étendent pas au delà de la base de l'épine de 
la dorsale. Le prolongement humerai, à fortes rugosités granulaires et 
vermiculaires, est aussi large que l'espace qui le sépare du bouclier 
occipito-nuchal, se termine en pointe mousse qui ne s'étendent pas 
aussi loin que le dit bouclier. La peau du corps est dépourvue de vil- 
losités. La nageoire dorsale a 7 rayons branchus ; l'épine est très forte, 
striée, sa longueur le double de la base de la nageoire, les 3/5 de la 
longueur de la tète, et n'a de faibles serratures qu'au bord postérieur 
de sa moitié terminale. La dorsale adipeuse est basse et mesure les 
3/5 de la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée. L'anale a 
12 rayons, dont 8 branchus. L'épine de la pectorale est un peu plus 
forte, mais pas plus longue, que celle de la dorsale, striée, à peine den- 
ticulée au bord antérieur, et porte environ 3o dents réclinées assez 
faibles au bord postérieur. La nageoire ventrale atteint l'origine de 
l'anale. La caudale est profondément échancrée. 



320 SlLURID.t 

La coloration paraît brunâtre, semée de taches arrondies plus 
foncées. 

Ce Synodonte, qui se rapproche surtout de S. guttatus, Gthr., ne 
m'est connu que par un individu empaillé, long de 58 centimètres. 
C'est donc une des plus grandes espèces connues. Le type, conservé au 
Muséum de Paris et provenant de Bangi, Haut-Ubangi, a été rapporté 
par Vaillant à 5. labeo, Gthr., espèce qui en diffère par le barbillon 
maxillaire plus allongé, atteignant le tiers antérieur de l'épine pecto- 
rale, par le prolongement humerai plus court, ne s'étendant pas plus 
loin que le milieu du bouclier occipito-nuchal, enfin par la dorsale 
adipeuse beaucoup plus allongée, mesurant presque le double de l'es- 
pace entre elle et la dorsale rayonnée. 

Le second spécimen, jeune, également de l'Ubangi, décrit et figuré 
par Vaillant sous le nom de S. labeo, diffère, entre autres caractères, par 
la présence de branches aux barbillons maxillaires, et se rapproche 
beaucoup de S. dec<»'its, s'il n'en est même pas le jeune âge. 

S. guttatus, espèce décrite par Gunther d'après un individu empaillé 
mesurant 62 centimètres, indiqué comme provenant de l'Afrique 
occidentale, diffère de S. Vaillanti par le barbillon maxillaire plus 
long et les dents mandibulaires grêles beaucoup plus longues et plus 
nombreuses. 



11. SYNODONTIS SOLONI. 

Bouleng. Arm. Mus. Congo, Zool. I,p. 110, pi. XLIII, fig. 1 (1899). 

Corps comprimé, sa hauteur comprise 5 fois dans la longueur 
totale. La tête, un peu plus longue que large, est comprise 3 3/4 à 
4 fois dans la longueur totale; elle est finement granulée sur sa face 
supérieure; la région interoeulaire est légèrement convexe; la fonta- 
nelle frontale est étroite, sa largeur comprise environ 3 fois dans sa 
longueur ; l'opercule est lisse; le museau, obtusément conique, mesure 
presque la moitié de la longueur de la tête ; son extrémité dépasse 
considérablement la bouche ; l'œil est supéro-latéral, son diamètre est 
compris 6 fois dans la longueur de la tête, presque 2 fois dans l'espace 
interoculaire; l'occiput et le bouclier nuchal forment une arête 
mousse. La bouche a les lèvres médiocrement développées ; le barbil- 
lon maxillaire, bordé d'une membrane très distincte du côté interne, 
mesure la longueur de la tête et n'atteint pas le milieu de l'épine pec- 
torale ; les barbillons mandibulaires sont insérés sur une ligne trans- 
versale droite, et sont munis de branches ramifiées; les externes 



SYNODONTIS 32 1 

mesurent près du double des internes. Les dents prémaxillaires for- 
ment trois ou quatre rangées irrégulières; les mandibulaires, crochues, 
sont au nombre de 18 à 20 et mesurent à peu près le tiers du diamètre 
de l'œil. La fente operculaire ne s'étend pas en dessous au delà de la 
base de la nageoire pectorale. Le bouclier occipital est rugueux ou 
granulé; sa largeur est comprise 1 1/4 ou 1 i/3 fois dans sa longueur; 
ses processus postérieurs sont arrondis et ne s'étendent pas au delà de 
la base de l'épine de la dorsale. Le prolongement humerai, granulé et 
strié, est étroit et pointu en arrière et s'étend aussi loin que le bouclier 
nuchal. La peau du corps est dépourvue de villosités. La nageoire 
dorsale a 7 rayons branchus ; l'épine est forte, un peu moins de 2 fois 
aussi longue que la base de la nageoire, striée, munie de très faibles 
serratures réclinées sur le tiers supérieur de sa face postérieure. La 
nageoire adipeuse est grande, 4 1/2 fois aussi longue que haute, plus 
longue que la tête, 2 1/2 fois aussi longue que la distance qui la sépare 
de la dorsale rayonnée. L'anale a 10 rayons, dont 7 branchus. L'épine 
pectorale est un peu plus courte que la tête, striée, à serrature assez 
faible au bord externe, très forte et réclinée (12 dents) au bord interne. 
La nageoire ventrale n'atteint pas l'origine de l'anale. La nageoire 
caudale, à échancrure anguleuse et profonde, a les lobes longs et 
pointus. 

Gris olivâtre en dessus, marbré de brun, blanc en dessous ; nageoires 
dorsale et caudale à taches brunes arrondies. 

Longueur totale : i3 centimètres. 

Décrit d'après deux individus du Congo, sans indication de la loca- 
lité. Espèce voisine de S. Robbianus, J. A Smith. S'en distingue par 
le corps plus allongé, le museau plus long et plus pointu, l'œil plus 
petit, la nageoire adipeuse plus allongée et le prolongement humerai 
moins large à la base. 

Ce. Synodontis est dédié à la mémoire d'un jeune voyageur, 
Alexandre Solon, décédé au Congo après avoir aidé M. le major 
Cabra dans la récolte des poissons. 



12. SYNODONTIS ORNATIPINNIS. 

Iîouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. m, pi. XLIII, fig. 2 (1899). 

Corps faiblement comprimé, sa hauteur comprise 41/434 2/3 fois 
dans la longueur totale. La tête, un peu plus longue que large, est 
comprise 3 i/3 à 3 2/3 fois dans la longueur totale; elle est finement 
granulée et vermiculée sur sa face supérieure; la région interocu- 



322 sîlurid^: 

laire est plane ou légèrement concave; la fontanelle frontale est étroite, 
sa largeur comprise 3 fois dans sa longueur ; l'opercule est lisse ; le 
museau, obtusément conique, mesure presque la moitié de la lon- 
gueur de la tête ; son extrémité dépasse un peu la bouche; l'œil est 
supéro-latéral, son diamètre est compris 4 à 4 i/3 fois dans la lon- 
gueur de la tête, 1 i/3 à 1 2/3 fois dans l'espace interoculaire; l'occi- 
put et le bouclier nuchal ne forment pas d'arête sensible. La bouche 
a les lèvres médiocrement développées ; le barbillon maxillaire, bordé 
d'une membrane très distincte du côté interne, est un peu plus long 
que la tête et atteint le milieu ou le tiers postérieur de l'épine pecto- 
rale ; les barbillons mandibulaires sont insérés sur une ligne transver- 
sale droite, et sont munis de branches ramifiées ; les externes mesurent 
un peu plus du double des internes. Les dents prémaxillaires forment 
3 ou 4 rangées irrégulières ; les mandibulaires, crochues, sont au 
nombre de 22 à 26 et mesurent à peu près le tiers du diamètre de l'œil. 
La fente operculaire ne s'étend pas en dessous au delà de la base de la 
nageoire pectorale. Le bouclier occipital est rugueux, vermiculé; sa 
largeur est comprise 1 i/5 à 1 1/4 fois dans sa longueur; ses processus 
postérieurs sont plus ou moins pointus et ne s'étendent pas au delà de 
la base de l'épine de la dorsale Le prolongement humerai, granulé 
et strié, non caréné, est pointu et ne s'étend pas tout à fait aussi loin 
en arrière que le bouclier nuchal. La peau du corps est dépourvue de 
villosités. La nageoire dorsale a 7 rayons branchus; l'épine est forte, 
1 2/3 à 1 3/4 fois aussi longue que la base de la nageoire, striée, à ser- 
ratures réclinées sur la moitié supérieure de sa face postérieure. La 
nageoire adipeuse est grande, 3 à 4 fois aussi longue que haute, un 
peu plus courte que la tète, à peu près 2 fois aussi longue que la 
distance qui la sépare de la dorsale rayonnée L'anale a 11 rayons, 
dont 7 branchus. L'épine pectorale est un peu plus courte que la tête, 
striée, à serrature forte, surtout au bord interne, dont les dents Sont 
au nombre de i3 à 24. La nageoire ventrale n'atteint pas l'origine de 
l'anale. La nageoire caudale est échancrée en croissant ; les rayons 
supérieurs sont prolongés. 

Jaunâtre ou olivâtre sur le corps, avec de grandes taches noires 
arrondies, plus grandes que les espaces qui les séparent; tête et nuque 
brun olive; ventre blanc ; nageoires jaune pâle, toutes, à l'exception 
des pectorales, ornées de taches noires confluentes en bandes trans- 
versales; sur la caudale, ces bandes forment des croissants disposés 
à l'inverse de l'échancrure de la nageoire; pupille orange; iris brun 
olive avec un cercle doré autour de la pupille. Telle est la coloration 
à l'état frais, d'après une aquarelle de Delhez. 

Longueur totale : 20 centimètres. 



SYNODONTIS 323 



Delhez a rapporté trois individus de cette espèce de Coquilhatville 
et un de Bikoro(lacTumba). J'en ai aussi examiné un individu en peau 
provenant du lac, Moero et offert au British Muséum par M. Sharpe. 

Delhez a constaté que ce poisson, dont le nom indigène est Ikoko, 
peut vivre longtemps hors de l'eau. 



i3. SYNODONTIS NOTATUS. 

Synodontis maculatus (non Rùppell), Vaillant. C.R. Soc. Philom. 1892, 
n° 16, p. 2. 

Synodontis notatus, Vaillant, Bull. Soc. Philom. (8) v, 1893, P- »7i et N - Arch. 
Mus. (3) VIII, 1896, p. 108, pi XI, fig. 2. 

Corps médiocrement comprimé, sa hauteur, un peu supérieure à sa 
largeur, comprise près de 4 fois dans la longueur totale. La tête, d'un 
tiers plus longue que large, est comprise 3 1/2 fois dans la longueur 
totale; elle est finement granulée sur sa face supérieure, à partir du 
niveau des narines postérieures ; la région interoculaire est plutôt con- 
cave que convexe ; la fontanelle frontale est étroite, sa largeur comprise 
3 cà 4 fois dans sa longueur; l'opercule est lisse ; le museau, obtusément 
conique, mesure un peu moins de la moitié de la longueur de la tète; 
l'œil est supéro-latéral, son diamètre est compris 4 à 4 1/2 fois dans la 
longueur de la tète, 1 2/3 à 2 fois dans l'espace interoculaire ; l'occiput 
ne forme pas de carène; celle-ci, très obtuse, ne commence qu'à partir 
du bouclier nuchal. La bouche a les lèvres médiocrement dévelop- 
pées ; le barbillon maxillaire, muni d'une faible bordure membraneuse 
au bord interne, est plus long que la tête et atteint le milieu ou le 
second tiers de l'épine pectorale; les barbillons mandibulaires sont 
insérés sur une ligne transversale droite, les externes beaucoup plus 
longs que les internes, portant 10 à 12 branches assez allongées, 

■ minces, simples, bi-ou trifides, les internes à branches plus serrées et 
plus ramifiées. Les dents prémaxillaires, petites et -espacées, forment 
plusieurs rangées irrégulières ; les mandibulaires, crochues, sont au 
nombre de 17 à 20 et mesurent à peine le quart du diamètre de l'œil. 
La fente operculaire ne s'étend pas en dessous au dela.de la base de la 

.nageoire pectorale. Le bouclier occipito-nuchal est finement granulé 
comme le dessus de la tête; sa largeur est comprise 1 i/3 fois dans sa 
longueur ; ses processus postérieurs sont arrondis et s'étendent un 
peu au delcà de la base de l'épine de la dorsale. Le prolongement 
humerai, granulé comme le dessus de la tête, est très large, aussi large 
que l'espace nu qui le sépare du bouclier nuchal, tronqué ou arrondi 
en arrière,. et s'étend aussi loin que le bouclier nuchal. La peau du 



324 SILURIDAÎ 

corps est dépourvue de villosités. La nageoire dorsale a 7 rayons 
branchus; l'épine est forte, 2 fois aussi longue que la base de la 
nageoire, striée, munie de très faibles serratures réclinées sur le tiers 
supérieur de sa face postérieure. La nageoire adipeuse est petite, 3 à 
3 1/2 fois aussi longue que haute, et sa base n'égale que la moitié ou 
les 2/3 de la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée. L'anale a 
1 1 ou 12 rayons, dont 7 à 8 branchus; sa base correspond à celle de la 
dorsale adipeuse. L'épine pectorale est aussi longue que la tête, à 
serrature très forte : 3o ou 3i dents dirigées en arrière au bord 
externe, 24, plus fortes et dirigées en sens inverse, au bord interne. 
La nageoire ventrale atteint ou atteint presque l'origine de l'anale. La 
nageoire caudale est profondément échancrée, en forme de croissant, 
le rayon supérieur prolongé en filament court. 

Grisâtre ou jaunâtre en dessus; une tache noire arrondie, de chaque 
côté du corps, sur la ligne latérale au-dessus de la base de la ventrale, 
parfois suivie de deux autres plus petites. 

Longueur totale : 19 centimètres. 

Le S. notatus a été établi sur des individus provenant du Congo 
français (Gantshu et Ubangi) et conservés au Muséum de Paris. Le 
Musée du Congo l'a reçu de Matadi (coll. Wilverth et Wagenaar) et 
du Stanley-Pool (coll. Delhez). 



14. SYNODONTIS NUMMIFER. 

Eouleng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 47, pi. XXIV (1899). 

Corps fortement comprimé, sa largeur près de 2 fois dans sa plus 
grande hauteur, qui est comprise 3 i/3 à 3 1/2 fois dans la longueur 
totale. La tête est comprise 3 1/2 à 3 4/5 fois dans la longueur totale; 
elle est d'un tiers ou de moitié plus longue que large et finement gra- 
nulée à partir de la région interoculaire, qui est à peine convexe; la 
fontanelle frontale est très étroite, sa largeur étant comprise 4 à 6 fois 
dans sa longueur; l'opercule est faiblement strié; le museau, obtusé- 
ment conique, mesure de i/3 à 2/5 de la longueur de la tête; l'œil est 
supéro-latéral, son diamètre est compris 3 à 4 fois dans la longueur de 
la tête, 1 à 1 3/4 fois dans l'espace interoculaire; l'occiput ne forme 
de carène qu'à partir du bouclier nuchal. La bouche a les lèvres médio- 
crement développées ; le barbillon maxillaire égale la longueur de la 
tête, ou un peu moins; il est finement denticulé au bord externe et 
bordé en dedans d'une large membrane ; les barbillons mandibulaires 
sont insérés sur une ligne transversale droite, les externes, un peu plus 



"S 
.s 

05 




SYNODONTIS 3 2 3 

longs que les internes, mesurent le tiers de la longeur de la tète ; ils 
sont porteurs de branches elles-mêmes ramifiées, qui leur donnent un 
aspect arborescent. Les dents prémaxillaires, petites et espacées, sont 
disposées en plusieurs rangées; les mandibulaires, crochues, sont au 
nombre de 8 à 1 2 et mesurent le quart ou le tiers du diamètre de l'œil. 
La fente operculaire ne s'étend pas en dessous au delà de la base de la 
nageoire pectorale. Le bouclier occipito-nuchal, finement granulé 
comme le dessus de la tête, forme une carène très obtuse ; sa largeur est 
comprise 1 1/2 fois dans sa longueur; ses processus postérieurs sont 
arrondis et ne s'étendent pas au delà de la base de l épine de la dorsale. 
Le prolongement humerai, finement strié, est très large, au moins 
aussi large que l'espace nu qui le sépare du bouclier nuchal ; il est 
tronqué ou arrondi en arrière et s'étend aussi loin que ce der- 
nier. La peau du corps est dépourvue de villosités. La nageoire 
dorsale a 7 rayons branchus ; l'épine est forte et longue, au moins 
2 fois aussi longue que la base de la nageoire, striée, munie d'assez 
faibles serratures réclinées sur les 2/3 supérieurs de sa face posté- 
rieure. La dorsale adipeuse est à peu près 4 fois aussi longue que 
haute et sa longueur est de beaucoup supérieure à la distance qui la 
sépare de la dorsale rayonnée. L'anale a 10 à 12 rayons, dont 7 ou 
8 branchus. L'épine pectorale est un peu plus courte que la tête, à 
serrature très forte : 20 à 23 dents dirigées en arrière à la face externe. 
1 3 à 20, plus fortes et dirigées en sens inverse, à la face interne. La 
nageoire ventrale n'atteint pas tout à fait l'origine de l'anale. La 
nageoire caudale est profondément éch ancrée, en forme de croissant. 

La coloration est jaunâtre, olive sur le dos ; une ou deux taches 
noires arrondies de chaque côté du corps, la première sur la ligne laté- 
rale au-dessus de la base de la ventrale : quelques taches brunes sur la 
caudale. Iris bronzé, avec un fin cercle jaune autour de la pupille. 

Longueur totale : 1 85 millimètres. 

Le spécimen type provient de Léopoldville (coll. Wilverth et Wa- 
genaar), un second, de la même collection, est de Matadi. Delhez en 
a rapporté des spécimens de Dolo, Stanley-Pool. Nom indigène à 
Dolo : Kundii. Delhez a pu constater que ce poisson peut vivre long- 
temps hors de l'eau et qu'il produit alors les cris rauques mentionnés 
à propos du S. Alberti. 

Cette espèce est très voisine du S. notatus, qui s'en distingue par le 
barbillon maxillaire moins largement bordé, les barbillons mandibu- 
laires moins ramifiés, les épines des nageoires moins fortes et par la 
dorsale adipeuse beaucoup plus courte. Ces deux espèces établissent 
le passage des formes à yeux supéres à celle décrite sous le nom de 
S. pleur ops. 



326 silurim: 

i5. SYNODONTIS PLEUROPS. 

Boulenger, Ann. & Mag. N. H. (6) XX, 1897, P- 4 2 3- 

Corps médiocrement comprimé, sa largeur d'un tiers ou de moitié 
moindre que sa hauteur, qui égale la longueur de la tête et est comprise 
3 i/3 à 3 3/4 fois dans la longueur totale. La tète est d'un quart ou d'un 
tiers| plus longue que large, fortement granulée à partir de la région 
interoculaire, qui est plane; la fontanelle frontale est étroite, 3 ou 4 fois 
aussi longue que large; l'opercule est lisse ; le museau est pointu et 
mesure un peu moins de la moitié de la longueur de la tète; l'œil est 
absolument latéral, visible d'en bas aussi bien que d'en haut, son dia- 
mètre est compris 3 1/2 à 4 fois dans la longueur de la tête, 2 1 /3 à 2 2/3 
fois dans l'espace interoculaire ; l'occiput ne forme pas de carène; celle-ci, 
très obtuse, ne commence qu'à partir du bouclier nuchal. La bouche 
a les lèvres très développées ; les barbillons sont courts; le maxillaire, 
bordé à la base d'une membrane distincte, ne mesure que les 3/5 ou 
les 2/3 de la tête et n'atteint que la fente operculaire ou à peine la base 
de l'épine pectorale; les mandibulaires, insérés sur une ligne transver- 
sale droite, porteurs de branches obtuses et ramifiées, d'aspect arbo- 
rescent, ne mesurent, l'interne que i/5, l'externe qu'à peine i/3 delà 
tête. Les dents prémaxillaires, assez longues, sont disposées sur 5 ou 
6 rangées transversales irrégulières ; les mandibulaires, crochues, sont 
au nombre de 12 à 19 et mesurent le tiers ou la moitié du diamètre de 
l'œil. La fente operculaire ne s'étend pas en dessous au delà de la base 
de la nageoire pectorale. Le bouclier occipito-nuchal est granulé 
comme le dessus de la tête; sa largeur est comprise 1 i/3 à 1 1/2 fois 
dans sa longueur ; ses processus postérieurs sont arrondis ou obtusé- 
ment pointus et ne s'étendent pas au delà de la base de l'épine de la 
dorsale. Le prolongement humerai, granulé, strié à la base, est large et 
s'atténue en pointe obtuse, qui peut même être tronquée carrément; 
elle s'étend à peine aussi loin en arrière que le bouclier nuchal. La 
peau du corps manque de villosités. La nageoire dorsale a 7 rayons 
branchus; l'épine est forte, un peu plus de 2 fois aussi longue que la 
base de la nageoire, striée, munie de très faibles serratures réclinées 
sur les 2/3 supérieurs de sa face postérieure, et d'une simple indication 
de semblables dents à l'extrémité de son bord antérieur. La dorsale 
adipeuse est petite, 2 ou 3 fois aussi longue que haute, et sa base 
n'égale que la 1/2 ou les 2/3 de la distance qui la sépare de la dorsale 
rayonnée. L'anale a 1 1 ou 12 rayons, dont 7 ou 8 branchus ; sa base 
correspondant à celle de la dorsale adipeuse. L'épine pectorale est un 



SYNODOxNTIS 



327 



peu plus courte que la tète, fortement striée, à serrature médiocrement 
forte ( 16 à 23 dents) et réclinée au bord interne, nulle au bord externe. 
La nageoire ventrale atteint ou dépasse un peu l'origine de l'anale. La 
nageoire caudale est profondément bifurquée. 

Brun en dessus, blanchâtre en dessous ; une bande noirâtre plus ou 
moins distincte le long des lobes de la caudale. 

Longueur totale : 23 centimètres. 

Décrite d'après un exemplaire unique, assez mal conservé, recueilli 
par M. W. H. Bentley aux Stanley- Falls, cette espèce a été retrouvée 
à Léopoldville (coll. Wilverth et Wagenaar). Un troisième individu 
provient du haut Congo, sans indication de la localité. 

S. pleurops se reconnaît facilement parmi tous ses congénères par la 
position des yeux qui, étant parfaitement latéraux, se distinguent aussi 
bien de la face ventrale que de la face dorsale. 



16. SYNODONTIS DECORUS (PI. XVI, fig. i). 

Boui.eng. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 49, p l. XXV (1899). 

Le corps est faiblement comprimé, sa hauteur égale à la longueur 
de la tète, 3 2/3 â 3 3/4 fois dans la longueur totale. La tète est d'un 
quart plus longue que large, finement granulée en dessus ; la fonta- 
nelle frontale est petite, 3 ou 4 fois aussi longue que large; le museau, 
obtusément conique, mesure à peu près la moitié de la longueur de la 
tète; l'œil est supéro-latéral, son diamètre est compris 4 à 4 1/2 fois 
dans la longueur de la tête, 1 1/2 à 2 fois dans l'espace interoculaire ; la 
région interoculaire est presque plate ; l'occiput ne forme de carène qu'à 
partir du bouclier nuchal. La bouche a les lèvres très développées ; le 
barbillon maxillaire égale la longueur de la tête, ou au moins les 4/5 de 
celle-ci; il est frangé, c'est-à-dire pourvu, du côté externe, de petite bran- 
ches, au nombre d'une vingtaine, dont quelques-unes sont même bifides ; 
les barbillons mandibulaires sont insérés sur une ligne transversale 
droite, les externes plus long que les internes, mesurant la moitié ou les 
3/5 de la longueur de la tête ; ils sont munis d'assez longues branches 
pour la plupart ramifiées. Les dents prémaxillaires, petites et peu 
nombreuses, forment une seule rangée, qui peut être suivie de quel- 
ques dents minuscules cachées dans la muqueuse buccale ; les mandi- 
bulaires, également très petites, crochues, mesurant à peine le cin- 
quième du diamètre de l'œil, sont au nombre de 4 à ri.. La fente 
operculaire ne s'étend pas en dessous au delà de la base de la nageoire 
pectorale. Le bouclier occipito-nuchal, finement granulé comme le 



328 SILURID/h: 

dessus de la tête, forme une carène très obtuse ; sa largeur est contenue 
i 1/2 fois dans sa longueur (processus compris); ses processus posté- 
rieurs sont arrondis ou pointus et ne s'étendent pas au delà de la base 
de l'épine de la dorsale. Le prolongement humerai, finement granulé, 
avec ou sans quelques stries très faibles, est beaucoup plus large que 
l'espace nu qui le sépare du bouclier nuchal ; sa hauteur est comprise 
1 1/2 à 12/3 fois dans la longueur ; il est obtusément pointu ou arrondi 
en arrière et ne s'étend pas au delà du bouclier nuchal. La peau du 
corps est dépourvue de villosités. La nageoire dorsale a 7 rayons bran- 
chus; l'épine est forte, près de 2 fois aussi longue que la base de la 
nageoire, striée, munie de quelques très faibles serratures réclinées sur 
le tiers supérieur de sa face postérieure; elle supporte parfois un long 
appendice filamenteux. La dorsale adipeuse est à peu près 3 fois aussi 
longue que haute et sa longueur égale la distance qui la sépare de la 
dorsale rayonnée. L'anale a 10 rayons, dont 7 branchus. L'épine pec- 
torale est presque aussi longue que la tête, à serrature forte et réclinée 
(19 a 25 dents) à la face interne, nulle ou presque nulle à la face externe. 
La nageoire ventrale atteint l'origine de l'anale. La nageoire caudale 
est profondément bifurquée. 

Le corps est brun en dessus, blanc en dessous ; un pointillé noirâ- 
tre sur l'arrière delà tête; de grosses taches rondes, noires, forment 
trois séries alternantes sur le corps; 3 ou 4 bandelettes noirâtres en tra- 
vers de la dorsale ; 3 ou 4 bandes obliques noires sur chaque lobe de 
la caudale, convergentes en arrière. Cette livrée, unique chez les Silu- 
rides, est particulièrement remarquable par sa ressemblance à celle 
du Characinide Eugnathichthys Eetveldii, décrit plus haut (p. 170). 
J'ai examiné 6 spécimens de cette espèce, provenant de Léopoldville 
et de Nouvelle- Anvers (coll. Wilverth et Wagenaar). Le plus grand 
mesure 24 centimètres. Le British Muséum en a reçu tout récemment 
un individu de i5 centimètres, recueilli par le rév. J. H. Weeks à 
Monsembé, où il porte le nom de Likokoja nkoi. 

Le S. decorus se rapproche du S. clarias, L., du Nil, du Sénégal 
et de la Gambie, dont il se distingue par les dents mandibulaires beau- 
coup plus petites, la dorsale adipeuse plus courte, les barbillons maxil- 
laires plus allongés, et par la coloration. 

Les notes suivantes sont prises sur un jeune individu, déjà décrit et 
figuré par Vaillant (1. c. p. 1 12, pi. XII, fig. C), sous le nom de S. 
labeo, Gthr., et qui pourrait bien n'être spécifiquement distinct de 
S. decorus. 

Le corps est faiblement comprimé, sa hauteur 4 1/2 fois dans la lon- 
gueur totale, la longueur de la tête 3 fois seulement. La tête est d'un 
tiers plus longue que large, à peine déprimée, rugueuse, striée et réti- 



SYNODONT1S 32g 

culée en dessus; ia lontanelle frontale est étroite; le museau, pointu, 
mesure à peu près les 3/5 de la longueur de la tète; l'oeil est supéro- 
latéral, son diamètre est compris 3 1/2 fois dans la longueur de la tète et 
égale la largeur de la région înterorbitaire, qui est légèrement concave ; 
pas de carène sur l'occiput. Les lèvres sont médiocrement développées ; 
le barbillon maxillaire, qui porte quelques petites branches courtes, 
mesure les 2/3 de la longueur de la tête; les barbillons mandibulaires 
sont insérés sur une ligne transversale droite, les externes, plus longs 
que les internes, mesurent la moitié de la longueur de la tète; les 
branches des barbillons mandibulaires ne semblent pas avoir été rami- 
fiées. Une série de 1 1 dents prémaxillaires assez fortes, suivie de 
5 rangées de dents plus petites ; dents mandibulaires crochues, mesu- 
rant le tiers du diamètre de l'œil, au nombre de 8. Le bouclier occi- 
pitô-nuchal, réticulé comme l'occiput, est subtectiforme ; sa longueur 
excède un peu sa largeur; il se termine en pointes aiguës, qui s'éten- 
dent un peu au delà de la base de l'épine de la dorsale. Le prolonge- 
ment humerai, réticulé, pointu, est un peu moins large à la base que 
l'espace qui le sépare du bouclier occipito-nuchal, et ne s'étend pas tout 
à fait aussi loin en arrière que ce dernier; sa hauteur est comprise 
1 1/2 fois dans sa longueur. La nageoire dorsale a 7 rayons branchus; 
l'épine est forte, 1 2/3 fois aussi longue que la base de la nageoire, 
faiblement striée, à dents réclinées très faibles des deux côtés dans sa 
moitié terminale; elle porte un assez long appendice filamenteux. La 
dorsale adipeuse est 3 fois aussi longue que haute et un peu plus 
courte que la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée. La 
nageoire anale a 1 1 rayons, dont 7 branchus. L'épine pectorale mesure 
les 3/4 de la longueur de la tète; 33 dents assez fines à son bord 
externe, 12 très fortes à son bord interne. La nageoire ventrale dépasse 
un peu l'origine de l'anale. La nageoire caudale est profondément 
bifurquée. 

Quatre bandes transversales brunes obliques sur le corps, la 
première traversant le sinus occipito-huméral, la seconde derrière la 
dorsale, la troisième traversant la dorsale adipeuse, la quatrième sur 
le pédicule caudal ; de petits points bruns sur la tète; une tache brune 
sur la dorsale ; une bande brune oblique en travers de chaque lobe de 
la caudale, qui est aussi brune à l'extrémité. 
Longueur totale : 65 millimètres. 

L'individu unique provient de Lépété, Haut-Ubangi, où il a été 
recueilli par M. J. Dybowski. Il fait partie des collections du 
Muséum d'histoire naturelle de Paris. 

Ce petit Synodôntis est évidemment très voisin de S. decorus et il 
n'en est probablement que le jeune âge.. ■ 



33b SI LU RI D.^ 

i3. EUCHILIGHTYS. 

Bouleng. Ann. «S Mag. N. H. (7) VI, 1900, p. 522. 

Corps modérément allongé, peu ou point comprimé. 
Nageoire dorsale courte, composée d'une épine de 6 rayons 
mous; une nageoire dorsale adipeuse ; anale courte ; pec- 
torales et ventrales bien développées, les premières armées 
d'une forte épine, les secondes insérées en arrière de la 
dorsale et formées de 7 rayons. Un bouclier céphalo-nuchal. 
Bouche grande, infère, entourée de lèvres papilleuses très 
développées, formant ventouse ; une large bande de dents 
acérées, courbées, mobiles, à la mâchoire supérieure, 
cette, bande entièrement en avant des dents mandibulaires 
dont la base est longue et grêle, couchée, et l'extrémité 
tronquée ou échancrée, redressée en crochet ; une bande 
de dents vomériennes, coniques et immobiles ; un bar- 
billon de chaque côté de la lèvre circulaire, au niveau de 
la fente buccale, et un ou deux autres, très courts, de 
chaque côté du bord postérieur ; narines assez rapprochées, 
la postérieure munie dune valvule ; yeux à bords libres. 
Fente branchiale très petite, latérale. Vessie natatoire très 
réduite, encaissée dans une capsule osseuse. 

Ce genre de poissons, adaptés pour vivre dans les courants rapides, 
la bouche en ventouse étant destinée à permettre l'adhésion aux pierres 
du fond, comme c'est le cas chez les Plécostomes et les Chétostomes 
de l'Amérique du Sud, a été créé tout récemment pour deux espèces 
du Bassin du Congo dont l'une avait été rapportée à Atopochihis, 
Sauv., et l'autre à Chiloglanis, Peters. Il se distingue du premier de 
ces genres par les dents prémaxillaires pointues, très différentes des 
mandibulaires; du second par les dents mandibulaires tronquées ou 
bicuspides, brisées, anguleuses, beaucoup plus nombreuses et plus 
serrées, par les narines (de chaque côté) plus rapprochées l'une de 
l'autre, et par la vessie natatoire plus réduite. 

Le squelette de ces poissons si curieux, mais si rares dans les col- 
lections, est encore inconnu.- 



EUCHILICHTHVS 33 1 



i. EUCHILICHTHYS GUENTHERL 

Atopochilus Guentheri, Schilthuis, Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. (2) III, 1891, 
p.86, pi. VI, fig. 2 
Euchilichthys Guentheri, Bouleng. 1. c. p. 523. 

La hauteur du corps égale les 2/3 de sa plus grande largeur et est 
comprise 7 fois dans la longueur totale. La tête, grande et très aplatie,, 
recouverte d'une peau veloutée, est comprise 3 1/2 fois dans la longueur 
totale; sa longueur excède un peu sa largeur ; le museau, arrondi, est 
près de 2 fois aussi long que la partie post-oculaire de la tête ; les nari- 
nes sont plus rapprochées du bout du museau que de l'œil; celui-ci est 
très petit, sort diamètre compris 5 fois dans la largeur interoculaire ; la 
longueur de la fente buccale, transversale et droite, égale presque la 
moitié de la longueur de la tète; les dents prémaxillaires et vomérien- 
nes sont assez espacées, les mandibulaires, par contre, très iserrées et 
excessivement nombreuses, à couronne faiblement échancrée; le bar- 
billon latéral mesure le quart de la longueur de la tête, le postérieur à 
peu près la moitié du diamètre de l'œil. La nageoire dorsale, courte et 
basse, commence immédiatement en arrière des pectorales; l'épine, 
forte mais couverte d'une peau épaisse, mesure le quart de la longueur 
de la tête; elle est suivie de 6 rayons branchus. La dorsale adipeuse 
est très courte, plus haute que longue, opposée a l'anale. Celle-ci a 
10 rayons, les 3 premiers rudimentaires. L'épine pectorale mesure-la 
moitié de la longueur de la- tête; son bord interne est armé de fortes 
dents réclinées. Les nageoires ventrales n'atteignent pas l'anus. La 
nageoire caudale est fourchue. Le pédicule caudal est une demi-fois 
plus long que haut. La peau du corps est couverte de villosités très 
marquées. 

Brun foncé; de petites et nombreuses taches noires arrondies sur les 
parties supérieures. 

Longueur totale : 19 centimètres. 

Le type unique de cette espèce, recueilli aux environs de Kinsbassa, 
Stanley-Pool, par M. Greshoff, fait partie des collections du British 
Muséum. Il serait intéressant de connaître la localité exacte d'où pro- 
vient ce poisson, et que M. Greshoff a omis d'indiquer en faisant son 
envoi à l'Université d'Utrecht. Il est très probable, d'après la confor- 
mation de la bouche, que c'est dans les petits cours d'eau torrentueux 
qu'il faudra rechercher cette curieuse espèce, que je recommande à 
l'attention toute particulière des observateurs qui auraient la cbance 
d'en retrouver des représentants. 



332 S1LURID,E 



2. EUCHILICHTHYS DYBOWSKII. 

Cliiloglaids Dybowskii, Vaillant, C. R. Soc. Philom. 1892, n° 16, p. 2. 
Eucliiliclitliys Dybowskii, Bouleng. 1. c. p. 523. 

La hauteur du corps excède légèrement sa plus grande largeur et 
est comprise 4 1/2 fois dans la longueur totale. La tète, grande et 
modérément déprimée, recouverte d'une peau très mince, est comprise 
2 2/3 fois dans la longueur totale ; sa largeur égale un peu plus des 
2/3 de sa longueur; le museau, arrondi, est près de 2 fois aussi long 
que la partie postoculaire de la tête; les narines sont plus rappro- 
chées du bout du museau que de l'œil, dont le diamètre est compris 

5 à 5 1 2 fois dans la longueur de la tête et 2 fois dans la largeur inter- 
oculaire; la longueur de la fente buccale, transversale et droite, égale 
les 2/5 de la longueur de la tète; les dents prémaxillaires forment 

6 ou 7 séries transversales irrégulières; elles sont suivies d'une bande 
étroite de dents vomériennes ; une trentaine de dents mandibulaires, 
tronquées, en 2 ou 3 rangées transversales ; le barbillon latéral mesure 
près du quart de la longueur de la tète ; deux barbillons plus courts 
de chaque côté de la lèvre inférieure. Le bouclier nuchal est un peu 
plus large que long et s'étend aussi loin en arrière que le processus 
humerai, qui se termine en pointe aiguë. La nageoire dorsale est 
courte et basse; l'épine, assez forte et lisse, mesure les 2/5 de la lon- 
gueur de la tête, et est suivie de 6 rayons branchus. La dorsale adi- 
peuse est beaucoup plus longue que haute et égale presque la distance 
qui la sépare de la dorsale rayonnée. L'anale, qui correspond à la 
seconde moitié de l'adipeuse, a 10 rayons, les 3 premiers rudimen- 
taires. L'épine pectorale mesure les 3/5 de la longueur de la tète; son 
bord interne est armé de 4 ou 5 fortes dents réclinées. Les nageoires 
ventrales dépassent un peu l'origine de l'anale La caudale est profon- 
dément échancrée en croissant. Le pédicule caudal est aussi long que 
haut. La peau est villeuse sur les côtés du corps. 

Brun pâle en alcool ; une bande noirâtre en travers de la dorsale, 
une autre en travers des pectorales; ventrales et anale noirâtres. 

Longueur totale : 3g millimètres. 

Les deux types de cette espèce, conservés au Muséum de 
Paris, proviennent de l'Ubangi, d'où ils ont été rapportés par 
M. J. Dybowski. 

La forme du corps, plutôt comprimé que déprimé, l'allongement 
de la dorsale adipeuse, le nombre moindre des dents mandibulaires, 
distinguent facilement cette espèce de la précédente. 



PHRACTURA 333 



14. PHRACTURA. 

Boui.eno. Ann. & Mag. N. H. (7) VI, 1900, p. 527. 

Peltnra (non M.-Edwards), Perugia, Ann. Mus. Genova (2) X, 1892, p. 972. 

Corps allongé, déprimé, à pédicule caudal excessive- 
ment atténué et complètement cuirassé ; une série de 
petites scutelles imbriquées le long de chaque côté du dos 
à partir de la nageoire dorsale et de la face ventrale à par- 
tir de l'anale. Nageoire dorsale située en avant des ven- 
trales, courte, composée d'un rayon simple flexible et de 
6 ou 7 rayons branchus ; une seconde dorsale courte, com- 
posée de rayons branchus, remplace l'adipeuse ; anale 
courte ; pectorales et ventrales larges, étalées horizontale- 
ment, sans épine ; 6 rayons à la ventrale. Pas de bouclier 
occipito-nuchal. Bouche petite, infère, entourée de lèvres 
grosses et papilleuses; pas de dents mandibulaires ; quel- 
ques petites dents coniques aux prémaxillaires ; pas de dents 
vomériennes; un barbillon maxillaire et deux mandibu- 
laires, plus ou moins verruqueux, de chaque côté; narines 
assez éloignées l'une de l'autre, munies chacune d'une 
valvule ; yeux très petits, sans bords libres. Fente des ouïes 
étroitement interrompue à l'isthme. Vessie natatoire très 
réduite, encaissée dans une capsule osseuse. 

Ce genre, dont on ne connaît que deux espèces, toutes deux du 
Congo, est très voisin de Doumea, Sauvage, de l'Ogowé, dont il 
diffère par la présence de scutelles osseuses, et de Andersonia, Blgr., 
du Nil, chez lequel la première dorsale est située au-dessus des ven- 
trales et la seconde est armée d'un rayon osseux. La forme si bizarre 
rappelle celle des Loricaria de l'Amérique du Sud. 

Sauvage place son genre Donmea dans le groupe Pimelodina de 
Gunther. Vaillant (1) croit au contraire, et avec raison, qu'il se rap- 
proche de Synodontis . Bien que je n'aie pu disséquer un spécimen de 
ce genre, je crois pouvoir affirmer que la vessie natatoire est rudimen- 
taire et emprisonnée en partie dans une capsule osseuse comme chez les 

(1) Rutl. Mus. Paris, 1897, p. 82. 



334 SILURIDjE 

Loches et comme chez Euchilichthys, et que ce poisson doit être placé 
tout près du genre précédent, parmi les Doradinœ, sous-famille qui 
comprendrait en outre les genres africains Synodontis, Cuv., Mocho- 
cus, Joannis, Chilog/anis,Peters, Atopochilus, Sauv., et Andersonia, 
Blgr. (.). .... 

Une ouverture située au-dessus de la nageoire pectorale indique 
que la paroi de la vessie natatoire est en communication directe avec 
l'extérieur. 



i.PHRACTURA BOVEI. 

Peltura Bovei, Perugia, \nn, VI us Gcnova (2) X, 1892, p. 972, fig.- 
Phractura Bovii. Boulengër, Ann. & Mag. N. H. (7) VI, 1900, p. 52S. 

La hauteur du corps, un peu inférieure à sa largeur, est comprise 
près de g fois dans la .longueur totale, la longueur de la tête 6 fois. 
La tête est petite, 1 i/3 fois aussi longue que large; le crâne, un peu 
rugueux, est couvert d'une peau très mince ; le museau, un peu plus 
long que la région postoculaire de la tête, est pointu et dépasse un 
peu la bouche; l'espacé entre les narines est à égale distance du bout 
du museau et de l'œil, qui est tourne en haut et dont le diamètre est 
compris 10 fois dans la longueur de la tête et 2 1/2 fols dans la lar- 
geur interoculaire; les barbillons maxillaires mesurent les 2/3 delà 
longueur de la tête et atteignent presque la fente operculaire, les man- 
dibulaires externes sont d'un tiers plus courts, les internes de deux 
tiers. Le processus occipital, 3 fois aussi long que large, n'atteint 
pas le bouclier interneural. La première nageoire dorsale a 8 rayons, 
dont 7 branchus; le rayon simple, le plus long, excède d'un quart la 
longueur de la tête. La seconde dorsale est très petite; je lui compte 
i3 rayons. L'anale a 8 rayons. La pectorale, un peu plus longue que 
la tête, a 10 rayons,- le premier simple, épais, flexible." La ventrale est 
aussi longue que la pectorale, atteignant presque l'anale. La caudale 
est échancrée en croissant Le pédicule caudal, déprimé, mesure le 
tiers de la longueur totale. 2 3 scutelles dorsales et 19 ventrales de 
chaque côté, les 5 dernières réunies sur le pédicule caudal. 

Jaunâtre uniforme (en alcool). 

Longueur totale : 1 1 centimètres. 

Le spécimen unique, qui m'a été confié par la direction du Musée 
civique de Gênes, provient du Bas-Congo, d'où il a été rapporté par 
le capitaine Jacques Bove. 

(1) Pour les caractères distinctifs de ces genres, voir Boulengër, Ann. & Mag. N. 
H. (7) VI, 1900, p. 520. 



PHRACTUKA 335 



2. PHRACTURA SCAPHIRHYNCHURA. 

Donmea scaphirhynchura, Vaillant, Rcv Scientif. XXIII, II, 1S86, p. 18. 

Peltura scaphirhynchura, Pellegrin, Bull. Mus. Paris, 1900, p. 6. 

Phraclura scaphirhynchura , Boulenger, Ann. & Mag. N. H. (7) VI, 1900, p. 528. 

La hauteur du corps, un peu inférieure à sa largeur, est comprise 
9 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 5 fois. La tête 
est 1 1/2 fois aussi longue que large; le crâne, un peu rugueux, est 
couvert d'une peau très mince; le museau est pointu, mesure le double 
de la région postoculaire de la tête, et dépasse un peu la bouche; 
l'espace entre les narines est à égale distance du bout du museau et de 
l'œil; celui-ci est supère et son diamètre est compris 7 fois dans la 
longueur de la la tète, 1 1/2 fois dans la largeur interorbitaire; la 
bouche est petite ; les barbillons courts et verruqueux ; le barbillon 
maxillaire mesure le quart de la longueur de la tète, ou le tiers ce la 
distance qui sépare sa racine de la fente operculaire; les barb-llons 
mandibulaires sont encore plus courts. Le processus occipi'.al est 
2 1/2 fois aussi long que large et atteint le bouclier inïernèura 1 , sans 
toutefois former de suture avec lui. La nageoire dorsale a 7 rayons, 
dont 6 branchus; le rayon simple, rigide à la base seulement, est le 
plus long et égale la longueur de la tète. La seconde dorsale est très 
petite. L'anale a 8 rayons. La pectorale a 1 "> rayons, le premier simple, 
épais, rigide à la base, égale la longueur de la tête. La ventrale est 
aussi longue que la pectorale et dépasse un peu l'origine de l'anale. 
Le pédicule caudal est déprimé et mesure le tiers de la longueur totale. 
22 scutelles dorsales et 18 ventrales de chaque côté. 

La coloration de l'individu unique et assez mal conservé est bru- 
nâtre, les nageoires barrées de noir et de blanc. 

Longueur totale : 12 centimètres. 

Le type de cette espèce, très voisine de la précédente, fait partie des 
collections rapportées au Muséum de Paris par la Mission de l'Ouest 
Africain (M. de Brazza). Il provient de Diélé sur l'Ali ma, affluent de 
la rive droite du Congo. 

Le museau plus long, l'œil plus grand, le processus occipital attei- 
gnant le bouclier interneural, szint les principaux caractères qui dis- 
tinguent P. scaphirhynchura de P. Bovei. 



336 SILURIDA 

i5. MALOPTERURUS. 

Lacépède, Hist. Poiss. V, p. 90 (1803) (1); Gûnth. Cat. Fish. V, p. 219 (1864;. 

Corps médiocrement allongé, cylindrique ou un peu 
déprimé. Pas de nageoire dorsale rayonnée ; une dorsale 
adipeuse. Nageoire anale courte. Nageoires pectorales 
sans rayon épineux. Nageoires ventrales à 6 rayons, insé- 
rées un peu en arrière du milieu du corps. 3 paires de 
barbillons : une aux maxillaires, deux au menton ; narines 
largement séparées ; yeux supéro-latéraux, à bords libres. 
Mâchoires armées chacune d'une bande de dents en 
velours; pas de dents au palais. Membrane des ouïes 
libre sur les côtés seulement. Vessie natatoire très grande, 
libre, s'étendant jusqu'à l'origine de la région caudale, 
divisée en deux par un étranglement vers le premier tiers 
de sa longueur. Un organe électrique s'étendant sur tout 
le corps. 

Le crâne, très aplati, est remarquable par l'extrême étroitesse, en 
avant, du frontal, unique et non pair comme chez la plupart des 
genres; en arrière, ce frontal s'élargit brusquement et s'articule aux 
postfrontaux, aux sur-temporaux et au pariéto-occipital, qui est rela- 
tivement petit et surmonté d'une crête très basse. Une fontanelle 
étroite, disparaissant chez l'adulte, est bordée par l'ethmoïde et le 
frontal. Il n'y a pas de squamosaux distincts. Le postfrontal est pro- 
longé en une apophyse grêle qui se continue en un ligament bordant 
l'orbite en dessous ; celle-ci est complétée par une arcade ligamen- 
teuse reliée au palatin par une longue branche, dont les ossifications 
représentent les sous-orbitaires et le préorbitaire. Le maxillaire est 
assez petit et bifide; il supporte la base du barbillon. Le palatin est 
un os étroit, allongé, qui repose sur le ptérygoïde et s'étend en avant 
jusqu'au prémaxillaire (2). 

(1) Lacépède écrivait Malapterurus. Mais il faut rectifier cette orthographe, puis- 
que le nom est formé de //a/<k, mou, -z-c-piv, nageoire, et oùpi, queue; donc : 
Malapterurus ou Malacopterurus, non pas Malapterurus. 

(2) D'après J. Cleland (Edinb. New Philos. Journ. [2] III. 1858, p. 180, pi. I, 
fig. 1), Malapterurus posséderait, exemple unique parmi les Silurides, un sym- 
plectique bien développé. Je n'ai pu constater la présence de cet élément sur les 
squelettes que j'ai examinés, tant du Nil que de l'Afrique occidentale. 



MALOPTERURUS 33j 

Les rayons branchiostèges sont au nombre de 8. 
Les vertèbres varient de 41 à 44 selon les individus (20 à 22 précau- 
dales et 21 ou 22 caudales) Les cinq premières sont coossitïées et 
portent trois fortes apophyses transverses, dont la première, très déve- 
loppée et fourchue à la base, se termine en un disque ou une palette qui 
s'applique à la face antérieure de la vessie natatoire : c'est l'appareil 
à ressort décrit par J. Mùller, et auquel il a été fait allusion à propos 
des Synodontis, appareil qui se meut d'arrière en avant, grâce à un 
muscle spécial, une apophyse à son bord antérieur venant buter 
contre une facette correspondante fournie par le sur-claviculaire. Les 
apophyses transverses des vertèbres suivantes décroissent graduelle- 
ment et portent les côtes : minces, attachées à leur face inférieure. Par 
suite de la forme du corps, les apophyses épineuses sont basses sur la 
région précaudale et, comme il n'y a pas de nageoire dorsale, les inte- 
répineux manquent. Hyrtl, pourtant (1), a découvert un interépineux 
rudimentaire, reposant sur la première neurapophyse. 

La ceinture scapulaire est moins solidement attachée au crâne 
que chez les autres Silurides. Le sur-scapulaire est susceptible d'un 
certain mouvement sur le sur-temporal et le post-temporal, et son apo- 
physe interne n'est reliée au basioccipital que par un ligament. A la 
face ventrale, les clavicules se rencontrent à peine à la symphyse, qui 
est formée par les coracoïdes ; ceux-ci ne se relèvent pas en arrière pour 
former un diaphragme. Le premier rayon de la nageoire pectorale 
s'articule à la clavicule par un condyle simple. 

Les Maloptérures, dont je ne puis reconnaître qu'une seule espèce, 
sont célèbres par l'organe électrique dont ils sont pourvus et dont les 
effets sont bien connus des habitants de l'Afrique tropicale et de la 
région du Nil. Aussi les Arabes désignent- ils ces poissons par un nom 
qui signifie tonnerre. L'organe qui produit la décharge diffère absolu- 
ment de celui de tous les autres poissons électriques, dépendant du 
système tégumentaire au lieu d'être dérivé du système musculaire. Il 
est unique, entourant tout le corps comme d'une épaisse couche de 
graisse, consistant en une substance gélatineuse dont on ne distingue 
les éléments (au nombre de plus de deux millions, selon Fritsch) qu'à 
l'aide d'un fort grossissement ; la peau qui le recouvre a un aspect 
velouté ou feutré, produit par une multitude de papilles villeuses très 
serrées. Il est actionné par un seul nerf de chaque côté, à sa "face 
interne, ramifié et partant d'une cellule ganglionnaire unique, bien 
qu'excessivement développée, à l'extrémité antérieure de la moelle épi- 
nière. A l'inverse de ce qui se produit chez les autres poissons, le 
courant électrique se dirige de la tête vers la queue. 

(1) Denkschr. Ak. Wien, XVI, 1859, P- »'• 



338 SILURID^E 



i. MALOPTERURUS ELECTRICUS (PI. XVI, fig. 2). 

Silurns electricus, Gmelin, Syst. Nat. I, p. 135 \ (178g). 

Malapterurus electricus, Lacépède, Hist. Poiss. V, p. 91 (1803); I. Geoffroy, 
Descr. Egypte, Poiss. p. 291, pi. XII ,1829); Joannis, Mag. Zool. 1835, Poiss. 
pi. 1; Cvv. et Val. Hist. Poiss. XV, p. 518, pi. CCCCLV (1840); Gûnth. Cat. 
Fish. V, p. 219 (1864); Peters, Mon. Bcrl. Ac. 1868, p. 121. et Reise n. Mos- 
samb. IV, p. 41 (1868); G. Fritsch, Elektr. Fische, I (1887). 

Malapterurus beninensis. And. Murrav, Edinb. New Philos. Journ. (2) II, 1855, 
p. 49, pi. II; Gûnth. t. c. p. 220; Loennberg, Ofv. Vet. Ak. Forh. Stockholm, i Sc»5, 
p. .87. 

Malapterurus affinis, Gûnth. t. c. p. 220. 

Malapterurus electricus, var ogoensis, Sauvage, Bull. Soc Philom. (7) III, 
1878, p. 99, et N. Arch. Mus. (2) III, 1880, p. 45, pi I, fig. 3. 

La hauteur du corps est comprise 4 a 5 1/2 fois dans la longueur 
totale, la longueur de la tête 4 à 5 fois; le dos est aplati, parfois creusé 
d'un faible sillon Le museau est arrondi, parfois un peu dépassé par 
la mâchoire inférieure ; l'œil est très petit, tout à fait latéral, un peu 
plus rapproché de la fente operculaire que du bout du museau, son 
diamètre compris 6 à 9 fois chez les jeunes (de 10 à 20 centimètres de 
longueur totale), 1 3 à 1 5 fois chez les adultes (65 à 85 centimètres) 
dans la longueur de la tète; le barbillon maxillaire mesure les 2/3 ou 
les 3/4 de la longueur de la tête chez les jeunes, à peu près le tiers chez 
les adultes ; les barbillons mandibulaires sont plus longs, l'externe 
atteignant souvent, ou même dépassant un peu, la base de la nageoire 
pectorale. Celle-ci, de même grandeur que la ventrale, ou un peu plus 
longue, mesure à peu près la moitié de la longueur de la tête. La 
nageoire anale est composée de 9 à 1 3 rayons, dont 7 à 10 branchus. 
La dorsale adipeuse, très basse, est aussi longue ou un peu plus 
longue que l'anale et s'étend un peu plus en arrière, n'étant séparée 
de la caudale que par un espace égal à i/5 ou 1/6 de la longueur de la 
tête. La caudale est arrondie. 

Le corps est gris, brunâtre ou bleuâtre en dessus, uniforme ou 
ponctué ou tacheté de noir, blanc en dessous; souvent, chez les jeunes, 
une bande claire autour de la queue et à travers l'adipeuse; parfois 
des taches noires sur les nageoires ; la caudale est bordée de rouge ; 
les pectorales et les ventrales sont rougeâtres. 

Le plus grand spécimen du Congo qu'il m'a été permis d'examiner 
mesure 85 centimètres. 

Cette espèce, qui habite l'Afrique depuis le Nil et le Sénégal jusqu'au 
Zambèse et au Congo, varie passablement par la forme du corps et par 
le nombre de? rayons à la nageoire anale, ce qui a fait établir quelques 



MALOPTERUIU'S 33g 

espèces ou formes locales qui ne me semblent pas reposer sur des 
caractères assez constants pour être admises. Je partage, en ceci, l'opi- 
nion émise par Peters en 1868. Les Maloptérures du Nil semblent 
avoir constamment 12 ou i3 rayons à l'anale et des taches noires irré- 
gulières plus ou moins nombreuses sur le corps. Le M. beninensis de 
l'Afrique occidentale, où il se rencontre parfois avec la forme type, 
n'a que 9 ou 10 rayons à l'anale et les taches noires sont très petites, 
peu nombreuses, ou absentes. Les individus du Congo et du lac 
Tanganika que j'ai pu observer ont de to à i3 rayons à l'anale et le 
corps est généralement semé de points noirs;' un individu de Isangila 
est couvert de grosses macules noires, comme chez ceux du Nil ; la 
bordure rouge à la nageoire caudale est bien marquée. 

Ce poisson, dont la chair est estimée, fuit la lumière et est lent dans 
ses mouvements, lenteur qui est compensée par l'appareil défensif dont 
il est armé et dont l'effet se fait sentir aussitôt qu'il est touché. Déjà 
au XII e siècle, un médecin arabe, Abd-Allatif, décrivait ainsi les effets 
de cet appareil : « Nous ne devons pas omettre parmi les animaux 
propres à l'Egypte le poisson connu sous le nom de raâda, parce que 
l'on ne peut le toucher, quand il est vivant, sans éprouver un tremble- 
ment auquel il est impossible de résister ; c'est un tremblement accom- 
pagné de froid, d'une torpeur excessive, d'une formication dans les 
membres, et d'une pesanteur telle, que l'on ne peut ni le retenir, ni 
tenir quoi que soit. L'engourdissement se communique au bras, puis 
à l'épaule, puis gagne tout le côté, pour peu qu'on touche ce poisson, 
si léger et si court que soit l'attouchement. Un pêcheur, qui avait 
péché le raàda, m'a assuré que, quand ce poisson était dans le filet, ce 
même effet se faisait sentir au pêcheur, sans que sa main touchât le 
poisson et même à une distance de plus d'un empan. Quand le raâda 
est mort, il perd cette vertu » (1). M. F. Demeuse se trouvant sur les 
rives du lac Léopold II, raconte M. Wilverth, eut un jour l'occasion 
de capturer dans un filet un Maloptérure de belle taille ; ses hommes, 
voulant jouer un mauvais tour au cuisinier, lui apportèrent le poisson 
pour le dépecer. Le « chef » congolais se mit en devoir d'écorcher le 
silure, mais à peine son couteau en eut-il entamé la peau que la bat- 
terie électrique se déchargea subitement, envoyant une commotion ter- 
rible au pauvre homme qui, poussant un hurlement de douleur, tomba 
à la renverse et resta quelque temps étendu par terre. 

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