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Full text of "Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France"

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MÉMOIRES 

DE LA SOCIÉTÉ 

DE L'HISTOIRE DE PARIS 

ET DE L'ILE-DE-FRANCE. 



IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR 



A NOGBNT-LB-ROTROU. 



MÉMOIRES 



DE LA SOCIÉTÉ 



é 



DE 



L'HISTOIRE DE PARI! 



ET DB 



L'ILE-DE-FRANCE 



TOME XXXIII 
(1906) 




A PARIS 

Chez H. CHAMPION 

Libraire de la Société de l'Histoire de Paris 
Quai Malaquaît, b 

1906 



E Oi 



CONTRIBUTION A L'ÉTAT CIVIL 



DES 



ARTISTES FIXÉS A PARIS 

DE 1746 A 1778. 



La Société de l'Histoire de Paris et de V Ile-de-France a bien voulu 
accueillir jadis dans Tun de ses Bulletins (t. XXVI, 1899) quelques 
brèves indications d'état civil relevées dans le seul Journal de Paris^ 
relatives à un petit nombre d'artistes, peintres ou sculpteurs, de la 
fin du xvin* siècle. 

Le Journal de Paris ne datant que de Tannée 1778, la période 
comprise entre cette époque et la Révolution était bien courte, 
mais il éuit possible de la prolonger d'une manière très appréciable 
et de la reporter jusqu'au milieu du xviii* siècle, exactement jusqu'en 
1745. C'est cette lacune que je me suis appliqué à combler. 

En pareille matière, il serait bien téméraire de parler d'inédit, â 
propos de simples notes et de mentions diverses recueillies dans les 
Affiches de Paris, connues plut tard sous le titre d'Annonces, affiches 
et avis divers^ ou encore d'Affiches^ annonces, etc. Je crois néan- 
moins que, dans la série des noms que j'ai pu recueillir et que je me 
suis attaché à foire aussi complète que possible, il en est encore un 
bon nombre, à la vérité de notoriété médiocre, que l'on ne trouvera 
guère que dans l'essai que je présente ici^ 

I. Afin de grouper sur les personnages que j'ai eu l'occasion de citer tout 
les renseignements utilet, j'ai ajouté, lortqu'il 7 avait lieu, à la référence 
des tources contultées pour ce travail, des renvois à différenta recueils ana- 
loguet précédemment parut : les Scellés et inventaires d'artistes, publiét 
par M. Guiffirey; Y État civil de quelques artistes français, de M. E. Piot; 
les Actes d'état civil d'artistes français, par M. Herluiton, et autti 17ii- 
pentaire alphabétique des documents relatifs aux artistes parisiens conser- 
méM» XXXIII I 



2 CONTRIBUTION A l'ÉTAT CIVIL 

La liste qui suit ne contient pas seulement des noms de peintres, 
de graveurs et de sculpteurs de renommée fort inégale, mais aussi 
des noms de musiciens, d'acteurs et de tous ceux enfin qui, d'une 
manière ou d'une autre, en cette époque de grâce et de bon ton 
vouèrent à Tart leur existence, que cet art ait été celui des Boucher 
des Drouais et des Vanloo, ou celui plus modeste des Martin et de! 
Vincent, les peintres et vemisseurs du roi. 

A. T. DBS O. 



Adam. — Billet d'enterrement du 14, de M. N. Adam*, sculp 
teur du roi, professeur de TAcadémie royale de peinture et d 
sculpture, académicien de Saint-Luc de Rome et de TAcadémi 
Qémentine de Boulogne [Bologne], décédé rue Basse-du-Rem 
part; à la Madeleine de la Ville-FÉvéque'. — Enterrement du i; 
de M. Fr.-Gaspard Adam, premier sculpteur du roi de Pruss 
et ancien membre de l'Académie de Florence, décédé rue Sainte 
Anne; à Saint-Roch^. — Enterrement du 19 août 1749 d 
M. Adam, sculpteur-marbrier, ancien directeur de TAcadémie d 
Saint- Luc, décédé rue des Fossés-de-la-Doctrine; à Saint- Etienne 
du-Mont^. — Enterrement de demoiselle Marguerite Laniei 
épouse de M. Adam, sculpteur-marbrier et directeur de TAcadé 
mie de Saint- Luc, décédée rue et faubourg Saint-Victor; à Saini 
Nicolas-du-Chardonnet'. ~ Enterrement du 20, de Nicolas-FéU 
Adam, sculpteur-marbrier, de TAcadémie de Saint-Luc, décéd 
me Saint-Victor; à Saint-Nicolas-du-Chardonnet*. — Enterre 
ment du 28 février, de J.-B. Adam, sculpteur-marbrier, anciei 
directeur de TAcadémie de Saint-Luc, décédé rue de Fourcy; 
Saint-Étienne-du-Mont^. — Enterrement du 19, de Jean-Edm 

vis aux archives de la Seine, que M. L. Lazard imprime dans le Bulletin d 
la Société (t. XXXIIIy p. 68-114) au moment où je revise les épreuves d 
ces notices, et qui aura effectivement paru avant que le t XXXIII de 
Mémoires soit distribué. 

1. Lambert-Sigisbert Adam; voyes les Scellés et inventaires d'artistes 
publiés par M. Jules Gutffrey, dans les Nouvelles Archives de fArtfran 
cais, a* série, t V, p. 273. 

2. Annonces, affiches et avis divers, du ai mai 1759. 

3. Ann., 24 août 1761. 

4. Les Affiches de Paris, du a5 août 1749. 

5. Les Affiches de Paris, i5 déc 1749. 

6. Ann,, 26 juill. 1759. 

7. Ann,, 6 mars 1766. 



DBS ARTISISS FIxAs A PARIS DB I746 A I778. 3 

Ad^i^m*, marbrier, de rAcadémie de Saint-Luc, décédé rae Beau- 
ngi^id; à N.-D.-de-Bonne-Nouvelle. 

-AojLK, ..-1760. — Enterrement du 27 novembre, de M. N. 
ALajT, peintre de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue Saint- 
AK^i^ine; à Saint*Paul'. 

^^kLGiSRi, ..-1764. — Enterrement du 4, de Pierre-Boni&ce 
Al^Si^î) peintre et décorateur de l'Académie rojale de musique, 
d&crédé rue Saint-Honoré; à Saint- Eustacbe*. 

.Allegrain, ..-1748. — Enterrement du 25, de M. Allegrain, 
pei ntre de T Académie royale de peinture et sculpture, décédé rue 
m: «siée; à Saint-Nicolas-des-Champs^. 

.AiiAND, ..-1769. — (Vente des tableaux du s' Amand, peintre 
dvi. roi, dont les compositions sont très agréables*...) 

.Antibr, ..-1747. — Enterrement du 4, de demoiselle Marie 
^xmtier, pensionnaire de la musique du roi, épouse de M. Duval, 
ivi^specteur du grenier à sel, décédée à TAcadémie royale de 
t^jsique, rue Saint-Nicaise; à Saint-Germain-l'Auxerrois*. 

AuBBRT. — Enterrement du 19, de Jacques Aubert^, ordinaire 
la Chambre du roi et de l'Académie royale de musique, inten- 
LDt de la musique de feu S. A. S. Mgr le duc, décédé à Belleville; 
^ l'église paroissiale du lieu. — Enterrement de Louis-François 

I. AntLy 24 sept. 1770. — Enterrement du 6, de Marie Leprince, veuve 
^^"^ l.-Edme Adan, sculpteur, etc. [Ibid,, 12 oct. 1778.) 

3. AtuL^ 4 déc. 1760. 
^^ 3. ilim., 12 mars 1764. — M. L. Lazard, dans son Inventaire, l'appelle 
'^^Igcry {Bulletin, t. XXXIII, p. 71). 

^_ 4. Lee Affichée de Paris, 29 févr. 1748. — C'est Gabriel Allegrain; voyez 
r Scellés et inventaires d'artistes, publiés par M. Jules Guiffrey, dans les 
^OÊtpettes Archives de VArt français, 2* série, t V, p. 108. — Voyez aussi 
'mtat civil de quelques artistes français, par Eug. Piot, et Lazard, op, cit. 

5. Ann., 29 juin 1769. — François-Jacques Amand mourut le 6 mars 
^ 769; voyez les Scellés et inventaires d'artistes, etc, 2* série, t. V, p. 436; 
^^-«Mrd, op, cit., et aussi FÉcole royale des élèves protégés, par Louis Cou- 
^"^jod, p. 174. 

6. Les Affiches de Paris, 21 déc 1747. — Voyez aussi la Biographie uni- 
'^^ertdle des musiciens,,., par F.-J. Fétis. 

7. Ann., 24 mai 1753. — Jacques Aubert s'était fait connaître par un 
Snnd nombre d'ouvrages dans le genr« aisé et gracieux; ainsi s^exprime 
l'auteur du recueil ayant même titre que les Annonces, mais de format difié- 
^*^t (B. N., 4* Le* 66, n* du 3o mai i733). — Voftz aussi la Biographie 

^'ftivenelle des musiciens, par Fétis. 



4 CONTRIBirnON A L*ÈTAT CITIL 

Aubert, orfèvre et peintre du roi en émail, décédé me du Four- 
Saint-Germain; à Saint-Sulpice^ — Enterrement du 12, de 
J.-B.-Él Aubert, peintre de l'Académie de Saint-Luc, décédé 
rue des Petits-Carreaux; à Saint-Joseph '. 

AuBRiET, ..-1742. — (Annonce de ïà) vente du cabinet de ira 
M. Aubriet', peintre ordinaire du Cabinet du roi, dans l'appar- 
tement qu'il occupait au Jardin du roi, à Paris; dans lequel est oo 
très grand nombre de papillons, phalènes et scarabées, en vélin 
et papier, oiseaux, poissons, animaux, tableaux, contre-épreuves 
à la sanguine des plantes et vues du Levant, etc. 

AuBRY. — Enterrement du 24, de M"* Marie- Madeleine 
Boquet, veuve de M. Aubry, peintre du roi et de son Académie; 
décédée et inhumée à Choisy-le-Roi^. 

AuDRAN. — Enterrement du 18, de M. Jean Audran<^, graveur 
ordinaire du roi, de PAcadémie royale de peinture et de sculptoie, 
décédé aux Gobelins; à Saint-Hippolyte. — Vente d'effets (après 
le décès de M. Jean Audran, graveur du roi, de rAcadémie 
royale de peinture et de sculpture), comme dessins et estampes des 
plus grands maîtres d^Italie, etc., divers effets provenant de 1^ 
succession de Claude Audran, peintre du roi, savoir très bea.'^ 
bleu de Prusse ancien, très beau paravent de bois de la Chine, etc. ^'* 
— Enterrement du 27 mars, de M. Michel Audran^, entreprc^^ 
neur des tapisseries de la manufacture royale des Gobelins, décécE 
audit hôtel; à Saint-Hippolyte. — Vente d'efiets de feu M. Audrao^^^ 
entrepreneur des tapisseries pour le roi à la manufEicture de^-^=^ 

I. il lut., 6 nov. 1755. — Voyez les Scellés et inventaires d'artiites, publié^^^ 
par M. Jules Guifirey, dans les Nouvelles Archives de PArtfHmçais, %• wkiit^s^ "* 
t. V, p. 21 5, et Lazard, op, cit. 

a. ilim., 22 août 1776. 

3. Les Affiches de Paris, a5 juin 1750. — Cette vente est postérieure de^^ 
plusieurs années au décès de Qaude Aubriet (3 déc. i742}, d'après Ux"^"^ 
Scellés et inventaires d'artistes, publiés par Jules Guiffrey, dans les Nou' 
velles Archives de V Art français, a* série, t. V, p. 29. 

4. Affiches, 25 sept. 1787. 

3. Ann,, 21 juin 1756. — Voyez aussi VÉtat civil de quelques artistes fran' 
çais, par Eug. Piot; les Actes d'état civil d'artistes français^ par H. Her- 
lutson, et Lazard, op, cit. 

6. Ann., 29 juill. 1766, p. 469. 

7. Ann,, 4 avril 1771. ^ Michel Audran était le sixième enfant du gra- 
veur Jean Audran, qui précède; voyez Eug. Piot, op. cit., p. 5. 



DES ARTISTES FIX^ A PARIS DB I746 A I778. 5 

obelins, etc.^ — Enterrement du 9, de M. Benoit Audran', 
raveur, fils et neveu des célèbres artistes de ce nom, âgé de près 
e 74 ans, décédé rue Saint-Jacques; à Saint-Séverin. — Enter- 
sment du 8, de Marie- Adélaïde Pinard, épouse de M. Joseph 
ludran, entrepreneur de la manufacture royale des Gobelins, 
ncien représentant de la commune, commissaire de sa section, et 
lecteur de 1790, à l'hôtel de lad. manufacture; à Saint-Marcel'. 

AvsD, ..-1766. — Enterrement du 5, de M. Jacques-André-Jos. 
ived^, peintre du roi, conseiller de l'Académie royale de peinture 
t de sculpture, et très habile dans son art, décédé rue de Bour- 
on; à Saint-Sulpice. — Vente d'e£rets considérables (après le 
lécès de M. Aved, peintre du roi et de son Académie), savoir 
ibleaux originaux, etc.'. 

Bachy, ..-1767. — Le s' Raphaël Bacchy*, peintre en mioia- 
iire, étant déc&ié, il se trouve chez lui plusieurs portraits 
'hommes et de femmes; on ignore à qui ik peuvent appartenir... 
•^adresser à M. Bazery, chez M. Davesne, avocat, quai et près de 
hôtel de Conti. — Vente de meubles et d*e£rets de feu M. Raphaël 
Uichy^, peintre en miniature... 

Bacoussin, ..-1760. — Enterrement de M. N. Bacoussin', 
eintre de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue Aumaire; à 
laint-Nicolas-des-Champs. 

BADé, ..-1759. — Enterrement du 19, de M. J.-B. Badé', 
«intre et secrétaire de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue du 
*ctit-Pont; à Saint-Séverin. 

I. Ann,y i5 juill. 1771. 

a. Ann., i3 janv. 1772. — Voyez les Scellés et inventaires d'artistes, 
mbliés par J. Guiffrey, dans les Nouvelles Archives de l'Art français, 
i* série, t. VI, p. 18; et aussi Eug. Piot, H. Herluison et Lazard, op. cit. 

3. Affiches, 14 noT. 1791. 

4. Ann,, 10 mars 1766. 

5. Ann,, 20 nov. 1766. 

6. Ann,, 16 juill. 1767. — Bachy ou Bachi, juif, originaire de Turin, est 
nort à Paris le 11 avril 1767; quant au sieur Bazeri, cité dans l'annonce, 
:*est sans doute le beau-frère du peintre, banquier à Turin. Voyez les Scel- 
lés et inventaires dartistes, publiés par Jules Guiffrey, dans les Nouvelles 
Archives de VArt français^ 2* série, t. V, p. Sgô, et Lazard, op, cit, 

7. Ann., 3i août 1767. 

8. Ann,, 14 juill. 1760. 

9. Ann., 25 janv. 1759. 



6 GONTRIBUTION A l'ÉTAT CrVlL 

Bailly (Jacques), ..-1768. — Enterrement du 19, de M. Jacques 
Bailly * , garde des tableaux du roi, décédé aux galeries da Louvre; 
à Seint-Germaio-l'Auxerrois. — Enterrement du %g noYembre, 
de M"^ Marie-Cécile Guicbon^ veuve de M. Jacques Bailly, gaitfe 
géeéral des tableaux du roi, décédée grande rue de ChaiUot; en 
l'église du lieu. 

Bandieri i>e Laval, ..-1767. — Enterrement du 27 octobre, 
d'Ant. Bandieri de Laval', direaeur deFAcadémie royale de danse, 
maître à danser des Enfents de France et compositeur des ballets 
du roi, décédé rue Basse, pone Saint-Denis; à Saint-Laurent. 

Bafit. — Enterrement du 2 mai, de Claudine Bonvoisin^ 
femme de N. Bapst, peintre de l'Académie de Saint-Luc, âgée de 
82 ans, décédée rue du Jour; à Saint-Eustache. 

Bardou, ..-1752. — Enterrement du 18, de... Bardon^ {sic), 
peintre-doreur du roi et de F Académie de Saint- Luc, décédé rue 
de Mont*Morenci ; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

Barot. — Enterrement du 3o janvier, de demoiselle Antoinette 
de Chaumont*, veuve de M. Baroy, maître sculpteur, décédée 
petite rue Taranne; à Saint-Sulpice. 

Baruibr (François- Julien), ..-1746. — Enterrement de FVan- 
çois-Julien Barrier^, orfèvre-joaillier, graveur du roi en pierres 
fines, décédé au logement des galeries du Louvre; à Saint-Ger- 
main-FAuxerrois. 

Beaumont (Pierre-François). — Enterrement du 16, de Gene^ 
viève Beaumont^, fille de Pierre-François Beaumont, pdntre et 
ancien direaeur de FAcadémie de Saint-Luc, officier juré-crieur, 
décédée pont Notre-Dame; à Saint-Jacques-de-la-Boucherîe. 

Bbauvais (Nicolas Dauphin de), 1688-1763. — Enterrement 

1. Ann,, 28 nov. 1768; voyez aussi Eug. Piot «t H. Herluiso», 9p, cit, 

2. Atm,, 6 déc. 1773. 

3. Ann.y 5 nov. 1767. 

4. Ann., II mai 1767. — Il eat feit meation d'une demoiselle Bapst dans 
la notice consacrée au peintre Boudet. 

5. Ami., 23 nov. 1732. — Voyez aussi les Scellés et inventaires d'artistes, 
publiés, par J. Guiffrey, dans les Nouvelles Archives de VArt français, 
2" série, t. V, p. 167. 

6. Les Affiches de Paris, 5 févr. 1748. 

7. Les Affiches de Paris, x6 mai 1746. 

8. Ann., 19 juill. 1753. 




'- . 



DES ARTISnS FIXjfS A PARIS IXB I746 A I778. ; 

da 14, de M. Nicohs Dauphin de Betuvais\ grmyeur du roi, âg^ 
de 75 anSf décédé rae Saint- Jacques; à Saint*Benûtt. 

BsAijyAis. — Allégorie sur l'alliance du dauphin aTec Marie- 
Antoinette, chez les demoiselles Beauvais, marchandes d'es- 
tampes...; elle est l'ouvrage de M. Beauvais, pensionnaire du roi 
à Rome, artiste d'un talent très distingué'. 

Becat (J.-Gabriel). ?— Enterrement du 20, de Marie-Anne 
NepTen', veuve de J.-Gabriel Becat, peintre de l'Académie de 
Saint- Luc, décédée me des Gravilliers; à Saim-Nicolas-des- 
Cbamps. 

Bbllot. — Enterrement du 27, de dame Marie-Anne Girardin, 
veuve de M. Bellof*, peintre ordinaire du roi, décédée rue des 
BiUettes; à Saint- Jean-en-Grève. 

^^^^ X. ; Bbnoist (Nicolas-ClémcntJ. — Enterrement de M"« Marie- 

Louise Percé', femme de M. Nicolas-Clément Benoist, peintre, 
!b/iw^ ' ancien directeur de F Académie de Saint- Luc, décédée me Neuve- 

' ' Guillemain; à Saint-Sulpice. 

BsRAiN (Jean). — Enterrement du 25^ de demoiselle Marie- 
Magdelaine Hérault*, veuve de M. Berain, dessinateur de la 
Ohambre et du Cabinet du roi, décédée cul-de-sac Saint-Thomas- 
du- Louvre; à Saint-Germain-rAuxerrois. 

Berobr, ..-1747. — Enterrement du 8, de M. Berger^, direc- 
teur de l'Académie de musique, décédé rue Saint-Nicaise; à 
^aint-Germain-rAuxerrois. 

Berja (Nicolas), 1662-1753. — Enterrement du 3o avril, de 
^^icolas Berja^, sculpteur des Bâtiments du roi, ancien directeur 

I. iiim., ao JanY..i763. — Le nom de cet artiste paraît être Dauphin, bien 
^ifil aoit classé dans les biographies à celui de Beauvais. 

a. Aim,, 3i mai 1770, p. 647. — C'est Jacques Beauvais, décédé ea i8oa, 
Câpres Nagler. 

3. ilim.y 28 août 1775. 
i^ ^ 4. Les Affiches de Paris^ 29 févr. 1748. 

b. AmH.,3o juin 1757. 

6. Les Affiches de Paris, 27 févr. 1749; voyez aussi Eug. PioC et H. Her- 
luison, op, cit, 

7. Les Affiches de Paris, i3 nov. 1747. 

8. Awu, S mai 1753 ; vojrez aussi la mention de ce décès dans le recueil 
ayant même titre, coté 4* Lc>66, n* du 9 mai 1753. — H. Herluison, dans 
'et Actes d'état civil dP artistes français, nomme cet artiste Beria. 



8 CONTRIBUTION A l'ÉTAT CIVIL 

et doyen de P Académie de Saint-Luc, âgé de 91 ans, décédé c 
de la Tournelle-, à Saint-Nicolas-du-Chardonnet. 

Berneron (Martin). — Enterrement du la, de Marie^Jea 
Lépine\ veuve de Martin Berneron , ancien direaeur de l'Ac 
mie de Saint- Luc, décédée rue du feiubourg Saint-Denis; à Si 
Laurent 

Bbrthb (Fr.- Pierre) y ..-1766. — Enterrement du 8, de 
Pierre Bertbe', peintre de l'Académie de Saint-Luc, décédé 
des Quatre-Fils; à Saint-Jean-en-Grève. 

Berthéleht (François). — Enterrement du 14, de M. Frai 
Berthélemy', sculpteur de l'Académie de Saint- Luc, décédé 
des Fossés de M. le Prince; à Saint-Cosme. 

Bertinazzi. — Enterrement du 7, de Ch.-Ant. Carlin B 
nazzi, pensionnaire du roi, qui, depuis 41 ans, faisaii 
Théâtre- Italien les délices du public dans le rôle d^Arlequi: 
qui, à près de 80, y était encore si intéressant..., décédé 
Neuve-des-Petits-Champs; à Saint- Roch^. 

Bethon. — Enterrement du 10, de M. Jean-Baptiste Beth 
peintre du roi,* professeur de l'Académie de Saint-Luc, d^ 
aux Gobelins; à Saint-Hippolyte. — Enterrement du 23 iëv 
de P. Bethon, peintre de l'Académie de Saint-Luc, décédé ] 
de la Bastille; à Saint-Paul ^ 

BiANCOLELLi (Domiuique). — Enterrement du i3, de Jea 
Jacquette Tortorelli^, veuve de Dominique Biancolelli, comé 
italien, âgée de 72 ans, décédée rue Vieille-Notre-Dame; à S 
Médard. 

Blamont (de). Voyez Van Loo (Carie). 

Blavet (Michel), ..-1768. — Enterrement du 29 octobn 

1. iifui., 16 ayril 177a. — Cf. Laxard, op. cit. 

2. Afin,, i3 noY. 1766. —Cf. Lazard, op. cit., avec les prénoms Frai 
René. 

3. Ann.f 18 oct. 1756. 

4. Ann., 8 sept 1783. — Voyez la notice que Jal lui a consacrée dan; 
Dictionnaire. 

5. Ann.f 16 déc. 176a. 

6. Ann.f f mars 1773. -— Pierre-Jacques Bethon était peintre en t 
séries; voyez Scellés et inventaires d'artistes^ publiés par Jules Gui 
dans les Nouvelles Archives de PArt français, %• série, t. VI, p. 47. 

7. Ann.f 17 oct. 1754. 






^2 



3i 



DES AUTISTES VÎXÉS A PARIS DE I746 A I778. C 

M. Michel Blavet*, ordinaire de la musique de la Chambre du 
roi et surintendant de la musique de S. A. S. Mgr le comte d< 
^ ^« Clermont, décédé à Tabbaye Saint-Germain-des-Prés; à Saint- 

. ^ ^ '^ t S/mphorien. 

^'? Bi^NDEL (Jean), ..-1761. — Enterrement du i** avril, d< 

y M. Jean BlondeP, anden directeur de l'Académie de Saint- Luc 

' ,, ^''k décédé rue Transnonain; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

'*■ BoiLEAU (Jacques-René), ..-1772. — Enterrement du 4, d< 

^ ^ M . Jacques-René Boileau *, directeur de la manufacture royale d« 

.^^ î porcelaines de France, décédé à Sève [Sèvres]; en Téglise du lieu. 

£oNNART. — Enterrement du 29, de demoiselle Marie-Anne- 
Êléonore Pellevé'*^ épouse de M. Bonnart, ancien professeur de 
^^' ■ r.A.cadémie de Saint- Luc, décédée rue des Anglois; à Saint-Séve- 

rin.— (Vente... du feu s' Bonnart*, peintre, ancien professeui 
^f^ r de l'Académie de Saint-Luc> savoir tableaux originaux dudii 

^ ^^ s** Bonnart, de son père et d'autres maîtres, représentant des 

psi^sages et des sujets d^histoire, avec estampes et dessins.) 

^^*^-. BoRRANi (Pierre). — (Annonce de Pierre Borrany*, peintre ita- 

lien, reçu à l'Académie de Saint- Luc; il entreprend de blanchi] 
l^s églises, les faces et l'intérieur des maisons, etc.) 

fioucHARDON, ..-1762. — Enterrement du 28 juillet, du célèbre 
^' Edme Bouchardon^, sculpteur ordinaire du roi, professeui 
^^ son Académie royale de peinture et de sculpture, dessinateui 
^^ celle des Belles-lettres et membre de l'Académie de Saint-Luc 

^^ H.ome, digne des regrets de toute la nation, décédé barrière du 

'^^OJc; à Saint-PhUîppcdu-Roule. 

^-oucHi. — Enterrement du i3, d'Eliz. Thorin', femme de 

-Am,, 7 noT. 1768. — Voyez aussi la Biographie universelle des musi' 
^j par Fétis. 
Jimt,, 9 ayril 1761. 
-àïïn., 14 sept. 177a. 
^"^ Les Affichés de Paris, 3o nov. 1747. — C'est Robert- François Bon- 
'*^"^» fils de Robert Bonnart, peintre également. 

* ilnji., 17 févr. 1772. — Robert- François Bonnart mourut en 1771. 
^-^ ilîiJi., II mai 1772. 

^* Ann., 2 août 176a. — Voyez aussi Scellés et inventaires d'artistes^ 
^^liéf par Jules Guiftrey, dans les Nouvelles Archives de PArt français^ 
* ^^rie, t. V, p. 3 10, et L. Lazard, op. cit, 
^. 4wi., 22 févr. 1773. — Cf. Lazard, op. cit. 







lO CONTRIBUTION A l'ÉTAT CITIL 

N. Bouché, sculpteur, ancien pensionnaire du roi, décédée bc 
lerard de la Porte-Saint- Honoré; à la Madeleine de la Vil 
rÉvéque. 

Boucher (François), 1703-1770. — Enterrement du 3 1 ma 
de M. François Boucher^ premier peintre du roi, ancien dire 
teur et recteur de PAcadémie royale de peinture et sculpture, ass 
cié libre de l'Académie impériale de Pétersbourg, surnommé à 
juste titre le peintre des Grâces, âgé de 66 ans, décédé au Louvri 
à Saint-Germain-PAuzerrois. — Enterrement du 20 novembre, c 
M^ Marie-Catherine Boucher', sœur de feu M. Boucher, premii 
peintre du roi, âgée de j5 ans, décédée rue du Puits; à Saio 
Jean-en-Gréve. 

BoucLET. — Enterrement du i3, de demoiselle Marie-Ani 
Petit', épouse de M. Boudet, peintre, ancien direaeur de TAc 
demie de Saint- Luc, décédée rue de la Juiverie; à Saint- Pierr 
des-Arcis. — Enterrement de M. N. Bouclet, direaeur de FAc 
demie de Saini-Luc, décédé rue de la Juiverie; k la Madeleine i 
lacité^ 

BouLLONGNB (Louls db). — Enterrement du 29 mars^ 1 
M*"* Marguerite Boquet^, veuve de M. Louis de BouUongn 
chevalier de Tordre de Saint-Michel et premier peintre du rc 
âgée de 87 ans, décédée grande rue du faubourg Saint-Honor 
à la Maddeine de la Ville-l'Évéque. 

Bourbon (D^). — (Note au sujet de cette artiste dans 1 
Annonces du 19 octobre 1767 :) il a été confié il y a 3 ou 4 ai 
à M^ Bourbon, dont le talent est de peindre en miniature, 
portrait en grand de M. du Caroy^ ancien commissaire d 
guerres, et cdui de M""* son épouse; comme M. du Caroy est mo 



1. Ann.f 7 juin 1770. 

2. Amt.f 14 déc. 1775. 

3. Les Affiches de Paris, 14 oct. 1748. 

4. AtÊn.j la OMt 1757. * Je ne sais si c'est Guillaume Bouclct, de 
il est dit mention dans les SceUés et inventaires d'artistes, publiés p 
M. Jules Guiffirey, dans les Nouvelles Archives de PArt français, 2* sàr 
t. V, p. a3i; dans ce cas, Boudet se serait remarié et aurait épousé u 
demoiselle Françoise Bapst. 

5. Ann,, 4. avril 1757. — Louis de BouUongne mourut le 21 novemb 
1733; voyez entre autres VÉtat civil de quelques artistes français, par Eu 
Piot, p. 18. — Cf. Laxard, op, cit. 



DBS ARTISnS Fois A PARIS DK I746 A I778. Il 

sobitement dqmis, et que M"* Bourbon s^est mariée, on prie 

cette demoiselle, etc., etc. 

BouiNONviLLB (Antoînc), ..-1753. — Enterrement du i" mars, 

d'Antoine BoumonTille^ célèbre maître de davecin, dont les 

principes pour l'accompagnement ont été presque généralement 

I adoptés et lui avaient âdt une grande réputation, âgé de 78 ans-, 

enterré à Saint-Sauveur. 

Bréa. ~ (Réclames du s' Bréa :) le s' Bréa*, peintre en huile 
et en pastel, a découvert le secret de fixer le pastel et les dessins 
et de les mettre à Pabri de l'humidité... Il peint le portrait, il 
montre le dessin et il fait des envoi; en province. — Le s' Bréa, 
peintre, ci-devant rue de Grenelle-Saint-Honoré, demeure pré- 
sentement rue du Dauphin, près de Saint-Roch. Il a toujours un 
très beau cabinet de tableaux italiens, fiamands et français, etc. 

Bruthe (J.-B. ab), ..-1758. — Enterrement du 8, de M. J.-B. 
de Bniyne', sculpteur de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue 
Fromenteau-, à Saint-Germain-PAuxerrois. 

Caffixri'*. — Enterrement du a5 novembre, de Jacques Caf- 

fi^S père, sculpteur, ciseleur ordinaire du roi, ftgé de 77 ans, 

décédé rue Princesse; à Saint-Sulpice. — Enterrement du 9» de 

M. Ph. Ca£Béry*, ancien professeur de TAcadémie de Saint-Luc, 

décédé rue Princesse; à Saint-Sulpice. — Enterrement du 8, de 

^* CaflSeri^, fils de N. Caffieri, sculpteur-ciseleur et entrepreneur 

des Bâtiments du roi, décédé rue Princesse; à Saint-Sulpice. — 

(La note suivante prise dans les Annonces du 9 mai 1 780, p. 1070, 

vise On autre CalBSeri :) on voit à l'atelier de M. Caffieri, au 

^°^^, la statue en marbre de saint Satyre, destinée pour une 

^^ <^bapelles de Téglise royale des Invalides. Ce saint était frère 

^'né de saint Ambroise et célèbre orateur. Il se distingua aux 

^' -^«en^ 7 mars 1753. {4* U«66.) 

«' ^»«»i., 7 janr. 1771, p. i5; 2 mai 1771, p. 375, etc. 
• -^iji., 18 mai 1758. 

^ ^oyez sur les Caffieri l'ouvrage de M. Jules Guifirey. 

^- ^HH., f déc 1755. 
^^^iH., i3 oct. 1774. — Pour Philippe Caffieri, maître doreur, fondeur et 
t!|^^^|^ voyez tes SceliéM et im^entairte dPwrtUtes^ publiés par M. Jules 
^trey, dans les NùweiUê ArchUm de VAH français, %• série, t. VI, 
?• *^. 

^* 4im., la sept. 1767. 



12 COKTIIIBUTION A L^ÉTAT CIVIL 

tribunes de Rome... Le sculpteur Pa représenté dans le moment 
oti il harangue le peuple à une tribune. 

Camaroo. Voyez Cupis de Camargo. 

Campion. — Vente après le décès de M. Campion\ professeor 
de l'Académie royale de musique et maître de luth et de gai- 
tare, etc., rue du Petit- Lion-Saint-Sauveur, à V Image saint Gré- 
goire. 

Canavasso, ..•1776. — Vente de meubles et d'effets de feu 
M. Canavas', ordinaire de la musique du roi. 

Canot (Philippe). — Enterrement du 3, de Magd.-Charlotc^ 
Dorly*, femme de Philippe Canot, peintre, professeur de l'Aca^ 
demie de Saint-Luc, décédée rue des Écouffes-, à Saint-Gervais. 

Cansy (Charles de). — Enterrement du 27 juillet, d'Élisabed^ 
Lechantre^, femme de M. Charles de Cansy, peintre et dessin^-^ 
teur du roi, décédée rue Saint-Martin; à Saint- Nicolas-de$ ^ — 
Champs. 

Caraffb (Charles- Placide), ..-1756. — Enterrement du 24, d^^ 
M. Charles-Placide Caraffe*, ordinaire de la musique de 1^^ 
Chambre du roi, décédé rue Saint- Honoré; à Saint-Germain^^ 
TAuzerrois. 

Cars (Laurent), ..-1771. — Enterrement du 1 5, de M. Lau- ^ 
rent Cars*, graveur du roi, conseiller de l'Académie royale de ^ 
peinture et sculpture, décédé rue Saint- Jacques; à Saint-Benoît. 

Cassanba DE MoNDONviLLE (J.-Joseph), ..-1772. — Enterrement 
du 9, de M. J.-Joseph Cassanea de Mondonville^, ancien maître 
de musique de la chapelle du roi et ancien direaeur du concert 

I. Les Affiches de Paris, 19 févr. 1748. -^ Cest François Campion, 
théorbiste, musicien de l'Opéra, d'après la Biographie universelle des ifuctt- 
ciens, par Fétis, qui n'a pu indiquer la date de décès. 

s. Ann., 3 oct. 1776. — Cest Tun des deux frères, luliens, dont parle 
FétiSy qui ignore d'ailleurs la date de leur décès. 

3. Ann,^ i3 mai 1776. 

4. Ann,f I*' août 1754. 

5. Arm., 28 oct. 1756. —Voyez aussi la Biographie universelle des musi- 
ciens, par Fétis. 

6. Ann., 18 avril 1771. — Voyez encore les Scellés et inventaires ttar" 
tistes, publiés par Jules Guiffrey, dans les Nouvelles Archives de F Art fran- 
çais, a* série, t. VI, p. 4; et aussi Eug. Piot, Herluison et Lazard, op^ cit. 

7. Ann,, i5 oct. 1772. 



DES ABnSTBS FlZjte A PARIS DE I746 A I778. l3 

spirituel, célèbre compositeur, dont on plaçait le nom immédia- 
tement après celui de Rameau, pour les opéras, et à cdté de celui 
de Lalande, pour les motets, décédé à Belleville; en T^se 
du lieu. 

Cateux (Philippe), ..-1769. — Enterrement du 6, de Philippe 
Cajreux \ sculpteur, ancien conseiller de l'Académie de Saint- Luc, 
décédé rue VUledot; à Saint-Roch. 

Cazes (Pierre-Jacques), 1674-1754. — Enterrement du 26 juin, 
de M. Pierre-Jacques Cazes', de l'Académie royale de peinture 
et de sculpture, âgé de 80 ans, décédé rue d'Anjou; à Saint-Jean- 
en- Grève. 

Challe (Simon), ..-1765. — Enterrement du i5, de M. Simon 
Challe', sculpteur ordinaire du roi, décédé rue du Champ-Fleuri ; 
à Saint-Germain-rAuxerrois. 

Chantrsau (Jérôme-François), ..-1757. — Enterrement du 
& décembre, de M. Jérôme-François Chantreau^, peintre de 
l'^Académie de Saint-Luc, décédé rue Saint-Honoré; à Saint- 
Svistache. 

Chapelle. — Enterrement du 21 oaobre, de Jacques Cha- 
pelle', ci-devant entrepreneur de la manufaaure de faïence 
japoonée de Sceaux, décédé rue du Temple; à Saint-Nicolas-des- 

Champs. 

Charny, ..-1748. — Billet d^enterrement du 17 septembre, de 
M. Charny*, maître sculpteur, ancien conseiller de TAcadémie 
de Saiûi-Luc, décédé rue de Bourbon; à Saint-Laurent. — Vente 
^prês le décès de M. Charny^, maître sculpteur; elle consiste en 
plusieurs figures et bêtes de bronze, de marbre, de pierre, de terre 

'* '^111., 10 juill. 1769. -^ Il est fait mention de cet artiste dans la notice 
<^ooaacrée à Claude-Philbert Cayeuz, peintre de l'Académie de Saint-Luc, 
^*o« les Scellés et inventaires d'artistes, publiés par M. J. Guiffi^. 

*• -^^ji., !•» juiU. 1754. Voyei aussi les ourrages déjà cités de MM. Ëag. 
^''otet Hcrluison. 

• '^•m., 21 oct. 1765. 
^"^»t«., i5 déc. 1757. — Voyez aussi les Scellés et inventaires d'or* 
JL^' |)ubliés par Jules Guifirey, dans les Nouvelles Archives de VArt 
'^'^M, a« série, t. V, p. a36. — Chantreau^ alias Chantereau. 
•^»ifi., 28 oct. 1773. 

• ^^ Affiches de Paris, 19 sept. 1748. y 

'• "^-ef Affiches de Paris, 27 févr. 1749, p. 6. 



14 coMTRinmoN â l'^at cim. 

cuite de difMrentes formes et grandeors et en an gitnd nomiMre 
de vases de terre cuite pour les jardins et autres ooyFBgo de 
sculpture... En sa maison, rue de Bourbon, près la porte Saiii^ 
Denis. 

Chassé du Poncsau, 1698- 1786. — Enterrement du a6- 
M. CL-L. Dominique de Chasse de Ponceau\ pensionnaire du 
roi et de PAcadémie royale de musique, où il a été longtemps 
justement admiré... pour un jeu transcendant qui Ta élevé ai^ 
rang des grands acteurs tragiques, retiré du théâtre en 1757... et 
décédé à l'âge de 88 ans, rue Croix-des-Petits-Cbamps; à Saint- 
Eustache. 

Chastelin, ..-1755. — Enterrement du 3 août, de M. N. Chas- 
telin^ peintre de l'Académie royale de peinture et inspecteur des 
Gobelins, oti il est décédé; à Saint-Hippolyte. 

Chauvbt (Ét.-Siméonj, ..-1774. — Enterrement du 22 février, 
d'Ét.-Siméon Chauvet', pensionnaire de TAcadémie royale de 
musique, décédé rue Neuve-Saint-Denis; à Saint-Laurent. 

CHéRBAU, ..-1755. — Enterrement du 22, de François Chéreau^, 
graveur du roi, décédé rue Saint- Jacques; à Saint-Séverin. — 
Billet d'enterrement du 18, de Marguerite Caillou*, veuve de 
M. François Chéreau, graveur du roi, de TAcadémie royale de 
peinture et de sculpture, décédée rue Saint- Jacques ; à Saint- 
Séverin. — Billet d^enterrement du 12, de Benoît Chéreau*, fils 
de Benoît Chéreau, graveur ordinaire du roi, décédé rue des 
Amandiers; à Saint-Étienne-du-Mont. 

Chbrfis (Jean), ..-1771. — Billet d'enterrement du 1 3, de Jean 
Cherfis^, peintre de PAcadémie de Saint-Luc, décédé place Dau- 
phine; à Saint-Barthélémy. 

I. Ajglehts^ s8 oct. 1786. 
a. Afm., 7 août 1755. 

3. AniUf 3 mars 1774. 

4. Ami., %7 férr. 1755. — \aytz auMÎ les ouvrages déjà cités de 
MM. Eug. Piot et Herluison, qui paraissent s'être trompés quant au nom 
de la femme de cet artiste. 

5. Amt., ai «Yril 1755. — François Chéreau est le frère aîné de Jacques 
Chéreau, à qui M. Guif&ey a consacré une notice dans les Nouvelles Archwet 
de VAH framçaUf %• série, t. VI, Scellés et inventaires d'artistes, efc, 
p. 67. — Cf. Laxard, op. cit. 

6. Ann., 17 oct. 1764. 

7. Ann.f 21 janv. 1771. — Cf. Lazard, op, cit. 






a.i 









OBS ARTUnDB FIZii A PAKIS DE I746 A I778. l5 

Cmémoh (Jaoqim). -* Enterremeat du 6, de Marie Ligogoe% 
veuve de Jacques Qiéron, peintre de rAcadémie de Saiat-Luc, 
igée de 76 ans, décédée rue des Arcis; à Saint-Jacques-de-la- 

Boucherie. 

GaàtON (André). — Vente d'effets de feu M. CfaéronS de TAca- 
dànie royale de musique, etc. 

Chivignt (Antoine), 1667-1753. — Billet d'enterrement du 8, 
d'Amoiae Gbevigny', peintre de l'Académie de Saint-Luc, âgé 
deSGans^ décédé rue Saint-Honoré; à Saint-Germain-rAuzer- 
rois. — Vente de meubles et dVffets (après décès) du s* Chevignjr^, 
pcinireKloreur. 

Chkyillon (J.-B.), ..-1758. — Enterrement du ai, de M. J.-B. 
Chevilkm*, peintre, ancien directeur de l'Académie de Saint-Luc, 
décédé rue Meslé; à Saint-Nicolas-des-Cbamps. 

Cheysiotl (André-Robert). — Enterrement du 7, d'Anne- 
Êisabctb Turgis*, veuve d'André-Robert Chevreuil, peintre de 
l'Académie de Saint- Luc, décédée Vieille-rue-du-Temple; à Saint- 

Gcrvais. 

Chusto^ (Joseph), ..«1748. •— Billet d'enterrement du 
3omart, de Joseph Christophe^, recteur de l'Académie royale de 
peimore, décédé rue des Fossoyeurs; à Saint-Sulpice. 

CiEaMOMT (Jean-Marie), ..-1748. — Billet d^enterrement du 22, 
de M. Jean-Marie Clermont', ancien recteur de l'Académie de 
peinture et sculpture, conseiUar du roi, inspecteur sur les vins, 
^Màt nie des GravilUers ; à Saint-Nicolas-dc»-Champs. — Enter- 
nme&t du 29 juillet, d'Anne- Elisabeth Fiorilly', veuve de Jean- 
Marie Clermont, ancien recteur de PAcadémie de peinture et de 



'•■4m., II tvril 1754. 

>• •4im., xo noY. 1766. — André Chéron, d'après la Biographie univer- 
«fle 4u musiciens, par Fétia . 

^"^mmcest la juill. 1753. — Voyez aussi lea Nouvelles Archines de 
^^^français^ 2* aérie, t. V, SceUis et invetUaires dPartisteSf publléa par 
J«*»i Guiflrejr, p. 169. — Cf. Laard, op. cit. 

4. 4101., 27 août 1753, p. 532. 

^* ^m., 24, août 17S8. 

^* ^«1., II mara 1754. — Cf. Laxard, op. ciU 

7* Us Affiches de Paris^ 5 mai 1748. 

^* Ut Affiches de Paris, 29 août 1748. 

9* Am., 2 août 1756. 



l6 CONTRIBUTION A l'^TAT CIVIL 

sculpture, âgée de 75 ans, décédée rue des Gravilliers; à Saint 
Nicolas-des-Cbamps. 

CocHiN (Charles-Nicolas), ..-1754. -— Enterrement du 6, d 
M. Charles-Nicolas Cochin^ père, graveur de T Académie royal 
de peinture et de sculpture, décédé aux galeries du Louvre; 
Saint-Germain-l'Auxerrois. — Enterrement du 4, de M"* Loui» 
Magd. Horthemels', veuve de M. Charles-Nicolas Cochin, gra 
veur du roi et de l'Académie royale de peinture et de sculptun 
âgée de 87 ans, décédée aux galeries du Louvre; à Saint-Gei 
main-l'Auxerrois. 

Colins, ..-1760. — Enterrement du 20, de M. Louis-Françoi 
Colins', chargé de l'entretien des tableaux et pensionnaire du roi 
décédé quai de la Mégisserie; à Saint-Germain-rAuxerrois. 

CoLLiN DE Vbrmont (Hyaduthe), ..•1761. — Enterrement d 
17, de M. Hyacinthe ColÛn de Vermont^, peintre, adjoint à rec 
teur de FAcadémie royale de peinture et de sculpture, décédé ru 
Plâtrière; à Saint-Eustache. 

CoNBL (D"*), 1715-1750. — Billet d^enterrement du 2a, d 
demoiselle Marguerite- Louise Daton^ (Conel), pensionnaire d 
roi, fille de M'* Hugues Daton, écuyer, décédée rue de Seine 
àgét de 35 ans; à Saint-Sulpice. — Vente après le décès d 
M"* ConeP, de la Comédie-Française, rue de Seine, faubourj 
Saint-Germain; à Phôtel d'Espagne, etc. 

CosQUiN (Olivier). — Enterrement du 25, de Françoise Bour 
sier^, femme d'Olivier Cosquin, peintre de FAcadémie de Saint 
Luc, âgée de 62 ans, décédée rue de la Pelleterie; à Saint-Bar 
thélemi. 



i. Ann.f II joill. 1754. — Voyez aussi les ouvrages déjà cités d 
MM. Eug. Piot, Herluison et Lazard, 
a. Ann., 8 oct. 1767. — Cf. Lazard, op. cit. 

3. AntUf 24. janv. 1760. — Voyez, à propos de ce restaurateur de tableaux 
une notice intitulée : Notes et documents. Les Corrège du musée de Berlix 
et leurs restaurateurs , publiée dans le Bulletin de l'Art ancien et moderne 
n** des 3 et 17 septembre 1904. 

4. Ann,f 23 févr. 1761. — Voyez aussi les ouvrages déjà cités d( 
MM. Eug. Piot et Herluison. 

5. Les Affiches de Paris, 26 mars 1760. 

6. Les Affiches de Paris^ 3o avril 1760, p. 6. 

7. Ann., 3i janv. 1734. 



DES AltnSTBS mis A PARIS DE I746 A I778. I7 

(^^ossARD. — (Annonce du s') Cossard de Sainte-Jule, peintre 
CQ xx^iniature pour bagues et médaillons^ . 

CouRTiK (Jacques), ..-175a. —Vente de tableaux... (après le 
d^c^de M. G)unin', peintre ordinaire du roi et de TAcadémie 
royale de peinture et de sculpture...), rue de Matignon, vis-à-vis 
le 3* guichet du Louvre... 

OousiNBT (Henry-Nicolas). — Enterrement du 23, de Marie- 
Élisabeth Rousseau', femme de Henry-Nicolas Cousinet, sculp- 
tevRT de l'Académie de Saint-Luc, décédée rue Basse-du- Rempart- 
Sa.int-Honoré; à la Madeleine de la Ville^rÉvéque. 

O>usT0u (Guillaume), 1 677-1 746. — Billet d'enterrement du 
23^ de M. Coustou^, sculpteur ordinaire du roi, ancien direc- 
teiar et recteur de l'Académie royale de peinture et sculpture, 
dêoédé place du Vieux* Louvre; à Saint-Germain-l'Auxerrois. 

CoTPEL (Charles-Antoine), ..-1752. — Enterrement du i5, de 
Cbarles- Antoine Q)ypel', écuyer, premier peintre du roi, direc- 
teiar et recteur de l'Académie royale de peinture et de sculpture, 
garde des dessins du Cabinet de S. M. et censeur royal, décédé 
avix galeries du Louvre; à Saint-Germain-l'Auxerrois. — Vente 
d'effets (après le décès de M. Coypel*, premier peintre du roi et 
de S. A. S. Mgr le duc d'Orléans), comme tableaux et dessins des 
plus fameux maîtres, etc. 

Cdissin, ..-1764. — Enterrement d'Elisabeth de Barnou de 
^îgnoUes^, veuve de N. Cuissin, sculpteur ordinaire du roi, 
^^cédéenie Feydeau; à Saint-Eustache. 

Ctjpis DE Camargo, ..-1770. — Enterrement du 29 avril, de 

'• -^iw., 28 févr. 1782, p. 477. 

^- -^mi., 4 déc. 1732, p. 747. — Jacques Courtin est décédé le 27 août 
^^^> d'après les ouvrages déjà cités de MM. Eug. Piot et Herluison; ce 
7^* n'est pas mentionné dans les Annonces. — Cf. Lazard, op. cit. 
'• -*4«ïi., 27 févr. 1755. 

^r -*^ Affiches de Paris, 24 févr. 1746, — Voyez les ouvrages d^à cités 
<*e M»|. Eug. Piot et Herluison. 

^- -^nii., 19 juin 1752. — Voyez aussi Eug. Piot, op, ciU^ p. 29. — On trou- 
^f^ l'original de la lettre de faire part du décès de Cojrpel à la Biblio- 
^^Ue nationale^ carton coté Ln* 77, grand in-fol., et l'insinuation de son 
^î^'ïicnt aux archives de la Seine (Liurard, op. cit.), 
^- Aim,, 1753, p. 188 et 268. 
7» ^ïw., 29 oct. 1764. 

Min. zzxiii 2 



l8 CONTRIBUTION A L^^AT dYïh 

Marie* Anne Capis de Cainargo\ pensionnaire du roi, trèscâfo 
danseuse, décédée rue Saint-Honoré; à Saint*Roch. — Veo) 
d'effets de feue M"* Camargo', pensionnaire du roi, savoir dû 
mants^ pierreries, bijoux d'or..., rue Saint-Honoré, au coiac 
la rue Saint-Florentin. 

Dandrillon. — (Réclame du s' Dandrillon', pdime ei icai; 
teur de l'Académie de Saint- Luc :} il vend toutes sortes d^esump 
et de tableaux, et il bronze parfaitement les figures. 

Danssb. — Enterrement du 24, de Geneviève Hersent*, femn 
de M. Pierre Dansse, ancien directeur et doyen de F Académie ( 
Saint-LuCy décédée rue Meslé; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

Datx>n (Conel). Voyez Conxl (D»"*). 

Daullé (Jean), ..-1763. — Enterrement du 24 avril, de M. Ja 
Daullé'^ graveur du roi, des Académies de peinture de Paris 
d'Augsbourg, décédé quai des Augustins; à Saint- André-de 
Arts. — (Annonce de la veuve de ce graveur :) la veuve ( 
J. DauUé*, graveur du roi et de l'Académie impériale d'Aug 
bourg, vient de former un volume de 84 estampes, dont 1 
planches ont été gravées par son mari... Chez la veuve Daull 
marchande d'estampes, quai des Augustins. 

Dauphin de Beauvais. Voyez Bsauvais (Dauphin db). 

Defbrnex (J.-B.). — Le s' Defernex^, sculpteur de Mgr led 
d'Orléans, professeur de l'Académie de Saint-Luc, auteur < 
groupes d'enfiants qui soutiennent les deux lanternes du gri 
escalier du Palais-Royal et des trophées en pierre qui décor 
l'attique du corps avancé de la première cour, exposera... di 
son atelier, endos du s' Sageret, peintre, rue Poissonnière... 

Delaunay (Pierre), 167 5- 1774. — Billet d'enterrement du 

I. Afm,f 14 mai 1770. 

a. Ann., 21 juin 1770, p. 616. — Autre annonce de cette vente {Ik 
p. 644}; parmi les objets désignés se trouve une Histoire de dom Q 
chotte, en vingt-deux tableaux, peints sur glace. 

3. Ann,, 8 oct. 1767, p. 806. 

4. Ann., 3i août 1 761. — Cf. Lazard, op, cit. 

5. Ann., 9 mai 1763. -^ Voyez aussi Eug. Piot, op, cit., p. 3i. 

6. Ann., 26 juin 1769. 

7. Ann., 29 mai 1769. — Voyez État civil d'artistes, dans le Bulki 
X. XXVI (1899). 



DBS ARTISnS FIXÉS A PARIS DB 1746 A T778. tÇ 

de M. p. Dtkuaay*) doyen d«s anciens adjoints à professeurs de 
FAcsdémie de Saim*Luc, âgé de 99 ans 2 mois et so jours, décédé 
qoâide Gêvres; à Saint*JaoquesKio-la-Boucherie» 

Dkleû» ( Pierre) , . > 1 77 5 . — Billet d'énterretûent du i i octobre, 
de P. Deleuse*, peintre de TAcadéniie de Saint-* Luc, décédé rue 
d'Orlé&nS'Saint-Hoiioré; à Saint-Eustacbe. -^ Enterrement du 
27 mai, de Jeanne Sarazin'y femme de Pierre de Leuase^ peintre 
de l'Académie de Saint- Luc, âgée de 76 ans, décédée rue Neuve- 
Saim-Mcrry; à Saint-Merry. 

DiLiout. -^ Enterrement du fti, d'Angélique Bourdon, femme 
de Q.-Edme-Cb. Delioux de SavignaC) peintre en miniature, rue 
aux Ours; à Saint-Nicolas-des-Champs'*< 

OfexiBBL (Nicolas), 1693*1763. — Enterrement du 19, de 
M. Nicolas Dek>bel>, peintre ordinaire du roi, âgé de 70 ans, 
d&édé rue des Boulangers; à Saint-Nicoks-du-Cbardonnet. 

DiLôKHois. *^ (Avis aut amateurs :) le sieur Delormols*, 
peintre et dessinateur pour les étoffes, tapisseries, meubles, habil- 
lemems, broderies en or, en argent et en soie, laine et indienne, 

Wc.,eic. 

Oebarcenay-Degiiut. — (Annonces diverses de Demarcenay- 
I)eghuy alias de Marcenay de Ghuy ^, peintre et graveur. L'œuvre 
gravé de cet artiste se compose, entre autres, du portrait de Sully, 
d après le tableau original peint par Fr. Porbus, communiqué 
par le prince d'Henrichemont; du portrait du maréchal de Saxe, 
d'après Toriginal qui est en la possession du comte de Turpin; 

!• Atm^ 27 }oin 1774. *^ Voyez saisi iei Scellés et inventaires iPartistes, 
publiéi par Jules OuiÂrej, dans les Nowelles Archives de VAri fiançais, 
*'»«e,t. VI, p. 48. 

^ AniL^ 6 DOT. 1775. — Pierre de Leuse eut pour beau-frére un certain 
^icoUi Sarrazin, peintre également, et décédé en 1744; voyez Eug. Piot, 
<»•«*., p. ii3. 

^« Atm., b juin 1766. 

4* Afiches, ss Bov. 1789. 

^' Ann,, s8 mars 1763* -^ Eug. Piot, e^. cit.. Ta classé i Lobel (Nicolas 
^4, Herluison à Delobel. 

^* Ann,f 29 mai 1769. 

7.4iM., des ta sept, et 19 déc 1763, 4 août 1766, i" iraOt 1768, 
^' •nil 1769, atc., etc. -^ Demarcenay mourut iti 1811, à l'ftge de 89 aoa; 
^^«2 Eug. Piot, op. cit.f p. 79. 



20 CONTRIBUTION A l'ÉTAT CIVIL 

du portrait de Bayard, d'après Poriginal confié à Pauteur par le 
marquis de Brancas; du portrait de la Pucelle d'Orléans, gravé 
diaprés celui que Ton conserve à THôtel-de- Ville et mis à la dis- 
position du graveur par les officiers municipaux, etc., etc.) 

Démarbst, ..-1759. — Enterrement du 12, de N. Démarest^, 
peintre, officier de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue Phely- 
peaux; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

Dbmarteau (Gilles), ..-1776. — Enterrement du i**, d^ 
M. Gilles Demaneau^ graveur, pensionnaire du roi, de PAcadé' 
mie royale de peinture et de sculpture, décédé rue 4e la Pelleterie ^ 
à Saint-Jacques-de-la-Boucherie. 

Dbreigb. .••1748. — Billet d'enterrement du i6,deM. Dereige^ 
le jeune, maître peintre et doreur de l'Académie de Saint-Luc, 
décédé rue de la Pelleterie; à Saint-Jacques-de-k- Boucherie. 

Dbsbatissb'*, ..-176 1. — Vente de meubles et d'effets (après le 
décès de M. Desbatisse, sculpteur de l'Académie de Saint-Luc...). 

Dbschamps. Voyez Langlois-Deschamps. 

Deshays de Colleville, ..-1765. — Enterrement du 11, de 
M. Jean-Baptiste- Henry Deshays de Colleville^, adjoint à profes- 
seur de l'Académie royale de peinture et de sculpture, peintre 
d'histoire d'un mérite très distingué et qui était déjà connu par 
des chefs-d'œuvre dans un âge* oti il est glorieux d'en faire seu- 
lement espérer, décédé rue Neuve-des-Petits-Champs; à Saint- 
Eustache. 

1. Ann.^ 20 sept. 1739. 

2. Awi,^ 12 août 1776. — Voyez aussi Eug. Piot et Lazard, op. cit. 

3. Les Affiches de Paris, 18 mars 1748. — Il est, sans doute, le Mre 
d'André Dereige, cité dans les Scellés et inventaires éPartisteSi publiés par 
Jules Guifirey, dans les Nouvelles Archives de VArt français^ a* série, t. V, 
p. 233. 

4. AmLf des xi et 25 janv. 176a. — Desbatisse, étant en villégiature aux 
Ormes en Touraine, chez le ministre d'Ârgenson, mourut dans cette petite 
localité, le 23 septembre 1761, d'après les Scellés et inventaires d'artistes, 
publiés par M. Jules Guiffi-ey, dans les Nouvelles Archives de f Art français, 
2* série, t. V, p. 295. 

5. Ann., 18 févr. 1765. 

. 6. Deshays n'avait en e£Eet que 35 ans; royez entre autres : l'École des 
élèves protégés, par Louis Goura jod, p. 178; le Dictionnaire critique de 
Jal et les ouvrages déjà cités de MM. Piot et Herluison. 



DES ARTISTES FIXÉS A PARIS DE I746 A I778. 21 

DispRÉATTx (J.-Fr.)i ..-1768. — Billet d'enterrement du 6^ de 
J .-Fr. Despréaux^ de l'Académie royale de musique, décédé rue 
dei Prouvaires; à Saint-Eustache. 

Devoge. — (Estampe de Noël Lemire*, d'après le dessin allé- 
gorique d'un s' Devoge, peintre de Gray, en Franche-Comté, venu 
à Paris pour se foire opérer de la cataraae et domicilié, lors de 
son séjour à Paris, rue Meslay. Le dessin est dédié par Devoge à 
soQ opérateur.) 

Dropst. — Enterrement du 4, de demoiselle Élizabeth Gobin', 
épouse de Dropsy, maître sculpteur-marbrier, ancien directeur de 
lAcadémie de Saint- Luc, décédée rue du Bac; à Saint-Sulpice. 
— Enterrement du 17, de N. Dropsy^, père, sculpteur-marbrier, 
ancien directeur de TAcadémie de Saint- Luc, décédé rue du Bac; 
à Saint-Sulpice. 

Drodais. — Enterrement du 10, de M. Hubert Drouais', 
peintre de PAcadémie royale de peinture et sculpture, décédé rue 
des Orties; à Saint-Roch. — Enterrement du 12, de M"'* Marie- 
Marguerite Luzurier*, veuve de M. Hubert Drouais, peintre du 
roi et de son Académie royale de peinture et sculpture, décédée 
rue Saint-Honoré; à Saint-Roch. — Enterrement du. 22, de 
M. Fr.-Hubert Drouais^, peintre du roi et de son Académie de 
pÛDture et de sculpture et premier peintre de Monsieur et 
de Madame, décédé rue Saint-Honoré; à Saint-Roch. 

DïouARD. — Billet d'enterrement du 8, de Marie-Cl. Joly®, 
femme de N. Drouard, peintre, âgée de 85 ans, décédée rue 
Coquillière; à Saint-Eustache. — Vente de tableaux de différents 
niaitres français, flamands et italiens, du magasin de M. Drouar*, 
peintre de TAcadémie de Saint- Luc (après le décès de la dame son 
épouse), etc. 

'•-41111., II ffvr. 1768. 
*--4wi., 3i juîll. 1760. 
^* ^ Affiches de Paris, 11 janv. 1748. 
4- Ann., 19 juill. 1753. 

^* <4fifi., ig févr. 1767. — Voyez aussi Eug. Piot, op, cit. 
^- Ann., 19 déc. 1771. — Cf. Lazard, op. cit. 

T' Ami., 26 oct. 1775. — Voyez aussi Eug. Piot, op. cit. — François- 
Hubert Drouais, fils du précédent. 
^ Ami., 16 févT. 1767. 
9- Atm.y n«* des 9 et 19 mars. 



22 oQimiBirnoH a VijAr cmh 

DucHAN^i, 1663-1757. -*^ Billet d^enterretnmtdo 7, de li.Qas- 
par Ducbangç^ , graveur du roi, couseillQr de l'Académie royale dt 
peinture et de sculpture, âgé de 94 aosi décédé rue Saiat*^<HlQr6; 
en la marne église. 

DucRBUx, ..-1748. — Billet d^enterrement du 16 juillet, de 
M. Ducreuz', sculpteur du roi et ancien syndic général, déoM^ 
Poat-Notre>«Dame; à Saint^Gervais. 

DuLiN ou d'Uun, ..-1748. — Billet d'enterrement du 29 jaf»^ 
vieri de M. d'Ulin'^ peintre ordinaire du roi, décédé rue Sainte 
Anne; à Saint-^Roch. — (Vente, par continuation^ de tableaux ^^ 
meubles de la succession de M. Dulin^, peintre du roi et ande^^ 
professeur de l'Académie de peinture et sculpture, rue Sainte»^ 
Aune, butte Saint*Roch, près les Nouvelles-Catholiquea, etc.) 

DuMEGNiL. — Enterrement du 20, de M"* Cécile Dumegnil 
pensionnaire du roi, jeune danseuse, qui, par ses talents et se^ 
grâces, faisait un des principaux ornements du Théâtre-Lyrique^ 
rue Bergère; à Saint-Eusucbe'. 

DuMBSNiL. -^ Enterrement de Denise Aveline*, veuve de=^ 
M. Louis-Michel Dumesnil, recteur perpétuel de l'Académie de ^ 
Saint*Luc, âgée de 98 ans, décédée rue des Barres; à Saint- 
Gervais. 

DincoNT (François). — Enterrement du i5, d'Anne-Françoise 
CoypeF, veuve de M. François Dumont, sculpteur de l'Académie 
royale de peinture et de sculpture, âgée de 68 ans, décédée au 
Vieux* Louvre; à Saint-Germain-rAuxerrois. 

DuNi(Egidio-Romuald), ..-1775. — Enterrement du 28 octobre, 
d'Élizabeth-Catherine de Superville^, veuve d'Egidio-Romuald 

1. Ann,, i3 janv. 1757. — Duchange était âgé de 94 ans 9 mois, <hiprès 
Eug. Piot, ep, cit. 

2. Let Affichés de Paris, 18 juiil. 1748. 

3. Les Affiches de Paris, i^ févr. 1748. — Sansi doutQ Piçrre Dulip. 

4. Les Affiches de Paris, 27 murs i74fi, p. 7. 

5. Ann., 21 août 1781. 

6. iiftft., 3 janv. 1760. — Louis-Michel Duménil, peintre ordinaire de 
l'Hôtel-de- Ville, gendre de Pierre Aveline, marchand, bourgeois de Paris, 
décédé en 1701 ; d'après Herluison, op. cit,, p. 124. 

7. Ann., 20 janv. 1755. — Voyez aussi Eug. Piot, op, cit. 

8. Ann., 7 nov. 1776. — Fétis, dans sa Biographie universelle des musi- 
ciens, a consacré une longue notice au Napolitain Duni, mort à Paris le 




DBS ARTISTIS FQCis A PAllIS DE I746 A I778. sS 

Doni, componteur de musique et pensionnaire du roi, décédée 
neda bubourg Saint^Denis; à Saint- Laurent. 

DopiLLB (Jean), 1683-1761. — Billet d'enterrement du 8, de 
^ '- ^' ^^^ Dupille*, sculpteur de l'Académie de Saint- Luc, âgé de 
ïr^ ._ ;. 78 ans, décédé rue aux Fers; à Saint-Eustache. 

Dupont (Jean), ..-1754. — Enterrement du 30, de Jean 
^ ^: V Dupont', sculpteur de TAcadémîe de Saint-Luc, décédé rue du 
•^Xrf Calvaire; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

Do PoucH (Qaude), ..-1747. — Billet d'enterrement du 18, de 

^' Qaude du Pouch', écuyer, peintre et professeur de TAcadé- 

^ie de Saint-Luc, décédé rue Saint-André; à Saint- André. — 

fl^ente de tableaux originaux, représentant sujets de fable et 

filtres, après le décès du s' du Pouch^, peintre et professeur 

'^yal en TAcadémie de Saint- Luc, le lundi i3 novembre, etc., 

^^ Saint-André-des-Arts, vis-à-vis la rue Pavée, etc.) 

DupsÉ (Guillaume), ,.-1767. — Enterrement du 3, de Guil- 
^^ urne Dupré", sculpteur, direaeur de FAcadémie de Saint-Luc, 
d^crédé grande rue du Faubourg-Saint-Denis; à Saint- Laurent. 

Ddpuis (Pierre-Charles), ..-1754. — Enterrement du i", de 
I^xcrreCharles Dupuis*, sculpteur de l'Académie de Saint-Luc, 
Accédé me Saint-Honoré; à Saint- Roch. 

Durand (Denis), ..-1773. — Enterrement du 9, de Denis 
IDtirand^, peintre de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue Culture- 
&ainte-Catberine; à Saint-Paul. 

DuTOUR. — Billet d'enterrement du 7, de M. Dutour^, peintre 

11 juin 1775; voyei aussi /et Comédiens du roi de la troupe italienne, par 
H. Campardon. 

I- Arm,, 16 juin. 1761. — Cf. Lazard, op. cit. 

a. An»., 25 avril 1754. — Voyez aussi les Scellés et inventaires d'artistes, 
publiés par Jules Guiffirey, dans les Nouvelles Archives de VArt français, 
^••éric, t. V, 1884, p. 180, et Lazard, (^. cit. 

3. Les Affiches de Paris, 2$ oct. 1747. 

4* Les Affiches de Paris, i3 nov. 1747. 

^' Atm., 12 fé?r. 1767. — Voyez aussi les Scellés et inventaires d'artistes, 
publiés par Jules Guîffrey, daos les Nouvelles Archives de VArt français, 
»'««c, t. V, p. 395. 

6. Ann., 7 févr. 1754. — Voyez aussi Eug. Piot, op. cit. 

l'Ann,, i4déc. 1772. 

8. Les Affiches de Paris, 9 mars 1730. 



24 CONTRIBUTION A L^£tAT CIVIL 

ordinaire des Ordres du roi, décédé rue de la Verrerie; 
Jean-en-Grève. — Enterrement de demoiselle Marie-J 
Saint- Fort\ épouse de M. Dutour, peintre de l'Académie 
Luc, décédée rue de la Verrerie; à Saint- Jean-en-G 
Enterrement du 28 novembre, de N. Dutour', peintre 1 
demie de Saint-Luc, décédé rue Saint-Martin; à Saint 
des-Champs. — Enterrement du 19, de M. Charles 
peintre de TAcadémie de Saint-Luc, décédé Porte-Saint 
en la même église. 

DuvAL (dame). Voyez Antier (Marie). 

Du ViGEON (Bernard), 1 683- 1760. — Billet d'eni 
du 12, de M. Bernard Duvigeon^, peintre en minianu 
estimé, âgé de ^^ ans, décédé rue du Petit-Lion; à Si 
veur. — Vente de meubles et dVffets (après le décès de 1 
geon', peintre en miniature), etc., rue du Petit- Ly< 
Sauveur. — Enterrement du 14, de Marie-Anne Aubr 
de M. Bernard Duvigeon, peintre, âgée de 89 ans, décéd 
Picpus; à Sainte-Marguerite. 

Du Vivier (Jean), 1 688-1 761. — Enterrement di 
M. Jean Duvivier^, graveur des médailles du roi, âgé d 
décédé aux galeries du Louvre; à Saint-Germain-rAux< 
Enterrement du 27 septembre, de Marie- Louise Vignon 
de ... Du Vivier, graveur des médailles du roi, décédée i 
ries du Louvre; à Saint-Germain-PAuxerrois. 

Fabsch (J .-Louis). — (Annonce d'estampe :) il paraît 
trait en petit du s' Le Kain, comédien du roi, dans l 
Zamore, peint de mémoire par J.-Louis Faesch* (qui a 

I. Les Affiche» de Parité ao juill. 1750. 
a. iliift., 3 déc. 1753. 

3. ilNft., a3 avril 1759. 

4. Ann., 17 avril 1760. — Il est aans doute à rapprocher des 
même nom cités dans le Dictionnaire critique de Jal, p. 1267. 

5. Ann.^ 7 juill. 1760. 

6. il un., a3 sept. 1773. 

7. Ann,^ 7 mai 1767. — Duvivier serait mort à Tâge de 74 ai 
M. Eug. Piot, op. cit.; il était de l'Académie royale de peint 
sculpture. 

8. Ann., 2 oct. 175a. 

9. Supplément de la feuille du la mai 1766 des Ann. 



I 



DBS AKTISnS Fois A PARIS DB I746 A I778. 25 

^^ \ particulier pour saisir la ressemblance) et gravé par P.-C. 
7^- 5 liv«sqae... 

t.^;.^^ Farazie. — (Vente de tableaux et estampes après le décès de 

^2^ . M. Farazie \ peintre, rue de la Mortellerie, à côté de la chapelle 

S^ r des Audriettes.) 

[^ Zjt FisQUELLE (Martin), ..-1775. — Enterrement du 9, de Martin 
^*i^-4:| Fasqudle*, peintre de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue de 
rOursine; à Saint-Médard. 

FiimER (Jacques). — (Monitoire relatif aux recelés et diver- 
tissements des effets de la succession de Marie-Renée le Doux', 
veuve de Jacques Fautier, peintre en tableau.) 

iirrv J FiVANNB (Henri db), 1669-1752. — (Vente des tableaux, des- 

'^ ^ f ^^ ^ estampes de feu M. de Favanne^, peintre ordinaire du roi 

^j^^l et recteur de l'Académie royale de peinture et de sculpture^ par 

continuation, ... rue Saint-Honoré, vis-à-vis Thôtel de Noailles, 

dans la maison du défunt.) — (Annonce de la fille de ce peintre :) 

Il y a chez M*^* de Favanne un nombre considérable de tableaux 

de cabinet, originaux de feu M. de Favanne, son père, recteur de 

TAcadémie royale de peinture et de sculpture. Ce sont divers 

^^ I morceaux d^bistoire. . .•. 

9^ I Favirt (M'*)*. — (Annonce de la vente de meubles et d'effets 

^1 de feue M"* Favart, pensionnaire du roi.) 

FAVtt.THOovBNiN. — Billet d'enterrement du 2, de demoi- 






2r- 



^' Ui Affiches de Paris, 11 mars 1748, p. 6. 

*• 4int, 14 déc. 1775. 

^ la Affiches de Paris, 17 oct. 1748. 

4* Ann,f 6 juill. i75a, p. 412. — Henri de Favanne mourut le a8 avril 
7^*> ^ l'ige de 83 ans, d'après le billet d'enterrement publié par M. Eug. 
^^\ op, cit.j p. 45. Cet artiste se disait premier veneur de feu Jacques II, 
f<>i d'ADgleterre; voyex à ce propos la courte notice consacrée à l'un de ses 
^^^^ceodtDto, ou collatéraux, dans fÉtat civil des citoyens nobles de Paris 
M lySg, publié dans les Mém. de la Société en 1899. — Le décès d'Henri 
^c I^tyanne ne figure pas dans les Arm, 

^' Ann,f 19 sept. 1754, p. 38a. — On trouvera, dans ces mêmes Atm,, 
°*du 3o avril 1782, la mention d'un clavecin à ravalement, orné de pein- 
tures de Favanne, avec riche pied doré. 

^« ^wt, 14 mai 1772. — M*« Favart mourut le 20 avril 1772 et liit inhu- 
ma le ai à Saint-Eustache; voyei la Biographie universelle des musiciens, 
P^ Pétis, et surtout le Dictionnaire critique de Jal, et aussi les Comédiens 
^ roi de la troupe italiemie, par E. Campardon. 



26 GOMTIUBUTION A l'AtAT CIYIL 

selle Madeleine Favre-ThouYeninS fille atnée, décédée ciicv 
M. son père, sculpteur et recteur de l'Académie de Saint-Luc, roù 
du Dauphin; à Saint-Rocb. 

FuuiKKT. — (Vente de deux belles figures de pierre de Saint* 
Leu..., Ganimëde et Léda; chez le s' Flament', sculpteur, Jio 
bas de l'Académie d^architecture, au Vieux-Louvre.) 

•FoNTENAY, peintre. Voyez Nbufmaison (de). 

FoRCADE (Louis), ..-1766. — Enterrement du 3, de M. Loui* 
Forcade*, l'un des 24 de la musique du roi, et de TAcadéiai^ 
royale de musique, décédé rue Phelypeaux; à Saint-Nicolas-de^* 
Champs. 

FoiTRNiBR, ..-lySo. — Billet d'enterrement de M. Foumicr'^' 
ancien juré de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue Saint-Ma^^" 
tin; à Saint-Laurent. 

François (Jean-Charles], ..-1769. — (Le s' François', graveuc- ^ 
du Cabinet du roi, inventeur de la manière de graver de^^ 
estampes qui imitent toutes sortes de dessins et conséquence, pen 
sionnaire de S. M., vient de graver un très beau croquis ai^^ 
crayon noir de Parocel, représentant une marche de cavalerie qui^ 
va joindre une armée.) — (Portrait du roi, gravé en camaïeu, dans ^ 
le goût du dessin et formant un médaillon de la hauteur de dix 
pouces. Chez le s' François*, auteur des dessins gravés et pen- 
sionnaire de S. M., etc.) — Billet d'enterrement du 22, de Jean- 
Charles François^, graveur des dessins du Cabinet et pension- 
naire du roi, décédé rue Saint-Jacques; à Saint-Séverin. — 
Enterrement du 1 1, de Marie Fredou^, veuve de J.-Ch. François, 
graveur des dessins du Cabinet du roi et du roi de Pologne, décé- 
dée rue Saint-Jacques; à Saint-Séverin. 

I. Ler Ajfkhêi de Parùp 3 mtrs 1746. 
s. Atm., 14 mai 1770. 

3. AwH,, la juin 1766. 

4. ZjU Affichée de Parii^ 17 déc. 1760. 

5. Awn.^ 18 août 1766. 

6. iifM., 17 sept. 1767. 

7. Ann., 3o mars 1769. 

8. ilim.» 19 STril 1773. — Vente de tableaux, estampes et dessins de dit- 
ttrents maîtres, après le décès de M. François, graveur et pensionnaire du 
roi (iifM., 29 anil 1773); en réalité, cette vente eut lieu non pas après le 
décès de l'artiste, mort depuis quatre ans, mais après celui de la veuve. 



DES ARTiynB WïïKéS A PAU» 1» I746 A I778. IJ 

Frsu (Jean-Alezandre), ..-17S1. — Enierrement du 14, de 
Jean- Alexandre Frère % de l'Académie royale de musiquei décalé 
roeSaint-Domiaiqiie; à Saiat-Jacques^u^Haut-Pas. 

Gabin. -^ Vente d'effets (après le décès de la femme du 
s'Gabin^ peintre de l'Académie de Saint- Luc)... 

GiiHSAu (Louis-Claude), ..01772. — Enterrement du ai, de 
L.-C1. Gaineau'j peintre de l'Académie de Saint-LuC| décédé 
rue du Four-Sain t-Gennain; à Saint-Sulpice. 

Galloche, 1670-1761. — Enterrement du aa, de M. Louis 
Gallodie^ peintre ordinaire du roi et chancelier de l'Académie 
rojale de peinture et de sculpture, âgé de 91 ans, décédé aux 
galeries du Louvre; à Saint-Germain-PAuxerrois. 

GiRAND. — (Changement d'adresse :) le s' Garand<^, peintre 
en miniature et dessinateur, ci-devant place Dauphine, demeure 
présentement quai de la M^sserie, etc. 

GAKANifE (Louis). — Billet d^enterrement du i*% de Catherine 
DuYal*, veuve de Louis Garanne, peintre de PAcadémie de 
Saim-Luc, âgée de 60 ans, décédée faubourg Saint-Jacques; à 
Saint-Benott. 

Gaddit (Louis-François), ..-175a. — Enterrement du a8 juil- 
let, de Louis-François Gaudet^, peintre des Menus-Plaisirs du 
nû; à Saint-Germain-1&^ Vieil. 

GiDssnf (Jeanne), 171 1-1767. — Enterrement du 3, de Jeanne- 
Catherine Gaussem de Lassenay^, pensionnaire du roi, veuve de 
N. Taolaigo* de Lassenay, décédée grande rue de la Villette; en 

I* -^«1., 16 déc. 1751. — Voyex la Biographie univerulle de$ musiciens, 
P^ Petit, qui n'indique pas la date du décès. 

^•Ann., a5 août 1763. 

3- Atm., 29 juin 177a. — LouifvQaude Gaineau e«t mantionné dans les 
^^ et inventaires d'artistes^ publiés par Jules Guiffrey, dans les Nou- 
^^ Archives de l'Art français, a» série, t. VI, p. 38o. 

4» iiini., 27 jutll. 1761. — Voyez aussi Eug. Piot, op. eit,^ p. 5o. 

5- ^iw., 24 avril 1769, p. 363. 

^•^wi., 7 déc. 1761. 

7- 4)111., 3 août 1752. — Cf. Lazard, op. dt. * 

8» 4»!., II juin 1767. 

9* Taolalgo^ fils d'un certain Taolalgo, originaire de Turin, ajouta à son 
nom celui de Lazenay, du nom d'une terre acquise en Berry. — Voyez, à 
propoi de Jeanne Gaussin, Acteurs et actrices du temps passé. La Comédie- 
françaisCy v* série. Notices par Ch. Gueullette, 1881, in-8*. 



38 GOimiBUTIOlC A L^AT CITIL 

r^iise da liea. Cest la célèbre actrice oonnoe sous k oom de 
Gaossin, qui jouait avec tant cTâiiie et tant de naturel des rtboù 
Ton n*a guère mis depuis elle que de Taffixtadon et de l'ait. 

GAurm (Léon), ..-1772. — Billet d'enterrement da n, de 
Léon Gautier^ épicier, peintre de l'Académie de Saint-Lac, 
décédé rue de la Madeleine; à la Madeleine de la ^lUe-rÉTêqoe. 

Geoffroy (Jean-Nicolas), ..-ijSi . — Enterrement da 3i mai, 
de Jean-Nioolas Geoffiroy', peintre des armoiries du roi, décédé 
rue Saint-Honoré; à Saint-Roch. 

Gerkadc (Antoine), ..-1748. — Billet d'enterrement da a3,de 
M. Antoine Germain', pensionnaire du roi et ancien de l'Acadé 
mie royale de musique, déctié rue Saint-André; à Saint-Andti^ 

Gbrmadi (François-Thomas). — Billet d'enterrement de Ma 
guérite Le Sieure Desbriéres^, femme de François-Thomas Gc 
main, sculpteur-orfèvre du roi, décédée petite rue Saint-Roch ; 
Saint-Eustache. 

GEUSLAiN(Étienne-Ch.), ..-1765. — Enterrement de M. Étieno 
Ch. Geuslain*, peintre de portraits, de l'Académie royale < 
peinture et de sculpture, décédé rue de Seine-Saint-Germain; 
Saint-Sulpice. 

GiRARDiN. — Billet d'enterrement du 3o mars, de demc 
selle Marie- Anne Claret*, épouse de M. Girardin, maître peint 
ancien directeur de l'Académie de Saint-Luc, décédée rue G 
sette; à Saint-Sulpice. 

Girardin (Nicolas), ..-1754. — Enterrement du 16, de Nie 
las Girardin^, peintre de PAcadémie de Saint-Luc, décédé au ^ 
lage d'Auteuîl; à Saint-Sulpice. 

GiROULT (Suzanne), ..-1772. — Billet d^enterrement du i», 

1. ilmi., 29 {uin 177s. 

2. Atm., 3 juin 1751. 

3. Les A/fiches de Paris^ 25 janv. 1748. 

4. Ami., 20 oct. 1766. — Germain est le fils de Thomas Germain, d< 
on trouvera la mention de décès dans Eug. Piot, op. cit., p. Sa. 
et Lazard, op, cit. 

5. Atm., 18 fîévr. 1765. — Cf. Laxard, op. cit. 

6. Lee Affichée de Paris, 4 avril 1746. 

7. Ann., 20 juin 1734. 



DES ARTISTES VUES A PARIS DE I746 A I778. 39 

Suzanne Gi^oult^ de l'Académie royale de peinture et de 
turc, femme de M. Alexandre Roslin^ chevalier de Tordre 

> de Vasa, peintre du roi, conseiller de la même Académie, 

dée rue des Petits-Champs; à Saint- Roch. 

ÎOBERT (Philippe-Alexis), ..-1769. — Enterrement du 22, de 
ilippe-Alexis Gobert', peintre du roi, décédé rue de la Vieille- 
/uderie; à Saint-Séverin. 

GoDEFROiD (veuve de Ferdinand), 1 701-1775. — Enterrement 

a 2, de Marie-Jacob Vanmerlen', restauratrice des tableaux du 

oi\ veuve de Ferdinand Godefroid, peintre, âgée de 74 ans, 

lécédée cloître de Saint-Germain ; à Saint-Germain-l'Auxerrois. 

Goumr (Charles), 1666-1757. — Enterrement de M. Charles 
Goupy^, anciennement Tun des 24 de la musique de la chambre 
du roi, âgé de 91 ans, décédé rue Saint-Hyacinthe; à la Made- 
leine. 

GuTiN, ..-1766. — Enterrement de N. Gratin', peintre de 
l'Académie de Saint-Luc, décédé rue de la Juiverie; à Saint- 
Pîerre-dcs-Arts. 

Grillbt (Jacques), ..-1767. — Enterrement du i5, de Jacques 
Grillet*, de l'Académie royale de musique, décédé rue des Fou- 
reurs; à Saint-Germain-PAuxerrois. 

1. Àtn,, 7 sept. 1772. — Voyez aussi Eug. Piot, op. cit.f p. iio; Roslin 
«aourutlc 5 juill. 1793. 

^ •^m., 3o mars 1769. — Voyez aussi les Scellés et inventaires d'artistes, 
publiés par Jules Guifirey, dans les Nouvelles Archives de VArt français, 
^* série, t. V, p. 440 ; voyez encore Eug. Piot et Lazard, op. cit. 

5- ^iw., 1 1 déc. 1775. — Mari&Jacobe Van Merle, veuve du s' Ferdinand- 
Joieph Godefroy, peintre, bourgeois de Paris, elle de l'Académie de Saint- 
Luc, demeurant à Paris, cloître et paroisse Saint- Germai n-rAuzerrois, dans 
^ maison du doyenné, est l'un des créanciers de René-Michel Slodtz, pour 
^^ restauration de ubleaux, d'après les Scellés et inventaires d'artistes, 
publiés par Jules Guiffrey, dans les Nouvelles Archives de PArt français, 
^* série, t. V, p. 354. — Voyez encore des mentions de cette artiste d'un 
8^fe secondaire dans VÉcole royale des élèves protégés^ par Louis Cou- 
^V^t p. II, et dans une notice intitulée : Notes et documents. Les Cor- 
'^ àt musée de Berlin et leurs restaurateurs, publiée dans le Bulletin de 
^^^ ancien et moderne, n** des 3 et 17 sept. 1904. 

4» 4»!., 3i janv. 1757. 

5' 4ïui., 5 juin 1766. 

^' ^m., 17 sept. 1767. 



3o ooHnnonoif a Vètat civil 

GKiitora. — (Vente de ubleaux originaux de QrioKMixSi 
portrait en grand, peint par lui*méme...) 

GniANT (D'**). — (Vente d'une belle garde-robe, par coa 
tien après le décès de M^^'Guéant'...) 

GuBNBT (Th.), ..-1775. — Enterrement du a8 avril, c 
Guenet', peintre de PAcadémie de Saint-Luc, décédé rue C 
Saint-Joseph. 

GuiGNARD (Jean-Pierre), ..-1753. — Enterrement du 
Jean-Pierre Guignard *, ancien mattre de musique de la c 
du roi, décédé rue de la Vannerie; à Saint-Médéric. 

GoiLLEMARD. — (Tableaux trouvés après le décès de M. 
mard*, peintre, restaurateur des tableaux du roi... Ole 
Saint-Germain-l'Auxerrois, vis-à-vis le grand portail.) 

GuiLLiET, ..-1772. — Enterrement du i5, de N. Gi 
peintre, ancien conseiller de l'Académie de Saint- Luc, déc 
Poissonnière; à Saint-Laurent. 

Haize (François), ..-1766. — (Vente après décès de M. 1 
sculpteur du roi.) 

Hamoche (Nicolas), ..-1764. — Enterrement du 5, de 
Hamoche", de l'Académie royale de musique, maître de 
décédé rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés; à Saint-! 

Hemery (Martin], ..-1757. — Enterrement du 34, 
Citron', femme du s' Hemmery, peintre, ancien direc 

1. Ann., 10 sept. 1767, p. 731. — Orimoox, né vers 1680 cr 
mourut à Paris en 1740; quant au portrait ci-dessus mentionné, 
au musée du Louvre, d'après le Dictionnaire général des artistes d 
française, de MM. Bellier de la Chavignerie et Auvray. 

2. Ann., a 5 janv. 1759. — Actrice du Théâtre-Français, enlevée i 
de TAge et décédée A Paris, le 3i octobre 1758, d'après les biograp 

3. il Nil., 8 mai 1776. 

4. Ann,, a6 juill. 1753. 

5. ilftN., 10 mars 1766, p. 194. 

6. Ann,, 23 nov. 177a. 



DBS ARTISIBB FOÉÊ A PARIS M I746 A 1778. 3l 

TAcadémie de Sain^Luc; déoédée rue da Boubdu^Monde; à 
Saint- Eustache. — Enterrement du s3 féyrier, de M. N. 
Hemerj*, peintre de rAcadémie de Saint-Luc, décédé rue du 
Bout-du-Monde; à Saint-Joseph. 

Hkrpin (Louis^aoques), ..-1748. — Billet d^enterrement du 
17 avril, de M. Louis-Jacques Herpin', sculpteur du roi, ancien 
professeur de l'Académie de Saint-Luc^ décédé rue Poissonnière; 
à Saiot-Laurent. 

HooGHSTOBL. — Enterrement du 21, de Jeanne*Th. Brusley', 
femme d'Emmannud-Bemard Hooghstoel, peintre de Mgr le 
duc d'Orléans, cloître de Saint-Germain; à Saint-Germain- 
l'Auxerrois. 

HouDiNBT (Pierre), ..-1766. -^ Enterrement du 11, de Pierre 
Houdinet^, peintre de l'Académie de Saint^Luc, décédé Pont- 
Notre-Dame-, à Saint-Gervais. 

HuBT (Christophe), ..•1759. — Enterrement du 8, de M. Chris- 
tophe Huet'y professeur de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue 
Meslay; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

HuiixioT (Pierre). ~ Billet d^enterrement du i*' novembre 
1749) i^ demoiselle Marguerite Le Bicheur, épouse de M. Huil- 
liot*, peintre du roi, et de son Académie royale, décédée quai de 
1« Mégisserie; à Saint- Germain -l'Auxerrois. — - (Vente'' de 
tableaux et description de ces tableaux, la plupart de feu Huilliot, 
peintre du roi, et de son Académie royale de peinture et de 
sculpture, quai de la Féraille, à la Croix du chevalier.) 

HtJLST (Henri), ..-1754. — Enterrement du 6, de M. Henri 

|. Amuy 3 mars 1757. — C'est Martin Hemery, Toyec la Sellés et inven- 
tairet d^artisteê, eic, dons les Nouvelles Archives de l'Art firançais^ 2* série, 
^ V| p. »a8, et aosti Vhwentaire de M. L. L4»ard, p. 9a. 

2' Ut Affiches de Paris, 5 mai 1748. 

^.iiwi., 33 sept. 1781. 

4- ^«1., 17 mars 1766. 

^< «^aii., 14 mai 1759. — Venta de meubles et d'efiets (aprèa le décèa de 
^•Hoet, peintre de rAcadémie de Saint-Luc), Atm.^ la julU. 1759. 

^'lis Affiches de Paris, 10 nov. 1749. — Pierre Huilliot ou Huillot 
mourut le 20 déc. lybi, à Tâgc de 77 ans environ, d'apria Eug. Piot, op. 
«>M p. 60. 

7'^nH,, 21 férr. i75a, p. 117. 



32 CONTRIBUTION A l'AfaT CIVIL 

Hul8t\ amateur honoraire de l'Acadéinie royale de peintare et 
de sculpture, décédé rue Saint-Honoré; à Saint-Roch. 

HuQuiBR (Gabriel), 1695-1772. — Enterrement du i3, de 
Gabriel Huquier', graveur, peintre de TAcadémie de Saint-LoCf 
âgé de 77 ans, décédé rue des Mathurins; à Saint-Benoît 

Hurbt. — (Vente, par continuation, d'estampes gravées pirfea 
M. Huret', dessinateur et graveur de la maison du roi.) 

Hutin (François), 1686-1758. — Enterrement du aS, de 
M. François Hutin ^ peintre du roi de Pologne, duc deU»^ 
raine et de Bar, âgé de 72 ans, décédé rue de Grenelle-Siiot* 
Honoré-, à Saint-Eustacbe. 

Igod (André), ..-1768. — Enterrement du i5, d^ André Igoa^ 
peintre de l'Académie de Saint-Luc, décédé grande rue du Fau- 
bourg-Saint-Martin ; à Saint-Laurent. 

JoLLY (Charles), ..-1761. — Enterrement du 9, de M. Cbarl^ 
JoUy*, peintre, ancien conseiller de l'Académie de Saint-Lu^ 
décédé Pont-au-Change; à Saint-Barthélémy. 

JossENY, ..-1748. — Billet d'enterrement du i*', de M. Jo^ 
seny^, ancien dessinateur, architeae des bâtiments du roi et pnF 
fesseur de TAcadémie d^architeaure, décédé place du Vieux* 
Louvre; à Saint-Germain-FAuzerrois. 

JouFFROY. — (Annonce de) vente d'un tableau de 9 pieds 1/2 
de large sur 12 à 14 de haut, peint parle s' Jouffroy", peintre sui 

I. Ann., II avril 1764; voyez aussi Eug. Piot, op, eit,, p. 61. — Hulst 
alias Van Hulst {l'École royale des élèves protégés, par Louis Courajod) 
associé libre de l'Académie, habitait rue Saint-Honoré, près le petit hdtc 
de Noailles. {Almanach royal,) 

a. Ann.f 18 juin 1772. ^ G. Huquier était graveur et marchand d'es 
tampes; décédé le 11 juin 1772, il était enterré le surlendemain et non pa: 
le 3o juin, comme l'indiquent MM. Eug. Piot et Herluison, op. cit. - 
Cf. Lazard, op, cit. 

3. Ann.f 26 juill. 175 1. 

4. Ann,f 3i août 1758. — Il est fait mention de la femme de ce peintn 
dans les Scellés et inventaires tPartistes, publiés par M. Jules Guifirey, dan; 
les Nouvelles Archives de l'Art français^ 2* série, t. VI, p. 2. 

3. Ann.f 24 mars 1768. 

6. Ann.f i3 juin 1761. 

7. Let Affiches de Paris ^ 4 mars 1748. 

8. ilim., 24 nov. 1766. 



IMBS AXTISTIS raoCs A PARIS DB I746 A I778. 33 

^ace du feu roi Stanislas et de LL. AA. SS. Électorales Pala- 
tnes, propre pour une église et représentant la Transfiguration de 
Kotre-Seigneur. 

loTJVENET (François), 1665-1749. — Billet d'enterrement du 9, 
de François Jouvenet\ peintre ordinaire du roi, décédé rue des 
Pedts-Augustins; à Saint-Sulpice. 

Julienne (de), ..-1766. — Enterrement du 21, de M. N. de 
Julienne', chevalier de Tordre du roi, honoraire amateur de 
PAcadémie royale de peinture^ entrepreneur de la manufacture 
des Gobelins, décédé en l'hôtel royal de ladite raanufaaure; 
à Stint-Hippolyte. 

JuLLURD. — Enterrement du 1 1 , de M"** Marie-Anne Hariot', 
femme de M. N. Julliard, peintre de l'Académie royale de pein- 
ture et de sculpture, décédée rue Saint-Honoré-, à Saint-Roch. 

Khemaker. — (Vente provenant de la succession de M. Khema- 
l^er\ professeur de l'Académie de Saint-Luc, rue Meslay, près la 
porte Saint-Martin, consistant en de très beaux vases, « dez » et 
autres ouvrages de sculpture en pierre, et de plusieurs modèles...) 

Lagderre (M"^, ..-1783. — Enterrement du 10, Marie-Jos. 
Ugaerre'y pensionnaire du roi, actrice regrettée des amateurs 
^l'Opéra, pour la belle qualité de sa voix et pour sa manière de 
chanter, pure et flatteuse, décédée rue Saint-Martin; à Saint- 
Nicolas-des-Champs. 

Li Joue (Jacques de), ..-1761. — Enterrement du i3, de 
M. Jaques de la Joue*, peintre ordinaire du roi et de l'Académie 
royale de peinture et de sculpture, décédé rue de Condé; à Saint- 

Sulpicc 

U Marrb (Michel de), ..-1776. — Enterrement du 18, de 

^' Ut Affiches de Parie, 10 avril 1749, ®^ Nouvelles Archives de l'Art 
f^^nçait. Scellés et inventaires d'artistes.,,, a* série, t. V, p. 1 15 ; Eug. Piot 
etHerlaison, op. cit. 

>• im., 27 mars 1766. — Cf. L4i2ard, op. cit. 

^'Àmu, i5 oct. 1761. 

4* U$ Affiches de Paris, 8 août 1748. 

^'^nn.f la fé?r. 1783. — Née en 1755 à Paris, d'après Lalanne, qui feit 
^e légère erreur quant à la date du décès. 

6. iliw., a3 avril 1761. — Voyez aussi Eug. Pîot, op, cit., p. 66. 
MÈn, xxxui 3 



34 ooNTRiBirnœf a L^irAT citil 

Michd de k Marre^ peintre de l'Académie de Saint-Loc^décédé 

Pont-Notre*Dame; à la Madeleine, en la dté. 

Lancrbt (François-Joseph), ..-lySs. — Enterrement de FniH 
çois-Joseph Lancret ^ grayear, décédé me de la Calandre; à Saint- 
Germain-le-VieiL 

Langlois-Dbschaicps (Pierre), ..-1754. — En ter re ment da st| 
de Pierre Langiois-Deschamps', l'un des acteurs de la Comédi^ 
Française, décédé rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés; à 
Saint-Sulpice. 

La Nou de la Couprœ (Gilles), •••i747- — Billet dVnterremfiot 
du 29 mai, de M. Gilles La Nou de la Couprie^, peintre de 
l'Académie de Saint- Luc, décédé rue Bordet; à Saint-Édeooe- 
du-Mont. — Billet d'enterrement du 33, de demoiselle Marie- 
Geneviève Tourny*, veuve de M. de la Couperie^ pôntre di 
l'Académie de Saint-Luc, décédée rue Bordet; à Saint-Étienoe 
du^'Mont 

LAKGiLLiàRE (Nicolas db), 1656-1746. — BiUet d'enterremen 
du ai, de M. de Largilliëre^ peintre ordinaire du roi, chancelier 
ancien directeur et reaeur de l'Académie royale de peinture < 
sculpture, décédé rue GeofiBroy-Langevin; à Saint-Merry. "' 
(Vente de tableaux, après décès, du cabinet de M. de LargilUère 
peintre ordinaire du roi, direaeur, recteur et chancelier de l'A^ 
demie royale de peinture et sculpture, consistant en 5o tablea^ 
originaux de sa main, tant en histoire, piété, paysages, fiabl* 
animaux et fruits, et 24 autres tableaux originaux de graf^ 
maîtres, etc., etc., rue Geoffiroy-l'Angevin, la première po 
cochère en entrant par la rue Sainte-Avoye.) — Billet d'enten 
ment du 3, de M"* Marguerite-Elisabeth Forest*, veuve 



1. iiim., a6 févr. 1776. 

2. ilnif., 8 juin 173a. 

3. Anjiu, 38 Dov. 1754; voyez aussi le Dictionnaire critique de Jal, p. 4) 

4. Les Affiches de Paris, i* juin 1747. 

5. Les Arches de Paris, 29 sept. 1749. 

6. Les Affiches de Paris, 24 mars 1746; voyez aussi les Scellés et inv\ 
taires d'artistes, publiés par Jules Guifib-ey, dans les Nouvelles Archives 
V Art français, 2* série, t. V» p. 86; voyez encore Eug. Plot, op. cit. 

7. Les Affiches de Paris, 16 juin 1749, p. 7. 

8. Ann., 9 déc. 1756; voyez aussi les Scellés et inventaires d'artist 



. 



DVS A11TISTB8 FlZite A PAUIS DB I746 A I778. 35 

M. Niodas de Lai^giUière, directeur de TAcadémie royale de 
pdamre et de «colptare, âgée de 83 ans, décédée rue Geoffroy- 
rÂQgevin; à Saint-Médérîc. 

Lamoessin (Nicolas), vers i683-i755. — - Enterrement du i*, 
de M. Nicolas Larmessin^^ graveur du Cabinet du roi, de TAca* 
démie royale de peinture et de sculpture, âgé de 72 ans^ décédé 
nie des Noyers; à Saint-Séverin. — Enterrement du 1 7, de Marie 
Seudre', veuve de Nicolas Larmessin, graveur du Cabinet du roi, 
âgée de 80 ans, décédée rue des Noyers; à Saint*Séverin. 

Lasnier (Claude), 1668-1751. — Enterrement de Claude Las- 
nier', peintre, ancien direaeur de l'Académie de Saint-Luc, âgé 
de 83 ans^ décédé rue de Montmorency; à Saint-Nicolas-des- 
Champs. 

UuRAiRB. — (Annonce de ce peintre :) on trouve chez le 
s' Lauraire^, peintre de TAcadémie de Saint- Luc, rue des 
Prétres-Saint-Germain-rAuxerrois, le vrai portrait de la future 
Dauphine, venu de Vienne, etc. 

Le Bkrcher. — Enterrement du 5, de Michelle Malobrier*, 
^euve du s' Le Bercher, sculpteur des Bâtiments du roi, décédée 
'^^tit-Marché du faubourg Saint-Germain; à Saint-Sulpice. 

IjBBLANC. — Vente après le décès de M. Leblanc*, graveur des 
'Médailles du roi..., rue Daupbine, du côté du Pont-Neuf. 

Le Brun. — Enterrement de Michel le Brun^, peintre du roi, 
^^cédé rue Saint-Honoré; à Saint- Eustache. — Enterrement du 
^î mai, de M"* Marie-Catherine Vanloo®, veuve de M. Michel 
^^ Brun, peintre du roi, décédée rue Saint-Honoré; à Saint- 

oubliés par Jules Guifirey, dans les Nouvelles Archives de l'Art français, 
^* série, t. V, p. 226, et Lazard, op. cit, 

I. Ann,^ 6 mars l^bb\ Yoyez aussi Eug. Piot, op, cit., p. 69. 

a. Atm,, 36 mai 1763; la forme Seudre donnée par les Annonces paratt 
Préférable à celle de Seudre indiquée dans les ouvrages souvent cités de 
Mm. Piot et Herluison, à moins que ce ne soit Sendre, d*aprés VInpentaire 
^e M. L. Lazard. 

3. Amn,, ai oct. 173 1. — Cf. Lazard, op. cit, 

4. Ann. des 9 avril et 17 mai 1770. 
3. Ann,, 8 juin 173a. 

6. Les Affiches de Paris, 19 janv. 1730, p. 6. 

7. ilfm., la juilL 1753. 

8. Awu, 6 juin 1763. 



36 CONTRIBUTION A l'AtAT CIVIL 

Eustache. — Enterrement du 12 mai, de Pierre le 
peintre de rAcadémie de Saint-Luc, décédé me de TArbn 
Saint-Germain-PAuxerrois. 

Le Chantre. — Billet d'enterrement du 2 3 , de demoiselle 
Louise le Fèvre', épouse de M. le Chantre, peintre de l'Ai 
de Saint- Luc, et auparavant veuve de M. le Roux, maîu 
délier, décédée rue Sainte- Avoye; à Saint-Merry. — Bill 
terrement du 20, de M. le Chantre*, maître peintre de TA 
de Saint-Luc, décédé rue Saint-Julien-de»-Ménestriers; i 
Josse. — Enterrement du 23, de M. Gilles Lechantre^, c 
ancien conseiller de l'Académie de Saint-Luc, décédé 
Temple; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

Leclerc (Sébastien) , vers 1 676- 1 763. — Enterrement du 
de M. Sébastien Leclerc ', peintre du roi, ancien profes 
r Académie royale de peinture et de sculpture, etc., déc 
Gobelins; à Saint-Hippolyte. — (Vente d'effets du cabim 
M. Le Clerc*, peintre du roi...) 

Le Clercq. — Enterrement du 18, de M"* Isabelle S 
femme de M. Charles-Emmanuel-Joseph Le Qercq, l'un < 
peintres du roi et de la famille royale, décédée rue des 
Augustins... 

Le Cont (Nicolas), ..-1748. — Billet d'enterrement du 
tembre, de M. Nicolas Le Cont*, peintre du roi, ancien 
1er de l'Académie de Saint-Luc, décédé place du Palais- F 
Saint-Germain-l'Auxerrois. 

Lécot (Pierre), ..-1765. — Enterrement du 10, de 
Lécot*, ancien directeur de l'Académie de Saint- Luc, déc 
de la Mortellerie; à Saint-Gervais. 

Le Faucheur. — Billet d'enterrement du 2 novem 

I. Ann., 3o mai 1771. 

a. Les Affiches de Paris, 37 mars 1747. 

3. Les Affiches de Paris, 22 oct. 1750. 

4. Ann,, 29 sept. 1767. 

5. Ann.f 4 juill. 1763. — Voyez aussi Eug. Piot, op. ciY., p. 71 
luison, op. cit,f p. 226. 

6. Ann., 17 déc. 1764. 

7. Affiches, 21 janv. 1790. 

8. Les Affiches de Paris, 19 sept. 1748. 

9. Ann., 18 févr. 1765. 



DBS ARTIS1BS FIXÉS A PARIS DB I746 A I778. 87 

moiselle Marie Poulcet^ épouse de M. le Faucheur, sculpteur 
(ancien directeur de TAcadéinie de Saint- Luc, décédée £Eiubourg 
Àim-Denis; à Saint-Laurent. 

Lb Fèyre. — Enterrement du 26, de Marguerite Guillot', 
femme de N. le Fèvre, peintre du roi de Pologne, décédée quai 
Pdktier; à Saint-Gervais. 

Li Gros (Michel). — Billet d'enterrement du 3, de demoi- 
selle Claude-Catherine Cocu de la Neuville', veuve de M. Michel 
le Gros, maître peintre de l'Académie de Saint-Luc, décédée rue 
doHarlay; à Saint-Barthélémy. 

Le Mbttay. — (Vente de meubles et d'effets après le décès de 
M. le Mettay*, peintre, savoir ... tableaux, esquisses et dessins de 
œ peinu^, entre autres trois grands tableaux représentant Gala- 
tbée, Érigone et la naissance de Bacchus..., rue de l'Échelle- 
Saint-Honoré.) 

LiBMOiNB (Jean-Louis), i665-i755. — Enterrement du 5, de 
M. Jean-Louis Lemoine', sculpteur ordinaire du roi, de FAcadé- 
mie royale de peinture et de sculpture, âgé de 90 ans, décédé au 
Vieux-Louvre; à Saint-Germain-l'Auxerrois. 

Lemonssu (François), ..-1753. — Enterrement du 5, de Fran- 
9>îs Lemonssu*, peintre de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue 
de la Cossonerie; à Saint-Eustache. 

Lkmperbur (L.). — Enterrement du 2 décembre, de Geneviève- 
Fraoçoise-Sophie Lempereur^, fille de L. Lempereur, graveur 
de l'Académie royale de peinture et sculpture, décédée porte 
SainuJacques; à Saint-Benott. 

Le Noir db la Thorillière, vers 1 699-1 759. — Enterrement du 
M» d'Anne-Maurice le Noir de la Thorillière', comédien ordinaire 
du roj^ âgé de 60 ans passés, décédé rue de Seine-Saint-Germain; à 
^int-SuIpice. — Cet acteur, malgré une difficulté de parler assez 

'* ^-^ Affiches de Paris, 10 nov. 1749. 

l'^t*!., 3i oct. 1763. 

* ^** Affiches de Paris ^ 9 mari 1750. 
^'^»tj|.,a6 avril 1759. 
g'^»*»., 8 mai 1755. 

' ^ »•«., 10 aept 1753. 
Z*^»!»., II déc. 1775. 

* ^l»., 39 oct. 1759. — Voyez aussi le Dictionnaire critique^ par Jal. 



38 coimiBimoii a l^Atat citil 

grande, était parrenu, à force de tniTail, à être goûté du poUic, 
dans les rôles à manteau, et dans ceoz de pères et de finincka 
Il avait été reçu, en 1722, sans avoir débuté; le premier tôlequ'l 
joua alors fut celui de Xipharès dans la trag^ie de MUhridatt 

Lépicié (Bernard), ..-1755. — Enterrement du 6, de Mirie- 
Élisabeth Lépicié\ fille de M. N. Lépidé, secrétaire perpémdde 
l'Académie royale de peinture et de sculpture, décédée au Vieax- 
Louvre; à Saint-Germain-l'Auxerrois. — Enterrement du i8,de 
M. Bernard Lépicié', graveur ordinaire du roi, secrétaire perpé- 
tuel et historiographe de l'Académie royale de peinture et de 
sculpture, décédé au Louvre; à Saint-Gônnain-rAuxerrois. 

Le Poivre (Jean). — Enterrement du 9 mai, de demoiselle Aooe 
Corroyer', veuve de M. Jean le Poivre, peintre ordinaire du roi) 
décédée rue des Petits-Carreaux, Agée de 80 ans; à Saint-Eustadie. 

Le Prince (François), ..-1746. — Billet d'enterrement de M. i^ 
Prince^, marbrier du roi, ancien direaeur de l'Académie de Saint- 
Luc des arts de sculpture et peinmre, décédé rue Poissonnière*, ^ 
Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. 

Le Roux (Fr.), .•-1766. — Enterrement du 20, de Fr. ^ 
Roux', peintre de l'Académie de Saint- Luc, décédé rue Bouf^ 
bourg-, à Saint-Paul. 

Leuse ou Leuzb (de). Voyez Deleuse. 

Le Verd. — Vente d^effets du feu s' le Verd*, sculpteur, . 
groupes de marbre, dont une LédUj des jeux d'enfants et u 
satyre avec une bacchante. 

LiÉBAULT, ..-1752. — Enterrement du 16, du s^ ... Liébault' 
maître peintre, professeur de l'Académie de peinture et de sculp 
ture de Saint-Luc, décédé rue Saint-Martin; à Saint- Laurent. 

Liégeois (Simon-Michel), i687-i775. — Enterrement du ic 
de Simon-Michel Liégeois®, peintre de TAcadémie de Saint-Lu< 

I. Ann., 13 août 1734. 

a. Ann., 23 janv. 1753. — Voyez aussi Eug. Piot et Herluison, op. cit. 

3. Les Affiches de Paris, !•' juin 1750. 

4. Les Affiches de Paris, a8 aTril 1746. — Cf. Lazard, op. cit. 
3. Antt; 27 nov. 1766. 

6. AntL, i3 févr. 1776. 

7. Ann,, 20 avril 1752. 
à. Ann., 28 déc. 1773. 



DBS ARTisns rais a paru db 1746 a 1778. 39 

âgé de 88 ans, décédé quai de Gévres; à Saint-Jaoques-de4a-Bou- 
ctene. 

liornER, ..-iTâi. *- Eaterrement do 14, de N. Liottier\ 
anden directeur de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue de 
SèYe;àSaint-Sulpice. 

kmatBT DB M0MTI6NT. — Portrait de feu M"* la daupbine, 
gravé en médaillon, par le s' Litteret de Montigny*. C'est une 
allégorie, etc., chez Tauteur, rue de la Vieille-Bouderie. 

LnrsBLOz. — Enterrement du 3, d^Anne-Françoise Brochot', 
▼ett?e de Charles-Bernard Liverloz, graveur du roi, décédée rue 
Sunt-Viaor; à Saint-Étienne-du-Mont. 

Loir. — Enterrement du 11, de M"** Marguerite-Thérèse 
Bailly^, femme de M. Alexis Loir^ peintre du roi en son Acadé- 
mie lojale de peinture et sculpture, décédée me Saint-Germain; 
^ Saint-Germain-rAuxerrois. 

LoRGB (Dblorgb ou DtHj. — (M. Delorge', peintre de la reine, 
vient d'ouvrir son atelier chez les Célestins. On y verra entre 
autres, pendant la durée du Salon..., un tableau allégorique sur 
la mort de S. A. S. Mgr le prince de Conti.) 

Loriot. — (Communication faite à l'Académie royale de pein- 
niie et de sculpture par un s' Loriot* qui a trouvé) le secret de 
fixer la peinture au pastel, sans tomber dans le mat et sans ôter 
ni la fleur, ni la frakheur des couleurs. — (Autre communica- 
tion du s' Loriot^ à l'Académie royale de peinture de nouvelles 
épreuves de son secret pour fixer le pastel) ; il a fixé entre autres 
un pastel de la demoiselle Rosalba Cariera, etc. Le s' Loriot 
^meure au château des Tuileries, dans Tavant-cour des princes. 

^ûviER (Guillaume], ..-1764. — Vente de meubles et effets du 
*^ sieur Louvier®, peintre, etc. 

'• ^nn., a3 joill. 1761. 

?• -^«11., 17 sept. 1767. 

^- -^Jkhes, 8 juiU. 1754. 

^ -^«1., 17 déc. 177a. 
. • -**ii«., !•» sept. 1777. — Pour ce peintre, voyei VAttgemeinet Kûnstler- 
^*^coii de Ntglcr. 

^- -4iin., aa oct. 1753, p. 661, 

7- Uid., a4 déc 1753, p. 797. 

^* -4^., 1 9 nov. 1 764. — Guillaume Louvier, peintre de TAcadéiiiie de Saint* 



40 ooMimiBunoN a l^at cxwïl 

Lucas, scalpteor. Voyez Neufmaikmi (de). 

Locas-Dessouèkx (Cliode), ..-1763. — EQtenemeatda3,de 
M. Cliude Lucas-Denorière*, gnveur de TAcvléinie 1071k dei 
sciences, décédé place de TEstrapade; à Saim-BencrfL 

LucE. — Enterrement du 2, de Marie-Catherine AIexlndIe^ 
femme de M. N. Luce, graveur da roi, décédée rue du Doycooé' 
Saint-Louis-du-Louvre; à Saint-Germain-rAuxerrois. 

Madeunb (Pierre), ..-1767. — Enterrement du 12, de Piene i 
Madeline', peintre de TAcadémie de Saint-Luc, décédé me des 
Graviliiers; à Saint-Nioolas-des-Champs. — Enterrement da 3, 
de Geneviève le Pelletier^, veuve de P. Madeline, peintre, décé- 
dée rue Chariot; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

Magnt (Louis-Eugène). — Enterrement du 24, de Margueritt* 
Thérèse Bellicard', femme de M. N. Magny, peintre de TAcadé- 
mie de Saint-Luc, décédée rue du Sentier; à Saint- Eustade. 

Maillt (de}, peintre en miniamre. Voyez MoLiftu (por* 
trait de). 

Malter (François-Antoine). — Enterrement du 12, de Jea&f^ 
Paget*, femme de François-Antoine Malter, académicien dot^^ 
pour la danse, décédée rue Pastourelle; à Saint-Nicolas^^ 
Champs. — Enterrement du 28 août, de M. Fr.-Ant MaltB^^; 
académicien du roi, âgé de 90 ans, décédé rue Pastourelle; ^ 
Saint-Nicolas-des-Champs. — Enterrement du 11, de Jean0 
Gouvion^ femme de N. Malter, doyen et président de PAcad^ 
mie royale de danse, et pensionnaire du roi, décédée me Montoi 
gueil; à Saint-Sauveur. 

Luc, mourut à Paris le ai sept. 1764. M. Jules Guîffrey penae qu'il A 
peintre sur étoffes {Scellés et inventaires d*artistes^ publiés... dans les Na 
velles Archives de PArt français, a* série, t. V, p. 338). 

I. iiiiii., 7 juill. 1763. 

a. iiiiii., 9 mai 1737. 

3. iifui., 17 sept. 1767. 

4. Ann., 10 août 1778. 

5. Ann.f 28 janv. 1762. — Cest Louis-Eugène Magny, décédé le 3o mai 
1768, d'après les Scellés et inventaires d'artistes^ publiés par J. Gui£Fre; 
dans les Nouvelles Archives de PArt français, 

6. Ann,, 18 janT. 1739. 

7. Ann,, 3 sept. 1761. 

8. Ann., 16 sept. 1771. 



DBS ARTISnS mis A PARIS ]>B I746 A I778. 4I 

Manglard. — Vente de dessins des plus grands maîtres^ 
aibleaux et estampes du cabinet de feu M. Manglard*, peintre de 
PAcadémie de Rome. 

Marcenay (de). Voyez Demarcenat. 

Marchandon (Firmin)y ..-1754. — Enterrement du 28 sep- 
tembre, de Firmin Marchandons, sculpteur de l'Académie de 
Saint- Luc, décédé rue Neuve-Saint-Laurent; à Saint-Nicolas-des- 
Champs. — Enterrement du 26, de Marie-Jeanne le Seur', veuve 
de Firmin Marchandon, sculpteur, rue Neuve-Saint- Laurent; à 
Saint-Nicolas-des-Champs. 

Marianvalle (J.-Bruno), ..-1773. — Enterrement du 12, de 
J.-Brano Marianvalle'*, peintre de TAcadémie de Saint-Luc, 
décédé Petite-Cour du* Luxembourg, rue d'Enfer; à Saint- 
Sé?erin. 

Mariette (Pierre- Jean), ..-1774. — Enterrement du 12, de 
M. P.-Jean Mariette', secrétaire du roi, contrôleur général de la 
grande chancellerie, amateur honoraire de TAcadémie royale de 
peinture et de sculpture et de l'Académie de Florence, décédé rue 
Saint-Jacques; à Saint-Nicolas-du-Chardonnet. 

Marion, ..-1749. — Billet d*enterrement du 1 i,de M. Marion*, 
ancien directeur de PAcadémie de Saint-Luc, décédé rue Neuve- 
Saim-Eustache; à Saint-Eustache. 

Marole (Antoine- Alexandre). — Enterrement du i5, de 
M* Françoise de Lucé^, veuve de M. Antoine- Alexandre Marole, 
dessinateur du roi, et femme de M. Louis- Baithazar Garus, chi- 
nirgien-major des armées du roi, décédée rue de la Harpe; à 

Saint-Séverin. 

Marteau { François-Joseph), ..-1757. — Enterrement de 
7* François-Joseph Maneau^^ graveur du roi, décédé aux gale- 
^^d\x Louvre; à Saint-Germain-PAuxerrois. 

'- -^nn,, 7 juin 176a, p. 35a. 
^' ^^mn,, 3 oct. 1754. 
^- -^11»., 28 déc. 1778. 
^ ^im,, 16 sept. 1773. 

• -<4im., xg sept. 1774. — Voyex aussi Eug. Piot et Lazard, op. cit. 

• ^^€9 Affiches de Paris, ai juill. 1749. 
7- ^im., 3i juiU. 1758. 

*• •4wi., 14 mars 1757. 



4» GOimtiBirnoN a l'état cnriL 

Martin. — Billet d'enterrement du 1 3, de M. Martin ^ milXit 
peintre et doreur de i' Académie de Saint-Luc, décédé me dm 
Cannettes; à Saint-Sulpice. — Enterrement du 12, de M. lie- 
tin', Taîné, premier vernisseur du roi, décédé fiiubouig Stin^ 
Denis; à Saint-Laurent. — (Annonce de la dame Martin^ non 
du premier vernisseur du roi, associée avec le s* Martin, m 
beau-frère. Elle offre des tabatières d'un nouveau goût, le dit 
chargée des équipages du roi, de ceux de plusieurs court éaaa- 
gères, et des carrosses d^entrée de Tambassadeur de Hollande <fi 
ont été, dit-elle, admirés de tous les connaisseurs.) — Eoten^ 
ment du 3o septembre, de Martin le jeune^, premier vemisieiir 
du roi, décédé rue du Faubourg-Saint- Denis; à Saint- Lia- 
rent. — Enterrement du 4, de Robert Martin', peintre-vernis- 
seur du roi, décédé faubourg Saint-Denis; à Saint-Laurent - 
La veuve du s' Robert Martin*, vernisseur, faubourg Siiot- 
Denis, aux armes d^Angleterre, continue le même commerce de 
bijoux et d'équipages. — Enterrement d'Étienne-Simon Martia^ 
peintre et vernisseur du roi, décédé grande rue du Fauboorg- 
Saint-Martin ; à Saint- Laurent. — Enterrement du 23, d'Étieao^ 
François Martin', peintre- vernisseur du roi, décédé rue du Fau- 
bourg-Saint-Martin; à Saint- Laurent. — Le s' Martin*, pdntie 
et dessinateur, qui a feit avec succès pendant nombre d'années 
tous les dessins des habillements pour POpéra, et qui est redit 
depuis six ans, a fait graver une suite d'estampes en figures avec 
des habits de caractère. Elles se vendent chez lui, rue de la Sour- 
dière, etc. — Vente d'une belle Vénus pudique en marbre... en 
Tatelier du s' Martin*^, sculpteur, ancien recteur de 1* Académie de 
Saint-Luc, rue Meslé. — Vente de meubles et d'effets du feu 
s' Martin ^^ peintre de l'Académie de Saint- Luc. — Enterrement 

I. Lu Affichée de Parité 17 oct. 1746. 
a. La Affichée de PariSt 18 août 1749. 

3. Ann,^ 39 nov. 175 1, p. 431. — Une chaise de poste peinte et vernie 
par Martin est annoncée dans la vente après décès de M. de Toumehem; 
voyes ci-dessous ce nom. 

4. il un., 5 oct. i7$2. 

5. Ann., 11 avril 1765. 

6. Supplément des Ann,, 6 mai 1763. 

7. Ann., 14 juin 1770. 

8. Ann,, 28 oct. 1771. 

9. ilnif., 3o mai 1763, p. 367. 

10. Ann., 29 sept. 1766. 
XX. iiitit., 10 mai 1770. 



DES ARTISnS FODIb A PARIS DB I746 A I778. ^i 

iMi 7, de Jaoqoes-FniDçots Martin^, sculpteur, anden recteur de 
rAaidémie de Saint-Luc, décédé rue de Beny; à Saint-Nicolas- 
imps. — Enterrement du 4, de Paule-ÉUzabeth Cour- 
se veuve de Jacques-François Martin, sculpteur du roi et 
directeur perpétuel de l'Académie de 3aint*Luc, décédée 
de Berry; à Saint-Nicolas-des-Cbamps. — Vente de deux 
tableaux originaux de feu M. Martin', peintre des batailles du 
rd aux Gobelins, représentant l'un le sacre de S. M. et l'autre son 
couronnement. — Enterrement du 3 1, de Jacques-Charles Mar- 
tin^ ancien sculpteur-marbrier et ancien direaeur de l'Académie 
de Saint-Luc, décédé rue du Pont-aux-Choux*, à Saint-Paul. 

MAETOf COURT. — Le s' Martincourt', officier de l'Académie de 
Saint-Luc et maître fondeur-ciseleur, vient de finir le lutrin de 
la cathédrale de Beauvais^ en marbre et bronze, de sa composition ; 
on le verra... rue Bergère, à l'hôtel des Menus- Plaisirs du roi, 
dans la salle des foyers. 

Misai (Samuel), 1673- 1753. — Enterrement du i*% de Samuel 
Massé*, peintre ordinaire du roi et de PAcadémie royale de pein- 
tore et de sculpture, âgé de 80 ans, décédé rue Froidmanteau; à 
Saint-Germain-l'Auxerrois. — Vente de tableaux originaux de 
feo M. Massé^, peintre ordinaire du roi et de l'Académie royale 
de peinture et de sculpture, élève de M. Coypel...^ rue Saint- 
Thomas-du-Louvre, près le Palais-Royal. 

M. Jean-Baptiste Massé', peintre du roi, conseiller de l'Aca- 
démie royale de peinture et sculpture, garde des plans et tableaux 
de S. M., est décédé à Paris, le 26 septembre, âgé de 80 ans ou 
environ. Il excellait dans la miniature et il s'est immortalisé en 
disant graver sur ses dessins les magnifiques peintures de la galè- 
ne de Versailles et des deux salons qui l'accompagnent. 

l'im., 10 déc 1770. 

sim.. Il mars 1773. 

3. iw., a8 oct. 1773, p. 893. 

4« ^«t, 6 juin 1776. 

^•^»i., 20 juill. 1769. 

^' ^mi., 5 juin. 1753. — Voyes aussi Eug. Piot, op. ci/., p. 83. 

7* im., 16 juin. 1733. 

8. Atm., 5 oct. 1767. — Vojes ausai : Un artiste oublié : J.^B. Maa$i, 

par E. Campardoo; Eug. Plot, op. cit., p. 83; te Scellés et inventaires 

d'artittes, publiés par Jules Guiffirej, dans les Nowtiles Archives de F Art 

/rançait, a» série, t. V, p. 407, et Lasard, op, ciï. — Massé était protestant» 



44 GOHTRIBUnON A l'^AT CIVIL 

Mathieu (Jean-Adam). — Vente d'effets (après le décès dn 
sieur Mathieu \ peintre en émail) comme plusieun tableui, 1 
miniatures, portraits en émail, dessins, estampes, etc. 

Matras (Pierre). — Billet d^enterrement du 20, de demoifdle 
Marie-Marguerite Levesque', épouse de M. Pierre Matrss, maître 
peintre et sculpteur, décédée rue Saint-Martin; à Saint-Merry. 

Maurisan (L.), ..-1773. — Enterrement du 26 avril, dcMar»- 
Louise de Villiers', femme de M. N. Maurisan, sculpteur da 
roi, décédée faubourg Saint-Denis; à Saint-Laurent. — Enterra 
ment du 1 1 novembre, de L. Maurisan'*, sculpteur du roi, décédé 
grande rue du Faubourg-Saint- Denis; à Saint- Laurent. 

Ménageot. — Vente de bons tableaux de différents maîtres, 
chez le s' Ménageot', peintre de l'Académie de Saint-Lac, ne 
Saint-Manin, près de Saint-Julien, etc. 

Meissonnier (Juste-Aurèle), lôgS-iySo. — Billet d'enterre- 
ment du I*' août, de M. Juste-Aurèle Messonnier*, architecte et 
premier dessinateur du roi, décédé rue des Vieux-Augustins, âgé 
de 55 ans; à Saint-Eustache. 

Meusnier. — Billet d'enterrement du 4, de M. Meusaier^ 
maître éventailliste, brigadier du guet à cheval, pensionnaire du 
roi, décédé rue des Gravilliers; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

MiGNOT (Pierre- Philippe), ..-1770. — Enterrement du 25, ^ 
M. Pierre-Philippe Mignot®, sculpteur du roi en son Acad&n 

1. Ann.f a juill. lySS. — Voyez aussi les Scellés et inventaires d'artist 
publiés par M. Jules Guiffrey, dans les Nouvelles Archives de VArt fn 
çais, !• série, t. V, p. 167. 

2. Les Affiches de Paris, 25 sept. 1749. 

3. Ann., 4 mai 1761. 

4. Ann.f 18 nov. 1773. 

5. Ann., 26 juill. 1759. 

6. Les Affiches de Paris, 6 août 1750. — Voyez aussi les Nouvel 
Archives de l'Art français,,. Scellés et inventaire d'artistes^ publiés | 
J. Guififrey, a» série, t. V, p. 126. 

7. Les Affiches de Paris, 8 mai 1747. — N'est-ce pas Gilles Meusni 
brigadier du guet à cheval, neveu de Philippe Meusnier, peintre ordina 
du roi, dont le décès, arrivé en 1734, est mentionné dans Y État civil 
^«Wf tt«' artistes français, publié par Eug. Piot, p. 86 ; mais jusqu'à q 
«NO^nt Gilles Meusnier peut-il être considéré comme artiste? 

9,, Ànn,^ 3i déc. 1770. — Voyez les Scellés et inventaires d'artist 
^H\^ r*r Jul®* Guifirey, dans les Nouvelles Archives de VArt frança 



DES ARTISTB8 FIXÉS A PARIS DB I746 A 1778. 4S 

wopk de peinture et sculpture, décédé rue du Petit- Bourbon; à 
Siint-Germain-rAuxerrois. — Vente de meubles et d'efEets de 
feaM. Mignot^ sculpteur du roi... Belle figure en marbre repré- 
MOtant une dormeuse. 

MonuN, ..-1746. — Billet d'enterrement du 19, de M. Moirin'^ 
iBdtre peintre de PAcadémie de Saint- Luc, décédé rue du Four; 
à Saint-Sulpice. 

MouÈRB (portrait de). — Portrait de Molière, peint par Sébas- 
tien Bourdon et gravé par M. B^uvarlet ; chez le sieur de Mailly', 
peintre en miniature, quai de TÉcole, près du Louvre. Le tableau 
a appartenu à feu M. Tabbé Alary et est destiné à orner le foyer 
delà Comédie-Française, dans le nouvel hôtel qui va être 
incessamment construit. 

Molles. — Saint Grégoire retiré dans une caverne, gravé par 
M. Molles^, pensionnaire du roi d'Espagne, diaprés un des sept 
tableaux ou canons de feu M. Charles Vanloo, premier peintre 
du roi, destinés à être exécutés à la chapelle Saint-Grégoire, aux 

Invalides. 

MoNET (Jacques), ..-1753. — Enterrement du 20, de Jacques 
Monet', peintre de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue Jean- 
Robcn; à Saint-Nicolas-des-Champs. — Enterrement de Marie- 
Marguerite Camperet*, veuve de Jacques Monet, peintre de 
l'Académie de Saint- Luc, décédée rue du Faubourg-Saint-Martin ; 
àSaint-Laurent. 

MoNGEMOT (Henri-Jos.), ..-1764. — Enterrement du 14, 
d^Henri-Jos. Mongenot^, peintre à la manufacture royale de 
Sèvres, décédé rue des Bons-Enfants; à Saint-Eustache. 

MoNMERQué (Mathieu), ..-1749. — Vente de meubles par con- 

l'^wi., 24 jtnT. 1771. 

^'UiAffichei de Paris, 21 nov. 1746. 

^•ÀniL, i** juillet 1773, p. 583. — L'abbé Alary, possesseur du tableau, 
^^ prieur commendataire de N.-D. de Gournay-sur-Marne et de l'Acadé- 
nue française. Voyez la mention de son décès dans les Ann., ao déc. 1770. 

4.^1111., I*' janv. 1770. 

^•inii., 24 mai 1733. — Jacques Monet aurait été inhumé le 19, d'après 
l'^ition in-4* des Annonces, n* du 3o mai 1753 ; cette édition, bien qu'ayant 
^ même titre que l'édition in-8% diffère absolument, quant au texte, de 
l'exemplaire in-8». — Cf. Lazard, op. cit. 

& Arm., 26 juin. 1759. 

7. 4wi., a3 janv. 1764. 



46 GOimtlBIlTION A h'ÉWAT CIVIL 

tinuation, après le décès de M. Moamerqué^ tapi 
ouvrages de la Couronne en la manufEiaure royale à 
lins..., rue de la Chanverrerie. 

MoRAU, ..-1749. — Billet d'enterrement du 10, de d 
Catherine le Chantre', épouse de M. Morau, ancien i 
l'Académie de Saint-Luc, décédée rue Daupbine; à Saii 
des- Arcs. 

MoYRSAU (Jean), 1691-1762. — Enterrement du a{ 
de Jean Moyreau', graveur du roi, âgé de 71 ans, deçà 
Mathurins; à Saint-Étienne-du-Mont. 

MuYNCH (de). — (Médailles accordées aux élèves de V 
de Saint- Luc, la i'* au sieur de Muynch^, peintre, la 2 
Babron, le jeune, aussi peintre, la 3* au sieur Fernande, s 

Natoirb. — (Vente d'un grand nombre de tableaui 
rents grands maîtres, de dessins de plusieurs éoolea 
estampes, modèles en plâtre, du cabinet de M. Natoire' 
direaeur de TAcadémie de peinture de France à Rome. 

Nattikr (Jean-Marc), ..-1766. — Enterrement du 8,d< 
Marc Nattier*, peintre du roi, et professeur de son Aa 
peinture et de sculpture, et de l'Académie royale de D 
âgé de 84 ans, décédé rue du Sentier; à Saint-Eustache 

Neufmaison (Pierre de), ..-1752. — Enterrement du 
de M. de Neufmaison^, chevalier de Tordre de Saint 
Latran, direaeur des ouvrages de la Chine en peinture 
pour le roi, décédé en la manufacture royale des Gc 
Saint-Hippolyte. — (Description d'une œuvre à vendn 
de Neufmaison^; il s^agit :) d'un devant d^autel de 8 pieds 

1. Les Affiches de Paris f 23 févr. 1750, p. 6. — Mathieu h 
mourut le 2 juillet 1749; voyez les Nouvelles Archives de VAr 
Scellés et inventaires d'artistes, 2* série, t. V, p. ti6. 

2. Les Affichés de Paris, i3 mars 1749. 

3. il lift., 8 noT. 1762. 
A. Ann,. 28 oct. 1765. 



DES ARTISTSS TOis A PAMI8 HE I746 A I778. 47 

flldemi de longneur, sur 3 pieds % pouces de largeur, très beau 
«nceau du feu sieur Deneuf-Maisons, directeur des ouvrages de 
k Chine de la manu&cture royale des Gobelins. Il y a des orne- ' 
nems en or et des guirlandes de fleurs, peintes par feu M. Fon- 
leaay; au milieu est représenté l'Agneau sur le livre des Sept« 
Sceaux, exécuté par M. Lucas, sur un fond cramoisi. On s'adressera 
à concierge des Gobelins. 

NoiNviLLE (Jacques db), ..-1770. — Enterrement du i*', de 
Jacques de Noinville% pensionnaire du roij ancien directeur de 
la manufacture royale de Chaillot, décédé rue des Bourdonnais; 
à Saint-Germain-l'Auxerrois. 

Odiot. — (Annonce d'un sieur Odiot', peintre et vemisseur du 
roi, qui dit avoir trouvé :) le secret d'émailler sur la dorure toutes 
sortes de couleurs imitant les pierres précieuses, ce qui sert pour 
les baguettes, consoles, bois de fauteuil et autres, qu'on assortit 
par œ moyen aux étoffes, etc. 

OuvET (Hilaire d'). — Billet d'enterrement du 27 novembre, 
de demoiselle Catherine Rabut', veuve de M. Hilaire d'Olivet, 
peintre et pensionnaire du roi^ décédée rue Sainte-Anne, âgée de 
67aQs;àSaint-Roch. 

Origny (Nicolas d^), . .-1746. — Vente de tableaux pour la plu- 
pan originaux des meilleurs maîtres d'Italie, et planches de cuivre 
9ytc lears dessins, le tout provenant de la succession de M. le 
chevalier d^Origny*, graveur ordinaire du roi et de son Académie 
de sculpture; elle se fera rue neuve Sainte-Catherine, près la 
place Royale. 

OuDiM. — Enterrement de Maric-Fr. Alloue!', femme de 

i*^«ii., 6 août X770, — Son nom serait Jacques, d'après M. Guiffrey, 
qui I publié la mention d'apposition de scellés après décès de la femme de 
«^artiite; voyez les Nouvelles Archives de F Art français^ %• série, t. IV, 
P* 371, et Lazard, op. cit. 

^ AiuL, 3o juin 1774. 

3. Les Afiebes de Patis^ 1 1 aie. 1749. 

4* lis Affiches de Paris, ao févr. 1747. -;- Nicolas d'Origny, graveur 
ordinaire du roi, est décédé rue de la Harpe/d'après le scellé apposé à la 
«qoétc de sa veuve, le 10 déc. 1746; voyez Scellés et inventaires d'ar- 
lûUs, puWés par Jules Guiffirey, dans les Nouvelles Archives de VArt 
français, a* série, t. VI, p. agi. 

5. iliM., a8 avrîl 1781. 



4S GOKTBIMrTlOII A VtTàX CITIL 

Nic-L. Oudin, peintre de F Acwléinie de Sûnt-Lac, a^ 
Bcraot; à Sûm-Mcny. 

OcBKT Jeui-Bepdsad, m i68i-i755, — (Oo troui 
les Atmomca, A/bOies^ etc., do 4 noTembre ijSi, li n 
soiTante : à Pooosioo de k naiwanrr do duc de Boa 
M. Oadrr, peintre ordinaire do loi, profiesseor de FAcad 
peinture et entrepceneor de h mmnubctnre royale des ta] 
de Beanvais, a Ût chanter dans cette Tille, le 24 du m 
nier* une mené soknnelie, eic II a donné, le même \ 
très grand souper à tous les ouTriers de la manuGacture. - 
dnterrcment du i« mai, de M. Jcan-Bapc Oudry\ pei 
rot. p rofe s seur de l'Académie rojale de peinture et de se 
igé de 74 ans enriron, décédé â Beautais; en Té^Use do 
Vente d'edèts curieux ^après k décès de M. Oudry', pein 
tiaire du rot, pour les aninuux], eic 

Padsloct Antoîne-Micher, 1 686-1 758. —Enterreme 
d'Antoioe-Micfael Paddoup*, relietir ordinaire du roi, 
7a ans, décédé me de Clunj; à Saint-Benoît. 

P.àais. — Enterrement de Marie Mahonv^, fiemme d 
Paris de Morgemont, ordinaire de T Ac^iémie royale de 
dêcêdôe rue Oxntesse-dWrtois: à Saint-Eustache. — Ente 
du 7, de J.-CI. Paris', pensionnaire de TAcadémie n 
musique^ décédé rue Soly; à Saint-Joseph. 

ParU Église Saint-Roch, à . Voyez PtEaaa (J..B.-M1 
Paris ;Hôtel des luTalides, à . Voyez Moixès. 
Parkocel Charles. ..-14 mai ijSa. — Vente de 
^apr» le décès de M. Parrocel*. peintre des conquêtes di 

i. Amm^. Il mai 1755. — Oa oouTerm U mentioa de son mar 
Eu;. Pk>t, op. csr.« p. 94; TOfcs «ussi les SctOét et imwa^aires t 
puHiés ptr Jules Guiflrer^ fl|r. ci*., p, ao3. 

a. Amm., So iula 17$ 5. 

3. -4iw., 14 sept. 1758. — Vofex U notice que M. Guifie^ m 
à ce relieur dans le BiOUtim et U Société Je FHistoire de Pé 
1 1« année ;iS54\ P- 9^i la ; cette notice est intitulée : lo GroMÊds 
parisiens du X^V/^ siècle... 

4. Am»., ao août 177a. 

5. -4«n., i5 nov. 1775. 

d. .4iw., i3 iuin 175a. — Vojet aussi les Scciléf <r impemUàres ù 
pubUés par M. Juks Guifcey, dans les .VommIIo Ar^àwes de tArt 
a« série, t. V, et Laard, op. cif. 



DES ARTISTES mis A PARIS DE I746 A I778. 49 

cadétnie royale de peinture et sculpture et pensionnaire de 
M. et de la même Académie), etc., dans Tappartement que le 
fimt occupait à Thôtel royal des Gobelins. 

Patin (Oaude). — Enterrement du 22, de Marie-Anne Le 
oorneur^ veuve de M. Qaude Patin, peintre de l'Académie de 
dot-Luc, âgée de 75 ans, décédée rue du Mouton ; à Saint-Jean- 
i-Grève. 

Pelletier (Jacques-René), ..•1756. — Enterrement du 8, de 
. Jacques- René Pelletier', doyen des direaeurs de l'Académie 
I Saint- Luc, décédé Pont-Notre-Dame; à Saint-Jacques-de-la- 
oocherie. 

Pemot, ..-1750. — Enterrement du 26, de M. Perrot*, peintre 
s Menus-Plaisirs du roi, décédé rue Froidmanteau ; à Saint- 
ennain-rAuzerrois. 

Pkyïotte (Alexis), ..-i5 février 1769. — Vente des meubles de 
oM. Peyrotte*, peintre du roi, etc. 

Phiuppe. — (Annonce de cet artiste :) le sieur Philippe*, 
notre en miniature, a oublié d^insérer dans Tannonce du secret 
l'il a trouvé d'imiter les agates arborisées d^Orient, que sa com- 
nidon est d'une nature à n^étre ni effacée, etc. 

PiCiRT (Nicolas- François). — Enterrement d'Élizabeth Robin «, 
îuve de Nicolas- François Picart, peintre de l'Académie de 
ûnt-Luc, âgée de 85 ans, décédée rue [Saint-]Jacques; à Saint- 
eooît 

PttRRB. — Le sieur Pierre^, de l'Académie royale de peinture 
icalpture, qui vient d'être nommé premier peintre de M. le 

ï-4»i., 27 noT. 1758. 

'• ^m., 14 juin 1756. 

^- Ut Affiches de Paris j 29 juin 1750. 

4- 4wi., 6 avril 1769. — Voyez les Scellés et inventaires d*artisteSf publiés 

' iules Guiffirey, dans les Nouvelles Archives de F Art firançats^ p. 434, 

Liard, op, cit. 

^•iwi., 18 déc. 1769, p. 1087. 

^'Ànn,, 3o avril 1770. 

7.4im., 27 juin. 1752, p. 460. — Jean-Baptitte-Marie Pierre, peintre, 

!*nii à l'âge de yb ans, le i5 mai 1789; voyez p. 98 de PÉtat civil de 

f^ artistes français, publié par M. Eug. Plot. — Cf. aussi Lazard, 

• cir. 

iKK.zxxm A 



5o CONTRIBUTION A L^^TAT CIVIL 

duc d'Orléans, a été aussi nouveUement choisi pour 
plafond de 200 toises de superficie, formant la rotond 
pelle qui est derrière le chœur de l'église de Saint-Rc 

Pineau. — Billet d'enterrement du 27 novembre, d 
Jeanne Prault\ épouse de M. Pineau, le fils, sculp 
conseiller de l'Académie de Saint-Luc, décédée ru 
Saint-Nicolas-des-Cbamps. 

1684-1754. Enterrement du 26 avril, de Nicol 
sculpteur des bâtiments du roi, âgé de 70 ans, décédi 
Dame-de-Nazareth; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

PiNGAT (Jacques), ..-2 avril 1751, — Vente après 
sieur Pingat', maître peintre de l'Académie de Saint 
En la maison du défont, sur le pont Notre-Dame. 

PrroiN (J.-B.), ..-1767. — Billet d'enterrement 
tembre, de demoiselle Denise-Marie Ducy, épouse de 
sculpteur, ancien directeur de l'Académie de Saint-1 
rue Boucherat; à Saint-Nicolas-des-Cbamps. — Ent 
5, de N. Pitoin', sculpteur du roi, décédé rue de I 
Saint-Nicolas-des-Champs. 

PiTOuiN. — Enterrement du 20, d'Élizabeth 
femme de N. Pitouin, sculpteur et directeur en cbai 
demie de Saint-Luc, décédée rue des Deuz-Poru 
Sauveur. 

Platk-Montagne (Nicolas de), ..-1706. — Ente 
aS février, de Marie de Plate-Montagne^, fille de N 



I. Les Affiches de Paris, a déc. 1748. 

a. .4fiii.y a mai 1754. 

3. Ann., i3 et 17 mai 1 761. — La mention du décèa de J 
(i ATril 1751) ne peut se trouver dans les Annonces, dont les pr 
ro«, pour cette année, datent seulement de mai ; voyez les Se 
taires d'artistes, publiés par Jules Guifirey, dans les NoupeiU 
FArt français, a» série, t. V, p. i33, et Lazard, op. cit. 



DBS ARTISnit Fixés A PARIS DS I746 A 1778. 5l 

Montagne, peintre du roi, ftgée de 79 ans, déoédée rue du Vieul- 
Colombier; à Saint-Sulpice. 

PoiLLT (Jean db), ..-1728. — Enterrement du 10, de Marie- 
Snanne Bonnart, veuve de Jean de Poilly^ graveur du roi et de 
TAcadémie royale de peinture et sculpture, décédée rue de la Par* 
diemioerie; à Saint-Séverin. 

Poisson (François- Amoult), ..-1753. — Enterrement du »5, 
de Fraoçois-Arnoult Poisson', acteur de la Comédie- Française 
dans le comique, décédé rue des Cordeliers; à Saint-Sulpice. 

PoRTiÉ (Antoine), 1676-1758. — Enterrement du 6, de 
M. Antoine Portié', peintre de l'Académie de Saint-Luc, figé de 
82 ans, décédé pont Notre-Dame; à Saint-Gervais. 

PouLLAiN (Charles), ..-1755. — Enterrement du 24, de Charles 
Pûulhin^, sculpteur de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue de 
Vendôme; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

PouLLAiN (Charles-Laurent), ..-1774. — Enterrement du 19, 
de Charles-Laurent Poullain', sculpteur, ancien directeur de l'Aca- 
démie de Saint- Luc, décédé rue Saint-Pierre au Pont-aux- 
CboQx-, à Sainte-Marguerite. 

QuKSNEL. — Billet d'enterrement du 26, de demoiselle Marie- 
Françoise Aubert, veuve de M. Quesnel*, maître peintre ci 
doreur de l'Académie de Saint-Luc, décédée Pont-Notre-Dame; 
^Saint-Gervais. 

Rameau (Jean- Philippe), 1 684-1 764. — Emertement du i3, 
de M. Jean-Philippe Rameau^, compositeur de la musique du 

mourut en 1706, à Tige de 76 ans, d'après l'État civil de quelques artistes 
fi^^çaitf publié par M. Eug. Piot, p. loi et 102. 

!• iliui., 14 avril 1766. — Poilly est décédé le 3o avril 1728, d'après Bug. 
^^ op. cit., p. io3. 

>• imi., 3o août 1753. — Voyez, entre autres, sur cet acteur, Acteurs et 
^f!lricts du temps passé. La Comédiê'Française, i" série. Notices par Ch. 
Gucnllette. Paris, 1881, in-8-, p. loi. 

3- Atm,^ g mars 1758. 

4* Ann., 28 avril 1755. — Cf. Lazard, op. cit. 

5. ÀnH.f 24 oct. 1774. 

6. Us Affiches de Paris^ 28 mars 1748. 

7* Ann,^ 20 sept. 1764. — Rameau est le plus célèbre des musiciens firan- 



52 CONTRIBUTION A l'ÉTAT CIVIL 

Cabinet du roi, âgé de 80 ans, décédé nie des Boos-E 
Saint-Eustache. 

Ransonnette. — (Il est fait mention, dans les Annonci 
estampe gravée par Ransonnette, d'après un tableau de 
dénommé les Amusements italiens^ tableau peint su 
appartenant à un sieur Levant, vitrier, demeurant Port- 

Rbbel, ..-1747. — Billet dVnterrement du 3, de N 
compositeur de la musique de la Chambre du roi, d 
Saint-Honoré; à Saint-Roch. 

Rbbel (François), ..-1775. — Enterrement du 8, de 
çois Rebel', chevalier de Saint-Michel, surintendi 
musique du roi et ancien administrateur de l'Académie 
musique, décédé rue Saint-Nicaise; à Saint-Germain-Fi 

Rebillé ou Rebiluer, ..-175 1. — Enterrement d 
vembre, de [Nicolas] Rebillé^, sculpteur en marbre, prc 
l'Académie de Saint-Luc, décédé rue Salle-au-Comte; 
Leu. — ..-1760. Enterrement du 23, de M. Charles I 
sculpteur de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue Salle-a 
à Saint-Leu-Saint-Gilles. 

Renier. — Billet d^enterrement du 21, de demoisel 
Anne Bénault, veuve de M. Renier*, sculpteur du ro 
rue d'Argenteuil: à Saint-Roch. 

Rbnou. — (Vente d'un beau christ d*ivoire [provena 
dinal MazarinJ, chez M. Renou', peintre du roi, cour < 
Louvre, dans les nouveaux bâtiments.) 

Rbstout (Jean), ..-1768. — Enterrement du 2, de 

çais du xviii* siècle. Voyez, entre autres, la Biographie universell 
ciens, de Fétis. 

1. N* du I*' janv. 1770, p. i5. 

2. Les Affiches de Paris, 5 janv. 1747. — Cest Jean-Ferry Re 
Fétis, Biographie universelle des musiciens, qui ignore le ren 



DBS ARTISTES Fizis A PARIS DB I746 A IjyS. 53 

Kestout*, peintre ordinaire du roi^ ancien directeur, recteur et 
diancelier en son Académie royale de peinture et sculpture, de 
rAcadémie des belles-lettres et arts de Rouen et de TAcadémie 
royale des belles-lettres de Caen, artiste très distingué et qui, 
dans un âge fon avancé, maniait encore le pinceau avec succès, 
décédé aux galeries du Louvre; à Saint-Germain-PAuxerrois. 

RiccoBONi (Louis), 1 674-1753. — Enterrement du 7, de Louis 
Riccoboni ', ancien comédien italien de la troupe du roi, décédé rue 
Française; à Saint-Sauveur. — Louis Riccoboni' père, dit Lelio, 
célèbre comédien italien, est mort à Paris, le 6 de ce mois, âgé 
de 79 ans. Il était retiré du théâtre depuis 1729, etc. — Enterre- 
meot du 16, d' Antoine-François- Valantin Riccoboni^, pension- 
naire du roi, décédé grande rue du Faubourg-Saint- Denis-, à 
Saint-Laurent. 

RoBiNOT (Denis), ..-1776. — Enterrement de Marie Morel, 
femme de N. Robinot', ancien directeur de T Académie de Saint- 
Luc, décédée rue Meslé; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

RoËTTiERS. — Billet d'enterrement du 1 8, de demoiselle Hélène- 
Charlotte Roêttiers*, fille de M. Roêttiers, graveur général des 
Monnoyes et Chancellerie de France, conseiller de l'Académie 
royale de peinture et sculpture, décédée à Thôtel des Monnoyes; 
à Saint-Germain-rAuxerrois. — Billet d'enterrement du 7, de 
M.Georges Roëttiers^, conseiller du roi et graveur particulier de 
laMonnoye de Paris, décédé en Thôtel des Monnoyes; à Saint- 
Gcnnain-rAuxerrois. — Enterrement du 7, de Marie-Qaude 
Hermant, veuve de Georges Roêttiers*, graveur paniculier de la 
Monnaie de Paris, décédée rue de Picpus; à Sainte-Marguerite. 
— Enterrement du 27 avril, de Catherine Hérault, femme de 

1. Ann,, 7 janv. 1 768. 

2. im., 10 déc. 1753. 

^'Ànn,f 19 déc 1753 (4* Le*), — Voyez aussi Campardon. 
4* Am., ai mai 177a. — C'est le fils du précédent. 

3. iliui., 37 juin. 1775. — Robinot, maître sculpteur à Paris, mourut le 
39 octobre 1776, d'après les Scellés et inventaires d'artistes, publiés par 
M. Jules Guiffrey, dans les Nouvelles Archives de VArt français, a* série, 
t VI, p. 66. 

6. Lit Affiches de Paris, ao oct. 1746. — Il s'agit là d'une fille de Joseph- 
Charles Roôtticrs. 
7* Les Affiches de Paris, 9 janv. 1749. 
8. ilftii., II juin 1759. 



54 GONnuBunoN a l'Atat cvol 

M. Joseph-Charles Roêttiers^ conseiller du roi en son Acadéaûe 
royale de peinture et sculpture et graveur géoéral des Monniki 
et Chancellerie de France, décédée à Thôtel des MoancMes; à 
Saint-Germain-i'Auzerrois. — Enterrement du lo, de M. Clurki- 
Norbert Roéttiers', graveur générai des Monnaies de France et 
particulier de celle de Paris et membre de T Académie royale de 
peinture et sculpture, décédé rue et hôtel de la Monnoie-, à Saint* 
Germain-rAuxerrois. 

RosuN (Alexandre). Voyez Giroult ou Goloust (Suzanne). 

RouMiER. — Enterrement du 24 novembre, de Marie-Marga^ 
rite Lançon, femme de N. Roumier', sculpteur des bâdmeots 
du roi, décédée place du Vieux- Louvre; à Saint-Germain- 
TAuxerrois. 

RoussBLOT. — Billet d'enterrement du 26, de demoiselle Marie* 
Françoise Talma, épouse de M. Rousselot^, maître peintre et 
doreur de l'Académie de Saint-Luc, décédée rue Coquatrix; ^ 
Sainte-Marie-Magdeleine en la cité. 

RoYER. — Enterrement du 12, de M. N. Royer', maître d& 
musique des Enfants de France, décédé rue Sainte-Anne; à Saint- 
Roch. 

Saccrini, 1727-1786. — Enterrement du 8, de M. Antoine- 
Marie-Gaspar Sacchini*, pensionnaire du roi, né aux environs de 
Naples en 1727, élève du fameux Durante, en même temps que 
MM. Piccini, Traetta et Guglielmi, et l'un des meilleurs soutiens 
de cette &meuse école, décédé rue de Richelieu ; à Saint- Eustache. 

Saly (Jacques- François-Joseph), ..-1776. — Enterrement du 
6, de M. Jacques-François-Joseph Saly^, chevalier de Tordre 



I. Ann., 3 mai lybS, ^ Voyez aussi le n* du 9 mai lySS de l'édition des 
Ann, cotée 4* Le', 
a. ilnn., 26 nov. 177a. — Cf. Lazard, ojp. cit, 

3. Ann,f i* déc. 1760. 

4. Let Affichu de Paris, 29 déc. 1749. — Cf. Lazard, op. cit. 

5. Ann,, 16 janv. ijbb. — Joseph-Nicolas-Pancrace Royer, d'après la 
Biographie universelle des musiciens, de Fétis, qui le dit originaire de la 
Bourgogne, mais qui a ignoré la date du décès. 

6. Affiches, 9 oct. 1786. 

7. ilfifi., 16 mai 1776; pour la vente, voyez le n» du 3 juin. — Voyez 
aussi Eug. Piot, op. cit., p. 112, et Lazard, op. cit. 



DES ARTISTES FEDCs ▲ PARIS ME I746 A I778. 55 

ie Saint-Michd, scolpieor ordinaire du roi, ancien professeur 
de l'Académie royale de peinture et sculpture et ancien directeur 
de f Académie dô arts de Copenhague, décédé rue du Doyenné; 
à Saint-Germain-rAuxerrois. 

Sarrazin (Claude). — Enterrement du i8, de Catherine Bou- 
tfoue, épouse de Claude Sarrazin % comédien ordinaire du roi; à 
Saim-André-des-Arcs. 

Sauvé db Lanoue (Jean), ..-1760. — Enterrement du 14, de 
Jean Sauvé de Lanoue^, pensionnaire du roi, acteur retiré, qui 
jouait avec beaucoup d'intelligence, et auteur de plusieurs pièces 
de théâtre, dont quelques-unes ont réussi, décédé rue Saint- 
André; à Saint- André-des« Arts. 

ScHEEMACKBRs, ..-I jôS. — Enterrement du 20, de M. N. Schee- 
mackers'y sculpteur, professeur de TAcadémie de Saint-Luc, 
d&édé sur le boulevard, au coin de la rue Saintonge; à Saint- 
Nicolas-des-Champs. 

ScoTiN (Gérard). — Enterrement du 27 mars, de Geneviève 
Miche, veuve de Gérard Scotin^, graveur ordinaire du roi, âgée 
de 80 ans, décédée rue et porte Saint-Jacques; à Saint- Benoît. 

Sknskvin dit Labbé. — Enterrement du 1 5, de M. N. Sense- 
^n' dit Labbé, ordinaire de la musique du roi, décédé rue Saint- 
Honoré; à Saint-Germain-PAuxerrois. 

Servandoky (Jean), 1696-1766. — Enterrement du ao, de 
M. Jean Servandony*, chevalier de l'ordre militaire de Christ en 
Portugal, peintre et architecte de l'Académie royale, renommé 
dans toute TEurope pour son génie et son savoir, décédé place 
Saim-Sulpice-, à Saint-Sulpice. 

SiLVESTRs (Louis db), 1675-1760. — Enterrement du i3, de 

I* ^m,y 24 piîn lybi. ^ Sarrazin, né en 1689, mourut le i5 nov. 1762; 
^^"î^ Acteurs et actricet du temps passé. La Comédie- Française, i** série. 
Notices par Ch. Gueullettc..., p. 20X. 

^•^wi., 17 noY. 1760. 

^•«^iiii., 24 oct. 17^5. 

4- ilmi., 3 avril 1755. 

^* Ann,, 19 mai 1768. 

^* Ann,, 23 janv. 1766. — Servandoni était âgé de 70 ans, d'après la note 
contenue dans le n* du 27 janvier des mêmes Ann. 



56 ooifntiBimoN ▲ l'état civil 

M. Louis de Silvestre^ directeur de rAcadémie royak de pein- 
ture et de sculpture, premier peintre du roi de Pologne, étectear 
de Stxe^ directeur de rAcadémie royale de Dresde, et tris oBB» 
dans son art, âgé de 85 ans, décédé aux galeries du Louvre; ft 
Saint-Germain-l'Auxerrois. 

Slootz (Antoine-Sébastien), ..-1754. — Enterrement dn s;, 
de M. Antoine-Sébastien Siodtz', sculpteur du roi, dessintieor 
de la Chambre et du Cabinet de S. M., décédé au Vieux-Loant; 
à Saint-G^imain-rAuxerrois. 

Slodtz (Paul-Ambroise), ..-1758. — Enterrement du 17, de 
M. Paul-Ambroise Slodtz', sculpteur du roi, professeur de l'Aci- 
demie royale de peinture et de sculpture et dessiûateur du Cabi- 
net de S. M., décédé rue de Grendle-Saint-Honoré; à Stint- 
Eustache. 

Slodtz (René-Michel), ..-1764. — Enterrement du 28 oaobre, 
de M. René-Michel Slodtz^, dessinateur du Cabinet du roi et 
très habile sculpteur, membre de l'Académie royale de peinture 
et de sculpture, décédé grande rue du Faubourg-Saint-Honoré; à 
la Madeleine de la Ville-l'Évéque. 

Slodtz (Dominique-François), ..-1764. — Enterrement du i3, 
de M. Dominique-François Slodtz', peintre de l'Académie de 
Saint-Luc, décalé rue Saint-Lazare; à Saint-Eustache. 

Spoèdk (Jean-Jacques), ..-26 novembre 1757. — Enterrement 
du 28 novembre, de M. N. Spoède*, recteur perpétuel de l'Acadé- 
mie de Saint- Luc, décédé rue d^Enfer; à Saint- Landry. 

1. Arm., 17 avril 1760. — Voyez aussi Eug. Plot, op. cit.^ p. 11 5. 

2. Ann., 3o déc. 1734. 

3. ilnif., ai déc. 1758. — Vente d'e£fets, par continuation, après le décès 
de M. Paul-Ambroise Slodtz, sculpteur du roi, etc. (il un., a3 avril 1759). 

4. Anru, 5 nov. 1764. — Voyez aussi les Scellés et inventaires d'artistes, 
publiés par Jules Gui£Frey, dans les Nouvelles Archives de PArt français^ 
a» série, t. V, p. 340; Eug. Piot, p. 116, et Lazard, op, cit. 

5. Ann.y 24 déc. 1764. — Cet artiste était dessinateur des Menus-Plaisirs, 
d'après les Scellés et inventaires d'artistes, publiés par Jules Guiffrey, dans 
les Nouvelles Archives de l'Art français, 2* série, t. V, p. 357; voyez aussi 
Eug. Piot, op. cit., p. 116. 

6. Ann., f déc. 1757. — Voyez aussi les Scellés et inventaires d'artistes, 
etc., 2* série, t. V, p. 234. 



DES ARTISm FIxiS A PARIS DB I746 A I778. Sy 

Jacques ou Jacques-Jean Spoède, maître peintre et profes- 

r Académie de Saint-Luc, décédé le 26 novembre 1757^ à 

« 77 ans, fut inhumé en l'église Saint-Landry. (Diaprés un 

t des registres de Saint-Landry; cet extrait et d'autres rda- 

ce peintre, originaire des Flandres, ou à sa famille, ont été 

s par l'auteur de ce travail aux Archives de la Seine.) 

OBRO (Pierre), ..-1756. — Enterrement du 3, de M. Pierre 
oro*, professeur de l'Académie de Saint-Luc, décédé quai Pel- 
ier; à Saint-Gervais. 

SoKUGOE (Louis alias Pierre- Louis), ..-1772. — Enterrement 
lu 18, de M*^ Comélie Bauwens, femme de M. Louis Surugue^ 
pire, contrôleur des rentes, graveur du roi et de l'Académie 
royale de peinture et de sculpture, âgée de 68 ans, décédée rue 
dâ Noyers; à Saint-Benoît. — Enterrement du 3, de M">» Éliza- 
bethSageon, femme de M. Pierre- Louis de Surugue', de T Aca- 
démie royale de peinture et sculpture, et contrôleur des rentes, 
décédéc rue des Noyers; à Saint-Benoît. — Enterrement du !•% 
de M. P.-L. de Surugue^, graveur du roi et ancien contrôleur des 
rentes da clergé, décédé rue des Noyers; à Saint- Benoît. 

Sdrugub (P.-Étienne), 1698-1772. — Enterrement du 5, de 
P.-Étienne Surugue', sculpteur, conseiller de TAcadémie de 
Saint-Luc, âgé de 74 ans, et d^Élizabeth Meunier, sa femme, 
âgée de 76 ans, décédés à environ deux heures et demie l'un de 
Tautre, rue Saint-Jacques; à Saint- Benoît. 

Tabary (J.-Joseph), ..-1773. — Enterrement du 4, de J. -Joseph 
Tabary*, peintre de TAcadémie de Saint- Luc, décédé rue 
Aumairc; à Saint-Nicolas-des-Champs. 

Tauu (Marie-Françoise). Voyez Rousselot. 

'• ^«H., 8 nov. 1756. — Cf. Laxard, ojp. cit. 

^'^nn., aa déc. 1755. 

^•^iw., i5 déc. 1768. « Il s'agit là évidemment d'une seconde femme 
^« louii Surugue. 

4*-4iiit., 7 mai 1772. — Voyez aussi les Scellés et inventaires cPartistes, 
publié! par Jules Guiffrcy, dans les Nouvelles Archives de PArt français, 
''•fric, t. VI, p. 36; Toye* encore Eug. Piot, op. cit., p. 118. 

^* •^iM., 19 mars 1772. — Voyez aussi Eug. Piot, ojp. cit., p. 118. 

^•ilwi., i5 juill.^1773. 



58 oounninioii a Vétat cxwil 

Tamibu (Niœlas-Heari), ..-1749. — Billet d'eatenemcoi du 
aS, de M. Tardiea^ graveur ordinaire da roi eo soo Acadènk 
de peinture et scolptofe, décédé rue Saint-Jaoqaes ; à SûM- 
Benott. — Enterrement dn 6, de Marie-Jeanne Mauvais, fanne 
de N. Tardien', graveur, décédée rue des Noyers; à Saint-Sil^ 
rin. — Enterrement du 7, de Jeanœ-Louise-Françoise Dafifier, 
femme de N. Tardieu', graveur du nû, décédée me da PUod- 
Saint- Jacques; à Saint-*Séverin. — (Estampe gravée par M** Tir* 
dieu', déjà connue avantageusement par d'agréables morceioi 
qu'elle a publiés sous le nom d'Élizabedi-Claire Toumaj; cba 
Tardieu, graveur du roi, rue du Plâtre.) — Enterrement da 4, 
de Claire Toumay, femme de M. N. Tardieu^, graveur da roi, 
décédée rue du Plâtre; à Saint-Séverin. 

TisTARD (Pierre) j ..-1749. — Billet d'enterrement du 29 QO* 
vembre, de M. Pierre Testard*, peintre de F Académie de Saiat- 
Luc, décédé rue Neuve-des-Petit»-Champs; à Saint- Eustache. --' 
Vente ... après le décès du sieur Testard', peintre de TAcadémi^ 

de Saint-Luc , rue Neuve-des-Pedt^-Champs, près l^ 

bibliothèque du roi. 

Teulée. — Vente d'une partie considérable de dessins du feil 
sieur Teulée', dessinateur des Dames de France, savoir : dessins 

en broderie pour habits et vestes, robes et jupons Quoi- 

qu'ik aient coûté beaucoup à cet artiste pour les porter à ce point 
de perfeaion, on est disposé à en faire bonne composition 

Thomassin (Nicolas-François), ..-1760. — Enterrement du 24, 
de Nicolas-Françoi'sThomassin*, peintre, décédé rue de Grenelle- 
Saint-Honoré; à Saint-Eustache. — Vente d'effets (après le décès 
de M. Thomassin ^^, peintre), savoir : tableaux, bustes, mannequin 

I. Les Affiches de Paris, 3o janv. 1749. « Voyez aussi Eug. Piot, c^. cit., 
p. 118. 
3. ilfifi., 12 avril 1756. 

3. Ahh., i5 avril 176a. 

4. Ann,, vj févr. 1769, p. 174. 

5. ilitfi., i3 mai 1773. 

6. Les Affiches de Paris, 1 1 déc. 1 749. — Cf. Lazard, op. cit. 

7. Les Affiches de Paris, 23 févr. 1750, p. 6. 

8. il un., 20 nov. 1769, p. 987. 

9. Ann., 28 juin. 1760. 
io« ilfifi., 4 août 1760. 



\ 



DES ARTimS VÎIÉS A PARIS DB I746 A I778. Sç 

[ comme nature et très bien £ait, arec des ressorts, livres et 

portefeuilles de dessins, outils et ustensiles de peintre , rue 

de Grenelle-Saint- Honoré, dans la maison de M. Berthe, payeur 
des rentes. 

Tkrcslin, ..-175a. — Enterrement du 19, de Tiercelin*, 
pttntre de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue de la Vieille-Bou- 
derie; à Saint-Séverin. 

TocQuÉ (Louis), ..-1772. — Enterrement du 1 1, de M. Louis 
Tocqué', peintre du roi et associé de TAcadémie royale de Dane- 
mark, qui excellait dans le portrait, décédé aux galeries du 
Loavre; à Saint- Germain -TAuxerrois. — Enterrement de 
M~ Marie-Catberine-Pauline Nattier, veuve de M. L. Tocqué', 
t peintre du roi, décédée et inhumée à Notre-Dame^le-Bon-Secours, 
nie de Charonne. 

ToNNELLiER (Jean-François). — Enterrement du 5, de Marie- 
Jeanne Gautier, femme de Jean-François Tonnellier^, peintre de 
l'Académie de Saint-Luc, décédée rue Grange-Batelière; à Saint- 
Joseph. 

TouRBAT, ..-1756. — Enterrement du 6, de M. N. Tourbat*, 
peintre de TAcadémie de Saint-Luc, décédé rue du Four-Saint- 
Germain; i Saint-Sulpice. 

TouRNAY (Claire), dame Tardîeu. Voyez Tardibu. 

TouRNEHEM. — (Il est fait mention d^une belle chaise de poste, 

peinte et vernie par Martin, doublée de velours cramoisi à 

ramages, dans l'annonce de la vente après décès de M. de Tour- 

nehem*, directeur et ordonnateur général des bâtiments, arts et 

manufactures du roi.) 

TouRNiÈRE (Robert). — (Annonce d'une) vente de tableaux com- 
posant le cabinet de M. de Tournier^, peintre ordinaire du roi et 

'• "^mi., 24 janv. 175 a. 

^ -^i»!., 17 févT. 177a. — Voyez aussi Eug. Plot, op, cit.^ p. 120. 

^•-^«n., 6 avril 1775. 

^ ^tji., Il févr. 1760. — Cf. Lazard, op. cit. 

z: "^tii., 12 août 1756. 

;^-4fw.,9déci75i, p. 473. 

7' ^ Affiches de Pcune^ 16 nars 1750, p. 6. 



6o coNTUBunoN ▲ l*£tat cnriL 

ancien professeur de TAcadémie royale , rue deRiàeUea, 

près la fontaine. — Vente de meubles par continuidoa àa 
M. de Tournière% peintre ordinaire du roi... 

Tramblin. — Le sieur Tramblin', peintre du théâtre des pedts 
appartements de S. M. et de l'Opéra de Paris, possède actôdk- 
ment seul les secrets précieux du feu sieur de Neumaison', ka 
beau-père. Il a hérité de ses talents pour les vernis et les donucs, 
et le roi lui a accordé la direction des mêmes ouvrages aux Gob^ 
lins. Il continue de peindre, de dorer et de vernir les équipigcs 
et décorer les appartements et les théâtres, etc. 

Trul (Jean-Q.), ..-1771. — Enterrement du 24, de M. Jean- 
Q. Trial^, directeur de l'Académie royale de musique et surin- 
tendant de la musique de S. A. S. Mgr le prince de Conti, décédi 
rue Saint-Nicaise; à Saint-Germain-l'Auxerrois. 

Ulin (d^ Voyez Du un. 

Van Falens (Charles). — Billet d^enterrement du 2, de dcmc?^ 
selle Marie-Françoise Slodtz, veuve de M. Van Falens', pcîntT^ 
du roi et de son Académie royale, décédée au Vieux-Louvre; ^ 
Saint-Germai n-r Auxerrois. 

Van Loo (Carie). — (MM. Van Loo*, peintre du roi, profes- 
seur de TAcadémie royale de peinture, architecte ordinaire, con- 
trôleur des Bâtiments du roi, et de Blamont, surintendant e 
maître de la musique de la Chambre du roi, reçurent le cordor 
de Saint-Michel, dans le chapitre qui se tint aux Cordeliers, le I 
de ce mois.) — Enterrejnent du 17, de M. Carie Van Loo^, pre 
mier peintre du roi, chevalier de 1 ordre de Saint-Michel, direc 

1. Les Affiches de Paris, 6 avril lySo, p. 7. 

2. Ann,f a6 juin 1752. — Est-ce Charles-André Tremblin? Cf. Lazard 
op, cit. 

3. Voyez ci-dessus ce nom. 

4. iiiiif., 27 juin 177 1 ; pour la vente, voyez le n* du 29 juillet. 

5. Les Affiches de Paris, 5 janvier i75o. — La veuve de Charles Vat 
Falens est citée par Guiffrey dans ses notices sur les Slodtz; voyez les Scel 
lés et inventaires d'artistes, publiés par M. J. Guitfrey, dans les Nouvelle 
Archives de P Art français, 2* série, t. V, p. 348 et 359. — Lazard appel! 
cet artiste Vaufalens, forme sans doute erronée. 

6. Ann., 24 mai 175 1. 

7. Ann,, 22 juin. 1765. — Voyez aussi Eug. Piot, op, cit., p. 124. 



DES ARTISTES FIXÉS A PARIS DE I746 A I778. 61 

des élèves protégés par le roi et direaeur de TAcadémie 
royale de peinture et de sculpture, décédé place du Vieux-Louvre ; 
k Saint-Germain-rAuxerrois. — Enterrement du 25 mai, de 
M. Charles Van Loo*^ fils de feu M. Charles Van Loo, chevalier 
de Saint-Michel, premier peintre du roi, décédé au Louvre; à 
Saint-Germain-FAuxerrois. 

Vanloo (Louis-Michel), ..-1771. — Enterrement du 22, de 
M. Louis-Michel Vanloo' (l'émule de Carie, pour la beauté du 
coloris), chevalier de l'Ordre du roi, premier peintre du roi d'Es- 
pagne, ancien recteur de l'Académie royale de peinture et sculp- 
ture et directeur des élèves protégés par le roi, décédé au Vieux- 
Louvre; à Saint-Germain-l'Auxerrois. — (Vente de meubles et 
d'effets de feu M. Louis-Michel Vanloo ^ premier peintre du roi 
d'Espagne et direaeur des élèves protégés par le roi.) 

Vahomk (Henri-Edme-Christophe), ..-1764. — Enterrement 
dui5, de Henri-Edme-Christophe Vanom^, peintre en minia- 
ture, décédé rue du Cimetière-Saint-Nicolas; à Saint-Nicolas-des- 

Champs. 

Varin (Pierre), 1681-1753. — Enterrement du 3o novembre, 
de Pierre Varin', professeur de l'Académie de Saint-Luc, fondeur 
du roi, âgé de 72 ans, décédé au Roule; à Saint- Philippe. 

Vassé (Antoine- François). — Billet d'enterrement du 11, de 
demoiselle Anne-Germaine Vassé*, fille de feu M. Vassé^, sculp- 
teur du roi, décédée au Vieux-Louvre, dans Tappartement de 



^- ^tm,, 5 juin 1769. 

^•^wi., ad mars 1771. — Voyez V École royale des élèves protégés, par 
l^uis Courajod; Eug. Piot, op. cit., p. 124-125, et Lazard. 

^' ^m,, 14 déc. 1772. 

4'-4wi., 20 sept. 1764. — Voyez les Scellés et inventaires d'artistes^ 
publiés par Jules Guififrey, dans les Nouvelles Archives de l'Art français, 
^'^rie, t. V, p. 334; Guiffrey, qui l'appelle Vanome, le dit peintre, sans 
préciser. — Cf. aussi Lazard, op. cit. 

5- Ànn., 6 déc. 1753. — Voyez aussi les Scellés et inventaires d^artistes, 
publiés par Jules Guifirey, dans les Nouvelles Archives de F Art français, 
»• léric, t. V, p. 174. 

^> Us Affiches de Paris, 14 mars 1746. 

7- Antoine-François Vassé, décédé en 1736, d'après Eug. Piot, op. cit., 
P- la;. 



6a CONTRIBOnON A L^iTAT dYIL 

M. Labbé, architecte du roi, son onck; à Saiat-Genna 
l'Auzerrois. 

Vassâ (a.-Louîs), ..-1773. — Enterrement du i*,dc M. 
Louis Vassé^, sculpteur du roi, professeur de F Académie t 
de peinture et de sculpture, dessinateur de celle des inscrit 
et belles-lettres, de TAcadémie impériale de Florence, décé 
Vieux- Louvre; à Saint-Germain-l'Auxenois. — (Vente d 
de feu M. Vassé^ sculpteur du roi.) 

Vbllenne. — (Vente d^efifets du feu sieur Vellennc', pci 

naire du roi, savoir : , habits de théâtre , aux G 

Augustins.) 

Venbvault (Nicolas), ..-1775. — Enterrement du ; 
M*"* Anne-Madeleine Baron, femme de M. N. Venevault*,] 
du roi, de PAcadémie royale de peinture et de sculpture, c 
rue Saint-Thomas-du-Louvre; à Saînt-Germain-PAuxen 
Enterrement du ai, de M. Nie. Venevault', peintre de 1' 
mie royale de peinture et de sculpture, décédé rue Sain 
mas-du-Louvre; à Saint-Germain-rAuxerrois. 

Vbrberckt (Jacques), ..-1771. — Enterrement du 
M. Jacques Verberckt*, sculpteur du roi, agrégé de TAc 
royale de peinture et sculpture, décédé rue du Chemin-du 
part; à la Madeleine de la Ville-rÉvêque. — (Vente ... 
sieur Verberckt..., groupe de marbre représentant Minervi 
amours^ médaillons de marbre, figures, groupes et vases < 
cuite, bosses, ustensiles de sculpture, blocs de marbre et d< 
de Saint-Leu, etc.) — Billet d'enterrement du 5, de dec 
Marie-Madeleine Le Goupil, épouse de M. Verberckt^, se 
ordinaire du roi, décédée rue du Chemin-du-Rempart;à 
Marie-Madeleine de la Ville-rÉvéque. 

I. Ann,f ydéc. 177a. — Voyci aussi Eug. Piot, i}p, cii,, p. 127. 
a. Ann,, 18 janv. 1773, p. 39. 

3. Ann,f 11 mai 1769, p. 428. 

4. AHn,f 28 nov. 1768. 

5. Ann.f 28 déc. 1775. — Voytz Eug. Piot, op, cit,, p. 127. 

6. Ann,f 16 déc. 1771. — Voyez aussi dans les Nouvelles Arct 
VArt français, 2* série, t. VI, les Scellés et inventaires d'artistes, 
par Jules Guifh'ey (3* partie), p. i3. 

7. Les Affiches de Paris, 10 déc. 1750. 



DES ARTISTES FOis A PARIS DE I746 A I778. 63 

VncouER. — - Vente de meubles et d'effets (après le décès de la 
femme du s' Veroolier', peintre de l'Académie de Saint-Luc), rue 
Saint-Thomas-du*Louyre. 

Verdot. — Enterrement du 26 avril, de Nicole Richer, veuve 
de M. Claude Verdot^ peintre ordinaire du roi, âgée de 85 ans, 
décédie rue Verderet; à Saint-Eustache. 

Veron, .,-1747. — Billet d'enterrement du !•% de M. Veron', 
maître peintre, ancien maître de la confrérie de Saint-Luc, décédé 
me Jean-Pain-Mollet; à Saint-Merry. 

ViQéE. — Enterrement du 9, de Marguerite Amiel, femme de 
Nicolas-Alexandre Vigée^, sculpteur, âgée de 71 ans, décédée rue 
Simon-le- Franc; à Saint-Médéric. — Enterrement du 10, de 
Louis Vigée', peintre, ancien adjoint à professeur de l'Académie 
de Saint-Luc, décédé rue de Cléry; à Saint-Eustache. 

ViKACHK (Jean- Joseph] , . .- 1 754. — Enterrement du i ^ décembre, 
de M. Jean- Joseph Vinache*, sculpteur de TAcadémie royale de 
peinture et de sculpture, décédé cul-de-sac du Coq-Saint-Honoré; 
à Saint-Germain-l'Auxerrois. 

ViNCENOT. — Billet d'enterrement du 1", de demoiselle Jacque- 
line Duval, épouse de M. Vincenot^, sculpteur, professeur de 
l'Académie de Saint-Luc, décédée rue de Sève; à Saint-Sulpice. 
— Enterrement du 5, de Jacques- Albert Vincenot*, ancien rec- 
^ur de l'Académie de Saint-Luc, décédé rue de Sève; à Saint- 
Sulpice. 

ViNCBrr. — Billet d'enterrement du 3o avril, de M. Vincent, 
Poutre et vemisseur du roi, décédé rue Louis-le-Grand ; à Saint- 

^--^iw., 27 mai 1771, p. 445. 
^"àtm,^ !• mai 1755. 
^' ^Affiches de Paris^ 4 mai 1747. 
4* «41111,, |5 nov. 1756. 

fi ^*''' '** ™** ^^^^* " ^'"^ ^® ^® ^^ M-« Vigée Le Brun, qui épousa 
le fils de Pierre Le Brun, peintre de l'Académie de Saint-Luc 

"• ^wi., 5 déc 1754. — Voyex aussi Eug. Piot, op, cit., p. 129. 

7* les Affiches de Parité 9 avril 1750. 

^- -41111., 10 nov. 1774. — Voyez aussi les Scellés et inventaires ^artistes 
(^' Partie), publiés par Jules Guifirey, dans les Nouvelles Archives de l'Art 
françait, a» série, t. VI, p. 58. 






64 ARTuns mÈÊ a paus de 1746 ▲ 1778- 

Joseph, ayde de Saint-Eustacfae * (sic). — Enterrement du 3o fan- 
▼ier, d* Antoine Vincent', peintre et vernisseur du roi, ancien 
directeur de TAcadémie de Saint-Luc, décédé grande rue da Fan- 
bourg-Saint-Denis; à Saint- Laurent. — Enterrement da i5, 
d'Adélaide-Françoise Sonneret, veuve de N. Vincent', peintre et 
vernisseur du roi^ ancien directeur de TAcadémie de Saint-Luc, 
décédée grande rue du Faubourg-Saint- Denis; à Saint-Laurent 

Walvein (de). — (Annonce d'une) vente de tableaux, partie 
originaux, de divers grands maîtres, après le décès de M. de Wal- 
vein^, peintre 

WiLULRo. — Billet d^enterrement du 21, de M. Willard^ 
maître peintre et sculpteur, décédé rue de la Juiverie; à Sainte- 
Marie-Madeleine en la cité. 



I. Lcf AJUhes de Paris, a mai 1746. 

a. Atm.f 10 févr. 177a. — Voyez aussi tes Scellés et inventaire ^m^ 
listes^ publiés par Julas Guiffirey, dans les Nomfelles Archives de rArtftwt- 
çnis^ a" série, t. VI, p. aS. — Dans ce même numéro des Amm., la veufe 
Vincent donne avis qu'elle continue avec son fils les mêmes trarauz; que 
son commis, qui est chez elle depuis ao ans, connaît tous les secrets de liea 
son mari pour la dorure et les vernis, etc. 

3. ilini., a3 noT. 177a. 

4. Ann., aa nov. 1756. 

5. Les Affiches de Paris, a3 avril 1750. — Cf. Lazard, op. cit. 



LA RÉVOLTE 
ET LE SIÈGE DE PARIS 

(1589). 



En rendant hommage à la mémoire d'un ancien membre de la 
Société, M. Albert Gérard, mort à la fleur de l'âge le i3 février igoS, 
le président d'alors signalait une thèse soutenue par ce jeune érudit, 
sur un sujet bien parisien, pour l'obtention du grade d'archiviste- 
paléographe, et regrettait que ce travail important fût demeuré iné- 
dit et destiné, suivant toute apparence, à ne pas voir avant longtemps 
le jour. 

C'est un fragment, ou, plus exactement, ce sont trois chapitres 
de cet ouvrage que la Société peut aujourd'hui publier dans ses 
Mémoires^ grâce à une bienveillante communication de M"** veuve 
Gérard. 

Primitivement, V Essai sur le siège de Paris par Henri IV devait 
embrasser toute l'histoire de la Ligue parisienne depuis sa réorgani- 
sation en i385 jusqu'après la journée des Farines (%o janvier 1 591) et se 
conuposer de vingt-cinq chapitres, sans compter les pièces annexes ou 
justificatives ^ Mais, sur ces vingt-cinq chapitres, sept seulement 
furent rédigés; le dernier s'arrête à l'arrivée de Henri IV devant 
PariSy le 7 mai iSgo. Les devoirs professionnels de M. Albert Gérard, 
bibliothécaire de la ville de Paris, l'empêchèrent consumment, jus- 
qu'à sa mort prématurée, de poursuivre la composition et la rédac- 
tion de son ouvrage. 

Ils l'empêchèrent également de mettre tout 2 fait au point et 
de tenir au courant des publications récentes la partie à€\k rédigée 
de son mémoire. La Société a voulu cependant publier sans change- 
ment cette partie de l'œuvre posthume du regretté M. Gérard, se 



I. Voir Fonticm des tkèaes m miemmes par Us éUpes de la promiotiom de 
j8g4 pour obiemir le diplÔÊme d'arekmste-paiiogr a pk e , p. i5-s5. 

b 



66 L4 ftivOLTB ET LB SliSB DB PARIS. 

bornant à prérentr le lecteur que le texte qu'il a sous 
rédigé avant l'année 1894. Il ne s'étonnera donc pa: 
exemple, cités sous leur cote des Archiyes nationales h 
Bureau de la Tille , dont la publication par MM. 
et P. Guérin ne remonte qu'à 190a, ou d'y constate 
tout renvoi à d'importants ouvrages parus dans ces der 
tels que le Pierre d'Épinae de l'abbé P. Richard, le t, 
toire matmdpmU de Paris de M. P. Robiquet, etc. I 
enfin tout naturellement la forme parfois un peu tr 
affirmations et l'apparence d'un parti pris que l'auteur 
riger s'il lui avait été donné de mettre la dernière maio 
de jeunesse, si plein toutefois de talent et d'originalité : 



LA RiVOLTB ET LB SliGB DB PARIS. 67 



La révolte DB Paris. 

ment de Paris à la nouvelle de la mort iee Guise. -* 
leur du peuple, les sermons. -— Arrestation des Politiques^ 
s de la populace. — Le duc JPAumaU gouverneur de 
s, le Conseil des Quarante, le Conseil des Sei^e^ les 
î conseils des Neuf. — On fortifie Paris. — La guerre 
bourses. — La Sorbonne prononce la déchéance du roi 
mvier iSSgJ. — Le Parlement royaliste à la Bastille 
anvierj, le Parlement Brisson. — Les processions. — Les 
Mets contre Henri IIL — La révolte s^étend dans les 
'nces. — Arrivée de Mayenne à Paris (12. février). — 
onseil général de t Union remplace le Conseil des Qjm* 
(ij janvier). — Mayenne lieutenant général de l'État 
l et couronne de France (4 mars). 

hefs de la Ligue allaient apprendre le drame de Blôis 
s autorités régulières de la capitale; la nouvelle leur par^ 
; le 34 décembre, entre trois et quatre heures de l'après- 
Vussitôt le corps de ville, les capitaines des quartiers, les 
tux ligueurs se réunissent, on fait armer la milice bour- 
a ville est bouleversée, c on crie : Au meurtre! Au feul 
^1 A la vengeance^! » En quelques instants, les ligueurs 
ttres de Paris, les portes fermées, les carrefours, les places, 
B, les maisons des principaux royalistes occupés militai- 
'. La population anxieuse, inquiète, se répand dans les 
i s'interroge, on accoun de tous côtés à la maison com- 
h les chefs sont assemblés. 

ireau de ville ne comptait plus que deux échevins, Roi- 
)esprés et le procureur Brigard, les autres membres, le pré- 
[Ibapelle-Marteau, les échevins Compans et Cotteblanche 

un bourgeois nommé Verdureau accouru de Biois (BibL nat., ms. 
, p. 4Sp), puis par un courrier de Mendoça et par UA officier du 
nise, Hippolyte Zenzala (Oavila, t. II, 1. z, p. 41a). 
itoUe, t. III, p. aoa. 
•t, Chr. Nov., p. 90. 



68 LA RÉVOLTE ET LE SI&GE DE PARIS. 

étaient prisonniers à Blois. Mais on apprend qu'an pr 
maison de Guise est en ce moment à Paris, le duc d'Av 
bit une retraite aux Chartreux. On va le chercher, o 
en triomphe à THôtel-de- Ville, il sera le drapeau de 
tion, et le Bureau de ville passe toute la nuit avec 
envoyer des lettres au duc de Lorraine, aux seigneun 
aux villes confédérées ^ 

Pendant ce temps, le peuple de Paris, tout entier à 
d'avoir perdu celui qu*il considérait comme son défense 
cipitait dans les églises où d'ordinaire on lui apprena; 
velles en lui dictant sa conduite. 

Dans cette nuit de Noël que la tradition chrétienne c< 
tant d'allégresse, les églises sont en deuil et les esprit 
plus frappés : point de chants, point de cantiques, aucu 
mais une demi-obscurité, un profond silence, une grat 
cité; aussi de longs sanglots éclatent quand les curés ( 
la chaire annoncent avec un sombre abattement la mort 
de la foi et du héros chrétien », invitant les fidèles à 
Tâme de Monseigneur de Guise et pour les pauvres pi 
a L'histoire en fut rapportée avec tant d'indignité qu 
Paris en une heure cent mil ligueurs, lesquels le mat 
voient ce que c'estoit de la Ligue*. » Pendant toute 1 
entrait^ on sortait des églises, des nouvelles étranges c 
Talarme, la désolation emplissaient les cœurs. 

Le roi avait envoyé un courrier porteur d'un [)aquei 
au premier président du Parlement, il le prévenait de 1 
duc de Guise et lui ordonnait de s'entendre avec que 
gneurs alors à Paris pour maintenir la ville dans le dei 
il était trop tard pour agir', les passions étaient déct 

I. Lettre au duc de Lorraine, 24 décembre, minuit (Arch. ns 
Bureau de la ville de Paris, H 1789, fol. 212). Les villes furent 
par une circulaire : c Messieurs, nous venons présentement de 
plus misérables nouvelles que nous eussions pu penser...; trar 
on a tué monseigneur de Guise et pris plusieurs autres prisonni 



LA REVOLTE ET LK SiteE DE PARIS, 69 

ite accomplie, la ville en armes, le Parlement ne pouvait 
ittendre les événements. 

A lendemain, jour de Noël, une assemblée fut tenue à l'Hôtel- 
•Ville, composée du duc d'Aumale, des principaux membres du 
irlement, du Bureau de la ville, des conseillers, des capitaines 
i des plus notables ligueurs. Le premier président, Achille de 
iarlay, prit la parole et prononça un discours fort habile. Il 
approuva la prise d'armes qui devait assurer le bon ordre et 
maintenir la viUe sous Tobéissance du roi, et il proposa d^appeler 
Viilequier, qui était alors gouverneur de Paris. Cène proposi- 
tion souleva un grand tumulte, la populace qui se pressait sur la 
plia de Grève avait envahi THôtel-de-Ville, brisant les portes et 
les barrières. Les gens du peuple qui emplissaient la salle du 
Conseil chargèrent Pavocat Amdine de parler en leur nom. Ame- 
line fit un violent discours, demandant au nom des bourgeois, en 
attendant les nouvelles du duc de Mayenne et des princes catho- 
liques, d'élire pour gouverneur de Paris le duc d'Aumale, qui 
veillerait à la sûreté de la ville avec un conseil composé d'ecclé- 
siastiques, de nobles et de bourgeois. 

Le premier président s'opposa vivement à ces propositions, 
véritable attentat à la puissance royale, et il réclama, pour la 
cour du Parlement, le gouvernement provisoire de la ville et le 
maniement des affaires. Cette demande fut accueillie par de vio- 
lentes protestations; le chef de la municipalité, le premier éche- 
vin, Rolland, pressé de prendre la [)arole par la populace dont il 
était le £avori, plongea dans Pétonnement les furieux ligueurs. 
Rolland hésitait, c il ne fit rien que des rondeaux, passant d^un 
SQJet à l'autre* », si bien que les capitaines finirent par Pinter- 
rompre. Toute discussion devint impossible, tellement étaient 
l>niyaQtes les vociférations de la foule. On répliqua au premier 
président que la cour avait bien assez de travail à rendre la jus- 
tice, qu'elle devait se contenter de juger les procès, qu^elle pouvait 
^ ptine y suffire et ne devait pas chercher à s'occuper d'autre 
àiOÊt, On vota, et, à la pluralité des voix, le duc d'Aumale fut 
Qommé gouverneur de Paris*. Philippe II dut être satisfait : 

^oleote de Guise, c'est ce qui explique la promptitude et la vigueur dont 
ils firent preuve aussitôt qu'ils reçurent la nouvelle. 

1* Bibl. nat., ms. fr. aSagS, foL 46 1. 

s* On a raconté jusqu'ici d*uae tout autre feçon cette fameuse séance 
(S«». Héa., t. U, p. 344; Cayet, Chr. Nw., p. 90; De Thou, 1. 93, p. 678; 



LA mÈVOLTK XT LB 8IÈQS DB PARIS. 7I 

la mort du cardinal de Guise allait permettre au cfergé d'ac» 
csottre encore la yiolenoe de ses attaques contre Henri III. Le 
^ décembre, Guincestre, prêchant à Saint-Barthélémy en la Cité, 
•nsgiammatisant le nom d'Henri de Valois, dédarait que le 
« idlain Herodes » n'était plus roi de France, et le i*' janvier, 
eottdné lui-même par la fougue de son éloquence, Guinœstre 
eiigeait de ses auditeurs le serment solennel d'employer pour 
vsQger ks deux firères martyrs « jusqu'au dernier denier de leur 
bonne, jusqu'à la dernière goutte de leur sang^ i. c Levez tous la 
min, s'écriait-il, en signe de votre serment! i AÎMis au banc 
(fsQvie, le premier président du Parlement semblait n'avoir pas 
cotcDdu cette saillie et priait, les yeux baissés. Le fougueux [nré* 
diouenr l'apostropha violemment : c Levez la main, vous aussi, 
Moosieur le président! » Le peujple farouche, haineux, attendait, 
Htrhj se vit perdu, eut une âiibiesse et jura, c Levez la main 
phs hant, ordonnait le terrible Guinceitre, encore plus haut, afin 
qoele peuple le voie*! » Dans toutes les paroisses, on fiaisait des 
services funèbres, dans les églises tendues de noir, on exposait des 
tableaox représentant « la cruauté de ce tyran de roi, comme il a 
Ut massacrer ce grand duc de Guise et le cardinal son frère ». 
Oo n'annonçait plus l'évangile du jour, mais la vie, les gestes 
abominables de Henri de Valois, l'assassin, l'empoisonneur, et, 
i Notre-Dame, le curé Pigenat demandait à ses auditeurs s^il ne 
s'en trouverait point un qui eût assez de zèle pour venger les Lor- 
rains dans le sang de leur meurtrier. Violemment exaltée, la popu- 
lo était comme affolée; à la suite de ces furieux sermons, elle 
souiUait, dégradait, détruisait tout ce qui pouvait rappeler le sou- 
^(nir do tyran. On effaçait partout ses armoiries*, son chiffre. Le 
29 décembre, on arrachait du portail de l'église Saint- Barthélémy 
1^ armoiries royales et on les traînait dans la boue^, et, le a jan- 
^) à Péglise Saint-Paul, on mettait en pièces les beaux monu- 
osents de marbre élevés depuis plus de dix ans par le roi à la 
mémoire de Maugiron, Quelus et Saint-Megrin; « les corps de 
^ méchants morts, criait-on, n^estoient dignes d'autres orne- 
ments que d'un gibet' ». Justice immanente des choses : nous 

I. LTEitoUc, t. III, p. 2o3. 

a. L»Ettoîlc, t. ni, p. a3o. 

3. Arch. nat., K 1670, n* 3o. Mendoça à Philippe II. 

4- L'Estoile, t. III, p. 104. 

5. L'Eitoile, t. III, p. a3i. 



J2 LA RÉVOLTB ET LE SlàCB DE PARIS. 

verrons un jour ces zélés ligufcurs, probnateurs de tom 
à manger, châtiment sapréme, les ossements mouli 
nier des Innocents. 

Pendant que la populace se livrait à tous ces excès, 
la Ligue organisaient un gouvernement insurrectio 
qu'on l'avait décidé le aS décembre, le duc d^Aumal 
d^un conseil composé de quarante personnes* : trois é 
présents à Paris, des curés, des nobles, des magis 
bourgeois, les c piliers de la Ligue ». Ce Conseil d< 
devait « ordonner les affaires de TEstat et recevoir er 
toutes les provinces et villes catholiques ». La mun 
' complétée par l'élection de magistrats suppléants. Ri 
été trouvé un peu tiède, on résolut de ne pas le lais 
tête de la municipalité; le 5 janvier*, on élit Drou 
Crucé, procureur, et de Bordeaux, marchand, w pour 
affaires de la ville pendant la détention du prévost des 
et des deux échevins^ ». 

Après l'élection du gouverneur, du Conseil des Q\ 
magistrats suppléants, on avisa d'établir en chaque < 
conseil particulier composé de neuf notables bourgeo 
seil des Neuf décidait des petites affaires du quartier t 
au Bureau de ville les choses d'importance ^. 

Enfin, l'assemblée de l'Union, formée des plus ardec 



I. Les historiens ont coutume de dire que le Conseil des 
créé en février, après l'arrivée de Mayenne à Paris. C'est une 
placer dès les premiers jours de la révolte l'origine de ce Cons 
le 17 février, a'a pas créé, mais modifié le Conseil des Quar 
le c Conseil général de l'Union », par l'adjonction d'un certa 
gens dévoués à sa fortune, qui lui assurèrent la prépondérance 
la majorité. Le Dialogue du Maheustre et du Manant dit fomn 
le Conseil des Quarante a été c basti auparavant que Monsieu 
vinst à Paris » {Sot. Mén., t. III, p. Sga). Legrain, t. IV, p. 
au commencement de janvier; et il nous semble clairement déf 
actes mêmes dès le 29 décembre par la formule : c De par le 
lique, uny avec le clergé, la noblesse et le peuple pour la 



LA BÉVOLTE ST LE SIÈ6B DB PARIS. ji 

décida que, poar tpieux résister aux intrigues royalistes, on élirait 
un Conseil, qui serait pour toute la ville ce que chaque Conseil 
des Neuf était dans son quartier; mieux encore, le Conseil des 
Qjurante était à la tête de toute la France ligueuse, les Parisiens 
voulurent un conseil exclusivement populaire qui représentât 
particulièrement Paris. On élit un bourgeois dans chacun des 
seitt quartiers et leur réunion forma le fameux Conseil des 
Seize'. 



I. On peut lire dans la plupart des histoires que ce terme désigne une 
ktx» composée de tous les ligueurs des seize qusrtiers de Paris, et non 
de leize personne* seulement. Cest une erreur absolue. 11 est incontestable 
que le Conseil des Seize fût composé de seize personnes^ chacune représen- 
tant un quartier {Sat. Min,, t. I, p. 338; De Thou, t X, p. 5i, etc.). Si c le 
bntiment des Seize a ressemblé l'entreprise de la tour de Babel i (Dialogue 
<b Mûheustre et du Manant, Sat. Mén., t. III, p. 418), il est do moins plus 
fidle de montrer leur nombre que leur vertu. Les documents abondent sur 
le c cube quarré b, les Sires, les Mylords Seize que Mayenne réduisit au 
nombre des apôtres par la pendaison des quatre plus violents. Nous n'in- 
litterons pas, d'autant plus que nous possédons des listes de ces Seize : 



U Bruyère, 


Louchart, 


Martin, 


Crucé, 


Anrouz, 


Genebrard, 


LeQerc, 


Ameline, 


Sanguin, 


Louchart, 


Aymonot, 


Soli, 


U Morlière, 


La Bruyère, 


Turquet, 


Senault, 


Crucé, 


Mesnager, 


OeBart, 


Le Clerc, 


Rinssant, 


Drouart, 


La Morliére, 


Ameline, 


Alvequin, 


Bart, 


Louchart, 


Aimoné, 


Drouart, 


Morin Cromé, 


Sablier, 


Alvequin, 


Ysoart Capel, 


Messier, 


SabUer, 


S. Hamilton, 


Fassart, 


Messier, 


Crucé, 


Oudineau, 


Passart, 


Acarie, 


Le TeUier, 


Oudineau, 


De Launay, 


Morin, 


Morin, 


La Bruyère 



(los. de Lezeau, Hf, bibl. Sainte-Geneviève; Sat. Mén., t. I, p. 63; Sat. 
^^; Diaiogues, t. III, p. 423 ; Bibl. nat., ms. fr. 3968, fol. 36o; Sat. 
^^u 1. 1, p. 346, donne Le Tellier au lieu d* Anrouz; L'Estoile, t, V, p. i36). 
^>près M. Robiquet, p. 493, le président de chaque conseil des Neuf devait 
^tre le quartenier, et la réunion des seize quarteniers formait le Conseil des 
p^. M. Robiquet se trompe : l'organisation de la Ligue est absolument 
^^épendante de l'organisation municipale. Nous connaissons les noms des 
<)Qarteniers, il est facile de voir qu'aucun ne fit partie du Conseil des 
^^< " D*autres historiens disent que le député du quartier au Conseil 
des Seize éuit le président au Conseil des Neuf. Il est impossible d'admettre 



74 1-^ lifOLTB R LB SikOB M PARIS. 

Telles éteient les aatoritésqaidomiiiueat Péris et tUikttiûit 
triompher i'insorrecdon, ayec Paide de k Sorbonne et du Pir- 
lement époré et dodle. 

Dis le 25 décembre, les maisoas des royalistes étaient gudéa 
parla milice bourgeoise; des perquisitions fûtes danskilital- 
leries et les chambres garnies*. Dans les jours qui suiTitest, h 
terreur régna dans Paris, on arrêtait en masse les suq)ect& Mes- 
doça écrivait à son maître : c Les gens de Paris ont pris lesinns 
et emprisonné tous les Huguenots politiques, machisvéliitei, 
comme ib les appellent, et toutes les personnes soupçonofa 
d'appartenir au parti du roi*. » On les entassait dans les priamt, 
à l'Hôtel-de- Ville, à la Bastille, c sans distinaion de sexe m 
d'aage », et ceux qu'on laissa libres étaient étroitement surveilla 
et contenus par de terribles menaces et de &équentes visites dopic 
ciliaires. En même temps, on s*occupaitde la résistance contre^ 
roi et de la fortification de la ville. Les mesures se succédire^ 
pour l'approvisionnement, la garde et le guet de la ville*, l^ 
réquisition des chevaux^, la préparation des fortifications*, l'ei^^ 
rôlement des soldats, des pionniers, des manouvriers*. 

Pour gagner du temps et tromper le roi sur Tétat de Paris, ot^ 
lui avait envoyé, le 28 décembre Le Maistre, avec une lettre fort 
obséquieuse^, et le i*' janvier le corps de ville suppliait Mayenne 
d'accourir k Paris*. 

cette théorie, car, ptrmi les membres du Conseil des Seize, il en est dont 
les fonctions étaient trop importantes pour leur permettre de s'occuper en 
même temps de la Tille entière et des petites afiaires d'un seul quartier, 
ainsi La Bruyère lieutenant civil et Bung Lederc gouyemeur de la Bastille. 
— Les seise conseils des Neuf n'étaient que de simples comités de quartier, 
leurs présidents allaient rapporter au Conseil des Seise l'eut du quartier et 
recevoir les ordres. 

I. Arch. nat., H 1789, fol. 212. 

a. Ibid., Kl 570, n* 3o. 

3. Ibid., H 1789, fol. ai 3. 

4. Ibid., H 1789, fol. aïs. 

5. Ibid., H 1789, fol. 119, a3a ; — Actes et arrêta du Parlement, XIa 9324», 
fol. 459. 

6. On ouvre des ateliers publics c pour le peuple ojseux et en nécessité » 
(Ibid.). 

7. Arch. nat., H 1789, fol. 216. 

8. Arch. nat.y H 1789, fol. a33. Lettre du corps de ville au duc de 
Mayenne : c Nous vous supplions très humblement, Monseigneur, de fiûre 
estât de œste ville pour estre de tout à voetre devodon, offrant nos vies et 
nos biens, toutes les villes ajrant l'oeil sur Paris... » 



I 



LA RÉVOLTE ST LB SIÈGB OB PARIS. jS 

En attendant» les Seize faisaient dans la ville « un terrible mes* 

e* ». Pour payer les dépenses, on commença par c curer les 

bourses > des politiques, des « roiaux », on pilla leurs maisons*, 

on saisit les deniers publics ainsi que Pargent du roi et de k 

reine*. 

Les curés reçurent des mandements pour « lever de chacun de 
leun paroissiens le plus de deniers qu^ils pourroient pour les 
affiûres de la guerre et la défense de la ville'* ». 

L'enthousiasme des fidèles emplissait les caisses de la Ligue*. 
« D n'y avoit si pauvre artisan qui donnast moins d^une demi- 
douzaine d'escus, tel n'avoit argent qui vendoit, engageoit pour 
contribuer, Tor couloit comme un ruisseau parmi les rues*. » 

Dès les premiers jours de janvier, la ville, à Tabri de tout mou- 
vement contraire à Tintérieur, était à l'extérieur protégée par 
l^xcopation de Charenton, de Saint-Cloud et de Saim-Maur^, 
<ioot les garnisons assuraient les passages des rivières et Tappro- 
viiioonement de la capitale, et on s'occupa de fortifier Saint- 
Denise 

L'^ était tirée et le fourreau jeté, suivant le précepte du duc 

<ie Panne. La rupture était définitive entre Paris et le roi de 

Fnnce. Le coup décisif fut porté le 7 janvier par la Sorbonne. 

Profonde politique : la Sorbonne, donnant à la révolte l'appbi 

d'une déclaration solennelle, entraînait les timides, les hésitants, 

complétait Tceuvre de la chaire et du confessionnal. Le 7 janvier, 

une requête, présentée au gouverneur et au Bureau de ville de la 

part des bourgeois, manants et habitants de Paris, exposait les 

scrupules de conscience des requérants, demandait s^il était permis 

I. S4U. Min,, u l, p. 3S9. 

a. L'Estoil«, t. III, p. 2o3. Sa maison fut fouillée c juaques aux cendres 
du foyer » par Senauît et la Rue, le 28 décembre. 

3. Arch. nat., K iSyo, n* 3o. Mendoça à Philippe II, 5 janvier. 

4. L'Eatoile, t III, p. ao3. 

3. Les quêtes devaient être fructueuses et l'enthousiasme singulièrement 
réchauffé par Teacorte du curé-quêteur, composée de quatre bourgeois ou 
deux délégués des capitaines de la dixaine. Rolland centralisait les recettes 
(Arch. nat., H 178g, fol. 23 1). 

6. Matthieu, t. IV, p. 1 36. Le duc d'Aumale, c endebté de tous cdtés, se 
rempluma » (Sot. Mén.^ t. II, p.. 37) et fiit c quary de la jaunisse saffranée 
dont il languissoit » (/^tVf., t. I, p. 9). On peignait en jaune la fiiçade des 
maisons des banqueroutiers. 

7. Arch. nat., H 1789, fol. 272. 

8. Arch. nat., K 1370, n* 3o. Mendoça à Philippe II. 



76 LA RivOLTB ST LE nÈGE DB PAKIS. 

de s'assembler, s'unir et contribuer contre le roi et si les lajett | 
éuient déliés du serment juré au roi qui avait violé la foi paUiqM ^ 
par des trahisons et des assassinats dans l'assemblée des Etan. Li m 
requête, préparée par la Faculté, fut envoyée à la Faculté, qoidfr >^ 
béra solennellement. On dit une messe pour implorer les Itunièni - V- 
du Saint-Esprit, et on déclara, au nombre de soixante-dix doo- P 
teurs ^ que Henri de Valois était déchu de la couronne, les Fm- 
çais déliés du serment de fidélité qu'ils lui avaient juré, qalb 
pouvaient s'armer, en liberté et sûreté de consdenœ, contre oe 
tyran exécrable, « violateur de la foy publique au préjuditt 
notoire de leur saincte foy catholique romaine », et que son nom 
serait rayé des prières de l'Église. La Sorbonne décida que ceoe 
conclusion serait portée à Rome pour que le Saint-Père Tap- 
prouvât et la confirmât de sa haute autorité*. 

Cène décision de la Faculté de théologie de Paris, c la première 
de la chrestienté », eut un immense retentissement. En France, 
elle fit évanouir les scrupules et les hésitations; k masse da 
peuple, religieux, honnête, de bonne foi, apprenait d^une si haute 
assemblée, et si respectée, que le roi était déchu, la révolte légale, 
nécessaire pour défendre la foi. A l'étranger, à Rome, eUe entraîna 
l'adhésion du pape, jusqu'alors hostile aux Guises, en le trompant 
sur l'état véritable des afiEaires de France et en lui fisisant écrire 
que la cause royale était absolument désespérée. 

A la cour, tout était confusion. La vieille Catherine, c Tentre- 
metteuse », qui eût été fort utile cette fois, venait de mourir 
(5 janvier)'. Le roi avait envoyé Claude d'Angennes, évéque du 
Mans, à Rome^, du Fresne-Foiiget à Madrid', et Baradat aux 

I. Le doyen Jean Le FèTre, Robert Vâuvarin, Denis Sorbin s'étaient oppo- 
sés au décret, mais ils furent contraints de l'approuver, c Conclusum est a 
D. Decano ejusdem Facultatis nemine refragante. 1 

a. Bibl. nat., V*' Colbert, ▼. 16, fol. aSg; Arch. nat., K 1570, Sa; L'Es- 
toile, t. III, p. a4a; Mém. de la Ligue, t. III, p. 187; Cayet, Ckr, Nc¥., 
t. l, p. 91 ; De Thou, t. X, p. 3 11. c Advis et résolution de la Faculté de 
théologie de Paris pour la conservation de la foy catholique... 1 S. 1., i58g, 
in-8'. c Advis et resolution de la sacrée Faculté... 9 Paris, G. Chaudière, 
1389, in-8*. c Discours sur la résolution de la Faculté... 1 S. 1. n. d., in-8*. 
c Advis de Messieurs de la Sorbonne de Paris... 1 S. 1., i389, in-8*. 

3. c A Blois, elle estoit adorée et révérée comme la Junon de la Cour; 
elle n'eust pas plus tost rendu le dernier soupir qu'on n'en fit non plus de 
cas que d'une chèvre morte i (L'Estoile, t. III). 

4. Bibl. nat., ms. fr. 3936, fol. i-3o. Instructions à C. d'Angennes, etc. 
3. Ibid., ms. fir. 3936, fol. 197-1991 3i7a, fol. 37. 



UL vtroum et ls nham db paris. 77 

; catholiques d'Allemagne^, avec des instructions justifica* 
îfcs et condliaotes. Abusé par la démarche du président Le 
-littstre, au nom de la ville de Paris', il hésitait, relâchait 
fdques^uns de ses prisonniers, espérait gagner les esprits, paci- 
Ir le royaume par k bonté, Toubli, le pardon. Il envoyait des 
diailiires aux villes, des explications, ordonnait des réductions 
ètiillesy mais les États, qui connaissaient mieux que le roi Fétat 
k Fuis et des principales villes affiliées, le bravaient, Tanéantis- 
«îent par k plus terrible des oppositions, Tinertie. Le roi makde 
ffeondt, « déclarait qu'il s'estimerait heureux que quelqu'un l'eût 
d^ tué* ». 11 dut congédier les députés en leur fusant promettre 
d^psiser les troubles dans leurs provinces, ils promirent et cou- 
rurent propager k révolte. 

Le 14 janvier. Le Maistre était revenu à Paris, il avait obtenu 
la liberté sous condition de Compans et Cotteblanche et la déli- 
vrance de M^ de Nemours. Le Conseil des Seize apprit qu'il avait 
apporté en secret au premier président^ des lettres et un édit par 
lequel le roi déckrait « qu'il oublioit ce qui s^estoit passé' », 
Q>mme le Parlement fiedsait une opposition constante à la Ligue, 
il était à craindre qu^il n'enregistrât et ne publiât ces lettres ; on 
résolut de prévenir ce danger. Le Parlement comptait quelques 
ardents ligueurs, mais k majorité était composée de ces gens qui 
viennent toujours en aide aux plus forts et ne demandent qu'à 
être violentés; pour en faire de bons ligueurs, il suffisait de leur 
ôter les che£i respeaés comme Harlay, de Thou, Potier, dont 
l'exemple et l'autorité les maintenaient dans le devoir. Soustrait à 
cette influence, le Parkment serait à l'entière dévotion de k Ligue. 
Il était indispensable, au lendemain du décret de la Sorbonne, 
prononçant la déchéance du roi, que la première cour judiciaire 
du royaume donnât l'exemple de l'obéissance au décret, que cet 
illustre corps, dont k tradition faisait le gardien des lois et de 

1. BiU. nat«, ms. fr. SgSô, fol. 3i. 

2. Le président Le Maistre était un de ces c sages 1 qui réussirent à faire 
leur Ibrtune pendant la Ligue. Aussi lâche qu'ambitieux, craignant les 
ligueurs autant que le roi, il n'osa refuser la mission dont on le chargeait, 
mais fit son testament avant de partir. On conçoit qu'il dut être à Blois fort 
humble et respectueux et tromper d'autant mieux le roi sur l'état dès esprits 
k Paris. 

3. Arcb. nat., K 1370, n* 3o. Mendoça i Philippe IL 

4* Bibl. nat., ms. fir. a3a95, fol. 491 ; Sat. Mén,, 1. 1, p. 340. 
3. De Barthélémy, Journal d'un curé^ p. aaa. 



jS Là màfotxm sr le si^gb db paeb. 

la oooititQtkm de k Fnnee, donnât par aon adfaéâon nncipph 
rence de l^alité à la révohe. Dès le i5, on demanda an dncd^AiH 
maie d'ordonner l'arrestation des membres do Parlement ètmh 
au Valois. Le duc, épouvanté de tant d'andace, refusa, c tiitt|tt 
le respea du Parlement que pour la difficulté de rezécodon* «. 

On lui demanda seulement son consentement, qu'il aomdi. ^ 
Le Consdl des Seise résolut d'agir dès le lendemain et confiitxtt 
honteuse mission à Phomme à poigne de la Ligue qui, deiia]fe 
procureur, s'était « senti capable de dire le capitaine » etavntéii 
nommé gouverneur de la Bastille par le duc de Guise, le fusenx 
Jean Leclerc, qui se faisait appeler Bussy, pour être plus terrible,<& 
souvenir du grand Bussy-d^Amboise. 

Le i6 janvier, Bussy dit garder les portes du palais psr ^ 
compagnie de Compans et entre en armes dans la Grand'Cbtmb^ 
où le Parlement était assemblé. 

Au nom des catholiques zélés de la ville, il présente une reqa^ 
c qu'il plust à la Cour de sMnir avec les prévost des mareham^^ 
échevins et bons bourgeois pour la défense de la religion et de ^ 
ville et de déclarer, conformément au décret de la Sorbonne, qt^ 
les François estoient déliés du serment de fidélité et d'obéissant^ 
envers le roy et qu'on ne mist plus son nom dans les arrests > 
Puis il se retire dans le parquet des huissiers; où ses gens l'atten-'^ 
daient. Au bout d'un mo.ment, il rentre dans la Grand^Chambre, 
répée à la main, suivi d'une trentaine d'hommes armés, criant 
que cMtait discuter trop longtemps, qu^il y avait des trattres, des 
complices d'Henri de Valois, qu'il avait ordre de s'en assurer et 
que tous ceuxqu'il allait nommer devraient le suivre sur-Ie<bamp. 
En tête de la liste, le premier président AcbiUe de Harlay, puis 
les présidents Potier de Blancmesnil, de Thou ; mais on interrompt 
Bussy de tous côtés, les royalistes refusent d'en entendre davan- 
tage, ne veulent point abandonner leurs chefs; les plus violents 
sont les conseillers ligueurs qui veulent absolument être tratnés 
en prison avec Monsieur le Premier, — précaution sage, en cas 
d'échec de la Ligue, il aurait été dangereux de n'avoir pas figuré 
sur la liste, — tous se lèvent et Bussy les emmène triomphalement, 
amis et ennemis, au nombre d'une soixantaine de toutes les 
chambres, deux à deux, c tout au travers des rues plaines de peuple 
qui, espandu par icelles, les armes au poing et les boutiques fermées 

I. Bibl. nat., ms. fr. aSagS, fol. 49a. 



UL livOLTX XT LB SthOM DB PARIS. 79 

fKnr les voir passer, ks laidéreot de mille brocards et viknies* ». 

Ia place de Grtwt éuit occupée par ks firanci-vattrieas de Paris, 

kl portefiûz, les décbargeors de ports, gens simples, fanatisés, 

mêlés des pires coquins. Toute la lie de k populace attendait sa 

proie, on allait avoir enfin k grande revanche des malandrins 

coQttek juge. L'attitude de cette louk était teUe qu'on eut peur 

d'un massacre; tous les prisonniers étaient précieux : les ligueurs 

pour former un nouveau parlement, les royalistes pour servir 

d'ottges et payer de belles rançons; on leur fit prendre une autre 

nmie pour aller à k BastiUe*. On ne retint que ceux qui étaient 

nr la liste de Bussy, on relâcha tous les autres dans la journée. 

Dès le lendemain, le Parlement était reconstitué par c cette 

ciQaiile prostituée », comme l'appelle si justement L'Estoile. Cette 

< aaiemblée d'esckves » se donna un chef digne d'elk : Barnabe 

firisKm, grand jurisconsulte, mais chez qui L'ambition avait 

chassé la conscience. Le conseiller Edouard Mole fut nommé 

proQureur général sous k pression de k foule qui crkit : Molél 

Molél et Louk d'Orléans et Jean Le Maistre devinrent avocats 

Séoétaax*. 



I. L'EitoUe, t. UI, p. a33. 

^* DeThoo, t. Xy p. 5i5; Aubigné, t. III, I. ni, c. i, coL agS. 
3. Bibl. BMlL, ma. fr. SqSS, fol. 364. Maîmbourg donne la liste suhrante 
^ < rqfdîatts fidèlea » d'après Loysel, c qui les connoissoit tous » : 



Harlay, 






Mancmeann^ 


présidents. 




DeThoa, 






Chartier, 


Gayaut, 


Tournœbus, 


Spifiuney 


Amelot, 


De Moussy, 


Malvaot, 


Forgct, 


Pinney, 


Perroty 


Herivauz, 


Godard, 


UViiy, 


Du Puy, 


Fortin, 


Mole, 


GîUot, 


Le Meneur, 


ScarroD, 


Jourdain, 


Denis de Heere. 



c U y en eut encore quelques-uns dont je n'ay pu sçavoir les noms 1 
(Maimboiarg, t. U, p. i35-i36. Cf. E. de Barthélémy, Journal d'un curé, 
p. aa3), Seguier, Mcûrtier, Tavocat Boney (L'Estoile, t. III, p. a38). — Ame- 
lo^ Forget, Perrot, Dupuy, Jourdain, Boney, Tournosbus, Seguier furent 
délÎTrés le 18 mars (L'Estoile, t. III, p. %bS) et les autres quelques mois 
«près, c eo employant le vert et le sec et le sang de leur bourse ». — Bris- 
aon fit comme Le Maistre en décembre. Il protesta secrètement par-devant 
notaire qu'il ne cédait qu'à la force 1 Nous le ferrons trahir tous les partis, 
compromettre ses amis par sa faiblesse, et Barrabas, comme rappelait Har- 



8o Là mtfOLTR Wt LB SlàOB DB PAUS. 

Un parlement ainsi recraté allait rendre plus de services qae 
d'arréti. Les actes se suivent nombreux : le 19» la Goar s'unit 
avec le Corps de ville c pour l'assiiter en toutes choses ei mêDie 
contribuer aux Crati de la guerre résolue pour le bien public' 1. 

Le so, Compans et Cotteblanche, que le roi avait libérés aoas 
serment de revenir à Blois dans la quinzaine, sont autorisés à 
rester à Paris et Tévéque de Paris et ses vicaires invités à les dâier 
de leur serment ^ 

Le 26*, < les Chambres assemblées en la présence des prince, 
pair de France, prélats, maistres de requestes, advocats et procn- 
renrs généraux.. . , au nombre de six-vingt six », fut fiedt un serment 
solennel de ne se départir jamais de Funion et de poursuivre ptr 
tous les moyens la vengeance de la mort des Guises. Toos 
jurèrent et signèrent sur le tableau, et c aucuns de leur sang* >• 
Cet acte, imprimé chez Nivelle*, fut envoyé dans toutes ks viU^ 
du pani et augmenta encore les passions. 

M"^ de Guise vint au Parlement après ses couches présenta 
une requête pour < informer du massacre et assassinat commis ^ 
la personne de Monseigneur de Guise* », et la Cour nomma det^ 

laj, au lieu de Bamabas, finira misérablement en iSgi au gibet. Pan^^ 
ces c fidèles royalistes 1, Mole devint, le lendemain de rarreatation des PaT^^ 
lementairea, procureur général; d'autres, comme Chartier, Oayaut, Godartl # 
Denis de Heere furent de parfiiits ligueurs. Tous ces gens formeront plu# 
tard le tiers parti, si méprisable et si méprisé, contre lequel le parti poli^ 
tique aura tant à lutter et que, par une erreur vraiment singulière, Is 
presque unanimité des historiens confond, identifie avec le parti poli- 
tique. 

i.L'Estoile, t. III, p. a38. 

a. Ibid. 

3. De Thou donne la date du 3o. M. Robiquet l'a acceptée. EUe est évi- 
demment £iusse. 

4. a6 janvier (Arch. nat., XiA9324B, fol. la; Bibl. nat., ma. fr. 2731, 
fol. 3o). 

3. La Forme du serment que doivent faire tous les bons catholiques.» 
Paris, Nyveile, i389 (Arch. nat., K 1370, fol. 19). Cette brochure est l'extrait 
du registre du Parlement : c Noua jurons de vivre et mourir en la religion 
catholique..., d*entendre de tout nostre pouvoir et puissance à la garde et 
conservation de ceste ville de Paris..., de défendre et conserver envers et 
contre tous, sans aucun excepter et sans respect d'aucune dignité et qualité 
des personnes, les princes, prélats, seigneurs, gentilshommes et habitana 
de cette ville. » 

6. Paris, Rolin Thierry, rue des Anglois, près la place Maubert, i389 
(Arch. nat, K 1570, n* 17). 



LA R^OLTI ET LR SIÈOB DB PÀBIS. 8l 

conseillers^ Michon et Courtin, afin de faire une enquête et le 
pfocèsduroi^ 

Uinsurrection s'était étendue en quelques semaines dans toute 

la France : la Picardie, à demi espagnole depuis quatre ans, grâce 

au dac de Guise, avait été la première à se soulever. Amiens avait 

pris les armes dès le 2 janvier', et la Ligue unie à TEspagne 

recommença ses tentatives contre Boulogne'. Orléans avait 

cbassé les officiers du roi, fortifié et barricadé les rues et assiégé 

dans la citadelle les troupes royales'*. Orléans couvrait Paris, 

aussi le duc d'Aumale avait envoyé son frère avec 200 chevaux 

au secours de Tavant-poste de la Ligue'. Le chevalier d'Aumale 

trouva les Orléanais c si résolus, si bien pourvus qu'ils se disent 

I. La cour fit c inhibition et défense aux commissaires et tous autres de 
piuer à tout autre procès suscité par ceux qui avoient proditoirement 
loeortri les Guises ». Le roi avait déiigné deux conseillers au Grand Con- 
sul, Guiotard et Bretel de Languetot, pour examiner les papiers des Guises 
^£ure des informations. — L41 duchesse de Guise demandera aussi justice 
«Q pipe (lettre du 27 février 1689 au cardinal Alain). 

>• c I>édaration et résolution de par les maieur, prévost... d'Amyens » 
(Atch. nat., K 1 670, n* 29, placard impr.; L'Estoile, Figures et drolL de 
^ Ugue, t. IV, p. XLViii, 145). 

3. Le lieutenant d'Épernon, R. de Bemet, conservait vaillamment cette 
^Ile à la France. On employa contre lui le moyen déjà tenté contre Cril- 
Het, le ai janvier, Mendoça écrivait à Philippe II que Bernet avait été 
bleiié d*un coup d'arquebuse et qu'on annonçait sa mort, c Ce serait une 
^e chose pour le bien de la Picardie. » Le roi a écrit en marge : c Bueno 
tt esto > (Arch. nat., K 1 570, n* 47). La trahison de la Ligue était si manî- 
^te que les ligueurs sentirent en ce moment le besoin d'une excuse; on se 
mit à raconter que Henri III voulait livrer la ville à PAngleterrel Jesabel 
[Elisabeth] avait payé le roi et envoyé des vaisseaux chargés d*or et d*ar- 
geotl On donnait le nombre de ces vaisseaux dont on s'était emparé 1 Tout 
celi était absolument feux, la Ligue n'avait rien pris, Elisabeth rien envoyé 
et Henri III rien vendu. On imprima chez Michel Jouin ces odieux men- 
songes et l'on répandit partout la Trahison descouverte de Henry de Valois 
sur la vendition de la ville de Bologne à Jesabel, rqyne d'Angleterre, avec 
le nombre des vaisseaux pleins d'or et d'argent prins par ceux de la ville 
de Bologne envqyejç par Jesabel audit de Valois (Paris, Michel Jouin, iSSg, 
jn-8*. BibL nat., Lb^^ 6b i). Cest cependant d'après des pamphlets de ce 
genre, où il n'y a pas un mot de vérité, que l'on a jugé Henri III et que l'on 
a écrit son histoire I Bien entendu, les historiens que la Ligue a trouvés de 
DOS jours pour célébrer son patriotisme gardent un prudent silence sur ces 
efforts continus de la Ligue pour livrer Boulogne à l'Espagne. 

4. c Discours de ce qui s'est feict à Orléans..., 1689 > (Arch. nat., K 1670, 
n* 32, impr.). 

5. Arch. nat., K i567, n* 198. Mendoça à Philippe II. 

MÉM, XXXIXX 6 



8a LÀ REVOLTE IT LB UÈGB DX PARIS. 

en état de te défendre pendant trois ans* ». La TiUe de Chirati 
mit 3,000 hommes à la disposition des Parisiens '. 

Sous le nom de la Ligue, TEspagne allait devenir maltitacde 
la France. Villars, gouverneur du Havre, s^engageait à c tuR 
humble service » à l'Espagnol ' et entraînait dans U Ugoe 
Rouen et la Normandie. La Châtre soulevait le centre de la 
France, Saint- Pol la Champagne, Mayenne la Bourgogne, lo 
villes adhéraient en foule à la Ligue : Beauvais, Senlis, Muuo, 
Melun, Dreux, Auzerre^, Troyes, Dijon, Lyon, Marseille, Atx, 
Narbonne, Toulouse*, Angers, Nantes, etc. 

Paris parlait au nom delà France et employait tous les moyens 
pour entraîner les villes dans la révolte. 

Le 21 janvier, une déclaration, publiée c de par les princes 
catholiques, villes et communautés unis avec les trois esttts do 
royaume », remettait au peuple le quart des tailles en sus de b 
réduction des États de Blois* : « Si vous recevez Henri de Valois 
dans vos villes, écrivait-on officiellement, assurez-vous de voir vos 
prédicateurs massacrés, vos échevins pendus, vos femmes violées 
et les gibets étofiés de vos membres^. » 

I. Arch. nat., K 1670, n* 496. Mendoça à Philippe H. 
a. Ibid., K 1670, n* 3o. Mendoça à Philippe II, 5 janTîer. 

3. Arch. nat., K iSto, n* 69. Villars à Mendoça, 3i janyier 1S89. 

4. L'évéque d'Auxerre, le célèbre Jacques Amyot, qui avait appelé le* 
jésuites, signé l'union, était en butte aux persécutions des ligueurs*, ^ 
l'injuriait en chaire, on le pourchassait à coups de fusil dans la Tille : ^ 
bon vieil homme était très riche et les défenseurs de la foi ne dédaignaient 
pas les richesses, même celles de leur évéque {et Sot, Mén.y t. I, p. i34, 
t. II, p. 198.) 

5. c Messieurs, écrivait la ville de Paris aux capitouls de Toulouse, ce 
nous a esté un grand contentement et consolation d'avoir appris par vos 
propres lettres les moyens desquels vous avez usé pour vostre conservation 
et celle de la religion catholique. • Les apologistes de la Ligue ne manquent 
pas de citer des textes de ce genre pour prouver que les ligueurs n'avaient 
d*autre but que la défense de la religion catholique. Acceptons cette preuve, 
voyons comment les ligueurs de Toulouse ont défendu la religion. En mas- 
sacrant le premier président du parlement de Toulouse, Jacques Duranti, 
un des plus fervents catholiques de France, qui avait appelé à Toulouse les 
jésuites et les capucins, institué des confréries, qui éuit l'auteur d'un livre 
religieux imprimé aux frais du pape Sixte-Quint 1 Mais, s'il était bon catho- 
lique, il était aussi bon Français et à ce titre ennemi de la Ligue. On le 
tua c pour la conservation de la religion catholique ». 

6. Mém, de la Ligue, t. III, p. 176. 

7. Ibid., t. III, p. 519. 



f 



LA RÉVOLTI KT LB SIÈGE DB PARIS. 83 

On répandait partout à profusion d'ignobles libelles contre le 
toi, iojariant « Tinfâme tyran », ezalunt les Guises et célébrant 
1b louange des « martyrs ». 

c II n^y avoit à Paris si malotru pédant qui ne fist une couple 
de sonnets sur ce sujet..., il n'y avoit imprimeur qui ne fist rouler 
m presse sur les discours de ceste mort*. » Sous Pinspiration de 
M~ de Montpensier, une guerre de pamphlets était commencée 
contre le roi par tous les « croque-bénéfices et prédicateurs à 

Les déclarations, les circulaires du roi firent naître une nuée de 
c responces des catholiques zélés 9, de « discours véritables contre 
ks &usses allégations d'Henry le meunrier » et d' c advertis- 
sements des nouvelles cruautez et inhumanitez desseignées par le 
tyran de la France ». En vain les royalistes ripostent par des 
manifestes, des déclarations, ils ne réussissent pas à ouvrir les 
yeux aux bonnes âmes aveuglées par « les menus artifices, petits 
portraicts, petits libelles, plaisanteries de M"** de Montpensier et 
toutes ces petites drogues de femmes qui à peine tromperoient 
deux fois un en&nt et pourtant entretiennent dans l'oysonnerie 
accoustumée' ». Les écrits royalistes étaient comme ensevelis sous 
cette avalanche de pamphlets ligueurs, « il n'y avoit à Paris si 
pauvre écrivain qui ne mist la main à la plume^ » et « il n'estoit* 
fils de bonne mère qui n'en dist sa râtelée, et qui se taisoit estoit 
tenu pour suspea politique et huguenot^ ». 

A Paris, l'agitation devenait de la frénésie. On n'avait pas 
employé en vain le moyen suprême, infaillible, pour rendre une 
fouie terrible : la pitié, l'émotion, Tattendrissement. Le 10 jan- 
vier, les curés réunirent au cimetière des Innocents tous les petits 
eofiants vêtus de blanc et les conduisirent à Sainte-Geneviève. 
Pendant qu'on disait la messe, ils entraient successivement par 
paroisse, et^ se jetant à genoux, criaient par trois fois : Miséri- 



1. Matthieu, t. IV, p. i56. 

2. c Manifeste de la France aux Parisiens et à tout le peuple françois. » 

3. Bibl. nat., ma. fr. aSagS, fol. 5o3. 

4. Le Masque de la Ligue et de rHespagnoi,,,, p. 44. Tours, 1690. Cette 
goerre de pamphlets, imaginés suivant les événements pour terrifier ou ras- 
surer les peuples, se continuera jusqu'à la mort du roi. Même après Tassas- 
tinat de Henri III, les ligueurs vont s'acharner sur leur victime pour la 
flétrir, et ils y réussiront. 



84 LA REVOLTE ET LE SIÈGE DE PARIS. 

cordeM Les mères en revinrent les yeux rouges, furi 
le tyran, rintimité des familles était bouleversée. Le 
procession de plus de 10^000 personnes, criant : 
défendez votre <»use, exterminez le traître, déloy 
Henri', » et on éteignait les cierges sous les pieds, < 
éteindre le Valois maudit. L'aspect de la ville étaii 
deuil avait été officiellement commandé et tout le 
vêtu de noir comme au décès du souverain'. 

Les curés appelaient la magie au secours de la r 
plaçait sur les autels des statuettes de cire représenta 
chacune des quarante messes, l'officiant piquait la 
prononçant de solennelles imprécations et, à la quaran 
il la piquait au cœur, dans l'espoir de faire mo 
Guincestre avait trouvé dans le pillage de la résidem 
Vincennes de petits chandeliers d'argent, ciselés e 
satyres, portant des flambeaux : ces chandeliers de^ 
figures de démons que le sorcier Henry adoroit à Vim 
lui avoient conseillé le massacre des défenseurs de la 
en sortant de pareils sermons que le peuple brisait 
rappelait le souvenir du tyran sorcier et démoniaque. 

Les rues étaient continuellement sillonnées d'ir 
processions ; après celles des enfants, celles des ma 
moines, des clercs, puis le flot populaire. Pour être 
Dieu et souffrir davantage, les dévotes allaient pie 



1. Bibl. nat., ms. fr. aSagS, fol. 499. 

2. Arch. nat., K 1670, n* 38. 

3. Conseil salutaire aux Parisiens {Sat, Mén.^ t. III, p. 28. 
mation du luxe est si grande que ceux qui la voient ne la p 
jusques-Ià que, si une damoiselle estoit veue parée d'une f 
rabas un peu trop grand ou trop empesé ou les manches 1 
découppées, les autres damoisellcs se ruent sur elle et luy arr 
collet ou luy déchirent sa robbe, enfin on ne voioit lors quasi 
dans Paris... Jamais on ne fit pour aucun roy de France plui 
vices dedans I^aris, Tun à Sainct-Germain-l'Âuxerrois, leur pa 

nii'rtn nnnHlf^ le servire Rolennel. en IValifte He Nn<rre-Mnmp' 



LA R^OLTI BT LE SI^GB DE PARIS. 85 

q;iunèrent les robes, les jupes, s'envebppant d'un suaire. M"^ de 
Montpensier avait donné l'exemple, nue sous le drap de pénitence, 
nVyint au sein qu'une dentelle; Guincestre était vêtu de son 
nrplis. Processions agréables pour les jolies filles de la ville, qui 
ne gardaient qu'une seule toile de lin très fine, n'opposant « aucun 
obsacle aux regards et aux caresses empressées des jeunes gens, 
qui les conduisoient galamment par-dessous les bras^ ». Mais 
combien terribles et honteuses pour les honnêtes femmes, filles et 
femmes des politiques traquées par les Seize, obligées, pour sauver 
k vie des leurs, d'assister à ces processions et d'imiter celles qui ne 
risquaient guère. « Femmes, filles et garsons marchoient pesle- 
mesle ensemble, tout nuds. » La licence des processions devint 
icaodaieuse, « elles engendroient des fiiiits autres que ceux pour 
la fin desquels elles avoient esté instituées. Comme de fait, près 
la porte Montmartre, la fille d'une bonnetière en rapporta des 
fruits au bout de neuf mois, et un curé de Paris, qu^on avoit oui 
prescber peu auparavant qu'en ces processions les pieds blancs 
et douillets des femmes estoient fort agréables à Dieu, en planta 
on autre, qui vinst à maturité au bout du terme' ». Le bon 
nbgieux de chevalier d'Aumale jetait avec une sarbacane des 
dragées aux femmes qu'il connaissait, les réchauffait par des 
collations au Pont-au-Change, au Pont-Notre-Dame, rue Saint- 
Jacques, rue de la Verrerie et ailleurs, « la Saincte Veufve n'estoit 
oubliée, laquelle, couvene seulement d'une fine toile avec un point 
coupé à la gorge, se laissa une fois mener par-dessous les bras au 
travers de l'église Saint-Jean, mugueter et attoucher, au grand 
scandale de plusieurs bonnes personnes dévotes qui alloient de 
bonne fby à ces processions, conduites d'un zèle de dévotion et 
religion • ». 

Si les chefs se moquaient de la religion, la foule, simple 
ignorante, avait une foi plus sincère; les jours ne semblaient pas 
assez longs, des paroisses entières allaient réveiller leurs curés 
pour les mener en procession, et ce peuple cheminait à la pâle 
lueur des cierges, en chantant de lugubres cantiques, pendant ces 
brumeuses et froides nuits d'hiver, pieds nus, à demi vêtu, et, 
comme dit L'Estoile, < enragé ». 

I. Cest le grave De Thou qui parle ainsi, t. X, p. aSg. 

a. L'Estoile, t. ÏII, p. 24B, 

3. Ibid.; — Conseil salutaire..., dans Sat. Mén.^ t. III, p. 3oi. 



86 LA nivOLTE R LE SlàCB DE PAUS. 

Tel était l'état des esprits ren le milieu de février, quand le d 
de Mayenne arriva à Paris. 

La mort du duc et du cardinal de Guise avait fiait de kur M 
Mayenne le chef de la Ligue. Dès le mois d^octobre, on tm 
désigné pour prendre la direaion du parti, la témérité du Bilab 
fiEiisant prévoir aux ligueurs sa mort inévitable, fiEitale, t milgn 
la timidité naturelle du roi* ». Depuis longtemps à la soldée 
TEspagne, Mayenne avait été tenu en réserve par Meodoça,qui 
allait s^en servir après avoir usé Guise. Jacques de Arbdiji 
succédait à Mucius. Moins intelligent que ses frères Henri et 
Louis, il était plus souple, plus persévérant, et il avait aa phi 
haut degré la grande vertu de la Ligue, l'hypocrisie. Bon géoénl, 
fort habile dans les négociations, il avait la bravoure de sesfrèm 
et la prudence qui leur manqua. Nous allons voir à rceufrt œ 
pesant homme, aux mœurs légères, égoïste et dissimulé, dépoorm 
de scrupules, et qui cachait sous une apparence de bonhomieane 
ambition et un orgueil démesurés*. 

I. L'exprettion est d'un ennemi du roi, l'ambassadeur d*Espagne Don 
Bernardino de Mendoça. 

a. Ce jugement que nous portons sur Mayenne eat en contradiction com- 
plète avec l'opinion généralement admise. Toua les historiena font Pâoge 
de Mayenne, de son patriotisme, de aon désintéreasement. c Cest le plus 
honnête des Guises ; dit Michelet. La vérité est tout autre. Oo peut établir 
la moralité de Mayenne par quelques fiiita; sans parler de aea honteuses 
débauches, on l'avait vu parmi les assassina de Saint-Megrin, c'est lui qui 
tua le fils du chancelier de Birague, le colonel Sacremore qui avait obtenu 
une promesse de mariage de la belle-fille de Mayenne. — Ses rapporta avec 
aon frère Henri avaient été trèa tendus, les deux frèrea avaient AuUi s«: 
battre en duel pour une femme; ils se cachaient mutuellement leun 
intrigues avec TEspagne, Mendoça les payait secrètement ; Mayeone dénonça 
à Henri III les projets de aon frère quelquea jours avant le drame de Blois. 
En i589, il essaya de faire assassiner Henri III par Georges d'Avoy, et, en 
juillet, il encouragea Jacques Clément et lui facilita les moyens d'accomplir 
le c miracle > qui devait sauver la Ligue. En iSgi, il avait promia la Père 
aux Espagnols, le gouverneur Maignelay refusait de livrer aa ville, Mayenne 
envoya Colaa, qui l'assassina. — Un trait peint l'homme : en iSgi, il fil 
arrêter fort justement les principaux dea Seize qui avaient terrorisé Paris 
pendant Tannée et mis à mort Brisson. A Tun de ces coquins, Lou- 
chard, Mayenne offrit une place de a commissaire général des vivres de aea 
armées et de beaux appointements >. Louchard refusa. Mayenne l'envoya à 
la potence avec trois autres. En iSgi, il fit emprisonner, par Épinac, aon 
jeune frère le duc de Nemours, vaillant, populaire, qui avait défendu Paris 
contre Henri IV avec tant d'habileté et de bravoure. Nemoura devenait 



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^ lijt 



^ 



LA RÉVOLTE ST LE SIÈGS DE PARIS. 



87 



Prévena à temps, il avait pu s'écliapper de Lyon avant l'arrivée 
d'Alphonse d'Ornano, que le roi avait envoyé pour Farréter, et il 
à%dt réfugié dans son gouvernement de Bourgogne. Un de ses 
premiers soins fut d'envoyer à Philippe II un gentilhomme pour 
Faaurer de son obéissance et lui demander sa protection \ 

Le 8 janvier, il fit partir pour Tltalie le commandeur de Dion, 
duffgé d'implorer l'appui du duc de Savoie et du pape Sixte- 



Sa sœur, M"* de Montpensier, vint « à grandes journées » le 
fqoiiidre à Dijon, pour lui annoncer les événements de Paris et 
hii apporter la soumission de la ville, et Mayenne s'occupa 
activement de lever des troupes'. Après avoir organisé la province. 



^^'^^ 



fiant pour Mayenne et allait être un concurrent redoutable lors de Félec- 
tkn (Pun roi par les États. Majenne le fit arrêter. Nemours resta priaon- 
■ierdu 18 septembre iSça au a6 juillet 1594, date de son érasion. Quant 
ta patriotisme de Mayenne, il consiste, comme nous le verrons, en des 
tllitnoes avec les ennemis de la France, des offres à Philippe II, de lui 
livrer des provînoes, des villes, de démembrer la France, pourvu que lui, 
MiTenne, en eût une belle part. 

I. Arch. nat., K ibjo, n* 109. — Philippe II avait profondément déploré 
li perte du duc de Guise : c Pay trouvé l'Espagne tout émue de la mort 
de leur bon amy M. de Guise, et ce roy en a fait estrange sentiment, et on 
dit qu'il a plus regretté la mort de M. de Guise que la perte de son Armada i 
(lettre de Madrid, anonjrme, 4 février 1689, ^*°> Fronde, t. XII, p. 529). 
En attendant c les résolutions que prendront les villes », le roi d'Espagne 
eoToya A Mendoça pour Mayenne 10,000 écus (Arch. nat., K 1449, n* 5. 
Philippe II A Mendoça, 18 janvier; K 1449, fol. 6. Id., 19 janvier.) 

s. De Thou, t. X, 1. 94, p. 534. N'oublions pas que le duc de Savoie 
feoaît de s^emparer, en pleine paix, d'une prorince française, le marquisat 
deSafaices. 

3. On Ht partout que Mayenne hésita longtemps avant d'entrer dans la 
révolte, qu'il ne s'y décida qu'A regret, la main forcée. — D'après Maim- 
boiirg, t. II, p. 143, « la défiance l'entraîna comme par force dans la guerre 
civile, et il ne s'exposa A un danger si manifeste de se perdre que parce 
qo'i] s*imaglna qu'autrement il estoit perdu ». Et Michelet, t. X, p. 3i5, 
c il venait A regret A Paris, se sentant infiniment peu propre à ce rôle ». 
Les preuves abondent pour réfuter cette légende. Ce qui a induit en erreur 
les historiens, c'est ce séjour en Bourgogne, cette arrivée tardive A Paris le 
13 février. On n'a pas réfléchi A l'habileté profonde de Mayenne. La pré- 
sence de Mayenne A Paris était inutile, préjudiciable, elle aurait empêché 
Fextravagance des manifestations, et il était bon de lâcher la bride A la 
populace, de terroriser les Politiques; les Parisiens étaient d'autant plus 
compromis et par conséquent attachés A la Ligue. Ensuite arriverait Mayenne 
pour établir l'ordre, le gouvernement, la tranquillité. — Il fallait aussi que 
Mayenne se fît désirer : s'il était venu tout de suite, il aurait -semblé deman- 



88 LA BÉVOLTB BT LX SlàCE Dl PARIS. 

il entre en Champagne le 20 janvier, Tioyes le reçoit avec des 
honneurs royaux, la Champagne et la Brie sont placées tous ki 
deux hommes de guerre de la Ligue, Rosne et Saint- Pd; Mayeuit 
nomme Champ vallon gouverneur de Sens^ il entre à Jargeta le 
29^ à Orléans, la citadelle, occupée par les royalistes, capitnkia 
seul bruit de l'approche du chef de la Ligue, et le roi quitte BkM 
pour se réfugier à Amboise puis à Tours. Chartres accudlle k 
duc avec de grandes acclamations*, tout plie sous son autorité, et 
le 12 février il fit à Paris son entrée solennelle. Le peapk 
emplissait les rues et criait : « Vivent les princes I Vive le docda 
Maine! » Mayenne, ayant à ses côtés son frère Nemours, et 
précédé du duc et du chevalier d^Aumale', remerciait, tête aue^ 
€ avecques drues salutations" ». 

der protection à It ville, il était indispensable que la TÎUe se crût tauvée 
par sa présence et l'appelât (elle écrivît pour la deuxième fois, 18 jioTÎer. 
Arch. nat., H 1789, fol. a53}. La gloire du Balafré avait laissé Mayenne dini 
roinl>re et il n'était guère populaire, il follait qu'une marche triomphile 
dans les villes unies lui ftt une popularité. Enfin il était tout à fait néccfr- 
saire, pour le succès de l'insurrection, d'entraîner les villes de province, (^ 
les organiser, les préparer à la résistance contre le roi. C'est ce que ^^ 
Mayenne et ce qui lui permit d'entrer à Paris à la tête d'une petite annéet 
en sauveur, en triomphateur, en mettre. 

I. Bibl. nat, ms. fr. aBagS, fol. 456. 

a. c Comme par des gens lesquels accablez de frayeurs en l'attente d'us 
prochain naufrage voyent cet astre lequel promet aux mariniers la sérénité 
du temps, la fin de la tempeste et Tasseurance de leur salut i (Bibl. nat, 
ms. fr. 23295, fol. 457). 

3. La c faction Caroline » était presque au complet. La plupart des princes 
lorrains, Mayenne, Nemours, Aumale, Elbeuf, s'appelaient Charles. — 
Nemours s'était échappé de Blois et était arrivé à Paris le i*' février à dix 
heures du soir, il avait été reçu avec des transports d'allégresse (Arch. nat., 
K1570, n* 64; L'Estoile, t. III, p. 245). — Le 7 février, on avait baptisé 
le fils posthume du Balafré c à l'église Saint-Jean-en-Grève, où il fut tenu 
sur les fonts par la ville de Paris, qui le nomma François-Alexaodre-Paris i. 
Les capitaines des dizaines portaient des flambeaux de cire blanche, les 
arquebusiers, arbalétriers, archers de la ville, vêtus de leurs hoquetons, 
tenaient des torches et des flambeaux. Une collation fut offerte i l'Hdtel-de- 
Ville aux ducs d'Aumale et de Nemours, à la duchesse d' Aumale, la mar- 
raine, au chevalier d'Aumale et aux seigneurs, et c fust tirée l'artillerie de 
la ville en signe d'allégresse. Le peuple, espandu par les rues où passoit la 
pompe, bénissoit l'enfant > (L'Estoiie, t. III, p. 246). Cet enfant c béni mou- 
rut jeune, en juin 1614, des suites de l'explosion d'un canon >. On sait 
comment il assassina le vieux baron de Lux, dans la rue Saint-Honoré. 

4. E. de Barthélémy, Journal d'un curé ligueur, p. 223. 

5. L'Estoiie, t. 111, p. 246. 



LA RÉVOLTE ET LB SIÈGE DE FARI8. 89 

Dès les premiers jours de son arrivée, Mayenne s'occupa d'orga- 
nker définitivement le gouvernement de la Ligue, en créant une 
assemblée souveraine, qui lui fut complètement dévouée. Le 
Conseil des Quarante, établi depuis plusieurs semaines, était 
composé de bons ligueurs, mais pour la plupart « pensionnaires » 
de rEspagne. Cette majorité pouvait, sur un mot d'ordre de 
lleodoça, s^opposer aux projets de Mayenne, peut-être même le 
sopplanter un jour dans la direction suprême de la Ligue. 

Sous le prétexte que ce Conseil des Quarante, composé presque 
uniquement de Parisiens, ne pouvait représenter la France 
ligneuse, Mayenne fit décider dans une assemblée générale à 
l'Hôtel-de- Ville, le i6 février, la création d*un « Conseil général 
derUnion *, sorte de réduaion des États généraux, et oti la 
noblesse, les parlements, le clergé, les villes du parti seraient 
représentés. On invita les cours souveraines, le Conseil des 
Seize, les Conseils de quartiers à désigner c les personnes 
aggréables »« et le-lendemain était constitué « le Conseil général 
derUnion des catholiques estably en la ville de Paris, attendant 
l^assemblée des Estatz du royaume ». Les Quarante avaient été 
renommés par le peuple, mais cette majorité que Mayenne pouvait 
craindre parmi eux devenait dans le Conseil général une minorité. 
Mayenne était absolument maître de cette assemblée; quinze 
membres nouveaux^ entièrement dévoués à sa fortune, y avaient 
àé introduits, et il pouvait à son gré élargir les cadres de ce 
conseil, car les princes, les présidents, procureurs et avocats 
généraux du Parlement, le Bureau de la ville, les évéques, les 
députés des trois ordres, des villes et provinces y avoient droit 
de séance et voix délibérative^. Mayenne était tellement sûr de 

I. Et non quatorze, comme on le dit généralement, d'après la Sat, Afén., 
t II, p. 3o6 ; le Dialogue du Afaheustre et du Manant {Sat. Mén., t. III, 
p. 433). 

3. Bibl. nat, ms. fr. 3363, fol. 214. — c Au conseil tenu ce jourd*huy par 
les princes catholiques en ceste ville de Paris, où estoient aucuns du Parlement 
et de la Chambre des comptes, aucuns seigneurs et gentilshommes, les esche* 
▼ins et aucuns notables bourgeois de la dicte ville ont esté veux les roolles 
baillez tant par la Cour de Parlement, Chambre des comptes et généraulz 
de la justice des aydes que par les depputés des quartiers, suivant la déli- 
bération fsicte le jour d'hier en l'assemblée généralle des habitans de ceste 
ville, contenans les noms de ceux qui sembloient propres pour assister au 
conseil général que l'on a désiré estre estably comme nécessaires pour pour-* 
▼eoîr à Tentretènement de l'union, conservation de la relligion catholique, 



go LA RfvOLTB BT LX nkdE DU PARIS. 

cette assemblée qu'il quitta Paris pour aller organiserh Nonmndie. 
Pendant son absence, le Conseil général Tinvestit d^on pOQioir 

appostolicqœ et romaine et de l*Esiit, et après que, par la oonférence des^ 
dite rooliet, s'est trooTé nombre suffisans et de personnes aggritbla nom- 
mées par les susdits pour tenir ledit conseil, a esté ledit conseil anciié et 
pareillement le tiltre dudit conseil ainsi qu'il s^ensuit : 

c Le Consril général de l'union des catholiques estaUy en It vilie de 
Paris attendant rassemblée des Estats du nyomt, 
€ Les princes catholiques : 

1 MM. de Bre^i^ éféque de Meauz, 
c Hennequîn, évêque de RenneSy 
c Rù9€f évéque de Senlis, 
c de Vitlart, é?êque d'Agen, 
c de Lenoncourt, abbé, 
c Docteurs en théologie et cures : 

c MM. Frevoti, curé de Saint-Séferin, 
c Boucher^ curé de Saint-Benoist, 
c Auhy, curé de Saint-André, 
c Pelletier, curé de Saint-Jacques-la-Boucherie, 
c de Launoy, chanoine, 
c Du Parlement : 

c MM. de Maspar€mlt, 

c Janin, président du Parlement de Bourgogne, 
c Vêtus, président du Parlement de Bretagne, 
c des Armoises, ) . ,_ , 
. Dampierre. | "»"•"*• ^^ "^"^"^ 
€ Le Maistre, président aux enquestes, 
c Damours, 
c Midorge, 

c Cocquelmy, ] conseillers, 
c Boston, 
c de Marillac, 
c De la Chambre des comptes : 

ff MM. Le FèTre, sieur d'Ormesson, ) ^, . . 

f Millon, sieur de VendcYiUc, j P'*»*^*"*^» 

c Luillier, ) .^^ . 

€ Aeofye, j °"«^^ ^« comptes, 

c de Brajr, intendant des finances, 
c de Beauclerc, 
c Des généraux de la justice : 

c M. le président de Nuilly, 
c De la noblesse : 
c MM. de Afaneville, 
« de \nilcroy père, 
c de Villeroy, secréuire d'EsUt, 



LA RÉVOLTE KT LE SièGB DX PARIS. 9I 

snpi^me en lui confifrant, le 4 mars, le titre de « lieutenant 
général de l'Estat roial et couronne de France, attendant Passem- 

« MM. le marquis de CaHillae^ 
f de Rosne, 
c de la Bourdaysière, 
f de Montberault, 
f du Fay, 
f de Saint'Polf 
I iTAutefort, 
€ du Sauuay* 
c Boorgeois : 

I MM. de la Bruyère^ lieutenant civil, 

c Anroux, c Michel Soly, 

€ Fontanon, c Anthoine Bellenger, 

c Drouart, c Ponchet, 

f Crucé, f Sescault, 

c de Bourdeaux, i Gobelin, f de Saint^Germain, 

c Halvequin, c François Charpentier. 

f Pour secrétaire et gre£5er : M* Pierre Senault, 

< A esté aussy arresté que messieurs les présidents, adyocats et procu- 
'eurs généraulx du Parlement estans de présent en exercice y pourront 
assister quand bon leur semblera et auront Toix délibérative. Pareillement 
^^ autres évesques de l'union y suront séance et voix par l'advis du Con- 
^îl, les préTost des marchans et eschevins et le procureur de la Tille, qui 
*<^Qt de présent en charge, y auront séance et voix délibérative, ce tousjours 
^^As le tirer à conséquence pour leurs successeurs, et sierront immédiate- 
xxseot après les présidents des cours et compagnies souveraines et maistres 
c^esrequestes. Les depputez des trois ordres des villes et provinces unyes 
^luont aussi séance et voix. Le lieu pour tenir ledit Conseil, la maison du 
alliage du palais. 
* Faict et arresté aadict Conseil, le 17* febvrier iSSg. 

a Charles db Lorrainb (Mayenne), Charles-E. de Savots 
(duc de Nemours), Charles dk Lorrainb (Aumsle), 
Henry db Lorrainb (Chaligni), Claude db Lorrainb 
(chevalier d'Aumale), Rolland, db Compans, Conv- 

BLANCMB, DbSPRBZ. 

c Contresigné : Sbnault. i 
1*ous les membres du Conseil des Quarante, sauf deux, furent réélus. 
I^oua avons souligné leurs noms. Les deux membres qui ne figurent pas sur 
^ liste du Conseil général de l'Union sont : Pigenat, curé de Saint-Nicolas, 
^^ Machault, conseiller au Parlement. Cf., sur l'établissement du Conseil 
«7«ïéral : Arch. nat., H 1789, fol. 284; bibl. de l'Arsenal, ms. 3736, fol. 9; 
°»^1. nat., mss. fr. 3393, fol. 214, 2i5, — 3968, fol. 36i, — 3977, fol. 55, 
^Pr.^Establissement du Conseil général de la Sainte- Union... (Bibl. nat., 
î w ^7)- Psris, N. Nivelle, in-4-. — Establissement du Conuil (Bibl ntt., 
*-^** 668). Paris, Morel, in-8*. 



92 LÀ WÈfOLTK BT LB SlkOB DB PARIS. 

Uée des Estais do royaume* », comme si le trône eût iténcut 
Le i3 mars, Mayenne prêtait le serment de sa nouveUe dig^ 
devant le Parlement*, les sceaux du roi étaient rompus et, le 
6 avril, le lieutenant général promulguait un « règ^emeot 
général' », en vingt et un articles, qui devaient unir toutes ks 
villes de la Ligue sous les mêmes lois et une même consdtuùoo. 



IL 

Siège de Paris 
PAR Henri III bt Henri de Navarre. 

Réconciliation de Henri III avec le roi de Navarre. — EfAre-- 
vue de PlessiS'lèS'TourSj union des Politiques et des Hugue- 

^nots. — Défense de Tours. — Victoire de Senlis (ij mai). 
— Les deux rois marchent sur Paris. — Prise de Jargeau, 
de Gien^ de Pithiviers^ d'Étampes ( i^'' juillet). — Mayenne à 
Paris. — Monitoire de Sixte-Quint contre Henri III. — 
Lettre du roi aux Parisiens (3 juillet). — Investissement de 



I. Mayenne avait été élu chef du parti dans une première séance. On ne 
savait quel titre lui donner; on proposa : protecteur, régent, gouverneur, 
lieutenant général. Le lendemain, on le nomma lieutenant général de 
c l'Estat rOIal et couronne de France pour monstrer qu'ils ne vouloieot rien 
changer en l'Esut rolal et monarchique > (Bibl. nat., mss. fr. aSagS, 
fol. 5o3, — 3938, fol. 364; bibl. de l'Arsenal, ms. 3736, fol. 12). — Advis de 
messieurs du Conseil général.,, sur la nomination et élection de... Mayenne 
(Bibl. nat., Lb^^ôSS; Arch. nat., KiSyo, n* 43). Paris, J. Morel, xSSg, 
in-8*. — Lettres de la nomination et élection (Bibl. nat., Lb^^ 689}. Rouen, 
Le Magestier, iSSg, in-8*. — Le Pouvoir et la puissance de Monseigneur le 
duc de Mayenne (Bibl. nat., Lb^^ôga). Paris. N. Nivelle et Rolin Thierry, 
i589. in-8*. 

a. Arch. nat., XiA9324B, fol. 29; Bibl. nat., mss. fr. 3938, foL 365, — 
3977, fol. 107 î — Protestation et serment de,.. Mayenne... ^ i3 mars i58g 
(Bibl. nat., Lb*« 691). 

3. Règlement général pour remédier aux désordres advenuj{ à Vocctuion 
des troubles présens (Bibl. nat., Lb*«73i). Paris, N. Nivelle, 1589. ^ 
règlement prescrivait les formes de la prestation obligatoire c du serment à 
l'union par les prélats, ecclésiastiques, nobles, veuves, chefs de maison et 
de famille, de quelques qualités que ce soit, habitans des villes unies » 
(cf. Bibl. nat., ms. fr. 23293, fol. 314; bibl. de l'Arsenal, ms. 3736, fol. i5 
à 33; Cayet, Chr. Nov.y t. I, 1. i, p. 108). 



LA RéVOLTI BT LE SliOB DE PARIS. gy 

Paris^ prise de Poissjr^ siège et prise de Pantoise. — Arrivée 
de ï armée de Longueville et des Suisses de Sancjr. — La 
situation de Paris est désespérée, état des esprits, les déser- 
thns^ on arme les ecclésiastiques. — L'armée royale à Saint' 
Cloud, à Meudon, à Vaugirard. — L'assaut préparé^ assas* 
sinat de Henri III /'/•' août). 

La situation du « roi de Tours, Blois et Beaugency » était 
désespérée. Henri III avait déclaré les ducs de Mayenne et d'Au- 
male, le chevalier d'Aumale traîtres et félons et déchus de leurs 
charges et dignités^ ; il avait privé de leurs honneurs, prérogatives 
et privilèges les villes soulevées, leur donnant cependant jusqu'au 
i5 mars pour « se remettre en Tobéissance' ». Mais les rebelles se 
moquaient de ses foudres impuissants, car le malheureux roi 
n'avait pas d'armée ^ 

Il avait rappelé le duc de Nevers, qui guerroyait contre le Béar- 
nais, mais cette petite armée s'était en grande partie dissipée; il 
«▼ait envoyé en Suisse Harlay de Sancy pour lever des troupes, 
mais o^avait pu lui donner un écu, tandis que Mayenne, par les 
nuiçoos des Politiques, le pillage de leurs biens'*, le tr^r de 

i' Dielaratiom du rùy sur rattentat, félonie et rébellion du duc de 
^^ytmie... (Arch. nat, K iSyo, n* 70, impr.). S. 1. n. d. — Le roi dit dans 
c^ déclaration, p. G : c Peu de jours avant la mort du duc de Guite, ice- 
J07 duc de Mayenne noua manda par un chevalier d*honneur qu'il nous 
ttvo)ra exprès... que nous prissions bien garde à nous et qu'il estoit à 
cnindre que si ledit chevalier ne se hâtoit il n*arriveroit pas assez à 
temps. » L'Estoile dit aussi que Mayenne avait prévenu le roi des desseins 
du Balafré. 

a. Déclaration du roy sur V attentat... des villes de Paris, Orléans^ 
Amyens, Abbeville... (Arch. nat., K 1570^ n* 6a, impr.]. S. d. 

3. Ses serviteurs eux-mêmes l'abandonnaient ou le bravaient, le voyant si 
faible. Le roi fut obligé de racheter à Du Guast, gouverneur d'Amboiae, les 
prisonniers qu'il lui avait donnés à garder; il paya 3o,ooo écus pour le car- 
dinal de Bourbon, le duc d'Elbeuf et le jeune duc de Guise. Du Guast garda 
pour lui Marteau, Nuilly, l'archevêque de Lyon Épinac, qu'il fit payer 
aoo,ooo écus par les Parisiens. La somme fut avancée par douze notables 
bourgeois, on les remboursa par une capitation f sur tous les habitants 
sans exception t. 

4. Les visites chez les Politiques rapportèrent de beaux deniers à la Ligue. 
On saisit les meubles du président Amelot et même ceux de son frère, 
prieur de âaint-Martin-des-Champs ! On s'empara de 40,000 écus chez le 
présideat de Verdun (L'Estoile, t. III, p. 267). — Tous ceux qui ne 
signèrent pas la formule du serment ou qui avalent quitté la ville eurent 



9f LA UTQUS KT LB SIÈGI OB PAKIS. 

Ifolu*, alhit nenie sur pied une bonne année pour eokierk 
foiàTom. 

U ne resait pins à Henri III qn'nn moyen de stint, c'teit 
d'appeler à son secoors le premier prince du sang, Phéritierdeh 
couronne» le Taillant Henri de Navarre et sa petite armée, nko- 
rense et agncrrie. 

Épemon, Aamont, tons les cooKillers du roi le poussaient à se 
réomcilier avec son bean*firère, afin d*unir la France contre Tcd- 
nemi commun. Le 4 mars. im manifeste fort ékx]uent et fart 
habile, chef-d'oeaTie de Momay, avait permis de commencer 
les négociations. Le roi de Navarre feisait dans un hngige 
pathétique un tableau des malheurs de la France, parlait de h 
douloureuse nécessité où il était d*avoir toujours les armes à U 
main pour se défendre, de son respect de h religion cathoiiqœf 
de son amour pour la France et son attachement pour le roi, à 
qui il offrait son armée, ses biens, sa vie pour châtier les rebelles, 
« lui aider à oster du monde leur mémoire et de la France kor 
parti » et rétablir la paix dans le royaume. 

Mais Henri III hésitait, il prévoyait Tépouvantable guerre 
^dvile qu*il serait forcé de soutenir pour triompher de la Ligne, 
et il esptmi encore apaiser les troubles et désarmer Mayenne à 
force d^offres, de dignités, de promesses de toutes sortes. Par Ten- 
tremise du duc de Lorraine, il offiît à Mayenne et à sa famille la 
paix et les plus grandes concessions : à Mayenne 40,000 écus de 
revenus annuels et le gouvernement de Bourgogne; au jeune dac 
de Guise, prisonnier à Tours, 10,000 écus de pension, le gou* 

leurs biens confisqués, leurs meubles vendus, Tirgent, U vmisselle furent 
portés à THÔtel-de- Ville (Bibl. nau, ms. fr. sBagS, fol. 5o6). On ne relâ- 
chait les prisonniers royalistes qu^en c curant leurs bourses •. 

I. On avertit le Conseil général que des sommes considérables étaient 
cachées dans la maison de Pierre Molan, trésorier de l'Épargne. Le Conseil 
délégua Machault et Soly pour fouiller la maison; ils s^adioignirent le 
capitaine de la dizaine, ses lieutenants et enseignes et quelques bourgeois 
(4 mars). On découvrit une première cachette, qui fit ouvrir une deuxième, 
puis une troisième, dans laquelle on trouva un trésor d'un million de livres 
(Bibl. nat., ms. fr. 23296, fol. 607; L'Estoile, t. III, p. 289). De Thou, 
1. 95, donne le chiffre de 36o,ooo écus d'or, Mézeray, 400,000 écus. Molan 
ne trouvait à Tours quand les ligueurs découvrirent le fruit de ses toIs. Il 
oût mérité la potence, le roi le fit arrêter : il en coûta à Molan 3o,ooo écus 
ot la pcrto de son office. Ce trésor de Molan fut d'un grand secours aux 
liguaurs, c il sembloit que la France eût nourri des larrons pour £aire une 
Cipargiio à ces enragez » (Matthieu, t. IV, p. i56). 



LA RÉVOLTE ET LE SlàOB DE PARIS. gS 

incnement de Champagne et les villes de Rocroyet Saint-Dizier; 
«nduc de Nemours le gouvernement de Lyon; au duc d'Elbeuf 
un gouvernement; au duc d^Aumale celui de Picardie, avec deux 
lôUes; au marquis de Pont, Metz, Toul et Verdun, Marsal et 
1b dépendances, avec promesse que, si le roi venait à mourir 
«ns enfant mâle, ces places reviendraient au duc de Lorraine; le 
comte de Vaudémont épouserait rhéritière du duché de Bouillon. 
Le roi était si désespéré qu'il abandonnait ainsi le tiers de la 
FnoGe aux princes lorrains ^ On ne répondit pas à ses avances, 
00 le traitait avec le plus profond mépris. Les bons Français de 
hcoarsHndignaient de cène faiblesse du roi; sa sœur naturelle, 
Diane d'Angouléme^ qui avait un grand ascendant sur lui, le 
poom doucement vers le roi de Navarre, unit les cœurs, établit 
k confiance, dissipa les ombrages réciproques. Les négociations 
brent poursuivies avec ardeur de part et d'autre par Duplessis- 
Momay, Épemon, Rosny, Schomberg, et le traité signé le 3 avril '. 
Le roi demanda quinze jours avant de publier le traité, espé- 
nm pendant ce délai obtenir la paix de Mayenne par Tintermé- 
diaire du légat Morosini. Bien que les négociations eussent été 
fort secrètes, le légat en avait eu avis, il avait fait au roi de vives 
nmontrances et s'était offert pour traiter lui-même avec le duc de 
Mayenne, se flattant de lui faire accepter la paix et les conditions 
avantageuses que le roi lui avaient déjà présentées. Le roi n'avait 
osé refuser, et Morosini partit de Tours le lo avril. Mayenne 
l'était déjà avancé jusqu'à Châteaudun, c'est là que le légat lui 
renouvela les oSres magnifiques du roi. Henri III se liait, se 
soamettait à tout, acceptait même l'arbitrage du pape. < Je ne 
^eui entendre à nul accord, répondit Mayenne, qu'auparavant je 
n'aie advis de tous ceux qui ont intérest au pany de l'union, 
aussi bien que moy. Quand bien j'aurois accordé toutes ces pro- 
positions, Sa Saincteté ne me voudroit contraindre de luy obéir, 
aussi suis-je résolu de plustost mourir que de le faire'. » Le lieu- 

I. Arch. nat.y KiSyo, n* io8. Meadoça à Philippe II, ao mars iSSç; 
Cajet, Chr. Nov,, t. I, 1. i, p. 128; Morosini, lettres dans Tempesti, Vie 
de Sixte^iuint, t. II, p. i83; Da?ila, t. II, 1. ix, p. 461. 

a. Les rois s'engagent à observer entre eux une trêve de douze mois, pen- 
dant laquelle le roi de Navarre prêtera le concours de toutes .ses forces et de 
celles de son parti au roi de France. Saumur sera donné au roi de Navarre 
pour sûreté et passage (Bibl. nat., ms. fr. aSagS, fol. Say; Ou Plestis, 
Mémoires^ t. I, p. 656; Aubigné, t. UI, c. 19). 

3. Cayet, Chr, Nov,, t. I, 1. x, p. 12g, 



96 LA RivOLTB ET LE SIÈGE DE PARIS. 

tenant général de l'État royal avait des vues plus hautes, Moio- 
sini le comprit et se retira en Bourbonnais et de là en lodie. 

Le 18 avril paraissait le second manifeste du roi de Nranc^ 
le 26 le roi publiait le traité et le 3o avril c la glace était rom- 
pue >, le roi de Navarre « avait passé Teau en se recommaodiot 
à Dieu », et la réconciliation des deux partis, des deux Fnmoei 
était scellée par Tentrevue de Plessis-lès-Tours. c Ilestincrojabk 
la joie que chacun montra de cette entrevue et avec quelles hcdi- 
mations de liesse elle fut poursuivie...; les deux rois forent on 
grand quart d'heure dans l'allée du parc à se tendre les bru I^do 
à Tautre sans se pouvoir joindre et approcher, tant la presse 7 
estoit grande et le bruit des voix du peuple résonnant, qai crioit 
à grande force et exaltation : « Vive le roi ! Vive le roi de Navtnt! 
c Vivent les roisi > Enfin, s'estant joints, sVntrebrassèreat tris 
amoureusement* » en pleurant de joie. Et tous s'embnssèfcot 
aussi, catholiques et protestants, les vieilles guerres de rdîgioD 
étaient oubliées, les rivalités et les rancunes éteintes, c Coarage, 
disait le maréchal d*Aumont à Épernon, son ennemi, combattons 
de tout notre cœur pour la gloire du meilleur de tous les maîtres, 
pour le salut de la patrie I > 

Les bienfaits de cette union allaient se faire sentir quelques 
jours après. Mayenne était sorti de Paris au commencement 
d^avriP, et, après s'être assuré de Melun, il s'était avancé vers le 
Vendômois. Maillé- Bénéhard, gouverneur de Vendôme, lui avait 
vendu la ville, et ses troupes s'étendaient jusqu'à Saumur le long 
de la Loire. Il apprit que le 7 mai le faubourg Saint-Symphorien 
de Tours n'était défendu que par i,5oo hommes, Épernon était à 
Blois et le roi de Navarre en Poitou pour faire avancer ses troupes. 
Mayenne fait cheminer toute la nuit son armée, et, le lundi matin, 
après avoir fait dix grandes lieues, son avant-garde arrive à une 
portée de mousquet du faubourg. Ce matin, le roi était allé visi- 

I. L*Estoile. t. m, p. 277. 

a. € Michibéc que Dieu a suscité, auquel quand les deux Heniys, le 
grand Turc, le grand Souldan de Babylone, Gisabel, grande dogue d*Angle- 
lerre, tous les démons de Henry et de d'Espernon seraient assemblez 
ensemble, si est ce pourtant que Dieu donnera la grâce de gaigner la 
bataille » [Discours sur le département de.,. Mayenne. Paris, iSSg). En 
attendant U victoire, le c Machabée de la Ligue » était c morne et chagrin > 
depuis le commencement de mars, à la suite d'une visite en joyeuse com- 
jMi^nie A V\\Mc\ de Carnavalet (cf. Sat, Mén,, t. I, p. 47: Mézeray, Abr, 
CVir. i. IX, p. j35). 



LA RévOLTB ET LE SlfcCB DE PARIS. 97 

.(jpmiie barricade sur le coteau, il n'était plus qu^à cent pas d'une 

"^^^taibuscade, quand un meunier l'arrêta : € Sire, où allez- vous? 

^t^Ojfez les ligueurs I » Le roi n'eut que le temps de se retirer, pour- 

%in par les cavaliers de Mayenne. Peu s'en fallut qu'il ne fût 

fris. L'infanterie de la Ligue arrivée, Tattaque commence. Les 

ttUcs troupes royales luttent désespérément, Tavant-garde hugue- 

'Me accourt et les sauve, Châtillon, sans se reposer, charge, une 

pique à la main, en pourpoint; le roi se souvient de Jarnac et de 

Ibotcontour, il marche jusqu'aux gabions qui défendent l'entrée 

dn bobourg, en pousse un du pied, se place devant et donne ses 

oniresavec calme sous une grêle de balles. Mais, à la fin, le nombre 

remporte et les royalistes évacuent le faubourg ^ Pendant toute 

kouit, les ligueurs le pillent, le dévastent; Pimmonde chevalier 

(TAuinale et les principaux chefe de ces prétendus défenseurs de 

l'Église souillent l'église Saint-Symphorien de scènes infâmes, 

notant les filles et les femmes jusqu'au pied des autels oti elles 

s'étaient réfugiées'. A la pointe du jour, Mayenne se retire sans 

attendre l'arrivée du roi de Navarre, qui « estoit retourné tout 

coon 1, et accourt à marches forcées « en jurant son ventre saint 

gris >. L'alliance était scellée par le sang, le fils de Coligny avait 

sauvé, ce jour-là, le fils de Catherine, faisant au salut de la France 

le sacrifice de son deuil; un oubli magnanime effaçait vingt ans 

de luttes, de misères, de ruines, les catholiques se déclaraient par 

la bouche du brave Grillon c passionnés pour les huguenots » et 

le roi, pour les honorer, passait Pécharpe blanche. Il n'y avait plus 

de catholiques, plus de huguenots, il n'y avait plus que des 

Français. 

Éclatant contraste avec la Ligue. Pendant que huguenots et 
catholiques faisaient abnégation du passé dans un élan patriotique, 
les zélés catholiques de la Ligue, qui commettaient, comme on 
l'a vu, toutes sortes d'excès contre les catholiques, offraient au roi 
d'Espagne de démembrer la France. 

L'ambassadeur d'Espagne était à Paris depuis le mois de jan- 
vier. Don Bemardino de Mendoça, si prudent jusque-là, avait 
quitté brusquement le roi, sans prendre congé, était accouru à 

I. Bibl. nat., ms. fr. 3412, fol. i-i5; Journal de la curée, publié par 
M. de Valori sous le titre de Journal militaire de Henri IV, 

a. Cf. L'Estoile, t. III, p. 288; Conseil salutaire, dans Sat, Mén., t. III, 
p. 363; De Thou, t. X, p. 656, etc. 

MÉM. XXXIII 7 



\ 



98 LA RlivOLTK ET LE 8liGE DE PARIS. 

Paris pour récbauflRer le zile des ligueurs, distribuer les doablooi, 
organiser, diriger la révolte. Philippe II approuva son ambm- 
deur, lui écrivit qu'il avait c agi comme ilconvenoit * i. llcoQV^ 
nait en effet d'entretenir soigneusement cette guerre cifile que 
l'Espagne avait désirée, préparée depuis si longtemps; et Men- 
doça distribuait leur provende aux ligueurs. Le 18 janvier, Phi- 
lippe II lui envoya 10,000 écus^ le 17 mars, ao,ooo'. Le 
sa mars, Mendoça écrit à son maître que Mayenne a reçB 
25o,ooo écus sur les 3oo,ooo promis et qu'il demande une 
somme supplémentaire^. En même temps, le lieutenant g^néfd 
de l'État de France renouvelle au roi d'Espagne ses demanda de 
secours et l'assurance de sa soumission. € Plus des deux tien do 
royaume sont entrés dans l'union..., si bien que nous ne {ùsoos 
plus aucun doubte, sire, que s^il playst à Vostre Majesté ambn- 
ser ceste cause, qui est sienne, puisqu'elle en a pris dès ai 1od| 
temps la proteaion, et nous continuer les effets de sa bonne 
volonté, qui nous tienent desjà liés et obligés si estroitement ï 
luy rendre très humble service, que la cause des catoUques ne se 
rende la plus forte, non seulement en ce royaulme, mais partent.. 
Défendes donc, sire, ceste cause, non plus come la cause d'autmy, 
mais come la vostre. Dieu nous douant de la prospérité la 
mémoire de ce bienfait et de l'obligacion que nous avons à Vostre 
Majesté sera si grand que le royaulme entier demeurera perpe- 
tuelement afectioné à lui de fixer et aux siens tout bien, grandeur 
et contantement..., moy en particulier, sire, que sçay Tobligacion 
que nous avons desjà à Vostre Majesté, layserai cete debte corne 
bereditayre aux miens pour lui en rendre, et en tout ce qui dépen- 
dra jamais d'elle, très humble et perpétuel service. » Jacques de 
Arbelays annonce au roi d'Espagne que le Conseil général Ta élu 
lieutenant général de TÉtat et couronne de France. Il s'excuse de 
n'avoir pu demander auparavant la permission de Philippe II : 

I. Les relations étaient rompues entre l'ambassadeur d'Espagne et le roi 
de France. Henri III lui écrira le 10 avril : « Je ne vous diray autre chose 
en responte de vos lettres, sinon qu'ayant trouvé mauvaise la lîiçon de 
laquelle vous estes party pour aller là où vous estes, je Tay fait entendre 
au roy vostre maistre > (Arch. nat., K iSyo, n* 117). 

a. Arch. nat., K 1449, n* 5. Philippe II à Mendoça. 

3. Ibid., K 1449, n* 11. Philippe II à Mendoça. Le séminaire de Reims 
reçoit une gratification de 5oo écus (Ibid.)- 

4. Ibid.y K 1370, n* iio. Mendoça à Philippe II. 



LA R^VOLTB KT LB SlkCE DB FARIS. 99 

«Si le temps eost pennia d'en prendre le oomtndement de Voftre 
Mqesté, je l'enae atendu et suyri, ce qui luy eust pieu m^en 
«dooer, ne désirant charge, auithorité ny grandeur qu'elle n'ayt 
agréable, la supliant très humblement de croyre que je n*ay autre 
jIm grand affection que de me conformer à ses intencions et 
conandemens et qu'elle ne pourra jamais obliger persoue qui, 
avec plus de fidélité, sincérité et rondeur, luy rende très humble 
lerrice que moy, qui veux m'y lier et atacher inséparablement et 
avec une perpétuelle et immuable volonté, recognoissant assés, 
ooltre l'inclination que j'ay desjà, que je ne puis espérer conserva- 
don, bien et avancement que par Tappuy et suport de Vostre 
Majesté'. 9 

û même jour (22 mars), le lieutenant général invite le roi 
d'Espagne à s'emparer du Béam. « Depuis ma réponse, écrit 
Mendoça à Philippe II, Jacobus m'a dit que, pour le profit de la 
anie catholique et de la sienne, Votre Majesté pourroit envoyer 
ea Béam quelques troupes et un peu d'argent qu'on donneroit 
«az gens bien intentionnés de ceue province, et on la reduiroit à 
l'obéissance de Votre Majesté. Je lui ai repondu que la saison et 
k disposition du pays, qui est montagneux, ne convenoit pas d'es- 
sayer en hiver, principalement avant que Jacobus parte*. » Le 
l'ornai, Philippe II écrit à Mayenne qu'il accepte son offre ^, et 
le sieur de Mauléon offre son château, à cinq lieues de la frontière, 
pour fiiciliter l'invasion du Béarn^. Mais Philippe II est plus 

I. Afch. nat, K 1570, n* 109. Copia de la caria de Jacobo para el Rey, 
— M. de BouilM (Hist. des ducs de Guise, t. III, p. 36i) cite cette lettre si 
importante, mais avec d'habiles coupures; il ne donne pas certains passages 
qui compromettraient fort sa théorie du patriotisme de Mayenne. 

s. Ibid., K 1670, n* iio. Mendoça à Philippe IL 

3. Ibid., K 1449, ^* 1^* Philippe II à Mayenne, San-Lorenzo, 1* mai 
i589. 

4. Ibid., K 1569, n* 3a. — Les trahisons de la Ligue n'empêchent nul- 
lement certains historiens modernes d'affirmer hautement et de célébrer le 
patriotisme de la Ligue. Gela paraît impossible et cela est. Le lieutenant 
général de TÉtat de France s'avilit aux pieds de Philippe II, l'invite à s'em- 
parer d'une province française, et M. de Bouille exalte le patriotisme de 
Mayenne (t. III, p. 344, 414), ses c sentiments de respect pour l'unité, pour 
Fintegrité de la monarchie > (t. III, p. 414), son c dévouement à l'indépen- 
dance nationale, à l'intégrité du pays » (t. III, p. 443), et M. Éd. de Barthé- 
lémy trouve que c jamais la Ligue n'a songé à livrer le pays aux étrangers, 
encore moins à le démembrer > {Journal d'ws euréf p. so), et il affirme 
(p. 21] que c la Ligue fut éminemment nationale 1 s Nous cooAasssoas les 



lOO LA rAvOLTS ST Ut sAgE DB PARIS. 

exigeant, il lui dut des ports, le Havre est à sa dispositiQQ smi 
Villars, il demande Boulogne et les ports de Bretagne. Il tmà 
dans cette province Diego Maldonado* et des émissaires* pour k 
renseigner sur Tétat de la Bretagne. 

Tous ces ligueurs appelaient à grands cris le roi d'Espigneet, 
dans la famille de Guise, c'était à qui serait le meilleur sajet de 
Philippe IL La duchesse de Guise assurait Mendoça au Dom de 
son fils que le jeune prince « a hérité de son père Tobligution de 
servir le roi d*Espagne' ». L'histoire ne saurait mieux flétrir ks 
Guises qu'en répétant ces paroles, la Sainte Veuve formulait elfe- 
même le jugement de la postérité. 

La réconciliation des deux rois avait changé la face des aSûfti. 
Mayenne demande à Mendoça de lui venir en aide et le supp& 
d'écrire au duc de Parme et à Philippe II pour avoir de rargent^ 
Pour donner du courage au parti dont la fortune commence à 
chanceler. M** de Montpensier fait annoncer € par les trompettes 
ordinaires de sédition et par ses prédicateurs gagés et appointés* 
les grandes victoires' de M. le lieutenant général c à Tencootie 
du tyran et de ses plus forts alliez, ennemis de Dieu et du repos 
public ». Mais, malgré les c nouvelles de M** de Montpensier >« 
qui entretenaient dans c Toysonnerie » les malheureux c badoti* 



hoateutet afitirtt de Picardie, de Boulogne, de Salaces, de Béarn, nous 
ea vtrrons bien d*autret encore, et M. Segrétain s'indigne qu'on oie 
méconnafire c la hauteur du sentiment patriotique chex les ligueurs i 
^.Sùfir-QHiii/ et Henri IV, p. 194). Nous pourrions multiplier ces citatioia 
Cl mettre chaque fois, en regard des documents authentiques, officiels, irré- 
futaMea, qui prouvent les trahisons de la Ligue, les éloges que certains 
historiens font du patriotisme de la Ligue. Ce serait une œuvre juste 
et ««lutaire, mais bien dure pour ces historiens. Nous nous en abstien- 
dit^ns ; nous ne commenterons même pas, à dessein, ces documents, nous 
c\u\i«ntant de les faire connaître, en laissant à la conscience de chacun le 
•vMn de juger les ligueurs traîtres à leur patrie et les historiens qui les 
UmeAt, 

i« Ar>:h. nat., K 1570, n* 171. Maldonado à Philippe II, 7 mai. 

k Ibùi,. K 1569, n» 37; K 1570, n» 23 et 174. 

.V IM«. K1570, n» 110. Mendoça à Philippe II, 22 mars. Philippe II 
ri|^Mi4il l« a9 avril aux plates demandes de Mayenne et de la duchesse par 
^M ftfMwncments et des promesses de secours (Arch. nat., K 1449, "* i^- 
r%A^^r«^ W à Mendoça). 

4 Aï^, wat„ K 1569, n* 60. Jacques de Arbelays à Mendoça, 5 mai 1589. 

\ U N^«W'* Jifaite Menue sur les trouppes de Henry de Valois,.. 
^^H ««W t^*^7^V)• I^ns, N. Nivelle et Roland. 



LA REVOLTE WT LE SI^GB DE PARIS. lOI 

A la Ligue, la vérité se >fit jour et on apprit coup sur coup à Paris 
Mfut les royalistes étaient vainqueurs à Senlis, dans l'Orléanais, 
«& Normandie, et que les prétendus vaincus de Tours marchaient 
nr la capitale. 

La Ligue venait d'essuyer à Senlis une sanglante défaite 
(17 mai). Guillaume de Montmorency, sieur de Thoré, avait sur- 
pris la ville à la fin d'avril et s'y était fortifié avec 100 gentils- 
hommes et 4 à 5oo hommes de pied. L^occupation de Senlis par les 
royalistes coupait les communicatimis entre Paris et les villes de 
Pkardie. Le nouveau gouverneur de Paris, Maineville, et le duc 
d'Aumale vinrent assiéger Senlis le 6 mai avec 4 à 5,ooo bour- 
geois de Paris et trois canons, Balagny, ^ui s'était fait prince de 
Cambrai, amena 4,000 hommes des Pays-Bas et de Picardie et 
sqn canons. Malgré le mauvais état de la place, Thoré résista jus- 
qu'au 17 mai, un assaut fut repoussé, mais la brèche était trop 
considérable pour attendre un second assaut et Thoré promit de 
se rendre s'il n'était secouru. Pendant ce temps, le jeune duc de 
Loogueville et La Noue avaient réuni une petite armée, sur l'ordre 
da roi, pour aller au-devant des Suisses que Sancy amenait^ Ils 
résolurent avant de partir de secourir Senlis. Le 17 mai, vers 
midi, la petite armée royale apparut en vue de la ville. Elle n'était 
composée que de 1,200 cavaliers et 3, 000 fantassins, et le duc 
d'Aumale, bien supérieur en forces, Tattaqua immédiatement. La 
déroute des ligueurs fut complète : 900 cavaliers, i ,200 hommes 
de la milice parisienne restèrent sur le champ de bataille, sans 
compter ceux qui se noyèrent dans les marais qui sont auprès de 
l'abbaye de la Victoire ou qui furent tués par les paysans dans les 
bois de Chantilly. Maineville^ Chamois étaient parmi les morts, 
Aumale se sauva à Saint- Denis et Balagny 'courut jusqu^à Paris. 

1. François de Roncherolles de Maineyjlle était un des chefs de la Ligue; 
il signa le traité de Joinville, organisa la Ligue à Paris au nom du Balafré, 
de concert avec Mendoça. Mayenne l'avait nommé gouverneur de Paris. 
A Seolis, il combattit avec le plus grand courage : voyant la bataille perdue, 
il se retira près du canon et se fit tuer en le défendant. La Ligue fit une 
grande perte en sa personne. Grand homme de guerre et profond politique, 
il était un des plus redoutables adversaires du roi, qui Pavait surnommé 
c Maineligue >. Paris lui fit de belles funérailles. On l'enterra en grande 
pompe aux Célestins le 19 juin (Barthélémy, Journal d*un curé, p. 22). 

2. Jean de Mon lue de Balagny était le fils du célèbre diplomate Jean de 
MonluCy évêque de Valence. Il naquit vers 1 545. Son père Tenvoya en Italie, 
et il étudia à Padoue. Il accompagna Tévéque de Valence dans ce fameux 



A Taillant prince d'Aumale, 
Pour avoir fort bien couru, 
Quoyqu'il ait perdu ta maie, 
N'a pas la mort encouru... 



G>urir yaat un diadesme. 
Les coureurs sont gens de bien. 
Trémont et Balagny mesme 
Et Congy le savent bien... 

{Sat. Mén., t. I, p. 20.) 



r03 LA RÉVOLTE BT LE SIÈGE UÈ FAJtlS. 

L'armée de la Ligue fut entièrement dissipée, le camp arcctootn |t 
ks provisions et le bagage, les drapeaux, dix canons, i,soo pn- 
sonniers tombèrent au pouvoir des vainqueurs ^ 

On cacha, comme d^babitude, la vérité aux Parisiens; Biligoj, 
nommé gouverneur de Paris, fiiisalt trophée d'une blessure reçoe 

▼ojags en Pologne, où lionluc, par son habileté, réussit à fidre nomoMrb 
duc d'Anjou roi de Pologne. Le fils de Tévéque Monluc s'attacha ensuite n 
duc d'Alençon, qui le fit gouvemeiir de Cambrai en i58i. Devenu figacv, 
il en profita pour s'approprier la souveraineté de Cambrai à la mort de 
Catherine de Médicis. Il fut gouverneur de Paris après la défidie de Sesft. 
Après l'entrée de Henri IV dans Psris, le roi le reconnut prince sonvanii 
de Cambrai et le fit maréchal de France. Les Espagnols s^empaièrcat de a 
principauté et de Cambrai, nulgré rhérolsme de sa femme, sœur de Boflf- 
d'Amboise. U épousa en secondes noces la sœur de la belle GsbrieDe 
(9 octobre tbgb). Il mourut en i6o3. U y aurait une très curieuse énde 
à faire sur cet aventurier, fils d'un évêque, qu'on a pu comparer à frèe 
Jean des Entommeuies, puis légitimé, bataillant, intrigant partout et fiùi- 
sant par être maréchal de France et prince souverain. D'une âme vile, Ucbe, 
il était le plus beau représentant de ce que la cour des Valois peut fbuisit 
de plus abject, Tehtourage bon k tout faire de l'Italienne Catherine. 

I. Mémoire pour Fhist. de la Ligue, par Poitevin (Bibl. nat., Dupoy 87t 
fol. 193-298); Vray diectmre de la deffktcte du due ttAumalle et eiemr éê 
Ballagny, Tours, chex Jamet Mettayer; Extrait em bref de ce ^ ivX 
posté dam.., 5eii/i>..., par Jehan Mallet, dans Bernier, MonumieuiM ôiédtti, 
p. 93; Histoire et discours ^ne partie des choses faites..., par Jehan Vaal- 
tier, de Senlis, dans Bernier, Ibid., p. i63; L'Estoile, t. III, p. aqo; Davils, 
t. II, 1. iz, p. 461; Aubigné, t. III, 1. 11, c. 19, col. 236; De Thou, t. X, 
c. 95, p. 638. — c Le peuple s*avançoit licentieusement à discourir sur cet 
accident, et, sans respect aucun, s'émancipoit de blasmer les chefs, i On fit 
des chansons de la défaite de Senlis ; une pleine de verve : 

A chacun nature donne 
Des pieds pour le secourir, 
Les pieds sauvent la personne. 
Il n'est que de bien courir. 



LA RiVOLTB BT LE SliGB DB PARU. Io3 

^ en fuyant et annonçait que dans trois jours il retourne- 
nnemi avec de nouvelles troupes, mais il fallut bien avouer 
tre quand on entendit tonner contre la ville le canon des 
urs de Senlis. Longueville et La Noue, après avoir ravi- 
:nliSf allèrent en Bourgogne à la rencontre des SuisseSi et, 
int  la Villette, le « sufTragant de La Noue >, le brave 
ut la hardiesse de saluer Paris de quelques volées de canon, 
lets vinrent tomber jusqu^à Saint- Julien-des-Ménestriers, 
lt-Ma^in^ L^épouvante fut telle dans Paris que M""* de 
nsier dût appeler immédiatement Mayenne, qui assiégeait 

L 

ndemain de la bataille de Senlis, la Ligue avait éprouvé 
vel échec dans la Beauce. 3oo cavaliers picards, que 
Tiercelin de Saveuse, gouverneur de Doullens, Brosse et 
fille amenaient au duc de Mayenne, furent surpris par 
m, près de Bonneval. Saveuse et loo gentislhommes furent 
( autres faits prisonniers. 

I, dans le même temps, on apprit que le duc de Montpen- 
it battu les gaultiers en Normandie. 
i de Navarre pressait vivement Henri III de profiter de 
smation où ces victoires avaient jeté le parti de la Ligue 
ucher sur la capitale. Paris était la tête de la révolte, Paris 
Ligue serait anéantie. La noblesse était accourue de tous 
iprès des deux rois, Télan patriotique provoqué par leur 
iation semblait faire sortir de terre des soldats*, et en peu 

! boulet de l'une desquelleii couleuvrinea donna depuis le pavé du 
i la Vilette, où les royaux avoient braqué leur artillerie, jusques i 
ien, où la balle fut levée et pesée, et fut trouvé qu'elle pesoit trente- 
-es » (L'Estoile, t. III, p. 290). 
ionnet de Rapin semble s'appliquer & cette époque : 

a Brave jeunesse effroiable à l'Espagne, 
Que pour le roy vous venez enrôler, 
Il n'est plus temps de. rien dissimuler. 
Sus! que chacun son enseigne accompagne. 

Sonnex tambours! Effrayez la campagne! 
Fifres hautains, esclatez dedans l'air! 
Harquebouziers, faictes tout esbranler! 
Et le piquier ses armes ne desdaigne ! 

Courage! Entrez! A la breache moattz! 
De ces coquins ne vous espouvantez! 
Remplissez tout de butin et de gloire! 



104 LA mtwOLTE WK LX 

de joon une belle année, ^aiUanie, pleine cT mtlwi i îiiM ie^te ! 
prête k marcher. On téÊolm de pte n Jie rofiensirc. Le Béumb 
ie mit à rayant-garde a^ec GhâtÛloa et les fangnenon, HanilII 
commanda le corps de bataille a^ec les inarérhani d'Ainoot et 
deBiron*. 

L*armée franchit la Loire sur le pont de Beangcncf ci cam 
dans la Sologne. Jargeao fit mine de résister, mais, la bcèchetûet 
le gouvemear Jallange, ne pooTant la défendre, fat obligé de « 
rendre à discrétion, il paya de sa Tie sa témérité*. Gien, épos- 
Tanté, se soumit sans coup fifrir, la Charité de même; le roi éiiit 
maître de tous les ponts sur la Loire, excqné Nantes et Oriéaos. 
Orléans était investi de tous côtés, mais La Châtre s'était jeté dafls 
la ville avec une forte garnison, et les habitants, animés psr i^ 
présence, repoussèrent les propositions avantageuses que le m kûf 
fit porter. Sommés de se rendre, ils répondirent qu'ils se déiBK 
draient jusqu'à la dernière extrémité. Le siège aurait été diffidk 
et long et aurait donné aux Parisiens le temps de recevoir dei 
secours et de revenir de leur terreur, on résolut de passer outre ei 
de marcher sur Paris. Afin d'empêcher l'approvisionnement de b 
capiule par la haute Seine, les rois détachèrent Épemon poui 
s'emparer de Montereau. Épemon prit la ville, défendue par k 
capiuine Clerc', et y laissa une garnison de 400 hommes. L'ar 
mée royale continua sa marche, prit Pithiviers et arriva devan 
Étampes. La ville était défendue par le baron de Saint-Germah 
et deux régiments que Mayenne avait envoyés. Après quelqu4 
résisuince, le gouverneur, ne pouvant continuer la lutte, demand 
à capituler. 11 était trop tard, pendant que Ton parlementait, L 
ville fut emportée d'assaut d^un autre côté. Le baron de Saint-Ger 
main aima mieux être livré au supplice que décrier : « Vive le roi ! ; 
Il eut la tête tranchée. Le procureur du roi, qui avait contribu 
à faire passer la ville dans le parti de la Ligue, fut pendu ave 
quelques bourgeois^ (i*' juillet). 

Comme un T3rrtée, au milieu du danger, 
Je (ai ces Ters pour vous encourager 
Et pour avoir ma part à la victoire. 1 

1. Les huguenots portant Técharpe blanche, les catholiques prirent 1 
croix blanche (Bibl. nat., ms. fr. 23296, fol. 19). 

2. Aubigné, t. III, 1. III, c. 21, col. 245. 

3. Arch. nat, H 1789, fol. Sag. 

4. Bibl. nat., ms. fr. 23296, p. 21; L'Estoile, t. III, p. 297; Aubigné 
t. III, 1. m; c. 21, col. 245. 



LA RivOLTB BT LB SIÈGB DB PARIS. Io5 

Après la prise d'Alençon, Mayenne était revenu immédiatement 
k Paris. Comme on prévoyait que tout Teffort des deux rois se 
porterait sur la capitale, on s'occupa aussitôt d'organiser la résis- 
tance. Laissant au Conseil général, au Conseil des Seize, à la 
mnoicipalité le soin de surveiller les Politiques et de fortifier la 
tille^ Mayenne se chargea de maintenir libres les rivières et les 
toies d'approvisionnement de Paris. Le premier soin de Mayenne 
fat de reprendre Montereau, dont l'occupation par les royalistes 
coQpait toutes les communications entre Paris et les régions de la 
haate Seine et de l'Yonne. 11 envoya en avant Rosne pour sommer 
h place. Les 400 Gascons qu'Épernon y avait laissa sous Jussac 
d'Ambleville se défendirent mollement. Craignant d'être forcés, 
ils rendirent la ville à composition et se retirèrent. Deux Poli- 
tiques qui avaient poussé les habitants à se soumettre à Épemon 
&rtnt envoyés à Paris et pendus ^ La Seine dégagée, Mayenne 
voulut s'assurer de la Marne, il remonta au nord^ prit la Grange- 
^^Roi, quelques petites places de Brie, la Fené-sous-Jouarre, 
^o<it il brûla le château, et il alla jusqu'à Meauz faire afficher la 
^^Ue que le pape Sixte-Quint avait publiée contre le roi * (23 juin) . 
L'intervention du pape dans les a&ires de France en iSSq et 
^ S go a eu une importance considérable et nous aurons souvent Toc* 
^^^ion d^en parler. Aussi il nous semble indispensable d'examiner 
^^ maintenant et en quelques mots la politique de Sixte-Quint, 
^Qn attitude vis-à-vis de la Ligue et du roi et de voir comment ce 
I^pe, qui avait été jusque-là hostile aux Guises, a été amené à 
^^Qcer contre Henri III ce terrible monitoire qui faillit arrêter le 
'tuiide roi de France dans sa marche victorieuse sur Paris. Quand 
Sixte-Quint apprit la mort des Guises, il s'écria : « Les scélérats I 
ils leur ont donné la mon qu'ils méritaient'. » C'était un cri du 
cœur, conforme à ce que chacun pensait de l'exécution des 
rebelles^. Mais le pape n'avait pas tardé, pour les besoins de sa 

1. Bibl. nat., ms. fr. 23296, p. 22. 

2. Mmuz était une des six Tilles désignées par le pape; les autres étaient 
Poitiers, Chartres, le Mans, Orléans, Agen. 

3. Bibl. des Barberini à Rome, t. LX, c. 3i, p. 143, dans L'Épinois, la 
Ligue et les papes, p. 276. 

4. L'ambassadeur de Venise, Mocenigo, avait vu dans l'exécution des 
Guises un acte de haute sagesse, de politique et de nécessité (lettre publiée 
par M. de Mas-Latrie dans son Rcq^port sur les archives de Venise, 1867). 
Le l^t du pape, Morosini, n'était guère éloigné de penser de même. 
U avait accueilli sans blâmes ni reproches la nouvelle de la mort du Bala- 



I06 LA «tvOLTB nr LE Slites DX PARU. 

cause, à changer de langage. Dès le 6 janvier, il disait à Grim, 
l'ambassadeur de Venise : c Nous ne pouvons louer et oooi 
devons blâmer ^ » L'ambassade de Nivelle et d^An^oax^ In 
décrets de la Sorbonne avaient indisposé contre Henri III Toprit 
de Sixte-Quint, et, le 27 janvier, en plein consistoire, le pipe 
avait prononcé un violent discours sur le € sacrilège et assaai- { 
nat • commis par le roi de France, rappelé les exemples de Tho- 
mas Becket et de Henri II, de saint Ambroise et de Théodose-, il 
avait déclaré que le meurtre d^un cardinal ne resterait pas imponi 
et il avait fait nommer une commission de cardinaux poar ém- 
dier Pafibire'. 

Henri III avait envoyé à Rome Claude d'Angennes^évéquedn 
Mans^, pour porter au pape des explications et lui demander soa 
absolution. Mais, malgré les démarches de l'évêque, du maïqiûs 
de Pisani, ambassadeur de France à Rome, et du cardioil è& 
Joyeuse, le pape avait refusé d'absoudre le roi de la mort du caf 
dinal et de l'emprisonnement du cardinal de Bourbon et de Far- 
chevéque de Lyon*. Mayenne implorait la protection du pape 

firé, et c'est cette attitude favorable du l^t qui engagea le rm à se débar- 
rasser le lendemain du cardinal de Guise. 

I. Le 9 janvier, le cardinal de Joyeuse avait mandé au roi qu'on se plai- 
gnait à Rome de la mort du cardinal (Arsenal, Jur. fr. t. i 5a, fol. 498). 

3. Les ligueurs de Paris avaient envoyé à Rome Ânroux, banquier, Tun 
des capitaines de la ville, et Nicolas Nivelle, libraire. Ces deux dépatés por- 
tèrent au pape le décret de la Faculté de théologie et c un cahier de huit 
ou dix feuilles de papier contenant les discours de tout ce qui s'estoit 
passé », avec différents mémoires, dont la substance se retrouvera plus 
tard dans le livre De Justa Henricii III aàdicatione,,, (Bibl. nat., ms. 
fr. aBigS, p. 490). 

3. Oavila, t. H, 1. x, p. 426 ; Hubner, t. II, p. 208. — On fit imprimer à 
Paris et répandre dans toute la France le discours du pape au consistoire, 
quelque peu modifié pour les besoins de la propagande ligueuse : Proposi- 
tion faicte par nostre Sainct'Pere le pape,,, sur le sacrilège et assassinat 
commis en la personne du,., cardinal de Guise (Bibl. nat., Lb'* 649, impr.). 
S. 1., in-8*. — Plainte sur la mort de V illustrissime cardinal,., faicte à 
Rome au consistoire,., (Ibid., Lbs^ôSo). S. 1., 1389, in-8*. — La Harangue 
faite au consistoire,., par nostre S. - Père le pape, opec la copie d'une lettre 
envoyée de Rome du 6 février (Ibid., Lb** 664). Paris, G. Gourbin, 
1589, in-8'. 

4. Bibl. nat, ms. fr. 3956. Instruction à Claude d'Ângennes, évéque du 
Mans, allant à Rome (fol. i-3o). 

5. Dans une première audience, le 23 février, Claude d'Angennes avait 
essayé de justifier le roi, mais sans succès. Le 3 mars, il obtint une 
deuxième audience et renouvela la justification du roi, le pape l'interrompit 



L4 rAvoltk bt le siègb db paris. 107 

contre ses ennemis, € mesme des catholiques £eiuz, corrompus et 
dlbtucbés^ >• Les nouveaux envoyés delà Ligue, le commandeur 
dlDion, Coquelay, conseiller au Parlement, Nicolas de Piles', 
ibbéd'OrtMiis, et Frison, doyen du séminaire de Reims*, s'oppo- 
sèrent de toutes leurs forces à Tabsolution^ et demandèrent au 



ihement, ré?éque demanda alors au pape Tabsolution c si Sa Sainteté 

jQgttit que par la mort du cardinal le roi la meritftt >. Sixte refusa aigie» 

mat, et comme réT&)ue lui montrait le danger que les divisions de la 

Ffinoe fiiisaient courir à la foi, « Sa Sainteté remit tout le mal sur le roy^ 

dinnt que parce qu'il n'obeissoit point à Dieu et ne se reconcilioit à son 

E^, Oieu permettoît que ses sujets se bandoient contre lui ». Enfin, 

le 8 mars, dans une troisième entrevue, l'éréque du Mans essaya courageu- 

aemeat de prouver au terrible Sixte«Quint que le roi n'avait pas encouru 

les censures ecd^astiques, d'abord i cause des pniâlèges des rois de 

I. France, ensuite parce que, dans certains cas privilégiés, les juges ont juri- 

^ diction sur les clercs, et, enfin, que Sixte-Quint lui-même avait naguère 

I lOQitrtit à toute censure ecclésiastique les rois de France. Le coup porta 

I mement Le pape interrompit violemment l'évêque, « comme en colère i, 

f ne comprenant pas, disait-il, que Févéque pariflt de c cette bagatelle 1, et le 

colériqu^Sixle s'emporta jusqu'à dire qu'il déposerait le roi et mettrait en 

prison Vévéque pour avoir dit au pape des paroles hérétiques. Quant au 

bref que le pape avait accordé au roi, comme il n'en pouvait nier l'exis- 

teoce, il dit que c'était à lui d'en interpréter le texte et non au roi, et que 

lui, ptpe, déclarait que le roi n'était pas absous. Enfin, le 12 mars, dans 

une dernière audience, Sizte-Quint refusa absolument d'absoudre le roi tant 

<)ue cdui-ci n'aurait pas élargi le cardinal de Bourbon et l'archevêque de 

Lyon. L'évêque promit d'écrire au roi pour lui fieiire part des conditions 

QQe le pape mettait à son absolution, mais il ne reçut pss de réponse ; en 

Ffuwe, comme on l'a vu, les événementt'se précipitaient (Bibl. nat., 

nis. fr. aSagS, n* 548; cf. Davila, t. II, 1. x, p. 433; De Thou, t. X, 1. gS, 

p. 632; Hubner, t. II, p. 226). 

I. c Je peux toutefois espérer, très Sainct-Pere, que nous sommes encore 
à l'entier de nostre salut, moyennant la grâce de Oieu et la protection de 
Voitre Saincieté, à laquelle nous avons nostre recours, par après nous estre 
prottamte en toute humilité et révérence à set pieds sacrés, luy commettre 
et recommander la protection de la France. 1 Le doyen Frison, envoyé le 
7 avril, doit montrer au pape que Mayenne est le défenseur de la foi et que 
le ^ran en veut à sa vie (Bibl. de l'Arsenal, ms. 4254). 

2. Nicolas de Piles, abbé d'Orbais, chanoine de Notre-Dame de Paris, un 
des confidents du Balafré dès le début de la conspiration, avait déjà été 
envoyé à Rome avec le fameux avocat David, c Ce pernicieux instrument 
qui s'appelle Piles, autrement abbé d'Orbais • (lettre de Pisani, 25 janvier 
i566. Bibl. nat., ms. fr. 3363, fol. 10}, fut secrétaire de la Chambre du 
clergé aux États de la Ligue. 

3. Le séminaire de Reims était pensionné par Philippe II. 

4. Sur les négociations des ligueurs à Rome, les mémoires et instruc- 



laB LA msTOLTE vr lb siègb ob paris. 

2im:atikiQ da roi, s'^appujant sur les décrets de k 
s je dernier décret da 5 «Tril\ qoi défendait de prier 
pocr He^ ie VaI-oîs ea aoauie oraison eodésiasnque à caaiede 
rt^r'^^^^i^^y-^rr^ qu'îl ATait cncoame. Le pape ignonitlM 
Tcrl^asàe des a&ires de France, on loi repr^ntait sansceaek - 
pard J2 rx coc:=2e absolnmeni ruiné, aussi la jonction des deu '~ 
rxs^ irs-T ieciirad%>2s k déterminèrent à publier son monitoiie*, 
*=i f=: AiSôe dins Rome le Xf mai. Il ordonnait an roi de mente 
cz !r>er» jt cardinal de Bonrbon et FarcheTêque de Lyoo dtos 
jer iîx \>;irs ^:i: ssiTraient la publication du monitoire dus 
c^:! r*:i5 des six é^ses cathédrales qu'il désignait, et deTen 
rs- dans rrscre \xx7s par un acte authentique soos peint 
drex2ocn-.inkanoQ. Le roi et tous ceux qui avaient partidpéàk 
sot: ia cardir^Al e: à Temprisonnement des prélats étaient cités ^ 
coc^aralne ie^i=: Se pape dans les soixante jours, c luy roy^*^ 
penocse ce ror procureur, les autres personnellement, pour di^ 
;^crq3cnr ils croies: s'avoir pas encouru les censures et les sujec:^' 
s^escTE pas ahioos du serment de âdelité >, et Sixte-Quint ré?^^ 
^sa:: 3x:$ les prlvik^xs contraires que les rois avaient vécus d^ 
Saî=v^:i^ Ces: a Etaspes que le roi apprit ce monitoire, il et:^ 
fui AccaMie. reni» de pc^endre aucune nourriture. Ses conseillera^ 
le nécoa&c tè ggst, on lui montra qu'il j avait dans ce monitoire^ 
7^as:eurs c&efi ie nullité, qu'en outre il était censé l'ignorer puis- ' 
qu'ca ae lu: ava:: pus sininê. Enfin, le roi de Navarre, qui avait 
erKvvirj a rlu< rerrîMe excommunication et ne s'en portait pas 
rCu5 rnal. reuss:: i rissjnsr le roi et lui indiqua le seul remède : 
rAcr.c^n. 4 II ùu: ^ue nous vaisquions* sire, et au plus tost, car 
si ct^ est. vous Auncr Asseuremeni vostre absolution; mais si 
nous ft>uiuie$ ba::us. nous serons lousjours excommuniez, aggra- 
\-« c: reju;j:nvtj*. » L'héritier du trône, le ruse Gascon, avait 
partftitemeni compris que « Sixte voulait être en colère afin de se 



hc«« âttx iefsixs« le» lettres de Miresoe. de Dion, de Seaault au nom du 
Ocir.«eil ^a^nL «u pvtpc ei aux cardiajiux. roir BiW. ntt., ms. fr. 23296, 
p, i à S; Awenâl. a$. 41,-4: 5jr. .Vn.. t. III, p. i52 à 173, reproduction 
de* Mfm. Jt iM Uf%f, 

I. HiN. n«., m«4. fr. 55ÔS. fol. ii5. copie. — aSaçS. p. 5i2. 

a ï^ïN. nit.. :n»$. fr. i5i9<5. p. a3 à aç». — 5961, fol. 1S7; Butla 5. Z>. N. 
Sixfur^if^r v>wif-a Henricum UL Pâri$iis, apud N. Nircllium... et Rolinum 
rhiernr..., iJSo. in-^, i3 p. 

.^ L'Entoile, t, m, p. 34a. 



LA RÉVOLTB BT LE SIÈGE DE PARIS. IO9 

fidre apaiser plus avantageusement ». Le Béarnais éuit d^accord 

svcc le cardinal de Joyeuse et Tévéque du Mans, qui écrivaient de 

Rome que le pape donnerait ou refuserait rabK>lution au roi 

adon que ses armes ou celles de la Ligue seraient triomphantes 

et qu'il n'avait qu'à être le plus fort pour être absous. 

Avant de quitter Étampes, Henri III envoya au prévôt des 
marchands une proclamation par laquelle il affirmait sa foi, pro- 
testant implicitement contre les décrets de la Sorbonne et le moni- 
toire du pape, et invitait les Parisiens à se soumettre : « Je parle 
à cheval maintenant, pensez-y..., dessillez vos yeux, il est plus 
que temps oti vous en maudirés l'heure, vous vous laissez ruiner 
pir faulte de vous sauver de ce naufrage, et pourquoy, et puisque 
▼oitre roy est bon, avec grand moyen et la resolution de demeurer 
kmaistre qu^en fin il le sera^ » (3 juillet). Jamais le débonnaire 
Henri III n'avait parlé avec autant de fermeté, c'est que le bouil- 
luit Navarrais, « accompagnant ses opinions d'autorité, donnoit 
l'esperon à tout' >. Infatigable, lassant les hommes et les chevaux, 
OQ le voyait toujours à l'avant- garde, avec son petit manteau écar- 
^te qui cachait les trous du pourpoint usé aux épaules et aux 
côtés par la cuirasse, ses chausses de couleur feuille morte, son 
chapeau gris orné d*un grand panache blanc. Petit, râblé, le teint 
basanné, la figure originale, le nez très long qui semblait joindre 
le menton à travers la moustache épaisse et la barbe crépue, Pœil 
vif, les cheveux noirs grisonnants avant l'âge, pétillant de malice 
tt de franche gaité, tel apparaissait le Béarnais au plus grand 
nombre, un brave et galant soldat qui, mêlant l'amour et les com- 
bats^ allait faire sa cour à sa maîtresse, la ville de Paris. « Il y va 
du salut de ce royaume, disait-il, d^estre venu baiser ceste belle 
ville et luy menre la main au sein'. » On ne connaissait guère 
que sa belle humeur et sa vaillance, mais le joyeux Gascon, qui 
passait pour une tête un peu légère, était en réalité un profond 
politique et un habile diplomate. D'un caraaère ferme et résolu, 
il avait réussi oti tant d'autres avaient échoué : il avait appris à 
Henri III à vouloir. 11 lui avait montré que le bien qui unissait 
toutes les troupes, « l'aimant qui attiroit tout le fer de la France 
en l'armée royalle » était « la gloire d'assiéger Paris ». c L'au- 
dace, ajoutait-il, est mère de la créance, la créance de la force, 

1. Cf. Davila, t. II, 1. ix, p. 465. 

2. Arch. nat., K 1569, n* 96. 

3. Aubigné, t. III, 1. u, c. ai, col. a5o. 



I 10 LA RÉVOLTE ET LE SlftOE DE PARIS. 

elles des viaoires et partant des seuretez^ • Et le Béanuds^qui 
conseillait comme un sage et « combanoit comme un diable^ », 
entraînait tout le monde par son bon sens, sa fougue et sa gdté. 

Le roi de Navarre partit en avant avec 600 cavaliers et autuit 
d'arquebusiers, et ses édaireurs vinrent jusqu'aux villages de 
Qamart, Vanves, Issy, Meudon, Vaugirard, Montrouge'. Le 
chevalier du guet, Congy^ un des fuyards de Senlis, s'était avtod 
le I*' juillet jusqu'à Bourg-la- Reine, pour reconnaître les eoneim 
Harambure le chargea avec tant de vigueur que Congy ne ramena 
que cinq ou six hommes de sa compagnie, et les royalistes viorat 
donner jusqu^au faubourg Saint-Jacques^. Les deux rois te 
rallièrent devant Dourdan. Les habitants vinrent leur apporter 
les clés de la ville. L'armée royale continua sa marche vers le nord, 
afin de s'emparer des passages de la Seine et de TOise, poor 
affamer Paris ; l'armée de Longueville et de Sancy, arrivant pir 
l'est, la capitale allait être complètement enveloppée. 

L'armée royale arriva devant Poissy; la garnison du pont fi^ 
mine de résister, mais le pont fut emporté et six de ses défenseur 
pendus*. 

Pontoise crut pouvoir soutenir un siège contre les rois *, la vilk 
défendue par son gouverneur Halincourt, fils de Villeroy, ava: 
reçu, le 12, un secours de i,5oo hommes, que Mayenne envo; 
sous le commandement d'un brave gentilhomme limousi 
Edmond de Hautefort*. Pontoise fut étroitement bloqué et, ! 
16 juillet^ les coureurs royalistes passent l'Oise et arrivent 
Argenteuil et à l'abbaye de Maubuisson, interceptant les commv 
nications entre Paris et Pontoise^. Le 17, la brèche était fait) 
deux assauts livrés et repoussés. Mais, Hautefort avait été tué, 1 
la garnison, ne pouvant soutenir le troisième assaut, faute c 
poudre, se rendit à composition. Elle sortit de la ville et le 
habitants purent se racheter du pillage par une contribution^. 

I. Aubigné, t. III, I. 11, c. 21, col. a5o. 

a. c Diacono... che Sua Maesta combatte corne un diavolo... » (Bibl. nal 
ma. ital. io3o, fol. 160). Relation de la cour de France par Franceaco Vei 
dramin, dans Alberi : Rela\ioni degli ambassatori veneti..,, série i, 1. iv 

3. L'Estoile, t. III, p. 297. 

4. Aubigné, t. III, 1. 11, c. 21, col. 246. 

5. Bibl. nat., ms. fr. 23296, fol. 22. 

6. Il était membre du Conseil général de TUnion. 

7. UEstoile, t. m, p. 299. 

8. Discours du juge de Pontoise,,, (Bibl. nat., Lb'^735, impr.}. Pari 



LA RéVOLTB BT LE SlÈOB DB PARIS. III 

ipuis le désastre de Senlis on avait fortifié bâtiTement Paris, 

tubourgs Saiot- Honoré, Saint-Denis, Saint-Martin avaient 

mis à l'abri par des tranchées, des ouvrages fonifiés, que deux 

aptgnies de bourgeois gardaient nuit et jour*. Le 6 juin, on 

lit pu faire entrer à Paris les approvisionnements réunis à 

tampes'. Tout commerce avait cessé à Paris, et les artisans 

Aient réduits à la misère, on employa ceux qui étaient valides 

IQX travaux de fortification'. Les deniers, pour payer ces 

travailleurs, étaient levés dans chaque dizaine par un bourgeois 

au par les cinquanteniers et dizeniers^. Les faubourgs de 

rUaiversité, plus directement menacés, furent garnis de bastions 

et gardés par seize compagnies de bourgeois fournies parles seize 

quartiers' (14 juin). De crainte d'une surprise ou d'une trahison, 

les dés des portes de la ville furent déposées à l'Hôtel-de-Ville, les 

cobnels durent venir les chercher et les reporter chaque soir*. 

A partir du 2 juillet, i,5oo à a^ooo bourgeois furent envoyés 
aux tranchées, pour y demeurer en garde vingt-quatre heures, 
< chaque dizaine à leur tour, avec les soldats logés aux faubourgs^ 
mquels seuls on ne s^osoit fier^ >. 

Mayenne avait fait partir, le 25 juin, de Meaux, son avant- 
garde avec Rosne', et, le 4 juillet, il était arrivé à Paris avec 
toutes ses forces*. La situation était fort critique, les deux rois 
anieot plus de ao,ooo hommes ^^ et leur armée éuit bien 

i^ în-8'; Chanson nouvelle où est décritte la vertu des Lyonnois..., 
<Uos L'Estoile, t. IV, Figures et droll. de la Ligue^ t. LXXII, p. 2a3, placard 
«a-fol, 3 col. : 

c Celui qui a faict la chanson 

c Est un des enfians de Lyon 

c Que commandoit dedans Pontoise 

c A une bande lyonnoise t 

fiibl. nat, ma. fr. aSagô, p. ag; Aubigné, t. III, 1. 11, c. ai, col. 347. 

1. Arch. nat., H 17^, foi. 333. 

2. Ibid., id., fol. 346. 

3. Ibid., id., fol. 344. 

4. Ibid., id., fol. 333. 

5. Ibid., id., fol. 35 1. — Règlement pour la garde des tranchées des fau- 
bourgs Saint-Germain, Saint-Jacques, Saint->Marcel, Saint-Victor. 

6. Ibid., id., fol. 376 et 377. 

7. L'EstoUe, t. III, p. a97. 

S. Arch. nat, H 1789, fol. 357. Lettre de Mayenne aux préfdt et échefina. 

9. U logM dans la maison de Jérôme de Gondy (L'Eatoile, t. III, p. a97). 

10. Bibl. nat., ms. fir. a3a95, p. 19. 






lia LA RÉVOLTE ST LE SIÈGE DE PARIS. 

supérieure en nombre et en qualité* à celle de Mayenne, qui 
n*avait pu réunir que iS^ooo fontassins et 2,000 cavaliers. Le 
lieutenant général n*était pas maître de ses troupes indisciplioéo, 
mal payées, qui saccageaient le pays, c Le vendredi 7 jniDeti 
quelques troupes de l'armée de la Ligue entrèrent par force duv 
ViUeneuve-Saint-GeorgeSy ob ib tuèrent, pillèrent, ravagéreoi^ 
violèrent femmes et filles, foisant tous aaes d'hostilité et piio 
qu'en pays d'ennemis et de conquestes..., toutes ces bonnes ges 
disotent et crioient qu'ils estoient mieux traiaés, sans comparaisoft, 
et plus doucement des ennemis que de ceux du duc de Mayenne, 
en l'armée duquel ne se trouvoit ni ordre, ni discipline milittite, 
ni apparence seulement de religion en façon quelconque^ > A 
toutes ces plaintes, Mayenne répondait : « Il faut patienter, faj 
besoin de toutes mes pièces pour combattre le tyran, et, puisque 
mes capitaines et soldats m'aident en cela, je les tiens pour 
des gens de bien et bons catholiques'. 1 Mais, l'armée de 
Mayenne fondait, en quelques jours il ne lui restait plus qœ 
8,000 hommes. Les déserteurs passaient dans l'armée du roi quii 
décidément, était le plus fort. Aussi, Mayenne, qui avait fordfiéV^ 
pont de Saint-Cloud et s'était avancé pour secourir Pontoise, ^ 
trouva trop foible, et, craignant d'être coupé, était revenu vers \^ 
capitale. 

Cest alors que commence cette lamentable série d'appels adres^^ 
ses par Mayenne au roi d'Espagne, auquel il mendie des secoure 

1. Lettres missives, t. II, p. Soi. 

2. L'Estoile, t. m, p. 202, 298. c Car, encore qu'ils se disent catholiques, 
ils ne laissoient néanmoins de manger publiquement de la chair aux Ten- 
dredis et autres jours défendus. Et,*pour faire voir à tout le monde quils 
n'avoient point du tout de religion, ils contraignoient les prestres des 
paroisses en leur mettant le poignard à la gorge de baptizer (car ils usoient 
de ce propre mot) les veaux, moutons, cochons, levrauts, chevreaux, poules 
et chapons et leur bailler les noms de brochets, carpes, barbeaux, truites, 
soles, turbots, harengs, saumons. » 

3* L'Estoile, t. III, p. 202, 298. c Aussi les violements des femmes et des 
filles mesme dans les temples saints, les sacrilèges des autels, les meurtres, 
assassinats, brigandages et rançonnements du pauvre peuple n'estoient que 
jeu parmi eux. Cestoit vaillantise et galanterie et comme une forme essen- 
tielle d*un bon ligueur, i Les paysans des villages des environs de E^ris, 
pour se soustraire aux violences des soldats, amis ou ennemis, se réfu- 
gièrent dans Paris, c chassant devant eux bœufs, vaches, moutons, chevaux, 
asnes et tout ce qu'ils pouvoient sauver de leurs meubles, comme faisoient 
aussi les religieuses des monastères voisins t. 



LA RivOLTI KT LE SIÈGE DE PAMIS. 1 1 3 

|0iir lutter contre la France. Les secours que le lieutenant général 

jnendah n^arrivent pas : le 8 juillet, la cavalerie waUone promise 

fU Philippe II ne paraît pas. Mayenne se désespère ^ L^argent 

Ux défaut, il en réclame à Mendoça, au duc de Parme ', il attend 

des forces considérables, lo^ooo Suisses payés par PEspagne^ 

3,000 arquebusiers français, 800 lances du duc de Nemours qui 

doÎTent se joindre à Troyes aux S^Sco lansquenets et reitres de 

Banompierre et d'Artigotty. Balagny doit amener de Picardie 

4,000 feintassins et aoo chevaux, mais tous ces renforts sont encore 

laen âoignés, et Tannée royale considérablement augmentée 

Avançait viaorieuse. 

La prise de Pontoise avait amené la soumission des petites villes 
de POise, Beaumont, TIsle-Adam, Creil, en sorte que les rois se 
trouvaient maîtres du cours de la Seine et de l'Oise et en état 
d'arrêter tous les convois qu'on pourrait envoyer de la Normandie 
ou de la Picardie. 
[ Le lendemain de la prise de Pontoise, Sancy et Longueville 
disaient leur jonction à Çonflans-Sainte-Honorine. Envoyé sans 
aigeot chez les Suisses, Sancy avait réussi fort habilement à en 
tirer une belle armée'. Sancy et Longueville amenaient au roi 
tiQC armée de 20,000 hommes avec la canons, le roi les reçut 
^îec de grandes démonstrations de joie et de reconnaissance; 

1. Arch. nat., K 1369, foL 100. Mendoça à Philippe II, 8 juillet, 
a. Ibid., K 1569, n«* 104 et 106. Mendoça à Philippe II, 18 et 97 juillet; 
^ibl. ntt., mt. fr. 5045. 

3. L'ambassade de Sancy serait bien intéressante à étudier. En février 
1^89, quand le roi était absolument découragé, n'avait aucune armée, 
*ucun mojren pour en lever, Sancy, qui avait déjà été ambassadeur en 
^iiM, proposa de lever une armée de Suisses. Le roi lui donna une cora- 
iDiitiott, mais paa un écu, et Sancy partit, engageant ses biens, son crédit, 
>et pierreries pour le voyage. Il allait faire mentir deux fois le proverbe, et, 
«08 argent, obtenir des Suisses une armée et de l'argent. La fameuse 
f boulimie t du duc de Savoie, qui lui avait fait engloutir Saluces, le pous- 
sait maintenant contre Genève. Sancy trouva les Genevois fort alarmés. Il 
ta profita admirablement. Au nom du roi de France, Sancy proposa aux 
Saiises de former une ligue contre la Savoie. Genève, Berne, Bftle, Schaf- 
ibuse, Saint-Gai, Strasbourg en firent partie. Le roi de France fournirait 
une armée et les Suisses 100,000 écus d'or pour la solde de l'armée! 
En attendant les troupes de France, ia,ooo Suisses auxiliaires entrèrent en 
campagne, commandés par Guitry et Sancy. Plusieurs places du Faucigny 
et du Chablais, Thonon, Ripaille, Gex, furent prises. Le duc de Savoie, sur- 
prisy dut se réfugier à Montmeillan. L'armée de France devenait inutile, ses 
auxiliaires suisses avaient suffi; il s'agissait de conduire cette armée en 
ifiM. XXXIII 8 



114 LA ftivOLTB KT LE SlftCB DE PAMIS. 

rarmée royak était doublée, et le roi put passer en revue li pias 
belle armée française qu^on ait vue depuis longtemps, fcmedephii 
de 40,000 hommes et qui allait s'acooitre encore des déserôn 
de la Ligue. 

Le 29 juillet, les rois arrivèrent à Saint-CIoud. Le poste éttt 
fon important, le pont de pierre fecilitait Taccès de la apink 
Les soldats de Mayenne s'étaient fortifiés sur les premières aidn, 
40 coups de canon* suffirent pour les déloger, et Tannée nqfik 
s'étendit sur les deux rives de la Seine, c coulant » vers Prà*. 
Le quartier général d'Henri III fiit établi à Saint-Cloud, celai do 
roi de Navarreà Meudon,et les troupes du Béarnais, qui formakat 
l'avant-garde, occupèrent Meudon, Issy, Vanves, Vaoginni, 
envoyant des coureurs jusqu'au pont de Charenton. | 

Lc^ dans la c maison des champs » de Jérôme de Good^i ^ 
Henri III voyait de ses fenêtres sa ville ingrate qu'il avait tiot 
aimée. Il avait juré de n^y rentrer que par la brèche, mais il eût 
été bien heureux de pardonner, c Ce seroit grand dommage, > 
disait-il mélancoliquement, c de ruiner et perdre une si bonne et 
belle ville. Toutesfois, si &ut-il que j'aie ma raison des mutins^ 
rebelles qui sont là-dedans, qui m'ont a^nsi chassé ignofl^^* 
nieusement de ma ville, j^entrerai en leur viUe plus tost qu'ils ^ 
pensent'. » L'assaut fut fixé pour le 2 août, il avait toute chaO^ 
de succès. . 

En voyant briller, dans la nuit du 3o juillet, les feux de l'arnf ^ 
royale sur les hauteurs de Saint-Cloud et de Vanves, l'espcr 
renaissait au cœur des Politiques, marchands, propriétaires, peti^ 
rentiers, que la Ligue, depuis plusieurs mois, terrorisait^ 
emprisonnait, minait. Le travail, le commerce, les loyers, le^ 
rentes sur THôtel-de- Ville faisaient jadis vivre tout ce monde, tt 

France. 11 fit comprendre aux cantons que le roi de France, débarrassé de 
ses ennemis, ferait aussitôt une rude guerre au duc de Savoie; on accorda à 
Sancy d'emmener l'armée au secours du roi, il traversa toute la Suisse avec 
ia,ooo hommes de pied, 2,000 reltres, la canons, passa par Montbéliard, la 
Franche-Comté, franchit la Sadne à Jonvelle, gagna Langrea, fidèle au roi, 
et fit à Châtillon-sur-Seine sa jonction avec Longueville, La Noue et l'ar- 
mée qui venait d'être victorieuse à Senlis (cf. Bibl. nat., ms. fr. aSaçô, 
fol. 3o; Cayet, Mém» de la Ligue; Add, aux Mém, de Castelnau, etc.). 

I. Barthélémy, Journal d'un curé ligueur , p. 2a 5. 

a. Biron fit une pointe sur Chevreuse, dont il s'empara (Bibl. nat., ms. 
fr. 23296, p. 3o). 

3. L'Estoile, t. III, p. 299. 



LA bAvolte kt lb sAge db paris. iiS 

li Ligue arait tout supprimé. Le commerce n'existait plus; le 

Gonaeil général, qui attribuait à chacun de ses membres un 

mltement de cent écus par mois^ avait dispensé le clergé de payer 

ks rentes de THôtel-de- Ville, le fruit de l'économie publique, 

lourde chaire dont le clergé se délivrait par la guerre civile après 

tienie ans d'efforts; les maisons des champs étaient dévastées par 

ki sddats ; les maisons de ville, dont les revenus faisaient vivoter 

tmt de petits rentiers, d'anciens boutiquiers, de pauvres veuves, 

ne rapportaient plus rien : le Conseil et le Parlement avaient 

réduit d^un tiers les loyers, on en profita pour ne plus rien payer. 

La Ligue avait réalisé le grand rêve, Tidéal de la populace : la 

lapivession des loyers! Le triomphe du roi eût été la fin de cette 

iBicité. La prise de Paris anéantissait la Ligue, et, avec la Ligue, 

disparaissaient les pensions d'Espagne, les rançons des Politiques^ 

kl bons coups, le pillage des riches. Avec le roi, Tordre et la paix, 

revenait l'obligation de travailler, de rendre compte à la justice 

des crimes, des vols, des usurpations de fonctions, de payer les 

impôts, les rentes sur THôtel-de- Ville, les loyers. Les ligueurs 

teient consternés, les barricadeurs, les Seize, les prédicateurs^ les 

niagistrats vendus, tous ces gens qui vivaient des doublons de 

Philippe II, tous ceux qui s'étaient compromis depuis plusieurs 

mois se sentaient perdus et ne trouvaient plus de ressources que 

dans un redoublement de fureur. Pour ranimer Pardeur de la 

populace et la pousser à une résistance désespérée, le Conseil des 

Seize, le clergé répandaient For et les calomnies. 

On racontait que le roi avait juré de planter une forêt de gibets 
sur les collines voisines, c tellement qui ne se trouveroit pas assez 
de bois dans Paris », quMl avait protnis aux huguenots le pillage 
delà ville et regorgement de 1 0,000 catholiques comme vengeance 
de h Saint-Barthélémy, quUl voulait saigner Paris, le détruire, le 
raser. 

La majeure panie de la population était hostile à la Ligue, mais 
ces. bourgeois, ces marchands dévoués au roi étaient des gens 
modérés et tranquilles et formaient une de ces majorités timides 
qui subissent les excès des coquins, attendant toujours un sauveur 
qoaod il leur serait si facile, par leur propre masse, de se délivrer 
(Ues-mémes. La vue de Tarmée royale, du salut prochain donnait 
du courage aux bons bourgeois. Enhardis, ils commençaient à 

t. La solde d'un maréchal de France. 



I l6 LA RliVOLTB ET LB SlàCE DE PARIS. 

parier de paix. Mayenne craignait que le jour de Tassaut ilme i. 
rendissent leurs armes. On parlait d^une conspiration des rojaliin . -^ 
qui devaient se saisir d'une porte, la livrer au roi et attaquer pff 
derrière les soldats de Mayenne, c Les Politiques levoieot le oOi 
bravoient les ligueurs. » 

Les bourgeois allaient aux murailles et aux tranchées^; muii 
par crainte des Seize, et bien décidés de se retirer au moment 
décisif; les taxes de guerre levées sur les bourgeois ne reotnient 
pas, il fallait mettre une garnison dans les maisons de ceux qoi 
étaient en retard pour le paiement*. 

L*armée de Mayenne fondait, ses soldats ne recevaient oi viviei 
ni solde. Même en supposant que la ville pût résister à imassautt 
elle était incapable de soutenir un siège faute de vivres. Ladiset^ 
éuit si grande que les commissaires des vivres en arrivèrent ^ 
abandonner leurs charges sous le prétexte de concentrer tous 1^ 
services d'approvisionnement entre les mains de Mayenne, t^ 
cette décision des commissaires, il résulta que, pendant deux jour^^^ 
les soldats manquèrent de pain, mais le lieutenant civil La Brujèt^^'^'^ 
y pourvut, les « zélés bourgeois » se cotisèrent et les jésuiti^^ 
donnèrent cinquante muids de vin'. 

Le 28, La Châtre était venu trouver Mayenne au couvent de^ 
Chartreux et lui avait dit que les soldats, ne recevant point de solde^ 
ne se gênaient pas pour dire qu'ils allaient se joindre à rennemi 
pour piller la ville, que Videville avait reconnu qu'il était 
impossible de recouvrer l'argent de la solde: Le duc de Nemours 
n'arriverait pas avant huit jours, et d'ici là la ville était prise, et on 
disait partout que le lieutenant général allait abandonner Paris. 
Mayenne jura à La Châtre de rester jusqu'au bout, c Vendons 
donc nostre peau à ceux qui la cherchent, s^écria La Châtre, et, 
pour ne rien laisser derrière, il faut que chascun s'arme, et mesme 
les prêtres, moines de l'Université*. • C'était fort habile, les 
ecclésiastiques avaient plus d'intérêts que les bourgeois dans la 
Ligue, ils étaient les plus compromis et les moins rassurés en 
réfléchissant au sort du cardinal de Guise. Le doaeur Boucher, 
le fougueux curé de Saint-Benoît, immédiatement mandé, reçut 

1. Les gardes éuient de vingt-quatre heures, chaque dizaine était de garde 
un jour sur trois (Blbl, nat., ms. fr. 23296, p. 3o). 

2. Arch. nat., H 1789, fol. 566. 

3. Bibl. nat., ms. fr. 23296, p. 32. 

4. Ibid., id., p. 34. 



1 18 LA RivOLTB ET LE SIÈGE DE PARU. 

Les moyens les plus grossiers étaient les meilleurs pour le 
persuader : pendant qu^ildormait, on lui faisait entendre desvoii 
qui se disaient venir du ciel; pendant le jour, ses confirèresle 
heurtaient en passant, car on lui avait donné une recette qui le 
rendait invisible! On le présenta^ une fois pr^, à Mayenne, à 
Aumale* ; M"* de Montpensier acheva de rendre fou ce pauvre 
paysan, jeune, sensuel, débauché. Elle lui expliqua qu'on allait 
arrêter 3oo bourgeois dont la vie répondrait de la sienne, qu^on 
lui procurerait une lettre du premier président, un passe-pondu 
comte de Brienne alors à la Bastille; le coup fiiit, il serait 1< 
sauveur de la foi, il aurait le chapeau de cardinal, et I9 princesse, 
accablée par la peur, excitée par le désir de se venger du roi, sut 
décider ce gros garçon charnel, c le plus débauché du couvent 1, 
en lui offrant mieux encore*. Frère Jacques prit son couteau à 
manche noir, ses lettres et partit pour Saint-Qoud le soir du 
3 1 juillet. 

Dans le cas oti le « coup du ciel > échouerait, les Seize poui 
sauver leur vie firent « resserrer » 3oo noubles bourgeois politiques 
pour servir d'otages. On les entassa au Louvre, au Qiâtelet ei 
dans a la boite aux cailloux )i, la Bastille. Tous les partisans du 
roi, dont les listes avaient été dressées par quartier, furent surveil- 
lés, désarmés, et leurs maisons occupa militairement'. 

Toutes ces précautions des ligueurs allaient être superflues : 
« Dieu daignait les délivrer par un acte de sa propre main^ ». Aui 
avant-postes, frère Jacques avait rencontré La Guesle, procureui 
général au Parlement de Paris, qui avait rejoint Henri III; il dit 
qu'il apportait des nouvelles au roi, La Guesle l'emmena chez lui, 
le fit souper. Comment se défier d'un moine, si bon enfant, rose 
et joufflu, aux yeux doux des inconscients' et qui dormit si 
profondément qu'on dut le réveiller le* lendemain pour le menei 

1. Cf. Mauhieu, De Thou, t. X, p.- 96. 

2. Les princesses étaient généreuses. Marguerite de Valois avait payé 
d'avance l'assassinat de Du Guast, et la vertu ne gênait guère la Montpen- 
sier, Elle avait voué à Henri III une haine mortelle depuis que le roi, à qui 
elle avait offert ses faveurs, les avait dédaignées en lui découvrant un déAiut 
intime. 

3. Bibl. nat., ms. fr. 23296, p. 3i ; L'Estoiie, t. III, p. 299. ^ L'Estoile 
fut enfermé à la Conciergerie (L'Estoile, t. V, p. 12). 

4. Arch. nat., K 1369, n* 112. Mendaço à Philippe IL 

3. Cf. portrait de F. Jacques Clément, grav. sur* cuivre; L'Estoile, 
Figures et droU., t IV, 1. xxxvii, p. 114, grav. sur bois, 1. xxxvi, p. 11 3. 



LA MhrOLTB ET LE SliCE DE PARIS. IIQ 

au roi. Il étah hait heures quand le roi fut averti qu\in moine 
désirait lui parler. Frère Jacques, introduit, fit la révérence, 
présenta ses lettres et déclara qu'il était chargé « de dire à Sa 
Majesté quelque chose d'importance ». La Guesle, Bellegarde se 
retirèrent à quelques pas. Un instant après le roi poussa un grand 
cri: I Ha! le mfchant moine! Il m^a tué! » Le jacobin lui avait 
plongé son couteau dans le ventre. Aussitôt, La Guesle, les 
gentilshommes présents mettent en pièces le meunrier, suppri- 
mant du même coup le procès qui eût compromis trop de grands 
personnages. Henri de Navarre accourut auprès du roi, Henri III 
lui parla comme au légitime héritier de la couronne, et il fit jurer 
^Qx seigneurs qui remplissaient la chambre de reconnaître après 
sa mon son frère de Navarre comme leur roi. Tous prêtèrent le 
^nnent; Henri III invita Henri de Navarre à aller rassurer 
iariQée, il semblait que sa blessure n'était pas mortelle, mais. 
Pendant la nuit, on dut envoyer chercher en toute hâte le roi de 
Navarre; quand il arriva, Henri III venait de mourir en pardon- 
nante ses ennemis ^ 

III. 

Les matines de la Toussaint. 

'^enri IV roi de France, — Déclaration du 4 août, — AmbaS' 
-sade du duc de Luxembourg à Rome. — Le cardinal de Bour» 
ion (Charles X) roi de la Ligue^ les projets de Philippe IL 

— Henri IV en Normandie. — Arques et Dieppe. — Retraite 
de Mayenne en Picardie. — Henri IV se dirige sur Paris. 

— État de la ville .'puissance du Conseil des Sei\e^ pillages^ 
exactions. — On apprend la marche du roij fortification de 
la ville^ on décide de défendre les tranchées des faubourgs 
de l'Université, — Découverte de la conspiration des Poli- 
tiques (3o octobre), arrestations. — Assaut des tranchées 

I. Arch. nat., XiAg3a4B, fol. 36, certificat de la mort de Henri III; Bibl. 
^at., ma. fr. SgSi, fol. 218; Aubigné, t. III, 1. 11, c. aa,col. %bi\ Mémoires 
^u duc d'Angouléme; Cayet, Ckr. iVw., t. I, p. i5g-i7i ; Oavila, t II, 1. ix, 
^. 477; L'Eatoile, t. III, p. 3oo-3o3; Mémoires du due de Nevers. Traité 
<ie la priie des armes, t. II, p. 91 ; Paaquier, lettres i, a. 1. xiv, t. II dea 
<Emfres, col. 409-418; De Thou, t. X, 1. 96, p. 666-680, etc. 



laO LA RÉYOLTB ET LB SIJEGB OB PABB. 

fi^ novembrej. — Prise des /ntbourgs de TUniv 
Défense de la ville. — Capitulation de Saint ^Gen 
Prés. — Arrivée de Nemours et de Mayenne. — ^ 
retire (3 novembre,. — Massacre des Politiques. 

A la nouvelle de la mort du roi, des transports d'allég: 
tèrent dans la capitale. Le crime sauvait Paris et la Ligu 
Montpensier, avouant cyniquement sa participation à Ta 
se jeta au cou de celui qui lui apporta la bonne nouvell 
mon ami, dit-elle en l'embrassant, soie le bienvenu ! M 
vrai, au moins? Ce mescbant, ce perfide, ce tiran est 
Dieu ! que vous me faites aise f Je ne suis marrie que d'ui 
c'est qu'il n'a sceu, devant que de mourir, que c'estoit 
l'avois fait faire*, i Elle monta en carrosse avec sa mèn 
faisant proumener par la ville », criait au peuple dans 1 
sur les places : « Bonnes nouvelles! Mes amis! Bon 
velles! Le tiran est mort! Il n'y a plus d*Henri de ^ 
France ! » Aui Cordeliers, la vieille duchesse de Nemou 
sur les marches du grand autel et harangua la foule en , 
le régicide. On quitta le deuil des Guises, M"* de Mo 
distribua des écharpes vertes, couleur de la maison de L 
* Le même jour, « comme si avec la joie le courage et 

} de parti », le ligueur MaroUes tua en combat singulie 

f plus braves capitaines de Tarmée royale, Jean de TIsle-A 

Bon présage pour les ligueurs. Le soir, ce ne fut que feu 
clans toute la ville; on alluma un fanal au sommet des 
i Notre-Dame^, on dansait dans les rues, des banquet 

' organisés dans les carrefours^. Les jours suivants, k 

retentissaient de chants de triomphe, d'actions de grâces 
dicateurs célébraient les louanges du ^ saint martyr > i 
délivré le peuple et sauvé l'église. Des processions ail 
toutes les paroisses de la ville à Téglise des Jacobins'. 1 

I . L'Estoile, t. V, p. 3. 

a. c La livrée des fous », dit L'Estoile, ibid. 



LA RÉVOLTE ET LB SIÂ6B DB PARIS. 131 

k confiance étaient rentrées dans la capitale, la douleur, le trouble, 
la confusion passées dans le camp de Saint-Cloud. 

La mort d^Henri III faisait Henri de Navarre roi de France. 
Héritier légitime de la couronne, il avait été désigné par Henri III 
^^oname son successeur, et les chefs de Tarmée lui avaient prêté ser- 
'Hem dans la chambre du roi agonisant. Néanmoins, la position 
du nouveau roi était fort critique, jamais il n'y eut pareil avèn&- 
'^ent. Quand il entra dans la chambre mortuaire, « au lieu des 
acclamations et du : Vive le roi! accoustumé en tels accidents », 

hymnes, les prédicateurs lui appliquèrent les paroles de l'Écriture : c Heu- 

'*<eux le ventre qui t*a porté, bénies les mamelles qui t'ont allaité! t La 

Paysanne fut comblée d'honneurs et de présents. La province suivit Paris 

^ans cette apothéose de l'assassin, et le pape lui-même va comparer l'utilité 

et les résultats du crime à Fincamation et à la résurrection de Jésus-Christ 

et placer le r^icide au-dessus de Judith et d'Éléazar dans son discours au 

consistoire le 1 1 septembre (Bibl. nat., ms. fr. 3977, fol. a38, impr.). 

Blichel Hurault du Fay répondit par l'Antisixtus (Ibid., id., fol. 245). 

On imprima une foule de brochures pour déplorer le martyre et montrer 

que c cest assassinat et trahison détestable t étaient c une œuvre grande de 

Dieu, un miracle, un pur exploict de sa providence t (L'Estoile, t. V, p. 4), 

à laquelle les ligueurs n'avaient eu aucune part. Dès le a août, Mayenne et 

les autres se défendent d'avoir trempé dans le crime, c Dieu nous regarde 

en pitié, voici un coup miraculeux i (Mayenne à Nemours, 2 août iSSç. 

Arch. du Vatican, Lettere.., di Francia, XXIV, 1014, dans L'Épinois, ia 

Légaiion detCaetani; Revue des Qjieitions historiques, t. XXX, 1881, p. 462}. 

L'Espagnol, qui profitait' le plus de l'assassinat, rend grâce à Dieu d'avoir 

sauvé la religion, et l'Espagne : c Dieu a daigné nous délivrer par un acte 

de sa propre main; un moine est sorti de Paris avec la résolution de tuer 

le roi, pour la plus grande gloire de Notre-Seigneur. Votre Majesté jugera 

si ce peuple a des actions de grâce â rendre â Dieu pour le bienfait signalé 

qui vient d'être accordé â la religion t (Mendoça à Philippe II. Arch. nat., 

K 1369, n« 112, 2 août). Le 7 août, la ville, en demandant des secoure au 

pape, lui annonce la mort de Henri III « comme par un fouldre céleste t 

(Arch. nat., H 1789, fol. 388). Antoine Arnauld, dans son plaidoyer pour 

llJniveruté, dit que les jésuites faisaient croire au peuple c que Dieu estoit 

le massacreur des roys et attribuoient au ciel le coup d'un couteau forgé 

en enfer t {Mim, de la Ligue, t. V, p. 284; t. VI, p. i52). Mayenne, dit 

X:>aTila, chercha à se disculper de l'assassinat du roi, c qu'il vouloit faire 

«regarder comme un coup du ciel qui l'avoit opéré sans son intervention t. 

l>e même la duchesse de Guise dans sa correspondance avec le duc de 

lèvera, son beau-frère (Bibl. nat., Beth. 8923, fol. 134), l'apothéose de 

Jacques Clément, l'exagération des louanges, l'adoration du meurtrier avaient 

le même but : faire du jacobin un être supérieur, surnaturel, un envoyé de 

Dieu, prouver au peuple, â la postérité qu'il avait agi de lui-même, sans 

l'intervention de personne. L'imposture est trop manifeste. Ce moine 




laa LA ftivoLTB bt lb siègb db paris. 

il ne vit que c geas forcenés enfonçant leurs diapeaux ou 1^ 
jetant par terre, fermant le poings complotant, se touchant ^ 
main, faisant des vœux et promesses, desquelles on oyoit po*-^^ 
conclusion : plus tost mourir de mille morts! plus tost se rend ^^ 
à toutes sortes d^ennemts que de souffrir un rûi huguenot ! i L'c^^' 
casion était trop belle de faire fortune pour la- laisser échapper. ^^ 
n'y avait qu*à revenir sur le serment prêté et tâcher de se fai^^ 
payer par des grâces, des faveurs, des gouvernements de villes ^^ 
de provinces, la soumission et la fidélité. La religion était le pie^ 

inconscient était absolument incapable d'avoir préparé lui-même son crim^^* 
Pour s'en conyaincre, on n'a qu'à regarder son portrait; son regard e^^^ 
lourd, stupide, sans pensées. Celui que le jésuite Marsana appdle c la gloir-^ ^ 
éternelle de la France t {Hist. des rois) était c le plus idiot, le plus so ^ 
moine qui fût au couvent et possible en tout Tordre t (Bibl. nat., 
fr. aBagiS, fol. 40). Ce n'est pas l'intervention de Dieu qui procura à l'i 
sin les lettres de Harlay et de Brienne. Dès le i*' août, avant que la 
velle du meurtre fût parvenue à Paris, Boucher, l'organisateur de la 
milice ecclésiastique, un de ceux qui avaient préparé le c coup da dd », 
Tannonçait en chaire à Saint-Merry. « Le docteur Boucher dit, pour conso- 
ler ses auditeurs, que, comme ce jour-là, premier du mois d*aoflty qu'on 
célèbre la feste de Saint-Pierre-auz-Liens, Dieu avoit délivré cet apostre 
des mains d'Hérode, on devoit espérer qu'il leur feroit une pareiUe grâce. 
Sur quoy il ne feignit point d'avancer cette damnable proposition que cf es- 
toit un acte de grand mérite de tuer un roy hérétique ou Hauteur d'héré- 
tiques. » Qui parle ainsi, c'est un c témoin irréprochable » qui c ooit » le 
sermon, le célèbre Antoine Loysel (Maimbourg, t. II, p. an, extrait du 
Journal de Loysel, aujourd'hui perdu). II n*y a pas de discussion possible 
à ce sujet. Frère Jacques Clément a été préparé, dressé, armé, poussé par 
les chefs de la Ligue. L'intervention de Mayenne n'a pas été mise suffisam- 
ment en lumière. Sa part dans le crime est indéniable. L'histoire officielle 
a été indulgente pour lui; il eût été fort périlleux de dire la vérité, — 
encore plus dangereux de récrire, — quand les descendants de Mayenne ou 
de Guise étaient puissants à la cour; le baron de Lux et d'autres en surent 
quelque chose. Néanmoins, quelques historiens, Matthieu, De Thou, disent 
que Mayenne a conféré aux Chartreux avec Jacques Clément. L'assas- 
sinat était considéré par Mayenne comme un moyen tout simple et naturel 
pour se débarrasser d'un ennemi ; nous avons eu l'occasion de parler des 
crimes que l'histoire doit lui reprocher, nous n'y reviendrons pas, que 
pour ajouter celui-là à notre liste. Pour en finir sur ce sujet, rappelons que 
si Mayenne réussit en août, il n'avait pas été si heureux quelques mois 
auparavant. Il avait déjà tenté de faire assassiner le roi à Chàtellerault, 
mats son homme s'éuit fait prendre, et Georges d'Avoy avait avoué qu'il 
était envoyé par le duc de Mayenne à la cour, avec promesse d'une somme 
considérable s'il tuait le roi (Bibl. nat., Baluze 9675*, ms. fr. 5046; Fon- 
tanieu 387). Il faut rendre à la Ligue ce qui appartient à la Ligue. M"* de 
Montpensîer c mordait encore sur le mort i, suivant l'énergique expression 



LA RéVOLTB ET LE SI^GE OB PARIS. ia3 

texte qui allait servir à tous ces intrigants « pour faire la loi au 
roi ». Heureusement, les loyaux catholiques de Tarmée s'étaient 
déclarés dès le premier moment pour Henri IV, le maréchal 
d'Aumont, Givry et la noblesse de Champagne, Humières avec 
ceax de Picardie, Sancy, puis le meilleur général de l'armée, le 
maréchal de Biron, c qui prit plaisir au murmure des autres, non 
pour les suivre, mais pour fiiire valoir sa besogne en la néces- 
sité ». Toute (rette noblesse, unie aux huguenots de l'armée royale, 

<le-L'Estoile; les libelles qu'elle élisait publier pour célébrer la gloire de 
''aasaitin étaient remplis en même temps d'immondes calomnies contre la 
^îctime. La guerre de pamphlets dont nous avons déjà parlé en janvier 
'^cciouble après le meurtre du roi, et on voit paraître une nuée c d'histoires 
^^mirables », de c discours au vray de l'estrange mort », de c chansons... sur 
^^ mort advenue à Henry de Vallois par un sainct t. On imagine des con- 
^^g*^«ions fantastiques du roi, on publie des c propos lamentables », on 
'^^^ccuse, ainsi que le roi de Navarre, Épemon, de crimes monstrueux, et 
^^^st avec ces pamphlets grossiers, qui ne contiennent pas un mot de vrai, 
^ qui tr o m peroient à peine deux fois un enfant », faits pour c les coque- 
^^^"edouilles et oisons embeguinés » (L'Estoile, t. V, p. 4), que l'histoire et la 
^^^«ostérité ont jugé Henri III. Ce roi, qui était doux, débonnaire, timide, est 
^^ >Bpréic nté par les pamphlets ligueurs comme un être violent, cruel, san- 
^^uinaîre. Ce roi, qui aimait tant Paris, a été transformé en un ennemi de 
^Hris, ne rêvant que la destruction de la ville. On a fait de Henri III, si 
^^haritable, si bon pour les malheureux, un roi indiflérent aux misères de 
^on peupk : on a oublié ses aumênes, les amendes au profit des pauvres 
^ont il frappait les absents aux assemblées des pénitents, unissant la dévo- 
tion à la charité (par exemple dans la confrérie des Frères de la Mort, telle- 
ment secrète que personne n'en a parlé, sauf Voltaire, qui en dit quelques 
mots, et dont nous avons découvert l'original des statuts}; on a oublié les 
sommes quil donnait à des bourgeois pour être distribuées aux pauvres 
honteux ou aux malades (cf. Cayet, Chr, Nov,, t. I, p. 168), mais ces bour- 
geois, comme le drapier Le Gois, étaient des ligueurs, et on comprend que 
la Ligue ait caché par un déluge de calomnies les charités .'royales. Ce roi, 
que le pfésident d'Espesse qualifiait de c saint des saints, digne d'être 
canottisé », i qui le pape Sixte-Quint avait adressé le fiimeux bref du 
20 juillet i387 pour honorer sa dévotion, est devenu, par la grâce des pam- 
phlets ligueurs, d'abord un bigot grotesque, puis un fauteur d'hérétiques, 
et enfin un hérétique. Un poète ligueur (cf. ie Faux'^isage descouvert du 
Jtn remard de la Franee) exhorte les poètes et les historiens .à écraser le 
roi sous les pamphlets et les satires; en d^radant le roi, la Ligue se justi- 
fiait et trompait la postérité : 

c Et vous divins esprits zélés pour Jésus-Christ, 
Faites fondre sur luy vos cannes satiriques. 
Éternisant son nom au plus creux des chroniques. » 

Ils y ont réussi. Cest d'après ces satires, ces pamphlets, ces mensonges 



134 ^ liVOLTB KT LE SI^GB OB PAftlS. 

s'employa à gagner les troupes à Henri IV, Sancy entnioi les 
Suisses ; mais il restait les troupes françaises que la petite noblesse 
avait amenées et qui formaient la majorité de Tannée royale. Lear 
attitude était douteuse, même menaçante. 

Les c vermines > de cour, qui se lamentaient tant devant le caditte 
du roi, lesd'O, Dampierre, Cbâteauvieuz, Entragues, parcouraient 
le camp, dissuadant les nobles de reconnaître le roi sans condV 
tions. Les c gronderies > se multipliaient, et dans une grad^^ 
assemblée on décida de ne pas attendre les offres du roi, mais à^ 
demander. On lui demanderait une chose impossible : la conv^' 
sion immédiate, ou bien on Tabandonnerait. Pour retenir cet^^ 
armée, le roi serait bien forcé d^accorder tout et de se livrer à eis^^' 
et tous ces coquins de cour et cette petite noblesse feraient let^ 
fortune sous le parti du roi ; comme les gens de rien, les croquan "^ 
de la Ligue faisaient là leur grâce à la guerre civile. Le gran ^^ 
chef de la conspiration, d'O^ fut chargé de poner la parole, c>^ 
surintendant des finances, premier voleur de France, s'émit déoou 
vert fort à propos une conscience, et une conscience bien scrupu'--'''^ 
leuse qui ne lui permettait pas de reconnaître pour roi un bugue* — ' 
not. 11 le dit à Henri IV. Le roi c pâlit, ou de colère ou d& 
crainte ». 11 comprit l'abominable perfidie et répondit fon digne- 
ment. Ce n'était pas la religion qui fiiisait agir ces gens sans cons- 
cience, une conversion subite n'aurait servi à rien, qu^à déshono- 
rer le roi. Henri se plaignit d'être pris à la gorge au premier pas 
de son avènement : < De qui, dit-il, pouvez*vous attendre une telle 
mutation en la créance quedeceluy qui n'en auroit point?... Ceux 
qui ne pourront attendre une plus mûre délibération..., je leur 
baille congé librement pour aller chercher leur salaire sous des 
maîtres insolents. J^aurai parmi les catholiques ceux qui aiment 
la France et l'honneur. » Sur cette conclusion, Givry arrive, se 
jette aux pieds du roi et dit, avec son agréable foçon : « Sire, je 
viens de voir la fleur de vostre brave noblesse qui reservent à 

qu'on a écrit jusqu'à nos jours la vie de Henri III, elle est donc aussi 
impartiale, aussi vraie que serait une vie de Jeanne d'Arc d'après les accu- 
sations de ses bourreaux ou d'après le poème de Voltaire. Une histoire de 
Henri III serait à faire, — impartiale, — car l'histoire ne doit pas être un 
pamphlet et ne s'écrit pas avec la haine. Les écrits, les c cannes satiriques » 
de ces c divins esprits i de la Ligue que L'Estoile (t. V, p. 6) qualifie jus- 
tement de c vaunéants, esgouts de la lie d'un peuple t , doivent être lus, étu- 
diés, si l'on veut connaître le véritable esprit de la Ligue. 



LA RÉVOLTE ST LE SièOB DE PARIS. 135 

urer leur roi mort quand ils l'auront vengé. Ils attendent avec 
ipadence les commandements absolus du vivant. Vous êtes le 
)i des braves et ne serez abandonné que des poltrons ^ i La nou- 
elle que les Suisses arrivaient permit au roi de t rompre ces 
âcheux discours », et, pendant la nuit du 2 ou 3 août, une grande 
assemblée des seigneurs catholiques fut tenue chez le duc de 
Piney-Luxembourg. Vitry, d'O et les autres demandèrent que le 
A)i fût reconnu comme lieutenant général et que les États géné- 
^uz fussent convoqués pour régler la succession, mais Tavis du 
plus grand nombre fut de reconnaître le roi à condition qu'il 
s eogagerait à maintenir la religion catholique par une déclara- 
tion solennelle qui satisferait tout le monde. Le pacte fut conclu 
'^ 4 août, le roi promit de maintenir la religion catholique, apos- 
Colique et romaine, de ne confier les dignités et bénéfices ecclé- 
siastiques qu^à des catholiques, de se faire instruire par un concile 
^^néral ou national qui serait assemblé sMl était possible dans les 
^ix mois, de ne laisser faire exercice d'autre religion que de la 
Catholique, sinon dans les lieux où il se pratiquait présentement. 
X^es villes et châteaux qui seraient pris sur l'ennemi recevraient 
4es gouverneurs catholiques, sauf les restrictions insérées dans le 
traité d'avril passé avec le feu roi. Tous les princes et officiers de 
la couronne seraient conservés dans leurs charges et dignités. Cette 
déclaration signée par le roi fut souscrite par François de Bour- 
bon, prince de Conti^ François de Bourbon, duc de Montpensier, 
Henri d'Orléans, duc de Longueville, François de Luxembourg^ 
duc de Piney, les maréchaux de Biron et d^Aumont et un grand 
nombre de seigneurs qui prêtèrent serment de fidélité au roi en 
leur nom et en celui de leurs troupes'. La convention fut enregis- 
trée huit jours après au Parlement séant à Tours, et le duc de 
Luxembourg fut chargé de la porter à Rome, avec une lettre du 
roi, pour foire agréer au pape les raisons qui avaient obligé la 

I. Aubigné, t. III, 1. II, c. a3, col. a57-a38. 

a. Sur les inctdenu de Saint-Cloud, voir Arch. nat., K i366, a' ii3; 
Déclaration du prince de Béam,». (Bibl. nat., ms. fr. aBagô, fol. 43; 
Dapuy 88» fol. 5) ; Déclaration du roi et des princes de son sang.,, pour 
tohearpotion et manutention de la religion catholique, Caen, J. Le Bas, iSSg; 
Moyae Amjmult, Vie de la Noue; Mémoire du duc d'Angouléme; Aubigné, 
t. III, 1. u, c %S, col. a33; Davila, L II, 1. ix, p. 477; Legrain, t. V, p. 187 ; 
De Thon, t. XI, 1. 97, p. i-i3. 



Il6 LÀ KévOLTS CT LE SlèOB US PAR». 

noblesse catholique à reconnaître poar roi un prince séparé ^ 
PÉglise». 

A Paris, Mendoça avait déclaré que son maître ne reconnaîtrait 
jamais un hérétique pour roi de France et avait offert à la LigK^ 
les trésors et les armées de l'Espagne pour continuer la guerre ^^ 
combattre le « Béarnais ». Le trône était vacant. Majrenneallait-'fl 
se faire roi? Ses partisans, sa sœur, la fougueuse Montpensier, X< 
lui conseillaient. Le jeune duc de Guise était prisonnier des foy^-^ 
listes^ oublié. Le marquis du Pont, désigné par la maison de Lx>^ 
raine*, était inconnu de la grande masse des ligueurs. L*oocasio^^ 
semblait propice. Mais Mendoça n'avait garde de laisser le lieu -^ 
tenant général devenir roi de France; Philippe II, en secourant 1^^ 
Ligue, travaillait pour lui, non pour Mayenne. Celui-ci le sentai 
et fit sonder les chefs de la Ligue à Paris; les Seize, les capitaines^^ 
autant de pensionnés de Mendoça, se montrèrent violemment' 
hostiles; le' Conseil général n'était pas favorable à Mayenne,^ 
devenu, grâce aux habiles distributions de Mendoça, aussi dévou^S 
à l'Espagne que le précédent Conseil des Quarante; tous étaient^ 
d'avis quMl continuât sa charge de lieutenant général'. Et ^ 
Mayenne ne pouvait passer outre; sans le concours de l'Espagne, 
il n'était rien; même en ce moment, Mendoça était le vrai maître 



I. François de Luxembourg, duc de Piney, prince de Tingry, comte de 
Roussi et de Ligny, pair de France, cheralier des ordres du roi, était 
le beau-frère de Henri III. Il avait été envoyé à Rome par Henri III comme 
ambassadeur extraordinaire pour féliciter Sixte-Quint de son avènement 
On représente généralement la déclaration du 4 août comme une machine 
de guerre dirigée par les seigneurs catholiques contre le nouveau roi 
huguenot. C'est une erreur. Henri IV fut très heureux d'accepter cette con- 
vention, qui calmait pour un certain temps les craintes des huguenots et 
tranquillisait les catholiques. C'était un rude coup porté à la Ligue et qui 
enlevait aux ligueurs leur faux prétexte de religion. Nous allons voir la 
Ligue s'efibrcer de combattre à Rome Tinfluence de Luxembourg, qui se 
trouve par la force des choses être auprès du pape l'ambassadeur du roi 
bien plus que celui des seigneurs catholiques. Henri IV recommande 
Luxembourg au grand-^uc de Toscane {Lettres missives, t. III, p. ai, 
18 août), à la grande-duchesse, sa nièce (Ibid,, t. III, p. 23), aux Vénitiens 
(Ibid., t. III, p. 24). 

a. A rassemblée de Chaumont. Le marquis du Pont était le petit-fils 
bien-aimé de Catherine de Médicis, le neveu de Henri III : Bibl. nat., 
Beth. 9103, fol. 97. 

3. Arch. nat., K 1569, n* 118. Mendoça à Philippe II. 



LA RivOLTB ET LE SIÈGE DE PARIS. Ily 

de Paris et de la Ligue, rarmée de secours que le duc de Nemours 
amenait était payée par ^Espagne^ D'autre part, Mendoça n'osait 
encore proposer ouvertement Télection de son maître ou de l'In- 
£uite, il fiillait préparer longuement les esprits et se contenter 
« d'insinuer les droits de Plnfante et revendiquer les anciennes 
possessions de TEspagne^ ». Mayenne et l'Espagne se don- 
nèrent un moyen d^attendre en faisant roi sous le nom de 
Charles X le vieux cardinal de Bourbon, conformément au traité 
dt Joinville. Philippe II et Mayenne furent également satis&its. 
Le f bonhomme de cardinal » était vraiment précieux, car il 
'^unissait toutes les conditions désirables. Il était prisonnier du 
'^oi à Loudun, et Mayenne, avec le titre de lieutenant général, 
^'tait être sous le nom de Charles X le véritable roi de la Ligue; 
^1 était vieux, gravement malade' et vivrait juste assez de temps 
^C^ur permettre aux Espagnols de s'implanter complètement en 
^^-rance^. 

Le 5 août, Mayenne et le Conseil général de l'Union publièrent 
"^ 4Qe déclaration engageant tous les catholiques à reconnaître pour 
""^Di le cardinal de Bourbon'. Mayenne conservait ses fonaions 
^«e lieutenant général du royaume pendant la captivité du roi. 

1. Arch. nat., K iSjo, n* ay. Relevé des sommes dépensées par Mendoça. 
^^emours reçoit 10,000 écus en août. 

2. Ibid., K 1449, n* 85. Instructions de Philippe II à Moreo et à Mendoça. 

3. Le rigilant Bernard ino de Mendoça savait dès le mois de décembre 
^588 que le cardinal t urinait du sang » (Ardu nat, K 1367, n* 194). 
Mendoça à Philippe II, 27 décembre i588. 

4. c Siendo lo que conviene en esta st^on el ser nombrado el dicho Car- 
^eoal por Rey para que Vuestra Magestad lo venga a ser de Francis en 

brève » (Arch. nat., K iSôç, n* xi3}. Mendoça à Philippe II, 2 août 1589. 

5. Edict et déclaration de Monseigneur le duc de Mayenne et le Conseil 
gênerai de la Sainte- Union pour reunir tous mrays chrestiens... (Bibl. nat., 
Lb** 90, impr.). Paris, N. Nivelle, in-8*. On avait décidé dans une assem- 
blée du Conseil général de faire proclamer solennellement roi de France le 
csrdinal de Bourbon par le Parlement de Paris, en robes rouges, les 
Chambres assemblées. Mais on s'avisa, dans un conseil particulier tenu 
ensuite, que cette proclamation solennelle présentait de sérieux inconvé- 
nients : si le cardinal, qui était âgé et malade, venait à mourir après 
cette proclamation, qui reconnaissait la légitimité à la succession de 
France de la maison de Bourbon, on perdrait le bénéfice de la déclaration 
de l'incapacité des Bourbons, qui avait été résolue aux derniers états de 
Blols. On décida donc d'ajourner toute proclamation en donnant pour pré- 
texte que le cardinal, étant prisonnier du Navarrais, celui-ci lui ferait subir 
de trop rudes traitements (Bibl. nat., ma. fr. a3a96, fol. 5i). Néanmoins, les 



128 LÀ RÉVOLTE ET LE SiftGE DE PARU. 

Cétait maintenant au tour de Tannée rojrale de diminuer chaq 
jour par les défections. La déclaration du 4 août avait saûsCût 
catholiques sincères^ mais les autres, bien plus scrupuleux^ ab 
donnaient le roi. Dampierre, Bouogrt se retiraient dans le 
terres^ Vitry * se jeta dans la capitale, Tannée fondait Les sai 
sues de cour entraînaient les défeaions. On reviendrait quand 
roi aurait fait fonune; pour le moment, il était trop pauvrette 
ment pauvre qu'il dut se faire tailler un habit de deuil dans 
habit de Henri III, le nouveau roi n^aurait pu porter le deuil 
son prédécesseur si celui-ci n^avait été en deuil de sa mèr 
Enfin, on craignait Henri IV, qu'on venait de voir à Tœuvr 
actif et si vaillant, et Ton eût bien préféré un roi fantôme oom 

actes furent faits au nom de Charles X, roi; Mayenne maintint ViUi 
surintendant des affaires^ dest à lui que les intendants de finances e) 
aecrétairet d'Éut Péricard, Roissieux, de Bray, Beaudouin rapportaient l 
affaires. Le Parlement ligueur enregistra le 7 août la déclaration du lie 
nant général et du Conseil de TUnion. 

1. Parmi les chefs, il n'y eut guère que Louis de lUdpital de >^tcy 
se fit ligueur, les autres se retirèrent dans leurs terres, mais sana adhéi 
la Ligue. Sf Henri IV avait consenti à se convertir, Vitiy Teût fidèlei 
servi ; il refusa, et Vitry va le combattre dans les rangs de la Ligue, 
déclare ne pas reconnaître Henri IV même sll se convertissait ! Ca 
que le Conseil des Seize et M** de Montpensier faisaient prêcher aux p 
cateurs, suivant les « billets ». Loysel rapporte un de ces billets, d*a 
lequel Rose prêcha le 6 août : 

c I* Justifier le fait du jacobin pour ce que c'est un pareil fait que c 
de Judith, tant recommandé par la Saincte Écriture : c Qui enim ecdei 
« non audit, débet esse tanquam Ethnicus et Holophernes. » 

c 2* Crier contre ceux qui disent qu'il faut recevoir le roi de Navarre 
va à la messe, pour ce qu'il peut usurper le royaume, estant excom 
nié et même estant exclus de celuy de Navarre. [Ce sont les instruction 
Philippe II à Mendoça.] 

c 3* Exhorter le magistrat de faire publier contre tous ceux qui sous 
dront le roy de Navarre qu'ils sont atteints du crime d'heresie et coi 
tels procéder contre eux » (Maimbourg, t. II, p. 21 3; Crevier, Hiti 
r Université, t. VI, p. 414). Si la Ligue n'a d'autre but que la défen» 
la religion catholique, ce but sera atteint le jour où Henri IV se couver 
La conversion du roi devra mettre fin à la Ligue. C'est tout le contraire 
arriva, ce qui montre bien que la religion n'était qu'un prétexte, car, a 
la conversion, les ligueurs ont lutté pendant plusieurs années encore co 
un roi légitime français et catholique; tant il est vrai que les ligu 
n'étaient pas « unis » pour la défense de la foi, mais, suivant le mo 
Mendoça à Philippe II, que nous avons cité, c unis pour le servio 
Sa Majesté Catholique ». 

a. Davila, t. X, p. 594. 



^B LA sivOLTE BT LE nkOB DB PARIS. Iig 

^Ê k cardinal ou un timide comme Henri III. Mayenne commen- 
^ ^m çut i s'enrichir des pertes du roi ; à la bveur de la suspension 
^Ê d'armes, beaucoup de jeunes gentikhommes allaient visiter Paris 
^Ê et les belles dames et ne reTenaient pas. 

_^Ê L'armée était réduite de prés de moitié, il devenait impossible 
^B ^ Henri IV de continuer le siège de Paris \ Pour faire le siège 
9 ^''dne aussi grande ville il aurait fallu posséder les petites places 
S voisines afin d'empécber le ravitaillement. Le duc de Nemours 
M arrivait avec des troupes fraîches et l'année royale était épuisée 
W J^ une longue campagne; les huguenots, la plupan des catho- 
r ^<li]e8 servaient comme volontaires à leurs firais, ils étaient à bout 
^^ ressources*, et le roi ne pouvait y suppléer. 

Avant de lever le siège, comme Mayenne avait dit à Villeroy 

{i^K^il n'avait aucun grief contre le roi de Navarre parce qu'il 

Ji'^vait pas approuvé la mort de ses frères, Henri IV envoya à 

^^ris son secrétaire La Marsilière pour offrir la paix à Mayenne. 

L^^ duc ne voulut rien entendre, s'czcusant sur la religion du roi 

^^ le serment prêté au cardinal de Bourbon'. La nécessité de 

r^:iidre les honneurs funèbres à son prédécesseur servit de prétexte 

& ^^M roi pour battre en retraite. Il conduisit à Compiègne le corps 

cS.'Es feu roi et le fit déposer en grande solennité dans Tabbaye de 

^^»Dt-Comeille. Cest à Compiègne que se fit la dislocation de 

l^'^armée; Longueville se retira en Picardie, Aumont en Champagne, 

^^pcmon en Angoumois^, le roi garda auprès de lui les meilleures 

!• Les Politiques de la ville ne pouraient venir en aide au roi. Le 5 août, 

^>^ aviit désarmé toutes les personnes suspectes, et les armes saisies furent 

^^poiées à la Halle de la foire Saint-Germain (Arch. nat., H 1789, fol. 387). 

^"-^ ptrtiaans du roi étaient tellement terrorisés qu'on put mettre en liberté 

^^ bourgeois emprisonnés le 3i juillet (L*Estoile, t. V, p. 6). 

a. Mém. de la Force, t I, p. 63. 

3« Bibl. nat., ms. fîr. aSagÔ, fol. 49. ^ Supplément au Journal de 
, ^«wy / V (L'Estoile, t. V, p. 258). 

4* Tous les historiens accusent d'Épemon d'avoir causé la défection des 
^tholtques en refusant de reconnaître le roi, d'avoir amené la débandade 
^ l'armée, en se retirant avec ses troupes, forçant ainsi Henri IV, presque 
*biiidonné, à lever le siège do Paris. Nous n'avons pas eu le temps de 
^bercher d'après les documents authentiques quelle fut l'attitude de 
^^pemon après la mort de Henri III. Néanmoins, nous pouvons rectifier 
^ certain nombre d'erreurs. On dit que d'Épernon se retira le premier 
^ donna l'exemple aux autres, c'est inexact : d'Épernon ne quitta l'ar- 
°^ royale qu'à Compiègne, en même temps que Longueville, Aumont, 
*^ numient de la dislocation générale. Comme les autres chefs, il reçut du 
wtiu xxxiii 9 



l30 LA RivOLTB KT LB SlàCB DB PARIS. 

troupes, une dizaine de mille hommes qu'il meaa en N 
die pour recevoir les secours que la reine d'Angleterre de 
envoyer*. 

rot des troupes en plus de celles qu'il tvmit tmenées. Voilà don 
gnnd grief mille ibis répété par tous les historiens absolument d< 
Après «Toir conté cette défection avec autant de fausseté que d*ui 
les historiens en recherchent les causes. Id, les avis sont difiérei 
tous aussi erronés. Les uns, Michelet par exemple, disent que c 
tueuz d'Épemon » se retira pour ne pas fiire une c guerre do \ 
sous le nouveau roi, ce serait donc une inimitié personnelle qi 
poussé d'Épemon à se séparer de Henri IV. Or, le plus grand ami de 1 
celui qui, depuis plus de six ans, était son seul soutien à la cour de 1 
celui qui poussa le feu roi à se réconcilier avec son héritier l^ti 
qui contribua tant au traité du 8 avril ibSg, celui qui était uni i 
Navarre par les services et la reconnaissance réciproques, que le 
avait sauvé à Angouléme des mains des ligueurs,, qui avait payé si 
donnant au Béarnais l'appui du parti des Politiques, c*éuit d' 
D'autres historiens disent que d'Épemon craignait que le roi ne 
vat sa charge de colonel général de l'infenterie qui était rempli 
jpetite armée huguenote par Chàtillon, cette assertion est simplen 
cule, ces mêmes historiens né manquent pas d'ajouter que le roi 
plus belles offres pour le retenir, et tous oublient que la dédai 
4 août, qui était la charte de la nouvelle royauté, maintenait fom 
aux catholiques les charges et dignités qu'ils avaient sous Henri 
avons vu jusqu'ici d'Épernon, chef 4es Politiques, plus royaliste q 
ardent patriote, et nous l'avons prouvé, étant en contradiction 
avec la plupart des historiens, qui ne font que répéter les même 
nies sur d'Épemon, d'après les mêmes sources ligueuses. Sa 
d'Épemon s'était aliéné par sa politique active et vraiment fran^ 
seulement les ligueurs, mais beaucoup de royalistes, et, à la moi 
tous les envieux eurent l'idée de prendre leur revanche. Henri IV, 
contenter tout le monde, ne put certainement moins faire que d'à 
beaucoup de chefs des grâces, des dignités qui amoindrissaient la 
de d*Épernon. Ainsi Biron, le grand ennemi de d'Épemon, devint f 
le premier personnage de l'armée de Henri IV. De là peut-être 
taine froideur entre Henri et d'Épemon, qui va bouder pendant 
temps; il serait du moins intéressant de rechercher exactement 1 
de cette froideur, — ne disons pas défection, puisque nous avoni 
la fausseté de cette accusation, — en examinant surtout si les 1 
n'ont pas puisé, sans le savoir, leurs inspirations dans des histoi 
d'après les pamphlets ligueurs, aussi violents contre d'Épemon qi 
Henri III, et aussi injustes, représentant d'Épemon comme un ab 
personnage, le salissant d'immondes calomnies et le montrant soui 
d'un diable c au corps brûlant » et qui avait une paire de grifies 
yeux. 

I. Du Fresne-Canaye venait d'annoncer à Henri IV l'arrivée p 
d'un secours d'Angleterre. Le roi avait envoyé, le 8 août, en A 



LA RéYOLTB ET LB SlàCB DE PARIS. l3l 

La po6sessk)a d'un port était pour Henri IV une chose capitale ; 
il gagna Dieppe, dont le gouverneur, Aymar de Chatte, lui ouvrit 
ks portes (20 août). Les habitants le reçurent avec des transports 
d'allégresse : « Point de cérémonies, mes enfiants, dit le roi avec 
aa gaieté habituelle, je ne demande que vos cœurs, bon pain, bon 
Tin et bon usage d*hâtes. » Ce jour lui fit goûter c le plaisir d'être 
roi de France ». Presque toute la Normandie se donnait à lui, le 
goomneur de Caen fit sa soumission, Neufchâtel fut pris et le 
loi s'avança jusqu'à Rouen. Cest là qu'il apprit Tarrivée de 
Mayenne à Mantes c avec une grandissime armée. > Malgré la 
grandeur du péril et les conseils qu'on lui donnait de se retirer au 
sod de la Loire, il résolut d'attendre Tépée à la main l'armée que 
k Ligue envoyait contre lui, et, après avoir écrit à Longueville 
età Âumont de venir le rejoindre, il se retira vers Dieppe. 

Mayenne avait reçu vers le milieu du mois d'août tous les 
«cours qu'il avait demandés et qui seraient arrivés trop tard sans 
l'assassinat d^ Henri III. Nemours était arrivé le i4Uvecunearmée 
de 6,000 Suisses, 4,000 Allemands; Bassompierre, Balagny, le 
marquis de Pont avaient opéré leur jonction avec Mayenne, 
Piiilippe II envoya le gouverneur de Gravelines, La Motte, 
tTcc 1 ,200 Wallons et Moreo fut chargé de distribuer les subsides *. 
Mayenne partit de Paris le i*' septembre avec 26,000 hommes' 
tt se dirigea sur la' Normandie, proclamant qu'il ramènerait le 
Béarnais captif ou le jetterait à la mer. Mais Henri IV n'était pas 
bcik à prendre ; il se garda bien de s*enfermer dans Dieppe, mais 
s'établit à une lieue et demie, sur la colline d* Arques, entre de 
petites rivières, des bois et des marais, le château d^ Arques cou- 
vrait la droite de l'armée; la gauche occupait le faubourg du Pol- 
H soigneusement fortifié, toutes les avenues du camp étaient cou- 
pées par des tranchées et des levées de terre avec des plates-formes 
et des demi-bastions garnis d'artillerie. 

I^bile Sanqr pour lever des troupes (Bibl. nat., ms. fr. 3969, foL 53-63. 
terociioiis de Sanqr allant en Allemagne) et, le 19 août, il avait fait par- 
tir pour Londres Jean de Lafin de Beauvoir [Lettres miisives, t. III, p. a 5). 

1. BibL nat., ma. ital. 401, fol. x5. 

2. Arch. nat., K 1570, fol. 11. 

3. 19,000 fiintasains et 7,000 cavaliers, dont 7,000 Suisiaa, 4,000 Alle- 
aands, i,aoo Wallons, Italiens, Albanaia (Arch. nat., K i569, n* 147. Men- 
doçi à PhUippe II). 



l32 LÀ nivOLTB BT LB SI^B DB PABIS. 

Mayenne avançait lentement, ayant fort à fidie pour mettre 
d'accord les chefii de son armée, le duc de Nemours, le doc et k 
chevalier d'Aumale, le marquis du Pont, le prince de Cambni, 
le &meux Balagny, qui se disputaient d'avance les dépouilles do 
Béarnais. Mayenne n'arriva en vue du camp royal que le 1 3 sep- 
tembre, lorsque l'armée ligueuse Tut au complet, qu'elle eot ' 
3o,ooo hommes pour écraser les 8,000 du roi de France. Les pr^ 
mières tentatives des ligueurs contre le Pollet furent vigourease- 
ment repoussées -, partout où Mayenne se présentait il trouvait le 
roi qui l'arrêtait à coups de canon. Le 20 septembre, il résolnt 
une attaque générale dircamp; pendant la nuit, il fit passer à ses 
troupes la rivière d'Aulne, espérant surprendre le roi. Mais le roi 
avait pris toutes ses précautions et passa la nuit dans les traocbées. 
Le lendemain matin, l'attaque commença de tous côtés, la petite 
armée royale fit des merveilles et soutint victorieusement les efforts 
de l'ennemi. Une trahison faillit tout perdre. La plus forte 
attaque fut celle du retranchement de la Maladrerie, les lansque- 
nets de la Ligue, après avoir débouché du bois, voyant qu'ik oe 
pourraient forcer le retranchement, baissèrent leurs drapeaux et 
crièrent : Vive le roi I On les crut, on leur aida à franchir le fossé, 
mais aussitôt dans le retranchement ils se précipitèrent sur les roya- 
listes, en tuèrent un grand nombre et chassèrent les troupes de la 
Maladrerie. Biron fut renversé de cheval; un moment le roi crut 
tout perdu et demanda à grands cris « s'ils ne se trouverait pas 
cinquante gentilshommes pour mourir avec leur roi ». Heureu- 
sement, Châtillon accourt du Pollet avec 5oo arquebusiers hugue- 
nots et débusque les traîtres ; Mayenne, toujours si lent, n^avait 
paë su profiter de son avantage. Le brouillard se leva et les batte- 
ries du château d'Arqués commencèrent à foudroyer l'ennemi, 
Mayenne se retira, poursuivi par la cavalerie royale. Le 23, une 
escadre anglaise apporta quelques munitions et 1,200 hommes. 

Mayenne ne voulait pas avouer sa défaite. Le 26, il vint s'éta- 
blir, après un long détour, entre Arques et Dieppe, mais Henri 
Pavait deviné et prévenu, les ligueurs* furent encore repoussés 
avec de grandes pertes. Jusqu'au 5 octobre, Mayenne s'obstina, 
épuisant, décourageant, perdant ses troupes dans des attaques par- 
tielles qui tournaient toujours à l'avantage des royaux. Enfin, il 
se décida à la retraite et se retira vers la Somme, suivi par le roi 
avec 800 chevaux. Après Amiens, Mayenne se dirigea sur la 



I 



( 



LA RirOLTB ET LE SliEOB DB PARIS. l33 

Père, passant à quatre lieues de Longueville, sans oser le com- 
battre, et alla, en poste^ réclamer lui-même au duc de Parme de 
l'iigem et des troupes ^ 

L'efiet fut immense dans toute la France et à l'étranger. Tout 
k monde avait cru le roi perdu, enseveli sous cette formidable 
armée ligueuse, trois fois supérieure en nombre à la sienne, et 
après trois semaines de .combat on voyait le Béarnais sortir victo- 
rieux d'un si grand péril. La viaoire sacrait Henri roi de France 
et la noblesse catholique allait revenir en foule auprès de ce roi 
Taillant pour qui rien n^était impossible. En quelques jours, 
Henri IV eut une belle armée, le comte de Boissons et le maré- 
diald^Aumont l'avaient rejoint avec 2, 5oo cavaliers, Longueville 
et La Noue avec 1,300, la flotte anglaise venait débarquer un 
second secours de 4,000 hommes commandés par Peregrine Ber- 
tie lord Willougfaby ; Henri IV avait près de 20,000 hommes, il 
essaya de tirer parti de son succès en faisant une nouvelle tenta- 
tive sur Paris. Le Conseil des Seize et M"*^ de Montpensier 
avaient changé en succès tous les revers de Mayenne. Les trois 
drapeaux pris par la trahison des lansquenets avaient servi de 
modèles à la duchesse. M*"^ de Montpensier sortit de ses coffres 
des pièces de taffetas, on en fit des drapeaux, qui, déchirés et traî- 
nés dans la boue, devinrent des trophées de victoire. On criait 
dans les rues le plan de la ville de Dieppe et des relations de la 
■ defaictte du roy de Navarre* » ; des courriers qu'on faisait venir 
de Dieppe annonçaient que Mayenne tenait le Béarnais bloqué 
par terre et Aumale par mer, que le duc d' Aumalc avait défait la 
flotte anglaise et qu^à moins d^avoir des ailes le Navarrais ne pou- 



I. Bîbl. nat., ma. fi*. 2751, fol. 3a; ms. Oupuy 88, fol. 25; ms. ital. 401, 
fol. 17. — DÎMCOurt au vray de ce qui s* est passé en P armée conduicte par 
Sa Majesté depuis son avènement à la couronne jusques à la prise des faux- 
bourgs de Paris. Tours, J. MetUyer, 1689, in-8* (Bibl. nat., Lb'» 146 ; Ibid., 
i6a); Ou Pleasis-Mornay, t. V, p. i ; Recueil A-Z, vol. H, p. xai ; Mém, de la 
Ugue, t. IV, p. 53; Mém. du duc d'Angouléme; Aubigné, t. III, 1. m, c. 1, 
col. 3oo-3o6; Legrain, t. V, p. 191; Sully, Œconomies royales, c. a8; De 
Thou, t. XI, 1. 97, p. a4). 

a. La Deffaicte et routte des trouppes du roy de Navarre,,, (Bibl. nat., 
Lb**iai, impr.). Paria, H. Velu, i589. "" ^ Discours véritable de la 
défaite,., (Ibid., xaa, impr.). — Défaicte véritable sur les trouppes du roy 
de Navarre,,, {\h\d,f i23). Lyon, Pillehotte. ^Discours abrégé du combat,,, 
(Arch. nat., K1570, n« x65; Bibl. nat., Lb>^x24, impr.}. Paris, G. Bichon, 
1389. — La Défaicte véritable sur les trouppes du roy,., Paris, N. Ni?elle 



i34 i^ mÈWLTE wïï tm siébb bb rêMiM. 

▼ait wt mnrer; kt pfédianeon, d'après les failleis de k dodoK» 
oommeotaiem en diaire les grands nîonpbesdo Uemenantgéii* 
rai*. Les Puisiens, qoi avaient cependant appris à knn ièçm 
ce qne valaient € les nouvelles de M"* de Montpensier i, n'en 
utfjaiem pas moins naïvement tons ces nooveaoz mensoiigei,et 
quand on annonça qne le Béarnais ne demandait qu'à se ranfae 
pourvu qull eût la vie sauve et que le duc de Mayenne lUih 
ramener à Pftris, on se mit à kmer « dix jours devant des plioes 
aux fenêtres, boutiques et ouvroirs de la rue Saint-Antoine, pour 
veoir amener le Béarnais prisonnier en triomphe, lié et bagoé' i. 
Quel ne fut pas râiahissement des bons Parisiens en appreoafit 
c le miracle d* Arques > : les ligueurs, c fiendeurs de naseaux et 
mangeurs de ehanêties ferrées », éuient en fuite^ et les c éacoor 
forta, presis de passer la mer à la nage, fidsoient la nique' > 6^ 
marchaient sur Paris. 

Depuis le départ de Mayenne, le Conseil des Seize était le inaitr^ 
absolu de la viûe ; le coup de ibice du 3 1 juillet, Temprisonnement 
des Pc^tiques, leur désarmement lui avaient donivS une audace 
inouïe, œ n^étaient daiu Paris que piUeries^ vols et assassinats, 
le Parlement créé par ces coquins tremblait devant eux; un ser- 
gent des Seize nommé Le Gay avait été condamné à mort par sen- 
tence du Cbâtelet, il en appda à la Cour, et le ai octobre le pré- 
vit des marchands, Bussy, c et ses satellites » allèrent en armes au 
palais et forcèrent le Parlement d'absoudre et de délivrer le cou- 
pable^. Un crime fut puni, la victime, nommée Muteau, étant 
c apparantee et soustenue des principaux et premiers ligueurs de 
Paris »; l'assassin, le fameux François Perrichon, cabaretier et 



et R. Thierry. — Discours wéritabte sur la frinse et redditiom de la ptUe 
d'Eu.,, (Bibl. nat., Lb^ laS, impr.). Paris, A. du Breutl. — Discourt de la 
prinse et route des navires euvoye^^ par la rojrme d'Angleterre,,. (Ibid., 127, 
împr.}. Paris, H. Velu, 1589. 

I. Mayenne lui-même annonçait ses succès. Sa défaite da 11 septembre 
devient une yictoire; il écrit au Parlement : c Je vous envoie ce gentilhomme 
pour TOUS £ure entendre ce qui se passa avant-hier en ung combat que 
nous eusmes avec les ennemys duquel ilz n*ont pas grande occasion de se 
louer, y tLysnt fiait perte d*uiie grande quantité de noblesse... Je fiûs ce que 
fe puis pour contraindre nos ennemys d'en venir à un combat gênerai b 
(Arch. nat., Xi a 93248, fol. 7a. a3 septembre ibSg), 

a. Sat, Mén,, t. I, p. aa. 

3. Ibid. 

4. L'Estoile, t. V, p. 8. 



LA Ri^OLTE BT LE SI^B DE PARIS. l35 

apitaiae du quaitier de PÉcole Saint-Germain-rAuzerrois, fut 
jKoda*. Quant aux meurtres des Politiques, ils restaient impu- 
nis. Les levées d^argent n'arrivaient pas jusqu'à Mayenne, c de 
quinze cens mil escuz levez ou trouvez en divers lieux de Paris, 
tint en argent comptant que meubles précieux, Monseigneur de 
Miyenne a justifié publiquement au mois d'aoust dernier qu'il 
n'en a pas receu huict vingt mil ». Cet argent éuit resté dans les 
mains des Seize; « les uns, très nécessiteux, en sont devenuz si 
ridies en neuf mois qu'il y a plus de marcs de vaisselle d'argent 
doré et buriné en leurs maisons qu'il n'y en avoit de livres d'es- 
tain, plus de tapisserie de haute lisse qu'il n'y avoit de natte, tes- 
moin en est l'inventaire de Perruchon, qui fut dernièrement 
penda... Il y a neuf mois que les Rollans, Crucé, Morlière, 
Bassy, Louchart, la Rue et leurs compagnons, trop et trop 
cognuz à chacun, vendoient leurs meubles pièce et pièce pour 
▼ivre, et maintenant il leur &ut emprunter des maisons d'amis 
pour mettre leurs pilleries, tant tout regorge chez eux* ». Une 
taxe de 5o,ooo écus pour Tentretien de l'armée de Mayenne avait 
M répartie par les Conseils des Neuf entre les bourgeois poli- 
tiques; la mesure était comble, la levée de cette taxe faillit amener 
un soulèvement dans Paris. Beaucoup de Politiques refusèrent 
de payer, et l'un d'eux, Donon, contrôleur des bâtiments du roi, 
soutint un siège dans sa maison'. La rébellion fut étou£fée et un 

i.L'EstoUe, t. V, p. II. 

a. f Protestation des catholiques de Paris qui n*ont foict leur prouffit des 
<ieoiert publics » (L'Estoîle, BelLJIg, et drolL, t. IV, 1. xxyiii, p. 79-S9, pltcard 
p. in-fol.}- Très intéressant et très habile manifeste du parti politique 
( semé et jette par les rues et sous les portes des maisons • [note de L'Es- 
toile]. 

3. Donon ayait reçu de ses amis la promesse d'être secouru et il refusa 
de payer; il fortifia sa maison à la Culture-Sainle-Catherine, fit murer les 
fenêtres et rassembla des hommes pour la défense. La situation était cri- 
tique, les Politiques relevaient la tête, il fallait à tout prix étoufier ce com- 
mencement de révolte. Le Conseil des Seiie demanda au gouverneur de la 
Tîlle, le sieur de Rosne, de convoquer la milice et d'assiéger Donon immé- 
diatement. Mais Rosne allégua qu'il n'avait pas d'autorité sur les milices 
bourgeoises, qui dépendaient de la municipalité. Ce fait est très intéressant, 
et n'est pas l'unique exemple de cette séparation des pouvoirs. — Rosne 
conseilla d'employer le chef populaire Bussy-Laclerc. Bussy, l'homme indis- 
pensable, choisit dans sa garnison de la Bastille les soldats les plus résolus 
et cerna la maison de Donon avant que celui<i ait eu le temps de prévenir 






se soulever quand les bannières ravales paraîtraient e: 

ville. Le roi le savait, il résolut de profiter de T 

Mayenne, qui était allé en Flandre mendier les 

l'Espagne, de pousser une pointe sur Paris dégarni d 

d'essayer de Tenlever de vive force avec Taide des Poli 

Parti de Dieppe le 21 octobre, Henri IV marcha 

petites journées', il espérait que Mayenne, averti, ao 

barrer la route de la capiule et qu'une bonne 1 

ouvrirait les portes de Paris. Le 38, l'armée royale e 

et à Pontoise'; le roi passe à Poissy, où il a une long 

avec le cardinal de Gondy, év&)ue de Paris, au sujet 

\\ la ville^, et le 29 il occupe Saint-Cloud et Meudon^ 

*' Les historiens ont coutume de dire que Tarrivée du 

\ à &it inopinée, que depui»Meulan il vint à marche 

^ que les Parisiens n'apprirent sa venue que lorsqu'ik vii 

royale au pied des tranchées. C'est une erreur abso 

^ 26 octobre, la nouvelle s'était répandue que Henri IV 

;;: de Paris; les tranchées qui entouraient les fiaubot 

;* immédiatement garnies de défenseurs et vingt-cinq con 

bourgeois chargées de la garde et relevées de vingt 

vingt-quatre heures; comme au mois de juillet» les ( 

d'ecclésiastiques et d'écoliers vinrent se mêler aux bon: 

les ro3ra]istes. Un capitaine de la rue Saint-Avoye prend lea ai 
au secours de Donon ; mais, se royant leul, il ae retire. Bussy 
Oonon, tire des coups d*arquebusea contre la porte, et les 
garde, effrayés, forcent Donon à capituler. Bussy remmena \ 
Donon fut sauvé par de puissantes protections. Le ms. fr. 23ac 



LÀ RéVOLTB BT LE- SliCB DB PARIS. iSy 

kdéfensedela ville ^ LegouTerneorde Paris, le sieur de Rosoe', 
irenait de prendre Étampes quand il fut avisé de la marche du roi ; 
il revint en toute hâte et arriva quelques jours avant le roi'. Il 
s'occupa aussitôt de rassurer les esprits, de pourvoir à la défense 
delaville, et envoya des courriers à Mayenne à Amiens, pour 
loi demander de venir immédiatement avec toutes ses forces^. Le 
38, dans une assemblée du corps de ville, on décida de faire 
promptement travailler aux tranchées et fortifications de la ville 
I pour empêcher les entreprises des ennemis qui approchent' ». 

Le Conseil des Seize était fort inquiet des allures des Politiques. 
Gtkeà cette habile organisation que nous avons montrée, il 
pouvait &ire surveiller les suspects par les Conseils des Neuf, 
diQs diaque quartier, dans chaque maison. 

L'entreprise des Politiques était si bien concertée que, jusqu'au 
3ooaobre, les Seize ne purent agir faïute d'indications, et la ville 
remuait, on jetait dans les rues pendant la nuit, on glissait sous 
ks portes des billets, montrant aux habitants le salut dans la 
soumission au roi, le bien-étre revenant avec la paix, et enfin le 
danger où tout le monde serait si le roi prenait la ville d'assaut 
et la livrait à ses soldats suivant les lois de la guerre. Les Seize 
réussirent, le 3o, à arrêter un des distributeurs de billets royalistes, 
le sieur Jean Thilet, papetier, sur lequel on trouva des instruc- 
tioos pour envoyer au roi de la part des Politiques. Thilet, 
emprisonné, accusa d'autres personnes, quelques conseillers du 
Parlement, de notables bourgeois, parmi lesquels Blanchet, 
Raphelin, Regnard, François Gobelin. On apprit par le papetier 
que le président Nicolas Potier de Blancmesnil était à la tête de la 
conspiration royaliste'. Blancmesnil s^était caché chez du Plessis 
dcThou, il fut découven et emprisonné^. Lequanenierdela rue 

iBibl. ut., ms fr. aBagô. fol. 83. 

3. Chrettien de Savigny, baron de Rosne, fut le meilleur général de la 
^uc; confident de Mayenne, après la soumitaion de Mayenne, il se retira 
ckz les Espagnols qu'il serrit fidèlement contre la France. C*est à lui que 
><^otdu8 les succès de l'Espagne à Amiens, à Cambrai, à Calais. 

5- Cayct, Chr. Nov,, t, I, p. 194. 

4. Id., Ibid, 

5. Arch. nat., H 1789, fol. 467. 

^' BibL nat., ms. ital. 401, fol. 19; Ibid., ms. fir. a3a96, fol. 83. 
7. L'Eitoile, t V, p. lo. 



l38 UL sivOLTB BT LE SIÈ6B Œ PARIS. 

Saiot-Antoine fot dénoncé également. On trouva chez 
mémoire de quelques Politiques qui avaient promis de 
les armes si le roi pénétrait dans Paris. Le quartenier fui 
et on profita de la découverte de ces papiers pour incar 
grand nombre de bourgeois suspects. Les Politiques n 
plus « si hardis à entreprendre » ; néanmoins, malgré Par 
des chefii et la terreur qui suivit, un certain nombre preD( 
armes et combattront contre les ligueurs le jour de Passai 
surveiller les Politiques, empêcher toute révolte dans 
Rosne fit occuper par la milice bourgeoise les principau 
comme la place Maubert, les ponts, la Croix-du-Trahoir 
de Grève, les dmetières Saint-Jean et des Innocents. Le 
roi était d^amener les ligueurs à défendre les riches faub 
l'Université. Si les Parisiens reportaient la défense aux i 
de la ville, le roi n'avait aucune chance d'enlever de vive 
remparts de l'Université, peu étendus et garnis de n* 
défenseurs. Mayenne aurait k temps d'arriver, et le roi < 
retirer, sans aucun profit, ne pouvant même permett 
armée sans solde le pillage des faubourgs, qui n^était 
qu'après une prise d'assaut. 

Pour tromper les ligueurs, le roi resta à Meudon 
journée du 3o, s'occupantdu ravitaillement de son armée, 
tous les bestiaux des villages voisins^. Le 3i, à deux h 
Paprès-midi, Pavant-garde royale parut dans la plaine d 
rard, composée de 3 à 4,000 Anglais, de 2,000 arqueb 
800 chevaux; on tira sur les royaux le canon des trancb 
se retirèrent'. 

Les ligueurs ne croyaient pas que le roi aurait Paudace d 
Paris avec si peu de troupes, on pensait qu^il ne fais 
d'attaquer que par bravade, mais que Paris n^était pas so 
et qu'il allait seulement faire le siège de Corbeil. Il fall 
en attendant la prochaine arrivée de Mayenne, défendre 
bourgs de la rive gauche. Le gouverneur de Paris étai 
peine, il n'avait que 800 hommes de garnison ; faute de 
plupart de ses soldats avaient déserté. Après avoir ins 

X. Discours des trahisons,., des Politiques..., par L. TantiU 
x589, p. ao. 
a. Bibl. nat.y ms. ital. 401, fol. 19. 
3. Arch. Tiût., K ibôg, n* 173. Mendoça à Philippe II, 7 noven 



"^^ -- 



LA KtvOVTE BT LB SliCB DB PARIS. 



i39 



•>!^i 



^ * 



tfiQchées des £iubourgs Saint-Germain, Saint-Jacques, Saint« 
Marcel, Saint-Victor, il s'engagea à les défendre malgré leur 
éttodae et le peu de gens de guerre dont il disposait, si on lui 
fmrniasait trente compagnies de bourgeois ^ Rosne, excellent 
homme de guerre, ne connaissait pas la vaillance et l'audace du 
roi, il n'arait pas été à Arques^. Le vieux combattant de Flandre, 
Meodoça, vint trouver Rosne aux tranchées du fieiubourg Saint- 
Gennain, et lui fit remarquer le danger qu'il y avait à défendre 
ODesi vaste étendue de faubourgs; les tranchées étaient longues 
dedeox lieues, le Béarnais pourrait forcer un point faible, il valait 
nieax fortifier et défendre l'entrée des principales rues des 
fauboaigs qui aboutissaient aux portes de la ville. Rosne lui 
r^ioodit qu'il garderait les tranchées, Tennemi ayant l'intention 
(faller à Corbeil'. Rosne allait bientôt reconnaître son erreur, 
mais trop tard. Le mardi soir, un prisonnier royaliste révéla au 
gOQTcraeur que Passant serait donné dans la nuit. Vers minuit, 
Rosne fit une ronde avec le prévdt des marchands; fon inquiet, 
legoQvemeur demanda encore des compagnies bourgeoises. La 
Chapelle-Marteau envoya celles qu'il trouva en garde dans la 
▼Ole, ne pouvant en réunir d'autres pendant la nuit. Rosne 
reconnaissait que le meilleur avis était celui que Mendoça avait 
donné, de défendre l'approche des pones de la ville et d'abandonner 
hs fiinbourgs. Les Parisiens, qui avaient insisté auprès de Rosne 
ponr lui feire garder les fiiubourgs, ne lui pardonnèrent jamais 
(Tatoir suivi leurs avis et lui imputèrent le désastre du i*' no- 
vcmbtc^ 

L'avant-garde royale qui s'était retirée, comme on Ta vu, revint 
dans la soirée, et Tannée occupa Bagneux, Montrouge, Gentilly, 
Issy, Vaugirard. Le roi craignait que les Parisiens n'aient résolu 
de défendre que les murailles de la ville et non les tranchées des 
bubourgs^ « sHls ont suivi ce conseil, disait-il, il faut se retirer et 
rengainer l'épée' ». Il fit reconnaître les tranchées, elles étaient 
gardées par les bourgeois et les soldats et munies d'artillerie. Le 



1. BibL nat., ms. fr. aSigô, fol. 8a. 

2. Pendant le siège de Paris par Henri III et Henri de Navarre, il avait 
été chargé par Mayenne de la défense de Saint-Denis. 

3. Arch. nat., K ibôg, n* 173. Mendoça à Philippe II. 

4. Bibl. nat., ms. fr. aBsQÔ, fol. 83. 

5. Ibid. 



140 LA REVOLTE BT LE SIÈGE DE PARIS. 

Conseil de guerre décida que l'attaque se ferait le lem 
pointe du jour. 

L'armée royale fut divisée en trois corps : le premii 

de 4,000 Anglais, deux régiments français, un de Si 

les ordres du maréchal de Biron, du baron de Biron, 

eut pour objectif les faubourgs Saint-Marcel et Sain 

second corps, formé de quatre régiments firançais, deui 

avec d^Anville, colonel général des Suisses, quatre < 

« d'aventuriers du maréchal d'Aumont, avec Bellegan 

écuyer, de Rieuz, maréchal de camp, fut chargé de ï 

faubourgs Saint-Jacques et Saint-Michel; enfin, le 3^ < 

mandé par Châtillon et La Noue, et fort de dix régii 

çais, du régiment de lansquenets de Tische-Schomb 

régiment de Suisses, devait s'emparer des portes Sain 

Bucy et de Nesle. A la queue de chaque colonne 01 

,^ canons et deux couleuvrines et une troupe de gentil; 

'j^ pied, en réserve. La cavalerie fut rangée en trois corps, 1 

iZ par le roi, le comte de Soissons et le duc de L 

î-1 soutenant chacun un des corps d'infonterie. 

il L'artillerie arriva pendant la nuit S et, sur les quati 

71 matin, l'armée se mit en marche à la faveur d*un épais l 

Vers six heures, on arrive aux tranchées, seize con: 

r - bourgeois avaient passé la nuit en garde, mais le broi 

!^,- tel qu'ils ne virent pas approcher les royalistes. Les 

surpris, furent culbutés, ils se reformèrent et résistèn 

quelque temps; les Parisiens, réveillés par le bruit ( 

i'- , les salves de mousqueterie, accouraient au secours des 

des faubourgs, mais, d'une maison, sortirent près de cei 

de Henri IV qui prirent à revers les ligueurs*; la < 

Parisiens fut complète, bourgeois et soldats sVnfuin 

côtés, les uns purent se jeter dans l'abbaye de Saini 

des- Prés, les autres dans les fossés de la ville, à cou 

canons et les arquebusades tirés des remparts. En 

tous les faubourgs de la rive gauche étaient au p 

royalistes, avec quatorze enseignes, a quatorze ou qu 

1. Arch. nat., K iSôg, n* 173. Mendoça à Philippe II. 

2. Bibl. nat., ms. fr. 23296, fol. S4. 

3. Ibid.; Arch. nat., K x369, o* 173. c Les partisans de Béai 
bourgeois par les épaules, c dieron por las espaldas. • 



t 



^ 



f r 



LA RÉVOLTE ET LE SIÈGE DE PARIS. I4I 

decanon tant grosses que petites* ». Les troupes royales chargeaient 
vivement les ligueurs « et furent les Parisiens suivis d'une telle 
furie que peu s'en fallut que les royaux n'entrassent pesle-mesle 
dans la ville' ». 800 ligueurs furent tués, autant faits prisonniers. 
I Ces f matines de Toussaints » ne resveillèrent guères moins les 
catholiques que ne firent les huguenos les matines de Saint- 
Barthélemi'. » Le plus grand massacre fut au faubourg Saint- 
Germain, oti étaient Châtillon et La Noue. Ik criaient c qu'on 
épargnât le soldat, et aux bourgeois main basse en expiation de la 
Saiot-Barthélemy*. » Les troupes huguenotes ne faisaient point 
de quartier, deux compagnies de bourgeois, de la rue des Lom- 
bards et des rues voisines, s'étaient retirées dans le cimetière de 
Saiot-Sulpice, ils demandèrent à capituler, offrant de payer une 
rançon, les royalistes les massacrèrent. Une forte troupe de 
bourgeois se trouva cernée au carrefour de la rue de Tournon, 
près la porte Saint-Germain, entre la colonne du maréchal 
d'Aumont et celle de Châtillon. Ce fut une épouvantable tuerie^ 
< il en fut tué 400 en un monceau en moins de 200 pas d'es- 
pace* ». 

Les pertes de soldats furent insensibles, 100 à 120 restèrent 
parmi les mons; Rosne, La Châtaigneraie, Jaulgeet les autres 
gentilshommes se sauvèrent dans la ville, poursuivis . par les 
royalistes qui arrivèrent en même temps aux portes et faillirent 
s'en emparer. La porte Saint-Germain n'avait pas de pont*levis, 
on y mit un pétard, celui qui le plaça fut tué, mais le pétard fit 
son effet, la pone fut entièrement emportée et il n'y avait presque 
personne pour la défendre. La Châtaigneraie, le capitaine Lacroix 
^ quelques bourgeois la remparèrent et la terrassèrent en peu de 
temps. Rosne fit faire de même à la porte Saint-Jacques et aux 
autres portes; tout le monde se mit à Tceuvre « sans distinaion 
dequalitez, les uns de bon courage, les autres de bonne mine* ». 
Quand le canon royaliste arriva, les portes étaient remparées, ce 
retard de l'artillerie du roi sauva Paris ; si on l'eût fait avancer 

I. Lettrei miisives, t. III, p. 64. 
a. Cayet, Chr. Nou., t. I, p. 194. ' 
3. L'Estoile, t. V, p. 9. 
4* BibL nat., ma. fr. aBagô, fol. 84. 

5. Sully, Œconomies royales, c. 29, p. 70; De Thou, t. XI, 1. 97, p. 34. 

6. Bibl. nat.y ma. fr. 33296, fol. 84; Arch. nat., K i569, n* 173. 



142 LA ftéVOLTE IT LB SI&6B VE PARIS. 

plus vite, il est certain que les portes eussent été rompues et U filk 
emportée ^ 

Le brave La Noue essaya de pénétrer dans la ville en eatnot 
dans la Seine en dessous de la porte de Nesle pour gagner le qoû 
des Grands- Augustins, où il espérait trouver des amis. Il entra le 
premier dans le fleuve pour conduire ses troupes, mais Fêta se 
trouva plus profonde qu'il ne pensait et, son bras de fer legênaat 
pour soutenir son cheval, il fûllit se noyer, ses soldats le retirèrent 
avec peine et on dut renoncer à tourner les remparts de la viUe pt^ 
la Seine'. 

Sur les sept à huit heures du matin, le roi entra dans le Csubour;^ 
Saint-Jacques et fut accueilli par les vivats des bourgeois et le^ 
cris de : Vive le roi I II fit tirer une volée de canon sur la ville ptr^ 
dessus la porte Saint-Jacques, établit des gardes et donna Tordre? 
de construire des barricades devant les portes de la ville. Puis il se 
retira au Petit-Bourbon', oti il dormit environ trois heures sur 



I. Il est probable que le roi s'attendait à une longue résistance dans les 
rues des faubourgs. 

a. Vie de La Noue; Aubigné, t. III, 1. m, c. i, col. 3o9* Sully s^attri- 
bue souvent des actions aussi belles qu'elles sont fausses. Nous en avons un 
exemple ici, qu'il convient de citer, pour montrer avec quelle prudence on 
doit se servir des (Economies royales. Il est absolument certain qu'aucun 
royaliste ne put pénétrer dans la ville, belle occasion pour Sully de mon- 
trer qu'il fut plus habile et plus heureux que les autres et qu'il pénétra 
dans la ville. Mais nous pouvons le prendre en flagrant délit d'inexactitude : 
c Vous vous avançâtes vers la porte de Nesle, qui estoit demeurée ouverte, 
si bien que quinze ou vingt de vous autres entrâtes dans la ville quasi 
jusques vis-à-vis du Pont-Neuf. » Il n'y a pas un mot de vrai dans ce récit 
{(Economies royales, c. 29, p. 70). Ce ne fut pas Sully qui arriva le pre- 
mier à la porte de Nesle. 11 nous raconte qu'il était à l'aile droite de Châ- 
tillon et qu'il entra par le faubourg Saint-Germain; après l'aftaire de la rue 
de Tournon, il s'amusa à piller c six ou sept maisons, où chacun gagna 
quelque chose >; après avoir partagé le produit du pillage, il arriva enfin à 
la porte de Nesle. Or, il a dû évidemment être devancé par La Noue, qui 
commandait la gauche de Tarmée, vers le Pré-aux-Clercs et la Seine, et qui 
avait pour objectif la porte de Nesle. La Noue n'était pas homme à s'ar- 
r4l«r au pillage, il piqua droit aux ennemis et, trouvant la porte de Nesle 
lÏNrméo et défendue, essaya de la tourner en se jetant dans la Seine, où il 
HkUUl se noyer et avoir sa retraite coupée par les défenseurs de la tour de 
Nviàlf. CW en ce moment que Sully, trouvant les remparts déserts, la porte 
>^\vvl«ik aurait fait cette promenade jusqu'au Pont-Neufl 

^ ^ M^iaon apartcnante à maistre Hierosme Chapelain, secrétaire du roy, 



LA RiVOLTB BT LV SIÈGE DE PARIS. 143 

un lit de paille fraîche qu'il s'était fait Caire c au pied de la table, 
en la salle dudit logis ». Pendant ce temps, l'armée royale pillait 
soigoeasement les faubourgs, le roi ne pouvait Tempécher, ses 
troupes étant sans solde, il ordonna de respecter les habitanu et 
les ^ses, ce qui fut observé. Le service religieux de la Toussaint 
ne fut pas interrompu dans les églises, et les catholiques de l'armée 
royale y assistèrent avec les bourgeois * . 

La ville était dans le deuil et la consternation, on n'entendait 
que les plaintes et les cris des femmes et des en&nts des bourgeois 
qui avaient trouvé la mort dans ces sanglantes matines. Le décou- 
ragement était général, Tarmée de Mayenne n'arrivait pas, les 
ligueurs étaient atterrés*. Enfin, sur les trois heures du soir, arriva 
Je jeune duc de Nemours, presque seul, précédant sa cavalerie^ 

Mayenne, à la nouvelle de la marche du roi sur Paris, était 
parti d'Amiens avec toutes ses forces, laissant le marquis du Pont, 
qui était malade, et le comte de Chaligny, et envoyant en avant 
^ cavalerie légère avec le duc de Nemours. 

Nemours arriva à Pont-Sainte- Maience dans la nuit du lundi 
au mardi. Le roi avait donné, dès le 21, à Montmorency-Thoré, 
gouverneur de Senlis, Tordre de détruire le pont, afin d'empêcher 
Mayenne d'arriver à temps au secours de Paris. Thoré, retenu par 
'^Oe maladie à Senlis, envoya 3o soldats qui s'amusèrent à fourra- 
Ser et ne rompirent le pont qu'à moitié^. En quelques heures, 

^^«lae de soo ajeul et à lui donnée de la confiscation du feu duc de Bour- 
*^^ij > (L'Estoile, t. V, p. 9). 

j. Néanmoins, les pamphlets ligueurs, aussi achtrnés contre Henri IV 

5^^^*il8 l'avaient été contre Henri III, répétant bêtement les mêmes calomnies 

'^^fUnes, nous disent que c le Béarnois... viola les femmes et filles sans 

^^^pargner mesme l'aage de qudque^unes, qui furent violées n'ayant pas à 

l^*»iiic atteint dix ans. Et, non content de ce, il fit piller les églises de Saint- 

^^plice, Nostre-Dame-des-Champs , Saint-Marceau et Saint-Medard, où 

^v^rent éalctes les plus grandes ruines et désolations dont l'on ayt point ouy 

Y^^rler > {Discours des trahisons.,, des Politiques, p. 20]. — C'est le même 

^^rttème de mensonges odieux qu'on employa contre Henri III. 

a. c Perdidos interamente de anuno i, dit Mendoça (Arch. nat., K iSôg, 
«irf. 173). 

3. Arch. nat., K 1369, n* 171 (relation de Tatuque de Paris], fixe Tarri- 
vée de Nemours à quatre heures; Bibl. nat., ms. ital. 401, fol. 20; Discours 
des trahisons, p. ao. — Le duc entra par la porte Saint-Denis. 

4. Ibid.; Extrait en bref de ce qui fest passé,,, à Senlis,,,, dans A. Ber- 
aier. Mon, inéd,, p. no et m. 



Dourgeois et ii aiia loger a la pone daim- Jacques, c 
menacée, le roi éunt dans le faubourg Saint-Jacques. 
La ville était sauvée; les 400 cavaliers de Nemoi 
arrivés peu après lui, et, pendant la nuit, les troupes d 
commencèrent à entrer dans Paris. 

Un certain nombre de bourgeois et de soldats avaie 

se sauver dans Tabbaye de Saint-Germain-des-Prés. C 

commandait, un Piémontais nommé Saint-Séverin, 

faubourgs pris, résolut de se retirer dans la ville en pn 

t'^ confusion causée par le pillage. Il sortit avec 3oo hom 

:* serrez » pour gagner la porte Saint-Germain. Les 

:« Châtillon, surpris, furent culbutés. Châtillon accour 

*i vinguine d'hommes et barre la rue, Saint-Séverin c 

i • soldats effrayés se débandent : les portes de la ville étant 

^^ on ne pouvait ni les secourir de la ville ni les recevoir, 

1 presque tous massacrés <; 1 5o arquebusiers, qui sMtaient 

T- dans l'abbaye, sommés de se rendre, capitulèrent vers 

Le jeudi 2 novembre, l'armée royale resta en batail 

faubourgs, prête à toute éventualité, le roi espérait que 

siens feraient une sortie ou que les Politiques se souL 

jf j I « J'ay deslîbéré de suivre ma pointe, écrivit le roi à c 

Mornay, attaquer et battre ma dicte ville, laquelle j'espe 

en mon obéissance si l'armée de mesdias ennem]i3 ou 

forces d'ycelle n^entre en la dicte ville dans trois jour 

1. Âubtgné, t. III, 1. III, c 4, col. 3 10. 

2. Discours au vray de ce qui s'est passé,.,; Cayet, Ckr. Nov,. 

3. c Le roy, ayant envie de voir à descouvert sa ville de Pari 
haut du clocher de l'eslise Saint-Germain-des-Pres. où un moin 



« 



C,/ 



LA KÊVOLTE ET LB sdbGE DE PARIS. 146 

marche de Mayenne avait pu être arrêtée au passage de TOise, 
comme il en avait donné Tordre à Thoré, le roi aurait sans doute 
emporté la ville d^assaut. Mais l'arrivée de Tarmée de la Ligue 
tait à Henri IV tout espoir de s'emparer de Paris. Mayenne 
accourait à marches forcées, avec tant de précipitation que son 
araiée était toute « à la débandade^ ». A mesure que les soldats 
arrivaient, la population leur donnait à boire et à manger sur des 
tables dressées dans les rues, les zélés ligueurs les emmenaient 
loger chez eux. Enfin, sur les sept à huit heures, le lieutenant 
gàiéral entra dans Paris à la grande joie des ligueurs. 

Le lendemain, le roi sortit des fiaubourgs et mit son armée en 
bataille en vue de la ville. Il y resta depuis huit heures jusqu'à 
onze heures, attendant que Mayenne Tattaquât. Mais le duc ne 
pouvait risquer une bataille, son armée était épuisée de fatigue, et 
il resta dans la ville. Le roi, satisfait d'avoir montré aui Parisiens 
la faiblesse de l'armée de la Ligue, se retira. Son armée emportait 
do pillage des faubourgs et des rançons, plus de 1 5o,ooo écus^, et 
ks Parisiens^ cruellement détrompés, avaient appris quels étaient 
les véritables vainqueurs des journées de Dieppe. 

Le roi alla camper à Linas, où il séjourna jusqu'au dimanche. 
Le même jour, il prit Étampes; le château, défendu par Qermont 
de Lodëve, capitula le mardi. Le samedi eut lieu la dislocation de 
. farinée : Longueville et La Noue retournèrent en Picardie, Givry 
en Brie, et Henri IV prit le chemin de la Beauce, pour gagner 
Tours, dont il avait £ait sa capitale provisoire. 

La retraite du roi avait été le signal des massacres dans Paris. 
Les Seize vengeaient leurs pertes dans le sang des Politiques. La 
terreur régna dans la ville pendant plus de vingt jours, on fit le 
pn)cès des Politiques, on fit des arrestations en masse, on pendît 
ou 00 jeta dans la Seine une foule de suspeas'. 

I- c A U dtfsjlada 9 (Arch. nat., K xSôg, n* 173. Mendoça à Philippe II). 

2' Bibl. nat.y ma. ital. 401, fol. 19. — Le Grain nie le pillage, t. V, p. 199, 
c'est une erreur. Sully eut pour aa part une bourse de 2 ou 3,ooo écus. 

3> Cette terreur, ces masaacrea de novembre ne sont pas connus des his- 
torieDi. » On raconte seulement la pendaison de quelques bourgeois arrê- 
^ le 3o octobre. Beaucoup d'historiens ne citent même que deux victimes. 
On fait Papologie des ligueurs en ignorant les atrocités qu'ils commirent 
en noTcmbre 1689 et la terreur de 1390; on blâme l'inaction des Politiques 
en ignorant leurs tentatives de soulèvement malgré les terribles exécutions 
qui les suivirent en juin, juillet, août 1590. Cette ignorance de la véritable 
Min. zxxiii 10 



par un des crimes les plus abominables dont Thistoir 
der le souvenir : le massacre des prisonniers. Le sin 
à la tête de sa compagnie de bourgeois, pénétra dans L 
telet, rempli de Politiques. Tous furent poignardés et 
rivière'. Ces assassinats, qui marquent la Ligue d*un( 
façable, étaient d'autant plus odieux que les Politiques 
emprisonnés au Châtelet, avaient, pour la plupart, ét< 
mesure de sûreté avant Tarrivée du roi, le 3o octobre, 
t;^ pu, par conséquent, seconder les troupes royales à 

l'Z fiiubourgs. 

l^ Le Parlement ligueur, qui acquittait ou condami 

*3' les volontés de ses maîtres, les Seize, envoyait impit 

5r à la mort tous les malheureux Politiques qu'on lui d( 

^2 Le mercredi 8 novembre, dix-sept furent pendus i 

parmi les victimes, un nommé Courtois, marchand de 

j^:-[ d'autres bourgeois, ■ lesquels, esuns convaincuz, furc 

'pC pareil supplice' •• Le mardi 14 et le samedi 18 novei 

T'.: autres Politiques furent pendus, et, dans la nuit du 

J^^'J dimanche, dix autres furent jetés dans la Seine'*. P 

f)^ quelque satisfaction à la populace, le Conseil génér 

20 novembre un arrêt ordonnant la confiscation de 

hérétiques de Paris et des partisans du roi, l'argent pi 

la vente serait employé c au remboursement des ranço 

situation des Politiques de Paris et du rôle très important q 
depuis le mois de juillet ibSg et en iSgo a faussé complètem 
de Paris et de la Ligue pendant cette période. 



r 



hk MÉ90L1M IT LB SI^QB DB PARIS. I47 

pense des veufVes et enfans des massacrez le jour de Toussaioct 
4«niier' ». Cette ressource était biea illusoire, car depuis laog- 
temps les ligueurs avaieot fouillé et pillé tout ce qui appartenait 
à leurs ennemis. 

Le mercredi i5 novembre, Raphelin fut pendu', mais Blanchet 
lut conservé pour être échangé contre Charpentier, membre du 
Conseil général, qui avait été fait prisonnier à l'attaque du fau- 
bourg Saint-Jacques, Charpentier et un autre ligueur avaient 
déjà composé de leur rançon et allaient panir pour Paris,. quand 
OD apprit que le Conseil général* sous la pression de la populace, 
qui criait qu'on ne foisait pas justice des riches, avait fait pendre 
Blaochet et Serouse^ huissier des Comptes'. Le maréchal de Biron, 
qui avait connu Blanchet, vint annoncer au roi c qu*il n'avoit 
plus de serviteurs en luy ni aux principaux de son Conseil si les 
deux Parisiens n'estoyent promptement pendus; ce prince eust à 
ooQtre-cœur une telle deuretéet vouloit passer plus doucement », 
nais le maréchal insista, jurant c qu'en afEiires d'un Estât si 
troublé que le leur les préceptes de ses ministres qui vouloyent 
nodre le bien pour le mal ne valoyent rien^ ». Le roi fut forcé 
de consentir à ceue rigueur et ordonna l'exécution à Richelieu, le 
gruul prévôt de l'hôtel. Richelieu était lié d'amitié avec Charpen- 
tier, qui lui avait rendu des services à Paris. Les chevaux étaient 
bridés et les deux ligueurs attendaient Richelieu pour le remer- 
cier encore avant de partir. « Le grand prevost ouit leurs honnes- 
tetés et commença les siennes », enfin, la mon dans Pâme, il les 
^voya au gibet « à la vue des tambours, qui les estoyent venus 
qoerir, et remportèrent leur rançon ». 

< Cet exemple, ajoute d'Aubigné, fit mettre de Peau dans le 
vin des Seize et modéra leurs rigueurs. » Le président, de Blanc- 
mesnil, « qui n'attendoit pas moins que les autres », fut sauvé et 
ic retira à Châfons, oti il présida le Parlement que le roi y établit. 

Le 24 novembre, Servin fut pendu ' ; « voilà en somme les exe- 

1. Àrrest du Conseil général de la Saincte- Union.,. <, 20 novembre (Bibl. 
Mt., Lbw i53). Troye», J. Moreao, s. d., in-8*. 

a. L'Esioile, t. V, p. 10. 

3. Ibid. c Blanchet estoit un bon bourgeois de ville, homme de bien et 
^n lerriteur du roy, mais trop peu discret et secret. » 

4*AubigQé, t. III, 1. III, c. 4, col. 3ii, 3ia. 

5. L'Estoile, t. V, p. 10. 



popuiace aux pires excès, uc peuple en aeiire, renau n 
vue du sang, tue pour tuer et non pour voler. Les m 
novembre iSSg ont eu pour mobiles la vengeance et, 
ignominie, — le vol. Les ligueurs n'avaient plus 
depuis le départ du roi et leur fieinatisme était inoffensi 
qui savaient payer. 

Un des plus farouches et des plus fanatiques liguei 

de Saint-Germain-l'Auxerrois, Jacques Cueiily, reçut 

d'un prisonnier politique, le s' de Sponde, maître des 

'V* il déposa faussement que, pour la Toussaint, Sponde é 

«HP c à l^extremité » et qu^il l'avait confessé et commun 

li fut sauvé', mais la fureur des Seize était grande coni 

^% ils lui firent de violents reproches, lui prouvèrent sa v 

•Jf faux-témoignage; sans le curé, c corrompu par argent 

CS eussent fait un bon coup chez Sponde et c saccagé^ » 

^«r et les biens du maître des requêtes. Un des principau: 

Jg^% du Conseil des Seize, Émonnot, tua un bon catholiq 

2^ Minterne « pour lui voler 400 escus qu'il avoit sur 

2|^ tonnelier de la rue de Larondelle assassina la veuve de 

?!* Greban, et ce fut un titre de gloire pour l'assassin, c j 

4/** tenu pour meilleur catholique et plus zélé et disoit s 

Saint-André que c*estoit le meilleur catholique de sa 

le plus homme de bien* ». Un maître du havre, au 

Saint-Germain, nommé Cabri, fut aussi c saccagé » < 

Seine, la femme La Roche traitée de même, « tous lesque! 

et assassinats estoient non seulement impunis à P< 



J^m *^jmU!m^^ 



I 



LA RivOLTE ET LB SfÈGB OB PARIS. I49 

approuvés et loués comme vrais tesmoingaages d'un bon zèle à la 
religion catholique^ >. 



Nous avons reconstitué l'histoire des « Matines de Toussaint > 
et des événements de novembre d'après les documents suivants : 
l'Mss. Arch. nat,, H 1789, fol. 457 et suiv. 
Ibid., KiSôg, n"* 171. Relation espagnole de Pattaque de 
Paris. 

Ibid., K1569, ^^ ^7^' Mendoça à Philippe II, 7 novembre 
1589. 
Bibl. nat., ms. ital. 401, fol. 18 et suiv. 
Ibid., ms. fr. 1728 1, fol. 268 et suiv. 
Ibid., ms. fr. 23296, fol. 83 et suiv. 

2^ Impr. Discours au vray de ce qui s*est passé en Varmée 
cmiuictepar Sa Majesté... (Bibl. nat., Lb'* 146. Recueil A-Z, 
^ol. H). Tours, Jamet Mettayer, 1589, in-S^. 

Discours des occasions qui ont meu le roy de s'acheminer aux 

f^uxhourgs de V Université de Paris et de ce qui s^y est passé.,. 

*'o» les mémoires... envqye\ par Sa Majesté à messeigneurs de 

^ Conseil à Tours (Bibl. nat., Lb«» 147). Tours, Jamet Met- 

^ytr, 1589, in-40. 

-Ca Téméraire entreprise du prince de Béam sur la ville de 

^^rw avec Fheureux secours de Monseigneur le duc de 

r^^enne... (Bibl. nat., Lb»i48). Paris, Didier Millot, 1589, 

^*^-8», 20 p. 

JDiscours sur V arrivée de Monseigneur le duc de Nemours, 
^^cc un poème ou prière pour la prospérité dudit seigneur...^ 
^^r Philippes de Gouy^ Tourangeau (Bibl. nat., Lb'*i49). 
*^"^ris, N. Jouin, i589, in-8®. 

Discours des trahisons^ perfidies et déloyauté:^ des Politiques 
*^« Paris... ^ sur la copie imprimée à Paris. Lyon, par Loys Tan- 
^^lloD, avec permission, 1589. Réimprimé par E. Tricotel, Paris, 
^laudin, 1876. 

Arrest du Conseil gênerai de la Saincte- Union... ^ 20 no- 
vembre (Bibl. nat., Lb»» i53). Troyes, J. Moreau, s. d., in-8». 
3* Moyse Amyrault, Vie de François de La Noue. 
Aubigné, t. III, 1. m, c. 4, col. 3o8 et suiv. 

i.L'Estoilc, t. V, p. i5. 



l50 LA ftÉTOLTB VT LE SIÈGE DB PAKIS. 

A. Bernier, Monuments midits : Extrait en kref de ce qi 
s*est passé.,, à Senlis..., p. iio et suiv. 
Cayet, Chr. Nov.j u 1, 1. r, p. igS et suiv. 
Davila, t. II, 1. z, p. 5i8. 
Félibieû, t. II, p. 1185-1187. 
Henri IV. Lettres missives, t. III, p. 63. 
La Force, Mémoires, 1. 1, p. 97. 
Legrain, Décade^ t. V, p. 197.^ 
UEstoile, t. V, p. 7 et suiv. 
Malingre, p. 356. 

Sully, (Economies royales (Michaud, t. I, c. 29, p. 73). 
De Thou, t. XI, 1. 97, p. 32-36. 

A. GÉRARD. 



LA FAMILLE 

DE JEAN LE VACHER 

MISSIONNAIRE ET CONSUL EN BARBARIE 

HÛ A ÉCOUEN. 



I^a Revue des Études historiques* a publié un travail très 
^^Hrumenté de M. Lucien Misermont, prêtre de la Mission, sur 
^^ double bombardement d'Alger par Duquesne et la mort du 
^^risul Le Vacher. 

Originaire de l'Ile-de-France, Jean Le Vacher, prêtre de la 
j^l^ission de saint Vincent de Paul, fut missionnaire et consul à 
-^tanis de 1647 à 1666, puis à Alger de 1668 jusqu'à sa glorieuse 
^^ort pour la foi, digne couronnement de trente-six années d*hé- 
^"^ique apostolat auprès des chrétiens esclaves; le 29 juillet i683, 
^>*ant refusé d'abjurer la religion catholique, les Turcs le mirent 
^ la bouche d'un canon, dont la décharge fit voler son corps 
^^ lambeaux dans la mer. 

Parmi les biographies de Jean Le Vacher' parues jusqu'à ce 

I. LiTTiiions de janvier-février, mars-avril et mai-juin igob. Ces trois 
Guides ont été réunis en un tirage à part de 93 p. 

a. Les principales sont un manuscrit de 82 p. in-8* (Arch. de la Mis- 
sion, série IV) intitulé : la Vie de Monsieur Jean Le Vacher, prestre de la 
^Congrégation de la Mission^ vicaire apostolique à Alger, Au-dessous du 
titre est écrit : c Original, i pour distinguer ce manuscrit des copies qui en 
turent tirées. A la fin du cahier (p. 82), on lit en marge cette mention : 
« Achevé ce 29 janvier, feste du grand saint François de Salies, 1698. 9 
Suivant une remarque de l'auteur, missionnaire de Saint-Lazare, cette Vie 
est on recueil de a quelques mémoires des vertus et de la vie de ce grand 
lerviteur de Dieu i plutôt qu'une biographie ou histoire proprement dite, 
travail qu'il réserve, ajoute-t-il, c pour la piété de quelque personne capable 



l52 LA FAMILLE DE JEAN LE TACHER 

jour, c'est à l'étude de M. Misermom que doivent recourir ceux 
qui cherchent le récit circonstancié de ses dernières années et de 
son martyre. Il n'entrait pas dans le cadre de cet auteur de parler 
avec détails de la famille Le Vacher. Pour compléter sur ce point 
son travail et même celui de ses devanciers, j'ai réuni qadques 
renseignements, tirés principalement de registres paroissiaui, de 
terriers et de minutes de notaires % concernant cette bmillede 
rile-de-France. 

de cet ouvrage, me contentant de ramasser ces mémoires pour y contribuer 
selon ma foiblesse •. — Les Mémoires de la Congrégation de la Missi» 
(Paris, 1864, t. II, p. 38-1 13 et 269-377) reproduisent, non pas rorigÎDal, mtii 
une copie légèrement fautive de cette Vie manuscrite, ~ Les Notices 9ff 
les prêtres f clercs et frères défunts de la Congrégation de la Mission (Pari^ 
1898, i'* série, t. III, p. 606-643) donnent un résumé des Mémoires. '^ 
Une notice sur Jean Le Vacher^ prêtre de la Congrégation de la Missiez 
vicaire apostolique à Alger et martjrr, composée par Joseph Grandet, sup^ 
rieur du séminaire et curé de Sainte-Croix d'Angers (1646-1724), a é 
publiée pour la première fois dans la 3* série des Saints prêtres français à 
XVll* siècle par M. G. Letourneau, supérieur du grand séminaire d'Ange 
(1897), P* 194-210. — M. Henri Simard, prêtre de la Mission, a donné uf 
courte notice de M. Jean Le Vacher dans une étude sur les Prêtres de \ 
Mission à Marseille et en Provence parue dans les Annales de la Congn 
gation de la Mission^ t. LIV (1889), p. 51-69. ^^ i^4t M- Simard a insé 
cette étude, avec quelques légères modifications, dans son ouvrage Sai 
Vincent de Paul et ses œuvres à Marseille (Lyon, Vitte), p. 249-371. 

I. Les anciens registres paroissiaux consultés pour cette étude sontcei 
d'Écouen, de Saint-Leu, de Taverny, de Chauvry, de Bessancourt, de B01 
queval, de Montmorency, de Sainte-Brice, de Domont (comm. de Parr. » 
Pontoise, Seine-et-Oise). Ceux de Piscop ont été brûlés par les AUeman* 
en 1870-71; il n'en reste que des fragments. 

Les registres d*ÉcouEN (état civil de la mairie), étant souvent cités ici 
n*étant pas inventoriés, ont été désignés de la façon suivante : premi( 
deuxième, troisième registres. 

Le /*' registre contient : a) des actes de baptêmes de juillet i552 : 
i3 avril i58i ; bj un c Registre des Testfaments] » de i332 à 1378; cj d 
actes des mariages de mai i532 à 1377. — Les derniers feuillets manques 
le haut des feuillets est très détérioré; de la couverture en parchemin, il 1 
reste que des fragments. 

Le 2* registre contient : a) des actes de baptêmes de i339 à juillet x6q 
L'ordre chronologique n'est pas rigoureusement suivi : ainsi, après un ac 
de baptême d'août i588 se trouve cet avertissement : c Ensuit plus" ba] 
tesmes qui ont esté trouvez en plus" manuelz, escriptz, mis et rédigez pj 
escript par raoy, Edme Jacquot, prestre, vicaire en Peglise de Saint-Acceul 
Escouen en l'an 1598. • Viennent ensuite une série d*actes de baptêmes < 
i58i à i38a, faits par Claude Revel, vicaire d'Écouen, et une autre sér 
de 1393 à novembre 1604. De plus, on rencontre en plusieurs endroits d 



— -». 



MISSIONNAIRS IT CONSUL BN BARBA&IX. l53 

Généalogie de Jean Le Vacher. — Jean Le Vacher naquit 
ï Écouen, « bourg situé au septentrion de Paris, à deux lieues 
par ddà Saint«Denis et à quatre de la Capitale, sur un coteau 

pigeien blanc qui suppotent des lacunes, par exemple de septembre 1674 
à iio?embre 1579, de septembre i383 à janvier 1584. ^) ^^ testaments 
(fa?ril i55o à i6o3; c) des actes de baptêmes d'août i6o3 à août 1609; 
4 des actes de mariages de i5bg à i568 et de i38o à iSgS.— Les derniers 
feuillets manquent; les premiers sont détériorés. 

3* registre, c Registre de baptesmes commençant le [la mai 1609 et] 
fioiisaot au 24 décembre 1634. i — La fin de ce cahier, sans couverture, 
manque; le dernier feuillet donne un acte de baptême du 10 septembre 
c-^ S 1634. Ce registre, comme les précédents et le suivant, devait également con« 
teoir les mariages et les décès de la même époque; cette partie a totale- 
nieot disparu. 

Le 4* registre contient : a^ le c Regis[tre des baptêmes faits] en l'église 

d'£icou[en depuis le 14*] jour de janvier mil [six cent] trente-huit i jusqu'au 

^1 mai i653; b) le c R^istre des mariages faits en Teglise d'Escouen depuis 

'c premier jour de janvier mil six cent trente-huit i jusqu'au 5 juin i65i ; 

^^ quelques testaments, avec des actes de baptêmes et de mariages interca- 

'^*; d) le f Regis[tre des décès depuis le i** janvier i638j » jusqu'au 23 avril 

'65^. La fin de ce registre, sans couverture, manque; le haut des feuillets 

«*t très détérioré. 

;^«a série parallèle des registres d'Écouen, qui devrait exister au grefië du 
^iMuial de Pon toise, ne commence qu'à i683. 

^ SàTKT-LBu, le i** registre de l'état civil, E*, va de 1692 à 1694; le s* 

^ 1694 à 170a; le S* de 1703 à 171 1, etc. — Au tribunal de Pontoise, le 

' ^"^ registre de Saint-Leu, portant comme dates extrêmes 1 588- 1680, est un 

^^^^eil f^tice de divers cahiers d'actes de baptêmes, de mariages ou de 

^«cès; ainsi se trouvent un cahier des c mortuaires > de 1617 à 1659, deux 

^^^stres de baptêmes du a6 avril i588 à 161 1 et de 16 14 à 161 8, un registre 

^^ mariages du 3o juin 1694 à 161 3, etc. Il y a de nombreuses lacunes, 

^^^-r exemple tous les baptêmes de 1618 à 167a manquent. 

Xe plus ancien registre des baptêmes de Chauvry (état civil de la mairie) 

^^mmence à juillet 1677; jusqu'au i5 décembre 1379 inclus, les actes sont 

^^digés en latin; le dernier acte est du 3 janvier 1616. A ce registre, sans 

^^uverture, des feuillets manquent au commencement et à la fin. Un autre 

^^^stre, également incomplet, contient des testaments et des décès du 21 fé- 

'^^"^er 1340 à 1606; plusieurs feuillets ajoutés à la fin ne contiennent que 

^^«s actes de baptêmes de 16 18 à 1621. — Le premier registre de la série 

T^vallèle de Pontoise ne date que de 1706. 

Les registres paroissiaux des autres communes mentionnées étant moins 
emportants n'ont pas besoin de description spéciale. 

Les terriers consultés sont ceux de Piscop (i 644-1 665), aux archives de 
\a mairie de cette commune, de Domont (commencé en i353), aux Archives 
nationales, T*37i, et surtout ceux des archives du château de Chantilly, 
au musée Condé, très obligeamment communiqués par le distingué conser- 
vateur, M« Maçon : « Terrier de la terre et seigneurie d'Escouan, appartenante 



l54 I^ FAMILLE DB JE4N LK TACH8R 

assez élevé qui regarde aussi le septentrion^, » et dépendant, tTint 
le Concordat de 1802, du diocèse de Paris. Le troisième ngsat 
de l'état civil de cette commune en £ait foi dans les terma sol- 
vants : 

c Le jeudy quinz[ièm]e jour de mars mil six cens dix-nea(, ht 
bapt[isé] J[ea]n Le Vacher, fils de Philipe Le Vacher et de Qmt 
rine Butfer. Nommé et teneu sur les fons par messire Jehan 
Baroche, prestre, curé d^Escouen. La mar[a]ine Nicolle de 
S^-Denys. » Au-dessous de l'acte est un paraphe; en marge est 
écrit : « Jehan Le Vacher. » 

II ne semble pas que son père soit né aussi à Écouen. Un 
registre de Saint- Leu' nous apprend que le « 10 aoust 1646 * 
eut lieu l'inhumation de c Philippe Le Vacher, aagé de soixante 
dix ans »; sa naissance devait donc remonter à l'année i5/^ 
Or, les deux premiers registres d'Écouen ne la mentionaei 
pas. Le plus ancien registre des baptêmes de Chauvry, q< 
commence seulement à juillet 1577, ne peut non plus Tindiquei 



à Madame la duchesse de Joyeuse, dame dudict lieu, » de iGSç (107 D* 
« Papier de recette des droits seigneuriaux deas à Madame la duchesse c 
Joyeuse à cause de sa terre et seigneurie d'EcoQan pour commancer à rao 
voir en Tannée 1660, au jour et feste de Noël » (ii5 Â^^) ; « Abr^desceo 
rentes, bled, avoyne, febvre, poulies, chappons, œufs, etc., aultres droic 
seigneuriaux deubz par chacun an à Monseigneur le duc de Montmoreni 
à cause de sa terre et seigneurye d'Escouen pour en faire la recepte au joi 
et feste de Noël i63o > (1040^^); un Cueilleret, de la fin du xvi* sied 
intitulé : c Papier des Champarts • (1040^^); c Papier terrier de la tei 
et seigneurie d*Escouen en Tannée i363 et veriffîé en 1666 • (1078*1 
c Extraict des maisons et héritages assizes et scittuées à Escouen et terre 
d'icelluy estant en la mouvance de Monseigneur le compte d'Allais, seigne 
dudict Escouen, i daté de i362 ou i563 (io5E^); deux terriers d'Écou 
reliés ensemble (xvi*-xvii* siècles) (io3 E^<^; carton BB^); Registre des affiiii 
de Piscop, années 1493-1529 (iigB^s); « Papier censier de la terre du M< 
nil-Aubery fait en Tan mil cinq cens et quatre • (ioaD^); Censier du Me 
nil-Aubry ( 1 1 8 B<) ; Registre des droits seigneuriaux d'Ecouen, 1 660 ( 1 1 9 B' 
carton BA*^); Registre d' c Aveux de fiefs à Chauvry >, ibgj (iigAi' 
c Sommaire des foys et adveus de Chauvry » (iiSB»»); Terrier de Saii 
Leu, Deuil, Taverny, etc., i3i4 (10401^). 

Les notaires qui ont bien voulu communiquer leurs minuies sont M* Ce 
neau, à Taverny, et M* Queriot, maire d'Écouen; je les remercie de le 
bienveillance. 

1. Hurtaut et Magny, Dictionnaire historique de Paris, Paris, 1779, ^ 
p. 7x5. 

2. Premier registre conservé au tribunal de Pontoise. 



mSSIONNAIRB ET CONSUL EN BARBARIS. l55 

mais dans les années soivantes, plusieurs actes de ce registre* 
k nomment, ainsi que son père, sa mère, un frère et deux sœurs, 
comme habitants de cette paroisse. 

• Le 6 nor e mbre i58o fut baptizé Nicoullas, fils de Philippe 
Le Vacher et de Collette sa femme. Ses parrains. Le Pelletier et 
Btrthelemy Le Ferre. Sa mar[a]ine, Françoise Le Vacher. » 

Mirie, c fille de Philippe Le Vacher », tient un enfont sur les 
fi»ti à Chauvrj en décembre iSjg; elle est marraine, dans la 
même église, le ai avril 1587 et le 17 août i588. 

Catherine, c fille de Philippe Le Vacher », est marraine à 
Chiavry le la mars 1584. 

Le père du missionnaire paraît pour la première fois dans 
angistre deCbauvrjen qualité de parrain le 14 avril 1587; et 
il m appelé « Philippe Vacher le jeune », sans doute pour le 
distinguer de son père. Ce dernier mourut peu de temps après 
cette date, car un registre d' c aveux de fie£s à Chauvry », de 
i597>, contient une déclaration de « la veuve de Philippe Le 
Vacher ». Celle-ci, dont nous ne connaissons que le nom de 
lapiéme, Collette, mourut à Saint- Leu en 1629; le registre 
des décès de cette paroisse l'annonce ainsi : c Le lundi devant 
[k 9 se pte mbre], la mère de Philippe Le Vacher, aagée de 
iQîzante-quinze ans. » Elle était donc née en 1554. 

Da 4 janvier 1601 au 29 janvier 161 2, Philippe Le Vachen 
père du missionnaire, est dîx fois' parrain à Chauvry. Le 
3i mars et le 10 mai 1604, il paraît en qualité de témoin et 
ligne les testaments^ de Jeanne Gaultier, femme de Nicolas Dau- 
hboo et de NiooUe Lignier, femme de Louis Doran, habitant à 
Chiavry. Sa signature, suivie d'un paraphe compliqué, est 
d'une éôiture distinguée et dénote une main peut-être plus habi* 
tuée à tenir la plume qu'à conduire la charrue. Le 26 juillet 
1600, il est parrain à Saint- Leu, dont le registre' le men- 
tionne comme « demeurant à Chauvry ». 



I. Premier registre des baptêmes (état ciyil de ChauTry). 
a. Arch. de Chantilly, iigAi* et iiSB^i. 

3. Premier registre des baptêmes (eut civil de Chauvry) : 14 avril 1601, 
HBMi i6o3, 4 janvier et s8 mars 1604, 16 février i6o5, i5 juin 1607, 
aa mai 1609^ 7 ianvier 1610, 3i janvier 161 x (il est appelé Alexandre-Phi- 
lippe Le Vacher), 29 janvier 161 a. 

4. Deuxième registre de Chauvry (état civil de la mairie). 
3. Premier registre conservé au tribunal de Pontoise. 



l56 LA FAMILLE DE JEAN LE VACHER 

Mariage de Philippe Le Vacher et de Catherine Butefer. - 
C'est probablement vers le milieu de l'année 1612 que Philippe 
Le Vacher épousa Catherine Butefer. Celle-ci demeurait alon à 
Écouen; mais il ne semble pas quVUe en fût originaire. Son nom 
paraît pour la première fois, dans les registres d^Écouen k 
22 mars 1602; depuis lors elle y est mentionnée dix-sept fois 
jusqu^au i5 mai 161 2 ^ et toujours en qualité de marraioe; ^ 
aucune appellation iWest jointe à son nom, et dans tous ces actes 
elle est désignée simplement : Catherine Butefer. 

Le mariage fut-il célébré à Écouen ? L'état présent du troisième 
registre de cette paroisse ne permet pas de TafBrmer. 

Philippe Le Vacher s^établit-il avec sa femme à Chauvry 
auprès de sa mère? Peut-être; mais alors ce fut pour bien peu àt 
temps; car le « Registre des baptesmes du vilage de Saint-Lei>> 
près Taverny, commençant Tan 16 14 » le 17 juin*, mentioni^^ 
ainsi la naissance d^un de leurs enfants : « Le 23 avril [î6i53 ^ 
été baptisée une fille, et nommée Nicolle, appartenante à Philipf^ 
Le Vacher et Catherine Butefer; André Le Lièvre, Claude But^ 
lan' et Nicolle Pierre, les parrain et marraines. » 

Était-ce leur premier enfant? Non, très probablement. Car \^ 
22 novembre 1621 ^ fut marraine à Écouen Charlotte Le Vacher^ 
désignée quelques années après (2 sept. i63i) dans le mém^ 
registre des baptêmes d'Écouen comme « fille de Philippe 
Le Vacher, demeurant » alors « à Saint- Leu-Taverny ». Pour 
être admise comme marraine en 1621, cette enfant devait avoir 
au moins sept ou huit ans; ce qui permet de supposer qu'elle 
était née vers i6i3. Le registre des baptêmes de Chauvry n'en 
parle pas. Quant à ceux de Saint-Leu, où probablement elle vint 
au monde, ils font défaut de 161 1 à 16 14. 

Pourquoi Philippe Le Vacher s'était-il établi à Saint-Leu? 
Aucun document ne permet de répondre à cette question. Il est 
certain toutefois qu'il avait là des terres à faire valoir. D'autre 
part, une famille Le Vacher demeurait à Saint-Leu à la fin du 

1. Deuxième registre d'Écouen : 22 mars et 17 septembre 1602, 23 sep- 
tembre 1604, i3 janvier, 18 mai et 23 octobre 1607, 14 et 24 février, 
17 mars, 19 juillet et 12 décembre 1608. Troisième registre : 27 septembre 
et 8 novembre 1610, 3 février 161 1, 5 mars, g etiS mai 1612. 

2. Premier registre conservé au tribunal de Pontoise. 

3. C'est probablement Bullant qu'il faut lire. 

4. Troisième registre. 



i::- 



MISSIONNAIRE ET CONSUL EN BARBARIE. iSy 

X¥i*et au commencement du xvii* siècle. Le 19 juillet iSgi et le 
t S juin 1594^ sont baptisées deux filles de Claude Le Vacher 
et Jeanne Dardet. Le 16 août i6o3, Qaude Le Vacher paraît 
comme parrain ; puis il n'est plus fait mention de lui dans ce 
registre. Philippe Le Vacher aurait-il eu part à son héritage? Ce 
qui est certain, c^est quHl ne tarda pas à recevoir à Écouen une 
succession considérable. 

La succession de Jean Bullant. — Le célèbre Jean Bullant*, 
un des grands architectes français de la Renaissance, architeae 
du connétable de Montmorency, dont il rebâtit le beau château 
d'Écouen, architecte de la reine-mère Catherine de Médicis et 
surintendant de ses bâtiments^ contrôleur des bâtiments royaux 
et auteur de plusieurs ouvrages de géométrie et d'architecture, 
demeurait à Ecouen dans la seconde moitié du xvi* siècle. De son 
mariage avec Françoise Richauh, il eut neuf enfants, baptisés à 
Ecouen, de i556 à 1573'. Deux jours après avoir fait son testa- 
ient, conservé dans le premier registre de cette paroisse^, il 
'Qourut le 10 oaobre 1578, et fut inhumé, comme il l'avait 
^^onné, « en terre saincte en l'église dud. Escouen^ devant le 
^^^'Ucifix de lad. église > . M. de Guilhermy, dans ses Inscriptions 
^^ la France^^ écrivait en 1875 : « Qu'il nous soit permis de 
Réclamer une pierre pour une des gloires de la Renaissance fran- 
cise. > Hélas I ce souhait n'est pas encore réalisé, et « aucun 
^^^ne ne révèle l'existence > dans Téglise d'Écouen de cette 
^ ^pulture illustre en toutes* ». 

I. Premier registre consenré au tribunal de Pon toise. 

3. La biographie de Jean Bullant a été écrite par A. de Montaiglon 
^^^ns les Archiva de VArt français (Paris, Dumoulin, i858-i86o), t. VI, 
J^-*- 30S-339, ®t par Adolphe Berty dans les Grands architectes français de 
^^ Renaissance (Paris, 1860), p. i5i-i68. Voy. aussi Jal, Dict, crit. de Ho- 
"^^^tfpAie et d'histoire (Paris, Pion, 1872, »• édit.), art. Bullant (Jean), p. agS 
^^^ 1309. 

3. Premier et deuxième registres d'Écouen. 

4. A. de Monuiglon, Archives de F Art français^ t. VI, p. 3o5 et suiv., 
^^^roduit ce tesument, après cette remarque préliminaire : c J'arrive au tes- 

'ornent. Et, d'abord, ce n'est pas un testament proprement dit, pour être 
l>lus juste, un testament complet. Le curé... ne prétendait, ne pouvait pas 
^«ire concurrence aux notaires et ne visait à rien de civil. Ce qu'il enre- 
^itre, ce sont uniquement les legs à l'église et les dispositions religieuses... » 

5. Inscriptions de la France du V* siècle au XVJII; t. II : Ancien diO' 
cèse de Paris (Paris, Impr. nat., 1876), p. 453. 

6. La municipalité d'Ecouen a donné le nom de Jean Bullant à l'ancienne 
me des Lombards, qui va de la place de la Beauvette à T^ise. 



l58 Là FAMILLE DE JEAN LE YACSBE 

Jean Ballant demearait à Écouen, place de la Betuvette, 
comme Patteste sa dédaradon du 12 janTier i56i, transcritedans 
le « Papier terrier de la terre et seigneurie d^Escouea > to 
Tannée i563^ : « Jehan Huilant, m* maçon et architecte de mon* 
seigneur le Conestable, en son nom^ et Anthoine Richault, fili 
de RieuUe Richault et deffiincte Françoise Hérault, ses pert et 
mère. Pour une maison contenant quatre tFarées, estabks, ctn, 
court, jardin, le lieu assiz aud. Escouen au carrefi>ar d% U 
HoTette, duquel lieu en appartient aud. Huilant les cinq p«m, 
dont les six font le tout, et aud. Anthoine Richault la siiitae 
partie, tenant d'une part aud. carrefour et d'autre part au bois dt 
moud, seigneur, aboutissant d'un bout à Pierre Goujon Taisoii 
d^autre bout à Michel Goujon et autres, et par led. jardin à U 
veuve et hoirs Nicolas Lespine. » 

U acquit ensuite de Françoise Maçon, veuve de Nicolas U*^ 
pine* un « demy arpent de jardin ou environ assis aud. EscooCi 
près la chaussée coniduisant aux Bruieres, tenant... aux bois i 
mond. seigneur, d'un bout à Jehan BuUant, d'autre bout ^ 
poincteaux Bruieres... >. 

D'après le même terrier, qui servit aux officiers de la seigneur! 
d'Écouen jusque vers i63o, les redevances dues sur cette maison 
après la mort de Jean Bullant, furent payées par c François 
Richault, veuve dudit Bullant, et ses enfans •, et plus tard pi 
« Philippe Vacher, [lequel] y est demeurant qui y a portion avec 
Jehan Pierre de Chauvry^ >. Pour les redevances du jardin soi 
mentionnés également les noms dts propriétaires : « M* Jeha 
Bullant par acquisition *, et au-dessous : « Philippe Le Vache 
et Jehan Pierre de Chauvry*. » Jean Bullant possédait encoi 
d'autres propriétés à Écouen, notamment toutes les maisons d 
carrefour de la Beauvette, du côté du château, ainsi que i 
marque un autre terrier d'Écouen de la fin du xvi* siècle*; oi 
après la mention qu'elles appartiennent à « M® Jehan Bullan< 
par acquisition », on lit qu'elles passèrent à Philippe Le Vache 
et à Jean- Pierre de Chauvry. 

Ce dernier avait épousé une fille de Jean Bullant, Claude^ 1 



1. Arch. de Chantilly, 107 B'^, fol. 191. 

2. Ibid., fol. 73. 

3. Ibid., fol. 191. 

4. Ibid., fol. 73. 

3. Arch. de Chantilly, io3Ei<i, fol. 108 et suîv. 



ICUSIONKAntB KT CONSUL BN BiJUBARIE. iSq 

idoi jeune, baptisée le ai septembre iSjS '. Le registre des bap* 
itees de Chauvry nous apprend qu^ils eurent deux filles, le 
is juin 1609 et le 3 février 161 1. G>minent Philippe Le Vacher 
poavait-il avoir part avec Jean-Pierre de Chauvry à la succession 
de Jean Bullant? Le terrier d'Ëcouen, cité en dernier lieu, l'in- 
dique dans cette phrase, placée au-dessous du nom de Jean 
Ballant : c Philippe Le Vacher et Jehan Pierre de Chauvry à 
amede leurs femmes*. » D'après cela, il lEaudrait conclure que 
Catherine Butefer, avant d'épouser Philippe Le Vacher, avait été 
miriée à uo fils de Jean Bullant, peut-être à Guy, baptisé le 
i3ou 14 juin 1573'. Ce mariage aurait eu lieu vers 1603, oU 
pour la première fois parait le nom de Catherine Butefer dans 
les registres d'Écouen ; veuve après quelques années et sans 
^£ints^, elle se serait remariée vers 161 3 à Philippe Le Vacher. 
A Écouen. — Celui-ci, avec sa femme, ses deux filles Char- 
lotte et Nicole, et sa mère, quitta donc Saint- Leu pour s'établira 
£coaen. Il y arriva certainement avant le 6 décembre 161 5; car 
^ cette date il figure, pour la première fois, dans les registres 
^*£couen' en qualité de parrain d'une fille de « M. Jacques Pre- 
^c>st, praticien »; lui-même est appelé « Monsieur Philippe le 
^^^cber », et Pacte constate que le père^ la mère, le parrain et les 
^^uz marraines de cette enfant sont c tous de ceste paroisse ». 
'^^autie pan, le 23 avril de la même année avait eu lieu à Saint- 
'^«^u le baptême de sa fille Nicolle. C'est donc entre le 23 avril et 
^^ 6 décembre 161 5 qu^il s'installa avec sa petite famille dans la 
^^^^aiaon de Jean Bullant. 

_ Diaprés un terrier d'Écouen de 1660*, cette maison consis- 

lit c en quatre travées de corps de logis applicquez en une 

\ basse, cuisine, fournil et scellier, le tout s'entretenant, grande 

S=^orte, grange, estables à chevaux, vaches et porcqs, le tout couvert 

^ie thuille, cour allant soubz le jardin à verdure, court, jardin à 

**uicts, les lieux ainsy qu'ilz se comportent et estendent de toutes 

T^artz; quy furent Maistre Jehan Bullant; assis à Escouan au 

1. Premier registre d'Écouen. 

2. Arch. de Chantilly, io5 E^^, fol. 108. 

3. Premier et deuxième registres d'Écouen. 

4. Le deuxième et le troisième registres d'Écouen ne contiennent aucun 
acii concernant cette famille. 

5. Troisième registre. 

6. Arch. de Chantilly, 107 D>, fol. i, et 1198*^ fol. i36 ▼*. 



la Bauvette' » vers la rue des Lx>mbard8, existe eno 
maison et ses dépendances, les cours et les deux jardin 
aboutit en pointe au haut du pavé de Tancienne route 
elle est désignée au plan cadastral d'Écouen par les nu 
6o3 et 604*. 

L'entrée de la maison, appartenant actuellement j 
gelas, est au n» 2 de la place de la Beauvene. Ne ser 
souhaiter qu'une plaque, posée sur la maison, rappelât 
de Jean Bullant, le célèbre architecte, et de Jean Le \ 
à mort si tragiquement à Alger? 
*l^ Les droits seigneuriaux sur ces biens furent acquits 

^jp lippe Le Vacher en i635, i636, 1637, i638, 1639 et 

f ^ que le porte un a papier censier d^Écouen > de i63o^. 

i^ Il possédait de plus dans cette localité les terres ci- 

^'^ mérées dans une déclaration passée par son fils « I 

t"^ Vacher, marchand bourgeois de Paris >, le 28 iuill( 

Sf*-^ I. Le pavé qui monUit aux bruyères était le c grand chemai 

S^H^Jf (minute du 14 mars 1627, de Tétude de Saint-Leu-Tavernjr). Ui 

^•Z'i la baronnie d'Escouen i, lerée en lySo et complétée en 1764 

f ,<Y N^, Seine, 546), nomme également ce c grand chemin de i 

marque aussi l'emplacement des chapelles c Sainte-Anne i, f 

c bois d'Ecouen b, auxquelles venait c aboutir en pointe i 

fruits, de la contenance d*un demi-arpent (Arch. de Chanti 

fol. 20 5 ¥•). 

2. Elle possédait alors la c terre et seigneurie dud. Escouan 
Chantilly, 107 D»). 

3. Arch. de Chantilly, io3E^^ fol. 108, et 107 D^, fol. i et i 

4. Le n* 604 du cadastre d*écouen est porté comme ayant ui 



tf^ 



j: V 






5 -s* 



MISSIONNAIRE ST CONSUL EN BARBARIE. l6l 

VillienJe-Bel, « par-devant le commis à faire le terrier d'Es- 
oooan^, > savoir : 

< Un demy-arpeat de pré foisant moictiée d'un arpent..., assis 
aa terroir d^Escouani au lieudit le pré Bourdouin, au-dessoubz 
da neuf Moulin, dont l'aultre moiayée appanient aux herittiers 
Jehan Pierre de Chauvry, tenant d'une part à Madame de Joieuse 
kcanse de son pré Bourdon,.-. 

c Un jardin, contenant soixante et quinze perches ou environ, 
planté en arbres fhiictiers, assis audict Escouan audict carefour 
deUbauvette..., abboutissant par-devant sur ladicte rue*... 

c Un dem-yarpent six perches de terres assizes au terroir 
d'Escouan, derrière La Mare... 

t Trois quartiers de terres assis audict terroir au lieudict Bles- 
tioo, tenant... d'aultre part à la scente de Blestrou... 

c Trois quartiers de terre assis audia terroir au lieudit Les 
Vallées, au-dessoubz du fossé Rouge... 

< Un arpent de terre assis audia terroir au lieudit Lespi- 
nette,... abboutissant d'un bout au chemin de Pommeray et 
d'aultre bout au chemin du Bucquet... 

« Un demy-arpent six perches au-dessus de ce lieu... 

< Un arpent et demy de terre assis audit terroir, au lieudit Les 
derrières,... abboutissant... d'aultre bout au chemin de Pomme- 
'ty du costé vers le Mesnil... 

< Quarante perches de terres assizes sur Les Griblés... » 

A Taide du « Papier de recepte des droitz seigneuriaux deubz 
à Madame la duchesse de Joyeuse à cause de sa terre et seigneurie 
d'Eicouan pour commencer à recevoir en Tannée 1660 au jour 
^ feste de Noël', on peut voir en quelles mains passa de 1684 à 
1689 ce P^i^ domaine des Le Vacher. Pour la maison et le jardin 
de Jean Bullant, voici ceux qui les possédèrent après Nicolas 
U Vacher : « Anne Bercber, 1686, 1687^ 1688, 1689; M- Ber- 
djerà Domont; J. Pigneux, fermier. » 

Philippe Le Vacher et Catherine Butefer eurent plusieurs 
^bnts à Écouen : Catherine, Jean, Anne et Philippe. Leurs 
*ctes de baptême sont dans le troisième registre : 

« Le dimanche 8* mai 1616, environ midy, a esté baptizée une 

i.nrid., 107 Ds, fol. I et suiv. 

2> La minute du 14 mars 1627, de Saint'Leu-Tavernyy dit que ce jardin 
^t situé c proche de Teglise dud. lieu i. 
3. Arch. de Chantilly, 119BM, fol. i36 ▼• et suiv. 

wkn, xxzm II 



l6l LA FAMILLE DB JSÂN LB TACHER 

fille nommée Catharine par la marione Nicole Hamel de Goo- 
nesse, lad. fille appartenant à M. Philippe Vacher et Cathirioe 
Butefer ses père et mère. Le parin fut Salomon Pruvost, l'iutre 
marinne Nicole Chardon, tous de ceste paroisse. » 

L'acte de baptême de Jean a été donné plus haut. 

t Le jeudy vingt-quatriesme jour de septembre mil six ceos 
vingt, fut baptisée Anne Le Vacher, fille de Philippe Le Vicber 
et de Catherine Butefer, nommée et tenue sur les fons par Âooe 
Juhé. Le parin, Thomas Symosie (?). » 

c Le mercredy vingt et troisiesme mars mil six cens vingt et 
deux, fut baptisé Philippe Le Vacher, fils de Philippe Le Vacher 
et Chaterine Butfer. Nommé et teneu sur les fons par Jebao 
Lespine. La marine, Everemonde Presvost. » 

A Saint'Leu. — Ils eurent encore deux enfants, Nicolas ^ 
Pierre, qui ne sont cenainement pas nés à Écouen; le troisièin^ 
registre de cette paroisse ne mentionne pas leur baptême. ^ 
registre des baptêmes de Saint-Leu, pour cette période, n'exi^^ 
pas ; mais le cahier des décès * de cette localité atteste que « le 5 s^f 
tembre i65o fut inhumé Pierre Le Vacher, aagé de vingt-ci^ 
ans > ; il était donc né en 1625. 

A cette époque, la famille avait dû quitter Écouen, poi^ 
demeurer à Saint-Leu. Le premier acte des minutes de M* Co0 
neau à Taverny, qui constate que Philippe Le Vacher eâ 
a demeurant à Saint-Leup », porte la date du i*' mars 1626^ 
Pourquoi se détermina-t-il à quitter Écouen pour revenir è 
Saint-Leu? Aucun des documents consultés jusqu'à présent 
n*en fait connaître le motif. 11 est sûr que la maison d'Éoouen, 



1. Premier registre conservé au tribunal de Pontoise. 

2. Les premières minutes de l'étude qui ont été dépouillées sont celles de 
Tannée 1622, où rien ne concerne la famille Le Vacher. Les minutes de i6a! 
et 1625 sont très incomplètes : deux minutes en tout représentent ranoéi 
1623 et trois Tannée 1625. L'année 1624 manque totalement; cette lacune 
existe depuis fort longtemps, car elle est notée sur une chemise très 
ancienne du c Tabelionage de Saint-Leup et Taverny... M* Jean Auvray, 
tabelion... i. Les minutes de 1628 et 1629 manquent. En i63o, aucun actt 
n'a été trouvé concernant la famille Le Vacher. De 1634 à 1641, autre 
lacune dans les minutes. Aucun acte des Le Vacher n'a été trouvé dans les 
minutes de 1641, de 1642 (qui sont très incomplètes) et de 1643, non plus 
que dans celles de 1643 à i65i ; celles de 1648, 1649 et surtout i65o sont 
tellement endommagées qu'on ne peut y toucher sans les réduire en pous- 
sière. Les minutes de i656 manquent. 



MISSIOMMAIRB ET CiONSUL BN BARBARIE. l63 

à bien située sur la pente du coteau, d'od s^étend une vue magni- 
fk^ue sur la campagne, fut abandonnée avec regret; le 14 mars 
1627^, ^° louant à Marcel Lepauvre, marchand d'Écouen, cette 
maison et ses dépendances, avec le jardin de la Beauvette, situé 
derrière le chœur de Téglise, le demi-arpent du pré Bourdon, 
«plos huit perches de vigne sciz au terroir de Villiers-Lebel au 
lieudit Chauvée », et « huit autres perches de vignes sciz au 
tenoir de Sercelles, au lieudit le clos de Sainct-Antoine », Phi- 
lippe Le Vacher insérait -la clause suivante au contrat : « Et en 
cisqueled bailleur et les siens pendant led. temps [de la loca- 
tion, qui étoit de trois ans], voullut et fut astrainct de faire sa 
demeure aud. Escouan, led. preneur sera tenu luy quitter à la 
première demande la pocession desd. lieux. » 

Nous ne connaissons guère du séjour des Le Vacher à Saint- 
Leu que ce qu'apprennent leurs papiers conservés dans Fétude 
«te M* Coraeau : 

Le I* mars i6a6, Philippe Le Vacher loue pour quatre ans à 
picolas Barthélémy, cordonnier, a trente-deux perches de vignes » 
*i3«s à Tavemy. 

I^'année suivante (23 février), il achète au village de Chauvry 
* ^n demy-arpant de jardin,... planté en arbres fruitiers », qu'il 
^<^nd le 4 juin i63i. 

Le 16 mars 1627^ il conclut un marché avec « Richard, mar- 
^^t^ant de Bouffemont », pour faire charroyer dts « soutiens, 
^^'cAallats, fagots... ». 

Le 9 avril i63i, il loue à un vigneron de Tavemy « un tiers 
^^«rpent de vignes ou environ,... assis au terroir de Tavemy, au 
*^^udict Les Courticelles (?) ». 

L'année suivante (23 mai), un marchand de Chauvry lui livre 
^ ungcensde bottes de fbings... de la présente année, bondées 
^«Chauvry ». 

Cinq mois après (23 octobre), il loue à Nicolas Monsart, mar- 
chand laboureur demeurant à Baillet-en- France, « ung arpent 
^îx perches et demye de terre en une pièce... sciz au village de 
Bouffemont... ». 

Le II septembre i633, il achète « treize perches de vignes... au 
tenouer de Saint-Pry au lieud. Lorgners (?) » à un boucher de 

I. Minutes de Tétude de Saint-Leu-Taverny. 



164 t^ FAMILLB DE JEAN LE VACHER 

Saint-Leu^ qui avait contracté envers lui une ( 
quarante livres. 

Quinze jours plus tard (27 septembre), deux i: 
Chauvry, Marin Alexandre et Guillaume Baudoin, < 
« de faire charger sans discontinuer toutes les voiture 
et fagostz, appanenans à Philippe Le Vacher, près 
tant, en quelque place et endroicts qu^ils puisse esti 
baulte forest de Montmorency, boys de Madame I 
M. Cottignon..., » et de les faire conduire « en 
Le Vacher à Saint-Leup... >. 

Le 23 septembre 1634, il vend à un marchand 
Taverny, Philippe Porcher, la récolte d' « ung arp 
assis au village de Taverny au lieud. Latuille >. L< 
suivant, il laisse au même vigneron un arpent devig 
rente annuelle et perpétuelle. 

Le 28 novembre de la même année, il achète « vir 

vignes ou environ en une pièce... assis au village d< 

lieud. les Picottes », à « Carbon, vigneron demeura 

bourgs de Ponthoise », qui avait contracté envers lu 

Jg tion de quarante livres. 

t'P L*acte le plus important, que Philippe Le Vacher i 

^-^ le notaire de Taverny, est un bail d'héritage, pai 

Jgvj 1634, avec « honnorable homme Lucyen Dumesc 

;7^ dellier en suif à Paris, demeurant aulx faulx-bourgj 

l^.y main ». Cet héritage consistait en <c ung grand a 

.y* et plusieurs esdiffices comme cave, scelliers, bouge 

^,1 greniers, grange, fouUeryes, court, terres et jan 

et lieux qui en deppendent..., consistant en te 

arpent ou environ. Lesd. bastimens couvertz de t 

aussy ung allée et droict de passage pour lesd. 

et venir en la grande rue, iceux assis audict Sainct- 

grande rue des AvoUées... ». 11 obtenait aussi c 

pierre de taille qui est esd. lieux pour luy en dis 

manière de remerciement « en faveur du présent 

preneur bailla et livra aud. bailleur ung muid de vi 

ret, de la valleur de cinquante livres tournois ». Le 

l'acte furent M« Pierre Duru, sergent royal au bailli 

Germain-des-Prés, demeurant à Paris, faubourg Sai 

et Louis Larcher, laboureur, demeurant au Plessis-1 



<2 



MISSIONNAIRE ET CONSUL EN BARBARIE. l65 

Les deux contractants s'étant obligés à faire ratifier les conven- 
ions par leurs femmes dans le délai d'un mois, huit jours après^ 
le 3o mai, « Marye Larcher, femme dud. Dumesnil, et Cathe- 
laine Buttefer, femme dud. Le Vacher >, s'obligèrent solidaire- 
ment avec leurs maris à observer le contrat. Les témoins furent 
Denis Larcher, laboureur, du Plessis-Bouchard, et Jean Auvray 
k jeune, de Saint-Leu. « Lesd. femmes^ dit l'acte en finissant, ont 
dédaré ne sçavoir signer. » 

Toutes ces transactions laissent entrevoir un état de fortune 

qui permettait certainement à la famille Le Vacher de vivre dans 

Piisance. Un rôle des tailles du 1 6 avril i652* nous montre^le 

'^og qu'elle occupait, sous ce rapport, parmi les habitants de 

Saint-Leu. « La veuve Philippe Le Vacher > est imposée pour 

* 59 1. a s. >; et immédiatement après vient son gendre, « Pierre 

GuibiUion >, imposé pour a 55 1. 8 d. >. Or, dans toute la liste 

des habitants, qui occupe dix pages de la minute*, une dizaine 

^Ukment de personnes sont plus imposées que M"^* Le V^tcher. 

-A Saint-Leu, la famille Le Vacher perdit plusieurs de ses 

^embres. Le lundi 3 septembre 1629, mourut la mère de Phi- 

'^I^pe Le Vacher, âgée de soixante-quinze ans; puis, « le 19 no- 

^^•mbre i633, fut enterrée NicoUe Le Vacher, aagée de dix-huit 

^«^ »; le 10 août 1646, fut inhumé Philippe Le Vacher, âgé de 

^<^ixante-dix ans, et le 5 septembre i65o Pierre Le Vacher, son 

^- Js, âgé de vingt<inq ans*. 

Quant à la mère du missionnaire, elle dut quitter Saint-Leu 
S^c^ur se retirer peut-être à Paris chez un de ses enfants. Elle 
lourut avant le ai septembre i658; une minute de l'étude de 
int-Leu-Tavemy règle en effet à cette date des affaires de 
^^mille des frères et sœurs Le Vacher, « héritiers... des deffuncts 
«^hilippe Le Vacher, vivant, marchand à Sainct-Leup, et Cathe- 
^^ne Butefer, sa femme ». Elle fut enterrée dans l'église de Saint- 
e-Lazare, à Paris, comme nous l'apprend la Vie manuscrite de son 

I. Pusé pftr-de¥ant Fournier, notaire à Tayerny, l'un des successeurs 
<l'AuTray, nouire à Saint-Leu. 

>. Ces deux noms 6gurent à la neuvième page de la liste. Il a été impos- 
sible de déterminer l'ordre suivi dans cette liste pour la dénomination des 
habitants; ce n'est pas Tordre alphabétique, ni l'ordre suivant la quotité 
des Impositions ; peut-être est-ce Tordre d'habiution suivant les maisons. — 
Aucun autre nom de Le Vacher ne figure dans la liste. 

3. Premier registre conservé au tribunal de Pontoise. 



l66 LA PAMItXB DB JEAN LE VACHOt 

fils, sans indiquer la date : c Après que M. Vincent eut reoom' 
mandé aux prières de la Communauté la mère de M. Le Vacher, 
qui avoit demandé d'être enterrée dans Teglisede Saint- Lazare, il 
dit : On fera tantôt la réception, le service et Tenterrement de cette 
bonne mère des deux [MM. Le Vacher], qui sont prêtres daoslâ 
Compagnie, dont voilà Tun à Alger et l'autre à Tunis, où il fiut 
des biens qui ne se peuvent dire... > Pour mériter cet éloge de 
saint Vincent de Paul et la faveur d^étre enterrée dans son ^se, 
il fallait qu'elle fût bien connue de lui, par suite de rentrée de 
deux de ses fils à la Mission, et aussi peut-être pour avoir con- 
tribué à rétablissement de la confrérie de la Charité à Saint-Leu; 
le cahier des décès de cette paroisse, cité plus haut, a conservé 
un détail qui mérite de ne pas tomber dans Toubli : c Le ] 
i6 apvril [1641] fut inhumé Claude Tisserant, aagé de vingt-trois 
ans au plus, ie premier que les sœurs de la confrérie de la (M'' 
rite ont assisté, et mourut au bout de l'an. » On verra plus lolo^ 
qu'une petite fille de M*"* Le Vacher, de Saint-Leu, entra dansl^ 
Compagnie des Filles de la Charité de Saint- Vincent-de-PauL 

La famille Le Vacher. — Les registres d'Écouen ont conscr^^ 
les noms de plusieurs Le Vacher ou Vacher, habitant as^^ 
paroisse ou les environs. 

Ainsi, le 8 décembre iSSa, est enregistré le testament de Jean0 
Poince, femme de François Vacher*. Le 27 juillet i554 est ba(^ 
tisé « ung enfant à François Vacher et Collette de Chars, ^ 
femme ^ ». 

La plus fréquemment nommée est Antoinette Le Vacher ou^ 
Vacher, mariée le 3 novembre i555 à Jean du Mans le jeune^ 
qui avait succédé à son père dans l'office de « hacheur a la cui^ 
sine du Roy » ; ils demeuraient au carrefour de la Beauvene, à 
rentrée de la rue des Lombards^. Elle est cinq fois marraine de 
i56i à 1572. Le 17 janvier iSSg, un de leurs enfants, Florent, a 
pour marraine « Renée Le Vacher de BoucqvaP ». 

Le 19 janvier i562 est marraine à Écouen « Jehanne Vacher' ». 

A la date du 10 septembre 1572 est enregistré le testament 



1. Premier registre. 

2. Ibid. 

3. Arch. de Chantilly, loSE^^. 

4. Premier registre. 

5. Ibid. 



MISSIONNAIRE IT CONSOL BN BARBARIE. 167 

Ae c Françoise Le Vacher, veuve de feu Pierre Tâcheron^ >. 
Le %6 juillet 1 583, le baptême est donné à Félix, fils de Nicolas 
Vacher et de Marguerite Breton, dont le parrain est Philippe 
Vacher de Piscop et la marraine Jeanne Vacher dudit Piscop*. 

Le 17 février iSgS, « Jehan Vacher > est parrain d^un enfeint 
de Jean Portier et de Perrette Vacher, d'Écouen'. 

Le II février i557 est marraine à Écouen « Perrette Fiesses, 
femme de Jehan Le Vacher le jeune, demeurante au Mesnil- 
Aulhy* ». 

Lc7oaobre 157a, « Robert Le Vacher, du Mesnil-Aulbry' », 
ot parrain d'une fille de Pierre Typhaine et d'Étiennette, sa 
femme, de la paroisse d'Écouen. 

Le i3 août 16 18, Étiennette Roger est tenue sur les fonts 
d'Écouen par c Estiennene La Vacher, de la paroisse de Dau- 
QOQt^ ». 

Le 19 décembre 162a est parrain à Écouen c Nicollas Le 
Vacher, de la paroisse de Gonnesse^ ». 

Dans les Insinuations du Châtelet®, on voit que, le 10 octobre 
1^^^ 1543, Jeanne Le Vacher, veuve de Jean Pandeleu, du Plessis- 
Gtasot, avait fait à son fils, Guillaume Pandeleu, cordonnier, 
demeurant à Paris, donation d^une petite maison avec étable, sise 
an Plessis-Gassot, à la charge par celui-ci d^entretenir sa mère sa 
▼ie durant, de la fiûre mettre en terre après sa mort et de faire 
^ <f prier Dieu ponr son âme. 

De même, au 3o juin 1 546 est la confirmation d^une donation 
de vignes en faveur de « Mahiette Le Vacher », fille de « Simon 
LeVascher et Jehanne Clouet », qui s'était mariée, en novembre 
i53o,avec Jean Gilbert, laboureur de vignes à Saint- Leu-Taverny. 
A la inâme date, un acte semblable est passé en faveur de Marie 
Le Vacher, fille de « défunt Simon Le Vacher et de feue Jeanne 
Clooet », qui s'était mariée, en septembre i535, avec Jean Jac- 

I. Piemier registre. 

t. Deuxième registre. — Le nom de Nicolas Vacher se trouve également 
<^ une <léclaration du 19 janvier iSgg (Arch. de Chantilly, carton BB>). 
3. Deuxième registre. 
4« Premier registre. 

5. Premier et deuxième rostres. 

6. Troisième registre. 
7.1bid. 
8. Arch. nac, Y. 97, fol. io5 v*. Cf. M. Campardon, Inventaire dee inei» 

muOions du Chdtelet, t. I (11 sept. iSSg à 3 mars i563). 



l68 LA FAMILLB DE JEAN LE VACHER 

quin, laboureur, demeurant à Bessancoun*. Le donateur étaît 
Thomas Clouet, prêtre, chanoine de Montmorency, demeunmtà 
Paris^ qui avait avantagé ses deux nièces « en faisant kor 
mariage >. Ce chanoine, né à Bessancourt, était un grand bien- 
faiteur de Téglise de Chauvry, ainsi que le constatait ancienne- 
ment une plaque murale de cette église; il fut inhumé à Bessan- ^ 
court le 6 juillet 1 546 *. 

Les registres de Bessancourt, de 1606 à 16 3a, et ceux de * 
Taverny, de 1620 à i63o, contiennent plusieurs fois le nom de 
Le Vacher. 

Le terrier de l'ancienne seigneurie de Piscop' fournit toute 
une nomenclature de Le Vacher et Vaches> de 1644 à i665 : te 
enfants de François Vacher l'aîné, savoir François Vacher le 
jeune, marchand à Piscop (foL 10, 25 v«, 70), Nicolas Vadier, 
marchand à Piscop (fol. 25 v», 27 v®, 70), Jean Vacher le jeune, 
marchand à Piscop (fol. 27 v®, 70, 96), qui eut pour fils Laurent 
et Simon Vacher (fol. 161), Renée Vacher ou Le Vacher, demeu- 
rant à Piscop, et veuve de Mathias Esperon (fol. 10, 25 v®, 74 V»); 
sont aussi nommés Jean Vacher, demeurant à Paris (fol. 8), puis 
sa femme, Françoise Vacher, qui était veuve en premières noces de 
Jean Remon, demeurant aussi à Paris (fol. 25 v®, 27 v^), Guil- 
laume Jolly, à cause de NicoUe Le Vacher, sa femme (fol. 10), 
Françoise Le Vacher, demeurant à Blémur (fol. 10), Jeanne 
Daiiiy, veuve de Félix Le Vacher, demeurant à Paris (fol. 10), 
Guillaume Vacher, marchand, demeurant à Saint-Brice (fol. 48 v»), 
ainsi que Fiacre Thillier, « héritier, à cause de Perrette, sa 
femme, de deffunct Pierre Vacher j» (fol. 85 v«), et Thomas 
Vacher, a sergent au duché de Montmorency >, demeurant aussi 
à Saint-Brice (fol. 83); celui-ci s*y était marié en avril 161 6, 

1. Arch. nat., Y. 92, fol. 8 et ii v*. 

2. L'abbé Lebeuf, Hist. de la ville et de tout le diocèse de Paris (Paris, 
F^hoz et Letouzey, i883), t. II, p. 142, donne l'inscription de cette plaque; 
ibid.f p. jbf il transcrit l'épi taphe du chanoine gravée sur la pierre tom- 
bale, qui existe encore dans l'église de Bessancourt. Cf. de Guilherxny, 
Inscriptions de la France, t. II, p. 324. 

3. c Terrier des cens, renies, bled, avoyne, poulies, chappons et autres 
droicts seigneuriaux deubs par chacun an à Monsieur Fayet, conseiller du 
Roy en sa cour de Parlement de Paris, seigneur de Groslay et de Piscop, 
à cause de sadite seigneurie de Piscop, par les personnes cy-après nom- 
mées. » Les déclarations transcrites dans ce terrier ont été faites de 1644 à 
i665. 



MISSIONNAUtB ET CONSUL EN BARBARIE. 169 

d'après le registre des mariages de septembre i583 à juin 1640. 

Ce registre, ainsi que les « Mortuaires depuis i582 jusqu'au 

V> may 164a », et le registre des baptêmes de cette paroisse, de 

ftvrier 1642 au 5 juin i664\ mentionne plusieurs autres 

Vacher et Le Vacher. 

Parmi les déclarations foi tes aux seigneurs d'Écouen (xvi*- 
mi* siècles), on trouve les noms de Nicolas Vacher, d'Écouen, et 
Marguerite Breton, sa femme', d'Honorine Le Vacher, femme de 
Pierre Jolly, fille et héritière pour un quart de sa défunte mère 
[ Huguette Porlier, en son vivant femme de Guillaume Le Vacher', 
de Jeanne SoUier, veuve Jean Le Vacher^, de Jeanne Le Vacher, 
femme de Pierre Tascheron, demeurant à Écouen', de Michel 
Le Vacher, commissaire au Châtelet', de Félix Le Vacher, 
demeurant à Piscop en i563, et de Nicolas Le Vacher, son héri- 
tier^ de François Vacher et de Jean son fils, demeurant aussi à 
Piscop, dont l'héritage passa à Nicolas Le Vacher de Piscop', de 
Jaques Vacher, Jean Le Vacher, Guillaume Le Vacher, proprié- 
taires à Piscop*, de Pierre Le Vacher, à Piscop (i5o7), de Colin 
Le Vacher, Jean et François Le Vacher (i55o), pour des terres à 
Blcmur et à Poncelles**, de Pierre et Simon Le Vacher, frères, 
demeurante Domont^^ de Richard Le Vacher, laboureur, demeu- 
rant à Bouqueval^*, des c hoirs feu Jehan Le Vacher, demeurant 
à Domont >, dont les affaires sont rangées dans lecensier du Mes- 
flii-Aubry de i5o4^', de Jacques Vacher, laboureur au Mesnil- 
Aubry*^, de Gilles Le Vacher, laboureur au Mesnil-Aubry^', 

1. Mairie de Saint-Brice, état civil. 

2. Arch. de Chantilly, carton BB>, minute du 19 janvier iSqq; registre 
I04DSS fol. 264. 

3. Carton BB*, minute du 25 janvier 1699. 

4. Registre iiSA^S fol. 33. 

5. Registre loSEï^, fol. i. 

6. Registre 104 C^^ fol. 190. 

7. Registres 107 B", fol. 70; io5E^ fol. 110, i3o. 

8. Ibid. 

9. Registre ii9B^ (années 1493, i5o3, 1529). 

10. Carton BA»». 

11. Ibid. 

la. Registre io5Es, fol. 317. 
i3. Registre 104DK, fol. i. 
14. Registre ii8B^ fol. 10. 
i5. Ibid., fol. 85. 



I^ UL PAKILLE DE JB4N LE VÀCROt 

de Jean Le Vacher, laboureur au Mesail-Aubry^de JeanVacheTf 
laboureur à Saînt-Brice', de « Jehan Vacher, en£Eint myneurde 
defiunct Jean Vacher le feune >, dont les terres passèrent easaheà 
c Monsieur de Marillac' >, etc. 

Plusieurs Le Vacher, du Mesnil-Aubry, de Pîscop, de Villicrs- 
le<Bel, d'Attainville, qualifiés c laboureur >, « fruictier >, c mtr- 
chand fruictier >, « marchande fruictier >, « laboureuse i, 
passent des contrats de lôai à lôôB, dont les minutes sont 
conservées dans Tétude de M* Queriot, à Écouen. Ainsi} k 
31 juin 1637, tt Jehan Le Vacher, laboureur, demeurant au Lust, 
paroisse de Piscop », vend à « Denis Michel, demeurant à ] 
Escouen,... toute et ung chacun les brindes des boulles du bois 
dudit Luat, que ledit Michel doibt coupper par chacun an au far 
et à mesure des couppes qui se feront audit bois pendant letemp^ 
qui reste à expirer du bail que ledict Vacher a ÛAct de la terre et 
seigneurie du Luat, moiennant le prix et somme de trente troi^ 
livres tournois par chacun an... ». La signature de Jean Le Vacher, 
à grands paraphes, ressemble à celle de Philippe Le Vacher. 

A Montmorency^, le a Registre des baptêmes, mariages et sépul- 
tures, i633-i638 », mentionne, au 29 août 1627, le baptême de 
c Jeanne, fille de Félix Le Vacher et de Jeanne Donailly »; et la 
« Table générale alphabétique des Registres de baptêines de la 
paroisse de Saint-Manin de Montmorency ou Enguien, depuis 
1623, rédigée par le P. Macé, de l'Oratoire, en 1776 », indique 
plusieurs baptêmes de Le Vacher dans le cours du xviii* siècle. 

Enfin, des actes insinués au Châtelet (xvi* à xviii* siècle^) 
nomment comme habitant à Paris Louis Favyer, marchand dra- 
pier, et Jeanne Le Vacher, sa femme (5 avril i562*); Richard 
Le Vacher, maître fripier, et son fils Geoffroy, écolier étudiant 
en l'Université de Paris (17 septembre 1548^ et 18 janvier i55o*); 

1. Registre io3E^, fol. 106, iSy, i6a, 171, 2^1, a65, 3io; registre iiSB^, 
fol. 210. 

2. Registre io5 E', fol. 267 et 3oo. 

3. Registre loS E', fol. 144, 161, 187. 

4. État civil de la mairie. 

5. Cf. Campardon, Inventaire des insinuations du Châtelet (Arch. nat.), t. I 
et t. II. 

6. Arch. nat., Y. io3, fol. 93. 

7. Ibid., Y. 94, fol. 5o. 

8. Ibid., Y. 95, fol. i8o. 



MISSIONNÀIAB ET CONSUL XN RARBARIK. I7I 

Geoffroy Le Vacher, marchand et bourgeois de Paris, qui hérite 
de sa mère, Perrette Lancelin, veuve de Girard Le Vacher 
\,6 janvier 1 549 <) ; Barbe Reginal^ veuve de Louis Levacher, pro- 
cureur au Parlement (20 août 1705'); Jean Le Vacher, marchand 
'joaillier, demeurant paroisse Saint- Barthélémy (3 avril 1734'); 
Charles-Nicolas Le Vacher, écuyer (28 juin 1759^)-, Marie 
Matrion, veuve Levacher (19 avril 1769*). 

Le i** septembre 1698, fut passé par-devant M* Doyen Tainé, 
notaire au Châtelet, le contrat de mariage de Claude- Maurice 
Mtisnier, marchand drapier, rue Saint- Honoré, avec Madeleine 
[ Le Vacher^ fille de Jean Le Vacher et de Marthe-Marie de Louan, 
F ' demeorant à Paris, rue de Harlay, paroisse de Saint- Barthélémy. 
En 1714, Madeleine Le Vacher étant décédée, Claude Musnier se 
remaria avec Marie-Madeleine Legras; à leur contrat de mariage, 
passé le 12 avril 1714 par-devant M* de Saint-Jean, est nommée 
la belle-mère de Claude Musnier, c< damoiselle Marie de Louan, 
P veuve du sieur Jean Le Vacher^ marchand joailler ». 
^ Parmi les papiers du séquestre aux Archives nationales, on en 
r troute ayant appartenu à Claude Le Vacher, huissier à Paris*. 
Félix et Jean Le Vacher, ou Vacher, frères, louent le 5 mai 
i63i, à honorable homme Jacques Norry, maître épicier, bour- 
geois de Paris, c une maison seize es le feulxbourg Saint-Marcel, 
ftisant un des coings de la rue de Lourcynes, concistant en une 
boutique, salle, quatre chambres en deux estages, et un grand 
grenier au-dessus, court, puits en icelle^... ». 

Noblesse des Le Vacher. — M. Simard® écrivait en 1889 : 
c M. Jean Le Vacher naquit à Écouen, près Paris, en mars 16 19, 
d'une £amille de petite noblesse. Les Le Vacher étaient originaires 
de l'Anjou. Ils furent déclarés nobles par une ordonnance du 
4 août 1 587 ; ils avaient pour armes : îTory à trois têtes de vaches 
de gueules^ posées de front ^ deux en chef et une en pointe, » En 
note il ajoutait, comme unique preuve de son assertion : c Nous 

1. Arch. nat., Y. 94, foL 187. 

2. Ibid.^ Y. 40, foL 193. 

3. Ibid., Y. 34, foL 10. 

4. Ibid^ Y. 68, foi. loi ▼•. 
3. Ibid., Y. 60, fol. 45. 
6«Ibid., T. ii45i->. 

7. Minutei de l'éUMla de M« Paul ToUu. 

8. Vojr. p. i5a. 



iy2 Là VAMILLX DB JBÂN LB VACHBR 

tenons ces détails de M. le marquis de Jessé-Charleval, pareotdes 
Le Vacher par alliance; la mère de M""* de Jessé, née de Sorias, 
était une Le Vacher. » En 1894, dans la seconde édition de na 
étude, il supprima tout ce paragraphe sur la noblesse de la &mille 
Le Vacher. 

D'Hozier*, il est vrai, donne la généalogie de c TimoléonU 
Vacher, 11* du nom, ecuyer, seigneur de la Chaise et de S. Ger- 
main d^Arcé, au diocèse d'Angers », et celle de « Charles Le 
Vacher, seigneur de Varennes », grand-père de t Jacques Le 
Vacher, ecuyer, seigneur de Douce, demeurant dans la paroisse 
de Daumerai, diocèse d* Angers' », dont une fille, Olive-Jacque- 
line, fut reçue à Saint-Cyr le 2 mars 1697. Leurs armes étaient • 
iTor^ à trois têtes de vache de gueules^ posées de front deux et 
une*. 

Mais aucun rapport de parenté ne paraît devoir être établi 
entre la famille seigneuriale de TAnjou et la famille de « mar- 
chands » de r Ile-de-France. 

Un de ces derniers, cependant, avait obtenu des titres de 
noblesse, comme nous rapprend une pierre tombale de Péglise de 
Bouqueval, près Écouen. Cette pierre, de 2'"i5 de long sur l'^io 
de large, est malheureusement détériorée, parce qu'elle se trouve 
au milieu de Tallée de la principale nef de l'église. Un person- 

1. Armoriai général de la France, premier re^stre, seconde partie, 
p. 585. 

2. M. Charles de Montzey, dans V Histoire de la Flèche et de ses seigneurs 

(Le Mans, Pellechat, et Paris, Champion, 1878), a* période: i58g'iy8g{o\ï 
t. II), p. 35 1, cite parmi les c hommes distingués, dont les succà honorent 
la ville de la Flèche et la contrée >, et qui c les ont dus certainement à 
réducation qu'ils ont reçue dans son célèbre collège > : c ... Pierre Le Vacher, 
missionnaire, né au commencement du xvii* siècle, et mis en i683, tout 
vivant, dans un mortier. Il fut ainsi lancé sur l'ennemi en guise de bombe. > 
Il peut se faire qu'un Pierre Le Vacher, de la famille d'Anjou, ait fiait ses 
études au célèbre collège de la Flèche, tenu alors par les Jésuites; mais le 
missionnaire de saint Vincent de Paul qui, en i683, à Alger, fut mis à la 
bouche d'un canon, assis sur une chaise et le dos tourné à la mer, à portée 
de vaisseaux de la France, est Jean Le Vacher, né à Écouen. 

3. La description des armes de Le Vacher d'Anjou, par d'Hozier, a 
quelques mots de moins que celle donnée plus haut, qui semble empruntée 
au Dictionnaire de la noblesse , par de La Chenaye-Deabois et Badier (Paris, 
1876, 3* éd.), t XIX, p. 338-340, art. Vacher de La Chaise [Le), famille 
d? Anjou, L'article suivant, p. 340, concerne une famille noble de Provence, 
appelée • Vacher, aliàs Vachère p, et dont les armes étaient : d^or à la vache 
de gueules, colletée d'argent. 



MISSIONMAIRX BT CONSUL EN BARBARIE. IjS 

Bage, aux traits efbcés, est représenté vêtu d'un petit man- 
uau, encadré dans un portique, avec les attributs de la mort sous 
kspieds; dans Tangle à droite, à la hauteur de la tête, un blason, 
le seul assez bien conservé, entouré de deux branches de lauriers 
croisées par le bas, contient des armoiries parlantes, que M. de 
Gailhermy^ décrit ainsi : « Une vache tournée à senestre, accom- 
pagnée d'un cor de chasse en chef. » Tout autour de Tencadrement, 
sar la bordure de la pierre, est l'inscription qu^on lit encore de la 
manière suivante : 

Cy gi[t] fev noble homme Gvillavme Le || Vacher, en son 
wàkt con' dv [r]oy et || contreroollevr general de son 
domains ii en la generallrte de picardie, le || qvel decedda 
a escoven le levdi xxv« iov|l || doctobre m. v^. iii u^l. x. || 
Priez Dieu pour son [âme]. 

Le plus ancien des registres paroissiaux à Tétat civil de la 
mairie de Bouqueval ne remontant pas au delà du milieu du 
xvu* siècle, il a été impossible de trouver aucun renseignement sur 
ce personnage. 

L^office de contrôleur général sur le fait et conservation du 
Domaine en chacune des dix-neuf Généralités du royaume, 
qu'exerçait Guillaume Le Vacher, avait été créé par un édit donné 
à Paris au mois d'octobre 1 38 1, et enregistré à la Chambre des 
cx)mptes le 4 août 1582'. D'après les Mémoriaux de la Chambre 

1. lucripiioHS de la France, p. 629. 

2. Cet édit et Tarrét d'enregistrement occupent 1 1 p. in-fol. du Recueil 
gturaldes titrée concernant les fonctions y range, dignité!^, séances et privi- 
^^ des presidens, trésoriers de France, généraux des finances et grands 
9oyat des généralités^ du royaume (à Paris, M OCLV), par Fourni val, qui 
le donne sous ce titre : c Edict de création d'un controolleur gênerai du 
I)onutine en chaque généralité de ce royaume, pour, en vertu des ordonnances 
^ trésoriers généraux de France, feire les poursuites et diligences neces- 
lûres pour la recherche, liquidation et reunion du Domaine, i Le traitement 
^ ces nouveaux officiers royaux était de c quatre cens escus sol de gages ordi- 
naires par an 1 ; pour leurs déplacements, ils recevaient c deux escus sol 
pv jour i; ils avaient droit aussi à 4 un sol pour livre, revenant à trois 
lois pour esca, de tous les deniers t qui pouvaient provenir de certaines 
ventes fiiites à leur diligence, comme de c bois chablis, bois mort... t. Ces 
contrôleurs et leurs successeurs auxdits offices, ainsi que leurs veuves, 
(levaient jouir de c tous et chacuns les privilèges, grâces, concessions et 
exemptions 1 dont jouissaient les autres contrôleurs généraux c établis es 
bureaux des receptes générales t. 



â 



174 LA VAMILLB Dl JBIN LB VACHBR 

des oompte8\ les lettres ptr lesquelles « GailUame Levad 
reçut Toffice de « contrôleur général du domaine en Pkah 
furent enregistrées au commencement de mars i585. 

Philippe Le Vacher était-il de t petite noblesse >, comme 
de Bouqueval? Sans crainte de se tromper, on peut répondre 1 
tivement; aucun des actes trouvés sur sa famille n'en fiùt 
tion. Toutefois, il était d^une condition au-dessus de Tordii 
et certainement un des notables d'Écouen. Deux fois les reg 
lui donnent le titre de Monsieur, qualification réservée alor 
plus importants habitants, par exemple aux membres c 
famille Chardon, qui étaient capitaines du château. A Saint 
il fut aussi regardé comme un notable. Quatorze actes notarii 
dix-huit' le qualifient invariablement d* c honneste persot 
tandis que ce titre n'est pas donné aux autres particuliers 
fois même, le rédaaeur de la minute', qui avait écrit tout d'al 
c Fut présent en sa personne Philippe..., » efEeiça « en s; 
écrivit au-dessus « honneste >. 
Jg,* Presque tous ces aaes l'appellent « marchant >. Lui-o 

{? en louant ses terres d'Écouen, le 14 mars 1627, montre 

^ par les plus minutieux détails spécifiés pour leur entr 

p qu'il était un homme du métier; ainsi, le preneur < 

«. c fumer et entretenir les jardins, amer les arbres bons à a 

3 ses frais, et planter les arbres que le bailleur fournirait sa 

y rien demander,... entretenir les treilles,... labourer, fumei 

^ tiver, provigner et eschalasserlesd. vignes,... entretenir les 

;* desd. jardins,... defTouyer les pieds des arbres... »; il ne ( 

1 t coupper aulcun bois vert ni secq esdits jardins »; le bailL 

réservait le droit de « faire abattre... tant de chasteignes qu' 
plairait... » 

La famille Butefer, — Deux Butefer sont mentionnés ce 
parrains dans un registre d'Écouen^, savoir « Philippe But 
escuyer et argentier de Tescurie de Madame la Royne, mè 
Roy » (i I février i582), et « Jacques Butfer » (25 mai iSgi 
D'après le terrier de Piscop (fol. 112), les deux frères de 
Le Vacher, Pierre et Nicolas, déclarent, le 29 septembre 164 

1. Arch. nat, PP 114, p. b^. 

2. Minutes de 1626 à 1644. 

3. Ou 7 juin 1644. 

4. Deuxième registre. 



MISSIONNÀIAB BT OONSUL BN BARBJJtIB. * IJO 

sôgoeur censier c premièrement demy arpent de jardin qui fut à 
lateufve Nicolas Buttefer, scis au terroir de Saint- Brice... ». 

Parrain et marraine de Jean Le Vacher. — Relativement à la 
nuraine de Jean Le Vacher, les documents font encore plus défaut 
que pour la Êimiile Butefer. Un registre de Tétat civil de Saint-* 
Leu (1719 à 173g) mentionne, à la date du 27 mars 171 5, le 
décès de « Marie-Magdelaine- Françoise de Saint-Denis, âgée de 
seize mois »^ qui n'avait pas été baptisée dans cette paroisse et y 
avait été probablement placée en nourrice'^ et, à la date du 1 1 août 
1732, le décès de « Pierre Saint-Denys », âgé de trois jours, fils 
de Pierre Saint-Denys^ boucher^ et de Marie-Jeanne Delaune. 

Son parrain est plus connu, grâce aux registres paroissiaux, à 
une pierre tombale et à une plaque murale de Téglise d'Écouen. 

Jeaa Barocbe fut curé de cette paroisse de 161 1 à juillet 1626*. 
On lit, en effet, dans le troisième registre, après un acte de bap- 
tême du 26 juillet 1 626, cette note : « Icy finissent les baptesmes 
qai ont esté faits pendant que M. Jean Barocbe a esté curé de la 
paroisse de Saint-Acceul d'Escouen. 

< Ensuivent les baptesmes qui ont esté faits depuis que Nicolas 
de Chardon, bachelier en Théologie, ay esté mis en possession de 
heure d^Escouen, le ...^ d'aoust m vi^" vingt-six. » Suit un aae 
du 19 août 1626. 

Jean Barocbe accepta plusieurs fois d^étre parrain d'enfants de 
sa paroisse, par exemple de Jean Porlier, le 28 mai 16 17, de 
Marie Damoireau, le i^ février 1618; après s^étre retiré de la 
cure, le 20 février 1629 et le 25 oaobre i63o^ il figure encore 
comme parrain avec cette dénomination : « M. Jean Barocbe, 
prcstrc, jadis curé d'Escouen*. » 

« On ne peut plus lire, écrivait M. de Guilhermy* en 1875, 
qu'une partie de Pépitaphe de Jean Barocbe^ sur une dalle à demi 
eSicée, qui se trouve au fond du bas côté unique de la nef, en 
s^ant de la chapelle de la Vierge », ou plus exactement en travers 
de l'allée conduisant de ce bas côté à la chapelle de Saint-Acceul, 
qui est dans la tour du clocher. La partie supérieure de cette 

I* L'abbé Chevalier, Écouen, p. gy, a écrit aue Jean Baroche fut curé de 
161 1 i i523. Le grand tableau des curés d'Ecouen, peint sur le mur à 
minute de la chapelle de Saint-Acceul, donne pour Jean Baroche les dates 
<*«i6iià i638. 

2* La dAe du jour manque. 

3. Deuxième registre. 

4< Inscriptions de la France^ t. II, p. 454. 



176 LA FAMILLE DE JEAN LE VACHER 

pierre tombale, où doivent être gravés des dessins d^ornemeoti- 
tion, est cachée par le parquet qui supporte les chaises et les pri^ 
Dieu ; dans l'allée se trouvent les deux tiers environ de la pierre, 
contenant toute Tinscription, dont on ne peut guère déchiffirerque 
ce qui suit : 

Cy orr LE CORPS de M. 
Jean Baroche, prestrb, 
chanoine de Montmorency, 
jadis curé de cette 
P[ar]oissb et aumosnier 
DE M. Henry D« 
de Montmorency, pair et 
AMIRAL de France. 
Apres avoir donné... 



Suivent quatre lignes presque totalement effacées. Maisletote 
manquant peut être amplement reconstitué, grâce à Tinscriptioa 
suivante, qui n*est signalée ni par Guilhermy, ni par Tabbé 
Chevalier dans sa brochure Écouen^ ni dans une Descriptic^ 
de Véglise d^Écouen^ faisant suite à VOffice de saint Acced 
ou Andeol^ patron de Véglise^. Cette inscription est gravée 
sur une pierre de marbre noir, enchâssée dans un cadre en boi* 
sculpté, qui est scellé sur le mur du bas côté, à gauche de Tcntré* 
de la chapelle de Saint- Acceul, et au-dessus de la partie sup^' 
rieure de la pierre tombale. 

A ^ Û 

Le liais couché cy devant couvre le corps de M«* 
Jehan Baroche, pbre chanoine de Montcy, Curé 
d'Escouen et Aumosnier de Mes'» Henry, Duc de 
Montmorency, Pair et Admirai de France; Mais 
ce marbre élevé découvre ses dernières inten- 
tions, ayant donné par testament a cette église 
deux rideaux de damas, un chasuble, deux paremës 
de veloux noir et un calice d'argent, a la char- 
ge que les Marguill' feront ânoncer auparavant 
et célébrer tous les ans le i3« May, iour de son 
décès vigilles recomend. une messe haulte et li- 

I. Paris, 1845, p. X01-108. 



.\ 



MISSIONNAIRB BT CONSUL EN BARBARIE. I77 

bera, ainsi qu'ils se sont obligez p. côtract du 3 
may i638. p dev&t Loys Flamend, tabelliô dudict 
Escouen. Il ne prétend^ lecte', aucune louange de 
ses dons, mais des prières de ta charité : et son 
estât te faisât conoitre que la vie est une fleur q 
tombe p. le souffle de la mort aprens a mourir 
au monde pour vivre éternellement au Ciel. 

Dist, 

Rura senem, iuvenem me viderat aula potentis 
Vivere non melius, nec potuique mori*. 

Frères et sœurs de Jean Le Vacher. — La Vie manuscrite 
de Jean Le Vacher commence ainsi : « Il naquit Pan 1619, le 
1 5* mars, à Escouân^ diocèse de Paris. Son père s^appeloit Phi- 
lippes Le Vacher et sa mère Catherine Butefer. Ils eurent sept 
en&ns de leur mariage^ sçavoir : quatre garçons et trois^ filles. 
Les deux premiers, nommez Jean et Philippes, sont entrez dans la 
Congrégation de la Mission. Les deux autres garçons, sçavoir 
Nicolas et Pierre, sont restez dans le monde, leur père les y ayant 
establis aussi bien que deux de ses filles, la troisième s'estant fait 
fdigieuse au couvent des filles de Sainte-Marie de la Rue Saint- 
Antoine à Paris... M. Jean Le Vacher, l'aisné de la famille, fut 
envoyé par son père chez un ecclésiastique des environs d'Es- 
couan* pour y cstre instruit et élevé dans la vertji et pour y 
apprendre les principes de la langue latine... » 

i' c Anne de Montmorency fit reconstruire vers i5j3 le clocher, la cha- 
I^^e de la Vierge, le chœur et l'abside de l'église d'Ëcouen. La nef et son 
^P^téral, de la structure la plus vulgaire, sont datés de 1737... On peut 
^^^r encore [dans l'église] une belle Vierge en pierre, du xiV siècle, et une 
!^^ baptismale, de même matière, richement sculptée en style de la 



«<ei 



Cde 



lUûssance. La cloche [de i554] était aussi la filleule du connétable... 1 



Guilhermy, Inscriptions de la France, t. II, p. 454). C'est sur ces fonts 



^^Ptismaux, dont les sculptures sont attribuées à Jean Bullant (cf. Descrip- 
*^ de f église d^Écouen, p. io3),que Jean Le Vacher reçut le baptême. 
^. Dans le ma. original, à cet endroit, il y a comme une marque d'hési- 
^^on; le mot deux avait d'abord été écrit, ensuite il fut barré, et au-des- 
^*»% fut écrit trois, 

3. La copie de la Vie manuscrite reproduite dans les Mémoires de la Con- 

^^^gation de la Mission (t. II, p. 39), au lieu d'Escouan, porte de Couen; 

^^^Is le C est si mal formé qu'on peut se demander si ce n'est pas un R, 

^^»m»i l'auteur des Mémoires a-t-il imprimé que Jean Le Vacher avait été 

^ placé chez un ecclésiastique des environs de Rouen ». 

nia. XXXIII ta 



178 Là PAIOLLB DB JEAN LB VACHB 

Jean Le Vacher, comme on Ta vu, n*était pas Taîné 
fiimille; trois de tes sœurs étaient plus âgées; tout au plus 
rait-on dire qu'il était TaÎDé de ses frères. 

Chaklottb, née à Saint-Leu probablement, comme il a 1 
plus haut, 7 mourut, comme le constate son aae de décès 
19* mars 1694 a esté inhumée et enterrée dans Téglise d< 
parroisse Charlotte Le Vacher, veuve de deffuna Pierre G 
ion, laquelle mourut hier. Faia en présence de Pierre Gui 
fils, Nicolas Cornu et Paul Cornu, tous témoins, qui ont 
avec moy suivant Tordonnance. » Suivent les signatun 
Cornu, de c Piere Guibillion » et de N. Garot, vicaire^ 

Pierre Guibillon ou Gubillon, marchand laboureur à 
Leu et mari de Charlotte Le Vacher, apparaît dans une 
du 21 septembre i658, passée devant un notaire de Paris c 
servée en Tétude de Tavemy, comme chargé de gérer cei 
affaires de ses frères et sœurs de Paris. Pierre Bruslard, à 
d*Anne Le Vacher, sa femme, et Nicolas Le Vacher, < hc 
en partye de deffunctz Philippe Le Vacher, vivant, mar 
demeurant à Saina-Leup, et Catherine Butefer, sa femmt 
père et mère >, constituent • leur procureur général et 1 
c Pierre Gubillon, laboureur, demeurant audit Saina 
auquel ils ont donné pouvoir et puissance de passer tiltre i 
et reconnoissance, conjoinctement avec luy et Chariot 
Vacher, sa femme, en leurs noms à cause d'elle, héritier 
lesd. Nicolas et Anne Le Vacher, ses frères et sœurs, desc 
functz Le Vacher et Butefer,... de quarente-six livres di 
solz six deniers... de rente, à Louis Leaon, marchant, dem* 
à Meru, à cause de Magdelaine Dumesnil, sa femme, à p 
sur une maison, lieux, court et jardin, seize audit Sainct- 
laquelle maison a esté vendue ausd. deffunctz Le Vacher 
feme par Lucien du Mesnil et Marie Larcher, sa femme, n 
nant pareille rente de quarente-six livres' dix-sept solz six d 
racheptable de sept cens cinquante livres ». L^acte fut « p 
Paris en la maison dud. Bruslard », et signé sauf par « ] 
Anne Le Vacher, qui a déclaré ne pouvoir escrire ni signer 
à présent à cause de sa debillité ». 

Pierre Gubillon et Charlotte Le Vacher eurent au moins 
enfants, Pierre, décédé à Saint-Leu le 7 octobre 1694, ^.n 
décédé le 28 juillet 1680, et Marguerite, qui entra chez les 

I. Eut civil de Saint-Leu, registre E^ 



MISSIOMNÀIRB ET CONSUL EN BARBARIE. I79 

de la Charité. Cest à eux que Jean écrivait le 24 février 1680 : 
« La meilleure, la plus utile, la plus considérable succession 
que vous puissiez laisser à vos entsints est leur éducation et 
instruaion par votre exemple à la crainte de Dieu. » Il terminait 
sa lettre en se recommandant à leurs prières et spécialement à 
cdks de sa c nièce, la sœur et servante des pauvres de la charité, 
dans quelque lieu oti elle se trouve ». 

Sœur Marguerite Gubillon, baptisée à Saint*Leu le 16 février 
1646, entra dans la Communauté des sœurs de Saint-Vincent-de- 
Paulle 19 mars 1667 et en prit Thabit le i*' mai suivant. Elle 
servit les pauvres à Ussel et au Mans, puis comme supérieure à 
Alençon en 1682, et à Paris aux Invalides. En 1693, elle était 
ttsistante de la Communauté \ il fut même question de la nommer 
sapérieure générale. Elle mourut à la maison principale, située 
au tiabourg Saint-Denis, vis-à-vis de Saint-Lazare, le 5 avril 
1703*. 

NiGOLLB Le Vacher, né à Saint- Leu le 23 avril 161 5, vécut peu 
de temps-, elle y fut enterrée le 19 novembre i633, à Tâge de 
dix-huit ans. 

Catherine Le Vacher naquit à Écouen le 8 mai 1616. C'est 
toat ce que nous savons à son sujet. Est-ce elle qui entra chez les 
Visitandines de la rue Saint-Antoine à Paris, comme le dit d'une 
des sœurs de Jean Le Vacher Fauteur de sa Vie manuscrite. 
U a été impossible jusqu^à présent de vérifier cette assertion. Le 
nom de Le Vacher ne se trouve ni dans le « Livre pour écrire les 
Qoms de toutes les Religieuses venues en ce monastère [de la 
Visiution] depuis sa fondation, qui est la sixième de l'Institut en 
I^année 1 61 9 », ni à la < Table alphabétique des noms de nos 
Soeurs » dans le même registre', ni dans le « Livre de la subs- 
tance des contrats... de la réception des Sœurs de notre monas- 
tère de la Visitation de Sainte-Marie de Paris... depuis son esta- 
blissement, qui fiit le premier jour de may mil six cens dix- 
neuf» ». 

Annb Le Vacher, le i3 janvier i653, n'était pas encore mariée. 

Elle vendit, à cette date, à Claude Dubois, huissier à la c pre- 
vosté, connestablerye et maréchaussée de France... à Paris,... neuf 
à dix perches de terre ou environ en une pièce et jardin plantée 

I* CoDfiérence de M. Hénin du 6 mai 1708; Arch. nat., S. 6608. 
)• Arch. nat.^ LL. 1718. 
3.1bid., IX,i7i5. 



l80 LA PAMILLB DE JEAN LE VACHER 

ea arbres fruicders, suivant qu'il luy est venu et escheu 
partage de feu Philippe Le Vacher son père... ■, et « tous c 
de passage que lad. fille pourroit avoir à cause de sa ma 
elle sizç à la grande rue », moyennant la somme de cent 
livres tournois. Pierre Guibillon signa cet acte en quai 
témoin ^ 

Anne se maria avec Pierre Bruslart (ou Brulart), man 

épicier à Paris, demeurant en l'île Notre-Dame, sur la pa 

Saint- Louis, rue des Deux- Ponts*. Le 26 avril 1654, q 

loue à son beau-frère, « honnête personne Pierre Guib 

marchant laboureur demeurant aud. Saint-Leup...^ c^est as 

les herittages et maisons » qu'il possède « au village et tem 

Chauvrie », consistant en une maison,... et c deux arpe 

terres plantée aussi en arbres fruitiers, assis au teroir de Fa 

le tout moyennant la somme de soixante et six (?) livres toi 

I et deux paniers de gros fruits, c'est-à-dire « de poires 

# pommes >, pesant chacun vingt-cinq livres. Les témoini 

Nicolas Le Vacher et Noël Guillot. Le même jour, Pierre 

, lart loue à ce Noël Guillot, «c marchant vigneron demeu 

I Taverny..., un arpens d'herittages en une pièce partie plan 

arbres fruiaiers,... et partie en vignes..., sis au tem 

Taverny..., moiennant la somme de treize livres tournois.. 

r présence de « NicoUas Le Vacher et de Pierre Guil 

^ tesmoings^ ». 

\ En 1 649, Nicolas Le Vacher était bourgeois de Paris », s 

le terrier de Piscop ; il envoya en cette qualité procuration 
frère Pierre, pour régler ses affaires avec le seigneur du lieu. I 
un acte du 21 septembre i658^, Nicolas était « marchand d 
demeurant au petit pontz, parroisse Saint-Germain-le-Vie: 
épousa Marguerite Auffroy, dont le testament, insinué au ( 
let", nous fait connaître les noms de plusieurs de ses en 
Nicolas, marchand bourgeois de Paris, et Charles Charroi 
gendre, qui sont ses exécuteurs testamentaires, Jean Le V 
dit de Fontenay, et Pierre**. Dans le premier codicille c 
testament, elle lègue une pension viagère de i5o 1. de ren 

1. Minutes de l'étude de Saint-Leu-Taverny. 

2. Ibid., minute du 21 sept. i638. 

3. Ibid. 

4. Ibid. 

5. Arch. nat, Y. 39, fol. 27 ¥• à 29. 

6. Aux arch. dép. de la Seine, état civil de Paris, est Pacte de d< 



MISSIONNAIRE ET CONSUL EN BARBARIE. l8l 

;moiselle Margueritte Bruslai% nièce du deffùnt sieur Le 
her son mary ». 

^ Vie manuscrite de Jean Le Vacher fait connaître que ce 
m. Le Vacher, marchand > de Paris, avait un fils qui était 
moine de la cathédrale de Toul ». Il s'appelait Philippe; prêtre 
Q diocèse de Paris, il avait été nommé chanoine de Toul ^ en 
1676 par son oncle, M. Mathurin Auffroy, chanoine tournaire*; 
il devint écolâtre, par suite de la démission de son oncle, et per- 
muta avec lui la chapelle épiscopale de l'agrément de Tévéque, 
Mgr de Bissy. Il mourut, le 27 mai 17 19, à Vachevigne, près 
Toul, où il demeurait dans la maison qu'il avait fait bâtir. Deux 
jours après eut lieu au chapitre la lecture de son testament, daté 
do i*' mai, par lequel il faisait un don pour la décoration de la 
chapelle de Notre-Dame au Pied-d'Argent dans la cathédrale, 
demandait des messes et fondait à Toul < deux écoles publiques 
gratuites pour les deux sexes^ ». Il fiit inhumé probablement dans 
letraosept méridional de la cathédrale, sous la même pierre tombale 
que ses oncles Rigault et Aufifroy^. 

Son exécuteur testamentaire fut son frère, le chanoine Nicolas 
Noël Le Vacher, diacre du diocèse de Paris. Il avait été baptisé 
le 6 mai 1661 en Téglise Saint-Eustache; son père, « honorable 
homme Nicolas Levacher, marchand de soie, et Marguerite 

< Nicolas Levacher, fils de feu Nicolas Levacher, conseiller du Roy, payeur 
<^ rentes de Thdtel de ville de Paris, et feue Marie-Anne Héron, son 
^pouiei; il mourut à l'âge de dix-huit ans, le mardi 23 novembre 1706, 
nie Bertin-Poiré, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois; l'inhumation eut lieu 
^ prdteoce de ses trois oncles, Jean Levacher, prévôt des maréchaux de 
^ti, qui signa Levacher de Fontenay, François Levacher, sieur du Ples- 
*i*) et Quu'les Charron, secrétaire du roi. L'acte de notoriété qui servit à 
^ reconstitution de la pièce de l'état civil de Paris fut reçu le 28 mai 
1743 par M* Brillon, notaire au ChAtelet 

!• V07. Dumesnil, État de FÉglise de Toul (Bibl. du grand séminaire de 
Nincy, ms. i33); Hist. des diocèses de Toul, Nancy et Saint-Dié, par 
^*bbé Martin (Nancy, igoi), t. II, p. 3ii. 

. 2. Le chanoine toumaire était celui à qui revenait, selon un ordre déter- 
miné, le tour de nommer aux bénéfices vacants du chapitre. 
3. Arch. de Meurthe-et-Moselle, G. 90. 

4* Voici l'épitaphe que l'on croit être celle de Philippe Le Vacher et de 
^ deux oncles : Hic jacent \\ très pii sacerdotes \\ hujus ecclesiœ canonici, || 
^^^rilative H Viator, si hcec tues \\ non sufflciant || pietati, legas quœso, eorum 
l domina H proximo in marmore incisa || ad dextrum illius sacelli }ii pariS' 
'em. Prteare jj ut cum Christo quiescant |) in œvum. La plaque de marbre 
où étaient gravés leurs nomi n'existe plus à l'endroit indiqué. 



l83 LA FAMILLE DE JEAN LE VACHER 

Aufroy, sa femme », demeuraient alors rue aux Fers*. Il 
à son oncle Mathurin Auffroy, qui lui avait résigné son 
cat en cour de Rome au mois d'août 1698. Il mourut 
tobre 1743, et fut inhumé dans le transept septentrion! 
Tautel du Sacré-Cœur, avec cette épitaphe : « Cy gît i 
Nicolas Noël Levacber || Diacre, chanoine de^tte || églisi 
le 3 octobre || 1743. || Priez Dieu pour son âme*. » 

Nicolas Le Vacher s'entremettait parfois auprès de J 

frère pour le rachat des esclaves. Celui-ci lui écri 

39 octobre 1677' : « Mon frère, j'ai, avec la grâce du S 

comme vous me Tavez désiré, affranchi ce bon relig 

Saint-Dominique de Tesclavage, et s'il repasse à Marse 

cette commodité, vous en pourrez aviser ses frères, qui v 

recommandé. J'espère que M" Régnard de Paris, de Frc 

Beauvais, qu'il vous a plu me recommander par vos let 

'^1 cedentes, que j'ai aussi affranchi de Tesclavage et qui on 

-^' en France au mois de mai dernier, seront indubita 

\^ arrivés à Paris, et qu'ils vous auront témoigné de vive 

^ ^ petits services que je leur ai rendu pour les faire sortir de c 

iX7 Nicolas Le Vacher mourut avant le 26 juin 1695, dat 

Xj^ tament de sa femme. Quand elle ajouta le premier cod 

6 avril 1696, elle demeurait « rue Thibault-Audez, 

' ./ Saint-Germain-de-rAuxerrois,oQ les notaires, Doyen et Ni 

la trouvèrent « détenue au lit mallade de corps en une 

au premier estage sur la rue ». Pour le second codi 

17 juillet 1697, ils la trouvèrent au même domicile « de 

-" ** lit, mallade de corps en une chambre au premier esta^ 

vcue sur la cour ». Après avoir demandé des messes, ell< 

aux prisonniers du grand et petit Chastellet et Fort-Le\ 

somme de deux cens livres... pour retirer les prisonniers 

nécessiteux »; elle laissa aussi < à la Charitté des 

malades » de sa paroisse de Paris cent livres, qui deva 

mises « es mains de Monsieur le curé »; cent livres à r< 

Saint-Lcu près Taverny, et pareille somme à Téglisc de F< 

sous le bois de Vincenncs, oti elle avait une maison deçà 

Pierre Le Vacher, né en 1625, avait embrassé la pi 

I. Arch. dép. de la Seine, état civil de Paris, d*après un acte de 
reçu le 6 juin 1744 par M* Brillon, notaire au Châtelet. 
a. Documents communiqués par M. Tabbé Clanché, curé de Blénod 
3. Vie manuscrite de Jean Le Vacher. 



1<... 



T 



MISSIONNAIRE ET CONSUL EN BARBARIE. l83 

h 90Q père, sans doute poar prendre auprès de lui la place de ses 
Abqx atnés Jean et Philippe, entrés dans l'état ecclésiastique, et de 
Hkolas, marchand bourgeois de Paris. Il figure au terrier de 
Piscop* pour une déclaration faite le 29 septembre 1649 ' * Pierre 
U Vacher, marchand demeurant à Sainct-Leup,... en vertu de la 
procoration à luy passée par Nicolas Vacher, son frère, bourgeois 
de Paris », déclare, entre autres choses, un « demy-arpent de 
jardin, qui fut à la veufve Nicolas Buttefer, scis au terroir de 
Saint-Brice >. Il mourut à Saint-Leu, âgé de vingt-cinq ans, 
dam les premiers jours de septembre i65o. 

PmuppB Alt, comme Jean son frère, un grand missionnaire à 
Alger. Saint Vincent de Paul disait de lui un jour devant la 
communauté de Saint- Lazare^ : « Et celui-ci (il venait de faire 
reloge de Jean), savez- vous bien qu'il passe chaque année des sept 
oa huit mois sans dormir, afin d^entendre les confessions des 
pauvres esclaves, qu'il va trouver dans les lieux oti ils sont retirés, 
et passe les nuits avec eux, ces pauvres gens n'ayant point d'autre 
temps que celui-là pour se confesser...; c'est ce que m'a mandé 
kcoosul par diverses fois en m'avertissant que si je ne lui faisais 
iDodérer ses veilles, il y aurait à craindre qu'il ne succombât sous 
k &ix... » Dans une autre circonstance, admirant son zèle, il 
''dcriait' : « C'est un homme qui est tout feu et qui s'expose au 
point que si Ton avait su ce qu'il a &it... quand il aurait eu cent 
^es, il les aurait perdues^... comme, par exemple, ce qu^il a fait 
^^près d'un religieux qui s^est fait Turc, pour lui faire renoncer 
^ cene maudite loi, si cela avait été su, il n'y allait rien moins 
lUe d'être brûlé tout vif! » 

Ce fut Philippe, étudiant au collège des Bons-Enfants, près la 
'^^^rtc Saint-Victor à Paris, en vue d'entrer dans l'état ecclésias- 
^^ue, qui conseilla à Jean, alors âgé de vingt ans et indécis sur sa 
^^^Dcation, de consulter saint Vincent de Paul. 

Le 5 octobre 1643, les deux frères furent reçus dans la congré- 
ition de la Mission à Saint-Lazare^. 

I. Fol. lia. 

a. Saint Vincent de Paul [Vie et écrits), t. VIII, p. a53. 

3. IHd., p. 172. 

4. La maison, où ils firent leur noviciat, n'avait pas l'aspect de celle que 

^^on voit encore aujourdliui au n* 107 du faubourg Saint-Denis, et qui a 

<té convertie en prison. A côté de Téglise, couverte en tuiles et surmontée 

«l'un petit clocher avec quatre petites cloches, était un petit cloître, aux 

arcades de plâtre vieilles et toutes crevassées, qu'entouraient trois petitt 



1S4 I^ FAMILLE DB JEAN LE VACHER 

Philippe Le Vacher quitta Saint- Lazare avant la fin de ses deox 
années de séminaire pour aller au Mans; de là il fut envoyé ea 
Irlande, puis à Alger. Il mourut à Fontainebleau, dans la mai- 
son curiale de la Mission, le 5 août 1679, et fut inhumé dans k 



corps de logis, aux murs menaçant ruine, formant un carré ifec 
l'église. Auprès de la basse-cour, une petite maison servait dlofirxM* 
rie. La basse-coar re n fer mait un petit logement, des étables, écurieiet 
boucheries; non loin était le colombier; deux petites caves se trouviient, 
l'une dans le Jardin, l'autre dans la vieille cour; la grange était aoMÎ 
fort vieille, et par derrière se trouvait un vieux moulin à vent; le jtrdiB, 
d'une contenance d'un arpent et demi environ, était moitié en partorCf 
moitié planté de vieux ormeaux, prêts à mourir ; plus tard fiit bèti du côté 
de l'entrée de l'élise, et dans la direction de la ville, un grand corps de 
logis, à quatre étages et avec cave, pour recevoir les ordinands; quatre ou 
dnq arpents de terre étaient en pépinière et en potager ; enfin, le clos rea' 
fermait quatre-vingt douze arpents de terres qui étaient labourées (Aic^ 
nat., M. 21a, n* 7. Cf. Bournon, Additioiu à P histoire de la pille et det<0 
le diocète de Paris, de l'abbé Lebeuf, Paris, Champion, 1890, p. BiyV ^ 
Cette maison, autrefois léproserie, avait droit de haute, moyenne et basi 
justice, qui était exercé les c lundis et jeudis de chacune sepmaines en ladf 
maison seig*^, dans l'auditoire à ce destiné, avec prisons y joignantes led 
auditoire, avec poteau et carcan plantez sur les carrefours de S'^Lazare < 
Villeneufve-sur-Gravois et autres lieux, et prisons aud. lieu de Villeneufrc 
sur-Gravois i (Arch. nat., S.66oo-i, et S.*672i, fol. 34T*]. La maison éti 
alimentée d'eau par une c fontaine, venant du regard construit au carrefoi 
devant la porte seigneurialle de Saint-Lazare, proceddante de la source, q 
[est] dans le penchant de la colline de la butte de Belleville, près le p 
Saint-Gervais, conduite par aqueduc jusq. en lad. maison de Saint-Laza 
par les anciens prieur, relig^ et seig'* de lad. maison... >. Lui appartenu 
aussi « le droit d'avoir et tenir foire appellée de Saint-Laurent, dont To 
verture se fait toutes les vigilles de la feste de saint Laurens... » (Ibid.). 
Rien n'existe plus de cet antique Saint-Lazare, sauf la petite cave qui et 
dans le jardin, et dont une partie, avec ses voûtes ogivales du ziii* 
XIV* siècle, se trouve sous la seconde cour, le long du bâtiment qui fait su 
au réfectoire (cf. Bull, de la Soc. de Vhist. de Paris, ^l* annfe, mai-ju 
1894, p. 86). V Histoire générale de la Congrégation de la Mission (166 
Tj20iy par M. Lacour (éditée par les Annales de la Mission^ t. LXI 
p. 164), nous apprend que « presque tout ce qu'il y a de bâti à [Sai: 
Lazare] s'est fait du temps [de M. Jolly, supérieur général de 1673 à 179- 
solidement et en pierres de taille, mais sans ornement et avec simplici 
11 n'y a que le portail qui est beau et orné. 1 La Vie manuscrite de M. Jol 
publiée dans les Notices, i^ série, t. III (Paris, 1898), p. 476, dit qi 
c a fait faire pour plus de trois cent raille livres de constructio 
nécessaires ». Les murs, du reste, attestent eux-mêmes leur origine; ( 
constructions ont la forme d'un H qui serait fermé en bas; la partie lo 
géant la rue du faubourg Saint-Denis, où est l'entrée principale, et où 
trou>'aient, sur la gauche en entrant, la sacristie, et, au premier étage, 



HI8SIONNAIKB ET CONSUL EN BARBARIE. 



l8 






.<^^: 



^>x 



èœnr de Téglise, du côté de Tépitre, entre le balustre et la port 

it la sacristie ^ 
lean Le Vacher, après son ordination sacerdotale à Saini 
Lazare en 1647, fut envoyé par saint Vincent de Paul à Tunii 
lif comme plus tard à Alger, il fut un modèle de missionnaii 
et de vicaire apostolique, que ses contemporains ne craignirei 
pis de comparer à saint François de Sales pour la douceur < 
fabbiiité; ils remarquèrent encore particulièrement « sa prc 
fonde humilité, le zèle ardent dont son cœur etoit continuelh 
ment enflammé, la compassion qu'il avoit pour les maux de so 
cher prochain, qui a été la vertu prédominante en luy,... le gran 
ooorage qui luy a fait entreprendre du travail au-dessus de si 

procore générale et les archives, porte, du côté de la cour intérieure, la da 

de i683 ; à l'aile gauche était l'église, des xii* et xiii* siècles, démolie < 

iSiS; i l'aile droite, où était la cuisine, on ne voit pas de date; le bAtime 

tTinirersal du milieu, où étaient différentes salles au rez-de-chaussée et 1 

appartements du supérieur général au premier étage, avec le grand et le pe 

*ecrétariat, porte, du côté de la cour d'entrée, la date de 1681; la mén 

<ltte se trouve, du côté de la seconde cour, appelée autrefois le parterre, dai 

l^le du bâtiment du réfectoire; le réfectoire, qui continue l'aile droit 

VWt la date de 1682 à ses deux extrémités, du côté du parterre, ainsi qi 

^ i'autre côté, dans le chemin de ronde du nord ; les Iràtiments à la sui 

^ réfectoire, dans la même aile, furent construits seulement, coîSTme Tii 

^'9ue la date, en 1779; de l'autre côté du parterre, le bâtiment continua 

j<ile gauche, où était la bibliothèque, et d'où, par un corridor, on se rei 

^it au séminaire interne, ne porte aucune date (cf. Arch. nat., Z* 4684 

"^ 3567). La Vie manuscrite de M. Aimeras, supérieur général de 1660 

r '^'^ (éditée â Paris en iSSg, p. 81], nous apprend qu'un grand corps de lo{ 

^7^ bâti â neuf « pour suppléer au défaut des vieux bâtiments, qui menaçoie 

. ^ ne prochaine ruine i,et que, malgré les représentations de M. Aimeras, q 

Voulait simple et pauvre, ils furent construits par les soins d'un bienfaite 

^ S olidement i et en < pierres de taille t. Or, ce grand corps de logis 

Q^Xjt être autre que celui de l'aile gauche, où se trouvait la bibliothèqi 

^Y^^^°^ *** bâtiment des ordinands, construit par saint Vincent, il n'en rei 

j^'^V js rien, au moins dans l'enceinte de la prison actuelle de Saint-Lazai 



^^^^Int Vincent de Paul n'a donc pas pu habiter la chambre qu'on moni 
^^^ premier étage du corps de logis bâti sous M. Aimeras, son successeï 
- ^^ qui a été transformée en chapelle en i85i (cf. Petites annales de sa\ 
^^ incent de Paul, oa. igoS, art. la Chambre de saint Vincent de Paul da 
^^ncien Saint'La^are, p. Sog). 

I. La biographie de Philippe Le Vacher est dans les Mémoires de 
^^ûiîgrégatioH de la Mission, t. II, p. 157-180, et dans les Notices sur i 
^^rétres, clercs et frères défunts de la Congrégation de la Mission (Par 
^ 898), i** série, t. III p. 595-606. — Registres de l'état civil de Fontain 
^leau, année 1679, ^o'* a6v». 



l86 LA FAMILLE OB JKAN LE yACHER. 

Forces, la prudence avec laquelle il traitoit avec les înBdèle 
nant facilement d'eux ce qu'il desiroit pour la consolati( 
soulagement de leurs pauvres esclaves, sa patience,... son 
pour les croix, maladies, af&iaions ». C'est à propos de c( 
et afflictions que saint Vincent lui écrivit un jour : « Net 
gneur vous traite comme il a traité les saints* >. 

Son rôle comme consul de France a été très justement 
cié par M. Octave Teissier, qui a étudié sa correspondanc 
servée aux archives de la Chambre de commerce de Mai 
c Estimé et respeaé de tous, M. Le Vacher a rendu les plus 
services à ses nationaux, soit en focilitant les relations cg 
ciales entre l'Algérie et la France, soit en sauvant de l'es 
un grand nombre de marins, soit en rachetant ceux d'ent 
qui avaient été pris les armes à la main sur des navires 
gers. » M. Eugène Plantet, anaché au ministère des i 
'gf^ étrangères, qui a étudié sa correspondance, conservée aux a 

de ce ministère, signale c les services éminents et désintén 
de M. Le Vacher, « dont la haute capacité et les vertus cha 
s'imposaient au choix de tous* >. 

Pour couronner dignement cette vie toute de charité 
dévouement héroïque au service de la France et de V 
Dieu, selon la remarque d'un contemporain^, rendant « c 
prêtre... semblable en tout aux apôtres », lui accorda c 1 
du martyre' ». 

Léon Brétaudi 

I. Saint Vincent de Paul (Vit et écrits), t. VU, p. 3 12. 
a. Correspondance des deys d'Alger avec la cour de France (iSyg 
Paris, 1889, t. I, p. Lix. 

3. Correspondance des beys de Tunis et des consuls de France 
cour (i577-i83o), Paris, 1893, t. I, p. xvi. 

4. Grandet, ouvr. cit.y p. 207. 

5. Aux nombreux témoignages de ce fait, recueillis par M. L. Mi 
dans son étude citée (p. 65-67 ^^ tirage à part), on pourrait ajo 
dépositions de plusieurs témoins du procès de béatification de sai 
cent de Paul {Processus in specie ne pereant probationes, 170g 
autres d'une noble dame, Marthe Teste, qui dit avoir connu M. Le 
CI la di cui vita e stau célèbre per esservisi impiegato, e la sua me 
riosa per esserc stato messo alla bocca d'un cannone dall' infideli | 
délia fede 1 {Summarium de virtutibus in gradu heroico 5. V, a P. 
P- 44)- 



-^îs.-l 



ÉTUDE HISTORIQUE 



SDR LK 



COLLÈGE DE FORTET 



(i 394-1764). 



INTRODUCTION. 



< j^ 



Entre tous les petits collèges de l'Université de Paris, le collège 
^ Fortet, dont les vestiges sont encore visibles dans le voisinage de 
1> place da Panthéon, mérite d'être l'objet d'une étude historique. 
I^'existence de cette maison d'écoliers fut mêlée à des événements 
notables du xvi« siècle et, par suite, la légende s'en empara : il y a 
lien de préciser à son endroit des traditions véridiques et de détruire 
^ erreurs que les meilleurs érudits ont propagées. 

l)'anu« part, lliistoire du collège lui-même, soumis à la supério- 
rité du Chapitre de Notre-Dame, et qui vécut près de quatre siècles, 
^^ pas dénuée d'intérêt. 

Enfin, il se trouve que les documents avec lesquels il est possible 
<^ la reconstituer en son entier sont, en leur genre, des documents de 
tOQt premier ordre. On ne peut puiser nulle part des renseignements 
Phs précis et plus précieux sur la fondation et l'administration d'un 
établissement scolaire de cette espèce. 
Ces documents, fort abondants, sont assez dispersés : 
I* A la Bibliothèque nationale^ le manuscrit franc. 863o (gr. in-4*, 
Télin, 73 feuillets), écrit en 1412-1413, contient le testament du fon- 
<bteur in-extenso, l'inventaire de ses biens, le compte de Texécution 
testamentaire, le compte du « résidu de Texecucion » ; 

2* Aux Archives nationales existe tout un fonds très considérable 
mab éparpillé. 



lgg irUDE HISTORIQUE 

Le groupe principal de ces documents est compris dans la série M : 
les cartons M i23-i3i contiennent des pièces de tous genres concer- 
nant la fondation, l'administration, les biens, les collations de 
bourses, les dissensions intérieures de la Communauté. H fiiat en 
rapprocher trois registres : 

MM 397, petit in-8», 45 feuillets, avec miniature et initiales peiiitts 
et ornées, du commencement du xv siècle, avec des addiww 
du xvi«. C'est l'exemplaire officiel des statuts. On y trourc : te 
statuts de iSgô (fol. 4-17), un inventaire des livres possédés parle 
collège le 26 décembre 1412 (fol. 17-25;, le testament du fondateor 
(fol. 25-36), quelques mentions de collations de bourses et des statuts 
du XVI* siècle; 

MM 398. Inventaire de titres (xvm» siècle) ; 

MM 399. Procès-verbal de la visite de M. Severt, conseiller w 
Parlement, commissaire, au collège de Fortet (décembre 1734-jan- 
vier 1735). 

Dans la série H, Administration et comptabilités diverses (H», 
ancienne Université et collèges de Paris), nous rencontrons les 
cartons : 

H' 2563, dossier III. Documents du xvi* et du xvio* siècle. Comptes 
de i55i à i556. Tables de bourses, etc.; 

H* 2565. Documents relatifs aux bourses (requêtes et collatiort 
après 1764 et réunion du collège de Foftet à Louis-le-Grand; 

H* 2771-2772. Comptes de 1764 à 1786 et pièces de comptabilité; 

H» 2776*^. Comptabilité de Tannée 1786-1787; 

Et les registres : 

H' 2794* et '. Comptes de 1488 à iSii ; 

H3 27943. Comptes de 1764 à 1793. 

Dans la série S, six cartons et trois registres nous intéressent : 

S 6430-6434. Titres de propriété des maisons du collège et baui^ 
(à signaler dans S 6431 un État des maisons du collège fort luxueux, 
avec plans coloriés et notices, 1764); 

S 6238, qui contient la minute de VÉtat précédent et des baux de 
maisons (1779 à la période révolutionnaire); 

Les registres S 6435 et 6436, qui sont les registres de la compta- 
bilité du collège de Fortet après sa réunion à Louis-le-Grand ; 

Enfin le registre S 63o2, le plus important de tous (in-fol., 
204 feuillets) : c'est VInventaire des titres et papiers du collège de 
Fortet réuni à celui de Louis-le-Grand^ tableau exact et complet du 
collège à la fin du xviii« siècle et plein de renseignements précieux 
pour la période antérieure. Il est tenu à jour jusqu'en 1792. 

En outre, comme le collège de Fortet dépendait du Chapitre de- 
Notre-Dame, il y a lieu de recourir aux registres des délibérations 



SUR LB COLLÈ6B DE FORTET. 189 

apitulaires, ou plutôt à la collection du chanoine Sarasin^Tinstru- 
Dent habituel et l'intermédiaire de tous ceux qui veulent puiser à 
cette source inestimable. 

L'un des registres de Sarasin (Arch. nat., LL262) est uniquement 

composé d'extraits de délibérations relatife au collège de Fortet. L'on 

peut consulter encore les registres LLa6i, inachevé, commun aux 

collèges dépendant du chapitre, et LL 241- LL 243 où l'on trouve des 

Ustes de chanoines de iSaô à 1767 et des mentions de toutes sortes 

les concernant. 

Enfin nous avons mis à profit, pour les procès soutenus par la 
communauté ou ses principaux, les archives du Parlement (X^* 
etX*). 

En dehors de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales, 
nous signalerons : 

A la bibliothèque de la Sorbonne^ le carton 20, qui contient des 
mémoires imprimés et des pièces de procédure relatifs aux querelles 
do xvra« siècle. Le tout, sauf un Placet au Roi de 1768, se trouve 
déjà dans M 129 (Arch. nat.). 

A la bibliothèque de la ville de PariSy le manuscrit 26408, in-fol., 
iDTcntaire rédigé vers 1790, de peu d'intérêt auprès de S 63o2 
(Arch. nat.). 
I Et à la bibliothèque Ma^arine^ le Placet au Roi signalé ci-dessus 
î (Mazarine, n* 10371^.). 

' Des recherches faites en province n'ont abouti qu'à nous faire 
noter les manuscrits 65 1 (ancien 98 Auvergne), p. 147, et 653 (ancien 
99 Auvergne), p. 34, de la bibliothèque de Clermont-Ferrand. On y 
trouve des extraits du testament du fondateur. 

Us archives du Cantal fourniraient peut-être les éléments d'une 
Qote intéressante sur la famille Fortet après 1 394. 

I- Voyez Tinventaire de la collection donné par M. Le Grand dans le 
bibliographe moderne, année 1900, p. 333-371; Claude Sarasin, intendant 
^ archives du Chapitre de Noire-Dame de Paris, et sa collection d'extraits 
^ registres capitulaires, tirage à part, in-8». 



190 Atudb historique 



PREMIÈRE PARTIE. 

LE FONDATEUR ET LA FONDATION (1394-1414 
LES BATIMENTS DU COLLÈGE. 

CHAPITRE !•'. 
Le chanoine Pierre Fortbt. Son testament. 

Il fut jadis un moyen, pour qui naissait sans nom et sans fortune, 
de se ménager une existence heureuse et sans troubles et de se 
préparer à vivre sans grand efifort au sein d'une douce abondance: 
le pauvre put avoir sa part de ressources immenses et se soustraire 
aux périls des temps impitoyables en se faisant d'église. Le cletc 
échappait à la misère des champs, à Tincertitude des médei^ 
manuels, à la justice du roi ; une route indéfinie, pour peu qtt^^ 
se fît remarquer par son savoir ou qu'il jouit de protections aâiveSi 
le conduisait, de bénéfice en bénéfice, de la sécurité a l'aisance, à^ 
l'aisance à la richesse. 

Et point n'était besoin, pour être compté à bon droit au nombre 
des heureux de ce monde, de parvenir à Tépiscopat. Un boncano^^ 
nicat nourrissait bien son homme, et le cumul des bénéfices, 
interdit par les conciles, était fréquent dans la pratique à la fin de 
la période médiévale. Les chapitres étaient pleins de gens qui 
vivaient grassement; des maisons confortables abritaient les 
chanoines autour à^ cathédrales et des collégiales; pieux et 
placides, ils laissaient couler leurs jours sans pani pris d'austé- 
rité; car, au déclin du moyen âge, les conditions ordinaires de 
son existence avaient créé dans le clergé séculier des villes un 
état d'esprit empreint d'une aimable modération, — dont ses 
membres ne se départaient guère que sur les matières qui tou- 
chaient la foi. 

Le chanoine Pierre Foriet, qui, le 12 août iSgi, chargé d'ans 
et de biens, faisait transcrire par un notaire et devant témoins le 
texte de ses volontés définitives', représente sans doute un type 
assez commun d'ecclésiastique du xiv* siècle finissant. 

I. Pièce justificative n* i. Testament de Pierre Fortet 



SUR LE COUiOE DE PORTBT. I9I 

Nous savons peu de chose de sa vie. Les documents nous font 
sonnaître surtout la fin de sa carrière, qui avait été belle. Cepen- 
l^mt, son testament et quelques autres pièces d'archives nous 
révèlent expressément ses origines et nous permettent de suivre» — 
d*un peu loin, — ses destinées. 

Son testament nous apprend, à propos de la fondation d'une 
messe pour le repos de son âme, dans Téglise de Notre-Dame 
d*Aurillac> qu'il était né dans cette ville. Les legs nombreux qu'il 
fut aux couvents et aux églises d'Aurilkc ou de la région voisine 
aous prouvent qu'il aimait sa patrie. — Mais nous voudrions 
savoir lesquels de ces dons sont de simples actes de générosité de 
la part du donateur, lesquels témoignent de sa gratitude pour des 
biea&its reçus : il nous est rarement possible de les distinguer et 
nous ne pouvons même conjecturer en quel lieu il reçut les pre- 
miers rudiments d'une instruction qu'il devait pousser jusqu'à la 
liœoce en Fun et l'autre droit. 

L'on peut croire pourtant que, dès ses premiers ans, son éduca- 
tion fut au moins surveillée par ses deux oncles maternels Pierre 
et Géraud Casai, pour qui il fonde une messe d' « obit d à Saint- 
Étienne-des-G^ès^ Le premier surtout, qui était chanoine de 
Kotre-Dame dès i326^, qui en devint même pénitencier vingt 
sns plus tard et, à partir de 1 348, ayant résigné ses fonctions, dis- 
paraît des listes capitulaires, fut certainement son guide dans la 
carrière ecclésiastique; il s'occupa de son neveu dès l'enfance; 
œlui-d lui avait voué une reconnaissance particulière, et il résulte 
d'une lettre mentionnée dans l'inventaire de ses papiers^ qu'il 
avait fondé à Notre-Dame en même temps qu'une fête de saint 
Géraud, patron d^Auriilac, un service d'anniversaire pour le repos 
deTâme de Pierre Casai. La parenté mystique du baptême avait 
peut-être rendu plus étroits entre eux les liens du sang. Nous ne 
sa?0Q8 pas au juste quelle était la situation de la famille de Pierre 
Fonet. Elle était, semble-t-il, peu fortunée : le nombre de ses 
parents admis après sa mort dans son collège en serait une preuve; 
lui-même recommande à ses exécuteurs testamentaires de ne pas 

!• Pièce justificative n* i. Testament de Pierre Fortet. 

3* Arch. nat., LL 241 (registres de Sarasin), fol. i ▼% 8 v*, 17 r*. 

y Bibl. nat., ma. fr. 863o, fol. 12 r*. c Item littera fondacionis festi beati 
^rtldi in ecclesia Pariaiensi necnon et anniversarii domini Pétri Caaalia 
<iueiiicipitinsecundalinea: Acimua, et finit in penultima linea : ante featum 
^ti. Sic aignata. LXX. t 



ce que SCS uucfcs x^aaai avaicui cic |A/ut lui, auui pc 

d*un second finère*. 

Là se borne ce que nous savons et ce que nous poi 
de la naissance, de la Camille et de l'eniance de Pic 
Sur la date même de sa naissance, sur ses père et mi 
gnements nous font totalement défaut. Il est cepen< 
qu'il naquit vers i320, puisque le i*' juin i35i il 
un acte de vente comme acquéreur, ■ au prix de s 
parisis • , d*une maison située au Qos-Bruneau 
époque il était déjà « licencié en droit canon et civi 



1. Pierre Fortet avait été héritier de ses deux oncles. S 
Villecresnes lui venaient d'eux, comme en témoigne une m 
le compte de son c exécution testamentaire t. Bibl. nat. 
fol. 22 r* : c Et premièrement en la ville de Cranne, ou d 
les héritages qui s'ensuyvent, desquelx héritages s'ensuit la 
Fol. 22 V* : c Les héritages dessus dix contendoient et vou] 
maistre Pierre et maistre Girard Fortet à eulx appartenir < 
de maistre Girart Quesal. Après la mort duquel Quesal le* 
ayoit tenuz et possedex. t 

2. Arch. nat, M 126. c A toux ceux... Alexandre de Crevé 
la prevosté de Paris, salut. Savoir fiiisons que par-devant n 
jugement, en leurs propres personnes, religieux hommes et 
sieur Jehan, à présent moine et curé de Teglise Saincte-Gen( 
à Paris, Amiot de Bausmes, orfèvre et bourgoiz de Parii 
frère, exequteurs du testament ou derrenière volenté de feu 
Crispy de Besonçon, jadix ome de Teglise parrochiale de V 
cese de Rouan..., lesquiex exequteurs dessux nommez a 
devant nous que ou nom de ladicte exequcion et comme ei 
testament ils avoient, tenoient et possèdent une maison, si 
comporte en lonc, en le, en haut et en bax, assise à Pari 
Clnhnmftl. tenant d'une nart vers la me dea Novers. en i 



SUR LE O^JL^B DE FORTBT. IqS 

Cet acte nous prouve que dès i35i Pierre Fortet était établi à 
Paris. Il est donc à présumer qu'appelé de bonne heure par Pierre 
Ottal, le jeune clerc avait dû venir étudier à TUniversitéde Paris 
ift qu'il ne retourna jamais, — sinon pour de courts voyages, — 
dms son pays natal. 

Les gens du centre de la France étaient alors en grande faveur 
dans rÉglise. Pierre Fortet, bénéficiant en outre du patronage 
eflBcace d'un oncle chanoine de Notre-Dame, avait évidemment 
compté faire son chemin dans le grand centre intellectuel de la 
dirétienté, plutôt que de courir dans un diocèse éloigné les pré- 
,bendes de province. Il avait sagement calculé; car les prébendes 
krintaioes lui vinrent par surcroît. 

Du jour où il fut pourvu de sa double licence, sa carrière dut 
être rapide. A vrai dire, nous ne retrouvons aucune mention de 
900 nom entre i35i et i38i, mais il était sans doute, bien avant 
cette dernière date, titulaire de quelques-uns des bénéfices qu'il 
possédait à sa mort^ Les registres capitulaires ou plus exacte- 
ment une feuille de parchemin dont on avait recouvert un registre 
<les actes capitulaires de Tannée 1608, et que Sarasin utilisa^, nous 
apprend que Pierre Fortet était en i38i chanoine de Notre-Dame, 
li pouvait l'être depuis déjà plusieurs années puisque les registres 
du chapitre nous manquent de 1371 à i38i. 

S'il faut en croire M. Tabbé Chartier, qui, dans son ouvrage 
sur la maîtrise de Notre-Dame, s'est spécialement occupé des 
dianoines de Saint- Aignan, le titre de son canonicat aurait 
supposé chez Pierre Fortet une certaine culture musicale'. 
La thèse d^un canonicat musical de Saint-Aignan parait sou- 

^non et civil..., pour le prix et la somme de six vinz livres parisis que 
yceux exequteurs ou nom exequtoire dessuzdit avoient eues et receues dudit 
^hateur en dix-huiz deniers d'or à Tescu du coin du Roy... En tesmoing 
de ce nous avons mis en ces lettres le seel de la prevosté de Paris Tan de 
SNce mil CGC et cinquante et un, le merqredi premier jour du mois 
de jtting... f Original. Sceau disparu. 

!• Tout au moins fut-il de bonne heure, — vers i345, — chapelain c de 
^ chapelle de la Trinité, fondée en Téglise de Saint-Cosme et Saint-Damien, 
^ U ville de Luzarches », puisqu'il est dit au c compte du résidu de l'exé- 
^tion 1 testamentaire (Bibl. nat., ms. h. 863o, fol. 64 r*) qu'il en c fut 
^pellain l ans ou environ 1. 

3* Arch. nat., LL X4.i, fol. 54 v*. 

3. Abbé Chartier, l'Ancien chapitre de Notre-Dame de Paris et sa mai- 
^ûe. Paris, 1897, p. i83 et suiv. c Les chanoines de Saint- Aignan repré- 
wtm, zxziii i3 



194 ÉTUDE HISTORIQUE 

tenable pour les titulaires qui ont suivi; mais, en ce q 

Pierre Fortet, il ne semble pas s*étre adonné à ai 

rinventaire de ses meubles ne révèle dans sa mais( 

instrument de musique. — Quoi qu'il en soit, en q 

titulaire de sa demi-prébende, il devait mener une exisi 

dépourvue de charme. 11 habitait dans le cloître de No 

une maison proche de la chapelle dont son canonicat 

titre et qu'il desservait, de deux en deux semaines, en 

avec son confrère, le second chanoine de Saint-Aign< 

maison était probablement celle d'Etienne de Garlande 

lier de France (f ii5o), qui avait doté les deux demi-pi 

Tout au moins devait-elle occuper l'emplacement de cet 

ancienne, que les deux chanoines, aux termes de la fc 

devaient habiter à la fois*. Nous ne savons si au temps 

Fortet les deux chanoines de Saint-Aignan vivaient en( 

^^1 le même toit, mais il est certain que sa maison clausti 

^1 portion de maison qu'il habitait était fort vaste et que s 

1^! tements étaient tout à fait indépendants des logements v< 

^ Cet « hostel > ne comprenait pas moins de dix piè 

^ compter les caves ei les greniers. Il se composait d'un rez-c 

^ sée et d'un étage; à la construction principale attenait ui 



-^ sentent dans Téglise de Paris Télément artistique et musical... a 

'..J Ctiartier convient toutefois que, pour Pierre Fortet, c rien n'ind 

■ Z^ eut quelque attribution à la maîtrise... t. 

I. Sur les canonicats de Saint-Aignan, consulter, outre M. Ta 
.7 lier, abbé Lebeuf, Histoire de Paris et de tout le diocèse^ éd. 

î t. I. p. 71 et 27 : c Etienne de Garlande, chancelier de France et s 

"• de Paris, avait obtenu de révoque Girbert que sa prébende caa 

divisée en deux et que les deux prêtres qui seroient titulaires de 
demies prébendes acquitteroient le service dans cette chapelle, 
bûtie proche les maisons à lui appartenantes (actuellement 26, ru 
nesse), dont on dit que Tune s'appeloii c domus ad duas auias n 
« domus ad turrim i ; que la nomination de ces deux bénéfices 
droit au chapitre et que les deux titulaires ayant place au chœur < 
chapitre desserviroient alternativement par semaine Péglise cati 
celle de Saint-Aignan... Ces deux chanoines de Notre-Dame fu 
dotés par lui de deux clos de vigne situés au bas de la montagi 
Geneviève et d*un troisième situé à Viiry. Le nécrologe de l'églis 
ajoute que cet établissement qui alloit à Taugmentation du ser 
avoit été fait du consentement de divers évêques et de tout le cl 
même qu*il avoit été statué que ces deux chanoines partageroient 
la maison du fondateur sur l'emplacement des maisons de Saint-. 
Voy. Chartier, ou¥r. cit., p. 9, le plan du cloître. 



SUR LE COLLèOB DE FORTBT. igS 

ntée d'une chambre habitée. Au rez-de-chaussée était une 
le grand cabinet, — c Fétude^ », — meublé de pupitres, de 
s, de « roes » et de grands coffres servant d'armoires. C'était 
e travaillaient pour leur maître et pour eux-mêmes Perri- 
, le clerc du chanoine, et Pierre Regnauit, son chapelain, en 
pagnie sans doute de Girard Fortet, le neveu du maître de la 
son. Dans cette étude devaient figurer, contre les murs et 
is grillages, une grande partie des livres qui composaient la 
ignifique bibliothèque de Pierre Fortet. Au rez-de-chaussée 
trouvaient encore la cuisine^ la dépense, le lardier et tout auprès 
i cellier et la grande salle où Ton prenait les repas' : ici était 
iressée la table autour de laquelle couraient des bancs. Une chaire, 
l'où Ton faisait la lecture pendant le repas, lorsque le maître l'or- 
donnait, faisait face à la table; une aiguière d'argent, dans un 
btisia, posée sur un guéridon, mettait dans la pièce une note de 
somptuosité domestique. Ces pièces communiquaient entre elles 
pu des corridors spacieux, qu'encombraient quelquefois les bar- 
riques vides expulsées des caves**. A l'étage supérieur une pre- 
mière chambre correspondait à Pétude du rez-de-chaussée : elle 
était habitée par Margot des Plantes', qui parait avoir été la cui- 
sinière de la maison; la chambre habitée par le chanoine corres- 
pondait sans doute à la c salle » ; une troisième chambre était 
*crvée au clerc, une quatrième à Maître Girard Fortet; unecin- 
9^nie, que nous avons déjà mentionnée, était construite au-des- 
sus de l'écurie : c'était probablement le domaine d'Endelot, la 
* chamberière* ». Sous le toit, deux greniers servaient de chambre 
^ débarras et sous la maison les caves contenaient des vins de 
^ qui furent estimés à la somme, considérable pour le temps, 
de cloquante livres seize sous lors de la mort du propriétaire^. 

Toute la maison était meublée de huches, de dressoirs, de coffres 
grands et petits oii le chanoine empilait des échantillons de toutes 
les monnaies européennes, de riches vêtements, des étoffes pré- 
yeuses et mille objets disparates, qu'ils ne suffisaient pas à conte- 

I. Bibl. nat., ms. Ir. 863o, fol. 19 r*. 
s. Ibidem, fol. 3o r et 3i f. 
3. Ibidem, fol. ai r. 
4- Ibidem, fol. ai ▼*. 

5. Ibidem, fol. ao r*. 

6. Ibidem, fol. ai r». 
7* Ibidem, fol. ai ▼*. 



iq6 étude historique 

nir^ Le brave homme avait la manie d'entasser. Trois c vieUei 
selles à chevauchier » étaient suspendues dans le réduit où Foo 
conservait les viandes. Les banaps « d'argent doré et de madré i, 
les « cbayennes d^argent », les « courroyes de cuir à clos cTar- 
gent », les « feurgonières d'argent », les bourses à boutons d^ 
gent, les tasses d'argent, les cuillères d^argent, les < cousteaaixà 
manche d^y voire ou de jaspe » frayaient sous les couvercles de 
chêne avec les « vielles espars », les fourrures et les soieries. 

Cette demeure bien fournie était assez vivante. Outre Ginid 
Fortet, le clerc et le chapelain, nous avons vu qu'il y habi* 
tait deux servantes; nous ne savons si elles avaient atteint Tige 
canonique : mais elles n^avaient peut-être pas passé l'âge de a» 
voir de menus cadeaux; car nous voulons croire que le bon du- 
noine ne gardait qu'en vue d^une délicate attention à leur adresse 
les trois ceintures de femme c de tyssu de soye rouge et vermeil, 
ferrées d^argent esmaillé, à boucle et à mourdant », que l'on trouva 
dans un des coffres de l'étude lorsqu'il trépassa. Un troisième 
domestique logeait sans doute dans la maison : c'était Thiébaolt 
Gonart, qui servait à table, soignait les vins et peut-être gouver- 
nait récurie*. 

Pierre Fortet ne semble pas, cependant, s'être complètemci^* 
abandonné aux délices d'une existence aimablement pieuse et pl^^ 
que confortable. Au chapitre de Paris il paraît avoir tenu tt^^ 
place éminente. Il était surtout apprécié comme juriste et nous ^ 
voyons mêlé en i385 et en 1894 aux affaires de TUniversif^^ 
Peut-être, — et cette hypothèse contribuerait à expliquer la fa-^ 
tune vraiment considérable qu'il avait amassée, — avait-il tiC^ 
parti, avant de devenir chanoine titulaire d'une demi-prébend-* 
de Saint-Aignan, de ses connaissances en droit romain et surtoui 
en droit canon '. 

Le 4 avril i385, l'Universiié le choisit pour l'un de ses pro- 
cureurs dans son procès contre Jean Blanchart, chancelier de 



1. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 19 r-22 v, passim, 

2. Ibidem, fol. 3i V. « Item à Alisson, femme de Thiebault Gonart, qui 
servi en la maison dudict defifunct et depuis la mort d'icclui avoit vendu le 
vin estant en l'osiel. xxxvi s. 1 

3. La science du droit canon était considérée comme très lucrative. Voy. 
Ch. Thurot, De l'organisation de renseignement dans l'Université de Paris 
au moyen âge^ thèse. Paris, i83o, p. 169. 



SUR LB COLL^GB DE FORTBT. I97 

PigUse de Paris*. Le i5 avril de la même année, il figure encore, 

— le seul licencié parmi des doaeurs, — au nombre des délégués 

de l'Université qui vont, en vertu de lettres apostoliques, saisir le 

cardinal de Laon du différend qui mettait aux prises le chancelier 

fX l'Université^. Le 17 mai, lorsque les parties comparaissent 

devant le cardinal, Pierre Fortet est désigné comme le premier 

avocat de l'Université*. 

En 1394, le 25 février, moins de deux mois avant sa mort^ son 
nom figure immédiatement après celui du procureur de la nation 
de France panni ceux des maîtres réunis afin de mettre un terme 
an grand schisme^ 

Comme on le voit, Pierre Fortet était un homme important. 
Une solide connaissance du droit avait dû fonder sa réputation : 
il était bien placé pour qu'à la réputation s'ajoutât la fortune. Il 
Qoas dit, dans son testament, de quels bénéfices il jouissait, de 
quelles charges ecclésiastiques il avait été investi, et nous remar- 
quons qu'il avait su ne pas se séparer tout à fait de son pays d'ori- 
gine. 11 était en effet en 1 39 1 archidiacre de Cusset dans le diocèse 
de Qermont, dont le diocèse de Saint- Flour était un démembre- 
ment'. A Paris même, il était chapelain de l'autel de Saint-Étienne 

i.Denifle et Châtelain, Chartularium Universitatis ParisiensiSy U III, 
p. 343-344, pièce n* 1507. 

2. Ibidem, t. III, p. 345, pièce n* i5o8. 

3. Ibidem, t. III, p. 348, pièce n* iSoç. — Sur les démêlés de TUniversité 

^ du chancelier Blanchart, voy. J.-B.-L. Crevier, Histoire de P Université 

^^ Paris depuis son origine jusqu'à Pan 1600. Paris, 1761, t. III. La 

^UereJIe arait commencé en i38i. Blanchart (ou Blankaert) prétendait fixer 

^^ul le rang des licenciés en vue de la promotion au doctorat; il y avait 

^ussi une question d'argent : le chancelier percevait des candidats à la 

^cence des sommes que TUniversité jugeait alors abusives. Il y eut une 

Si'ande assemblée de TUniversité le 7 juillet x385. L'affaire fut portée 

^e^nt le pape et le Parlement. Le cardinal de Laon était légat du pape. On 

ignore l'issue de ce doable procès, mais les chanceliers ont continué à avoir 

^c droit de recevoir une petite somme de chaque bachelier promu à la 

licence. 

4« Denifle et Châtelain, Chartularium Universitatis Parisiensis, t. III, 
p. 604^6, pièce n» 1679. 

^- Bruel, les Pouillés des diocèses de Clermont et de Saint-Flour du XIV* 
f « XVUl* siècle. T. IV des Mélanges historiques (collection des Documents 
*°^dit8), p. 6. C'est en i3i7 que Jean XXII enleva 293 paroisses au diocèse de 
^^ont pour en 6aire le diocèse de Saint-Flour. L'ancien diocèse de Clermont 
^tait divisé en sept archidiaconés,qui furent conservés après le démembrement. 
^ archidiacres du diocèse de Clermont n'avaient conservé, dès le début 






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SUR LB COLLÈGE DE FORTET. I99 

•'* iMeront autour du catafklque; chaque chanoine touchera huit 

^-jbai parisis, — car il ne siérait point d^oublier de pourvoir aux 

'^^^-^t&ôîbutions 9 que ces cérémonies occasionnent, — chaque béné- 

feier faisant partie du chœur touchera quatre sous; les autres 

^^==^ MistaQts ecclésiastiques deux sous huit deniers. Le chanoine 

- ^ noommande ensuite à ses exécuteurs testamentaires de payer ses 
^ dettes s'il en a et de réparer les torts qu'il a pu commettre. 

-^ Puis commence la série des legs : suivant Tusage, ils sont faits 
=^- k plas souvent à la charge d'une messe ou d'un obit, surtout si 
^^==^ k légataire est un couvent ou une église. Le prudent chanoine, 
"^^ en coQtribuant ainsi à l'enrichissement de beaucoup d'œuvres 

— P«a, assure du même coup le rachat d'une âme compromise par 
Itt délices d'une vie trop facile. Mais le souci de son salut et Taf- 

' ^ioQ qu^il porte aux communautés religieuses ne lui fait pas 
oublier sa famille. Tous les biens qu'il possède à Aurillac et en 
Auvergne lui reviendront. En outre, il fait des legs particuliers 
^ faveur de Marine et Jaquelote Doisse, ses cousines; de ses 
*^Vçux, M* Pierre Fortet, auquel il réserve ses manuscrits de 
^ix civil, et M* Girard Fortet, auquel il réserve ses manuscrits 
^ droit canon; de Guillaume de Gros, fils de sa sœur Cécile; 
^ Alimende et de Cécile, ses nièces, filles de feu Jehan Fortet, son 
fr*ie. 

Pierre Fortet répartit ainsi en legs divers une somme considé- 
^ble qu'il faut évaluer à trois ou quatre cents francs de la mon- 
naie du temps. Mais il avait donné à la plus grande partie de sa 
fortune une destination particulière. C'était à une fondation utile 
et durable qu'il voulait consacrer les écus amassés dans ses coffres, 
les maisons qu'il avait achetées dans Paris, les vignes et les prés 
qu'il possédait dans les plaines et sur les coteaux des environs. 
Il avait rêvé d'une institution qui réalisait tous les vœux de son 
âme simple et bienveillante. Paris lui offrait de nombreux modèles 
de ces asiles où les jeunes clercs besogneux poursuivaient leurs 
études avec sécurité. Leurs fondateurs avaient en général inséré 
dans l'acte de fondation des clauses qui favorisaient leurs familles 
et leurs diocèses d'origine, et leurs noms vénérés^ comme ceux de 
glorieux bienfaiteurs, passaient à la postérité de génération en 
génération. Le bon chanoine, qui avait peut-être envié, en quelques 
heures de sa jeunesse, les collégiens astreints à une régularité pro- 
tectrice et sûrs, chaque matin et chaque soir, du repas réparateur. 



200 ÉTUDE HISTORIQUE 

considéra comme très souhaitable d'atteindre au triple résalur 
auquel ces institutions aboutissaient; sans doute, il se complut 4 
ridée qu'il sauverait son nom de l'oubli en Êicilitant Tciistaicc 
d'étudiants pauvres et en ouvrant aux indigents de son lignagcet 
de son pays l'accès de la carrière ecclésiastique et universitaire. 

Cette fondation occupe cinq longs articles de son testament Soa 
collège est destiné à recevoir huit étudiants, dont quatre appam- 
nant à sa famille ou tout au moins en&nts d'Aurillac ou du dio- 
cèse de Saint-Flour; les quatre autres doivent être parisient 
Pierre Fortet concilie ainsi son amour et sa reconnaissance poor 
sa patrie d'origine et pour sa patrie d'adoption. Ces écolicn étu- 
dieront, sous un maître, prêtre et boursier comme eux, dans h 
Faculté des arts; maîtres es arts au bout d'un délai maximum de 
cinq ans d'études, ils peuvent demeurer au collège encore huitoo 
dix ans pour étudier en théologie ou en décret jusqu'à la licence'. 

A la fin de l'acte, Pierre Fortet désigne ses exécutcun testa- 
mentaires; ce sont Laurent de La Mongerie* et Jean Chante- 
prime*, chanoines de Notre-Dame, Denis de Courson, vicaire de 
l'église de Paris, Guillaume Langlois et Guillaume Doisse, mtA 
de la cousine du testateur; M* Pierre Fortet, le neveu, cstcharp 
de l'exécution des volontés de son oncle en ce qui touche les biens 
que celui-ci possède e.n Auvergne*. Les témoins sont un chape- 
lain de Notre-Dame, Jean de Chabannes, et un clerc orléanai* 
Jean Bigays. 

Le chanoine ayant ainsi mis ordre à ses affaires attendit p^^* 
blement la fin de ses jours. 11 faut croire que son corps, qu'il P 
lend « quelque peu infirme », était encore assez valide, ca^ 



1. La condition de pauvreté n*est formellement imposée qu'aux boursJ 
de Paris dans le testament. Les statuts de i3g6 (Pièce justificative n' 
art. 9) ont, sur ce point, peut-être un peu c forcé i l'intention du fî 
dateur. 

2. Laurent de La Mongerie, chanoine en i38i (Arch. nat., LL 2. 
fol. 54 v«), prêtre en iSgS (Ibidem, LL241, fol. 65 ▼•). 

3. Jean Chanteprime, chanoine en i38i (Ibidem, LL 241, fol. 34 \ 
sous-diacre (Ibidem, LL241, fol. 65 r*. c Tabula turni 1). 

4. Pierre Fortet, le neveu, était investi dans le diocèse de Saint-Flour 
fonctions inconnues. Délibération capitulaire du 20 mai 1394 : c Pla 
Dominis quod M*" Bertrandus de Tiherno, canonicus parisiensis sit al 
commissariorum super executione testamenti dicti defoncti una cum J. Chi 
teprime et Jo. de Socco canonicis parisiensibus necnon P. Forteti ncp< 



SUR LE COtLteB DB POKTBT. SOI 

mort ne vint pas vite, et nous ne voyons pas que Pierre Fortet 
ùtmené après 1 391 la vie oisive d'un impotent. Le 6 août iSga, 
Q^isite avec des coliques l'église du Saint-Sépulcre ^ Nous savons 
que iusqu^en 1894 il resta mêlé à toutes les afiaires qui intéres- 
lûent l'Église et l'Université. Le i5 avril 1394, son nom est 
CDoore inscrit parmi ceux des chanoines présents au chapitre^; sa 
dernière maladie fut courte : il mourait en effet huit jours après, 
le jeadi 23 avriP. Le lendemain, une délibération capitulaire 
fixait au dimanche et au lundi suivant son service funèbre^. 

Le Chapitre lui fit de belles funérailles, qui furent, comme de 
coutume, à la charge de la succession du mort. Elles coûtèrent, en 
comptant le prix des offices religieux, la somme assez ronde de 
deux cent quatre-vingt-quatre livres dix-sept sous cinq deniers 
parisis'. Il est vrai qu'on avait bien foit les choses et qu'à l'égard 

dicti defuncti si poterit obtinere a D* oincellario Francie de focieodo deser- 
îire suo officio in Alvergnia 9 (Arcb. nat., LL 263, fol. i v*]. Il est cité le 
3i juillet x387 dans le Rotulus Universitatis Parisiensis, Oenifle et Chate- 
Iftio, Chartularium, t. III, p. 464 : c Petro Forteti Juniori Cler. Sancti 
^ dioc mag. in art. et licenciato in decr. » 

I- Arch. nat., LL loS^, p. 17. Sur cette église, qui dépendait du chapitre 
de Notr&-Dame, Toy. Lebeuf, nouv. édit., t. II, p. 206 et 233-234. 

2. Arch. nat., LL 108^, p. 200 (fol. loi v*). 

3. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 3o r*. c Cy après s'ensuit la despense 
de plusieurs mises, dons et despens fiaiis en Tostel dudit tesuteur par maistre 
^«Tc et maistre Gerart, nepveux dudit deffunct, de Perrinet, son clerc, 
et de la chamberière. Et est à savoir que les dessus dis demourérent en Pos- 
^ dudit deffîinct ou doistre de Paris depuis le jour de son trespas, qui 
^ le xuii* jour d'avril M. CGC IIII». XIIII jusquea au jour..., jour de... » 
^ous nous en tenons à cette date, qui s'accorde avec les autres dates four- 
Qies par les registres capitulaires. La date du 26 avril, donnée par le même 
^^* (Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 42 r*), est forcément inexacte (voy. note 
suivante). Gette partie du ms. fr. 863o n*a du reste pas été écrite avant 
'412. Une erreur de trois jours s'explique à dix-huit ans de distance. — 

^ obituaire de Notre-Dame du xiii* siècle, mais qui a servi à des inscrip- 

^^ft nouvelles jusqu'au xvi* siècle, porte la mention de la mort de P. Fortet, 

^ ^'s sans indication précise de date : c 11 non. junii... Item de domibus 

^'^^i Aniani que fuerunt Pétri Forteti et Gregorii de Molendino, xxx solidi, 

^j/J^icularii layci xii denarios • (Benj. Guérard, Cartulaire de Véglise Notre- 

^^*^e de Paris, t. IV, p. 72; Aug. Molinier, les Obituaires de la province 

•^ejM, p. 134. — Collection des cartulaires de France), 
^ç\ATcïi, nat., LL xoS^, p. 201. c Placet dominis quod serricium magîs- 

^^. Forteti fiât die dominica et die lune 9 (24 avril 1394). 
^ :* Cest le total porté au fol. 28 v* du ms. fr. 863o de la Bibliothèque 
^^cjnale. 



209 trUDE HISTOUQUS 

des c distributions i prescrites dans le testament on i 
mieux que d'obéir aux volontés du défunte Pendai 
jours c et avant que le corps fut pourté en terre >, d 
furent célébrées « en Tostel où il demouroit i. Puis Teni 
déroula son cortège de la maison claustrale à l'église. £ 
sergents et des crieurs, qui crièrent « aval la ville et en T 
obsèques » du défunt, précédaient le convoi, suivis par 1 
de r Hôtel-Dieu et de leur prieure qui avaient veillé 
Torches au poing, des valets vêtus de cônes noires entoi 
bière garnie de « cendal noir » et ornée de huit écussor 
c draps d'or i étaient portés devant et derrière le cercue 
membres du Chapitre. A Notre-Dame, la chapelle de Sait 
avait été tendue de drap noir; le maître-autel était illuor 
sous-chantre lui-même, — « dominus succentor », — 
ainsi qu'à la chapelle de la confrérie de Saint-Augustin. C 
et cet ensevelissement furent l'occasion de treize messes 
dans l'église de Paris, lesquelles, selon le tarif courac 
évaluées ensemble à vingt-six sous. Il se brûla pendant 
obsèques quarante livres de cire et une certaine quantité 
Enfin, quand le soir fut tombé, des agapes funéraires r 
les assistants. La pitance et l'éclairage ne revinrent pas à 
soixante-sept francs neuf sous huit deniers, sans comj 
V c addition » le « verjus •, la c saulse », le « vin de Pc 
et le vin bianc^. Ce régal, gratuit pour les convives, n 
cher pour leur hôte trépassé, leur laissa sans doute de i 
souvenirs pour qu'ils eussent songé à insulter à l'usa, 
s'assemblant pas à nouveau devant une table, l'an ré 
avaient, du reste, — du moins les principaux d^entre c 
parler d'affaires, et la succession d'un opulent chanoine, f 
par surcroît, obligeait à quelques entrevues. C'est pourq 
rencontrons les anciens familiers de Pierre Fortet, la ve 
Saint-Marc, l'an iSgS, dans V « ostel » de messire Bei 
Cherne, qui voulut leur donner l'occasion de s'entreteni 
tus déjà lointaines du défunt, mais se garda de payer la 

1. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 28 r. c S'ensuit la despense 
cxecucion faite sur la rente dessusdicte. 9 

2. Ibidem, fol. 38 r*. 

3. Ibidem, fol. 3o r. 



tr- ' 



Car- 



SUR LB OOIxiGB DB FORTBT. 203 

CHAPITRE II. 

Le règlement de la succession. 

ÎScrre Fortet était donc mort et on l'avait mené en terre. On 
mit célébré des messes pour le repos de son âme ; il restait à s'oc- 
cuper des intérêts terrestres que sa mort laissait en souffrance et à 
procéder^ dans la mesure du possible, à l'exécution de ses volontés. 
Tout d'abord, il feUait savoir au juste de quoi se composait sa 
«soccession », et comme le défunt avait été riche en numéraire et 
Cfl meubles de toutes sortes, la confection d'un inventaire s'impo- 
sait. Aussi, dès le 23 avril 1394, le jour même du décès, Jean 
Chanteprime et Laurent de La Mongerie, que Pierre Fortet avait 
désignés pour veiller à la répartition de ses biens, se mettaient 
& la recherche des cachettes oti le chanoine gardait son trésor. 

C'est alors seulement qu'on eut une exacte idée de sa richesse. 

En efict, dès le premier jour^, les confrères du mort trouvèrent 

dans un pupitre de « l'étude » toute une coUeaion de « blans de 

^^h et de quatre deniers », d'écus d'or à la couronne et au cheval, 

de moutons d*or, de florins d'Angleterre, de Flandre et de Hai- 

'ï^ut, d'écus de Flandre et de Brabant, amoncelés ou enfermés 

^^^^os des sacs ou dans des bourses de velours, le tout valant plus 

^^ huit cents francs*. 

Mais bientôt l'inventaire fut continué par d'autres soins. Il 

^^mble que la mission de l'établir eût dû incomber aux seuls 

^^écuteurs testamentaires. Cependant, comme le défunt était cha- 

'^^ine et comme il avait habité dans une maison qui appartenait 

^^ Chapitre, le Chapitre crut de son droit et peut-être de son devoir 

^^ s'en mêler. Aussi fut-il décidé, le 29 avril', au cours d'une 

^^Hbération capitulaire, que le chapitre ferait dresser l'invenuire 

« ^^ biens du chanoine Fortet. Tout au plus se serait-on attendu 

^^oir un commissaire, délégué par la compagnie, surveiller les 

^^^ations des exécuteurs testamentaires. Mais peut-être la déli- 

^ . Bîbl. nat., ms. fr. SôSo, fol. 4 r*. 
^ '^. Cest le total que l'on trouve en additionnant les chiffres donnés au 
^^. i3 ▼* du ms. fr. 863o. Le total n'est pas fait au bas de la page. Pour 
^^ir la valeur exacte du franc à cette époque par rapport à la livre pari* 
^ ^, voy. p. 2o5, note 3, etc. 
3. Arch. nat., LL 262, fol. i r. 



■c» "n- m. !.. v^rri 3i-<ile srae i JînaBJiKaa loèflie de Itt* 
& ^ m -^SLU^ir lur ai;>.:i cn5 lue ^ -— g=»^^^»>^^ kor amas* 



3s ;' -g :iL .=ir:=^ a ai Auieig 1 rssdsser ces fancdov^ 
Ti-hj-.^ -ar X si:=: Il Mgnigu ii3iiis jEUuiepKtaaRglanHB 
& X ïa=2âi»ni -sczincL 1 ^ nus ^rscszûe ^a eSaiês mdte 
^■r â Tyrr;-rgr-!'::sg ^' in& zrsnoK -a^rr jb lazzs ie PientFor- 
«£ j>-a,i-L>;^: r;^ ~ .à.rrmtr «ue snis je ^.ulj&l de, raazarittdo 
^irrr^ -I ^ '^rr ri^sze bise l'ie Jt ■i'^'fa'^M » d'an collège 
r-=»rr;^ ^ar £: c^fur: a: nynra i nus jss .•niinm'aes k dàir de 
-crr £. Z^ur r^ nirr^::iir as £ lesiir ans '.es x£ures de U soc* 
.^Ai;.-^. un .us: tz i&5»jns ^ mixxxmâc ite la oimpagnie sar 
jat ::5c:sn J"-r .s::!: iLe ^ourrnir zrîr js rî^i jraad pcam ci 
^u.a-i -KTui . =ïi2fe 3B di-jçr mca, rxiocan ixidirida^ 
'u:-: *- - ^ =«'••- * Hiauni^ s Hrcuioiit ior des pctcédenc 



^^.^ss. T!. - « su _=u^ 4 >4f 1. ifi Mm^ne. I> G. Aasfici 

^ >vn^9cu» j£ .—r^v'-K •*^— ■■^^^^ TToiiiBi a zkbzdsxip M* P. Forteif 
^f .-M;.:* jsfrorx;'!.^. T=r,r: .r*!* es nui. -^ir'irmn ssaosexti ipsoB JcAma 
>L-m*^-,Tsr Jt ^aair- .» .>iir.e:r-=t • ?c=jreiŒ lac A reooadacioa de 
i"«L. :4«.i2a« "--a» • se -i> rrrrrrr-^r-TCL îUe rar ,:■■ ■ g.iir ceçcniaBt ta 
.--., -^ • .'-îi -"i "Ti >-.— ^ï znrrcctrrrrrr rrtirniii ii2» jslîe de SCS 
•.-V 1^ - - ■ ■•«= ■ -■ i ^""- ~ -^ -— " as .'"Tsa-rs- _ aftt soc. aux tasses 

^ - ^. .5 j^.-^.v-TJ sscm^i'x."^» ranit it::c" été pré- 

.^ -^ -.. . . • V -= £ i --: ^--î* ^fc- ^ -î=.irï r^issirlcs les 

.^^ -^ ..^^ « ^._ ^ -...- -i,- . r:ri~.=^ 4 'sŒ-i -M rr::*K. — Cette 

^ . ^,-. • - — . . .-.^ .'--.ïc^ •:ar .i t::":;iî az r^t cc^rLice. Il 

,. ^ ^ ^.■- *î i "'tr:.-'^. i-: a r^rsc.^jc Je *ci aeveu. qui 

.^r.., V ■ î«i- ■:-. -- ^v.-=. - : =-■ - xc=k:3; Tcicstier» iétre 

>B^ - .. .• - -«^-r . --■— - - X" -s "iiiCi-cc agiT^^aire de 

^^. ^ . ^ .. . ^- ' f .T— ^u .- rcirrrir se libcBd loiao 

V .^ -^^v- -v.-v . •?. -■. -^ i. > ;-.=..:> isxaa:r:r\3 es coaiminariis 

>w -?. • .V > o. V*.. -.14 si-3s le .s. zÂ'.^KnZ'Z^ iu 3 nui: 
_ v, .-5» . .V . .'.••. . Cl- %..= -i--.-=i .-. ratîî: exe=plo exe- 

-. -^ . . i.-..-. .. .: -,v-.: -. >.- xîTiiO -c ir.'SB» —jcrria M Yiherii de 
s**.v-k*.*. ,- î * * -^1 -^iv. -^^ --: --^"M» -ï--«n=oa* 2:=^ iicîi defuncti 

,. ,. .-.•*.> ,\,v. t> .s.- '^ .-..'• ;-* ixaci-r r«r rs= ^daiionem 

,\v.v- ^.s - ' X . ^ - îî ^ u- * :: • i.^.■r•.^--:3 k: i---* isscici: .levoluta îaquit 



SUR LB COLLÈGE DE FORTET. 205 

ç- que les exécuteurs désignés trouvaient trop lourde. Il prit leur 
|> place. 

f L'inventaire commencé fut donc continué par les chanoines 
qoe la compagnie délégua. Elle nomma le 1 1 mai à cet effet Jean 
f': Chantcprime, le chambrier Pierre Robert et Bertrand de Cherne, 
^ et, à titre supplémentaire, Philibert de Saulx, que devait rempla- 
h ^ cer Jeaa du Soc*. Dès le 27 avril, le chambrier clerc, Jean Chan- 
r teprime, Bertrand de Cherne, Jean du Soc et Laurent de La Mon- 
? gcric avaient ouvert la huche que Pierre Fortet avait jadis déposée 
Jr dans le trésor de Notre-Dame^. Elle contenait environ cinq mille 
I dnq cents francs', plus quatre cent neuf florins et ducats et six 
cent dix-sept moutons d'or, dont on ne fit pas recette dans Tin- 
Ternaire et qui furent gardés en réserve^. 

Le 12 mai'j Ton continua dans la maison du chanoine la tour- 
née commencée le 23 avril. Assistés d'Olivier de Lempire, de 
Robert Lescuier et de Nicolas Le Sourd, libraires jurés de l'Uni- 
versité, Pierre Robert, Bertrand de Cherne et Philibert de Saulx 
visitèrent la bibliothèque. Elle comprenait des manuscrits divers, 
--surtout des ouvrages de droit civil et canon, de liturgie ou des 
panies de livres saints, — pour la somme de quatre cent trente 
•ivres six sous*. Pierre Fortet, homme intelligent et cultivé, avait 
donc su quelquefois mieux faire que de gonfler ses bourses de 
veloQrs et ses sacs de cuir. 11 s'était procuré la plupart des œuvres 
juridiques ou religieuses qui jouissaient en son temps de quelque 
^9gue; il avait formé une bibliothèque spéciale de la plus haute 

'• Arch. nat., Sarasin, LL 262, fol. i ▼«. 
^' Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 14 r*. 

7* Voici les totaux fournis au fol. 14 v* (ibidem). (Il faut soustraire de ces 
^^^Qres les 800 francs dont nous parlons plus haut si Ton veut connaître la 
*®^ine exacte que Pierre Fortet faisait garder au trésor de Notre-Dame.) 
' ^Umme des pièces d'or diverses trouvas oudit trésor cxi pièces, desquelles 
^ exécuteurs ont retenu v pièces. Ainsi restent cvx pièces, lesquelles pièces, 
^%luées par changeurs comme cy-dessus est contenu, valent vi^* xvi frans 
*^ s. pariais. Summe toute de l'argent trouvé tant en Thostel du cloistre 
. ^^me du trésor tant en frans, escus, moutons et autres diverses monoyes 
^^%us decfarées vm ii*' lxxvi frans un s. viix d..., lesdiz vm 11® lxxvi frans 
^uez a livres valent vu xxi 1. viii d. 9 
<^. Ibidem, fol. 14 v*. 
^. Ibidem, fol. 4 v* et 5 r*. 

6, Ibidem, fol. i5 r» et 18 v*. Voy. dans Franklin, les Anciennes hihlio» 
^^ques de Paris^ t. II, p. 229-232, la liste des livres conservés au collège 
^^ Fortet. 



ae faibUochèqne fiit 

t .3* K tfi" .r s B. ks lirres afK 

ptgTT ^K nrg-'i. Un ecdésiu- 

on dupitrtde 

.3. f XZZ « JtiWTlTTlTiir^ ÛTZS b. S c'CSt SOI 

iâanoo a d*his- 
Von^inefigonit 

3, ..rur e> ^ «£ ^^izuszns. Vius «153» J3Ki àji cnalogoe 
^riL^EK ,m — »^ £ rrrcng^ a. t^s&iziaei a seize livres, • k 
rsr. TiT"*»- ^;=- ^x^^TTï ;^ 3i âr ^ ": iTiair TPxrfcV i.amimcn^ni 

^u^iis zizs uses indiqnenient 

.=si£x^.:x. *=! Tse;j--ers zartscL 01 TTy-T-^^y a qa'il s*inté- 

, i. Tr^-^^:--^?;. rig^TT Jt 3s -ixrTfr ae ooostitue une 

ac^ .dr rrrrrirpr, ea nombresi 




^^ *%£r^ ^^.■ij'. ' =; s m: ^ o^sic J jz7^szzi:r«. des meubles^ 

*^ ^-rsr. .&C zt& « ^ TSiEjgr A Tras 2sc aessz linxs sqx sou 
,3Si:- jèe::îï?-- ^-a* .-.ra^icizs 3e Iji'^sjsix^ se «erziisèresi k 
, ^ : m i. -:.'-r.SLrT-r*i i: m ^>^ii:^u: as js L^a s p&piendi^cn 
rr^:.'^:^' ^s^>- i. rus^u 1 m se ii>eiaa x inecrc ea Tenu ks 
: ^-^a^ JL ii TTiiiiriia^ r^ z i^enr nn.iE rsserrs poor qudqo» 

>.-. f^" , , -^ ,V^-r^. ^: C^a_: itrr- :r»i i-: ?jerr« Forte* 

i:i Fars ^ 



. -r^ -'•;^-^ ro-^ rossi::iL-.- ^3: TLiiâC z îias U t^ 



: : r t-. - >• -- v i* - ic »- "-rur es ç^ sic ^ la aaicir 

:is z:.:^ zx^rii.- i: : .> .^ .: jas^^ ; -Ti ::*rrc r.:» rrécse. — Sur U 
roi 2iii::-»*-.v ?;• .^-rn-i ^ «- ^rr ~a-» es ks cjrjrûcf. p. iSi 
IUi£ f;:.:^:ic^ <i^ rsfo: »ic.^r; sr nv:» 1 j:n:ir^ ^£ ji n£ Mocuc. -~ Sur b 



SUR LE GOLLiGB DE FORTBT. 2O7 

aint-Viaor, d'un rapport annuel de douze livres, une autre rue 
u Clos-Bruneau, d'un rapport annuel de vingt livres, une autre 
: en la grant rue Saint- Jacques », louée dix livres dix sous par 
in, uae quatrième dans la rue des Q>rdiers, louée à Tabbé de 
Saiat-Germer, une cinquième au coin de la rue des Cordiers et de 
la rue Saint-Jacques. 

Hors de Paris, il avait été propriétaire à Villecresnes*, à Palai- 
scau^ à Champlan^, à Saint-Cloud^. ASaint-Cloud, ilavaii même 
possédé c ung bostel couvert en tuille assis en la dicte ville entre 
lemoustier et Tescbielle, en la censive de Monseigneur », et une 
« autre maison couverte de tuille >. 

Les curateurs de la succession avaient également rassemblé les 
divers titres de rentes trouvés chez Pierre Fortet*, — générale- 
ment des rentes foncières sur des maisons de Paris, — et veil- 
lèrent avec la plus louable vigilance à l'exacte perception de tous 
les revenus comme à l'entretien de tous les biens appartenant à 
la succession. 

Pierre Regnault, Tex-chapelain du défunt, fut chargé de la 

'^ de r Université, p. 4. Pierre Fortet y avait acquis en i35i la maison 
^ot il est question au chapitre i"* de cette étude. Au xvi* siècle, cette mai- 
>n porta successivement les deux noms du Saint-Esprit et du Papegault 
oy. infra). La Topographie historique du Vieux Paris {Région centrale 
* ^'Université, p. 92-93J suppose qu'elle fut divisée au xvi* siècle en deux 
^ps d'hôtel. La maison du Saint-Esprit suÎTait immédiatement celle 
'■ fiaisait le coin de la rue des Noyers (voy. Leroux de Lincy, Paris et 
^ historiens f p. 180). Quant à la maison de la rue Saint-Jacques, quoique 
parcellaire de cette rue soit très bien établi par les auteurs de la 
^fographie historique, les indications fournies par le ms. fr. 86 3o sont 
Suffisantes pour l'identifier. Pour les maisons de la rue des Cordiers, 
y, infra, — Nous n'avons pas cité la maison de la rue Galande dans 
tre énumération. Cette maison, mentionnée dans le testament de P. For- 
, avait dû faire l'objet d*arrangements particuliers, puisque dans le 
I. fr. 863o elle n*est pas citée avec les autres maisons. 

1. Villecresnes , la ville de Cranne (voy. Lebeuf, nouv. édit., t. V, 
234-237), auj. arr. de Corbeil, cant. de Boissy-Saint-Léger, Seine-et-Oise. 
ftait une paroisse du doyenné du Vieux-Corbeil. 

2. Palaiseau, paroisse du doyenné de Châteaufort (Lebeuf, t. III, p. 324- 
3), auj. ch.-l. de cant. de Seine-et-Oise, dans l'arr. de Versailles. 

3. Champlan, qui faisait partie du même doyenné (Lebeuf, t. III, p. 5o6- 
,0), est aujourd'hui dans l'arrondissement de Corbeil et le canton de 
>ngiumeau. 

4. Saint-Cloud (Lebeuf, t. III, p. 20-40), doyenné de Chflteaufbrt, cant. de 
rvres, arr. de Versailles. Voy. p. 220. 

5. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 26 r*. 



208 érUDB HISTORIQUE 

recette et du paiement des cens et des réparations; il fut l*ageot 
des commissaires du Chapitre et mérita d'être choisi pour cet 
emploi « pour cause que il savoit mieux Testât que ung aultre' i. 

Tous les actes de cette gestion très importante qui dura presque 
vingt ans ont été soigneusement consignés dans le Compte de 
l'exécution testamentaire'. C'est ainsi que nous connaissons les 
opérations diverses auxquelles furent conduits les curateurs. Ils 
durent en effet, pour satisfaire pleinement aux volontés du défunt, 
acquérir des rentes nouvelles, vendre des biens dont le rapport 
était trop peu rémunérateur ou dont la surveillance était difficile. 
Nous reviendrons sur les modifications apportées à la fortune du 
chanoine. 

Les délégués du Chapitre s'occupaient aussi cependant des legs 
ordonnés par le testateur. Le chapitre iv des Dépenses de l'exéca* 
tion testamentaire mentionne leur acquittement selon les pres- 
criptions édictées par Fortet'. Ils payaient par occasion quelques 
menues dettes : Martine la Bonnarde, que Ton avait dû congédier 
avec brusquerie et sans lui parler de ses gages, reçut de ce chef 
cinquante-quatre sous'*; messire Pierre Regnault prétendit avoir 
servi le chanoine pendant treize ans sans toucher de salaire et 
reçut quarante-huit livres par manière de dédommagement*. Ils 
remboursaient Pierre et Girard Fortet, ainsi que la chambrière 
Endelot, des frais de leur séjour dans la maison claustrale après le 
trépas de leur oncle et maître* et s'accordaient à eux-mêmes de 
légitimes rétributions. Bref, la succession se liquidait et le règle- 
ment en eût été sans doute assez rapide si le chanoine ne s'était 
mêlé d*étre fondateur. Mais déjà la création du collège sollicitait 
le zèle des commissaires : c'était là le point important du testa- 
ment, et, pour ainsi dire, le legs principal du chanoine trépassé. 
Cette affaire devint le centre de leur gestion. Réalisant la pensée 
de Pierre Fortet, ils cherchèrent à tirer de ses biens le meilleur 
parti, dans Tintérét de la jeune fondation. 

1. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 41 r. 

2. Ibidem, fol. i3 v* à 41 v* et 42 r« à 72 v*. 

3. Ibidem, fol. 3i r\ 

4. Ibidem, fol. 3i v*. 

5. Ibidem, fol. 3i r. 

6. Ibidem, fol. 3o r. 






J 



I 



SUR LB GOLubOE DE PORTET. 209 



CHAPITRE III. 

Le chapitre de Notre-Dame et la c SupéRiORiré ». 
Installation ou collège dans la rue des Cordiers. 

Cest le 1 1 mai 1894 que, pour la première fois, Ton se préoc- 
cupa officiellement, dansTUniversité de Paris et au Chapitre, du 
collège qui était encore à créera Le procureur de la Nation de 
France vint demander copie aux chanoines du testament de 
Pierre Fortet. Puis huit jours se passèrent, au bout desquels le 
Chapitre songea à trancher une question de droit. 

Rien n'était déterminé, dans le testament de Pierre Fortet, au 
sujet de l'administration et de la direction du futur collège; il y 
était bien question d'un « maître » du collège, — mais il notait 
pas dit un mot des « proviseurs » du nouvel établissement; la 
tnaoière dont les bourses devaient être accordées et réparties était 
9^sez nettement spécifiée, — mais il n'était pas dit un mot des 
«collateurs ». 

Pierre Fortet n'avait évidemment pas eu l'intention de fonder 

un collège tout à fait autonome, c'est-à-dire dont les boursiers 

auraient procédé eux-mêmes à l'élection de leurs camarades et au 

choix d'un maître, — sous la présidence duquel ils auraient eux- 

têtues administré leurs biens; tous les collèges du moyen âge 

^^t componé une sorte d'administration supérieure^, sous le 

contrôle de laquelle le maître ou principal et le procureur géraient 

'^ biens de la communauté, — et si le testament de Pierre Fortet 

''^tc tnuet sur ce point, c'est qu'il ne pensait qu'à se conformer 

^ l'usage. 

Cependant, les autres fondateurs avaient toujours investi nom- 

^'^ent quelque personnage, quelque dignitaire ecclésiastique, 

*l^elque corps constitué de la « Supériorité » et de ï a Intendance » 

^^': Arch. ntt., LL 262, fol. i ?•. c Procurator nationis gallicane pctiit 

**^^txi testamenti def. M* P. Forteti canonici parisiensis. i 
^ * Nous entendons les collèges pourvus d*une dotation et de boursiers, 
.^^^^ point les pédagogies de Tespèce de Sainte- Barbe, tel que cet établisse- 
-j *^^ existait au xv* siècle (voy. Quicherat, Histoire de Sainte-Barbe^ t. I, 
*^' ^> et t. II, p. 3-5). 

Mix. xxxiii 14 



2IO irUDB mSTORIQUK 

du collège et du pouvoir d'attribuer les bourses % et le silence de 
Pierre Fortet peut nous paraître étrange à bon droit. Des consi- 
dérations particulières et qui sans doute nous échappent, le désir 
de ne pas abandonner Tinterprétation de ses volon^ à une com- 
pagnie trop sollicitée et disposée peut-être à considérer des places 
pourvues d*un revenu comme de simples bénéfices à sa collatioa 
avaient empêché Pierre Fortet de mettre lui-même son coll^ 
sous Pautorité du Chapitre. Ces considérations durent le laisser 
perplexe, et il préféra, — plutôt que de se résoudre à prendre un 
parti, — se reposer sur la sagesse de ses exécuteurs testamentaires : 
c Si l'on trouve dans mon testament, écrit-il à la fin de Tacte, 
quelque point douteux ou obscur, je veux que mes exécuteurs 
testamentaires, se conformant au droit et à la raison, Finterprèteat 
et le décident, i 

Nous avons vu comment ceux-ci s'étaient dérobés à la tâche et 
comment le Chapitre sMtait substitué aux exécuteurs primitib. 
C'était donc au Chapitre qu^il appartenait de se prononcer si&r 
c les points douteux et obscurs i du testament; le 18 mai, il 
décida que la collation des bourses du nouveau collège lui appar- 
tenait de plein droit^. Laurent de La Mongerie et Jean Chaate* 
prime assistaient à la délibération ; leur approbation est certain^ 9 
nulle protestation ne s'éleva. La question était tranchée; ^^ 
n^avait plus désormais qu'à se conformer aux paragraphes du tc^' 
tament qui visaient la fondation. 

Pierre Fortet avait ordonné que, sur les huit boursiers don^^ V^ 
prévoyait l'entretien, quatre seraient membres de sa famille ^ ^ 
originaires d'Aurillac ou du diocèse de Saint-Flour. Il est donC^ 
présumer qu'on chargea Pierre Fortet le neveu de faire connaît^ 
en Auvergne ces dispositions testamentaires. En même temps, 1 ^^^On 
chanoines et en particulier le chantre, qui avait sous sa directicT' ^^ 
la maîtrise de Notre-Dame et de plus jouait à Paris le rôle d'ut^ 



1. Voy. à ce propos ce que dit le P. Chapotin dans son Histoire cT- 
collège de Dormans-Beauvais^ p. 19. La supériorité de Dormans-Beauvai 
appartenait au prieur du couvent des Carmes de Paris (p. 62). Trois per-" 
sonnages investis de fonctions déterminées furent supérieurs de Sainte^ 
Barbe (Quicherat, Histoire de Sainte-Barbe^ t. II, p. 3), etc. 

2. Arch. nat., LL262, fol. i v*. t Deliberatum est quod collatio scolarium. 
ordinatorum adcoUegium fundandum in testamento defuncti magistri P. For^ 
teti pertinent ad capitulum pleno jure. » Sarasin ajoute: c L. de Mongeria et Jo, 




SUR LB COLLiGE DB PORTBT. 211 

^ne de direaeur de renseigoement primaire^ s'occupèrent de 

distinguer parmi les enfants pauvres avec iesquek ik étaient en 

Apport ceux qui leur paraîtraient dignes d'obtenir une bourse 

scolaire et capables d^en profiter. Sans doute songèrent-ils à leurs 

Amis et à leur famille, si leur fomiUe n'était pas fortunée. 

Les demandes, d'ailleurs, ne manquèrent pas d'affluer. La 

ûmatioQ faite par le fondateur à ses boursiers, sans ressembler à 

l^opolence, était pourtant assez avantageuse pour des gens dépour- 

^s des ressources qui leur auraient permis de mener à Paris la 

vie d'étudiants. En premier lieu, le logement leur était assuré; 

^0 second lieu, ils devaient toucher cinq sous parisis par semaine. 

La somme nous paraît modique; mais il faut considérer qu'un 

''oissier au Parlement qui avait acheté sa charge et pouvait avoir 

^nourrir une famille recevait deux sous parisis de gages quoti- 

diens au commencement du règne de Charles VP. Il &ut en 

^ïîclurc qu'il n'en (allait pas plus pour entretenir très convena- 

^'^ttient des écoliers bénéficiant des avantages de la vie en com- 

^^Q et qui n'avaient à prélever sur les cinq sous hebdomadaires 

9Ue le prix de leur nourriture et les menus frais de leur ins- 

^ction. 

^n outre, l'on pouvait jouir de ces bourses pendant un temps 
/^^ long et attendre au collège le caprice des bonnes occasions^ 
*^^ure des bénéfices et des fonaions lucratives. C'était bien 
^^inze années durant que Ton y pouvait vivre, et ceux qui le 
^^ittaient sans être munis de leurs diplômes étaient véritablement 
^tïs excuse*. 

Une bourse au collège de Fortet était donc à tous égards une 
^cellente aubaine et les chanoines n'avaient qu'à choisir parmi 
^^ nombreux postulants. 

Le Chapitre avait aussi à nommer le « magister », qui devait 
^tre prêtre, serait tenu de dire trois messes par semaine, le mer- 

^^anteprime sedentibus in capitule, p En efiPet, leurs noms figurent à la liste 
^^ présence (Arch. nat, LL io8a, p. 208). 

1. Voy. Félibicn, Histoire de la ville de Paris ^ t. III, p. 457-463. 

2. Secousse, Ordonnances des rois de la troisième race y t. IV, p. 6o3, 
^ janTicr i366 (n. st.). Cette ordonnance était en vigueur sous Charles VI. 

3. Ch. Tharot, Organisation de l'enseignement dans V Université de Paris, 
t>. i33. c Le règlement de ces communautés (les collèges) accordaient aux 
^V>ursiers pour obtenir leurs grades un temps qui dépassait de beaucoup 
«elui qui était ûzé par les statuts des facultés. 9 



212 ÉTUDB HISTORIQUE 

credi, le samedi et le dimandie, et recevrait pour son salaire boit 
sous parisis^; Girard Fortet, neveu du fondateur, soUiduli 
place. Mais, dit le texte de la délibération du 23 août 1394, 
« plusieurs considérations 1 firent que sa candidature fut écartée'. 
L'on esiima sans doute que la part faite dans le collège à la 
famille du fondateur était déjà suffisante; peut-être put-on alléguer 
aussi la jeunesse du candidat qui en 1403 figure sur le Rotulos 
de l'Université à côté d^un sous-diacre du diocèse de Saint-FIoar, 
admis comme boursier du collège en 1394'. Il est alors liceodé 
es lois, mais simple bachelier en décret; il ne doit avoir gobt 
plus de trente ans, s'il a normalement poursuivi ses études. Do 
reste, Girard Fortet n'est pas prêtre en 1403 ; il n'avait donc pis 
les titres voulus. 

Le choix du Chapitre s^arréta sur M* André Textoris, prêtre, 
qui fut nommé maître du collège le 9 septembre 1394^. 

Cette nomination nous prouve que Ton s'était activement occupé 
d'organiser la nouvelle fondation. Le Chapitre avait probablement 
compté ouvrir le collège vers la fin des vacances des Facultés, 
c'est-à-dire le 14 septembre*. Toutefois, Ton prévoyait, le 9 sep- 
tembre, que l'ouverture ne pourrait avoir lieu avant le mois d'oc- 
tobre, puisqu'on fixe la date de la Saint-Remy pour la prestatkm 
de serment de M« Textoris. 

Entre temps, les chanoines avaient examiné les locaux où Von 
pourrait loger les écoliers. Pierre Fortet leur laissait le choix entre 
sa maison de la rue des Cordiers, celle du Clos-Bruneau etcett^ 
de la rue Saint- Victor^. Mais il leur désignait la première ^^ 

I. Testament de Pierre Fortet, Pièce justificative n* i. 

•i. Arcb. nat., LL 108*, p. aSy, 2a août 1394, ^ 

3. Dcniflc et Châtelain, Chartularium Universitatis ParisiensiSy t. IV, p'^ 4 
pièce 1790. € Rotulus licentialorum et baccallariorum in decretis Pari»^ ^ 
1403, ao oct. Salone. — ... Giraido Forteti cler. s. Flori dioc. lie. in leg^ 
bac. in dccr. de can... eccl. Ciaromontens. (sic), — Geraldo Barrerie subdi-^ 
s. Flori dioc. bac. in decr. in quarto anno sue lecture existenti. i Cest ^ 
qui est nommé boursier le a octobre 1394. 

4. /Vrcli. nat., LL 262, fol. 5 r', 9 septembre 1394. t M' Andréas Text^ 
ris rcccptus est in magistrum scolarium coUegii ordinati per defunctu^ 
nu^KT M. P. Kortcti et faciet juramentum in festo Sancti Remigii. d 

.S. Vov. eu. Thuroi, Organisation de renseignement dans VUniversité ét^ 
l\v\s, p. 137. 

o. resiamcnt de P. Fortet, Pièce justificative n* i. Cette maison de It ru^ 
de» Cordiers se compose de deux corps d'hôtel dès le xiv* siècle. Les écoliers^ 
en 1 3o4i n'habitèrent que Tun d'eux; l'autre, que l'on peut considérer comme? 



SUR LE COLLÈGE DE FORTET. 21 3 

tiois, OÙ il y avait une chapelle et une cour, comme plus propre 
que les deux autres à recevoir cette affectation. La maison de la 
HK des Cordiers fut choisie. Elle aboutissait d'un côté à la rue 
Saint- Jacques, attenait d'autre pan à la maison de Pierre Le Cerf 
et s'adossait à T « ostel Jehan d'Aucerre » ; elle enclavait cet 
t ostel de louaige i qui appartenait aussi au fondateur du collège 
et que nous avons quelque peine à distinguer d'elle-même^ 

Cette maison, dans l'état oti elle se trouvait, ne pouvait recevoir 
ses nouveaux hôtes. D'importantes réparations étaient indispen- 
sables : ce fut presque une reconstruction^. On répara le mur de 
bçade qui longeait la rue des Cordiers; on refit le mur latéral, 
mitoyen sur presque toute sa longueur avec la maison de Pierre 
Le Cerf: on refit le pignon qui dominait la cour; la cour elle- 
même fut réparée. Puis Geoffroy Lescure, le maçon, et Philippot 
de Grigny, qui toisa son ouvrage, laissèrent la place à Pierre 

une maison distincte de la maison du collège elle-même, est 1' c ostel 

<ie louaige » qui paraît à plusieurs reprises dans le ms. fr. 863o. Toute- 

^S) au XIV* siècle, il est assez malaisé de se représenter la disposition 

^^ bâtiments. Le collège proprement dit, quoiquMl ne fît pas le coin 

de la rue Saint-Jacques et de la rue des Cordiers, atteignait cependant 

^ nie Saint-Jacques, puisque nous lisons au fol. 36 r* (Bibl. nat., ms. 

"' â63o] : c Reparacions faictes au collège par messire Pierre quant la pre- 

"^iere maçonnerie fu faicte... i, et dans le même chapitre, au fol. 36 v* : 

* Item, pour ii petites fenestres faites en la chambre maisire Pierre Fortet, 

^ la rue Saint-Jaques, et pour la ferreure d'icelles fenestres..., xxiiii s. i 

^omme nous le disons, V c ostel de louaige », la c maison où est la cave i, 

F ^ * ostel des caves i de la Topographie du Vieux Paris {Région centrale 

^^ ^Universités p. 229) était une enclave. Au xv* siècle, des remaniements 

Codifièrent sans doute la disposition des lieux. L' c ostel des caves » prit 

'^ nom de 1' c Ymaige saint Vincent », puis de la c Magdeleine ». Un peu 

plus tard apparaît la dénomination du c Barillet », qui s'applique spécia- 

l^i^eot à la partie de Timmeuble où étaient installés les écoliers en i3g4 

(yoy. Topographie historique du Vieux Paris, Région centrale de VUniver- 

"^^» p. 116, et aux Arch. nat. le reg. S 63o2, fol. 46 et suiv.). Du xvi* au 

j^vi„« gi^jg^ i^ Madeleine et le Barillet sont directement exploités par 

^ Collège qui les loue à des particuliers (voy. les baux de location, 

G3o2, fol. 46 et suiv.]. Ce sont alors des maisons indépendantes l'une de 

'• yoy, la note ci-dessus. — La rue des Cordiers a aujourd'hui dis- 
v^*^. Mais la rue Cujas, pour la partie qui relie la rue Victor-Cou- 
^^ à la rue Saint -Jacques, en est très voisine. Elle lui est parallèle 

^^elques mètres plus au sud (voy. Région centrale de P Université , 

^* Bibl. nat, ms. fr. 863o, fol. 36 r-Sy r. 



214 ifrUDB HISTOftIQUX 

Bardoul, le charpentier, qui remit à neuf plusieurs planchenet 
les charpentes des toits. L*on remplaça aussi les châssis de h plu- 
part des fenêtres. Le couvreur Jean Le Faucheur remplaça les 
vieilles tuiles par des tuiles neuves et les doua sur de nouydks 
voliges et de nouvelles pannes. Jean Munier, le serrurier, fit k 
tour de Thôtel. Quant à la librairie, oti on logea les livres gardés 
lors de la vente, elle fut Tobjet de soins particuliers. Les livres 
furent conservés sous un grillage de fer tendu sur des châssis 
mobiles ; tous les châssis étaient commandés par une barre de far 
munie d'un cadenas. On n'aurait su trop prendre de précautioDS 
pour protéger les précieux manuscrits*. 

La dépense provenant de ces réparations et travaux divers ae 
monu pas à moins de trois cent quatre-vingts livres'. Mais 
désormais la maison était habitable et Ton y apporta les meubles 
que Ton avait retenus, dans la succession du chanoine, et ceuS- 
qu'on avait achetés de ses deniers après sa mort. Les travaux 
durèrent jusqu'en iSgô, mais, dès le milieu de septembre 1394^ 
le gros ouvrage était terminé'. 

Le 2 octobre^ est mentionnée, dans le registre des délibérations 
capitulaires, la nomination des premiers boursiers : Girard Bar- 
rière et Guillaume Bayle, du diocèse de Saint-Flour, Pierre de 
Paoy ou de Mouffetard, de Paris. C'est à cette date que l'occupa- 
tion de la maison de la me des Cordiers devint effective, quoique 
le compte de rexécution testamentaire fasse remonter rinstallatiot 
ei le paiement des bourses au 6 septembre*. L'intervalle du 6 sep 



1 . Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 49 r. 

2. Voy. totaux. Ibidem, fol. 36 r-38 v* et 49 r«-5o r*. 

3. Ibidem, fol. 38 v. c xMiscs faictes l'an mil lir IIII« et XVI, le prc 
micr jour de novembre, i 

4. Arch. nat., LL262, fol. 2 r. t Magister Andréas Textoris presbyier 
magister in artibus, alias nominatus in magistrum collegii, etc. Scolare 
Girardus Barrière, dioecesis S. Flori, P. de Monte[fedardoJ diœcesis Pari 
siensis, Guillelmus Bajuli de Aureliaco, diœcesis S. Flori. » 

3. Bibl. nat., ras. fr. 863o, fol. 25 v*, passage cité. — Ibidem, fol. 38 v 
c Auti# despencc pour le collège et pour les bourses des escolliers duditcol 
lege, qui commencèrent le vi* jour de septembre l'an mil lir IIII" XIIII... i 
et au fol. suivant 39 v* : c Despense faicte et baillée pour les bourses de 
escolliers dudit collège, lesquelles bourses commencèrent le vi* jour de sep 
tembre III' IIII*^ XIIII. — Premièrement despendu pour les dictes bourse 
des dits escolliers depuis ledit \i* jour de septembre mil III*^ IIII" XIII 
jusqaes au tiers jour d'octobre, Lv s. i 



2i6 ÉTUDE HISTORIQUE 

trmire devait taire admettre, au premier chef, dans une maison 
d'instruction. Ils n'eurent garde d'oublier la salle des repas et la 
cuisine et dotèrent Tinstitution naissante d'un assortiment complet 
de « paelles, paellenes, chauderons, bacins, chaudières, seiUeSi 
mourtiers, salières, plaz d'estaing, gril, treppiers, cramillié s,suis 
parier des pintes, chopines, quartes, hanaps, écuelles et toutes les 
espèces d*ustensiles qui peuvent servir pour Talimentation. Sou* 
vent, d ailleurs, on remplaça, par voie d'échange, la vaisselle usa- 
gée du chanoine par de la vaisselle neuve. 

Le luxe aussi eut sa part dans le triage : deux oreillers de soie 
furent envoyés à la chapelle, et nous remarquons un petit « écrio > 
qui fut sans doute un cadeau pour le c magister ». 

Le collège eut ainsi gratuitement un premier mobilier d*uoe 
valeur d'environ trente livres. 

Déjà Pierre Fortet lui-même lui avait légué ses vêtements 
sacerdotaux, sa chasuUe de taffetas vert et noir, son aube, soo 
amia, son manipule, une pièce de soie, trois nappes d'autel, soa 
calice et son autel portatif. A la maison de la rue des Cordiers 
Ton pouvait manger, boire, s'asseoir et dire la messe. 

Mais étrange oubli! Pierre Fortet, qui possédait une biblio- 
thèque si bien fournie, n'avait pas pensé à en faire profiter ses 
boursiers! Les chanoines, de leur propre autorité^ réparèrent 
l'omission. Ils ne songèrent point à conserver la bibliothèq^^ 
tout entière; il leur parut sans doute plus utile de transformer ^^ 
espèces, pour augmenter la dotation du collège, les manusct^^ 
quelque peu étrangers aux études et dont on pouvait tirer ^] 
bon prix. Mais ils réservèrent vingt-six volumes, d'une val^^ 
totale de soixante-dix livres s'il faut en croire l'estimation ^ 
M* Olivier de L'Empire. 

Ces manuscrits avaient été choisis dans un but bien dét^ 
miné, celui de permettre aux élèves des trois facultés*, auxqu^ 
le fondateur avait ouvert son collège, de retrouver les textes qi^ 
citaient les professeurs dans leur enseignement et surtout d 
recourir à leurs commentaires classiques. Nous y rencontron 
€ ung code p, vi une digeste vielle », « une digeste nove », un 
€ inforsade », puis des ouvrages de droit canonique : les décré 
taies et la glose d'Henri de Suze, le commentaire de Guido Bai 



I. Voy. Tcsttmcni de Pierre Fortet, Pièce justificative n* i. 

a. Voy. Franklin, les Anciennes bibliothèques de Paris, t. II, p. 229-232 



SUR LB COLLÈGE DE FORTET. 217 

ttus sur le Sexte, celui de Jean d^ André, la Somme du cardinal 

d'Ostie; pour les théologiens, les sentences de Pierre Lombard et 

. mm Thomas; enfin, et surtout, des parties de PAncien et du 

Nouveau Testament généralement glosées : les livres de la 

Genèse, de TExode, le Deutéronome^ le Lévitique, les livres des 

Nombres, des Juges, le livre de Job, les Prophètes, un psaultier 

glosé, les quatre évangiles^ les épîtres de saint Paul ; un missel 

càPusaige de Paris », et pour que le grand maître et le grand 

tentateur des philosophes du moyen âge soit représenté dans 

la librairie du collège, l'ouvrage que nous avions remarqué dans 

la maison claustrale de Pierre Fonet : la Metaphesica Aristotilis. 

C'était un beau début pour une communauté de huit écoliers^ 

et nous savons que ce premier fonds de bibliothèque reçut 

quelque accroissement ^ 

Mais ce n'était pas tout que d'avoir abrité les collégiens sous un 
toit et de les avoir pourvus d'une batterie de cuisine et de 
quelques livres. Il fallait que la nouvelle institution eût des res- 
sources; il s'agissait d'affecter à ses besoins des revenus particu- 
liers et qui, par leur nature, fussent, pour la communauté sco- 
^ire, d'un recouvrement facile. 

Rechercher et déterminer les éléments de la dotation du col- 
%e, ce fut là dès les premiers jours le souci principal des 
délégués du Chapitre. Ce travail demandait quelque soin : le cha- 
noine avait bien désigné dans son testament une part spéciale de 
^ fortune, qui, de par sa volonté, était réservée à la fondation. 
^ais ce n'était point là une donation limitée; une clause spéciale 
autorisait les exécuteurs testamentaires à distraire des biens de la 
succession les capitaux suffisants pour garantir le succès de 
l'oeuvre. Pierre Fortet n'avait pas en effet disposé de la totalité de 
^n avoir; sur ce point encore, il s'en rapportait à ses amis pour 
distribuer aux pauvres, aux églises et aux monastères les biens 
dont il n'avait pas spécifié la destination; il pensait sans doute 
surtout, lorsqu'il écrivait ces lignes, à la belle collection de mon- 
naies courantes serrée dans les tiroirs de son bureau. Les délégués 
du Chapitre avaient à faire le départ entre cette portion libre de la 
fortune de Pierre Fortet et la dotation propre du collège. 

En fait, la solution de ce problème délicat fut simple : lorsque 
tous les legs eurent été acquittés, lorsqu'on eut réparé l'immeuble 

>• Voy. Bibl. n^t., mi. fr. 863o, fol. 71 V. 



aiB éruDs HisrxntiQus 

de la rue des Cordiers, lorsqu'on eut satisfait aux 

créances qui surgirent, et lorsqu'on eut bu et mangé aux 

défunt, les chanoines furent d'avis quUl ne fallait pas c 

mettre davantage une institution au berceau en dispersan 

rues et par les hospices un superflu devenu nécessaire. Le 

fut tacitement considéré comme légataire uAique de Pier 

tet pour tous les biens dont on n^avait pas disposé encore 

D'ailleurs, les biens que Pierre Fortet avait consacrés à 

dation étaient notoirement insuffisants : ils consistai 

quatre maisons situées à Paris, rapportant ensemble envii 

quante livres; en trois quartiers de pré, situés à Viry*, d' 

port annuel de vingt-trois sous; en une maison située à ( 

dray', baillée à rente pour trois livres; ils comprenaient 

les propriétés de Palaiseau et de Champlan^, d'un rapport 

de trente-sept livres; une rente de cinquante sous due 

maison de Cormeilles' et trente-six livres de rentes f 

4I diverses que le défunt possédait à Paris*. Le tout atte 

^; peine un revenu total de cent trente livres et le seul paier 

! bourses absorbait déjà cent vingt-quatre livres seize sous 

^ lait prévoir, en outre^ des frais généraux, peut-être consic 

P si Ton affectait à ce chapitre une partie des dépenses de la 

f ture et les dépenses du chauffage et de l'éclairage; il fali 

j voir encore les frais d'entretien du mobilier et des immei 

f _ _ 

I 



1. Ce résultat fut atteint à la Hn de septembre 1394. Le chanti 
rent de La Mongcrie furent chargés le 28 d'entendre le compte de 1* 
testamentaire (LL 262, fol. 2 r) : c D"* Cantor et L. de Mongeria 
Parisicnses sunt deputati ad audiendam cxecutionem testament! 
domini Petri Forteti, — et magistrum Gerardum Forteti nepc 
defuncti. 1 Ce compte a dû servir de base au compte définitif cloi 
et examiné en 141 2. Il ne nous a pas été conservé (Bibl. nat., ms. 
fol. 41 V et 42 r). 

2. Bibl. ntt., ms. fr. 8G3o, fol. 24 v». Il s*agit de Viry-sur-( 
Viry-Châtillon, en Seine-et-Oise, arr. de Corbeil, cant. de Lonjui 

3. Ibidem. Chalcndre, Chalendreium, auj. Chalandray, en Seir 
comm. de Montgeron, cant. de Boissy Saint-Léger, arr. de Cori 
Lebeuf, nouv. édit., t. V, p. 49. 

4. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 23 retw Le chanoine était pr 
particulièrement aux Granges, hameau qui existe toujours dans 
de Palaiseau. Voy. Lebeuf, nouv. édit., t. II, p. 346, t. III, p. 33] 

3. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 24 V*. Cormcilles, actuellement 
rOise, arr. de Clermont, cant. de Crèvecœur. 
6. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 26 r. 



SUR LE COLLÈGE DE FORTET. 21 9 

paiement des domestiques et tenir compte d'une diminution de 

revenus provenant de remploi d^une partie du capital à des achats 

Indispensables. Il allait enfin penser à l'imprévu, pertes de toute 

nature, et retour des calamités publiques, dont Pierre Fortet 

lui-même avait vu de terribles exemples dans le cours de sa vie, 

— sans parler du développement des phénomènes économiques 

dont les chanoines parisiens du xiv* siècle n'avaient, il est vrai, 

aucune idée, de la dépréciation de l'argent, de l'affaiblissement 

des monnaies, funestes aux propriétaires de rentes fixes. 

Les commissaires du Chapitre eurent en somme de bonnes rai- 
sons pour user de la licence que leur avait accordée le testateur et 
d'annexer sans plus de façons à la dotation du collège les biens 
de Saint-Cloud et de Villecresnes, la rente due par Jean de Garen- 
cières* et l'épargne en numéraire de feu Pierre Fortet. 

Comme Ton voit, une panie de la doution ainsi accrue était 
constituée par des immeubles situés hors de Paris. Or, il était 
important pour le collège de jouir d'un revenu facile à percevoir 
etd^un débit régulier. Les chanoines s^appliquèrent à transformer 
dans ce sens la dotation trop éparse et diverse léguée au collège 
par l'exécution testamentaire. Il leur arriva, du reste, d'être 
amenés par les circonstances à opérer cette transformation. 

A Villecresnes*, Pierre Fortet était propriétaire d'un arpent de 

▼igné, de trois quartiers de bois, de droits divers; il avait le droit 

de prendre sur une terre dix-huit setiers de blé à la mesure de 

Corbeil et pouvait lever environ six francs de cens. Une contes- 

totion s'éleva à propos de ces héritages. Pierre et Girard Fortet 

prétendirent qu'ik devaient leur appartenir en qualité d^héritiers 

de leur grand-oncle, Girard Casai, auquel ils avaient autrefois 

appartenu'. D'autre pan, le seigneur du lieu prétendait que ces 

biens étaient tenus envers lui à diverses obligations et fit couper 

^u bois sur la propriété litigieuse. Pour mettre un terme à ces 

querelles, Ton sut, de part et d'autre, se résoudre à une transac- 

^0 : Ton vendit tous les biens de Villecresnes à messire Arnault 

* Corbie, chancelier de France, pour la somme de trois cents 

^ûcs, et le prix de la vente fut partagé entre les neveux de 

ft'crrc Fortet et le collège. 

'• Bibl. nat, mt. fr. 863o, fol. 22 r. 
^' Ibidem, fol. 2a v». 
^- iWdcm, fol. 22 ▼♦. 



S30 imw HisrouQiiB 

Pour « les hériages et feom de Sùnt-Gioiid' », ils coffl|ie- 
Bt (Tabord on hôid oouren de miks, dont noos aYons ditu 
SCS appertenanoes, qui étaient soitoat des vignes eo bd 
éiat. Le chanoine vendait do Tin à Saint-C3oad et dans sa min» 
4u doiore*. Ib OMnprenaicnt encore one antre nuison ooaTote 
de toiles, dépendant do diafritre de Saint-Clood et looée quam» 
soos pariais, des droits sor des maisons et sor des terres. En joD- 
let 1 396, m poor CBoae que Tostel et vigne dodit Sainct-Cbod 
n*esioient pas prooflStaUes pour ledit coU^e », on vendit kttit 
à « maistre Jehan FiUeod », do consentement et volonté du du* 
pitre de Paris, poor deoi cent neof écus, soit deux cent trente 
qoatre livres parisis^ 

Ces sommes vinrent donc grossir le capital en argent que ki 
axnmiasaires do cbaiHtre avaient entre les mains et qu'ils tviieat 
déjà commencé à transformer en rentes. 

Dés 1 394. en effet, messire Pierre Renault et Rabienne, t uog 
povre bome^ » auquel est allouée une aumône de trente-deox 
soos, reçoivent missicm de faire diligence c pour trouver da 
rentes poor le collège ». En iSgS, leors recherches aboutineot: 
Roben de Béthune, vicomte de Meauz, vend, pour huit cents 
livres parisis, quatre-vingts livres de rentes à quatre termes. Puis 
les chanoines entrent en rapport avec Bureau du Mesnil, écujfer, 
et lui achètent^ en deui fois, cinquante-huit livres de rentes, pour 
cinq cent quatre-vingts livres parisis*. En 1396, nouvel achat à 
messire Guillaume des Bordes, chevalier, de quatre-vingts livres 
de rentes: nous en ignorons le prix, mais nous savons que, p^^ 
après le second terme, le chevalier racheta la rente*. Vers Itmèttit 
temps* la dame de Viaumes vendait une rente de quarante livres 
qu elle rachetait deux mois après^. Le 4 février 1397, on ache- 
tait de nouveau, moyennant neuf cents livres, à Jean de Saiil^' 
conseiller du roi, une rente de quatre-vingts livres parisis ^ 

Dans les premiers mois de i3gj, les commissaires du Chapi^^ 

I . Bibl. nat., mt. fr. 863o, fol. 14 r . 
a. Ibidem, fol. 14 ▼*. 

3. Ibidem. 

4. Ibidem, fol. 3i ▼*. 

5. Ibidem, fol. 40 ▼*. 

6. Ibidem, fol. 27 r*. 

7. Ibidem. 

8. Ibidem, fol. 40 r*. 



SUR LB GOLLiGB DB FORTET. 221 

ayant engagé un capital de deux mille deux cent quatre-vingts 
U^ies, avaient donc procuré au collège deux cent dix-huit livres 
de rentes, qui s'ajoutaient à celles que Pierre Fortet avait lui- 
même acquises sur des maisons de Paris. 

Tandis que le collège devenait propriétaire de c rentes consti- 
tuées 1, il concluait des a baux à rente ». Ainsi s'achevait Tuni- 
fication de son revenu, c Les hériuges et rentes de Paloisel », 
(joi c n*estoient point utiles pour le collège pour plusieurs 
causes », furent baiUées à Jean Foucault, procureur au Parle- 
ment, pour quatorze livres de revenu annueP. Même les maisons 
que le défunt avait possédées dans Paris furent cédées dans des 
conditions analogues. La maison de la rue Saint-Viaor^ fut 
cédée pour une rente de six livres à quatre termes. M* Olivier de 
UEmpire, le libraire, fut preneur pour douze livres de la maison 
duClos-Bruneau'. 

Jean Chanteprime et Bertrand de Cherne, en ramenant les 
créances dont vivrait la communauté scolaire aux types voisins 
delà c rente constituée » et du c bail à rente », avaient Êiit une 
opération financière conforme aux idées du temps et avantageuse 
pourTépoque. On ne saurait leur reprocher de n'avoir pas deviné 
l'évolution économique qui se produisit au xvi* siècle et rendit 
ruineux pour les crédits-rentiers les contrats de baux à rente cou- 
das au moyen âge. 

En 1397^ l'existence du collège était assurée : son revenu 
excédait trois cents livres. La réserve en espèces demeurait con- 
sidérable : la vente des maisons, des terres et des vignes de 
Saint-Qoud et de Villecresnes, le remboursement par Jean de 
Garencières d'un capital de trois cent vingt livres, représentatif 
d'une rente de trente livres quUl devait, la vente des meubles du 
^anoine, de ses livres, la perception des rentes échues depuis la 
ïïJort de Pierre Fortet jusqu'au moment des nouvelles affectations 
des capitaux avaient, dans une certaine mesure, compensé les 
débours qu'avaient nécessités Texécution du testament, les 
obsèques, Tinstallation du nouveau collège, l'achat des rentes, 
^u^les frais portés au passif de la succession. 

'• Bibl. nat., ma. fr. 863o, fol. a3 V. 
*• Ibidem, fol. 2b ▼•. 
^« ibidem. 



2&^ Bn9K nSTOBIOUK 

f«dttû Tis-4-rô des ammisaires do Chafntre remploi des 
MrBnrr «^"»"'*^ qa'ii stuc reçues d'eux*. 

Ces tn&nes ^-h f ift^"** exeiçûem ausû à l'éganl da maîtit et i 
Jes boonâers la tannions de proriaeurs. C'était eox que le Cbi- 
cbar^eût de la direcnoa sopérioire de rétablissement; 
qui railiaîent de haut sur la discipUne: ils fusaient 
de âréqfBBQBes dMcemes dans la me des Cordiers. Le 
cepeaiaat. lésiait les détails de radministradon ioié- 
i et sQTiait ks êtnies des coUégieos qoi^ aa ddb(»s, fréquen- 
; oxzrs des maitres de r UiÛTcrsitê. D'ailleurs, ses attri- 
pas pcédscsw Rien n'était soomis à des régies 
II sa£saxt que ks messes de fondation fassent dites 
trocs iscs p«r «maine et que la fienneié dn « magister ■ entretint 
à risasrksr des murs de l'établissement tin bon ordre rdadf. 

Tocs ies règ S emcntSw qoî purent étte introduits dans la miison, 
fiKtfiC des re^ksaents de d^ûl^ dàenninés arbitrairement et sni- 
^laoc ks ciivTytwjfve s par les commissaires dn Chapitre ou, — 
SQOBS k cooiiîrnx de letÊr apftobationy — parle maître Inî-méme. 
Cet èstt disaerrniie qtii aurait pu engendrer l'anarchie, si le 
sealtre s^èBai; troore en dêsasDord avec les dâégaés capitofadres 
ou su eôt êné ^bfe ei iKglij:ent« ne pouTait indéfiniment dorer. 
Ou eçrccnît Se Sesotn dtme loi générak qui imposerait à too^ 
et en tccnes choses I\?bîi^ukxi indiscntabk d'une OMistante réga' 
Lirl:^. O:: œ rccToi: xbiiasionaer lon^tesips aa hasard l'existenC^ 
iure c>c-t=:uzaurî i'cudiAn», disposés, en raison même de lea^ 
îoS. i :i^sîr. 'U5qu 1 I ibtis. des liceaoes sobreptices. 

Li ccartr^ iii Nccns-Dtiz:^ s'occupa de donner au collège l^^ 
rîûirl«r^r,: cui !•: rr^izc-i::. Ls registres capînilaires disparue 
r^^;i> r^^ntscriie::: &ins iccx i ce propos la nomination d'une 
vvc-rr::sî?;cr: iv>:i: ;jii:i ChAzrsrnme. Bertrand de Cheme et Jean 



•.~>* i. • .*^^- 



« L.i rïrx:;: .xdniri: ies scirus- que cette commission âabora fut 



; ?>îi T4t.. ri*, r. K?X:^ x-i. ^f r*. c lîssi leci: pcaultieaie de mars 
— ^^^* *- c-^^^r^-c; â;£ 3j:*cns ^,jii.t ccLs^ sat =ï?t Jehia Chautcprimc et 
»oait ,^-:* .â -otrci c^^ ^i zr^ ^-Q i^^it fcjcts pour Icdict coOegc 
cw^=^ i.-ciert rr<r $cci cociras ^ l t. ix $, :: i., U^ueJIc soaimc je luy 
iMSttv «xN^r tL rî .« rr?v:««cuj ôe »ia «c ic bocbc en leur hostd. Pour ce 
^*: iii Av;c': -si'ic:* l r, xt s. u i. — î^ccesn. Noce oanâaAle : c Noti 
>,^xi :Kvxi:>» îsa«r^ vv*=i?>i»e ce part: S» $eq,ieatibœ.^. 



SUR LB COLLAGE DE PORTBT. 225 

lu en séance solennelle le lo avril 1 396 et signé par tous les cha* 
noînes, par le maître du collège et par tous les boursiers. Ceux-ci 
garèrent pour eux-mêmes et pour tous leurs successeurs de les 
observer toujours fidèlement. Ces statuts devaient rester en 
vigueur, — sauf amendements et corrections, — jusqu^en ijSS, 
date à laquelle furent rédigés, sur Tordre du Parlement, des sta- 
tuts nouveaux. 

Us débutent, dans la rédaction originale, par un long préambule 
en latin confus oti des considérations enthousiastes sur la Rédemp- 
tion aboutissent à un éloge des études et de l'Université de 
hns. Ensuite Ton a jugé bon de rappeler, pour la partie qui se 
rapporte au collège, le texte du testament de Pierre Fortet, dont 
les chanoines veulent réaliser scrupuleusement les intentions. 
Sans fracas, sans fournir d'explications importunes, ils intro- 
duisent le principe que l'exécution testamentaire de leur confrère 
défunt leur incombait de droit c jure ordinario ». On sent qu'ils 
ont conscience de l'irrégularité commise lorsqu'ils se sont substi- 
tués aux exécuteurs testamenuires^ leur droit leur paraît contes- 
table; en l'affirmant sans éclat à la fin d'un pieux préambule, ils 
^i assez pour aider, trop peu pour nuire à la prescription qui, 
P^Q à peu, s'établit en leur faveur. 

Les sututs de 1 396 comptent quarante-six articles qui portent 

<ur l'ensemble de l'organisation administrative et disciplinaire du 

^Uége. Il serait difficile d'y distinguer des divisions très nettes et 

^^ panies susceptibles d'être comprises sous des titres distincts; 

f 'fis lîglements sont souvent ajoutés au hasard les uns aux autres 

^ l'intention des législateurs n'a pas été d'être méthodiques. 

^pendant, quelques groupes d'articles peuvent être examinés en 

'^Oc, sauf à en rapprocher d'autres paragraphes disséminés du 

Commencement à la fin des statuts. 

Xa premier article détermine la quotité des bourses hebdo- 
madaires. La bourse du maître est portée de huit sous par 
f^Ooaine, — somme fixée par le fondateur, — à dix sous parisis ; 
^\ ^t dit en outre que le maître pourra être choisi, au gré du Cha- 
P^tie, dans la nation de France. 

I^ six articles suivants concernent le serment que devront 
Prêter le maître et les boursiers lors de leur réception; ils com- 
prennent donc l'indication de leurs devoirs généraux : pour le 
?^^^tre, gouverner consciencieusement le collège, surveiller les 
^Udes et les mœurs des boursiers^ c'est-à-dire veiller à leur édu- 
mÉM. zzxiii i3 



2a6 Atudb historique 

cidoo autant qu^à leur instraction, garder à l'égard de tous l'im 
partialité la plus stricte^ informer les proviseurs députés pir k 
Chapitre de tous les incidents survenus au collège; pour les boor- 
siers, obéir au maître et le respecter, ne rien révéler au dehors des 
secrets de la maison, vivre en paix entre eux, être toujours cor- 
rects dans leurs rapports mutuek, veiller à la conservation des 
biens et surtout des livres de la communauté, n'avoir en vae que 
la prospérité du collège. Maître et collégiens jurent de révérerles 
doyen, chanoines et chapitre de Paris en général et chacua des 
chanoines en particulier, d'obéir aux proviseurs et d'obserrer les 
r^ements émanés du Qiapitre. 

Les articles 8-32 ont trait à la discipline et à rorganisadoo 
intérieure. Le premier souci des chanoines est de conjurer les dis* 
cordes intestines : rien de plus fréquent dans les agglomératioos 
studieuses du moyen âge que les rivalités promptement dégéDé- 
rées en haines qui naissaient entre les étudiants venus de régions 
ou de diocèses différents'. Les chanoines s'efforcent de préveoii 
ces discordes en obligeant les écoliers à une véritable commU' 
nauté de vie : ils interdisent par avance la formation de groupe 
de compatriotes dans un collège destiné à recevoir des boursir 
de deux origines. Le maître du collège aura mission spécia 
d'empêcher les querelles et les rixes, et les écoliers indociles 
assez hardis pour violer les statuts à cet égard pourront être pr 
vés de leurs bourses^. 

Suit une série de prescriptions édictées dans le but de reteo 
les boursiers sous la surveillance effective du maître et de les sou 
traire aux vices qu'engendre le vagabondage; ils ne pourront s< 
tir du collège que pour se rendre aux écoles et chez leurs proft 
seurs', à des heures connues par le maître; pour toute aui 
sortie, une autorisation préalable du maître sera nécessaire^; 
leur est interdit de s'attarder en route en rentrant chez eux, 
fréquenter les mauvais lieux et les tavernes*, de s*absenter ai 

I . Voy. le P. Chapotin, Une page de l'histoire du Vieux Paris. Le c 
lège de DormanS'Beauvais et la chapelle Saint-Jean l'Évangéliste. Par 
1870, p. i5. 

a. Statuts, art. 10. Pièce justificative n* 2. 

3. Ibidem, art. 1 1. 

4. Ibidem, art. 16. 

5. Ibidem, art. i3. Cet article est digne d'être examiné de près : on im 
gine, en le lisant avec attention, à quel point les vices que suppose la fr 
quenution de ces lieux prohibés et en particulier l'ivrognerie étaient répa 



SUR LS GOLLAoE de FORTBT. 227 

beures des repas ^ Mais il ne conviendrait point que, protégés 
contre les corruptions du dehors, les écoliers pussent se corrompre 
sans quitter le bercail; sous peine de privation de bourse, nul 
nMntroduira au collège, soit de jour soit de nuit, aucune femme, 
^de quelque condition qu'elle soit, — à moins cependant qu'elle 
ioit d'un âge tel et en tellç compagnie qu'on n'en puisse conce* 
mr aucun soupçon^. Il sera de même interdit de recevoir des 
itnngers suspects'. 

En ce qui touche l'organisation intérieure, les statuts ordonnent 
que, sauf exception, les boursiers logeront à deux dans une même 
chambre, et c^est dans leur chambre qu'ils devront travailler'*. Il 
est interdit à chacun d'empêcher son camarade ou ses voisins de 
se livrer à Pétude ou au repos par des conversations à voix haute 
on des chansons'. 

Chacun jouit chez soi d'une assez grande liberté. Un collège 
du moyen âge ne ressemble pas à un internat moderne. Au moyen 
^e, ces sortes dMtablissements ont été organisés dans un tout 
«utrc esprit : il ne s'agit point d'obliger au travail et à telle durée 
de travail quotidien des élèves quelquefois disposés à ne rien 
^^l il s'agit de permettre à des étudiants de travailler. Le point 
de vue est tout différent. Ce n'est point le travail des boursiers 
9*^c Ton réglemente, c'est leur mode de vie : leur travail n'est 
^ére contrôlé que dans ses résultats, mais on se préoccupe, après 
f^r avoir assuré le vivre et le couvert et leur avoir procuré 
^*ver$es facilités de travail, de les entourer de règlements protec- 
^Urs qui les gardent des tentations et leur donnent des habitudes 
"Orieuses. 
Aussi les statuts sont-ils sévères en tout ce qui touche la fixité 

ç^ ptrmi les étudiants de l'ancienne Université de Pari». L'article i3 
^.^J^porte une savante gradation, témoignage du soin avec lequel on Tavait 
^J^^^^gé et de la fréquence du délit : quiconque s'arrêtera par occasion dans 



^2 ^ taverne paiera six deniers; quiconque aura pris Thabitude de ces sta* 
^^ ^s paiera cinq sous; lorsque Thabitude aura été constatée, le « pilier de 
j^^^^rne t , s'il récidive après avertissement des proviseurs et du maître, sera 
l^^^ible d'un châtiment indéterminé qui peut aller jusqu'à la perte de sa 
^^Ursc. 

^ • Statuts, art. i5. Pièce justificative n» a. 

^, Ibidem, art. 14. 

^. Ibidem, art. 18. 

^ Ibidem, art. 8. 
S. Ibidem, art. 32. 



m8 étude HnTOUQUB 

des heures où la oommuiuioté accomplit des actes ooUea 
sistance aux rqMS et aux offices. La cloche sonne pour le 
cet*. L*idéal monachal inspire le législateur, et l'on conçc 
tel r^lementy loyalement appliqué, devait être efficace a 
instincts des bohèmes de jadis. 

Les rqMS ont lieu à un moment où |out le monde peni 
ter'. Tous les boursiers sont tenus d'être présents dès le 
dicite' »; l'on ne sert point les retardataires et nul ne peut 
serrir dans sa chambre^. Après le repas, nul ne quitte 
avant qu'on ait rédié les grâces et un if e profundis^ ai 
prière spéciale pour le fondateur et une prière générale | 
morts'. Les absents légitimement excusés paient le prix d 
comme s'ils y avaient pris pan*. 

Le soir, la porte est fermée à huit heures; les deCs sontd 
chez le maître, qui ouvre aux retardataires et aux boursier 
vus d'une autorisation jusqu'à neuf heures au plus tard 
neuf heures, la porte reste dose jusqu'au matin ^. 

Chaque semaine a lieu une « dispute » entre les él 
chaque feculté ; k maître ou qudqu'un qui le représente y i 
C'est à la fois un exerdce pour les écoliers, — l'on sait 
c dispute » était considérée au moyen fige c comme le 
d^instruction le plus efficace qu^on connût* », — et un a» 
contrôle pour le maître. Les statuts prévoient une punitic 
les élèves incapables d'argumenter. 

Toutes les contraventions aux règlements qui n'emp< 
pas, par leur gravité, Texdusion du coupable, étaient pui 
des amendes. Les boursiers y étaient sans doute fort se 
Remarquons d'autre part que ce système pénal constiti 
progrès sur le régime répressif usité dans les collèges 
époque. « Les peines corporelles étaient la grande ressour 
obtenir l'assiduité et Tobéissance*^ i; et, quoique le systé 

I. Statuts, an. 38. Pièce justificative n* 2. 
a. Ibidem, art. 27. 

3. Ibidem, arL a 3. 

4. Ibidem, art. 24. 
3. Ibidem, an. 23. 

6. Ibidem, art. as. 

7. Ibidem, art. 39. 

8. Ibidem, art. ag. 

9. VoT. Quicherat, Histoire de SainteSarbe^ t. 1, p. 87. 

10. Ibidem^ U I, p. 81. 



23o ÉTUDE HISTORIQUE 

^eor* »; son rôk se borne à perccToir les rentes et à payer la 
foamissears. II ne doit jamais conserver par devers lui les somma 
qo*iI a perçues : dies sont versées à la caisse dans les vingt-qaAtit 
heures « infira diem natnralem' ». Deux fois Tan, à rAsceosk» 
et à la Saint-Martin dliiver, il rend ses comptes en présence des 
bourûers, du maître et des délégués du Chapitre'; lui-même n'est 
point boursier; il reçoit un salaire hebdomadaire de deux soos 
psuisis lorsqu'il travaille pour la communauté; il ne bit pas, à 
proprement parler, partie du collée. Il j a loin de ce procureor 
primitif, — de cet encaisseur, — au procureur des siècles suivants, 
qui peu à peu coiKentre en ses mains toute Tadministration finan- 
cière, devient V c économe » de rétablissement, paraît assez con- 
sidérable au XVIII* siècle pour que la communauté et le Chapitre 
se disputent le privilège de le nommer. Pour le moment il n est 
qu*un modeste agent du pouvoir exécutif représenté par ie maître. 
Le pouvoir l^islatif, ou plus exactement la foiKtion délibéra- 
tive, appartient à rassemblée des boursiers, dont le maître est 
président^. Le procureur parait y avoir voix consultative'. Cett^ 
assemblée, qui peut n'être composée que du maître et de la msîfy 
rite des boursiers, — en £ait, les petits boursiers en sont généra' 
lement exclus, — est réunie chaque fois qu'il faut prendre ul^ 
décision relative aux intérêts matériels de la communauté; e^ 
outre, des réunions spéciales ont lieu, chaque année, en temp^ 
utile, pour décider, au mieux des intérêts communs, l'achat dt 
bois, du vin et des légumes secs*. 

On ne saurait trop insister sur le rôle réservé à la commu- 
nauté; il est considérable. Les statuts scolaires accordent tou- 
jours aux principaux intéressés, c'est-à-dire aux collégiens, d'im 
portantes garanties^. Non seulement nous les voyons appeléî 
à discuter et à déterminer l'emploi de leurs revenus, mais il 
exercent sur la gestion des fonds communs un contrôle quasi 
journalier. L'article 40 des statuts du collège de Fortet établi 
expressément que la caisse doit être fermée par trois serrures : U 

I. Statuts, art. 40. Pièce justificative n* a. 
a. Ibidem, art. 40. 

3. Ibidem, art. 41. 

4. Ibidem, art. 3o et 34. 

5. Ibidem, art. 34. 

6. Ibidem, art. 34. 

7. Cf. Quicherat, Histoire de Sainte-Barbe^ t. II, p. 5. 



SUR LB OOLL^S DK FORTET. 33 1 

mitre du coll^ garde Tuoe des cle6; les boursiers parisiens la 
Monde; les boursiers d'Auvergne la troisième; pas un denier ne 
fent donc être tiré de V c arcba » sans l'assentiment de la com- 
munauté. 

Le procureur a des fonctions tout extérieures au collège; les 
itituts de 1396 semblent indiquer Tezistence, dans Tintérieur 
même de la maison, d'une sorte d'officier inférieur, — de dépen- 
sier,— qu'ils nomment le c prepositus », choisi parmi les bour- 
siers*. Cet officier procède chaque semaine dans la cour à la dis- 
tribation du vin, — et du bois pendant l*hiver, — opération qui 
est décrite avec minutie à l'article 35. Toutefois, son rôle au col- 
1^ de Fortet n^eut pas Pimportance que semblaient annoncer les 
nombreuses mentions des statuts de 1396; nous n'en entendrons 
plos jamais parler ni dans les visites ordonnées par le Chapitre ni 
dans les comptes. Il dut disparaître de bonne heure si tant est 
fu'il ait existé réellement; ses attributions furent dévolues en 
Partie au procureur, dont l'importance ne cessa de s'accroître, en 
P^e à la domesticité. 

Sur le budget des dépenses communes, ses ressources et leur 
Perception, les prescriptions des statuts sont un peu vagues. Ce 
'Clément, fait pour être durable, s'efforce quelquefois, lorsque 
^^ rédaaeurs s'en souviennent, de n'être pas trop précis. Ils 
I^nsent manifestement par endroits aux changements inévitables. 
< outefois, ils nous laissent suffisamment entrevoir en vue de quel 
Système le règlement a été élaboré. 

La dépense principale à inscrire à ce budget est celle de la nour- 
riture : toutes les denrées de consommation sont achetées en gros, 
Puis à la fin de chaque semaine on retient sur chaque bourse la 
Valeur de quatorze repas'. Mais les statuts ne nous disent pas 
dans quelle mesure la communauté elle-même doit participer à 
ces dépenses et si même elle doit aider de ses ressources les éco- 

1. C'est du moins ce que semble établir, à la fin de Part. 35, la phrase : 
c ... et est intentionis nostre quod virtute juramenti quilibet prepositus sit 
astrictus ad hoc fideliter faciendum, quod si appareat de contrario puniatur 
arbitrio sociorum vel majorls partis etiamsi necesse fuerit per substractio* 
nem bursarum. » Peut-être tous les boursiers étaient-ils c prepositi » à 
tour de rôle. 

2. Voy. Statuu, art. 22. Pièce justificative n* 2. Pour le vin et le bois de 
chauffage brûlé dans les chambres, chaque boursier paie en fin de semaine 
ce qu'il a effectivement consommé (art. 35}. 



lîcrs dont les bourses sont fiDrt grevées. Plus tard, dans la f 
elle coatribuera iDa)Ocirs pour ane certaine somme aux < 
collectiTes. 

Si les statuts restent muets sur ce point, par contre il 
minent exactement les contributions dues par les boursiei 
cun d'eux, lors de son entrée au collège, doit payer quarai 
parisis pour Tachât et le renouvellement des nappes et sen 
et tous, lors de la fête de la Purification, versent cinq so 
l'entretien du matériel'. 

Pour ce qui est de la literie et des menus objets me 
leur achat est a&ire toute personnelle'. 

Les autres dépenses sont supponées par le revenu du col 
particulier les frais supplémentaires de l'entretien du ma 
l'entretien de la chapelle^. 

Au-dessus de cet ensemble d'institutions règne Tinstitu 
proviseurs. Aucun paragraphe ne leur est spécialement a 
leurs attributions ne sont pas définies. C'est qu*en effet i 
pas besoin de les préciser, puisqu'elles s^étendent à Tensen 
tous les détails du gouvernement et de Tadministration 
lège. Des mentions fi^uentes témoignent de leur action 
selle et de leur intervention quotidienne. Tous les membi 
communauté leur jurent une révérence particulière'. Ils 
être au courant de tout ce qui se passe dans le collège*. 
eux qu'il appartient de mener les enquêtes et de statuer p 
rement, — en attendant la décision suprême de la comj 
— dans le cas où un boursier serait accusé d'être indigne < 
pable de jouir de sa bourse ; ils rétablissent Tordre après 
cordes et les rixes; toutes les punitions infligées par le 
peuvent être modifiées par eux; ils peuvent accorder dire 
toutes les autorisations et les suspendre®; leur présence es 
pensable lors de la reddition des comptes •; eux seuls 

1. Statuts, art. 36. Pièce justificative n- 2. 

2. Ibidem, art. 37. 

3. Ibidem, art. 45. 

4. Ibidem, art. 46. 

5. Ibidem, art. a. 

6. Ibidem, art. 3. 

7. Ibidem, art. 7. 

8. Ibidem, art. 1 1 . 

9. Ibidem, art. 41. 



234 trUDB HISTORIQUE 

et ceux qu'avait composés le fameux cardinale Sans doute^ les 
prescriptions du prélat parurent trop sèches et trop laconiques. 
Mais les commissaires du chapitre recoururent à un autre modèk 
presque aussi ancien : les statuts donnés en 1 3 1 1 au coll^ de 
son nom par Robert d'Harcourt, évêque de Coutances*. 

Ici rimitation est manifeste, elle apparaît d'abord dans Tordre 
des matières, — réception, discipline, administration, — Ton peut 
même dire dans Tordre des articles (les statuts d'Harcourt sont 
toutefois plus abondants) ; elle est visible dans le texte même. 
Quelques articles concernant des prescriptions disciplinaires ont 
été littéralement reproduits; les rédacteurs du texte de 1 396 avaient 
sous les yeux le texte de 1 3 1 1 : 

Statuts du collège d'Harcourt. Statuts du collège de Fortet. 

Art. xxviii. Item quod nullus Art. i3. Item nullus bibat in 

de domo bibat in taberna taber- taberna aut aliis locis inhones- 

narie sub pœna sex denariorum, tis sub pena sex denariorum, nec 

nec assuescat sub pœna uni us assuescat sub pena unius burse 

burse, et si assuefactus fuerit et et si assuefactus post monitio- 

post monitionem prions vel ma- nem provisorum et magistri non 

gistri non dimittat, expellatur abstineat, substrahantur burse 

omnino. vel alias puaiatur prout ulterius 

videbitur magistro. 

Les deux articles se correspondent mot pour mot; le chiffre 
même de Tamende est conservé; mais dans les statuts de Fortet 
les articles ont été condensés et Ton a confondu avec les tavernes 
les mauvais lieux qui font Tobjet, dans les statuts d'Harcourt, du 
paragraphe suivant. 

Les articles 14, 19, 24, 28 des statuts de Fortet sont de même 
copiés sur les articles 3o, 39, 42 et 47 des statuts d'Harcourt : 

Statuts du collège d'Harcourt, Statuts du collège de Fortet, ' 

Art. xxz. Item nullus roulieres Art. 14. Item nullus mulieres 
cujuscumque conditionis ezis- cujuscumque condicionis exis- 
tant, ad domum de nocte addu- tant ad domum de nocte ducere 
cere prsesumat, nec de die, nisi présumât, nec de die, nisi taies 
fuerint taies et in tali societate sint et taliter associate quod cons- 

1. Les Statuts du collège du Cardinal-Lemoine. Paris, 1766. — Ces sta- 
tuts datent de iSoa, i3o8, i3io et i3i3. 

2. Voy. Bouquet, Histoire du collège d'Harcourt, p. 579 et suiv. 



SUR LE COLLiGB DE FORTET. 



235 



^vxod constet priori domus et so- tet magistro et sociis inde nul- 

^i^s inde nullam malam suspi- lam malam suspicionem oritu* 

^onem orituram, sub pœna pri- ram, sub pena privationis bursa* 

^ationis. rum. 



Art. XXXIX. Item nullus addu- 
^t extraneos ad spéciales con- 
^egationes sociorum pro suis 
^ecessitatibus ordinandis. 



Art. 19. Item nullus adducat 
vel admittat extraneos ad spécia- 
les deliberationes scolarium tan- 
gentes négocia collegii. 



^Art. xLii. Item qui pulsata cam- 
■na in domo fuerit et ad men- 
non venerit, nihil habeat 
panem, exceptis tribus casi- 
^-^^^^s antedictis; si autem extra 
^^ ^rit et venerit cito post introi- 
^^^m, ad mensam comedat cum 
*- ^^is, etc.. 



Art. xLvn. Item nullus in villa 

^^^ceat extra domum sub pœna 

^^^^edietatis bursae, ni si de licen- 

^^^a prioris, vel post factum co- 

" ^m ipso sufficienter se excuset; 

^^nedpue nullus ad hoc assuescat 

^^ub pœna privationis, caeterum 

^^i post inhibitionem id commise- 

'^it, idem expellatur. Item statui- 

^^nus de tarde venientibus, vel 

nimis mane a domo recedentibus, 

modo indebito et suspecto. 



Art. 24. Item qui in domo pres- 
sens fuerit et ad mensam com- 
munem non venerit, nihil habeat 
nisi panem, exceptis casibus ne- 
cessitatis et causa rationabili su- 
pradictis; si autem extra domum 
fuerit et cito post introitum pran- 
dii venerit, ad mensam comedat 
cum aliis, alias non habeat nisi 
panem, nisi legitimam excusa- 
tionem habuerit, etc.. 

Art. 28. Item nullus jaceat ex- 
tra domum in villa, nisi de licen- 
tia magistri, vel post factum se 
excuset, et si monitus non desis- 
terit, suspendatur a bursis quous- 
que de ejus correctione appareat. 
Item statuimus de nimis mane 
exeuntibus et nimis tarde venien- 
tibus modo indebito et suspecto. 



L'idée de l'inventaire permanent de la bibliothèque et du mobi- 
lier est directement empruntée à Tévéque de Coutances; du même 
coup, on lui a emprunté les termes dans lesquels il Texprime et 
jusqu'à la date à laquelle il fixe la revision annuelle de Tinven- 
taire : 



Statuts du collège (THarcourt, 

Art. Lxxxn. Item statuimus 
quod de omnibus libris, utensili- 
bus aliis quibuscumque com- 
munibus, tam theologis quam ar- 



Statuts du collège de Fortet. 

Art. 33. Item ordinamus quod 
de omnibus libris, utensilibus et 
aliis omnibus bonis quibuscum- 
que, vocatis omnibus sociis pre- 




t invcntiriiim etquod 

prima septûnto^ 

, fiât ostensiopr^ 

.... ., — --„ ^ icorunnugîstroetpco* 

iizcrsnzcîtis s ^sùo- cai^mte ei alîis socus et 6^ 
~çs rt«-^ itwmnm. £ ûc .>jMujiA -> oompÊnào ad iorenuiium t^' 
^ir ar n « m w -rmr À Âis^s r»- ttft de dicds rebos ûkctnm in ^ 
nassàKSuir. s:s.saiciBKtcmSàai3ài. cbi ^wiwnniu reservatom; et ^ 
iisûzs^ lirti ji i- i ng' ^TsaxarwcET & liâqnd ddEecerit, diligenter r^ 
s TFT'*'' xe nrivi '^■** ' ' ^-gT'«^ri;fr ^cntxir ce si mlîqoid foerit aC'' 
jr TB'saaâi -î^Ji^ww^ rsoiaci?. jr'ùmw , in ioTenurio scribatoc 

ei bi sfdia fidditer reponatur. 



T-Trfrr ?nyT r^BSiTS crK^Es. siss itTC rédigés dans ks même 
.S£22( Tur s ^*«- ^ rioeaieat, amtiennait pour le mém* 



âSus: .3SS J2s>:«rija» isœ: à âk îieaxiqi] 

?^0Hârs js issais ^ Raècrt dTHarcDan îoaissaient-ils ai 
irc* sûds ^ T'T*?' zisacxâa/L roracafière de sagesse. Peat-étie leu 
.asscsnàcus ssnelis n oiilteiae , Ea «us cas, il n*est pas douteu 
en: is sans rr c-cilî^ïe ^ Foras n'en dérivent en partie. 

n Àic se nçoekr «grtnnrr?: que rimitadoo n a pas été senriJ 
3S k wr: ôs rrtmcnig;^ À Nocre-Dome. Les rctooches qu'ils oi 
iaii SL^ur a rrscss laiss îes ank^es nous prooTent qu'ils ont e 
je soQKc: c € nAt.Tggr > rùi» ^œ Je copier. Ib forent même toi 
î it : :r^,rj:5tcx mr r^rïsaècîc ca"îî$ ionnèient aux pouvoirs ai 
rrrT-:î5Svir5v ru.: 1« çtri^rres cozsrntj^naelics qu'ils s'octroyèrei 
1 ^,LX-Tr»^;::^^s^ rur I« prsct-tims prises pour assurer le fonaioc 

A ciirîr i:-^ : :- it^II : 5ç>f . le colii^ de Fortei était pourvu d 
r^^lîïT'îc: i U :V:5 r:^:»^xl e: iirr.::iisaarl: qui Tassimilait au 
^ri^lJS^«7^^c:s izd.lr-^jîs ie rL'n:v-rs::é Je Paris et lui conféra 
en r^îr^e :ec::;>s soc iriiviioLite prcpre. 11 ne paraît pas cepec 
ian: ^/,>e. ies : 5^r\ on aï: soa^ à ruascr de la théorie à la pra 
tique ai à pcocîvier a rjpplîcition iaté^rale des statuts en conr 
pteraa: ks iasdtutions imparfaites qui s'étaient ébauchées avai 
leur r^djcron. Et. rou: d'iS?rd, Ion ne se soucia pas de nomme 
CCS proviseurs auxquels les sututs faisaient de si fréquentes allu 
sions. Les anciens délégués du chapitre commis à Texécution d 
tesument de Pierre Fortet se trouvèrent investis, sans délégatio 



I. Cest peut-être à rinduence des statuts de Robert d*Harcourt qu'il H\ 
attribuer l'absence, au collège de Fortet, des châtiments corporels. 



SUR LE COLLÈGE DE FORTBT. 2 87 

nouvelle, des pouvoirs provisoraux indiqués dans les statuts. 
Quant au procureur, nous ne voyons pas qu'il en ait été nommé 
avant une date bien postérieure. En effet, jusqu'à Pâques 1397, 
il n'y eut pas lieu de compléter les institutions sur ce point; les 
commissaires du Chapitre n'eurent achevé qu'à cette date de trans- 
former, conformément à leur plan et aux intérêts du collège, les 
biens de la succession; il était naturel que jusque-là le collège 
^^ût sous le régime de début que nous avons décrit; le procureur 
^tait inutile; la perception des rentes fut faite après comme avant 
le 10 avril 1396 par Pierre RegnaultS — sans que celui-ci ait eu 
aucune situation officielle, — simple « garçon de recette » au ser- 
vice particulier des chanoines commissaires et responsable envers 
^iix seuls. 

D'ailleurs des circonstances diverses allaient reculer pour la 
Communauté l'heure de l'émancipation. En 1397, alors que ses 
x^^ssources devenaient, sous une forme avantageuse et commode, 
proportionnées à ses besoins, la période d'installation n'était pas 
close pour le collège de Fortet. Dès Pâques, les boursiers se pré- 
paraient à un déménagement. 

Le collège n'avait pas trois années d^existence et déjà la maison 
<le la rue des Cordiers paraissait trop étroite. 

CHAPITRE VI. 

Le collège de Fortet dans la rue des Sept-Voybs. 

Au commencement de l'année 1 397, — peut-être dès 1396', — 
les commissaires du chapitre songeaient à transporter ailleurs le 
siège de l'établissement qu'ils organisaient. On ne sait au juste, à 
vrai dire, quels griefs ils articulaient contre la maison désignée 

I. Bibl. nat., ma. fr. 863o, fol. 41 r*. c Item, payé à messsire Pierre 
Regnaulty jadit aerviteur de feu maiatre Pierre Fortet, qui fu commia par 
noua à faire l'office de la recepte dea rentea deuea audit deffunct pour cauae 
qu'il aavoît mieulx l'eatat que ung aultre, qui ad ce faire a vacqué depuia 
Paaquea rau IIII^XIIII juaquea à Paaquea Tan IIIIuXVII, exclua ledit 
terme de Paaquea, par an yixx 1. valent zxiiii Ib. > 

a. Le chapitre du compte, qui contient lea mentions qui aulreot, corn- 
mence par une dépenae datée du 24 avril iSgô (Bibl. nat., ma. fr. 863o, 
fol. 40 ▼*). « Premièrement pour la diatribution faicte en l'egliae de Paria 
pour ranniveraaire dudit deffunct de l'an mil III« IIII^XYI, le xziixi* jour 
d'avril... X Ib. » 



338 iniDK msTomiQUE 

pu- le fondateur lui-même. Gomme nous l'avons dit, ils Inir^vD* 
cfaaient vraisemblablement de n'être point assez vaste; peat-àit 
avaient-ils à se plaindre aussi de quelque voisinage dêsagréa2>koa 
dangereux. Toujours est-il que les trois chanoines étaient eorà 
en pourparlers avec des gens qui avaient des c ostek » à veodit. | 
Nous sommes au courant de quelques-unes de leurs démaidies. j 
c Par deux foiz », dans la même journée sans doute, nous les i 
voyons c passer l'yaue... pour aller visiter Tostel Colaid Gri- 1 
mault >; puis ils chargent c Jehan de la Haye, charpentier, et.. 
Jehan Pbelippot de Grigny, maçon, et... Jehan Le Faocbear, 
couvreur, et... ung derc » d'aller voir c Tostd dudit Odard 
Grimaud et Tostel de Tabbé de Saint«*Jehan en Valée pour savoir 
les reparacions qui estoient à faire pour adviser lequel seroit mal* 
leur pour faire ung hostel pour le collège* ». Enfin, les négoda^ 
tions aboutissent d^autre part Le Compte de Texécution test^' 
mentaire, arrêté à Pâques i397, contient déjà la mention ^ 
Tachât* consigné dans un acte du 29 avril suivant. 

Il s'agissait d'une c maison avecques une masure et leurs app^"^^ 
tenances... assise à Paris ou Mont-Saincte-Genevieve, en la n^ 
des Sept-Voyes, tenant d'une part à la maison qui fut Rogie^^ 
d'Anquetilie, oti demeure à présent le prieur de Saiiurt-Estieno^ ' 
de Nevers, et d'autre part à une maison appertenant à Tabbé t% - 
couvent de Sainte-Geneviève, ou demeure à présent maistre^ 
Jehan de la Londe, pédagogue, aboutissant par derrières à une^ 
autre maison et jardin appartenant à Tabbé et couvent de Saincte- " 
Geneviève, franche et quicte de toutes charges, cens, rentes et 
aultres servitutes quelconques et admortie »; le vendeur était 



1. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 40 v*. 

2. Ibidem, fol. 40 r*. c Item pour Tachât d'une maison assise à Paris ou 
Mont-Sainctê-Genevieve en la rue des Sept-Voyes, franches de toutes rentes 
et adraourtie, v^ et xi escus valent ad livres parisis iiii<^ lxviii I. p. Et nota que 
les xz escus furent donnez à cellui qui 6t vendre ladicte maison. > On appelle 
quelquefois dans le ms. fr. 863o Thôtel de la rue des Sept-Voyes c rostel 
du .Mont-Saint-Hilaire » (voy., en particulier, fol. 48 V). En eÉfet, on don- 
nait quelquefois à la région où s'établit le collège de Fortet en 1397 le nom 
du Mont-Saint-Hilaire; Téglise Saint-Hilaire se trouvait au coin de la rue 
des Sept-Voyes (rue Valette) et de la rue du Mont-Saint-Hilaire (rue de 
rÉcole-Poly technique) (voy. Lebeuf, nouv. éd., t. I, p. ia8-i3i, et Addi- 
tions de Bournon, p. 91. Le collège de Fortet n'était du reste nullement 
dans la paroisse de Saint-£tienne-du-Mont. Voy. Additions de Bournon, 
p. 210. 



SUR LE COLLÈGE DE FORTET. 23g 

€ noble homme monseigneur Loys de Listenois, chevalier, sei- 
gneur de Montagu ». Il cédait sa maison « pour le pris de cinq 
cens escuz d'or..., et en bailla la possession et saisine par la tra- 
dition des clefs de ladicte maison aux diz achetteurs* ». 

Le collège de Fortet s'enfonçait davantage dans la région des 
couvents universitaires. Il pénétrait dans cette zone développée 
sur le flanc nord de la montagne Sainte-Geneviève oîi le grand 
nombre des collèges faisait régner une paix relative. En face de 
Phôtel vendu par le sire de Listenois s'élevaient les murs du col- 
lège de Montaigu, et, dans la seule paroisse de Saint-Éticnne- 
du-Mont, se suivant en demi-cercle, douze autres collèges s'inter- 
posaient déjà entre le bruyant pays latin et la fondation du pieux 
chanoine : c'étaient les collèges des Cholets, de Navarre, de 
Presle, de Laon, du Plessis, des Écossais, de Tréguier, de l'Ave 
Maria ou de Hubant, de Saint-Michel ou de Chanac, des Trois- 
Évêques de Bourgogne, de Boncourt et de Beau vais*. Jean Chan- 
teprime, Bertrand de Cherne et Jean du Soc durent se féliciter de 
leur trouvaille. 

Nous avons l'avantage encore aujourd'hui de pouvoir nous 
arrêter, en passant dans la rue Valette, devant Timmeuble que le 
collège occupa jusqu'à l'époque de sa réunion à Louis-lc-Grand. 
Dans le haut de cette rue qui n'a reçu qu'en 1880 son nom aauel, 
tout près de la place du Panthéon, plusieurs bâtiments d'aspect 
ancien se succèdent de l'annexe de la bibliothèque Sainte-Gene- 
viève à la rue La place (autrefois rue des Amandiers). C'est dans 
ce pâté de maisons que le collège se trouvait compris. La tradition 
populaire, les érudits désignent même les bâtiments qui portent 
les n*** 19 et 21 de la rue Valette comme ceux qu'habitait jadis la 
communauté scolaire^. L'on conduit volontiers les curieux dans 
une cour dominée par une tourelle hexagonale qu'on appelle la 
Tour de Calvin; on les fait descendre dans une cave voûtée 
d'ogive, où la forme des chapiteaux et le dessin gauche des ner- 
vures attestent l'ancienneté de la construction^ et le visiteur croît 
avoir vu le collège de Fortet tel qu'il exista dans la rue des Sept- 
Voyes de la fin du xiv* au milieu du xviii* siècle. 

1. Voy. Pièce justificative n* 3. 

2. Voy. Lebeuf, nouv. éd., t. I, p. 25 1, 254. Beaucoup d'autres collèges 
ont été fondés par la suite dans la même région aux xv* et xvi* siècles. 

3. C'est ce qu'on lit dans les Additions de M. Bournon (p. an), à l'i^if* 
toire de Paris et de tout le diocèse de Lebeuf. 



240 Atcdb histokiqub 

En réalité, il faut distinguer les uns des autres les bfttinieati 
divers, — réunis aujourd'hui en une maison unique et groopéi 
sous deux numéros, — qui, sur le côté gauche, longent la partie 
supérieure de la rue sur une longueur d'une cinquantaine de 
mètres. Nous avons la preuve qu'ils ont subi des transfonnadoos 
nombreuses et que leur économie a été profondément modifiée 
au cours de cinq siècles. 

Malheureusement, nous ne possédons pas une série de plans 
qui nous permettent de suivre ces modifications. Les anciens 
plans de Paris ^, — Ton sait d'ailleurs qu'il n'en existe pas avint 
le XVI* siècle, — ne peuvent nous fournir sur la disposition des 
lieux aucun renseignement utile; ils nous indiquent vaguement 
l'emplacement du collège sans marquer de délimitation précise 
entre le collée et les maisons voisines; les bâtiments qui ne 
donnent pas sur la rue ne sont même pas représentés. 

Mais un plan du collège dressé lors de la réunion à Louis-le- 
Grand et daté de septembre 1764 (fig.) nous permet tout d'abord 
d'échapper à une erreur souvent commise; la maison qui port^ 
le n"" 19 de la rue Valette, — celle sous laquelle se trouvent \c^ 
caves fréquemment visitées par les archéologues, — ne doit pa>^ 
être confondue avec le collège de Fortet; elle est du reste biei^ 
connue; elle pone au xvi* siècle le nom du Pot-aux-Moineaux tX^ 
fut vers f 573 un des lieux d'assemblée des huguenots à Paris*. 
Cette maison existait sans doute en 1397; c'était probablement la 
maison du prieur de Saint- Etienne de Nevers', mentionnée dans 
l'acte de vente du 29 avril. La confusion établie entre le Pot-à- 

I. Alfred Franklin, Us Anciens plans de Paris. Paris, Léon Wilhelm 
1878-1880, 2 vol. in-fol. 

2. Voy. N. Wciss, Bulletin de la Société de Vhistoire du protestantisme^ 
année 1899, p. i36 (et années 1894, p. 262» 1889, p. ioo3, 1897, p. i5a). 
M. N. Weiss conclut que le Pot-à-Moineaux faisait partie du collège, mais 
la simple comparaison du plan de 1764 et de Tétat actuel des lieux rend 
cette conclusion tout à fait inadmissible. En outre, les textes ne permettent 
pas de placer la chapelle du collège dans le souterrain voûté, dont nous 
avons dit un mot. 

3. En effet, le Pot-à-Moineaux confine à V hôtel de Nevers (voy. plan de 
1764) et la maison où demeure Jean de la Londe appartient au couvent de 
Sainte-Geneviève; il y a donc quelque motif de croire que Pacte de vente 
du 29 avril i397 énumère les immeubles attenants du nord au sud. Toute- 
fois, la marche contraire n'est pas absolument impossible. 



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Mcm. Soc. Hist. Air/.v, XXXIIK p. :4.). 

PLAN DU COLLÈGE DE FORTET 

(Septembre i-jh^). 



SUR LK COLLÈGE DE FORTET. 24 1 

Moineaux et le collège de Fortet a fait dire que les réformés, au 
XTi* siècle, avaient célébré leur culte dans ce collège ^ 

D'*autre part, Thôtel du sire de Listenois, acheté en 1397, ne 
comprenait pas toute la longueur de bâtiments que comprend 
aujourd'hui le n*' 21 de la rue Valette et que représente le plan 
de 1764. Le corps de bâtiment, dont fait panie la tourelle dite 
Tour de Calvin, doit être, à la fin du xiv' et au commencement 
du XV* siècle, distingué du collège de Fortet. Cette maison est 
alors désignée par l'enseigne de la Corne-de-Cerf, et le collège ne 
Tannexa qu'entre 141 3 et 1417'. Le27 mai 141 3, elle est vendue 
par Catherine de la Ruelle à Jean de Brendiancourt, prêtre du 
diocèse de Bayeux^. D'autre part, un acte du 27 janvier 1441 
indique que la Corne-de- Cerf était déjà réunie au collège en 1417^. 
Quant au corps de logis perpendiculaire à la rue qui figure à 
gauche sur le plan de 1764 et qui existe encore aujourd'hui, nous 
ne pensons pas qu'il ait existé lors de l'achat; l'acte de vente n'en 
finit pas mention, et il paraît bien qu'il eût valu, en raison de sa 
situation par rapport au bâtiment principal, une description som- 
maire. Nous l'identifions par conjecture avec 1' « ostel tout nuef^ d 
qui, d'après le compte de Jean Chanteprime, fut construit en 
1409-1410*, peut-être en partie sur l'emplacement de cette 

I . Vùf, Enlart, Manuel d'archéologie française des temps mérovingiens à 
ta RenatMsance, t. I, p. 804. L*on se convaincra du reste au cours de cette 
étude que IMntrod action du culte protestant au collège de Fortet, dépendant 
du chapitre de Paris et sous les principaux qu'il eut au xvi* siècle, est 
chose impossible à priori. 

1. Sur l'identification de la Corne-de^Cerf, Ton ne peut avoir de doute. 
Li'acte de 144 1 place cette maison entre le collège lui-mcmc et Thâtcl de 
Marly, qui est bien connu. Le nom et l'enseigne de la Corne-de-Cerf sont 
postérieurs à iSqy, puisque l'acte du 29 avril ne mentionne pas la maison 
de U Come-de'Cerf comme l'une des maisons attenantes à Thôtel du sire 
de Listenois. 

3. Voy. Arch. nat., S 63oa, foi. 42 r'. 

4. Ibid., fol. 4a r* et v*. 

5. BibK nat., ms. fr. 863o, fol. 65-70. 

6. Ce corps de logis dut être l'objet d'une réfection ultérieure, car nous 
lisons dans la notice qui accompagne le plan de 1764 : c Le corps de logis 
sur la rue est de construction infiniment ancienne, mais solide d'origine, 
la moitié yers Sainte-Geneviève surtout, dans laquelle il y a beaucoup d'as- 
aiaes de pierre Unt sur la rue que sur la cour et plusieurs chaînes dans 
toutte la hauteur qui sont en bon état... L'éditice en aile de la cour est 
d'une construction plus moderne; il se comporte bien dans toutes ses par- 
ties et n'a besoin de réparations d'aucun genre. > 

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SUR LE COLLÈGE DB FORTBT. 243 

En i397, le collée et ses appartenances occupaient donc un 
Loag rectangle dont les petits côtés auraient longé d'une part la 
rue des Sept-Voyes, d'autre part les appartenances de la maison 
nommée depuis Thôtel de Nevers^ Les bâtiments, comme Ton 
iroit, n'étaient pas très considérables, mais l'espace libre qui 
s'étendait en arrière était vaste, ce qui convenait fort à une com- 
munauté de jeunes étudiants. 

Pas plus que lors de la création du collée, la maison destinée 
à abriter la communauté n'était prête à la recevoir. Il fallut y 
catreprendre sans délai d'importantes réparations. Sans doute ces 
léporations retardèrent-elles l'immigration des boursiers. Nous 
ne savons au juste à quelle époque ils passèrent effectivement de 
la me des Q>rdiers à la rue des Sept-Voyes ; mais il paraît presque 
impossible que le déménagement ait pu avoir lieu avant la fin de 
Taonée iSçS. En effet, les réparations qui furent jugées néces- 
saires dès f 397 n*affeaèrent pas seulement les parties superficielles 
des bâtisses : Ton refit jusqu'à des portions de mur mitoyen^; un 
escalier tournant fut repris de bas en haut; Ion mura d^anciennes 
portes; Ton ouvrit des portes nouvelles*; l'on remît à neuf les 
conduits des vieilles cheminées. En un mot, Geoffroy le Curé, 
qui avait jadis travaillé à la maison de la rue des Cordiers, fut le 
o^îtredu nouveau logis jusqu'au 14 octobre iSqS. C'est à cette 
*ite seulement que M* Regnault Lorier, maçon-juré du roi, et 
*** Estienne de Saint-Germain, maçon-bachelier, furent appelés 
pour toiser son ouvrage, et ces premiers travaux, en y comprenant 
le pavage de la cuisine, la reconstruction de son âtre et de ses 
^ttrs, les remaniements de toutes sortes qui durent rendre les 

^"ginairement de Thôtel de Nevers, dont H est un prolongement naturel, 
e^^u'en i365, époque à laquelle le collège de Fortet acquit l'ancien hôtel 
^ Nevers, ou peut-être plus tard, lors du démembrement de cet hôtel, les 
^Ursiers et le chapitre jugèrent à propos d'annexer aux bâtiments du col- 
^^ ce large espace propice aux ébats des jeunes pensionnaires et aux doctes 
P^menades des théologiens. — Il est dit aussi dans Tacte de vente de Phô- 
^^ <le Nevers (i5 janvier x365) qu'à la maison est attenant un grand jardin 
^ quePimmeuble touche par ses dépendances au cimetière de Saint-Étienne- 
^*Mont. Ces renseignements confirment ce que nous venons de dire au 
^f^X du c jardin des Boursiers ». 

'• Le nom de l'hôtel de Nevers n'existe pas en effet en 1397. On ne 
^^^me point ainsi la maison à laquelle l'hôtel de Listenoit confine par 
^^'rièrc dans l'acte du 29 avril. 
*. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 5a V. 
3. Ibidem, fol. 5i v. 



144 inJDB HisiouQim 

diambres iababittUes tmndis qoe Ton j procédait, — ptr eien 
le renouvellement des pknchen et des Umhris, — ne ooûtéf 
pM moins de douxe cent quatre-vingt-douxe livres dix sooi de 
deniers ^ Mais pendant que Geoffroy travaillait aux man, a 
vreurs et charpentiers transformaient les combles et les toits; 
remplaçaient les pièces usées des charpentes; ils r^misssieot 
faîtage et les rampants de tuiles neuves; puis Jehan Muoicff < 
vertu d*un marché passé avec M* Jean François, fisrra les fisoétr 
et les huis et mit des serrures à toutes les portes. 

L*on avait soigneusement prévu au cours des tnvaux 1 
besoins de la communauté. L^on n*avait oublié ni la cuisine ni 
chapelle. Il semble que la « masure' », c'est-à-dire la c ped 
maison » adossée au bâtiment principal^ ait contenu à la fois Toi 
et l'autre. Les textes indiquent une construction composée d'i 
resB-de-chaussée et d^un étage, le bas étant afiecté à la cuisine, 
haut à la chapelle*. D'ailleurs, la nouvelle affectation de la m 

I. &îbL nst., ms. fr. 863o, totaux des fol. ht r-56 v*. 

a. Comme nooi TsTont dit, il n*ett plus jamais question de la msi 
dam les documeots du collège. Cett par hypothèse que nous la plaçons à 1 
droit où l'on construisit la chapelle et la cuisine puis plus tard ancorpi 
logis nouveau; maïs lliypothèse est fort vraisemblable. D'abord, si 
corps de bâdment déjà construit n'y eut invité, l'on n'aurait pas téoBL 
chapelle et la cuisine. En outre, dans les mentions qui concernent la cui 
et la chapelle, on emploierait des expressions qui indiqueraient une o 
truction neuve de tous poinu 8*il s'agissait d'une copstruction nouvelle. 
rien de cela. 

3. Les textes suivants nous paraissent clairement prouver : i* que la 
sine et la chapelle éuient sous le même toit; a* que la chapelle éutt im 
diatement sous le toit. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 5o r* : c Item pou 
paine et labour du couvreur pour couvrir le feste de la grant maison a 
tost après ce qu'elle fut achetée et pour couvrir le fute de la chapeiii 
nouvel faicte, pour tout xii 1. — Item au charpentier par merchié faict ( 
soingnier le bois nécessaire et icellui mettre en euvre pour le corps du f 
de la cuisine et chapelle dudit hostel et pour la vis qui siet delex ledit a 
de maison, xliiii 1. > Fol. 5i v* : « Item pour le pignon d'icelle cuisine 
devers le jardin a vi t. ii piex de hault, a compter les fondemens qui i 
VII piez en terre au-dessoubz de la taille, a mesurer jusques au quarré 
II t. de lès a mesurer par dedens euvre qui valent xii t. demie vi piea. i 
Ces textes prouvent aussi que le bâtiment de la cuisine et de la chap 
avait été complètement refait. Dans le compte du Résidu de Tezécul 
(ms. fr. 863o, fol. 5o et 53 r), on oppose ssns cesse la « grant maison b 
la c vielle maison » à c la neufve maison b ou à la chapelle. ~ La situai 
de ce bâtiment nouveau que nous mettons à la place de l'ancienne mas 
est indiquée comme il suit, fol. 5a r* : c Item pour une espolete de n 



I 

■■-4 



*.Cr — — - 



SUR LB COLLÈGE DB FORTET. 2, 

lonnene n'alla pas sans des modifications importantes; les mu 
forent reconstruits, le pignon fut re&it, ainsi que la charpente 
h couverture; l'on dut utiliser surtout du bâtiment primitif] 
npports angulaires et une partie des matériaux. Les frais < 
liptration et d'embellissement de Tbôtel de Listenois s*élevère 
entoat à quatre cents livres environ. Mais personne ne dut regrc 
ter l'emploi de cène somme considérable à l'aménagement d'ui 
aime demeure, donnant sur une large cour tout à fait séparée ( 
Tatérieur, où l'air arrivait abondant par-dessus de larges end 
plantés d^arbres. 



CHAPITRE VII. 

>^<$:; I L^ADMnnsTRATiON DE Jban Chahteprime (i 397-141 2). 

Quelques auteurs frappés par Tachât conclu le 29 avril 1397 < 

''^ôtel oti le collège de Fortet vint s'établir pour près de quat 

^ntsans ont fixé sa fondation à cette date^ Ils se sont trompé 

''Maison se serait anendu à ce qu'ils se fussent moins trompés qu4 

^ ont fait : on aurait pu croire en effet qu'à partir de 1 397, ou pi 

^Xk partir de 1398, lorsque les boursiers habitèrent le nouv 

* '^meuble, une vie nouvelle aurait commencé pour la commi 

^^Qté et que les chanoines, renonçant à exercer plus longtem 

^^-^t de nuef en la closture du jardin emprës la nuefve maison, évalué 

^mie toise iiii piez. » Fol. 5z v* : c Et premièrement le pan du mur de 

^^^iiine par devers la court a m toises un piez et demy de long a compt 

^^^puit la vis jusques au coin par devers le Jardin,.. > Notre hypothèse, q 

^^lace la cuisine et la chapelle à l'endroit où l'on élèvera plus tard le bâi 

^^ttnt formant aile à gauche de la cour (plan de 1764) s'accorde donc pa 

^^«itement avec les indications fournies par les textes. La « masure >, la ci 

^ine et la chapelle s'avancent en effet le long de la cour vers le jardi 

auquel fait face le pignon du petit bâtiment. — L'on peut s'étonner de vc 

^xtte construction neuve remplacée dès 1409, mais il est probable que c'éti 

une construction très légère. 

I. C'est ce que croit Jaillot, Recherches critiques, historiques et topogr, 
phiques sur Paris^ 5 vol., 1773. Quartier Saint-Benoit (t. III). Sa noti 
contient du reste plusieurs autres erreurs. — C'est ce que croit aussi Coch 
ris, notes de son édition de Lebeuf, op. cit,, t. Il, p. 702-703. Lebeuf, qu 
corrige, ne se trompait du reste pas moins en confondant la date du test 
ment de Pierre Fortet, celle de la création du collège et celle de son tran 
fert à la rue des Sept- Voies : il place le tout en 1 391, t. II, p. 601, é 
Cocheris. — Béraud Dufey, en i8ab, reproduisait l'erreur de Jaillot dai 
ion Dictionnaire historique de Paris^ voy. Fortet. 



146 frUDB HISTORIQUE 

sar k collège leur mtelle an peu oppressive, l'auraient abaodflHft 
au fonaionnement régulier de ses instimtions. Il n'en fot iJBb 
Les biens du collège furent administrés comme par le pani^fl^fJ^ 
plus exactement, Ton continua d-administrer comme par le poil 
les biens de la succession; Ton ne nomma point de procnicvH 
les privilèges de rassemblée commune demeurèrent lettre maM' 
La date de Pâques 1 397, à laquelle est dos le Compte II': 
Texécution tesumentaire et que nous pouvons regarder caam 
marquant le terme normal de la période d'organisatioB| m 
fit pas époque aux yeux des contemporains en ce qui «Mp 
cbait le collège de Fortet. Il n'y eut point à ce moment d^uift 
brusque dans la gestion des commissaires du chapitre, et, à 
l'exercice que concerne le compte en question se trouve efiectiT^ 
ment terminé à la date de Pâques 1397, il est certain que ce pan 
final ne fut déterminé qu'à une époque ultérieure et que k 
compte ne fut, en fait, arrêté que plus tard, pour une période 
arbitrairement limitée. La date à laquelle il fut examiné en eit 
une preuve*. En réalité, les commissaires du chapitre con- 
tinuèrent à exercer leurs fbnaions sans même songer à I0 
résigner. 

Il y eut plusieurs causes à la prolongation de cette situanoa 
transitoire. Quoique dès les premiers mois de 1397 le collège fût 
pourvu de revenus suffisants pour fouir de son existence propre, 
les chanoines ne pouvaient, dès lors, considérer leur œuvre 
comme entièrement accomplie; on n*avait pas encore prélevé sur 
Tactif de la succession tout ce que Pierre Fortet devait à diverses 



I. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 42 r*. Nous lisons à la suite du compte 
de rexécution testamentaire proprement dit : c Cest le compte du résidu 
de l'execucion de feu maistre Pierre Fortet de ce qui a esté receu et mis 
depuis Pasques, Tan mil CGC II 11^* et XVII, jusques a Tonziesme d'aoust 
Tan mil CCCC et douze, fait et rendu par moy Jehan Chanteprime, doyen 
de Paris et conseiller du Roy nostre sire, à ce commis de par messeigoeurs 
de Chapitre. Et est assavoir que depuis le trespas dudit Fortet, qui trespassa 
le xxvi* jour d'avril {sic) Tan IIII" et XIIII, jusques audit an IIII^^ et XVII 
environ pasques a esté rendu compte de ladicte execucion par maistres Ber- 
tran de Thierne, Jehan du Soc et moy Jehan Chanteprime, chanoines de 
Paris, et, par la an dudit compte, la recette passa la mise, comme il appert 
par la on et conclusion dudit compte ouy et examiné ledit an IIII^ et XII, 
le XI* d'aoust, par maistres Nicolas d^Orgemont et Jehan Durant, chanoines 
de Paris, à ce commis de par mesdits seigneurs de Chapitre, en la somme de 
xv« iiii"xviii I. vin s. un d. • 



248 ^TITDB HISTORIQUE I 

rations et les constructions, préside à la conclusion des marchés 
avec les entrepreneurs. Seul il tient la comptabilité. Pendant ce 
temps, Jehan du Soc paraît employé par Jean Chanteprime à cer- 
taines missions que les nombreuses occupations de celui-ci ae 
lui auraient pas permis de remplir lui-même*. Du reste, dans le 
courant de Tannée 1397, il quitte le Chapitre; dés le mois d'avril, 
il ne siège plus aux assemblées. Il ne semble pas qu*il ait été 
remplacé dans ses fonctions d^exécuteur testamentaire et de proTi* 
seur. Quant à Bertrand de Cherne, sa physionomie s*efface promp- 
tement et disparaît. Il n'est plus question de lui depuis le diner 
qu'il donne^ lors de la cession de la maison du Clos-Bruoeau à 
M* Olivier de Lempire. Il devait avoir une bonne table : c'était 
le traiteur habituel de nos hommes d'afifaires. Nous n*avons point 
d'autre trace de son aaivité en tant que proviseur. Peut-être fut-^ 
remplacé en iSgô par Laurent de La Mongerie qui, le 14 juiV^^^ 
1399, cède la place à Robert de Lorris'. 

Comme Ton voit, Jean du Soc, Bertrand de Cherne et ses si>^ 
cesseurs, au point de vue administratif, sont sunout des comparse 
Leur rôle, à cet égard, consistait presque uniquement à déteiP- 
Tune des clefs de la cassette, déposée dans le trésor de TÉglise, fp 
était enfermé l'argent de la succession; la seconde clef était entT 
les mains de Jean Chanteprime. Peut-être jouaient-ils, en a 
qui touchait la discipline intérieure du collège, un rôle plus actif 
Un partage avait pu avoir lieu dans ce sens entre les proviseurs 
Nous serions tentés de le croire, en remarquant que Jean Chan- 
teprime, le 4 septembre 1402, spécifie que Robert de Lorris n( 
s'est point mêlé de la gestion financière^; et que, d'autre part 
le même Robert de Lorris est chargé, le 22 août 1401, avec ur 
de ses collègues, le chanoine Hue, de mener une enquête contn 
un boursier turbulent et vicieux'. Jean Chanteprime est don< 
devenu l'administrateur unique et tout-puissant. Le Chapitre 

1. C'est lui qui va régler les affaires de Luzarches le 20 mai iSgy. V07 
Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 47 v*». 

2. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 40 V. 

3. Arch. nat., LL 262, fol. 2 v. c Hodie magister Laurentius de Monge- 
ria reddidit claves M' P. Forteti quas acceperat a .%!• Bertrando de Tyhernc 
et traditae fuerunt M' Roberto de Lorriaco, canonico parisiensi; deputatus 
est provisor collegii Forteti cum M* Johanne Chanteprime dominas et magis- 
ter Robertus de Lorriaco. » 

4. Ibidem, fol. 3 r". 

5. Ibidem, fol. 2 v*. 



SUR LE COLLÈGE DE FORTET. 249 

surtout après son élévation au décanat, lui laisse la plus grande 
hiitiative*. Le lo mai 1402, la Compagnie approuve en bloc tous 
les achats de rentes antérieurement conclus par lui, et il semble 
que, par la suite, elle se soit très peu occupée des affaires de son 
département. 
C'est là une situation tout exceptionnelle. 
Car, en prindpe, le Chapitre n'abdique point entre les mains de 
ses représentants le privilège de sa souveraineté collective; il pré- 
tend prendre une part active et journalière au gouvernement du 
coUè^. Dans le même temps oti Jean Chanteprime gère sans 
cx)QtrôIe les finances de la commynauté, la Compagnie, conformé- 
ment à une règle de conduite à laquelle elle n'a guère dérogé que 
pour lui seul, intervient dans le détail des questions de discipline^. 
i-es proviseurs ont, dans l'assemblée, l'attitude de rapporteurs. 
Les chanoines délibèrent. Un vote avait lieu sans doute lorsque 
^^s avis étaient partagés. 

D'autre part, le Chapitre ne cesse d'exercer ses droits de colla- 
^^lir des bourses. Des demandes lui sont adressées de Paris et 
^*Auvergne. Dès le 5 septembre 1397, une vacance lui donne l'oc- 
5^^sion de satisfaire à Tune d'elle'. De 1397 à 141 2, nous relevons 
^^ mention de sept collations^, mais dès cette époque il est impos- 
^^ble de dresser une liste complète des boursiers du collège : Téta* 
^^lissement d'un tableau révèle plusieurs omissions dans les 
'^^cgistres des Délibérations capitulaires. 

1. Arch. nat., LL 262, fol. 3 r*. « Placet dominis quod quidquid fecerit 
^' Johannes Chanteprime circa reditum emendum pro coUegio defFuncti 

Domîni Forteti valeat et teneat. » 

2. Arch. nat., LLzôa, fol. 2 v*. c Johannes Pigeave, clericus, scolaris col- 
legii Forteti, studens in artibus, petiit licentiam eundi ad partes usque ad 
Faschas, quae sibi coocessa fuit per Provisores et consentiit quod in casu 
quod ipse non veniret in termino predicto, quod, elapso eo, D*^P^ovisores 
posaint disponere de bursis suis ipso facto et jure. • Ici, quoique l'inscrip- 
tion au registre des délibérations prouve que les proviseurs ont rendu 
Compte de ce qu'ils ont fait, le rôle du chapitre paraît assez efifocé. Il n'en 
est pas de même dans le texte suivant (27 nov. 1402) : c Data est licentia 
f^hiiippo Marcelli, scolari collegii Forteti, audita relacione magistri Jahannis 
Chanteprime super hoc commissarii deputati, se absentandi a dicto collegîo 
Usque ad instantes Brandones, hoc acto quod ipse Philippus expresse con- 
sentiit et voluit quod in casu quod infra tempus prœdictum in coUegio 
prsefato non redierit, eo ipso vacent burse praefiite ac de ipsis bursis dis- 
ponere valeamus tanquam de pleno vacantibus. » 

3. Ibidem, 5 sept. 1397, fol. 2 r*.- 

4. Ibidem, fol. 2 r* et v et 3 r. 



350 ÉT17DB HISTOUQUE 

Le maître du ocdlège est alors, — et depuis la fin de Vanoée 
i3g^^ — M« Jean François, qu'on appelle aussi Jean Bov- 
riUet. 

Ce devait être, si nous en jugeons par les mentions assez doo- 
breuses Eûtes de son nom dans les actes de l'Université, un homme 
d'une activité exceptionnelle. Mais il paraît aussi qu'il ne dut pis 
à ses seuls mérites ses succès dans T Université et dans VÈ^ 
M* Jean François était Bourguignon : le Cartulaire de rUoi- 
versité* le nomme « dericus eduensis >, et nous voyons, d'après 
le compte de Jean Chanteprime, qu^il lui arriva d'aller en Boor- 
gogne pendant la durée de son magistère; or, nous avons la preuve 
qa*il était protégé par le duc de Bourgogne, puisqu*en 141 8 Jean 
Sans-Peur intervint en sa Ëiveur auprès du Chapitre de Paris'. 
Rien de surprenant à ce que, pourvu d'une protection si puis- 
sante, Jean François ait fourni une brillante carrière. Il fut d'ail- 
leurs un fidèle sujet du plus redoutable vassal de la couroanCf ^ 
nous verrons qu'il eut l'occasion de servir sa politique. 

Nous ne savons rien de Jean François avant le 3 1 juillet iHV 
A cène date, le € rotulus » de l'Université le cite parmi les maitt^ 
es arts de la province de Sens'. En 1396, lorsqu'il signe coaU^^ 
maître du collège les statuts capitulaires, il est en outre bacheli^ 
en décret. Nous ignorons comment il se désigna tout jeune ^ 
choix des chanoines quand il Êillut remplacer Jean Teztoris : 
n'avait alors pas plus de vingt-cinq ans, puisqu^en 1448 il éta 
à peine septuagénaire*. Peut-être la recommandation du di 
Philippe ne fut-elle pas étrangère à sa nomination : les fonctioi 
de maître du collège de Fortei n'étaient ni très lucratives ni tr 
honorifiques, et Ton peut se demander si un duc de Bourgogi 
se dérangeait pour si peu de chose; mais il arriva vingt ai 
après qu'un ecclésiastique se proposa aux suSSrages des chanoin 
collateurs comme candidat du roi. 

Installé dans la place, M* Jean François s'y comporta d'aboi 
de manière à satisfaire les supérieurs du collège. Son zèle éta 
admirable. En rappon avec les fournisseurs, traitant directeme; 
avec eux, opérant quelquefois la recette, comme il paraît par certaii 



1. Deniâe et Châtelain, Chartularium Universitatis Parisiensis, t. 
p. 65. 

2. Arch. nat., LL 262, fol. 6 v*. 

3. Chartularium Universitatis Parisiensis, U III, p. 45i. 

4. Ibidem, t. IV, p. 89, noie ii. 



1 



S0R LE COLLÈGE DE FORTBT. %$! 

articles des comptes, il était le digne lieutenant de Jean Chante- 
primée En même temps, il poursuivait ses études; bachelier en 
1396,11 était licencié en décret en 1403 et déjà étudiait la théologie 
depuis cinq années '. Sous ce maître, étudiant comme eux, et qui par 
ïigt ne les dépassait guère, les boursiers observaient cependant 
uoe stricte discipline. Yves de Cormeilles, le boursier turbulent 
qui mettait le désordre au logis, avait été dénoncé au Chapitre et 
exdus'. Jean Bourrillet passait pour un parfait magister. Malheu- 
reusement, il avait trop d'affaires en tête. C^était un homme 
remuant et ambitieux, soucieux d'accroître sa fortune et d'aug- 
menter sa situation. 

Plein de goût pour ses fonaions quand il résidait au collège, 
il ne tarda pas à les négliger parce qu'il se permit des absences 
de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues. En jan- 
vier 1399, il avait une première fois quitté Paris pour la Bour- 
gogne^. Comme la présence d'un maître était indispensable, les 
chanoines lui avaient donné un suppléant provisoire en la per- 
^onedemaître Jehan Vaillant, « subroguéou lieu dudit maistre». 
Il était certainement revenu au mois de juin'; peut-être cette 
absence fut-elle de très courte durée. Mais ses occupations exté- 
n'eures se multiplient : en 1402, il paraît avoir été notaire public 
w dresse à ce titre, pour la nation d'Angleterre, Tacte par lequel 
I^ bedeau Bomondus consent à ce que la nation fasse un emprunt 
^^ engageant « virgam, calicem et missale, pro complemento sco- 
^^Um septem arcium* ». Puis ses intérêts le rappellent vers son 
P^ys; du 20 octobre 1407 au 18 avril 1409, Jean Vaillant le 
*^Pplée à nouveau^. A son retour, d'autres soins le sollicitent; il 

^ • Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 43 r% 47 r*, 5o r. 

^ . Denîfle et Châtelain, Chartularium Universitatis Parisiensis, t. IV, 
^" 82. 

^. Arch. nat.y LL 262, fol. 2 v*. 
^^^ Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 46 v. « Item, le xix» de janvier 1III« XVIII, 
^^illé à maistre Jehan Vaillant, subrogué, ou lieu dudit maistre qui esloit 
^ Bourgoigne, vi f., valent un 1. xvi a. • 

5. Ibidem, c Item, ou mois de juing IIII" XIX, baillé audit maistre Jehan 
^ranfois par les mains messire Estienne de La Chapelle, zx 1. • 

6. Denifle et Châtelain, Auctarium chartularii Universitatis Parisiensis^ 
^- I, p. 847, n* 4. 

7. Bibl. oat., ms. fr. 863o, fol. 47 v*. c Item, le xx* jour d'octobre ensui- 
vant, baillé à maistre Jehan Vaillant, viii 1. • Fol. 48 r*. c Item, le 
Xviii* jour d'octobre oudit an IlirVIII, baillé oudit Vaillant pour faire 
Curer la court dudit hostel, vu 1. iiii s. d*une part, et lxxiii s. le xviu* jour 



252 iStudb historique 

est en 1 409 nuntius de la nation de France * et Ta représenter rUni- 
versîté de Paris au concile de Pise *. Peut-être est-il dès cette époque 
trésorier de Téglise de Sens*. En 141 2, il accompagne le recteur 
chez Tofficial lorsque le reaeur fait transcrire la bulle de 
Jean XXIII qui concède à TUniversité la prérogative des cinq 
articles^. Par la suite, nous le retrouverons mêlé à toutes les 
affaires dans lesquelles TUniversîté eut quelque part. 

Cette existence accidentée préparait de graves désaccords entre 
le maître et messieurs les supérieurs. Néanmoins, tant que vécut 
Jean Cbanteprime, il n'y eut pas de rupture éclatante. L'état du 
collège demeurait, du reste, satisfaisant. Les chanoines avaient 
trouvé en Jean Vaillant un intérimaire toujours dispos, dooti^ 
utilisaient les services. 

La période de ce magistère, qui s'étend de 1397 à 1412, n'^' 
pas absolument vide d'événements importants pour le coUè^ 
Jean Cbanteprime eut fort à faire depuis Tinstallation de la co^ 
munauté dans Thôtel du sire de Listenois. 

En effet, dans la deuxième moitié de Tannée 1397, les tro 
rentes principales sur lesquelles vivait le collège atteignirent lei 
terme de rachat et furent remboursées par les débi -rentiers. Jea 
de Saulx racheta vers la Saint-Jean pour mille écus, c'est-à-dii 
pour neuf cents livres parisis les cent livres tournois de rente qu 
avait vendues le 4 février 1397. Bureau du Mesnil racheta cii 
cent quatre-vingts livres les cinquante huit livres de rente con 
tituées en iBqS. Il fallait remplacer ces revenus taris; Ton 1 
vit pas longtemps de ses capitaux réalisés. Jean Cbanteprime 
mit en quête; Jean Salebruche, le chanoine qui avait occuf)é 
maison claustrale devenue vacante par la mort de Pierre Fort< 
se trouvait avoir besoin d'argent : il constitua au collège ui 
rente de 24 livres, rachetable dans un délai de deux ans; dei 
mois plus tard, Ton s'adressait à un membre de cette noblesse dé 

d'avril ensuivant, comme il appert par deux cédules de lui, x 1. xvii s. 
Peut-être l'absence de M* Jean François fut-elle encore plus longue, mt 
les documents ne permettent pas de dater son retour. 

1. Denifle et Châtelain, Auctarium chartularii Universitatis Parisiensi 
t. II, p. 47, note I. 

2. Denifle et Châtelain, Chartularium Universitatis ParisiensiSy t. I 
p. 89, note 1 1 . 

3. Ibidem, 

4. Denifle et Châtelain, Chartularium Universitatis ParitiensiSy t. I 
p. 225, note. 



SUR LB COLLÈGE DE FOBTET. 253 

besogneuse qui tendait aux riches communautés des escarcelles 
avides; Jean Braque, chevalier, vendit une rente de quatre-vingts 
livres parisis. Puis, en 1 399, ropération fut à refaire : ces rentes 
ayant été rachetées au bout de deux ans, il fallut trouver d'autres 
emprunteurs*. 

Entre-temps, en décembre 1398, Jean Salebruche avait vendu 

une seconde rente de 16 livres. Le 18 janvier 1400, Jean Chante- 

prime retrouva une débitrice en la personne de dame Marie de 

Béthune, la femme de ce vicomte de Meaulx qui avait jadis fait 

^ire avec les commissaires du Chapitre; elle constitua pour 

àtVLi mille cent écus une rente de cent cinquante écus; létaux 

était peu rémunérateur pour l'époque, mais les garanties étaient 

bonnes. Le placement éuit sûr. 

ïï Le collège conservait ainsi un revenu toujours égal, au prix 

j ^*vine vigilance et d'une activité continues de la part du proviseur 

f ^ viqucl incombait la gestion financière. Il fallait veiller à la rentrée 

^^s arrérages, se préoccuper après les rachats des achats nouveaux; 

^an Chanteprime, pour satisfaire à ces nécessités diverses, dut 

^^nir une comptabilité assez compliquée. 

En 1402, il enregistrait la restitution des huit cents livres qui, 

^^^puis Pâques 1395, coûtaient à Robert de Meaulx un intérêt de 

^^ 5x pour cent. Ces huit cents livres étaient en partie employées à 

^^^eter sans retard à Mahiet de Raye une rente de quarante livres 

^^umois remboursée au bout d'un an; puis au mois de mai delà 

^^ême année, on achetait vingt écus de rente à Paonnetde Prie; 

^^n juin, dix livres tournois de rente à Philippe de Villiers, sire 

^d'Armenon ville; dix livres parisis à Pierre de Champignolles, 

'lx)urgeois de Paris, et vers le même temps une rente de vingt- 

xleux écus au trésorier de Laon, qui la rachetait Tannée suivante; 

en août^ Henri de Savoisy, doyen de Langres^ constituait une 

rente de cent écus au prix de mille quatre-vingt-une livres'. 

Comme Ton voit, pendant Tannée 1402 les transactions avaient 
été fon aaives, et, sauf pour Tafifaire conclue avec Pierre de 
Champignolles, qui s'était moqué de ses créanciers, le collège 
n^eut pas à s'en plaindre. Les rentes furent perçues sans difficulté. 
Leurs capitaux, qui ne sont pas portés en dépense dans le compte 

1. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 42 r* et ▼*. Pour Jean Salebruche (de 
Saarbrûck), voy. Sarasin (Ârch. nat., LL 236), p. 3i. 

2. Bibl. nat., ms. fr. 863o, fol. 42 v«. 



%Sa, ^tuds histomqub 

lorsqa^ils ont été remboursés, paraissent avoir été toujoars roco- 
pérés sans mésaventures. 

Mais les opérations reprennent bientôt de plus belle. En 1403, 
Jean de Sakbruche vend à nouveau une rente de vingt livres; 
puis y en 1405, Ton remplace la rente rachetée par Henri de 
Savoisy et celle qui semble avoir été perdue pour le coU^ebn 
de la mort de Pierre de ChampignoUes; le 18 juin, on achète 
trente écus de rente au client habituel du collège, le vicomte de 
Meaulx, qui les rachète en mai 1408; en septembre, nouvelle 
affidre avec Jean de Salebrudie, qui constitue au profit de la œm- 
munauté une rente de huit livres; en oaobre, Jean de Sains, 
évéque de Gap, Jean Roubant et Jean François, exécuteurs testa- 
menuires de messire Jean Périer, fournissent une rente foncière 
de seize livres quatre sous parisis. Après un temps de répit, en 
juin 1406, le collège acquiert pour cinq cents écus comptant une 
rente de quarante écus constituée par Francequin de Blande&qu& 
En 1407, Jean de Salebruche rembourse tous les capiuux qu'il 
détenait. Jean Bouurvilliers, boulanger^ fournit en remploi en 
novembre et décembre une rente foncière de quatre livres « sur ^ 
maisons et leurs chambres, ainsi comme tout se comporte, assise 
en la rue de la Court- Robert à Paris » ; Pierre Curtet, cordonni^ 
de MaroUes en Brie, vend quarante sous parisis de rente sur u^^ 
maison de la rue Darnetal et sur une maison de la rue Sain^^ 
Martin; Colin Vilain, valet de chambre du roi, huit livres di^ 
huit sous de rente sur deux maisons de la rue aux Gravilliers ^ 
de la rue Transnonain; Jean Holebert, qui est propriétaire <0 
ces deux immeubles, les grève d'une rente de quarante-huit sou 
parisis au profit du collège*. 

En tin, de 1408 à 1410, nous assistons encore à trois achats de 
renies : les vendeurs sont un gruyer des bois de Sénari, Roben 
Grivau,qui, du reste, rachète, « environ les Brandons 1111*= IX», 
la rente de vingt écus qu'il avait constituée; puis messire Golan 
d'Estouteville, chevalier, seigneur de Torcy, vendeur pour une 
première fois en 1 408 d'une rente de cent francs payée mille florins 
qu'il rachète à Pâques, Tannée suivante, et pour une seconde fois 
en juin 1410, d'une autre rente de cent écus payée le même 
prix*. 

1. Bibl. nat., ms. fir. 863o, fol. 4a V-43 ▼•. 
a. Ibidem, fol. 44 r*. 



S0R LS OOLL^GB DE PORTET. 255 

^ous avons donné un tableau complet des opérations financières 
qui occupèrent Jean Chanteprime de 1397 à 1414. Un tel exposé, 
— dont nous avons à nous excuser auprès du leaeur, — était 
nécessaire pour qu'on pût se représenter les occupations d'un 
cxKntnissaire unique, obligé de négocier ces achats avant de les 
conclure et de se reconnaître à tous moments dans les fluctuations 
d'an revenu multiple et mobile. Il offre peut-être aussi quelqu'in- 
térêt à un point vue plus général ; le mode d^exploitation des capi- 
taux auquel dès lors, c^est-à-dire dès la fin du xiv« siècle, on a 
ncours de préférence comme au mode de placement le plus pra-* 
tique et le plus sûr, c'est, au fond, le prêt à intérêt. Il n'existe 
gotealors de ces grandes entreprises industrielles, grâce auxquelles 
ducuQ peut aisément de nos jours faire fructifier son avoir et 
tenter la fortune sans encourir le reproche d' « usure », au sens 
toédiéval du mot. Mais l'usure, le prêt à intérêt, est interdite par 
''^lise et ses conciles. Cette interdiction cause un profond malaise 
^incite au subterfuge: Ton a recours à des placements analogues, 
mais qui sentent fort l'artifice. La « rente constituée », connue 
^^Puis le IX* siècle, — que nous voyons si fréquemment utilisée 
P^rlecoUège, — tend à se rapprocher du prêt pur et simple. L'on 
^t dire qu'à la fin du xiv* siècle, et dans les conditions oti nous la 
^9yons contraaée, elle est le prêt sans le nom. En effet, originai- 
^^ent. Ton constitue une rente en faveur de telle personne sur 
fl bien déterminé ; la rente est due par telle terre ou tel immeuble ; 
^t une charge foncière ou immobilière qui grève tel immeuble 
^ tel fonds. A l'époque oti nous nous plaçons, les mentions du 
^tiipte de Jean Chanteprime et les actes mêmes de constitution 
1^ rente nous montrent que le débi-rentier répond du paiement 
.^^5 arrérages sur tous ses biens*. La rente est toujours due par 
^ ^tnmeuble ou les immeubles plus spécialement désignés dans le 
"^ntrat, mais l'immeuble désigné ne joue plus que le rôle de 
^^rantie principale; le débi-rentier oblige en même temps la 
^^talité de sa fortune immobilière : la cloison qui sépare ici la 
^tiarge réelle de la charge personnelle est, comme on le voit, bien 
^mincie. Mais il y a mieux. Ce qui différenciait surtout la rente 

I. Certaines mentions du compte de Jean Chanteprime indiqueraient 

^^lême que certaines retites achetées pour le collège sont constituées sur des 

l^ersonnes, non sur leurs biens. La chose n'est pas impossible. Ces sortes 

^e rentes constituées sur des personnes ont existé, quoiqu'elles fussent 

interdites par TÉglise. 



a56 iiuoB HisrouQus 

consrituée da piét à intéiét, œ qai rendait la rente constifBft j 
tolérable à TÉglise, c^est qoe Targent remis au dâ>i-reoder/ar 
k crédi-render était un don définitif. Il ne pouvait donc te 
qnesdon de c rachat • dans l'acte de consdtution de la rente. Mm 
comme, en définiÛTe, l'on cherche d'une pan i c emprunter »!'»• 
gent d*autruî sans grérer à perpétuité ses biens immobilien^et 
que Ton veut bien, d^autre part, c prétqr * son argent à la ooodi- 
don de ne pas s'exposer aux foudres de TÉglise, Ton s^aoooamoe 
peu à peu à considérer que ces rentes sont essendeUemeat lacte- 
taUes. L'aae de consdtution fixe même un délai de rachat IMi 
lors, qu'est-ce que Tachât d'une c rente consumée > siooa lep^ 
même, avec une clause rebdvc au remboursement da cà^^- 
Cette transformadon de la rente constituée était doiK aoooDf^ 
au xiy* siècle, et nous constatons qu'ici encore la pradqiiei^^^ 
précédé la théorie : ce n^est en effet qu^n 1420 qu'une bolk^^ 
Mardn V déclare licite le rachat des rentes ^ 

Jean Chanteprime, en dépit de son caractère d'ecclésiasdqa^^ 
traTailla donc consciencieusement à tourner les lois de l'Égfise. 
Son labeur fit vivre commodément le collège durant seize années. 
En outre, il lui laissait, quand il abandonna sa gestion, des revenus 
suffisants pour condnuer à subsister sans recommencer aussitôt 
la chasse à la rente. Le seigneur de Torcy, Francequin de Blan- 
deque, Philippe de Villiers, Jean de Loques, héritier de Marie 
de Béthune, Jean Holebert, la succession vacante de Jean Perier 
fournissaient ensemble un revenu annuel de trois cent trois livres 
dix sous parisis. auquel s ajoutait le produit des baux à rente 
conclus par les exécuteurs testamentaires en 1 396. 

Il faut remarquer toutefois que quelques-unes de ces rentes 
commençaient à ne plus rentrer sans effort. Le seigneur d'Arme- 
nonville, le seigneur de Torcy, messire Jean de Loques, Jean 
Foucault, le preneur des terres de Palaiseau se montraient mau- 
vais débiteurs ^ Déjà les temps étaient durs. Le pays, qui ne 
subissait pas encore la formidable crise qu'il traversa à la fin du 
premier quart et dans le deuxième quart du xv« siècle, n'était 
cependant pas prospère. Mais, cOiTime le revenu constitué par 
Jean Chanteprime excédait de beaucoup les besoins ordinaires de 
la communauté, il n'en résultait pour elle aucune gène. 

I. Voy., au sujet des rentes constituées, P. Viollet, Histoire du droit chil 
français, a* éd., 1893, p. 6S0 à 683. 
a, Voy. Bibl. nat., ms. fr. 8ô3o, fol. 43 v et 44 v*. 






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D*aatre pan, dès k 20 join 1414*, deux bounien ameottt 
dioisis dans les deux groupes entre lesquek, quœqu^on ea eût,li 
cùmmunauté se panageait : Jacques Croisset, dans celui des bou- 
siers de Paris^ Astorg Deschamps, d'Aurillac, dans celai da 
boursiers d'Auvergne; ils devaient vaquer i la procure akemiti* 
vement d*année en année. Nous ne savons pendant combien fc 
temps fiit pratiqué ce singulier régime, imaginé dans le but d'es* 
treienir la paix entre les deux firaaions trop aisément rivab. 
Néanmoins, l'office de procureur éuit définitivement créé. Déior* 
mais le procureur sera mentionné dans tous les actes où le collège 
interviendra, entre le principal et les boursiers. 

A la même date, la communauté manifestait pour la premiàe 
fois qu'elle était devenue personne morale. Le ao juin, le maître 
et les boursiers vinrent en corps au Chapitre pour qu'on doaoât 
quittance en leur présence et avec leur approbation aux liquida- 
teurs de la succession Chanteprime des deux cent soixante-sdst 
livres dnq sous detix deniers remis au collège comme reliqait 
justifié de la gestion du doyen*. La communauté pouvait dès Ion 
utiliser le fameux cofire dont les statuts de iSgô avaient déter- 
miné le mode de fermeture. 

Cependant, la disparition de M* Jean Chanteprime ne tarda psi 
à se bire sentir. Jusqu'ici sa main ferme avait réuni dans la coo 
corde les volontés divergentes. La discorde naquit spontanémen 
quand il fut mort. 

Nous ne savons exactement quelles querelles s'élevèrent entr 
les chanoines et M* Jean François. Peut-être une dette de troi 
cents livres que le maître du collège avait retenue sur des arri 
rages directement reçus par lui n^y fut-elle pas étrangère'. E 
outre, il est probable qu'il pâtit de sa qualité de fidèle Bourgui 
gnon : Paris était alors aux Armagnacs. Quoi qu'il en soit, a 
commencement de novembre 141 4 il se trouvait « prisonnier e 
la conciergerie du Palais par le moyen de certaine complaim 
empêtrée par doyen et Chapitre de Paris ^ ». Y eut-il accord entr 

1. Arch. nat.y LL262, 20 juin 1414, fol. 3 v*. 

2. Ibidem, fol. 4 r*. 

3. Bibl. nat, ms. fr. 863o, fol. 43 r*. Â propos d'une rente due par 1 
vicomte de Meaulx : c Nota que messire Jehan-François dict avoir rece 
XII* 1. de ladicte rente dont il demeure chargié » (écrit d'une autre main qu 
le compte lui-même). 

4. Parlement, Conseil, X»» 4790, fol. 147 v, 3 novembre 1414 : c Samedi 
tien jour, maistre Jehan François, maistre du collège de Fortet à Paris c 



SUR LB GOLLiGt di fOBTBT. 363 

le Chapitre et le prisonnier? Celui-ci bénéficia-t-il, malgré tes 
attaches bourguignonnes, d*une intercession efficace? On Fignore, 
nuis le 3 novembre il fat « eslargi par messieurs les présidents 
par main souveraine... du consentement de Symon le Gras, pro- 
cureur desdits doyen et Chapitre... i. 

Délivré, le maître, sans manifester de rancune, se remit à 
l'exercice de ses fonctions; nous le voyons en 141 5 en relations 
administratives avec les supérieurs majeurs du collège ^ 

La situation du collège ne laissait alors rien à désirer. Outre 
ses rentes et sa réserve, la communauté avait à recouvrer unecer* 
uine somme d^arrérages que les débi-rentiers n^avaient point 
payés aux termes échus avant la mon de Jean Chanteprime. Phi- 
lippe de Villers était redevable, en avril 14 1 3, de trente-dnq livres 
douze sous. Le sire de Torcy de cent livres, Jehan Foucault de 
cent quarante livres. Quant à messire Jehan de Loques, l'héri- 
tier de Marie de Béthune, qui devait déjà près de huit cents 
livres en 141 3, il avait laissé sa dette s'accroitre jusqu'au chi£fre 
de mille cent vingt-sept écus, c'est-à-dire de mille quatorze livres 
six sous. Cet arriéré constituait une avance à réaliser. Aussi le 
maître et les procureurs s'employèrent-ils à faire rentrer au plus 
tôt ces capitaux inertes. Leurs efforts aboutirent le 5 mars 141 5 à 
une transaaion avec le principal débiteur' : pour trois mille écus, 
messire Jehan de Loques était tenu quitte des arrérages et de 
rente. Il dut payer aussitôt les deux mille écus qui représentaient 
le capital de la rente rachetée, car dix jours plus urd le collège 
acheuit pour ce prix, avec l'assentiment du Chapitre, à Charles 
de la Rivière, comte de Dammartin, premier chambellan du 
duc de Guyenne, deux cents livres tournois de rente annuelle et 
P^uelle^, gagées sur les terres de Souppy en Lannoys et 

prisonnier en la conciergerie du palais par le moyen de certaine complainte 
^petrée par doyen et chapitre de Paria, a esté et est eslargi par messieurs 
1^ pretidenta par main souveraine quousque. Du consentement de Symon 
'c Grat, procureur desdits doyen et chapitre, et de maistrc Guillaume le 
Breton, chanoine et procureur des doyen et chapitre de Sens; présent à ce 
et non contredisant maistre Jehan Fourcaut, procureur de monseigneur 
ï*e?eique de Paris. » 

I* Arch. nat., Sarasin, LL 262, fol. 4 r« et v*. 

*• Ibidem, 5 mars 141 5 (n. st.), fol. 4 r*. 

3. Arch. nat., M 126, n* ai, i5 mars 1415 (n. st.). Contrat de constitution 
^us le sceau de Tanneguy du Châtel, garde de la prévôté de Paris, do 
**o livres toomois de rente, au principal de 2,000 écus à la couronna par 



a64 ÉTUDB HISTORIQUE 

d^AiUebaudières*, et sur tous les biens du comte. Quelques mois 
plus tard, la communauté se procurait un supplément de garan- 
tie en faisant ratifier ce contrat par la comtesse Blanche de Dam* 
manin, qui, par aae du 8 septembre 141 5, renonçait à ses droits 
sur les biens de son mari dans la mesure où ses droits seraient 
en concurrence avec ceux du collège'. 

Ces garanties accumulées et la richesse du débi- rentier ne 
rendaient pas l'affaire meilleure. La reprise de la guerre de Cent 
ans allait être particulièrement funeste à la maison de la Rivière. 
La communauté avait donné ses écus sonnants pour un titre 
bientôt vain et longtemps inutile. L^achat de cette rente est à 
noter surtout parce qu^il est l'origine d'une suite de procès presque 
inextricables, dans lesqueb le collège s'embarrassa pour plusd^un 
siècle. 

Les mille écus que devait encore messire Jean de Loques dureot 
être assez promptement versés, car c'est vers cette époque que le 
collège acheta la maison de la Come^e-Cerf, Nous ignorons 
tout de cet achat; aucun témoignage direa ne nous en a été con- 
servé. Les locaux du collège étaient presque doublés par Tan- 
nexion de cette maison voisine; tout porte à croire qu'ils abri- 
tèrent dès lors un certain nombre d'hôtes désireux d'habiter une 
maison tranquille et qui partagèrent parfois, en même temps que 
leur demeure, la table des écoliers'. 



monseigneur Charles de la Rivière, premier chambellan du duc de Guyenne, 
au proht du collège de Fortet, sur les seigneuries de Souppy en Lannoys 
et dWillebaudières et sur tous ses autres biens. Sceau disparu. 

1. Soupir, Aisne, arr. de Soissons, cant. de Vailly; Allibaudières, Aube, 
arr. et cant. d'Arcis-sur-Aube. 

2. Arch. nat., M 126, n* 2», 8 sept. 141 5. Lettres sous le sceau de la châ- 
tellcnie de Rochefort par lesquelles madame Blanche, comtesse de Dam- 
mariin, ratifie et approuve le précédent contrat de constitution de 200 livres 
tournois de rente conclu par son mari. Sceau disparu. — Ce Charles de la 
Rivière était fils de Bureau de la Rivière, premier chambellan de Charles V, 
qui avait acquis une immense fortune. Charles épousa, en i3g2y Blanche 
de Dammartin, comtesse de Trie. Présent à la bataille d'Azincourt, il quitta 
le champ de bataille sans avoir tiré l'épée. Sa sœur fut la célèbre Perrette 
de la Rivière, femme de Gui VI de la Roche-Guyon, mort à Azincourt. 
L'on connaît son héroïque attitude contre les Bourguignons et les Anglais. 
Elle refusa de prêter hommage au roi d'Angleterre. Voy. Siméon Luce, 
la France pendant la guerre de Cent ans^ 2* série, p. i5o-i8o. 

3. C*est en 1445, le 26 mai, qu'il est fait pour la première fois allusion 
à un hôte du collège. 11 s'agit d'un nommé Jean Cornut, à qui le maître du 



:^ ; 



SUR LE GOLLàOB DE 70RTBT. 265 

Cependant, les relations du Chapitre et du maitre du collège 
ne s^étaient pas définitivement améliorées. Soit qu*il eût réelle- 
ment affaire en Bourgogne, — et Thypothèse est vraisemblable 
puisqu'il est certain qu'à cette époque il était trésorier de Téglise 
de Sens, — soit qu'il ne se sentît pas en sûreté dans Paris, terro- 
risé par Bernard d'Armagnac, M« Jean François ne tarda pas à 
s^éloigner de nouveau. Cette fois, le Chapitre s'impatientait. Le 
doyen, Jean Tudert, accompagné des deux proviseurs et du cha- 
noine Durand, se rendit le 9 juin 1416 a la rue des Sept-Voyes 
et constata solennellement l'absence du maitre^ On n'osa pas 
néanmoins le relever de ses fonctions: mais on nomma M« Jean 
Vaillant, qui avait rendu tant de services à la communauté, 
« substitutus dicti magistri », et on l'investit de tous les pouvoirs 
magistraux pour un temps indéterminé, « quamdiu placuerit 
dominis de Capitulo parisiensi ». Le remède opposé à la négli- 
gence du maître était plus grave que ces remplacements tempo- 
raires confiés autrefois, sans nomination, à un homme sérieux et 
connu du Chapitre. Le « suppléant » avait maintenant une exis- 
tence officielle et rien ne disait qu'au retour de M* Jean François 
r^ dût lui céder la place. Au demeurant, le collège avait été trouvé 
^^ bon ordre; les boursiers y étaient au complet. 

Mais le Chapitre ne s'en tint pas longtemps à la mesure provi- 
«01 re prise contre l'instable magister. Au mois d'octobre, une 
^^Oimission, composée du doyen et des chanoines Day, Can- 
nelle et Courtecuisse, fut chargée d'examiner les statuts afin d'ap- 
prendre à la Compagnie quelle conduite elle devait tenir, confor- 
n^^ment à leur esprit et à leur lettre, à l'égard d'un maître toujours 
^l>scnt*. Peut-être les chanoines avaient-ils reçu de la part du 
gouvernement le conseil officieux de se débarrasser du Bourgui- 
gnon et de faire place à un candidat agréable aux Armagnacs; 
^^T le registre des Délibérations capitulaires, en même temps qu'il 
ttous apprend que cette commission a été formée, nous apprend 
aussi que, par le plus grand des hasards, messires Guillaume 
Cousinot, P. de Lesclat et R. de Tuillières sont venus solliciter 
^ Compagnie de la part du roi en faveur de M* Jean de Rou- 

^llége confie, contre caution, la clef de la librairie de la communauté 
(Arch. nat., LL 262, 26 mai 1446, fol. 14 r). 

>• Ibidem, 9 juin 1416, fol. 4 v*. 

*• Ibidem, 14 oct. 1416, fol. 4 v« et 3 r«. 



i66 iruvE HmouQUB 

▼ray, licencie en théologie. Cette rcoommandatiofi éqniTalaition 
ordre auqad, en ces temps de violences, il eût été pea sage de ne 
pas obéir; le i6 octobre, la commission rendait compte qu'a 
▼ertu des stamts M* Jean François, absent da collège sans la po^ 
mission du Chapitre, devait perdre sa charge*. Le Chapitie 
déclara donc M* Jean François déchu de son c^Bce comme oe 
résidant pas au coll^ et « pour plusieurs autres causes > sar 
lesquelles, en prévision d'une volte-face de la fiortune, on joga \ 
inutile de s appesantir; il nommait à sa place M* Jean de Roa- 
vrav. Le nouvel élu n*éuit que sous-diacre, ce qui constituait une 
vi<^tion formelle et^du règlement et du testament de Pierre For* 
tet; on lui accorda un délai de six mois pour recevoir la prêtrise. 
Jusque-là, il ne toucherait qu'une bourse hebdomadaire de cinq" 
sous parisis, le surplus étant réservé au prêtre qui acquitteradt 
pour lui les messes de fondation. 

M< Jean de Rouvray fiit installé solennellement le 1 9 oaobre 
1416'. Il prêta serment et reçut ses lettres de nomination, dans 
lesquelles il était bien spécifié qu'il ne resterait en charge qu'au- 
tant qu'il plairait au Chapitre. On n'aurait trop su prendre de 
précautions contre le candidat imposé d'un parti encore triom- 
phant, mais déjà compromis. 

Le 1 3 janvier suivant, une lettre de protestation de M* Jean 
François- Bourrillet, qui n'était point d'humeur à se résigner aux 
avanies, raffermit les chanoines dans leurs desseins de prudence'. 
Mais il n'y avait pas lieu pour l'instant de donner à Texilé plus 
de satisfaaion; il fut décidé qu'en attendant qu'il comparût devant 
le Chapitre rien ne serait changé aux décisions prises. 

Entre-temps, le Chapitre ne cessait de surveiller les finances du 
collège; il autorisait les boursiers à verser à la caisse de Téveque 
quatre livres parisis pour Tamortissement des revenus que le 
collège possédait en sa censive^; il prescrivait un arrangement 
avec ce Jean Foucaut, qui en était arrivé à devoir cent écus d'ar- 
rérages pour une rente annuelle de quatorze livres*; il continuait 
à pourvoir aux bourses vacantes; il nommait procureur à la place 
de Jacques Croisset, qui avait renoncé à sa bourse, le boursier 

1. Arch. nat., LL 262, 16 oct. 1416, fol. 5 r*. 

2. Ibidem, 19 oct 1416, fol. 5 r*. 

3. Ibidem, i3 janvier 1417, fol. 5 v*. 

4. Ibidem, novembre 14 16, fol. 5 r*. 

5. Ibidem, 29 janvier 141 7, fol. 5 v. 



SUR LE COLLAI DK 70RTBT. 267 

lacqoes de Vérac^ Il semble que les deux procureurs aient alors 
Qerêé leur charge concurremment, Tun remplissant les fonctions 
d* t économe » de rétablissement, « ad provisiones iaciendas 9, 
Paatre chargé de recouvrer les rentes et de s'occuper des procès, 
< ad recipîendum quittancias et ad lites >. Nous voyons, en effet, 
qu'à la date du 25 août 141 7, deux mois après la nomination de 
iaques de Vérac, on nomme un second procureur, Jean Crois- 
sant, dont les fonaions paraissent distinctes de celles du procu- 
x^ur précédent et qui ne paraît pas lui succéder*. Enfin, le Cha- 
;>itre s'occupait de reviser les statuts; une première fois, à la fin 
cle 1416, une commission fut nommée dans ce but'; une seconde 
fois, en août 1417^, le doyen fut chargé de nommer lui-même 
xme commission de réformateurs. Mais ces paisibles travaux 
n'eurent pas le temps d'aboutir. 

La France et Paris traversaient en effet une période de troubles 
épouvantables. La guerre étrangère affamait la capitale. Les 
Bourguignons étaient aux portes; le 29 mai 141 8, les portes leur 
furent ouvenes et les désordres et les massacres recommencèrent 
plus terribles qu'au temps de Caboche. Les chanoines s'étalent 
dispersés; ils restaient à Paris moins d'une dizaine' et Ton con- 
çoit que dans des conditions telles toute organisation fût ruinée; 
ies anciens visiteurs des collèges étaient parmi les fugitifs. Le col- 
lège de Montaigu, semble-t-il, avait perdu dans ce bouleverse- 
ment écoliers, régents et maître^. Les chanoines qui demeuraient 
essayèrent cependant de maintenir Tordre; ils nommèrent deux 
d'entre eux proviseurs du collège de Fortet, qui eut ainsi ses pro- 

1. Arcb. nat., LL 262, 14 juin 1417, fol. 5 v*. 

2. Ibidem, 23 août 141 7, fol. 6 r*. 

3. Ibidem, 3o déc. 1416, fol. 3 r*. 

4. Ibidem, 28 août 141 7, fol. 6 r*. 

3. Voy. LL 241, fol. 107 T*. Sarasin écrit (pour Tannée 1419) : c En tabula 
X>D. capitulantium et est notandum quod ceterit DD. absentibua propter dia- 
«idia regni per trea a DD. aupraacriptia, vel quatuor vel aeptem capitolum 
duntazat celebrabatur et negotia mazimi momenti ibidem proposita foenint 
quae ipsonim cura et vigiliis et constantia faciliter ezpoaita eztiterunt. Idem • 
notandum circa praedictos DD. anno 1420 capitulantes. » En effet, en 1420, 
les chanoines qui ont assisté aux chapitres sont en tout onse (voy. LL 241, 
fol. 109 V). Leur assemblée était présidée par le soua-chantre Lie)art. Noua 
pouvons ajouter qu'il en eat de même dana toute la seconde moitié de l'an- 
née 1418. Voy. LL 112. 

6. Il n'est plus question de Montaigu à cette époqut dana tot registres 
capitulaires. 



a6S iroDK bistouodk 

viseurs particuliers, ce furent Pierre d^Orgemout et Jean de 
Courtecuisse^ Ce dernier, malgré ses opinions orléanaises, hnh 
tement proclamées jadis, avait eu le courage de ne pas quittera 
cathédrale. La formule par laquelle, le ap août, on les désigDi 
indique d'ailleurs qu^à la rue des Sept-Voyes Ton n'ignonduniK 
ces temps effroyables aucune des angoisses qui étreigoaiem la 
population parisienne; ils furent élus c éd providendum sadiri- 
bus collegii Forteti pro vitalibus et aliis necessariis ». L'épidéoûc 
qui sévissait en même temps que la guerre civile n*épargni pu 
non plus l'humble maison : elle y taisait à la fin de Tannée 141B 
deux viaimes, Pierre Mailet et Jean Vacheret, tous deux Pan- 
siens*. 

La rentrée de Jean Sans-Peur dans Paris avait eu, entre autres 
effets, celui de remenre en question la nomination du maître dt^ 
collège. Le duc avait ramené avec lui sa clientèle; Jean Fnii?>^' 
se présenta à la barre du Chapitre. Il réclamait sa réinstallai^' 
comme « magister »; il réclamait le paiement des messes qn^ 
collège lui devait encore. Le 1 1 janvier 1419» le Chapitre ord^ 
nait à Jean Croissant de payer à Bourrillet ce qui lui était dC 
Pour ce qui touchait le magistère, il avait, dès le ai octobre 14^ 
gratifié M* Jean de Rouvray du titre ftcheux de c suppléant 
mais il remettait à d^autre temps sa décision^. . 

Bourrillet insista. Il était l'ami personnel du duc de Bourgogn 
et le duc de Bourgogne était le maître de Paris; Jean Sans-Pei 
écrivit au Chapitre en faveur de son protégé'. Grande fut la pc 
plexité des chanoines. Ils répondirent au duc. Nous ne connai 
sons pas leur réponse; mais il est probable qu'elle fut humbl 
quoique volontairement confuse; contraints par les circonstana 
ils déclarèrent sans doute reconnaître M* Jean François comme 
maître légitime, mais ne firent aucune promesse précise au suj 
de sa réinstallation effective. En somme, ils comptaient beaucoi 
sur les moyens dilatoires; leur « conclusion » du i5 février 141 
porte que c pour l'instant » il ne sera innové en rien quant a 
magistère. Et le temps passa. 

Huit mois s'écoulèrent. Le 10 septembre 1419, Tinterventio 

1. Arch. nat., LL262, 29 août 1418, fol. 6 r*. 

2. Ibidem, 21 oct. 14 18, fol. 6 r*, et 9 nov. 141 8, fol. 6 r. 

3. Ibidem, 11 janvier 141 9, fol. 6 r*. 

4. Ibidem, ai octobre 14 18, fol. 6 r*. 
3. ibidem, i3 février 14 19, fol. 6 v*. 



i 



SUR LE COLLÈGE DB 70RTET. 269 

dès gens du bauphin dans rafBaire de Montereau rendait M* Jean 
François moins gênant pour le Chapitre et, momentanément^ 
écartait du collège de Fortet le péril bourguignon. M* Bourrillet 
avait perdu son redoutable protecteur; il put croire, ce jour-là, 
qa*il ne franchirait plus jamais le seuil du collège. 

Néanmoins, il restait en bonnes relations avec la cour de Bour- 
gogne, et depuis la lettre de Jean Sans- Peur ses droits de magister 
loi avaient été reconnus. Une année s'écoula encore. Lorsqu'en 
septembre 1420 il fut question, pour une cause que nous igno- 
rons, de remplacer M* Jean de Rouvray S Texistence de M* Jean 
François, maître légitime, constituait une difficulté. 

Le recteur vint en personne au Chapitre présenter le candidat 

de l'Université, M* Denis du Cellier, maître es arts. Cette 

démarche, qui consacrait officiellement leur droit à la supériorité 

l'u collège, ne dut pas être désagréable aux chanoines ; mais comme 

Jis ne siégaient pas en nombre suffisant, ils demandèrent un délai 

^D de s*informer de Topinion des absents. Quinze jours après, 

^e Chapitre se prononça : le candidat du recteur était agréé*; mais, 

""^ personne de M* Bourrillet formant toujours obstacle, on ne le 

^^mma qu'à titre provisoire et précaire, en attendant la solution 

^^finitive des questions pendantes. C'est dans ces conditions qu'il 

t^^éta serment. 

Enfin, le 16 mai 1421, — M' Jean François avait sans doute 
^iaitté Paris, — le Chapitre parut disposé à prendre des résolu- 
tions viriles*. M* Denis du Cellier ayant demandé qu'on lui déli- 
vrât ses lettres de nomination, on les lui délivra sans qu'il fût 
Plus question de M* Jean François, en y joignant les dispenses 
opportunes. 

Que se passa-t-il entre ce mois de mai et le mois d'octobre sui- 
vant? C'est ce que nous ne pouvons dire; Jean François bénéfi- 
cia sans doute dans cet intervalle de temps de ses relations bour- 
guignonnes, qui, depuis la mort de Jean Sans-Peur^ paraissaient 
lui être moins utiles. Il lui avait suffi peut-être, pour en tirer 
profit de nouveau, de revenir à Paris après une de ces longues 
absences dont il était coutumier. Il ne faut pas oublier que depuis 
le traité de Troyes (21 mai 1420) les Bourguignons, alliés aux 
Anglais, jouissaient à Paris d^une grande influence. 

1. Arch. nat., LL 262, 2 septembre 1420, fol. 6 v*. 

2. Ibidem, 16 septembre 1420, fol. 6 v*. 

3. ibidem, 16 mai 142 1, fol. 7 r*. 



%JO irUDB HItTOUQtlB 

Toujours est-il qu'«n octobre M* Jean FiEnçob est maltn Ai 
ooll^, et nous voyons qn^il j est rentré en ▼ainqueu^^ Il pide 
alors un fier langage* Comme oe qui lui était dû pour ses nom 
lui a été payé en monnaie courante, c'est-à-<iire en monnaie fiuhk^ 
il entend recevoir un honnête supplément. Les chanoinei Ai- 
dinent et lut proposent un don de trois firancs en monnaient- j 
imnte. Il n'en est pas satisfiût. Le lendemain, les duuxHoes loi i 
offrent le double ; il leur bit la grâce d'accqMer *. Bourrillet api» 
tient à la faction triomphante. 

Mais ces événements complexes et le triomphe final de M* Bont^ 
riUet n^ont pas découragé le sèle des chanoines à Tégard du coDèp 
de Fortet. Les proviseurs se succèdent aussi régulièrement que 
possible en des temps aussi troublés. Le proviseur P. d'Orgemoat 
est successivement remplacé par le chanoine Intrant', puis, le 
•9 juillet 1410, par Guillaume de Villers^, tandis que Courte 
cuisse reste en charge. Promu à Tépiscopat et devenu titulaire do 
si^ de Paris*, Jean de G)urtecuisse, — c Johannes Brevisoozee», 
— est remplace à son tour le 19 octobre 1421 par le chant» 
Franchomme, qui, avec son collègue ViUers, continue à présider 
aux destinées du collège jusqu^en 1430*. Les notes des registres 
capitulaires ne nous font pas assister à Tacdon des proviseurs en 
tant que gardiens que la discipline; mais nous ks voyons enquê- 
ter pour le collège dans diverses afibires touchant à ses int^èts 
pécuniaires. Ils font, le 18 mars 1414, accorder un sursis au sel- 
lier Renaud Duché ^, qui doit au collège une rente de soixante 
sous parisis. Le 5 oaobre 1425 et le 4 septembre 1426, le procu- 
reur Pierre de Villers*, successeur depuis le 8 novembre 1423 de 
Jean Croissant*, décédé, est autorisé sur leur avis à renoncer à 
deux rentes dues par des maisons de la rue de la Pierro-au-Lait 
et de la rue Saint- Victor, qui tombent en ruines et sont hypo- 
théquées au delà de leur valeur. Ces brèves mentions témoignent 

I. Arch. nat., LL 262, i3 oct. 143 1, fol. 7 r*. 
ft. Ibidem, 14 oct. 1421, foi. 7 r. 

3. Ibidem, 3 juin 1419, fol. 6. Il 7 a erreur. P. d'Oger est mis pour 
d'Orgemont. 
4« Ibidem, 29 juillet 1420, fol. 6 t*. 

5. Arch. nat., LL241, fol. m r*. 

6. Ibidem, LL262, 29 oct. 142 1, fol. 7 r*. 

7. Ibidem, 18 mare 1424, foi. 7 ▼*• 

8. Ibidem, 4 sept. 1426, fol. 7 v«. 

9. Ibidem, 8 nor. 1423, fol. 7 ▼•. 



SUR IX OOIXiGB DB rORTBT. 2^1 

seaks que le ooU^ a, depuis 141 4, risqué quelques placements 
nouveaux; elles indiquent aussi assez clairement le déplorable état 
de la fortune publique. 

D'autre part, la communauté éprouve des désagréments d^une 
autre espèce, et ce que n'ont pu produire les blessures d'amour- 
propre causées par la viaoire de Bourrillet, une question d'argent 
est SOT le point de Topérer : la désaffection du Chapitre à Tégard 
do coU^e, une séparation entre les chanoines et la fondation 
scolaire de Pierre Fonet. Sauf, à la fin du dernier siècle, Tinter- 
ventioQ d'un sergent dans ses affaires, le collège s'est tenu jus- 
qu'ici à Técan de la chicane ; en 1425, il commencée exister pour 
les gens de justice. Or, les premiers procès du collège se pré- 
sentent au Chapitre sous un aspect fâcheux, sinon inattendu; 
c^ en effin le Chapitre qui est à deux reprises assigné devant le 
préTÔt de Paris au double titre d'exécuteur testamentaire de Pierre 
Fonet et de supérieur de son collège. Nous ignorons la nature et 
1^'etd^un procès intenté parles Célestins et nous ne savons quelle 
toornure prenaient vers le i*' avril 1480 les péripéties du litige* . 
^is à cette date une grande discussion s'élève au cours d'une 
'^semblée capitulaire : certains chanoines, pris de judicieux scru- 
tes, se demandent jusqu'à quel point le Chapitre a le droit de 
P'^mer une supériorité devenue sans doute onéreuse. Le débat 
P^t avoir été vif. Néanmoins, l'opinion traditionnelle Tem- 
pone; quoiqu'aucun texte n'établisse le droit du Chapitre, le Cha- 
pitre déclare que son pouvoir est légitime; il demeurera coUateur 
^cs bourses et supérieur du collège, — quitte à.accepier les respon- 
sabilités que la supériorité comporte, — et le 9 juin, la Compagnie 
*^ iance à nouveau dans l'arène en les revendiquant avec bruit*. 
Vers le même temps, les registres capitulaires nous fournissent 
^^ document plein d'intérêt. Une contestation s'étant élevée au 
*^jet de ses gages, le procureur P. de Villers avait donné sa 
^laissîon'; le Chapitre nomme à sa place un chapelain de la 
^^^hédrale, Pasquier Josset; et Ton sent à cette occasion le besoin 
^^ déterminer les fonctions du procureur telles qu'elles doivent 
^^ exercées en 143 H. Nous pouvons donc nous rendre exacte- 

t. Arch. nat., LLa62, 27 juillet 1429; 18 mars, i" avril lySo, fol. 8 r*. 
a. Ibidem, 9 juin 1430, fol. 8 r*. 
3. Ibidem, fol. 8 v*, 17 mars 1431. 

4- Arch. nat., LL xi3, p. 242. c Qu!a M*" P. de Villaribus noluit acoeptara 
Procoratorium capituli pro collegio Forteti, loco ejus inttitutus est et cons- 



%j% irroB msTORiQiTE 

meot compte de la transfomution aconnplie à cet igÊrd dtjm 

«4«4- 
Toat d'abord, il est érîdent que la procure est maiateoior 

unique : le même procureur est chargé de h recette etdespfocéi 
En outre, on recoonait au procureur k droit de délivrer qoittuis 
directement, sans Tintenrention des boursiers et du maître; a 
justice, il nest pas seulement l'agent du collège, — celui qui sor- 
veiUe la marche des aSûres, — il est le représentant consdtaéde 
la communauté; il peut plaider en son ix>m. Une expresk», 
employée dans le registre capitulaire. est d'ailleurs signifiadie : 
il est dit que Pierre de Villen a retiisé le c procuratoriam >(iB 
Chapitre pour le coUége de Fortet. Mais lëTrolution est encoct 
plus sensible à T^rd des fonctions intérieures attachées à U pro- 
cure: Ton se rappelle qu*à Torigine le procureur n'était rien dans 
rétabbssement: il est maintenant devenu le gardien de toasics 
biens du coll^ et en particulier le conservateur des livres; il ^ 
aussi le trésorier de la communauté et paie les bourses à leU^ 
titulaires. C'est bien« dans la maison, 1* « économe » que no^ 
aniXHicions au début de cette étude. Aussi la procure est-el^ 
devenue un office, comme le magister. Elle avait commencé P^J^ 
être un emploi, confié à un agent extérieur; puis elle avait ér^^ 
une fonction accessoire, confiée à un boursier; on la confie mm^ 
tenant à un officier, qui reçoit, au titre de procureur, un traite-^ 

:i:-:-5 cr>:-n::r rer cipitulum aJ recipienduni, quittandum cl ad liies, 
cur:: ro:^:i:;: subsn:ue=i: id litss. Oooiinus Pasquerius Josset presens qui 
acoepiiv:! etc. Pro Z'.cio prDCuratore tradiu est quedaxn cedula uooris 
«eq jeni.s : Cap::::! jm ecclesié rarisîer.sis coostituit loco M' P. de Vîllaribus 
procuriiorx:^! ir. :.ic:o execjc;or*:s bone memorie M' Pciri Fortsti, quondam 
cir.or.ic: rjir:>:sr.s:>. Don^ir.jrr. Pasqjcrijni Josset capellanum ecclesie pari- 
siens'.s. u r;ï^:p:=r.u.::3 pMdiius p^rrnentcs ad dictam execuciooem, prose- 
q;^£r. jjin et rec;:perAr.jj.-r. de rrejiciis quantum erit possibile et ad prose- 
que=dj!ii «:jusj5 e: lites cons^r^enies et peadentes occasione hujusmodi 
eiei:j;;?:i:s. et traccre eucm Pasqjcho quinque solides io ebdomada, ita 
urier. qjo^ ai bor.jnfi coiie^-: t: c^aservationcni libroram et ai i cru m bono- 
mm. resid{:7it:ar:i c.-r.tinwam raciat in dicto coliegio, cum magistro vivendo 
scilice: e: cor.vcrsir.jo collepaiîter in commuai, more soHto collegii, et hoc 
per moM^ir:: prov-sior.is e: pro ipsa TÏce tantum et quamdiu placuerit capi- 
tulo, sine prjci udido cliusuiarum testamenti dicti de&uncti et statutonim 
dicti coUepi: vult etiam capitulum qaod semper débite fiât cultus divinus 
in CoLle«:io irodo ordinato per ma^istrum, etiam quod eidem magistro 
faciendo semtijm dirinum nat solutio per dictum Pasquerium de sua 
bursa secuadum ordiaatiosein tam tesumenti dicci detfùncti quam Capituli. » 



SUR LB COLLÈGE DE FORTBT. 373 

tuent hebdomadaire de cinq sous parisis et qui, comme le maître, 
tu astreint à la résidence constante. 

Nul doute que Tindifférence de M* Bourrillet, toujours occupé 
VÀn du collège, n^ait contribué à développer Pinitiative et les 
pouvoirs du procureur. 

M' Bourrillet, depuis 1421, semble n'avoir joué aucun rôle 
dans les afiaires de la communauté. Il est cependant moins 
ngabond; mais il vit au dehors. Depuis la mort du malheu* 
leox roi Charles, depuis le couronnement d'Henri VI reconnu 
par l'Université et le Parlement, sa situation n'a cessé de s'ac- 
croitre et, pourvu de nouveaux bénéfices, il assiste ou prend 
put aux événements qui se déroulent dans la capitale. Le 
14 mai 1431, il signe comme notaire l'acte par lequel TUni- 
v^ité prend à son compte les avis émis par les Facultés de 
Géologie et de droit sur les douze chefs d^accusation dirigés 
contre Jeanne d^Arc^ Mais il a d'autres visées que cet emploi de 
figurant dans les consultations ou les intrigues universitaires. En 
^'ctobre 1432, la prébende et le canonicat de Louis de Melun, 
promu à l'archiépiscopat de Sens, sont devenus vacants^. L'occa- 
sion o'est-elle pas bonne pour réaliser un rêve longuement caressé? 
*[eao François ne pourra-t-il point s'asseoir dans ces stalles où 
^%€Qt ses adversaires d'hier? Il fait si bien qu'il obtient au bout 
"^ trois mois le canonicat et la prébende. A partir du 19 janvier 
'4^3, il assiste aux assemblées capitulaires et s'y montre fort 
***'<*u'. C'est la première fois qu'un maître du collège de Fortet 
appartient au Chapitre. Après les dissensions qu'on n'a pas 
^'^^iées, la situation est peut-être plus agréable pour le maître 
^^ pour les supérieurs. 

^ ^isy dès le début, les difficultés se dressent sur le chemin du 

T^^^eau bénéficiaire. Sa jouissance ne cesse point d'être troublée : 

j,^^ d^abord un procès qui se débat devant le Parlement entre 

*^^en titulaire et M« Jean François au sujet des revenus de la 

^^^^nde pendant les mois de vacance, et dont nous ignorons le 

^^Itat et la durée ^. Puis on conteste à Bourrillet la possession 

^ Denifle et Châtelain, Chartularium Universitatis Parisiensis, t IV, 
^' ^ "^6, note. Voy. les curieux avis des Facultés, ibidem. 
^^ Voy. Arch. nat., Sarasin, LL 241, fol. i2(> r*. 

^* Ibidem, 14 janvier et 19 janvier I433, fol. ia6 r* et registres LL ii3, 
V^ 3)6 et LL X 14, p. 77 (il siège pour la dernière fois le 4 janvier 1434). 
4* Arch. nat., LL241, 19 janvier i533, fol. 126 r*. 

UiM, XXXIII 18 



\ 



174 AlUBB ■mOUQOB 

l^gidiDe de woa bénéficcL Mcmus d*on m après k pfemière obQ^ 
tioa. M* Antoine de Borècbes, qui a intrigué en cour deRoiP^ 
obtient que le canonicat de Louis de M don lui soit oooféié p^ 
lenres apostoliques, en tant que bénéfice réservé. Le 4 y^VkV^ 
1434, il demande à toe reçu au Chapitre par procuratioQ, et 1^^ 
oârémonie a lieu malgré les protestations de M* Jean François* ^ 
celui-ci, exclu des assemblées capitulaires, mourra sans être ren^^^ 
tré au chœur. 

L*on inugine que M« Jean Françob ne s'était pas contenté, 
pour faife obstacle à sa dépossession, de dameurs et de Eracas 
domestiques. Il avait Ctit retentir ses protestations hors du cloître ; 
il obtint même des lettres du roi aurais et les exhiba devant le 
Chapitre réuni'. De tous temps les chanoines parisiens répugnèrent 
aux résistances opiniâtres; le canonicat de Louis de Melun avait 
été attribué à Antoine de Borècbes; le Chapitre n'y pouvait rien 
changer; mais on proposa à M« Jean François de se foire recevoir 
de nouveau par la Compagnie en acquittant pour la deuxième fois 
les droits accoutumés. Ce n'était point ce qu'avait prétendu l'ex- 
chanoine, et nous ne savons comment il se comporta après avoir 
opposé un refus indigné à cène proposition philosophique. Sans 
doute les intrigues succédèrent aux intrigues. Antoine de Borècbes 
fut personnellement installé au chœur en septembre 1434', mais 
la prébende resta en litige; jusqu'au jour où, M* Antoine de 
Borècbes étant mort ou ayant abandonné ses prétentions, le Par- 
lement accueillit la demande de M* Jean de Courcelles, et le Cha- 
pitre, après un jugé du Parlement du 23 juillet 1446, admit ce 
dernier, déjà pourvu de l'archidiaconé de Josas, à succéder à 
M* Antoine de Borèches^ 

M* Jean François avait perdu douze années de sa vie en solli- 
citations et en plaidoiries vaines. 

Ces querelles, — on le conçoit, — lui avaient inspiré des sen- 
timents peu charitables à l'égard de ses collègues d'une année. Il 
n'attendait qu'une occasion pour leur manifester sa rancune. En 
janvier 1436, il imagina de réclamer au Chapitre les titres du 

1. Arch. nat., LL241, 4 janvier 1434, fol. ia8 r*. 

2. Ibidem, 11 janvier 1434, foi. 128 y*. 

3. Ibidem, i3 sept. 1434, fol. i3o v*. V07. les listes capitulaires dressées 
par Sarasin, de 1434 à 1446 (LL 241). 

4. Arch. nat., X^» 73, foi. i32 v*. 11 n'est plus parlé de Jean François dans 
ce jugé. 



SUR LE COLLÂGB DB .FORTET. 275 

collège qui n'avaient pas été remis aux boursiers et que Ton con- 
servait au trésor de Téglise. 11 déposa à cet effet sur le bureau du 
Chapitre une requête dont Texamen fut confié à Henri Thibout, 
<iors proviseur du collège' ; mais ces réclamations et des réclama- 
^oqs nouvelles formulées au mois d'octobre suivant^ ne paraissent 
pas avoir été suivies d^un résultat quelconque. La rancune du 
^anoine évincé s'apaisa; son âge avancé, ses occupations exté- 
''^eures lui facilitèrent Toubli. 

I^endant ces compétitions, ces discussions, ces intrigues, com- 

li^xit vivait-on au collège de Fortet? Qu'était-il advenu de lui? 

-7 Ous savons que le déplorable état économique de la région pari- 

^*^iane, — et de la France en général, — avait eu promptement 

^^^9 répercussion sur l'état des collèges. « Les collèges se déser- 

^i^nt, dit Crevier', les revenus en étoient mal administrés, les 

^^^mcnts tomboient en ruine; les places ou bourses se perpé- 

5^^^^Dieat sur les mêmes têtes contre la teneur des statuts... On réso* 

^"^'^ea 1421 d'apporter quelque remède à ces désordres et on 

^^^onna une visite des collèges ^.. » Cette situation ne s'améliora 

'^^^int tant que dura l'occupation anglaise; la guerre se rappro- 

^*^ait ou s'éloignait de Paris, mais ne cessait point; la prospérité 

-^^^ pouvait se rétablir. Grâce à son organisation administrative 

^Z^J^rticulière, le collège de Fortet n'avait pas connu les abus qui 

^introduisirent dans les autres établissements; grâce à l'état âo- 

int de ses finances avant 141 8, ses boursiers, — ceux qui lui 

^^taient, — avaient pu subsister^ au prix de bien des souffrances, 

^^^^eadant le fort de la tourmente. Mais la misère universelle se 

^^^rolongeant, sa pauvreté devint extrême. De 1419 à 1435, les 

^^banoines ne font collation d'aucune bourse parisienne, et lors- 

^^u'ils se décident, après bien des hésitations, à en attribuer une à 

Pierre du Moustier, ils prévoient le cas où il serait impossible de 

payer les bourses et même une part quelconque de la quotité 

fixée par le fondateur; ils le nomment boursier, « sub condi- 

cione... quod ipse esset contentus pro dictis bursis de proventu 

dicti collegii secundum facultates eorundem proventuum, ita 

1. Sarasin, LL262, 23 janv. et 10 fé7r. 1436, fol. 10 r*. 

2. Ibidem, 26 oct. 1436, foi. xo ▼*. 

3. Crevier, Histoire de V Université de Paris, t. IV, p. 28. 

4. U n'y a pas trace de c visite » au collège de Fortet à cette époque* 
Cependant, ie collège a pu être visité par le recteur aana qu'il en soit resté 
aucun souvenir. 



2j6 ÉTUDB msrCNUQDB 

qood si nibil iode proTcnerit, nihil pcfcîpiet; siquidreropcon- 
naît percipiet secaoduiii ÊKiiltttes*... *. Le 7 mars 144I1Ï00 
œosiate que, depuis dooze ans, il o*y a pas ea aa collège de bour- 
sier d'AoTergne' ; encore à cette date ne donne-t-on qa'une seok 
des pbces Tacantes â an derc da diocèse de Saint-Floor. Ce n eft 
que de 1444 à 1447 qœ l'on comfdète le nombre des boorsieis 
aa^ergnats et parisiens'. 

Quel triste état qne celoi d*an collège qui comprenait aTec t^ 
maître et on procoreor tout au plus deux ou trois boursiers ^^ 
dont les revenus suffisaient à peine â nourrir ses hôtes! Et ooin^ 
Uen dut être lamenoible cette visite Cûte le 9 juin 1434 par l^ 
recteur accompagné des proviseius^ ! ^ 

A partir de 1444, le coUège ressemble à un convalescent qu ^ 
lentement reprend ses forces. C'est le moment où le pays est défi "^ 
nltivement pacifié : la praguerie a été vaincue; la guerre anglais^^ 
gronde quelques années encore en Normandie et en Guyenne, ^ 
mais la région centrale de la France, débarrassée des étrangers et ^ 
éoorcheurs, déjà travaille à se remettre des convulsions de la guerre 
de Cent ans. 

La communauté s^efibrce de reconstituer sa dotation. Le 23 sep- 
tembre 1444, Ton songe, au Chapitre, à un r^Iement de comptes 
avec le sire de Torcy, qui, depuis vingt-cinq années, s'est à peu 
prés dispensé de tout paiement'. Le 12 oaobre, l'on examine la 
situation que crée la ruine de la noble maison de la Rivière^ 
M* Jean François reçoit plein pouvoir pour foire valoir les droits 
de la communauté dans la vente des biens qui garantissaient la 
rente due au collège. Mais on est obligé de l'autoriser à mettre en 
gage un des plus beaux livres de la bibliothèque pour se procu- 
rer les cinq écus nécessaires aux premières démarches. Cependant, 
le 4 novembre 1446, le collège peut acquérir le quart d'un puits, 
« ainsi qu'il se comporte et extend en rondeur et en parfont », 

1. Arch. naL, LX. 26a, 17 nov. 1435, foL 9 j*. 

2. Ibidem, 7 mars 1441, fol. 12 r*. 

3. Ibidem, fol. 14 r-i3 r*. — lyaiUeurs, après 1446, on ne remplace pas 
régulièrement les boursiers qui s'en vont. 

4. Arch. nat., LL 262, 9 juin 1434, foL 9 r*. 

5. Ibidem, fol. i3 ?•. 

6. Ibidem. ~ Sur les malheurs et les prouesses de la fiamille de la Roche- 
gujon pendant la dernière partie de la guerre de Cent ans, toj. Siméon 
Luce, la France pendant la guerre de Cent ans, 2* série, p. 172 et soît. 



SUR LB COLLÈGE DE FORTBT. 277 

situé dans une cour voisine de la maison du Saint-Esprit (rue du 
Clos-Bruneau) qui parait avoir fait retour au collège ^ 

Les réclamations adressées au sire de Torcy ont été si vigou- 
reuses qu'au bout de cinq ans elles semblent être suivies de 
quelque effet. Le seigneur de Torcy, en 1448, a commencé par 
demander grâce'; mais le Chapitre a obtenu contre lui une sen- 
tence d'excommunication qu'il ne souffre pas qu^on lève avant le 
Paiement des sommes dues. Enfin, le 18 juillet 1449, intervient 
Un accord provisoire'. Torcy doit, pour les arrérages échus Jus- 
qu'à la Saint-Jean 1423, cinq cent soixante-deux livres tournois 
^i^ sous; le collège se contentera de deux cent cinquante livres 
9Ue son débiteur paiera en totalité ou en partie avant le 2 jan- 
vier 1450. Pour les arrérages échus et non acquittés depuis 1423, 
**cn avisera plus tard. 

Il est donc probable qu'au commencement de l'année 1450 le 
Collège reçut quelque argent; d'autre part, il est fort probable 
^ussi que, depuis l'accord du 18 juillet, Ton exigea des héritiers 
de Texcommunié des paiements réguliers à chaque échéance. 

C'est au moment oti le collège de Fortet se dégageait pénible- 
ment des ruines amoncelées par les désastres nationaux que 
JA* Jean François mourut. Il expira dans le milieu du mois de 
janvier 145 1, âgé d'environ quatre-vingts ans*. 

Le collège, sous son magistère, avait presque sombré parmi les 

1. Arch. nat., M 126, n* 3. Acte de vente sous le sceau de Jehan d'Estou- 
teville, garde de la prévôté de Paris, d'un puits situé dans une cour, entre 
deux maisons de la rue du Clos-Bruneau, dont Tune appartient au collège 
de Fortet, par Simon Le Clerc, praticien en cour d'église, aux doyen, cha- 
noines et chapitre de Paris comme proviseurs du collège de Fortet. 

2. Arch. nat., LL462, fol. i5 r*. -^ La rente dont il s'agit avait été, 
comme nous Tavons dit plus haut, achetée par Jean Chanteprime. Celui-ci 
avait traité avec Nicolas, dit Colart d'Estoutevillc, seigneur de Torcy d'Es- 
toutemont et de Beyne (f 1416), qui, de son premier mariage avec Jeanne 
de Mauquenchi, eut (entre autres enfants) un fils, Guillaume d'Estoute- 
ville, seigneur de Torcy, qui défendit Harfleur en 14x9, fut fait prisonnier 
et dut aliéner ses biens pour payer sa rançon. C'est à lui que le collège 
s'attaque en 1448; mais il meurt le 19 novembre 1449. ^' héritiers sont 
ses fils Jean, prévdt de Paris en 1446, Estout, bailli de Cotentin, et Robert 
d'Estouteville, seigneur de Torcy, auquel le collège s'adresse particulière- 
ment. Ce Robert est devenu prévdt de Paris en 1446, à la suite de la 
démission de son frère. Il le reste jusqu'à sa mort (3 juin 1479). Voy. Dic- 
tionnaire de Moréri, t. IV, p. 256. 

3. Arch. nat., LL262, fol. i5 r*. 

4. Ibidem, fol. i5 v*. 



ajS iruDE msitxuQUB 

ctUmités publiques. M* Jean François n'était pas responsable 
des malheurs du temps, mais il eût pu mieux servir la cotnmu- 
nauté dont il était chef en se consacrant avec une assiduité plus 
soutenue à ses fonaions magistrales. Ambitieux, intriguant, com« 
batif, il les avait néanmoins exercées avec une activité louable et, 
semble-t-il, avec intelligence dans les premières et dans les der- 
nières années de sa longue carrière. 

CHAPITRE II. 
Le magistèbe de M* Jean Haillibs (1451-1483). 

Une omission au registre des Délibérations capitulaires nous 
empêcherait de savoir combien de temps le magistère du collège 
de Fonet resta vacant après la mort de M* Jean François, nous 
pourrions même nous demander quel fut son successeur, si 
M« Jean de Haillies, dont le nom ne paraît pas avant 1455 dans 
les registres du Chapitre*, n^avait pris soin de nous apprendre 
lui-même, par une note écrite en tête du recueil des statuts que 
le collège possédait, la date de son installation, son nom et ses 
qualités*. 

Jean de Haillies, prêtre, maître es arts, bachelier formé en 
théologie, curé de Téglise de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, — 
probablement élu maître du collège à la date que les chanoines 
avaient fixée pour leur réunion, c'est-à-dire le 25 janvier 145 1 
(n. st.), — prit possession du magistère le 10 février suivant en 
présence des boursiers réunis au son de la cloche. Le sous-chantre 
de Notre-Dame, M* Jean d'Olive, proviseur du collège de For- 
tet, « famosissimus sacre théologie doctor », présidait la cérémo- 
nie et procéda, en vertu des lettres de nomination émanées du 
Chapitre, à la transmission des pouvoirs. 

1. Sarasin, LL26a, fol. 18 r. 

2. Arch. nat., MM 397, fol. i r. f Die jo?is x* februarii anni Domini mille- 
simi CCCC quinquagesimi, ego Jo. de Haillies, presbyter, magister in arti- 
bus et baccalarius formatus in theologia, curatusque ecclesie parrochialis 
Sancti Nicolay de Cardineto parisiensis, per fimosissimum sacre théologie 
doctorem magistrum Johannem de Oliva, provisorem collegii Forteti, vir- 
tute litterarum a capitulo parisiens! emaDatarum, fui positus in possessio- 
nem realem et actualem magisterii dicti collegii in presenciam bursarionim 
dicti collegii ad hoc specialiter compulsa campana convocatorum. » 



^ 



SUR LE GOLLàOB DE FORTBT. ^jg 

C'était à M« Jean de Haillies qu^allait incomber le devoir d'ac- 

:ctK^ cotnplir le relèvement du collège entrepris sous son prédécesseur. 

î^^:^^^." Nous voudrions tracer un portrait détaillé du maître destiné à 

<r^^ une si grande œuvre; mais ce que nous savons de plus précis sur 

:i> ^ .. son compte est ce qu'il nous en a dit lui-même dans les dix lignes 

que nous venons d'analyser; Ton ne connaît rien de sa vie en 

dehors du modeste établissement qu'il devait diriger pendant plus 

de trente années. 

Ce devait être un brave homme, paisible et même Csiible, 
aimant la bonne chère et le bon vin et ne dédaignant pas les petits 
• profits. C'est dire que si M* de Haillies pouvait, malgré ses 

défauts, travailler efficacement à rétablir dans le collège de bonnes 
finances et une bonne administration, il n'était pas l'homme de la 
réforme disciplinaire qui, dans l'esprit de certains chanoines, était 
inséparable de ce relèvement matériel. 

Le milieu du xv* siècle fut d'ailleurs une époque de réforma- 
I tion universitaire. L'on sait que le chancelier Robert Cibolle, — 

I que le collège de Fortet compta au nombre de ses proviseurs, — 

avait été en 1452 le promoteur d'un mouvement dont PUniver- 
sité parisienne fut agitée jusqu'au temps de Louis XI ^ Il était 
naturel que les institutions ébranlées fussent, après la tempête, en 
travail de rénovation. 

Au collège de Fortet, la réforme de Robert Cibolle n^eutpas, à 
vrai dire, de répercussion directe*; la situation particulière du 
collège, dépendant du chapitre de Notre-Dame et mieux sur- 
veillé que la plupart des collèges de l'Université, le mettait à l'abri 
des grands changements parce qu^il était suffisamment protégé 
contre les grands abus. Mais Tesprit de la réforme était dans Tair. 
Plusieurs chanoines, maîtres de l'Université, étaient embrasés 
d'un zèle ardent, et nous lisons, jetée au milieu d^une page, 
dans un des registres capitulaires, cette exclamation renouvelée 
de Gerson : « Reformetur coUegium Forteti in capite et in 

I. Sur la réforme de 1462, voy. Ou Boulay, Historia Univertitatis Pari- 
siettsis, t y, p. 671, et un très bon récit de M. Pabbé Bouquet, Histoire du 
collège éTHarcourt, p. 124-129, où est mis surtout en lumière le rôle du 
cardinal Guillaume d'Estouteville, légat du pape, apparenté à ces d*Eatou- 
teville auxquels le collège eut aCFiaire dans le cours du zv* siècle. 

a. Du reste, elle intéressa plus particulièrement les collèges à exercice ; 
ce fut, en grande partie, une réforme de renseignement. Mais ce bat aussi 
sans doute une réforme de la discipline. 



28o .lirUDE HISTORIQUB 

membrisM » Imprécation quelque peu ridicule, mais pleine de 
menaces et qui témoigne assez que M* de Haillies ne comblût 
pas les vœux des protagonistes les plus farouches de la régularité. 
Les chanoines montrèrent du reste que ce n'étaient point là de 
vains mots; ils avaient déjà commencé à contraindre les titulaires 
des bourses à la résidence effective au collège', obligation dont 
les boursiers se dispensaient volontiers depuis quelque trente 
ans; plusieurs exclusions, prononcées pour cause d'absence pro- 
longée ou constante, punirent les infractions aux statuts de iig6\ 
le 28 mars 1463^, un boursier fut renvoyé pour sa mauvaise con- 
duite et pour n'avoir pas pris ses grades dans les délais réglemen- 
taires, et l'appel qu^il fit de la sentence au Chapitre lui-même fut 
rejeté comme dépourvu de fondement. Mais l'on n'avait point eu 
l'occasion d^adresser des reproches formels au « chef » de la mai- , 
son, quoiqu'il eût manqué de fermeté en laissant se former une 
cabale contre le procureur Olivier Le Bourguignon* et que, plus 
récemment, des dissensions qu'il avait eues avec les boursiers lui 
fussent en partie imputables. 

Or, il advint que son manque de tenue provoqua de graves 
troubles intérieurs. Le dimanche 8 janvier 1469', des boursiers 
qui rentraient, le soir, après quelques stations dans les tavernes 
du voisinage^ trouvèrent leur « magister », malgré l'heure tar- 
dive, attablé devant un pot de vin avec des amis, hors de ses 
appartements particuliers. Rien n'est plus dangereux que la ren- 
contre des buveurs qui nourrissent à Tégard les uns des autres des 
sentiments dénués de cordialité, surtout si l'un des deux partis 
s'attribue vis-à-vis de l'autre des droits de remontrance. La 
semonce de M'^ de Haillies, assurément justifiée, quoiqu'intem- 
pestive, fut peut-être d'autant plus vive que le vin magistral avait 
plus de bouquet; la riposte des écoliers fut d'autant plus gros- 
sière que le vin du tavernier était plus rude. La querelle eut vite 
fait de dégénérer en bataille. Le lendemain, les proviseurs étaient 
informés de l'algarade; M®" Louviers, Picart et Thiboust furent 
chargés de l'enquête. Comme il arrive en ces sortes d'affaires, 
chacun se défendit en accusant la partie adverse et les plus cou- 

1. Arch. nat., LL 120, p. 676, i" mars 1465 (n. 8t.). 

2. Arch. nat., Sarasin, LL262, fol. 20 r*. 

3. Ibidem, fol. 20 i*. 

4. Ibidem, 3o sept. 1460, fol. 20 v*. 
3. Ibidem, 9 janv. 1469, fol. 23 r*. 



SUR LE COLLÈGE DE FORTBT. 28 1 

pables mêlèrent au pénible récit de leurs exploits les acteurs les 
plus secondaires de cette tragi-comédie. Tout le collège y fut 
intéressé; les accusations dépassèrent les crimes de cette soirée de 
ripaille; il fut démontré que M' de Haillies occupait dans la mai- 
son un appartement beaucoup plus vaste que celui qui lui était 
assigné par l'usage et, fort probablement, qu'il en tirait profit^; 
Ton se rappela que l'ancien procureur, Jacques du Mas, qui 
n'était plus en charge depuis le 19 septembre 1468, n'avait pas 
encore rendu ses derniers comptes^, et 1 attitude du nouveau pro- 
cureur, Jean Raoulin, fut jugée répréhensible. Bref, les propor- 
tions de révénement furent tellement grossies que, le 14 mars^ 
M® Jacques du Mas, M^ Jean Raoulin (ils étaient boursiers) et un 
autre écolier du nom de Pierre Courtin étaient privés de leurs 
bourses et rendus à leur foyer^. On agita, quatre jours après^ la 
question de savoir si l'on devait mettre à la pone d'autres bour- 
siers et le maître lui-même^; ce dernier en fut quitte pour un 
blâme'; on lui intima l'ordre d'évacuer les appanements qu*il 
occupait contre tout droit et on lui fit défense pour l'avenir de 
s^oublier jusqu'à tenir des beuveries dans la maison même oti il 
était le gardien de la discipline, « inhibitum est eidem magistro 
ne de cetero faciat tabernam in dicto collegio ». L'incident était 
clos. 11 donna au Chapitre l'occasion de redoubler de sévérité. 
L'on fut impitoyable envers les boursiers enclins à découcher et 
à passer dans les quartiers mal famés les heures de cours*. 
M' Jean de Haillies dut déployer plus de zèle pour aider les pro- 
viseurs à la répression; nous le voyons le 1 1 janvier 1475 dénon- 
cer un boursier qui avait pris l'habitude, si nous en croyons, avec 
le Chapitre, son témoignage, d'introduire des femmes dans sa 
chambre pendant la nuit^. Cette nouvelle attitude lui concilia 
sans doute la bienveillance du Chapitre; il ne parait pas avoir été 
inquiété jusqu^à la fin de son magistère. Cependant, la visite du 
18 novembre 1482,1a première dont le procès-verbal nous ait été 
conservé®, révéla que de nouveau et depuis peu de temps la plu- 

1. Arch. nat., LL262, 3 févr. 1469, fol. 23 r*. 

2. Ibidem. 

3. Ibidem, 14 mars 1469, fol. 23 v*. 

4. Ibidem, 18 mars 1469, fol. 23 y*. 

5. Le bl&me qu'il avait reçu le 3 février. Ibidem, fol. 23 r*. 

6. Ibidem, 10 sept. 1470, fol. 24 r*; 3i août 148 1, fol. 27 v*. 

7. Ibidem, 11 janv. 1475, fol. 26 v*. 

8. Arch. nat., M i3i, minute, papier, très mauvaise écriture. 



382 érUDB HSTOUQUB 

put des boursiers désertaient la maison commune : deux d'entre 
eox seulement forent troavés présents an coU^; l'on relera à h 
charge d'un des absents quelques Ëiitt graves. Aussi les chanoines 
prononoèrent-ils encore à cette date le mot de réforme. Nous ne 
savons quelle suite fut donnée aux résolutions prises dans la 
séance capitulaire du i8 novembre. 

Si d'ailleurs M* de Haillies n'avait pas su assurer toujours 
l'observation scrupuleuse des règlements et si lui-même, par le 
laisser aller de ses mœurs naïvement bourgeoises, avait donné 
prise à la critique, il semble par contre avoir présidé avec talent 
à la reconstitution du commun patrimoine. Son rôle personnel 
ne fiit certainement pas neigea ble à cet égard; car nous remar- 
quons que, de plus en plus, la communauté s'occupe elle-même 
de ses propres affaires et ne se décharge plus sur les proviseurs du 
soin d'acheter des rentes, de suivre les procès, de veiller sur les 
cipitaux engagés; or, le maître est président du conseil des bour- 
siers, dont les membres, trop jeunes pour la plupart, et préoccu- 
pés par leurs études, ont d'autres soucis que celui de surveiller 
leur fortune. On ne saurait donc trop mettre en luinière la part 
que M* de Haillies prit à l'administration des biens du collée. 
Il nous apparaît à ce point de vue comme le véritable successeur 
des grands proviseurs de la première époque. Et il faut tenir 
grand compte en appréciant ses mérites de ce Éaiit qu^il ne fut 
jamais seconJé par des procureurs familiarisés avec leurs fonc- 
tions par un long exercice. Les procureurs se succèdent sous son 
magistère avec rapidité; la règle semble s'établir de nouveau de 
confier la procure à Tun des plus anciens boursiers du collège, — 
et seulement à titre temporaire, quelquefois pour une seule année. 
Dès 1451, à Pierre de Villers, procureur lors de l'installation de 
M* de Haillies*. succède Pierre du Moustier*; moins de deux ans 
après, celui-ci cède la place à Guillaume Aymery, dont M* de Hail- 
lies demande le 3 décembre 1455 le remplacement'; un membre 
de la famille du fondateur, Guillaume Fonet, lui succède, qui, 
en renonçant à la procure le 10 décembre 1456*, désigne comme 
son successeur son compatriote Géraud du Mas. Le 3o octobre 

1. Arch. nat., LL262, 3o juill. 143 1, fol. i5 v*. 

2. Ibidem, 19 sept, et i"* oct. 1453, fol. 16 V. 

3. Ibidem, 3 et 17 déc. 1435, fol. 18 r. 

4. Ibidem, 10 déc 1446, fol. 19 r. 



SUR LE COLukoB DE FORTBT. 283 

^"^^7, celui-ci est à son tour remplacé par Gilles Hune* ; ce dcr- 
^^^r, s'étant absenté^ est d'abord suppléé par un inconnu, puis 
^^stîtué par le Chapitre, qui nomme à sa place Olivier Le Bour- 
guignon*. M« Olivier conserve ses fonctions plus longtemps, jus- 
^^^en octobre 1465. Mais, après lui, la procure redevient quasi» 
^^nuellc; en même temps, on prend mille précautions contre le 
Pxx>cureur; Ton constate un arrêt dans le développement toléré de 
^^^ initiatives; à partir de 1467, il ne peut plus recevoir plus 
^^ dix livres en Tabsence du maître et des boursiers', qui sont du 
'^^^te les instigateurs de ces mesures; en outre, il doit immédiate- 
^^ent verser au coffre les sommes qu'il a touchées, prescription 
^^jà contenue dans les statuts de 1 3g6, mais tombée en désuétude, 
^nfin, en 1468, il est fait mention pour la première fois d'une 
^ caution » fournie par le procureur sous une forme qui n'est 
point déterminée de façon explicite^. Les procureurs qui se suc- 
cèdent à cette époque sont Jacques du Mas (7 oaobre 1465-mars 
1467*), Etienne Capel (2! mars 1467-avril 1468*), puis, de nou- 
veau, Jacques du Mas (avril-septembre 1468^), ensuite Jean 
Raoulin, nommé expressément pour une année le 19 septembre 
¥468, mais qui est mis à la porte le 14 mars 1469^. Ici se place 
une lacune. Nous savons seulement que le 4 décembre 1472 entre 
en charge M' Jean Vaultier*, auquel succède le 4 mai 1478 
M* Jean Roy^^, prêtre et maître es arts, décédé Tannée suivante. 
Pierre Émery, — qui était procureur au Châtelet, — prend sa 
place le 8 octobre 1479^*, après un court intérim de Jean Bret^'. 
Mais les plaintes dirigées autrefois contre Olivier Le Bourgui- 
gnon se renouvellent contre Pierre Émery ^'. Le 4 février 1481, 



1. Arch. nat., LL 262, 3 oct. 1457, fol. 19 r*. 

2. Ibidem, 14 juill..i458, fol. 19 v% et 7 oct. 1475, fol. 22 r. 

3. Ibidem, 28 janv. 1467, fol. 22 r*. 

4. Ibidem, 19 sept. 1468, fol. 23 r*. 

5. Ibidem, fol. 22 r» et v*. 

6. Ibidem, 21 mars 1467, fol. 22 ▼*. 

7. Ibidem, 22 avril 1468, fol. 22 v*. 

8. Ibidem, 19 sept. 1468, fol. 23 r*, et 14 mars 1469, fol. 23 v*. 

9. Ibidem, 4 déc. 1472, fol. 25 r*. 

10. Ibidem, 4 mai 1478, fol. 26 v*. 

11. Ibidem, 8 oct. 1479, fol. 26 v*. 

12. Ibidem, 20 sept. 14791 fol. 26 v*. 
i3. Ibidem, 19 févr. 1481, fol. 27 r. 



284 ÉTUDE HISTORIQUE 

4 

il renonce à la procure. Il eut probablement pour successeur Jean 
Vasseur, démissionnaire en 1486^ 

Ce défilé de procureurs dit assez que la plupart du temps M* de 
Hailiies manqua de lieutenants bien dressés. Il sut cependant 
mener à bien la tâche qui lui incombait. 

Cette tâche était lourde. Quoique, dès la fin du magistère pré- 
cédent, une certaine amélioration se fût produite dans les finances 
du collège, la situation ne laissait pas que d*étre difficile. Jus- 
qu'en 1455, on fut obligé de vivre au jour le jour et comme on 
put ; le collège n'avait jamais trente livres d'avance, et lorsqu'une 
recette inespérée mit quelqu'argent à la disposition de la commu- 
nauté, on avait si bien oublié le maniement des écus que les cha- 
noines jugèrent utile de faire indiquer au registre des délibéra- 
tions de quelle manière ils entendaient que la conservation en 
fût assurée; cet argent fut gardé au Trésor de Notre-Dame dans 
un coffre dont les proviseurs et le maître eurent chacun une clef ^ 

Il fallait^ en de telles circonstances, procéder en administra- 
teur très économe et très vigilant. D^une part. M* de Hailiies 
s'efforçait dbbtenir Texécution des contrats encore valables ou 
tout au moins d'arriver à des accords avec les débiteurs incapables 
de faire face à la totalité des créances-, d'autre part, il employait 
le plus tôt possible à l'achat de rentes nouvelles toutes les recettes 
extraordinaires, toutes les sommes provenant de rachat de rentes 
ou versées à la suite de transactions, sauf lorsqu'il fallait satisfaire 
aux besoins urgents d'une communauté appauvrie. 

C'est ainsi qu'en 1455 il renoua avec la famille d'Estouteville 
des relations trop fréquemment interrompues'. Robert d'Estou- 
teville*, seigneur de Torcy, prévôt de Paris, était peu disposé à 
payer la somme considérable à laquelle s'élevaient les arrérages en 
retard et à continuer le paiement de cent cinquante livres par an. 
Il eût préféré qu'il ne fût plus question de cette malheureuse affaire, 
mais il n'était pas systématiquement hostile à tout accommodement. 

1. Arch. nat., LL 262, i5 sept, i486, fol. 29 r'. 

2. Ibidem, i3 mars 1455, fol. 17 v*. 

3. Ibidem, janv. 1455, fol. 17 r*. 

4. Il s'agit de ce Robert d'Estouteville qui fut prévôt de Paris en 1446, à 
la démission de son frère Jean. Il mourut le 3 juin 147Q. Il était le cin- 
quième enfant de Guillaume d'Estouteville, défenseur de Harfleur en 1419 
(Moréri, t. IV, p. 256). 



SUR LE COLLÈGE DE PORTBT. 285 

^^ ag janvier 1455, le maître du collège put demander au Cha- 
pitre de rompre l'engagement qui liait le seigneur de Torcy à la 
^^nrimunauté moyennant une somme de douze cents livres tour- 
^^is, dont le versement libérerait le débiteur à la fois de la rente 
^^"^îl devait annuellement et des arrérages non perçus*. Les con- 
^^^ions semblaient au Chapitre par trop désavantageuses. Mais il 
^^lait mieux être des amis du prévôt que de repousser ses offres. 
*--*^s chanoines donnèrent donc leur consentement après quelques 
^i facultés, en majorant un peu la somme qui était la base de Tac- 
^^rd; le collège reçut treize cents francs et tint le sire de Torcy 
S^Viitte de toute obligation^. 

Cette avance ne fut point gaspillée; Ton réserva une certaine 
^c^mme pour pourvoir aux réparations indispensables du collège 
^^ Ton songea à tirer parti du reste. Dès septembre 1455, M» de 
tiaillies demandait au chapitre Tautorisation d'acheter une rente 
^u sire de MontchevreuP; en 1457, les boursiers demandaient 
encore à traiter pour le même objet avec M* de Jougny^, puis 
a.vec M* Trotier', qui leur offrait un revenu annuel de quatre 
^us d'or. Nous ignorons les réponses du Chapitre à ces trois 
requêtes; nous savons seulement que, pour la deuxième au moins 
de ces affaires, il organisa la commission d'enquête chargée de le 
renseigner d'une manière digne de remarque; l'information fut 
contradictoire*. La commission se composa^ d'une part^ des pro- 
viseurs du collège, représentant la communauté, d'autre pan, de 
deux chanoines, représentant le Chapitre. Il est probable que les 
demandes des boursiers furent accueillies, puisque nous ne voyons 
pas à des dates voisines de nouvelles propositions de placements 
soumises à l'agrément du Chapitre. Mais l'année 147 1 fut mar- 
quée par trois opérations importantes : le 8 février, on acheta, 
moyennant quatre cents livres, une rente de quarante livres au 
seigneur de Loigny au Perche^; le 3i octobre, moyennant deux 

1. Arch. nat., LLaôa, 29 janv. 1465, fol. 17 r*. 

2. Ibidem, i3 mars 145b, fol. 7 V*.— Voy. les pourparlers du Chapitre 
du collège et de Torcy dans le cours de mars 1455 dans LL262, fol. 17-18. 

3. Ibidem, 17 sept. 1433, fol. 18 r*. 

4. Ibidem, 10 janv. 1437, fol. 19 r*. 
3. Ibidem, 7 avril 1437, fol. 19 r*. 

6. Ibidem, 10 janv. 1437, fol. 19 r*. 

7. Ibidem, 8 févr. 147 1, fol. 24 v*. . 



de Tîmgi cas à k âanÊt de Saipcasc'; k 
M mjvtMâM t ^ sae rcsK de ^ «Jimir écm à Afdiar de Vandicv^. 

Ea aêae tcBps. le c^ûal îmiDobiiicr éttii Fobfet de la sol- 
hÔÊSkàt de M * de HaîQîeiu Soos M* Boonîlla, oene partie de U 
iuiume da ooflcfearpt été «lig i lîq cnieat iaipfodnciHcL Les nui- 
î&iît haiBrr» à fcatt ei r e d er e noei la pnircwion des credi- 
par musc du c dt^impîaicjiKnt b des preoeon, étako^ 
oae duf^ jir miir cm oa ic a ip s de maramie niuvcisid '. 

Des le a ziiars 145a. M* de Haillîes roocnpa de drer parti di 
la anxfiCMido Saiat-Esprit^. andeone propriété do fi9ndaiear,qiM 
M* OiÎTÎer de Leaipîre araît eoe pour douze Ihncs de renti 
aaoodle en 1^96. M* GnillaaiDe Nicolas et M* Jean IxHirhar 
s'oftraîeot pour la leoir do collège morcnoant on oeos annoeL 
Les p f opo siu oos de ce dernier, plosavamagtoses, forent a cc epié c 
^irês qo*oo cotcmendo Itsdeox compétiteors à la bane do Cha- 
pitre; et. le 33 mars, était arrêK on pfOfet de oooiFat aasez 00m- 
plezeen rertn doqod M* Loociurt recevait la maison en échange 
dHm cens de onze livres cinq soos et d'one somme de dooze écos 
d'or Tersée en one seole fois; cinq Uttcs de la reme «pn^|# 
étaient racheables moyennant Tingt lirres parisb; les six Uttcs 
dix soos qoi restaient constitnaîent on rente perpétoelle; en ootre, 
le preneor s'engageait à iûre dans la maison deux cents livres de 
réparttîoas dircrscs*. 

Plus tard, en 14Ô0 et 1462. des contrats analogues sont conclus 
pour une saison et deux maisonnettes qui ne sont point autre- 
ment designées*. Ennn. en 1466', la Maison des Caves, c'cst-à- 



1. Arch. nf^, LL 262. 3i oct., foî. 24 v. 

2. ïbizcTn. 2Zt r#oT., fol. 2: r. 

3. Voy., patsim, ic registre de Sirasin coaccrnaot le collège de ForteC 
entre ics années 141 7-1437. — Sur le dégaerpisscmeat, voy. Paul VioUet, 
Histoire du droit cuil franc:iis, éd. 1S93. frl. 677-678. 

4- Arch. nat , LL262, 2 aaars 14^2, fol. 16 r*. Il s'a^t de Im maison du 
Qos-Bruneau, dont nous aTons parié plusieurs fois dans nos premiers cha- 
pitres. Le Saint-Elsprit parait aroir lié sa première enseigne. Plus tard, on 
trouve renseigne du Papegauit; peut-être y eui-il dinsioo entre deux corps 
d^hôtel. Cependant, en 14^, on dit que la maison du PapegttuU a jadis été 
baillée à rente à Jean Louchart. 

5. Ibidem, 23 mars 1432, fol. 16 r. 

6. IbiJcm, 14 mai 1460, fol. 20 r, et 17 février 1462, fol. si r. 

7. Ibidem, 24 jum 1466, fol. 22 r». 



SUR LE COLLAGE DE FORTET. 287 

<^ire l'ancien hôtel du collège au coin de la rue des Cordiers et de 
^^ rue Saint-Jacques, est baillée à rente à Jean Fenyant pour cinq 
^^'V'rcs parisis. 

-^insi se reconstituaient les revenus du collège. 

Jean de Haillies travailla trente ans à faire rentrer l'aisance 

^^^ns la maison qu^elle avait désertée; il y réussit presque. En 

^ '4-69, Ton pouvait distribuer aux membres de la communauté, 

S.Ui, sans doute, n'avaient pas toujours touché leurs bourses, cent 

Quarante écus d'or provenant du paiement d'arrérages accumulés^ 

^n 1472, les boursiers voyaient la possibilité de se panager cer- 

^^ines sommes reçues par le maître^; les supplications quMls 

^dressent au Chapitre à ce sujet témoignent à la fois de la pau- 

'^l'eté, d'oîi Ton sort ,à peine, et de l'accroissement tout nouveau 

^^s ressources. Enfin, à partir de février 1456, on a recommencé 

^ peupler le collège, dont, depuis dix années, on n'avait plus osé 

i^nouveler les habitants'. Après le 29 avril 1457, les boursiers y 

^ont au complet et des titulaires nouveaux sont nommés à chaque 

Vacance^. 

Une véritable résurrection s'est accomplie. 
Mais un tel retour à la vie n'aurait pu avoir lieu au moyen 
^ge sans que les <r chats fourrés » n'en tirassent quelque profit. Avec 
Torcy, le collège avait traité à l'amiable; c'était là procédure 
d'exception. On ne voulut ou Ton ne put s'y tenir lorsque l'on 
s'occupa de la rente achetée autrefois au seigneur de la Rivière. 

Pas plus que les héritiers de messire Colart d'Estouteville, l'hé- 
ritière du comte de Dammartin, c'est-à-dire sa sœur Pérette, 
mariée au seigneur de la Rocheguyon, ne s'était crue obligée de 
payer les intérêts des sommes empruntées par son frère, après 
avoir subi les plus dures conséquences de la guerre anglaise. L'on 
sait qu'elle avait renoncé à tous ceux de ses fiefs dont elle eût fait 
hommage au souverain d'outre- Manche. Son loyalisme dut sup- 
pléer, à son sens, à cette loyauté roturière qui consiste à respec- 
ter toutes les clauses des contrats grâce auxquels nous profitons 
de l'argent d'autrui. Du reste, Pérette de la Rivière, dame de la 
Rocheguyon, paya assez cher sa fidélité aux Valois pour que 



1. Arch. nat., LL 262, 4 oct. 1469, fol. 23 v*. 

2. Ibidem, 14 févr. 1472, fol. 25 r«. 

3. Ibidem, 4 févr. 1436, fol. 18 T*. 

4. Ibidem, 3i jany. 1457, foL 19 r*, et 29 avr 



436, fol. 18 r. 

1457, foL 19 r*, et 29 avril 1457, fol. 19 r*. 



288 irUDB HISTORIQUE 

vers 1436 un versement annuel de deux cents livres lui eût été 
réellement difficile. Le collège de Fortet n*avait donc plus rien 
reçu de ce côté à partir de 1486^ La dame de la Rocheguyon 
rentra cependant en possession de ses seigneuries, mais il est fort 
probable qu'elle s'était endettée pendant la guerre et nous voyons 
qu*à partir de cette époque la fortune de sa maison ne cessa de 
péricliter. Vingt-quatre ans, le collège épuisé avait témoigné à 
regard de dame Pérette d'une patience peu méritoire. En 1460*, 
quand l'administration de M* de Haillies commença à produire 
ses bons effets, quand la communauté se sentit prête à afifronter 
la coûteuse épreuve d'un procès, elle cita sa débitrice devant 
le prévôt de Paris, qui n'avait point à montrer au collège 
de mauvais vouloir. Mais M""* de la Rocheguyon jouissait du 
privilège de « committimus ». La cause fut donc évoquée aux 
requêtes du Palais. Ici la procédure enchevêtra ses méandres; 
mais^ à la mort de la grande dame française, l'affaire n^avait pas 
fait un pas. 

■ Celte mort du reste ne marqua nrème pas une interruption 
notable dans le procès : dame Marguerite de la Rocheguyon, fille 
de dame Perette de' la Rivière, avait succédé à sa mère'; elle héri- 

1. Arch. nat., M 126, n* 21. Contrat passé le 12 septembre i534 entre le 
collège et le Chapitre, c ... depuis lequel temps iceulx de Fortet ont esté 

tousjours payez de ladicte rente, jusques a l'an mil quatre cens trente six 
que a l'occasion des guerres le paiement cessa. 

2. Contrat du 12 septembre ibb^ entre le collège et le Chapitre (Arch. 
nat., M 126, n* 14, fol. 2 r. f ... Au moyen de quoy en Tan mil quatre cens 
soixante iceulx de Chappitre auroient mis en procès et faict convenir par 
devant nous prevost de Paris susdict ou nostre lieutenant dame Perrette de 
la Rivière, héritière dudict dcfiFunct messire Charles pour avoir payement 
de vingt quatre années d'arreraiges lors deues et escheues a cause de ladicte 
rente et a payer et continuer icelle rente. Laquelle dame feist renvoyer la 
cause aux requestes du pallais a Paris, ou elle est retenue, et y est pro- 
ceddé par ladicte dame jusques a son décès... » Nous avons vu plus haut que, 
dès 1444, Ton s*était occupé de recouvrer les arrérages dus au collège et 
d'exiger le paiement de la rente en question. Mais les démarches que Ton 
dut faire alors ne paraissent pas avoir eu de résultat et, sans doute, aucun 
procès ne fut engagé. 

3. Arch. nat., M 126, n* 14, fol. 2 v*. f ... Après lequel [décès] dame Mar- 
guerite de la Rocheguyon, sa fille, reprend ledict procès, pendant lequel 
elle vend et alliène la plupart des héritages de la succession dudict feu mes- 
sire Charles de la Rivière obligez au paiement de ladicte rente. Scavoir est 
a feu messire Guillaume Juvenel des Ursins, en son vivant chancellier de 
France, baron de Traynel, entre autres pièces les terres d'Alibaudières, en 



SUR LE COLLÈGE DE PORTBT. 289 

^it des biens obligés envers le collège de Fortet et des procès 
^^gagés contre le collège. Tandis que « par faute de bon gouver- 
nement » ou pour toute autre cause, Pécroulement d'une fortune 
^^^is considérable s'accélérait sous dame Marguerite, tandis que 
^^Ue-ci achevait de vendre les biens hérités de son oncle et que les 
^^ociations entamées en vue d^une transaction aboutissaient à 
^^ échec, le procès pendant devant la Chambre des requêtes, en 
^^pit des lenteurs savantes de la justice, approchait du dénouement, 
^a sentence fut rendue le 21 octobre 1475 ^ Dame Marguerite 
Vergy était condamnée à payer les arrérages échus jusqu'en 
^460, — la cour en réduisait le total de moitié, — les arrérages 
/^^^s depuis, et à continuer le paiement de la rente annuelle de 
-5^^ cents livres tournois; en outre, la cour déclarait « tous les 
^^^r^s et heritaiges qui furent et appartindrent audit feu messirc 
, *^^rles de la Rivière obligez et ypothequez » comme garantie de 

^«nte due au collège. 

- -N^ais cette sentence n'avait rien de définitif. La condamnée inter- 

^^ appel. L'on se remit à procéder. M* de Haillies eut cependant 

^1^ bout d'un an la satisfaction de voir la sentence des requêtes du 

^lais confirmée par un arrêt du Parlement. L'arrêt du 6 sep- 

^^t^bre 1477' maintenait en effet les dispositions essentielles de 

^ sentence du 21 octobre 1475. 

Les intéressés auraient pu croire en 1477 quUls tenaient enfin 

^^ solution du litige. Hélas! la communauté était loin d'être au 

^^ut de ses peines. M* de Haillies n'était point destiné à voir la 

Qn du procès qu'il avait engagé, — ni son successeur, — ni le 

Successeur de son successeur. 

En effet, lorsque monseigneur maître Guillaume Allegrin, con- 
seiller au Parlement, commis à l'exécution de l'arrêt du 6 sep- 
tembre, fit « discution des biens de ladicte dame >, il ne la trouva 
point solvable^. Il fallut donc quMl fît « mettre en la main du 

Champaigne, et Souppy, le vingt siiiesme jour de novembre mil quatre cens 
soixante huict... > Marguerite de la Rocheguyon était Tun des quatre enfants 
de Gui VI et de Perrette de la Rivière. Elle épousa en 1487 Jean de Vergy, 
seigneur de Fonvens. Voy. Moréri, t. IX, p. 278. 

I. Arch. nat., X3a4, 21 oct. 1475. A la fin de I*acte et en marge mention 
de l'appel. 

a. Arch. nat., Xiftiii, fol. aSg. 

3. Arch. nat., M 126, n* 14, fol. 3 v*. c Pour l'exécution duquel arrestest 
commis Monsieur maistre Guillaume Allegrin, conseiller du Roy en ladicte 
M^. XXXIII 19 



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TABLE DES MATIÈRES. 



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^'^tribuiion à l'état civil des artistes fixés à Paris de 1746 à 1778; 

^^^ A. Trudon des Ormes i 

^ ^'évolte ei le siège de Paris (1589); par A. Gérard .... 65 

Camille de Jean Le Vacher, missionnaire et consul en Bar- 

^ ^rie; par Léon Brétaudeau i5i 

^^e historique sur le collège de Fortet (i 394-1764); par 

^^oul Busquet 187 



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