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Full text of "Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliquée aux arts, à l'agriculture, à l'économie rurale et domestique, à la médecine, etc"

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NOUVEAU 

DICTIONNAIRE 

D'HISTOIRE NATURELLE 

APPLIQUÉE AUX ARTS, 

A l'Agriculture, à l'Econoinie rurale et domestique, 
à la Médecine , etc. 

PAR UNE SOCIÉTÉ DE NATURALISTES 
ET D'AGRICULTEURS. 

Nouvelle Edition presqu'entièrement refondue et considé- 
rablement augmentée ; 

AVEC DES FIGURES TIREES DES TROIS RÈGNES DE LA MATURE. 

TOME XXVIIL 



DE L'IMPBIMERIE D'ABEL LANOE , RUE DE LA HARPE , n." jS, 

A PARIS, 

Chez DETERVILLE, libraire, rue hautefeuille, n» 8. 



M DCCC XIX, 



Indication des Planches du Tome XXVIII. 

M 20. Oiseaux , pag, 24. 
Petit Phénicoplère. — Pic noir à huppe jaune. — Porphyiion. 

M 21. Minéraux , pag. 87. 
Pierre de Florence. — Poudingue d'Angleterre. 

G 25. ZooPHYTES ET Infusoires , pag. 154. 
Oursin railiaire. — Oursin vulgaire. — Oursin ovale. — Oursin spa anguc. 

— Oursin dfs caraïbes. — Oursin rosacé. — Oursin pcnlapore. - Paramécie 
aurélie. — Pediceliaire trident. — Pennalule phosphorique. Physophore 
hydrostatique. — Planaire notulée. — Planaire travers. — Polydore cornue. 

— Proboscidc cornue. — Protce variable. 

M 32. Oiseaux, pag. 166. 

Gros-bec padda. — Pique-bœuf. — Proinerops à paremcns frisés. 

G 39. Oiseaux, /?ag. 167. 

Cffidicnéme à gros bec , de la Nouvelle-Hollande. — Colin ho-oui mâle. — 
Irroracrops promcfil. 

G 45. Animaux fossiles, pag. 226. 
Ptérodactyle antique. — Le petit Palœotherium. 

M 29. Insectes , pag. 240. 
Panorpe commune, — Passale interrompu. — Pédine-dermesto'idc. — Penla- 
lome siamoise. — Phasme bâton. — Philanlhe apivore. — Phrygane poilue. 

— Pimelie muriquée, — Podalirie hérissée. — Podure velue. — Pœdère 
des rivages. — Pou de l'homme. — Ptilin pectinicorne. — Pyrochre ccarlate. 

M 17. Insectes , pag. 287. 
Noctuelle glyphique. —Noctuelle lunaire. — NoctueUe trapezine. -Phalène 
do la larine. — Phalène de l'orme. — Phalène du syringa. — Ptérophore pen- 
tadactyle. — Pyrale des pommes. — Pyrale verte à bandes. 
M 22. Oiseaux , pag. 2q3. 
Yacou parraka. — Hocco pauxi. — Pyranga rouge et noir. 
P I. Plantes, pag. 334. 

Quadrie noisetfier. — Quassie amère. — Quassie simarouba. — Quamoclite 
tubéreuse. 

P 2. Plantes , pag. 484. 

Quatelé à grandes fleurs. — Quinquina du Pérou. — Quinquina caraïbe. 

— Quisquale de Tlnde. 

P 4. Reptiles , pag. 542. 
Plature fasciée. — Raine palte d'oie. — Raine bicolore. —Raine commune 

— Raine rouge. — Raine marbrée. — Raine à bandeau. — Raine lapier. — 
JRauie beuglanle. 



NOUVEAU 

DICTIONNAIRE 

D'HISTOIRE NATURELLE. 



PORCELAIjNE. On donne ce nom à toute poterie fine, 
blanche , et tant soit peu translucide. Mais ce qui constitué 
les propriétés essentielles d'une véritable porr^'/mW, c'est de 
supporter sans se rompre les alternatives du chaud cl du froid 
et d'être infusible au plus grand feu de nos fourneaux ; et 
certes , il y a bien peu de ces poteries décorées du nom de 
porcelaine, qui remplissent ces deux conditions. Celles qui 
sont reconnues pour être les plus parfaites, sont les anciennes 
porcelaines de la Chine (celles d'aujourd'hui sont fort infé- 
rieures), Us porcelaines du Japon , celles de Saxe , de Berlin, 
et lie Sèvres, près Paris. Celle-ci l'emporte de beaucoup sur 
toutes les autres par l'élégance des formes et la beauté des 
peintures. 

On sait que la porcelaine de la Chine est composée de deux 
substancesnommées, dansle pays , kaolin QXpeiunt- se. Celui- 
ci paroît être une variété de Jeldspath hlanc qu'on trouve en 
grandes masses confusément cristallisées en petites lames ; il 
se fond assez aisément sans addition. Le kaolin est regardé 
comme nn feldspath décomposé et converti en argile , qui 
par cette nouvelle modification , est devenue réfractaire. 

C'est d'après ces notions qu'on a pensé que toute porcelaine 
devoit être essentiellement composée de deux subslances , 
V une réfractaire , et V autre fusible -, et l'on suppose que dans 
la cuisson de la porcelaine , c'est la ipavtie réfractaire qui , par 
sa résistance à la fusion et au ramollissement , soutient ies 
vases et conserve leurs formes , et que l'autre substance , eu 

xxvin. I 



P O R 

se vitrifiant à demi , sert à lier entre elles les mole'cules ré-; 
fraclaires. 

Et ce qui a pu confirmer dans celte opinion , c'est qu'on 
voit des porcelaines dont l'intérieur présente une contexture 
en parue vitreuse et en partie grenue ; ces petits grains ont 
été regardés comme les molécules réfraclaires de la pâte. 
Mais on est forcé d'abandonner celte idée , quand on consi- 
dère que les porcelaines sont d'autant plus parfaites à tous 
égards, que leur intérieur présente une contexture plus ho- 
mogène et plus semblable à celle d'un émail. 

Il paroît donc évident que dans ces véritables porcelaines , 
toute la matière a été instantanément dans un élat de fusion 
complète , et que c'est pendant cet instant presque indivi- 
sible , que s'est faite , non pas l'opéralion purement méca- 
nique d'une matière pâteuse qui enveloppe des molécules 
solides, mais une véritable combinaison chimique de deux 
terres vitrifiées , qui , par leur pénétration mutuelle , ont 
formé subitement un troisième corps plus ou moins infusible. 
Les belles expériences de M. Kennedy , sur le verre de ba- 
salte , ont fait voir que dans l'instant môme de sa fusion , ce 
verre prend subitement un caractère nouveau qui le rend 
infusible au degré de feu qui l'avoit d'abord mis en fusion ; 
et ces faits, qui parolssent avoir la plus grande analogie avec 
la confection de la porcelaine , sont très - propres à jeter du 
jour sur les pbcnomènes qu'elle présente. 

Peut-être l'expérience prouvera-t-elle que, poyr composer 
la pâte d'une bonne porcelaine , il n'est pas toujours néces- 
saire , comme on l'a cru , d'employer une icvxc: fusible et une 
terre réfractaire : il seroit possible , en effet , que deux teijj'es 
fusibles formassent un tout qui cesseroit de l être , et que deux 
terres réfraclaires , après s'être servies mutuellement de fon- 
dant, reprissent, après leur combinaison, leur premier carac- 
tère d'Infusibilité. F. Kaolin et Feldspath, (pat.) 
PORCELANITE. F. Jaspe porcelaine, (ln.) 
PORCELANITES. Ce nom a été donné aux Porce- 
laines fossiles, (desm.) 

PORCELLANE, Porcellana , Lam. , Bosc , Latr. , 
Léacb. , Riss. ; Cancer , Linn, , Eab. Genre de crustacés , de 
l'ordre des décapodes, famille des macroures, tribu des ano- 
maux , ayant pour caractères : corps presque orbiculaire , un 
peu rétréci en pointe à son extrémité antérieure , aplati ; 
queue plus courle que le test , entièrement repliée sous la 
poitrine , comme celle des bracbyures , divisée, à son extré- 
mité postérieure , en manière de compartimens , par des li- 



P O R 3 

gnes enfoncées ; deux petites lames foliacées , ou nageoires 
portées sur un article commun, situées, de chaque côté, près de 
l'extrémité postérieure de cette queue, et cachées, en partie 
sous son dernier segment; ce segment arrondi, cchancré ; les 
deux pattes antérieures en forme de serres , terminées par 
une pince didactyle ; les six suivantes onguiculées ; les deux 
dernières petites, filiformes, mutiques, repliées de chaque 
côté du test, cachées ou peu apparentes ; antennes latérales 
insérées au côté extérieur des yeux , sétacées , longues ; les 
intermédiaires très-peliles, semblables à celles des crustacés 
brachyures et logées entre les yeux , dans deux cavités lon- 
gitudinales et sous-frontales. 

Les porcellanes paroissent être , à la première inspection, 
de la famille des brachyures , et c'est, en effet , avec les 
crabes que Fabricius et d'autres naturalistes les ont placées. 
Mais une étude comparative etdétaillée de leurs parties nous 
montre que ces crustacés sont très-voisins des galaihées , 
genre de macroures ; l'on peut même dire que les porcel- 
lanes sont, en quelque sorte, des galatkées à forme de crabe. 
Elles leur ressemblent par les antennes , les pattes , et sur- 
tout par la manière dont se termine la queue. Mais le corps 
des porcellanes est proportionnellement plus court ; les an- 
tennes intermédiaires sont plus petites et cacliées dans des 
cavités situées sous le front ; les pieds-mâchoires extérieurs 
ont plus de rapports avec ceux des brachyures qu'avec ceux 
des galaihées ; les articles inférieurs sont larges , et conjoin- 
tement avec les supérieurs , dont les trois derniers sont cour- 
bés , couvrent les autres parties de la bouche ; le second ar- 
ticle surtout est fort grand et dilaté intérieurement ; les rap- 
ports de ces organes avec les parties analogues des brachyu- 
res s'étendent jusqu'aux palpes flagellifonnes ; leur grandeur 
relative est la même ; enfin les extrémités supérieures de ces 
pieds-mâchoires et même celles de la paire suivante , sont 
garnies de cils nombreux et fort longs. Les yeux des porcel- 
lanes sont portés sur un pédicule fort court et logés dans des 
fossettes arrondies, de chaque côté du bord antérieur du test ; 
l'espace du test compris entre eux, s'avance un peu en pointe, 
le plus souvent bifide outridenlée. Les deuxpattes antérieures 
ou les serres sont fort grandes comparativement aux autres , 
déprimées, terminées par une grande pince , dont le pouce 
ou le doigt mobile est intérieur , et ont cela de particulier , 
que l'article portant la main ou le corps est beaucoup plus 
grand que l'article qui précède celui-ci , et que Fabricius 
nomme souvent le bras. Le dessous de la queue des porcel- 
lanes mâles n'offre d'autres appendices que ceux qui dépen- 



4 P R 

dent des organes sexuels. Quatre paires de filets ovîfères gar- 
nissent le dessous de cette queue dans les femelles. Ces carac- 
tères sont communs aux crustacés brachyures, et à tous les 
macroures de notre tribu des anomaux. 

M. Risso dit que les porcellanes se tiennent cachées sous 
les pierres des bords de la mer, et qu'elles fuient la lu- 
mière. » Foiblt's et timides , elles restent , pendant le jour, 
dans une immobilité parfaite, et si on les poursuit, elles se 
traînent plutôt qu'elles ne marchent sur les cailloux, d'où 
elles ne sortent que pendant la nuit pour chercher leur nour- 
riture. Les femelles déposent leurs œufs dans le sable grave- 
leux , baigné par les flots » (//«/. nai. des Criist. de Nice , pag. 
66). Ce naturaliste s'est trompé en prenant les deux cancres 
velus, figurés par Rondelet, pour deux espèces de porcellanes. 
Il est aisé de voir , non-seulement par l'ensemble des carac- 
tères , mais surtout par le nombre des pattes qui sont repré- 
sentées dans son ouvrage que ces crustacés diffèrent beaucoup 
des derniers , et que l'un doit cire rapporté au cancer spinif ions 
de Fabricius,et que l'autre est son cancer hirlellus ou quelque 
autre espèce. M. Risso a mentionné trois espèces de porcel- 
lanes , dont deux , savoir : celle de Blutel et celle qu'il nomme 
longue-pattes , lui ont paru nouvelles. 

Les porcellanes sont répandues dans toutes les mers, et 
forment un genre assez nombreux, mais dont on n'a décrit que 
peu d'espèces. Ces descriptions sont très-imparfaites et man- 
quent souvent d'un appui nécessaire , celui des figures. Ces 
crustacés étant très-petits, ne peuvent être bien connus qu'au 
moyen d'une étude très-détaillée. On trouve sur nos côtes les 
espèces suivantes, dans lesquelles la partie du bord anté- 
rieur du test , comprise entre les yeux , est toujours divisée 
en trois dents courtes , et dont l'intermédiaire un peu plus 
large , avec un sillon au milieu. 

PoRCELLANE LARGE-PINCE , Porcellana platycheles , Lam. , 
Latr. , Léach. ; Penn. Bril. Zool ^ tom. 4-, pi- 6, fig. 12; 
Herbst. C/M5^.,tab. 47) f'g- 2- Serres larges, égales-, prolonge- 
ment lobiforme de l'.angle interne et supérieur du bras, et côté 
interne du earpe ou de l'article suivant, dentelés; pinces pres- 
que triangulaires, chagrinées en dessus, avec une frange de poils 
serrés au côté extérieur; doigts connivens ; le pouce crochu 
au bout , granulé au bord interne , avec un sillon longitudinal 
en dessus, l'autre doigt sans dents sensibles. 

PORCELLATSE PINCES - INEGALES , Porcellana anisocheles , 
Latr. Serres assez larges , inégales ; côté interne du bras et 
du earpe sans dents ; pinces ovales ; la gauche plus grande , 



P O R 5 

glabre , avec une dent au bord interne des doigîs ou de l'un 
d'eux; pince gauche cannelée, avec les doigis un peu contour- 
nés , très-crochus au bout , et très-ciliés en dessous , au bord 
interne. 

PoRCELLANE LONGICORNE , Poi'cellana longicornh , Latr, ; 
Cancer longicornis ^ Linn. ; Herbst. , ihid. ^ lab. ead. , fig. 3, 
Serres étroites, presque égales ; côté interne du carpe un peu 
sinué ou bidenté; pinces allongées, semblables , très- finement 
dentelées au côté extérieur; milieu du dessus des mains élevé 
longiludinalement ; doigts sans dentelures au bord interne, 
contigus le long de ce bord ; une petite ligne élevée à la base 
supérieure du pouce. 

PoRCELLANE A SIX PIEDS , PorceUana hexapus , Latr. ; Cancer 
hexapus , Linn. , Fab. ; Herbst. , ibid. , tab. ead. , fig. 4- Elle 
est voisine des deux premières; ses serres sont grandes, 
presque égales , glabres , d'un rouge de sang foncé , avec les 
doigts sans dentelures au côté interne , et laissant entre eux 
un vide sensible. 

L'espèce suivante, décrite par M. Bosc, dans son Histoire 
naturelle des crustacés , faisant suile au Buffon de Castel , 
dont M, Delerville est éditeur, se trouve en Amérique. 

PoRCELLANE GAt.ATHINE, Porctllana galathina ; pi. M,i6 
lis, /^, de cet ouvrage. Son test est strié , avec l'extrémité an- 
térieure obtuse et sans divisions ; les serres sont grandes , 
égales , Irès-chagrinées en dessus , avec trois dents très- 
aiguës , en forme d'épine , au côté interne du carpe ; les 
pinces sont presque triangulaires , avec les doigts courts et 
sans dentelures au bord interne. 

Le cancer sexpes de Fabricius est de ce genre. Peut-être 
austi faut- il y rapporter sa leucosie planata. (l.) 
PORCELET. V. Cloporte, (s.) 
PORCELET DINDE. V. Cobaye cochon - d'Inde. 

(desm.) 
PORCELET BRUN. Espèce de Bolet qui croit en 
Italie , où elle est fort recherchée sous le nom de twvo ou 
carbonajo. Elle est brune en dessus et blanche en dessous. 
Son pédicule est fusiforme. V. sa figure , pi. 164. du Traité 
des champignons de Paulet. (b.) 

PORCELET DE SAINT-ANTOINE. Dénomination 
vulgaire du Cloporte, (s.) 

PORCELIA. Nom donné anciennement à Vhypochœrls 
nidicata. Quelques botanistes français nomment y9o/re//«î le 
genre hypochœris lui-même. V. HypochéRIDE. (ln.) 

POR.CELIE, PoFcelia. Arbre du Pérou , qui forme àmt 



6 P O R 

la polyandrie polygynie et dans la famille des anones, un 
genre dont les caractères consistent : en un calice caduc com- 
posé de trois folioles ovales , en cœur; six pétales ovales , 
dont trois extérieurs plus petits ; un grand nombre d'étamines 
à anthères sessiles sur le réceptacle ; plusieurs ovaires li- 
néaires, à sligmaie sessilc et obtus; des baies grandes, cylin- 
driques, séparées, avec une suture dorsale , uniloculaires , 
contenant plusieurs semences oblongues,réniformes, compri- 
mées, séparées deux à deux parune membrane intermédiaire. 

Ces caraclères ont quelques rapports avec ceux des Ga- 
NAKGS, et beaucoup avec ceux des Orchidocarpf.s ( Ast* 
MINIERS de Dccandolle) ; aussi Jussieu a-t-il réuni le PoR- 
CELiE à ce dernier genre, (b.) 

PORCELLE. Nom vulgaire de rH\POCHÉRiDE radi- 
cale, (b.) 

PORCELLINO D INDIA. En Italie , c'est le nom du 
Cobaye cociiok-b'Inde. (desm.) 

P O RC ELLI O N, Porre/Z/o. (ienrede crustacés , de Tordre 
des isopodes , famille des pîérygibranches. 

Plusieurs auteurs anciens ont désigné les cloportes sous le 
nom Ait porcellio Ç petit cochon'). Nous avons cru pouvoir ap- 
pliquer celle dénomination à un démembrement de ce genre. 
M. Cuvier a remarqué , le premier, la différence numérique 
des articles des antennes des cloportes. Dans les uns , les 
cloportes proprement dits et les philoscies, ces antennes sont 
de huit pièces , et dans les autres, ou les porccllions , elles 
en ont une de moins. Tout ce que nous avons dit d'ailleurs 
des cloportes, doit s'appliquer à ces derniers , et nous y ren- 
voyons pour les généralités historiques. Nous ajouterons ici , 
par forme de supplément , les trois observations suivantes 
que nous avons eu occasion de recueillir , depuis la rédaction 
de cet article : i.° les appendices de la queue , ou du moins 
deux d'entre elles, laissent chacune échapper une liqueur 
visqueuse, que l'on peut tirer à plusieurs lignes de distance , 
et paroissent être ainsi des espèces de filières ; 2.° les petites 
pièces ou valvules qui recouvrent sur deux rangs le dessous de 
la queue , nous donnent un moyen de distinguer les sexes. 
Dans les mâles , les valvules inférieures sont beaucoup plus 
longues que dans les femelles, et terminéesen pointe allongée ; 
3.^ les appendices latérales du bout de la queue sont pro- 
portionnellement plus longues dans les mâles que dans les 
femelles. Dans la détermination des espèces , on ne fera donc 
tomber les caractères que sur les proportions réciproques 
des quatre appendices. 



P O R 7 

On trouve très-communément en France les deux espèces 
suivantes : 

PoRCELLiON RUDE, PorcelUo <scaber ; Oniscus asellus , Cuv. ; 
var. C. du cloporte ordinaire de Geoffroy. Cette espèce est 
constamment chargée en dessus de petites aspérités ou de 
petits grains ; la pointe que forme le dernier anneau est 
presque de la longueur des appendices inférieures et inter- 
médiaires ; mais la couleur du fond de dessus varie beaucoup. 
On en voit d'un cendré noirâtre, sans taches ou avec des 
,taches jaunes ; de jaunâtres avec le dos mêlé de taches d'un 
cendré noirâtre et de jaunâtres ; le dessous du corps est tou- 
jours d'un blanc jaunâtre. 

Cette espèce fréquente particulièrement les murailles. 

PoRCELLiON LISSE , Porcdlio lœ^is ; var. B. du cloporte ordi- 
naire de (Geoffroy. Le corps est lisse en dessus , d'un cendré 
noirâtre, avec quelques nuances d'un gris jaunâtre. Les ap- 
pendices latérales de la queue sont sensiblement plus longues 
que dans l'espèce précédente ; les intermédiaires dépassent 
la pointe du dernier anneau. On le trouve sous les pierres , à 
la campagne, (l.) 

POKCELLUS INDICUS ou CUNICULUS INDI- 
CUS. Plusieurs anciens naturalistes désignent , par ces noms, 
le Cobaye cochon d'Inde, (desm.) 

PORCHAISON {^Vénerie'). Saison dans laquelle les san- 
gliers deviennent plus gr^s et meilleurs àmanger. F. l'histoire 
du Sanglier, à l'article Cochon, (s.) 

PORCHVITON {Vénerie). L'on appelle quelquefois 
ainsi le sanglier quand il est gras, (s.) 

PORCINS, Porcîni. Vicq-d'Azyr donne ce nom à une 
classe de sa division des mammifères, laquelle comprend 
tous les pachydermes de nos genres Cochon, Pécari ciPhas- 
sans canon. V. ces mots. Il les caractérise ainsi : pieds fourchus ^ 

COCHŒRE. (DESM.) 

PORCKANA. C'est le nom de la Carotte, en Finlande. 

Tlî^.) 
PORCUPINE. Nom anglais du Porc épic. (desm.) 
PORC US. Nom latin du Porc ou du Cochon. ( V. ce 
mot. ) Il a été appliqué par les anciens naturalistes à des 
animaux très-différens. Ainsi le porcus pumilio , taxus porclnus 
de Jonston, est IcBlaireau ; le porcus aculeatus.,seu histrixma- 
laccensis de Séba , est le HÉRISSON a oreilles pendantes; le 
porcus moschiferus de Klein , est le PÉCARI ; le porcus indicus 
de Rai , est le Babyroussa ; le porcus aculealus sybestris , seu 
hystrix' orientalis singularis de Séba, est une espèce de Rat épi- 
neux ; le porcus marlnus de Sibald et autres, est le Dauphin; le 
porcus fluiHaiilis , est le Cariai, (desm.) 



« P O R 

PORDALIS. V. Pardalis. (desm.) 

PORE. Nom du Poireau , en Languedoc. (i.N.) 

POREAU.r. Poireau, (s.) 

PORÉE. Synonyme de Poireau, (b.) 

PORELLE, Porella. Genre de plantes cryptogames , de 
la famille des algues, établi par Linnœus , d'après Dillen , 
mais que Dickson a prouvé , dans le troisième vohime 
des Transactions delà Société Linnécnne de Londres, être formé 
sur de faux caractères. La plante de Dillen n'est autre chose 
qu'une Jokgermakne dePensylvanie, ainsi que la description 
et la figurede Dickson peuvent le faire voir. Cependant Beau- 
vois, qui a observé cette plante en x\mérique, doute encore 
qu'elle ne fasse pas un genre. V. au mot JongermaîsISE et au 
mot Lycopode. (b.) 

PORES. On donnoit autrefois ce nom aux polypiers pier- 
reux. \oy. aux mots Madrépore et Millépore. (b.) 

PORES. Quelques naturalistesnommaient ainsi autrefois 
toutes sortes àe pierres poreuses ^icWcs que lesTuFS,lèsPlERRES- 
PONCES,lesLAVES CELLUi.EUSES et scoRiFORMES, et notamment 
les (tRÈs qui servent de pierre à filtrer. V. ces mots, (pat.) 

PORES. F. Feuilles. (TOLL.) 

PORGY. Poisson du genre des Spares. (b.) 

PORIE , Poria Genre de champignons , établi par Per- 
soon aux dépens des Bolets. 

Dans ce genre , le chapeau est irfégulier , les tubes sont 
adhérens entre eux, placés à la surface inférieure, (b.) 

PORILLON. Nom vulgaire du Narcisse faux nar- 
cisse , aux environs d'Angers, (b.) 

PORINE , Purina. Genre de plantes de la famille des 
Lichens , établi par Acharius , dans sa Lichenographie 
universelle ,et composé de sept espèces, dont quatre avoient 
été comprises précédemment dans le genre thelutrènie. 

Ses caractères différentiels sont : une base ( thallus ) car- 
tilagineuse, membraneuse, uniforme; des écussons en appa- 
rence diaphanes , marqués de points enfoncés dans l'inté- 
rieur. On voit , avec le microscope , de petites poches ovales 
contenant des grains presque globuleux. 

Aucune des sept espèces de ce genre n'est remarquable , 
ni par les formes , ni par une utilité connue. (P. B.) 

PORION. C'est le Narcisse des bois, (p.) 

PORITE, Porita. Genre établi par Lamarck, aux dé- 
pens des Madrépores de Linnœus. Ses caractères sont : 
. polypier pierreux, fixé , rameux ou lobé et obtus, à surface 
libre partout stellifère ; les étoiles régulières , presque 
contiguës , superficielles ou excavées , à bords imparfaits ou 
nuls , à lames filamenteuses , acérées ou cuspidées. 



PO R 9 

Ce genre se rapproche des véritables madrépores par son 
aspect, et des Astrées par son organisation ; mais il diffère 
de tous les polypiers par les pointes de ses étoiles qui rem- 
placent les lames. Lamarck en compte seize espèces , toute» 
appartenant aux mers des pays chauds, (b.) 

PORITES. On donne ce nom aux madrépores pétrifiés 
en agate , dont les pores remplis d'une substance silicée trans- 
parente , paroissent être vides, de sorte que les plaques qu'on 
en fait en les sciant transversalement , semblent être criblées 
de trous quand on les regarde en les plaçant entre l'œil et la 
lumière. On trouve aux environs de Valdaï, sur la route de 
Pétersbourg à Moscou, à la surface même du sol, une grande 
quantité de millépores qui présentent ce joli accident, (pat.) 

PORLIÈRE, Por//Vra. Arbre du Pérou , qui forme un 
genre dans Toctandrie tétragynie , et dans la famille des 
rutacée?. Ce genre offre pour caractères : un calice de quatre 
folioles oblongues , concaves et caduques ; une corolle de 
quatre pétales, ovales, onguiculés, concaves et caducs; huit 
écailles cunéiformes, recourbées, émarginées et caduques , 
situées à la base interne des pétales ; huit étamines insérées 
sur les écailles; quatre ovaires supérieurs, oblongs, réunis, du 
centre desquels s'élève un style droit, astigmate aigu; quatre 
drupes oblongs , renfermant chacun une noix uniloculaire. 

Ce genre , qui se rapproche des Galvèses , est figuré pi. 9 
du Gênera de la Flore du Pérou. (B.) 

POR'MARI. Cochon d'Inde , en languedocien, (desm.) 

PORO CARPE. Fruit de Ceylan , figuré dans Gœrtner. 
On ignore à quelle plante il appartient, (b.) 

POROCEPHALE , Porocephalus. Genre de vers intes- 
tins , établi par Humboldl. Ses caractères sont: corps cylin- 
drique , plus gros vers la tête , demi-transparent , transver- 
salement rugueux, légèrement crénelé surses bords; tête ré- 
tractile dans une fente semblable à la bouche des lapins , 
armée de cinq crochets rétractiles, placés inférieurement. 
Cever a été trouvé dans lesintestinsd'un serpenlàsonnette de 
Cumana. Son canal alimentaire excède douze fois la longueur 
du corps. On en voit une figure avec les détails convenables ^ 
dans le Recueil d'observations de Zoologie de ce célèbre 
voyageur , qui le compare aux IIéruques etauxEcniNORHYN- 
QUEs. Je dois ajouter qu'il a beaucoup plus de rapports avec 
mon genre Dipodion. (b.) 

PORODRAGUE , Forodragus. Genre de Coquilles , 
établi par Denys-de-Montfort. Ses caractères sont : coquille 
libre, univalve , cloisonnée, droite , renflée en fer de lance 
arrondi ; ouverture ronde , horizontale ; siphon central ; 



10 P O R 

cloisons coniques , unies ; une goulllère sur le lest qui est 

criblé de pores allongés et disposés régulièrenrient, 

La seule espèce qui constitue ce genre , se trouve fossile 
dans les montagnes des environs de Gap. Elle atteint à plus 
de trois pouces de long, (b.) 

PORON, G*est la iellina Adansonii de Gmelin. V. au mot 
Telline. (b.) 

PORONIE. Gleditsch propose , sous ce nom , un genre 
à faire aux dépens des Pézizes de Linnaeus. (b.) 

POROPHYLLUM. Vaillant décrivit , sous ce nom, une 
plante annuelle d'Amérique , remarquable par ses feuilles 
marquées de petits points brillans , que Linnœus plaça 
dans le genre cacaîia ^ en lui conservant le nom àe porophyl- 
lum.yS'iWAenow en a fait une espèce du genre A/^7/2«'«, lequel 
comprend les cacalies à calice simple. Le cacalia atiipUcifolia^ 
considéré aussi comme une seconde espèce àe porophyllum , 
ayant le calice caliculé à la base , demeure dans le genre 
cacalia. (ln.) 

^ POROPTÉRIDES,Po/-o;>/mWe5. Famille de plantes, 
établie par Willdenow aux dépens de celle des Fougères. 
Elle ne renferme que les genres Marattie ciDanaé. (b.) 

POROROCAouPROROROCA.Maréesubileeld'une 
violence extraordinaire qui se fait sentir à l'embouchure du 
fleuve des Amazones , aux approches de la nouvelle et de la 
pleine lune. Ce phénomène ressemble , à beaucoup d'égards , 
au mascaret de la Gironde , aux environs de Bordeaux. Voyez 
l'article Mer. (pat.) 

POROS JA. Nom russe , appliqué à l'espèce du Cochon 
toute entière, (desm.) 

POROSENOK. Nom russe du Cochon de lait.^(desm.) 

POROSOPIE, Porosopia. Genre établi aux dépens des 
Grenadilles. Il ne paroît pas avoir été adopté, (b.) 

POROSTEMA. Scherber a ainsi nommé le genre 
ocoiea d'Aublet , fondé sur un arbre de la Guyane el de 
Surinam , qui est le nectandra hijus,a de RottboUe , et le lau~ 
riis surinamensis de Swartz et de Willdenow. (ln.) 

PORPESS. Nom anglais du marsouin , cétacé du genre 
Dauphin. F. ce mot. Dans la même langue , cet animal 
reçoit aussi ceux de PoRPUs, Porpes, Porpoisse, (desm.) 

PORPEISSE. V. Porpess. (desm.) 

PORPHYRANTHES. V. Hémerocallis. (ln.) 

PORPHYR SGHIEFFER. C'est le nom que les miné- 
ralogistes allemands donnent au Klingstein ou Phonolithe 
FEUILLETÉ , et qui contient des cristaux de feldspath. V. au 
mot Phonolithe. (ln.) 

PORPHYRE , Porphyra. Arbrisseau de la Chine , de 



P O R 

trois pieds , à feuilles opposées, lancéolées, dentées , ponc- 
tuées, presque sessiles , à fleurs rougeâtres , portées sur des 
grappes dicholomes, axillaires , qui forme un genre dans la 
télrandrie monogynie. 

Ce genre diffère fort peu des Callicarpes, et a même été 
réuni avec eux ; mais il a le calice entier , et poW fruit une 
baie uniloculaire et trisperme. (b.) 

PORPHYRE. En prenant ce nom dans son acception 
vulgaire , il désigne une matière minérale en masse , très- 
dure , suscpplihie d'un beau poli , et qui est composée d'une 
pâte, dans laquelle sont disséminées une multitude de petites 
parties anguleuses et granuliformes , d'une couleur diffé- 
rente de celle du fond. Cette définition est celle qui convient 
parfaitement au porphyre ronge antique , le plus connu de tous 
les porphyres employés dans les arts, et qui a même reçu, le 
premier, le nom de porphyre, à cause de sa couleurpourprée 
( de Porphyra , la pourpre en grec , d'où Porphyreos , pourpré , 
elPorphyriks, le Porphyre). Les artistes l'ont appliqué à d'au- 
tres pierres différentes par les couleurs ella nature, mais qui 
avoienl une structure analogue. Lorsque laminéralogie prit 
naissance, on' vit les naturalistes généraliser et appliquer 
ce nom à des pierres de toutes formations et de toutes 
natures : par exemple , à toutes les espèces de porphyres 
actuels , à des laves , à des brèches, à des poudingucs, et 
même à des grès, dont le seul caractère éloit d'offrir des petites 
parties éparses dans une pâte. Celte confusion dura long-temps» 
et l'on doit spécialement à Werner , à Saussure et à Dolo- 
mieu, d'avoir débrouillé ce chaos. 

Ils ont fixé ce nom à toute pierre composée d'une pâte , 
dans laquelle sont épars des crisiaux d'autres substances; 
par conséquent les porphyres sont des matières produites 
par la cristallisation, et ne sont point, comme les grès et les 
poudingues , des dépôts ; ils appartiennent donc aux an- 
ciennes formations, ou du moins à celles qui en font le pas- 
sage. , .^ ■ , 

C'étoit déjà beaucoup que d'avoir établi cette division ; 
mais bientôt un nouvel embarras s'éleva : on crut que l'on 
pouvoit rapporter les porphyres à une seule espèce, et l'obser- 
vation s'y refusa. On a voulu encorene fixer ce nom qu'à une 
seule espèce, et en la divisant, établir d'autres distinctions qui 
ont rendu extrêmement pénible l'étude des porphyres. Parmi 
ces cl^ngemens , il en est un qui n'est pas à rejeter , c'est ce- 
lui qui veut que le mot porphyre devienne un adjectif ainsi 
que ses dérivés porphyrique et porphyritiçiie , et qu'il désigne 
seulement la structure d'une roche quelconque compacte, 
contenant des crisiaux épars. 



12 P O 1^ 

En effet , lorsqu'on considère combien il y a de roches 
primitives , de transition et volcaniques, qui ont la struc- 
ture porphyritique, on conviendra qu'on ne peut pas en 
former une seule espèce. Néanmoins , on entend générale- 
ment à présent par porphyre une roche à base feldspathlque 
compacte , quelque peu amphibolique , et contenant dissé- 
minés , des cristaux 'de feldspath ou d'autre nature. 

Voici la séri;,' alphabétique des diverses espèces de por- 
phyres considérés d'après leur nature. Lorsque la pâte est 
granulaire et qu'elle laisse distinguer ses élémens , plus ou 
moins fondus ensemble , on donne à ces roches Tépilhèle 
de p^rphyroïdes. 

Porphyres amphikoliques { griln porphyr , AV.; griln- 
stein porp/iyr). Communéme ni verts, persillés et tachés de 
blanc ; pâte, composée de feldspath compacte , cireux , et 
d'amphibole , dans laquelle sont disséminés des cristaux 
presque compactes de feldspath, quelquefois assez gros , et 
rarement du mica. Ils sont primitifs, et on en distingue plu- 
sieurs variétés : i.» , micacé ; il accompagne le micaschiste 
{glimmcrsclneffer') et le gneiss ; 2.» , granulaire (Diorite, Haiiy ; 
Diabuse poiphyruide, Br. ; grilnsiein et griinstein porphyr des Al- 
lemands) ; sa pâle est granulaire , à grains fins ; 3.° orbi- 
culaire (^Diabuse orbiciilairr, Brong. ; vu\q^. granité orbîculaire , de 
Corse. ); pâte granulaire , verte , pointillée de blanc , enve- 
loppant de gros cristaux globuleux , sphéroïdes , formés de 
couches et de lignes concentriques , alternativement vertes 
et blanches , formées par des grains de feldspath blanc, et 
d'amphibole vert. Ce porphyre est un des plus curieux que 
l'on connoicse , et n'a encore été trouvé qu'en Corse. Les 
minéralogistes allemands rapportent au griinstein, les di- 
verses roches comprises par M. iiauy dans Vaphaniie, telles 
que le porphyre vert antique et les varioliies vertes; mais ces 
roches ont une pâte parfaitement compacte à élémens in- 
discernables à l'œil. On rapporte encore au griinstein, des 
roches qui accompagnent les basaltes, ou qui se trouvent dans 
les terrains de transition; mais il est plus que douteux que 
l'amphibole soit leurbase , plutôt que le pyroxène. V. Apha- 
wiTE , Diorite et Grunstein. 

Porphyres amygdai,oïdes. Presque toutes les roches 
amygdaloïdes, soit pétrosiliceuses , soit trappéennes , outre 
les noyaux qu'elles contiennent , offrent dans leur pâte 
des cristaux épars de feldspath ou d'amphibole, ou d^toute 
autre nature. Les mandclstcins àes Allemands, sont principa- 
lement dans ce cas. Le plus extraordinaire de tous les por- 
phyres amygdaloïdes , est celui qu'on nomme porphyre-glo- 
bulaire de Corse et PYRoaiÉuiDE, V. ce dernier mot. 



P O R ,3 

Porphyres argileux ( Thon porphyr des Allemands ; 
"Argi/uphyre y Urong, ). Nous traiterons de ces porphyres à 
rarticle TJion porphyr. 

Leur pâte terreuse ou argileuse, et les cristaux qu'elle en- 
veloppe, ont un aspect moins brillant que dans les autres por- 
phyres. 11 y en a de primitifs et de secondaires. Les porphyres 
pétroslliceux et les laves pélrosillceuses anciennes , lorsqu'ils 
ont été altérés par Taction de l'air, prennent le même aspect 
que les porphyres argileux. 

Porphyres calcaires ( Calciphyre^ Brong. ). Ce sont des 
roches calcaires primitives qui contiennent des cristaux et 
d'autres substances. Par exemple : au col du Bonhomme, 
dans les Alpes , on trouve un calcaire compacte , blanc- 
jaunâtre , avec cristaux de feldspath limpide. Au Pic du 
Midi, et dans les environs de Barège , il y a des calcaires 
saccharoïdes qui contiennent des grenats, de l'idocrase, etc. ; 
dans l'île de Tyrée , l'une des Hébrides , Il y a un calcaire 
compacte , rose, contenant des cristaux d'amphibole, et quel- 
quefois de chaux phosphatée bleue , etc. 

Porphyres cornéens. Ils ont pour pâte un pétrosllex 
compacte, verdâtre, et contiennent, disséminés, des cristaux 
de feldspath , et aussi de très-petits cristaux d'amphibole et 
de pyroxène. Il ne faut pas les confondre avec les porphyres 
amplilbollques qui , pour le plus souvent , laissent discerner 
les éléinens de la pâte. L'on doit regarder comme type de 
cette espèce , le porphyre appelé communément serpentin o\x 
ophite antique. V. ces mots, et ci-après Porphyres antiques. 
Porphyres feldspathiques ( Feldspath porphyr. ) Ce 
sont les porphyres pétroslliceux , dont la pâte est de feld- 
spath compacte pur. 

PoRPHYREi JADiETSis. Ils ont pour base le jade tenace , 
et contiennent des cristaux de feldspath et de diallage. V. 
EuPHOTiDE. Ils sont primitifs. 

Porphyres obsidiens ( obsidian porphyr ). Voyez à Fart. 
Obsidienne. 

Porphyres a base de perlstein. V. Obsidienne perlée , 
à l'article Obsidienne. 

Porphyres pétrosiliceux ou à base de feldspath com- 
pacte. Ce sont les plus nombreux de tous ; Us se présentent 
avec les couleurs rouge , rougeâtre , blanchâtre , gris foncé , 
grls-nolrâtre , brunâtre , même verte , et toutes les nuances 
entre ces couleurs. Leur pâle est tantôt parfaitement com- 
pacte et slllcée , tantôt un peu terreuse et terne ; elle est 
fusible en verre grisâtre , blanchâtre ou brunâtre , selon sa 
pureté. Les cristaux qu'elle enveloppe sont : de feldspath , 
d'amphibole, de quarz, de mica, et quelquefois de pyroxène_ 



,4 P O R 

Tous ces cristaux sont généralement très-petits et répandus 
par myiiades dans la pâte, communément distincts et épars 
ou se fondant avec'la pâle et quelquefois agglomérés entre eux 
et formant ainsi dans le porphyre des noyaux, des bandes et 
des filons granitiques, qui donnent à la roche, considérée en 
grand, l'aspect d'une brèche. Ceci est très-remarquable dans 
le porphyre rouge antique. 11 arrive aussi que la pâte est 
quelquefois homogène dans diverses parties de la masse. Tous 
ces porphyres n'appartiennent point à la même formation ; il 
y en a de primitifs, de transition et de volcaniques. 

Les porphyres pétrosiliccux primitifs constituent une for- 
mation particulière ; ils passent par des nuances \nsensibles 
aux roches granitiques amygdaloïdes , au trapp , qui n'est 
autre chose qu'une roche compacte , presque entièrement 
composée d'amphibole , à la cornéenne , qui est une roche 
amphibolique, compacte et feldspathique. 

Les porphyres pétrosiliccux sont très-fréquemment amyg- 
daloïdes ou brèches à la fois, c'est-à-dire, qu'on voit encore 
dans leur pâte des globules , des noyaux , et des parties 
fragmentiformes de même nature , qui s'y sont formés par 
voie de cristallisation confuse, en même temps que les cristaux. 
Les Vosges fournissent de très-beaux porphyres en ce genre, 
ainsi que la Corse. Les premiers ont été le sujet d'observations 
très-intéressantes, faites par Dolomieu, sur la formation des 
porphyres. V. Petrosilex et Pyroméride. 

C'est aux porphyres pétrosiliccux primitifs que l'on doit 
rapporter presque toutes les roches nommées par les Al- 
lemands homstein porphyr ^ que quelques naturalistes consi- 
dèrent comme devant seuls constituer l'espèce porphyre. Il 
faut aussi y rapporter en partie leur Jeldspafh porphyr ou feld 
porphyr. L'on a nommé long-temps porphyre à base de jaspe, 
les porphyres pétrosiliccux rouges. 

Les porphyres pétrosiliccux qui sont dans les terrains de 
transition et même quelques uns de ceux des terrains primitifs, 
selon les Allemands, sont en général considérés par beaucoup 
de minéralogistes, comme des laves anciennes. Ils accompa- 
gnent les basaltes , les obsidiennes résinoïdes , les pechsteins, 
etc. Ils contiennent des cristaux de pyroxène,et en général ils 
sont subordonnés à des roches dont l'origine paroît récente. On 
doit rapporter ici une bonne partie des kh'ngsiein des Alle- 
mands ou phonoliiîth , et quelques-uns des porphyres de la 
Hongrie , des monis Euganéens , de la Catalogne , etc. 
Ces porphyres pétrosiliccux doivent être complètement 
distingués des précédens , car leur pâte est un mélange de 
pyroxène et de feldspath qui y domine. Les cristaux qu'ils 
€On*iennentsont surtout de feldspath et de pyroxène , et plus 



P O R ,5 

rarement d'amphigène , de mica , d'haiiyne , de lilane 
silicéo-calcaire , etc. ; leur conlexture est quelquefois très- 
serrée etsilicée, mais le plus souvent elle est subgranulaire. 
V. à l'article Lave. 
Porphyres résinoïdes ( Pechsteln porphyr ). Foyez Ré- 

TINITE. 

Porphyres quarzeux ( Çuarz porphyr). Ils ont pour 
base le quarz granulaire à grain très-fin à peine discernable , 
et contiennent des cristaux de feldspath ou de mica. Ils sont 
primitifs. F. Pyroméride. 

Porphyres schisteux. Ce sont ceux qui sont fissiles 
ou feuilletés ; les uns sont des gneiss, des roches micacées 
porphyritiqucs , des ardoises ou schistes, contenant ou du 
feldspath , ou du quarz, ou du mica , ou des macles : ces por- 
phyres sont primitifs ; les autres sont pétrosiliceux primitifs, 
ou de transition et volcaniques, tels que les Phonolithes , 
roches que les Allemands nomment spécialement porphyr- 
schicffer et klingsteîn porphyr. 

Porphyres secondaires. Ils appartiennent aux ter- 
rains de transition ; les uns sont pétrosiliceux et les autres à 
base de trapp. Les Allemands y comprennent une grande 
partie des laves pélrosiliceuses anciennes , et quelques por- 
phyres argileux. En exceptant les laves porphyritiqucs , on 
peut dire que tous les porphyres secondaires appartiennent 
aux formations secondaires anciennes. 

Porphyres serpentineux ( Serpentin porphyr). Ce sont 
les serpentines qui contiennent des cristaux de diallage , du 
fer oxydulé, etc. ; ils sont primitifs. F. Ophiolite. 

Porphyres syénitiques {Syenit porphyr , W. ; Syenite 
porphyrdîde, Brong). De gros cristaux , ordinairement rougeâ- 
tres, de feldspath, épars dans une pâte, à grains fins , composée 
de feldspath , de quarz et d'amphibole. Ils appartiennent au 
terrain primitif , accompagnent le granité de seconde forma- 
tion , le gneiss , le weisstem ou leptinite , la syénite grani- 
tique , et toutes les roches qui se trouvent dans ces forma- 
tions Ils accompagnent encore les porphyres anciens pétro- 
siliceux , c'est-à-dire , à base de feldspath compacte. 

Porphyres talqueux et stéatiteux ( Talk porphyr et 
topfslein porphyr). Ce sont les stéatites et les talcs qui sont en 
masse , et qui enveloppent des cristaux de feldspath lamel- 
leux du mica , etc. ; ils sont primitifs , et souvent fissiles. F. 
Stéaschiste. 

Porphyres trappéens ( Trapp porphyr ). L'on a don- 
né ce nom à diverses roches primitives ou de transition , 
dont la pâte étoit regardée comme formée essentiellement 
d'amphibole en masse , compacte , et unie à du feldspath , 



i6 P R 

quoique le plus souvent formant un tout homogène à l'œil. 
Dans celte pâte , se trouvoient dissérakiés des cristaux 
de feldspath. Ce nom étoit trop étenrL: , puisqu'on sait 
maintenant que beaucoup de ces porph-, rcs ont pour base 
une pâle d'une autre composition. Par exemple , il en faut 
éliminer ceux qui paroissent avoir pour base une pâte de 
pyroxéne et de feldspath en masse ; tels que les trapps 
d'Oberstein , ceux de Fassa en Tyrol , remarquables par 
lesnombreuses espèces minérales qu'ils offrent , et qui sont 
regardés comme d'origine volcanique. Ces trapps, le basalle 
et les vackesqui les accompagnent , ainsi que toutes les laves 
lithoïdes, que Dolomieu croyoit avoir le trapp pour base, ne 
sont que des mélanges intimes de pyroxéne et de feldspath. 
Il y a toutefois dans les terrains primitifs de vrais porphyres 
trappéens;ils sont vert-foncés, vert-noirs, et quelquefois noirs; 
ce sont là les vrais trapp porphyr des Allemands ; ils sont 
fusibles en émail , brun , grisâtre , verdâlre ou noir. Voyez 
Trapp , Trappite , Mélaphyre. 

Porphyres a base de vacke ( Vacke porphyr). Les Alle- 
mands désignent ainsi la vacke , lorsqu'elle contient des cris- 
taux de mica, de pyroxéne , etc. Quelques minéralogistes 
considèrent les vackes comme des basaltes décomposés. V. 
Vacke et Vakite. 

Porphyres volcaniques ou Porphyres laves. Ce sont 
les laves lithoïdes porphyritiques. Il est bien rare que les 
laves lithoïdes soient homogènes dans toute l'étendue de leur 
masse ; elles offrent, on peut dire, toujours des cristaux, soit 
de feldspath, soit de pyroxéne, soit de pérldot. Les autres 
substau'^es cristallines qu'on y remarque sont beaucoup plus 
rares. Quelquefois les cristaux sont tellement nombreux et 
pressés, que la lave prend l'aspect granitoïde , tels, par 
exemple , que la lave rouge de Santa- Fiora, en Toscane. 
Les porphyres volcaniques sont quelquefois très-durs , et ne 
prennent pas souvent un poli vif ; on les distingue par leurs 
cristaux qui portent encore l'empreinte de l'action du feu : 
ils sont frites, fendillés, plus vitreux et plus fragiles, quoique 
moins fusibles que les cristaux de même nature qui sont dans 
les autres roches non volcaniques. *I1 y a des porphyres vol- 
caniques pétrosiliceux , mais il n'y en a plus de trappéens ; 
et ceux nommés ainsi , doivent porter le nom de porphyres 
pyruxéniqiies , à cause de la nature de leur pâte. Les basaltes 
ou laves compactes basaltiques , sont aussi des porphyres py- 
roxénlques , et rentrent dans les porphyres volcaniques. Les 
minéralogistes de Técole de Werner ne nomment lave 
porphyrique {porphyr lava ) que celles vomies sous nos yeux 
par les volcans. F. Laves, Trachyte et Phonolithe. 



P O R ,^ 

Nousn'avons fait que Iracer rapidement le tableau des di- 
verses espèces de porphyres, que les iijinéralogistes établis- 
sent. Celte esquisse est suffisante pour faire voir que rien 
li'est plus vague que la classification de ces roches , et que 
l'on ne sauroit avoir de bons caractères pour les distinguer 
entre elles d'une manière franche. 

C'est aux articles Roches et Terrains , qu'on trouvera 
l'exposition de lasubordination queles porphyres conservent 
par rapport aux autres roches qui composent la terre. 

Usages lies Porphyres. 

Les porphyres qui ont une pâte bien compacte, une grande 
dureté et des couleurs vives agréablement tachées, sont ceux 
qu'on peut employer avec le plus d'avantage à la décora- 
lion des monumens publics. Leur emploi est loin d'être 
aussi fréquent que celui des marbres : la difficulté que l'on 
éprouve aies travailler , les frais considérables qu'exige leur 
exploitation et le prix excessif de la main-d'œuvre pour les 
façonner, joint à ce qu'ils sont peu communs et dans des lieux 
éloignésdes grandes villes, en sont les causes et celles qui 
feront dédaigner toujours les porphyres , dans l'usage jour- 
nalier, hes porphyres sonl des marques de luxe, que des par- 
ticuliers se donnent rarement; il est même rare que l'on pro- 
digue ces belles matières dans les monumens publics, et alors 
presque jamais pour les décorations extérieures. Les porphy- 
res sont beaucoup moins communs que les granités. C'est en- 
core une raison de ce qu'on en voit si peu. Les anciens Ro- 
mains, dans le temps où le luxe étcit au plus haut degré à 
Rome, n'auraient rien négligé pour se procurer les porphyres, 
si la nature en eût été moins avare : or, ils n'ont connu qu'un 
très-petit nombre de porphyres, ainsi que nous en pouvons 
juger par les débris de ceux que nous trouvons dans les 
ruines antiques. Les plus beaux se tiroient de l'Egypte. 

Chez les modernes, ce goût est très-peu de chose. Quel- 
ques compagnies ont voulu établir des manufactures desti- 
nées à façonner les porphyres dans plusieurs pays où ces ro- 
ches abondent ; mais le succès n'a pas répondu à leur at- 
tente. Ainsi, l'exploitation des porphyres dans les Vosges a 
été abandonnée, ou du moins peu s'en faut. L'on voit à Paris 
des tables , des cheminées , quelques vases en un beau por- 
phyre gris verdâtre, avec des cristaux de feldspath blanc 
verdâlre,qui rappelle le 5e/;;e«//« vert des Italiens. On leliroit 
desVosges, ainsi qu'un porphyre bréché, vert grisâtre pointillé 
de blanc par du feldspath, et qu'on avoit employé aux mêmes 

XxVfii, o 



,S ' P O R 

usages. Le haut prix auquel reviennenl ces objets , esl la cause 
de la perte de cet établissement. Cependant , il en est de 
mente de la fabrique d'Elfredalen en Suède, où réconomie 
la plus stricte permet de donner les objets au plus bas prix 
possible. Cette fabrique , qui emploie des porphyres pétro 
siliceux bruns , et des porphyres verls qu'elle tire de la 
montagne de Bleyberg, produit desmanchesde couteaux, des 
chandeliers, des salières, des vases,des mortiers, des coupes» 
des tables qui peuvent être utiles à tout le monde , et dans 
les arts. H en sort également de belles urnes , des lombes et 
d'autres objets de luxe. Mais cet établissement se soutient 
avec peine. On ne sauroit nier que les porphyres s'emploie- 
roient bien plus avantageusement dans certains cas que les 
marbres.lls sont beaucoup plus durs, inattaquables aux acides 
et ne se laissent tacher par aucun liquide. Ces propriétés 
jointes au poli vif et durable qu ils sont susceptibles de pren- 
dre, les rendroient précieux, en les employant comme tables 
^t chambranles de cheminées, mortiers, pierres pour 
broyer , etc. 

Lcsmonumcns anciens de Rome étolent ornés de colonnes 
et de figures en porphyre; des urnes, des tombes s'exécutoient 
avec cette matière, qu'on tlroit à grands frais d'Egypte et 
d'Arabie. C'élolt surtout les colonnes qui furent le plus 
mullipliéei ; elles donnent en effet aux monumens qu elles 
décorent, un air de magnificence et de grandeur que les 
plus beaux marbres n'offrent pas toujours ; mais l'on doit 
romarquer que les colonnes de porphyre ont rarement de 
grandes dimensions. 

La liste des porphyres antiques n'est pas considérable en 
espèces , et les plus employées , ou celles qu'on trouve en- 
core en abondance dans les ruines de Rome , sont le por- 
phyre rouge et le serpentin ; après, il y eu a quelques autres 
plus rares. Voici leurs caractères : 

Porphyre rouge aî^tique Q Marmor porphyri/es ) ku- 
rosiicos , kpiopsephos , thebaïcus tapis ? PI in. Porfido rosso an- 
iico des llalleBs. Leucostine, Delamélhérie. Porphyre antique 
Rrong. ). 

C'est un porphyre à pâte pélrosihceuse, rouge , brune ou 
violacée , remplie d'une Immense quantité de très-petites ta- 
ches polygones dues à des cristaux de feldspath blanc, ou rosé ; 
et de ircs-pelllespointillures d'amphibole noir, ou vert noir. 
Les marbriers distinguent les variétés suivantes: 

1.» Brune. La pâle esl d'un brun d'acajou foncé. 

3.0 Rouge. La pâle est rouge foncé , avec une teinte Irès- 
Icgère de violet, répandue également sur les cristau-v. 



POU ,g 

3.» Violette. La pâle est d'un rouge violet tirant sur la lie 
de vin. Cette variété est la plus belle. 

4° Brèche. Les cristaux de feldspath se sont groupés çà 
et là entre eux, et forment ainsi des parties granitiques blan- 
ches, au milieu du reste du porphyre qui présente également 
diverses nuances dans la pâte. L'amphibole se réunit de même 
que le feldspath en parties séparées, mais très-rarement les 
taches amphiboliquessont d'un noirverdâire. 

Ces beaux porphyres s'exploitent aux environs du mont 
Sinaï , et dans les déserts qui sont entre le Nil et la mer 
Rouge. Ils s'y trouvoient en blocs énormes , comme le 
prouvent les colonnes qui décorent encore les édifices de 
Home. 

Le savant architecte Rondelet , dans le premier volume 
de son bel ouvrage sur VAii de hâlir , a donné le détail des 
principaux monumens antiques de porphyre^ d'où est tiré 
la notice suivante. 

Colonnes de porphyre rouge. — Les plus grandes colonnes de 
porphyre qui existent, sontcelles de Sainte-Sophie à C0NSTA.N- 
TINOPLE : elles ont quarante pieds de hauteur. 

Il y en a beaucoup à Rome ; mais elles sont moins hautes. 

Dans la seule église de Saint-Paul hors desmurs ^ on compte 

trente colonnes de porphyre .^ dont quatre ont vingt pieds sept 

pouces et demi de hauteur , sur deux pieds sept pouces de 

diamètre. 

Dans le Baptistaire de Saint-Jean de Latran , on remarque 
huit belles colonnes de porphyre ; les deux plus grandes ont 
quatorze pieds de haut, sur vingt-un pouces de diamètre. 

Tombeaux de porphyre rouge. — Un des plus beaux est celui 
d' Agrippa. II a été employé dans le mausolée de Clé- 
ment Xil à Saint-Jean de Latran. Sa longueur est de sept 
pieds quatre pouces, sur quatre pieds un pouce de largeur et 
autant de hauteur. 

Dans l'église de Sainte- Constance hors des murs , est un su- 
perbetombeaude porphyre , orné de bas-reliefs en forme de 
frise. La partie qui forme le coffre a sept pieds cinq pouces et 
demi de long , sur trois pieds dix pouces de haut. La pièce 
qui forme le dessus , a sept pieds sept pouces et demi de 
long, sur cinq pieds deux pouces de large, et un pied d'épais- 
seur. 

A Saint-Jean de Latran , le tombeau de Sainte -Hélène est 
de même forme ; il est aussi orné de sculptures. 

Au Muséum du Vatican , Ton voit un des plus grands lom^ 



ao P R 

beaux àe porphyre qm soient à Rome ; il est orné de bâs-re- 
liefs. 

Dans l'église de Saint-Jean et Saint-Paul, l'autel de saint- 
Saturnin est formé d'un beau tombeau à e porphyre. 

A Sainte-Marie Majeure , l'aulel pontifical est formé d'un 
tombeau àe porphyre , dont la longueur est de sept pieds , sur 
trois pieds dix pouces de large et deux pieds de haut. 

Dans l'église de Sainte-Marie-des-Anf;es , est une grande 
urne antique formant le monument funéraire de Carie Ma- 
ralte. 

A Saint Nicolas in carcerc , sous le grand autel , est un 
ancien tombeau de porphyre noir , avec deux têtes égyp- 
tiennes en relief. 11 est le seul de cette espèce. 

A Ravenne, dans le couvent de Sainte-Apollinaire, est 
le tombeau du roi Théodoric. C'est une cuve de porphyre de 
huit pieds de long , sur quatre de hauteur et autant de lar- 
geur, provenant de quelques bains antiques. 

A Paris, on voit dans l'église de Saint-Germain-l'Auxer- 
rois , le tombeau du comte de Caylus qui vient du palais Vo- 
rospi à Rome , acheté par Bouret, et cédé au comte de Cay- 
lus. C'est le seul tombeau de porphyre qu'il y ait à Paris. 

A Saint- Denis , la cuve du roi Dagobert avoit cinq 
pieds trois pouces de long , sur deux pieds deux pouces de 
large. Dagobert la fit venir de Poitiers , où elle servoil de 
fonts baptismaux. 

Figures. — Beaucoup de bustes des empereurs sont de por- 
phyre ; il y en a plusieurs statues , notamment la Rome an- 
tique du Capilole. 

C'est des débris et des tronçons de colonnes de porphyre 
rouge , que les modernes tirent les tables qui servent à 
porphyriser , c'est-à-dire à broyer finement les couleurs et 
d'autres matières , et qu'ils font les meilleurs mortiers. 

Porphyre vert antique ou Serpentin antique (^verde an- 
tico et serpentino-anticoyàes Italiens; griin porphyr,\V .; Ophites, 
Brong. ; Ophite? Var., Plin. ) C'est sans contredit un des plus 
beaux porphyres connus. Les anciens le tiroient de la Haute- 
iLgypte. J'ai eu occasion de voir des fragmensde vases égyp- 
tiens des plus anciens, faits en ce porphyre et couverts d'hiéro- 
glyphes. Le serpentin antique doit son nom à sa couleur verle, 
relevée par des taches blanches;ce qui l'a fait comparer à une 
peau de serpent d'où son nom (ï Ophile.Sa pâte a clé nommée 
tantôt irapp,t3nlol cornéenne; c'est un feldspath compacte uni 
à de l'amphibole ; {peut-être pyroxme ) ; quand celui-ci do- 
mine, cette pâte^est d'un vert-noir, très-foncée ou rougeâtre; 
dans le cas contraire , c'est-à-dire lorsque le feldspath est 
abondant , elle est verte, plus ou moins jaune. Les cristaux de 



P O R 21 

feldspath sont Lianes, ou voilés par une teinte générale ver- 
dâtre ou jaunâtre. Ils ont près de trois lignes de longueur. 
Ils sont communément groupés plusieurs'ensemble , et for- 
ment à la dislance de quelques lignes les unes des autres, des 
taches angulaires bien limitées de lapâle,dontils offrent quel- 
quefois des parcelles dans leur intérieur. Cette pâte est fusi- 
ble en verre noir ou brun. Elle présente encore une multitude 
depointillures d'un vert noirâtre qui sont ou de l'amphibole 
ou de pyroxène. Quelquefois on voit dans celte pâte de pe- 
tits globules ou des veinules de calcédoine, et plus rarement 
de calcaire spalhique , ou d'une matière verte amphiboli- 
que. Elle paroît avoir beaucoup d'analogie avec la pâle 
des varioliles de la Durance. L'on distingue plusieurs varié- 
lés de serpentin antique ; les plus remarquables sont 
celles-ci : 

i." Verte (Porfido perde, des Italiens). La pâte est d'un beau 
vert pur , ayant quelquefois un peu de ressemblance avec 
le vert d'émeraude; ses cristaux sont d'un beau blanc. C'est 
la variété la plus prisée. 

2.» Vert jaunâtre. (^ Porfido hnino , des Italiens). Sa pâte est 
d'un vert jaunâtre, et la même teinte voile le blanc des cris- 
taux. Cette variété est moins séduisante que la précédente y 
et prend un poli moins vif. 

3.° Rougeâire ou brune. Sa pâte est d'un brun rougeâtre , 
ep et là verdâlre ; les cristaux sont blanc-verdâtres. Cette 
variété est rarement en grandes pièces; elle a uu coup d'œil 
obscur, qui lui nuit. 

4." Notre { Serpenttno nero antico , des Italiens). La pâle est 
d'un noir parfait à l'œil ; sa raclure est verte ; ses cristaux 
sont d'un beau blanc opaque , et de la même grandeur que 
ceux des variélés ci-dessus. 

5°. Panachée ( Porfido verde fiorito des Italiens ). Pâte 
d'un vert foncé , taches blanches , nombreuses., oblongues 
étroites, enlacées les unes dans les autres. 

Je dois faire remarquer ici que les Vosges , la Corse , les 
Pyrénées, la Suède, offrent des porphyres semblables au por- 
phyre vert-antique , et qui présentent les mêmes nuances de 
couleurs. Leur pâte est néanmoins d'un aspect terreux , et 
laisse souvent distinguer les élémens d'amphibole et de 
feldspath qui la composent. 11 n'est pas probable que le 
serpentin antique soit un produit volcanique , comme le 
soupçonnoit Palrin. D'ailleurs, la Haute-Egypte fournit une 
grande quantité de roches où le feldspath et l'amphibole 
abondent, et dont l'origine primitive n'est pas mise en doute. 
On elle très-peu de figures en serpentin antique ; mais il y 



P O îl 

en a un grand nombre de colonnes , de vases , de tom- 
beaux , etc. 

Les deux plus belles colonnes de ce rare porphyre sont 
à Rome , au Palais des ronsercateurs , au Capitole. Elles ont 
onze pieds de haut , sur dix-sept pouces de diamètre. 

A Saint-Jean de Latran , les niches qui décorent la nef 
sont ornées de vingt quatre colonnes de porphyre vert an- 
tique; les quatre plus grandes ont neuf pieds de haut. 

Au Vatican^ deux belles colonnes qui étoient à Saint-Paul 
èes trois Fontaines. 

A Sainte-Marie in Campitelli , Tau tel de sainte Anne est 
décoré de deux colonnes de porphyre vert antique. 

La Villa Borghèse * la Villa Médias et le palais Justiniani 
en offrent plusieurs. 

A Venise, l'église de Saint-Marc , et la cathédrale de 
PiSE sont décorées d'une infinité de colonnes tirées de Cons- 
tantinople , dont plusieurs sont de porphyre rouge et de 
porphyre vert. 

On voit à Paris , dans la grande galerie du Musde des 
Arts, de grands etmagnifiques vases de porphyre vert antique, 
DÙ Ton remarque les globules de matière verte, ainsi que les 
globules et les veines de calcédoine dont nous avons parlé 
ci-dessus. 

PORPUYRE NOIR ANTIQUE ( Porfido nero antico ). Sa pâle 
est noire à l'œil , mais sa raclure est verd«^tre ; elle est évi- 
demment, composée presqu'en totalité , par de ramphiboîe. 
Elle contient, comme le porphyre rouge antique, une mul- 
titude de petits cristaux de feldspath, qui y forment des 
taches blanches ou blanc-verdâtres, qui ont au plus une li- 
gne de diamètre. Ce porphyre est quelquefois traversé par 
des veines ou flaques d'un blanc-verdàtre et feldspaihiqucs. 

Il y a encore le serpentin gris, le serpentin cendré antique 
qu'on apportoit également d'Egypte; ils sont de la même 
nature que le précédent. 

Tous les porphyres antiques prccédens sont les plus con- 
nus. On doit remarquer encore les suivans : 

Porphyre erbetto ( Erhetio et porfido erhetto , des Ita- 
liens}. Ce porphyre seroit plutôt un (^ranitelle , car il est 
composé d'amphibole vert et de feldspath blanc opaque et 
compacte, l'un et l'autre en égale partie, également mélangés, 
et sous la forme de grains ou de petites lignes embrouillées. 
Il est plus rare que lesprécédens. On en trouve d'analogues 
dans les Pyrénées , vers Saint-13éat. 

Porphyre dit vcrdedi prato antico. Les Italiens l'ont nom- 
mé ainsi, parce qu'il a l'aspect de la serpentine «[u'on tire de 
Prato en Toscane; mais il en diffère beaucoup par sa nature. 



P O R 23 

C'est encore une espèce de roche plutôt grsnîiiqne que por- 
phyritique, quoiqu'elle ait l'apparence des porphyres. 

Sa pâte est d'amphibole compacle, d'un vert jaunâtre obs- 
cur ; ses cristaux de feldspath sont mal conformés , d'un 
blanc verdâtre ou jaunâtre , formant de petites taclies ob- 
iongues , d'une à deux lignes de diamètre, éloignées de quel- 
ques lignes les unes des autres. Le verde di prato antico tient 
le milieu entre le porphyre noir antique et Yerbetlo. 

Porphyre pouilleux ( Porfido plddor.hiello ou piddochiosso): 
Pâte pétrosiliceuse , d'un gris sale , contenant beaucoup de 
cristaux moyens et réguliers de feldspath blanchâtre opaque , 
des petits grains de quarz gris, et des cristaux granuliformes 
d'amphibole noir : sa localité est inconnue. On trouve un 
porphyre analogue à Colmano , dans le Tyrol italien. 

Porphyre amande antique {Po^Jîdo nmendolafo antiro). 
C'est un beau porphyre gris, dont la localité est également 
inconnue. Sa pâte est pétrosiliceuse , d'un gris-clair , et 
contient des cristaux réguliers de feldspath blanc, les uns 
très-nombreux, granuliformes; les autres moins nombreux, 
mais beaucoup plus gros ou moyens ; des cristaux assez nom- 
breux de quarz gris vitreut et d'amphibole noir , granuli- 
formes. On trouve, dans les ruines de Rome, des tronçons de 
colonnes de ce porphyre : c'est un des plus rares. Certaines 
laves du Drachenfels, près des bords du Rhin, et certains por- 
phyres gris de Transylvanie , lui ressemblent beaucoup. 

Porphyre œil de perdrix ( Porfido orrhio d! perdlce , des 
Italiens). Pâte grenue d'un gris-brun, pointilléede parties gri- 
sâtres feldspalhiques, et contenant de nombreuses lames de 
mica qui y forment des lignes brunes , de manière à imiter 
les couleurs du plumage de la perdrix: ce porphyre n'est pas 
commun. On fait avec les morceaux qu'on retire des ruines 
des anciens monumens , de petits vases, de petites colonnes. 
11 n'est jamais volumineux. 11 a beaucoup d'analogie avec 
des laves micacées qu'on trouve aux environs de Rome , et 
notamment à Frascati. 

Ce sont là les divers porphyres antiques. Il est a.^sez re- 
marquable que Pline n'ait presque rien dit sur ces porphyres. 
A peine peut-on reconnoître chez lui le plus commun de 
tous , le porphyre rouge antique , le seul que les Jiistoriens, 
après lui , ont bien décrit. On suppose qu'il les a confondu9- 
avec ses marmor et ses nphites. (ln.) 

PORPHYRE. Coquille du genre des Volutes, Vohit'a 
hhpidula , Linn. (b.) 

PORPHYRE. L'Oli-e de Panama , Voluia vorvhyrÙ! , 



H P () K 

Linn. , est ainsi appelée , par les marchands de co- 
quilles. (DESM.) 

PORPHYRE GLOBTILAIRE , et Porphyre Napo- 
léon. V. Pyrgmékide. (ln.) 

PORPHYRIO. Ce mot lalin , formé du grec, a élé ap- 
pliqué par des orniiîiologistes à la Poule sultane. T. ci- 
après PoRPHYRïo^^ (s.) 

PORPHYRIOiN ou POULE SULTANE, Porphyrio , 
Sclioeff. , Briss. ; Fiilica , Linn. ; Galliniila , Lalh. Genre de 
Tordre des Olseauxéchassiers et de la famille des 3L\CRO- 
JiACTYLES. ^. ces mols. Qiraclcrcs : bec médiocre , robuste, 
droit , conico-convexe , comprimé vers les côtés , un peu 
renflé vers le bout , polnlu ; mandibule supérieure , voûtée 
sur l'inférieure, un peu inclinée à sa poinle; narines oblon- 
gues , situées dans une rainure , couvertes d'une membrane 
gonflée , ouvertes en dessous , vers le milieu du bec ; langue 
comprimée latéralement , entière; front, ou seulement le ca- 
pistrum, dénué déplumes; quatre doigts , trois devant , un 
derrière , totalement libres, longs et à bords lisses; le pos- 
térieur portant à terre , dans une partie de sa longueur; ailes 
concaves, arrondies. 

Celte division seroit susceptible de deux sections, d'après 
le plus ou le moins d'étendue de la plaque frontale. La pre- 
mière contîendroit les espèces dont le front est couvert d'une 
peau glabre et colorée , jusqu'au sinciput , comme les gal/i- 
nules et les foulques. 

La deuxième se composeroit des porphyrîons gris., à tête 
grise, favorite., karuka^ ou a cjueuc rouge , qui ont le front em- 
plumé, mais dont la base de la partie supérieure du bec se pro- 
longe en s'élarglssaut et en s'arroudissant sur le capislrum,et 
ne dépasse pas les bords du front. Ces ^o7^//jno«5 se rapprochent 
plus des relies que les autres , auxquels tous tiennent par leurs 
doigts lisses , ce qui les éloigneroit àç.s gallinules et des foui- 
tfues , qui les ont bordés d'une membrane entière ou décou- 
pée. Il résulte de ces faits , que les porphyrîons remplissent 
l'intervalle qui sépare les râles et les gallinules. 

La famille des poules sultanes n'habite en Europe que les 
parties méridionales , et est répandue en y\tVique , en Asie, 
eu Amérique; on la retrouve encore à la Nouvelle-Hollande 
et dans les îles de la mer Pacifique. Partout, ces oiseaux habi- 
tent le bord de l'eau. 

Le PoRPHYRiON proprement dit, Porphyrio chloiynothos ^ 
Vieill. ; Gallinula porphyrio , Lalh. Cet oiseau est figuré dans 
ce Dictionnrire , pi. M 20 , fig. 3 , el sur les pi. enium. de 
ïllist. nat. de Buffon , n.° 810, sous le nom de taîè^'e de Mada- 
gascar , qui est celui qu'il porte dans celle île. On l'appelle 





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1 . Prlil Phmiropf^ère . 2 . B'r notr à lutj^'pe Jaune. 3 . Po/y/u/rio/i . 



PO R 25 

pi'ndaramcoU dans les Indes , chtnka , à la Chine , et porphy- 
rion est la dénomination que lui ont imposée les (irecs, d'a- 
près la belle couleur rouge ou pourpre qui teint le bec et les 
pieds ; mais Ton paroit ignorer pourquoi les modernes lui 
ont donné celui de poule siillanc ^ à moins , comme dit Buffou, 
qu'on n'ait trouvé quelque ressemblance avec la poule «et cet 
oiseau de rivage, et qu'on ne lui ait trouvé un degré de supé- 
riorité sur la poule vulgaire , par sa beauté ou par son port. 

Le porphyrion est à peu près de la grosseur d'une poule 
commune; deux pieds environ font sa longueur. La mem- 
brane du front, qui s'étend jusqu'au milieu de la tête, est 
épaisse et d'un rouge foncé ; un violet brillant régne sur le 
reste de la lêle el le dessus du cou ; un vert foncé éclatant 
colore le dos , le croupion, les scapulalres et Ic^ couverlures 
du dessus de la queue ; un bleu violet couvre les joues , la 
gorge , le devant du cou, et devient lustré sur le ventre , le 
haut des jambes et les flancs. Les couverlures inférieures de 
la queue sont blanches ; un violet très-vif est la couleur des 
couvertures supérieures des ailes , et des pennes sur leur 
côté extérieur; elles sont d'un brun noirâtre du côté interne; 
les secondaires et la queue ont pour teinte un vert sombre ; 
celle du bec est un rouge foncé ; liris est fauve; les pieds et 
les ongles sont pareils au bec. 

La femelle ne diffère qu'en ce qu'elle est plus petite. 

Ces oiseaux , d'un naturel très-doux et îrès-limlde , ne se 
plaisent que dans la solitude, recherchent les lieux écartés , 
el jettent, lorsqu'on les approche, un tri d'effroi dont les sons 
sont gradués , 4'abord foibles , ensuite aigus , el finissant par 
deux ou trois coups de gosier sourds et intérieurs. Les fruits 
et les racines , surtout celles de la chicorée, sont les alluiens 
pour lesquels ils ntarquent de la préférence. Ils se nourris- 
sent aussi de graines ; mais leur nourriture favorite paroît être 
le poisson. Sonnlul , qui a eu occasion de faire des observa- 
tions exactes sur ces poules sultanes , puisqu'il en a nourri 
plusieurs en Egypte , s'explique ainsi sur le naturel de ces 
beaux oiseaux. « Mes vieux , dit-il , avoient de la peine à s'ac- 
coutumer à la privation de la liberté; inquiets et agités, ils 
se lourmentoient sans cesse pour sortir de la volière dans 
laquelle ils éloicnl renfermés. Au commencement de leur 
captivité, ils étoient farouches et méchans ; ils mordoient 
cruellement les doigts , lorsqu'on vouloil les toucher. Le cri 
qu'ils faisolenl entendre de temps en temps imiloit assez 
bien le rire d'une personne qui change sa voix sous le masque- 
Ce cri devenoit quelquefois plaintif, et alors il étoit plus 
court, et n'étoit point entrecoupé comme le premier. Ils 
iiiangeoient du riz en paille ; ils déiachoicnt le grain de son 



26 P O R 

enveloppe , el s'aidoient souvent de leurs pieds pour le por- 
ter à leur bec et le briser. Dès qu'ils avoient manp;é un grain 
de riz , ils couroient à chaque fois à leur provision d'eau, 
et en buvant , ils paroissoient la mordre ou la mâcher. » 

Un couple de ces oiseaux , disposés à la domeslicilé , par 
leur douceur el leur innocence , a été nourri dans les voliè- 
res du marquis de Nesle , el y a niche. Le mâle et la fe- 
melle travaillèrent de concert à la construction du nid. Le 
lieu qu ils choisirent étoit à une certaine hauteur , sur l'a- 
vance d'un mur ; ils y firent un amas assez considérable de 
hùcheltes et de paille ; la ponte fut de six œufs blancs , d'une 
coque rude , exactement ronds et de la grosseur d'une demi- 
bille de billard. On n'eut pas d'autres résultats de celle pon- 
te ; la femelle n'elant pas assidue à couver ses œufs ; il est 
vrai qu'on les donna à une poule , mais ce fut sans succès. 
Avec des soins et une élude plus approfondie du naturel de 
ces oiseaux, il y a tout lieu de croire quon pourrolt les 
faire mulliplier , et par-là, augmenter nos jouissances, en 
nous enrichissant d'une espèce que les Grecs et les Ro- 
mains savoient apprivoiser. Ils les nourrissoient el les pla- 
çoient dans les palais et dans les temples, où on les laissoit 
en liberté comme des hôles dignes de ces lieux, par la no- 
blesse de leur port, par la douceur de leur naturel et par \st 
beauté de leur plumage. 

Celle espèce , qui se trouve en Sicile , y est nommée gal- 
lo fagioni , en habile les lacs , surtout celui de Lentini , au- 
dessus de Catane. Elle est naturelle aux climats les plus 
chauds de l'ancien et du nouveau conlinenf. Sonnini a va 
beaucoup de ces oiseaux dans la Basse -Egypte , où ils se 
plaisent dans les rizici-es , ce qui les a fait appeler pou/es de 
riz. Ils couvent dans le désert, et arrivent dans les champs 
de riz au mois de mai et dans les mois suivans. 

Lalham fait mention d'une variété qui paroît à la Nouvelle- 
Galles du Sud, dans le mois d'août ; mais elle y est rare: 
les naturels la désignent par le nom dcgooh œarrin. 

Son plumage est généralement d'un noir foncé , excepté 
la gorge, le devant du cou, la poitrine , le bord extérieur 
des couvertures ot des pennes des ailes , qui sont d'un bleu 
foncé ; le bec , le front , les pieds sont rouges; les couvertu- 
res inférieures de la queue blanches; l'iris est orangé. 

*Lc PoRPHYRlON ACINTLI, GalUnuUi purpiirea^ Lath. ; FtiUca 
piirpuica, Gmel. Toutson plumage est d'un pourpre noirâtre, 
entremêlé de quelques plumes blanches ; les doigts et les 
pieds sont jaunes et verdâlres. Fernandez donne , à cet oi- 
seau du Mexique, les noms de Quacuilton et d'YACAciiSTH. 
Le dernier a été adopté par BulTon, qui l'a abrégé. 



P O R 27 

* Le PORPHYRION BLANC, PorphyHd alhus, Vieill. ; GalUnula 
alla , Lalh. , est de la taille d'une poule commune : il a dix- 
huit pouces de longueur; le bec de la forme et de la couleur 
de celui du porphyrion proprement dit ; la membrane du 
front , l'iris , le tour des yeux et les pieds rouges ; tout le 
plumage , d'un blanc pur , et les ongles bruns : mais ce qui 
doit caractériser celle race , c'est d'avoir au bord de Taiie 
un éperon aigu. Latham. 

Des individus que l'on soupçonne des mâles, ont les épau- 
les d'un bleu brillant , et des taches de même couleur , sur 
le dos. 

Peut-être, dit Latham, pourroil-on croire que celle poule 
puitane , toute blanche , est une variété accidentelle de la 
commune , qui se trouve en quantité à Tonga-ïaboo , à 
ïanna et dans les autres îles de la mer Pacifique. Mais il 
me semble que si elle a réellement un éperon aux ailes, dont 
est privée la poule sultane commune , il ne peut y avoir de 
doute. Quoi qu'il en soit, elle habite l'île de Norfolk, et est 
d'un naturel si doux , si peu craintif, que dans l'état sauvage 
on peut aisément la toucher avec une baguette. L'ornitholo- 
giste anglais dit avoir observé plusieurs individus qui lui pa- 
roissent de la môme race , mais qui différoient en ce que 
leur plumage étoit totalement brun , avec des reflets très- 
marqués , verts et bleus , selon l'incidence de la lumière ; il 
soupçonne que ce sont de jeunes oiseaux qui ne sont pas en- 
core parvenus à leur état parfait. 

* Le PoRPllYRlON BLANC ET BLEU , Porpliyrio ryanoleucos , 
Vieill. , se trouve au Paraguay. Il a dix pouces sept lignes 
de longueur totale ; la gorge , le devant du cou, la poitrine , 
le ventre et les couvertures inférieures des ailes, d'une cou- 
leur blanche, avec une teinte foible dindigo sur la poitrine 
et les couvertures. Les côtés de la tête, du cou et du corps, 
de celte dernière teinte ; le dessus de la têle et du cou , les 
scapulaires et les pennes secondaires de l'aile , et leurs cou- 
vertures supérieures , d'un brun verdatre ; les autres couver- 
tures et le bord extérieur des autres pennes , d'un bleu de 
ciel ; les pennes présentent en dessous une nuance d'argent ; 
le dos et le croupion sont noirs ; les pennes caudales de la 
même couleur, mais les quatre plus extérieures ont, ainsi 
que les couvertures supérieures de la queue , une tache 
blanche , à leur extrémité , et les autres , une bordure 
bleu de ciel ; les pieds et l'iris sont oratîgés; le bec et la 
partie nue du front verts. C'est Vyahana blanco y céleste de 
M. de Azara, qui décrit sous le nom àyakana blanco y paiîo 
acanelado^uu autre individusoupçonné d'être une variété d'âge 
ou de sexe du précédent. Cet habile ornithologiste lui trouve 



28 P O R 

encore des traits nombreux de conformité avec le porphyrion 
acinlti. Cet oiseau a dix pouces un quart de longueur totale ; 
la gorge et le dessous du corps, blancs ; les tôles de la tête 
el le devant du cou, d'un brun roussâtre très-clair; les flancs 
et le côté inférieur de la jambe , d'une teinte plus foncée ; 
le dessous de l'œil , d'une couleur d'argent noirâtre , avec un 
peu de blanc au bout des couvertures ; la tête et la moitié 
du cou , en dessus , d'un brun foncé et mélangé de roussâtre ; 
le reste du dessus du cou et les couvertures supérieures des 
ailes , d'un brun noirâtre changeant en vert ; les pennes des 
ailes , noirâtres, à reflets d'un vert bleuâtre; le dos et la 
queue , d'un brun noirâtre ; le tarse couleur de paille , lé- 
gèrement teinté de vert ; le bec noirâtre jusqu'à sa moitié , 
et vert sur le reste. 

Le PoRPHYRiON BLEU ET ^RVti , Porphyrio ryanopjialus ^ 
Vieill. , est de la taille du porphyrion proprement dit , avec 
lequel il présente de certains rapports ; mais il en diffère es- 
seniiellement , en ce qu'il a la tête en entier, la nuque et 
le haut du cou , les scapulaires , le dos , le croupion , les 
ailes et la queue , les plumes des cuisses et des jambes , le 
bas-ventre et les flancs, d'un brun noirâtre ; les pieds verts, 
le bec et la plaque frontale , d'un jaune orangé ; du reste , 
il ressemble à ce dernier. M. Dufresne possède cet individu, 
dans sa riche collection. Est ce une espèce distincte? 

Le Porphyrion CHAUVE , l'orphyn'o cabus , Vieill. Le nom 
que j'ai imposé à cet oiseau, vient de ce que la plaque fron- 
tale se prolonge sur tout le dessus de la têle et la couvre en 
entier. 11 a dans ses couleurs la plus grande analogie avec 
le purphyiion bleu et hriin. En effet , il a , comme celui-ci , le 
reste de la tête , la nuque , le manteau , les ailes et la queue , 
d'un brun noirâtre; les couvertures inférieures de celle-ci, 
blanches , et le reste du plumage , d'un bleu violet ; le bec 
et la partie nue de la tête , rouges ; les pieds , d'un rouge 
orangé, et une taille moitié moindre que celle du porphy- 
rion proprement dit , et plus forte que celle du Porphyrion 
iai'ouci. 

Le Porphyrion de la Chine est, selon Latham , une 
variété d âge ou de sexe du porpliyrion karuka. Bufton en a 
publié la figure sur la pi. enl. n.*^ 886, sous la dénomina- 
tion de Poule sultane brune. 

Le Porphyrion a cou bleu , Porphyrio cynnelcollls , Vieill. 
M. de Azara, qui a appelé cet oiseau yahana garganla cé- 
leste , l'a pris à quarante - cinq lieues au midi de l'Ascension 
La gorge , le bas du cou, en devant, et le dessous du corps ^ 
sont blancs ; la partie inférieure du cou , et un peu de ses 
côtés, d'un très-beau bleu de ciel brillant et marbre de brun 



P O R 29 

fort clair ; la poitrine est du même bleu, avec quelques plu- 
mes brunes qui descendent sur les flancs. Les plumes des 
cuisses sont noirâtres , ainsi que celles des jambes , qui ont 
quelques marbrures blanchâtres, se faisant aussi remarquer 
sur les côtés du croupion. Les couvertures inférieures, les 
plus proches du bord de l'aile , sont d'une couleur d'aiguë- 
marine; les autres et les pennes en dessous , d'un noirâtre 
lustré , avec du blanc à l'extrémilé des dernières; ces pen- 
nes et les couvertures supérieures de la partie externe , 
présentent une couleur d'aigue-marine plus vive. Les autres 
couvertures, le dessous du cou et la queue sont d'un vert jau- 
nâtre; les côtés de la tête , d'un brun clair et roussâire ; le 
dessus de la tête et l'occiput, d'un brun foncé le dos est d'un 
brun verdâlre ; le tarse, d'un jaune sombre , et le bec vert 
noirâtre , avec un peu de pourpre foncé , dans son milieu : 
longueur totale , onze pouces et demi. Ce porphyrion ne 
seroit-il pas en mue ? 

Le Porphyrion dit la Favorite , Porphyrio fiaviroslris , 
Vicill. ; Galliniila flanrostris ^ Lalh; FuUcaflainrostris^ Gmel.; 
pi. enl. de Buffon, n." 897. On le trouve à Cayenne. Il est 
à peu près de la taille du râle de genêt ^ et il a les côtés de 
la tête , de la gorge , et le devant du cou , les flancs , le des- 
sus des ailes et le manteau , d'un joli bleu clair ; le milieu 
de la gorge , la poitrine et les parties postérieures , d'un 
beau blanc ; la tête noirâtre ; la queue noire ; le bec rougeâ- 
tre , avec un peu de jaunâtre en dessous et vers le bout ; les 
pieds rouges. Buffon soupçonne que c'est la femelle de la 
petite poule sultane de Cayenne. Il se fonde sur la foiblesse de 
ses couleurs. V. Petit Porphyrion. 

Le Porphyrion gris, Porphyrio cinercus ^ Vieill,,ales 
côtés du front , une bandelette transversale au-dessus de 1 œil 
la gorge , le devant du cou , le milieu de la poitrine et des 
parties postérieures, blancs; les flancs et le reste du plumage, 
d'un joli gris ; le bec , d'un jaune orangé , et le tarse roupeâ- 
tre. Taille inférieure à celle du râle marouelte. Le pays de cet 
oiseau m est inconnu. Il est au Muséum d'Histoire naturelle. 

Le Porphyrion KARUKA,PoryD/?j7îo;?//temcj/n/ , Vieil.; Rallus 
phœnicurus^ Gmel.; zoologie de l'Inde, page tc), i b. 9, sous le 
nom de Rallus phœnicurus. Cette poule sultane a V<)cc'\piit , le 
cou, le dos et les ailes, noirs, avec des taches bleues sur les 
pennes; la tête et le dessous du corps jusqu'aubas-ventre,d un 
blanc de neige; celui-ci et la queue, d'un rouxnué de rouge; 
le bec verdâtre , et les pieds d'un vert un peu rougeâlre : lon- 
gueur totale , huit pouces environ. 

Celte espèce se trouve dans lîle de Ceyian, où elle porte 
le nom de kalu-kercnaka; on la voit encore fréquemment dans 



3o P O R 

la presqu'île de l'Inde , et il est à présumer qu'elle se trouve 
aussi chez les Chinois, puisque sa figure est souvent sur 
leurs papiers peints. 

Latham donne comme variété de celte espèce , la Poule 
SULTANE BRUINE. Une seconde variété, selon cet ornithologiste, 
estune autre poule snliane, àontl^olbe parle succinctement dans 
son Voyage; il la dit fort commune au Cap de Bonne-Espé- 
rance. Elle a la plaque du front, blanche; le dessus du corps 
d'un noir brillant , le dessous blanc; le bas ventre rouge , et 
les pieds jaunes. 

Le PoRPHYRiON DU MEXIQUE, Fulicamexirana^ Lalh., est à 
peu-près de la grandeur et de la grosseur de noire fou/que ; 
la lêle, le cou et les parties inférieures du corps sont pour- 
pres ; le dos, le croupion, les couvertures supérieures des 
ailes et de la queue , d'un vert pâle, varié de bleu et de fau- 
ve ; les pennes alaires et caudales, vertes; le bec terminé de 
jaune , et rouge dans le reste de sa longueur , ainsi que la 
membrane du front. N'est-ce pas une variété duPoRPHYRiON 
Tavoua .'' 

Le PoRPHYRiON TAYOUA, PorphyriotavouP., Vieill.; GalUnula 
maiiinica, Lath. ; Fulica mariinica^ Linn., édit. i3. ; a un peu 
plus de grosseur que le râle d'eau; douze pouces de longueur; 
le bec jaune, et rouge à la base; la plaque du front et 
l'iris rouge s ; le plumage en général d'un vert brillant, chan- 
geant en bleu sur la tête, le cou et le dessous du corps; les 
couvertures inférieures de la queue blanches ; les pennes et 
celles des ailes noirâtres et bordées de vert ; les pieds 
jaunes. 

La femelle ou l'oiseau jeune, diffère en ce que le plumage 
est en dessus nuancé de brun; le dessus de la tête entière- 
ment de cette couleur; le dessous du corps blanc , un peu 
mêlé de noir sur le milieu du ventre , et beaucoup plus sur 
le devant du cou jusqu'à la poitrine ; les pieds sont bruns. 

Cette espèce , que les naturels de la Guyane française 
nomment taiyoua-iai>oua à Cayenne , se trouve à la Martini- 
que et dans l'Amérique septentrionale. 

UYahana céleste y verde ^ du Paraguay, rapporté par Son- 
nini à cette espèce ; il n'en diffère qu'en ce qu'il a la tête 
noire. 

* Le PoRPHYRiON A TETE GRISE , Porphyrîo poliocephalus , 
Vieill. ; GalUnula poUocephala , Lalh. Bec rouge ; tête et cou 
d'un gris bleu , changeant en couleur d'azur sur le haut de la 
gorge ; dos pourpre; ailes et queue d'un bleu d'indigo foncé; 
poitrine et ventre vert-bleus; bas-ventre blanc ; pieds rouges. 
Cclic pcidc sultane se trouve dans l'iude. 



P O R 3i 

L'individu décrit par Latham sous la dénomination la- 
line de GalUnula madagascariensis , me paroît être une va- 
riété de sexe ou d'âge du précédent. 11 a le bec pareil ; la 
tcte et le cou d'un gris pâle ; le dos d'un vert foncé mé- 
langé de noir; le bas - ventre de couleur d'outremer; la 
gorge, la poitrine et le dessus des ailes, verts ; le ventre et les 
lianes , bleus ; les pieds rouges. 

* Le PoRPHYRioN A TETE NOIRE, GalUnula melanocepliolay 
Lalh. ; Fulica melanocephala , Linn. , édil. i3. Le plumage diî 
cet oiseau est tout bleu , excepté sur la tête et le cou qui sont 
enveloppés d'un capuchon noir. 

La femelle a le dessus de la tête et du corps , fauve; les 
plumes scapulaires rayées de blanc ; les couvertures des ailes 
verdâtres et mêlées d'un peu de fauve; les pennes d'un bleu 
céleste, mêlé d'un peu de vert. 

C'est d'après Feuillée que l'on a décrit cette poule sultane; 
lîutïon la rapporte à I'Acintli {Voyezc^llQ espèce); Brisson 
la donne comme une variété de ia. poule sultane commune; 
Latham et Gmelin en font une espèce particulière. On la 
trouve en Amérique. 

Le PORPHYRION VERT, Porphyrio viridis , Vieill.; GalUnula 
•piridis^ Lath. ; Fulica viridis, Linn., édit. i3. Longueur, onze 
pouces 'et demi. Bec d'un jaune verdâtre, ainsi que la plaque 
frontale; dessus du corps d'un vert sombre; dessous blanc; 
pieds pareils au bec ; ongles gris. 

Si c'est par erreur , comme le dit Sonninî , que Brisson a 
indiqué cette poule sultane pour se trouver aux Indes 
orientales, on peut la rapporter au Porphy/ian blanc et bleu, (v.) 

POBPHYRIS. Ce nom s'appliquoit , chez les Grecs, à 
Vanchusa et à Vocymasirum ( f^oy. OcYMoiDEs ). (ln.) 

PORPHYRITE. Quelques naturalistes appliquent cette 
dénomination très-impropre, à des poudingues dont les gra- 
viers fort menus donnent à la pierre une certaine apparence 
de porphyre. Mais, du reste, ces deux sortes de pierres n'ont 
rien de commun , surtout dans le mode de leur formation. 
Dans le porphyre , le fond de la pierre et les cristaux bien ou 
mal terminés qu'elle contient, ont été formés en même 
temps. Dans le poudingue, au contraire, les graviers que ren- 
ferme sa pâle , existoient avant qu'elle les eût enveloppés. 
Voyez Poudingue, (pat.) 

PORPHYROÏDE. Epilhète qu'on donne à une roche 
qui, passant d'une modification à une autre, commence à 
prendre l'apparence d'un porphyre, et tient le milieu, par 
exemple, entre le porphyre et le granité. F. Porphyre. (pat.) 

PORPITE, Purpila. Genre de vers radiaires , qui offre 
pour caractères : un corps libre, orbiculaire, cartilagineux à 



3i P O R 

rinlérlcnr, subgélatineux à l'extérieur, presque plat, avec 
une cavité centrale et des tentacules irès-courls eu dessous ; 
des stries en rayons ou sautoirs , avec des stries conceatri- 
ques , tant en dessus qu'en dessous. 

Ce genre faisoit partie des Méduses de Linnreus, et il a 
en effet beaucoup de rapports avec elles ; mais il en diffère 
suffisamment pour en former un particulier. 

Lamarck , à qui est dû ce nouveau genre , l'avoit plutôt 
deviné que connu; mais j'ai eu l'avantage de comparer en 
vie une des espèces qui le composent avec une méduse^ et de 
fixer ses caractères d'une manière précise dans mon Histoire 
naïuyelle des Vers ^ faisant suite au Buffon , édition de Deler- 
vllie. 

Les porpltcs ont le corps circulaire et très-plat; il est, 
tant en dessus qu'en dessous , strié par des cercles concen- 
triques et par des rayons très-peu saillan?, quoique bien pro- 
noncés ; 11 est d'une consistance plus solide que celui de la 
plupart des méduses^ mais toujours cependant gélatino-mem- 
braneux ; en dessous , au centre , est la boucbe , composée 
d'une membrane susceptible d'une grande dilatation , mais 
très peu saillante , qui s'ouvre et se ferme contin ellement 
comme dans les méduses; en avant et encore plus en arrière 
de cette bouche , dans un espace parallélogrammiquê très- 
élendu , sont parsemés irrégulièrement un grand nombre de 
tentacules à peine visibles lorsqu'ils sont contractés , longs 
de trois millimètres dans leur plus grand développement, et 
qui ne convergent pas vers la boucbe , excepté trois , lesquels 
sont deux fols plus gros que les autres, et placés immédia- 
tement sur ses bords. 

Les organes de la nutrition se voient à travers le corps , 
qui est deral-lransparent ; mais ils sont si petits, qu'il est dif- 
ficile de les distinguer. 

Les porpites ont une manière d'être différente des mé- 
duses. Ces dernières, lorsqu'elles viennent à la surface de la 
mer, sont toujours entièrement dans l'eau ; les premières , 
dans le même cas, sont absolument sur l'eau. Celles que j'ai 
rencontrées avolent l'apparence d'une pièce de vingt-quatre 
sous emportée par les flots. Elles nagent à la manière des 
oiseaux. 

■La PoRpiTE DE l'Inde , qui est aplatie en dessus , con- 
vexe en dessous , sillonnée et velue , se trouve dans la mer 
des Indes. 

Llnnœus l'avoit décrite sur un individu conservé dans l'os- 
prit-de-vin et considérablement altéré ; mais Bory-Saint- 
Vincent, qui l'a observée vivante, dans son voyage à l'ile- 
de-ifrauce , Ta décrite et dessinée de nouveau avec la supé- 



P O R 33 

norilé de talent qu'on lai connoît. Elle est figurée dans la 
Relation de son voyage aux çuulre îles des mers "d'Afrique Ses 
bords sont munis d'une grande quantité de filets injgaux 
membraneux, et d'un bleu brillant, dont quelques-uns sont 
fort longs. 

La PoupiTE APPENDicuLÉE , qui est glabre , blanche, avec 
trois appendices bleus sur ses bords, un en avant et deux en 
arrière plus petits. F. pi. E, n." 23, où elle est figurée. Je 
I ai rencontrée abondamment vers le 4.o.« degré de latitude 
et le 5a.« de longitude. Peut-être possède-t^-elle des tenta- 
cules comme les autres ; mais je n'ai pas pu les voir déve- 
loppées. 

La PoRPiiE CHEVELUE, figurée par Péron et Lesueur , pi 
3i , n." 6 de leur voyage , est la plus grande de ce genre. 
iLlle est entourée de tentacules très-minces, très-longues et 
bleues , et a des suçoirs sans nombre en dessous. 

On ne doit pas confondre ce genre , comme on l'a fait dans 
ces deruiers temps , aveclemadrêporeporpiie, ni arec les ca- 
merines, qui ont quelque ressemblance de forme avec les es- 
pèces qu'on vient de mentionner. Le madrépore porpite et les 
caménnes sont toujours calcaires, et la porpite toujours car- 
tdagmeuse. Voyez aux mots Madrépore , et Camérine. 

PORPITE, NUMISMALE, NUMMULITE^,NU]V1- 
MULAIRE, PIERRE LENTICULAIRE PIERRE 
FRUMENTAIRE. Voyez Lenticulaire. fp.T) 

PORPOISSE. Voyez Porpess. (desm.) 

PORPUS. Voyez Porpess. (desm.) 

PORQUINHO. L'un des noms portugais du Cochon-de - 
lait, (desm.) 

PORRA. Nom espagnol d'une espèce de Varec qui se 
trouve dans la mer du Sud, et qui est figurée lom. 2, ni. 3, 
du Voyage dans les mers de Vlnde , par le Gentil 

Ce varec a une tige extrêmement longue ( !,o brasses 
au moms ). Il est terminé par un renflement fusiforme , 
supportant une grosse vésicule sphéroïde , d'où sortent des 
rameaux qui portent des feuilles lancéolées , très-allongées , 
et fortement dentées. V. Varec. (b.) 

PORRUM, et Porn/s des Latins, et Prason des Grecs. Ce 
sont les noms de diverses espèces du genre allium des bota- 
nistes modernes, parmi lesquelles se trouve compris le poi- 



reau 



Dioscoride distingue deux prason , savoir : i.o le cephalo- 
^ru5o« ou poireau capité, qu'on rapporte à notre poireau cul- 
tive; 2 .1 ampeloprasum ou le poireau des vignes, rapporté tan- 
xxYiir. ^ 3 



U P O R 

tôt k Valliumvineale, et tantôt à d'autres espèces dumême genre. 
Théophraste et Pline indiquent trois espèces; i," le prason 
onporrum cephaloton, appelé gethyllis par Athénée , et gethion 
par d'autres auteurs : c'est encore le poireau cultivé; 2.° le 
prason cheiromenon , également appelé carton et seciwum , qui 
étoit le poireau cultivé qu'on empôchoil de monter en cou- 
pant ses feuilles; 3.° ï ampeluprason , le même que celui de 
Dioscoride. 

Le poireau étoit fort cultivé chez les anciens; on le man- 
geoit cuit; autrement, il passoit pour nuisible ; on l'appeloit 
porrum , parce qu'il pousse et croît vite : (fuàd porrà eat et 
longe latèque grassetur. C. BaUH, 

Tournefort fait du poireau un genre purrum , distingué de 
celui des aulx ou allium , par ses bulbes cylindriques ; mais 
cette distinction n'est plus admise, et l'on rapporte au genre 
allium toutes les espèces qui ont été placées dans celui ap- 
pelé porrum par Tournefort. (LN.) 
PORS. Nom danois du Gale, (b.) 

PORT. On donne ce nom, dans les Pyrénées, aux ou- 
vertures ou passages formés par la nature entre les sommets 
des plus hautes montagnes de cette chaîne, et par lesquels 
on la traverse d'un côté à Tautre. Dans les Alpes , on donne 
à ces sortes de passages le nom de col. 

En terme de marine, le nom de port désigne un havre où 
les vaisseaux sont à l'abri des tempêtes , et qui , pour l'ordi- 
naire, est perfectionné par les travaux de l'an. Le plus grand 
et le plus beau port de l'Europe , esl celui de Constaniino- 
ple. Le plus vaste et le plus sûr qu'il y ait au monde , est celui 
d'Avalcha au Kamtschatka. (pat.) 

PORT. Synonyme de Porc-de-mer, f^. Marsouin. (B.) 
PORTE-AIGUILLON , Acukata. Insectes composant 
notre seconde section de l'ordre des hyménoptères, et qui 
ont pour caractères : point de tarière ; un aiguillon inté- 
rieur, mais exsertile , ou des glandes renfermant un acide, 
à l'extrémité de l'abdomen des femelles et des individus neutres. 
Les hyménoptères de cette section nous offrent, dans leurs 
antennes et leur abdomen , des caractères constans , et au 
moyen desquels on pourra souvent distinguer ces insectes, 
de ceux de la première section du même ordre, les porle- 
larière. Les antennes sont toujours simples, et composées 
de treize articles dans les mâles , et de douze dans les fe- 
melles. L'abdomen, toujours uni au corselet par un pédi- 
cule plus ou moins allongé , est formé de sept anneaux dans 
les individus de la première sorte , et de six dans ceux delà 
seconde. L'aiguillon dont les premiers, ainsi que les indi- 
vidus neutres ou mulets, seul armés , n'est qu'une tarière 



P O R 35 

modifiée, et qui par ces changemens a reçu une destination 
différente. Les quatre ailes sont toujours veinées. Les larve* 
n'ont jamais de pieds , et se nourrissent des alimens que les 
femelles ou les neutres, ou ces deux sortes d individus simul- 
tanément, leur fournissent, et qui consistent lantôl en cada- 
vres d'insectes , tantôt en sucs de fruits, et pour d'autres , en 
un mélange de pollen , d'étamines et de miel. 

Je partage cette section en quatre familles , et de la ma- 
nière suivante : 

I. Femelles ou Mulets privés d'ailes. 

Famille \. Les Hétérogynes. 

I L Tous les indmdus ailés. 

A. Point de pattes poUinifères. 

* Les quatres ailes toujours étendues. 

Famille IL Les Fouisseurs. 

** Ailes supérieures doublées Ion gituâinalement dans le repos. 

Famille IIL Les Diploptères. 

B. Pattes postérieures poUinifères, soit dans les femelles elles 
neutres, soit dans les derniers individus seulement. 

Famille IV, Les Mellifères. 

Voyez ces mots, (l.) 

PORTE-BANDEAU. C'est I'Éthulie nodiflore. (b.) 

PORTE-BEC ou Rhinchophores. Famille d'insectes 
coléoptères, ayant pour caractères : quatre articles à tous les 
tarses ; tête prolongée antérieurement en forme de museau 
ou de trompe, avec la bouche terminale ; larves à pattes très- 
courtes ou nulles. 

Je divise cette famille en deux tribus, celle des B&UCHÈLES 
et celle des Charansomtes. V. ces mois, (l.) 

PORTE-CHAPEAU.On nomme ainsi le PALiURE.Foyez 
ce mot. (b.) 

PORTE -COLLIER. C'est I'Ostéosperme monili- 

FOKME. (b.) 

PORTE-CORNE. Klein donne ce nom au Rhinocéros. 
V. ce mot. (s.) 

PORTE-CORNES, Cerophorus. M. de Blainyille pro- 
pose ce nom pour un grand genre de ruminans , renfermant 
tous ceux de ces animaux qui ont la télé ornée ( au moins 
les mâles ) , de cornes persistantes , supportées par un axe 
osseux. F. Ruminans. (desm.) 

PORTE-CRÈTE. Nom spécifique de I'Iguane d'Am- 
boitse. (b.) 

PORTE-CROIX. V. Criocère. (s.) 

PORTE-ÉCHELLE. C'est la Saperda scalaris. Vorci 

SaPERDE. (nESM.) 



36 PO R 

PORTE-ËCUELLE. Genre de poisson. F. Lépado- 

GASTÈRE. (B.) 

PORTE-EPINE. F. Porc-Épic. (s.) 

PORTE-FEUILLE. C'est la Rapette vulgaire, (b.) 

PORTE-IRIS. Nom sous lequel Dicquemare a fait ton- 
nohre deux espèces de méduses,'^, qui sont entourées d'un 
cercle portant les couleurs de l'arc- en - ciel. V. au mot 
Méduse, (s.) 

PORTE-LAMBEAUX. Quoique j'aie fait de cet oiseau 
un genre particulier , sous le nom de dilophe , il me semble , 
comme je l'ai déjà dit à l'article des martins , qu'on ne peut 
guère l'éloigner de ceux-ci , avec lesquels M. Cuvier l'a 
classé : en effet , il en a les caractères du bec , et il n'en 
diffère que par ses caroncules ; encore ces caroncules ne 
sont que l'attribut de l'oiseau adulte, (v.) 

PORTE - LANCETTE. C'est rAcA^THURE chirur^ 

GlEN. (B.) 

PORTE-LANTERNE (/ns^cto. ) V. Fui.gore. (l.) 

PORTE-LENTILLE. C'est la Nidulaire. (desm.) 

PORTE-LYRES, L/r/Jm, VleiU. Famille de l'ordre 
des oiseaux Sylvains, et de la tribu des Tétradactyles. 
V. ces mots. Caractères : pieds allongés , un peu forts : tarses 
annelcs; quatre doigls,trois devant, un derrière; les extérieurs 
joints le long de la première phalange ; l'interne libre ; 
ongles allongés, convexes en dessus, presque droits, obtus ; 
bec médiocre, droit, conico-convexe, garni à sa base de 
plumes sétacées, dirigées en avant, pointu; rectrices du 
mâle adulte , au nombre de seize , de trois formes diffé- 
rentes et très-longues ; douze seulement et uniformes , chez 
les femelles, (v.) 

PORTE -MASSUE, Cojynephorus. Genre de plantes 
établi dans la famille des graminées, pour placer quelques 
espèces de Canches. 

Ses caractères sont : balle calicinale de deux valves mem- 
braneuses , fort longues , renfermant deux (leurs , chacune 
composée de deux valves, dont l'inférieure est entière, et 
pourvue, à sa base, d'une arête articulée et lanugineuse 
dans son milieu, coriace et tordue à sa base, claviforme et 
glabre à son extrémité ; la supérieure bifide à sa pointe. 

Ce sont les Canches articulée et blanchâtre qui 
servent de type à ce genre, (b.) 

PORTE-MIROIR {Insectes.) Nom donné par des ama- 
teurs à un bombix de l'Amérique , qui a sur les ailes une 
tache transparente , comme du talc , ou vitrée , produite 
par un défaut d'écaillés sur cette partie , environnée de 



P O R 37 

lignes en forme de cercle, et ressemblant ainsi, en quelque 
sorte, à un miroir avec son cadre. Le bomhix hesperus àe Fa- 
bricius, son bombix allas , sont des porte -miroirs, (l.) 

PORTE-MITRE D'OR, Chrysomeins. Dénomination 
du chardonneret j d'après la plaque jaune dont ses ailes sont 
décorées, (v.) 

PORTE- MORTS ou NÉCROPHORES (^Insectes.) 
Voyez NÉCROPHORE. (l.) 

PORTE-MUSC. Quadrupède ruminant, du genre des 
Chevrotains. V. ce mot. (desm.) 

PORTE-NOIX. Nom vulgaire d'un arbre de la Guyane, 
dont le fruit est un drupe gros comme la tête , contenant 
quatre noyaux ou noix bonnes à manger. C'est le caryucar 
nuciferum de Linnseus. V. Caryocar. (b.) 

PORTE-OR. C'est le nom d'un marbre à fond noirâtre, 
parsemé de veines d'une belle couleur jaune. Sa carrière 
est aux environs de Porto-Venere , sur la côte de Gènes. 
V. Marbre, (pat.) 

PORTE-PLUME. Nom donné, par Adanson , à la 
ptérone camphrée , qui constituoit le genre pterophorus de 
Vaillant , remarquable par ses aigrettes velues, en forme de 
plume. V. Ptérophore. (ln.) 

PORTE - PLUMET. Coquille du genre Cyclostome. 

(B.) 

PORTE-QUEUE. Nom qu'on a donné a des papillons 
à queue f de la division des Chevaliers et de celle des Plé- 
BÉÏENS ruraux. Les premiers appartiennent à notre genre 
Papillon , et les seconds à celui de Polyommate. (l.) 

PORTE-SCIE, Securifera, Latr. Famille d'insectes, 
de l'ordre des hyménoptères , section des lérébrans, ayant 
pour caractères : abdomen parfaitement sessile , ou intime- 
ment uni au tronc par toute sa largeur. 

Les femelles ont une tarière, le plus souvent en forme 
de scie, et qui leur sert, non-seulement à déposer leurs 
œufs, mais encore à préparer la place qui doit les recevoir. 
Leurs larves ont toujours six pattes écailleuscs, et, dans la 
plupart, douze à seize pattes membraneuses. Ces insectes 
sont herbivores , et forment deux tribus , les TenthR£- 
DiNEs et les Urocérâtes. F. ces mots, (l.) 

PORTE SOIE. Nom que l'on donne au Coq a duvet, 
à cause de son plumage soyeux, (v.) 

PORTE-SOIE. On a donné ce nom à la Pinne marine, 
ou Jambonneau, (desm.) 

PORTE - TARIERE. Insectes de l'ordre des hymé- 
noptères. V. Térébraî^. (l.) 



38 P O R 

PORTE- TUBE. C'est une coquille fossile , du genre 
murex, de lÂnn^us {M. iuhifer') , dont Denys-de-Montfort 
a formé un genre particulier, sous le nom de Typhis. V. ce 
mot. (desm.) 

PORrE - TUYAUX , Tubulifen. Nom donné à une 
section d'insectes, de Tordre des hyménoptères, dont les 
derniers anneaux de l'abdomen forment, dans les femelles, 
un tuyau rëtractile , avec un aiguillon au bout. Tels sont les 
insectes du genre chrysis de Fabricius. V. ChRYSIDES. (l.) 

PORTEE. C'est le temps de la gestation des quadru- 
pèdes et le nombre de leurs petits. F- (Gestation, (s.) 

PORTEES, {^vénerie. ) Branches de jeune bois que le cerf 
fait plier ou rompre avec sa tête. Les portées A nn cerf sont 
à six pieds de hauleur Un cerf dix cors commence à faire 
des portées vers la mi-mai. V. au mot Cerf, (s.) 

PORThSIE, Portesia. Genre de plantes, de Toctandrie 
monogynie, et de la famille des rubiacées, qui a été établi par 
Cavanilles, et qui présente pour caractères: un calice petit, 
inonophylle, à quatre dents persistantes; une corolle de 
quatre pétales ovales ; un tube plus court que la corolle , 
octodenlé à son sommet ; huit élamines sessiles et insérées 
sur les dents du tube; un ovaire supérieur à style simple et à 
stigmate en tête ; une capsule bivalve , biloculaire , disper- 
me , à valves ovales , carinées , s'ouvrant par la pointe , et 
contenant une semence dans chaque loge. 

Ce genre renferme deux arbustes à feuilles alternes, pin- 
nées avec impaire, et à (leurs disposées en petits bouquets 
dans les aisselles des feuilles. 

L'un, la Portésie OVALE, a les folioles presque ovales 
elles fleurs rapprochées. Elle croît aux Antilles. 

L'autre , la Portésie mucrotnée , a les'folioles glabres , 
rancronées. Elle croît à Madagascar. 

Ce genre a été réuni aux TKiCBiLiERSpar "Wildenow. (b.) 

PORTLANDE , Portîandia. Genre de plantes de la pen- 
tandrie monogynie , et de la famille des rubiacées, dont les 
caractères consistent : en un calice grand et à cinq divisions; 
en une corolle infundibuliforme , à tube insensiblement 
dilaté , et à limbe à cinq divisions ; en cinq étamines insé- 
ras à la base du tube , à anthères droites, presque saillan- 
tes; en un ovaire inférieur, surmonté d'un style à stigmate 
simple ; en une capsule ovale , globuleuse , munie de cinq 
côtes saillantes, émoussée au sommet, couronnée par le 
limbe calicinal , et formée par deux loges à plusieurs se- 
mences. 

Ce genre renferme cinq arbres à lige grêle qui ont besoin 
du support des arbres voisins pouH ne pas ramper; il a le 



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feuilles enlièrcs el opposées , et les fleurs grandes de 
plus d'un pied.L'un de ces arbres porte le nom de PortlaNDE 
A GRANDES FLEURS, et est représenté dans une superbe gravure 
publiée par Smith, tab. 6 de ses Icônes pictœ. Il croît naturel- 
lement à la Jamaïque , et se cultive dans quelques serres 
d'Angleterre et de France, où 'il fait l'admiration de tous 
ceux qui le voient, par la beauté de ses fleurs blanches. 

Un autre , le Portlande a fleurs rouges , a les feuilles 
ovales , coriaces, et les fleurs rouges. Il croît aussi à la Ja- 
maïque y où il a été observé par Swartz. 

Quant aux Portlandes tétrawdre et hexa^tore , ils 
doivent être retirés de ce genre. Le second forme déjà celui 
qu'Aublet a appelé Coutarée. 

L'écorce de la plupart des espèces de ce genre peut être 
substituée au quinquina, dans le traitement des fièvres. Celles 
des Portlandes mexicaine «t bexandre portent même son 
nom dans le continent, (b.) 

PORÏS-FU. Nom hongrois de la Renouée ( Polygonum 
persicaria , Linn. ). (ln.) 

PORTSCHEDNAJA-TRAWA. Nom russe des Per- 

SICAIRES. (ln.) 

PORTULA. Nom donné , par Dillen, à une plante con- 
fondue avec le genre GLAUxpar Tournefort, et dont Linnseus 
a fait son peplis^ nom appliqué par les anciens , à une plante 
très-différente , et que, pour cette raison, Adanson a changé 
en celui de chahrœa. Voyez Peplis (ln.) 

PORTULACA. Notre pourpier commun recevoitce nom 
chez les Latins, et celui à'andrachne chez les Grecs ; les bota- 
nistes lui ont conservé le premier, et le second a été donné à 
un autre genre. Il y a, du reste , beaucoup d'obscurité sur les 
plantes que les ancieos ont voulu décrire sous ces deux noms. 

Chez les modernes , on a nommé portulaca , et l'on a 
rapproché sous le même nom quelques plantes qui, par 
leurs feuilles grasses ou leur nature succulente, offrent quel- 
ques rapports avec les pourpiers; par exemple, la MoNïiE des 
fontaines, quelques petits orpins {sedum)^ une sabline et des 
arroches; celles-ci sont plus particulièrement appelées y3or/«- 
hca marina. 

Linnœus a divisé le genre portulaca de Tournefort, pour 
en faire deux, savoir: le sessmium et le portulaca^ où rentre 
le pourpier cultivé. Depuis, on a fait aux dépens de ce dernier 
les genres ia/inum, riilingia ou anacampseros (sinis) , meridiana, 
lemia et orygia. ; 

Le Glinus lotoîdes, L., et le irianthema monogyna^ Lion. , ont 
été figurés sous la dénomination de portulaca , le premier pat" 
Rarrelier , et le second par J. Hermann, (ln) 



^^ P O R 

PORÏULACAIRE, Poriuïacaria. Arbrisseau à feuilles 
opposées , cunéiformes , presque ovales , qui a successive- 
ment fait partie des Claytonês et des Crassules , et que 
Jacquin vient d'établir en litre de genre. 

Ce genre a pour caractères : un calice de deux folioles ; cinq 
pétales; cinq étamines ; un ovaire supérieur, surmonté de 
trois styles à stigmate simple ; une semence garnie de trois 
ailes. 

La portulacaire est originaire d'Afrique , et se cultive dans 
les jardins de botanique. (B.) 

PORTULACASTRUM.Nom sous lequel on a cultivé 
autrefois au jardin des plantes de Paris, le scsrmum porlu- 
lacastnim^ Linn. (ln.) 

PORTULACÉES, Portulaceœ. Famille de plantes, qui 
offre pour caractères : un calice divisé à son sommet ; une 
corolle monopétale ou nulle , plus souvent formée de pétales 
dont le nombre est déterminé, insérée à la base ou au milieu 
du calice , souvent alterne avec ses divisions ; des étamines 
ayant la même insertion que la corolle , ordinairement en 
nombre déterminé; un ovaire supérieur, ou rarement infé- 
rieur et semi-inférieur, à style unique , ou double , ou triple, 
ou rarement nul, à stigmate souvent multiple ; un fruit cap- 
sulaire , uni ou multiloculaire , à loges à une ou plusieurs 
semences, dont le périsperme est farineux et central, et l'em- 
bryon courbé ou annulaire. 

Les plantes de celte famille sont ordinairement herbacées, 
vivaces ou annuelles, quelquefois grasses ou charnues; leurs 
liges, dont la forme est cylindrique, ainsi que celle des ra- 
meaux, portent des feuilles opposées ou alternes, souvent 
succulentes, presque toujours dépourvues de stipules, quel- 
quefois munies, dans leurs aisselles, d'un petit faisceau de poils; 
leurs fleurs affectent différentes dispositions. 

Ventenat , de qui on a emprunté ces expressions , rapporte 
à cette famille, qui est la première de la quatorzième classe 
de son Tableau du Règne végétal^ et dont les caractères sont 
figurés pi. 19, n.» 2 du même ouvrage, dix genres sous deux 
divisions , savoir : 

i.° Les porhdacées dont le fruit est uniloculaire : Pourpier , 
Portulacaire, Turnère , Rokeje, Talin, Claytone, 

MOTSTIE , ÏÉLÈPHE , CoRRIGIOLE , BaCOPE , TaMARIX et 

Gnavelle. 

2.0 Les portulacèes dont le fruit est multiloculaire: ÏRtAN- 
THÈME , L1MÉ0LE , Crypte et Gisekie. Voyez ces mots, (b.) 

PORÏUMNE. Portumnus , Leach. V. Portune. 

PORTUNE, Portimus, Fabr. , Lam. , Rose, Latr. , 
Léach. ; Cancer, Lion., Deg. , Oliv.; Lupa , Léach. Genre 



P O R 4» 

de crustacés, de l'ordre des décapodes, famille des bra- 
chyures , tribu des nageurs, ayant pour caractères : test en 
segment de cercle , plus large que long , dilaté en devant , 
rétréci en arrière ; queue de cinq anneaux distincts dans les 
mâles , et de sept dans les femelles ; cavité buccale carrée ; 
second article des pieds-mâchoires extérieurs presque carré, 
avec les angles arrondis , échancré près de l'extrémité de 
son bord interne ; les pédicules oculaires et les antennes m- 
sérés de file , sur une même ligne transversc; les antennes 
latérales terminées par un filet sétacé , beaucoup plus long 
que leur tige : les deux pieds postérieurs propres à la nata- 
tion , finissant par deux articles aplatis , en forme de lames 
ciliées ; le dernier plus ou moins ovale ; pédicules oculaires 
courts , insérés de chaque côté du front , dans des cavités 
ovales et formées par des échancrures du test ; deux fissures 
au bord supérieur de chaque orbite. 

Les portunes , que M. Cuvier désigne aussi sous le nom 
à'élrilles , ne diffèrent bien rigoureusement de certains crabes, 
et particulièrement des carcins de M. Léach , que par la ma- 
nière dont se terminent leurs deux pattes postérieures. 

Quelques portunes , dont le test est proportionnellement 
plus large , avec chaque bord latéral divisé en neuf dents, 
et dont la postérieure plus forte , en forme d'épine ; qui ont 
les serres de la même grandeur ; dont les mâles ont l'avant- 
dernier article de leur queue fort allongé (i) et beaucoup 
plus étroit que le précédent , composent , dans la méthode 
de ce dernier naturaliste , un genre particulier , celui de 
Lupa. Ses portunes proprement dits ont le test moins évasé, 
à dentelures moins nombreuses (cinq communément, 
d'autres fois six ) , et dont aucune ne surpasse considéra- 
blement les autres en grandeur; Tune de leurs deux serres est 
plus forte que l'autre ; et le pénultième article de la queue 
des mâles est transversal ; mais , outre que ces caractères 
s'effacent insensiblement sur leurs limites , que la forme de 
l'avant dernier article de la queue des mâles est très-variée , 
selon les espèces , dans la même coupe naturelle , et qu'on 
n'a pas toujours des individus des deux sexes, on peut ar- 
river à la connoissance des espèces par des moyens moins 
équivoques et plus simples. 
L'espèce queFabricius a nommée v/^//,offre dans la longueur 
extraordinaire de ses pédicules oculaires, et dans la manière 
dont ils se logent , un caractère trop remarquable , pour 
qu'on la laisse avec les portunes. C'est donc avec raison que 

(i) Degéer avait remarqué, le premier, ce caractère sexuel. 



^1 P O R 

M. le chevalier de Lamarck a fait de cette espèce un genre 
propre , celui de podophthalme. Le cancer latipes de Plancus , 
qui senïble, au premier coup d'œil , devoir être réuni aux 
porlunes , en est cependant bien distingué , ainsi que M. 
Léach Ta remarqué. Mais nous rejetterons sa dénomina- 
tion générique , poHumnus , qui littéralement est presque 
semblable à celle de portunus , et nous lui substituerons celle 
de platyonique (^Flatyoïiichus. ) 

Au rapport de M. Bosc , le porlune , qu'il regarde comme 
l'espèce appelée pelagicus par Fabricius , nage presque 
conlinnellement avec aisance , et même avec une sorte de 
grâce. Il peut se soutenir sur l'eau, pendant un espace de 
temps assez long et sans se donner de mouvemens apparens. 
Il n'a d'autres points de repos que les varecs et autres plantes 
de l'Océan-Allantique , où on le trouve en grande quantité. 
Il vit des autres animaux marins qui s'y rencontrent avec lui. 
Un autre portune , Yhaslala de M. Bosc , et qu'il a observé 
sur les côtes de la Caroline, nage aussi très- bien ; mais il 
marche autant qu'il nage. D'ordinaire , il se promène lente- 
ment sur le bord de la mer ou à l'embouchure des rivières , à 
la marée montante , pour chercher de côté et d'autre sa 
nourriture. Mais lorsque la marée se retire , il s'en retourne 
avec elle , en nageant , parce qu'il craint alors de rester sur 
le sable , et qu'il n'a plus à espérer de curée. Le plus sou- 
vent il nage et marche en avant ; mais si la frayeur le saisit, 
lise sauve en nageant de côté et même en arrière. Pendant 
l'hiver , il disparoît de la côte , et se retire dans les profon- 
deurs dela'mer. Il revient au printemps, et la femelle, à rai- 
son des œufs qu'elle porte, est alors très-estimée. On ditque 
ce crustacé sort quelquefois de l'eau , pour aller chercher sa 
vie sur la grève.'' On en prend journellement un grand nom- 
bre à Charlestown, pendant l'été , à la marée montante , 
avec un moyen semblable à celui dont on se sert en Eu- 
rope pour la pêche des écrevisses. C'est un cercle de fer , 
garni d'un filet, et suspendu par trois cordes à un long bâton, 
au milieu duquel est attaché , pour appât , un morceau de 
viande. M. Bosc , en a pris ainsi des centaines par heure. 

« Tous les portunes qui habitent notre mer (côte de Nice), 
dit M. Risso , vivent réunis en société ; et chaque espèce 
choisit une demeure conforme à ses besoins et à ses habitudes. 
Le Âfmfl/:///^ fait son séjour dans la région des polypiers corti- 
ciféres. Le pubère et le plissé préfèrent les rochers de quatre 
a cinq cents mètres de profondeur. Le dépuraieur ne se plaît 
que dans les plaines des galets , se mêlant toujours avec 
les colonnes de petites dupées , telles que les anchois et les 
sardines, Un autre, imparfaitement décrit par Piondelet , 



P O R /;3 

dont il porte le nqm , se cache sous la vase de nos bords. Le 
moucheté ^ habile au milieu des algues qui croissent à quelques 
mètres de profondeur ; et l'espèce à laquelle j'ai imposé le 
nom de longues- polies^ fréquente les trous du calcaire com- 
pacte qui borde nos rivages. Les portunes se nourrissent de 
mollusques et de petits crustacés qu'ils brisent par morceaux, 
et broient au moyen des osselets de leur estomac. Leur 
chair n'a pas le même goût dans toutes les espèces, et ce 
n'est que celles qui vivcntdansles rochers quisont employées 
comme comestibles. Les autres servent d'appât pour la pêche. 
Plusieurs de ces crustacés sont tourmenlés par de petites 
aselotles, parasites qui se glissent sous leur corselet et s'atta- 
chent sur leurs branchies. Les femelles des portunes font 
plusieurs portées dans l'année , et déposent chaque fols de 
quatre cenis à six cents mille petits œufs globuleux et trans- 
parens , qui éclosenl en plus ou moins de temps , suivant le 
degré plus ou moins considérable de la température ». 

M. Kisso a été plus à portée que moi d'étudier les mœurs 
de ces animaux. J'avouerai , cependant, que j'aide la peine 
à croire que les femelles de la même espèce fassent plusieurs 
portées dans 1^ cours d'une année , du printemps à la fin de 
l'automne. L'analogie et les observations des autres natura- 
listes semblent contredire cette assertion. 

Pison a représenté, dans son Histoire naturelle du Brésil 
(p. 76), un portune voisin à^MiasIatus Aa Fabricius , et qu'il 
nomme en langue du pays ciré apuà. Le mol de ciré paroxt 
être une dénomination commune des crustacés semblables 
aux précédens , qui vivent habituellement au fond de la mer, 
et qui ne gagnent le rivage que pour y chercher l'ambre gris, 
que les flolsy ont jeté. On ne les prend qu'au moment des 
fortes marées. Leur chair, suivant Plson, est d'un goût excel- 
lent. Il paroîl qu'on les met dans du vinaigre , et quoiqu'on 
puisse en manger beaucoup de préparés de celte manière , 
ils sont rarement indigestes. Quelques autres espèces sont 
encore un aliment pour les habilans dcs'côles maritimes de 
la Chine, des Indes-Orientales, etc. Ces crustacés abondent 
dans les mers qui avoisinent les tropiques; mais V Océan-Sep- 
tentrional n'en fournit que peu d'espèces et qui sont petites 
ou de taille moyenne. Leur synonymie est en général très- 
embrouillée. 

/. Test presque en /arme de carré transversal et rétréci vers son 
extrémité postérieure ; le côté antérieur guère plus étroit çuc le plus 
grand diamètre transversal ; yeux situés à ses extrémités latérales ; 
antennes extérieures éloignées , par un intervalle notable , de V origine 
des pédicules oculaires ( r avant-dernier article de la çueue des mâles 
presque carre , et à diamètres presque égaux ). 

Je place dans celle division , le camer admette d'Herbst , 



4^ P O R 

Crust. , lab. 57 , fig. 4, et celui qu'il nomme prymna ^ même pi , 
fig. 2. Le premier a le fronl, ou le bord antérieur, droit, di- 
visé par trois petites incisions en quatre lobes tronqués , ou 
presque carrés ; chaque bord latéral du lest a cinq dents ai- 
guës , dont l'avant-dernière , en comptant de devant en ar- 
rière , est plus petite ; le dessus du test offre des rides transver- 
sales et interrompues ; les serres sont épineuses. Cette es- 
pèce a été recueillie par Péron et Lesueur dans les mers 
australasienncs. 

Dans le cancer prymna , les côtés du test n'ont chacun que 
quatre dents , les deux lobes frontaux, situés près des yeux , 
ont une petite échancrure. • 

On trouve dans les mers de la Nouvelle-Hollande deux 
ou trois autres espèces analogues , et qui paroissent devoir 
former, avec les précédentes , un genre propre ; peut-être 
faut-il y placer le portune tronqué de Fabricius. ( Herbst , 
Crust. , lab. 54 , fig. 7. ) 

//. Bord antérieur da icsi et partie adjacente de ses côtés formant 
une courbe ; largeur du test, comprise entre les deux extrémités posté- 
rieures de cette courbe , beaucoup plus grande que sa portion anté- 
rieure et mitoyenne qui sépare les yeux ; antennes extérieures situées 
immédiatement à Vorigine des pédicules oculaires. 

A. La plus grande largeur du test presque le double de sa lon- 
gueur; chaque coté du test ayant toujours huit à neuf dents , dont la 
postérieure plus forte ^ en formed épine ; V aQant-dernier segment de 
la queue des mâles , souvent fort allongé, et très-étroit, du moins au- 
delà de sa base. 

Nota. Celle division se compose d'espèces du genre lupa 
de M. Léach. 

* Dent postérieure de chaque coté du test beaucoup plus grande 
que les précédentes. 

PoRTV^EvtL\GlQ\JE,PoTiunuspelagicus;Cancerpelagicus,hm.; 
Cancer cedo-nuUi, Herbst, Crust., lab. Sg; ejusd.; C. reticulatus, 
ibid., tab. 5o, var. Linneeus a donné , dans son Muséum Lu- 
dovicœ, une bonne description de cette espèce; mais il l'a 
ensuite { Système nat. , édit. 12.""=) confondue avec d'autres, 
très-différentes : c'est ce qui lui a fait dire qu'elle se trouvoit 
dans toutes les mers Degéer s'est trompé en citant celle 
espèce comme synonyme de son crabe de V Océan; et celte 
faute, copiée par Fabricius, et ceux qui ont écrit après lui , 
a augmenté la confusion. Je crois que cet auteur n'a pas bien 
connu le cancer pelagicus de Linnseus, ou qu'il l'a décrit sous 
le nom de Defensor. 

Le portune pélagique est propre aux mers des Indes-orien- 
tales, et des plus grands du genre. Son test est légèrement 



P O R ^ 45 

chagriné, d'un vert clair, quelquefois brun, plus ou moins 
tacheté ou marbré de jaunâtre. Le front a six dents en 
scie , en y comprenant les oculaires , toutes entières , et dont 
les deux du milieu plus petites ; celles-ci forment , avec une 
pointe avancée, située au-dessous du milieu du front, un trian- 
gle. Les serres sont tachetées de même que le test , et pres- 
que trois fois plus longues que lui; leur troisième articulation, 
que Fabricius nomme souvent le bras, a trois fortes dents , eu 
forme d'épines, au côté interne; le carpe , ou l'article suivant , 
en offre deux, dont une dorsale et l'autre interne; les mains 
sont allongées, chargées extérieurement de côtes longitudi- 
nales , dont deux des supérieures se terminent chacune par 
mie dent ; près de la base supérieure de ces mains est aussi 
une forte dent; leur face interne présente une arête pointue 
à son extrémité ; les doigts sont rouges, allongés, fortement 
striés, pointus, avec des dents molaires, lobées, très-inéga- 
les, tout le long de leur côté interne. Les deux derniers articles, 
en forme de lames, des deux pattes postérieures, sont unis. 

Le portune pélagique de M. Bosc, et auquel il rapporte 
la fig. 55 de la planche huitième de l'ouvrage d'Herbst sur les 
crustacés, est une autre espèce , et qui me paroit peu diffé- 
rente de celle que je regarde comme le cancer hastaius de Lin- 
naeus. 

Celle que j'ai désignée , dans mon Gênera Crust. et TnsecL , 
sous le même nom spécifique , est plutôt iliastalus de Fabri- 
cius , mais non le cancer hastaius de Linnaeus. Elle est très- 
commune aux Antilles. F.plus bas, Porlune spinimane. 

Le Crabe de l Océan {cancer pelagicus) de Degéer, quoique de 
cette division, se distingue des autres espèces qui la compo- 
sent, en ce que les carpes et les mains n'ont point d'épines. 

Le Portune sanguinolent , Portunus sanguinolentus de 
Fabricius, représenté par Herbst , ibid. ^ tab. 8 , fig. 56 
et 57, est remarquable par les trois taches d'un rouge de sang, 
arrondies, et formant une ligne transverse, que l'on observe à 
l'extrémité postérieure de son test. Le front a quatre dents, 
les deux oculaires internes non comprises , et dont les deux 
mitoyennes plus courtes; l'arête interne de la tranche supé- 
rieure des mains a une frange de poils; les deux derniers seg- 
mens de la queue du mâle forment, par leur rétrécissement 
brusque et leur allongement, une sorte de queue. 

Portune en hache, Portunus hasfatus; Cancer hastatiis, Linn.; 
Portunus pelagicus, Bosc.''; Herbst, i/^/t/., tab. 8, fig. 55. Le can- 
cer hastaius Aq Linnseus, et qui est évidemment un portune de 
cette division, se trouve dans la mer Adriatique, tandis que 
le porlune hastaius de Fabricius habite la merdes Antilles; 
dans cettedernière espèce, la dent postérieure des côtés du test 



^6 ^ P O R 

est seulement un peu plus allongée que les précédentes; elle 
est beaucoup plus iorle {poslico maximo) dans Tespèce de Lin- 
nœus. Or ce caractère, ainsi que les autres qu'il lui assigne y 
on l'observe dans un portune trouvé par M. Léon Dufour, 
sur les côtes d'Espagne , et le seul de cette division , ou 
des lupes de M. Léach, qui habile les mers d'Europe. Le 
dessus (le son corps est d'un rouge de brique pâle; son des- 
sous est blanc et luisant. Le test a environ un pouce de lar- 
geur , mesuré dans son pins grand diamètre ; sa surface est 
un peu raboteuse, avec un duvet très-fin dans les enfonce- 
mens ; chaque côté a neuf dents, dont la postérieure très- 
forte, et longue d'environ trois lignes; les autres sont petites, 
très-acérées , et tournées en avant ; celle qui forme le can- 
thus postérieur de Torbile oculaire, ou la première, est un 
peu plus grande ; la quatrième est un peu plus courte que 
les adjacentes ; on en voit quatre au milieu du front , et dont 
les deux intermédiaires plus petites ; je ne comprends pas 
dans ce nombre les dents supérieures et internes des orbites 
oculaires; elles sont entières, ainsi que les autres. Les serres 
sont presque trois fois plus longues que le test et pareillement 
soyeuses; leur troisième articulation a, au côté interne, qua- 
tre dents Irès-aiguës, en forme d'épines, dont les deux infé- 
rieures plus petites ; l'exlrémilé de la tranche extérieure en 
offre une autre ; le carpe et la main ont extérieurement des 
côtes longitudinales; l'extrémité supérieure du carpe est ar- 
mée de deux dents , dont une en dehors et l'autre interne; 
la main est allongée, et divisée, dans sa longueur, par cinq 
arêtes arrondies ; celle qui forme la tranche supérieure est 
terminée par deux dents très-pointues ; on en observe une 
autre près de l'articulation de la main avec le carpe; les doigts 
sont un peu plus longs que la main, striés longiludinale- 
ment, entrecoupés de blanc, terminés en pointe un peu cro- 
chue, et garnis, le long du côté interne, d'une série nombreuse 
de petites dents , dont quelques-unes un peu plus grandes, et 
formant toutes ensemble, les doigts étant rapprochés , une 
suite d'angles rentrans et saillans. Les derniers articles des 
autres pattes, et même les deux derniers de la queue du mâle, 
ont des sillons longitudinaux; on en voit encore d'autres sur 
les côtés de la poitrine, mais dons une direction opposée ; 
l'avant-dernier article de la queue du mâle est en forme de 
triangle tronqué à son extrémité. 

Les portunes : armige}\ gludiator, hasiatcîides^ forceps e\ ponii- 
cus, deFabricius, sonlencorc de cette division, mais peu con- 
nus, à l'exception du quatrième ou du Fortune tenaille, 
poHunus forceps. Celui-ci est remarquable par la forme grêle 
cl allongée de ses serres; leurs doigts sont très-longs et fili- 



P O R <, 

formes. Herbst Ta représenté pi. 55, fig, 4.. Le docteur Léach 
en a donné une autre figure, pi. 54-, vol. i de ses Mélanges de 
Zoologie : on le trouve aux Antilles. Le cancer menesOio 
d'Herbst , pi, 55, fig. 3 , est la seule espèce de cette division 
dont le test n'ait que huit dents de chaque côté. 

** Dent postérieure de chaque côté du test à peine une fois plus 
grande que les précédentes. 

Fortune spinimane, Portunus spinimamis ; Portunus pelagi- 
eus, Latr., Gen. crust. et insect.^ tom. i, pag. 26. ; Portunus has- 
tatus^Fah., Bosc. Il est très-voisin du cancer ponticusd' Herhst y 
pi. 55 , fig. 5 ; mais la dent postérieure des côtés du test est 
plus grande dans celui-ci, et les pinces paroissent avoir quel- 
ques épines de plus. Le test de notre portune spinimane est 
couvert d'un petit duvet jaunâtre, coupé par des rides rous- 
sâtres et interrompues; chaque côté a neuf dents, rougeâlres 
à leur base, blanches à leur extrémité, et dont la postérieure 
est un peu plus forte : on en voit quatre autres, mais moins 
acérées, au milieu du front; elles sont égales; l'interne et 
supérieure des orbites oculaires est échancrée.Les serres sont 
garnies de duvet , chargées de petits grains qui font paroître 
les côtes des pinces comme dentelées :1e côté interne du troi- 
sième article a quatre épines presque égales ; on en voit deux 
autres sur l'article suivant , et deux autres sur la main , dont 
une à la base, et la seconde près de l'extrémité de l'arête su- 
périeure; un peu avant cette dent, le fond rougeâtre de cette 
arête est coupé par une tache blanche; les doigts sont striés, 
blanchâtres, avec l'extrémité rouge ; les tarses dos trois paires 
de pattes suivantes sont aussi de cettecouleur,avec l'extrémité 
blanche; la lame qui termine les deux dernières pattes est 
presque unie. L'avant-dernier segment de la queue du mâle a 
la figure d'un triangle tronqué à son sommet,et dont les côtés 
sont un peu arqués en dehors. 

Celte espèce se trouve dans les mers de l'Amérique ; elle 
est commune sur les côtes du Brésil. 

B. La plus grande largeur du test ne surpassant guère que d'un 
tiers ou d'un quart sa longueur ( ce test ayant ordinairement pres- 
que la/orme d'un cœur tronqué postérieurement) ;six ou neuf dents de 
chaque côté., dans quelques-uns ; cinq ou moins , dans le plus grand- 
nombre; la dernière très-rarement plus grande; avant-segment de la 
queue du mâle transversal dans le plus grand nombre. 

* Six ou neuf dents de chaque côté du test. 
Nota. Les espèces de cette subdivision ont le lest un peu plus 

large que celles des subdivisions suivantes; le pénuilièine 

segment de la queue du mâle est ordinairement aussi long 

ou presque au3si long que large , et en forme de triangle 

il onqué. 



48 P R 

-j- Neiif dents de chaque câié du test. 

Fortune de Tranquebar , Portunus tranquebarkus , Fab. ; 
Herbst , CrusL, lab. 38, fig. 3, Son test est long d'environ trois 
pouces sur un peu plus de quatre pouces de large; il est uni, avec 
neuf dents égales de chaque côté , et quatre au front , les ocu- 
laires internes non comprises. Les serres sont généralement 
unies , armées de plusieurs dents , dont trois sur le carpe, et 
trois autres sur la pince; les doigts sont forts, coniques, avec 
des dents molaires inégales ; les lames natatoires sont unies. 
Cette espèce est, pour les habitans de la côte de Coromandel, 
où elle se trouve, un de leurs comestibles. 

^-j- Six dents de chaque coté du test. 

PoRTUlSE PORTE-CROIX, Portunus cruciger^ Fab. ; Herbst, 
ibid.y tab. 38, fig. i. Il est grand, d'un rouge sanguin, avec 
une croix au milieu du test, des bandes sur les côtés, et des 
taches sur ses bords, d'un jaune pâle; chaque bord latéral a 
six dents égales, dont les deux extrêmes échancrées ; le front 
en a huit, en comptant les oculaires internes; celles du milieu 
sont un peu plus petites. Les serres sont fort grandes ; le côté 
interne de leur troisième article offre intérieurement de pe- 
tites dents inégales , et trois fortes au-dessus ; le carpe en a 
quatre , dont une interne, et les trois autres sur le dos, dis- 
posées en triangle sur deux espèces d'arêtes ; les mains sont 
presque cylindriques , avec des côtes , et quatre dents ou 
épines, dont une à la base, et les autres près de leur extrémité 
supérieure; les doigts sont forts, cannelés, avec des dents lo- 
bées. Les pattes sont foiblement striées ; les nageoires des 
postérieures n'ont qu'une seule arête , qui les coupe dans 
le milieu de la longueur. Il habile les mers àes Indes-orien- 
tales. 

Dans le Fortune Lucifer, Portunus lucifer, de Fabricius, 
le lest est fauve , avec quatre grandes taches blanches phos- 
phorescentes, lorsque l'animal est vivant ; les dents du front 
sont plus aiguës que dans l'espèce précédente , dont elle est 
très-voisine ; celles des bords latéraux sont plus étroites , et 
moins brusquement acuminées ; la postérieure n'est pas 
échancrée ; les doigts sont plus courts, mais profondément 
striés, avec les dents plus égales ; ils sont rouges, avec l'extré- 
mité noire. 

La môme division renferme les portunes annulatus^ varie- 
gatuset holosericeus de Fabricius. Herbst a figuré la première, 
tab. 4^9? %• 5. Celles qu'il représente pi. j, fig. 62, et pi. 4o, 
lig. I, appartiennent à la môme coupe. 

** Cinq dents au plus de chaque côté du test. 
jS!ota.\uC pénultième segment de la queue des mâles transver- 



P O R 4g 

sal, ou plus large que long. La plupart des espèces habitent 
les mers d'Europe. 

Le PoRTUNE de RoNDELE'if Portiums Rondelelî. Riss., Hitl. 
mi. des Crust. de Nice , pi. i , fig. 3. Son corps est long de 
près d'un pouce , sur environ quinze lignes de large. Le 
dessus du test est d'un brun rougeâtre , un peu inégal , 
coupé par de petites hachures en forme de lignes iransverses, 
avec un duvet très-court. Le front est droit, entier, cilié, 
avec un foiblc sinus au-dessus des antennes extérieures; 
son bord est cilié. Chaque côté du test a cinq dents aiguè's, 
dirigées en avant, dont les deux dernières, et surtout la pénul- 
tième , plus petites; le dessous du corps, à l'exception des 
côtés antérieurs du test, dont la couleur est celle du dessus^ 
est d'un jaunâtre clair, un peu lavé de brun. Les serres sont 
grosses, d'un brun rougeâtre foncé , finement graveleuses en 
dessus , plus claires et plus unies en dessous; le carpe ou le 
quatrième article est un peu inégal en dessus , et se termine 
à l'angle Interne , à la suite d'une petite crête granulée , par 
une dent très-aiguë', en forme d'épine , dentelée elle-même, 
et bleuâtre à son extrémité; les mains sont unies au côté exté- 
rieur, avec deux arêtes longitudinales à leur partie supérieure, 
dont l'interne ou la plus haute se terminant en pointe. Les 
doigts sont striés, pointus, un peu comprimés, rougeâtres, 
avec l'extrémité brune; leur côté interne offre , dans toute sa 
longueur, une suite de dents fortes, surtout vers la base, 
d'inégale grandeur , obtuses pour la plupart , et s'engrènant 
réciproquement; une de ces mains, tantôt la gauche, tantôt la 
droite, est plus forte; ses doigts sont plus écartés entre eux, 
ou laissent un vide; le pouce a, à sa base, une grosse dent, 
allongée, obtuse, qui correspond à une autre dent , grosse, 
large, écartée de l'autre doigt. Les autres pattes sont d'un 
brun plus clair, et striées longitudinalement; les deux posté- 
rieures sont ciliées sur leurs bords, et finissent en une lame 
ovoïdo-elliptique , très-pointue au bout , et ayant , au milieu 
de sa longueur , une ligne foiblement élevée. Le dessous des 
cuisses des quatre dernières pattes est lavé de rougeâtre clair; 
les tarses sont fortement striés, et sans dentelures. 

Il se trouve dans les couches vaseuses et peu profondes de 
la Méditerranée. Sa couleur varie ; l'on trouve des indi- 
vidus qui sont tachetés de blanc ou de gris. 

Aldrovande , de Crusi. , lib. 2, pag. 175, a figuré un por- 
tune vu en dessous, et qui pourroit bien être Icspèce que je 
viens de décrire. J'y rapporterai encore le poriune arqué de 
M. Léach, Malac. podoph. Biil. , tab. 7, fig. 5, 6; celui qu'il 
représente sur la même planche , fig. 3 , 4? ne diffère essen-, 
xxviii. 4 



5o P O R 

tiellemenl du précédent , qu'en ce que le milieu de son chape- 
ron est largement échancré. 

Le PoRTUKE MOUCHETÉ, Por^mus guttatus de M. Risso. a de 
grands rapports avec celui auquel il a donné le nom de Ron^ 
delet; il en est distingué, selon lui, par son test lisse, noirâtre, 
et ponctué de blanc vers les angles postérieurs. Les serres 
sont égales. 

Fortune longipède , Poriunus longipes, Riss. , Hist. naL 
des Crust. des eni>. de Nice , pag. 3o, n.» 6, pi. i , fig. 5. 

Il ressemble beaucoup, tant pour les couleurs et la gran- 
deur, que pour la forme , au portune de Rondelet ; mais son 
test est moins sensiblement chagriné, sans duvet apparent; les 
lignes ou plis transverses sont plus aigus, plus prononcés; son 
front est divisé en quatre lobes très-courts , dont les deux du 
milieu plus étroits, et en forme de dents très-obtuses. Chaque 
bord latéral a cinq dents inégales, dont les trois postérieures 
plus aiguës, semblables à des épines; l'avant-dernière est un 
peu plus petite que les deux entre lesquelles elle est com- 
prise. La forme des serres est la même que dans l'autre es- 
pèce ; la face latérale et extérieure est également unie , ca- 
ractère qui, parmi les espèces indigènes qui me sont connues, 
n'est propre qu'à elles deux. On remarque seulement, sur le 
doigt inférieur, une ligne élevée, qui se prolonge un peu sur 
cette même face de la main. Les autres pattes, conformées 
de la même manière que dans le portune de Rondelet , sont 
proportionnellement -plus grêles et plus longues. La lame 
natatoire qui termine les dernières, est plus étroite, bordée de 
cils jaunâtres, et a, dans son milieu, une arêle longitudina- 
le, mais peu] élevée. Le corps est d'un rouge de sang foncé, 
avec quelques taches ou points jaunâtres, particulièrement 
sur les pattes ; le dessous est de cette dernière couleur. 

M. Risso dit que la femelle a, dans le temps des amours, 
deux grandes taches, d'un rouge foncé, sur la partie anté- 
rieure du test ; que ses œufs sont d'un rouge aurore, et éclo- 
sent en juin et septembre. 

On trouve cette espèce dans les trous profonds des rochers 
de la Méditerranée. 

Portune ridé, Portunus corrugatus ; Purtunus conugatus , 
Léach., Malac. podoph. Bril. , tab. 7 » fig- » ; Poriunus puher , 
L itr. {Gêner, crust. et insect.) ; Risso ; Porlune pubère., pi. M 10, 
bis , fig. 5 de ce Dictionnaire ; Portunus puber., Fab. ; Cancer 
puher ï Linn. 

'Linnseus n'afait connoître son crahepubère que par une phrase 
spécifique et convcnantàplusieursespècesde portunes. 11 ledit 
de la mer Adriatique. M. Léach rapporte ce crabe de Linnseus 
à celui que Pennanl et Olivier ont nommé veluiinus ; mais ii 



P I 5, 

paroîl que ce dernier portune ne se trouve pas dans la Mé- 
diterranée, tandis que le portune ridé y estlrès-commun. Il 
est donc plus probable que c'est de cette espèce, ou du portune 
de Rondelet, que Linnceus a parlé. 

Son corps, dans les plus grands individus, est presque d'un 
tiers plus fort que celui du portune de Rondelet; il est en ma- 
îeure partie lavé d'un rouge clair , tout couvert d'un duvet 
jaunâtre et très-fineinent ciselé , de même que sur les pattes 
antérieures et les cuisses des autres pattes. Ces incisions for- 
ment de petites rides transverses, très nombreuses, fort ser- 
rées, irès-finément dentelées. Le front présente trois dents 
courtes, larges , obtuses, presque égales et finement granu- 
lées. Chaque côté du lest est armé de cinq dents , presque 
égales , terminées en pointe très-aiguë ettournéesen avant, 
l'extrémité intérieure et supérieure du carpe et le bout de la 
tranche de la main offrent aussi une partie forte, très- 
acérée , avancée en forme d'épine ; les arêtes ou lignes 
élevées des mains sont comme entièrement grenues ; les 
doigts sont très-slllonnés, pointus, très-dentelés intérieure- 
ment et noirâtres à leur extrémité; les autres pattes sont for- 
têttient striées dans le sens de la longueur; les côtes sont 
rouges avec les sillons, ou enfonceraens jaunâtres , couleur 
produite par le duvet qui les remplit ; la pièce en nageoire , 
qui termine les dernières, est ovoïde , elliptique itrès-pointue 
au bout, et a, dans son milieu, une arête bien prononcée. 
Les mains m'ontparu proportionnellement moins épaisses, 
et les doigts plus effilés que dans les portunesprécédens. 

Sur les rochers couverts de plantes marines de la Mé- 
diterranée , suivant M. Risso. 

Portune étrille , Porlunus veïutinus ; Portunus puher^ 
Léach, , Malac. podoph. Brit.^ tab. 6 ; Cancer veïutinus^ Penn. , 
Oliv. 

Ce portune est le plus grand de ceux qui se trouvent dans 
nos mers. Il est long d'environ deux pouces , un peu moins 
bombé que les précédens , recouvert , dans quelques parties, 
d'un duvet très-fin , peu abondant, jaunâtre , avec les arêtes 
des pattes , et les petites aspérités graveleuses semées sur 
le test et sur le bras , d'un rouge pâle ; le front a , de 
chaque côté , près des yeux, un lobe court , large , finement 
dentelé, et dans l'inters^alle , d'autres dents allongées, dont 
les deux du milieuplus fortes et obtuses ; lebord inférieur des 
orbites oculaires est dentelé; le dessus du test est assez uni , 
Ou n'a que quelques impressions et deux ou trois lignes 
transverses , coupées et formées par des réunions de petits 
grains ; chaque bord seul offre cinq dents, presque égale- 
ment longues , et dont les deux postérieures un peu moins 



Sa P O R 

larges et plus aiguës ; elles sont toutes dirigées en avant. Les 
serres sont graveleuses ; le carpe est terminé exlérieurement 
en une pointe aiguë, et se dilate au côté intérieur en une 
saillie forte, en forme de dent et dentelée ; les mains sont sil- 
lonnées; la côte de la tranche supérieure finit en une pointe ou 
épine , assez forte , noirâtre à son extrémité ; les doigts sont 
cannelés longitudinalement , très-dentés au côté intérieur , 
pointus et noirâtres à leur extrémité. Les autres pattes ont 
aussi des arêtes ; les postérieures sont très-ciliées sur leurs 
bords, avec leur lame natatoire ovale, pointue, couverte 
d'un duvet serré , d'un jaunâtre obscur , comme celui du 
corps; cette lame est divisée longitudinalement, dans son 
milieu , par une ligne élevée et rougeàtre ; ses rebords exté- 
rieurs sont de cette couleur. 

Cette espèce se trouve sur les côtes océaniques de la 
France et de l'Angleterre. 

PoRTUNE HOLSATIEN, Poriunus holsatus, Fab. ; Poriunus de- 
purator^ Latr. , Riss. ; Por/unus lioidus, Léach. , Malac. pudoph. 
Bril., tah. g, fig. 3-4; Cancer depuralor, Oliv., Herbst. Cette es- 
pèce esttrès-communesur nos côtes, et a été confondue avec le 
C, depurator de Linnœus, qui s'éloigne même génériquement 
des porlunes. Elle est à peu près de la taille du poriune ridé ; 
mais elle est proportioneilement plus large , plus courte, un 
peu moins bombée et d'un jaunâtre très-pâle , mêlé de brun; 
.son test est glabre, marqué de quelques impressions, dont 
une quelquefois plus sensible, en forme de ligne transverse, 
courbe de chaque côté , et marquée de quelques petites ta- 
ches blanchâtres, Berbst a représenté cette variété. Le front 
a cinq dents , dont trois au milieu égales , et les deux autres 
latérales, plus petites, formées par l'angle interne de Torbite 
oculaire. Chaque bord latéral du test a cinq dents fortes, 
aiguës, presque égales, tournées en avant et séparées les unes 
des autres par des angles assez profonds. Les serres sont 
presque égales ; le carpe a quelques inégalités en dessus et 
se prolonge à l'angle interne de son extrémité supérieure en 
une dent aiguë , très-forte ; à sa jonction dorsale , avec la 
main , le bord de cet article est un peu sinué et offre même 
un pli en forme de dent; les mains sont comprimées, mar- 
quées de plusieurs arêtes , dont celle du bord supérieur se 
termine par un petit prolongement pointu ; les doigts sont 
striés , pointus et un peu crochus au bout, armes intérieure- 
ment de dents nombreuses qui s'engrènent réciproquement; 
l'extrémité de ces doigts est de la couleur des pinces, ou plus 
pâle et blanchâtre. Les jambes et les tarses des trois paires 
de pattes suivantes ont des arêtes; mais la dernière paire est 
unie , comprimée , et sa lame natatoire et terminale est pro- 



P O R 53 

portîonnellement plus grande , plus large et moins pointue au 
bout, que dans les espèces précé'lentes ; l'arlicle qui la pré- 
cède est aussi très-comprimé et foliacé. 

M. Risso dit que la femelle fait sa ponte en mai et en juil- 
let , et que ses œufs sont couleur d'aurore pâle. 

Fortune vlissÉ ,Portunus pHratus , Riss.; Portunus depurator^ 
Léach., Malach. podoph.Brit. , lab. 9 , fig- i, 2; Barrel., Ir.on. , 
tab. 1287 , fig. 2. Quoique celte espèce ait une grande af- 
finité aveclaprécédente , elle en est néanmoins très-distincte, 
et c'est à elle , plutôt qu'à cette dernière, que me paroîl de- 
voir se rapporter la figure de Barrelier, citée plus haut , à en 
juger surtout d après les inégalités des pinces. 

Son test a la forme du porlurte holsatien ; mais il est un peu 
plus grand, très-inégal , raboteux ou chargé d'aspérités nom- 
breuses, en forme de grains ou de très-petits tubercules apla- 
tis. Il en diffère encore en ce que ses côtés, plusieurs de ses 
enfoncemens et les sillons des pinces et des pattes ont un 
duvet obscur; le corps est jaunâtre, mêlé ou tacheté d'un 
rouge de chair; le front est armé de trois dents très-petites et 
de deux autres encore moindres, une de chaque côté, à l'angle 
interne de l'orbite oculaire. Chaque bord latéral a cinq dents 
fortes, presque égales, dirigées en avant et très-acérées; 
les pattes ressemblent à celles du portune holsatien ; mais les 
parties en reh'ef sont plus fortes, les enfoncemens ou sillons 
sont plus prononcés , et on y remarque un duvet qui forme 
des lignes d'un cendré obscur ; le carpe a au côté extérieur et 
supérieur, deux petites saillies dentiformes; les arêtes des 
mains sont dentées ou crénelées ; la lame en nageoire de la 
dernière paire de patte a la forme de celle du porlunc holsa- 
tien; mais elle est en tout ou en partie violette. 

Les articles qui la précèdent ont des enfoncemens ou des 
sillons longitudinaux , garnis de duvet. Au témoignage de 
M. Risso , la femelle est moins colorée que le mâle. Elle 
porte des œufs d'un jaune pâle , en mars et septembre. Quel- 
ques individus sont d'une couleur de chair uniforme. 

Sur les côtes de la Méditerranée , en France et en Es- 
pagne. 

Je n'ai point vu le portune que M. Risso nomme à deux 
taches , bigiittatus ( Hist. nat. des criist. des env. de Nice, pag. 3i , 
pi. I , fig. 2 ), Son test est presque en forme de cœur , lisse , 
bombé , garni d'un petit rebord, d'un blanc jaunâtre , avec 
deux grandes taches d'un rouge de corail. Le front s'avance 
en pointe ondulée sur les côtés ; les deux pattes antérieures 
sontpubescentes, avec la troisième et quatrième articulations 
unidentées ; la main est sillonnée en dessus ; les pattes sont 
courtes , larges et aplaties; les postérieuFes &oat terminées. 



54 P R 

par un article ovale , lancéolé ou aigu. Les deux taches sont 
plus grandes dans la femelle que dans le mâle ; elle pond 
des œufs d'un jaune doré , en mal et août. 

J'ai reçu du docteur Léach , naturaliste , qui s'occupe 
avec beaucoup de zèle des crustacés des côtes d'Angle- 
terçe , un porlune sous le nom de pusillus ( Muîac. poduph. 
Biil. , tab. «) , fig. 5-8 ) , qui paroîl avoir beaucoup d'analo- 
gie avec le précédent; sa forme est moins élargie que celle 
de ses congénères, et plus deltoïde; le test, d'un gris jaunâtre 
etunpeulavé de rougcâtre, est assez bombé, inégal, parsemé 
de petites graines ou de petites aspérités rougeàlres ; le front 
est divisé en trois lobes arrondis, dont celui du milieu un 
peu plus avancé ; chaque bord latéral a cinq dents, mais 
inégales ; 1?. postérieure est plus étroite , plus aiguë et spini- 
forme; celle qui produit l'angle externe de l'orbite oculaire, 
semble être divisée inégalement en deux, et forme la 
quatrième et la cinquième ; les pinces sont blanchâtres ; le 
carpe est fortement unidenlé au côté interne ; la main est 
presque en cœur, avec quelques arêtes à la face extérieure, 
et une dent à l'extrémité du bout de sa tranche supérieure; 
la base du doigt inférieur est rouge ; on voit deux taches de la 
même couleur sur le pouce , une près du milieu et l'autre au 
bout ; le bord interne de ces doigts est tout garni d'une suite 
de denlelurcstriangulaires et inégales ; les jambes et les tarses 
des trois paires de pattes suivantes ont quelques arêtes lon- 
gitudinales ; les deux derniers articles des deux pattes posté- 
rieures sont très-comprimés ; l'arête de leur milieu est peu 
élevée, surtout à la pièce terminale qui est ovale et pointue 
à son extrémiié. 

Le cancer feriuliis de Linnœus est un porlune qui semble 
avoir beaucoup d'affinité avec celui que nous croyons être 
Yhohatiis de Fabricius. Les figures, citées par Linnœus, ne 
peuvent convenir à celte espèce , d'après la description qu'il 
en donne, et Olivier a eu raison de les supprimer {Encycl. 
C. sauteur,/m«/M5, n.''4^)- 
. M. d'Orbigny, docteur en médecine , a trouvé, sur les 
cotes du déparlement de la Vendée, une jolie espèce de por- 
lune , le Marrré , murmoreus ^ du docteur Léach {Malac. 
podoph. Brit. , tab. 8) , el que ce naturaliste caractérise ainsi : 
test convexe, foiblement et peu distinctement graveleux, 
avec cinq dents , presque égales , de chaque côté , et trois 
égales , obtuses au front ; mains glabres , avec quelques li- 
gnes peu sensibles , et une dent en dessus ; tarses postérieurs 
pointus à leur extrémité ; le dessus du test offre souvent 
différentes taches blanchâtres , dont les plus grandes occu- 
pent le milieu el les côlés. 



vos 55 

Le cancer oceîîatus d'Herbst , lab. 49» %• 4> est de celte 

division, (l.) 

FORTUNES FOSSILES. V. Crustacés fossiles. (d.> 
PORZANE, Purzana. Nom que l'on a appliqué à des^ 

râles et à des ga/linules. Voy. ces mois, (v.) 

PORZELLANERDE des Allemands. V. Kaolin, (ln.) 
PORZELLAN-JASPIS. F. Jaspe porcelaine, vol. 16, 

p. 541. (LN.) 

POSCH. V. POST. (DESM.) 

POSED.Nom de la bryone , en Bohème, (ln.) 

POSIDONIE, Posidonia. Genre de plante autrement 
appelé Kernère. (b.) 

POSOPOSA. Espèce de papayer qui croît en Améri- 
que ; c'est le carica posoposa , Linn. ; les Caraïbes lui donnent 
le nom de aïeule ou alelé. (ln.) 

POSOQUERI, So/ena. Arbrisseau à rameaux et àfeuilles 
opposées, lancéolées, aiguës, très-entières et glabres, à sti- 
pules ovales-aiguës, et à fleurs en tête terminale, qui forme 
«n genre dans la pentandrie monogynie et dans la famille 
des rubiacées. 

Ce genre a pour caractères : un calice turbiné à cinq dents 
aiguës; une corolle monopélale, à tube très-long , pendant, 
à gorge velue, ventrue, et à limbe divisé en cinq lobes aigus 
et recourbés ; cinq étamines à larges filamens et à anthères 
biloculalres et adnées; un ovaire inférieur à style filiforme 
et astigmate Irifide ;une baie charnue, jaune, grosse comme 
un œuf, couronnée par le calice , et contenant une douzaine 
de semences renfermées dans une pulpe rouge. 

Le posoqueri se trouve à la Guyane , où il a été observé par 
Aublel. Son fruit est succulent et agréable à manger. Il a été 
appelée Cyrtanthe par Schreber. (b.) 

POSSIRE , Sivartzia. Arbre de moyenne grandeur, à 
feuilles alternes , composées de trois folioles ovales , aiguës , 
dont l'intermédiaire est beaucoup plus grande , et à Heurs 
disposées en bouquets axillaires, accompagnées de bractées 
squamiformes. 

Cet arbre forme dans la polyandrie monogynie, et dans 
la famille des légumineuses, un genre qui a pour caractères: 
an calice de quatre folioles ovales et caduques ; une corolle 
d'un seul pétale Irès-large, presque rond, onguiculé , fran- 
gé , inséré au calice; vingt-cinq étamines allongées, insérées 
au réceptacle , dont six ou sept plus courtes , stériles , oppo- 
sées aux pétales; un ovaire supérieur , oblong , recourbé, 
comprimé , pédicellé , à style court et à stigmate obtus ; 
un légume oblong , ventru, comprimé, bivalve et unilo- 
culaire, qui conlieiit trois ou quatre semences anguleuses eS 
aplaties. 



56 P O T 

Le possîreâété d<?couverl à la (iuyane parAublet, qui 
rapporte, avoir eu les lèvres enflammées pour avoir goûté 
une de ses semences. 

On l'appelle boisdard ou bols flèche à Cayenne, parce que 
les sauvages se servent de son bois, qui est très-dur, pour 
armer leurs flèches. 

Vahl , dans ses Eglogues , a réuni cinq autres espèces 
à cet arbre, dont une est le Tounate du même Aublet , et. 
une autre , le Rittère (b.) 

POSSUM. V. DiDELPHE QUATRE-ŒIL. (DESM.) 

POST. Poisson du genre des Holocentres. {V. ce mot.) 
C'est le perr.a cernua de Linnceus. (B.) 

POST. Nom indien du Pavot, (ln.) 

POSTILLON. Nom que les Cosaques donnent au 
Kaior ou Kaiover. (s.) 

POSTREL. Nom russe de la pulsatille ( anémone piilsa- 
iilla , Linn.). (t.w.) 

POSYDON, Posydon. Genre de crustacés de l'ordre des 
décapodes , famille des macroures , établi par Fabricius ., 
mais décrit d'une manière si imparfaite , qu'il nous est im- 
possible d'assigner le rang qu'il doit occuper dans notre 
méthode. Il lui donne pour caractères essentiels : palpes ex- 
térieurs foliacés, ou onguiculés au bout; quatre antennes 
sétacées , avec leur pédoncule simple ; les intérieures cour- 
tes , bifides. 

Il en cite deux espèces (^depressus, cyh'ndrïcus ) , qui se 
trouvent l'une et l'autre dans 1 Océan indien, (l.) 

POT VERT. C'est le sabot marbré , iiiibo marmoratus. 
(DES3I.) 

POTALIE , Pofaiia. Plante à tige ligneuse, simple , nue 
inféricurcment, à feuilles opposées, pétiolées, ovales, oblon- 
gues, aiguës, veinées, très-entières et glabres, à pétioles 
réunis en gaine par leur base, à corymbe terminal, pauci- 
flore , à calice jaune et corolle blanche , qui forme un genre 
dans la décandrie monogynie, et dans la famille des gen- 
tianées. 

Ce genre a pour caractères : un calice divisé en quatre 
parties; une corolle monopétale, profondément divisée en 
cinq découpures ; dix élamines insérées sur un anneau 
qui entoure le germe ; un ovaire supérieur , arrondi, sur- 
monté d'un style court , à stigmate capité et sillonné ; 
une baie jaunâtre à six côtés et à trois loges polyspennes. 

Cette plante, que Schréber , et après lui Willdenow, ont 
appelée Nicandre, croît dans les grandes forêts de la Guyane. 
Elle est fort amère dans toutes ses parties , et laisse (luer 
une résine jaune, qui répand, en brûlant, une odeur fort 



POT 5; 

agréable. La décoction de ses feuilles passe pour être utile 
dans les maladies vénériennes et contre le poison du suc de 
manioc, (b.) 

POTAMÉIE , Poiameia. Genre établi par Aubert du 
Petit-Tliouars , pour placer un arbuste de Madagascar, fort 
voisin des Lauriers. Ses caractères sont : un calice à quatre 
lobes; point de corolle ; quatre étamines; quatre glandes à 
la base de l'ovaire ; un style très-court ; un drupe ovale et 
monosperme, (b.) 

POTAMIDA. C'est , en grec moderne , le nom de la 
Fauvette babillarde. (s.) 

POTAMIDE. Genre de coquilles composé parM.Bron- 
gniart des espèces de Cérithes qui se trouvent à l'embouchure 
des fleuves cl dont le canal est moins prolongé que dans les 
autres, (desm.) 

POTAMOGETON ou POTMOGEITON. Les an- 
ciens ont donné particulièrement ce nom à plusieurs plantes 
aquatiques ou qui croissoient dans les rivières , comme l'ex- 
prime l'étymologie grecque de potamogeton. Ces plantes pa- 
roissent avoir été nos Potamots. Le h'monium et letripolium 
des anciens portoient aussi les noms de potamogeton , et 
celui de stachyies , également commun aux plantes d^nt nous 
allons parler. 

Le potamogeton , selon Dioscoride , avoit les feuilles sem- 
blables à celles de la bette ou poirée , velues , nageantes , et 
qui sorloient un peu hors de l'eau. Il étoit astringent , rafraî- 
chissant et fort bon aux dénaangaisons : on l'appliquoit sur 
les ulcères invétérés et corrosifs. 

Pline est d'accord avec Dioscoride; il dit de plus que les 
feuilles sont plus petites que celles de la bette, rembourrées 
d'une espèce de colon , et qu'elles nagent sur les eaux dor- 
mantes et courantes; et (lueie potamogeton étoit fort contraire 
aux crocodiles ; aussi ajoute-t-il , les gens qui font la chasse 
à ces animaux, en portent-ils sur eux. 

Castor, médecin, qui vivoit à une époque antérieure à celle 
de Pline, décrit autrement le potamogeton ; il lui attribue des 
feuilles longues et menues, comme des poils ou crins de che- 
val , et des tiges longues et lisses. Cette plante croissoit 
dans les lieux aquatiques; sa racine cloit fort bonne pour les 
scrophules et les duretés. 

Presque tous les botanistes ont rapporté à nos potamots , 
les herbes ci-dessus ; mais il n'est point prouvé que ces rap- 
prochemens soient exacts. C. Bauhin soupçonnolt que no- 
tre Jiottonia palustris étoit le potamogeton de Castor, Il est 
probable encore que le potamogeton que les chasseurs aux 
crocodiles portoient sur eux, et que Xc potamogeton àoni parle 
Dioscoride , futcnt des planîes différentes , que Pline 



53 POT 

a confondues. Quelques auteurs ont cru reconnoîlre le 
poidmogeton de Uioscoride , dans le potamogeton natans , ofi 
dans une espèce voisine ; d'autres dans la persicaire amphi- 
bie ■ polygonum umphibium) ^ et cette dernière pensée semble 
la plus juste. On lit dans les auteurs , que les Grecs nom- 
\noi(tni stacliytes \e. potamoge.lon , parce que les fleurs et les 
graines éloicnt disposées en épi, partant de la tige ; or, ceci 
convient bien aux plantes que nous venons de citer. La 
plante de Castor pourroit très bien avoir été le potamogeioa 
gramineum , ou une espère analogue , plutôt que, rholtone. 
Quant au végétal nuisible au crocodile , il éloit sans doute 
Vetnenchis des Egyptiens, et probablement une plante dif- 
férente de toutes celles que nous avons citées. Les Romains , 
dit-on , appelèrent/«/a//5 \e pofamogeion. 

Les auteurs modernes ont long-temps placé sous ce nom 
collectif de^o/^/wo^^/on nos PoTAiMOTS et la Persicaire am- 
phibie. Kai et Plukenet y rapportèrent la PiUPPiE mari- 
time, et la Naïade MO^'OSPERME; mais à présent le ^enre 
potamogeton ne comprend que les Potamots : il faut y rap- 
porter Vhydrogeton de Loureiro (lN.) 

POTAMOPHILE , Potamophilus. J'ai désigné ainsi, dans 
1.' troisième volume du Règne animal, par M. Cuvier, un 
nouveau genre de crustacés, de l'ordre des décapodes, 
•fimille des brachyures, sans savoir que M. Germar avoit 
déjà consacré cette dénomination à un genre d'insectes, de 
Tordre des coléoptères, et le même que celui que j'ai établi 
dans le môme ouvrage , sous celle à'hydère. Yoyez ce mot. 
Je dois , d'après les principes de justice que j'ai toujours 
suivis à cet égard, restituer à ce dernier genre le nom qui 
lui avoit été primitivement imposé , et désigner autrement le 
genre de crustacés auquel je l'avois donné, f^. Telpuuse. (l.) 

POTAMOPHILE, Potamophilus. Genre de graminées, 
établi par Pv. Brown , sur une seule espèce , originaire de la 
Nouvelle-HolLmde. 

Ses caractères sont: épilletsuniflores, unise«uels;les mâîes 
supérieurs , les femelles avec des rudlmens d'étamines , les 
un set les autres à balles calicinales compor.ées de deux 
valves fort petites , et à balles florales composées de deux 
valves membraneuses, dont l'inférieure a cinq, et la supé- 
rieure trois nervures ; six étamines. (B.) 

POTAMOPiTYS. Buxbaume et Adanson donnent ce 
nom au genre que Linnœus a nommé Elatitne. (ln) 

POTAMOS IPPOS d'Aristote. Foyez Hippopotame. 

(desm.) 

POTAMOT, Potamogeton. Genre de plantes de la létran- 
drie tétragynie et de la famille des fluviales, dont les carac- 
tères consistent: en un calice divise en quatre parties; point de 



POT 59 

corolle ; quatre étamines à filamens planes très-courls , et à 
anthères didymes ; quatre ovaires ovales, acuminés, sans 
styles et à stigmates obtus; quatre noix monospermes. 

Ce genre renferme des plantes qui croissent au milieu des 
eaux, dont les tiges sont foibles, les rameaux souvent munis 
de deux spathes à leur base ; les feuilles caulinaires souvent 
alternes, et les florales presque toujours apposées, dont les 
fleurs sont portées sur des épis axillaires ou terminaux, 
munis souvent à leur base de deux spalhes. 

On en connoît près de trente espèces , presque toutes 
vivaces parleurs racines, et dont les plus communes sont : 

Le PoTAMOT FLOTTANT, qui a les feuilles ovales, oblon- 
gues, pétiolées, flottantes. 11 se trouve très-abondamment 
dans les eaux stagnantes, qu'il couvre souvent entièrement 
de ses feuilles. Il passe pour astringent et rafraîchissant, pris 
en décoction , et propre à adoucir les démangeaisons de la 
peau dans les maladies dartreuses, appliqué extérieurement. 
On l'appelle vulgairement Vépi d'eau. 

Le PoTAMOT PERFOLiÉ a les .feuilles en cœur et perfoliécs. 
Il vient dans les étangs et sur le bord des rivières , dont il 
tapisse souvent le fond. 

Le PoTAMOT LUISANT a les feuilles pétiolées, planes , se 
terminant en pétioles courts. 11 se trouve dans les étangs et 
les rivières dont le fond est argileux. 

Le PoTAMOT DENTELÉ a les feuilles ovales , acuminées , 
opposées, dentelées; les tiges dichotomes, et les épis qua- 
driflores. Il croît dans les fontaines et dans les ruisseaux, 
où l'eau est pure et peu profonde. 

Le PoTAMOT GRAMINÉ a ies feuilles linéaires, planes, 
étroites, la plupart opposées; les épis fructifères courts, 
un peu épais. 11 se trouve daus les rivières dont le cours est 
peu rapide. Il est annuel. 

Les poiamois sont si abondans dans les eaux où ils crois- 
sent, que les cultivateurs dcvroient généralement, à l'imi- 
tation de quelques-uns d'entre eux , les employer à aug- 
menter la masse de leurs fumiers -, ils y trouveroient le 
double avantage de ne pas laisser perdre une chose qui peut 
leur être utile , et de relarder le curage de leurs étangs ou 
de leurs rivières, que les détritus que laissent ces plantes 
comblent rapidement. Une fois qu'on a été à portée d'ap- 

firécier, par l'expérience, les grands avantages que procure 
a récolte des poiamois , il n'y a plus de motifs capables de 
déterminer un cultivateur à s'en priver une seule année. 
Pour la faire, il suffit de se pourvoir de râteaux de bois à 
longs manches , avec lesquels on tire très-facilement , sur le 
bord, la presque totalité des tiges qui se trouvent à leur 



6o POT 

portée. Les jours les plus chauds de l'e'té sont ceux qu'il 
convient d'employer à celte ope'ration. Il faut bien se garder , 
comme quelques cultivateurs, de laisser le produit de celte 
récolle se dessécher sur les bords; il faut, au contraire , ou 
l'apporter sur-le-champ sur son fumier , ou l'entasser dans 
des fosses pratiquées à cet effet à proximité de l'eau , mais 
hors de ses crues. On trouvera, en automne , c'est-à-dire , 
doux ou trois mois après , dans ces fosses, un excellent en- 
grais, prinripalement propre aux terres sablonneuses, et 
qui dédommagera au centuple de la légère perte de temps 
que sa récolte aura occasionée. Les Anglais ne la man- 
quent jamais. 

Le genre Hydrogeton, de Loureiro, paroît ne différer 
de celui-ci que par le nombre des élamines. F. ce mot. (b.) 
PO TAN. Coquille du genre des Cônes , le conus hullatus ^ 
Gmelin. (b.) 

POTASSE. On a long - temps considéré la potasse 
comme un corps simple qu on avoit rangé parmi les alcalis ; 
mais les chimistes ont reconnu, dans ces derniers temps, 
que la plupart des Alcalis minéraux étoient tous des corps 
composés, et principalement des oxydes métalliques. 

La potasse et la soude furent les premiers alcalis à base 
métallique que les chimistes parvinrent à décomposer ; 
et ils ont nommé potassium el sodium ^ les métaux qu'ils en 
ont retirés. Il nous convient de faire connoîlre ici ce que 
c est que le potassium, que M. Berzelius propose de nommer 
ka/ium. 

Ce n'est qu'en 1807 que M. Davy parvint à décomposer 
la potasse, à l'aide de l'action d'une forte pile voltaïque : 
depuis, on est parvenu à la décomposer par l'action d'un feu 
violent ; et en la mcltanl en contact immédiat avec le fer ; 
par ce dernier procédé , on obtient le potassium plus facile- 
ment et en plus grande quantité. ( Foyez le Traité de chimie 
de M. Thénard. ) 

Le potassium est solide à la température ordinaire; mais 
comme il s'oxyde promptemenl à l'air, on le tient commu- 
nément , pour le conserver avec ses caractères métalli- 
ques, dans de l'huile ou de l'élher; car l'on a reconnu qu'il 
avoit une action peu marquée sur les matières végétales , 
dans lesquelles l'hydrogène prédomine. Le potassium récem- 
ment fondu dans l'huile de naphîe , a l'éclat métallique au 
plus haut degré , et ressemble à de l'argent mat; lorsqu'on 
l'en relire , il se ternit bientôt et prend l'aspect terne du 
plomb exposé à l'air. Sa section est lisse, unie et des plus 
brillantes : il est aussi ductile et plus mou que la cire : 
comme elle , on le pétrit entre les doigts. 11 est composé 



POT 61 

d'une multitude de petites parties cristallines. Sa pesanteur 
spécifique est de o,865 h la température de i5 degrés ceut. 
Le potassium entre en fusion à 58 degrés. Il absorbe le 
gaz oxygène, à la température ordinaire. Il n'y a que les 
couches extérieures qui s'oxydent rapidement, parce qu'elles 
sont en contact immédiat avec le gaz oxygène. 11 se forme un 
oxyde blanc, et il n'y a point de dégagement de lumière : 
la chaleur n'est sensible que dans les premiers instans. Le 
potassium a une action puissante sur le gaz oxygène , à l'aide 
de la chaleur. Aussitôt que le métal est fondu, il s'enflamme 
sur-le-champ, et absorbe rapidement l'oxygène , avec grand 
dégagement de calorique et de lumière. 11 en résulte un oxyde 
brun 'jaunâtre. Le potassium exerçant, à chaud comme à 
froid, la même action sur l'air et l'oxygène , on ne sauroit 
le conserver qu'en le mettant à l'abri de ces fluides. On le 
conserve quelquefois dans l'huile de naphte : dès qu'on l'y 
plonge, il se manifeste une vive effervescence, avec un dé- 
gagement d'hydrogène, produit probablement par la décom- 
position du peu d'eau qui se trouve contenue dans Thuile ; 
mais il agit sur cette huile même, et finit par s'altérer. On le 
garde beaucoup mieux dans un flacon à gros goulot, herméti- 
quement bouché à l'émeri. Une fois que l'oxygène de l'air, 
contenu dans le flacon , est absorbé, le mêlai reste intact. On 
emploie le potassium a raison de son affinité pour Toxygène, 
pour désoxygéner les corps brûlés. 

Le potassium s'allie avec les métaux. Ses alliages sont 
solides, blancs, sapides , fusibles au-dessous de la chaleur 
rouge (excepté l'alliage avec le fer ), décomposables par l'ac- 
tion seule de l'air à la température ordinaire, et s'obtiennent 
en chauffant le potassium avec les métaux. Les alliages de 
potassium et mercure , ou sodium , sont quelquefois liquides. 

Le potassium se combine en diverses proportions , avec 
l'oxygèue ; il offre donc plusieurs oxydas : l'un d'eux a été 
connu jusqu'à la découverte àa potassium ; c'est le deutoxyde 
de potassium ou la potasse. Ses oxydes sont très -causti- 
ques; ils verdissent f(trtement le sirop de violette; ils sont 
plus pesans que le ;Do/a5««/« , fusibles, indécomposables par 
la chaleur et la lumière , et réductibles seulement par la pile. 

Le protoxyde de potassium est gris bleuâtre. Mis en contact 
avec de Toxygène ou de l'air à la température ordinaire , ou 
à une température un peu élevée, il s'enflamme et passe à 
l'état de peroxyde. 

Le deutoxyde de potassium., ou la potasse caustique^ on alcali 
végétal, est blanc; il absorbe le gaz oxygène a une haute 
température, et passe à l'état de peroxyde. Il se combine, à 
i'aide de la chaleur, avec le phospore et le soufre, et donne 



6i POT 

naissance à des oxydes phosphores et sulfurés. Expose h 
Tair libre , à la température ordinaire , il absorbe Tenu et 
l'acide carbonique qui y sont contenus , et se résout en 
liqueur; aune haute température, il finit par se convertir 
entièrement en deuto-carbonate. Nous reviendrons sur cet 
oxyde, plus bas ; et par la suite , nous le nommerons potasse. 
Le peroxyde de potasse est jaune verdâlre, n'absorbe l'oxy- 
gène à aucune température , passe d'abord à l'état d'hy- 
drate, puis à celui de deuto-carbonale, lorsqu'on l'expose, à 
l'air libre, à la température ordinaire; il se change en deulo- 
carbonale, lorsque la température est portée à un haut degré. 
Tous ces oxydes jouissent d'autres propriétés chimiques 
qu'il est superflu de rapporter ici. Le plus intéressant à con- 
noître, c'est le deutoxyde ou la potasse ; car c'est le seul 
qui existe dans la nature. 

La potasse ne se trouve pas à l'état de pureté ou causti- 
que; elle est combinée avec divers acides dans les végétaux, 
et celle du commerce est un sous-carbonate de potasse. Les 
sels de potasse libres sont peu nombreux; mais beaucoup 
de minéraux contiennent cet alcali. 

La potasse donne , avec les acides , divers sels qu'il est 
mile de rappeler , à cause de leurs usages. Nous les indique- 
rons par les noms sous lesquels ils sont le plus connus. 

L.^arétatc de potasse est un sel blanc , très-déliquescent , 
d'une saveur très-piquante, sans action sur le tournesol, qui 
cristallise en petites paillettes , rarement en prismes, il est 
connu sous le nom de terre foliée de tartre : on s'en sert, en 
médecine, comme fondant. L'acétate de potasse existe, en 
petite quantité, dans la sève de presque tous les arbres. 

Uoxalale acidulé de potasse , ou sel d'oseille , que tout le 
monde connoît , est un sel blanc , cristallisé , d'une saveur 
aigrelette, rougissant la teinture de tournesol, qu'on tire 
de plusieurs végétaux, et notamment de l'oseille, et qu'on 
emploie pour aviver la couleur de carthame ou rouge 
végétal , et dans certaines opérations chimiques , etc. C'est 
principalement du rumex acetosdla et de Voxalis acetosella 
qu'on relire le sel d'oseille du commerce , et c'est de celui- 
ci qu'on retire l'acide oxalique. 

Le tartrate acide dépotasse ^ ou crème de tartre^ existe dans 
le raisin et dans le tamarin ; il se dépose avec une petite 
quantité de lie et de tartrate de chaux , sur les parois de» 
tonneaux dans lesquels on conserve le vin , et forme, sur ces 
parois , une couche plus ou moins épaisse connue sôus le 
nom de tartre. On nomme tartre blanc , celui qui provient des 
vins blancs, et tartre rouge , celui que donnent les vins rouges. 
Ils sont cristallisés en petites lamelles. Purifiés , ils crislalU- 



POT 65 

sent en prismes tétraèdres , courts, tronqués de Liais. Le 
tartrate acide de potasse a une saveur légèrement acide, est 
peu soluble dans l'eau , et n'éprouve aucune aUéraiion de 
la part de Tair : ses usages sont très-nombreux : c'est de la 
crème de tarlre qu'on tire l'acide tartarique. C'est avec ce sel 
qu'on prépare différens sels, savoir : le sel vêgéUil ^ ou tar- 
trate de potasse ; le sel de seignette ^ ou tartrate de potasse 
et de soude; Vemétiçue , ou tartrate de potasse et d'anti- 
moine; le tartre martial double^ les boules de Mars, ou de 
Nancy ^ la teinture de Mars de Ludovic , la .einture de Mars tar- 
iarisée, le tartre chalibé composé^ qui sont des combinaisons 
diverses de la crème de tartre et de tartrate de fer. C'est en 
calcinant le tartre qu'on obtenoit le sel de tartre, espèce de 
sous- carbonate de potasse. Ces divers &z\s , et d'autres 
combinaisons du tartrate de potasse , servent à divers usages 
dans les arts et dans la médecine. 

\J hydrate de potasse tst solide, sec, blanc, caustique. 
Il attire l'humidité et l'acide carbonique de l'air , et se 
résout en liqueur. C'est un réactif en usage dans les labora- 
toires de chimie , pour séparer les oxydes métalliques les 
uns des autres, ou des oxydes auxquels ces acides sont unis. 
Mais, comme il est difficile de l'avoir pur, on emploie le plus 
souvent l'hydrate contenant du sous - carbonate de po- 
tasse , et même du sulfate et du muriate de potasse ; c'est 
de celui-ci dont on se sert toujours pour oiivrir les cau- 
tères ; aussi le connoît-on en médecine sous le nom de 
pierre à cautère. Dans les laboratoires , on l'appelé potasse 
caustique à la chaux. 

Le sous-carbonate de potasse , est acre , légèrement caus- 
tique , verdit fortement le sirop de violette , est très-so- 
luble dans l'eau, déliquescent , incrislallisable , indécom- 
posable psr la chaleur la plus forte, à moins «juli n-:: soit 
humide, etc. On l'extrait des plantes, et princ''^»ûlement de 
celles qui sont ligneuses , par l'incinération et pt-r 1» lixivia- 
tion. Il est toujours mélangé en diverses proportions avec 
du muriate et du sulfate dépotasse, et quelquefois avtic une 
petite quantité de silice combinée , et souvent colorée par 
un peu d'oxyde de fer ou de maijganèse. Telle est la poiasse 
du commerce , dont on distingue six sortes différentes : la 
potasse de Russie , celle d'Amérique , la poiasse pf^nasse, 
celle de Trêves , celle de Danizick et celle des Vosges. 

Presque toute la potasse du commerce nous vivant des pays 
du Nord , et surtout de Suède, ou d immenses furets d'au^ 
nés et de hêtres permettent d'exploiter ces boii , unique- 
ment pour en retirer les cendres qui doivent fournir la po- 
tasse. On met ces cendres dans de grands vaisseaux faits 



64 POT 

d'écorce de bouleau: on y passe de Teau chaude k plusieurs 
reprises , comme dans nos lessives ordinaires : on fait éva- 
porer celte lessive dans des chaudières de fer, et à mesure 
qu''elle s'évapore , on en ajoute de nouvelle ; elle devient en- 
fin assez épaisse pour former une espèce de pâle qu'on a soin 
de remuer, afin qu'elle ne s'attache pas trop fortement aux 
parois de la chaudière. Quand l'opération est achevée , il 
reste une matière solide, d'une couleur rouge obscure, qu'on 
détache avec un instrument de fer , et à laquelle on donne le 
nom de saiîn. 

Pour convertir le m//V/ en potasse , on le met dans un four 
de réverbère , où on l'agite avec un rable, afin de présen- 
ter successivement à l'action du feu toutes les parties du sa/in, 
qui est débarrassé , par celle opération , des matières hété- 
rogènes qu'il rontenoit; et l'on obtient ainsi une potasse 3issez 
pure. C'est le procédé qu'on emploie dans les contrées ou 
l'on a un peu plus de commodités que dans les forêls de la 
Suède ; mais là on suit une méthode encore plus simple : on 
établit sur le sol une couche debois sec , sur laquelle on met 
une couche de salin , sur celle-ci une couche de bois, et ainsi 
alternativement, jusqu'à ce qu'on ait formé une espèce de bû- 
cher de plusieurs toises d'élévation ; on y met le feu , et le 
salin se convertit en une matière qui paroît à demi-vitrifiée , 
qu'on met toute chaude dans des barils bien clos , pour em- 
pêcher le contact de l'air, dont l'humidité feroit fondre la 
potasse. 

Quelques auteurs disent que ce sont les cendres mêmes , 
simplement pétries avec de l'eau, que l'on fait calciner ainsi; 
mais il ne résulteroit d'une semblable opération qu'une masse 
terreuse frittée , qui ne seroit d'aucun usage. 

La potasse préparée ainsi que je viens de le dire, n'est pas 
complètement débarrassée de toute matière hétérogène; elle 
auroit besoin, pour les opérations délicates, d'être soumise 
à une nouvelle purification ; mais elle sert fort bien aux ver- 
reries , où elle est employée comme un excellent fondant , 
sans lequel on ne parviendroit que difficilement à convertir 
en verre les sables quarzeux qui font la base de toutes les 
matières vitrifiées. 

Elle sert également bien au blanchiment des toiles , dans 
les blanchisseries, de même qu'aux lessives domestiques. 

L'un des plus grands emplois de la potasse , est dans la fa- 
brication de plusieurs espèces de savons , qui se font dans 
les pays du JNord , soit avec de la graisse ou du suif, soit avec 
des huiles de poissons , de chénevis , de colzat , de na- 
vette , etc. 

On commence d'abord par rendre X^poiasse caustique^ en 



POT 65 

îa mêlant avec une égale quantité de chaux vive. On passe 
de l'eau sur ce mélange , jusqu'à ce qu'elle ait enlevé toute la 
partie saline, et l'on mêle avec cette lessive causii(jue (ap- 
pelée lessive des savonniers) la quantité d'huile ou de graisse 
que l'expérience détermine , suivant le degré de force de la 
lessive : on fait ensuite bouillir ce mélange jusqu'à ce qu'il 
ait acquis la consistance convenable. 

On pourroit , dans plusieurs de nos provinces, tirer un 
parti avantageux d'une grande quantité de végétaux qu'on 
laisse détruire en pure perte , tandis qu'ils pourroienl fournir 
une quantité considérable dépotasse. 

L'expérience a prouvé que les herbes et les feuilles con- 
tiennent plus de potasse que les bois eux-mêmes. On en retire- 
roit surtout abondamment des fougères , des chardons , des 
tiges de pois , de haricots , de tournesol .^ de hlè de Tur(juie , etc., 
de même que des arbustes, tels que le buis^ legenei , les 
bruyères , etc. 

Les cendres, même après avoir été lessivées, fourniroient 
un excellent engrais, surtout pour les terres fortes et argi- 
leuses , et pour les prairies humides et sujettes aux Joncs et à 
la mousse. 

Le phosphate de potasse est déliquescent , très - soluble i 
d'une saveur légèrement alcaline , et ne cristallise que très- 
difficilement. 11 existe dans les graines céréales. 

Le su/fuie de potasse , appelé autrefois sel de duobus , sel 
polychres/e, de G/aser, d'arcanum duplicatum, de potasse vitriolée^ 
est un sel blanc , légèrement amer , soluble dans seize fois 
son poids d'eau bouillante, qui cristallise en prismes courts à 
quatre et six pans, terminés par des pyramides àquatre etsix 
faces. H décrépite au feu; l'air n'a pas d'action sur lui ; il se 
combine avec le sulfate d'alumine et forme de l'alun. Le 
sulfate de potasse existe dans les végétaux mêlé avec le sous- 
carbonate de potasse et le muriate de potasse. Il existe dans 
quelques minéraux , par exemple , dans la pierre d'alun et 
dans le sel nommé polyhalite par Strœmeyer , dans lequel il 
est dans la proportion! de vingt-sept parties sur cent ; il 
sert dans les arts pour fabriquer de l'alun en l'unissant au 
sulfate d'alumine, et pour changer le nitrate dechaux en ni- 
trate de potasse ou salpêtre. 11 est employé quelquefois 
en médecine comme purgatif. 

Le muriate de potasse est un sel incolore, piquant , amer, 
soluble dans trois fois son poids d'eau froide et dans moins 
de deux fois son poids d'eau chaude; il cristallise en prismes 
à quatre pans , décrépite au feu , etc. On en faisoit usage 
autrefois comme fébrifuge , et il portoit le nom de sel fébri- 
fuge de Silvius, 



66 POT 

Le muriate peroxygénê de potasse est blanc , d'une saveuf 
fraîche , un peu acerbe, inaltérable à l'air , soluble dans 
environ dix-huit parties d'eau , à i5 degrés , et dans deux 
fois et demi son poids d'eau bouillante ; il cristallise en ta- 
bles rhomboulales ; projeté sur le charbon , il en aug- 
mente la combustion. Ce sel a divers usages ; on s'en sert 
pour se procurer du gaz oxygène, et de l'acide muriatique sur- 
oxygéné. 11 a été employé avec succès dans quelques mala- 
dies syphilitiques. On a essayé de le faire entrer dans la com- 
position de la poudre à canon ; mais comme la poudre qui en 
résulte s'enflamme facilement parle choc ou parle frottement 
et que le transport en est par conséquent dangereux , on y a 
renoncé. C'est avec le muriate suroxygéné de potasse qu'on 
fait ces briquets nommés briquets oxygénés , fondés sur cette 
propriété qu'a un mélange de parties égales de ce sel avec du 
soufre ou un corps résineux, le benjoin par exemple, des'en- 
flammer lorsqu'on jette dessus quelques gouttes d'acide sul- 
furique concentré. Ces briquets sont composés d'allumettes 
dont l'extrémité est soufrée et imprégnée d'un mélange de 
soufre et de muriate suroxygéné de potasse , légèrement 
gommé. On les plonge dans un flacon qui contient de l'acide 
sulfurique concentré, et elles s'enflamment aussitôt. L'on ob- 
tient des poudres fulminantes , qu'un choc subit enflamme et 
fait détonner plus ou moins fortement , en mélangeant le mu- 
riate suroxygéné de potasse , avec du soufre ou du sulfure 
d'arsenic , du sulfure d'antimoine , du phosphore, du char- 
bon , etc. , etc. 

Voilà quels sont les sels à base de potasse qu'il est le plus 
nécessaire de connoître. On en a omis un qui est le plus 
important de tous : mais comme, de tous les sels de potasse, 
c'est le seul qu'on trouve libre et concret dans la nature , 
nous en ferons un article particulier; c'est le nitrate dépotasse 
ou potasse nitratée , vulgairement appelé nitre ou salpêtre. 
Ce n'est pas qu'on ne trouve aussi , dans les eaux de certains 
lacs et dans quelques minéraux , d'autres sels de potasse , par 
exemple le muriate dépotasse elle si:(fate de potasse ; mais 
c'est qu'ils n'ont pas encore étébien observés dans leurs gise- 
mens et que les minéralogistes n'ont pas encore cru devoir 
les ranger au rang des minéraux. 

Potasse nitratée , Haiiy, Delaméth. ; Nitrate de po- 
tasse ou potassium nitrate , des chimistes, naturlicher sa/peter , 
W. ; salpeter , Karst. , Lenz, ; nitre , James. , vulg. nitre 
et salpêtre. 

Ou reconnoît aisément ce sel à sa saveur fraîche et pi- 
quante , et à la propriété qu'il a de fuser vivement lorsqu'on 
le projette sur des charbons ardens. 11 se dissout dans un quart 



POT 67 

rie son poids d'eau cliaude , et dans trois ou quatre fois son 
poids d'eau froide ; il n'est pas déliquescent à l'air; il cris- 
tallise parfaitement. Dans !a nature, on ne le trouve qu'en 
efilorescences cristallines , ou en incrustations d'un beau 
Liane, ou grisâtres, ou jaunâtres. Par l'art on en obtient 
des cristaux prismatiques, blancs, transparcns , ordi- 
nairement cannelés , striés, et dont la cassure est vitreuse 
dans un sens; ils sont assez fragiles et pèsent spécifique- 
ment 1,93; ils contiennent : potasse, 49 '» acide nitrique, 33 ; 
eau, 18. Le nitrate de potasse naturel est toujours très-im- 
pur et mélangé de chaux sulfatée et muriatée, et de muriale 
de potasse. 

Les cristaux artificiels ont pour forme primitive l'octaèdre 
rectangulaire dans lequel les incidences des faces semblables 
prises à la base , sont de 68 d. 4-6' et de 60 d. Voici quel- 
ques-unes de leurs modifications ou formes secondaires. 

i.° P. N. prïmitwe, Haiiy , Trait. 2, pag. 348, fig. i38. C'est 
l' octaèdre primitif. 

2." P. N. basée ^ Haiiy, /. c. , fig; i4-o. La variété précé- 
dente épointée, et le plus souvent très-près de la base , ce qui 
produit des cristaux longs et plats ; manière d'être très-com- 
mune à toutes les formes de ce sel. 

3.0 P. N. triimitaire ^ Haiiy , /. r. , fig. 14.1. C'est l'oc- 
taèdre rectangulaire primitif épointé , et dont les quatre 
arêtes de la base sont remplacées chacune par une longue 
facette étroite. Cette forme est très-commune. 

^.°P.N. trihexaèJre , Haiiy, /. c, fig. 142. Prisme hexaè- 
dre régulier terminé par des pyramides hexaèdres , à plans 
triangulaires et inclinés sur le prisme de i43 d. 5i. Cette 
forme qui rappelle celle du quarz prisme, avoit faitplacer,par 
Linnaeus , ce dernier minéral avec la potasse nitratée. Il 
croyoit que les pierres cristallisées dévoient leurs formes 
à des sels agissant comme principes fécondans; et c'est ce 
qui l'avoit conduit à faire un rapprochement aussi singulier. 

5.° P. N. heptahexaèdre , Haiiy, /. «;. , fig. i44- C'est 
la variété précédente dont la pyramide est composée de trois 
rangées de six facettes. 

Il y a encore un assez grand nombre d'autres formes qui 
résultent, la plupart, des combinaisons des précédentes en- 
tre elles. 

6.° P. N. aciculaire^ Haiiy. En aiguilles ou prismes très- 
fins , confusément cristallisés. 

7.° P. N. fibreuse^ Haiiy ; vulg. salpêtre de Houssage. Elle 
se trouve en filets soyeux ou floconneux , sur les vieux bâli- 
inens , les vieilles murailles , les murs des caves , sur les 
plâtras. On la trouve sur ia terre, sur des pierres calcaires , 



68 POT 

des marnes calcaires, dans le comte de Bamberg, dans un 
sable marneux , près Goltingue , dans les tufs calcaires , 
àHomberg, près Wurzbourg. 

8.° P.N. incrustante. En incrustations cristallines, blancbes. 
Se trouve à la Molfetta, dans la Fouille , dans les fissures 
d'une pierre calcaire , avec de la cbaux sulfatée. 

La potasse nilratée^ n'appartient qu'aux formations récentes, 
et se crée journellement sous nos yeux , dans les endroits 
où se rencontrent des substances végétales et animales en 
décomposition. On la trouve également en dissolution dans 
les eaux de certains lacs et de certaines sources. 

L'Asie abonde en salpêtre. C'est principalement dans le 
Bengale qu'on recueille, à la surface de la terre, la plus grande 
partie du nilre que l'on consomme dans l'Inde, et qu'on trans- 
porte même en Europe, où il est très-eslimé.Le salpêtre est en 
efflorescencesà la surface delà terre, dans plusieurs contrées 
de la Perse, en Arabie, entre le Mont-Sinaï et Suez, 
en Egypte , dans l'intérieur de l'Afrique ( à Ludamar , 
dans le désert de Karoo) , et à l'est du cap de Bonne- 
Espérance. A Ténériffe , la grotte nommée Queoe del ana , 
au pied du sommet le plus escarpé du pic , est tapissée , 
sur ses parois , de floccons de potasse nitratée. En Amé- 
rique , les pâturages maritimes des environs de Lima , le 
Tucuman , présentent le salpêtre en efflorescence. Aux 
Etats-Unis, le salpêtre qui sert à la fabrication de la poudre, 
se tire de la province du Kentucky. On y recueille ce sel 
à la surface des caves creusées dans le calcaire. 

L'une des nitrières naturelles les plus remarquables , est 
celle dont Fortis fit la découverte en 1783, à la Molfetta y 
dans la Fouille , à quatre lieues au nord-ouest de Bari, sur 
le golfe de Venise. 

Cette nitrière se trouve dans un enfoncement en forme 
d'entonnoir , qui s'est fait dans les couches de pierres cal- 
caires coquillières dont est composé le sol de cette contrée. 
On nomme poulo ces sortes de cavités, et on les regarde 
comme l'effet d'un affaissement. Fatrin croit qu'on doit les 
attribuer plutôt à la décomposition même de la pierre. 

Les couches calcaires presque horizontales , qui présen- 
tent leur tranche dans l'intérieur âecepouh , varient d'épais- 
seur , depuis six pieds jusqu'à six lignes. La pierre dont 
elles sont composées est très-compacte , et abonde en 
corps marins convertis en spath calcaire. Les plus épaisses 
de ces couches sont creusées en grottes dont l'ouverture est 
moins grande que riulcrleur. Celles de ces grottes dont l'ou- 
verture est si petite qu'un enfant peut à peine s'y introduire 
avec une lampe à la main , sont celles, dit Fortis ,d'où l'on 
tire les échantillons de salpêtre les plus blajics et les plus 



POT 63 

purs. Ce n'est pas , ajoute-t-îl , seulement aux surfaces que 
le salpêtre se forme ; il soulève Lien souvent des lames de 
pierre en se formant au-dessous. Ces lames ont une ou deux 
lignes d'épaisseur ; en les faisant tomber , on voit derrière 
de très-beau salpêtre d'un blanc de neige. 

« Le salpêtre de la Molfelta, que Klaproth a reçu , éloi», 
dit-il , cristallisé en j)etits cristaux semblables au sucre raf- 
finé , et sous la forme d'une croûte d'une épaisseur d'une 
9 deux lignes , se séparant en minces écailles d'un jaune 
"blanc , de la pierre calcaire compacle qui compose la 
masse des couches da poulo. Je remarquai ,ajoule-il, sur 
cette pierre calcaire, da gypse en fines aiguilles , dispersé 
ça et là en croûtes minces , qui en quelques endroits ser- 
vent de gangue mi sa/pé/re ». 

Ce savantchimiste, ayanl fait l'analyse de ce niire^a trouvé 
qu'il contenoit 42,55 de nitrate de potasse , et 0,20 de mu- 
riate de potasse ; 25,4-5 de sulfate de chaux , et 3o,4o de 
carbonate de chaux. 

Vairo avoit calculé qu'on pouvoit retirer de ce poulo trente 
à quarante mille quintaux de "salpêtre, et qu'une seconde re- 
production en donneroit au moins cinquante mille quintaux. 
Mais Fortis a fait , sur cette seconde reproduction , une re- 
marque fort curieuse : pendant un an et demi , on avoit fait 
la lixiviation des terres de celle nilrière avec l'eau d'une 
source voisine , qui est fort chargée de sel marin ; et les grottes 
qu'on a remplies de ces terres lessivées à Veâunniiial/'f/iie, au 
lieu, dit-il, de donner du salpêtre presque pur et à base 
d'alcali végétal (ou potasse), comme elles le faisoient au com- 
mencement , n'ont produit qu'un mélange dont ffes propor- 
tions se sont progressivement portées jusqu'à contenir plus de 
moitié de Sel marin. {Ann. de Chi/n. , t. 28 , pag. 28 et suiv.) 
Des nilrières semblables à celles de la ]Molfetla se trou- 
vent, dans la même contrée, à Gravina , à Athermusa , Mi- 
nervino , Bari , Massafra , Montrone , Nalra et Ginosa. 

Les nilrières de Syracuse sont dans l'intérieur de ce fa- 
meux souterrain ou latomie qu'avoit fait bâlir Dcnys le 
tyran, Dolomieu rapporte que les pierres calcaires dont sont 
construits les édifices à Malle, se couvrent de nitre lors^ 
qu'elles sont baignées par l'eau de la mer , cl finissent par se 
détruire complètement; il en est de même aussi pnnr toutes les 
pierres solides nitreuses,et Taclion de Tair seul suffit pour cela. 
La Haule-Hongrie est prodigieusement riche en «zV/e; et ce 
qui se rencontre fort rarement dans la nature, c'est qu'il est 
fourni par des eaux de sources , et il est en si grande abon- 
dance , qu'on pourroit en retirer une fois plus que les Indes 
orientales n'en fournissent à toute TEurope. 



70 POT 

Ces sources nîireuses viennent d'un plnlenu é\ovc qui règne 
de l'est à l'ouest , dans une étendue de soixante-douze lieues , 
le long de la rivière de Sainos, qui se jette dans laTeisse au- 
dessus du Pelit-Varadin. Ces sources déposent le nîlre dans 
les sables, d'où on le retire par la lixivialion dans soixante ou 
soixante-dix ateliers. On le retire aussi de ces eaux par éva- 
poration ; elles en contiennent depuis un jusqu'à quatre pour 
cent de leur poids, 

L'Ukraine el la Podolie foin-nissent une fort grande quan- 
tité de nitre qu'on retire par le lavage d'un terreau noir. 

Si l'on vouloit en France lessiver les terres nit reuses , on 
en trouvei'oit en abondance. Larocbefoucauld avoit reconnu 
que la craie de la Roche-Guyon , sur la Seine , près de Man- 
tes , contenoil une once par livre, de salpêtre ; la craie d'E- 
vreux présente aussi ce sel; mais les plâtras et les nitrières 
artificielles suffisent pour fournir tout le uitre dont nous 
avons besoin. 

Le sol de l'Espagne n'est pas moins ricbe en n/V/r que celui 
des autres contrées de l'Europe ; il est même un de ceux qui 
pourroient en fournir le plus. Bowles , qui a fait à ce sujet 
nn grand nombre d'observations, a remarqué qu'il est pres- 
que toujours accompagné de cbaux et de magnésie sulfatées , 
et il ne doute pas que ces différentes matières salines ne 
soient un produit du travail journalier de la nature. 

Quoique la potasse soit abondamment répandue dans la 
nature, la plus grande partie de celle qui est dans le com- 
merce provient du lessivage des plâtras et des terres salpê- 
trécs ou des nitrières artificielles. 

Dans les contrées les plus chaudes de l'Asie et de l'Amé- 
rique, où ce sel forme des cfilorescences à la surface mémo 
du sol , on le recueille en le balayant plusieurs fois dans l'an- 
née , c'est ce qu'on nomme salpêtre de houssage. 

Pour se procurer arec les plâtras des vieux bâtimens et les 
terres des caves , la potasse nilralée , on réduit ces pfêtras en 
poudre, onles passe à la claieet on leslessive.L'eaunilréequ'on 
obtient renferme aussi les sels solubles suivons ; le sulfate 
de chaux, les nitrates de chaux et de magnésie, les muriates 
de soude, de chaux el de magnésie :1e salpêtre forme à peu 
près le dixième de ce mélange. Ce n'est que par des procédés 
particuliers qu'on parvient à l'en retirer et à le raffiner. Les 
plâtras les plus riches contiennent cinq pour cent de nitrate. 

Lorsque les plâtras ne sont pas assez salpêtres, ou que l'on 
veut établir une nilrière artificielle, on réunit les décombres 
sous des hangars , on les mêle avec des matières animales ou 
végétales, et on les arrose de temps en temps avec des li- 
queurs animales , du sang , des urines , etc. ; au bout de quel- 



POT j^ 

que temps les plâtres sont en partie salpêtres, et on les les- 
sive. L'eau salpêtrée qu'on en retire contient, outre le ni- 
trate de potasse, les sels que nous avons nommés plus haut. 
On la traite de même par l'évaporation à froid , puis par des 
lessivages à chaud. On retire encore la potasse nitratée par 
le lessivage des cendres végétales. En Languedoc , on se sert 
des cendres de tamarisc ; en Sicile , de celles des fruits d'a- 
mandiers et d'autres végétaux , tels que les borraginées, La 
pariétaire , la ciguë, le tabac , et surtout le soleil, contiennent 
ce sel tout formé , et souvent en grande quantité. 

L'on ne sait pas encore très-bien comment on peut expli- 
quer la formation de la potasse nitratée dans les terres, soit 
naturelles, soit artificielles, oùi'on trouve ce sel; on remarque 
seulement que ces terres contiennent toujours de la chaux 
carbonatée ou des débris de matières végétales ou animales, 
et le plus souvent l'un et l'autre ; c'est ce qui a fait croire que 
la potasse nitratée tire de l'air les principes nécessaires à sa 
formation. L'azote , souvent dégagé par la putréfaction des 
matières animales, en s'unissant à l'oxygène de l'air , forme- 
roit de l'acide nitrique qui se combineroit avec la potasse 
des végétaux. La potasse nitratée ne se trouve naturellement 
qu'en efflorescences à 1.^ surface des terres et des pierres , 
qu'elle finit par réduire en miettes, ce qui annonceroit que 
l'action de l'air est une condition nécessaire à sa création. 
L'on remarque encore, dans les nitrières naturelles, qu'il n'y a 
plus de nilre lorsqu'on creuse à quelques pieds de profondeur, 
et cependant que ce sel neutre se reproduit et se propage 
assez promptement à mesure qu'on l'enlève. Quant à l'in- 
tluence de la chaux carbonatée, dans la formation du nitre 
naturel , on l'ignore complètement. 

Usages de la potasse nitratée. 

Tout le monde sait que le salpêtre ou nitre est la base delà 
poudre à tirer, laquelle est unmélange dépotasse nitratée,de 
soufre et d'un charbon léger,tous trois dans des proportions à 
peu près les mêmes que celles rapportées plus bas. Les effets 
terribles de la poudre sont dus à la formation presque instan- 
tanée et à la dilatation subite des gaz qui se développent dans 
son intlammation. En France , on a trois sortes de poudres à 
tirer , savoir : 

i.° hai poudre à canon, qui est composée de j5 de nitre ^ 
12 et demi de charbon, et i'2 et demi de soufre. 

2." Ltâ pondre de chasse, formée de 78 de nitre, 12 de char- 
bon, 10 de soufre. 

^,° La poudre des mineurs et des carriers, qui contient 65 de 
niti'e , i5 de charbon, 20 de soufre. 



72 POT 

Le nitre est un des tneillears fondans ; on l'emploie com- 
me tel pour hâter la fusion des métaux impurs, des miné- 
raux qu'on veut essayer en petit , et dans beaucoup d'autres 
circonstances docimasiiqucs. Le flux blanc et le flux noir ne 
sont que le mélange de nitrate et de tartrate de potasse. 
C'est de ces mélanges qu'on retire 1 hydrate de potasse très- 
utile dans la fabrication de la poudre. 

En médecine , on l'admiuistre comme rafraîchissant et 
propre à exciter la sortie des urines. C'est avec le nitrate de 
potasse qu'on fait les préparations connues sous les noms 
àç. foie d antimoine , de <rocus mcLalhnim ou safran des métaux , 
^'antimoine diaphorétique , Ae fondant de Rotrou , préparations 
qui contiennent toutes de l'aÉtimoine , et le caméléon m/ne- 
m/,combinaison du nitre avec le manganèse oxydé qui est so- 
luble dans l'eau. Celle-ci est colorée d'abord en verf,puis en 
riolet, et redevient incolore, parce que le manganèse se pré- 
cipite petit à petit ; les acides la rendent rouge lorsqu'elle 
est encore colorée. C'est du nitre qu'on retire l'acide nitri- 
que , dont les usages sont très-nombreux. On obtient égale- 
ment l'acide sulfurique par le nitre; à cet effet, on chauffe en- 
semble , dans une chambre de plomb, dont le sol est cou- 
vert d'eau , un mélange de huit parties de soufre et d'une de 
potasse nitratée qu'on fait bràler lentement, (ln.) 
POTASSIUM. V. l'article Potasse, (ln.) 
POTASSIUM NITRATE. F. Potasse nïtratée. (ln.) 
POTASSIUM SILICIATÉ. C'est sous ce nom col- 
lectif que M. Berzelius a placé les pierres siliceuses ma- 
gnésiennes qui contiennent le potassium oxydé ou potasse 
combiné , ou présumé tel , avec la silice faisant fonction d'a- 
cide. V. la liste de ces minéraux , page i83 du vol. xxi , à 
l'article Minéralogie, (ln.) 
POTÉE D'ÉTAIN. C'estl'Étain oxydé artificiellement. 

POTEE DE MONTAGNE. Comme U potée oxxo^yàt 
d'étain artificiel est employée pour polir les corps durs, on a 
transporté ce nom à des substances terreuses qui ont natu- 
rellement la même propriété, commela Terre pourrie, le 
POLIER SceiEFFER,les schisles argileux, qui ont été convertis 
en une espèce de tripoli par les incendiesdes houillères. (pat.) 

POTEE ROUGE. Fer oxydé rouge, qui forme le résidu 
de la décomposition du fer sulfaté, dans la fabrication de 
l'acide sulfurique avec ce sel. V. Fer sulfaté (ln.) 

POTELEE. C'est la Jusquiame vulgaire, (b.) 

POTELET. La Jacinthe des bois porte ce nom dans 
quelques lieu.x. (b.) 

POTELOT. Nom trivial du ]\IoLYBDi;yE sulflré. (ln.) 



POT y3 

POTENTILL\. Nom donné anciennement aux spîrœa 
ulmaria et arunrus^et surtout à laPoTEîSTlLLE ANSERiNE,à cause 
de leurs propriétés. Celle dernière plante, également nommée 
argeniina, à causb du duvet argenté qui couvre ses feuilles, 
est devenue le type du §enre potenfi/la de Linnaeus , qui com- 
prend, le quinquefolium de Tournefort, et partie des espèces 
comprises dans les genres pentaphylldides t\. fragaria ^ égale- 
ment de Tournefort. On y doit rapporter aussi le pentaphyl- 
him àe Gserlner, fondé sur \e poienlilia nojwegira, \efraga de 
Lapeyrouse , et peut-être le diischenea de Smith, mais non 
pas , avec Scopoli et Necker , les genres commarum et tor- 
vientilla. 

Presque toutes les espèces de potenUlla d'Europe ont été 
décrites, avant Linnreus et Tournefort, sous le nom de penta- 
phyllum ou de quinquefolium , parce que leurs feuilles sont 
composées de cinq folioles. V. Potentille. (L^^) 

POTENTILLE, Potentilla. Genre de plantes de i'ico- 
sandrie polygynie et de la famille des rosacées, qui offre 
pour caractères: un calice ouvert, à dix divisions , dont cinq 
alternes plus petites; une corolle de cinq pétales ovales et 
onguiculés; une vingtaine d'étamines attachées au calice ; 
un grand nombre d'ovaires réunis en tétc , à style filiforme 
inséré latéralement, et portant un stigmate obtus; un grand 
nombre de semences attachées sur le réceptacle , et renfer- 
mées dans le calice qui persiste. 

Ce genre renferme des plantes ordinairement heVba- 
cées, quelquefois frutescentes, dont les feuilles sont ou 
ailées avec impaire , ou digitées , ou ternées , accompa- 
gnées de stipules en forme d'ailes adnées à la base du pé- 
tiole , et dont les fleurs sont disposées en corymbes termi- 
naux et quelquefois solitaires. On en compte près de cent 
espèces, la plupart propres à l'Europe. 

Parmi les polenli//es à feuilles pi nnées, il faut distinguer : 
La PoTENTiLLE FRUTESCENTE , qui a la tige ligneuse. On 
la trouve en Angleterre et en Sibérie, et on la cultive dans 
quelques jardins d'ornement. C'est un arbuste de deiix à trois 
pieds de haut au plus , très-garni de branches , et dont les 
fleurs d'un beau jaune se succèdent pendant tout l'été. 11 ne 
craint point le froid, et se multiplie de graines ou de reje- 
tons, ou de marcottes, et il ne demande d'autres soins , lors- 
qu'il est planté à demeure , que d'être chaque année émondé 
de son bois mort, et disposé un peu en boule, par le retran- 
chement des branches qui sont trop saillantes. Ceux qui le 
taillent avec les ciseaux lui oient une grande parlie de ses 
agrémens. 

La PoTENTiLLE ANSERiNE a la ti^e rampante ; les folioles 



74 POT 

entourées de dents pointues , velues en dessous , et les pé- 
doncules uniflores. On la trouve par toute l'Europe dans les 
pâlurages argileux. Elle est connue vulgairement sous le 
nom (Vunseriiie ou d^ argentine , à raison du brillant de la face 
inférieure de ses feuilles. Cette plante a joui autrefois d'une 
réputation médicale, qu'elle a en partie perdue depuis que 
l'on se rend raison de la cause des effets des remèdes. Cepen- 
dant, on la regarde toujours comme astringente etfébrifuge, 
et on ordonne sa décoction pour rétablir la luette lorsqu'elle 
est relâchée, pour raffermir les dents qui branlent, etc. On 
mange quelquefois ^as, racines , qui sont douces et ont un 
goût agréable. 

Parmi les polenilUes àfcuilles digiiées , on doit principale-» 
ment remarquer : 

La PoTENTiLLE A TIGES DROITES , qui a sept folioles lan- 
céolées et grossièrement dentées à chaque feuille , dont les 
pétales sont en cœur, plus grands que les divisions du calice , 
et dont la tige est droite. Elle vient sur les montagnes expo- 
sées au soleil. 

La PoTENTiLLE ARGENTÉE, qui acinq folioles cunéiformes, 
dentelées, tomenteuses en dessous à chaque feuille, et sa tige 
droite. Elle se trouve très-communément dans les terrains 
sablonneux et arides. 

La PoTENTlLLE PRINTANNIÈRE , qui a cinq folioles ovales , 
dentées, pubescentes à chaque feuille; les pétales presque en 
cœur, plus grands que le calice, et la tige penchée. Elle se 
trouve très-abondamment sur les montagnes exposées au 
midi , sur le bord des bois , le long des chemins, etc. Elle 
fleurit dès les premiers jours du printemps, et couvre quelque- 
fois de ses fleurs jaunes les pelouses où elle se trouve. Le 
botaniste et le berger ne la voient jamais sans un nouveau 
plaisir , parce qu'elle leur annonce le retour de la belle 
saison. 

La PoTENTiLLE BLANCHE , qui a cinq folioles rapprochées 
et dentées à chaque feuille; les tiges filiformes et rampantes, 
et le réceptacle hérissé. Elle se trouve dans les pays monta- 
gneux, et produit un bel effet sur les pelouses qu'elle couvre 
quelquefois, à raison de ses fleurs d'un blanc de lait , couleur 
rare dans ce genre. 

LaPoTENTiLLE RAMPANTE, qui a cinq folioles à chaque feuil- 
le , la tige rampante et les pédoncules uniflores. Elle se trouve 
dans toute l'Europe , dans les terrains argileux et humides. 
C'est la quintefeuille des herboristes, qui a une saveur astrin- 
gente , et qu'on emploie fréquemment comme vulnéraire et 
fébrifuge. C'est la seconde écorce de la racine qui jouit prin- 
cipalement de cette propriété. On l'emploie avec auccès dgins 



POT 75 

les cours cle venire et les dyssenteries. Elle est quelquefois 
si abondante qu'elle fait le désespoir des cultivateurs. Il n'y 
a pas d'autre moyen de s'en débarrasser, que de faire suivre 
la charrue par des enfans , qui l'enlèvent à mesure que ses 
jacines sont mises à découvert, et l'euiporlenl hors du champ, 
pour la brûler ensuite. Elle est si vivace , que le plus petit 
filament donne naissance à un nouveau pied, qui en a produit 
quelquefois deux cents autres avant la fin de l'année. 

Parmi les potentilles à feuilles ternées ^ les plus remarquables 
sont: 

La PoTENTiLLE DE MONTPELLIER , -qui a la tige rameuse , 
droite, et les pédoncules insérés au-dessous des articulations 
de la tige. Elle est annuelle et se trouve dans les parties mé- 
ridionales de l'Europe. 

La PoTENTiLLE À GRANDES FLEURS, qui a les folioles den- 
tées, velues , et la tige penchée, plus longue que les feuilles. 
Elle est vivace , et se trouve dans les montagnes des Alpes et 
des Pyrénées. C'est une très-belle espèce , à raison de la 
grandeur de ses fleurs jaunes. 

La PoTENTiLLE DE NoRWÉGE , quia les feuilles ternées , 
la tige dicholome , et les pédoncules axillaires. Elle est an- 
nuelle , et se trouve dans le nord de l'Europe et de TAuiéri- 
que. Gœrtner en a fait un genre particulier sous le nom de 
Pentaphylle. 

La POTENTILLE FAGARioïDE de Villars, qui est le Frai- 
sier STERILE de Linuceus, a été établie en titre de genre , 
sous le nom de FragÙe, de Fragariastre , par quelques 
botanistes. 

Les genres Coriaret et Tormentillr sont réunis à ce- 
lui-ci par quelques auteurs. V. la belle Monographie de 
M. Néstler. (b.) 

POTER et POTERA. Noms que les mages et les pro- 
phètes donnoient au Câprier, (ln.) 

POTERION ou PoTERiUM. Plante décrite par les an- 
ciens. 

Les habitans de llonie, au rapport de Dîoscoride, l'ap- 
peloient aussi nei>ras. C étoit un grand arbuste; il poussoit 
plusieurs branches et avoit une écorce fine. Il étoit pi- 
quant et garni d'un coton épais. Il avoit les branches lon- 
gues , molles, grêles et pliantes , et assez semblables à celles 
du tragiu:aniha ; ses feuilles étoient petites et rondes, et ses 
fleurs blanches et petites ; sa graine n'avoit aucun usage, 
quoique odorante et très-piquante au goût. Le poleri uni crois- 
sait sur les coteaux, dans les lieux aquatiques ; ses ra- 
cines longues de deux oii trois coudées , dures et nerveuses, 
étant coupées près de terre , laissoieul fiuer une liqueur sem- 



76 POT 

blable h la gomme. Pilées et appliquées sur les nerfs coupés, 
elles opcroicnt leurs soudures, de miîme que celles des plaies. 
Leur décoction éloit également bonne dans les arcidens 
qui peuvent arriver aux nerfs. Matthiole, C. Dauhin, Clusius, 
croient que le pofen'um est un astragale épineux, et probable- 
ment celui que depuis eux Pallas a nommé asiragalus fwiennm. 

Lobel , Césalpin et autres, donnent pour tel une pimpre- 
nelle épineuse qui creît en Orient, et que les botanistes Lin- 
néens appellent poierium spinosum. L'opinion première paroît 
être la plus probable. 

Faisons remarquer ici , que le nom de ncurns fut donné au 
pnterium p.\r suite delà grande puissance qu'il exerçoit sur les 
plaies nerveuses, tandis que celui de poierium est dérive de 
poirix hci'ba ^ herbe biweiise, parce qu'il se plaisoit dans les 
lieux marécageux et aquatiques , ce qui ne convient pas à 
l'astragale cité ci-dessus. Son nom A'acido/on rappelle le 
goût piquant de sa racine. Pline décrit à peu près dans les 
mêmes termes que Dioscoride, le poterlum, qu'il nomme aussi 
phrynion et neurarla , excepté que dans un passage il lui attri- 
bue de longues fleurs couleur d'herbe , et dans un autre de 
petites fleurs ; d'où il faut croire que le nom de poierium se 
donnoit de son temps à plusieurs plantes. 

Actuellement, les botanistes donnent le nom Ae poien'iim à 
un genre de plantes où est rangée la pimprenelle épineuse 
citée plus haut, et quelques plantes qui, avec le genre san- 
guisorbci , formolent le groupe que Tournefort avoit nom- 
mé PiMPiNELLA. F. à cet article et à ceux deNEUHAS et de 

PiMPREMELLE. (LN.) 

POTFISH , POTTFISH , POTFISK , POTFISKE, POTVISIT , 

PoT-wuLFiscu. Noms différens sous lesquels les voyageurs 
hollandois et danois désignent le Physetère cylindrique 
et le Cachalot macrocéphale. (desm.) 

POTHOS, PoÛws. Genre de plantes, de la famille 
des aroïdes , que quelques auteurs placent dans la tétran- 
drie monogynie , et d'autres dans lagynandrie polyandrie, 
et qui offre pour caractères : une spathe monophylle s'ou- 
vrant par le côté ; un spadix simple , épais , couvert de fleurs 
dans toute son étendue ; point de calice , à moins qu'on nap- 
pelle ainsi la corolle ; une corolle de quatre pétales cunéi- 
formes , oblongs, droits; quatre ctamines à filamens élargis 
et à anthères géminées ; un ovaire supérieur, parallélipipède, 
tronqué, à style nul et à stigmate simple ; une baie presque 
ronde et biloculaire , chaque loge ne contenant qu'une seule 
semence. 

Ce genre renferme une vingtaine de plantes vivaces de 
pariieslesplus chaudes de l'Inde el de l'Amérique , parmi les- 
quelles il faut distinguer: 

/ 



POT ^^ 

Le PoTHOS GRIMPANT , qui a les pétioles aussi longs que la 
feuille , et la tige radicante. Il se trouve dans l'Inde. On 
inange ses baies , qui sont également fort recherchées par les 
éléphans. 

Le PoTHOS A NERVURES ÉPAISSES , qui a les feuilles lan- 
céolées , très-entières , veinées, et la nervure principale très- 
grosse et carénée. On le cultive au jardin du Muséum. 

Le PoTHOS EN CŒUR, qui a les feuilles en cœur. Il croît 
aux Antilles ; sa racine est très-grosse et noueuse. Les habi- 
tans l'appellent squine , et l'emploient comme sudorifique. 

Le PoTBOs PiNNÉ , qui a les feuilles pinnées , et se trouve 
dans rinde. 

Le PoTHOS PALMÉ , qui a les feuilles palmées , et se trouve 
en Amérique. 

Le PoTHos FÉTIDE de Michaux, est IcDracuntion fétide 
de Linnpeus. On en fait le genre Svmplocarpe. 

Humboldt et Bonpiand ont augmenté ce genre de douze 
espèces, dans leur superbe ouvrage sur les plantes de l'A- 
mérique méridionale, (b.) 

POTHOS et POTHON. Herbe dont il est parlé dans 
Théophraste et dans Pline, qui se plaisoit dans les cimetières. 
Pline en dislingue deux sortes, uneàfleurs bleues, l'autre àfleurs 
plus blanches, et les range au nombre des plantes qui fleuris- 
sent en été. D'après la couleur des fleurs, ces deux plantes ne 
peuvent être \eslychnis dioïca et calcedonica, comme quelques 
auteurs l'ont présumé, parce que les fleurs de ces piaules sont 
rouges oublanches, et jamaisbleues. C'est avec plus de vérité 
qu'on a donné \t dematis viiiceila pour le pathos ;ms\s ce rap- 
prochement est encore inexact. Il en existe encorr un qui ra- 
ïixènerohlcpoihos 3i\iconvalvuluspitrpureuset3.uroiW'H>u/u.idui\i/; 
mais il est malheureux que les auteurs de ce rapprochement 
n'aient pas réfléchiquecesdeuxplantes sont originairciid Amé- 
rique , qu'elles nont pas été connues, par ccnséqnea! , de^ 
anciens, et de plus que le /jo/7/o5 éloit une planle îrés-vulgaire. 
Dalechamp, qui est an de ces auteurs, dit que le polhus étoit 
fort recherché par les anciens pour garnir les tombeaux , et 
semble avoir Topinion que ce fût une piMile griinpanle l^iiue 
ne rapporte rien de cet usage , ni qui puisse faire soijpçin^er 
le port de ce végétal. Il n'est pas croy;ible non plus v,ne la 
tubéreuse eût été , comme le dit Adanson, \? poihoi de l'héo- 
phraste. Seroit-ce I'Ancîiolie (^aquîle^ia vul^arîs )? 

Le genre pathos actuel des bolanisics , doit son nom , 
selon Adanson , à celui de pjiha , que les Ceyi;tnais don- 
nent à une espèce grianpaile de ce genre {^pothos suandens ^ 
L. ) , qui est à la fois le plianies et le ictpanma d'Adanson. 
Voyez Pothos , plus h,-2ut. (ln.) 
POTIME , Poiima. Genre établi par Persoon^ pour placer 



7» POT 

les Cafeyers dont le fruit n'offre qu'une graine. Ce g(rnré 
n'est pas dans le cas d'être adoplé , puisque toutes les es- 
pères, même celle d'Arabie, sont dans le cas d'en faire 
quelquefois partie par l'avorlemenl d un de leurs ovaires, (b ) 

POTIRON ou POTUKON. Espèce de Courge. On 
donne aussi ce nom, au rapport de Réveillère - Lépaux , 
dans l'ouest de la France, à TAgaric élevé, qu'on y mange 
habituellement. F. au mol Agaric, (b.) 

POTIRON. Nom qu'on donne , dans quelques cantons, 
au cepe^ c'est à-dire , à l'ACARic comestible , agaricus bovi- 
nus , Linn. (b.) 

POTIRON BLANC. Nom vulgaire d'un Bolet, Boletus 
siihsqnamosus , Linn. , qui croît dans les bois des environs 
de Paris , et que Paulet a figuré pi. 177 de son Traité des 
champignons. 11 est blanc et haut de quatre pouces. Donné 
à un chien , il ne l'a pas incommodé, (b.) 

POTIRON GRIS et VINEUX. Autre espèce de Bo- 
let, dont le chapeau est une demi-sphère régulière, d'un gris 
sale, tachetée de brun en dessus, et rouge de vin en dessous; 
dont le pédicule est plus gros à sa base , marbré de rouge , 
de jaune et de blanc. Sa chair change de couleur quand on 
l'entame, et a une odeur d'hydrogène sulfuré. 11 est de nature 
dangereuse. Paulet la figuré pi. 176 de son Traité des cham- 
pignons, (b.) 

POTIRON LIVIDE. Bolet de couleur olivâtre , à cha- 
peau formant une calotte régulière , à pédicule ovale , à 
chair spongieuse , exhalant une odeur d'hydrogène sulfuré, se 
colorant lorsqu'on l'entame, qui croît dans les bois des en- 
virons de Paris. Il est dangereux. Paulet l'a figuré pi. 176 de 
son Traité des champignons. Cb.) 

POTIRON ROUX. Autre espèce de Bolet, dont le 
chapeau est régulièrement demi-sphérique , en dessus d'un 
roux ardent ou couleur de marron clair, et en dessous d'un 
gris verdâtre. Son pédicule est de trois ou quatre pouces de 
hauteur. Sa chair est ferme , blanche, et ne change point de 
couleur quand on l'entame. 

Ce champignon n'est pas dangereux, mais 11 ressemble à 
plusieurs autres qui le sont ; ainsi il faut l'examiner avec 
soin avant de le manger. Il est figuré pi. 175 du Traité de Pau- 
let , sur les plantes de cette famille, (b.) 

POTIRONS. Famille de champignons établie par Pau- 
let, dans le genre Bolet de Linnseus. Elle se caractérise 
par un chapeau en calotte régulière , par une chair com- 
pacte , et surtout par leur pédicule bulbeux. Quatre espèces 
s'y rapportent , savoir : le Potiron orts , le Potiron roux, 
le Potiron blanc et le Potiron livide, (b.) 



POT „ 

POTO. Voyez POTOT. (desm.) 

POTOROO, Potorous, Desm.; Hypsiprymmis , Illiger ; 
Kanguroo-rati Vicq-d'Azyr , Cuv., Geoft". ; Macropus , Sliaw. 
Genre des mammifères , placé dans l'ordre des carnassiers 
et dans la famille des Marsupiaux , par M. Cuvier. 

Le genre potoroo , que nous avons fondé dans les tables 
méthodiques du 24.' volume de la i.*'* édition de cet ouvrage , 
ne renferme qu'une seule espèce propre à la Nouvelle-Hol- 
lande , et dont la découverte est due au gouverneur Phiilip 
et au docteur JohnWhite. La forme générale de cet animal 
est celle des kanguroos ; c'est-à-dire , que son corps est al- 
longé , plus épais postérieurement qu'en avant ; que les jam- 
bes de derrière sont de beaucoup plus grandes que celles de 
devant ; que la tête est longue et pointue ; que les oreilles 
sont longues; que sa queue est couverte de poils, forte et utile 
dans la marche , etc. Il a également les pattes de devant for- 
mées de cinq doigts armés d'ongles crochus ; celles de der- 
rière manquant de pouce et ayant les deux premiers doigts 
internes plus petits que les autres , et soudés ensemble jus- 
qu'à la racine des ongles. La femelle a aussi une poche spa- 
cieuse , formée par un repli de la peau du ventre pour recevoir 
les petits dans leur première jeunesse ; le poil est, comme 
celui des kanguroos, doux et feutré , etc. 

Mais si ces animaux ont tant de ressemblance dans l'en- 
semble de leurs formes extérieures, ils présentent à l'intérieur 
quelques différences organiques qui les séparent , et l'on en 
observe particulièrement dans le nombre et la forme des 
dents. Les poioroos font , sous un rapport , le passage "des 
phalangers aux kanguroos. Ils ont six incisives supérieures , 
dont les deux mitoyennes sont plus longues .que les autres et 
pointues, et deux canines également pointues ; à la mâchoire 
inférieure on ne trouve que deux incisives couchées en avant ; 
on voit, tant en haut qu'en bas, et de chaque côté , cinq 
molaires dont les quatre postérieures sont à tubercules mous- 
ses , tandis que Tantéricure est longue, tranchante et den- 
telée. Les kanguroos manquent de canines supérieures qu'on 
trouve dans les yyo/oroos , et d'ailleurs leurs molaires sont à 
doubles collines transverses à leur couronne. Ces animaux ont 
un estomac assez simple , tandis que le poloroo a le sien par- 
tagé en deux poches , en forme de boyau , boursoufflces 
comme les gros intestins de quelques herbivores, et réunies à 
peu près à angle droit, dont les cavités communiquent entre 
elles par une ouverture assez large. Les intestins sont plus 
courts relativement que dans les kanguroos et sans boursouf- 
lures ; le cœcum est gros, court et arrondi. Les femelles ont 



8a POU 

quatre mamelons situés dans l'intérieur de leur poche abdo- 
minale. 

Espèce unique. — PoTOROO RAT , Potorous murinus ^ Nob. ; 
Kangurooratj Phillip's, Voyageio Botany-Bai, p. 24.7 , planche 
4-7 ; — Potoroo , White , Voy. To New soulh TVaVes , page 
286 , pi. 60 ; — Macropus miiior , Sliaw. , Gen. zool. , vol. i , 
part. 2 , pi. 116; — Potoroo^ Vicq-d'Azyr, Syst. anal, des 
anim. , tom. 2 , pag. 54-5 , d'après JVf. Hunier. 

Cet animal a été observé aux environs du Port-Jackson et 
de Botany-Bay, sur la cote orientale de la Nouvelle-Hol- 
lande, où les naturelslui donnent le nom de potoroo, que nous 
lui avons conservé, comme désignation générique, quoi- 
qu'IUiger ait proposé de le remplacer par celui àliypsîprymiius 
qui paroît difficile à prononcer , et propre à augmenter la 
confusion de synonymie qui existe dans la plupart des bran- 
ches de Thistoire naturelle. Sa taille est celle d'un petit 
lapin , et la couleur de son poil brunâtre en dessus et grise 
en dessous ; sa lèvre supérieure , absolument semblable à 
celle des kanguroos, est pourvue de moustaches qui man- 
quent presque entièrement à ces animaux ; sa nourriture con- 
siste également en substances végétales, (desm.) 

POTOT, Le KiNKAJOU est connu sous ce nom à la 
Jamaïque. V. ce mot, (s.) 

POTRANCA. Nom espagnol d'un Poulain de trois ans. 
Celui de quatre ans est appelé PoDRO. (desm.) 

POÏTIE , Pottia. Genre de plantes , de la famille des 
mousses , proposé par Ehrarhd , et composé des gymnostomvm 
oi'aimn ., tiuncaium., el au weissia recurvirosiris. (P. B.) 
FOTTO de Bosman. F. l'article Galago. (desm.) 
POTUPvON. Voyez PoTiROX (b.) 

POU , Pediculus. Genre d'insectes de l'ordre des parasites ^ 
famille des édentulés , ayant pour caractères : corps aptère ; 
têle distincte; un corselet portant six pattes ; deux antennes ; 
deux yeux sans facettes distinctes ; bouche consistant en un 
museau renfermant un suçoir exserjile ; point de mandibules 
ni de mâchoires proprement dites. 

Le pou est assez connu pour qu'on pût se dispenser d'en- 
trer dans de grands détails sur cet insecte , si ce genre n'en 
contenoil plusieurs espèces , qui diffèrent par la forme , 
quoiqu'elles aient les mêmes caractères. Ces insectes ont la 
tète assez petite , ovale ou triangulaire , munie , à sa partie 
antérieure, d'un petit mamelon charnu , et renfermant un 
suçoir qui paroît simple , ayant deux antennes filiformes 
courtes, de cinq articles , et deux yeux petits et ronds; le 
corselet presque carré , un peu plus étroit en devant , portant 
six pattes courtes, mais grosses, composées d'une hanche de 



POU 81 

deux pièces ; d'une cuisse et d'une jambe , grosses , cylindri- 
ques, de la même grandeur ; et d'un fort crochet écallleux, 
conique , arqué , tenant lieu de tarse , se courbant et servant 
avec une petite dent ou pointe qui termine la jambe , à se 
cramponner sur les poils ou la chair des animaux; l'abdomen 
rond , ou ovale , ou oblong , lobé ou incisé sur les côtés , de 
huit anneaux , pourvu de seize stigmates sensibles , et d'une 
pointe écailleuse au bout , dans l'un des sexes. Tous ont le 
corps aplati , revêtu d'une peau coriace sur les bords, demi- 
transparent et mou au milieu. 

A l'exemple de Degéer et d'Olivier , nous ne donnons le 
nom générique de pou qu'aux espèces de Linnœus qui n'ont 
pas de mandibules ou de crochets accompagnant le suçoir , 
et qui vivent sur les quadrupèdes ; les espèces pourvues de 
deux mandibules et qui se tiennent sur les oiseaux, sont pour 
nous des ricins. 

Tous les poux vivent de sang, les uns de celui des hommes, 
les autres de celui des quadrupèdes ; ils le sucent avec leur 
trompe , qu'on n'aperçoit presque jamais, à moins qu'elle ne 
soit en action. Il n'est pas de quadrupède qui n'ait son pou par- 
ticulier ; quelques-uns en nourrissent plusieurs. L'homme 
est attaqué par trois espèces :la première est le pou commun, 
celui des vêtemens ; la seconde est celui que nous appelle- 
rons pou de latête\ et la troisième est celui que l'on nomme 
morpion. 

Svvammerdam,quiadonné l'anatomie du pou de l'homme, 
n'a pu découvrir aucun mâle parmi ceux qu'il a exami- 
nés; il leur a toujours trouvé un ovaire ; ce qui lui a donné 
lieu de soupçonner qu'ils sont hermaphrodites. Mais les 
observations de Lecuwcnhoek diffèrent beaucoup de cel- 
ler. de cet auteur. Celui-ci a observé parmi ces insectes, 
des individus pourvus de toutes les parties qui caractérisent 
le sexe masculin , et il a donné les figures de ces parties. Le 
même auteur a encore découvert dans ceux qu'il regarde 
comme les mâles , un aiguillon recourbé , situé dans l'ab- 
domen , et avec lequel, selon lui, ils peuvent piquer; 
il croit que la plus grande démangeaison qu'ils causent , 
vient de la piqûre de cet aiguillon , ayant remarqué que l'in- 
troduction de leur trompe dans les chairs ne produit presque 
aucune sensation , à moins qu'elle ne louche à quelques 
nerfs. Degéer dit avoir vu un aiguillon semblable , placé au 
bout de l'abdomen de plusieurs poux de Ihonime , tant à 
ceux du corps, qu'à ceux de la tête ; ceux-ci qui, d'après 
Topinion de Leeuwenhoek , sont les mâles , ont , suivant 
Degéer , le bout de l'abdomen arrondi , au lieu que les fe- 
melles, ou ceux à qui l'aiguillon manque, l'ont échancré. J'ai 

xxviii. 6 



82 P O U 

vu aussi très-dislinctement , dans un grand nombre d'indivi- 
dus, l'aiguillon ou la pointe coniqMC et écailleuse , dont ces 
auteurs font mention. 

Ces insectes sont ovipares , et multiplient beaucoup ; ils 
déposent leurs œufs, qu'on connoît sous le nom de lentes , 
sur les cheveux et sur les habits. Les petits ne tardent pas 
long-temps à sortir de l'œuf ; ils changent plusieurs fois de 
peau , et après les mues , ils sont en état de se reproduire. 
Des expériences ont prouvé qu'en six jours un pou peut 
pondre cinquante œufs, et il lui en reste encore dans le ven- 
tre. Les petits sortent des œufs au bout de six jours , et envi- 
ron dix-huit jours après , ils peuvent pondre à leur tour. D'a- 
près ces observations, et les calculs auxquels elles ont donné 
lieu, deux poux femelles peuvent avoir dix-huit mille petits 
dans l'espace de deux mois. 

Linnœus a regardé le pou qui se tient constamment sur la 
têle , comme une variété du pou commun ; il en diffère en 
ce qu'il a la peau plus dure et plus colorée , et le corselet et 
l'abdomen bordés , de chaque côté , par une raie d'un brun 
encore noirâtre. Nous pensons qu'on peut en faire une es- 
pèce. Voyez plus bas les caractères qui distinguent ces 
deux insectes. Ce même naturaliste dit qu'il n'a point trouvé 
de plus gros poux que dans les cavernes chaudes de Fahlun 
en Suède. 

Les enfans, les personnes qui laissent trop long-temps sur 
leur tête , surtout en été , la crasse formée par l'usage de la 
poudre , celles qui emploient pour l'ornement de leurs che- 
veux une poudre mal préparée , sont exposées à être atta- 
quées par cette seconde sorte ou variété de pou. Celui des 
vêtemens , ou celui qui se lient sur le corps , mais hors des 
parties qui avoisinent les organes de la génération , fait par- 
ticulièrement son séjour sur les personnes malpropres , et 
qui ne changent pas assez souvent de linge. C'est de cette 
même espèce que souffrent ceux qui sont affectés de la mala- 
die joe^/icu/ajVt? ou yy/<//«V/a5e. J'ai eu occasion de m'en assurer, 
d'après les moyens de recherches que m'a fournis à cet égard 
le savant Alibert , médecin de l'hospice Saint- Louis. La 
troisième espèce de pou humain se trouve sur les personnes 
qui fréquentent les lieux de débauche, ou qui ont couché avec 
des personnes infectées de ces insectes. 

La malpropreté attire les poux , et leur prépare un local 
favorable pour la reproduction de leur postérité ; c'est ce vice 
qu'il faut d'abord attaquer , si l'on veut se garantir de ces in- 
sectes , ou parvenir , si Ton en est atteint , à rendre plus 
efficaces les moyens que l'on emploiera pour les détruire. 
Ces moyens agissent en deux manières. Les uns, tels que 



P O U 83 

les substances huileuses , graisseuses , ou qui comlennent du 
gaz azote , bouchent les stigmates de ces insectes ou les ou- 
vertures destinées à l'entrée de l'air , et les étouffent. Les 
autres, tels que les semences de staphis agri'a , an pied d'alouette, 
les coques-du- Levant , le tabac, réduits en poudre , font l'effet 
d'un poison violent, et exercent leur influence sur l'organi- 
sation générale de ces insectes. Les préparations mercurielles 
sont, de toutes, celles qui les font périr plus sûrement et 
plus prompteraent. On les emploie aussi à l'égard des ani- 
maux domestiques qui ont des poux. 

On prétend que les poux , en perçant la peau , font sou- 
vent naître des pustules qui peuvent se convertir en gale , et 
quelquefois en teigne ; leur multiplication , dans certains 
sujets , est poussée à un tel point , qu'elle finit par produire 
une maladie mortelle , qu'on nomme , comme nous l'avons 
dit plus hàal j phthinase. L'histoire nous en fournit plusieurs 
exemples. 

Ovicdo croit avoir observé , qu'à une certaine latitude , 
les poux quittent les naulonniers espagnols qui vont aux Indes, 
et les reprennent à leur retour , dans le même degré de lati- 
tude : c'est à la hauteur des tropiques. Dans les Indes , quel- 
que sale que l'on soit , l'on n'en a , dit-on , qu'à la tête. Ces 
observations ont besoin d'être appuyées de témoignages plus 
certains; mais seroient-elles vraies, il n'y auroit rien de sur- 
prenant. Un degré de chaleurconsidérable, une transpiration 
plus abondante pouvant être contraires à la propagation du 
pou des habits ; ayant la peau plus tendre, il peut craindre l'in- 
(luence de l'air, dans des climats aussi brûlans. 

Les Hotlentols et différens singes mangent avec plaisir les 
poux , et sont nommés , pour cette raison , phthirophages. Les 
nègres de la côte occidentale d'Afrique se font chercher 
leurs poux par leurs femmes , qui les croquent. 

Des auteurs ont indiqué le régime qu'il falloit observer 
afin de se garantir des poux. Le meilleur de tous , dans les 
cas ordinaires, est la propreté. Nous ne parlerons pas des 
cures médicales qu'on leur a prêtées ; on n'y croit plus. In- 
troduits dans l'urètre des enfans nouveau-nés , et qui ont 
une suppression d'urine, les poux peuvent , par le chatouil- 
lement qu'ils excitent sur ce canal , obliger le sphincter à se 
relâcher et faire un passage à l'urine. Les maréchaux em- 
ploient ce moyen dans les rétentions d'urine des chevaux. 

Dans la méthode du docteur Léach , troisième volume d.; 
ses Mélanges de zoologie, notre genre pediculus compose la 
première famille, celle dus pédiculidês ( psdirM/idea ) , du sou 
ordre des anoplures {anopîura ); il la partage en deux races, 
La première a pour caracièrcs : corselet Irès-court , poini 



84 POU 

distinct ; les 6enx pattes antérieures monodactyles , les auj 
très didactyles; abdomen brusquement plus large que la tête. 
Cette division ne comprend qu'un seul genre , celui de phthire 
( phthirus ) , et dont on ne connoît encore qu'une espèce , 
celle du pubis. Dans la seconde race de celte famille , le cor- 
selet est distinct, et de grandeur moyenne ; tous les pieds sont 
didactyles. Elle est formée de deux genres, ceux à'hœmatopine 
(hœmatopinus), et de pou{pedîculus). Les espèces du premier ont 
le corselet brusquement plus étroit que l'abdomen , et cette 
dernière partie fort large. Le pou du cochon , de Linnœus , est 
le type de ce genre. ( F. sa figure , pi. i46 de l'ouvrage pré- 
cité. ) Celui auquel M. Léach conserve le nom de pedicu- 
lus , et qui comprend l'espèce désignée sous le nom d'Auma- 
nus , pou de l'homme , est ainsi caractérisé : corselet n'étant 
pas plus étroit que l'abdomen ; cette partie du corps, linéaire. 

Fabricius a placé le genre pediculus, sans y faire de chan- 
gement , dans son ordre des antliates , ou celui des diptères. 

Pou HUMAIN, Pediculus humanus , Linn. , Geoff. , Fab. ; 
pi, M. 29 , 12 , de cet ouvrage. Il est d'un blanc sale , sans 
taches, avec les yeux noirs. Les découpures ou lobes de son 
abdomen sont plus allongées et moins marquées que dans le 
pou de la tête. Il se tient sur les parties couvertes du corps. 

Pou DE LA TÊTE , Pediculus cewicaUs. Son corselet , les 
parties où sont les stigmates, sont colorés en brun ; les lobes 
de l'abdomen sont arrondis. Il vit sur la tête de l'homme. 

Pou DU PUBIS, Pediculus pubis , Linn., Fab,, Geoff. Il 
est un peu plus petit que les précédens ; son corps est plus 
arrondi, plus large; le corselet est très-court , et se confond 

fresque avec l'abdomen, qui a postérieurement deux créne- 
ures plus longues, en forme de cornes. Les quatre dernières 
pattes sont très -fortes. Il s'attache aux poils des parties 
sexuelles , et à ceux des sourcils des hommes malpropres, 
auxquels il tient fortement ; sa piqûre , qui est très-forte, l'a 
fait nommer par quelques naturalistes , pediculus ferox. Il est 
connu en français sous le nom de morpion. 

Pou DES Nègres , Pediculus Nigriiarum , Fet, Il est d'un 
roir foncé , rugueux , avec la tête grande , plane et presque 
triangulaire. Il se lient sur le corps des nègres. 

Pou DU BUFFLE , Pediculus hufali. Il est plus petit que le 
pou humain ; il a les antennes courtes; la tête petite ; le corps 
d un jaune foncé, avec des lignes brunes, et cinq tubercules de 
chaque côté de l'abdomen; les crochets des tarses très-longs. 

On le trouve , au Cap de lionne- Espérance , sur le buffle. 

Pou DU BŒUF, Pediculus tauri ^ buois. Il est très - petit , 
blanc , avec la tête , les pattes et huit lignes à l'abdomen , 



POU 85 

Le singe ^ le lion , le tigre, le chameau, Vâne, le cochon , et 
beaucoup d'autres animaux , ont des poujo particuliers. V. 
Rédi et Albin, (l.) 

POU D'AGOUTI. F. Brûlots, (desm.) 

POU AILÉ. y. Pou VOLANT, (o.) 

POU DE BALEINE. C'est le nom vulgaire d'une co- 
quille du genre des Balanes , que l'on trouve fréquemment 
fixée sur les baleines, mais qui ne vit pas de leur sang, comme 
on le croit communément, (b.) 

POU DE BALEINE. V. Balanus ou Gland de mep. , 

TUBICINELLE, CyAME , PyCNOGOiSON. (L.) 

POU DE BOIS. F. PsoQUE. (l.) 

POU DE BOIS ou FOURMI BLANCHE. F. Termes. 
Valmont de Bomare cite à cette occasion un insecte de la 
Louisiane, dont a parlé le docteur Mauduyl , et qu'il croit 
être la fourmi rouge de l'Amérique méridionale. Cet insecte 
est frohaYAemeui la miiti/Ie occidentale, (l.) 

POU DE MER. F. Cymothoé. (l.) 

POU DE MER. Coquille du genre des Porcelaines. 

C'est aussi le nom des crustacés du genre Cymotee , qui 
s'attachent aux poissons, et vivent de leur sang, (b.) 

POU DE MER D'AMBOINE. Espèce de crustacé qui 
nous est inconnue , et que l'on mange dans quelques parties 
de ITnde , sous le nom de fotok. (l ) 
POU DE MER DU CAP DE BONNE-ESPERANCE, 
dont il est fait mention dans Kolbe. C'est probablement une 
sorte de cymoihoa. (l.) 

POU DES OISEAUX ( Insecte-). F. Ricin, (l.) 

POU DE PHARAON;(/«5ec/e). On croit que c'est une 
espèce d'IxoDE ou de Chique, (l.) 

POU DES POISSONS ou POU DE RIVIÈRE. Es- 
pèce à'entomostracé qui s'attache aux ouïes de plusieurs pois- 
sons. F. Calice et Argule. (l ) 

POU DES POLYPES. Animal parasite des polypes; une 
hydracnelle ^ pent-êlre. (l.) 

POU PULS/\TEUI\. F. P.ÎOQUE pulsateur. (l.) 

POU DES QUADRUPÈDES. F. Pou. (l.) 

POU DE RIVIÈRE. F. Pou de poij,soîjs. (l.) 

POU DE SARDE de Nicholson. Insecte du genre cymo- 
ihoa, peut-être celui que Fabricius nomme guadeloupensis. (L.) 

POU SAUTEUR (/«serfe). C'est la /joJ«rej^ér/e de Lin- 
n:eus. F. Smynthure. (l.) 

POU DES TORTUES. Coquille du genre des Balanes. 

On trouve sur les tortues de terre une espèce de chique, 
qui appartient au genre Ixode de Latreille. (B.) 

POU VOLANT ou POU AILÉ. Insectes qui habitent 



86 P O U 

les lieux marécageux , et se jeltent sur les cochons qui vont s'y 
vautrer, pour leur sucer le sang. Ils sont, dit -on, de la 
grosseur des poux qui se trouvent sur ces animaux, mais ils 
sont noirs et ailés. Ce sont des diptères., et peut-être du genre 
sinnilie ou de celui du cousin, (l.) 

POUACRE , Ardea maculaia , Lath. Oiseau dont on a 
fait une espèce particulière , mais qui n'est autre qu'un 
BiHOREAU dans son jeune âge. V. ce mot à l'article HÉRON , 
page /i33. 

Le PoUACRE DE Cayenne , Avdea gardeni ^ est un jeune 

BllIOREAU DE CaYENNE. V. BlUOREAU À SIX BRINS , aU 

même article, (v.) 

POUC. Quadrupède de l'ordre des Rongeurs , et qui 
semble appartenir au genre du Rat. 

Cet animal , que l'on ne connoît, pour ainsi dire , que de 
nom , a été regardé par Erxleben comme n'étant que le sur- 
midoi. V. le mot Rat. (desm.) 

POUCE-PIED , PoUicipcs. Genre établi par Lainarck , 
Histoire naturelle des animaux sans vertèbres , pour placer deux 
espèces d'ANATiF, qui ont plus de cinq valves à leur coquille. 
Les caractères de ce genre sont : corps recouvert d'une 
coquille , et soutenu par un pédoncule tubuleux et tendi- 
neux ; plusieurs bras tenlaculaires ; coquille comprimée sur 
les côtés et multivalve ; les valves presque contiguës , iné- 
gales , au nombre de treize ou davantage , les inférieures 
des côtés étant les plus petites. 

L'Anatif pou CE-PIED , figuré dans la Conchyliologie de 
Dargenville , tab. 26 , D. , sert de type à ce genre , dont les 
mœurs ne diffèrent pas de celles des autres, (b.) 

POUCER. Synonyme de Squale porc, (b.) 

POUCHARL Nom bourguignon de la Pie - grièche 

GRISE. (V.) 

POUCHET. Coquille du genre Hélice, (b.) 
POUDDING etPOUDDINCUE. F. Poudingue. (ln.) 
POUDINGUE. C'est le nom que l^'on donne à un assem- 
blage de cailloux roulés, agglutinés par un ciment naturel. 

Nous avons emprunté ce nom des Anglais , qui nomment 
pudding - stone un agrégat semblable qui se trouve dans leur 
pays, et qui, étant scié et poli, ressemble en quelque sorte à 
une tranche de plum-pudding , un de leurs mets favoris , qui 
est une espèce de farce parsemée de grains de raisins secs, et 
d'autres petits fruits qui sont représentés par les graviers de 
diverses couleurs au poudingue pierreux. 

En adoptant cette dénomination , les anciens minéralo- 
gistes français crurent qu'il convenoit de l'appliquer seule- 
ment aux agrégats de nature silicée, et de réserver le nom de 



M . 21 . 








P O U 87 

brèche ( breccia des Italiens) , à tout agrégat de nature calcaire. 
Mais d'autres minéralogistes ayant observé qu'il y a des 
agrégats formés de toutes sortes de pierres , ils établirent une 
distinction qui est infiniment mieux fondée ; ils assignèrent le 
nom de poudingue aux seuls agrégats de galets ou pierres 
roulées par les eaux et rassemblées au hasard, quelle que fût 
la nature de ces pierres et de leur gluten , et réservèrent le 
Tiom de brèche pour tous les agrégats dont on reconnoît que 
les fragmens , ainsi que la matière qui s'y trouve interposée, 
proviennent des débris de la même roche , et non de l'as- 
semblage fortuit d'un dépôt de galets. V. Brèche. 

Les poudingues sont incomparablement plus répandus que 
les brèches. On en trouve dans presque toutes les vallées où 
coule quelque rivière ; ils ne sont autre chose que les gra- 
viers qu'elles roulent, et que le temps et diverses circonstances 
qui se rencontrent fréquemment, ont agglutinésen masses plus 
ou moins solides. Le mortier qui les lie est tantôt une argile 
consolidée par des oxydes de fer, tantôt un sable pénétré par 
des infiltrations calcaires et qui forment une espèce de grès ; 
tantôt ce ciment est un sable agglutiné par un fluide siliceux ; 
mais ce cas est fort rare , et il offre une circonstance très- 
remarquable , c'est qu'alors tous les galets , sans exception , 
qui composent ces poudingues , sont eux -mêmes de nature 
silicée , quoique souvent ils présentent le tissa propre à des 
pierres d'une autre nature ; de sorte qu'ils paroissent avoir 
été pénétrés par le fluide quarzeux qui les a convertis en 
agate , comme il a si souvent agaiisé des matières organiques 
très-compactes, telles que les dents molaires d'éléphans, etc. 
V. Pétrification. 

Quelque abondans que soient les poudingues , il est infini- 
ment rare d'en trouver qui puissent être de quelque usage 
dans les arts: on ne connoît guère que le poudingue d' Angle- 
terre qui présente cet avantage ; car le caillou de Rennes n'est 
pas un poudingue , ainsi que je l'expose au mot Brèche. 

Le poudingue anglais {V. pi. M 21.) se trouve dans quelques 
rivières d'Ecosse. Les cailloux dont il est composé n'ont en 
général que le volume d'une amande , ou tout au plus d'une 
noix : leurs couleurs sont très-variées , quelquefois assez vives 
et tranchant bien sur le fond. J'en ai des échantillons où l'on 
voit éclater le rouge de la cornaline et de belles teintes de 
différens jaunes; d'autres sont verts ou tirant sur le noir, etc. 
Ces cailloux sont encastrés dans un ciment sablonneux, gris 
ou rougeâtre , de nature silicée comme les graviers eux- 
mêmes; et le tout est susceptible d'un beau poli. Il est fâcheux 
que ce superbe poudingue ne se trouve qu'en fragmens dé- 
tachés , de quelques pouces de diamètre , dont on ne peut 



88 POU 

faire que des plaques , des boîtes et de petits vases pour l'or- 
nement des cabinets. 

Assez souvent ces petits cailloux présentent des couches 
concentriques qui sont toujours parallèles à leur surface , 
quelle que soit leur forme ; et celle circonstance fait présumer 
que ce n'est point au frottement qu'ils doivent leur figure 
arrondie, mais qu'ils ont été formés ainsi à la manière des 
agates ; et ce qui le démontre à mes yeux, c'est que je vois 
dans un de mes échanlillons une petite géode coupée par la 
moitié , et remplie d'un quarz transparent qui permet de voir 
les cristaux qui tapissent rintérieur de celte petite géode ; et il 
est bien certain que sa forme arrondie n'est pas l'effet du 
frottement. 

Il seroit possible , néanmoins , que quelques-uns de ces cail- 
loux fussent des galets d'une nature différente du silex, et que 
ce fût le fluide quarzeux qui , en pénétrant leur masse , eût 
permis aux différentes substances dont ils sont composés , de 
s'arranger suivant leurs affinités. Divers faits paroissent auto- 
riser celte conjecture , notamment les formes circulaires que 
présentent dans leur intérieur les jaspes primitifs que j'ai 
rapportés de Sibérie , et que j'ai fait figurer dans mon Hist. 
nai. des Minéraux , tom. 1 1 , pag. 205. 

ConsidéiaUons géologiques relalioes aux Poudingues. 

Comme le pouâîiigue d' fis;leterre ne se trouve qu'en petites 
masses sur le bord des rivières, il seroit très-possible que de 
semblables morceaux fussent , dans la suite , agglutinés 
avec les galets de ces mêmes rivières , et présentassent aux 
races futures un poudingue contenu dans un autre. J'ai moi- 
même observé un fait semblable dans les poudingues qui bor- 
dent la rive occidentale du Baïkal. J'en ai fait la remarque 
dans un de mes Mémoires sur la Sibérie ( Joum. de phys. , 
mars 1791 , p. 227 ); et comme il me sembla qu'un pareil 
fait supjjosoit une longue série de siècles pour répondre à 
toutes les vicissitudes qu'avoient dû éprouver les pierres qui 
composoient ces deux poudingues , depuis la formation des 
roches d'où le premier tiroil son origine , jusqu'à nos jours , 
je hasardai d'en conclure que le monde est plus ancien qu'on 
ne le dit ; mais je fus , comme de raison , rappelé à l'ordre 
par M. Deluc. 

Ces poudingues du Baïkal présentent un grand fail géolo- 
gique fort important , et qu'on trouve répélé dans mille 
endroits. On voit qu'ils sont composés de couches parallèles 
entre elles, et qui ont dû être formées dans une situation hori- 
zontale; mais aujourd'hui elles sont relevées de l^o à 5o degrés, 
^n plongeant du côté du lac ; il n'e>t même pas rare de voir , 



POU 89 

au dégel , de grands bancs de ce poudingue qui se précipitent 
dans ses eaux. 

Faujas de Saint -Fond a vu sur les côtes occidentales 
d'Ecosse, près du port d'Oban ( lat. cinquante - sept degrés 
quinze minutes), un mur de poudingue de 200 pieds d'élévarion 
sur 60 pieds d'épaisseur , qui occupe le long de la côte un 
espace d'environ trois milles. Ce mur est adossé à des monta- 
gnes tjiillëes à pic ; il est composé de pierres roulées de toute 
espèce , parmi lesquelles on trouve beaucoup de fragmens de 
laves. 

Saussure a vu de même , près de la vallée où coule le 
Chéran , à deux lieues au S. O. d'Annecy, des murs de pou- 
dingue presque verticaux , d'environ 170 pieds d'élévaiion, et 
qui conservent cette situation dans un espace d'environ 100 
toises, mais qui se rapprochent ensuite de la situation hori- 
zontale. Dans l'endroit où ils sont debout , on voit que leur 
crête, qui est adossée à une colline, est couverte par une cou- 
che horizontale d'un poudingue de la même espèce. 

Ces faits et une infinité d autres semblables que j'ai moi- 
même observés , surtout aux bords des lacs , m'ont démontré 
que cette situation des poudingues si extraordinaire en appa- 
rence , est due à de simples al'faissemens qui ont donné nais- 
sance aux lacs eux-mêmes , et qui ont été occasionés par les 
érosions souterraines des eaux qui viennent des montagnes , 
et qui , en s'infillrant dans les interstices de leurs couches , 
forment peu à peu des excavations qui se prolongent sous le 
sol des vallées , où ces mêmes courans avoient précédemment 
déposé des galets qui s'étoient agglutinés en poudingue. 

Quand les excavations sont devenues trop considérables, 
les bancs de poudingue qui les couvroient s'y sont affaisés en 
se fendant par le milieu et sur les deux bords de l'excavation ; 
et ils ont pris une situation d'autant plus inclinée , que l'ex- 
cavation étoil plus profonde. 

Le banc horizontal dont parle Saussure , qui sert de cha- 
peau à la crête du mur presque vertical, n est autre chose 
que la suite même de ce mur, qui en a été séparé par une 
fracture qui s'est faite comme un mouvement de charnière. 

Quant aux poudingues de la côte d'Ecosse , ils avoient été 
jadis formés, comme les autres, hori:iontaicment; mais comme 
dans ces parages la mer gagne continuellement sur 'es côtes 
qu'elle ne cesse de ronger , elle a sapé le sol qui servoit de 
lit à ces poudingues , et lorsque leurs bancs se sont trouvés » 
parce déchaussement, former une saillie d'environ 200 pieds, 
leur pesanteur l'a emporté sur leur force de cohésion ; et 
quoiqu'ils eussent 60 pieds d'épaisseur , ils ont fait , comme 
ceux de Saussure , le ftiouvement de charnière , el se ^oïxk 



90 P U 

fracturés à fleur de rescarpemenl de la montagne , contre 
laquelle ils sont encore en appui , et qui doit probablement 
coRlcnir la suite horizontale de ces mêmes bancs. 

Si la situation inclinée des couches de poudingue nous 
apprend que presque tous les lacs sont dus à des affaissemens, 
l'immensité de leius accumulations dans toutes les contrées 
de la terre nous donne d'autres renseignemens encore plus 
importans pour l'histoire du globe. *, 

Elle prouve que les montagnes furent , dans les pi^iiers 
âges du monde , d'une hauteur immense , et que les fleuves 
furent d'mic grandeur proportionnée à celte élévation ; et de 
la connoissancc de ces faits, découle naturellement l'expli- 
cation de plusieurs autres qu'on avoit regardés jusqu'ici 
comme inexplicables , tels que le transport des débris d'ani- 
maux des pays chauds, dans les contrées boréales ; la pré- 
sence des grands blocs de roches primitives sur des terrains 
plus récens qui forment aujourd'hui des sommets de monta- 
gnes , etc., etc. V. Fossiles et QuÉBRADA. (pat.) 

M. Brongniart divise les poudingues en plusieurs espèces, 
caractérisées par leur nature et leur composition , abstraction 
faite du gisement. 

1. Poudingue anagènique. Pxoches primitives , réunies par 
un ciment soit schisteux , soit de calcaire saccharoïde. Le 
poudingue de Trient , en Valais , et celui du col de Cormet , 
département du Mont-Blanc , se rapportent à cette espèce. 

2. Poudingue pétrosiliceux. Boches de toutes sortes , réu- 
nies par un ciment pétrosiliceux. 

3. Poudingue argitdide. Noyaux de quarz , réunis par un 
ciment argiloïde ; exemple : poudingue de Lautenthal , au 
Hartz. 

4. Poudingue polygénique. Roches de toutes sortes , réunies 
par un ciment calcaire. Le fameux poudingue de Rigi en 
Suisse , qui, il y a quelques années , a englouti un village tout 
entier , est donné comme un exemple de cette espèce. Il est 
nommé nagelfliihe et nagelfels par les Allemands. Il forme, 
dans le voisinage des formations anciennes, des bancs puis- 
sans et des montagnes. 

5. Poudingue calcaire. Noyaux et ciment calcaires. Le na- 
geljluhe de Salzbourg est dans ce cas. 

6. Poudingue siliceux. Noyaux de silex, dans du grès. II se 
trouve à Nemours , près de Fontainebleau , aux environs de 
Paris , et en Angleterre. 

7. Poudingue jaspique. Noyaux d'agate , dans une pâte d'a- 
gate et de jaspe. Les beaux poudingues siliceux qu'on tire 
de l'Angleterre, et dont un est figuré ici , pl.M 21 , rentrent 
dans celte cspèce,oùM.Brongniartp|acele caillou deRennes. 



P O U 91 

8. Poudingue psammiiique. Noyaux de silex et d'autre na- 
ture, dans une pâte de grès mélangé , micacé. Les grès d'E- 
cosse, employés dans la coiistruclion des bassins, à Londres, 
sont donnés comme exemple de celte espèce. 

Cette division , puremenl artificielle, comprend une grande 
partie des roches que les Allemands appellent nagelJlUhe , 
quelques grauamckes , et sans doute , tous les conglomérats 
solides de cailloux, qui se trouvent dans les terrains d'alluvion. 
Cet article poudingue trouvera ses développcmens aux arti- 
cles Roches et Terrains, (lis.) 

POUDINGUE. C'est le nom donné à une coquille du 
genre CôlSE , Comis ruhiginosus. (deSM.) 

POUDINGUE. Nom du Spare rayonné, (b.) 

POUDRE A MOUCHES. Arsenic natif ou teslacé ; 
qu'on nomme aussi cobalt arsenical^ qui, étant réduit en 
poudre et délayé avec de l'eau, est employé pour tuer les 
mouches. Tous les minéraux arsenicaux produisent le même 
eflet. (pat.) 

POUDRE D'OR. On donne ce nom à l'or qu'on retire 
par le lavage des sables aurifères , et qui est en effet sous la 
forme d'une poudre. V. Or. 

On appelle aussi Poudre d'or , la poussière jaune et bril- 
lante qu'on met sur l'écriture. V. Mica, (pat.) 

POUDRE AUX VERS. C'est la poudre de 1' Absinthe 
PONTIQUE et d'autres espèces voisines, (b.) 

POUDRÉ. Vicq-d'Azyr, Syst. anat. des y^wm., donne ce 
nom à la Guenon blanc-nez , Ccrcopithecus niciilans. (desm.) 

POUFIGNON. Nom générique des Pouillots, en Pi- 
cardie, (v.) 

POUFRE. V. POTO. (DESM.) 

POUILLOT. Nom imposé à nos plus petits bec-fins, 
V. l'article Fauvette , tom. 11 , pag. 235 etsuiv. L'individu 
dont il va être question , ne m'étoit pas connu lors de l'im- 
pression de cet article. 

Le PouiLLOT BoNELLi, Syhla Bonelli, Vieill. Cet oiseau 
qui a été tué dans le Piémont , au mois de décembre de 
l'an i8i5, et dont on doit la connoissance au savant natu- 
raliste auquel je l'ai consacré , en lui imposant son nom , 
peut - il constituer une espèce particulière et distincte , 
comme on pourroit le soupçonner d'après son plumage d'un 
blanc pur, sur toutes les parties inférieures , depuis le bec 
jusqu'aux pennes de la queue, tandis que chez les espèces 
d'Europe, décrites à l'article des fauvettes, cette couleur est 
plus ou moins mélangée de jaune.'' Comme je n'ai vu que la 
dépouille d'un seul individu , je me bornerai à compléter sa 
description , en ajoutant à ce que je viens de dire , que les 



n^ POU 

sourcils sonl d'un blanc un peu lavé de jaune vers le bec ; que 
le dessus de la têle , du cou et du dos , est d'un gris verdâtre ; 
le croupion et les couvertures supérieures de la queue , d'un 
vert-olive; que cette teinte est plus vive sur le bord extérieur 
des plumes qui recouvrent l'aile, de ses pennes et de celles de 
laqueue;quc tontes celles-ci sont d'un gris rembruni en dessus, 
et d'un gris-clair en dessous. Le pli de l'aile est jaune, de 
même que ses premières couvertures inférieures; les autres 
sont blanches ; les tarses et le bec , d'un gris-brun. Longueur 
totale , trois pouces. 

Cet oiseau a , comme le pouillot cuUyhi'e. la première ré- 
mige plus courte que la cinquième; mais son plumage est 
différent. Je trouve dans ses couleurs , plus de rapports avec 
celles èiW pouillot Jilis ; ceppndrint on ne peut les confondre, 
puisque celui-ci a la première rémige plus longue que la cin- 
quième , caractères qui existent chez tous les individus de son 
espèce. De la Collection de M. Bâillon, (v.) 

POUKIOBOU. Dénominaiionque leshabitans d'Otahiti 
ontimposée à une espèce dePiGEON qui se trouve dans leur île. 
V. l'article Pigeon, (v.) 
POUL. V. Roitelet a huppe jauise. (s.) 
POUL DE PENSYLVANIE. Dénomination donnée, 
par M. Brisson , au Roitelet rubis. V. ce mot. (s.) 

POULA-CIAPINA. Nom piémontais de la Foulque, 
et PouLA. d'Eva , de la Poule d'eau, (v.) 

POULAILLE. Vieux mot que nos aïeux employoient 
pour désigner la Volaille, (s.) 

POULAIN. Jeune Cheval. V. ce dernier mot. (s.) 
POULAIN , Equula. Sous-genre , établi par Cuvier , 
pour placer le ZiîE de ce nom , qui s'écarte des autres. Ses 
caractères sont : corps comprimé, couvert d'écaillés, excepté 
vers le bout de la ligne latérale, une seule nageoire dorsale, 
dont la partie épineuse est la plus saillante ; une rangée 
d'épines accompagnant, de chaque côté, l'anale et la caudale ; 
ic museau Ircsproiractile ; les mâchoires garnies de pe- 
tites dents très-serrées ; deux épines au-dessus de chaque œil; 
le préopercule denté vers le bas ; une sorte de bouclier ar- 
rondi , en avant des ventrales, (b.) 

POULARDE. Poule à laquelle on a retranché les ovai- 
res, pour donner à sa chair plus de délicatesse, (s.) 

POULCRÉ. Liqueur enivrante qu'on fabrique au Mexi- 
que, avec la sève de 1 Agave d'Amékique, appelé Margai 
dans le paj^s. Cette liqueur , dont on fait une prodigieuse 
consommation , donne de reau-de-vie , par sa distillation , 



POU gî 

et du vinaigre , par son exposition dans un lieu chaud : c'est 
donc un véritable vin. (B.) 
POULE. V. l'art. Coq. (v.) 

POULE. Les anciens oryclngraphes donnoient ce nom 
et celui de Poulettes, aux Anomies et aux Terebratules. 

(desm.) 
POULE AFRICAINE. V. Pei^tade. (v.) 
POULE D AFRIQUE. V. Peintade. (s ) 
POULE DE BARBARIE. Voyez Peintade. (s.) 
POULE BLEUE. V. Porphyrion. (v.) 
POULE DE BOIS. Gesner parle, sous ce nom, du 
petit télras à queue pleine. On le donne aussi An colin colenicui ^ 
et au coiinga cordon bleu. F. Tétras, Perdrix et Cotlnga. (v.) 
POULE (peliie) DU BON DIEU. C'est le Troglo- 
dyte , dans le pays de Caux. (v.) 

POULE DE BRUYÈRE. V. Tétras, (s ) 
POULE et COQ DE BOIS. Le grand Coq de 
BRUYÈRE se nomme ainsi dans plusieurs cantons de la 
France. V. Tétras, (s.) 

POULE ET COQ DE BOULEAU. C'est le Petit 
Tétras. Voyez le mot Tétras, (s.) 

POULE et COQ DE LIMOGES. Dénomioation 
sous laquelle on connoîl le fiRA^'D Coo DE bruyère en 
quelques lieux de la France, (s.) 

POULE DE CORÉE, à laquelle des anciens voyageurs 
attribuent une queue de trois pieds de longueur , me paroît 
Cire le paon, (s.) 

POULE DES COUDRIERS, GalUna corylomm. Voyez 
Gelinotte à l'article Tétras, (s.) 

POULE DE DAMIETTE. V. Porphyrîon. (s.) 
POULE DE/VU. V. Galunule. (v.) 
POULE D'EAU DE BARB VRIE. V. Râle, (v ) 
POULE D.EAU ÉPERONNEE. V. Jacana. (v.) 
POULE D EAU NOIRE. T. Foulque, (v.) 
POULE D'EAU PERLÉE. V. Râle marquette, (v.) 
POULE D'EGYPTE. V. Peintade (s.) 
POULE DU DELTA. V. Porphyrion. (v.) 
POULE ETRANGERE. L'on a donné ce nom à la 
peintade. (s.) 

POULE FAISANDE. V. Faisan, (s.) 
POULE A FRAISE. V. Grosse Gelinotte du Ca- 
nada , au mot Tétras, (s.) 

POULE GLOUS.SANTE de Dampler ( Voyages au- 
tour du Monde). Elle a élé rapporlée , par Buifon , au:?; 
Crabiers. V. ce mot , à l'article Hero?;. (v,) 



94 l' O Li 

«( îjes poules gloussantes , dit Dampler, ressemblent beau- 
coup aux chasseurs , ou mangeurs (ïécre^'isses ( les crabriers ) , 
mais elles n'ont pas les jambes tout-à-fait si longues; elles 
se tiennent toujours dans des lieux humides et marécageux , 
quoiqu'elles aient le pied de la même figure que les oiseaux 
de terre ; elles gloussent d'ordinaire , comme nos poules 
qui ont des petits , et c'est pour cela que nos Anglais les 
appellent poules gloussantes. Il y en a quantité dans la baie de 
Campêche , et ailleurs , dans les Indes occidentales.... Les 
chasseurs décrépisses , les poules gloussantes et les goldens , pour 
la figure et la couleur, ressemblent âuxhérons d'Angleterre ; 
mais ils sont plus petits, (s.) 

POULE GHASSE. Nom vulgaire de la Lampsane , de 
I'Anserine verte et de la MÀctiE. (b.) 

POULE GPiASSE. On donne aussi ce nom au Ghéno- 
PODE COMMUN ( Chenopodiuni album , L. ). (LN.) 

POULE GKISE. Dénomination de la femelle du petit 
tétras à queue pleine , en Ecosse , suivant Gesner. Le mâle y 
porte celle de coq noir. Voyez Tétras, (s.) 

POULE (grosse) HUPPÉE DE LA NOUVELLE- 
GUINEE. Celte dénomination a été appliquée, par quelques 
voyageurs , au pigeon couronné de Banda, (s.) 
POULE DE GUINÉE. F. Peintade. (s.) 
POULE DE JERUSALEM. F. Peintade. (s.) 
POULE DE LIBYE. F. Peintade. (s.) 
POULE DE MARAIS , Galius pulustris. Foyez Lago- 
pède d'Ecosse, (s.) 

POULE DES MARAIS. On donne encore ce nom à 
la Foulque ou Mokelle. (desm.) 

POULE DE MAURITANIE. F. Peintade. (s.) 
POULE DE LA MECQUE. F. Peintade. (s.) 
POULE DE MER. C'est , dans Albin, le Guillemot. 

(V.) 
POULE DE MER. Nom de différcns poissons , tels que 
le ZÉE FORGERON , le Gade tacaud et le Labre tanche. 

(B.) 

POULE DE MER. F. Okeitsok. (v.) 

POULE MORESQUE. Turner, dans Gesner, appli- 
que cette dénomination au petit tétras à queue pleine. Voyez 
le mot TÉTRAS, (s.) 

POULE DE NEIGE. On a quelquefois désigné ainsi 
le Lagopède, (desm.) 

POULE NOIRE DE MOSCOVIE. Albin adonné ce 
nom au Tétras. F. ce mot. (s.) 

POULE DE NUMIDIE ou NUMIDIQUE. F. Pein- 
tade. (s.) 



P G U ^5 

POULE PALOURDE ou PATOUUDE. Des naviga- 
teurs ont improprement donné ce nom à des oiseaux pêcheurs 
qu'ils ont rencontrés sur Je grand banc , et qui sont très- 
friands du foie de morue, (s.) 

POULE PEINTADE. V. Peintade. (s ) 

POULE PETEUSE. V. Agami, (s.) 

POULE DE PHARAON. Thévenot indique', sous ce 
nom , la peintade. (.s.) 

POULE DU PORT EGMONT. Dans les relations 
des grandes navigations des Anglais , le goéland hrun est ap- 
pelé poule du port Egmont , du nom d'un port des îles Fal- 
kland , ou Malouines. V. l'article des Goélaisds , au mot 
Mouette, (s.) 

POULE QUI POND. On a donné ce nom à la 

MORELLE MÉLONGÈNE. (b.) 

POULE ROUGE DU PÉROU. C'est, dans Albin , le 
hoccodu Pérou, (s.) 

POULE RUSTIQUE. F. Poule sauvage, (v.) 

POULE SAUVAGE DU RRÉSIL. G est le magoua , 
dans l'Ornithologie de Salerne. F. Magoua. (s.) 

POULE SAUVAGE ou RUSTIQUE. Chez les Ro- 
mains , c'étoit la gelinotte , oiseau tfès-eslimé, mais d'une 
très-grande rareté à Rome. V. l'arlicle Tétras, (s.) 

POULE SULTANE de la baie d'Hudson. F. Râle 
Widgeon. (v.) 

POULE SULTANE RRUNE, de Brisson. F. Gal- 

LINULE GLOUT, (V.) 

POULE SULTANE BRUNE, de Buffon. F. Por 

PHYRION DE LA ChIISE. (V.) 

POULE SULTANE ( petite ), d'Albin, F. Gallinule 
grinette. (v.) 

POULE SULTANE. F. Porphyrion proprement dit. 

(V.) 

POULE SULTANE. Coquille terrestre des Grandes - 
Indes, qui fait partie du genre Bu lime de Bruguières. (u.) 

POULE SULTANE ROUSSE. Foyez Gallinule 
Smirrjng. (v.) 

POULE SULTANE ROUSSETTE. Foy. Râle de 
Genêt, (v.) 

POULE SULTANE TACHETÉE. F. Gallinule 
grinette. (v.)* 

POULE DE TUNIS. F. Peintade. (s.) 

POULET. C'est le jeune coy. F. l'article du Coq. (s.) 

POULET DE BOIS, Dénomination vulgaire de la 
Huppe , en divers lieux, (s ) 



96 POU 

POULET DE LA MÈRE CAREY. Des navigateurs 
anglais onl donné celle dépomination bizarre à une es- 
pèce àe pétrel ^ cl vraisemblablement au très-grand pétrel , 
oaguel.arifa hucssos , qui porte le nom de mère carey dans les 
Voyages du capitaine Cook. Au reste, les Anglais virent 
plusieurs de ces étranges poulets se promener sur Teau , le 
long de la côte du Chili , après le débouquement du détroit 
de Magellan. ( Voyage du capitaine Carleret. ) V. Pétrel. 

(S.) 
POULETTE. Jeune Poule. V. ce mot. (s.) 
POULETTE. Les oryctographes donnolent ce nom aux 

AîSOMIES rO.SSILES. (b.) 

POULETTE D'EAU. Dans Belon , c'est le nom de 
la Poule d'eau. V. Gallinule. (v.) 

POULL Un Anon et un Poulain en languedocien. 

(desm.) 

POULIDO. V. Moustelo et Luzeto. (desm.) 

POULINE ou POULICHE. Jeune Jument. L'animal 
porte ce nom jusqu'à trois ans. (s.) 

POULINIÈRE. Jument que Ton destine à la propaga- 
tion de l espèce. V. au mot Cheval, (s.) 

POULIOT. Plante du genre des Menthes, (b.) 

POULÎOT-THYM. Nom vulgaire donné à la menthe 
des champs. Voyez l'article Menthe, (b.) 

POUILLEUX. Le Thym commun se nomme ainsi aux 
environs <!e Boulogne, (e ) 

POULLAZES. C'est ainsi que le jésuite Acosta désigne 
lUKUiiU. V. l'article (^allinaze. (s.) 

POULNÉE. V. Colombine. (desm.) 

POULO D'AIGUO. ISom provençal de la Poule 
d'eau, (v.) 

POULPE. Nom spécifique d'un mollusque du genre des 
sèches , que Lamarck a donné pour type à un genre nou- 
veau , dont les caractères sont : un corps charnu , obtus 
iiifcrieurement , et contenu dans un sac dépourvu d'ailes; 
un osselet dorsal nul ou très-petit; une bouche terminale, 
entourée de huit bras ég.-jux , niunis de ventouses scssiles et 
.«^ans griffes. V- au mot Sèche. 

L'espèce la plus connue de ce genre est le polype d'A- 
rislole (^Sepia octopcdlu). Cuvier propose d'en faire le type 
d'un sous-genre, sous la considéralion que les ventouses de 
leurs bras allernenl sur deux rangées. Il propose également 
do faire servir les J'J.ODONS , du même auteur , qui n'ont 
. qu'une rangée de ventouses sur chaque bras, à l'élablisse- 
laent d'un autre sous-genre. 



POU „ 

Le genre Ocythoé , de Rafflnesque, n'en diffère pas suf- 
fisamment , à mon avis , pour en être distingué. 

Une anatomie complète des anim.^ux de ce genre , qui est 
un modèle d'exactitude , a été lue à Tlnslilut par le mâme 
naturaliste, (b.) 

POUMA ou. PUMA. C'est le nom que les habitans de 
Quito, au Pérou, donnent axx couguar ^ grande espèce de 
Chat. V. ce mot. (desm.) 

POUMELLE. Nom vulgaire de TAgaric élevé , qui se 
mange dans beaucoup de lieux, (b.) 

POUMERENGUE ou POUMERINGUE. On donne, 
ce nom aux jeunes Spares dorades, (b.) 

POUMON MARIN. Pline a décrit, sous ce nom, un 
mollusque de la Méditerranée , qui ressembloit en petit à 
l'organe de ce nom. Rondelet a cherché à quel objet de sa 
connoissance on pouvoit rapporter ce que dit Pline , et a 
trouvé deux animaux qui pouvoient convenir à la description 
de ce dernier. Un d'eux a été figuré dans son ourvage sur les 
poissons , mais on n'en est pas plus avancé. On ignore en- 
core à quel genre appartient le poumon marin. Tb.^ 

POUxMONS {Pulniones, ou Pu!mo)ei dt- la RESPIRA- 
TION. La nécessité de rintrodnclion de l air dans les hu- 
meurs des corps organisés, est prouvée par l'universalité de 
la respira/ion dans tous ; car les animaux ne sont pas les seuls 
êtres qui en aîent besoin ; les plantes respirent aussi, elles 
ont des pores , des petits orifices dans lesquels l'air pénè- 
tre au milieu de leur propre substance. Les feuilles sont des 
espèces de poumons pour les végétaux; elles absorbent de 
l'air et elles en exhalent. Les animaux aquatiques et ceux qui 
habitent sous la terre, ont aussi leur respiration. Les poissons 
séparent de l'eau l'air qu'elle a dissous; les surfaces de leurs 
branchies ( ouïes ) l'absorbent et le font passer dans le sang. 
L'air qui se trouve dans les interstices de la terre , suffit aux 
animaux qui s'y enfoncent. Sans doute, les truffes et les au- 
tres plantes souterraines respirent aussi la petite quantité 
d'air qu'elles trouvent à leur portée. Tout 'ce qui est vivant 
me paroît donc respirer plus ou moins, et l'on pourroit re- 
garder cette fonction comme essentielle à l'organisation de 
tous les corps animaux et végétaux. 

§ L De la structure des organes respiratoires chez les animaux. 
I." Des poumons. L'on ne trouve de véritables poumons que 
chez les mammifères (homme, quadrupèdes et cétacés), les 
oiseaux et les reptiles. Les quadrupèdes , les cétacés et les 
oiseaux ont des poumons spongieux dont les vésicules sont 
exlrêmeraent petites çt peu visibles à la simple vue; mais chez 

XXYIU. 7 



9B POU 

les reptiles, c'est-à?dîre chez les quadrupèdes ovipares elle« 
serpens , les poumons sont vésiculeux et pourvus de quel- 
ques muscles qui peuvent les comprimer pour en faire sortir 
l'air. Ces derniers animaux ont une respiration fort lente et 
presque insensible ; aussi la plupart d'entre eux peuvent se 
passer d'air pendant un temps assez considéralile. J'ai tenu 
des grenouilles enfoncées consiammenl dans l'eau pendant 
plus de dix jours, de manière qu'elles ne pouvoient pas re- 
prendre leur respiration; cependant elles n'ont pas péri. 
Pendant ce temps , la circulation du sang n'est point arrêtée , 
parce qu'il n'y a qu'une partie de cette liqueur qui passe 
dans l'organe respiratoire. 

Les oiseaux ont de vastes poumons qui remplissent non- 
seulement toute la cavité de la poitrine , et sont même adhé- 
rens aux côtes , mais qui sont pourvus, de plus, d'appen- 
dices ou sacs membraneux remplis d'air. Ces appendices 
s'étendent dans le bas-ventre , et communiquent l'air à pres- 
que toutes les parties de l'oiseau ; car l'air entre jusque dans 
les os , le tissu cellulaire , et la peau des oiseaux : c'est pour 
cela qu'ils ont tant de légèreté, eu égard à leur volume ; 
car le squelette d'un oiseau ne pèse pas le liefs de celui d'un 
quadrupède de même grosseur. 

Chez l'homme et les autres mammifères , les poumons 
sont deux viscères spongieux, mous, bien plus légers que 
l'eau, renfermés dans une vasle membrane séreuse, nom- 
mée plèvre, et garantis ou entourés par l'appareil osseux du 
thorax , savoir : en arrière , par la colonne épinière ; sur les 
côtés, par les arceaux des cotes, et en devant, par le sternum. 

Ces deux viscères, dont le droit, un peu plus volumineux, 
se partage en trois principaux lobes, et le gaucho en deux, 
se réunissent , à leur partie supérieure , aux deux bronches 
dans lesquelles se sépare la trachée artère, ouïe conduit 
cartilagineux qui conduit l'air, de l'extérieur, dans la cavité 
des poumons. Ceux-ci contiennent donc une multitude in- 
nombrable de ramifications bronchiques; ces canaux divisés 
pénètrent à l'inftni dans un tissu composé de milliards de 
petits lobes, sortes d'épongés formées de cellules extrême- 
ment petites, qui s'entre-communiquent. Ces lobules s'ag- 
glomèrent aux lobes plus considérables, pour composer tout 
le tissu pulmonaire. 

Chtz les reptiles , néanmoins, ces lobules sont plus gros, 
ou plutôt ils composent des cellules plus apparentes; aussi, 
leurs poumons sont un amas de vésicules; mais chez les ani- 
maux à sang chaud , le tissu pulmonaire est plus serré , et 
il y a des surfaces infiniment plus considérables , dans un 
petit espace. Ce tissu , chez tous les animaux , est en outre 



POU 

pénétré par une multitude incroyable de vaisseaux sanguins , 
soit artériels , soit veineux , et communiquant avec le cœur 
placé vers le centre de tout l'appareil respiratoire. Le jeu de 
ces organes est animé par des nerfs venant, soit des grands 
sympathiques, soit de la huitième paire cérébrale et des tho- 
raciques ; enfin , il y règne aussi des rameaux de vaisseaux 
lymphatiques , avec des glandes , pour arroser et lubréfier 
ces organes, ou pour concourir à la san'guification qui 3'opère 
principalement dans l'appareil respiratoire. 

Chez les poissons , les poumons sont remplacés par des 
feuillets ou espèces de peignes dans lesquels se ramifient les 
vaisseaux sanguins, et qui entrent en contact avec l'eau aérée. 
Ces feuillets sont les branciiies , vulgairement nommées les 
ouïes. ( V. l'article Branchies et Poisson.) 

La plupart des mollusques et les crustacés respirent aussi 
par des branchies aquatiques , comme les poissons ; mais les 
mollusqueslerrestres absorbent l'airdansune cavité ou espèce 
de bourse intérieure , sur les parois de laquelle rampent des 
multitudes de réseaux de vaisseaux sanguins (blancs chez tous 
ces animaux). M. Cuvier a cru devoir appeler cette cavité ,■ 
un poumon , et a distingué ces mollusques sous le nom de 
pulmonés ; tels sont les escargots, etc. 

Les insectes , proprement dits , respirent par des Tra- 
chées ( voyez ce mot ) ; mais, indépendamment de ces rami- 
fications infinies de tubes aériens , pénétrant dans toutes le» 
parties du corps des insectes , quelques familles d'arach- 
nides , comme les scorpions , et diverses araignées ( les fi- 
leuses, lespédipalpes) , ont à l'origine de ces trachées , des 
sacs pulmonaires ou bourses d'où partent des ramifications 
dans le reste du corps. Ces animaux ont aussi un cœur. Cet 
organe d'impulsion du fluide sanguin existe chez tous les ani- 
maux à poumons ou à branchies , mais non pas chez ceux à 
trachées. ( Voyez Cœur et Circulation. ) 

Les vers , excepté quelques annclides pourvues de bran- 
chies , ont des trachées aquifères ou respirant l'eau, comme 
les sangsues , les vers de terre ou d'eau ; enfin , la plupart 
des zoophytes, oun'ont aucun organe de respiration distinct, 
ou paroissentrespirer l'eau, comme les astéries et les oursins. 

Or, si nous considérons que plus les organes pulmonaires 
ou autres appareils respiratoires sont compliqués , plus la 
circulation du sang y apportera cette humeur en contact 
avec l'air ( ou l'eau aérée , dans les branchies des poissons 
ou mollusques ) , nous en verrous résulter de grands effets 
sur La vie animale. 

Il est reconnu par l'expérience, que plus la respiration est 
vaste et fréquente , plus l'animal a le sang chaud, plus il est 



,oo POU 

actif, sensible, énergique. Moins Tanlmal respire , et plus il 
se rapproche de l'inertie de la végétation ; aussi , les espèces 
les plus perfectionnées, les mammifères et les oiseaux, ont 
une respiration très-étendue , jointe à une circulation pulmo- 
naire complète, c'est-à-dire, que toute la masse de leur sang 
passe dans l'appareil respiratoire, pour être ensuite répartie 
dans le corps , y porter la chaleur , l'énergie vitale , en tnême 
temps Que la nourriture. Au contraire , les reptiles, les pois- 
sons, qui respirent moins , ou dont tout le sang ne passe point 
dans les organes respiratoires , n'ont qu'un sang moins vivi- 
fiant , moins stimulant, moins oxygéné , qui laisse tous leurs 
muscles , leurs chairs , inertes , engourdis , froids : leur or- 
ganisation est donc moins élaborée ; aussi la chair de poisson, 
de reptile , n'est que du maigre peu nourrissant. ( Voyez 
Poisson et Ichthyophagie. ) Les mollusques et autres races 
inférieures sont encore inoins perfectionnées , et elles res- 
pirent moins aussi , à proportion. 

On pourroit donc établir que tout le règne animal n'est 
de plus en plus perfectionné et élaboré dans son organisa- 
tion , qu'à mesure que l'appareil pulmonaire est de plus en 
plus complet ; car il est évident qu'en travaillant le sang , 
qu'en portant l'hématose à un degré de vitalité et d'énergie 
plus avancé , tous les organes que nourrit ce sang si riche et 
si excitant , comme le cerveau, les muscles, les sens, acquer- 
ront une activité , une énergie, une vitalité, d'autant plus 
accomplies. ( Voyez Oiseau et Quadrupède. ) 

§ II. De la Respiration et de la Chaleur animale. 

On a découvert par la chimie , ce qui se passoil dans l'acte 
respiratoire. Ainsi Priestley et Lavoisier , ensuite Goodwin, 
Bichat et Legallois,ont bien reconnu qu'il s'opéroit alors une 
sorte de combustion analogue à celle des corps enflammés. 
En effet , l'air est nécessaire à la flamme comme à l'animal 
l|ui respire ; sans lui , le feu et la vie s'éteignent ; il étoit 
donc intéressant d'examiner les rapports de ces deux opéra- 
tions. Une bougie enfermée sous un vase qui ne contient que 
de l'air ordinaire , languit bientôt , meurt , s'éteint. On a re- 
marqué alors que le volume de l'air étoit diminué , et que 
cet air n'avoit plus la propriété d'être respiré ; qu'il étouffoit, 
au contraire , l'animal qu'on y introduisolt. La diminution 
d.e volume prouvoit la soustraction d'une portion de cet air , 
et ses mauvaises qualités annonçoient un changement. En 
suivant ces expériences , on est parvenu à reconnoître que 
l'air de l'atmosphère étoit composé de deux parties de nature 
différente : l'une qui restoit toujours la même au milieu des 
corps enflammés ; et l'autre qui alimentoit la flamme , qui 
s'unissoit aux matières en combustion , et se com^binoit avec 



POU xoi' 

elles. On a trouvé de même, dans la respiration , qu'on es- 
piroit l'air ordinaire changé et devenu au même état qu'un 
air dans lequel un corps combustible auroil brûlé , c'ost-à- 
dire , qu'une partie de cet air expiré n'avoit pas changé , et 
que l'autre partie étoit changée. La portion d'air , non chan- 
gée , n'étoit plus respirable ; elle n'entretenoit plus la vie ; 
voilà pourquoi elle a été nommée azote, qui veut dire sans vie. 
L'autre portion s'étoit combinée avec une matière combus- 
tible , et avoit formé avec elle un acide aérien. Celte por- 
tion combinable de l'air a été appelée oxygène^ ce qui signi- 
fie générateur d acide. 

Voilà donc l'air atmosphérique composé d'azote et d'oxy- 
gène, d'une partie non-vitale et d'une partie vitale. On a 
trouvé que , pour l'ordinaire , il y avoit dans cent pouces 
cubes d'air, vingt-un pouces cubes d'oxygène , à peu près, 
et que le reste étoit de l'azote plus ou moins pur , suivant les 
lieux d'où l'air a été pris. Il y a donc environ vingt-une par- 
ties nécessaires à la vie , dans l'atmosphère , comme le célè- 
bre et infortuné Lavoisier l'a démontré , ainsi que d'autres 
chimistes, MM. de Humboldt et Gay-Lussac. Or, c'est cet 
air vital qui se combine à nos humeurs , qui pénètre dans le 
sang des poumons et des artères , et lui donne cette belle 
couleur rouge , beaucoup plus vive que celle du sang des 
veines. Il devient vermeil et éclatant, même écumeux , lé- 
ger, susceptible alors de se concréter; sa lymphe ou partie 
albumineuse est plus concrescible , en perdant aussi de son 
hydrogène et de son carbone ;car il y a formation d'eau (ou 
du moins exhalation de ce liquide ) et d'acide carbonique. 
Le sang est donc alors moins séreux. Celte combinaison est 
semblable à celle qui s'opère dans les corps qui brûlent. On 
peut donc dire que nous sommes en combustion. Respirer , 
c'est brûler. La substance avec laquelle l'air vital se combine 
dans nos humeurs , forme le même acide que celui avec le- 
quel se combine l'air vital, dans les charbons ardens. L'acide 
aérien qu'exhalent les charbons brûlans , ressemble entière- 
ment à l'acide aérien qui sort de nos poumons. C'est pour- 
quoi on leur a donné le même nom d'acide carbonique , à Tétat 
d'air ou de gaz. 

Il paroît que Corneille Drebbel , alchimiste flamand , in- 
venteur de la couleur écarlate , et auteur de quelques autres 
découvertes importantes , a eu connoissance du gaz oxygène , 
et en a obtenu , puisqu'il paroît en avoir fait usage pour pro- 
longer larespiration des hommes sous la cloche des plongeurs. 
( V. Digby , De Veget. plant. , pag. 66 ; Rob. Boyle , De 
usuRespir. digress.; et Monconys, Voyage, tom. 2 , pag. yS. 
D'autres physiciens du dix-septième siècle, surtout Mayow, 



102 POU 

avoient quelqae idée de cette espèce d'air, que les Cartésiens 
nommoienl éther. C'est probablement Tesprlt vital qu'Aris- 
tote disoit passer du cœur aux poumons ( Aristot. , H'ist. 
animal, f 1. I, c. 16; Galion, De Diff. puis. 1. iv , c. i4- ; 
Arélée , Mal. aig. , 1. il , c. 3 ; Rufus , Athénée , et même 
Cicéron , De Nal. Deor., I. ir , etc. ). Le génie des anciens 
avoit pressenti les découvertes de nos jours. liippocrate 
parle aussi de l'esprit aérien comme d'un aliment de la vie , 
pabulum vilcc , et Van Helmont , Boerhaave , Mead , Sau- 
vages , en ont admis l'existence. 

Dans chaque inspiration , il entre de dix à trente pouces 
cubes d'air dans noire poitrine. Sur dix-huit parties d oxy- 
gène , dans une proportion ordinaire de gaz azote , treize 
parties sont absorbées par la respiration, et onze parties sont 
changées en gaz acide carbonique. Il paroit qu'une portion 
de l'oxygène pénètre dans le sang. L'air expiré est toujours 
chargé de beaucoup de vapeurs aqueuses qu'on aperçoit 
très-bien dans les fortes gelées de l'hiver. Suivant Lavoisier , 
(J\Iém. acad. srimc. , 1789 ), un quadrupède consomme vingt- 
quai re pieds cubes de gaz oxygène , pesant deux livres une 
once une drachme , en vingt -quatre heures , et il rend par 
l'expiration deux livres cinq onces quatre drachmes de gaz. 
acide carbonique , avec dix onces six drachmes d'eau. Celle 
consommation d'air vital est la cause du malaise qu'on 
éprouve dans les lieux fermés qui contiennent beaucoup de 
j!»onde , comme dans les salles de spectacle , les prisons, les 
souterrains , les voitures closes , elc , puisqu'on ne respire 
plus alors qu'un air vicié. Rien de plus utile que le renou- 
vellement de l'air ; car une foule de maladies de langueur , 
de phthisies , d'asphyxies , surtout d'affections contagieuses , 
viennent du défaut d'air pur , ou des vapeurs empestées et 
délétères des matières animales et végétales , en putréfac- 
tion. De même , les moutons , les hœufs, périssent souvent 
en hiver dans leurs élables , parce qu'ils y sont étouffés dans 
une atmosphère épaisse , humide et chargée de vapeurs in- 
fectes. Combien d'épizoolies désastreuses ne sont-elles pas le 
iriste fruit de l'insouciance qu'on a de renouveler l'air dans 
les écuries! Combien de maladies épidémiques ravagent l'es- 
pèce humaine par les mêmes causes 't En effet , les hôpitaux , 
!f s prisons , tous les lieux clos , où des substances animales 
se décomposent , sont remplis de miasmes les plus redouta- 
bles, quand on n'a pas le soin de les chasser par de l'air pur. 
L'atmosphère pourroit , à la longue , perdre une grande 
partie de son gaz oxygène par la combustion et la respiraîion , 
A les végétaux n'avoient pas la propriété de décomposer 
l'eau , le gaz acide carbonique , et de verser dans l'air des 



POU io5 

torrens d'oxygène. ( F, Ingenhousz , Sennebier , etc., sur les 
plantes.) Aussi l'air de la campagne est bien plus salubre que 
celui des villes, parce qu'il y a une multitude d'arbres et de 
plantes dans la première , et que les secondes sont des foyers 
de combustion et de respiration continuelles qui consomment 
beaucoup d'air pur. Les hommes s'étouffent ensemble dans 
lesappartemens ; l'haleine de l'homme est un poison mortel 
pour l'homme , au physique aussi bien qu'au moral. Un air 
chargé de vapeurs , de gaz acide carbonique , privé de son 
gaz oxygène, produit bienlôl la niorl; il asphyxie. Voilà pour- 
quoi il est si dangereux de tenir dans un endroit fermé , un 
brasier allumé , du vin ou de la bière en fermentation , de la 
pâte qui lève , etc. , parce que toutes ces substances exhalent 
beaucoup de gaz acide carbonique , enlèvent l'oxygène à l'air, 
et le rendent mortel pour tout ce qui respire. Comme respi- 
rer c'est être en combustion , il sera facile de voir si l'on 
pourra entrer sans danger dans un endroit dont on ne con- 
noît pas bien la pureté de l'air ; par exemple , dans une cave 
fermée pendant quelques jours., Si une bougie ne s'y éteint 
pas , l'air y sera respirable; si elle s'éteint d'elle-même , votre 
vie est en danger , si vous entrez. Nous portons dans notre 
sein un flambeau de yie qui a besoin d'air, comme la flamme 
ordinaire ; nous nous éteignons comme elle par la soustrac- 
tion du principe vivifiant de l'atmosphère; l'eau éteint aussi 
la (lamme vitale, car ce que nous appelons être noyé , ne dif- 
fère pas essentiellement de ce qui arrive quaïid on verse de 
l'eau sur le feu. Mais notre combustion est cachée; elle ne 
s'exécute pas avec de la flamme , quoique les vapeurs que l'on 
expire soient une sorte de fumée. Cette combustion lente ne 
s'exécute pas seulement dans les poumons ; le gaz oxygène 
parcourt les vaisseaux artériels , s'y combine peu à peu avec 
le sang , lui donne une couleur vermeille , et le débarrasse 
d'une portion de matière charbonneuse ou de carbone , que 
contient le sang noir des veines. C'est principalement dans les 
vaisseaux artériels que s'opère cette combinaison d'oxygène , 
ou plutôt cette combustion. 

Comme la chaleur est ordinairement une suite de la com- 
bustion , il étoit naturel de chercher s'il en étoit de même 
dans le corps des êtres qui respirent. On a trouvé, en effet , 
que les animaux qui respiroient le plus , étoient les plus 
chauds , par exemple , les oiseaux et les mammifères ; tandis 
que les reptiles , les poissons , les mollusques et les insectes 
qui respirent peu , ont aussi une chaleur très foible. On a vu 
encore que tous les corps organisés jouissoient , en hiver , de 
quelques degrés de chaleur supérieure à celle des corps bruts 
et inorganiques. Ainsi, le tronc d'un arbre , l'insecte , quoi- 



xol, POU 

qu'engourdis pendant l'hiver , gardent cependant un peu de 
chaleur que le thermomètre fait apercevoir. Les quadru- 
pè.les qui s'eiulorment pciulanl l'hiver , conservent encore 
^uie petite partie de leur chaleur ; mais elle est diminuée à 
proportion qu^ils respirent moins , comme dans les loirs et 
les marmottes. V. Hivlrnatiotn. Les oiseaux qui , de tous 
les animaux , ont le système respiratoire le plus étendu, jouis- 
sent aussi de quelques degrés de chaleur de plus que les qua- 
drupèdes et l'homme, chez lesquels le thermomètre de Réau- 
lîiur marque Sa ou 33 degrés, en hiver comme en été , dans 
le nord comme nu midi. Les reptiles et les poissons surpas- 
sent de trois à quatre degrés seulement la température ordi- 
naire de Taluiosphère , et restent toujours dans une chaleur 
à peu près égale , malgré le froid et le chaud. 

Nous trouvons ainsi une correspondance assez exacte 
entre l'intensité de la respiration et la température de chaque 
espèce ; car les poumons de l'oiseau adhèrent aux côtes , 
remplissent la vaste capacité de sa poitrine , se prolongent 
par des sacs dans le bas-ventre , communiquent avec les ca- 
vités des os cylindriques , avec les poches du tissu cellulaire et 
sous-cutané, etmême jusques aux plumes, de sorte que l'air 
pénètre entièrement cet animal, et il semble fait pour respirer 
î'airdans toutes ses parties ; il n'est donc pas étonnant que 
son corps soit très-chaud , puisqu'il est pour ainsi dire dans 
tine déliagration universelle. L'homme et le quadrupède vivi- 
pare ont des poumons composés de cellules très -fines , qui 
peuvent donner une surface de quinze cents pieds carrés 
( chez l'honuTie ), suivant l'évaluation de Lieberkiihn ; ils 
doivent avoir aussi une chaleur considérable, puisqu'ils ins- 
pirent fréquemment ; tandis que les poumons des reptiles 
sont formés d un moindre nombre de cellules , et qu'ils res- 
pirent bien moins souvent, étant privés de diaphragme ; c'est 
à volonté qu'ils respirent, car il faut qu'ils compriment leurs 
flancs par leurs muscles , pour chasser l'air de leurs poumons. 
On voit des grenouilles , des toriues , des lézards , respirer à 
peine deux ou trois fois par quart d'heure ; une tortue , une 
.°renouiUe , peuvent rester même sous leau pendant plusieurs 
heures sans reprendre haleine ; mais l'homme respire environ 
■vingt-quatre foispar minute, etde petits quadrupèdes respirent 
encore plus souvent. Aussi, les reptiles sont toujours froids , 
et par la raison qu'ils ont moins besoin d'air vital, ils subsis- 
tent plus lopg- temps sans inconvénient dans l'air impur et 
vicié , ainsi que la plupart des insectes dans des matières 
putrides , comme les charognes et les excrémens. Les pois- 
sons qui ne respirent que l'air interposé dans les molécules 
des caps, ne peuvent pas avoir beaucoup de chaleur, de 



POU ,o5 

même que les coquillages , les mollusques et les crustacés 
qui respirent par des branchies. Les trachées des insectes se 
subdivisent en une multitude de petits rameaux, dans l'inté- 
rieur de leur corps; les vers et les végétaux ont aussi une res- 
piration lente et sourde, qui ne leur communique pas beau- 
coup de chaleur. 

Cependant , le dégagement de la chaleur ne s'exécute pas 
dans l'organe respiratoire lui - même , puisqu'il n'est pas plus 
chaud que les autres parties du corps ; mais comme la com- 
bustion s'opère en détail dans les différens tissus de l'organi- 
sation vivante , la chaleur s'y répartit avec uniformité. Lors- 
que nous nous agitons avec force , la chaleur augmente dans 
notre corps, et la respiration devient plus rapide, afin de 
fournir de nouvelle chaleur pour remplacer celle qui s'exhale. 
Car la chaleur sensible des animaux à sang chaud sort con- 
tinuellement d'eux-mêmes ; d'où il suit qu'il leur en faut de 
la nouvelle pour maintenir leur température au même degré. 
Ainsi , l'oiseau qui se meut continuellement, et qui est pour 
ainsi dire brûlant , a besoin de respirer beaucoup par celte 
raison ; sans cela il deviendroit bientôt glacé : de môme qu'il 
faut plus d'air au feu à mesure qu'il est plus ardent. Mais le 
reptile qui perd peu de chaleur , qui agile moins ses muscles 
que les animaux à sang chaud , le poisson qui , nageant dans 
un milieu dense et aussi pesant que lui , n'a pas besoin d'une 
grande puissance musculaire , ces animaux ont moins besoin 
de respirer que des espèces plus actives et plus ardentes. 

Ainsi, plus les animaux respirent d'air pur , plus ils sont 
robustes. Voyez quelle différence entre l'agile oiseau ton- 
jours en mouvement et propre au coït , auprès du froid et 
langoureux reptile qui a besoin.de se réchauffer au 501611!* 
Aussi , la forte respiration , surtout de l'air pur , ranime les 
personnes en syncope ; cet air vif et pur des montagnes 
excite une fièvre de vie , surtout aux phlhisiques et à d'au- 
tres personnes à poitrine délicate. Ils se sentent tout en- 
flammés , pour ainsi dire. La nature a proportionné en 
général la mesure de la chaleur aux besoins de l'animal ; 
elle ne dépend pas de la température des corps extérieurs , 
puisque dans les ardeurs de l'été ou de la zone torride , 
comme sous la glace des hivers et des régions polaires, 
la chaleur intrinsèque des corps vivans n'est pas changée; ils 
n'éprouvent la chaleur et le froid extérieurs que comme des 
modifications étrangères à leur nature. L'excès de l'un ou de 
l'autre est surmonté par les propriétés de la vie qui tendent 
à ramener l'équilibre naturel. Ainsi, nous résistons au froid 
vif de l'hiver et à la chaleur étouffante de Tété par une faculté 
vitale qui est en rapport avec nos fonctions organiques. Lors- 



,o6 P TT 

que celles-ci languissent, comme dans la vieillesse , on résiste 
moins au froid et à la chaleur de l'exlérieur que dans l'âge 
de la vigueur. 11 paroît aussi que diverses parties du corps 
peuvent éprouver plus ou moins de chaleur suivant le déve- 
loppement de la sensihilité et de la contraclilité animales. 
Ainsi, dans les inflammations d'une partie, la chaleur y devient 
considérable, de sorte qu'on n'en peut attribuer les causes 
qu'à l'augmentation des facultés vitales et du sang qui se rend 
dans cette partie. La chaleur ne dépend donc pas uniquement 
de la respiration chez-les animaux, et sans doute aussi dans les 
plantes ; mais elle tient surtout aux qualités de la vie et à son 
intensité. En effet, les animaux engourdis et les moins actifs 
sont aussi plus froids que ceux dont la vie a beaucoup d'oner- 
gie. Le mouvement réciproque des divers organes les uns sur 
les autres , leurs réactions mutuelles, leur jeu perpétuel, 
doivent entretenir une chaleur assez élevée , qui a besoin de 
s'alimenter par la respiration. 

§ in. Bes effets de la respiration sur le fluide sanguin et la vie. 

Nous avons exposé, en traitant de la Circulation ( Voy. 
cet article ) , que le sang , après avoir été distribué aux or- 
ganes pour les nourrir et les vivifier, revcnoit à Tétat de 
sang noir et veineux, appauvri au cœur. Il se rend à l'oreillette 
et au ventricule droits avec le chyle propre à le réparer; mais 
ce mélange de chyle et de sang veineux ne compose point un 
sang parfait et assez éL.Soré; aussi le cœur envoie ce inélange 
aux poumons ou aux brancis'"?, appareil dans lequel doit s'o- 
pérer la véritable transformai. > en sang artériel, rutilant, 
vivifiant. Cette transformation alu j par le dégagement d'une 
certaine quantité du carbone qui fai» partie de ce liquide, 
puisqu'il y a formation d'acide carbonique qui s'en dégage, 
au moyen de la combustion. Ce sang revient du poumon à 
l'oreillette gauche et au ventricule aortique. 

Il y a donc ainsi une connexion essentielle entre la respi- 
ration et la circulation ; caria première devant apporter Tair 
aux humeurs , il étoit nécessaire (jue celles-ci se missent en 
contact avec lui. La nature a établi à cet égard deux diffé- 
rences : i.° Dans la plus grande partie des animaux, la respi- 
ration ne s'opère que dans un lieu fixe où viennent se rendre 
tour à tour les diverses portions de la masse sanguine. Il faut 
alors un organe qui meuve le sang, qui établisse une vraie cir- 
culation;tel est le cas des mammifères, des oiseaux, des reptiles 
qui respirent par des poumons, et des poissons, des coquilla- 
ges, des crustacés, des annélides, qui respirent par des bran- 
chies ( ouïes). Tous ces animaux ont , en effet , un cœur. 
2." Lorsque la respiration s'opère dans toutes les parties du 



POU 107 

corps , l'air va chercher lui-même les hmneurs qui n'onl pas 
besoin de circuler dans ce cas. Tels sont les insectes , plu- 
sieurs vers et zoophytes ; aussi ces animaux n'ont pas de cœur, 
et plusieurs sont même entièrement privés de vaisseaux. 

Nous remarquerons aussi que tous les animaux chez les- 
quels la respiration se fait dans un point fixe, et qui ont un 
cœur , une circulation , sont aussi pourvus dun foie , tandis 
que les autres n'en ont jamais. Pourquoi l'existence du foie 
est-elle liée au mode de respiration par des poumons ou des 
branchies, etàla circulaiion des humeurs? N'a-t-on pas ren- 
contré quelquefois les poumons ressemblans au foie dans 
quelques maladies? N'observe-l-on pas une certaine alliance 
de fonctions entre les poumons ou les branchies et le foie ? 
Lorsque l'un de ces organes est très-actif, l'autre l'est moins.^ 
Il me semble que le foie est en quelque sorte im poumon 
secondaire ; il est pour le système veineux ce qu'est le pou- 
mon pour le système artériel. Tous deux modifient la masse 
du sang; le poumon lui enlève du carbone, le foie semble 
lui ôter ses parties huileuse»el graisseuses. Aussi dans tous les 
animaux qui respirent par des branchies, le foiccst plus vo- 
lumineux que dans ceux qui respirent par des poumons. Les 
sécrétions graisseuses dépendent en quelque sorte du foie, qui 
est presque toujours imprégné d'huile ou de graisse. L'organe 
respiratoire et le système hépatique me paroissent être les 
deux foyers principaux de l'animalisation des humeurs et de 
la transformation du chyle en sang , ou l'hématose propre- 
ment dite. C'est là que s'opèrent ces mutations des corps ali- 
mentaires , en la propre substance de l'animal. Ce sont des 
digestions secondaires de la matière nutritive. Les médecins 
et les philosophes de l'antiquité ont considéré l'air comme 
un aliment de la vie {pahulumvitœ) , comme une vraie nour- 
riture. Il ne se passe pas seulement une action chimique dans 
les poumons , les branchies ouïes trachées des êtres animés , 
mais une véritable opération vitale ; c'est là que la matière 
morte de la nourriture reçoit les premiers germes de la vie , 
et ses principes d'activité , en se débarrassant des portions de 
matière incapables de les recevoir. Cette dépuration succes- 
sive dans les humeurs est analogue à la séparation du chyle 
d'avec la masse alimentaire ; et l'on pourroit dire que la di- 
gestion intestinale est une respiration préliminaire. On sait , 
en effet , que l'air pénètre dans l'eslomac , se mêle à nos ali- 
mens et influe beaucoup sur la digestion. Il y a même un 
poisson, la loche d'étang , cohitis fossilis , qui avale de l'air et 
le rend par l'anus en acide carbonique , selon la remarque de 
Ehrman.Les zoophytes ne paroissent même jouirque de cette 
sorte de respiration iatestinale, La peau est encore un autre 



io8 POU 

organe de respiration ; elle absorbe une petite portion d'air ," 
et dégage de même du gaz acide carbonique, comme l'ont 
montré Spallanzani, Ehrmann , etc.; elle est en rapport sym- 
pathique avec les organes respiratoires, et semble les suppléer 
en grande partie dans certains cas et dans plusieurs animaux. 
La transpiration cutanée coïncide avec la transpiration pul- 
monaire. En effetjes poumons ou les branchies des animaux 
ne me semblent être rien autre chose qu'une peautrès-repliée 
intérieurement, afin de rapprocher , dans le moindre espace 
possible, sa grande surface. Si l'animal avoit assez d'étendue 
et de grandeur pour présenter toute cette surface à l'air exté- 
rieur sans qu'il entrât plus de matière dans son corps , il n'au- 
roit pas besoin de poumons , il respireroit par tous les pores 
de sa peau. Un homme pesant cent cinquante livres offre en- 
viron quinze pieds de surface ; mais si son volume pouvoit 
s enfler assez pour présenter encore les quinze cents pieds de 
surface qu'on suppose exister dans ses poumons , alors il n'au- 
roit plus besoin de cet organe qui seroit déployé àl'entour de 
tout son corps. Le poumon est donc une peau intérieure et 
piissée qui supplée à l'énorme développement qu'exigeroit 
une respiration seulement cutanée ; car dans ce cas , un 
homme auroit présenté un volume extraordinaire. La nature 
a trouvé plus sage de le restreindre. Sans cela , le moindre 
animal eût été renflé comme un ballon , et les éléphans , les 
baleines eussent couvert une partie de la terre de leur épou- 
vantable volume ; car si l'homme eût présenté quinze cents 
quinze pieds de surface , la baleine eût pu en avoir plus de 
trois cent mille , quoique la quantité de sa matière ne soit 
pas augmentée. Ces vastes corps n'auroient pas pu se mou- 
voir, et auroient expiré sans pouvoir sortir de place. La cavité 
intestinale, la peau et les poumons ou les branchies me pa- 
roissent donc être , par rapport à l'air , des organes respira- 
toires sur lesquels viennent ramper des vaisseaux sanguins 
et lymphatiques pour y mettre leurs liquides en contact avec 
l'air ; mais chacun de ces organes a son mode particulier de 
respiration et son exhalation propre qui est une expiration. 
Aussi , la transpiration pulmonaire et la cutanée peuvent se 
suppléer mutuellement ; mais il est dangereux de charger les 
poumons de transpirer plus que la peau , parce qu'alors il " 
s'établit un flux d'humeurs sur ces organes ; d'où viennent les 
catarrhes, les affections les plus funestes de la poitrine, dans 
les temps et les lieux froids. 

A mesure que la respiration est plus intense , l'organe prin- 
cipal qui l'exécute est phis intérieur et plus essentiel à l'ani- 
mal. Chez les mammifères.et les oiseaux , c'est dans la poi- 
trine , revêtue de côles et de sternum , que sont contenus les 



POU ,09 

poumons. Chez les reptiles, ces organes semblent déjà moins 
essentiels ; aussi la nature a-t-elle pris moins de soin pour les 
défendre ; les vrais serpens manquent de sternum, les gre- 
nouilles et les salamandres n'ont pas de côtes; enfin les ani- 
maux à branchies portent ces organes autant à l'extérieur qu'à 
l'intérieur ; un simple opercule osseux les recouvre dans la 
plupart des poissons. Il paroît donc que la nature cache da- 
vantage les organes à mesure qu'ils sont plus essentiels , tandis 
-qu'elle place à la circonférence du corps les parties les moins 
importantes. Ainsi les artères sont plus enfoncées dans les 
chairs que les veines, parce que la blessure des premières 
est bien plus dangereuse que celle des secondes. On peut 
blesser impunément une partie extérieure du corps ; il en est 
bien autrement des organes internes. ^ ^ 

Pour bien saisir l'inducnce de la respiration dans l'écono- 
mie animale , il faut la considérer dans les différens animaux. 
ISous reconnoîtrons alors que l'activité de la vie est en raison 
directe de lintensité de l'acte respiratoire ; car tant qu'un 
animal ne respire point, sa vitalité demeure insensible ; on 
en voit la preuve dans le foetus au sein de sa mère, et le 
poulet dans l'œuf qui ne reçoivent qu'une petite portion 
d'air ; cependant ils ont déjà quelque communication avec 
l'oxygène -, l'embryon par le sang artériel de sa mère , le jeune 
animal dans l'œuf par le moyen de cette membrane vascu- 
laire ou analogue à rallanloïde qui renferme le jaune. Cette 
membrane où se ramifient tant de vaisseaux sanguins paroît 
faire l'office , dans l'œuf des oiseaux, d'un organe respira- 
toire ; elle n'existe pas chez les œufs des animaux aquatiques , 
mais \a coque molle de ces œufs peut s'imbiber d'eau aérée, 
et tenir lieu de cette membrane allantoïde. V. OEuf. 
De même, la plante dans sa graine, l'arbre pendant l'hi- 
ver, le reptile et l'insecte engourdis par le froid, ne res- 
pirent presque point ; ils n'ont point d'activité vitale ; ils de- 
meurent immobiles et inanimés , quoiqu'ils ne soient pas 
morts. On a môme reconnu que la graine ne pouvoit pas 
germer, si toute communication avec l'air étoit exactement 
interrompue , tandis que le gaz oxygène ou l'air vital excite 
pfomptement sa germination. Quels animaux sont les plus 
actifs , les plus forts et les plus animés ? Ce sont précisément 
ceux chez lesquels la respiration est la plus développée , les 
oiseaux et les mammifères. L'oiseau surtout est presque tou- 
jours en mouvement; rien ne surpasse la vigueur de ses mus- 
cles, la rapidité des actes qu'il exécute, parce qu'il respire 
plus que tout autre animal. L'homme , le quadrupède vivi- 
pare , ont aussi une grande intensité de vie , puisqu'ils respi- 
rent beaucoup et qu'ils ont le sang chaud comme les oiseaux. 



lia POU 

Ces classes jouissent encore d'une sensibilité plus vive que 
toutes les autres ; leurs sens sont plus développés ; leur sys- 
tème nerveux a plus de grosseur et d'étendue ; toutes leurs 
facultés ont plus d'énergie et de force que chez les animaux 
des autres classes. Ainsi les reptiles qui respirent lentement 
et rarement sont des animaux lents, froids , slupides ; leur 
force est peu considérable en la comparant à celle d'un oiseau 
ou d'un mammifère de taille semblable. Les poissons pa- 
roissent vifs , parce que , plongés dans un fluide d'égale pe- 
santeur avec leur cor^ , ils ont la plus grande facilité à s'y 
mouvoir avec promptitude : mais les muscles de ces animaux 
ne sont pas forts, et leurs os ne sont pas capables d'une 
grande résistance. Les mollusques , les coquillages semblent 
plutôt végéter que vivre ; aussi respirent-ils imparfaitement 
par des branchies. 

Nous trouvons beaucoup de force , de vivacité et d'indus- 
trie chez les insectes , et Ton en voit encore la raison dans 
leur mode de respiration. Leurs trachées ou vaisseaux aériens 
se ramifient si abondamment dans tout leur corps , qu'il n'est 
pas une seule partie qui n'en soit entièrement pénétrée. Ces 
petits animaux sont , pour ainsi dire, des éponges imbibées 
d'air de toutes parts : leur respiration est universelle ; voilà 
pourquoi ils sont ordinairement si vifs et si forts , malgré leur 
petitesse, et comme ils ne respirent pas en hiver et dans l'état 
de chrysalide parfaite , ilsne jouissent à ces époques que d'une 
vie sourde , cachée , insensible. Les vers , les zoophytes qui 
respirent à peine, vivent de même à peine, et semblent plutôt 
végéter languissamment qu'exister et senûr; tant il se trouve 
de correspondance entre la force de la vie et l'étendue delà 
respiration! Voyez dans les différens individus de l'espèce 
humaine , ceux qui sont les plus vifs , les plus robustes ; ce 
sont précisément ceux qui ont une large poitrine , et qui res- 
pirent avec facilité, tandis que les personnes à poitrine déli- 
cate, étroite ou mal constituée, sont foibles , maladives et 
sans vigueur. Ce que nous appelons un tempérament athléti- 
que , une forte constitution , c'est un corps large , carré , une 
vaste poitrine dans laquelle les poumons s'étendent à l'aise , 
jouent et respirent abondamment. Les hommes des villes qui 
respirent un air méphitique, ont-ils la vigueur de nos paysans 
qui reçoivent continuellement l'air pur de la campagne ? 
À'ovez combien l'air des lieux marécageux, toujours rempli 
de v.npeurs infectes , d'hydrogène et de carbone , affoiblit les 
individus qui les habitent , tandis que les montagnards qui 
demeurent dans un air vif et serein sont les plus robustes et les 
plus courageux des hommes; ils tiennent même de la nature 
des oiseaux, ou plutôt des aigles; comme eux , ils reçoivent 



POU 

les influences d'une atmosphère agitée et purifiée par les 
vents. Telles sont toutes les contrées élevées et sèches ; mais 
les lieux bas produisent des hommes et des animaux d'une 
nature plus molle et plus foible parce que l'air y est moins 
pur , et que les vapeurs y sont abondantes et continuelles. 

C'est donc la respiration qui rend la vie active; c'est l'air 
qui nous anime ; c'est lui qui réveille l'enfant au sortir du 
sein maternel ; c'est le principe de l'excitabilité des animaux. 
Les quadrupèdes qui s'endorment pendant l'hiver , respirent 
plus lentement alors, que dans le temps du réveil. Nos ins- 
pirations deviennent aussi moins fréquentes pendant notre 
sommeil ; elles se font avec plus de difficulté , c'est pourquoi 
l'on ronfle ordinairement. Après avoir beaucoup mangé , les 
animaux sont portés au sommeil, parce que la plénitude de 
l'estomac comprime les poumons , diminue la facilité de la 
respiration , et fait refluer le sang au cerveau. Lorsqu'on 
s'agiie avec effort , lorsqu'on exerce fortement ses muscles, 
la respiration devient plus intense et plus prompte pour resti- 
tuer plus de vigueur au corps ; ainsi , l'oiseau qui se meut 
avec une grande vivacité , respire quarante ou cinquante 
fois par minutes , ce qui est le double de l'homme. Les pois- 
sons agitent vingt-cinq à vingt-six fois leurs branchies par mi- 
nute, toutefois chacune de leurs inspirations aqueuses ne leur 
donne qu'une très-petite quantité d'air qu'ils séparent de son 
mélange avec l'eau , mais sans décomposer le liquide aqueux, 
comme on l'avoit pensé. M. de Huuiboldt a bien prouvé 
que cette décomposition n'avoit pas lieu, et l'on savoit déjà 
que le poisson est étouffé dans de l'eau renfermée en un 
vase clos hermétiquement, comme sous la glace , en hiver. 

Les hommes du Nord sont beaucoup plus robustes que 
ceux du Midi, parce qu'ils respirent un air plus vif, plus pur 
et plus condensé , à cause du froid. Or , un air condensé 
contient, sous le même volume, une plus grande quantité de 
gaz oxygène ou d'air vital ; il doit donc alimenter davantage 
les forces du corps. C'est pour cela que nous sommes plus 
actifs et plus vigoureux en hiver qu'en été , indépendamment 
de la chaleur et du froid. Par la même cause , nous mangeons 
alors plus abondamment; nous digérons mieux, car les oi- 
seaux, qui respirent beaucoup , digèrent très-vite , et quancj 
on respire peu , on mange moins. Ceci nous montre encore 
combien la fonction respiratoire est analogue à la faculté 
digestive, et combien elles sont correspondantes. L'abon- 
dance de la nourriture exige une respiration intense, afin de 
transformer la matière alimentaire en sang et en substance 
animale, et réciproquement l intensité de la respiration ap- 
pelle une grande quantité d'alimens pour établir l'équilibre 



112 POU 

entre les fonctions de l'e'conomîe vivante. Voilà pourquoi 
les animaux engourdis pendant Thivcr , ne mangent point, 
et les végétaux cessent d'absorber alors les sucs de la terre. 

Ainsi toutes les fonctions des corps vivans se lient par des 
rapports multipliés , et exercent leurs influences sur l'ensem- 
ble de la machine organisée. A mesure que les fonctions de- 
viennent plus générales , leur domination s'étend davantage; 
et quand elles surpassent toutes les autres, elles forment alors 
des idiosyncrasies , des tempéramens. Elles donnent diverses 
nuances aux caractères physiques et aux impulsions morales : 
car qui posera la limite entre les uns et les autres ? Qui nous 
dira jusqu'à quel point ils s'influencent mutuellement ? L'on 
ne se doute pas cependant que c'est souvent de la nature de 
l'air , que dépendent , non-seulement la santé et la vie , mais 
même les institutions et les gouvernemens des peuples. Nous 
ne voyons pas aisément tout ce que peuvent produire de 
petites causes, à la longue. F. les articles AiR et Circula- 
tion, etc. (VIREY.) 

POUMPEIRE. Nom qu'on donne, en Languedoc > à la 
Pomme de ramrour. (ln.) 

POUNAIN-TAGERA. Rhéede, Mal. 2 , tab. 52. C est 
ia Casse sophore, (ln.) 

POUNDRA. Nom piémonlais de la Buse, (v.) 

POUPART. Nom vulgaire du Crabe tourteau, Cancer 
pagurus. (desm.) 

POUPARTIE , Poupariia. Genre de plantes, établi par 
Jussieu , dans la décandrie pentagynie , et dans la famille 
des térébinthacées. Il a pour caractères : un calice très-pe- 
tit, à cinq divisions; cinq pétales; un réceptacle crénelé , 
supportant dix étamines ; un ovaire surmonté de cinq styles 
rapprochés. Le fruit est une noix à cinq loges. 

L'arbre qui donne lien à ce genre , croît à l'île de la Réu- 
nion. (B.) 

POUPE ( vénerie ). On appelle quelquefois ainsi la tête 
des femelles des animaux carnassiers , et plus particulière- 
ment celle de Vours. (s.) 

POUPE. V. Poulpe, (desm.) 

POUPON ( GROS ). C'est le Baliste caprisque. Pou- 
pon noble ; c'est le Baliste a aiguillon, Balistes aculea- 
ius. (desm.) 

POURCEAU. F. Cochon, (s.) 

POURCEAU FERRÉ. L'un des noms vulgaires du 
Hérisson, (desm.) 

POURCEAU DE HAIE. Autre dénomination du même 
animal, (desm.) 



^ ^^ î^ o3 

POURCEAU DE LA MER. C'est le Dauphin mar- 
souin, (desm.) 

POURCELET ou PORCELET. V. Cloforte et Por- 

CELLION. (l.) 

POURETTE. On nomme ainsi les jeunes plantes de 
mûrier, V. ce mot , à rarllcle Semis, (b.) 

POUROUMIER , Pourouma. Arbre tie la Guyane , à 
feaillesalfernes, trilobées , rudes en dessus , couvertes d'un 
duvel blanchâtre en dessous , renfermées, avant leur déve- 
loppement , dans une stipule en forme de spathe membra- 
neuse et caduque, à fleurs disposées en corymbes , dans les 
aisselles des fleurs supérieures, et enveloppées d'une spathe 
semblable à celle des feuilles. 

Cet arbre forme dans la dioécic et dans la famille des or- 
ties , un genre dont on ne connoît que les fleurs femelles. 
Elles sont constituées par une petite vessie velue , couron- 
née par un stigmate crénelé. Cette vessie , grossie , devient 
une capsule sèche , velue , qui s'ouvre en deux valves, et ne 
contient qu'une semence, (s.) 

POURPAIROLLE. Le Sorgho se nomme ahisi aux en- 
virons d'Angoulême. (b.) 

POURPIER , Portu/aca ^ hinn. ( dodécandrie monogynie). 
Genre de plantes de la famille de son nom, qui compreni^ 
des herbes dont les feuilles sont charnues , et dont les fleurs , 
situées au sommet des rameaux , sont toujours entourées 
d'un involucrc. On trouve , dans chaque fleur : un calice 
persistant, divisé, à son sommet, en deux parties ; une co- 
rolle à cinq pétales , unis , érigés et obtus ^ douze à quinze 
étamines de moitié moins longues que les pétales ; un ovaire 
arrondi et un court style couronné par quatre ou cinq stig- 
mates oblongs. Le fruit est une capsule couverte par le ca- 
lice , et qui s'ouvre en boîte à savonnette , et contient plu- 
sieurs petites semences. 

Ce genre aux dépens duquel on a établi les genres Méri- 
DIAME et Talin , renferme un petit nombre d'espèces , 
presque toutes exotiques. La plus intéressante est le Pour- 
pier COMMUN , Poriulaca olcracea , Linn. , que l'on cultive 
dans les jardins. On le croit originaire d'une des deux In- 
des; du moins vient-il spontanément dans les parties les 
plus chaudes du globe. C est une plante annuelle dont la ra- 
cine est simple et peu fibreuse. Elle pousse des liges arron- 
dies, lisses, luisantes, tendres et couchées en partie à terre. 
Ses feuilles sont oblongues , faites en forme de coin, gros- 
ses , charnues , unies , d'un vert foncé, et placées alterna- 
tivement : elles ont un goût visqueux , tirant un peu sur 1 a- 

xxvni. 8 



11^ POU 

«ide. Des aisselles des feuilles, sortent de petites fleurs jau- 
nâtres, solitaires et sessiles , auxquelles succèdent des fruits 
de couleur herbacée , et qui ressemblent à de petites urnes ; 
ils contiennent des semences striées et noires. Celte espèce 
offre deux variétés, l'une à feuilles plus petites et moins suc- 
culentes , et l'autre à feuilles plus larges , jaunâtres ; celle-ci 
porte le nom de pourpier doré. 

Le pourpier est une plante potagère, aqueuse , fade et ni- 
treuse. Ses jeunes feuilles se mangent en salade ; elles sont 
extrêmement rafraîchissantes et tempérantes. On confit en- 
core ses tiges dans le vinaigre, comme les cornichons. Il calme 
la soif fébrile , et celle qui est produite par de violens exer- 
cices. Il diminue la chaleur du corps et des urines, et con- 
vient dans les fièvres ardentes et bilieuses , le scorbut , les 
hémorragies , et enfin dans toutes les circonstances où il y a 
effervescence d'humeurs. Les graines ont les mêmes proprié- 
tés ; elles sont une des quatre petites semences froides ; oa 
les mêle dans les émulsions , avec celles de laitue et de chico- 
rée. Le sirop de pourpier n'a pas plus de vertus que son suc, 
et l'eau distillée des feuilles est moins efficace que l'eau de ri- 
vière , filtrée. Les estomacs foibles ne doivent pas faire un 
trop grand usage de cette plante. 

Le pourpier doré., comme plus agréable à la vue , est gé- 
néralement plus cultivé que le vert ou commun. Tous deux 
sont tiès-sensibles à la gelée. On ne doit pas semer le pour- 
pier en pleine terre , avant les premiers beaux jours du prin- 
temps. 11 demande une terre riche et très-meuble , et une 
exposition chaude. Il est bon pour l'usage , un mois et demi 
après avoir été semé. Cette plante , une fois levée , veut être 
peu arrosée ; comme elle est grasse , elle se nourrit princi- 
palement de ses propres sucs et de ceux qui sont répandus 
dans l'atmosphère ; aussi , a-t-elle une racine très-déliée. Sa 
graine ne doit point être enterrée , il suffit de la couvrir légè- 
rement avec du terreau. Si on la laisse se répandre , elle se 
sèmera d'elle-même. C'est lorsque le pourpier a deux feuilles 
bien formées , qu'on le coupe pour en décorer les sa- 
lades, (d.) 

POURPIER AQUATIQUE. C'est la Montie des fon- 

TAITSES. (B.) 

POURPIER DES BOIS. On appelle ainsi, à Saint- 
Domingue , le Poivre à feuilles obtuses, (b.) 

POURPIER DE CHEVAL. C'est le Trianthema moh 
ISOGYNA , dans les colonies, (ln.) 

POURPIER DES MARAIS. C'est,à la Louisiane,l'HY- 

DR0P\X1S DES MARAIS. (B.) 



POU ,j5 

POURPIEPi DE MER. C'est TArroche halime. (b.) 

POURPIÈRE. On donne ce nom, dans quelques lieux, à 
la PÉi'LinE. (b.) 

POURPOl::^. Poisson de mer dont on faisoit cas à Paris, 
dans le douzième siècle. Je ne sais à quel genre il se rap- 
porte, (b.) 

POURPRE, Purpura. Genre de testacés de la classe des 
UNlVALVES,qul offre pour caractères: une coquille ovale, le 
plus souvent tuberculeuse ou épineuse, dont l'ouverture se 
termine en un canal très-court, cchancré à son extrémité , et 
dont la base de la columelle finit en pointe. 

Ce genre , qui a été connu des anciens conchyliologistes y 
avoit été confondu par Linnœus avec celui des RucciNS, et 
avec celui des Rochers. 11 forme très-bien le passage entre 
ces deux derniers, et renferme des coquilles ordinairement 
épaisses , ovales, tuberculeuses , chargées de bosses plus ou 
moins pointues. Leur ouverture est assez grande, ovale-arron- 
die par le haut , et aiguë vers le bas. Elle est un peu oblique 
à l'axe de la coquille, et échancrée à son extrémité supérieure 
en un canal fort court, et qui a quelquefois plus de profon- 
deur que de largeur. L'extrémité de ce canal est aussi un peu 
échancrée : la lèvre droite , un peu épaisse , cannelée ou den- 
telée ; la lèvre gauche est renflée, avec un bourrelet ridé qui 
va se terminer à l'échancrure. 

Les couleurs des pourpres se réduisent presque au brun, 
au blanc et au jaune , avec les différentes nuances et mélan- 
ges dont elles sont susceptibles. 

Les animaux qui habitent les pourpres ont une petite tête, 
eu égard au reste du corps. Elle est cylindrique , de longueur 
ou de largeur presque égale. De son extrémité qui paroît 
comme échancrée , sortent deux cornes coniques deux fois 
plus longues qu'elle , fendues en dessous , et portant les yeux 
au milieu de leur côté extérieur. La bouche est un petit trou 
ovale , placé en dessous, duquel sort une longue trompe ter- 
minée par un suçoir armé de tentacules courts. Cette iron pe 
est destinée àtuer et à sucer les animaux des autres coquilles, 
aux dépens desquels vivent ceux-ci. 

Le manteau est onde ou légèrement frisé en ses bords. Il 
se replie à sa partie supérieure et s'allonge en- un tuyau qui 
sort par l'échancrure et se rejette sur la gauche. 

Le pied est elliptique , obtus , épais , de près de moitié 
plus court que la coquille , sillonné et strié en dessous ; por- 
tant à sa partie latérale supérieure un opercule cartilaginexix 
en croissant ; sa surface est lisse , d'un brun noir , sillonnée 
de cercles. 

Ces animaux sont de sexe distinct. Les mâles sont plus pe- 



ii6 PO U 

tils que les femelles , cl laissent sortir , du côté droit de leur 
col , une verge triangulaire cl aplatie. On les mange comme 
la plupart des autres coquillages de celte famille : cependant 
iis sont peu recherchés. 

C'est dans ce genre que sont renfermées la plupart de ces 
coquilles autrefois si prisées, el encore aujourd'hui si fameuses , 
dont on tiroit la pourpre sur les côtes africaines et asiatiques 
de la Méditerranée. On peut difficilement déterminer les es- 
pèces qu'on employoit de préférence , parce que presque 
toutes donnent de lacouleur, ainsique la plupart descoquilles 
des genres voisins et même des genres fort éloignés, tels que 
les BuLiMESet les Planorbes. On sait qu'on endislinguoil de 
trois espèces : celle qui avoit une longue queue recourbée , 
celle qui en avoit une très-courte, et enfin celle dont la spire 
n'étoit point saillante. 

Adanson élaLlit , d'après Belon , que la pourpre des an- 
ciens étoit fournie par son Kalan , qui appartient au genre 
des Strombes. 

Cuvier s'est assure, pendant son séjour àMarseille, par l'a- 
natomie de l'animal el la lecture de Pline,que ce devoitètre, 
comme Pvondelet lavoii pensé , le Rocher brandaire, qui 
fournissoit principalement la pourpre aux anciens ; ainsi le 
nom de ce genre seroil mal appliqué. ( V. au mot Rocher. ) 
Ce qu'on va dire de l'exiraclion de la pourpre convient éga- 
lement à toutes les espèces. 

La liqueur que donne la pourpre se trouve dans un réser- 
voir placé au-dessus du col , à côté de l'estomac. Ce réservoir 
a paru à Cuvier destiné à recevoir la verge, ou à tenir lieu de 
vagin ; mais, dans ce cas, il n'existeroit pas dans toutes les co- 
quilles de ce genre qui ont les sexes distincts comme on vient 
de le dire. On n'a pas d'observation qui permette de prendre 
«ne opinion positive sur cet objet. Cependant Plumier rap- 
porte qu'un coquillage de ce genre lance sa liqueur comme 
un jet d'eau , aussitôt qu'on l'inquiète, ce qui fait croire qu'il 
a le même effet pour lui que la liqueur noire pour les Sèches. 
Il l'appelle le pisseur. 

Quoi qu'il en soit , la liqueur de la pourpre est ou blanche 
ou verte quand on la tire de son réservoir; et sa viscosité est 
Irès-considérable. Elle ne devient rouge que lorsqu'elle a été 
étendue d'eau et exposée à l'air et même au soleil. Il est rare 
que dans les plus vieux individus il y ait plus gros qu'un 
pois. On peut juger par cela de la quantité de ces coquillages 
que les anciens étoient obligés de sacrifier pour obtenir leur 
couleur pourpre ; aussi étoit-elle énormément chère. 

Quelques commentateurs modernes , et en dernier lieu 
Bory -Saint-Vincent, dans son Essai sur les îles Fortunées , ont 



POU ,,7 

prëlendu que les Phéniciens faisoient la pourpre avec Vorseille 
{lichen roccella ^hinn.), et que c'étoit pour donner le change y 
qu'ils annonçoienl la tirer d'un coquillage -, mais les passages 
des auteurs latins, et de Pline en particulier, sont trop for- 
mels pour permettre d'adopter cette opinion, V. au mot 
Orseille et au mot Lichen. 

Pour obtenir la pourpre , les anciens opéroient de deux 
manières. Ou ils ôtoient le réservoir àchaque animal, en lui 
ouvrant la tête , et c'étoit sans doute le moyen d'avoir la plus 
belle couleur , ou ils les écrasoient dans des mortiers. Par 
cette dernière manière , la couleur se trouvoit mêlée^ avec 
toute la chair et touleS les humeurs de l'animal. Il paroît que 
c'étoit pour la débarrasser de toutes ces parties hétérogènes , 
qu'ils faisoient bouillir pendant dix jours, dans deschauaières 
d'étain le mélange étendu d'eau, et qu'ils y ajoutoient beau- 
coup de sel. Au reste , ces procédés ne nous sont quimparfai- 
tement connus. 

Réaumur et d'autres physiciens ont , il y a déjà près 
d'un siècle , cherché à faire revivre la teinture de la pour- 
pre. Ils ont prouvé qu'il étoit facile de retrouver les procédés 
des anciens ; que presque toutes lespuurpres, les rochers, etc., 
de nos côtes,pouvoient être employés pour la teinture; mais 
ils ont reconnu que les étoffes teintes en celle couleur ne se- 
roient jamais si belles, et coûleroient peut-être cent fois plus 
que celles teintes avec la Cochenille. 

Dans quelques cantons du nord de l'Angleterre , on emploie 
encore la pourpre pour marquer le linge. On s'en sert aussi 
pour teindre de petites pièces d'étoffes dans l'Inde et sur les 
cotes de l'Amérique; mais nulle part on n'en fait l'objet d'un 
travail important. 

On peut porter à une douzaine d'espèces,même davantage, 
le nombre de coquilles connues qui se rangent dans le genre 
■ des pourpres, tel qu'il est ici établi. 

Les plus communes dans les collections , sont : 
La Pourpre persique , qui est striée , tuberculeuse , dont 
la lèvre est crénelée et la columelle aplatie. Elle se trouva 
dans la Méditerranée et la mer des Indes. 

La Pourpre sakÈne, Purpura mancinella, Linn., qui est 
ovale, et dont les tubercules sont obtus, l'ouvcrlure sans 
dentelure et la columelle striée transversalement. Elle se 
trouve sur la côte d'Afrique et dars la merdes Indes. 

La Pourpre LABORIN , Purpura hipvocasiana, <\v\ est ovale , 
striée, avec quatre rangs de tubercules presque cpiicux, et 
dont l'ouverture est striée transversalement. Elle se trouve 
dans la mer des Indes et sur la côte d'Afrique, (b.) 



ii8 POU 

POURPRE FEUILLETÉE. C'est le Rocher frisé , 
Murex ramosus , Linn , dont Denys-de-Montforl fait le type 
de son genre Chicoracé. (desm.) 

POURPRE LICORNE, Pwpum monorcros. Cette co- 
quille , fort semblable aux autres Pourpres , en diffère , 
•parce que sa lèvre extérieure est garnie, à sa partie in- 
férieure , d'une dent longue et recourbée. Denys-de- 
Montforl en a fait un genre sous le nom de Licorne , 
unicornus. (DES M.) 

POURPRE DE PATSAMA. C'est la même coquille 
que la Pourpre persique. (desiM.) 

POURPRE DE PARMA. C'est la Pourpre persique. 

(I)ESM.) 

POURPRIER. Animal des Pourpres. Il a un oper- 
cule ; deux tentacules , portant les yeux dans leur milieu ; 
un tube dans un canal, (n.) 

POURRAGUE. On donne ce nom, dans la Crau , a 

l'AsPllODÈLE FISTULEUSE, (B.) 

POLTRPiETIE, Pourretia. Genre de plantes établi par 
Ruiz et Pavon, dans la Flore du Pérou , dans la monadelphie 
polyandrie et dans la famille des broméliacées. Il a pour 
caractères : un calice divisé en cinq parties , une corolle de 
cinq pétales lancéolés; un grand nombre d'étamines réunies 
en tube à leur base ; un ovaire surmonté de plusieurs styles; 
un grand drupe sec , monosperme et à cinq ailes. Ce genre 
qu'on a aussi appelé Cavanillese , GusMA^lEet Pitcair- 
KE , renferme trois espèces , qui croissent naturellement 
au Pérou, et don» la plus importante à citer , est la PouR- 
llETiE PYRAMiDALE, qui est arborescente , a les épis de fleurs 
paniculés et le calice velu. On la connoît dans les Cordi- 
llères sou.s le nom d' Achupi.la. Les ours , pendant l'hiver, 
et les hommes, dans les temps de disette, mangent son 
écorce. (r.) 

POURRETIE, Pojirrcti'a. Ilumboldl et Bonpland , dans 
leur bel ouvrage, intitulé Plantes éqidnoxi'aîes , ont donné le 
même nom cà un autre genre de la monadelphie polyandrie 
cl de la famille des malvacées. 

Ce genre est fondé sur un arbre de l'Amérique méri- 
dionale , à feuilles alternes , presque pellécs , à cinq ou 
sept lobes. Ses caractères sont : calice de cinq dents réflé- 
chies et velues en dehors ; corolle de cinq pétales épais , 
obtus , réunis à leur base; capsule oblongue , à cinq grandes 
ailes; à cinq loges luonospermes et non déhiscentes, renfer- 
mant chacune une semence membrancuso d'un càté. 



POU „9, 

POURRITURE. (^Maladie des arbres.) V. Arbre- 

(toll.) 
POURSILLE. C'est, dans nos îles de l'Amérique, le 
nom que Ton donne à une variélé brune de Pespèce du mar- 
souin, (s.) 

POURTOUGAL et PORÏOUGAL. Noms italiens 
des Orangers, (ln.) 

POURVOYEUR DU LION. On a donné ce nom au 
Caracal , quadrupède du genre des Chats ( V. ce mot ) , 
et voisin des lynx, (desm.) 

POUSSE. Exhalaison qui se fait sentir dans les souterrains 
des mines, et qui suffoque plus ou moins promptement les 
ouvriers. V. Moufette et (iRisou. (pat.) 

POUSSEPIEDS, POUCE-PIEDS ou CONQUES 
ANATIFÈRES. Ce sont les noms vulgaires attribués aux 
An A TIFS, coquillages multivalves , parce qu'on croyoit 
qu'ils donnoient naissance aux canards. Voyez Anatifs et 
.Pouce -Pieds, (desm.) 

POUSSIÈRE. Matière terreuse réduite à l'état pulvé- 
rulent par la sécheresse, ou par le piétinemeut des hom- 
mes ou des animaux, et qui se trouve surtout dans les routes 
battues , ou dans les déserts arides et sablonneux. Sur cer- 
taines côtes de la mer , comme aux environs du Mont-Saint- 
Michel, en Bretagne, le sable d'une ténuité extrême, forme 
uncpoussière très-incommode, et même dangereusepour la poi- 
trine. Mais je ne crois pas qu'il existe au monde une pous- 
sière plus fâcheuse que celle qu'on trouve dans une grande 
partie de la Sibérie. Comme tout le sol est une espèce de 
tourbe chargée de sels vitrioliques, tels que les sulfates de 
fer et de magnésie, les chemins sont couverts, d'un demi- 
pied , d'une poussière aussi noire et presque aussi légère que 
du noir de fumée ; et les voyageurs, pendant l'été, sont 
perpétuellement enveloppés dans des tourbillons de cette 
horrible poussière , qui , étant toute composée de petites 
fibres végétales fort aiguës, et de matières salines très-âcres, 
cause une irritation violente dans la poitrine et dans les 
yeux , et occasione des toux et des ophthalmles fréquentes; 
aussi les habitans perdent-ils la vue de fort bonne heure. 
Celle cruelle poussière m'avoît tellement fatigué pendant 
les huit années où je l'ai resplrée dans mes voyages d'obser- 
vations , que, lorsqu'à mon retour je commençai à voir de 
la poussière blanche , en approchant des monts Oural , ce 
fut pour moi une des plus agréables sensations de ma vie. 
Je ne parle pas de Tincommodité non moins grande que 
causent les myriades d'insectes dont l'air est rempli, et qui 



Ï20 POU 

Ïiqucnt cruellement le jour et la nuit, tels que les cousins^ 
es moustiques , les taons , etc. (pat.) 
POUSSIÈRE FÉCONDANTE. F. Pollen et Fleurs. 

POUSSIERE PROLIFIQUE. V. Fleurs et Pollen. 

(D.) 

POUSSINS. Pellts poulets rcccmmeni éclos. V. Coq. 

(s.) 

POUST. Préparation d'OpiuM , dont on fait fré(|uem- 
ntient usage dansiTnde, pour se débarrasser d'un ennemi 
sans qu'on puisse exciter les soupçons, (b.) 

POUTALETSJE. Plante figurée par Rhéede , et qui pa- 
roît être une Pétésie. (b.) 

POUTAP«.'jUE , ou BouTARGUE, Voyez Mugil mulet. 

POUÏASSOU. A Nice, on donne ce nom à plusieurs 
poissons du ^enre des Gades, et notamment au (^ade pol- 
Lack et au ]Merla>;. (des3i.) 

POUTINA. C'est le nom nicéen de TATaÉRiNE mar- 
brée, (desm.) 

POUTINO. C'est le nom qu'on donne , à Nice, aux 
jeunes Sardines, (desm.) 

POUTOULAIGO. Nom languedocien du Pourpier 
{^Portulaca olemcea'). (L>r.) 

POUTING - PONT. Nom anglais de Gade tacaud. 

(c.) 

POU\RïNx\. Nom de la Bergeronnette, en Pié- 
mont, (v.) 

POUX. Voyez Pou. (desm.) 

POUXA. On donne ce nom, dans leTliibel, au TiNKAL , 
c'est-à-dire, à la Soude boratéeou Borax, (ln.) 

POUY. On donne ce nom à là Bignone a fruits 
blancs, dans l'île de Ta!)ago. (b.) 

POUZZOLANE. Matière terreuse qui est rejetée par 
les volcans, et qui est précieuse par la propriété qu'elle a 
de former un ciment de la plus grande solidité , qu'on em- 
ploie dans les constructions hydrauliques ; bien loin d'être 
altéré par l'eau , il ne fait qu'y prendre , de jour en jour , 
plus de dureté. La pouzzolane tire son nom de la ville de 
Pouzzole, voisine de Naples et du Vésuve , aux environs de 
laquelle il en a formé des amas prodigieux. 
. Tous les volcans ne fournissent pas de la pouzzolane en 
égale abondance , et le même volcan n'en donne pas dans 
tous les périodes de ses paroxysmes. Avant et après l'érup- 
tion des laves coulantes, les voîcaris rejettent, presque lou- 



POU I2ï 

jours, une încroya"ble quantité de sables el «le scories plus 
ou moins volumineuses, qui sont extrêmement boursouftlées; 
et ces matières vitreuses et arides sont incapables de pren- 
dre de la liaison. 

Mais dans certains intervalles, les volcans rejettent des 
matières plus argileuses , dont une partie est dans un état 
pulvérulent , et l'orme ce qu'on nomme les cendres volcani- 
ques. L'autre partie est en petites masses assez semblables à 
de la brique pilée grossièrement : c'est ce qu'on appelle 
proprement pouzzolane , quoique les cendres aient des pro- 
priétés toutes semblables : ce sont même ces cendres qui for- 
ment la majeure partie de la pouzzolane du \ésuve, près 
de Pouzzole, elles sont grisâtres; à la Torre del l'Annunziaia, 
elles sont noirâtres et d'un fort bon usage. 

Dans toutes les contrées de l'Italie , qui ont été volcani- 
sées, on trouve , en abondance , une pouzzolane brune ou 
jaunâtre. L'une des meilleures, qui est de couleur rouge, 
est celle qu'on tire aux environs de Kome , d'une colline qui 
est sur la droite de la voie Appia , près du tombeau des 
Scipions. Les fameuses catacombes de Kome sont creusées 
dans une pouzzolane de couleur violette obscure, parsemée 
de petits cristaux de pyroxènc. 

L'Etna produit aussi de la pouzzolane , mais bien moins 
abondamment que les volcans d'Italie. Elle est en petites 
masses qui ont jusqu'à la grosseur dune noix; elles sont 
poreuses sans être boursoufliées ; elles ont le grain terreux 
et happent fortement à la langue. La pouzzolane du mont 
I^ateruo est rougeàlre ; celle du IMonle-Rosso est noirâtre 
et mêlée de pyroxènes, comme celle des catacombes de Rome. 

Bergman a fait l'analyse d'une pouzzolane de couleur 
rouge , et a reconnu qu'elle contenoit : 

Silice. • . . . 55 

Alumine 20 

Chaux . 5 

Fer 20 

Ce sont les mêmes élémens qu'on trouve dans le hasalle , 
êl à peu près dans les mêmes proportions ; aussi , Faujas de 
Saint-Fond a-t-il eu grande raison de dire qu'il existoit une 
parfaite identité entre toutes les matières volcaniques, qui ne 
diffèrent les unes des autres que par de légères modifi- 
cations. 

Comme la pouzzolane est une substance presque insé- 
parable des volcans , on en trouve , en France , aux environs 
de tous les volcans éteints d'Auvergne , du Vivarais , du 
Yelay , du Languedoc, près d'Agde , d'Eveuos, à trois 



122 POU 

lieues au nord de Toulon, de la Charlreuse d'Averne en 
Provence , etc. 

Faijjas nous apprend qu'il a fait, avec la pouzzolane du 
Vivarais, divers essais de constrnclion , soit dans l'eau, 
soit en plein air, qui lui ont parfaitement réussi. 

On emploie la pouzzolane principalement dans les cons- 
tructions qui doivent être couvertes d-eau , et lui être im- 
perméables, comme les écluses des canaux de navigation, 
les réservoirs, les bassins , etc. 

Pour l'employer avec autant d'économie que d'utilité , on 
la réduit en poudre , surtout pour les ouvrages qui doivent 
réunir la propreté à la solidité. On la mêle avec de la cliaux 
vive ou nouvellement éteinte, et du sable de rivière; et 
pour les gros ouvrages , on y joint de la blocaille ou recoupe 
de pierres , dans les proportions suivantes : 
Douze parties de pouzzolane , 
Six parties de gros sable non terreux, 
Neuf parties de chaux vive , 
Six parties de recoupes. 
On môle et Ton broie le tout ensemble , comme un 
mortier ordinaire; mais il doit être employé sur-le-champ,, 
attendu qu'il durcit Irès-promptement. 

La maçonnerie faite avec ce ciment, résiste d'une ma- 
nière étonnante à l'action destructive des eaux de la mer. 
L'ancien mole de Pouzzole , appelé le Pont de Caligula , en 
butte, depuis tant de siècles, à la fureur des flots, ne doit 
qu'à la pouzzolane son inébranlable solidité. 

Pour les ouvrages qui doivent être unis à la truelle, on 
supprime les recoupes , on pulvérise plus soigneusement la 
pouzzolane , et l'on fait un mortier composé de : 
Deux parties de pouzzolane , 
Une partie de chaux vive , 
Une partie de sable pur. 
On fait ce mortier à l'instant même où on l'emploie : on 
s'en sert pour les bassins, les terrasses qui servent de 
toit , etc. Si l'on a soin de le battre fortement à mesure 
qu'il sèche, pour l'empêcjier de se fendiller, il ne laisse pas 
filtrer une goutte d'eau pendant un grand nombre d'années. 
Les tufs volcaniques ont absolument les mêmes propriétés 
usuelles que la pouzzolane , dont ils ne diffèrent que par 
leur consistance pierreuse ; et il suffit de les pulvériser pour 
en faire une véritable pouzzolane. V. Trass. (pat.) 

POVEPvAZOS. Oa donne ce nom à la Vénus clonisse, 
dans le golfe de Venise. (B.) 

POViE ou POWIL Selon Lalham , c'est le nom que 
le Martiî^ BKAiviE porte au Mahbar, V. ce mot. (v.) 



P R A 123 

POXOS. Nom des Champignons memdr\neux , dans 
Théophraste. (b.) 

POY. Dapper parle trop succinctement d'un oiseau de 
proie d'Afrique , appelé ;joj par les nègres, et qui se lient 
sur le bord de la mer, pour y prendre les crustacés, (s.) 

POYON. V. Mouche a feu. (l.) 

POZOA. Pozoa. Plante herbacée de la famille des ombcl- 
lifères , de la pentandrie digynie et très-voisine des astrances. 
Ses feuilles sont portées sur de longs pétioles , simples, co- 
riaces, dentées profondément à leur extrémité , et marquées 
de cinq nervures quintuplées. Ses fleurs forment une ombelle 
simple : elles offrent un calice a cinq dents; une corolle à cinq 
pétales entiers. Il leur succède des fruits prismatiques , té- 
trngones, couronnés par les dénis du calice. L'involucre est 
complet, ample , coriace , denté , plus long que l'ombelle- 
Lagasca indique cette plante dans les montagnes des Andes , 
au passage qu'on nomme Cordillière del Plancbon. 

POZZOLAINE. V. Pouzzolane et Cendres volcani- 
ques, (pat.) 

POZZOUTE. Nom donné,par M. Cordier, à la Pouz- 
zolane. Voyez à la fin de l'article Lave, (ln.) 

PRAEDATRIX. Nom générique du Stercoraire, (v.) 

PRAIRIES. On appelle pré , toute superficie de terre 
semée naturellement ou artificiellement de plantes propres à 
la nourriture des animaux. 

Dans l'état actuel de l'agriculture française , le rapport des 
prairies avec les céréales et les autres plantes cultivées pour 
l'homme est loin d'être dans de justes proportions pour 
assurer l'existence de la quantité d'animaux nécessaire à sa 
prospérité. Si le hié, Vaooine, Vorge, le seigle, \emiliel, etc., 
abondent en France, elle manque encore àe prairies^ déplantes 
utiles dansles arts, et de forêts, au moinsdans les proportions 
suffisantes aux besoins de ses habitans , et tant que les justes 
rapports entre les prés, les bois, et Icsterres cultivées ne seront 
point établis en pratique, l'agriculture sera moins riche. Celle 
vérité ne s'applique pas à la France seulement, elle est encore 
applicable aux climats voisins , à Tltalie surtout ; et consi- 
dérée dans toute son étendue , on voit que la prospérité de 
l'agriculture, la plus constante fortune publique , repose sur 
sa rigoureuse applicalion , et que , vue physiquement , elle 
explique ces longues chaleurs brûlantes de nos climats, incon- 
nues à nos pères , et ces hâles arides qui stérilisent nos cam- 
pagnes ; mais l'absence des forêts y contribue davantage. 

Les prairies sont naturelles ou artificielles. On dit qu'elles 
sont naturelles quand elles n'ont point été semées , et qu'elles 
sont artificielles quand elles l'ont été. Les premières se sub- 
divisent eu praiiies hautes , en p'w'ries de. pi aine ^ et cii pi'i.-''"'-^. 



12/î P R A 

tasses. Les dernières se subdivisent en prairies artificielles , 
composées de beaucoup d'espèces de plantes , et en prairies 
arlificieltes , composées d'une seule espèce de plantes. 

Des Prairies naturelles. 

Un écrivain célèbre en agriculture , pose la question de 
savoir s'il est avantageux de conserver en prairie naturelle un 
sol qu'un ne peut arroser. Cette idée , bien faite pour fixer l'at- 
tention des propriétaires , et fructifier parmi eux , est sans 
doute la cause déterminante de ces destructions de vieilles 
prairies peu productives , qu'on remplace de toutes parts par 
des prairies artificielles composées d'espèces de plantes moins 
pressées du besoin d'eau. En effet , pourquoi payer des im- 
pôts pour un pré médiocre qui peut tripler sa valeur semé en 
luzerne , en trèjle , en sainfoin, en carotte , en iurnep , en chou 
navet de Lapunie , en betterave champêtre , en chicorée à four- 
rage , etc. ? 

Cependant ne bannissons pas toutes les prairies naturelles , 
mais n'en laissons que dans des lieux bas, plats, naturellement 
humides , ou dans telle position qu'elles soient, susceptibles 
d'irrigation. Dans l'un et l'autre cas, prenons le plus grand 
soin de les débarrasser des mauvaises herbes qui s'y établis- 
sent toujours plus ou moins , et d'en faire disparoître toutes 
les inégalités de superficie , que les animaux souterrains ou 
d'autres circonstances peuvent y occasioner. 11 faut réduire 
à un très-petit nombre les plantes qui.doivent composer une 
prairie naturelle ; et quelque bonne que soit la mieux située , 
s'il survient une sécheresse excessive, elle vaudra moins que 
le plus mauvais pré arrosé artificiellement ; cette proposition 
repose sur de nombreux exemples. Il ne faut donc conserver 
que les prairies naturelles baignées tous les ans par des eaux 
qui les surnagent momentanénjcnt. 

Il faut ôtcr des prairies naturelles les plantes suivantes. 

Uonoporde ucantlnn, dont les feuilles sont épineuses ; 1 . s 
laiches , les choius , dont les tiges sont dures ; la héioine offici- 
nale ^ la rhinaiithe r.rê.le de cg<j , la valériane dioïqus , les orchis , 
les serrahdes, Inspirée ulmaire, la salicaire., Ia potentille anserinc, 
les renoncules, les patiences , Vani^èlique sauvage, tous les cJié- 
jiopodes , tous les èpiloL'cs , les menthes, les im , les véroni- 
ques, les presLs ^ les caille - laits , les cressons ., les renouées y 
la grussette , . la vicnyasithe , les petites el grandes marguerites , la 
ciguë, Idi nummulairc ., les primevères , les achillées , les campa- 
nules, les géranions , les mauves ., V ai gremoine ., les séneçons, 
Valchimille , les euphraises , le serpolet , les poicntilles , l'o- 
rigan , la sanicle, le marrube , la petite centaurée , la bardcmey 
la consolide , la cuscute ,• le coquelicot , ïœnaathc , la gaude , la 



P R A 5,5 

iormentiîle ^ les fough-es , Y airête-hœuf ^ et beaucoup d'autres, 
dont rindicalion deviendrolt longue, lesquelles nuisent toutes 
aux prairies. D'après celte analyse , que tout cultivateur peut 
vérifier , il est évident que le plus grand nombre des plantes 
des prés est nuisible , et que les bonnes plantes ne sauroicnt 
occuper seules le terrain , si la main de l'homme ne vient à 
leur secours. Lorsque ces herbes dominent trop dans un 
pré , il faut les détruire , et le semer en prairies artificielles , 
d'une ou de deux plantes prises parmi celles qui y croissent 
naturellement le mieux ; car la nature les ayant placées là , 
on fera bien d'y semer leurs semences , qui y prospéreront 
aux dépens des autres que la charrue a condamnées désor- 
mais à fertiliser le sol. Est-ce le sainfoin, la pimprenelle, la 
chicorée , le ray-grass , le fromental , qui y disputent le sol ? 
établissez l'une de ces plantes exclusivement , ou le sainfoin 
avec la pimprenelle. Quel meilleur guide que la nature ? 
Aimez-vous mieux un fourrage annuel '^ semez les gros nai?ets 
à fourrage , les carottes et betteraves champêtres , qui y prospè- 
rent nécessairement. 

Les prairies naturelles pour pâturage. 

Ces sortes de prés signalent l'indifférence des propriétaires 
sur leurs intérêts , ou la pauvreté de quelques cultivateurs , 
qui ne peuvent convertir ces terrains en prairies artifi- 
cielles toutes les fois qu'ils sont situés à la proximité dos 
labours. Quant aux pâturages situés sur les côtes à de très- 
longues distances des habitations , ou qui sont naturellement 
établis sur les (laacs des montagnes escarpées, il ne faut pas y 
porter la charrue ; on en augmente au contraire le produit , 
pour y paître plus utilement de nombreux troupeaux. Ce sont 
des terres vierges de création nouvelle , qui augmentent de 
fertilité chaque année par la désorg3nisalioi>des plantes qui 
y meurent. Les rochers qu'elles cachent éioient primitive- 
ment nus : ce sont des terres en réserve pour la postérité. 
Les Chinois manquent de cette perspective , l'.ngricuiture 
impérieuse et irrésistible ayant déjà dévoré les montagnes 
chez ce peuple , le plus ancien de tous. 

Lorsqu'on a le choix du terrain , il est avantageux d'établir 
la prairie au levant , sur une pente douce ; Iherbe ijui reçoit 
le plus immérfiatemenlles rayons lumineux , est plus nour- 
rissante et plussalulaire à égal volturse, frai- he ou sèche, que 
celle des mêmes plantes qui ont végété à loi.te autre exposi- 
tion. Ce n'est qu une nuance sans doute , mais il n'est point 
indifférent de la saisir ; aucun corps vivant ne prospère à 
l'ombre , et tout corps vivant qui habite à la surface de là 
terre, a d'autant plus de perfection , qu'il perçoit davantage 



,26 P R A 

de rayons solaires. Cela est rigoureusement vrai; mais il faut 
que les forces intérieures de ces corps, entretenues par de hons 
alimens , provoquent cette abondante sécrétion qui lustre les 
plantes de ce beau vernis qui caractérise leur santé. C'est assez 
dire qu'il est utile que cette prairie, semée au levant , soit 
alimentée par un sol naturellement bon, ou, à défaut, souvent 
nourri d'engrais propres au sol , ou par des irrigations heu- 
reusement combinées. 

Si la terre est susceptible d'irrigation , on peut y semer , 
après dcuxbons labours, toutes sortes de graminées , quelle 
que soit leur nature. Le fromental , qui forme la base des 
bonnes prairies naturelles, tient le premier rang. 

La pratique a appris que pour bien semer le fromental , 
il falloit employer soixante à soixante-dix livres de semence , 
et que si on lui combine du trèfle rouge ( iri/olium praiense ) , 
c'est dans les proportions de cinquante livres de fromental 
sur six livres de trèfle , qu'il faut associer ces deux plantes. 

Parmi les autres plantes qui croissent naturellement dans 
les prairies , on remarque encore Vwraie vwace ou ray-grass- 
anghiis. Cette herbe s'élève moins que \<t fromental ^ mais 
elle ne lui cède pas en qualité , au moins avant sa flo- 
raison. On sème soixante livres de graine par arpent , et 
deux livres de petit trèfle hlanc (^trifoUwn repens ^ ^ qui con- 
serve une fraîcheur utile à la surface de la terre , et protège 
ainsi le ray-grass contre l'action du soleil. 

La houqiie laineuse est encore une plante bonne à cultiver 
séparément , ainsi que le dactyle glomérulé. Ces deux grami- 
nées sont plus hâtives que les autres , et seroient déplacées 
dans un mélange. 

Les graines recueillies en mélange provenant d'un pré 
d'herbes de choix, ne sont point à dédaigner, lorsque V avenu 
elatior , Yacena flaoescens , le holcus lanatus , le lolium pè- 
re nnc , le bromus mollis ^ le poa prarensis ^ le phleum pratense 
et le medicago lupulina^ composent ce mélange naturel dans 
de telles proportions , que l'oce«a elatior et le poa pratensis 
et le medicago lupulina , dominent; mais l'opération du semis 
est plus sûre lorsque ces graines bien vannées et nettoyées de 
feuilles mortes et autres corps étrangers , sont rapprochées 
de manière que chacune d'elles puisse se reconnoîlre ; alors 
soixante livres de ces semences en mélange, et quatre livres 
de trèfle f sèment un arpent , et composent un pré durable 
et très-productif. On est dans l'usage de semer [qs prairies de 
graminées en automne ic'est sans doute la bonne méthode;un 
grand nombre de propriétaires ne sèment , néanmoins, qu'au 
printemps , et s'en trourent bien aussi. Ou fera donc cette 



P R A 127 

opérallon avant ou après l'hiver ; mais en ne semanl qu'au 
printemps , c'est perdre une demi-année , et multiplier les 
frais de labours préparateurs du sol. On dira peut-être que les 
gelées fatigueront les jeunes graminées naissantes; cela n'est 
pas sans exemple. La nature , qu'il faut imiter , ne nous 
indique-t-elle pas l'automne pour le semis des graines indi- 
gènes , puisque c'est alors qu'elle les fait mûrir , et que les 
disséminant partout , on les voit germer naturellement 
alors , ou attendre dans la terre la douce saison du prin- 
temps pour développer leurs germes. 11 faut, d'ailleurs , ob- 
server que si les tiges des plantes meurent ou suspendent 
leur activité vitale dans l'hiver, leurs racines emploient cette 
saison pour grossir , durcir et mieux se cramponner au sol ; 
car elles végètent alors , et la vie végétale refoule vers elles , 
et y exerce son action d'une manière plus active qu'on ne le 
pense généialement. 

Si on sème en automne , on le fera aux approches d'un 
temps humide et le plutôt possible, pour que Iherbe puisse se 
fortifier et mieux se défendre contre le froid. Ce semis fait, 
on l'abandonne jusqu'en avril , à moins qu'on ne veuille jeter 
sur la superficie une couche légère de terreau en décembre 
ou en février ; mais cela n'est praticable que pour de petites 
pièces. 

Nous avons ait qu'il n'y avoit pas de bonnes prairies ( gra- 
minées surtout) sans eau. Je suppose donc la pièce semée 
en pré , disposée de manière que l'eau d'une rivière voisine 
l'habile en hiver , qu'elle soit baignée par des fontaines , ou 
enfin que l'eau y soit portée par un grand canal de conduite , 
et distribuée , dérivée , conservée , reprise ou perdue à volonté 
par des canaux et rigoles d'introduclion , par des canaux de 
dérivation , de repos , de reprise et de dessèchement , selon 
les inclinaisons de superficie et la qualité du sol , sec ou hu- 
mide , calcaire ou argileux. 

Ces nombreux aqueducs superficiels, distribués de manière 
à produire une irrigation proportionnée aux besoins des sites, 
doivent être ouverts à peu près dans le cours d'avril pour la 
première fois , sur la nouvelle prairie qu'on baignera encore 
dans la suite , selon ses besoins , en observant de ne pas trop 
l'inonder, car le foin seroit de moins bonne qualité. 

On aura soin, la première année, d'arracher les mauvaises 
herbes à mesure qu'elles s'y établissent , et de le faire tou- 
jours avant qu'elles soient en fleurs. 

On fauche le pré quand il est couvert de fleurs ; et n'at- 
tendez jamais que les tiges des graminées soient blanches et 
que la graine soit formée , car au lieu de foin vert et odorant 



i;>.8 P R A 

que le suc salivaire de la bouche des animaux puisse pénétrer 
€t ramollir , vous n'obtiendrez que du foin sec , cassant , pâle 
et inodore , sans aucune qualité alimentaire, et dédaigné par 
les animaux qui préfèrent alors la bonne paille. Le moment 
de couper rherbc est difficile à saisir; et c'est ici le lieu de 
faire ressortir tous les désavantages des prairies naturelles 
négligées. Quelque attentif que soit le propriétaire à saisir ce 
moment, il trouve toujours sur cinquante plantes qui com- 
posent sa prairie naturelle , vingt-cinq espèces mortes , pour- 
ries ou «rop mûres, et dont les graines semées naturellement, 
assurent l'invincible permanence de ces végétaux inutiles. 
Parmi les vingt-cinq autres , il en est quinze qui sont en 
fleurs et bonnes à faire du foin , et dix qui , -mûrissant plus 
tard , n'ont encore pu acquérir leur force , leur saveur , ni ce 
concours de principes immédiats des végétaux , qui donne 
lieu à l'odeur particulière qui caractérise le bon foin. 11 est 
donc évident que les seules prairies naturelles , purgées de 
leurs mauvaises herbes , ou celles que la main de l'homme 
guidée par un raisonnement qui a fait un choix heureux de 
plantes , a composées , sont susceptibles de donner de bon 
foin. 

Des rmiries artificielles. 

On appelle prairies artificielles toute superficie de terre 
occupée par des plantes fourrageuses qui y ont été portées 
par la main de l'homme. Leur objet est la culture des espèces 
appropriées au sol , cultivées isolément ou deux à dejix , trois 
à trois, selon leur affinité réciproque ou leur appétit pour le 
terrain qu'elles occupent : elles sont toujours d'un rapport 
beaucoup plus grand que les prairies naturelles , calcul fait 
des qualités des terres et du prix des travaux. Elles firent au- 
trefois la fortune de l'agriculture romaine, et leur introduc- 
tion en France , en Angleterre et en Allemagne , a beaucoup 
contribué à augmenter les bestiaux et les engrais ; elles font 
de plus en plus disparoître parmi nous la nudité des terres 
reposées autrefois en jachères , et si quelques cantons de la 
France conservent encore de ces terres oisives , c'est qu'ils 
s'oublient sur leurs propres intérêts, ou manquent des moyens 
de semer des prairies artificielles. 

Les Chinois multiplient pour fourrage , dans quelque sol 
que ce soit, la plante qui y vient naturellement la plus belle, 
la plus forte et en même temps la plus appropriée à la nour- 
riture des bêtes. Voilà le fondement des prairies artificielles, 
"Visitez la plus mauvaise partie de votre domaine; cherchez , 
parmi les nombreux végétaux qui y croissent, la plante qui 
végète le plus vigoureusement,- et cultivez-lasurle lieu même, 



P R A. „3 

à moins que l'analogie ou rexpérience sur une terre voisine 
ne vous aient appris qu'une autre plante y produiroit davan- 
tage. 

Les plantes qui figurent le plus avantageusement en prai- 
ries artificielles, sont la/Mze/72edans tous les sols, excepté ceux 
qui reposent sur un tuf imperméable à l'eau, le trèfle dans les 
bonnes terres, le sainfoin sur les coteaux calcaires ou sablon- 
neux , le ray-grass , iefrunienlal , la pimprenelle ; la grande chi- 
corée , d'un produit excessif ; la vesce , \a féoerole ^ le lentillon. 
le pois gris , le lupin , la spergule et le mélilot sur les jachères, 
que ces plantes n'épuisent pas ; Y ajonc , le cytise , le coluiea, 
le gainier, pour occuper les terres escarpées et nourrir les 
animaux de leurs jeunes tiges ; la lupuline, le petit trèfle blanc, 
le sulla , le trèfle de Roiissillon, les navels à fourrage , les iurneps , 
les carottes et betteraves champêtres ^ le navet de Suède, les chousom 
raves et choux-navets de Laponie, et autres dont on a indiqué 
les usages en traitant ces articles dans l'ordre de ce Diction- 
naire. 

Indépendamment des avantages attachés à la culture des 
prairies artificielles , pour nourrir les animaux, l'expérience 
a appris qu'elles fécondent les terres sur lesquelles on les 
établit; on sème toujours les céréales avec avantage dans les 
prairies naturelles et artificielles défrichées , et les prairies 
artificielles annuelles fertilisent le sol , lorsqu'au lieu de 
donner leur seconde pousse aux animaux, on la renverse sous 
la terre par la charrue. Ce mode d'engrais étoit connu des 
Romains , qui employoient le lupin à cet usage. 

Les prairies artificielles vivaces sont susceptibles d'irriga- 
tions comme les prairies naturelles. Leurs graines se sèment 
aux diverses époques de l'année , selon les plantes qui les 
composent, (toll.) 

PRAMNION. F. MoRioN. (ln.) 

PRANIZE , Praniza , Léach , Latr. ; Oniscus , Montag; 
Genre de crustacés , de l'ordre des isopodes , famille des 
phytibranches , distingué des autres genres qu'elle renferme 
par les caractères suivans : quatre antennes apparentes; dix 
pattes toutes simples ; corselet divisé en trois segmens ; les 
deux premiers courts, portant chacun une paire de pattes; le 
dernier beaucoup plus grand , portant les six autres pattes ; 
queue terminée par une nageoire en feuillets. 

Ce genre a été établi sur Voniscus cœrulatus de Montagu , 
représenté dans les Actes de la Société linnéenne, tom. xi , 
part. I , pi. 4 » fig- 2 ; mais il paroît que cette espèce {pra- 
niza axrulata y Lam. ) étoit déjà connue de Slabber , Oùserv. 
microsp. , pi. i , fig. i et 2, On la trouve dans notre Océan. 

(L.) 

xxvni. 9 



.30 P R A 

PRASE. Nom commun 5 plusieurs pierres siliceuses d'un 
vert plus ou moins approchant de celui du poireau. Delamé- 
therie, et Brochant, d'après Werner , l'ont donné à une va- 
riété vert obscur du quarz; quelques auteurs s^en sont servis 
anciennement pour désigner des agates et des silex verts plus 
communément connus sous le nom de plasma; enfin , la chry- 
soprase a été appelée Prase , et la prehnite du Cap de 
Bonne-Espérance , Prase cristallisée. V. Quarz, Silex 
et Prehnite. (ln.) 

PRASE LEUCOCHLORE , Prasius leucoMorus. Al- 
drovande appeloit ainsi un jaspe panaché vert blanc et jau- 
nâtre. On a donné également ce nom à la Chrysoprase. (lw.) 
PRASEM, Werner, et Praseinstein. C'est le guarzhyalin 
vert obscur de M. Haiiy, appelé Prase F. Quarz. (ln.) 

PRASION , Prasîum. Genre de plantes de la didynamie 
eymnospermie et de la famille des labiées, qui offre pour ca- 
ractères : un calice tubuleux , à lèvre supérieure trifide, et à 
lèvre inférieure bifide ; une corolle monopéiale tubuleuse , à 
lèvre supérieure concave , échancrée , à lèvre inférieure 
plus large et trifide, à division moyenne plus grande ; quatre 
étamines , dont deux plus grandes; un ovaire à quatre lobes, 
surmonté d'un style à stigmate bifide; quatre baies mono- 
spermes. 

Ce genre renferme six petits arbrisseaux à feuilles oppo- 
sées et à fleurs axlllaires dépourvues de bractées. 

L'un , le Prasion grand , a les feuilles ovales oblongues 
et dentelées ; et l'autre , le Prasion petit , les a ovales et 
doublement crénelées. Us se trouvent l'un et l'autre en Sicile 
et en Calabre , et ne présentent rien de remarquable, (b.) 

PRASITIS. Nom donné autrefois au Corindon vitreux 
d'un vert jaunâtre, (ln.) 

PRASIUM ou PRASION. Les Grecs donnoient ce nom 
à des plantes qui paroissent avoir été notre marrube blanc 
et la ballote noire , plus connue sous le nom de marrube 
noir, F. Marrubium. Adanson a nommé leoina le genre 
prasium de Linnaeus, parce qu'il ne contient point les Pra- 
sioNS des anciens. F. ci-dessus Prasion. (ln.) 

PRASOCURE, P/asoa/7/5. (ienre d'insectes, de l'ordre 
des coléoptères , section des télramères, famille des cycli- 
ques, tribu des chrysomélines. 

Ce genre avoit été établi par Paytull , sous le nom d'Ae- 
ludes^ et adopté de même par Fabricius. Latreillea cru devoir, 
changer ce nom , parce qu'il étoit trop conforme à celui d'e- 
iodes ^ qu'il avoit déjà établi dans son Précis des caractères gé- 
nériques des insectes. Les caractères que cet auteur lui assigne j 



P R A ,3, 

sont les suivans : antennes monîliformes ;; un peu plus lon- 
gues que le corselet , terminées par quatre à cinq articles plus 
gros, dont le dernier presque globuleux; palpes peu ou point 
saillans , filiformes ; lèvre inférieure coriace , large, carrée. 
Le corps des insectes de ce genre est oblong, déprimé; la tête 
est plus horizontale que verticale ; les yeux sont allongés ; le 
corselet est carré. 

PraSOCURE de la PHELLANDRIE , Chr^'Somela phellandrii ^ 
Linn. ; He.lodes phellandrii , Payk, , Fab. Elle est noire , avec 
le bord du corselet et deux lignes sur chaque élytre jaunes ; 
les patJessont noires , avec une partie descuisses et des jambes 
jaunes. Elle se trouve en Europe sur quelques plantes aqua- 
tiques. La larve se nourrit des racines de la plante nommée 
par les hotanhles pheHandrium açuatirum. (o.L.) 

PRASOÏDE. Agricola et Laët donnoientce nom au PÉ- 
RIDOT. (ln.) 

PRASOIS. Nom de l'une des deux espèces de topazes que 
Pline indique d'après des auteurs plus anciens, (lis.) 

PRASON et PRASSON. Noms grecs des Poireaux, F. 
PoRRUM. Il y avoit encore d'autres plantes du même genre, 
auxquelles on avoitétendu ce nom; exemple : Vampeloprasum, 
le schœnoprasum , le icorodoprason , etc. V^. ces mots, (ln.) 

PRASOPHYLLE , Prasophyllum. Genre établi par R. 
Brovvn , dans la gynandrie diandrie , et dans la famille des 
orchidées, pour placer douze espèces de plantes à racines 
liulbeuses , à feuille unique , cylindrique, fistuleuse, à fleurs 
disposées en épi , qu'il a découvertes à la Nouvelle-Hollande. 

Les caractères de ce genre sont : corolle en masque, à cas- 
que saillant , à deux folioles postérieures et extérieures sou- 
dées , à nectaire relevé, entier , unguiculé , sans éperon ; la 
colonne des étamines bipartite et ailée; anthères allongées , 
rapprochées ; deux masses de pollen dans chaque loge. F. 
Génoplésie. (b.) 

PRASUS et PRASIUS. Pline nous apprend que l'on 
nommoit ainsi , de son temps , plusieurs pierres, à cause de 
leur couleur tirant sur le vert du poireau. Il en dislingue 
trois sortes , dont une étoit tachetée de rouge , et une autre 
marquée dç trois lignes blanches. Il est très-probable que 
c'étoient des jaspes verts tachés de rouge ou rubanés de blanc 
De nos jours , on connoît des onyx en jaspe vert et blanc ; 
ce sont des pierres fort chères. Les prasus étoient, selon 
Pline , des pierres peu estimées. Cet auteur parle encore du 
chrysoprasîus ou chrysoprasus qu'on croit avoir été notre chryso- 
prase, ou une pierre siliceuse très- voisine , ou peut-être une 
serpentine d'un vert jaunâtre, (ln.) 

PRx\TELLE , Pratella. Genre de Champignons établi 



i32 PRE 

aux dépens des Agarics de Lînnseus , et auquel on peut 
donner pour type TAgaric azuré , figuré par Bulliard. 

Ses caractères sont : point de coiffe ; pédicule central nu, 
ou armé d'un anneau ; chapeau charnu ou membraneux, per- 
sistant ; lames qui noircissent dans leur vieillesse sans se 
fondre en eau. (b.) 

PRATICOLA. Le Pigamon simple, Thalicirum simphx , 
a été désigné sous ce nom par Ehrhart. (ln.) 
' PRATINCOLA. Kramer ( Elench. Austr. infer.) donne ce 
nom à la Perdrix de mer. (s.) 
PRÉ. V. Prairie, (s.) 

PRECIPICE. Gouffre ou cavité escarpée et profonde, 
formée par les érosions des eaux , ou par des affaissemens de 
terrain. V. Abîme, (pat.) 
PRËCOjSSUL. V. Stercoraire bourguemestre. (v.) 
PRECZNIZA. Nom servien du Froment, (lm.) 
PREDHOMME BLANC. On nomme ainsi le Hari- 
cot sans parchemin, (d.) 

PRÉDICATEUR. Nom du Proyer , à Turin, (v.) 
PRÉFET. Nom d'une coquille du genre Cône , Conus 
prœfertus. (desm.) 

PREHNITE. {Idem, Haiiv, Delam., Kirw. , Brong., 
Thoms. , Jam. ; Prehnit , W erner , Karst. ; prehnite et zéo^ 
îite verdâtre , de Born. ). Espèce minérale de la classe des 
pierres,voisine de la stilbite et de la chabasie, et, comme elles, 
appartenant à l'ancienne famille des zéolites. On la recon- 
noît d'abord à sa cristallisation et à sa couleur verte , qui 
varie du vert jaunâtre au vert-pomme et au vert grisâtre ou 
presque blanc. Elle est demi-transparente ou translucide , et 
plus rarement diaphane; son éclat est gras ; à l'intérieur elle 
a un coup d'œil un peu nacré, dans le sens des lames. Sa cas- 
sure longitudinale est lamelleuse , mais sa cassure transver- 
sale est terne et inégale. Elle n'est pas très-dure, et raye foi- 
blement le verre : cependant , lorsqu'elle est en masse , il est 
très-difficile de la casser ; les lames entre-croisées dont elle 
est formée alors , la rendent fort tenace. Sa pesanteur spé- 
cifique varie. Hassenfratz indique 2,60 pour la prehnite du 
Dauphiné ; Vauquelin donne pour celle des Pyr^ées, 2,69 ; 
Klaproih fixe celle de la prehnite de Fassa , à 2,91 ; pour 
celle de Ratshinkes, 2,92 ; Haiiy porte celle d'une variété 
fibreuse, à 2,88. 

La prehnite possède un caractère très-important , dans la 
propriété qu'elle a de devenir électrique par la chaleur. Cette 
propriété , découverte par M. de Drée , jointe à celle de ne 
point faire gelée avec les acides , la distingue de la méso- 



p R A 



i33 



type , espèce à laquelle on avoit rapporté ses variétés fi- 
breuses. 

La prehnite, exposée au chalumeau, bouillonne,puisfond 
en un émail huileux , de couleur grisâtre ou noirâtre. 

Cette pierre est composée essentiellement de silice , en 
plus grande quantité ; d'alumine de chaux et d'un peu de fer. 
M. Berzelius la place dans le groupe q'uil désigne par cal- 
cium siliciaté. Voici plusieurs analyses de diverses variétés de 
prehnite. 





Klaproth. 


Hassenfratz. 


Vauquelin. 




Cap. 


Cap. 


Pyrénées. 


Silice. . 


. • 43,80 . 


. 5o . . . 


.48 


Alumine. 


. 3o,88 . . 


. 20,4. . . . 


.^4 


Chaux. . 


. 18,33 . 


. 23,3. . . . 


. 23 


Fer oxydé. 
Magnésie. 


. 5,66 . 
. 0,00 


• ^'9- • • . 
. 0,5. . . . 


•• 4 
. 


Eau. . . . 


. 1,85 . . 


. 0,9. . . . 


. I 




Klaproth. 


Id. 


Laugîer. 




Passa. 


Raischinkes. 


Reichenhach 


Silice. . 


. 42,87 . 


. 43,00 . . 


. 42,5o 


Alumine. 


. . 2i,5o . 


. 23,25 . . 


. 28,50 


Chaux. 


. . 26,50 . 


. . 26,00 . . 


. 20,40 


Fer oxydé. 


. . 3,00 . 


. . 2,00 . . 


. . 3,00 


Manganèse c 


)xydé. o,25 


. . 0,25 . . 


. . 0,00 


Magnésie. 


. . trace . . 


. . trace. . . . 


. . 0,00 


Soude et pot 


ïsse. 0,00 . 


. 0,00. . . 


. . 0,75 


Eau. . . 


. . 0,00 . 


. . 0,00 . . 


. . 2,00 



La prehnite se trouve presque toujours cristallisée , et ses 
cristallisations sont ou composées de cristaux courts , le plus 
souvent lamelliformes , implantés de champ les uns sur les 
autres et sur leur gangue, ou bien groupés et enfoncés sur les 
parties extérieures d'espèces de rognons ou de concrétions de 
la même nature. 

La forme primitive donnée par M. Haiiy , est celle d'un 
prisme droit , à base rhombe de io3 degrés , et 77 degrés, 
divisible dans le sens des petites diagonales de ses bases. 
Les formes secondaires sont peu nombreuses. Nous cite- 
rons les variétés suivantes , d'après M. Haiiy. 

1. Prehnite primUioe , H., TaW. comp. La forme primitive. 

2. Prehnite hexagonale. En prismes ou lames hexagonales. 
C'est le prisme primitif dont les deux arêtes aiguës sont rem- 
placées par deux faces. 

3. Prehnite octogonale. En petits prismes octogones , ou en 
âmes octogonales. 



,34 P 1^ E 

Ces formes sont les plus simples ; il en existe plusieurs 
autres plus compliquées. Les cristaux lamelliformes sont su- 
jets à prendre une disposition analogue à celle qui s'observe 
dans les cristaux de stilbite. Ces lames , en se joignant par 
leurs plans primitifs , s'écartent par deux de leurs extrémités 
opposées , en formant un éventail ou une gerbe , ce que 
M. Haiiy avoit d'abord rendu par l'épithète àt flabeWforme. 
Depuis, il a nommé prehniLe conchoïde , celle qui se présente 
ainsi cristallisée. Les cristaux de prehnite ont une telle ten- 
dance à se grouperainsi , qu'il est rare de ne pas y trouver 
d'indice de cet arrangement des lames entre elles. 

Les minéralogistes étrangers divisent la prehnite en deux 
sous-espèces. La première comprend la prehnite à tissu la- 
melleux; la seconde ne renferme que la prehnite radiée. Ces 
divisions qui ne sont pas rigoureuses , peuvent être admises 
jusqu'à un certain point. 

§ I. Prehnite lamelleuse. — {Blœtrîger prehnit , "W,;/o- 
liatcd prehnite , Jam. ), Ses variétés sont les suivantes : 

I .° La Prehnite cristallisée {Schorl vert du Dauphinè; Schorl en 
gerbes^ Schreib. ). Elle est en cristaux réguliers et en cristaux 
conchoïdes. Les plus belles cristallisations de prehnite ont 
été trouvées ju-îqu'à présent dans le Dauphlné. Ses couleurs 
sont le vert grisâtre ou blanchâtre. Elle accompagne l'axinite, 
l'épidote , l'anatasc . etc. Les cristaux les plus beaux et les 
plus gros sont conchoïdes ; ils ont jusqu'à un pouce de 
longueur. 

2. Prehnite lamelliforme ^ Haiiy; Elle est formée de lames 
extrêmement petites et minces , tumultuairement disposées , 
et formant de petite? masses très-légères. Elle est d'un gris 
blanchâtre ; on Ta d'abord trouvée dans les Pyrénées , puis 
dans la vallée de Chamcuni. C'est elle qu'on a nommée 
KouPiiOLiTÉ. V. ce mot. 

3. La Prehnite cnUtlacée , Hâiiy ; Emeraude du Cap , Ro- 
chon ; Chiysolithe du Cap , Sage ; Prase cristallisée , H acquêt. 
Elle est en masse tenace , formée de lames enlacées en tout 
sens, avec des parties compactes. Ses parties extérieures 
offrent aussi des cristaux saiilans et très-rapprochés. C'est à 
celte variété qu'il faut rapporter la prehnite d'un beau vert- 
pomme, découverte dans le pays des Namaquois, versle Cap 
de Bonne-Espéranc<^ , dans l'intérieur de l'Afrique méridio- 
nale. On doit y rapporter aussi les prehnites en masses blan- 
ches ou d'un blanc verdâtre , avec lesquelles les Asiatiques 
font leurs jolies coupes et autres objets , et qu'on adonnées 
pour du jade blanc oriental. 



PRE ,3S 

Il y a Heu de croire que quelques-unes des substances que 
i'on rapporte au pétrosiiex, sont de la prehnite parfaitement 
compacte et céroïde , par exemple , certains pétrosiiex de 
iNorwége , qui sont associés avec la prehnite cristallisée. 

§ II. Prehnite fibreuse. — {Prehnite globuleuse radiée elfi- 
Ircuse- conjointe^ Haiiy ; fasriger prehnite , \V. ; Jibrous prehnite, 
James. ; zéoliie rayonnée , Deborn.) Elle se distingue de la pré- 
dente par sa texture fibreuse ou radiée , et même bacclUaire 
comme dans la mésotype , et par sa couleur, qui est généra- 
lement vert-jaunâlre. Cette prehnite est massive , en con- 
crétions , ou en rognons tantôt pleins et formés par la réu- 
nion de globules compactes radiés , tantôt creux , et à sur- 
faces internes hérissées de cristaux aciculaires. 

La prehnite est disséminée ou en veines , dans les roches, 
ou cristallisée, dans leurs cavités. Ses gisemens sont de deux 
sortes , ce qui a fait attribuer à cette pierre , une double ori- 
gine. En effet, elle se trouve dans les roches primitives, et 
dans celles qu'on nomme de trapp, et que plusieurs minéra- 
logistes rangent dans les terrains de transition ou volcaniques. 
Il est à remarquer que la prehnite fibreuse gît presque tou- 
jours dans ces dernières roches , tandis que la prehnite la- 
melleuse paroît affecter les roches primitives. 

La prehnite se trouve dans l'Oisans en Dauphiné , dans 
les roches primitives sléatiteuses , amphiboliques et de dia- 
base. A Rivoire , hameau de la commune de Mons-de-Lens , 
elle forme des veines qui traversent ces roches ; elle y est 
associée à l'axinite , à Tanatase , au spath calcaire , à l'é- 
pidote, au quarz , au feldspath , à l'asbeste flexible , etc. 
Elle est en lames minces , dans les fissures du granité, à TAr- 
mentières; et elle se trouve encore dans les moraines de la 
gorge de la Selle , à Saint-Christophe. Dans toutes ces lo- 
calités , elle est souvent accompagnée d'axinite. 

La prehnite nommée koupholiie , s'observe dans les Pyré- 
nées, à la montagne d'Erédlitz près de Saint-Sauveur, val- 
lée de Barège , département des Hautes-Pyrénées. Elle est 
dans une roche cornéenne caverneuse, avec l'épidote, l'as- 
beste, la chlorite, le calcaire , etc. La mêma variété a été 
rencontrée dans la vallée de Chamouni , également avec 
l'axinite , la chlorite , le quarz , etc. 

On a découvert de la prehnite dans une roche amphlbo- 
lique altérée , aux environs de Nantes. 

En Carinthie , dans la montagne dite San Alpe et à Rat- 
chinkes,dans le district de Slerzings en Tyrol, on trouve de la 
prehnite cristallisée. Laroche amygdaloïde ou maiidelstein, du 
Seifer Alpe , en Tyrol , contient des rognons massi^^ de cett 
substance avec du spath calcaire et de la chlorite. Dans 



,36 PRE 

vallée de Fusch , dans le Salzbourg , cette même prehnite 
compacte et la prehnite cristallisée, sont réunies au feldspath 
et à la chlorite. Dans toutes ces localités, les cristaux de preh- 
nite sont très-rarement lamelliformes ou conchoïdes , mais 
souvent enchâssés dans leur propre substance, ou en masse. 

En Piémont , dans la montagne de la Portia, la prehnite 
cristallisée est encore avec le feldspath , l'épidote , etc. Elle 
se présente en cristaux de formes nouvelles qui ont l'appa- 
rence d'octaèdres curvilignes, diversement groupés entre eux. 

La prehnite des environs de Montferrat en Italie, est, 
selon Brocchi, en cristaux solitaires ou groupés , et en vei- 
nes souvent accompagnées de chaux carbonatée lamellaire, 
de même couleur. La rçche qui la contient est une euphotide 
diallaglque, analogue à la roche nommée Jade de Saussure. 
C'est une association remarquable, 

La prehnite cristallisée de Chine, dont il existe un beau 
groupe au Brilish, Muséum à Londres , ressemble à celle 
du Salzbourg. Elle est seulement presque blanche. 

La prehnite entrelacée a été découverte dans les monta- 
gnes de Kamesberg , dans la contrée des Hottenlots Nama- 
quois , sur la côte occidentale et méridionale de l'Afrique, 
vers le Cap de Bonne-Espérance. Ces montagnes sont , dit- 
on , granitiques, et contiennent beaucoup de mines de cuivre. 
La prehnite des Indes et de Chine est probablement aussi 
dans une formation primitive. 

Enfin , la prehnite lamelleuse se rencontre encore au 
Groenland, dans les syénites primitives; en Norwége , dans 
des roches analogues, et à Kongsberg. 

11 n'en est pas de même de la prehnite fibreuse. Elle est 
contenue dans des roches amygdaloïdes , à base de trapp ou de 
wacke, associée avec toutes les Substances zéolites. Ces roches 
sont tantôt considérées comme des diabases ou grunsleins al- 
térés , tantôt comme des laves trappéennes décomposées 
anciennes , tantôt comme des basaltes ou des roches de tran- 
sition. Les roches de Fassa et d'Obsertein , qui contiennent 
la prehnite, renferment aussi des cristaux de pyroxène; 
il. en est de même des autres localités. La prehnite de 
Pouch-Hill , dans le Staffordshire en Angleterre , est en 
masse ou en concrétion d'une dureté considérable , adhérant 
à de la mésotype et à de la baryte sulfatée , selon John- 
Finch , dans un trapp ou basalte décomposé , situé entre 
deux masses de basaltes prismatiques. Elle est aussi dans le 
trapp à Woodford, paroisse de Berkeley, dans le Gloces- 
tershire , en Angleterre. 

L'Ecosse est très-riche en cette variété de prehnite ; elle 
en offie dans des roches passant au basalte , près de Beith 



PRE 



37 



dans l'Ayrshire; à Hartfield, prèsPaisley ; à Frîsky-Hall, et 
Lochumphry, dans le Dumbartonshire ; dans les environs 
d'Edimbourg, à Arthur- Seat, Castlerock, Sallsbury,Craig; 
dan^ les environs de Glascou ; dans l'île de Mull , etc. La 
mésotype , l'analcime , la stilbite , etc. , accompagnent pres- 
que toujours la prehnite , dans ces diverses localités, 

A Feroë, la prehnite et le cuivre natif sont ensemble, dans 
une même roche, considérée généralement comme une lave. 

C'est dans une roche porphyritique et amygdaloïdale à 
base de trapp , que la prehnite associée au cuivre natif, a 
été observée à Reichenbach , près d'Oberstein. A Fassa en 
Tyrol , elle est également dans un amygdaloïde , avec mé- 
sotype , analcime, stilbite , apophyllite , etc. 

Près de Boston, aux Etats-Unis , on a observé de la preh- 
nite dans un gisement analogue aux précédens. 

La prehnite , maintenant si répandue et si vulgaire , fut 
très-long-temps ignorée ; celle du Cap est la première qu'on 
ait connue. Le colonel Prehn , gouverneur du Cap de Bonne- 
Espérance , de retour en Europe en 1783, la fit connoître 
aux minéralogistes allemands , et Werner s'empressa de 
donner à celte pierre le nom de celui qui en avoit fait la 
découverte. L'abbé Rochon en avoit rapporté du Cap , en 
1774. , bien avant le colonel Prehn. Cette prehnite, remar- 
quable par sa belle couleur vert-pomme , fut prise pour de 
l'émeraude , de la prase cristallisée , de la chrysoprase, de 
la chrysolithe ou chaux phosphatée, du péridot, du feldspath, 
etc. , et pour un schorl , nom vague sous lequel on compre- 
noit une multitude de pierres différentes. 

Les analyses de ce minéral , qu'Hassenfratz et Klaproth 
publièrent, concoururent à le faire regarder comme différent 
de tous ceux avec lesquels il avoit été confondu. 

En 1782, M. Schreiber , inspecteur-général des mines, 
découvrit la prehnite du Dauphiné , qu'il nomma schorl en 
gerbe,a cause de sa cristallisation. Cette cristallisation fit bien- 
tôt rapprocher ce schorl de la prehnite du Cap, et on lui laissa 
le nom de prehnite , imposé par Werner. Ce n'est que dans 
ces dernières années, que l'on a rapporté à la prehnite , ces 
variétés fibreuses qu'on avoit regardées comme des variétés 
de mésotype oudezéolite. 

La prehnite n'a aucun usage dans les arts , excepté la va- 
riété compacte qui vient des Indes , et que nous avons dit 
n'être pas un jade , dans l'opinion de M. de Bournon. La 
prehnite de Dumbarton , en Ecosse, est susceptible de 
prendre un très - beau poli. On en voit des plaques dans 
les cabinets des amateurs. La prehnite du Cap est quelque- 
fois en morceajjx assez volumineux pour qu'on puisse en ti- 



i38 PRE 

rcr Hes plaques pour tabatières et de très-petits vases. On 
voyoit plusieurs de ces objets de curiosité , dans la collec- 
tion de M. le marquis de Drée, à Paris. Selon Barrow, les 
colons hollandais se servent de la prehnile du Cap pcxur em- 
bellir leurs pipes, (ln.) 

PRELAT. Nom d'une coquille du genre Cône , Conus 
prelaliis. (desm.) 

PRÊLE ou PRESLE. C'est le Bruant proyer. (v.) 

PRÊLE. F. Presle. (s.) 

PRÊLE PUANTE. Ce sont les Charagnes. (desm.) 

PREMNA. Ce genre , établi par Linnseus , est décrit au 
mot Andarèse. (ln.) • 

PREMNADÈ , Premnas. Genre de poissons établi par 
Cuvier , pour retirer du sien le Chétodon bimaculé , et 
le placer auprès des Pomacentres. Ses caractères sont : 
tête très-qbtuse ; dents fines , courtes et disposées sur une 
seule rangée ; de fortes épines au sous-orbitaire ; le préo- 
percule et le sous-opercule dentelés ; ligne latérale n'arrivant 
pas à la queue. (B.) 

PRENANTHE , Pvenanihes. Genre de plantes de la syn- 
génésic polygamie égale , et de la famille des chicoracées , 
donl les caractères consistent : en un calice caliculé , cylin- 
drique , composé de quatre à cinq folioles conniventes ; un 
réceptacle nu , supportant quatre à cinq demi-fleurons à lan- 
guette obtuse et dentée , à étamines réunies par leur sommet 
et à ovaire supérieur ; cinq à six semences ovales, surmon- 
tées d'une aigrette simple et sessile. 

Ce genre comprend huit à dix espèces , qui ont été réunies 
par Lamarck avec les Condrilles^ et qui , en effet , ne peuvent 
que difficilement en être distinguées , quand on compare 
toutes les espèces aux caractères des deux genres. On a men- 
tionné, au mot CoNDRiLLE, l'espèce deprenanlhe qui est la plus 
commune et par conséquent la plus importante à connoître. 
Les autres sont rares ou incomplètement décrites. 

Le Prenanthe glauque constitue le sous-genre Esopon 
de Rafinesque. (b.) 

PRENEUR DE C\NCRES. Nom que les habitans des 
îles de Bahama donnent , selon Catesby, au crabier gris-de-fer. 
Voyez l'article des Crabiers, au mot Héron, (s.) 

PRENEUR D'ÊCREVISSES. Oiseau de la Nouvelle- 
Guinée , à plumage blanc de lait , indiqué par Dampier. 
« Ce pourroit être , dit Buffon , quelque espèce de Crabier. » 
V. au mot HÉRON, (s.) 

PRENEUR D'HUÎTRES. C'est, dans Catesby, la dé- 
nomination de THuîtrier. (v.) 
PRENEUR DE MOUCHES BRUN (petit). V, Gobe- 



PRE iSg 

MOUCHE BRUN DE LA. CaROLINE , à Tarlicle MOUCHEROLLE. 

(V.) 

PRENEUR DE MOUCHES HUPPE. Voyez Tyran 
verdàtre. (v.) 
PRENEUR DE MOUCHES NOIRATRE. V. Mou- 

CHEROLLE NOIRÂTRE, (v.) 

PRENEUR DE MOUCHES ROUGE , Tanagm œs- 
iha , Lath. Cet oiseau, décrit d'après la mauvaise figure qu'en 
a publiée Catesby (celle d'Edwards n'est pas plus exacte), a 
été donné pour un gobe-mouche par Rrisson , et comme une es- 
pèce qui s'en rapproche par Montbeillard;ce savant avoit bien 
jugé qu'il ne pouvoit appartenir à ce genre, d'après la forme 
de son bec; mais, ainsi que les méthodistes modernes,il ne l'a 
pas reconnu pour un individu de l'espèce du tangara de Mis- 
5/.w/Ji , puisque tous en font une espèce distincte. Cependant 
il appartient à cette race , ce que je puis assurer , l'ayant 
observé sur les lieux mêmes. Cet oiseau vit de graineset d'in- 
sectes. C'est d'après cette dernière nourriture que Catesby 
lui a donné le nom de preneur de mouches rouge. Voyez Py- 

RANGA. (v.) 

PRENEUR DE MOUCHES AUX YEUX ROUGES. 

V. Gobe-mouche olive de la Caroline , à l'article Mou- 

CHEROLLE. (v.) 

PRF>:EUR de MULO rS. Cest, enReauce , la déno- 
mination vulgaire de la Cresserelle. V. ce mot. (s.) 

PRENEUR DE PASSES. L'on donne ce nom , en quel- 
ques endroits de la France, à I'Emerillon. F. ce mot. (s.) 

PRENSICULANTIA. lUiger donne ce nom à un ordre 
de mammifères rongeurs qui correspond exactement à la di- 
vision de notre ordre des rongeurs , qui comprend ceux de 
ces animaux qui sont pourvus de clavicules complètes , et qui 
ont la faculté de porter leurs pattes de devant à leur bouche 
lorsqu'ils mangent, (oesm.) 

PRÉONANTHUS. Nom donné par €hrhart, à 1' Ané- 
mone alpine, (ln.) 

PRÉPARATION DES ANIMAUX pour les Musées 
d'histoire naturelle. V. Taxidermie, (virey.) 

PREPUCE , Prœpuiium. C'est ainsi qu'on nomme la peau 
ou la membrane qui recouvre le gland du membre viril. Dans 
les animaux , \q prépuce s' âTp^^eWQ fourreau de la verge., que l'on 
compare à une épée, une flamberge dans sa gaine. Les juifs , 
les mahométans coupent cette peau ou ce prépuce ; c'est ce 
qui s'appelle circoncision. D'autres y attachent un anneau 
(Jibula) , d'où vient le mot infihuhition. Voyez cet article. 

La plupart des sing^^s ont un court prépuce , ainsi que le 
frein qui le relient, 3ows ce fourreau s'amasse souvent , à la 



i4o PRE 

racine du gland , une matière blanche , comme caséeuse , 
d'odeur forte et qui peut devenir acre. C'est un excitant à 
l'orgasme vénérien. 11 y a pareillement au-dessus du cli- 
toris des femelles , un repli des nymphes , en forme de ca- 
puchon ; c'est le prépuce du clitoris , sous lequel peut s'a- 
masser également cette matière blanche , sébacée. 

Les mamelons du cheval sont placés sur son prépuce , 
comme à l'inguen de la cavale ; ainsi le repli de la peau , for- 
mant le prépuce , n'est qu'un prolongement de celle qui re- 
couvre l'abdoin^n. F, Verge et Sexe, (virey.) 

PREPUCE. Les marchands donnent ce nom aux coquilles 
du genre huilée, qui n'ont point de spire. Ce sont les 
vraies huilées^ celles qui se trouvent toujours dans l'intérieur 
des mollusques. V. aux mots Bulle etBuLLÉE. 

On appelle aussi prépuce de meruim espèce de Pennatule 
dont l'extrémité postérieure est terminée par une membrane. 

(B) 

PRES AIE. C'est, en Poitou , le nom de la Chouette 
effraie, (v.) 

PRESLE , Equîsetum. Genre de plantes cryptogames , de 
la famille des fougères , ou mieux, ayant de l'affinité avec 
les fougères , qui offre pour caractères :un épi dense ou cône 
solitaire, terminal, Imbriqué d'écaillés élargies et arrondies 
au sommet, creusées , sur leur surface intérieure , de cellules 
qui renferment de petits globules contenant chacun de deux 
à quatre appendices sétiformes , articulés et élastiques. 

Ce genre renferme une vingtaine d'espèces, dont les racines 
sont vivaces , les tiges fistuleuses , articulées , striées , rudes 
au toucher, simples ou rameuses, nues ou garnies de feuilles 
verticillées , articulées ; les articulations, soit de la tige , soit 
des feuilles (qu'on peut aussi regarder comme des rameaux ) , 
sont entourées d'une gaine dentée. On en compte environ 
douze espèces , la plupart propres à l'Europe , dont font 
partie : * 

La Presle des bois, qui a la tigè*terminée par un seul épi 
et les feuilles composées. Elle se trouve dansles bois humides, 
et s'élève à deux ou trois pieds. C'est une plante fort élé- 
gante par son port. Il est rare de la trouver en fleur. On l'ap- 
pelle queue-de-cheval. 

La Presle des champs a les tiges portant l'épi de fleurs 
nues, et les autres chargées de feuilles. Elle se trouve dansles 
terrains gras et humides. Les tiges florifères paroissent avant 
les autres , et elles s'élèvent à peine à cinq pouces. 

Les feuilles et les tiges de cette espèce ont une saveur aus- 
tère, et sont regardées comme propres à suspendre le pisse- 
ment de sang , l'hémorragie utérine , la diarrhée et la dys- 



PRE i4i 

senlei'îe, prises en décoction. Employées en cataplasme, on 
croit qu'elles s'opposent à la sortie des hernies des enfans. Il 
est probable que ces propriétés sont communes aux autres es- 
pèces de presle;mais il est vrai de.dire qu'elles ne sont pas très- 
constatées.On V appelle gueue-de-cheoal, comme la. précédente. 

La Presledes marais a la tige anguleuse et les feuilles 
simples. Elle se trouve dans les marais. Les bestiaux la re- 
cherchent beaucoup , quoiqu'on dise qu'elle leur donne des 
flux de ventre. On pourroit planter en presle , pour leur 
usage , des terrains tourbeux qui ne produisent rien de bon ; 
mais ce ne seroit pas , sans doute , une chose facile , car les 
plantes de leur famille se prêtent rarement à la transplanta- 
tion et encore moins aux semis. Les anciens croyoient que 
l'infusion de cette plante détruisoit la rate , et on en faisoit, 
en conséquence , boire aux coureurs. 

La Presle fluviatile a la tige striée et les feuilles pres- 
que simples. Elle croît sur le bord des rivières et des étangs 
dont l'eau est vive. Les Romains mangeoient , et encore ac- 
tuellement les Toscans se nourrissent des jeunes sommités 
de cette plante. On les fait cuire et on les assaisonne comme 
les asperges. 

La Presle d'hiver a la tige rude , nue et un peu rameuse 
au sommet. Elle se trouve dans les bois humides , fleurit pen- 
dant Thiver et s'élève à trois ou quatre pieds. C'est cette es- 
pèce que l'on ramasse au milieu de l'été , lorsqu'elle a ac- 
quis toute sa croissance , et que Ton vend aux ouvriers en 
bois et en métal pour polir leurs ouvrages. Cette plante , qui 
ne se trouve pas partout, fait , sous le nom à'asprêle , l'objet 
d'un petit commerce dans quelques parties de l'Europe. 
Pour l'employer , on fait passer , dans l'intérieur de la 
lige , un lil de fer de même diamètre qu'elle , qui permet de 
l'appuyer , sans la briser, contre les objets à polir. A défaut 
de cette espèce , qui, sous tous les rapports , mérite la pré- 
férence , on peut se servir des autres ci-dessus mentionnées. 

Ce genre , qui ne ressemble à aucun autre, a toujours fait 
le désespoir des botanistes qui réfléchissent sur l'organisation 
végétale. On a imaginé nombre de systèmes pour rendre 
compte de sa singulière fructification. Mirbel , dans l His- 
toire naturelle des Fiantes , faisant suite au Biijfon , édition de 
Deterville , a donné sur leur anatomie un essai qui éclaire 
leur physiologie. C'est dans cet ouvrage même qu'il faut ap- 
prendre à connoître les observations de ce botaniste. On dira 
seulement ici que ces plantes font le passage entre les mono- 
cotylédons et les dicotylédons , c'est-à-dire , que leurs entre- 
nœuds ont l'organisation des premiers, et leurs nœuds celle 
des seconds. 



1^2 PRE 

La Presle d'e\tj est la Pesse. (b.) 

PRESQUE ÎLE ou PENINSULE. Terre environnée 
d'eau de toutes parts , à l'exception d'un côté, où elle est 
jointe an continent par une langue de terre qu'on nomme 
isthme. Voyez Isthme et Péninsule, (pat.) 

PRESTER. Quelques naturalistes ont donné ce nom aux 
trombes de terre , d'autres l'ont appliqué aux météores embrasés. 

(pat.) 

PRESTONIE,Fmtoma. Genre de plantes établi par Ro- 
bert Brown, dans la famille des apocinées. Ses caractères gé- 
nériques sont : corolle tubulée en forme de coupe à cinq divi- 
sions et à gorge munie de cinq écailles intérieures alternes 
avec les cinq divisions; anthères à demi saillantes, sagiltifor- 
mes , adhérentes à la partie moyenne du stigmate; ovaires 
doubles, surmontés d'un style filiforme, dilaté au sommet et 
portant un stigmate turbiné, surmonté d'une petite pointe 
étroile ; urcéole hypogyne , monophylle ; follicule inconnu. 

Une seule espèce est rapportée à ce genre , c'est le pres- 
tonia tomeniosa , arbrisseau voluble, tomenteux , à feuilles op- 
posées , tomenteuses , à fleurs en bouquets ou corymbe 
interpétiolaire ; à calice foliacé, dont les découpures sont 
munies d'une petite écaille à leur base intérieure. Il croît 
dans les haies à Rio-Janeiro. (ln.) 

PRESTRES. On donne ce nom , sur quelques côtes , à 
deux petits poissons , dont l'un paroît appartenir au genre 
dupée ^ et l'autre au genre cyprin. On en prend de prodigieuses 
quantités au printemps dans la Rance , rivière voisine de 
Saint-Malo. C'est aussi le nom des Oursins , à l'Ile-de- 
France, (b.) 

PRÉSURE. Laitcaillédansrestomac'des veaux qui tètent, 
et qu on emploie pour accélérer la séparation de la partie 
caséeuse du lait, lorsqu'on veutfabriquer des Fromages gras, 
soit avec l'intermède , soit sans l'intermède du feu. 

Pour conserver la présure , il suffit d'exposer l'estomac des 
veaux à l'air après l'avoir convenablement salé ; tous les 
autres moyens indiqués sont inférieurs. Lorsqu'on veut l'em- 
ployer , on coupe un morceau de cet estomac , proportionné 
à la quanlilé de lait qu'on veut transformer en fromage , et 
d'autant moindre que la saison est plus chaude. On la met 
tremper quelque temps dans de l'eau tiède, et on verse cette 
eau dans du lait , en agitant légèrement ce lait. Plusieurs 
plantes ont la même propriété. V. au mot Bœuf, où tous les 
détails de la laiterie sont expliqués, (s.) 

PRETRAS ou PRÊTRES. Noms vulgaires de I'Eper-. 

LAN BATARD. (DESM.) 

PRÈTRAS. V. Prestres. (s.) 



PRE ,4:; 

PRÊTRE. C'est un des noms vulgaires du Bouvreuil. 

(y-) 

PREVATS. Paulet a donné ce nom qui s'applique vulgai- 
rement dans quelques lieux à I'Agaric poivré, à une fa- 
mille de champignons faisant partie du genre Agaric , fort 
voisine des Girolles, et dont la chair est piquante au goût 
quoique non laiteuse. 11 y rapporte neuf espèces , savoir : 

Le Prévat blanc ou Girolle blanche, qui est TAgaric 
PECTINE de Bulliard , l' Oreille de lièvre des bûcherons. 
Il est entièrement d'un blanc sale. On le trouve , en au- 
tomne , dans les bois. V. sa figure , pi. 78 du Traité des 
Champignons du médecin précité. 

Le Prévat lilas est plus petit que le précédent , et violet 
en dessous. Il est figuré sur la même planche. 

Le Prévat VERDÀTRE ou verdoyant a le dessus du cha- 
peau d'un beau vert. 

Le Prévat tourné ou au tour, est gris, avec les lames 
en saillies sur les bords et le pédicule très-gros. 

Le Prévat rosé ou cerise pâle , ou grande rougeote , 
est d'un rouge de chair en dessus , a les lames moins colo- 
rées et le pédicule gris. 

Ces trois espèces sont figurées pi. ji de l'ouvrage précité. 
Le Prévat BISOTE est de couleur bislre en dessus et blan- 
châtre en dessous. 

Le Prévat rougeote est Yagaricus integei- de Linnreus- 
Son chapeau est d'un rouge carmin en dessus et blanc en 
dessous. On le rencontre fréquemment dans les bois des en- 
virons de Paris. Paulet l'a figuré, avec le précédent, pi. yS 
de l'ouvrage précité. 

Le Prévat champignon des dames est , en dessus , bleu 
sur le bord, et gris au centre, ainsi qu'en dessous. Il est d'un 
excellent goût. 

Le Prévat gorge de pigeon diffère du précédent , parce 
qu'il est plus petit et que le milieu de son chapeau , en des- 
sus , est légèrement rosé , ou changeant comme la gorge du 
pigeon. 

Le Prévat jaunâtre et blanchâtre, est d'un jaune soufre 
en dessus et en dessou5. 

Ces trois dernières espèces sont figurées pi. 76 de l'ou- 
vrage précité. 

Toutes sont mangeables , mais le champignon des dames 
est le seul qui soit recherché, (b.) 

PREVOTIA. Adanson , en établissant ce genre , y rap- 
porte le cerasiium penlandriim ànLinnxvis^qm diffère des autres 
espèces de Céraiste , par sa corolle à pétales entiers ; par 
ses étamines au nomlire de cinq , et par sa capsule à cinq 



loges et à cinq valves ou à dix crénules. Ce genre n'a pas été 
adopté , et avec raison , parce que chacun de ces caractères 
se retrouve isolément dans diverses espèces de Céraistes. 
V. ce mot. (ln.) 

PRHLAWA. Nom de I'Ortie , en Bohème, (ln.) 

PREYER , PRIER, PRUYER. Noms du Rruant- 
PROYER , dans Belon. (v.) 

PRIAGANTHE, Priacanihes. Genre de poissons , établi 
par Cuvier,aux dépens des Anthias de Bloch. Ses caractè- 
res sont : corps couvert d'écaillés rudes jusqu'au bout du 
museau ; mâchoire inférieure plus avancée ; bouche oblique- 
ment dirigée vers le haut; dents très-petites et très-nombreu- 
ses; préopercule dentelé et terminé, versle bas, par une épine 
elle-même dentelée. 

L'AîSiTiiiAS MACROPHTALME et l'Anthias boops , servent 
de type à ce genre, (b.) 

PRIADELA. Nom par lequel les Daces désignoient le 
Taminier , iamnus communis L. , selon quelques bota- 
nistes, (ln.)^ 

PRIAPEE. On donne ce nom , dans quelques lieux , à la 

NlCOTIAT^E RUSTIQUE. (B.) 

PRIAPES DE MER. Les anciens naturalistes don- 
noient ce nom à des mollusques qui ont quelques rapports de 
forme avec l'organe de la génération de l'homme. Il paroît 
que ce sont ou des Vérétilles , ou des Alcyons , ou des 
Holothuries non développés, (b.) 

PRIAPOLITES. Ce sont les pétrifications des mollusques 
de l'article précédent. V. aussi Concrétions pierreuses , 
vol. 7 , pag. 4-32. (ln.) 

, PRIAPULE , Priapulus. Genre établi par Lamarck, dans 
son Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, pour pla- 
cer I'Holothurie priape de Linnseus. Ses caractères s'expri- 
ment ainsi : corps allongé , cylindracé , nu , annelé trans- 
versalement , à extrémité antérieure glandiforme , presque 
en massue; striée longitudinalement, rétractile ; bouche ter- 
minale , orbiculaire, munie de dents cornées à son orifice; 
anus à l'extrémité postérieure; un filament papillifère sortant 
près de l'anus, (b.) 

PRICKET. Nom anglais du Cerf àaguet (desm.) 
PRIER. Nom vulgaire du Proyer.(ln,) 
PRIGRID. L'un des noms russes duNAPEL, (ln.) 
PRIGUIZA. Les Portugais donnent ce nom au Bradype 

AÏ. (DESM.) 

PRIKRIT. Nom russe de la Dauphinelle élevée ( Del- 
phinium elatum , L. ). (ln.) 



P R I 



i4 



PRIME. Expression en usage pour de'signer des ^/m-gs^- 
nes imparfaites, et des pierres qui , par leur couleur, ressem- 
blent aux pierres précieuses. Dans le premier cas , prime pa- 
roît signifier matrice , ou madère première , et dans le second 
il est synonyme âefaux ; ainsi , l'on désigne à la fois l'amé- 
thyste qui n'est pas propre à être taillée, à cause de ses 
imperfections, et la chaux fluatée violette qui lui ressemble, 
par la couleur , ipar prime (Tamélhysie. 

La prime (Topak est la gangue de l'opaie , lorsque cette 
brillante pierre n'y est disséminée qu'en petites et nombreu- 
ses parcelles éclatantes. 

On appelle prime démeraude , la chaux fluatée verte, et le 
quarz hyalin vert obscur , c'est-à-dire , la prase. 

On nomme encore prime de rubis , le quarz hyalin rose , et 
le grenat rouge de feu on pyrope; enfin , le nom de prime an- 
nonce aux joailliers une pierre à rebuter. (L>f,) 

PRIMEROLE. V. au mot Primevère, (b.) 

PRIMEVÈRE, PRIMEROLE, OREILLE D'OURS, 
Primula , Linn. {pentandrie monogynie). Genre de plantes de 
la famille des primulacées , dans lequel le calice de la Heur 
est persistant , tubulé , à cinq angles et à cinq dents ; la co- 
rolle monopélale , régulière et en soucoupe , à tube cylin- 
drique, de la longueur du calice, quelquefois plus long , et à 
limbe plane , ouvert, et découpé très-profondément en cinq 
segmens échancrés. Vers le sommet du tube sont insérées 
cinq étamines , dont les filets, très-courts, portent des an- 
thères droites et à pointes aiguè's. Le germe est supérieur et 
sphérique ; il soutient un style mince , couronné par un stig- 
mate de la même forme. Le fruit est une capsule arrondie 
à une loge, s'ouvrant par son sommet, découpée en dix pai' ^ 
lies , et remplie de semences rondes. La culture fait varier 
le nombre des parties. 

Le nom de cette plante est un des plus heureux que les 
botanistes aient imaginés ou adoptés ; il signifie première fieur 
du printemps ; la primevère fleurit en effet dans les premiers 
beaux jours de cette saison , vers le commencement ou le 
milieu de mars. 

Dans les trente espèces que comprend ce gejire, il y en a 
deux qui , par leurs nombreuses variétés , ornent les jardins 
et les amphithéâtres des fleuristes. Ce sont la Primevère 
ODORANTE A FLEUR JAUNE ET SIMPLE, primula veris ^ Linn., 
et la Primevère oreille d''ovrs, primula auricuiaursi, Linn. 

La première a une racine fibreuse , et des feuilles radi- 
cales sessiles , dentées , sillonnées et ridées , du milieu 
desquelles s'élève une tige nue , portant ses fleurs en om- 
belles pendantes. Une collerette de cinq à six folioles courtes 

xxviii. 10 



146 P R I 

et sétacées , garnit l'ombelle. La fleur a une odeur douce 
très-foible. Celte plante est vivace et d'Europe ; elle aime 
l'ombre ou le demi-soleil , et se plaît aux bords des bois. On 
la cultive dans les jardins ; elle y produit une infinité de 
variétés très-agréables , et qui offrent toutes sortes de cou- 
leurs. On la met ordinairement en bordure ou en massif; il 
ne faut pas négliger de l'arroser, surtout pendant les séche- 
resses. Elle doit être placée dans un terrain frais. Elle est 
assez difficile à élever de graines ; mais on la multiplie aisé- 
ment en en séparant les pieds , soit aussitôt après que les 
fleurs sont passées , soit en automne. Les belles primevères 
sont à fleurs simples. 

\J oreille d'ours ou auricule est originaire des Alpes ; elle croît 
aussi sur beaucoup d'autres montagnes élevées. Elle est 
vivace. Elle a une racine fusiforme , des feuilles lisses, den- 
tées , épaisses, oblongues , entières, au centre desquelles 
s'élève une lige nue , cylindrique , portant à son sommet 
un bouquet de fleurs de différentes couleurs , jaunes, blan- 
ches , pourpres , ou diversement nuancées , simples , à huit 
et dix segmens , et quelquefois pleines. Les variétés de ces 
fleurs , obtenues par la culture, sont très-nombret'ses. Les 
amateurs les distribuent en trois classes. La premier'» com- 
prend \es fleurs pures yC'tsi-k-àivQ , d'une seule couleur; la se- 
conde , les fleurs panachées , et la troisième , les bizarres , 
c'est-à-dire , celles dont les couleurs sont répandues d'une 
manière indéterminée. 

La beauté d'une auricule consiste à avoir une tige forte, 
des feuilles médiocrement grandes , plutôt courbées et cou- 
chées , que droites ; des fleurs d'un pouce de diamètre , dont 
les pétales soient épais , veloutés , satinés et lustrés ; le tube 
rond, grand et bien proportionné, et les étamines ni sail- 
lantes hors du tube , ni enfoncées dans l'intérieur. Ces fleurs 
ne doivent point être plissées sur les bords, et elles doivent 
conserver leur couleur jusqu'à ce qu'elles passent. 

Les fonds blancs sont plus estimés des curieux que les 
jaunes, et ils sont plus rares. 

Plusieurs variétés d'auriculesont la corolle couverte d'une 
poussière blanche que les Turcs regardent comme un spéci- 
fique contre les maux d'yeux. 

On multiplie les auricules , de semences ou par œilletons. 
En les semant, on obtient de nouvelles variétés. On fait ce 
semis dans des terrines , au mois de septembre ; il faut cou- 
vrir la graine d'une terre légère mêlée de terreau, et garan- 
tir les terrines de la gelée. Au bout de deux ans , on a des 
fleurs. C'est aussi en automne qu'on sépare les œilletons. 
Cette plante exige une terre franche, mêlée d'autre terre et 



P R I ,ij 

d un pctt de terreau. Trop d'humidité la fait périr; trop de 
sécheresse l'empêche de produire ses œilletons. On doit re- 
trancher toute feuille pourrie , elle gâte les autres. Lorsque 
les fleurs d'auricules sont passées, on met les pots à Toin- 
bre , et s'il survient de grandes pluies , on les renverse sur le 
coté. On ne laisse au soleil que les plantes dont on veut avoir 
la graine, (d.) 

PRIMNOA , Prhnnoa. (ienre de polypiers dendroïdes, 
dichotnme, à cellules ccailleuses , campanulées, imbriquée i 
et penchées , établi par Lainouroux aux dépens des GoR- 

GO^•ES. 

Ce genre ne contient qu'une espèce qui vit dans la mer 
du Nord. Solander et Ellis Font figurée y?/. i3, n.°' i — 2. 
Elle s'élève rarement à plus de deux pouces, (b.) 

PPxIMULA. Nom donné spécialement aux primevères, 
parce que les espèces fleurissent dès le premier printemps , 
comme on peut le vérifier dans la campagne , sur \t priwula 
veris. On croit que c'est à ces plantes qu'il faut rapporter le 
primuln et le dudecatheon de Pline. V. \ erbasculum. 

Tournefort ne comprenoit pas, dans les primevères, les 
espèces appelées oreilles (Vours , parce que leur calice est in- 
finiment plus court que la corolle. Il les avoit réunies aux 
genres aretia , androsacc et cortusa , sous le nom collectif d'aw- 
rinila ursi. M. Lehman de Copenhague a publié, en 1817 , une 
excellente monographie du genre primula. II en décrit qua- 
rante-trois espèces, et en a figuré un grand nombre. 

Loureiro rapportoit l'hortensia au genre piimula ; mais 
celte belle plante est entièrement différente des Primevè- 
res. V. HoRTETssiA et Sanicula. (ln.) 

PKIMULACEES, Lysimachlœ ^ Jussieu. Famille de plan- 
tes, dont les caractères consistent : en un calice divisé plus ou 
moins profondément et persistant ; en une corolle presque 
toujours régulière , ordinairement fendue en cinq lobes ; 
en des étamines en nombre déterminé, le plus souvent cinq, 
opposées aux divisions de la corolle , et en même nombre; 
enun ovaire simple, supérieur, surmonté d'un style unique, à 
stigmate simple ou rarement bifide; en un fruit uniloculaire» 
polysperme, souvent capsulaire ; en des semences à placenta 
central libre , à périsperme charnu, à embryon droit , à 
radicule inférieure , et à cotylédons semi-cylindriques. 

Les plantes de cette famille , la plupart vivaces par leurs 
racines , ont quelquefois une tige herbacée , qui porte des 
feuilles simples, opposées ou alternes ; quelquefois il s'élève 
de la racine une hampe ou tige nue , munie simplement de 
feuilles à sa base. Les fleurs, toujours complètes , monqpér 



lis P R I 

taies et régulières , souvent d'un aspect agréable , affectent 
différentes dispositions. Dans les tiges feuiilées , elles sont 
axillaires ou terminales , solitaires ou disposées en épis , en 
corymbes ; dans les tiges nues , elles sont toujours terminales , 
rarement solitaires , plus souvent disposées en ombelles mu- 
nies d'un involucre polyphylle. 

Ventenat, de qui on a emprunté ces expressions , rapporte 
à cette famille , qui est la première de la huitième classe de 
son Tableau du Règne végétal , et dont les caractères sont 
figurés pi. 8 , n." 2 du même ouvrage , treize genres sous 
deux divisions , savoir : 

1.° Les primulacées dont les fleurs sont portées sur une 
lige : Centemille , Mouron , Micranthème , Eupare , 

SCHEFFIELDIE , LiMOSELLE , LiSYMACHIE , PlUMEAU , Co- 

RisE , Trientale et Aretie. 

2." Les primulacées , dont les fleurs sont portées sur une 
hampe : Androselle , Primevère , Cortuse, Soldanelle, 
G1ROSELLE et Cyclame. 

Il est encore des genres qui se rapprochent de cette fa- 
mille , ce sont : Globulaire , Phyla , Conobée , Mer- 
CADOME , TozziE , Sa3iole , Ùtriculaire , Grassette et 

JVIÉNIATSTIIE. 

Auguste de Saint-Hilaire a donné un fort beau travail sur 
cette famille , dans les Mémoires du Muséum, i."^^ année, 
et l'a accompagné de figures parfaitement exécutées, (b.) 

PRIINÇARD. Nom que le Pinson porte en Guienne. (v.) 

PRINCE DES PAPI1.LONS NACRES. Nom trivial 
donné aune espèce de lépidoptères diurnes , t argyne collier- 
argenié. Une autre espèce du même genre, le petit nacré ^ a 
reçu la dénomination de Princesse, (l.) 

PRINCE DE SUMATRA. Les marchands de coquilles 
donnent ce nom à un Cône , Conus sumatrensis , Linn. (desm.) 

PRINCESSE. C'est le Sabot marbré, Turbo marmo- 
ratus. (DESM.) 

PRINCHARD. C'est le Pinson, (desm.) 

PRINGAMOSA. Les habitans du Mexique donnent ce 
nom aux Orties, (b.) 

PRINTEMPS. Cette saison commence à la première 
des deux équinoxes de l'année , c'est-à-dire , à l'instant où 
le soleil traverse l'équaleur pour se rapprocher de nos cli- 
mats, ce qui arrive le 20 ouïe 21 de mars quand le soleil 
fait son entrée dans le signe du bélier. 

Le printemps finit quand le soleil s'est rapproché , le plus' 
qu'il est possible, de notre zénith ; et touche au signe du 
cancer^ ce qui arrive le 21 ou 22 de juin. C'est le moment du 
solslice, c'est le plus long jour de Tannée, le premier jour 



P R I ,49 

de l'été; c'est l'instant où le soleil commence à s'éloigner de 
nous , pour se rapprocher de l'équateur. 

Dans l'hémisphère austral (la portion du globe qui est au- 
delà de l'équateur ) , le printemps commence lorsque chez 
nous commence l'automne , c'est-à-dire , le 22 ou 28 de 
septembre. Les saisons de cette partie du monde sont Tiu- 
verse des nôtres ; la raison en est bien simple : quand le 
soleil se rapproche de notre hémisphère, il s'éloigne de l'hé- 
misphère méridional ; et il se rapproche de celui-ci , à me- 
sure qu'il s'éloigne de nous. 

Comme cette partie du globe est presque entièrement cou- 
verte par l'Océan , et que le nombre d'hommes qui l'habite 
est fort peu de chose en comparaison de ceux qui peuplent 
notre hémisphère , on fait en général peu d'attention à ceS 
différences ; mais elles n'en sont pas moins réelles. V. Hé- 
misphère, (pat.) 

PRINUS. Nom que les Grecs donnoient à l' Yeuse, espèce 
de chêne. Les botanistes désignent maintenant par ce nom 
un genre de plantes exotiques , appelé ageria par Adanson, 
et décrit dans ce Dictionnaire à l'article Apalachiisie. Lin- 
naeusa appliqué cette dénomination de pn'nusk une espèce de 
chêne de l'Amérique seplenirionale , riche en variétés, (ln.) 

PRIOCÉRES ou SERRICORNES. Nom donné , par 
M. Duméril , à sa cinquième famille des insectes coléoptè- 
res , et qui répond à notre tribu des luccmides. Voyez ce 
mot. (l.) 

PRION. Nom générique , dont M. de Lîfcépède fait l'ap- 
plication à plusieurs pétrels ^ et qui correspond à une des 
sections de mon genre Pétrel. V. ce mot. (v.) 

PRIONE , Prionus. Genre d'insectes de l'ordre des co- 
léoptères , section des télramères , famille des longicornes , 
tribu des prioniens. 

hespriones, en raison de leur taille gigantesque, et de plu--- 
sieurs caractères tranchés , doivent être placés à la tête de 
la nombreuse famille des longicornes , et bien près des ca- 
pricornes aveclesquels ils ont de grands rapports. 11 est même 
difficile d'établir àes limites certaines et précises de ces deux 
genres , qui se rapprochent autant par les formes que par 
les habitudes. 

Linnseus et plusieurs autres naturalistes ont placé ces in- 
sectes avec les capricornes. Geoffroy en a séparé une espèce, 
dont il a fait un genre , auquel il a donné le nom de prione , 
qui vient du grec , et qui signifie scie , à cause de la forme des 
antennes du mâle , dont les articles sont triangulaires et res- 
semblent aux dents d'une scie. Ce genre a été adopté par Fa- 
bricius et par le$ entomologistçs <iui ont écrit depuigi Geoffroyj 



iSo P R T 

et aiJgmenlé par les auteurs d'un assez grand nombre d'es- 
pèces , dont la plupart sont des capricornes de Linnaeus. 

Le corps des priones est déprimé , allongé , moins cepen- 
dant que celui des capricurnes et des lamies. La tête est apla- 
tie , ordinairement dirigée en avant , plus étroite que le cor- 
selet,souvcntgarnie d'une espèce de dent ou pointe assez forte 
prèslabase des mandibules : celles-ci sont fortes , avancées , 
dentées intérieurement. Le labre ou la lèvre supérieure est 
nul ou très-petit. Les palpes sont terminés par un article un 
peu plus grand , en forme de cône ou de triangle renversé et 
comprimé. Les mâchoires n'offrent qu'un seul lobe terminal, 
et de figure variée. La languette est courte , large , le plus 
souvent taillée en manière de cœur , tantôt échancrée, tantôt 
jpresque droite au bord supérieur. Les antennes varient dans 
les diverses espèces ; dans les unes elles sont en scie , dans 
d'autres elles sont sétacées , composées d'articles allongés 
et dentelés ; elles sont insérées au-devant des yeux. Les yeur 
àont elliptiques et placés sur les côtés de la tête. 

Le corselet est ordinairement carré , raboteux supérieure- 
ment , avec les bords latéraux aplatis , quelquefois dilatés , 
mais toujours dentelés ou garnis d'épines plus ou moins fortes. 
L'écusson est triangulaire , un peu arrondi postérieurement. 
Les élytres sont rectangulaires , planes , souvent chagrinées , 
quelquefois tronquées à leur extrémité, et terminées par une 
ou deux épines. Les pattes sont fortes et souvent assez longues, 
11 y a quatre articles à tous les tarses; les deux premiers sont 
triangulaires , lé? troisième est bilobé et reçoit entre ses deux 
iobes l'insertion du quatrième, qui est un peu en massue, et 
porte à son extrémité deux ongles crochus. 

Les priones sont de fort grands insectes dont les femelles 
sont généralement plus grosses que les mâles : on les trouve 
dans les grands bois et dans les forêts : pendant le jour, ils se 
tiennent cachés dans les trous que leurs larves ont faits aux 
troncs des vieux arbres; ils en sortent le soir pour voler et 
chercher un individu de leur espèce , avec lequel ils puissent 
s'accoupler : leur vol est lourd, et le moindre choc les abat. 

Les larves de ces insectes habitent les troncs des arbres les, 
plus gros et les plus près de périr ; elles en hâtent même la 
mort par la quantité de trous dont elles les criblent: elles dif- 
fèrent peu de celles des autres coléoptères qui vivent dans le 
bois : elles ressemblent à un gros ver blanc , dont le corps se- 
roii divisé en douze anneaux ; leur tête est un peu plus large 
que le reste du corps , et d'une consistance un peu plus so- 
Hde;elle est armée de deux mandibules courtes et fortes, qui 
leur servent à couper le bois dont elles se nourrissent ; elles 
ipnt trois paires de pattes çcailleuses si petites , qu'elles ne leuç 



P n I ,5i 

sont d'aucune utilité ; mais ici les organes de la locomotion 
sont formés sur un autre modèle, et parfaitement appropriés 
aux lieux habités par ces larves. La nature a pourvu les larves 
d'une multitude de petits mamelons qui couvrent les neuf 
derniers anneaux de leur corps ; elles les appuient contre les 
parois du trou qu'elles habitent, lorsqu'elles veulent le par- 
courir ; ensuite elles contractent et allongent successivement 
leurs anneaux , et se poussent en avant avec facilité. 

Lorsque ces larves ont pris tout leur accroissement , elles 
se filent une coque grossière, en grande partie composée de 
sciure de bois ; elles s'y changent en chrysalide ; mais avant 
de subir leur métamorphose, elles s'approchent de la surface 
de l'arbre , afin de sortir plus aisément de leur trou, lors- 
qu'elles seront sous la forme d'insecte parfait. 

Les priones femelles pondent un assez grand nombre 
d'oeufs jaunâtres , oblongs , qu'elles déposent dans les fentes 
et gerçures du bois, à l'aide d'une espèce de tuyau corné qui 
est renfermé dans leur abdomen , et qu'elles en font sortir 
dans ce moment. 

Ce genre, dans le système des éleuthérates de Fabricius, 
est composé de trente - neuf espèces. On pourroit, d'aprè» 
la variété de formes des antennes , de quelques parties de la 
bouche , du corselet , etc. , le diviser en cinq ou six grou- 
pes. ( ^. le Gêner, crust. et' inseciorum de M. Latreille. ) 

Dans la première édition de cet ouvrage , les priones 
étoient partagés en deux sections , savoir ; ceux qui ont des 
épines mobiles au corselet , et ceux où ces épines sont fixes. 

Les espèces de la première section , telles entre autres que 
le P. îongimane, forment aujourd'hui un genre propre , celui 
de Macrope ; et qui est si fort voisin des lamîes. 

Les espèces de la seconde section composent le genre 
priune, proprement dit, de Fabricius et de M, Latreille. 

Nous citerons parmi elles : 

Le Prione CERVicoRNE Prionus cervicorru's. Cet insecte esi 
d'un brun ferrugineux ; son corselet est bordé , tridenté de 
chaque côté ; ses mandibules , très-saillantes , sont munies 
d'une dent k leur côté extérieur ; ses antennes sont courtes. 
Il se trouve en Amérique ; sa larve habile le bois da fromager 
( bombax^ Linn. ). Les habitansla mangent avec délices. 

Le Prione tanneur , Piîonus coriaiius. V. pi. G. 4-3, y, de 
ce Dictionnaire. Il est brun : son corselet est bordé, avec trois 
épines de chaque côté; ses antennes sont courtes. Cetinsecte, 
décrit par Geoffroy , se trouve en Europe , aux environs de 
Paris , dans les trous des vieux chênes. 11 ne vole que la 
nuit ou le soir. 

Le Prione scabricorne , Priomts scabricornis. Cette es- 
pèce, décrite par Geoffroy » sous le nom de Isplure rouillèe , 



i5a P R I 

habite les environs de Paris. Elle esl noirâtre ; son corps est 
un peu velu; son corselet , légèrement bordé postérieure- 
ment, est unidenté ; ses élytres sont brunes , avec deux li- 
gnes élevées: ses antennes sont de moyenne longueur, (o.l.) 
PRIONIENS, Pnom/. Tribudïnsectes coléoptères, famille 
des longicornes , section des tétramères, ainsi nommée du 
genre prione ( V. ce mot ) , le principal de cette division. 
Ces insectes sont distingués des autres longicornes par l'ab- 
sence ou l'extrême petitesse de leur labre ; ils se divisent en 
deux genres , Spondyle et Priotse. (l.) 

PRIONITIS. Nom donné par Trallien , à la Berle à 
feuilles découpées en forme de fer de faux et fortement 
dentées ( siumfalcaria ). Adanson en a fait un genre sous le 
même nom. Divers auteurs l'ont adopté sous les dénomina- 
tions de Falcaria et de Drepanophyllum. 

Linnœus a nommé prionilis une espèce de Barrelièke 
( Barleria prionitis ). (lN.) 

PRIONODERME , Prionoderma. Genre de vers intes- 
tins établi par Rudolphi , et qu'il n'a pu placer dans aucun 
de ses ordres. Il a pour type le Cucullan ascaroïde de 
Goeze. Ses caractères sont : corps aplati , transversaleuient 
plissé ; bouche à lèvres inégales. 

La seule espèce qui constitue ce genre est figurée dans 
Goeze, tab. 8 , n."^ ii , 12 , et dans Rudolphi, pi. 12 ^ n.° 3. 
Elle vit dans le ventricule des silures. 

Cuvier pense que mon Tétraglle doit être réuni à ce 
genre, (b.) 

PRIONOPS. F. Bagâdais.(v.) 

PRIONOTE , PHonotus. Genre de poissons établi par 
Lacépède , dans la division des Thoraciques , et qui ne 
renferme qu'une espèce qui faisoit partie des Trigles de 
Linnœus. V. pi. M. 14. , où il est figuré. 

Ce genre présente pour caractères: des aiguillons dentelés 
entre les deux nageoires dorsales ; des rayons articulés et non 
réunis par une membrane auprès de chacune des nageoires 
pectorales. 

L'espèce s'appelle le Prionote volant, Tn'gîa eoolons , 
Linn. Elle a trois rayons articulés , et non réunis par une 
membrane auprès de chacune des nageoires pectorales. Elle 
est figurée dans Brown,, Jam. , tab. 4-7- On la pêche dans la 
mer des Antilles. Je l'ai prise à la ligne , à la hauteur des îles 
Bahama , en revenant d'Amérique en Europe. Sa tête est cou- 
verte de grandes écailles ciselées en rayons. Ses nageoires pec- 
torales sont très-larges et de la longueur de la moitié du corps. 
Aussi peut -il les employer, et les emploie-t-11 souvent , 
comme les exocets , et surtout les dactyloptères , avec qui il a 



P R I i53 

d'ailleurs , les plus grands rapports de conformation , pour 
s'élancer dans l'air , y parcourir , en volant , des espaces 
assez considérables. V. le mot Exocet , et surtout celui 
Dactyloptère , où on trouvera des données générales sur 
les poissons volans, qui peuvent être appliquées à celui-ci. 
Son corps est rougeâtre, de la longueur d'un pied au moins, 
et ses nageoires sont noirâtres, (b.) 

PRIONOTE , Prionotes. Genre étaLli par R. Brown, aux 
dépens des Epacris , et qui n'en diffère que par le calice 
dépourvu de bractées ; la corolle tubulée, à orifice ouvert , 
à limbe nu ; les filamens des étamines à demi adhérentes 
au tube, (b.) 

PRIONOTES , Prionoli, Vieill. Famille des oiseaux 
Sylvains , et de la tribu des Tétradactyles. F. ces mots. 
Carrtcièr^5: pieds médiocres ou courts; tarses annelés ; quatre 
doigls , trois devant, un derrière ; les extérieurs réunis jus- 
qu'au-delà du milieu ; bec plus long que la télé , dentelé ou 
crénelé, lisse en dessus ou surmonté d'une proéminence 
cornée. Cette famille se compose des genres Momot et 
Calao. V. ces mots. C'est , dans le Prodromus d'Illiger, le 
nom générique du momot. (v.) 

PRISMATOCARPE , Prismalocarpus.^om donné, par 
Lhéritier , à un genre qui avoit déjà été établi aux dépens des 
Campanules , par Heister , sous le nom de Spéculaire , et 
par Durande , sous celui de Légouzie. 

Il offre un calice, la corolle et les étamines, comme 
dans les campanules, excepté que le tout est plus ouvert; 
mais son ovaire est très-long , à plusieurs angles , son slyie 
est à stigmate bifide; sa capsule est prismato-cylindrique , 
très longue, à deux ou trois loges. 

Ce genre est composé de neuf espèces, toutes mentionnées 
dans leSerlum anglicum de Lhéritier , et auxquelles on peut 
donner pour type la campanule miroir de Vénus , la plus com- 
mune d'entre elles. Il n'a pas été adopté par tous les bota- 
nistes, (b.) 

PRISTIGASTER , Pristigaster. Sous - genre établi par 
Curier , aux dépens des Clupées , dont il s'écarte par 
Tabsence des nageoires ventrales , et par le ventre tres- 
saillant et très-fortement denté. 

Il ne renferme qu'une espèce , originaire des mers de 
l'Amérique , et qui est figurée dans l'important ouvrage de 
l'auteur précité , intitulé : le Règne animal distribué selon son 
organisation, (b.) 

PRISTIPHORE , Pristiphora. J'ai désigné , sous ce 
nom , un genre d'insectes hyménoptères , de la Iribu des 
lenthrédines , distingué des autres genres , dont elle se cora- 



i54 P R O 

pose , par les caractères sulvans : antennes sétacées , de 
neuf articles , simples dans les deux sexes; mandibules bi- 
dentées; une cellule radiale; trois cellules cubitales , dont 
la première et la seconde recevant chacune une nervure 
récurrente. 

Dans la méthode de M. Jurine , ce genre comprend sa 
troisième famille de celui de plérone. Il en a représenté une 
espèce { pieronus iesfaceus ^ pi. 12). Le tenlhredo myosotidis 
de Fabricius appartient encore , selon lui , à cette divi- 
sion, (l.) 

PRISTIPOME, Pristipomus. Genre de poissons établi 
par Cuvier , aux dépens des Lutjaîss. Il offre pour carac- 
tères : corps comprimé , couvert de grandes écailles; bouche 
petite, garnie de dents petites et très-rapprochées ; bord 
du préopercule dentelé. 

Les LuTJANS HASTÉ , JAUNE , de Surinam , etc. , entrent 
dans ce genre. (B.) 

PRISTIS. Nom latin des poissons du genre Scie. V. ce 
n\ot. (desm.) 

PRISTOBATE, Prlstohatus. Sous -genre établi par 
Rlainville , aux dépens des Raies. Il a pour type la Raie 

FRANGÉE. (B.) 

PRIUSCH. Nom arménien du Riz. Priudschi est celui 
que les Géorgiens donnent au même grain, (ln.) 

PRIVA, PnVa. Genre établi par Adanson , et qui ren- 
ferme plusieurs plantes confondues avec les Verveines , 
par les autres botanistes. Il offre pour caractères : un calice 
persistant , à cinq dents ; une corolle monopétale , bila- 
bice ; quatre étamines , dont deux plus courtes ; un ovaire 
supérieur surmonté d'un style courbé , à stigmate obtus ; 
une baie sèche, recouverte par le calice ,et renfermant deux 
ou quatre noyaux biloculaires. 

Le type de ce genre , qui renferme une demi-douzaine 
d'espèces , est la Verveine lappulacée , qui est la même 
plante que le BuRSERiE de Lœfling ; la Blairie d'Houston , 
la Zapanie de Lamarck , la Castellie de Cavanilles, et la 
ToRTULE de Roxburg, doivent lui être rapportées. (B.) 

PRO-ABEILLES. Nom donné,par Réaumur et Degéer, 
aux insectes de notre tribu des andrmètes. (l.) 

PROBATION. L'un des noms que les Grecs donnoient 
à leur Hellébore noir {Hellehorus orientalts ^ W. ). (ln.) 

PROBATON d'Aristoie. C'est le Bélier, (desm.) 

PROBOSCIDE, Prohuscidea. Genre de vers intestinaux,, 
dont les caractères sont : corps allongé , cylindrique , 
grêle , avec l'extrémité antérieure terminée par un museau 



0,2.5. 




jDe^repe de/ . 



X2. Our.rin nu/ùnre ■ (fJO- Ûur,rifl ro.race . ij , J'/iw,rof>/wrt' /iifJn\rtah<p. 

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7,'y.('ii/\:-in </(>.>' laroï/wj: JÔiO Pc/iti<t tii/c p/io,n</,o/i<riu-. a.'i . P/;>//o,<;u/t' cornue ■ 
^ 24.2., . Pro/r,' iaru,/'/.^ 



P R O i55 

aigu ; la bouche située au bas du museau , et constituée par 
un pore qui donne issue à une trompe courte. 

Ce genre est un dédoublement de cehii des Ascarides de 
Linnseus , avec qui il a plus de rapports de mœurs que de 
rapports de forme. 11 paroît que c'est principalement dans 
les poissons qu'il faut chercher les proboscides ; mais il est pro- 
bable que leurs caractères étant fixés d'une manière posi- 
tive , on en trouvera aussi dans les quadrupèdes , et peut- 
être même dans l'homme. 

Quelques espèces sont regardées , dans le Nord , comme la 
cause de la pourriture desfiarengs après qu'ils sont salés; mais 
Muller a prouvé que c'étoit une erreur, que cette pourriture 
étoit occasionée par un petit crabe dont les harengs se 
nourrissent. 

On connoit sept espèces de proboscides trouvées dans les 
insteslins du phoque, des raies , des plies, des gades , et des oi- 
seaux de mer. Je citerai ici principalement la Proboscide 
BIFIDE, qui a le bec recourbé , et l'extrémité bifide, pi. A. 
■^S , où elle est figurée. C'est la première citée , comme vi- 
vant dans les intestins du phoque, (b.) 

PROBOSCIDEA. Famille de mammifères multongulés, 
formée par îlliger, qui correspond à celle des Proboscidiens 
de M. Cuvier. F. ce mot. (desm.) 

PROBOSCïDEA. Schimdel , Moench. , et plusieurs 
autres boianistes, font sous ce nom un genre distinct du 
MarLyriia aimua , Linn. V. Martynia. et CoRNARET. (lN.) 

PROBOSCIDES { Proboscidea). ^om àonné par Sco- 
poli , à un ordre d'insectes correspondant à celui des Hé- 
miptères. V. ce mot. (o.) 

PROBOSCIDIENS. Famille des mammifères , de l'or- 
dre des pachydermes, établie par JVl. Cuvier, et qui renferme 
Ses deux seuls genres , Eléphaist ei Mastodonte. V. ces 
mots. Ces animaux ont tous une trompe , des défenses , cinq 
doigts à chaque pied , une grande taille , etc. (desm.) 

PRO-CAPRICORNE. Ce nom est donné comme syno- 
nyme de celui de Nécydale , par Nemnich. (desm.) 

PROCELLAIRE. Nom appliqué au Goéland grisard 
ou varié, (v.) 

PROCELLARIA. Nom générique du Pétrel, en latin 
moderne, (s.) 

PROCESSE , Processa , Léach ; Nika^ Risso. Genre de 
crustacés de l'ordre des décapodes, fanulle des macroures , 
triîju des salicoques , très-distinct des autres genres de la 
même division , en ce que la droite des deux pattes anté- 
\i'*urcs, eu des serres, est icrniinée par un« pincc didaclyle , 



î56 P R O 

tandis que l'autre finit par un article simple et pointu; les deux 
pattes suivantes sont longues, grêles , filiformes, de longueur 
inégale et terminées par une pe'ile pince didactyle ; les deux 
articles qui la précèdent sont articulés surtout dans la plus 
longue de ces palles;le carpe ou l'article précédent immédia- 
tementla pince, offre seul ce caractère, dans la palte la plus 
courte; ces deux paltes, ainsi que les deux premières, sont 
coudées ; le dernier article des autres est simple et pointu. 
Les antennes supérieures ou les mitoyennes sont terminées 
par deux filcrs. places presque dans la même ligne horizontale, 
et dont l'intérieur plus long ; les antennes inférieures sont 
longues , sétacées, avec une écaille à leur base , et couvrant 
leur pédoncule. Le bec est très-court, avancé et comprimé. 
Les mandibules sont étroites, très-arquées en forme de cro- 
chet, avec l'extrémité tronquée ou obtuse et dentée ; je n'ai 
point aperçu de palpes. Les pieds-mâchoires extérieurs sont 
grands , avancés , semblables à des pattes proprement dites , 
avec le second article fort long; leurs palpes, ainsi que ceux 
des autres pieds-mâchoires, sont petits et sétacés. Les deux 
lames extérieures de la nageoire terminant la queue, sont bi- 
parties à leur extrémité. Ces crustacés ont , d'ailleurs , de 
grands rapports avec les palémons et les autres salicoques; 
ils sont généralement de petite taille , se tiennent sur nos 
côtes , mais plus particulièrement sur celles de la Méditer- 
ranée. « Les nikas , dit M. Risso , sont répandus en grande 
abondance , pendant toute l'année, dans nos mers , et n'a- 
bandonnent jamais le rivage où les femelles déposent leurs 
œufs plusieurs fois dans l'année , au milieu des plantes ma- 
rines ; tandis que les crangons et les alphées ne se montrent 
qu'au printemps et en été ; qu'ils suivent les migrations des 
poissons du genre clupée, et que leur ponte n'est jamais con- 
sidérable. La chair des premiers offre , en tout temps , un 
mets savoureux et agréable , et l'on s'en sert, comme d'un 
excellent appât , pour prendre les poissons , tandis que celle 
des derniers est peu estimée , et que l'on n'en fait aucun 
usage. » Il me paroît que l'espèce que cet auteur a nom- 
mée comestible , a été connue de Uondelet ; c'est {^Histoire 
des Poissons, édition française) la civade ou petile squille. 
Sa chair, suivant lui, est fort douce, tellement qu'elle ré- 
pugne, pour celte raison, à quelques personnes, et meil- 
leure pour celles qui sont attaquées de la phlhisie, que l'écrc- 
visse tluvialile. 

Le docteur Léach avoit établi ce genre sous le nom de 
processa , dans le quatrième cahier publié, en i8i5 , de son 
ouvrage sur les crustacés podophthalmes de la (Grande-Bre- 
tagne. Celui de M. Risso , sur les crustacés de Nice , et dans 



P R O ,57 

lequel le même genre est appelé nîka , n'ayant paru qu'un an 
après, j'ai cru devoir adopter la première de ces dénomina- 
tions. M.Risso décrit trois espèces de nikas. La plus grande et 
qui est très-commune sur les côtes de Marseille, estcelle qu'il 
Bomme Comestible , edulis. Il l'a représentée , pi, 3, fig. 3. 
Son corps est long d'environ un pouce et demi, d'un rouge 
incarnat (pointillé de jaunâtre, avec une rangée de taches 
jaunes au milieu, selon M. Risso ) ; le bec formé une pointe 
simple , peu avancée au-delà des yeux et un peu rebordée à 
sa base ; le test a , de chaque côté , près de ses angles anté- 
rieurs , une pointe ; il est , d'ailleurs, très-uni , ainsi que les 
six premiers anneaux de la queue ; le dernier ou celui qui oc- 
cupe le milieu de la nageoire , est en forme de triangle étroit , 
allongé , tronqué à son extrémité, avec un enfoncement lon- 
gitudinal au milieu et une arête de chaque côté, ayant cha- 
cune deux petites épines ; les serres sont à peu près d'égale 
grandeur. 

Suivant M. Risso , cette espèce fait son nid dans la région 
des Algues, et se vend, au marché de Nice , pendant toute 
l'année. La femelle pond aussi en tout temps. Ses œufs sont 
d'un jaune verdâtre. 

La Processe cxtu^elée, P. canaliculata, de M. héach(Ma/ac. 
podopht. Brit.^ tab. 4-1 ) 1 est longue d'environ un pouce, 
avec une dent à la base du bec ; la serre gauche est plus large 
que la droite , ou celle qui se termine en pince didactyle ; la 
lame intermédiaire de la nageoire caudale est cannelée lon- 
gitudinalement. On la trouve sur nos côtes océaniques et sur 
celles de la Grande-Bretagne, (l.) 

PROCESSIONNAIRES ou EVOLUTIONNAIRES. 
Nom que Réaumur donne aux chenilles d'un homhix (^pro- 
cessionea , Linn. ) , parce que ces insectes marchent sur plu- 
sieurs lignes , ayant une sorte de chef à leur tête, (l.) 

PROCHILUS. llliger avoit donné ce nom à un genre 
appelé meliirsus par Meyer, et qui renferme un quadrupède 
sur lequel les naturalistes n'ont eu, pendant long-temps, 
que des renseignemens peu satisfaisans. On le plaçoit , tantôt 
parmi les bradypes sous le nom de paresseux ours , tantôt par- 
mi les ours sous celui A'ours paresseux. Suivant l'état de la 
science , lorsque nous commençâmes ce Dictionnaire , nous 
l'avions réuni aux bradypes ; mais depuis , M. de Blainville 
a prouvé qu'il devoit prendre place dans le genre des Ours. 
Dans ce dernier article , nous avons averti du changement 
qui devient nécessaire , et nous l'avons inscrit sous le nom 
d'OuRS A GRANDES LÈVRES , Ursus labiatus , Blainville. 

(desm.) 

PRO-'CIGALES. Nom donné par Réaumur aux insectes 



i58 P R O 

de ma famille des Cicadmres , qui ne sont pas du vrai genre 
des cigales. Ces pro-dgales comprennent notre tribu des fui- 
gorelles et celle des cicadeiles. (l.) 

PROCNIAS. Genre constitué par Hofmansegg, adoplé 
par Illiger , dans lequel M. Cuvier place les cotingas à gorge 
nue , blanc et avirano. (v.) 

PROGRIS, Procris. Genre d'insectes de l'ordre des lépi- 
doptères, famille des crépusculaires , établi par Fabricius , 
aux dépens àeceXmàtszy gènes. Sescaractères sont : antennes 
deâ mâles à deux rangées de dents ; celles de la femelle sim- 
ples ; palpes inférieurs ne s'élevant presque pas au-delà du 
chaperon ; ailes longues ; ergots de l'extrémité des jambes 
très-petits. 

Sous le nom générique A^aiychia , M. Ochsenheimer com- 
prend les procris de Fabricius , et une espèce de son genre 
aglaopis ( zygœna infausia , Entom. systém. ). 

Procris du statice , Zygœna statices , Fab. ( Entom. 
System. ) ; Sphinx statices ^ Linn. ; Phalène turquoise., Geoff. ; Pa- 
pillons d'Europe., pi. Ciii, n.» i5o. Elle a les antennes d'un vert 
bleuâtre ; celles du mâle sont pectinées ; le corps et le des- 
sus des ailes supérieures sont d'un vert bleuâtre brillant ; les 
ailes inférieures et le dessous des supérieures sont brunes. 

On la trouve en Europe , dans les prairies. 

Sa chenille vit sur l'oseille et la globulaire ; elle est noire , 
avec des lignes blanches , et deux lunules de la même couleur 
sur le milieu du corps. Li'atychie de la globulaire , de M. Och- 
senheimer, diffère , selon lui , de l'espèce précédente par les 
caractères suivans ; ailes supérieures d'un vert bleu ; les pos- 
térieures noirâtres ; antennes du mâle entièrement pecti- 
nées , cuspldées à leur extrémité. 

Procris du prunier, Zygœna pruni , Fab.; Papillons d'Eu- 
rope , pi. cm , n.° i5i. Elle est de moitié plus petite que la 
précédente , de laquelle elle ne diffère que par la couleur de 
ses ailes supérieures qui sont d'un noirâtre un peu vert. 

On la trouve en Allemagne et aux environs de Paris , mais 
plus rarement que la précédente. 

Sa chenille est velue , brune ; elle a le dessus du corps 
couleur de chair , avec une ligne et des taches noires. Elle 
vit sur le prunier épineux, (l.) 

PROCRIS (insecte). Voyez SatYre. (l.) 

PROCRIS, Procris. Genre de plantes de la monoécie 
tétrandrie , et de la famille des urticées , établi par Jussieu. 
Il a pour caractères : les fleurs réunies entête, et compo- 
sées d'un calice à quatre divisions sans corolle ; les mâles 
ont quatre étamines plus longues que le calice , et les femelles 
un ovaire surmonté d'un seul style ; une capsule très-petite , 



^ ^ O ,5^ 

enfoncée dans un rdceptacle commun , bacciforme et sphé- 
roïdale. 

Ce genre contient sept espèces , originaires des Indes et 
deTAmérique; ce sont des arbustes à feuilles alternes, pétio- 
Ices, dont les uns ont les têtes de fleurs sessiles et nues , et les 
autres pédonculécs et accompagnées de bractées. 11 y aforipeu 
de différence entre lui et les BoaÊMÈREs et les Orties, (c.) 

PROCRUSTE Procriisies. Genre d'insectes coléoptères, 
établi par M. Bonelli, aux dépens de celui des Carabes de 
ma méthode et de celle de M. Clairville. Il comprend l'es- 
pèce appelée roriaceus, et quelques autres inédites et propres 
aux parties les plus méridionales de l'Europe , à l'Egypte , 
etc. Les caractères qui le distinguent du précédent sont : 
d'avoir le labre trilobé , et deux petites dents au milieu de 
l'échancrure du menton. Il n'y en a qu'une dans les Carabes 
proprement dits de M. Bonelli , et leur labre est simplement 
bilobé. Voyez Carabe, (l.) 

PROCTOLE,P/octo/e5. Famille de Mollusques établie 
par M. Rafmesque, pour rassembler des genres que Lamarck 
avoit placés dans ses radiaires. Les animaux qui y entrent 
diffèrent des vers , parce qu'ils ne sont pas annelés ; et 
des polypes , parce qu-'ils ont un intestin et un anus. 

Les genres appartenant à cette famille sont : SiPONCLE ,; 
Syrimx , PoDOSTOME et Physoon. (b.) 

FROCTOT?vlJVE, Proctotrupes, Latr., Spin. ; Codrus^ 
Jus.", Eriodorus, Walck.; Oxyurus , Lam. Genre d'insectes 
de l'ordre des hyménoptères , section des térébrans , famille 
des pupivores, tribu des oxyures. 

Les prociorupes ^ les bèlhyles^ les hélores et les diapries for- 
ment , dans notre tribu des oxyures, une petite coupe très- 
naturelle. Ces insectes ont leurs antennes coudées, insérées 
vers le milieu de la face de la tête ou près du front, 
composées de treize articles dans les deux sexes, fili- 
formes ou un peu plus grosses vers le bout ; le corps étroit 
et allongé , et l'abdomen terminé en pointe. Les procto- 
trupes et les hélores sont les seuls de cette division dont 
les antennes ne soient point coudées. On distinguera main- 
tenant les premiers des seconds , aux caractères suivans : 
antennes de treize articles dans les deux sexes ; mandibules 
sans dents ; ailes supérieures sans cellules cubitales ; la 
radiale très-petite, anguleuse inférieurement; abdomen très- 
brièvement et insensiblement pédicule , avec le premier 
anneau fort grand , presque en forme de cloche ; deux 
valvules pointues, et dans quelques femelles, une pointe 
cornée, simple, toujours saillante et servant d'ovlducte , ter- 
minant cette partie du corps. 



,6o P R O 

Les proctoimpes ont le corps élroit et allongé ; la tête 
verticale , comprimée , presque carrée , à angles arrondis , 
lisses ; les antennes filiformes , presque de la longueur du 
corps ; les yeux ovales et entiers ; trois petits yeux lisses 
en triangle ; le corselet long , avec le premier segment court , 
et la partie qui est au-delà des ailes , allongée , obtuse , 
chagrinée ; les ailes marquées de peu de nervures , quel- 
quefois courtes ; l'abdomen ovale-conique, lisse, comprimé ; 
les pattes assez grandes ; les jambes antérieures n'ont pas 
d'échancrure. 

J'ai presque toujours trouvé ces insectes courant à terre. 

L'espèce la plus remarquable est le Proctotrupe brévi- 
PENNE , Proctotrupes hreoipennis ; Lat. , Gen. Crust. et Insecl. , 
tom. I , tab. i3, fig. i, fem. Elle est longue de trois lignes, 
noire, avec les antennes d'un brun noirâtre , les mandibules 
brunes , le corselet chagrine postérieurement ; l'abdomen , 
sa pointe et les pattes , d'un brun fauve ; les quatre cuisses 
postérieures sont d'un brun plus foncé , ainsi que les anneaux 
du bout de l'abdomen ; la tarière est un peu plus longue 
que l'abdomen ; les ailes sont fort courtes , obscures , avec 
un point marginal sur les supérieures , noirâtre. 

Mon ami W'alckenaer a nommé ce genre ériodore. L'espèce 
qu'il décrit sous le nom de himaculèy diffère peu de la pré- 
cédente. 

M. Jurine rapporte à ce genre le Banchus graindalor deFa- 
bricius. V. l'espèce qu'il a représentée dans son ouvrage sur les 
Hyménoptères ,pl. i3 , gen. 4-6 , sous le nom de PalUpes. (l.) 

PROCTOTRUPIENS, Proctotmpii. Nom que j'avois 
donné à une famille d'insectes hyménoptères, section des 
lérébrans ou porte-tarrière, et qui répond, dans la méthode 
que je suis ici , à la tribu des oxyures , famille des pupivores. 
.Voyez ces mots, (l.) 

PROCUREUR DU MEUNIER. Nom donné,en Bour- 
gogne , an PicvERT , parce qu'on prétend avoir reconnu 
dans cet oiseau quelque pressentiment marqué des change- 
mens de l'atmosphère. Voyez Picverï. (v.) 

PROCYON. Dénomination grecque appliquée par Slorr 
au Raton. V. ce mot. (desm.) 

PRODUCTE , Productus. Genre établi pour placer sept 
coquilles fossiles qui se rapprochent des Anomies ; ses carac- 
tères sont: coquille bivalve, inéquilatérale , avec un bord 
réfléchi plus ou moins cylindrique; le sommet imperforé; une 
des valves convexe, l'autre plate ou concave extérieurement. 

Des espèces de ce genre ont été placées dans celui appelé 
CoiscHYLlOLlTHE par Marlyns , Pétrifications du Berbyshire. 
Toutes sont figurées dans le bel ouvrage de So>verby , inti- 



P R O ,6t 

inlé Conchyliologie mincralogiqiie de la Grandc-Brelagne , pî. 
68 ex Gg. 

Une d'elles est remarquable par la fiche linéaire qui la 
Iraverse ; on la trouve dans les terrains primitifs et de itan- 

silion. V. TÉRÉBRATULE. (B.) 

PRODUCTIONS A POLYPIERS. On donne ce nom 
aux zoophytes cératophyies , tels que les antipales ou coraux 
noirs ^ les gorgones^ les coraux^ les isis ^ les pcnnatides ^ les 
vèrèiiUes et les ombel Iules , et aux zoophyles Uthophytes , tels que 
les madrépores , les/ongifes^ les méandriies, les astroïies , les 
porifes et les millèpores. (DESM.) 

PRODUITS DES VOLCANS ou MATIÈRES VOL- 
CANIQUES. On donne ces noms à toutes les matières qui 
ont été immédiatement vomies par les volcans, comme les 
hasalles, les laves, les tufs et les tendres volcaniques , le rapillo , 
le trnss, la pouzzolane^ les verres volcaniques^ \es ponces ^ etc. V, 
Laves, (ln.) 

PROEST. Nom islandais du Macareux. V. ce mot. (v.) 

PP»0-(;ALLINSECTE. v. Cochenille et Kermès, (l.) 

PPiOGNE. C'est, chez les poètes, la désignation de 
l'hirondelle. L'on sait que la Mythologie des anciens , féconde 
on métamorphoses, rapporte que Progné, femme de Térée , 
roi de Thrace, fuyant, avec sa sœur Philomèle , la fureur de 
son époux , fut changée par les dieux en hirondelle , et Philo- 
mèle en rossignol, (s.) 

PROHIBITORIA (AVIS). C'est le nom que Labéon , 
cité par Pline, donnoità la sittelle , vulgairement torche-pot ; 
et cette dénomination avoit rapport aux fables que l'on dé- 
bltolt anciennement sur cet oiseau , très-savant, disoit-on , 
dans l'art des enchanlemens. (s.) 

PROIE. C'est ce que les animaux carnassiers ravissent 
pour le dévorer. Les uns se nourrissent de proie vivante ; les 
autres se jettent sur la proie morte. Voyez au mot Carni- 
vores, (s.) 

PROINOIA. Nom donné , par Ehrhart , à la Canche 
PR11SITA1N1ÈRE ( Aira prœcox , L. ). (ln.) 

PROKIE. Voyez Proquier. (b.) 

PROLESKA. Nom russe de la Mercuriale vivace.(ln.) 

PROLIFERE. Nom donné par Vaucher à un genre qu'il 
a établi parmi les Conferves. C'est le même que celui 
appelé Chantransie par DecandoUe , Lemanée parBory- 
de-St.-Vincent, et Trichogonon par Palisol-de-Beauvois. 

Le nomde prolifère est mauvais, en ce qu'il est adjectif ; mais 
il exprime le caractère propre du genre auquel il a été donné, 
c'est-à-dire que les plantes qui composent ce genre se muj- 

XXYIH. J l 



,6i P r^ 

tiplient par de véritables bourgeons bien caraclérîsés , et 
tenant , dans leur jeunesse , à la partie extérieure des rameaux. 
Cette observation, très-posltiveinent constatée par Vaucher, 
dans son excellent travail sur les conférées , auroit dû le 
conduire à voir que les globules qn il a remarqués dans 
l'intérieur des autres confeives^ el qui en sortent pour renou- 
veler Tespèce , ne sont pas de vérilablcs semences, mais 
des corps analogues aux bourgeons oviforraes des Polypes, 
et devenant semblables à l'espèce dont ils tirent leur origine, 
par simple développement de substance. 

La CoNFERVE KivuLAiRE sert de type à ce genre. 

Depuis, M, Léon Leclerc a publie , dans le;» Mémoires 
du Muséum d'Histoire naturelle, un très-inléressant mémoire 
sur le même genre, el l'a accompagné de figures qui fixent 
ses espèces, qui sont au nombre de sepl. 

Je regrette de -ne pouvoir ici entrer dans plus de détails 
sur les faits rapportés dans ce mémoire , digne de son auteur 
sous tous les rapports, (b.) 

PROMECOPSIDE, Promeropsis. Genre d'insectes hé- 
miptères , tribu des cicadelles , établi par M. Duméril , et qui 
diffère des autres genres de cette division , par le défaut 
d'yeux lisses. J'en ai constamment distingué deux dans toutes 
les cicadelles que j'ai examinées, (l.) 

PROMÉROPS, Faldnellus, YieWl: Upupa, Lath. Genre 
de l'ordre des oiseaux Sylvains et de la famille des Êpop- 
SIDES ; voyez ces mots. Caractères : bec plus long que la tête , 
fendu jusque sous les yeux, comprimé iaîéralement , plus 
ou moins arqué, aigu; mandibule supérieure carénée , striée 
sur les cotés , un peu plus longue que l'inférieure ; narines 
oblongues, ouvertes, situées à l'origine de la strie; langue 

; quatre doigts, trois devant, un derrière; les extérieurs 

réunis le long de leur première phalange ; pouce robuste , 
aussi long que les doigts latéraux ; ongles étroits , très- 
crochus , aigus ; le postérieur le plus fort ; ailes à penne 
bâtarde , moyenne; les troisième , quatrième et cinquième 
rémiges les plus longues de toutes ; douze rectrices. 

On trouve des Promérops en Afrique et aux grandes Indes ; 
mais il est très-douteux que les espèces que l'on dit habiter 
dans l'Amérique , soient de véritables Promérops. La partie 
historique de tous ces oiseaux est bien loin d'être complète ; 
on sait seulement qu'il y en a parmi eux qui s'accrochent 
aux troncs d'arbres , et nichent dans des trous. 

* Le Promérops a ailes bleues , Upupa mexicana, Lath., 
se trouve , selon Séba, au Mexique, dont il habite les 
hautes montagnes ; il se nourrit d'insectes. Grosseur d'une 



P R O ,63 

^Vc; longueur, près de dix-neuf pouces; bec noirâtre, et 
jaune sur les bords; parties antérieures et supérieures du 
corps d'un gris obscur , changeant en vert de mer et en 
rouge pourpré; ailes d'un bleu clair; sourcils et ventre 
jaunes ; pennes de la queue ctagées , pareilles au dos , mais 
d'une nuance plus foncée , avec des reflets verts et pour- 
pres. Cet oiseau est un uni dans Séba , vol. i , page yS , 
pi. 45 , f 3. 

Le Promérops azuré , FaInneUus cyaneus , "Vieill. ; pi. j 
des Oiseaux de paradis , des Promérops , etc. , de Levaillant ; 
a le bec moins courbé et moins long que le promérops nama- 
quois ; un beau bleu azuré , luisant, et changeant en bleu- 
vert , domine sur toutes les parties supérieures, à l'extérieur 
des pennes alaires et sur le dessus de la queue ; la gorgef 
le devant du cou, la poitrine et le dessous du corps sont 
d'une couleur de turquoise qui se dégrade sur le ventre et 
sur les parties postérieures ; les couvertures subalaires 
présentent un bleu tendre qui blanchit sur leurs bords ; les 
pennes des ailes et de la queue sont d'un gris argenté , 
nuancé de noirâtre sur leur revers ; le tarse est d'un noir 
de plomb, et le bec d'un noir de corne. La femelle ne 
diffère du mâle que par une taille plus petite et par des 
couleurs moins vives. On le trouve en Afrique. 

Le Promérops des Barbades. V. Promérops orangé: 

Le Promérops a bec rouge ou moqueur , Faldnelhis 
ery'ihrorkyncos , Vieill. ; Upupa eijthrorhyncos ^ Lath, , 01$, 
dorés , pi. 6 des Promérops (le mâle.) M. Levaillant a fait 
figurer le mâle , la femelle et le jeune , sur les pi. i , 2 et 3 
de ses Oiseaux de paradis ^ etc. Cette espèce se trouve dans 
rinde et au Cap de Bonne-Espérance , niche dans un tronc 
d'arbre, et dépose ses œufs sur le bois vermoulu et réduit en 
poussière;sa ponte est de six ou sept œufs d'un bleu verdis- 
sant ;le mâle soulage sa femelle dans le travail de l'incubation. 
Ces oiseaux sont curieux et peu farouches , suivant d'arbre 
en arbre , un homme , un chien et un animal quelconque ; 
et dès qu'ils les aperçoivent , ils répètent à l'unisson leur 
cri guttural gra-ga-ga-ga-ga-ga-ga-ga , d'où leur est venu 1« 
nom de moqueur que leur a imposé M. Levaillant, à qui 
nous devons ces détails historiques et la connoissance de la 
femelle et du jeune. 

Le mâle a douze pouces de long; la tête, la gorge et le dos,' 
d'une riche couleur d'acier poli qui se change en bleu sur 
la première partie, et en violet sur la seconde;la poitrine et le 
ventre , dans sa partie supérieure, d'un vert brillant ; l'in- 
férieure et les jambes d'un gris-noir changeant ; quelques 
petites lignes rouges s'aperçoivent sur le pli de l'aile ; ses 



«6^ P R O 

couvertures supérieures sont d'un vert doré ; ses pennes pa- 
reilles à la tête , ainsi que celles de la queue ; les six pennes 
primaires ont, à l'extérieur , une tache blanrhe de forme 
ovale ; celles de la queue, excepté les intermédiaires , en ont 
«ne pareille de chaque côté de leur tige , placée à un pouce 
environ de leur extrémité -, le bec et les pieds sont rouges; les 
ongles noirs. La femelle est plus petite que le mâle et a le bec 
moins long; le jeune a son plumage d'un vert sombre tirant 
au noir , la gorge roussâtre , et le bec d'un noir-bi;un. 

Le Promérops bleu , Falcinellus cœmleus ^ Vieill.; V/mpa 
iiidica , Lalh. ; Oiseaux dorés , pi. 9 des Promérops , a été 
décrit pour la première fois par Lalham. On le trouve , 
dit- il , dans l'Inde, mais il ignore dans quelle partie. Il 
f st à peu près de la taille du Promérops à hec rouge ; le plu- 
mage généralement bleu , moins vif sur les parties infé- 
rieures ; le bec noir ; l'iris rouge ; les pieds couleur de 
plomb , et la queue cunéiforme. 

Le Promérops BRUN À VENTRE RAYÉ,jPfl/a«e//«s/HS6Hs, Vieil; 
Upupapapuensls ^ Lath.; Oiseaux dorés^ pi. 7 des Promérops. Le 
mâle a la gorge , le cou et la tête d'un beau noir , avec 
des reflets d'acier poli ; le dessus du corps brun , avec une 
teinte de vert foncé suf le cou , le dos et les ailes ; la queue 
brune , excepté la dernière des pennes latérales qui a son 
côté intérieur noir ; la poitrine et le dessous du corps 
rayés transversalement de noir et de blanc ; l'iris et les 
pieds noirs. - 

La femelle, selon Sonnerat, a la tête , la gorge et le cou 
du même brun que le dessus du corps , mais sans aucun 
reflet ; du reste , elle ressemble au mâle ; longueur totale , 
vingt-deux pouces , dont la queue en a treize. L'individu 
figuré dans les Oiseaux dorés diffère en ce que les parties 
antérieures sont d'un rouge-brun , que le dessus du corps 
est verdâtre , et que les pieds sont bruns. Peut- être est-ce 
un jeune mâle. 

Des ornithologistes modernes présentent ces oiseaux pour 
des femelles ou des jeunes du e^r ao A Promérops à pari^mens ; 
ce qui peut être , car l'un et l'autre habitent la Nouvelle- 
Guinée ; mais Sonnerat , à qui on doit la connoissance de 
cette espèce , ayant désigné les deux sexes, l'on doit s'en 
rapporter plutôt à ses observations qu'à des conjectures 
basées sur quelques rapports dans la forme et les couleurs 
d'une peau desséchée. Au reste, l'on ne connoît ni les 
habitudes, ni les amours, ni le genre de vie de ce promérops; et 
sans ces connoissancesl'on ne peut rien statuer. Labillardière 
l'a encore rencontré dans les forêts de l'île Vaygiou , l'une 
des Moluques. 



P R. O ,65 

PrOMÉROPS brun a ventre tacheté. V. SOUIMANGA 
I>U PROTÉA. 

Le Promérops du Cap de Bonne-Espérance. V. Pro- 

MÉROPS BRUN A VENTRE TACHETÉ. 

Le Promérops a douze filets , Falcinellus respîendescens , 
Yieill. , Oiseaux dorés ; pi. i3 des Oiseaux de paradis ^ sous le 
nom de manucode à douze filets. La tête, le cou, le haut du dos 
el de la poitrine de ce superbe promérops, sont d'un beau noir 
velouté, dont il rejaillit, sous divers aspects, des reflets 
pourpres et violets ; les plumes de la dernière partie sont ter- 
minées par de larges lunules d'un or éclatant , suivant Tin- 
cidence de la lumière ; le reste du dos et de la poitrine , le 
t-roupion, le ventre et les jambes sont d'un beau blanc; plu- 
sieurs plumes d'un vert brillant à reflets bleus, plus longues 
que celles qui les avoisinent, parent les flancs vers l'origine des 
plumes subalaircs;ceUes-ci ont à peu près la forme de celles 
des oiseaux de paradis émeraudes ; mais elles paroissent plus 
larges; leurs barbes sont effilées, flottantes et d'un blanc 
nuancé de jaune tendre ; les douze filets parlent de l'extré- 
mité des plumessubalaires latérales; les plus proches du corps; 
ils sont de la force et de la grosseur d'un crin de cheval , 
longs d'environ dix pouces , à peu près nus et contournés en 
divers sens ; un beau noir pourpré couvre les ailes et la 
queue ; le bec et les pieds sont noirs. La longueur totale est 
de neuf pouces et demi , depuis le bout du bec jusqu'à l'ex- 
trémité de la queue. Les pennes primaires sont conformées 
comme celles des autres promérops ou des oiseaux de pa- 
radis ; mais elles manquoient à l'individu qui est au Mu- 
séum d'Histoire naturelle, ce qui a induit en erreur M. Cu- 
vier , quand il dit qu'elles sont courtes et beaucoup moins, 
nombreuses qu'aux oiseaux ordinaires. 

Je rapproche de celle espèce V oiseau de paradis noir et 
blanc ( Paradisea alba , var. , Lath.), que Valentin a fait con ■ 
noître, et qu'il dit n'être guère moins rare que le blanc, et se 
trouver dans la mênie contrée. 

Le grand Promérops de la Nouvelle-Guinée. V. Pro- 
mérops A paremens frisés. 

Le Promérops huppé des Indes. V. Promérops promé- 
rupe. 

Le Promérops jaune du Mexique. F. Promérops orange. 

Le Promérops du Mexique. V. Promérops a ailes 
bleues. 

Le Promérops multifil. V. Promérops a douze filets. 

Le Promérops najuaquois , Falcinellus ry«/zo///t/as , Yieill. ; 
pi. 5 et 6 des Oiseaux de paradis ^ àcs Promérops , etc., de Le- 
vaiilant. Le mâle est d'un beau noir elacé de bleu en dessus 



i66 P R O 

et sur les dernières pennes de l'aile ; d'un noir lavé qui bru- 
nit sous certains aspects en dessous ; les deux pennes laté- 
rales de la queue ont chacune une tache blanche vers leur 
bout ; les premières rémiges sont noires et marquées d'une 
tache blanche , oblongue vers leur milieu; ces taches réunies 
forment une bande transversale ; une petite marque de cette 
couleur est vers l'origine des pennes intermédiaires de l'aile; 
le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale , dix pouces 
deux lignes. 

La femelle , pi. 6 ■Au même ouvrage , diffère du mâle par 
«ne taille plus petite ; en outre, elle a le bec moins arqué ; 
la gorge , le devant du cou , la poitrine et le dessous du corps 
d'un brun de bislre , plus clair sur les parties antérieures que 
vers l'anus, où il se charge d'une teinte noirâtre ; toutes les^ 
parties supérieures moins lustrées de bleu ; les taches blan- 
ches de la queue moins grandes , et les premières pennes des 
ailes brunâtres. Le jeune mâle ressemble assez à la femelle; il 
a le bec et les pieds bruns ; toutes les parties supérieures d'un 
noir qui se rembrunit sous un certain jour. M. Levaillanl a 
trouvé cet oiseau en Afrique, dans le pays des Namaquois. 

Le Promérops de la. Nouvelle-Guinée. F. Promérops 

ERUN A VENTRE RAYÉ. 

Le Promérops OLIVATRE. F. Polochion olivâtre. 

* Le Promérops orangé , Upupa aurantia , Laih. Il ha- 
bite les Barbâdes , selon Brisson , et les Barbiches , selon 
Montbeillard ; il est de la grosseur da prornerops à ai/es f/leues , 
et a environ neuf pouces et demi de longueur; le bec est de 
couleur d'or , très-pointu , el entouré à sa base de petites 
plumes rouges ; la teinte orangée est la couleur dominante 
de son plumage ; elle prend une nuance dorée sur la têle , la 
gorge et le cou ; une rougeâtre sur les pennes primaires des 
ailés et sur celles de la queue , et une jaune sur tout le reste ; 
les pennes caudales sont égales entre elles. 

Le coh/'iitofoli de Fernandez, que Brisson a décrit sous le 
nom de promérops jaune ^. est regardé par Montbeillard com- 
me la femelle du précédent. Il a la têle, le cou, la gorge 
«^t les ailes , variés de cendré et de noir , sans aucune régu- 
larité ; tout le reste du plimiage jaune ; le bec noir et les pieds 
cendrés. On le trouve dans les contrées les plus chaudes du 
Mexique. Le promérops dont il est fait mention dans leVoyage 
delà Peyrouse autour du Monde, aune désignation si incom- 
plète , qu'on ne peut rien déterminer. Cet oiseau a été vu 
dans la Californie. L'on soupçonne que le promérops orangé 
♦'St un tfoupia/e. Séba en fait un oiseau dg paradis. 

Le Promérops a paremens frisés , Fakinellus superhus , 
Vieill. ; Upupa sitperba , Latii. ; pi. M 3^ , fig. 3 de ce Die- 



M. 02.. 




De.rri>r ,M 






lr/r//uv .rru/^' 




3.P/'O/iU7'0jl>j' />/'(>//! c/î/ . 



P R O ,67 

îionnaire. Ce superbe oiseau , dont nous devons la connois- 
sance à Sonnerai , qui l'a rapporté de la Nouvelle-Guinée , 
est très-#emarquaLle par deux bouquets de plumes ornées 
des couleurs les plus brillantes, qui naissent des épaules, et 
qui sont composés des scapulaires et des couvertures de l'aile; 
un noir velouté couvre en entier les huit plumes supérieures 
du premier bouquet, les autres sont frangées, vers leur extrémi- 
té , d'un vert éclatant, à reficts violets; ces plumes ont des 
barbes très-courtes d'un côté, très-longues de l'autre, et se 
terminent en demi-cercle ; les plumes du second bouquet ont 
plus de longueur, et joignent à la richesse des inêmes couleurs 
l'éclat du plus beau vert doré; elles sont, de plus, remarquables 
par une raie d'un bleu changeant en violet , qui borde les 
liges dans toute leur longueur. Parmi ces plumes, les unes 
diminuent graduellement de largeur jusqu'à leur extrémité ; 
les autres, égales partout, ont leur bout arrondi d'un côté et 
terminé en pointe de l'autre ; la plupart ont des barbes ef- 
filées et flottantes : on voit en outre , vers le bas du dos, une 
touffe de plumes longues , décomposées et d'un beau noir, 
qui s'étendent à une certaine distance sur les pennes de la 
queue ; les plumes du dessus , des côtés de la tête et de la 
gorge, sonldisposéesen écailles, et de couleur d'acier trempé , 
changeante en violet; le haut de la gorge est noir; la poitrine 
et le ventre sont d'un vert mélangé de violet ; le dos est pa- 
reil à la tête ; les ailes et la queue sont d'un beau noir chan- 
geant en violet ou enbleu;les pennes caudales sont en-dessous 
d'un marron foncé; les six intermédiaires ont deux pieds trois 
à quatre pouces de longueur , et la plus courte des latérales 
n'a que deux pouces et demi; ce qui rend la queue très- 
étagée ; le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale , trois 
pieds et demi ( quatre pieds, selon Sonnerai). 

Le PromÉROPS PROMÉFIL, Faldnellas mus;ivficm, Yieill. ; 
pi. G. 3g, fig 3 de ce Dictionnaire. La Nouvelle - Guinée 
est la patrie de ce promèrops. Le bec est noir vers le bout , et 
les plumes du c«yo/.v//7//?i s'avancent un peu sur les narines; 
celles de la gorge et du devant du cou se présentent en forme 
d'écailles,et donnent lieu à une sorte de plastron d'un bleu 
éclatant à reflets argentés ; ce plasiron descend jusque sur le 
haut de la poitrine, où il estterminé parun coUierverlbronzé ; 
le dessus de la tête et du cou jette des reflets pourpres sur 
un fond noir velouté, qui s'étend sur les côtes du cou , le dos 
et les ailes ; un croissant pourpré se fait remarquer sur les 
couvertures supérieures : les pennes de l'ailé sont larges et 
comme coupées carrément ; celles de la queue sont égales 
entre elles , et d'un vert moelleux et pourpré , ravoir : les 
intermédiaires sur toute leur longueur, et les autres seule- 



i6B P R O 

ïiienl en dehors, à l'exception de la plus exte'ricurede chaque 
côté qui est d'un noir velouté ; le ventre est d'un beau violet 
à reflets , ainsi que les plumes des côtés qui sont allongées 
«ta barbes décomposées; une partie de ces plumes, que l'oi- 
seau peut étaler à volonté , a presque sept pouces et demi 
de longueur ; les pieds sont noirs. Longueur totale, douze 
pouces deux lignes. 

Le Proméroi'S PROMÉrar , Falcînellus caudaculus , Vieill. ; 
pi. 8 des Oiseaux de paradis , prométops^ elc., de Levaillant. Ce 
promérops , que l'on trouve en Afrique , a la tête , le cou, 
la poitrine , \% manteau , les couvertures supérieures des 
ailes et le croupion d'un noir lustré de vert sombre ; les pre- 
mières pennes alaires noires ; les suivantes variées de blanc 
tt de fauve dans leur milieu et à leur bout ; la poitrine et les 
parties postérieures, d'un noir brunissant ; les pennes cau- 
dales d'un noir verdoyant et très-pointues; le bec noir à sa 
base et brun vers son bout , avec un trait blanc sur son arête , 
depuis les narines jusqu'au tiers de sa longueur; les pieds 
bruns : tel est le mâle. La femelle (pi. 7 du même ouvrage, 
sous le nom de promérops mullifil , et non pas l'individu de la 
planche 9, quoiqu'il porte le nom de cette femelle) en diffère 
en ce qu'elle est d'un noir brunissant en dessus; d'un roussâtre 
uniforme sur la gorge et le devant du cou ; fauve et finement 
rayée de brun noisâtre sur la poitrine et sur les parties pos' 
léiieures ; brune sur les grandes pennes des ailes; d'un noir- 
brcm sur la queue , le bec et les pieds. 

* Le Promérops promérupe , Upupa paradisea , Latb. 
Séba , d'après lequel on a dépch cet oiseau , nous dit qu'il se 
trouve dans les Indes orientales , et qu'il y est très-rare ; sa 
huppe est noire, ainsi que le cou et la gorge; les ailes et la 
queue sont d'un rouge-bai clair ; le bec et les pieds de couleur 
de plomb; le ventre est d un cendré clair; grosseur à peu 
près de Vctuuvaeau ; longueur totale , dix-neuf pouces ; queue 
composée de pennes fort inégales. Selon M. Levaillant , cet 
oiseau est un gohe-mouche de Ceylun , dont Séba fait un oi- 
seau de paradis , d'après la longueur de sa queue. 

Le Promérops sénégalais, Vieill. Cet oiseau du Sénégal 
a , dans ses couleurs, de Irès-grands rapports avec [t promé~ 
rops namu(juuis ; mais il en diffère par une taille beaucoup 
plus grande. Il a seize pouces de longueur totale ; le plumage 
noir à reflets bleus sur la tête et le devant du cou ; l'aile bâ- 
tarde blanche ; une tache de la même couleur à l'intérieur 
des deux premières pennes alaires ; deux , dont l'une à l'ex- 
térieur, et l'autre au milieu des autres pennes primaires , de 
même que sur les trois premières pennes latérales de la 
quelle ; le bec et les pieds noirs. Ce promérops est dansU 



P R o ,ecj 

collection de M. le comle de Riocourt. Un autre, venu de la 
même conlrée , et qui est dans la même collection , diffère 
du précédent en ce qu'il est plus petit de quatre pouces, et 
qu'il a les pieds rouges. 

Le ProméROPS siffleur , Faldnellus sihilaior , Vielll. ; 
pi. lo de^ Oiseaux de paradis , etc. , de Levaillant. Il a le 
front, les joues, la gorge , le devant du cou, la poitrine et 
les parties postérieures d'un beau blanc; les flancs moucbetés 
de brun fauve ; un collier blanc sur le dessus du cou ; l'oc- 
ciput, toutes les parties supérieures et les deux pennes in- 
lerniédialres de la queue , d'un brun clair nuancé d'olivâtre ; 
les pennes latérales blanches et rayées transversalement de 
brun-noir ; le bec brunâtre et les pieds jaunes. On le trouve 
en Afrique, (v.) 

PUOMONTOIRE Ce mot est communément regarde 
comme synonyme de cap , qui signifie une langue de terre 
avancée dans la mer ; mais le nom de cap se donne quelque- 
fois à des pointes de terre qui ne sont pas fort élevées , au lieu 
que le mot de promontoire désigne spécialement une langue 
de terre, qui se termine par une montagne considérable. 
Presque tous les caps de la mer des Indes sont des promon- 
toires , attendu que l'effort continuel que fait conire le conti- 
nent des Indes le courant général de la mer, a détruit les col- 
lines des côtes, el n'a laissé sur pied que les montagnes. (PAT.) 

PROMERUPE. V. Promeuops promérupe. (v.) 

PRONEE , Pronœus. Fabrlcius ayant donné à un genre 
d'insecles hyménoptères , de la tribu des sphégimes, le nom 
de diyinus , que j'avois déjà employé , pour désigner un 
autre genre , j'ai changé celte dénomination en celle do 
prônée. Les dryines de Fabrlcius sont des hyménoptères 
exotiques, très-voisins des chlorions , mais dont les mâchoires 
et la languette sont proportionnellement plus longs. Voyez 
Fabrlcius , Systema piezatorum. Le pepsis macoillaris de M. Pa- 
Usot de Bcauvols ( Insectes recueill. en Afriq. et en Amèriq. , 
2 Fasc. , pi. I, fig. i), paroît appartenir au genre prônée, (l.) 

PRONK-BOSCH ou CHEVRE DE PARADE. Les 
Hollandais du Cap de Bonne-Espérance , donnent ce nom 
à l'AiNTiLOPE SPRING-BOCH , OU A BOURSE , à cause de son 
allure, (desm.) 

PRONO-DJIVO, Espèce d'ANCELiN de Java , dont les 
fruits sont spécifiques contre les morsures des serpens. (b.) 

PRONOË {^imecte\ V. Satyre, (l.) 

PROPAGULE. On a donné ce nom , dans ces derniers 
temps , aux BouRGEO^s se]vii>'iformes des plantes agames 
qui scâcveloppent à la surface , et qui ne paroisscnl être que 
des fragmcns de leur tissu. V. Fruit, (b.) 



170 P R O 

PROPION et PROSOPIS. Noms de la Bardane, chez 

les Grecs, (lis.) 

PROPOLIS, r. Abeiile. (l.) 

PROQUIER, Prokr'a. Genre de plantes de la polyan- 
drie monogynic, et de la famille des rosacées, .dont les 
caraclc!C3 coiiSislcnt : en nn r-ilice de trois folioles' souvent 
accompagnées de deux plus petites à leur bnse ; point de 
corolle; un grand nombre d'clamines insérées au récepta- 
cle ; un ovaire supérieur ovale, surmonté d'un stigmate 
sessile, tantôt aigu , tantôt pelté ; une baie à cinq angles et 
polysperme. 

Ce genre renferme des arbustes à feuilles alternes , et à 
fleurs disposées en petits bouquets terminaux ou axillaires. 
On en compte quatre espèces, dont la plus anciennement 
connue est : le Proquier de Sainte-Croix, qui a les feuilles 
ovales, en cœnr et dentées, et les fleurs presque en grappes 
terminales. Il vient des îles Antilles. 

A quoi il faut ajouter le Proquier théiforme , qui a les 
feuilles lancéolées, elliptiques , dentelées , un peu obtuses; 
les pédoncules axillaires, souvent solitaires et unidores. II 
vient de 1 île de la Réunion , et a fait partie d'un genre 
LiGHTFOOTE , établi par Swarlz, et adopté par Yahl , sur 
la considération unique des folioles surnuméraires du calice 
et du siigmale pelté, (b.) « 

PROQUIN. Nom chilien d'un Acène fort voisin des 

LiTRÉES. (B.) 

PROROROCA ou POROROCA. V. Mer. (pat.) 
PROSCAR /\BÉ , Prosrarahœus. V. MelOÉ. (o.) 
PROSCOLLE. Sorte de glande sortant du sommet du 
stigmate, dans les fleurs de la famille des orchidées. C'est 
Richard qui l'a reconnue et dénommée, (b.) 

PROSERPINACA. Apulée désigne, sous ce nom , l'un 
à&& anciens pofygonum. Voyez ce mot. Linnseus le donne 
à un genre de plantes aquatiques, qui naît en Amérique, et 
qn'Adanson appelle trixis. 11 est décrit, dans ce Diction- 
naire, à Tariicle Trixide. (ln.) 

PROSERPIjNE (insecte). V. SaTYRE. (l.) 
PROSIMiA. Brisson et Storr ont donné ce nom aux 
Makis , à cause de leur ressemblance avec les singes. 

(desm.) 
PROSIMII. Illiger forme , sous ce nom, une famille 
qui ne comprend que les genres Indri, Maki, proprement 
<Ut, et Loris, de notre méthode , et qui diffère partica- 
lièremcnt de la suivante , celle des marwiarsi ^ parce que les 
pieds postérieurs des animaux qu'elle comprend sont pro- 
portionnés aux antérieurs, Réunie avec celle des macrotam , 



P R O ,71 

cette famille correspond à celle que nous désignons par le 
nom de Lémurieks. (desm.) 
PROSKURAT. Nom de la Mauve sauvage, en Russie. 

(LN.) 

PROSO et PROSSA. Noms russe et polonais du Panïs. 

(m.) 

PROSOPE, Prosopis. Fabricius et M. Jurine désignent 
ainsi un genre d'insecles hyménoptères , que je nomme 
Hylée. V. ce mot. (s.) 

PROSOPîS , Prosopis. Arbre épineux des Indes orien- 
tales, à feuilles ailées sans impaire» à folioles opposées» 
oblongues , obtuses, et à fleurs petites, disposées en épis 
axillaires et terminaux, qui forme un genre dans la décan- 
drie monogynie et dans la famille des légumineuses. 

Ce genre offre pour caractères : un calice hémisphéri- 
que , à quatre ou cinq dents ; une corolle de cinq pétales 
sessiles et égaux; dix élamines presque égales ; un ovaire 
supérieur oblong , à style unique et à stigmate simple ; un 
légume allongé , grêle , aigu et polysperme. (b.) 

PROST ANTHÈRE, Prostanlhera. Arbuste à feuilles 
opposées , légèrement pétiolées , ovales oblongues , large- 
ment dentées, à fleurs disposées en panicules terminales, 
qui croît dans la Nouvelle Hollande , et qui, selon Labillar- 
dière, forme un genre dans la didynamie gymnospermie, 
et dans la famille des labiées. 

Ce genre offre pour caraclères : un calice à deux lèvres, 
qui se ferment après la floraison ; une corolle monopétale , 
à quatre divisions inégales, la supérieure plus grande, et 
l'inférieure cordiforme ; quatre étamines, dont deux plus 
courtes , toutes ayant un appendice à leur anthère ; un ovaire 
supérieur, surmonté d'un style bifide ; quatre baies monoa- 
spermes. V. pi. 157 de l'ouvrage sur les Plantes de la Nou- 
velle-Hollande, de l'auteur précité, où ces caractères sont 
figurés, (b.) 

PROSTO?»IIS, Prostomis. Je désigne ainsi un genre 
d'insecles coléoplères tétramères , de la famille des xylo- 
phages , tribu des trogositaires , et qui a pour type le 
irogosite mandibulaire de Fabricius. Cet insecte a la languette 
étroite et fort allongée ; elle s'avance , ainsi que les mâchoi- 
res, sous les mandibules ; ces mâchoires sont bilebées ; les 
côlés inférieurs de la tête ont chacun un prolongement 
avancé , en forme de pointe ou de corne -, les mandibules 
sont finement dentelées au côté interne et très-grandes ; les 
antennes sont terminées par une massue de trois articles 
arrondis \ le corps est étroit , allongé, avec le corselet 



Ï73 P R O 

carré. M, Slurm a donné , dans le second volume de s* 
Faune d'Allemagne, pi. ^g, une excellente figure de celle- 
espèce , avec des détails qui font bien connoître ses carac- 
tères génériques. Cet insecte se trouve au nord de l'AUe- 
niagne. J'ai vu, dans la collection de M. Labillardière , une 
autre espèce , qu'il a apportée de son voyage aux Terres 
Australes, (r.,) 

PROSTyPE. Partie du Cordon ombilical , où FuNir- 
CULE DES GRAINES, qui pénètre sous leurs tégumens. Voyt^z 
ces mots et le mot Fruit, (b.) 

PROSWIRKI. Nom de la TdAuvE a feuilles rondes , 
en Russie, (ln.) 

PROTEE, Proiea. Genre de plantes de la té.trandrie mo- 
Tîogynie , et de la famille des proléoïdes, dont les caractères 
consistent : en une corolle de quatre pétales, ou divisée en 
quatre parties conniventes au somuiet, sillonnées intérieure- 
ment, et la supérieure quelquefois fendue profondément; 
quatre étamines insérées vers le sommet des divisions , à 
fîlamens courts, à anthères oblongues, plongées dans le sillon 
des découpures calicinalcs ; un ovaire supérieur , oblong , 
surmonté d'un style plus long que la corolle , à stigmate sim- 
ple et en massue , quelquefois bifide et souvent articulé ; une 
noix recouverte par la corolle , que quelques auteurs regar- 
dent comme un calice uniloculaire et monosperme. 

Ce genre renferme une centaine d'arbres ou d'arbrisseaux 
à feuilles alternes , à (leurs quel<|uefois distinctes, disposées 
en épis et monoïques, le plus ordinairement hermaphrodites 
et agrégées sur un réceptacle commun , tantôt nu , tantôt 
hérissé de poils ou de paillettes , entouré d'écaillés , ou im- 
briquées en cône , ou disposées en forme d'involucre. 11 
est remarquable par la beauté ou la singularité de plusieurs 
des espèces qui le composent , presque toutes exclusivement 
propres au Gap de Bonne - Espérance , et dont on cultive 
quelques-unes dans les jardins de Paris. 

C'est à liermanu, àLinnœus et à Thunberg, que l'on doit 
la connoissance de la plus grande partie âes protées. Ce der- 
nier, dans une Monognipiiie qu'il a publiée en 1781 , en a 
mentionné soixante espèces; Cavanilles et autres botanistes 
en ont fait connoître une quarantaine d'autres venant prin- 
cipalemen^t de la Nouvelle-Hollande , et qui ne sont pas 
moins belles que celles du Cap Smilh , Labillardière et 
Brovvn onl restreint lé nombre de ces espèces, en établis- 
sant, le premier , le genre Lambeiitie ; le second, le genre 
Adenanthos ; et le troisième , les genres Isopogon , Agas- 
TACH\s , Anademis et Bellendène. Voyez de plus les mota 
Al'LAX. , LeUCADENDRJc; j. PeïROI'UYLLE , MiMÈTE , Lei'co- 



P R O ,73 

SPERME, Serrure, NiVENiE, Sorocéphale, Spatalle et 
CoisosPERME, nouveaux genres introduits depuis peu par les 
mêmes botanistes. 

Les protées se divisent en sept sections , d'après leurs 
feuilles. 

i.° Ceux qui ont les feuilles pinnées , tels que : 

Le Protée FLORIDE, C'est une très -belle espèce, qui se 
remarque principalement par de grandes bractées ovales , 
et des feuilles filiformes et trifides. 

2.° Ceux qui ont les feuilles dentées et calleuses , parmi 
lesquels il faut noter : 

Le Protée conocarpe , qui a les feuilles à cinq dents , 
glabres , la tige droite, et les fleurs terminales. 

3." Ceux qui ont les feuilles filiformes etsubulées, dont est: 

Le Protée a feuilles de pin. 

4..° Ceux qui ont les feuilles linéaires , tels que : 

Le Protée BLAMC,qui a les feuilles linéaires et d'un blanc 
satiné. 

Le Protée MELLiFÈRE,qui fournit aux cultivateurs du Cap 
un miel qui se trouve au fond de ses fleurs, et qu'ils ramassent 
pour s'en servir, soit comme remède, soit pour conserver 
les fruits. 

5." Ceux qui ont les feuilles elliptiques et lancéolées , oh 
se trouvent : 

Le Protée conifère, qui a les feuilles lancéolées , atté- 
nuées à leur base , glabres , aiguè's et calleuses ; les fleurs 
disposées en tête terminale , accompagnées de longs involu- 
cres. On le cultive dans quelques jardins de Paris. 

Le Protée pâle, qui a les feuilles lancéolées , calleuses ; 
les fleurs disposées en tête , accompagnées d'un involucre 
long et pâle. On le cultive fréquemment dans les jardins. 

Le Protée argenté , qui a les feuilles lancéolées , cou- 
vertes de poils blancs satinés ; qui a la tige arborescente , 
et les fleurs disposées en tête globuleuse. Il est figuré dans 
Commelln , Hortus, volume 2 , table 26. Il s'élève jusqu'à 
soixante pieds. C'est une des plus belles plantes que l'on 
connolsse. On le cultive dans plusieurs jardins , sous le nom 
à''nrbre d'argent. On peut en voir de sUj^ierbes pieds dans le 
Jardin de Cels, 

6." Ceux qui ont les feuilles ovales ou oblongues , comme : 

Le Protée satss tiges , qui a les feuilles oblongues , les 
têtes de fleurs globuleuses et glabres , et la tige courte et 
couchée. 

7". Ceux qui ont les feuilles rondes ou en cœur, où se voit:, 
Le Protée à feuilles en cœur , dont les fleurs sont dis- 
posées en cône radical, et les feuilles en cœur. 



174. P R O 

Plusieurs proUes se mulliplient de marcottes, mais la plu- 
part ne viennent que de graines Aussi sont-ils rares dans les 
jardins des amateurs. Ils demandent la terre de bruyère , 
peu de soleil , et la serre pendant l'hiver, (b.) 

PROTEE , Proleus. Genre de vers polypes amorphes ou 
d'animalcules infusoires , qui rassemble des animaux très- 
simples , transparens et de forme changeante. F. sa figure , 
pi. G. aS. 

Roesel a , le premier , fait connoître une des espèces de ce 
singulier genre. On ne peut mieux la comparer qu'à une 
goutte d'huile jetée sur de l'eau , c'est-à-dire , que jamais 
elle ne conserve deux minutes de suite la même forme , et 
qielques-unes de ses formes sont si opposées les unes aus 
autres , qu'on ne peut croire qu'elles appartiennent à la 
même espèce. 

Les physiciens amateurs de longues dissertations se sont 
exercés sur le chapitre des protées, qui, en effet, prêtent aux 
divagations d'une brillante imagination ; mais tout ce qu'ils 
ont écrit, se réduit cependant , en dernière analyse, au fait 
qu'on vient de citer. F. à l'article Animalcules infusoires. 

Les protées sont au nombre de deux espèces, figurées pi. i, 
figures I et 2 de la partie des Fers de Y Encyclopédie. On les 
trouve dans l'eau des marais et dans celle de la mer, où ils 
sont assez rares, (b.) 

PROTÉE , Proleus. Animal cylindrique, très-long, ayant 
quatre pattes , pourvues de trois doigts aux antérieures , et 
de deux aux postérieures ; deux tubercules en place des 
yeux , qui sont à peine visibles ; une queue en nageoire. 

Cet animal, qui ressemble un peu à une Salamandre, a été 
trouvé trois ou quatre fois en Allemagne, dans des eaux sor- 
tant de grottes profondes. Il a été d'abord mentionné par 
Laurenti , qui le place avec des larves de Salamandres , 
dans un genre nouveau , auquel il a donné pour caractères : 
de respirer par des branchies , d'avoir quatre pattes , des 
mâchoires dépourvues de dents , et la queue comprimée 
latéralement. 

Scopoli, depuis, donna une description plus étendue de 
ce prutée ; mais elle ne satisfît pas encore les naturalistes. 

Il étoit réservé à Schrclbersde fixer les idéessur ce singulier 
animal. Dans un mémoire publié dans les Transactions plii- 
losophiques de Londres , il prouve , par les détails anato- 
miqucs , décrits et figurés avec une exactitude scrupuleuse, 
qu'il possède en même temps des branchies et des poumons , 
qu'il est par conséquent aussi voisin des salamandres que des 
poissons. 



P R O ,75 

La longueur de ce reptile est d'un pied. Sa tête est cy- 
lindrique , un peu déprimée , amincie et oljtuse en devant. 
La mâchoire inférieure est plane et plus courte. On voit deux 
tubercules à la place des yeux. Les branchies sont bifides, 
placées des deux côtés de l'occiput , et chaque lobe a cinq 
ou six divisions plumeuses d'un rouge de corail , qui devient 
plus vif lorsque l'animal est en mouvement ou est irrité. Le 
corps est cylindrique , épais d'un pouce, blanc, lisse, sans 
écailles; la queue est comprimée, munie d'une nageoire 
adipeuse, horizontale et obtuse à sa pointe. 11 a quatre pattes, 
les antérieures plus courtes, à trois doigls, placées sous les 
branchies , les postérieures à deux doigls , placées en avant 
de l'anus , toutes sans ongles. Les organes de sa respiration 
sont très-compliqués ; son foie offre huit lobes. On n'a pas pu 
déterminer d'une manière précise les parties de la généra- 
tion ; mais on sait que dans les poissons et les salamandres 
elles sont oblitérées, excepté dans la saison de l'amour. 

Les yeux du protée sont très -petits et cachés sous une 
membrane épaisse. Scopoll dit que celte membrane n'est pas 
perforée. Schrelbers assure qu'il y a une très -petite fcnte. 
Quoi qu'il en soit, cet animal n'en a pas un grand besoin , 
puisqu'il paroît destiné à vivre habltuellemenl dans les lacs 
et dans les rivières souterraines où la lumière du jour ne 
paroît jamais , et qu'il n'en sort que lorsqu'il est poussé mai- 
gré lui par les grandes eaux du printemps ou de l'automne; 
On a trouvé dans son estomac un petit coquillage , ce qui 
indique le genre de sa nourriture. 

On doit à Cuvier une excellente dissertation sur l'analo- 
mle de cet animal , insérée parmi les Mémoires de Zoologie de 
M. Humboldt , faisant suite à ses voyages dans l'Amériijue 
méridionale. Cette dissertation confirme principalement par 
l'ostéologie , que c'est un animal complet , 'et non une larve 
de salamandre, comme quelques naturalistes l'avoient déjà 
pensé. 

M. J. Géen a mentionné une seconde espèce de ce genre 
dans le second vol. du Journal de l'Académie des sciences 
naturelles de Philadelphie. Il l'appelle Protée du nouveau 
Jersey. Ses caractères sont -.corps blanchâtre; queue mé- 
diocre et comprimée en forme de nageoire. 

Lacépède a aussi décrit et figuré, dans le 57.* cahier Azs An- 
nales du Muséum, un animal d'environ six pouces de long,ctde 
huit lignes de diamètre , qui , s'il n'est pas une larve de 
Salamandre , appartient à ce genre. Ce qui le caractérise 
le plus , c'est quatre doigts à chaque patte , et la queue 
large , comprimée latéralement. 

On ignore d'où vient cet animal , dont le Muséum pos- 



fjù P R O 

sède un exemplaire dans resprit-de-vin. C'est à ce genre que 
Cuvler rapporte ce célèbre fossile trouvé dans les carrières 
d'OEningen , que Scheuzcher a décrit comme celui d'un 
homme antérieur au déluge. Les raisonnemens et les falls 
sur lesquels il appuie ce rapprochement , sont démonstra- 
lifs. Ce protée devoit avoir plus d'un mètre de long, (b.) 

PROTEINE , Frotcinus. Je désigne ainsi un genre d'in- 
sectes coléoptères , de La famille des brachélytres , très- 
voisin du genre omalium de M. Gravenhgrst , mais qui en 
diffère par ses antennes presque entièrement grenues, et dont 
les derniers articles sont notablement plus gros que les pré- 
cédens , ainsi que par les palpes maxillaires , dont le pénul- 
tième article est épais , et le dernier grêle et aciculairc. 
Ces insectes ont le port des omalies, de la seconde famille de 
cet auteur. Leur tête est petite et triangulaire ; leur corselet 
est court et transversal , et les élytres couvrent la plus grande 
partie de l'abdomen. L'espèce qu'il nomme macroptère pa- 
roît bien se rapprocher de l'insecte d'après lequel j'ai établi 
le genre protéine , et que j'ai nommé Brach\ptère , Bra- 
fhyptërus. Il est à peine long d'une ligne , noir, luisant, très- 
linement pointillé , aplati , avec les mandibules , la base des 
antennes et les pieds d'un roussâtre brun. On le trouve à 
terre parmi les plantes. Il est voisin du Slaphylin floral de 
M, Payktill , et du Catereles graoidus d'Illiger. (L.) 

PROTÉOÏDES , Proteœ , Juss. Famille de plantes 
dont la fleur présente pour caractères: une corolle de quatre 
ou cinq pétales , ou tubuleuse à quatre ou cinq dents, quel- 
quefois munie de poils ou de squammules à sa base ; point 
de calice , à moins qu'on ne regarde la corolle comme en 
étant un , ainsi que Jussieu le fait; des étamines en nombre 
égal aux divisions«de la corolle, et insérées à leur sommet 
ou presque à leur sommet; un ovaire supérieur simple, à 
style unique et à stigmate ordinairement simple ; un péri- 
carpe , ordinairement monosperme , rarement disperme , 
dont la semence a un embryon droit , une radicule infé- 
rieure , et point de périsperme. 

Les protéàides ont une tige arborescente ou frutescente, 
des feuilles qui sortent de boutons coniques et écailleux , et 
sont simples, alternes ou ramassées, ou presque verlicil- 
lées. Leurs fleurs, communément hermaphrodites, affectent 
différentes dispositions. 

R. Brown , à qui on doit un très-bon travail sur cette fa- 
mille, dans le dixième volume des Transactions de la Société 
Linnéenne deLondres,y rapporte les genres suivans : Aulax, 
Leucadendre , Petrophile , IsopoGON , Protée , Leuco- 



P R O ,7^ 

SPERME, Serrurie, Mimètes, Nivénie, Sorogéphale, Spa- 

TALLE , AdÉNANTHE , GuÉVINE , BraBEIE , PERSOONIE 

Cénarrhène , Agastachys , Symphioneme , Bellendène' 

FrANKLANDIE, SlMSlE, COMOSPERME, SY^APHÉE, AnadENIE, 

Grevillée, Hakee,Lambertie, Xylomele, Orite, Rho- 

PALA , KnIGHTIE , EmBOTHRION , OrÉOCALLIS , ÏELOPÉE , 

LoMATtE, SteiMocarpe , Baisksik et Dryandre*. (b.) 

PROTIUM (Burm. Ind. 118). C'est une espèce de 
Balsamier ( Amyns protium, L. ). (LN.) 

PROTO. V. Proton, (desm.) 

PROTOGYNE. M. Jurine,de Genève , a proposé de 
donner ce nom aux roches graniiiijues , composées de feld- 
spath, de quarz et de sléalite, ou de talc, ou de chlorite. 
Ces roches sont Irés-cominunes dans les Alpes, cl forment 
des systèmes très-étendus. M. Brongniarten fait une espèce 
particulière, qui a pour exemple les protogynes de Pormenaz , 
vallée de Servoz, du Talèfre , de la gorge du Mallavale , en 
Oisans,du Sonnenberg,au Harlz, et du Niolo en Corse, (ln.) 

PROTON, Proto. Genre de crustacés, de l'ordre des 
Isemodipodes , établi par M. Léach , et formé des espèces 
du genre chevroUe de M. de Lamarck, qui ont un appendice 
à la base de la seconde jfeire de pieds, ou des deux paires 
suivantes. 11 y rapporte la squille ^^^/«to de Muller, Zool. 
dan., tab. ici , fig. i, 2; et avec doute , sa sqmïie ventricosa. 
Je place celle dernière dans mon genre lepiomère ( Voyez ce 
mot ). Les protons en sont distingués parce qu'ils n'ont que 
dix pieds. Ce caractère les rapproche des cheorulles ; mais 
dans les protons, les organes du mouvement forment une 
série continue , depuis la têie jusqu'au quatrième anneau 
inclusivement; le corps est ensuite terminé par deux ou 
trois articles formant une sorte de queue. C'est ce que l'on 
voit dans la première des espèces précitées , et qui a été 
trouvée sur nos côtes par l'un de nos collaborateurs , 
M. Desmarest. (l.) 

PROTONOTAIRE. Foyez Fauvette protonotaire. 

PROUSTIE, Pwustia. Arbrisseau du Chili, à feuilles 
opposées, que Lagasca regarde comme devant former un 
genre dans la syngénésie égale, et dans la famille des 
composées bilabiées. Ses caractères sont : calice à folioles 
imbriquées et très-courtes ; cinq fleurons , tous hermaphro- 
dites et bilabiés ; aigrette sessiie , velue, dentée; réceptacle 
nu. ( B. ) 

PROVENZAUA. Genre établi par Petit et Adanson , 
sur le calla palustris de Linnaeus. Il n'a pas été adopté par 
les botanistes, (en.) 



178 P R U 

PROX. C'est le Daim dans Aristote. (s.) 

PROYER. F.4'art;cle Bruant, (v.) 

PRUD HOMME. On donne quelquefois ce nom à la 

Sauge verbetsacee. (b.) 

PRUNE. Fruit du Prunier. V. ce mot. (desm.) 
PRUNE. Nom marchand de la voluta glabella de Lin- 

iiseus,ou la Marginelle. (desm.) 
'PRUNE DES ANSES. V. Icaquier. (d.) 
PRUNE COCO. V. Icaquier et Coco Plumes, (d.) 
PRUNE COTON. On appelle ainsi le fruit de l'IcA- 

QUIER. (B.) 

PRUNE DE DAME. Les Comoclades , arbres d'Amé- 
rique, reçoivent ce nom dans les îles, (ln.) 

PRUNE D'ESPAGNE. C'est le fruit du Mombin. (b.) 

PRUNE- ÊTOILÈE {Prunum stellatum seu bUmbing , 
Rumph. , Amb. t. f. 35 ). C'est le Carambolier( Avenhoa 
carambola^ Linn.). (ln.) 

PRUNE ICAQUE, PRUNE DES ANSES. C'est le 
fruil de TIcaquier. (b.) 

PRUNE DES INDES. Nom qu'on donne quelque- 
fois aux Myrobolans. (b^ 

PRUNE DE MALABAR. C^est le fruit du Jambosier 
( Eugenia jambos , L. ) , fruit aigrelet et moins agréable que 
celui du Jambosier de Malacca { Eitgem'a ma/accensis). (ln.) 

PRUNE MO MB IN. C'est le fruit du Mombin. (b.) 

PRUNE SEBESTEN ( Cordia myxa , L.). V. Sebes- 

TIER. (LN.) 

PRUNEAU DE CATIGNAC. V. l'article Olivier.(d.) 
PRUNELLA. C'est, dans Gesner, le Mouchet , ou la 
Fauvette d'hiver, (v.) 

PRUNELLA. Nom donné par les botanistes au genre 
des Brunelles , que Bauhin désigne par Brunella^ légère 
altération de Prunella Les BuglE;^ {Ajuga^ Linn. ), un Dra- 
COCÉPHALEI ( D. Ruyschiana) , et un RuELLIA {R. repandd) , 
ont été décrits par quelques auteurs sous cette dénomina- 
tion de Prunella. (ln.) 

PRUNELLE. V. la description de I'OEil. (virey.) 
PRUNELLE. C'est la Fauvette brune à tache blan- 
che. (DESM.) 

PRUNELLE. On donne ce nom au fruit du Prunier 

ÉPINEUX. (È.) 

PRUNELLE. V. Fourdraine. (d.) 

PRUNIER , Prunus , Linn. ( icosandrie monogynie'). Genre 
de plantes de la famille des rosacées, qui présente pour 
caractères: un calice , découpé en cinq parties , et caduc ; 
une corolle de cinq pétales, larges , ronds, étendus et in- 



P R U ,„j^ 

sérés sur le calice; vingt à trente étamines, presque aussi 
longues que la corolle, à anthères jumelles; un ovaire sim- 
ple , libre , rond , surmonté d'un style couronné par un 
stigmate orbiculaire. Le fruit est un drupe glalire , ovoïde ou 
arrondi , légèrement sillonné d'un côté, renfermant un noyau 
lisse , un peu comprimé , et dont les sutures sont saillantes. 

Linnseus a réuni à ce genre le Cerisier et I'Acricotier, 
qui ont été traités chacun à leur lettre, ce dernier comme 
espèce de prunier, et le censier comme genre auquel on doit 
rapporter plusieurs pruniers de Liuneeus , tels que le pnm/er 
de Canada , le mahaleb , le putier , etc. , lesquels sont , en 
effet , autant de Cerisiers. F. ce dernier mot. 

Les%éritables pruniers sont au nombre de douze à quinze. 
Ce sont des arbres d'une moyenne grandeur , dont les fleurs 
précèdent les feuilles , et dont les feuilles sont roulées en 
cornet avant leur développement ; elles sont accompagnées 
"de stipules , et les pétioles sont munis de glandes à leur base, 
ainsi que ceux de l'amandier et du cerisier. 

Ltc Prunier sauvage, appelé aussi Prunellier ou Epine 
NOIRE , Prunus spinosa , Linn. ; est un arbrisseau d'Europe 
qui croît dans les haies » les lieux arides , et dont les tiges 
sont épineuses et souvent recouvertes d'un lichen foliacé , 
très-blanc en dessous {lichen prunasiri, Linn.). 11 a des ra- 
meaux piquans , et des feuilles alternes et lisses , beaucoup 
plus petites que celles du prunier domestique. Ses fleurs , 
plus petites aussi, isont disposées en grappes ou solitaires sur 
leur pédoncule. Son fruit , nommé prunelle , est rond , de 
grosseur médiocre , d'une couleur bleuâtre- t)u violet foncé, 
et d'un goût acerbe ; lorsqu'il est bien mûr , on en prépare 
un vin léger et agréable, qui fournit, parla distillation , une 
eau de- vie assez forte. 

Cet arbrisseau estpropre'à faire des haies ou à les fortifier; 
quelquefois il s'élève à quatorze ou quinze pieds ; il a alors 
trois pouces environ de diamètre. Son défaut est de se dé- 
garnir par le bas ; mais il est aisé d'y remédier , en suivant 
ce que j'ai dit à l'article Haie. V. ce mot. 

Son bois, dit Feuille, n'a aucune qualité recommandable; 
il est dur, et ressemble , par sa couleur, à celui du pêcher , 
sans en avoir la beauté; il reçoit un assez beau poli , mais il 
se fend et se tourmente beaucoup. 

Le Prunier cultivé , Prunus domeslica , Linn. , est un 
arbre de la troisième grandeur, dont la tige est moyenne et 
le pied souvent garni de drageons enracinés. 11 a un bois veiné 
de rouge ; une écorce remplie' de gerçures ; une racine li- 
gneuse, traçante et rameuse ; des rameaux sans piquans ; des 
feuilles pétiolées , alternes, simples, lancéolées, ovales, 



,8o P R U 

dentées à leurs bords , terminées en pointe , et garnies à leur 
surface inférieure de nervures saillantes. Ses (leurs sont pé- 
donculées , à pédoncules le plus souvent solitaires. La forme , 
la grosseur, la couleur et le goût du fruit varient beaucoup. 

Cet arbre, originaire de la Syrie et de la Dalmatie , est 
naturalisé dans toute l'Europe. C'est le plus commun des 
arbres fruitiers à noyau : sa culture , soit en espalier , soit en 
buisson , soit en plein vent , ne diffère pas de celle des ABRr- 
COTIERS et des Pêchers. ( K. ces mots. ) Il se multiplie de 
semences , de plants enracinés , ou par la greffe. La voie du 
semis peut conduire à des variétés nouvelles et bonnes. Il y 
a des espèces qui , propagées ainsi , reparoissent toujours les 
mêmes , sans avoir besoin d'être greffées: telles son^i^e Per~ 
drigon blanc , la Reine Claude , la Catherine, le Damas rouge , la 
Couelsch. Les autres se greffent Indistinctement sur toutes 
sortes de sauvageons de prunier. Cependant les espèces sur 
lesquelles le fruit acquiert une meilleure qualité , sont la 
Cemetle ovi\e. Damas rouge, venus de noyau ou de drageon. Le 
prunier s'accommode assez de tous les terrains , pourvu qu'ils 
ne soient pas arides ; les terres légères surtout lui convien- 
nent; dans les terres fortes, il est long-tempâ sans rapporter, 
et donne beaucoup de bols. L'exposition du levant ou du 
couchant est celle qui lui est le plus favorable ; il aime à être 
aéré;iln<i faut pas le mettre à l'abri desgrands arbresou des bâ- 
timens. Il découle de cet arbre une gomme blanche , luisante , 
transparente , connue dans le commerce sous le nom de 
gomme de pays. ( V. le mot Gomme.) 

Le bois du prunier est dur, plein , compacte et marqué de 
belles veines ; il reçoit un beau poli. « En quelque temps 
qu'on le prenne , dit Fenille , il se coupe nettement sans se 
mâcher sous l'outil. Ses veines sont très-variées, chatoyantes, 
ondées de brun et de jaune rougeâtre ; quelquefois il est par- 
semé de petites taches d'un rouge cerise , qui rendroient ce 
bois éclatant si elles y étoient en plus grande abondance. Plus 
l'arbre vieillit , mieux les teintes sont prononcées. En tout, 
c'est un fort bon bois ; mais je le crois sujet à se gercer. » 

La prune est un fruit doux (quelquefois fade ) , acidulé , 
nourrissant , rafraîchissant, délayant et laxatif. Sa peau est 
couverte d'une espèce de fleur ou fme poussière , qui trans- 
sude à travers Pépiderme. On cueille les prunes depuis le 
commencement de juillet jusqu'à la fin d'octobre. Dans quel- 
ques espèces , la chair tient au noyau ; dans d'autres , elle 
s'en sépare facilement. Les divers auteurs d'agriculture font 
mention de deux cent cinquante variétés au moins , parmi 
lesquelles je ne citerai que celles qui méritent de trouver 
place contre un espalier ou dans un verger. Les meilleures 
espèces sont marquées d'un astérisque. 



p r; TT ,8i 

1. Prune jaune hâtive , de Catalogne. Petit fruit allongé , 
jaune , sucré. Commencement de juillet. 

2. Précoce de Tours. Petit fruit ovale , noir, peu relevé. 
Mi-juillet. 

3. Grosse noire hâtive , Noire de MonireuH. Fruit moyen , al- 
longé , brun-violet , chair ferme , d'un vert clair tirant sur le 
blanc , jaune dans sa parfaite maturité , relevé. Ce fiuit est 
sujet aox vers. Mi-juillet. 

4.. 9ros Damas de Tours. Fruit moyen, allongé, violet 
foncé , chair presque blanche , ferme , fine et sucrée. Si la 
peau qui ne peut se séparer de la chair ne communiquoit pas 
une odeur désagréable à l'eau, cette prune seroit excellente. 
Mi-juillet. 

5. Damas violet. Fruit moyen, allongé, violet, ferme , 
sucré , un peu aigre , bon. Fin d'août. 

6. Petit Damas blanc. Petit fruit presque rond , ayant en- 
viron un pouce sur chaque dimension , peau coriace et d'un 
vert jaunâtre , chair jaunâtre , succulente et assef sucrée. 
Commencement de septembre. 

7. Gros Damas blanc. Fruit moyen , allongé , plus doux et 
meilleur que le petit Damas , peau et chair de même couleur 
et consistance. Mûrit un peu avant le petit Dama»., qui paroît 
être une sous-variété du gros. 

8. Damas rouge. Fruit moyen , ovale , rouge foncé et rouge 
pâle, chair jaunâtre, fine, fondante, sans être mollasse, 
très-sucrée. Ce fruit, sujet à être verreux, mûrit à la mi-août. 
11 y a un autre Damas rouge plus gelit , moins allongé , plus 
tardif que le précédent ; il mûrit vers la mi-septembre. 

g. Damas noir tardif. Petit fruit afllongé , peau d'un violet 
très-foncé, presque noire , dure, chair tirant sur le jaune et 
le vert, assez agréable quoique un peu aigre. Fin d'août. 

10. * Damas musqué., Prune de Malte , de Chypre. Petit fruit 
violet foncé , ferme , musqué. Mi-août. 

Il * Damas Dronet. Petit fruit allongé , vert clair , chair ti- 
rant sur le vert , transparente , ferme , fine , très - sucrée. 
Cette petite /jrwoe est très-bonne, Fin d'août. 

12, * Damas d'' Italie. Fruit moyen presque rond , peau co- 
riace d'un violet clair , chair tirant sur le jaune et le vert, 
très-sucrée. Cette^Aune est très-bonne;ellemûritàlafind'août. 

i3. * Damas de Maugeron. Gros fruit presque rond , violet 
clair tiqueté de fauve , chair ferme , tirant un peu sur le vert , 
sucrée. Excellent fruit. Fin d'août. 

i4- * Damas de septembre ^ Prune de vacance. Petit fruit 
oblong , violet foncé , relevé , agréable. Fin de septembre. 

i5. * Monsieur. Gros fruit rond , beau violet , fondant , 
peu relevé. Fin de juillet. 



i82 P R U 

16. * Monsieur hâtif. Semblable , violet plus foncé. Mî- 
juillet. 

17. * Royale de Tours. Gros fruit presque rond , violet clair 
et rouge clair, fin , succulent , sucré , relevé. Fin de juillet. 

18. Prune de Chypre. Très-gros fruit presque rond , violet 
clair , chair ferme , verte , sucrée , aigre. 

19. * Prime suisse. Fruit ressemblant au Monsieur , moins 
£;ros , plus relevé et plus agréable que celte dernière iwriété. 
Tout septembre. ' 

30. * Perdrigon blanc. Petit fruit longuet , blanc , fondant , 
très-sucré , parfumé , excellent. Espalier. Commencement de 
septembre. 

21. * Perdrigon violet. Même forme , un peu plus gros, 
mêmes qualités. Espalier. Fin d'août. 

22. * Perdrigon rouge. Même forme , grosseur et qualité , 
d'un beau rouge , presque violet. Septembre. 

23. Perdrigon Normand. Gros fruit un peu allongé , violet 
foncé , clair et jaunâtre , ferme , fin , délicat , doux , relevé , 
bon. Fin d'août. 

24.- Royale. Fruit presque rond , violet clair, tiqueté de 
fauve , chair d'un vert clair et transparente, ferme et assez 
fine. Mi-août. 

25. * D au phi ne .f Grosse-Reine-Claude, Abricot vert, V^rle- 
honne. Gros fruit sphérique, peau fine , verte , tachée de gris 
et de rouge , chair d'un vert jaunâtre, très-fine , délicate , et 
fondante sans êlrc mollasse , sucrée , d'un goût excellent. 

Cette prune mûrit au .mois d'août. Lorsqu'il survient des 
pluies au lemps de sa maîurité, elle se fend , et elle en de- 
vient meilleure. Elle est la meilleure de toutes les prunes 
pour être mangée crue, et pour confire à l'eau-de-vie. On en 
fait de très-bonnes compotes, d'excellentes confitures; les 
pruneaux en sont de très-bon goût , mais un peu charnus. 

2^. ^Petite - Reine- Claude. Inférieure en grosseur et en 
qualité ; un peu plus tardive. Néanmoins c'est un fort bon 
fruit. 

27. Prunier à fleur semi-double. Variété de la Dauphine, irès- 
inférieure en grosseur et en qualité. 

28. * Abricotée. Gros fruit rond , vert , un peu lavé de 
rouge , ferme , musqué , excellent. Commencement de sep- 
tembre. 

29. * Mirabelle. Petit fruit rond , un peu oblong , jaune- 
ambré, ferme , fort sucré ; très-bonne prune confite au 
sucre. Mi-août. 

30. Drap d'or. Mirabelle double. Petite prune presque 
ronde, jaune , tiquetée de rouge, transparente , fondante, 
sucrée , délicate , très-bonne. Mi-août. 



P B TT ,83 

Zi. Bncette. Fruit moyen, vert-ja«ne , ferme, un peu 
aigre. Depuis le commencement de septembre jusqu'à la fia 
d'octobre, 

32. Impériale violette, (iros fruit ovalcj violet clair , ferme , 
sucré , relevé. Fin d'août. 

33. Impériale violette à feuilles panachées. Ce prunier est une 
sous-variété du précédent. Le fruit est ordinairement diffor- 
me, mal conditionné et comme avorté, attendu que la pana- 
chure des feuilles de cet arbre n'est autre chose qu'une ma- 
ladie. Il est d'un violet très-clair. 

34.. Jacinthe. Gros fruit allongé , presque en forme de 
cœur , violet clair, chair jaune , ferme , assez relevée , un 
peu aigre. Fin d'août. 

35 Impériale blanche. Fruit très-gros , de la forme et pres- 
que de la grosseur d'un œuf de poule-d'Inde , blanc , aigre , 
désagréable , fort peu estimé. 

ZÇ>. Diaprée violette. ¥r\x\iv(\oyQn , allongé, violet, ferme , 
sucré , délicat , bon. Commencement d'août. 

37. Diaprée rouge. Roche -Corhon. Presque même forme et 
grosseur. Prune rouge-cerise , ferme , succulente , sucrée , 
relevée , bonne à convertir en pruneaux. Commencement 
de septembre, 

38. Diaprée Wanc^e. Petit fruit ovale , allongé, vert pres- 
que blanc, ferme , très-sucré , relevé et très-fm. Commen- 
cement de septembre , et plus tôt quand l'arbre est en es- 
palier. 

^^. Impératrice violette. Fruit moyen, allongé, beau vio- 
let , chair ferme , délicate , tirant sur le jaune et le vert. 
Octobre. 

4.0. Impératrice blanche. Fruit moyen , oblong , jaune clair, 
ferme , sucré , agréable. Fin d'août, 

l^i. Dame- Aubert ., Grosse luisante. Très -gros fruit ovale, 
jaune et vert , grossier , sucré, mais fade , n'est bon qu'en 
compote. Commencement de septembre. 

4.2. Isle verte. Gros fruit très-allongé, hon en confiture. 
Commencement de septembre, 

4.3. Sainte- Catherine. Fruit moyen, allongé , jaune , sucré, 
très-bon. Septembre et octobre. 

4.4- Prune sans noyau. Fruit petit , noir , aigre. Grosse 
amande amère sans noyau. Fin d'août. 

4.5. Prunier de Virginie. Gros fruit longuet , rouge-cerise , 
ferme , acide et peu agréable. Cet arbre mérite , pour sa 
fleur, une place dans les jardins d'ornement, 

4.6. Prune datte. Fruit moyen , un peu allongé , jaune et 
vert, taché de rouge très-vif j mollasse, fade. Gommencct 
ment de septembre. 



,S4 P R U 

47. Prune çui porte deux fois Pan. Fruit long, jaune rou- 
geâtre, transparent, tiqueté de brun, grossier. Les pre-- 
iniers fruits mûrissent au commencement d'août, les seconds 
sont fort tardifs. 

4.8. Coiie'.sch ou la Kuetsh de Lorraine. Multipliée de se- 
mence , elle ne dégénère pas ; Tarbre charge beaucoup ; on 
fait, avec le fruit, de bons pHineaux., et , à peu de frais, une 
marmelade très-saine pour les gens de la campagne. On en 
retire aussi, par la fermentation et la distillation, une eau- 
de-vie appelée couelsch-vasser. 

49. Le Prunier Cerisetie et le Saint- Julien servent commu- 
nément de sujets pour greffer les autres ;>r«n/Vr5. Le fruit en 
est mauvais, ou pour le moins très-médiocre. 

On fait dessécher plusieurs variétés de prunes, ce qui for- 
me , pour certains pays , une branche de commerce assez 
considérable. Elles portent alors le nom de pruneaux. Dans 
cet état , elles se conservent long-temps , et sont dans le cas 
d'être envoyées dans les pays les plus éloignés. Toutes les es- 
pèces qu'on sert sur les tables peuvent être converties en pru- 
neaux; mais celles qu on préfère pour cela, sont le^ros damas 
de Tours , la Sainte- Catherine , 1 Impériale violette , V Impératrice 
violette, la Roche- Carbon , la Couetsch ., \di Reine- Claude. En 
Suisse , on sèche beaucoup Vlsle vetfe , et ses pruneaux sont 
excellens. Ceux qui jouissent parmi nous d'une plus grande 
réputation, sont les pruneaux de Tours. Mais ceux d'Agen 
sont bien plus savoureux. 

Le Prunier de Briançon croît dans les Alpes. Son fruit, 
de la grosseur du petit damas, est un fort médiocre manger. 
C'est de son amande qu'on retire V huile de marmote. 

Lé Prunier myrobolan ( Prunus cerasifera , Willd. ) est 
originaire du Canada. On le cultive dans nos jardins , où il 
se fait remarquer par la précocité de sa floraison et la 
maturité de ses fruits, qui sont gros comme un damas com- 
mun, mais inférieurs pour le goût. 

Le Prunier de la Chine paroît intermédiaire entre les 
véritables pruniers et les cerisiers. C'est un charmant arbris- 
seau d'ornement , qui ne se multiplie que par marcotte et 
par greffe, attendu que nous ne possédons, dans nos jardins, 
que la variété à fleurs doubles. 

Le Prunier couché ( Prunus prostrata , Labill. ). Il est 
originaire du mont Liban , mais ne craint pas les gelées du 
climat de Paris. On le greffe à un ou deux pieds de haut, 
et il offre alors, lorsqu'il est en fleurs, une boule d'un très- 
agréable effet, (d.) 

PRUNIER. Nom de I'Epicea , dans la ci devant Breta- 
gne. (B.) 



P R Z 185 

PRUNIER D AMÉRIQUE. On donne te nom au 

MoMBiN et au Myrobolan {Spondias Mombin et Myroba- 

lanus , L. ). (ln.) • 
PRUNIER EPINEUX. V. FouRDRAmE. (d.) 
PRUNIER EPINEUX D'AMERIQUE. C'est le 

XlMÈNE ÉPINEUX. (B.) 

PRUNIER A GRAPPE (^Prunus racemosa, Sloane ). 

C'est une espèce de Sebestier ( Cordia macrophylla , L. ) 

qui croît à la Jamaïque, (ln.) 
PRUNIER ICAQUIER. V. Icaquier. (d.) 
PRUNIER JAUNE D'OEUF. V. au mot Lucuma. 

PRUNIER MADEGACHE. On appelle ainsi, à l'Île- 
de-France , le Jujubier cultivé, (b.) 

PRUNIFERA. Nom sous lequel Sloane, Calesby , 
Rai , etc. , ont désigné plusieurs arbres exotiques , tels que 
le sapindus saponarLi , le laurus persea , V anacardium occi- 
dentale^ Valangium Jiexapetalum , etc. , qr^nt un fruit charnu , 
que l'on a comparé à la Prune, (ln.) 

PRUNUS. Les Latins donnoient ce nom à nos pru- 
niers. Chez les Grecs , ces arbres étdient compris parmi 
ceux appelés prunos et coccimelea , ou coccymela , lesquels 
paroissent être des plantes de la même famille. Les bota- 
nistes ont conservé le nom de prunus au Prunier , nom qui 
a été appliqué à beaucoup darbrcs exotiques, dont les fruits 
sont juleux ou à noyaux . cQmme la prune. Tels sont les my- 
robolans , les caramboliers^ ïicaquier, quelques sebestiers, etc. 
Linneeus a réuni, en un seul geïlre , prunus , les genres suivans 
de Tournefort prunus , cerasus , laurocerasus et armeniaca. 
Celte réunion n'est pas adoptée par tous les botanistes. 
V. Pruîoer. (ln.) 

PRUSKWOREK et PRASSKWOREC. Noms de 
.'Acore odorant ( AcoTus calamus ^ L. ) , en Rohème. (ln). 

PRUSSIATE DE FER NATIF. Deborn nommoit 
ainsi le Fer phosphaté terreux, (ln.) 

PRUYER. Nom vulgaire du Proyer. Voyez Bruant 
proyer. (v.) 

PRY. Nom donné à I'Epeautre ( Tritîcum spelia) par les 
Tartares Tehuwdis. (ln.) 

PRYCKA. V. au mot Pétromyzon. (b.) 

PRYF LLWYD , PRYF PENFRILH. Noms gallois 
du Blaireau, (desm.) 

PRZEPIORKA. Nom polonais de la Caille, (v.) 

PRZESTEP-BIALY. Nom polonais de la Bryone 
( B. alba , L. ). (LN.) 

PRZEWIASKA. Nom polonais du quadrupède, décrit 



!86 P S A 

dans cet Ouvrage, sous le nom de Marte perouasca. (desm ) 

PRZMIEL. Nom du Fusain Ç^E^onymus europœus ), en 
Polosine (LN.) 

PKZOSKOTNICA. Nom polonais de l'ARBOUSfza 
(^Arbutuf unedo ^ Linn. ")• (LTV.) 

PRZYMIOTOWli ZIELE. V. Popiolek. (ln.) 

PRZYTULIA. Nom polonais, du Gaillet jaune ( Ga- 
lium verum , U ). (LN.) 

PSALLIDIUIVi , Psallidium. Nom donné par M. Hedwig 
à un nouveau genre d'iusectes, dans lequel il fait entrer le 
curculio maxillusus de Fabricius. Cet insecte a beaucoup de 
rapports avec les charansons ; sa tête est prolongée antérieu- 
rement en une trompe courte, à rextrémlté de laquelle est 
placée la bouche, qui est munie de deux mandibules arquées 
proéminentes; il est tout noir. On le trouve en Hongrie, (o.) 

PSAMATOTE Genre de fossile établi parGuettard, 
et qui répond à la Sabelle alvéolate de Linnœus , au 
Chryodon d'Ockeg^ à la Sabellaire de Lamarck et à 
rAMYMONE de Savigny. (b.) 

PSAMME , Psamma. Genre de plantes de la famille des 
Graminées, établi par Palisot- Beauvois aux dépens des 
Roseaux, ou mieux des Calamogrostes. Ses caractères 
sont : balle calicinale de deux valves à arête tiès-courte ; 
balle florale de deux valves émarginées et mucronées à leur 
extrémité ; style divisé en trois. 

Le RosEAti LITTORAL sert de type à ce genre, (b.) 

PSAMMITE. M. Haiiy a donné ce nom aux agrégats 
que iesAllemands nomment ^KraMwacÂte, et dans lesquels ren- 
trent les grès des houillères, et des grès de différente 
nature qui appartiennent aux terrains de transition. Le grès 
ordinaire ou quarzeux n'y est pas compris. Il appartient 
aux formations les plus récentes. 

M. Brongniarl, en faisant une espèce minéralogique du 
Psammiie , le caractérise ainsi : 

Roche grenue, formée par voie d'agrégation mécanique , 
composée principalement de petits grains de quarz mêlés 
de divers autres minéraux, et réunis par un ciment peu sen- 
sible et de uiiTérente nature. 

Ces caractères excluent les grès ordinaires et quelques^ 
frauivarkes de l'espèce psammiie , mais y ramènent les grès 
des houillères. 

Cette espèce est divisée en six variétés : 

I. PsAM. quarzeux. Formé de grains de quarz moyens 
essentiellement prédominans, avec quelques grains de feld- 
spath, de mica, etc., disséminés. 11 faut y rapporter les psam- 
miies quarzeux de Remiily, près Dijon; de Mairies de Vayiie 



P s A ,87 

près Clermont en Auvergne, et celui d'au-dessus de Carlsbad 
en Bohème. 

2, PsAM. GRANITOÏDE. Grains dje quarz et de feldspath, 
distincts, en quantité à peu près égale, réunis presque 
sans ciment. Exemple : Psammites de Chateix près Royat, 
et de Montpeyroux en Auvergne. 

3. PsAM. MICACÉ. Pâle sablonneuse grisâtre , renfer- 
mant de nombreuses paillettes de mica. Exemple : la phi- 
part des grès des houillères. 

4^. PsAM. ROUGEÀTRE. Pâte sablonncuse rougeâtre , mêlée 
de mica, f^xemple : grès rouge micacé. Les grès des hauteurs 
des environs de Saarbruck ; le grès d'Athis , près Feugeu- 
rolle, aux environs de Caen; celui de Vaterstein, près 
Henstadt auHarlz, qui est un Uoihe-Todte-Liegende des Alle- 
mands; enfin celui de Kaufinger-"Wald, près Cassel. 

5. PsAM. SCHISTOÏDE. Pâte argilo-sablonneuse , noirâtre, 
renfermant plus ou moins de mica. Les grauwackes schis- 
toïdes appartiennent à celte variété. 

6. PsAM. CALCAIRE, Pâte sablonneuse, calcaire, assez com- 
pacte, plus ou moins micacée. Exemple : psammitê de Bon- 
neville près Genèv»; du Lautenberg et de Hauszelle , près 
Zellerfeld, au Hartz. (ln.) 

PSAMMITES et PSAMMIUM. J. R. Forster, dans 
son onomatologie , donne ces noms au grès : ils dérivent du 
grec psammos , qui signifie sable. V. PsAMMlïE. (lts.) 

PSAMMOBIE, Psammohia. Genre de coquilles bivalves 
établi par Lamarck, dans sa famille des nymphacées^aux 
dépens des Solens et des Tellines. Ses caractères sont : 
coquille transverse, elliptique, ovale oblongue, planiuscule, 
un peu bâillante de chaque côté, à crochets saiîlans; char- 
nière ayant deux dents sur la valve gauche et une seule 
dent inlranle sur la valve opposée. 

Lamarck rapporte dix-huit espèces à ce genre, dont trois 
ou quatre vivent dans nos mers. Je citerai comme type la 
PsAMMOBiE BORÉALE, figurée SOUS Ic nom de Telline incar- 
nate , dans la Zoolo^e britannique de Pennant , pi. 47 1^ 
n." 3i, et la Psammobie fleurie, figurée sous le nom de 7c/- 
line ^ par Poli, Test., vol. i, tab. i5, n."* 19 et 21. (b.) 

PSAMMOSTEUM, synonyme d'OsiÉocoLLE. On appli- 
que spécialement ce nom aux agglutinations de sables qui re- 
présentent la forme deâ os. (lîm.) 

PSAMMOCHARE^ Psammochares. V. Pompile. (DESM.) 

PSAMMOTÉE, Psammotea. Genre de coquilles bivalves, 
établi par Lamarck dans la famille des nymphacées, dans le 
voisinage des Psammobies et des Tellines. Ses caractères 
sont: coquillelransversej ovale ou ovale-oblongue , un peu 



i88 P S A 

bâillante sur les côtés; une seule dent cardinale sur chaque 
valve , quelquefois sur une seule valve. 

Lamarck rapporte six espèces à ce genre , dont deux ap- 
partiennent aux mers d'Europe, et une se trouve fossile à 
Grignon. La seule figurée sous le nom de Telline trans- 
parente, l'a été par Chemnitz , Conch. , vol. 6, tab. ii , 
n.? 99 , et est originaire des côtes de la Nouvelle-Hollande. 

(B.) 

PSARouPSAROS.Nomqueles anciens Grecs donnoient 
à Vé/ourneau, d'où ils nommoient le granité psaronion^ à cause 
des taches semées sur cette pierre comme sur le plumage de 
Vétourneau. (s.) 

PSARE, Psarus, Lat. , Fab. Genre d'insectes, de l'ordre 
des diptères, famille des alhéricères, tribu des syrphies , 
ayant pour caractères : nne proéminence nasale;antennesua 
peu plus longues que la tête, portées sur un pédoncule com- 
mun; les deux premiers articles obconiques; le second pres- 
que une fois plus long que le précédent; le troisième ou 
dernier épais , ovoïdo-conique , avec une soie épaisse, sly- 
liforme, msérée un peu au-dessus de son milieu et distinc- 
tement biarticulée à sa base. Je n'en ccfnnois qu'une espèce, 
le PsARE ABDOMINAL, psarus ahdominalis , figuré par M. An- 
toine Coquebert, dans ses Illustrations iconographiques des 
insectes, déc. 3.% pi. 23, fig. 9. Son corps est noir ; l'abdo- 
men est rouge , avec l'extrémité postérieure noire ; la soie 
des antennes est blanche. On le trouve , mais rarement , aux 
envjrons de Paris, (l.) 

PSARIS. Nom grec d'un oiseau inconnu que M. Cuvier , 
(Règne animal) a donné au genre Bécarde. F", ce mot. (v.) 

PSARONIÙS. Nom proposé par J.-R. Forster , pour 
désigner, en latin , la roche àïle grausiein par les Allemands. 

(LN.) 

PSAROS. F. Psar. (s.) 

PSARO SMEROULA. Nom du Merle bleu ou soli- 
taire, dans plusieurs îles de l'Archipel, (v.) 
• PSATHURE, Psaihura. Arbrisseau à feuilles opposées, 
pétiolécs, oblongues, alternes et à fleurs disposées en pa- 
nicule terminale , dont Jussieu a fait un genre , qui est 
de l'hexandrie monogynie , et qui a pour caractères : un 
calice à six dents; une corolle campanulée à six découpures 
velues en dedans; six étamines presque sessiles, insérées au 
tube ; un ovaire inférieur arrondi , surmonté d'un style à 
stigmate lamelle ; une baie sèche,striée, à six loges et à loges 
monospermes. 

La psathurese trouve à l'île de la Réunion , oix on l'appelle 
lois cassant, (b.) 



P s E ,89 

PSCHANEZ. Nom russe de I'Ivraie vivace. (ln.) 
PSCHAT. NomduCHALEF à feuilles étroites, en Armé- 
nie. Chez les Géorgiens, cet arbre s'appelle Pschadi-Lapat. 

(LN.) 

PSCHENO. L'un des noms russes du Panis. (ln.) 
PSCHI. Nom tartare du Renne, espèce de Cerf, (desm.) 
PSEAUTIER. L'un des noms de la Panse, premier es- 
tomac des RuMiNANS. (desm.) 

PSELAPHE, Pselaphus, Herbst, PayL, Illig., Reich. ; 
Staphylinus^ Linn. , Oliv. ; Anthicus, Fab. Genre d'insectes 
coléoptères, de la famille des brachélylres , tribu des pséla- 
phiens, ayant pour caractères : élytres plus courtes que l'ab- 
domen, tronquées ; tarses de trois articles, dont le premier 
très-court, et le dernier terminé par un seul crochet ; an- 
tennes de onze articles, la plupart grenus, et dont le der- 
nier plus grand, ovoïde; palpes maxillaires saillans , avan- 
cés , terminés par un article plus grand, renflé avec une pe- 
tite pointeau bout; les labiaux très-petits, filiformes. 

On trouvera à l'article Psélaphiens l'exposition des ca- 
ractères généraux qui distinguent ces insectes , et leur ma- 
nière de vivre. J'ajouterai seulement que les psélaphes ont 
des mandibules cornées , triangulaires et dentées au côté 
intérieur; des mâchoires terminées par deux lobes, dont 
l'intérieur petit et en forme de dent; et la languette mem- 
braneuse , éflhiancrée ou bifide. Leurs métamorphoses n'ont 
pas encore élé observées. 

M. de Reichenbach, qui nous a donné une bonne mono- 
graphie de ce genre (Leipsick, 1816), en a décrit et fi- 
guré vingt-deux espèces, et qu'il distribue en trois familles. 
L Troisième arlicle des palpes antérieurs ou. maxillaires ^ en 
massue. 

II. Le même article de ces palpes , sécuriforme. 

III. Le même article de ces palpes , conique. 

Il termine sa monographie par la descriptioi^ d'un nou- 
veau genre Cteniste, ctenisies, voisin du précédent, et au- 
quel il donne pour caractères : antennes plus grosses à leur 
extrémité; palpes (les maxillaires) quadriarticulés , avec 
trois soies écartées à leur extrémité. Celui-ci n'offre qu'une 
seule espèce , palpalis , et que nous n'avons point vue ; mais 
à l'égard de la manière dont cet auteur a coupé le premier 
de ces genres ou les psélaphes , je pense qu'il auroit pu for- 
mer des sections plus naturelles. Ainsi, i." les espèces qu'il 
nomme /im«, longicollis et dresdensis, s'éloignent de toutes les 
autres par la longueur de leurs palpes maxillaires, qui égale 
ou surpasse celle de la tête et du corselet, et dont les deux 
avant-derniers artioèes sont beaucoup plus grêles à leur base, 



jgO P S E 

OU comme portés sut* un long pédicule; aussi ces palpes sOnt- 
iis ordinairement courbés ou plies. 2.° Relativement aux au- 
tres espèces, l'insertion des antennes, plus ou moins éloi- 
gnée des yeux, et la variété de formes de leurs articles, 
ainsi que leurs proportions relatives, auroient fourni de bons 
caractères. 

L'espèce la plus commune est le Psélaphe sanguin , 
pselaphus sanguineus ( anthicus sangiiineus , Fab. ). Dans la 
méthode de M. de Reichenbach, qui Ta représentée , tab. 2, 
fig. II , elle appartient à sa troisième famille: elle est noire, 
luisante, avec les élytres couleur de sang; ses antennes sont 
de la longueur de la moitié du corps, noirâtres, velues, 
avec les trois derniers articles plus épais. La tête a de cha- 
que côté, derrière les yeux, une impression. Le corselet 
en offre trois réunies par un sillon; il est presque globuleux. 
Les élytres ont chacune deux lignes enfoncées et longitu- 
dinales. Les jambes et les pattes sont roussâlres. (l.) 

PSELAPHIDÉS, Pselaphidea. Nom donné par M. Léach 
( Mélanges de Zool., tom 3 , p. 80 ) à une famille d'insectes 
coléoptères , qui répond à notre tribu des psé/aphiens. V. ce 
mot. (l.) 

PSELAPHIENS {HetewdaclyJes, tableau de l'article 
Entomologie de cet ouvrage) , Pselaphii. Tribu d'insectes 
coléoptères , de notre famille des brachélytres. 

Les coléoptères de cette division semblent d abord n'avoir 
que deux articles aux tarses, et former ainsi, d'après la mé- 
thode de Geoffroy, une section particulière, que l'on peut 
appeler, en suivant la nomenclature employée à cet égard 
par M. DnvsxérW^Bimèrés ou Dimères', c'est ce que j'ai fait dans 
mon Gênera criist. et insect. et dans quelques autres ouvrages 
postérlei^s ; mais ces tarses observés très-attentivement , et 
au moyen d'une forte loupe , présentent trois articles , dont 
le premier ou le radical très-court, et les deux autres allon- 
gés ; tous ces articles sont simples , et le dernier ( les chennies 
seules exceptées ) est terminé par un seul crochet. On voit 
par les caractères que j'avois primitivement assignés au 
genre ;o5é>7<//)/2e ( tarses paroissant de deux ou trois articles, 
Prêc. descaract. gêner, des inseci.^ pag. 34), que j'avois distin- 
gué ce nombre d'articles de leurs tarses. On sait que les 
oxyièlesj qui appartiennent évidemment à la famille des bra- 
chéjytres, sont pareillement trlmères, et que les aléochares, 
autre genre de la même famille , ont de grands rapports de 
formes générales et d'habitudes, avec les psélaphiens. Ainsi, 
quel que soit le rang que l'on donne, dans la série naturelle 
des coléoptères, aux brachélytres, les psélaphiens doivent 
faire partie de cette famille. Ils y fornflront un petit groupe 



P s E ,gj 

qui aura pour caractères : élylres pluss courtes que î'abdo- 
men, laissant à découvert son extrémité postérieure, tron- 
quées; tête dégagée; antennes en tout ou en partie grenues, 
grossissant vers l'extrémité ; corselet, soit presque cylindri- 
que, soit presque en forme de cœur tronqué ou arrondi ; ab- 
domen plus large que le reste du corps, presque carré, obtus 
postérieurement; tarses à trois articles simples, dont leipre- 
inier très-court , et les deux autres allongés ; le dernier ordi- 
nairement terminé par un seul onglet. ( Palpes maxillaires le 
plus souvent fort longs, renflés à leur extrémité, et terminés 
par une petite pointe spinuliforme. ) Lespsélaphiens sont de 
très-petits insectes qui vivent à terre, dans les lieux frais ou 
humides, parmi les plantes, les graminées surtout, et quel- 
quefois encore sous les écorces des arbres, sous les pierres 
et la mousse. Ils courent plus particulièrement le soir. 

M. de Keichenbach nous a donné une bonne monographie 
de ces insectes. Je divise ainsi celle tribu : 

I. Tarses terminés par deux crochets ( antennes de onze articles^ 
Le genre Chennie. 

II, Tarses terminés par un seul crochet. 

A. Antennes de onze arlicles ; des mandibules ; palpes distincts ; 

maxillaires très - saillans. 

Les genres ; Psélaphe , Ctenisïe. ( Voyez Psélaphe. ) 

B. Antennes de six arlicles ; mandibules jiulles ou peu disiinctes ; 

les palpes maxillaires très-petits. 

Le genre ClavigèIÇe. 

Celle tribu des brachélytres forme, dans la méthode du 
docteur Léach , une famille , celle des psétaphidés , pselaphi- 
dea. Il la partage en trois races, dont la dernière esl la me- 
jne que. notre division II , B , ou celle qui esl formée du 
genre cîaoigère. La première race n'offre aussi qu'im seul 
genre , celui A'euplecius : il est distinct des autres par la lon- 
gueur des palpes maxillaires et la forme de leurs deux avant- 
derniers articles, caractères que j'avois déjà remarqués, 
dans mon Gênera r.rust. et insect. , en décrivant le psélaphe 
de Heis. M. Léach divise sa seconde race , des psé/aphidés , en 
trois sections , qui embrassent , en retranchant de la pre- 
mière les espèces du genre euplecie^ les trois familles que 
M. de Reichenbach a établies dans celui Ae psélaphe ( V. ce mot). 
La première section est composée des genres bythinus ^ arco^ 
pagus et iychus. Leurs caractères sont fondés sur les grandeurs 
des premiers et des derniers arlicles des antennes. Les deux 
autres sections n'offrent chacune qu'un seul genre : la se- 



,r- P s E 

^ conde , celui de hyaxis , et la Irolsième celui de pselaphe. 
Le premier de ces genres , ou celui à'euplecte , nous paroît 
devoir être admis; mais l'introduclion des suivans me semble 
inutile, (l.) 

PSELION, Pselium. Arbrisseau grimpant à feuilles alter- 
nes , péliolécs, enlières, et à (leurs axillaires, qui forme , 
seloj||Loureiro , un genre dans la dioécie hexandrie et dans 
la famille des ménispermes. 

Ce genre offre pour caractères : dans les fleurs mâles, un 
calice de six folioles aiguës et concaves; une corolle de six 
pétales; six étamines : dans les tleurs femelles, un calice de 
quatre folioles ovales, trés-peliles et très-velues; point de 
corolle ; un ovaire supérieur à stigmate quadrifide et sessile ; 
un drupe aplati, arrondi , petit , et qui contient une noix 
percée de trous , Inégale et monosperme. 

Le pselion que Jussieu soupçonne devoir être réuni aux 
Ménispermes, croît dans les forêts de la Cochinchine. Il 
présente une singularité qui n'a pas encore été remarquée 
dans les plantes dioïques ; c'est que les feuilles des pieds 
mâles 50nt en cœur arrondi, et celles des pieds femelles 
peltées et ovales. Ce fait, joint à la différence qui se trouve 
dans les parties de la fructlficaiion , disposeroit â douter de 
l'exactitude de l'observation de Loureiro, si on ne devoitpas 
avoir en lui la confiance la plus étendue, (b.) 

PSEN , Psen , Latr., Jur. , Panz. ; Ttypoxylon ^ Pelopœus^ 
Fab, Genre d'insectes , de l'ordre des hyménoptères , sec- 
tion des porte-aiguillons, famille des fouisseurs, distingué 
des autres genres de la tribu des crab*'onites , dont il fait 
partie , au moyen des caractères suivans : antennes insérées 
au milieu de la face antérieure de la tête, grenues, un peu 
en scie dans quelques mâles , plus grosses vers leur extré- 
mité ; mandibules unidentées au côté interne ; chaperon 
presque carré; premier anneau de l'abdomen beaucoup plus 
étroit, en forme de pédicule brusque et allongé ; cellule ra- 
diale nue , très-grande; trois cellules cubitales complètes ,^ 
dont la seconde plus petite, presque carrée, et la troisième 
anguleuse. 

M. Jurine partage ce genre en deux familles: dans la pre- 
mière les deux dernières cellules cubitales reçoivent cha- 
cune une nervure récurrente. 

Psen TRÈS-NOIR , Psen ater^ Latr. ; Trypoxylon airaUim y 
Fab. ; Panz. , Faun. , însect. Germ. , fasc. 98 , tab. i5 , la 
femelle. 11 est long d'environ quatre lignes , très-noir, avec 
le devant de la tête garni d'un duvet soyeux argenté ; le point 
épais de la cote des ailes supérieures est noir. On le trouve 
sur les fleurs. 



M. Jurioe croit que le pélopée compressicornis de Fabricius 
est le mâle de cette espèce; mais j'en doute. 

Dans sa seconde famille , la seconde cellule cubitale re- 
çoit les deux nervures récurrentes. L'espèce dont il donne 
la figure , sous le nom de psenhicolor, et qui est le trypoxylon 
équestre de Fabricius , appartient à cette division. Elle est 
noire , avec le second anneau de l'abdomen et les tarses 
fauves. Elle se trouve en France et en Allemagne, (l.) 

PSEPHITE. Espèce de roche établie par M. Brongniart, 
et qui comprend la plupart de ces agrégats que les minéra- 
logistes allemands désignent par iudliegende et rothe-todle-lie- 
gende : ce sont des grès rudimentaires pour M, Haiiy. Ils 
sont formés d'une pâte argiloïde , enveloppant des fragmens 
moyens et disséminés de micaschiste , de schiste argileux , de 
schiste coticuie , et d'autres roches de même formation. Le 
rothe-todte-liegende de Zorge et celui d'Elrich , au Hartz , 
appartiennent à cette espèce , ainsi que le porphyre argileux 
(^thon porphyr) de Chemnilz en Saxe. Celui de Zorge contient 
des grains de feldspath ; celui d'Elrich , de petits grains de 
quarz ; et celui de Chemnitz, du micaschiste , du schiste ar- 
gileux , etc. F. Roches, (lis.) 

PSETTUS de Commerson. Les poissons qui ont été ainsi 
appelés , sont les Acanthopodes et les Monodactyles de 
M. Lacépède, que M. Cuvier réunit en un seul genre, dans 
son Règne animal, (b.) 
PSEUDACACIA. V. Pseudo-acacia, (ln.) 
PSEUDALÈJE , Pseudaleja. Nom donné , parDupetît- 
Thouars, au genre Olax de Linnseus, qu'il a fait mieux con- 
noître. (b.) 

PSEUDALOÏDE,P5e«<ifl^oïie5. Autre genre de Dupetit- 
Thouars , qui ne diffère du précédent que parce qu'il a 
quatre pétales. Son fruit n'est pas connu, (B.) 

PSEUDASPHODÈLE. V. Pseudo-asphodéle. (ln.) 
PSEUDO-ACACIA. Tournefort donnoit ce nom au 
genre robinîa de Linnseus , lequel comprend ces arbres d'A- 
mérique , naturalisés en Europe , que nous nommons Faux- 
acacias et même acacias., fort improprement, parce que le 
véritable acacia est une espèce de mimosa. Voyez PiOBITsia. 

Le genre pseudo-acacia de Plumier se compose du pseudo- 
acacia de Tournefort , et du genre pîscidia de Linneeus. Le 
père Feuiilée a décrit et figuré sous ce nom de pseudo-acacia , 
une espèce de casse {cassia stipulacea , ^W. ). (LN.) 

PSEUDO-ACMELLE. Plante annuelle et du genre spi- 
lanlhe, qu'on a nommée ainsi , parce qu elle a de la ressem- 
blance avec une autre espèce du même genre , qu'on appelé 
AcMELLE. Celle-ci est remarquable par sa saveur piquante 

XXVtU. I'^ 



,,.; V S i: 

et acide , qui la fait employer en médecine dans l'indo. 
F. Spilante. (lm.) 

PSEUDO-ACONIÏ, Pseudo-aconitum , pardallanches , 
Matth. C'est le Thoua, espèce de Renoncule, (ln.) 

PSEUDO-ACORUS. Nom donné, par Tragus , aune 
espèce d'iftis à fleurs bleues, qui paroît très-voisine de Viris 
rfes /?m,de Lamarck, Uiris pseudo-arorus est une espèce dif- 
férente , à fleurs jaunes. C'est notre Glayeul des étangs. 
V. Iris, (ln.) 

PSEUDO -AGATE. On a donné ce nom autrefois aux 
Jaspes-agates, (^ln.) 

PSEUDO AGNUS et PSEUDO-LIGUSrRUM(/a»:r; 
gattilier el faux troène). Dodonée désigne par ces noms le Pu- 
TiER ou Merisier a grappes, (ltm.) 

PSEUDO -ALBATRE. La chaux sulfatée en masse 
compacte a été ainsi nommée par opposition aux véritables 
albâtres qui sont de la chaux carbonalée, (ln.) 

PSEUDO-AIVIBROISIE,P5e«rfo-a//2irosia.J.Camerarius 
figure {Epit. 596)sous ce nom le Cociiléarja coronopus , 
si commun dans les prés humides et sur le bord des ri- 
vières, (ln.) 

PSEUDO -AMÉTHYSTE. C'est la Chaux fluatée 
violette, (ln.) 

PSEUDO-AMOMUM. Gesner donnoitce nom au Gro- 
seillier A fruit noir, ou Cassis , ribes nigrum^ selon C. 
Bauhin. (ln.) 
PSEUDO-ANCHUSA V. Rhexia. (ln.) 
PSEUDO APIOS. Matthiole donne ce nom à la Gesse 
tubéreuse {laihyrus tuberosus, Linn. ). (LN.) 

PSEUDO-x\POCli\, Pseudo-apucynuni. Morison a donné 
ce nom à'deux espèces de Bignones {bignonia crucigerael ra- 
dicans y L. ). Baukin fait observer que l'on regarde quelque- 
fois la balsamine des bois {impatiens noli tangere) , comme étant 
le pseudo-apocynon de Pline, (ln.) 

PSEUDO -ASBESTE. On a donné ce nom à I'Asbeste 

LIGTSIFORME et à l'AsBESTE DUR. (LN.) 

PSEUDO-ASPHODÈLE, Pseudo-asphodelus. C. Bauhin 
donne ce nom , i.° à l'ANTHEaiC ossifrage (an^ ossi/ragum ) , 
l'aèamad'Adanson et le narthecium d'autres auteurs; 2.° àl'AN- 
THÉRlC CALYCULÉ ( a/i//j. calycahUum , Linn. ) , dont on a fait 
aussi un genre distinct , sous les noms de ioffieldia , heritiera, 
et aussi de narthecium. P. NarthÉCIE. fLN.) 

PSEUDO - AVENTURINE - QÛARZEUSE. D< la- 
métherie donnoit ce nom au quarz avenluriné. Uaoeniurine 
véritable es{ \t feldspath aoenturinê. (ln.) 

PSEUDO-BASALTE. Siutz a désigné ainsi la Wacke, 



P s E 



95 



reche argileuse , que quelques minéralogistes considèrent 
comme du basalte décomposé, (ln.) 

PSEUDO-BEHYL. Variété de cristal de roche , de cou- 
leur verdâtre. Elle a été indiquée par Boëce de Boot et 
W^allerius. On taille le pseudo-beryl. Les plus beaux morceaux 
s'apportent du Brésil, (ln.) 

PSEUDOBOA d'Oppel. Ce sont les serpens du genre 
BoNGARE de Daudio. (desm.) 

PSEUDO-BRASILIUM. La plante sur laquelle Plu- 
mier et Adanson ont établi le genre de ce nom , est une des 
deux espèces de hrasiliastnim de Lamarck. On la réunit main- 
tenant au comocladia. Quant à la deuxième espèce qui est le 
pseudo-brasiliastrum. du Jardin des Plantes, dont il est question 
dans le Gênera de Jussieu , ce botaniste prévient que c'est 
Ja même plante que le picramnia antidesma de Swartz. (ln.) 

PSEUDO-BUNION. Plante mentionnée par Diosco- 
ride , qui paroît appartenir à la famille des crucifères. Elle 
avoit quelque ressemblance ^ par ses feuilles et par ses bran- 
ches , avec le vrai hunium que les commentateurs rapportent 
au navet sauvage. Elle croissoit dans l'île de Candie. Quel- 
ques auteurs présument que c'étoit une espèce de Sénevé ou 
Moutarde ( sinapi's). Dodonée a indiqué la Barbarée( Si- 
symfjmim harbarea . Linn. ). (ln.) 

PSEUDO-BUXUS. Nom donné au Fragon épineux et 
au G\i.t. (ln.) 

PSEUpO-CAPSICUM. Dodonée paroît être le premier 
qui ait indiqué sous ce nom la Morelle cerisette, appelée 
aussi faux piment, parce que le nom de capsicum est le nom 
générique des pimens, dont elle se rapproche par la couleur 
et la forme de ses fruits. Voyez Morelle, vol. 2i,pag. 
369. (ln.) 

PSEUDO-CARPIEN. Nom donné par M. Desvaus à 
une sorte de fruit. V. Fruit, § IV. (p.b.) 

PSEUDO-CASSIA. L'Ecorce de Winter , c'est-à- 
dire du canella alba , Murr. , est rapportée , sous ce nom, 
dans le Finax de C. Bauhin, selon Wildenow. (ln.) 

PSEUDO-CHAMAEBUXUS. On a décrit sous ce 
nom, autrefois, une espèce de Laitier (yDo/j'^a/a chamœ- 
buxus ) , qui croît dans les Alpes, (ln.) 

PSEUDO-CHAMAEDRYS. Nom donné par Gesner 
et Thalius, à deux espèces de Véronique {veronica teucvium 
et chamœdrys , L. ). (ln.) 

PSEUDO-CHAMi^EPITYS de Clusius. C'est une es- 
pèce de GermanDRÉe ( ieucrium pseiido-chamœpîtYS , L, ). 



igS P S E 

Rivin' désigne le dracocephalum ruyschianum , par le nom de 
pseudo-chamœpilys d'Autriche, (ln.) 

PSEUDO - CHÉLIDOINE. Voyez Fausse Chéli- 

DOINE, (ln.) 

PSEUDO-CHINA. Séneçon des Indes Orientales , dont 
la racine avoit élé donnée pour le véritable china. ( C'est le 
senerio pseudo-china , L. ). (LN.) 

PSEUDO-CHRYSOLiTHE. On a donné ce nom autre- 
fois à diverses substances d'un jaune verdâtre ou vert jau- 
nâtre , pour les distinguer de la véritable Chrysolithe. Cel- 
le-ci est le Péridot et non point la chaux phosphatée , que 
l'on a également appelée ainsi. 

On a nommé pscudu-chrysoà'the , le quarz vert-jaunâtre, 
Volwine oa peridot- pyrogène , et quelques obsidiennes. 

La pseudo-chrysolilhe de Klaprolh est une obsidienne qui se 
trouve en fragmens scoriformes , de la grosseur d'une noix, 
et plus, dans les environs de Maldomthein, en Bohème. Elle 
est noirâtre à l'extérieur , plissée , ridée et lobée dans di- 
verses directions ; elle est compacte intérieurement et trans- 
parente , quoique parsemée de très-pelltes bulles , et que sa 
texture soit légèrement fibreuse ; sa couleur est le vert gri- 
sâtre ou jaunâtre plus ou moins foncé , ayant quelquefois la 
tendance au vert bouteille , mais n^ayant pas une teinte aussi 
jaune que dans les autres obsidiennes. Elle est assez dure , et 
susceptible de prendre très-bien le poli; mais son éclat n'est 
pas vif, et sa couleur est toujours rembrunie. Selon Klaproth, 
elle est composée de : silice , 88,5o ; alumine, 5,^6 ; chaux, 
2 ; fer oxydé , 5,7$ ; elle contient donc plus de silice qu'au- 
cune obsidienne. Da reste, cette analyse ramène ià pseudo- 
chrysolilhe de Klaproth dans les obsidiennes , et dans les ob- 
sidiennes proprement dites homogènes. V. cet article, (ln.) 
PSEUDO-CLINOPODE, Fseudo - dinopodium. Mat- 
thiole donne ce nom à une espèce de Thym ( thymus aci- 
nos , L. ). (LN.) 

PSEUDO-COBALT, Pseudo-cohaltum , c'est-à-dire, 
faux cobalt. Nom donné autrefois au nickel arsenical , qu'on 
appeloit encore /?5<îHÉ?o-cu/>/Mw, faux cuivre. F. Nickel arse- 
nical, (ln.) 

PSEUDO-CORNUS. V. Pseudo crania. (ln.) 
PSEUDO-CORONOPUS. Dodonée emploie ce nom 
pour désigner le Plantain corne-de-cerf ( plantago corono- 
pus , Llnn. ). (ln.) 

PSEUDO-COSTUS de Matfhiole. Sprengel le rapporte 
au pastinaca opopanax, qui , selon lui, est la même plante que 
le laserpiiium chironium de Wllldenow. (LN.) 
PSEUDO-CRANIA. Val. Cordus donne ce nom au 



P s E 197 

Cornouiller sanguin ( cornus sanguînea , L. ). On a égale- 
ment nommé celte plante pseudo-cornus, (ln.) 

PSEUDO-CYPERUS. Nom donné par Gesner, Lobel, 
etc. , à une espèce de LAiCHEqui en a conservé le nom {carex 
pseudo-cyperus , L. ). ïhalius le donne encore, ainsi que Mi- 
cheli , au scirpus sybniicus. (ln.) 

PSEUDO-CYTISE, Fseudo-cytisus. Ce nom a été donné 
à diverses espèces de légumineuses ; par exemple , au spartium 
complicatum., aux cyiisusnigricans, irifloms , ausln'arus et supinns , 
etc ; au genis/a canariensis , L. ; a. l antJiyllis cy/i'soïdes ^ etc., et 
au vel/a pseudo-cyù'sus , L. (lis.) 

PSEUDO-DIAMANT. C'est le Jargon limpide qui a 
l'éclat luisant du diamant , et non pas ses effets brillans. 
V. ZlRCON. (ln.) 

PSEUDO-DICTAMNOS. Dioscoride indique sous ce 
nom l'une de ses trois espèces de dictumnos. 11 se contente 
de dire qu'elle est semblable au vrai dîctamnos , pour sa forme 
et pour ses propriétés , excepté que ses vertus sont moins 
énergiques. La plupart des commentateurs ont rapporté le 
vrai dictamnos à Vonganum diciamniis , et le pseudo-dictamnos ^ 
au marrubium pseudo-dictamnus. 

Quatre espèces de marrubium ( crispvm , africanum , pseudo- 
dictamnus , aceiabulosum ) , ont été décrites autrefois 50us la 
dénomination de pseudo-diclamnus ou de pseudo-diciamnum , 
dont deux espèces ( le marrubium pseudo-diciamnum et aceia- 
bulosum ) ont la lèvre supérieure de la corolle voûtée , les 
feuilles en cœur, et le calice à limbe épanoui en forme d'en- 
tonnoir : elles constituent le genre dictamnus de Tournefort, 
annulé par Linnseus, rétabli sans succès par Adanson et par 
Mrench. (ln.) 

PSEUDO-DKxITALE. C'est le Dracocéphale de Vir- 
ginie. Boccone appelle cette plante pseudo -digitale à feuilles 
de pêcher ( Bocc. , Sic- 12 , t. 5 , fig. 5 ). (ln.) 

PSKUDO-EBÈNE. On donne ce nom à un arbrisseau 
de l'Amérique méridionale. C'est Vameiimnum ebenus de 
Svvartz, placé parmi les aspa/albus pArlj\nnv?us, Il nefautpas 
le confondre avec le faux Erénier , arbre d'Europe , qu'on 
cultive dans tous les jardins , pour l'ornement , et qui est un 
Cytisus. (ln.) 

PSEUDO-ELLEBORUS. Morison désigne ainsi le 
Trollius européen, L. Le nom de pseudo - elleburus est 
donné, par Besière et Dalécbamps , à l adonis remalis ^ que 
Mattbiole avoit nommé avant , pseudo-ellebontm. Dodonée 
mentionne Vhelleborus viridis sous le nom de pseudo-helle- 
borus noir, (ln.) 

PSEUDO EMERzVUDE. On a donné ce nom au quarz 



igS P S E 

hyalin verl^ et cependant sa couleur n'est pas celle de t'éme'- 
TaL\xàç..\jA prehnile entrelacée àa Qa^p de Bonne-Espérance, a 
aussi élé appelée pseudo-émêraude. (ln.) 

PSEUDO-EMERAUDE. Variété A' atgue-marine , qui se 
trouve à Finbo près Fahlun, en Suède. (i.N.) 

PSEUDO - FUMARIA. C'est le fumaria capnoides , 

L. (Lî^.) 

PSEUDO-GALENE. Nom donné anciennement au zmc 
sulfuré^ peu importe sa couleur , parce qu'il a parfois l'ap- 
parence de la vraie galène ou plomb sulfuré. C'est pour celte 
raison qu'on lui a donné , en allemand , le nom de blende^ 
qui signifie trompeur. Quand on Thumecte avec le souffle , 
il se ternit pour quelque temps, tandis que la galène, dans 
la mêrtie circonstance , reprend à l'instant tout son bril- 
lant, (ln.) 

PSEUDO -GALÈNE PICIFORME ( Psafdo-galena 
picea, Waller. ) , on pechblende. F. UaANE OXYDULÉ, (ln.) 

PSEUDO-GELSEMINUM, Rivin. C'est une espèce de 
BiGNONE ( Bignunia radicans , L. ). (ln.) 

PSEUDO-GNAPHALIUM. C'est le micrupus supinus , 
dans Morison. ( Hist. 3 , p. q3. ) (ln.) 

PSEUDO-GRENAT et PSEUDO- HYACINTHE. 
Ce sont des quarz qui présentent des couleurs jaune-rougeâ- 
tres ou orangées , analogues à celles de certains gienal^, de 
Vhyacinthe et de Vessonite ou kanelstein. (ln.) 

PSEUDO-HELICHRYSUIVI. Morison , dans son His- 
toire des plantes, mentionne sous ce nom : deux arbrisseaux ; 
l'un de Virginie , est le baccharis halimifolia , Linn. , et l'au- 
tre du Pérou , est l'/Va frulescens , Linn. (ln.) 

PSEUDO -HELLËBORUS. Voy. Pseudo - ellebo-, 

RUS. (ln.) 

PSEUDO-EUPATORIUM. Dodonée dislingue deux 
plantes sous ce nom, l'une, qu'il nomme mâle., est notre Eu- 
PATOIRE COMMUN ( eupaiorium cannabinuni ^ L. ) ; et l'autre , 
femelle , est le Bident tripartite ( bidens iripartita , L. ). 

Selon lui, le véritable hepatorium on eupatorium des anciens, 
est notre Aigremoine des bois {agrimunia eupatoria., L.). (ln.) 

PSEUDO HERMODACTYLUS. Matthioie et autres 
anciens auleurs ont donné ce nom à la Vioclte (<'/j//?rom'Hra 
dem-canis ). (ln.) 

PSEUDO-IRIS. Dodonée et Beslère ont décrit sous ce 
nom le Glayeul jaune de nos étangs, au Faux-Acore( irh 
pseudo-acorus., L. ). (LN.) 

PSEUDO-LEONTOPODIUM de Matthioie et de Da- 
léchamps. C'est le gnaphalium rectum , Willd. (ln.) 

PSEUDO LIGUSTRUM. V. Psi-u.do-Agnus. (ln.) 



PSEUDG-LIMODORUM. Clusius donne ce nom , 
dans son Hisloire des plantes, à Vurchis aborlwa, L. , main- 
tenant considérée comme une espèce du genre limodo- 
riiin. (ln.) 

PSEUDO-LINUM ou FAUX-LIN. On a donné ce nom 
aux LiNAiGRETT£S ( eriophorum ) , qui croissent dans nos 
marais, (ln.) 

PSETJ DO-LOTUS. On a donné ce nom au Plaque- 
minier d'Europe ( diospyros loUis , L. ) , parce que quelques 
auteurs ont cru que c'éloit le véritable lotus des anciens. 
V. Plaqueminier. (ln.) 

PSEUDO-LYSIMACHIE, Pseudo-fysiwacUum etpsmdo- 
lysimcichia. On a donné ce nom à plusieurs espèces d'EpiLOBE 
( epilubiiim montanum et angusfifolium), et à la Salicaire ( li- 
ihrum salicaria^ Linn.). (ln.) 

PSEUDO-MALACHITE de Hausmann. C'est le Cui- 
vre phosphaté, (en.), 

PSEUDO-MAPvUM de Rivin. C'est une espèce de Ger- 
mandree , teiicrium^ selon Adanson. (ltsi.) 

PSEUDO-MELANTHIUM. Matthiole et plusieurs au- 
teurs désignenl ainsi le GlïHAGE des blés {agrostemma gi- 
iluigo ) , et Kai donne ce nom à Vagroslemma cœlL-rasa , avec 
l'épithète de glabre, (ln.) 

PSEUDO-MÉLISSE. C'est la Moldavique ( J^racocg- 
pliahini moldaoka , L. ). (ln.) 

PSEUDO-MELILOT, PsPMdo melllotus. C'est le Loïier 
CORmcvLÉ(^ lotus corniculalus^ Linn.). (ln.) 

PSEUDO-MOLY de Gfsncr , Daléchamps et Dodo- 
née, C'est le Gazon d'olympe ( statice armen'a , L. ). (LN.) 

PSEUDO-MORPHE, C'est le nom qu'on donne aux 
substances minérales qui se présenlent sous des formes qui 
sont élrangères à celles qui leur sont propres, et q^ui tiennent 
à leur nature. 

Ainsi , les moules de toules espèces de corps organises sont 
âcs pseudo-morphes de ces corps » parce que la substance cal- 
caire , siliceuse ou autre , qui compose ces moules, n'est pas 
susceptible de prendre ces formes par elle-même. 

Les pétrifications son.t dans le même cas : par exemple , 
dans les bois siliciliés , la silice , tout en ayant pris la structure 
parfaite du bois , s'est déposée en petits cristaux qui tapis- 
sent toutes les cavilés et toutes lesgerçures. Les pétrifications 
calcaires offrent également des petites cristallisations de chaux 
carbonatée. Dans les véritables pétrifications , la silice ou 
le calcaire qui les compose , faisoitle plus souvent partie de 
la substance du corps organisé dont elles ont la forme. 

En minéralogie, il y a aussi des pseudo-morphes, c'est- 



200 P S E 

à-dire , des substances minérales qui se présenlenJ sous des 
formes étrangères à leur espèce propre. Ces substances pseu- 
do morphiques sont assez communes ; elles ne se forment 
pas toutes de la même manière. 

Le quarz et le silex se présentent sous des formes qui sont 
celles de la chaux carbonatée ; alors , les cristaux ont une 
texture particulière au quarz ou au silex, et n'offrent plus 
un atome de calcaire. On doit croire que la matière sili- 
ceuse s'est moulée dans des cavités laissées par des cris- 
taux calcaires qui se sont détruits par une cause quelcon- 
que. C'est de la même manière qu'on peut expliquer les 
quarz pseudo - morphiques qui ont les formes de la chaux 
fiuatée. 

La stéatiteou létale pseudo-morphique delà principauté de 
Bareuth contient, empalés dans sa masse, une multitude de 
cristaux quelquefois très-pressés , de même nature qu'elle, 
et qui offrent des formes propres au quarz et à la chaux car- 
bonatée. Ici , on ne peut supposer que ces cristaux pseudo- 
morphes aient succédé à des cristaux de quarz et de chaux 
carbonatée. Il faut croire que la matière calcaire et la ma- 
tière siliceuse , contenues dans la roche , ont eu la force de 
vaincre la résistance que leur opposoit la stéatite pour venir 
se cristalliser , mais que cette force n'a pas été suffisante 
pour permettre à la silice et au calcaire de se réunir en corps 
homogènes. On pourroit dire alors , que ces cristaux ne sont 
point pseudo-morphiques , et que cette stéatite est un por- 
phyre d'une nature particulière ; et de fait, on voit souvent 
dans les porphyres pétrosiliceux , des cristaux de feldspath 
compacte , extrêmement mélangés avec la pâte. Les cristaux 
de stéatite auroient aussi de l'analogie avec le grès cristallisé 
de Fontainebleau, qui, quoique sous une forme propre à la 
chaux carbonatée, n'en contient le plus souvent presque pas , 
soit que cette substance n'y ait jamais été qu'en petite quan- 
tité , soit qu'elle ait disparu ensuite. 

Un troisième genre de pseudo-morphe est celui produit 
par une substance cristallisée , qui en perdant l'un de ses 
principes ou en se décomposant, se trouve changée en une 
autre espèce minérale. C'est à des causes pareilles , qu'on 
doit les cristaux , ayant la forme du feldspath , qu'on trouve 
dans le granité de Carlsbad en Bohème , et qui sont produits 
par le feldspath cristallisé qui s'est décomposé. C'est ainsi 
que se forme le fer hydraté épigène , dont les cristallisations 
sont celles du fer sulfure. Ces pseudo-morphes sont réellement 
épigènes , c'est-à-dire , formés après coup. 

Le fer sulfuré affecte , à son tour , des formes qui sont 
étrangères à sa trislailisation: il en est de même du plomb 



P s E 

sulfuré. Le premier présente des formes propres à l'argent 
antimonié sulfuré ; le second , celles du plomb phosphalé- 
Les minéralogistes nomment ces pseudo-morphes, des épi- 
génies ou des cristallisations formées après coup ; mais elles 
pourroient être aussi une cristallisation confuse et simultanée 
de deux substances cristalligables , dont la force cristalli- 
sante éloit de puissance différente dans chaque sab&.ance; 
et ce qui le prouve , c'est que dans ces formes , il est rare 
que les deux substances ne s'y rencontreui ensemble , et qu'il 
n'y ail des cavités laissées par une des deux substances qui 
s'est détruite. Ces cristaux peuvent donc être regardés comme 
appartenant aune quatrième sorte de formation. 

Enfin, on peut rapporter à une cinquième classe les 
pseudo-morphes produits par une substance qui , en incrus- 
tant une autre, prend sa forme , tels, par exemple, que les 
quarz incrustans qui offrent les formes delà baryte sulfatée, 
et la calcédoine qui recouvre les cristaux de quarz, etc. On 
conçoit qu'ils peuvent être très-variés, et de toute nature. 
Il n'en est pas de même relativement aux précedens. On re- 
marque parmi les minéraux , que les substances siliceuses 
présentent volontiers des formes particulières à des sels pier- 
reux , et qu'une substance métallique offre des formes 
particulières à une espèce du même genre de métal ^ ou plus 
rarement, à une espèce d'un autre métal, (lis.) 

PSEUDO-MORPHOSE. F. Pseudo-morphe. (ln.) 

PSEUDO-MYAGRUM. Maiihiole donne ce nom à la 
Cameline ( myagjum saihum , L. ). (ln.) 

PSEUDO-MYRTUS, Faux myrte. C'est le Myrtille 
( vaccinium myrlil/us, L. ). (ln,) 

PSEUDO-NARCISSUS, Faux-Narcisse. Cenom dési- 
gne , dans les anciens livres de botanique, un grand nombre 
d'espèces de Narcisses , et principalement les espèces qui 
ont le nectaire, c'est-à-dire, la couronne florale interne ex- 
trêmement développée , comme, par exemple , dans le nar- 
cisse pseudo-nardssus , L. , et le narcisse hicolor. C. Bauhin les 
range toutes avec ses narcisses, où il place son pseudo-narcissus 
qui est Vanihericiim seiotinum , L. (LN.) 

PSEnDO-NARDUS,FAUx-NARD. C'est la Lavande, 
dans Matthiole et Fuchsius. (ln.) 

PSEUDO-NEPHELINÉ, FleuriaudeBellevue. V. NÉ- 

PHELINE, (LN.) 

PSEUDO-OPALE, P.e«rfoyyû/e. Cronstedt,de Rorn,etc., 
ont donné ce nom à ïœil-de-chat ou quarz-agate chatoyant 
de M. Haiiy. (ltm.) 

PSEUDO-ORGHIS. Clusius donne ce nom à Yophrys 
monophyUos , Linn., qui est «ne espèce de maîaxis daa^ Wili- 



303 P S E 

denow. La plante nommée de même par Dodonée , est aussi 
un ophrys pour Linnaeus ( ophrys ovafa ). Svvartz et Willde- 
novv en font une espèce à' epipactis. 11 y a encore le pseudo- 
erchis de C. Bauhin, qui est le satyrium repens, L. , considéré par 
Swartz et Wilidenow comme une espèce de neottia. Enfin le 
pseudu-orchis de Mioheli {Gen., tab. 26 ) , est également une 
espèce du genre satyrium de Linnaeus ( sa/jr/um albidiim'). 
Elle est rapportée aux orchis par Svvartz et Wilidenow. (lî«.) 

PSEUDO-PATES. L'un des noms grecs du Staphys- 
AGRIA. V. ce mot. (ln.) 

PSEUDq-PETALON,P5«i/rfo ;;e/o/o«. Arbre de la Loui- 
siane , à feuilles alternes, pinnées avec impaire; à folioles 
portant des glandes sur leurs dentelures ; à fleurs disposées 
en grappes terminales , qui paroît se rapprocher Infiniment 
du Clavalier a feuilles de frêne, mais que Rafinesque 
croit être différent et constituer seul un genre dans la dioé- 
cie pentandrie et dans la famille des térébinthacées. 

Ce genre offre pour caractères : calice très-petil , à cinq 
dents ; corolle de cinq pétales opposés aux dents du calice. 
Mâles :étamines à filamens épais ; femelles: deux styles à stig- 
mate en tête; fruit formé de deux capsules monospermes. (B.) 

PSEUDO-PITHÈQUE. Nom proposé par M.Duméril 
pour désigner les quadrumanes de la famille des makis ou lé- 
muriens , à laquelle on avoit déjà donné la dénomination de 
prosimiœ. V. Prosimia et Lémuriens, (desîh.) 

PSEUDO-PLATANUS ou FAUX-PLATANE. C'est 
une espèce d'ERABLE ( acer pseudo-platanus , L. ). (LN.) 

PSEUDO-PODES. Nom d'une famille de crustacés , 
établie par Latreille , dans son Histoire naturelle de cette 
classe, faisant suite au Buffon , édition de Sopnini. Ses 
caractères sont : la tête confondue avec le corselet , et 
pas d'apparence d'yeux. Elle renferme les genres Cyclope 
et Argule. F. ces mots, (b.) 

PSEUDO-PRASE. On donne ce nom à des pierres ver- 
tes, demi-transparentes , qui ont plus ou moins de ressem^ 
Llance avec la prase, qui n'est autre chose qu'une variété de 
quarz hyalin vert susceptible d'un beau poli. V. Prase. (pat.) 

PSEUDO-PYRETHRUM. J. Camerare ( Epit. 543^) 
donne cenonta Vaniliemis pyreihnwi, h. (ln.) 

PSEUDO-RUBIA , Fausse- Garance. Morison dési- 
gne par là ( Hist. , tab, 22 , fig. pénult. ) , la Crucianelle a 
feuilles étroites, (ln.) 

PSEUDO-RUBIS. C'est le quarz , lorsqu'il est rose 
pur ou laiteux , et un peu girasol ; l'amélhysle pâle a reçu 
<joel(i«cfo!s le naui de PsEUDO-Ri'Dis améthisïe. Il y a en- 



P s E 2o3 

core le Pseudo-ruuis hyacinthe , qui esi un quarz ana- 
logue , avec une teinte roussâtre. (b.) 

PSEUDO-RHUBARBE iPseudo-rhabarbamm, JUléch., 
Pharm.i23).G'estlePlGAMONJAUNE(///fl//V://«m)?«0Mm,L.(Lls.) 

PSEUDO-RUTA de Micheli (Gen. 2a , tab. 24). C'est 
uiTe espèce de Rue ( Ruia paiavina , L. ), (ln.) 

PSEUDO-SAL\ lA. C'est une espèce de Germandrée 
(^Teucrium scorodonia , L. )• (LN.) 

PSEUDO-SANTALUM. Nom donné à quelques espè- 
ces de Bresillets ( Cœsalpinia brasitiensis et ecJdnaia , W. ) , 
parce que quelquefois on substitue, dans le commerce , leur 
Lois au vrai bois de santal. V. Santal et Santalin. 

Le pseudo-santalum de Rumphe, Amb, 2 , tab. 12, est, se- 
lon Jussieu ( Gênera plant. , p. 218 ), Varalia umbelUfera ^ 
Lamarck , très-voisine des ciissones. (ln.) 

PSEUDO - SAPHIR. Wallerlus a donné ce nom au 
quarz , lorsqu'il est bleu. Il paroît qu'anciennement le nom 
tïe pseudo-saphir étoit donné au saphir d'eau , variété de 
dichroïle que l'on a long-temps regardée comme quarz, (ln.) 

PSEUDO - SAURIENS. Subdivision proposée par 
Blainville , parmi des Batraciens de Brongniart. Elle nq 
renferme que le genre Salamandre, (b.) 

PSEUDO-SCHORL. On a donné ce nom à l'Axi- 

NITE. (ln.) 

PSEUDO-SELINON. L'un des noms grecs de la plante 
que Dioscoride désigne par pentaphyllum , et Pline, par quin- 
quefolium. (LN.) • 

PSEUDO-SESAME. C'est un des noms qu'on a donnés 
à la Cameline ( myagrum sativum , L. ). (LN.) 

PSEUDO- SOMMITE de Fleuriau de Bellevue. F. NÉ- 

PHELINE. (LN.) 

PSEUDO-SPATH, Nom donné à la Chaux fluatée 
ou Spath-fluor, (ln.) 

PSEUDO-STACHYS. C'est I'Epiaire des Alpes (5/a- 
chys alpina, L. ) , dans le Pinax de C. Bauhin. (ln.) 

PSEUDO-STRUTHIUM. Nom que Matthiole donne à 
la Gaude , B.esed'1 luteula. (LN.) 

PSEUDO-SYCOMORUS, Faux-Sycomore. Maiihiolc 
et d'aulres botanistes ont décrit sous cette dénomination , 
TAzÉDARACH (^Mellia azedarach^Li. ). On nomme aussi vulgai- 
rement Faux-Sycomoke , une espèce d'ERABLE, ykcr pstudo- 
pîaianus. Le vrai Sycomore est une espèce de Figuier, (ln.) 

PSEUDO-TOPAZE. (]'est encore un quarz. Sa couleur 
est le jaune plus ou moins enfumé , ou plus ou moins 
vlQré. (ln.) 



204 PSI 

PSEUDO-ÏURPETUM de C. Bauhin, Pm. C'est le 

TlIAPSIA GARGANICA , L. ). (LN.) 

PSEUDO - VALERIANE. Morison donne , sous ce 
nom, la figure d'une espèce de Mâche {fedia discoïdea, 
Vahl. ). (LN.) 

PSEUDO-VIBIIRNUM de Rivin. Il est rapporté au 
genre Camara {lantana , L.), par Adanson. (ln.) 

P3îi£iSîCA. Nomslavon du Froment, (ln.) 

PSI. En Pologne , c'est le Chien domestique, (desm.) 

PSI {Insecte ^.Noy. NOCTUELLE. (L.) 

PSIADIE , Psiadla. Genre de plantes , établi par Jac- 
quin , Horl. Schoenborn, tab. iSa , pour placer la conise gluU- 
neuse des autres auteurs , qui est de la syngénésie néces- 
saire , tandis que les conises sont de la syngénésie superflue. 
V. au mot CoNiSE. (b.) 

PSIA-PASZA. Nom polonais du Chiendent, (ln.) 

PSIDION ouPSIDIUM. Nom qui étoit, chez les Grecs, 
«n de ceux du Grenadier. Maintenant , les botanistes nom- 
jnnel^ psidium^ d'après Linnœus , les (ioYAViERS, dont Lam- 
bert a décrit une espèce nouvelle (psidii/m po/yrai-pon , Trans. 
linn., Lond. 12, p. 281 , t. 17. On rapporte à ce genre celui 
appelé decaspermum par Forster. (ln.) 

PSl-IEZIK. r.PsY-GAZYK. (LN.) 

PSîLOPE , Prilopus. Genre de vers mollusques , établi 
par Poli , dans son ouvrage sur les testacés des mers des 
Deux-Siciles , et qui offre pour caractères : deux trous en 
place de siphons ; des branchies séparées , mais cependant 
réunies par leur sommet ; un abdomen ovale, comprimé, 
entourant un pied très-petit. 

Ce genre a pour type , l'animal de la Cardite CŒUR de 
Bruguièrcs , I'Isocarde de Lamarck , qui faisoit partie des 
Cames de Linnœus. (B.) 

PSILOTON , Psilotum. Genre de plantes , établi par 
Svvarlz dans la famille des mousses. Il est fort voisin des 
Lycopodes , et présente pour caractères : un grand nombre 
d'urnes ou de capsules globuleuses , à trois ou quatre valves , 
à trois ou quatre loges, éparses, axillaires et sessiles, sur les 
feuilles, fructifères, et s'ouvrant par leur sommet. 

Ce genre, aussi appelé Bernhardie et Hoffmanne, diffère 
si peu du Tmesipteris , que Poiret les a réunis. Il fait le 
passage des Lycopodes aux Fougères. V. ces mots. 

On en connoîl quatre espèces venant des Terres Australes 
et de l'Amérique méridionale, (b.) 

PSIPHACIA etPSlPHELlDA. Selon Honoré Bellon, 
ces noms sont donnés , en Crète , à une espèce de Pivoine. 
Celle espèce n'est pas cannue des botanistes actuels, (ln.) 



P s O 2oiî 

PSITTACARIA d'Helster. C'est I'Amaranthb tuico- 

LORE, (LN.) 

PSITTACE ou SITTACE. Nom indien des perroquets, 
selon Pline , qui nous apprend que de ce nom vient celui de 
Psitlacus , appliqué à ces oiseaux par les Latins, (v.) 

PSITTACIA. V. PisTACiA. (LN.) 

PSITTACIN OLIVATRE. V. Dur-bec olivâtre, (v.) 

PSITTACINS, P*i«aam. Famille de l'ordre des oiseaux 
Syhains et de la. tribu des Zygodactyles. V. ces mois. 
Caractères : pieds courts; tarses réticulés , nus ; quatre 
doigts , deux devant , deux derrière ; les antérieurs joints 
seulement à leur origine ; bec incliné dès la base , et cou- 
vert d'une membrane, convexe en dessus et en dessous, crochu 
vers le bout de sa partie supérieure , anguleux sur les bords , 
retroussé àrexlrémilé de l'inférieure. Cette famille contient 
les genres Ara, Kakatoès et Perroquet. V. ces mots, (v.) 

PSITTACUS. Nom latin et générique des Perroquets. 

(V.) 

PSITTAKE. Nom grec àes perroquets^ perruches, etc. 

PSOA, Pioa. Genre d'insectes coléoptères, établi par 
Herbst, et adopté par Fabricius. Il ne diffère de celui 
à'apaie du dernier, ou de nos bosiriches, que parce que le 
corps est moins élevé et presque plane en dessus, avec le 
corselet presque carré ; et que les mâchoires n'ont qu'un 
seul lobe. Fabricius en cite deux espèces, 

La première est le Psoa viennois, Psoa viennensis ^ 
Herbst, Coleopi. ^ fasc. 7, tab. 107, fig. 5 , A; Dermestes 
dubius , Ross. , Faun. etrusc. mant. i , tab, i , F. Elle est 
couleur de bronze foncé, avec les élytres longues, et pins 
ou moins rougeâtres; elles sont d'un rouge plus vif dans les 
individus venant de Fltalie. 

L'autre espèce , le Psoa américain, Psoa americami, est 
toute noire. Il n'est pas certain qu'elle soit de ce genre, (l.) 

PSOLANUM, Ce genres, établi par Necker sur quelques 
espèces de Morelles ( solanum ) , diffère à peine de celui 
nommé lycopersicum. Voyez Morelle. (ln.) 

PSOPHIA. C'est , dans Linnieus, le nom générique de 
I'Agami. (v.) 

PSOQUE. Genre d'insectes de l'ordre des névroptères, 
famille des planipenues, tribu des psoquilles. 

Les psoques f ainsi nommés de ce qu'ils réduisent en pou- 
dre différens corps, avoient été confondus par les uns avec 
les termes; par d'autres, soit avec les poux , soit avec les 
Jiéniérobes , les friganes et les psylles; mais ils sont très-dis- 
^incts de ces inse€tes par les caractères suivaas ; tarses de 



2o6 P S O 

deux ar^cles dans la plupart, rarement de trois; antenheâ 
sétacées , d'une dizaine d'articles; deux palpes maxillaires , 
les labiaux nuls ou point distincts ; mâchoires linéaires ; 
corps court, ramassé ; têle grosse ; avec les trois petits yeux 
lisses, groupés; ailes de grandeur inégale (les inférieures plus 
petites), à nervures fortes et en toît. Ajoutons, pour compléter 
le signalement du genre des psoques, les caractères suivans : 
leurs palpes maxillaires sont avancés , un peu renflés à leur 
extrémité ; leurs mandibules sont fortes ; leurs mâchoires 
sont dentées au bout et enveloppées dans une espèce de 
gaîne; leur lèvre inférieure est presque carrée, accompagnée 
de chaque côté d'une espèce d'écallle , presque quadrifide au 
sommet , avec les divisions latérale;s plus grandes. Les 
psoques ont le corps mou ; leur tête est très-convexe en 
devant et en dessus , avec les yeux gros et ronds ; le premier 
segment de leur corselet est très-petit ; le second, grand et 
sillonné ; les ailes sont transparentes et ont quelquefois un 
reflet brillant; l'abdomen m'a paru être pourvu d'une sorte 
de tarière ou de lame , logée entre deux coulisses , comme 
dans les ienthrédines. Le psoque puhateur est connu de pres- 
que tout le monde. Comme il est communément aptère, il a 
de la ressemblance avec les poux. C'est ce qui l'a fait dési- 
gner, par quelques auteurs, sous le nom de /jom Je Ziots. D'au- 
tres, comme Linnseus etDegéer , en ont fait un termes. Il se 
trouve dans les vieux papiers , dans les vieux meubles en bois 
et en paille , les herbiers , les collections , etc. Les autres es- 
pèces vivent sur les arbres , les murs ; ces insectes rongent les 
substances végétales et animales ; leurs mandibules fortes , 
leurs mâchoires longues et cornées , sont les instrumens que 
la nature leur a donnés à cette fin. Ils marchent très- vite; 
quelques-uns paroissent sauter. Poursuivis , ils décrivent 
quelquefois , en marchant autour des arbres , une espèce de 
zigzag ou de spirale. Leurs larves ne diffèrent de l'insecte 
parfait que par le défaut d'ailes ; les nymphes en ont les 
rudimens. 

Psoque pédiculaire , Psocus pedicularius ; Psocus abdo- 
minalis ., Fab. ; Coquebert, IllusL iconog. Insect.^ dec. i , 
tab. 2 , fig. I. Il est noirâtre , avec l'abdomen pâle , et les 
ailes sans taches bien marquées. 

Je crois que c'est \q psoque puhateur avec des ailes. Peut- 
être en est-il le mâle. 

Psoque biponctué , Psocus Mpunclatus , Fab. ; Psylle , 
n.° 7, Geoff. ; Coquebert, lllust. iconog. Insect. dec. i, 
lab. 2 , fig. 3. Il est mêlé de noirâtre et de jaune pâle. Les 
ailes supérieures ont chacune deux points noirs, dont Tut» 
plus fort , très-prononcé vers la base de la tête. 



P s O 207 

PSOQUE MORIO, Psocus morio , Coquebert, lilusi. iconog. 
àec. I , tab. 2 , fig. S. Son corps et la moitié supérieure de 
ses ailes de dessus , sont noirs. 

PsOQUE A SIX POINTS , Psocus sexpunciatus , Fab. ; Heme- 
rohius sexpunciatus, Linn, ; Phiygane ^ ri.° 10, Geoff. • 
Coquebert, lllust. iconog. dec. i , tab. 3, fig, 10. Ses ailes 
sont transparentes. Les supérieures ont chacune six points 
noirâtres , disposés en demi-cercle à l'extrémité postérieure. 
PsOQUE PULSATEUR , Psocus pulsatorius , Fab. ; Termes 
pulsatorium , Linn. — Le pou de bois , Geoff, ; Coquebert , 
Illusi. iconog. dec. 1 , tab. 2 , fig. 14. Il est aptère , d'un blanc 
jaunâtre , quelquefois noirâtre , suivant la nature des subs- 
tances qu'il ronge ; les yeux sont jaunes ; la bouche a du 
rouge : ses tarses paroissent avoir trois articles. 

On lui attribue faussement le petit bruit semblable à 
celui du mouvement d'une montre , que l'on entend quel- 
quefois dans les appartemens, et qui a alarmé des personnes 
superstitieuses, au point de nommer l'insecte qui le produit : 
horloge de la mort, horologium mortis. Ce bruit est dà à des 
coléoptères du genre des vrillettes, qui frappent plusieurs fois 
de suite , et rapidement , le vieux bois , avec leurs mandi- 
bules. Les deux sexes s'appellent ainsi dans le moment de 
leurs amours. 

J'avois établi , le premier , ce genre , dans le Bulletin de 
la Soc. philomat.., an 3, n.°^ 4i et ^2 ; et j'en ai donné depuis , 
avec M. Coquebert , une monographie complète, lllust. iconog. 
Insect. , dec. i , tab. 2. (l.) 

PSO QUILLES, P509tti7/(K,Latr. Tribu d'insectes, de 
la famille des planipennes , ordre des névroptères , dont les 
caractères sont : antennes sétacées, d'une dizaine d'articles; 
segment antérieur du tronc très-court; ailes en toit, peu 
réticulées , et dont les inférieures .plus petites ; deux palpes 
maxillaires saillans ; les labiaux nuls ou point distincts ; 
tarses de deux à trois articles. 

Cette tribu comprend le genre PsoQUE. V. ce mot. (l.) 

PSORA, Psora. Genre de plantes établi sur le Lichen 
ÉCARLATE de Linnaeus. Il ne diffère pas des Lécidées , des 
LÉCANORES, desPLACODES et des Païellaires. (b.) 

PSORA. Nom de la Scabieuse chez les Grecs. Elle 
étoit ainsi nommée , des propriétés qu'on lui attribuoit de 
guérir la gale et autres maladies cutanées. Voyez. Scabiosa. 

(LN.) 

PSORALEA. Nom formé d'un mot grec , qui signifie 
Gale. Les botanistes le donnent au genre Psoralier , à 
cause des points glanduleux que l'on trouve non-seulement 
sur les calices des fleurs , mais encore sur les feuilles et sur 



20 



8 V S'O 



les tiges de quelques espèces. Les genres petalostomum de 
Michaux ou kunisteria de Lamarck ; le dalea de Jussieu et 
le riUeria sont formés aux dépens du psoralea , L. (ln.) 

PSORALIER, Fsoralea. Genre de plantes, de la dia- 
delphie décandrie, et de la famille des Légumineuses, qui 
présente pour caractères : un calice persistant, turbiné, à 
cinq divisions souvent inégales, et ponctué ou parsemé de 
poirjis calleux; une corolle de cinq pétales veinés , onguicu- 
lés , libres et distincts ; dix étamines monadelphes ou dia- 
delphes ; un ovaire supérieur ovale , surmonté d'un style 
simple ; un légume monosperme. 

Ce genre renferme des arbrisseaux ou des plantes herba- 
cées, à feuilles rarement simples, plus souvent ternées ou 
ailées avec impaire , ordinairement parsemées de points 
glanduleux, accompagnées de stipules adnées par leur base 
au pétiole ; à (leurs axillaires ou terminales , quelquefois 
solitaires , communément disposées en épis ou rapprochées 
en tête , munies chacune d'une bractée. On en compte près 
de quatre-vingts espèces , sans y comprendre celles qui ont 
servi à établir les genres Daléa , ou Kuhnistère et Pè- 
TALOSTOME. On les divise en sept sections , d'après leurs 
feuilles. 

\.° Ceux qui n'ont point de feuilles. On n'en connoît 
qu'une espèce , le Psoralier aphylle , qui a les stipules 
mucronées très-courtes et presque imbriquées auprès des 
fleurs, 11 est vivace, et croît au Cap de Bonne-Espérance. 

2.° Ceux qui ont les feuilles simples , tels que le Psora- 
lier a FEUILLES DE NOISETIER, qui a Ics feuilles ovales, 
légèrement dentées , et les épis ovales. Il est annuel et vient 
de l'Inde. 

3." Ceux qui ont des feuilles simples et des feuilles ter- 
nées , comme le Psoralier a vêtîtes feuilles , qui a les 
feuilles inférieures ternées , et les supérieures simples et 
subulées. Il se trouve en Afrique. 

4° Ceux qui ont les feuilles ternées. Ce sont les plus 
nombreux. 

On y remarque : 

Le Psoralier de la Palestine, qui a les folioles ovales, 
les pétioles pubescens et les fleurs en tête. Il se trouve dans 
les parties méridionales de l'Europe et en Syrie. On le 
cultive à Paris , dans le jardin du Muséum d'Histoire 
naturelle. 

Le Psoralier d'Amérique qui a les folioles ovales , den- 
tées , anguleuses, et les épis latéraux. Il est vivace, et se 
trouve en Amérique. 

Le Psoralier glanduleux , qui a les folioles lancéolées , 



P s y abg 

les pétioles scabres et les fleurs en épis. Il paroxt que c'est 
cette plante que les jésuites ont, pendant un temps , rendue 
célèbre , sous le nom de ihc du Faraguay ^ et dont on fait 
même une grande consommation au Brésil et au Pérou, en 
guise de ihè , comme un puissant vermifuge , un excellent 
stomachique et un bon vulnéraire. C'est le cvîlen de Feuillée 
el de Molina. 

Le PsoRALiER BITUMINEUX a les folioles lancéolées , pé- 
tiolées , utiles, et les fleurs entête. Il est vivace et se trouve 
dans les parties méridionales de l'Europe , où il est connu 
sous le nom de trèfieen mire , trèfle odorant^ trèfle bitumineux. 
On le cultive dans les jardins de Paris. C'est un arbuste qui 
.s'élève à cinq ou sis pieds, qui a les calices et les feuilles 
glutineuses , et qui exhale une odeur forte de bitume. On 
prétend que la décoction de ses feuilles fournit un assez 
bon remède intérieur contre le cancer. On retire de ses 
graines une huile qui est fort estimée contre la paralysie , 
mais qui semble cependant n'avoir pas plus de vertu que 
toute autre huile, 

5." Ceux qui ont les feuilles digitées, où l'on ne trouve que 
le PsORALiER A cmQ FEUILLES, qui a Ics folioles inégales , 
et qui croît naturellement dans l'Amérique méridionale. Sa 
racine est vivace et charnue, et a une odeur légèrement aro- 
matique. Son goût est piquant. On en fait usage dans son 
pays natal , en Espagne , sous le nom de contra yenm nova , 
soit en poudre , soit en infusion , dans les maladies conta- 
gieuses et dans les fièvres malignes. 

6° Ceux qui ont les feuilles pinnées , où l'on trouve le 
PsoRALiER A FEUILLES PINNÉES , qul a les foliolcs linéaires 
et les fleurs axillaires. C'est un arbrisseau du Cap de Bonne 
Espérance. 

7.° Ceux qui ont les feuilles surcomposées, où l'on rencontre 
le PsoRALiER COUCHÉ , qui a les folioles digitées et linéaires. 

(B.) 
PSORE ou PSOROME , Fsoroma. Genre établi par 

Hoffmann , aux dépens des lichens de Linnseus. Il rentre 

dans le genre Geissodée de Yentenat, et Lécanore d'Acha- 

rius. (u.) 

PSORICE.On donne ce nom à la Scabieuse. (e.) 
PSYCHE, Psyché. Nom donné, par Schranck, à un 

genre de lépidoptères , formé de quelques bombyx de 

Éabricius , dont les chenilles vivent dans des fourreaux , 

à la manière des teignes. V. BoMBYX. (l.) 

PSYCHE. L'un des noms grecs du Tripolium des 

anciens, (ln.) 



X.V\IH. I 



310 P S Y 

PSYCHUACOS. L'un des noms anciens de la Parié-; 

ÏAIUE. (LIS.) 

PSYCHINE, Psychine. Planle à tige droite , rameuse, 
velue ; à feuilles en cœur, lancéolées, inégalement dentées, 
amplexicaules , velues , et à fleurs jaunâtres , portées sur des 
épis terminaux , qui forme , selon Desfontaines , un genre 
dans la tétradynamie siliculeuse , et dans la famille des 
crucifères. 

Ce genre offre pour caractères : un calice de quatre 
folioles linéaires et caduques ; une corolle de quatre pétales 
elliptiques et entiers ; six étamines , dont deux plus courtes ; 
un ovaire supérieur, surmonté d'un long style persistant à 
stigmate simple; une silicule polysperme, triangulaire, 
bossue en son milieu, ailée sur les côtés. 

Lia psychine est annuelle , croît sur le bord des champs en 
Barbarie , et est figurée pi. i48de la Flore atlantique. Will- 
denow l'a placée parmi les Thlapsis. (b.) 

PSYCHODE, P5jc/îoJa , Latr. , Fab. , Lam. ; Tipula ; 
Liinn., Deg. ; Bibio, Geoff , Oliv. ; Trichoptera^ Meig. Genre 
d'insectes, de l'ordre des diptères, famille des némocères , 
tribu des tipulaires , et dont les caractères sont : point de 
petits yeux lisses ; toutes les pattes placées à une distance 
presque égale les unes des autres; trompe en forme de bec , 
plus courte que la tête ; ailes grandes , ovales, en toit, très- 
velues , frangées ; antennes filiformes , longues, de quinze à 
seize articles , globuleux , pédicellés et garnis de verticilles 
de poils. 

On trouve souvent , dans les lieux frais et humides , et 
particulièrement sur les murs, près des latrines , un diptère 
très-petit , agile , cendré , et qui , par ses ailes grandes , 
frangées et pendantes, ressemble à une petite phalène. C'est 
sur cet insecte, appelé, par Geoffroy, hibion à ailes fran- 
gées et sans taches , que j'ai établi ce genre. Je lui ai conservé 
le nom spécitique de Linnseus {iipula), PhaLjETSOïde , 
phalctnoîdes. 

Lie bibion à ailes frangées et couvertes de taches nébuleuses , 
de Geoffroy , ou la tipule hérissée {hirta')., de Linnseus, est 
encore une psychode. Elle est un peu plus grande que la 
précédente, d'un cendré noirâtre, avec des taches noires 
sur les ailes. Elle se trouve dans les lieux aquatiques. Les 
métamorphoses de ces diptères sont inconnues, (l.) 

PSYCHOTRE, Psychotria. Genre de plantes de la pen- 
tandrie monogynie, et de la famille des rubiacées, qui offre 
pour caractères : un calice petit et à cinq dents ; une corolle 
înfundibuliforme , à tube insensiblement dilaté ^ et à limbe 



P s Y an 

plane , divisé en cinq lobes ; cinq ^lamines inse'rées au 
sommet du tube , presque sessiles et non saillantes ; un 
ovaire inférieur, arrondi, surnionlé d'un long style à stig- 
mate bifide; une baie ronde, coriace, couronnée, sillonnée 
dans la maturité , biloculaire et dlsperme ; semences planes 
d'un côté et convexes de l'autre. 

Ce genre, qui diffère peu des Cafés, et encore moins des 
Pavettes, renferme des arbrisseaux ou des herbes à feuilles 
opposées, et à fleurs disposées en corymbes terminaux. On 
en compte près de quatre-vingts espèces, la plupart propres 
aux parties les plus chaudes de l'Amérique méridionale , et 
dont plusieurs forment des genres particuliers dans l'ou- 
vrage d'Aublet , sur les plantes de la Guyane. Les princi- 
pales de ces espèces sont : 

Le PsYCHOTRE AXiLLAiRE , qui a les stipules aiguës et en- 
tières , les feuilles ovales aiguës , et les fleurs axillaires. 
C'est un arbre de la Guyane , dont Aublet a fait un genre , 
sous le nom de Ronabe, La disposition de ses fleurs l'éloi- 
gné des autres espèces. 

Le PsYCHOTRE A PETITES FLEURS a les Stipules ovales , 
cuspidées et caduques ; les feuilles ovales aiguës , veinées 
parallèlement, les panicules droites et les baies ovales. Il 
se trouve dans les bois de la Guyane , et forme le genre 
SiMiRE d'Aublet. On emploie son écorce pour teindre en 
rouge , la soie et le colon. 

Le PsYCHOTRE FÉTIDE a les stipules aiguës , entières et 
caduques, les feuilles lancéolées, ovales, aiguës , glabres ; 
la panicule très-ouverte ; les rameaux filiformes et pendans. 
11 croît dans les bois de la Jamaïque , et répand , lorsqu'on 
casse ses branches ou qu'on froisse ses feuilles, [une odeur 
acide des plus fétides. 

Le PsYCHOTRE LUISANT, qui a les stipules presque rondes, 
caduques; les feuilles ovales aiguës; la panicule terminale 
et le limbe de la corolle de la longueur du tube. Il croît sur 
le bord des rivières, à la Guyane , et forme le genre Ma- 
pouRiER d'Aublet. 

Le PsYCHOTRE PARASITE a les stipules amplexîcaules, ob- 
tuses ; les feuilles ovales aiguës , épaisses ; les grappes axil- 
laires ou terminales et composées. Il se trouve sur le tronc 
des vieux arbres dans les Antilles. C'est le vîscoïde pendant 
de Jacquin , Amériq. , tab. 5i , fig. i» 

Le PsYCHOTRE VIOLET a les stipules oblongues , obtuses , 
caduques ; les feuilles oblongues, aiguës; les fleurs disposées 
en panicules corymbiformes et involucrées. 11 croît à la 
Guyane , et fait partie du genre Nonatélie d'Aublet. 



212 1 O 1 

Le PsYCHOTRE HERBACÉ a la tige herbacée, rampante , les 
feuilles pétiolées et en cœur. Il est vivace , et se trouve dans 
les montagnes ombragées de l'Inde et de l'Amérique. P. Brown 
rapporte qu'on fait , à la Jamaïque , avec les semences de 
cette espèce, une boisson aussi agréable que le café , en la 
traitant comme on traite ce dernier. 

Le PsYCHOTRE ÉMÉTIQUE est herbacé, rampant; a les 
feuilles lancéolées , glabres ; les stipules extrafoliacées , subu- 
lées; les pédoncules axillaires portant un petit nombre de 
fleurs disposées ea tête. Il croît dans les parties les plus 
chaudes de l'Amérique méridionale. C'est sa racine qui est 
le vrai Ipécacuanha du commerce. V. pi. M. 26 , où il est 
figuré. 

Le PsYCHOTRE PALicuRE a les stipules bilobées ; les 
feuilles ovales aiguës; les panicules droites; la corolle cylin- 
drique ventrue, un peu courbée et farineuse à l'extérieur. Il 
croît à la Guyane, etconstitue le genre Palicourier d'Aublet, 
dont le nom a été changé en slephanium par Schreber. 

Le PsYCHOTRE SOUFRÉ , qui a les feuilles ovales , cunéi- 
formes, aiguës ; les stipules émarginées ; les Heurs en grap- 
pes paniculées , et la corolle infundibuliforme. Il se trouve 
dans les montagnes du Pérou. Il est très- amer, et ses 
rameaux, ainsi que ses feuilles, sont employés pour teindre 
en jaune. 

Le PsYCHOTRE VERGE a les feuilles oblongues, aiguës, 
coriaces , très veinées ; les stipules bilobées , profondé- 
ment émarginées, et les fleurs disposées en corymbes ter- 
minaux. Il se trouve dans les montagnes du Pérou. Il sert aux 
mêmes usages que le précédent. 

Le PsYCHOTRE TEIGNANT a des feuilles oblongues , très- 
acuminées ; des stipules lancéolées ; des panicules de fleurs 
courtes et brachiées. On le trouve au Pérou. Il sert encore 
mieux que les précédens à teindre en jaune solide les étoffes 
de laine et de coton , même de fil. (b.) 

PSYCHOTRIA. Nom qui est l'abrégé de Psychotrophum. 
Voyez ce mot. (ln.) 

PSYCHOTROPHON. Nom donné, par les Grecs, 
au Betonica , selon Pline , parce que cette plante , dit-il , 
croît dans les lieux humides. D'autres auteurs prétendent 
que ce nom signifie, en grec, fortifiant l âme ^ et que les 
Jurandes vertus du betonica lui avoient fait donner ce nom. 
Le betonica de Pline, et le cestron de Dioscoride , sont la 
même plante et , dit-on , notre Béyoine officinale. Dalé- 
champs prétend que le nom de cestron lui a été donné , à 
cause de son épi de fleur allongé ; explication qui n'est pas 



1^ s Y 3,3 

aussi juste que celle avancée par C. Bauhin, et Menlzel ; car 
selon eux , ce nom fut donné à la Bétoine à cause du 
nombre varié des remèdes qu'elle offrg. (lis.) 

PSYCHOTROPHUM. Ce genre, établi par Pierre 
Brown , et son myrtiphyllum ^ ainsi que les genres ma- 
pouria , simira , ronobea , nonalelia , et paliçourea d'Aublet , 
constituent le genre psychotria des botanistes. On y rapporte 
aussi le viscoide , Jacq. et le chiococra paniculata,lAnïi. ; mais 
quelques botanistes placent le psychotria emetica, dans le 
genre calicocca. Voyez Psychotre. (ln.) 

PSYDRAX , Psydrax. Genre de plantes établi par Gœrt- 
ner , sur des échantillons incomplets d'une plante venant de 
Ceylan. Il a pour caractères : un calice à cinq dents et supé- 
rieur ; une corolle à cinq divisions ; une baie biloculaire à 
deux semences , dont l'embryon est un peu courbé, (b.) 

PSY-GAZYK. Nom de la Cynoglosse officinale , en 
Bohème. On la nomme Psi-iezik en Pologne. (i.N.) 

PSYLE , PsyluSf Jur. Genre d'insectes hyménoptères. 
V. DiAPRIE. (l.) 

PSYLLE , Psylla. Genre d'insectes, de l'ordre des hémi- 
ptères , section des homoplères , famille des hyménélytre* , 
tribu des psyllides, dont les caractères sont : bec parlant de 
la partie inférieure de la tête , près de la poitrine ; élytres 
de même consistance ; antennes de la même grosseur, ou sé- 
lacées , de la longueur du corps , de dix à onze articles , dont 
le dernier terminé par deux soies; pattes propres pour sauter; 
tarses à deux articles ; deux crochets au bout du dernier. 

Les psylles de Geoffroy , que Linnœus nomme chermes , 
et Degéer et ^éaumav faux-pucerons , ont la,jête large, 
courte, bifide en devant, avec les yeux saillans; trois petits 
yeux lisses, dont un écarté ; les élytres et les ailes en toit, à 
nervures fortes , transparentes et presque de la môme con- 
sistance ; l'abdomen presque conique ; une tarière dans la 
femelle. 

Les psylles sont de petits insectes qu'on trouve sur diffé- 
rens végétaux, tels que le buis , le figuier , l'aune , le geiîêt 
et l'ortie ; elles ressemblent, au premier coup d'œil , à des 
pucerons^ et sautent assez vivement au moyen de leurs pattes 
postérieures , qui agissent comme une espèce de ressort ; 
quand on veut les prendre , elles s'échappent promptement , 
plutôt en sautant qu'en volant ; c'est de là qu'on les a nom- 
mées psylles^ mot grec qui signifie puce. Sous toutes jeurs 
formes, elles se nourrissent du suc des feuilles qu'elles 
pompent avec leur trompe. Leurs larves ont le corps très- 
aplali , la tête large , le ventre fort plat , arrondi au bout ; 



2i4 P S Y 

leurs six paltes sont terminées par une espèce de vessie et 
deux crochets. Ces larves se changent en nymphes, qui ont, 
vers les côtés de la poitrine , quatre pièces larges, servant de 
fourreaux aux élytres et aux ailes. Ces nymphes sont ambu- 
lantes. Plusieurs d'elles , ainsi que leurs larves , ont le corps 
couvert d'une matière cotonneuse et blanche , qui pend par 
flocons. Leurs excrémens sont en forme de filets ou de 
masses, d'une matière gommeuse. Pour subir leur dernière 
métamorphose , les nymphes s'attachent sous une feuille ; 
elles y restent tranquilles jusqu'à ce que leur peau, qui se 
fend dans une partie de sa longueur , donne passage à l'in- 
secte parfait. 

Plusieurs femelles sont pourvues d'une tarière qui leur 
sert à piquer les feuilles dans lesquelles elles déposent 
leurs œufs. Ces piqûres, comme celles que les cînifjs font 
aux plantes , produisent des excroissances ou tubérosi- 
tés. On en voit souvent aux sommités des branches du 
sapin; elles sont formées par l'extravasation des sucs qui 
s'accumulent dans celte partie. Les larves et les nymphes 
vivent dans des espèces de galles qui contiennent un grand 
nombre de petites cellules. Les feuilles du pin nourrissent 
d«s larves du même genre; celles-ci ne sont pas renfermées 
comme les précédentes; elles ont seulement , sur le corps , 
un duvet blanc, qui forme comme un fourreau, sous lequel 
elles sont à l'abri (i). 

Les psylles , qui vivent sur le buis, ne produisent point 
d'excroissances semblables à celles du sapin ; mais leurs 
piqûres forcent les feuilles des extrémités des branches à se 
contourner en calotte , et à se réunir plusieurs ensemble 
pour former une espèce de boule , dans laquelle elles se 
tiennent renfermées. Ces Isrves rendent, par l'anus, une 
matière blanche et sucrée qui s'amollit sous les doigts ; elles 
ont souvent de longs filets au derrière , et on en trouve de 
petits grains dans les boules qu'elles ont habitées. Cette 
matière , selon Geoffroy , ressemble en quelque sorte à la 
manne. 

Un insecte très-voisin des psylles , et que j'avois d'abord 
placé dans ce genre, sous le nom àc psylle dujonc , produit, 
sur le jonc articulé de Linnseus , une monstruosité remai^ 



(i) Geoffroy place le kermès du sapin de Linnaeus avec \tspsylfes, 
elDegéer avecles pucerons. Ce dernier sentiment paroît être plus 
fonèlé ; mais , à dire le vrai , je pense que cet insecte et quelques 
autres voisins, appartiennent à une coupe particulière qui fait le pas- 
sage des pucerons aux sallinsecles. 



PS Y 2i5 

quable. Ses piqûres délruisent les parties de la (loraison de 
cette plante , leur font acquérir un développement triple ou 
quadruple de celui qu'elles auroient eu naturellement, et 
leur font prendre la forme d'une balle de graminées; la res- 
semblance est d'autant plus frappante , que les extrémités 
des divisions de la corolle s'y terminent en prolongement 
imitant des barbes. Ces sortes de galles renferment un assez 
grand nombre de ces insectes de différens âges, qui se nour- 
rissent des sucs de la plante. Les larves rendent , par l'anus , 
une matière farineuse , très-blanche ; elles ressemblent à 
celles du figuier. V. Livje du jonc. 

Les psylles ne produisent, à ce qu'il paroît, qu'une ou deux 
générations au plus, par année. Les femelles survivent l'hiver. 

PsYti.E nu FIGUIER, Fsylhi fcus^ Geoff. ; Chermes, Linn., 
Fab. Cette espèce , une des plus grandes de ce genre , est 
brune en dessus , verdâtre en dessous ; elle a les ailes gran- 
des , transparentes, avec les nervures brunes; elles sont éle- 
vées en toit aigu au-dessus de son corps ; ses pattes sont 
jaunâtres. 

On la trouve , sur le figuier , dans les mois d'avril et 
de mai. 

PsYLLE DU BUIS, Psylla buxus , Geoff. ; Chermes , Linn., 
Fab. Elle est à peu près de la grandeur de la précédente et 
verte; elle a, sur le corselet, des taches rouges; les ailes 
sont beaucoup plus longues que l'abdomen , élevées en toit. 

On la trouve sur te buis ; sa larve vit dans les boules qui 
se forment à l'extrémité des branches de cet arbuste. V. les 
généralités de cet article. 

PsYLLE DE l'aune , Psylla alni {Chermes , Linn. ). Cette 
espèce est verte, avec les yeux bruns; elle a trois taches 
d'un brun^clair et jaunâtre sur le dessus du "corselet; les 
antennes, l'extrémité inférieure du bec et des pattes, d'un 
brun obscur ; le tuyau conique , ou l'espèce de tarière qui 
termine l'abdomen de la femelle , fort long; la majeure par- 
tie des nervures des ailes d'un beau vert. 

Les larvée de cet insecte vivent en société, formée 
d'une douzaine d'individus , sur l'aune. Si on observe , au 
commencement de mai, les pousses de cet arbre , les pédi- 
cules de ses feuilles , leur dessous même, on aperçoit une 
matière très-blanche, molle et cotonneuse, qui semble être 
attachée à l'arbre; mais, pour peu qu'on la touche, on la voit 
se remuer , se diviser en plusieurs parties , et l'on découvre 
que ces petits flocons ne sont que les habits ou la couverture 
de plusieurs insectes. Ce duvet cotonneux occupe plus de 
place que leur corps, et les rend hideux. Il est composé de 
fils très-fins , courbéis ou frisés du derrière vers la tête , et. 



2i6 P S \ 

j^ont plusieurs sont rassemblés en forme de pinceaux , {lut- 
tant sur le corps. L'exirémiîé de ces polis est fine , tandis que 
celle des poils des larves de quelques autres psylles est grosse 
et arrondie au bout. Cette matière croît avec l'âge de l'in- 
secte , et s'attache aisément aux corps qu'elle rencontre. 
Quoiqu'elle couvre tout le corps, elle ne prend cependant 
son origine que des anneaux postérieurs ou des environs de 
l'anus. Là , sont sans doute des glandes excrétoires et des 
espèces de filières. La reproduction de ce duvet est très- 
prompte. Si on l'enlève de dessus l'animal , on en voit un 
nouveau et assez long, au bout d'un demi-quart d'heure. Il 
arrive souvent, dans la mue , que la vieille peau , chargée de 
son duvet , reste engagée dans la matière nouvelle qui se 
forme sur l'insecte lorsqu'il s'est dépouillé. Ses excrémens 
sortent peu à peu de l'anus, restent toujours attachés au 
derrière du corps, et y forment une ou deux petites masses 
d'un blanc jaunâtre un peu transparent. Cette masse est 
tantôt allongée , irrégulière et un peu courbée ; tantôt elle 
ressemble à une boule , en forme de goutte transparente. 
Ces excrémens sont d'abord semblables à du sirop épais , et 
se durcissent ensuite. Ils se dissolvent dans l'eau , et ont un 
goût sucré un peu acre. Les excrémens de la psylle du buis 
sont en forme de filets tortueux , et ressemblent à du 
vermkelU. 

Psylle du poirier, 'Psylla yyri {Chermes^ Linn.). Cette 
espèce est d'un brun verdâtre , avec des taches et des raies 
obscures. Ses ailes sont tachetées de brun clair. 

On la trouve sur le poirier dans l'arrière-saison. (l.) 
PSYLLE. C'est le nom sous lequel les anciens connois- 
soient des serpens d'Afrique, dont les Lybiens prctendoient 
maîtriser la force et les poisons. C'étoient prinpip^lement 
àes cérastes qu'ils employoient à faire les tours de passe-passe, 
qui leur valoient, comme ils valent encore à leurs descen- 
dans , l'admiration et l'argent des sots. F. au mot Vipère. 

(B.) 

PSYLLEPxIS. F. Psyllium. (in.) • 

PSYLLIDES, Psyllides, Latr. Tribu d'insectes hémi- 
ptères, de la famille des hyménélylres, distinguée des autres 
tribus qu'elle comprend par ces caractères : antennes de dix 
à onze articles, terminées par deux soies. 

Cette tribu est composée des genres : Psylle et Livie. 

(L.) 

PSYIiLION , Psyllium. Genre établi par Tournefort 
pour placer les Plantains qui sont annuels , et ont une 
tige rameuse. Depuis , on l'a précisé en tirant ses caractères 
de la cloison longitudinale de la capsule qui est simple et 



P s Y 2,7 

poi le tine seule graine sur chaque face , ce qui y fait entrer 
toutes les espèces de France, à une près, le Plantain À 

GRANDES FEUILLES. 

On a aussi appelé ce genre , Pulicaire. (b.) 

PSYLLITRUM, L'un des noms du pentaphyl/um , ou 
ifuin(/iiefolhim , chez les anciens Grecs, (ln.) 

PSYLLIUM, de Dioscoride. <( Le psylUum , dit cet 
auteur, a les feuilles semblables à celles du coronopus ^ 
mais plus longues et plus velues. Toute la planie est fluetle , 
et pousse des rameaux à la hauteur d'un pan ; sa chevelure 
commence à sortir du milieu de sa lige , qui se termine en 
deux ou i.rois petites têtes ramassées, dans lesquelles il y 
a une graine dure , noire , semblable à une puce , dont aussi 
cette plante a pris son nom. Elle croît paruù les champs , 
dans les lieux non cultivés. Elle a une vertu rafraîchissante , 
et propre à épaissir et ramollir, etc. >> 

Le psylUon des Grecs s'appeloit encore , selon Pline ; 
cynoïde , chysiallion , sicelion et cynomia ; il lui attribue une 
racine menue et une tige sarmenteuse , à la cime de laquelle 
étoient des boutons en forme de fève. Le psyllium , suivant 
cet auteur romain , croissoit dans les vignes. Sur le reste , 
il est d'accord avec Dioscoride. 

C'est au psyllium qu'on rapporte tous les noms anciens 
que voici : cynops , de Théophraste ; psylleris , cataphysis , 
lynor.epjialium ^ st'celioiicon , et j^a/y/j^j/m des Africains. 

Matlhiole et la plupart des botanistes ont rapporté l'an- 
cien psyllium au ploniago psyllium^ L. C Bauhin cite pour 
tel, le plantago afra; Cortusus indique Vinula pulicaria ; 
Matlhiole figure à la fois , sous le nom de psyllium , le plan- 
tago psyllium et Vinula pulicaria , L. Ces plantes, et le conysa 
squarrosa, sont nommées her/je pulicaire, parce qu'on suppose 
que lorsqu'on les met fraîches dans un endroit, elles en 
chassent les puces. On a donné la même explication du mot 
psyllium. 

Le psyllium de Tournefort , fondé sur les plantains que 
iious avons cités plus haut , n'est pas adopté par tous les 
botanistes. V. Psyllion. (ln.) 

PSYLLOPHORE (Po,ie-puce). Nom donné à la 
Laiche pulicaire ( Carex pulicaris , L. ) , dont les graines, 
petites et brunes , ont été comparées à des puces, (ln.) 
^ PSYLOTRON. L'un des noms de la Bryone chez les 
Grecs, (ln.) 

PSZENICA. Nom polonais du Froment, (ln.) 

PTAK. Nom polonais du Pluvier, (v.) 

PTARMICA, de Dioscoride. C'étoitune petite herbe à 
plusieurs branches rondes , assez semblables à celles de 



2iS P T E 

Vahrolanum , auronne ; ses )eJsétôient garnis cle feuilles un 
peu longues, presque pareilles à celles de Tolivier , et ter- 
ïuinés par des capsules rondes , telles que celles de l'a«- 
ihemis ( camomille ). Ces capsules faisoient éternuer lors- 
qu'on les approrhoit du nez, ce qui avoit fait nommer cette 
plante , ptamnca. Elle croissoit dans les lieux pierreux , sur 
les montagnes. On en faisoit usage pour faire éternuer et 
pour guérir les meurtrissures. Il est difficile , d'après cette 
description , de rapporter le piatmica à l'une des plantes 
que nous connoissons. On l'a néanmoins rapproché de 
Vachillea pfarmica ^ plante marécageuse , et du xeranihemum 
annuum. Il est probable que l'action sternutatoire du 
piarmica étoit opérée par l'odeur de cette plante , même 
lorsqu'elle étoit fraîche, puisqu'il suffisoit de l'approcher du 
nez. Or, les deux plantes ci-dessus n'ont cette propriété 
que lorsqu'elles sont desséchées et réduites en poudre. 
C'est encore pour la même raison que le ptarmica montana^ 
de Dodonée , qui est V arnica montana, Linn. , ne peut 
être \q piarmica de Diosroride. 

Quoi qu'il en soit , Tournefort conserve le nom de ptar- 
mica ^ et l'élend comme détermination générique , non-seu- 
lement à Vachillœa ptarmica , mais à toutes les espèces 
A''aclnllœa à feuilles entières et dentées; ce qu'ont fait aussi 
quelques autres botanistes. Cependant, Morison y a rap- 
porté, et à tort, le parlheiiium integrifolium., Linn. (LN.) 

PTARMIGAN. Nom écossais du Lagopède proprement 
dit. V. ce mot. (v.) 

PTAUMIQUE. Plante du genre des Achillées. (b.") 

PTELEA, Ptclca. Arbrisseau à feuilles alternes, ter- 
nées, parsemées de poinis transparens , à fleurs disposées 
en corymbes axillaires et terminaux , qui forme un genre 
dans la lélrandrie monogynie et dans la famille des téré- 
Linthacées. 

Ce genre présente pour caractères : yn calice petit, à 
quatre divisions -, une corolle de quatre pétales ouverts ; 
quatre étamlnes alternes avec les pétales ; un ovaire supé- 
rieur à style court et à stigmate bifide ; une capsule membra- 
neuse , comprimée , légèrement renflée dans le milieu , 
bordée d'une large membrane orbiculaire , biloculalre , 
disperme et évalve. 

Le ptelea est originaire de 'l'Amérique septentrionale. 
Ou le cultive dans les jardins d'agrément, sous le nom de 
frêne à trois feuilles. 

Cet arbusîe n'a rien qui doive le faire plus remarquer que 
beaucoup d autres, mais il fait variété, et c'estbeaucoup dans 
un jardia bien coordonné. U s'clève àhuit à dix pieds , a des 



P T E 219 

folioles ovales , aiguës , d'un vert sombre , des panicules de 
fleurs verdâtres, souvent très amples , et des fruils qui sub- 
sistent long-temps. On le multiplie principalement de grai- 
nes. 11 ne craint point les gelées et pousse assez rapidement ; 
ses organes sexuels avortent souvent. Poiret a réuni le 
BLACKBURNiEà ce genre, (b.) 

PTELEA. Nom de I'Orme chez les Grecs. Linnœus s'en 
est servi pour désigner un arbrisseau de l'Amérique sep- 
tentrionale , dont les fruits ont quelque ressemblance 
avec ceux de l'orme , et dont il fit un genre ; c'est le ptelea 
tnfoU&ta, décrit ci-dessus, -àm moi piele a. Linnœusavoit aussi 
rapporté à ce genre , dans son Species plantai-um , un autre 
arbrisseau de l'Inde , à fruils analogues à celui dm ptelea : il 
l'appeloit plelea viscosa; c'étoit le dodonœa de son Hortus dif- 
jorlianus. Adanson réprouva cette réunion ; il reporta cette 
dernière plante à son inopieris-, et de l'autre fit son genre betlu- 
nîa. Les botanistes font maintenant , avec Linnteus fils , un 
genre particulier du dodoiiaa. V. Ptelea ci-dessus, (ln.) 

PTELIDIE , Ptelidium. Arbre de Madagascar , qui s'élève 
à une douzaine de pieds, dont les rameaux et les feuilles sont 
opposés ; les feuilles ovales oblongues , légèrement pétio- 
lées , coriaces ; les fleurs très-petites, portées sur des pani- 
cules axillaires , et qui forme un genre dans la tétrandrie 
mouogyuie, et dans la famille des térebinthacées. 

Ce genre , établi par Aubert Dupetit-Thouars , dans son 
ouvrage sur les plantes des îles de l'Afrique australe , offre 
pour caractères: un calice à quatre lobes persistans ; une co- 
rolle de quatre pétales; quatre étamines; un ovaire supérieur, 
comprimé , à style presque nul et à stigmate très-petit , 
porté sur un disque central. Le fruit est une capsule com- 
primée, coriace, biloculaire, souvent monosperme, entou- 
rée d'une samare fort étendue. 

Le piélidie a beaucoup de rapports dans la fructification 
avec le Ptelea , mais il s'en distingue considérablement par 
le pcrt. Il est en fleurs pendant la saison froide , et ne pre- 
scrite au reste rien de/saillant. Sa figure se roit dans l'ou- 
vrage précité, (b.) 

PTERACLIDE. Genre de poissons établi par Grono- 
vius , mais confondu par Linnaeus avec les Corypiiènes. Il 
a pour type le coiyphcna vellfera. Lacépède a rétabli ce genre 
sous le nom d'OnGOPODE. P. ce mot. (b.) 

PTEPvANTHE, Pteranthus. Plante annuelle d'Arabie , 
Irès-rameuse , à rameaux articulés , dichotomes , les infé- 
rieurs verlicillés, presque couchés , les supérieurs opposés , 
très- ouverts, à feuilles vcrllcillées^ au nombre dé six, et 



:220 P T E 

munies de stipules, les deux exlérieures plus grandes; à fleurs 
situées au sommet des rameaux et dans les points de dichoto- 
mie ; à réceptacle commun , en forme de cône renversé , 
comprimé, strie, creux, irichotome à son sommet , presque 
prolifère ; à réceptacles partiels semblables , et contenant 
sept (leurs , dont quatre stériles. 

Cette plante a été regardée comme espèce du genre Cam- 
phrée parla plupart des botanistes; mais Forskaël et Lhé- 
ritier ont pensé qu'elle devoit former un genre particulier, 
que le premier a appelé PTERA]STHE,et le second Louichée. 

Ce genre a pour caractères : un calice a quatre divi- 
sions oblongues , concaves , terminées par une pointe re- 
courbée , dont deux opposées plus grandes , et munies , 
vers leur sommet, d'une crête ou aile membraneuse ; quatre 
ctamines courtes , monadelphes, à leur base; un ovaire supé- 
rieur, surmonté d'un style bifide , à stigmates simples ; une 
semence recouverte par le style persistant, (b.) 

PTERIDE , Pteris. Genre de plantes cryptogames , de la 
lamille des fougères , dont la fructification est disposée en 
ligne marginale et continue , etdoi?t les follicules sont entou- 
rées d'un anneau élastique. 

Ce genre renferme plus de cent espèces , presqiie toutes 
propres aux parties chaudes de l'Amérique. On n'en connoît 
que deux en Europe. Smith a fait à leurs dépens son genre 
ViTTARiE ; et plusieurs des espèces qui y restoient ont été 
depuis placées dans les genres Monogramme , TtENITIs , 
Marsile, Notiiolakène, Cheilaiste, Grâmmite, Adiante, 
AcROSTiQUE. Ainsi, selon quelques botanistes, il reste com- 
posé d'un petit nombre d'espèces. 

Je citerai les ptérides à feuilles simples , auxquelles on peut 
donner pour type: 

La Ptéride lancéolée , qui a les feuilles lancéolées , 
glabres , et dont la partie supérieure seule porte la fructifi- 
cation. Elle se trouve à Saint-Domingue. 

Les ptérides à feuilles composées , où se trouve : 

La Ptéride de Crète , qui a les feuilles plnnées elries 
pinnules opposées , lancéolées , dentelées , plus étroites à 
leur base , les inférieures souvent divisées en trois parties. 
Elle croît dans les îles de la Méditerranée. 

Les ptérides à feuilles surcomposées , parmi lesquelles se re- 
marquent : 

La Ptéride épineuse , qui a les feuilles biîjinnées , les 
pinnules larges et lancéolées , une tige arborescenic et épi- 
neuse. Elle se trouve dans les Antilles. 

La Ptéride esci lente , qui a les feuilles bipinnécs , les 



P T E 221 

pinnules linéaires decurrenles , celles au sommet plus cour- 
tes , et dont la tige est sillonnée. On la trouve dans l'Ara- 
bie , où sa racine se mange cuite sous la cendre. 

La Pteride aquiline , qui a les feuilles bipinnées, les 
pinnules lancéolées, les inférieures pinnalifides. , les supé- 
rieures plus petites , et la tige sillonnée. Elle se trouve par 
toute l'Europe , dans les Ijois et les landes. C'est la plus 
commune et la plus remarquable des fougères indigènes, celle 
que l'on a en vue lorsqu'on dit la fougère sans y joindre une 
épithète , celle qu'on appelle dans quelques cantons, et dans 
la médecine., fougère femelle. Elle s'élève souvenfcà huit à dix 
pieds , et en a ordinairement trois ou quatre. Sa racine est 
vivace , traçante , grosse comme le doigt , gluante et amère. 
Lorsqu'on la coupe en travers , on voit la représentation 
grossière d'une aigle à deux têtes ou des armes de l'empire 
d'Allemagne , d'où lui vient le nom de fougère aquiline. Cette 
racine est vermifuge , mais moins que celle du Polypode 
FOUGÈRE MALE. ( V. ce mot). La plante en totalité partage 
les vertus des aniv es fougères , mais on en fait peu d'usage. 

C'est sous le rapport économique que Xa fougère aquiline est 
importante à connoître. Elle dédommage en partie les pays 
où elle se trouve, de la mauvaise nature de leur sol ; elle 
remplace le bois, pour chauffer le four , cuire la chaux, 
le plâtre , etc. ; elle forme une excellente litière pour les 
bestiaux, et par suite un fumier de première qualité. On en 
couvre les hangars , on en fait des liens , on l'emploie pour 
emballer les fruits et beaucoup d'autres objets;enfm,elle peut 
remplacer , et elle remplace fréquemment la paille dans tous 
ses usages particuliers, et elle ne coûte partoutque la peine de 
l'aller ramasser. Les vaches ne craignent point de la manger. 
Mais l'article le plus avantageux que fournit la fougère 
aquiline, est la potasse ou alcali végétal, qui est l'objet d'une 
consommation immense dans les verreries, les blanchisseries 
et autres manufactures. Il résulte d'expériences faites il y a 
déjà long -temps, que celte plante est une de celles qui en 
produit le plus par sa combustion lente ; et il résulte de 
calculs établis sur des bases solides que , par son moyen , la 
France pourroit se passer de toute la potasse que l'on lire 
de Danlzick ou de l'Amérique septentrionale , c'esl-à-dire , 
épargner dix à douze millions qu'elle exporte pour cet objet. 
On ne sauroit donc trop recommander aux cultivateurs de 
ne point laisser perdre la piéride des cantons qu'ils habitent, 
d'employer à la fabrication de la potasse toute celle qu'ils 
ne consommeront pas pour les usages domestiques. En con- 
séquence , ils la feront couper au milieu de l'été , la laisse- 
ront sécher à moitié sur place ; ensuite ils feront creuser 



222 P T E 

dans un terrain argileux , autant que possible ,' une fosse plus 
ou moins grande , selon la quantité à^ fougère qu'il s'agit de 
brûler , mais toujours deux fois plus profonde que large , 
quelle que soit sa longueur ; ensuite ils allumeront au fond 
de cette fosse un feu de bois sec, et lorsque la terre sera un 
peu échauffée , on y empilera la fougère , qui aura été mise 
préalablement en petites bottes. 

Il est à observer que plus la combustion est lente , et plus 
il se forme de potasse. Ainsi , il faudra que celui qui sera 
chargé de diriger l'opération , empêche constamment que la 
fougère ne s'enflamme , qu'il en ait toujours quelques bottes 
de mouillées pour les jeter dans la fosse , lorsque le feu 
prendra trop d'intensité. On obtiendra le point^désirable, 
si \a fougère est entassée de manière que l'air ne puisse gagner 
que difficilement le point inférieur où se fait la combustion. 
C'est à l'expérience et au raisonnement à fixer la conduite 
du feu d'après le principe qui vient d'être posé , principe 
sans l'observationduquel on n'obtiendraque desrésultats peu 
salisfaisans. Deux personnes qui brûlent de la fougère , dans 
le même canton , peuvent trouver une différence de moitié 
dans le produit, selon qu'elles auront coupé la fougère trop 
tôt ou trop tard , qu'elles l'auront brûlée plus ou moins len- 
tement , même dans des jours différens ; car on a observé 
que les temps lourds , disposés h l'orage , favorisolent beau- 
coup la formation de l'alcali. 

La combustion de toute la fougère terminée , on couvre 
la fosse avec des planches , et lorsque les cendres sont re- 
froidies , on les emporte à la maison ; là , on en tire la po- 
tasse par lixivialion et évaporation , opérations qui deman- 
dent des vaisseaux d'une certaine grandeur , et un emploi de 
tem'ps qui doit déterminer la plupart des cultivateurs à ven- 
dre les cendres en nature à ceux qui s'occupent spécialement 
de la purification de la potasse, (b.) 

PTERIDION. Genre de poissons établi par Scopoli. 
C'est le coryphœna velifera , que Lacépède a décrit sous le 
nom d'OLiGOPODE. (b.) 

PTERIGIE , Pterigium. Genre de plantes établi par 
Corréa , dans ses vues carpologiques, Annales du Muséum , 
sur la seule considération du fruit. 

C'est une noix coriace , uniloculaire , trivalve , renfermée 
dans un calice qui est couronné par cinq grandes folioles 
ovales et réticulées. 

On ignore le pays de l'arbre auquel appartient ce fruit qui 
ressemble à un volant, (b.) 

PTERIGODION, Pterigodhim. Genre de plantes établi 
par Swartz, dans la famille des Orchidées ( V. ce mot), 



P T E 223 

et dont les caractères consistent à avoir: la corolle un peu en 
gueule , les pétales extérieurs horizontaux , concaves ; le nec- 
taire inséré au milieu du style entre les loges de l'anthère , 
qtli sont écartées ; le stigmate du côté supérieur. 

Ce genre est principalement composé d'espèces d'OPHRi- 
DES , qui croissent au Cap de Bonne-Espérance , tels que 
les ophris alaris , catholica, polucris , cafra, atraia et iwersa. 

(B.) 

PTERIGYNANDRE , Pterigynandmm , Hedw. Genre 
de plantes de la famille des mousses , deuxième tribu ou 
section des Ectopogones, muni d'un seul péristome externe. 
On l'a aussi nommé Pterogomon. 

Ses caractères sont : coiffe cuculliforme, glabre; opercule 
conique , aigu ; dents entières et simples , au nombre de 
seize. Base du tube enveloppée dans un périchèse. 

Ce genre faisoit autrefois partie du genre Hypise. Il con- 
tient les espèces de mousses les plus belles , telles que les 
pterig. fuJgens , aureum , etc. , mais qui toutes sont exotiques. 
hes, espèces indigènes sont le pt. gracile et le pi. filiforme. 

Quelques botanistes lui ont réuni les genres Leptodon , 
Encalypte , Lasie et Fabronie. (p. b.) 

PTER1(3N , Pterium. Genre de plantes de la famille des 
graminées, établi sur une espèce originaire de l'Orient. Une 
diffère des CaETELLESqueparses (leurs qui sont solitaires. (b.) 

PTERIS. V. Piéride, (desm.) 

PÏEROCALLE, PlerocalUs. Synonyme de Petrocalle. 

(B.) 

PTEROCARPE , Pterocarpus. Genre de plantes de la 
diadelphie décandrie et de la famille des légumineuses, qui 
offre pour caractères : un calice campanule à cinq dents ; une 
corolle papilionacée à étendard onguiculé , ouvert , plus 
grand que les ailes et la carène ; dix étamines monadelphes h 
leur base; un ovaire supérieur, oblong elstipilé, surmonte 
d'un style recourbé et à stigmate simple; un légume stipité , 
arrondi ou échancré sur un côté presque falciforme , com- 
primé , bordé d'une aile membraneuse, relevée de plusieurs 
nervures simples ou rameuses , monospermes, et ne s'ouvrant 
point. 

Ce genre, fort voisin des Ecastaphylles et des Dalber- 
ges, renferme des arbres ou des arbrisseaux à feuilles allées , 
avec impaire , et à fleurs disposées en épis axillaires. On en 
compte une vingtaine d'espèces , dont les plus importantes à 
connoître sont: 

Le Ptérocarpe a sang de dragon, qui a les feuilles pin- 
nées et la tige sans épines. Il croît dans l'Inde et dans les iles 
qui en dépendent. C'est un grand arbre , dont le bois est due 



224 P T E 

et Técorce rougeâtre. Lorsqu'on entame celte e'corce , il en 
découle une liqueur qui se condense aussitôt en larmes rou- 
ges , et qu'on apporte en Europe enveloppées dans du jonc. 
C'est une des espèces de sang de dragon des apothicaires. 

Le Ptérocarpe satstalin a les feuilles ternées , les folioles 
presque rondes , rétuses , très-glabres , les pétales crénelés 
et ondulés, 11 se trouve aussi dans l'Inde , et fournit égale- 
ment un sang de dragon par l'incision de son écorcc. Son bois 
est connu dans le commerce sous le nom de Santal rouge. 

Le Ptérocarpe jaune , qui a trois paires de folioles, dont 
les épis sont latéraux, et la corolle dentée. C'est un grand 
arbre de la Chine. Son écorce est fréquemment employée 
comme résolutive et vulnéraire. Sa décoction teint la soie en 
jaune, d'une manière solide. J 

Le MouTOUCHi et I'Apalatoa d'Aublet, ainsi que I'Ame-î^' 
RIMNUM de Brovvn , ont été réunis à ce genre, (b.) 

PTEROCARPUS. Ce genre de Linnseus est nommé 
lingoum par Adanson. Quelques botanistes y rapportent les 
genres ameriwnon de P, Brown , apalaioa, toiichiroa et mou^ 
iouchia, tous les trois d'Aublet. D'autres botanistes n'approu- 
vent pas ces réunions, ou du moins ne les admettent qu'en 
partie. On a fait aux dépens du genre de pterocarpus le 
genre ecastaphyllum. V. plus haut Ptérocarpe. (ln.) 

PTEROCOCCUS. Genre établi par Pallas , et auquel 
on a donné depuis son nom. V. Pallasie. (ln.) 

PTEROCEPHALUS. Genre créé par Vaillant, adopté 
par Adanson, annulé par les botanistes qui leur ont succédé, 
et rétabli par Lagasca. Il comprend quelques espèces de sca- 
bieuses à involucres formés de deux rangs de quatre folioles 
chacun ; 3 2 — 5 étamines ; à réceptacle nu, et à calice 
proprement dit , couronnés de dix à vingt soies. Les sca- 
biosa pterocephala , ochroleuca et papposa furent rapportés à 
ce genre par Adanson. (ln.) 

PTÉROCÈRE , Pterucera. Genre de testacés de la fa- 
mille des Univalves , établi parLamarck, pour séparer 
des Strombes de Linnœus , quelques espèces qui diffèrent 
des autres. Le caractère de ce nouveau genre est d'avoir 
une coquille ventrue , terminée inférieurement par un canal 
allongé, dont le bord droit se dilate , avec l'âge, en une aile 
digitée , et ayant un sinus vers la base. 

Ce genre a pour type le slrombe lamhis de Linnseus, qui 
se trouve dans les mers d'Asie , et varie beaucoup. On ne 
sait rien sur l'animal qui l'habite, (fi.) 

PTÉROCHILE , Pterochilus. M. Klug désigne ainsi un 
genre d'insectes , de l'ordre des hyménoptères, famille des 
diploptères, tribu des guêpiaires , très-voisin de notre genre 



P T E ^2S 

oàynhre , mais dont les mâchoires et la lèvre sont beaucoup 
iplus allongées, dont les palpes labiaux sont poilus et parois- 
sent n'avoir que trois articles , le quatrième ou le dernier 
«'étant point distinct. 

On n'en connoît qu'une espèce , et qui a été représentée 
par Panzer , dans sa Faune des insectes d'Allemagne , sous 
le nom de vespa phalœrata , fasc. 4-7 > tab. 21. Elle paroît 
faire son nid dans les terres sablonneuses, (l.) 

PTEROCHISTE, Pierochisius, Bonelli. Genre d'insectes 
coléoptères , de la famille des carnassiers , tribu des cara- 
biques. V. FÉRONiE. (l.) 

PTÉROCLES. C'est , dans les gallinacés de M. Tem- 
minck, le nom générique du Ganga. (v.) 

PTEROCLIA, L'une des dénominations appliquées au 
Jaseur. V. ce mot. (s.) 

PTÉRODACTYLE , Piewdadylus , Cuvier ; Oniilho- 
cephalus , Sommerring. Genre d'animal vertébré fossile , qui 
paroît appartenir à la classe des reptiles , et à l'ordre des 
sauriens , mais que plusieurs naturalistes croient devoir 
ranger dans celle des mammifères , et que d'autres considè- 
rent comme intermédiaire aux oiseaux et aux reptiles. 

Ce genre se compose maintenant de trois espèces. La pre- 
mière a été décrite par Collini , dans les Mémoires de V Aca- 
démie palatine , partie physique , tom. v ; la seconde l'a été 
par Sommerring, dans une dissertation qui fait partie des Mé- 
moires de Munich , 181 7 , et dont le titre est Ueber einen ornî- 
ihocephalus breoirostris der Vorwelt. La troisième , dont cm n'a 
Vu que quelque débris , mais suffisans pour la faire distin- 
guer , a été observée par le même savant , et annoncée dans 
un supplément à la précédente dissertation , sous le titre de 
Ueber die fossilen reste einer grussen fledermaus gatlung , welche 
sich zii karlsruhe in der grossherzoglichen samlung hefinden, 

La première et la seconde espèce sont celles qu'il est le 
plus facile d'étudier, à cause de la bonne conservaiion de 
leurs débris. Au premier aspect , on voit dans ces fossiles , 
dont les dimensions sont assez petites , les restes d'animaux 
à tête fort allongée et pointue , à cou fort long , à corps 
médiocre , à queue courte , à membres longs , surtout les 
antérieurs , qui paroissent avoir servi au vol ; mais si on les 
observe avec détail , on ne tarde pas à remarquer qu'il 
existe entre toutes ces parties et celles qui leur correspondent 
dans les animaux des trois premières classes, de nombreuses 
anomalies qui , en dernier résultat , ne permettent pas , dans 
l'état actuel de la science , de se décider , pour ranger ces 
fossiles dans une de ces classes plutôt que dans les autres. 
Néanmoins, M. Cuvier les place parmi les reptiles sauriens; 

XX VIII. l5 



236 P T E 

M. Sommerring les classe avec les mammifères ; et M, de 
Blainville ne balance pas à les considérer comme formant 
un groupe intermédiaire entre les oiseaux et les reptiles. 

La troisième espèce différeroit particulièrement des deux 
autres par sa grande taille , puisque ses bras ou ailes auroient 
eu près de cinq pieds d'envergure. 

Pour donner une idée générale de ces fossiles , nous avons 
fait représenter, d'après Sommerring, dans la planche (i. 45 
de ce Dictionnaire , un trait du squelette de la première 
espèce , rétabli d'après l'étude de chacune des parties qui le 
composent. Nous y renvoyons le lecteur , afin de l'aider à 
suivre plus facilement les descriptions qui vont suivre. 

Première Espèce. — Ptérodactyle atstique , Plerodactylas 
antiquus , Cuv. ; Ornithocephalus antiquiis , Sommerring, — 
Collini , Mém. de TAcad. palat. — Cuv. , Rech. sur les osse- 
mens fossiles , tome 4- ( V. pi. G. 45 de cet ouvrage. ) 

Celui-ci a été trouvé dans la pierre calcaire schisteuse 
d'Aichstedt, près de Papenheim , qui est celle que l'on a em- 
ployée la première dans les travaux lithographiques , et qui 
est depuis long-temps recherchée par les collecteurs de fos- 
siles, pour les belles empreintes de crustacés et de poissons 
d'espèces inconnues qu'elle contient. La situation de cette 
formation calcaire , relativement aux autres formations ob- 
servées jusqu'à ce jour par les naturalistes , n'est pas bien 
déterjninée ; mais il y a lieu de croire qu'elle doit prendre 
place à la suite des premiers dépôts renfermant des débris 
de corps organisés , à cause du peu de ressemblance qui 
existe entre les fossiles qu'elle renferme , et ceux des forma- 
tions les plus récentes. V. l'article Crustacés fossiles , 
et l'article Poissons fossiles. 

Le fragment de pierre qui présentoit ce fossile , a fait 
partie de la collection de Manheim ; et c'est là que Collini 
l'a décrit et dessiné. Lors du transport de cette collection à 
Munich, il avoit été égaré , et l'on ne l'a retrouvé que 
depuis peu ; ce qui a donné à M. Sommerring le moyen 
de publier une figure plus exacte que celle de Collini. 

Le fossile paroissoit avoir appartenu à un animal de la 
taille d'un corbeau ; sa longueur totale étoit de dix pouces 
quatre lignes , sur lesquels la tête prenoit quatre pouces. 
Cette tête étoit fort longue et pointue , et avoit les mâ- 
choires excessivement ouvertes ; le crâne si petit , que l'aire 
de sa coupe longitudinale auroit été tout au plus un dixième 
de celle du restant de la face ; la ligne du front , droite ; les 
orbites grandes j latérales et non séparées entre elles par 



G. 45. 





(>ttf Planefu nestpa^ ntsc^tiile J'éù-e c/ylon^* ■ 



j . Pteroda/:àfle anluju^ . 2 Le FeM Falieotfûriiim 



P T E 

ieur fond , ce qui vient peut-être du mauvais état de cette 
tête , mais ce qui ne permet pas de supposer qu elles fus- 
sent séparées par un espace considérable ; Ic:^ ouvertures 
nasales très-grandes, situées presque immédiatement après 
les orbites ; le bord de la mâchoire supérieure garni rfans 
son dernier tiers , vers l'extrémité , de onze petites dents 
coniques un peu crochues, toutes semblables entre elles, et 
un peu séparées les unes des autres par des intervalles assez 
égaux. La mâchoire inférieure étoil longue de (rois pcuces 
cinq lignes un quart , peu forte , presque linéaire , lé- 
gèrement plus épaisse dans les deux derniers cinquièmes, 
vers son extrémité , articulée en avant du crâne et en des- 
sous des orbites , avec la supérieure , à une assez grande 
distance du crâne par l'intermédiaire d'un os peu distinct , 
et que M. Cuvier considère comme l'os carré des oi- 
seaux et des reptiles. Le bord de celle mâchoire étoit garni 
dans sa dernière moitié , vers la pointe , de dix-neuf petites 
dents coniques et arquées en arrière , comme celles de la 
mâchoire supérieure , aussi petites que celles-ci , mais plus 
espacées entre elles. L'occiput offroit une protubérance re- 
marquable , qu'on observe dans les oiseaux vers la place où 
est situé le cervelet chez eux. * 

Le col avoit trois pouces une ligne et un tiers de longueur. 
Il paroissoit formé de six vertèbres, ou même de sept, parce 
que la première, vers la tête, sembloit divisée en deux trans- 
versalement dans son milieu ; et les vertèbres, en les portant 
au nombre de sept, avoient les dimensions suivantes : la pre- 
mière et la seconde ensemble , trois lignes de longueur ; la 
troisième, six lignes et demie ; la quatrième , sept lignes un 
tiers ; la cinquième , sept lignes deux tiers ; la sixième, six 
lignes un quart ; et la septième, six lignes trois quarts. On ne 
remarquoit sur aucune , d'apophyses épineuses apparentes; 
leur diamèlce éloil généralement de deux lignes. 

Le corps n'avoit que deux pouces cinq lignes de longueur ; 
sa colonne épinière étoit distincte , mais il n'étoit pas facilç 
d'en compter les vertèbres ; cependant , Collini en a distin- 
gué dix- neuf à vingt , ayant chacune environ une ligne et un 
tiers de longueur. Les côtes étoienl fort minces , rompues et 
mal en ordre. La queue , longue de neuf à dix lignes , étoit 
assez mince , composée de plusieurs vertèbres ( treize au 
moins) , dont le diamètre diminuoit progressivement , et qui 
ne présentoient pas d'apophyses transverses. 

Deux os paroissoienl appartenir au bassin; l'un assez large, 
que Collini compare au pubis , et l'autre en forme de bec , 
qu'il regarde comme le coccyx , et que MiVL Cuvier et Som- 
mering, considèrent, avec juste raison comme un ischion. Un 



228 P T E 

os sépare et en forme de spalule , qai n'a cle' rnppoiic à ail- 
cune parlie par Collini , a été regardé par M. Sommerring 
comme la pièce inférieure du sternum. 

Les membres postérieurs se composoient ; d'un fémur long 
d'un pouce trois lignes, à peu près cylindrique, et légèrement 
arqué ; d'un tibia long d'un pouce et demi ; de quatre méta- 
tarsiens sans tarse distinct , lesquels appartenoient à autant 
de doigts, dont l'interne n'avoit que deux phalanges , et les 
autres trois. Les dernières phalanges étoient petites , et 
avoient sans doute supporté des ongles. La différence entre 
les doigts éloit peu considérable ; le pouce seulen»enl éloit 
plus court ; et le pied , en général, avoit les deux tiers de la 
longueur du tibia. 

Les membres antérieurs étoient très-longs, et c'est surtout 
relativement à leur composition que les naturalistes ne sont 
pas d'accord. Collini n'avoit point trouvé d'ossement qu'il 
pût rapporter à des omoplates. M. Cuvier croit en avoir 
remarqué le long de la colonne cpinière , dans deux frag- 
mens osseux de forme allongée ; mais M. Sommerring en 
voit une sur une autre partie de la pierre , et il la figure 
comme l'omoplate des chauve-souris. Quant aux clavicules , 
M. Cuvier les observe dans dtiux os isolés, placés en avant 
de la colonne épinière , et dont un est regardé par M. Som- 
merring comme étant une côte dérangée de sa position 
naturelle. Un premier os long de onze lignes , et mal con- 
servé , est considéré par M. Cuvier comme étant l'humérus , 
Bt par M. Sommerring , comme la clavicule. Un second , 
long d'un pouce neuf lignes, marqué d'un sillon longitudinal 
qui pourroit bien indiquer la séparation de deux os distincts , 
est appelé os de l'avant-bras par M. Cuvier , et humérus ou 
bras par M. Sommerring. Après le second os en vient un 
troisième , long d'un pouce cinq lignes , et qui est plus gros 
que le précédent; et, dans le point d'articulation,dè Ces deux 
os sont des parties séparées , regardées par M. Cuvier 
comme les osselets du carpe , et par M. Sommerring, comme 
de simples épyphises de ces os. Par suite, le troisième os eslun 
métacarpien unique pour le naturaliste français , et un avant- 
bras pour l'anatomiste bavarois. Quant à la main qui termine 
le membre , elle présente quatre doigts ; un très-court ou 
pouce , qui semble formé de deux phalanges ; un second et 
un troisième , un peu plus longs , surtout le dernier, compo- 
sés de trois phalanges , dont la dernière , comme celle du 
pouce, paroît avoir été le support d un ongle ; enfin , le qua- 
trième doigt, extrêmement fort et long ( 5 p. lo lignes), 
puisqu'il surpasse , à lui seul , la longueur de toutes les 
premières pièces qui forment le bras. Il est formé de quatre 



P T E 3 29 

phalanges, tlont la première est appelée , on ne sait d'après 
quels motifs, m^?aco//y?V« par Sominerring, puisque ce savant 
n'en admet pas pour les autres doigts ; ces phalanges vont en 
diminuant progressivement de grosseur , et ressemblent 
beaucoup à celles qui forment les doigts des chauve-souris , à 
cela près qu'elles ont plus de force. 

Ilparoîtque le dernier doigt n'avoit point d'ongle , et il y 
a lieu de croire que si l'animal voloit au moyen de membra- 
nes, comme les chauve-souris , les membranes s'attachoiént 
sur ce doigt seulement. 

M. Sommerring nous paroît d'autant moins admissible à 
considérer comme des épiphyses les osselets du carpe , selon 
iM. Cuvier, que pour les gros os des extrémités postérieures; 
il ne fait aucune mention d'épiphyses , quoiqu'il dût imman- 
quablement s'en trouver , s'il en existoit aux antérieures. Il 
suppose que le carpe n'a pu être conservé à cause de la jeu- 
nesse de l'animal , et que ce carpe étoit situé vis-à-vis le point 
où sont articulés les doigts. Enfin , en ne donnant de métacar- 
pien qu'au grand doigt seulement, et en en supposant les 
autres dépourvus, il annonce une manière de voir tout-à-fait 
opposée aux lois de l'analogie; Aussi , croyons-nous devoir 
adopter en totalité la distinction des parties reconnues par 
M. Cuvier , parce qu'elles nous paroissent conformes à ces 
mêmes lois. 

L'os carré que M. Cuvier croit distinguer dans la figure 
de Collini, n'existe pas d'une manière sensible dans l'ori- 
ginal observe avec le plus grand soin par M. Sommerring ; 
mais, d'après la remarque de ]M, de Blainville , le mode 
d'articulation de la mâchoire inférieure , et la forme de celle- 
ci , prouvent suffisanmient l'existence de cet os , d'ailleurs , 
très -variable dans ses formes , ses dimensions et ses con- 
nexions , dans les animaux chez lesquels il existe. 

Enfin , la pièce isolée , remarquée par Collini près du 
bassin , est regardée par M. Sommerring comme l'extré- 
mité inférieure du sternum. Son isolement permet de dou- 
ter encore de ce rapprochement ; et il nous semble que ce 
savant anatomiste le produit d'autant plus volontiers , qu'il 
appuie la ressemblance qu'il trouve entre le fossile et les 
chauve-souris. MM. Cuvier et de Blainville y voient un os 
du bassin assez semblable au pubis des crocodiles. 

Selon M. Cuvier , It; fossile d'Aischtedt ne peut être un 
oiseau palmipède, comme le croit le célèbre Bluinenbach, 
j»ar les raisons suivantes: « i." Un oiseau auroit des côtes 
>( plus larges , et munies chacune d'une seule apophyse ré- 
a currente ; 2." son métatarse ne formeroit qu'un seul os , et 
a ne seiolt pas coniposé d'autant d'os qu'il y -a de doigts i 



33o P T E 

« 3° son aile n'aurolt que trois divisions après l'avant-bras, 
« et non pas cinq ; 4"" son bassin auroil une toute autre 
'< étendue , et sa queue osseuse une toute autre forme ; elle 
« seroit élargie , et non pas grêle et conique ; 5.° il n'y au- 
« roit pas de dents au bec ; 6." les vertèbres du col seroient 
« plus nombreuses , aucun oiseau n'en ayant moins de neuf; 
<f 7.° les verlèbres du dos seroient moins nombreuses, puis- 
« qu'il seinble qix'il y en ait ici quinze ou seize, tandis que 
« chez les oiseaux on n'en compte que de sept à dix , et tout 
« au plus onze, etc. » 

Feu Hennann et M. Sommerring ont vu dans le ptéro- 
dactyle un mammifère , et le dernier Ta particulièrement 
rapproche des chjuve-souris. Il sera facile de combattre cette 
opinion , en faisant remarquer i.° que la tête, par sa forme 
générale , ne peut en aucune manière être comparée à celle 
des chauve-souris, même à celle de la roussette de M. Léche- 
nault, quelle que soit sa longueur, relativement à celle du corps; 
2." que les orbiies , très-grandes et latérales , ainsi que les 
narines également latérales et remontées , n'ont aucun rap- 
port avec les mêmes parties dans ces animaux; 3." que la for- 
me et la position du crâne sont aussi toutes différentes ; 4° 
que les dents, toutes semblables entre elles, n'offrent rien qui 
puisse les faire comparer, les unes à des incisives , les autres 
a des canines , et les dernières enfin à des molaires, toujours 
distinctes , quoique en nombre variable dans les chauve- 
souris; 5." que le mode d'articulation des mâchoires est tout- 
à-fait différent; 6.° que le col est démesurément plus long que 
dans les chéiroptères , de tel genre que ce soit; 7." que les 
membres antérieurs n'ont point le nombre de doigts ordi- 
naire à ces mêmes chéiroptères , et que leur longueur rela- 
tive est différente ; 8." que la présence d'un seul métacar- 
pien, pour les quatre doigts, est une conformation qu'on ne 
retrouve dans aucun animal connu , qu'on puisse comparer 
au fossile d'Aichstedt ; 9." que les jambes de derrièie sont 
aussi beaucoup plus longues , et ont un nombre de doigts 
différent de celui des chauve-souris, etc. 

Collini concluoit qu'il falloit chercher l'animal d'Aichstedt 
parmi les amphibies ; mais, pour peu qu'on réfléchisse à sa 
conformation , il est facile de voir que cette supposition ne 
peut être admise. 

M. Cuvier y voit un reptile , et il se fonde i." sur la forme 
générale de la tête ; 2.° sur la grandeur des orbites, et la 
position et la forme des narines ; 3.° sur l'existence d'une 
partie analogue à l'os carré , servant à l'articulation de la 
mâchoire inférieure ; 4-° sur le nombre des vertèbres du col 
qu'il croit être de six ( bien que M, Sommerring en dislingue 



P T E 23i 

sepO comme dans quelques nionitors ; 5." sur la foiblesse des 
côtes ; 6." sur la séparation du métatarse en plusieurs os ; 
7.0 sur le nombre des phalanges des doigts des pieds de der- 
rière , croissant ainsi : 2, 3,4, 4 (mais ici il n'est pas d'accord 
avec CoUini et M. Sommerring, qui en comptent 2,3,3,3) , 
comme dans les mammifères ; 8.° sur la forme du pubis , 
pris par M. Sommerring, pour l'extrémité inférieure du 
sternum, etc. 

Enfin , M. de Blainville faisant remarquer qu'un bon 
nombre des caractères de cet animal étant communs aux 
reptiles et aux oiseaux ; que certains , comme la^ longueur 
du col et des pattes postérieures, la forme du crâne , et la 
grandeur de l'angle que la tête forme avec le col, étant des 
caractères propres aux oiseaux seulement ; il convient de le 
placer provisoirement entre ces deux classes d'animaux , 
quoique , cependant , il trouve que la masse des traits de son 
organisation le rapproche encore plus des reptiles que des 
oiseaux. 

M. Cuvier, qui place cet animal dans l'ordre des sauriens, 
se le représente voltigeant à l'aide de grandes ailes soute- 
nues seulement par le quatrième doigt ou l'externe^, tandis 
que les trois premiers courts , et armés d'ongles crochus , 
lui servoient à s'accrocher aux arbres. H le juge nocturne à 
cause de la grandeur de ses orbites , et par conséquent des 
yeux qu'elles contenoient. Il pense que tout son corps de- 
voit être couvert d'écaillés , comme cela existe dans les 
autres sauriens , etc. Du reste , il croit qu'aucun animal 
existant maintenant, ne ressemble à celui-ci. 

Seconde Espèce. — Ptérodactyle brévirostre , Ptero- 
daclylus brevirosiris , Nob. ; Omithocephalus hreoirostris , Som- 
merring. 

Ce fossile, qui appartient bien réellement au même genre 
que le premier , a été décrit , pour la première fois, par 
M. Sommerring, qui l'a reçu de M. Spix. Il provient de la 
carrière de Windischschoff, près d'Aichstedt, et est ren- 
fermé dans le même calcaire schisteux propre à la lithogra- 
phie , où a été rencontré le ptérodactyle antique. 

Celui-ci est environ de la taille d'un moineau. Sa tète est 
beaucoup plus semblable à celle d'un oiseau , que la tête de 
l'espèce précédente : la forme du crâne, le profil du bec , la 
position et la grandeur relative des orbites , et des narines 
surtout, offrent cette ressemblance. La longueur de la tête 
est de onze lignes ; sa hauteur de quatre et demie ; la lon- 
gueur de la mâchoire inférieure n'est que de sept lignes. Les 
bords des mâchoires sont gnrnis de petites dents aiguës , 



^3^ P T E 

huit supérieures , et cinq inférieures , semblables entre eîleS; 
selon la figure , et que , suivant M. Sommerring , qui voit 
aussi une chauoe-souris dans celle espèce , l'on peut comparer 
les unes aux incisives,et les autres auxmolairesdes petits mam- 
mifères de ce nom.Le cou a au moins neuf lignes de long; il con- 
siste visiblement en sept vertèbres, qui sont les plus fortes et 
les plus épaisses de toutes celles qui composent la colonne 
épinière. Les vertèbres dorsales , moins distinctes que les 
cervicales , paroissent au nombre de douze ; et la portion 
de l'épine qu'elles forment par leur réunion , offre une 
courbe vers le baut. Celles des lombes , du bassin et de la 
petite queue , sont peu faciles à distinguer. Les cotes sont 
très-fines, au nombre de huit à neuf de chaque côté , et pa- 
roissent, selon la remarque de M, de Blainville, être articu- 
lées avec une apophyse propre à chaque vertèbre , comme 
cela se remarque dans les reptiles , et non entre deux vertè- 
bres, comme cela est dans les mammifères. Le sternum n'est 
pas fort visible. Le bassin est mal en ordre ; néanmoins , or^ 
observe un os en forme de spatule , semblable à celui que 
M. Cuvier considère comme un pubis , dans la première 
espèce , et que M. Sommerring regarde comme le bréchet, 
du sternum. Les membres postérieurs sont faciles à obser- 
ver : le fémur est droit , assez gros , et long de six lignes ; le 
tibia a huit lignes ; le péroné n'est pas distinct ; le tarse 
n'existe qu'en vestiges ; le pied a quatre doigts , offrant cha- 
cun un métatarsien assez allongé (le premier a deux phalan- 
ges , et tous les autres en ont trois) ; de ces quatre doigts, ic 
premier est le plus court , le second est presque égal au, 
troisième, et \c quatrième est un peu moins long que celui- 
ci ; tous ont leur dernière phalange conformée de façon 
qu'elle a dû supporter un ongle assez fort (i), Les membres 
supérieurs sont Irès-semblables à ceux du ptérodactyle anti- 
que ; les clavicules ( humérus, Cuvier) peu apparentes, selon 
M. Sommerring, ont six lignes de longueur ; l'omoplate n'a, 
point offert de trace de son existence ; mais on présume 
qu'étant fort mince , cet os aura été détruit (2) ; l'humerua 
( avant-bras, Cuvier) qui a|neuf lignes un quart, est le plus 
gros des os longs de tout le squelette , et aussi le plus long , 
si l'on en excepte les phalanges du grand doigt de l'aile ; l'os 



(i) La figuçe restituée de cet animal par M. Sommerring, est fau- 
tive , en ce que c'est le doigt extérieur et non l'intérieur qui est re- 
présenté avec deux phalanges seulement. 

(2) Cet os ne présente pas d'apophyse olécrane , dont l'existence 
çst un caractère constant des mammifères, selon IVl. de Blainville 
«t 'iui jjc se !:eniari]ue jamais dans les QJseaux et Içs i.eptiks, 



P T E 2 33. 

c!(c",i'avant-bras (métacarpe,Cuv.) n'a q«e sept Hgnes et demie, 
al son extrémité inférieure présente des sillons longitiicli- 
naux, qui semblent le partager en deux ou trois os , longs , 
minces et étroits (i). 11 n'y a que quatre doigts aux inains ; 
le pouce est le plus court , et foriné «l'une phalange el d'une 
phalangette -, le second est presque double en longueur , aussi 
gros , et formé de trois phalanges; le troisième , plus long 
et plus fort que le second , a trois lignes et demie , et a 
quatre phalanges ; enfin , le quatrième a deux pouces huit 
lignes, et est aussi formé de quatre phalanges ( ce qui fait 
que, pour les extrémités antérieures, le nombre des phalanges 
croît exactement comme dans les pieds de derrière des croco- 
diles , c'est-à-dire 2,3, 4-»4 )• Le dernier doigt est conformé 
comme celui qui lui correspond dans l'espèce précédente ; 
c'est la première phalange (métacarpien, Sommerring) qui 
est la plus grosse et la plus longue, et la quatrième qui est 
la plus mince et la plus course ; les intermédiaires décrois- 
sent successivement. 

M. Sommerring voit dans cet animal un jeune individu , 
parce qu'il prend pour de? épiphyses,de petits os que M. Cu^ 
vier regarde comme ceux du carpe dans le ptérodactyle 
antique. 

Troisième Espèce. — PTÉRODACTYLE GÉANT , Pterodactylus 
giganieus^i^ob. On n'a trouvé de cette espèce que des fragmens 
des extrémités, qui ont été décrits et figurés par M. Som- 
merring, savoir: i," deux phalanges entières du grand doigt 
de l'aile , sans doute la quatrième et la troisième , et l'ex- 
trémité de la seconde ; 2." un humérus ; 3.° un fémur et un 
tibia, dans un même échantillon de pierre calcaire schisteuse 
de Solhhofen , près d'Aichstedt et de .Papenheim. 

Les dimensions de ces divers os , sont les suivantes : le 
fémur , quatre pouces quatre lignes ; le tibia , sept pouces 
trois lignes ; l'humérus , aussi sept pouces trois lignes ; la 
première phalange du grand doigt , Âuatre pouces deux li- 
gnes; et la seconde, sept pouces. En comparant ces dimen- 
sions avec celles de la seconde espèce , il en résulte que le 
Ïtérodactyle géant a dû avoir au moins cinq pieds d'envergure, 
l est à désirer que l'on rencontre de nouveaux débris de ce 
singulier animal , parce qu'il sera plus facile d'étudier sur 
lui , à cause de sa taille , les divers détails de l'organisalioa 
qui lui est commune avec les deux précédens. (desm.) 



(i) Ce qui tend surtout à le taire ronsiJc'rer coiiiine un mélacaipe, 
Iç carpe n'cxistan! pas eu ayant tlispm-u. 



=34 V T F 

PTÉRODÎBRANCHES. Nom donné par Blainville à 
la famille de Mollusques , appelés Ptéropodes par Cuvier. 

PTLRODICERES, Pterodirero. Nom que j'avois donné 
à une sous-classe d'insccles , composée de ceux qui ont des 
ailes, six pattes, deux antennes, deux yeux à facettes, et 
qui subissent des métamorphoses. C'est la classe des insectes 
de M. de Lamarck. V. les articles Entomologie et Insectes. 

(L.) 

PTERODIE. Sorte de Fruit. Il ne diffère pas du Sa- 
MARE de Gserlner, et du Pteride de Mirbel. (b.) 

PTERODIPLES ouDuplicipennes , Dnméril. Famille 
d'insectes de l'ordre des hyménoptères, et la même que celle 
que j'ai nommée Diploptèkes. V. ce mot. (L.) 

PTEROGLOSSES, Pteroghssi , Vieill. Famille de 
l'ordre des oiseaux Sylvmns et de la tribu des Zygodac- 
TYLES. V. ces mots. Caruclères: pieds courts ; tarses annelés, 
nus; quatre doigts, deux devant, deux derrière; les anté- 
rieurs réunis jusqu'au-delà du milieu; bec très - gros à la 
base, grand, cellulaire, dentelé ; langue en forme de plume. 
Celle famille n'est composée que du genre Toucan. V. ce 
mot. (V.) 

PTEROCiLOSSUS. C'est,dans le P/oJrom«5 d'illiger, le 
nom générique des ARACARiS;lesquelscomposentladeuxième 
section de mes Toucans, (v.) 

PTEROGONE, Pierogonhn. Genre de plantes établi par 
Svvartz aux dépens des Hypnf.S. Ses caractères sont : fleurs 
dioïques ; capsule latérale allongée ; coiffe fendue latérale- 
ment, glabre ou velue; péristome simple, à seize dents droites 
et entières. 

Ce genre est subdivisé, par quelques botanistes , en dix 
autres; savoir: Pterjgynandre, Lasis , Encalypte, Tr[- 

CUOSTOME, CÉCALYPHE, FiSSIDENT, DiCRANE , OrTHOTRI- 

CUE, PiLOTRlCHE et Fabronie ; de sorle qu'ils n'est pins 
composé que de treiii* espèces dons le Species musconim de 
Schwaegrichen , toutes très-rares ou exotiques, (s.) 

PTEROGYNANDRE. Synonyme de Ptérogone. (b.) 

PTEROMYS. C'cst-à dire, Rat ailé. Dénomination que 
les naturalistes modernes ont donnée aux Polatouches dans 
leurs ouvrages écrils en latin. V. Polatouche. (s.) 

PTERÔNE, Pteronus. Nom donné par M. Jurine à un 
genre d'insectes de notre tribu des tenlhrédines. V. Lophyre 
et Pristiphore. (l.) 

P TERONE , Pleronia. Genre de plantes de la syngénésie 
polygamie égale et de la famille des cynarocéphales , qui 
présente pour caractères : un calice commun imbriqué 



P T E ^35 

d'ëcailles lancéolées et carinées ; un réceptacle aplati , 
couvert d'écallles soyeuses et de fleurons hermaphro- 
dites , tubuJeux , à cinq dents uniformes ; des semences 
oblongues , comprimées, à aigrettes sessiles , légèrement 
plumeuses. 

Ce genre renferme une trentaine d'espèces qui ne se con- 
viennent pas beaucoup entre elles , et qui ont besoin d'être 
examinées de nouveau. Elles viennent d'Asie , d'Afrique et 
d'Amérique. Ce sont , en général , de grandes plantes viva- 
ces, à feuilles alternes et à fleurs solitaires sur des pédoncules 
terminaux disposés en corymbe. 

La plus anciennement connue de ces espèces est la Pté- 
RONE CAMPHRÉE, qui a les feuilles éparses et ciliées à leur 
base. Elle se trouve en Afrique. Ses feuilles froissées répan- 
dent une odeur forte , approchant de celle du camphre. (B.) 

PTEROPE. Le nom Pteropus a été ainsi traduit pour 
désigner le genre des roussettes. Dans les supplémens de la 
première édition, nous avions fait connoîlre ; sous ce nom, 
deux espèces : le pféwpc jaune et le plerupe olive, qui seront 
décrites dans celle ci à l'article Roussette. T.ce mot.(DESM.) 

PTEROPHENICUM DES INDES, Pterophœmcus In- 
diarum. C'est, dans quelques auteurs, la désignation de 
l'AcoLCHi. V. ce mot. (s.) 

PTEROPHORE, Plerophorus. Genre d'insectes établi 
par Geoffroi, de l'ordre des lépidoptères, famille des noc- 
turnes , tribu des fissipennes. Linnieus en fait ses phalènes 
alucites , et Degéer ses phalènes tipules. Ses caractères sont : 
antennes sétacées, simples; ailes divisées ; palpes guère plus 
longs que la tète , également couverts d'écaillés. 

Les ptérophores ont le corps étroit, allongé -, les ailes Irès- 
écartées du corps, en forme de bras , étroites, divisées, et 
les pattes très- épineuses. Ainsi que les oméodes , ils différent 
des autres lépidoptères par la forme de leurs ailes ; celles de 
presque tousJes insectes de cet ordre sont larges, formées par 
une membrane entière soutenue en plusieurs endroits par des 
nervures de différentes grosseurs qu'on distingue facilement: 
au lieu que celles de la plupart des ptérophores sont étroites, 
divisées en autant de parties qu'elles ont de nervures. Dans 
quelques espèces , ces divisions commencent presque à 1 ori- 
gine des ailes; dans dautres, vers le milieu; la membrane 
qui couvre les nervures à l'endroit où elles ne sont pas sépa- 
rées, est garnie de petites écailles, comme celles des autres lé- 
pidoptères , et les nervures ont, dans le reste de la longueur 
de leurs côtés, une frange de poils fins, assez longs et serrés, 
qui figiu-eiit les barbulcs de plames : déserte que ces ailes 



:io6 P T E 

paroissent être un assemblage de petites plumes. On trouva- 
ces insectes pendant l'été dans les prairies et sur lés orties. 
Ils s'éloignent peu en volant, et ne s'élèvent pas beaucoup 
au-dessus des plantes. 

Celles de leurs chenilles qui sont connues ont seize pattes ; 
pour se changer en nymphes, elles ne se renferment point 
dans une coque; elles se suspendent par l'extrémité du corps, 
comme celles de différens papillons. 

On connoît quinze ou seize insectes de ce genre, parmi 
lesquels on distingue les suivans : 

PtÉROPUORE monodactyle, PieropJioriis monodactylus^T d\u 
Il a les ailes U'ès-écartées, d'un brun fauve, très- étroites, sans 
division. 

On le trouve en Europe , dans les jardins , où il est très- 
commun. 

Ptérophore ociîrodactylT:, P^tTo/;/ion/5oc/2/wZflr(j'/«5,î'ab. 
Il a les ailes étendues, entières-; les supérieures grises, les. 
inférieures noires ; le corps petit ; l'abdomen roux à la base. 

On le trouve en Allemagne. 

PtÉROPHORE PENTADACTYI.E , Plerophonis penladaclyhis , 
Geoff., Fab.jPhal., Linn.; pi. M. 17, fig. 7 de cet ouvrage. 11 
est entièrement blanc , sans tacbes; ses ailes supérieures ont 
deux divisions , les inférieures trois. 

Sa chenille a seize pattes ; elle est velue , d'un vert clair. 
Sa chrysalide est pareillement velue, et attachée à une de ses 
extrémités par un anneau de fil qui lui soutient le milieu 
du corps. On la trouve sur les liserons. 

PtÉROPHORE RHODODACTYLE., Ftérophorus rhododaciyliis , 
Fab. 11 a les ailes jaunâtres, avec des stries blanches; les 
supérieures bifides, les inférieures trifides ; le corps ferrugi- 
neux, les côtés du corselet jaunâtres. 

On le trouve aux environs de Paris ; il est assez rare. 

PtÉROPHORE ALBODACTYLE, Fterophoins al/joductylus , Fab. 
Il est de moitié plus petit que le pierophore pentadactyle ; ses 
ailes sont blanches; les supérieures , divisées en deux, ont 
trois taches sur le milieu; les inférieures sont trifides ; son 
corps est blanc , sans taches. 

On le trouve aux environs de Paris. 

PtÉROPHORE DiDACTYLE , PteropJiorus didactylus^ Geoff. , 
Fab., Phal., Linn. H a les ailes brunes ; les supérieures ont 
des stries blanches et sont divisées en deux parties^ les infé- 
rieures sont trifides. Sa chenille est verlc,velue;pour se chan- 
ger en nymphe , elle se suspend comme celle du pierophore 
ficn/adacfyle. 

On trouve l'insecte parfait en Europe, dans les jardins. 



P T E 2^7 

PTEROPIIORE, Pleroplioms. Synonyme de PtÉRONë. 

(B.) 

PTEROPHORE A EVENTAIL. V. ORNÉonE.(o^ 

PTEROPHORIENS, Pfcrophorii. Tribu d'insccles /la- 
mllle des nocturnes, ordre des lépidoptères, que j'ai dési- 
gnée, dans le troisième volume du Règne animal parM.Cuvier, 
sous le nom àe fissi pennes {»\\gs divisées). Ce caractère dis- 
lingue ces lépidoptères de tous les autres. V. les genres 
Ptérophore et Ornéode. (l.) 

PTEROPHORUS. Vaillant nomme ainsi le genre pt&- 
lotiia de Linnpeus. Il n'a connu que le pteroina ramphorala,' 
arbrisseau du Cap de Bonne-Espérance. F. Ptéro>5E. (LiN.) 

PTEROPHYTE,iVrro/9/?/^on.Genre de plantes établi par 
H. Cassini , pour placer les Coréopes ailés À feuilles al- 
ternes, elc.Ses caractères sont : calice commun composé par 
trois rangs de folioles lancéolées; fleurs radiées; les fleurons 
du centre réguliers, ar^drogynes ; les demi-fleurons de la cir- 
conférence, lingulés, mâles; réceptacle plane, couvert de lon- 
gues écailles oblongues ; ovaires tétragones, surmontés de fo- 
lioles courtes, épaisses, à peine barbeliulées. (b.) 

PTEROPODES. Ordre de mollusques, qui renferine 
ceux qui ont: i.*' une tête distincte, sans tentacules allon- 
gés; 2.*^ un corps libre , sans autre membre qu'une ou deux 
nageoires. 

Les genres de cet ordre sont : Pneumoderme , Clio , 
Hyale et Firole. (b.) 

PTEROPTÈRES. Famille de poissons apodes, établie 
par Duméril. Ses caractères sont: poissons osseux, à bran- 
chies complètes , privés des nageoires paires inférieures et 
d'une ou plusieurs des autres. 

Les genres Cœcilie, Ophisure, Notoptère , Léplocé- 

PHALE, TrICHIURE, GyMNOTE , MoNOPTÈRE, APTÉRONOTE 

et PvÉGALES, entrent dans cette famille, (b.) 

PTEROPUS , c'est-à-dire, pied ailé. Ce nom a été donné 
par Brisson aux chauve-souris du genre des Roussettes. V, 
ce mot. (desmO 

PTEROSPERMADENDRUM. Nom donné par Am- 
mann ( Act. Pelrop , 8 , t. 1 4- , i6 et 1 7 ), au genre Ptéros- 
perme. V. ce mot. 11 l'avoit établi sur deux plantes des Indes 
orientales, que Linnœus avoit rapportées à son genre /^e/j- 
iapetes. Adanson a donné à ce genre le nom de velciga. (ln.) 

PTEROSPERME , Pterospermum. Genre de plantes de 
la monadelphie dodécandrie et de la famille des malvacées, 
fort voisin des Pentapètes, et dont les caractères consistent ; 
en un calice simple, coriace , oblong, à cinq divisions; une 
corolle de cinq pétales oblongs de la longueur du calice ^ 



238 P T E 

quinze à vingt elamines réunies à leur base, et séparées de 
trois en trois par un filament stérile plus long ; un ovaire 
supérieur arrondi, surmonté d'un style cylindrique à stigmate 
épais; une capsule ligneuse , ovale , ou presque en massue, à 
cinq loges bivalves, et contenant, chacune, plusieurs semences 
oblongues , comprimées , terminées par une aile membra- 
neuse. 

Ce genre, qui avoil élé appelé Yelaga par Adanson , 
faisoit partie desPENTAPÈTES de Cavanilles.il est composé de 
deux arbres des Indes , à feuilles simples et à fleurs axillaires 
et terminales ; savoir : 

Le Pterosperme a feuilles de liège , qui' a les feuilles 
oblongues, aiguës, légèrenient dentées à leur pointe. 

Le PTEROSPtRME A FEUILLES d'érable , qui a les feuilles 
oblongues , en cœur obtus , et presque entières, (b.) 

PTLROSPOPvE, Pterospora. Plante du Canada, quia 
l'apparence d'une Orobanche , mais qui , selon Nuttall , 
Gênera of norlh An/encan plants , forme seule un genre dans 
la décandrie monogynîe; genre dont les caractères sont: 
calice divisé en cinq parties ; corolle monopétale, ovale, à 
cinq dents recourbées ; dix elamines avec des soies à la base, 
anthères peltées et à deux loges; un seul style ; une capsule 
à cinq valves, à loges incomplètes renfermant un grand nom- 
bre de semences attachées à un réceptacle à cinq lobes, (b.) 

PTEROSTYLE , Pterosiylis. Plante vivace de la Nou- 
velle-Hollande, à tige feuillée, uniflore, qui, seule, constitue, 
selon R. Brown , un genre dans la gynandrie monandrie et 
dans la famille des orchidées. 

Les caractères de ce genre sont : nectaire unguiculé, à 
lame appendiculée et bossue à sa base ; les pétales antérieurs 
réunis à leur base ; colonne des étamines à quatre ailes; pol- 
len farineux. 

Le Ptérostyle à grandes fleurs est figuré pi. 2 des 
Illustrations de Ferdinand Bauer. (b.) 

PTEROTA. P. Brown a donné ce nom au Fagarier , 
fagara pterota , L. , dont il fait un genre, (ln.) 

PTEROÏE, Pterutum. Grand arbrisseau rampant de la 
Cochincbine, à feuilles alternes, ovales, lancéolées, entières, 
petites et glabres , à (leurs disposées en petites grappes axil- 
laires, qui forme un genre dans la dodécandrie monogynie. 

Ce genre offre pour caractères : un calice de cinq folioles 
ovales, concaves et persistantes ; point de corolle ; environ 
^juinze étamines; un ovaire supérieur, ovale, surmonté 
d'un stigu»ate simple et sessile; une capsule ovale , univalve, 
s'ouvrant latéralement, et contenant une semence ailée et 
iienteiée dans sa longueur, (b.) 



P T E 339 

PTEROTHÈQUE, Plerolheca. Genre de plantes établi 
par H. Cassioi, pour placer I'Andryale de Nismes, qui 
a un calice composé de deux rangs de folioles ; un récep- 
tacle garni de poils ; les graines marginales non aigrettées , 
courtes , arquées , munies sur la face inférieure de trois à 
cinq ailes membraneuses, (b.) 

PTERO FRACHEA. V. Firole. (desm.) 

PTERYGIBRANCHES, Pterygibranchia. Crustacés 
composant la seconde famille de l'ordre des isopodes. Elle a 
pour caractères : branchies en forme de bourses vésiculeuses 
ou de lames imitant des écailles ; sept paires de pieds , tous 
onguiculés. 

Ces crustacés comprennent la plus grande partie du genre 
oniscus Ae Linnœus, et formoient , dans nos ouvrages anté- 
rieurs, un ordre particulier, celui des télracères^ placé d'abord 
à la tête de la classe des insectes, et ensuite dans celle des 
arachnides, dont il étoit encore le premier. Voyez \^s gé- 
néralités historiques que j'ai présentées à l'article Isopodes. 
I. Quatre antennes très-apparentes. 

A. Une nageoire composée de deux feuillets insérés à l'extrémité 
d'un article commui!, servant de pédicule, de chaque côté de l'extré- 
mité postérieure du corps. 

Les genres: Cymotho]^ SphÉROME. Voyez aussi : limnorie., 
eurydîcet cegc/ ■, cumpécopée, nœsa , cymodoce et dynamène. 

B Extrémité postérieure du corps sans nageoires latérales. 

Les genres : Idotée, Aselle, Voyez aussi : sténosome ^ 
janire eijœre. 

Ces crustacés , à l'exception des ligies, respirant à la ma- 
nière des ara«(?'iye5 , mais avec des pneumo-branchies exté- 
rieures, doivent former une famille particulière. 

IL Antennes intermédiaires peu ou point distinctes. 

Les genres : Lioie, Philoscie, Cloporte, Porcellion, 
Armadille, 

IlL Antennes nulles. 

Le genre Bopyre. (l.) 

PTERYGODION, Ptcrygodion. Genre déplantes établi 
par Swartz , pour placer six espèces d'OPHRiDES du Cap de 
Ronne-Espérance , qui n'ont pas rigoureusement les carac- 
tères des autres. Ceux des ptérygodions sont : corolle presque 
en masque, à pétales latéraux extérieurs horizontaux et 
concaves , à lèvre supérieure pourvue d'une fossette, dans 
laquelle est placée l'ëlamine. (b.) 

PTERYGOPHORE, Pteiygophorus. Nom donné par 
M. KlUg à un genre d'insectes hyménoptères de notre tribu 



n4o P T I 

des lenlhréclines. M. Léacli l'a adopté, el lui assigne les CcV 
ractères suivans : antennes de grandeur moyenne, conipo-- 
sées de plusieurs articles; celles des niàies peclinées en 
dessous, avec une seule rangée de dents; celles de la femelle 
grossissant insensiblement vers leur extrémité el presque 
inoniliJormes ; trois cellules cubitales et une seule radiale; 
une écaille aux angles antérieurs du corselet; ccusson de 
grandeur moyenne, arrondi postérieurement, mulique. 

Ce naturaliste en mentionne trois espèces et qui sont toutes 
de la Nouvelle-Hollande. Les deux premières, le piérygo- 
phore interrompu et le plciygopliorc ceint ^ ont été décrites et 
figiu-ées par M. Kliig dans les Mémoires de la société des na- 
turalistes de Berlin. La seconde est encore représentée dans 
le troisième volume des Mélanges de zoologie de M. Léach, 
pi. 14.8. La troisième espèce est son ptérygophore azuré 
( cyaneus ). Voyez ces deux ouvrages, (l.) 

PTERYOPHORON. L'un des noms grecs du SuccI^^ ou 
Ambre, chez Dioscoride. (ln.) 

PTÏLIN , Plilinus, Geoff. , Oliv., Fab., Lam. ; Dermesles, 
Plinus , Linn. ; Serrocerus , Kugellann. Genre d'insectes , de 
l'ordre des coléoptères, section des penlanières, famille des 
serricornes , tribu des ptiniores. 

Geoffroy a placé dans son genre panache, ptilinus en latin, 
deux insectes , séparés cependant«par tous les caractères qui 
doivent établir deux genres différens. Le premier insecte 
qu'il y décrit, a été rangé par Linnœus parmi les ptines , 
qu'il avoit confondus avec les dermestes dans ses premiers ou- 
vrages. Fabriciusl'avoit d'abord placé parmi \eshispes. Quant 
au second insecte que Geoffroy comprend avec le premier , 
nous en avons formé le genre drille. 

Fabricius, en adoptant ensuite le genre pfilin, y a conser- 
vé ce dernier insecte {Jlavescens ). Il y rapporte aussi un autre 
coléoptère {mystaccnus) , d'un genre très-différent. F. Rhi- 

PICÈRE. 

Le corps Aesptilins est allongé , cylindrique ; la tête est un 
peu enfoncée dans le corselet:les antennes sont peclinées ou en 
«cie plus longues que le corselet;leurs yeux sont arrondis, sail- 
lans ; le corselet est convexe , un peu rebordé ; l'écusson est 
petit et arrondi ; les élytres sont convexes ; elles recouvrent 
deux ailes membraneuses, repliées ; les pattes sont de lon- 
gueur moyenne ; les tarses sont fdiformes, composés de cinq 
articles, dont les deux premiers sont les plus longs. 

Les larves des ptilins , semblables à celles des vrillettes , 
vivent dans le bois mort , et y forment de petits trous ronds 
el profonds. Elles ont une tétç écailleuse , pourvue de deux 
mandibules cornées , dures , tranchantes , et six petites pattes 



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écailleuses. Elles subissent leur métamorphose dans le bois , 
et n'en sortent que sous la forme d'insecte parfait. 

Ce genre est composé de trois espèces, dont deux se trou- 
vent aux environs de Paris; la plus commune, le Ptilin 
PECTINICORNE , ;»///i«u5 pertinicornis , pi. M , 29 , i3, Grossi, 
est noirâtre, avec les antennes fauves, et les élytres d'un 
brun-marron. Les antennes de la femelle sont filiformes , 
en scie. Son corps est ordinairement un peu plus gros que 
celui du mâle. Les antennes de celui-ci sont pectinées (o.l ) 

PTILION , Plîlium. Un des noms donnés à I'Impé- 

RIALE. (B.) 

PTILODACTYLE , Ptilodactylus. Genre d'insectes dt 
l'ordre des coléoptères , section des hétéromères , formé par 
Illiger, avec la cardinale polie ( pfrochroa niiida ) de Degéer. 
Les articles des antennes ont chacun un ramean élargi à son 
extrémité. Je n'ai point vu cet insecte. 11 me paroît , sous 
ce rapport avjîir , beaucoup d'analogie avec la cisièle céram- 
hoide de Fabricius. (l.) 

PTILOPTÈRES , Ptilopteri , Vieill. Tribu de l'ordre des 
OiSEAOX NAGEURS. Pieds courts , posés à l'arrière du corps; 
tarses nus, comprimés latéralement; quatre doigts, dont trois 
mes ; postérieur court, dirigé en avant, libre ; ailes en forme 
de nageoires, sans rémiges. Cette tribu n'est composée que 
de la famille des Manchots, (v.) 

PTILOSTEMON, Ptilostemon. Genre de plantes éta- 
bli par H. Cassini pour placer la Sarrète fausse-queue. 
Il a pour caractères : un calice non épineux ; le filet des éta- 
mines plumeux; des aigrettes plumeuses. (b.) 

PTILOTE , Ptilola, Genre de plantes de la famille des 
algues,seconde section (les floridées) de la nouvelle méthode 
d'Agardh. Il se compose de quelques espèces deVARECS, dis- 
tinctes des autres, d'après rauleur,par des semences nues, ras- 
semblées en gloméruies,et entourées d'involucres sétiformes. 

La Ptilote PLUMEUSE, Ptilota plumosa (^ fucus plumosus, 
Linn. ) , a le feuillage décomposé , pinné , et les pinnules 
pectinées. Esper en donne la figure , tab. ^5. (p.b.) 

PTILOTE, Ptiloius. Genre de plantes, établi par K. 
Brown , dans la pentandrie monogynie et dans la famille 
des amaranthes , poiîr placer deux plantes annuelles de la 
Nouvelle-Hollande, fortVoisines des Trichinies et des Ama- 
ratsthines. 

Les caractères de ce genre sont : calice divisé en cinq la- 
nières ; étamines réunies par la base , et dépourvues de dents ; 
stigmate en tôte ; utricule monosperme sans valve , renfermé 

XXVIII. 1^^ 



.^2 P T J 

dans les trois lanières intérieures tlu calice dont le milieu 
est earni d'une laine épaisse, (b.) 

PTINE, Piinus. Genre d'insectes, de l'ordre des coléop- 
tères, section des pentamères, famille des serricornes, tribu 
des ptiniores. 

Lianeeus a réuni sous le nom de ptinust, les deux genres 
établis par Geoffroy ; l'un sous le nom de piilinus , et l'autre, 
sous celui de bruchus. Dans la méthode du Naturaliste fran- 
çais, ce dernier genre , qui est le même que celui de pline 
deDegéer, comprend les vn7/e«g5 et les )b//«^5. Fabricius, en- 
fin , a posé les limites de ce dernier genre ; mais il y rap- 
porte des insectes qui doivent en être séparés. L'espèce qu'il 
nomme longicornis^ est du genre lupère. Son ptiniis spinicornis , 
est un mastige. On placera avec les gibbies^ les ptines sco/iaset 
sulcatus; et avec les xylétines, ceux qu'il appelle denllcornis et 
serricorràs. 

Ce genre est très-distinct et très-facile à reconnoître. Les 
insectes qui le composent , ne peuvent être confondus ni avec 
les capricornes , parmi lesquels les avoit d'abord placés Lin- 
nseus, ni avec les vrillettes , parmi lesquelles il les a ensuite 
laissés. Le nombre des articles des tarses les distingue suffi- 
samment des premiers; la forme du corselet, et surtout les 
antennes filiformes , les distinguent assez des vrillettes , qui 
ont leurs antennes terminées un peu en masse. 

Les ptinès ont le corps oblong, non bordé ; la tête est pe- 
tite, un peu enfoncée dans le corselet et inclinée ; les an- 
tennes sont filiformes, assez longues ; elles sont un peu rap- 
prochées à leur base, et insérées sur le front; les yeux sont 
ronds et un peu saillans. Le corselet, un peu plus étroit que 
les élytres , est arrondi,' relevé en bosse, et couvert, dans 
la plupart des espèces , de quelques tubercules velus. Les 
élytres sont convexes et de figure ovale , plus ou moins al- 
longées; elles couvrent deux ailes membraneuses , dont l'in- 
secte fait usage pour voler ; quelques espèces en sont dé- 
pourvues ; d'autres les ont très-courtes ; il y en a , enfin , 
dont les mâles sont ailés , tandis que leurs femelles sont ap- 
tères. Les pattes sont assez longues relativement au volume 
du corps, et assez déliées. Les tarses sont composés de cinq 
articles , dont le premier est presque aussi long que tous les 
autres ensemble. .♦ 

Les ptines sont des insectes très-petits. On les trouve com- 
munciuent sur les murs et dans les maisons , principalement 
dans les greniers et dans les endroits inhabités ; on les ren- 
contre plus rarement à la campagne. Semblables à bien 
d'autres insectes, lorsqu'on les prend, ils retirent la tête, 
appliquent les antennes et les pattes contre le corps , et , par 



P T I ,^, 

ia feinte de la mort , semblent vouloir échapper au danger 
qui les menace. - ° 

Les li^rves des ptines sont hexapodes. Le corps , composé 
de plusievrs anneaux peu distincts à cause des rides et des 
rugosités ^ui le couvrent, est mou, cylindrique , et légère- 
ment velu ; sa partie postérieure est courbée en dessous , ce 
qui le fait ^aroître comme relevé en voûte. Les pattes s'ont 
courtes , et terminées par un seul crochet. La tête est dure, 
écailleuse , et garnie de deux petites mâchoires assez fortes! 
Ces larves se nourrissent de plantes sèches , d'animaux des- 
séchés , qui ne sont pas dans un état de putréfaction , et par 
conséquent , elles doivent être funestes aux herbiers, aux 
foins , aux collections d'animaux , aux pelleteries , et autres 
objets précieux que l'on est jaloux de conserver. Linnœus 
rapporte, d'après Cramer, dans son Systema na/î/rte , pag. 566, 
qu'on peut faire périr ces larves nuisibles , par le moyen de 
l'arsenic et de l'alun. 

Ce genre est composé de dix à douze espèces. On les trouve 
presque toutes aux environs de Paris. Celles qui font le plus 
de tort aux collections , sont : 

Le PïiNE VOLEUR, Ptiniisfur, Oliv., CoIéopL, t. 2, n.« 17, 
pl.i , fig. I. Il est d'un brun testacé; son corselet est quadri- 
denté ; ses élytres sont brunes, striées avec deux bandes 
blanches transverses. 

Le Ptine larron , Ptinus lalro, Oliv. , ibid.^ pi. i , fig. 3. 
Il est fauve ; son corselet est bidenté ; ses élytres sont testa- 
cées , striées. 

Le Ptine impérial, Ptinusimperialis, Oliv. , ibid. , pi. i, 
fig. 4, que l'on trouve sur le vieux bois. I est d'un brun noi- 
râtre, avec le corselet presque caréné, et une tache blanche, 
lobée et commune , sur les élytres. 

Nous citerons encore : le Ptine pubescent , ptinus pubes- 
cens, Oliv., ibid.^ pi. i , fig. 7. Il est noir, pubescent, avec le 
corselet élevé postérieurement en forme de bosse, et les 
élytres testacées et fortement pointillées. Le Ptine germain, 
ptinus germanus^ Oliv. , ibid. , pi. i , fig. 6, Il est brun, avec le 
corselet quadridenté ; les élytres striées et mélangées de gris. 
Le Ptine rufipède, ptinus rufipes, Oliv., ilnd. , pi. 2 , fig. 
8. Il est noir, avec les antennes et les pattes fauves les ély- 
tres sont un peu velues et striées, (o. l.) 

PTINIORES, Ptiniores , Latr. Tribu d'insectes, de l'or- 
dre des coléoptères , section des pentamères , famille des 
serricornes , ayant pour caractères : cinq articles à tous les 
tarses ; antennes de onze articles, dans la plupart ; de neuf, 
dans quelques-uns ; tantôt pectinées ou en scie , tantôt fili-. 



.44 I" ■'' ^' 

formes ou sétacées, ou quelquefois lemuoe'es brusquement 
par trois articles plus grands que les précédens , sans être 
réunis en massue ; corps le plus souvent ovoïdo-cylindrique, 
arrondi et convexe en dessus , de consistance ferme ; tête 
courte , arrondie , ou presque globuleuse , reçue en grande 
partie dans un corselet très-cintré ou en forme de capuchon ; 
mandibules triangulaires , courtes , échancrées ou bidentées 
à leur extrémité ; palpes très-courts , terminés par un arti- 
cle plus gros , élargi à son extrémité ; tarses ordinaire- 
ment courts. 

Ces coléoptères sont petits, bruns ou noirâtres , et contre- 
font le mort , lorsqu'on les saisit ; la plupart aiment les lieux 
obscurs , criblent de petits trous les matières qu'ils rongent , 
soit en état parfait , soit sous celui de larves. Les uns vivent 
dans le vieux bois , les autres attaquent les collections d'a- 
nimaux , les livres , les substances préparées avec de la fa- 
rine , etc. 

I. Antennes uniformes et simples. 
Les genres Ptine, Gibbie. 
IL Antennes uniformes , pectlnées ou très-en scie. 

Les genres Ptilin , Xylétine. ^ 

Nd^a. l.e genre sandalus de iM. Kiioch paroîf appartenir à la liibu 
des ce'brionites. 

IIL Antennes terminées brusquement par trois articles plus grands . 
Les genres Dorcatome , Vrillette. V. ces mots, (l.) 

PTINX. C'est, dans Moehring , le nom de I'Aishinga. 
V. ce mot. (.s.) 

PTIPJASES. Maladie des arbres. V. Arbre, (toll.) 

PTOMAPHAGE , Ptomophagus. Illiger donne ce nom 
aux Cholèves de Latreille. V. ce mot. (o.) 

PTSCHENIZA. Nom russe du Froment, (ln.) 

PÏSCHENO. Nom russe du Riz. (ln.) 

PTYCHOCARPA. Division du genre grevillea de Robert 
Brown , qui comprend des espèces susceptibles de former 
un genre distinct. Le ptychocarpe rentre dans le genre Ly- 
santhe de Knigt. (ln.) 

PTYCHODE, Ptychodes.i^tnve de plantes , de la famille 
des mousses, proposé par Weber , et composé de plusieurs 
espèces d'ORTHOTRiC. (P.B.) 



^ XT A 345 

PTYCHOPTÈRE , P/ychoptem , Meig. , Latr. , Fab. 
(icnre dMnsectes de l'ordre des diptères , famille des némo- 
cères, tribu des tipulaires , et dont les caractères sont : point 
d'yeux lisses ; yens ordinaires ovales et entiers ; ailes écar- 
tées; dernier article des palpes noueux ou comme articulé; 
antennes presque sétacées, un peu velues , de seize articles , 
dont le troisième fort long, cylindrique , et les suivacs, ova- 
laires ; lèvres de la trompe longues et inclinées. 

L'espèce la plus connue est la Ptychoptère tachetée , 
Plychoptera cuntaminata , Meig. , Dipi. , part, i , tab. 4 » 
fig. 10- 13. Elle est d'un noir foncé , avec deux bandes fauves , 
divisées quelquefois en quatre taches , sur l'abdomen. Les 
ailes ont deux bandes noirâtres et courtes; sa chrysalide est 
cylindrique , velue , avec un fil allongé , à son extrémité an- 
térieure. Voyez Réauraur , Mem. imeci. ^ tom. 5, pi. 6, 

fig. I.(L.) 

PÏYCOSPERME, Ptycosperma. Genre de palmiers, éta- 
bli par Labillardière, sur une seule espèce découverte par 
lui dans l'île de la Nouvelle - Irlande. Sa tige a quelque- 
fois soixante pieds de haut , sur deux à trois pouces seulement 
de diamètre. Ses feuilles sont ailées, et composées d'une 
trentaine de folioles alternes , tronquées obliquement, et ir- 
régulièrement dentées au sommet. Son régim.e , d'abord 
renfermé dans une spathe de plusieurs pièces caduques , a 
trois pieds de long, est fort rameux, et porte un grand nom- 
bre de fleurs hermaphrodites et sessiles, chacune composée de 
six folioles inégales , de vingt à trente étamines attachées au 
réceptacle et d'un ovaire supérieur , surmonté d'un stigmate 
trifide. 

Le fruit est une baie rouge, fibreuse , contenant une amande 
fibreusft. 

Ce palmier se rapproche des Arecs et des Elatés. (c.) 

PTYOCERE , Piyocerus. Genre d'insectes coléoptères , 
établi par Thunberg sur le melasîs inysiacina de Fabricius. Je 
soupçonne que le melasis picea, figuré par M.Palisot-de-Beau- 
vois {InsecL rerueill. en Afriq. et en Amer. Coléopt. , pi. 7 , 
fig. I ) , est congénère. Si mes conjectures sont fondées , les 
ptyocères seroient intermédiaires entre les iaiipins et les céro- 
phytes. (l.) 

PUAN-BOUGA. Nom qu on donne, à Java , à une es- 
pèce de PÉRAGU , Clerodendrum calamiiosum , L. (ln.) 

PUANT. Dénomination que , dans les campagnes, on a 
donnée au putois ( espèce de Marte ) , à cause de l'odeur 
insupportable qu'il répand au loin, (s.) 

PUANT, Bête puante. Surnom donné aux Moufettes. 
V.'cQ mot. (desm.) 



34G P U C 

PUANT. Un des noms vulgaires de la Huppe et dti 

MARinN-PÊCHEUR, (B.) * 

PUBERTÉ, r. Génération, car c'est Te'poque à la- 
quelle on y devient apte, (virey.) 

PUBIS. Se dit des deux os qui unissent le bassin anté- 
rieurement, et se soudent par une symphyse. Ils sont atta- 
chés aux os des iles et ischion. Ces os sont recouverts par un 
coussinet d'un tissu cellulaire , graisseux chez l'homme et 
encore plus dans la femme ; à l'âge de puberté , ils se cou- 
vrent de poils. F. Sexe, (virey.) 

PUCC \RARA. A la Guyane , au rapport deBancroft , 
c'est le nom d'un quadrupède , qui paroît être Vaperea ou le 
type de l'espèce du Cobaye cochon d'Inde, (desm.) 

PUCGINIE , Puccînia. Genre déplantes cryptogames de 
la famille des Champignons, qui a été établi aux dépens des 
Moisissures de Bulliard. Il offre pour caractères : un cylin- 
dre, sur lequel sont posées des semences caudées, disposées 
en rayons , et qui se déchirent avec élasticité. M. Link n'y 
comprend que les espèces dont les sporidies sont oblongues , 
cylindriques , cloisonnées et stipilées. 

Ce genre contient un grand nombre d'espèces , dont l'une 
est figurée pi. 4» 5 de V Herbier de la France , par Bulliard. 

Draparnaud a fait un nouveau genre aux dépens de celui- 
ci , et l'a appelé Strombome. 

Lies Puccinies, comme les Uredo et les Ecidies, vivent 
sur les plantes vivantes qu'elles font périr ou dont elles em- 
pêchent au moins la fécondation. Il n'y a pas plus moyen de 
s'opposer à leurs ravages qu'à ceux de la Carie , du Charbon 
et de la Rouille. Les plantes cultivées auxquelles elles nui- 
sent le plus, sont : le Rosier, I'Orme , le Jasmin, k Gro- 
seillier rouge, les Pruniers , le Froment et autrel^ Gra- 
minées , les Haricots , les Trèfles, les Pois. 

Quatre espèces de ce genre sont figurées pi. 3 de l'ou- 
vrage de Bernardi , sur les plantes rares de la Sicile, (b.) 

PUCE , Pu/ex. Genre d'insectes , de l'ordre des suceurs , 
dans ma Méthode et celle de Degéer; de celui des rhyn- 
gotes , dans le Système de Fabricius; de l'ordre des aptères, 
dans la plupart des autres méthodes , et formant seul Tordre 
du même nom , dans celle de M. de Lamarck. Ses caractères 
sont: six pattes; point d'ailes; des métamorphoses; un bec 
articulé, formé de deux lames, renfermant un suçoir. V. 
l'article Suceurs. 

En divisant , comme l'a fait M. de Lamarck , les insectes 
qui subissent des métamorphoses en deux grandes coupes , 
ceux qui ont des mandibules et des mâchoires , et ceux où 



P U C 247 

ces organes sont transformés en un suçoir, l'ordre des su- 
ceurs semble être intermédiaire entre les hémiptères et les dip~ 
tères. Voyons les caractères des puces. 

Le genre des puces nous offre des insectes dont la bouche 
a de grands rapports avec celle des hémiptères, et dont les 
mélamorphoses ressemblent parfaitement à celles de plu- 
sieurs tipules , qui doivent incontestablement être mises à la 
tête des diptères. 

Les puces ont le corps ovale , comprimé , revêtu d'une 
peau assez ferme , divisé en plusieurs anneaux , dont ceux 
qui forment l'abdomen sont composés de deux lames , 
l'une supérieure et l'autre inférieure ; la tête de ces insectes 
est arrondie en dessus, très-comprimée sur les côtés, tron- 
quée à sa partie antérieure et inférieure ; elle est pourvue de 
deux yeux petits , ronds, luisans, qui paroissent lisses , et qui 
sont situés sur les côtés; de deux antennes courtes, insérées 
près des organes de la manducation , composées de quatre 
articles presque cylindriques , dont le dernier est un peu plus 
gros , plus allongé , comprimé et arrondi à son extrémité ; 
d'une bouche consistant en une espèce de lèvre supérieure , 
formée de deux espèces d'écaillés triangulaires, représentant 
peut-être les palpes; d'un bec cylmdri -conique , court , à 
trois articulations, formé de deux lames ou valvules réunies , 
et servant de gaine à un suçoir de deux soies; sous les yeux 
est un petit enfoncement , dans lequel on voit se mouvoir de 
temps à autre un petit corps cylindrique ; les pattes sont 
grandes, surtout les postérieures, qui servent à l'animal pour 
sauter; les antérieures sont insérées sous la tête ; elles sont 
toutes plus ou moins épineuses ; les hanches sont grandes ; les 
tarses sont presque cylindriques, longs , à cinq articles dis- 
tincts , et terminés par deux crochets contournés ; chacune 
de ces pattes est portée sur un article du tronc. 

Les organes sexuels du mâle consistent en une pièce cylin- 
drique, renflée, tronquée et charnue à son extrémité, logée 
entre deux pièces ou valvules, sur la face interne et concave 
de chacune desquelles est un crochet écailleux. Ces organes 
sont placés , comme à l'ordinaire , à l'extrémité de l'abdo- 
men. On voit à la même place, dans les femelles , deux val- 
vules latérales, voûtées et arrondies, et dans l'entre-dcux , 
une pièce faite un peu en losange , dontla moitié supérieure 
est coriacée, ponctuée et a une arête , et dont l'autre ou 
l'inférieure est membraneuse et percée d'un trou au milieu ; 
c'est l'ouverture destinée à recevoir les organes de la géné- 
ration du mâle et à rejeter les excrémens. 

L'accouplement de ces insectes présente un fait assez 
singulier. Le mâle est placé sous la femelle ; le ventre de 



34S P u c: 

de l'un esl appuyé contre celui de l'autre par les mêmes faces, 
et leurs têtes sont en regard. 

Si on renferme dans un vaisseau un certain nombre de 
femelles , dans le temps qu'elles commencent à paroître , 
quelqu'une d'elles ne tardera pas à pondre. Leur ponte est 
environ d'une douzaine d'œufs ; ces œufs sont assez gros , 
ellipsoïdes , blancs et un peu visqueux. Roësel prétend que 
la mère les laisse tomber au hasard ; mais il est probable 
qu'elle les colle à différens corps. Lorsque la saison est favo- 
rable , les œufs éclosent au bout de cinq à six jours. A la 
sortie de son enveloppe, la larve estblanche et transparente; 
un peu plus âgée , elle devient rougeâlre. Une chose qui de- 
vroit nous surprendre , si nous ne savions combien la nature 
mis de finesse et de sagacité dans ses moyens conservateurs 
de la postérité des insectes , est la difficulté de rencontrer 
dans nos appartcmens celte larve. Il est hors de doute que 
nous y en avons beaucoup. Examinez cependant avec soin 
les balayures de votre chambre à coucher , et rarement y 
découvrirez-vous ces larves. Il estdonc vraisemblable qu'elles 
se tiennent cachées dans les replis des différentes pièces qui 
composent nos lits, ou dans tout autre endroit qui les dérobe 
à nos poursuites. Il est plus aisé de les trouver dans les nids 
des oiseaux, des pigeons. Elles s'attachent fortement à la 
tête de ces derniers , lorsqu'ils sont jeunes , et leur sucent le 
sang au point d'en être toutes rouges. 

Ces larves sont allongées, cylindriques, sans pattes , quoi- 
que des auteurs leur en donnent; elles sont très-vives, et pres- 
que toujours en mouvement; elles roulent leur corps, soit en 
cercle, soit en spirale etserpentent;oncroiroit voir en elles de 
petits vers;elles ont treize anneaux, marqués par des incisions 
profondes ; la tête est écailleuse , ovale, sans yeux, munie de 
deux asjtennes très-petites, cylindriques, biarticulées ; la 
bouche offre deux barbillons coniques , dirigés en avant en 
forme de pointes mobiles , plus petits que les antennes ; ce 
sont peut-être des filières. Degéer dit avoir vu une pièce 
mobile et pointue , que la larve pousse continuellement en 
avant quand elle marche , s'en servant comme d'une patte , 
haussant et baissant continuellement la tête ; les anneaux 
sont garnis de quelques poils en petites touffes, et le dernier 
a deux longues tiges mobiles , transparentes , grosses à leur 
base , déliées ensuite , arquées en dessous , écailleuses , en 
forme de crochets , qui aident l'animal à s'accrocher sur 
le plan de position ; la transparence du corps laisse aperce- 
voir dans son milieu un vaisseau , occupant presque toute 
sa longueur, droit , excepté vers le bout postérieur , où il se 
détourne et fait une courbe en zigzag ; les parties charnues 



P u c ,49 

des plumes , le sang des animaux, elc , lui servent de nourri- 
ture. Après avoir demeuré une douzaine de jours dans cet 
état (i) , si le temps a été assez chaud , la larve se renferme 
dans une petite coque soyeuse , ellipsoïde , blanche en dedans , 
grise en dehors, et souvent couverte de poussière , qu'elle 
attache aux corps environnans ; bientôt elle s'y change en 
nymphe , dont la forme ne diffère presque pas de celle de 
l'insecte parfait. Je ne pense pas, comme paroît le croire 
Roësel , que les individus plus clairs soient des mâles , puis- 
que dans l'état parfait cette différence de teintes ne s'observe 
point , du moins comme un signe indicateur des sexes. Onze 
ou douze jours après que cetle larve s'est ensevelie dans ce 
tombeau , la nymphe se dépouille d'une pellicule qui enve- 
loppoit ses membres , devient insecte parfait , et se montre 
à nos yeux sous la forme quj j'ai décrite et qu'elle conserve 
toujours. Des sauts signalent les premiers instans de sa nou- 
velle vie. Les larves qui ne sont nées qu'à la fin de l'été , 
passent l'hiver sous cette forme. 

Les puces , comme tout le monde sait , sont des insectes 
parasites ; elles préfèrent la peau délicate des femmes et des 
enfans à celle d'autres personnes. Elles nichent dans la four- 
rure des lièvres , des chiens et des chats, qui en sont très- 
tourmentés , surtout en été et en automne. Plusieurs oiseaux 
y sont très-sujets , tels que les pigeons , comme nous l'avons 
dit , ainsi que les poules et les hirondelles. 

Suivant le témoignage d'Ovington, les Indiens , confor- 
mément à leur croyance sur la métempsycose , prodiguent à 
ces animaux , ainsi qu'à toutes les espèces de vermines qui 
sucent le sang humain , des soins extravagans. Un hôpital a 
été établi pour elles, près de Surate. Leur pâlure est achetée 
aux dépens d'un imbécllle , livré pendant la nuit à la voracité 
de plusieurs de ces animaux. 

Les puces ont prêté matière à l'industrie de l'homme , et 
ont fait produire des effets surprenans d'adresse. On a vu 
une puce de grandeur médiocre traînant un canon d'argent, 
soutenu de deux petites roues, pesant quatre-vingts fois plus 
qu'elle , qu'on chargeoit de poudre , et qu'on faisoit partir 
sans que la puce parût épouvantée. Mouffet rapporte qu'une 
autre puce traînoit avec facilité une chaîne d'or , de la lon- 
gueur du doigt , avec un cadenas fermant à clef, et qui avec 
l'animal pesoit à peine un grain. Un ouvrier anglais avoit 
construit , suivant H 00k , un carrosse en ivoire , à six che- 
vaux , renfermant quatre personnes , ayant deux laquais sur 
le derrière , un cocher sur le siège , entre les jambes duquel 

II) Vn {!e mes amis en a conservé une pendant un an. 



35o P U C 

étoit un chien, traîné par une puce. Quelle finesse de travail! 
Mais pourquoi ne l'avoir pas consacré à des objets plus 
utiles f* 

En étudiant un si petit animal , plusieurs sujets d'admira- 
tion se présentent à notre esprit quelle force prodigieuse 
dans les muscles de la puce , puisqu'elle s'élève jusqu'à trente 
fois sa hauteur ! Quelle singulière structure dans le chalumeau 
avec lequel elle soutire notre sang ! Gomme la nature a été 
sage et prévoyante en lui donnant une forme comprimée, et 
qui fait que cet insecte pénètre plus facilement entre les poils 
des animaux, et s'y tient caché ! Comme elle l'a garanti en 
cuirassant son corps, l'enveloppant d'une peau ferme, élas- 
tique , et capable de résister à la pression de nos doigts ! 

Je n'entrerai pas ici dans le détail de tous les moyens qu'on 
a prescrits pour détruire ces insectes incommodes. I^es uns 
recommandent qu'on mette dans les appartemensdes plantes 
d'une odeur forte et pénétrante , la sarriete , le pouillot , ou 
des plantes acres , la persicaire , ou des végétaux à feuilles 
gluantes, des branches à' aune ; d'autres ont recours à un 
onguent mercuriel , à une eau bouillante , dans laquelle on 
a mis simplement du mercure , et qu'on répand dans la 
chambre. Il y en a qui prescrivent la vapeur du soufre. Les 
habitans de la Dalécarlie placent dans leurs habitations une 
peau de lièvre ; ces insectes s'y réfugient ; il est facile ensuite 
de les faire périr par le moyen de l'eau ou par le feu. 

Nous murmurons souvent contre la nature, et nous con- 
sidérons les puces et autres vermines , comme une tache qui 
souille le beau tableau qu'elle étale à nos yeux. Mais soyons 
raisonnables et admirons la sagesse de ses desseins , d'avoir 
choisi le sentiment de la douleur pour la sentinelle qui nous 
avertit de nos vices ou du désordre de nos habitudes. Entrons 
dans ses vues ; que la propreté sans faste règne dans nos ap- 
partemens ; exposons vers la fin de l'automne et vers le com- 
mencement du printemps , à une chaleur assez forte , les 
différens meubles qui pourroient receler nos ennemis , nous 
détruirons bientôt le germe de nos incommodités, et nous 
cesserons de calomnier la nature , si nous n'avons pas assez 
de reconnoissance pour l'étudier et l'admirer. 

On ne connoît encore qu'un petit nombre d'espèces de 
puces ; mais il est probable que lorsqu'on examinera avec 
plus d'attention les puces de différens animaux , on en dé- 
couvrira plusieurs autres espèces. 

Puce irritante , Pulesn imians , Linn. , Geoff. , Fab. Elle 
est d'un brun-marron ; ses pattes sont d'une couleur moins 
foncée; ses anneaux sont bordés de poils courts et roides , 



coutlîës sur la peau. Le mâle est de moitié plus petit que la 
femelle. On le trouve en Europe et en Amérique. 

Puce a bande , Pulex fasciatus ^ Bose; Bulletin des Sciences 
de la Société philomat. , n.° 44- Cette espèce se trouve sur le 
lérot, la taupe, le renard et le rai d' Amérique. Elle est d'un brun 
plus clair que la précédente. La partie supérieure de son second 
anneau a un rang désoles très-noires,imitant assez unebande. 
Puce pénétrante, Pulex penetrans, Linn. Cet insecte , 
connu dans les Colonies françaises sous le nom de chique , 
se trouve en Amérique, pénètre dans la chair des hommes 
par les pieds , y dépose ses œufs, et occasione des accidens 
fâcheux, la mort même. Sa trompe est de la longueur du 
corps , ce qui le distingue des précédens. On y rapporte le 
tunga dont parle Marcgrave , et qui est si incommode pour 
les habitans du Brésil. La puce pénétrante paroît devoir for- 
mer un genre particulier, (l.) 
PUCE AQUATIQUE. V. Daphnie, (l.) 
PUCE AQUATIQUE. On a aussi donné ce nom aux 
Gyrins ou Tourniquets, (desm.) 

PUCE DES FLEURS DE SCABIEUSE (^insecte). 
Muralto donne ce nom à un insecte peu connu. Voyez Collecl. 
acad. , part, étrang. , tom. 3 , pag. 4.76. (l.) 

PUCE DE NEIGE {insecte-:). Voyez PoDURE. (l.) 
PUCE DE TERRE. Les Mordelles ont été ainsi ap- 
pelées, (desm.) 

PUCE DE TERRE. Insecte du Cap de Bonne-Espé- 
rance, qui fait un grand dégât dans les jardins, en gâtant les 
semences et broutant les jeunes et tendres jets. C'est peut- 
être une Altise. (l.) 

PUCELAGE. Nom très-vulgaire et très-impropre, don- 
né quelquefois à la petite Pervenche. V. ce mot, (B.) 

PUCELAGE. Coquille du genre Porcelaine , Cryortca, 
Linn. (b.) 

PUCELLE. Nom qu'on donne , au marché de Paris , à 
un poisson assez peu estimé. C'est la femelle de I'Alose 
feinte. La Galanthine le porte aussi, (b.) 

PUCERON , Aphis. Genre d'insectes de l'ordre des hé- 
miptères, section deshomoptères, famille des hyménély très, 
tribu des aphidiens , ayant pour caractères : élytres de même 
consistance ; bec partant du dessous de la tête , allongé , et 
distinct ; antennes presque sétacées , sans soies au bout , de 
six à sept articles , dont les troisième et quatrième plus longs; 
tarses à deux articles. 

Les pucerons ont le corps mou ; la tête presque ronde, avec 
deux petits yeux lisses; les élytres et les ailes membraneuses, 
en toit, avive arête; l'abdomen ovale , ayant ordinairement 



a52 P U C 

deux tubercules ou deux mamelons à rcxlrémîté ; plusieurs 
sont aplères. 

Les pucerons sont de petits insectes qu'on trouve commu- 
nément réunis en très-grande quantité , sur presque toutes les 
plantes; ils sont lourds, marchent peu; on en voit d'immo- 
biles, former des masses sur des tiges et sur des feuilles. Les 
plus célèbres naturalistes ont écrit l'histoire de ces insectes, 
qui offrent des singularités dignes de fixer l'attention. La 
première, celle qu'on remarque sans observation suivie, c'est 
que, dans la même espèce , on trouve des femelles ailées et 
sans ailes. Ces dernières, qu'on pourrolt prendre pour des 
nymphes, sont des insectes parfaits , en état de se reproduire 
comme celles qui ont des ailes. Une autre singularité de ces 
insectes , c'est que pendant un certain temps de l'année , ces 
d'eux sortes de femelles mettent au jour des petits vivans , et 
pendant un autre, elles pondent des œufs qui paroissent des- 
tinés à perpétuer l'espèce qui périt pendant l'hiver. Ces fe- 
melles s'accouplent en automne , et c'est après leur accou- 
plement qu'elles sont ovipares ; pendant tout l'été , elles 
sont vivipares. Les femelles ailées et celles sans ailes, produi- 
sent également des petits qui deviennent allés , et d'autres 
qui n'auront jamais d'ailes. Ces femelles sont très-fécondes; 
elles font quinze à vingt petits dans la journée. 

La troisième singularité de ces Insectes, celle qui étonne 
le plus , et qui les a fhit observer avec la plus grande atten- 
tion , par Bonnet, Réaumur et Lyonet , c'est qu'ils peuvent 
se reproduire sans s'être accouplés; et il paroît que la femelle 
qui a reçu le mâle , en transmet rinfluence à ses descen- 
dans femelles, pendant plusieurs générations (i). Les ob- 
servateurs cités ont pris des petits en -sortant du ventre de 
leur mère , les ont élevés dans la plus parfaite solitude , et 
les ont vus en faire d'autres qui , ensuite élevés séparément 
et successivement , ont été féconds pendant plusieurs géné- 
rations, sans avoir eu de communication avec aucun individu 
de leur espèce. Bonnet , qui est celui qui a le plus étudié ces 
insectes , a vu neuf générations en trois mois, pour un seul 
accouplement. Quoiqu'il semble extraordinaire qu'il y ait des 
animaux en état de se perpétuer sans avoir été accouplés, on 
ne peut cependant douter de ce fait, attesté par plusieurs ob- 
servateurs dignes d'être crus. 

Dès que les pucerons sont nés , ils marchent et vont cher- 
cher sur la plante, un endroit pour s'y fixer et la sucer; 



(i) M. Jurlne de Genève a de'couvert In même proprit'le a des fe- 
melles de plusieurs espèces de monocles. 



^' T' (^' .53 

comme Ils aiment à vivre en société , ils se placent toujours 
les uns auprès des autres. Ils restent environ douze jours sous 
la forme de nymphe , pendant lesquels ils changent qua- 
tre fois de peau ; après avoir quitté la dernière , ils sont en 
étal de se reproduire. Rassemblés sur les feuilles ou sur les 
tiges des arbres , les pucerons paroissent être dans l'inaction ; 
mais ils sont occupés à en tirer le suc avec leur trompe. Sou- 
vent , leurs piqûres causent des altérations très-sensibles aux 
feuilles , même aux tiges des arbres. Ceux qui vivent sur le 
tilleul , s'attachent aux jeunes pousses , sur lesquelles les pe- 
tits s'arrangent à mesure qu'ils naissent ; ils se placent à la 
file les uns des autres , sur un des côtes du jet ; font prendre 
à la nouvelle tige différentes courbures , et se logent dans 
les cavités qu'elle forme. On voit souvent sur les groseilliers 
et les pommiers , des feuilles couvertes de tubérosiiés; ce 
sontles pucerons qui les font naître. Surlesfeuilles de forme, 
ils produisent des vessies ou espèce de galles creuses , commu- 
nément de la grosseur d'une noix , quelquefois aussi grosses 
que le poing. Ces galles ne sont pas habitées seulement par 
les petits, comme le sontles galles des cinips; elles renfer- 
ment aussi la mère , qui s'y loge pour faire ses pontes. 

Presque tous les pucerons sont plus ou moins couverts d'un 
duvet cotonneux ; ceux qui vivent sur le chou et sur le pru- 
nier n'ont que très-peu de cette matière qui resseuïble à de 
la farine ; ceux des vessies de l'orme en sont entièrement cou- 
verts. Cette même matière se trouve sur ceux du peuplier , 
sous la forme de filets cotonneux ; mais aucune espllfce n'en 
a une aussi grande quantité que celle du hêtre; ces filets ont 
quelquefois un pouce de longueur , et sont flottans sur le 
corps de l'insecte , auquel ils tiennent peu ; le frottement 
les enlève. 

Partout où on trouve des pucerons, on est presque sûr de 
trouver des fourmis ; elles y sont attirées par leur goût pour 
une liqueur sucrée qui découle continuellement des deux 
cornes que les pucerons ont à l'abdomen; il en sort une assez 
grande quantité pour que les vessies de l'orme et les tubéro- 
sités des feuilles du groseillier en contiennent des gouttes de 
la grosseur d'un pois; cette liqueur, qui est limpide et trans- 
parente , s'épaissit à l'air. P\éaumur dit qu'elle est aussi douce 
que le miel, et d'un goût plus agréable. 

Les pucerons sont très-nombreux , et le seroient encore 
davantage , sans des ennemis terribles qui les dévorent chaque 
jour par centaines. Les larves d''hémérobes, et celles de quel- 
ques diptères de la tribu des syrphies , en suivant leur appétit , 
délivrent les cultivateurs d'un fléau ; car ces insectes si féconds 
se multiplieroient à un tel point, qu'ils finiroient par dessé- 



a54 P U C 

cher les plantes qu''iis rendent difformes. Ces insecles étant 
fort mous , on peut les enlever avec un pinceau mouillé , et 
en purger ainsi les arbres peu élevés. Mais un moyen plus 
expédilifet plus facile,-est de brûler, sous les arbres, du sou- 
fre ou du ^abac , et d'en conduire les vapeurs ou la fumée 
sur les parties affligées , avec un soufflet ou un tuyau. On a 
décrit plus de soixante espèces de pucerons , parmi lesquels 
on distingue les suivans : 

Puceron DE l'orme , Jphisjilmi, Linn. , Geoff. , Fab. Il 
a les antennes grosses , le corps cylindrique , de couleur 
brune , couvert d'une poussière farineuse ; les ailes très-lon- 
gues, en toit, avec une petite tache brune, au milieu du bord 
extérieur ; les cornes de l'abdomen courtes. 

Il vit rassemblé , en grande quantité , dans une vessie at- 
tachée aux feuilles de l'orme par un pédicule très-court. 
Cette vessie est produite par l'extravasation des sucs de la 
feuille piquée par ces pucerons. 

Puceron du peuplier, Âphis populi, Linn., Fab. Il est 
vert entièrement, et couvert d'un duvet cotonneux assez long. 

On le trouve en quantité sur les feuilles du peuplier noir , 
renfermé dans une feuille pliée en deux , qui forme une 
vessie ; chaque feuille est , en outre , couverte de tubérosités 
rougcâtres. 

Puceron du sureau , Aphis sambuci , Linn., Geoff. , Fab. 
Il est d'un bleu noirâtre. On le trouve en si grande quantité 
sur le sureau , que les feuilles et les liges en sont couvertes. 

PucÊliON DU HÊTRE , Aphis fag'i , Linn. , Geoff. , Fab. Il 
est entièrement vert , couvert d'un duvet blanc , cotonneux, 
quelquefois long d'un pouce , lorsque l'insecte est âgé ; très- 
court , lorsqu'il est jeune ; ce duvet s'enlève par le moindre 
frottement. 

On le trouve sur le hêtre. / 

Puceron du chêne , Aphis roboris , Linn. , Fab. Il est 
assez gros, d'unbrunnoirâtre:sespattessont très-longues; les 
antérieures sont d'un brun jaunâtre ; ses cornes sont très- 
courtes. On le trouve sur le chêne. 

Puceron DU LAiTRON , Aphis somhi^ Linn. , Geoff., Fab. 
Il est d'un vert mat ou bronzé ; il a une queue recourbée , 
placée à l'extrémité de l'abdomen , entre les deux cornes. 
M. Dutrochet , dans un mémoire lu à l'Académie des 
Sciences , a décrit les organes générateurs de cette esj)èce. 

Puceron des écorces , Aphis guercih, Linn. , Geoff. , Fab. 
Il est très-petit , d'un brun-roux. Ce que cet insecte a de sin- 
gulier , c'est sa trompe , qui est trois fois plus longue que 
son corps ; il la porte sous son ventre, et son extrémité est 
relevée sur le dos; il la raccourcit et l'allonge à volonté, ei 



P U D .5 



renfonce tellement dans l'écorce des arbres , que pour l'en 
ôter , on enlève avec lui un petit fragment de bois. Ce puccr- 
ron n'a pas de cornes. 

On trouvera dans le troisième volume des Mémoires sur les 
Insectes de Degéer , dans la Faune de Bavière de Schranck 
les descriptions détaillées d'un grand nombre de pucerons. 
V. aussi les Mémoires de la Société d'agriculture de Londres , 
sur le Puceron du rosier , et le septième volume des Actes 
de la Société Linnéenne. (L.) 

PUCERONS AQUATIQUES ou PUCERONS 
RRANCHUS. On a ainsi appelé les crustacés du genre 
Daphnie, (b.) 

PUCERONS BRANCHUS. V. l'article précédent, (b.) 

PUCERONS C FAUX ). V. P.sylle. (l.) 

PUCHAMCAS. Nom donné par les Indiens, au Néflier 

A FEUILLES DE CORNOUILLER de Lamarck , n.o 17, (B.) 

PUCHINouPUClN. V. Poussins. (DESM.) 
PUCHO. C'est le Costus d'Arabie, (b,) 
PUCHOT. Nom donné à la Trombe de mer , par quel|L 
ques voyageurs. V. Mer. (pat.) 

PUCIERE. Nom vulgaire du Psylion. (e.) 

PUCIN. V. PUCHIN. (DESM.) 

PUCSARMA. Nom du Balisier , à Ceyla-n. (ln.) 

PU-CUM-TSAO. Une espèce de Lfondent ( Leontodon 
chinense ^ Lour. ) porte ce nom, à la Chine, (ln.) 

PUDEL 0U.BUDEL. Noms allemands des Chiens ca- 
niches ou Barbets, (desm.) 

PUDENDUM MARINUM, Pudendum regale. On a 
donné ces noms à diverses espèces d'HoLOTHURiE. (desm.) 

PUDIS. En Languedoc , on désigne par ce nom le 
Térébinthe , et une espèce d' Alisier ( Cratœgus tormina- 
lis). (LN.) 

PUDER ou GAT- PUDRE. Au pied des Pyrénées, 
et dans la vallée de l'Aude > c'est la Marte putois (Mus- 
tela putorius ). (desm.) 

PUDU. Ruminant du Chili, décrit par Molina , placé 
long-temps dans le genre des moutons, que M. Blainville croit 
devoir rapporter à celui des Antilopes , à cause de la forme 
des cornes qui sont rondes et lisses. V. Antilope améri- 
caine , tome 2 , pag. 208, 

Ce pudu est de la taille d'un chevreau de six mois ; sa 
couleur est obscure ; et son menton n'a pas de barbe. Le 
mâle seulement a de petites cornes divergentes. Il habile les 
montagnes , et descend dans les vallées dans les temps de 
neige. Il est alors facile de le prendre et de l'apprivoiser , 
parce qu'il est d'un naturel docile, (desm.) 



256 P U 1 

PUERCO. Eu espagnol, c'est le Cochon , et puerca , fa 
Truie, (desm.) 

PUETTE. La Passer. \ge se nomme ainsi dans quelques 
lieux, (b.) 

PUÏTIN. V. Pétrel-puffin et Macareux. 

PuFFiN DU Brésil. V. Pétrel-puffin du Brésil. 

PuFFiN du Cap de Bonne-Espérance. V. Pétrel-puffin 

BRUN. 

PuFFIN CENDRÉ. F. PÉTREL-PUFFIN CENDRÉ , Seclion des 
PÉTRELS-PUFFINS. (V.) 

PUG-DOG. Les Anglais désignent par ce nom la race du 
chien àogw'n. (DESM.) 

PUGK). Ce nom , qui signifie poignard en latin, étoit 
donné par les anciens au Glayeul , à cause jie la forme 
des feuilles de cette plante, (ln.) 

PUGIONION, Pugionium. Plante à feuilles linguiformes, 
entières, semi-amplexicaules; à fleurs petites, disposées en 
grappes terminales, sur des pédoncules très-écarlés , qui fai- 
^^it partie des Buniades, mais dont Gsertner a fait un genre 
particulier dans la tétradynamie siliculeuse. 

Ce genre a pour caractères : un calice court ; une corolle 
de quatre pétales étroits , entiers , acuminés ; six étamines , 
dont deux plus courtes ; un ovaire supérieur , biloculaire , 
surmonté d'un style court , à stigmate simple ; une silicule 
membraneuse, comprimée transversalement, ovale, termi- 
née à chacune de ses extrémités par un appendice allongé , 
ensiforme, muni sur ses côtés de pointes divergentes, unilocu- 
laire dans la maturité, et contenant une seule semence arillée. 

Le pugion croît dans la Sibérie et dans la Perse. Il n'est 
remarquable que par la singulière conformation de son fruit. 

(B.) 

PUHACZ. Nom polonais du Grand-duc. (v.) 

PU-HOAM. Nom donné, en Chine, à une espèce de 
Massette ( typha lalijolia , Lour. ). (LN.) 

PUINE. L'un des noms vulgaires du Cornouiller san- 
guin, (b.) ^ 

PUITAGA. Nom que les naturels du Paraguay ont im- 
posé au Tyran botaveen. V. ce mot. (v.) 

PUITS. Tout le monde sait qu'un puiis ordinaire n'est 
autre chose qu'un trou dans la terre , creusé perpendiculai- 
rement jusqu'à ce qu'on trouve une source dont l'eau coule 
sur un lit de glaise ou de roche , ou autre matière imperméa- 
ble , dans laquelle on creuse à la profondeur de quelques 
pieds, pour former un bassin dans lequel se rassemble l'eau 
qui suinte des couches de terres supérieures. 

Dans les travaux des mines , on nomme puits ou ôures^ des 



P U L 



5/ 



ouvertures ftarrë^es , creusées perpendiculairement dans la 
terre , et revêtues de charpentes pour empêcher les ébouie- 
niens. Ces puits servent ordinairement à plusieurs usages , et 
sont d'une grandeur assez considérable : on leur donne jus- 
qu'à dix pieds sur quatre de largeur. Ils servent , soit au pas- 
sage des ouvriers , soit à extraire les eaux ou le minerai , et 
sont disposés suivant l'usage auquel on les destine. Ceux qui 
servent au passage des ouvriers , sont garnis d'échelles per~ 
pendiculaires de vingt -cinq à trente pieds de longueur, au 
pied desquelles est un repos , et à côté , un puils semblable 
au précédent , et ainsi jusqu'au fond de la mine , qui a sou- 
vent cinq à six cents pieds de profondeur , et quelquefois 
bien davantage. 

Ceux qui sont destinés à l'extraction du minerai, vont sans 
interruption jusqu'aux galeries où se font les travaux. 

Les puits à air ou puits (ïairage sont uniquement dfeslinés 
à changer l'air des souterrains au moyen d'un tuyau qui 
monte depuis le fond de la mine jusqu'au jour , où l'air des 
souterrains est pompé au moyen d'un fourneau placé sur 
l'ouverture du puits. V. Mines, (pat.) 
PUKSHISK. V. Berglronette DE LA BAIE d'Hudson.(v.) 

PULCOLI. Rhéede figure sous ce nom la Carmantine 
NEZ ( justicia nasuta ). (B.) 

PULE. Nom de deux arbres figurés par Rumphius , dont 
l'nn appartient à la famille des Apocinées , et l'autre à celle 
des Urticées , mais dont on ne connoît pas les parties de la 
fructification, lis ne présentent rien de remarquable, (b.) 

PULEGIUM. Deux plantes sont mentionnées par Pline, 
sous cette dénomination : Tune est le pulegium que l'on culti- 
voit , et l'autre le pulegium sauvage. 

Pline ne donne pas de description de la première espèce ; 
il se contente de faire observer qu'on en distinguoit deux sor- 
tes , qui ne différoient absolument que par la couleur des 
fleurs , rouges dans le pulegium qu'il nomme femelle , et 
blanches dans le pulegium mâle. Il s'étend beaucoup sur leurs 
propriétés plus exaltées dans le premier pulegium , ce qui 
démontre qu'ils étoient des plantes très-connues. L'odeur 
véhémente qu'exhaloit la fleur du pulegium frais , tuoit les 
pures ; c'est ce qui lui avoit fait donner son nom de pulex 
(puce). Les couronnes de pulegium étoient préférées à celles 
de rose , pour calmer les douleurs et les tournoiemens de tête; 
l'odeur seule des fleurs opéroit ces effets; la graine, également 
très-odorante,àlasentirseulement,rendoit laparoleàceux qui 
l'avoient perdue. Les autres vertus et les nombreux usages da 
pulegium cultivé , sont relatés dans Pline , et dénotent que 
«ette espèce étoit échauffante à un haut degré , stomachique , 

xxviii. 17 



258 P U L 

anlivomitive , fortifiante, calmante, utile dans la touï, 
propre à guérir les ulcères de la bouche , et à calmer les 
convulsions, etc. C'est immédiatement après le mentha, que 
le naturaliste romain traite du pule^ium cullioé ; et il fait 
remarquer que ces deux plantes ont les plus grands rapports. 
C'est â la suite de ce premier pulegiiim, et avant le nepeta . 
qu'il place le pulegium sauvage : « Cette herbe , dit-il , a 
beaucoup plus de vertu en tout que la précédente ; elle 
ressemble ^V origan; ses feuilles sont plus petites qne celles 
du pulegium cultivé. Quelques personnes l'appellent dictam- 
nus , et l'on dît qu'aussitôt que les chèvres et les moutons en 
ont mangé , ils se mettent à bêler ; c'est pourquoi il y a des 
auteurs grecs qui l'appellent blechon ( d'un mot grec qui si- 
gnifie bêlement ). Cette herbe est si chaude, qu'elle fait en- 
fler en forme de vessie, et qu'elle excorie les parties du corps 
qu'on en frolle : aussi les médecins ordonnent-ils de s'en 
frotter avant que d'entrer dans les bains , etc. » Pline ter- 
mine son récit , en faisant remarquer que le pulegium sau^ 
oage et le nepeta , ont une grande conformité entre eux. 

Les pulegium, de Pline , d'après leurs qualités, et par leur 
rapprochement du m.eniha , de VoTiganum et du nepeta , 
étoient très-certainement des plantes labiées. Parmi celles-ci, 
il faut remarquer que les menthes , les mélisses , les thyms , 
les calamens , sont des plantes très-odorantes, mais plus par 
i'arome qui s'exhale de toutes les parties , que par celui des 
fleurs. Il est probable que c'est parmi les plantes ci-dessus 
nommées , que les pulegium doivent rentrer. Mais nous ne 
croyons pas affirmer que notre pouillot ( mentha pulegium ) , 
qui croît partout dans les prairies humides, et qu'on ne cul- 
tive pas , soit le pulegium cultivé de Pline ; rapprochement 
qui a été fait par un assez grand nombre d'auteurs. On pour- 
roit peut-être croire que c'est le pulegium sauvage , mais on 
a dit et avec plus de vraisemblance , que ce dernier peut 
avoir été notre melissa nepeta. Le lierre terrestre Çglechoma 
Jiederea) n'ayant pas les vertus exaltées de cette plante, ne 
peut être confondu avec elle. Enfin, il est possible qu'une 
menthe cultivée ( mentha viridis ) soit le pulegium cultivé de 
Pline. 

Le blechnon de Dioscoride , et le pulegium sauvage de 
Pline , sont regardés comme la même plante. Ces deux na- 
turalistes sont d'accord sur les propriétés et l'origine du nom 
grec de cette plante ; mais le premier n'en donne pas de 
description. 

Le pulegium est nommé puleium par Cicéron et par Co- 
lumelle ; pulleum par Martial. On l'a également appelé pan- 
tagathon ( toute bonne , en grec) , glechon, hlechron, arsenicanlon. 



P ^' L =59 

Chez les moderrres , la menthe pouiilot a conservé le nom 
<le;o?</^^/«m. Adansonen a fait un genre qui n"a pas été adopté 
et qui tiroit ses rarartères : de ses verticilles composées de 
trente fleurs pédictllées; de sa corolle sessile ; de ses écail- 
les florales larges; et de ses feuilles florales et caulinalres, 
toutes semblables. 

ILes menthu pulegiuni et ceivlna, le thymus acinos , le dinopo- 
diiim vu/gare, et plusieurs autres labiées, sont décrites sous le 
nom de pulegium^ dans les ouvrages des botanistes les plus 
anciens. Sloane a désigné depuis sous le même nosn quelques 
espèces de Spermacoce . el Morison, le thyinus virginicus , qui 
est le genre fureta d'Adanson , nomme depuis koellia par 
Moench , brachysihemum par Michaux , et réuni au pycnan- 
ihemum par Persoon. (ln.) 

PULEX. Nom latin de la Puce, (desm.) 

PULICARIA. Nom donné à plusieurs végétaux , soit 
parce que leur graine a la forme d'une puce, ou que Todeur 
qu'ils répandent dans leur fr.iîoh'^ ur, fait fuir cet insecte. On 
l'a donné au conyta des anciens , nosre Conyse commune 
( conysa squnrrosa, L. ) , à Vinnlapulicaria , Linn. , dont quel- 
ques naturalistes font un genre distinct; an plantago psyllium, 
au polygonum minus , Willd,, et au carex pulkaris. Cette der- 
nière plante l'a reçu à ca\\>c de la couleur et de la grosseur 
de ses graines , semblables à celles de la puce. Voyez PuLi- 
CAIRE et Inule. (ln.) 

PULICAIRE , Pulicaria. Gaertner donne ce nom géné- 
rique aux espèces A'Inules qui ont les semences couronnées 
d'aigrettes doubles. V. Inules. On nomme aussi Pulicaire 
le PSYLLION. (b.) 

PULLON. La Foulque du lac Majeur, (desm.) 

PULLY- SCHOUADI. C'est le nom sous lequel la 
QUAMOCLITTE PIED DE CUÈVRE esl figurée dans Rhéede. (B.) 

PULMOBRANCHES. Nom donné, par Blainville , à 
un ordre de Mollusques non symétriques , dont les bran- 
chies ont quelques rapports d'organisation avec les pou- 
mons, (b.) 

PULMONAIRE, Pulmonarîa. Genre de plantes de la 
pentandrie monogynie et de la famille des borraginées, dont 
les caractères consistent : en un calice prismatique , à cinq 
côtes et à cinq découpures ; une corolle infundibullforme , à 
tube cylindrique , à ouverture plus petite, et à limbe à cinq 
lobes droits et un peu ouverts ; cinq étamines ; un ovaire 
supérieur divisé en quatre parties , du centre desquelles 
s'élève un style à stigmate échancré ; quatre noix , presque 
rondes, obtuses , placées au fond du calice qui subsiste. 

Ce genre renferme sept à huit plantes à feuilles alternes , 



iGo P U L 

entières , rudes au toucher, et à fleurs disposées en corym- 
bes terminaux ou en épis. 

Les deux plus importâmes à connoître sont: 
La Pulmonaire officinale , qui a les feuilles radicales 
ovales en cœur , et les caulinaires lancéolées. Elle est vivace , 
et se trouve dans toute l'Europe , dans les bois arides , sur 
les pelouses sèches. Elle varie à fleurs purpurines et à fleurs 
blanches, à feuilles d'une seule nuance et à feuilles tachetées 
d'un blanc sale. Cette dernière est la plus commune dans les 
lieux exposés au soleil. La pulmonairefleurit une des premières 
au printemps , et fournit aux abeilles une grande quantité de 
miel. On la connoît sous les noms de grande Pulmonaire , 
Herbe aux poumons , Herbe du cœur , Herbe au lait de Notre- 
Dame , et Sauge de Jérusalem. Elle a un goût d'herbe un peu 
salé et gluant, qui la fait regarder comme très-adoucissante. 
On en fait des tisanes qu'on fait prendre aux pulmoniques 
avec beaucoup de succès , pour diminuer la salure ou l'â- 
creté de leurs crachats. On la mange, dans quelques cantons, 
comme les épinards. Autrefois, elle jouissoit d'une plus grande 
réputation qu'en ce moment , où on ne lui donne que les 
propriétés communes aux borraginées. 

La Pulmonaire maritime aie calice très-court, les feuil- 
les ovales, la tige rameuse et couchée. Elle est annuelle , 
et se trouve sur les bords de la mer , au nord de l'Europe. 
Les Irlandais la mangent , et la font confire dans du vinaigre 
ou dans de la saumure, pour leur consommation d'hiver, (b.) 
PULMONAIRE DE CHÊNE. C'est le Lichen pulmo- 
naire qui sert de type au genrePuLMONAiRE de Hoffmann.(B.) 
PULMONAIRE DES FRANÇAIS. C'est I'Epervière 

PULMONAIRE. (B.) 

PULMONAIRE DE TERRE. C'en encore un Lichen, 
Lichen caninus., L. (desm.) 

PULMONARIA. V. Pulmonaire et Symphytum. (ln.) 

PULMONELLE , Aplidium. Genre établi par Savigny , 
pour placer I'Alct^n figue, dont il a été à portée d'observer 
l'organisation. 

Ses caractères ont été rédigés ainsi par Lamarck, Histoire 
naturelle des animaux sans vertèbres : animaux biforés , agré- 
gés , fort petits , vivant dsns un corps commun , convexe , 
charnu, fixé, et n'offrant point, par leur disposition , plu- 
sieurs systèmes particuliers ; six tentacules à la bouche ; 
anus non apparent. 

On trouve la Pulmonelle sublobée attachée aux varecs i 
aux rochers, aux coquilles ahandonnées ; elle n'est point 
rare sur nos côtes. Cuvier l'a réunie à ses Polyclinons. (b.) 

PULMONÉS. Ordre de mollusques gastéropodes qui 



P U L ,6, 

rentre dans celui appelé Adélobranches par DumérJl. (b.) 

PULMONES. Ordre de mollusques gastéropodes, formé 
par M. Cuvier , et renfermant ceux de ces mollusques qui 
respirent l'air élastique par un trou ouvert sous le rebord de 
Jeur manteau , qu'ils dilatent ou contractent à leur gré. Les 
uns sont Terrestres: tels que \es limaces , les parmacelles ^ 
les hélices , les bulimes , les maillots , etc. ; les autres sont 
Aquatiques : tels que les onchidies , les lymnées , les plauor- 
bes, lesphyses, les auricules , etc. (DESM.) 

PULOCONDOR. r. l'article Mouffette, (v.) 

PULONOSI. C'est , selon Krachenninikow ( Hisi. du 
Kamtschatka ) , une espèce de canard qui arrive au prin- 
temps dans le Kamtschatka, et s'en retourne en automne 
comme les oies, (s.) 

PULPAZA. Nom servien du Grand Plantain (Plantago 
major'), (ln.) 

PULPE , Pulpa. Substance molle et charnue de plusieurs 
fruits et racines, (d.) 

PULPE DE MAGUEY. Liqueur enivrante, fournie par 
I'Agave du Mexique, (b.) 

PULPO. C'est le Poulpe , c'est-à-dire , une espèce de 
Sèche, (b.) 

PULQUE. Nom du vin qu'on retire du suc de I'Agave 
fiu Mexique, (b.) 

PULSATILLA. Espèce d' Anémone ainsi nommée, selon 
C. Bauhin, parce que les aigrettes de ses graines sont agitées 
et poussées par le plus léger vent. Ce naturaliste fait obser- 
ver que certains auteurs rapportent la pulsatilla au lemonia , 
quatrième espèce àHanémone , de Pline , laquelle croissoit 
dans les prés. Pline dit que les anémones dévoient ce nom à 
leurs fleurs qui s'ouvroient lorsqu'il faisoit du vent ; c'est 
l'étymologie que j'ai donnée de ce nom dans quelques articles 
de ce Dictionnaire , lorsqu'il s'agissoit des anémones des 
anciens. Un académicien de Dijon prétend qu'il a été donné 
à ces plantes , parce qu'elles croissent dans les lieux battus 
par les vents; il n'a suivi en cela qu'une explication moderne, 
qui n'est pas applicable aux anémone^ des anciens , soit 
parce qu'elle est évidemment opposée à ce qu'ils nous en 
ont dit, soit parce que le nom d anémone ne conviendroît 
pas , dans ce sens , à des plantes de prairies ; soit enfin , 
parce que les auteurs modernes , en donnant cette étymolo- 
gie , avoient en vue notre pufsatilla , qui ne paroît pas être 
une des anémones des anciens. On peut conclure, il est vrai, 
qu'une plante dont la fleur s'ouvre lorsqu'il fait du vent , doit 
croître dans des lieux exposés au vent ; la différence , cepon- 
ëant , est grande ; car la plante pourroit être agitée , et sa 



262 P U M 

fleur ne pas s'ouvrir. J'ai donc dû , après toutes considéra- 
tions , ni'en tenir à ce que dit Pline , et me tromper avec 
C Bauhin , Menlz^l , et d'autres auteurs très-respectables , 
plutôt que d adopter une opinion choquante. 

Je reviens au puhalUla. D'après quelques auteurs , cette 
plante devoil son nom à sa précocité; en effet, c'est une des 
premières plantes qui fleurissent de l'année, et qui semblent 
ouvrir les porres au printemps C'étoit auirefois la fleur du 
pâque ou passe-fleur , à cause de sa précocité et de son peu de 
durée. Adanson a cru convenable d'en faire , avec Tourne- 
fort , un genre où rentreroient toutes les espèces d'anémones 
à graines aigrettées ; mais il n'a pas été adopté ; il forme la 
première section du genre anémone de DecaodoUe {Sysi. 
végét.) , dans lequel rentrent les espèces de puhaiillades an- 
ciens botanistes. 

PULSATILLE. Plante du genre des Atsémones. (b.) 

PULTÉNEE, Pullenœa. (îenre déplantes de la diadeJ- 
phie décandrie et de la famille des léguuïineuses , dont les 
caractères consistent à avoir : un calice à cinq dents avec deux 
appendices bractiformes ; une corolle papilionacée , à éten- 
dard ovale, très-grand, à ailes concaves, et à couronne très- 
courte et très-obtuse ; dix étamines libres ; un ovaire supé- 
rieur surmonté d'un style presque droit; un légume oval, 
renflé et bisperme. 

Ce genre, qui se rapproche des Podalyries et encore 
plus des Daviesies, renferme une douzaine d'arbrisseaux , à 
feuilles simples et à fleurs axillaires et terminales, originaires 
de la Nouvelle - Hollande , dont deux ou trois se cultivent 
dans les jardins de Paris. Ils ne présentent rien de remar- 
quable. 

Les genres Mirbelie et Chorizème ou Podolobion, ont 
été faits à ses dépens. 

Le genre Aote sen rapproche beaucoup, (b.) 

PULVERAIRE, Puberaria. Genre de LlcnENS , qui ré- 
pond aux Léprâires d'Achard. (b.) 

PULVERATEURS. Ce sont les oiseaux qui ont l'ha- 
bitude de se rouler et se secouer dans la poussière, hes galli- 
nacés sont des oiseaux pubérateurs. V. au mot Oiseau, (s.) 

PUMA ou POUMA. Les habitans de Quito, au Pérou, 
donnent ce nom au Couguar , grande espèce de Chat. 
V. ce mot. (desm.) 

PUMAQU A et CH ACAN. Noms mexicains du Rocou , 
selon Hernandez. (lis.) 

PUMICIN. C'est un des noms de I'Avoira. (b ) 

PUMILEA. Ce genre, établi par P. Brown, est le même 
que le TuRiSERA de Linnseus. (ln.) 



P ^' N .63 

PUMITE. Nom donné à la Ponce , par M. Cordier , 

dans sa Classification des laves. F. à la fin de l'article Laves. 

(LN.) 

PUM-NGO-MEU. Nom donne' , en Chine , au curcuma 
ruiunda^ qui croît sur les montagnes de cette contrée et en 
Cochinchino. V. Ngai-mio. (ln.) 

PUMOS. Nom mexicain d'un V kimiy.K {^corypha pumos^ 
Kunth. ) , qui croît au pied du volcan de JoruUo, proche le 
bourg Aguasarco , à cinq cents et huit cents toises d'éléva- 
tion. (LN.) 

PUNAISE, Cimex. Genre d'insectes , de l'ordre des hé- 
miptères , section des hétéroptères , famille desgéocorises, 
tribu des membraneuses. 

Le genre punaise, cimex ^ de Linnœus, comprend l'in- 
secte de ce nom , malheureusement trop connu par l'odeur 
désagréable qu'il répand , et par les tourraens qu'il nous 
cause , la punaise des lits {cimex ieciularius). En démembrant 
ce genre , Fabiicius a placé celte espèce dans celui d'acan- 
thie, tàïiàis que des insectes, qui diffèrent du précédent par plu- 
sieurs caractères essentiels, sont réunis dans une autre coupe 
générique , portant le nom de punaise ( V. Pentatome ). 
Devant , pour nous faire entendre , autant qu'il est possible , 
de tout le monde , nous prêter au langage habituel et géné- 
ral , nous avons repoussé ce changement bizarre dans la 
nomenclature. 

. Notre genre punaise aura donc pour type la punaise des 
lits , cimex Ieciularius^ Linn. , Geoff. Ses caractères sont : bec 
naissant du front , dirigé en arrière , le long de la poitrine , 
droit, de trois articles , recevant , à sa base , un labre trian- 
gulaire , de grandeur moyenne ; pattes uniquement propres 
à la course ; tarses à trois articles distincts , dont le premier 
très-court ; corps aptère , ovoïde , très - aplati , membra- 
neux ; tête reçue postérieurement dans un corselet court, 
transversal , presque lunule ; point d'yeux lisses ; yeux glo- 
buleux , saillans ; antennes insérées au-devant d'eux , un peu 
plus longues que la tête et le corselet , brusquemeiit séla- 
cées , de quatre articles, dont le second et le troisième fort 
larges. 

D'autres détails descriptifs sont superflus , et plût à Dieu 
que nous fussions, à cet égard, moins savans, ou plutôt 
dans la plus parfaite ignorance ! 

Quel est celui qui n'a pas eu occasion de maudire l'odeur 
insupportable de lapunaise,et son humeur sanguinaire ? Elle 
vit dans nos foyers, se dérobe d'autant plus aisément à nos 
regards, qiie son corps étant plat, elle a la facilité de se loger 



a64 P U N 

dans les réduits les plus étroits que lui présentent nos apparle- 
mens , nos meubles , nos lits spécialement ; elle ne sort de sa 
retraite que la nuit. On ne sait que trop qu'elle vit en société 
nombreuse , qu'elle pullule prodigieusement , et que sa pos- 
térité, malgré toutes no3 recherches, échappe à la mort. 
Elle vient troubler notre repos et nous tourmenter , dans 
une saison positivement où le sommeil nous est le plus né- 
cessaire pour nous remettre de la fatigue du jour. La nature 
a donné à cet insecte une industrie singulière pour rendre 
inutiles les précautions que nous prenons , afin de l'éloigner 
de nous. S'il ne peut grimper sur nos lits par le bas , il a 
l'adresse de monter le long du mur , de gagner le plafond et 
de se laisser tomber lorsqu'il se trouve immédiatement au- 
dessus du lit. Une grande propreté, une attention extrême à 
visiter souvent , au printemps surtout, les lieux où \es punaises 
se ménagent une retraite plus favorable, à boucher les trous 
et les fentes des murs, nous garantiront de ces insectes in- 
commodes, ou en diminueront du moins le nombre. On in- 
troduira dans les lieux où ils se tiennent cachés , le plus pro- 
fondément qu'il sera possible , de l'essence de térébenthine 
de Venise , de l'essence vestimenta'e de Dupleix, de l'huile 
de pétrole , etc. Le gaz produit par une forte dissolution de 
cuivre et d'acide nitrique , les communications avec l'air ex- 
térieur étant fermées, ou la vapeur du soufre ,les atteignent 
partout et plus facilement; mais il faut avoir bien soin de 
sortir de l'appartement, et de n'y entrer qu'au bout de quel- 
ques jours , et avec précaution. 

On trouve dans les nids de lldrondelle des lioages , une pu- 
naise , semblable, pour la forme, à l'espèce domestique, 
mais constamment plus petite , velue, et ayant des couleurs 
plus ternes. 

Voyez, pour plusieurs autres insectes rangés parmi les pu- 
naises , les familles GÉocoRiSEs et Hydrocorises, où sont 
indiqués les genres qui comprennent ces insectes. 

La punaise des jardins , qui tue et suce les chenilles , suivant 
les observations de M. de Bridelle de Neuillan , Juum. de 
Physiq. , août 1782 , est un pentatome. U y auroit de l'incon- 
vénient à multiplier ces insectes pour détruire les chenilles 
des jardins, à raison de l'odeur désagréable qu'ils commu- 
niquent aux fruits sur lesquels ils passent, (l.) 

PUNAISE A AVIRONS. C'est le Notonecte. (desm). 

PUNAISE D'EAU. On donne ce nom auxNÈPES et aux 
NoTo^'ECTES. (desm.) 

PUNAISE-D'EAU. V. Hydrocorises. (l.) 

PUNAISES DES JARDINS, Punaises de bois. Voy.. 
Pentatome , Scutellère , Lygée. (l.) '' 



P U O =65 

PUNAISE DE MER. Quelques personnes donnent ce 
nom aux Oscabrions. (b.) 

PUNAISE -MOUCHE. C'est le Réduve {ndimus per- 
sonaius. (dëSM.) 

PUNAISE D'ORANGER {insectes). Nom donné au 
kermès des orangers de Geoffroy . (l.) 

PUNAISES TERRESTRES. Voyez Géocorises. (l.) 

PUNAISOT. Dans les campagnes de quelques parties 
de la France , on connoît la Marte putois sous cette déno- 
mination vulgaire, (s.) 

PUNARU, Poisson. V. Pinaru. (s.) 

PUNCH. Liqueur composée d'eau chaude , d'eau-de-vie, 
de jus de citron et de sucre , dont on fait[un grand usage , 
principalement en Angleterre et dans les colonies. 

On fait, à Manille , une espèce de puncli en substituant 
levinaurum, et on s'en trouve bien. Voyez Sangria, (b.) 

PUNGAMIE , Pungamia. Genre de plantes qui est de la 
diadelphie décandrie, et qui offre pour caractères : un calice 
presque entier et fort évasé ; une corolle papilionacée à éten- 
dard à peine plus grand que les ailes et la carène; dÎKétamines 
monadelphes ; un ovaire supérieur allongé , terminé par un 
style recourbé, à stigmate aigu ; un légume pédicellé, pres^ 
que rond , aplati et monosperme. 

Ce genre , très- rapproché du Ptlrocarpe , n'en diffère 
peut-être que par son légume à semence solitaire, (b.) 

PUNGITOPUM. Césalpin donne ce nom au Fragon 
épineux ; c'est le pungitopi des Italiens, (ln.) 

PUNICA. Ancien nom latin du Grenadier, etmaintenant 
celui du genre qui comprend cet arbre. Voyez Rhoa. (ln.) 

PUNNA. Arbre du Malabar, figuré par Rumphius , 
mais dont les parties de la fructification sont incomplètemeni; 
connues, (b.) 

PUOLAKA. Nom de I'Airelle ponctuée Ç^vaccinium 
vilis idœa , L. ) , en Finlande, (ln.) 

PUON-FUEN-EIEN. Une espèce de Lobelie ( /o^^Z/a 
chinensis , Lour. ) porte ce nom en Chine. (LN.) 

PUON-HIA. Nom donné , en Chine, à deux espèces de 

Gouets : arum iriphyllum , Thunb. , et draconilum , L. (LN.) 

PUORC. A Nice, le Baliste gaprisque porte ce nom; 

lepuorc murino est le Squale humantin , le puorc pei est le 

Callionyme flèche , ou bien encore le Lepadogastère. 

* (desm.) 

PUPAL-WALLÏ. Plante peu connue de la côte Ma- 
labafe, figurée par Rhéede (Mal. 7. tab. 8), et qu'on avoit 



26G P U P 

cru être le CadelarilappacÉ, {achyraniheslappacea^ L.) dont 
Adanson a fait son genre pupal^ adopté par Jussieu sous le 
nom de pupalia^ et nommé Dcsmochœta par Décandolle , qui 
n'a pas cru devoir le désigner par un nom dérivé de celui d'une 
plante qui ne doit point en faire partie. Ce genre comprend 
six espèces de plantes des Indes, confondues avec les cadelan, 
par les auteurs , et qui s'en distinguent essentiellement par 
l'absence des écailles et des dents entre les étamines. Ce genre 
est le même que le stachyarpagophora de Vaillant, (ln.) 
PUPALIE , Piipaha. V. ci-dessus Pupal-Walli. (ln.) 
PUPE. Nom vulgaire de la Huppe, (s.) 
PUPE. Voyez Nymphe, (o.) 

PUPILLE. Consultez l'article de TOE'il. (virey.) 
PUPIPARES , Pupipara. Y annWc d'insectes, de l'ordre 
des diptères , dont les caractères sont : bouche en forme de 
Lee , composée de deux lames ou valvules , recouvrant , en 
manière de tube , un suçoir formé de deux soies réunies en 
une , et partant d'un petit bouton , situé dans la cavité orale 
de la tête. 

Ces insectes s'éloignent, sous plusieurs rapports, des 
autres diptères, et forment, dans ma méthode , une sec- 
tion particulière , cgWq Aes éproboscidés ^ convertie, par M. 
Léach , en un ordre , celui des omaloptères. Leur corps est 
court , assez large , aplati , et défendu par un derme assez 
solide, ou presque de la consistance du cuir ; et de là le 
nom de coriaces^ que j'ai donné à la première sous-famille , 
celle qui se compose du genre liippobosque des auteurs ; la tête 
s'unit plus intimement au corselet que dans les autres dip- 
tères , paroît quelquefois comme 80udée avec lui , et ne se 
présente même, dans d'autres, que sous l'apparence d'un 
tubercule élevé ; elle porte sur les côtés antérieurs deux an- 
tennes courtes , tantôt sous la forme d'un tubercule , avec 
une soie, tantôt sous celle de deux petites lames velues ; les 
palpes manquent, ou peut-être forment-ils la gaine du su- 
çoir ; les pieds sont forts , écartés, et terminés par deux on- 
gles robustes , ayant, en dessous, une à deux dents , qui les 
font paroître doubles ou triples ; les ailes ont de fortes ner- 
vures, et manquent , ainsi que les balanciers, dans quelques 
espèces. Ces diptères, nommés, par quelques auteurs, 
mouches-araignées^ vivent exclusivement sur des quadrupèdes 
ou sur des oiseaux , courent très-vile et souvent de côté. 

Les métamorphoses de ces insectes sont très-singulières. 
Les œufs éclosent dans le ventre de leurs mères ; leurs larves 
s'y nourrissent et n'en sortent que lorsqu'elles doivent pas- 
ser à l'état de nymphe ; elles ont alors la forme d'un œuf, 
mou , blanc , et presque aussi grand que l'abdomen de la 



PUR 267 

mère ; sa peau se durcit et devient une coque solide d'abord , 
brune, ensuite noire, et souvent échancrée à un bout qui 
offre une plaque luisante ; cette enveloppe ne présente ni 
anneaux, ni incisions transverses, caractère qui distingue 
ces nymphes de celles des autres diptères analogues. Telle 
est l'origine de la dénomination de pupipares ^ que j'ai don- 
née à cette famille. / 

Je la partage en deux tribus ou sous-familles , les Coriaces 
et les Phthyromyes. V. ces mots, et celui de Nyctiribie. (l.) 

PUPIVORES , Piipwora , Latr. Famille d'insectes de 
l'ordre des hyménoptères, que je caractérise ainsi: abdo- 
men attaché au corselet par une simple portion de son dia- 
mètre transversal , ou même , et le plus souvent , par un 
très-petit filet ou pédicuFe , ayant ainsi à son point d'inser- 
tion un mouvement propre; nne tarière dans les femelles, 
servant d'oviducte. 

La plupart de ces petits animaux déposent leurs œufs, soit 
dans l'intérieur du corps, ou sur la peau de différentes larves 
d'insectes , et particulièrement des chenilles , soit dans les 
nymphes ou les chrysalides ; les œufs donnent naissance à 
d'autres larves qui rongent et font périr ces insectes ; telle 
est l'origine du nom de pupivbres , donné à cette famille. 

Les pupivores se partagent en six tribus , ou sous-familles : 
les EvANiALES, les IcHNEUMONiDES, Ics Gallicoles , les 
Oxyures et les Chrysides. V. ces mots, (l.) 

PTJPPA. Nom latin des coquilles du genre Maillot, (d.) 

PUPUT-LUPOGE. C'est ainsi que Belon uomme la 
Huppe. V. ce mot. (s.) 

PUPUT, PUTPUT. Nom donné à la Huppe, à cause de 
sa puanteur, (v.) 

PURAQUE. Nom du Gymnote électrique, (b.) 

PURETÏE. Sable noir, ferrugineux et brillant, dont il est 
question dans la minéralogie de Bomare , et qui est tantôt 
du fer oxydulé titanifère , et tantôt du titane oxydé ferrifère. 
La purette se trouve sur les bords de la mer et des rivières , 
dans des terrains volcanisés et dans des terrains qui ne le 
sont pas. (ln.) 

PURKE. Nom danois du Cochon, (desm.) 

PURPURA. Nom latin générique des Pourpres, (desm.) 

PURPURARIUS. Nom latin des Pourpriers ou ani- 
maux des pourpres, (desm.) 

PURPURINE. Préparation d'oxyde rouge de cuivre qui 
se fait à Venise , et qu'on emploie surtout dans les peintures 
au vernis ; c'est ce que les Italiens appellent bronzo rosso , le 
bronze rouge, (pat.) 

PURPURITES. Ce sont les Pourpres fossiles, (desm.) 



268 PUT 

PURSE. Au Groenland , c'est , dit-on , le Phoque com- 
mun, Anderson dit que dans le même pays, on l'appelle 
PusA. (desm.) 

PURSHIE, Purshia , Décand.; Tigarea, Purs. Arbrisseau 
des bords de la rivière Columbia,à l'ouest de l'Amérique sep- 
tentrionale , qui se rapproche des SpirÉes , et qu'on croit 
devoir former un genre dans l'icosandrie monogynie, et dans 
la famille des rosacées ses feuilles sont alternes, cunéifor- 
mes , trifides, velues. Ses fleurs sont solitaires ; son calice est 
à cinq divisions hérissées ; ses pétales jaunes et obovalcs ; son 
fruit probablement une capsule. 

Le genre Kerrie de Decandolle , établi sur la Ronce du 
Japon, qui est la même plante que la Corette du Japon , 
s'en rapproche beaucoup, (b.) 

PUÙUPURU. Nom péruvien d'une espèce du genre 
[Tacsonia, selon Jussieu. (LN.) 

PUSA. Nom groërilandais du Phoque commun, (s.) 

PUSCHKINIE, Puschkinia. Genre de plantes établi pour 
placer une plante de l'hexandrie monogynie , intermédiaire 
entre les Ornithogales et les Scilles , qui croît naturelle- 
ment sur le Caucase. Ses caractères sont : corolle divisée en 
six parties ; nectaire court, à six dents, fermant le tube, (b.) 

PUSCHKIR. Nom de I'Ortie, chez les Tartares Wost^ 
jacks. (ln.) 

PUSILLE. Vicq-d'Azyr traduit ainsi le nom du sorcx pu- 
sillus de Gmelin, animal encore peu connu. V. l'article Mu- 
saraigne, (desm.) 

PUSOETHA(Linn., FI. zeyl. 6^4). C'est le perim- 
kaku-valli des Malabarcs , espèce du genre mimosa de Lin- 
nœus (Mimosa smndens) , portée dans le genre acacia par 
.Willdenow. (desm.) 

PUSPERAGEN. Nom de la Topaze, à Ceylan. (ln.) 

PITSTOLKA. Nom polonais de la Cres.serelle. (v.) 

PUSTORYL. L'un des noms russes du Seringa , Phi- 
ladelphiis c.oronarius , L. (LN.) 

PUSTULEUX. Nom spécifique d'un Crapaud, (b.) 

PU-TxA.O. Nom de la vigne , en Chine , Vitis vinifera , L. 

(LN.) 

PUTIER. Arbre du genre des Cerisiers , Cerasuspadus , 
Linn. (b.) 

PUTILLAS. Nom espagnol du Gobe - mouche rubin , 
d'après La Condamine. (v.) 

PUTNIK. Nomservien du Plantain lancéolé , L. (ln.) 

PUTNOK-FU. Nom du Pouliot , Mentha pulegium , en 
Hongrie, (ln.) 

PUTOIS , Mustda pulorius. Mammifère carnassier digiti-; 



P Y C 269 

grade , du genre des Martes ( V. ce mot ) , assez commun en 
Europe , et très nuisible aux basse-cours, (desm.) 

PUTOIS D'AMÉRIQUE ou CONEPATE. On a 
donné ce nom a des quadrupèdes carnassiers , du genre des 
Moufettes. F. ce mot. (desm.) 

PUTOIS RAYE de Brisson. C'est encore un animal du 
genre des Moufettes ( le conepate ). (desm.) 

PUTOIS RAYÉ DE L'INDE. C'est la Marte rayée, 
Mustela striata. V. l'article Marte, (desm.) 

PUTORIE , Putoria. Genre de plantes établi pour pla- 
cer la Shérarde fétide de Cyrillo , sous la considération 
que le fruit est un peu charnu. V. au mot Aspérule, 

Persoon a donné le même nom au genre qu'Aublet avoit 
appelé Orélie , et Linnœus Allamaisde. (b.) 

PUTORIUS. Nom latin du Putois , espèce de Marte. 
V. ce mot. Il a été appliqué aux Moufettes, (desm.) 

PUTORO. Nom espagnol de la Marte putois, (desm.) 

PUTSCHA. Nom indien des Courges, (ln.) 

PUTPUT. r.PupuT. (s.) 

PUTSJU. Espèce de Costus propre au Japon, et figuré 
par Kœmpfer. Ses racines sont amères et d'usage en méde- 
cine, (b.) 

PUTUGUE. Nom delà Huppe , en Provence, (v.) 

PUTUMBA. Espèce de Lavenie , figurée sous ce nom 
dans Rhéede. (b.) 

PUTZEN. On nomme ainsi, en Allemagne , selon M. 
Beurard , une sorte de montagne , dont la masse est comme 
crevassée , sans offrir pourtant des fentes ou des ouvertures 
en longueur, mais une infinité de cavités ou excavations dont 
les dimensions sont égales en tout sens , et qui sont vides ou 
remplies souvent avec du minerai , quelquefois aussi seule- 
ment avec de l'eau, et dont plusieurs se ' communiquent : 
telle est la montagne d'Iberg , près de Grund , au Hartz. 

On donne le même nom à des masses de minerai non fon- 
dues entièrement, et qui restent attachées aux parois des four- 
neaux (ln.) 

PU UON-XU. Nom qu'on donne , en Chine , aune es-, 
pèce de Corossol, Annona squamosa, L. (LN.) 

PUYA , Paya. Plante dont Molina a fait un genre , que 
d'autres botanistes rapportent aux Pitcairnes. (b.) 

PUZOLO , PUZZOLENTE. Noms du Putois , en 
Italie, (desm.) 

PUZZO LEGNO et PUTINE des Italiens. C'est le Fi^ 

LARIA. (LN.) 

PYCHAWIEC. Nom polonais des Géranium, (ln.) 



270 P Y C 

PYCIELT. Nom mexicain de la petite Nicotiane ( Ni- 
coiiana rustica. (ln,) 

PYCNANTHÈlVIE , Pyrnanlhemum. Genre de plantes 
établi par Michaux, Flore de V Amérique septentrionale , pour 
placer le Cl[Nopode blanchâtre et la Ghataire de Vir- 
ginie , qu'il a reconnu s'écarter des autres espèces de leurs 
genres. 

Ce nouveau genre , que Persoon réunit au Brachystème, 
offre pour caractères : un calice tubulcux, strié, à cinq divi- 
sions droites et subulées ; une corolle monopétale , per- 
sonnée , à lèvre supérieure recourbée en voûte, presque en- 
tière , et à lèvre inférieure beaucoup plus grande, recour- 
bée , canaliculée ettrifide , à divisions latérales demi-ellip- 
tiques , et à intermédiaire plus longue que large; quatre éta- 
mines saillantes , dont deux un peu plus courtes ; quatre 
ovaires supérieurs , du milieu desquels s'élève un style sim- 
ple ; quatre semences , situées au fond du calice qui per- 
siste. 

Outre les deux espèces mentionnées , Michaux en fait 
connoître deux autres : 

L'une, le Pycnanthème des montagnes, qui a les feuilles 
ovales, lancéolées, dentelées; les fleurs en tête sessiles, et les 
folioles du calice dentées. Il se trouve sur les montagnes de 
la Caroline. 

L'autre , le Pycnanthème monardelle , qui a les feuilles 
presque ovales, lancéolées, dentées, velues; les fleurs en 
tête terminale, accompagnées de bractées colorées , ser- 
vent d'involucre , et les folioles du calice barbues à leur 
pointe. On le trouve avec la précédente, (b.) 

PYCNITE ( Haiiy ). C'est-à-dire dense, compacte. Voyez, 
TOPAZE. (PAT.) 

PYCNOCOMOS. Plante de Dioscoride , qui nous est 
inconnue. Cortusus donne ce nom à la pomme-de-terre , et 
Brunsfelslus à la Podagraire. (ln.) 
PYCNOGONE. Voy. Pycnogonides. (s.) 
PYCNOGONIDES, P/6-/2o,^-omJe5, Latr.; Podosomata , 
Léach. Seconde famille des arachnides trachéennes , ayant 
pour caractères : corps ( le plus souvent linéaire) de six seg- 
mens , dont quatre intermédiaires composant le thorax , oc- 
cupant la majeure partie de la longueur de l'animal, portant 
chacun une paire de pattes ambulatoires ; les deux autres 
segmens terminaux; l'un antérieur formant un suçoir simple , 
cylindrique ou conique , ouvert en devant en manière de 
trèfle , tantôt accompagné de mandibules dldactyles et de 
palpes , tantôt n'offrant qu'une seule sorte de ces organes , ou 
même n'en ayant aucun; l'autre segment formant une petite 



P Y C ,7, 

queue , pareillement tubulaire à l'extrémité postérieure du 
corps ; un tubercule , ayant de chaque côté deux yeux lisses, 
sur le dos du segment portant la première paire de pattes ; 
deux fausses pattes articulées , repliées et ovifères , situées 
sous le second segment, dans les femelles ; point d'organes 
extérieurs pour la respiration , dans aucun individu. 

Les pyc/ -^onides sont des animaux marins , qui , par 
leur analogie avec les cyames, \e.s chevroHes et les faucheurs , 
semblent , selon M. Savigny, faire le passage des crustacés 
aux arachnides. Dans la méthode de Linnseus , les pycnogo- 
nides font partie de son genre phalangiinn ou àts faucheurs , 
et nous les plaçons aussi , du moins provisoirement , dans 
le voisinage de ces animaux. Leur corps est ordinairement 
linéaire , avec les pieds très-longs , de neuf à huit articles , 
et terminés par deux crochets inégaux paroissant n'en for- 
mer qu'un seul , et dont le plus petit est fendu. Le premier 
article du corps tenant lieu de tête et de bouche , forme un 
tube avancé , presque cylindrique ou en cône tronqué , sim- 
ple , mais offrant quelquefois des apparences de sutures lon- 
gitudinales {V. Phoxichile), avec une ouverture triangulaire 
ou figurée en trèfle à son extrémité. A sa base supérieure sont 
adossés, dans plusieurs, deux mandibules et deux palpes, 
que des auteurs ont pris pour des antennes : on ne voit dans 
d'autres que cette dernière sorte d'organes ; il en est enfin 
qui en sont privés, ainsi que de mandibules. Les mandibules 
sont avancées , cylindriques ou presque filiformes , simple- 
ment prenantes, pluâ ou moins longues, composées de deux 
articles, dont le dernier en forme de main ou de pince , avec 
deux doigts ; le supérieur est mobile et représente un troi- 
sième artic^ ; l'inférieur est quelquefois plus court : ces 
mandibules ont ainsi la forme de petits pieds. Les deux pal- 
pes, insérés sous l'origine des mandibules, sont filiformes, 
de cinq articles, avec un crochet au bout du dernier. Chaque 
segment suivant, à l'exception du dernier, sert d'attache à 
une paire de pieds ; mais le premier , ou celui avec lequel 
s'articule la bouche, a, sur le -dos, un tubercule, por- 
tant de chaque côté deux yeux lisses , et en dessous, dans les 
femelles seulement , deux autres petits pieds repliés sur eux- 
mêmes , et portant les œufs qui sont rassemblés autour 
d'eux en une ou deux pelotes , ou bien en manière de ver- 
ticilles ; le dernier segmentes! petit et percé d'un petit trou 
à son extrémité : on ne découvre aucun vestige de stigmates; 
et peut-être respirent-ils par celte ouverture postérieure. 

Ces animaux se trouvent parmi les plantes marines, quel- 
quefois aussi sous les pierres, près des rivages , et quelque- 



«72 P Y G 

fois encore sur des cétacés. La forme de leur bouche indi-» 
que que ce sont des animaux suceurs. 

Dans la méthode de M, Léach, les pycnogonides forment 
le premier ordre de sa sous-classe des céphalostomates, celui 
des podosomates ; il le partage en deux familles , les pycno- 
gonides et les nymphonides ,.dont les caractères sont fon-^ 
dés sur l'absence ou la présence des mandibules. 

Cette famille se compose des genres PycnogonoNjPhoxi^ 

CHILE , AmMOTHÉE , NyMPHON. (L.) 

PYCNOGONON , Pycnogonum , Brunn. , Mull, , Fab. 
Genre d'arachnides , de l'ordre des trachéennes , famille des 
pycnogonides, distingué des autres genres qu'elle comprend, 
par ces caractères : point de mandibules ni de palpes; su- 
çoir en forme de cône allongé et tronqué ; corps presque 
ovale , point linéaire ; pattes de longueur moyenne , de huit 
articles ; les fausses pattes ovifères de la femelle , très- 
courtes. 

Les pycnogonons diffèrent des autres genres de la même 
famille , non-seulement par l'absence des mandibules et des 
palpes, mais encore par les proportions plus courtes du 
corps et des pattes. Les pattes paroissent avoir un article 
de moins que dans les autres pycnogonides ; l'avant-dernier 
ne paroît former , dans les pycnogonons, qu'un petit nœud 
inférieur, et joignant le dernier article du tarse avec le pré- 
cédent. X 

On ne connoît encore qu'une espèce de pycnogonons, ce-^ 
lui bES Baleines, balœnarum^ figuré par Briinniche , Muller 
ÇZool. dan., tab. 119, fig. 10-12 ), et quelques autres natura- 
listes. On le trouve sous les pierres des rivages de l'Océan 
«uropéen ; il est rare sur nos côtes. 

Le pycnogonum ceti de Fabricius est le type dft genre cya^ 
me, ou celui de larunda de M. Léach. (l.) 

PYCREE,PycrtE«s. Genre établi par Palisot-dé-Beauvois, 
dans son superbe ouvrage intitulé , Flore d'Oivareet de Bénin , 
pour placer le Souchet fascicule de Desfontaines. 

Les caractères de ce nouveau genre sont : épillets ter- 
minaux, disposés en corymbe , et accompagnés de bractées 
écailleuses ; écailles placées sur deux rangs; trois étami- 
nes ; un ovaire surmonté d'un style à deux stigmates ; une 
semence à deux angles, (b.) 

PYGARGOS. Nom grec du Pygargue, oiseau. Voy. ce 
mot. (s.) 

PYGAPiGUE, Ha//tB/H5,Savigny. Genre de l'ordre des oi- 
seaux Accipitres, et de la famille des Accipitrims. V.cqs mots. 
Caractères : bec grand , presque droit , et couvert, à la base , 
d une cire; convexe en dessus, comprimé latéralement, di— 



p Y G ,^J 

îâté sur les bords de sa partie supérieure, crochu et acuminé 
à sa pointe; narines grandes, lunulées, transverses ; langue 
charnue , épaisse , entière ; bouche fendue jusque sous ^\es 
yeux; ailes longues; les 1.""= et 7."" rémiges, presque égales- 
les S/me , 4./"'^ , S.'™" , les plus longues ; tarses courts , à 
demi-velus; doigts totalement séparés; l'externe versatile- on- 
gles arqués et aigus , l'intérieur et le postérieur le^ plus longs- 
l'externe le plus court ; Tintermédiaire , avec une rainure 
profonde , et un rebord finement dentelé sur son côté in- 
térieur , aplati en dessous, et creusé en gouttière. 

Les pygargues diffèrent essentiellement des aigles propre- 
ment dits, en ce qu'ils ont les tarses , au moins à demi-nus 
et les doigts totalement séparés , tandis que ceux-ci ont les 
tarses couverts de duvet jusqu'aux doigts, dont les deux exté- 
rieurs sont réunis à leur base , par une membrane; de plus 
le doigt extérieur du pygargue est versatile , ce qu'on ne re- 
marque pas chez les autres , et ce qui le rapproche des bal- 
buzards , qui ont aussi les doigts entièrement isolés • mais 
ceux-ci s'en distinguent principalement par leurs jambes sans 
les plumes allongées , que l'on appelle culottes , et qui sont 
couvertes , au contraire , de plumes courtes et serrées ; par 
leur ongle intermédiaire qui est arrondi dessus et dessous 
sans rebord ni dentelures. * 

J'ai rangé à la suite des pygargues , plusieurs oiseaux de 
proie , parce qu'ils m'ont paru s'en rapprocher plus que des 
aigles proprement dits , avec lesquels on les a classés at- 
tendu qu'ils n'ont pas les tarses couverts de plumes, jusqu'aux 
doigts; cependant je les ai laissés sous les noms qu'on leur a 
imposés , parce que je ne suis pas certain qu'ils soient de vé- 
ritables pygargues. Il faut les voir en nature , pour les dé- 
terminer avec justesse. 

Le Pygargue proprement dit, Haliœiiis m'sus ^ Shav. ; fal- 
co alhicilla^ albicaudus^ leucocephalus, ossifragus, La th. ; pi. en! 
de Buffon , n." 4ii- Ce pygargue est, de tous \qs accipiircs ,' 
celui qui a donné lieu à plus d'espèces purement nominales • 
ce qu'on doit attribuer aux diverses métamorphoses qu'on 
remarque dans son plumage, pendant une partie de sa vie 
et à ce que les auteurs ne l'ont jugé que dans les collections. 
En effet, lorsque son vêtement est varié de brun, de ferru- 
gineux et de blanchâtre , que les pennes caudales sont brunes 
et tachetées confusément de blanc ; ils en ont fait leur fa/co 
ossifragus. Si sa tête et son cou sont gris, et si la queue a 
plus de blanc que de brun , ils l'ont nommé falco alhidUa. 
Quand le gris tend à la couleur marron , que le corps est 
d'un ferrugineux obscur, et la queue blanche, il porte le nom 
Ae falco albicaudus. Si la tête , le cou et la queue sont blancs 

XWlii. tb 



^74 P Y G 

c'est leur faleo leucocephahis , ce qui n'arrive que dans Tâge 
avancé ; encore , il n'est pas certain que ce changement ait 
lieu pour la tête de la race européenne ; car il y en a depuis 
très-long- temps dans la ménagerie du Muséum , qui , jusqu'à 
présent , ont toujours eu la tête d'un cendré clair ; mais il 
en est autrement pour celle de l'Amérique septentrionale. 

Enfin , comme tous ces changemens ne s'opèrent que par 
gradations , il en est encore résulté d'autres dénominations 
spécifiques, telles que celles de /a/^o glaucopis , lequel est un 
jeune , selon Meyer, et (\e falco melanaèïos , auquel Latham 
et Gmelin ont mal à propos rapporté Taigle commun de 
Buffon , méprise qu'ils auroient évitée facilement, puisqu'il 
suffisoit de voir que des pieds à demi-vêtus(;»erf/A«i- semila- 
natis) ne pouvoient être ceux de cet aigle, qui les a couverts 
de plumes jusqu'aux doigts. Aussi MM. Wolf et Meyer ont- 
ifs fait du melanaèïos , un des synonymes du pygargue. Il ré- 
sulte de cette exposition , que l'espèce du pygargue se com- 
pose des falco ossifragus , alhicilla , leucocephalus , albicaudus y 
melanaëtos eX, glaucopis ^ selon Meyer. Il n'y a plus de doute 
sur l'identité de toutes ces prétendues espèces ; cependant 
il en reste sur Vorfraie^ que des ornithologistes persistent à 
regarder comme une espèce distincte, ainsi que l'ont pensé 
Brisson , Buffon , Latham et Gmelin ; et ils se fondent sur 
ce qu'on rencontre beaucoup plus d'orfraies que de py- 
gargue s. 

Mais ce plus grand nombre d'orfraies est dans l'ordre na- 
turel , puisque n'étant âgés que d'un ou deux ans , et que les 
autres en ayant trois ou quatre et même plus , les jeunes 
sont toujours en plus grande quantité que les adultes et que 
les vieux , chez tous les oiseaux. Les pygargues qui ont été 
ou qui sont encore dans la ménagerie du Jardin des Plantes, 
en fournissent une preuve sans réplique ; car tous y ont été 
apportés sous la livrée de l'orfraie , et tous , après un certain 
laps de temps, sont devenus pygargues à tête d'un cendré 
plus ou moins clair. La couleur blanche qui couvre la tête 
de la race américaine , est un attribut de la vieillesse , et 
cette couleur s'étend d'autant plus que l'oiseau avance en âge , 
ainsi que l'a observé Othon Fabricius , au Groenland, où 
cette race , dont les jeunes ressemblent à l'orfraie pendant 
deux ou trois ans, est très-commune. En effet , le pygargue, 
dit Wilson {Americ. Ornùh.) , habite les mêmes lieux , vit 
des mêmes alimens que le balde a^/e( l'orfraie ) , avec lequel 
on le voit très-souvent. Il ressemble à ce dernier par la fi- 
gure , la taille , la forme du bec , les pieds et les ongles ; 
c'est pourquoi, ajoute-t-il, j'ai un très-grand soupçon, no- 
nobstant les autorités anciennes , que l'un et l'autre sont des 



P Y G ,^5 

individus d'une même espèce , différant seulement dans les 
couleurs. 

Je m'appuie sur ce que le pygargue , avant qu'il ait la tête 
le cou et la queue blancs , ressemble totalement au ùalde agle 
ou aigle de mer ; et ce n'est qu à l'âge de quatre ans , que 
cette couleur couvre graduellement ses diverses parties. 

Parmi les puissances de l'air, le pygargue tient un des pre- 
miers rangs , par sa taille , sa vigueur et sa férocité. Il n'est 
pas moins grand qu'une oie, et 11 est assez fort pour faire sa proie 
des jeunes cerfs, des daims et des chevreuils ; aussi, les an- 
ciens lui avoient-ils donné le surnom A^hinnuiaria , du mot 
hinnulus qui veut dire faon. Plus carnassier que l'aigle com- 
mun , il est moins valeureux , moins diligent et plus lourd. 
11 ne chasse que pendant quelques heures , dans le milieu du 
jour, et il reste tranquille le matin, le soir et la nuit. Per- 
ché sur le sommet des grands arbres ou à la cime des rochers, 
on le voit guetter , pendant des heures entières, les animaux 
qu'il cherche à surprendre. S'il est dans le voisinage de la 
mer , il épie les oiseaux plongeurs , et les saisit au moment 
même où ils se montrent à la surface des eaux. II se jette aussi 
sur les phoques , et se cramponne tellement sur leur dos , en 
y enfonçant ses griffes acérées , que souvent il ne peut plus 
les dégager , et que le phoque l'entraîne au fond de la mer. 
"^ Dès que les jeunes pygargues sont un peu grands , ils quit- 
tent le nid , quoiqu'ils puissent à peine voler; le temps qu'ils 
y passent est une suite de querelles, de combats, pour s'ar- 
racher la nourriture que les père et mère y portent. L'aire 
n'est qu'une espèce de plancher tout plat, sans abri , et qui 
est composé de petites branches, sur lequel posent plusieurs 
lits alternatifs d'herbes, de mousse et de plumes. Ce nid, 
grossièrement façonné , est placé tantôt sur de grands arbres , 
tantôt dans les fentes de rochers escarpés; La femelle y dé- 
pose deux œufs blanchâtres et tachetés de jaunâtre , sembla- 
bles à ceux de Voie. Les petits sont , dans les premiers jours 
de leur naissance, revêtus d'un duvet cendré. 

Cette grande espèce d'oiseaux de proie ne quitte point les 
pays septentrionaux des deux continens. Elle descend en 
Amérique , jusque dans la Caroline. On la trouve assez fré- 
quemment au Groenland , pour qu'elle fasse l'objet d'une 
chasse particulière, et que les habitans de ces froides régions 
se nourrissent de sa chair , se fassent des vêlemens avec sa 
peau, des coussins avec ses plumes, et des amulettes avec 
son bec et ses griffes. ( Traduct. française ). 

On la trouve encore en Russie aux environs deSimbirsk,où 
elle porte le nom de loun, et en Norvvége , dans les îles qui 
forment le golfe ou plutôt la mer intérieure, connue sous la 



,75 P Y G 

dénomination de LofToden. « Ces aigles, dil M. Léopold de 
Buch ( Voyage en Nonvége et en Laponie) , sont des animaux 
très-redoutables ; ils ne se contentent pas de dévorer les mou- 
tons et de petits quadrupèdes, ils attaquent même les bœufs, 
et parviennent souvent à les vaincre. La ruse dont lisse ser- 
vent, suppose une combinaison d'idées qui paroîtroit ingé- 
nieuse dans l'homme même. L'aigle se plonge dans les flots de 
la mer,se relève tout mouillé, et se roule sur le rivage, jusqu'à 
ce que ces plumes soient couvertes, et en quelque sorte im- 
prégnées de sable et de gravier. Dans cet état, il plonge sur 
la victime , lui secouant le sable dans les yeux , et la frappant 
en même temps de son bec et de ses ailes. Le bœuf, déses- 
péré et aveuglé , court çà et là , pour éviter un ennemi qui 
l'atteint partout. 11 tombe enfin épuisé de fatigue , ou il se 
précipite du haut d'un rocher. L'aigle fond alors sur lui , et 
déchire tranquillement sa proie. » Un habitant de l'une de 
ces îles venoit de perdre un bœuf de cette manière , quand 
M. de Buch arriva au Loffoden. 

Le pygargue , dans sa première année , a la tête et le cou 
de deux teintes brunes ; tout le corps varié de blanchâtre , 
de brun et de ferrugineux ; les grandes pennes des ailes, noi- 
res ; les pennes de la queue , variées de gris , de brun et de 
blanchâtre ; le bec noirâlre et la cire jaunâtre. Dans la 
deuxième année , la couleur de la tête et du cou s'éclaircit ; 
le reste du plumage est brun , la queue moitié blanche et 
moitié noirâtre , le bec jaunâtre , et la cire jaune. A l'âge de 
trois ans , tout le corps est d'un gris-brun uniforme ; la tête 
et le cou , d'un gris clair ; la queue totalement blanche ; le 
bec est d'un jaune sale , et l'iris d'un jaune très-clair. 

Quand il est très-vieux , le gris de la tête blanchit ; ce- 
pendant , on prétend qu'alors , la tête et le cou deviennent 
d'un beau blanc, avec un trait très-étroit et noir sur la tige 
des autres plumes ; ce qui est vrai , pour la race qui habite 
le Groenland et l'Europe septentrionale ; mais en est-il de 
ïnême pour celle qui se trouve dans nos climats tempérés? 
C'est de quoi il est permis de douter , puisque les individus 
qui sont vivans au Muséum d'Histoire naturelle , depuis cinq 
à six ans au moins , ne les ont pas encore de cette couleur, 
mais bien d'un cendré clair, plus ou moins blanchâtre. 

Latham donne, dans le deuxième Supplément de son 5y- 
nopsis^ pour une variété àufalcoalbicil/u, un oiseau de proie 
de la Nouvelle-Hollande , qui a une grande taille , le bec et 
les pieds noirs ; le plumage est généralement brun , mais 
plus pâle en dessous qu'en dessus , et plus sombre sur les 
ailes; le croupion et la queue , d'une couleur cendrée pres- 
que blanche. 



P Y G ,„ 

Le Pygargue de l'Amérique septentrionale est une 
race très-voisine de notre PYGAaouE. V. Pygargue propre- 
ment dit. 

Le Grand Pygargue. C'est le Pygargue à l'âge d'envi- 
ron un an (s.) 

Le Petit Pygargue. Buffon a désigné ainsi , comme va- 
riété , le pygargue y lorsqu'il commence à voler, (s.) 

Le Pygargue a tête blanche. C'est le pygargue de P Amé- 
rique septentrionale y à l'âge de trois ou quatre ans. 

Le Pygargue tricolor , Pygargus tricolor. F. l'article du 
Pygargue vocifer. 

Le Pygargue vocifer, HaKotius vocifer^ Vieill.; Falco voci- 
fer ^ Lath. , fig. 4 ï de V Histoire naturelle des Oiseaux d' Afrique , 
par Levaillant. Ses proportions égalent celles de V orfraie; 
sa forme est élégante, et son plumage agréable ; l'envergure 
a huit pitds, elles ailes pliées s'étendent jusqu'au bout de la 
queue , laquelle est arrondie à son extrémité ; le haut des 
tarses est garni de plumes , mais seulement par-devant. Cet 
oiseau est remarquable par le blanc de sa tête , de son cou , 
de sa poitrine et de sa queue, qui tranche agréablement avec 
le brun rougeâlre du reste du corps. L'on aperçoit quelques 
taches d'un brun foncé sur la poitrine , et les plumes de la 
tête et du cov ont leur côté brun. Les pennes de l'aile sont 
noires, marbrées de blanc et de roux sur leurs barbes ex» 
térieures. Une peau nue , dans laquelle sont implantés quel- 
ques poils noirs , couvre l'espace entre le bec et l'œil ; sa 
couleur est jaunâtre , aussi bien que celle des pieds et de la 
membrane du bec; l'iris est d'un rouge-brun, et le bec bleuâ- 
tre. La femelle a moins de noir sur son plumage , et la cou- 
leur blanche, moins pure. Le jeune porte du gris cendré au 
lieu de blanc , et ce n'est qu'à la troisième année qu'il prend 
entièrement sa livrée. 

Cet aigle a la voix forte et sonore ; il pousse de grands cris, 
en agitant fortement la tète et le cou , et il donne à sa voix 
diverses inflexions. Levaillant exprime le cri d'amour du voci- 
fer par les syllabes ca-hou-cuu-cou , prononcées lentement, 
la seconde dite quatre tons plus haut que la première , et les 
deux autres successivement d'un ton plus bas ; mais cet oi- 
seau fait entendre, en tout temps, des clameurs continuelles, 
dont il remplit les déserts de la partie méridionale de l'A- 
frique. Les Hollandais de la colonie du Cap de. lionne-Es- 
pérance lui ont donné le nom de grand pécheur de poisson , et 
de pécheur de poissons blancs; ces dénominations anl rapport à 
sa manière de vivre. C'est , en effet , un paiient el habile pre- 
neur de poisson , sur lequel il fond avec une rapidité inex- 
primable, il &e nourrit aussi de gros lézards el àt gaieUes i 



^78 P Y G 

mais il ne mange jamais d'oiseaux, dit Levaiilant. Celle cx- 
ceplion me paroît singulière dans un animal vorace, qui pa- 
roît s'accommoder de lolite proie vivante. 

De même que nos aigles, celui-ci place son aire à la cime 
des rochers ou des plus grands arbres. Ses œufs sont blancs, 
et plus gros, mais de la même forme que ceux de la poule 
d'Inde. Le voyageur à qui nous devons la connoissance de 
cette espèce criarde et sanguinaire, la représente comme un 
modèle d'amour, de fidélité et de tendresse conjugale ; mais 
l'on conçoit difficilement que des affections qui tiennent à 
une douce sensibilité puissent être le partage d'êtres animés 
qui ne subsistent que par Texercice habituel de la férocité et 
des massacres. 

" On nous fit remarquer, raconte un ancien voyageur, 
« quantité d'oiseaux en Nigrilie , entre autres des aigles de 
« deux sortes, dont l'une vit de proie de terre et l^autre de 
« poisson. Nous appelons celle ci nonetle , parce qu'elle a le 
« plumage de couleur de l'habit d'une carmélite , avec son 
« scapulaire blanc. Leur vue surpasse , en clarté , celle de 
« l'homme. » ( Relation de la Nigriiie , par Gaby. ) Buffon 
avoit pensé que l'aigle nonette devoit se rapporter au balbu- 
zard. Levaiilant retrouve son vocîfcr dans cet oiseau de Ni- 
gritie. L'une et l'autre conjecture ont le même* degré de pro- 
babilité, et il faudroit d'autres éclaircissemens que ceux qui 
se trouvent dans la Relation de Gaby , pour adopter l'une 
plutôt que l'autre, (s.) 

J'ai sous les yeux deux pygargues nouvellement envoyés 
du Sénégal , qui ont dans leur plumage de grands rapports 
avec le vucifer et l'aigle noneite. Celui que je soupçonne être 
de l'espèce du premier , a la tête , le cou , la gorge , la poi- 
trine blancs, avec des taches noires et longitudinales sur 
la tête ; une bande de cette couleur sur ses côtés, partant de 
l'angle postérieur de l'œil , et ne dépassant pas le haut de 
la nuque ; des taches longitudinales , étroites et noirâtres , 
sur le milieu de quelques plumes du devant du cou et 
de la poitrine ; les plumes du ventre et des parties posté- 
rieures , blanches et noirâtres ; les trois premières pennes in- 
termédiaires de chaque côlé de la queue , blanches et brunes ; 
les autres totalement blanches; les pennes des ailes noirâtres ; 
les six premières totalement de celte teinte; les autres blan- 
ches , et jaspées de brun en dedans; quelques-unes des cou- 
vertures des ailes, mélangées de blanc ; le dos et le croupion, 
bruns ; le becbleuâtre ; les ongles bruns; la cire et les tar- 
ses jaunes ; ceux-ci longs de trois pouces. Longueur totale , 
deux pieds et demi. 

L'autre , que j'appelle Pygargub tricolore, a la taille du 



P Y G .79 

précédent ; la tête , le cou en entier , le haut du dos , la gorge 
et la poitrine , d'un blanc de neige , avec une ligne noire 
très-finie et très-étroite , sur la tige des plumes ; la queue , 
totalement blanche ; le reste du dos , le croupion , les sca- 
pulaires , les couvertures supérieures des ailes et de la queue, 
d'un noiruu peu mélangé de roussàtre ; les pennes primaires 
totalement d'un noir pur ; le dessous de l'aile , le ventre , les 
parties postérieures et les plumes des jambes , d'un brun 
roux; le bec brun ; la cire et les tarses jaunes ; ceux-ci longs 
de trois pouces. Ces deux oiseaux de proie se rapprochent 
tfgs balbuzards, en ce qu'ils ont toutes les plumes des jambes 
courtes , et les tarses en très-grande partie nus. Ils tiennent 
a-jx pygargues , par la forme de l'ongle intermédiaire , qui a 
une rainure assez profonde sur le côté intérieur ; le rebord 
supérieur saillant , et finement dentelé , le dessous aplati et 
creusé en gouttière dans le milieu , tandis que chez les véri- 
tables balbuzards , l'ongle intermédiaire est sans rebord, 
sans dentelures , plein et arrondi en dessous. De même que 
ceux-ci, ils n'ont point ces longues plumes qui descendent 
des cuisses sur les côtés du tarse , et que l'on appelé culotte. 
ISoia. Les petites dentelures dont il vient d'être question, se 
trouvent chez tous les autres oiseaux de proie, et ne peuvent 
être senties qu'en mettant le doigt sur le rebofd , et le reti- 
rant vivement. Ces deux oiseaux sont dans la Collection de 
M le comte de Riocourt. 

L'Aigle de la Chine , Falco sinensis, Lalh, , pi. 3 du Ge- 
neral Synopsis de cet auteur. Cet oiseau , d'une taille un peu 
inférieure à celle de l'aigle , a le bec noir et très- crochu ; la 
cire jaune ; l'iris brun ; les parties supérieures d'un brua 
rougeâtre ; le sommet de la tête, d'un beau noir , plus foncé 
sur le bord des plumes ; une bande assez large , d'un brun 
obscur , sur le milieu de l'aile , et la plupart des pennes de 
la même teinte à leur extrémité ; la queue de la couleur du 
dessus du corps, à la base, sur le milieu et à la pointe; 
toutes les parties inférieures d'un fauve jaunâtre ; les pieds 
jaunes, très-robustes; les ongles grands , très-crochus et 
noirs. Cet oiseau se trouve à la Chine et dans l'Inde. 

* L'Aigle féroce ou d'AsTRACAN , Falco ferox , Lalh. ; — • 
S G. Gmelin , A'oc. Comment, petrop. , tom. i5 , pag. 44-2 ■, 
tab. 10. Cet aigle a deux pieds un pouce de longueur totale ; 
la cire verte ; la tête et le cou d'un gris- brun , mêlé de blan- 
châtre ; le plumage généralement brun ; le dos , le ventre et 
le croupion blancs , et variés de taches rougeâtres ; les pen- 
nes des ailes noires en dessus , blanches en dess os , et grises 
vers le bout ; les peijnes caudales blanches en dessous , et 
brunes en dessus , avec quatre bandes d'un brun plus clair ', 

XXYIII. ï8* 



28o P Y G 

le bec d'un noir cle plomb; les paupières bleues ; l'iris jaune f 
et les ongles aigus. Gmeiin assure que cet oiseau de proie 
est d'une gloutonnerie difficile à appaiser , et qu'il se jette 
aussi avidement sur les cadavres les plus infects. 

* L'Aigle de Gottingue , Fa/co glaucoph, Lath. M.Meyer 
donne cet oiseau pour un jeune pygargue d'Europe. Il a la 
tête et le haut du cou d'un blanc jaunâtre varié de brun ; de 
petites taches lunulées et brunes sur le front; la poitrine et 
le dos de cette couleur ; les ailes noires ; la queue d'un brun 
rougeâtre en dessus, d'un blanc sale en dessous, avec huit 
bandes transversales noires ; l'iris d'un blanc jaunâtre ; le bec 
verdâtre ; la cire et les tarses d'un jaune citron ; et vingt-un 
pouces trois lignes de longueur totale. 

L'Aigle des Grandes Indes , Falco poniicerianus , Lath. ; 
pi. enl. de Buff. , n.*^ 4i6. Il n'est pas plus gros qu'un fort 
pigeon , mais , dans sa petite taille , il réunit l'élégance des 
formes à la beauté du plumage ; ses yeux pleins de feu , ses 
mouvemens très-vifs , de l'effronterie dans le regard et dans 
les attitudes , répandent sur sa physionomie l'apparence de 
la fierté et du courage. Les Malabares en ont fait une idole, 
et lui rendent un culte. La vénération des Gentils pour cet 
oiseau , dit Fouché d'Obsonvllle , tient à des motifs pure- 
ment mythologiques. On les voit souvent en un stupide éba- 
hissement à son aspect ; et si , en sortant le matin de leur 
maison , ils l'aperçoivent se dirigeant vers le lieu où ils vont 
traiter quelque affaire , c'est un heureux augure qui ne leur 
permet pas de douter du succès le plus complet. ( Essais 
philosophiques sur les mœurs de dioers animaux étranger:} , 
page 55 ). 

Un camail de plumes larges et très-blanches , dont la tige 
a le noir brillant du jais , couvre la tête , le cou et toute la 
poitrine de ce bel aigle ; le reste du plumage est de couleur 
marron lustre , à l'exception du bout des six premières pen- 
nes des ailes, qui est noir ; le bec cendré est d'un jaune ver- 
dâtre à sa base. Cet aigle porte , sur la côte du Malabar et au 
Coromandel , les noms de fchil et de kuewaJen , parce qu'il 
n'est pas assez courageux pour être rangé parmi les oiseaux 
de la fauconnerie. Un oiseau de proie , semblable à celui-ci, 
se trouve , dit Latham , à la Nouvelle-Hollande , où il porte 
le nom de girrenera. Il a la tête, le couet le ventre d'un blanc 
pur, sans aucune raie ; le reste du corps d'une couleur de 
rouille sale ; une partie de sa nourriture consiste en œufs. 

* L'Aigle maritime ou de Java, Faho maritimus, Lath. , 
a été décrit pour la première fois dans le Lichtenberg magazin 
fur das menest auf der phys. iv , 2 , 6. Il a quatre pieds deux 
pouces de long , et un pied sept pouces de haut ; le bec et la 



P ^ G 280 

cire jaunes; le corps et l'extrémité de la queue blancs; les 
plumes des jambes d'un rougeâlre mélangé de blanchâtre. On 
dit que cet oiseau se trouve sur les côtes maritimes de Tile 
de Java , où il se nourrit de poissons et d'animaux morts. 

(s.) 

* L'Aigle a ventre blanc , Fako l^ucogaster, Lath. , a 
non -seulement le ventre revêtu de plumes blanches ^ mais 
tout le dessous du corps , la tête ^ le cou et l'extrémité de la 
queue ; le reste du plumage est d'un brun obscur; les pieds 
sont jaunes : longueur totale, près de trois pieds. Le pays de 
cet oiseau est inconnu, et Sonnini a fait une erreur en in- 
diquant l'Amérique septentrionale pour sa patrie. 

* Le Bateleur , Falco ecaudaius , Lath. ; pi. 7 et 8 des 
Oiseaux d'Afrique , de Levaillant , qui le premier a décrit 
cet oiseau , dans lequel on trouve des rapprochemens avec 
les vautours , par la forme de son bec , et avec les pygargues ^ 
par ses tarses en partie nus ; mais pour le mettre à la place 
qui lui convient , il faut le voir en nature ; alors peut-être 
trouvera-t-on des caractères suffisans pour donner lieu à une 
division particulière. 

Les colons du pays d'Anteniquoi , dans l'intérieur des terres 
du Cap de Bonnc-Espératice , lui ont donné le nom de bate- 
leur , à cause des mouvemens très-extraordinaires , espèce 
de tours de force, qu'il exécute en volant, et que le mâle et la 
femelle se plaisent à répéter alternativement en présence l'un 
de l'autre. Après avoir plané en tourniquet, ils rabattent tout 
d'un coup leur vol , et descendent à une certaine distance de 
terre en battant l'air de leurs ailes , d'une manière à faire 
croire qu'il y en a une de cassée , et que l'oiseau est prêt 
à tomber ; on peut entendre ces coups d'ailes à une grajîde 
distance. 

La taille du bateleur est moyenne entre celle de M orfraie et 
du balbuzard ; son bec est moins fort et ses ongles moins cro- 
chus que ceux de V aigle ; ses tarses sont nus et couverts de 
larges écailles comme ceux du balbuzard ; mais il s'éloigne 
de cet oiseau , ainsi que des autres aigles , par le peu de lon- 
gueur de sa queue , dont les pennes dépassent à peine leS 
plumes du croupion , qui en recouvrent plus de la moitié. 
Ceiie queue si courte et le dos sont d'un roux foncé ; les pe- 
tites couvertures des ailes d'un fauve Isabelle , et les plumes 
des autres parties d'un beau noir mat ; il y a un peu de gris 
bleuâtre sur \t::s scapuiaires , et un liseré argenté sur le bord 
extérieur àcs pennes de l'aile. L'iris de l'œil est d'un brun 
foncé, ie bec noir , de même que les ongles, ella membrane 



582 P Y G 

bec jaunâtre. La femelle et l'oiseau jeune sont bruns, et leurs 
ailes noirâtres ; ilparoît que c'estseulemenl à latroisièine mue 
que le bateleur se revêt entièrement de son beau plumage. 

Le naturel de cette espèce tient de celui du pygargue et de 
celui du vautour , mais plus du premier que du second. Les 
bateleurs déchirent les cadavres d'animaux morts pour se 
gorger de leurs lambeaux à demi putréfiés ; cependant ils 
atta(juent souvent les jeunes gazelles, les jeunes autruches, etc., 
et ils cherchent à surprendre les agneaux et les moutons ma- 
lades près des habitations. Le mâle et la femelle ne se quit- 
tent point ; ils placent leur aire sur les arbres, et la ponte 
est de trois à quatre œufs tout blancs. On les trouve com- 
munément dans le pays d'Anteuiquoi et le long de la côte 
de Natal , jusque dans la Cafrerie ; ils sont connus , par les 
Hollandais du Cap de Bonne-Espérance , sous le nom de 
coqs de montagne, (s.) 

* Le Cafre , Falco vulturinus , Lath. ; planche 6 des Oi- 
seaux d'Afrique , par Levaillanl. Il en est de cet accipilre 
comme du bateleur j il faut le voir en nature pour détermi- 
ner la place qui lui est convenable. Il tient à la fois des 
pygargues et des vautours ; cependant, il a plus de rapports 
avec les premiers ; et M. Levaillant , qui Ta découvert, le 
regarde comme un aigle ; quoique par son bec, ses tarses et 
quelques habitudes , cet oiseau se rapproche beaucoup des 
vautours. Sa taille égale celle du grand aigle ; son bec est 
même plus fort , mais ses serres sont plus foibles ; des plu- 
ines revêtent ses pieds jusqu'aux doigts ; ses ailes , pliées , 
s'étendent fort au-delà du bout de la queue , dont la pointe 
est arrondie , usée et élimée. Tout le plumage est d'un noir 
mat , avec quelques reflets brunâtres sur les ailes ; le bec est 
jaunâtre , et sa membrane bleuâtre ; l'iris des yeux est d'un 
brun marron ; les tarses sont d'un jaune terne , et les on- 
gles noirs. 

Le nom de cajre , que Levaillant a imposé à cet oiseau de 
proie , indique qu'on le trouve dans la Cafrerie , où il est 
néanmoins assez rare ; on ne le voit point en troupes, mais 
seulement par paires ; et avant de pouvoir s'enlever de terre 
pour prendre son vol , il marche et saute quelque temps à la 
manière des vautours ; son aire est placée sur les rochers; les 
charognes sont sa nourriture habituelle ; il attaque quelque- 
fois des agneaux pour les dévorer sur place ; car jamais il 
n'emporte de proie dans ses serres , môme quand il a des 
petits, ce qui le rapproche des vautours, (s.) 

*Le CiiEELA, Falco cheela, Lath. Sa taille égale celle de 
Vaigle commun ; son corps épais annonce sa force ; le som- 
met de sa tête est chargé d'une petite huppe ; le brun est la 



ielnle génériile Je son plumage; il y a un peu de blanc de 
chaque côté de la tête , des taches de la même couleur sur les 
couvertures supérieures des ailes , et une large bande , égale- 
ment blanche , qui traverse les pennes de la queue ; le bec 
est bleu ; l'iris de l'œil et les pieds sont jaunes. Cheela est le 
nom que cet oiseau porte aux Indes , où il n'est pas com- 
mun, (s.) 

* Le Getiergerte , Falco ilgrînus, Lath. Cet oiseau de 
proie a été décrit par Besck. , voy, Kurl. S. lo , ii — i. 
Taf. 2 , et sous le nom latin que nous lui avons conservé. 
Aussi fort que Y aigle doré ^ il en a la fierté et l'humeur san- 
guinaire; aussi hardi que féroce, il ne craint point de s'ap- 
procher des demeures rustiques, où il fait une guerre cruelle 
aux paisibles habitans des basse-cours. Il n'est pas moins 
dangereux pour le gibier ; les perdrix , les gelinottes , les 
lièvres , sont sa proie habituelle. 

Quelques raies brunes , disposées comme celles qu'on re- 
marque sur le pelage du iigre ^ tranchent sur le fond blanc 
des parties du corps, postérieures à la poitrine, mais en plus 
grand nombre sur les plumes des jambes et les couvertures 
inférieures des ailes , dont les supérieures sont noirâtres et 
les pennes noires : un brun pâle teint la tête, la gorge et la 
poitrine ; cette couleur se change en noir sur le dessus du 
cou et de la tête , dont le sommet est varié de petites raies; 
elle devient pâle sur les autres parties supérieures , et se sa- 
lit sur la queue, dont les pennes ont trois bandes transversa- 
les très-étroites , mais distinctes. La cire ou membrane de la 
base du bec est bleue ; l'iris et les pieds sont jaunes; 

Cet individu est regardé comme un mâle ; la femelle n'est 
pas décrite : on le trouve en Courlande. 

Le Pyg ARGUE A VENTRE FAUVE , Haliœtus fub'wenter. Cet 
oiseau , que M. de Labillardière a rapporté de son voyage 
autour du monde , et qu'il a déposé au Muséum d'Histoire 
naturelle , me paroîl cire un jeune dont l'espèce n'est pas 
connue ; il a la tête et le dessus du cou marqués de brun, sur 
un fond d'un blanc roussâtre ; le front et la gorge de cette 
dernière teinte, mais uniforme ; le reste des parties infé- 
rieures brun et fauve , à l'exception du bas-ventre et des 
couvertures inférieures de la queue, qui sont d'un blanc pur; 
la queue de cette couleur et terminée de brun ; les grandes 
pennes des ailes noires ; le plumage supérieur brun et mou- 
cheté de blanc ; le bec rougeâtre , les pieds jaunâtres et l.i 
taille de V aigle moufhelé. (v.) 

PYGARGUS ACCIPITER, de Willughby. C'est la 

SOUBUSE. (s.) 

PyXiATRICHE , Pysairi%. M. Geoffroy appelle ainsi 



=84 P Y G 

un genre de singes qu'Illigeravoit formé avant lui, sous la dé- 
nomination de Lasiopyge, Lasiopyga^ dont la signification 
est la même {fesses velues'). La Guenon Douc ( Cercopithecus 
nemœus) est le seul animal qui doive y entrer, si toutefois 
ce genre mérite d'clre conservé ; car son caractère princi- 
pal, qui consiste à manquer de callosités aux fesses , pourroit 
fort bien , ainsi que le remarque M. Cuvier, provenir d'un 
défaut dans la préparation du sujet unique qui existe dans 
la collection du Muséum d'Histoire naturelle. 

Quoiqu'il en soit, voici les caractères attribués par M. 
Geoffroy à son genre Pygatriche , singe de l'ancien conti- 
nent : museau assez court , avec l'angle facial de 5o de- 
grés; mains très - longues , et plus que les avant- bras 
et les jambes ; pouce antérieur grêle ; pouce posté- 
rieur très - écarté ; fesses non calleuses, et au contraire 
garnies et bordées de longs poils ; queue de la longueur du 
corps. 

Nous n'avons pas adopté ce genre ; nous le considérons, 
seulement comme une sous-division de celui des Guenons. 
Voy. ce mot. (desm.) 

PYGEE, PYgeuin. Genre de plantes établi par Gœrtner , 
sur la seule considération d'un fruit venant de Ceylan. Ce 
fruit est un drupe sec, transversalement plus large, contenant 
des semences en forme de baies attachées alternativement 
sur ses côtés, (b.) 

PYGMÉE , Pygmœus. On sait que Tyson et d'autres au- 
teurs ont donné ce nom à une espèce d'orang-outang , sinna 
troglodytes^ L. , qui habite les contrées les plus chaudes de 
l'Afrique. Voy. Orang-outang. 

On a cru devoir donner ce nom de pygmée à ce singe à 
cause de sa petite taille (mais on n'a vu que de jeunes individus 
non adultes en Europe, et celui que Tyson a disséqué,n'avoit 
pas trois pieds de haut), et parce qu'on a supposé qu'il 
pourroit bien avoir donné lieu à cette fable des peuples 
pygmées dont les Grecs ont parlé. Ce sont, dit-on , des 
hommes d'une petite taille, qui font une guerre perpétuelle 
aux grues , suivant Homère , et aux perdrix, d'après Mene- 
clès (Athénée, Delpnosoph.,\. IX.).Un Basilides raconte com- 
me quoi les pygmées atteloient des perdrixà leurs carrosses, 
pour s'en faire traîner. Selori Nicéphore Calixte ( Hist. eccL^ 
1. XII, c. 87 ), on a vu un Égyptien, âgé de vingt cinq ans , 
qui n'étoit pas plus haut qu'une perdrix ; il avoit une jolie 
petite vois, et ses raisonnemens marquoientde la pruûence et 
du courage. Phlloslrale représente les pygmées armés débâ- 
ches , de serpes, de cognées, pour couper les blés qui sont , 
à leur égard , de grands arbres. ArJslole , qui admet ces fa- 



P Y T^ .83 

Lies , dit que les pygmées vivent dans des tanières , ou des 
cavernes , et Pline suppose des pygmées en plusieurs régions 
du monde. Les grues chassèrent ceux de Thrace , selon lui 
(^lib. IV, ch, XI ) ; d'autres existoient vers Antioche ou Sé- 
leucie ; les autres habitoient en Ethiopie , aux sources du 
Nil ; enfin, on en plaçoit aussi dans les Indes orientales, aux 
sources du Gange; ceux-ci étoient nommés SpHhamîensy 
parce qu'ils n'excèdent pas trois palmes, dans leur taille. 

Strabon , écrivant avec plus de critique {lib. ij , Géogr. ) , 
dit , que comme tous les animaux naissent plus petits dans 
des régions ou trop chaudes et sèches , ou trop glaciales , il 
se peut qu'on y ait supposé des pygmées , en exagérant la 
petitesse des hommes ; car , personne , dit-il , n'a vu de 
ces prétendus pygmées. 

On voit combien le défaut de connoissances géographi- 
ques précises faisoit admettre d'absurdités aux anciens phi- 
losophes, les plus remarquables par leur génie. 

C'étoil , dit -on , le bon temps : on faisoit croire aux peu- 
ples tout ce qu'on vouloit , rien n'étant là pour démentir tant 
de fables. Aujourd'hui, l'on prétendroil en vain nous traiter 
en pygmées ; il est probable que nous avons vaincu les grues 
à notre tour. L'époque de la puberté du genre humain nous 
paroît être arrivée , grâce aux sciences physiques et naturel- 
les , et les peuples grandissent sur la terre. ( Voy. Homme. ) 

(VIRE Y.) 

PYGMEE , Pygmea. Genre de plantes établi par Stack- 
house , Néréide britannique , aux dépens des Varecs de 
Linnaeus. Ses caractères sont : fronde coriace , roide , très- 
courte, dilatée ou palmée à son extrémité ; fructification en 
forme de vase. 

Ce genre rentre dans la troisième section de celui appelé 
GiGARTiNE par Lamouroux; il ne renferme qu'une espèce 
le varec pygmée , figuré pi. i8 du grand ouvrage du même 
Stackhouse. (b.) 

PYGMÉE DE GUINÉE. Nom sous lequel on a quel- 
quefois désigné I'Orang chimpanzé ou Jocko de Buffon. 
Voy. Orang. (desm.) 

PYGOSCELIS. C'est le Grèbe cornu, dansGesner. V. 
Grèbe, (s.) 

PYGYTTIAL. Nom du Myrtille ( Vaccinium myiiiUus }, 
chex les Tartares Wassugs. (ln.) 

PYLAISIE, Pylaisia. (ienre de mousse rapproché des 
Ptérogonions et des Fabronies. Ses caractères sont : pé- 
ristome simple à seize dents membraneuses , dentelées sur 
leur» bords ; capsule ovale et oblique; un opercule campani- 



P.86 P Y R 

forme, mucronulé ; une gaine nue , ovale ou presque cylin- 
drique. 

Ce genre ne renferme qu'une espèce qui croît sur les ar- 
bres, et ressemble à I'Hypne serpetst. Elle est figurée pi. 
33 du 4.'^ vol. du Journal de botanique de Desvaux, (b.) 

PYLORÏDES ( Coquilles ). Nom donné aux coquilles bi- 
valves dont les battans ou les valves ne se ferment pas exac- 
tement , telles que les solcns , les pinnes , les pholades, quel- 
ques espèces de moules , etc. V. au mot Coquilles, (desm.) 

PYRACANTHA. Nom donné par Lobel et Clusius à 
une espèce de Néflier épineux qui se couvre de fruits d'un 
rouge de feu , et que l'on nomme vulgairement buisson ar- 
dent (^Mespi/us pytacantha). On le donne aussi à un celas- 
trus. (LN.) 

PYRALE, Pyra//5, Fab., ()liv,,Latr. Genre d'insectes de 
l'ordre^ies lépidoptères, famille des nocturnes, tribu des rou- 
leuses , ayant pour^ caractères : antennes sétacées , ailes 
courtes , élargies à leur base , formant avec le corps une 
sorte d'ellipse tronquée ou en triangle , dont les côtés op- 
posés sont arqués près de leur réunion. 

Les pyrales^ qu'il ne faut pas confondre avec les phalènes 
pyrales de Linneeus (V. Phalène.), diffèrent des autres lépi- 
doptères par la forme de leurs ailes qui sont larges à leur 
origine , arrondies , formant des espèces d'épaules. Ce sont 
ces insectes que Geoffroy di nommés phalènes chappes , et Lin- 
nseas. phalènes rouleuses {ioririx). Elles viennent de chenilles 
à seize pattes, qui sont rases ou peu velues. Presque toutes 
ces chenilles vivent renfermées dans des feuilles dont elles 
roulent ou plient les bords , et mangent le parenchyme. 
Quelques autres vivent dans l'intérieur des fruits. Parvenues 
à leur grosseur , elles se changent en nymphes , les unes dans 
les feuilles mêmes où elles ont vécu, et qu'elles tapissent d'un 
peu de sole; les autres filent une coque de forme singulière, 
que Réaumur a nommée coque en bateau. 

Ces chenilles font leur coque avec une adresse étonnante; 
elles commencent par filer séparément deux pièces sembla- 
bles, à chacune desquelles elles donnent la forme d'une co- 
quille -, ensuite elles les posent l'une à côté de l'autre, et 
lient leur bord supérieur avec quelques brins de soie ; placée 
dans la cavité qui se trouve entre ces deux pièces , la che- 
nille parvient à force de travail à donner de la solidité à sa 
coque , et la forme d'un petit bateau ; et après qu'elle l'a 
achevée , elle se change en nymphe. Les chenilles qui font 
de ces coques sont plus ou moins de temps à acquérir leur 
dernière forme. Les unes deviennent insectes parfaits envi- 




j- A(>(///('//i' t//i//>/////t/r ■ 7. 7'// <r /<'//,' t/c /,! /it 
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P Y R ,8, 

ron un mois après leur métamorphose ; les autres au prin- 
temps , ayant passé l'hiver sous l'état de nymphes. 

On trouve les pyrales pendant toqte la belle saison ; elles 
forment un genre très-nombreux ^.que l'on pourroit diviser 
ainsi : i° palpes inférieurs cylindriques, Pyralis fagana ; 2.'» 
second article des palpes inférieurs dilaté ; le dernier fort 
court et obtus, Pyralis pomana; 'à. ° palpes inférieurs allongés, 
recourbés, terminés par un article long et conique , Pyralis 
heradœana ( V. pour d'autres divisions mon Gêner, rrust. et 
insect. ) 

Les espèces les plus remarquables sont : 

Pyrale verte a bandes, Pyralis {phalœna , Linn. ) prasi- 
naria^Yah. ; Chappeverte à bandes, Geoff ; pi. M. 17, g de cet 
ouvrage. Cette pyrale , une des plus grandes de ce genre , 
aies ailes et le corps d'un beau vert; deux lignes obliques, 
blanches, sur les ailes supérieures ; le dessous des quatre ai- 
les d'un vert blanchâtre. 

On la trouve aux environs de Paris. 

Sa chenille est verte , avec quelques raies obliques d'un 
vert jaunâtre ; sa partie postérieure est beaucoup plus mince 
que sa partie antérieure ; elle retire souvent sa tête sous les 
premiers anneaux de son corps. Elle se nourrit de feuilles 
de chêne et d'autres. Vers le milieu du printemps , elle s'en- 
ferme dans une coque à laquelle elle donne la forme d'un 
bateau, se change en nymphe, et devient insecte parfait en- 
viron un mois après. 

Pyrale du hêtre, Pyralis {phalœna, Linn.) fagana , Fab. 
Elle est presque aussi grande que la précédente ; verte, avec 
des lignes obliques d'un rouge pâle sur les ailes supérieures ; 
elle a les antennes et les pattes d'un rouge pâle , quelque- 
fois jaunâtres. 

On la trouve aux environs de Paris. 

Sa chenille est une de celles qui font leur coque en ba- 
teau ; elle est verte ; avec des lignes jaunâtres sur les côtés. 
On la trouve vers la fin de l'été. Elle se nourrit de feuilles 
de chêne, fait sa coque au commencement de l'automne, 
passe l'hiver sous la forme de nymphe, et devient insecte 
parfait au printemps suivant 

Pyrale du xylostéon, Pyralis xylosteana, Fab. Elle a les 
ailes supérieures brunes , avec une large bande sur le mi- 
lieu, d'un brun plus foncé, et sur la totalité, de petites lignes 
de même couleur. 

On la trouve en Europe ; elle est commune aux environs 
de Paris. 

Sa chenille est verte ; elle vit sur h lilas, dont elle roule 
les efuilles; si on touche un peu fort à celle sur laquelle elle 



288 P Y R 

est, elle sort de son rouleau par un des bouts, qu'elle laisse 
toujours ouvert, et se suspend au brin de soie qu'elle a soin 
de tenir prêt à l'aider dans sa fuiteN, et quand elle croit le 
danger passé, elle remonte à l'aide de cette soie. Elle mange 
tout l'intérieur de son rouleau, sans jamais toucber au der- 
nier tour de spirale. Elle se change en nymphe dans son rou- 
leau, au commencement de l'été, et devient insecte parfait 
un mois après. 

Pyrale de la vigtsie, Pyraîîs vitana., Fab,; Bosc, Mémoire 
d'Agrit:., 1786, irim.dp'té , p. 22, pi. 4., fig-6; Coqueb. , Illusf. 
inconog. Insect. dec. i , tab. 7, fig. 9. Ses ailes supérieures sont 
d'un verdâtre foncé , avec trois bandes obliques noirâtres , 
dont la troisième ternùnale. Sa chenille fait un grand dégât 
à la vigne , dans quelques cantons de la France. 

Pyrale des pommes, Pyralis {^phalœna^ Linn. ) pomana , 
Fab. Elle a les ailes d'un gris cendré; les supérieures ont , à 
l'extrémité , une grande tache brune , sur laquelle sont des 
points d'or, et sur la totalité, des petites lignes brunes et 
jaunâtres. , 

Sa chenille est rougeâtre ; elle se nourrit de pommes , et 
vit dans l'intérieur de ce fruit jusqu'à ce qu'elle soit prête à 
se métamorphoser ; alors elle se fait un chemin depuis le 
centre jusqu'à la circonférence de la pomme , et en sort 
pour aller chercher uu endroit où elle puisse se changer en 
nymphe. Il paroît que c'est sous l'écorce de l'arbre qu'elle se 
retire; là , elle file une coque dans laquelle elle fait entrer 
différentes matières , et s'y enfermer Elle en sort sous la 
forme d'insecte parfait , au milieu de l'automne. 

Après l'accouplement, les femelles collent leurs œufs 
dans les endroits où les petites chenilles qui doivent en sor- 
tir, puissent trouver la nourriture qui leur convient, et il 
paroît que la chenille perce la pomme pendant qu'elle est 
encore jeune , et s'introduit dans son intérieur ; l'endroit 
par où elle est entrée, se referme quelquefois, de manière 
qu'il est difficile d'apercevoir le trou qui lui a donné passage. 

Pyrale cynospane, Pyralis (phalœna, Linn.) cynosbanes , 
Fab. Elle a les ailes grises; les supérieures d'un brun noi- 
râtre à leur origine , avec l'extrémité blanche, terminées par 
des points noirs. 

On la trouve en Europe. 

Sa chenille est brune , avec la tête noire. Elle vit dans les 
jeunes pousses des branches de rosier, creuse l'intérieur du 
bouton, mange toute la substance qu'il renferme; elle at- 
taque aussi les feuilles nouvellement développées , et s'y 
forme un logement, en les attachant ensemble avec plu- 
sieurs brins de soie. Vers le milieu du printemps, elle fil« 



P Y R 



89 



une coque ovale , d'une soie très-blanche , dans laquelle elle 
se change en nymphe , et en sort sous la forme d'insecte 
parfait quinze jours après, 

PyR\LE DE LA BERCE, Pyralis (^phalœna, lÀnn.) Jyacleana. 
Le corps paroît aplati ou écrasé -, les ailes sontgr;ov.i, ; ies su- 
périeures ont des lignes noires, rapprochées sur le disque. 
La chenille vit sur les plantes ombelliféres , la ùei-ce no- 
tamment ; elle en lie les Heurs avec de la soie , et après les 
avoir rongées, elle pénètre dans les tiges parles aisselles des 
feuilles. Celle chenille est verte , ponctuée de noir , avec 
trois lignes plus foncées sur le dos. (l.) 

PYRALIS, Pyrallls ou Pyrralis, Nom grec d'un oi^ 
seau inconnu, (v.) 

PYRAME, CHIEÎS PYRAME. Race de chien venant 
de la race épagneule, transportée en Angleterre, et caracté- 
risée par sa couleur d'un noir-marron, accompagnée de ta- 
ches de feu sur les yeux, (desm.) 

PYRAMIDALE. Nx)m spéciGque d'une Campaivule. (b.) 

PYRAMIDE. Nom que quelques anciens conchyliologis- 
tes français ont donné aux coquilles du genre Côt^e. (b.) 

PYRAMIDE. Sommet d'un cristal qui présente au moins 
trois faces qui se réunissent en un point , ou sur une même 
ligne , à moins que la pyramide ne soii tronquée. Quand ua 
cristal est terminé en forme de coin , ce n'est pas une pyra- 
mide ^ c'est un sommet dièdre, (pat.) 

PYRAMIDE (GRANDE). C'est une coquille du genre 
Toupie , le Trochus niloticus. (desm.) 

PYRAMIDELLE, Pyramidella. Genre de coquilles de la 
classe des Univalves, qui a été établi par Lamarck pour sé- 
parer du genre des Toupies ( /roc/iM5, Llnn. ) quelques espè- 
ces qui ne lui conviennent pas complètement. Ce genre offre 
pour caractères : une coquille turriculée, dont l'ouverture est 
entière et demi-ovale; la columelle saillante , perforée à sa 
base et munie de trois plis trans verses. Il a pour type la tou- 
pie dolabre. 

On ne sait rien sur les animaux des pyramidelles , qui ont 
sans doute de très-grands rapports avec ceux des Toupies. 

(B.) 

PYRANGA, Pjran^a , Vieîll. ; Tanagra , Lath. Genre 
de Tordre des oiseaux Sylvains et de la famille des Péri- 
cales. V. ces mots. Caractères : bec robuste, épais, un peu 
déprimé à sa base , conique , convexe dessus et dessous ; 
mandibule supérieure , couvrant une partie de Tinférieure , 
à bords anguleux, en forme d'une fausse dent vers son mi- 
lieu, légèrement échancrée et fléchie à sa pointe; l'infé- 
rieure droite et entière; narines arrondies, ouvertes, 

xxyai. 19 



9° 



P Y R 



f)eliles , à demi couvertes par les plumes du capistrum ; 
angue cartilagineuse , bifide à sa pointe ; les trois premières 
rémiges égales, ou à peu près, et les plus longues de toutes; 
quatre doigts , trois devant , un derrière ; les extérieurs réu- 
nis à leur base , l'interne libre. 

Les oiseaux que renferme ce genre, ont été classés parmi les 
/<7n^«/«5;maisM.Desmarest en a fait une section particulière, 
sous la dénomination de iangams r.ollunens , d'après quelques 
rapports entre leur bec et celui des pie-grièches. Ce savant 
est le premier qui ait aidé à débrouiller un genre aussi mal 
composé que celui des iangaras. Voyez ce mot. Les pyrangas 
vivent d'insectes, qu'ils saisissent quelquefois au vol; mais, le 
plus souvent , ils les cherchent sur les arbres; ils se nour- 
rissentaussi de diverses baies à l'époquedeleur maturité. Ces 
oiseaux ne se réunissent point en troupes, ils se tiennent tou- 
jours seuls ou en fa'milles et fréquentent les vergers ; mais la 
plupart préfèrent l'épaisseur et le silence des bois, où ils 
X)ichent sur les arbres de moyenne hauteur; leur chant n'a 
rien de remarquable. Les />yrang'«5 qui fréquentent les Etats- 
Unis et le Canada , y arrivent vers les premiers jours de 
mai, y restent jusqu'à l'automne, et font ordinairement 
deux pontes pendant leur séjour; ensuite ils se retirent, avec 
leur famille, sous la zone torride, où ils passent l'hiver. 

Le PyraNGA bleu et jaune , Pyranga cyanicterus ^ Yieill. 
Cet oiseau, qu'on soupçonne appartenir à l'Amérique mé- 
ridionale , a sept pouces de longueur , le bec noir , la tête, 
le cou en entier , la gorge , le dos , le croupion , les couver- 
tures des ailes, l'extérieur des pennes primaires, les plumes du 
dessus de la queue, ses deux pennes intermédiaires et le bord 
des autres, d'un beau bleu d'azur; le dos est de cette couleur, 
avec des reflets verdâlres; elle est pure sur les autres parties, 
et brillante sur le devant du cou et sur le haut de lapoitrine; on 
remarque une tache de la même couleur sur les côtés de 
l'estomac , laquelle s'avance un peu sur le devant en forme 
de demi-cercle ; le reste des parties inférieures est d'un jaune 
citron éclatant; les grandes pennes des ailes sont noires à 
l'extérieur ; les pieds d'un jaune d'ocre clair. Cet oiseau est 
dans la collection de M. Temminck. 

Le Pyramga CEîsdre , Pyranga cinerea , Vieill. , se trouve 
dans l'Au)érique méridionale ; le bec et les pieds sont noirs; 
tout le plumage est d'un cendré foncé , avec quelques mar- 
ques blanches sur les couvertures des ailes et des tache.<î 
blanchâtres sur les couvertures inférieures de la queue , qui 
est assez longue, carrée et terminée de blanc. Je soupçonne 
que c'est un jeune oiseau dont je ne connois pas l'espèce. 
Je l'ai vu au Muséum d'Histoire naturelle. 



P Y R 2Ql 

Le Pyranga a face rouge, Pyranga erythropîs , Vieill.; 
pi. 20, fig. I de TAm. Ornithology. 11 a six pouces de lon- 
gueur; le dos, la queue et les ailes, noirs; les grandes 
couvertures des ailes terminées de jaune ; les moyennes 
totalement de cette couleur ; le cou, le croupion, les cou- 
vertures de la queue , et toutQg les parties inférieures , d'un 
verdâtre jaune; le devant de la tête, jusqu'au-dessous de l'œil 
et le menton, d'un écarlate clair; le bec d'une couleur de 
corne jaunâtre ; les pieds d'un bleu clair; la queue très- 
peu fourchue et terminée de blanchâtre terne. 

Cette espèce se trouve dans les grandes plaines et prairies 
qui bordent le Missouri, entre les nations Osage et Maudan ; 
elle place son nid dans les buissons, et souvent dans les 
herbes. Elle se nourrit de différentes sortes de baies , qui y 
sont très-abondantes. 

Le Pyranga noir et jaune , Pyranga Icleromelas , Vieill. 
Cet oiseau, que l'on trouve dans l'Amérique méridionale , 
est d'un noir profond sur toutes les parties supérieures , les 
côtés de la tête , du cou et de la gorge qui est , dans son 
milieu , rayée transversalement de jaune ; toutes les parties 
inférieures sont de cette couleur ; le bec est noirâtre en 
dessus , et de couleur de corne en dessous ; les pieds sont 
d'un brun rougeâtre ; taille un peu inférieure à celle des 
tachy plions noir et blanc. Du Muséum d'Hist. nat. 

Le Pyranga aux pieds jaunes, Pyranga icteropus ., Vieil!.; 
a six pouces et demi de longueur totale; la tête, le dessus 
du cou et le dos, verts ; les deux pennes intermédiaires de la 
queue en entier , le bord extérieur de toutes les latérales 
et des pennes alaires , bleu; toutes les pennes brunes à 
l'intérieur ; le menton , le devant du cou , et toutes les 
parties postérieures, jaunes ; les plumes des jambes, d'un 
vert-olive ; le bec brun , et les pieds jaunes. On le trouve au 
Brésil. Du Muséum d'Hist. nat. 

Le Pyranga rouge , Pyranga œsti\>a , Vieill. ; Tanagra 
ccsiïpa et mississipensis , Lath. ; pi. enl. de Buffon , n.° y^i. 

Le plumage du mâle est généralement rouge , à l'excep- 
tion de l'intérieur des pennes alaires , qui est brun, La cou- 
leur rouge ne se présente pas, chez tous sous la même nuan- 
ce; elle est vive chez les uns , et se rapproche de celle de la 
brique chez d'autres ; ce qui dépend de l'âge plus ou moins 
avancé; le bec est d'une couleur de corne jaunâtre; l'iris, 
noisette; les pieds sont d'un bleu clair, inclinant au 
pourpre; longueur totale, depuis six pouces deux lignes 
jusqu'à six pouces six lignes. 

La femelle a toutes les parties supérieures d'un jaune 
olive brunâtre , plus clair au-dessus de l'œil ; la gorge , le 



292 P Y R 

devant du cou, la poilrine, et toutes les parties postérieu- 
res , d'un jaune orangé terne; l'extrémité et les barbes inté- 
rieures des rémiges , brunes ; les pennes de la queue plus 
claires en dessous qu'en dessus ; le bec, les pieds et l'œil, 
comme dans le mâle , et une taille un peu inférieure. 

Le jeune , dans son premier âge , est d'un vert olive en 
dessus , et presque pareil à la femelle , sur toutes les par- 
ties inférieures. 11 ce commence à prendre son plumage 
parfait qu'au printemps et pendant l'été ; les jeunes mâles 
se distinguent alors des femelles , par la bigarrure de leurs 
vêtemens. Le jaune et le vert olive sont d'abord tacbetés d'une 
teinte fauve , qui ne parvient à la couleur rouge que gra- 
duellement ; ces taches sont semées irrégulièrement sur 
tout le plumage , jusqu'au mois de juin , époque où il reste 
. souvent aux ailes, et surtout à la queue, quelques pennes 
vertes. De cette variation, il est résulté dans les ouvrages 
d'ornithologie plusieurs espèces purement nominales ; sa- 
, voir : dans Latham , les tanagra varicgata et virginica , et 
dans Gmelin , le Tanagra variegala et le loxia virginica. 
En outre, le mâle est décrit deux fois, comme le prouve la 
synonymie. Cette espèce fait son nid dans les bois , sur la 
branche horizontale d'un arbre moyen , et préfère souvent 
celui qui est toujours vert; elle le place à dix ou douze pieds 
de terre , le compose de tiges de lin sèches , et en tapisse 
le dedans d'herbes fines. Sa ponte est de trois ou quatre 
œufs , d'un bleu clair. Le cri que la femelle jette, quand on 
est proche tle son nid , semble exprimer les syllabes chicky- 
touck , chicky - toucky , toiick. Le ramage du mâle est fort , 
sonore et plaintif. 

Ces pyrangas se trouvent, pendant l'été, dans les Etats- 
Unis ; mais ils ne s'avancent pas dans le nord autant que 
le pyran^a rouge et noir: on les voit, mais rarement , dans la 
Pensyivanie et l'état de New-York. Leur domicile, de pré- 
férence, est la Caroline, les Florides et la Louisiane. 
Buffou s'est mépris, en rapportant à cette espèce ce que 
Lepage-Dupratz dit d un autre oiseau ( le cardinal huppé ) ; 
que c'est en été qu'on entend fréquemment le ramage du 
cardinal dans les bois ; et l'hiver seulement , sur les bords 
des rivières , lorsqu'il a bu.... Dans cette dernière saison , il 
ne sort point de son domicile, où il garde continuellement 
la provision qu'il a faite pendant le beau temps. Celte pro- 
vision est ordinairement composée de maïs , et si considé- 
rable , qu'elle est quelquefois d un boisseau ( mesure de 
Paris). Le grain est arlistement couvert de feuilles et de 
petites branches ou bûchettes, et il n'y a qu'une seule ou- 
verture par où l'oiseau puisse entrer dans son magasin. 
"Wilson regarde ces détails comme apocryphes , pour ces 



M. 22 







P Y R 293 

detix oiseaux. Au reste , il est toujours certain que l'historien 
de la Louisiane parle du cardinal huppé ^ et non pas du 
pyranga rouge ; car il signale son cardinal par un capuchon 
qui n'est autre chose que l'aigrette de ce gros-bec; le py- 
ranga n'ayant pas môme les plumes de la tête assez longues, 
pour présenter une sorte de huppe , quand il est agité de 
quelque pa^ion. 

Le Pyranga rouge et noir , Pyranga crylhromelas , 
Vieiil. ; Tanagra ruhra ^ Lath. ; pi. M. 22, n." 3, de ce Dicl. 
Sous le nom de Pyranga rouge et noir , Latham et Gmclin ont 
confondu cet oiseau avec \e j'acapa scarlaile , en donnant 
celui-ci pour une variété ; il est vrai que les mâles portent 
un plumage qui présente de très - grands rapports ; mais 
le rouge est d'une nuance différente ; il ne jette pas de re- 
flets, chez ce pyranga, et il se rapproche de la couleur de feu, 
d'où lui est venu le nom Aç. fire bird ( oiseau de feu) , qu'on 
lui a imposé dans les Etats-Unis; de plus, son bec a une 
autre conformation, et les plumes de la tête et du cou sont 
d'une texture différente. En effet, celles du scarlatie sont noi- 
res, et d'un noir très-foncé à l'intérieur, tandis que le py- 
rangales a blanchc^dans le milieu et d'un gris sombre à l'ori- 
gine ; en outre , ces deux oiseaux n'habitent pas dans les 
mêmes contrées. 

Ce ysjran^a arrive, au printems, dans le nord deTAmérique, 
et pénètre jusqu'au Canada ; il s'approche alors des habita- 
tions , et se tient dans les vergers ; mais sa demeure favorite 
est au milieu des bois, où il recherche les arbres les plus 
feuilles. Son cri semble exprimer les syllabes chip , chourr , 
répétées par intervalles, d'un ton morne, de manière que 
l'on croit l'oiseau très-loin, quoiqu'il soit très-près. Le chant 
du mâle ressemble en quelque chose à celui du baliimore. 
Cette espèce se nourrit d'insectes, qu'elle prend quelquefois 
au vol, et de baies tendres, surtout de cerises dont elle paroît 
très-friande. Elle place son nid sur les arbres, quelquefois 
sur un pommier, le compose à l'extérieur de tiges de lin et 
d'herbes sèches, et en forme un tissu si lâche , qu'on peut 
apercevoir la couche sur laquelle la femelle dépose trois ou 
quatre œufs d'un bleu terne, tjicheté de brun ou (\e pourpre. 

Le mâle, âgé de deux ans, a la tête et tout le corps 
d'un beau rouge de feu ; les ailes et la queue , d'un noir 
velouté ; le bec d'un jaune rembruni ; l'iris jaunâtre ; 
les pieds d'un bleu clair, et six pouces environ de lon- 
gueur totale; le même, âgé d'un an, est d'un rouge plus 
clair et moins éclatant; les pennes alaires et caudales sont 
d'un brun noirâtre ; les primaires bordées de blanc sale en 
dehors , et les autres terminées de la même teinte. 11 a non 



294 P Y R 

seulement les plumes du corps rouges, mais sa graisse erla 
moelle de ses os, sont d'une nuance aussi belle. 

La femelle est d'un vert foible sur les parties supérieures , 
jaune sur les inférieures ; d'un noir brunâtre bordé de 
vert sur les ailes et la queue. Le jeune mâle lui ressemble 
avant sa première mue , cl ne prend qu'au printemps le 
plumage qui caractérise son sexe, époque à laquelle on en 
voit qui sont variés de rouge , de jaune et de vf rt , et dont 
les ailes ont une large bordure de la dernière couleur. On 
soupçonne que le mâle porte deux babits différens , l'un 
d'hiver, à peu près pareil à celui de la femelle , et un d'été, 
tel que nous l'avons décrit ci-dessus; mais l'on ne sait où il 
se retire pour passer la mauvaise saison. C'est à tort que 
Buffon applique à cet oiseau le passage suivant , pris dans 
l'histoire de la Nouvelle-France , par Charlevoix.« Ce n'est 
qu'à cent lieues du Canada , en tirant au Sud, que l'on com- 
mence à voir des cardinaux. La douceur de leur chant , l'éclat 
de leur plumage qui est d'un beau rouge incarnat , une 
petite aigrette qu'ils ont sur la tête , semblent leur assurer 
l'empire des airs ; » tome 3, page iSy, Ce passage indique 
très-bien \q gros-bec , ou le cardinal huppà, qui ne se trouve 
point au Canada, tandis que l'autre Ihabile pendant l'été, 
et n'a point d'aigrette. 

Le Pyranga a tète verte , Pyranga chlorocephala , 
.Vieill, , est de la taille du pyranga rouge : il a le bec brun , 
plus clair sur les bords ; la tête verdâtre ; le dessus du cou et 
du corps , les ailes et la queue , d'un bleu très-clair ; la 
gorge et toutes \cs parties postérieures , d'un beau jaune ; 
les pieds d'une couleur de chair rougeâtre. 

La femelle , ou le jeune , a la tête d'un gris verdâtre ; 
toutes les parties supérieures , d'un vert olivâtre ; les in- 
férieures, d'un jaune un peu verdâtre ; le bec brun et les 
pieds couleur de chair. Je ne connois pas le pays de cet 
oiseau , qui est au Muséum d'Histoire naturelle ; mais je 
soupçonne qu'il se trouve dans l'Amérique méridionale, (v.) 

PYRASTER. C'est le Poirier sauvage. On a nommé 
V ameîanchier ^ Pyr ASTER DE MONTAGNES. (LN.) 

PYRAZUS. V. PiRAZE. (DESM.) 

PYREI. Nom russe du Chiendent, (ln.) 

PYRÉNACEES, Vitices, Juss. Famille de plantes dont les 
caractères sont : un calice tubuleux, souvent persistant ; une 
corolle tubuleuse à limbe, communément irrégulier; quatre 
étamines presque toujours didynames, rarement deux ou six; 
un ovaire supérieur simple, à style unique, à stigmate simple 
ou bilobé, quelquefois coudé ; un péricarpe charnu contenant 
un ou quatre osselets , rarement des semences nues et agglu- 



P Y R 295 

llnées par un tissu utrlculaire; à périsperme nul, à embryon 
droit, à cotylédons presque foliacés, et à radicule inférieure. 

La tige des pyrénacées estpresque toujours frutescente. Les 
feuilles sont souvent simples et ordinairement opposées. Les 
fleurs varient dans leurs dispositions : tantôt elles sont portées 
sur des pédoncules rameu.K très-longs et opposés , dont l'en- 
semble forme un corymbe ou une panicule ; tantôt leurs 
pédoncules sont simples, courts et alternes sur Taxe d'un épi 
ou d'une grappe. 

Ventenat, de qui on a emprunté ces expressions, rapporte 
à cette famille , qui est la septième de la huitième classe de 
son Tableau du Règne végétal , et dont les caractères sont figu- 
rés pi. 9, n.° 2 du même ouvrage , seize genres sous quatre 
divisions, savoir : 

i.^ Les pyrénacées dont les fleurs sont disposées en co- 
rymbe et le péricarpe charnu : Péragu, Oviède, Volka- 

MÈRE, ^EgYPHYLLE, CaLLICARPE , GaTTILIER , CORNUTIE 

et Gmeline. 

2.° Les pyrénacées qui ont les fleurs disposées en épi et le 
péricarpe charnu : Gotelet , Durante, Lantana et Spiel- 

MANNE. 

3." Les pyrénacées à fleurs disposées en épi et à semences 
nues : Verveine et Zapane. 

4.." Les genres qui ont de l'affinité avec les pyrénacées : 
Selage et Hébemstreite. (b.) 

PYRENAIRE, Desv. Sorte de fruit. Il se rapproche du 
INucuLAiRE. Le genre Néflier en offre un exemple, (b.) 

PYRÈNË , Pyrena. Nom donné par Tournefort au noyau 
de quelques drupes, (b.) 

PYRENEÏTE. Nom donné par Werner au Grenat 
3S0IR du pic d'Eres-Lids dans les Pyrénées; il ne faut pas le 
confondre avec la Mélanite. V. Grenat noir, (ln.) 

PYRENION, Pyrenium. Genre de plantes cryptogames 
de la famille des Champignons, qui a été établi par Tode , 
et appelé Tricuoderme par Persoon. Il a pour caractères : 
d'être globuleux, sessile, très-entier, et de renfermer des se- 
mences réunies et nues , semblables à des noix. 

Ce genre est composé de dix espèces, dont quatre sont 
représentées fig. 20 , ^-g et 5o de l'ouvrage de Tode sur les 
champignons du Mecklembourg. (b.) 

PYRENULE, Pyrenula. Genre de lichen établi par 
Acharius dans le troisième volume du Magasin des curieux 
de la nature, de Berlin. Il rentre dans ceux appelés Sphérie 
et Verrucaire. Beaucoup de ses espèces sont figurées ea 
couleur dans l'ouvrage ci-dessus, (b.) 

PYRETHRE;^ Pyreihrum. Genre de plantes établi pat-. 



296 P Y R 

Gsertner, pour placer plusieurs espèces de Chrysanthèmes 
de Linnseus, qu'il a trouvé n'avoir pas complètement les ca- 
ractères des autres. En effet , ils en diffèrent par des demi- 
fleurons trideniés et des semences surmontées d'un rebord 
un peu saillant et obscurément denté. 

^ illdenovv rapporte vingt-cinq espèces à ce genre. 

Parmi les pyrèlhres à ravons blancs , il faut remarquer la 
Frutescente, qui est originaire des Canaries, et que nous 
cultivons dans nos orangeries, et les Inodore et Mari- 
time, qui sont indigènes. 

Nous ne cultivons en France aucune de celles à rayons 
jaunes. 

On appelle aussi pyrèthre , dans les boutiques, les racines 
de deux espèces de Camomilles , qui, mâchées, excitent la 
salivation, (b.) 

PYRÈTHRE SAUVAGE. C est V Achil/ée piarmigue ou 
Herbe a éternuer. (ln.) 

PYPtETHRUiM, Plante mentionnée par Dioscoride , et 
qui devoit son nom à la saveur brûlante de sa racine. Ce 
naturaliste grec attribue au pyrelhrum les feuilles et les 
branches du dauciis saiwage et du maratlirum , et des (leurs en 
bouquets ronds, telles que celles de Vanethum. Or, comme 
toutes ces plantes , qui servent de terme de comparaison , 
appartiennent à la famille des ombellifères , il est très-pro- 
bable que c'est encore dans cette famille qu'on doit chercher 
le pyrethrum , à moins, cependant, que Dioscoride, trompé 
par les feuilles de sa plante, qui dévoient être finement dé- 
coupées, par suite de sa comparaison, n'ait voulu parler 
d'une plante d'une autre famille; c'est ce qui nous paroît 
plus que douteux. La racine du pyrethrum , mâchée , esci- 
toit la salivation ; et sa décoction dans du vinaigre servoit à 
calmer les maux de dents. On s'en frottoit le corps, avec de 
l'huile, pqur exciter la sueur, contre les frissons qui précè- 
dent la fièvre, et pour ranimer les membres paralysés. Pline 
ne fait que nommer cette plante. Dioscoride ajoute que les 
Romains la désignoient par le nom de salwaris. Enfin, divers 
auteurs anciens l'ont appelée />jrono« , pyroton, pyroihwn , 
pyrites ou pyriiis et dorychnium. 

Matthiole , dans ses Commentaires sur Dioscoride, figure 
à la fois à l'article pyrethrum, une plante ombellifère et une 
plante composée. La première est rapportée au ligustîcum 
apiôîdes de Lamarck, et la seconde est la pyrèthre des mo- 
dernes , ou anthémis pyrethrum ^ L>, espèce de Camomille. 
Adanson rapporte à cette dernière espèce le pyrethrum de 
Dioscoride ; c'étoit l'avis de plusieurs botanistes anciens 
{Brunf. Trag , Fiichs , Bod.^ etc.). Mallhiole donne pour tel. 



P Y R .97 

i'ombellifère qu'il figure ; Camerare suit le même senliment. 
La courte description donnée du pyrelhrum par Dioscoride, 
ne permet pas de le reconnoître parmi celles de nos plantes 
dont la racine jouit des mêmes vertus. Les pyrèlhres des 
pharmaciens modernes sont des espèces de Camomille. V. 
cet article. 

Les premiers botanistes modernes ont fait usage du nom 
de pyrethmm pour désigner, outre les deux plantes de Mat- 
tliiole, {q pyrelhrum alpinum^ W. , V achillœa plarrnica , L., le 
santnlina alpina^ et quelques autres plantes. Dans ces derniers 
temps, Medicus affecta de nommer pyrethiitm les spilanthus 
ar.mella Qi pseudo-acmella. Enfin, Gœrtner et Smith, détournant 
ce nom de sa véritable application, l'ont donné à un nouveau 
genre qu'ils ont fondé aux dépens des genres clirysantliemum 
et matricaria, Linn. V. PvRETHaE, ci-dessus, (ln.) 
PYRGITA. Nom grec du Mojneau domestique, (v.) 
PYRGOME, Nom donné par Werner à une variété de 
pyroxène qu'on a également nommée fussuite. V. Pyroxène. 

(LN.) 

PYRGOME, Pyrqoma. Genre de mollusques cirrhipèdes 
établi par Savigny. 11 se rapproche des Bai. ânes, et ne con- 
tient qu'une espèce originaire de la mer Rouge. Ses carac- 
tères sont : coquille sessile , univalve-, presque globuleuse , 
ventrue , convexe en dessus , percée au soumiet ; ouverture 
petite, elliptique ; opercule bivalve, (b.) 

PYRGOPOLON. Nom latin du genre des coquilles fos- 
siles, établi par Denys de-Monifort sous celui de Pirgopole 
en français. V. ce mot. (desm.) 

PYRGUE, Pyrgiis. Arbrisseau à feuilles alternes, ovales, 
lancéolées , très-entières , à fleurs d'un blanc rougeâlre, por- 
tées sur des grappes terminales , qui forme un genre dans la 
pentandrie monogynie. 

Ce genre offre pour caractères : un calice persistant à cinq 
dents ; une corolle monopétale en roue, divisée en cinq par- 
lies ; cinq élamines dont les anthères sont grandes et conni- 
ventes ; un ovaire supérieur presque rond, à style subulé et 
à stigmate simple; une baie globuleuse, petite et mono- 
sperme. 

Le pyrgue se trouve à la Cochinchine. Il se rapproche 
beaucoup des Bladhies et desMYRSiiSES ; mais il en diffère 
par le nombre des parties et par le manque d'arille. (b.) 

PYRIDION. Sorte de Fruit. Il appartient exclusivement 
à la famille des Rosacées. V. Pomme, Poire, Coing, Nèfle , 
Azerolle et Corme, qui sont des pyridlons. (B.) 

PYRINA. r. Pytia^îtqe. (!>n.) 



298 P Y R 

PYRITE D'ARGENT. C'est le Fer arsenical ARGEif- 

TIBÈRE. (LN.) 

PYRITE ARGENTIFÈRE {sîlberkies, Stuiz). C'est le 
Fer sulfuré argentifère, (ln.) 

PYRITE ARSENICALE. Toye^ Fer arsekical. C'est 
aussi le Fer sulfuré arsenifère. (ln.) 

PYRITE ARSENICALE ARGENTIFÈRE. V. Fer 

ARSENICAL ARGENTIFÈRE. (LN.) 

PYRITE AURIFÈRE. C'est le Fer sulfuré aurifère. 

(LN.) 

PYRITE BLANCHE. V. Fer sulfuré blanc, (ln.) 
PYRITE BRUNE MARTIALE. Nom donné par Bo- 

mare au Fer hydraté epigène. (ln.) 

PYRITE CAPILLAIRE {haarkies, Wern.). C'est le 

Nickel natif capillaire, (ln.) 
PYRITE CUIVREUSE. V. Cuivre pyriteux. (ln.) 
PYRITE EN EPIS. On donne ce nom à 1' Argent en 

épi. (ln.) 

PYRITED'ÊTAIN(zi««A/e5, W.). C'est I'Etain sul- 
furé, (ln.) 

PYRITE FERRUCilNEUSE. V. Fer sulfuré, (ln.) 
PYRITE HÉPATIQUE. C'est le Fer sulfuré dé- 
composé ou Fer hydraté épigene. (ln.) 

PYRITE DES INCAS. C'est le Fer sulfuré massie 
avec lequel les Péruviens faisoient des miroirs, (ln.) 
PYRITE JAUNE. V. Fer sulfuré, (ln.) 
PYRITE MAGNÉTIQUE {magnetkies , W. ). C'est le 
Fer sulfuré ferrifère. (ln.) 

PYRITE MARTIALE ou FERRUGINEUSE. Voyez 
Fer sulfuré et Fer sulfuré rlanc. (ln.) 

PYRITE DE MOLYBDÈNE. C'est le Molybdène 
sulfuré, (ln.) 

PYRITE D'ORPIMENT. Romé-de l'Isle donnoit ce 
nom à une variété de Fer sulfuré arsenifère. (ln.) 

PYRITE PYRAMIDALE. Bomare donne ce nom à des 
variétés àejer sulfuré concrétionnées et radiées, (ln.) 

PYRITE RHOMBOÏDALE de Romé-de-lTsle. V. Fer 
sulfuré jaune, (ln.) 

PYRITE ROUGE. C'est le Nickel arsenical, (ln.) 

PYRITE SILICEUSE. On a donné ce nom à la Pierre 
A FUSIL ou Silex pyromaque. (ln.) 

PYRITE SOLIDE. C'est le Fer sulfuré amorphe 0» 

MASSIF, (ln.) 



P Y R 2g.j 

PYRITE SULFUREUSE. F. Fer sulfuré et Fer sul- 
furé BLANC. (LN.) 

PYRITE TRANSPARENTE. C'est le Réalgar, c'est- 
à-dire, 1' Arsenic sulfuré rouge, (ln.) 

PYRITOMAGNES de Lenz. C'est le Fer sulfuré fer- 

RIFÈRE. (lN.) 

PYRITRICHA. Hill donne ce nom à la Pyrite magné- 
tique, (ln.) 

PYROCHITON. Reneaulme donne ce nom à I'Orni- 
THOGALE JAUNE ( ornithogalum luîeum , Linn. ). (ln.) 

PYROCHRE , Pyrochroa. Genre d'insecles de l'ordre des 
coléoptères , section des hétéromères , famille des traché- 
lides , tribu dés pyrochroïdes. 

Ces insectes avoient d'abord été rangés par Linnaeus parmi 
les lampyres^ avec lesquels ils ont quelques rapports de forme. 
C'est Geoffroy qui les a séparés pour en former un genre par- 
ticulier, sous le nom de pyrochroa. Fabricius avoit placé dans 
son genre pyrochroa , plusieurs insectes que nous en avons 
distraits et que nous avons rangés parmi les lycus. 

Les pyrochres se distinguent des lampyres, des lycus et 
des téléphores, par le nombre des articles des tarses de leurs 
pattes postérieures; il y en a cinq dans ces trois derniers 
genres , tandis qu'on n'en compte que quatre dans les pyro- 
chres. La forme orbiculaire de leur corselet , celle de leurs 
antennes, qui sont pectinées, ne permet pas de les confondre 
avec les mylabres , les cantharides, les œdémères et les cis- 
tèles. 

Le corps de ces insectes est déprimé. La tête est séparée 
du corselet ; elle est presque triangulaire , un peu penchée ; 
les antennes égalent en longueur la moitié du corps; elles 
sont pectinées, particulièrement dans les mâles , et forment 
quelquefois un beaupanache;les yeux sont allongés et un peu 
échancrés;les mandibules sont fortes et bidentées à leur extré- 
mité ; les mâchoires sont bilobées ; leurs palpes maxillaires , 
beaucoup plus longs que les labiaux, sont terminés par un ar- 
ticle plus grand , en forme de triangle renversé et allongé; les 
palpes labiaux sont petits et filiformes ; la languette est bifide; 
le corselet est arrondi , ordinairement raboteux, non bordé, 
séparé de l'abdomen par un étranglement marqué ; l'écusson 
est petit , arrondi postérieurement; les élylres sont planes , 
flexibles , n'embrassant pas l'abdomen , allant un peu en 
s'élargissant vers l'extrémité ; les pattes sont longues ; les 
tarses sont filiformes , composés de cinq articles aux deux 
premières paires, et de quatre à la dernière; le pénultième 
tist bilobé dans tous. 



3oo P Y R 

La larve est allonge'e , déprimée , terminée par deux 
pomtes , avec la tête forte et ayant une forme analogue 
à celle de rinsecle parfait ; elle vit sous les écorces des 
vieux arbres. L'insecle parfait se trouve dans les chemins ; 
au pied des haies, dans les chantiers ou dans les bois. Ces 
insectes forment un genre peu nombreux. Fabricius en décrit 
cinq espèces , dont trois se trouvent en France ; ce sont : 

La Cardinale de Geoffroy, PYrocIuoa coccinea. Elle est 
noire ; son corselet et ses élylres sont d'un rouge sanguin , 
sans taches. 

La Pyrochre ^OVGY. , Pywcliroa mhens , pyrochre pectini- 
corne , pi. M 29-14. de cet Ouvrage. Elle est noire ; sa tête , 
son corselet et ses élytres sont d'un rouge sans\aches. ( Cet 
insecte ne diffère du précédent que par la couleur de la tête 
qui est rouge. ) 

La Pyhochre PECTINICORTSe , Pyrochroa pectinicomis. Elle 
est noire ; ses élytres sont tesfacées ; le corselet est de la 
même couleur, avec une tache noire dans son milieu. (o.L.) 
PYROCHROÏDES, Pyrochwïdes, Latr. Tribu d'insectes 
coléoptères hétéromères , famille des trachélides, distin- 
guée des autres divisions dont elle est composée , par les 
Caractères suivans : crochets des tarses simples , sans divi- 
sions ni appendices, corps oblong , droit , déprimé, avec le 
corselet rond ou presque triangulaire; éluis de la longueur 
de l'abdomen , de la même largeur, ou plus larges et arron- 
dis au bout. 

Cette tribu comprend les genres Dendroïde et Pyrochre. 

(L.) 

PYRODE de Forster {pnomat). C'est la Pyrite magné- 
tique, (ln.) 

PYRODMALlïHEd'Hausmann. F.Fermuriaté. (ln.) 

PYROLA. Ce nom, qui est le diminutif de pyrus , Poi- 
RIER, a été donné aux pyroles, à cause de leur petitesse et 
de la forme de leurs feuilles qui rappellent les feuilles du 
poirier. Le Tn'entalis europœa, le Cornus canudensis et le Par- 
nassia palustris, ont été placés avec les véritables pyroles ; les 
deux premiers par C. Bauhin,le dernier par Morison.Les/?/- 
rola maculata et umhellata^ ou le e^&nre chimaphila de Pursh , 
ne diffèrent du pyrola que par le stigmate sessile et orbicu- 
iaire et par les anthères en bec, percées et s'ouvrant en deux 
valves, (ln.) 

PYROLE, Pyrola. Genre de plantes de la décandrie di- 
gynie et de la famille des bicornes , qui présente pour carac- 
tères : un calice très-petit, divisé en cinq parties; une corolle 
de cinq pétales connivens et élargis à leur base ; dix étamines 
non saillantes; un ovaire supérieur, ovale , à cinq stries, sur- 



monté d'un slyle à sligmate capilé,armé de deux pointes, ou 
entouré de cinq crénelures ; une capsule à cinq loges, à cinq 
ralves , s'ouvrant par ses angles , et contenant mie grande 
quantité de semences menues. 

Ce genre , aux dépens duquel Pursh a formé son genre 
Chimaphile , renferme des plantes vivaces, légèrement fru- 
tescentes à leur base , à feuilles alternes et à fleurs en épis ou 
en ombelle terminale accompagnées d'une petite bractée. On 
en connoît buit espèces, dont cinq sont d'Europe. La plus 
commune est : 

La Pyrole a feuilles rondes , qui a les étamines rele- 
vées et le pistil incliné. Elle croît aux lieux montueux, ombra- 
gés et humides. Ses feuilles sont permanentes, presque toutes 
radicales, rondes, coriaces, d'un beau vert, et portées sur 
de longs pétioles. Se§ fleurs sont blanchâtres, odorantes, et 
s'épanouissent au fort de Tété. Toute la plante a un goût 
amer et fort astringent, et est regardée comme propre à 
arrêter les pertes de sang, les fleurs blanches et les hémor- 
ragies ; elle entre dans les vulnéraires suisses. On l'applique, 
pilée, sur les blessures, et on en fait un miel excellent contre 
les esquinancies inflammatoires. 

La pyrole se conserve difficilement dans les jardins ; mais 
elle multiplie très-rapidement dans les lieux qui lui convien- 
nent. 

Les autres espèces de pyroles sont : la Pyrole petite , 
qui ne diffère pas beaucoup de la précédente ; la Pyrole 
unilatérale, la Pyrole en ombelle et la Pyrole unl- 
Flore , qui toutes indiquent leur caractère spécifique par 
leur nom , et se trouvent sur les montagnes Alpines ou dans 
le nord de l'Europe. 

Enfin , la Pyrole maculée qui a les pédoncules diflores. 
Elle vient en Caroline dans les grands bois, aux lieux arides, 
ainsi que je l'ai observé fréquemment. C'est une belle plante 
dont les feuilles sont presque verlicillées , lancéolées , d'un 
brun verdâtre , veiné de blanc. On la cultive dans quelques 
jardins de Paris. Elle est connue en Amérique sous le nom 
àlierbe à pisser, à raison de sa propriété diurétique. On rem- 
ploie aussi contre les maladies vénériennes, les cancers et les 
scrophules. (b.) 

PYROMAQUE. C'est là pierre à fusil. V. Silex, (ln.) 

PYROMERIOE, c'est-à-dire fusible en partie , ea 
grec. C'est ainsi que M. Haily désigne une espèce de 
roche primitive qui est composée de fel<lspath et de quarz, 
deuxsubstances dont Tune est fusible etl'autre infusible. Il n'y 
rapporte qu'une variété, sous le nom de Pyroméride GLO- 
BAiRE. Cette roche, découverte depuis une trentaine d'années, 



3o2 P Y R 

n'a fixé l'attention des naturalistes, que lorsque M. Rampasse 
en eut apporté en quantité en France , et qu'il eut publié 
l'annonce de la découverte qu'il venoit d'en faire , par 
une lettre adressée à M. Faujas, datée de Bastia, le 8 
janvier 1806. 11 résulte de ses observations, que cette singu- 
lière roche se trouve entre Santa-Maria-la-Ste!la et la 
montagne du Niolo , dite dans le pays Monte-Perlusato. Cette 
contrée de la Corse est extrêmement abondante en toutes 
sortes de variétés de roches essentiellement feldspalhiques 
et remplies de noyaux à structures radiées, qui, selon 
tious, ont les rapports les plus marqués avec le Pyroméride 
GLOBAIRE. Une ample collection de ces roches primitives , 
faite en Corse par M. Rampasse, montroit les passages 
nécessaires pour confirmer ces rapports. Ces roches pa- 
roissent également former une série particulière, dans la 
classification, et lorsque je les ai indiquées à l'article Pé- 
TROSILEX , je n'ai fait que suivre l'opinion la plus générale , 
qui les considère comme essentiellement composées de pé- 
trosilex, c'est-à-dire de feldspath compacte plus ou moins 
pur. 

Jusqu'à M. de Monteiro, qui a donné un Mémoire très- 
détaillé sur le pyroméride globaire , on avoit regardé celte 
roche, tantôt comme purement feldspathique ou pétrosi- 
îiceuse , tantôt comme un mélange intime de feldspath et 
d'amphibole. 

L'examen attentif qu'en a fait M.de Monteiro, lui a démon- 
tré que le feldspath et le quarz sont les principes compo- 
sant le pyroméride; le premier est en beaucoup plus grande 
quantité , blanc opaque ou roussâtre, ou verdâtre ; le second, 
gris ou noirâtre et très-fragile. Le pyroméride étudié sur une 
plaque assez étendue, se présente avec une couleur roussâtre 
tachetée de brun , sur laquelle se relèvent des parties orbi- 
culaires, solitaires ou accolées plusieurs ensemble , de cou- 
leur blanche, et veinulées ou étoilées de brun. 

M. Faujas en a donné une figure coloriée très-exacte dans 
le second volume de son essai de Géologie, planche 2ohis. 
Il donne à cette roche les noms de Porphyre orhiculaire et 
de Roche poiphyroide globuleuse de Corse. Les noms de por- 
phyre et d'amygdaloïde, qui sont apliqués à cette roche, rap- 
pellent seulement sa structure. 

Le pyroméride est remarquable surtout par la structure de 
ses noyaux.Sa pâte, de près, est rougeâtre, tiquetée et tachetée 
de brun et de points blanchâtres ou gris qui sont quelquefois 
plus abondans et plus ramassés dans certaines parties. Les 
globes parfails ont communément de deux à trois pouces de 
diamètre. Ils sont composés chacun d'une partie centrale 



P Y R 3o3 

rougeâlre , compacte , ou amas confus et pressé d'une mul- 
titude de fibres placées dans un système radié. De cette 
partie , partent des rayons composés de petits sphéroïdes 
allongés, blanc-jaunâlres', opaques , disposés à la suite les 
uns des autres , et séparés de ceux des autres rayons par la 
matière brune et roussâtrede la pâte. Ces rayonsse terminent 
en pointe et aboutissent à une écorce blanc jaunâtre, opaque, 
aussi defedspath, et qui enveloppe le noyau tout entier. Ce 
système subit quelques modifications, selon que les noyaux ont 
pu se former plus à l'aise dans la pâte ; ainsi , il y en a qui ne 
sont qu'un composé de globules irréguliers et confusément 
assemblés; d'autres fois des couches concentriques très-im- 
parfaites dans leurs contours formant les noyaux. Il y en a 
aussi qui sont compactes et blancs. Je dois faire observer qu'un 
même noyau peut aussi se présenter sous ces divers étals; 
il suffit pour cela de le couper près de la surface et dans un 
plan quelconque , excepté dans celui qui passeroit par le 
centre. Indépendamment des gros noyaux, il en existe dans 
la pâte qui ont tout au plus le volume d'un pois, et dont la 
structure est tantôt compacte et tantôt finement radiée, et 
quelquefois même avec l'ébauche d'une structure analogue 
à celle des gros noyaux. Certaines parties de la roche sont 
criblées de ces petits sphéroïdes. Les gros noyaux sont quel- 
quefois accolés plusieurs à la suite les uns des autres , et se 
pénètrent lorsqu'on scie un pareil assemblage en suivant un 
plan quipasseroitpar songrandaxe, on voitquelapartiecom- 
pacte qui est dans le milieu de chacun des noyaux, forme un 
centre général allongé, qui suit la longueur du groupe des 
noyaux, tandis que les rayons semblent affecter une direction 
rayonnante sur des points séparée de la partie centrale. 
Toutes ces dispositions, ainsi que beaucoup d'autres , sont 
les suites d'une cristallisation qui a été plus ou moins gênée. 
Le pyroméride^ comme toutes les roches analogues de 
Corse, présente çà et là, dans sa pâte, de petits cristaux bruns, 
en cubes triglyphes, ou en dodécaèdres à plans pentagones. 
M. de Monteiro les considère comme du fer oxydé produit 
du premier jet, bien que les formes citées propres au fer sul- 
furé, puissent faire croire qu'ils sont le produit de cette subs- 
tance métallique altérée , c'est-à-dire du fer oxydé épigène. 
Sans réfuter une opinion aussi respectable que celle de M. 
de Monteiro, je dois faire remarquer ici que le fer sulfuré 
se présente avec tous ses caractères dans les roches deCorse, 
qu'il accompagne le ^jTO/7/mc?e ^/oéa/rc, et que presque tous 
les porphyres pélrosiliceux offrent quelques cristaux très- 
petits de ce sulfure. 

La roche pyromàide, mériteroit sans doute d'être em- 



3o; P Y R 

ploy éc dans les arts, à cause de son singulier aspect ; mais,ou- 
tre qu'elle ne se trouve pas en niasses assez volumineuses , 
elle ne prend pas un poli très-vif ni durable , car son tissu est 
lâche et terreux. 

FYROMOKPHITE d'Hausmann. C'est la chaux phos- 
phatée terreuse (ln.) 

PYPiOPE. INoni qui a élé donné par ^^ erncr su grenat de 
Bohème^ lequel est toujours diaphane , d'une couleur rouge 
de sang, et qui ne prend jamais de forme cristalline. Il dif- 
fère aussi des SlxxU'QS grenats par son gisement dans un terrain 
de transport , qui paroîl être volcanique ; tandis que les au- 
tres grenats se trouvent dans les roches primitives. V. Gre- 

ISAT. , vol. l3 , pi. 460. (PAT.) 

PYROPHANE. C'est une hydrophane qu'on a imbibée de 
cire fondue, et qui est opaque lorsqu'elle est froide ; mais 
elle devient translucide par la chaleur. V. Hydrophatse. 

(pat.) 

PYROPHYSALIÏE. V. à l'article Topaze, (i^.) 

PYRORTHITE. Substance minérale peu connue, qui 
ressemble beaucoup à lorthite. L'une et l'autre se trouvent 
en Suède, près Fahlun ; la première à Koraret et la seconde 
à Finbo, dans un granité à grands élémens de feldspath, 
quarz et mica, accompagné de divers minerais. 

luQ pyrotthite diiiière essenliellèment de l'orthite par lama- 
nière dontii se comporte au chalumeau, car il y brûle comme 
du charbon , tandis que rorlhile fond en bouillonnant. 
Le pyrorlhite est en lames noires, minces, presque parallèles, 
qui , vues sur leurs tranches , s'offrent comme des baguettes 
noires et luisantes, semblables à de la poix ; sa raclure a la 
même couleur et le même éclat. Le granité qui le contient 
renferme du tanialite, de l'élain oxydé et la gadolinlte. (ln.) 

PYROSMAPxAGD. Les Allemands ont donné ce nom 
à la Chi.orophane verte , variété très-phosphorescente de 
la chaux fluatée, qui se trouve a Nertschinsk en Daourie. 

(ln.) 

PYROSOME. (ienre de mollusques agrégés , libres , 
placé d'abord par M. de Lamarck parmi les radiaires , et 
ensuite dans sa classe des Tuniciers. 

Les />jrosom(P5 sont des corps Holtans, cylindriques, creux, 
avec une seule ouverture à Tune de leurs extiémités , et 
qu'on n'a trouvés Jusqu'à présent que dans la mer Atlantique 
et dans la Méditerranée. Leur cavilé interne est assez lisse , 
et leur surface extérieure est garnie d'aspérités ou de tuber- 
cules fort nombreux. Ils sont éminemment phosphoriques , 
propriété qui leur a valu le nom qu'ils portent. 



P Y R 3o5 

La coîinoissance des pyrosonies est due à MM. Pérou et 
Lcsueur ; la première espèce qui fut décrite par eux , dans 
leur voyage aux Terres- Australes, sous le nom de pyrosuma 
atlanlkum , est longue de cinq ponces environ , à sac inté- 
rieur très-large , à tubercules extérieurs peu saillans, et ir- 
régulièrement distribués; une seconde le fut ( dans le Nouv. 
Bull, n.** 69, pi. 3, fig. 2 ) par M. Lesueur, qui l'appela 
Pyr.clegans; elle est beaucoup plus petite , et a ses tubercules 
gros el pyriformes , rangés par zones au nombre de six ; et 
enfin une troisième , qui fait principalement l'objet d'un 
mémoire lu par le même , le 4- raai"s i8i5 , à la société 
philomathique, a été découverte par ce naturaliste dans la 
Méditerranée, près de Nice, et en a reçu la dénomination de 
pyrosoma giganleum,pairce que ses dimensions sont Irès-forles, 
relativemnt à celles des deux premières espèces. En effet , 
ce pyrosome atteint jusqu'à quatorze pouces de longueur. Il 
diffère des précédens en ce que ses tubercules , qui sont 
placés irrégulièreinent, sont longs, déprimés et lancéolés à 
leur extrémité. 

Le pyrosome atlantique n'ayant été vu que pendant la 
nuit , et dessiné seulement à la lueur qu'il répandoit, M. Le- 
sueur n'a pu faire sur lui les observations qu'il a été à mô- 
me de faire et de répéter sur les deux autres espèces. Aussi ,' 
jusqu'à ce qu'on l'ait examiné de nouveau, ce ne pourra 
être que par analogie qu'on le laissera dans le même 
genre. 

Quant aux pyrosomes élégant et géant , M. Lesueur fit la 
remarque que lorsqu'on remplissoit d'eau la cavité centrale 
qu'ils présentent, cette eau s'échappoit incontinent par pe- 
tits jets de toutes les extrémités des tubercules ou parties sail- 
lantes dont le corps est recouvert en dehors , et il ne tarda 
pas à s'apercevoir que chacun de ces tubercules est percé 
de part en part dans le sens de sa longueur ; l'une de ses ou- 
vertures étant située dans la grande cavité commune^ret l'au- 
tre à son extrémité libre. Regardant avec plus d'attention, 
il remarqua que le canal qui joint ces deux ouvertures 
est assez compliqué , et qu'il renferme des organes assez 
nombreux et de forme variée. Il essaya de faire passer de 
l'air de l'ouverture extérieure à l'intérieure, et il ne put y réus- 
sir; il conclut de cet essai, que si l'on considère chacun de ces 
tubercules comme un animal distinct, la bouche se trouve 
située du côté de la grande cavité du pyrosome , et l'anus 
placé à l'extrémité de ce tubercule. 

1\ s'est attaché surtout à l'examen des organes renfermés 
dans chaque tubercule , et il a reconnu que chacun d'eux com- 
munique avec la cavité générale du pyrosome par une ouver- 

XXYiii. -20 



3o5 P Y R 

lure ronde , simple , plus ou moins dilatable , et que celte 
ouverture donne attache à une enveloppe membraneuse qui 
tapisse tout l'intérieur du tubercule , et qui paroît analogue 
à la seconde tunique , ou tunique propre du corps des asci- 
dies. Cette enveloppe est également attachée à l'orifice exté- 
rieur que l'on considère comme l'anus , et encore par deux 
corps comprimés et cordiforn»cs , diamétralement opposés 
i'un à l'autre , situés vers le milieu de la longueur de 
cette tunique propre , et qui sont peut-être des ganglions 
nerveux. 

Deux autres membranes de forme ovale , dont la surface 
«st traversée de lignes nombreuses parallèles entre elles et 
d'autres lignes qui les croisent en formant un réseau assez 
régulier , sont appliquées en dedans de la tunique propre 
dont nous venons de parler , entre le point où se font re- 
marquer deux organes globuleux et colorés , et celui où sont 
situés les deux corps blanchâtres et en forme de cœur qui 
fixent la tunique propre du corps contre l'enveloppe externe 
du tubercule. Ces deux membranes sont latérales , symétri- 
ques , et ne se touchent point ; les lignes transversales qu'el- 
les présentent sont plus apparentes que les longitudinales, 
et sont doubles. Leur surface intérieure est baignée par l'eau 
qui s'introduit dans la cavité du tubercule , ainsi que le sont 
les parois du sac branchial des ascidies, avec lesquelles ces 
membranes ont tellement d'analogie , que M. Lesueur 
n'hésite pas de les regarder comme étant les branchies ; de 
plus , leur composition est analogue à celle des branchies des 
BiPHORES (salpa), si ce n'est que ces dernières ont la forme 
d'un tube. 

Dans l'intervalle qui sépare en dessus ces deux branchies , 
on remarque un canal longitudinal et tout droit, qui a beau- 
coup de ressemblance avec l'intestin des salpa: il se dirige 
vers l'ouverture extérieure , mais on le perd de vue lorsqu'il 
atteint l'extrémité postérieure des branchies. Ses parois ren- 
ferment de petits corps glanduleux , analogues à ceux qu'on 
voit dans quelques ascidies , lesquels versent peut-être un 
suc particulier dans l'intestin. Vers sa partie antérieure , cet 
intestin est adhérent à un corps jaunâtre, opaque, de forme 
arrondie, un peu aplati et lisse , et qui présente deux ap- 
pendices remarquables ; l'un , d'un rouge carminé très-vif, 
ressemble pour sa forme au germe d'une plante , il commu- 
nique avec l'intestin , et l'autre , qui offre un repli en forme 
d'anse , est fort difficile à voir en entier. M. Lesueur se croit 
fondé à regarder cej corps jaunâtre comme étant l'estomac ; 
il donne le nejiLde pylore à l'appendice de cet estomac qui 
comnmnique avec l'intestin, et il présume que l'autre n'est 



P Y R 3c7 

iquc l'œsophage, à rexlrémité antérieure duquei seroit la bou- 
che proprement dite , qu'il n'a pu apercevoir. Cette bouche , 
d'ailleurs , présenteroit , quant à sa position , une analogie 
de plus avec celle des salpa. 11 en est de même de tout le 
sytème digestif, 

A côté de l'estomac, est un corps , aussi'globuleux , à peu 
près de même volume , et de couleur rose ; il est formé 
d'une substance granuleuse , contenue dans des appendices 
lancéolés , réunis par un centre commun , et ayant l'appa- 
rence des divisions d'un calice à sept , huit ou dix parties. 
Il est logé dans une cavité creusée dans l'épaisseur de la 
première enveloppe du pyrosome , et n'y adhère point. Il 
paroît lié par une membrane très-fine à l'estomac , et c'est 
peut-être sur cette membrane que rampent les canaux hé- 
patiques ; mais l'extrême finesse de ces parties n'a permis à 
AI. Lesueur de rien affirmer à cet égard. 

Tels sont les organes que présente chaque tubercule des 
pyrosomes , vu , soit en dessus , soit de côté. En dessous , on 
aperçoit dans l'intervalle qui existe entre les branchies une 
sorte de long vaisseau, replié sur^lui-même postérieurement, 
et qui paroît comme double ; ce double vaisseau diminue 
de diamètre antérieurement, et devient d'une ténuité extrême 
au point où il adhère à l'estomac. M. Lesueur a vu dans un 
hiphore de Forskaël un organe semblable. Il ne sait quel 
usage lui attribuer; peut-être ce double vaisseau commu- 
nique-t-il avec les branchies, mais c'est ce qu'il a été impos- 
sible de constater. 

D'ailleurs, M. Lesueur n'a pu observer rien de relatif aux 
systèmes circulatoires et nerveux ; mais on sait conjbien ce 
genre de recherches est difficile dans la plupart des animaux 
à sang blanc , surtout lorsque leurs dimensions sont peu 
considérables. Il a remarqué seulement en dessus et en ar- 
rrère , au point où l'intestin cesse d'être visible , un petit 
corps blanchâtre et cordiforme , duquel partent des filets 
très-déliés, dont les uns se dirigent vers l'ouverture posté- 
rieure du tubercule , ou l'anus , et les autres vers les points 
d'attache moyens de la tunique propre avec l'enveloppe ex- 
térieure. Il pense que ce corps pourroit bien être un gan- 
glion , et les petits filets des nerfs. On doit être d'autant plus 
porté à le croire ainsi , que les deux points d'attache dont 
nous venons de parler sont , avec les deux ouvertures , les 
seuls par lesquels le corps, proprement dit, communique 
avec SOI enveloppe externe, et peut en percevoir les sensa- 
tions. 

Tous ces détails font voir que chacun des tubercules du 
pyrosome est un véritable animal particulier, et que le py- 



3o8 P Y R 

rosome entier n'est qu'une réunion d'une multitude d'indi- 
vidus semblables, liés intimement par leur base. Cette réu- 
nion fournit à M. Lesueur roccasion de faire remarquer une 
analogie de plus entre ces animaux et les salpa qu'il ne cesse 
de leur comparer. Il pense que cette disposition générale 
des pyrosomes en forme de sac dépend de la manière dont 
«ont placés les œufs au moment de la ponte ; et l'on sali 
d'ailleurs quelle influence elle exerce sur les salpa ^ dont 
chaque espèce présente des arrangemens différens entre les 
individus qui la composent. 

La locomotion des pyrosomes est très-simple ; ils flottent 
au gré des courans, comme les salpa et les stéphanomies; 
ils paroissent cependant pouvoir se contracter individuelle- 
ment , et avoir aussi un mouvement général , mais fort léger , 
qui fait entrer dans leur cavité commune l'eau qui doit bai- 
gner leurs branchies et amener les substances dont ils font 
leur nourriture. 

On remarque à l'ouverture générale du sac commun , une 
membrane qui sert en partie à le fermer, et qui paroît être 
une simple expansion de l'enveloppe interne des pyrosomes 
qui entoure cette ouverture ; elle n'est point l'agent d'une 
volonté générale; aussi aucune fibre circulaire ne s'y fait 
remarquer, et l'on ne peut comparer son action à celle d'un 
sphincter. 

Quoiqu'on ne puisse rien avancer sur le mode de généra- 
lion des pyrosomes, tout doit porter à penser qu'ils sont her- 
maphrodites , comme les salpa et les ascidies. Des corps glo- 
buleux , libres , placés au-dessous du foie , entre les bran- 
chies et la tunique propre du corps, peuvent être considérés 
comme des œufs. Ces globules, examinés au microscope , 
semblent renfermer quatre petits pyrosomes , faciles à dis- 
tinguer à leurs branchies. 

Leur réunion en forme de rayons, les rapproche principale- 
ment An salpa pînnata de Forskaël. 

Dans son Rèf^ne animal^ M. Cuvier , a adopté ce rappro- 
chement, et 11 place le pyrosome parmi les mollusques acé- 
pTiales sans coquilles, avec les ascidies et les botrylles , ainsi 
que nous l'avions proposé dans une description de ces der- 
niers , qui nous est commune avec M. Lesueur et que nous 
avons lue , le i5 mars i8i5 , à la Société philomathique. (i) 



(i) Depuis la lecture de notre mémoire, M. de Blainville nous a 
fait ronnoitre que Renieri, dès l'année ivçS. avoit reconnu les rap- 
ports tl'orsaiiisalioii qui existent entre les botrylles et les ascidies, ainsi 
que ceux que ces derniers animaux présentent avec les alcyons figues^ 



V y R 309. 

A peu prçs dans le mcme temps , M. Savigny a fait part à 
rinstitut d'un mémoire sur les alcyons à deux ouvertures, qu'il 
a trouvés très-compliqués , puisqu'il a observé, dans ces ani- 
maux , une tête, un col , un thorax soutenu par une sorte de 
squelette formé par des cerceaux, ou espèces de côtes réunies 
dans la ligne médiane, un abdomen quelquefois pédoncule, un 
ovaire , deux estomacs, un thoracique , l'autre abdominal , 
un intestin recourbé , un anus , etc. Ce mémoire n^i pas été 
imprimé; mais un second, qui renferme la description dé- 
taillée de ces animaux , ainsi que celle des pyrosomes et des 
botrylles , a été lu par le même naturaliste , presque immé- 
diatement après le premier , et imprimé , avec le rapport qui 
a été fait, à son sujet, à l'Institut. Les a/cjo/25 , qui sontap- 
pelés, dans ce second mémoire, ascidiens, y sont partagés en 
plusieurs genres qui ont été réunis en un seul par M. Cuvier^ 
dans son Règne animal. Les descriptions et les figures très- 
soignées de ces alcyons ( publiées depuis ) , prouvent qu'ils 
ne doivent point être éloignés des pyrosomes et des bo- 
trylles et conséquemment des ascidies , qui sont , comme 
on sait , de vrais mollusques. 

Ce sont ces divers travaux simultanés qui ont porté les 
zoologistes à opérer un changement assez important dans 
la classification des animaux à sang blanc , en retirant de la 
classe des radiaircs, les alcyons , observés par M. Savigny , 
les pyrosomes, les botrylles, les synoïques , etc., soit poul- 
ies rapporter à la classe des Mollusques , comme l'a fait 
M. Cuvier, soit pour en former une particulière, comme l'a 
proposé M. de Lamarck, dans son dernier ouvrage , sous le 
nom de Tutsiciers. F. ces mots, (desm.) 

PYROSTOMA. Arbre de la didynamie angîospernne , à 
feuilles opposées lernées et à (leurs d'un beau rouge, en co- 
rymbes terminaux. Meyer l'a observé dans la partie du conti- 
nent d'Amérique qui appartient à la colonie d'Essequebo, près 
de la Guyane. Ses caractèressont: calice tubuleuxà cinq lobes; 
corolle à deux lèvres : la supérieure tripartite , Tinféricure 
bifide; anthères libres; style filiforme à deux stigmates subulés 
recourbés ; fruit inconnu, (ln.) 

PYROSTRE,P//o5//m. Arbre de l'Ile-de-France, à feuil- 
les opposées, pétiolées, obtuses, très-entières, à pédoncu- 
les axillaires portant trois ou quatre fleurs très-petites , qui 
forme un genre dans la télrandrie monogynie et dans la fa- 
mille des rubiacées. 

Ce genre a pour caractères : un calice très-petit à quatre 
dents ; une corolle presque campanulée, ouverte, à cinqdivi- 
sions, et à orifice tomenteux; quatre étamines égales; un 
ovaire inférieur oblong , à style simple et à stigmate capitéj 



3io P Y R 

«ne petite baie pyriforme creusée de huit slrie», el conte- 
nant huit noyaux monospermes. (b.) 

PYKOXENE. Espèce minérale de la classe des pierres , 
dont on n'a long-temps connu que la seule variété qui se 
trouve dans les volcans , et que, pour celte raison, on avoit 
nommée schorl volcanique. Cette espèce est une véritable famille 
où viennent se réunir ou se confondre plusieurs substances 
qui se présentent sous des aspects très-différens , quoique 
leurs caractères essentiels soient lesmêmes-Ces substances , 
que quelques minéralogistes persistent à considérer comme 
distinctes, sont : l'alatite ou diopside , la baïkalite, la cocco- 
lithe , la fassaïte ou le pyrgome , la Iherzolite , la mussite et 
la sahiite. 

YiQpyroxene aisé à confondre avec l'amphibole qui, comme 
lui, est une réunion de minéraux disparates au premier coup 
d'œil, en diffère par le noyau primitif de ses cristaux dans tou- 
tes ses variétés. C'est un prisme rhomboïdal , oblique, dans 
lequel les incidences des pans du prisme, l'un sur l'autre, sont 
de 87^. 4.2' , et 92^. 18'; le plan de la base fait, avec les 
deux arêtes du prisme , qui répondent aux deux angles 
obtus , des angles de io6d. 6' , et de 73^. 54'. Dans le noyau 
de l'amphibole , qui est également un prisme rhomboïdal 
oblique , les incidences des pans du prisme entre eux , sont 
de 124^- 34.', et 55d. 26'; ces différences sont tellement fortes 
qu'elles font reconnoître ces deux substances à la vue simple- 
ment. Dans les noyaux au pyroxène, la petite diagonale de la 
base est à la longueur d'une des arêtes du prisnie , comme 
18 est à 5 à peu près : dans l'amphibole, celle même diago- 
nale , est avec cette même arête , dans le rapport environ de 
4. à I. Le noyau primitif du pyroxène est divisible dans le sens 
des deux diagonales de sa base, en quatre prismes triangu- 
laires obliques. 

Les variétés du /?yroa;^ne qu'on avoit regardées comme au- 
tant d'espèces à part , ont offert le même noyau à M. Haiiy. 
Ce savant a fait de l'étude de ces diverses variétés , le sujet 
de plusieurs mémoires des plus instructifs qui sont insérés 
dans les Annales, et dans les Mémoires du Muséum d'histoire 
naturelle , où le lecteur pourra puiser l'idée plus exacte de 
îa manière dont les lois de la cristallisation se* comportent , 
et les résultats importans à connoître qui s'en déduisent. 

Le pyroxène est communément noir ou vert , ou présente 
les nuances intermédiaires ; il est aussi vert-blanchâtre ou 
blanc-verdâtre , quelquefois gris et rarement blanc ; sa cas- 
sure longitudinale est lamelleuse , mais plus ou moins sen- 
siblement, selon les variétés;sa cassure transversale est granu- 
laire ou raboteuse ou conchoïdale. Il est rarement transpa- 
rent , plus souvent translucide sur les bords ou opaque. Lors- 



P T R 3ii 

qu'il est transparent, il jouit de la réfraction double. 11 est 
assez dur pour rayer le verre. Sa poussière est vert foncé ou 
vert grisâtre. Sa pesanteur spécifique , considérée en géné- 
ral , varie de 3,îj23 à 3,873. Au chalumeau , il se fond dif- 
ficilement en un verre brunâtre ou blanchâtre. 

Les diverses variétés du pyroxène ont offert, à l'analyse, 
environ moitié de silice , de la chaux et de la magnésie en 
quantité équivalente à plus d'un dixième pour chacune, sur- 
tout pour la chaux qui y est quelquefois dans la proportion 
d'un quart ; l'alumine s'y trouve toujours , quoique en fort 
petite quantité; le fer varie de i à i4 centièmes; il y a aussi 
du manganèse , et enfin des traces de potasse et de chrome. 
Ces analyses seront rapportées plus bas , en traitant de cha- 
cune des variétés en particulier. 

lue pyroxène est presque toujours cristallisé; ses formes, 
quelquefois très-compliquées, sont difficiles à saisir ; elles se 
présentent en prismes , dont les sommets , communément 
obtus , offrent des facettes qui, par une suite de l'obliquité du 
noyau primitif et de l'étendue qu'elles prennent les unes aux 
dépens des autres, semblent inégalement disposées. La dif- 
ficulté , pour déterminer ces formes , est encore augmentée 
quelquefois, par la propriété que les cristaux ont de se pré- 
senter hémitropes ; il en résulte des cristaux dont un des som- 
mets est saillant , et l'autre à angles rentrans. Les formes 
àa pyroxène sont variées et assez nombreuses, M. Haiiy en 
a observé vingt-quatre; il esta remarquer que les diverses va- 
riétés du ^y7-oa;è«e, dont on avoitfait des espèces, présentent 
des cristallisations qui leur sont propres , et dont l'aspect dif- 
férent qu'elles impriment à ces variétés a pu contribuera les 
faire distinguer. La surface extérieure des cristaux est géné- 
ralement lisse et éclatante lorsqu'ils sont translucides ou 
transparens ; mais dans ceux qui sont opaques , elle est 
souvent terne , et même âpre au toucher. Voici l'indication 
des formes secondaires qui s'observent le plus communé- 
ment dans le pyroxène , d'après M. Haiiy. 

1. Pyroxène primitif , Haiiy , Tahl. comp. et Mém. Mus. i. 
p. 283 , pi. 14. , fig. 23. Les cristaux qui ont celte forme ap- 
partiennent à la variété dite Miisslie. 

2. P. périhexaèdre ., Haiiy, Trail.Z^ p. 83, j^^. 189, en 
prisme hexaèdre à base oblique ; c'est la forme précédente 
dont les deux arrêtes du prisme, qui répondent aux angles 
obtus des bases, sont remplacées, chacune, par une facette 
inclinée de i33d. 5i' sur les plans primitifs. 

3. P. périodaèdre , Haiiy , Mém. Mus. , i , p. 284. , fig. 26, 
en prisme à huit pans à base oblique : la forme précédente 
dont les deux arêtes aiguës du prisme sont remplacées par dci 
facettes inclinées de i36 . 9' sur les paijs primitifs. 



3i2 P Y R 

Je rlois faire remarquer ici qu'à l'exception tlu pyroxène 
des volcans, il arrive très souvent que dans les cristaux des 
autres pyroxènes qui onl le prisme périoctaèdre, ce prisme se 
présente comme un prisme quadrangulaire presque rectan- 
gle , ce qui est dû au grand rétrécissement de quatre pans 
pris alternativement. 

4- P. équivalent , Hauy , Annal. Mus. , vol. 9 , et Jown. 
min., vol. 28, p. iSa , pi. 3. Prisme à douze pans, à base 
oblique. La forme précédente augmentée de quatre faces, si- 
tuées à droite et à gauche des deux faces secondaires de la 
forme périhexaèdre, et chacune inclinée sur lespans primitifs 
adjacens de iSad. 89'. 

5. P. bisunitaire , Hauy, Trait. 3 , yo. 84 , fig. i4o. Variété 
périhexaèdre à sommet dièdre , formé par des plans qui se 
réunissent en une arête terminale oblique à l'axe, et in- 
clinée de i20d. 

6. P. dihexaklre ., Hauy , Mém. Mus. , 1. p. 283 ,fig. 26. La 
forme précédente dont Tarête terminale est remplacée par 
une facette ayant la même inclinaison sur Taxe. On peut 
considérer celte variété comme la précédente , chez laquelle 
les deux faces du sommet nauroient pas pris l'étendue néces- 
saire pour venir se joindre. 

7. P. sexuctonal , Haiiy , Trait. 3, p. 84. C'est le cristal 
précédent, dont le prisme est à huit pans. 

8. P. iriuniiaire ., Haiiy, /. c.,fig. i4i. C'est la forme bis- 
unitaire , dont le prisme offre huit pans. 

9. P. soustraclif, Hauy ., l. c. ., fig. 1/^.2. C'est la forme bis- 
unitaire ou la forme précédente , dont Tangle aigu situé à 
l'extrémité supérieure de l'arête terminale est remplacé par 
ime facette triangulaire, horizontale, ordinairement ondulée 
ou courbe. 

10. P. ambigu., Haiiy, Mém. Mus. I. p. 284, fig- 27. La 
forme précédente chez laquelle la facette terminale hori- 
zontale a pris l'étendue nécessaire pour faire disparoître les 
deux faces du sommet , ce qui transforme le cristal en un 
prisme droit à six ou huit pans. M. Haiiy n'a observé que le 
prisme à huit pans. 

11. P. dioctaèdre ., Haiiy , Trait. 3 , ^9. 85 , fig. i43. L;à 
variété triunitaire émarginée sur les bords inférieurs des 
faces terminales contiguës aux faces primitives. 

., 12. p. épimèride , Haiiy , ylnn. Mus. , vol. 19 , />• 3^7 , fol. 
i4 ifig- 1. Prisme à huit pans , sommet à cinq faces. C'est 
la forme du pyroxène blanc de Baltimore , dans les Etats- 
Unis. 

i3, p. octo- duodécimal , Haiiy , Ann. Mus.., vol. 9 , et Journ. 
min.., vol. 23, p. i52, pi, 3 .,fi8> 5. Prisme à huit pana ^ 



P Y R 3i3 

sommet à six faces , dont trois plus inclinées sur la partie 
antérieure du crislal, et trois sur le côté postérieur. 

14.. F. Iri'octonul , Haiiy , Journ. min. , vol. 23 , p. i52 , pi. 
3 , Jig. 6. Prisme à huit pans , sommet à 8 faces, dont 7 in- 
clinées du même côté , et une sur le côté postérieur du cris- 
tal; du Conuecticut dans les Etals-Unis. 

i5. P. slenomone, Haiiy, Mém. Mus. i. p. 289 , pi. i4 , 
fig. 3i ,32, Prisme à huit pans, sommet à huit facettes, dont 
cinq inclinées en avant du cristal , et trois sur le côté opposé. 

16. P. ot:loi>igésimal , Haiiy, Ann. Mus., vol. 9, et Mém. 
Mus. I. page 290, pi. 14., fig- 33; Journ. min., vol. 23, 
p. iJi , pi. 3, fig. 2. Prisme à huit pans ( les pans primitifs 
plus étroits), à sommet à dix faces , cinq inclinées en-deçà, 
et cinq par derrière le cristal. C'est la forme habituelle des 
cristaux du pyroxène diopside. 

On peut déduire des formes précédentes (n." 1 2 à 1 5), Tob- 
servation que M. Haiiy a faite sur le pyroxène octoviségimal. 
« Ce cristal offre un exemple remarquable de ces jeux de cris- 
tallisation, qui ont lieu à f égard des différens individus d'une 
même variété , lorsque certaines faces sont plus ou moins 
éloignées du centre dans les uns que dans les autres.La diver- 
sité qui en résulte dans les étendues de ces faces et dans le 
nombre de leurs côtés , fait varier l'aspect , et pour ainsi dire 
la physionomie des cristaux , au point que ce n'est qu'en y 
regardant de près, qu'on y reconnoît le même type , etc. » 
( Haiiy, Jour, min., l. c. ). 

17. P. senohisunitaire , Haiiy , Mém. Mus. , vol. 3 , p. i3o , 
pi. 3 , fig. 6. Prisme à six pans , à sommet à trois faces 
inclinées sur trois côtés différens du prisme. Cette forme est 
celle du pyro'Tcène bàikalite. 

18. P. senoquaternaire, Haiiy, Mém. ]\ïus.3 , p. 124, f'g- 2- 
Forme qui a une physionomie toul-à-fait différente de celit^ 
des formes précédentes. C'est un prisme court à quatre pans, 
surmonté d'une longue pyramide aiguë à quatre faces , dont 
deux plus grandes et contiguës sont deux des pans du noyau 
primitif. Cette configuration lui donne aussi l'apparence d'un 
octaèdre irrégulier , émarginé à sa base. Le pyroxène jus- 
sdîte présente cette forme et la suivante. 

19. P. duovigésimal , Haiiy, /. c. , p. 126, fig. 4- La forme 
précédente, à pyramide émarginée sur les deux arêtes les 
plus longues, et à sommet épointé par quatre facettes incli- 
nées sur ses arêtes. 

Telles sont les variétés cristallines du pyroxène , qu'il est 
à propos de citer : plusieurs d'entre elles engendrent par le 
retour d'une moitié du crislal sur l'autre , des formes hé~ 
mitropes. On connoît aussi des hémitropies qui sont pro- 
duites par des cristaux , qu'on n'a pas encore observés §im- 



3i4 P Y R 

pies. En général, les hémilropies que présente le pyroxène 
ne sont pas rares, et cependant un petit nombre seulement 
a été signalé. La plus commune de toutes, est celle-ci. 

20. P. tri unitaire hé mi trop e , Haiiy, Trait. , vol. 3 , p. 86 , 
fig. 14^4^. C'est un prisme à huit pans , terminé d'un côté par 
un sommet à quatre faces semblables ; et de l'antre, par un 
angle rentrant , également à quatre faces semblables , mais 
différentes de celles du sommet saillant. Celte hémitropie a 
lieu par le retour d'une moitié du cristal triunitaire , sur 
l'autre moitié, par un plan qui passeroit par les deux grandes 
diagonales opposées des bases du noyau primitif. L.e pyroxène 
soustrariif hémitrope a le sommet saillant époinlé. 

21. P. hémitrope croisé. Il arrive fréquemmentde rencontrer 
des cristaux hémitropes du pyroxène volcanique , qui se sont 
croisés à angle droit , ce qui produit une croix à branches 
égales , dont deux à angles rentrans. 

he pyroxène ne se présente pas toujours en cristaux dé- 
terminables. 11 affecte des manières d'être qui sont même 
assez variées. 

22. P. cylindrdide. Les cristaux de sahlite , de diopsidc 
et de mussite , sont fréquemment déformés par de nom- 
breuses stries ou des cannelures longitudinales. 

23. P. laminaire. La sahlite se dislingtie parmi toutes les va- 
riétésdu pyroxène, par sa structure laminaireàgrandes lames, 
qui se laissent cliver aisément. Elle se présente en masse , 
composée de grandes parties laminaires ou de très -petites 
parties également lamelleuses ; dans ce cas , c'est la variété 
granou- lamellaire. Le pyroxène augite est aussi quelquefois en 
masses laminaires. 

24- P- comprimé. Les cristaux de mussite sont ordinaire 
ment comprimés et allongés. 

25. P. granulaire. C^est le pyroxène , lorsqu'il est en masse 
granulaire; cette contexture estspécialemenlcelledela cocco- 
lilhe. On la retrouve dans le pyroxène volcanique vert , 
et même dans le pyroxène aogite. 

26. P. Jibro'granulaire. C'est une variété de mussite. 

27. P. fascicule radié. En masse composée de prismes réu- 
nis en faisceaux el rayonnans , quelquefois libres à l'cxlé- 
rieur , et régulièrement cristallisés; celte forme s'observe 
dans le pyroxène qui accompagne l'yénite à l'île d'Elbe et 
dans la mussite. 

28. P.filn-eux. Cette variété ne diffère des précédentes 
que par la finesse des prismes et leur agglomération in- 
time , qui leur donne l'aspect de certaine variété d'asbeste. 

29. P. schisteux. En masse composée de lames superpo- 
sées : la mussite. 

30. P, résino'ide. Il est noir , a l'apparence de la poix , ei 



P Y R 3ir, 

n'offre presque plus , et même pas du tout , de trace de sa 
structure cristalline. Il appartient au pyroxène volcanique, 
( V. ci-après). 

Maintenant que nous avons exposé les caractères et les 
manières d'être du pyroxène considéré en général , nous 
allons exposer les espèces qu'on a faites à ses dépens. Nous 
les nommerons ainsi : pyroxène volcanique ; pyroxène au- 
gite ; pyroxène coccolithe ; pyroxène sahlite ; pyroxène baï- 
kalite ; pyroxène fassaïte ou pyrgome; pyroxène Iherzollle ; 
pyroxène diopside ; pyroxène mussite ; pyroxène blanc. 

I. Pyroxène VOLCANIQUE {Schorl noir en prisme octaèdre^ 
B.D.; Schorlvolcanique,l&ergm.;Volcanite et Virescùe^hamélh.; 
Ociaedral basalù'ne, Kirw. ; Pyroxène augite^ Brong., en partie. 
Augite^ Wern. en partie.; Common augite, James, en partie). 
Il est en petits ou moyens cristaux réguliers , ou en graiûs 
tantôt isolés, tantôt contenus et disséminés dans la lave ou 
la roche. On en a fait plusieurs analyses ; il est composé de 





Etna. 


Frascaii. 


Rhineberg 


Silice . . . 


52, 5o . . 


. 4«,oo. 


. . 52,00. 


Magnésie. 


10,00 . . 


. 8,75. 


. . 12,75. 


Alumine. 


3,3o. . 


5,00. 


. . 5,75. 


Chaux, 


l3,20 . . 


. 24., 00. 


. . i4,oo. 


Fer. . . 


i4,66. . 


. 12,00. . 


13,25, 


Manganèse. 


2,00 . . 


1,00. 


. . 0,25. 


Potasse. . 


0,00 . . 


trace. 


. . 0. 


Eau. . . 


0,00 , 


0. 


. . 0,25. 


Perte . . 


4,00 . . . 


0. . 


. . 0. 



Vauquelin. Klaproth. 



Id. 



Tromsdorf a trouvé dans un pyroxène de l'Elna, qu'il a 
•analysé , 5,i8 de potasse. Klaproth avoit signalé cet alkali 
en très-petite quantité , dans le pyroxène de Frascati , dont 
nous rapportons l'analyse ; il en a trouvé également uu« 
trace dans le pyroxène vert , de Bhineberg , et dont il a 
aussi donné une analyse complète que nous n'avons point 
rapportée. 

Ses formes régulières se rapportent à celles appelées bis- 
unitaire , triunitaire , soustractive , dioctaèdre , ambiguë et 
hémitrope; ses cristaux ont depuis moins d'une ligne de di- 
mension, jusqu'à 8-10 lignes de diamètre. 

I. Le pyroxène volcanique noir. Sa couleur est le noir par- 
fait ou le vert foncé presque noir ; il est quelquefois magné- 
tique ; il fond plus difficilement que les autres; il est plus fra- 
gile. Sa surface extérieure est ordinairement raboteuse ; sa 
cassure a quelque chose de vitreux et de fibreux à la fois. 11 
se rencontre presque toujours dans les laves proprement di- 



3i6 P Y R 

tes , celles qui ont coulé , et dans les Scories qui n'en sont 
qu'une modification ; il se trouve aussi , i.° dans tous les ba- 
saltes ; et on sait que les basaltes sont regardés comme d'o- 
rigine volcanique parla plupart des minéralogistes;et 2.''dans 
les roches de transition ou d'autre formation qu'on soupçonne 
également avoir une origine volcanique : ainsi, on l'observe 
dans les vâckes , les mandelsteins , etc. 

Les rocs présumés volcaniques de Theis , près de Fassa en 
Tyrol, contiennent des cristaux de pyroxène;les kleingsleins 
ou phonolilhes, espèce de laves pétrosiliceuses,en renferment 
quelquefois une grande quantité ; la roche porphyritique 
d'Oberstein, qui contient les agates , celle du Tyrol , qui est 
dans le môme cas , offrent encore le pyroxènc noir. Enfin, 
on le reconnoît quelquefois dans ces substances que le Vésuve 
et d'autres volcans ont rejetées intartes. Il y est rare cependant 
avec la couleur noire. Mais nulle part cette substance n'est 
plus abondante que dans les laves. M. Cordier a fait voir 
que le pyroxène en grains excessivement ténus et le feldspath, 
composent les pâtes des laves. Celles qu'on a nommées ba~ 
salte , laves lilhoïdes trappéennes ou argilo-ferrugineuses^ 
sont celles où le pyroxène est en plus grande quantité que le 
feldspath. Les courans de lave de cette nature n'offrent que 
des scories, et les scories ne sont autre chose qu'une sorte de 
demi-vitrification qui n'a pu se changer en verre, c'est-à-dire 
en obsidienne, à cause du peu de fusibilité du pyroxène. C'est 
de la surface des scories ou de leur intérieur, que l'on retire 
les cristaux de pyroxène les plus réguliers et souvent les plus 
beaux; les scories , en se décomposant, les laissent à nu ; 
d'autre fois les volcans, dans certaines éruptions, lancent 
ces cristaux tout dégagés , et avec une profusion vraiment 
étonnante. L'Etna en a donné plus d'un exemple , ainsi que 
le Vésuve. ^^ 

L'Etna, le Vésuve, Ténériffe, les volcans de l'île de Bour- 
bon, de la Guadeloupe, etc. , offrent de très-beaux cristaux 
isolés de pyroxène ; on en trouve également dans beau- 
coup d'endroits du Cantal , du Vêlai ; au Puy de Corent , 
de la Rode, de la Vache ^ de Mural, en Auvergne; ou 
Provence , en Saxe , en Bohème , dans la Hesse , dans la 
Hongrie et en Espagne, au cap de Gale, etc. 

Les sables ferrifères - volcaniques de Pouzzotes , près 
!Naples,que l'on exploite et que l'on fond, contiennent beau- 
coup de pyroxène finement granuleux et qui provient des 
détritus de laves que la mer rejette sur la côte. Les sables et 
les cendres rejetés par les volcans, sont chargés de celte 
substance. 

3. Pyroxène vert ( viresciley Lamclh, ). Il est ordinairement 



P Y K 3i7 

fî'un vert jannâlrc ou brunâtre et demi-translucide , ou d'un 
vert foncé sombre ; il se rencontre plus particulièrement 
dans les masses rejetées intactes par les volcans et dans les 
sables volcaniques. Dans les anciennes laves , il forme quel- 
quefois des noyaux ou des nœuds granulaires ou impar- 
faitement lamelleux, avec l'éclat vitreux ou luisant; il est 
aussi en petits cristaux ou grains disséminés, dans les laves 
modernes. , 

Ce pyroxène se présente en plusieurs états différens dans 
les matières volcaniques qui rf'ont pas éprouvé l'action li- 
quéfiante du feu. Au Vésuve, où les blocs de matières rejetées 
intactes abondent, ce pyroxène est tantôt en petits cristaux 
brillans, qui tapissent les cavités de ces matières, tantôt il 
est lui-même en masse granulaire pure ou mélangée avec l'i- 
docrase , le grenat , le mica , la chaux carbonatée , l'amphi- 
gène, la sodalite , la meionite , etc. Parmi les blocs de 
même origine , qu'on observe dans les tufs volcaniques des 
environs de Rome, à Frascati et à Tivoli, ce pyroxène est en 
très-gros cristaux , d'un vert gris , terne , mal conformés et 
empâtés , soit avec du mica , soit avec de l'amphigène. Les 
marbriers romains font quelquefois de petits objets avec ces 
blocs composés de pyroxène et de mica : on voyoit dans 
le cabinet de M. de Drée, à Paris , deux jolis petits vases , 
faits avec pareille matière ; ils étoient remarquables par le 
chatoiement du mica. Les sables volcaniques des bords des 
lacs Albano , Nemi , Braciano , etc. , contiennent une 
grande quantité de très-petits cristaux de pyroxène vert, le 
plus souvent transparent comme le péridot. Il n'est pas 
rare non plus dans les sables volcaniques des environs d'An- 
dernach , etc. 

3, Le Pyroxène résino'ide (Id., Haiiy; Conchoïdal augite , J â- 
mes. ). Il est noir ou vert brun ou brun olivâtre , avec l'as- 
pect luisant comme celui de la résine ; sa cassure est impar- 
faitement conchoïde. Il est opaque ou légèrement translu- 
cide sur les bords. Il se rencontre principalement dans les 
basaltes et les laves anciennes ; il est en grains de différente 
grosseur, mais rarement plus gros qu'une noisette. Ces pe- 
tits grains , lorsqu'ils sont noirs , ont l'apparence du fer 
oxydulé titanifère , substance qu'on trouve aussi dans les la- 
ves anciennes. Le pyroxène résinoïde est indiqué dans les 
basaltes de Fulde en Hesse ; dans les produits volcani- 
ques du Vogelgebirge et dans les basaltes du Kaisersthal en 
Souabe , etc. Le schlackenblende de M. Nose , qui se trouve 
dans les basaltes des environs de Cologne, paroîl aussi ap» 
partenir au pyroxène résinoïde ; c'est encore à cette variété 
que quelques minéralogistes rapportent Uschlakiger augiteàe 



3i8 P Y R 

Karsten ; mais je croîs que ce rapprochement n'est pas exact. 

Les caractères de cette substance sont très-différens ; elle 
est amorphe, d'un beau noir, çà et là verdâtre; elle a l'éclat 
luisant de la résine et est opaque ; sa cassure est conchoïde : 
sa pesanteur spécifique est de 2,666. Au chalumeau elle fond 
presque aussitôt avec intumescence , et donne un verre noir 
ou brun. Selon Klaprolh, elle contient : silice, 55 ; alumine; 
i6,5o ; magnésie, i,75; chaux, 10,00 ; oxyde de fer, 18,75 ; 
une trace de manganèse ; eau , i,5o. Cette analyse seule 
a fait rapprocher cette substance du pyroxcne. On la trouve 
en petits fragmens dans un lit de chaux carbonatée à Gin- 
liana , en Sicile. Dolomieu en avoil rapporté du Val di Noto 
qui étoit vert-grisâtre et rougeàtre. 

4.. Le Pyroxène volcanique alléré. Ce pyroxène offre trois 
genres d'altération qui méritent d'être signalés. Lorsque les 
laves ont été exposées long-temps à l'action des vapeurs aci- 
do-sulfureuses qui s'exhalent continuellement dans les sol- 
fatares et autour des cratères des volcans, elles se dénaturent 
ainsi que les cristaux qu'elles contiennent; alors le pyroxène 
devient blanc opaque , et , à l'exception de la silice , les au- 
tres principes forment avec les vapeurs acides , des sels solu- 
bles qui sont ensuite évaporés ou lavés. On observe dans 
presque tous les cratères , et surtout dans les solfatares, des 
laves décomposées qui offrent des cristaux parfaitement con- 
formés de pyroxène également de celte nature. 

La calcination que les laves éprouvent perpétuellement 
autour descratèresbrûlans, n'agit pas d'une manière prompte 
cristaux de pyroxène. Ceux-ci sont souvent encore intacts, 
tandis que la lave qui les contenoit se trouve rédijfite en 
miettes. Dolomieu a recueilli dans le cratère de Monte Rosso 
une obsidienne résinoïde jaune, contenant du pyroxène re- 
couvert d'une légère pellicule blanche ; dans le même cra- 
tère, il recueillit aussi une scorie rouge contenant des cris- 
taux semblables de pyroxène. Cette scorie, d'une grande fra- 
gilité , provenoit de la calcination naturelle de la lave rési- 
noïde ; il étoit aisé c'e s'en convaincre , car en essayant 
un fragment de la lave résinoïde au chalumeau , elle se 
converiissoit en une scorie semblable. Dolomieu en vit 
des échantillons qui présentoient les deux étals. L'on sait 
encore qu'on trouve des cristaux de pyroxène intactes dans 
les laves vitrifiées ; ce n'est que par une longue action de la 
chaleur qu'ils se fendent et puis tombent en poussière. 

L'action des autres agens atmosphériques n'a également 
de prise sur le pyroxène qu'après un long temps ; et c'est à 
«elle cause que l'on doit attribuer la parfaite conservation de 



P Y R 3.9 

ces courans de laves anciennes qu'on observe encore, et qui 
paroissent avec toutes les marques d'une formation récente. 
Les basaltes et tous les produits volcaniques qui ont le py- 
roxène pour base, sont dans le même cas. 

Le pyroxène néanmoins offre deux genres particuliers de 
décomposition ; dans l'un , il devient jaune ou couleur de 
rouille et terreux. Il conserve une partie de son tissu feuilleté. 
Il est très-friable.Quelquesnaluralistesen ont fait une espèce, 
30US le nom de limbilite ( V. ce mot. ). Les laves de Ténériffe, 
celles de l'île de Bourbon , celles du Brisgaw , quelques- 
unes de celles d'Auvergne, m'ont offert à la fois la limbi- 
lite et des cristaux de pyroxène noir parfaitement conservés ; 
d'où l'on peut croire que certaines laves contiennent à la fois 
deux sortes de pyroxène, dont un plus décomposable ; nous 
avons vu à l'article Laves , qu'il eu étoit de même pour 
le feldspath. 

L'autre genre de décomposition qu'éprouve le pyroxène , 
est celui-ci : il devient vert , d'un aspect terreux , perd sa 
structure, et ses autres caractères, mais conserve le plus sou- 
vent sa forme. Ce genre de décomposition s'observe prin- 
cipalement dans les roches de transition de la nature de la 
wacke, ou de celles qu'y forme la pâte de ces amygdaloïdes qui 
contiennent des substances zéolithiques. Un des exemples 
lesf plus marquans , est celui qui se présente au mont de 
Pazza, vallée de Fassa, en Tyrol. La roche est une wacke 
qui contient des cristaux de pyroxène bisunitaire , ainsi alté- 
rés et changés en une espèce de terre verte. Les minéralogistes 
allemands l'ont considérée tantôt comme des cristaux de 
même nature que la chlorite de Vérone , et tantôt comme 
une substance particulière, sous le nom de fossile vert {griui 
fossile , W. ). La même roche renferme des rognons de chlo- 
rite baldogée ou talc zoographique. (Voyez Terre de Vérone.') 

Les diverses variétés que nous venons de décrire, et le 
pyroxène auglle dont nous allons parler, forment l'espèce 
augite de Werner. Ce naturaliste y ramenoit et confon- 
doit avec ses augites granulaires et feuilletés ( komiger et blat- 
iriger aiigit) , une substance qui a été nommée keraphyllite 
par Stéphens , et que M. Haiiy a reconnue pour être de 
l'amphibole. Elle est très-lamelleuse , fort brillaute , dun 
vert foncé presque noir ou même noir. Au chalumeau, elle 
fond difficilement en un verre opaque d un vert olivâtre. Elle 
est composée, selon Kiaproth, de silice, 62,52; alumine, 
7,25; magnésie, 12, 5o; chaux, 9 ; potasse, o,5o; fer oxydé, 
16,25. Elle diffère de l'amphibole ordinaire par son éclat, 
sa dureté, et par sa fusion au chalumeau. Sa pesanteur spé- 
cifique et sa structure cristalline l'éloignent du pyroxène. 



320 p y '\ 

Elle se trouve au Sau-Alpe en Carinthie, dans une roche 
primitive composée de quarz, de grenat, de dislhène bleu ou 
verdâlre, d'épidote grise, etc. Toutes ces substances sont 
tantôt en grandes parties, tantôt en très-petits grains qui pro- 
duisent des masses granulaires. Uomphazife de Werner est , 
à ce qu'il paroît, encore le même amphibole en petits grains. 
II. Pyroxène augite. Je rassemble sous ce nom toutes 
les variétés de pyroxène non volcanique , confondues avec 
le pyroxène volcanique par tous les auteurs , ou bien qui 
n'ont pas été distinguées par des noms particuliers. Le py- 
roxène augite est communément vert, quelquefois noir; ses 
cristaux varient pour la grandeur, et dépassent rarement la 
grosseur du doigt. Ils sont, en général, plus gros que ceux du 
pyroxène volcanique; ses formes cristallines ordinaires sont 
les variétés triunitaire , périhexaèdre, périoctaèdre et sexoc- 
tonale. Ce pyroxène est aussi en masse laminaire ou granu- 
fibreuse ou radiée , etc. 

Il existe deux analyses du pyroxène augite d'Arendal. La 
première est due à M. Simon , et la seconde à M. Roux. 
Silice .... 5o,25 .... 45,00 
Magnésie . . . 7,00 .... 0,00 
Alumine . . . 3,oo .... 3,oo 
Chaux .... 25, 5o .... 3o,5o 

Fer io,5o . . ./ . 16,00 

Manganèse . . 2,25 . . . . 5,oo 
Chrome . . . trace .... 0,00 
Eau o,5o .... 0,00 

Perte . . . 1,00 .... o,5o 
Le pyroxène augite se trouve en fort beaux cristaux dans 
les roches primitives et dans les lits de fer oxydulé,à Arendal 
en Norvvége. Il y est associé avec d'autres substances miné- 
rales, qui s'y présentent aussi parfaitement cristallisées. Le 
grenat, l'amphibole, le feldspath, le paranthine ou Wcrné- 
fite, la chaux carbonatée , l'épidote , les pyroxènes cocco- 
lithe et sahlite, la chaux phosphatée , etc. , l'accompagnent 
et lui servent quelquefois de gangue. Ses formes régulières 
sont celles que nous avons citées. Il est cristallisé ou granu- 
laire et' mélangé à Hellesta , dans la province de Suderman- 
land, et dans d'autres localités en Suède. 

Le Piémont a offert,dans ces dernières années, plusieurs 
gisemens de ce pyroxène dans les roches primitives, et no- 
tamment dans les vallées de ïraverselle, de Brozo, de Suze, 
de Locana , etc. Les cristaux de pyroxène de Vico , vallée de 
Brozo, sont d'un vert noirâtre et ont quelquefois l'apparence 
de l'épidote d'Arendal. Ils oui aussi un volume considérable^ 



P Y R 3ai 

cependant on en observe de très-petits ; ils appartiennent 
à la forme stènonome. Les pyroxènes des autres vallées sont 
de diverses formés, mais également vert foncé. A Traverselle, 
il y en a qui sont d'un vert grisâtre ou jaunâtre, opaques, en 
prismes périoctaèdres, et traversés dans leur longueur par de 
nombreux filets d'amiante , qui sortent comme des mèches 
par rexirémilé des cristaux. Le grenat, le fer oxydulé , Tido- 
crase , le quarz , le feldspath , le mica , la serpentine , le fer 
chromaté , la chaux carbonatée pure ou magnésienne, etc.^ 
accompagnent le pyroxène dans ses divers gisemens, en Pié- 
mont. 

Le pyrojtèrie-âûgile en petits cristaux Iriunitaires sur une 
espèce de serpentine, a été recueilli dans les Pyrénées, par Do- 
lomieu, et l'échantillon rapporté parce savant, a long-temps 
été le seul qu'on pût montrer du pyroxène non volcanique. Ce 
pyroxène existe à l'île d'Elbe, dans le même gisement où se 
trouve lyénlte. Il y est en masses fibreuses rayonnées et en 
prismes périoctaèdrcs à sommet oblitéré ; ces prismes sem- 
blent droits et carrés, à cause de l'extrême petitesse de quatre 
de ses pans, qui sont les pans primitifs. Ces cristaux forment 
quelquefois de très-belles gerbes , et leur couleur est le vert 
grisâtre , ou foncé sombre et sans éclat. 

Le professeur Bruce a découvert, le pyroxène-augite dans 
une roche primitive aux environs de New-Yorck, aux Etais- 
Unis. Il est dans une roche feldspathique, accompagné de 
graphite , de quarz , de mica , etc. ; la forme de ses cristaux 
est celle dite trioctonale. 

Le pyroxène entre aussi dans la composition des roches 
primitives, et ces roches sont confondues habituellement avec 
celles qu'on nomme grunstein , diorite^ ou diabase ; il y est asso- 
cié au feldspath. Des roches de cette nature sont au Glocknen 
près d'Heiligerblut, ainsi qu'à Sainte-Marie-aux-mines dans 
les Vosges. La roche de ce dernier endroit contient aussi du 
calcaire et du titane oxydé;elle a été découverte par M. Eckel 
deStrasbourg.Le pyroxène-augite a également été trouvé dan^ 
des rochesprimilivesprès de Nantes; enfin, cette substance a 
été découverte dans plusieurs serpentlnes;et quelques minéra- 
logistes pensent même que , dans bien des circonstances, la 
serpentine doit probablement être considérée comme du py- 
roxène en masse compacte ; c'est ce qui s'est vérifié par rap- 
port à certaines serpentines des Pyrénées, dont une constitué 
ie pyroxène Iherzolite. 

III. Pyroxèise coccolithe (Id.,Brong.;P^TOrK?n*^ran^/i- 
y^^mc, Haiiy ; Coccolilhe ^ d'Andrade ; Kokkolit, W. ; Kœr- 
rtiger-Augit , Karst. , Hausm. ; CoccoUthe , James.). Il est 
d'un vert poirçaiu très - foncé , ou noirâtre , quelquefoi» 



322 P Y R 

jaunâtre , ou couleur d olive. Il est communément en masse 
granulaire fragile ; quelquefois aussi en cristaux réguliers, des 
mêmes variétés de forme que celles du pyroxène - augite 
d'Arendal; mais ces cristaux ont leurs angles tellement ar- 
rondis, qu'on ne peut les reconnoîlre qu'avec peine. Sa pe- 
santeur spécifique varie entre 3,3o (Karsten) et 3,87 (Haiiy). 
Son analyse a offert les mêmes principes déjà observés dans 
le pyroxène-augite; elle est rapportée à l'article Coccoliihe. 
Celle substance se trouve à Arendal en Norwége, associée 
avec le pyroxène-augite , et toutes les autres substances qui 
accompagnent ce dernier. Ses cristaux sont quelquefois 
disséminés et enveloppés par du calcaire spathique. Les 
masses granulaires varient par le volume des grains , tantôt 
gros comme des pois, et tantôt petits comme des grains de 
millet. Ces masses sont ordlnalremeul pures. Parmi celles à 
petits grains , on en observe qui sont irès-mélangées de gre- 
nats également en petits grains. 

La coccolilhe est encore indiquée, en Suède, à Hellesta 
et Assebro, et dans la province de Nerici. Jameson en cite 
une variété verte à Barkas , en Finlande ; mais je suppose 
qu'il a voulu parler du pargasite , substance translucide, 
qu'on trouve à Pargas (petite île sur la côte de Finlande), 
qui est disséminée dans le calcaire , en grains , ou en cris- 
taux arrondis sur Les angles, qui a l'aspect de la coccolithe , 
h laquelle plusieurs minéralogistes l'ont rapportée , et qui , 
selon M. Haiiy , n'est qu'une variété de l'amphibole granu- 
liforme ( Hauy , Mém. Mus. i , p. 393). 

L'on dit aussi que la coccolithe a été découverte au Harlz, 
dans la forêt de Hartzeburg; dans la Basse-Saxe et en 
Espagne, 

IV. Pyroxène sahlite {,SaUil d'Andrade , Wern. , 
Karst ; Malacolitke , Abildg. , Haiiy , Trait. ; Pyroxène 
laminaire gris verdâtre ^ Haiiy, tabl. comp. , etc. ). Il est 
vert grisâtre , plus ou moins foncé ; quelquefois d'un vert 
d'asperge, translucide sur les bords; sa structure lamelleuse 
est beaucoup plus apparente , et le clivage a lieu plus aisé- 
ment dans les différens sens , même dans le sens des bases 
du noyau primitif, ce qui est très-difficile à reconnoîlre dans 
le pyroxène-augite et autres; il se casse naturellement dans la 
direction des pans des prismes primitifs, et découvre ainsi de 
grandes lames brillantes ou luisantes ; ses fragmens sont 
assez souvent de petits prismes rhomboïdaux, ou des por- 
tions de ces prismes; sa cassure transversale est inégale, 
raboteuse et terne. Ce pyroxène est moins dur que lis 
autres variétés ; il est même tendre , qualité qui' a sug- 
géré à Abildgaard, le nom de malacolithe , qu'il a donné 



P T R 3a3 

à celte substance , et qui dérive du grec , mulakos lithos , 
pierre tendre. Sa pesanteur spécifique est de 3,223, selon 
Haiiy ; de 3,236, suivant d'Andrade; et de 3,4.73 , d'après 
Wollaston. Exposé à l'action du chalumeau , il se fond très- 
difficilement , et même l'on assure que la variété qui vien* 
de Sahla , est incomplètement infusible. 
Les principes de la salhite sont les suivans : 

SaMa. Langhanshyttan, Bjariinii/resveden. 

Silice 53 54, 18 67,28 

Chaux 20 22,72 24,88 

Magnésie 19 l7»8i 9,1a 

Alumine 5 o o 

Fer Ç , 2,18 6,o4 

Manganèse < i>45 0,73 

Perte 1 1,66 1,96 

Vauquelin. Hisinger. Ohsson. 

La magnésie et la chaux s'y trouvent en proportions plus 
fortes que dansle pyroxène-augite, et le fer y est en moindre 
quantité. 

Le pyroxène-sahllte se trouve cristallisé sous les formes 
dihexaèdre , périoctaèdre , perihexaèdre, bisoctonale, et en 
masse laminaire ou grano - lamellaire, à grains plus ou 
moins tins; ses cristaux sont quelquefois assez gros. M. de 
Bournon, qui a publié un mémoire très -étendu sur la 
sahlite, qu'il regarde comme différente du pyroxène, adonné 
les figures d'un grand nombre de formes régulières de la 
sahlite, qui n'avoient pas été publiées avant lui. Depuis» 
M. Haiiy, en ralliant la sahlite au pyroxène, a ramené 
ses formes à la plupart de celles déjà observées dans le py- 
roxène. Les minéralogistes étrangers persistent à séparer ces 
deux substances , en se fondant sur la différence de propor- 
tions de leurs principes constitutifs , et sur le faciès de la 
sahlite. 

La sahlite a d'abord été découverte en Suède, dans la 
mine d'argent de Sahla , en Westmannie, associée au plomb 
sulfuré , au cuivre sulfuré , au fer sulfuré , et aux diverses 
autres substances qui se trouvent dans cette mine, l'asboste , 
ramphibole,la chaux carbonatée; ensuite à Langhbanshyttan, 
dans la province de Wermelande et à Bjornmyresveden en 
Finlande. On l'a retrouvée encore à Arendal , en Norwége , 
accompagnant le fer oxydulé , l'amphibole , le spath cal- 
caire, le feldspath, le mica noir, le pyroxène-augite , etc. 

Patrin, dans l'article MalaCOLITHE de la première édition 
de ce Dictionnaire , l'indique en Sibérie. L'échantillon qu'il 
possédoit, avoit été tiré, par lui, d'un gîte d'aigue-marine de 
la montagne d'Odoa-Tschelon, près du fleuve Amour. On y 



324 P Y R 

voyoit des cristaux de la grosseur da doigt , ayant la forme 
périoctaèdre. La sahliic y éloit en partie grenue et en partie 
cristallisée; celle qui est grenue, dit-il, est traversée de 
veines bleuâtres d'aigue-marine , qui est elle-même grenue; 
elle renferme , outre des feuillets épars de mica , un cristal 
de cette substance , de forme hexaèdre , qui a plus d'un 

pouce de diamètre, sur neuf à dix lignes de hauteur le 

tout mêlé d'une chaux carbonatée spaihique, d'un blanc 
roussâtre, qui se dissout en entier dans les acides , avec une 
vive effervescence, mais qui a la propriété de devenir aussi 
phosphorescente par la chaleur qu'un spath fluor. Sans la 
présence de l'aigue-marine , on croiroit, par cette descrip- 
tion , que Patrin auroit voulu parler du pyroxène baïkalite. 

La sahlite est encore indiquée dans l'île de Unst , l'une 
des îles Schetland ; dans le calcaire compacte rose de l'île 
de Tycée, l'une des Hébrides; en Ecosse ; sur les bords du lac 
(^hamplain , etc. On avoit cru la rencontrer à ISarkseilsiak , 
dans la partie sud du Groenland, associée à la sodalite , avec 
l'aiiiphibole, le grenat et le zircon. M. Haiiya reconnu que 
cette prétendue sahlite éloit du feldspath lamellaire. Enfin, 
la sahlite du ïyrol rentre dans le pyroxène fassaïte. 

V, Pyroxène baïkalite {Baikaliie). Ce pyroxène est 
d'un vert olive, en cristaux de diverses formes , dont une, 
l'abino-senaire , n'a encore été offerte que par lui : il est en 
grains et en cristaux quelquefois plus gros que le pouce , 
disséminé dans une chaux carbonatée lamellaire, d'un blanc 
jiunâtre , qui contient également du mica en lames rhomboï- 
dales , d'un pouce de diamètre ; la surface des cristaux de la 
fcaïkalite est brillante. La cassure transversale est terne et 
grano-lamellaire. L'analyse et la localité de cette pierre sont 
exposées à l'article Baïkalite. 

VL Pyroxène TASSÂÏTE ( Py/'^ome et Fassàiie, W.). Celte 
substance se présente en petits cristaux d'un vert obscur 
ou d'un vert clair , dans de la chaux carbonatée bleuâtre 
ou blanchâtre , avec de l'idocrase brunâtre et jaunâtre. Les 
cristaux sont groupés ou solitaires, et ceux qui sont réguliers 
ont l'aspect d'autant d'oclaèdrcs à triangles scalènes , dans 
lesquels la base commune aux deux pyramides , dont ils 
sont censés être l'assemblage , auroit une position obliqiie à 
l'axe. Ses formes se rapportent à celles nommées seno-qua- 
ternaire etduo-vigésinlale. 

Celle variété , considérée d'abord comme de la sahlite , 
se trouve à Fassa en Tyrol. 

A Anguillara , près du lac de Braciano , aux environs de 
Rome , on trouve dans un tuf volcanique des pierres Icn- 



P Y R 325 

ares , qui contiennent des cristaux de pyroxène semblable à 
la fassaïte. 

VII. Pyroxène lherzolite. Nous avons exposé à Tarti- 
cle Lherzolite la description de cette variété, et l'on y peut 
lire les caractères propres à ce pyroxène , et les raisons qui 
ont conduit M. de Charpentier à le considérer comme du 
pyroxène en roche. 
VIII. Pyroxène DioPsiDE(y4/a/iV«,Bonvois.;Dw/?5«W^,Wern.; 
Diopside, Jam. , en partie). Il est en cristaux prismatiques al- 
longés, des formes didodécaèdre et octovigésimale , ou sou- 
vent cylindroïdes ; d'un blanc verdâtre , ou vert , ou blanc , 
quelquefois moitié l'un et moitié l'autre ; transparens , ou 
demi-transparens , ou translucides. Les cristaux transparens 
ont la double réfraction. Sa pesanteur spécifique est de 3,3 lo. 

Il a été découvert dans la montagne de la Ciarmetla ,. 
située au-delà du rocher de la plaine de Mussa , nommé 
Testa Ciarva, à l'extrémité de la vallée d' Alla, en Piémont. 
Ses cristaux varient pour la grandeur; ils atteignent quelque- 
fois l'épaisseur d'un doigt ; ils sont groupés entre eux , ou 
solitaires , ou associés à de beaux cristaux de grenats tri- 
émarginés, d'un rouge- orangé; àl'idocraseverte, à l'épidote,à 
la prehnite , à la chaux carbonalée , au talc cristallisé^ au fer 
oligiste , etc. A Locana , le diopside Irès-blanc est associé à 
de très-beaux cristaux d'idocrase noir ou calcaire. 

11 exisloit dans le cabinet de M. de Drée , à Paris , un 
morceau qui paroît venir d'Ivrée , dans la vallée d'Aost ; sa 
surface extérieure est couverte d'un grand nombre de petits 
cristaux de fer oxydulé dodécaèdre , striés , et de diopside. 

Dolomieu possédoit plusieurs échantillons qu'il avoit rap- 
portés de Corse , et sur lesquels on voyoil de petits cris- 
taux de diopside associés aux mêmes grenats rouge-orangés. 
BL Rampasse avoit également recueilli cette roche en 
Corse. L'on dit quil en a été trouvé à l'île d'Elbe. 

IX. Pyroxène MusstTE ( Mussile , Bonvois, ; Diopside , 
en partie , James. ) Il est d'un blanc verdâtre , presque 
opaque ou translucide ; sa surface est quelquefois comme 
satinée , et d'autres fois très-lisse ; il cristallise en prismes 
longs, de la forme primitive , ou cylindroïdes, ou comprimes, 
ou fibreux. Ces prismes sont tantôt disposés en gerbes , 
tantôt baccillaires, quelquefois Irès-étendus en lames, et se 
recouvrant de manière à donner à la masse la structure schis- 
teuse;queIquefois aussi ces prismes sont entrelacés et en masse. 
La mussile duSimplon , est mélangée avec le quarz, le mica 
argentin , le titane oxydé. Celle de Mussa est accompagnée 
de grenat jaune , dit tvpazalite , de fer axydulé , de calcaire, 
de talc , de prehnite , etc. 



326 P Y R 

La mossile , selon M. Laugier , est composée de 

Silice 57,80 

Magnésie 18, 25 

Chaux 16, 5o 

Manganèse et Fer ... 6 
La mussile a été découverte dans la partie supérieure de 
îa vallée de Lans , appelée la plaine ou Talpe de la Mussa. 
Vers !e fond occidenlal de la même vallée se trouve une 
mont .giie de serpentine , de vingl-cinq à trente toises de 
haut , nommée la roche, noire ; cette roche est traversée 
presque horizontalement, à la hauteur de huit à dix toises , 
pa'- un lit de mussite granulaire grise, dans les fentes duquel 
se montrent les cristaux de ce pyroxène. Cette substance se 
trouve également au Simplon et à Saint-Nicolas , dans le 
Haut-Valais , en masse schisteuse et lamellaire , avec le gre- 
nat , le talc, etc. 

X. Pykoxène blanc. Ce pyroxène a été trouvé dans les 
roches primitives avec le feldspath fétide, à Baltimore, dans 
les Etals-Unis; il estblanc ou grisâtre, un peu translucide. Ses 
cristaux se rapportent à la forme épiméride,et sont quelquefois 
assez gros. Cette variété est pour la couleur à l'espèce pyro- 
xène, ce que la grammatiie blanche est à l'espèce amphibole. 

Celte exposition des diverses variétés du pyroxène nous 
montre cette espèce minérale dans les terrains primitifs, et 
dans les terrains volcaniques, ou présumés tels. On doit re- 
marquer que dans les terrains primitifs , le pyroxène ne se 
trouve que dans des roches superposées au granité le plus 
ancien ; et il est aisé d'en conclure que si les volcans re- 
jettent des matières si abondantes en pyroxène, ils les pui- 
sent très-probablement dans des couches analogues , et que 
leur foyer , par conséquent , loin d'être situé à de grandes 
profondeurs au-dessous du granité , comme quelques géolo- 
ques îe croient , est au contraire supérieur au granité an- 
cien. Dolomieu pensoit (et de son temps le pyroxène hors des 
volcans étoit à peine connu) que le foyer des volcans n'étoit 
pas à une grande profondeur. Les masses rejetées intactes 
par le Vésuve , offrent le pyroxène associé avec un grand 
nombre des substances qui s'observent dans le gisement 
du pyroxène primitif ; et ce fait nous semble devoir être 
signalé. 

Le pyroxène et l'amphibole , autrefois confondus ensem- 
ble, sont devenus deux espèces minérales extrêmement intéres- 
santes en géologie,à cause de leurs variétés qui se présentent 
sous tant d'aspects différens et dans des roches très-variées, 
dans la composition desquelles elles entrent. L'amphibole est 



P Y R 327 

plus abondant dans les roches primitives , et le pyroxène 
dans les terrains volcaniques. Cette différence ajoute aux 
caractères qui distinguent Tamphibole du pyroxène. En ne 
rappelant que le caractère fourni par la structure cristalline , 
cité au commencement de cet article , on peut dire du py- 
roxène comparé à l'amphibole , qu'il existe peu d'exemples 
d'une différence aussi frappante , cachée sous une i essem- 
blance aussi trompeuse, (ln) 

PYRRHOCORAX. Nom latin et générique du Choucas 
DES Alpes. F. Choquard. (v.) 

PYRRHOPOECILLOS , c'est-h-àire , marqueté de taches 
rouges , en grec. Anci'ennement, on donnoit ce nom , selon 
Pline , au marbre qu'il désigne par syénite , et avec lequel les 
rois d'Egypte firent faire des obélisques. Cette Syénite est le 
granité que les antiquaires nomment grarùte rose antique , et 
celui que les minéralogistes ont pris pour type de l'espèce de 
roche granitique appelée SYÉNiTE,du nom de la ville de 
Syène, dans la Haute-Egypte, d'où l'on tiroit ce beau gra- 
nité, (ln.) 

PYRRHOSIDÉRITE, c'est à-dire, fer de couleur pour- 
pre , en grec. Ullmann a donné ce nom à une variété de fe» 
oligiste micacé ( Eisenglirnmer ) dont il fait une espèce par- 
ticulière. Le pyrrhosidérile se présente en lames très-petites, 
éclatantes , tumulluairement groupées les unes sur les autres , 
et formant des masses cellulaires très-légères, ou des tapis , 
ou de petits mamelons rayonnes, à la surface et dans les 
cavités du fer hydraté hématite. Ses couleurs sont : le rouge 
de rhyacinthe , l'aurore , le rouge de sang , et même le gris 
de fer. Il est transparent ou demi-transparent, et alors d'un 
beau rouge de rubis ou pourpré ou orangé. Sa poussière est 
d'un rouge brunâtre ou orangé ; ses lamelles sont de petits 
cristaux de formes diverses , arrondies ou anguleuses, et peu 
déterminables. 

Il se trouve dans les mines d'Eisenzeche ( pays de 
Nassau-Siégen), à Rehmel , et dans d'autres mines envi- 
ronnantes 

La craitonite lamellaire de rOisans, e'nDauphiné, a beau- 
coup de ressemblance avçc le pyrrhosi dérite, (ln.) 

PYRRHULA. C'est , dans Brisson, le nom générique du 
Bouvreuil. V. ce mot. 

Le Bouvreuil a longue queue , Pynhula longicauda, que 
j'ai indiqué pour une espèce particulière , est le cardinal o\x 
homreuilde Sibérie, en habit d'hiver. Je dois celte observation 
à M. Félix Paul de Jarocki , docteur en philosophie et en 
sciences , correspondant de la Société minéralogique de 
léna , etc. ; ce savant naturaliste l'ayant vu étiqueté dans le 
Muséum de Berlin sous la dénomination de loxia sibirica, par 



328 P Y R 

Pallas lui-même, qulje premier, a fait connoîlre cet oiseau. (v.) 

P YRRHULAS. Nom grec du Bouvreuil, (v.) 

PYRRIAS. Nom grec du Bouvreuil, (s.) 

PYRROGLAS. C'est, selon Gesner , le nom du Bou- 
vreuil , en grec, (s.) 

PYRROSJE , Pyrrosia. (ienre de plantes cryptogames de 
la famille des Fougères , introduit par Jussieu , qui présente 
pour caractères: une fructification en points nus, composés 
de cinq à huit follicules sessiles , attachées sur un réceptacle 
fnince , caduc , en forme de disque. 

Ce genre ne renferme qu'une espèce, qui vient de la Chine, 
ci dont toute la surface inférieure des feuilles , qui sont sim- 
ples , ohlongues et pétiolées, est couverte de poils roux. Il se 
rapproche des Catmdollines , des Acrosiîques et des Po- 

LYPODES. (B.) 

PYRULAIRE, Pyrularla. Arbrisseau de la Caroline , à 
racine odorante , à feuilles alternes , sans stipules , pubes- 
centes , ovales-oblongues , très-entières , à fleurs petites dis- 
posées en épis , qui forme , dans la dioécie pentandrie , un 
genre fort voisin des Célastres. 

Ce genre, qui a été élabli par Michaux dans sa Flore de 
T Amérique septentrionale , présente pour caractères : dans 
les fleurs mâles , un calice campanule, à cinq divisions re- 
courbées ; point de corolle ; cinq étamines insérées au 
tube du calice , et placées autour d'un disque épais. Dans 
les fleurs femelles, un calice comme dans les mâles; cinq éta- 
mines stériles et un disque ; un ovaire inférieur à style court 
et à stigmate en tête ; un drupe pyriforme couronné par le 
calice qui s'est élargi, renfermant une petite noix à une loge 
et à une semence. 

L'amande de la pyrulaire fournit une huile bonne à manger. 

.Willdcnow a donné à ce genre le nom d'HAMiLTONiE. 

(B.) 

PYRULE , Pyrula. Genre de coquilles de la classe des 
Univalves , qui offpe pour caractères : une coquille sub- 
pyriforme , canaliculée à sa base , sans bourrelets conslans , 
ayant sa partie ventrue plus voisiné «Je son somruet qi;^e de 
sa base , une spire courte , une columelle lisse et Iç bo.r4 
droit sans échancrure. 

Les coquilles de ce genre sont généralement assez minces , 
et représentent plus ou moins la figure d'une figue. Leurs 
spires sont courtes et peu convexes, leur ouverture est lawge 
et surtout très-longue. Leur lèvre e$t nçki,pce et simple. Leurs 
aqimaux n'ont point été observés. 

On ne conuoît que deux espèces de ce genre , savoir : 



P Y T 3^9 

La Pyrui.e figue , qui est en massue , presque ov^le , 
r«Çlicnlée par des stries ; et dont la spire est très-courte , 
r.pl. M 23, où elle est figurée. ^Ue se trouve dans les mers 
des Indes et d'A"iérIqup. 

La pY{iuj.f: RAVE , qui est arrondie , un peu striée , dont 
le canal de la lèvre pst courbé , et la spire saillante. Elle se 
trouve daqs la mer 4es Ipdes- (b.) 

PYHUS. Nom da poirier, chez les Latins. Chez les Grecs , 
cet arbre s'appeloit apios. Us donnoient le nom de pyros au 
froment. V. Poiiuer. (ln.) 

PYSCH. Nom du Chanvre , chez les Tarlares Wos- 
liaks. (LN.) 

PYTHAGORBE , Pyihagorea. Petit arbre de la Cochin- 
chine, à feuilles ovales , lancéolées, dentées, glabres, pres- 
que sessiles, à (leurs blanches portées sur des grappes axil- 
laires, qui forme , selon Loureiro , un genre dans Toclandrie 
monogynie. 

Ce genre offre pour caractères : un calice campanule de 
sept à huit folioles linéaires et colorées ; une corolle campa- 
nulée de sept à huit pétales lancéolés , concaves et hérissés ; 
huit étamines ; un ovaire mitoyen entre le calice et la corolle, 
ovale, velu, surmonté de quatre styles astigmate aigu; 
une capsule à quatre loges polyspermes. (b.) 

PYTHE , Pyt/m, Latr. , Fab. ; Tenehrio , Linn., Degéer ; 
Cucujkfs^ Payk Genre d'insectes , de l'ordre des coléoptères , 
section des hétéromèrcs , famille des slénélytres , tribu des 
liélopiens » distingué des autres genres de cette famille par 
les caractères suivans : tous les articles des tarses entiers ; 
mandibules bidenlées à leur extrémité: palmes maxillaires 
plus grands que les labiaux , avec le dernier article plus grand 
que les précédens, en forme de hache ou de triangle ren- 
versé-; antennes filiformes , insérées à nu, au-devant des 
yeux ; le septième article et les trois suivans presque demi- 
globuleux ; le onzième ou dernier ovoïde ; corps allongé , 
déprimé, plus étroit en devant, avec le corselet presque 
orbiculaire. 

Fabricius donne six palpes à ces Insectes ; mais c'est une 
erreur. Il en distingue trois espèces , et qui habitent toutes 
les forêts des parties froides ou élevées de l'Europe. La plus 
connue est le Pythe bleu , Pytho cœruleus , ou le ténèbrion 
déprimé (depressus) de Linnœus et d'Olivier, et le ténèbrion dt& 
bois de Degéer. Son corps est long d'environ cinq lignes , 
et varie un peu pour les couleurs. Il est ordinairement d'u.n 
bleu foncé , pointillé , avec les antennes , la bouche , l'abdo-- 
men et l'extrémité des pattes, roux; le corselet a deux enfon- 



33o P Y X. 

cemens , avec un sillon dans l'intervalle; les élytres ont des 
stries courtes, (l.) 

PYTHON, Python. Genre dé reptiles de la famille des 
serpens, établi par Russel et adopté par Daudin. Il offre 
pour caractères : de grandes plaques nombreuses sur la 
tête ; des plaques entières sous le ventre ; des plaques en- 
tières et des doubles plaques sous la queue ; deux ergots ou 
éperons à l'anus ; des dents aiguës , mais point de crochets à 
venin. 

Ce genre se rapproche si fort des Boa, que deux, des cinq 
espèces qu'il renferme , avoient élé placées par Schneider 
parmi eux.Ils sont tous originaires, de l'Inde, n'ont guère que 
dix à douze pieds de long , et vivent dans les lieux rocailleux. 
On les connoît dans le pays sous le nom de serpens de rocher. 
Les ergots qui font réellement le seul caractère de ce genre , 
servent principalement à accélérer la marche des espèces 
qui le forment, en leur donnant un point d'appui. Il faut bien 
les distinguer de ceux qui existent dans les mâles de quelques 
reptiles et de quelques poissons , tels que les Squales et les 
Kaies , et dont l'objet est de les fixer sur les femelles lors de 
l'accouplement. Au reste , les pythons sont peu connus , fort 
rares dans les cabinets d'Europe , et ne présentent rien de 
saillant dans leurs mœurs. La tête du Python de Java est 
supérieurement figurée, pi. 7 de l'ouvrage de Cuvier, inti- 
tulé : /e Règne animal distribué selon son organisation, (b.) 

PYTHONISSE. Poisson du genre Scorpène , Scorpena 
horrida , Linn. (b.) 

PYTIANTHE et PYRINA. On a donné autrefois ces 
noms à I'Oxyantha de Dioscoride. (ln.) 

PYXACANTHA (^Buis épineux., en grec). Les Grecs ap- 
peloient ainsi leur Lycium. V. ce mot. (ln.) 

PYXIDANTHÈRE , Pyxidanthera. Petite plante fruti- 
culeuse , rampante , à feuilles alternes , presque opposées , 
cunéiformes , lancéolées , très-aiguës , entourées de poils à 
leur base, à fleurs solitaires et terminales , qui , selon Mi- 
chaux , forme un genre dans la pentandrie monogynie , et 
dans la famille des bicornes , à ce que croit Jussieu. 

Ce genre offre pour caractères : un calice entouré de brac- 
tées, divisé en cinq parties, oblongues, ouvertes; une corolle 
très-courle , campanulée , à cinq divisions ; cinq étamines ; 
un ovaire ovoïde, presque triangulaire, surmonté d'un style 
épais à trois stigmates très-courls. 

Le fruit n'est pas connu. 

Celte plante , qui ressemble aupremier coup d'œll à l'AzA- 
LÉE RAMPANTE, et qui doit être réunie à la Diapensie, selon 
Kultall, se trouve dans la Haute-Caroline, (b.)^ 



Q A s 33i 

PYXIDARIA. Lindern, dans son Tourneforllanus alsa- 
ticus, 6gure, sous ce nom , une jolie petite plante d'Europe, 
dont on a fait ensuite un genre qu'on lui a dédié : c'est le 
Undernia pyxidaria. (ln.) 

PYXIDE , PYXIDIE , PYXIDION , Pyxidium. Noms 
donnés par Ehrard au fruit capsulaire qui s'ouvre horizon- 
talement en deux valves hémisphériques , V. Fruit , § m ^ 
n.'^ 21. Le Mouron cl le Plantain en offrent un exemple. 
Ce même botaniste donne encore cette dénomination à l'urne 
des mousses. V. Mousses, (p.b.) 

PYXIDELLE. V. Lindernie. (b.) 

PYXOS. Nom du Buis , chez les Grecs, (ln.) 



QAFANDAR. Nom arabe d'une espèce de Fragon 
( Ruscus hypuphyllum, L.), selon Delile. (LN.) 

QAHOUEH. Nom arabe du Café en liqueur. BuN est 
le nom de la plante et des grains , selon Delile. (ln.) 

QAMK. Nom arabe du Blé ( Triticum satwum ) , selon 
Delile. (LN.) 

QANBEH. Nom arabe, selon Delile, des graines du 
CananG aromatique ( Ui>arîa aromatica , LK. ). V. KuM- 
BA. (fcN.) 

QANTARYAN et QANTARYOUN des Arabes. C'est 
la Petite Centaurée ( Gentiana cenlaurium , L. ). (ln.) 

QARAD. V. Sant. (ln.) 

QARAESLAMBOULY. Nom arabe du Potiron ( Qi- 
curbita pepo , L. ) à gros fruits. Qara'mâghreby est le nom 
de la variété à fruit oblong , que nous appelons giraumou. 
Qara'kouzy est celui du Petit Potiron, selon Delile. (ln.) 

QARAMEDAOUER. Nom arabe de la Gourde des 
pèlerins ( Cucurbila lagenarici , L. ) , dont le fruit a la forme 
d'une bouteille. Le Qara'debbeh en est une variété à gros 
fruits ovales; Qara'tAouyl est une autre variété à fruit 
long , et que l'on mange, (ln.) 

QARILLEH. Nom arabe que l'on donne en Egypte à 
une espèce de Sénevé (^Slnapis alUonii, Jacq., et Delil., Hist. 
Egypt. , pi. 35, fig. X ) , qui croît dans les champs de lin , en 
Egypte , et aussi en Europe, (ln.) 

QARN EL-GHAZAL {Come de gazelle). Nom arabe d'un 
Lotier ( Lotus oKgoceratos , Lamk. ) , selon Delile. (ln.) 

QASAB EL-SUKKAR {Roseau à sucre) et QHAB. 
Noms arabes de la Canne a sucre {Saccharum officina- 
mm , L. ). (ln.) 



332 Q U A 

QASAL , CASAL. Nom arabe du Roseau des jardins 
( Aruncl) donttx). (LN.) 

QVTYFEH. Nom arabe donné , au Caire , à l'ŒiL- 
Ï.ET d'Inde ( Tageles erecla , L. ) , qui y est cultivé dans les 
jardins, (ln.) 

QRYSOlIN,BA'YTEUAN,BA'BOUNY. Noms ara- 
bes de In Sam'OLINI-ODORAîiTE {Sanlolina fragranfi<isima ^ de 
Forskaël) , selon M. Deiile , Mgypi.^ pi. 4.2 , fig. 3. (ln.) 

QNENIC. r. Cniqujers. (ln.) 

QODDErt. Nom arabe d'un Croton ( Croton pUtatum , 
"Wahl. ), selon Deiile. (ln.) 

QOIMEAU. Petite espèce de butor ^ qui , selon M. Sa- 
lerne , se voit quelquefois en Sologne , et que Ton y connoît 
sous ce nom de cjoimeau {^Hist. des Ois., page ii3). Celte 
espèce est très-probablement la même que le Butor blon- 
Gios V. l'article des Hérons, (s.) 

QOLQAS Nom arabe de la Colocase, espèce de Gouet 
(^arum colorasia , L. ). (LN.) 

QOREYS. V. Fisau-Klab. (ln.) 

QOBONFEL. Nom arabe de V Œ.iïa.il'ï {Blanthus caiyo- 
phylhis , L. ). (ln.) 

QORTOM. L'un des noms arabes du Carthame cultivé 
( Carthamus tinctorius , L. ). Ses autres noms sont chartam , 
kkartan. Les fleurs sont nommées osfour , selon Deiile. (ln.) 

QOTN. Nom arabe, donné en Egypte au Cotonn-ier , 
Gossypium herbaceum , Linn. QoTN EL-chagar, est celui du 
Cotonnier a feuilles de vig.ne , Gossypium vitifolium , 
Cav. (ln.) 

QOTNEH. Nom arabe , donné , au Caire, aux graines du 
psyllium , espèce du genre plantain (^Planiago psylUum') , que 
nous nommons l'herbe aux puces. On trouve écrit Goine dans 
quelques voyageurs plus anciens qui appliquent ce nom à 
diverses autres espèces de plantains, (ln,) 

QOÏT-EL-BARR. Nom égyptien du zîbeth (Vi^erra 
zibetha ). V. Civette, (desm.) 

QOUACHL Nom que porte le Coati, à la Guyane, (s.) 

QOUATA. Barrère écrit ainsi le nom du Coaïta , es- 
pèce de singe du genre Atèle. (desm.) 

QUABÈBE. V. CuBÈBE. (s.) 

QUACAMAYAS des Mexicains, Ce sont les aras, (.s ) 

QUACARA. Frisch dit qm^, rlu temps de Charlemagne, 
la ouille étoit connue SOMS cv;^\e dénomination. (S.) 

QUACBASou QOUAGQA. V. l'art. Cheval, (desm.) 

QUACUi. ;^-. Coati, (s.) 

QUACrtïLTON. V. PORPHYRION acintli. (s.) 

QUACH-LON-DIEO. Une espèce d'OacaiDÉE ram- 



O U A 335 

Tante porte ce nom en Cochinchine. C'est le Rekan- 

THERA COCOINEA , Lour. (LN.) 

QUACK. C'est , en Flandre , le nom du Bihoreau. F. 
l'article Héron, (v.) 

QUx\CKlTIZIÏ. L'un des noeas japonais du Bladhinja- 
ponica , selon Thunberg. (ln.) 

QUADR ANGULAIRE. Poisson du genre Ostracion. 

(B.) 

QUADRATORTA de Gaza. C'est le ietragonîa de Théo- 
phraste , et notre Fusain ( Evonymus europceus) , qui mérite 
ces noms , à cause que ses fruits sont à quatre lobes, (ln.) 

QUADRATULE. plusieurs oryctographes appellent 
ainsi un MouLE de bivalve , qui paroît avoir appartenu à 
un Cœur ou à une Bucarde. (desm.) 

QUADRETTE. V. Rhexie. (b.) 

QUADRICOLOR, Emberiza ejuadricolor , Lath. ; pi. 
enl. de Ruff. , n.° loi. fig. 2 , sous la dénomination de gros-bec 
deJam. La tête et le cou sont bleus ; le dos, les ailes et le 
bout de la queue , verts ; une large bande rouge est sous le 
ventre et sur le milieu de la queue ; le reste du ventre et la 
poitrine sont d'un brun clair et couleur de noisette ; le bec 
est d'un cendré brun ; le tarse couleur de cbair, et la queue 
un peu étagée. Longueur , cinq pouces. Sur la planche en- 
luminée , citée plus haut, le dessus de la tête et du dos est 
gris ; les couvertures supérieures de la queue sont rouges. 
Buffon fait de cet oiseau un gros bec. Latham et Gmelin le 
donnent pour un bruant. Quant à moi , ne l'ayant pas vu en 
nature et ne pouvant le déterminer d'après une figure in- 
correcte , je le laisse isolé, (v.) 

QUADRICORNE. M. de BlainvlUe a donné ce nom 
spécifique à un ruminant à quatre cornes, dont il a observé 
le crâne dans une collection de Londres, et qu'il croit ap- 
partenir au genre des Antilopes. V. ce mot. (desm.) 

QUADRÏCORNES ou POLYGNATES. M. Duméril 
( Zoologie analytique ) donne ce nom à une famille d'insectes 
aptères à mâchoires, à abdomen peu distinct , et ayant des 
pattes sous quelques anneaux. Les seuls genres : Physode, 
Cloporte et Armadille en font partie, (desm.) 

QUADRIDENT. V. au mot Tétraphide. (b.) 

QUADRIE, Quadria. Arbre à feuilles alternes , bipio- 
nées avec impaire, à folioles opposées , ovales en cœur, 
inégales à leur base , doublement dentées, à fleurs blanches , 
velues extérieurement , géminées et portées sur des grappes 
axillaires , lequel forme un genre dans la tétrandrie mouo- 
gynie. 

Ce genre , qui est voisin des Çmbothrions, offre pour 



334 Q U A 

caractères : une corolle de quatre pe'lales spallmlcs , con- 
caves â leur pointe , dont trois sont recourbés, et le qua- 
trième droit ; point de calice ; quatre étamines courtes, in- 
sérées dans la cavité des pétales ; un ovaire supérieur , velu, 
à style courbé au sommet , et à stigmate en tête ; un drupe 
ovale , uniloculaire et monosperme. 

Le quadrie se trouve au Chili. Feuillée l'a mentionné sous 
le nom de nebu^ et Molina sous celui de Guevina. Son bois 
est dur, flexible, et sert à beaucoup d'usages. Les amandes 
de ses fruits ont une saveur agréable , et se vendent dans tous 
les marchés à l'insiar des noisettes d'Europe , auxquelles on 
peut les comparer. On tire de ces amandes une excellente 
huile, elon en fait des dragées et autres friandises. L'écorce 
des fruits est astringente, et employée en médecine sous ce 
rapport, V. pi. P i , où il est figuré, (b.) 

QUADRILLE. L'Asclépiade couleur de chair , qui est 
un violent poison, porte ce nom aux Antilles, (b.) 

QUADRISULCES. Déslgnationgénérique des Quadru- 
pèdes dont le pied est divisé en quatre doigts, (s.) 

QUADRUMANES. On donne ce nom aux animaux 
qui ont deux mains comme l'homme, et deux pieds con- 
formés comme des mains, avec de longs doigts et un pouce 
qui leur est opposable ; ce qui fait qu'Us ne posent point à 
plat leurs pieds à terre , mais obliquement, et vacillent ou 
présentent peu de solidité ; an contraire , ces mains aux pieds 
sont très-propres à saisir les branches d'arbres. De plus , le 
bassin des quadrumanes est étroit , placé obliquement , ce 
qui favorise peu la solidité des membres postérieurs , qui sont 
proportionnellement plus courts que les nôtres , tandis que 
les antérieurs ou les bras sont plus lon^s. En général, ils ont 
des formes humaines , et une sorte de visage ou de face , des 
fosses orbitaires entières ou séparées, par une branche de l'os 
jugal , des fosses temporales. Ils ont trois sortes de dents , 
des Incisives taillées en biseau , des lanlalres coniques , des 
molaires plates , ou à couronne large et tuberculée. Leur 
estomac est unique, comme dans l'homme; ils ont des intes- 
tins d'une longueur intermédiaire entre les carnivores et les 
frugivores , avec un cœcum court. 

Leurs membres ne paroissent nuUenlent faits pour mar- 
cher aussi bien que les vrais quadrupèdes,mals plutôt destinés 
à la préhension; aussi leurs os du bras et de la jambe sont-ils 
articulés et non pas soudés ensemble , ce qui fait qu'ils 
exécutent facilement des mouvemens de pronation et de 
supination, outre l'existence de clavicules complètes qui 
écarte leurs épaules, comme chez l'homme, et les rend 
impropres à se soutenir sur leurs pieds de devant. Toutes 



p . 1 




2 . (h/i/.i.iyc rf/Jic/i' ■ 






Q U A 335 

leurs mains ont des doigts assez libres dans leurs mouve- 
mens. Tels sont les singes et les makis que l'on reconnoît 
encore à leur tête assez volumineuse et sphérique à cause du 
développement du cerveau, quia trois lobes de chaque côté, 
et dont le dernier cache le cervelet, comme chez l'homme; 
car ces animaux montrent beaucoup d'intelligence et d'habi- 
leté pour imiter nos gestes. Ils ont , ep effet, des clavicules, 
une poitrine assez large , portant deux mamelles , ainsi 
que nous ; la structure de leurs bras leur donne des mou- 
vemens fort analogues aux nôtres ; ils ont une verge pen- 
dante ou libre, et s'accouplent par devant; quelques femelles 
ont, parmi les grands singes surtout, un écoulement de 
sang par la vulve, à certaines époques; ces espèces sont 
monogames la plupart , et font un ou deux petits , qui se 
cramponnent à la mère. Presque tous ont une queue, ou un 
prolongement coccygien qui est même capable de saisir les 
objets, dans les sapajous d'Amérique. Les ongles des doigts, 
aplatis chez la plupart, commencent à devenir aigus chez les 
ouistitis et les makis. Ces derniers ont le museau plus avancé 
et plus pointu que chez les singes ; ce qui fait qu'on les a 
comparés à des renards, pour la physionomie, et qu'ils 
sont déjà un peu carnivores , ou insectivores. Les autres 
quadrumanes ont des intestins et l'appareil dentaire ou 
masticatoire , comme l'homme , et ils sont à peu près 
omnivores. Toute cette structure, qui les rapproche de la 
nôtre, est très favorable aux habitudes qu'ont les quadru- 
manes, de grimper sur les arbres; ce sont, en effet, des 
animaux frugivores , qui vivent tous dans les pays chauds. 
Plusieurs d'entre eux s'attachent aussi aux branches par le 
moyen de leur queue qui est prenante. On établit deux familles 
parmi ces quadrumanes. F. les mots Singes et Lémuriens 
ou Makis, (virey.) 

QUADRUPEDE , Quadmpes; rsTpxTrou?. Ce nom con- 
vient à tous les animaux à quatre pieds ; ainsi les lézards, 
les tortues , les grenouilles , etc. , ayant quatre pieds , sont 
des quadrupèdes, comme les chiens, les chevaux, etc. 
Cependant , on a spécialement appliqué le nom de quadru- 
pèdes aux seules espèces qui produisent leurs petits vivans , 
et qui les allaitent ; c'est pourquoi l'on a désigné plus par- 
ticulièrement les animaux vivipares par les mots de mammi- 
fères ou mamellifères, c'est-à-dire, porte - mamelles. 
( F. Mammifères.) En effet, lorsqu'on veut comprendre 
dans la classe des quadrupèdes, les singes, qui ont deux bras 
et deux pieds, les phoques , les morses , dont les pattes de 
derrière sont réunies et presque soudées ensemble, et même 
les cétacés, tels que les baleines, les dauphins et marsouins, 



336 TJ A 

qui sont tous des animaux vivipares et qui allaitent leurs 
petits, le même mot n'est pas exact, puisque les cétacéâ 
n'ont pas quatre pattes, et puisque les singes, les chauve- 
souris ^ etc., ïie sont pas de véritables quadrupèdes à la 
rigueur. Les grenouilles , les salamandres , les crocodiles , les 
lézards, les tortues, et plusieurs autres animaux, ont biert 
quatre pattes , et peuvent être appelés quadrupèdes; mais 
ils sont ovipares , ils n'allaitent pas leurs petits •, ils ont d'ail- 
leurs le sang froid, la respiration lente, le cœur à un seul 
ventricule ; leur corps n'est point couvert de poils , comrtie 
chez la plupart des mammifères, qui sôïit toujours pourvus' 
d'un cœur à deux oreillettes et à deux ventricules , qui ont 
un sang chaud , une respiration fapide, et une foule d'autres 
attributs particuliers. La démarche à quatre pieds des ovi- 
pares, telle que celle des lézards, des tortues, des crapauds, 
est rampante; ils se traînent sur le sol humide et dans la 
fange , plutôt qu'ils ne marchent ; aussi les a-ton rangés 
dans la classe des Reptiles. {V. ce mot. ) Nous ne traitons 
donc ici , sous le nom de quadrupèdes, que des mammifères 
ou animaux vivipares exclusivement , qui comprennent les 
singes , les chauve-souris, aussi bien que les amphibies , tels 
que les veaux-marins ou phoques , les lamantins , etc. , avec 
le reste des animaux véritablement vivipares. ( Les Céta- 
cés sont traités à leur article , bien que leurs principaux 
caractères d'organisation se rapportent à la classe des qua- 
drupèdes. ) 

Comparaison des Quadrupèdes vivipares oifec les autres classes 
d'animaux. 

Le caractère fondamental de chaque classe d'animaux 
dépend de la nature des lieux qu'elle habite. L'oiseau, ci- 
toyen des airs, a reçu un tempérament vif et chaud, délicat 
et sensible ; toujours en action , toujours gai , pétulant, vo- 
lage , il est plein de fougue et d'incottstance, comme la 
région qu'il parcourt; mais les poissons, peuples froids des 
ondes , sont d'un naturel stupide , à cause du ramollissement 
de tous leurs organes; d'un caractère insensible, d'un tem- 
pérament insouciant, apathique, qui ne s'occupe que des 
besoins les plus matériels; car toute leur vivacité se consu- 
mant en efforts physiques , ne sert qu'à les soustraire aux 
impressions qui viennent les frapper; elle les éloigne de tout 
ce qui peut ouvrir leur intelligence et perfectionnef leurs 
facultés. Le quadrupède, au contraire, se tenant dans un 
milieu également éloigné des hauteurs de l'atmosphère 
et des profonds abîmes des eaux , marchant , pour ainsi 
dire , en possesseur et en maître sur la terre , semble aussi 



Q U A " 337 

tenir le milieu entre ces extrêmes ; il n'a ni l'ardeur et la 
fougue de l'oiseau , ni la stupidité brute des poissons, ni 
la lourde apathie du reptile , qui se traîne dans la fange ; 
mais fixé sur un sol ferme et sec , son naturel a reçu aussi 
plus de consistance et de solidité. La démarche du quadru- 
pède , sans avoir la lenteur de celle du reptile , n'a point la 
rapidité du vol de l'oiseau et la prestesse de la nage du 
poisson ; mais elle est d'une vitesse modérée , qui permet 
aux sens d'agir et aux facultés de se développer avec aisance ; 
de là vient un plus grand perfectionnement de l'intelligence 
dans ces animaux. Ils sont, pour ainsi dire, les philosophes 
du règne animal, de même qu'ils en sont les supérieurs ou les 
chefs naturels par lesdlfférens allribuls de leur organisation, 
bien plus parfaite et plus compliquée que celle des autres 
genres d'êtres vivans. Voyez , pour les détails de l'organisa- 
tion, à la suite de l'article Mammifère. 

Nous nous proposons de considérer ici les princes dii . 
règne animal , sous le point de vue philosophique de leurs 
facultés morales et intellectuelles, de leur ulilllé , ou de 
leur industrie, relativement aux grands desseins de la nature, 
et aux fonctions qu'elle leur attribue sur la surface du globe. 
En effet, les quadrupèdes vivipares sont un groupe auquel 
les diverses classes du règne animal viennent se rapporter 
comme au type le plus parfait; à mesure que les organes 
des animaux se perfeclionneni , que leurs sens se dévelop- 
pent , que leur cerveau s'étend , que leur esprit s éclaire 
davantage, ils se rapprochent du rang des quadrupèdes 
qui est au sommet de l'échelle de gradation de tous les êtres 
animés , car ils marchent immédiatement après l'homme , 
ainsi que ses ministres et ses auxiliaires, pour cultiver, défri- 
cher , vivifier la terre , et dominer les créatures ou les gou- 
verner. Nous sentons qu'un quadrupède a beaucoup plus de 
rapports et d'analogie avec nous , qu'un ver , un insecte , un 
coquillage, un poisson, un reptile, et même qu'un oiseau ; 
il est plus voisin de Thumanité que tout autre, s'il est per- 
mis toutefois à l'animal de se comparer à l'homme. Un qua- 
drupède est à l'égard d'un poisson ou d'un reptile , ce que 
l'homme esta l'égard du quadrupède et de roiseau;les facultés 
de l'un sont supérieures à celles de l'autre. Dans la république 
des animaux, la nature a donc créé des rangs et une noblesse 
héréditaires; mais à l'homme seul appartient l'empire et le 
droit naturel de régner ; les quadrupèdes sont devenus les mi- 
nistres de sa puissance; fiers de servir le roi de la terre, 
d'approcher de sa demeure , de partager ses avantages, et 
de recevoir de lui leurs allmens , les animaux domestiques 
ont courbé leur tête altière sous sa main caressante , tandis 

xxvm. 22 



338 Q U A 

que d'autres espèces moins dociles sont restées indépen- 
dantes. 

La classe des quadrupèdes est non-seulement la portion 
la plus parfaite du règne animal, mais elle semble même je- 
ter des prolongemens et étendre des ramifications jusque 
dans les classes voisines; ainsi, par la famille des singes^ elle 
paroît vouloir atteindre à l'espèce humaine : par les chauve- 
souris , les polalouches, les galéopithèques , et autres qua- 
drupèdes qui voltigent , elle se rapproche des oiseaux ; les 
quadrupèdes soit cuirassés, tels que les tatous, soit écailleux, 
comme les pangolins {manis^ Linn.), semblent se rapporter 
aux reptiles, tels que les tortues , les lézards; tandis que les 
quadrupèdes amphibies , les phoques ou veaux-marins , les 
lamantins , les vaches-marines , tenant de la nature des céta- 
cés , paroissent se joindre aux poissons. On pourroit même 
croire que les classes des animaux à vertèbres et à double sys- 
tème nerveux , tels que les oiseaux, les reptiles et les pois- 
sons, viendroient aboutir à la classe des quadrupèdes, et que 
celle-ci ne seroit en effet composée que de ce que les autres 
classes ont de plus parfait ; de sorte qu'elle en seroit comme 
la fleur, la pa'rtie la plus délicate et la mieux travaillée par la 
main de la nature. Les quadrupèdes sont en effet l'intermé- 
diaire par lequel les autres animaux se rapprochent de nous. 
Placés immédiatement au-dessous de l'homme et au-dessus 
de tous les autres êtres vivans, ils réfléchissent sur les races 
inférieures les rayons de la suprême intelligence dont nous 
sommes les dépositaires, et ils rattachent ces classes infimes 
à l'humanité. 

De la nature des Quadrupèdes vivipares par rapport à Vhomme. 

Toute la série des animaux ne représente dans la struc- 
ture de chacun d'eux , que la longue dégradation de la na- 
ture propre de l'homme ; car , en lui supposant des modifica-^ 
tions successives , on retrouve , par nuances, l'organisation 
des quadrupèdes et même celle des autres classes inférieu- 
res du règne animal. En effet , le singe , considéré soit dans 
sa figure extérieure , soit dans sa structure interne , ne sem- 
ble être qu'un Hottentot dégradé; il a les mêmes membres, 
à peu près la même disposition des os , des muscles , des 
nerfs, des veines ; le cerveau, l'estomac, les principaux vis- 
cères, sont presque entièrement semblables ; la charpente du 
squelette, les ramifications des nerfs et des «irlères , sont à 
peu de chose près les mêmes ; on croiroit que cet animal 
est un homme imparfait , ébauché, La même nuance s'ob- 
serve en comparant le singe au quadrupède , en sorte que la 
trame primitive de l'organisation , les principaux viscères 



Q tT A 33jj 

et les appareils les plus imporlans pour les fondions de la 
vie, sont identiques dans toutes ces espèces , et exécutent 
leurs fondions de la même manière , à quelques légères va- 
riations près. 

Les différences qui distinguent notre organisation de celle 
des singes et des autres animaux vivipares , sont superficiel- 
les et extérieures , comme si les parties internes, étant moins 
exposées aux chocs et aux impressions du dehors, avoient dû 
subir moins d'altérations. Aussi, ce sont les membres, quel- 
ques muscles, la peau et ses productions, etc. , qui éprouvent 
surtout des modifications. La main humaine , par exemple , 
se reconnoît dans celle du singe , mais elle se déforme de 
plus en plus chez les makis , les sarigues ou dldelphes, chez 
les hérissons , les ours , dans lesquels elle n'est plus qu'une 
patte. Cette partie se dégrade encore davantage dans les chats, 
les chiens, les lièvres, etc. Elle s'encroûte même de sabots de 
corne , chez les ruminans , tels que les brebis, les cerfs et les 
bœufs. Le pied du cheval et de l'âne n'a plus de doigts sépa- 
rés à l'extérieur ; celui du rhinocéros et de l'hippopotame 
n'est qu'une sorte de pilier informe ; enfin, chez les phoques 
ou les veaux-marins , chez les morses, les lamantins et les 
cétacés, ce membre n'est plus reconnoissable ; grossière- 
ment façonné en rame pour fendre les eaux , on ne trouve 
plus sous une peau coriace , épaisse , que quelques rudi- 
mens osseux qui décèlent une espèce de rapport avec le bras 
et la main de l'homme. Les dégradations des autres parties 
extérieures s'opèrent à peu près de la même manière dans 
toute la classe des quadrupèdes. V. Mains, 

Mais la déformation qui influe le plus sur la nature des 
animaux par son importance , est celle du cerveau et du 
système nerveux qui en dépend. En descendant de l'homme 
au singe , on s'aperçoit que la capacité du crâne se rétrécit , 
et que le museau se prolonge , à commencer depuis le nègre 
jusqu'au dernier des singes ( V. les articles Homme, Nègre, 
Cerveau et Crâne ). L'allongement des os de la face et le 
rétrécissement du cerveau s'augmentent de plus en plus en 
descendant dans toute la série des quadrupèdes ; et ces deux 
états sont même proportionnels , car plus le crâne se rappe- 
tisse , plus le museau s'allonge , comme si le défaut de l'un 
faisoit l'excès de l'autre. D'ailleurs , la petitesse du cerveau, 
proportionnellement à la masse du corps , occasione le gros- 
sissement relatif des nerfs ; en sorte que la substance mé- 
dullaire de la cervelle étant, pour ainsi dire , trop à l'étroit 
dans la cavité du crâne , est comme refoulée dans les nerfs 
et la moelle épinière. Il suit de là que plus l'on descend dans 
réchelle des aiilmaus , plus leurs nerfs sont volumineux et 



34o Q U A 

plus leur cerveau devient petit, en même temps que leur face 
s'avance. Ils sont donc plus faits pour les sensations et les 
mouvemens dont les nerfs sont le principe , que pour la ré- 
flexion et la pensée dont le cerveau est le siège. La gueule 
proéminente des bêles , et leur crâne rejeté tout en arrière , 
semblent désigner qu'elles mettent le manger et le boire 
avant tout ce qui vient de la réflexion. 

Si nous comparons, en effet, l'animal à l'homme, nous 
verrons que , toujours courbé vers la terre , la gueule ten- 
due vers sa nourriture , le quadrupède n'écoute que ses ap- 
pétits, ne suit (Jue ses penchans sensuels; il est tout adonné 
aux sensations physiques, tout plongé dans la vie matérielle; 
il ne songe qu'à remplir son ventre , qu'à satisfaire ses dé- 
sirs. Et comme toutes ses facultés vitales se transportent dans 
ses sens matériels , ceux-ci se perfectionnent d'autant plus 
par un continuel exercice , que les qualités morales et spi- 
rituelles se détériorent davantage par leur inaction perpé- 
tuelle ; aussi les quadrupèdes ont , en général , les appétits 
plusviolens, les sens du goût et de l'odorat plus développés 
que l'homme. Comme ils s'abandonnent à leurs penchans 
avec toute impétuosité et sans nulle retenue, ceux-ci acquiè- 
rent un ascendant insurmontable sur toutes leurs autres fa- 
cultés ; de là vient encore que l'animal est moins suscepti- 
ble de perfectionnement moral que l'homme , car il est do- 
miné sans cesse par tout ce qui affecte ses sens , éveille ses 
appétits , fait naître ses besoins ou excite ses passions. 

Dans l'homme, la prépondérance du cerveau, organe de 
la pensée et foyer principal de l'âme , sur toutes les autres 
parties de son corps, le rend capable d'éclairer toutes ses 
démarches par le flambeau de la raison. Il peut rélléchir 
avant de se déterminer , lorsqu'instruit surtout par l'expé- 
rience de la vie et de l'éducation , il sait se conduire avec 
sagesse et prudence; mais la brute, mue par l'instinct et l'ap- 
pétit, ne se détermine que par les affections présentes. Nous 
vivons plus dans le cerveau ; les bêtes vivent plus dans leurs 
sens, parce que le premier organe est plus parfait chez nous, 
et que les derniers sont plus actifs chez les animaux; de sorte 
que l'âme s'écoule principalement vers les organes les plus 
actifs de chaque espèce vivante. Aussi l'homme est-il , en 
général, le plus sensible des animaux, surtout au moral. Je 
n'en voudrois point d'autre preuve que celle de l'amour. Dans 
les quadrupèdes , qui sont les plus parfaits des animaux , 
l'amour n'est guère qu'une passion brute , qu'un appétit pu- 
rement physique du mâle pour la femelle , ou des organes 
de la génération ; il n'y a nulle famille établie , nul attache- 
ment durable entre les sexes hors^ ie temps du rut et de l'ai- 



Q U A 34i 

lâitement ; mais dans Thomme que n'a point corrompu la 
licence des mœurs , régnent la pudeur, la sainte union des 
cœurs , la fidélité conjugale et l'attachement inviolable. De 
là vient encore cette piété maternelle , si tendre et si pré- 
voyante pour l'enfance , cette unité de la famille , qui n'est 
qu'une même chair et une même âme en plusieurs corps , 
dont le père est la tête et la mère est le sein. Quelle brute, 
en effet , égalera jamais l'âme d'une bonne mère ? Quel 
jeune quadrupède conservera pour ses parens la même piété 
filiale qu'un bon fils? Le quadrupède adulte quitte sa mère 
pour toujours ; il devient étranger pour elle ; ce n'est plus 
qu'une femelle de son espèce ; elle-même ne voit plus en 
lui qu'un mâle au temps de l'amour. L'homme, en qui l'édu- 
cation et la société n'a point perverti la nature , frémit en 
voyant couler le sang d'un pauvre animal sans défense ; le 
seul récit des souffrances d'un être le touche de compassion; 
mais les quadrupèdes n'ont guère de pitié que pour leur pro- 
pre espèce , et nous voyons aussi que les plus sensibles d'en- 
tre eux sont les plus intelligens,ceux qui s'approchent le plus 
de nous ; tel est le chien , animal fidèle et généreux, plein 
de zèle et d'obéissance pour son maître. De même les peines 
et les plaisirs d'esprit , si vifs chez les hommes , sont pres- 
que entièrement inconnus aux animaux ; ils sont donc moins 
susceptibles d'être émus; ils ont moins de cette âme du sen- 
timent qui fait exceller l'espèce humaine , surtout lorsqu'elle 
n'est pas dépravée par la plupart de nos folles institutions 
et par une éducation qui ment à la nature. 

Toutefois , les quadrupèdes ont d'autant plus de sensibi- 
lité purement corporelle , qu'ils manquent davantage de 
sensibilité intérieure ou morale. Par cette raison , leurs sens 
sont, pour la plupart, plus parfaits et plus exercés que les 
nôtres, à l'exception du toucher. Celui-ci est le sens de la 
réflexion; il détermine principalement le jugement; il semble 
donner plus de solidité à la pensée ; on connoît encore plus 
exactement ce qu'on touche que ce qu'on entend ou qu'on 
voit; c'est pourquoi les enfans veulent toucher tout ce qu'ils 
aperçoivent , pour s'assurer mieux des choses ; et les aveugles, 
exerçant beaucoup le tact, suppléent non-seulement par lui 
au sens dont ils sont privés, mais sont même pour la plupart 
spirituels. ( Fojez Toucher etOEii,.) L'activité des sens rem- 
place donc, chez le quadrupède , la foiblesse du sentiment 
moral, de même que nous voyons les hommes adonnés aux 
plaisirs sensuels, comme à ceux du goût, de l'odorat, de 
la génération , etc. , être aussi fort peu capables d'affections 
morales. 

Une autre cause contribue encore à raffoiblîssemenl des 



3^2 U A 

facultés des animaux ; c'est le grand développement de leurs 
forces musculaires, principalement chez les espèces sauvages. 
A mesure que l'exercice fortifie les membres, et grossit les 
muscles , les qualités de l'esprit et les attributs de la sensibi- 
lité diminuent , comme on le remarque en comparant un ro- 
buste manœuvre, au corps épais, avec un homme de cabinet, 
àcomplexion délicate.Le premierareçu en vigueur de corpsce 
que le second obtient en qualités de Tesprit.La brute est, toute 
proportion gardée , beaucoup plus robuste que l'homme, car 
la nature l'a plutôt conformée pour agir que pour réfléchir. 
En comparant donc l'homme naturel avec le quadrupède dans 
l'état sauvage, ou l'homme civilisé avec l'animal domestique, 
l'un l'emportera toujours par les attributs corporels , de 
même que l'autre sera bien supérieur par les attributs spiri- 
tuels; parce que la nature nous ayant formés plutôt pour 
faire usage de l'intelligence et de la raison, que pour agir à la 
manière des bétes, elle a diminué nos forces de corps pour 
ajouter à celles de la pensée. 

La comparaison du quadrupède avec Ihomme, le montre 
bien inférieur à nous par rapport aux facultés de l'âme; 
néanmoins, en le comparant aux autres classes d'animaux, 
il jouit d'une grande supériorité, puisque les qualités pure- 
ment corporelles augmentent en intensité , à mesure qu'on 
descend -davantage dans l'échelle du règne animal; car les 
qualités spirituelles diminuent dans la même progreséion. En 
effet, l'oiseau n'a déjà plus autant de rapports avec nous que 
le quadrupède. Quelque familiarité , quelque intelligence 
qu'on suppose à un serin, à un perroquet, ou à telle autre 
espèce d'oiseau apprivoisée, les qualités du chien, du castor, 
du renard, l'emporteront toujours. Ceux-ci nous semblent 
moins étrangers; ils nous appartiennent de plus près, et 
nous comprennent mieux ; leurs facultés ont même plus de 
ressemblance avec les nôtres, que celles des autres bêtes. Et 
après les oiseaux, nous nous trouvons avoir encore bien 
moins de rapports avec les reptiles, les poissons, etc. , qui 
semblent plutôt appartenir à un autre monde et à une autre 
nature. 

Si nous voulons donc ne nous pas compter , le quadrupède 
sera, sans contredit, le premier parmi les animaux ; ses sens 
sont plus développés, son organisation est plus parfaite, son 
intelligence plus grande et plus capable d'instruction que celle 
de toute autre espèce. Quelque industrie qu'on puisse accor- 
der aux autres animaux, le quadrupède les surpassera tou- 
jours ; caria petite somme d'instinct d'un insecte , d'un pois- 
son ou d'un reptile, dépend principalement de leur organi- 
sation; elle est le résultat d'une mécanique subtile et pro 



Q V A 343 

fondement savante , plutôt qlie le fruit de la pensée et du 
raisonnement, au lieu que le quadrupède n'agit pas pure- 
ment en automate; il est susceptible de connoître et capa- 
ble d'apprendre ; il se perfectionne ; nous pouvons même lui 
communiquer beaucoup de connoissances, mais nous en 
donnons moins à l'oiseau , encore moins au reptile , au pois- 
son, et enfin nous n'en communiquons presque aucune à 
l'insecte. Parce que le quadrupède est plus voisin de nous, 
aussi nous le modifions davantage , et plus les classes d'ani- 
nîaux s'éloignent de notre nature, moins nous avons d'empire 
sur eux. On pourroit penser, en effet, que le quadrupède est 
intermédiaire entre la matière grossière qui compose la bête, 
et l'essence divine qui forme l'âme humaine; car il n'a point 
cette existence stupide et cette vie toute brutale des reptiles 
et des poissons , animaux réduits à manger , engendrer et 
mourir. Aussi le lion, le tigre, l'éléphant, le rhinocéros, etc., 
sont les princes du règne animal, et les autres quadrupèdes 
partagent leur puissance sur tous les êtres animés. Puisque 
la nature leur accorde la prééminence en les douant de sens 
plus parfaits, de forces plus énergiques et de facultés plus dé- 
veloppées que dans toutes les autres classes, elle a voulu éta- 
blir une hiérarchie entre les espèces et une subordination 
dans l'empire de la vie. 

En perfectionnant les qualités morales et intellectuelles 
chez les quadrupèdes , la nature a dû restreindre les facultés 
les plus corporelles , telles que la nutrition, la génération et 
les autres fonctions animales. Aussi les quadrupèdes multi- 
plient moins, en général, et sont moins voraces, toute pro- 
portion'gardée , que les insectes , les poissons et la plupart des 
autres classes du règne animal. Leur existence est en revan- 
che plus complète ; ils connoissent mieux tout ce qui les en- 
vironne ; ils ont des relations plus étendues avec les diffé- 
rens objets de la terre, et les rapports mutuels qui s'établissent 
dans chaque espèce, sont plus intimes; ils se communiquent 
entre eux des idées , par les accens naturels de la voix et par le 
langage d'action ; ils se sentent, ils s'entendent, surtout à 
l'époque de leur saison d'amour. Le rapprochement des sexes, 
la naissance et l'éducation de la famille , les échanges de sen- 
llmens et de pensées si nécessaires entre les mères et les nou- 
veau-nés, les soins del'allaitement, de l'incubation des petits, 
enfin , tout met en action les facultés morales du quadru- 
pède , tandis que le reptile , indifférent pour sa progéniture, 
le poisson qui abandonne ses œufs au hasard des ondes, 
l'insecte qui périt avant la naissance de ses larves, n'ont el 
ne doivent avoir aucune relation de famille, ne peuvent point 
développer, dans un commerce mutuel, leurs idées et leurs 



3U Q U A 

affections , ils restent donc dans leur nature brute et impar- 
faite. 

11 faut bien distinguer ce qui appartient à l'instinct dont 
chaque espèce est pourvue , des connoissances et de la somme 
d'intelligence que plusieurs animaux sont capablesd'acquérir. 
{Voyez 1^STI^CT et Cerveau. ) Le premier étant le résultat 
de l'organisation et de la n)achine animale, est inné et na- 
turel; c'est l'effet des fonctions propres à chaque espèce; 
de là vient qu'il dépend de la structure seule, et non de l'é- 
ducation ou de l'institution , et c'est pour cela qu'il n'est sus- 
ceptible ni de plus ni de moins de perfection. Ainsi une 
abeille construira toujours sa cellule sur le même modèle et 
avec la même exactitude dans tous lés temps et dans tous les 
lieux; le fourmilion creusera toujours son trou conique dans 
le sable; l'araignée disposera toujours ses toiles de la même 
manière ; les jeunes sont d'abord aussi habiles que les vieux ; 
mais il en est autrement parmi les quadrupèdes. Le jeune re- 
nard ne connoît pas encore toutes les ruses de chasse des 
vieux routiers des forêts ; il étudie , se corrige , puis fait mieux 
ensuite; il repasse en sa tête les bons tours de matoiserie 
qu'il voit exécuter par les plus habiles dans son métier. II 
apprend à se défier des pièges où se laisse prendre la jeunesse* 
remplie d'outrecuidance, comme dlsoienl si bien nos ancê- 
tres. Les cerfs, les lièvres deviennent plus rusés et plus dé- 
fians lorsqu'on les chasse souvent; ils observent la marche 
des chiens qui leur font la guerre; ils cherchent à les mettre 
en défaut, à leur faire perdre la voie, tandis que les plus 
jeunes y sont pris , faute d'expérience. Il y a donc chez ces 
animaux une étude, une science qui s'acquiert; il faut 
dresser le chien à la chasse pour perfectionner ses qualités 
naturelles ; l'instinct ne fait donc pas tout chez le quadru- 
pède; il lui faut encore des connoissanres d'acquisition, indé- 
pendamment des facultés innées et habituelles qu'il doit à 
son organisation. C'est cette susceptibilité de perfection qui 
distingue les quadrupèdes et même les oiseaux des autres 
classes d'animaux. 

Des/ariilfes des qitadiiipefh<i , dues à leur sensibilité physique. 

Les espèces à sang chaud, telles que les animaux vivipares 
etles oiseaux, sont douées de facultésbien supérieuresà celles 
des autres classes. La seule chaleur du sang, qui dépend du 
mode de la respiration des Poumons et de la Circulation 
( Consultez ces articles), exalte la puissance de sentir et ac- 
célère toutes les fonctions vitales; elle fait vivre avec plus 
de plénitude el de force. Un oiseau, toujours bouillant de 
vie, comparé à un froid reptile, semble être dans une fiè- 
vre chaude continue , dans un délire perpétuel; la tension 



Q U A 345 

fle ses fibres les rend plus sensibles aux moindres impres- 
sions, tandis que le relâuhcmcnt des parties , dans le reptile 
et le poisson, rend leur sensibilité plus obtuse. Par exem- 
ple, nous voyons qu'un organe quelconque, dans l'état d'in- 
flammation, tels que l'œil, l'oreille, la membrane olfactive, 
la peau, etc., acquièrent alors un degré extrême de délica- 
tesse pour tous les objets qui les frappent; la rougeur, la 
chaleur, la tension qui se manifestent, y décèlent une accu- 
mulation de vie , un afflux considérable de sang et d'humeurs, 
une action et une réaction continuelle des liquides et des 
organes solides. La puissance de vie est donc plus active dans 
les parties enflammées que dans toutes les autres : or, les 
animaux vivipares et les oiseaux sont dans un état analogue 
d'inflammation, par rapport aux reptiles et aux poissons. 
Toutes leurs facultés sont plus exaltées; elles se répandent 
au-dehors de l'individu ; car le reptile , le poisson n'aime et 
ne connoît pour ainsi dire que lui seul , puisqu'il n'a nul 
attachement pour ses petits , nulle union avec sa femelle que 
dans le moment de la jouissance, nulle amitié avec ses sem- 
blables , et même nul sentiment de compassion pour leurs 
souffrances; il vit tout entier en lui-mcme : au contraire, 
l'oiseau, et surtout le quadrupède , déploient leurs affections 
les plus tendres sur toute leur famille; ils s'attachent sou- 
vent avec une grande fidélité à leur femelle ; ils ont une vive 
amitié pour leurs semblables ; ils accourent pour les défen- 
dre; ils semblent se parler entre eux, et se confier égale- 
ment leurs plaisirs et leurs peines, témoins les oiseaux de nos 
bois. Les animaux à sang froid, toujours à demi- engourdis 
et muets , vivent moins qu'ils ne végètent ; leur existence est 
un état de stupeur , tandis que les races à sang chaud , tou- 
jours animées , ayant plus d'ardeur , d'âme et de sensibilité , 
semblent cire dévorées de vie. Celte différence se remarque 
même dans la nature de la chair, qui est bien moins nourris- 
sante et moins substantielle chez les poissons et les reptiles, 
que chez les quadrupèdes et les oiseaux : c'est pour cela que 
les législateurs religieux en ont fait la distinction ; la pre- 
mière étant du maigre , et la seconde du gras. 

Cette grande vivacité des animaux à sang chaud détruiroit 
rapidement leurs organes, si elle étoit continuelle. Ils ont 
donc des momens de repos ou de sommeil qui réparent leurs 
pertes; mais les animaux à sang froid demeurent toujours 
dans un demi sommeil , et la plupart passent l'hiver dans 
rengourdissemenl ( V. Sommlil). A la vérité , plusieurs 
espèces de q-iadrupèdes tombent , pendant la saison froide , 
dans une torpeur profonde : tels sont les loirs , les lérols, les 
rouscardins, les mannoUes, le bobak, le hamster, le souslic 



3^6 Q U A 

le mongul , les gerboises , les hérissons, les ours , etc. D'au- 
tres se retirent aussi dans des asiles chauds pendant l'hiver , 
mais ne passent pas cette saison dans un engourdissement 
complet , puisqu'ils font des provisions pour se nourrir : tels 
sont les raJs économes de Sibérie {mus œconomus de Pallas , 
et aussi les mus allian'us, mus gregalis , etc.). Tous ces animaux 
deviennent fort gras en automne , et ils ont même plusieurs 
épiploons graisseux surnuméraires dans le bas-ventre. Cette 
surabondance dégraisse est en quelque sorte un aliment inté- 
rieur tout préparé pour la subsistance de l'animal. Lorsque 
la chaleur atmosphérique diminue, les organes de la vie 
n'étant plus aussi excités par elle , tombent dans l'affaisse- 
ment, surtout chez les espèces d'animaux dont la complexion 
est molle el délicate, comme dans les rongeurs; mais les 
oiseaux ayant plus de chaleur naturelle que les quadrupèdes, 
parce que leur respiration est plus étendue {Voyez Oiseaux), 
ne tombent jamais dans cette torpeur hibernale. Toutefois, 
la chaleur excessive abat tellement les forces de quelques 
espèces, qu'elle les fait tomber dans un assoupissement ana- 
logue à celui que produit le froid : tels sont les tanrecs et les 
tendracs, espèces de hérissons d'Afrique. 

11 faut observer aussi que la plupart des quadrupèdes ont, 
de même que l'homme , les membres du côté droit plus 
nourris , plus robustes et plus actifs que ceux du côté gauche, 
e* c'est pour |cela que nous nous servons plus volontiers de 
la main droite , et que nous avançons toujours le pied droit 
avant le gauche. Si l'on y prend garde , on verra qu'il en est 
de même chez les bestiaux, les chiens, et chez d'autres espèces 
de quadrupèdes. La cause de cette inégalité de force et de 
grandeur de l'une des moitiés du corps, paroît produite par 
la manière dont les animaux se couchent ; car il est évident 
que le côté sur lequel l'homme ou le quadrupède se posent, 
étant le plus bas, les humeurs , le sang et la nourriture doi- 
vent s'y amasser plus abondamment pendant le relâchement 
du sommeil, que dans les membres et le côté supérieurs. 
D'ailleurs , la partie inférieure doit avoir plus de cette cha- 
leur douce du lit que celle de dessus. Elle est donc plus dila- 
tée et mieux couvée ; ainsi, elle doit prendre un plus grand 
accroissement que l'autre , et devenir plus active. Ne voyons- 
nous pas que plusieurs coquillages univalves étant toujours 
fixés d'un seul côté au fond de la mer, ont aussi leurs valves 
très-inégales, celle de dessous étant plus creuse et plus grande; 
car ces animaux, d'une chair mollasse, tendent toujours à 
s'affaisser, ce qui n'arrive point à ceux qui peuveni changer 
souvent de position et se coucher également sur les deux cô- 
tés. Si l'homme «t le quadrupède se couchoienl toujours in- 



Q U A 347 

distinclemcnl sur chaque côlé, la différence seroit presque 
insensible, et nous serions ambidextres; mais on est plus 
porté à se coucher sur le flanc droit que sur le gauche. La 
raison en est sensible ; c'est que le foie , qui est un gros et 
pesant viscère , est placé dans la région droite du ventre ; il 
entraîne non-seulement le poids du corps de ce côté , maïs 
encore, lorsqu'on se couche sur le flanc gauche, il comprime 
de toute sa masse l'estomac et les intestins, de sorte qu'il 
gêne la digestion; aussi est-on plus mal couché sur le côté 
gauche et sur le dos que sur le flanc droit , et le cauchemar 
vient quelquefois de cette seule position gauche; elle doit 
nuire surtout aux bestiaux, qui, étant herbivores et ayant 
un grand estomac, ont besoin de laisser étendre ce viscère 
de toute sa capacité. 

Nous observerons encore que certains quadrupèdes ayant les 
sens trop délicats et la complcxion trop foible pour supporter 
l'éclat du grand jour et la chaleur du soleil, ne peuvent sortir 
que pendant la nuit ou dans les crépuscules du soir et du 
matin : tels sont les chauve-souris, les fourmiliers, les tatous, 
les pangolins, les gerboises , les lièvres et même les ours, les 
hérissons, les mangoustes, les kinkajous, les taupes, les musa- 
raignes, qui préfèrent les lieux obscurs à la clarté des cieux 
dont leurs yeux sont blessés , et qui fuient l'ardeur du jour 
qui les accable , parce que leurs forces s'épuisent facilement, 
Voyez Nocturnes ; les animaux carnivores , tels que les 
hyènes, les chacals, les lions, les tigres , les léopards , etc. , 
recherchent les pays chauds et les endroits arides , qui ai- 
guisent leur soif sanguinaire et la férocité de leurs appétits. 

Des sens et des forces des quadrupèdes vhîpares ; habitudes qui en 
résultent. «' 

Nous avons vu que , chez les bêtes, les sens dominoient sur 
rintelligence, de sorte qu'elles dévoient plutôt se conduire 
suivant les affections charnelles que selon l'esprit. Leurs sens 
ont en finesse ce que notre entendement a reçu en étendue et 
en puissance. Par exemple, l'odorat du chien est peut-être 
mille fois plus parfait que le noire ; l'ouïe du lièvre surpasse 
aussi beaucoup la nôtre ; le goût est plus délicat chez le singe 
que chez la plupart des hommes, et la vue du lynx, du cha- 
mois, est infiniment plus perçante que la nôtre : mais le tact 
est le seul sens par lequel nous surpassons extrêmement les 
quadrupèdes. En effet , la main du singe n'est pas aussi bien 
conformée et aussi délicate que celle de l'homme, et les pattes 
des autres espèces ne lui sont nullement comparables, car 
les unes sont couvertes d'un cuir calleux et de poils épais, ou 
encroûtées d'une comç. A la vérité , les lèvres et la bouche 



^^8 Q U A 

du cheval, et surtout la trompe de l'éléphant, peuvent sup- 
pléer au tact de la main ; mais les autres animaux sont en- 
tièrement privés de cet avantage. Les grandes membranes 
nues des ailes et des oreilles des chauve-souris ont une sen- 
sibilité particulière et un tact léger qui leur fait reconnoître 
aisément la forme des corps environnans , même de nuit et 
sans le concours des autres sens. Il paroît que la queue pre- 
nante et nue en dessous des sapajous, des didelphes ou phi- 
landres , des coendous, et qui sert à les retenir après les 
branches des arbres , est une sorte de main dont le tact est 
grossier. La queue molle et plate du castor est aussi un ins- 
trument utile pour battre la terre lorsque cet animal construit 
ses digues. La délicatesse de la peau dans la femme et dans 
les autres femelles d'animaux, rendant leur tact plus parfait, 
est peut-être l'une des causes du développement toujours plus 
précoce de leur intelligence que celle des mâles. 

Chez les animaux ongulés, la peau est plus dure et plus 
épaisse que chez les quadrupèdes à doigts divisés ou ongui- 
culés ; c'est ainsi que les ruminans, les solipèdcs, ayant moins 
de délicatesse dans le toucher, sont aussi plus stupides que 
les autres. En général , les mammifères sont pourvus de peaux 
d'autant plus épaisses , qu'il sont plus inférieurs dans l'échelle 
de l'organisation. C'est ainsi que les espèces nommées pachy- 
dermes par Aristole , à cause de l'épaisseur et de la rudesse 
de leur peau ( telles que les cochons , les rhinocéros , les 
hippopotames), sont plus brutes que les autres. Les races 
amphibies, dont le cuir n'est pas moins grossier, et les céta- 
cés, qui ont non-seulement un cuir extrêmement épais, mais 
encore une couche épaisse de lard au-dessous, sont aussi les 
pius stupides de tous les vivipares : au contraire, la peau fine 
des rongeurs et des frugivores les rend plus spirituels en 
quelque sorte, plus vifs et plus éveillés, parce que letgr sen- 
sibilité jouit d'une activité bien supérieure à celle des autres 
espèces. 

Le goàt , qui est une sorte de toucher très-intime, paroît 
être plus vif chez les carnivores, mais plus délicat et plus 
capable de choix parmi les herbivores, à cause de la multi- 
tude des plantes dont ils ont besoin de discerner les saveurs. 
Ce sens est l'un des plus actifs dans le quadrupède , et celui 
qui influe le plus sur l'instinct ; car il n'a pas la même in- 
fluence chez les oiseaux, les reptiles et les poissons, qui n'ont 
point la langue et les autres parties de la bouche aussi déli- 
catement organisées. Les singes, les makis et plusieurs autres 
frugivores , ont un goû.t approchant de la finesse du nôtre , 
car ils savent fort bien discerner la saveur des fruits. Dans 
les rongeurs , comme parmi les lièvres, les rats, les écureuils, 



Q U A 3^9 

le sens du goût paroît être assez de'veloppé; mais chez les 
animaux sans dents, tels que les fourmiliers, les pangolins,: 
la langue cylindrique, extensible, étant toujours gluante d'une 
humeur épaisse, pourarrêterles fourmis et autres insectesdont 
ils tirent leur nourriture , le sens du goût doit être fort obtus. 
Les espèces qui, comme le cochon, le rhinocéros, l'hippo- 
potame , l'éléphant, se vautrent dans les lieux fangeux, cher- 
chent les racines et les tendres tiges des arbustes, des roseaux,, 
ne paroissent pas avoir un goût fort délicat ; plusieurs d'entre- 
eux se repaissent même de substances qui nous semblent ex- 
trêmement dégoûtantes. D'ailleurs, les ruminans possèdent ua 
organe particulier à leurpalais, et reconnu parJacobson; il leur 
sert probablement à distinguer la saveur des herbes, et à leur 
faire reconnoître les nuisibles ou vénéneuses. Foyez Goût. Au 
reste , tout étant relatif, il se peut que le pourceau trouve des 
saveurs agréables et variées dans la matière fécale que re- 
poussent les autres animaux, comme on voit certains hommes 
abhorrer le même fromage qui paroît délicieux au palais d'au- 
tres personnes. Enfin , les animaux amphibies étant natu- 
rellement voraces et goulus sans choix, paroissent avoir un 
goût peu développé. Il semble donc que ce sens se perfec- 
tionne d'autant plus dans les animaux, qu'ils sont plus élevés 
dans l'échelle de l'organisation, et plus voisins de l'espèce 
humaine. Cet effet est peut-être dû au développement, dans 
le même progrès, du sens du toucher, puisque le goût n'est 
qu'une espèce de tact très-délicat pour les saveurs. 

Les animauxlesplus parfaits après l'homme, qui ont le sens 
du goût beaucoup plus développé, sont en effet ceux qui peu- 
vent le plus faire usage du toucher ; tels sont les singes , les 
makis, les chauve-souris, les rongeurs et même les carnivores, 
La plupart d'entre eux se servent de leurs pattes de devant 
pour tenir leur aliment, ou même pour le porter à leur bou- 
che; aussi presque tous sont pourvus de clavicules, ou tout au 
moins en ont des rudimens. Leurs doigts sont bien séparés et 
munis d'un ongle qui n'emboîte pas l'extrémité du pied ou 
de la main comme chez les ruminans et les solipèdes. Les 
animaux onguiculés tirent donc plus d'usage de leurs pattes 
antérieures que les ongulés, parce qu'ayant des clavicules 
pour la plupart, ils peuvent tourner le bras en dehors ou eu 
dedans, le porter à leur gueule , et, à l'aide de leurs doigts 
séparés, flexibles, saisir et retenir en quelque manière tous les 
objets; mais les ongulés, tels que les ruminans, les solipèdes, 
les cochons, les rhinocéros, les nmphibies, ayant des pieds 
sans doigts bien séparés et étant privés de clavicules, ne peu- 
vent faire usage de leurs pieds qui' pour chemi-ier seulement. 
Il y a donc un rapport entre la perfection du goût et la per- 



35o U A 

fection du toucher parmi les animaux. Toutefois, il faul re- 
marquer que la véhémence de l'appétit imprime au goût une 
plus grande intensité, sans lui communiquer plus de délica- 
tesse. Il est certain, au contraire, que le goût devient plus 
délicat à mesure que la faim est moins grande, tandis que, 
dans une faim extrême , le goût moins fin est cependant plus 
intense ; de là vient que les plus goulus et les plus affamés sont 
peu difficiles sur le choix de leurs aiimens, et tout leur semble 
bon, tandis que les espèces plus tempérantes ont plus de 
finesse dans ce sens. Voyez aussi Main et Pied. 

Il en est à peu près de même de l'odorat, qui est un avant- 
goût des saveurs. Ce sens n'est relatif qu'à la nourriture dans 
l'animal; il ne paroît nullement apercevoir tout ce qui n'est 
pas un aliment et qui ne réveille pas en lui des idées d'ap- 
pétit. Un bœuf ne s'arrête point à l'odeur agréable d'une 
belle prairie en fleur; il ne cherche qu'à paître. Il ne faut 
point assaisonner d'aromates, de sauces de bon goût, la chair 
qu'on donne aux chiens et aux chats. Tous ces animaux ne 
paroissent point flairer comme nous les odeurs agréables, 
Lien que leur odorat soit beaucoup plus subtil et plus étendu 
que le notre. En effet, on sait combien le chien a de déli- 
catesse dans ce sens, puisqu'il suit à la piste des animaux 
très-éloignés, et qu'il découvre si facilement leurs traces. On 
rapporte qu'un chien d'Altenklingen vint chercher son maî- 
tre jusqu'à Paris, qui est éloigné de plus de cent lieues de 
cette ville, et sut le découvrir dans la foule. Cependant son 
maître étoit venu en poste dans l'espace de trois jours, et ne 
pouvoit pas avoir laissé sur la raute des corpuscules bien 
abondans. Rien n'égale la sagacité des carnivores pour dé- 
couvrir leur proie; les hyènes, les chacals, les loups, les 
renards, sont les plus habiles d'entre eux; car les lions , les 
tigres , les léopards, les panthères , les lynx, ayant un mu- 
seau court, comme les chats, ne sentent pas aussi facilement 
les émanations de leur proie que les précédentes ; aussi ne la 
suivent-ils jamais à la piste ; mais, tapis dans les broussailles, 
ils l'attendent au passage, et l'arrêtent du premier bond. Tous 
les animaux qui ont un museau fort allongé , sont doués d'un 
odorat très-fin, parce que leur membrane olfactive se déploie 
largement sur les différens cornets du nez et jusque dans les 
cavités du crâne , comme on le remarque chez les cochons , 
les éléphans, les rhinocéros, les chevaux, etc. C'est encore 
par le moyen des cochons qu'on découvre des truffes sous 
terre. La trompe de l'éléphant est un instrument olfactif ad- 
mirable , qui avertit ce grand animal des qualités bonnes ou 
mauvaises des corps, et perfectionne aussi ses connoissances 
par la délicatesse de son toucher. 



Q U A 35, 

Comme les animaux ont le museau d'autant plus allongé 
qu'ils s'éloignent davantage àes races les plus perfectionnées, 
l'odorat acquiert chez eux, suivant la même proportion, beau- 
coup de force et de vivacité, à l'exception des cétacés dont le 
nez est mal conformé pour flairer les odeurs. Quelle sensibi- 
lité d'odorat ne faut-il pas aux herbivores pour distinguer la 
plante nourrissante de Therbe vénéneuse ? L'habitude de 
flairer les alimens développe encore plus ce sens, et le be- 
soin de nourriture l'aiguise. Toutefois, il faut distinguer ici , 
comme dans le goût, le degré d'intensité ou la force de Todo- 
rat, de sa délicatesse et de sa variété ; car plus ce sens est fort 
et étendu, comme dans les animaux, moins il est capable de 
juger de diverses odeurs ; c'est ainsi qu'un chien qui évente 
très-bien une charogne, est indifférent aux odeurs suaves de 
la rose, de l'œillet, de la violette , ou de toute autre émana- 
tion. Au contraire , l'homme qui aperçoit toutes ces diffé- 
rentes senteuiHi, ne peut reconnoître aussi bien celles qui 
frappent le nez du chien. Les sauvages , les nègres, accou- 
tunaés à vivre à la manière des brutes , acquièrent peu à peu, 
par Thabitude, une grande étendue d'odorat, et parviennent 
même à découvrir à la piste un homme ou un animal ; mais 
ils n'ont point comme nous cette même finesse de sens pour 
les odeurs délicates et agréables. Ils flairent , mais ne jugent 
pas les odeurs ; de même qu'ils ont plutôt de l'appétit que du 
goût ; c'est pour cela qu'ils se conduisent de même que les 
bêtes , non par choix et raison , mais par une impression 
brute et tout animale. ( Voyez Odorat ). 

Il est encore un autre genre d'odeurs sur lesquelles nous 
sommes bien plus ignoransque les quadrupèdes ; telles sont 
les odeurs que répandent presque tous les mâles à l'époque du 
rut. Dans notre espèce , il y a sans doute une odeur d'homme 
et de femme qui agit sur les sexes , mais elle est peu sensi- 
ble ; tandis qu'elle est très-violente dans beaucoup d'ani- 
maux ; témoins le bouc , la civette , le putois , le porte- 
musc , etc. Ainsi , en frottant son soulier contre la vulve d'une 
chienne en chaleur , on peut se faire suivre d'une foule de 
chiens. Ces odeurs imprègnent même la chair des quadru- 
pèdes , et la rendent si désagréable au goût , qu'on ne peut 
pas manger celle du taureau , du verrat , etc. Nous verrons 
plus loin , dans cet article, quels sont les organes destinés à 
sécréter ces humeurs odorantes. ( Voyez Odeur ). 

La plupart des quadrupèdes étant pourvus d'oreilles lon- 
gues qui leur servent de cornets acoustiques , et leurs besoins 
exigeant continuellement le secours de l'ouïe , soit pour éviter 
leurs ennemis , soit pour découvrir leur proie , soit pour dis- 
tinguer les différens cris de chaque espèce ,lcelte longue ha-^ 



352 Q U A 

Litnde doitbeaucoup perfectionner ce sens. Aussi, entendent- 
ils de plus loin que nous, et d'ailleurs, la position de leur tête,' 
toujours penchée vers la terre , est plus favorable pour re- 
cevoirle bruii , que la position droite et relevée de la tête chez 
l'homme. En effet , le bruit se dissipe facilement dans les airs 
à une médiocre élévation , tandis qu'il est plus fort à la surface 
du sol. Mais l'ouïe, chez le quadrupède, a de même que les 
autres sens plus d'iniensité que de délicatesse ; il entend les 
bruits, sans comprendre la mélodie des sons, aussi bien que 
l'oiseau dont l'oreille est musicale. L'animal distingue très- 
bien les accens , les cris et toutes ces voix soudaines que les 
émotions de l'âme dictent aux quadrupèdes, telles que celles 
de la plainte, de la terreur, de l'amour, du désir , etc.; 
mais il n'apperçoit nullement les rapports des sons entre eux, 
les combinaisons savantes de l'harmonie ; il ne saisit point 
le charme de la musique. Le chien ne comprend même pas 
les mots articulés ; il les entend comme des bruits ; il les 
reconnoît comme des accens -, il se fie au tmi de la voix plus 
qu'au sens de la parole ; il n'apprend pas le langage, mais 
l'expression; il ignore les langues française, anglaise, ïille- 
mande , etc. ; mais il devine ce qu'elles veulent exprimer, 
en considérant le ton , la manière , le geste de celui qui 
parle, mit les volontés de son maître dans l'expression de sa 
figure, aussi bien que dans l'accent de sa voix. (F. Oreille). 
Comme les animaux les plus foibles sont aussi les plus ti- 
mides , et cherchent avec le plus de soin à se soustraire à leurs 
ennemis, ils font plus d'usage de leur ouïe qu'aucun autre , et 
l'ont aussi plus parfaite ; témoins les lièvres , les lapins , les 
gerboises, les rats, les taupes, les gazelles, etc. Les espèces 
qui ont la vue perçante , ont l'ouïe beaucoup plus foible que 
les espèces à demi aveugles. Ainsi , les chauve-souris ont de 
grandes oreilles; les rhinocéros, les hippopotames, les ta- 
tous , les taupes, le zocor, qui ne peuvent bien voir que dans 
le crépuscule , entendent le moindre bruit ; tandis que les 
lynx , les chats , les lions , les tigres , dont la vue est perd 
çante , même pendant la nuit, ont des oreilles courtes et une 
ouïe moins parfaite que les précédens ; de sorte que la foi- 
blesse d'un sens fait la force de l'autre. Ainsi , les aveugles 
acquièrent ordinairement une ouïe délicate , et les sourds , 
exerçant beaucoup leur vue pour remplacer le sens qui leur 
manque , mettent en quelque sorte leurs oreilles dans leurs 
yeux. 

Dans les quadrupèdes , la vue , comme l'ouïe et leurs 
autres sens, a plus d'intensité que de délicatesse , tandis 
qu'on remarque souvent le contraire dans l'homme. Si nous 
apercevons les objets moins distinctement que l'animal , et à 



O U A 353 

un moindre éloignemcnt , en revanche nous observons mieux 
l'harmonie des formes , la beauté ou la laideur des traits , la 
finesse des nuances, la dégradation des teintes et des ombres: 
toutes choses auxquelles l'animal ne fait nulle aiientlon. Sa 
vue est toute physique ; mais il se mêle des sensations mo- 
rales à la nôtre. F. Œil, 

Les espèces qui se tiennent sur les moillagnes , et dont la 
course est rapide , vagabonde , comme les bouquetins , les 
chamois, les gazelles, etc. , ont une vue presbyte, ou voient 
mieux de loin que de près ; au contraire , les races lentes et 
pesantes des vallées , telles que les cochons , les tapirs, et 
même les ours , les paresseux , les fourmiliers, sont myopes, 
et voient mieux de très près. Les animaux qui voient de nuit, 
sont offusqués de l'éclat du jour, parce que leur vue est trop 
sensible à la lumière. En effet , un homme qui , sortant d'un 
lieu éclairé du soleil , entreroil tout à coup dans un endroit 
sombre , s'y trouveroit aveuglé ; mais s'étant habitué peu à 
peu à l'obscurité , il parviendroit ensuite à y voir assez clair, 
et s'il sorloit de son réduit ténébreux pour se présenter au 
grand jour, il ne pourroit plus en soulenir l'éclat , et ne ver- 
roit rien en plein midi , tandis qu'il apercevroit beaucoup 
mieux pendant la nuit. Il en est de même des animaux noc- 
turnes. C'est un excès de sensibilité qui rend leurs yeux inca- 
pables de supporter l'éclat du grand jour. Nous ne pouvons 
sentir tout ce qui agit trop vivement sur nos organes. C'est 
ainsi qu'un bruit assourdissant pour nous, sera convenable 
à une oreille dure , et un son qui ne nous blesse pas , peut 
être extrême pour un animal qui a l'oreille très-fine , comme 
la taupe , le lièvre , etc. Le zemni (mus typhlus , Linn. ), et le 
zocor ( mus aspalax ) , ont des yeux extrêmement petits ; le 
premier est même entièrement aveugle, mais son ouïe est 
très-fine. 

Tous les quadrupèdes n'ont donc pas un égal degré de force 
dans leurs sens. Les singes, par exemple, ont le goût fin et le 
tact délicat; les chauve- souris , les taupes , les rats-taupes 
( mus typhlus, Linn. ) , les lièvres , les tatous , les hippopo- 
tames , etc. , chez lesquels la vue est foible , et même nulle 
dans diverses espèces, ont l'ouïe prompte et étendue; les chats, 
les lynx , les tigres , ont , à la vérité , l'odorat assez foible ; 
mais leur vue est très-perçante. Les chiens , les ours , les 
hérissons , les hyènes , les cochons , les éléphans , etc. , ont 
l'odorat fort développé ; mais plusieurs d'entre eux ont la vue 
foible et le goût fort grossier. Il n'arrive jamais que les cinq sens 
soient tous également parfaits; au contraire, ils varient suivant 
la nature et le genre de vie de chaque espèce. En général , 
les sens des animaux sont plus actifs et plus forts que ceux de 

XXYIII. 2j 



554 Q ^^ '^ 

l'homme ; et c'est pour cela même qu'ils n'en ont point la àé- 
licatesse , parce que l'une de ces propriétés exclut l'autre. Or, 
c'est principalement la délicatesse des sens qui nous fait apcr- 
cevoirlesqualitéspartlculièresetdétaillées des objets, puisque 
la force des sensations n'en indique seulement que les masses 
«t les traits principaux. Il suit de là que nous pouvons mieux 
comparer et connoîtreen détail, tandis que les animaux n'ont 
que des aperçus en bloc. Ils n'aperçoivent les choses que 
par les sens : nous les observons par les sens et par la pensée. 
Il en est de même des mouvemens et de la force corpo- 
relle, car lesquadrupèdes sont engénéral plus robustes et plus 
capables d'agir que les hommes ; et les plus exercés d'entre 
nous, sont aussi les plus brutaux pour l'ordinaire , et les moins 
susceptibles de perfection intellectuelle , parce que toutes les 
puissances de la vie sont employées dans leurs muscles. Les 
•athlètes qui n'exercent que leurs forces de corps , devien- 
nent d'autant plus vigoureux qu'ils ont moins d'intelligence ; 
c'est ainsi qu'ils se rapprochent de la nature des brutes ; car 
elles sont destinées à l'action et non à la rétlexion. Leur tem- 
pérament est athlétique et musculeux, si on veut le comparer 
au nôtre ; c'est aussi pourquoi les quadrupèdes ont moins de 
maladies que nous ; l'exercice rétablissant surtout l'équilibre 
des forces de l'organisme , l'on observe que les homme* 
d'une vie dure et laborieuse , comme les soldats , les ouvriers, 
les voyageurs, etc., jouissent ordinairement d'une santé inal- 
^ térable et d^une longue vie. 

L'habitude d'exercer ses forces dès le plus jeune âge , com- 
munique aux animaux une vigueur bien supérieure à celle de 
notre espèce. Néanmoins, laforce dépend beaucoup des nour- 
ritures. Ainsi , les carnivores sont plus robustes que les herbi- 
vores , parce que la chair nourrit plus abondamment que les 
végétaux. Il étoit nécessaire d'ailleurs que les animaux vivant 
de chair , pussent vaincre leur proie ; la nature a donc rendu 
les herbivores plus foibles. A la vérité, un buffle, un éléphant, 
peuvent très-bien se défendre contre le lion ou le grand tigre, 
mais ils n'ont pas l'extrême agilité de ces tyrans des forêts ; 
leurs défenses ne sont pas aussi avantageuses que les griffes 
et les dents de leurs agresseurs , et ils manquent de cette ar- 
deur de courage , de cette soif de sang qui animent ces redou- 
tables carnivores. Un loup enragé, une hyène enivrée de car- 
nage , auront bientôt porté l'épouvante et la mort dans un 
troupeau de paisibles bœufs; la prestesse du saut du lynx, du 
caracal, l'attaque intrépide de l'ours , la hardiesse du chacal, 
la ruse du renard, l'instinct sanguinaire des fouines , l'appétit 
vorace des gloutons , triomphent aisément du naturel doux 
des cerfs ou des brebis ; cependant , ces mêmes herMvoreg 



Q U A 355 

Sont plus robustes , toute proportion garde'e , que les honi-r 
mes civilisés. Qyi de nous a seuleaient l'agilité du lièvre à la 
Course , loin d'égaier celle du cerf, des gazelles, du bouque- 
tin ? Je ne parie point de la nage des loutres et des phoques, 
du saut des gerboises et des kanguroos ; ni delà facilité qu'ont 
les taupes, les blaireaux , les lapins à creuser la terre ; ni de 
l'habileté des singes pour grimper sur les arbres; ni du volti- 
gement des galéopithèques , ni du saut parabolique des ta- 
guans , des phalangers volans , et moins encore du vo! des 
chauve-souris ; ces avantages sont dus à la conformalio.i de 
chaque espèce ; cependant , ils annoncent beaucoup de vi- 
gueur musculaire. Ce qui déguise la foiblesse de l'homme , 
relativement aux animaux , c'est , outre les ressources de son 
esprit etsesinstrumens , la facilité qu'il a de réparer prompte- 
ment ses forces perdues. Un bœuf épuisé de faîigja a besoin 
de plusieurs semaines de repos pour se rétablir ; quelques 
jours suffisent à l'homme, parce qu'il prend des ali.mcris plus 
restaurans que l'animal ; c'est encore par cette cause que 
l'espèce humaine peut engendrer en toute saison, tandis que 
la brute n'a qu'une époque fixée pour le rut. 

D'ailleurs , la vig'ieur des quadrupèdes nest pas propor- 
tionnelle à leurs masses; car les plus petites espi'ces sont re- 
lativement pbis robustes que les g andes races. Comme elles 
emploient moins de force pour faire mouvoir leur propre 
masse , elles en disposent davantage pour les objets exté- 
rieurs ; aussi , la souris est , toute proportion gardée , bien 
plus robuste que l'éléphant. En outre, la petitesse des mem- 
bres donne plus d'unité , plus de solidité au corps , et les 
fibres étant plus courtes se contractent plus prestement et 
plus fortement. iJe là vient que les mouvemeus sont plus 
rapides et plus multipliés dans les petites espèces d animaux , 
tandis que les grosses machines ne se meuvent qu'avec de 
grands eiTorts. 

Mais c'est principalement au temps du rut que se déve- 
loppe la vigueur des muscles , et que les animaux uiontrent 
plus de courage. On n'ignore pas combien la castration leur 
enlève de force, et combien elle détériore leurs qualités na- 
turelles. ( V. l'article Muscles.) Consultez aussi les mots 
Castration , Eunuque. 

Des armes et des défenses des quadrupèdes. 
Les défenses et les armes des quadrupèdes sont principale* 
ment les dents , les griffes et les cornes. Le jeune taureau , 
avant même que ses cornes soient sorties , sait déjà frapper de 
la tête. Le chevreau et l'agneau, encore sans défense, savent 
déjà s'y prendre d'une façon différente pour attaquer, parce 



356 U A 

qne les cornes ne sont point placées de la même manière dans 
l'une et l'autre espèce. Les animaux onguiculés ont tous des 
griffes. Celles des lions , des tigres , sont rétractiles et fort 
pointues , comme celles des chats ; aussi ces espèces s'en ser- 
vent comme d'arniei redoutables. Les ongulés , tels que les 
ruminans , les solipèdes , etc., peuvent se défendre par des 
ruades ou des coups de pied ; d'ailleurs, la plupart des rumi- 
nans, surtout les mâles, sont armés de cornes. La giraffe en a 
deux courtes ; mais les cerfs , les élans , les rennes , les 
daims , en ont de grandes , de larges et fort rameuses, qui 
tombent el repoussent chaque année, ( F. Cerf. ) Elles sont 
d abord molles ci couvertes d'une sorte de duvet, et croissen* 
surtout par leurs extrémités ; mais elles se durcissent ensuite 
el se dessèchent. Les autres ruminans ont des cornes creu- 
ses , formées de cornets emboîtés et superposés. Elles ne 
tombent point et s'accroissent chaque année par la racine. 
( Cherchez le mot CoRNE. ) Elles ne sont jamais rameuses. 
Les genres des bœufs, des chèvres, des gazelles, des brebis , 
en sont tous pourvus. Il est encore d'autres espèces de cornes 
formées par une agrégation de fibres analogues à des poils ; 
telle est la corne que le rhinocéros porte sur son nez , et dont 
il se sert pour arracher de terre les racines , les arbustes , et 
fendre le tronc des jeunes arbres qu'il mange comme de la 
paille. L'éléphant est armé de deux longues dents incisives 
supérieures, appelées défenses, avec lesquelles il peut per- 
cer et vaincre ses ennemis, indépendamment de sa trompe 
qui, mobile en tous sens et semblable à un bras vigoureux, 
renverse et écrase tout ce qui s'oppose à son passage. Les 
lamas n'ayant aucune arme , lancent sur leurs ennemis une 
salive dégoûtante et acre ; plusieurs animaux du genre des 
mouffettes , des putois , exhalent des vapeurs empestées qui 
font quitter prise à leurs ennemis les plus acharnés. L'ours 
attaqué , se dresse sur ses pattes , et trappe à grands coups 
de poings, ou embrasse son adversaire jusqu'à l'étouffer. Les 
hérissons , les porc épies , se mettent en boule ., et ne pré- 
sentent que des pointes à leurs agresseurs. Les tatous , cou- 
verts d'une cuirasse osseuse , se roulent de même. Les san- 
gliers , les tajaçus , les babyroussas , sont armés de canines 
longues et retournées en haut, et avec lesquelles ils peuvent 
éventrer les chiens d'un coup de boutoir. Les dugongs et les 
vaches marines sont pourvus de très-grosses dentk Incisives à 
la mâchoire supérieure , et iU s'en servent avec adresse contre 
leurs ennemis. 

D'aîîîrtS espèces, telles que les renards, rendent, lorsqu'on 
les poursuit , leur urine mëlee d'une odeur dégoûtante , qui 
rebute ceus qui les chassent ; plusieurs animaux à qui la 



Q U A 357 

nature n'accorda aucune arme naturelle , cherchent à se dé- 
fendre de plusieurs manières , soit en épouvantant leurs en- 
nemis par des cris , soit en grimpant sur les arbres , en sau- 
tant , en creusant la terre, en déroutant ceux qui les poursui- 
vent, en se cachant dans les eaux, en voltigeant , et enfin à 
force de ruses , de soins , de prévoyance , en se préparant 
des retraites obscures , des asiles sûrs , par mille moyens 
impossibles à énumérer. Les singes se défendent avec des 
bâtons , des pierres ; ils lancent même leur urine et leurs 
excrémens aux hommes qui les attaquent. Les didelphes 
cherchent les antres des forêts, se suspendent aux branches 
d'arbres, avec leur queue prenante. Les rats desmans se bâtis- 
sent de petites cabanes au bord des étangs et des fleuves. Les 
tatous , les hérissons , les marmottes , les blaireaux, les taupes, 
et une foule d'aulres espèces, se creusent des retraites souter- 
raines. Chaque genre enfin a son industrie propre pour échap- 
per à ses persécuteurs , et conserver sa vie. 

Chaque famille de quadrupèdes a des allures particulières ; 
ce sont autant de nations distinctes. Les singes grimpent siir 
ies arbres des tropiques , vivent de leurs fruits , et prennent 
mille postures singulières. Les espèces qui voltigent , comme 
les chauve-souris , les roussettes , se tiennent dans les lieux 
ombragés, et n'en sortent que pendant le crépuscule, pour at- 
teindre au vol les insectes nocturnes. Les races demi-carni- 
vores, telles que les blaireaux , les mangoustes , les taupes, 
les hérissons, les sarigues , les belettes, restent cachées pen- 
dant le jour, s'avancent avec lenteur et par détour, n'exercenft 
leurs rapines que dans l'ombre , sont cauteleuses et adroites ; 
mais les bêtes féroces armées de dents et de griffes acérées , 
attaquent ouvertement leur proie , en triomphent parla force 
et l'agilité. Les rongeurs, race timide, à démarche sautilianle, 
au chanfrein arqué, minentsourdement toutes les productions 
végétales, amassent des magasins, et se cachent en hiver dans de 
chaudes habitations. La famille des quadrupèdes cuirassés, tels 
que les tatous , les pangolins , et même les genres des four- 
miliers , sont des animaux presque sans dents , doux et tristes , 
qui se creusent des terriers , sortent de nuit avec précaution , 
butinent en silence , et roulés en boule dorment pendant la 
chaleur du jour. Au contraire, les ruminans au pied fourchu , 
à la tête armée de cornes , broutent paisiblement la riche pa- 
rure des collines , et se tiennent ordinairement en famille ; 
tandis que les quadrupèdes grossiers à peau épaisse ( nom- 
més pachydermes par Aristote) , tels que les cochons , les rhi- 
nocéros , les éléphans , etc. , se roulent dans les fondrières 
marécageuses, déterrent les racines des végétaux aquatiques, et 
s'engraissent dans l'insouciance. Les amphibies , comme les 



358 U A 

veaux-raarios ou phoques , les lamantins et les cétacés , aux 
pieds en forme tle nageoires , s'élancent en troupes dans les 
eaux , attaquent les poissons , ou se nourrissent des herbages 
qui naissent sur les bords de la mer et des fleuves. 

Ces familles sont aussi douées particulièrement d'un »em- 
pérament disiinctif ; car les cétacés et les amphibies sont d'une 
complexion très-lymphatique ; leur chair épaisse est grasse 
et molle; ils ont un gros ventre , et sont d un naturel pesant , 
d'un caractère peu sensible. U en est de même des quadru- 
pèdes à peau épaisse , ou des bêtes brutes appelées pachy- 
dermes. Les rumiîians tiennent du tempérament sanguin et 
du uiusculeux. La famille des cuirassés et édeulés est d'une 
nature débile et un peu triste , qui tient du flegmatique et 
du mélancolique. Les rongeurs sont dun tempérament mêlé 
de sanguin et de nerveux; ils sont vifs et délicats comme les 
personnes de cette constitution. Le caractère bilieux, à fibres 
sèches et tendues, domine dans les animaux carnivores. Leur 
couiage , leur vigueur de membres , leur soif de sang et l'ha- 
bitude de vivre de chair , dépendent principalement d'une 
semblable complexion ; aussi remarque-t-on que ces animaux 
ont une bile abondante et très-amère , qui slinmle avec vio- 
lence leur système nerveux intestinal , et leur communique 
ces passions impétueuses et cet appétit véhément qui les dis- 
tinguent. Le tempérament des singes et des autres quadru- 
pèdes grimpeurs, se caractérise principalement par l'état grôie 
et irritable de leurs fibres ; semblables à ces personnes, mai- 
gres , fluettes , délicates , leurs mouvemens sont prestes , 
multipliés; leur naturel est vif, inconstant , inégal : nés 
grands imitateurs , ils gesticulent très- bien avec une affecta-r 
tion ridicule. 

Des moeurs des quadrupèdes vivipares relaiwcs à leurs nourrilurcs. 

Il existe trois principales causes d'action parmi les ani- 
maux : i.° le besoin de se nourrir ; 2.» le sentiment de sa 
conservation ; 3." le désir de se reproduire. La première , qui 
est peut-être la plus impérieuse de toutes, influe le plus sur 
touie Texislence des êtres animés , car elle dépend de leurs 
organes les plus essentiels. Les sens , les membre&sont même 
principalement destinés à servir aux fonctions nutritives ; 
l'œil, l'oreille, sont faits pour entendre , apercevoir la proie ; 
le nez est disposé pour en reconnoître les odeurs ; la langue 
poui en juger la saveur ; les pieds pour aller chercher, pour 
atteindre l'aliment; les dents pour le broyer, etc. Les ani- 
mau3^ ne semblent même être nés que pour manger , ensuite 
engendrer et mourir. C'est ainsi qu'ils passent sur cette terre 
.depuis un grand nombre de siècles , sans laisser des trace& 



Q U A 3% 

Ae leur existence , de même qu'une infinité d'hommes qui 
végètent à la manière des brutes. 

Les espèces de quadrupèdes frugivores et herbivores ont 
plus de capacité et d'étendue dans leurs intestins que les ani- 
maux carnassiers, parce que vivantd'alimenspeusubstantiels, 
ils sont obligés d'en prendre un volume considérable à la fois 
pour en retirer une nourriture suffisante. Les carnivores, au 
contraire , trouvant sous un petit volume une matière très- 
nourrissante , n'ont pas besoin d'intestins aussi grands. D'ail- 
leurs la facilité avec laquelle la chair se putréfie , ne permet 
pas qu'elle demeure longtemps sans danger dans le corps; et 
quoiqu'elle en soit promptement évacuée, la chair des carni- 
vores est très-désagréable au goût; leurs humeurs sont dans 
un état d'alkalescence , voisin de la putridité ; leurs excrémens 
exhalent même une odeur extrêmement putride, et leur urine 
est acre et caustique ; telle est celle des chats , des lions , des 
tigres. Au contraire , les alimens végétaux n'acquièrent jamais 
des qualités aussi pernicieuses dans le corps des animaux 
herbivores , et leurs déjections ne répandent presque aucune 
mauvaise odeur. Consultez les articles Carnivore et Herbi- 
vore. 

Cette habitude de se nourrir de chair, cette soif du sang 
et du meurtre , communiquent aux carnivores , des passions 
cruelles, et une insensibilité d'âme qui se remarque de même 
chez les hommes que leurs occupations forcent à verser le 
sang des animaux. Au contraire ,la vie toute pythagoricienne 
des herbivores les rend plus doux et plus timi<ies. 11 semble 
que cette douceur soit même empreinte dans leurs humeurs 
et leurs chairs ; tandis que l'âcreté de celles des carnassiers 
paroît être la principale cause delà férocité de leur caractère. 
La nature qui les a créés pour vivre de chair, ne les a pas des- 
tinés à devenir la nourriture de l'homme ; de sorte que la 
destruction pèse uniquement sur les races les plus paisibles. 
C'est ainsi que les tyrans s'épargnent entre eux et ne cons- 
pirent que contre les foibles. 

Au reste , les habitudes des animaux , relativement à leurs 
nourritures» dépendent de la structure de leurs organes. Les 
singes, ayant des dents toutes semblables à celles de l'homme 
et la bouche conformée de même , ainsi que l'estomac et les 
intestins, peuvent vivre des mêmes alimens ; ils sont surtout 
frugivores. Quelques-unsd' entre eux, tels que les guenons, les 
magots , les babouins, sont pourvus d'abajoues, c'est-à-dire 
de cavités ou sacs so«s. les joues , dans lesquels ils peuvent 
garder des alimens. On en trouve de semblables chez les 
hamsters et chez plusieurs espèces de rats, d'écureuils, qui 
font des provisions pour la saison des frimas. Les makis et 



36o Q U A 

les loris , ayant aussi trois sortes de dents h peu près comme 
les singes , vivent de fruits comme eux , et quelquefois d'in- 
sectes. Quoique le nombre des dents varie dans les diverses 
espèces de chauve-souris , leur forme est communément en 
pointes menues , afin de mieux diviser les insectes que ces 
animaux atteignent en voltigeant pendant les soirées d'été. La 
langue des chauve-souris est aussi hérissée d'une multitude 
de petits piquans capables d'entamer la peau ; et l'on assure 
que les vampires, les roussettes, qui apparliennent à ce 
genre , sucent par ce moyen le sang des honmies et des ani- 
maux qu'ils trouvent endormis. Comme ces animaux sont 
carnivores, leur estomac est privé de cette sorte de sac in- 
testinal appelé cœcum^ qu'on trouve dans l'homme, les singes, 
les makis , les galéopithèques et tous les herbivores , mais 
dont manquent presque toutes les espèces carnassiè^-es, à 
l'exception des genres du chien , du chat , de la civette et des 
didelphes. 

Ces quadrupèdes carnassiers ont tous, trois sortes de dents, 
des molaires , des canines , des incisives, comme nous , mais 
différentes en nombre et en figure. Ainsi les carnivores sont 
armés de fortes canines et de molaires pointues , tandis que 
celles des herbivores sont plates , et plutôt formées pour 
broyer l'herbe que pour déchirer la chair. ( Voy. Dents. ) 
l^ts rongeurs ont, à chaque mâchoire, deux incisives longues 
et fort tranchantes , avec lesquelles ils coupent et divisent fa- 
cilement toutes les matières végétales ; leurs molaires sont 
quelquefois en scie , mais ils manquent toujours de canines. 
Leur gueule n'a point l'ouverture large de celle des carni- 
vores , et leur lèvre supérieure est fendue. Ils ont des intestins 
longs et amples , un cœcum plus vaste que leur estomac ; tels 
sont surtout les lièvres, les lapins. Ces animaux ne boivent 
presque jamais , et urinent cependant assez souvent , parce 
que leurs nourritures sont assez humides, etqu'ils perdent peu 
paà" la transpiration à cause de l'épaisseur de leur fourrure. 
Les fn.'giv ores incisent, et les carnivores déchirent leurs ali- 
mens ; mais les rongeurs grignotent précipitamment avec leurs 
incisives, et minent en quelque sorte ce qu'ils mangent. Les 
fourmiliers , les pangolins , étant privés de toutes espèces de 
dents , ne mâchent point leurs alimens ; ils allongent dans les 
fourmilières une langue cylindrique et gluante , et la retirant 
dans leur long museau , avalent à loisir les insectes qui s'y sont 
attachés. Les tatous, ayant seulement des molaires , broient 
les racines molles et les fruits tendres qui font leur nourriture 
journalière. Les paresseux, privés de dents incisives , se con- 
lentent de mâcher les feuilles des arbres , sur lesquels ces ani- 
maux à voix lamentable grimpent avec une extrême lenteur. 



U A 36i 

Leur estomac esl composé de plusieurs poches analogues à 
celles des rumlnans. Ces derniers manquent de dents Incisives 
supérieures , et ont , comme chacun sait , quatre estomacs , 
«ne grande panse , le bonnet à parois en forme de réseau , le 
feuillet garni de lames ui^^mbraneuses , et la caillette à parois 
ridées et épaisses. P,^. •ijut tout te temps que les jeunes ruml- 
nans sont allaités par leur mère , cette dernière poche de 
restomac est la seule qui serve à la digestion ; mais lorsqu'ils 
vivent d'herbes , leur nourriture , d'aliord à demi-mâchée , 
descend dans la panse où elle s'humecte, et passe dans le 
bonnet qui la forme en pelotte en 1 imbibant de suc gastrique ; 
elle remonte ensuite dans la gueule , pour être mâchée une 
secondefois; la nourriture- re I«;scendetcnlre immédiatement 
dans le feuillet, puis dans la caillette, pour passer de là dans 
les intestins. Les chameaux et les chevrolains, qui sont les 
seuls genres de ruminans privés de cornes , ont des dents ca- 
nines supérieures ; les ruminans , armés de cornes, sont dé- 
pourvus de cette sorte de denfs. La manière dont 'les animaux 
de celte famille mâchent, est plutôt oblique que verticale; ils 
broient leurs alimens sur leurs larges molaires en remuant 
horizontalement leurs mâchoires. Ces herbivores ont plus 
besoin de boire que les autres espèces d'animaux , car un 
chien , une civette peuvent se passer de boire pendant un 
mois ; cependant celle-ci urine beaucoup. Les ruminans sont 
sujets à des concrétions qui se forment dans leur estomac. 
Tantôt c'est une pe-lolte composée des poils que ces animaux 
avalent en se léchant ; c'est ce qu'on nomme Egagropile. 
V. ce mot. Tantôt ce sont des concrétions de diverse nature , 
d'une consistance pierreuse , et qu'on appelle Bëzoard. 
( Consultez cet article. ) Les ruminans des pays froids sont plus 
sujets auxégagropiles , et ceux des pays chauds auxbézoards. 
On observe encore que la graisse des ruminans étant d'une 
consistance beaucoup plus solide que celle des autres es- 
pèces , est connue sous le nom de suif. Cet état de la graisse 
paroît dépendre de la rumination. ( V. Ruminans. Nous ex- 
posons aussi , à l'article Graisse , les principales causes 
de cette production animale. ) Les bosses des chameaux, des 
dromadaires ; les loupes dorsales des zébus, des bisons ; les 
grosses queues des moulons de Barbaiie., ne sont que des con- 
gestions de suif dans ces ruminans. Au contraire, la graisse 
des animaux carnassiers est peu abondante et fort liquide. 

Les animaux vivant de chair , ont la gueule large , les dents 
grandes et pointues , les mâchoires fortes , et les muscles qui 
les' font mouvoir sont robustes; le cou est court, nerveux ; 
tandis que chez les herbivores la gueule est plus étroite , les 
«lenis sont plus aplaties, les mâchoires et leurs muscles plus 



36a Q U xi 

foibles , le cou est allongé ; ils résistent aussi moms de tempSi 
à la diselle d'alimens. Quelques jours d'abstinence font péril' 
un bœuf, un cheval , ou toute autre espèce herbivore ; niais- 
un chien peut demeurer jusqu'à trente-quatre jours sans boire 
ni manger; un chat sauvage ne périt pas de faim dans vingt 
jours , et un blaireau résiste pendant un mois entier ; un rat 
ne peutpas supporter la faim au-delà de trois jours ; l'homme 
ne peut guère la supporter plus de sept à huit jours , surtout 
dans nos pays un peu froids ; car dans les contrées ardentes 
de l'Asie et de l'Afrique , il peut vivre plus long-temps sans 
manger. Au reste , les petits animaux mangent davantage, ea 
raison de leur taille , que les grosses espèces ; ainsi des rats., 
des souris feront à proportion plus de ravages dans un champ, 
qu'un bœuf ou qu'un chameau. Beaucoup de rongeurs , de 
frugivores ne dédaignent même pas de se nourrir de subs- 
tances animales ; mais les ruminans refusent de vivre de 
chair; car quoiqu'on ail habitué quelquefois des vaches, des 
moutons à manger du poisson , en Islande , les nourritures, 
animales répugnent exlri*mement à tous ces herbivores. 

Dans la famille des cho,ts , qui comprend les lions , les 
tigres, les panthères, les lynx, etc. , la langue estliérissée de 
pointes dures , redressées vers la gorge , qui la rendent rude 
comme une râpe; aussi ces animaux écorcbent la peau en la 
léchant, et sucent le sang avec une voliipxé cru'.'lle; ils 1« 
préfèrent même à la chair ; ils immolent .linsi un grand noui- 
bre de victimes pour étancher cette soif qui les dévore ; ils ne 
vivent presque jamais des chairs mortes, des charognes , que 
recherchent les hyènes, les chacals , les loups , et les autres 
espèces du genre du chien ; il leur faut des animaux vivans et 
une viande fraîche. Les didelphes et plusieurs espèces de ge- 
nettes (viverra, Linn.) , ont aussi la langue couverte de pa- 
pilles piquantes. En général , les carnassiers ont plus da 
houppes nerveuses sur leur langue que les herbivores ; ils l'ont 
aussi plus rouge , plus enflammée de sang et plus affamée da 
carnage. Leur gueule exhale une haleine forte et putride , 
comme l'odeur de leur transpiration ; tandis que Les hcrbir 
vores ne répandent que des odeurs plus foibles et un peu 
acides. Ceux-ci ont besoin de manger chaque jour; mais lors- 
que les carnivores se sont bien repus, ils peuvent se passer 
de manger pendant plusieurs jours; il arrive mên^e que les 
loups, les chiens, les renards , etc. , ont soin de cacher la 
î>roie qu'ils ne peuvent dévorer en entier, afin de la retrou- 
ver au premier besoin ; exemple de prévoyance qui montre 
que les bêtes songent à l'avenir aussi bien que leshommes; car 
les hamsters , les écureuils , les loirs , et autres rats qui amasr 
5ent des provisions pour passer l'hiver^ qui rassemblent da 



Q U A 363 

l>lé , clés faînes , des noisettes , des noix , des bulbes de plantes , 
nous montrent une grande économie et une sage diligence, 
dignes d'être imitées par Thomme. Au reste , les herbivores 
trouvant toujours leur subsistance toute prête sur la terre , 
peuvent bien s'en nourrir chaque jour; mais il faut que le" 
Carnivore chasse et atteigne sa proie, qu'il l'attaque de force, 
la surprenne par ruse ou la surmonte par sa prudence ; cha- 
que jour n'amène pas son pain pour lui ; aussi la nature l'a 
rendu capable de tolérer la faim ; mais lorsque celle - ci le 
presse , elle lui inspire de l'audace et du courage. Le loup 
intrépide, attaque les troupeaux en plein jour, malgré le 
berger et ses chiens; il entre dans les villages, force l'en- 
ceinte des étables , ne craint ni les blessures ni la mort. Sou- 
vent même désespéré , de rage il s'élance contre l'homme , 
le déchire , et venge dans son sang toutes les cruautés que 
nous exerçons contre son espèce. 

Les bêles brutes et qui se plaisent dans la fange , telles que 
les éléphans, les cochons, les tapirs , les rhinocéros, etc., 
ainsi que les amphibies , comme les dugongs , les morses , 
ont souvent de fortes dents pour arracher les racines des 
plantes aquatiques. Ce sont des espèces très-voraces, à gros 
ventre, à démarche pesante, à chair grasse et molle, et d'un 
caractère plutôt brutal que méchant. Les phoques ou veaux- 
marins et les cétacés se nourrissent goulûment de poissons et 
de mollusques ; ces races sales répandent une odeur dégoû- 
tante de marée; elles sosit enveloppées sous leur cuir grossier 
d'une couche épaisse de lard ; leurs intestins sont vastes, leur 
foie est gros et huileux , tandis que celui des carnivores est 
petit , maigre, et divisé en plusieurs lobes , afin de se prêter 
plus facilement aux différens mouvemens de ces espèces. 
Nous traitons des amours des quadrupèdes aux articles Gé- 
nération , VtVIPARE, JRuT, etc. 

De V accouplement , de la gestation et de V allaitement chez les 
quadrupèdes. 

Tous les quadrupèdes ne s'accouplent pas de la même 
ïnanière. Les singes se posent à la manière des homnies ; 
les hérissons, les porc-épics se tiennent droits et s'embras- 
sent ventre contre ventre , à cause des piquans qui recou- 
vrent leur dos ; il en est de même chez les castors , parce 
que leur large queue s'oppose à toute autre position. On sait 
que les chiens, les loups, les renards, les hyènes, sont 
collés dans raccouplemenl , à cause du gonflement du gland 
dans le vagin de la f«'melle ; il éloit nécessaire que ces ani- 
maux fussent ainsi retenus , parce que , manquant de vési- 
cules séminales , leur sperme n,e peut pas être lancé dani> 



361 Q U A 

rutérus.Les veaux marins ou phoques sont collés de même ; 
les chats , ayant un gland épiqeux comme leur langue , cau- 
sent à leurs femelles des sensations de douleur, peut-être 
afin de modérer l'excès de leur passion , qui pourroit êlre 
contraire à la propagation de l'espèce. Les gerboises mâles 
ont aussi le gland épineux , et celui des ornithorhinques est 
percé de plusieurs petits trous. De tous les quadrupèdes , 
icschameaux sont ceux qui s'accouplent le plus difficilement, 
parce que leur verge est courbée; ils passent des jours en- 
tiers auprès de leurs femelles sans pouvoir en jouir; ils font 
cent tentatives infructueuses qui les mettent dans une fureur 
étrange , et les fontécumer de rage; lel est le moyen que la 
nature a mis en œuvre pour prévenir la trop grande multi- 
plication de cette espèce. Chez les cochons, la verge est un 
peu tordue en spirale , et l'accouplement est long; ces ani- 
maux , qui ont beaucoup de sperme , sont très-féconds. Il 
ne paroît pas qu'il y. ait des espèces qui s'accouplent à re- 
bours , comme on l'a dit des lions , des chats , des liè- 
vres , etc. 

Ordinairement la gestation des animaux est d'autant plus 
longue, que les individus mettent plus de temps à parvenir au 
faîte de leur accroissement ; de sorte que plus une espèce 
est précoce , moins sa gestation est longue ; néanmoins il se 
trouve quelques variétés à ce sujet. La vache porte plus long- 
temps que la femme, quoiqu'elle acquière presque tout son 
développement dans l'espace de deux ou trois ans; la lionne, 
qui n'engendre qu'au bout de deux ans , porte trois mois et 
demi ; tandis que la chèvre , qui reçoit le mâle à un an , 
garde son fruit pendant cinq mois. La durée de la gestation 
n'est pas plus en rapport avec la grandeur des animaux, 
bien qu'elle y entre pour quelque chose ; car nous voyons 
que l'éléphant porte environ dix à douze mois , le chameau 
onze mois, la vache neuf, les cerfs huit, l'ours six à sept, 
le chamois cinq , le cochon quatre , le loup deux mois et 
demi ; la loutre trois mois , les fouines deux , les écureuils 
quarante jours , les lapins un mois , les cochons d'Inde trois 
semaines , etc. Cependant la lionne , qui est plus grosse et 
plus forte que les gazelles , porte moins de temps ; l'âne 
et le zèbre, qui sont moins massifs que la vache, ont une 
gestation plus longue de deux mois. Il en est de même de 
plusieurs autres espèces. F. Gest\tion. 

Le nombre des petits, quoique plus considérable dans les 
menues espèces que chez les grandes, ne présenle pas à cet 
égard une régularité constante ; car la truie met bas jusqu'à 
quinze ou vingt cochons de lait d'une seule portée , tandis 
qu'un rat femelle n'en fait que cinq ou six, un écureuil de 



Q U A 365 

trois à cinq , un chat de quatre à six , une belette , une her- 
mine , de trois à cinq , etc. Il est vrai que l'éléphant , l'hip- 
popotame , le rhinocéros , ces monstres du rèjgne animal , ne 
produisent qu'un petit à la fois ; car la nature n'eût pas pu 
suffire à leur immense déprédation , si elle avoil autant mul- 
tiplié leur espèce que celle des lapins ou des rats. Les rural- 
nans ne produisent ordinairement qu'un petit à la fois, rare- 
ment deux ou trois. Les carnivores mettent bas trois à qua- 
tre petits à chaque gestation ; les rongeurs sont les plus fé- 
conds de tous : les singes , les chauve-souris , qui portent 
leurs petits toujours cramponnés après eux, n'en produisent 
qu'un pour l'ordinaire. 

Aussitôt que les femelles ont mis bas, elles coupent d'un 
coup de dent le cordon ombilical de leurs petits , et dévorent 
le placenta ou l'arrière-faix. Bien que les herbivores , les 
ruminans refusent de vivre de chair, néanmoins ces animaux 
ont l'instinct de dévorer cette substance , qui est peut-être 
convenable à leur état et utile pour rétablir leurs forces. Je 
ne sais même pas s'il ne seroit pas avantageux à la femme 
d'imiter les animaux , qui , suivant toujours l'impulsion de 
la nature, se portent mieux et se rétablissent plus tôt qu'elle. 
Quoique le cordon ombilical des quadrupèdes ne soit jamais 
lié , il ne leur arrive point d'hémorragies , et la précaution 
que nous prenons de le lier aux enfans , ne me semble pas 
indispensable. Les mères des animaux ont soin de lécher 
leurs petits, afin d'enlever la mucosité que les eaux de l'am- 
nios ont déposée sur leur peau; les femmes sauvages font 
de même pour leurs enfans, et les baisers que les mères 
donnent aux nouveau-nés me semblent un reste de cet ins- 
tinct primitif. Les anciens prétendoient que Tours naissoit 
informe , et que sa mère le façonnoit, et développoil ses 
membres en le léchant. La plupart des animaux onguiculés , 
tels que les carnassiers et quelques rongeurs , mellent ba> 
des petits qui ont les yeux fermés, et qui ne les ouvrent 
qu'au bout de plusieurs jours ; les ruminans , au contraire; 
et les autres herbivores , produisent des petits qui se tien- 
nent sur leurs pieds et commencent à marcher au bout de 
quelques heures : aussi ces derniers sont-ils plus prompte- 
ment développés que ceux des précédens. Tous ces jeunes 
animaux suçant le premier lait de leur mère , qui est séreux 
et laxatif, en sont légèrement purgés , afin d'évacuer le me- 
conium de leurs intestins. Le défaut de cet usage dans l'espèce 
humaine , est cause qu'une multitude d'enfans périssent de 
tranchées , de coliques et d'autres maladies , parce qu'on 
n'a pas eu l'attention de débarrasser leurs intestins de cette 
substance noirâtre qui le§remplit. 11 paroît que l'usage qu'ont 



366 Q U A 

tous les quadrupèdes ^e. lécher leurs petits, produisant une 
légère irritation sur leur peau, détermine, par sympathie , 
l'excrérion des premières matières contenues dans leurs in- 
testins; car on voit souvent les petits se vider à mesure que 
leur mère les lèche. 

Aucuxî quadrupède n'a moins de deux ni plus de douze 
mamelles; les quadrumanes ou les singes, et les makis « les 
chauve-souris , l'éléphant, le lamantin, en ont deux placées 
sur la poitrine ; les caruivorcs en ont six ou huit disposées 
en longueur sous le ventre. Celles des rongeurs sont en plus 
grand nombre ; mais elles ne sont visibles qu'à l'époque de 
l'allaitement. Les ornithorhinques et les échidnés paroissent 
dépourvus de mamelles. Dans les sarigues ou didelphes et 
les kanguroos , elles sont au nombre de quatre à huit dans 
une duplicature de la peau du bas-ventre , qui forme une 
espèce de bourse ; car ces animaux accouchent à demi-terme, 
et leurs petits, chaudement enfermés dans cette poche, y 
sucent la mamelle jusqu'à l'époque de leur sevrage, et jus- 
qu'à ce qu'ils soient en état de se passer de leurs parens. La 
mère a soin de faire sortir quelquefois ses petits , et de les 
retirer dans sa bourse inguinale au moindre danger. Le phi- 
landre de Surinam porte les siens sur son dos , et ceux-ci 
savent se fixer sur leur mère en enveloppant leur longue 
queue autour de la sienne. Ces animaux ont encore une par- 
ticularité remarquable : le gland des mâles qui est fourchu , 
a deux orifices ; le vagin de la femelle , se séparant en deux 
branches , correspond aux deux cornes de l'utérus. Ces es- 
pèces n'ont, à parler exactement , aucune matrice; leur po- 
che inguinale en tient lieu. ( F. Sarigue et le mot Mamel- 
les.) Chez les ruminans, les mamelles, placées dans la ré- 
gion inguinale, ne forment qu'une grosse glande conglomé- 
rée , avec deux ou quatre mamelons. Cette famille d'ani- 
maux a un lait plus substantiel que toutes les autres espèces, 
et leurs petits savent reconnoitre leur mère par le seul odorat, 
au milieu d'un nombreux troupeau. Plus les mammifères sont 
parfaits (ou élevés dans l'échelle de l'organisation), plus leurs 
fœtus naissent foibles et hors d'état de se suffire à eux«euls ; 
moins ils ont absorbé et reçu dans leurs enveloppes utérines, 
de la substance du jaune, qui est si abondante au contraire 
chez tous les ovipares , pour suppléer au défaut de l'allaite- 
wient. 

En effet , dans l'espèce humaine , la vésicule ombilicale 
du foetus , laquelle contient le jaune , est fort petite et dis- 
paroît bientôt dans les premiers temps de la gestation : aussi 
l'enfant naît très-foible, très-incapable de se suffire ; il fal- 
loit donc un long allaitement , un grand soin de la mère. 



O U A 36; 

Cheï les carnivores elles fissipèdes , en général, les fœtus 
plus ou moins nombreux , sont aussi fort imparfaits ; ils nais- 
sent la plupart les yeux fermés , ont besoin de chaleur, d'al- 
laitement , de soins , de nourriture. 

Chez les herbivores bisulces , les ruminans , les pachy- 
dermes, l'on voit que les fœtus naissans sont déjà forts; ils "se 
lèvent sur leurs pieds . suivent leur mère ; et après un allai- 
tement de quelques jours, ils esjayentde manger seuls. Dans 
les cétacés, les fœtus naissenî fort grands et bientôt en état 
de se passer «le leurs parens; ils nagent tout d'abord; aussi 
ces animaux à foetus assez gros et perfectionnes , sonlpau- 
cipares. 

Chez les oiseaux, de même , les petits sont plus avancés , 
à leur naissance, parmi les gallinacés, les échassiers et pal- 
mipèdes , que parmi les picœ , les. pussercs , les rapaces. 

Enfin, chez les reptiles, les poisscms , etc., les fœtus sor- 
tant de l'œuf, abandonnés à eux seuls, sont en état de pour- 
voir à leur propre existence ; mais leur œuf éloit tout com- 
posé de jaune, et riche en substance nutritive. 

Chez les quadrupèdes , l'allaitement n'est pas si long que 
dans l'espèce humaine , parce que les jeunes individus pren- 
nent plus promptement leur croissance. On prétend que le 
chameau allaite son petit pendant deux ans. Il en est à peu 
près de même du jeune éléphant. Six semaines ou deux 
mois peuvent suffire au veau. Les autres espèces allaitent à 
proportion de l'accroissement de leurs petits; celles qui font 
plusieurs portées par an n'allaitent que fort peu de temps , 
comme les lapines , les truies, les raltes, etc. 

De rinstînct , de l intelligence et du caractère des animaux 
vivipares. 

Chaque espèce d'animal est douée de facultés suffisantes 
pour sa conservation , parce que les races les plus puissantes 
abusant de leurs forces , auroient bientôt détruit les espèces 
les plus foibles, si celles-ci n'avoient pas reçu les moyens de 
se soustraire à la destruction. D'ailleurs, les besoins des ani- 
maux variant suivant leur organisation , leurs âges , leurs 
sexes , et selon les circonstances des saisons , des climats, il 
faut qu'ils multiplient leurs ressources en même proportion , 
qu'ils déploient tous les ressorts de leur industrie pour vivre 
tout le temps que la nature leur accorde sur la terre. A me- 
sure que les animaux sont plus perfectionnés, leur structure 
est plus délicate, plus sujette à se déranger; d'où il suit qu'ils 
ont besoin d'un plus grand nombre de facultés pour exister , 
et c'est pour cela que l'homme, de tous les êtres le plus sen- 
sible et le plus frêle , a reçu \», raison et l'intelligence ea 



368 Q U A 

partage. Au contraire, moins un animal a de facultés, plus il 
est insensible et plus son corps se moule facilement aux cir- 
constances qui le modiGent, sans en être altéré. Tout est 
donc proportionné dans le monde, car l'animal n'a précisé- 
ment que la dose d'instinct et d'intelligence qui lui est né- 
cessaire , puisqSe le trop lui deviendroil inutile , et le Irop 
peu, fatal. J^es rapports qui s'établissent entre un être etles 
objets dont il a besoin, sont donc exactement mesurés par 
ses facultés ; et la Providence , qui veille sur toutes les es- 
pèces vivantes , n'est rien autre chose que ces relations et ces 
ordres admirables , disposés par l'auteur de la nature, de 
manière qu'ils amènent des chances favorables à chaque in- 
dividu dans la place où il est né. V. Instinct. 

Car l'état de vie est un effort continuel contre tous les élé- 
mens et les corps extérieurs qui conspirent à l'éteindre; 
chaque être empiète sur la vie de ses voisins ; chacun se 
comprime , se retient uiutuellemenl dans ses limites ; il faut 
que la ruse supplée à la foiblesse , et que l'habileté résiste à 
la force. Enfin , la nature ayant donné à certaines espèces 
la prépondérance sur d'autres , il faut que ces dernières ré- 
parent leurs pertes , soit en mnllipliant avec plus d'abon- 
dance , soit en attaquant à leur tour des races inférieures. Et 
cette hiérarchie de pouvoirs chez les animaux n'est fondée 
que sur un état perpétuel de guerre; le pesant joug de la 
nécessité comprime également tous les êtres, soit les uns 
par les autres , soit au moyen des autres circonstances, tel- 
les que les saisons , les tenjpératures , les lieux, les temps, 
l'abondance ou la disette des alimens, etc. 

U y a trois principales causes qui mettent en jeu l'instinct 
àes animaux: i." le besoin de la nourriture ; 2.° la nécessité 
de se conserver ; 3." le désir de se reproduire. La faim est le 
mobile de la première, la douleur est le motif de la seconde, 
et le plaisir est la source de la troisième. Avec ces trois prin- 
cipes , variés dans chaque animai suivant sa structure parti- 
culière, peuvent s'expliquer les causes de toutes ses actions , 
et se démontrer tous leurs résultats. Dans le vrai , l'animal 
Tj'est point libre ; il suit avec une impétuosité aveugle ses 
penchans et ses besoins naturels , commandés par son orga- 
nisation; le tigre n'est point cruel, et l'agneau doux par vo- 
lonté, mais par l'effet de leur structure ; car , de même que 
le quadrupède ne peut voler, comme l'oisenu , parce qu'il 
n'est pas conformé comme lui , de même le tigre , ayant un 
estomac qui ne peut digérer les herbes , un appétit qui lui 
demande impérieusement de la chair et du sang , des dents 
pour dévorer les animaux , des griffes pour les déchirer , il 
est forcé d'exécuter des mouvemens que lui imprime son 



O U A 369 

organisation. Il n'est donc cruel que par nécessité , par la 
nature de son tempérament; car dès qu'il est repu et satisfait 
il devient doux , traitable ; son caractère ne s'irrite que par 
le besoin de nourriture; besoin ardent, impérieux dans cette 
espèce. En nourrissant abondamment les animaux carnas- 
siers, on soumet cette âpreté farouche ; on les tempère ; on 
les habitue à vivre en paix, à recevoir avec douceur les ali- 
mens de la main de leurs maîtres, à les caresser, les flatter, 
à plier même leur fierté et leur audace sous sa volonté. C'est 
ainsi qu'on est parvenu à dompter les animaux les plus féro- 
ces, les tigres, les ours, les lions, les crocodiles, etc., preuve 
que la nature n'en a formé aucun essentiellement méchant, 
et qu'elle a seulement eu l'intention de diminuer le nombre 
des individus vivans , en établissant des races carnivores. 

D'ailleurs, le Carnivore attaquant les animaux , épargne 
les plantes; et sil'herbivore épargne les premiers,il attaque les 
dernières. Tout ce qui respire, vivant de destruction, qu'im- 
porte à la nature sur quels individus elle tombe .'' Ne faut-il 
pas bien que tout périsse .■' Et si les animaux peuvent éprou- 
ver de la douleur, ils sont de même capables déplaisirs; de 
sorte que tout se compensant, la nature est ainsi justifiée. 
( F. les mots Armes des animaux et Carnivore. ) Quelque 
dure que paroisse cette condition pour des êtres sensibles, 
elle n'en est pas moins équitable ; car la somme des repro- 
ductions égalant nécessairement celle des destructions , la 
quantité des biens, à tout prendre, n'est pas moindre que 
celle des maux. 11 en seroit de même dans l'espèce humaine, 
si elle suivoit plus exactement les lois que la simple nature 
lui impose, et si, dégagée des erreurs et des crimes où l'en- 
traînent l'audace des tyrans et la lâcheté des esclaves, elle vi- 
voit au sein du repos , de l'obscurité et du bonheur. En effet, 
la médiocrité gardant toujours le milieu en toutes choses , 
n'est jamais exposée à ces immenses revers que les condi- 
tions excessives ont coutume d'éprouver, parce que dans 
les choses morales , comme dans les effets physiques , la 
réaction est toujours égale à l'action. 

Chaque animal a les mœurs qui résultent de ses humeurs 
et de son tempérament. C'est pour cela que les herbivores 
sont plus tranquilles et plus traitables que les races carnas- 
sières. De même les femelles ne sont jamais aussi farouches 
que les mâles, parce qu'elles ont moins de vigueur; leur hu- 
meur est plus maniable , plus docile , et par-là plus suscep- 
tible de s'apprivoiser et de devenir domestique ; mais aussi 
elles se dédommagent de cette foiblesse par la ruse et la 
tromperie, car elles sont plus insidieuses que les mâles; 
néanmoins lorsqu'il s'agit de défendre leur famille à l'époque 

XXVIII. 24 



370 Q U A 

de rallaitemenl, les plus douces deviennent furieuses, et 
exposent même leur propre vie pour conserver celle de 
leurs nourrissons. Ce ne sont pas seulement les lionnes, 
les louves , les ourses , les panthères qui montrent ce géné- 
reux courage , mais même les tendres biches , les timides 
gazelles , et les espèces les plus délicates méprisent tout dan- 
ger pour sauver leur famille attaquée par le chasseur. Elles 
songent à mettre leurs petits en sûreté, sans craindre de s'ex- 
poser elles-mêmes: tant est puissant chez elles l'amour ma- 
ternel. L'ourse attaquée, fait grimper ses petits sur un arbre, 
et se redressant sur ses pattes, s'avance hardiment contre le 
chasseur. Les femelles du bison , du bouquetin, s'élancent 
avec furie sur les assaillans , les terrassent , les éventrent à 
coups de cornes et les foulent aux pieds. Les femelles des 
singes emportent hurs pelils sur leur dos jusqu'au-dessus 
des grands arbres. Les kanguroos et les didelphes cachent 
les leurs dans la poche de leur ventre; d'autres espèces leur 
creusent des asiles souterrains. Les écureuils placent leur 
famille dans des trous d'arbre , chaudement tapissés de 
mousse. Les chats, les lions , les léopards, les loups, les ci- 
vettes et autres bêtes carnassières, ont soin dapporter a leurs 
petits quelque proie vivante pour les exercer de bonne heure 
à la connoîlre et à la vaincre , pour les habituer à vivre de 
chair et de sang : instruction cruelle à laquelle ces jeunes ani • 
maux ne sont déjà que trop enclins parleur naturel : c'est de 
cette sorte qu'on voit les petits chats jouer adroitement de la 
patte , et sous un minois hypocrite déceler des sentimens 
féroces. Les jeunes animaux montrent ainsi les indices de 
leur caractère futur. 

Denique cur acrum violentia triste leonum 
Seminium sequitur , dolus vulpibus et fuga cervis 
A patribus datur, et potius pavor incitât arlus, 
Si non certa suo quia semine seminioque 
Vis animi pariter crescit cum corpore toto? 

Ldcbet. , Rer. nat. , lib. m , vers yC^—ji, 

Aussi voyons-nous que les chiens nés de père et mère 
instruits à la chasse, ont plus d'aptitude pour l'apprendre que 
les autres races ; de là vient le proverbe , bon chien chasse de 
race. C'est de la même manière que le maintien humble et 
doux de l'agneau présage l'esprit benêt du mouton et la stu- 
pidité bonace de la brebis ; il suffit de conduire l'un de ces 
animaux pour que tous suivent à la file , quand même on les 
meneroit noyer. L'instinct irascible et brutal du buffle , du 
taureau, la malignité du singe, la malpropreté du cochon, la 
lasciveté dubouc, la timidité du lièvre, l'impudence du chien, 



U A 371 

ia pétulance de la chèvre, la finesse du renard , ropiniâtrelc 
du mulet, la ténacité du blaireau , sont des caractères telle- 
ment naturels , qu'ils se déclarent même dès les premiers 
temps de leur naissance , comme la pesanteur dans le petit 
rhinocéros, le courage magnanime dans le lionceau, la per- 
fidie dans le jeune tigre, la voracité dans l'hyène, la sobriété 
dans le jeune chameau. Ainsi les petits des carnassiers , tels 
que les chiens, les ours, les loups , essayent l'usage de leurs 
dents en rongeant des os et même du bois. Les jeunes loutres, 
les petits des castors , courent déjà se baigner, et savent na- 
ger aussi Lien que les veaux-marins, tandis que les jeunes 
taupes, les rats fouisseurs essayent de creuser la terre avec 
leurs petites pattes de devant ; les écureuils nouveau-nés 
commencent à sautiller de branche en branche ; les jeunes 
chauve-souris s'apprennent à voltiger , les petits singes à 
grimper, le chevreau à escalader les roches et à frapper de ia 
tête ; le faon de biche s'exerce à de légères excursions pour 
se rendre ingambe ; le poulain élevant déjà sa courte cri- 
nière , ouvrant ses naseaux et aspirant la victoire, défie à la 
course ses jeunes rivaux. On le verra dans peu marcher fiè- 
rement sous son maître au champ de la gloire , enfoncer les 
plus épais bataillons au milieu du feu et de la mêlée , ou re- 
tourner triomphant de la course en présence des peuples, et 
aux acclamations de la multitude. Les chevaux sauvages ont 
même un naturel amoureux de la gloire ; vivant en troupes 
dans les immenses savanes de l'Amérique ou les steppes de 
la Tartarie , ils mesurent leur vitesse entre eux; couverts 
d'une noble poussière , ils se défient à franchir les ravins 
profonds , à traverser à la nage les grands fleuves. En faisant 
subir la castration à ces animaux, en les asservissant au joug 
de la<aptivité,nous les énervons, nous comprimons les élans 
de leur cœur généreux , nous les rendons lâches et effémi- 
nés , de fiers et audacieux qu'ils étoient dans leur état na- 
turel. 

C'est surtout dans les montagnes , les pays agrestes , que 
les bêtes sauvages deviennent plus farouches et plus terri- 
bles. Le sanglier, à la hure hérissée, à la gueule écumanle, à 
la croupe énorme et rebondie , sort de ses bois , et son seul 
aspect fait trembler d'épouvante les plus fiers habitans de la 
plaine. L'ours des Alpes, à l'approche du voyageur, fait 
retentir sa haute voix dans les éfhos des forêts pour appeler 
ses compagnons; son œil étincelle dans l'obscurité; nouveau 
Cacus, il gravit en silence au milieu des roches pour dépo- 
ser dans les cavernes les corps des hommes qu'il a mis à 
mort. Les autres animaux osent à peine lever les yeux sur 
ce monstre sauvage , et l'ardent chasseur ne passe qu'avec 



37a U A 

effroi près de son repaire. A mesure que les lieux sont plus 
incultes , plus solitaires , les animaux y deviennent plus fé- 
roces , parce que leur proie est rare , toujours disputée avec 
opiniâtreté par des concurrens affamés et nombreux ; de 
sorte que n'oblerunt rien que par la violence et la rapine, 
leur caractère contracte une aigreur farouche et une cruauté 
implacable. 

Au contraire les bêtes des pays de plaines , des vallées fer- 
tiles , trouvant une nourriture plus facile et moins disputée, 
amollies par les commodités de leur genre dévie, n'acquiè- 
rent jamais Taudace et Tâpreté des mœurs des animaux 
montagnards. Cette différence de caractère se remarque 
même parmi les hommes , car les habitans des montagnes 
sont bien autrement durs et vigoureux que les nations effé- 
minées , 1(!S peuples voluptueux des vallons et des plaines où 
règne l'abondance avec la joie et les plaisirs. 

Les antipathies des animaux paroissent même dues à cette 
différence dans les caractères; c'est ainsi que le loup elle 
chien sont ennemis. Le loup , qu'on peut regarder comme 
un chien sauvage , déteste celui qui s'est attaché à nous ; il 
le regarda comme tout dévoué à nos intérêts , ou plutôt 
comme vendu à un tyran pour détruire la race des loups; in- 
digné de la lâcheté d'un traître cédant sa liberté pour rece- 
voir , avec ignominie , un morceau de pain de la main d'un 
maître qui lui ordonne de sévir contre sa propre espèce , il 
attaque le chien avec fureur , et l'ayant mis à mort, assou- 
vit de chair et de sang sa cruauté et sa vengeance. Tous les 
animaux sauvages abhorrent de même ceux de leur espèce 
que rhomme a rendus domestiques , comme si ceux-ci hé- 
ritoient de la haine que chaque être nous voue parce que nous 
les tyrannisons tous. Aussi les animaux domestiques ne pa- 
roissent-ils qu'en tremblant devant leur espèce sauvage ; ils 
ont l'air de transfuges , d'apostats , de criminels ; ils parois- 
sent honteux, atterrés, parce que les individus sauvages étant 
plus libres et plus exercés , sont aussi les plus forts et man- 
quent rarement de les attaquer , de les punir