Skip to main content

Full text of "Pages d'histoire, 1914-1918"

See other formats


Univ.qf 
i Toronto 

llBRAW 



m 



n 



^â.\e-<=^ ^' H \ tto \ V c- 



a -a -;5 



i-Ês o^ôr2Lt\or»-& rT>i\Wa\re-S 



PAGES D'HISTOIRE - 1914-1915 

[oe SÉniE a 

MEMBRE DE Pl/uSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTES 



CHRONOLOGIE 

DE LA GUERRE 

(31 JUILLET -31 DÉCEMBRE 1914) 



Successu crescat honestum ! 
(LucAiN, IX, 571.) 



QUATRIEME MILLE 



Librairie Militaire Berger-Levrault 

PARIS I NANCY 

KVV. DES BEAUX-AnrS, 5-7 RUE DES GLACIS, l8 

30 Prix : 40 centimes. 



LIBUAUUE MILITAIRE BERGER -LEVKAULT 

PARIS, 5-1, rue des Beaux-Arts — rue des Glacis, 18, NANCY 

PAGES D'HISTOIRE- 1914-1915 



PLAN GENERAL 



1" Série. — L'Explosion vue de la frontière de l'Est (23 juillet — 
5 août). 5 volumes : a) Le Guet-Apens. — b) La Tension diplomatique. — 
c) En Mobilisation. — cQ La Journée du 4 août. — e) En Guerre. 
2' Série. — Les Pourparlers diplomatiques. 
Trois volumes parus : a) Livre bleu anglais. — b) Livre gris belge. — 

c) Livre orange russe. 

Sous presse : d) Livre bleu serbe. — e) Livre blanc allemand. 

3« Série. — Les Communiqués officiels. Suite chronologique des dépèches 
du Gouvernement français. C volumes parus (du 5 août au 3i décembre). 
4' Série. — Atlas-Index de tous les théâtres de la Guerre. 
a) Campagnes de France et de Belgique (34 cartes au 1/400000», en 4 cou- 
leurs; index alphabétique). 
En préparation : b) Campagnes des Vosges, d'Alsace, de Lorraine, de l'Al- 
lemagne de l'Ouest. — c) Cartes des principaux champs de bataille. — 

d) Front Est : Prusse Orientale, Galicie, Pologne, Hongrie. — e) Front 
Sud : Serbie, Bosnie-Herzégovine, etc. — f) Cartes d'ensemble d'Europe. 
Colonies allemandes. 

5' Série. —Les Mises à l'Ordre du Jour : Citations, Promotions, Légion 
d'honneur. Médaille militaire. 8 volumes parus (du 8 août au i.5 novembre). 

6t Série. — Pangermanisme. 

a) La Folie allemande, par Paul Verrier. — b) Traduction d'ouvrages pan- 
germanistes. — c) La Doctrine de guerre. — d) Les Faussaires. — e) Les 
Huns en France. — /) Les Huns en Belgique. — g) Manifestes des 98 et 
des Universités allemandes. — h) Paroles allemandes. 

7« Série. — L'Indignation du monde civilisé, 
u) La Séance historique de l'insiitut de France. — b) L'Allemagne et la 
Guerre, par Emile Boutroux, de l'Académie Française. — c) La Journée 
du 22 décembre. — d) Devant l'Académie des Inscriptions et Belles- 
Lettres. — e) Devant l'Académie Française. — /) La Protestation des 
grands hommes de l'étranaer. — g) Ordres du jour des sociétés savantes 
et artistiques. — h) Voix de neutres. — i) Paroles belges. 

8' Série. — La Guerre et la Presse mondiale. 

a) Extraits du Bulletin des Armées de la République (4 volumes parus). — 
b) Articles choisis dans les grands quotidiens de Paris. — c) Presse de 
province. — d) Presse des pays allies. — e) Presse des pays neutres. — 
f) Presse des pays ennemis. — g) Les meilleures Caricatures, les meil- 
leurs Poèmes et les meilleures Chansons. 

9' Série. — Pendant la Guerre. 
a) Le Canon de 75. — b) La Vie à Paris. — c) La Vie en Province. — d) La 
Vie à l'ttranger. Etc. 

10^ Série. — Les Opérations militaires. 

^.Isa 



Les Français en Alsace. — Les Français en Belgique. — La Retraite stra- 
tégique. — Le Grand Couronné de Nancy. — La Bataille de la Marne. — 
La Campagne des Vosges. — Bataille de l'Aisne. — Combats dans l'Ar- 
gonne et dans La Woêvre. — Bataille du Nord. — Chronologie de la guerre 
(3i juillet-3i décembre 191^}. Etc., etc. 



Chronologie 

de la Guerre 

(31 JUILLET = 31 DÉCEMBRE) 






30. CHRONOLOGIE DE LA GUERRK 



// a été tiré de ce volume cinquante-cinq exem- 
plaires numérotés à la presse, dont : 
5 sur papier du Japon (A'°« i à 5); 
5o sur papier de Hollande {N°^ 6 à 55). 



Chronologie 

de la Guerre 

(31 JUILLET=31 DÉCEMBRE) 



JUILLET-AOUT 



Vendredi 31 juillet. — A Berlin, proclama- 
tion de 1' « état de menace de guerre » ; le soir, 
ultimatum à la Russie ; l'Allemagne la somme 
de suspendre une mobilisation dont elle sait 
pourtant la difficulté et la lenteur. 

Le Gouvernement français répond à l'Angle- 
terre qu'il respectera la neutralité belge ; l'Alle- 
magne ne répond pas. 

La Russie et l'Autriche accepteraient un arrêt 
simultané de leurs préparatifs afin de poursuivre 
des négociations sur la question serbe. La pré- 
cipitation de l'Allemagne réduit à néant cette 
dernière chance de paix. 



4 PAGES d'histoire 

Samedi i®'' août. — L'Allemagne déclare la 
fjiierre à la Russie. Le soir, lamobilisalion fran- 
çaise est ordonnée. 

Dimanche 2 août. — Les Allemands violent 
la neutralité du Luxembourg, adressent un ulti- 
matum à la Belgique et font des incursions sur 
territoire français à Longlaville, Ciiey et Petil- 
Croix. 

L'Italie déclare à l'Allemagne qu'elle restera 
neutre. 

Le moratoriiim est promulgué en France. 

Lundi 3 août. — M. de Schœn quitte Paris; 
M. Cambon quitte Berlin. 

L'Italie notifie à la France qu'elle restera 
neutre. 

Sir Edward Grey déclare au Parlement que 
l'Angleterre protégera la neutralité belge et les 
côtes de la France. Il demande au Parlement un 
crédit de 2 milliards et demi; la mobilisation an- 
glaise est ordonnée. 

Le roi des Belges fait appel à l'Angleterre. 

Mardi 4 août. — Réunion du Parlement 
français; message du Président de la Républi- 
que. La limite légale d'émission des billets de la 
Banque de France est portée à 12 milliards. 

Au Parlement allemand, le chancelier Beth- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE O 

mauii-Hollweg s'exprime ainsi : « Nous avons 
été obligés de passer outre aux justes réclama- 
tions des Gouvernements belge et luxembour- 
geois. Le tort — je parle franchement — que 
nous leur faisons, nous nous efforcerons de le 
réparer quand notre but militaire sera atteint. » 

Ultimatum de l'Angleterre à l'Allemagne ; 
déclaration de guerre à 28 heures. 

L'Allemagne déclare la guerre à la Belgique. 
Les troupes allemandes prennent et brûlent 
Visé ; la cavalerie paraît devant les forts de 
Liège. 

Prise de Trieux, près Briey, par les Allemands. 

Le Gœbeii et le Breslaii lancent des bombes 
sur Bône et Philippeville. 

Mercredi 5 août. — L'Autriche-Hongrie 
déclare la guerre à la Russie. 

Le Danemark mobilise et sème des mines 
dans les deux Belt. 

Lord Kitchener est nommé secrétaire d'Etat 
à la Guerre. 

Les Allemands réduisent deux forts de Liège 
et pénètrent dans la ville. 

La cavalerie française se montre à Vie et à 
Moyenvic. 

Les Autrichiens bombardent Belgrade. 

Les Allemands occupent Kalicz (Pologne). 

Le croiseur anglais Amphion coule un mouil- 



O PAGES D HISTOIRE 

leur de mines allemand et saute lui-même après 
avoir touché une mine. 

Jeudi 6 août. — Les Allemands investissent 
Longwy et continuent à perdre du monde devant 

Liège. 

Vendredi 7 août. — Les Allemands évacuent 
Liège. Premiers débarquements de troupes 
anglaises. 

Les Serbes entrent en Bosnie. 

Samedi 8 août. — Les États-Unis font savoir 
qu'ils sont disposés à agir en médiateurs. La 
Suisse mobilise et proclame l'état de siège. 

Lord Kitchener demande loo.ooo volontaires. 

Les Allemands rentrent dans Liège. 

Les Français prennent Altkirch (le matin) et 
Mulhouse (le soir). 

Occupation de Togo par un croiseur anglais 
et la garnison française du Grand-Popo (Daho- 
mey). 

Dimanche 9 août. — Les Allemands offrent 
aux Belges de négocier. 

La cavalerie française entre en Belgique. 

Un sous-marin allemand est coulé par le Bir- 
mingham. 

Lundi 10 août. — La cavalerie allemande se 
montre entre Liège et Bruxelles. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 7 

Brillant succès français à Mangiennes, au nord 
de Verdun. Les Français prennent La Garde, 
entre Avricourt et Château-Salins. 

Les Russes sont devant Tilsit. 

Mardi il août. — Les Belges livrent aux 
Allemands les combats de Tirlemont, de Saint- 
Trond et de Diest. 

Succès français sur les crêtes des Vosges. 

Les Français évacuent Mulhouse. 

Le Gœben et le Breslaii entrent dans les Dar- 
danelles. 

Mercredi 12 août. — Déclaration de guerre 
de la France et de l'Angleterre à l' Autriche- 
Hongrie. 

Succès de la cavalerie belge près de Dinant. 

Succès français sur l'Othain (le ii et le 12). 

La Turquie prétend acheter le Gœben et le 
Bresiau. 

Jeudi 13 août. — Échec allemand à Hasselt. 
Les Français sont chassés de La Garde. 
Les Allemands bombardent Pont-à-Mousson. 
Les Russes repoussent les Autrichiens à Sokal 
(nord-est de la Galicie). 

Vendredi 14 août. — Des troupes françaises 
entrent à Charleroi, se dirigeant sur Gembloux. 



O PAGES D HISTOIRE 

Le maréchal French se rend au quartier gé- 
néral français (à Paris le lendemain). 

Les Français occupent le Donon, la ville et le 
col de Saales et repoussent les Allemands à 
Schirmeck. 

Des avions français jettent des bombes sur le 
hangar des dirigeables à Metz. 

Samedi 15 août. — Ultimatum du Japon à 
l'Allemagne. 

A Dinant, les Allemands sont repoussés par 
la cavalerie française sur la rive droite de la 
Meuse. 

Les, Français prennent Blâmont et Cirey ; ils 
reprennent Thann et s'emparent d'un drapeau 
allemand à Saint-Biaise. 

Proclamation du Tsar promettant la liberté 
aux Polonais. 

Dimanche 16 août. — Vifs combats à Spin- 
court (jusqu'au i8). Les Français prennent 
Sainte-Marie-aux-Mines et sont vainqueurs de la 
garnison de Strasbourg à Schirmeck. En Haute- 
Alsace, ils tiennent la ligne Thann — Cernay — 
Dannemarie. 

Une escadre franco-anglaise paraît dans 
l'Adriatique. 

Lundi 11 août. — Progrès des Français dans 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE Q 

les vallées des Vosges et dans la région des 
étangs. Marsal est pris ; la cavalerie française 
arrive à Château-Salins. 

Les Russes sont vainqueurs à Stallupônen 
(Prusse Orientale). 

L'escadre alliée coule un croiseur autrichien 
devant Antivari. 

Mardi i8 août. — Victoire des Serbes sur 
les Autrichiens à Ghabatz. 

Mercredi 19 août. — A l'est de la Meuse, 
les Allemands atteignent la ligne Dinant — Neuf- 
château, avec avant-gardes sur la Dyle. Ils 
entrent à Louvain et y procèdent à de premières 
destructions. Combat à Perwez, au nord de 
Namur, contre la cavalerie française. 

L'armée belge, défaite à Aerschot, se replie 
sur Anvers. 

Nouveaux progrès des Français en Lorraine. 
Leur ligne s'étend de la région au nord de Sar- 
rebourg en passant par Morhange jusqu'à 
Delme. Dieuze leur appartient. 

Les Français reprennent Mulhouse et occupent 
Guebwiller. 

Les Russes repoussent la cavalerie autri- 
chienne entre Kielce et Dubno (Pologne). 

Jeudi 20 août. — Les Allemands occupent 
Bruxelles et bombardent Namur. 



10 PAGES D HISTOIRE 

Les Français, en Lorraine, éprouvent de 
graves échecs près de Sarrebourg et de Mor- 
hange ; ils battent en retraite sur la Seille et le 
canal de la Marne au Rhin. 

Les Russes, vainqueurs à Gumbinnen, pren- 
nent Goldap etLyck (Prusse Orientale). 

Vendredi 21 août. — Bombardement de 
Namur. 

Achèvement de la concentration des troupes 
anglaises. 

Combats sur les hauteurs au nord de Luné- 
ville. 

Succès français à Dornach; nouvelle occupa- 
tion de Mulhouse et d'Altkirch. 

Un dirigeable allemand est détruit sur la 
route de Celles à Badonviller. 

Samedi 22 août. — Commencement d'une 
bataille générale entre Mons et la Moselle 
(bataille dite de Charleroi). 

Échec des Français devant Longwy. 

Les Allemands brûlent Nomeny et fusillent 
les habitants. 

Victoire serbe sur la Drina. 

Les Russes évacuent Kielce (Pologne). 

Dimanche 23 août. — Bataille très vive entre 
Charleroi, Namur et Dinant. Les Allemands 
attaquent les Anglais à Mons. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE I I 

Prise de Luné ville par les Allemands. 

Échec sur la Semoy de l'armée française de la 
Meuse. 

Les Français évacuent le Donon et le col de 
Saales. 

(21-23.) Les Russes prennent Soldau, Allen- 
stein, Bischofsburg, Neidenburg, Willenbenj, 
Johannisburg, Ortelsburg. 

Le Japon déclare la guerre à l'Allemagne. 

Lundi 24 août. — Les Alliés abandonnent la 
ligne de la Sambre ; les Anglais se retirent sur 
Maubeuge. 

Les Allemands massacrent la population civile 
de Dinant, 

L'armée belge d'Anvers s'avance au delà de 
INIalines. 

Retraite des Français à l'ouest de la Meuse. 

Les Allemands occupent Mézières. 

Nouvelle offensive française au nord de 
Nancy. 

Bombardement d'Étain par les Allemands. 

Les Autrichiens avancent en Pologne au delà 
de Kielce. 

Premiers bpmbardements de Cattaro et de 
Tsing-tao. 

Mardi 25 août. - Les Allemands occu|)enl 
Namur. 



12 PAGES D HISTOIRE 

Les Anglais se retirent sur Gamljiai — Le Gâ- 
teau— Landrecies. 

La cavalerie allemande se montre à Lille et à 
Douai. 

Les Allemands prennent Sedan, après un vif 
combat. 

Les Français évacuent Mulhouse. 

Les Autrichiens sont chassés de Serbie; ils 
repoussent les Russes à Krasnik et s'avancent 
sur Lublin. 

L'Autriche déclare la guerre au Japon. 

Mercredi 26 août. — Incendies, pillages et 
meurtres ordonnés par Manteuffel à Louvain. 
L'Université et sa bibliothèque sont réduites en 
cendres. 

Des troupes d'Alsace sont dirigées vers le 
nord de la France. 

Recul des lignes françaises dans la région de 
Saint-Dié. 

Les Autrichiens évacuent le sandjak de Novi- 
Bazar. 

Commencement de la grande bataille de 
Lemberg entre les Autrichiens et les Russes. 

Jeudi 27 août. — Nouveau ministère fran- 
çais : Millerand remplace Messimy à la Guerre; 
Delcassé remplace Doumergue aux AfTaires 
étrangères. Le général Gallieni commande le 
camp retranché de Paris. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 15 

Débarquement de marins anglais à Ostende. 
Échec des Anglais au nord de Saint-Quentin. 
Capitulation de Longwy. 

Bombardement de Saint-Dié par les Alle- 
mands. 

Vendredi 28 août. — Retraite des Anglais 
sur Noyon — Chauny — La Fère. 

Les Allemands franchissent la Meuse et mar- 
chent dans la direction de Laon. 

Prise du fort de Manonviller, près d'Avricourt, 
par les Allemands. 

Victoire des Russes sur les Autrichiens à 
Lutzow. 

Les Russes se préparent à assiéger Kœnigs- 
berg. 

Destruction d'un dirigeable allemand à Mlava 
(Pologne). 

Défaite de la flotte allemande près d'Helgo- 
land ; elle perd trois croiseurs. 

Samedi 29 août. — Les Anglais se retirent 
sur la ligne Compiègne — Soissons. 

Violents combats entre Français et Allemands 
à Lannoy, Signy-l'Abbaye et Novion-Porcien. 

Les Allemands occupent La Fère. 

Succès français à Guise. 

Après une bataille de trois jours à Tannenberg, 
entre Gilgenburg et Ortelsburg (Prusse Orien- 



l4 PAGES D HISTOIRE 

laie), l'aile gauche russe est contrainte à une 
retraite périlleuse et perd beaucoup d'hommes 
et de matériel. 

Dimanche 30 août. — Retraite des Alliés sur 
les lignes de la Somme et de l'Oise. 

Premières bombes lancées par des avions 
allemands sur Paris. 

Le croiseur Wilhelm der Gi^osse est coulé par 
le Highjlower . 

Lundi 31 août. — Retraites des Alliés sur la 
Seine, l'Oise et la haute Meuse. 

Les Allemands à Givet. 

Bataille entre la Meuse et Relhel; l'armée 
française se replie sur l'Aisne, la Vesle, Reims 
et Verdun. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE l5 



SEPTEMBRE 



Mardi i^'' septembre. — Les Anglais tien- 
nent la ligne Villers-Cotterêts — Compiègne. Suc- 
cès anglais au sud de Compiègne. 

Bombardement de Soissons, qui est occupé. 

Mercredi 2 septembre. — Nouveau recul 
des Alliés. Les Anglais sur la ligne Chantilly — 
Nanteuil. 

Le défaite des Autrichiens à Lcmberg est 
définitive, après sept jours de combats. 

Les Russes, repoussés à Hrubieskow en 
Pologne, au nord de Lemberg, reculent sur le 
Boug. 

Bombardement de Cattaro par les flottes 



Jeudi 3 septembre. — Le Gouvernement 
français se transporte à Bordeaux. 

Les Anglais se retirent au sud de la Marne, 
entre Lagny et Signy. Les Allemands sont par- 
venus à Suippes, Ville-sur-Tourbe et Château- 
Thierry. 



i6 



PAGES D IIISTOIRK 



Vendredi 4 septembre. — Les Alliés s'obli- 
gent, par la déclaration de Londres, à ne pas 
conclure de paix séparée. 

Quelques gros canons allemands sont noyés 
devant Anvers. 

L'armée allemande se dirige vers le sud-est, 
se détournant de Paris. 

Les Allemands occupent Scnlis, Reims, 
Epernay. Ils passent la Meuse à Consenvoye. 

Occupation de Lemberg et de Halicz par les 
Russes. 

Samedi 5 septembre. — Les Allemands 
prennent Pont-à-Mousson. 

Echec français devant Ensisheim en Alsace. 

Victoire russe sur les Autrichiens à Tomaszov 
(gouvernement de Lublin). 

Le Pathjînder touche une mine et coule. 

Dimanche 6 septembre. — Les Allemands 
passent la Marne à La Ferté-sous-Jouarre; ils 
pénètrent jusqu'à Provins. 

Sanglant combat à Beauzée, au sud-ouest de 
Verdun. 

Échec des Allemands à Jezainville, près de 
Pont-à-Mousson. 

Lundi 7 septembre. — Capitulation de Mau- 
beuge. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE I7 

Offensive générale des Alliés sur la ligne 
Nanteuil - le - Haudouin — Meaux — Sézanne — Vi- 
try-le-François. Combats sur l'Ourcq et le Petit- 
Morin. 

La cavalerie russe atteint les Carpathes. 

Mardi 8 septembre. — Échec allemand à 
Termonde en Belgique. 

Les Alliés forcent le passage du Petit-Morin. 
Les Allemands cèdent à l"'aile gauche; com- 
bats acharnés entre La Fère-Champenoise, Vitry- 
le-Fraaçois et la pointe sud de l'Argonne. 

Une violente attaque des Allemands sur 
Nancy est repoussée au nord de la forêt de 
Champenoux. 

Les Allemands bombardent le fort de Troyon. 

Sanglant combat à Ippécourt, à l'ouest de 
Verdun. 

Victoire des Serbes à Ratcha. 

Recul des Russes en Bukovine ; ils battent les 
Autrichiens à Krasnotav dans la région de 
Lublin, prennent Nikolaïev en Galicie et occupent 
Stryi. 

Mercredi 9 septembre. — Les Anglais 
passent la Marne et poursuivent les Allemands 
vers le nord. 

Les Français sont vainqueurs sur l'Ourcq et 
à Montmirail. 

30. CHRONOLOGIE DE LA GUEHRE 2 



lO PAGES D HISTOIRE 

Les Monténégrins se montrent au sud de 
Serajevo. 

Des troupes anglo-indiennes quittent l'Inde 
pour Marseille et d'autres ports. 

Jeudi 10 septembre. — La Garde^prussienne 
est refoulée au nord des marais de Saint-Gond. 
Violents combats entre le camp de Mailly et 
Vitry-le-François . 

L'assaut des Allemands sur le fort de Troyon 
est repoussé. 

Les Allemands évacuent Pont-à-Mousson. 

Les Serbes occupent Semlin; les Autrichiens 
sont rejetés sur la rive gauche de la Drina. 

Vendredi li septembre. — Le centre alle- 
mand plie à Sézanne et bat en retraite. Rentrée 
des Français à Épernay et à Vilry-le-François. 

Les Allemands cèdent du terrain dans le sud 
de l'Argonne. 

Les Serbes marchent sur Visegrad. 

Les Russes assiègent Grodec en Galicie. 

Samedi 12 septembre. — Les Allemands 
évacuent Saint-Dié, Lunéville, Raon-l'Étapc, 
Baccarat. Ils résistent à l'ouest de Soissons, au 
sud de Missy et de Vailly. 

Nouveaux échecs des Russes dans la Prusse 
Orientale; ils se retirent vers le Niémen. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE I9 

Prise de Tomaszov par les Russes, après une 
nouvelle victoire "sur les Autrichiens. 



Dimanche 13 septembre. — Les Belges 
reprennent Malines et Aerschot. 
Les Français rentrent dans Amiens. 
Les Français débloquent le fort de Troyon. 

Lundi 14 septembre. — La retraite alle- 
mande s'arrête derrière l'Aisne et au nord de 
Reims. 

Une lutte très vive est engagée par les Alliés 
pour le passage de l'Aisne près de Soissons ; 
ils l'effectuent. 

En Lorraine, le quartier général allemand 
passe de Sainte-Menehould à Montfaucon; le 
front est marqué par la ligne Varennes — Con- 
senvoye. 

Mardi 15 septembre. — Les Russes pren- 
nent Czernovitz en Bukovine. 

Mercredi i6 septembre. — Les Allemands 
entrent à Valenciennes. 

Ils résistent sur les hauteurs au nord de 
l'Aisne. 

Les Russes évacuent la Prusse Orientale. 

Les Autrichiens évacuent la Galicie Orien- 
tale. 



20 PAGES D HISTOIRE 

Un sous-marin torpille le croiseur Hela au 
sud d'Helgoland. 

Jeudi 17 septembre. — Le commandant 
général des forces de l'Union (Afrique du Sud), 
Ghr.-Fred. Beyers, donne sa démission, parce 
qu'il condamne l'action engagée par Botha 
contre le Sud-Ouest Africain allemand. C'est 
l'origine de la révolte des Boers. 

Vendredi 18 septembre. — Les Allemands 
se renforcent par des troupes venues de Lor- 
raine. 

Les Russes prennent Sandomir. 

Samedi 19 septembre. — Progrès des Fran- 
çais vers No^'on ; vifs combats vers Craonne ; 
prise de Souain. 

Les Allemands attaquent les forts de la 
Meuse. 

Dimanche 20 septembre. — Les Allemands 
bombardent Reims et sa cathédrale. 

Le Carmania coule le Cap Trafalgar sur la 
cote est de l'Amérique du Sud. 

Lundi 21 septembre. — Les Allemands 
attaquent de nouveau le fort de Troyon, sans 
pouvoir le prendre, et occupent Hattonchâtel. 

Les Russes prennent Jaroslav. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 2 1 

Mardi 22 septembre. — Trois croiseurs 
anglais, Aboiikir, Hogiie, Cressy, sont coulés 
au nord de Hoek van Holland par des sous-ma- 
rins allemands. 

Mercredi 23 septembre. — Vifs combats 
entre la Somme et l'Oise. 

Des avions anglais bombardent le hangar des 
dirigeables à Dusseldorf. 

Jeudi 24 septembre. — Les Allemands 
occupent Péronne. 

Les Russes investissent Przemysl. 

Vendredi 25 septembre. — Les Allemands 
bombardent de nouveau Reims. Ils prennent, 
sur les Côtes de Meuse, le fort du Camp-des- 
Romaius et occupent Saint-Mihiel . 

Samedi 26 septembre. — Les Allemands 
commencent le siège d'Anvers. 

Violents combats entre la Somme et l'Oise, 
entre Souain et l'Argonne. 

Les 'Allemands franchissent la Meuse, attei- 
gnent l'Aire, mais sont repoussés sur Saint- 
Mihiel. 

Les Allemands bombardent inutilement Osso- 
vetz ; les Russes prennent Augustovo et rejettent 
les Allemands sur Suvalki et Mariampol. 



22 PAGES D HISTOIRE 

Dimanche 21 septembre. — Sur tout le 
front français, de violentes attaques allemandes 
sont repoussées. 

Lundi 28 septembre. — Les attaques alle- 
mandes, particulièrement dirigées contre le 
centre français, ne réussissent point. 

Les Russes envahissent le nord de la Hon- 
grie. 

Mardi 29 septembre. — Les Allemands 
bombardent la première ligne des forts d'An- 
vers. 

Les Allemands détruisent entièrement Or- 
chies. 

Vifs combats à Tracy-le-Mont et à Albert. 

Le jalonnement de notre front, indiqué par le 
Communiqué du 29 septembre, montre que la 
ligne française a un peu fléchi vers l'ouest ; 
nous avons perdu Lassigny et Chaulnes. 

Les Russes repoussent les Allemands sur le 
Niémen. 

Les Japonais bombardent Tsing-tao. 

Mercredi 30 septembre. — Les Allemands 
détruisent deux forts d'Anvers. 

Mouvement des troupes françaises vers le 
nord. Combats autour de Roye. 

Les Français occupent Seicheprey et les pentes 
du Rupt de Mad. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 23 

Les Allemands se fortifient au sud du gouver- 
nement de Kielce. 

L'Italie proteste auprès de l'Autriche contre 
la pose de mines flottantes dans l'Adriatique. 



24 PAGKS d'histoiri: 



OCTOBRE 



Jeudi 1er octobre. — Bataille à Roje ; l'ac- 
tion s'étend vers Arras. 

Les Français détruisent le pont jeté par les 
Allemands sur la Meuse à Saint-Mihiel. 

On annonce le débarquement des Indiens à 
Marseille. 

Les Turcs ferment les Dardanelles. 

Vendredi 2 octobre. — Les Allemands pren- 
nent Termonde. 

Combats entre Roye et Lassigny; les Français 
sont repoussés au débouché d' Arras. 

Les Russes prennent Mariampol. 

Les Monténégrins et les Serbes avancent vers 
Serajevo. 

L'Angleterre sème des mines dans la mer du 
Nord. 

Samedi 3 octobre. — Chute des défenses 
extérieures d'Anvers. 

L'armée anglaise commence à remonter de 
l'Aisne vers le nord. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 25 

L'État-major allemand prend le commande- 
ment des forces autrichiennes. 



Dimanche 4 octobre. — Les Belges, devant 
Anvers, se retirent sur la Nèthe. 

Violent combat à Arras. 

Les Français prennent des tranchées alle- 
mandes près de Soissons. 

Les Autrichiens repoussent les Monténégrins, 
qui s'éloignent de Serajevo. 

Défaits entre Augustovo et Suvalki, les Alle- 
mands se retirent. 

Lundi 5 octobre. — Le grand-duc Nicolas 
annonce au général Joffre la victoire des Russes 
à Augustovo. 

Mardi 6 octobre. — Les Allemands prennent 
Lierre, près d'Anvers. 

Des masses de cavalerie allemande paraissent 
autour de Lille. 

Les Allemands avancent en Pologne vers la 
Vistule. 

Mercredi 7 octobre. — Commencement du 
bombardement de la ville d'Anvers. 
Les Russes se retirent de Hongrie. 

Jeudi 8 octobre. — Combats violents près de 



20 PAGES D HISTOIRE 

Roye. Les deux cavaleries se rapprochent de la 
mer du Nord. 

Les Russes prennent Lyck. 

Vendredi 9 octobre. — Reddition d'Anvers, 
après douze jours de siège. Une partie delà gar- 
nison passe en Hollande, le reste gagne la côte 
belge et échappe à la poursuite allemande. 

Vifs combats à Roye et entre Lille et La 
Bassée. 

Les Allemands approchent d'Ivangorod; com- 
mencement d'une bataille de vingt jours. 

Nouveau raid des aviateurs anglais sur Dus- 
seldorf. 

Samedi 10 octobre. — Reddition des der- 
niers forts d'Anvers. 

Les Allemands bombardent Lille. 

Apremont est pris par les Allemands et repris 
par les Français. 

Mort du roi Carol de Roumanie. 

Dimanche 11 octobre. — Combats de cava- 
lerie à l'ouest de Lille et près de Hazebrouck. 

Les Allemands occupent Lille. 

L'armée allemande atteint la Vistule à Grodec. 

Combats sur le front Ivangorod — Varsovie. 

Les Russes lèvent le siège de Przemysl. 

Le croiseur russe Pallada est coulé par une 
mine dans la Baltique, 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 27 

Lundi 12 octobre. — Les Allemands occu- 
pent Gand. 

La cavalerie française prend l'offensive entre 
Hazebrouck et Béthune. 

Progrès des Français dans les Hauts de Meuse. 

La cavalerie russe entre de nouveau en Hon- 
grie. 

Mardi 13 octobre. — Les Alliés occupent 
Ypres. 

Les Allemands reprennent Lyck. 

Mercredi 14 octobre. — Les Allemands 
occupent Bruges. 

Les Anglais occupent Bailleul. 

Le Gouvernement belge s'établit au Havre. 

Le Conseil fédéral suisse constate l'existence 
du choléra en Serbie, en Russie et en Galicie (il 
n'y a d'épidémie qu'en Galicie). 

Jeudi 15 octobre. — Les Allemands occupent 
Ostende. 

La ligne alliée s'étend d'Ypres à la mer. 

Les Alliés occupent Estaires. 

Les Allemands prétendent avoir repoussé 
huit corps d'armée russes en Pologne. 

Le Yarmouth coule le Markomannia près de 
Sumatra et s'empare du charbonnier grec Pon- 
foporos. 



28 PAGES d'histoire 

Vendredi 16 octobre. — Bataille autour de 
Lille. 

Les Alliés occupent Fleurbaix et Armentières, 
repoussant les Allemands qui s'avançaient sur 
Béthune. 

Reprise du bombardement de Gattaro. 

Le croiseur Hawke est coulé par une mine 
dans la mer du Nord. 

Samedi 11 octobre. — Vains efforts des 
Autrichiens pour passer le San. 

Le croiseur Undaiinted coule quatre torpil- 
leurs allemands sur la côte de Hollande. 

Dimanche 18 octobre. — L'armée belge 
contient les Allemands sur l'Yser. 

Lundi 19 octobre. — Les Belges s'avancent 
jusqu'à Roulers, puis reculent. 

Violents combats près de La Bassée, d'Arras 
et de Chaulnes. 

L'escadre anglaise canonne les Allemands 
entre Nieuport et Dixmude. 

Mardi 20 octobre. — Résistance des Belges 
sur l'Yser. 

Les Français débouchent sur la rive droite de 
la Meuse, dans la presqu'île du Gamp-des-Ro- 
mains. 



CHRONOLOGIE DE LA. GUERRE 2g 

Devant Varsovie, l'attaque allemande faiblit; 
les Russes prennent l'offensive. 

Mercredi 21 octobre. — Bombardement 
d'Arras. 

La retraite allemande s'accuse à l'ouest de 
Varsovie. 

Les Allemands prétendent avoir, à ce jour, 
149.000 prisonniers français, 107.000 russes, 
32.000 belges, 9.000 anglais. 

Les Anglais accusent, à ce jour, une perte 
totale de 67.000 hommes, y compris les ma- 
lades. 

Jeudi 22 octobre. — De nouvelles forces 
allemandes, amenées sur le front, attaquent 
entre la mer et le canal de La Bassée. 

Vendredi 23 octobre. — Les Alliés perdent 
du terrain à La Bassée et en gagnent près d'Ar- 
mentières. 

Les Russes prennent l'offensive au nord de 
Jaroslav en Galicie. 

Samedi 24 octobre. — Les Allemands pas- 
sent le canal entre Nieuport et Dixmude ; ils 
progressent aussi à La Bassée. 

La division indienne de Lahore arrive sur le 
front. 



3o PAGES d'histoire 

Les Russes sont vainqueurs sur le front 
Petroko V — Radom . 



Dimanche 25 octobre. — Les Français per- 
dent Vermelles, attaqué depuis le i6. 

Les Russes avancent sur Loviez, Skiernievice 
et Rava. 

Lundi 26 octobre. — Les progrès des Alle- 
mands sont arrêtés sur l'Yser. 

Violents combats entre La Bassée et la 
Somme. 

Mardi 27 octobre. — Les Belges défendent 
la voie ferrée de Dixmude à Nieuport; les Alliés 
progressent entre Ypres et Roulers. 

Les Allemands, à l'est de Nancy, sont refoulés 
au delà de la frontière. 

Mouvements insurrectionnels dans l'ouest du 
Transvaal et le nord de l'État d'Orange, à l'ins- 
tigation du général Bejers et de Christian de 
Wet. 

Le cuirassé Audacîous est détruit par une 
mine sur la côte anglaise. 

Mercredi 28 octobre. — Les Allemands sont 
repoussés sur le front Nieuport — Dixmude. 

Les Français occupent Le Quesnoy-en-San- 
terre, à l'ouest de Roye, qu'ils ont perdu. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE ÔI 

Les Russes reprennent Lodz, Radom et 
avancent en Galicie au sud de Sambor. 

L'État-major allemand avoue la retraite alle- 
mande en Pologne. 

Jugement des meurtriers de l'archiduc Fran- 
çois-Ferdinand à Serajevo. 

Jeudi 29 octobre. — L'inondation de l'Yser, 
tendue par les Belges, force les Allemands à 
reculer. 

Les Anglais, attaqués près de La Bassée, se 
replient, puis regagnent du terrain. 

Le prince Louis deBattenberg,y?r5^iS'(?a Lord 
ofthe Admiralty, donne sa démission. 

Deux contre-torpilleurs turcs coulent une 
canonnière russe dans le port d'Odessa, jettent 
des bombes sur la ville et tirent sur un paquebot 
français. Un croiseur turc bombarde Théodosie ; 
un autre paraît devant Novorossisk. 

Vendredi 30 octobre. — Les Allemands pro- 
gressent au sud d'Ypres. 

Ils progressent aussi sur le chemin des Dames, 
au delà de l'Aisne, et refoulent les Français 
au delà de Vaillj. 

A Bakalayevo (Prusse Orientale), où ils ont 
attaqué les Russes, ils sont repoussés après 
cinq jours de combat. 

Les ambassadeurs de France, de Grande- 



32 PAGES d'histoire 

Bretagne et de Russie à Constantinople de- 
mandent leurs passeports. 

Samedi 31 octobre. — Violente offensive 
allemande sur le front belge. 

Les Russes occupent de nouveau Czernovitz 
en Bukovine. 

Le croiseur anglais Hermès est coulé par un 
sous-marin dans le Pas-de-Calais. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 33 



NOVEMBRE 



Dimanche i^*" novembre. — A la suite de 
violentes attaques, les Allemands occupent Mes- 
sines, au sud d'Ypres. 

L'escadre anglaise, en vue des côtes du Chili, 
engage un combat contre l'escadre allemande 
du Pacifique; les Anglais perdent deux croi- 
seurs et n'en endommagent aucun. 

Lundi 2 novembre. — Les Allemands 
évacuent la rive gauche de l'Yser, sauf quelques 
points. 

Concentration de huit corps d'armée alle- 
mands autour d'Ypres, en vue d'une attaque 
générale. 

Les Russes reportent la guerre dans la Prusse 
Orientale. 

De grands renforts allemands sont envoyés 
en Pologne. 

L'Amirauté anglaise déclare que toute la mer 
du Nord est « zone militaire » . 

Mardi 3 novembre. — L'attaque allemande 

30. (:hronoix)gie de ijv guerre 3 



34 PAGES d'histoire 

sur l'Yser paraît abandonnée ; l'État-major dé- 
clare que les inondations au sud de Nieuport 
rendent toute opération impossible. 

Sur l'Aisne, les Allemands occupent Chavonne 
et Soupir ; les Français reprennent l'ofïensive à 
l'est de Vailly. 

Les Russes battent les Autrichiens et occupent 
Kielce. 

Deux croiseurs allemands lancent des bombes 
sur Yarmouth. 

La flotte anglaise bombarde et occupe Akaba 
sur la Mer Rouge. 

Les flottes alliées bombardent les forts des 
Dardanelles. 

Mercredi 4 novembre. — Les Français pro- 
gressent à l'est du Quesnoy-en-Santerre et vers 
Vailly. 

Les Russes sont à Sandomir, près du con- 
fluent de la Vistule et du San; le quartier 
général allemand est transféré à Czenstochov. 

Fin de la grande bataille livrée par les Russes 
aux Autrichiens depuis le 23 octobre. Les 
Russes ont fait 19.000 prisonniers et pris 
4o canons. 

Les Autrichiens, vaincus, se retirent dans les 
Carpathes. 

Le général Joflre félicite le grand-duc Nicolas. 

Les Russes avancent dans le Caucase ; ils 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 35 

prennent Diadin et Bayezid en Arménie (nord- 
est du lac Van). 

Le croiseur allemand Yorck, revenant de 
farmouth, est coulé par une mine allemande 
dans la baie de Jahde. 

Jeudi 5 novembre. — Les Allemands occu- 
pent le Bois Brûlé au sud-est de Saint-Mihiel. 

liCs Russes ont reconquis tout le réseau ferré 
de la Pologne. Ils reprennent Mlava. 

L'Angleterre annexe Chypre. 

Vendredi 6 novembre. — Bataille acharnée 
autour d'Ypres, entre Armentières et LaBassée. 

Les Russes attaquent les Autrichiens en fuite 
sur la Nida. 

Samedi 7 novembre. — Les attaques alle- 
mandes sur Cambrin, Aix-la-Noulette et Le 
Quesnoy sont repoussées. 

Les Français font des progrès autour de Sois- 
sons, que les Allemands ont bombardé, et re- 
prennent des tranchées au nord-est de Vailly. 

L'armée russe du Caucase prend Koeprikeui 
(à l'est d'Erzeroum). 

Suivant un document officiel, les Russes ont 
actuellement 5i corps d'armée à 3 divisions et 

2 corps de cavalerie à 2 divisions, contre 
22 corps austro-allemands à 2 divisions, 8 à 

3 divisions et moins de 2 divisions de cavalerie. 



36 PAGES d'histoire 

Capitulation de la forteresse allemande de 
Tsing-tao, en Chine, qui se rend aux Japonais 
après un siège et un bombardement. 

Premier engagement des Boers loyaux avec le 
rebelle Beyers au Transvaal, 

Dimanche 8 novembre. — Les Français 
occupent le plateau de Vregny, au nord-est de 
Soissons. 

Les Russes reprennent Eydtkuhnen et Stallu- 
pônen ; ils avancent dans la forêt royale de 
Rominten (Prusse Orientale). 

En Silésie, les avant-gardes russes détruisent 
la gare de Pleschen, à 80 kilomètres de Posen. 

Dans le Caucase, retour offensif des Turcs à 
Koeprikeui. 

L'escadre russe coule quatre transports turcs 
près de Trébizonde dans la Mer Noire. 

Les Anglais occupent Fao, sur le Golfe Per- 
sique, terminus du câble sous-marin vers l'Inde. 

Lundi 9 novembre. — Violente bataille de- 
puis la mer jusqu'à Arraentières; bombardement 
d'Ypres par les Allemands. La situation des 
Anglais y est dangereuse. 

Les Russes à Soldau (Prusse Orientale) et à 
Kalicz (au nord-est de Breslau). La Silésie s'in- 
quiète. 

L'escadre russe bombarde Héraclée sur la 
Mer Noire. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 87 

Les Autrichiens attaquent les lignes serbes à 
Krupanje, Misar et Platina. 

VEmden coule à Sabang le contre-torpilleur 
français Mousquet. 

Mardi iO novembre. — Les Allemands 
prennent Dixmude, mais ne peuvent en débou- 
cher. Au sud d'Ypres, ils occupent Saint-Éloi. 

Progrès des Anglais à l'est de Béthune. 

Les Russes à Goldap (Prusse Orientale). 

L'aile gauche russe atteint Miechov, à 35 kilo- 
mètres au nord de Gracovie. 

Le croiseur allemand Emden est mis à la côte 
et brûlé par le croiseur australien Sydney à l'île 
des Cocos (Océan Indien) ; le croiseur Kœriiys- 
berg est immobilisé par le Chatham près de l'île 
de Mafia (Afrique Orientale allemande). 

Mercredi H novembre. — La Garde prus- 
sienne pénètre dans Ypres pendant la nuit, mais 
en est délogée par les Anglais. 

Les Allemands fortifient Czenstochov et ren- 
forcent Thorn. 

Le torpilleur anglais Niyer est coulé, à la 
hauteur de Douvres, par un sous-marin alle- 
mand. 

Jeudi 12 novembre. — La lutte continue 
autour d'Ypres; les Allemands occupent Lom- 
barlzyde. 



38 PAGES d'histoire 

Première neige dans les Vosges. 

Les Russes occupent Johannisburg et les pas- 
sages à l'est des lacs mazuriens. 

Przemysl est de nouveau assiégé par les 
Russes. 

Les Monténégrins sont attaqués à Grahovo 
par des forces supérieures. 

Un iradé du Sultan proclame l'état de guerre 
entre la Turquie et la Triple Entente. 

Défaite des rebelles du Transvaal. 

Vendredi 13 novembre. — Le Gouverne- 
ment anglais décide de lever encore i million 
d'hommes, pour porter l'armée britannique au 
chiffre de 2.18G.000, sans compter les territo- 
riaux. 

L'attaque allemande faiblit autour d'Ypres. 

Les Français prennent Tracy-le-Val, sauf le 
cimetière. 

Les Russes sont à 3o kilomètres de Thorn, où 
les Allemands ont amené i.ooo canons. 

En Galicie, les Russes s'établissent sur la 
Dunaietz et prennent d'assaut les positions au- 
trichiennes dans la région de Sanok-Turka. 

Un torpilleur français coule un sous-marin 
allemand. 

Samedi 14 novembre. — Mort du maréchal 
Lord Roberts, venu en France pour inspecter 
les troupes de l'Inde. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE Sq 

Les Russes sont arrêtés dans la Prusse Orien- 
tale. 

Une nouvelle offensive allemande, partie de 
Thorn, se prononce sur les deux rives de la Vis- 
tule, vers Rypin et Vloclavek. Recul des avant- 
gardes russes. 

Dimanche 15 novembre. — De nouvelles 
inondations prolongent jusqu'à Dixmude le ter- 
rain inaccessible autour de l'Yser. 

Retraite des Serbes, devant des forces autri- 
chiennes très supérieures, sur la Koloubara. 

Défaite de Beyers au Transvaal. 

Lundi 16 novembre. — Les Allemands atta- 
quent inutilement Ypres et essaient en vain de 
passer l'Aisne près de Vailly. 

Une forte armée allemande, débouchant de 
Thorn, bouscule les Russes à Vloclavek et à 
Kutno ; ils se retirent à 80 kilomètres plus loin, 
sur la ligne Plock — Lecyca. Berlin illumine. 

Le Sultan proclame la guerre sainte. 

Mardi 17 novembre. — Légère avance des 
Alliés en Belgique. 

Mercredi 18 novembre. — Les Allemands 
font sauter les casernes de Ghauvoncourt (ouest 
de Saint-Mihiel), dont les Français s'étaient 
emparés. 



40 PAGES d'histoire 

Les Russes sont repoussés à Soldau. 

Au sujet de leur retraite en Pologne, l'Etat- 
major allemand met le public en garde contre 
un optimisme prématuré, vu la force numérique 
énorme de l'armée russe. 

Les Austro-Allemands, appuyés sur la ligne 
Czenstochov — Cracovie, prennent à leur tour 
l'offensive. 

Les Russes sont arrêtés dans le Caucase par 
des attaques turques. 

Jeudi 19 novembre. — Neige dans le nord. 
A cette date, les armées françaises de campagne 
ont reçu de l'intendance 1.788.000 couvertures, 
1 .683.000 tricots ou jerseys, i .494-ooo ceintures 
de flanelle, etc. Ces chiffres donnent une idée 
des effectifs de première ligne. 

Succès russe à Angerburg. 

En Pologne, les Allemands refoulent les 
Russes et se portent sur Strykov et Rrzezyny 
(nord-est de Lodz). 

Les Autrichiens prennent Valjevo; la retraite 
des Serbes continue. 

La flotte russe, dans la Mer Noire, endom- 
mage le Gœben, qui se réfugie à Constanli- 
nople. 

Vendredi 20 novembre. — L'artillerie lourde 
française commence à manifester sa supériorité 
à Nieuport et sur l'Aisne. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 4^ 

Les Allemands essaient d'enfoncer le front 
russe Loviez — Skiernievice pour marcher sur Var- 
sovie. En même temps, ils sont repoussés avec 
des pertes sérieuses sur le front Kielce — Radom, 
qu'ils ont attaqué pour dégager Gracovie. 

Samedi 21 novembre. — Les Russes pro- 
gressent vers Erzeroum. 

Les Anglais occupent Bassora. 

Dimanche 22 novembre. — Les obus alle- 
mands détruisent la halle et l'hôtel de ville 
d'Ypres. 

De fortes colonnes allemandes, progressant 
sur la Wartha, approchent de Lask (sud-ouest 
de Lodz). Des avions bombardent Lodz. 

Sur le front Czenstochov — Cracovie, les 
Russes font 6.000 prisonniers autrichiens. 

Lundi 23 novembre. — La bataille continue 
au nord-est de Lodz. 

L'escadre anglaise bombarde Zeebrugge, nou- 
velle station navale allemande sur la côte belge. 

Des sous-marins allemands se montrent au 
nord-ouest du cap de la Hève et sur la côte 
d'Ecosse. 

Mardi 24 novembre. — Progrès des Alliés 
entre Langemarck et Zonnebeke. 



l\2 PAGES d'histoire 

Mercredi 25 novembre. — Les Allemands 
bombardent de nouveau Arras. 

Les Russes pénètrent en Hongrie sur une 
distance de 120 kilomètres. 

En Pologne, par la faute d'une armée russe 
qui arrive trop tard, les Allemands échappent à 
un désastre. Trois divisions, cernées en avant de 
Lodz, se fraient à grand'peine une issue vers 
Strjkov. 

Jeudi 26 novembre. — Insuccès d'une 
attaque allemande sur l'Yser et d'une autre sur 
Missy (Aisne). 

Les Allemands bombardent de nouveau 
Reims. 

Les Russes culbutent les Autrichiens sur la 
Rava, près de Cracovie. 

Les Autrichiens évacuent Gzernovitz en Buko- 
vine. 

Le cuirassé anglais Bulwark saute à Sheer- 
ness (800 morts). 

Vendredi 27 novembre. — Le président 
Wilson blâme officieusement le jet de bombes 
sur des villes non fortifiées. 

Samedi 28 novembre. — Après dix jours de 
combats, les Russes s'emparent des positions 
autrichiennes qui protégeaient les passages des 
Garpathes, sur un front de 00 kilomètres. 



CHRONOLOGIE DE LA GUKRRE 43 

Vif combat entre Autrichiens et Serbes à 
Lazarevalz, en Serbie. 

Dimanche 29 novembre. — Nouvelle et 
inutile attaque des Allemands à l'est d'Ypres. 

L'armée anglo-indienne a perdu, jusqu'à ce 
jour, 84.000 hommes. 

Des sous-marins allemands attaquent des 
navires à la hauteur du Havre et de Fécamp. 

Lundi 30 novembre. — Le roi d'Angleterre 
rend visite aux troupes anglaises en France. 

Le Kronprinz allemand reçoit un journaliste 
américain; il lui dit que la guerre actuelle est 
absurde, qu'elle n'était pas nécessaire, qu'il ne 
l'a pas désirée, que l'Allemagne se bat pour son 
existence menacée, que le monde tout entier, 
influencé par la presse anglaise, est contre elle, 
que le militarisme allemand est une expression 
inventée parl'Angleten'e pour ameuter l'opinion 
contre l'Allemagne. 11 fait l'éloge du généralis- 
sime français. 

Du i5 septembre au 3o novembre, on a traité 
dans les hôpitaux 490.000 blessés français, dont 
54 °/o ont rejoint le front et 3,48 °/o ont suc- 
combé; cette dernière proportion est la plus 
faible qui ait jamais été constatée dans une 
guerre. La France dispose de 8.968 hôpitaux, 
avec 380.000 lits (Note du Service de Santé). 



44 PAGES d'histoire 



DECEMBRE 



Mardi 1*"" décembre. — Les Français enlèvent 
Vermelles, à 9 kilomètres sud-est de Béthune. 

Une compagnie française est très éprouvée 
par l'explosion d'une tranchée minée au bois de 
la Grurie. 

Furieux combats sur le front Loviez — Lodz — 
Pelrokov. On se bat dans les faubourgs de Lodz, 
qui reçoit des obus depuis le 3o novembre. 

Les Russes prennent Saraï et Bashkal en Ar- 
ménie, avec des dépôts de munitions. 

Le New-York fJerald (édition de New^-York) 
écrit : « Si l'Allemagne veut savoir pourquoi les 
Américains ne souhaitent pas sa victoire, elle 
trouvera leur réponse dans ce seul mot : Bel- 
gique. » 

Mercredi 2 décembre. — L'inondation 
s'étend au sud de Dixmude. Les Allemands 
essaient de passer sur des radeaux, mais sont 
repoussés avec pertes. Les Alliés, dans cette 
journée, font 991 prisonniers. 

Les Français occupent Lesménils sur la rive 
droite de la Moselle et Burnhaupt en Alsace. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 45 

Les Russes occupent Bartfeld dans le nord de 
la Hongrie. 

Les Autrichiens entrent à Belgrade, évacuée 
par sa garnison. Réjouissances à Vienne. 

Ghr. de Wet est fait prisonnier au Trans- 
vaal. 

Jeudi 3 décembre. — Avance française vers 
Altkirch. 

Combats acharnés sur la rive gauche de la 
Vistule. 

Les Serbes reprennent l'offensive en attaquant 
l'aile droite autrichienne. 

Déclaration du ministre Salandra, au Parle- 
ment italien, sur les (^ justes aspirations de 
l'Italie ». 

Vendredi 4 décembre. — Les Français 
prennent la maison du passeur, sur l'Yser, de- 
puis longtemps disputée, ainsi que Langemarck, 
sur la voie d'Ypres à Bruges. 

60.000 fugitifs de la Prusse Orientale sont 
reçus dans le Schleswig-Holstein et la région de 
Luneburg. 

Des aviateurs français, partis de Belfort, bom- 
bardent les hangars des dirigeables à Fribourg- 
en-Brisgau. 

Samedi 5 décembre. — Les Alliés font des 



46 PAGES d'histoire 

progrès entre Dixmude et Ypres, ainsi qu'an 
nord de la Lys. 

Les Allemands bombardent de nouveau 
Reims. 

L'artillerie allemande est réduite au silence 
vers le sud-est de Varennes. 

L'attaque allemande sur le front russe, du 
27 novembre au 5 décembre, n'a pas donné de 
résultats décisifs. 

Les Serbes ont pris, depuis le 3 décembre, 
1 5.000 Autrichiens et 19 canons. 

Dimanche 6 décembre. — Les Alliés atta- 
quent les dernières tranchées allemandes sur la 
rive gauche du canal de l'Yser. 

Les Allemands bombardent de loin Oost- 
Dunkerque, à 4 kilomètres ouest de Nieuport. 

La prise de Vermelles par les Français est 
suivie de celle du Rutoire. 

La cavalerie serbe rentre à Valjevo. 

Les Russes achèvent d'évacuer Lodz, qui fait 
saillie sur h^urs lignes et risque d'être détruit par 
les obus allemands. 

On signale, au-dessus de Roulers, des avions 
allemands qui s'enveloppent de nuages artifi- 
ciels. 

Lundi 7 décembre. — Nouvelle et inutile 
tentative des Allemands sur l'Yser, près de Per- 
vyse. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 4? 

En Sanlerre, les Français avancent vers Par- 
ville rs. 

En Prusse Orientale, les Allemands se retran- 
chent en arrière de la ligne Gumbinnen — Anger- 
burg et des lacs de Mazurie ; les Russes les y 
attaquent. 

Combats sur le front Czenstochov — Cracovieet 
sur le front Ilov — Loviez — Petrokov. 

Les Russes bombardent le secteur nord des 
forts de Gracovie. 

Le roi de Monténégro déclare qu'un tiers de 
son armée a péri et que son pays est épuisé. 

Les Turcs sont refoulés au sud de Batoum à 
travers la frontière. 

La flotte russe détruit des transports turcs à 
Astro. 

Le croiseur Breslau se montre dans la Mer 
Noire; les Russes l'en chassent. 

Ouverture de la Diète japonaise. Le Mikado 
dit que la guerre n'est pas finie pour le Japon. 

Réouverture de la Bourse de Paris : le 3 °/o, 
cote 72,60. 

Mardi 8 décembre. — On publie en France 
une circulaire allemande, vieille de plusieurs 
semaines, qui prescrit de ménager les munitions 
de l'artillerie. 

Les Français prennent des tranchées aile- 



48 PAGES d'histoire 

mandes dans l'Argonne, mais les Allemands 
font sauter une tranchée française. 

Les Russes repoussent les attaques allemandes 
contre le front Ilov — Loviez — Strykov. 

En Galicie, les Autrichiens attaquent l'aile 
gauche russe dans la région de Neu-Sandec. 

La bataille de Roudnik, au sud de Belgrade, 
tourne de plus en plus mal pour les Autrichiens, 
qui se rendent en masse aux Serbes. 

Le rebelle Beyers se noie au passage du Vaal. 

Cinq croiseurs allemands de l'escadre du 
Pacifique, — Scharnhorst, Gneisenau, Nûrn- 
herg, Leipzig, Dresden, — découverts avec des 
charbonniers aux îles Falkland, à l'extrême sud de 
l'Atlantique, sont attaqués par une puissante 
escadre anglaise et coulés à l'exception du 
Dresden. Ces navires étaient guettés dans le 
Pacifique par des croiseurs japonais. 

Mercredi 9 décembre. — Une nouvelle 
bataille, sur un front plus étendu, s'engage en 
Pologne, depuis Mlava jusqu'à Petrokov et aux 
Carpathes. 

Guillaume II, malade, est revenu de Pologne 
à Berlin. 

Les Anglais sont maîtres de tout le chott El- 
Arab, depuis le confluent du Tigre avec l'Eu- 
phrate jusqu'à la mer. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 4q 

Jeudi 10 décembre. — Le Gouvernement 
français rentre à Paris; premier Conseil des 
ministres. 

Une vive attaque allemande sur Ypres est 
repoussée. 

Les Russes font 4.000 prisonniers autrichiens 
au sud de Gracovie. 

Attaque de Douvres par des sous-marins alle- 
mands. 

Vendredi 11 décembre. — Les Allemands 
achèvent d'évacuer la rive gauche de l'Yser au 
nord de la maison du passeur. 

Bombardement de Thann par les Allemands. 

Les Russes repoussent les Allemands près 
de Mlava et au nord de Loviez. 

La Roumanie interdit l'exportation des mé- 
taux et de toute matière servant à l'industrie 
textile. 

Le Gœben, réparé, jette des bombes sur 
Batoum. 

Samedi 12 décembre. — Depuis le 9, vio- 
lentes attaques allemandes sur Ypres, toutes 
repoussées. 

Des explosions de mines font perdre aux 
Français quelques tranchées en Argonne. 

Les Serbes obligent les Autrichiens à repasser 
la Drina. 

30. CURO.NOLOtilE DE LA GUERRE 4 



50 PAGES d'histoire 

Les Monténégrins prennent Visegrad en 
Bosnie. 

La Gazette de Cologne proteste contre le rôle 
de médiateur revendiqué pour les États-Unis 
par le président Wilson, sous couleur que les 
États-Unis, presque unanimement favorables à 
l'Angleterre, ne seraient pas impartiaux. 

Henri Bergson, parlant à l'Académie des 
Sciences morales : « La barbarie s'est renforcée 
elle-même en captant les forces de la civilisa- 
tion. » 

Dimanche 13 décembre. — Nouvelle appa- 
rition de sous-marins allemands dans le port de 
Douvres. 

Après dix jours de combats en Serbie, la 
déroute autrichienne est complète. 

On considère comme à peu près terminée la 
révolte des Boers. 

Un sous-marin anglais, dans les Dardanelles, 
coule le vieux cuirassé turc Massoudieh. 

Un statisticien évalue à 5 milliards les pertes 
causées à la Belgique par l'invasion allemande. 

Lundi 14 décembre. — Après une accalmie, 
reprise de la lutte autour d'Ypres. 

Les Serbes occupent de nouveau Belgrade et 
Ghabatz. 

On annonce que les femmes turques d'Erze- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 01 

roum ont manifesté contre la guerre et mis en 
fuite les gendarmes turcs en se montrant sans 
voiles, comme firent les Lyciennes pour repous- 
ser Bellérophon (Plut., MuL Vùt., IX). 

Le front français s'étend sur 4o4 kilomètres ; 
les Allemands occupent 20.100 kilomètres car- 
rés, soit 3,76 "/o du territoire de la France. 

Mardi 15 décembre. — Les Alliés débou- 
chent de Nieuport jusqu'à l'ouest de Lombart- 
zyde. 

La flotte anglaise bombarde Westende. 

L'armée autrichienne, coupée en deux, a perdu 
28.000 prisonniers, 70 canons, 10 millions de 
cartouches et plus d'approvisionnements que 
n'en ont jamais possédé les Serbes. 

Le roi Pierre et le prince héritier Alexandre 
entrent à Belgrade. 

Mercredi 16 décembre. — Consolidation de 
l'avance des Alliés sur Lombartzyde et Saint- 
Georges. 

Recul des Russes sur la Bzoura, où les Alle- 
mands, renforcés de neuf corps, tentent de forcer 
le passage pour atteindre Varsovie. 

La Turquie promet satisfaction à l'Italie pour 
un incident qui s'est produit à Hodeida. 

Cinq croiseurs allemands, à la faveur du 
brouillard, bombardent Scarborougli, Hartle- 



52 PAGES D HISTOIRE 

pool et Whitby ; ils échappent à la poursuite des 
navires anglais après avoir fait près de 700 \\c- 
times, dont iio morts, presque tous des non- 
combattants, des enfants et des femmes. 

Jeudi il décembre. — Les Allemands bom- 
bardent de nouveau Armentières. Un avion 
français bombarde la gare de Sarrebourg. 

Berlin se réjouit à l'annonce de victoires en 
Pologne. 

Guillaume II, rétabli, part pour le front occi- 
dental. 

Arrivée à Rome de M. de Bulow, ambassa- 
deur extraordinaire d'Allemagne. 

L'Egypte devient pays de protectorat britan- 
nique, soustrait à la suzeraineté de la Turquie. 
Le khédive Abbas Hilmi est déposé et remplacé 
par Hussein Kamel, son oncle, fils du khédive 
Ismaïl (1866-1879), qui prend le titre de Sultan. 

Vendredi 18 décembre. — La pression 
offensive des Français continue à s'exercer vers 
Menin et La Bassée ainsi que dans la direction 
de Péronne. 

Les Russes occupent, à 5o kilomètres ouest 
de Varsovie, des positions très fortes sur la ligne 
de Sokatchev — Opozno, protégées par la Bzoura, 
laRavka et la Pilitza jusqu'à Tomaszov. 

Les Autrichiens débouchent par cinq cols des 



CHROXOLOGIE DE LA GL F.RRE Oo 

Carpathes et se heurtent aux Russes, qui vien- 
nent d'être renforcés. 

Le centre serbe enfonce la droite autrichienne 
en Serbie. 

Les trois rois de Suède, de Norvège et de Da- 
nemark se réunissent à Malmoe et s'entendent 
pour assurer la sécurité des pays Scandinaves. 

On apprend que le croiseur Friedrich Cari a 
coulé dans la Baltique. 

Samedi 19 décembre. — Combats acharnés 
sur la Bzoura et la Ravka; les Russes ont l'avan- 
tage. 

Les Allemands se fortifient autour de Soldau 
(Prusse Orientale). 

Une sortie de la garnison de Przemysl est 
repoussée. 

Les Allemands tentent de rompre la ligne 
anglaise à Festubert et Givenchy, sur la route 
de Béthune. L'arrivée de renforts français oblige 
les assaillants à se retirer (le lendemain) 

Dimanche 20 décembre. — La bataille conti- 
nue en Pologne et en (ialicie. 

Les Russes sont vainqueurs des Turcs près de 
Van. 

Lundi 21 décembre. — Progrès des Fran- 
çais au sud de Noyon ; violents combats autour 
de Souain et dans le bois de Conseuvoye. 

30. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE » 



54 PAGES d'histoire 

Maximilien Harden a écrit clans la Zukiin/Ï du 
19 ces lignes partout citées : « Le devoir nous 
défend de cacher que nous sommes encore bien 
loin de notre but et que jamais nous n'avons eu 
plus d'ennemis. Nous avons contre nous une 
grande majorité de pays neutres, et il se pourrait 
qu'une nation puissante et deux peuples guerriers 
de l'Europe Orientale fortifiassent encore le front 
de nos ennemis. Il faut que l'Allemagne veille et 
se tienne prête aux plus dures nécessités. » 
(Trad. plus complète dans le Temps du 3i dé- 
cembre.) 

Mardi 22 décembre. — • Réouverture du 
Parlement français ; déclaration du Gouverne- 
ment. 

Les Français gagnent du terrain tant à Perthes- 
lès-Hurlus que dans le bois de la Grurie. 

Les Allemands traversent la Bzoura à Boli- 
mov, mais sont rejetés dans la rivière. 

Une nouvelle sortie de la garnison de Prze- 
mysl est repoussée. 

Vif combat entre les rebelles commandés par 
Maritz et les Boers loyalistes^, qui éprouvent de 
fortes pertes. 

Mercredi 23 décembre. — Les Belges s'éta- 
blissent sur la rive droite de l'Yser, au sud de 
Dixmudo. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE !3t> 

Les Allemands se maintiennent sur la Bzoura 
en deux points au nord de Sokatchev et résis- 
tent, au sud de Rava, à une offensive russe pro- 
noncée sur la rive droite de la Pilitza. 

Bien que Guillaume II passe pour avoir donné 
l'ordre de prendre Varsovie pour Noël, l'offen- 
sive allemande est arrêtée ; le ministre de la 
Guerre russe déclare que les victoires allemandes 
sont imaginaires et que les Allemands ne pren- 
dront pas Varsovie. 

Les Russes ont levé le siège de Cracovie, se 
retirant vers Tarnov. 

Des contingents australiens et néo-zélandais 
arrivent au Caire, pour défendre l'Egypte contre 
les Turcs. 

Les Allemands envahissent le sud de la colo- 
nie portugaise d'Angola. 

Un sous-marin autrichien torpille sans succès 
un cuirassé français dans le canal d'Otrante. 

Jeudi 24 décembre. — Les Allemands aban- 
donnent la ligne de l'Yser. 

La prise de tranchées allemandes à Perthes- 
lès-Hurlus livre aux Français un matériel d'artil- 
lerie de campagne très approprié à ce genre de 
guerre. 

Les Français occupent la corne sud du bois 
de Consenvoye, sur la rive droite de la Meuse. 

Les Allemands ne conservent plus qu'un point 



56 PAGES d'histoire 

surlaBzoura; ils continuent d'attaquer Sokat- 
chev, essaient de déboucher à l'est de Skiernie- 
vice et reprennent Mlava pour protéger leur 
gauche. 

L'Angleterre reconnaît le protectorat français 
au Maroc. 

Un avion anglais bombarde le hangar des 
dirigeables à Bruxelles. 

Depuis le début de la guerre, les Russes 
ont fait prisonniers i34.ooo Allemands et 
225.000 Autriciiiens, 

Vendredi 25 décembre. — Les Allemands 
sont repoussés au delà de la Bzoura, mais pour- 
suivent leur offensive au sud-est de Tomaszov. 

Les Russes ont l'avantage sur la Nida et au 
sud de la Vistule ; ils battent les Autrichiens à 
Tarnov. 

On annonce que les Roumains des montagnes 
de Transylvanie se sont soulevés contre les Hon- 
grois. 

Les Italiens occupent Valona en Albanie. 

A la Diète japonaise, le ministre des Affaires 
étrangères, interrogé, déclare qu'aucun pays 
n'a demandé l'envoi de troupes japonaises en 
Europe. La Diète est dissoute parce qu'elle a 
repoussé un projet de loi portant augmentation 
des forces militaires en Corée. 

Sept hydravions anglais, convoyés par des 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 67 

croiseurs et torpilleurs, jettent des bombes sur 
les établissements allemands à Cuxhaven; les 
dirigeables et les avions allemands les pour- 
suivent sans leur nuire ; un seul aviateur anglais 
a disparu. 

Un avion allemand paraît sur Sheerness et 
Gravesend; il est chassé. 

Des avions allemands font cent victimes non 
belligérantes à Sokatchev. 

Samedi 26 décembre. — Les Français pro- 
gressent en Alsace sur les hauteurs qui dominent 
Cernay. 

Le communiqué allemand constate l'arrêt de 
l'ofFensive sur Varsovie. 

Les Autrichiens, refoulés vers le col de Doukla, 
laissent aux Russes 5.ooo prisonniers. Du i8 
au 26, les Russes ont pris i5.ooo Autrichiens et 
4o mitrailleuses. 

Un dirigeable lance des bombes sur i>fancy et 
tue deux personnes. 

Dimanche 27 décembre. — Les Belges, par 
un coup de main, s'emparent des tranchées alle- 
mandes à l'est de Lombartzyde et font de nom- 
breux prisonniers. 

Les Alliés sont en progrès au nord de Nieu- 
port comme à l'est et au sud-est d'Ypres, bien 
que gênés à leur tour par l'inonda liou. 



58 PAGES d'histoire 

Les Allemands bombardent la gare de Saint- 
Dié. 

Une attaque allemande au sud-est de Skiernie- 
vice est repoussée. 

Les Russes avancent de nouveau en Galicie. 
Ils sont maîtres des cols des Carpathes; les 
Autrichiens se retirent sur les sommets. 

Lundi 28 décembre. — En France, une tem- 
pête générale suspend les opérations. 

Entre la Vistule et la Pilitza, les Allemands 
sont réduits à la défensive. Ils se maintiennent 
et se fortifient sur la rive gauche de la Bzoura. 

Les Autrichiens évacuent la rive gauche de la 
Nida, après avoir subi de grosses pertes, leurs 
positions ayant été prises d'assaut par les Russes. 

Les Monténégrins repoussent les Autrichiens 
à Grahovo. 

Mardi 29 décembre. — Les Français s'éta- 
blissent dans le village de Saint-Georges, au 
sud-est de Nieuport (pris les 27-28). Ils re- 
prennent les tranchées du Bois Brûlé, à l'ouest 
d'Apremont. 

Les Allemands fortifient Czenstochov en vue 
d'une retraite. 

Des Albanais, incités par l'Autriche, en- 
vahissent le Monténégro et sont repoussés. 

Des avions allemands jettent des bombes sur 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 69 

Dunkerque et Fumes, tuant des femmes et des 
enfants. 

Mercredi 30 décembre. — Les Turcs com- 
battent à Sarykamysch, au sud de la province de 
Kars. 

Les États-Unis demandent à la Grande-Bre- 
tagne d'améliorer le traitement imposé par 
la flotte britannique au commerce américain 
(contrebande de guerre). 

En Pologne, les Russes ont devant eux vingt 
corps allemands et dix-huit corps austro-hon- 
grois. 

Les pertes de la Prusse (à l'exclusion de celles 
des autres États allemands) s'élèvent au chiffre 
de 753.000 hommes, tués, blessés ou dispa- 
rus. On évalue le total des pertes allemandes 
à près de 2 millions. 

Les Austro-Allemands, depuis le i5 novembre, 
auraient perdu en Pologne 600.000 hommes. 

Jeudi 31 décembre. — Les Français re- 
prennent la moitié de Steinbach en Alsace. Nou- 
velles bombes d'avions sur Dunkerque. 

On déclare que les Serbes ne veulent plus 
porter la guerre en Bosnie, afin d'épargner leurs 
frères, mais plutôt dans le sud de la Hongrie. 

Le consul d'Angleterre, enlevé de force par 
les Turcs au consulat d'Italie à Hodeida, n'a 
pas encore été mis en liberté. 



6o PAGES d'histoire 

Depuis le début de la guerre, les Serbes 
ont fait 5i.ooo prisonniers, pris 191 canons, 
70.000 fusils et 3.900 voitures. 

Le Temps publie les réponses des chefs des 
armées allemandes au Lokal-Anzeiger, qui a 
demandé leur opinion sur la guerre actuelle. La 
première est ainsi conçue : « Du sang-froid. 
Résister. Wilhelui, Kronprinz. » 



NANCY-PARIS, IMPRIMERIE BERGER-LEVRAULÏ — 2j JANVIER IQIÔ 



Chronologie 

de la Guerre 

(I- JANVIER=30 JUIN 1915) 



CHRONOLOGIE DE LA GUBRRE 



// a été tiré de ce volume cinquante-cinq exem- 
plaires numérotés à la presse, dont : 
5 sur papier du Japon (A'°^ i à 5) ; 
5o sur papier de Hollande (.V°^ 6 à 55); 



i 



PAGES D'HISTOIRE - 1914-1915 

■ Série a, 2 

S. R. 

MEMBRE DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTES 



CHRONOLOGIE 

DE LA GUERRE 



DEUXIEME VOLUME 



(r JANVIER -30 JUIN 1915) 



Successu crescat honeslum t 
(LucAiN, IX, 571.) 




.IBRAIRIE MILITAIRE BERGER-LEVRAULT 

PARIS I NANCY 

RUE nES BEAUX-ARTS, S-y j RUE DES GLACIS, l8 

1915 



Chronologie 

de la Guerre 

(V JANVIER = 30 JUIN 1915) 



JANVIKR 



Vendredi 1^'^ janvier. — Les Français occupent 
le plateau de Nouvron, au nord-est de Compiègne, et 
conquièrent un bois k 2 kilomètres au nord-est de 
Mesnil-lès-Hurlus. En Argonne, ils reprennent un 
terrain perdu dans le bois de La Grurie. 

Les Russes repoussent les Allemands entre la Vistulo 
et la Pilitza, ainsi que sur la Ravka. En Galicie, ils 
font 3.000 prisonniers dans la région de Gorlice. La 
VIII' armée russe pénètre en Hongrie sur quatre points. 
Les Russes progressent aussi en Bukovine. 

On annonce de Varsovie que 6 corps allemands se 
sont éloignés du front. 

Les Tuixs disent avoir pris Ardahan (Caucase). 

Le cuirassé anglais Formidable (i5.ooo tonnes, 
Goo hommes) est torpillé et coule dans la Manche. 

La Banque de France revient à Paris. Les sociétés 
de crédit n'usent plus du moratoire à l'égard de leurs 
déposants. 



ClIRUiNOLOGIE DE LA GUEIIRK 

L'Angleterre annonce la création de six armées à 
trois corps. 

On mande de Genève que la Triple Entente a 
604.000 prisonniers et les Austro-Allemands 676.000 
(y compris beaucoup de civils). 

Le commandant du VIII'^ corps allemand met les soldats 
en garde contre les cuirasses du commerce, toutes 
inutiles ou dangereuses. 

Kipling écrit : (< Il n'est pas bon pour le monde d'être 
décivilisé par des philosophes en armes. » {Temps, 
3 février). 

Roosevelt écrit dans VIndependent : « Violer les 
traités comme a fait l'Allemagne pour la Belgique est 
un crime abominable. Se taire là-dessus et recom- 
mander aux autres de se taire, c'est pratiquer le culte 
de la lâcheté. » 

Samedi 2 janvier. — On dit que le cardinal Mer- 
cier, archevêque de Malines, est gardé à vue dans son 
palais par les Allemands. 

Les Russes avancent dans le col d'Uzsok. 

Quatre régiments serbes passent le Danube, mais 
sont repoussés à i5 milles de Semlin. 

Des navires anglais bombardent Zeebrugge. 

Des aviateurs français endommagent un hangai' de 
dii'igeables à Bruxelles. 

Barziui écrit dans le Corriere délia Sera, au sujet 
de la bataille des Dunes : « Un héroïsme de vieille garde 
est souvent nécessaire pour conquérir le bord d'un 
fossé. C'est une guerre de géants avec la tactique de 
Lilliput. -i) {Journal de Genève, 6 janvier.) 

Lg Morninff Post écrit : « Maintenant que l'avance des 
envahisseurs est enrayée, il va falloir ajouter la ténacité 
du bouledogue aux qualités françaises. » 

La Nouvelle Presse de Vienne, réclamant la publi- 
cation d'un livre rouge austro-hongrois, écrit : c( C'est 
commettre une lourde faute que de faire fi de l'opinion 
au dedans et au dehors ; le mépris de l'opinion a 
toujours été châtié par une terrilde vengeance des 
choses. » {Figaro, 5 janvier.) 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE / 

Dimanche 3 janvier. — Les Allemands interdisent 
la lecture, dans les églises belges, d'un éloquent man- 
dement du cardinal Mercier. 

Des pluies entravent les opérations dans le Nord. 

Les Français font une tentative infructueuse sur 
Boureuilles (2 kilomètres au sud de Varennes). 

On estime à Petrograd que la bataille des Quatre- 
Rivières est finie ; les Allemands auraient perdu 
200.000 hommes. 

Les Russes repoussent les Allemands à Bolimov et 
reprennent une partie des positions allemandes sur la 
rive droite de la Ravka. 

L'avance des Russes en Bukovine a mis en leur 
possession le chemin de fer qui relie cette région à la 
Galicie orientale ; ils menacent la Hongrie par les défilés 
boisés des Carpathes. 

Les Turcs sont battus à Ardahan (Caucase). 

Le Gouvernement belge réfute les mensonges alle- 
mands au sujet de la prétendue intervention de civils 
dans la guerre en Belgique (Temps, 4 et 6 janvier). 

Lundi 4 janvier. — Après une lutte opiniâtre, les 
Français prennent Steinbach et reprennent les hauteurs 
de Gernay. 

Une colone turque, qui cherchait à envelopper les 
Russes dans le Caucase, est défaite à Sarykamisch; le 
IX* corps turc, cerné, est obligé de se rendre ; les débris 
du X" corps se replient vers la frontière turque ; le XP, 
i-enforcé par l'artillerie d'Erzeroum, continue à attaquer 
vers Karaoïirgau. 

La flotte italienne bombarde Durazzo, menacé par 
les insurgés albanais à la solde de l'Auti'iche. 

Mardi 5 janvier. — Violents combats en Argonne ; 
la légion italienne se laisse emporter trop loin en avant 
des lignes ; l'adjudant-chef Constantin Garibaldi est 
tué. 

La flotte russe coule un transport entre Sinope et Tré- 
bizonde; elle endommage le namidieh elle Breslan. 

Mercredi 6 janvier. — Le front russe en P(dogiie 



8 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

forme une ligne de 700 milles, dirigée presque nord-sud, 
fortement pressée par les Allemands au noi'd. 

Les Russes occupent Kimpolung (80 kilomètres sud- 
sud-ouest de Czernovitz). 

Des avions autrichiens bombardent Cettigné. 

Charles Richet, dans le Figaro^ calcule que la disette 
commencera pour l'Allemagne au mois de mai et que 
le mouvement s'accélérera alors avec rapidité. « Il faut 
seulement, conclut-il, maintenir le blocus. » Mais la 
Hollande et la Suède continuent à importer dix fois 
plus qu'il ne leur est nécessaire et ravitaillent ainsi 
l'Allemagne. 

Jeudi 7 janvier — Les Français prennent Burn- 
haupt-le-Haut. Les Allemands bombardent l'hôpital de 
Thann. 

Le Gœben, rentrant dans le Bosphore, touche une 
mine et subit des avaries. 

Les Turcs continuent l'offensive vers Karaourgan pour 
alléger la pression russe sur leur X' corps. 

Le Temps publie un premier rapport officiel sur les 
atrocités allemandes. 

Vendredi 8 janvier. — Les Français font des pro- 
grès dans la région de Soupir et prennent Perthes. Les 
Allemands bombardent le Palais de Justice de Soissons. 
Ils reprennent Burnhaupt-le-Haut (détails dans le Jour- 
nal de Genève, 3o janvier). 

Les navires russes bombardent Sinope et coulent les 
bateaux turcs à l'ancre dans le port. 

Un navire de guerre australien coule le paquebot 
allemand Eleoaore Wœrmann. 

L'Angleterre répond aux États-Unis par une note 
franche et amicale sur le commerce des neutres. 

La Perse adresse une note à la Turquie, qui a violé 
son territoire. 

Les Boers rebelles se retirent sur la rive nord de 
l'Orange. 

Les Anglais remportent quelques succès au Came- 
roun. 



CHRO^'OLOGIE DE LA GUERRE 9 

Samedi 9 janvier. — Le Kronprinz se réunit en 
conCérence avec les ministres à Berlin. 

Les Allemands lancent 42 obus sur la cathédrale de 
Soissons et s'opposent à notre avance vers le nord-est de 
cette ville. 

Le dégel entrave les opérations en Pologne et en Ga- 
licie. 

Les Allemands se sont avancés à 10 kilomètres h 
l'ouest de la Ravka et se maintiennent sur la rive gauche 
de la Soucha. Combats acharnés près de Moghely. 

Les Autrichiens ont été renforcés par les Allemands à 
Neu-Sandec: ils se sont fortifiés sur les deux rives de 
la Dunajec. 

Un dirigeable allemand, accompagné de trois avions, 
a survolé Calais, allant à Douvres. 

Le Gouvernement allemand interdit le travail de nuit 
dans les boulangeries. La fécule de pommes de terre 
vaut 3o marks les 100 kilos. 

Il y a, en Russie, 1 36. 000 prisonniers allemands et 
337.000 austro-hongrois. . 

Dimanche 10 janvier. — Les Alliés bombardent les 
hangars de dirigeables à Ghistelle. 

Les Anglais s'emparent de tranchées près de La Bassée 
et gagnent i kilomètre. 

Les Français gardent Steinbach et progressent vers 
Altkirch. 

La bataille, apaisée sur la Bzura, continue sur la 
Ravka près de Bolimov. 

Toute la Bukovine est aux mains des Russes. 

Seize avions allemands survolent la Manche. Douze 
avions paraissent sur Dunkerque, mais y font peu de 
dégâts. 

On annonce la capture de la dernière bande d'insurgés 
du Transvaal. 

Il s'est formé, à Budapest, un comité de seigneurs 
magyars qui demandent l'indépendance de la Hongrie 
et la paix avec la Russie. 

E. Boutroux annonce à l'Ecole normale supérieure 
que, sur 195 normaliens ayant combattu au front, 
54 seulement sont indemnes. 



10 CHRONOLOGIE DE LA GL'EKRE 

Lundi li janvier. — De grands magasins d'huile 

prennent feu à Anvers. 

Le président Poincaré remet, àNieuport, un drapeau 
aux fusiliers marins. 

Les Franrais prennent les tranchées de la Dent de 
Crouy, au nord-est de Soissons, et y sont attaques en 
force le soir. 

Les Allemands ont repris les hauteurs de Sonnen- 
berg, au sud d'Altkirch. Les Franrais évacuent UlTholtz. 

Grands froids sur la Vistule. Les Russes se retirent 
des Carpathes à cause du mauvais temps, mais gardent 
Uzsok et la vallée supérieure de la Dunajec. 

Des tribus arabes attaquent Mascate, dont le sultan est 
protégé de l'Angleterre, et sont repoussées par les 
Anglo-Indiens. 

Le Bulgare Ghenadief, considéré comme hostile a la 
Russie, se rend à Rome. 

Mardi 12 janvier. — Les Allemands ont établi 
un nouveau parc de dirigeables près de Gand. 

Une crue de l'Aisne emporte les ponts, sauf celui de 
Soissons; la position des Français, attaqués à Crouy, 
est dangereuse. Il neige en Alsace depuis trois jours. 

Les Turcs subissent de grosses pertes à Karaourgan. 

Des troupes turques occupent Tabriz (Perse.) 

Après avoir pris Korna, les Anglo-Indiens s'avancent 
sur Bagdad par la rive gauche du Tigre. 

BerlÏD répond faiblement au rapport français sur les 
atrocités allemandes (Journal de Genève^ i3 janvier). 

Mercredi 13 janvier. — Après avoir évacué 
Vregny et subi des pertes notables, les Franrais se re- 
tirent au sud de l'Aisne, gardant des têtes de pont. Cet 
échec purement local est célébré en Allemagne comme 
une grande victoire. 

Les lignes allemandes sont à i8 kilomètres de Var- 
sovie, dont la presse allemande annonce la chute pro- 
chaine. 

La cavalerie turque occupe Serpetz, à /^o kilomètres 
nord-ouest de Plotsk. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 11 

De nombreuses troupes allemandes, arrivées en Hon- 
grie, sont ostensiblement dirigées vers la Serbie — en 
réalité, vers l'est de la Galicie. 

La bataille de Karaourgan tourne à l'avantage des 
Russes. On se bat aussi à Olty. 

Le comte Berchtold, ministre des Affaires étran- 
gères austro-hongrois, donne sa démission ; il est rem- 
placé par le baron Stephen Burian. 

Un tremblement de terre ravage l'Italie (3o.ooo vic- 
times). 

L'Italie annule tous les passeports d'hommes de 
moins de 89 ans, qui ont été délivrés avant le G août 
1914. 

Les pertes prussiennes s'élèvent à 84o.ooo hommes. 

Jeudi 14 janvier. — Les Allemands occupent les 
villages de la rive droite de l'Aisne, mais l'artillerie 
française les empêche de passer. Marchant sur Soissons, 
ils attaquent Saint-Paul et sont repoussés. 

Les Autrichiens bombardent Tarnov avec de la très 
forte artillerie. 

Les Russes sont vainqueurs à Karaourgan. 

Les forces de l'Union occupent Svakopmund (Afrique 
occidentale allemande). 

Le Gouvernement russe publie un récit des cruautés et 
avanies dont les Russes furent victimes en Allemagne, 
lors de la déclaration de guerre. 

Vendredi 15 janvier. — Près de Carency, les Alle- 
mands reprennent des tranchées qu'ils ont perdues la 
veille. 

Les Français détruisent les passerelles allemandes 
sur la Meuse à Saint-Mihiel. 

Les Russes refoulent les Autrichiens vers la frontière 
de la Bukovine et de la Hongrie. 

Le sous-marin français 5'a/;A/> coule aux Dardanelles. 

Le bruit court que la Bulgarie cherche à entrer dans 
l'entente avec la Roumanie.' 

Riciolti Garibaldi, qui a perdu deux fils dans l'Ar- 
gonne, écrit à Paul Deschanel : « Si, par malheur, 
quelque nuage pouvait s'élever entre nos nations sœurs, 



12 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

il suffira pour le dissiper qu'une forte voix crie sur les 
Alpes le nom de Garibaldi. » 

Conférence de Maximilien Harden à Francfort : <s II 
est inutile d'essayer de prouver que nous avons raison. 
Devant le forum de l'Histoire, il n'importe pas de savoir 
qui a commencé la guerre, mais qui a vaincu. Nous 
aimons mieux la victoire sous les malédictions de nos 
voisins que la défaite sous leurs louanges. 

(( Aujourd'hui encore, on dispute au sujet des respon- 
sabilités de la guerre de 1870, mais on sait bien qui 
l'a emporté... Nous luttons contre d'énormes forces supé- 
rieures et aujourd'hui encore nous ne sommes pas 
certains de vaincre. Mais, quoi qu'il arrive, le génie 
de l'Allemagne ne permettra pas que l'œuvre du glaive 
allemand aboutisse à un résultat négatif après de tels 
sacrifices. 11 serait erroné de croire que le pis a déjà été 
surmonté ; les revers sont possibles au cours des opé- 
rations militaires. Nous serions inférieurs à notre 
destinée si nous ne conservions notre confiance que 
lorsque le soleil luit. * 

Samedi 16 janvier. — A cause des pluies, 
Français et Allemands évacuent des tranchées en 
Flandre. 

L'artillerie française bombarde La Bassée et en chasse 
un état-major. 

Vif combat à Blangy, k l'est d'Arras. 

Les Russes occupent Kirilibaba, à S.gSo pieds 
d'altitude, s'ouvrant ainsi la route de la Transylvanie. 
Ils repoussent les Autrichiens sur Jacobeni. 

Victoire définitive des Russes à Karaourgan, après 
trois jours de combats dans une tempête de neige. Le 
XP corps turc est détruit, après le IX' et le X' ; le re.ste 
se retire vers Erzeroum. 

On demande, en Allemagne, la mise sous séquestre 
du blé et du seigle. 

Dimanche il janvier. — Deruburg se dit « direc- 
teur de l'office de la mission impériale à New-York » ; 
on se moque de lui. 

Le communiqué allemand prétend mensongèrement 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 13 

que, depuis quatre semaines, on a tué 2G.000 Français 
et fait 17.860 prisonniers non blessés, alors que les 
pertes totales des Allemands n'atteindraient pas le quart 
de ces chiffres. 

Lundi 18 janvier. — Les Allemands attaquent à 
l'ouest de Soissons et bombardent Saint-Paul. 

Les Autrichiens se renforcent à Jacobeni et près de 
Kimpolung pour défendre l'accès des vallées de la 
Zlota et de la Bistritza. 

Les Russes battent les débris du XP corps turc à 
lénikeui, entre Karaourgan et Erzeroum. 

Mardi 19 janvier. — Les Allemands bombardent 
Furnes. 

Les Français attaquent l'HartsmannswilIerkopf près 
de Thann. 

Des dirigeables allemands jettent des bombes sur 
Yarmouth, Sandringham et King's Lynn, tuant des non- 
combattants. 

Ghenadief déclare qu'il n'ira pas de Piome à Vienne. 

Mercredi 20 janvier. — Le 19 et le 20, vifs com- 
bats dans les forêts au nord de Wattwiller, 

Les Russes occupent Skempe, à 4o kilomètres de la 
frontière prussienne, en face de Thorn. 

Du 19 au 20, entre Batoum et Trébizonde, les 
torpilleurs russes ont coulé 26 bateaux transportant des 
munitions et des vivTes pour les Turcs. 

La souscription aux bons de la Défense nationale 
atteint 2 milliards 700 millions de francs, dont 200 mil- 
lions souscrits en Angleterre. 

Jeudi 21 janvier. — Les Français perdent quel- 
ques tranchées avancées à Saint-Mihiel et à Pont-à- 
Mousson. 

Les Autrichiens se renforcent en Bukovine. 

Vif combat près de Korna en Mésopotamie ; les Turcs 
prétendent avoir eu l'avantage. 

Le gouverneur de Varsovie annonce que le 
Gouvernement russe ouvre un crédit de 260 millions en 
faveur des populations ruinées de la Pologne. 



14 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Un communiqué français réduit de moitié les pertes 
que l'armée française, au dire d'un communiqué alle- 
mand, aurait éprouvées depuis le 17 décembre. 

Vendredi 22 janvier. — Les Allemands bom- 
bardent Nieuport et Reims. 

Violents combats à rHartmannswillerkopf ; les Alle- 
mands bombardent Thann ; les Français bombardent 
les faubourgs au nord de Cernay. 

Les Russes perdent Kirilibaba. 

Le Gouvernement hollandais demande des expli- 
cations à Berlin au sujet du passage de dirigeâmes 
allemands. 

Des avions allemands, dont un a été abattu, font 20 
victimes à Dunkerque. 

Allemands et Autrichiens commencent à quitter 
l'Italie. 

La Stampa, organe de Giolitti, raconte que, dppuis le 
22, l'Autriche a cédé le Trentin à l'Allemagne, qui le 
rétrocédera après la guerre à l'Italie. 

On croit à Petrograd que l'Autriche désire la paix. 

On dit que le ministre d'Allemagne à Bucharest a 
demandé des explications au sujet de la mobilisation 
roumaine et des encouragements donnés aux révolu- 
tionnaires de Transylvanie. 

Harden dit, dans la Zukunjt, que l'Autriche ruine 
l'Allemagne et que celle-ci ne doit plus sacrifier de 
soldats pour sauver un État qui ne sait pas se défendre 
lui-même. 

Le général de Moltke, tout en affirmant sa confiance 
en la victoire finale, déclare qiie personne, en Allemagne, 
n'a voulu la guerre. « Si nous l'avions provoquée, dit-il, 
c'eût été im crime, car cette guerre contre un ennemi 
tellement supérieur n'est vraiment pas un jeu d'enfant. 
Ce n'est que la politique égoïste et intéressée de 
l'Angleterre qui a déchaîné cette guerre, longuement 
préparée par elle. >) {Wolff.) 

Bernstortï dit, à Washington, qu'on a imposé la 
guerre à l'Allemagne, qu'elle est contraire aux vœux 
ies plus chers de l'Empereur; si l'Allemagne était mieux 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 15 

prête que les autres, c'est qu'elle fait bien tout ce 
qu'elle fait. L'ambassadeur souhaite la prompte termi- 
naison de cette malheureuse guerre que déplorent tous 
ceux qui y participent ; il faudrait y mettre fin par une 
paix compatible avec l'honneur des nations en cause et 
de telle manière que la possibilité d'une guerre nouvelle 
fût écartée. 

Samedi 23 janvier. — iMillerand rend visite au 
général Kitchener à Londres. Bethmann-Hollweg se 
rencontre à Berlin avec Burian. 

Les Allemands commencent à retirer des troupes du 
front de Varsovie pour les envoyer en Autriche. 

Une colonne autrichienne est repoussée par les 
Monténégrins près de Cettigné. 

Les Russes occupent Khorosan, au sud de Karaourgan. 
Ils coulent un vapeur qui portait iG avions à Trébizonde. 

Le général Toussoupov remet au général Joffre les 
insignes de l'ordre de Saint-Georges. 

L'Allemagne et l'Autriche sont privées de 760.000 
tonnes de nitrate de soude qu'elles importaient du Chili 
pour les besoins de leur agriculture. Pour la fabrication 
de leurs explosifs, il leur faut 4-^o.ooo tonnes dacide 
nitrique concentré ; elles n'en produisent que 00.000, 
auxquelles ne peuvent s'ajouter qu'en partie les 4oo. 000 
tonnes que fabrique la Norvège (Houllevigue, Temps 
du 24). 

Dimanche 24 janvier. — Los Allemands renforcent 
les Autrichiens sur la frontière de Biikovino. Il y a 5 
corps allemands entre la Prusse orientale et la Vistule, 
I en Prusse orientale, i4 entre Bzura et Ravka ; au 
total, 800.000 hommes, plus 200.000 hommes de 
landsturm. 

Bataille navale d'Ameland, à 70 milles ouest-nord- 
ouest d'Helgoland. Quatre ci'oiseurs allemands, navi- 
guant vers l'ouest, sont découverts par cinq croiseurs 
anglais qui leur donnent la chasse ; le Blùcher coule 
avec 800 hommes, dont 870 sont sauvés par les Anglais ; 
le Dœrfjlinger et le Seyalitz sont avariés. Les Anglais 



16 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

n'ont pas de pertes. De ses i4 croiseurs cuirassés, 
l'Allemagne en a déjà perdu 6. 

Le Bâcla, vapeur de la ligne Hambourg-Amérique, 
a été dénommé Margaret par son acquéreur, le Germano 
Américain Breitung, et chargé de coton à destination de 
Rotterdam, sous pavillon américain. L'Angleterre ne 
reconnaît pas cette transformation qui constituerait un 
précédent, car tous les navires immobilisés dans les 
ports américains pourraient ainsi regagner les ports 
allemands. Elle déclare que le bâtiment sera déféré à 
un tribunal de prises, mais que la cargaison sera achetée 
par le Gouvernement anglais. 

Les Allemands des Etats-Unis réclament l'interdiction 
de la vente d'armes aux Alliés. Ils veulent aussi envoyer 
à Brème un navire américain chargé de vivres, à desti- 
nation d'un Américain de cette ville, a Les Allemands 
d'Amérique veulent soumettre à un maximum de 
pression les relations entre les Alliés et leur patrie 
d'adoption. » (Temps, 26 janvier.) 

Un parent de Guillaume II a dit k un rédacteur de la 
Tribiina que l'Allemagne est sûre de la victoire pour 
elle, mais non pour l'Autriche : c( Nous ne pouvons pas 
compromettre pour l'Autriche nos forces et nos espé- 
rances. Quelles que soient les aspirations italiennes, 
nous n'aurons pas de guerre italo-allemande.» 

Les pertes prussiennes s'élèvent à 904.000 hommes; 
celles des Autrichiens, à 1.760.000 hommes. 

Lundi 25 janvier. — Violentes attaques allemandes 
h l'est d'Ypres. Les Anglais repoussent les Allemands 
à Givenchy. Au combat de La Bassée, commencé le 28, 
ils ont d'abord perdu du terrain, mais l'ont repris avec 
l'aide d'un train blindé armé de canons de marine. 

Les Français regagnent le terrain perdu à l'ouest de 
Craonne. 

L'artillerie française achève de détruire les ponts 
jetés sur la Meuse à Saint-Mihiel. 

Les Allemands bombardent l'Hartmannswillerkopf, 
Thann et Cernay. 

Les Russes prennent l'offensive à l'est de Pillkallen 
(Prusse orientale). 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 17 

Après uu échec à Jacobeni, ils ont occupé tout le dis- 
trict et pénétré jusqu'à Josephwald ; ils tiennent les 
hauteurs de Kimpolung à Dorna-Valra, passage vers 
la Transylvanie. 

On signale des hussards allemands à Orsova, sur la 
frontière roumaine. 

Von der Goltz a inutilement ordonné au commandant 
des forces turques à Smyrne d'envoyer des soldats au 
Caucase ; appuyé par Djemal, gouverneur de Smyrne, 
cet officier a refusé. 

Des ingénieurs allemands fortifient Tabriz. 

Des torpilleurs russes endommagent le croiseur Ga- 
zelle près de Ruejev. Un dirigeable allemand est détruit 
à Libau. 

Premier contact des Turcs et des Anglais en Egypte, 
à l'est d'El-Kantara. 

Maritz, avec 1.200 hommes, attaque Upington; il 
est repoussé. 

L'Italie adresse un ultimatum à la Porte, qui n'a pas 
réglé l'incident d'Hodeïdah. 

Le Neues Wiener Tageblatt déclare que Burian re- 
fuse de céder des territoires à l'Italie et à la Roumanie. 

Le Conseil fédéral de Berlin a fixé au i'^"' février la 
saisie du blé et de la farine. 

On écrit au Journal de Genève : « Ceux qui rêve- 
raient, en cas de défaite de l'Allemagne, un démembre- 
ment de l'Empire et un retour à l'état de choses d'avant 
1870, se trompent étrangement. On ne disloque pas une 
nation parvenue à un tel degré de cohésion; tout au plus 
peut-on l'amputer d'un ou deux membres, si elle se 
trouve à toute extrémité. » 

Mardi 26 janvier. — Les Français prennent pied 
dans la grande dune. 

Guillaume II est en Flandre, devant les lignes an- 
glaises. 

Le 25 et le 26, à l'ouest de Craonne, les Allemands 
ont attaqué sur le front Heurtebise-Bois Foulon et ont 
réussi à prendre deux compagnies françaises à La 
Creute, dans une carrière obstruée par les éboulé- 
es. CimONOLOGIE DE LA GUERRli 2 



18 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

ments. Des contre-attaques ont coûté i.ooo morts aux 
Allemands et nous ont rendu une partie de terrain ; les 
Allemands disent avoir fait i.ooo prisonniers et tué 
i.5oo hommes. 

Pour contrecarrer l'avance russe, une armée autri- 
chienne menace de descendre des Carpathes en Galicie. 

L'Italie aurait offert ses bons offices pour réconcilier 
la Roumanie et la Bulgarie. 

La levée en masse autrichienne provoque des désor- 
dres à Laybach, Fiume et Agram. 

Le Temps reproduit (28 janvier) le résumé d'un ar- 
ticle du professeur von der Leyen dans la Vossic/ie 
Zeitung, affirmant qu'à l'avenir aucun congrès interna- 
tional ne sera possible et que les Allemands, submergés 
par un flot d'injures, devront se tenir à l'écart de leurs 
ennemis actuels. 

Mercredi 21 jsnvier. — De vives attaques alle- 
mandes à La Bassée, avant pour objectif Béthune, sont 
contenues par l'artillerie anglaise. 

Les Allemands font exploser et occupent 5o mètres de 
tranchées au bois de Saint-Mard près Tracy-le-Val, mais 
en sont chassés à coups de canon. 

Les Français progressent vers Burnhaupt; les Alle- 
mands ne cessent de bombarder Thann. 

Les Russes avancent dans l'ouest de la Galicie, au 
sud-ouest du col de Dukla; les Autrichiens reculent, 
abandonnant armes et munitions. Dans l'est de la Ga- 
licie, les Russes résistent à des forces supérieures. 

La flotte russe donne la chasse au Medjidieh et au 
Breslaa. 

On remarque que le 27 janvier est à la fois l'anniver- 
saire de Guillaume II et celui de Mahomet (fête mobile). 

Suivant le communiqué français du 27, les Allemands 
auraient perdu, du 20 au 27, entre Ypres et les Vosges, 
environ 20.000 hommes. 

Jeudi 28 janvier. — Vifs combats sur la grande 
dune; les Allemands conservent leurs positions. 

Entre Ypres et la mer, les Alliés emploient des ca- 
nons puissants, avec de nombreux tracteurs. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 19 

Les Russes rentrent dans la vallée de la Nagjag(Car- 
pathes). Ils ont devant eux 22 corps austro-hongrois et 
4 corps allemands. 

Un torpilleur russe bombarde Trébizonde. 

Des avions allemands bombao-dent Dunkerque. 

Le Congrès radical de Milan réclame l'intervention Je 
l'Italie à côté des Alliés. 

Le consul des États-Unis à Berlin informe son gou- 
vernement que l'Allemagne est menacée de famine. 

Vendredi 29 janvier. — Les Allemands font deux 
tentatives vaines pour passer l'Aisne à Venizel et au 
moulin des Roches. 

Les Français, après un violent combat, reculent do 
200 mètres au bois de La Grurie (Argonne). 

Les Russes avancent au nord de Tilsit, menaçant Je 
flanc des Allemands qui défendent les lacs mazuriens. 
Ils occupent Pillkallen. 

La bataille est générale dans les Carpathes entre les 
cols du Dukla et de Vyshkov. Les Autrichiens tentent 
«ne offensive par la vallée du San inférieur et par les 
routes allant vers Sambor et Strij. 

Une attaque turque sur Olty échoue. 

Les Français occupent Bertona, au centre du 
Cameroun allemand, après deux combats livrés le 27 et 
le 28. 

Le prince Georges de Serbie est reçu avec enthou- 
siasme à Salonique. 

Les Bulgares transportent des troupes à la frontière 

Grecque ; ils accusent les Grecs d'empêcher les Serbes 
e céder à leurs prétentions sur la Macédoine. 
L'Angleterre permet à la Banque de prêter de 
l'argent à la Roumanie. On dit que la Bulgarie emprunte 
à la Deutsche Bank. 

Les Allemands ayant fait disparaître à Bruxelles la 
statue de Ferrer, les députés espagnols jaimistes et 
cléricaux ont déposé leurs cartes le 27 à l'ambassade 
d'Allemagne à Madrid ; en réponse, libéraux, réfor- 
mistes, républicains et radicaux de Barcelone déposent 
des cartes aux ambassades de France et d'Angleterre. 



20 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Suivant Repinqton(7Y/«esj, les Allemands ont4o corps 
ù l'ouest, 2 1 à l'est; ils n'ont transporté de l'ouest k 
l'est qu'un corps actif et 6 divisions. Les corps sont de 
35.000 hommes environ. Le trait dominant de la situa- 
tion est la concentration austro-allemande dans la ré- 
gion des cols au centre des Garpathes, de la passe de 
Dukla.vers l'est. 

11 y a 49 -350 prisonniers allemands en France et 
7.247 en Angleterre. 

Samedi 30 janvier. — Retour du froid sec en 
Flandre. Les Anglais ont repris toutes les tranchées 
perdues près de La Bassée. 

Les Russes continuent à avancer vers Tilsit ; heau- 
coup de fuyards de la Prusse orientale airivent à 
Berlin. 

Les Allemands sont repoussés à Borgimov ; jusqu'au 
6 février, ils font des attaques furieuses et inutiles sur 
la Bzura. 

Les Autrichiens, descendant des Garpathes vers 
Przemysl et Lemberg, prennent de flanc sur trois 

f)oints les forces russes de Galicie ; ils disent avoir 
ait 1 5.000 prisonniers. Les Russes attaquent entre 
Sanok et Gorlice, menaçant de couper les Autrichiens ; 
au sud-est de Strij, ils reculent devant des forces supé- 
rieures. 

Les Russes sont entrés à Tabriz, k 480 kilomètres de 
Téhéran. 

Un sous-marin allemand a pénétré dans la mer 
d'Irlande et coulé un navire anglais de 3. 000 tonnes. 
G'est la première réalisation du plan de Tirpitz, consis- 
tant à pratiquer la guerre de course avec des sous- 
marins, pour affanier l'Angleterre et intercepter les 
envois d'armes des États-Unis. 

Le croiseur italien Calabria entre dans le canal de 
Suez. 

Le chancelier du consulat d'Italie est emprisonné k 
Trieste. 

Bilinski, ministre commun des Finances et admi- 
nistrateur de Bosnie-Herzégovine, donne sa démission. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 21 

Les Germano-Américains fondent à Washington une 
« American Indépendance Union », sous couleur de 
faire prohiber par les États-Unis l'exportation des 
armes et munitions et de faire exiger par eux le libre 
commerce des aliments avec l'Allemagne. Cette asso- 
ciation s'organisera définitivement le 20 février, sous 
la présidence de Hermann Ridder et de R. Bartholdt ; 
le docteur Hall, théologien irlandais, est vice-président. 

Dimanche 31 janvier. — Guillaume II, souffrant 
de la gorge, rentre à Berlin. 

Les Allemands bombardent les lignes anglaises entre 
Ypres et Nieuport. 

La cavalerie russe, suivant la rive droite de la Vistule, 
s'avance jusqu'à 20 kilomètres de la frontière prus- 
sienne. 

Les Allemands avancent à Borgimov, au prix de 
grands sacrifices. L'aile gauche russe fait quelques 
progrès dans les Carpathes, mais les Russes reculent en 
Bukovine. 

Les Anglais ont dompté une rébellion au Nyassaland. 

Le prince Georges de Serbie, après avoir passé par 
Athènes, est parti pour l'Italie. 

On assure que l'armée grecque interviendra si les 
Autrichiens envahissent à nouveau la Serbie. 

Guillaume II a décoré de l'Aigle rouge Ernest Lis- 
sauer, autour de VHymne à la Haine contre l'Angle- 
terre. 

Il est avéré que le Livre Blanc allemand a supprimé 
un télégramme pacifique adressé, le 29 juillet, par 
Nicolas II à Guillaume IL Nicolas demandait que le 
conflit austro-serbe fût soumis au tribunal de La Haye 
et exprimait sa confiance dans la sagesse et l'amitié de 
Guillaume. 

Le Berliner Tageblatt annonce que a ces jours der- 
niers, 100.000 Anglais ont passé la Manche » (Temps, 
10 février). 



22 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 



FÉVRIER 



Lundi 1" février. — Le ministre des Finances russe, 
Bark, est arrivé à Paris. 

Depuis le 3o janvier, les Allemands font un nouvel 
effort vers Varsovie. Les Russes reprennent, à Boli- 
niov, le terrain perdu par eux le 3i ; ôoo.ooo Austro-Alle- 
mands se déploient dans la plaine en face de Przemysl. 
Dans les Carpathes, les Russes ont franchi les hauteurs 
de Jaslish et pris des convois. 

Les Russes essaient de tourner l'aile gauche alle- 
mande, tandis que les Austro-Allemands essaient de 
tourner l'aile gauche russe. Les Autrichiens, moins 
habitués au froid, se rendent en grand nombre. 

On annonce des concentrations autrichiennes contre 
les Serbes et en Transylvanie. 

Les Turcs perdent 2.000 hommes dans une attaque 
sur le canal de Suez. 

Une division turque est battue dans le Caucase ; le 
général et tous ses officiers sont pris. 

Un sous-marin allemand lance une torpille contre le 
navire-hôpital anglais Asturias, qui n'est pas atteint. 

Défense est faite en Autriche d'employer plus de 
5o "/o de farine de seigle ou de froment pour le pain. 
Le Pester Lloyd déclare que la Hongrie ne dispose pas 
de stocks de céréales. 

A partir du i" fé^Tier, les Berlinois ont droit à un 
maximum de 2 kilos de pain par semaine ; on prie les 
riches de pas réclamer ce maximum. 

Roosevelt publie une brochure : Pourquoi les Etats- 
Unis devraient se joindre aux Alliés. 

Le Berliner Tageblatt écrit : « Contrairement aux 
prédictions officielles, il n'est pas certain que les espé- 
lances de l'Allemagne soient réalisées. Nous connaissons 
les forces actuelles de l'ennemi, mais non ses forces fu- 
tures. ^^ 



CHRONOLOGIE DE LA. GUERRE 23 

Mardi 2 février. — Bark et Lloyd Georges 
entretiennent Ribot, ministre des Finances français. 

Vifs engagements près de Westende, continués le 
lendemain. 

An nord d'Albert, les Allemands lancent sur l'Ancre 
des bateaux chargés d'explosifs, qui sont arrêtés. 

Une attaque allemande sur Saint-Paul (près de 
Soissons) est repoussée 

Les Turcs ont tenté de passer le canal de Suez près 
de Toussoun ; ils ont été repoussés et ont perdu leur 
matériel allemand. 

Un décret crée 87 hôpitaux militaires à Athènes. 

Guillaume II recommande à ses généraux d'écono- 
miser leurs troupes. 

Un espion allemand détruit en partie un pont sur la 
rivière Sainte-Croix au Canada et se réfugie aux Etats- 
Unis. 

Les Russes disent avoir 4i 0.000 prisonniers austro- 
hongrois et 155.000 allemands. 

Mercredi 3 février. — Les Allemands bombardent 
Armentières. Ils disent avoir progressé au nord et au 
nord-ouest de Massiges. 

Les Russes s'affermissent sur la rive gauche de 
l'Angerapp et prennent Skempe. 

La lutte continue sur le front de Borgimov, où les 
Allemands ont engagé 60.000 hommes et des masses 
d'artillerie. Les Russes les chassent de Gumine. 

Dans les Carpathes, les Russes ont pris l'offensive 
depuis Dukla jusqu'à l'est des Beskides. Ils progres- 
sent vers Uzsok, mais reculent au col de Tucholka. 

Les Turcs ont perdu, en Egypte, 5oo tués et 65o 
prisonniers; ils se retirent à 3o Kilomètres du canal. 

Le capitaine Mucke est arrivé près de Hodeïdah 
(ouest de l'Arabie) avec le corps de débarquement de 
VEmden. 

Garbilovic, Jovanovic et Ilic, condamnés à Serajevo 
pour le meurtre de l'archiduc, ont été exécutés dans 
cette ville; le collégien Prinkip, trop jeune, subira vingt 
ans de prison. 



24 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Un million do soldats de la classe 1914 auraient 
fortifié le front russe. 

Abdul Hamid conseille aux Turcs de faire la paix. 

Le Livre Rouge autrichien a paru : il ne contient 
aucun document allemand ayant eu pour objet de mo- 
dérer l'Autriche à la fin de juillet 1914- 

La Gazette de Cologne écrit : « La neutralité amé- 
ricaine n'est qu'un rideau derrière lequel se cache le 
désir servile de plaire à l'Angleterre. Si TAmèrique n'a 
que le respect de la force brutale, nous la mettrons en 
œuvre ù notre tour. >> 

Jeudi 4 février. — Une formidable bataille se livre 
autour de Gumine ; les Allemands y perdent 3o.ooo 
hommes. Ils disent avoir fait, depuis le i", G. 000 

Erisonniei's à l'est de Borgimov. Les Russes ont franchi 
1 Bzura près de son embouchure. 

Les Autrichiens ont 'évacué Tarnov, bombardé par 
les mortiers russes. Le communiqué autrichien dit que 
la pression russe est très forte sur Dukla. 

Les Monténégrins repoussent une attaque autrichienne 
en Herzégovine. 

L'Angleterre a déclaré à Washington qu'elle consi- 
dérait les cargaisons de vivres consignées pour l'Alle- 
magne comme destinées au Gouvernement allemand. 

L'Amirauté allemande déclare zone militaire, à partir 
du 18, les eaux qui baicfnent les lies Britanniques. 

La mission de la Croix-Rouge japonaise est arrivée à 
Marseille. 

Jusqu'au 4 février, les Anglais ont perdu lo/j.ooo 
hommes. 

Vendredi 5 février. — Le Gouvernement anglais 
dépose un projet de loi élevant l'effectif de l'armée à 
3 millions d'hommes. 

Dans la nuit du 5 au 6, les Anglais reprennent les 
briqueteries de La Bassée. 

Les Allemands, attaquant avec fureur dans la direc- 
tion de Varsovie, ont mis en ligne io5.ooo hommes et 
600 canons sur un front de 10 kilomètres. 

Le Gœhen croise dans le Bosphore. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 



25 



Un avion bombarde Mulheim (Bade) ; d'autres bom- 
bardent les dépôts allemands de Knocke (Belgique). 

Il semble avéré que l'agitation anti-italienne au 
Fezzan est organisée par des officiers allemands. 

Bethmann-HoUweg dit à un journaliste danois : 
« L'Angleterre nous traite comme une place assiégée. 
IJevant une telle menace, l'Allemagne ne manquera 
aucune occasion de se venger. Si l'on se plaint que 
nous lésons les intérêts des neutres, nous répondrons 
que les puissances neutres n'ont pas protesté contre 
l'action de l'Angleterre et qu'elles en subiront les consé- 
quences. » 

La Gazette de la Croix écrit : « Il paraît que nous 
allons maintenant torpiller les navires sans avis préala- 
ble. Nous accueillons avec satisfaction l'annonce que 
nos sous-marins vont faire à toute la marine de nos 
ennemis une guerre impitoyable. » 

Le Lokal Anzeiger écrit : « Que nous importent les 
criailleries des neutres et les indignations de nos enne- 
mis ! Nous autres Allemands, nous avons à tirer ^le 
cette guerre une grande leçon : celle de ne pas manifester 
de délicatesse et de ne pas écouter ce que les neutres 
peuvent dire. » 

Samedi 6 février. — L'offensive allemande paraît 
aiTêtée en Pologne. 

Les Russes ont reculé en Bukovinc et au nord des 
Carpathes, mais ils ont progressé, faisant 2.5oo prison- 
niers, au nord du col d'Uzsok. Les Autrichiens, qui 
avaient franchi le 5 les cols de Tucholka et de Boskid, 
ont dû se retirer avec de grandes pertes. 

Le Breslaii apparaît devant Batoum, mais se retire 
sous le feu de la forteresse. 

Le Temps écrit (7 février) : « La marine allemande 
vient de déclarer la guerre au monde enlier. » 

Sur un officier allemand, prisonnier k Varsovie, on a 
trouvé une lettre où il est dit : « Nous appelons les Au- 
trichiens des soldats en pantoufles ; nous sommes battus 
chaque fois que nous comptons sur eux. » 

Ij Athenaeum écrit (6 février) : « Nous pouvons corn- 



26 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

battre l'Allemagne jusqu'à la victoire, mais si nous ne 
pouvons la convaincre qu'elle a attaqué injustement, 
rem[)loi de la force ne mettra pas fin ù notre que- 
relle. » 

Dimanche 7 février. — L'incident d'Hodeldah est 
clos ; toutes les réparations demandées à la Turquie par 
l'Italie ont été accordées. 

Les Anglais font prisonniers, à Festubert, 5oo jeunes 
soldats allemands. 

Les Allemands, renforcés dans la Prusse orientale, 
surprennent les Russes. L'aile sud franchit la forêt de 
Johannisburg, puis la Pissack et fait 4o kilomètres dans 
une nuit (Journal de Genève, 22 février). 

Les Russes progressent sur laBzura et sur le front de 
Mezo-Laborcz, où il font 3.5oo prisonniers en un jour. 
Les attaqiles au col de Tucholka ont été repoussées. 

Dans toutes les églises de France, on a récité la 
prière pour la paix composée par le Pape ; mais les offi- 
ciants ont précisé qu'il s'agissait d'une paix conforme à 
la justice. 

Le Journal de Genève prétend établir que « l'indus- 
trie russe militaire est aujourd'hui égale, sinon supé- 
rieure, à celle de n'importe lequel des belligérants ». 

Lundi 8 février. — Les Allemands bombardent 
Furnes, Ypres et Soissons. 

Les Allemands prennent Johannisburg et y font 0.000 
prisonniers. 

Accalmie sur le front de la Vistule, où les Allemands 
ont perdu des dizaines de milliers d'hommes pendant 
six jours d'ofYensive sur le front Borgimov-Gumine. 

Les Russes progressent vers Bartfeld et font 5. 200 pri- 
sonniers au col de Lupkov. 

L'armée turque d'Egypte est en pleine reti^aite. 

Le Breslaii bombarde Yalta ; la flotte russe bom- 
barde Trébizonde. 

Millerand écrit au général Percin : « Il est absolu- 
ment établi que vous n'êtes en rien responsable de l'é- 
vacuation de Lille au mois d'août igi^- » 



} 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 27 

Mardi 9 février. — Le ministre autrichien des 
Finances, Bilinski, est remplacé par l'Allemand Kœrber. 

Les Allemands marchent sur Lyck ; les Russes éva- 
cuent Biala. L'aile nord allemande attaque et repousse 
les Russes vers le sud-est. 

L'escadre autrichienne de Gattaro est hors de portée 
des navires français. 

Le Japon tente d'imposer à la Chine un protectorat 
partiel et demande une réponse à bref délai, a Nul n'i- 
gnore plus que c'est un accroissement de sa puissance 
en Chine que le Mikado envisageait comme compensa- 
tion de son concours militaire éventuel en occident. » 
(Temps, i4 février.) 

La Russie aurait fait savoir à la Bulgarie que, si elle 
trahissait la cause slave, elle disparaîtrait en tant qu'État 
indépendant(?). 

Gérard, ambassadeur des Etats-Unis, est hué au 
théâtre à Berlin. 

A la Diète prussienne, le socialiste Hirsch dit que son 
parti refuse son appui au Gouvernement et que tout 
le monde demande la paix. 

Jules Guesde dit à une réunion de socialistes fran- 
çais : (( Cette guerre, qui nous a été imposée, nous ne 
la faisons pas à la nation allemande, à laquelle nous 
sommes prêts à tendre une main fraternelle, dès qu'elle 
en aura fini avec son Kaiser et l'impérialisme prussien 
dont elle n'est pas moins victime que nous. » 

Sembat dit à la même réunion : « Le parli socialiste 
veut, après la victoire, la limitation des armements, 
l'inspection et le contrôle international de la fabrication 
des canons et des munitions, l'arbitrage obligatoire. » 
La réunion donne mandat à ses délégués de s'inspirer, 
à la Conférence de Londres, des discours de Guesde et 
de Sembat {Figaro, 1 1 février). 

Du 26 janvier au 9 février, les Russes ont fait 
So.ooo prisonniers, avec 25 canons et 80 mitrailleuses. 

Mercredi 10 février. — Les Allemands, poussant 
devant eux les Russes, occupent la ligne de Pillkallen- 
Vladislavov, 



28 CTIRONOÎ,OGIE DK LA GTTERnT; 

Les Russes avancent au sud du col de Dukla et de 
Lupkov, mais reculent en Bukovine. 

La Gazette de Cologne dit que l'Allemagne menace 
de laisser mourir de faim ses Goo.ooo prisonniers, ainsi 
que les habitants des régions qu'elle occupe {Figaro, 
1 1 février). 

La guerre coûte h la Russie 35 millions par jour et 
lui a coûté, jusqu'au i" janvier, 7 milliards. 

Jeudi il février. — Poursuivant leurs progrès, 
les Allemands occupent la route de Gumbinnen à Vyl- 
koviczki. 

La retraite russe en Bukovine continue. L'avant-garde 
autrichienne est à Suczeva ; Kimpolung est pris. 

Trente-quatre avions anglais Dombardent Ostende, 
Blankenberghe, Middelkerke et Zecbrugge. 

The Nation (New-York) écrit : « Le nouvel ordre de 
l'Amirauté allemande est, pour les trois quarts, un 
blaf. y> 

A partir de ce jour, les Allemands ne pourront acheter 
du pain (3oo grammes par jour) que sur présentation 
d'iui bon. 

Les Jésuites élisent général le candidat austro-alle- 
mand Ledochowski. 

Vendredi 12 février. — ■ Une note de Washington 
rend l'Allemagne responsable de tout tort fait à un ci- 
toyen ou à un navire américains. Une autre note adressée 
à Londres fait des réserves sur l'usurpation du pavillon 
des Etats-Unis en mer. 

Quinze obus allemands tombent en territoire suisse. 

Entrant en Russie, les Allemands occupent Kalvaria et 
Mariampol. Les 56^ et 83^ divisions russes sont anéanties, 
la 27' très maltraitée. Les garnisons des fortifications 
allemandes attaquent les Russes en retraite derrière 
l'Angerapp et Loetzcn. 

Guillaume II est à Instei-burg, quartier général du 
maréchal de Hindenburg. 

Les Allemands disent qu'en Prusse orientale ils ont 
pris 26.000 Russes et 20 canons. 

En Bukovine, les Autrichiens atteignent le Sereth. 






CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 29 

Dans la région de Tchorokh (Caucase), les Russes ont 
franchi la frontière turque. 

La Bulgarie dément que son emprunt, conclu à Berlin 
avant la guerre, marque l'orientation de sa politique. 

Samedi 13 février. — Les Allemands occupent 
Norroy, au nord-est de Pont-k-Mousson. 

Vifs combats pour les défilés des lacs à Lyck ; la ville 
prise, Guillaume II y accourt et harangue ses troupes. 

Les Autrichiens reprennent l'oftensive aux cols de 
Dukla et de Vyshkov. 

Des bandes albanaises franchissent la frontière serbe 
vers Prizrend. 

Suivant des calculs allemands, les trois premiers mois 
de la guerre auraient coûté 7 milliards à l'Allemagne 
et 6 à l'Autriche. 

Les Russes ont fait, depuis le début de la guerre, 
plus de 5o.ooo prisonniers turcs. 

Dimanche 14 février. — Les Russes évacuent la 
Prusse orientale, se retirant sur le Niémen. 

Les Autrichiens occupent Nadvorna et Radautz ciî 
Bukovine. 

Lorand déclare, au nom de Ghenadief, que la Bulga- 
rie n'a aucun engagement avec l'Autriche et veut rester 
neutre ; elle espère que la bienveillance de l'Europe lui 
rendra la Macédoine (Journal de Genève, i4 février). 

Les délégués socialistes des pays alliés tiennent une 
conférence k Londres. On décide de continuer la lutte 
à outrance, mais en répudiant toute guerre de conquête. 
« Les socialistes ne veulent pas 1 anéantissement de 
l'Allemagne, ni politique ni économique, et déclarent 
qu'ils appuient la guerre non conti^e les peuples, mais 
contre les gouvernements qui les ont entraînés à l'agres- 
sion. » 

Lundi 15 février. — Une bataille sérieuse com- 
mence dans la région des Hurlus, entre Champagne et 
Argonne. 

Les Français ont évacué quelques villages de la vallée 
de la Lauche et Remspach. 



30 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Des forces allemandes supérieures tentent vainement 
d'envelopper les Russes dans la région d'Augustov. Les 
Russes se replient sur Kovno et Ostrolenka. 

Entre Vistule et Warta, les Allemands occupent le 
front Plotsk — Racionz. 

L'invasion albanaise a été repoussée par les Serbes. 

L'Allemagne établit le monopole de l'avoine. 

Lloyd George dit aux Communes : « Les Allemands 
ont manq^ué la marée qui devait les conduire au triomphe . 
Désormais, les armées allemandes ont aussi peu de 
chance d'écraser la France que d'atteindre la planète 
Mars. » 

Mardi 16 février. — L'Allemagne a répondu aux 
Etats-Unis qu'elle est prête k renoncer à l'attaque des 
navires neutres par sous-marins si l'Angleterre cesse 
d'empêcher le ravitaillement de la population civile 
allemande. 

Les Anglais regagnent du terrain au sud d'Ypres. 

Dans la nuit du 1 6 au 17, de violentes contre-attaques 
allemandes sont repoussées à l'est de Reims; la lutte 
est très vive entre Mesnil-lès-Hurlus et Massiges, où les 
Français gagnent du terrain. 

On prétend que des troupes anglaises sont arrivées 
dans les Vosges et à Belfort. 

D'après le communiqué allemand, la bataille de 
9 jours en Mazurie s'est terminée par la défaite complète 
de la 10* armée russe (6 divisions d'infanterie et 
plusieurs de cavalerie), qui aurait perdu 5o.ooo pri- 
sonniers, 4o canons, 60 mitrailleuses et un énoi'ine 
matériel. 

Les Autrichiens prennent Kolomea. 

Des avions français bombardent la gare de Fribourg- 
en-Brisgau. 

Quarante avions anglais et 8 français bombardent le 
môle de Zeebrugge, 

Le général Pau arrive à Athènes. 

Trente mille Belges ont été enrôlés à Folkestone et 
au Havre ; l'armée belge sera reconstituée au printemps 
et plus forte qu'en août I9i4- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 31 

Mercredi 17 février. — Les Français progressent 
dans la région de Perthes, au bois de La Grurie et en 
Alsace. 

Combats acharnés sur la rive droite de la Vistule. 

Les Autrichiens rentrent à Gzernovitz. 

A un nouveau bombardement de Belgrade, les Serbes 
répondent en bombardant Semlin. 

Un dirigeable allemand atterrit en Danemark ; l'équi- 
page est interné. 

La Stanipa, journal de Giolitti, annonce la faillite du 
plan allemand de satisfaire l'Italie par la cession du 
Trentin. 

(( La supériorité de nos approvisionnements en mu- 
nitions s'affirme de plus en plus. » {Communiqué de 
quinzaine.) 

Jeudi 18 février. — Des centaines de déserteurs 
allemands passent en Hollande. 

Les Français reprennent Norroy. 

Combats à Tauroggen et au sud-ouest de Grodno. 

Les Allemands prétendent avoir fait, dans la Prusse 
orientale, t)/(. 000 prisonniers avec 71 canons, 100 mitrail- 
leuses et i5o wagons. 

Guillaume II dit que les Russes ont transformé la 
Mazurie en désert; on déconseille aux habitants émigrés 
d'y revenir. 

Du 16 au 18 février, les Russes arrêtent l'offensive 
allemande sur la ligne Plotsk — Racionz. 

Les Russes se retirent au delà du Pruth. 

On note que les Austro-Allemands ont échoué dans 
leur triple tentative : 1° de faire lever le siège de 
Przemysl ; 2° de regagner le district pétrolifère de Strij ; 
3° de résister à l'avance russe par le col de Dukla vers 
la Hongrie. 

Les journaux officieux bulgares protestent contre la 
c( barbarie grecque et serbe » qui oblige des milliers de 
Bulgares macédoniens à se réfugier en Bulgarie. 

Commencement du « blocus sur papier » des côtes 
anglaises ; ordre est donné de torpiller tous les navires 
dans la zone de guerre, sans examen préalable ni effort 



O^ CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

pour sauver les passagers. Un cargo français est torpillé 
à 3o milles de Dieppe, mais peu endommagé. 

Un second dirigeable allemand se perd sur la côte 
du Jutland. 

Un hydravion anglais survole les Dardanelles et 
bombar(ie des dépôts de munitions. 

Grande démonstration belliqueuse à Rome. La 
Chambre italienne entend un discours du garibaldien 
Golajanni sur les petits-lils de Garibaldi tombés en 
Argonne. 

La Gazette de Cologne écrit : « Gelui qui, après la 
note allemande en réponse aux Etats-Unis, interprète 
défavorablement la conduite de l'Allemagne, cesse par 
cela même d'être neutre à notre égard. » 

L'Allemagne prohibe l'envoi de charbon aux neutres, 
sinon en échange de blé ou de cuivre. 

Vendredi 19 février. — L'Angleterre déclare aux 
Etats-Unis qu'elle considère les vivres comme contre- 
bande et appelle leur attention sur les violations des lois 
de la guerre commises par les Allemands. 

Depuis le i5, la bataille continue entre Champagne 
et Argonne ; les Allemands se sont renforcés ; les pri- 
sonniers qu'on leur fait appartiennent à deux corps ac- 
tifs et trois corps de réserve. 

Du ig au 21, un gros mortier allemand bombarde, 
sans grand effet, le fort de Douaumont (défense de Ver- 
dun). 

Les Allemands descendent d'Augustov vers Ossovetz 
pour tourner les défenses de la Vistule par le nord. Le 
combat s'engage avec violence sur les rives droites de la 
Bobr et de la Narev, dans les régions de Lomza, Os- 
trolenka, Prasnjch et Plonsk. 

Les Allemands ne sont plus qu'à 24 kilomètres de 
Novogeorgiesk ; ils semblent vouloir attaquer Varsovie 
du nord et de l'ouest et couper une des voies ferrées de 
Varsovie à Petrogi-ad. 

Les Russes repoussent deux sorties de Przemysl. 

A rencontre des communiqués autrichiens qui par- 
lent de 29.000 prisonniers russes en Bukovine, un com- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 33 

iiiuuiqué de Petrograd déclare que les Russes ont perdu 
moins de 12.000 hommes dans cette province. 

L'escadre anglo-française bombarde les Dardanelles 
et fait taire les batteries turques de la côte d'Europe. 

Des navires autrichiens, sortis de Cattaro, bombardent 
les positions monténégrines. 

Le général Pau arrive à Nisch. 

Berliner Tageblatt : a La conviction générale est 
que, si la guerre actuelle se termine victorieusement, 
elle ne demeurera pas sans résultats ; mais il est beau- 
coup plus difficile de s'imaginer comment en pourra 
sortir une plus grande Allemagne. » 

Samedi 20 février. — Les Allemands dessinent 
leur attaque sur Pi'asnych. 

On publie les lettz^es échangées le i" août entre le 

E résident Poincaré et le roi George. Elle prouvent que 
i France ne voulait pas la guerre et que l'Angleterre 
désirait, si possible, rester à l'écart. 

Du 21 janvier au 20 février, les Russes ont pris, dans 
les Garpathes, 47-65o soldats, 6go officiers et 17 canons. 

Dimanche 21 février. — Léger recul des Fran- 
çais aux Éparges et en Alsace. 

Gombats opmiâtres sur la Bobr et la Narev. 

Les Serbes rentrent sur territoire autrichien en face 
de Ratcha et de Mitrovitza. 

Un avion allemand lance des bombes sur le comté 
d'Essex. 

On assure que le Gouvernement russe aurait décidé 
la formation d'une armée exclusivement polonaise, avec 
officiers polonais. 

Contrairement à la Gazette de Francfort, inspirée 
par Bûlow, qui demande à l'Autriche de faire des 
concessions territoriales à l'Italie, la Neue Freie Presse 
écrit : « Pas un pouce de notre territoire ne doit être 
perdu. » 

Lundi 22 février. — Les Français continuent leur 

avance de Perthes-lès-Hurlus vers Gernay-en-Dormois. 

Effroyable bombardement de Reims "(i.5oo obus); 

68. CHnONOLOUIE DE LA. GUERHB 8 



d4 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

la voûte intérieure de la cathédrale est crevée ; 20 mai- 
sons sont incendiées, 20 civils tués. 

Le communiqué russe relate le revers subi : dans la 
retraite de la 10* armée sur Kovno, le 20' corps a été 
presque anéanti. Le reste de la 10= armée, se repliant 
pendant neuf jours sur un terrain très difficile, est sorti 
le 19, par Augustov, de la zone des combats. L'action 
continue près d'Ossovetz et de Plock. Le communiqué 
est muet sur Gzernovitz, mais dit que l'ennemi a occupé 
Stanislau. 

Le communiqué russe indique une offensive russe 
sur la route de Grodno a Lipsk, sur celle de Lomza 
et entre Ratzionetz et Plonsk (5oo prisonniers). 

Les Allemands avancent de Plonsk surVizogrod. 

Sur la rive gauche de la Vistule, près de Moghely, 
prise de tranchées allemandes et explosion de mines 
(5oo Allemands tués). 

Les Turcs se retirent de Damas et d'Egypte. 

La Norvège demande des explications à l'Allemagne 
au sujet du torpillage du Belriage. 

Un dirigeable survolant Calais a endommagé la ligne 
Saint-Omer — Hazebrouck — Dunkerque et tué cinq per- 
sonnes. 

Les Alliés déclarent le blocus de l'Afrique orientale 
allemande. 

Malgré l'agitation belliqueuse en Italie, ce pays 
reçoit du charbon de l'Allemagne et lui envoie, dit-on, 
quantité de vivres et de contrebande ; on en conclut que 
le Gouvernement italien continue à agir comme si la 
Triple Alliance l'obligeait encore. 

Le général Pau est reçu à Sofia par un aide de camp 
du Roi. 

La Roumanie mobilise huit classes de réserve. 

Une convention pour le transit des marchandises est 
.signée entre la Roumanie et la Bulgarie. 

Depuis ce jour, en Allemagne, pain et farine ne sont 
délivrés que contre des bons. 

Les Autrichiens affirment que, depuis la fin de jan- 
vier, ils ont fait 49-ooo prisonniers dans les Garpathes. 

Lokal Anzeiger : « Gombatlant pour notre existence 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 35 

même, nous ne devons tenir aucun compte des récri- 
minations des tiers. Nous devons combattre sans merci 
ou ne pas combattre du tout. » Réponse du World : 
« Le président Wilson a fait clairement comprendre 
que les Etats-Unis ne toléreront pas une politique de 
loi de Ljnch sur mer aux dépens des vies et des biens 
de leurs citoyens. » 

Mardi 23 février. — Dans les forêts d'Augustov, 
deux régiments russes crus perdus ont rallié leur corps. 

Des patrouilles allemandes cherchent k passer sur la 
rive droite du Niémen. 

La contre-oflensive russe se développe au nord de 
Varsovie, soutenue par la lourde artillerie d'Ossovetz. 

Les Autrichiens se retirent sur Czernovitz, renonçant 
à l'offensive. 

L'escadre franco-anglaise, comprenant le super- 
dreadnought Qaeen Elisabeth (i5 canons de 16 pouces), 
reprend le bombardement des forts des Dardanelles. 

Les Russes ont battu les Turcs sur la rive gauche 
de richtal-sou (Caucase). 

La compagnie de délaarquement du Desai'œ chasse 
les Turcs d'Akaba. 

Mouvements insurrectionnels à Prague. 

On dit à Rome que l'offensive des Allemands dans la 
Prusse orientale leur coûte déjà 100.000 hommes. 

Le colonel Fcjler écrit dans le Journal de Genève : 
(( Le récent événement de Prusse orientale paraît un 
nouvel acte du vaste duel qui se poursuit depuis la fin 
d'août 191/+ entre les chemins de fer de l'Est allemand 
et la profondeur des territoires russes. » 

Le Temps : « On ne conteste pas en Amérique le droit 
de l'Angleterre de saisir comme contrebande de guerre 
les ravitaillements destinés à l'Allemagne, où le Gou- 
vernement s'est chargé d'organiser lui-même l'alimen- 
tation des civils. Les propositions faites par les Alle- 
mands aux Etats-Unis de faire constater par des con- 
trôleurs américains que les céréales américaines sont 
consommées par la population civile seule, sont un aveu 
de l'embarras où se trouve le Gouvernement impérial. » 



36 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Il reste 09.600 prisonniers civils français en Allemagne. 

Mercredi 24 février. — Combats acharnés sur la 
rive droite de la Narev et sur la Bobr jusqu'à la Vis- 
tule. Les Allemands prennent d'assaut Prasnvch. 

Les Russes enlèvent Moghelj au sud-est de Bolimov 
et s'y maintiennent. 

Dans les Garpathes, combats k l'est de Lupkov ; 
succès russes dans la région de Munkacz et au sud de 
Dukla. Les Russes reprennent Kolomea. 

L'Amirauté anglaise interdit à la navigation la mer 
d'Irlande et le canal du Nord qui conduit de l'Atlantique 
à la mer d'Irlande. 

Un torpilleur français coule un sous-marin allemand 
près de Boulogne ; Cuxhaven s'inquiète de l'absence de 
deux autres sous-marins. 

Le torpilleur français Dagae, escortant un convoi 
pour le Monténégro, a heurté une mine et a coulé dans 
le port d'Antivari. 

Du 18 au 24 février, 7 navires anglais ont été coulés 
par des sous-marins. 

On apprend qu'un régiment indien à Singapour s'est 
révolté ; le désordre a été réprimé par la marine alliée. 

On recommence à parler d'un prince allemand blessé, 
soigné à Strasbourg et décédé, dont la mort aurait mis 
en deuil la cour de Berlin. 

Jeudi 25 février. — Violent combat le long du 
canal d'Ypres. 

Au nord de Grodno, à Svenstoiansk, les Allemands 
franchissent le Niémen, mais sont rejetés sur la rive 
gauche. 

L'artillerie allemande commence à bombarder Os- 
sovetz. 

Le dégel sur la Vistule arrête les opérations alle- 
mandes. 

Les Allemands sont chassés de Prasnych et perdent 
2,000 prisonniers. 

Les Russes reprennent Stanislau. 

On a commencé à draguer les mines des Dardanelles, 
en continuant le bombardement des forts. 



I 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 37 

La presse norvégienne est très irritée de la destruction 
de navires norvégiens par les torpilleurs allemands. 

Pendant la première semaine du hlocus sous-marin, 
18-20 février, 7 navires anglais, i français et 3 norvé- 
giens ont été coulés; pendant la même période, i.5oo 
navires sont entrés dans les ports réputés bloqués et en 
sont sortis, ce qui fait moins de i °/o de perte. Pendant 
la seconde semaine du hlocus, il n'y a eu de coulé qu'un 
sous-marin allemand. 

Manifestations belliqueuses en Italie, violemment 
contrariées par une partie des socialistes. 

Le général Pau est reçu avec enthousiasme à Bucha- 
rest. 

Vendredi 26 février. — Les Français progressent 
en Champagne au nord de Mesnil. 

Les Allemands, renforcés, attaquent de nouveau 
Prasnych et le reprennent, mais en sont chassés par les 
Russes qui font la garnison prisonnière (5.4oo hommes, 
54 officiers). La retraite allemande de Prasnych a pris 
l'allure d'une déroute ; les Rtisscs se sont emparés de 
12 canons. 

Les Russes font 3. 600 prisonniers près de Munkacz 
et 7.000 à Dolina. 

Les Autrichiens sont repoussés au nord et à l'est de 
Stanislau. 

Le dragage des mines des Dardanelles a été effectué 
jusqu'à 4 milles de l'entrée; trois croiseurs cuirassés se 
sont alors avancés dans le détroit. Des détachements, 
mis à terre, ont achevé de détruire quatre forts ; un 
fort turc a sauté avec sa garnison. 

Les sous-marins al!em;!nds laissent passer les paque- 
bots hollandais. 

Samedi 27 février. — Les Français prennent le 
fortin de Beauséjour en Champagne (détails dans le 
Figaro, 12 mars). 

Au bois de Malancourt, les Allemands aspergent une 
tranchée française avec un liquide enflammé. 

^ iolenfs combats sur la rive gauche du Niémen. 



38 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

En Galicie orientale, les Russes font 4-ooo prison- 
niers. Ils reprennent l'offensive en Bukovine, 

Il y a 5o.ooo Turcs sur la côte d'Europe, i5.ooo sur 
la côte d'Asie. 

Le Dacia a été arrêté par la croisière française et 
conduit à Brest. 

La Stampa écrit : « La mobilisation des esprits abou- 
tira, en temps opportun, à la mol^ilisation de l'armée. » 

Dimanche 28 février. — Les Allemands creusent 
des tranchées minées autour d'Anvers. Ils bombardent 
de nouveau Soissons et la cathédrale de Reims. 

Les Français progressent au nord et au nord-ouest de 
Perthes ; ils ont fait, depuis le lo, i.ooo prisonniers. 

Les Allemands sont en pleine retraite à l'ouest de 
la Narev. La grande attaque sur Varsovie a échoué. 

Les Russes occupent le fort de Khopa (Caucase). 

L'Angleterre déclare le blocus des côtes allemandes 
de l'Afrique du Sud. 

La Norvège interdit l'exportation du cuivre. 

Un ordre allemand enjoint de ménager les munitions. 

Il est désormais interdit, en Allemagne, de publier 
les cours de Bourse et le taux du change. 

Lloyd Georges, parlant à Bangor, dit que les armes 
manquent à l'Angleterre plus que les armées et incri- 
mine l'abus des boissons. 

(( On a comparé les armées formidables de nos alliés 
au rouleau compresseur, et l'on a eu raison. Il est bien 
dans l'allure habituelle du rouleau compresseur d'aller 
tantôt en avant, tantôt en arrière, et d'écraser aussi 
bien dans un sens que dans l'autre. » (Zurlinden, 
France de Demain, i^' mars.) 

Sébastien Herscher, archevêque de Laodicée, écrit 
dans le même journal : « Un aumônier militaire alle- 
mand, haut gradé et religieux d'un ordre qui passe 
pour le défenseur incorruptible du dogme, a eu, il y a 
quelques jours, l'occasion de causer en Belgique avec 
un supérieur de communauté française. Celui-ci de- 
manda à l'aumônier comment il se fait que l'Allemagne 
ait déchaîné une guerre aussi monstrueuse. L'aumônier 



CHRONOLOGIE DE LA CxUERRE 39 

a répondu : c( L'Allemagne a eu raison. Vous enseignez 
en théologie qu'un pauvre, exposé- à mourir de faim, a 
le droit de prendre un pain là où il le trouve. Eh bien ! 
l'Allemagne a été réduite, en raison de sa population, à 
une situation telle qu'elle avait besoin de territoires 
nouveaux pour vivre. Elle a usé d'un droit primordial 
que vous ne sauriez contester. » 



MARS 



Lundi i^'' mars. — Encore 5o obus sur Reims. 

Progrès français entre Pcrthes et Beauséjour ; l'attaque 
de la Garde allemande a été repoussée. 

Les Allemands disent avoir repoussé en Champagne 
les attaques de plusieurs corps français, cinq attaques 
entre l'est de l'Argonne et Vauquois et plusieurs attaques 
à Badonviller. 

Dans le communiqué de ce jour, les Allemands disent 
que les Français ont employé « de nouveau, comme il y 
a quelques mois », des obus qui explosent en émettant 
des gaz malodorants et asphyxiants, mais sans causer de 
dommages. 

Les Russes avancent vers la Prusse orientale ; une 
brigade de cavalerie a percé le centre allemand à 
Krasno-Sely. 

Les Russes menacent le liane nord des positions alle- 
mandes pour les obliger k se retirer sur le Niémen. 

Les Allemands disent avoir repoussé les Russes au 
nord de Lomza et au nord-ouest d'Ostrolenka. 

On considère comme terminées les opérations dans 
la région de Prasnych ; deux corps allemands, battus, 
regagnent la frontière. 

Les Allemands avouent avoir reperdu Prasnych, 
niais disent avoir repoussé les Russes au nord-ouest de 
(liodno, 



40 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Du 27 février au i" mars, vaines attaques autrichien- 
nes dans les Carpatlfes entre l'Ondava (bassin du Da- 
nube) et le San. Cette offensive a été repous.sée avec 
de grosses pertes. 

Les Russes marchent sur Czernovitz, occupant Sa- 
d agora. 

Le général Pau arrive à Petrograd. 

A Londres, on a coté le 3 °/o allemand à 53 ; à Ams- 
terdam, le mark perd i4 °/o. 

La Gazette de Francfort proteste contre les doctrines 
de haine et déclare absurde la formule de salutation : 
« Dieu punisse l'Angleterre ! » Ce n'est qu'une vulgaire 
pose théâtrale, pire que ridicule. 

Le socialiste Wolfgang Heine a dit à Stuttgart : « Si 
l'industrie allemande était détruite, les travailleurs 
souffriraient comme les patrons et même beaucoup plus 
qu'eux. Le travailleur allemand sait plus que jamais 
que le sort de la patrie est son propre sort. » (Le Temps, 
2 mars.) 

<<; De part et d'autre, les professeurs ont joué un rôle 
fâcheux dans la grande guerre. Les professeurs alle- 
mands, bien rétribués par l'État, se sont montrés plus 
sanguinaires que l'État-major lui-même. Nos professeurs 
anglais qui, au début, ont épousé avec empressement la 
cause de l'ennemi, réclament maintenant, après sept 
mois d'une guerre sauvage, une paix pleine d égards et 
honorable pour les violateurs des lois. Heureusement, 
au jour de la signature de la paix, on ne demandera 
pas l'avis des professeurs. » (Daily Mail, i" mars.) 

Il n'est pas vrai que les Allemands aient tiré 4 ou 
5 corps d'armée de leur front occidental : un seul corps, 
le 21*, a été prélevé sur ce front le 27 janvier et rem- 
placé par de nouvelles formations. Les renforts de Hin- 
denburg ont été constitués par des corps nouveaux (12= 
et 38') et par 3 corps déplacés du front oriental. En 
somme, l'armée allemande de Mazurie a été renforcée 
de 6 corps. Les Allemands ont sur le front russe 3o corps, 
plus 22 corps autrichiens; sur le front français, ils ont 
47 corps depuis le mois de décembre. (Times.) 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 41 

Mardi 2 mars. — Une note franco-anglaise aux 
neutres déclare répondre au blocus sous-marin des 
Allemands par le blocus de l'Allemagne. Tout en res- 
pectant la vie et les biens des neutres, on confisquera 
toute marchandise destinée à l'ennemi. Asquith dit au 
Parlement anglais : « Je déclare à notre ennemi, au 
nom du Gouvernement et de la Chambre des Commu- 
nes, qu'il n'existe pas une forme de pression écono- 
mique k laquelle nous n'estimions pas être en droit de 
recourir. » 

Le Gouvernement américain demande k connaître 
les moyens que la France et l'Angleterre comptent em- 
ployer pour intercepter les marchandises présumées de 
destination, propriété ou provenance ennemies. 

Fin d'une vive action engagée le i^'^par les Allemands 
pour arrêter les Français au nord-ouest de Perthes. 
Nous avons fait 600 prisonniers. 

Les Allemands bombardent Ossovetz avec des obusiers 
géants, creusant des entonnoirs de 6 mètres de diamètre 
et de 2 mètres de profondeur. 

Les Russes ont fait à Prasnych 10.000 prisonniers, 
appartenant à quinze régiments. Les trois corps alle- 
mands battus se retirent sur Mlava et Janovo. Les 
Allemands reculent aussi sur Plock. 

Les Autrichiens ont fait des pertes énormes en atta- 
quant le front russe à Lupkov en colonnes serrées, pour 
dégager Przemysl. 

Les Russes bombardent Czernovitz. 

Reprise du bombardement des Dardanelles, arrêté 
par le mauvais temps; 52 navires sont entrés dans le 
détroit. 

Un navire de la ligne Hollande-Amérique est torpillé 
à Reachy Head et rentre avarié à Rotterdam. 

L'Autriche a organisé une « semaine des métaux i> 
[lendant laquelle seront recueillis tous les objets en métal, 
l'acier excepté. Le Gouvernement confisque tous les 
stocks de farine; 200 boulangeries de Vienne ont dû fer- 
mer. 

Propos entendu à Cologne : « Nous rendrons les 
tranchées ennemies intenables en y projetant des bom- 



42 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

])es remplies d'une dissolution de soufre et de phosphore 
dans le sulfure de carbone. C'est ça qui brûle joliment. » 
{L'Information, 3 mars.) 

Mercredi 3 mars. — Nouveau bombardement de 
Reims. 

Les Français repoussent, au nord-est de Mesnil, les 
attaques de deux régiments de la Garde. 

Les Russes reprennent Stanislau. 

Une escadrille autrichienne a bom])ardé Antivari, 
coulant un navire chargé de vivres ot le yacht royal 
monténégrin. 

Aucun navire anglais n'a été torpillé entre le 24 fé- 
vrier et le 3 mars. 

Combat à Ghadir dans la vallée du Tigre ; les Turcs 
ont le dessous. 

Un aviateur français fait sauter la poudrière de Rolt- 
weil, au cours d'un raid de 3oo kilomètres. 

Un grand conseil de la Couronne est convoqué à 
Athènes. 

Le général Pau estreçu à Tsarskoié-Sélo par Nicolas IL 
« Dans la guerre déclarée à la Prusse, écrit le Novoïé 
Vrémia, les Russes sont aussi décidés que les Français 
et les Anglais à en finir avec le militarisme prussien. » 

Le Temps résume un article de Ludwig Ganc[hofer 
(Nouvelles de Munich), célébrant le pillage organisé des 
territoires envahis : « Le total des profits réalisés par 
l'Allemagne derrière le front ouest des opérations depuis 
le commencement de la guerre peut se chiffrer à envi- 
ron 2 milliards. » 

Jeudi 4 mars. — Dans la région de Stanislau, de- 
puis le 21 février, les Russes ont pris ig.ooo hommes, 
5 canons, 62 mitrailleuses. 

Le croiseur russe Askold rejoint la flotte alliée dans 
les Dardanelles. 

Un sous-marin allemand est coulé près de Douvres ; 
un autre est canonné dans la Manche. 

Les Anglais bombardent Dikéli et Résika. 

L'autorité militaire interdit à Stuttgart un meeting 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 43 

de socialistes radicaux qui voulaient prendre parti pour 
Liebknecht. 

Suivant un secrétaire de l'ambassade de Russie à 
Rome, la Russie a 4 millions d'hommes en campagne ; 
elle en aura 800.000 de plus en avril. Elle fabrique 
20 millions de cartouches et Go. 000 projectiles par 
jour. Elle détient prisonniers i5o.ooo Allemands et 
470.000 Austro-Hongrois. 

La Neiie Freie Presse dit que le bombardement des 
Dardanelles est l'événement le plus grave de la guerre, 
parce qu'il annonce la rupture de réqui]il)re médi- 
terranéen au profit de la Triple Entente. 

Vendredi 5 mars. — Les Français recommencent 
l'attaque du Hartmannswillerkopf, tentée infructueu- 
sement le 2G février; les attaques continuent le 17 et 
le 28, puis le 24 et le 26 mars (relation détaillée dans 
la Liberté du 5 avril). 

Les Allemands concentrent de grandes forces entre 
Thorn et Mlava. 

Les Russes ont traversé la Ristritza au sud, à l'ar- 
rière des Autrichiens. 

Rombardement des forts intérieurs des Dardanelles. 
Von der Goltz demande inutilement à l'Allemagne un 
renfort de 5o officiers allemands. 

Une escadre anglaise bombarde les forts de Smyrne. 

Un dirigeable s'abat a Tirlemont (17 moi'ts). 

Deuxième conseil de la Couronne h Athènes. 

La vente de la farine est interdite à Rerlin les ven- 
dredi, samedi et dimanche. 

Lovât Fraser écrit {Daily Mail) que si la victoire doit 
être difficile, il sera plus difficile encore d'établir de l'or- 
dre après. Comment fermer la Méditerranée à 70 mil- 
lions d'Allemands ? Comment mettre les Magyars et les 
Saxons de Transjdvanie à la merci des Roumains ? 
Comment confiner 10 millions de Turcs en Asie-Mi- 
neure ? 

Samedi 6 mars. — La réponse allemande à la 
note des Etats-Unis formule des prétentions inaccep- 
tables comme prix de la cessation du blocus sous-marin. 



44 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Allemands accumulent de l'artillerie lourde 
devant les lignes ançjlaises à Ypres. 

Les Allemands résistent aux Russes sur le Niémen et 
entre Mlava et Chorzele. 

Des troupes allemandes sont ramenées de Temcsvar 
en Hongrie vers la Prusse orientale. 

Les Autrichiens attaquent sans succès au col de Lup- 
kov, visant Sanok. En général, les attaques autrichien- 
nos diminuent d'intensité dans les Carpathes, où un 
million d'hommes avaient été massés pour dégager 
Przemysl et reprendre Lemberg. 

Le Gouvernement français annonce qu'un corps ex- 
péditionnaire est en formation dans l'Afrique du Nord. 

Les familles des officiers allemands quittent Cons- 
tantinople pour Bucharest. 

Le Qaeen Elisabeth, embossé dans le golfe de Saros, 
bombarde indirectement les forts de la côte d'Asie près 
de Ghanak. 

Les autorités du port de New- York empêchent le dé- 
part clandestin du Vaterland (ligne Hambourg-Amé- 
rique) et du G. Wasinngton (Lloyd allemand). 

Quatre bateaux norvégiens ayant été coulés par les 
Allemands, le sentiment public est très excité contre eux 
on Norvège. 

Depuis" le début du blocus, les Allemands auraient 
perdu sept sous-marins. 

Le roi de Grèce s'opposant à l'entrée en action de la 
Grèce, soi-disant à cause d'inquiétudes du côté de la 
Bulgarie, Venizelos donne sa démission et Zaïmis est 
chargé de former un cabinet. 

Le colonel Feyler, dans le Journal de Genève, met 
en évidence les contradictions des bulletins allemands 
et français sur les opérations en Champagne depuis le 
24 février. 

Dimanche 7 mars. — Un très vif combat a com- 
mencé dans les dunes à l'ouest d'Ostende. 

Il y a douze sous-marins allemands à Zeobruggc, 
réparé et fortifié. 

Les Allemands se retirent à travers les forêts d'Au- 
gustov. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 45 

Les Autrichiens continuent à attaquer vers Baligrod. 

Six avions anglais bombardent Ostende. 

Au Gap, le colonel Van Deventer annonce la prise du 
camp rebelle de Nabas. 

Les pertes prussiennes atteignent 1.002. 212 hommes, 
comprenant 6.000 officiers tués. 

Lundi 8 mars. — Violents combats sur le front, 
du Niémen à la Vistule. 

Les Allemands attaquent sur la rive droite de la 
Pilitza, au nord d'Opozuo. 

Le bombardement d'Ossovetz a repris. 

Les Autrichiens massent des troupes sur les fronts 
de Grahovo et de la Drina. Les Monténégrins bombar- 
dent Fotcha, en territoire autrichien. 

La flotte russe de la Mer Noire bombarde Héraclée 
el les localités voisines, détruisant les édifices et han- 
girs qui servent à la manipulation de la houille. 

Salandra, parlant à Gaëte, dit que l'Italie met toute 
son espérance en son armée. Il a eu une entrevue avec 
Giolitti ; on dit qu'ils sont d'accord. 

Zaïmis ayant renoncé à former un cabinet, ce soin 
a été i-emis à Gounaris, député de Patras. 

De Rome à V Information : c( Le recul du roi Cons- 
tantin débarrasse des points noirs l'horizon du Dodéca- 
nèse et facilite à la nouvelle Italie sa pénétration future 
en Asie Mineure. » 

Dans un conseil de la Couronne tenu à Vienne, 
l'Empereur accepte le principe d'une rectification de 
frontière en faveur de l'Italie. 

L'Angleterre concède que le coton américain assuré 
ou consigné avant le 2 mars pourra être introduit en 
Allemagne, ou qu'il sera acheté par l'Angleterre à sa 
valeur. 

Entrée en campagne avec 6 divisions d'infanterie et 
I de cavalerie, l'armée belge compte aujourd'hui 
G divisions d'infanterie et 2 de cavalerie. {O/Jiciel.) 

Mardi 9 mars. — Vive attaque allemande à Notrc- 
Damc-de-Lorettc (ouest de Lens). 



46 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Par suite du bombardement d'Héraclée, Constan- 
tinople commence à manquer de charbon. 

Les Russes avancent au delà du Tchorokh et vers 
l'Azerbeidjan. Leurs opérations sont facilitées par 
l'attaque des Dardanelles, qui détourne vers l'ouest 
les troupes d'Erzeroum. 

On dit que l'Allemagne a perdu dix sous-marins. 

Après de longues hésitations, Burian consent à traiter 
au sujet des compensations réclamées par l'Italie. 

Le dernier contingent canadien débarque en Angle- 
terre. 

Le Parlement anglais adopte une loi donnant au 
Gouvernement le droit de réquisitionner des usines et 
de les utiliser pour la fabrication des munitions. 

Mercredi 10 mars. — Les Etats-Unis envoient une 
nouvelle note à la France et à l'Angleterre, expo.sant 
leurs objections à un blocus non régulier. 

Les Anglais s'emparent de Neuve-Chapelle, entre la 
L;i^s et le canal de La Bassée, à l'est de la route d'Es- 
taires ; ils font i .000 prisonniers (détails dans la. Liberté, 
i5 mars). 

Les Russes refoulent les Allemands à l'ouest de 
Grodno et au delà du Niémen. 

Les Allemands commencent une offensive violente 
dans le nord de la Pologne, partant de Chorzele. 

Constantinople est défenclu par trois corps turcs ; 
deux autres viennent de Syrie, où les Turcs continuent 
k construire une voie ferrée vers l'Egypte. 

Le croiseur auxiliaire Prinz- Eitel- Friedrich est 
arrivé k Newport-Nev^'s, après avoir coulé plusieurs 
navires, entre autres l'américain William P. Fnje. Le 
croiseur est avarié. 

Du 18 février (commencement du blocus) au 10 mars, 
l'Angleterre a perdu i5 navires, dont 11 coulés par des 
sous-marins. En revanche, du 2/4 février au 10 mars, 
4.412 navires sont entrés dans les ports anglais et en 
sont sortis. 

Le cabinet Gounaris sera neutre, avec sympathie 
pour l'Entente. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 47 

On raconte qu'on a saisi à Venise des fusils français 
expédiés par des Allemands en Tripolitaine et cachés 
dans des tonneaux. Cette manœuvre, destinée à brouiller 
l'Italie avec la France, est jugée sévèrement à Rome 
{Liberté, i5 mars). 

Au Reichstag, réuni après trois mois de vacances, 
Betlimann-Hollweg a parlé du mur de fer que l'Alle- 
magne oppose à. ses ennemis. 

On commence à distribuer k Berlin des bons de 
pommes de terre, pei'mettant d'en acheter Go kilos par 
semaine dans les magasins publics. 

La Chambre des Communes a voté à l'unanimité la 
proposition de Llojd Georges, tendant à convertir les 
usines en fabriques de munitions. 

La Bourse de Londres croit maintenant que l'Alle- 
magne demandera la paix avant la fin de l'été. 

Le bruit ayant couru à New- York que l'Allemagne 
faisait des propositions de paix, le blé a baissé de 4 cents 
à Chicago. 

On prétend à Copenhague que les éléphants de 
HagenÉeck sont employés près de Valenciennes à la 
réparation des routes. 

V Arbeiler-Zeilung de Vienne fait savoir que, depuis 
un mois, la Hongrie a défendu toute exportation de blé 
en Autriche, où l'on a besoin de cmq millions de 
quintaux jusqu'à la récolte. Le journal demande que 
les ressources de l'Autriche et de la Hongrie soient 
mises en commun ; l'attitude de la Hongrie éveille en 
Autriche le soupçon qu'elle cherche k conclure une paix 
séparée. 

Jusqu'au 3o janvier, l'armée russe a réparé ses pertes 
(1.600.000 hommes), sans toucher encore aux classes 
1897-1902. 

Jeudi 11 mars. — Une escadrille anglaise a bom- 
bardé Westende. 

Les Anglais continuent k progresser vers Neuve- 
Chapelle et occupent l'Épinette, k 2 milles vers l'est d'Ar- 
mentières. Les Allemands bombardent Neuve-Chapelle. 

D'après un communiqué officiel, qui marque la fin 



48 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

de l'offensive en Champagne, les Français y ont gagné, 
depuis le iG février, 2-3 Kilomètres de profondeur sur 
un front de 7 kilomètres. En revanche, les Allemands 
affirment que six corps français n'ont pu obtenir aucun 
succès contre deux divisions rhénanes (le communiqué 
français établit que les Allemands avaient amené 4-5 
corps). Alors que les Allemands prétendent que nous 
aurions perdu 44-ooo hommes et eux-mêmes le quart de 
ce chiffre, le communiqué français dit qu'on a compté 
sur le terrain près de 10.000 morts allemands et qu'on 
a fait 2.000 prisonniers. Nous aurions eu c( des pertes 
relativement faibles et très peu de prisonniers ». 

Le communiqué russe du 12 dit que l'offensive 
allemande sur Prasnych est contenue ; il marque des 
succès à Lupkov et a Smolnik, villages enlevés à la 
droite autrichienne avec beaucoup d'artillerie, l\.ooo 
prisonniers, 70 officiers, etc. 

A Niezviska, au sud-est de Stanislau, les Cosaques 
du Don ont détruit trois escadrons de hussards prussiens. 

Le croiseur auxiliaire anglais Bayona est coulé par 
une torpille en vue de la côte d'Ecosse. 

Un grand sous-marin allemand torpille cinq navires 
près de Land's End. 

La commission instituée en vue de constater les actes 
commis par les Allemands en violation du droit des 
gens, a interrogé près de 3oo des 10.000 Français 
renvoyés d'Allemagne avant le 28 février. Le traitement 
infligé aux prisonniers civils a été atroce ; les Suisses, 
tant romands que germaniques, les ont reçus avec 
beaucoup de bonté. 

Le Temps du 12 publie le résumé d'une brochure 
allemande parue eu 191 1 sous le pseudonyme de 
Tannenberg. c< Il en ressort que l'augmentation excessive 
de la population en Allemagne a été la vraie cause du 
renouveau d'espiùt belliqueux. Le traité proposé, après 
défaite de la France, représente les idées du Wehrve- 
reiii, qui compte 190.000 adhérents. La France cède les 
départements des Vosges, de Meurthe-et-Moselle, de la 
Meuse, àas Ardennes, pays qui prend le nom de 
Westfranken ; les habitants de ce pays sont transférés 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 49 

ailleurs par la France et remplacés par des Allemands. 
La Hollande et la Belgique entrent dans l'Empire 
allemand, avec leurs colonies. Les Wallons de Belgique 
sont établis ailleurs par les soins de la France et rem- 

f)lacés par des Allemands. La France cède à l'Allemagne 
es titres russes qu'elle possède et paie, en outre, 
35 milliards de marks. La flotte française passe à 
l'Allemagne, ainsi que toutes les colonies, sauf l'Algérie. 
Ainsi c( nous aurons enfin la paix ; nous pourrons 
poursuivre notre développement pacifique et nous 
trouver très bien de notre système de six enfants ». Cela 
devait s'appeler le traité de Bruxelles en douze articles; 
l'auteur ne prévoyait rien au sujet de la Russie et de 
l'Angleterre. « Que l'on rapproche ces clauses de ce 
qui s'est passé depuis sept mois : invasion de la Belgique 
et du Luxembourg, saisie d'argent et de marchandises, 
dévastations systématiques pour faire fuir les popu- 
lations et ruiner les industries, confiscation, pillage et 
vente des biens des absents. On jugera que les idées de 
Tannenberg sont celles qui ont guidé la guerre ac- 
tuelle. » (Dampierre.) 

Vendredi i2 mars. — Les Anglais ont avancé vers 
Aubers, prenant i.ooo soldats et des mitrailleuses. 

Les généraux Maunoury et de Villaret sont griève- 
ments blessés en inspectant une tranchée près de 
Soissons. 

Le quartier général allemand aurait quitté Lille pour 
Gourtrai. 

Les Russes repoussent les Allemands près d'Augus- 
tov et se concentrent dans la région de Lipsk. L'artil- 
lerie d'Ossovetz continue à bien répondre. L'offensive 
allemande dans la région de la rivière Orsicz ne réussit 
pas. Les Allemands s'approchent du nord de Prasnych, 
jiiais sont repoussés à i.5oo pas des tranchées russes, 
aUandonnant les leurs, avec armes et munitions. 

Les Allemands ont plus de dix corps en arrière du 
liNjut Ghorzele-Mlava et semblent faire de Thorn le 
I (Mitre d'une nouvelle opération en masse. 

Une partie du corps expéditionnaire réuni dans 

68. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 4 



50 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

l'Afrique du Nord est en route pour le Levant où elle 
rejoindra les contingents anglais venus d'Egypte. 

L'Allemagne aurait perdu douze sous-marins, dont 
huit des types les plus récents. 

Par l'entremise du prince de Bûlow, l'Allemagne 
offre à l'Italie des compensations territoriales aux dé- 
pens de l'Autriche, pour prix de sa neutralité. 

Les ministres italiens se contentent de prendre note 
des offres de Bûlow, qui reconnaissent la légitimité de 
l'irrédentisme italien. 

Le chitï're d'émission des Bons de la Défense atteint 
3 milliards 8G2 millions. 

Samedi 13 mars. — Hindenburg livre une qua- 
trième Ijataille pour Varsovie â'vec onze corps rassem- 
blés entre Mlava et Prasnych, sur les deux rives de 
rOrsicz, Le sol étant gelé, on ne peut construire de 
tranchées. 

Nicolas II est parti pour le front de Pologne. 

Le tir indirect du Qaeen Elisabeth atteint les ca- 
sernes de Gallipoli. 

Beaucoup de familles turques de Constantinople se 
réfugient à Brousse et à Koniah. 

Le territoire persan est débarrassé des bandes turques 
et kurdes, vaincues à Dilman. 

Les Allemands ont détruit jusqu'à présent 120 na- 
vires alliés dont m vapeurs, 4 croiseurs auxiliaires et 
8 balayeurs de mines. 

Romanos, ministre de Grèce, s'est rendu au quai 
d'Orsay pour protester des sentiments inaltérés de la 
Grèce à l'égara de la France. 

Dimanche i4 mars. — L'artillerie belge détruit 
un point d'appui organisé par les Allemands dans le 
cimetière de Dixmude. 

Les Anglais repoussent les contre-attaques allemandes 
sur Neuve-Chapelle et bombardent les forts de Lille. 
Ils ont fait 1.720 prisonniers et mis 10.000 hommes hors 
de combat. Un ordre du prince Ruprecht de Bavière 
au VIP corps avoue le succès des Anglais, qui, avec 
43 bataillons, ont fait brèche dans les lignes allemandes. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 51 

Les Allemands bombardent la cathédrale de Soîssons. 

Les Français occupent Emberménil (Lorraine). 

Le croiseur anglais Amel/tr/st pénètre jusqu'à Nagara, 
mais est frappé de trois obus qui tuent 28 hommes. 

Un journal italien appelle l'Italie, la Roumanie et la 
Grèce « puissances de la Triple Attente ». 

Lundi 15 mars. — L'Allemagne a exprimé ses re- 
grets aux Etats-Unis au sujet de la destruction du 
W. P. Frye et a promis une indemnité au possesseur. 

Attaqués au sud d'Ypres, les Anglais perdent et puis 
reprennent Saint-Eloi. 

Progrès français à Notre-Dame-de-Lorette, au nord- 
est de Souain et de Perthes, à l'ouest de Vauquois ; 
perte de tranchées minées au bois Le Prêtre. 

L'aile gauche russe repousse les Allemands vers la 
Prusse. 

Vif combat à Przemysl ; les Russes enlèvent des hau- 
teurs au nord. 

Tempête de neige dans les Carpathes ; les Russes 

Prennent 2.5oo Autrichiens vers Smolnik et 2.000 à 
est de la voie Stanislau — Koloma. 
Trois navires allemands sont coulés par des mines 
dans la Baltique. 

Mardi 16 mars. — Sir Edouard Grey fait savoir 
à l'ambassadeur américain à Londres que les Etats-Unis 
pourront commercer librement avec les neutres, sous la 
réserve que rien dans ce qui sera transité ne doit tou- 
cher l'Allemagne. 

Le croiseur allemand Dresden a été coulé, près de 
l'île Juan Fernandez, par trois croiseurs anglais. 

Des colis postaux de farine sont envoyés des Etats- 
Unis en Allemagne. 

Mercredi 17 mars. — Les Russes rentrent dans 
la Prusse orientale du côté de Tauroggen. 

Les Autrichiens, renforcés, reprennent l'offensive en 
Bukovine et essaient de passer le Pruth. 

Jeudi 18 mars. — Après une lutte ardente, les 



52 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Français prennent l'éperon de Notre-Dame-de-Lorette 
(récit officiel dans les jonrnaux dn 25). 

Les Français attaquent pour la seconde fois aux 
Éparges. 

Les Russes pénétrent dans Memcl, en sont chassés par 
la population qui aide les troupes, puis y rentrent, sans 
molester les habitants. 

Entrées à 8 heures du matin dans les Dardanelles, les 
escadres alliées subissent des pertes graves par suite de 
mines flottantes. Le Bouvet est coulé avec presque tout 
son équipage ; le Gaulois est endommagé ; les cuirassés 
anglais Irrésistible et Océan coulent. La ville de Dar- 
danelles est en flammes. 

Un dirigeable tue sept cheminots en gare de Calais. 

Le Gouvernement anglais a les preuves de tentatives 
faites par les consuls allemands en Perse pour ouvrir 
ce paj'^s à une invasion turque et provoquer un soulè- 
vement dans les troupes indiennes de la frontière. 

La Roumanie appelle sept classes (i 909-1 91 5). 

La Rulgarie commande Soo.ooo fusils en Italie et 
adresse à la Turquie une note menaçante. 

Vendredi 19 mars. — Les Russes avancent sur 
Tilsit. 

Les Autrichiens tentent une sortie de Przemysl, après 
un bombardement destiné, semble-t-il, à épuiser leurs 
munitions. Les Russes font 3. 000 prisonniers, 

La flotte russe, s'approchant du Bosphore, provoque 
une panique à Constantinople. 

Le général Pau passe par Varsovie, se rendant au 
front russe. 

A Berlin, devant le palais, deux ou trois mille femmes 
demandent c( la paix et du pain ». 

Samedi 20 mars. — Les Russes sont chassés de 
Memel et battent en retraite, poursuivis (le 22 et le 28) 
par le feu des croiseurs allemands. 

Dans les Garpathes, près de Smolnik, les Russes font 
2.400 prisonniers. 

Tempête dans les Dardanelles. 



CHRONOLOGIE DE LA GUEURE bô 

Le fjénéral Botha a défait une troupe allemande dans 
l'Ouest africain. 

4o.ooo Autrichiens sont arrivés à Tri este. 

L'attaché militaire italien quitte Vienne pour Rome. 

La situation est très tendue entre la Chine et le Japon. 

Au Reichstag, Ledebur se fait huer en déclarant que 
l'Alsace-Lorraine devrait être française. Il a aussi 
reproché aux autorités militaires de faire brûler trois 
villages russes par chaque village allemand incendié : 
« C'est de la barbarie ! » a crié Liebknecht, au milieu 
de cris contraires de « Trahison ! » Le budget a été voté 
à l'unanimité, moins la voix de Liebknecht. 

Dimanche 21 mars. — Les Allemands ont lancé 
des obus sur la cathédrale de Soissons et sur Reims, 
ainsi que sur l'hôpital civil d'Albert. 

L'attaque de l'artillerie allemande sur Ossovetz a 
échoué ; un des gros mortiers, endommagé par le feu 
russe, a dû être abandonné. 

Vers 2 heures du matin, des dirigeables ont lancé des 
bombes sur Paris et la banlieue ; l'un d'eux paraît avoir 
été atteint. Il y a peu de dégâts. 

Les trois quarts de la Pologne ont souffert de l'inva- 
sion : 90 villes ou bourgades ont été anéanties, 4-5oo 
villages détruits (sur 27.000), i.ooo brûlés. Les pertes 
sont évaluées à 2 milliards 5oo millions. 

Lundi 22 mars. — Przemj^sl a capitulé, livrant 
aux Russes 9 généraux, 98 officiers d'état-major, 
2.5oo officiers et fonctionnaires, 116.000 hommes (dont 
20.000 blessés et 3. 000 malades), goo canons. On dit 
que trois corps russes vont devenir libres pour attaquer 
la Hongrie. 

Les alliés ont débarqué à Ténédos 3o.ooo hommes, 
amenés par l\o vapeurs. 

Le Parlement italien s'ajourne au 11 mai. 

Sir Edward Grey dit a Bechstein Hall : « Voici la 
quatrième fois que la Prusse est partie en guerre contre 
l'Europe; nous avons décidé que ce serait la dernière. » 

La Gazette de la Croix écrit : c( Nous sojTimes assez 
honnêtes pour admettre que la prise de Przemysl est 



54 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

mi coup douloureux porté à l'aile droite de notre front 
commua. » 

Mardi 23 mars. — L'artillerie française arrête un 
nouveau ]>ombardement de Soissons, Les Allemands 
liombardent de nouveau Reims et attaquent à Vauquois 
avec dugondron enflammé. 

Il n'v a plus de Russes en Prusse orientale. 

Reprise du bombardement des Dardanelles; trois 
cuirassés protègent les balayeurs de mines. 

Les Anglais mettent on fuite une force turque venue 
en douze jours de Bir el Maba à Suez. 

Les pertes prussiennes atteignent 1.078.467 hommes. 

Le Vorioserts déclare qu'une enquête officielle a éta- 
l)li l'inexistence des atrocités reprochées aux Russes 
dans la Prusse orientale. 

Mercredi 24 mars. — Les Russes ont remporté 
des succès vers Bartfeld, k L'zsok et vers Lupkov. Dans 
la journée du 22, ils ont fait 5. 600 prisonniers. Depui> 
le 21 janvier, ils ont pris 280.000 hommes (y compris 
la garnison de Przemysl). 

Des avions anglais bombardent les sous-marins alle- 
mands à Hoboken près d'Anvers. 

Le Chili proteste auprès de l'Angleterre et de l'Alle- 
magne contre la violation de la neutralité chilienne lors 
de la bataille du i4 mars dans les eaux de l'île Juan 
Fernandez. 

On assure que des barricades ont été commencées à 
Vienne, le 24 et le 25, daas les quartiers populeux de 
iNIariahilf et de Josephstadt. 

Jeudi 25 mars. — Malgré les renforts arrivés aux 
Autrichiens, les Russes progressent et font 1.700 pri- 
sonniers sur le front Bartfeld — Uzsok. 

Depuis le 28 mars, le front russe a avancé de 45 ki- 
lomètres dans le comté de Saros et de 29 sur d'autres 
points des Carpathes. Les Russes tiennent toutes les 
positions importantes du col de Dukla. 

Le sous-marin allemand U 2g, qui avait coulé trois 
croiseurs anglais, a été coulé à son tour, avec tout 
son équipage. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 55 

Le vapeur hollandais Medea est coulé au large de 
Beachy Head par un sous-marin allemand. 

Von der Goltz s'est rendu à Solia, Liman von Sanders 
à Berlin. 

Le maréchal French dit à un journaliste : « Je n'ai 
jamais été si confiant dans la victoire... La conduite des 
Allemands a varié suivant que le commandement a ap- 
prouvé ou non les excès commis par les soldats... Les 
Français, homme pour homme, valent plus que les 
Allemands. » 

Vendredi 26 mars. — Nouveau bombardement 
d'Arras. 

Après plusieurs jours de combat, les Français s'em- 
parent du sommet de l'Hartmannswillerkopf, faisant 
4oo prisonniers. 

Au cours d'un bombardement exécuté par des avions 
anglais, le hangar à dirigeables de Berchem-Sainte- 
Agathe a été endommagé et les chantiers de Hoboken 
incendiés (deux sous-marins détruits, un troisième 
avarié j. 

Les Anglais sont vainqueurs des rebelles près de 
Simla et leur tuent 200 hommes. 

Un député socialiste qui a visité Memel dit que les 
Russes, bien que combattus par les civils, n'y ont détruit 
aucune maison. 

Samedi 21 mars. — Troisième attaque française 
des Éparges. 

Les Russes repoussent l'offensive allemande au delà 
du Niémen. 

Depuis le 18 février, l'Angleterre a perdu 26 navires 
de commerce (99 depuis le début de la guerre). 

Le corps de débarquement de YEmden arrive au port 
de Lidda, ayant parcouru les 3oo milles qui séparent 
Hodeïda de Lidda et éprouvé des pertes par suite 
d'une attaque des Arabes. 

La Russie détient 600.000 Austro-Hongrois. 

Le Tarj, journal conservateur de Berlin, énuuière et 
déplore les faux calculs de la politique allemande : 
« Ceux qui nous ont conduits à toutes ces erreurs, k 



56 CHRONOLOGIE DE LA GUEIVKE 

toutes ces grossières méprises sur nos voisins, ont au- 
jourd'hui une lourde responsabilité. » 

Dimanche 28 mars. — Un détachement autrichien, 
parti de Czernovitz, a envahi la Bessarabie vers Chotin. 

Reprise, par tir indirect depuis le golfe de Saros, du 
bombardement des Dardanelles. 

La flotte russe bombarde les forts du Bosphore. 

Sur le front de Sarykamisch, les Turcs sont refoulés 
vers l'ouest. 

La llotte allemande lance 200 obus sur Liban. 

Un sous-marin allemand torpille le Falaba, au sud- 
ouest du canal de Saint-Georges; il y a 102 victimes, 
dont un Américain. 

Interdiction est faite, en Autriche, de consommer 
plus de 200 grammes de farine par jour. 

Lundi 29 mars. — Un avion allemand a lancé un 
projectile sur l'abside de la cathédrale de Reims. 

L'artillerie française chasse les Allemands de Heu- 
dicourt, à 12 kilomètres nord-est de Saint-Mihiel. 

Le fort de Douaumont près de Verdun reçoit des 
projectiles d'un obusier que les canons français font 
taire. 

Les Allemands prennent Tauroggen. 

Du 20 au 29 mars, dans les Garpathes, les Russes ont 
pris 16.000 hommes, 200 officiers, 10 canons. Le 29, 
ils ont pris 5. 680 hommes et 4 canons. 

La maison Calvert, fortifiée par les Turcs, est bom- 
bardée aux Dardanelles. 

La Hollande est irritée contre l'Allemagne qui a bom- 
bardé un de ses navires, on a saisi deux et en a coulé 
un quatrième. 

L'amiral von Tirpitz déclare a un journaliste améri- 
cain : « Nous ne détestons pas la Russie, nous avons 
de la sympathie pour la France, nous haïssons l'Angle- 
terre.» 

Mardi 30 mars. — Les Allemands disent que, près 
de Krasnopol, ils ont tué 2.000 Russes et fait 3. 000 pri- 
sonniers ; les Russes disent qu'au même endroit ils ont 
fait 200 prisonniers allemands. 



CHHONOLOGIE DK LA GUERRE IW 

Dans les Carpathes, les Russes ont atteint la région 
Volia-Mitchova-Lutoviska. 

Le détachement hongrois qui s'avanrait vers Chotin 
en Bessarabie a été en partie détruit, en partie capturé 
(2.000 prisonniers). 

Un contre-torpilleur français coule un sous-marin 
allemand au large de Dieppe. 

Un avion anglais lance des bombes sur le bassin de 
Bruges, abri des sous-marins allemands. 

Mercredi 31 mars. — Les troupes turques sont 
complètement chassées du Caucase russe. 

Du 25 au 3i mars, sur i.ôSg navires de plus de 
3oo tonnes entrés dans les ports anglais et sortis, 
5 seulement ont été coulés par des sous-marins alle- 
mands. 

L'Allemagne et l'Autriche sont d'accord pour ne pas 
céder Trieste à l'Italie. 

Le 3 °/o français atteint le cours de 73. 

L'Allemagne a sur le front 71 corps, soit 3.5oo.ooo 
hommes. La France a sur le front 2.5oo.ooo hommes ; 
il reste dans les dépôts 1.200.000 hommes, auxquels 
s'ajoutent la classe 1910 et environ 5oo.ooo dispensés. 
Nos réserves dépassent donc les réserves effectives de 
l'Allemagne, qui ne sont guère supérieures à 2 millions 
d'hommes (calculs contestés). 



AVRIL 



Jeudi i" avril. — Dans une note amicale, le prési- 
icnt Wilson explique en quoi ses idées sur un blocus 
•éel s'écartent de celles que les Anglais ont adoptées en 
léclarant le blocus de l'Allemagne. 

Les Allemands avouent les progrès français au bois 



58 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Le Prêtre, où nous avons fait, du 3o mars au i^"" avril, 
200 prisonniers. 

La poussée russe continue sur le front Marlampol-Au- 
gustov et dans les Carpathes vers Uzsok (2.800 prison- 
niers). 

La Neue frêle Presse déclare que les ellbrts des Au- 
trichiens pour retenir les Russes sur la ligne Lipkov — ■ 
Uzsok n'ont pas réussi et que les Russes sont en posses- 
sion des cols. On annonce des mouvements de troupes 
allemandes en Moravie. 

Les Russes repoussent l'olTensive autrichienne en Bu- 
kovine. 

Les Russes disent avoir pris ce jour, dans les Car- 
pathes, 7.000 soldats et plusieurs dizaines de mitrail-^ 
leuses. 

Des comltadjis bulgares attaquent à l'improviste Va- 
landoYO en Serbie, prenant deux canons ; les Serbes 
mettent les comitadjis en fuite. 

Deux bateaux à feux sont mouillés dans la Manche 
vers Folkestone ; tous les navires doivent passer entre 
ces bateaux. 

Un avion allemand qui venait de jeter des bombes 
sur Reims a été abattu. 

La Hollande rappelle ses soldats en congé. 

Le ministre allemand de l'Agriculture annonce que la 
fabrication du pain est assurée jusqu'à la récolte. 

Répondant au professeur Kuno Francke, de Harvard, 
qui fait appel aux Etats-Unis pour que le territoire de 
l'Empire allemand soit respecté dans les traités à venir, 
le New-York Herald déclare que l'Allemagne est deve- 
nue un paria parmi les nations. 

Lord Haldane dit : « Je crois que le monde va s'or- 
ganiser de telle sorte qu'aucune nation ne pourra plus, 
soit par ambition soit par peur, partir en guerre. » 

On a célébré à Berlin le centenaire de Bismarck. 
Bethmann-Hollweg a dit : a Aucun Allemand ne per- 
mettra qu'on détruise l'œuvre de Bismarck. Les ennemis 
font rage autour de l'Empire : nous les battrons. » 

Suivant le communiqué allemand, l'armée allemande 



CHKONOLOGIE DE LA GUERRE 59 

de l'Est aurait fait, au cours du mois de mars, 55. 800 
prisonniers russes, avec g canons. 

6o5.ooo soldats et 10.700 officiers sont captifs en 
Russie. 

Vendredi 2 avril. — La cavalerie russe bat la cava- 
lerie allemande entre Kalvarya et Suvalki. 

Dans les Carpathes, succès russe entre Mezo-Laborcz 
et Latovisky (2.100 prisonniers, 3 canons). Les Autri- 
chiens ont évacué la f3essarabie. 

Dans un conseil de guerre tenu à Gonstantinople, 
Liman von Sanders a opiné que, si les Dardanelles 
étaient forcées, la capitale devrait être transférée à 
Koniah ; le grand vizir et Enver préféreraient, dit-on, 
Andrinoplc. 

Les aviateurs anglais bombardent Hoboken et Zee- 
brugge. Les aviateurs français bombardent les gares de 
Mtdheim et de Neuenburg. 

Un échange de lettres entre Gounaris et Vénizélos 
prouve que ce dernier avait combiné une action gréco- 
serbo-bulgare; la Grèce cédait à la Bulgarie 200 kilo- 
mètres carrés en Macédoine orientale, avec Gavalla, 
mais recevait, en échange, le vilayet de Smjrne 
(i4o.ooo kilomètres carrés). L'emprunt bulgare à Berlin 
détourna Vénizélos de son projet. 

Un ukase appelle 585. 000 hommes de la classe 1916. 

Samedi 3 avril. — Combat acharné au nord de 
Bartfeld ; les Russes font 1.200 prisonniers. Ils pro- 
gressent sur le front Mezo-Laborcz et Uzsok (2.000 pri- 
sonniers) et occupent la gare de Tsisna avec de ricnes 
dépôts. 

Du 20 mars au 3 avril, les Russes ont pris, dans les 
Carpathes 33. 000 soldats, 378 officiers, 17 canons, 
loi mitrailleuses. 

Au nord de Czernovitz, les Russes font i.ooo pri- 
sonniers à Okna. 

Les premiers contingents du corps expéditionnaire 
français débarquent à Alexandrie. 

Dans la Mer Noire, la flotte russe échange des bor- 
dées avec le Gœben et le Breslaa. 



60 CHRONOLOGIE DE LA GUERllE 

Le croiseur turc Medjidieh touche une mine et coule 
près d'Odessa. 

Un avion allemand bombarde Saint-Dié. 

Les troupes du Cap occupent Warmbad (Afrique alle- 
mande du sud-ouest). 

Le ministre de la Guerre américain rappelle la mission 
militaire américaine attachée à l'Etat-major allemand, 
la situation des officiers étant devenue pénible. 

Le chancelier allemand défend aux grandes asso- 
ciations allemandes de discuter les conditions de la paix 
future. 

Gazette de Cologne : « Nous ne sommes pas des en- 
fants à qui il faille cacher la vérité. Notre situation est 
toujours très grave. Il faut tenir; mais tenir, c'est pour- 
voir au pain et à la viande, aux armes et aux munitions. 
Cependant la paix n'est pas possible, car l'Angleterre, 
qui fait la guerre avec le sang des autres, s'y refuse. » 

Dimanche 4 avril. — Un détachement allemand 
a passé l'Yser et pris Driegrachten sur la rive gauche. 

En Woëvre, les Français prennent Regniéville, à 
2 kilomètres ouest de Fej-en-Haje, occupé le !"■. 

Les Allemands disent avoir repoussé une attaque 
russe contre Mariampol. 

Les Russes s'emparent du col de Rostok, après une 
vive résistance. 

Communiqué officiel de Vienne : « La présence de 
grands renforts russes venus de Przemjsl a obligé 
l'armée autrichienne à se retirer de la région des 
Beskides. n) 

Les Autrichiens disent avoir fait i.4oo prisonniers 
aux Russes qui essayaient de passer le Dniester. 

On croit à Londres que l'incident serbo-bulgare est 
clos, le Gouvernement bulgare ayant promis à la Serbie 
de punir les comitadjis. Ceux-ci étaient environ 2.000, 
assistés d'irréguliers turcs, et avaient pour but de 
détruire le pont de la Stroumitza, sur la ligne de Salo- 
nique a Belgrade. 

La Bulgarie envoie à la Serbie une note explicative, 
mais aigre, au sujet des incidents de frontière. 11 ne 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE Gl 

s'agirait pas de comitadjis bulgares, mais de musul- 
mans opprimés et exaspérés par les Serbes. 

Au lieu de repasser la frontière bulgare, les comi- 
tadjis poursuivis par les Serbes sont descendus sur la 
ville grecque de Dorina. 

Le 3 et le t\, les Russes ont délogé les Turcs d'une 
forte position près d'Olty. 

Le comte Jules Andrassy répond aux bruits d'après 
lesquels l'opposition en Hongrie désirerait la paix : 
« Nos ennemis se trompent grossièrement s'ils croient 
que même une petite partie de la Hongrie facilitera 
leur tâche. » 

« Seul le parti catholique de la Suisse allemande 
demeure inféodé à la cause germanique. » (New-York 
Herald). 

On dit qu'un ingénieur américain construit pour 
l'Angleterre des torpilles aériennes capables de détruire 
dirigeables et sous-marins (?). 

Lundi 5 avril. — Les Français ont l'avantage au 
bois d'Ailly (détail dans le Temps du 24 avril). 

Quatrième attaque française sur les Eparges, repous- 
sée le lendemain. 

En ce jour, dans les Carpathes, les Russes ont pris 
2.900 soldats et 3 canons. Tous les sommets de la 
chaîne principale des Beskides sont entre leurs mains. 
L'offensive russe continue dans la direction d'Uzsok, 
sur la rivière Toplia, bien que les Autrichiens aient reçu 
d'importants renforts allemands, dirigés sur Lupkov. 

Six grands vapeurs allemands auraient été coulés par 
des mines allemandes en vue des côtes russes. 

On manifeste à Budapest contre le militarisme alle- 
mand. 

Les Etats-Unis demandent i.i4o.ooo francs d'indem- 
nité à l'Allemagne pour la perte du W. P. Frije. 

Les Austro-Allemands occupent 53. 000 kilomètres 
carrés de territoire russe, avec 5. 5oo. 000 habitants. 

Le Bulletin des Armées annonce qu' c<. un obus explosif 
nouveau est venu récemment décupler (?) la puissance 
de nos canons ». 



62 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Sven Hesdin a dit : a Tout vrai Suédois se sent ami 
de l'Allemagne et de l'Autriche ; il se sent Germain.... 
Aussi longtemps qu'il y aura une Suède, nous sentirons, 
penserons et agirons en Germains. y> 

Mardi 6 avril. — Les troupes belges ont nettoyé 
la rive ouest du canal d'Ypres dans la direction de 
Driegrachlen. 

Au dire de témoins oculaires anglais, les prisonniers 
allemands ont raconté que les Allemands ont préparé 
des gaz toxiques sous haute pression dans des cylindres 
d'acier, pour arrêter l'avance anglaise dans le Nord, 

Les Austro-Allemands attaquent sur le versant est de 
la vallée de l'Ondava et sont repoussés. Les Russes 
traversent la crête principale près de Volossale. 

Les Autrichiens bombardent de nouveau Belgrade, 
mais l'artillerie serbe réduit la leur au silence. 

Beaucoup d'Allemands, avertis par leurs consuls, 
quittent l'Italie. 

La Gazette de Cologne dit que la note des États-Unis 
à l'Angleterre semble avoir été rédigée contre l'Alle- 
magne, à qui elle reproche, quoique de façon voilée, de 
ne pas observer les règles de la guerre. « C'est la carte 
blanche donnée aux Anglais de conduire cette guerre à 
l'aide de la famine. >) 

Le total des pertes allemandes en officiers dépasse 
sensiblement la moitié des effectifs de paix. 

Berliner Tageblatt : a L'attente d'un Empire allemand 
embrassant le monde est de pure fantaisie. Nous avons 
a défendre notre pays et nos foyers, à conserver l'exis- 
tence et l'indépendance de notre nation. Il faut avouer 
que nous avons surfait notre force et déprécié celle de 
nos ennemis. Nous ne devons pas oublier que nous nous 
battons contre tout le monde et que nous ne possédons 
pas de sympathies. » 

Deutsche Tageszeitiing : « Nous sommes inquiets, 
parce que nous sommes isolés. Le jour baisse sur 
notre pays. » 

Mercredi 7 avril; — Les Français progressent à 
l'est de Verdun et aux Éparges. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 63 

Les Russes sont en possession de la crête des Gar- 
pathes entre Zboro et Volossate, sauf la hauteur 909, 
à mi-chemin entre les passes de Lupkov et de Rostok. 

Les premiers villages hongrois, y compris Poljena, 
sont aux mains des Russes. Pour défendre la plaine 
hongroise, l'Autriche concentre 24 corps, auxquels se 
joignent 6 corps allemands; elle en réclame 6 autres. 
Depuis quelques jours, les Autrichiens ont reculé do 
3o kilomètres. 

Du I*' au 7 avril, les sous-marins n'ont coulé que 
cinq navires anglais. 

En présence du roi et du prince héritier de Serbie, 
on a enterré les victimes faites par les avions autrichiens 
à Podgoritza. Le nombre des tués et blessés atteint 
io5. 

Le général Pau est acclamé à Naples. 

D'après le San de New- York, des Américains, revenus 
après avoir parcouru la Belgique, déclarent : « Les 
Allemands sont les guerriers les plus inhumains de 
l'histoire ; à côté d'eux, les Huns et les Vandales ne 
sont que des amateurs. » 

On publie un manifeste de la minoi^té de la So:^ial- 
demokralie allemande (Lieljknecht, Ledebur, Clara 
Zelkin, Rosa Luxemburg. Rùhl, Mehring), affirmant que 
« l'opposition à cette guerre abominable grandit sans 
cesse en Allemagne » et faisant appel au socialisme 
international pour rétablir la paix. Les signataires de- 
mandent qu'il n'y ait pas d'annexions, mais un désar- 
mement général et l'institution de l'arbitrage obliga- 
toire. 

Le colonel Feyler écrit (Journal de Genève) : « L'Em- 
pire britannique, autant peut-être que la Russie, repré- 
sente du côté allié les armées de l'avenir. » 

Il y aurait 800.000 prisonniers austro-allemands en 
Russie. 

Jeudi 8 avril. — Du 4 au 8 avril, sur les fronts nord- 
est et est de Verdun, les Français ont progressé sur 
20 kilomètres de longueur et i à 3 kilomètres de pro- 
fondeur. Sur les, H.aut^ de Meuse,, aux Éparges, con- 



b4 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

quête d'une partie du plateau qui domine Combres. 
Au sud, près de Saint-Mihiel, capture du sud-ouest du 
bois d'Ailly. Dans la Woëvre méi-idionale, entre le bois 
de Mortmàre et le bois Le Prêtre, conquête de Fey-en- 
Haye et de Regniéville. 

Les Allemands tentent en vain de reprendre le fortin 
de Beauséjour. 

Renforcés près de Rostok, les Austro-Hongrois ont 
attaqué les Russes et fait i.ooo prisonniers. 

Les Russes progressent et prennent la hauteur 90g. 
Les Autrichiens reprennent les attaques sur Koziova, 
interrompues depuis le 37 mars. 

Les Russes entrent à Eperyes en Hongrie. 

Le corps expéditionnaire français est à Ramleh. 

L'opinion suédoise proteste contre la capture par les 
Allemands d'un vapeur suédois chargé de maïs, allant 
d'un port suédois k un autre. 

Le commandant du Prinz Eitel Friedrich a renoncé 
à quitter Newport News et a demandé que son navire 
fût interné. 

Des avions anglais bombardent Zeebrugge. 

Avions et navires de guerre bombardent les forts de 
Smyrne. 

Sonnino présente au Gouvernement autrichien les 
revendications italiennes. 

L'Allemagne réquisitionne les fourrages. 

Vendredi 9 avril. — Dans la nuit du 8-9, les Alle- 
mands essaient de passer l'Yser en force dans la direc- 
tion de Saint-Jacques -Capelle à l'aide de radeaux 
ftourvus de mitrailleuses. Ils sont repoussés par les fusi- 
iers marins. 

Une nouvelle attaque nous a rendus maîtres de la 
partie de la position des Éparges qui domine la Woëvre 
(i,5oo mètres de tranchées). 

Le communiqué allemand du 9 dit que les Français 
ont fait usage, en Argonne, de bombes dégageant des 
gaz stupéfiants. 

A l'ouest du Niémen, les Russes ont enlevé, entre 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 65 

Kalvaria etLodvinov, deux lignes de tranchées (Coo pri- 
sonniers). 

Les Autrichiens repi'ennent à Koziuska la cote 992, 
que les Russes possédaient depuis le mois de mars ; ils 
font 2.100 prisonniers. 

Les Autrichiens ont préparé de nombreuses positions 
défensives entre la crête des Garpathes et la plaine hon- 
groise. L'avance russe vers Mezo-Laborcz est interrom- 
pue par l'envoi de renforts allemands. 

Czernovitz a été ravagé par un grand incendie. 

Le général Pau est reçu à Rome par les Garibaldiens ; 
manifestations enthousiastes. 

Vénizélos, blessé par un démenti du roi de Grèce, 
menace de quitter la vie politique. 

On fait courir le bruit, à Petrograd, que l'Autriche 
serait prête à conclure une paix séparée avec la Russie, 
cédant la Galicie, la Bosnie et l'Herzégovine, à condition 
qu'on lui garantît le Trentin, Trieste et la Transylvanie. 

Edmond Théry écrit dans le Matin : « Avant le 
i5 juin prochain l'Autriche demandera grâce, car à 
cette époque sa population n'aura plus de pain à 
manger. » C'était compter sans la Roumanie, 

Samedi 10 avril. — L'Allemagne envoie à Wa- 
shington une note aigre, se plaignant que les Etats- 
Unis n'observent pas la neutralité. Cette note fait mau- 
vaise impression en Amérique. 

Le 9 et le 10, dans les Carpathes, l'ennemi a attaqué 
en colonnes serrées les Russes qui avaient passé, dans 
la direction de Rostok, vers le versant sud cle la chaîne 
principale. Dans la direction d'Uzsok, les Russes ont pris 
plusieurs hauteurs et fait i.ooo prisonniers ; mais les 
Autrichiens occupent toujours le col d'Uzsok. 

De nouvelles bandes de comitadjis se concentrent 
près de Stroumitza. 

Les insurgés albanais bombardent Durazzo. 

Von der Goitz, revenant de Berlin et de Bucharest, 
rentre à Constantinople. 

_A propos des mauvais traitements infligés aux prison- 
niers anglais en Allemagne, le Morniricf Posf écrit : 

68. CHRONOI.OnlE DE LA GUERRE 5 



66 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

« L'Allemagne amoncelle un patrimoine de haines. Ses'' 
générations futures seront maudites dès leur naissance 
et bannies, comme des générations de forbans, de la 
communauté des nations. » Il 

Le Correspondant résume un livre allemand J'ac- 
cuse, publié à Lausanne par un Allemand bien connu, 
dit-on, à Berlin, qui accuse Bethmann-Hollweg d'avoir 
trahi l'Allemagne laborieuse en la livrant à la caste 
militaire, qui la conduit aux abîmes. 

Dimanche ii avril. — Samedi et dimanche, très 
chaude affaire près d'Albert, où l'artillerie française 
arrête une attaque allemande en lui infligeant de grosses 
pertes. 

Les Allemands ont repris, au bois de Mortmare, les 
tranchées avancées qu'ils avaient perdues la veille. 

La bataille des Carpathes, qui a duré quatre-vingts ij 
jours, est considérée (à tort) comme terminée, par l'oc- ) 
cupation de la chaîne centrale sur un front de 120 ki- 
lomètres. 

Nouvelle activité des patrouilles turques dans la 
région du Sinaï. 

Le Kronprinz Wilhelm, dernier paquebot allemand i 
armé, est entré a Newport News. 

Des avions français ont lancé des obus de i55 sur la \ 
gare maritime et la fonderie de Bruges. 

Viviaui dit au Conseil général de la Creuse : « Nous 
ferons la guerre jusqu'au bout. Nous voulons l'Europe 
libérée, la Belgique libre, la restitution des provinces 
perdues, l'écrasement du militarisme prussien, puisque 
la paix du monde est inconciliable avec ses sanglants 
caprices. » 

Les troupes françaises occupent un front de 870 kilo- 
mètres ; les Anglais, 5o ; les Belges, 28 (total, à l'ouest, 
948 kilomètres). A l'est, les Russes font front sur 
1.870 kilomètres. Au sud, Serbes et Monténégrins 
défendent 35o kilomètres. On se bat donc, en Europe, 
sur un front de 2.668 kilomètres. 

Lundi i2 avril. — Deux contre-attaques alle- 
mandes ayant été repoussées, les Français se consolident 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE C)l 

aux Éparges ; mais les Allemands tiennent toujours la 
hauteur voisine de Combres. 

Les Allemands fortifient la forêt d'Augustov et cons- 
truisent une ligne de Marggrabova à Augustov. Ces 
travaux achevés, Hindenburg pourra prélever de gran- 
des forces en Prusse orientale pour les employer ail- 
leurs. 

Reprise violente du bombardement d'Ossovetz. 

Le II et le 12, grande bataille de Bartfeld à Stryj ; 
les Russes progressent vers jUzsok (2.700 prisonniers, 
dont 53o officiers). Au sud de Volossate et dans la ré- 
gion de Koziova, les Russes repoussent des attaques 
violentes, ainsi qu'en Bukovine. 

Les avant-gardes russes sont en marche vers Ungvar. 

Le communiqué autrichien affirme que l'offensive 
russe est arrêtée dans les Carpathes. 

Le communiqué allemand dit que les Russes se sont 
servis de bombes à gaz asphyxiants. 

Il y a plus de sept corps allemands dans les Carpa- 
thes. 

Sur le front des Carpathes, du ig mars au 12 avril, 
les Russes ont fait 70.000 prisonniers, pris 3o canons et 
200 mitrailleuses. 

La Bulgarie accepte la proposition russe de nommer 
\ une commission serbo-bulgare pour enquêter sur les 
incidents de frontière. 

Les Turcs ont pénétré dans la Perse centrale et 
marchent sur Karamanchah. 

Le cuirassé français Saint-Louis, avec le concours 
d'hydravions, bombarde un camp turc près de Gaza. 

Un dirigeable s'abat k Aellre et prend feu ( 3o morts). 

Un dirigeable lance neuf bombes sur Nancy; dégâts 
matériels. 

On annonce que les chefs-d'œuvre de Venise ont 
été transférés à Florence. 
, Il Suivant le Times, von der Goltz était allé à Berlin 
pour solliciter un grand effort contre la Serbie, devant 
permettre d'envoyer aux Turcs les munitions qui leur 
manquent. 

Le pape a envoyé 25.000 francs au cardinal Mer- 



68 CHRONOLOGIE DE LA. GUERRE 

cler pour la population belge et 25.ooo couronnes à 
l'évèque de Cracovie pour la population polonaise. 

A propos d'une entrevue sur la paix, accordée le 
5 avril par Benoit XV au journaliste germano-améri- 
cain von Wiegand, la Westminster Gazette écrit : « Le 
Pape pourrait se servir de son influence pour protester 
contre les atrocités commises dans cette guerre ; il 
pourrait tâcher d'obtenir la conversion morale de l'Alle- 
magne, chose aussi nécessaire que la diplomatie pour 
restaurer la paix. » L'entrevue a été faiblement démentie. 

Le président Eliot a dit à l'Université de Harvard : 
« Une fin prématurée du conflit européen rejetterait la 
civilisation de plusieurs siècles en arrière. » 

Mardi 13 avril. — Le Times indique que les 
Autrichiens cherchent à tourner les Russes en marchant 
sur Lemberg. 

Les Russes ont fait i.ooo prisonniers dans les Cai'- 
pathes. L'offensive ennemie sur la rive droite du Pruth 
a été repoussée. Le dégel rend les routes impraticables. 

Le Gouvernement bulgare a la preuve que l'invasion 
des comitadjis a été organisée par Enver. Radoslavof, 
président du Conseil, pour prouver sa loyauté, ordonne 
de désarmer la population turco-bulgare à la frontière 
serbe et d'interner les Bulgares suspects de connivence 
avec les révolutionnaires. 

L'n avion allemand, survolant Walcheren, est capturé 
par les Hollandais. 

En Mésopotamie, une attaque turque a été repoussée à 
Shaiva. 

On annonce de Vienne que l'Italie aurait déclaré : 
« Si la guerre n'est pas terminée le 3o avi-il, ma neu- 
tralité cesse d'être assurée. » Les Autrichiens ont 
25o. 000 hommes àLa^^bach, Gratz, Goritz, loo.ooo dans 
le Trentin ; quatre corps bavarois du Haut-Tyrol sont 
destinés au Trentin. 

Le président Wilson a reçu une note dans laquelle 
le Pape se déclare prêt a coopérer avec lui pour rétablir 
la paix. 

Le critique militaire du Daily News explique qu'une 



. CHRONOLOGIE DK LA GUERRE 69 

paix séparée entre l'Autriche et la Russie fortifierait 
l'Allemagne. 

Hindenburg a déclaré à un journaliste italien que 
l'année russe est fatiguée, que son matériel s'use et que 
la fin prochaine de la guerre en résulterait. 

Mercredi 14 avril. — Les Allemands, renforcés, 
attaquent sur l'Yscr et à Dixmude. 

Les Turcs sont battus par les Anglo-Indiens à Zobéir 
et se retirent à 35 kilomètres vers le nord-ouest. Les 
Anglais ont perdu 700 hommes, les Turcs 2.000. 

Le navire hollandais Katwyk, de Baltimoi^e à Rotter- 
dam, est coulé par une torpille ; grande émotion en 
Hollande. 

Les avions français ont bombardé le quartier général 
allemand à Mézières-Charleville. 

Les pertes prussiennes atteignent i.i64-427 hommes. 

Jeudi 15 avril. — Au nord d'Arras, les Français 
enlèvent l'éperon sud-est de Notre-Dame de Lorette 
(160 prisonniers). 

Les Français bombardent la gare de Saint-Quentin 
et y détruisent un grand dépôt de munitions. 

L'activité des Allemands augmente dans la région 
Mariampol-Kalvarya. 

Dans les Carpathes, les Russes ont fait i.i4o prison- 
niers. 

11 y a près de 4 millions d'hommes en présence dans 
les Carpathes. Les Allemands ont 10 corps, les Austro- 
Hongrois en ont 28. 

Un aviateur français a détruit un pont de la voie 
ferrée qui relie la Syrie à Saint-Jean-d'Acre. 

Un dirigeable a lancé des bombes sur la côte est du 
Northumberland ; un autre, endommagé par le tir fran- 
çais, est tombé en Hollande. 

Des avions français bombardent le quartier général 
allemand à Mézières et la gare militaire de Fribourg-en- 
Brisgau. 

Vénizélos est parti pour Alexandrie. 

La Bulgarie se rapproche de la Roumanie en vue 
d'une action commune. 



70 CHRONOLOGIE DE LA GL ERHE 

Les Turcs, inquiets du côté de la Bulgarie, ramènent 
des canons de Gonstanlinople à Andrinople et à Tcha- 
taldja. 

Le Sultan, dans un conseil tenu à Constantiaople, 
s'est, dit-on, déclaré prêt à abdiquer. 

On publie la traduction française d'un prètenduyoa/*- 
nal du comte Axel von Schwering, imprimé d'abord à 
Londres; c'est un faux (voir le Figaro du iG avril). 

Les pertes anglaises à ce jour sont de i4o.ooo hommes. 

Vendredi 16 avril. — Le communiqué allemand 
dit qu'entre Meuse et Moselle, les Français lancent de 
plus en plus des bombes remplies de gaz asphyxiants. 

Dans les Carpathes, les Russes font i.i55 prisonniers, 
La fonte des neiges entrave les opérations. 

Dix cuirassés alliés ont détruit le camp turc d'Enos. 

La flotte russe bombarde Kara Burun, à l'intérieur 
des lignes de Tchataldja. 

Nouveau raid de deux dirigeables, accompagnés d'a- 
vions, sur l'Angleterre ; un des dirigeables est arrivé à 
35 milles de Londres. 

Le prince George de Grèce part pour la France. 

Suivant le Matin, Ballin aurait dit, il j a quelques 
jours : (.( La partie est perdue, mais le peuple allemand 
n'en sait encore rien. ->) 

Samedi il avril. — Les Anglais s'emparent de la 
cote Oo, à 2 milles au sud de Zillebecke, à l'est d'Ypres. 
Les avions français bombardent Rott^^•eil, Maizières- 
lès-Metz et Hattingen. Un dirigeable bombarde la gare 
de Fribourg-en-Brisgau. 

Dimanche 18 avril. — Progrès des Anglais en 
Belgique près de Zvartelen. 

Les Allemands essaient de reprendre aux Anglais la 
cote Go, mais sont repoussés. 

Progrès des Français sur les deux rives de la Fecht. 

Le Tsar part pour le front. 

Les escadres bombardent pendant cinq heures les 
forts des Dardanelles. 

L'Angleterre a sept campagnes sur les bras : en 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 71 

Flandre, dans les Dardanelles, en Egypte, dans l'Afrique 
orientale, dans l'Afrique sud occidentale, au Cameroun, 
en Mésopotamie. 

Lundi 19 avril. — Le maréchal French dément 
que les Anglais se servent de gaz asphyxiants; il 
affirme que les Allemands en ont fait usage dans l'at- 
taque de la cote 60 et rappelle que l'Allemagne a signé 
la clause de la convention de La Haye qui prohibe l'u- 
sage des asphyxiants. 

Les Allemands lancent 5o obus incendiaires sur 
Reims. 

Le 18 et le 19, les torpilleurs russes coulent 10 ba- 
teaux turcs chargés de munitions sur la côte d'Anatolie. 

Un dirigeable français jette des bombes sur la gare 
de Strasbourg. 

Vénizélos, venant de Paros, est reçu en triomphe à 
Alexandrie. 

L'Allemagne a fait des excuses à la Hollande pour le 
torpillage du Katioyk. 

Mardi 20 avril. — Des avions français incendient 
des dépôts de fourrages à Mannheim. 

Les Allemands disent avoir lancé i5o bombes aé- 
riennes sur B^lystok, en représailles des bombes 
lancées par les Russes sur Insterburg et Gumbinnen. 

Des désordres ont lieu à Trieste. 

Les troupes allemandes du Cameroun se sont repliées 
sur les hauts plateaux du centre. 

On estime que l'Allemagne a 34 corps à l'ouest, 
21 1/4 k l'est, 5 en Autriche, soit 60 corps faisant 
3 millions d'hommes, plus 760.000 hommes de land- 
wehr. 

Les pertes prussiennes atteignent 1. 196. 969 hommes. 

Mercredi 21 avril. — De violentes attaques alle- 
mandes contre la cote Oo sont repoussées par les Anglais. 

Près de Saint-Mihiel, à la Tête de Vache, les Français 
enlèvent deux lignes de tranchées. 

Communiqué allemand : a. En Argonne, les Français 
ont lancé des bombes dégageant des gaz vomitifs. » 



72 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Nouveau bombardement allemand de Pont-à-Mousson. 

En Alsace, progrès français sur les deux rives de la 
Fecht. Au nord, nous tenons le confluent de la Fecht 
et de la Wurmse ; au sud, Schiessloch. 

600.000 Austro-Allemands sont engagés entre les 
cols de Lupkov et d'Uzsok. 

Des trains bondés de familles d'officiers allemands 
quittent Constantinople. 

Des avions français bombardent Mûlheim, Mannheim 
et Lorrach. 

A la suite d'un mémoire adressé au roi par Zogra- 
phos, l'opinion grecque redevient interventionniste. 

Lloyd Georges déclare que l'Angleterre a 720.000 hom- 
mes en ligne. 

Le président Wilson, parlant dans un banquet, a dit : 
« Nous deviendrons les médiateurs du monde. » 

Le i5 janvier, devant Przemysl, le général SelivanofT 
informa le général autrichien Kusmanek que les Autri- 
chiens faits prisonniers seraient fusillés s'ils étaient 
trouvés porteurs de balles explosibles. L'emploi de ces 
balles cessa. Or, les Russes ont découvert à Przemjsl 
un ordre du 8 février prescrivant de remettre aux 
dépôts d'artillerie toutes les cartouches explosibles. Cet 
ordre est un aveu. ^ 

Jeudi 22 avril. — Les États-Unis répondent ave'- 
une politesse ironique à la note agressive de l'^^t'e- 
magne. 

Dans la boucle de l'Yser, les Belges repoussent une 
attaque contre le château de Vicoigne. 

Au nord d'Ypres, les Allemands, par l'emploi de gaz 
et de bombes asphyxiantes, dont l'effet a été ressenti 
jusqu'à 2 kilomètres en arrière de nos lignes, ont fait 
reculer les Alliés dans la direction du canal de l'Yser, 
vers l'ouest, et dans la direction d'Ypres, vers le sud. 
Gagnant ainsi 9 kilomètres au nord et au nord-est 
d'Ypres, les Allemands ont forcé le passage du canal ; ■ 
ils ont pris Langhemark, Streenstrate, Hetsas et Pil- 
kelm, faisant 1.600 prisonniers. 

Au bois d'Ailly, les Français prennent 700 mètres de 
tranchées. 



CIIRONOLOOlf; DE LA GUERRE 73 

Les Autrichiens ont été repoussés à Gorlice dans la 
direction de Novo-Sandec. 

La contre-attaque de l'armée bavaroise contre l'aile 
gauche russe paraît arrêtée : les Russes ont repris 
Orytchik, qui domine la route de Munkacz à Strij. 

Commencement d'une grande action aux Darda- 
nelles : trois débarquements ont eu lieu sur le promon- 
toire de Suvla, à Enos et sur l'isthme de Bulaïr. 

Vendredi 23 avril. — Le 28 et le 24, les 12.000 
habitants restant à Ypres, bombardée avec des obus de 
17 pouces, quittent la ville par la route de Poperinghe. 

Avis officiel : « Toute navigation est suspendue entre 
le Ro^-^aume Uni et la Hollande. » 

C'est à Vitvorde près de Bruxelles qu'on fabrique en 
grandes quantités les produits chimiques destinés à 
alimenter les appareils spéciaux avec lesquels les Alle- 
mands inondent les tranchées de jets enflammés ( Temps, 
24 avril). 

Samedi 24 avril. — Profitant de la surprise 
causée par l'emploi des gaz, les Allemands ont enlevé 
Lizerne, sur la rive gauche de l'Yser; ils reperdent ce 
village dans la nuit de samedi, mais le reprennent 
dimanche à l'aube. 

Les Allemands disent avoir pris i.ooo Anglais près 
d'Ypres et repoussé une attaque à l'ouest de Saint- 
Julien. 

Les Allemands bombardent Poperinghe ; ils conti- 
nuent le lendemain. 

Les Allemands font exploser cinq fortes mines au 
saillant nord du fortin de Beauséjour. 

Au sud-ouest de Combres, les Allemands disent avoir 
pris d'assaut plusieurs lignes françaises. 

Les Autrichiens, dans la vallée de l'Ondava, près de 
Koziova, ont pris d'assaut la hauteur d'Ostrij. 

Les Russes ont saisi le journal du colonel allemand 
Mertens, qui, indigné de ce qu'il a vu en Belgique et 
en France, parle de Vœiwre infernale et ignoble des 
officiers allemands. 

On publie cette définition des Germano-Américains 



74 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

par Roosevelt : « Amphibies sans patrie, qui, malgré 
tout, veulent avoir deux patries et préfèrent celle qu ils 
ont reniée. » 

Dimanche 25 avril. — Effroyable bombardement 
des lignes anglaises devant Ypres. 

Le combat continue au nord d'Ypres et sur le front 
anglais. Les Français passent sur la rive droite du 
canal. 

Les Allemands disent avoir pris, près d'Ypres, 
45 canons, dont 4 canons lourds anglais, plus de 
i.ooo Canadiens et, au total, 5. 000 prisonniers « de 
toutes races et couleurs ». 

L'attaque allemande à Combres est contenue. 

Les Allemands disent avoir fait 749 prisonniers en 
reprenant le sommet du Hartmannswillerkopf. 

Reprise du bombardement aux Dardanelles. 

Les Français ont pris Kum-Kalessi avec 5oo prison- 
niers. 

Lundi 26 avril. — Malgré l'emploi des cjaz, les 
Belges repoussent les Allemands au sud de Dixmude. 

Le maréchal French écrit : « Toutes les attaques 
allemandes au nord-est d'Ypres ont été repoussées. Les 
Français ont repris Hetsas. » Ils ont aussi repris 
Lizerne. 

Reprise, par les Français, du sommet du Hartmanns- 
willerkopf. 

Commencement de la grande offensive allemande à 
l'est de Cracovie. 

L'escadre russe, comprenant un nouveau dread- 
nouf/ht, bombarde les ports du Bosphore. 

Les Français, après avoir soutenu un violent combat 
à lenisher, se rembarquent, avec l'appui des navires, 
dans la nuit du 26 au 27. On s'est battu au pied de la 
colline de Troie. 

Les Alliés s'emparent de Sedul-Bahr. 

Dans la nuit du 26 au 37, le croiseur Léon-Gambetta 
est torpillé au large d'Otrante. i36 hommes sont sauvés 
par un torpilleur italien. 

L'accord franco-italien est conclu ; Tittoni l'a em- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE /[) 

Eorté ce jour à Rome. C'est la fin de la Triplice, conclue 
î 20 mai 1882. 

La Gazette de Francfort, rompant un long silence 
(la censure interdisait de traiter les affaires italiennes), 
écrit : « La conception d'une guerre contre ses fidèles 
alliés s'est peu à peu développée en Italie. » 

Parlant du bruit que la Turquie va demander la paix, 
le Russkoié Slovo écrit : « Trop de sang russe a coulé ; 
la Turquie doit abandonner l'Europe. » 

Le Times parle d'une invention faite en Angleterre, 
très importante pour la guei-re navale. 

Mardi 21 avril. — Commencée jeudi, la bataille 
autour d'Ypres continue ; l'aile gauche anglaise est 
menacée dano la l'égion de Pilkem-Saint-Julicn. 

Deux avions lancent des bombes incendiaires sur 
Epernaj. 

Mercredi 28 avril. — Les Allemands disent avoir 
pris 63 canons dans les combats au nord d'Ypres, qui 
ont pourtant tourné en leur défaveur. 

Premier bombardement de Dunkerquc à grande dis- 
tance (32 kilomètres). Il y a vingt morts. 

Progrès des Allemands au nord du Niémen. 

Les Russes, attaqués vers Dilman (Caucase), se 
replient vers Moukhandjik. 

Des avions bombardent Bollwiller, Friedrichshafen 
et Leopoldshoehc. 

Jeudi 29 avril. — Les Allemands ont vainement 
essayé de passer l'Yser à Dixmude sur trois ponts 
de bateaux qu'a détruits l'artillerie belge. 

Ypres n'est plus qu'un amas de ruines ; il ne reste 
plus rien de la Halle aux Drapiers. 

Les Allemands jettent 5oo bombes incendiaires sur 
Reims. 

Près de la Ravka, sur un front de 10 kilomètres, les 
Allemands ont lancé 18.000 projectiles sur les tranchées 
russes. 

En Tripolitaine, une colonne italienne a subi de 
fortes perles, par suite de la défection de troupes 
indigènes. 



76 CHRONOLOGIE DE LÀ GUERRE 

En une seule journée, Londres a fourni des respira- 
tors (contre les gaz) pour toute l'armée anglaise. 

Vendredi 30 avril. — Progrès français au nord 
d'Ypres ; nous enlevons deux lignes de tranchées. 

Nouveau bombardement de Dunkerque ; nombi-cuses 
victimes. 

Le communiqué français affirme que, depuis le 
i5 mars, nous avons avancé, en Lorraine, de 3 à4 kilo- 
mètres sur un front de 25. Nous possédons Emberménil 
(depuis le 24) et presque toute la forêt de Parroy. 

Le représentant de V Associated Press d'Amérique a 
visité le sommet de l'Hartmannswillerkopf, que les 
Allemands n'ont plus attaqué depuis deux jours. 

Les avant-gardes allemandes, à 76 kilomètres de la 
frontière, menacent la Lithuanic en avançant au delà 
de Rossieny. 

Les Russes enlèvent deux hauteurs près de Koziuska 
et font i.ooo prisonniers. 

Un sous-marin australien est coulé en tentant de 
pénétrer dans la Marmara. 

Un dirigeable et un avion allemands ont lancé des 
bombes incendiaires sur Ipswich et sur Whitton, 
détruisant trois maisons. Deux autres onl été détruites 
à Bury St. Edmunds. 

Un dirigeable français bombarde la gare de Valen- 
ciennes. 

François-Joseph a mandé Goluchowski, ancien mi- 
nistre (pacifique) des Affaires étrangères, à Schœn- 
brunn. 

L'émission des Bons de la Défense atteint 4 milliards 
337 millions de francs. 



MAI 



Samedi i" mai. — Les avions ont repéré la posi- 
tion du canon Krupp de 38o millimètres, long de 



i 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 77 

20 mètres, avec charge de 3i3 kilos de poudre, jetant 
des projectiles de 760 kilos, sous l'angle de ^5°, k 
37 kilomètres {Journal de Genève, 4 mai). Ils l'ont 
attaqué vendredi soir avec des bombes et l'ont réduit 
au silence ; le bombardement de Dunkerque a cessé. 

Pi-ès de Tracy-le-Mont, les Allemands attaquent 
avec des flacons d'éther. 

Les Allemands attaquent à Mancourt (S. de Chaulnes) 
avec des grenades, des couteaux et des brownings. 
Presque tous sont tués. 

Communiqué allemand du 1" mai : « Le 29 avril, en 
réponse au bombardement des localités ouvertes en 
arrière de nos lignes, quelques obus ont été envoyés 
sur Reims. Comme l'ennemi connaît fort bien la cause 
de ce bombardement, il lui sera facile d'en éviter de 
nouveaux à la ville de Reims. » 

Entre Reims et l'Argonne, les Allemands attaquent 
avec des gaz à fumée verte qui restent sur leurs lignes. 

Les Français ont bombardé un des forts du front sud 
du camp retranché de Metz (fort Wagner). 

Les Allemands ont occupé Chavlietpris i. 000 Russes; 
ils approchent de Liban. 

Les avant-gardes allemandes sont au sud-ouest de 
Mitau (Courlande). 

La diversion allemande vers la Raltique paraît avoir 
pour but de couper la voie ferrée de Petrograd h Var- 
sovie et, accessoirement, de recueillir des approvision- 
nements en Lithuanie. 

Les Austro-Allemands commencent une nouvelle 
attaque en masse contre le centre russe dans la Galicie 
orientale. 

Dans la mer du Nord, les Anglais perdent un contre- 
torpilleur et coulent deux torpilleurs allemands. 

Le vapeur américain Giilflight est torpillé par un 
sous-marin allemand près des îles Scilly. 

Le Lusitania a quitté New-York malgré la menace 
publiée par l'ambassade allemande à Washington, 
déclarant que tout navire sous pavillon britannique était 
passible de destruction dans la zone de guerre. 

Le généralissime bulgare Savof arrive à Bucharest. 



78 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

P. Deschanel dit au Trocadéro : « Soldats ! le sang 
qui coule de vos veines féconde toute la terre, même la 
terre ennemie, et sauve la liberté du monde ! » 

Dimanche 2 mai. — Les Allemands disent que les 
Russes ont subi une grave défaite au nord-est de 
Czernovitz (ouest de Plock). Le front russe en Galicie 
orientale, depuis la frontière hongroise jusqu'à l'em- 
bouchure de la Dunajec, a été forcé sur plusieurs points 
par l'armée de Mackensen. 8.000 Russes auraient été 
faits prisonniers près de Gorlice, 22.000 autres sur le 
reste du front. 

On annonce de Copenhague que les Anglais ont barré 
la partie navigable de la Manche à l'est du bateau- 

f)hare de Galopper-Sandettiebank et qu'ils ont interdit 
e passage des bateaux de la mer du Nord à la Manche 
à 1 ouest du bateau-phare. 

Lundi 3 mai. — La nouvelle ligne anglaise en 
Belgique passe à l'ouest de Zonnebecke. Les Allemands 
sont toujours sur la rive gauche de l'Yser à Steenstraate. 

Les Allemands ont bombardé Poperinghe. 

La cavalerie allemande a fait demi-tour devant Mitau, 
abandonnant son artillerie légère. 

Le succès des Austro-Allemands dans la région 
Tarnov — Gorlice s'accentue. 

Les Austro-Allemands ont passé la Dunajec. 

Les Russes ont pris une hauteur dans la direction de 
Stryj et fait 1.200 prisonniers. 

60.000 Austro-Hongrois, avec 24 batteries, sont con- 
centrés sur la frontière roumaine. 

8.000 blessés turcs ont été ramenés des Dardanelles 
à Gonstantinople. 

Entre Khoi et Dilman, après trois jours de combat, 
les Russes ont mis en déroute le corps de Kha4il bey, 
tuant 3.5oo hommes. 

Des avions français lancent des bombes sur le quar- 
tier général du prince de Wurtemberg. 

L'Italie interdit l'exportation du soufre. 

L'Allemagne dit avoir plus de 800.000 prisonniers 
de guerre. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 79 

Mardi 4 mai. — Les Allemands attaquent les 
Anglais au nord d'Ypres ; pris de flanc par l'arlillerie 
française, ils sont repoussés avec pertes. 

Les Russes avouent avoir reculé en Galicie devant 
des forces supérieures ; ils paraissent manquer de mu- 
nitions. Les Allemands disent avoir pris sur la Dunajec 
2i.5oo hommes et i6 canons. La ligne russe recule sur 
la Visloka, entre la Dunajec et le San. 

1.200 prisonniers turcs sont à Ténédos. 

Un croiseur allemand paraît devant Libau. 

Salandra dénonce l'alliance de l'Italie avec l'Autriche ; 
le public n'en sait encore rien. 

Mercredi 5 mai. — L'offensive allemande est 
ari'étée en Courlande ; les Russes ont fait 5oo prison- 
niers. 

Inauguration du monument de Garibaldi à Quarto ; 
le roi et les ministres sont restés à Rome, ce qui est 
diversement interprété. 

Jeudi 6 mai. — Les Anglais ont perdu, puis repris, 
les tranchées de la cote 6o au sud-est d'Ypres. 

Les Austro-Allemands ont pris Tarnov ; toutes les 
positions russes à l'est de la Dunajec et de la Biala 
sont entre leurs mains. Ils ont forcé le passage de la 
Visloka. 

Une division russe, cernée pendant la retraite dans 
la direction de Dukla, réussit, au prix de sacrifices 
héroïques, à rejoindre son corps. 

Depuis le i*"" mai, les Russes auraient perdu, en 
Galicie, 5o.ooo prisonniers. 

Vénizélos quitte Alexandrie pour le Pirée. 

Vendredi 7 mai. — Les Allemands, avec l'aide de 
leur flotte, occupent Libau. Un de leurs torpilleurs est 
coulé par une mine russe. 

Seize cuirassés opèrent dans les Dardanelles ; on 
bombarde le fort de Nagara. 

Le Cunard Lusîtania est torpillé et coulé en vue de 
la côte sud d'Irlande ; de 218 voyageurs américains, 
118 sont noyés. Il y a en tout i.i45 noyés, 761 survi- 
vants. L'indignation est générale. 



80 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

La Kôlnlsche \olkszeitung dit que la guerre avec 
l'Italie est inévitable et que la haiue de l'Allemagne 
pour l'Angleterre ne sera rien en comparaison de sa 
haine pour l'Italie. 

Le Japon envoie un ultimatum à la Chine, exigeant 
une réponse dans les quarante-huit heures. 

Guillaume II est rentré subitement à Berlin. On dit 
qu'il a envoyé à Bûlow un télégramme menaçant pour 
l'Italie, disant que les Russes allaient être chassés de 
Galicie dans la quinzaine et que l'armée victorieuse 
serait envoyée ensuite en Italie. 

Le Daily Telegraph demande qu'on réponde par des 
mesures du môme ordre à l'emploi que les Allemands 
font des poisons. 

Un chimiste écrit au Journal de Genève que les 
Allemands, grâce au procédé d'Ostwald pour la fabri- 
cation de l'acide azotique, ont maintenant des explosifs 
en quantité. Il estime que le gaz qu'ils emploient est 
un oxyde d'azote très dangereux, qui produit, au bout 
d'un certain temps, de graves accidents des voies respi- 
ratoires. 

Samedi 8 mai. — Violente attaque allemande sur 
le front anglais entre Ypres, Poelcappelle et la route 
Ypres — Menin. 

Après une accalmie, la bataille de la Vistule aux 
Carpathes ixprend avec une extrême violence le 8 et 
le g. Le général Mackensen a Soo.ooo hommes contre 
i5o.ooo Russes et une grosse artillerie infiniment 
supérieure. 

La partie ouest du front russe des Carpathes étant 
devenue intenable, les Russes ont battu en retraite sur 
un front long de 170 kilomètres. 

Attaque des positions turques près de Krithia dans 

"esqu'île de Gallipoli. 

dit que les Turcs, qui ont déjà perdu 45. 000 hom- 
mes, appellent aux Dardanelles l'armée de Syrie. 

Des torpilleurs russes, sur la côte d'Asie, coulent 
trois voiliers turcs ayant chargé du charbon à Héraclée. 

Les journalistes allemands ont quitté Rome ; l'Institut 
allemand a fermé ses portes. 



la pre 
On 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 81 

On dit que le gaz dont se servent les Allemands est 
du chlore; suivant d'autres, c'est du brome. 

Dimanche 9 mai. — Les rats se multiplient de 
façon inquiétante dans la région de l'Yser. 

Arrivés samedi jusqu'à Wieltje, à 3 kilomètres 
d'Ypres, les Allemands en ont été chassés vers i hem-e 
du matin ; dans la journée, ils ont livré cinq nouveaux 
assauts. 

Soutenus par les progrès français au nord d'Arras, 
les Anglais enlèvent i.5oo mètres de tranchées entre 
Laventie et Aubers. 

Les Allemands disent que les Alliés ont engagé au 
moins quatre corps de renfort dans leur attaque au 
sud-ouest de Lille ; ils avouent que vers Garency et 
Neuville l'ennemi s'est emparé des premières lignes 
allemandes. 

Nouveau bombardement de Pont-à-Mousson et de 
Sainl-Dic. 

L'oft'ensive russe se poursuit sur le front de Ghavli. 

Dans les combats des 8-9 mai, les Allemands ont 
essayé de rompre le front russe en enfonçant un coin, 
avec douze divisions, dans la région de Krosno. Tant 
en Galicie que dans les Garpathes, les Russes auraient 
perdu, depuis le 1*^ mai, i5o.ooo hommes et 60 canons. 

La cavalerie allemande est battue par la cavalerie 
russe a Krokinov et se replie sur la Dubissa. 

Les Allemands ont passé la Visloka dans son cours 
supérieur. 

En Bukovine, sur la rive droite du Dniester, les 
Russes ont pris 5oo hommes et 3 gros canons. 

A New- York, la foule malmène et blesse des Alle- 
mands qui poussaient des Hoch pour célébrer le tor- 
pillage du Lusitania. 

La Ghine accepte les conditions du Japon. 

Lundi 10 mai. — Les Allemands ont attaqué les 
I Anglais devant Ypres en se faisant précéder de nuages 
gazeux ; mais les appareils protecteurs des Anglais 
leur ont épargné tout malaise et ils ont pu répondre 
par l'offensive. 

G8. CUKONOLOUIE Dli LA GUBRRE 6 



82 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Anglais, du côté de Lille, avancent en avant de 
Fromelles et k l'est de la route Béthune— Armentières. 

Trois obus monstres sont encore tombés sur Dun- 
kerque. 

Les succès français augmentent au nord d'Arras ; 
depuis dimanche, on a fait 3.ooo prisonniers, pris lo 
canons et 5o mitrailleuses ; on a gagné 28 kilomètres 
carrés. 

Au nord-ouest de Berry-au-Bac, les Allemands pren- 
nent d'assaut deux tranchées sur un front de 4oo mètres. 

La cavalerie russe repousse les Allemands à Chavli. 

Le communiqué autrichien du 1 1 dit que le front 
russe a été percé près de Debica, que les Russes se 
sont retirés sur la Visloka inférieure, évacuant en hâte 
le front de la Nida ; que les avant-gardes ont franchi le 
San près de Devnik. Ce document avoue d'ailleurs que 
les Russes, au nord d'Orodenka, ont pris pied sur la 
rive sud du Dniester. 

Le quartier général allemand annonce que l'action 
militaire en Galicie subit un temps d'arrêt, les troupes 
étant fatiguées par cinq jours de combats. 

Les Cosaques du Don, en Galicie ^orientale, se sont 
emparés de trois lignes de tranchées et ont fait 8.000 
prisonniers. 

Les Russes arrêtent l'olTensive autrichienne sur la 
chaîne de lavornik près de Lomnitza. Dans la nuit du 
lo-ii mai, les Autrichiens perdent 2.000 prisonniers. 

Au delà du Dniester, sur le front Gzertin — Czernovitz, 
les Russes ont pris 5.ooo hommes et 6 canons. Les 
Autrichiens ont évacué la rive gauche du Dniester et 
la ville de Zalesczyki. 

L'Allemagne a adressé des excuses à la Hollande 
pour la destruction du Katioyk et a promis réparation 
pécuniaire. 

L'Allemagne présente ses condoléances aux Etats- 
Unis pour les morts d'Américains du Lusitania. Cette 
démarche est jugée impudente. 

Le Gœben a reparu dans la Mer Noire, mais, atteint 
par les canons de la flotte russe, a dû se retirer en hâte. 

Un dirigeable s'abat à Melle en Belgique (27 morts). 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 83 

Deux dirigeables ont lancé des bombes sur Southend, 
à l'est de Londres. 

On apprend que les Kurdes massacrent en masse les 
chrétiens dans le nord-ouest de la Perse. 

Lord Roseberry écrit dans le finies que l'Allemagne 
est devenue l'ennemie du genre humain et l'horreur du 
monde civilisé. 

Arkhangel est de nouveau accessible aux navires. 

Mardi 11 mai. — Les Belges ont pris pied sur la 
rive droite de l'Yser. 

L'action anglaise est surtout intense en avant d'Ypres 
et sur les collines d'Aubers qui dominent Lille, où la 
résistance allemande est très forte. 

Au nord d'Arras, notre offensive s'étend sur une ligne 
de 20 kilomètres, de Loos au nord à Neuville-Saint-Vaast 
au sud. Nous avons une partie de Carency et notre 
droite s'étend jusqu'à Neuville. Sur la route de Loos à 
Vermelles, nous avons pris un ouvrage allemand et notre 
centre dépasse l'éperon de Notre-Dame-de-Lorette. Entre 
Notre-Dame-de-Lorette et Carency, la ligne allemande 
forme une pointe dangereuse pour elle. 

Dans la nuit de mardi a mercredi, une contre-attaque 
allemande nous enlève du terrain devant Loos. 

Les Allemands bombardent Bergues. 

La classe française de 1916 a brillamment débuté 
devant Lens. 

Les Russes chassent les Allemands de Chavli et les 
rejettent vers le sud-ouest, prenant cinq canons. Les 
Allemands ont brûlé Chavli avant de l'évacuer. 

Les Russes occupent une ligne près de la Visloka, à 
3o kilomètres en arrière de leurs lignes abandonnées 
de la Biala. 

L'armée autrichienne évacue les positions fortifiées 
de la Bistritza à la frontière roumaine et se replie en 
hâte derrière le Pruth, poursuivie par les Russes, qui 
avancent vers Czernovitz. Les Russes ont fait plusieurs 
milliers de prisonniers sur la rive droite du Dniester. 

Nouveau bombardement des forts de Smyrne. 

Le jury anglais de Kinsale, enquêtant sur la perte du 



04 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Lasilania, rend un verdict déclarant les officiers du 
sous-marin allemand, Guillaume II cf son gouvernement, 
coupables d'assassinat. 

Un avion allemand lance des bombes sur Saint-Denis. 

Les hangars de dirigeables, bombardés à Maubeuge, 
ont été transférés à Gharleroi. 

Une entrevue de Giolitti avec le roi fait croire à de 
nouvelles hésitations en Italie. 

Les Allemands prétendent avoir fait loo.ooo pri- 
sonniers russes depuis le 2 mai. 

Le président ^Yilson, parlant à Philadelphie, a dit : 
(( Il existe des cas où un homme est trop fier pour com- 
battre, par exemple quand il estime inutile d'user de 
force pour convaincre autrui de son droit. » 

Violences à Liverpool contre des commerçants alle- 
mands. 

Les manifestations anti-allemandes se multiplient aux 
États-Unis. 

Il est avéré que l'Etat-major allemand fait des prépa- 
ratifs et des commandes pour une campagne d'hiver, 
certains objets devant être livrés en février 19 lO. 

Mercredi 12 mai. — Le président Wilson adresse 
une noie à Berlin sur le torpillage du Lusifania. Il 
demande à l'Allemagne de mettre fin à l'assassinat des 
neutres. Les condoléances allemandes n'ont fait qu'exas- 
pérer l'opinion en Amérique. On réclame l'expulsion 
de Dernburg, la rupture des relations diplomatiques, la 
suppression de la télégraphie sans fil. 

L'Allemagne notifie aux Etats-Unis qu'elle indemni- 
sera les neutres pour les pertes éventuelles de navires 
dans la zone de guerre, alors que, précédemment, elle 
avait répudié toute responsabilité à leur égard. 

Pendant la nuit du 11 au 12, les Belges repoussent 
une attaque violente sur ITser. 

Les Anglais, soutenus par une artillerie insuffisante, 
attaquent sans succès la côte d'Aubers; ils sont arrêtés 
par le feu des tranchées allemandes, cimentées et 
garnies de plaques d'acier. 

Dans la soirée de mercredi et dans la nuit, brillants 



CHRONOLOGM DE LA GUERRE 85 

succès français au nord d'Arras : nous prenons tout le 
village de Carency et le bois coté 1 25 ( i .o5o prisonniers). 

Les Français prennent le ])lockhaus du bois Le Prêtre 
(détails dans le Temps du 3i mai). 

Les Allemands ont pénétré jusqu'au sud et au nord- 
ouest de Kielce. Les Autrichiens ont enlevé les hauteurs 
à l'est du cours supérieur du Strij (3.65o prisonniers). 
Les armées ennemies s'approchent de Przemysl et du 
cours inférieur du San. 

Les Turcs perdent du terrain et beaucoup d'hommes 
par suite d'un bombardement intense aux Dardanelles. 

Giolitti, revenu à Rome, a créé une agitation neutra- 
liste qui met en péril le cabinet Sonnino-Salandra. 

M. (le Giers, le nouvel ambassadeur de Russie, arrive 
à Rome et y est acclamé. 

Jean Carrère révèle, dans le Temps, que l'Allemagne, 
après la bataille de Charleroi, eut l'intention d'attaquer 
l'Italie pour la punir de sa neutralité. 

Le colonel Feyler, étudiant la retraite russe, dit que 
la bataille se rapproche de la ligne du San et que le 
service d'information russe a sans doute été en défaut. 
Menacés sur leurs flancs et leurs derrières, les Russes 
ont abandonné non seulement la région de Bartfeld, 
mais la bande de territoire hongrois qu'ils occupaient 
entre les cols de Lupkov et d'Uzsok. 

On assure, à Petrograd, que les Austro-Allemands ont 
perdu 100.000 hommes en huit jours. 

On prétend, à Vienne, que les batailles de Gorlice et 
de Tarnov, ainsi que la poursuite subséquente, ont valu 
aux Impériaux io3.5oo prisonniers russes, 6g canons 
et 255 mitrailleuses ; dans les Carpathes et au nord de 
la Vistule, les Russes auraient perdu Ao.ooo prisonniers. 

Des mouvements tumultueux se produisent à Lon- 
dres contre les commerçants allemands. 

Le Daily News demande s'il vaut la peine de faire 
de grands sacrifices pour conserver Ypres, devenue un 
amas de ruines. 

La commission britannique pour enquêter sur les 
atrocités allemandes, présidée par Lord Bryce, déclare 
que les assassinats, les viols et les pillages ont sévi en 



86 CHRONOLOOIE DE LA GUERRE 

Belgique à un degré qui n'avait jamais été atteint 
depuis trois siècles dans aucune guerre entre nations 
civilisées. 

Par décret, le montant maximum de la circulation 
des billets de la Banque de France est porté de 12 à 
i5 milliards (12 milliards par la loi du 5 août). 

Jeudi 13 mai. — Les Français prennent Ablain- 
Saint-Nazaire et achèvent la conquête du bois Le 
Prêtre. 

Depuis le 9, dans le secteur Carency — Neuville, nous 
avons pris 4-ooo hommes, une douzaine de canons, 
60 mitrailleuses ; nos pertes, surtout en officiers, ont 
été lourdes. 

Les Russes croient avoir devant eux presque toute 
l'armée autrichienne, toute la cavalerie allemande, un 
tiers des forces actives allemandes, la moitié de la 
landwehr et du landsturm. 

Les Russes progressent vers Czernovitz et Kolomea. 

Un sous-marin anglais pénètre dans la Marmara et y 
coule trois navires turcs. 

En recevant le ministre de Prusse, le Pape a blâmé 
la destruction du Lusitanîa ; il a célébré une messe à 
la mémoire des victimes. 

Un avion anglais a survolé Constantinople. 

Le soir, le cabinet Sonnino-Salandra donne sa démis- 
sion. 

Reçu en triomphe à Rome, d'Annunzio y prononce 
un discours vibrant devant i5.ooo auditeurs enthou- 
siastes ; il dénonce les « lâches et les traîtres î et dé- 
clare que « depuis trois jours une odeur de trahison 
commence à nous suffoquer ». 

Le colonel Feyler écrit : « Le saillant d'Ypres, mal- 
gré sa faible valeur tactique et son utilité militaire dis- 
cutable, n'a pu être réduit après trois semaines de 
combats. » 

Le Daily Mail écrit : « Quelques-uns d'entre nous 
commencent à comprendre que notre tâche colossale 
d'aujourd'hui ne consiste pas à refouler les Allemands, 
mais simplement à rester là où nous sommes. » 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 87 

Le Daily I\eios écrit : a Le monde sera dur à habiter 

tiour les Allemands pendant de longues années après 
a fin de la guerre. » 

La Russie dénonce la fausseté des communiqués 
allemands. 

Millerand félicite le général JofTre des opérations 
poursuivies depuis le 9 mai. 

Vendredi 14 mai. — Les Austro-Allemands pren- 
nent d'assaut la tète de pont de Jaroslav sur le San. 
Une colonne allemande approche de Przemjsl ; les 
canons russes la mettent en fuite. 

Défaite du 9 au i4 mai sur le Dniester, avec perte 
de 20.000 prisonniers, l'armée autrichienne ne se main- 
tient, sur la rive gauche du Pruth, que vers Kolo- 
mea. 

Les Russes ont repris Nadvorna. 

Résumé de la retraite russe (Civrieux, Le Matin, 
i4 mai) : Le i'^'" mai, les Russes furent attaqués aux 
bords de la Dunajec et de la Riala par des troupes très 
supérieures en nombre, avec une énorme artillerie 
lourde (4.000 canons, qui lancèrent 700.000 projec- 
tiles). Ils reculèrent d'abord derrière la Visloka, mais 
leur gauche ayant été enveloppée, l'ennemi put dépasser 
la haute Visloka et franchir la Vislok (affluent du 
San) à Krosno. Ce mouvement obligea l'aile droite à 
se replier. Le i4 mai, les Russes occupent une ligne 
entre la Visloka, la Vislok et le San ; reliés à la Russie 
par une seule voie ferrée, celle de Przemysl à Kovno, 
lis doivent se rapprocher de leurs réserves en hommes 
et en munitions. 

L'agitation contre Giolitti augmente dans les gi-andes 
villes italiennes. Rome manifeste contre les Austro- 
Allemands. 

Les socialistes de Milan, opposés à la guerre, pro- 
clament la grève générale, qui ne réussit que partielle- 
ment. 

De graves désordres éclatent à Pola. 

Tous les Austro-Allemands en âge de porter les 
arnios sont arrêtés à Londres. 



88 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Des désordres anti-allemands se produisent en An- il 
gleterre et au Gap. h 

La Gazette de Francfort écrit : « Les positions aban- 
données par nous (au nord d'Arras) n'étaient pas sans 
valeur et nos pertes en prisonniers et en matériel ont 
été sensibles. » 

John D. Rockefeller envoie 35 millions à la Croix- 
Rouge serbe. 

Samedi 15 mai. — On publie la note très ferme 
adressée par le président Wilson k l'Allemagne. Le 
Gouvernement américain dit, en substance, que, si un 
sous-marin ne peut accomplir sa mission sans causer la 
mort de non-combattants ou de neutres, c'est le sous- 
marin qui doit céder à la loi internationale et non 
l'inverse {New-York Herald). 

Les Français ont repris la tête de pont de Steen- 
straate, avec trois mitrailleuses. Ils progressent à Neu- 
ville-Saint- Vaast et au nord-ouest de Pont-à-Mousson. 

Depuis le lo mai, accalmie relative sur le front 
oriental. 

La ligne Liban — Vilna est de nouveau aux mains des 
Russes. 

Les Allemands ont perdu, outre Chavli, la position 
d'Ejragola (4o kilomètres nord-ouest de Kovno). 

En Bukovine, les Russes ont enlevé deux fois plus de 
terrain qu'ils n'en ont perdu entre Dunajec et San. 

A Rome, quelques essais de barricades semblent 
indiquer que l'Italie doit choisir entre l'intervention et 
l'insurrection (Journal de Genève, 21 mai). 

Salandra a été chargé de former un nouveau cabinet, 
ce qui est un succès pour les interventionnistes. 

Ferrero écrit {Secolo) que Bùlow a essayé de dominer 
le Gouvernement italien par les méthodes employées 
jusqu'ici à Constantinople et à Téhéran. 

Le Corriere délia Sera dit que l'Italie refuse de 
devenir la Turquie et de se soumettre à des émissaires 
allemands chargés de faire et de défaire des ministères. 

Les survivants de VEmden sont arrivés à Alep. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE »y 

Le Temps exprime la crainte qu'une partie des 
forces allemandes, victorieuses en Galicie, ne refluent 
sur le front occidental. 

Dernburg se décide à quitter les États-Unis. 

Dimanche 16 mai. — Communiqué allemand du 
17 : « Au nord d'Ypres et h l'ouest du canal, près do 
Steenstraate et de Hetsas, nous avons dû abandonner 
nos positions, en présence de forces ennemies supé- 
rieures et à cause des pertes que nous causait un feu 
très intense d'artillerie. » 

Les Anglais ont avancé de 2 kilomètres vers Lille, 
entre Armentières et La Bassée. 

Au nord de Ville-sur- Tourbe, une contre- attaque 
française a coûté aux Allemands i .000 morts et 3oo pri- 
sonniers. 

Les combats près de Chavli sont favorables aux 
Russes qui passent la Dubissa (affluent du Niémen) et 
font des centaines de prisonniers. 

Les Allemands, près de Jaroslav, se consolident sur 
la rive droite du San. Les premières attaques au nord 
et au sud de Przemysl ont été repoussées, mais les 
Allemands bombardent les forts à l'ouest de la ville. 

L'aile droite russe se rassemble derrière le San ; le 
centre combat sur les derniers contreforts des Carpathes, 
j entre Przemysl et la Lomnitza ; l'aile gauche, ayant 
* chassé les Autrichiens de la ligne fortifiée entre la 
Bistritza et la frontière roumaine, les a obligés à se 
I replier au delà du Pruth, que les Russes ont franchi. 
I' (Journal de Genève.) 

i « Au sud de la Vistule, l'ennemi a franchi le San en 
ii amont et en aval de Sanok et a atteint les hauteurs 
au sud-ouest de Dabromil et Sambor ; il n'est plus qu'à 
une vingtaine de kilomètres de Przemysl. Les troupes 
autrichiennes, qui se trouvaient au col d'Uzsok, remon- 
tent également vers Sambor en passant par Turka. Ce 
n'est pas seulement en Galicie que les Allemands ont 
repris une violente off"ensive : au nord-est de la Nida, ils 
se sont avancés, par Kielce, jusqu'à la Pilitza, ce qui les 
ramènerait à 100 kilomètres de Varsovie. » {Le Temps.) 



90 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Une grave émeute éclate à Trieste. 

Rome et l'Italie acclament le ministère national 
reconstitué, malgré les intrigues de l'étranger, secondées 
par une faction du Vatican, auquel un journalluthérien, 
Die Post (saisi pour cet article), promettait, pour prix 
de sa bienveillance, le rétablissement du pouvoir tem- 
porel. 

Lundi il mai. — Les Français occupent l'ouest 
du canal de l'Ysor et y relèvent des centaines de morts 
allemands. 

Les Anglais progi^essent dans la région de Festubert. 

Au nord de Jaroslav, les Russes tiennent encore les 
deux rives du San. 

Le Tsar se rend sur le front. 

Le Cunard Trans y loania est arrivé sans encombre 
à Greonock (Ecosse). 

Un dirigeable allemand, survolant Ramsgate, détruit 
un des principaux hôtels et s'avance jusqu'à Rochester, 
à 53 kilomètres de Londres. 

La Vita, organe germanophile de Rome, cesse de 
paraître. 

Deux grandes poudrières autrichiennes ont sauté à 
la même neure près de Trieste. 

L'ouverture ciu port d'Arkhangel permet aux Russes 
de recevoir des munitions et d'expédier du blé en 
Angleterre. 

Passant en revue la flotte américaine sur l'Hudson, 
Wilson a dit : « La marine des États-Unis représente 
notre idéal. L'Amérique ne cherche pas k acquérir des 
territoires ; elle défend l'humanité et ce que l'humanité 
demande. » 

Le pasteur Gounelle écrit (Journal de Genève) : « II 
faudra poursuivre cette guerre jusqu'au bout, h travers 
la nuit de l'inconnu, jusqu'à ce que l'ennemi nous ait 
bénis.» 

Mardi 18 mai. — Les Allemands tentent vainement 
de repasser l'Yser. Le mauvais temps arrête les opéra- 
tions. 

La Roumanie annonce une note à l'Autriche, qui 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 91 

doit être remise le aS mai, au sujet de la Transylvanie 
et de la Bukovine. 

Lord Kitchener, à la Chambre des Lords, demande 
une nouvelle levée de 3oo.ooo hommes. 

A partir de ce jour, à Vienne et en Basse- Autriche, 
la vente de la viande est interdite le mardi et le 
vendredi. 

On déclare, à Berlin, disposer de deux millions et 
demi de réserves, qui s'abattront sur l'Italie. 

Au Reichstag, le chancelier fait connaître les offres 
de l'Autriche à l'Italie : partie du Tyrol, rive occiden- 
tale de risonzo avec Gradisca, Trieste ville libre impé- 
riale, avec Université italienne, souveraineté italienne à 
Valona, mains libres en Albanie. 

Mercredi 19 mai. — Le 1 8 et le i g, deux divisions 
du i*"^ corps turc (Gonstantinople) ont attaqué dans la 
région de Kal-Tépé et ont été repoussées par les Austra- 
liens, perdant 7.000 hommes. 

Prise de Van par les Russes (26 canons). 

Les autorités allemandes commencent à s'opposer au 
rapatriement des Italiens. 

« La note américaine, écrit la Gazette de Cologne, 

recevra la réponse qu'elle mérite. Il n'y a pas k supposer 

que nos autorités navales s'écartent des mesures que 

ei le Gouvernement allemand, après mûre réflexion, a 

jugées nécessaires. » 

■ « Nous ressentons tous, écrit le Berliner Tageblatt 
(parlant de l'Italie), la gravité de ce nouveau danger. 
Dans nos troupes de réserve prédominent les hommes 
âgés et mûrs, qui laissent femme, enfants et gagne-pain 
derrière eux. » 

Suivant le Badapesti Hirlap, la princesse Lichnovs^sk^^ 
a déclaré que, plusieurs mois avant l'attentat de Sera- 
i<'vo, son mari et elle savaient que la guerre allait 
éclater entre l'Autriche et la Russie. 

Jeudi 20 mai. — Réunion du Parlement italien. 
Salandra présente un projet de loi pour faire face aux 
iléponscs d'une éventuelle guerre nationale. La Cham- 
bre acclame Salandra et le roi (sauf quelques socia- 



92 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

listes). Sonnino présente le Livre Vert, relation de 
pourparlers avec l'Autriche du 9 novembre 1914 ai 
4 mai iQiS. Le Gouvernement recueille 367 voix contr 
54. D'Annunzio remarque que c'est l'anniversaire d' 
Montebello (1869). 

Renforcés dans la région de Rossieny, les Aile 
mands ont passé sur la rive gauche de la Dubissa. 

Les Allemands ont reculé d'Opatov sur 3o kilo 
mètres. 

Przemysl est assailli de deux côtés à la fois. 

Des troupes russes débarquées ont démoli les quai; 
de la région à l'est d'Héraclée. 

Depuis le 17 février, les Allemands ont perdu dix 
sept sous-marins. 

On annonce, k Petrograd, que les communiqué; 
allemands multiplient par plus de /j le nombre dei 
prisonniers russes. Les 5. 100 prisonniers russes fait; 
à Drohobjcz sont une simple invention ducommuniqu< 
autrichien. 

Vendredi 21 mai. — Fin de l'offensive français* 
sur le massif de Lorette par l'enlèvement des ouvrage; 
allemands de la Blanche-Voie (pente sud). Elle avai; 
débuté le i5 mars ; l'attaque décisive commença h 
9 mai. Les Allemands ont eu 3. 000 tués ; nos perte; 
sont lourdes. 

Trois millions d'hommes sont aux prises sur le Sar 
et au sud du Dniester, sur un front de 4oo kilomètres 
Les Allemands foncent au centre, entre Jaroslav e 
les Garpathes ; ils sont soutenus par 4- 000 canons. 

Un des régiments de la garnison de Smyrne s'es 
soulevé ; beaucoup d'officiers et de soldats se soni 
rendus k bord des navires alliés. 

Les Turcs battent en retraite sur Bitlis. 

Le Sénat italien, après la Chambre, approuve à Is 
presque unanimité la politique de Salandra. 

Manfredi, président du Sénat italien, s'exprime 
ainsi : « L'Italie sait de quel côté on se bat pour le 
droit et pour la civilisation. » 

L'Autriche a coupé les communications k la frontière 



, CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 93 

Îtalieane. Le train parti de Milan a été saisi, matériel 
ît personnel. 
j L'Autriche déclare qu'elle ne peut pas reconnaître la 
«ijénonciation par l'Italie de la Triple-Alliance, qui est 
!n vigueur jusqu'au i3 juin 1920 et ne peut être 

Ïlcnoncée qu'après préavis d'une année. 
L'ambassadeur d'Italie est insulté k Berlin. 
VOsseroatore Romano proclame la neutralité du 
saint-Siège. 

Les Anglais déclarent qu'ils sont en mesure d'em- 
iloyer des gaz, mais moins nocifs que ceux des Alle- 
uands. Ceux-ci en ont fait usage contre les Russes à 
^arnov. On dit qu'ils en ont préparé d'énormes quantités 
•n Alsace. 

Samedi 22 mai. — Dans la nuit du 21 au 22, les 
{lisses repoussent les Allemands au .sud de la Pilitza et 
ont 1. 000 prisonniers. 

Un avion allemand jette sur Paris des bombes qui ne 
ont pas de mal. 

Le roi d'Italie signe le décret ordonnant la mobili- 
ation générale. 

Guillaume II quitte Jaroslav, se rendant dans l'ouest; 
I paraît très abattu. 

Dimanche 23 mai. — Déclaration de guerre de 
Italie h l'Autriche. Premier jour de la mobilisation 
italienne (hommes de 20 a 89 ans). 

Millerand avise les généraux Joffre et Gouraud 
Dardanelles) que l'Italie se considère en guerre avec 
x\utriche a partir du 24 mai. 

Le Gouvernement allemand rappelle son ambassadeur 
<• Rome et publie une note sur 1' « apostasie » du 
I uisième allié ; mais il ne déclare pas la guerre. 

La France, l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie 
Ijnt affirmé à la Suisse qu'elles respecteraient sa neutra- 
lité. 

Les Allemands sont repoussés au delà de la Dubissa. 

Sur presque tout le front de la Galicie, les Allemands 
Int passé à la défensive ; on dit qu'ils manquent mo- 
lentanément de munitions. 



94 CHRONOLOGIE DE^LA GUERRE 

Les Russes progressent sur la rive gauche du Dniester 
(2.200 prisonniers). 

Fête nationale et enthousiasme pour l'intervention 
en Roumanie. 

Les Alliés déclarent que la Sublime Porte et les 
membres du Gouvernement ottoman seraient personnel- 
lement responsables en cas de massacres d'Arméniens. 

Il y aurait 890.000 soldats et 7. 161 officiers russes 
prisonniers dans les empires du centre (53o.ooo en 
Allemagne). 

Lundi 24 mai. — Le baron Burian a donne sa 
démission de ministre des Affaires étrangères et a été 
remplacé par le Hongrois Tisza. 

Recourant de nouveau aux gaz, les Allemands font 
reculer les Anglais à l'est d'Ypres. Le gaz a été projeté 
par des cylindres pendant quatre heures de suite sur 
un front de 5 milles ; le nuage atteignait par endroits 
4o pieds de haut. Grâce aux précautions prises, les 
soldats anglais purent en quelques endroits rester k 
leur poste. 

Les Italiens prennent le col de Tonale et font prison- 
niers plusieurs centaines d'alpins autrichiens. 

Dans le Frioul, les Italiens occupent Caporetto, 
marchant sur l'Isonzo. Les Autrichiens se retirent en 
détruisant tout. 

Les Autrichiens ont jeté des bombes sur Ancône, 
faisant des dégâts au dôme. 

Le quartier général italien est à Bologne ; la cour est 
au palais Pitti, à Florence. 

Le prince de Bûlow et le baron Macchio ont quitté 
Rome. 

Du 20 au 24 mai, les Allemands, modifiant leur offen- 
sive contre Przemysl du nord-est au sud-est, établissent 
i5 ponts sur le San entre Seniava et Jaroslav. Le 2^, 
plusieurs centaines de milliers d'hommes, appuyés par 
1 .000 canons, se ruent sur les tranchées russes entre la 
Lubaczovka et le San, ainsi que sur la rive gauche du San, 
vers Radymno et Drogotchev. Les Allemands prennent 
Ostrov et Radymno (9.000 prisonniers, 52 canons). 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 95 



•'' Un sous-marin anglais, pénétrant dans la mer de 
Marmara, a coulé trois transports turcs chargés de 
; munitions et de troupes, un navire charbonnier et deux 
contre-torpilleurs. 

L'Italie saisit tous les navires austro-allemands dans 
ses ports (valant plus de loo millions). 

Combat naval dans l'Adriatique ; plusieurs navires 
autrichiens sont endommagés ; un destroyer italien 
est obligé de se couler lui-même. 

Un torpilleur italien entre par suprise à Porto Buso, 
bombarde la caserne, détruit les embarcadères et de 
nombreux bateaux automobiles. 

Un navire autrichien, qui a bombardé Barletta, a 
été endommagé par les canons italiens. 

Mardi 25 nicli. — Nouveau ministère anglais ; 
Asquith reste premier ministre ; Lloyd Georges est 
ministre des Munitions ; Balfour est premier Lord de 
l'Amirauté. 

L'ambassadeur d'Italie quitte Berlin. 

Les Italiens, sur la frontière du Trentia, occupent le 
mont Altissimo (2.070 mètres); sur la frontière du 
Frioul, ils occupent Grado. 

Les cinq premiers prisonniers autrichiens sont arrivés 
à Vérone ; leur sous-offîcier, du Trentin, a crié : Vive 
l'Italie I 

Liman von Sanders ayant été blessé, la défense des 
Dardanelles est confiée à l'amiral von Usedom. 

Le cuirassé Triumph, qui protégeait le débarquement 

!S troupes australiennes dans la presqu'île de Galli- 
poli, a été coulé par un sous-marin. 

Les Russes occupent Ourmiah. 

Des troupes russes avec artillerie ont été débarquées 
L Enzeli et marchent sur Kazvin (Perse). 

Le navire américain Nebraska a été torpillé sur la 
;ôte d'Irlande ; l'équipage est sauf. 
_ Les avions français, très actifs, lancent 2o3 projec- 
iles, endommagent des parcs d'aviation et des dépôts 
l'essence. 

Pillages et désordres anti-italiens à Trieste. 



96 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

L'accord sino-japonais est signé. 

Sazonov a dit aux représentants de la presse à Petro- 
grad q^ue la Serbie aurait des ports sur l'Adriatique. II 
a confirmé que l'Autriche avait fait des tentatives en 
vue d'une paix séparée. 

Mercredi 26 mai. — Progrès anglais à l'est de Festu- 
bert. Depuis le i6 mai, laP= armée anglaise a percé les 
lignes ennemies sur 4 kilomètres, enlevé 3.5oo mètres de 
tranchées et fait 780 prisonniers, avec 10 mitrailleuses. 

Progrès français à l'est d'Ablain (4oo prisonniers). 

Les Italiens entrent à Cormons. 

Lutte acharnée entre la Lubaczovka et Przemjsl, 
ainsi qu'entre cette place et le marais du Dniester. 

A l'est de Jcdvabno, les Allemands attaquent avec 
des gaz. 

Une forte attaque albanaise contre la frontière serbe 
est repoussée. 

L'armée turque a perdu 60.000 hommes. 

L'Italie déclare le blocus du littoral albanais et 
austro-hongrois de l'Adriatique. 

Un dirigeable a survolé Southend et tué une femme. 

18 avions français ont bombardé des fabriques à 
Ludwigshafen ; un seul a été pris. 

Un dirigeable allemand bombarde Helsingfors et tue 
4o habitants. 

Il paraît avéré que les États-Unis, malgré le blocus, 
continuent à nourrir l'Allemagne par la Hollande et les 
pays Scandinaves. 

Les Allemands ont lancé dans les tranchées anglaises 
un papier portant ces mots : « Nous sommes trop peu 
pour attaquer, trop nombreux pour nous retirer, trop 
fiers pour nous rendre ; mais nous voudrions rentrer 
chez nous. » 

La France a 2.5oo.ooo hommes au front; il en reste 
environ 1.200.000 dans les dépôts. Avec les engagés 
volontaires (Français et coloniaux), on peut estimer la 
force totale à 4 millions d'hommes. 

Jeudi 27 mai. — Succès français à Ablain et au 
sud-est d'Ablain. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 97 

Aux lisières du bois Le Prêtre, nous avons atteint sur 
deux points la route de F'ey-en-Haye à Norroj. Les Alle- 
mands disent que nous avons été repoussés avec pertes. 

Les Allemands détruisent de nouveau, à coups de 
canon, le viaduc de Dannemarie, que les Français 
avaient réparé. 

Avançant sur les deux rives de l'Adige, les Italiens 
prennent Ala. 

Les Italiens occupent le mont Baldo et approchent 
de Gradisca. 

Des troupes autrichiennes quittent Tarnov pour le front 
italien. Une XIP armée autrichienne se forme àBotzen. 

Le quartier général autrichien est à Trente. 

Graves désordres anti-allemands à Milan ; la populace 
pille 60 fabriques et 3oo appartements, ne ménageant 
même pas les maisons suisses. 

Dans la région de Chavli, les Russes prennent la 
position de Bubjé (i.ooo prisonniers). 

Les Allemands bombardent Ossovetz. 

Les Russes prennent Seniava (i.ooo prisonniers). 

Les Allemands sont repoussés à l'est d'Hussakov. 

Le centre russe résiste entre Przemysl et la Lubac- 
zovka (à 10 kilomètres de Jaroslav). 

Un sous-marin anglais s'avance jusqu'à Gonstanti- 
nople, coulant un navire de munitions dans la Marmara 
et lançant une torpille contre un transport, le long de 
l'arsenal de Constantinople. 

Un torpilleur allemand coule le croiseur Majestic 
devant Sedul-Bahr; c'est le cinquième cuirassé anglais 
perilu aux Dardanelles. 

La Turquie prétend et déclare aux puissances qu'elle 
va opérer contre le canal de Suez. 

Les Russes battent les Turcs près de Mischkvine. 

Les Arméniens de Zeitoun ont gagné la montagne pour 
ne pas être enrôlés; ils sont aux prises avec 20.000 sol- 
dats turcs. 

Le navire auxiliaire Princess Irène fait explosion à 
Sheerness (^oo morts). 

Deux torpilleurs italiens coulent un sous-marin 
autrichien. 

68. CHRONOLOGIE UK LA GUERRE n 



98 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Un dirigeable ayant jeté des bombes sur Southend 
(septième raid allemand en Angleterre), le communiqué 
allemand parle des fortifications de Southend ; personne 
n'en est dupe. 

Des avions allemands jettent des bombes sur les 
casernes de Gérardmer. 

La presse bulgare et les cercles militaires s'élèvent 
contre la politique neutraliste du Cabinet. 

Le roi d'Italie et le roi de Serbie échangent des 
télégrammes significatifs, faisant augurer une action 
commune. 

Sir Henry Jackson remplace l'amiral Fisher comme 
premier Lord de la mer. 

Dans une lettre au cardinal Vannutelli, le Pape parle 
des (k moyens olTensifs employés sur terre et sur mer, 
contraires aux lois de l'humanité et du droit inter- 
national ». 

Vendredi 28 mai. — D'Angres à Arras, la bataille 
fait rage ; les Allemands contre-attaquent et bombardent 
violemment. 

Les Autrichiens sont en retraite dans le Trentin et le 
Frioul. 

Les Italiens occupent Grado, port d'Aquilée. 

L'anarchie est à son comble en Albanie, où des 
officiers autrichiens et turcs excitent les Albanais contre 
les Italiens et les Serbes. 

Les Russes prennent des canons dans la réqion de 
Chavli. 

Les Allemands passent !e San à Radymno. 

Au sud-est de Przemysl, les Allemands avancent k 
l'est d'Hussakov. 

Les Russes ont contre-attaque dans la région de Strij, 
prenant 600 hommes et 8 mitrailleuses. 

Le 27 et le 28, très vif combat entre les marais du 
Dniester et Dolina. Les Russes ont pris l'offensive sur 
la rive gauche de la Svitza et jusqu'à la Lomnitza. Près 
de Perechinsko (20 kilomètres sud-est de Dolina), les 
Russes ont fait 3. 2 00 prisonniers. 

Le Gouvernement russe proteste de nouveau contre 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 99 

les ohitlres énormes de prisonniers russes qu'indiquent 
les communiqués austro-allemands. 

Les Russes sont entrés à Van, très acclamés. 

On a confisqué à Bucharest des caisses destinées à 
l'ambassadeur allemand de Gonstantinople ; elles con- 
tenaient des bombes asphyxiantes. 

A une conférence de la paix, convoquée à Berne, 
Vogthen, député au Reichstag, déclare qu'il n'approuve 
pas la violation de la neutralité belge. 

Bruyante démonstration, devant le Reichstag, de 
femmes allemandes réclamant la paix. 

La Gazette de Cologne fait observer avec insistance 
que l'Italie est en guerre avec l'Autriche, non avec 
l'Allemagne. 

Bethmann-HoUweg dit au Reichstag : « Le Gouver- 
nement italien a écrit pour toujours, dans le livre de 
l'histoire des peuples, en lettres de sang, son acte de 
déloyauté... Une attaque italienne contre les troupes 
austro-hongroises se heurtera aussi à des troupes alle- 
mandes. » Le chancelier attribue la guerre à « la rue, 
travaillée par l'or de la Triple Entente », qui l'a emporté 
en menaçant les modérés de meurtre et de révolution. 
Bethmann-Hollweg dit encore : « Le Gouvernement 
britannique, pour ameuter l'opinion, publie un document 
(le rapport Bryce) contenant les dépositions de témoins 
anonymes et qui signalent de prétendues cruautés com- 
mises en Belgique par les troupes allemandes, cruautés 
si monstrueuses qu'il n'y a que des cerveaux de fous 
qui puissent y ajouter foi. » 

Les trois ordi-es d'enseignement en France ont perdu 
5.862 hommes, dont i.oi3 morts. L'enseignement 
primaire compte i .5oo tués ; l'Ecole normale supérieure, 
^7 tués et 106 blessés. 

Pour avoir acclamé des prisonniers traversant la ville, 
la petite ville belge de Roulers est frappée d'une amende 
de i.5oo.ooo marks. 

Samedi 29 mai. — Les Français ont achevé de 
prendre Ablain (12-29 "^^' » détails dans le Temps, 
3 juin). 



100 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

La lutte est chaude à Neuville-Saint-Vaast, . où les 
Français progressent maison par maison. 

Un nouveau bombardement fait une vingtaine de vic- 
times à Pont-à-Mousson. 

Le fort de Luzerna s'est rendu aux Italiens. 

Les Italiens occupent Valona et les îles Sasseno. 

Les Russes se sont repliés derrière la Dubissa, mais 
arrêtent les progrès de l'ennemi sur la rivière. 

Les Allemancls ont dû évacuer la rive droite du San 
jusqu'à l'embouchure de la Lubaczovka, perdant 
3.000 prisonniers. 

La ilotte russe de la Mer Noire a détruit une usine 
électrique et les bâtiments d'une exploitation houillère 
sur la côte d'Anatolie. 

Talaat bej a dit ù un représentant du Berliner Tage- 
blatt : « Je ne crois pas à une guerre balkanique. Bra- 
tiano est un homme sérieux et honorable. Le roi et lui 
assurent la neutralité de la Roumanie. » 

Le représentant du ministère de la Guerre a déclaré 
à la Commission du budget du Reichstag que l'Alle- 
magne était prête pour une campagne d'hiver, avec des 
matières premières en suffisance. 

Parlant au nom des conservateurs, le comte Westarp 
a dit : «Il s'agit de reconstruire notre maison plus soli- 
dement encore qu'auparavant. Nous ne devons pas 
reculer devant les conséquences nécessaires pour la 
sécurité durable de ce pays. » Ces mots inquiètent 
la Hollande, d'autant plus que cette manière de voir a 
été adoptée, quelques jours après, par les nationaux- 
libéraux {Temps du 29). 

Le Gouvernement hongrois annonce qu'il va saisir le 
quart des dépôts des caisses d'épargne. 

Dimanche 30 mai. — Dans la nuit du 29 au 3o, 
les Russes ont franchi la Lubaczovka et occupé Mo- 
nasLerz. L'offensive allemande sur Jaroslav-Radymno 
est arrêtée. 

L'offensive russe se prononce au delà du Dniester 
(700 prisonniers, 3o mitrailleuses). 

Les aviateurs italiens mettent le feu au grand ré- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 101 

servoir de benzine à Pola, qui brûle pendant pkisieiir.s 
jours. 

Télégraphiant au président Poincaré, le roi d'Italie 
dit que les deux pays sont réunis dans un même idéal : 
la libération des peuples opprimés et la défense de 
notre civilisation commune. 

Le colonel Feyier écrit, dans le Journal de Genève : 
a Les dépêches dessinent les contours de la manœuvre 
européenne contre le bloc impérial, avec la Suisse, 
appui des ailes intérieures. » 

Lundi 31 mai. — L'Allemagne répond aux États- 
Unis que le Lusiiania, transportant des munitions et 
étant armé de canons, devait être assimilé à un na- 
vire de guerre. Pour les autres cas en litige, l'Alle- 
magne réparera les préjudices matériels. 

La Garde prussienne et d'autres troupes allemandes 
s'emparent de Strij et rompent les lignes russes au 
sud-ouest (9.200 prisonniers, 8 canons.) 

Dans la nuit du 3o-3i, les Allemands attaquent vio- 
Irmment sur tout le front au nord de la Pilitza, se 
servant de gaz qui font sentir leurs effets à 3o kilo- 
mètres en arrière. 

Les Bavarois prennent d'assaut trois forts sur le front 
nord de Przemysl. 

Des troupes turques quittent Damas pour Gonslan- 
tiuople, où la situation est très tendue. 

Succès des Anglais en Mésopotamie, au nord de 
Korna. 

Des dirigeables survolent Ramsgafe et la banlieue de 
Londres. 

Les Allemands disent que, en réponse au bombarde- 
ment de Ludwigshafen, ils ont jeté de nombreuses 
bombes sur les chantiers et les docks de Londres. 

Garua, dans le Cameroun, se rend aux Alliés. 

On manifeste à Sofia et à Bucharest en faveur des 
Alliés. 

Le total des pertes prussiennes atteint i.338.ooo hom- 
mes, dont 74.000 officiers. 

Suivant le communiqué allemand du 2 juin, les Aus- 



102 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

tro-Allemands auraient pris, pendant le mois de mai, 
sur le théâtre sud-oriental de la guerre, 270.000 hom- 
mes, 261 canons, 676 mitrailleuses et im énorme ma- 
tériel. 

Un placard socialiste, répandu en Allemagne, dé- 
nonce l'Autriche -Hongrie comme ayant décliaîné la 
guerre et blâme l'ignorance où on laisse les peuples : 
C( Les pires ennemis de l'Allemagne sont l'impérialisme 
et le parti de la guerre. > Ce placard ajoute qu'on 
aurait pu préparer les voies à la paix en mars, mais 
que la cupidité des impérialistes allemands y mit 
obstacle. 



JUIN 



Mardi 1^'' juin. — Les Alliés progressent sur Saint- 
Julien ; la ligne allemande est devenue irrégulière entre 
Dixmude et Ypres. 

Les Finançais prennent de nouvelles tranchées au 
nord d'Arras. 

Les Italiens investissent le Trentin et progressent 
vers Trente. 

Sur la Bzura, une saute de vent a retourné contre 
les Allemands un nuage de gaz qui menaçait les 
Russes. 

Bombardement des forts du nord de Przemysl. 

Les Allemands progressent entre la Tismenitza et 
Strij . 

Le Canada dément que le Lusitania ait transporté 
des soldats canadiens. 

L'ambassadeur Gérard télégraphie de Berlin à Bryan 
que le Gulflight a été torpillé par erreur. 

A la suite de l'incursion d'un dirigeable sur la ban- 
lieue de Londres et Ramsgate (nuit de lundi à mardi). 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 103 

des manifestations anti-allemandes se produisent, no- 
tamment à Shoreditch. 

On dit que les bandes albanaises comptent 3o.ooo 
hommes, payés 4o francs au mois par l'Autriche. 

Depuis le i^"' août 191 4; 20 déclarations de guerre 
ont été faites; on en attend d'autres. 

Les Alliés fabriquent de nouvelles mitrailleuses à 
balles incendiaires. 

Le Gouvernement français déclare qu'il répondra à 
l'emploi des gaz asphyxiants. • 

Le général Keim écrit (Tœglische Rundschau) : « On 
doit poursuivre le but de dissocier l'Italie politiquement, 
de la ruiner économiquement. » 

Mercredi 2 juin. — Violents combats h l'est de 
Notre-Dame-de-Lorette. 

Depuis le 3i mai, les Français ont pris 800 hom- 
mes dans la forteresse dite le Labyrinthe. 

Nouvelles bombes sur la cathédrale de Reims. 

Opérant au sud de Liban, les Russes ont pris Polin- 
ghen. 

Sur la rive gauche du San inférieur, les Russes ont 
enfoncé l'ennemi et pris un fortin à Rudnik, à 60 ki- 
lomètres au nord-ouest de Jaroslav (4-ooo prisonniers). 
L'offensive russe continue vers l'embouchure de la Vis- 
lok, affluent de gauche du San. 

Les Russes ont commencé à évacuer Przcmysl, 
enlevant le matériel pris aux Autrichiens. 

L'escadre italienne, ayant occupé Lissa, a vainement 
défié l'escadre autrichienne, qui est restée à Pola. 

On assure que l'Allemagne est ravitaillée par la 
Suisse, la Hollande et la Suède. L'Autriche est ravitaillée 
par la Roumanie. 

Jeudi 3 juin. — A l'ouest de Rudnik, les Russes 
détruisent presque entièrement 3 régiments tyroliens. 

Les Russes retirent, pendant la nuit, les dernières 
batteries de Przemysl et évacuent la ville. 

Un sous-marin anglais, dans la Marmara, coule un 
grand transport à destination de Panderma. 



104 CHRONOLOGIE DE LA GUEURE 

Les Turcs ont 276.000 hommes pour défendre les 
deux entrées de la Marmara. 

Amarah (Mésopotamie) se rend aux Anglais, avec 
3o officiers et 700 hommes. 

29 avions français ont lancé 178 obus sur le quartier 
général du Kronprinz. 

Depuis l'ouverture des hostilités avec l'Italie, l'Au- 
triche a perdu 5 aéroplanes. 

Salandra, dans un grand discours tenu au Capitole, 
réfute les accusations portées contre l'Italie ; tout en 
exprimant à l'Allemagne son « admiration » et son 
« respect >^, il dit : « Le rêve d'hégémonie universelle 
est brisé. Le monde est insurgé : la paix, la civilisation, 
l'humanité future, doivent se fonder sur le respect com- 
plet des autonomies nationales, parmi lesquelles l'Alle- 
magne devra siéger égale aux autres, mais non maî- 
tresse. )) 

Vienne et Berlin fêtent la reprise de Przemysl. 

Lloyd Georges, ministre des munitions, dit à Man- 
chester : « Le succès de la guerre dépend plus des 
patrons et des ouvriers des usines que de tous le.s 
autres citoyens. Nous avons actuellement plus d'hommes 
que d'équipements. » 

Vendredi 4 juin. — Progrès des Italiens près de 
la crête de Monte Nero, à 9 milles des tranchées 
autrichiennes de Tolmino. 

Une attaque générale des tranchées turques au sud 
de la presqu'île de Gallipoli, du 4 au 6 juin, ne donne 
pas de résultats décisifs; on enlève quelques lignes de 
tranchées devant Krithia. 

Jusqu'au 4 juin, les Russes ont conquis la région de 
Van et une partie du sanjak de Moush ; ils ont anéanti le 
corps de Khalil bey et purgé de troupes turques tout le 
pajs entre les lacs de Van et d'Ourmiah. A 1 aile droite, 
ils ont occupé le territoire turc entre l'ancienne frontière 
et la ligne des rivières Tchorokh et Tortoum. L'offen- 
sive turque dans l'Azerbeidjan a complètement échoué. 

Un sous-marin anglais coule un torpilleur et un 
transport allemands près de Windau (Baltique). 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 105 

Samedi 5 juin. — La flotte italienne a bombardé 
et partiellement détruit la voie ferrée entre Raguse et 
Cattaro. 

Les Anglais repoussent une attaque turque à EI-Kan- 
tara (Egypte). ' 

Dans la nuit de vendredi à samedi, des dirigeables, 
survolant l'est et le sud-est de l'Angleterre, y ont fait 
peu de dommages. 

Ch. Eliot, président de l'Université de Harvard, écrit 
dans le New- York Times pour conjurer rAmérique du 
Nord et celle du Sud de mettre leurs usines et leurs res- 
sources à la disposition des Alliés, engagés dans une 
latte gigantesque pour l'humanité. 

Dimanche 6 juin. — Les Allemands envoient une 
pluie de gros obus sur les lignes des Alliés dans le 
nord. 

Violentes contre-attaques allemandes sur les pentes 
de Notre-Dame de la Chapelle et Aix-Noulette. 

Une attaque française imprévue, près de la ferme de 
Quennevières, à l'est de Tracy-le-Mont, nous fait gagner 
deux lignes de tranchées (200 prisonniers, 3 canons). 

Les Allemands avancent de Przemysl sur Moscizka 
(route directe de Lemberg). D'autres corps passent le 
Dniester près de Juravno, menaçant Lemberg par le 
sud. 

Les Russes occupent Ardost (Caucase). 

Dans la nuit, un dirigeable bombarde le littoral nord- 
est de l'Angleterre et tue 24 civils. 

So.ooo personnes manifestent à Bucharest en faveur 
de l'intervention. 

On dit que la maison Krupp a établi une grande 
usine à Constantinople et que des sous-marins allemands 
ont défilé devant Dolma Bagtché. 

Lundi 7 juin. — La frontière belge a été fermée 
du côté de la Hollande ; on parle d'un afflux de troupes 
allemandes destinées à l'attaque d'Ypres. 

Progrès français dans la région d'Arras et au sud-est 
d'Hébuterne (nord d'Albert). 

Les Français progressent au delà de Vic-sur-Aisne. 



106 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

A Vauquois, par représailles, les Fraaçais ont arrosé 
les tranchées allemandes de liquide enflammé. 

Les Italiens commencent à passer l'Isonzo. 

Les Russes, chassés de Bubjé, se replient sur Chavli. 

Sur la rive gauche de la Vistule, les Allemands ont 
employé des gaz asphyxiants. 

Au sud du Dniester, les Allemands ont atteint 
Mislov, Les Autrichiens disent avoir pris 6.200 Rus.ses 
dans la région du Pruth et du Dniester. 

Il y a 4o corps allemands en Galicie (sur 55 qui 
occupent le front oriental). 

Les Serbes sont à deux jours de marche de Scutari ; 
mais le seul but de leur expédition est d'occuper des 
points stratégiques pour se défendre contre les incur- 
sions des Albanais. 

Nouveau bombardement de Zongouldak (Mer Noire). 

Les Russes occupent Ide (Caucase). 

Un sous-marin russe a attaqué dix cuirassés allemands 
entre Windau et Gotland. 

Le Medjidieh, coulé devant Odessa, a été renfloué et 
ajouté à la flotte russe. 

Dans la nuit de dimanche à lundi, une escadrille 
anglaise bombarde le hangar d'Evere près Bruxelles ; 
l'un des aviateurs, Warneford, rencontre, à 3 heures du 
matin, un dirigeable entre Gand et Bruxelles et le 
détruit à coups de bombes. 

Un dirigeable a survolé la côte est de l'Angleterre, 
tuant cinq personnes. 

On dit que l'Allemagne off're k la Roumanie, pour 
prix de sa neutralité bienveillante, la Bukovine et l'in- 
dépendance de la Transylvanie. 

Le nouveau chef du parti conservateur roumain, 
Lahovary, publie un manifeste en faveur de l'inter- 
vention. 

Le roi de Bavière, dans un discours k Fiirth, s'est 
prononcé pour la politique des annexions. 

Les enfants des écoles en Allemagne sont mis en 
congé pour cultiver le sol ; ce sont les « soldats de la 
terre », dit un manifeste impérial. 

Hindenburg aurait dit que, grâce k l'arme nouvelle 



CHUONOLOGIE DE LA GUERRE 107 

et puissante des gaz, les ennemis de l'Allemagne seraient 
abattus en moins de deux mois. 

On rappelle l'apostrophe de Luther aux princes alle- 
mands : (( Vous combattez pour l'injustice. L'Allemagne 
sera dévastée. Insensés ! que vous ont fait ces femmes, 
ces enfants, ces vieillards que vous entraînez dans votre 
perte ? L'Allemagne est perdue, j'en ai peur. » 

Mardi 8 juin. — Les Italiens dessinent un mou- 
vement enveloppant autour de Tolmino. Les Autrichiens 
abondonnent la vallée du bas Adige, brûlant les villages 
qu'ils évacuent. 

Les Italiens prennent Preikofel, position très forte. 

Avance allemande vers Kovno. 

Dans un combat sur les bords de la Viznia, les 
Russes ont refoulé les Autrichiens vers Jaroslav et 
infligé un échec aux Bavarois. 

Les Allemands continuent à progresser sur la rive 
gauche du Dniester. Les Russes reprennent l'offensive 
au nord-est de Juravno. 

Les Russes ont évacué Stanislau sans combat. 

Un dirigeable italien est détruit, près de Lussin, par 
un hydravion autrichien. 

Un aéroplane jette des bombes sur Venise. 

H. Delius dans le Lokal Anzeiger : a A cette heure, 
les Français ne sont ni abattus ni découragés ; au 
contraire, leur confiance est très grande. Tant qu'il en 
sera ainsi, il n'y aura pas d'espoir de les réduire. » 

Mercredi 9 juin. — Les Français occupent entiè- 
rement Neuville-Saint-Vaast. 

Progrès français aux lisières du bois Le Prêtre. 

Les Autrichiens ont évacué et fait sauter la forte- 
resse de Pizzacchio. 

Les Italiens prennent Monfalcone et les hauteurs 
voisines. Ils détruisent, à Monfalcone, une fabrique de 
gaz asphyxiants. 

La Gazette de Voss dit mensongèrement que des 
appareils de télégraphie et des canons ont été placés sur 
la cathédrale de Milan et sur Saint-Marc. 



108 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Depuis le 6 juin, usant de gaz asphyxiants, les 
Allemands attaquent les positions russes de Mosciska. 

Une flottille italienne bombarde Saint-Jean de Medua 
pour obliger les Albanais à laisser passer des convois 
de vivres destinés au Monténégro. 

Un sous-marin allemand torpille par erreur un 
vapeur allemand de 1.781 tonnes qui va se réfugier à 
Harwich et y est détenu. 

On a découvert et détruit dans la mer Egée un dépôt 
de benzine pour sous-marins. 

On dit que Ghenadief est devenu le partisan cha- 
leureux d'une entrée en action de la Bulgarie. 

On mande de Russie que les négociations sont 
rompues entre la Roumanie et la Russie, à cause de la 
Bukovine et du Banat (détails dans le Temps du 21). 

La Gazette de Francfort écrit : « Ayant soutenu 
l'Autriche, l'Allemagne s'est acquis le droit de la 
conseiller... Il n'est que juste de satisfaire les aspirations 
de la Roumanie, v Mais l'Autriche a fait, avec l'Italie, 
une expérience qu'elle ne tient pas à renouveler. 

En présence au projet de note à l'Allemagne rédigé 
par le président Wilson, demandant la cessation de 
toute attaque contre des paquebots, Bryan, secrétaire 
aux Affaires étrangères, donne sa démission et est 
remplacé par Robert Lansing. Bryan paraît avoir voulu 
soumettre à l'arbitrage le cas du Lusitania. 

On parle à New-York d'un complot gigantesque 
organisé par l'Allemagne pour acquérir à tout prix le 
contrôle des usines américaines qui fournissent aux 
Alliés des armes et des munitions. Ce plan a été décidé 
le 2 juin dans une réunion présidée par Bernstorff. Le 
« roi de l'acier », Schwab, l'a fait échouer en le révélant. 

L'archevêque catholique d'Utrecht se déclare l'admi- 
rateur de l'Allemagne et de sa « culture ». 

La rente française touche de nouveau le cours de 78. 

Les pertes anglaises, à l'exclusion des marins, attei- 
gnent 258.000 hommes, dont 5o.ooo morts. 

Dimanche 13 juin. — Progrès, puis recul des. 
Français au nord de la sucrerie de Souchez. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 109 

Les Italiens bombardent Malborghetto. Leur artillerie 
a coupé la voie de Gorizia à Montefalcone, près de 
Sagrado. Ils occupent déjà 4.000 kilomètres carrés de 
territoire autrichien. 

Les Allemands, repoussés sur le Windau, semblent 
vouloir tenter, avec cinq corps, une opération sur Riga. 

Sur la Bzura, on dit que les Allemands emploient un 
mélange de benzine et de pétrole à haute pression qui 
coupe les fils barbelés à distance. 

Le front russe est percé en Galicie vers Moscizka ; 
les Allemands disent avoir fait iG.ooo prisonniers. Ils 
passent la Lubaczovka, affluent du San, dans son cours 
inférieur et marchent vers Lemberg. 

Les navires français bombardent Tchesmé, base de 
.sous-marins sur la côte anatolienne. 

Les élections grecques sont favorables à Vénizélos. 

Les Bulgares démentent qu'ils laissent passer des 
munitions et des officiers allemands destinés aux Turcs. 

Dans une réunion tenue à Munich, les socialistes 
bavarois condamnent le discours annexionniste du roi 
et demandent que la Belgique reste indépendante. En 
revanche, les nationaux-libéraux saxons se prononcent 
pour la politique annexionniste. 

Herriot écrit dans \' Information : « Jamais l'impéria- 
lisme allemand ne s'est montré plus agressif, en dedans 
et au dehors, que dans la période présente. Ceux qui 
parlent de son découragement nous trompent. » 

Le colonel Feyler écrit dans le Journal de Genève : 

L'Europe n'est pas mûre encore pour le scandale 
d'une annexion de la Belgique. » 

Le total des prisonniers faits par les Alliés, Japonais 
compris, s'élève à i.iSo.ooo. 

Lundi 14 juin. — Les Belges se consolident sur la 
rive droite de l'Yser. 

De gros obus, lancés à 24 kilomètres, tombent dans 
la forêt de Compiègne. 

Les Italiens bombardent Gorizia. 

Les Allemands bombardent Ghavli. Ils reprennent 
offensive dans la région de Jaroslav et sur la rive 



110 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

droite du San. Les Russes se retirent entre le Dniester 
et le Pruth vers leur frontière. 

Les Serbes occupent El Basan et Tirana en Albanie ; 
deux colonnes visent Durazzo, tandis que les Monténé- 
grins marchent sur Scutari. 

Le ministre de Russie à Bucharest a été reçu par le 
roi. Il y a eu un long conseil des ministres, auquel 
assistaient les présidents des deux Chambres. 

Romain Rolland écrit dans le Journal de Genève : 
« Aux actes d'accusation dressés contre les empires de 
proie et contre leur orgueil humain, au nom du droit 
violé, de l'humanité outragée, par les peuples victimes 
et par les combattants, s'ajoute le cri de douleur des 
âmes nobles de leur propre peuple que les mauvais 
bergers ont conduit et contraint au meurtre et à la 
déraison. » 

On calcule, à Budapest, que, jusqu'au i" juin, les 
Austro-Hongrois ont perdu 3.5oo.ooo hommes, malades 
compris. 

L'accord s'est fait pour l'échange, par l'entremise de 
la Suède, de loo.ooo prisonniers russes et allemands 
invalides. 

Mardi 15 juin. — Nouveau bombardement d'Osso- 
vetz. 

Dans la région de Lubaczov, la cavalerie russe, 
venant à l'aide de l'infanterie épuisée, anéantit un 
régiment allemand. 

Le i4 et le i5, en amont de Juravno, les Russes ont 
pris 8.544 hommes et 6 canons. Les Austro-Allemands 
passent le Dniester vers Nijniov, 

Des avions allemands tuent et blessent des civils à 
Nancy. 

Vingt-trois avions alliés ont jeté i3o bombes Sur 
Carlsruhe, endommageant le château ; deux avions ne 
sont pas revenus. 

Sur la côte nord-est de l'Angleterre, un dirigeable â 
tué seize personnes. 

La voie d'Arkhangel à Vologda, occupée par le trans- 
port de matériel de guerre, est fermée au commerce. 



CHRONOLOGIE DE hX GUERRE 111 

Jusqu'au 3i mai, les pertes navales anglaises ont 
atteint 7.696 hommes et 549 officiers. 

Mercredi 16 Juin. — • Progrès anglais au sud de 
Hooge (nord-est d'Ypres). 

Les Allemands, renforcés, contre-attaquent, le 16 et 
le 17, au nord d'Arras. 

Les Allemands lancent 100 obus sur Reims, dont 10 
sur la cathédrale (ils disent n'avoir tiré que sur les 
casernes). 

Progrès français sur la haute Fecht et prise du 
Braunkopf (34o prisonniers). 

Succès des alpins italiens sur le Monte Nero. 

Les Autrichiens ont vainement attaqué les passages 
des Alpes Carniques, en particulier celui de Monte 
Croce. 

De part et d'autre de Chavli, les Allemands se déve- 
loppent sur un front de 100 kilomètres. 

A minuit, les Allemands prennent la partie ouest de 
Grodek. 

Dans la nuit du i5 au 16, sur le front du Dniester, 
les Allemands éprouvent de grosses pertes. 

Des bandes albanaises, ayant envahi le Monténégro, 
sont repoussées. 

Les Serbes bombai-dent Semlin. 

Des aviateurs anglais bombardent un hangar de 
"Il dirigeables près de Gand. 

La Suède a interdit le transit, k destination de la 
Russie, des marchandises dont elle prohibe elle-même 
l'exportation. L'Allemagne travaille à exciter la Suède 
contre la Russie ; Sazonov déclare que la Russie pense 
aussi peu à attaquer la Suède que la lune; d'autre part, 
le Gouvernement suédois a donné des assurances paci- 
fiques à la Triple Entente. 

Les niinistres de Bulgarie et de Roumanie à Berlin 
ont été invités au quartier général par Guillaume IL 

Malgré la majorité de 100 voix obtenue par Vénizélos, 
Gounaris prétexte la maladie du roi pour garder le 
pouvoir. 

On proteste en Suisse contre les rigueurs de la censure 



112 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

fédérale, trop soucieuse des susceptibilités de l'Alle- 
magne. 

Le Temps du 17 reproduit une lettre d'Alsace à la 
Gazette de Lausanne, annonçant que les chimistes 
français ont obtenu des « résultats effroyables » dans 
les essais qu'ils ont faits pour répondre à l'emploi des 
gaz par les Allemands. 

Aux Communes, on demande la mise en chantier d'un 
grand nombre d'avions, constituant un a essaim de fre- 
lons ». Le Gouvernement déclare que l'Angleterre, 
comme la Russie, construit aussi de grands avions. 

On parle, au Canada, d'un nouveau respirateur 
efficace contre tous les gaz. 

Jeudi il juin. — Les Français achèvent la con- 
quête, commencée le g mai, du système d'ouvrages for- 
tifiés dit Labyrinthe, entre Neuville-Saint-Vaast et 
Ecurie (i.ooo prisonniers). On a lancé, sur les positions 
allemandes, Soo.ooo obus. 

Prise du cimetière de Souchez par les Français. 

Les Allemands ont réuni 1 1 divisions autour d'Arras. 

Ils évacuent Metzeral, après y avoir mis le feu. 

Les Italiens emportent les hauteurs de la rive gauche 
de risonzo qui dominent Plava. La résistance des 
Autrichiens augmente sur le front italien. 

Les Russes, évacuant la rive droite du San, se 
retirent au delà de la Tanev et de la ligne des lacs de 
Grodek. Au nord de Seniava, les Autrichiens ont 
pénétré en territoire russe et occupé Tàrnogrod. 

Les Russes repoussent l'ennemi au delà du Dniester. 

On s'émeut, à Stockliolm, de la destruction d'un 
vapeur suédois, portant du bois à Manchester, qui a 
été torpillé en plein jour. 

Des avions bombardent Zeebrugge, Heyst etKnocke. 

Le Comité national roumain proteste contre l'agita- 
tion allemande en Roumanie. 

On commente une lettre de Guillaume II à un prince 
bavarois, récemment publiée en Espagne, où l'Empe- 
reur dit qu'il ne tiendrait qu'à lui de faire immédiate- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 113 

ment une paix, laquelle, tout en ne donnant qu'un 
résultat incomplet, préparerait les voies à l'avenir 
(c'est-à-dire à une guerre nouvelle à bref délai). 

La récolte de pommes de terre en Allemagne s'an- 
nonce déficitaire. II est question de réduire de moitié 
la consommation de la viande et de la bière. 

Vendredi 18 juin. — Un communiqué russe 
résume la bataille de Galicie-Bukovine depuis la prise 
de Strij et dément les récits de victoires des Austro- 
Allemands. Du 29 mai au i5 juin, les Russes ont pris 
4o.ooo hommes et 24 canons; sur le seul secteur du 
Dniester, les Allemands auraient perdu 1 20.000 hommes. 

Des torpilleurs autrichiens bombardent Pesaro et 
Rimini. 

Les sous-marins anglais, dans la Marmara, empêchent 
les Turcs d'atteindre Gallipoli. 

Suivant le colonel Feyler, les Allemands ont 
74 corps sur les deux fronts, au total 1.829 bataillons, 
dont 708 en Orient et 1.128 en Occident. Avec les 
680 bataillons autrichiens, cela fait i.38i bataillons 
contre la Russie. Que reste-t-il pour mettre en ligne 
contre l'Italie ? 

Times : « Il y a un an nous ne pensions guère que le 
centenaire de Waterloo nous trouverait de nouveau en 
armes pour une cause que nous avons si souvent 
vengée, L'Angleterre combattait alors pour la liberté 
de l'Europe ; c'est pour cela qu'elle combat encore. » 

Les membres des clubs militaires et navals anglais 
n'ont pas célébré de fête annuelle ; ils se sont contentés 
d'invoquer la mémoire des Anglais et des Français 
"" Itombés à Waterloo et se sont retirés en silence. 



Samedi i9 juin. — Les Belges prennent des 
îi^^ltranchées entre Dixmude et Nieuport. 
jit» La cavalerie russe, près de Ghavli, enlève et brûle 
"importants convois. 

L'armée de Sébastopol, destinée au Bosphore, a été 
ppelée en Galicie. 

es Russes ont perdu les lignes de Grodek. Ils ont 

68. CHRONOLOGIE D£ LA GUERRE ' 8 



ippe 
L( 



114 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

aussi évacué la rive droite du Dniester entre les marais 
et l'embouchure de la Strij. 

Entre le cap Matapan et la Crète, un navire français 
capture des officiers turcs envovés par Enver aux 
Senoussis de Tripolitaine. 

Les Français bombardent la gare de Munster et font 
sauter des dépôts de munitions. 

L'opposition hongroise refuse sa confiance à Tisza. 

On prétend que le Pape a exigé de François-Joseph 
le respect des cathédrales de Venise et de Milan. 

Hilaire Belloc démontre (Land and Water) que plus 
de 4 millions d'Austro-Allemands sont hors de comoat. 

Gazette de la Croix : a Même si la guerre finit 
comme nous l'espérons, l'Allemagne ne sera pas dans 
une situation commode. Nous serons le peuple le plus 
détesté de toute l'Europe; nous aurons d'autant plus 
d'efforts à accomplir pour nous fortifier. Nous ne pour- 
rons plus laisser une partie considérable de notre jeu- 
nesse sans instruction militaire. Notre matériel devra 
être renouvelé. Nous serons obligés à de grandes écono- 
mies ; les impôts devront être très élevés ; ce ne sera 
pas comme après la guerre de 1870, où la France nous 
a payé une grosse somme après une guerre relative- 
ment courte. )) 

Dimanche 20 juin. — Cinq cents prisonniers autri- 
chiens arrivent à Asti et crient Evviva l'Italia ! 

Les Allemands prennent Rava-Russka et refoulent 
les Russes vers l'est. 

Le cuirassé anglais Roxburghe est torpillé, mais 
peu endommagé dans la mer du Nord. 

E. Lavisse écrit : « Ce qu'il faut surtout aujourd'hui, 
c'est prêcher la patience, en montrant qu'il n'y a plus 
que patience à prendre. Les guerres libératrices furent 
toujours longues. » 

On dit que l'Autriche refuse toute concession territo- 
riale à la Roumanie. à 



Lundi 21 juin. — i4 obus tombent sur Dunkerque. 
Les Français occupent Metzeral. 



CHRONOLOGIE DE LA GUEP.RE 115 

Dans la zone du Monte Nero, les alpins se heurtent 
à des forces autrichiennes venues de Galicie. 

Petrograd s'attend à la chute de Lemberg, attaqué k 
l'est et au nord. Les Allemands prennent Zolkiev. 

Les Russes battent les Autrichiens qui ont franchi le 
Dniester en avant de Nijniov (3.5oo prisonniers). 

Les escadres alliées bombardent Gallipoli. 

Le général Botha a occupé Omomru (Sud-Ouest afri- 
cain allemand). 

La Liberté publie une longue conversation de Latapie 
avec le Pape. La teneur de cet entretien, d'ailleurs 
contestée au Vatican, n'est approuvée qu'en Allemagne 
et en Autriche (Voir Journal de Genève, 2G juin). 

Mardi 22 juin. — 45 obus tombent sur Dunkerque. 

Les Allemands prennent une hauteur près du Ban- 
de-Sapt. 

Les Français occupent Sondernach (région de la 
Fecht). 

Les Russes ont évacué Lemberg que les Autrichiens 
ont occupé à 4 heures du soir, faisant très peu de 
butin. Réjouissances à Vienne et à Berlin. 

Sur le Dniester, combats favorables aux Russes. Le 
communiqué dit : « Notre artillerie lourde et légère 
nous a prêté un appui efficace. » Ainsi les Russes font 
savoir qu'ils commencent à être ravitaillés en munitions. 

Du 20 au 22, très vifs combats de tranchées aux 
Dardanelles, favorables aux Alliés. 

Les socialistes allemands Bernstein, Haase et Kautsky 
publient à Leipzig un manifeste contre la guerre, répu- 
diant toute annexion. On croit que ce manifeste, toléré 
par la censure, n'est qu'un ballon d'essai de l'Alle- 
magne qui joue, comme à l'ordinaire, double jeu. 

Mercredi 23 juin. — Les Allemands bombardent 
Arras; une ambulance française est très éprouvée. 

Nicolas II part pour le front. 

On assure que l'Autriche a fait des propositions de 
paix à la Serbie. 

Le Gouvernement allemand suspend la Deutsche 
Tageszeitung, organe de Reventlow, où paraissent de 



116 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

violents articles contre les États-Unis et la politique de 
Bethmann-Hollweg, qui semble être en désaccord avec 
celle de Tirpitz. 

Gazette de Francfort : c( Nos pertes ne sont pas sté- 
riles aussi longtemps que nos lignes tiennent (à l'ouest), 
car notre but est de tenir, seulement de tenir. » 

Jeudi 24 juin. — Attaque allemande sur la tran- 
chée de Galonné, avec bombes asphyxiantes et liquides 
enflammés. 

On dit que cinq corps d'armée, dont quatre alle- 
mands, ont été ramenés de Galicie vers le front ita- 
lien (?). 

Le Sultan a été opéré de la pierre. 

Les Etats-Unis envoient une note à l'Allemagne au 
sujet de l'affaire du W. P. Frye. 

Bryan fait une conférence germanophile a New- York, 
à la suite de laquelle on vote une résolution demandant 
l'interdiction de l'exportation des armes et munitions. 
Bryan ne s'y associe pas. 

On commence, à Londres, à embaucher en masse 
des ouvriers pour fabriquer des munitions. 

Au Landtag de Prusse, le socialiste Braun attaque 
la politique d'annexion. Le ministre Delljrûck dit que 
le colosse russe peut être considéré comme à peu près 
terrassé et constate que la troisième offensive des 
Alliés a échoué sur le front occidental. 

L'ambassadeur d'Italie, Tittoni, parlant au Trocadéro 
(anniversaire de Solférino), dit que la paix acquise par 
la victoire espérée ne doit pas être une paix, mais la 
paix, sans mélange de germes de guerre future. 

Vendredi 25 juin. — Le bombardement d'Arras 
continue à faire des victimes. 

Près de Cadore, les Italiens auraient pris des Mecklem- 
bourgeois, appartenant à un contingent allemand qui 
combat l'Italie sans déclaration de guerre. 

Les Austro-Allemands sont à Mikolaiev et à Zydar- 
zov; les Russes se replient au delà du Dniester. 

Depuis le début de la guerre, quatorze attaques 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 117 

aériennes dirigées contre l'Angleterre ont fait cinquante- 
six victimes, dont onze entants. 

Un mémorandum du Foreign-Offîce, adressé aux 
États-Unis, établit que l'Angleterre s'est toujours effor- 
cée de ménager le commerce des neutres. 

L'Angleterre interdit l'exportation du coton, sauf vers 
les ports de France, de Russie, d'Espagne et de Portugal. 

Les Français occupent Lomié (Cameroun). 

Harden, dans la Ziikunft, prête ces paroles à un 
neutre : « A l'ouest, celui-là seul qui est disposé à 
sacrifier cent mille hommes peut espérer, et encore 
faiblement, d'avancer. » 

Samedi 26 juin. — Conférence à Vienne, entre 
Bethmann-Hollweg, Jagow et Burian. Il s'agit, dit-on, 
des États balkaniques et de la détresse financière de 
l'Autriche. 

Les Russes se retirent sur la Gnita-Lipa, abandonnant 
le front Bobrka-Juravno. 

Les Monténégrins occupent sans résistance Saint- 
Jean-de-Medua. 

Le Journal de Genève nie que la Suisse ait ravitaillé 
l'Allemagne par contrebande. 

Dimanche 27 juin. — Nouveau bombardement de 
Reims. 

Un conseil des ministres russes s'est réuni au quar- 
tier général, sous la tente impériale. 

Les Allemands avancent au nord de Rava-Russka ; ils 
occupent Halicz et passent le Dniester (le 28). 

Les Serbes débarquent par surprise dans une île du 
Danube et y font deux cents prisonniers. 

Les Monténégrins entrent k Scutari. 

La gauche anglaise, aux Dardanelles, prend quatre 
tranchées turques et une hauteur près de Krithia. 

Un navire allié bombarde Budrun (Halicarnasse). 

Un avion français lance cinquante et une bombes sur 
Friedrichshafen ; l'aviateur est obligé d'atterrir en 
Iji-I Suisse. 

La frontière suisse est fermée aux voyageurs et mar- 
chandises provenant d'Allemagne. 



118 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Le Vorivserts est suspendu pour avoir publié un 
manifeste pacifique de la Sozialdemnkratie, que le 
Gouvernement allemand propage lui-même au dehors, 
comptant tromper l'opinion. 

Lundi 28 juin. — Les Italiens avancent sur la 
rive ouest du lac de Garde, au sud de Riva. 

Les Russes, dans leur retraite sur la Gnita-Lipa, re- 
poussent de grandes forces qui les attaquent. 

Une escadre allemande, ayant attaqué Windau, a été 
repoussée par les torpilleurs russes; un torpilleur 
allemand a touché une mine et a coulé. 

La flotte russe, dans la Mer Noire, a coulé dix-huit 
voiliers turcs chargés de pétrole roumain. 

Le commandant des flottes alliées fait savoir à 
Athènes que le ravitaillement des Turco-Allemands se 
fait par des navires grecs et menace le commerce hel- 
lénique de représailles. 

L'Armenian est torpillé près de Bishop's Rock: 
vingt matelots américains sont noyés. Ce navire était 
au service de l'Amirauté britannique. 

Le cardinal Gasparri essaie d'expliquer et de rectifier 
les paroles prêtées au Pape dans la Liberté {Temps 
du 29). 

Mardi 29 juin. — Le ministre de la Guerre russe, 
Soukholminov, est remplacé par Polivanov. 

Les Russes repoussent les Allemands qui ont passé le 
Dniester près de Halicz. 

Le Berliner Tageblatt reconnaît que la manœuvre 
allemande en Galicie, ayant pour objet de cerner l'ar- 
mée russe, n'a pas réussi et que l'enthousiasme dé- 
chaîné par la reprise de Lemberg n'est pas justifié. 

On dit que le Gouvernement américain notifiera à 
l'avenir au Gouvernement allemand le départ de chaque 
navire américain devant traverser la zone de guerre. 

Le choléra sévit en Autriche et se montre en Ga- 
licie. 

L'armée monténégrine compte 5o.ooo bons soldats. 

Guillaume II, s'étant agenouillé sur la fosse commune 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 119 

de soldats allemands, se serait relevé en disant : << Je 
n'ai pas voulu cela ! » 

MiUerand dit au Sénat: « Puisqu'il a plu à nos enne- 
mis de déshonorer la guerre..., j'ai créé à la direction 
du génie une section des gaz asphyxiants. » 

Mercredi 30 juin. — On annonce de grands trans- 
ports de troupes allemandes vers la Belgique, 

Deux divisions allemandes ont attaqué en Argonne 
et fait quelques progrès vers Bagatelle. 

Les Autrichiens avancent sur les hauteurs à l'est de 
la Gnita-Lipta et en aval de Rohatyn. 

Les Français enlèvent, aux Dardanelles, six lignes 
de tranchées turques. 

Les sous-marins alliés sont maîtres de la Marmara, 
malgré la présence de sous-marins allemands à Cons- 
tantinople. 

Les Austro-Allemands prétendent avoir pris, en juin, 
194.000 Russes avec g3 canons. 

De fortes pluies améliorent l'aspect des récoltes en 
Allemagne. 

A Paris, la livre sterling dépasse le cours de 
27 francs. 

On dit que les empires du centre fabriquent 200.000 
obus par jour, la France 100.000, l'Italie 3o. 000. 

Le Journal de Genève commente cette invention fan- 
tastique d'un journal viennois : « La Suisse doit savoir 
que le meurtre de Serajevo a été machiné par l'Entente 
et exécuté par la Serbie, son alliée, à laquelle les assas- 
sins à gages ont servi d'instruments. » 

Le colonel Feyler dit que la situation d'effectifs des 
Austro-Allemands est défavorable .sur les deux fronts. 

Le total des pertes prussiennes atteint i.5o4.ooo 
hommes, auxquels s'ajoute plus d'un tiers de Bavarois, 
Saxons, etc. Cela fait 2 millions d'Allemands, en plus 
des 2.5oo.ooo Austro-Hongrois (Voir i4juin). 



ANCY-PAIUS, IMPBlMEniE BERGER-LEVRAULT 



Chronologie 

de la Guerre 

(r JUILLET = 31 DÉCEMBRE I9I5) 



94. CIIno^'OLOGIE de la guerre 



U a été tiré de ce volume cinquante-cing exem- 
plaires numérotés à la presse, dont : 
5 sur papier du Japon {N°^ i à 5); 
5o sur papier de Hollande (N°^ G à 55). 



PAGES D'HISTOIRE - 1914-1916 



e Série a, 3 

S. R. 

MEMBRE DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTES 



CHRONOLOGIE 

pE LA GUERRE 



TROISIEME VOLUME 



0" JUILLET- 31 DECEMBRE 1915) 



Saccessa crescat honestam 
(Luc AIN, IX, 571.) 



iRAIRIE MILITAIRE BERGER-LEVRAULT 

PARIS I NANCY 

5*7, RUE DES BEAUX-ARTS j RUE DES GLACIS, l8 

1916 



Chronologie 

de la Guerre 

(^ JUILLET=31 DÉCEMBRE 1915) 



JUILLET 



Jeudi 1''' juillet. — Entre la route de Binarville et 
le Four-de-Paris, les Allemands, usant de gros projec- 
tiles avec gaz, ont forcé notre première ligne, mais ont 
été refoulés par la deuxième. 

Sous la direction d'officiers allemands, des ouvriers 
autrichiens creusent des tranchées en avant de la fron- 
tière roumaine. 

Le front allemand (Mackensen) s'étend de Zamosc a 
Sokal sur 70 kilomètres, à 45 kilomètres en avant de la 
frontière russe. L'avance ennemie, vers le nord, couvre 
tout le terrain entre Vistule et Bug. 

Les Allemands ont passé la Gnila-Lipa au sud de Ro- 
hatyn. 

Suivant le critique militaire de Queen, les forces des 
belligérants sont les suivantes : Allemagne et Autriche, 
6.3oo.oooo; France, 3.5oo.ooo; Grande-Bretagne, 
2.000.000; Italie, 2.000.000 : Russie, 4-Ooo-ooo. Entre 

Ile i'"^ mai et le 1'=' juillet, l'armée allemande de l'Est a 



6 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Reventlow écrit (Deutsche Tageszeitung) : « C'est 
contre Calais qu'il faut porter l'effort allemand. » 

A partir du i^"" août, la fabrication des tissus de coton 
sera interdite en Allemagne, tout le coton devant être 
réservé pour les explosifs. 

Le fils d'un ministre hongrois s'est pris de querelle, 
sur une place de Genève, avec un neveu de Bûlow et 
l'a traité de « sale Boche » ; d'où pugilat. 

Les caisses d'épargne russes accusent un excédent de 
1.800 millions de roubles sur 1914, somme qui repré- 
sente à peu près celles dont l'interdiction de l'alcool a 
privé le Trésor. 

Vendredi 2 juillet. — La Chambre des Communes 
a ratifié à l'unanimité la création d'un ministère des 
munitions. 

Les Italiens approchent de Tolmino. 

Progrès des Allemands à Kalvaria ; ailleurs, du Nié- 
men à la Pilitza, leurs attaques sont repoussées. Com- 
bats au nord de Zamosc. 

Le mouilleur de mines allemand Albatros, poursuivi 
par des croiseurs russes, s'est échoué. 

Un sous-marin anglais torpille un croiseur cuirassé 
allemand dans la Baltique. 

Pierpont Morgan est blessé par un Allemand, qui 
avoue être aussi l'auteur d'une explosion au Capitole de 
Washington. 

Samedi 3 juillet. — Les Russes, abandonnant la 
ligne de la Tanev, se replient sur la ligne Lublin — 
Cholm. De la Gnila-Lipa, ils se retirent sur la Zlota-Lipa. 

Sur la côte est de Gotland, l'escadre russe endom- 
mage deux navires allemands. 

Le paquebot Orduna (Cunard), ayant 21 Américains 
a bord, est bombardé par un sous-marin allemand, 
mais échappe. 

Dimanche 4 juillet. — Le Fremdenblatt dément 
que l'Autriche ait fait des propositions de paix k la 
Serbie ou a toute autre puissance. 



f 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE / 

Les Allemands progressent à l'ouest du bois Le Prêtre 
sur une ligne de i .5oo mètres et sur 4oo mètres de 
profondeur. 

Les Italiens avancent sur le plateau du Carso et font 
5oo prisonniers. 

Les Serbes entrent a Durazzo, 

Après des combats opiniâtres, les Austro-Allemands 
progressent entre Krasnik et la rivière Vieprz vers Lu- 
blin. Ils disent avoir fait 800 prisonniers. 

Les forces anglaises d'Aden sont attaquées à Lahey 
par plusieurs milliers de Turcs et d'Arabes; elles bat- 
tent en retraite le G. 

La flottille française de la Manche canonne deux 
sous-marins allemands et en coule un. 

La Suède ayant protesté contre la violation de la neu- 
tralité de ses eaux lors du combat de Gotland (2 juillet'), 
la Russie a exprimé des regrets de la chute accidentelle 
d'un obus dans les eaux suédoises. 

Le paquebot Carthage est torpillé près du cap Hellès. 
Les Turcs disent avoir coulé un transport français près 
de la presqu'île de Gallipoli. 

Un avion russe, dans la région du San, détruit un 
train allemand de munitions. 

Lundi 5 juillet. — Conférence anglo-française k 
Calais (Asquith, Kitchener, Balfour, Viviani, Delcassé, 
Millerand, Joffre, French). 

Les Allemands incendient et détruisent le palais de 
Saint- Vaast à Arras. 

Ils progressent jusqu'à leurs anciennes tranchées dans 
la partie ouest du bois Le Prêtre, où continue un violent 
bombardement. 

Bataille indécise sur l'Isonzo. 

Soutenus par un cuirassé, les Turcs tentent de jeter 
les Alliés k la mer, mais sont repoussés avec de gran- 
des pertes. 

Les Allemands font effort pour s'emparer des pas- 
sages de la Vistule, k lorghov et dans la région de 
Solec. 

L'armée autrichienne s'étant ruée sur la route Kras- 



» CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

iiik — Lublin est attaquée de flanc par les Russes et perd 
5.O0O hommes, dont 2.000 prisonniers. 

Un dirigeable italien bombarde les établissements 
militaires de Trieste. Des aviateurs français coopèrent 
à la défense de Venise contre un avion autrichien. 

Des intellectuels espagnols publient un manifeste où 
il se déclarent solidaires de la cause des Alliés. 

Soixante-sept mille cinq cents hommes ont offert leurs 
services à l'Angleterre pour la fabrication des munitions. 

Viviani dit au banquet de la Chambre de Commerce 
américaine : « Nous luttons, nous lutterons, nous bri- 
serons la lourde épée qui a tant de fois menacé et 
nieurtri la justice. » 

Mardi 6 juillet. — Les Anglais avancent au sud-est 
de Pilken et prennent des tranchées le long du canal de 
l'Yser. 

Les Allemands, avec des obus incendiaires, détruisent 
la cathédrale d'Arras. 

Malgré des attaques violentes, nous gardons la station 
de Souchez. 

La tentative du Kronprinz, avec 45. 000 hommes, pour 
rompre les lignes françaises en Argonne, entre le Four- 
de-Paris et le bois de la Grurie, a échoué et coûté 
10.000 hommes aux agresseurs. 

Entre Krasnik et Lublin, la défaite de sept corps au- 
trichiens est complète; les Russes ont fait i5.ooo pri- 
sonniers. 

Les Alliés gagnent i kilomètre aux Dardanelles. 

Les délégués du parti socialiste allemand à Rerlin 
ont, dans une réunion, approuvé l'idée d'une entente 
avec les socialistes étrangers. 

Le Gouvernement russe convoque des conférences po- 
lono-russes pour préparer la réalisation des promesses 
faites à la Pologne. La première conférence a été pré- 
sidée par le ministre Goremykine. 

Le jRusskoié Slovo publie un article favorable à une 
intervention japonaise, facilitée par un traité d'alliance 
formel avec la Russie. 

Les Allemands achètent aux Etats-Unis d'énormes 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE y 

quantité de zinc et de plomb pour y entraver la fabri- 
cation des munitions. 

Mercredi 7 juillet. — Une violente offensive alle- 
mande au sud-est de Saint-Mihiel ne réussit qu'en un 
point de la région de La Vaux-Féry, sur un iront de 
700 mètres. 

On public le rapport du général Hamilton sur les 
opérations de la presqu'île de Gallipoli. 

Dans la nuit du 6-7, sous le couvert de nuages de 
gaz, les Allemands ont progressé vers Bolimov; mais ils 
ont été repoussés le 7. 

Le croiseur italien Amal/i a été torpillé dans l'Adria- 
tique ; l'équipage est sauf. 

Le comte Gzernin fait des offres à la Roumanie : 
1° pour le cas où elle restei*ait neutre; 2° pour le cas 
oîi elle apporterait un concours militaire. 

L'assassin de Pierpont Morgan, Frank Holt, s'est sui- 
cidé k Nev^^-York. 

Le choléra a fait son apparition en Croatie et en 
Bosnie. 

Le 3 °]o français perd le cours de 70. 

Mornmg Post : « La France est maintenant dans une 
meilleure forme pour combattre qu'au début de la 

guerre. L'Angleterre, lentement, maladroitement, avec 
eaucoup d'erreurs et d'hésitations, mais sûrement, a 
mobilisé ses ressources... C'est nous qui dicterons fina- 
lement les conditions de la paix. » 

Jeudi 8 juillet. — Bombardement continu d'Arras. 

Au bois Le Prêtre, les Français reprennent i5o mètres 
de tranchées perdues le 4- 

A la Croix des Carmes, les Allemands attaquent avec 
des liquides enflammés et sont repoussés après avoir 
fait quelques progrès. 

A La Fontenelle (région du Ban-de-Sapt), succès 
marqué : reprise de l'ouvrage perdu le 22 jum et con- 
quête de toutes les organisations défensives alle- 
mandes; 700 mètres d'avance sur un front de 600 mè- 
tres; 800 prisonniers, i canon, 2 mitrailleuses. 

Les Italiens prennent Monticello. 



10 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Serbes repoussent les Autrichiens, qui ont atta- 
qué Chabatz et l'île Micharska. 

Le Monténégro déclare que l'occupation de Scutari 
n'est que stratégique et que l'avenir de l'Albanie sera 



T 



'avance austro-allemande vers Varsovie est arrêtée 
depuis cinq jours. Front allemand : Liban, Shavli, la 
Dubissa, Augustov, Ossovetz, Ciechanov, ouest de Var- 
sovie, Sandomir, Ravaruska, le Dniester. 

Depuis le 5 juillet, les Autrichiens ont perdu 5o.ooo 
hommes en Galicie. 

Le général Botha accepte la capitulation générale 
des forces allemandes du Sud-Ouest africain (3.4oo 
hommes, 87 canons, 22 mitrailleuses). 

La France prohibe l'exportation de l'or. 

Le contingent canadien est porté à 100.000 hommes. 

Vendredi 9 juillet. — Les Anglais, après deux 
jours de combat, avancent le long du canal de l'Yser. 

Les Allemands évacuent les tranchées qu'ils avaient 
enlevées aux Russes près de Gumine. 

Le sultan d'Egypte échappe à un attentat. 

Le Gouvernement américain a pris possession de la 
station radiotélégraphique de Saviile, dont le personnel 
allemand violait la neutralité américaine. 

Le pétrole coûte i franc le litre en Allemagne. 

Sven Hesdin dit que les Russes, en quittant Lem- 
berg, n'ont pas emporté une épingle et que les Alle- 
mands étaient très surpris de leur honnêteté. « Les 
Allemands, dit-il, déclarent que les Russes sont leurs 
plus nobles adversaires. » 

Saiïiedi iO juillet. — Le général Porro, sous-chef 
de l'État-major italien, vient conférer avec le général 
Jofïre. 

La Hongrie paraît refuser toute concession territoriale 
à la Roumanie. 

L'Allemagne répond à la note américaine du 10 juin. 
Elle a été obligée de recourir à la guerre sous-marine 

f>our répondre au blocus. Mais elle s'engage a respecter 
es navires qui ne porteraient aucune contrebande de 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 11 

guerre, la garantie étant fournie à cet effet par les 
Etats-Unis. L'Allemagne admet aussi que les navires 
neutres traversent l'Atlantique avec pavillon américain, 
moyennant les mêmes garanties. « La situation est dif- 
ficile, écrit la Tribune de New-York; mais aucun désir 
d'éviter la guerre ne peut justifier l'abandon de nos 
morts par l'adhésion à la doctrine que les besoins 
d'une nation légitiment la violation des droits de 
toutes les autres. » 

Les Autrichiens contre-attaquent sur le Bistritza. 

Au Caucase, dans la région de Karaderbent, les 
Turcs, renforcés, attaquent les lignes russes. 

Depuis le 8 juin, il y a des sous-marins russes dans 
la Marmara. 

H. Belloc, dans Land and Water : La « capacité 
maximum de l'ennemi en campagne a certainement 
été dépassée et rien ne pourrait lui rendre sa supério- 
rité première, si ce n'est une grande offensive manquée 
des Alliés. » 

Dimanche il juillet. — Du 4 au u, au nord de 
Krasnik, les Russes ont fait 22.700 prisonniers. 

Deux monitors anglais achèvent de détruire le croi- 
seur Kônigsberg dans la rivière Rufigi (Est africain 
allemand). 

Un zeppelin géant a quitté Friedrichshafen, volant 
vers le nord-ouest à une grande hauteur. 

Depuis août 1914? les Allemands ont perdu 788 mé- 
decins. 

Temps (du 12) : « On ne veut pas comprendre à 
Berlin que ce que les Etats-Unis exigent de l'Alle- 
magne, c'est une renonciation à son banditisme sur 
mer, et on affecte de considérer les injonctions améri- 
caines comme des protestations n'ayant d'autre but que 
d'obtenir par un compromis un permis de libre circula- 
tion sur mer pour les citoyens américains. » 

Daily Mail : « L'Europe ne deviendra habitable que 
lorsque les Germains seront sévèrement exclus de la 
conversation avec les peuples civilisés. » 

Front franco-belge, 882 kilomètres; italien, 4oo kilo- 



12 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

mètres ; serbo-monténégrin, d6o kilomètres ; russe, 
i.36o kilomètres. 

Lundi 12 juillet. — Les Allemands reprennent le 
cimetière de Souchez. 

Nouveau bombardement de Saint-Dié avec des obus 
de io5. 

Échec allemand au nord-ouest d'Altkirch (200 morts). 

Progrès des Alliés aux Dardanelles (2 lignes de tran- 
chées, 5oo prisonniers). Un cuirassé français bombarde 
les batteries de la côte d'Asie. 

Les Austro-Allemands reprennent l'offensive sur le 
front de la Narev et entre les rivières Orjitz et Lidine. 

On parle de nouveaux aéroplanes allemands blindés, 
k huit moteurs, vraies forteresses aériennes. 

On prétend que Ghenadief a été arrêté à Sofia comme 
ayant trempé dans l'affaire de l'attentat du casino mu- 
nicipal (i3 février). 

On publie à Londres le rapport de French (5 avril- 
i5 juin), où il est dit que les contre-mesures prises par 
les Anglais à l'égard des gaz asphyxiants ont rendu ce 
mode d'attaque moffensif. 

Un rapport officiel annonce une récolte très ample 
en Honcjrie (45. 900. 000 quintaux de blé). 

L'émission des bons de la Défense nationale atteint 
6 milliards i5o millions. 

Mardi i3 juillet. — Violente offensive allemande, 
avec l'aide d'asphyxiants, dans l'Argonne ; les Alle- 
mands progressent par endroits de 4oo mètres. 

Les Austro- Allemands, attaquant sur la Narev, 
menacent Varsovie par le nord. 

Une escadre de 35 avions lance 171 obus de 90 sur 
la gare allemande de Vigneulles-lès-Hattonchâtel. 

Mercredi 14 juillet. — L'offensive allemande dans 
l'Argonne est enrayée. Les Français y ont répondu en 
attaquant dans le bois de la Grurie. 

Bombardement d'Arras et de Soissons. 

Les Italiens occupent par surprise la cime du Falsa- 
rego (nord des Dolomites). 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 13 

Les Turcs ont été renforcés aux Dardanelles et les 
Alliés n'y font plus de progrès. 

Les Monténégrins repoussent une attaque autri- 
chienne à Grahovo. 

Les Allemands franchissent la Windau près de Kou- 
chany. Ils prennent Prasnysh. 

Les Autrichiens passent le Dniester et se heurtent à 
l'artillerie russe. Les Russes attaquent à la frontière 
de Bessarabie. 

Dans la région de Van, après deux jours de combat, 
les Russes ont pris les positions turques de Scorp, avec 
4 canons. 

Des avions français bombardent la gare de Liber- 
court, bifurcation militaire entre Douai et Lille. 

Des avions serbes survolent Peterwardein. 

Le Gouvernement roumain interdit le transit de 
munitions en Turquie ; les Autrichiens repondent en 
interdisant l'envoi du sucre en Roumanie. 

L'Autriche a adressé une note aux Etats-Unis, affir- 
mant que la vente de munitions aux Alliés constitue un 
manquement à la neutralité (la note est du 29 juin). 

La guerre sud-africaine et la rébellion de De Wet 
ont coûté à l'Afrique du Sud 435 millions. 

Discours du président Poincaré à l'occasion du trans- 
fert des restes de Rouget de l'Isle aux Invalides : « Nous 
avons la volonté de vaincre ; nous avons la certitude de 
vaincre. Nous avons confiance en notre force et en celle 
de nos alliés, comme nous avons confiance en notre 
droit. » 

Jeudi 15 juillet. — Rerlin a exprimé ses regrets à 
Washington au sujet du torpillage du Nebraskan, attri- 
bué à une erreur. 

Les Allemands ont perdu beaucoup de monde en 
attaquant au nord de Dixmude, près de Schonebeke; ils 
n'ont pas pu prendre pied sur la rive gauche de l'Yser. 

Les Autrichiens pénètrent par surprise en territoire 
italien à Adamelli, mais sont ensuite repoussés. 

Les Allemands occupent la rive droite de la Windau 



14 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

et de la Venta. Les Russes se sont retirés sur la rive 
droite de la Narev. 

Un cuirassé français, au large de Syracuse, capture 
un navire de Piotterdam chargé de ravitailler les sous- 
marins allemands. 

On a reconnu, après enquête, que les accusations de 
contrebande portées contre la marine grecque ne sont 
pas fondées. 

L'emprunt anglais a produit i5 milliards. 

Le livre allemand J'accuse a été saisi en Suisse dans 
les kiosques et les gares. 

Sur 1.200.000 milles carrés de colonies que possé- 
daient les Allemands, les Alliés en ont pris 45o.ooo. 

Vendredi 16 juillet. — Les Allemands attaquent 
en vain le secteur de Fontenoy, entre Gompiègne et 
Soissons, en y lançant 4-ooo obus. 

Vaines attaques allemandes en Lorraine sur un front 
de 3 kilomètres, repoussées avec pertes. 

Les Allemands avancent à l'est de Prasnysh. 

Les Russes battent les Autrichiens qui ont passé le 
Dniester (2.000 prisonniers, 7 mitrailleuses). 

On dit que les Russes ont devant eux 2 millions d'en- 
nemis, dont 600.000 Allemands. 

Le colonel Rarone écrit dans le Giornale d'Italia : 
« Les Empires du centre semblent entrer déjà dans cet 
état préagonique où tombent les malades gravement 
atteints... Mais ce sera une agonie de Titan. » 

Samedi il juillet. — Les États-Unis adressent une 
nouvelle note à l'Angleterre pour réclamer contre cer- 
tains effets du blocus. 

On dit que l'État-major autrichien et une partie de la 
population évacuent Gorizia. 

A la demande de l'Italie, les Serbes ont évacué Du- 
razzo, mais ils tiennent les points stratégiques voi- 
sins. 

Des trois groupes d'armées austro-allemandes qui 
cherchent à couper la ligne Lublin — Cholm — Kovel, 
celui du centre seul a quelque peu progressé. Les 
Russes résistent partout et se renforcent. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 15 

Des avions autrichiens bombardent Bari ; l'un est 
descendu par les Italiens à son retour. On dit que le 
Pape a protesté contre ce bombardement. 

Une procession de 4o-ooo femmes traverse les rues 
de Londres avec un étendard : « Les hommes doivent 
se battre et les femmes doivent travailler. » Déjà 5o.ooo 
femmes travaillent aux munitions. 

Deux cent mille mineurs gallois sont en grève, créant 
de gros embarras au Gouvernement ancflais. Soup- 
çonnant une manigance allemande, un journal offre 
125.000 francs à qui saura la découvrir. 

Le Times dit qu'il faudra encore deux ans pour 
obtenir une victoire écrasante et que la grande offensive 
des Alliés ne pourra pas se produire avant neuf mois. 

Romain Rolland écrit au directeur de V International 
Review : « C'en est trop. Je me retire momentanément 
d'une aveugle mêlée où chacun des combattants n'é- 
coute que sa propre passion et réédite à tue-tête ses 
propres arguments. » 

Dimanche 18 juillet. — Le président du Conseil 
suédois parle d'une guerre possible pour d'autres mo- 
tifs que l'invasion du territoire suédois, mais il refuse 
d'indiquer ces motifs. 

Le prince de Hohenlohe-Langenburg, ambassadeur 
extraordinaire d'Allemagne à Constantmople, est reçu 
par le roi Ferdinand à Sofia. 

Encore 60 obus sur Arras. 

Au sud des Éparges et à la Tranchée, les Allemands 
avouent avoir perdu du terrain. 

Les Italiens s'emparent du haut plateau du Carso 
(2.000 prisonniers). 

L'artillerie lourde de Novo-Georgievsk canonne les 
têtes de colonnes allemandes. 

Les Allemands prennent Windau et Krasnotav; ils 
passent sur la rive droite du Bug. 

L'incident de VOrdiina irrite l'opinion américaine ; 
le Président revient en hâte à Washington. 

Des cuirassés italiens bombardent le chemin de fer 



16 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

de Cattaro et les dépôts de Gravosa; l'un d'eux, le 
Garibaldi, est coulé par une torpille. 

D'Annunzio est nommé chroniqueur officiel de la 
guerre. 

On communique le texte d'une lettre bienveillante 
que le cardinal Gasparri, secrétaire d'État, a adressé k 
Van den Heuvel, ministre de Belgique près le Vatican. 
Il dénie toute valeur à l'entrevue publiée par la Liberté 
et réprouve la violation de la neutralité belge. (Journal 
de Genève, 28 juillet.) 

Le pasteur Roberty dit k l'Oratoire : « Celui qui ne 
croit pas à notre victoire finale fait preuve de neu- 
rasthénie, d'un affaiblissement intellectuel inquiétant. » 

Lundi 19 juillet. — Les Anglais prennent des 
tranchées k l'est d'Ypres. 

Les Allemands attaquent k l'ouest et au sud-ouest de 
Souchez et sont repousses; ils continuent k attaquer 
autour des Épai-ges et bombardent violemment Soissons 
et Reims. 

Les Allemands progressent sur la rive gauche du 
Niémen ; les Russes font 5oo prisonniers sur le 
Dniester. 

La réouverture du Parlement grec est reportée du 
20 juillet au 16 août. Le mouvement vénizéliste gagne 
du terrain, par réaction contre la politique germano- 
phile de Gounaris. 

Quatre avions français lancent 48 obus sur la gare 
de Challerange (sud de Vouziers) ; six autres bombar- 
dent la gare de Colmar. 

La presse allemande s'élève contre la cherté des 
vivres et réclame l'emprisonnement des spéculateurs. 

Des Allemands notables signent un manifeste hostile 
à toute annexion ; le Gouvernement n'en autorise la 
publication qu'k la fin d'août. (Temps, 4 septembre.) 

Les pertes anglaises aux Dardanelles s'élèvent k 
42.000 nommes. 

On dit que les Empires du centre préparent un ulti- 
matum k la Roumanie, au sujet du passage des muni- 
tions destinées k la Turquie. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 17 

Mardi 20 juillet. — Les Français repoussent les 
Allemands en forêt d'Apremont et progressent dans les 
Vosges. 

Soissons et Reims sont de nouveau bombardés. 

« Les Allemands se vantent d'avoir remporté des 
succès dans l'Argonne ; en réalité, ils ont fait trois ten- 
tatives coûteuses pour atteindre le chemin de for 
Châlons — Verdun et ne l'ont pas atteint, à beaucoup 
près. » (Rousset, Liberté du 21.) 

Les Italiens font encore 5oo prisonniers sur le Carso. 

On se bat des abords de Riga a la frontière rou- 
maine, sur un front de 1.200 kilomètres. Les Allemands 
bombardent Ostrolenka ; les Russes se sont retirés des 
bords de la Bzura et de la Ravka, à mi-chemin vers 
Varsovie. 

Un dit à Constantinople qu'une révolte générale a 
éclaté en Arménie ; c'est pour justifier d'horribles mas- 
sacres que l'on fait courir ce bruit. 

Les Russes ont coulé 5g voiliers turcs près de Trébi- 
zonde. 

Les avions français bombardent les gares de Colmar 
et de Gonflans-en-Jarnisy. 

Un journal de Vienne publie des propos extraordi- 
naires de Guillaume II (Temps du 28), oii il parle 
encore de la mission divine de l'Allemagne qui est 
d'être la libératrice de l'Europe et la gardienne de la 
civilisation. Il a plusieurs fois affirmé sa conviction que 
la fin de la guerre était proche. II appelle les Alliés 
« lâches bandits coalisés contre l'impérissable puissance 
germanique ». 

Les Allemands disent qu'il y a sur le front russe 
4o corps allemands à So.ooo hommes et i4 corps aus- 
tro-hongrois k 5o.ooo hommes, ce qui fait moins de 
2 millions. Ils prétendent avoir devant eux 4"5oo.ooo 
Russes. 

Mercredi 21 juillet. — On fait circuler à Buca- 
rest une lettre de Guillaume II à la reine de Grèce, sa 
sœur, disant que les Russes sont paralysés pour six 
mois et que les Allemands sont à la veille de porter sur 

94. CHRONOLOGIE DE LA GUEURE 2 



18 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

le front occidental un coup qui fera trembler toute 
l'Europe. 

Succès français auReichackerkopf, k l'ouest de Muns- 
ter (107 prisonniers). 

Les Italiens commencent à bombarder Gorizia. 
Depuis trois jours, ils ont fait 4-ooo prisonniers au 
Garso. 

On dément l'arrestation de Ghenadief à Sofia. 

Bataille acharnée entre la Vistule et le Bug. Au-dessus 
de Sokal, les Russes ont fait i.5oo prisonniers. 

Le Lokal-Anzeiger publie un télégramme du front 
russe insistant sur la t'orce du triangle où les Russes 
organisent la résistance. « Même en mettant les choses au 
mieux, des semaines s'écouleront avant que l'ennemi ne 
faiblisse. » Hindenburg, qui dirige l'attaque au nord 
et au sud de Varsovie, a i4 corps du Bug à la Vis- 
tule et 8 du Bug au Dniester. 

Pendant la semaine qui s'est terminée le 21, aucun 
navire anglais n'a été coulé, alors que 6.826 navires 
sont entrés dans les ports ou les ont quittés. 

Les avions français bombardent la gare d'Autrj, au 
nord-ouest de Binarville. 

La grève du charbon dans le pays de Galles est ter- 
minée. 

L'Italie a 22.000 prisonniers autrichiens, dont 2.000 
officiers. 

Toute l'Allemagne travaille k la fabrication de sacs de 
sable pour tranchées ; on y fait même travailler les pri- 
sonniers. 

Jeudi 22 juillet. — La Bulgarie et la Turquie ont 
signé une convention, cédant à la Bulgarie une portion 
turque du chemin de fer de Dédéagatch. 

Les Français prennent les positions du Lingekopf 
dans les Vosges. 

Les Italiens ont fait encore i.5oo prisonniers au 
Carso. 

Les Allemands attaquent les têtes de pont de la 
Narev à Rozan. Ils donnent l'assaut aux ouvrages avancés 
d'ivangorod, mais sont repoussés. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 19 

On annonce que des voiliers turcs venant de Syrie 
ont transporté 3o officiers turcs et des armes en 
Tripolitaine. Les journaux italiens demandent que l'Ita- 
lie déclare la guerre à la Turquie. 

La viande est devenue rare en Suède par suite d'une 
exportation intensive en Allemagne. 

Grâce à la « récolte de l'or » en France, l'encaisse 
de la Banque a augmenté de i64 millions. 

Roosevelt dénonce les Américains pusillanimes qui 
veulent réduire leur pays à l'état de la Chine. II dit que 
les pacifistes américains sont les alliés de fait du mal- 
faiteur international le plus cynique et qualifie ainsi 
l'invasion de la Belgique : « le crime le plus abomi- 
nable qui ait été commis depuis plus d'un siècle ». 

Vendredi 23 juillet. — La réponse des États-Unis 
à l'Allemagne est partie pour Berlin. La Tribune (New- 
York) dit que l'Amérique est à bout de ses ressources 
de conciliation. 

Des attaques allemandes sont repoussées en Alsace. 

Les Allemands ont passé la Narev avec 2 bataillons. 
Les Russes prennent des mesures pour l'évacuation des 
villes de la Lithuanie, Vilna, Grodno, Kovno (Biali- 
stok). 

Au cours de la révolte des Senoussi en Tripolitaine, 
plusieurs garnisons italiennes ont été massacrées. Celle 
de Nalut s'est réfugiée en Tunisie et y a reçu le meil- 
leur accueil. Les Italiens ne tiennent plus que la côte 
avec quelques oasis. Les insurgés sont commandés par 
des officiers allemands et turcs, amenés, dit-on, par 
des bateaux grecs. 

Des croiseurs autrichiens bombardent la voie ferrée 
sur la côte italienne. 

L'adjonction à l'escadre de la Mer Noire de V Impéra- 
trice-Marie, navire plus fort que le Gœben, y consacre 
la supériorité de la flotte russe. 

La disette en Allemagne produit un renchérissement 
de 5o-6o "/o (Lokal-Anzeiger). 

La Gazette de l'Allemagne du Nord affirme que la 



20 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

destruction de Sermaize n'a pas été ordonnée par le 
major von Asten. 

Lors de l'anniversaire de la déclaration de guerre de 
l'Autriche à la Serbie, le ministre de Serbie en France, 
Vestnitch, dit au P^//YPam/^n (cf. Revue hebdomadaire, 
'il juillet, p. 683) : « L'ultimatum à la Serbie ne s'est 
rattaché que par la forme k l'assassinat de l'archiduc. 
Ce crime exigera un autre procès que celui qui a été jugé 
dans le cliquetis des armes. Dans cet autre procès, 
Prinkip et Cabrinovitch ne seront que des figurants. Les 
principaux coupables de la mort de François-Ferdinand 
et de son épouse se trouvent à Vienne et k Budapest. La 
morale publique et la justice réclament d'autres débats. 
Nous tenons déjà en main certaines prouves qui seront 
évoquées dans le nouvel acte d'accusation ; mais je ne 
vous en dirai pas plus long là-dessus. » (Cf. sur ce point, 
Revue critique, igiS, II, p. i.) 

Samedi 24 juillet. — On dément à Rome la nou- 
velle allemande d'une imminente rupture bulgaro-serbe. 

Nouveau bom])ardement de Dunkerque. 

Un corps allemand a été débarqué près de Liban et 
marche vers le sud. Les Allemands ont franchi la Narev 
depuis le sud d'Ostrolenka jusqu'k Pultusk ; au sud-est 
de Pultusk, les Allemands approchent du Bug. Ils sont 
k 20 kilomètres au sud du centre de Varsovie, dont la 
presse française prévoit l'évacuation. 

La Grèce a envoyé une escadrille dans les eaux de 
Vourla et de Smyrne. 

Vainqueurs des Turcs k Nasirieh (Mésopotamie), les 
Anglais y prennent quinze canons et trois cent mille 
cartouches. 

Le Rreslau, torpillé dans la Mer Noire, est rentré à 
Constantinople. 

Les grèves et les attentats allemands contre les usines 
de munitions exaspèrent l'opinion aux Etats-Unis. 

L'armée serbe compte 280.000 hommes, avec une 
forte artillerie. 

La dette britannique s'est élevée de 706 millions .ster- 
ling (191 4) à 1.1G2 millions (mars 1910). 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 21 

Dimanche 25 juillet. — Les Français remportent 
un succès au sud du Ban de Sapt, où ils prennent 
760 hommes et 8 mitrailleuses (détails dans le Temps, 
6 août). 

Les Allemands ont été repoussés sur la Narev et 
devant Ivangorod. La bataille continue entre Vieprz 
et Bug. Les Allemands ont atteint la Dvina, sur le 
Iront Poneviez-Keidanj. Dans la région de Tukkum, 
ils ont été repousses avec le concours de la flotte 
russe. 

Le Gouvernement russe a fait évacuer les usines de 
Varsovie et de Riga. L'Administration postale russe a 
quitté Varsovie. 

Les Anglais sont maîtres du vilayet de Bassora 
(iSo.ooo kilomètres carrés). 

Jusqu'à ce jour, les sous-marins allemands ont coulé 
229 navires anglais, 3o navires alliés et G neutres. Le 
nombre des tués sur les navires anglais est de 2.25o. 

On dit qu'il y a seulement i.ooo prisonniers italiens 
en Autriche. 

Le roi de Grèce, convalescent, est conduit à Tatoï. 

Lundi 26 juillet. — L'Angleterre répond à la note 
américaine du 3o juin au sujet des conditions du 
blocus ; cette réponse est favorablement accueillie. 

Le baron de Wangenheim, ambassadeur d'Alle- 
magne, rentrant de Constantinople, confère à Sofia avec 
le roi et Radoslavov. 

Les Italiens occupent l'île de Pelagosa. 

Violents combats près de Novogrodek sur la Narev, 
ainsi qu'entre Vieprz et Bug, où les Russes font i.5oo 
prisonniers. Des troupes allemandes ont passé le Bug 
vers Sokal. 

On annonce que le Nedjed (Arabie) s'est déclaré 
indépendant et a chassé les garnisons turques. 

Le contre-torpilleur Bisson a détruit une station de 
sous-marins et avions autrichiens dans l'île de Magosta. 
Le sous-marin Mariette a été coulé dans la Marmara. 
Un sous-marin autrichien, capturé avec son équipage, 
a été conduit à l'arsenal de Venise. 



22 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Le vapeur américain Leelanav a été torpillé sur la 
côte d'Ecosse ; l'équipage est sauf. 

On apprend que des munitions sont envoyées des 
États-Unis dans l'Amérique du Sud et de la en Alle- 
magne par des vapeurs suédois et norvégiens. 

La Gazette de Cologne invite la Russie à conclure 
une paix séparée. Le même journal déclare que l'Al- 
lemagne continuera la guerre de sous-marins comme par 
le passé, sans se soucier des réclamations de l'Amérique. 

tin grand incendie ravage Constantinople. 

Mardi 27 juillet. — Les Français bombardent les 
cantonnements allemands de Westende et de Middel- 
kerke. 

Lutte très vive au nord de Souchez. 

Nouveau bombardement de Soissons et de Reims. 

Les Français achèvent d'occuper la crête du Linge, 
au nord de Munster. 

Les Italiens prennent le Monte Dei Sei Busi, entre 
Gradisca et Monfalcone, avec 3. 200 Autrichiens. 

Les Rus.ses attaquent au sud de Sokal. 

Renforcés vers Mush, les Turcs font reculer les 
Russes. 

On annonce la présence d'un sous-marin allemand 
dans la Mer Blanche, près d'Arkhangel. 

Un ukase appelle sous les drapeaux les Russes nés 
en 1896. 

Hindenburg a invité Sven Hesdin h assister à la 
prise de Varsovie. 

Les versements d'or à la Banque de France attei- 
gnent 222 millions; l'encaisse or dépasse 4 milliards 
5oo millions. 

Les pertes anglaises s'élèvent k SSo.ggô, dont 6g.3i3 
tués, 1 97 .494 blessés, 64- 1 88 manquants ; 5 1 .000 Anglais 
ont été tués en France, 8.000 aux Dardanelles. 

Mercredi 28 juillet. — Une attaque autrichienne 
vers Gorizia est repoussée avec pertes. 

Les Allemands reculent devant Novo-Georgievsk et 
tentent vainement de forcer la Vistule entre Ivangorod 
et Varsovie. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 23 

Les Turcs, vainqueurs au combat de Probedo, font 
reculer les Russes. 

Un avion allemand jette des bombes sur Calais, 
d'autres bombardent Gérardmer. 

La Gazette de Cologne prétend que l'Allemagne 
possède des avions invisibles à partir de 1.800 mètres 
(procédé déjà connu). 

A la Chambre des Communes, Lloyd Georges annonce 
qu'on a créé 16 manufactures nationales de munitions 
et qu'on va en créer 10 autres. Asquith dit : « A-t-on 
jamais plus calomnié notre peuple qu'en niant qu'il 
ait pu s'élever à la hauteur de circonstances extraor- 
dinaires ? Et pourtant, si, il y a une calomnie encore 
pire : c'est celle qui prétend que nos alliés n'ont pas 
pleinement apprécié notre concours. » (Allusion aux 
bruits d'origine germanique d'après lesquels la France 
trouverait le concours anglais insuffisant.) 

Depuis le début de la guerre, les Anglais ont perdu 
182 navires et 168 chalutiers. 

Jeudi 29 juillet. — Une note officieuse roumaine 
affirme que les munitions destinées k la Turquie ne 
passent pas par la Roumanie. 

Nouveau bombardement de Reims. 

L'Angleterre annonce à la Grèce que les Alliés vont 
occuper provisoirement Mitylène. 

Tandis que les Russes inlligent des pertes aux Alle- 
mands sur la Narev et chassent les Autrichiens de leurs 
tranchées près de Sokal, les Allemands passent la Vis- 
tule sur des pontons, des deux côtés de l'embouchure 
de la Radomka, et gagnent du terrain sur la rive 
gauche de la Vieprz, qu'une de leurs divisions a même 
traversée. 

Les avions français, très actifs, bombardent une 
usine de gaz asphyxiants à Dornach, et les usines à 
pétrole de Pechelbronn près de Wissembourg. 

Le gouverneur d'Albany a ordonné le désarmement 
des sociétés autrichiennes de Little Falls, qui sortaient 
en armes et gardaient leurs armes k domicile. 

Les pertes prussiennes atteignent 1.6 16. 000 hommes. 



24 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Vendredi 30 juillet. — Washington proteste h 
Berlin contre la fabrication de faux passeports améri- 
cains par des fonctionnaires allemands en Hollande. 

Les Anglais perdent une tranchée au nord et au sud 
de Hooge. 

Échec d'une attaque autrichienne sur Pelagosa. 

Le choléra est dans l'armée turque à Constantinople. 

On dit que les Allemands vont envoyer trois corps 
contre la Serbie. A Rome, il est question d'un « coup 
de théâtre balkanique ». 

Les Russes ont évacué sans combat Lublin, ainsi 
que la voie ferrée entre Novo-Alexandria et Reiovitz. 
La ligne Cholm-Lublin est perdue pour eux. Ils ont 
aussi reculé entre la Vistuîe et le Bug, Les ^ens 
riches, les employés, les fabriques, les marchandises, 
Tor et l'argent ont été évacués de Varsovie. 

L'Iberian, de la compagnie Leyland, a été torpillé et 
coulé ; 7 personnes ont été tuées par un obus du sous- 
marin allemand. 

Des avions français bombardent Fribourg-en-Brisgau. 

Sur Château-Salins, 6 avions allemands livrent un 
combat à i5 avions français. 

Le baron Hayashi, ambassadeur du Japon à Rome, 
dit que son pays ne cesse de fournir des munitions à la 
Russie, qu'il pourrait envoyer aussi 5oo.ooo hommes, 
mais que son concours militaire n'a pas encore été 
« instamment sollicité ». 

Le Pape envoie une lettre aux belligérants pour les 
exhorter à la paix et à la réconciliation des Etats : 
« Qu'une fois l'empire du droit établi, ils décident de 
confier dorénavant la solution de leurs différends, non 
plus au tranchant du glaive, mais aux raisons de justice 
et d'égalité étudiées avec calme. » 

Samedi 3i juillet. — On estime k tort, en Alle- 
magne, que l'incident du Lusitania est clos. 

Bombardement à grande distance de Gompiègne. 

Les Italiens sont à 12 kilomètres de Tolmino et à 4 ki- 
lomètres ouest et sud de Gorizia. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 25 

Des avions allemands bombardent Saint-Omer et 
Nancy. 

Le sultan est de nouveau malade. 

La presse roumaine proteste contre les menaces de 
l'Allemagne. On croit, à Rome, que Bratiano est un 
autre Salandra. 

La Gazette de Cologne dit que l'Allemagne désire- 
rait obéir aux conseils pacifiques du Pape, car elle ne 
combat que pour le maintien de ses frontières ; mais 
c'est à Londres, Petrograd, Paris et Rome qu'on répond 
non. L'Allemagne doit conquérir une paix honorable 
par son épée. 

A Saint-Brieuc, du i i-3i juillet, la Banque de France 
a reçu 4 millions d'or. 



AOUT 



Dimanche i*"" août. — Progrès français dans le 
chemin creux d'Albain. 

Bombes sur Pont-à-Mousson. 

L'archiduc Eugène demande en vain loo.ooo hommes 
de renfort pour le front italien. Le colonel Barone 
écrit dans le Temps : a Notre action sur l'Isonzo est une 
charge à la baïonnette contre le cœur de l'Empire. » 

Les Autrichiens progressent devant Ivangorod (2.800 
prisonniers, 29 canons) et prennent la gare de Novo- 
Alexandria. 

Cholm a été occupé ; Kovno est menacé de trois 
côtés. « La ligne de défense formée par le Niémen, la 
Narev et la VisLule est presque forcée aux deux 
ailes. « (Roussel, Liberté.) 

Un sous-marin anglais endommage le pont de Galala. 

Les avions français bombardent la gare de l'usine 
Aviatik à Fribourg-en-Brisgau. 

Guillaume II, dans un manifeste, jure devant Dieu et 
l'histoire que sa conscience est nette, qu'il n'a pas 



26 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

voulu la guerre, que les Puissances de l'Entente ont 
voulu humilier l'Empire qui soutenait loyalement 
l'Autriche-Hongrie . 

Gazette de Cologne : « Nous n'évacuerons les terri- 
toires occupés que lorsque les négociations réglant la 
situation future de la Belgique, de la Pologne et des 
colonies allemandes auront été terminées. » 

A la Douma, le minisire de la Guerre annonce l'éva- 
cuation imminente de Varsovie. Sazonov parle de 
l'entente russo-japonaise et d'une alliance encore plus 
étroite en perspective. Goremvkine confirme solennelle- 
ment les promesses du Tsar à la Pologne, qui doit 
recevoir, après la guerre, le droit d'organiser libre- 
ment sa vie nationale sur la base de l'autonomie. 

L'Angleterre a commandé en Amérique loo canots 
automobiles très rapides contre-sous-marins; la Russie 
en a commandé 60. 

Lundi 2 août. — Les Russes évacuent Mitau et se 
replient au delà de l'Eckau vers Riga. Les Allemands 
prennent Mitau. 

Combats acharnés sur la Narev. 

Les Russes, sur le littoral de la Mer Noire, ont détruit 
45o voiliers et 4 chantiers. 

L'épidémie de choléra augmente en Hongrie. 

Un groupe de banquiers austro-allemands remet k la 
Bulgarie un versement de 25o millions sur l'emprunt 
de 5oo millions promis en 1914- 

L'Allemagne a déjà dépensé 26 milliards et y ajoute 
12 milliards 5oo millions qui viennent d'être votés. La 
guerre coûte à l'Allemagne 76 millions par jour. La 
circulation de la Banque atteint 9.4oo millions contre 
3.000 millions d'or. 

Mardi 3 août. — Vifs combats dans l'Argonne et 
dans les Vosges. 

La résistance russe se prolonge sur la Narev. 

Les Turcs disent avoir enlevé aux Russes Alachgert, 
au nord-ouest de Kara-Kilissi. 

Un cuirassé français bombarde Slgadjik (Téos). 

Des avions russes survolent Constantinople. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 27 

Revenu à Petrograd, le savant byzantiniste Uspenski 
annonce qu'à l'instigation d'agents allemands, la foule 
turque a détruit l'Institut archéologique de Constanti- 
nople, avec près de 200 manuscrits. 

Les journaux allemands publient des articles paci- 
fiques. La Gazette de Francfort écrit : « Nous dépose- 
rons les armes le jour où l'on nous donnera l'assurance 
qu'on nous laissera poursuivre en toute tranquillité 
notre développement qui ne menace personne. » 

D'un nouveau livre gris publié par la Belgique, il 
résulte que l'Allemagne, quatre mois avant la guerre, 
avait proposé à la France de partager le Congo belge. 

Goremykine dit à la Douma que la politique inté- 
rieure sera désormais pénétrée d'un principe d'impar- 
tialité et de bienveillance envers tous les citoyens 
russes fidèles, sans distinction de nationalité, religion 
ou langue. 

A l'unanimité, la Douma décide qu'il n'y aura pas de 
paix avant la victoire et que le concours de toute la 

Eopulation est acquis pour la continuation de la lutte. A 
i presque unanimité, elle demande des poursuites 
contre ceux qui sont responsables du manque d'obus 
et de munitions. 

E. Lavisse écrit dans le Temps (du 4) : « A côté du 
congrès de la paix, prévoyons un congrès de la jus- 
tice. Dans le premier, siégeront les délégués nommés 
par les gouvernements ; dans le second, les députés 
nommés par les peuples. Les électeurs de ces députés 
des peuples seront les Parlements. Devant cette haute 
Cour d'humanité sera plaidé le grand procès... Le plus 
grand crime qui ait été commis contre l'humanité doit 
être jugé par elle... Le monde ne peut rester dans l'é- 
tat où la guerre l'a surpris. Ce monde chaotique, anar- 
chique, l'Allemagne prétendait l'organiser en le sub- 
juguant ; libéré du péril, il faudra qu'il s'organise 
lui-même dans la liberté. L'essentielle institution sera 
le grand jury nommé par les peuples. Un premier acte 
sera de juger le dernier crime du passé. Par là il inau- 
gurera l'avenir que nous voulons gouverné par le droit 
et la justice. Ensuite, il siégera en permanence. » 



28 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Mercredi 4 août. — En commémoration du début 
de la guerre, le roi d'Angleterre et le président Poin- 
caré échangent des télégrammes, marquant le ferme 
propos des alliés de poursuivre la guerre jusqu'à la 
victoire que suivra la paix. Un service solennel, où 
assistait la famille royale, a eu lieu à Saint-Paul. 

Légers progrès allemands sur la crête du Linge, qui 
est continuellement bombardée. 

Six corps d'armée autrichiens, tirés du front oriental, 
sont arrivés sur l'Isonzo. 

Les Russes évacuent Ivangorod. Les Allemands 
avancent vers Vilna et Ostrov. Les Russes cèdent du 
terrain sur la Narev et se replient sur Varsovie. 

Deux navires français bombardent Scalanova. 

Discours de Balfour : « Le monde a été .sauvé d'une 
tyrannie comme il n'en avait jamais connu, par le fait 
que la maîtrise de la mer n'a jamais été dans les mêmes 
mains que la prédominance militaire. » Il dit aussi : 
« Nous n'avons pas encore lancé nos foudres ; nous n'a- 
vons pas même été en état d'envoyer sur terre nos, 
forces complètes. » • 

Le toLal des pertes britanniques, pour la première 
année de la guerre, atteint 882.000 hommes, dont 
76.000 tués, 202.000 blessés, 55. 000 manquants. 

Jeudi 5 août. — Les Italiens occupent le col de 
Lana; le bombardement de Gorizia continue. 

Les Russes évacuent Varsovie après avoir fait sauter 
les ponts. Les Allemands, entrés sur leurs traces, ne 
font presque aucun butin. 

Un dirigeable italien survolant Pola est atteint par 
des projectiles et tombe ; l'équipage est prisonnier. 

Le Sénat de l'Université de Bucarest prend des me- 
sures sévères contre les étudiants qui ont accepté de 
l'argent allemand. 

Vendredi 6 août. — Les ministres des Alliés pré- 
sentent à Bucarest, Sofia, Athènes, Nisch et Cettigné 
une note identique, proposant aux x^tats balkaniques 
un accord qui réglerait les différends créés par la 
guerre de 1918, leur permettrait de reconstituer une 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 29 

ligue et d'entrer en campagne à côté de l'Entente pour 
atteindre leurs buts particuliers (Journal de Genève, 
i4 août). 

De nouvelles forces anglaises débarquent par sur- 
prise dans la baie de Suvia ; mais leur chef semble n'a- 
voir pas tiré parti de ses avantages. 

Le gf'-néral Sarrail est nommé commandant de l'ar- 
mée française d'Orient. 

Les Russes ne gardent plus, sur la Vistule, que la 
forteresse de Novo-Georgievsk. 

Les Allemands donnent l'assaut à Ossovetz, mais 
sont repoussés. Ils progressent vers Ostrov. 

L'archiduc Joseph-Frédéric est entré à Lublin. 

On constate, en Italie, la grande proportion d'offi- 
ciers (5-10 °/o) parmi les prisonniers autrichiens. 

Samedi 7 août. — Attaques très violentes des Alle- 
mands en Argonne et dans les Vosges ; ces dernières 
sont repoussées avec grandes pertes. 

Les Allemands attaquent Kovno, que les Russes se 
préparent à évacuer. Près de 600 ballons à gaz as- 
phyxiants sont lancés sur Ossovetz ; par suite d'une 
saute de vent, beaucoup d'Allemands sont asphyxiés. 

Dans la région de Riga, les Russes repoussent les 
Allemands entre la Dvina, l'Eckau et le cours inférieur 
de l'Aa. 

Dans le Caucase, les Russes reprennent l'offensive 
\ ers Alachgert. 

La Roumanie mobilise dix classes de réservistes. 

La récolte de fourrages a été presque nulle en Alle- 
magne. 

Dimanche 8 août. — Reprise vigoureuse des opé- 
ralions aux Dardanelles. 

Une attaque de la flotte allemande contre Riga est 
repoussée ; trois navires allemands sont endommagés 
par les mines. 

Les Russes repoussent une attaque très violente 
■notre le front ouest de Kovno, bombardé avec les 
pii'ces les plus lourdes. 

Les Allemands occupent Praga, à l'est de Varsovie. 



30 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Au Caucase, l'aile droite russe se contente de tenir 
le littoral et d'empêcher le ravitaillement des Turcs 
par mer. Le centre (Olty — Sarikamish — Alachgert) est 
sujet à d'incessantes attaques des Turcs ; l'aile gauche 
poursuit sa marche à travers les territoires de Van et de 
Bitlis. Le front russe, de 700 kilomètres, est faible au 
centre et doit compter avec l'hostilité des Musulmans. 

Les Anglais occupent Bouchir (Perse), sans opposition. 

Le cuirassé turc Kheredin Barbarossa est torpillé 
dans la Marmara. ^, 

« Le sommet s'éloigne pendant que l'alpiniste aile- m 
mand gravit la pente » (colonel Feyler). * 

Lundi 9 août. — Les Anglais reprennent toutes les 
tranchées perdues par eux le 3o juillet près d'Ypres et 
s'étendent vers le nord et l'ouest d'Hooge. 

Les Allemands se replient dans la région de Dvinsk, 
perdant des prisonniers et du matériel. 

Gomme les Allemands préparent un nouvel assaut 
sur Ossovetz, ordre est donné d'évacuer la forteresse 
après l'avoir rasée jusqu'au sol. 

Des avions français bombardent Sarrebruck. 

D'Annunzio survole Trieste, lançant des proclama- 
tions. 

Les Turcs inaugurent la ligne de Jérusalem à Bir es 
Seba. 

Sur le bruit que des propositions de paix auraient 
été faites à la Russie par l'entremise du Danemark, le 
Novoié Vrémia répond : « La Russie ne veut pas la paix, 
mais la victoire. » 

Lokal-Anseiger : « On a remarqué le ton de modes- 
tie qu'affectait le télégramme de l'Empereur au roi de 
Wurtemberg au sujet de la prise de Varsovie. Tous les 
milieux militaires sont dans les mêmes sentiments, car 
ils n'oublient pas qu'à la guerre il ne suffît pas de 
conquérir des territoires : il faut écraser l'ennemi. » 
Cet article a pour objet de réagir contre l'enthousiasme 
et les vaines espérances que la prise de Vai'sovie a 
suscitées en Allemagne. 

Mardi 10 août. — Les États-Unis répondent à 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 31 

l'Autriche et affirment que l'exportation des munitions 
est conforme à la neutralité. 

Les Allemands ont perdu plusieurs kilomètres de 
tranchées à l'ouest du château d'Hooge et n'ont pu, 
malgré de violentes attaques, les reconquérir. 

Les Allemands s'emparent du nœud de voies ferrées 
au sud-est d'Ostrov. Les administrations russes éva- 
cuent Vilna et Kovno. 

Les Russes poursuivent les Turcs sur l'Euphrate, fai- 
sant un grand butin. 

Les Arméniens de la région de Van, au nombre de 
255.000, ont abandonné leur pays pour se retirer en 
Transcaucasie. 

Des navires anglais bombardent la côte belge. La 
flotte allemande attaque sans succès vers Riga. Un 
croiseur français a bombardé et presque détruit Gaza. 

Bombes d'avions alliés sur Bruges. Les hydravions 
de Dunkerque bombardent le port d'Ostende et détrui- 
sent un dirigeable. 

Mercredi 11 août. — Violents combats en Ar- 
gonne. 

Lutte à 3.600 mètres d'altitude dans le Trentin occi- 
dental. 

On annonce que 120.000 Austro-Allemands, avec une 
puissante artillerie, se concentrent entre ïemesvar, 
Neusatz et Orsova. 

Les Allemands, maîtres d'Ostrov et de Lomza, mar- 
chent vers Bialistok. Les Russes repoussent des attaques 
à l'est d'Ostrov. 

La population de Dvinsk a évacué la ville. 

Les Russes reprennent l'offensive dans le Caucase. 

Un sous-marin italien coule le sous-marin autrichien 
qui avait torpillé le Jean-Bart. 

Le Ramsay, navire de patrouille anglais, est coulé 
par le vapeur allemand Meteor, qui, poursuivi par des 
croiseurs anglais, se fait sauter dans la mer du Nord. 

Dans la semaine terminée le 1 1 août, les Anglais ont 
perdu 2 vapeurs et 17 chalutiers, sur un mouvement de 
i.3g6 navires. 



32 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

A Bucarest, le Conseil des ministres refuse à l'una- 
nimité d'autoriser le transit des munitions allemandes 
vers la Turquie. 

Les consuls italiens quittent la Turquie. 

La Douma tient une séance secrète oîi le Gouverne- 
ment fait des déclarations rassurantes. 

On dit à Milan que l'Allemagne demande la média- 
tion du Pape sur la base de la restitution de la Belgique. 

Le Temps parle du « piège de la paix boiteuse que 
l'Allemagne continue à nous tendre avec une inlassable 
obstination ». 

Jeudi 12 août. — Les Italiens sont en possession 
des trois quarts du Garso gorizien. 

Les Autrichiens ayant recommencé à bombarder Bel- 
grade, les Serbes ont bombardé Semlin et Pantchevo. 

Les armées austro-allemandes du nord et du sud font 
leur jonction à l'ouest de Brest et forment de nouveau 
un front ininterrompu. 

Les Russes ont terminé l'évacuation de Riga, empor- 
tant jusqu'aux rails des tramways et aux toits de cuivre. 

La situation de l'aile gauche russe au Gaucase, qui 
avait dû reculer, a été rétablie par la réoccupation de 
la région de Melazgert. 

Un sous-marin autrichien est coulé par un torpilleur 
français dans l'Adriatique. 

Un croiseur français détruit un dépôt de munitions à 
Jatïa. 

Deux dirigeables survolent l'est de l'Angleterre (29 vic- 
times civiles). 

Les Grecs sont très maltraités autour d'Andrinople et 
dans toute la Thrace turque. 

On dit que Guillaume II a répondu au Pape qu'il 
accepterait de négocier pour la paix si les Alliés en pre- 
naient l'initiative. 

Depuis le 27 mai, l^iô millions en or ont été versés à 
la Banque de France. 

New-York Nation : « Si la ligue des Alliés peut rester 
intacte malgré les revers, les chances sont encore très 
fortes contre le Kaiser. » 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 33 

Vendredi 13 août. — La Grèce a répondu négati- 
vement aux propositions de l'Entente. 

Attaques allemandes repoussées en Argonne. 

Les Allemands bombardent Raon-l'Étape. 

Assauts furieux contre Kovno ; les Allemands pro- 
gressent au sud. 

Les Allemands, qui s'étaient emparés de Vlodava sur 
le Bug, ont été rejetés après trois jours de combats à 
20 milles en arrière. Leur mouvement menaçait d'en- 
cercler les trois quarts des armées russes entre Bug et 
Vistule. 

Une commission a été instituée k Petrograd pour 
rechercher les causes du retard et de l'insuffisance des 
fournitures de munitions. 

« Comme il y a cent vingt ans, la lutte est entre les 
trônes et la liberté, et le bonheur n'existerait plus pour 
ceux qui retomberaient sous l'hégémonie des trônes. » 
(Colonel Feyler.) 

Samedi 14 août. — Les Russes attaquent sur le 
front de Bessarabie, vers Czernovitz. 

Le Royal Edward, transport anglais, est coulé dans 
la mer Egée (6oo hommes sauvés sur i.4oo). C'est le 
premier transport anglais qui ait été perdu. 

Séance « historique » à la Douma, également ardente 
pour la résistance et pour la conquête des libertés indis- 
pensables (Journal de Genève, 3i août). 

L'Etat-maj or russe publie une liste d'espions exécutés, 
entre autres le colonel Miassayedov, chef de la police 
secrète et se prétendant farouche nationaliste. 

On déclare à Petrograd que les pertes allemandes, 
au i4 août, atteignent 2.400.000 hommes et que les 
Allemands perdent Soo.ooo hommes par mois, dont un 
tiers seulement peut reprendre du service. 

Un journaliste américain répète ce propos d'officiers 
français : a Si les Allemands voulaient se frayer un 
chemin vers Calais ou Paris, ils y trouveraient leur 
Waterloo. » 

Dimanche 15 août. — Violent bombardement sur 
le front de l'Yser. 

94. CHRONOLOGIE DK LA. GUERRE 3 



34 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Russes tiennent les Allemands en échec sur leur 
nouveau front. 

Pendant la seconde semaine d'août, il y a eu 565 cas 
de choléra en Hongrie. 

« Les Impériaux ont perdu la campagne de 191 5 
comme celle de 1914- Us ont conquis du terrain, et 
Varsovie après Anvers ; ils n'ont pas conquis les hom- 
mes. » (Colonel Feyler.) 

Lundi 16 août. — Le ministère grec donne sa 
démission, le candidat vénizeliste ayant été nommé à la 
présidence de la Chambre. 

Après un combat dans les rues de Mitau, les Alle- 
mands ont dû battre en retraite. DejDuis quinze jours, 
ils s'efforcent en vain de franchir la rivière Eckau. 

Devant Kovno qu'ils bombardent sans relâche, les 
Allemands ont enlevé un fortin, puis fait irruption entre 
les fortins du secteur ouest. 

Un détachement russe est entré à Van. 

La flotte allemande attaque à l'entrée du golfe de 
Riga. 

ÎJn sous-marin allemand, dans la mer d'Irlande, a 
détruit une fabrique de benzol près de Harrington. 

La Sozialdemocratie allemande, repoussant toute 
politique d'annexion, déclare repousser aussi, sous 
quelque forme que ce soit, la rétrocession de l' Alsace- 
Lorraine. 

La Post écrit : « Nous pouvons dire au groupe pai'- 
lementaire polonais du Reichsrath d'Autriche que ce 
n'est pas pour faire couronner un roi de Pologne que 
les troupes allemandes sont entrées à Varsovie. » 

Le New-York World publie des documents établis- 
sant l'existence d'un vaste complot allemand aux Etats- 
Unis. 

Mardi 11 août. — Les Français gagnent des tran- 
chées au sud-est de Sondernach. 

Les avant-gardes allemandes sont à 35 kilomètres au 
nord-ouest de Brest. Les Allemands s'emparent des 
fortifications de Kovno sur la rive gauche du Niémen ; 
Novo-Georgievsk est vivement pressé au nord-est. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 35 

Les critiques allemands reconnaissent que la retraite 
russe s'effectue régulièrement et que la résistance des 
Russes augmente à mesure que le front allemand s'ap- 
proche de la ligne Brost-Bialistok. 

I2.000 rebelles, dans le district de Peshaver (Inde), 
attaquent le camp anglais de Rustam. La révolte n'était 
pas encore domptée le 4 septembre. 

Un sous-marin allemand canonne, sans faire de vic- 
times, quelques localités de la côte anglaise. 

Les Allemands prétendent et les Anglais nient qu'un 
grand croiseur anglais et un contre-torpilleur auraient 
été coulés près du bateau-phare de Hornstriff. 

Dans la nuit du 17 au 18, des dirigeables allemands 
lancent des bombes sur Londres, Woodbridge et Ips- 
wich. 

Les Austro-Allemands disent avoir 2 millions de pri- 
sonniers (33 1. 000 Français, Belges et Anglais; 23. 000 
Serbes; i.654.ooo Russes, dont 3oi.ooo capturés en 
mai, 220.000 en juin). 

Mercredi 18 août. — Serbes et Monténégrins re- 
poussent des attaques autrichiennes. 

Les Allemands ont pris Kovno, avec 240 canons et 
4.5oo prisonniers. 

L'état-major russe déclare que les livraisons de muni- 
tions se poursuivent et que l'industrie russe accroît son 
rendernent. 

Les Portugais, attaqués dans l'Angola, repoussent les 
Allemands. 

La flotte russe, dans le golfe de Riga, se replie de- 
Ivant la flotte allemande. 

093 nouvelles fabriques d'obus travaillent en Angle- 
terre. 

i Les pertes de la Prusse s'élèvent à i. 616. 000 hom- 
jmes, plus 800.000 Bavarois, Saxons, etc., auxquels il 
ifaut ajouter 120.000 entre Vistule et Bug, au total 
ja. 540.000. 

New-York Times : « L'Allemagne des Hohenzollern 
st au ban de l'humanité. Dans mille ans, l'effroyable 
listoire de la Belgique violée sera lue par les enfants 



36 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

des écoles, comme ils lisent aujom'd'hui celle des mé- 
faits des Huns et des Sarrasins. Il y a un an, l'Alle- 
maqne était une nation respectée ; c'est maintenant une 
nation honnie. » 

Jeudi 19 août. — Les Allemands reprennent les 
tranchées perdues par eux le i8 sur le chemin d'Ablain 
à Angres. 

Les Italiens prennent d'assaut une partie de Tol- 
mino. 

Les Allemands prennent Novo-Georgievsk avec 700 ca- 
nons, 85.000 hommes et 6 généraux. La situation des 
Russes paraît très grave. Une ofFensive allemande se 
dessine à l'est de Brest, sur la rive droite du Bug. La 
ligne du Niémen est considérée comme perdue. 

Un sous-marin anglais s'est échoué sur une île da- 
noise. 

L'Arabie, de la White Star Line, allant de Liverpool 
en Amérique, est coulé sans avertissement; 8 passagers 
manquent, dont 4 Américains. 

Les Turcs empêchant les Italiens de quitter SmjTne, 
les relations italo-turques sont très tendues. 

Le ministre de la guerre bulgare a donné sa démis- 
sion. 

A la réouverture du Reichstag, Bethmann-Hollweg 
accuse l'Angleterre et la Russie d'être causes de la guerre 
que l'Allemagne ne voulait pas : « La guerre devint iné- 
vitable seulement à cause de la mobilisation russe. 
Nous sortirons victorieux du combat contre les calom- 
nies, comme du combat sur les champs de bataille. » 
Le Reichstag vote 10 milliards. Le soir, Bethmann-Holl- 
weg, parlant à la foule, dit que les forteresses russes 
ont été brisées comme de la vaisselle de terre. 

L'Angleterre a sous les drapeaux 2.5oo.ooo hommes, 
dont plus de 2 millions ont six mois d'entraînement. 
Coloniaux inclus, leurs forces atteignent 8.826.000 
hommes ÇNeiv-York Nation). 

Vendredi 20 août. — Quatre sommets du Carso 
sont au pouvoir des Italiens. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 37 

Les Russes évacuent Bialistok, bien que les Alle- 
mands aient échoué dans une tentative de forcer la 
Narev près de cette ville. 

Dans le golfe de Riga, les Allemands perdent 2 croi- 
seurs et 8 torpilleurs. 

Un dirigeable allemand est capturé près de Vilna. 

Deux avions russes bombardent l'arsenal de Top- 
Hané. 

Jusqu'à ce jour, l'Autriche a perdu 17 avions, l'Italie 
2 dirigeables. 

Trioiine de New-York : « L'attaque de V Arabie ré- 
pond exactement à la définition que le président Wil- 
son a donnée de l'acte inamical exécuté de propos 
délibéré. L'heure est venue d'agir. Parler plus long- 
temps serait encourager l'assassinat et non l'empêcher ; 
ce serait transiger avec l'infamie que de continuer des 
relations avec des sauvages. » 

Millerand dit à la Chambre : « Nos alliés comptent 
sur notre sagesse; nos ennemis n'ont d'espoir que dans 
nos divisions. » 

Dunkerque a fourni à la Banque plus de 10 millions 
d'or. 

Samedi 21 août. — L'Italie déclare la guerre à la 
Turquie. 

Encore 4o obus sur Reims. 

La flotte allemande se retire du golfe de Riga. La 
tentative de débarquement a échoué désastreusement. 

Le correspondant du Tyd à Cologne dit que l'Alle- 
magne ne compte pas annexer la Belgique, mais tenir 
la promesse faite par elle le 4 août en réparant, aux 
frais de l'Entente, le mal qui a été fait à ce pays. 

L'Acleverul (Bucarest) publie le fac-similé d'une 
lettre adressée par un hobereau allemand à un de ses 
amis. « Quand on pense combien il fut difficile a 
H... de convaincre notre Empereur que le dernier mo- 
ment était arrivé de laisser le cours libre à la guerre!... 
Nous allons être les maîtres absolus du monde. Toutes 
les chimères et les bêtises, comme la démocratie, seront 
chassées du monde pour un temps infini... Nous avons 



3è CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

à purger notre propre pays de toutes les idées révolu- 
tionnaires, afin que notre noblesse puisse recouvrer sa 
splendeur, sa puissance et son autorité anciennes. » 

Les Anglais ont perdu aux Dardanelles 80.000 
hommes, dont 17.000 tués. 

Dimanche 22 août. — Les Français occupent le 
sommet du Schratzmsennele (détails dans le Temps, 
4 septembre). 

La résistance des Russes s'affirme sur la route de 
Vilna, devant Bielsk et Brest. 

Les Allemands prennent Tikocin. 

Les Russes poursuivent les Turcs dans le Caucase. 

Au large d'Ostende, deux torpilleurs français coulent 
un destroyer allemand. 

Le coton est déclaré contrebande de guerre. 

Lundi 23 août. — En Grèce, nouveau cabinet Ve- 
nizelos. 

Les Allemands prennent Ossovetz, évacué le 22 après 
destruction de tous les ouvrages. Les Russes se replient 
sur la rive gauche du Bobr. 

Les navires anglais bombardent la côte belge de Zee- 
brugge à Knocke. 

Un avion russe bombarde la gare de Lemberg. 

Le Parlement serbe accepte l'arbitrage de l'Entente 
pour régler les questions territoriales en suspens, par 
io3 voix contre 22 et 89 abstentions (Temps, 26 août). 

Mardi 2i août. — L'Allemagne prie les États-Unis 
de ne point prendre de décision au sujet de l'affaire de 
\ Arabie avant d'être complètement informés et exprime 
le regret que des Américains aient été noyés. 

L'Allemagne fait des excuses au Danemark au 
sujet de l'attaque d'un sous-marin anglais dans les 
eaux danoises. 

Les Autrichiens, renforcés, reprennent l'ofTensive sur 
tout le front italien. 

Il est avéré que les Austro-Allemands, sur le front 
russe, perdent en moyenne 10.000 hommes par jour. 

Les pertes prussiennes atteignent 1.740.000 hommes. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 39 

a Je soutiens que la France elle-même ne savait pas, 
il y a un an, ce qu'elle était. » (Rudyard Kipling.) 

Mercredi 25 août. — Vif combat entre Monténé- 
grins et Autrichiens près de Cattaro. 

Les marécages et les boues arrêtent l'ennemi aux 
abords de Vloaava et de Brest. 

Les Russes hâtent l'évacuation de Riga, Dvinsk et 
Vilna. On écrit de Czernovitz à un journal de Vienne 
que les Russes, depuis quelques jours, emploient des 
canons et des obus japonais. 

Le consul d'Italie à Trébizonde, i^evenu à Rome, ra- 
conte les horribles massacres d'Arméniens par les 
Turcs; il se demande si tous les cannibales et toutes 
les bêtes féroces du monde ne se sont pas réunis à 
Stamboul. 

Les côtes de l'Asie Mineure et de la Syrie sont dé- 
clarées en élat de blocus. 

Un avion serbe bombarde Peterwardein. 

Soixante avions français lancent i5o obus sur les 
hauts fourneaux de Dillingen. 

L'état sanitaire est redevenu normal en Serbie. 

Les Allemands enlèvent des rails de Belgique pour 
les transporter en Pologne. 

A la fin de juillet, l'Allemagne avait 1.800.000 
hommes à l'ouest, 1.400.000 à l'est, plus 1. 120.000 Au- 
trichiens. 

Le président de la Commission de Défense nationale 
à la Douma déclare que la crise des obus est passée, 
la quantité d'obus expédiés au front ayant doublé depuis 
deux mois. 

Stancioff, ministre de Bulgarie, dit à Rome : « L'hé- 
gémonie austro-allemande dans les Balkans serait la fin 
de toute indépendance pour toutes les nations balka- 
niques. » 

« Entre tant de choses que la guerre a détruites, il en 
est une qu'elle a tuée et que nul ne regrettera : c'est 
l'apologie même de la guerre... V. Hugo voulait qu'on 
déshonorât la guerre : c'est chose faite, et bien faite, 
par le désaveu même des fous ou des misérables qui 



40 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

l'ont déchaînée. » (Ruyssen, La Paix par le Droit, 
25 août, p. 387.) 

Jeudi 26 août. — Violent bombardement de Reims. 

Les Austro-Allemands massent des troupes sur le 
Danube, à l'ouest de la Serbie. 

Les Russes ont évacué Brest, que l'ennemi a occupé. 

Sir Edward Grey, dans une lettre adressée à la 
presse, répond aux allégations de Bethmann-HoUweg : 
« S'il doit y avoir des garanties contre la guerre dans 
l'avenir, il faut que ce soient des garanties effectives, 
pareilles et égales pour tous. Haut l'Allemagne aussi 
bien que les autres nations, y compris nous-mêmes. » 

Viviani prononce à la Chambre un discours très 
applaudi, suivi d'un vote de confiance : « La France 
ne cessera la lutte qu'après avoir assuré le triomphe du 
droit ; qu'après avoir banni la possibilité du retour de 
pareils crimes ; qu'après avoir restauré dans son indépen- 
dance politique et économique l'héroïque Belgique ; 
qu'après avoir repris notre Alsace et notre Lorraine. » 
Personne n'a proposé le comité secret, auquel le Gou- 
vernement déclarait qu'il ne s'opposerait pas. 

On rapporte ce mot de French : « La lutte reste main- 
tenant entre Krupp et Birmingham. » 

« Les hommes valent la cause ; jamais un plus haut 
courage ne s'égala à un plus haut devoir. » (Pierre 
Lalo, Temps, 26 août.) 

Le Tsar sanctionne la décision du Conseil des minis- 
tres abolissant temporairement les restrictions apportées 
au droit de séjour des israélites, sauf à Petrograd et 
Moscou. 

Vendredi 27 août. — Bernstorfï aurait déclaré à 
Lansing que l'Allemagne modifierait sa politique sous- 
marine et que des navires portant des Américains ne 
seraient plus attaqués sans visite. 

Les Italiens prennent le fort autrichien du Belvédère. 

Les Autrichiens attaquent les Monténégrins à Gra- 
hovo et sont repoussés. 

L'abandon de Grodno est décidé. 






CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 41 

Les Allemands essaient de forcer la ligne ferrée de 
Kreuzbour^ h. Mitau. 

Les Autrichiens ont pris pied sur la rive gauche de 
la Zlota Lipa. On annonce que les Allemands emploient 
sur le front russe des appareils électriques qui détrui- 
sent à distance toutes les défenses métalliques (?) 

Les Russes repoussent une offensive turque sur le 
littoral de la Mer Noire. 

Près de Téhéran, le vice-consul d'Allemagne, à la 
tête d'une bande, attaque les consuls d'Angleterre et 
de Russie et les oblige à se retirer. 

Polivanov dit que la Russie lève 2 millions d'hommes 
et que Petrograd est couvert par plusieurs armées. 

L'Allemagne dépense pour la guerre 66 millions de 
marks par jour; en octobre, elle aura dépensé 22 mil- 
liards. 

Un communiqué allemand condamne la mode des 
jupes amples qui implique une trop grande dépense 
d'étoffe. 

Gazette de Voss : « Nous sommes le peuple suprême ; 
notre devoir est désormais de conduire la marche de 
l'humanité. C'est un péché contre notre Empire de 
ménager les peuples qui nous sont inférieurs. » 

Samedi 28 août. — Bombes sur Compiègne ; trois 
victimes. 

Le 27 et le 28, progrès des Alliés dans la presqu'île 
de Gallipoli. 

Les Russes évacuent Olita, au sud de Kovno. La 
droite russe se replie à l'est de Lutsk. 

Quatre avions allemands, volant vers Paris, ont été 
arrêtés. L'un a lancé 5 bombes sur Montmorency, sans 
résultat; un autre a été descendu dans la forêt de 
Hallatte. 

Suivant l'amirauté anglaise, les dirigeables allemands, 
pendant un an, ont tué 8g Anglais, dont 18 enfants. 

L'agence Havas dément que les Français se servent 
de gaz qui aveuglent les Allemands et voit dans ce 
mensonge l'annonce de quelque infamie allemande de 
cette espèce. 



42 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Dimanche 29 août. — Lutte d'artillerie très vive 
en Argonnc. 

Les Italiens investissent Plezzo. 

Les Allemands avancent sur Riga et atteignent la 
Dvina à Friedrichstadt. Les Russes répondent en mena- 
çant les derrières des Allemands sur la Missa. 

Les Autrichiens repoussent les Russes de leurs der- 
nières positions en Galicie. 

Moscou a manifesté pour la guerre à outrance ; on y 
demande la constitution d'un cabinet de la Défense 
nationale. 

« L'unanimité s'est faite contre l'entreprise d'intimi- 
dation, de meurtre et de rapine par laquelle les Alle- 
mands ont surpris l'Europe, qui était déshabituée de 
ces violences d'un autre âge et qui ne déposera pas les 
armes avant d'être délivrée de ce cauchemar. » {Temps 
du 3o.) 

Lundi 30 août. — Les Italiens chassent les Autri- 
chiens de Monte-iMaronia, au nord de Monte-Maggio. 

Les Russes prennent l'oflensive au nord de la Vilia, 
à l'ouest de Vilna. 

Sur la Strypa, en Galicie, les Russes battent les 
Autrichiens, prenant '6o canons, 24 mitrailleuses, 
7.000 hommes. 

On dit qu'il y a 4.600.000 réfugiés à Petrograd, 
Moscou, Kiev, etc. 

Récemment, à l'hôtel de l'Esplanade, à Berlin, la 
princesse Victoria-Louise, fille de Guillaume II, dit à 
haute voix, après avoir feuilleté le Matin : « C'est mal 
d'attaquer ainsi mon père, qui n'a pas voulu la guerre. » 

On prouve que les listes des pertes allemandes ne 
comprennent que les blessés ramenés en Allemagne. 
(France de Demain, i^^ septembre.) 

Un bénédictin français, dom Germain Morin, interné, 
puis mis en liberté à Munich, a protesté violemment 
contre le livre La Guerre allemande et le Catliolicisme, 
et loué les Allemands, « qui ont donné des preuves d'un 
dévouement admirable à la cause religieuse ». 

Le correspondant parisien du Journal de Genève 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 43 

(4 septembre) proteste contre les nombreuses indiscré- 
tions relatives aux mouvements de l'armée qui se com- 
mettent en France, a Tout le mal vient du bavardage 
h l'arrière, alimenté par les bavards venus du front. » 
Le quartier général allemand dit que les Russes, 
depuis le 2 mai, ont perdu 1.400.000 hommes, dont 
1. 100. 000 prisonniers, et que a les armées contre 
lesquelles se heurte notre onensive ont été complète- 
ment anéanties ». Les troupes russes en campagne 
seraient des divisions rappelées du sud de la Russie, où 
elles étaient destinées à combattre les Turcs. Ces 
contre-vérités ne s'accordent pas avec les assortions de 
la presse allemande elle-même. 

Mardi 31 août. — Le Gouvernement serbe informe 
la Grèce qu'il accordera à la Bulgarie ce que la 
Quadruple Entente l'engage à céder. 

Gros obus sur Arras. 

Les Allemands disent avoir repris dans les Vosges la 
ligne des crêtes Linge — B&reukopf. 

Des troupes serbes gardent le consulat de Durazzo. 

Il y a maintenant en Russie deux théâtres de la guerre, 
séparés par les marais du Pripet. 

On annonce l'apparition de bandes de paysans, 
détruisant voies ferrées et télégraphes. 

Les Allemands prennent Orany, sur la voie ferrée 
Grodno — Vilna. 

Pendant le mois d'août, les Allemands ont coulé 110 
navires (170.000 tonnes); c'est le chiffre le plus élevé 
qu'ils aient encore atteint. 

La Suède interdit l'exportation du bétail et de la 
viande. 

« La vieille Russie bureaucratique, orthodoxe et à 
demi germanisée par l'influence des camarillas alleman- 
des, se voit demander des comptes par la Russie libé- 
rale et populaire que menace la victoire du Kaiser. » 
(Rouanet, L'Humanité.) 

A. H. Pollen a déclaré au New-York American : « A 
la fin de la première année de la guerre, les forces des 
Alliés étaient à celles des Empires centraux comme 



44 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

cinq à quatre. Cette proportion continuera à changer à 
l'avantage des Alliés : elle sera de six à quatre avant 
Noël, de sept à quatre en mars 1916, et pour juin (en 
hommes et en canons) de huit à quatre. Alors la guerre 
sera finie. » 



SEPTEMBRE 



Mercredi 1" septembre. — L'Allemagne accepte 
les demandes des Etats-Unis au sujet de la guerre sous- 
marine (prévenir et inspecter les navires de commerce 
avant de les attaquer). La question des réparations à 
fournir est différée. 

A Rome, on considère que la Bulgarie est perdue 
pour la Quadruple Entente. 

L'artillerie italienne atteint la coupole du fort Her- 
mann, au nord de Plezzo. Les Autrichiens ont reçu des 
renforts. 

Les habitants de Riga sont autorisés à rentrer dans 
la ville. 

Les armées russes sont concentrées autour de Vilna. 

Les Autrichiens progressent dans la région de Tar- 
nopol. 

L'île de Ruad (Syrie) est occupée par des marins 
français. 

Des avions allemands bombardent Lunéville. 

Le Lokal-Anzeiger dit que l'importation du coton 
est indispensable à l'Allemagne. L'Allemagne offre aux 
États-Unis d'acheter 100.000 balles, livrables dans im 
port allemand. 

La Bibliothèque universelle de Lausanne publie un 
article de P. Stapfer réclamant la mise en jugement de 
Guillaume II : « Le jugement public et solennel devant 
un tribunal européen, suivi de l'exécution capitale du 
bandit couronné qui a commis le plus grand crime de 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 45 

l'histoire, nous donnerait un tel soulagement, etc. » Cet 
article est poursuivi par la justice fédérale. 

Jeudi 2 septembre. — Depuis plusieurs jours, 
canonnades intenses sur le front français. 

Dans la région de Linden, les Russes se replient sur 
la rive droite de la Dvina. Ils repoussent les Allemands 
dans la région de Friedrichstadt et progressent vers 
Vilkomir, 

Les Allemands passent sur la rive droite du Niémen 
et pi'ennent les forts à l'ouest de Grodno. 

Les Russes évacuent Lutsk. 

On prépare le transport à Moscou des trésors de 
l'Ermitage et du musée Alexandre III. 

Paul Michaelis écrit de Kovno au Berliner Tage- 
blatt : « Péniblement, pas à pas, semblable au cheva- 
lier d'Albert Durer, derrière qui marchent la Mort et le 
Diable, l'armée allemande s'avance vers les hauteurs en 
traversant des fourrés presque impénétrables. La force 
de résistance des Russes n'est pas réduite ; elle est 
encore très loin d'être brisée. » 

Le transport anglais Southland est torpillé dans la 
mer Egée. 

L'empereur de Russie préside le premier Conseil de 
défense et fait un discours préconisant la guerre à 
outrance. 

La Roumanie interdit l'exportation des céréales et le 
transit de l'or. 

Vendredi 3 septembre. — Le prince Jean-Albert 
de Mecklembourg, appai-enté à la reine de Rulgarie, 
arrive k Sofia. 

Les troupes autrichiennes de Transylvanie et du 
Banat sont dirigées vers le front italien. 

Près de Linden, les Russes repassent sur la rive 
gauche de la Dvina, mais sont refoulés sur la rive 
droite. Les Allemands, renforcés sur la Sventa, arrêtent 
les progrès des Russes vers Vilkomir. 

Grodno est pris, après des combats acharnés dans les 
faubourgs. Les Russes rentrent par surprise dans la 



46 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

ville et protègent ainsi le repliement des troupes, mena- 
cées d'encerclement. 

Les Russes abandonnent la Strypa et se replient à 
l'est du Séreth. 

« Les armées du Tsar ne sont pas détruites. Pour des 
armées de cette grandeur, il n'est pas de Sedan pos- 
sible. » {Gazette de Francjort.') 

Le général Alexeiev est nommé chef de l'Etat-major 
général. 

On confirme que la production des munitions en 
Russie a doublé depuis le mois d'août. 4o.ooo ouvriers, 
au Japon, travaillent à fabriquer des munitions pour 
la Russie. 

Grave explosion dans une fabrique de produits chi- 
miques à Brème. 

Krupp souscrit 4o millions au nouvel emprunt alle- 
mand. 

Le Gouvernement turc abolit les privilèges du 
Patriarcat grec. 

Lord Rosebery dit à Glasgow : « La Grande-Bretagne 
est actuellement occupée à déchirer la trame du plus 
infâme complot qui ait jamais été ourdi contre les 
libertés du genre humain. » 

(T II n'y a rien de plus germanique ou germaniste que 
de subordonner à des intérêts politiques les droits 
imprescriptibles du vrai. » (Souday, Temps du 5.) 

Samedi 4 septembre. — Vif bombardement aux 
abords de Dixmude; loo obus sur Reims. 

On croit a Bucarest que la Grèce soutiendra la 
Serbie si celle-ci est attaquée par les Bulgares. 

Renforcés, les Allemands ont progressé sur les 
routes de Dubno et de Rovno, à l'est de Lutsk. On se 
bat près de Dubno. 

L'empereur de Russie part pour le front. 

Le 3 et le 4? des hydravions allemands bombardent 
les torpilleurs russes à l'entrée du golfe de Riga. 

La neige est tombée dans les Pyrénées et dans les 
Alpes autrichiennes et suisses. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 47 

On dément officieusement que le pape ait écrit à 
Wilson. 

Le roi de Roumanie aurait dit : « Je me sentirais 
indigne de mon peuple si je refusais d'accepter des 
sacrifices en vue de la réunion de tous les Roumains 
sous le drapeau national. » 

Le San écrit que le changement d'attitude de l'Alle- 
magne envers les Etats-Unis est une phase de la nou- 
velle campagne pour la paix. L'Empereur et ses minis- 
tres font flèche de tout bois pour mettre fin au conflit. 
La Tribune (N.Y.) compare l'Allemagne à un joueur de 
poker qui, au début d'une partie nocturne, gagne 
Beaucoup de points et prétexte tout à coup qu'il a froid 
aux pieds pour s'en aller, ce que les autres joueurs ne 

Permettent pas. « Ce sont précisément les raisons que 
Allemagne a de désirer la paix qui valent impérieuse- 
ment pour les Alliés en faveur de la continuation de la 
lutte. » (Temps du 5.) 

Hilaire Relloc {Land and Water) discute en grand 
détail la question des eff'ectifs et des pertes. Jusqu'au 
3i juillet, les Austro-Allemands avaient perdu 6.5oo.ooo 
hommes, portés à 7 millions jusqu'au i^'' septembre, 
dont 5.25o.ooo hommes de pertes définitives. Ils ont 
1.800.000 hommes sur le front ouest, 2.600.000 
hommes sur le front est, 260.000 sur le front italien, 
160.000 sur le front danubien, au total et au minimum 
4.800.000 hommes en campagne. Il reste moins de 
2 millions d'hommes, dont à peine i million disponi- 
ble pour renforts, sur un total de 12 millions. Contre 
les 5.800.000 Allemands, il y a 3 millions de Français, 
I million d'Italiens et au moins 2.5oo.ooo Russes, avec 
réserves illimitées. L'arithmétique est une science posi- 
tive. 

Dimanche 5 septembre. — Le 5 et le 6, le 
général Jofl"re a conféré en Italie avec le roi et le géné- 
ral Cadorna. 

L'offensive allemande se porte sur les régions de 
Volkovisk et de Dubno— Rovno. On se bat sur le Sé- 
reth. 



48 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Deux torpilleurs russes ont attaqué, près do Zingul- 
dak, le HamidieJt, qui a été avarié, et deux torpilleurs 
turcs. Quatre charbonniers qu'ils convoyaient ont été 
coulés. 

Un torpilleur allemand avarie le paquebot Ilesperian 
sur la côte d'Irlande ; l'équipage est sauvé, mais le pa- 
quebot coule lundi matin. Grande indignation en Angle- 
terre et aux Etats-Unis. Le paquebot allait de Liverpool 
à Montréal. 

Le choléra est dans l'armée autrichienne sur le front 
italien. 

La Turquie a mobilisé i.5oo.ooo hommes, dont elle 
a perdu 5oo.ooo(?). Restent, avec les blessés revenus du 
front, 85o.ooo hommes, dont 190.000 à Gallipoli, 70.000 
à Constantinople, Soo.ooo au Caucase. 

La Banque de France a reçu 63o millions d'or. Des 
inconnus accaparent la monnaie de billon. 

Lundi 6 septembre. — Le Tsar télégraphie au 
président Poincaré qu'il prend le commandement des 
armées russes. 

Deux navires français ont été coulés à l'ouest de l'em- 
bouchure de la Gironde. 

En représailles du bombardement de Lunéville 
(1^'^ septembre), 4o avions français bombardent la gare 
et les usines de Sarrebrùck. 

La neige a fait son apparition dans le nord de la 
Russie. 

Les Allemands construisent a Gotha des avions 
monstres. 

Un aviateur allemand, survolant Chavannes-sur- 
Étang, jette une couronne portant ces mots : « A 
Pégoud, mort en héros, son adversaire. » 

La Gazette du Rhin et de Westphalie dément les 
nouvelles pacifiques. 

La Gazette de Voss demande que les enfants des 
écoles fouillent les vieux cimetières allemands pour en 
extraire les plaques de cuivre : « Nos aïeux se réjoui- 
ront au séjour éternel à l'idée que leur dernière 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 49 

demeure a offert sa quote-part pour le salut de la 
patrie. » 

Mardi 7 septembre. — Les Turcs envoient aux 
Dardanelles des troupes de Thrace et du Caucase. 

Les Russes prennent l'offensive sur la Doljelka et le 
Séreth (ii.ooo prisonniers, 3o canons); mais, arrêtés 
par un feu formidable, ils regagnent leurs positions. 
Le Tsar félicite ses troupes qui continuent leur offen- 
sive au sud-ouest de Trembovla. 

L'escadre anglaise bombarde les positions allemandes 
de Nieuport à Ostende. 

En réponse au bombardement de Saint-Dié et de 
Gérardmer, les avions français bombardent Fribourg- 
en-Brisgau, Sarrebourg, les gares de Tergnier et de 
Lens. 

Raid de dirigeables allemands sur l'est de l'Angle- 
terre (56 victimes, dont un soldat). 

La Gazette de Francfort réclame l'annexion des 
districts de la Russie habités par les Lettons, les Lithua- 
niens et les Allemands : « La victoire nous offre, pour 
la dernière fois peut-être, la possibilité d'élargir le 
domaine de notre race. » 

Mercredi 8 septembre. — Attaque très violente, 
avec obus suffocants, dans l'ouest de l'Argonne ; les 
Allemands pénètrent dans quelques tranchées fran- 
çaises et sont violemment contre-attaques. 

On assure que le Sultan s'est répandu en plaintes dans 
la première audience qu'il a donnée à Hohenlohe. 

Les Bulgares fortifient Dédéagatch. 

L'offensive russe continue : les Allemands se replient 
vers la Strypa. 

Depuis le 3, sur le Séreth, les Russes ont pris 
17.000 hommes, 33 canons, 66 mitrailleuses. « En 
somme, nos armées réalisent fermement leur but et 
envisagent l'avenir avec assurance. » (Communiqué 
russe du 9.) 

On affirme en Russie que la retraite touche à sa fin 

94. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 4 



50 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

et que les Allemands sont fatigués. Varsovie regorge 
de malades allemands. 

Le grand-duc Nicolas est nommé vice-roi du Caucase 
et commandant de l'armée russe dans cette région. 

Un navire anglais a été coulé au sud-ouest de Pen- 
march. Le croiseur français auxiliaire Indien a été tor- 
pillé près de Rhodes. 

Les avions français bombardent les hangars d'Os- 
tende, Frascati et la gare des Sablons (Metz); les 
avions allemands bombardent Nancy. 

Un dirigeable allemand a fait explosion près de 
Bruxelles. 

Des dirigeables allemands survolent Londres et les 
comtés de l'Est (20 morts, 86 blessés); en revenant, 
ils survolent les forts d'Amsterdam. 

La Grèce appelle, pour le i" octobre, dix classes de 
réserves. 

Jeudi 9 septembre. — Les combats continuent à 
l'ouest de l'Argonne. Sauf un élément de tranchée à 
l'est de Binarville, notre ligne a été maintenue. 

Les Allemands attaquent dans les Vosges avec obus 
suffocants et liquides enflammés, mais progressent peu. 
Ayant pris pied au sommet du Hartmannsvsàller, ils ont 
été refoulés pendant la nuit. 

Les succès russes s'accentuent vers Trembovla 
(5.000 prisonniers). 

Les pluies d'automne et le brouillard entravent les 
opérations allemandes en Russie. Les journaux alle- 
mands recommandent au public de ne pas envoyer de 
paquets au front oriental, les routes étant imprati- 
cables. 

Le grand-duc Nicolas est parti pour le Caucase. 

Des navires anglais bombardent Aïvali. 

Un sous-marin allemand parvient pour la première 
fois dans les eaux algériennes et y coule trois navires. 
français. 

Le sous-marin Papin, près du cap Planka, coule un 
torpilleur autrichien. 

Un article du capitaine Persius, dans le Berliner 



I 



I 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 51 

Tageblatt, prépare l'opinion allemande à l'aveu de la 
faillite de la campagne de sous-marins contre l'Angle- 
terre. 

Les avions français bombardent la gare de Challe- 
range (Ardennes) et de Nesle (Somme). 

Le communiqué russe du 9 parle pour la première 
fois du front français et dit que l'artillerie française, 
depuis quinze jours, bombarde terriblement le front 
allemand. 

La Grèce rappelle les officiers et sous-officiers qui 
sont à l'étranger. 

On annonce que les canons des places du nord du 
Japon ont été envoyés par Vladivostok en Galicie. La 
Corée se couvre de fabriques comme le Japon. 

Le correspondant de la N.-Y. Tribune écrit : « Le 
soldat français est une révélation du cœur profond de la 
nation. » 

Vendredi 10 septembre. — L'Allemagne répond 
aux États-L'uis au sujet de VAraôic, proposant de sou- 
mettre la question au tribunal de La Haye et préten- 
dant que le sous-marin a agi en état de légitime défense, 
l'Arabie ayant fait mine de l'attaquer (mensonge avéré). 

A la suite d'intrigues auxquelles s'est livré aux États- 
Unis l'ambassadeur d'Autriche, Dumba, Washington a 
fait savoir à Vienne qu'il n'était plus acceptable comme 
ambassadeur. 

Renforcés au nord-est de Monfalcone, les Autrichiens 
essaient de refouler les Italiens sur Udine, menaçant la 
Vénétie. 

De Riga à Czernovitz, front de 970 kilomètres. 

Violente offensive allemande à l'est de Vilkomir ; les 
Allemands avancent sur la chaussée de Dvinsk et se 
retranchent à 3o kilomètres à l'ouest de Vilna. A l'est 
de Grodno, violents combats; Skidel, pris et repris, 
reste aux Russes. Ceux-ci progressent dans la région 
de Tarnopol et sur le cours inférieur du Séreth 
(3.000 prisonniers). Le communiqué russe dit que 
l'initiative dans les combats partiels « passe peu à peu 
entre nos mains ». 



52 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

On signale des sous-marins allemands sur les côtes 
de Crimée. 

La police suisse découvre une vaste organisation alle- 
mande d'espionnage et arrête 80 personnes. 



Samedi îi septembre. — Radoslavov affirme que 
la Bulgarie n'attaquera pas la Serbie ; il fait part de ce 
mensonge aux puissances. 

Pressés sur la chaussée de Vilkomir à Ucianz, les 
Russes se replient sur le lac Dusiaty. Ils font 4oo pri- 
sonniers sur la chaussée de Baranovicsi, 4-ooo dans la 
région de Tarnopol, où leurs automobiles blindées ren- 
dent des services efficaces. L'offensive allemande se 
poursuit entre Sventa et Vilia, vers Skidel et Rajno. 

Apparition du choléra en Prusse sur l'Oder. 

On se plaint vivement, en Allemagne, des spéculations 
sur les vivres. 

Pour la première fois, un journal autrichien, la 
Reichspost, avoue que l'Allemagne a provoqué la 
guerre parce que l'Angleterre tendait à une politique qui 
l'eût isolée. 

Dimanche 12 septembre. — Les Allemands lan- 
cent 3oo obus sur Ypres. 

Les Italiens ont gagné 20 kilomètres dans le Val 
Sugana et atteint la région de Sbrigno. 

Les Allemands ont coupé la voie de Vilna à. Dvinsk. 

Nouveau raid aérien sur la côte est de l'Angleterre ; 
pas de dégâts. 

On dit à Petrograd que depuis dix jours les Alle- 
mands ont perdu en Galicie la valeur de deux corps. 

Le général Russky déclare que les Allemands visent 
Petrograd, mais ne pourront y parvenir. 

Les forces ennemies opérant en Russie atteignent 
2.800.000 hommes, mais ne sont pas toutes sur le Iront. 
Il n'y aurait en première ligne que 55 corps à 
28.000 hommes, soit i.5/|0.ooo hommes. L'état des 
routes est effroyable. 

En récapitulant les nouvelles de l'agence Wolff, on 
constate que, suivant cette officine, les Alliés, aux Dar- 



I 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 53 

danelles, auraient perdu le double de leurs effectifs et 
auraient été jetés clix-sept fois h. la mer. 

Pour la première fois en Allemagne, dans un article 
de la Post, il est fait état de la victoire française de la 
Marne (Temps du 17). 

« La situation des prisonniers retenus sur les terri- 
toires envahis a ceci d'abominablement cruel qu'on leur 
défend d'écrire. » (Figaro, avec preuves.) 

Lundi 13 septembre. — Bernstorff déclare à 
New- York que, s'il reçoit ses passeports, les sous- 
marins allemands couleront tous les navires qu'ils ren- 
contreront, ce qui amènera en quelques jours la guerre. 

Violent bombardement des positions belges. 

Les Allemands continuent à pousser à l'ouest de la 
ligne Jakobstadt-Dvinsk. 

Les Russes traversent la Horyne près de Derajvo et 
capturent un bataillon autrichien. Près d'Oleszva (est 
de Lutsk), ils font i.3oo prisonniers, 7.400 au sud-ouest 
de Visznevetz. Du 3o août au 12 septembre, ils ont fait 
plus de 40.000 prisonniers austro-allemands. 

On dit que Pnocée est en feu. 

En représailles des bombardements de Lunéville et 
de Compiègne, des avions français ont bombardé la 
gare et la Banque impériale de Trêves, ainsi que la gare 
de Donaueschingen. 

Dans la nuit au i3-i4, un dirigeable a bombardé la 
côte est de l'Angleterre sans faire de dégâts. Un autre, 
dans l'après-midi du i3, a fait sept victimes. 

Le Daily Telegraph parle de la « rénovation des forces 
russes ». 

Le général Kluege, rendu responsable des revers aus- 
tro-allemands sur le Séreth, est mis à la retraite. 

Mardi 44 septembre. — L'artillerie allemande en 
Champagne essaie de nous déloger de notre tête de 
pont de Sapigneul. 

Un avion autrichien bombarde Vicence. 

Les dirigeables allemands ne cessent de survoler la 
Hollande. 

On a découvert à New-York un complot allemand 



54 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

avant pour but de mettre le feu à bord du paquebot 
SanfAnna. 

Le remaniement libéral du ministère russe est 
ajourné. 

Mercredi i5sep<emJbre. —La Quadruple Entente, 
en possession de la réponse serbe, remet une note col- 
lective à Sofia. 

Les Serbes empêchent les Autrichiens de franchir la 
Save. 

La victoire russe entre Séreth et Strypa est complète ; 
les Autrichiens reculent en déroute. Ailleurs, les Russes 
ont le dessous ; Pinsk est pris ; les Allemands, au nord 
de Viliia, passent sur la rive gauche de la Vilia. 

Le pape lève l'interdit pour qui ferait visite au Qui- 
rinal, a cause des blessés hospitalisés au Palais Royal. 

Lord Kitcheuer, au Parlement anglais, se plaint que 
le recrutement se soit ralenti. Il annonce que le front 
anglais en France s'est étendu de 20 kilomètres. Ex- 
posant la situation générale, il constate que les Alle- 
mands ont échoué en Russie ; il rend hommage aux 
méthodes de guerre des Turcs, très supérieures, au 
point de vue humain, à celles qui ont déshonoré leurs 
maîtres allemands. 

Jeudi 16 septembre. — Des torpilleurs russes ont 
coulé, près de Sinope, un convoi de voiliers turcs. 

Daily Telegraph : « Nous avons aujourd'hui des 
moyens de découvrir les sous-marins dès qu'ils entrent 
dans certaines zones. L^ne fois qu'on est sur sa trace, 
le sous-marin est perdu. Il n'y a pas tant de sous-ma- 
rins allemands à 1 heure qu'il est. » 

Un ukase ordonne l'appel de la réserve de la territo- 
riale ; un autre proroge la Douma. 

On dit avoir constaté, à Rome, que des bombes en- 
vovées sur le Carso contiennent de l'acide prussique. 

Une société allemande, Deutsche Wacht, s'est formée 
k Francfort pour boycotter les produits anglais, fran- 
çais et belges. 

Le Gouvernement français annonce un prochain 
emprunt. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 55 

Asquith déclare aux Communes que l'Angleterre 
dépense 926 millions de francs par semaine, qu'elle a 
3 millions d'hommes sous les armes, que 800.000 ou- 
vriers travaillent dans 716 établissements à la fabrica- 
tion de munitions et de matériel. 

Vendredi il septembre. — Le président Wilson 
a déclaré à Bernstorfï' qu'il compte que le Gouverne- 
ment allemand tiendra ses engagements et n'attaquera 
plus les paquebots sans avertissement. 

La signature de l'accord turco-bulgare, annoncée 
pour le 18, puis pour le 28, est reportée au 5 octobre. 
Le roi Ferdinand reçoit les chefs de l'opposition, qui 
l'avertissent des dangers de sa politique et sont mena- 
cés par lui. On a saisi et suspendu à Sofia un journal 
qui publiait un appel contre la politique allemande du 
roi. 

L'artillerie française, devant Saint-Mihiel, a coupé 
un grand pont, un pont de bateaux et trois passerelles. 

Les Autrichiens ont évacué le fort de Malborghetto. 

Treize divisions de cavalerie allemande s'avancent à 
l'est de la Gourlande, cherchant à couper la retraite 
des Russes. Sur tout le front entre Vilia et Pripet, les 
Russes se retirent, menacés d'être jetés dans les 
marais. 

Le Berliner Tageblatt avoue que les Autrichien.^, 
sur la Strypa, ont reculé de i5 kilomètres. Ils ont été 
repoussés vers Rovno et Kovel. 

Un navire français est coulé sur la côte sud de la 
Crète. 

L'Espagne dément formellement que les sous-marins 
allemands se ravitaillent dans ses ports. 

Le décret prorogeant la Douma jusqu'au i4 novembre 
soulève les protestations de la presse russe. 

Il y a 1. 100. 000 prisonniers austro-allemands en 
Russie. 

Samedi 18 septembre. — Kiev paraît hors de 
danger, mais les Allemands poursuivent avec succès 
leurs opérations contre Vilna et dans la région de 
Dvinsk , 



56 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Dimanche i9 septembre. — Les Allemands 
entrent à V^iina, évacuée par les Russes ; Riga, Dvinsk 
et Minsk sont menacés. 

Les Autrichiens disent qu'en Galicle les automobiles 
ne peuvent avancer que s'ils sont tirés par 6 chevaux. 

Un transport anglais est coulé près d'Anticythère : 
plus de 200 Indiens sont noyés. 

Des navires russes ont coulé un sous-marin dans 
la Mer Noire. 

Du i5 au ig, les sous-marins alliés ont coulé une 
douzaine de navires turcs et allemands chargés de 
troupes et de munitions. 

Le colonel Feyler démontre, dans le Journal de 
Genève, que l'Allemagne,. en août iQiAi pouvait comp- 
ter sur 7.750.000 hommes mobilisables de vingt à qua- 
rante-cinq ans. 

Lundi 20 septembre. — Signature du protocole 
turco-bulgare : les territoires cédés par la Turquie en 
Thrace sont remis aux autorités bulgares. 

L'artillerie lourde française a atteint la gare de 
Thiaucourt, à i5 kilomètres ouest-nord-ouest de Pont- 
à-Mousson. 

L'artillerie allemande a commencé le bombardement 
des positions serbes vers Semendria. 

Les 60.000 cavaliers lancés en avant par l'Allemagne 
ont été arrêtés par la cavalerie russe et divisés en trois 
tronçons. 

Les Russes disent avoir fait 70.000 prisonniers en 
août-septembre. 

Mardi 21 septembre. — La mobilisation bulgare 
est ordonnée, à la suite de la signature de l'accord turco- 
bulgare. 

Venizelos demande aux Alliés de débarquer i5o.ooo 
hommes, afin de permettre à la Grèce de remplir ses 
obligations envers la Serbie. 

Le congrès général des villes russes à Moscou a ré- 
clamé : 1° la convocation immédiate de la Douma; 
2° la formation d'un ministère comprenant des repré- 
sentants de la nation ; 3° une amnistie politique et reli- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 57 

gieuse ; 4° l'égalité des droits pour toutes les nationa- 
lités. 

Canonnade intense sur les fronts serbes du Danube 
et de la Save. 

Aux Dardanelles, les Anglais effectuent la jonction 
des troupes débarquées à Suvia avec celles qui occu- 
pent les hauteurs dominant Gaba-Tépé. 

Les Russes ont repoussé les Allemands à l'ouest de 
Molodetchno et pris Smorgoni. A l'est de Lida, les Al- 
lemands qui avaient passé la rivière ont dû revenir sur 
la rive droite. 

Le Gœben aurait été revu dans la Mer Noire. 

Le colonel Gaedke écrit dans le Vorwârts : « Le 
peuple allemand ne doit pas croire que l'ours russe soit 
abattu. L'armée russe est intacte. » 

Mercredi 22 septembre. — Au nord de Dubno, 
les Russes font i.4oo prisonniers. Sur le Dniester, leur 
cavalerie met en fuite les Autrichiens. 

Des avions français ont bombardé le palais et la gare 
de Stuttgart, faisant de grands dégâts. 

Les Allemands quittent en masse Salonique. 

Jeudi 23 septembre. — Le roi de Grèce signe un 
décret de mobilisation générale pour répondre à la mo- 
bilisation bulgare. 

Bombes incendiaires sur Arras. 

Al' nord-ouest d'Arsiero, les Italiens, après plusieurs 
jours de lutte, prennent la forte position de Monte Gos- 
ton, où les Autrichiens laissent beaucoup de matériel. 

Combats acharnés dans la région de Dvinsk. 

Les Russes reprennent Vileika et la voie ferrée de 
Minsk (8 canons, 7 mitrailleuses). Ils prennent Lutsk 
(G. 000 prisonniers) et progressent au sud-ouest de 
cette place. 

Des avions allemands bombardent Abbeville. 

Sur le front du Styr, du i4 au 28, les Russes ont 
fait 89.000 prisonniers. 

Une grande fabrique de munitions saute à Reinsdorf, 
près de Wittenberg (242 morts). 



58 CHRONOLOGIE DE L.V GUERRE 

Vendredi 24 septembre. — Les États-Unis ont 
accepté la proposition allemande de soumettre le cas 
du Frye à l'arbitrage. 

Radoslavov a exprimé ses regrets aux représentants 
de l'Entente, alléguant que la mobilisation bulgare ré- 
pondait seulement à la note serbe qui déclarait zone de 
guerre le territoire serbe près de la frontière bulgare. 

Gounaris est venu dire à Venizelos que lui et son 
parti appuieraient toutes les démarches en vue d'un 
renouvellement de l'Alliance balkanique, oîi entrerait 
aussi la Roumanie. 

Aux Dardanelles, les Turcs lancent contre une pa- 
trouille française des molosses, qui sont tous tués. 

Les Allemands usent d'obus asphyxiants dans la ré- 
gion de Riga. Ils ont éprouvé des pertes énormes entre 
la Dvina et le lac Drisdiaty. 

Les avions français bombardent la gare des Sablons 
(.Metz). 

En Russie et en Angleterre, les Bulgares refusent 
de répondre à l'ordre de mobilisation s'ils n'ont pas 
l'assurance de n'avoir pas à combattre les Alliés. 

Samedi 25 septembre. — Uoe nouvelle note de 
l'Autriche aux Etats-Unis proteste contre l'exportation 
des munitions. 

Grande offensive anglaise, belge et française. La 
flotte anglaise bombarde les positions allemandes de 
Westende et de Middelkerke. Les Anglo-Français atta- 
quent au nord d'Arras. L'offensive la plus importante a 
lieu en Champagne entre Suippes et l'Aisne ; les posi- 
tions allemandes sont prises sur presque tout le front. 
Au cours de la nuit, les progrès sont maintenus (châ- 
teau de Carleul, cimetière de Souchez, dernières tran- 
chées du Labyrinthe). En Champagne, nos troupes ont 
pénétré dans les lignes allemandes sur 26 kilomètres 
de front et i à 4 kilomètres de profondeur, faisant 
plus de 12.000 prisonniers. Les Belges ont gagné du 
terrain sur l'Yser. 

L'escadre russe fait taire les batteries allemandes du 
golfe de Riga. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 59 

Ghenadieff s'est rencontré avec Radoslavov. 

Le communiqué allemand du 26 dit que les Anglais 
« tentent d'employer des bombes et des gaz suffo- 
cants ». 

Le troisième emprunt de guerre allemand a donné 
12 milliards de marks (depuis le début de la guerre, 
20 milliards). 

Suivant les informations reçues à Washington, 
45o.ooo Arméniens ont été massacrés par les Turcs; 
600.000 sont sans asile et meurent de faim. 

Dimanche 26 septembre. — Le roi Ferdinand 
aurait dit : « Je n'ai jamais eu l'intention d'attaquer la 
Serbie. Nos revendications se réalisent parla force des 
choses. Si l'Entente envoyait des troupes dans les Bal- 
kans, nous prendrions des mesures pour la défense de 
nos intérêts. » On dit que les soldats bulgares ne veu- 
lent pas se battre contre les Russes. 

L'offensive alliée a continué en Artois et en Cham- 
pagne. Les Allemands se sont retirés de Souchez sur 
les lignes de Loos-les-Lens, et d'Auberive et Ville-sur- 
Tourbe vers le nord de Perthes. Les Français ont pris 
le fortin de Beauséjour. On parle de plus de 20.000 pri- 
sonniers et de 3o canons. Un officier allemand écrit 
dans son carnet le dimanche soir : « L'infanterie a 
éprouvé des pertes colossales ; il s'en est fallu d'un 
cheveu que notre ligne ait été perdue. » Mais l'échauf- 
fem'-at des pièces, le mauvais temps, la fatigue des 
hommes ont mis fin à l'offensive vers la nuit. 

La cavalerie russe bat la cavalerie allemande sur la 
Vilia supérieure. 

Dans la semaine écoulée, à l'est de Vileika, les Russes 
ont pris i3 canons et 33 mitrailleuses. 

Les Autrichiens, renforcés, attaquent en Galicie, 
mais sont repoussés. 

Dans le golfe de Riga, une escadrille russe est bom- 
bardée par des avions allemands. 

Manifestations anti-allemandes à Bucarest; les étu- 
diants envahissent les bureaux des journaux à la solde 
de l'Allemagne. 



60 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Le ministre Barzilaï, parlant à Naples, révèle que, le 
i4 juillet 1914? l'ambassadeur d'Allemagne à Constan- 
tlnople confia à l'ambassadeur d'Italie que la note pré- 
parée k l'adresse de la Serbie serait telle qu'elle renclrait 
la guerre inévitable. 

.On possède la copie, à Amsterdam, d'un registre des 
victimes civiles pendant l'invasion de la Belgique. A 
Dinant, les 28 et 24 août, les autorités militaires ont fait 
fusiller 606 habitants, entre autres deux prêtres de 
quatre-vingt-un et quatre-vingt-cinq ans. 

Lundi 21 septembre. — On mande de Sofia que 
le Gouvernement bulgare espère utiliser l'armée comme 
levier dans la lutte diplomatique. 

Les Anglais progressent k l'est de Loos vers Hulluch ; 
ils ont pris 2.85o hommes, 18 canons et 82 mitrail- 
leuses. 

Le communiqué français indique un arrêt en Cham- 
pagne, où la seconde ligne allemande paraît plus forte 
que la première. Le nombre des officiers pris atteint 
3oo. Les Dernières Nouvelles (de Munich) annoncent 
que la situation allemande est difficile k l'ouest où l'on 
envoie en hâte des renforts. 

Une offensive allemande en Argonne est complè- 
tement arrêtée. 

Violente offensive monténégrine contre les positions 
autrichiennes. 

La Serbie veut attaquer la Bulgarie, mais en est 
détournée par l'Angleterre (Temps, 12 novembre). 

Sur un secteur occupé par un seul régiment russe 
vers Ochmiany, les Allemands ont lancé 10.000 obus de 
gros calibre. 

On affirme k Petrograd que l'attaque allemande 
contre Dvinsk a échoué, coûtant à l'ennemi un septième 
de ses effectifs. 

Journal de Genève : « L'avance si rapide des Austro- 
Allemands tourne aux combats de consolidation et 
même de défense. Les forces du Tsar se sont ressaisies. » 

L'annonce des succès français provoque l'enthou- 
siasme k Bucarest. Un journal allemand de Bucarest 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 61 

écrit : « Toute coopération amicale avec la Roumanie 
est finie. A partir de ce jour commence ce que Buca- 
rest avait toujours cherché à empêcher, notre coopéra- 
tion avec la Bulgarie, qui devient l'appui cherché par 
l'Allemagne dans les Balkans. » 

Le 3°/o français est tombé à 67, en prévision du 
grand emprunt futur. 

Mardi 28 septembre. — Dumba a informé le 
département d'Etat de son rappel ; il s'embarquera le 
5 octobre. 

Le roi Ferdinand refuse la démission du ministre des 
Finances bulgare. A la suite d'un accord avec la Grèce, 
les avant-postes des deux armées sont éloignés. 

Les Anglais ont fait 3. 000 prisonniers, pris 21 canons 
et 4o mitrailleuses. Ils combattent à peu de distance de 
la troisième ligne allemande. 

L'aile droite russe est vivement pressée près d'Och- 
miany. Le 4i' corps allemand, surpris par une inonda- 
tion dans les marais de Pinsk, est presque détruit. 

Cédant à de nouvelles attaques, les Russes sont re- 
foulés sur la rive droite du Styr. Ils ont reperdu Lutsk. 

Le cuirassé Benedetto Brin coule, par suite d'une 
explosion, dans le port de Brindisi. 

Sir E. Grey dit au Parlement : « Nous sommes pré- 
parés à donner k nos alliés des Balkans, de concert 
avec les AUiés, l'entier appui dont nous disposons. » 

Mercredi 29 septembre. — Au Parlement grec, 
Venizelos a déclaré que la mobilisation grecque répon- 
dait à la mobilisation bulgare, mais que la Grèce affir- 
mait ne nourrir aucun dessein hostile contre la Bulgarie 
et la Serbie. Gounaris approuve ces déclarations au nom 
de la minorité. 

Les Français ont atteint le point culminant des crêtes 
de Vimy en Artois. Les pertes allemandes, depuis le 
24, atteignent 28.000 prisonniers et 79 canons, plus 
3oo prisonniers faits du 28 au 29 à deux divisions de 
la Garde et i.ooo prisonniers faits au nord de Mas- 
siges. 

La Gazette de Francfort admet le recul et les grosses 



62 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

pertes des Allemands, mais nie que le front ait été 
percé. 

On annonce au Parlement anglais un succès des 
Anglais sur le Tigre (le 27) et leurs progrès vers Bag- 
dad. 

L'emprunt franco-anglais aux Etats-Unis a été souscrit 
par le syndicat Morgan. 

Jeudi 30 septembre. — Au sud de Ripont, sur la 
rive droite de la Dormoise, nous prenons pied dans un 
ouvrage allemand qu'une contre-attaque nous oblige à 
abandonner. 

Sur le seul front de Champagne, les Allemands ont 
perdu 121 canons. 

Les Bulgares retranchent et fortifient la ligne du 
Timok, pour établir une jonction entre l'Autriche et la 
Bulgarie. 

On dit à Nisch qu'il y a sur la frontière sei*be 5oo.ooo 
hommes, dont 35o.ooo Allemands. 

On annonce à Petrograd que 20 autos, avec des ins- 
tructeurs allemands et quantités de munitions, sont 
arrivés à Erzeroum. 

Pendant le mois de septembre, des sous-marins alle- 
mands ont coulé 29 vapeurs ; les mines en ont dé- 
truit 10. 

Il y a 25.000 Anglais prisonniers en Allemagne. 

Sur le front oriental, en septembre, les Allemands au- 
raient perdu Soo.ooo hommes, les Autrichiens 260.000; 
avec les malades et les soldats noyés dans les marais de 
Pinsk, les Austro-Allemands auraient perdu l'équiva- 
lent de douze corps. 



I 



OCTOBRE 



! 



Vendredi 1" octobre. — On dit à Londres que 
des officiers allemands arrivés à Sofia ont pris en main 
la direction de l'armée bulgare. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 63 

L'Entente exige de la Bulgarie une réponse à sa der- 
nière note, faute de quoi les propositions d'agrandisse- 
ment faites à la Bulgarie seraient retirées. 

Des contre-attaques allemandes sont arrêtées en 
Artois et en Champagne. 

Bombes allemandes sur Verdun. 

Le centre russe a progressé; les Allemands ont été 
rejetés au delà de la Chara. On remarque le ton 
confiant du communique russe. , 

On assure que les Allemands ont perdu, k cette 
date, 54 sous-marins. 

Un dirigeable français bombarde les gares d'Attigny 
et de Vouziers. 

Une dépêche chiffrée de BernstorfT figure dans les 
papiers de l'Américain Archibald, convainquant de 
mensonge ce diplomate, suivant lequel Archibald n'au- 
rait reçu de lui aucun papier diplomatique. 

La France a des avions-canons (mentionnés pour la 
première fois dans le communiqué du 2), qui ont bom- 
bardé les lignes allemandes. 

Samedi 2 octobre. — Les Anglais reprennent 
deux tranchées qu'ils avaient perdues le 2g au nord- 
ouest d'Hulluch. 

Le communiqué russe parle du passage méthodique 
des troupes du Tsar de la défensive k l'offensive, mal- 
gré l'avance des Allemands sur le Styr et dans la 
région des lacs de Dvinsk. 

4.000 déserteurs bulgares ont passé en Roumanie. 

On mande de Petrograd au Carrière d'Italia que la 
Russie a 2 millions d'hommes sur le front contre 2 mil- 
lions 5oo. 000, mais qu'une nouvelle armée de i.5oo.ooo 
hommes, concentrés dans la région de Petrograd, va 
être envoyée sur le front et que 600.000 hommes sont 
prêts dans la région d'Odessa. Sur tout le parcours 
sibérien, les rails'ont été doublés. 

Dimanche 3 octobre. — L'Entente fait savoir k la 
Bulgarie que les propositions faites par elle sont 
retirées. 

Venizelos invite le Gouvernement roumain à faire 



64 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

une démarche commune à Sofia pour avertir les Bul- 
gares que les conséquences d'une attaque contre la 
Serbie seraient très graves. 

Suivant la Gazette de Francfort, la Grèce mettrait 
100.000 hommes k la disposition de la Serbie. 

Nouveau bombardement de la côte belge par l'es- 
cadre anglaise. 

Les Russes continuent leur offensive. Ils ont rejeté 
sur la rive gauche les Allemands qui avaient passé le 
Niémen au nord-est de Novogroudok. 

On dit en Italie que les récents succès des Français 
sont dus au nouvel obusier du Creusot. 

Les pertes prussiennes atteignent i. 916.000 hommes. 

Lundi 4 octobre. — La Russie adresse un ultima- 
tum à la Bulgarie, qui commence à concentrer 35o.ooo 
hommes. La France, l'Angleterre et l'Italie s'y asso- 
cient. 

Venizelos déclare à la Chambre grecque que les 
obligations de la Grèce envers la Serbie seront respec- 
tées, même au risque d'une brouille regrettable avec 
l'Allemagne.^ La Chambre l'approuve par 142 voix 
contre 102. Emotion intense k Athènes. 

Mardi 5 octobre. — Le roi de Grèce déclare à 
V^enizelos qu'il ne peut le suivre jusqu'aux conséquences 
extrêmes de sa politique ; Venizelos donne sa démission. 

Les représentants de l'Entente k Sofia demandent 
leurs passeports. 

L'Allemagne regrette le torpillage de l'Arabie et se 
déclare prête k payer une indemnité pour les vies 
américaines perdues. 

Depuis plusieurs jours, en Champagne, les Allemands 
prodiguent les obus suffocants. 

Commencement du bombardement de Belgrade, 
extrêmement violent. 

Les Français ont débarqué les premiers k 4 kilo- 
mètres de Salonique, dans un territoire concédé k la 
Serbie pour ses entrepôts. La Grèce proteste, mais 
pour la forme seulement. Le premier contingent fran- 
çais serait de 18.000 hommes. 



I, 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 65 

Les Russes attaquent violemment au nord-est de 
Czernovitz. On assure qu'ils ont beaucoup de munitions. 

Le dirigeable Alsace a dû descendre près de Rethel ; 
l'équipage est prisonnier. 

On prétend (à tort) que les corps austro-allemands 
massés contre la Serbie comptent 4oo.ooo hommes et 
2.000 canons. 

L'Amérique a souscrit 800 millions de dollars pour 
l'emprunt anglo-français. 

Mercredi 6 octobre. — Les Français enlèvent 
Tahure et la butte de ce nom ; ils progressent aux 
environs de la ferme Navarin (i. 000 prisonniers). 

Les premiers soldats français sont reçus avec enthou- 
siasme en Serbie. 

Les Alliés se sont mis d'accord avec Venizelos pour un 
débarquement en force à Salonique, moyennant une 
protestation grecque de pure forme. 

Succès russe au sud de Smorgoni. 

A la Chambre des Lords, il est question de l'extermi- 
nation des Arméniens par les Turcs en Anatolie. 

L'Allemagne publie un Livre Blanc protestant contre 
l'emploi de troupes de couleur par l'Angleterre et la 
France. 

Jeudi 7 octobre. — Cabinet Zaïmls — Gounaris en 
Grèce. L'Allemagne proteste contre le débarquement 
des Alliés à Salonique. 

On dit qu'un radiotélégramme intercepté atteste que 
l'armée turque est à bout de ressources. 

Les Allemands progressent un peu au nord-ouest de 
Dvinsk. 

Les sous-marins anglais se montrent actifs dans la 
Baltique. 

Le transport Amiral-Hamelin est coulé, à l'ouest de 
Cerigo, par un sous-marin autrichien. 

Une mission militaire serbe, arrivée à Rome, se rend 
au quartier général italien. 

Le duc de Montpensier adresse une lettre violente à 
son oncle Ferdinand de Bulgarie. 

« Les Alliés doivent agir (en Serbie) comme s'ils 

94. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 5 



66 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

étaient seuls, ce qui est peut-être le meilleur moyen de 
ne pas le rester. » (Rousset, Liberté.') 

Le Berliner Tageblatt dit que le prix de la vie a 
augmenté de 64 °/o- 

Vendredi 8 octobre. — Une violente offensive 
allemande contre Loos est repoussée ; les Anglais contre- 
attaquent et gagnent 4oo mètres de tranchées. 

Les Allemands ont franchi la Save et le Danube sur 
plusieurs points. Les Serbes ont dû évacuer Belgrade, 
à moitié détruite par un bombardement impitoyable. Les 
artilleurs français et anglais ayant coopéré à la défense 
de Belgrade se retirent à travers les montagnes, sui- 
vant des sentiers pendant plusieurs centaines de kilo- 
mètres. 

Les Allemands affirment n'avoir pas perdu plus de 
i5 sous-marins et en posséder plus qu'au début de la 
guerre. 

Les Alliés bombardent et détruisent les hangars d'a- 
viation k Gand. 

Le nombre des usines, contrôlées par l'État en Angle- 
terre, atteint 979. 

Samedi 9 octobre. — Nouvelle attaque allemande, 
plus faible et plus aisément repoussée, k Loos. Les 
troupes qui ont effectué les deux attaques ont perdu 
presque tous leurs officiers et 80 °/o de leurs effectifs. 

Les Allemands prennent deux villages près de 
Dvinsk. 

Les Russes, avec une artillerie nouvelle, bombardent 
les tranchées autrichiennes en Bessarabie. 

Deux navires anglais bombardent sans interruption 
la côte belge. 

Des sous-marins ont été aperçus près de la côte de 
Grimée. 

Vienne et Berlin célèbrent la prise de Belgrade. 

La Gazette de Francfort estime que l'offensive 
contre la Serbie est une opération « très difficile et 
digne de Napoléon ». 

On croit savoir à Athènes qu'un traité secret, signé 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 67 

le 17 juillet par le prince d'Hohenlohe à Sofia, assure 
a la Bulgarie Salonique, Cavala, Drama et Sérès. 

Les pertes des Anglais à Gallipoli atteignent 96.899 
hommes, dont 19.000 tués. Jusqu'au 9 octobre, les 
Anglais ont perdu 493.000 hommes, dont 1 01. 000 morts. 

E. Lavisse écrit dans le Temps (du 10) : « La vic- 
toire de l'Allemagne serait, pour les vaincus, la ban- 
queroute, suivie de l'universelle et incurable misère... 
La patience est le courage des non-combattants et elle 
est leur arme. » 

Dimanche 10 octobre. — Les Allemands, suivant 
French, auraient eu 7.000 à 8.000 tués au cours de 
leurs attaques devant Loos. 

Les Autrichiens attaquent violemment le front mon- 
ténégrin. 

Les Allemands sont refoulés près de Dvinsk et sur la 
rive droite du Styr. 

Un sous-marin anglais torpille un vapeur allemand 
dans le Sund. 

Lundi il octobre. — Le ministre de Bulgarie à 
Bucarest déclare que la Bulgarie renonce à ses pré- 
tentions sur Cavala et sur les territoires occupés par 
la Roumanie en 1918. 

Progrès français au nord-est de Tahure et à l'est du 
chemin de Souchez k An grès. Bombes allemandes sur 
Soissons. 

Les Bulgares prétendent mensongèrement que les 
Serbes les ont attaqués; en réalité, ce sont eux qui ont 
attaqué par surprise à Koritza-Glava et occupé Kita. 

Les Allemands occupent Semendria. 

Succès allemand au nord-est d'Illutsk, dans la région 
de Dvinsk. 

Un échec autrichien sur la Strypa vaut aux Russes 
2.000 prisonniers et 4 canons. 

Journal des Balkans (Bucarest) : « La question bal- 
kanique se résoudra sur les ruines du royaume bulgare, 
et sur la tombe de la Bulgarie on écrira comme 
épitaphe : Tuée par son Roi. » 



63 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Mardi 12 octobre. — Zaïmis déclare que la Grèce 
conservera une neutralité armée, bienveillante pour 
l'Entente. Il fait savoir au Gouvernement serbe que les 
conventions de 191 3 entre la Grèce et la Serbie visaient 
des questions purement balkaniques et ne peuvent 
avoir d'effet actuellement. 

Une note de Washington k Berlin demande que lors- 
qu'un navire devra être détruit pour transport de contre- 
bande, on transfère les passagers et l'équipage par un 
moyen moins dangereux que les petites barques. 

Violentes attaques allemandes, repoussées au nord- 
est de Souchez et dans les Vosges. 

20.000 blessés Austro-Allemands arrivent à Semlin. 

Des troupes anglaises débarquent à Salonique. 

Suite des succès russes sur la Strypa et à l'ouest de 
Trembovla. 

Cinq vapeurs allemands ont été coulés dans la Bal- 
tique par des sous-marins anglais. 

Constantinople a déjà été ravitaillée en farine par la 
Bulgarie. 

Le comte Reventlov, dans la Deutsche Tageszeitung, 
justifie les massacres des Arméniens par les Turcs. 

Viviani dit à la Chambre : « Sans affaiblir notre 
front, nous avons le devoir de remplir les missions que 
nous imposent notre intérêt et notre honneur. Nous 
sommes en parfait accord avec le général en chef... 
L'entente avec le Gouvernement britannique est com- 
plète... La Russie a tenu à se joindre à ses Alliés. » 

Mercredi 13 octobre. — Démission de Delcassé, 
ministre des Affaires étrangères, remplacé par Viviani. 
Il s'ensuit un débat à la Chambre; l'expédition d'Orient 
est approuvée par un vote de confiance (872 voix 
contre 9 ; nombreuses abstentions). 

Les Anglais bombardent les tranchées allemandes et, 
se faisant précéder de nuages de fumée et de gaz, en 
conquièrent plusieurs au sud et à l'ouest d'Hulluch, mais 
doivent les abandonner sous le feu ennemi. 

Attaquant violemment vers Vimy, Givenchy et Sou- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 69 

chez, les Allemands pénètrent seulement dans quelques 
tranchées du bois de Givenchy. 

Le général Sarrail est reçu avec enthousiasme à 
Salonique. 

Les Serbes résistent héroïquement sur les deux fronts. 

Varna et Bourgas sont déclarés en état de siège ; les 
ports bulgares sont bloqués par la flotte anglo-française. 

Echec des Turcs au sud du lac Van. 

Les sous-marins anglais coulent des vapeurs alle- 
mands en Baltique. 

Raid de dirigeables sur Londres : 55 tués, 1 15 blessés. 

On annonce que le Japon envoie à la Russie de nom- 
breux canons lourds du type dit Ogata. 

L'amiral Degouj (Information) prétend que les 
escadres alliées pourraient forcer le passage des Darda- 
nelles. 

L'entrée de la Serbie dans la sphère des opérations 
porte le front allemand k 1.460 milles, dont 800 en 
Russie, 4oo en France, 200 en Serbie. 

Jeudi 14 octobre. — Un sous-marin anglais coule 
un torpilleur allemand a l'est de l'île Moen. 

A Londres, une réunion de parlementaires et de per- 
sonnages influents réclame des représailles contre les 
raids de dirigeables allemands. 

5o.ooo Bulgares, refusant de répondre à l'ordre de 
mobilisation, sont restés en R.ussie. 

Viviani au Sénat et Grey aux Communes annoncent 
la coopération de l'Italie dans les Balkans. 

a Le Gouvernement hellénique ne déchire pas brutale- 
ment le traité d'alliance. Il explique son abstention 
en casuiste byzantin. » (Le Temps.) 

Le Gouvernement anglais demande 35. 000 conscrits 
par semaine. 

Il est établi que plus de 5. 000 civils, dont un grand 
nombre de prêtres, ont été fusillés par ordre des Alle- 
mands en Belgique. Pourtant, l'Espagne cléricale est 
liostile aux Alliés et, comme le remarque le Temps : 
« Le parti clérical est l'agent le plus actif de la propa- 
gande allemande en Suisse. » 



70 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Sir Edward Grey dit aux Communes : « Nous com- 
battons pour le droit de vivre, non pas à l'ombre du 
militarisme prussien, qui n'observe pas les règles 
acceptées de l'humanité et de la guerre, mais libres de 
menace et d'oppression. » 

Vendredi 15 octobre. — Les Allemands repren- 
nent des tranchées au sommet de l'Hartmannswillerkopf, 
mais sont repoussés ailleurs, malgré l'emploi de jets de 
pétrole enflammé. 

Les Serbes ont franchi sur quelques points la fron- 
tière bulgare dans la direction de Strumitza. 

La flotte anglaise bombarde Ostende et Westende. 

On dit qu'un traité secret entre la Bulgarie et la 
Grèce aurait été signé (Voir le Matin, 17 novembre) ; 
mais la Grèce dément l'existence de ce traité. 

« Les Prussiens des Balkans ont été à l'école de 
Berlin. Et la « folle provocation de Bielogradjik », 
comme le dit le cynique communiqué bulgare, rem- 
place les imaginaires bombardements par avions de 
Nuremberg et d'autres villes, par quoi les Allemands 
justifiaient leur déclaration de guerre à la France. » 
{Temps.) 

Le cabinet roumain décide une fois de plus en faveur 
de la neutralité. 

Wilamowitz-Moellendorf, recteur de l'Université de 
Berlin, déplore, dans un discours d'ailleurs injurieux 
pour la France, que la solidarité scientifique si labo- 
rieusement établie soit compromise et ajoute : « Ce 
que le patriotisme ne peut m'obliger à faire, est de 
retirer à plusieurs savants étrangers l'estime et la fidèle 
afTection que je leur porte. Je suis persuadé que mes 
sentiments sont payés de retour, même à l'Institut de 
France, qui m'a exclu de son sein. » 

Samedi 16 octobre. — L'Angleterre déclare la 
guerre à la Bulgarie. 

Les Alliés notifient le blocus des côtes bulgares. 

Les Français reprennent des tranchées sur l'Hart- 
mannswillerkopf et, de plus, un fortin. 



CHRONOLOGIE DE La'gUERRE 71 

Les Italiens prennent Pregasina près du lac de Garde. 

Les Français occupent la gare de Strumitza. 

Échec complet des attaques autrichiennes sur la 
Strypa. 

Les armées russes du sud ont reçu l'ordre de ne 
plus économiser les munitions. Les journaux allemands 
constatent la supériorité de la nouvelle artillerie russe. 

Des avions français bombardent la gare des Sablons 
(Metz) et Trêves. 

Le Times demande qu'on prenne des mesures ami- 
cales, mais énergiques, pour faire préciser l'attitude de 
la Grèce. 

Berliner Tageblatt : « Le courage des Serbes est 
colossal. Ils ne se rendent jamais ; ils aiment mieux 
mourir. » 

Les Allemands ont ramené en France, du front 
oriental, la Garde et le io= corps. Les troupes atta- 
quant la Serbie ont été prélevées entre Vilna et le Pripet. 

Le traité définitif de l'emprunt anglo-français a été 
signé dans la banque Morgan à New-York ; 800 banques 
américaines étaient représentées. 

56o cas de typhus ont été constatés à léna : il y a des 
cas de choléra à Kiel et à Berlin. 

Owen Johnson, revenu du front, écrit dans ColUer's 
Weekly, revue américaine : « Un miracle de purifica- 
tion et de sanctification a balayé la France. » 

Harden (^Zukunft), après avoir énuméré les fautes 
de l'Entente, notamment l'erreur commise en ne pour- 
suivant pas le Gœben, dit qu'il faut faire la paix avec 
la Serbie, qui perdrait la Macédoine, mais recevrait 
l'Albanie et quelques ports sur l'Adriatique ; qu'il faut 
faire la paix avec l'Italie, dont la ruine n'est ni dans 
le programme de l'Allemagne, ni dans celui de l'Au- 
triche ; enfin, qu'il faut s'entendre avec la Belgique. 
L'Allemagne doit profiter de ses avantages actuels 
pour faire la paix avec honneur. 

Dimanche il octobre. — La France déclare la 
guerre à la Bulgarie. 

La situation des Serbes devient périlleuse. Au nord, 



72 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

les Austro-Allemands, ayant franchi la Save à Obre- 
novatz, remontent la vallée de la Kolubra ; au sud du 
Danube, ils sont près de Pojarevatz. Sur le Timok, les 
Bulgares avancent; au sud, ils marchent sur Kumanovo. 

Progrès russes sur le front de Dvinsk et au sud du 
Pripet (3. 3oo prisonniers). L'offensive allemande a cessé 
presque complètement, sans doute par suite du retrait 
des troupes employées en Serbie. 

Les Turcs ont évacué Kirmanshah (Perse). 

Un avion allemand a jeté des bombes sur les environs 
de La Chaux-de-Fonds (Suisse). 

A Bucarest, manifestation contre l'ambassade d'Al- 
lemagne, dont les vitres sont brisées. 

Dans les papiers d'Arthur Geissler, ex-directeur de 
l'hôtel Astona à Paris, on a trouvé une lettre de l'aide 
de camp de la princesse de Saxe-Meiningen, datée du 
27 juillet, et prouvant qu'à cette date le monde officiel 
allemand avait décidé la guerre. 

« Désespérant d'obtenir la solution sur l'un quel- 
conque des anciens fronts, le Kaiser va la chercher à 
Constantinople. On prétend cju'il a dit : « Quand je n'au- 
rai plus assez de soldats, firai en prendre en Asie. » 
(Rousset, Liberté.') 

Lundi 18 octobre. — Le général Sarrail est parti 
pour la Serbie. 

Les Bulgares ont coupé la voie Nisch-Uskub. 

Commencement d'un bombardement très intense de 
Gorizia. 

Succès russes sur le Styr (3. 000 prisonniers); les 
Allemands se replient sur Kovel. 

Les Russes perdent du terrain vers Riga et Mitau. 

Sir Jan Hamilton, rappelé des Dardanelles en Angle- 
terre, est remplacé par le général sir C. Monro. 

Le registre national tenu en Angleterre montre qu'il y 
a 1.200.000 hommes âgés de dix-neuf à quarante et un 
ans qui sont disponibles pour le service. 

On dit à Petrograd que l'emploi des gaz asphyxiants 
a été longtemps interdit par Guillaume II, qui a fini 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 73 

Ear céder aux instances du Kronprinz et de Hinden- 
urg. 
Les Grecs habitant la Suisse, la Hollande, la Chine 
et d'autres pays télégraphient au roi pour le prier de 
sauver l'honneur et l'avenir de la Grèce en secourant 
les Serbes. 

Mardi 19 octobre. — Manifeste de Nicolas II, dé- 
nonçant la trahison bulgare au nom du slavisme et 
remettant le sort des traîtres à la justice divine. 

L'Italie déclare la guerre à la Bulgarie. 

Une violente attaque allemande vers Reims échoue 
complètement. 

Les Italiens progressent dans la région Tjrol-Trentin. 

Les Bulgares ont refoulé les Serbes sur Uskub, dont 
la population a quitté la ville et dont les communica- 
tions avec Nisch sont coupées. Les ministres de l'En- 
tente se sont retirés à Krajevo. L'armée serbe est 
coupée de Salonique. 

La victoire des Russes^sur le Styr est complète; en 
amont et en aval de Tsartorisk, l'ennemi bat en retraite, 
abandonnant des prisonniers et des canons. 

Le i8 et le 19, les sous-marins anglais de la Baltique 
ont coulé huit navires allemands. 

Le ministre Tennant, questionné aux Communes, 
reconnaît que lors du dernier raid allemand sur Lon- 
dres, il n'y avait que trois avions pour défendre le 
Comté. 

Un journal bulgare menace la Grèce, en raison de sa 
neutralité trop complaisante aux Alliés. 

Mercredi 20 octobre. — L'Entente a prié Zaïmis 
de renoncer à sa politique équivoque, lui a demandé 
contre qui la Grèce avait mobilisé et ajouté qu'il était 
du devoir de la Grèce d'aider la Serbie. L'Angleterre a 
offert l'île de Chypre k la Grèce pour prix de son inter- 
vention. 

Nouvelle attaque allemande en Champagne, avec des 
gaz suffocants; elle est repoussée. 

Commencement de la grande bataille du Carso, où 



74 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 



1 



l'on dit que 1.200.000 hommes et 5. 000 canons sont en 
présence. 

Les Bulgares ont repoussé les Serbes jusqu'au Vardar 
et l'ont franchi à Velès (Kuprulu). 

20.000 Austro-Allemands marchent contre le Monté- 
négro. 

Les Allemands cherchent à forcer le passage de la 
Dvina entre Riga et Friedrlchstadt. Dans la région de 
Mitau, ils tiennent la rive de la Dvina, de Borkovitz à 
Bersemunde. Au sud-est de Baranoviczi, les Russes 
enfoncent les Allemands et font 3.Goo prisonniers (dé- 
tails dans le Temps, 26 octobre). 

Progrès russes sur la rive gauche du Styr. 

Un transport anglais est torpillé près de l'île de 

Dans la semaine finissant le 20, les sous-marins alle- 
mands n'ont coulé qu'un bateau anglais, sur 1.299 
arrivés et partis. 

Depuis le début de la campagne anglaise dans la ■ 
Baltique, 28 navires allemands ont été coulés; le taux ■ 
des assurances a décuplé. f 

L'Allemagne avoue la perte de [\?> sous-marins depuis 
le début de la guerre. 

On dit que les Anglais ont construit de grands moni- 
tors avec canons de 3o5 portant à i5 milles et à l'abri 
des torpilles. 

Des dirigeables et des avions survolent la Baltique, à 
la recherche des sous-marins anglais. 

En Roumanie, V Adeverul menace le roi d'un mouve- 
ment populaire. 

La Suisse a protesté à Berlin contre les bombes 
lancées le 17 sur son territoire (4 blessés, gros dégâts). 

On affirme que bientôt un nouveau chemin de fer 
joindra Petrograd à Ekaterina, port libre de glaces. 

Le total des dépenses de la guerre, sans compter la 
Turquie, atteint 122 milliards, dont 21 pour la France, 
3o pour l'Angleterre, 18 pour la Russie, 87 pour l'Alle- 
magne. 

L'e.t-président Tait écrit : « L'Amérique ne doit pas 
avoir de cesse tant que les Alliés n'auront pas termmé 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 75 

leur œuvre et que l'Europe ne sera pas délivrée du 
militarisme prussien. » 

Jeudi 21 octobre. — Grande offensive italienne sur 
le front de l'Isonzo, de Caporetto à la mer. Le front 
autrichien est percé (1.200 prisonniers). Les Allemands 
avouent que les Autrichiens ont dû évacuer leur pre- 
mière ligne dans la région du lac de Garde. 

Les Bulgares occupent Pirot et marchent sur Nisch. 

La cavalerie turque aide les Bulgares à Velès. On dit 
que la population bulgare de Stara-Zagora s'est révoltée 
en apprenant l'arrivée des Turcs. 

Les Français, ayant franchi le Vardar, menacent les 
Bulgares au sud d'Istip. 

Les Russes contiennent les Allemands sur le front 
Riga-Dvinsk et remportent une victoire près de Tarno- 
pol (7.500 prisonniers, 2 mortiers). 

Le Japon oppose son veto au rétablissement de la 
monarchie en Chine, favorisé par l'Allemagne. 

Les flottes anglo-françaises bombardent Dédéagatch 
et Porto-Lagos, tuant i.ooo soldats bulgares. 

L'importation des métaux de Suède en Allemagne 
est interrompue par l'action des sous-marins anglais. 

Un meeting d'indignation a lieu k Trafalgar-Square 
pour protester contre l'exécution d'une nurse anglaise 
il Bruxelles, Miss Gavell. On vote à l'unanimité la réso- 
lution suivante : « Nous, citoyens de l'Empire britan- 
nique, déclarons que nous ne remettrons pas l'épée au 
fourreau avant d'avoir vengé l'assassinat de Miss Ga- 
vell. » Cette infamie émeut également la Hollande et 
les Etats-Unis ; on dit que le pape aurait protesté par 
l'entremise du cardinal Hartmann. 

Gazette de Lausanne : « Alors que la Gazette de 
Voss annonce que la Grèce se prépare à dénoncer son 
traité avec la Serbie, alors que la Gazette de Cologne 
analyse l'accord aux termes duquel la Bulgarie s'en- 
gage à fournir de blé la Grèce, certains organes de la 
presse alliée persistent à faire fond sur le Gouverne- 
ment hellénique. On a peine à comprendre un tel aveu- 
glement. » 



76 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Vendredi 22 octobre. — Le roi Constantin étant 
formellement opposé à toute intervention, la Grèce 
refuse l'offre de Chypre. La Gazette de Francfort dit 
qu'elle pourra obtenir cette île a meilleur compte de la 
Turquie, comme prix de sa neutralité. 

Nouvelle avance italienne sur le Garso (2.000 prison- 
niers). 

Pluies torrentielles en Serbie, arrêtant les progrès 
allemands. Les Français repoussent les Bulgares, qui 
les attaquent vers Strumitza. 

Le Gouvernement suédois proteste contre le bombar- 
dement d'un sous-marin suédois dans les eaux alle- 
mandes par un chalutier armé allemand. 

Des avions alliés détruisent le pont de l'Escaut à Ter- 
monde. 

Deux avions allemands survolent la Roumanie. 

Proclamation du roi d'Angleterre demandant de nou- 
veaux enrôlements. 

Le colonel Bordeaux, ancien membre de la mission 
militaire française en Grèce, a paru dans la tribune di- 
plomatique de la Chambre grecque et a été acclamé. 

Le professeur Fougères attribue l'attitude de la Grèce 
à une « crise de confiance ». {Matin.') 

A. H. Pollen écrit : « Quand la guerre sera finie, il 
sera établi que la flotte anglaise a sauvé les libertés de 
l'Europe. Il y a des indices qu'elle déploiei-a bientôt 
toute sa puissance, ce qui n'est pas peu dire. » 

Samedi 23 octobre. — Pour la huitième fois 
depuis cinq jours, une attaque allemande sur le front 
de Givenchy est repoussée. 

Nouveau progrès italien sur le Carso (i.ooo prison- 
niers). 

A la suite d'une attaque de flanc opérée par les Fran- 
çais sur le front Krivolak — Strumitza, l'offensive bul- 
gare vers Velès a été arrêtée. 

Les Allemands ont occupé Tekia, se rendant maîtres 
des Portes de Fer ; ils peuvent désormais ravitailler les 
Turcs à travers la Bulgarie. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 77 

Les Autrichiens ont forcé le front monténégrin près 
de Visegrad. 

Des troupes russes débarquent au nord-ouest du 
golfe de Riga, menaçant les derrières allemands. Les 
Allemands progressent au sud-est de Riga et prennent 
lUuxt (région de Dvinsk). 

Le grand croiseur Prinz-Adalbert a été coulé près 
de Libau par un sous-marin anglais. 

Du 1 1 au 23, les sous-marins anglais ont coulé 20 na- 
vires allemands en Baltique. 

De nombreux déserteurs bulgai'es an^ivent à Silistrie. 

Harden {ZukunfC) conseille aux Allemands la mo- 
destie et demande la pendaison des accapareurs. 

Dimanche 24 octobre. — Une note américaine à 
l'Angleterre conteste la légalité du blocus des côtes 
allemandes. 

Succès français en Champagne : prise de la « Cour- 
tine », à 2 kilomètres au nord de Mesnil-lès-Hurlus 
(200 prisonniei's). 

Prise d'Uskub par les Bulgares. 

Le correspondant militaire du Times est autorisé par 
le quartier général russe à dire que la crise subie par 
l'armée de mai à septembre est terminée. 

Un transport anglais a été coulé au sud-est de Salo- 
nique. 

Une escadre italienne participe au blocus de la côte 
bulgare. 

Des avions allemands bombardent Venise ; le toit de 
l'église degli Scalzi s'effondre, entraînant la ruine 
d'une fresque de Tiepolo. 

L'Allemagne fait des excuses à la Suisse pour le jet 
de bombes k La Chaux-de-Fonds. 

Vives manifestations à Bucarest et à las.sy ; les étu- 
diants acclament la cause des Alliés et Filipesco me- 
nace de renverser Bi-atiano (détails dans le Journal de 
Genève du 28). 

Le New-York American publie une entrevue avec 
Hans Delbrùck, suivant lequel il serait possible de 
faire la paix moyennant la cession à l'Allemagne de 



78 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

l'Ouganda et des Congos ; une indemnité devrait être 
payée par l'Angleterre, comme équivalent à ses dé- 
penses de guerre d'une année. L'Allemagne garderait 
les provinces baltiques. 

« Seule la défaite pourra rendre à l'Allemagne sa 
conscience d'autrefois, remplacée aujourd'hui par 
l'ivresse guerrière. » {Journal de Genève.) 

Lundi 25 octobre. — Le Gouvernement britannique 
déclare abrogé le paragraphe 67 de la Déclaration de 
Londres, suivant lequel la nationalité d'un vaisseau 
est entièrement déterminée par son pavillon. 

Une contre-attaque allemande reprend le centre de la 
ft Courtine ». 

Les Autrichiens auraient perdu 20.000 hommes, dont 
3.000 prisonniers, dans la première journée de la ba- 
taille du Carso. 

Les Autrichiens et les Bulgares opèrent leur jonction 
près de Kladovo. 

Les Autrichiens passent la Drina près de Visegrad. 

Les Allemands occupent un des bras de l'île de 
Dahlen, dans la Dvina. 

On confirme qu'un sous-marin anglais a coulé un croi- 
seur allemand près de Liban. L'Allemagne a déjà perdu 
la moitié de ses croiseurs cuirassés et le tiers de ses 
croiseurs légers. 

Les manifestations interventionnistes continuent à 
Bucarest. 

La police de New-York a arrêté un officier allemand 
qui fabriquait des explosifs pour couler les navires 

Sortant des munitions. On remarque que, depuis le 
ébut de la guerre, il y a eu aux États-Unis vingt-deux 
explosions dans des usines travaillant pour les Alliés et 
quatorze explosions dans des navires chargés de muni- 
tions. 

L'Italie dépense, pour la guerre, i milliard 5oo mil- 
lions par mois. 

Mardi 26 octobre. — Une nouvelle attaque alle- 
mande contre la « Courtine » est repoussée. 

Les Serbes se retirent de la ligne du Danube. Le. 






CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 79 

Gouvernement serbe quitte Nisch. Les Bulgares sont k 
Negotin. 

Le vapeur allemand Zeelandia s'est évadé du port de 
New-York et a été signalé au Mexique. 

Guillaume II a fait appeler l'ambassadeur des Etats- 
Unis k Potsdam et s'est loncfuement entretenu avec lui. 

Le roi de Roumanie a fait appeler Bratiano, le chef 
de police et le chef d'état-major. Il a ensuite reçu le mi- 
nistre de Russie. 

Le colonel Repington écrit : « C'est le chat turco- 
bulgare qui est chargé par le singe allemand de lui 
tirer les marrons du feu. a 

Mercredi 21 octobre. — Los ministres de Turquie 
et de Bulgarie ont protesté k Athènes contre la pi-ésence 
des troupes alliées en Macédoine. La reine de Grèce a, 
dit-on, empêché le roi de se rendre k Salonique. 

Les Bulgares prennent Kniasevatz et Zajetchar. 

Les Monténégrins contiennent les Autrichiens sur la 
Drina. 

La flotte russe bombarde Varna et repousse les atta- 
ques des sous-marins allemands. 

Le roi d'Angleterre , venu inspecter les troupes 
alliées, adresse un ordre du jour amical aux « soldats 
de France ». 

Goremykine déclare que le Gouvernement russe est 
décidé k réaliser les promesses faites aux Polonais. 

Le général bulgare Kirkof, dans un ordre du jour, 
promet k ses troupes la domination de l'Adriatique k la 
Thrace et ajoute : « Souvenez-vous de l'héroïsme de 
nos ancêtres et faites renaître la gloire d'Alexandre le 
Grand, ce grand Bulgare. » 

Le 3 °/o français est k 66. 

Depuis le i" juillet, un milliard d'or a été versé k la 
Banque de France. 

On dénonce aux États-Unis un vaste complot alle- 
mand pour empêcher, par des violences criminelles, la 
fabrication des munitions pour les Alliés. 

Jeudi 28 octobre. — Les Bulgares entrent à Pirot. 
Succès italiens sur le haut Gordevole. 



80 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

On annonce de Cettigné qu'un convoi de ravitaille- 
ment pour l'armée serbe a été organisé à travers le 
Monténégro, empruntant la voie ferrée d'Antivari. 

Le roi d'Angleterre tombe de cheval en France; il 
est gravement contusionné. 

Les usines portugaises travaillent pour l'Angleterre 
et la France. 

Vendredi 29 octobre. — Démission de Viviani ; 
Briand est chargé de former un Cabinet. 

La Grèce met l'Italie en garde contre les faux bruits 
que les Austro-Bulgares répandent pour brouiller les 
deux pays. 

Progrès français à la a Courtine » (200 prisonniers). 

Les Allemands annoncent leur jonction avec les Bul- 
gares. 

Le premier contingent anglais arrive à Ghevgheli. 

Les Français occupent un front bien fortifié de 
Ghevgheli à Krivolak. 

Le 20 et le 29, des monitors anglais bombardent les 
établissements militaires de Gallipoli (communiqué 
français). Nouveau bombardement de Varna et de 
Bourgas par les Russes. 

Les Allemands, mis en échec sur la Missa, repassent 
cette rivière. 

La Turquie a accepté du Gouvernement allemand 
une avance de 6 millions de livres. 

On dit qu'Ahmed Riza accuse le Gouvernement de 
conduire le pavs k la ruine. Talaat bey le fait arrêter; 
le Prince héritier le fait relâcher. Cinquante-deux dépu- 
tés, dit-on, se déclarent d'accord avec Ahmed Riza. 

De nombreuses arrestations sont opérées à Sofia. 

On trouve contradictoires les assertions de neutralité 
bienveillante que la Grèce réitère à Paris comme à 
Rome et les nouvelles de source allemande sur l'état de 
l'opinion dirigeante à Athènes. 

La Patris (vénizéliste) s'élève avec violence contre 
les germanophiles et bulgarophiles d'Athènes ; elle dit 
que leur attitude fait monter le rouge au front des 
Grecs. " 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 81 

Briand dit au correspondant du Times : « La poli- 
tique de la France se résume dans ces mots : La paix 
par la victoire. La paix est le rétablissement du droit de 
chaque pays de cultiver sa propre civilisation ; par la 
victoire, j'entends l'écrasement du militarisme alle- 
mand. » 

Samedi 30 octobre. — Nouveau ministère fran- 
çais : Briand aux Affaires étrangères ; Gallieni à la 
Guerre ; Lacaze à la Marine ; Painlevé h. l'Instruction 
publique; Méline à l'Agriculture ; Freycinel, Bourgeois, 
Combes, Guesde et D. Cochin sont ministres sans 
portefeuille. 

Le Japon a adhéré au pacte de Londres (5 sept. igiA)- 

Les Autrichiens, ayant passé la Dvina, occupent le 
mont Gora. 

Un sous-marin anglais a pénétré dans le port de 
Constantinople, donnant la chasse à un charbonnier 
qui s'est heurté au pont de Galata. 

La livre sterling perd 5 °/o k Nev^'^-York, le mark 
i4,5o °/o. 

Dimanche 31 octobre. — Luttes très vives eu 
A-rtois, au nord-est de Neuville-Saint-Vaast; nous avons 
repris quelques tranchées. 

Malgré des attaques très violentes au nord de Mes- 
nil avec obus suffocants de gros calibre, les Allemands 
sont repoussés (356 prisonniers). 

L'Autriche retire des troupes du front serbe pour 
renforcer le front italien. 

Les Monténégrins contre-attaquent avec vigueur. 

Les Allemands, acculés à un marais, ont subi un 
revers près de Komarovo (Pripet). 

Les Turcs coulent le sous-marin français Turquoise 
et prennent l'équipage. 

Tous les navires bulgares ont quitté Varna. 

A un conseil général de l'état-major à Bucarest, les 
deux tiers des généraux se sont prononcés pour l'inter- 
vention. 

Vingt mille réfugiés serbes ont passé en Roumanie. 

L'Embros écrit : a En aucun cas et pour aucune rai- 

94. CHRONOLOGIE DM LA. GUEniVE 6 



82 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

son au monde, une main grecque ne pourrait se lever 
contre ceux qui ont versé pour la Grèce leur sang à 
Navarin. » 

Il neige à Berlin ; sur la frontière russe, la tempé- 
rature est de — 5°. 

Pendant l'année (terminée au3i octobre), le commerce 
des Etats-Unis s'est élevé à 26 milliards, dont 18 pour 
l'exportation. Les exportations vers la Suède et la Nor- 
vège ont sextuplé (496 millions), alors que le change 
de ces pays sur l'Amérique est resté favorable, preuve 
certaine que les marchandises américaines importées 
étaient destinées à l'Allemagne, qui les paya aux Etats- 
Unis en vendant des titres américains. Cette démon- 
stration suffit à justifier l'attitude de la Grande-Bretagne 
dans la question du blocus. 



NOVEMBRE 



i 

Lundi i" novembre. — Les Bulgares ont pris 
Kragujevatz, d'où l'arsenal serbe avait été évacué. 

Les Serbes ont fermé le Danube à la grande naviga- 
tion en coulant des bateaux. 

Les Allemands amènent beaucoup d'artillerie sur la 
Dvina. 

Sur la Strypa, la veille et ce jour, les Russes ont fait 
3.5oo prisonniers. 

Le roi d'Angleterre est rentré k Londres. 

On fait courir de nouveau, en Italie, le bruit de la 
mort ou de l'internement du Kronprinz. 

On dit que l'armée de Mackensen en Serbie a pris le 
nom d' « armée d'Egypte ». 

Des Roumains de Bukovine et de Transylvanie atta- 
quent l'ambassade allemande à Bucarest et sont dis- 
persés par la police. 

La Gazette de Cologne porte comme manchette : 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 83 

<f Entrée en ligne de la Grèce contre la Quadruple 
Alliance. » 

Désordres à Berlin à la suite de l'ordonnance inter- 
disant de vendre de la viande le mardi et le vendredi. 

La police japonaise a découvert un complot contre 
les usines fabriquant des munitions. 

Dailij Telegraph : « M. Asquith n'aura affaire demain 
à aucun parti favorable à la paix, car le peuple entier est 
pour la guerre ; il est prêt à donner au Gouvernement 
tout ce que celui-ci demandera. » 

Sir Fred. Pollok écrii,{Bibl. Univ. de Lausanne) : « La 
paix que nous ferons sera surtout une œuvre de restitu- 
tion. Cette restitution accomplie, il restera une œuvre 
bien plus grande h élaborer : la reconstitution du droit 
public et la fondation d'un tribunal véritable pour le 
maintenir et le développer. » 

Mardi 2 novembre. — Un accord anglo-suédois 
stipule que la Suède recevra du charbon anglais, niais 
autorise en retour le transit de matériel de guerre pour 
la Russie. 

Les Austro-Allemands ayant attaqué le front russe 
au village de Semikovitz (région de Tarnopol), les 
Russes les ont repoussés, tuant ou prenant 5.ooo 
hommes. 

Venizelos a déclaré que, s'il revient au pouvoir, il 
fera la guerre k la Bulgarie, car c'est pour la Grèce une 
obligation souscrite et une obligation morale. 

On raconte, à La Haye, que d'après certains membres 
du Reichstag, l'Allemagne demande la ligne de la 
Meuse, la Courlande et 3o milliards de mark. 

Au Parlement anglais, Asquith affirme l'accord des 
Alliés et leur inébranlable résolution. Il avoue que 
l'expédition des Dardanelles aboutit à un échec. 

Les Français occupent un dixième de l'Alsace, soit 
800 kilomètres carrés. 

Mercredi 3 novembre. — Les Bulgares attaquent 
les Français k Krivolak et sont repoussés. 
Les Serbes évacuent Nisch. 



84 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Monténégrins reprennent Troglav. 

Les Austro-Allemands reconstruisent les forteresses 
russes, face à l'est. 

Les Anglo-Français occupent Tibati (Cameroun alle- 
mand). 

Des navires anglais bombardent Tchesmé. 

Des sous-marins allemands pénètrent par Gibraltar 
dans la Méditerranée. 

La Gazette de Cologne se demande si les Grecs per- 
mettront encore longtemps l'avance bulgare. 

Le Vorwârts réclame la réunion immédiate des 
Parlements de l'Allemagne « dans la situation tragique 
du peuple allemand, à la veille d'être affamé ». 

Briand dit à la Chambre française : a Jamais la 
France n'a eu une armée plus digne de vaincre... Nous 
continuerons la guerre jusqu'au bout. La France et ses 
alliés n'abandonneront pas l'héroïque nation dont la 
résistance fait l'admiration du monde. » 

Jeudi 4 novembre. — A la Chambre grecque, 
Zaïmis ayant posé la question de confiance à propos de 
questions militaires, Venizelos a déclaré que la poli- 
tique extérieure du Gouvernement était néfaste; Zaïmis 
a été mis en minorité (i i4 voix contre i47)- 

La Patris, organe de Venizelos, lance un appel déses- 
péré en faveur de l'intervention, seule possibilité de 
réaliser les aspirations nationales de la Grèce. La Serbie 
abattue, ce serait trop tard, car la neutralité, seule 
possible alors, serait le suicide. 

On affirme que les Allemands, depuis le 20 septem- 
bre, ont ramené dix divisions de Russie en France. 

Les sous-marins allemands coulent deux vapeurs 
français et un italien dans la Méditerranée occidentale. 

Les avions français bombardent à Dornach une usine 
où l'on fabrique des gaz suffocants. 

Vendredi 5 novembre. — Échec d'attaques alle- 
mandes en Champagne. 

Les Allemands occupent la ligne Belgrade-Nisch. 
Les Bulgares, descendant on Macédoine, sont repous- 



I 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 85 

SCS par les Serbes à l'entrée du défilé de Babuna à 
Izvor. 

Les Russes, après avoir fait 8.5oo prisonniers sur la 
rive droite de la Strypa près de Semikovitz, ont dû se 
replier sur la rive gauche, mais en emmenant leurs 
prisonniers et leur butin, 

La Russie et la Grande-Bretagne avertissent la Perse, 
travaillée par des intrigues germano-turques, que la 
convention anglo-russe garantissant l'indépendance de 
ce pays est caduque. 

Les sous-marins allemands, dans la Méditerranée, 
coulent un croiseur auxiliaire anglais et un vapeur fran- 
çais sur la côte d'Afrique. 

L'escadre russe bombarde les positions allemandes 
près de Schlock, à 3o kilomètres ouest de Riga. 

Le général Grigoriev, commandant de Kovno, est 
condamné à quinze ans de travaux forcés pour avoir 
mal défendu cette* place et l'avoir quittée pendant le 
combat. 

Les Russes ont augmenté, dans la proportion de un 
à douze, la production de leurs munitions. 

« Qui triomphera? Un roi germanophile ou le peuple 
de Grèce? L'Angleterre, comme toujours, doit donner 
son appui au peuple grec. » (Globe!) 

Samedi 6 novembre. — A Athènes, ministère 
Skouloudis, avec les mêmes ministres sauf Zaïmis. 

Le maréchal Kitchener, partant pour l'Orient, se rend 
d'abord à Paris. Le Globe est saisi pour avoir annoncé 
qu'il quittait le ministère de la Guerre. 

Les Bulgares sont entrés a Nisch ; la prise de cette 
ville leur aurait coûté i5.ooo hommes. 

Les Austro-Allemands ont pris Kralievo et Kruche- 
vatz. 

Les Bulgares attaquent les Français à Krivolak et 
sont repoussés. 

Les Monténégrins résistent à Grahovo. 

Les Allemands, sur le Pripet, souffrent beaucoup de 
dysenterie. 



86 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Un débarquement turc, protégé par un sous-marin 
allemand, se produit à Sollum ; un vieux garde-côtes 
égyptien est coulé. Les Anglais se retirent à Matruh. 

Harden {ZixkunJC) vante la prudence de Bismarck, 
qui sut toujours arrêter une guerre quand il sentait 
qu'elle pouvait devenir malheureuse. 

« Rappelons-nous qu'en 1812 nous étions les maîtres 
à Berlin, a Moscou, à Vienne, à Rome, à Madrid, et 
pourtant le lendemain c'était la catastrophe. Il faudrait 
que l'Europe fût bien dégénérée pour ne pas recom- 
mencer contre les Allemands de Guillaume ce qu'elle a 
fait contre les Français de Napoléon. » {Temps.~) 

La rente française est à 65. 

Dimanche 7 novembre. — Le Gouvernement 
serbe s'est réfugié à Rachka. 

La principale armée serbe s'est retirée au sud de la 
Morava occidentale, dans une région d'accès difficile. 

Le 4 et le 7, deux attaques turques sur le canal de 
Suez ont été repoussées par les canons du Requin. 

Un sous-marin coule le croiseur allemand Undine à 
22 milles de la côte suédoise. 

Un torpilleur autrichien (ou allemand battant pavil- 
lon autrichien) coule VAncona; 3oo passagers, entre 
autres plusieurs Américains, sont tués ou noyés. Le 
sous-marin a tiré cent obus sur VAncona avant de le 
couler par une torpille ; on assure aussi que les barques 
de sauvetage ont été canonnées. 

L'Allemagne et l'Autriche appuient la restauration 
monarchique en Chine. 

Lundi 8 novembre. — Skouloudis fait profession 
de « neutralité très bienveillante pour les Alliés ». 

La note américaine sur le blocus, publiée in extenso 
à Londres, est mal accueillie par la presse. 

Vives attaques bulgares sur le front français, qui s'é- 
tend le long de la voie de Krivolak vers Velès. 

Tous les tunnels de la ligue Xisch-Belgrade ont été 
détruits par les Serbes. 

Mardi 9 novembre. — Romanos, ministre de 
Grèce, se présente au quai d'Orsay pour affirmer la 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 87 

neutralité bienveillante de la Grèce et son attitude ami- 
cale envers les troupes alliées à Salonique. 

On annonce (prématurément) que la France prête à 
la Grèce 4o millions de francs et 20.000 tonnes de farine. 

Les Bulgares ont pris Leskovatz, Alcxinatz et tout le 
front de la Morava. 

Le duc de Mecklembourg arrive à Sofia sur un diri- 
geable parti de Temesvar. 

Une note italienne officieuse dit que les Bulgares, en 
menaçant l'Albanie et l'Adriatique, portent atteinte 
aux intérêts de l'Italie, qui saura se défendre. 

Les Russes progressent dans la région de Riga et de 
Dvinsk ; au sud-est de Boudki (région du Styr), ils 
prennent 2.000 hommes et 20 mitrailleuses. 

Un sous-marin allemand a coulé un vapeur japonais 
près du Maroc. 

Asquith dit au Guildhall : a Les Alliés sont unis dans 
leurs desseins. Nous resterons debout ou nous tombe- 
rons ensemble. Que la lutte soit longue ou courte, nous 
ne faiblirons pas avant d'avoir assuré aux petits Etats 
de l'Europe leur charte d'indépendance et au monde 
entier l'émancipation du régime de la force. » 

Mercredi 10 novembre. — Deux assauts allemands 
sur les pentes de Tahiire sont repoussés. 

Bulgares et Allemands ont opéré leur jonction sur la 
moyenne Morava. 

Un million de réfugiés serbes, sans moyens de se 
nourrir, sont au Monténégro. 

On prétend que Dragoumis, ministre des finances de 
Grèce, aurait, causant avec des journalistes, envisagé 
l'éventualité où la Grèce devrait désarmer et interner 
les troupes alliées refoulées sur son territoire. 

Le général Monro, avec de gros contingents, arrive 
k Salonique. 

Des gendarmes perses s'emparent de Chiraz et du 
consulat d'Angleterre. Le centre de la rébellion, dirigée 
par les Allemands, est à Kum. 

Des navires de guerre suédois convoient les navires 
de commerce dans la Baltique. 



88 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Le sous-marin Turquoise, coulé aux Dardanelles, a 
été renfloué et ajouté à la flotte turque. 

Depuis le début de la guerre, l'Angleterre a dépensé 
4i milliards 5oo millions; elle dépense actuellement 
loS millions par jour. 

Un incendie, probablement criminel, détruit une des 
plus importantes usines métallurgiques de la Bethlehem 
Steel Company ; 800 canons ont été endommagés ou 
détruits. 

On dit à Petrograd que les Allemands ont 1.860.000 
hommes sur le front occidental et 1.280.000 sur le front 
russe, sans compter la cavalerie, les armes spéciales et 
les services de 1 arrière. 

Sazonov a dit : « Il faut que nous fondions la po- 
litique de ce siècle sur une alliance anglo-franco- 
russe. D'autres nations entreront probablement dans 
cette alliance, mais nous devons en former le noyau. L'a- 
venir de la culture européenne, opposée à la Kultur 
allemande, dépend de la défaite de cette puissance et 
des moyens adoptés pour qu'elle ne puisse se dévelop- 
per à nouveau. » 

Jeudi 11 novembre. — Le Parlement grec est dis- 
sous par le Roi ; les élections sont fixées au 19 décembre. 

Lord Kitchener est arrivé à Rome. Denys Cochin, 
ministre français, part pour Athènes. 

Le Gouvernement serbe se retire de Mitrovitza sur 
Krutchevo. 

On affirme que les ministres de Turquie et de Bul- 
garie ont protesté à Athènes contre la présence des 
troupes alliées en Macédoine ; Skouloudis aurait affirmé 
la bonne volonté du Gouvernement grec pour régler la 
situation. 

Le transport de l'artillerie, des munitions et des 
troupes austro-allemandes est très actif sur le Danube. 
Des troupes allemandes et une division turque sont 
arrivées à Varna. 

Les Allemands réquisitionnent tout le cuivre en 
Serbie. 

Les Russes, attaquant entre Riga et Mitau, ont pris 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 89 

pied dans les premières tranchées allemandes {Gazette 
de Francfort). Kemmern a été occupé par eux après 
onze jours de combats; les Allemands ont perdu 
20.000 hommes, les Russes moins de 7.000. Les jeunes 
troupes russes ont fait preuve d'un grand courage ; les 
prisonniers allemands sont affamés et démoralisés. 

Des troupes russes sont à 5o verstes de Téhéran. Un 
ultimatum a été envoyé par les Alliés à la Perse ; on 
lui demande de prendre des mesures pour mettre fin 
aux intrigues germano-turques. Le Parlement persan a 
demandé l'amélioration des rapports avec la Russie. 

Un croiseur italien bombarde Dédéagatch. 

Dans la Mer Noire, depuis le début de la guerre, les 
Russes ont coulé 58 vapeurs et ^-ooo voiliers. 

Parlant du torpillage de VAncona, la Pall Mail 
Gazette écrit : « Ce massacre délibéré de femmes et 
d'enfants italiens est la récompense cynique et sinistre 
de l'abstention de l'Italie qui n'a pas déclaré la guerre 
à l'Allemagne. » 

La Gazette de Francfort annonce k son tour que la 
Russie a établi des communications entre Petrograd et 
un port sans glaces de la Mer Blanche. 

Goremykine dit à un avocat polonais ; « De l'Empe- 
reur au dernier moujik, tous les Russes sont décidés à 
ne déposer les armes que lorsqu'ils auront chassé l'en- 
nemi et l'auront forcé d'accepter la paix que nous 
imposerons. Les Polonais de Prusse et d'Autriche 
seront libérés et la Pologne sera indépendante. » 

Le nombre des usines contrôlées par le Gouverne- 
ment anglais atteint 1.67g. 

Le Berliner Tageblatt dit que tout Allemand raison- 
nable devrait souscrire aux conditions déclarées indis- 
pensables par Lord Courtney à la Chambre des Lords 
pour l'ouverture dos négociations de paix : la libération 
des territoires français et belge, aucune indemnité de 
guerre à la charge de l'Angleterre. On aurait tort d'at- 
tendre, en Allemagne, que ce discours ait des suites, 
en présence de la détermination guerrière qu'expriment 
si fortement les discours de MM. Briand et Asquith. 



90 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Vendredi 12 novembre. — Activité heureuse des 
mineurs français en Argonne et aux Eparges. 

La Nouvelle Presse Libre (Vienne) constate que les 
Serbes éprouvent peu de pertes dans leur retraite, 
parce qu'ils suivent la méthode russe. Leur artillerie a 
déjà été envoyée à l'arrière. 

Le Gouvernement grec renouvelle les assurances 
qu'il a données aux Alliés et remercie le Gouverne- 
ment français de la confiance qu'il témoigne à ses 
intentions : « La France peut croire à l'amitié tradition- 
nelle de la Grèce. » La presse gouvernementale nie les 
nouvelles allemandes : il n'y aurait pas de traité gréco- 
bulgare ; il n'est pas question d'ime entrevue des trois 
rois balkaniques ; il n'est pas vrai que le ministre d'Al- 
lemagne ait demandé à Skouloudis d'abandonner sa 
neutralité bienveillante. 

Français et Bulgares se battent sur la Tcherna. 

Progrès russes à l'ouest de Kemmern. 

Hindenburg concentre des renforts et une énorme 
quantité de mitrailleuses sur son front nord. 

La censure allemande interdit tout article relatif k la 
paix et aux buts de la guerre. 

Un membre du Parlement autrichien, Rud. Keller, 
propose, dans le Prager Tageblatl, que les Austro-Alle- 
mands laissent mourir de faim les habitants des pays 
occupés à l'est et k l'ouest, pour obliger la France et 
l'Angleterre à négocier. « Adoptons cette mesure éner- 
gique et ne perdons plus de temps k faire la guerre. » 
(Journal de Genève, i4 novembre.) 

Winston Churchill donne sa démission de chancelier 
de Lancastre, pour aller rejoindre en France son régi- 
ment de hussards. 

Le Gouvernement anglais met en demeure les céliba- 
taires valides de s'enrôler avant le 3o novembre. Ils ne 
sont plus admis k bord des paquebots en partance pour 
l'Amérique. 

Un incendie (le troisième de la semaine) détruit k 
Seattle pour plus de 5oo.ooo dollars de munitions desti- 
nées k la Russie. 

Ribot dépose à la Chambre le projet d'un emprunt 5 °/o, 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 91 

non convertible avant igSi. Le projet est voté à l'una- 
nimité. 

Samedi i3 novembre. — Le gros de l'armée 
serbe se retire par Kraljevo vers Novi-Bazar et l'Al- 
banie; les Serbes ont dû abandonner leurs gros canons. 

Les Monténégrins ont perdu du terrain vers Visegrad. 

On dit qu'une mission austro-allemande, présentée au 
roi de Grèce, a réclamé contre le débarquement des Al- 
liés et offert à la Grèce les 4o millions dont elle a besoin, 
à condition qu'elle arrête, même par la force, le débar- 
quement des Alliés. Le roi a renouvelé sa déclaration 
de neutralité et ajouté que, Salonique étant ville libre, 
le passage des Alliés ne compromettait pas l'indépen- 
dance du pays. 

Les Autrichiens ont pris des positions russes à l'ouest 
de Tsartorisk (i.5oo prisonniers). Les Allemands bom- 
bardent violemment les positions russes au nord-ouest 
de cette ville ; les Russes se maintiennent sur la rive 
ouest de la rivière. 

L'armée d'Ivanov dit avoir fait i25.ooo prisonniers. 

On annonce que les provinces de Vilna et de Grodno 
sont enveloppées d'un réseau de fîls de fer et qu'à tous 
les passages et carrefours s'élèvent des tours blindées, 
des plates-formes pour pièces lourdes. Les Allemands 
ont construit de nombreuses voies ferrées. 

Joseph Gonicar, ex-consul d'Autriche à San Fran- 
cisco, tait savoir qu'il y a un complot autrichien aux 
États-Unis pour empêcher l'exportation des munitions 
et que le consul général d Autriche à New-York 
continue les agissements de Dumba. 

Dimanche 14 novembre. — Une bataille géné- 
rale est engagée, depuis la veille, de Tolmino à Doberdo. 

On affirme à Milan que les Franco-Anglais ont 
débarqué loo.ooo hommes à Salonique. 

Le Gouvernement serbe est k Mitrovitza. 

Les Bulgares ont repris Tetovo ; les Sorbes fléchissent 
à Babuna. Une bataille acharnée se livre au défilé de 
Katchanik, au nord-est d'Uskub. 



92 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Le maréchal Mackensen offre une paîx séparée au 
prince Alexandre de Serbie, sur la base du statu quo 
militaire. Ces propositions sont repoussées. 

Les Russes ont été rejetés au delà du Styr, mais en 
défendent le passage. Les Allemands se renforcent 
devant Dvinsk. 

Un navire de guerre russe, sur le lac de Van, bom- 
barde les positions turques. 

Le Teiyips demande si les Grecs n'auront pas d'autre 
ressource que de faire appel aux puissances protectrices 
pour les délivrer d'un régime à l'allemande, comme 
sous le roi Othon. 

Bjœrnson, voulant faire une conférence a Copenhague, 
en a été empêché par les sifflets de l'assistance. 

Le général Russki a dit : « Le temps est notre cin- 
quième allié. Le théâtre balkanique est un théâtre 
secondaire, un théâtre provincial. Ce n'est pas sur ce 
front que doit se décider le sort des peuples. » 

Lundi 15 novembre. — Les Bulgares ont retiré 
leurs troupes de la frontière grecque, mais non de la 
frontière roumaine. 

Le nord de la Serbie est sous la neige, par — 5° de 
froid. 

Les Serbes fléchissent vers Katchanik et évacuent le 
défilé de Babuna. 

Les Bulgares abandonnent leurs attaques sur la 
Tcherna, ayant perdu 4-ooo hommes. 

Progrès des Anglais à Krithia. 

Du i5 octobre au i5 novembre, les Russes disent 
avoir fait 5o.ooo prisonniers et pris 21 canons, 
118 mitrailleuses, etc. 

On rapporte que Djemal pacha, appuyé par les 
Arabes, aurait soulevé les Druses contre les Jeunes- 
Turcs (ce n'est pas vrai). 

La légation russe a informé la Perse que les Russes 
allaient occuper Téhéran. 

Bombes sur Dunkerque et sur Brescia. 

Winston Churchill dit aux Communes : « Pour triom- 
pher, il n'est pas nécessaire que les Alliés percent les 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 93 

lignes allemandes. Notre maîtrise absolue des mers et 
la destruction rapide des combattants allemands sont 
des facteurs plus importants. Pendant que la puissance 
allemande décline, la nôtre ne cesse de grandir. Nous 
sommes pour les Alliés une réserve. L'heure est venue 
de la jeter tout entière dans la balance. C'est le manque 
de munitions qui a dominé la campagne de igiô; c'est 
le manque d'effectifs allemands qui doit faire tourner 
contre l'Allemagne la campagne de 1916. » 

Mardi 16 novembre. — Les troupes anglaises ont 
quitté Salonique pour Monastir, que menacent les Bul- 
gares venant de Krutchevo. 

Les Monténégrins se replient sur la Drina. 

Le Schah renonce à quitter Téhéran, malgré la pression 
des légations allemande, autrichienne et turque. 

La Russie a déclaré k la Roumanie qu'elle n'a jamais 
songé à traverser, sans son consentement, une partie 
quelconque du territoire roumain. 

Noémi Renan (^Fiyaro) et P. Souday {Temps) répon- 
dent éloquemment à un article tendancieux qui incrimi- 
nait le patriotisme d'Ernest Renan. 

Mercredi il novembre. — Quatre ministres an- 
glais sont arrivés à Paris. Denys Cochin a été reçu à 
Athènes (la nuit du i6) avec des ovations, aux accents 
de la Marseillaise. 

Les Bulgares approchent de Prichtina; les Austro- 
Allemands ont atteint la frontière du Sandjak. La situa- 
tion de l'armée serbe est critique. 

Le 1 6 et le 17, les Bulgares ont attaqué sans succès 
les Français vers Kosturino. 

A Marseille, par ordre, on n'embarque plus de mar- 
chandises pour la Grèce. 

Le vapeur-hôpital Anglia touche une mine dans la 
Manche et coule ; 3oo blessés sont sauvés sur 385. 

Les Etats-Unis posent des questions nettes k l'Au- 
triche au sujet du torpillage de VAncona. 

Le service des colis postaux entre les États-Unis et 
l'Europe est suspendu ; beaucoup de colis servaient au 
ravitaillement de l'Allemagne. 



94 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Carp aurait dit qu'en décembre au plus tard la Rou- 
manie, pressée par un ultimatum allemand, s*allierait 
aux empires du Centre. 

« Il faut que notre corps expéditionnaire ait ses der- 
rières assurés. Sinon, rembarquons-le ! » (Rousset, 
Liberté.') 

Hamburger Volkszeitang : « L'Allemagne doit pro- 
fiter de sa situation favorable pour entamer des pour- 
parlers de paix. Si elle laisse passer le moment, il sera 
trop tard. » 

Jeudi 18 novembre. — Les ministres anglais ont 
quitté Paris. 

Les Italiens bombardent les casernes de Gorizia et 
repoussent, sur le Garso, sept assauts autrichiens. 

Les Austro-Allemands sont entrés a Rachka, com- 
plétant l'envahissement de la Vieille-Serbie. Le Gou- 
vernement serbe se retire à Prizrend, sur la frontière 
monténégrine. Les Bulgares ont renouvelé sans succès 
leurs attaques au col de Kosturino. 

A Athènes, la popularité du roi baisse, celle de Ve- 
nizelos augmente. La grande majorité de l'armée vou- 
drait secourir les Serbes. A Salonique, officiers et sol- 
dats grecs fraternisent avec les Français. Le Péloponèse 
seul est hostile à la politique de Venizelos. Dousmanis, 
contrairement k ce qu'on croit, est favorable à l'inter- 
vention ; il est question de la démission de ce chef d'é- 
tat-major (Journal de Genève, 26 novembre). 

Le Figaro affirme que les sous-marins allemands se 
ravitaillent à l'Achilleion (Corfou). 

Lansing informe Bernstorff que l'affaire du Lusitania 
n'est pas close et que l'Allemagne doit désavouer l'ac- 
tion de ses sous-marins. 

Bombes d'avions sur Venise, Vicence, Grade et 
Udine. 

Le correspondant de l'agence Reuter affirme que les 
Bulgares observent les règles de l'humanité et ne 
tirent que sur les militaires; la plupart des soldats 
croient qu'ils se battent contre des Allemands. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 95 

« La guerre est une bête sauvage ! » (Arbeiter-Zei- 
tung de Vienne.) 

Lord Lansdowne dit aux Lords : « L'indépendance 
de la Serbie continue à être un des objets essentiels 
de la politique des Alliés. L'Orient va devenir un 
théâtre nouveau et très important de la guerre. » A 
lord Courtney qui parlait de paix, il répondit : « Ni les 
ressources matérielles ni les ressources navales ne nous 
manquent pour poursuivre cette lutte jusqu'au triomphe 
final. » 

« Dussent-ils combattre jusqu'au dernier homme et 
au dernier canon, les peuples libres épargneront au 
monde la honte de la paix allemande. » (^Temps.) 

Des journaux hollandais annoncent que Guillaume II, 
entrant à Gonstantinople, s'adressera à Wilson pour lui 
demander sa médiation. Si elle était repoussée, l'Alle- 
magne commencerait une guei*re d'extermination (con- 
ditions : Anvers réservé, la Pologne indépendante, la 
Vieille-Serbie intacte, la liberté des mers). 

On déclare absolument faux que l'Allemagne puisse 
tirer du cuivre de la grande mine de Bor en Serbie, qui a 
été mise hors d'état d'être exploitée d'ici très long- 
temps. 

Vendredi 19 novembre. — La Grèce dément 
qu'une mission militaire allemande soit allée d'Athènes 
à Salonique. 

D. Cochin a passé une heure chez le roi Constantin ; 
il a été acclamé à l'aller et au retour. 

Lutte d'artillerie très vive en Alsace. 

Les Italiens continuent à bombarder Gorizia, qui 
n'est plus qu'un monceau de ruines, et attaquent les 
hauteurs au nord-est d'Oslavia. 

On dit que les Bulgares ont commis des crimes à 
Pirot et que les Austro-Allemands ont dû intervenir à 
Nisch pour sauver la population. 

Attaqués sur le Lim, les Monténégrins se retirent. 

Grandes chutes de neige sur le front russe. 

Les Allemands continuent k ramener des troupes de 
Russie vers le front des Flandres. 



96 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Russes ont repris Tsartorisk sur la rive gauche 
du Styr et repoussé les Allemands à l'ouest deDvinsk. 

On dit que les armées russes s'accroissent de 5oo.ooo 
hommes par mois, alors que les Allemands perdent 
7.000 hommes par jour. 

Le Schah annonce le rétablissement de ses relations 
amicales avec la Russie. Le ministre d'Allemagne part 
pour Ispahan. 

Les principaux journaux italiens sont autorisés par la 
censure à demander que l'Italie déclare enfin la guerre 
à l'Allemagne. 

Les pertes prussiennes atteignent 2.179.000 hommes. 

Le Morning Post annonce que l'Angleterre, la France 
et la Russie sont d'accord pour frapper de droits prohi- 
bitifs les marchandises importées d'Allemagne et d'Au- 
triche, suivant une échelle progressive en proportion 
du nombre des mois de guerre. On demande k l'Italie 
d'adhérer à cette convention. 

Samedi 20 novembre. — Une lutte violente de 
grosse artillerie sur l'Aisne se termine à notre avantage. 

Progrès importants des Italiens sur le front de 
risonzo et sur les hauteurs au nord-ouest de Gorizia. 

« Proportionnellement aux kilomètres de front, le 
terrain gagné par les Italiens de juin k novembre est 
au moins égal k celui gagné par les Alliés, qui (sur le 
front ouest) en ont plus gagné que les Allemands. » 
(Colonel Feyler.) 

Les Austro-Allemands occupent Novi-Bazar. Les 
Monténégrins résistent efficacement entre Drina et 
Lim. L'amiral Troubridge, avec les canonniers anglais 
de Belgrade, arrive à Mitrovitza. 

La légation d'Angleterre émeut la presse grecque 
par un communiqué aux termes duquel, vu les incerti- 
tudes qui planent sur les intentions de la Grèce, les 
facilités d'ordre commercial dont elle a joui jusqu'à 
présent seront interrompues jusqu'k nouvel ordre 
(menace de blocus). 

Lord Kitchener, à Athènes, a été reçu par le roi et 
a causé pendant deux heures avec Dousmanis et le 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 97 

colonel Metaxas. Il a dit à des journalistes : « En mars 
prochain, l'Angleterre aura 4 millions de soldats et 
pourra armer et ravitailler 6 millions de Russes. Il fau- 
drait être naïf pour croire que la guerre puisse se ter- 
miner autrement que par l'écrasement de l'Alle- 
magne. » 

Un régiment allemand, encerclé par des troupes 
russes débarquées près de Riga, a été anéanti. 

Tous les ponts construits par les Allemands sur le 
Styr ont été emportés ; le pays entier est changé en 
marais. Depuis deux mois, les Austro-Allemands y ont 
perdu 100.000 hommes. 

Les Anglais se heurtent à une foi te résistance près 
de Ragdad. 

Près de Windau, les torpilleurs russes coulent un 
navire-vigie allemand. 

Douze avions alliés survolent Anvers. 

Une conférence russo-roumaine se tient à Silistrie. 

L'Allemagne fait des excuses à la Suède pour avoir 
tiré sur un sous-marin suédois. L'Angleterre s'excuse 
de même du fait que des sous-marins anglais ont tiré 
contre un vapeur allemand échoué dans les eaux sué- 
doises. 

Des boucheries ont été pillées à Rerlin. 

La Gazette de Francfort dit qu'il serait eu effet 
temps de parler de paix, mais que les ennemis de 
l'Allemagne doivent reconnaître qu'ils ont eu le dessous 
et ne pas parler de l' Alsace-Lorraine. 

Harden dit k Munich : « Il n'est pas vrai qu'il y ait 
chez nous hésitation et lassitude. Le peuple ne veut pas 
entendre parler d'une guerre abrégée d'un seul jour 
pour cause de fatigue. » 

« Les seules réserves efficaces des Allemands sont les 
deux classes 1916 et 1917. Sur 8 millions d'hommes, ils 
en ont perdu 3.5oo.ooo ; il leur en faut un million pour 
les services auxiliaires ; restent sur les fronts 8.000.000, 
lavec un million en réserve. » (Hilaire Relloc.) 

« Tout le problème est aujourd'hui l'équipement des 
iRusses en fusils; il en manque encore à cette heure 

,5oo.ooo. » (Hilaire Relloc.) 

94. CHRONOLOGIE DB LA OUBRRE 7 



98 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les fabriques de munitions anglaises occupent plus 
d'un million d'hommes et de femmes. 
Le 3 °/o français perd le cours de G5 francs. 

Dimanche 21 novembre. — « L'accueil chaleu- 
reux fait à M. D. Cochin exprime d'une façon éloquente 
les sentiments du peuple k l'égard de la France ; il ne 
signifie rien quant aux intentions du roi. » (Journal de 
Genève.^ 

Les Italiens ont pris pied sur une partie des crêtes 
du Monte San Michèle. 

L'invasion du Sandjak continue. Le Gouvernement 
serbe a quitté Mitrovitza. Les Serbes auraient remporté 
quelques succès devant Monastir et sur le front de 
Katchanik, où les Bulgares emploient de grosses pièces 
venues d'Allemagne. 

Le Gouvernement grec dément officiellement l'exis- 
tence d'un accord gréco-bulgare ; il n'y a eu qu'un 
protocole du 29 octobre relatif a l'achat par la Grèce 
de 10.000 tonnes de céréales en Bulgarie. 

Parlant à Jassy, Filipesco annonce le passage immi- 
nent d'une armée russe par le territoire roumain. 

Contenus sur le Styr, les Austro-Allemands attaquent 
sur la Strypa. 

On dit f[ue les Allemands ont perdu neuf sous-ma- 
rins dans la mer Egée. 

Dans le Berliner Tageblatt, Théodore Wolffdemande 
que la presse allemande puisse librement discuter les 
conditions de la paix et engage ses lecteurs a ne pas se 
faire de la dure campagne balkanique l'idée d'un conte 
des Mille et une Nuits. 

Les Vénizélistes, considérant la deuxième dissolution 
comme illégale, décident de s'al^stenir aux futures élec- 
tions. 

Goremykine a informé la presse que la Russie a 
besoin d'une quantité énorme de munitions, d'armes et 
d'uniformes, car elle mettra sous peu en campagne des 
millions de soldats nouveaux. 

« Je me refuse à croire qu'une amitié soit possible 



CHBONOLOGIE DE LA GUERRE 99 

OU désirable entre Anglais et Allemands pour la durée 
d'une génération. » {Daily Mail.) 

Le ministre Orlando dit à Palerme : « Nous ne com- 
battons pas seulement pour vaincre un ennemi, mais 
pour dompter une bête tauve, et nous vaincrons. Noire 
naine sera la semence de l'amour entre les peuples, et 
notre vengeance sera jugée par l'histoire comme un 
acte de solennelle justice. ->■> 

Painlevé dit a la Sorbonne : « La France, de son 
sein déchiré, fera jaillir des générations nouvelles, qui, 
dans leurs poings dressés, porteront un flambeau. 
C'est elle qui montrera à l'humanité sa route vers 
l'avenir au sortir des voies sanglantes. » 

Lundi 22 novembre. — Les Italiens ont passé au 
nord-est d'Oslavia la tête de pont de Gorizia et sont 
arrivés au bord de l'Isonzo. 

On affirme que le col de Lana est de nouveau aux 
mains des Autrichiens. 

Les Serbes annoncent qu'ils ont refoulé les Bulgares 
marchant sur Leskovatz. Ce succès est très exagéré par 
suite d'une erreur de transmission. 

La Roumanie ayant protesté k Sofia contre l'arresta- 
ion de sujets roumains, la Bulgarie les remet en liberté. 

Les Russes progressent au noi^d du lac de Sventen et 
;ur la rive gauche du Stvr. 

L'armée britannique se heurte contre les Turcs à Ctési- 
hon, perdant 2.ooo"hommes et faisant t. 5oo prisonniers. 

Les Turcs auraient envoyé 4o-ooo hommes contre 
►jemal pacha, qui en aurait réuni ijo.ooo (ce n'est pas 
rai). 

Le Tsar est allé à Odessa avec le tsarévitch pour 

specter la nouvelle armée de Bessarabie (200.000 
lommes). 

Le roi de Grèce a affirmé lui-même que la Grèce n'a 

mais songé à user d'un procédé inamical contre les 

oupes alliées débarquées à Salonique. 

On dit que le ministre de Grèce à Berlin a transmis 

Athènes des menaces allemandes pour le cas où la 

rèce recevrait sur son territoire des Serbes en retraite. 



100 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

L'Allemagne offre, dit-on, aux Etats-Unis une indem- 
nité de 25.000 francs pour chaque victime américaine 
du Lusitania. 

Commencement, devant la cour suprême des États- 
Unis, du procès de la Haniburg- America , accusée 
d'avoir violé la neutralité américaine en ravitaillant des 
croiseurs allemands en mer. 

Vorivàrts : c< Si vous demandez aux neutres de 
nous dire ce qu'ils entendent par « anéantir le milita- 
« risme allemand », ils ont, eux, le droit de savoir quel 
but nous poursuivons en parlant de tenir jusqu'au bout. » 

Le même journal dénonce l'influence de la grande 
industrie métallurgique sur la presse allemande. 

« La guerre était pour tous les Allemands la belle 
opération, la loterie séduisante où il y aurait des lots 
pour tout le monde, pour le dernier ouvrier du Vulkan 
et d'Essen comme pour Ballin et Krupp. . . Il y a cent ans, 
l'Allemagne voulait une guerre d'affranchissement ; en 
1914, elle s'est exaltée pour une guerre de rapine. L'at- 
tentat est celui d'un peuple tout entier. » (Lmdenlaub, 
Temps du 2 3.) 

Le comte de Reventlov (Deutsche Tageszeitung) dit 
que ce l'Allemagne ne peut admettre que l'Entente sub- 
siste après la guerre, car ce serait là cet équilibre 
que l'Angleterre désire maintenir. Quoi qu'en disent 
les financiers internationaux, leurs demandes sont en 
opposition avec les intérêts allemands. L'idée de termi- 
ner la guerre comme une partie nulle risque de fausser 
notre jugement et d'amollir nos cœurs. » 

L'emprunt français 5 °/o s'annonce comme un succès. 
Le 3 °/o est ferme à 64, 5o. 

Mardi 23 novembre. — Remise, au nom des Alliés, 
d'une note au Gouvernement grec, demandant confir- 
mation formelle des assurances de la Grèce. Cette note, 
plus modérée que ne le craignaient les Grecs, a été 
remise k l'heure même où D. Cochin déjeunait avec le 
roi. 

Venizelos publie un manifeste expliquant pourquoi 
son parti s'abstiendra aux élections prochaines. 



I 



CHRONOLOGIE DE L.V GUERRE 101 

Les Autrichiens ont évacué Mori et Rovereto ; ils 
demandent à l'Allemagne de les secourir sur l'Isonzo. 
Les Italiens font 5i4 prisonniers au Monte San-Michele 
sur le Carso. 

On annonce à Athènes un mouvement offensif des 
Serbes sur la licjne Velès — Prilep et vers Babuna. 

Attaquant les Bulgares à l'ouest de Krivolak, les 
Français prennent Brusnik, qui met Krivolak à l'abri 
des bombardements bulgares. 

Du 21 au 2'i, vifs combats aux Dardanelles; les 
Turcs sont repoussés. 

On annonce que trois sous-marins allemands ont été 
coulés en Méditerranée, mais qu'il en reste huit. On dit 
aussi qu'une flottille de 10 à 26 sous-marins anglais, 
convoyés jusqu'au Skager-Rak par une escadre, vient de 
pénétrer dans la Baltique. 

L'Allemagne, s'autorisant (!) de l'article 49 de la 
Convention de La Haye, impose à la Belgique une 
contribution mensuelle de 4o millions pour frais de 
l'armée et de l'administration du territoire. 

Lundi et mardi, troubles à Vienne, causés par la 
cherté des vivres. 

On attribue au ministre grec Rhallys des propos très 
violents contre l'Angleterre qui, toujours en retard elle- 
même, voudrait engager la Grèce dans une guerre ter- 
rible. Tirant un vieux numéro de Y Illustration, avec des 
images de villages grecs incendiés et saccagés par les 
Bulgai-es, il aurait dit que la Grèce ne voulait pas 
devenir une nouvelle Serbie. 

Le roi de Grèce aurait dit : « Je suis entre l'enclume 
et le marteau. Mais la France et l'Angleterre ne seront 
jamais trop dures pour mon pays, taudis que l'Alle- 
magne serait implacable. » (^Temps du 25.) 

John Redmond, revenant du front, dit que l'armée 

iglaise de Flandre est la mieux équipée du monde et 
[ue, pour chaque obus allemand qu'elle reçoit, elle en 
renvoie cinq. 

Le commandant de Civrieux écrit dans le Matin : 

Les deux tiers des armées allemandes sont, en per- 
manence, maintenus sur le front occidental. Or, la 



102 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

population de l'Empire étant de plus d'un tiers supé- 
rieure à la population de la France, il est clair que les 
efï'ectifs allemands stationnés en Occident sont sensible- 
ment égaux à ceux de l'ensemble des foz'ces françaises. » 
Cinq bâtiments de la Compagnie canadienne d'ex- 
plosifs ont sauté à la même heure à Parry Sound (On- 
tario). 

Mercredi 24 novembre. — La Grèce fait une 
réponse satisfaisante à la note des Puissances, donnant 
les garanties requises au sujet du non-désarmement 
des troupes alliées au cas où elles seraient refoulées 
sur le territoire grec. 

L'Angleterre dément que des bateaux grecs soient 
retenus en Angleterre; aucun port grec n'est bloqué. 
Le départ des voyageurs grecs retenus à Malte a été 
autorisé. 

Cent obus sur la gare d'Arras. 

Prichtina et Mitrovitza sont pris. Le Gouvernement 
serbe, après avoir successivement quitté Nisch, Kralievo, 
Mitrovitza et Prizrend, se transporte à Scutari d'Al- 
banie. 

Les Serbes se sont un peu repliés au nord de Mo- 
nastir. 

Asquith aurait télégraphié au Gouvernement serbe que 
la France et l'Angleterre préparent des surprises dans 
les Balkans. D'autre part, on mande de Monastir au 
Secolo que les Bulgares préparent une surprise 
fâcheuse pour lé corps français. 

Plusieurs banquiers de Berlin font de fortes avances 
à la Bulgarie. 

Le neveu de Guillaume II, prince de Schaumburg- 
Lippe, est envoyé à Bucarest comme secrétaire de la 
Légation allemande. 

En Russie, les Allemands, ayant épuisé leurs réserves 
et les ressources locales, sont obligés de faire venir 
d'Allemagne munitions et vivres. Ils semblent d'ailleurs, 
envoyer le plus de troupes qu'ils peuvent sur le front! 
occidental. 

On a découvert au Caire une conspiration de Cour 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 103 

contre le Sultan et l'Angleterre. 4o personnes auraient 
été arrêtées, 25 exécutées. 

Des gendarmes, gagnés par l'Allemagne, ont attaqué 
de nuit Hamadan et obligé les cosaques persans à la 
retraite. 

Le Tafna (Touache), attaqué par un sous-marin 
allemand, essuie trente coups de canon, mais réussit à 
regagner Marseille. 

On signale un nouvel obus très efficace contre les 
sous-marins, inventé par un Irlandais et fabriqué par 
l'amirauté anglaise. 

Le ministre des Affaires étrangères du Japon a dit 
à un journaliste français que le Japon, à la fin du mois, 
aura beaucoup ("ait pour armer les deux tiers des mobi- 
lisables russes, dont un tiers seulement est équipé ; 
deux arsenaux japonais travaillent sans cesse pour la 
Russie. Si le Japon se décidait à envoyer une armée en 
Europe, ce serait une très forte armée, car il ne veut 
pas risquer un échec. 

L'ambassade d'Angleterre à Washington a reçu des 
rapports sur le plan d'attaque qui devait être dirigé 
contre le Canada par les réservistes allemands des 
États-Unis. 

Un savant jésuite, Léonce de Grandmaison, écrit au 
Temps que les cinq sixièmes de l'Ordre appartiennent 
aux pays alliés et neutres, que 600 sont mobilisés en 
France, que plus de 60 ont été tués à l'ennemi. Il pro- 
teste contre les bruits qui attribuent des préférences 
allemandes au général des jésuites Ledochovski. 

Jeudi 25 novembre. — Il neige dans les Vosges. 

Mitrovitza ayant été prise par les Autrichiens, Pristina 
par les Allemands, il no reste de la Serbie qu'une 
bande étroite de territoire entre les frontières de la 
Grèce, de l'Albanie et du Monténégro. 

L'armée serbe, n'ayant pu maintenir ses positions 
vers Katchanik, se replie vers le sud-ouest. 

Il reste, dit-on, 200.000 soldats serbes, qui se retirent 
lentement vers l'Albanie. On craint qu'ils ne manquent 
de munitions et de vivres. 



104 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Français se sont repliés sur la rive droite de la 
Tcherna, devenue leur ligne de défense contre les Bul- 
gares. 

La presse bulgare a hâte de voir finir l'expédition en 
Serbie ; il y a des froissements avec les Turcs au sujet 
de la Thrace, où la Turquie a concentré des forces 
importantes. 

L'attaché militaire bulgare a quittéAthènes. 

Les Roumains de Transylvanie font appel à leur 
patrie et dénoncent les cruautés dos Hongrois à leur 
égard. 

Reni, sur le Danube, est transformé en un vaste camp 
militaire russe et en un vaste port avec très nombreux 
chalands. 

Au cours d'un bombardement intense aux Darda- 
nelles, on constate l'affaiblissement du tir ennemi. 

Les troupes anglaises sont maîtresses du champ de 
bataille de Ctésiphon, après l'avoir évacué momen- 
tanément faute d'eau. 

Les gendarmes d'Hamadan, auxquels se seraient 
joints 6.000 Moudhajides, ont été déclarés rebelles par 
le Gouvernement de Téhéran. 

Des avions alliés ont détruit le pont de l'Escaut près 
d'Hamme. 

Albert Thomas annonce, à Londres, la création d'une 
commission permanente chargée de diriger la produc- 
tion des munitions pour les Alliés. 

Mac Kenna, chancelier de l'Échiquier, a dit à la 
New-York Tribune que l'Allemagne perdait 200.000 
hommes par mois et que sa situation financière serait 
bientôt désastreuse, tandis que l'Angleterre a pu s'im- 

fioser près de g milliards d'impôts et n'a pas le cours 
orcé. 

Charles Rivet écrit de Petrograd au Temps : « L'Alle- 
magne n'est pas vaincue, tant s'en faut, mais elle com- 
mence à se rendre compte qu'elle le sera. » 

Guillaume II, passant une revue à Baranoviczi, a dit : 
« Nous devons tenir jusqu'à ce que nous ayons mis 
nos ennemis à genoux et puissions leur dicter une paix 
digue de nos sacrifices. » 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 105 

L'Allemagne se ravitaille en Bulgarie, où il y a 
i3 millions de têtes de bétail. Elle y a déjà acheté 
200.000 quintaux de maïs. 

Ce jour, il n'est pas arrivé un seul porc sur le marché 
de Cologne. 

On annonce que la grande usine de Sprottau (Silésie), 
qui fabriquait des gaz asphyxiants, a été détruite par 
un incendie. 

Au Portugal, une manifestation de sympathie a eu 
lieu devant le consulat serbe à Lisbonne. Le sentiment 
public est en faveur d'une intervention armée. 

Les versements d'or, à la Banque de France, atteignent 
I milliard 127 millions. 

Vendredi 26 novembre. — L'Entente remet une 
seconde note collective k la Grèce. 

Le conseil municipal d'Athènes décerne à D. Gochin 
le titre de citoyen athénien. 

On dit que le Gouvernement grec mettra k la dispo- 
sition des Alliés le chemin de fer de Salonique et reti- 
rera ses troupes de cette ville. Il est question, a Athènes, 
de libérer huit classes. 

Les Bulgares et Allemands sont maîtres de la plaine 
de Kossovo. Les Serbes, repoussés au sud de Prilep, se 
retirent. Leur retraite rend impossible leur jonction 
avec les Français dans la région de Monastir. 

Des inondations en Serbie entravent le ravitaillement 
des Allemands. 

On confirme que les mines de cuivre en Serbie ont 
été rendues inutilisables pour plusieurs mois (Pester 
Lloyd), 

Les Alliés auraient 126.000 hommes k Salonique; il 
en arrive 4-ooo par jour. 

La Roumanie interdit de faire passer des troupes sur 
le Danube au delà de Uoutschouk. Le territoire rou- 
main, le long du Danube, est déclaré zone militaire. 

Les Russes progressent au nord d'IIlutsk, vers Tuk- 
kum et Jakobstadt. Les Allemands n'ont pas renoncé k 
prendre Dvinsk. 

On croit k Vienne que les sous-marins de la Médi- 



106 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

tcrranée sont allemands et se ravitaillent sur la côte 
d'Anatolie. 

Des aviateurs français jettent 5o bombes sur Stru- 
mitza. 

A la Chambre bavaroise, un député libéral dit que 
son parti n'acceptera pas une paix qui obligerait l'Alle- 
magne a céder des territoires. Un socialiste dit que 
l'Allemagne devrait se contenter d'obtenir la liberté 
des mers. 

La Gazette de Cologne prétend que les concessions 
faites par la Grèce ne sont que des mirages destinés à 
mettre fin à une tension économique insupportable, 
mais qui, en réalité, ne signifient rien. 

On écrit de Bucai-est au Temps (du 3o) que l'inter- 
vention de la Roumanie est certaine, mais que le 
désaccord porte sur l'époque et la modalité de cette 
intervention. Le parti germanique est peu nombreux, 
mais il faut faire des réserves au sujet de la Couronne. 

Une ligue germanophile ayant tenté d'organiser une 
réunion à Statina (Roumanie), la foule a obligé les 
délégués à prendre la fuite. 

Lord Kitchener est arrivé à Rome. 

Samedi 27 novembre. — Une attaque allemande 
au nord du Labyrinthe est repoussée. 

Progrès des Italiens au nord-ouest de Gorizia. 

De grandes chutes de neige, les premières depuis 
huit ans, ont lieu à Salonique. 

Le roi Nicolas adresse une proclamation aux Monté- 
négrins. Ils résisteront, unis aux Serbes, jusqu'à la 
mort, qu'ils préfèrent à la servitude : « Nous combat- 
trons de montagne en montagne. » 

Pour la première fois, aux Dardanelles, les Turcs ont 
employé des gaz, mais sans résultats. 

Une nouvelle attaque allemande sur la ferme de Bor- 
semunde (Dvina) est repoussée avec pertes. 

Les Russes, descendant du sud du lac d'Ourmiah, 
sont à 67 kilomètres de Téhéran. 

Des avions français bombardent la gare de Noyon. 

Charles Humbert pense qu'on appelle trop d'hommes 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 107 

en France, au lieu de simplifier les services non com- 
battants. 

Le blocus commence k peser lourdement sur la popu- 
lation allemande, surtout dans les centres industriels. 

Harden {Zukanft) prévient l'Allemagne qu'aucun 
des Alliés n'aspire à la paix, que pas un des ennemis 
de l'Allemagne n'est découragé. Cette guerre est une 
guerre d'épuisement dont personne ne peut prévoir 
l'issue. Les Russes savent qu'ils ont toujours une armée 
de 7 millions d'hommes ; il n'y a pas, dans le pays, le 
moindre indice de révolution. 

« Les Allemands font face à leurs nombreux adver- 
saires avec une activité continue ; ils ne se contentent 
pas de se défendre, ils attaquent presque partout. » 
(Temps.) 

Une mission militaire russe est arrivée h. Londres. 

On annonce à Petrograd que le Gouvernement chi- 
nois engage des officiers de réserve allemands. 

Dimanche 28 novembre. — La Grèce répond à la 
seconde note des Alliés en réservant l'étude de quelques 
points et des détails d'application. 

Une violente attaque allemande est repoussée près 
de Berry-au-Bac (détails dans la Liberté, i o décembre). 

Les Italiens, continuant leurs progrès, font 700 pri- 
sonniers. 

Les Anglais remplacent les Français à l'aile droite, 
entre Doiran et Kosturino. 

Les Bulgares ont franchi le Karasou et avancent vers 
Monastir. Le gros de l'armée serbe se replie vers Scu- 
tari, Durazzo et S. Quaranta. Les journaux allemands 
évaluent k 76.000 le nombre des soldats serbes entrés 
au Monténégro. Le Gouvernement serbe est à Scutari. 

Les 1 00 marins français qui ont coopéré a la défense 
de Belgrade arrivent k Toulon. 

Les Austro-Allemands et les Bulgares fortifient la 
frontière roumaine. 

Les armées turques et bulgares ont reçu, par la voie 
du Danube, i.5oo k 2.000 wagons de munitions. 

Une manifestation pour la paix a eu lieu k Sofia. 



108 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Russes prennent les faubourgs à l'ouest d'Illutsk. 
Au sud-est de Pinsk. ils s'emparent par surprise de 
tout un état-major allemand. Près de Tsarlorisk, ils 
refoulent les Autrichiens vers l'ouest. 

Violents combats sur le haut Euphrate (Toutakh) ; les 
Turcs sont repoussés. 

Les troupes anglaises sont en retraite sur le Tigre. * 

Le prince Henri de Pieuss, ministre d'Allemagne, est 
le chef de l'insurrection en Perse. 

Un avion anglais, au large de Middelkerke, détruit 
un sous-marin allemand. 

Les avions anglais, très actifs dans le nord de la 
France, endommagent \me fabrique de munitions à 
Lachapelette. 

Des avions allemands bombardent Verdun. 

Dix avions français incendient les hangars de Habs- 
heim, à Test de Mulhouse, qui sont évacués. 

Le roi de Roumanie ouvre le Parlement roumain en 
prononçant un discours où il est parlé de défendre les 
graves intérêts du pays, mais il ne dit pas k côté de 
quelles Puissances. 

Le Gouvernement russe autorise le passage par terri- 
toire russe des munitions et marchandises destinées k 
la Roumanie. 

Lord Bryce communique le récit d'atrocités commises 
par les Turcs contre les Arméniens, parfois avec le 
concours d'officiers allemands (Temps du 3o). 

On arrête a Détroit un nommé Smith, accusé d'avoir 
joué un rôle important dems les attentats allemands aux 
États-Unis. 

La Tribune (New-York) s'élève contre toute paix 
boiteuse qui perpétuerait les maux révélés par la 
guerre actuelle. « Une paix prématurée obligerait la 
prochaine génération a retourner aux tranchées, où 
la génération actuelle souffre et meurt depuis de longs 
mois. Aucune paix n'est possible jusqu'au jour où le 
peuple allemand aura enfin renoncé k son rôle de 
domination mondiale. » 

« Les efforts nouveaux que Guillaume II demande à 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 109 

son armée pour nous jeter à bas nous ti'ouveront prêts 
a toutes les ripostes. » {Temps.') 

Dans une réunion organisée par la Ligue des Droits 
de l'Homme en l'honneur de Miss Cavell, le ministre 
Painlevé a dit : a C'est précisément la légalité de ce 
meurtre qui en fait l'horreur. Il n'est pas un homme 
digne de ce nom qui ne préfère succomber avec 
Miss Cavell que de triompher avec ses ennemis. » 

Lundi 29 novembre. — Sur les lignes françaises 
de la Tcherna, le thermomètre est descendu à — i5°. 

Dans le combat qui a précédé la prise de Prizrend, 
les Bulgares disent avoir pris iG.ooo Serbes, 5o canons 
et i48 automobiles. 

Suivant la presse austro-allemande, la chute de 
Prizrend marque la fin de la campagne serbe. 

Les Monténégrins repoussent les Autrichiens dans la 
région de Fotcha. 

Le maréchal Kitchener et le général Jilinski, délégué 
du Tsar, sont arrivés à Paris. 

Guillaume II rend visite à François-Joseph, pour 
aplanir, dit-on, les difficultés qui se sont élevées entre 
les deux Empires. 

Suivant la Berliner Zeitiing am Moiitag, le pape 
aurait dit qu'on ne saurait assurer une paix durable 
sans régler la situation du Saint-Siège. 11 aurait ajouté 
que le cas de VAncona était pire que celui du Lusitania. 

Le cardinal Hartmann est à Rome, suspect de négo- 
cier. Le pape y avait invité aussi le cardinal Mercier, 
qui n'a pu venir, les Allemands refusant d'autoriser son 
retour en Belgique. 

Streit, ancien ministre des Affaires étrangères de 
Grèce, écrit au Te/nospour protester contre l'accusation 
portée contre lui d'avoir facilité le ravitaillement du 
Gœben et du Breslau dans les eaux grecques. 

Un procès récent en Grèce a révélé qu'un apache de 
Verroia était à la solde du baron Schenk, distributeur 
des fonds seci^ets allemands et protégé de la Reine ; cet 
individu aurait remis 2.5oo francs à VEphemeris pour 



110 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

la publication d'une seule dépêche. Les Vénizélistes 
réclament une enquête. 

La Russie émet, pour la première fois, un emprunt 
intérieur de 2 milliards et demi de roubles. La guerre 
coûte à la Russie Oo millions par jour. 

On dément formellement, au Caire, que Djemal se 
soit insurgé contre le Gouvernement de Constanti- 
nople. 

Mardi 30 novembre. — On assure que les Alle- 
mands renforcent leur front ouest, notamment vere 
Ypres. 

Les Alliés se retirent vers Demir-Kapou. 

L'Allemagne et l'Autriche auraient déclaré à Athènes 
que si le Gouvernement grec acceptait les demandes 
de l'Entente, elles cesseraient de considérer la Macé- 
doine grecque comme territoire ami. 

Le général de Lacroix, dans le Temps, estime que 
l'armée serbe n'est pas hors de cause. 

Les Autrichiens attaquent en nombre les Monténé- 
grins, qui se replient pour défendre Plevlje. 

La pose d'un barrage de mines à l'entrée du Danube 
roumain est terminée ; les navires ne peuvent plus 
passer. 

C'est Tcherbatov, non Kouropatkine, qui commande 
l'armée russe des Balkans. 

L'armée anglaise s'est retirée le long du Tigre vers 
Kut-el-Amara. Elle a dîî abandonner deux canonnières 
endommagées et a perdu 4-6oo hommes. 

Un contre-torpilleur anglais coule sur le Uoggerbank. 

La Chambre française décide que la classe 19 17 sera 
incorporée le 5 janvier. 

Au Parlement allemand, le président fait un discours 
optimiste : a Tous nos ennemis en sont arrivés à croii'e 
que nous sommes invincibles sur les champs de bataille. 
Financièrement et économiquement, nous avons toutes 
raisons de regarder l'avenir avec confiance. » 

De bruyantes manifestations se produisent devant le 
Reichstag aux cris de : « La paix et du pain ! » 

Lokal-Anzeiger : « Le Reichstag ne peut que se 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 111 

réjouir de la situation militaire actuelle. Malheureuse- 
ment, nous ne sommes pas très rassurés sur l'avenir, 
vu le nombre de nos ennemis. Notre Gouvernement est 
toujours prêt à faire la paix, mais nos ennemis pré- 
fèrent doubler leurs forces ; ils ne veulent pas conférer 
avec nos émissaires en pays neutres. » 

Berliner Tageblatt : « Il ne faut pas croire que les 
opérations soient terminées en Serbie. Nous aurons à 
nous défendre contre 5o.ooo Serbes, auxquels s'ajoutent 
5o.ooo Italiens et loo.ooo Français et Anglais, sans 
compter la menace des Russes massés à la frontière 
roumaine. Nos troupes seront donc contraintes de rester 
en Serbie. » 

Ibid. : « Toute notre force militaire ne peut rien 
contre la haine implacable qui nous environne. » 

Denys Cochin est arrivé à Rome, rapportant d'Athènes 
des impressions favorables. 

Lord Haldane dit à Londres : a II est impossible de 
penser k conclure la paix avant que l'Allemagne ait été 
débarrassée de la clique militaire qui la gouverne. » 

Bonar Law dit à Londres : « Les journaux allemands 
disent que nous avons provoqué la guerre. Nous n'y 
avons rien à gagner, saut des garanties de paix future, 
mais la guerre n'aura pas été faite en vain si nous obte- 
nons la destruction du militarisme prussien, ce qui signi- 
fiera qu'il sera désormais impossible k un groupe d'hom- 
mes quelconque de transformer le monde en charnier. » 

Trois cent vingt usines, au Canada, fabriquent des 
munitions. 

Au Delaware, une fabrique de poudre a sauté (3o vic- 
times) ; on croit k un attentat allemand. 



DECEMBRE 



Mercredi 1" décembre . — Sonnino annonce au 
Parlement italien que l'Italie adhère au pacte du 5 sep- 



112 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

tembre 1914 (pas de paix séparée) et ajoute que l'indé- 
pendance politique et économique de la Serbie reste un 
des pivots de la politique italienne dans les Balkans. 
L'Italie ne permettra pas que la Serbie soit absorbée 
par l'Autriche ; elle fera au plus tôt ce qui dépend d'elle 
pour ravitailler l'armée serbe et lui porter secours. 
Des troupes italiennes débarquent à Valona. 
Canonnade violente à Krivolak ; les Français prennent 
une tranchée bulgare avec 2.000 fusils. 
Les Serbes ont évacué Monastir. 
Des bandes albanaises, recrutées par des agents 
autrichiens, inquiètent les Serbes et les Monténégrins. 
L'Autriche a conclu un accord avec la Roumanie qui 
lui livre 5 millions de tonnes de maïs. 

Le télégraphe de Berlin à Constantinoplc par la Ser- 
bie est rétabli. 

Deux régiments tchèques se révoltent en Bessarsdïie 
et se rendent aux Russes sans combat. 

Fin de la conférence entre les représentants des 
Croix-Rouges (allemande, anglaise et russe) à Stock- 
holm. Une commission a été chargée de visiter les 
camps d'internement. 

Remaniement ministériel en Autriche. 
La Russie a décidé la confiscation de 2 millions d'hec- 
tares appartenant à des Allemands en Finlande et au 
Caucase. 

La Gazette de Francfort assure que, quelle que soit 
la conclusion de la guerre, le militarisme, que les 
ennemis de l'Allemagne veulent détruire, ne sera pas 
supprimé. 

Roosevelt refuse d'assister à un meeting contre les 
massacres arméniens ; il déplore de nouveau la faiblesse 
des États-Unis, qui n'ont pas su, dès le début, protes- 
ter contre l'injustice et la violence. 

Il y a 33.0DO prisonniers anglais en Allemagne, dont 
i.o5o marins. En Italie, il y a 45. 000 prisonniers autri- 
chiens. 

On dit que les pertes autrichiennes sur le front italien 
atteignent Soo.ooo hommes, dont 60.000 tués. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 113 

Jeudi 2 décembre, — Soixante obus sur Arras. 

Les Autrichiens, puis les Bulgares, occupent Monas- 
tir. De nombreux soldats serbes, après la chute de cette 
ville, ont gagné la Grèce, où ils ont été, non pas désar- 
més, mais cordialement reçus. 

Toute la population mâle de la Serbie est envoyée 
dans des camps de concentration en Autriche-Hongrie. 

Les Bulgares poursuivent les Serbes vers Diakovo, 

La Roumanie vend aux puissances du Centre de 
grandes quantités de blé. 

La presse italienne met en doute la loyauté du Gou- 
vernement grec. On assure que de nouvelles restrictions 
contre le commerce grec sont imminentes. 

Le roi des Bulgares se serait engagé à ne pas déposer 
les armes avant la fin de la guerre. 

L'artillerie russe refoule une violente attaque sur la 
l'ive gauche du Styr, au sud-ouest de Rafalovka. Les 
Russes sont à 12 kilomètres de Tukkum, clef de la 
Gourlande. 

Suivant un maître d'école fait prisonnier, la moitié 
des effectifs allemands dans les tranchées du front 
russe serait indisponible pour cause de maladies. 

Un sous-marin anglais dans la Marmara détruit un 
train sur la ligne d'Ismid. 

Le total des pertes anglaisesatteint 5io.ooo hommes. 

Depuis le 8 novembre, le président Wilson a reçu 
plus de 2.000 télégrammes le suppliant d'intervenir 
avec les neutres pour rétablir la paix. 

« Peut-être, à la fin de la guerre, l'Europe belligé- 
rante découvrira-t-elle qu'un des faits les plus heureux 
du conflit, dans l'intérêt de ceux qui s'y sont trouvés 
engagés, c'est que les États-Unis n'y ont pas participé. 
Ainsi, au retour de la paix, il existera au moins une 
grande nation, financièrement et industriellement capa- 
ble de répondre aux besoins financiers et industriels 
des auti^es, et cela au moment même où l'Europe sera 
économiquement épuisée. » (New-York Nation, p. 671.) 

Vendredi 3 décembre. — Le général Joffre est 

94. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 8 



114 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

nommé commandant en chef des armées françaises pour 
assurer l'unité de direction. 

Le jury américain ayant condamné les fonctionnaires 
de la Hamburg-Amerika pour complot, Lansing fait 
savoir que les attachés militaires Boy Ed et von Papen 
ont cessé d'être personse gratse. 

Des attaques bulgares sont repoussées vers Kostorino 
et sur la Tcherna. 

Les Autrichiens n'ont plus que 70.000 hommes en 
Serbie, le reste ayant été envoyé à Gorizia. 

L'agence Woln dément la fable, inventée par elle- 
même, de la formation en Roumanie, sous la présidence 
de Marghiloman, d'une ligue hostile à l'Entente. 

Un sous-marin anglais de la Marmara coule un des- 
troyer turc à l'entrée du golfe d'Ismid. 

Le socialiste Raimondi dit à la Chaml)re italienne : 
« Ce qui presse, c'est que la France et l'Italie se per- 
suadent de la nécessité d'une collalDoration plus intime, 
car la France supporte à elle seule presque tout le poids 
énorme et glorieux de la guerre occidentale. » 

Des socialistes autrichiens publient une protestation : 
« Lorsque le monde apprendra ce qui se passe réelle- 
ment en Autriche et ce que la justice y est devenue, il 
frémira d'horreur... Ce que nous voulons en ce moment, 
ce n'est pas la guerre, mais la révolution. Après la 
guerre, nous imiterons le peuple français qui a su faire 
une révolution pour avoir la république. » 

R. de Mares écrit : a Sans cette guerre voulue, pré- 
parée et imposée au monde civilisé par les Teutons, la 
conquête économique de l'Europe (par l'Allemagne) 
eût été un fait accompli avant un quart de siècle. » 
{Temps ^, 

Samedi 4 décembre. — Des bandes de comitad- 
jis bulgares inquiètent les Français vers Kafadar. 

La garnison serbe de Monastir arrive à Ghevgheli. 

Le colonel Gaedke (^Vonoârts) constate que l'armée 
serbe a pu s'échapper. 

La Gazette de Francfort se plaint de l'attitude équi- 
voque de la Grèce. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 115 

Le Foreign Office dément que l'embargo ait été mis 
sur des navires grecs. 

Une escadre autrichienne bombarde Saint-Jean-de- 
Medua ; elle coule un vapeur grec chargé de munitions 
pour les Monténégrins, amsi que le sous-marin français 
Fvesnel. 

UOsservatore Romano dément la nouvelle, de source 
allemande (27 novembre), qui attribuait au pape des 
propos hostiles à l'Entente. 

Un grand banquier de New-York aurait dit : « L'Al- 
lemagne est battue. La baisse du change de Berlin le 
dit suffisamment. Les puissances de l'Entente semblent 
encore être tenues en échec, mais l'Allemagne est près 
de céder par l'épuisement de ses ressources finan- 
cières. » 

Delbrûck dit au Reichstag que la question des vivres 
est la plus importante de toutes les questions inté- 
rieures. 

Suivant V Arbeiter-Zeitung (Vienne), le prix des vivres 
a augmenté, en Autriche, de 121 °/o, en Allemagne, de 
65 °/o seulement. 

Reventlow (Tageszeitung^ menace le Danem.ark et la 
Suède, qu'il soupçonne d'être d'accord avec l'Angle- 
terre pour bloquer l'Allemagne par le Nord. 

Journal de Genève : « L'Entente n'a pas été habile 
ni heureuse dans les Balkans. La Russie, en déclarant 
ses visées sur Constautinople, a découragé les sympa- 
thies de la Roumanie et de la Grèce et facilité l'action 
de l'Allemagne en Bulgarie. » 

Dimanche 5 décembre. — Le roi de Grèce s'est 
plaint au correspondant du l^mes des soupçons « injustes 
et cruels » qui pèsent sur lui. Il a nié avoir conclu une 
entente avec la Bulgarie, qu'il appelle l'ennemie hérédi- 
taire de la Grèce. 

Les Bulgares attaquent vivement le front français. 

La retraite serbe en Albanie est rendue très difficile 
par l'état des chemins et par les 4o-ooo prisonniers 
autrichiens que les Serbes traînent après eux. 



116 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Des attaques allemandes sont repoussées dans la 
réçjion de Dvinsk et sur le Styr. 

Un sous-marin allemand a cauouué un navire-citerne 
américain. 

Le Gouvernement hollandais fait arrêter le directeur 
du Telegraaf, jugé trop favoi-able aux Alliés. Vive 
émotion en Hollande. 

On fait remarquer la situation singulière du Portugal 
qui est en conflit avec l'Allemagne en Afrique, mais n'a 
encore déclaré la guerre à aucun pays, malgré l'unani- 
mité de l'opinion en faveur de l'Entente. 

Le rapport adressé à Washington sur les intrigues 
allemandes établit qu'il a été dépensé à cet effet 27 mil- 
lions de dollars, dont 12 millions pour fomenter la 
révolte du général Huerta au Mexique. 

Lundi 6 décembre. — La première réunion du 
Conseil de guerre de l'Entente s'est tenue à Paris. Il 
s'agit surtout de savoir si l'Entente continuera d'agir 
dans les Balkans. 

Par une attaque brusquée, les Allemands enlèvent 
200 mètres de tranchées au sud de Saint-Souplet (Cham- 
pagne). 

La Grèce n'a pas encore donné satisfaction à toutes 
les demandes de l'Entente. 

Les Bulgares attaquent les lignes anglaises à Stru- 
mitza. 

On assure que le drapeau autrichien a été seul hissé 
à Monastir, par égard pour l'opinion grecque. 

Des troubles auraient éclaté à Nisch entre Bulgares 
et Hongrois, ces derniers voulant protéger la population 
civile (?). D'autres nouvelles attribuent aux Hongrois 
les pires atrocités. 

Les Autrichiens ont atteint Ipek. 

L'armée serbe, dans sa retraite, est menacée par le 
soulèvement des Malissores. 

Informé que des monitors autrichiens s'apprêtaient à 
quitter Routschouk pour bomi^arder Reni, le Gouverne- 
ment roumain a fermé le Danube à toute navigation 
étrangère. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 117 

Par voie de Bulgarie, 2.5oo wagons de matériel de 
guerre sont arrivés à Constantinople. 

Le service des voyageurs est arrêté sur les chemins 
de fer d'Anatolie. 

Devant les Turcs renforcés, les Anglais se retirent 
sur Kut-el-Amara, à i25 kilomètres au sud de Ctési- 
phon. 

Neuf unités autrichiennes bombardent Durazzo, 
coulent plusieurs voiliers monténégrins et albanais et 
un navire italien. 

On dit à Petrograd que les récentes démissions des 
ministres autrichiens ont été exigées par Guillaume II, 
parce qu'ils ne voulaient pas consentir k l'union doua- 
nière que l'Allemagne veut imposer à l'Autriche. 

Dans un consistoire secret au Vatican, le pape parle 
de la a malheureuse Arménie » et fait des vœux pour 
la paix. 

L'Allemagne demande aux Etats-Unis de préciser les 
causes du renvoi des attachés Boy Ed et von Papen. 

Des agents de la Sûreté ont découvert à New-York 
un laboratoire de bombes incendiaires et de gaz asphy- 
xiants. 

On fait circuler en Amérique de nouvelles conditions 
allemandes : i° contrôle absolu sur les Balkans ; 
2° Etats tampons (Pologne et Roumanie agrandies) entre 
l'Allemagne et la Russie ; 3° rétablissement de l'an- 
cienne frontière à l'ouest. 

Bryan publie un manifeste demandant à Wilson d'of- 
frir sans retard sa médiation. 



Daily Telegraph : « ;Les Anglais savent, et tous 

?s peuples aussi, que seul l'c 

tarisme allemand les empêchera, dans l'avenir, d'être 



les autres peuples aussi, que seul l'écrasement du mili- 



étranglés par les plus sales mains de l'Europe. Ils ont 
actuellement les moyens d'obtenir cet écrasement. » 

Mardi 7 décembre. — Nouvelle réunion du 
Conseil de guerre de l'Entente. 

Bombardement très actif en Belgique et en Artois. 
La nouvelle inondation tendue dans la région de 



118 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

l'Yser a obligé les Allemands d'abandonner leurs tra- 
vaux avancés. 

Les Français reprennent une partie de la tranchée 
perdue au sud de Saint-Souplet. 

Le 6 et le 7, violentes attaques bulgares sur le front 
anglo-français entre la tête du pont de Demir-Kapou et 
la frontière grecque. Les Anglais, h. l'aile droite, se 
replient avec des pertes assez fortes ; les Français éva- 
cuent leurs positions dans l'angle formé par la Tcherna 
et le Vardar. 

On signale des Austro-Allemands sur le front franco- 
anglais. 

Les Autrichiens occupent Ipek après plusieurs jours 
de combats. 

Nouvelles déclarations du roi de Grèce à V Associated 
Press : « Il faut aux Alliés 4oo.ooo hommes au mini- 
mum pour accomplir quoi que ce soit dans les Balkans... 
Ni force, ni protestations d'amitié ne feront sortir la 
Grèce de sa neutralité... La Grèce est prête à protéger 
le rembarquement des Alliés s'ils reconnaissent que 
leur tentative dans les Balkans a pris fin. » 

On annonce que la chasse aux sous-marins allemands 
en Méditerranée a donné de bons résultats. 

Les relations seraient tendues entre l'Allemagne et 
l'Autriche à propos de la Pologne, que les Allemands 
traitent en pays conquis. 

Le discours du pape en consistoire secret indispose 
l'opinion en Italie à cause des allusions qu'il a faites au 
peu de liberté dont jouirait le Saint-Siège. 

A l'ouverture du Congrès américain, Wilson lit un 
message où le danger germano-américain est signalé 
avec insistance ; 11 parle de citoyens américains qu'on a 
honte de reconnaître comme tels et dont il est néces- 
saire, par des lois nouvelles, de purger les Etats-Unis. 

On dit que l'Allemagne achète aux États-Unis pour 
5oo millions de cuivre, coton, laine, lard et blé, livra- 
bles soixante jours après la fin de la guerre. 

Un journal socialiste de Leipzig écrit : « Il n'y a pas 
en Allemagne un seul socialiste qui accepte de céder à 
la France une seule pierre de l'Alsace-Lorraine. » 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 119 

L'Angleterre compte 2.026 établissements fabriquant 
du matériel de guerre. 

Mercredi 8 décembre. — Le Gouvernement 
américain adresse une note énergique à l'Autriche sur 
le torpillage de VAncona, demandant le désaveu formel 
de l'attentat, la punition du commandant du sous-marin, 
une forte indemnité et l'assurance qu'un pareil crime 
ne se renouvellera pas. 

Etudiant la situation anglo-française en avant de 
Salonique, le colonel Rousset pose à nouveau le di- 
lemme : « Rembarquement ou renforcement. » 

La retraite de l'armée française de Serbie, commen- 
cée il y a dix jours et exécutée en deux fois, a pris fin. 
Les Français ont abandonné Demir-Kapou, Krivolak, 
Kafadar, en faisant sauter tous les ouvrages d'art sur 
la ligne d'LIskub. 

Les Bulgares occupent Ochrida et Dibra. Deux régi- 
ments, l'un bulgare, l'autre autrichien, seraient entrés 
k Monastir. 

De la cavalerie allemande aurait été vue près de 
Strumitza. 

Les Anglais reprennent l'offensive en avant de Kut- 
el-Amara. 

Dans la région d'Hamadan, les Russes ont battu les 
insurgés persans et les poursuivent. 

Max. Harden écrit {Ziikunft) : a La tâche de vaincre 
devient de jour en jour plus difficile... Le Gouverne- 
ment doit éclairer le peuple sur la véritable situation et 
assurer l'alimentation du pays. » 

Daily Mail : « Combien d'années s'écouleront avant 
qu'un homme respectable consente a s'asseoir à la 
même table qu'un Allemand et a lui serrer la main ? » 

Jeudi 9 décembre. — Un nouveau conseil de 
guerre de l'Entente se tient à Paris (Grey, Kitchener, 
Briand, Gallieni, Joffre). 

Le général Joffre a proposé et le Gouvernement a 
accepté le choix du général de Castelnau comme colla- 
borateur immédiat du généralissime sur le front fran- 
çais. 



120 CHRONOLOGIE DE LA. GUERRE 

Le comte de Romanones, libéral et ami des Alliés, 
devient premier ministre en Espagne. 

Les Allemands sont définitivement rejetés de la crête 
de Saint-Souplet (détails dans La Liberté du 19). Les 
Français ont fait' sauter un dépôt de munitions au sud 
de Saint-Souplet. 

Les Alliés se retirent sur Salonique ; de violentes 
attaques bulgares sur les lignes anglaises se poursui- 
vent le 9 et le 10. 

Les Bulgares ont occupé Struga, la dernière ville de 
la Serbie méridionale qui eût échappé à l'invasion. Entre 
Dibra et Struga, ils touchent à la frontière albanaise. 

Depuis le 7, l'artillerie turque, ravitaillée, bombarde 
incessamment les premières lignes françaises aux Dar- 
danelles. 

On dit que des régiments allemands, avec de l'artil- 
lerie, sont arrivés à Gonstantinople pour intimider les 
ennemis des Jeunes-Turcs. 

Radoslavov a déclaré que la Bulgarie entendait gar- 
der toutes ses conquêtes. 

A la Chambre hongroise, Stephan de Rakovsky 
dit qu'on a versé assez de sang, qu'il faut faire la 

Paix, que les vivres sont accaparés. Karoly dit que 
Autriche et l'Allemagne ont voulu châtier la Serbie, 
que c'est chose faite et que la paix doit être conclue. 

Un manifeste portant 10.000 signatures et réclamant 
une paix séparée a été remis au président de la Chambre 
hongroise. 

Au R eichstag, Bethmann-Hollweg affirme sa con fiance . 
L'Allemagne n'est pas épuisée du tout ; elle recevra du 
coton de Turquie. La paix sera d'autant plus dure pour 
l'Entente qu'elle attendra davantage. Les ennemis de 
l'Allemagne ayant l'illusion qu'elle veut la paix, faire 
des propositions serait encourager cette illusion. Seuls 
les socialistes réclament énergiquement la paix. Schei- 
demann déclare que, d'accord avec les socialistes au- 
trichiens, le peuple allemand est décidé à protéger 
la patrie contre les ennemis de l'intérieur qui veulent 
prolonger la guerre. II ajoute que le parti socialiste 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 121 

est opposé h toute annexion, mais refuse de restituer 
l'Alsace-Lorrain e . 

Helffeiich annonce au Reichstag un nouvel emprunt 
de 12 milliards dont le produit ne sera pas utilisé avant 
le printemps. A cette époque, l'Allemagne aura dépensé 
4o milliards, le double de la valeur des chemins de fer 
de l'État. 

Une violente démonstration en faveur de la paix a eu 
lieu à Berlin. 

Les incendies, attribués aux Allemands, se multi- 
plient aux États-Unis. L'un d'eux a détruit Hopewell, 
localité voisine des fabriques de poudre Dupont. Un 
autre, à Érié, a consumé 5oo.ooo boisseaux de froment 
destinés aux Alliés. 

Les versements d'or à la Banque de France atteignent 
1.282 millions. 

Vendredi 10 décembre. — A la suite d'un nou- 
veau conseil de guerre de l'Entente, l'accord s'est établi 
au sujet de l'action concertée des puissances, notam- 
ment dans les Balkans (voir Journal de Genève, 1 4 jan- 
vier 1916). 

Les Allemands ont fermé hermétiquement la fron- 
tière belge et font courir le bruit qu'ils préparent une 
grande offensive. 

Les autorités grecques auraient découvert un complot 
turc en Macédoine. 

Des soldats bulgares ont violé le domicile de la Croix- 
Rouge américaine à Monastir, confisquant la farine qui 
s'y trouvait et déchirant le drapeau. 

Trois torpilleurs russes, dans la Mer Noire, à l'est du 
Bosphore, ont coulé deux canonnières turques et un 
grand voilier. 

Des avions autrichiens bombardent Ancône. 

« Le but principal de l'expédition, qui était de donner 
un appui aux Serbes, est manqué. Reste l'autre, qui 
est de garder la base de Salonique. » (Rousset.) 

Samedi 11 décembre. — Une division anglaise, 
dans sa retraite vers Salonique, a perdu i.5oo hommes 
et 8 canons. 



122 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Anglais ont perdu iiS.ooo hommes aux Darda- 
nelles; 97.000 malades ont passé par les hôpitaux. 

Le change allemand à Genève est tombé à 100, le 
change autrichien à 69. 

Les établissements de pyrotechnie du Gouvernement 
belge ont été détruits à Graville-Sainte-Honorine par 
une série d'explosions (plus de 100 tués). 

Les attachés Boy Ed et von Papen sont rappelés des 
États-Unis. 

Morning Post : « Nous reconnaissons tous que l'Alle- 
magne remporte des victoires, mais elle ne semble pas 
se trouver mieux de ses succès que nous ne nous trou- 
vons mal de nos échecs. Notre pays, comme la France, 
la Russie et l'Italie, est plus déterminé à poursuivre la 
guerre jusqu'à la victoire qu'il ne l'était au début des 
hostilités. » 

Yuan-Shi-Kaï, pressé par le Conseil d'État, a accepté 
la couronne impériale de Chine, mais en se réservant 
de la ceindre quand les circonstances seront favo- 
rables. 

Dimanche 12 décembre. — On dit qu'une ren- 
contre sanglante s'est produite à Istip entre Turcs et 
Bulgares. 

Les socialistes grecs publient un manifeste en faveur 
de l'Entente. 

Les Turcs attaquent Kut-el-Amara le 12 et le i3; ils 
sont repoussés. 

La Gazette de Francfort dit que Salonique ne restera 
pas grecque, mais deviendra bulgare, autrichienne ou 
allemande si les armées germano-bulgares y entrent. 
Le journal s'étonne de la « passivité » de la Grèce. 

D'après une statistique sujette à caution, la campagne 
de Serbie a coûté aux Allemands 117.000 hommes, 
dont 43.000 blessés et 47-ooo malades; aux Autrichiens, 
182.000 hommes, dont 08.000 blessés, 5i. 000 malades; 
aux Bulgares, 01.000 hommes, dont 82.000 blessés, 
8.000 malades. 

Les États-Unis demandent à Vienne le rappel du 
consul général d'Autriche-Hongrie à New-York. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 123 

Lundi 13 décembre. — Les batteries françaises 
ont endommagé à Saint-lMihiel l'unique pont allemand 
que la crue de la Meuse eût épargné. 

Toutes les forces franco-anglaises se replient en ter- 
ritoire grec, après s'être soustraites à la pression de 
quatre divisions bulgares. Les travaux de aéfense sont 
poussés avec ardeur devant Salonique. 

Les Bulgares, poursuivant les Serbes en Albanie, 
occupent Kjuks et menacent Elbassan. Les tribus 
albanaises de la région de Scutari se soulèvent k l'ins- 
tigation des Autrichiens et des Bulgares. 

A l'ouest de l'Egypte, une colonne anglaise a mis en 
fuite 1.200 Arabes pourvus d'artillerie. 

Un dirigeable vole vers Paris, mais, attaqué, doit 
rebrousser chemin. 

L'Allemagne fait savoir aux Etats-Unis qu'elle désa- 
voue les procédés du capitaine Franz von Reutelen, 
chef de l'espionnage allemand en Amérique. 

Les pertes prussiennes atteignent 2. 24&.000 hommes. 

Mardi 14 décembre. — Les Bulgares, après avoir 
occupé Ghevgheli et Dorian, s'arrêtent devant la fron- 
tière grecque. 

Devant Elbassan, les Bulgares sont repoussés par 
les Serbes. 

On dit à Athènes que les troupes allemandes atten- 
dent des renforts avant de pénétrer en territoire grec et 
qu'il n'y a plus de troupes turques en Bulgarie. 

Le Gouvernement grec a ordonne au 5* corps de 
quitter Salonique. 

Les Monténégrins reculent devant les Autrichiens qui 
occupent Rozaj. 

Le Gouvernement roumain a conclu un accord avec 
les Empires du Centre pour l'exportation de céréales. 

Des scènes violentes se produisent à la Chambre rou- 
maine à propos de la presse soudoyée par l'Allemagne. 

Il y a 240.000 Anglais en Egypte ; de grands travaux 
de défense se poursuivent sur le Canal. 

Onze avions français bombardent Mûllheim. 

Le directeur de la Bibliothèque universelle (Lau- 



124 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

sanne), poursuivi pour l'article de Stapfer, est condamné 
à 5oo francs d'amende. En Hollande, les juges acquit- 
tent le directeur du Telegraaf. 

Le Gouvernement anglais décide de porter les effec- 
tifs de 3 à 4 millions d'hommes. 

Une pétition signée de 5oo.ooo noms presse le Gou- 
vernement hongrois d'interdire la sortie du blé et des 
œufs qu'accapare l'Allemagne. 

« Le grand port macédonien n'est plus le point de 
départ d'une expédition de secours ; il devient une case 
sur l'échiquier de la guerre européenne. » (Temps.^ 

Mercredi 15 décembre. — Le maréchal French 
est nommé vicomte et commandant des forces anglaises 
en Angleterre. Il est remplacé sur le front par le géné- 
ral Douglas Haig. 

Les Français enlèvent un petit poste au sud-est de 
Vaillj. 

On annonce avec persistance en Hollande que de 
grands transports de troupes ont lieu vers l'ouest et que 
les Allemands veulent parvenir coûte que coûte h Calais. 

Suivant le Carrière délia Sera, les Autrichiens entre- 
tiennent 5oo.ooo hommes sur le front italien. 

Le commandant de la i5' division grecque a remis 
au général SaiTail une protestation (de forme) contre 
les travaux de fortification commencés autour de Salo- 
nique. 

On annonce officiellement que des forces italiennes 
ont débarqué en Albanie ; les Italiens n'ont perdu qu'un 
torpilleur et un navire affrétés, coulés par des mines. 

L'Italie a mis le château de Caserte à la disposition 
du roi Pierre de Serbie. 

Les Austro-Allemands constituent à Routschouk un 
centre important de munitions. 

Les Russes ferment la frontière de Bessarabie. 

Il y a 21.000 prisonniers de guerre allemands en 
Angleterre. 

Pour la première fois dans l'histoire, l'encaisse de la 
Banque de France dépasse 5 milliards. 

Le mark allemand en Suisse perd 22,5, la couronne 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 125 

autrichieune, 3i, le franc de France, 12, et la livre ster- 
ling, 3. 

« Nulle part plus que dans la ruée actuelle des Austro- 
Allemands vers Salonique ne se révèle le but commer- 
cial et économique de cette guerre. » (Temps.^ 

Jeudi 16 décembre. — Un déserteur allemand à 
Hetsas a été trouvé porteur d'une proclamation (authen- 
tique ?) du prince Albert de Wurtemberg, annonçant 
l'arrivée prochaine de l'Empereur et une offensive déci- 
sive sur l'Yser. 

On prétend que deux banquiers américains ont été 
fusillés par les Autrichiens à Gorizia. 

L'État-major bulgare déclare qu'il cesse momenta- 
nément de publier des communiqués. 

La Grèce et la Bulgarie se seraient mises d'accord pour 
l'établissement d'une zone neutre. 

Les Monténégrins reculent dans le Sandjak, mais, en 
Herzégovine, rejettent les Autrichiens au delà de la 
Soutieska. 

Les Russes occupent Hamadan et marchent sur Kum. 

Dans la nuit du 16 au 17, des avions français bom- 
bardent la gare de Metz-Sablons. 

Le ministre d'Allemagne à Athènes aurait fait une 
démarche comminatoire auprès de Skouloudis. 

L'Autriche, répondant aux États-Unis sur la question 
de YAncona, se plaint de la raideur de la note améri- 
caine et de son manque de précision. La presse autri- 
chienne accentue le caractère dédaigneux de la réponse 
de l'Autriche ; la presse allemande envenime encore le 
débat en tournant les États-Unis en ridicule. On affirme 
que le texte de la réponse autrichienne a été soumis à 
l'Allemagne. 

Ribot annonce que la France, en 191 6, dépensera 
2 milliards 5oo millions par mois. 

« Les réactions d'un front sur l'autre, après avoir été 
a peu près nulles en 19 14 et limitées pendant les pre- 
miers mois de 1916, sont devenues plus fréquentes et 
vont en se multipliant... Sauf appoint d'Orientaux, 



126 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

l'armée austro-allemande doit tomber peu à peu dans 
le régime des expédients. » (colonel Feyler.) 

Vendredi 11 décembre. — Le correspondant du 
Dailij Telegraph à Rotterdam met en garde l'opinion 
contre les bruits lancés par les Allemands relatifs à 
leurs prochaines offensives {Temps du 19). 

Les Italiens dominent le cours du haut Astico. 

Les Alliés fortifient le col de la presqu'île de Chalci- 
dique. Ils ont pris livraison des voies ferrées grecques 
de la Macédoine. 

Six mille soldats serbes ont rejoint les Alliés à Salo- 
nique. 

On annonce de Vienne que la Bosnie a été évacuée 
par les Monténégrins et que les Autrichiens ont pris 
Bielopolje. 

Le Gouvernement américain a ordonné à son ambas- 
sadeur de Rome d'affi'éter tous les navires disponibles 
pour ramener d'Albanie en Italie les femmes et les 
enfants serbes qui meurent de faim. 

Le roi de Roumanie, recevant le serment de la classe 
19 16, a évoqué le souvenir de Plevna. 

A Bucarest, on parle d'un complot de la police hon- 
groise (?) pour organiser un attentat à la dynamite 
contre les partisans de l'Entente. 

Le croiseur Bremen et un torpilleur qui l'accompa- 
gnait ont été coulés dans la Baltique orientale. 

Un torpilleur français coule un hydravion allemand 
près de Dunkerque. 

Un croiseur français bombarde une usine allemande 
de munitions à Caïffa. 

De nombreux dépôts de combustibles pour les sous- 
marins allemands auraient été détruits sur les côtes 
d'Argolide, en Crète et à Cavalla. 

Le général Pau doit rester attaché à l'Etat-major 
russe. 

L'Allemagne de l'Ouest souffre d'une disette de 
pommes de terre, de grands envois étant arrivés gelés. 

On réquisitionne en Allemagne tous les chevaux lais- 
'sés jusqu'alors à la culture. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 127 

Le New-York Times dit que les banquiers américains 
se moquent des vantardises de Helffericii, concernant 
la solidité financière de l'Allemagne par opposition à la 
situation de l'Entente. 

Les Allemands de New- York veulent expédier en 
Allemagne i.ooo livres de cuivre en 200 colis postaux, 
coûtant 12 francs chacun. 

Plus de 11.000 Espagnols, dont 200 professeurs, ont 
signé un manifeste exprimant leur sympathie à l'Alle- 
magne. Toutefois, il y a un revirement dans le pays, 
même parmi les Carlistes, surtout à la suite de la conver- 
sion du comte de Melgar au parti de l'Entente. 

Samedi 18 décembre. — Les puissances cen- 
trales, répondant à la Grèce, disent que leur attitude 
future dépendra des opérations militaires et ne font 
aucune allusion à la participation des Bulgares et des 
Turcs dans l'éventualité d'une campagne en territoire 
grec. 

Les Anglais ont 90.000 hommes à Salonique. 

Le ravitaillement des Serbes par l'Albanie a com- 
mencé. 

Le maréchal von der Goltz a été reçu à Alep par Djemal. 

Les Russes repoussent une attaque violente entre 
Téhéran et Hamadan. 

Un sous-marin autrichien est coulé par une mine à 
Cattaro. 

On a découvert aux États-Unis un nouveau complot 
allemand organisé par le chef de la police de la ligne 
Hamburg-Amerika, ayant pour but la destruction du 
canal de Welland qui relie les lacs Érié et Ontario. 

A Londres, le 3 0/0 allemand est à 5o, le 4 "/o autri- 
chien à 60, le 3 °/o hongrois à 37. 

On déclare, à l'Académie de Médecine, que la morta- 
lité dans les hôpitaux militaires français est tombée k 
18 °/oo (367 pendant la guerre de Crimée, 85 pendant la 
guerre d'Italie). La mortalité des blessés de guerre est 
de 23 °/oo, après avoir été beaucoup plus forte au début 
de la campagne. 

Dimanche 19 décembre. — Duel d'artillerie très 



128 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

intense sur le front nord-est et est d'Ypres, où les Alle- 
mands font usage de gaz. L'infanterie allemande a été 
repoussée. 

D'après le Secolo, 160.000 Alliés auraient débarqué 
k Salonique. 

Les élections grecques, où les Vénizélistes se sont 
abstenus, donnent la majorité aux Gounaristes. A Athè- 
nes, 7.Z120 électeurs ont voté, au lieu de 120.000 aux 
élections précédentes. L'abstention électorale est deve- 
nue la leçon du roi. 

Les Bulgares semblent marcher sur Durazzo pour 
couper la retraite aux Serbes. 

Des collisions ont eu lieu en Epire entre postes avan- 
cés grecs et bulgares. 

Un sous-marin autrichien est capturé et conduit k 
Malte. Un avion autrichien bombarde Scutari. 

Une nouvelle note américaine demande l'entière 
adhésion de l'Autriche à la note précédente. Le Lokal- 
Anzeiger avant été saisi à Berlin, le public crjit qu'il 
annonçait îa déclaration de guerre des États-Unis et 
donne des signes d'une vive anxiété. 

A Cleveland, le D'' Rilter est condamné a un an de 
prison pour complicité dans des complots allemands 
aux Etats-Unis. 

La Commission française a publié un cinquième rap- 
port sur les atrocités allemandes : ce Partout, autour de 
l'Austro-AUemague, la haine monte comme une marée 
implacable et c'est elle, suprême expression de la cons- 
cience universelle, qui brisera l'orgueil allemand. » 
{Temps du 20.) 

Lundi 20 décembre. — Vifs bombardements et 
44 combats aériens sur le front anglais de Belgique. 

Les Français évacuent le poste qu'ils avaient enlevé 
le i5 au sud-est de Vailly. 

Trois bataillons italiens occupent Durazzo. 

Les Alliés occupent et fortifient Topchin, au nord- 
est de Salonique. 

Les Austro-Allemands exécutent d'importants travaux 
a Routschouk, Varna et Bourgas. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 129 

On dit à Sofia que les Russes ont retiré leurs troupes 
(le Reni pour attaquer sur la frontière de Bukovine. 

Asquitn annonce aux Communes que les troupes 
anglaises de Suvla se sont rembarquées avec des pertes 
insignifiantes. 

Une escadre russe bombarde à nouveau Varna. 

Un paquebot de la Deutsche Levant Linie est coulé 
par un sous-marin anglais devant Constantinople. 

Six avions allemands bombardent La Panne, man- 
quent y tuer le roi et la reine des Belges et font plus 
de cent victimes. 

Des avions français bombardent la gare de Mulhouse. 

Les Turcs ont 3 divisions à Constantinople, 6 à An- 
drinople, ii dans le Caucase, 6 en Syrie, i5 aux Dar- 
danelles, 3 à Smyrne, 5 en Syrie. 

De Wet et iio autres insurgés de l'Afrique du Sud 
ont été remis en liberté. 

Une communication du Foreîgn-Ofjice réfute les 
informations de la presse américaine suivant lesquelles 
les négociants anglais profiteraient des restrictions im- 
posées au commerce neutre et dont pâtit le commerce 
américain. 

Lloyd Georges dit aux Communes que le Royaume- 
Uni possède 33 usines à obus. La fabrication des 
mitrailleuses a quintuplé depuis le mois de juin. « Li- 
miter la production serait la pire des économies ; ce 
qu'on gagnerait en argent, on le gaspillerait en vies 
humaines. » 

Plus de I million d'ouvriers travaillent dans les usines 
anglaises sous le contrôle du Gouvernement. 

Le colonel Shumsky estime impossible que les Alle- 
mands dégarnissent leur front oriental, car les Russes 
en profiteraient immédiatement. 

Le comte Stûrgh a reçu une déléaation de Turcs et 
de Tartares de la Russie, auxquels il a promis l'appui 
des Empires centraux. 

Le comte Tisza fait un discours belliqueux à la 
Chambre des Magnats. 

Mardi 21 décembre. — Les Allemands tentent 

94. CHRONOLOGIE DE LA GUBRIIE 9 



130 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

un vigoureux elïbrt entre Ypres et Armentières, mais 
sont repoussés avec pertes. 

Progrès français sur les pentes est de l'Hartmannswil- 
lerkopf (i .3oo prisonniers). 

On reconnaît que les élections grecques ont eu le 
caractère d'un duel entre le roi et Venizelos, qui est 
resté vainqueur. Bien que des circulaires répandues à 
flots demandassent aux électeurs de choisir entre la paix 
et la guerre, les deux tiers des électeurs, en s'abstenant 
(même k Salonique), ont exprimé leur confiance à 
Venizelos. 

Le général Russky, malade, est relevé du comman- 
dement en chef des armées russes du nord. 

Vainqueurs devant Kum (Perse), les Russes occupent 
cette ville et y font un grand butin. 

Un paquebot japonais est coulé sans avertissement 
en Méditerranée. 

Asquith dit aux Communes que l'Angleterre a 
1.200.000 hommes sur ses différents fi^onts et demande 
que les effectifs totaux soient portés de 3 à 4 millions 
d'hommes. 

Alors que le parti irlandais repousse toute conscrip- 
tion, le travailliste Stanton dit : « Si les gens refusent 
de s'engager, il faut les aller chercher. Quand un pays 
est assez bon pour qu'on y vive, il doit l'être assez pour 
qu'on le défende. » 

Le Reichstag a voté le crédit militaire de lo mil- 
liards de marks ; 44 socialistes, qui ont voté contre, 
représentent la majorité des électeurs socialistes en 
Allemagne. 

Violents débats k la Chambre hongroise, oîi l'opposi- 
tion (Andrassy) décide d'entrer en lutte avec le Gouver- 
nement. 

Les États-Unis protestent contre la saisie, par les 
Anglais, de colis postaux de caoutchouc soi-disant des- 
tinés k la Suède. 

On sait k Londres que de 2 millions d'Arméniens 
vivant en Turquie, la moitié a été massacrée. 



i 



CIIUONOLOGIE DE LA GUERRE 131 

Mercredi 22 décembre. — Guillaume II, atteint 
d'iiu phlegmon (?), doit garder la chambre. 

Emprunt français : 3.ooo.ooo de souscripteurs ont 
apporté i4 milliards 5oo millions, dont ëo °/o en numé- 
raire et bons à court terme. 

Une contre-attaque allemande sur le sommet de 
l'Hartmannsvvillerkopf obtient un succès sensible. 

Le tsar de Bulgarie est reçu avec apparat k Monastir. 

Duel d'artillerie au mont Lovcen. 

Les Russes sont vainqueurs des insurgés persans à 
Rabat-Kerim, k 4o kilomètres de Téhéran. 

Pendant les neuf semaines de la campagne de recru- 
tement conduite par Lord Derby, 2 millions 5oo.ooo 
hommes se sont présentés, dont i.54o.ooo pendant la 
dernière semaine. 

L'explosion d'une poudrerie à Munster fait 4oo vic- 
times ; celle de la pouarerie de Haskeuï (Constantinople) 
en fait i.ooo et dévaste tout un quartier. 

Le Gouvernement américain possède la preuve que 
des agents allemands aux Etats-Unis ont comploté de 
faire sauter le canal de Panama. 

L'Allemagne et ses alliés occupent 43o.ooo kilomètres 
carrés, dont 290.000 en Russie, 87.000 en Serbie, 28.000 
en Belgique, 22.000 en France, 2.000 au Monténégro. 

Tribune (New-York) : « L'Allemagne est dans la 
position du cambrioleur qui, entré dans une maison et 
ayant ramassé son butin, n'en peut plus sortir. » 

Jeudi 23 décembre. — Les Français ont repris 
leurs premières positions sur les pentes nord de l'Hart- 
mannswillerkopt ; au sud et au sud-est, le terrain con- 
quis a été conservé sur un front de 2 kilomètres. 

Les Monténégrins, attaquant vers Lepenatz, ont rejeté 
les Autrichiens sur Bielopolje, leur tuant 5oo hommes. 

Un nouveau traité pour l'exportation des céréales a 
été signé entre la Roumanie et les Empires du Centre. 
On annonce qu'à partir du mois de janvier, le bétail 
roumain pourra être exporté franc de droits. 

Sept attachés militaires alliés sont arrivés au quartier 
général russe. 



132 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Anglais ont évacué Sollum, à l'ouest de l'Egypte. 

Un sous-marin autrichien a coulé, près de Saint-Jean- 
de-Medua, un voilier monténégrin chargé de vivres. 

Deux avions autrichiens bombardent Scutari. 

Runciman dit aux Communes : « Au point de vue 
du commerce, l'Allemagne est battue : ce sera à nous 
de faire qu'elle ne puisse pas relever la tête après la 
guerre. » 

La Gazette de Cologne dit que l'Allemagne doit se 
passer de superflu, lait, beurre, rôti de porc « devenu 
une rareté ». 

Un Indien, S. M. Mitra, écrit à la Nation de New- 
York (p. 3) que sur les 3i5 millions d'habitants de 
l'Inde anglaise, les races aptes à la guerre en comptent 
6i millions, parmi lesquels il serait facile de lever une 
armée supérieure en nombre à l'armée anglaise. Pour- 
quoi donc l'Angleterre et ses alliées soncjeraient-elles 
à attirer en Europe des contingents japonais ? 

Vendredi 24 décembre. — Une nouvelle attaque 
allemande sur l'Hartmannswillerkopf est repoussée. 

Les Bulgares, depuis le 21, sont aux prises avec les 
Serbes près d'Elbassan. 

On affirme (k tort) que les officiers allemands ont 
quitté l'armée bulgare et l'armée turque, où leur pré- 
sence était devenue une source de conflits. 

La Roumanie appelle la classe de 1918. 

Une attaque turque sur Kut-el-Amara, le 28 et le 24, 
est repoussée, bien que les Turcs aient pénétré d'abord 
dans un fortin. 

Le paquebot français Ville-de-Ciotat est coulé sans 
avertissement en Méditerranée ; nombreuses victimes. 

Un avion autrichien a atterri en Roumanie et a été 
saisi. 

Dans la nuit de Noël, troubles à Gzeraowitz, à Vienne 
et ailleurs, motivés par la cherté des vivres. 

La Gazette de Francfort dit que le recensement des 
céréales fait en novembre montre que les réserves sont 
inférieures aux prévisions. Le journal recommande à la 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 133 

population de manger le moins possible « afin de pou- 
voir tenir ». 

Le Journal de Genève dit que l'Allemagne a été 
sauvée jusqu'à présent par ses chimistes. On annonce 
qu'ils ont réalisé maintenant la synthèse du caoutchouc, 
mais on ne dit pas à quel prix, ni en quelle quantité on 
peut le produire. 

Le colonel Feyler (Journal de Genève) trouve absurde 
l'assertion de Bethmann-Hollweg au Parlement alle- 
mand, que les pertes françaises auraient été supérieures 
aux pertes allemandes. Il observe qu'à raison de 2.5oo 
hommes par kilomètre, l'occupation des i.5oo kilo- 
mètres du front allemand absorbe 8.750.000 hommes, 
tandis que les 5oo kilomètres du front français n'en 
exigent que 1.260.000. 

La Zukunft a été suspendue à cause d'articles de 
Harden dont la presse anglaise s'est procuré le texte 
(Temps du 10 janvier 191 6). En voici des extraits : 

Alors que le Gouvernement et sa presse s'emploient acti- 
vement à convaincre la nation allemande que la victoire est 
d'ores et déjà virtuellement acquise, la vérité est qu'aucune 
victoire décisive n'a été remportée, et que l'Allemagne a 
encore une terrible lutte à livrer pour son existence même. 

Il serait plus sage, vis-à-vis d'une nation intelligente et 
patriote comme la nôtre, de lui faire connaître la vérité, que 
de la leurrer d'illusions et d'attirer ainsi sur elle les désastres 
qui ne peuvent manquer de résulter de l'inévitable effondre- 
ment de la confiance publique qui se produira quand les 
éléments véritables de la situation seront connus... 

Bismarck aurait évité les fautes commises par les gouver- 
nants actuels de l'Allemagne. Tout d'abord, il aurait reculé 
toute déclaration de guerre jusqu'au moment ovi il aurait été 
tout à fait certain de ne pas se trouver en face d'une coalition 
ennemie écrasante, tandis que l'Allemagne s'est jetée dans 
ce conflit avec la conviction erronée que l'Angleterre reste- 
rait neutre. 

C'était là un début suffisamment déplorable, mais il restait 
alors des moyens de réparer le mal ; il était encore temps de 
rallier l'opinion publique en proclamant une politique hardi- 
ment progressiste. 

La promesse d'un gouvernement réellement parlementaire 
aurait fait comprendre au peuple allemand qu'il combattait 

CHRONOLOGIE DE LA GUERRE * 



134 CHRO>'OLOGIE DE LA GUERRE 

pour lui-même, et non pas pour une clique de généraux et 
de fonctionna ires . 

Celle du suffrage universel pour les élections à la Diète de 
Prusse aurait donné de l'autorité aux socialistes loyalistes; 
elle aurait justifié leur politique aux yeux de la masse... 

Un engagement formel et précis de répartir de telle façon 
les nouveaux impôts que les classes pauvres n'en soient pas 
écrasées aurait aussi beaucoup étouffé les protestations 
contre la guerre qu'on entend maintenant de tous côtés en 
Allemagne. 

Samedi 25 décembre. — Les Autrichiens ont 
passé la Tara, rivière qui formait, avant 1918, la fron- 
tière entre le Monténégro et le Sandjak, 

La Roumanie vend aux Empires du Centre 5oo.ooo 
tonnes de blé. La situation économique et financière du 
pays est mauvaise ; il doit vendre le plus qu'il peut là 
où il trouve des clients. 

Le Tsar est parti pour le front. 

Le Shah a choisi un nouveau ministère, favorable 
aux Alliés. 

A l'ouest de l'Egypte, 3. 000 Arabes ont été repoussés, 
laissant 200 morts. 

Un échange de notes au sujet de l'Epire a eu lieu 
entre la Grèce et l'Italie. 

Des troubles, causés par la disette, sont signalés à 
Munster et à Cologne. 

Dimanche 26 décembre. — Les Monténégrins, 
poursuivant leur offensive, reprennent plusieurs vil- 
lages. 

Le général Castelnau, revenu d'une tournée d'inspec- 
tion à Salonique, est reçu à Athènes par le Roi, 

Les Russes occupent Assad El Abad à l'ouest d'Ha- 
madan. 

Sur le lac Tanganyika, les Anglais s'emparent du 
navire allemand Kingani, dont tous les officiers ont été 
tués. 

On publie à Milan une proclamation apocryphe de 
Guillaume II a à mon héroïque peuple serbe ». 

Lundi 21 décembre. — Une proclamation du roi 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 135 

d'Angleterre annonce que les troupes de l'Inde quittent 
la France pour une autre destination. 

Après plusieurs jours de combats, les Bulgares 
occupent Elbassan. 

64.000 soldats serbes (sur 80.000) ont été ramenés 
en Albanie par le général Stepanovitch. 

Les Russes repoussent une forte attaque allemande 
au sud du lac Babit (front de Riga). 

Après avoir occupé Kachen, les Russes marchent sur 
Ispahan. 

On affirme à Rome que Guillaume II doit subir une 
opération à la gorge. 

Les Débats réclament le blocus des ports Scandinaves 
qui ravitaillent l'Allemagne. 

On assure que les gaz allemands ont détruit les rats 
dans les tranchées anglaises près d'Ypres. 

Le Yunnan se révolte contre Yuan-Chi-Kaï, peut-être 
à l'instigation d'agents allemands qui veulent créer des 
embarras au Japon. 

Mardi 28 décembre. — Les Français prennent des 
tranchées à l'Hartmannswillerkopf, entre les deux som- 
mets du Rehfelsen et du Hirzstein. 

Les forts et les navires de guerre de Cattaro ont tiré 
plus de i.ooo obus sur le front du mont Lovcen. 

L'opinion publique en Grèce se prononce de plus en 
plus pour les Alliés. 

Commencement d'une grande offensive russe en Bes- 
sarabie. 

Les Français ont occupé (le 27) l'îlot de Castellorizo 
entre Rhodes et Adalia; le Gouvernement grec pro- 
teste. 

Un cuirassé français bombarde les batteries turques 
de la côte d'Asie ; les troupes françaises commencent à 
évacuer la presqu'île. 

Un vapeur grec a été coulé dans la mer du Nord. 

Une « ligue humanitaire allemande », organe de 
socialistes en exil, publie un manifeste de Noël décla- 
rant que la guerre n'a pas été entreprise pour défendre 
l'Allemagne, mais pour satisfaire les appétits de cons- 



136 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

pirateurs prussiens, et que l'Allemagne, autrefois 
honorée dans le monde entier, est devenue l'objet du 
mépris de la civilisation. Il conclut en demandant la 
déposition de Guillaume II et l'exécution de ses com- 
plices (authentique ?) 

La valeur du mark est tombée en Suisse au-dessous 
de celle du franc. 

Une ordonnance prussienne autorise les camions 
automobiles à circuler désormais sans pneus. 

855 professeurs autrichiens demandent une union 
économique étroite entre l'Allemagne et l' Autriche- 
Hongrie. 

Bourtsev, revenu de Sibérie, préconise à Petrograd 
la guerre à outrance : « Vaincre l'Allemagne, c'est faire 
triompher les principes de la démocratie russe. » {Temps 
du 29.) 

Le cabinet de Londres a décidé d'exiger le service 
militaire des célibataires. 

10.000 délégués des provinces de l'Inde, réunis k 
Bombay en conférence nationale, font profession de 
loyalisme. 

Mercredi 29 décembre. — Depuis le début des 
opérations sur l'Hartmannswillerkopf, les Français ont 
fait 1.668 prisonniers valides. 

Par suite de l'activité des sous-marins autrichiens, le 
ravitaillement du Monténégro est très difficile. 

Une division autrichienne étant sortie de Cattaro 
pour bombarder Durazzo a rencontré des escadrilles 
alliées et a dû fuir, ayant perdu deux torpilleurs. Le 
sous-marin français Monge a été coulé. 

Des avions anglais bombardent la gare de Comines. 

L'Allemagne avance 4oo millions à la Turquie. 

Jeudi 30 décembre. — Les Allemands ont fait 
éclater cinq mines au nord de Loos, causant des pertes 
aux Anglais. 

Vers Armentières, vive canonnade ; les gros mortiers 
anglais endommagent les lignes allemandes. 

Des avions ayant lancé des bombes sur Salonique et 
fait ainsi acte de guerre, les Alliés arrêtent les consuls 



ï 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 137 

d'Allemagne, d'Autriche, de Bulgarie et de Turquie, 
qui sont embarqués pour Toulon. 

On affirme que des mouvements anti-bulgares ont 
éclaté dans plusieurs garnisons grecques. 

Un torpilleur a amené le roi Pierre de Valona à Salo- 
nique. 

Les Autrichiens ont repris Raskova-Gora (front du 
Lovcen) et s'y fortifient. 

Une violente bataille est engagée dans la Galicic 
orientale. Les Autrichiens reculent. 

Les Anglais, en Mésopotamie, sont fortement canon- 
nés par les Turcs. 

Le paquebot Persia, de la ligne péninsulaire, allant 
de Londres à Bombay, est torpillé au sud de la Crète et 
coule en cinq minutes. Il y a 333 victimes, dont le 
consul des il,tats-Unis à Aden. Le sous-marin n'a pas 
montré son pavillon. 

Au cours du bombardement de Durazzo par l'escadre 
autrichienne, un vapeur contenant 5oo tonnes de vivres 
pour le Monténégro a coulé. 

Un avion français a bombardé Monastir. 

A Genève, le mark est à 99,70 ; la couronne à 07,20 ; 
le Paris à 89,85 ; le Londres k 24,90. 

Le Journal de Genève, montrant l'absurdité des pré- 
tendues conditions de paix allemandes publiées à 
Zurich, conclut : « L'Entente n'a pas voulu la guerre ; 
elle l'a subie. Elle en vient seulement à se sentir prête 
à la soutenir tant qu'il le faudra. » 

Le sénateur Elihu Root dit au congrès panaméi'icaiu 
de San-Francisco : « A la fin des hostilités, des mesures 
devront être prises par toutes les nations civilisées poui- 
que le monde soit désormais régi par un code interna- 
tional défini. Toute nation qui ne souscrirait pas à cela 
serait mise hors la loi. » 

L'Autriche répond aux Etats-Unis que VAncona a 
essayé de fuir, que la mort des personnes qui se noyè- 
rent doit surtout être attribuée à la conduite fâcheuse 
de l'équipage; pourtant, le commandant du sous-marin 
a été blâmé pour n'avoir pas pris suffisamment eu consi- 



138 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

(lération la panique qui régnait à bord du navire. L'Au- 
triche consent à indemniser les citoyens américains. 
Le maréchal French prend le titre de vicomte d'Ypres. 

Vendredi 31 décembre. — Une attaque alle- 
mande sur le Hirzstein a été repoussée. 

Un grand dépôt allemand d'obus saute en Alsace. 

Les ministres de l'Allemagne et de ses alliés protes- 
tent à Athènes contre l'arrestation des consuls à Salo- 
nique. Skouloudis répond que le Gouvernement grec 
proteste de son côté. On assure, d'autre part, que le 
Gouvernement grec a protesté contre le bombardement 
de Saloniquc par des avions. 

Des troupes anglaises ont débarqué à Orfano (est de 
la Chalcidique). 

On dit que les Italiens, débarqués en Albanie, ont 
opéré leur jonction avec les Serbes. 

Le grand-duc Boris, oncle du tsai", arrive à Buca- 
rest. 

Un violent combat d'artillerie a lieu devant Dvinsk, 

Les Russes passent sur la rive gauche du Styr et 
prennent Khriasi. Dans la région d'Oussetchko, l'en- 
nemi est refoulé sur la rive droite du Dniester. Entre le 
Dniester et la frontière roumaine, les Russes ont atteint 
et détruit les fils barbelés. 

Sur la frontière libyque, les Anglais ont pris un camp 
arabe abandonné et y ont fait un grand butin. 

On dit que les Russes ont pris, à Kum, 1.600.000 
cartouches et 3. 000 obus. 

Le croiseur cuirassé anglais Natal coule, par suite 
d'une explosion intérieure, dans un port anglais. 

Pendant le mois de décembre, les Allemands ont 
coulé 20 vapeurs anglais (/jS.ooo tonnes). 

Guillaume II, toujours souffrant de la fièvre (d'autres 
disent d'un empoisonnement du sang), adresse une pro- 
clamation aux armées allemandes, rappelant les victoires 
remportées, mais aussi la menace de famine et les 
haines qui pèsent sur l'Allemagne. Il écrit àl'évêque de 
Munster : « Puissent les ferventes prières du peuple 
allemand, implorant l'aide divine pour triompher des 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 139 

dures tribulations qui nous éprouvent, être entendues 
au cours de l'année nouvelle ! » 

Dans la nuit, à Berlin et ailleurs, manifestations 
bruyantes pour la paix. 

Les pertes prussiennes atteignent 2.536.ooo hommes, 
dont 600.000 tués et 356. 000 manquants. 

E. Lavisse écrit dans la Revue ae Par/.s (i'^'' janvier) : 
« Beaucoup d'Européens pensaient que les Etats-Unis 
étaient de taille a prendre dans le monde le rôle d'une 
qrande puissance morale. Cette illusion s'est évanouie... 
i^e Souverain Pontife a parlé plusieurs fois d'un toji 
dolent et obscur... Il est temps de nous réduire au 
nécessaire pour conformer notre conduite à l'état des 
choses. C'est d'ailleurs notre devoir de faire des écono- 
mies pour payer notre dette aux œuvres de solidarité et, 
si cela est encore nécessaire, pour prêter notre argent 
à la France. » 



NANCÏ, IMPRIMEHIE BEnOER-LEVRAULT 



Chronologie 

de la Guerre 

(1^^ JANViER=30 JUIN 1916) 



1 



114. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 



R a été tiré de ce volume cinquante-cinq exem- 
plaires numérotés à la presse, dont : 
5 sur papier du Japon (N°^ i à 5); 
5o sur papier de Hollande (N°^ 6 à 55). 



Copyright by Berger-Lcvraull 1916 



PAGES D'HISTOIRE - 1914-1916 

o« SÉaiE a, 4 

S. R. 

MEMBRE DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTES 



CHRONOLOGIE 

E LA GUERRE 

QUATRIÈME VOLUME 

(I" JANVIER-30 JUIN 1916) 



Successu crescat honestum 
(Luc AIN, LX, 571.) 



BRAIRIE MILITAIRE BERGER-LEVRAULT 

PARIS I NANCY 

5-7, RUE DES BEAUX-ARTS j RUE DES GLACIS, l8 

1916 



Chronologie 

de la Guerre 

a*' JANVIER = 30 JUIN 1916) 



JANVIER 



Samedi 1" janvier 1916. — Dix obus k longue 
portée sur Nancy font peu de dégâts. 

Le roi Pierre de Serbie est arrivé à Salonique. 

Les Monténégrins résistent aux Autrichiens vers Be- 
rana. 

Des avions autrichiens jettent des bombes sur Du- 
razzo. 

Les Anglais ont occupe Jaunde (Cameroun), d'oii les 
fonctionnaires allemancfs se sont enfuis. 

Le ministre de la guerre Polivanov a déclaré au cor- 
respondant du Times : « Je prévois pour l'année nou- 
velle une grande amélioration de la situation militaire; 
ce sera le résultat direct de la coopération plus intime 
assurée entre la Grande-Bretagne et nous. » 

Gernesson écTii (L'Emancipation, ianv. 1916, p. 8) : 
« Quand la guerre sera finie, nous aurons notre Congrès 
de Vienne à tenir et à en faire sortir non pas seulement 
un avenir diplomatique précaire, mais un avenir de 
paix éternelle pour nos fils, plus heureux que nous. » 



b CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

F.-W. Foerster, professeur à Munich, déclare, dans 
une brochure publiée à Zurich, que le « bismarckisme > 
est responsable de la catastrophe actuelle (Voir Journal 
de Genève, 8 mai). 

Dimanche 2 janvier. — Encore deux obus sur 
Nancy. 

Violent bombardement à rHartmannswillerkopf ; 
nous reculons sur la rive ouest du ravin au sud du 
Rehfelsen. 

Combats acharnés à Toporava, à la frontière de Bes- 
sarabie ; les Russes progressent au nord-est de Czer- 
novitz. 

De nombreux espions sont arrêtés à Salonique par 
les Alliés. 

La presse gounariste publie des articles violents 
contre les Alliés. Parlant à un journaliste anglais, le 
roi de Grèce a avoué qu'il existait une entente entre la 
Grèce et la Bulgarie, mais a repoussé l'accusation de 
nourrir, à l'égard des Alliés, des sentiments hostiles. 
Si les Bulgares marchent sur Salonique, l'armée grecque 
restera t spectatrice désintéressée ». 

Les Turcs canonnent Kut. 

Le Temps (du 3) insiste sur la nécessité de mettre 
fin au banditisme naval en détruisant les repaires des 
corsaires, en ruinant leurs possibilités de ravitaille- 
ment et leur organisation de renseignements. 

On croit à Athènes que l'explosion de la poudrerie 
de Haskeui est due k un avion français. 

Le Tsar, passant en revue les chevaliers de Saint- 
Georges, afnrme qu'il ne conclura pas la paix avant 
d'avoir chassé le dernier ennemi du sol russe et seule- 
ment en plein accord avec les Alliés, auxquels la Russie 
est liée non par des chiffons de papier, mais par une 
amitié vraie et le sang. 

Les mineurs du pays de Galles repoussent toute me- 
sure de conscription et réclament un plébiscite à ce sujet. 

La Société américaine de Droit international a décidé 
que le français serait désormais la langue officielle de 
son administration. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 7 

Lundi 3 janvier. — L'offensive russe se précise en 
Bessarabie et sur le Dniester, au nord-est de Zalesz- 
czyki. 

Le Gouvernement grec proteste contre les arresta- 
tions opérées à Salonique ; il désavoue, dans une note, 
les violences d'une pai'tie de la presse grecque contre 
l'Entente. 

Le ministre des Finances bulgare dit que l'armée a 
reçu l'ordre de se fortifier sur la frontière gréco-serbe. 
Un autre ministre parle de questions en litige entre la 
Bulgarie et la Roumanie. 

Le président Wilson est reparti pour Washington, 
interrompant son voyage de noces. Les États-Unis 
demandent à Vienne quelle était la nationalité du sous- 
marin qui a torpillé le Persia. 

Des avions autrichiens, volant vers Vérone, sont mis 
en fuite par l'artillerie. 

On affirme que Guillaume II souffre d'un empoison- 
nement du sang; le chancelier seul l'a vu le i" jan- 
vier. 

Le total avoué des pertes prussiennes s'élève à 
2.3 16.000 hommes. Hilaire Belloc démontre (Land 
and Water, 3o déc. igiô) que les Allemands n'avouent 
qu'en partie les manquants, les malades et les blessés. 

Mardi 4 janvier. — Huit gros obus sur Nancy. 

Progrès des Russes au nord-est de Czernovitz (i.o5o 
prisonniers). 

Du 4 au 6, bombardement intense du mont Lovcen 
par les Autrichiens. 

Le Paîris qualifie la nouvelle Chambre grecque de 
f jRe/c/is/fl^ hellénique ». 

Les Austro-Allemands voudraient faire croire que le 
sous-marin qui a coulé le Persia était bulgare ou turc; 
les Etats-Unis ne sont pas dupes. 

A Genève, le mark est tombé à 95,5o. 

On publie le rapport de Lord Derby sur les enrôle- 
ments. Il reste Goo.ooo célibataires non enrôlés; le 
National Register indique 5.oi i .ooo hommes entre dix- 
huit et quarante ans, dont 2.180.000 non mariés. 



8 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Journal de Genève : « L'entreprise allemande déchaînée 
eu août 1914 n'a pas triomphé; elle n'est pas brisée. La 
décision reste à obtenir et igi6 recèle dans ses flancs le plus 
formidable secret qui, depuis des siècles, ait pesé sur notre 
planète. » 

Mercredi 5 janvier. — Dans la nuit du 4 au 5, 
les Allemands, après un bombardement violent, ont 
attaqué nos tranchées entre la cote 198 et la butte de 
Tahure ; ils ont été repoussés. Les canons français, en 
Champagne, ont détruit tout un matériel d'attaque par 
les gaz. 

Progrès italiens à San Giovanni, dans la zone de Riva. 

Les Russes occupent le cimetière de Tsartorisk. Une 
bataille violente se livre sur le front Tarnopol — Trem- 
bovla (3.5oo canons, 800.000 hommes). Bien que les 
blessés autrichiens se comptent par dizaines de mille, 
les barrages de fils de fer opposent de grandes diffi- 
cultés au progrès des Russes. 

Le comte Salis Leewis, commandant militaire de 
Vienne, est nommé gouverneur général de la Serbie. 

16.000 Autrichiens, prisonniers des Serbes, ont été 
internés à l'île d'Asinara. 

Les Monténégrins continuent a repousser les Autri- 
chiens. 

On affirme que les documents découverts par les 
Alliés à Salonique démontrent l'existence d'un vaste 
complot ; les Alliés devaient être pris à revers par de.s 
bandes organisées. 

Journal dé Genève : « Grâce à son roi, l'HelIade se 
débat à travers une perversion complète des lois natio- 
nales et internationales. » 

On dit à Washington que le Gouvernement améri- 
cain exigera le châtiment du commandant du sous- 
marin qui coula le Persia et tua un fonctionnaire amé- 
ricain. 

Gazette de la Croix : « Il faut espérer que les Etats- 
Unis ne feront pas de démarches diplomatiques avant 
que tout soit élucidé, car la patience de l'Allemagne a 
aussi des limites. » 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE y 

Un Livre Blanc publié ce jour contient un mémo- 
randum de l'Allemagne réclamant la mise en accusation 
pour assassinat de l'équipage du croiseur auxiliaire 
anglais Baralong, qui coula, sur les côtes d'Irlande, un 
sous-marin allemand. Sir Ed. Grey répond ironique- 
ment, en proposant de soumettre l'affaire du Baralong 
et les crimes des Allemands sur terre et sur mer à une 
commission d'enquête formée d'officiers de marine 
américains. 

Des avions alliés ont bombardé Guevgeli et détruit 
les hangars du camp d'aviation allemand. 

Le grand-duc Michaïlovitch est parti pour le Jajjon 
avec un colonel d'état-major et le directeur de la section 
d'Extrême-Orient au ministère russe des Affaires étran- 
gères. 

Asquith présente à la Chambre des Communes un 
projet de loi sur le recrutement, valable pour l'Angle- 
terre et l'Ecosse seulement. Les célibataires ou veufs 
sans enfants, de dix-huit à quarante et un ans, qui 
n'ont pas de motifs graves d'exemption, seront appelés 
sous les drapeaux. Cette loi donnerait à l'Angleterre 
3.400.000 soldats de plus (?). 

Le Pester Lloijd, de Budapest, ayant annoncé que 
les papiers du prince Alexandre de Serbie contenaient 
la preuve de la complicité de ce prince avec le Gouver- 
nement serbe dans l'assassinat de l'archiduc Ferdinand, 
le prêtre Locali, chef transylvain, déclare, dans un 
manifeste électoral, que des documents vont être 
publiés, établissant que le comte Tisza et de hauts 
fonctionnaires austro-hongrois sont les auteurs véri- 
tables du crime {Temps du 6). 

Jeudi 6 janvier. — Les Russes ont progressé de 
2 kilomètres à l'ouest de Tsartorisk. 

Dans la région de Riga et au nord-est de Czernovitz, 
Allemands et Autrichiens dirigent des jets de gaz asphy- 
xiants contre les Russes. 

Le roi Nicolas de Monténégro a dit k un envoyé du 
Journal que la situation est devenue intenable; il lutte 



10 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

contre un ennemi dix fois supérieur avec des troupes 
affamées. 

Au consulat allemand de Salonique, on a trouvé i8o 
fusils, 2.000 drapeaux turcs, des cartouches de dyna- 
mite et des mèches pour détonateurs. 

Un sous-marin anglais coule dans les eaux de l'île 
Texel ; l'équipage est sauf. 

Un vapeur italien, avec 4^5 recrues monténégrines 
d'Amérique, touche une mine devant Saint-Jean-de- 
Medua et coule ; il y a 200 victimes. 

Le projet de loi anglais sur le recrutement a été 
adopté en première lecture par ^o3 voix contre io5. 

Le mark est tombé à Zurich à 91,60, la couronne à 
69. La livre sterling, à Amsterdam, vaut 26,33 marks au 
lieu de 19,50. 

L'Allemagne réquisitionne partout le cuivre et le 
caoutchouc, dont la fabrication chimique n'a pas donné 
les résultats espérés. La fabrication des explosifs est, par 
contre, assurée au moyen des usines d'ammoniaque. 

A partir de ce jour, le lait est rationné en Autriche- 
Hongrie. 

La Bohême vit sous le régime de la terreur; plus de 
100.000 Tchèques seraient en prison. 

Le Pape appelle à Rome le cardinal Mercier et les 
évéques de Namur et de Tournai. 

On compte que les forces austro-allemandes sur le 
front russe s'élèvent à 120 divisions d'infanterie et 23 
de cavalerie. 

Suivant la Gazette de Zurich, depuis le début de la 
guerre, les Allemands auraient perdu 3.700.000 hommes, 
les Autrichiens 3. 100.000, les Turcs et Bulgares 600.000. 

11 y aurait goo.ooo morts allemands, 84o.ooo autri- 
chiens, i5o.ooo bulgares et turcs. 

Une grosse insurrection, conséquence d'une grève, 
éclate parmi les mineurs autrichiens de Youngstow^n 
(Ohio). 

Vendredi 7 janvier. — Les Allemands ont réussi 
à reprendre Tsartorisk, mais en ont été chassés de nou- 
veau, ne gardant que le cimetière. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 11 

Sur le cours moyen de la Strypa, les Russes avancent 
(i.ooo prisonniers). Les Autrichiens contre-attaquent 
en force au nord-est de Gzernovitz. 

A l'aide de la flotte sortie de Cattaro, les Autrichiens 
ont pris pied sur le sommet du mont Lovcen. 

Les Turcs dirigent une forte attaque contre les lignes 
anglaises à Hellès. Dans la nuit, l'évacuation se pour- 
suit. 

Le Daily Mail publie le rapport de sir Jan Hamilton 
sur l'attaque manquée de Suvla. 

En Mésopotamie, les Anglais battent trois divisions 
turques (2 canons, 700 prisonniers). 

BernstorfF informe le Gouvernement américain qu'au- 
cun navire de commerce ne sera torpillé sans avertisse- 
sement dans la Méditerranée et que, dans la zone des 
Iles Britanniques, les paquebots ne seront coulés que si 
l'état de la mer permet aux passagers de se servir avec 
sécurité des canots de sauvetage. II ajoute que l'Alle- 
magne est prête à indemniser les victimes du Lusitania. 

Le prince Ghika, ministre de Roumanie à Rome, a 
de fréquents entretiens avec Sonnino. On croit à Rome 
que la Roumanie interviendra au moment où l'on s'y 
attendra le moins. 

Vu les obus de 38o tombés récemment sur Nancy, 
les œuvres d'art du musée de cette ville ont été trans- 
férées à Troyes. 

Samedi 8 janvier. — Au nord de l'Aisne, notre 
artillerie détruit les moulins de Chatillon, à l'est de 
Fontenoy, organisés défensivement par l'ennemi. 

Nouvelle attaque allemande sur l'Hartmannswiller- 
kopf; progrès allemand au Hirzstein, dans le secteur 
perdu le 21 décembre. 

Repington (Times) estime que les Allemands n'ont 
pas plus d'un million de baïonnettes sur le front ouest. 

Un signale l'apparition, sur le front russe, d'un grand 
nombre d'autobus allemands blindés. 

Au dire d'un témoin, a Salonique est devenue une 
sorte de Sébastopol retourné du côté de la terre » 
(Temps du 9). 



12 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Bulgares, renforcés, ont repris l'offensive contre 
Elbassan. 

L'attaque autrichienne contre le Monténégro se déve- 
loppe sur trois fronts. 

Les communications entre Sofia et Belgrade sont 
rétablies. 

Le consul d'Allemagne à Mitylène et son drogman 
ont été arrêtés par les Alliés. 

Les consuls arrêtés à Salonique sont arrivés à Toulon 
sur le paquebot où ils étaient internés. 

Dans la nuit, évacuation totale de la presqu'île de 
Gallipoli. 

Victoire russe k Assadabad, entre Hamadan et Kir- 
manshah. 

Le général commandant les troupes russes a été reçu 
par le Shah à Téhéran. 

Le Goeben reparaît dans la Mer Noire et poursuit des 
torpilleurs russes ; l'escadre russe le met en fuite en lui 
infligeant des avaries. 

L'Espagne interdit la vente de ses navires marchands. 

Radoslavof a dit à Sofia : « Monastir restera à jamais 
bulgare. Il n'y aura plus de nation serbe et nos fron- 
tières seront désormais communes avec l'Autriche- 
Hongrie. La question de la présence des Franco-Anglais 
à Salonique sera résolue en quelques jours k notre 
entière satisfaction. » Ghenadief s'est associé à ces 
déclarations. 

La Gazette de Francfort prétend que la Chine (tra- 
vaillée par des émissaires allemands) va instituer le 
service obligatoire. 

On assure à Tokio que l'Allemagne aurait proposé 
une paix séparée au Japon et à la Russie, qui ont 
refusé. Suivant la Gazette de Voss, le grand-duc 
Mikhaïlovitch serait porteur d'une lettre du Tsar à 
l'empereur du Japon, sollicitant la coopération navale 
et militaire du Japon en Europe. 

La Prusse et la Saxe interdisent toute réunion pu- 
blique au sujet de la cherté des vivres. 

Un incendie a détruit deux bâtiments des usines 
Krupp à Essen. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 13 

La milice de l'Ohio a dû intervenir à Youngstown ; il 
y a des tués, des blessés et plusieurs millions de dégâts. 

Dimanche 9 janvier. — Les Français ont évacué 
le sommet du Hirzstein, les Allemands s'étant emparés 
d'un col au nord de ce sommet. 

Les contre-attaques dirigées par Mackensen vers 
Sadagora (front de Czernovilz) échouent comme les 
précédentes. Les Russes consolident leur avance. 

On assure que les Anglais ont évacué la presqu'île 
de Gallipoli presque sans perles. 

La Deutsche Tageszeitung déclare que les Allemands 
n'attaqueront pas Salonique. 

On annonce que 82.000 Italiens ont été débarqués à 
Valona. 

La colonne du général Aylmer a pris d'assaut la posi- 
tion turque de Chaïkh-Sad ; mais les 10.000 Anglo- 
Indiens de Kut sont toujours cernés et en péril. 

Le cuirassé ancjlais King Edward VII di touché une 
mine et a coulé ; il n'y a pas de victimes. 

Rousset, sur l'évacuation de Gallipoli : « Ainsi prend 
fin une aventure mal engagée, compromise presque aus- 
sitôt qu'engagée, et qui, par suite d'erreurs irréparables, 
aurait pu fort mal tourner. Félicitons-nous donc qu'elle 
se soit terminée aussi heureusement. » {Liberté du 12.) 

« Les nouvelles que l'on reçoit d'Allemagne sont des 
bruits, et ces bruits sont des craquements, d {Journal 
de Genève.) 

On écrit au Temps (9 janvier) : « Au sujet du mystère de 
Sarajevo (car c'est bien un mystère), il convient de rappeler 
qu'à la fin de juin igiS un journal viennois a écrit : « La 
Suisse doit savoir que le meurtre de Sarajevo a été machiné 
par l'Entente et exécuté par la Serbie, son alliée, à laquelle 
les assassins à gages ont servi d'instruments. » (Texte inté- 
gral dans le Journal de Genève du 3o juin). 

L'évidente ineptie de cette assertion ne doit pas la faire 
négliger, car ce n'est pas seulement le voleur qui crie : « Au 
voleur I » ; cette tactique élémentaire convient aussi à de 
pires scélérats. Un des premiers jurisconsultes de l'Angle- 
terre, correspondant de l'Institut de France, sir Fred Pol- 
lock, écrivait en décembre 1914 : " Bien des gens en Russie 



14 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

et ailleurs pensent qu'au sujet de l'attentat de Sarajevo on 
était aussi renseigné à Vienne qu'à Belgrade. » S. Reinach. 
Pertes anglaises à ce jour : 520.000 hommes, dont 
128.000 tués. 

Lundi 10 janvier. — A la suite d'un violent bom- 
bardement commencé le 9, trois divisions allemandes 
ont attaqué à quatre reprises le front de Champagne 
(La Courtine — Mont Têtu) et ont été arrêtées par notre 
tir. L'ennemi n'a pris pied que dans deux tranchées 
avancées. La lutte a continué le 1 1 en notre faveur. 

Les Allemands, sur le front russe, se servent de nou- 
veaux appareils, répandant en abondance les gaz asphy- 
xiants. 

On fait remarquer à Petrograd que l'offensive russe 
en Bukovine n'est pas exécutée avec tous les moyens 
que le recrutement fournit à la Russie. 

Les Monténégrins ont évacué le mont Lovcen, bom- 
bardé par terre et par mer. Les batteries autrichiennes 
bombardent les avancées de Cettigné. 

On dit à Bucarest que, depuis une semaine, les 
Autrichiens ont perdu 100.000 hommes (?). 

So.ooo Italiens et autant d'Albanais construisent des 
ponts et ouvrent des routes en Albanie. 

Canonnade sur tout le front de Doiran. 

Le Gouvernement grec a protesté contre l'arrestation 
du consul allemand à Mitylène. 

Le colonel Teodorovich a déclaré à un journaliste 
italien à Salonique que les dix divisions de l'armée 
serbe, composées de troupes du premier et du deuxième 
ban, ont été sauvées par le troisième ban. Cette seconde 
armée, composée d'hommes de quaranle-cinq à cin- 
quante-cinq ans, s'est sacrifiée pour couvrir la retraite 
des divisions plus jeunes. Elle a perdu 5. 000 hommes; 
les autres furent capturés. Cette armée a soutenu tous 
les combats pendant deux mois, faisant perdre au moins 
100.000 hommes à ses adversaires. 

On assure que les Turcs envoient de gros renforts à 
Bagdad et en Perse ; l'expédition de Mésopotamie aurait 
été substituée à celle d'Lgypte, reconnue prématurée. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 15 

On dit k Rome que le sous-marin qui coula YAncona 
étant allemand, l'Autriche aurait menti en disant qu'elle 
a blâmé le commandant de ce navire. 

Le Gouvernement italien a réquisitionné la villa 
d'Esté et l'a transformée en hôpital militaire. 

Le Congrès hellénique de Paris a décidé : i° qu'il est 
urgent de faire respecter les libertés constitutionnelles 
de la Grèce ; 2° qu'il est de l'intérêt des Grecs de se 
mettre du côté de l'Entente. 

La fabrique de poudres Dupont à Carneyspoint a fait 
explosion (malveillance). 

Mardi 11 janvier. — Maîtresse du mont Lovcen, 
l'armée autrichienne avance au delà du Lim vers la 
Tara. 

Le débarquement des Serbes à Corfou a commencé, 
préparé par un détachement français. Les Alliés ont 
avisé la Grèce qu'il ne s'agit nullement pour eux d'oc- 
cuper Corfou. 

A Athènes, les journaux payés par l'Allemagne accu- 
sent Venizelos de conspirer contre la monarchie avec 
l'appui de l'Angleterre et de viser à la présidence de la 
République grecque. 

La population de la Turquie est dans la misère, les 
Allemands ayant acheté tout ce qu'ils trouvaient dans 
le pays. On dit que Talaat bey, qui s'oppose à la ger- 
manisation complète de la Turquie, est soutenu par le 
Sultan contre Enver. 

L'escadre russe a lancé 5o obus sur Varna, Les tor- 
pilleurs russes ont détruit dans la Mer Noire un sous- 
marin ennemi et deux voiliers chargés de houille. 

Des avions-canons français ont descendu deux avions 
allemands d'un nouveau type défensif (Fokker). 

Un dépôt de munitions a fait explosion à Lille, cau- 
sant de grands dommages à la ville. Les Allemands 
parlent, à ce propos, d'un « attentant anglais ». 

Feyier {Journal de Genève) : « Le nombre paraît grandir 
Ide ceux qui se demandent si l'heure ne sonnera pas bientôt 
où le peuple libéral réclamera la fm du rêve pangermaniste. 



16 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Une partie du peuple allemand est en train de retrouver le 
sens critique. » 

Mercredi 12 janvier. — l'ne attaque allemande 
avec gaz suffocants, dans la région de Forges (entre 
Argonne et Meuse), s'est retournée, par l'effet d'une 
saute de vent, contre les empoisonneurs. 

Les Autrichiens ont évacué des tranchées au nord-est 
de Czernovitz. Les Russes ont gagné, en tout, de 26 à 
3o kilomètres en Bukovine, de 12 à 10 en Galicie. De 
grands convois de prisonniers allemands arrivent à 
Kiev. 

Une nouvelle offensive turque, soutenue par une nom- 
breuse cavalerie kurde, se poursuit dans le Caucase. 

Quatre avions anglais, partis du front, ne sont pas 
rentrés. 

Bombes d'avions autrichiens sur Rimini ; peu de 
dégâts. 

Discussion au Rcichstag sur la question des vivres. 
Le sous-secrétaire d'État Michaelis déclare qu'au lieu 
de 17 millions de tonnes de céréales, comme en temps 
ordinaire, l'Allemagne n'en a que 9. « Sans les réserves 
de l'avant-dernière récolte, nous nous trouverions en 
face de difficultés presque insurmontables. Le consom- 
mateur doit faire son devoir et manger parfois ce qu'il 
n'aime pas. Il ne doit voir qu'une chose : que l'Alle- 
magne puisse tenir jusqu'au bout. » 

Le groupe socialiste du Reichstag a expulsé Lieb- 
knecht. En revanche, les comités socialistes des cir- 
conscriptions II et VI de Berlin ont approuvé leurs dé- 
putés d'avoir voté contre les crédits militaires. 

De graves désordres ont eu lieu à Berlin. 

Par 43 1 voix contre 89, la Chambre des Communes a 
adopté, en seconde lecture, la loi sur l'enrôlement obli- 
gatoire des célibataires. 

Jusqu'au 3i décembre, la police autrichienne a pro- 
noncé 10.000 condamnations contre des spéculateurs 
sur denrées alimentaires. 

Le prince et la princesse Danilo de Monténégro sont 
arrivés à Rome. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 17 

Le grand-duc Mikhaïlovitch a été reçu par l'empe- 
reur du Japon à Tokio. 

De i5 shillings par tonne, le fret de La Plata a 
monté à i5o. 

Un correspondant du Daily Mail, ayant fait une 
enquêté dans les pays Scandinaves, conclut : « Nous 
nourrissons les Allemands et nous (les Anglais) les 
avons toujours nourris depuis le début de la guerre. » 
Il donne, à l'appui, des chiffres sur les importations 
énormes du Danemark. 

Jeudi 13 janvier. — Les Russes attaquent de nou- 
veau sur le front de Bessarabie. 

On assure que le roi de Monténégro a ouvert des 
négociations pour la paix. 

Les Alliés font sauter les ponts du chemin de fer à 
Demir-Hissar (Struma) et k Kilindir. 

Dans le Caucase, les Russes prennent 4oo Turcs, 
6 canons, 8 mitrailleuses. 

Le général Aylmer repousse les Turcs le 1 3 et le i4; 
les Anglais sont à 25 milles de Kut. 

Des troupes turques sont arrivées à Kirmanshah. 

On découvre k Constantinople un complot contre 
Enver et les Allemands. La population est exaspérée 
par la misère. 

Des soldats serbes commencent à débarquer k Bi- 
zerte. 

Le sous-marin Foucault a coulé, près de Cattaro, un 
croiseur autrichien. 

Dubost dit au Sénat : « Silence k ceux qui, trompés 
par la stagnation apparente des fronts de combat, ne 
comprendraient pas la croissance continue de nos forces 
et la décroissance continue des forces adverses ! » 

E. Deschanel, parlant k la Chambre, insiste sur les 
services rendus par les commissions et défend le régime 
parlementaire incriminé. 

A la Diète prussienne, lisant le discours du trône, 
Bethmann-Hollweg affirme que l'Allemagne tient la 
victoire et accuse d'aveuglement les ennemis de l'Alle- 
magne qui ne veulent pas le reconnaître. Non seule- 

114- CHRONOLOGIE DE LA OUERIUi 2 



18 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

ment, k l'en croire, les Alliés auraient déchaîné la 
guerre, mais ils seraient cause que les peuples conti- 
nuent à s'entre-déchirer. 

Richet dit à l'Université de Christiania : « Je suis 
pacifiste ; la France est pacifique; c'est justement pour 
avoir la paix durable que nous lutterons jusqu'au 
bout. » 

Pour la première fois depuis sa maladie, Guillaume II 
a reçu un diplomate, le nouveau ministre de Perse. 

A partir du i" février, la ration de pain k Berlin sera 
réduite de l'^ggôo k l'^sgoo par semaine; les rations 
complémentaires seront réduites de 5oo à 35o grammes. 

L'espion belge qui dénonça Miss Gavell a été trouvé 
assassiné k Schaerbeek. 

Un incendie, attribué aux Allemands, détruit un 
dépôt d'équipements militaires au Portugal (lo millions 
de dégâts). 

« Un réseau de fils de fer contre le commerce allemand, 
un pacte de paix entre les Alliés aussi efficace c^ue le pacte 
de guerre, voilà les nécessités de demain. » (fiaily Mail.) 

Vendredi i4 janvier. — Attaque très vive des 
Autrichiens au nord-ouest de Gorizia, d'abord heureuse, 
puis repoussée avec pertes. 

Froid terrible dans la région Riga-Dvinsk. 

Les Autrichiens sont entrés sans résistance à Cettigné 
et ont occupé Spizza (Dalmatie), en face d'Antivari. 

L'Autriche a protesté auprès des États-Unis contre 
l'occupation de Gorfou. 

Le général Moschopoulos, dans un ordre du jour aux 
troupes grecques, dit que la Grèce est entourée de ses 
ennemis héréditaires et fait une claire allusion k la 
possibilité d'une action avec l'Entente, (( quand le mo- 
ment sera venu ». 

L'Autriche affirme k Washington qu'aucun sous- 
marin n'a torpillé le Persia et que la catastrophe doit 
être due à une mine ou k une explosion interne. 

Le cardinal Mercier a été reçu avec enthousiasme à 
Rome. 



I 

i 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 19 

Deux colonels suisses, accusés de complaisances 
graves au profit de l'Allemagne, ont été mis aux arrêts. 

Le Journal de Genève se demande pourquoi l'Italie 
n'a pas secondé la résistance du Monténégro et conclut 
qu'il doit y avoir k cela des motifs que nous ignorons. 

Le colonel Feyler démontre que les statistiques des 
pertes allemandes sont mensongères, impliquant une 
proportion de 1,74 blessés pour i mort, alors que les 
statistiques de l'Entente donnent 4,3 à 4,8. Il fait voir 
aussi que les Allemands ont perdu 267.000 hommes au 
mois de septembre en Champagne et en Artois, alors 
qu'ils ont prétendu n'avoir engagé qu'une division en 
Champagne. 

Croyant avoir apaisé les Etats-Unis par des conces- 
sions, l'Allemagne les sollicite d'agir auprès de l'Angle- 
terre pour faire relâcher le blocus, 

« La fin de cette guerre sera une affaire de négociations 
entre des antagonistes à peu près immobilisés et extrême- 
ment délabrés. » (Wells, Temps du i5.) 

La Croix-Rouge de Genève donne un tableau des 

Eertes subies jusqu'à ce jour : Angleterre, 470.000 
ommes ; Allemagne, 4-3oo.ooo ; Autriche, 4-385. 000; 
Turquie, 345. 000. Ces chiffres sont sujets à caution. 

Samedi 15 janvier. — Les journaux viennois pré- 
tendent que la « bataille du Nouvel An », commencée 
le 24 décembre sur les fronts de Galicie et de Bessa- 
rabie, s'est terminée ce jour par la défaite des Russes, 
qui auraient perdu 70.000 hommes, dont 6.000 prison- 
niers. 

Un train direct circule entre Vienne et Varsovie. 

L'Autriche aurait offert la paix au Monténégro 
moyennant la cession du mont Lovcen et la reddition 
des 20.000 Serbes qui ont coopéré k la défense du Mon- 
ténégro. Le roi Nicolas aurait refusé. 

Le Gouvernement serbe s'est transféré d'Albanie à 
Brindisi. 

Le premier train Berlin — Constantinople par Belgrade 
et Soiîa est parti ce jour. 

La révocation du préfet de police d'Athènes et la 



20 CHRONOLOGIE DeJlA GUERRE 

démission du ministre de la Marine, accusés de sympa- 
thies pour Venizelos, donnent à penser que le Roi prépare 
Quelque opération destinée à supprimer ce qui reste 
e libertés à la Grèce. 

La Patrîs écrit : « Il n'existe et ne peut exister en 
Grèce qu'une politique : celle de la volonté nationale, 
et elle sera suivie. » 

Dans le Caucase, les Russes ont pris un dépôt d'ar- 
tillerie turque au nord-ouest du Khorassan, avec i mil- 
lion de cartouches et des milliers d'obus. 

Les Anglais prennent la vallée de Wadi (Mésopota- 
mie) ; les Turcs se retirent vers Essian. 

Guillaume II, remis de son indisposition, a déjeuné 
chez Bethmann-Hollweg ; il est allé visiter l'hôpital 
militaire au Jardin zoologique. 

Au Reichstag, l'affciire du Baralong (Voir le Temps 
du 1 8 janvier) donne lieu à des manifestations de haine 
contre l'Angleterre ; Liebknecht seul refuse de s'y asso- 
cier. 

Une marée atteignant 6" zD a causé de grands dégâts 
à Hambourg ; des magasins de denrées ont été détruits. 

Un grand incendie a ravagé Bergen samedi et di- 
manche (5o millions de dégâts). 

Parmi les papiers saisis sur Von Papen, attaché mili- 
taire allemand, k Falmouth, on a trouvé la preuve que 
ce diplomate payait des gens accusés d'avoir provoqué 
des explosions de munitions et des ruptures de ponts 
aux États-Unis. 

Dimanche 16 janvier. — Le Secolo publie une 
correspondance de Rome exprimant l'avis que l'Italie 
doit retirer ses troupes d'Albanie. 

Une division de croiseurs japonais est partie pour le 
canal de Suez. 

La Roumanie achète des milliers de chevaux en 
Russie. 

Guillaume II est reparti pour le front. 

A la Diète prussienne, le conservateur Heydebrand 
ayant attaqué violemment les États-Unis, qui, fournis- 
sant des munitions à l'Entente, seraient responsables de 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 21 

la prolongation de la guerre, Liebknecht a crié : « Ce 
sang retombera sur vous ! Vous ne dites pas la vérité 
au peuple I » Il a été hué. Le député Frieaberg dit que 
la Belgique est un gage aux mains de l'Allemagne et 
qu'il y aurait folie à la restituer, comme le demandait 
le socialiste Hirsch. 

Journal de Genève : « Nier les succès allemands dans la 

f)éninsule balkanique serait absurde. Chacun d'eux marque 
a ruine d'une espérance. Mais il n'y a pas là de surprise, 
ni même de fait proprement nouveau. » 

Lundi n janvier. — Les Italiens reprennent toutes 
les tranchées perdues par eux au nord-ouest de Gorizia 
dans la nuit du i5. 

Une tempête de neige en Macédoine empêche la 
concentration des Allemands et des Bulgares, en gênant 
leur ravitaillement. 

On écrit de Salonique à Milan que les 200.000 Alliés 
de Salonique vont être attaqués par Soo.ooo Turcs, 
Bulgares et Allemands. Des milliers de soldats et de 

Saysans, dirigés par des ingénieurs allemands, ouvrent 
es routes et construisent une voie ferrée pour relier 
les deux lignes du Vardar et de Velès en passant par 
Babuna. 

Les avions français font des ravages dans les lignes 
bulgares. 

Le bruit court que les négociations pour la capitula- 
tion de l'armée monténégrine font des pi^ogrès. La 
Gazette populaire de Cologne écrit que cette capitula- 
tion est le premier résultat décisif de la guerre. 

Les torpilleurs russes, dans la Mer Noire, ont détruit 
i63 voiliers turcs. 

Cinq avions autrichiens survolent Ancône. 

Des avions allemands bombardent Nancy ; les avions 
français répondent en bombardant les gares de Metz et 
d'Arnaville. 

On commente ces mots de Helfferich au Reichstag : 
« Financièrement, il nous est difficile de tenir jusqu'au 
bout. )) 

En Autriche, la ration de pain est abaissée de /joo à 



22 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

3oo grammes. On constate aussi l'épuisement rapide 
du stock de plomb. 

A Stockholm, le Roi, dans le discours du trône, se 
plaint que les belligérants négligent de plus en plus les 
droits des neutres. Il demande la nomination d'une 
délégation du Riksdag pour délibérer avec le Roi sur 
les questions secrètes. 

« La phase dernière d'un processus d'épuisement général 
doit presque inévitablement être une rivalilé de bluff. Ni 
l'une ni l'autre des deux parties n'avouera sa détresse. » 
(Wells, Temps du i8.) 

Mardi 18 janvier. — Les autorités russes sont 
rentrées à Dvinsk. 

Le dégel a rempli d'eau les tranchées allemandes 
dans la région de Pinsk. Les troupes autrichiennes de 
Bukovine et de Galicie souffrent du scorbut. 

Des soldats serbes débarquent à Salonique et y sont 
équipés. 

On dit que les Puissances centrales ont présenté une 
note à la Grèce lui demandant de préciser son attitude. 

La presse allemande cherche à faire croire que le 
mouvement vénizéliste est dirigé contre le Roi et la 
Reine. 

L'escadre anglaise a retenu six transatlantiques hol- 
landais et les a contraints de décharger une partie de 
leur cargaison (lard, viande salée, saucisses, peaux). 

Dix-neuf combats aériens, livrés sur le front anglais, 
ont obligé cinq avions allemands à atterrir ; deux avions 
anglais manquent. 

Guillaume II, au cours d'un dîner de gala à Nisch, a 
proféré de vagues menaces contre de nouveaux enne- 
mis. Le roi de Bulgarie, lui parlant en latin, l'a qualifié 
sottement de miles gloriosus, ce qui signifie « soldat 
fanfaron ». 

Vif débat au Reichstag sur la question de la censure, 
qui mutile jusqu'aux comptes rendus des séances. Titt- 
mann a dit que la censure avait pour objet de cacher 
la vérité au peuple; si la censure n'existait pas, le 
peuple allemand aurait déjà crié qu'il veut la paix. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 23 

Fischbeck parle du mal que le militarisme a fait k l'Al- 
lemagne. Streissemann dit qu'il n'y a plus de Parlement 
allemand. 

Le Reichstag s'ajourne au i5 mars. 

Depuis juillet igiA, les prix des victuailles ont aua- 
menté en Angleterre de 45 "/oj à Berlin de 82 °/o, à 
Vienne de 1 1 1 °/o. 

Le mark a baissé k Zurich k 94, 5o. 

L'Angleterre a acheté les stocks de blé disponibles 
en Roumanie. 

Journal de Genève : « Le triomphe de l'Allemagne est 
dans la passivité de ritalie ; la défaite monténégrine est sur- 
tout une défaite italienne. L'inaction de l'Italie, dans la cam- 
pagne balkanique, reste une énigme. Pas une balle italienne 
n'a été tirée contre un soldat turc ni contre un soldat 
bulgare. » 

Sir J. Buchanan, ambassadeur d'Angleterre, parlant 
k Petrograd, réfute les mensonges répandus par les 
Allemands pour troubler les relations anglo-russes et 
dit qu'une alliance permanente de la Russie et de l'An- 
gleterre sera désormais la plus sûre garantie de la paix. 

Les troupes navales anglaises vont être portées de 
Soo.ooo k 35o.ooo hommes. 

Le total avoué des pertes prussiennes atteint 
2.340.000 hommes. 

Mercredi 19 janvier. — On se bat de nouveau k 
l'est de Gzcrnovitz. 

Des télégrammes de Genève annoncent que, vu les 
exigences de l'Autriche, les négociations pour la paix 
ont été rompues. Le roi de Monténégro s'est embarqué 
pour l'Italie. 

Les Serbes qui étaient avec les Monténégrins sont 
parvenus k la côte d'Albanie et s'y sont embarqués. 

Le Gouvernement serbe s'est transporté de Brindisi k 
Corfou. 

En Mésopotamie, les Anglais sont immobilisés par le 
mauvais temps. 

A Téhéran, le Conseil des ministres affirme l'alliance 
de la Perse avec la Russie et l'Angleterre. 



24 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

L'Allemagne déclare aux États-Unis qu'aucun de ses 
sous-marins n'a torpillé le Persia. 

La Suède demande à l'Allemagne la restitution de 
deux vapeurs suédois capturés dans les eaux alle- 
mandes. 

Sept avions et un dirigeable allemand lancent 70 
bombes sur Tarnopol. 

Sir Conan Doyle demande qu'on défende Londres 
contre les dirigeables en établissant près de Nancy une 
station d'avions anglais prêts à exercer des représailles 
sur les villes allemandes. 

Briand, accompagné de l'amiral Lacaze et du chef 
d'état-major Graziani, est arrivé à Londres. 

La confédération annuelle du parti ouvrier anglais a 
voté une résolution favorable au Gouvernement par 
i.5o3.ooo voix contre 602.000. 

Le Gouvernement belge a terminé son enquête sur 
les crimes allemands en Belgique. Sans compter les 
Flandres, 18.207 maisons ont été brûlées. 

Le ministre Barzilaï, parlant à Ancône, a fait remar- 
quer que le Lovcen, Antivari et l'Albanie ne sont pas 
comparables, aux yeux de l'Italie et de l'Autriche, à 
Trieste, Pola et Fiume. 

Dans la Gazzetta del Popolo, Gius. Bovione se dit en 
mesure d'affirmer que le Gouvernement allemand, le 
4 août igiA) demanda à la Suisse d'autoriser le passage 
des troupes allemandes vers Belfort. Le Gouvernement 
fédéral refusa. 

Le Conseil fédéral suisse a décidé de déférer à la 
justice militaire les deux colonels Egli et Wattenvi^vl. 

La New York Tribune, examinant les statistiques aes 
exportations américaines vers les ports neutres voisins 
de l'Allemagne, conclut que l'Allemagne est beaucoup 
mieux ravitaillée que ne le laissent croire aux Anglais 
les déclarations de leur Gouvernement. 

La dette russe, qui était de 4-48o millions de roubles, 
s'élève à près de 17 milliards de roubles aujourd'hui. 

Jeudi 20 janvier. — Les Russes ont enlevé un 
secteur au nord de Czernovitz. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 25 

On dit à Petrograd que l'attaque russe en Bukovine 
a eu pour objet d'attirer les troupes allemandes des 
Balkans. Cette attaque a coûté k l'ennemi loo.ooo 
hommes, dont lo.ooo prisonniers. 

Les Allemands fortifient la ligne Doiran — Guevgeli 
— Monastir et semblent avoir renoncé à l'offensive. 

Il se confirme que l'armée monténégrine n'a pas 
capitulé. Le Roi, après avoir conduit sa famille à Samt- 
Jean-de-Medua, où elle s'est embarquée pour Brindisi, 
a rejoint son armée à Podgoritza. La Reine, les prin- 
cesses et le président du Conseil ont passé par Brindisi, 
se rendant à Rome. L'organisation de la résistance au 
Monténégro est confiée au général Marlinovitch. 

La Roumanie emprunte 280 millions h. Londres. Les 
Empires du Centre ont fait des représentations à la 
Roumanie au sujet de la vente de 260 millions de blé à 
l'Angleterre et de la candidature (d'ailleurs retirée) de 
deux Roumains de Transylvanie à la députation. 

Les Russes prennent Koprikeui et Hassan -Kala 
(i.5oo prisonniers, beaucoup de matériel). Les Turcs 
se retirent sur Erzeroum. 

En Perse, les Russes occupent Sultanabad après 
Damlatabad. 

Le général Aylmcr est à 12 kilomètres de Kut, 

La flotte alliée bombarde Dédéag^atchet Porto-Lagos. 

Trois bombes d'avion sur Lunéville. 

L'Autriche-Hongrie lève les hommes jusqu'à cin- 
quante-cinq ans. 

Le Sénat américain discute les droits des neutres ; un 
représentant des cotonniers de Géorgie préconise l'em- 
bargo sur les munitions, mais il est vivement combattu 
par d'autres sénateurs qui rappellent les crimes de 
l'Allemagne sur mer. 

Un New-Yorkais écrit à la Nation pour solliciter les 
Américains de prendre des « filleuls » sur le front fran- 
çais. 

Sous la signature de Hedrik Hudson, le Temps publie 
(le 21 ) des faits nouveaux et significatifs sur le rôle de 
la coterie militaire prussienne en juillet 1914. Après 



26 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

avoir trompé Guillaume II, cette camarilla le tient 
captif. 

Le 3 °/o français est à 62,60. 

Vendredi 21 janvier. — La reine de Monténégro 
et ses filles sont parties pour Lyon, où se transfère le 
Gouvernement serbe. 

Le consulat du Monténégro à Rome déclare que l'ar- 
mée n'a jamais capitulé, qu'il n'y a jamais eu de négo- 
ciation pour la paix avec l'Autriche. 

Le général Aylmer attaque sans succès les positions 
turques à Essian et perd 3. 000 hommes. Le temps est 
très défavorable. 

L'artillerie russe commence à bombarder les forts 
d'Erzeroum. 

Les torpilleurs russes coulent [\0 voiliers turcs dans 
la Mer Noire. 

Les Anglais occupent Langido (Afrique orientale 
allemande). On assure que les troupes allemandes du 
Cameroun se réfugient dans la Guinée Espagnole. 

Le colonel House, ami intime de Wilson, arrive à 
Paris. 

Les récentes saisies opérées par la flotte anglaise pro- 
voquent un vif mécontentement à Stockholm. 

Samedi 22 janvier. — Depuis deux semaines, les 
Allemands jettent sur Arras de gros obus et des obus 
asphyxiants. 

Vifs combats en Bessarabie. 

Les Autrichiens ont pris Antivari et Dulcigno ; ils 
marchent sur Scutari, que le prince Mirko et le général 
Martinovitch veulent tenter de défendre. 

A Cettigné, des hommes d'Etat monténégrins ouvrent 
des négociations avec l'Autriche. 

On assure que les troupes allemandes font régner la 
terreur à Gonstantinople pour soutenir Enver. 

Le roi de Grèce tient de singuliers propos à des jour- 
nalistes, récriminant contre les Alliés. Il pense que la 
guerre restera indécise et que l'Allemagne ne fléchira 
pas. On s'étonne que ce prince ait pu comparer l'oc- 



i 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 27 

cupation de Salonique et de Gorfou k la violation de la 
neutralité belge. 

Trente- deux avions français bombardent Guevgeli 
et Monastir. 

Il est question à Londres d'un canon de 43 1 que 
l'usine Krupp aurait fabriqué pour la flotte allemande. 

Le Gouvernement chinois ajourne sine die le rétablis- 
sement de la monarchie. 

Le Te/e^rraayapprend que i Go. ooo kilos de plomb ont 
été expédiés en contrebande de Hollande en Allemagne. 

L'Illustration publie un article sur le crime de Sarajevo, 
fruit d'un complot connu de la police austro-hongroise, 
sinon machiné par elle. 

Dimanche 23 janvier. — Les Allemands attaquent 
en nombre à Neuville-Saint-Vaast et pénètrent jusqu'à 
la tranchée de soutien sur un front de plusieurs cen- 
taines de mètres; ils sont refoulés par des contre-atta- 
ques, mais conservent aSo mèlres d'une tranchée avancée. 

Les Autrichiens occupent Scutari sans résistance, 
ainsi que Niksic, Danilovgrad et Podgoritza. L'armée 
monténégrine s'est retirée dans les montagnes alba- 
naises. 

On annonce que 120.000 Serbes ont été sauvés et 
transportés à Corfou, en Afrique et ailleurs. 

Le roi de Monténégro, arrivé à Rome, est reçu par 
le roi d'Italie, puis il part pour Lyon. 

Les Alliés découvrent de nouveaux dépôts de pétrole 
pour sous-marins allemands à Salonique et dans les 
îlots voisins de la Crète. 

Un avion allemand lance des bombes sur la côte est 
du Kent. 

Vingt-quatre avions français bombardent les gares et 
casernes de Metz ; l'un d'eux doit atterrir au sud-est de 
cette ville. 

Une escadrille d'avions français bombarde Monastir. 

Les Anglo-Indiens battent les Arabes sur la frontière 
de Libye et brûlent leur camp. 

Gazette de Francfort : « On trouverait difficilement une 
porte où n'aient frappé la misère et la mort, une maison où 



28. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

l'inquiétude pour les destins de la patrie ne s'aggrave pas de 
souffrances personnelles. » 

Lundi 24 janvier. — Vers l'embouchure de l'Yser, 
dans la région de Nieuport, les Allemands envoient 
20.000 obus et attaquent, mais sont arrêtés par les tirs 
de barrage. Dans la région d'Hetsas, ils ne peuvent 
franchir le canal ; ils sont aussi repoussés à l'ouest de 
la route d'Arras à Lens. En fin de journée, nouvelles 
attaques qui ne réussissent pas davantage. 

Onze gros obus allemands font des dégâts à Nancy. 

Les Russes sont à 4 kilomètres de Pinsk. 

Fuyant vers Erzeroum, les Turcs abandonnent aux 
Russes 4-000 prisonniers, i5 canons et un énorme ma- 
tériel. 

A cause des incursions aériennes, le Gouvernement 
anglais décide de fermer les musées de Londres. 

Un corps belge d'autos-canons a été reçu à Petrograd 
par le Tsar. 

Le Pape a dit à un jésuite que la Belgique a droit à 
une réparation complète de la part de l'Allemagne et 
qu'il n offrira jamais ses bons offices pour le rétablisse- 
ment de la paix, à moins que la Belgique ne rentre en 
possession de tout ce qu'elle a perdu (communication 
de l'ambassade d'Angleterre à Washington). 

Mardi 25 janvier. — Les Autrichiens marchent 
sur Alessio et Saint-Jean-de-Medua, tandis que les Bul- 
gares avancent par Elbassan et Berat vers l'Adriatique 
pour couper la retraite aux Serbes. 

On déclare à Vienne que le roi de Monténégro a 
abandonné son pays et son armée, qu'on ne sait en 
quelles mains se trouve le gouvernement effectif, mais 

3ue cela est sans importance pour le résultat militaire 
e la campagne. 

Une capitulation, stipulant la livraison des armes, 
aurait été signée ce jour par trois chefs monténégrins 
non autorisés (on en publie le texte à Vienne le 27). 

On parle d'une émeute violente à Gonstantinople, 
réprimée par les soldats allemands. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 29 

Les Russes ont pris aux Turcs, près d'Erzeroum, leurs 
dépôts et leur bétail. 

Un détachement français occupe Antiphellos, vis-à- 
vis de Castelorizzo. 

Le Bureau de la presse anglaise communique une 
note prouvant que l'augmentation des importations de 
pays neutres, à destination de l'Allemagne, a été fort 
exagérée par la presse. 

Les Hitats-Unis rejettent la proposition allemande de 
régler, par une simple indemnité et sans désaveu, l'af- 
faire du Lusitania. 

Le Riksdag de Suède nomme, à la demande du Roi, 
un comité secret. 

Le 3 °/o français est à 6i''5o. 

Mercredi 26 janvier. — Violente offensive autri- 
chienne autour d'Oslavia ; les Italiens se replient sur 
leurs secondes lignes. 

On dit, à Vienne, que le désarmement des Monténé- 
grins se poursuit sans difficulté. 

Les moines bulgares de l'Athos ayant attaqué les 
moines serbes, le couvent de Chiliandri a été briilé. 

Les Turcs reprennent l'offensive vers Erzeroum et se 
préparent à défendre le défilé de Deré-Buyun, clef de 
la forteresse. 

Aux Communes, Grey démontre l'inexactitude des 
statistiques publiées sur le ravitaillement de l'Alle- 
magne par les neutres. Demander aux neutres de cesser 
tout commerce serait les armer contre l'Angleterre, qui 
ne prendra pas les mesures radicales qu'on a suggérées 
et ne bloquera pas les ports neutres. Mais il fait obser- 
ver que les pays neutres qui prétendraient empêcher les 
Alliés d'arrêter le commerce avec l'ennemi cesseraient, 
à leurs yeux, d'être neutres. 

On assure à Rome que l'Allemagne a fait de nou- 
velles tentatives en vue de conclure une paix séparée 
avec la Belgique et que ses offres ont été repoussées. 

Un comité se constitue à Rio de Janeiro pour rem- 
placer la bibliothèque de Louvain. 



30 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Jeudi 21 janvier. — La cathédrale de Nieuport et 
la tour des Templiers ont été entièrement détruites par 
des obus allemands. 

Le roi de Bavière annonce à ses troupes une offensive 
sur le front ouest; ce n'est pas une raison d'y croire. 

Les Autrichiens occupent Alessio. 

Les Allemands construisent un vaste aérodrome à 
Monastir. 

Les Russes prennent Khilis-Kalé, entre Erzeroum et 
Mush ; ils battent les Turcs au sud du lac d'Ourmiah. 

Le paquebot Plata (M. M.), arrivant du Levant à 
Marsedle, déclare avoir coulé un sous-marin allemand 
avec ses canons d'arrière. 

Une colonne française surprend le camp d'Abd-el- 
Malek au Maroc ; le chef s'enfuit vers le Rif. Cet Arabe, 
neveu d'Abd-el-Kader, est à la solde de l'Allemagne 
{Temps du i6 février). 

A Lausanne, le consulat allemand ayant hissé le dra- 
peau à l'occasion de la fête de Guillaume II, la foule 
l'a arraché ; des manifestations se sont produites dans 
la soirée à Lausanne et à Ouchy. Le Conseil fédéral et 
les autorités vaudoises expriment leurs regrets. 

Le bourgmestre de Berlin a dit, à l'occasion de l'an- 
niversaire de l'Empereur : « L'Allemagne ne soupire pas 
après la paix, mais elle combat et travaille pour elle. » 

Wilson, parlant à des hommes d'affaires de New- 
York, dit que les Américains préfèrent à la paix les 
principes sur lesquels repose leur vie politique. On voit 
dans ces mots un avertissement à l'Allemagne. 

Le Bureau de la presse anglaise communique un 
mémorandum des Etats-Unis (lo janvier), protestant 
contre la saisie de marchandises américaines et de colis 
postaux. Grey répond qu'il consultera à ce sujet le 
Gouvernement français et nie que des courriers aient 
été enlevés k bord de navires neutres. 

Journal de Genève : « La suppression presque complète 
de l'Empire colonial allemand, habité par i3 millions d'indi- 
vidus, est un élément de calcul qu'on ne peut négliger. Ces 
territoires sont des gages que l'Angleterre de\Ta faire valoir... 
Les territoires conquis hors d'Europe par les Alliés sont 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 31 

trois fois au moins plus étendus que ceux occupés en 
Europe par l'Allemagne et ses satellites. » 

Vendredi 28 janvier. — Lutte d'artillerie très 
vive en Artois. Une attaque allemande, au sud de Gi- 
venchy, nous fait perdre quelques tranchées avancées. 
Au sud de la Somme, les Allemands occupent le village 
de Frise après un combat. 

La retraite des troupes serbes d'Albanie s'opère régu- 
lièrement. 

Les Italiens se fortifient à Valona. 

Les troupes navales des Alliés ont débarqué à Kara- 
bouroun et occupé la forteresse ; le commandant grec a 
protesté. 

Le paquebot anglais Appam est considéré comme 
perdu ; il ramenait en Europe des prisonniers allemands 
faits au Cameroun. 

Dans la nuit du 27 au 28, en représailles d'un bom- 
bardement effectué le 25 sur des villages de la région 
d'ripernay, un dirigeable français lance 38 obus sur 
Fribourg-en-Brisgau. 

Des avions français bombardent les cantonnements 
bulgares au nord du lac Doiran. 

On déclare à Berlin que, depuis le 1" octobre igiS, 
les Allemands ont perdu iG avions, les Alliés 63. A cela 
on répond que ces chiffres sont faux : sur le front fran- 
çais, i3 appareils anglais et 17 français ont été perdus, 
contre 3i appareils allemands {Journal de Genève, 
4 février). 

Dans la soirée, nouvelles manifestations contre le 
consulat d'Allemagne à Lausanne. 

La Revue de New-York, Outlook, publie les propos tenus 
à un Américain par les socialistes allemands Liebknecht, 
Kautsky et Bernstcin. En voici quelques extraits : « C'est 
une guerre de mensonges. Quand la guerre a commencé, 
nous avons parfaitement compris, nous autres socialistes, 
qu'elle était due à des incitations capitalistes austro-hon- 
groises. Nous avons tenu des douzaines de meetings de 
protestation à Berlin. Mais la censure est survenue ; nous 
n'avons pu rien faire, rien dire... C'est une guerre de 
conquêtes. Il y a de riches mines en France et en Belgique ; 



32 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

on ne les rendra jamais. Au début de la guerre, la presse de 
mensonge cherchait à enflammer le peuple contre les Russes, 
les Français, les Belges, les Anglais. Les journaux allemands 
étaient inondés d'histoires d'atrocités commises sur des 
soldats allemands, faits qui ont depuis été prouvés faux, 
mais qui n'ont jamais été démentis. » 

« L'impossibilité de réparer les perles obligera fatalement 
à raccourcir les fronts » (Général de Malleterre, Temps). 

Samedi 29 janvier. — Une attaque allemande 
contre Dompierre, au sud de Frise, est repoussée. 

Un dégel persistant met en danger les troupes alle- 
mandes dans les marais de Pinsk ; beaucoup de batte- 
ries et de caissons sont embourbés. 

Un tremblement de terre détruit Afium Karahissar. 

On annonce que les Allemands, avec le concours de 
bateaux neutres, ont semé des mines dans le golfe de 
Gascogne. 

Un dirigeable, suivant la vallée de la Marne, jette 
i5 bombes sur Paris, détruisant des maisons, tuant 
26 personnes, en blessant 28. 

L'État-major russe annonce, avec détails précis, que 
5o prisonniers russes ont été fusillés par les Autrichiens 
pour avoir refusé de creuser des tranchées. 

Le Berliner Tageblatt attaque violemment la Rou- 
manie. On affirme à Petrograd que Carp a été envoyé 
a Vienne par le roi de Roumanie pour demander à 
l'Autriche des concessions territoriales en Bukovine et 
en Transylvanie. 

Il y a 2.5oo usines travaillant pour le Gouvernement 
anglais, avec i million d'ouvriers et 260.000 femmes. 
Lloyd Georges dit que l'Angleterre, au printemps, 
aura plus de munitions que l'ennemi. 

Lord Rosebery exprime la crainte que les premiers 
succès des Allies ne fassent naître prématurément le 
désir de la paix. Il faut que les tyrans sanguinaires de 
la Prusse soient réduits à merci. 

Le général Hutton dit à Londres que la guerre pourra 
durer plus de trois ans, car on commence seulement à 
reconnaître la force et les ressources réelles de l'Alle- 
magne. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 33 

Une pétition, signée d'un million de noms, a été 
présentée au Sénat américain, demandant l'embargo 
sur les munitions destinées à l'Europe. Plusieurs séna- 
teurs sont acquis à cette thèse allemande. 

Wilson dit à Piltsburg : « Le monde est en feu ; les étin- 
celles peuvent retomber n'importe où. Si l'on pouvait voir 
les dépêches que je reçois à toute heure, on saurait combien 
il est difficile de maintenir la paix. » 

Dimanche 30 janvier. — Les Allemands ont 

• gardé leurs nouvelles tranchées dans la région de 

• Neuville et ont fait quelques progrès au nord-ouest 
de la ferme de La Folie. 

On dit à Vienne que le butin fait au Monténégro est 
de 3oo canons, 5o.ooo fusils et 5o mitrailleuses. 

Une nouvelle division italienne, avec de l'artillerie 
lourde, est arrivée à Valona. 

Les troupes françaises qui étaient à Scutari sont 

rivées à Durazzo, où se poursuit l'embarquement 
es troupes serbes. 

Des troupes françaises débarquent à Mitylène. 

Une nouvelle attaque d'un dirigeable sur Paris est 
epoussée ; les bombes tombent dans des bois et des 
irdins. 

Recevant les représentants de la presse à Pétrograd, 
azonov a affirmé les bonnes intentions dé la Russie à 
égard de la Suède et de la Roumanie. Il dit avoir 
mplement laissé sans réponse de nombreuses offres 
'une paix séparée. 

En raison de difficultés soulevées en Suède, les colis 
jstaux destinés k la Russie sont expédiés par le 

mada et le Japon. 

Journal de Genève : « Les atteintes de la guerre sont 
laque jour plus sensibles en Allemagne. La tâche devient 
mesurée et se complique. Les effectifs baissent. Les diffi- 
Ités économiques s'accroissent. Le change s'effondre. Il 
■^le, comme grand espoir, la défaillance d'adversaires 
sunis. » 

Lundi 31 janvier. — L'artillerie française fait 

114. CHRO^0LOGIK DE LA. QU'ERRE S 



34 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

sauter, au nord de l'Aisne, le dépôt de munitions de 
Puisalenne {Liberté du 1 1 février). 

On signale de graves désordres à Danilovgrad et à 
Podgoritza. Les journaux austro-allemands se plai- 
gnent d'avoir été joués par le roi de Monténégro, qui 
a feint de négocier pour gagner du temps. 

Le général Bécir et le major Lompar, qui avaient 
inspiré la reddition du Monténégro, ont, dit-on, été 
assassinés par des patriotes serbes. 

Il y a 20.000 Allemands à Gallipoli et aux Darda- 
nelles ; ils occupent tous les forts. 

Les journaux allemands disent que le raid de diri- 
geables sur Paris a été entrepris comme représailles du 
bombardement de Fribourg, « ville ouverte et éloignée 
du théâtre des opérations ». 

Pendant la nuit, des dirigeables survolent les comtés 
du nord-est et du centre de l'Angleterre, lançant envi- 
ron 4oo bombes (67 tués, 117 blessés). 

Un dirigecd>le parti de Compiègne vers Paris a été 
mis en fuite. 

Mobilisation de la réserve égyptienne (20.000 
hommes). 

Gazette de Cologne : « La guerre est toujours un mal au 
point de vue humanitaire, mais lorsqu'un pays est attaqué, 
encerclé, étranglé comme l'Allemagne, il est pleinement! 
justifié de se réjouir des coups qu'il frappe. » 

Deutsche Tageszeitung : « Si la presse française croit 
voir dans l'attaque aérienne un signe de désespoir allemand, 
la France aura prochainement l'occasion de voir maintes 
autres preuves de ce désespoir, et cela dans d'autres 
domaines. » 

Dans deux articles officieux, le Tag et la Gazette de 
Francfort indiquent que l'Allemagne attend une offen- 
sive décisive, de préférence sur le front français {Temps 
du 3 février). 

La Gazette de Cologne, pour concilier l'Italie, dit 
que la restauration du pouvoir temporel du Pape n'est 
pas à désirer. 

Gh. Lalo appelle l'Espagne « le moins neutre des, 
pays neutres » et rappelle à son sujet le mot de Bos-j 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 35 

suet : « Tout spectateur est en soi-même un acteur 
muet. » 

Parlant à Brooklyn, Roosevelt attaque violemment 

J la politique de Wilson et dit que l'Amérique, en accep- 

lil tant de l'argent pour des femmes et des enfants assas- 

( sinés, ferait le jeu des assassins contre les Alliés qui 

m» luttent pour délivrer la Belgique. 

{\ Du 4 août 1914 au 3i janvier igiS, le pavillon bri- 
\ tannique n'a perdu que 1/2 °/o des marchandises con- 
j.'( \ojées (Journal de Genève, 11 mars 191 6). 



FEVRIER 



il Mardi l^"" février. — Le prince héritier turc, 
iYoussouf Izeddin, a été assassiné; on l'a trouvé dans 
son palais les artères coupées. Personne ne croit à la 
nouvelle de son suicide. 

VAppam, que l'on croyait perdu, a été conduit dans 
un port américain par les officiers d'un croiseur alle- 
mand qui, déguisé en navire de commerce, était parti 
en course et avait coulé six navires anglais. 

Un dirigeable bombarde et coule un navii^e qui allait 
de Hartlepool à Londres. 

Un autre dirigeable survole Salonique et tue onze 
j personnes, détruisant le bâtiment de la Banque. 

Séance orageuse à la Chambre k propos des mar- 
chands de vins de Marseille. Gallieni fait mine de dé- 
nissionner; l'opinion publique est tout entière avec lui. 
Goremykine, démissionnaire pour raison de santé, est 
emplacé par Sturmer, membre du Conseil de l'Em- 
lire. 

H C'est parce que les Allemands ont reconnu que l'expor- 

ation ne leur donnait pas tous les bénéfices qu'ils croyaient 

touvoir réaliser, que l'ambition de conquérir des territoires 

succédé à celle de la pénétration commerciale ; là est la 



36 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

cause principale du développement du pangermanisme 
depuis 1907 et le mobile déterminant de la guerre actuelle » 
(V. de Streel, Revue de Paris, 1" février). 

Dans le Nineteenth Century du !«■■ février, H. Wickham 
Steed fait des révélations importantes. Guillaume II était 
allé trouver l'archiduc François-Ferdinand sous couleur de 
voir les roseraies de Konopischt ; au cours de leurs entre- 
tiens, ils convinrent d'un remaniement de l'Europe centrale. 
L'empereur d'Autriche n'en fut informé qu'après l'assassinat 
de l'archiduc, par l'examen de ses papiers. Ainsi s'expli- 
quent les funérailles rapides et presque méprisantes des 
victimes ; ainsi s'explique aussi le mot de Guillaume II au 
prince de Monaco, lorsqu'il apprit à Kiel le meurtre de l'ar- 
chiduc : « Pour moi, tout est à recommencer. » 

Mercredi 2 février. — Une violente attaque 
autrichienne contre le col de Lana est repoussée. 

Les Russes repoussent une offensive autrichienne, 
soutenue par des canons de 12 pouces, dans la région 
d'Uciezko sur le Dniester, à l'ouest de la route Czer- 
novitz — Tarnopol . 

Dans le Caucase, un détachement russe a rencontré 
298 cadavres de Turcs gelés. 

La flotte alliée bombarde Dédéagatch et Porto-Lagos. 

Seize avions français lancent 181 bombes sur la ville 
bulgare de Petrich. 

Un dirigeable allemand est tombé dans la mer du 
Nord; il semble avoir été frappé, à son retour d'Angle- 
terre, par les canons hollandais. 

Jeudi 3 février. — Lutte de mines très active en 
Argonne. 

Depuis le début de la campagne, les Italiens ont pris 
So.ooo hommes, 5 canons, 65 mitrailleuses; ils occu- 
pent 800.000 Autrichiens {Temps du 4)- 

Deux régiments allemands ont remplacé deux régi- 
ments bulgares au nord du lac Doiran. 

Les troupes bulgares, dans le sud de l'Albanie, souf- 
frent du manque ae vivres. 

Jusqu'à ce jour, 4o.ooo Serbes ont débarqué à 
Corfou. 

Le Kinff Albert, sous pavillon italien, transportant 



i 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 37 

3oo réfugiés serbes, a été pris par un sous-marin autri- 
chien et conduit à Cattaro par un torpilleur. 

Des navires autrichiens ont bombardé le port de 
San Vito et le chemin de fer d'Ortona à la mer. 

Un avion allemand de nouveau modèle, entièrement 
blindé, a été abattu sur le front de Salonique et exposé 
devant les ruines de la Banque. 

L'aérodrome de Johannistal, près de Berlin, a été dé- 
truit par un incendie. 

Vendredi 4 février. — Les Allemands se renfor- 
cent, dit-on, sur le front russe, où l'on assure que la 
Garde va arriver avec de l'ai^tillerie très lourde. 

Violent duel d'artillerie à Doiran. 

La Chambre roumaine a voté un nouveau crédit 
de guerre de 200 millions. On parle de nouveau de 
démarches faites par la diplomatie allemande pour 
intimider la Roumanie. 

BernstorlF aurait reçu des instructions formelles lui 
interdisant de désavouer le torpillage du Lusitania. 

Des avions français bombardent Guevgeli. 

Des avions roumains, survolant le territoire bulgare, 
ont été canonnés sans résultat. 

Le groupe parlementaire belge s'est réuni à la léga- 
tion de Belgique à La Haye. 

Il est avéré que l'incendie du Parlement canadien, 
qui a détruit les archives et fait pour plus de 25 mil- 
lions de dégâts, est l'œuvre de malfaiteurs allemands. 

a La joie féroce manifestée par rensemble de la presse 
allemande à propos des derniers exploits de zeppelins doit 
ruiner définitivement la thèse des deux AUemagnes, qui a 
gardé quelques partisans, même parmi certains des adver- 
saires les plus déterminés de l'agression germanique... Atten- 
dons l'heure du repentir, le désaveu des horreurs actuelles 
pour croire à l'autre Allemagne, à celle qu'on chercherait 
vainement aujourd'hui. » (Temps du 5.) 

Samedi 5 février. — L'artillerie française, bom- 
bardant le plateau de Navarin (Champagne), a démoli 
des réservoirs à gaz dont le contenu a été rejeté par le 
vent sur les lignes allemandes. 



38 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Le coût de la vie en Bulgarie a augmenté de 80- 
i5o °/o, les Allemands ayant acquis tous les objets 
d'alimentation. 

Le scorbut fait son apparition dans la garnison anglo- 
indienne de Kut. 

Trois sous-marins autrichiens seraient entrés dans la 
Marmara. 

Neuf cents Allemands, entrés dans la Guinée espa- 
gnole, y ont été désarmés. 

Nouvelles émeutes à Berlin dans le quartier de 
Moabit (?). 

La Nouvelle Presse libre publie un discours du prési- 
dent de la Chambre de commerce de Prague, hostile à 
l'union douanière avec l'Allemagne. 

Le Parlement canadien s'ctant réuni au Musée natio- 
nal, le président du Conseil Borden a déploré la mort 
de sept personnes, dont un député, dans la catastrophe 
récente. Sir W. Laurier a dit que les Allemands étaient 
les auteurs du crime, que le Canada avait désormais 
son Reims et son Louvain. Pourtant, le chef de la 
police canadienne croit encore à l'origine accidentelle 
de l'incendie. 

Dimanche 6 février. — A la suite d'une escar- 
mouche dans l'Adriatique, un croiseur anglais et un 
torpilleur français mettent en fuite quatre destroyers 
autrichiens. Ceux-ci reviennent à la charge le lende- 
main, mais le croiseur anglais échappe à la torpille 
d'un sous-marin ennemi. 

Des hydroplanes misses bombardent Zongouldak. 

Un professeur de Heidelberg a fait savoir à Jean 
Finot (voir le Temps du 7) que plus de cinq cents intel- 
lectuels allemands ont refusé de signer le manifeste des 
quatre-vingt-treize. 

Harden fait a Berlin une conférence où il exprime sa 
confiance dans la force de l'Allemagne et nie tous les 
actes de barbarie qu'on lui reproche : « Si nos ennemis 
veulent anéantir l'Allemagne, qu'ils sachent qu'en ce 
cas la guerre ne fait que commencer pour elle ! » 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 39 

Parlant à la section socialiste du Pré-Saint-Gervais, 
Vandervelde fait l'éloge de l'Internationale : 

« L'Internalionale est une grande puissance de paix ; elle 
a proclamé, de tout temps, le droit des nationalités, que 
toutes les sections n'ont cessé de reconnaître. Le socialisme, 
d'autre part, combat les guerres d'agression et de conquête, 
mais il légitime les guerres défensives. 

« La guerre actuelle est l'événement le plus considérable 
de l'histoire, le plus révolutionnaire qui se soit produit 
depuis 1793. Les temps modernes seront par elle coupés en 
deux. L'Internationale subira le même contre-coup. Elle 
devra condamner et frapper ceux qui ont déclenché la cata- 
strophe actuelle. 

« Les travailleurs d'Occident ont accompli leur tâche, 
fidèles à leur devoir. A une guerre d'agression, de conquête 
et d'oppression, ils ont opposé la résistance que la pensée 
socialiste leur a inspirée. Les prolétaires des empires cen- 
traux peuvent-ils se flatter d'avoir servi le même idéal ? 

« L'Internationale retrouvera sa vigueur, sa prospérité 
après la paix, c'est-à-dire après la victoire du droit et de la 
justice, lorsque les nations alliées auront réduit à l'impuis- 
sance l'impérialisme et le militarisme allemands et assuré 
aux peuples victimes de l'agression germanique les répara- 
tions légitimes auxquelles ils ont droit. » 

Journal de Genève : « La comparaison des mérites res- 
pectifs de l'offensive et de la défensive ne se pose plus 
comme jadis, parce qu'il n'y a plus, à proprement parler, 
de défensive. L'expérience a prouvé qu'une position de cam- 
pagne, fortement attaquée, ne pouvait pas être conservée; 
mais elle peut être reprise, par les mêmes raisons qui ont 
empêché de la conserver, parce qu'une défense passive ne 
lient pas devant une offensive active. Ce qu'on appelle la 
guerre défensive que font les Allemands sur le front d'Occi- 
dent n'est en réalité qu'une série de contre-offensives, et les 
attaques des uns s'opposent aux attaques des autres, non 
à leur défense. » 

Lundi 7 février. — On dit que l'Italie retire des 
troupes du nord de l'Albanie. 

Il est question de navires allemands échappés des 
ports sud-américains qui feraient des raids dans l'At- 
lantique et le Pacifique. 

Les policiers canadiens ont découvert un complot 



40 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

allemand, ayant son centre aux États-Unis, destiné k * 
l'invasion du Canada. De grandes quantités d'armes 
ont été cachées à cet effet près de la frontière. 

Le Gouvernement anglais publie un cahier conte- 
nant les papiers de Von Papen, d'où il résulte que les 
faux passeports américains étaient fabriqués à l'ambas- 
sade d'Allemagne à Washington. 

L'Allemagne dit avoir fait, depuis le début de la - 
guerre, 1.429.000 prisonniers et s'être emparée de 
g. 700 canons. 

Mardi 8 février. — Les Allemands font sauter 
deux mines k l'ouest de La Folie et pénètrent dans 
quelques éléments de la tranchée bouleversée et de la 
tranctiée de doublement, où s'engage un vif combat. 

Progrès français au sud de la Somme. 

Une grosse pièce allemande lance trois obus sur Bel- 
fort. 

Le dégel et les inondations du Niémen rendent la 
situation des Allemands très difficile ; ils se ravitaillent 
par des canots. 

Vifs combats au nord-ouest de Tarnopol. 

On prétend k Bucharest que Guillaume II aurait dit 
à Niscn : « Si la leçon de la Serbie ne suffît pas k la 
Roumanie, il n'y a que 60 kilomètres du Danube à 
Bucharest. » 

La flotte anglaise bombarde les défenses extérieures 
de Smyrne, le quartier général de Clazomène et la 
caserne de Vourla. 

Sur la côte de Syrie, un sous-marin allemand coule 
le croiseur français Amiral-Charner ; un seul marin est 
sauvé. 

L'Osseruatore Romano publie une note énergique 
contre les bombardements aériens de villes ouvertes et 
de territoires non défendus. 

On fait observer en Italie que le rayon d'action des 
avions ayant beaucoup augmenté, Vienne pourrait subir 
un jour les effets d'un raid de représailles (3 00 kilo- 
mètres). 

Le sous-secrétaire d'Etat k l'aéronautique, René Bes- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 41 

nard, donne sa démission ; ces services sont replacés 
sous l'autorité directe du ministère de la Guerre. 

Les États-Unis ont triplé le chiffre de leurs affaires 
avec les Alliés. 

Un rapatrié d'Allemagne, industriel connu, écrit à la 
Liberté : « Ce n'est pas par le côté économique que l'Alle- 
magne succombe en ce moment, mais par l'effroyable héca- 
tombe qu'elle a subie... Le Kaiser a gardé son autorité et son 
prestige; le peuple est discipliné. » 

Mercredi 9 février. — Briand et Bourgeois, mi- 
nistres français, partent pour Rome afin de se concerter 
avec Salandra et Sonnino ; ils iront ensuite voir le Roi 
au quartier général. 

Les Allemands continuent à attaquer sur le chemin 
de Neuville k La Folie. 

Cinquante obus sur Reims, sept sur Belfort. 

Les Russes ont occupé Uciezko et se sont portés 
sur la rive droite du Dniester, gagnant ainsi du terrain 
à l'ouest de Czernovitz. 

Les Autrichiens ont occupé Tirana, évacué par 
Essad Pacha. 

Progrès russes au sud d'Hamadan. 

Une canonnière allemande est coulée sur le lac Tan- 
ganiyka par les Anglais. 

Deux hydravions allemands jettent des bombes près 
de Ramsgate et de Broadstairs. 

Les pertes prussiennes atteignent 2.878.000 hommes. 

Une réunion tenue à Toronto (Canada) adopte ce pro- 
gramme : a Ni marchandise, ni main-d'œuvre, ni émi- 
grants allemands. » 

Repington (Times) estime qu'en dix-huit mois les 
Allemands ont perdu 2.700.000 hommes et qu'ils en 
ont encore sur le front 3. 600. 000 (total 6,3oo.ooo). Il 
y aurait donc, sur un total présumé de 9 millions, 
2.700.000 hommes de réserve, dont 700.000 indispen- 
sables à la garde des voies et frontières. A raison de 
i5o.ooo hommes de déchet par mois, l'armée allemande 
peut conserver sa force jusqu'en février 191 7. 

[Ce calcul est faux : 1° parcg que l'Allemagne n'a jamais 



42 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

pu avoir plus de 8 millions d'hommes disponibles; 2° parce 
qu'il lui en faut au moins i million pour son industrie. Le 
chiffre des réserves ne peut donc dépasser 700.000 hommes.] 



tirait sur Belfort a été repérée et des tirs de représailles 
ont été exécutés sur les établissements industriels de 
Dornach. 

Une note officielle déclare que l'Italie n'évacuera pas 
Yalona. 

Les étudiants de Jassy ont empêché les professeurs 
germanophiles de tenir leurs cours à l'Université. 

La Chambre grecque, à la presque unanimité, 
approuve la politique du Gouvernement. 

Les troupes françaises occupent la ligne ouest du 
Vardar. 

L'Allemagne déclare qu'elle traitera en belligérants 
tous les navires de commerce armés. Le nouveau ré- 
gime sera appliqué à partir du 29 février. On se demande 
comment les sous-marins s'assureront que les navires 
de commerce sont armés. 

Un sous-marin allemand détruit deux dragueurs de 
mines anglais. 

L'Angleterre réquisitionne des navires afin de régler 
la grave question du fret qui pèse sur l'Italie. 

Lansing invite a dîner BernstorfF; on prétend qu'il 
veut ainsi signifier que l'affaire du Lusitania est réglée, 
alors qu'elle ne l'est pas du tout. 

Les États-Unis questionnent l'Autriche au sujet du 
navire américain Petrolite, canonné et pillé par un 
sous-marin. 

Le Matin publie la liste de 24 dirigeables allemands 
détruits depuis le début de la guerre, avec dates et 
circonstances. 

Briand et la mission française ont été reçus à Rome. 
Briand a dit : « Il n'y a pas plusieurs fronts, il n'y en a 
qu'un seul. » 

Parlant des nouveaux bruits d'une paix sans annexions qui 
circulent en Suisse, le Temps fait observer que les rumeurs 
de ce genre sont toujours d'origine allemande et il conclut : 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 43 

« C'est en ennemi des nations et des hommes libres que les 
soldats du droit traiteront l'Allemand jusqu'à ce qu'il recon- 
naisse la faillite du militarisme prussien. » 

A San Francisco, le grand jury a ordonné la mise en 
accusation des consuls allemand et turc pour conspira- 
tion contre la production et l'envoi des munitions ainsi 
que pour incendies. 

L'École normale supérieure a compté 298 élèves au 
front ; 86 ont été tués, 99 blessés, 24 faits prisonniers ; 
18 ont disparu. 

Vendredi 11 février. — Les Allemands renou- 
vellent leur attaque au sud de Frise, mais échouent. 

Au nord-est de la butte du Mesnil, les Français pren- 
nent 3oo mètres de tranchées et repoussent une contre- 
attaque. 

Dix obus vers et sur Belfort. 

Canonnade extrêmement violente en Alsace; plusieurs 
villages sont détruits parles obus allemands. 

Vifs combats dans la région de Tsebrov en Galicie. 

On dit à Londres que le but principal du voyage de 
Briand à Rome est d'obtenir la coopération active de 
l'Italie dans les Balkans. 

Feyler constate que l'Allemagne, depuis les batailles 
des Flandres, a maintenu sur le front ouest les deux 
tiers de ses effectifs, alors que ses forces en Russie res- 
tent stationnaires ou diminuent. Depuis septembre 1916, 
il y a i5o bataillons de plus sur le front français. 

Sazonov a dit à un journaliste de Moscou que l'Alle- 
magne est trop épuisée financièrement pour pouvoir 
continuer longtemps la guerre. 

A la Chamure suédoise, à propos du vote de la liste 
civile, un socialiste a accusé le Roi d'avoir fait pression 
sur l'Italie pour l'empêcher de se joindre aux Alliés. Le 
crédit a été voté par 86 voix contre i4 et 5o abstentions. 

Une conférence neutre en faveur de la paix s'est 
ouverte a Stockholm sous la présidence du bourgmestre. 
Programme : suppression des armements et création 
d'une législation internationale protégeant la liberté des 
peuples et des individus. 



44 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Par suite de la congestion des ports et de la disette 
de navires, les exportations américaines vers l'Europe 
sont momentanément presque suspendues.^ 

Garrison, ministre de la Guerre aux États-Unis, a 
donné sa démission. 

Samedi 12 février. — Les Allemands attaquent 
sans succès sur le canal de l'Yser, vers Steenstraate et 
Hetsas. 

Bombes anglaises sur Lille. 

Une violente attaque allemande vers Soissons est 
repoussée. 

Actions d'artillerie très vives en Champagne. Les 
Allemands ont pénétré dans un petit saillant de notre 
ligne, entre la route de Navarin et celle de Saint- 
Souplet. 

Les Autrichiens pénètrent par surprise dans les retran- 
chements italiens de la zone du Rambon, au nord de 
Plezzo. 

Des 134.000 soldats serbes sauvés jusqu'à ce jour, 
1 16.000 sont à Corfou et dans les îles voisines, 10.000 à 
Salonique et 8.000 en Tunisie. 

Le tiers du Monténégro est encore libre; il n'y a que 
4.000 Monténégrins prisonniers. La guerre de partisans 
commence à inquiéter les Autrichiens. 

De nombreux soldats bulgares désertent et entrent 
en Roumanie. 

On dit qu'il y a 25. 000 Allemands à Roustchouk et 
5o.ooo à Choumla. 

L'incident du Lusitania n'est pas réglé ; Bernstorff 
demande de nouvelles instructions a Berlin. Les puis- 
sances de l'Entente ont déclaré à Washington qu elles 
ne pouvaient admettre la proposition américaine de 
janvier 1916 relative au désarmement complet des 
navires de commerce. La presse allemande exulte à 
l'annonce d'une guerre de destruction contre les marines 
alliées. 

Des avions autrichiens ont survolé la province de 
Ferrare; àRavenne, l'avant-porche de Saint-Apollinaire 
a été endommagé. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 45 

Les planètes Jupiter et Vénus, très proches l'une de 
l'autre, sont prises à Rouen pour des zeppelins silen- 
cieux. 

Par suite du manque de matières premières, les ver- 
reries allemandes ont fermé leurs portes. 

Refaisant les calculs de Repington, Chavenon {Infor- 
mation) admet que l'Allemagne, y compris les trois 
classes 1915-1917, a disposé de 10.200.000 hommes. 
Les services intérieurs, y compris les usines, en ré- 
clament 1 million ; il y a 3.5oo.ooo hommes sur les 
fronts; restent 5.700.000 hommes, dont il faut défalquer 
3.800.000 hommes de pertes, ooo.ooo malades ou éclo- 
pés ; restent 1.400.000 hommes de réserve, qui peuvent 
être portés à 2 millions par les récupérés. 

[Tous ces calculs sont faux, car ils supposent que les 
hommes en âge de servir sont tous en état de servir ; d'autre 
part, on ne possède aucime donnée positive sur le nombre 
des récupérés.'] 

Des banques de Berlin prêtent 200 millions de marks 
à l'Autriche. 

Le Gouvernement anglais contrôle 2.834 usines de 
guerre. 

Une imposante manifestation a lieu à Rome ; Briand 
harangue la foule enthousiaste sur la place Farnèse. 

La Gazette officielle de Rome promulgue la défense 
d'importer des marchandises allemandes. 

Dimanche 13 février. — Luttes intenses au sud 
de Frise. 

Vive attaque allemande au nord de Soissons, re- 
poussée. 

A l'est de Seppois, nous perdons quelque terrain (le 
i3 et le i4). 

La capture par les Russes du village de Garbounovka, 
dans la région de Dvinsk, est considérée comme uu 
succès important. 

On dit qu'une dizaine de divisions allemandes se 
concentrent vers Guevgeli, Doiran et Strumitza. 

Les Bulgares ont occupé Elbassan. 

Les Français appellent Salonique le Calais des Bal- 



46 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

kans ; les Italiens appellent Valona la Salonique d'Al- 
banie. 

Les Russes progressent autour d'Erzeroum par 25° 
de froid, au milieu d'une neige épaisse. Ils annoncent 
la prise de 700 soldats, de 7 canons, de i.ooo têtes de 
bétail. Un bombardement a produit une violente explo- 
sion dans un fort de la place d'Erzeroum, vers laquelle 
on assure que l'armée turque des Dardanelles se dirige 
en hâte. 

Djemal refuse, dit-on, de prendre le commandement 
de l'expédition d'Egypte, qu il qualifie de folie. 

Les Russes occupent Daoulat-Abad près d'Hamadan. 

Bernstorff affirme que l'Allemagne ne songe pas à 
attaquer des paquebots, armés ou non, mais seulement 
des cargos transportant des vivres ou des munitions. 

Briand et la mission française se rendent au grand 
quartier général italien. 

La visite de délégués espagnols à Perpignan donne 
lieu à de chaleureuses manifestations de sympathie. Le 
président de l'Athénée de Barcelone a déclaré que les 
vrais sentiments de l'Espagne étaient méconnus. Un 
député conservateur aux Cortès a parlé dans le même 
sens. 

Vu l'augmentation du prix du papier (4o °jo), 2.000 
journaux et revues ont cessé de paraître en Allemagne. 

Le Moniteur officiel de l'Empire publie une nouvelle 
liste de sociétés d'assistance formées en vue de la 
guerre, avec l'indication de leur durée. On remarque 
que la date extrême prévue est le 3o juin 1916. 

Dans une réunion en masse, les habitants de Berlin 
(Ontario) ont demandé que l'on changeât le nom de 
leur ville. 

Lundi i4 février. — Entre le canal Ypres-Comines 
et le chemin de fer, les Allemands ont pénétré dans les 
tranchées anglaises sur 600 mètres. Leurs autres 
attaques, très violentes, ont échoué. 

Un journal important de Stockholm annonce que 
l'Allemagne réunit de très grandes forces pour une 
offensive sur le front français. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 47 

Les Allemands ont fortifié Brest — Litovsk en prévi- 
sion d'un siège. 

L'artillerie russe oblige les Autrichiens à évacuer 
leurs tranchées au nord-ouest de Tarnopol. 

Les Autrichiens sont à lo kilomètres de Durazzo, 
les Bulgares à 20 kilomètres. 

Les Allemands arrêtent beaucoup de notables grecs 
et israélites à Monastir. 

La Boumanie rappelle tous les réservistes roumains 
qui sont à Salonique. 

Lucaciu, le candidat transylvain, en ballottage avec 
un candidat ministériel, s'est désisté pour ne pas créer 
d'embarras au Gouvernement roumain. 

Le tsar Ferdinand a été reçu k Vienne par l'empereur. 

L'Arethusa, heurtant une mine, coule dans la mer du 
Nord. 

Des avions autrichiens, survolant Milan, tuent 8 per- 
sonnes et en blessent 80. D'autres bombes sont jetées 
sur Treviglio, Bergame et Monza. 

Une proclamation du roi d'Angleterre appelle tous les 
célibataires sous les drapeaux. 

Les ministres de France, de Grande-Bretagne et de 
Bussie se sont présentés à Sainte-Adresse au ministère 
des Allaires étrangères de Belgique et ont déclaré 
1° que le Gouvernement belge serait appelé à participer 
aux négociations pour la paix ; 2° que les puissances 
alliées ne feraient pas la paix sans que la Belgique soit 
rétablie dans son indépendance et largement indem- 
nisée. 

L'Italie et le Japon, n'étant pas au nombre des puis- 
sances garantes de l'intégrité de la Belgique, ont fait 
savoir qu'elles n'avaient rien à objecter aux déclara- 
tions des Alliés. 



\ 



Mardi 15 février. — Après dix jours de combats, 
accalmie sur le front français. Nous avons repris une 

ftartie des éléments avancés occupés par les Allemands, 
e i3 février, sur la route de Talmont à Saint-Py. En 
fait, vingt attaques allemandes ont été brisées, mais 
l'une d'elles a fait quelques progrès sur le front anglais. 



48 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

On dit que, sur le front de Bessarabie, les travaux 
techniques des Russes sont dirigés par des officiers 
français et japonais. 

Le Tsar a télégraphié à Poincaré pour le féliciter du 
sauvetage heureusement accompli de l'armée serbe. 

Des détachements serbes résistent au nord de Du- 
razzo. 

Le général Moschopoulos aurait dit à des officiers 
français : « Si vos ennemis viennent vous attaquer à 
Salonique, ils laisseront deux mètres haut de cadavres 
sans pouvoir forcer vos lignes. » 

Un sous-marin allié entre dans le Bosphore et y tor- 
pille des navires turcs chargés de munitions. 

Wilson et les membres de son cabinet refusent de 
reconnaître la thèse allemande sur le torpillage des 
navires marchands soupçonnés d'être armés. 

Des avions autrichiens font peu de dégâts sur Rimini. 

Quinze avions français lancent i5o obus sur Stru- 
mitza. 

Le mouvement séparatiste des provinces de Yunnan 
et de Koeï-Tcheou progresse et a gagné le Se-Tchouen. 

À la Chambre des Lords, après la lecture du discours 
du trône, Asquith a dit : c( Je n'ai pas plus de doute sur 
notre triomphe final que je n'en ai sur la justice de 
notre cause. » Il a ajouté que les troupes britanniques 
en France s'étaient accrues de huit divisions de la nou- 
velle armée et déclaré que Tow^nsend avait encore des 
vivres à Kut. 

L'Angleterre dépense actuellement i25 millions de 
francs par jour. 

D'après le projet de crédits déposé par Ribot à la 
Chambre, la France, le 3o juin 191 6, aura dépensé 
46 milliards 5oo millions pour la guerre. 

La Commission du buciget k la Diète prussienne a 
adressé, au chancelier, une requête demandant à ne 
tenir aucun compte de l'opinion américaine dans l'ex- 
tension de la guerre navale. Les journaux officieux 
blâment vivement cette ingérence de la Diète dans une 
affaire relevant du Gouvernement impérial. 

Un sénateur républicain a déposé au Sénat de 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 49 

Washington une résolution suivant laquelle l'ordre de 
l'Amirauté allemande de couler sans avertissement les 
navires marchands alliés provoque l'inquiétude du 
Sénat. On dit que les Etats-Unis vont demander à l'Al- 
lemagne comment les sous-marins reconnaîtront que 
les navires sont armés. 

A New-York, dans une assemblée plénière, le parti 
républicain a applaudi le sénateur Elihu Root, qui a 
attaqué le Gouvernement actuel pour avoir abandonné 
la Belgique : « Une simple expression officielle des 
États-Unis, déclara Root, une seule phrase de désap- 
probation ou de refus d'approuver l'acte de l'Allemagne 
aurait fait des États-Unis les directeurs de la conscience 
et de la moralité de tous les neutres. » 

Mercredi i6 février. — L'armée monténégrine 

(20.000 hommes) a été débarquée à Corfou. 

Les désertions se multiplient sur le front bulgare. 

Venizelos nie qu'il travaille contre la dynastie et 
adjure l'opinion française de ne pas faire porter à la 
Grèce la responsabilité de l'attitude d'un gouvernement 
irrégulier. 

Après une résistance de quinze jours, Erzeroum est 
tombé ; les Turcs sont en fuite vers l'ouest. Les Armé- 
niens échappés au massacre ont fait un accueil chaleu- 
reux aux Russes. 

L'Allemagne mouille des mines devant la pointe sud- 
ouest de la côte suédoise ; la presse de Stockholm pro- 
teste. 

On prétend que l'Allemagne vient de terminer loo 
nouveaux sous-marins et de construire un cuirassé à 
l'abri des torpilles. 

Le colonel Feyler, parlant des exploits des avions 

autrichiens en Italie, écrit dans le Journal de Genève : 

« Ces militaires germains du vingtième siècle de l'ère 

chrétienne finiront par lasser le mépris. » 

jk On affirme que le dirigeable qui attaqua Paris est 

1 venu s'échouer et se perdre près d'Ath, en Belgique. 

\ Au Landtag de Bade, le député progressiste Hummel 

■demande que les belligérants s'accordent pour s'inter- 



50 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

dire le bombardement par avions de villes ouvertes. 
La Gazette populaire de Cologne n'est pas de cet avis 
et déclare que les zeppelins feront encore beaucoup de 
mal k Paris (numéro du 17). 

La conquête du Cameroun allemand est complète, 
sauf pour la position isolée de la colline de Mora, 

Une explosion, due à la malveillance, a détruit le 
club américain à Toronto (Canada). 

A Brooklyn, un incendie a détruit trois grands va- 
peurs chargés de munitions pour Vladivostok ; les pertes 
atteignent 25 millions. 

Commentant la réouverture du Parlement, le Daily 
Telegraph écrit : 

« L'Angleterre et ses alliés entament un nouveau chapitre 
de conflit, sachant que les raisons de compter sur la victoire 
n'ont jamais été meilleures. Les frais croissants de la guerre 
étonneront les générations futures, mais nous continuerons à 
les supporter jusqu'à ce que soit accomplie la tâche de dé- 
barrasser la civilisation du fléau le plus néfaste qu'elle ait 
subi. » 

Jeudi 17 février. — On constate sur le front fran- 
çais la présence de soldats allemands de la classe 1916. 

Le Gouvernement turc ayant décidé de déporter les 
familles des Grecs de Turquie qui ne rentreraient pas 
pour être incorporés, le Gouvernement grec, soutenu 
par la presse, proteste énergiquement. 

Des troubles à Constantinople et à Smyrne sont 
réprimés par la police allemande. 

Dans sa réponse aux félicitations à Poincaré, le grand- 
duc écrit que « la prise d'Erzeroum est d'une importance 
capitale pour l'heureuse issue de nos communs efforts j». 

Invalide russe : « L'armée du Caucase a fait un miracle, 
dont on parlera longtemps dans l'histoire militaire. » 

Novoïé Vrémia : « Les Turcs ne peuvent pas amener de 
renforts avant deux mois; nous saurons utiliser ce délai. : 

Sir Arthur Evans, dans le Manchester Guardian, 
s'élève contre l'abandon du Monténégro, que l'Angleterre 
n'aurait pas secouru et ravitaillé à cause de la tension 
entre l'Italie et les Slaves de la côte adriatique. Un 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 51 

renfort de 20.000 hommes aurait suffi à rendre le Lovcen 
inexpugnable. 

Au Landtag de Prusse, le sous-secrétaire d'État recon- 
naît la crise des céréales, la qualité de la récolte ayant 
été très médiocre. 

L'ambassade de Russie à Rome déclare qu'alors que 
l'Allemagne n'avoue que 82.000 hommes de pertes en 
janvier, elle a perdu plus de 100.000 hommes par le 
froid sur le front oriental. 

Max. Harden {Zukunfi) conseille à l'Allemagne d'en- 
voyer un ultimatum à ses ennemis (c'est-k-dire de pro- 
poser la paix), ce Nous, Allemands, nous n'avons pas le 
temps d'attendre. » 

Le mark, à Amsterdam, retombe à 42,60. 

Les États-Unis déclarent qu'ils ne peuvent considérer 
leur différend avec l'Allemagne comme réglé tant qu'ils 
n'auront pas reçu l'assurance que le nouveau programme 
de guerre sous-marine ne mettra pas en danger les Amé- 
ricains voyageant sur des paquebots. 

Vendredi 18 février. — Les Russes, partant de 
Van, ont pris Musch et Akhlat. Une division turque 
a été faite prisonnière. 

La garnison allemande de Mora s'étant rendue, la 
conquête du Cameroun est complète. 

On prétend que la Roumanie, menacée d'un ultima- 
tum des puissances centrales, a répondu qu'elle ne se 
laisserait pas intimider. Les interventionnistes se sont 
ralliés à Rratiano. Le Tsar aurait exprimé l'avis que la 
Roumanie doit suivre sa destinée, qui est d'être opposée 
à l'Autriche. 

Graves inondations dans la vallée du Rhin. 

Le ministre français pose la question de confiance 
à l'occasion d'une proposition sur le droit de contrôle ; 
il obtient 820 voix contre i53. 

La Suisse est émue par la publication d'un livre allemand 
sur la guerre dû à Ilermann Fernau, Allemand domicilié à 
Zurich. Adoptant la thèse de l'auteur de « J'accuse », Fernau 
pose au Gûuyernement allemand une série de questions qui 
ont fait saisir son livre en Allemagne. « Pourquoi le ton provo- 



52 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

cateur de l'ultimatum autrichien à la Serbie? Pourquoi le 
refus opposé par l'Autriche à la demande d'un délai for- 
mulée par l'Entente ? Pourquoi l'Autriche a-t-elle déclaré 
insuffisante la réponse de la Serbie, dont l'humilité étonna 
l'Europe ? Pourquoi l'Allemagne a-t-elle déclaré que l'Au- 
triche ne pouvait être citée devant un tribunal européen ? 
Pourquoi l'Autriche a-t-elle déclaré qu'elle ne pouvait 
accepter la proposition anglaise ? Pourquoi l'Allemagne 
n'a-t-elle pas conseillé la modération à son alliée (')? Pour- 
quoi l'Allemagne a-t-cUe tant insisté sur la localisation du 
conflit, alors que, comme le prouvent ses documents 
diplomatiques, elle savait que la Russie était tenue d'inter- 
venir ? Pourquoi l'ultimatum autrichien fut-il approuvé à 
Berlin, alors qu'il provo(]uait évidemment une guerre euro- 
péenne? Pourquoi le Gouvernement allemand a-t-il supprimé, 
dans ses publications, toute mention des propositions 
adressées par le Tsar à l'Empereur, à l'effet que toute la 
question fût soumise au tribunal de La Haye ? » 

Samedi 19 février. — On dit que les Allemands 
ont amené devant Verdun cinq divisions et une formi- 
dable artillerie. 

Le Temps publie une longue lettre du prince Nicolas 
de Grèce, se plaignant de l'injustice de l'opinion fran- 
çaise et des doutes exprimés en Angleterre et en France 
sur la loyauté de la Grèce, neutre, mais amie. 

P. Carp, revenant de Vienne, a été reçu pendant 
plusieurs neures par le roi de Roumanie. 

Lansing a protesté, au nom des Etats-Unis, auprès 
du Gouvernement turc contre les atrocités commises 
par les Turcs en Ai'ménie. 



(i) La Westminster Gazette du 4 août 1914 a publié une ieltre 
de Berlin à l'ambassadeur d'Allemagne à Vienne, lui enjoignant de 
dissuader l'Autriche d'opposer un refus aux demandes de négocia- 
tions venues de Pétersbourg. L'authenticité de cette lettre a été 
confirmée au Rcichstag par Bethmana-HoUweg. Mais on remarquera : 
1° que ce document n'a pas figuré au Livre Blanc allemand; 
2" qu'il n'est pas directement adressé à l'Autriche, mais à l'ambassa- 
deur d'Allemagne ; 3" que l'omission de ce document, là où il aurait 
dû figurer, éveille des soupçons graves sur l'intégrité du texte; 
4° que pas un conseil de modération n'a été donné à l'Autriche, alors 
qu'elle provoquait la Serbie et n'acceptait pas la réponse déférente 
de ce petit pays. Voir le discours de Tittoni à la Sorbonne sur la 
question serbe {Temps du 26 juin). — S. R. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 53 

Un sous-marin autrichien a torpillé, devant Durazzo, 
le Memphis, des Messageries Maritimes. 

On rapporte que Guillaume II aurait enjoint aux 
aviateurs allemands d'épargner Stratford on Avon, pa- 
trie de Shakspeare {Liberté du 20). 

Des avions italiens bombardent Laibach. 

Un avion russe jette 3o bombes sur le quartier géné- 
ral autrichien. 

A Zurich, le mark est tombé à 98, la couronne à 63. 

On parle d'une émeute causée par la disette k Ham- 
bourg. 

Dimanche 20 février. — Les Allemands essaient 
de traverser l'Yser k Steenstraate, mais sont repoussés. 

Les Autrichiens et les Albanais avancent vers Durazzo. 

Une révolte de troupes bosniaques se serait produite 
en Albanie ; les révoltés auraient été cernés et massacrés 
par les Austro-Hongrois. 

La Grèce porte son armée à 5oo.ooo hommes. 

Le Gouvernement roumain demande à la Chambre 
que le crédit de 200 millions soit porté à 600 millions. 

L'Italie demande des explications à la Grèce au sujet 
de paroles injurieuses pour l'Italie prononcées à la 
Chambre grecque. 

Sur le littoral de la Mer Noire, les Russes ont re- 
foulé les Turcs derrière la rivière de Bujuk-Déré. 

Quatre hydravions allemands bombardent Lowestoft 
et Walmcr (Kent). 

Des avions anglais bombardent l'aérodrome de Cam- 
brai. 

Des avions autrichiens jettent des bombes sur Valona 
et font 80 victimes, dont le consul d'Italie et sa famille. 

La Suède interdit l'exportation du café. 

Lundi 21 février. — Dans le secteur de Lihons, 
très forte attaque allemande avec gaz suffocants. 

Commencement de la grande bataille pour Verdun. 
L'artillerie allemande ouvre un feu extrêmement violent 
sur les lignes françaises, notamment sur les bois des 
Caures et de la Ville. 



54 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Obus allemands sur Saint-Dié. 

Le Gouvernement roumain demande à la Chambre 
d'interdire d'urgence toute exportation de céréales et 
produits alimentaires en dérivant. 

Le général Sarrail, venu à Athènes, y est reçu avec 
enthousiasme et voit longuement le roi Georges. 

Au cours de combats aériens sur les fronts d'Alsace, 
d'Argonne et de Champagne, les avions français dé- 
truisent un dirigeable et quatre avions. 

Pour la première fois, nos avions ont eu affaire à une 
escadrille de quinze avions allemands. 

Washington se montre très mécontent des procédés 
incorrects de Bernstorff, qui a rendu publiques des 
conversations secrètes et essavé d'agir sur l'opinion 
américaine en propageant de fausses nouvelles. Ainsi 
il a fait annoncer 'que les Etats-Unis étaient d'accord 
pour reconnaître les prétentions allemandes au sujet 
des navires marchands, alors que le contraire est seul 
vrai. 

Mardi 22 février. — Forte offensive des Allemands 
contre les Anglais sur le canal de l'Yser. Une autre 
offensive sur le bois de Givenchy leur permet de prendre 
des tranchées de première ligne et d'entamer celles de 
doublement. 

Devant Verdun, les Allemands disent avoir attaqué 
« les positions fortifiées qui gênaient leurs communica- 
tions au nord de la Meuse >>. Ils ont progressé de 3 kilo- 
mètres sur un front de lo kilomètres, occupant le bois 
d'Haumont et un saillant au nord de Beaumont. 

En Haute-Alsace, progrès allemands à l'ouest de 
Heidweiler. 

Les Italiens prennent d'assaut le sommet du Collo. 

Toute l'armée autrichienne du Monténégro est em- 
ployée contre les bandes dans les montagnes. 

Les troupes d'Essad ont réoccupé Berat. 

Filipesco et Take Jonesco ont une entrevue avec le roi 
de Roumanie. 

Léon Maccas révèle, dans une lettre au Temps, que 
le traité serbo-grec (3 juin igiS) prévoyait bien l'at- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 55 

taque de la Serbie par une tierce puissance. Il affirme 
aussi que la Bulgarie n'a attaqué la Serbie que parce 
qu'elle avait l'assurance (du roi Georges?) que la Grèce 
resterait neutre. 

La colonne du général Aylmer canonneun camp turc 
sur la rive gauche du Tigre. 

La flotte bulgare, ayant essayé de sortir, a été obligée 
par l'escadre russe de se réfugier à Varna. 

Première séance, à Paris, de la Commission interpar- 
lementaire présidée par Clemenceau. Il a dit aux députés 
anglais : « Je vous attendais depuis Hastings, depuis 
les jours du Prince Noir. » 

Le Tsar a ouvert la session de la Douma en personne. 

Le Gouvernement américain ne négociera désormais 
qu'avec Berlin, négligeant Bernstorff, qui n'inspire plus 
confiance. 

Mercredi 23 février. — Devant Verdun, nous 
avons perdu Brabant, Haumont, Herbebois, mais repris 
une partie du bois des Caures. On dit que sept corps 
allemands sont engagés, avec l'artillerie la plus formi- 
dable qui ait jamais été réunie sur un front étroit. 

Guillaume II, qui était à Wilhelmshafen, est parti ce 
jour pour l'armée de l'Ouest. 

Le Tsar part pour le front. 

Les Autrichiens sont k lo kilomètres au sud-est de 
Durazzo, après avoir bousculé Essad pacha et les Ita- 
liens à l'est de Bazarciak (Albanie). 

On écrit d'Athènes que l'armée grecque n'est nulle- 
ment équipée pour une campagne et que le peuple est 
très désireux d'éviter tout conflit. 

L'évacuation de Trébizonde par les Turcs a com- 
mencé. Les Russes sont à deux jours de marche de 
Rizeh. 

Les avions français lancent 45 projectiles sur la gai^e 
de Metz-Sablons et l'usine à gaz, l^o sur la gare de 
Mulhouse. 

Lord Robert Cecil est nommé ministre, chargé d'uni- 
fier les mesures de blocus. 

Le Gouvernement portugais prend possession des 



56 CHRONOLOGIE DE LA. GUERRE 

navires allemands réfugiés dans ses ports ; ce n'est pas 
une confiscation, mais une mesure de pi'écaution. 
Sazonov dit à la Douma : 

a Cette guerre est le plus grand des crimes de lèse-huma- 
nité. Le Gouvernement allemand qui Ta voulue cherche à se 
justifier devant l'opinion de son propre pays. Elle commence 
à comprendre que le peuple a été dupe de ceux qui, mal 
informés par des diplomates incapables, ont cru l'heure 
venue de réaliser leurs rêves de rapine... Les Alliés doivent 
mettre fin aux appétits voraces du pangermanisme, qui n'a 
pas eu toujours les sympathies de l'Allemagne elle-même. » 
Sazonov a aussi affirmé que la Russie tout entière voulait la 
réunion des tronçons de la Pologne démembrée, avec l'auto- 
nomie complète pour le pays (Voir Journal de Genève, 
24 février). 

Wilson refuse d'admettre des restrictions à la liberté 
des Américains qui ont le droit, selon lui, de s'embar- 
quer sur des paquebots de leur choix. 

Jeudi 24 février. — La bataille de Verdun, vers 
le soir, prend une tournure inquiétante. Le bombarde- 
ment s'étend sur un front de 4o kilomètres, de Malan- 
court à Étain ; Verdun est sans cesse arrosé de gros 
obus. Nous perdons l'est du bois des Caures et une 
partie du bois des Fosses. Le 20* corps, au repos au 
camp de Mailly, est dirigé d'urgence vers Verdun. 

Au sud-ouest d'Altkirch, les Allemands prennent 
pied dans le bois de Carspach. 

Le général Moschopoulos a dit à un journaliste que 
Salonique est devenu le camp retranché le plus redou- 
table du monde. 

Essad, abandonnant la partie en Albanie, est arrivé 
à Brindisi. Les Italiens évacuent Durazzo. 

Les Russes, poursuivant les Turcs en retraite vers 
Kirmanshah, leur prennent du matériel. Ils ont occupé 
Ispir, entre Erzeroum et Trébizonde. 

Les membres des Communes et des Lords de passage 
à Paris ont déposé une palme au pied de la statue de 
Jeanne d'Arc (place des Pyramides). 

A la Chambre des Communes, Snowden et Trevelyan 



I 



1 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 57 

ayant conseillé des démarches en faveur de la paix, 
Asquith répond que l'Angleterre ne remettra pas 1 épée 
au fourreau tant que la domination militaire prussienne 
ne sera pas détruite entièrement et pour toujours. 

Repington (Times) se plaint que les Alliés n'utilisent 
pas toutes leurs ressources d'hommes, notamment 
des colonies d'Inde et d'Afrique. Il estime à 3. 600.000 
les Allemands en campagne, à i .5oo.ooo les Autrichiens, 
à I million les Turcs et les Bulgares. L'Angleterre, a 
elle seule, a des réserves presque égales à celles qui 
restent aux empires du Centre, et la Russie en a encore 
une fois autant, instruites et prêtes. 

Hilaire Belloc démontre que les Allemands, jusqu'à 
la fin de 191 5, avaient perdu plus de i million de tués, 
ce qui implique de 4 millions à 4.5oo.ooo pour le chiffre 
total de leurs pertes. 

Après deux jours de débats au Congrès, Wilson écrit 
au président de la Commission des Affaires étrangères 
du Sénat qu'il lui est impossible de consentir à aucune 
restriction des droits américains. « Nous désirons la 
paix, ajoute-t-il, mais pas au prix de l'honneur. » 

Le 3 °/o français est à 6i,5o après 61. 

Vendredi 25 février. — En Champagne, nous 
enlevons un saillant ennemi au sud de Sainte-Marie- 
à-Py. 

Il neige abondamment au nord de Verdun et la vio- 
lence des attaques allemandes ne diminue pas. Nous 
cédons du terrain aux deux ailes et résistons sur la 
ligne de Champneuville, Louvemontet Douaumont. La 
population civile de Verdun a été évacuée ; les services 
sont transférés à Bar-le-Duc. Le général Pétain, avec 
son « armée de choc », arrive à la rescousse. 

En Galicie, la neige atteint de 3 à 4 mètres de haut. 

Les Allemands disent qu'ils vont reprendre l'exploi- 
tation des mines de cuivre de Bor (Serbie). 
i Take Jonesco déclare, dans VAdeverul, que les 
l Austro-Allemands n'ont pas offert la Bukovine à la 
m Roumanie, mais bien la Bessarabie et Odessa, qui ne 



58 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

l'intérêt de la Roumanie se confondent avec ceux de 
l'Entente. 

Le roi de Grèce aurait exprimé le désir de visiter les 
fortifications de Salonique. 

Les Russes ont occupé Aschkala (à 5o kilomètres 
d'Erzeroum, sur la route de Trébizonde). 

Kirmanshah a été occupé par les Russes. 

Les Portugais ont reconquis tout l'Angola. 

Une tempête de neige sévit sur Paris, Lyon, etc. 

Grièvement blessé à l'œil droit, G. d'Annunzio a été 
transféré à l'hôpital de Venise. 

Le roi de Rulgarie a quitté Vienne pour Cobourg, 
allant visiter les tombes de ses ancêtres. 

Samedi 26 février. — Une contre-attaque alle- 
mande sur Sainte-Mari e-à-Py est repoussée. 

Au nord de Verdun, la journée a été la plus terrible 
de la gnerre( Liberté du 28). Après avoir pris le fort de 
Douaumont, Vacherauville et la côte du Poivre, les 
Allemands ont dû évacuer ces dernières positions ; les 
Rrandebourgeois qui avaient occupé les ruines du fort 
de Douaumont se sont trouvés presque encerclés. 
L'arrivée des renforts français s'est fait immédiatement 
sentir. « Nos régiments, dit la Gazette de Francfort, 
ont dû constamment traverser une mer de feu ; aussi 
nos pertes sont considérables. » 

La prise du fort de Douaumont a été annoncée à 
Genève vers midi par un communiqué allemand spé- 
cial : (( Le fort cuirassé de Douaumont, le pilier angu- 
laire nord-est de la ligne principale des fortifications 
permanentes de la forteresse de Verdun, a été pris 
d'assaut hier après-midi par le 24*^ régiment d'infanterie 
de Brandebourg. » On remarque qu'il n'est plus ques- 
tion de communications à rectifier, mais d'une attaque 
visant la prise de Verdun. 

Bombardement prolongé de Nancy et de Lunéville. 

Une attaque allemande au sud-est de Celles (Vosges) 
est repoussée. 

Kouropatkine est nommé au commandement des 
armées russes du Nord. 



f 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 59 

Les Autrichiens entrent à Durazzo ; Vienne pavoise. 
Les Italiens se sont rembarques avec quelque peine, vu 
l'état de la mer. 

Filipesco est parti pour Petrograd, avec un mandat 
du roi de Roumanie. 

Les Russes ont pris à Erzeroum iS.ooo hommes et 
828 canons. 

A l'ouest de l'Égjpte, succès anglais près de Barani; 
le chef turc, frère d'Enver, aurait été tué. 

Le navire auxiliaire Provence II a coulé dans la 
Méditerranée centrale ; il y a 870 survivants. 

Les avions français lancent i44 obus sur la gare de 
Metz-Sablons. 

Le Congrès des républicains italiens à Rome de- 
mande qu'on déclare la guerre à l'Allemagne. 

La Suède ayant proposé aux États-Unis d'intervenir 
avec les neutres pour protester contre les restrictions 
apportées au commerce maritime, les Etats-Unis ont 
refusé. 

Dimanche 21 février. — Progrès allemands en 
Champagne à la ferme Navarin (nord de Souain). 

Devant Verdun, grandes chutes de neige. Les 
Français tentent en vain de reprendre le fort de Douau- 
mont ; les Allemands ne réussissent pas à occuper le 
village. La côte de Talou, intenable pour les deux adver- 
saires, n'est occupée par aucun. Les Allemands tentent 
de déboucher en Woëvre sur la droite française ; 
la station d'Eix est prise par eux, puis reprise par 
nous. 

Von Blume écrit à Berlin qu'il ne s'agit pas, pour les 
Allemands, de percer devant Verdun, mais d'écarter 
l'influence gênante de l'ennemi sur les communications 
allemandes avec le nord de la Woëvre : la preuve, c'est 
que l'attaque a été entreprise dans la direction la moins 
favorable, celle d'une forteresse très solide. 

Trois vapeurs anglais, entre autres le Maloja(P. 0.), 
ont été coulés dans la Manche par des mines flottantes. 

La lettre de Wilson au sénateur Stone est très mal 
accueillie en Allemagne. 



I 



60 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Bernstorff a remis à Lansing un mémorandum 
déclarant que l'Allemagne ne voit aucune raison de 
modifier ou d'ajourner ses récentes instructions, pres- 
crivant de couler sans avertissement tout navire mar- 
chand armé. Le chargé d'affaires autrichien s'est associé 
à cette déclaration. 

On dit a Zurich que l'Allemagne a perdu de 3o k 
32 dirigeables, mais en possède encore 60. 

Le Gouvernement allemand a protesté à Lisbonne 
contre la saisie de navires allemands dans les ports 
portugais. 

Le Moniteur de l'Empire interdit l'importation d'ar- 
ticles de luxe. 

On dit que l'Allemagne fabrique 7.000 fusils par 
jour. 

Lundi 28 février. — Soixante-dix obus sur Reims. 

La lutte continue sur les plateaux au nord de Vaux. 
Plusieurs attaques allemandes, à l'ouest du fort de 
Douaumont et à Fresnes (Woëvre), ont échoué ; mais, 
dans cette région, ils ont pris Manheulles. 

Les Autrichiens se sont emparés à Durazzo de 28 ca- 
nons et de 10.000 fusils. 

Un vapeur suédois a touché une mine au nord de 
Falsterbo, dans les eaux suédoises, et a coulé. 

Une escadrille d'avions français, partie de Chic, a 
bombardé Smyrne et les campements turcs. Les avions 
sont revenus indemnes à Salonique. 

A Zurich commence le procès des deux colonels 
suisses. L'opinion est très émue, surtout dans la Suisse 
romande. 

Il n'y a plus de riz à Berlin que pour les malades. 

Des 1.600.000 kilomètres carrés formant l'empire 
colonial allemand, 750.000 sont aux mains des Alliés; 
les Allemands ne conservent plus qu'une partie de 
l'Afrique Orientale. 

Mardi 29 février. — Le bombardement s'atténue 
au nord de Verdun ; les Allemands se retranchent sur 
les pentes nord de la côte du Poivre, dont nous tenons 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 61 

la première crête. En Woëvre, une contre-attaque nous 
a ramenés à la lisière ouest du village de Manheulles. 

Guillaume II est reparti pour Berlin. 

« La situation est satisfaisante ; elle reste néanmoins 
très sérieuse. » {Temps.) 

« Honneur aux troupes héroïques qui, les pieds dans la 
neige et la tête sous la plus épouvantable mitraille dont le 
fracas ait jamais déchiré l'air, ont arrêté par leur vaillance 
ce colossal effort ! » (Rousset, Liberté,') 

« Il est nécessaire de mettre le public en garde contre les 
nouvelles prématurées. L'expérience de plus de cent combats 
nous a montré avec quel extraordinaire courage les fils de 
France attaquent toujours ; nous estimons nos adversaires et 
apprécions leurs exploits. » {Gazette de Voss.) 

Dans les Vosges, grande activité d'artillerie dans la 
région de Senones et du Ban-de-Sapt. 

A l'est de Seppois, nous perdons, puis regagnons 
quelques tranchées. 

Les troupes allemandes qui se trouvaient à Varna ont 
été déplacées depuis le 26 janvier et échelonnées le long 
de la frontière roumaine. 

Quelques centaines d'Albanais mirdites ont arboré à 
Bérat le drapeau du prince de Wied. 

On assure que la poudrière de Sivas aurait sauté, 
détruisant tout l'arsenal et une partie de la ville. 

Les Russes ont occupé, en Perse, Khanekin et 
Kiremd, k 100 kilomètres de Bagdad. 

Le croiseur auxiliaire allemand Greij, maquillé en 
vaisseau marchand norvégien, a été coulé par le vapeur 
marchand anglais Alcantara, qui fut coulé lui-même 
par une torpille du pirate. 

A Zurich, les deux colonels ont été acquittés ; ils sont 
remis à l'autorité militaire, pour être punis disciplinai- 
rem ent 

Une statistique porte les pertes allemandes à 668.000 
morts, 1 .660.000 blessés, 358. 000 manquants ; les pertes 
autrichiennes à 728.000 morts, 2.192.000 blessés ou 
malades, 810.000 manquants. Cette statistique est 
sujette k caution, car le nombre des morts allemands 
est certainement supérieur. 



62 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 



MARS 



Mercredi 1" mars. — Une violente attaque alle- 
mande sur Fresnes ( Woëvre) est repoussée. 

On dit que l'attaque sur Verdun a coûté aux Alle- 
mands 160.000 hommes, tiers des effectifs engagés. 

Le colonel Fejler écrit dans le Journal de Genève : 
« D'assaillants, les Allemands sont devenus, pendant 
les dernières péripéties de la lutte, les assaillis. Gela 
ressort de leurs communiqués autant que de ceux de 
Paris... Les péripéties de ces huit jours autorisaient, 
semble-t-il, ce jugement que, en tant qu'attaque brus- 
quée, l'opération frise un échec... Assisterons-nous k 
un nouvel effort, en un tout autre lieu? C'est possible l 
Mais les communiqués ont si fort insisté sur la présence 
des princes qu'on a peine à croire que la véritable vic- 
toire doive être attendue là où ils ne seront pas. » 

L'artillerie italienne bombarde les gares de Toblach 
et de Santa-Lucia (Tolmino). 

Trébizonde est bloquée par terre et par mer. La flotte 
russe est maîtresse de la Mer Noire et dispose de nom- 
breux sous-marins. 

Les colonels suisses s'en tirent avec vingt jours d'ar- 
rêt; le Conseil fédéral les met en demi-solde. 

Les Allemands commencent la nouvelle guerre sous- 
marine en détruisant un vapeur anglais corps et biens. 

Wilson se décide à convoquer le Congrès pour faire 
approuver sa politique et démasquer les sénateurs ger- 
manophiles. 

Les Anglais ont réoccupé Barrani (ouest égyptien). 

La Gazette de Cologne dit que l'Allemagne veut finir 
la guerre à tout prix par l'offensive sur le front occi- 
dental et la guerre sous-marine. Elle a de nouveaux 
sous-marins qui peuvent, sans ravitaillement, aller à 
New-York et revenir. 



\ 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 63 

On a saisi en Allemagne la brochure de Hermann 
Fernau, publiée à Zurich (analyse détaillée dans le 
Bulletin de l'Alliance française, 1916, p. 4o)- 

En Suisse, le mark perd 28, 3o, le franc 10,76; aux 
États-Unis, le mark perd 28,20; le franc 11,10. 

La Chambre italienne envoie ses félicitations aux 
troupes françaises de Verdun. 

Réouverture des salles de sculpture moderne au 
Louvre. 

Jeudi 2 mars. — Les Anglais reprennent, sur le 
canal d'Ypres, les tranchées perdues par eux le i4 fé- 
vrier. 

Devant Verdun, bombardement très violent du Mort- 
Homme, de la Côte de l'Oie et des passages de la 
Meuse. L'infanterie allemande attaque en masses le 
village et la redoute de Douaumont, qui sont pris et 
repris. 

Poincaré est allé à Verdun où il a été reçu par Joffre. 

Une attaque allemande est repoussée à l'ouest de 
Bezange (Lorraine). 

Les Russes ont pris d'assaut Bitlis, à 5. 000 pieds 
d'altitude. 

On dit à New^-York que les explications données 
par BernstorfF au sujet de V Arabie sont fondées sur de 
prétendus témoignages de marins allemands qui avaient 
été tués peu de temps avant (ceux de VU-2y). 

Depuis le début de la cjuerre, les Allemands ont 
coulé ôo.ooo tonnes de navires suédois, valant 5o mil- 
lions ; 128 marins ont perdu la vie. 

L'affaire des colonels suisses provoque des bagarres 
anti-allemandes à Lugano et à Fribourg. Le colonel 
Egli a donné sa démission de chef de section de l'Etat- 
Major général. 

Le roi de Bulgarie est malade h. Vienne. 

La reine douairière de Roumanie, dite Carmen Silva, 
est morte. 

Le 3°/o est à 62,80. 

Les pertes prussiennes déclarées atteignent 2.870.000 
hommes. 



64 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Vendredi 3 mars. — La lutte redevient très 
Intense à Verdun. Depuis la veille au soir, les Alle- 
mands sont maîtres du village de Douaumont ; ils ont 
attaqué sans succès, le même soir, le village de Vaux. 
En Woëvre, des attaques allemandes, préparées par un 
bombardement furieux, n'ont pu déboucher. L'ar- 
tillerie allemande est aussi très active à l'ouest de la 
Meuse (Malancourt et Haucourt). 

Attaque française heureuse à l'est de Seppois. 

Du 25 février au 3 mars, Saint-Dié a reçu 266 gros 
obus ; une partie de la population a émigré. 

Nuit du 3 mars. — Un incendie a détruit toutes 
les installations du port de Routschouk, la plupart des 
magasins et dépôts de vivres installés par les Allemands 
et plusieurs quartiers voisins du port. Les dégâts dépas- 
sent 20 millions. 

Les Russes occupent Bidjar, k 7 kilomètres au nord- 
ouest d'Hamadan. 

Le Sénat américain, par 68 voix contre i4, a ajourné 
la motion Gore ; c'est une victoire pour le président. Cette 
motion enjoignait aux Américains de ne pas voyager sur 
des navires marchands armés. 

Filipesco a dîné avec le Tsar. 

Samedi 4 mars. — Cinquante obus sur Reims. 

Les Allemands attaquent avec acharnement depuis le 
bois d'Haudremont jusqu'à Douaumont ; ils sont repous- 
sés. La nuit, bombardement intense à l'est de la Meuse 
et à l'ouest sur le Mort-Homme et la Côte de l'Oie. 

Feyler écrit (Journal de Genève) : « Inutile d'attendre 
plus longtemps ; on peut conclure. L'attaque brusquée 
de Verdun a échoué. Si les Allemands prétendent 
emporter la position, ils devront tenter l'aventure une 
seconde fois. » 

En Lorraine, dans la région des étangs de Thiaville, 
nous enlevons des tranchées. 

Des troupes de débarquement russes occupent Atina, 
k l'est de Trébizonde, qui est bombardée par les torpil- 
leurs russes. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 65 

On dit qu'une partie des troupes turques de Smyrne 
se sont mutinées. 

Enver Pacha aurait été vu en prière dans la mosquée 
d'Omar à Jérusalem. 

Un fort à Saint-Denis, servant d'entrepôt de muni- 
tions, a sauté (45 morts, 260 blessés). 

Depuis une semaine, la viande de bœuf a augmenté 
de 28% à Berlin. Depuis un an, le prix des pommes 
de terre a doublé. 

Gabriel d'Annunzio écrit à Barrés : « Le sang français 
n'est aujourd'hui que de la lumière jaillissante, et le ciment 
informe de Douaumont est plein de vie idéale, comme les 
blocs du plus beau marbre d'où sortent les statues. De ma 
douloureuse immobilité toute mon âme se tend vers la 
bataille sublime. Nous voudrions tous combattre à vos côtés 
en cette heure de danger et de gloire suprême. Ne vous 
inquiétez pas de mes yeux, mon frère, mais sauvez la beauté 
du monde pour les yeux nouveaux. Vive la France ! » 

Le Temps écrit (numéro du 5) : « Les journaux allemands 
regrettent que nous n'ayons pas voulu nous entendre avec 
leur pays pour partager les possessions anglaises. L'Anglais 
a pu être quelquefois notre ennemi; le Germain l'a été de 
tout temps et, en ce siècle, il n'a eu qu'une pensée : le dé- 
membrement de la France. » 

Le Pape écrit au cardinal vicaire Pompili {Revue da Clergé, 
avril 1916, p. 60) : « Nous nous sommes jeté pour ainsi dire 
au milieu des peuples belligérants, comme un père au milieu 
de ses fils en lutte. Nous les avons conjurés, au nom de ce 
Dieu dont la justice et la charité sont infinies, de renoncer à 
leurs desseins de destruction mutuelle, d'exposer une bonne 
fois, avec clarté, d'une manière directe ou indirecte (o^re de 
médiation) les désirs de chacune des parties et de tenir 
compte, dans la mesure du juste et du possible, des aspira- 
tions des peuples (concession au principe des nationalités). 
Telle était du reste l'unique voie pour résoudre le mons- 
trueux conflit suivant les règles de la justice et arriver à une 
paix qui ne soit pas profitable à une seule des parties, mais 
à toutes et qui soit, par la suite, juste et durable. » Le Pape 
demande en outre des prières pour la paix immédiate. Cette 
■■\ lettre n'est pas bien accueillie dans les milieux politiques 
italiens. 

Dimanche 5 mars. — Très violent bombardement 

114. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 5 



bb CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

mais sans attaque d'infanterie, vers Douaumont. Une 
attaque allemande est repoussée dans le bois k l'est de 
Vacherauville (détails dans la Liberté du 7). 

En Woêvre, fort bombardement dans la région de 
Fresnes et k l'est d'Haudremont. 

Trois dirigeables jettent [\o bombes sur le nord-est 
de l'Angleterre et font 70 victimes, mais peu de dégâts 
matériels. 

On prétend k Athènes qu'un comité panislamique, 
réclamant la paix avec l'Entente, a été formé k Smyrne 
et que les Jeunes Turcs quittent cette ville pour Gonstan- 
tinople. 

Lundi 6 mars. — Attaques allemandes en Cham- 
pagne. 

Les Allemands ont pris Forges, à l'ouest de Samo- 
gneux, mais n'ont pu déboucher sur la Côte de l'Oie. 
Ils semblent attaquer surtout k l'ouest de la Meuse, où 
le bombardement est formidable. 

Combats indécis en Argonne. 

« La bataille de Verdun en est à son quatorzième 
jour, et notre ligne de défense demeure intacte. » 
(Rousset, Liberté.) 

Les Russes occupent 1 54. 000 kilomètres carrés en 
Asie Mineure ; la retraite des Turcs continue. 

Le corsaire Mœwe est rentré k Kiel avec une cen- 
taine de prisonniers et i million en or, après avoir 
coulé ou pris i5 navires. 

Le nombre des établissements anglais travaillant 
pour les munitions s'élève k 3. 062. 

Llpyd George déclare que les munitions fournies par 
les États-Unis ne font que 8 °/o de celles qu'on utilise 
sur le front britannique. 

On commente un article du Manchester Guardian, 
disant que les fronts de l'ouest sont k peu près inexpu- 
gnables et que l'Entente devrait agir de préférence 
dans les Balkans. 

L'Allemagne appelle, dit-on, les jeunes gens de dix- 
sept ans. 



à 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 67 

Mardi 7 mars. — Les Français reprennent, à l'est de 
Maisons-en-Ghampagne, des tranchées enlevées par les 
Allemands le 6 mars. 

Les Allemands sont à Fresnes en Woëvre ; à l'ouest 
de la Meuse, ils prennent pied dans le bois des Corbeaux. 
Après Forges, ils ont occupé Regnéville et la cote 265. 

« La prise du village de Forges et celle de la cote 265 
ne sont que des épisodes; nous attendons sans émotion 
qu'ils soient suivis de quelque chose de plus sérieux. » 
(Rousset, Liberté.) 

Le critique militaire du Berliner Tageblatt écrit 
qu'une décision de la plus haute importance se prépare 
sur le front occidental. Il rend hommage à la bravoure 
des Français, qui dépassent de beaucoup leurs grands- 
pères devant Metz et ajoute : « La vaillance avec laquelle 
se bat l'élite de l'armée ennemie rend bien triste son 
sacrifice inutile. Le sang de la France coule à flots, 
celui de l'Angleterre goutte à goutte. » [Essai de brouil- 
ler les Alliés.] 

Les Russes occupent Rizeh, sur la côte, à 85 kilomè- 
tres de Trébizonde. En Perse, ils occupent Senneh, à 
5o milles au nord de Kirmanshah. 

On considère comme avéré, à New-York, que la 
Turquie a fait des ouvertures de paix à la Russie. Le 
duc de Mecklembourg, ambassadeur d'Allemagne, 
aurait télégraphié à Guillaume II, pour le prier, au 
nom du comité Union et Progrès, d'envoyer des troupes 
au secours de la Turquie. 

La Chambre des représentants à Washington a re- 
I poussé, par a56 voix contre i5o, la résolution Me Le- 
I more, interdisant aux Américains de voyager sur des 
navires belligérants. 

Lansing a fait savoir à Bernstorff qu'il ne pouvait pas 
accepter les off'res allemandes pour le règlement de 
l'aflaire du Lusitania. 

Un dirigeable bombarde la gare et la voie à Bar-le- 
Duc. 

Les troupes du gouvernement chinois ont pris Saïfu, 
un des centres de la rébellion. 



\ 



68 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Mercredi 8 mars. — Attaques allemandes repous- 
sées sur Béthincourt et le bois des Corbeaux. Dans la 
nuit, forte offensive entre Douaumont et Vaux ; quel- 
ques Allemands entrent à Vaux, mais en sont chassés. 
Entre 4 et 6 heures, les positions françaises entre 
Douaumont et Vaux (3 kilomètres) reçoivent 80.000 pro- 
jectiles envoyés par quatre cents canons. 

Gazette de Francfort : « L'attaque à l'ouest de la 
Meuse a atteint son but. L'état-major indique que ce but 
était de rectifier nos lignes. » 

Les Français reprennent k l'est de Seppois des tran- 
chées perdues le 12 février. 

Les Russes repoussent une attaque de nuit au nord- 
ouest de Tarnopol. 

La colonne Aylmer, opérant k 7-8 milles de la rive 
droite du Tigre, a dû, faute d'eau, se replier vers le 
fleuve. 

Bernstorff présente à Lansing un nouveau mémo- 
randum. L'Allemagne est prête à renoncer k la cam- 
{)agne de sous-marins si l'Angleterre consent à desserrer 
e blocus des vivres. 

Les avions français bombardent la gare de Metz-Sa- 
blons et mettent en fuite quinze avions allemands. 

Le Gouvernement monténégrin s'est établi à Bordeaux. 

L'Allemagne donne quarante-huit heures au Portugal 
pour lever la saisie des navires allemands. Les Alle- 
mands quittent Lisbonne. 

Les ministres des trois pays Scandinaves se réunis- ; 
sent à Copenhague pour discuter leurs intérêts communs. , 

Jeudi 9 mars. — L'Allemagne déclare la guerre au 
Portugal. 

Nous reprenons presque tout le bois des Corbeaux 
et repoussons plusieurs assauts furieux contre Vaux. 
Les Allemands ayant annoncé officiellement qu'ils 
avaient pris le fort de Vaux et que les Français y 
étaient rentrés, le Gouvernement français déclare que 
le fort n'a même pas été attaqué. 

On lit dans Ylnjormation : 

« Le pays est tout entier préoccupé du sort de Verdun. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 69 

La configuration de nos positions dans ce secteur faisait 
que, si fortement qu'elles fussent organisées, elles n'étaient 
que médiocres au point de vue stratégique, même avant 
l'offensive allemande. Elles ne se sont pas améliorées depuis. 
Valent-elles le prix onéreux qu'on les paie ? » 

Les Turcs, avant d'évacuer Erzeroum, ont massacré 
4o.ooo Arméniens. 

Les Russes occupent Kerind en Perse. 

Un torpilleur russe est coulé devant Varna. 

Deux vapeurs français et la barque norvégienne 
Silius sont torpillés dans la Manche ; sept Américains 
qui étaient à bord du Silius sont sauvés. Lansing 
adresse une protestation à l'Allemagne. 

On a enlevé à Berlin les toitures de cuivre des palais 
impériaux, entre autres la coupole de Potsdam. 

Guillaume II a télégraphié à la Chambre provinciale 
du Hanovre : « Je vous remercie pour les félicitations 
que vous m'avez adressées et pour l'expression de votre 
confiance dans l'issue des graves combats dans lesquels 
nous sommes engagés et où la patrie est forcée de dé- 
fendre son honneur et sa liberté contre les projets 
d'anéantissement de ses ennemis. y> 

Vendredi iO mars. — Les Allemands attaquent le 
saillant du bois des Buttes (au nord de l'Aisne) et sont 
repoussés. 

Devant Verdun, après une courte accalmie, ils 
reprennent la partie du bois des Corbeaux perdue le 8, 
pénètrent dans un important boyau au sud de Béthin- 
court et s'emparent d'une partie du village de Vaux, 
faisant aussi quelques progrès sur la croupe du fort. 

La flotte russe bombarde Varna et coule sept voiliers. 

A la suite d'une conversation de Bethmann avec 
l'ambassadeur Gérard, le 8, un conseil se réunit au 
quartier général ; le chancelier y expose les consé- 
quences de la guerre sous-marine au point de vue 
international. HelfTerich (Finances) et Falkenhayn 
Guerre) ayant appuyé le chancelier, Tirpitz a donné sa 
démission. L'émotion fut telle dans la flotte que l'Em- 
pereur dut la calmer en se rendant à Wilhelmshafen. 



70 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Des instructions, non suivies d'ailleurs, furent données 
pour interdire de torpiller les navires neutres {Temps 
du 4 avril, sous réserves). 

L'Italie renonce au privilège des capitulations dans 
la région française du Maroc. 

Samedi îi mars. — Calme devant Verdun. 

La flotte russe bombarde Trébizonde. 

Des avions français bombardent Guevgeli et Doiran. 

Le général Porro, sous-chef de l'état-major italien, 
arrive à Paris. 

La légation turque de Berne dément les bruits qui 
ont couru sur un attentat contre Enver et des troubles à 
Constantinople et à Smyrne. 

A la suite d'une violation de la frontière américaine 
par des bandes mexicaines de Villa, les Etats-Unis mobi- 
lisent leur flotte et organisent une expédition répres- 
sive au Mexique. On ne doute pas que les bandits ne 
soient payés et incités par les Allemands, qui veulent 
donner de l'occupation aux ii,tats-Unis. 

Dimanche 12 mars. — Cinquante obus sur Reims. 

Il se confirme que les pertes allemandes devant Ver- 
dun ont été efl'royables. « L'armée allemande fait 
preuve, dans ces assauts sauvages, d'une abnégation 
sans bornes. Elle se soumet aveuglément aux exi- 
gences de la tactique féroce de l'état-major. » (Temps.) 

Le lieutenant Guynemer abat un huitième avion alle- 
mand. 

Le général Smutz remporte un succès à Kitovo dans 
l'Est africain. 

Eliot, ancien président de Harvard, préconise une 
alliance américaine avec l'Entente. 

Alors qu'il y a plus de lo mètres de neige sur cer- 
tains points du front italien, les cigognes sont revenues 
en Alsace et un temps printanier règne à Paris. 

A Rio, grande manifestation populaire en l'honneur 
du Portugal. L'opinion brésilienne demande la confis- 
cation des navires allemands. 



^ 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 71 

Lundi 13 mars. — Les Allemands, devant Verdun, 
bombardent le Mort-Homme et le bois Bourru. 

On affirme que les Allemands ont engagé, devant 
Verdun, des éléments de leur classe 1916. 

Quelques journaux allemands déclarent que le but 
de l'offensive sur Verdun est atteint, car il a rendu 
impossible, pour de longs mois, toute offensive des 
Alliés. 

Trente obus français sur la gare de Conflans. 

On remarque avec surprise, à Genève, que l'aviateur 
Gilbert est interné dans des conditions pénibles, alors 
que la Gazette de Cologne écrit : « Nous avons confiance 
dans la parole de Gilbert, qui s'est toujours montré très 
brave. Il doit être traité en officier, non en malfaiteur. » 

Kouropatkine, Jean Grave, Ch. Malato, Paul Reclus 
et d'autres a anarchistes » publient une déclaration 
exhortant les camarades allemands k se débarrasser du 
parti qui a transformé l'Europe en camp retranché 
depuis quarante-cinq ans. 

Mardi i4 mars. — Des attaques allemandes sont 
repoussées au nord de l'Aisne (bois des Buttes). 

Après 72 heures d'accalmie (la première accalmie, 
29 février-i" mars, en avait duré 48)> les Allemands 
reprennent l'offensive entre Béthincourt et Cumières ; 
ils ne progressent que sur deux points, entre Béthin- 
court et le Mort-Homme. 

Succès français dans les Vosges. 

Malgré le mauvais temps, les Italiens progressent 
sur le Carso. 

On dit que les Turcs ont évacué Sivas et qu'il y a 
100.000 réfugiés à Angora, autant dans la région de 
Konia. 

Obus français sur la gare de Brieulles. 

Les Anglais occupent SoUum. 

Le ministre de Portugal à Berlin, de passage k Paris, 
rapporte que, lorsque Guillaume II visite les hôpitaux, 
il répète sans cesse : « Je n'ai pas voulu cela. » 

La Bulgarie adopte le calendrier grégorien. 

A Carnegie Hall (New-York), 4-ooo personnes votent 



72 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

une résolution proclamant le bon droit des Alliés et 
demandant que la sympathie de l'Amérique se traduise 
par une coopération effective. Les germanophiles qui 
protestent sont mis à la porte. 

Mercredi 15 mars. — Ordre du jour de Joffre aux 
soldats à Verdun : <:( Le pays a les yeux sur vous. Vous 
serez de ceux dont on dira : Ils ont barré aux Allemands 
la route de Verdun. » (Temps du 26). 

Le général de Lacroix écrit dans le Temps : « Mon 
humble avis est que l'ofTensive allemande n'aboutira 
pas. » 

On assure que les renforts autrichiens demandés par 
l'Allemagne pour le front français ont été retenus par 
l'offensive italienne. 

L'amiral Tirpitz, démissionnaire, a pour successeur 
l'amiral Capelle. 

^ Le Congrès américain a porté l'effectif de l'armée des 
États-Unis à 120.000 hommes. 

Jeudi 16 mars. — De violentes attaques sur le 
Mort-Homme, vers le bois des Corbeaux et sur Vaux 
sont repoussées avec pertes. 

Progrès italiens dans la zone de Tofana. 

Les Russes prennent Mamahatun, à 90 kilomètres 
ouest d'Erzeroum (5 canons, 800 prisonniers). 

La Baltique est à peu près libre de glaces. 

Le transatlantique hollandais Tabantia est coulé par 
une torpille. 

Gallieni, malade, est remplacé à la Guerre par le 
ministre de la Marine Lacaze (intérim). 

Sur 1 5.000 propositions d'inventeurs, les commissions 
compétentes en ont retenu 255 comme nouvelles et 
utiles. 

Le prince Alexandre de Serbie est reçu avec enthou- 
siasme à Rome. 

Helfferich dit au Reichstag que, jusqu'au 3i mars, 
l'Allemagne et l'Autriche auront dépensé pour la guerre 
55 milliards de marks, alors que leurs adversaires en au- 
ront dépensé de 100 à io5. 



/ 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 73 

La fabrique de munitions autrichienne de Wellersdorf 
est détruite par une explosion. 

Hilaire Belloc démontre (Land and Water) que les 
chiffres des pertes allemandes sont faux et que l'Alle- 
magne, le 3i décembre igiô, avait perdu au moins 
3.65o.ooo hommes, probablement près de 4 mil- 
lions. 

Vendredi 17 mars. — Une attaque allemande au 
sud-est du bois des Buttes (ouest de Berrj-au-Bac) est 
repoussée. 

Les pièces françaises bombardent la route Apremont- 
Vigneulles, par où avancent des renforts allemands. 

Enver serait rentré à Gonstantinople, après une ins- 
pection en Syrie, Palestine et Arabie. 

Le premier train pour Erzeroum a quitté Moscou. 

Obus d'avions français sur la gare de Gonflans et de 
Metz-Sablons. 

La province de Kouang-si a proclamé son indépen- 
dance. 

Le général Roques est nommé ministre de la Guerre 
(Voir Journal de Genève, 22 mars\ 

Ribot dit à la Ghambre que la guerre coûte à la 
France 98 millions, dont 6 millions d'avance à ses alliés ; 
l'Angleterre dépense iio millions par jour. Le ministre 
prononce ces paroles très commentées : « Il est permis 
de dire aujourd'hui, sans vain optimisme, que nous 
apercevons la fin de cette guerre. » 

Le 3 °/o remonte à 62^15. 

Le Gouvernement russe a mis sous séquestre l'usine 
Poutiloff; un général est nommé président du conseil 
d'administration. 

A la Chambre prussienne, le socialiste Hoffmann a dit que 
la guerre était une dérision de Dieu, du christianisme et de 
la nature humaine tout entière. 

« Pourquoi le parti du centre ne prend-il pas position en 
faveur des efforts du Pape pour la paix ? Tôt ou tard, il 
faudra en venir là, car il faut mettre un terme aux souf- 
frances inouïes de l'humanité. Sans cela, le désespoir et la 
faim forceront les peuples à faire leur destinée eux-mêmes. >y 



74 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

La droite et le centre quittent la salle en protestant ; les 
socialistes applaudissent. 

On rentre pour entendre Liebknecht, qui soulève bientôt 
un plus grand tumulte : 

« Toute l'instruction du peuple consiste à surexciter le sen- 
timent pangermaniste. Vous (s'adressant à la droite) parlez 
d'humanité, mais votre idéal sont les bombes, les gaz asphy- 
xiants, les sous-marins. Dans les écoles, on derrait discuter 
les vraies causes de la guerre et attirer l'attention des écoliers 
sur ce fait que, dans des cercles très étendus, le meurtre de 
Serajevo a été considéré comme un don de Dieu. » 

SifQets, cris ; les députés de la majorité quittent la salle. 
Liebknecht conclut : « Les soldats allemands dans les tran- 
chées ne devraient pas diriger leurs armes contre les Fran- 
çais ou les Russes, mais contre l'ennemi commun. » Le 
président, à la demande de la Chambre, retire la parole à 
l'orateur. 

Des cartes de café sont instituées en Allemagne. 

Samedi 18 mars. — Des attaques allemandes sur 
le front Vaux — Damloup sont repoussées. 

On dit que Guillaume II, passant en revue le 18'^ corps, 
a dit que la guerre devait se terminer à Verdun. 

Deux gros obus sur Belfort. 

Commencement d'une nouvelle offensive russe. 

Dernières attaques autrichiennes sur les positions 
italiennes de Valona. 

On apprend que la Russie a autorisé la Roumanie à 
acheter chez elle et à importer par Galatz 100.000 che- 
vaux. 

Le torpilleur français Renaudin est coulé par un 
sous-marin dans l'Adriatique. 

Les journaux hollandais, irrités de la perte du Tu- 
bantia, demandent une action commune des neutres 
pour mettre fin k la piraterie. 

Obus d'avions français sur les gares de Metz et de 
Mulhouse. Une bataille aérienne a eu pour résultat la 
destruction de 3 avions allemands et de i avion fran- 
çais ; 3 avions français ont dû atterrir en territoire 
ennemi. 

Dans un combat au-dessus de Mulhouse, un aviateur 



\ 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 75 

français, dont l'appareil a été mis en feu par un avion 
allemand, fond sur lui et l'entraîne dans sa chute {In- 
transigeant, 29 avril). 

Une bombe d'un avion turc atteint l'hôpital anglais 
de Kut (6 tués). 

L'Autriche appelle la classe 1918; sauf en Bavière, la 
classe 191 7 a été levée dans toute l'Allemagne. 

Strœbel, directeur du Vorioàrts, prononce a la Diète 
un discours 011 il flétrit le militarisme prussien ; les 
journaux n'en parlent pas. 

Une nouvelle section socialiste se forme au Reichstag, 
avec Haase, Ledebour, Dittmann, Bernstein, etc. (18 dis- 
sidents, « noyau du groupe socialiste de l'avenir » 
Journal de Genève, 26 mars). 

Dimanche 19 mars. — Attaque allemande avortée 
sur la côte du Poivre. 

Sur le moyen Isonzo, les Italiens reprennent les tran- 
chées perdues (hauteur de Santa-Maria), puis reculent 
leurs lignes de 5oo mètres pour éviter des tirs en enfi- 
lade. 

En Galicie, les Autrichiens évacuent Uziesko et les 
Russes enlèvent Mikhaltch, sur la rive droite du Dniester. 

A Sofia, attentat manqué contre Radoslavov. 

Les Russes entrent à ïspahan. 

Nouveau raid aérien (le trente-troisième) sur l'Angle- 
terre ; 9 tués. Un des hydravions allemands est détruit. 

La Chambre italienne approuve le Gouvernement par 
894 voix contre 61. 

Le premier ministre russe Sturmer prend le porte- 
feuille de l'Intérieur a la place de Khvostov, démission- 
naire. 

On annonce que i5o.ooo femmes américaines se sont 
déclarées prêtes à adopter des orphelins français de la 
guerre (mission Florence Schofield). 

Lundi 20 mars. — Une forte attaque allemande 
avec jets de liquides enflammés nous a fait perdre le 
bois et le réduit d'Avocourt (repris le 29). Bombarde- 
ment violent de la cote 3o4, du bois Bourru, de la 
région de Malancourt et d'Esnes. 



76 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Progrès russes au sud-ouest de la Naroch (i.ooo pri- 
sonniers). Pour la première fois, le communiqué russe 
parle de l'usage, par les Russes, de gaz asphyxiants. 

Un décret royal décide l'annexion k la Grèce de 
l'Épire du Nord (Koritza et Argyro Castro), territoire 
qui était grec de fait et nommait des députés, mais 
dont la Grèce s'empare sans avoir consulté les Puis- 
sances protectrices. 

Bombardement de Zeebrugge par des navires anglais. 

Les Allemands nient que le Tubantia ait été coulé 

Far un sous-marin allemand ; certains journaux ont 
audace d'incriminer un sous-marin anglais. 

Soixante-cinq avions alliés ont bombardé le champ 
d'aviation de Houttave à l'est d'Ostende et la station 
sous-marine de Zeebrugge. 

Le général Cadorna a été reçu avec enthousiasme à 
Paris. 

On démontre que le second Livre Blanc allemand 
est rempli, en ce qui concerne la Belgique, de docu- 
ments tronqués et frauduleusement altérés (F. Passe- 
lecq, L' Altération officielle des documents belges, Paris 
et Nancy, Berger-Levrault, mars 1916). 

Hughes, premier ministre australien, dit au Carlton 
Club qu'il laut détruire à jamais l'espoir qu'entretient 
l'Allemagne de reprendre après la guerre la position 
qu'elle occupait dans le commerce de l'empire britan- 
nique. 

Mardi 21 mars. — Comme les Allemands affir- 
ment tenir le Mort-Homme, aussi bien la cote 266 que 
la cote 295, l'étal-major français publie un démenti 
formel : les Allemands ne sont jamais parvenus à la 
cote 295. 

En Macédoine, les engagements se fnultiplient entre 
patrouilles franco-anglaises et allemandes. 

L'Italie saisit 36 navires allemands d'un tonnage de 
iSo.ooo tonnes. 

Les Russes coulent sur la côte de Roumanie un 
transport de 7.000 tonnes allant à Constantinople et 
20 petits voiliers. 



\ 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 77 

Le Gouvernement norvégien demande k Berlin des 
explications sur la destruction du Langeli et du Silius. 

Les Anglais, qui ont entrepris une expédition contre 
le sultan de Darfour, occupent le mont Hellé, à proxi- 
mité de la frontière. 

Le prince héritier de Serbie arrive à Paris. 

Mercredi 22 mars. — Les Allemands ne réussis- 
sent pas à déboucher du bois d'Avocourt, mais pren- 
nent pied sur le mamelon de Haucourt (i kilomètre au 
sud-ouest de Malancourt). 

Lutte intense dans la région de Riga et du Pripet, 
ainsi qu'en Galicie au sud-est de Kozlov. Les Alle- 
mands reprennent une partie des tranchées perdues le 
21 au sud du lac de Drisviaty. 

Les Russes sont à ii5 kilomètres à l'ouest d'Erze- 
roum. Les Turcs préparent un nouveau front k l'arrière 
de Trébizonde. 

Le général Gadorna est reçu avec enthousiasme à 
Londres. 

On accuse le nouveau ministre de Suède k Bucha- 
rest de s'employer en faveur des Empires centraux. 

Yuan Shikaï déclare abandonner tout projet de res- 
tauration monarchique en Chine. 

Jeudi 23 mars. — Les Français canonnent énergi- 
quement le bois de Malancourt. On assure que i.ooo k 
i.5oo canons allemands auraient été mis hors d'usage 
par le tir très intense autour de Verdun. 

Jusqu'au milieu de février 1916, les Anglais auraient 
détruit cinquante sous-marins et en auraient coulé 
trente (?). 

On annonce le lancement du centième dirigeable 
allemand. 

Le député socialiste Keil a dit au Reichstag que 
l'Allemagne ne pouvait plus guère compter sur des 
indemnités. 

Le Gouvernement suédois fait emprisonner trois 
membres du groupe jeune-socialiste qui, dans un 
récent congrès, avaient fait voter la grève générale 
comme dernier moyeu d'empêcher la guerre. 



78 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Hilaire Belloc calcule que les pertes autrichiennes 
atteignent près de 3 millions. 

Le 3 °/û revient à 63. 

« Le peuple allemand a permis que les dirigeants de 
l'Empire provoquent la guerre européenne et la poursuivent 
par les méthodes les plus barbares ; s'il a consenti au sacri- 
fice de millions d'hommes, c'est qu'il croit à la toute-puis- 
sance de la force et qu'il attend de son affirmation les plus 
grands bénéfices. Pour des avantages matériels escomptés et 
par esprit de domination, il a admis toutes les forfaitures 
et s'est voué à tous les crimes. Par quel miracle la mentalité 
de ce peuple se trouverait-elle transformée du jour au len- 
demain, au point qu'il briserait de sa seule volonté l'arme 
effroyable dont il n'a pas hésité à se servir pour la satisfac- 
tion de ses ambitions ? Ne comprend-on pas que si cette 
arme subsiste entre ses mains, il voudra s'en servir de nou- 
veau à la première occasion qu'il jugera favorable, ne fût-ce 
que dans l'espoir de reprendre parmi les nations la place 
qu'il aura perdue par ses propres fautes ? » {Temps du 24.) 

Vendredi 24 mars. — Une attaque allemande sur 
Vauquois réussit d'abord, mais est ensuite refoulée. 

Les succès russes s'accentuent dans le secteur de 
Jacobstadt. Au nord de Vidzy (sud de Dvinsk), malgré 
les balles explosibles, les Russes ont progressé et forcé 
de nombreux barrages. 

Les Français bombardent violemment Guevgeli et 
détruisent le pont de bois sur le Vardar. 

Pachitch, président du conseil de Serbie, dit au 
Petit Parisien que l'effectif de l'armée serbe atteint 
160.000 hommes et va être porté à 200.000 hommes. 

Mackensen arrive à Gonstantinople, portant au sultan 
le bâton de maréchal. 

On signale de graves mutineries dans les troupes 
bulgares. 

Le courrier régulier de Dieppe à Folkestonc, le 
Sussex, a été torpillé, mais n'a pas coulé. Il y a 
97 victimes, dont le compositeur espagnol Enrique 
Granados (Temps du 3i). 

On dit que les Allemands ont de très grands sous- 
marins d'un type nouveau. 

Les puissances de l'Entente informent les Etats- 



1 



\ 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 79 

Unis qu'elles refusent de désarmer les navires de 
commerce; elles appellent l'attention des Etats-Unis 
sur l'illégalité des attaques sans avertissement des 
sous-manns allemands. 

La Gazette de Cologne a été suspendue pour un 

Les souscriptions à l'emprunt allemand atteignent 
10 milliards 5oo millions, dont 2 milliards d'argent 
liquide, le reste se composant de titres du précédent 
emprunt et même de l'emprunt en cours. 

Le discours de Haase au Reichstag a été tout diffé- 
rent de celui dont la presse allemande reproduit des 
extraits; il paraît avoir dit (le 24 mars) que l'Alle- 
magne avait provoqué et voulu la guerre (Journal de 
Genève, 28 mars). 

D'après les journaux, Haase a dit que la famine 
menace et que le peuple demande la paix : « La 
muraille de notre armée ne peut être brisée, mais 
l'expérience de cette guerre nous fait comprendre que 
notre armée ne pourra jamais vaincre l'ennemi. A la 
fin de la guerre, il n'y aura ni vainqueurs ni vaincus. » 

Le nombre des établissements anglais travaillant 
pour la guerre atteint 3.387. 

Repington (Times) : « Le seul moyen de vaincre est 
de concentrer tous les hommes et tous les canons 
disponibles sur le seul front décisif, le front français. » 

Le Temps écrit : a II est urgent que la déclaration 
du 5 septembre ïgili, qui a reçu l'adhésion du Japon 
et de l'Italie, soit étendue au domaine économique. » 

Milioukov dit à la Douma : « Nous serons coupables 
si nous revenons à la vieille Europe avec ses arme- 
ments, son mépris des droits internationaux et son 
droit international fictif. » Parlant du droit de la Russie 
d'avoir une entrée sur la mer libre, il a dit qu'il ne 
s'agissait pas d'une annexion territoriale, mais d'un 
passage : « Il ne s'agit pas de savoir si les Détroits 
devront être russes ou turcs, mais d'empêcher qu'ils 
ne deviennent allemands. » Ces idées sont celles de l'o- 
rateur; la chancellerie russe a fait savoir qu'elle réserve 
l'expression des siennes. 



80 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

On assure à Rome que le Japon fournit du matériel - 
de guerre à la Roumanie. 

Samedi 25 mars. — Depuis ce jour, les Allemands 
bombardent la ville de Verdun avec des bombes 
incendiaires. 

Très violent bombardement des secteurs Malan- 
court — Esnes— cote 3ol^. 

Le Daily Chronicle publie une carte du front britan- 
nique qui s'étend aujourd'hui du sud de Dixmude à la 
Somme (90 milles). 

Le croiseur anglais Cleopalra a coulé un contre-tor- 
pilleur allemand. 

Du I*' au 25 mars, les Allemands ont coulé 16 na- 
vires anglais, 5 français, 2 hollandais, 5 norvégiens, 
2 danois, soit 3i navires jaugeant 92.000 tonnes. 

D'après VEvening Post {Journal de Genève, 26 mars), 
Bethmann-Hollweg aurait indiqué à Gérard, en de- 
mandant la médiation de l'Amérique, les conditions 
allemandes : restitution de la Belgique, indemnité 
payée par la France pour l'évacuation de ses départe- 
ments envahis, restitution des colonies allemandes, 
avec, en plus, une grande partie des Congo français 
et belge ; autonomie complète de la Pologne. 

Harden {Zukunfl) : « Est-ce que 68 millions d'Alle- 
mands doivent croire que leur meilleure arme (les 
sous-marins) a été brisée ou affaiblie ? » 

Un officier d'état-major écrit au Berliner Tageblatt : 
« Nos succès surprenants de rapidité nous ont gâtés. 
L'été passé, nous nous emparions au vol de forteresses 
russes. Or, aujourd'hui nous commettons une forte 
erreur en nous obstinant à mettre sur le même pied la 
forteresse de Verdun. La comparaison ne tient pas 
debout. Elle ne fait pas état des conditions du terrain, 
ni de l'état respectif des armements français et 
russes. » 

Gazette de Cologne : « Le mot d'ordre reste pour nous : 
tenir jusqu'au bout, quand même les désagréments du temps 
de guerre devraient se faire sentir à l'intérieur plus que par 
le passé. Nous savons que ces souffrances sont peu de chose 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 81 

comparées à ce que nos fils et nos frères endurent et endure- 
ront encore dans les tranchées. Nous savons que nous serons 
dignes de leur héroïsme pour peu que nous prenions exemple 
sur eux. » 

On affirme que l'Allemagne et l'Autriche auraient 
conclu des achats énormes en Roumanie. 

Herriot, dans \' Information, à propos du succès de la foire 
de Lyon : « Quand nous tous, Belges, Serbes, Italiens, Por- 
tugais, Anglais, Russes et Français serons unis et prêts pour 
la nouvelle lutte, nous dirons aux peuples libres : Si vous 
croyez à la probité et à l'honneur, si vous voulez, tout en 
défendant vos intérêts, rester des hommes dignes de ce nom, 
• vous ne pouvez plus travailler avec cette race allemande qui 
s'est désnonorée aux yeux du monde. » 

La limite d'émission des billets de la Banque de 
France est portée de i5 à i8 milliards. 

« L'ennemi n'a cru trouver à Verdun qu'une forteresse ; il 
y a trouvé une armée » (Temps). 

Dimanche 26 mars. — Sonnino, Salandra, Asquith, 
Grey, Kitchener, Lloyd George, etc., arrivent à Paris 
pour participer à la conférence des Alliés. 

Vifs combats, favorables aux Italiens, à Palpiccolo. 

Par l'occupation de Ruaz et de Vallaz (Cordevole), 
le front italien a gagné lo kilomètres sur une longueur 
de 25. 

Les Russes prennent deux lignes de tranchées au 
nord de Bojan (Galicie). 

Après divers engagements, les détachements alle- 
mands et bulgares qui s'étaient avancés en territoire 
grec ont été repoussés au delà de la frontière. 

Un attentat à la dynamite a été commis en Roumanie, 
sur la ligne stratégique Sinaïa-Prédéal. 

Une escadre d'hydro-aéroplanes a bombardé les han- 
gars d'aviation du Schlesvig-Holstein ; 3 appareils 
anglais ne sont pas revenus. 

Sembat dit à la Sorbonne : « L'Europe nouvelle doit être 
affranchie du cauchemar de guerre qui pesait sur l'Europe 
d'hier. Il faut lui assurer une paix qui soit mieux qu'une 
trêve. Telle est la plus claire et la plus ferme volonté de nos 
héros. Ils ont voulu, ils veulent — héros morts, héros 

114. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 6 



82 CHRONOLOGIE DE LA. GUERRE 

vivants — que leurs enfants soient mis par leur bravoure à 
l'abri du fléau. » 

On annonce que 189 élèves de l'École des Beaux-Arts 
ont été tués à l'ennemi. 

Lundi 21 mars. — Ouverture k Paris, au ministère 

des Affaires étrangères, de la conférence des Alliés. 

Les Anglais, sur le saillant allemand de Saint-iiloi, 
prennent d'assaut deux lignes de tranchées. 

Une attaque allemande est repoussée entre Somme 
et Avre, près de Maucourt. 

3oo gros obus sur Reims ; 26 victimes. 

La Gazette de l'Allemagne du Nord parle du calme 
imposant avec lequel le haut commandement allemand 
prépare la prise de Verdun. 

On dit que les Allemands ont déjà eu i5o.ooo tués 
devant Verdun. 

Depuis quelques jours, 35o obus incendiaires tombent 
quotidiennement sur la ville. 

Un coup de main dans la région de Parroy a permis 
de détruire une position allemande. 

Le dégel commence sur le front russe. 

Il est avéré que les Bulgares emprisonnent et mas- 
.sacrent les Grecs en Serbie. La terreur règne à Monastir. 

Les Russes prennent Off, sur le littoral de la mer 
Noire. 

La Gazette de Cologne menace la Hollande, parce 
qu'elle refuse d'accepter les dires du Gouvernement 
allemand, qui nie le torpillage du Tubantia par un de 
ses sous-marins. 

Le Gouvernement et l'opinion aux Etats-Unis sont 
très émus par les torpillages sans avertissement du 
Sussex et de VEnglishman. Le New-York Herald 
demande combien il faudra d'Américains tués avant 
que Wilson déclare la guerre. Le Times de New-York 
dit que la dignité et îa sécurité des Etats-Unis leur 
interdisent de prétendre conserver des relations ami- 
cales avec une puissance qui continue à assassiner les 
citoyens américains. Le World demande ce que les 
Etats-Unis ont à gagner à rester en relations diploma- 



I 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 83 

tiques avec une puissance manifestement sans foi ni 
honneur. Le professeur Josiah Royce, à Boston, de- 
mande que les Etats-Unis rompent avec l'ennemie de 
l'humanité et remplissent leur devoir envers le genre 
humain en se joignant aux Alliés. 

Raid d'avions autrichiens sur Vérone, Pordenone, 
Grado, etc. Plusieurs ont été abattus. 

Sept avions allemands, visant les navires alliés à 
Salonique , sont mis en fuite ; deux appareils sont 
détruits. Ce raid a fait une vingtaine de victimes dans 
la ville. 

Daily Mail : « Un assassin n'est pas remis en liberté 
quand il a été arrêté et que sa culpabilité a été prouvée. 
Une nation de criminels ne peut être laissée en situation de 
machiner de nouveaux actes d'agression et de meurtre avec 
ses avions, ses sous-marins, ses gaz empoisonnés, après 
qu'elle aura été battue sur les champs de bataille. Des 
mesures doivent être prises en vue de la sécurité du 
monde, » 

Repington (Times) : « Les Allemands produisent encore 
autant de munitions que l'Angleterre et la France réunies. 
Nous ne devons pas nous laisser aller à la tentation et jouer 
le jeu de l'Allemagne en attaquant trop tôt. » 

Les listes prussiennes avouent une perte de 2.457.000 
hommes. 

Mardi 28 mars. — Les Allemands attaquent en 
vain sur le front Haucourt-Malancourt ; les Français 
progressent dans les boyaux au nord d'Avocourt. 

luarante-huit heures de lutte au nord-ouest de 
les Italiens reprennent les tranchées qu'ils 
avaient perdues (3oo prisonniers). 

Lansing fait demander à Berlin si le Sassex a été 
frappé par une torpille allemande ; il réclame une 
prompte réponse. 

Le professeur américain Baldw^in, dont la fille a été 
gravement blessée sur le Sassex, déclare dans une 
lettre publique que « l'Allemagne restera avec les 
marques d'infamie que lui ont imprimées ses crimes ». 

Le parti social-démocrate de Leipzig, par 33 voix 
contre 6 et 3 abstentions, approuve la conduite de Haase 



Après qi 
Gonzia, h 



84 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

et des 19 députée qui l'ont suivi, et invite les membres 
qui sont hostiles aux crédits de guerre à se joindre au 
parti. i4 autres socialistes se sont ralliés aux dissidents 
groupés autour de Haase. 

L'Autriche-Hongrie a dépensé pour la guerre plus de 
3o milliards de couronnes; elle en a emprunté i4, dont 
I en Allemagne. 

Le journaliste Schrœder, du Telegraaf, poursuivi 
pour un article anti-allemand, est acquitté par le jury 
hollandais. 

A propos de la conférence des Alliés à Paris, le Mor- 
ning Post écrit que l'esprit résolu de la France est le 
drapeau de la civilisation. 

Salandra dit à l'Hôtel de Ville : « Les nations atten- 
dent maintenant, dans une anxiété poignante, desavoir 
si le droit des gens sera restauré et maintenu dans un 
monde meilleur, ou s'il est voué à la destruction par la 
force brutale. » 

Pemberton-Billing, le député aviateur, répète ce qu'il a 
déjà dit aux Communes, à savoir que « dans peu d'années une 
Puissance pourra posséder 100.000 avions portant chacun 
200 kilogrammes d'explosifs et capables de dévaster en une 
nuit tout un pays. Il n'y aura pas de chiffons de papier dans 
la prochaine guerre. Il y aura une période de tension ; puis, 
sans déclaration de guerre, cette nuée d'avions sèmera la 
destruction et la mort. La nation qui frappera le premier 
coup, fût-ce d'une heure en avance, anéantira sa rivale dans 
une nuit. Alors le monde entier dira : Plus jamais ! 9 {Daily 
Mail, 28 mars ; comparer le roman de Wells, The ivorld set 
free [Le monde libéré], qui a été publié au printemps de 
1914.) 

Funck-Brentano écrit avec raison (La France) : « La 
réforme de l'orthographe, telle serait dans le monde la grande 
victoire frayant les voies à la pensée et à la langue fran- 
çaise. » 

Mercredi 29 mars. — Les Français enlèvent la 
corne sud-est du bois d'Avocourt sur une profondeur de 
3oo mètres, ainsi que l'ouvrage dit réduit d'Avocourt, 
et repoussent sur ce point une contre-attaque violente. 
A Malancourt, les Allemands prennent pied dans un 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 85 

ouvrage avancé au nord et s'emparent de deux maisons 
du village. 

Une attaque autrichienne est repoussée au nord-ouest 
de Gorizia. 

Les mobilisés serbes, en Russie, forment une division 
de 20.000 hommes. 

De graves désordres, causés par la disette, éclatent 
à Phiiippopoli. Ghenadieff et d'autres députés sont 
arrêtés à Sofia. 

Une commission du Reichstag, siégeant à huis clos, 
s'est prononcée pour la continuation cle la guerre sous- 
marine par tous les moyens possibles. 

L'Amirauté anglaise possède et fera remettre aux 
États-Unis des fragments de la torpille allemande qui a 
coulé le Siissex. L'Amirauté ajoute que le sous-marin 
tira deux fois sur le torpilleur anglais venu au secours 
du paquebot. 

Obus d'avions français sur les gares de Metz-Sablons, 
Pagny-sur-Moselle, Maizières-lfes-Metz. 

Le ministre de la guerre russe, Polivanov, donne sa 
démission et est remplacé par Chouvaiev. 

Les journaux allemands adjurent les femmes d'ap- 
porter leurs alliances a. la Banque d'Empire. 

Le Gouvernement anglais revise la loi du recrute- 
ment et remplace le plus possible, dans les usines, les 
hommes par des femmes, dont 276.000 ont offert leurs 
services. 

« L'ennemi du genre humain traverse une assez mauvaise 
phase, et la Déclaration de Paris, signée hier au quai 
d'Orsay, n'est certainement point faite pour calmer des 
inquiétudes dont il ne peut se défendre » (Roussel, Liberté). 

Le Temps explique, dans une note officieuse, que la pré- 
sence de débris métalliques (pointes à deux dents) dans les 
sacs d'avoine importés d'Amérique, ne doit pas être attribuée 
à la malveillance ; ce seraient des déchets de maréchalerie, 
demeurés par inadvertance dans certains sacs qui ont servi 
à les recueillir. 

Jeudi 30 mars. — Au sud de la Somme, les Alle- 
mands pénètrent dans nos lignes à l'ouest de Verman- 
dovillers (nord de Chaulnes), mais en sont chassés. 



86 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les attaques allemandes de la nuit contre les posi- 
tions françaises des bois d'Avocourt ont échoué. De 
violentes attaques sur Douaumont sont aussi repous- 
sées. 

La Gazette de Voss signale la présence d'artillerie 
anglaise devant Verdun. 

Les Allemands ont lancé sur la Meuse, au nord de 
Saint-Mihiel, beaucoup de mines flottantes qui n'ont 
pas causé de dégâts. 

Progrès russes dans la direction de Bagdad. 

Un navire-hôpital russe, le Portugal, est torpillé en 
Mer Noire par un sous-marin autrichien (?); il y a 120 
victimes. 

Lansiug a été informé que le vapeur Englishman, 
d'abord bombardé par un sous-marin, fut ensuite tor- 
pillé lorsqu'il s'arrêta. Quatre Américains ont été tués. 

La Norvège a perdu près de cent navires par l'effet 
de mines et de torpilles ; elle n'a reçu de compensation 
que pour quatre (Land and Water, p. 8). 

Au cours d'engagements aériens, huit avions alle- 
mands ont été détruits, dont quatre près de Verdun. 

Quatre hydravions autrichiens ont bombardé Valona 
et les environs. 

Le général Dubail est nommé gouverneur de Paris, 
en remplacement du général Maunoury, relevé sur sa 
demande pour cause de santé. 

Les armées françaises ont perdu au front onze géné- 
raux. 

Le Morning Post, commentant la Conférence de 
Paris, dit qu'en voulant empêcher chaque peuple de 
suivre librement sa destinée, l'Allemagne a forgé contre 
elle la plus formidable coalition que le monde ait 
jamais connue. 

« La juste colère contre la barbarie teutonne gagne le 
monde civilisé tout entier, et les derniers exploits des sous- 
marins émeuvent les neutres tout autant que les belligé- 
rants » (Temps). 

Rlbot dit au Sénat : « Nous arriverons k une paix qui 
restaurera le droit et qui délivrera le monde du cauche- 
mar qui a trop longtemps pesé sur lui. » 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 87 

Un correspondant neutre écrit au Times : a Verdun 
est pour les Alliés la plus grosse réclame qu'ils aient 
jamais eue dans les pays neutres. Mais en Allemagne 
l'effet a été terrible. » 

Dans un article intitulé Demain et traduit par le Temps, 
Wells écrit : 

« Il faut que la Belgique soit rendue à elle-même, que sa 
neutralité fasse place à une alliance défensive avec les deux, 
alliés de l'ouest, et, si le monde doit encore compter avec les 
HohenzoUern, il faut que sa frontière soit portée en avant de 
façon à réduire au minimum les risques d'une seconde 
attaque brusquée. Toute frontière qui donne sur les Hohen- 
zoUern devra désormais être munie de lignes successives de 
tranchées et occupée en permanence ; c'est aussi une néces- 
sité primordiale que la ligne franco-belge soit aussi courte et 
aussi fortifiée que possible. En face d'un empire Hohenzol- 
Icrn, il faut que la ville d'Aix-la-Chapelle, dont l'Allemagne 
a fait un simple tremplin pour ses attaques, soit aux mains 
de la Belgique. La frontière stratégique et douanière parti- 
rait alors d'Aix-la-Chapelle vers le sud, incorporant à l'al- 
liance permanente le grand-duché du Luxembourg. » 

[Wells paraît oublier qu'avec les moyens de destruction 
que fournit la science actuelle, sans même faire état de ses 
inventions futures, les forteresses et les lignes de tranchées 
ne sont plus des obstacles au banditisme des attaques brus- 
quées. La seule sauvegarde de la civilisation est la prohibi- 
tion des engins de meurtre collectif et leur monopolisation 
par la police internationale.] 

Vendredi 3i mars. — Des attaques violentes, au 
cours de la nuit, nous ont obligés k évacuer Malan- 
court. Les Allemands ont aussi pris pied dans la partie 
ouest du village de Vaux, dont ils possédaient l'est 
depuis le 12 mars. 

Deux violentes attaques allemandes sur le nord-est 
et l'ouest de la cote 296 sont repoussées, malgré l'em- 
ploi d'obus lacrymogènes. 

En Woëvre, les Allemands ont vainement attaqué à 
l'est d'Haudiomont. 

On assure que les prisonniers français faits devant 
Verdun sont traités avec des égards nouveaux par les 
Allemands. 



88 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Dégel partiel sur le front russe, qui devient imprati- 
cable. 

On assure que 87.000 sacs appartenant à la Russie 
et réquisitionnés au début de la guerre par le Gouver- 
nement grec pour son intendance ont été livrés par 
Gounaris à la Bulgarie. L'opinion à Athènes en est très 
émue. 

Le Gouvernement britannique, renonçant k appliquer 
l'article 19 de la Déclaration de Londres, fait savoir 
que les vaisseaux et cargaisons en route pour un port 
non bloqué pourront être saisis pour contravention au 
blocus. 

La Russie a racheté au Japon trois cuirassés capturés 
pendant la guerre russo-japonaise. 

« Il ne suffit pas d'affirmer que la question de l'emploi des 
sous-marins n'a pas encore été réglée en droit international 
pour prétendre violer avec cette arme nouvelle toutes les 
règles consacrées par le droit international. » (Temps.') 

Cinq dirigeables jettent des bombes sur la côte est 
et sud-est de l'Angleterre ; l'un d'eux est pris et coule 
ensuite. Il y a vingt-huit civils tués. 

Des avions allemands ont jeté des bombes sur la ville 
suisse de Porrentruy. La Suisse proteste et demande 
satisfaction. 

L'Allemagne demande des explications au Brésil sur 
les manifestations qui ont eu lieu en faveur du Portu- 
gai (?). 

Le prince de Serbie est arrivé à Londres et Asquith 
à Rome, l'un et l'autre reçus avec enthousiasme. 

Le roi d'Angleterre donne 2.5oo.ooo francs pour la 
guerre. 

. La Hollande prend tout k coup de sérieuses mesures 
militaires ; l'Allemagne a essayé de la convaincre que 
les Alliés songent k violer son territoire. 

Vasquez Mella et Cerraibo ont vainement essayé d'ar- 
racher k Don Jaime un désaveu du carliste Melgar, qui 
a fait adhésion à la cause de l'Entente {Temps, 2 avril). 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 



AVRIL 



Samedi i" avril. — Le front anglais s'est étendu 
dans la région d'Arras et atteint i3o kilomètres. 

Une attaque allemande sur Vaux est arrêtée. 

Une note allemande à la Hollande affirme que les 
sous-marins allemands ont reçu l'ordre de ne pas atta- 
quer les neutres, à moins qu'ils ne cherchent à éviter 
la visite. 

Les sous-marins allemands et autrichiens ont semé 
des mines devant Gorfou. 

Les forts de l'île Saint-Georges et d'autres défenses 
côtières de Smyrne ont été bombardés par un navire 
anglais. 

Raid de deux dirigeables sur la côte nord-est de l'An- 
gleterre : i6 tués, 100 blessés. 

A propos de l'incident de Porrentruy, on fait remar- 
quer : 1° qu'immédiatement après l'incident une note 
officielle de l'État-major suisse fit savoir que les avions 
étaient probablement français ; 2° que les troupes suisses 
de garde à Porrentruy n'avaient pas de cartouches. Le 
ministre d'Allemagne à Berne a exprimé ses regrets. 

Un romancier allemand, Stilgebauer, publie en Hol- 
lande un article où il dit que îa « fidélité » du peuple 
allemand, mal dirigée, le conduit à sa perte ; il fait 
'contraster l'esprit prussien avec celui de l'ancienne Al- 
lemagne avant la mort de Goethe, déplore la conduite 
des Allemands en Belgique et la condamne en citant 
des vers de Schiller dans Don Carlos. 

Asquith rend visite au Pape. 

On arrête aux États-Unis le capitaine Hans Tauscher, 
qui, sur les ordres de von Papen, aurait préparé l'explo- 
sion du canal de Welland. C'était l'agent de la maison 
Krupp à New-York. 

Les troupes américaines, au Mexique, surprennent et 
battent celles de Villa. 



90 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

L'agence Gook de New-York aurait reçu 700.000 
demandes de tickets d'excui'sion pour la France sitôt la 
fin des hostilités. 

« On a dit que cette guerre était une guerre d'inventions. 
C'était déjà vrai bien avant Archimède, car les premiers 
peuples qui, aux coups de poing de leurs voisins, opposaient 
les coups d'une massue ou d'une lance, furent vainqueurs 
par ces inventions. Ce sera vrai aussi des guerres futures, 
car il y en aura encore, n'en déplaise aux pacifistes » 
(Nordmann, Matin). 

Dimanche 2 avril. — Plus de i.ooo gros obus sur 
Reims ; 220 maisons sont atteintes. 

De fortes attaques allemandes sur le réduit d'Avo- 
court sont repoussées ; sur le front Douaumont — Vaux, 
les Allemands pénètrent dans le bois de la Caillette, 
mais sont réjetés vers le nord de ce bois. 

Les Russes ont passé dans le bassin du Tchorokh 
supérieur et saisi des massifs montagneux fortifiés à 
3.000 mètres d'altitude. 

Le professeur Baldwin télégraphie k Wilson au nom 
de sa fille blessée sur le Sassex et demande réparation, 

Un dirigeable lance 8 bombes sur Dunkerque 
(2 tués). 

Nouveau raid de dirigeables sur la côte d'Ecosse et 
de l'Angleterre. 

Devant Verdun, les avions français abattent 5 appa- 
reils allemands. 

Paul Souday répond, dans le Temps, à un nouveau 
calomniateur du patriotisme de Renan. 

Lundi 3 avril. — Les Anglais réparent à Sainte 
Eloi leur échec du 3o mars. 

Encore 109 obus sur Reims. 

Forte attaque allemande, entre Haucourt et Béthin- 
court, sur des positions françaises au nord du ruisseau 
de Forges qui avaient été évacuées dans la nuit du 
3i mars au i'"" avril. Surpris par le feu des nouvelles 
positions, les Allemands ont éprouvé de grandes pertes. 

A l'est de la Meuse, des contre-attaques françaises 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 91 

gagnent du terrain au bois de la Caillette et dans la 
partie ouest de Vaux. 

Les Allemands prodiguent les munitions devant Ver- 
dun au point de tirer lo.ooo obus de -210 sur un front 
de i.5oo mètres. 

Examinant la situation devant Verdun, la Gazette 
de Voss dit qu'on se sent par instants découragé. 

Canonnade française sur les positions allemandes de 
la région Montfaucon — Malancourt. 

Le Gouvernement bulgare, répondant aux plaintes 
de la Grèce, ordonne à ses troupes de se retirer au 
delà de la frontière et promet de punir les comitadiis. 

On affirme que les Turcs du Caucase ont reçu de 
gros renforts. 

La Douma et le Conseil de l'Empire ont protesté 
avec énergie contre le torpillage du navire-hôpital Por- 
tugal, monstrueuse atteinte au droit des gens. 

La France et l'Angleterre font savoir que, vu l'inten- 
sité de la contrebande par colis postaux, elles exerceront 
le droit de saisie sur les sacs de la poste, tout en respec- 
tant les correspondances. 

Une escadrille d'avions autrichiens ayant survolé An- 
cône, trois ont été abattus. 

Berlin exprime officiellement ses regrets à Berne au 
sujet de l'incident de Porrentruy. 

Il est établi que i3 dirigeables allemands ont pris 
part aux trois raids contre l'Angleterre, lancé 409 bom- 
Les et fait 246 victimes, dont 69 tués. 

On affirme à Rome que depuis lo début de la guerre 
l'Allemagne a perdu 4? dirigeables, 368 avions et 
1.400 aviateurs. L'Autriche a perdu tous ses dirigeables 
et 184 avions. 

Les social-démocrates de Kœnigsberg ont approuvé 



leur député Haase par 107 voix contre 11, 

On dit en Suisse qu'il ne reste plus que 700.000 
hommes de réserve h. l'Allemagne et que, loin de rece- 
voir des renforts de Bulgarie et de Turquie, elle est 
obligée de laisser 26.000 hommes en Orient et 175.000 
en Autriche. Celle-ci n'a plus de réserves. 



92 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

On annonce que la France possède des canons aussi 
forts et même plus forts que l'Allemagne. 

Le Temps dit que l'armée anglaise est arrivée à son 
apogée. 

Essad pacha a rendu visite à Briand. 

La conférence panamèricaine s'est ouverte à Buenos- 
Ayres. 

Mardi 4 avril. — Très forte attaque allemande vers 
le nord de Douaumont, complètement repoussée. On 
annonce que le front français est rétabli dans la région 
Vaux — Douaumont. 

Autre attaque allemande repoussée au sud-est de 
Seppois-le-Haut. 

Les Russes prennent Latach, sur le Dniester, k l'ouest 
d'Uziesko. 

Débâcle des glaces sur la D%dna. 

Venizelos, dans un article du Keryx, pose nette- 
ment la question des accords possibles du roi de 
Grèce avec l'Allemagne ; cet article produit une vive 
émotion. 

Dans le Caucase, les Turcs, appuyés par le B'reslau, 
ont attaqué le flanc droit russe et ont été repoussés. 

Les navires anglais ont découvert, dans les îles grec- 
ques, plusieurs bases de sons-marins allemands. 

On ditk Berlin que les notes présentées par les Etats- 
Unis sont amicales, mais qu'on n'y pourra répondre 
avant quelque temps, l'Amirauté allemande ayantbesoin 
de se renseigner. 

\Jr\ dirigeable survole la côte est de l'Angleterre, 
mais fait peu de dégâts. 

Trois avions allemands sont abattus près de Verdun. 

On affirme que les raids de dirigeables sur l'Ancfle- 
terre ont eu lieu sur l'ordre de Guillaume II, qui a 
demandé qu'on frappât « vite et fort y>. 

Les syndicats ouvriers allemands désavouent Haase. 

Le Gouvernement hongrois saisit à l'avance les ré- 
coltes de 1 9 1 6 et interdit tout commerce sur ces récoltes. 

Le budget anglais prévoit des dépenses de 45 milliards 
625 millions. jL 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 93 

Déclaration de Branting, chef du parti social-démocrate en 
Suède : « Parmi les causes de la guerre, la première de 
toutes, c'est l'impérialisme allemand, cette passion de l'hé- 
gémonie et de la conquête qui, en Allemagne, imprègne la 
mentalité des classes dirigeantes et a malheureusement 
infesté aussi une trop grande partie de la classe ouvrière. 
Quant à la France et à l'Angleterre, nul esprit impartial, 
ayant pris connaissance des documents diplomatiques, ne 
peut contester qu'elles voulaient la paix et ont tout fait, 
lusqu'à la dernière minute, pour la sauvegarder » (Temps 
du 6). 

Mercredi 5 avril. — Bombardement intense en 

Woëvre. 

Des attaques allemandes sont repoussées en Lorraine 
près d'Arracourt. 

On dit que la Bulgarie, par l'entremise de l'Alle- 
magne, s'est plainte à Bucharest des mesures militaires 
de la Roumanie. 

Les Anglais ont enlevé les tranchées turques d'Um- 
cl-Hannali (rive gauche du Tigre). 

Depuis le début de la guerre, les Allemands ont 
coulé ou capturé 91 navires norvégiens, causant une 
perte de 77 vies et de plus de 100 millions. 

Trois dirigeables survolent la côte anglaise du nord- 
est. Tennant annonce aux Communes qu'un second 
dirigeable allemand a été touché dans la nuit de ven- 
dredi à samedi ; il a bon espoir qu'on pourra repousser 
à l'avenir les raids aériens. Pemberton Billing a de- 
mandé à conduire lui-même des raids de représailles. 

Une escadrille franco-anglaise coule un sous-marin 
allemand et fait l'équipage prisonnier. 

Discours de Bethmann-Hollweg au Reichstag (texte 
intégral, Temps du 8 avril). Il avoue que les difficultés de 
l'alimentation sont sérieuses, proteste contre le blocus 
anglais et affirme que l'Allemagne ne se laissera frus- 
trer par personne des armes dont elle dispose. Il estime 
que les opérations contre Verdun ont été conçues avec 
une ampleur de vue géniale et rend hommage à la 
bravoure des Français. Les Russes, après la prise d'Er- 
zeroum, vont être arrêtés par de nouveaux effectils 



94 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

turcs. Avec des formules diplomatiques, le chancelier 
adopte, pour l'avenir, la politique (l'annexion. Spahu 
(Centre) dit que les frontières de l'Allemagne doivent 
être élargies et que la guerre imposée à ce pays doit 
avoir pour résultat de lui assurer la situation d'une 
puissance mondiale ( Weltrnachl). 

Jeudi 6 avril. — Les Allemands ont repris, k Saint- 
Eloi, une partie du terrain conquis par les Anglais le 
27 mars. 

Les Français prennent une tranchée en Argonne près 
de la route de Saint-Hubert, faisant usage, à leur tour, 
d'un projecteur de flammes. 

Pendant la nuit du 5 au 6, attaques allemandes très 
violentes entre Avocourt et Béthincourt ; les Allemands 
prennent pied dans le village de Haucourl. Dans la 
nuit du Ô-7, ils pénètrent dans une tranchée de 
première ligne sur la route Béthincourt — Chattancourt, 
mais en sont délogés, sauf sur un espace de 3oo mètres. 

Les journaux russes constatent que des troupes alle- 
mandes ont été envoyées de Poliésie à Verdun et que 
les troupes qui restent sont de qualité inférieure. 

Deux des quatre armées bulgares sont à la frontière 
roumaine. 

Venizelos déclare que l'occupation de la Macédoine 
parles Alliés a été le salut de l'hellénisme. 

Un vaisseau russe a bombardé le Breslau, qui a pris 
la fuite. 

Un dirigeable, ayant survolé la côte nord-est de l'An- 
gleterre, fut bombardé et rebroussa chemin. 

A. Pollen (Land and Water) pense qu'une tentative 
allemande d'attaquer la flotte anglaise par l'air semble 
très probable. 

De violentes manifestations, causées par la disette, 
ont eu lieu à Berlin. 

Giornale d'Italia (à propos du discours de Bethmann- 
Hollweg) : « La paix viendra et sera durable et féconde 
dans la fraternité sincère des peuples, mais pas avant que 
l'on n'ait enlevé d'Europe les brigands qui ensanglantent le 
monde pour le triomphe de l'ambition germanique. » 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 95 

Vendredi 7 avril. — Une forte attaque allemande, 
au débouché de Haucourt, est arrêtée par notre tir. 

Sous un feu concentré d'artillerie, les Italiens éva- 
cuent leurs lignes avancées du Rauchkofel. 

La Roumanie conclut un accord avec l'Allemagne, 
rétablissant le libre trafic entre les deux pays. Les jour- 
naux allemands s'en autorisent pour annoncer un revi- 
rement politique de Bratiano. 

Le Reichstag a voté une résolution en faveur de la 
continuation de la guerre sous-marine. 

On affirme que les Allemands ont maintenant des 
sous-marins sans périscope. 

Samedi 8 avril. — Vifs combats en Champagne, 

dans la région de Navarin. 

Au cours de la nuit du 7-8, attaques allemandes au 
sud et au débouché est de Haucourt. Dans la nuit du 
8-g, nous évacuons la position de Béthincourt. Progrès 
français au sud de Douaumont. 

Canonnades et petits engagements sur le front de 
Salonique. 

A Salonique, acquittement, au milieu d'applaudisse- 
ments, d'un journal grec accusé d'avoir injurié l'Alle- 
magne. 

Un communiqué grec dément l'existence, à Corfou, 
de bases grecques pour sous-marins allemands. 

Dragoumis, ministre des Finances, donne sa démis- 
sion. 

Les Anglais enfermés à Kut n'ont plus de charbon. 

L'Allemagne nie le torpillage du Sussex et celui du 
Palembang. 

Un transport autrichien est coulé dans l'Adriatique 
par un sous-marin français. 

Guillaume II félicite Hindenburg à l'occasion du 
cinquantenaire de son entrée dans l'armée. 

La reine de Suède, princesse badoise, arrive k 
Carlsruhe. 

Au Reichstag, Liebknecht dit qu'il a la preuve 
que dans les camps de prisonniers en Allemagne on 
les pousse a exécuter des travaux contre leur patrie, ce 



96 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

qui est une grossière violation du droit des gens. Le 
président lui retire la parole. 

Le cours du dollar à Paris atteint 6^10. 

Dimanche 9 avril. — Bataille violente entre Avo- 
court et Cumièrcs. Les colonnes d'assaut allemandes 
ont été fauchées sur le front Mort-Homme — Cumières. 
Au nord-est d'Avocourt, une légère avance allemande 
a été refoulée par une contre-attaque. En fin de journée, 
les Allemands prennent, sur 5oo mètres de long, notre 
tranchée avancée de la cote 2g5. 

Au cours d'une grande conférence vénizéliste à 
Athènes, Nakos déclare que la place de la Grèce est à 
côté des puissances libératrices de l'humanité. [La majo- 
rité du peuple grec applaudit Venizelos, parce qu'il 
représente l'honneur national, et ne fait rien contre le 
Gouvernement, parce qu'il assure la paix.] 

Des sous-secrétaires d'Etat allemands sont placés 
dans toutes les administrations turques ; en province, 
des fonctionnaires allemands sont adjoints aux valis. 
C'est la main-mise allemande sur tous les rouages de 
l'Etat turc, sauf dans la police, où les Jeunes-Turcs ont 
refusé toute coopération. 

Progrès russes dans la région de Baïbourt ; vifs 
combats dans la région de Bitlis et sur le lac d'Ourmiah. 

Les Anglais attaquent sans succès les lignes de San- 
nayat (Mésopotamie). 

En Méditerranée, un sous-marin autrichien torpille et 
coule le vapeur danois Caledonia. 

Anatole France dit à la Sorbonne : « Après la victoire de 
nos armées, qui combattent pour la justice et la liberté, les 
Alliés auront de grands devoirs à remplir. Et le plus sacré de 
ces devoirs sera de rendre la vie aux peuples martyrs, à la 
Belgique, à la Serbie. Alors ils assureront aussi la sûreté et 
rindépendance de TArménie. » 

Lundi 10 avril. — Formidable attaque allemande 
sur le Mort-Homme, avec jet de liquides enflammés ; 
les Allemands ont pris pied dans quelques tranchées k 
l'est sur la rive droite de la Meuse ; échec d'une tenta- 



î 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 97 

tive allemande pour reprendre des tranchées au sud de 
Douaumont. 

L'artillerie italienne endommage le fort de Luserna. 

On dit (à tort, mais non sans raisons) que la Russie 
a fermé sa frontière du côté de la Roumanie. 

Progrès russes au sud-ouest d'Erzeroum. 

Pour 100 tonnes détruites, l'Angleterre en construit 
200 (Lloyd's Register). A la fin de mars, il y avait 
1.428.000 tonnes en construction; depuis douze mois, 
l'Angleterre a construit plus de 2 millions de tonnes et 
en a perdu 746.000. 

Le ministre de France à La Haye a assuré la Hollande 
que les Alliés n'ont jamais eu l'intention, comme veu- 
lent le faire croire les agents allemands, d'envahir la 
Hollande. 

Au Reichstag, le ministre de la Guerre dit que 
l'Allemagne ne veut pas seulement tenir, mais ohtenir 
des décisions victorieuses. 

« Le jour où la Sainte Alliance des peuples voudra s'éle- 
ver, comme fit il y a un siècle la Sainte Alliance des rois, à 
la synthèse de l'immense tragédie qui s'accomplit, elle ne se 
contentera pas de décider qu'il n'y aura pas de paix séparée, 
mais elle décrétera qu'elle ne traitera pas avec l'ennemi du 
genre humain et que la maison des Hohenzollern a cessé de 
régner. » (Polybe, Figaro.') 

Discours d'Asquith k Londres : 

« La Grande-Bretagne et la France ne sont pas entrées en 
guerre pour étrangler l'Allemagne. Leur intention n'est nul- 
lement de détruire ou de mutiler sa vie nationale. Le but des 
Alliés, dans la guerre qui leur a été imposée, est de préparer 
les voies pour un régime international assurant des droits 
égaux pour tous les États civilisés. Ce que nous attendons des 
résultats de la guerre, c'est d'établir en principe que tous les 
problèmes internationaux qui peuvent surgir doivent être 
réglés par des négociations libres entre peuples également 
libres. Ce que nous voulons aussi, c'est que le règlement ne 
soît plus entravé et faussé par un gouvernement régi par 
une caste militaire. » 

Les Anglais ouvrent une campagne de recrutement 
il dans l'Inde. 

114. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 7 



98 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Mardi 11 avril. — Une forte attaque allemande 
avec obus lacrymogènes entre Douaumont et Vaux est 
refoulée par une contre-attaque. 

Turcs et Bulgares massacrent des Grecs k Andri- 
nople. 

A Athènes, des femmes et des enfants pénètrent dans 
l'enceinte du Parlement et exposent leur misère, par 
suite de la cessation du paiement des allocations aux 
familles des mobilisés. 

A Rome, un décret royal appelle plusieurs classes 
sous les drapeaux. 

Repington estime que les Allemands ont 800.000 
hommes sur le front anglais et croit k une offensive. 
Devant Verdun, les Allemands auraient 3o divisions et 
demie, dont 2 en réserve. Sur les 4oo-ooo hommes 
engagés devant Verdun, les Allemands en auraient déjà 
perdu 170.000. 

Le change français, k Genève, est k 85,25 (i4>75 de 
perte); le change allemand y est k 98,15 (3i,85 de 
perte). 

Mercredi 12 avril. — Au bois des Caurettes, entre 
le Mort-Homme et Cumières, une attaque allemande est 
repoussée. L'artillerie est très active entre Douaumont 
et Vaux. 

Le Temps publie (d'après le Bulletin des Armées) le 
récit officiel de la bataille de Verdun du 24 février au 
20 mars. 

D'après les journaux autrichiens, le IIP corps brande- 
bourgeois a été presque anéanti devant Douaumont; 
les V'IIS XV« et XVIII* corps ont perdu de 35 k 4o °/o 
de leurs effectifs. 

Dans la vallée de Sugana, les Italiens prennent la 
position de S. Osvaldo. 

On dit que l'artillerie russe vaut aujourd'hui l'arlille- 
rie allemande et que cette constatation inquiète les cer- 
cles militaires allemands. 

Malgré l'inondation du Tigre, les Anglais avancent 
un peu en Mésopotamie. 

La réponse allemande aux États-Unis reconnaît le 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 99 

torpillage de plusieurs navires, mais essaie de le justi- 
fier comme conforme aux règles de la guerre. Elle 
avoue qu'un sour.-marin allemand a torpillé quelques 
navires dans le voisinage du Sussex, mais nie avec im- 
pudence avoir torpillé ce paquebot. 

On télégraphie de Genève que l'Allemagne est désor- 
mais décidée à nier tous les torpillages et à affirmer 
que les navires coulés l'ont été par des mines. 

L'Espagne est très émue par suite du torpillage de 
plusieurs navires portant son pavillon. 

Les élections espagnoles ont donné une grosse majorité 
aux libéraux non germanophiles. Les partisans de Vas- 
quez de Mella « restent, avec les jésuites, les plus irré- 
ductibles germanophiles de la Péninsule » (Temps 
du i3). 

Le Pesti Hirlap protc te contre les projets de germa- 
nisation économique de la Hongrie. 

ï 

I Jeudi 13 avril. — Bombardement ininterrompu de 

K la cote 3o4 et du front Mort-Homme — Cumières. 

f Progrès italiens vers la zone d'Adamello. 

ï Progrès russes dans la région de la Strypa. 

On constate, sur le front russe, le remplacement gra- 
duel des Allemands par des Autrichiens. 

Le bombardement augmente sur le front de Salonique. 

On affirme que l'armée bulgare est plus nombreuse 
qu'au début de la campagne (12 °/o de la population). 

Le prince Alexandre de Serbie arrive à Gorfou et 
passe en revue les troupes serbes. 

Après six jours d'offensive sur le centre russe au 
Caucase, secondée par les raids des tribus kurdes, les 
Turcs sont mis en fuite. 

■ La ville de Ghiraz a chassé le gouvernement révolu- 
tionnaire et emprisonné les chefs, l'un allemand, l'autre 
suédois. 

On assure que les 5/6 de la flotte turque de la Mer 
Noire ont été coulés par les Russes. 

Le Danemark, depuis le début de la guerre, a perdu 
42 navires coulés par les Allemands (87 victimes). 

L'ambassadeur d'Allemagne à Madrid ose démentir 



100 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

formellement qu'un sous-marin allemand ait torpillé le 
Sussex (Voir Temps, 1 3 mai). 

Les Australiens ont pris un camp turc et occupé 
l'oasis de Katia à l'est de Suez. 

La police de New-York arrête quatre individus, dont 
trois employés d'une compagnie allemande, inculpés de 
fabrication de bombes incendiaires et de leur place- 
ment k bord de navires transportant des munitions. 

Le président Carranza envoie une note pressante à 
Washington, demandant le retrait des troupes améri- 
caines du Mexique ; les Etats-Unis refusent. 

Vendredi 14 avril. — Une lorte reconnaissance 
allemande se montre au nord de Roye. 

Une attaque allemande sur Douaumont est repoussée ; 
nos lignes à l'ouest de la cote 3o4 sont violemment 
bombardées. 

Les Russes délogent les Turcs d'une très forte posi- 
tion sur la rive gauche du Karadéré, à 25 kilomètres 
est de Trébizonde. 

Le vieux maréchal von der Goltz est assassiné en 
Asie-Mineure par un officier turc. On essaie de faire 
croire qu'il est mort de méningite. 

Les Allemands ferment le Sund avec des mines et des 
filets. 

La presse américaine qualifie d'insolente la réponse 
allemande, mais ne veut pas encore de rupture diplo- 
matique. 

Trois avions anglais bombardent la poudrière de 
Zeitunlik près de Constantinople ; un autre bombarde 
la gare d'Andrinople. j 

On apprend, de source autorisée, que certaines de j 
nos fabrications d'artillerie, si l'on prend comme terme 
de comparaison le chiffre loo au début de la guerre, 
dépassent actuellement 2.000 ; il en est de même pouri 
les explosifs. La production des fusils, en 191 6, est sept i 
fois plus considérable qu'en mai 1916. La production 
quotidienne des mitrailleuses a quintuplé depuis huit 
mois. I 

On écrit de Budapest au Journal de Genève (du 20) que 









CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 101 

la Hongrie est lasse de la guerre : « Si l'on a exagéré 
rimportance du rôle joué jusqu'ici par la Hongrie dans le 
conflit mondial, on ne doit pas diminuer celui qu'elle 
pourra jouer dans la phase qui commence. » 

Samedi 15 avril. — En fin de journée, une contre- 
attaque française au sud de Douaumont met entre nos 
mains quelques éléments de tranchées. 

Le front anglais est continu depuis le nord d'Ypres 
jusqu'au sud ae la Somme (i/5 de tout le front occi- 
dental). 

On dit k Rome que l'offensive italienne, commencée 
au moment de l'attaque contre Verdun, a fait gagner aux 
Italiens plusieurs kilomètres au sud-est du Trentin et 
3o villages. 

Progrès russes à l'ouest de Dvinsk. 

Le premier contingent de l'armée serbe réorganisée 
arrive de Corfou à Salonique. 

Des troupes allemandes, retirées du front russe, sont 
transférées sur celui de Macédoine. 

La Chambre grecque a été prorogée. 

La Grèce fait des difficultés pour laisser passer les 
soldats serbes par les voies ferrées Patras — Corinthe — 
Athènes — Larissa — Salonique (760 kilomètres). 

L'ambassade de France à Madrid déclare formelle- 
ment que le Sussex a été coulé par un sous-marin 
allemand, dont la France connaît le numéro d'ordre et 
le comrnandant (Temps, i3 mai). 

Les États-Unis vont envoyer une note à Berlin, 
demandant : 1° la punition des commandants de sous- 
marins qui ont attaqué le Sussex et d'autres navires 
sans avertissement ; 2° des indemnités ; 3° des garanties 

Sue la vie des Américains sur mer ne sera plus en 
anger. Le Gouvernement américain a reçu du Gouver- 
nement français le numéro du sous-marin allemand qui 
a torpillé le Sussex. 

Dimanche 16 avril. — Bombardement extrême- 
ment violent à l'ouest de la Meuse. 
Vive attaque autrichienne au nord-ouest de Borgo ; 



102 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

les Italiens reculent sur la Brenta (val Sugana), mais 
progressent sur les pentes du mont Sperone. 

Dans le Temps du 17, histoire détaillée de la cam- 
pagne anglaise en Mésopotamie (système des petits 
paquets subdivisés). 

Pendant la nuit du i5-i6, un avion-canon français a 
lancé 16 obus sur un navire ennemi dans la mer du 
Nord. 

Le discours de Sonnino au Parlement italien insiste 
sur l'accord des Alliés, en particulier au sujet de la 
Belgique, et dit que les yeux du monde entier se tour- 
nent avec admiration vers les héroïques défenseurs de 
Verdun. La Chambre entière crie : « Vive la France ! » 

Le Temps publie une pétition des Israélites desii,tats- 
Unis au Saint-Siège, pour solliciter son appui contre 
les persécuteurs ; il publie aussi la réponse prudente et 
favorable du cardinal Gasparri. 

Lundi n avril. — Formidable attaque allemande 
sur la rive droite de la Meuse, vers Douaumont, par- 
tout repoussée, sauf au sud du bois de Ghauffour où 
notre ligne formait saillant. 

On trouve à Verdun, sur le corps d'un sous-officier 
allemand, une lettre écrite à sa famille : « Rien k faire 
ici tant que nous aurons devant nous les soldats de 
Pétain. » (Liberté, 3 mai.) 

Une note officieuse donne un démenti formel aux 
communiqués allemands qui prétendent avoir fait 
38.866 prisonniers valides du 21 février au 10 avril. Le 
chiffre total de nos disparus (tués, blessés, prisonniers) 
est notablement inférieur à ce chiff're. 

Ghenadiefî et cinq autres députés bulgares sont 
remis en liberté. 

La deuxième conférence donnée par le parti venizé- 
liste à Athènes a été interrompue par la police, au 
milieu d'une vive agitation. 

Le Gouvernement roumain confisque des obus envoyés 
d'Allemagne en Turquie dans des wagons de sucre. 

Les chefs du mouvement allemand en Perse ont été 
capturés. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 103 

Des pêcheurs ont recueilli près de Catane 4o ton- 
neaux contenant chacun 200 litres de benzine. 

Pendant la nuit du 1C-17, sept bombes d'avions 
allemands sur Belfort. 

Un hydravion italien et trois français ont bombardé 
des positions militaires près de Trieste. 

On publie un fragment de lettre du prince Max de 
Saxe, prêtre, à un autre prêtre saxon : « Le traitement 
qu'on a infligé au pays belge crie vengeance au ciel 1 » 

Cinq cents Américains des plus éminents publient 
ime adresse de sympathie aux Alliés, déclarant que 
l'avenir de la civilisation dépend de la défaite de l'Al- 
lemagne. 

Mardi i8 avril. — On dit que les Allemands, 
devant Verdun, ont surnommé le Kronprinz Massen- 
môrder (meurtrier en grand). Nos soldats appellent 
leur général Pétain le Bref. 

Dans la nuit du 17-18, succès italien au col di 
Lana (haut Corderole) ; i64 prisonniers et riche butin. 

L'opposition, à Bucharest, proteste contre l'accord 
commercial avec l'Allemagne ; V Indépendance rou- 
maine, organe de Bratiano, dit que la Roumanie ne 
Souvait pas rester sous le poids de trois récoltes inven- 
ues, car un peuple ne vit pas seulement de pain. La 
Roumanie ravitaille aussi la Turquie en farine, houille 
et pétrole. 

Après avoir pris d'assaut le 17 les forts extérieurs de 
Trébizonde, les Russes, aidés de leur flotte, se sont 
emparés de la ville, où presque tous les Arméniens, y 
compris les femmes et les enfants, avaient été massa- 
crés par les Turcs. 

Dans la nuit du 17-18, les contre-attaques des 
Turcs ont obligé les Anglais à reculer de 5oo mètres. 

Bombes d'hydravions autrichiens sur Trévise. 

On prétend que François-Joseph aurait ordonné aux 
aviateurs autrichiens d'épargner Padouc à cause de 
saint Antoine, Lorette à cause de la Santa Casa, et 
Rome k cause du Pape. 



104 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Wilson a dit aux Filles de la Bévolution américaine : 
« L'Amérique ne combattra jamais pour elle-même; la seule 
excuse, si elle tire l'épée un jour, sera de combattre pour 
l'humanité. » 

Riciotti Garibaldi, dans l'Outlook, écrit que les amis de 
l'Amérique en Italie déplorent l'attitude des États-Unis dans 
cette guerre du christianisme et de la civilisation contre la 
barbarie la plus atroce et la plus agressive. 

D'Estournelles de Constant écrit à la Nouvelle Gazelle de 
Zurich : 

« Le Gouvernement qui, malgré tout le progrès moderne, 
n'a pas craint de déchaîner la guerre dans l'illusion qu'il y 
gagnerait, doit être mis dorénavant hors d'état de nuire. 
Sinon, il proûtera, après la paix, de nouveaux progrès ou de 
la première occasion favorable pour mieux tromper tout le 
monde et mieux réussir. Nous devons donc abattre le Gouver- 
nement Le Gouvernement allemand essaie de faire croire 

au peuple que nous faisons la guerre au peuple allemand. 
C'est faux. La France fait la guerre au Gouvernement qui 

exploite le peuple allemand et qui l'amené à la boucherie 

Si les Français pacifiques commettaient la folie de faire grâce 
prématurément au monstre du militarisme allemand, c'est 
le peuple allemand qui serait la première victime de cette 
défaillance. Notre devoir est de faire la guerre au militarisme 
allemand jusqu'à ce qu'il soit vomi par l'Allemagne elle- 
même. Le jour seulement oîi ce militarisme n'existera plus, 
le militarisme d'aucun pays n'aura plus de raison d'être. » 

Mercredi 19 avril. — Attaquant vers Ypres, les 
Allemands occupent deux cratères à Saint-ÉIoi et une 
tranchée sur la route Ypres — Langemarck. 

Trois attaques allemandes sont repoussées aux 
Eparges. 

Le Président de la République a parcouru les sec- 
teurs des deux rives de la Meuse en compagnie du 
ministre de la Guerre. 

En fin de journée, attaque française au nord-ouest de 
l'étang de Vaux et prise d'une redoute allemande. 

New-York Times : « La tradition de l'invincibilité 
allemande a été ruinée devant Verdun. » 

Les Autrichiens ont perdu la dernière cime du col 
de Lana, par suite d'une gigantesque explosion machi- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 105 

née par le ^énie italien (nuit du 17-18). Tout un 
bataillon autrichien a été enseveli. 

Les Russes s'avancent k l'ouest d'Erzeroum et par la 
vallée du Tchorokh vers Baïbourt; ils progressent au 
sud de Bitlis. 

Lansing a refusé de discuter de nouveau avec 
Bernstorn la question de la guerre sous-marine. 

Du 4 août iQi4 au i5 avril 1916, les sous-marins 
allemands ont fait périr 8.117 non-combattants, dont 
1.175 passagers (Runciman aux Communes). 

On assure que les papiers saisis chez von Igel, secré- 
taire de l'attaché militaire von Papen, compromettent 
les plus hauts personnages allemands des Etats-Unis. 
Un journal de New-York écrit à ce propos : « Nous ne 
voulons avoir aucun contact avec un pays qui envoie 
chez nous des criminels déguisés en diplomates. » 

On dit en Italie qu'un contingent portugais doit se 
rendre à Salonique et que des sections de mitrailleurs 
belges sont destinées à la Russie. 

Des cas de typhus ont été constatés en Alsace, par 
suite du retour de soldats allemands du front serbe. 

Jeudi 20 avril. — Un ordre du jour de JofTre 
annonce que des officiers et soldats russes, arrivés à 
Marseille, vont combattre dans les rangs français. 

Une attaque française dans la région du Mort- 
Homme reprend quelques éléments de tranchées 
Serdus le 10. Les Français progressent aussi à l'ouest 
e Douaumont (sud du bois de Haudromont). 

A l'est de la Meuse, puissante offensive allemande ; 
l'ennemi prend pied au sud du fort de Douaumont et 
au nord de l'étang, mais est refoulé au cours de la 
nuit. 

Les Phocéens réfugiés a Athènes adressent une lettre 
à la France où ils souhaitent la victoire « qui per- 
mette à la France de sauvegarder les droits impres- 
criptibles du peuple grec ». 

On mande de Bucharest que le Tchèque Kramarz, 
traduit devant une cour martiale, a révélé qu'il était 
allé en Serbie à la veille de l'attentat de Sarajevo ; il a 



106 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

ajouté qu'il ne pouvait pas révéler la mission dont il 
avait été chargé par Berchtold, ayant juré le secret. 
Aussitôt le Gouvernement autrichien a ajourné le 
procès, tout en maintenant Kramarz sous les verrous. 

Le soir, Gérard remet à Berlin la note américaine 
{in extenso dans le Temps du 24). 

Wilson a convoqué la Chambre et le Sénat en congrès et 
a fait connaître la communication qu'il venait d'adresser à 
Berlin. Son discours, modéré dans la forme, est très ferme 
dans le fond. 

« Il a espéré contre tout espoir qu'il serait possible à l'Al- 
lemagne de donner des instructions et de contrôler les actes 
des commandants de sous-marins de manière à accorder sa 
politique avec les principes codifiés du droit des gens. 

« Aujourd'hui, il obéit au devoir d'avertir l'Allemagne 
qu'une rupture des relations deviendra inévitable si elle ne 
renonce pas à ses méthodes impitoyables de guerre. 

« Porte-parole responsable des droits de l'humanité, par- 
lant au nom des Etats-Unis comme en celui des neutres, le 
Président ne peut garder le silence quand ces droits menacent 
d'être emportés par le tourbillon de la guerre. » 

Un Livre Bleu publié à Londres révèle un complot 
formé aux Etats-Unis en vue d'une invasion du Canada 
sous la haute direction de von Papen. Il s'agissait aussi 
de faire sauter à la dynamite les écluses des grands 
lacs, etc. 

Commentant un discours prononcé la veille au 
Creusot par Albert Thomas, le Temps refuse d'admettre 
avec lui v l'organisation supérieure d'Etat » comme la 
loi nouvelle de l'industrie française. 

« Une organisation sociale ! La réorganisation de la 
France ! Abuse-t-on assez de ces mots depuis quelque 
temps? Il semblerait que la France, avant la guerre, ne fût 
plus bonne à rien. Il n'y a eu ni apparition d'un monde 
industriel nouveau, ni « miracle de la Marne ». La France a 
pu être méconnue, mais elle était la France, aux ressources 
individualistes infinies, et la guerre n'a fait qu'en mettre en 
pleine lumière la valeur... Ne ménageons pas à l'ennemi celte 
revanche, qui consisterait pour lui à nous voir nous inspirer 
de ses théories et de ses méthodes. » 

Gazette de Francfort : a Nous nous trouvons dans 
une forteresse assiégée. > 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 107 

Vendredi 21 avril. — Les Anglais reprennent une 
tranchée perdue sur la route d'Ypres. 

Douze gros obus sur Reims. 

Des attaques allemandes très violentes sur le nord du 
Mort-Homme, le nord du bois des Gaurettes et le front 
de l'étang et du fort de Vaux sont arrêtées par l'artil- 
lerie; la première seule a fait quelques progrès. 

Vive attaque autrichienne repoussée dans la vallée 
de la Sugana. L'avance italienne continue dans le 
haut Cordevole. 

On annonce des massacres de Grecs dans la région 
de Smyrne. Le parti libéral grec redevient actif; la 
crise financière est très inquiétante. 

c( Notre armée d'Orient a mieux a faire que de garder 
une défensive que personne ne songe plus à troubler. » 
(Rousset, Liberté.) 

Pendant la nuit de jeudi k vendredi, un navire 
auxiliaire allemand, déguisé en cargo neutre et escorté 
d'un sous-marin, essaie de débarquer des armes en 
Irlande ; dans l'équipage fait prisonnier on trouve 
l'Anglais Sir Roger Gasement. 

Les anciens présidents Taft et Roosevelt approuvent 
la note de Wilson. 

Rernstorff informe Lansing qu'en raison des fêtes de 
Pâques l'Allemagne ne peut pas répondre avant une 
douzaine de jours. 

On révèle l'existence, en Allemagne, d'une médaille 
célébrant le torpillage du Lusitama (Polybe, Figaro). 

Deux avions alliés ont survolé Sofia: l'un a bombardé 
un hangar de dirigeables, l'autre a laissé tomber des 
feuilles annonçant la chute de Trébizonde (600 kilom. 
aller et retour). 

Le ministère anglais, menacé d'une crise, s'est mis 
d'accord pour proposer le service militaire obligatoire, 
avec cette réserve qu'il ne sera pas immédiatement 
appliqué. 

Suivant le Temps, la production de l'Angleterre en 
munitions n'atteint pas la moitié de celle de la France. 

A partir de ce jour, les banques américaines refusent 
les chèques sur les banques allemandes. 



108 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Vandervelde, dans V Humanité, déclare fabriquée de toutes 
pièces une lettre de Jaurès qui a été produite au Reichstag 
par Scheidemann, lequel disait l'avoir tirée de la Braun- 
schweigische Landes zeilang, feuille gouvernementale. Au 
moment où Jaurès aurait écrit cette lettre à Vandervelde, ils 
étaient ensemble et n'avaient pas lieu de correspondre. 

Fait inouï ; à Stuttgart, des femmes affamées ont crié : 
« A bas l'Empereur ! » 

On annonce qu'un prisonnier français, disparu le 
i8 août 1914» vient seulement d'être autorisé à aviser 
sa famille ; il avait été enfermé et mis au secret avec 
nombre de ses camarades {Liberté). 

Samedi 22 avril. — Deux attaques allemandes 
entre le Mort-Homme et le ruisseau de Béthincourt sont ' 
arrêtées par notre tir. 

Le correspondant militaire de la Post de Stras- 
bourg écrit que les Allemands n'ont pas eu pour but de 
prendre Verdun, mais d'user les réserves françaises. 
Jamais les communiqués officiels allemands n'ont fait 
allusion à la chute future de la ville (pas vrai ; voir 
26 février). 

Feyler : « L'attaque de Verdun va s'épuisant. Trente 
divisions ont été mises en ligne pour 1 enlèvement de 
la place. Leurs efforts, si violents et si tenaces qu'ils 
aient été, se sont brisés devant l'obstacle. » (Journal 
de Genève.) 

On annonce que le maréchal Haeseler, conseiller du 
Kronprinz devant Verdun, est revenu à Berlin, peut-être 
en disgrâce. 

Nouveau succès italien sur le Carso, à l'est de Selz. 

Les ministres grecs à Berlin et à Sofia protestent 
contre les incursions germano-bulgares en territoire 
grec. On dit que c'est la 63^ protestation adressée par la 
Grèce aux belligérants. 

Le professeur Foerster, de l'Université de Munich, 
pacifiste, répond dans la Nouvelle Gazette de Zurich 
à d'Estournelles de Constant (voir 18 avril) : 

« Soyez sûr que s'il était possible de jeter l'Allemagne 
à terre, militairement ou économiquement, de nouveaux 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 109 

Scharnhorst et de nouveaux Stein naîtraient parmi nous, 
nous relèveraient de notre humiliation et, unis à quelqu'un 
de nos adversaires actuels, renouvelleraient le spectacle de 
i8i3. » (Journal de Genève du 28.) 

A. Chuquet {Revue critique, p. 272) rappelle ces mots de 
Guibert (1778) : « Je vois l'Europe redevenir la proie d'une 
autre espèce de barbares, plus éclairés et non moins des- 
tructeurs. » 

Dimanche 23 avril. — Progrès français au nord- 
ouest du bois des Gaurettes. 

Un poste allemand est enlevé vers le Bonhomme 
(Vosges). 

Une attaque anglaise sur la position turque de San- 
naiyat est repoussée ; les inondations rendent les opéra- 
tions très difficiles. 

Parlant de l'ultimatum américain, le Temps conclut : 
« Les deux alternatives en face desquelles se trouve 
Guillaume II sont également désastreuses pour lui. » 

Trois dirigeables ont jeté des bombes sur l'est de 
l'Angleterre. 

Les troupes montées britanniques, attaquées par les 
Turcs k Katia, se replient après avoir subi des pertes. 

Le prédicateur Dœhring compare l'Allemagne à 
Jésus-Christ; elle est injustement méconnue et honnie 
par les hommes. 

La Groix-rouge de Petrograd fait savoir que le pro- 
fesseur Nedigalelof et la doctoresse Bourova ont décou- 
vert, sur le front oriental, le bacille générateur du 
typhus. 

Lundi 24 avril. — 200 obus sur Beims et les envi- 
rons. 

Les Français repoussent trois grandes attaques sur le 
Mort-Homme et la région d'Avocourt. 

Fermeture de la frontière germano-suisse, indiquant 
des mouvements de troupes. 

Un navire anglais, parti pour ravitailler Kut, qui 
souffre de la famine, s'échoue à 6 kilomètres de la 
ville et est capturé par les Turcs. 



110 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Une escadre anglaise bombarde la côte belge ; trois 
contre-torpilleurs allemands sont mis en fuite. 

Pendant la nuit du 24-25, un dirigeable jette 
70 bombes sur la côte anglaise. 

Un dirigeable français bombarde la gare de Conflans. 

Les Anglais ont occupé à nouveau la région de Katia 
et détruit le camp turc. 

A midi, des conspirateurs irlandais se précipitent 
sur un magasin de Dublin d'où ils retirent des fusils ; 
ils arrêtent les automobiles qui passent et occupent par 
surprise les trois quarts de la ville. La foule croit 
d'abord à une plaisanterie. 

Depuis le début de la guerre, la Bulgarie aurait 
perdu 127.000 hommes, dont 87.000 tués. 

Mardi 25 avril. — Les Français enlèvent un petit 
bois au nord de l'Aisne (sud du bois des Buttes). 

Bombardement intense du bois d'Avocourt et des 
lignes françaises au nord de la cote 3q4. Haudiomont et 
Ronvaux en Woëvre sont aussi bombardés. 

Une forte attaque allemande en Lorraine, au sud-est 
de Badonviller, est repoussée. 

Nouveau débarquement de Russes à Marseille. 

Une escadre de croiseurs allemands jette des bombes 
sur Lowestoft et Yarmouth ; attaquée, elle bat en 
retraite. C'est le troisième raid naval allemand. 

Bombes d'avions sur Dunkerque ; plusieurs victimes. 

Un avi n-canon français, volant à 4-ooo mètres, lance 
ig obus sur un dirigeable au large de Zeebrugge ; un 
autre bombarde, au large d'Ostende, un torpilleur alle- 
mand. 

Pour la première fois dans l'histoire, le Pai'lement 
anglais tient une séance secrète. 

Les troupes anglaises commencent à opérer k Du- 
blin, où les rebelles, maîti^es de la Poste, ont coupé les 
communications télégraphiques. 

Des rebelles irlandais attaquent Galway et y sont ca- 
nonnés par un navire anglais. 

Le département de la Guerre annonce que le Gouver- 
nement des Etats-Unis ne songe pas à retirer les 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 111 

troupes du Mexique ; d'ailleurs, le général Garranza 
n'insiste plus sur leur retrait. 

« Le jour où l'impuissance prussienne sera démontrée et 
où il sera avéré que toutes ces privations ont été endurées, 
tous ces deuils supportés sans résultats et par la volonté 
d'une caste ambitieuse, les yeux se dessilleront. » (Temps.) 

Mercredi 26 avril. — Luzzatti et d'autres mem- 
bres du Parlement italien sont arrivés à Paris pour 
prendre part à la Conférence interparlementaire du 
commerce. 

Bombardement incessant de nos lignes devant Ver- 
dun. Une attaque au nord du fort de Vaux est arrêtée. 

Les Germano-Bulgares ont occupé la gare grecque 
de Doiran. 

L'Angleterre envoie aux États-Unis une longue 
réponse à la note du 5 novembre, relative à l'arresta- 
tion de navires neutres, au blocus et aux décisions du 
tribunal des prises. La France s'est associée à la ré- 
ponse courtoise et amicale de son alliée. 

Par une déclaration officielle, les États-Unis recon- 
naissent aux navires marchands le droit de s'armer 
pour leur défense ; mais les navires marchands armés 
dans un dessein agressif ne pourront entrer dans les 
ports américains. Le droit de fuite et de résistance est 
reconnu, mais justifie l'emploi de la force de la part du 
navire agresseur. 

Un avion allemand survole deux fois le territoire 
suisse. 

L'état de siège a été proclamé la veille dans la ville 
et le comté de Dublin. Les opérations militaires com- 
mencent contre Liberty Hall où flotte le drapeau de la 
République irlandaise ; deux canons de campagne met- 
tent le bâtiment en ruine et les soldats anglais le pren- 
nent d'assaut. 

On écrit de Vienne au Journal de Genève qu'il 
n'y a dans cette ville de haine que pour l'Italie. On 
y désire d'autant plus la paix qu'on voit s'élever, sur 
la ruine de tous, des fortunes scandaleuses. 



112 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Jeudi 27 avril. — Moraht (Tageblatt) constate un 
arrêt devant Verdun et estime qu'il ne faut pas perdre 
de vue le renforcement du front anglais. 

Suivant le Times, les pertes allemandes devant Ver- 
dun dépassent 280.000 hommes. 

Avance russe au sud-ouest de Tarnopol. 

Une bombe a fait explosion k l'entrée de la légation 
bulgare à Athènes. 

On croit savoir, à Odessa, qu'un grand complot mili- 
taire contre le Sultan et ses ministres a été découvert à 
Gonstantinople. 

Le cuirassé anglais Russell saute dans la Méditerranée 
au contact d'une mine ; il y a 1 24 manquants. C'est le 
vingt-deuxième navire de guerre perdu par les Anglais. 

uerard est parti pour le quartier général, appelé par 
Guillaume II. 

La presse allemande se radoucit à l'égard des Etats- 
Unis et manifeste l'espoir d'un arrangement. 

Aux Communes, le projet du Gouvernement i*elatif 
au recrutement est combattu par des orateurs de diffé- 
rents partis. 

La lutte continue dans les rues à Dublin, où s'allument 
de nombreux incendies ; il Y a aussi des centres d'insur- 
rection à Killarney et à Gamay. 

Les membres de la Conférence internationale du com- 
merce ont été reçus à l'Elysée. Luzzatti, ministre d'État 
italien, a répondu au Président de la République. Les 
travaux de la Conférence ont commencé au Luxem- 
bourg sous la présidence de Chaumet; il a dit que l'union 
des Alliés après la guerre était nécessaire pour briser, 
après le militarisme prussien, le militarisme commer- 
cial de l'Allemagne. 

Poincaré, parlant k l'Elysée, a affirmé de nouveau 
que les Alliés combattraient jusqu'au bout pour la di- 
gnité des peuples, contre la rage des ennemis du genre 
humain. c( La conscience révoltée ne sera pas dupe 
des mensonges et des échappatoires ; les Empires du 
Centre en ont trop fait. » 

Vendredi 28 avril. — Une activité croissante se 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 113 

manifeste sur le front anglais ; les combats aériens se 
multiplient. 

Plusieurs attaques allemandes sont repoussées devant 
Verdun, en Lorraine et dans les Vosges. L'artillerie 
française a gagné en nombre et en puissance. 

Le temps est redevenu beau sur le front russe. 

Les Allemands reprennent les tranchées qu'ils ont 
perdues le 20 mars au sud-ouest du lac Narotch ; ils atta- 
quent aussi du côté de Dvinsk. 

On dit à Petrograd que l'armée autrichienne a 
dépensé i5 milliards de cartouches et 12 millions 
d'obus. 

Après un siège de cent quarante-trois jours, le gé- 
nérai Townsend, qui n'a plus ni vivres ni charbon, lait 
savoir aux Turcs qu'il doit rendre Kut-el-Amara. Les 
canons et les munitions ont été détruits. 2.970 Anglais 
et 6.000 Indiens sont prisonniers. 

Les Russes avancent vers Erzindjan, refoulant les 
Turcs. 

La navigation a repris dans le golfe de Bothnie. 

Depuis le début de la guerre, le Danemark a perdu 
43 navires jaugeant 36. 000 tonnes. 

On publie une lettre du cardinal Gasparri k l'évêque de 
Trévise, protestant, au nom du Pape, contre le ratof autri- 
chien sur cette ville et regrettant que les exhortations 
paternelles du Saint-Père trouvent endurcis les cœurs 
de ses fils. 

Une canonnière postée sur la Liffey a achevé de dé- 
truire Liberty Hall k Dublin ; ^oo insurgés se sont 
rendus. 

Des soldats russes ont été envoyés en Angleterre ; 
Kitchcner les passe en revue au War Office. 

A l'occasion de la « fête des trois Gardes » au Troca- 
déro, la caserne de la Pépinière abrite des contingents 
français, anglais, russe et italien. 

La Gazette da Rhin et de Westphalie demande la créa- 
tion d'une « mode de l'Europe Centrale », qui serait 
propagée par les Cours de Berlin et de Vienne. 

Pertes allemandes avouées à ce jour : 2.887.000, 
dont 712.000 morts, 363. 000 manquants. 

114. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 8 



114 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Samedi 29 avril. — En face d'HulIuch, les Alle- 
mands lancent des nuages de gaz que le vent ramène 
sur leurs tranchées. 

Une attaque allemande vers Attlchy, à 8 kilomètres 
au nord de Novon, est repoussée. 

Dans la nuit, les Français prennent une tranchée 
allemande au nord du Mort-Homme. 

On donne des détails circonstanciés sur les prépara- 
tifs d'une grande offensive allemande contre les Russes 
(Temps du 3o). 

Des officiers grecs déclarent, dans VEmbros, qu'ils 
ne reculeront pas devant les actes extrêmes pour 
défendre le Roi contre les ennemis du trône et de la 
patrie. Le Gouvernement les prie de se taire. 

La population de Salonique manque de pain, étant 
mal ravitaillée par la Banque nationale chargée de ce 
service. 

Les Turcs se sont beaucoup renforcés sur les fronts 
de Trébizonde et d'Erzeroum ; ils ont reçu de gros 
mortiers autrichiens. 

Une publication du Gouvernement anglais justifie la 
saisie des courriers maritimes en démontrant que les 
colis postaux et les échantillons servaient à la contre- 
bande du caoutchouc. 

L'État-major allemand a interdit tous les vols d'avions 
près de la frontière suisse. 

Les chefs des provinces chinoises insurgées ont 
reconnu le vice-président Li-Yuan-Hong comme prési- 
dent de la République chinoise. 

La comtesse Markievicz, ancienne actrice, qui occu- 
pait le Collège de médecine de Dublin avec 1.200 hom- 
mes, hisse le drapeau blanc et rend son revolver. La 
grande Poste de Dublin a été brûlée. H. Pearse, se 
disant président de la République irlandaise, est blessé 
et pris. Les insurgés se rendent en masse. 

La France, l'Angleterre et la Russie ont garanti à la 
Belgique l'intégrité du Congo belge. 

Berlin pavoise pour célébrer la chute de Kut-el- 
Amara. 

Aux États-Unis, le grand jury met en accusation huit 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 115 

Allemands qui ont essayé de placer des bombes sur des 
navires transportant des munitions. Deux inculpés ont 
avoué. 

Chuquet, dans la Revue critique (p. 287), signale que 
Michelet, en 1870, prédit que la machine transformerait la 
guerre, qu'elle servirait de plus en plus à la destruction et 
que cette mécanique de mort aurait une rivale dans la chimie 
militaire. [En attendant la bactériologie militaire ? D'oià il 
résulte que la civilisation, mère de la science, sera tuée par 
sa fdle, si une convention internationale, appuyée sur une 
force seule détentrice des grands instruments de meurtre 
collectif, n'en interdit pas à tout jamais la fabrication en 
dehors de l'Arsenal de la Paix. — S. R.] 

Wells écrit : « La grande poussée révolutionnaire des 
Français fut généreuse et passionnée. La poussée révolution- 
naire des Allemands sera peut-être plus implacable encore ; 
elle sera peut-être méprisante. Peut-être ne prendront-ils 
même pas la peine de renverser leur Empereur et leurs 
nobles, et se contenteront-ils de les pousser vers la porte. » 
Wells prédit qu'une fois dissipé le cauchemar qu'est le sys- 
tème Hohenzollern, l'Allemagne deviendra une république, 
plus moderne et plus vaste que la troisième République Fran- 
çaise. 

Dimanche 30 avril. — Des attaques allemandes 
avec gaz axphyxiants, sur le front anglais, sont repous- 
sées. 

Le tir français brise une très forte attaque allemande 
sur les tranchées conquises par nous au nord du Mort- 
Homme. Trois attaques au nord de Gumières ont le 
même sort. 

Sur les pentes nord du Mort-Homme, les actions du 
29-80 avril nous ont rendus maîtres de i.ooo mètres de 
tranchées sur 600 mètres de profondeur. 

Sur le haut Avisio, les Italiens conquièrent une forte 
position à 3. 000 mètres d'altitude. Ils repoussent une 
nouvelle attaque sur le col de Lana. 

L'Italie prend des mesures sur la frontière suisse 
pour parer a une attaque allemande. 

Les Russes reprennent sur l'Ikva, au nord de Mara- 
vitzi, les tranchées que les Autrichiens leur avaient 
enlevées le 28. 



116 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

L'activité de l'artillerie et des avions reprend sur le 
front de Saloniquc. Les avant-postes britanniques et 
allemands entrent en contact. 

La Roumanie réquisitionne des vivres et organise des 
hôpitaux de campagne. 

A Patras, Repoulis, ancien ministre de Venizelos, 
prononce un discours patriotique. A Salonique, un 
autre orateur libéral est acclamé ; on crie : C( A bas la 
Bulgarie I » 

Progrès russes vers Diarbekir et Bagdad. On dit que 
les Tui'cs évacuent les ports de Tiraboli et d'Ordou sur 
la Mer Noire. 

« Les Turcs, pressés au sud par les Anglais, avec leurs 
lignes de commimicalions menacées au nord par les Russes, 
restent dans une situation précaire, que la reddition de Kut 
ne modifie que très incidemment. » (Temps.) 

En Allemagne, la majorité conservatrice, la majorité 
socialiste et la Ligue hanséatique protestent contre 
toute concession dans la guerre sous-marine. 

Malgré les dénégations allemandes, il est prouvé que 
le Tubantia a été torpillé par un submersible allemand. 

Pendant le mois d'avril, les sous-marins austro-alle- 
mands ont coulé g6 navires de commerce, jaugeant 
225.000 tonnes. 

Pendant le mois d'avril, la flotte aérienne française 
a perdu 6 unités; 3i avions allemands ont été abattus. 

La situation s'améliore en Irlande, mais la ville d'En- 
niscorthy est encore au pouvoir des rebelles et il y a 
des bandes dans le comté de Galway. 

Le Gouvernement des Indes néerlandaises a institué 
une enquête sur deux administrateurs allemands d'une 
compagnie, soupçonnés d'avoir ourdi parmi les Arabes 
un complot contre le Gouvernement hollandais. 

Le Journal de Genève dénonce une brochure intitulée : 
La Vérité, œuvre d'un prétendu Français nommé Ber- 
tourieux, qui, répandue à des milliers d'exemplaires en 
Suisse, est l'œuvre d'un Allemand ne sachant pas le 
français. « La propagande allemande fait trop de fond 
sur la naïveté des neutres ; elle se moque de nous. » 



i 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 117 



MAI 



Lundi i"^" mai. — Cinquante obus sur Reims. 

Progrès français au sud-est de Douaumont. 

Les Italiens, après deux joui'S de combats, s'emparent 
de quatre sommets à pbis de 3.ooo mètres de hauteur 
dans la zone d'Adamello. 

La plus grande partie des troupes bulgares de la 
frontière roumaine auraient été transférées sur le front 
macédonien. 

L'Angleterre a acheté le stock de farine disponible 
en Roumanie, ce qui prive de tout ravitaillement, pour 
quatre mois, la Bulgarie et la Turquie. 

Un vénizéliste a été nommé à Chios, h une énorme 
majorité. 

Progrès russes vers Diarbekir. 

Gérard, après cinq jours passés chez l'Empereur, 
rentre à Berlin. 

Le prince de Bûlow aurait dit que l'Allemagne a 
220 grands sous-marins, construits depuis le début de 
la guerre. 

On trouve dans la Mer Noire des mines de fabrica- 
tion bulgare. 

On dit à Rome que le dépôt d'hydroplanes autrichiens 
au sud de Trieste a été détruit par des avions italiens. 

Les rebelles se sont rendus. Les dégâts, à Dublin, 
sont supérieurs à 5o millions. Sackville Street, la plus 
belle rue, n'est plus qu'un monceau de ruines. 

988 ouvriers annamites sont arrivés à Marseille. 

Terrible explosion dans une usine de La Palice ; plus 
de 100 morts, i5o blessés. 

Des troubles graves se produisent à Berlin et à 
Stuttgart. A Berlin, i5o magasins sont pillés. Lieb- 
knecht est arrêté et livré k l'autorité militaire ; on a 
trouvé sur lui des manifestes au peuple allemand 
déclarant que la guerre était l'œuvre des agrariens, 



118 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

de la grande industrie et de l'esprit d'oppression du 
gouvernement. 

Deux millions d'ouvriers se sont mis en grève aux 
États-Unis. 

Repinglon (Times) dit que les Allemands, sur le 
front russe, n'ont que 1.200.000 hommes, soit environ 
-700. 000 combattants; ce front « est un nouveau mur 
de Chine derrière lequel il n'y a rien ». 

« La lutte économique reprendra demain, d'autant plus 
âpre que le peuple allemand devra réparer ses pertes. Si 
nous n'y prenons pas garde, l'araignée tissera de nouveau 
sa toile ; elle aura vite fait de prendre sa revanche et nous 
nous réveillerons dans dix ans de nouveau asservis par le 
peuple que nous aurons vaincu. » (Hauser, Les Méthodes 
allemandes d'expansion économique, ouvrage commenté 
dans le Journal de Genève de ce jour.) 

Mardi 2 mai. — Vaines attaques allemandes k 
l'est d'Ypres et au nord d'Albert. Les Allemands atta- 
quent entre La Harazée et le Four-de-Paris et sont 
repoussés après avoir pris pied dans nos tranchées. 

On repêche 60 torpilles allemandes autour de 
Corfou ; trois d'entre elles ont manqué de détruire le 
paquebot Sidney (Messageries Maritimes). 

Trentième raid de dirigeables sur l'Angleterre, 
notamment sur le comté d'York. Les villes d'York et 
de Deal ont souffert. 

Asquith annonce au Parlement un projet de loi 
établissant le service obligatoire de dix-huit à quarante 
et un ans. Il dit que l'Empire a maintenant plus de 
5 millions de soldats et de marins, sans compter les 
troupes indiennes, mais qu'il faut pouvoir combler les 
vides. 

Le Président de la République et le roi d'Angleterre 
échangent des télégrammes au sujet du tricentenaire 
de la mort de Shakespeare. Poincaré parle de la « voix 
qui nous rend familière l'âme éternelle d'un peuple 
ami ». 

Un nouveau contingent russe arrive à Marseille. 

« Une confédération anti-allemande sera d'autant plus na- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 119 

turelle qu'à la suite d'une guerre aussi inexpiable une bri- 
sure se sera produite dans la société morale des nations... Une 
confédération, un cercle de fer^ et non pas pour un jour, 
mais pour des années 1... Ainsi s'inaugurera l'organisation 
internationale du monde. L'Allemagne aura frappe le coup 
qui devait déterminer la cristallisation du mélange confus 
des nations. L'organisation ne se fera pas comme elle l'espé- 
rait : ce ne sera pas sous son hégémonie, ce sera contre 
elle. » (M. Hauriou, doyen de la Faculté de Droit de Tou- 
louse, dans le Figaro.) 

Mercredi 3 mai. — L'artillerie française bombarde 
les organisations de la Grande-Dune (Belgique). 

Les Français prennent des positions allemandes au 
nord-ouest du Mort-Homme. 

Les Allemands sont repoussés à l'est de Saint- 
Mihiel. 

Soukhomlinov, ancien ministre de la Guerre russe, est 
enfermé dans la forteresse de Pierre-et-Paul ; il est 
accusé d'incurie et soupçonné de pis. 

Gotinesco, ministre des Finances, estime k 120.000 le 
nombre des bestiaux sortis en contrebande de Rou- 
manie pour alimenter les Empires centraux. 

25.000 Serbes sont arrivés à Corinthe par la voie 
de mer. 

Le maréchal Liman von Sanders arrive à Smyrne 
pour organiser la défense de la côte asiatique. 

La presse brésilienne proteste avec énergie contre 
le torpillage du Rio-Branco et demande que l'Amé- 
rique tout entière s'associe aux remontrances des 
États-Unis. 

Des avions autrichiens bombardent la caserne de 
Ravenne. 

Trois chefs de la rébellion irlandaise sont condamnés 
par un conseil de guerre et fusillés. 

La loi du service obligatoire est adoptée k mains 
levées en première lecture. 

Les États-Unis ont décidé d'accorder à l'Angleterre 
l'extradition de Tribitch Lincoln, ancien membre du 
Parlement anglais, réputé escroc et espion. 



120 CHRONOLOGIE DE LA. GUERRE 

Jeudi 4 mai. — Une division fraîche attaque 
violemment au nord de la cote 3o4 (Verdun) et fait 
quelques progrès. Les Français abandonnent un 
ouvrage faisant saillie à l'ouest d'Avocourt. 

Une attaque allemande sur Dubrovka, au nord-ouest 
de Krochine, est repoussée par les Russes. 

Dans la direction d'Erzindjan, les Turcs prennent 
l'offensive avec de l'artillerie. 

La note allemande en réponse aux États-Unis est 
remise à 5^ [i.o. 

Au large du Slesvig, un bateau de guerre anglais 
détruit un dirigeable. 

Un sous-marin français coule un torpilleur autrichien 
dans l'Adriatique. 

L'Espagne dément de nouveau que les sous-marins 
allemands se ravitaillent dans les eaux espagnoles. 

Des avions autrichiens bombai'dent Brindisi. 

Nouveau débarquement de Russes à Marseille. 

La loi anglaise sur le service obligatoire est adoptée 
en seconde lecture (828 voix contre 38). 

Vendredi 5 mai. — Progrès français près de Las- 
signy (bois d'Orval) et en Argonne, à l'est de la route 
de Binarville. 

Après un très violent bombardement, la division alle- 
mande de renfort a réussi à occuper une partie de nos 
tranchées sur les pentes nord de la cote 3o4. 

Progrès russes vers Erzindjan et Bitlis. 

L'ambassade d'Autriche à Madrid déclare que le 
navire-hôpital Portugal a été coulé par un sous-marin 
autrichien. 

Dans la séance secrète du Reichstag, Bethmann- 
Holhyeg aurait dit que l'Allemagne a rédiqé sa réponse 
aux États-Unis de manière à réserver sa linerté d'action 
et à reprendre, au premier jour, ses concessions. Un 
télégramme de Berne révèle ces propos k New-York 
(le i4 naai) et y cause une vive irritation. 

Journal de Genève : « Le brigandage auquel se livrent les 
sous-marins n'est pas sans analogie avec celui qui illustra 
jadis la bande à Bonnot de tragique mémoire. Dans l'un et 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 121 

l'autre cas, il s'est agi de l'utilisation inédite d'une invention 
mécanique récente. » 

Au cours d'une bourrasque, une vingtaine de nos 
ballons captifs ont rompu leurs amandes ; quelques 
observateurs ont été tués, d'autres faits prisonniers. 

Un dirigeable allemand survolant Salonique est 
abattu par les canons des escadres. 

Les journaux brésiliens disent que l'Allemagne se 
considère comme en guerre avec le monde entier et que 
le devoir de toutes les nations est de combattre le prus- 
sianisme. 

« L'Allemagne, ayant surpris par son agression trois puis- 
sances qui n'étaient pas prêtes, avait cru un moment jouer 
sur le velours. Elle commence à s'apercevoir que la partie 
devient pénible à soutenir et que les atouts changent de 
côté. » (Rousset.) 

Lord Curzon dit à Caxton Hall : a J'entends discuter beau- 
coup de choses dans le Cabinet, mais on n'y parle jamais de 
la paix. Ce mot, pour le moment, a été supprimé de notre 
vocabulaire. » 

Samedi 6 mai. — Une attaque allemande est 
repoussée au sud de Lihons. 

Journal de Genève : « Le roi de Grèce s'acharne à la poli- 
tique germanisante. Sa malheureuse patrie s'enfonce dans sa 
situation fausse comme dans un marécage. » 

Assimilant à des naufragés d'un navire de guerre 
l'équipage du dirigeable L. 20, le Gouvernement nor- 
végien le remet en liberté, comme il avait fait pour les 
équipages des navires anglais Weimar et India. 

On connaît la substance de la réponse de l'Allemagne 
aux États-Unis : 

1° L'Allemagne admet la possibilité que le Susseœ 
ait été torpillé par un sous-marin allemand ; 

2° Elle proteste qu'elle a donné des ordres à ses sous- 
marins de se conformer toujours aux lois du droit des 
gens ; 

3° Elle ne renoncera pas à l'emploi des sous-marins 
contre le commerce ennemi ; 

4° Elle accuse l'Angleterre d'avoir étendu les effets 



122 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

de la guerre aux non-combattants qu'elle cherche à 
affamer ; 

5° Le Gouvernement allemand a annoncé deux fois 
qu'il était prêt à faire la paix sur une base qui sauve- 
garderait les intérêts vitaux de l'Allemagne; 

6° Il tient infiniment à ce que la paix soit maintenue 
entre l'Allemagne et les Etats-Unis ; 

7° Pour attester ce désir, il a donné ordre que les 
navires marchands ne soient pas coulés sans avertisse- 
ment ; 

8° Mais il a confiance qu'en retour les Etats-Unis 
se joindront à l'Allemagne pour rétablir la liberté des 
mers et insisteront pour que l'Angleterre observe les 
règles du droit international; 

9° Faute de quoi l'Allemagne reprendrait sa liberté 
complète de décision. 

On fait remarquer que Wilson, dans sa note de juillet 
igio, avait déjà refusé de suivre l'Allemagne sur le ter- 
rain du marchandage. 

« La réponse allemande à la mise en demeure digne et 
ferme du président Wilson donne l'impression d'une lourde 
compilation rédigée par un procureur... Il n'apparaît pas clai- 
rement en quoi diffèrent les offres actuelles de l'Allemagne 
des promesses faites au début de janvier par Bernstorff à 
Lansing. » (Temps du 7.) 

Chicago Herald : « Pendant qu'elle déclare qu'il est 
impossible de l'affamer, l'Allemagne nous demande de 
partir en guerre contre la Grande-Bretagne afin d'empêcher 
que des femmes et des enfants allemands souffrent de la 
faim. Affamer des femmes et des enfants, c'est exactement 
ce qu'a fait l'Allemagne pendant le siège de Paris ; mais 
alors les affamés n'étaient pas allemands. » 

Sur la frontière tripolitaine, k 3o kilomètres au nord 
de Sollum, les Italiens ont occupé le fort de Bardia. 

Le Pape a adressé k Guillaume II et k Wilson des 
télégrammes les exhortant k la conciliation. 

Dimanche 7 22231'. — Très forte attaque allemande 
entre la cote 3o4 et le Mort-Homme, repoussée partout 
excepté sur un point à l'est de la cote oo4. Sur la rive 
droite de la Meuse, attaque sur les tranchées entre le 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 123 

bois d'Haudromont et le fort de Douaumont; à l'ouest, 
les Allemands prennent 5oo mètres d'éléments avancés; 
leurs attaques sont brisées au centre et à l'est. 

Le prince de Galles arrive au quartier général ita- 
lien, 
■ Lutte d'artillerie sur le Vardar. 

On signale un mouvement insurrectionnel en Alba- 
nie contre les Bulgares. 

Venizelos est élu à Mitylène (presque à l'unanimité). 

Progrès russes vers Erzindjan. 

Le Breslau bombarde Eupatoria. 

Entre le 7 mars 1916 et le 7 mars 191 6, 87 navires 
anglais non armés et 22 neutres ont été torpillés sans 
avertissement. 

5o journaux notables, aux Etats-Unis, désapprouvent 
la réponse allemande ; 28 l'approuvent. Le Journal de 
Genève dit que l'Allemagne offre un œuf pour un bœuf. 
Whitney Warren écrit dans le Petit Journal : « Le 
peuple américain ne veut pas la guerre, mais il ne veut 
pas non plus être jeté dans la lutte à coups de pied 
dans l'échiné. » 

A la Sorbonne, réunion de la Ligue nationale contre 
l'alcool. Marie Vérone menace les parlementaires de la 
colère des femmes s'ils ne font pas droit a leurs requêtes 
angoissées. Ce sont eux qui ont amené les femmes 
françaises à regretter qu'il n'y ait pas en France, fût-ce 
pendant vingt-quatre heures, un tsar assez puissant 
pour supprimer le privilège dont la race se meurt. 

Lundi 8 mai. — Succès de contre-attaques fran- 
çaises au nord-ouest de la ferme de Thiaumont. Les 
Allemands sont chassés du boyau qu'ils avaient occupé 
à l'est de la cote 3o4. Bombardement intense de nos 
lignes entre Douaumont et Vaux, ainsi que dans les 
secteurs d'Eix et de Châtillon-en-Woëvre. 

Les troupes australiennes et néo-zélandaises, qui ont 
quitté l'Egypte en mars, ont été passées en revue k Mar- 
seille ; elles vont occuper une partie du front français. 

Les Allemands paraissent avoir dégarni le front russe 
et se bornent à d'intenses canonnades. 



124 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Beaucoup de déserteurs bulgares se rendent aux 
Alliés. 

L'agence Wolf lance un télégramme pour préciser la 
réponse allemande et affirmer que les concessions faites 
aux Etats-Unis sont applicables sans délai. 

« Guillaume II ne veut pas se brouiller avec le président 
Wilson. Il espère toujours pouvoir invoquer sa médiation et 
c'est pour tenter les plus nobles ambitions du Président 
américain que la note allemande mentionne les désirs paci- 
fiques de l'Allemagne. » (Temps du g.) 

Dans une grande réunion tenue à Boston, le juris- 
consulte Beck a dit que le crime du Lusitania n'a pas 
été vengé, qu'il fallait que la tombe de ces victimes 
innocentes devînt aussi celle de la dynastie des Hohen- 
zollern. 

Bombes d'avions ennemis sur Port-Saïd. 

Viviani et Albert Tbomas sont reçus par le Tsar à Tsar- 
koié-Sélo. 

L'Allemagne convoque la classe 1919. 

Arrivé à Berlin, Bùlow a été mandé aussitôt au quar- 
tier général. 

Les nouvelles de Hollande insistent sur la disette qui 
s'aggrave en Allemagne. 

Kigali, chef-lieu de la province allemande de Buanda, 
et l'île de Kivijivi ont été occupés par les Belges. 

Colonel Rousset {Liberté) : « Il est surprenant que cette 
guerre, alors qu'elle a mis sur pied environ 28 millions 
d'hommes et a pour théâtre presque toute l'Europe et un 
coin de l'Asie, en vienne à se localiser sur un espace de 
20 kilomètres... Pour la quatrième fois, l'ennemi entame une 
grande ofTensive, avec des moyens sans cesse augmentés. Il 
est considérablement renforcé, parce que rien ne l'empêche 
de l'être. » Bien des gens font les mêmes réflexions, en 
moins bons termes. 

Mardi 9 mai. — Le bombardement se ralentit dans 
la région de Verdun. Escarmouches dans le bois d'Avo- 
court et au sud du fort de Douaumont. 

Les Busses repoussent une forte offensive turcjue 
vers Erzindjan ; ils occupent Kasrischiriu, à 160 kilo- 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 125 

mètres de Bagdad, et y prennent une quantité de muni- 
tions et de vivres. 

L'ambassadeur de Turquie à Berlin dit à la Gazette 
de Munich que la Turquie va entreprendre une grande 
attaque contre Suez. 

^ Wilson répond brièvement k la note allemande. Les 
États-Unis comptent que l'Allemagne observera désor- 
meds le droit des gens dans la guerre sous-marine ; ils 
repoussent la sugcfestion allemande qui tendrait à faire 
dépendre le maintien de la promesse de Berlin du résul- 
tat des négociations entre les États-Unis et une autre 
puissance. 

Un sous-marin français coule un transport autrichien 
dans l'Adriatique. 

Un avion ennemi, venu de Budrun, bombarde Rho- 
des; des avions français, en retour, bombardent Budrun. 

On dit à Copenhague qu'une explosion k Altona a 
détruit une usine et 72 avions. 

Un médecin français publie dans le Temps des ren- 
seignements précis sur la condition effroyable des 
prisonniers russes en Allemagne ; on les laisse littérale- 
ment mourir de faim. 

Mercredi 10 mai. — Une attaque allemande sur 
la cote 287 est repoussée. 

Le Bulletin des Armées publie l'historique de la 
bataille de Verdun, du 20 mars au 9 avril (Liberté, 
II mai). 

Les Italiens enlèvent une ligne de tranchées et des 
redoutes sur le mont Cucla. 

Forte offensive allemande dans le secteur de Jacob- 
sladt (Courlande). 

Des renforts allemands arrivent sur le front du Cau- 
case. Les Turcs organisent fortement Khanikin, à 
l'entrée de la vallée du Tigre. 

L'article de la Gazette de Cologne sur la réponse de 
Wilson est intitulé : « L'Amérique cède. » 

Les Italiens occupent Marsa-Moresa et Porto-Bardia 
en Cyrénaïque, centres de ravitaillement pour sous- 
marins allemands. 



126 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Delbriick, secrétaire d'État à l'Intérieur, se retire, 
soi-disant pour cause de santé, en réalité à cause de la 
crise des subsistances qu'il n'a pu surmonter. 

Le ministre australien Hughes, à Queen's Hall, 
s'élève contre la politique anglaise du laisser-faire et 
de la porte ouverte : « Sur l'autel de la nourriture à 
bon marché, nous avons fait un perpétuel sacrifice de 
notre force et de notre indépendance. » 

Le Gouvernement américain enjoint à ses nationaux 
de quitter Mexico et refuse une fois de plus à Garranza 
de retirer ses troupes, de nouveaux raids s'étant pro- 
duits k la frontière. 

Jeudi 11 mai. — Progrès allemands vers Hulluch. 

Deux attaques de nuit sur les pentes ouest du Mort- 
Homme (positions prises le lo) sont repoussées. Bom- 
bardement intense de la région d'Avocourt et du bois 
de La Caillette. 

Une note officieuse dément le récit tendancieux fait 
récemment dans un journal, suivant lequel le haut 
commandement avait donné l'ordre d'évacuer la rive 
gauche de la Meuse au début de la bataille de Verdun. 

On annonce une forte offensive autrichienne à l'ouest 
du Trentin, vers Brescia et Milan. 

Les Autrichiens se préparent, dit-on, à attaquer 
Valona. Escarmouches au nord de cette ville, sur la 
Vojuca. 

Kistitch dit, à Rome, que la moitié de la population 
serbe a disparu dans la catastrophe. Les bibliothèques 
serbes ont été transférées à Sofia. 

On assure que le commandant du sous-marin qui 
torpilla le Sassex vient de recevoir la croix pour le 
mérite. 

« Pour accepter la réponse allemande à son presque ulti- 
matum, il a fallu que le président Wilson lui fît dire ce 
qu'elle ne dit pas et tînt pour non existant un des passages 
essentiels de ce document. » (Journal de Genève.) 

Les avions français bombardent les camps bulgares 
de Guevgeli. 

Du 9 au II, dans l'Afrique Orientale allemande, des 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 127 

attaques sur Koudoa-Nangi sont repoussées par les 
Anglais. 

Le Reichstag a refusé de demander la mise en 
liberté de Liebknecht (229 voix contre m). 

L'Allemagne crée un office central de l'alimentation. 

Grand incendie aux docks de Hambourg. 

Séance orageuse à la Chambre des Communes à 
propos des affaires d'Irlande. Les perles civiles et mili- 
taires se sont élevées à i.3i5 personnes, dont 3o4 tués. 
On a exécuté i4 rebelles. Asquith a fait savoir qu'il 
allait partir pour l'Irlande. 

« L'examen de tous les communiqués donne Timpression 
que les combattants des autres fronts ont leurs pensées 
dirigées sur la formidable bataille qui se livre au nord de 
Verdun, au point d'oublier les adversaires qu'ils ont devant 
eux. » (Temps.) 

Vendredi 12 mai. — Les Belges repoussent une 
attaque sur l'Yser. 

Les Anglais perdent 5oo mètres de tranchées devant 
Vermelles et en regagnent une partie. 

Progrès français au sud-est de Haucourt; des atta- 
ques allemandes sont repoussées au sud-est du fort de 
Douaumont et au nord de la ferme de Thiaumont. 

Lutte très vive au nord de la gare de Selburg, au 
nord-ouest de Jacobstadt (Courlande). 

Le Temps (du i3) donne des détails précis sur l'ex- 
ploitation de la Pologne par l'Allemagne : « Les 
territoires occupés ne sont plus seulement un gage : ils 
sont un expédient... Après les grandes allures du 
conquérant, voici celles du cambrioleur. » 

Le candidat vénizéliste a obtenu une majorité écra- 
sante à Drama, fief de Gounaris. 

Les Russes prennent un massif fortifié vers Erzin- 
djan (4oo prisonniers). 

Lansing a déclaré que la teneur de la note allemande 
rendait impossible aux États-Unis toute tentative 
auprès de 1 Angleterre concernant le blocus. Il assure 
cju'il va demander à l'Allemagne quelle punition a été 
infligée au commandant du sous-marin qui torpilla le 



128 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Sussex, et à l'Autriche comment ont été punis les com- 
mandants qui torpillèrent VAncona et VArabic. 

Un dirigeable de la marine française a pris feu en 
Provence et est tombé en mer en vue des côtes de Sar- 
daigne ; l'équipage a péri. 

Les Allemands inondent le Portugal de proclama- 
tions destinées k provoquer des refus d'obéissance dans 
l'armée et la marme. 

On prétend k Londres (Journal de Genève du i4) 
que Guillaume II aurait manifesté à l'ambassadeur des 
lîtats-Unis son désir de conclure une paix immédiate : 
l'Allemagne serait prête à évacuer et k indemniser la 
Belgique, k rétablir l'indépendance de la Serbie et du 
Monténégro, à condition que les puissances consentent 
à la création d'un vaste royaume indépendant de Polo- 
gne (invraisemblable). 

On dit k Rome que Bûlow, pendant son séjour à 
Lucerne, a eu de fréquents rapports avec les Jésuites 
allemands du couvent de Dissentis, ayant pour but de 
concerter avec le Pape une démarche en mveur de la 
paix (Journal de Genève, 20 mai). 

Samedi 13 mai. — Des attaques allemandes sont 
repoussées k l'ouest de la cote 3o4 et au nord-est du 
Mort-Homme. 

Une brigade allemande est détruite dans une atta- 
que sur le village d'Iépoukna (région de Dvinsk). 

L'artillerie allemande bombarde Mayadag, sur le 
front de Macédoine ; il y a /jo victimes ofrecques. 

On dit à Athènes que le prince Boris a été nommé 
chef du parti russophile en Bulgarie, afin de pouvoir 
devenir, au besoin, le souverain de la Bulgarie repen- 
tante. 

Le Conseil des ministres roumains a décidé que 
l'exportation de blé et de maïs ne pourrait excéder 
60 '/o des stocks existant en Roumanie. 

Une vive offensive turque vers Aschkala, dans la ré- 
gion d'Erzindjan, oblige les Russes à céder du terrain. 

Vers Mossoul, les Russes occupent la région de 
Revandouz et y font un grand butin. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 129 

Un dirigeable allemand so pei'd sur la côto de Nor- 



veqe. 

Ôbi 



us d'avions français sur le hangar de dirigeables 
de Metz-Frescaty et sur la région de Montfaucon, 

Troubles graves à Mannheim, causés par la disette ; 
pillage de boucheries et de maisons privées. La police 
Fait maintenant partout des enquêtes à domicile pour 
découvrir des stocks cachés ; on dénonce des familles 
à Francfort qui possèdent loo livres de sucre, 

200.000 personnes ont manifesté à New-York en 
faveur de l'accroissement de l'armée et de la marine. 
Les commissions militaires de la Chambre et du Sénat 
se sont mises d'accord pour porter l'armée à 200.000 
hommes, plus 425. 000 miliciens. 

Roosevelt pose sa candidature à la présidence. 

On s'est assuré qu'il existe un plan pour la mobili- 
sation des Germano-Américains au Mexique. 

Six puissances de l'Amérique méridionale et centrale 
ont offert leur appui aux États-Unis pour le rétablisse- 
ment de l'ordre au Mexique. 

Bergerat {Information du i4) rappelle ces mots d'Henri 
Heine : « C'est une déplorable chose que la noblesse alle- 
mande. Toutes les constitutions, y compris la meilleure, ne 
peuvent nous être d'aucune utilité tant que cette noblesse ne 
sera pas arrachée jusqu'à la dernière racine. » Il ajoute : 
.« Le dernier mot de rAllemagne n'est pas dit. Le peuple y 
est en servage, la noblesse en démence, le clergé en terreur : 
reste la bourgeoisie, qui ronqe son frein. Elle parlera après 
la guerre. Chez nous, elle a fait la Révolution. » 

Dimanche 14 mai. — On dit que des troupes alle- 
mandes se massent devant Ypres et que la Garde est 
entre la Somme et l'Oise. 

Des coups de main français réussissent à Vermando- 
villers (sua de la Somme) et en Champagne (ouest du 
Mont Têtu). 

Accalmie à Verdun, mais bombardement continuel 
du bois d'Avocourt et de la cote 3o4. 

Lutte d'artillerie sur le front de Macédoine. 

Les Bulgares, dépouillés par les Allemands, sont 

114. CHRONOLOGIE DE LA CiUEKRE 9 



130 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

obligés de rationner les vivres. On dit qu'une émeute 
militaire a été réprimée à Philippopoli. 

Les scellés mis sur les portes du consulat grec à 
Uskub ayant été brisés, le Gouvernement grec envoie 
une protestation à Sofia. 

L'État-major grec, se disant diffamé par le Keryx 
(de Venizelos), a porté plainte au procureur général. 

Take Jonesco recommence une vive propagande en 
faveur de l'intervention de la Roumanie. 

L'Allemagne exprime ses regrets à l'Espagne pour le 
torpillage du Sussex et la mort du musicien Granados; 
elle offre une indemnité. 

Les avions français lancent 4oo bombes sur le camp 
germano-bulgare de Xanthi. 

Viviani et Albert Thomas sont reçus à Moscou. 

La Commission du budget du Reichstag émet un vote 
contre la censure. 

Berlin est au régime de 260 grammes de viande par 
personne. A Munich, la plupart des boucheries sont 
fermées. Le bétail fait défaut partout. 

La pénurie des vivres s'accentue à Vienne. 

Le Gouvernement belge publie un Livre Gris, en 
réponse au Livre Blanc allemand du 10 mars 1916. a II 
constitue le plus formidable acte d'accusation dressé 
jusqu'ici contre l'Allemagne. » {Temps du i5.) 

P. Souday écrit au Temps : « L'idée d'une activité intel- 
lectuelle exclusivement nationale, hermétiquement close et 
imperméable, si elle se répandait chez tous les peuples, se 
retournerait contre nous. Ce nationalisme aveugle et outre- 
cuidant a été une des tares de la nouvelle Allemagne. Gar- 
dons-nous de l'imiter en ce point ! Ne permettons pas à la 
barbare agression d'altérer nos principes de vie ni notre 
développement normal : voilà qui serait dégradant. » 

Le Président de la République prononce un impor- 
tant discours à Nancy. Il dit entre autres : 

« Ni directement ni indirectement, nos ennemis ne nous 
ont offert la paix. Mais nous ne voulons pas qu'ils nous 
l'offrent : nous voulons qu'ils nous la demandent ; nous ne 
voulons pas subir leurs conditions : nous voulons leur 
imposer les nôtres ; nous ne voulons pas une paix qui 
laisserait l'Allemagne impériale maîtresse de recommencer 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 131 

la guerre et qui suspendrait sur l'Europe une menace éter- 
nelle : nous voulons une paix qui reçoive du droit restauré 
de sérieuses garanties d'équilibre et de stabilité. 

« Tant que cette paix-là ne nous sera point assurée, tant 
que nos ennemis ne se reconnaîtront pas vaincus, nous ne 
cesserons pas de combattre. » 

A la suite d'une tentative d'insurrection (3 mai), le 
roi d'Anna ni est déclaré déchu et la France lui donne 
un successeur. 

Lundi 15 mai. — Sur les hauteurs de Vimy, les 
Anglais occupent 25o mètres de la ligne allemande 
avancée. 

Westminster Gazette : « La physionomie de la guerre 
s'est modiflée du fait du succès de la défense de Verdun. 
Après onze semaines de combats, les Allemands sont aussi 
peu avancés qu'après les trois premiers jours. Nous regret- 
tons que les circonstances nous aient obligés à rester spec- 
tateurs passifs de ce conflit. » 

Feyler estime que jusqu'à cette date les Allemands 
ont perdu Soo.ooo hommes devant Verdun. 

Violente attaque autrichienne dans le Trentin ; les 
Italiens perdent quelques positions. 

Des soldats italiens ont pénétré dans Rovereto, mais 
n'y sont pas restés. 

La Suède s'agite au sujet des travaux que font les 
Russes dans les îles d'Aland. Une interpellation est 
déposée au Parlement. 

Le député Tsoukalas, dans VAletheîa, attaque vio- 
lemment le chef d'état-major grec Dousmanis, qu'il ac- 
cuse de diriger les affaires de la Grèce en dictateur. 

Avions autrichiens sur Venise et sur Mestre ; une 
maison est détruite à Venise. 

Avions anglais sur Porto-Lagos, base de sous-marins 
allemands. 

Asquith déclare à une délégation de la Douma que 
l'Angleterre et la Russie sont pleinement d'accord sur 
leur politique orientale, tant en Turquie qu'en Perse. 

Grey, parlant au correspondant du Chicago Daily 
News, dit que l'Entente ne peut accepter aucune paix 
qui ne réparerait pas les torts causés par la guerre, 



132 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

mais que jamais la Grande-Bretagne n'a voulu détruire 
l'unité allemande. La présente guerre a pour but d'af- 
franchir le monde du spectre de la guerre et de celui 
de la paix dans les fers de la Prusse. 

W. Loubat écrit dans le Temps (du i6) : « Les lois de la 
guerre ue semblent pouvoir triompher que par la garantie 
réciproque des Puissances dont elles sont la sauvegarde. Il 
faut que les nations sans honneur sachent que le mépris de 
leurs engagements aura pour elles des conséquences terribles. 
Ce n'est pas seulement de la flétrissure de l'histoire et de 
l'opinion qu'il faut les menacer, mais du châtiment suprême 
dont disposent les nations. » 

P. Seippel {Journal de Genève) montre que le parti 
clérical et les jésuites des pays neutres ont été parmi 
les apologistes les plus audacieux de l'agression des 
Empires centraux. « Là où il n'y a pas à tenir compte 
d'un courant d'opinion national, les influences catho- 
liques s'exercent partout au profit des puissances cen- 
trales. » 

Dillon, dans la Fortnightly Review, publie un article 
plein d'erreurs que relève Land and Water (i8 mai), 
article qui semble avoir pour but de troubler la 
confiance des Anglais dans leurs forces grandissantes en 
exagérant celles de l'ennemi. 

Suivant Repington {Times), les Allemands ont 119 di- 
visions à l'ouest, 49 à. l'est, 2-3 au sud du Danube. Les 
Autrichiens ont 42 divisions sur le front russe et 3o sur 
le front italien, plus 4 ailleurs. Les Turcs ont 62 divi- 
sions, les Bulgares une douzaine. Les Alliés ont donc 
devant eux 3ii divisions; ils en possèdent eux-mêmes 
beaucoup plus. 

Mardi 16 mai. — Une tentative allemande sur le 
Mort-Homme a été repoussée. Le duel d'artillerie 
continue. 

L'offensive autrichienne devient plus Intense dans le 
Trentin. 

Enver se serait adressé directement à Guillaume II 
pour obtenir des secours contre les Russes. 

Le roi de Grèce, recevant le colonel Vassitch, dit 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 133 

qu'il n'a jamais cessé de considérer la Serbie comme 
une alliée. 

Deux navires de guerre anglais endommagent des 
destroyers allemaudssur la côte belge. 

Le vapeur hollandais Batavia V coule au large des 
côtes orientales de l'Angleterre ; plusieurs Américains 
périssent. On attribue la catastrophe à une mine flot- 
tante. 

Dans la nuit du 1G-17 mai, les avions français bom- 
bardent Ars, Metz-Frescaty et Arnaville. 

On annonce que la maison Krupp fonde une nouvelle 
usine près de Munich. 

Le New-York World dit que la lutte est désormais 
entre l'estomac allemand et l'étreinte anglaise. 

On fait observer qu'en 191 3, sur une importation 
totale de 10 milliards 767 millions de marks, l'Alle- 
magne recevait près de 3o °L de matières alimentaires 
et de bétail. Les pays avec lesquels elle est en guerre 
lui fournissaient plus des trois quarts de ces importa- 
tions. 

« Il y aurait quelque chose de barbare à se féliciter de voir 
une partie de l'humanité soulTrir de la faim si l'on ne se rap- 
pelait le siège de Paris, si l'on n'avait sous les yeux les 
pages où Bernhardi se promet d'affamer l'Angleterre. » 
{Information.) 

La Gazette de Cologne s'élève contre les déclarations 
de Grey. Si l'Allemagne n'a pas voulu une conférence 
sur la querelle austro-serbe, c'est qu'elle était sûre 
d'être majorisée comme à Algésiras; alors Grey aurait 
atteint pacifiquement le but que l'Angleterre est 
impuissante à atteindre par la guerre. Grey ment 
quand il dit qu'il n'y avait pas de coalition contre l'Al- 
lemagne avant la guerre, ou bien il oublie l'activité 
d'Edouard VIL En ce qui concerne le militarisme prus- 
sien, la Gazette dit que ce qui a fait faillite dans cette 
guerre, ce n'est pas le militarisme, mais la démocratie. 

La loi anglaise sur le service obligatoire a été adop- 
tée en troisième lecture aux Communes (35 voix 
contre). 

Le ministre des Affaires étrangères de Suède fait 



134 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

au Riksdag des déclarations pacifiques sur la question 
des îles dAland, dont les fortifications ne sont que 
temporaires; Branting; le leader socialiste, en prend 
acte. 

Grand banquet à Petrograd pour célébrer le vingt- 
cinquième anniversaire de 1 alliance franco-russe ; 
Rodzianko, Paléologue et Sazonov prennent la parole ; 
Chaléapine chante la Marseillaise. 

« Alceste » écrit dans la Presse : « Les Allemands savent 
que ceux qui les combattent ne sont pas des peuples de 
proie recherchant les conquêtes et la domination ; ils savent 
donc ce qu'ils ont à faire pour obtenir cette paix qu'ils se 
flattent d'avoir, et par deux fois, prqj)osée au monde. Quand 
ils le voudront ou quand ils y seront amenés, la chose ne 
traînera pas. On le leur a dit en France et en Angleterre ; il 
ne tient qu'à eux de l'aller dire à Rome ou à Madrid ou à 
Washington. » 

Mercredi 17 mai. — Les Allemands ont vaine- 
ment attaqué le bois d'Avocourt ; les Français ont pris 
un fortin sur la pente nord de la cote 3o4. 

On annonce l'arrivée de deux nouvelles divisions 
allemandes dans la région de la cote 3o4- 

L'offensive autrichienne a gagné tout le front entre 
la vallée de l'Adige et le val Sugana. Les Autrichiens 
attaquent avec 25o.ooo hommes et une formidable 
artillerie. 

Un violent tremblement de terre endommage près 
de i.ooo maisons à Rimini. 

Nombreux combats sur le Vardar. 

On dit à Francfort que le Gouvernement roumain a 
fait de grosses commandes de drap aux fabriques 
japonaises de Vladivostok. 

Journal de Genève : « C'est à la flotte russe que les Alliés 
doivent la conservation du front oriental. Un critique mili- 
taire anglais a dit qu'il y a eu deux tournants dans cette 
guerre : la Marne et le golfe de Riga. Paris fut sauvé sur la 
Marne et la lutte pour Petrograd se régla dans les eaux du 
golfe de Riga. » 

Intense activité aérienne : 36 combats sur le front 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 135 

français, 27 sur le front anglais; 9 appareils allemands 
ont été détruits. 

Lord Curzon est nommé président du Comité aérien 
anglais (Air board). Tennant, questionné au Parle- 
ment, dit que les Anglais ont deux types d'avions plus 
rapides que les avions allemands. 

Seul des journaux allemands, le Vorwàrts trouve 
de l'intérêt aux déclarations de Grey; les conditions 

3u'il indique ne doivent pas être repoussées avec 
édain. 

On annonce que l'Allemagne mobilise le plus pos- 
sible d'ouvriers pour les remplacer par des réformés et 
des femmes. 

Deux cuisines de Charlottenburg, contenant chacune 
une réserve de 3oo livres de purée de pois pour les 
pauvres, sont prises d'assaut par une foule de 4-ooo 
personnes. 

Les exécuteurs testamentaires de Cecil Rhodes ont 
demandé au Parlement anglais l'annulation du codicille 

Sar lequel Rhodes accordait k des étudiants allemands 
es bourses k l'Université d'Oxford; ces bourses seront 
attribuées à des Anglais {New-York Herald, 18 mai). 

« Si l'Angleterre eût vu clair et parlé plus tôt, l'Alle- 
magne se fût peut-être arrêtée. Mais le souci de la mesure, 
la crainte d'être entraîné retiennent le Gouvernement, et 
huit jours durant, il réserve son sentiment et dose ses décla- 
rations. » (Temps, à propos du livre de Chevrillon, L'Angle- 
terre et la guerre.') 

« L'Allemagne et l'Autriche -Hongrie constituent un 
immense camp retranché, dont presque toutes les commu- 
nications sont gardées par les Alliés. Les résultats du blocug 
sont encourageants. L'énervement des assiégés, leur afîai- 
bHssement moral et matériel indiqueront le moment de 
l'assaut. » (Temps.) 

Jeudi 18 mai. — Deux divisions allemandes 
fraîches attaquent d'Avocourt à la cote 3o4 et saisissent 
un petit ouvrage au sud de la cote 287. Les autres 
assauts sont repoussés. 

On dit a Petrograd que toutes les réserves alle- 
mandes sont sur le front occidental. 



136 CHRONOLOGIE DE LA. GUERRE 

La lutte continue avec violence dans le Trentin ; les 
Italiens se replient entre Rovereto elle lac de Garde. 

On s'inquiète, à Pctrograd, des accords commerciaux 
conclus par la Roumanie avec les Puissances centrales. 
Les Puissances de l'Entente se renseignent k Bucharest 
sur la nature des engagements conclus. 

Les sous-marins anglo-russes coulent quatre navires 
allemands en Baltique. 

Les avions allemands bombardent Gérardmer, le 
camp de Mailly et les camps franco-anglais de Salo- 
nique. 

Le sous-lieutenant Navarre a abattu son dixième 
avion allemand. 

Des avions anglais bombardent El Arish. 

Grey, aux Communes, nie que le Pape ait fait des 
démarches pour la paix, mais confirme que Sa Sain- 
teté a fait des représentations à l'Allemagne au sujet de 
la guerre sous-marine. 

La prétention, émise par Jagow, que le blocus, 
mesure de représailles contre la guerre sous-marine 
(chronologiquement-inexact), doive cesser avec elle, est 
traitée de peu sérieuse par la presse de l'Entente. Le 
blocus n'est pas contraire au droit des gens, comme le 
sont la piraterie et l'assassinat des non-combattants 
(Voir Herbette dans l'Echo de Paris du i8). 

Pour contenter les États-Unis, Bernstorfî publie un 
appel aux Allemands de ce paj^s, leur enjoignant de 
respecter les lois américaines. Il croit ainsi rejeter la 
responsabilité des attentats que ses auxiliaires ont 
perpétrés. 

Ribot dépose un projet qui augmente les impôts de 
900 millions. Les dépenses militaires, du i"^août 1 914 au 
3o septembre 1916, sont évaluées à 38 milliards 5oo mil- 
lions, les dépenses totales à 54 milliards 5oo millions, 
dont près de 4 milliards pour le service de la dette. La 
moyenne mensuelle des dépenses a passé de i milliard 
4oo millions à 2 milliards 610 millions. 

Contrairement à un jugement de la Cour d'appel de 
Paris (20 avril), le président du tribunal de la Seine 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 137 

rend une ordonnance qui interdit aux étrangers des 
pays ennemis d'ester en justice {Temps, lo mai). 

P. Souday, répondant à un article de Boutroux dans la 
Revue des Deux Mondes^ essaie de montrer qu'il n'y a de 
« germes de pangermanisme », ni dans Goethe, ni dans 
Kant {Temps du 19). 

La New-York Nation regrette que la diplomatie alle- 
mande, par ses mensonges continuels (avions sur Nurem- 
berg, violation de la neutralité belge par les Français et les 
Belges, démentis relatifs au Lusi/aru'a, à l'Arabie, au 
Sussex), ajoute gravement au discrédit moral dont la 
guerre l'a déjà afÙigé. « La réponse allemande relative au 
Sussex était faible; pourtant, elle n'aurait pas été écartée 
aussi sommairement si la réputation de véracité du Gouver- 
nement allemand n'avait été compromise depuis longtemps 
et sans espoir de retour. » (P. 533.) 

Vendredi 19 mai. — Sur le front de Champagne, 
les Allemands émettent des gaz vers le Souplet ; leur 
attaque est arrêtée par notre tir. 

Les Russes ont occupé Sakkis (Kurdistan perse), à 
120 kilomètres sud-sud-est du lac d'Ourmiah ; ils 
s'approchent ainsi de la vallée du Petit Zab, qui 
conduit à la plaine du Tigre. 

Bombes d avions allemands sur Dunkerque et Ber- 
gues. 

Navarre abat son onzième avion, Nungesser son cin- 
quième. 

Hydravions allemands sur la-côte de Kent (87 bombes); 
un des appareils allemands est abattu par une patrouille 
navale. 

On annonce que Wendel, député au Reichstag, a 
publié sous les auspices du Vorwàrts une brochure 
sur l'Alsace-Lorraine, où le parti socialiste s'élève 
contre tout projet de restitution de ce pays à la France. 

Samedi 20 mai. — Trente-cinq obus sur Reims. 

Les Allemands ont attaqué le Mort-Homme au nord, 
à l'est et à l'ouest; à l'ouest et au nord, ils ont occupé 
quelques tranchées, mais ont dû reculer, décimés par 
notre feu. 



138 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

En Lorraine, les Allemands pénètrent dans une 
tranchée k l'ouest de Chazelles et en sont chassés. 

Rousset {Liberté) : « Revenus, comme les Allemands 
eux-mêmes, à leur plan d'opérations d'avant-querre, les 
Autrichiens essaient de pénétrer dans la plaine de Vicence, 
afin de menacer à revers les troupes engagées dans le Carso 
et sur risonzo. » 

Une explosion, probablement criminelle, détruit la 
pyrotechnie de Bucharest. 

En Mésopotamie, des cosaques russes rejoignent, à 
la suite d'un raid audacieux, le général Gorringe, 
toujours arrêté devant Samayat. 

Des représentants du Conseil de l'Empire et de la 
Douma arrivent à Paris. 

A 2 heures du matin, la loi sur l'avance de 
l'heure (pour économiser l'éclairage) entre en vigueur 
en Angleterre et en Norvège. La Hollande et 1 Alle- 
magne ont pris cette mesure le i^^ mai, le Danemark et 
la Suède le i5. 

Chuquet {Revue critique, p. 336) signale ces lignes 
d'Agénor de Gasparin (1871) : « La chimie, se mettant en 
campagne, nous trouvera bien quelque bombe asphyxiante, 
quelque façon merveilleuse de détruire un corps d'armée à 
distance, sans qu'on ait même la peine de se battre. » 



Dimanche 21 mai. — Les Allemands reprennent 
aux Anglais l'extrémité nord de la crête de Vimy sur 
i.5oo mètres de long. 

Nous enlevons deux tranchées allemandes sur la 
route d'Esnes à Haucourt et bouleversons complète- 
ment le petit ouvrage au sud de la cote 287, occupé 
le 18 par les Allemands. Des attaques violentes à l'est 
de la cote 3o4 et à l'ouest du Mort-Homme sont repous- 
sées. Sur la rive droite de la Meuse, nous enlevons les 
carrières d'Haudiomont. 

L'offensive autrichienne, dirigée par le prince héri- 
tier Charles-François-Joseph, continue sur un front de 
3o kilomètres. On dit qu'il y a des officiers allemands 
parmi les prisonniers. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 139 

Les Russes ont pris Serdocht (Kurdistan perse), dans 
la direction de Mossoul. 

Une division autrichienne est à Bagdad, où l'on 
attend 4-ooo Allemands. C'est Bronsart von Schellen- 
dorf qui commande les Turcs en Arménie et en Méso- 
potamie, où leurs forces s'élèveraient à 520.ooo hommes. 
La côte asiatique est sous les ordres de Liman von 
Sanders (180.000 hommes). Les 35. 000 hommes de 
Thrace sont commandés par le général autrichien von 
Trommer; les 70.000 hommes de Syrie par Dj'emal. Au 
total, sur le papier, 860.000 hommes (Tem/^s du 28). 

La Norvège demande des explications à l'Allemagne 
au sujet de trois navires torpillés. 

Cent bombes d'avions sur Dunkerque ; bombes 
d'avions alliés sur Zeebruggo. Des avions ennemis ont 
lancé 16 bombes sur le quartier arabe de Port-Saïd 
.(Egypte). 

Batocki est nommé, en Allemagne, « dictateur de l'ali- 
mentation ». 

Le Comité central du parti national-libéral allemand 
vote en faveur de la guerre à outrance et d'importantes 
I annexions ; il réclame la reprise de la guerre sous-ma- 
rine sans égard pour qui que ce soit. 

Le président Poincaré remet la croix de guerre à la 
reine des Belges. 

Freycinet, parlant de Gambetta aux Jardies, s'exprime 
; ainsi : « Il voulait que l'agression nous trouvât calmes et 
forts. Les temps sont révolus : l'agression est venue, plus 
brutale, plus inique, plus inhumaine qu'il ne l'avait sans 
doute prévue. Pénétrés de ses leçons, opposons à l'envahis- 
seur une invincible constance. Déjà son élan fléchit. A travers 
le fracas des armes apparaissent les signes de lassitude. Le 
règne du droit s'approche. A la France l'honneur d'avoir 
combattu au premier rang pour en assurer le triomphe ! » 

Lundi 22 mai. — En Champagne, vers Saint-Sou- 
jtlot, les Allemands émettent des gaz qui se retournent 
contre eux. 

Offensive française devant Verdun. Les Allemands, 
au sud de la cote 287, ont évacué le petit ouvrage qu'ils 
tenaient depuis le 18. Attaquant depuis Thiaumont 



140 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

jusqu'à l'est du fort de Douaumont, les Français 
reprennent le sud de ce fort. Sur les Hauts de Meuse, 
au bois Bouchot, un coup de main nous met en posses- 
sion de 3oo mètres de tranchées. 

Les Italiens ont encore cédé un peu de terrain entre 
l'Astico et le Val Sugana. L'artillerie italienne fait 
exploser des dépôts de munitions à Rovereto ; la ville 
est en flammes. 

Les Russes repoussent les Allemands au delà de la 
rivière Veseluhu, affluent du Pripet. 

A Athènes, le ministre Rhallys prononce un discours 
agressif contre les Alliés. 

On affirme à Londres que les Allemands ont approuvé 
le massacre des Arméniens à Trébizonde et que des 
jeunes filles arméniennes ont été cédées par les Turcs 
aux Allemands {Temps du 28). 

Les Elats allemands du Sud réclament contre la dic- 
tature alimentaire qui a pour but de les spolier au 
profit de la Prusse. 

La Chambre des Lords adopte la loi du service obli- 
gatoire. 

Le Temps regrette ces mots de Wilson dans une 
entrevue : « Si le reste du monde est fou, pourquoi ne 
pas refuser d'avoir rien à faire avec le reste du monde? » 
C'est ce que P. Hyacinthe Lojson a appelé « la neutra- 
lité devant le crime ». 

P. Deschanel dit aux délégués russes : « L'Allemagne 
s'est Irompce sur vous comme sur nous. Elle a cru que la 
guerre déchaînerait en Russie une révolution. Oui, ce fut 
une révolution, en effet, mais une révolution pacifique et 
bienfaisante, un renouveau moral, patriotique, militaire, 
industriel. » 

Dubost, président du Sénat : « En succombant sous le 
poids de ses fautes criminelles, l'ennemi aura le spectacle le 
plus cruel pour lui, celui de nous avoir ouvert à nous-mêmes 
et révélé les profondeurs puissantes de nos âmes nationales, 
de nous avoir appris que la fraternité et l'idéalisme slaves, 
l'ardeur démocr.itique française, le génie anglais de la liberté, 
sont les trois forces nécessaires de la civilisation. » 

Briand, président du Conseil : « L'Allemagne fait circuler 
le mot prestigieux de paix. Ce mot est sacrilège s'il signifieJ 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 141 

que l'agresseur ne sera pas puni et si demain l'Europe 
risque encore d'être livrée à l'arbitraire d'une caste militaire 
assoiffée d'orgueil et de domination. Ce serait le déshonneur 
des Alliés. Que diraient les générations futures, si nous 
laissions échapper l'occasion d'établir sur des bases solides 
une paix durable ? La paix ne doit pas être une vaine for- 
mule ; elle doit être fondée sur un droit international garanti 
par des sanctions contre lesquelles aucun pays ne pourra se 
dresser. C'est cet idéal qui fait la grandeur de notre tâche. 
Cette victoire, nous la devons à l'humanité. » 

Mardi 23 mai. — Les Allemands contre-attaquent 
avec violence ; dans la nuit, ils prennent Giimières et 
la partie est du fort de Douaumont. 

L'offensive autrichienne s'accentue à l'est de la valh'-e 
d'Assa. Les Italiens évacuent les bassins supérieurs de 
Posina et de l'Astico. 

On annonce qu'une commission de savants à Rome a 
établi que les balles explosives employées par les Au- 
trichiens étaient de faorication allemande et conte- 
naient du nitrate de mercure. 
j Les Anglais occupent, après un combat, la capitale 
du Darfour. 

Remaniement ministériel en Allemagne ; Helffericli 
devient secrétaire d'État à l'Intérieur. 

Asquith demande aux Communes un crédit de 
7 milliards 5oo millions, portant l'ensemble des crédits 
de guerre à 69 milliards 5oo millions. 

Winston Churchill se plaint aux Communes que 
l'Angleterre n'emploie pas toutes ses grandes forces; il 
prétend que les 200.000 officiers anglais enlèvent au 
service 200.000 domestiques et 5o.ooo grooms. 

« La théorie que la guerre est l'œuvre de l'artillerie et que 
l'infanterie n'a d'autre tâche que de prendre ce que les 
canons ont gagné n'a jamais été suivie plus strictement que 
dans l'offensive des Allemands sur la crête de Vimy. » 
{Daily Mail du 26.) 

Mercredi 24 mai. — Les Allemands n'ont pu 
déboucher de Cumières, mais deux nouvelles divisions 
bavaroises ont repris les restes du fort de Douaumont 



142 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

et nous avons perdu une tranchée au nord des carrières 
d'Haudlomont. 

Les Italiens font tête dans la vallée de Lagarina et 
réoccupent la hauteur de Parmesan. 

Violent duel d'artillerie dans la région jDorian-Guev- 
geli. 

Le roi de Monténégro désavoue son fils, le prince 
Mirko, qui est allé se soigner (?) à Vienne. 

Un nouveau complot allemand a été découvert k New- 
York ; une Allemande a avoué avoir reçu de l'ai^gent 
pour faire sauter un paquebot de la Compagnie Cunard. 

Jeudi 25 mai. — Violent combat entre le bois 
d'Haudiomont et la ferme de Thiaumont, sans résultats 
marqués : outre trois divisions nouvelles dans la région 
du Mort-Homme, les Allemands en ont amené deux à 
l'est de la Meuse. Rousset (Liberté) est d'accord avec le 
critique militaire du Temps pour regretter l'existence 
de « fronts dormants », qui permettent aux Allemands 
et aux Autrichiens les déplacements de troupes qui font 
leur force. 

Les Autrichiens sont repoussés à l'assaut de Coni- 
Zugna et du col de Boule ; les Italiens évacuent le 
Monte Givarone dams le Val Sugana. 

Enver est, dit-on, arrivé à Bagdad. 

Avions autrichiens sur Bari (18 morts). 

Le roi d'Angleterre a signé la loi instituant le service 
obligatoire. Il déclare, à cette occasion, que les engage- 
ments volontaires ont fourni à l'Angleterre, depuis le 
début de la guerre, 5.o4i-ooo hommes (il doit bien en 
rester 4-3oo.ooo, c'est-à-dire la valeur de 100 corps). 

Des députés turcs déposent à Potsdam des cou- 
ronnes sur les tombes de Frédéric le Grand et de Fré- 
déric-Guillaume. Le bourgmestre leur dit : « Nos enne- 
mis connaissent bien le vieil esprit de Potsdam; c'est 
lui qu'ils ont juré d'anéantir. » Le bourgmestre a raison. 

Le correspondant du Sun à Washington dit que des 
demandes de plus en plus pressantes pour la paix par- 
viennent de Berlin aux cercles américains. 

Vendredi 26 mai. — Intense activité des deux 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 143 

artilleries au nord de Verdun. Nous avons repris une 
partie de Gumières. 

Le général Blume (Gazette de l'Allemagne du Nord) 

E rétend que la France a engagé à Verdun 800.000 
ommes, le moitié de son armée, et qu'elle n'a plus de 
réserves (faux). Les Allemands ont prélevé en quelques 
jours cinq divisions sur leur front nord (Voir le Temps, 
i" juin). 

L'armée serbe est réunie à Salonique. 

Les Russes brisent une offensive des Turcs et des 
Kurdes vers Serdrecht. 

Obus français sur le poste allemand de Didymes (Milet). 

3o.ooo tètes de bétail hollandais sont entrées depuis 
une semaine en Allemagne. 

Un officier supérieur allemand aurait assuré que les 
Allemands ont déjà eu 1.700.000 morts, ce qui impli- 
querait une perte totale de 4 millions d'hommes environ 
(d'accord avec les calculs d'Hilaire Belloc). 

Répondant à une conversation de Bethmann-Hollweg 
qui demande aux Alliés de s'assurer de leur défaite en 
regardant la carte, les journaux américains conseillent 
au chancelier de regarder aussi la carte des mers, d'où 
les Allemands sont totalement chassés. 

Samedi 27 mai. — Mort du général Gallieni. 

Vifs combats à l'ouest de la route de Navarin (Cham- 
pagne). 

Préparant une nouvelle et formidable offensive sur 
Verdun, Falkenhajn, dans un ordre du jour, prescrit 
de pousser les attaques jusqu'à l'extrême limite et de 
ne s'arrêter que sur l'ordre formel du commandement, 
quelles que soient les pertes subies. 

Les Bulgares bombardent Kilindir, en territoire grec, 
et s'emparent, après un simulacre de défense, du fort 
grec de Rupel, qui commande le défilé de Demirhissar 
à Sérès. La Grèce proteste à la fois contre l'invasion 
bulgai*e et conti-e la présence des troupes alliées à 
Salonique. 

L'Université de Berlin a perdu au feu 882 étudiants. 

Le député Hirsch a révélé au Reichstag que la censure 



144 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

avait supprimé deux phrases dans un récent discours 
de Guillaume II. 

A la demande pressante de Lloyd George, les travail- 
leurs anglais renoncent aux congés de la Pentecôte. 

Le président de la Douma dit à un journaliste amé- 
ricain qu'il n'y a pas, en Russie, de parti de la paix, et 
que le bruit d'après lequel ce parti existerait est un 
mensonge allemand. Le sort de la guerre peut varier, 
mais la Russie combattra jusqu'à la défaite complète 
de l'Allemagne. 

Important discours de Wilson devant la Ligue américaine 
pour la paix. Les Etats-Unis, dit-iL sont prêts à participer à 
toute union de nations ayant pour but de mettre en pratique 
et d'assurer contre toute violation ces deux principes : liberté 
des peuples, de choisir leur forme constitutionnelle, respect 
des petits Etats. Il préconise aussi une association univer- 
selle des nations : i° pour assurer la liberté des mers; 
2° pour mettre obstacle à toute guerre entreprise sans aver- 
tissement et négociations préalables. 

Dimanche 28 mai. — La Grèce a licencié ses 
réservistes des classes 1898-1900 ; elle retire son armée 
entre Drama et Gavalla. La collusion du Roi avec la 
Bulgarie paraît évidente. Une très vive agitation en 
faveur des Alliés se manifeste k Salonique. On dit que 
les Bulgares occupent Demirhissar. 

Les Russes repoussent une forte offensive turque 
vers Kargabazar et Gariret (direction de Diaibekir). 

Quinze combats aériens se terminent par la chute de 
cinq avions allemands. 

Une fabrique de caoutchouc a été détruite à Munich 
par un incendie. 

On annonce que le professeur Schwalde, directeur de 
la Bévue hebdomadaire de Médecine allemande, vient 
de déclarer fausse l'accusation portée par Schœn le 
3 août contre des aviateurs français, laquelle a servi de 
prétexte à la déclaration de guerre. Le bourgmestre de 
Nuremberg a écrit qu'il n'a jamais eu connaissance 
d'un bombardement aérien (Matin du 28). Le Gouverne- 
ment allemand n a rien objecté. Ce mensonge, fabriqué 
le i^''août 1 914, en même temps que la fausse nouvelle de 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 145 

la marche des cosaques vers Johannisburg, est encore 
plus honteux que le remaniement de la dépêche d'Ems 
en 1870. 

Discours d'Emile Vandervelde à Rouen : « La guerre 
ayant complètement changé de caractère, il serait ansurde 
que les conventions qui y mettent fin fussent calquées sur 
celles du passé... Toute mesure de précaution prise contre 
l'Allemagne seule serait insuffisante. Ce dont il s'agit est 
de museler solidement et pour toujours le « chien enragé » 
qui menace le monde, d'interdire, dans l'univers entier, les 

Eréparatifs de meurtre collectif, d'enchaîner la mécanique et 
i chimie aux œuvres de paix. Que faut-il pour cela? Un 
accord international. » (Journal de Rouen, 29 mai.) 

Lundi 29 mai. — Des attaques d'une extrême vio- 
lence nous obligent à nous replier au sud du chemin 
Béthincourt — Cumières ; nous avons perdu la partie 
précédemment regagnée de ce village. 

Le Times dit que Verdun n'est pas une bataille, - 
mais toute une (juerre. 

Le centre italien recule encore ; les ailes tiennent. 

On remarque que les opérations bulgares dans la 
Macédoine orientale ont été entreprises au lendemain de 
la visite des députés bulgares à Berlin, Vienne et Bu- 
dapest ; ils ont sans doute exigé une nouvelle part de 
butin. 

« Par crainte de Guillaume II, la Grèce a laissé écraser ses 
alliés serbes par les Bulgares. Ceux-ci poursuivent aujour- 
d'hui leur conquête en leur enlevant la Macédoine. Les pré- 
dictions de Venizelos se réalisent de point en point. » (Temps.) 

Une forte attaque turque oblige les Russes à évacuer 
Manahatum, entre Erzeroum et Erzindjan. 

Gardner, représentant républicain au Congrès améri- 
cain, a déposé une motion : la Chambre déclarerait 
voir avec appréhension une paix prématurée, car elle 
favoriserait la croyance que les nations peuvent impu- 
nément violer toutes les lois divines et humaines. Gard- 
ner ne veut pas que les États-Unis deviennent les 
complices de l'efTort de l'Allemagne pour échapper au 
châtiment de son crime contre l'humanité. 

Depuis décembre 1916, 21.000 bâtiments marchands 

114. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 10 



146 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

ont passé le Pas de Calais; 21 seulement ont été coulés 
ou endommagés sérieusement. 

Mardi 30 mai. — Au sud du bois des Gaurettes, 
nous évacuons les tranchées de première ligne ; au sud 
de Cumières, nous reculons jusque vers Ghattancourt, 
puis progressons de nouveau jusqu'aux abords de Cu- 
mières. 

Les Italiens évacuent Pria Tora et Punta Gorbin. Les 
Autrichiens ont occupé 3oo kilomètres carrés de terri- 
toire italien et disent avoir pris 3o,ooo hommes et 
3oo canons. 

On dit à Vienne que la Bulgarie et la Grèce sont tout 
à fait d'accord ; les journaux allemands affirment que 
les empires centraux respecteront les droits de la Grèce. 

A l'issue des manœuvres grecques, le ministre de la 
Guerre prononce un discours singulier, où il annonce 
que l'armée grecque montrera bientôt sa valeur sous le 
commandement du Roi. 

Bratiano a dit k un congrès de médecins que la Rou- 
manie aurait bientôt besoin de leurs services. 

Sir Robert Gecil est arrivé à Paris pour discuter les î 
questions relatives au blocus. 

On dit en Suisse que la récolte allemande sera 
pauvre, par suite du manque d'engrais. 

On a soumis à la Diète de Prusse un mémoire sur 
les dégâts causés par les Russes dans la Prusse orien- 
tale (districts de Gumbinnen et d'Allenstein). Ces dégâts 
sont estimés à 35o millions de marks, plus i milliard de 
dégâts dans les maisons (?). 

Pai'lant à Washington, Wilson dit que les États- 
Unis sont prêts k faire partie de l'alliance des nations 
pour la défense des droits de l'humanité. 

La province de Hounan (Chine) a proclamé son 
indépendance. 

Mercredi 31 mai. — Centième jour de la bataille 
de Verdun. 

Les Français enlèvent un ouvrage allemand sur les 
pentes sud-ouest du Mort-Homme. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 147 

Furieuse canonnade dans la région de Douaumont. 

Les Autrichiens occupent Arsiero et s'avancent k 
l'est d'Asiago. 

Les Russes bombardent les positions ennemies en 
Volhynie et sur le front de Bessarabie. 

Les Alliés attaquent au sud du lac de Doiran. 

Un incendie, dû sans doute à la malveillance, détruit 
la pyrotechnie de Bucharest. 

Les deux alliés eut laissé aux Bulgares la charge des 
Balkans. Les Bulgares veulent se payer de la confiance 
qu'on leur fait {Temps). 

Bataille navale du Skagerrak ou de Horn Rifffvoir les 
détails dans le Journal de Genève du ii juin). Une 
escadre de croiseurs anglais combat, non sans pertes 
graves, la flotte allemande de haute mer ; l'arrivée de 
la grande flotte anglaise, à la tombée de la nuit, met 
les Allemands en fuite. Gomme l'amirauté anglaise 
avoue des pertes, tandis que les Allemands commen- 
cent par dissimuler les leurs, le bruit se répand que 
les Anglais ont eu le dessous. En réalité, les pertes alle- 
mandes sont notablement plus fortes (i8 contre i4), 
les Anglais n'ayant perdu que des croiseurs et des 
contre-torpilleurs, mais aucun grand cuirassé de combat. 

Un avion anglais, parti de Farnborough, atterrit à 
Lille, le pilote ignorant la géographie. 

Pendant le mois de mai, les Allemands ont perdu 
cinquante-huit avions, les Alliés quarante. 

Le Gouvernement met sous séquestre la récolte hon- 
groise. 

L'Angleterre achète, pour une année, le produit 
complet des pêches en Norvège. 

Au Reichstag, le conservateur Graafe attaque vive- 
ment le Gouvernement, qu'il accuse de faiblesse ; c'est 
la thèse nouvelle des Junkers, des pangermanistes et 
des Tirpitziens. 

Faute d'essence, l'Allemagne interdit la circulation 
des automobiles privés, même diplomatioues. 

Une dépêche de Londres au Journal de Genève pré- 
tend que Bcthmann-Hollweg, d'accord avec Gérard et 



148 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Wilson, élaborerait un projet de paix, rendant l'Alsace- 
Lorralne à la France. Rien de moins vraisemblable. 

Le total des pertes allemandes avouées atteint 
2.940.000 hommes, dont 742.500 tués. 

Une nouvelle note mexicaine demande le retrait des 
troupes américaines du territoire mexicain. 

Huit provinces chinoises sur dix-huit sont en état de 
révolte. 



JUIN 



Jeudi 1" juin. — Violent combat sur le saillant 
d'Ypres ; les Allemands pénètrent sur quelques points 
dans les tranchées anglaises. On parle d'une offensive 
allemande préparée sur ce front parla concentration de 
troupes entre Tournai et Baisieux, du 21 au 27 mai. 

Les Allemands pénètrent dans nos tranchées de pre- 
mière ligne entre le fort de Douaumont et l'étang de 
Vaux; ailleurs, ils sont repoussés. 

Times : « La résistance résolue de nos alliés, la valeur fa- 
rouche avec laquelle ils défendent chaque pouce de terrain, 
la rapidité et le succès de leurs contre-attaques ont soulevé 
l'admiration et provoqué les hommages de tous. La France, 
à Verdun, supporte tout le poids de la guerre et, bien que 
ses sacrifices y aient été lourds, ses soldats y ont acquis une 
gloire impérissable. » 

« Les Allemands sont prisonniers de leur offensive devant 
Verdun. » (Commandant de Civrieux, Matin.) 

Les Alliés ont occupé les fronts de la Struma, prolon- 
geant leurs lignes avancées en Macédoine. 

New-York Times : « Le Roi a conduit le peuple grec de 
honte en honte. Mais si le peuple s'éveille, certaines ques- 
tions constitutionnelles et même dynastiques pourraient bien 
être réglées. » 

Pendant le mois de mai, les sous-marins ou torpilles 
ont coulé 56 navires de l'Entente (ii8.5oo tonnes). 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 149 

Des avions allemands tuent i8 civils k Bar-le-Duc. 
Liebknecht a été approuvé par ses électeurs de Pots- 
dam. 

Obsèques nationales de Gallieni. Le ministre de la Guerre 
dit : « Le peuple de France qui vous aimait a reçu mandat 
de sauver la civilisation et la liberté. Gomme vous, ce 
mandat, il le remplira jusqu'au bout. » 

Les autobus reparaissent sur les boulevards. 

Dans la Bibliothèque universelle (Lausanne), Lorenzo 
d'Adda estime que les Allemands ont 119 divisions à 
l'ouest, 49 sur le front russe, 3 au sud du Danube. Les 
Autrichiens ont 34 divisions face à la Russie et 38 oppo- 
sées à l'Italie . Les Turcs ont 52 divisions, les Bulgares 1 2 . 
Lorenzo d'Adda estime que les 49 divisions allemandes 
sur le front russe forment un rideau trop faible (760 
hommes par kilomètre). 

Alhenœum, ler juin, p. 3o3 : « Nous sommes aujour- 
d'hui confrontés avec les résultats effroyables d'un christia- 
nisme purement nominal, sans aucune pensée de vivre en 
accord avec les idées attribuées au Christ. » 

Vendredi 2 juin. — Une lutte d'une violence 
inouïe se poursuit sur la rive droite de la Meuse. 
Refoulés devant le fort de Vaux, qu'ils cherchent à 
enlever à tout prix, les Allemands pénètrent dans le 
village de Damloup, puis dans le fossé nord du fort de 
Vaux, qui se trouve attaqué de trois côtés. 

Rousset, Liberté : « Nous voici donc revenus à peu près, 
sur la rive droite de la Meuse, à la situation d'il y a un 
mois, avant la reprise de la partie sud du bois de la Cail- 
lette. Il serait puéril de nier la valeur du fait. » Rousset 
demande avec instance une diversion. 

Une nouvelle armée italienne, formée depuis le 
22 mai, attendant les Autrichiens dans la plaine de 
Vicence (Temps, i" juillet), ceux-ci renoncent à leur 
marche en avant ; les Italiens attaquent à leur tour et 
reprennent Belmonte au nord-est du mont Asiago. 

Après une bataille de trois jours, les Turcs se sont 
retirés à l'ouest de Revanduz. 



150 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Con^é est donné aux écoles allemandes pour le 5, à 
l'occasion de la prétendue victoire navale. 

Dans la nuit du 2 au 3, la flotte russe bombarde 
Bourgas où les Allemands montent des sous-marins. 

La Hollande prohibe l'exportation du bétail. 

Samedi 3 juin. — Violents combats au sud-est 
d'Ypres ; les Allemands s'avancent à travers les lignes 
anglaises vers Zillebeke, mais sont repoussés par une 
contre-attaque des Canadiens. 

De nouvelles attaques allemandes contre le fort de 
Vaux ont échoué. 

L'offensive russe sur le front autrichien s'annonce 
par un violent bombardement. 

Les Russes battent les Turcs près de Hanekin, à i3o 
kilomètres nord-est de Bagdad. 

Le général Sarrail proclame l'état de siège dans la 
zone occupée par les armées alliées ; les bureaux de 
police, les chemins de fer, les postes, le gaz, etc., ont 
été occupés. 

Le ministre de France à Athènes confère longuement 
avec Skouloudis. Il est établi que la légation d'Alle- 
magne h. Athènes organise des manifestations pro- 
germaniques que le Gouvernement tolère. 

Un officier allemand, parlant près de Bar-le-Duc à 
un officier français, dit que la plaine hongroise est le 
grenier des empires du centre et que, si l'Autriche était 
envahie, l'Allemagne devrait céder devant la famine 
(Liberté, 21 juin). 

A minuit, l'heure légale en Italie a été avancée de 
Go minutes. 

Le Bazar des Alliés, au Parc central à New-York, a 
rapporté 5 millions. 

Dimanche 4 712222. — Dans la soirée et la nuit, des 
attaques furieuses au nord-ouest du fort de Vaux sont 
arrêtées, ainsi que des assauts contre le fort et le village 
de Damloup. 

Dans les Vosges, à l'ouest de Carspach, les Allemands 
ont pris trois éléments de tranchées, mais en ont été 
chassés par une contre-attaque. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 151 

L'offensive russe se dessine depuis le Pripet jusqu'à 
la frontière roumaine. L'artillerie russe démolit les 
ouvrages et abris ennemis. Le succès le plus important 
a été remporté à Olyka, au nord-ouest de Rovno 
(Volhynie). Les Russes ont fait iS.ooo prisonniers. 

Des bombes allemandes font six victimes à Toul. 

La Nouvelle Presse libre (Vienne) fait l'éloge du 
courage français et exhorte le peuple à pratiquer cette 
vertu en renversant le Gouvernement et en provoquant 
une cinse présidentielle. 

Daily Mail : « Un assassin a essayé de poignarder l'Eu- 
rope ; nous ne connaîtrons pas de repos avant d'avoir 
arraché le poignard de ses mains. » 

Temps : a La seule paix durable sera celle qui sera 
dictée à rAUemague battue. Toutes les autres auraient pour 
mesure le délai nécessaire aux Germains pour préparer une 
seconde agression. » 

Lundi 5 juin. — Bombardement continu du fort de 
Vaux. Deux attaques de nuit entre Vaux et Damloup 
sont repoussées. 

Les Autrichiens reculent ou sont contenus partout, 
sauf dans la région du Pasubio, oij ils ont progressé. 

L'offensive russe se poursuit avec éclat (25.5oo pri- 
sonniers, 27 canons, 5o mitrailleuses). On constate 
à Insprûck que des trains de troupes partent du 
Trentm vers la Galicie. 

Lord Beresford affirme que la bataille du Skagerrak 
a été une grande victoire pour les Anglais, car l'Angle- 
terre, qui possède des croiseurs en nombre, n'a pas 
perdu un seul cuirassé. 

Le croiseur Hampshire, ayant à bord Kitchener et 
son état-major, se rendant à Arkhangel, est coulé et 
perdu corps et biens, à l'ouest des îles Orkney, par 
une mine flottante (?). Il n'y a qu'une douzaine de survi- 
vants. Profonde émotion en Angleterre. 

Depuis le milieu d'avril, les Belges ont gagné 200 kilo- 
mètres carrés dans l'Afrique orientale allemande. 

Le mark perd 21, 35 en Suisse, le franc 11,10. 

Cartes de viande à Berlin (i5o grammes par jour, sauf 



152 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

deux jours sans viande). Au Wurtemberg, la ration de 
viande quotidienne est abaissée de i6o à i4o grammes. 

Un recensement fait à Reims accuse moins de 
20.000 habitants, dont lo.ooo femmes et 4-ioo enfants. 

Bethmann-Hollweg prononce au Reichstag un grand 
discours plein des contre-vérités habituelles. L Alle- 
magne a voulu la paix, elle a été forcée à la guerre 
par la Russie. Les puissances de l'Entente s'obstinent 
à ne pas regarder la carte, à ne pas se reconnaître vain- 
cues ; mais les Allemands ne veulent signer la paix 
qu'en vainqueurs. « Nous ne craignons ni la mort ni le 
diable. Il y a des privations, je le dis ouvertement, 
même à l'étranger, mais nous savons les supporter. 
Un ciel favorable mûrit une bonne moisson. La victoire 
navale du i^"^ juin est d'un heureux présage pour l'ave- 
nir. L'Allemagne rouvrira les mers fermées par l'Angle- 
terre et assurera la liberté des petites nations. » 
{Applaudissements frénétiques.) 

Rousset, Liberté : « L'action germanique, à la fois si vio- 
lente et si diffuse, semble devoir provoquer une prochaine 
et vive réaction. » 

Mort de Yuan Chikai, président de la République 
chinoise. 

Mardi 6 juin. — A la suite d'explosions de mines, 
les Allemands pénètrent dans les premières lignes 
anglaises entre Hooghe et le canal Ypres-Comines. 

Une puissante attaque allemande sur le fort de Vaux 
est brisée par nos feux. Le bombardement se poursuit 
avec une extrême violence. 

Les Autrichiens avouent avoir reculé de 5 kilomètres 
au sud du Dniester, près d'Okna. 

L'offensive russe a devant elle 4o divisions d'infan- 
terie, dont 2 allemandes, et lo divisions de cavalerie. 

Vers Erzindjan, les Russes repoussent une forte of- 
fensive turque. 

Le Gouvernement grec proteste contre l'établissement 
de la loi martiale à Salonique ; l'Entente met le littoral 
grec en état de blocus. A la Chambre grecque, Skou- 
loudis s'élève contre les reproches faits à son gouver- 



1 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 153 

nement de léser les intérêts militaires de l'Entente. Le 
fait que la garnison du fort Rupel a tiré sur les Bul- 
gares (comédie ?) prouve qu'il n'existait aucun accord 
entre eux et le Gouvernement grec. 

Schroeder (Telegaaf) se moque des prétentions 
allemandes à une victoire navale et demande quand un 
« grand vainqueur » a pris la fuite. 

« L'Allemagne cherche à provoquer des interventions paci- 
flques. Elle entend traiter en vainqueur. Elle a besoin de 
manifester sa puissance. De là, le grand branle-bas sur terre 
et sur mer. » (Temps.) 

Mercredi 7 juin. — Vers le point du jour, le fort 
de Vaux, avec lequel aucune liaison n'était plus pos- 
sible, tombe aux mains des Allemands. 

Les Autrichiens renforcent leur front russe; leurs 
attaques se multiplient dans le Trentin. 

La victoire russe sur le front Olyka — Mlynovleura valu 
4i.ooo prisonniers, 77 canons, i34 mitrailleuses; sur 
certains points, les Autrichiens ont reculé de 20 kilo- 
mètres. 

Les Russes reprennent Lutsk. 

Journal de Genève : « Pour le lecteur attentif, éloigné de 
l'atmosphère surchauffée du Parlement, le discours de Beth- 
mann-Hollweg est un tableau saisissant de la phase difficile 
et de plus en plus tragique que l'Allemagne traverse à cette 
heure. » 

Jeudi 8 juin. — Attaques violentes à l'est et à 
l'ouest de la ferme de Thiaumont. Entre cette ferme et le 
bois de la Caillette, les Allemands ont pénétré dans une 
tranchée. 

« La perte du fort de Vaux est regrettable, mais elle est 
loin de mettre Verdun en danger; derrière cet ouvrage se 
trouvent encore de très solides lignes de défense. » (Temps.) 

Les Italiens perdent un peu de terrain vers Asiago. 

Des renforts allemands arrivent du nord sur le front 
autrichien de Galicie. Les Russes passent la Strypa 
et atteignent la Zlota ; ils ont déjà 66.000 prisonniers. 

L'Allemagne se décide à avouer la perte des vais- 



154 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

seaux Lûtzoïo et Rostock (dans la bataille du Skager- 
rak), jusque-là dissimulée (,( pour des raisons mi- 
litaires D. On en conclut que les Allemands, pour des 
raisons de cette sorte, ne cessent de mentir. 

Vendredi 9 juin. — L'artillerie française canonne 
à son tour le fort de Vaux. Les Allemands commencent 
à bombarder les secteurs de Souville et de Tavannes. 

Grande bataille sur le plateau des Sept-Communes; 
on dit que les Autrichiens ont 4oo.ooo hommes et 
2.000 canons. Les Italiens ne cèdent pas. 

Les Russes, ayant forcé le passage du Styr k Lutsk, 
enlèvent la tête de pont de Rojistche (vole ferrée de 
Rovno-Kovel). La largeur de la trouée russe dépasse 
5o kilomètres. 

Quelques troupes russes ont violé par mégarde la 
frontière roumaine ; la presse allemande essaie de 
grossir cet incident. 

L'artillerie germano-bulgare bombarde le front fran- 
çais de Macédoine. 

Aucun navire n'a quitté le Pirée. L'armée grecque 
se concentre à Volo. Le Gouvernement proteste contre 
le blocus et nie avoir traité avec les Bulgares. Le Roi a 
signé le décret de démobilisation des classes 1892-1908, 
mais on a des doutes sur la prompte exécution de cette 
mesure. 

Le Reichstag s'ajourne au 26 septembre. 

Le général Douglas Haig déclare qu'il attaquera à 
son heure, sans se soucier de répondre au sentiment 
populaire qui devient impatient. 

Samedi iO juin. — Rousset affirme, de source 
sûre, que les pertes allemandes devant Verdun attei- 
gnaient, à la fin de mai, 45o.ooo hommes. 

Le commandant du fort de Vaux, Raynal, est pri- 
sonnier à Mayence ; il a conservé son épée et ses déco- 
rations. 

L'offensive italienne se dessine de l'Adigek laBrenta. 

Les Russes poursuivent activement leurs avantages 
aux deux extrémités de leur front, dans la région de 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 155 

Lutsk et au nord du Dniester. Les Autrichiens ont 
évacué la rive orientale de la Strypa. Une violente 
bataille est engagée au nord de Czernovitz. Les Autri- 
chiens disent avoir refoulé les Russes à l'est de Kolki 
et repris une hauteur au nord de Tarnopol. 

Le butin russe s'élève actuellement à io5.ooo prison- 
niers et 100 canons. 

Les Turcs attaquent sans succès vers Platina, à 
20 kilomètres à l'ouest de Trébizonde. 

Prévenant les Bulgares, les Alliés ont occupé Thasos. 

Trois barques anglaises, chargées de munitions, sont 
coulées dans le Tigre par l'artillerie turque. 

Des avions français bombardent le fort de Rupel 
(Macédoine). 

A la suite d'un vote défavorable k la Chambre ita- 
lienne, le cabinet Salandra — Sonnino donne sa démis- 
sion. 

Un conseil de guerre des Alliés, auquel assistent 
Joffre et Briand, se réunit à Londres. 

Au Landtaa de Prusse, on retire la parole au socia- 
liste Strœbel pour avoir dit que le Gouvernement 
trompait le peuple sur la situation économique et mili- 
taire. 

Les paris pour Wilson sont à 3 contre i ; Roosevelt 
a déclaré qu'il se retirait de la lutte pour la prési- 
dence. 

Dimanche 11 juin. — Bombardement intense 
d'Ypres. 

Les Italiens avancent sur toute la ligne. 

Violentes attaques allemandes sur le front de Jacob- 
stadt, au sud du lac Drisviaty et au sud de Krevo ; elles 
sont contenues ou repoussées. 

Les Autrichiens battent précipitamment en retraite 
au sud de Lutsk sur le front de l'Ikva. L'État-major 
autrichien avoue que, devant des forces très supérieures, 
les armées ont dû « rompre le contact et se replier ». 
On admire cet euphémisme nouveau. 

Bombes d'avions autrichiens sur Vicence, Venise et 
Mestre. 



156 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

L'agence Wolff prétend que les rations de pain, de 
viande et de beurre ont été augmentées k Berlin. 

Lundi 12 juin. — A la suite de violentes attaques 
à l'ouest de la ferme de Thiaumont, les Allemands ont 
pénétré dans quelques éléments sur les pentes est de la 
cote 321 (i.5oo mètres au nord de la côte de Froide- 
Terre). 

Les Italiens ont repris d'assaut la ligne Parmesan — 
Rio-Romini. 

Les Allemands de Linsingen, arrivés au secours des 
Autrichiens, ont obligé les Russes à repasser le Styr. 

Un individu, probablement de la police, menace le 
roi de Grèce au Stade, ce qui donne lieu à des démons- 
trations antivénizélistes. Des manifestations injurieuses 
pour les Alliés ont lieu à Athènes. La démobilisation, 
décidée en principe, ne se fait pas. 

On remarque qu'aucun des souverains alliés de l'Al- 
lemagne n'a félicité Guillaume II de sa prétendue 
(( victoire navale ». 

On parle de troubles graves à Magdebourg. 

Le Bundesrat a créé des cai^tes d'étoffe ; les étoffes 
existant en stock sont réquisitionnées. 

Dans l'état actuel des dépenses, l'Allemagne et l'Au- 
triche, pour payer les intérêts de leurs dettes, devront 
augmenter leurs budgets de 6 milliards 5oo millions et 
de 5 milliards, ce qui est jugé impossible aux Etats- 
Unis. 

Mardi 13 juin. — Les Canadiens ont repris les 
tranchées perdues au sud-est de Zillebeke. 
Fejler écrit (Journal de Genève) : 

« Le point d'appui de Souville commande celui de Vaux ; ce 
dernier n'a de valeur qu'autant que le terrain peut être uti- 
lisé, et il ne peut l'être que lorsque le point d'appui de Sou- 
ville aura subi le sort de Vaux... Autant qu'on peut en 
juger par les apparences, la bataille de Verdun aura été une 
des lourdes fautes de l'Elat-major impérial. » 

Les Russes prennent Zaleszyki et Sniatyn. On se bat 



i 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 157 

avec acharnement au nord de Buczacz et près de Gzer- 
novitz. 

Les Anglais entrent à Kerman (Perse). 

Les Arabes s'emparent de La Mecque. 

Un convoi de navires allemands escortés par un croi- 
seur et trois torpilleurs est attaqué par six torpilleurs 
et trois sous-marins russes dans la Baltique ; les Alle- 
mands perdent deux navires, dont le croiseur. 

L'Allemagne affirme officiellement que le Tubantia 
a été coulé par une torpille perdue, lancée le 6 mars 
contre un torpilleur anglais qu'elle manqua. 

Un avion ennemi bombarde le Sérapéum et le canal 
de Suez, sans causer de dégâts. 

On signale sur le front italien un moine aumônier qui 
s'empresse autour des mourants et passe pour invulnérable. 
Le bruit se répand que c'est saint Antoine de Padoue ressus- 
cité (Journal de Genève). 

Mercredi 14 juin. — Les Italiens progressent à 
l'est de Monfalcone et au sud de San-Antonio (5io pri- 
sonniers). 

Violent bombardement bulgare vers Kilindir. La 
chaleur est excessive en Macédoine. 

Des avions autrichiens survolent Padoue ; peu de 
dégâts. 

A 1 1 heures du soir, l'heure française est avancée 
de 60 minutes (économie d'éclairage). 

Ouverture à Paris de la conférence économique des 
Alliés. 

Asquith, parlant en Ecosse, dit que le concours des 
forces britanniques a été offert à Jotl're. 

Des orages et le froid ont endommagé les récoltes en 
Allemagne. 

Pour la première fois depuis 1870, le drapeau ponti- 
fical flottera sur un navire — le vapeur espagnol 
Nuncius, transportant à Buenos-Ayres le nouvel inter- 
nonce. 

Jeudi 15 juin. — Les Français enlèvent i kilo- 
mètre de tranchées sur les pentes sud du Mort-Homme. 
Trois violentes attaques allemandes sont repoussées. 



158 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

De fortes attaques autrichiennes, dirigées sur Sera- 
valle, Coni-Zugna et le plateau d'Asiago, sont repous- 
sées. 

On dit que 60.000 Allemands ont quitté la Belgique 
pour le front oriental, où se portent également les deux 
dernières divisions allemandes de Bulgarie. 

Sur le littoral, les Turcs prennent Serpul, mais en 
sont délogés aussitôt. 

L'Autriche appelle la classe de 1919. 

On saisit, en Allemagne, même chez les particuliers, 
le cacao et le chocolat dépassant 25 kilos. 

Les prisonniers allemands, interrogés par les Russes, 
appellent les Autrichiens « nos misérables alliés ». 

Des magasins sont mis au pillage à Kiel. 

A cette date, un mineur de Westphalie écrit à un ca- 
marade sur le front que la pluie a gâté les récoltes et il 
ajoute : « Je crois que les Anglais ont acheté le bon 
Dieu avec de l'argent. » (Lettre trouvée sur un prison- 
nier, Temps du 20 juillet.) 

Première séance secrète de la Chambre française. 

Dans la Nation de New- York, S. Reinach dénonce le 
danger mortel que fait courir à la civilisation la science 
mise au service de l'esprit de destruction sans scrupule; il 
demande rorganisation d'une police internationale, aux 
ordres de la Conférence permanente de La Haye, qui dispo-, 
serait seule des moyens de destruction les plus redoutables, 
dont la fabrication serait prohibée ailleurs et dont les engins, 
actuellement en service, devraient être Ii\Tés à La Haye par 
toutes les puissances. Des projets analogues ont été exposés 
en 1914, avant la guerre, par Wells (The world set freé) et 
récemment par Vandervelde, à Rouen (28 mai). 

Vendredi Î6 juin. — Les Allemands font de vains 
efforts pour reprendre les tranchées perdues au sud du 
Mort-Homme. 

On publie une lettre d'un officier allemand d'où il 
résulte que l'offensive allemande devait avoir lieu plus 
au nord que Verdun et que l'insistance du Kronprinz est 
seule cause que des masses de troupes fraîches ont été 
amenées contre cette place. 

Succès italien sur le plateau des Sept-Communes. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 159 

Une attaque autrichienne a atteint le sommet du mont 
Lemerle, mais en a été délogée. 

Contre-attaques autrichiennes sur le Styr. Les Russes 
occupent Radzivilov. Vifs combats sur la Strypa et 
dans les faubourgs de Czernovitz. Les Russes ont 
actuellement 167.000 prisonniers. 

Le X^ corps allemand arrive à Vladimir-Volynski. 

Un contre-torpilleur anglais est coulé dans la Manche 
par un navire de commerce allant au Havre. 

Les Anglais bombardent la côte près d'Ostende. 

Deux vapeurs allemands sont coulés dans la Baltique. 

Bombes d'avions sur Bar-le-Duc (4 tués). 

La Reichspost raille le discours de Vandervelde à 
Rouen : c'est pai-ce que la science allemande s'est mon- 
trée si supérieure à celle de l'Entente que Vandervelde 
parle d'enchaîner la science. 

La nouvelle base navale russe de Kilden, sur la côte 
de Murmane, est terminée; le port, libre de glaces, est 
relié par une voie ferrée à Murmane. 

Les Mexicains menacent les États-Unis de la guerre. 

Samedi 11 juin. — De fortes attaques allemandes 
sont repoussées sur nos nouvelles positions du Mort- 
Homme, le nord de ïhiaumont et les abords de la 
cote 320. Lutte d'artillerie très vive au nord de Souville. 

L'offensive autrichienne reprend avec violence au 
sud-ouest d'Asiago. 

Combats sanglants à l'ouest de Lutsk et dans la 
région de Buczacz. Le X^ corps allemand, arrivé la 
veille, attaque les Russes à Kiselin et est repoussé. 

Les Russes, après un combat acharné, occupent 
Czernovitz. 

Nombreuses contre-attaques allemandes sur tout le 
front russe ; parmi les prisonniers, on a reconnu des 
Allemands ramenés du front français. 

Les Russes se servent de gaz asphyxiants. Un offi- 
cier autrichien, dans la Gazette de Voss, se plaint qu'on 
fasse usage « d'une arme aussi lâche ». 

Jusqu'à ce jour, les Russes ont pris 173.000 hommes, 
iq8 canons et 35o mitrailleuses. 



160 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

La famille royale de Grèce s'installe k Décélie 
(Tatoï). 

Un haut fonctionnaire allemand aurait dit : « Le rôle 
de la Grèce est d'agacer les Alliés, sans se déclarer ou- 
vertement. » (Journal de Genève.) 

Deux bombes d'avion sur Nogent^sur-Seine. D'au- 
tres avions bombardent Pont-k-Mousson, Nancy et 
Baccarat. 

Sur le front de Verdun et en Lorraine, les avions 
français abattent 7 appareils allemands. 4Des bombes 
françaises provoquent deux explosions dans les usines 
de Thionville. 

La conférence économique des Alliés a terminé ses 
travaux ; le délégué belge Brocqueville en a résumé 
l'esprit par ces mots : « Défense, oui ! Guerre, non ! » 

Une usine de saucisses et de viandes conservées k 
Halberstadt a été la proie des flammes ; de grands stocks 
ont été détruits. 

Vendredi et samedi, troubles violents k Munich; on 
remarque que des soldats y prennent part {Journal de 
Genève, 27 juin). D'autres manifestations se produi- 
sent à Aix-la-Chapelle. 

Dimanche i8 juin. — Elchecs d'attaques aile- J 
mands k Lihons et au nord de la cote 821 devant 
Verdun. 

La démobilisation des réservistes athéniens a com- 
mencé. 

Bombardement, par des avions français, de la gare et 
des casernes de Vouziers. 

Ministère Boselli-Bissolati-Sonniao k Rome. 

Mort de Helmuth de Moltke k Berlin, au cours d'un 
service funèbre en mémoire de von der Goltz. 

Manifestations tumultueuses k Dublin, où l'on déploie 
le drapeau républicain en tête d'un cortèae. 

Ahmed Riza arrive à Lausanne ; il est nien reçu par 
la colonie arménienne, parce qu'il a pi'otesté au Sénat 
turc contre les massacres d'Arménie. 

Lundi 19 juin. — Trois nouvelles attaques au nord- 
ouest de Thiaumont sont repoussées. 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 161 

Les Russes progressent de 3o kilomètres au delà de 
Czernovitz ; ils passent le Pruth et marchent vers le 
Sereth. Une attaque autrichienne, au sud-est de Loka- 
tori (région de Rogoviczi), enfonce une troupe russe et 
lui prend 3 canons, que reprend une contre-attaque, 
avec 3oo prisonniers. Des renforts allemands très 
nombreux, venant de tous les fronts, se concentrent 
vers Baranoviczi. 

Les Russes ont 176.000 prisonniers, 274 canons, 
43o mitrailleuses ; les pertes autrichiennes dépassent 
Soo.ooo hommes. L'artillerie russe paraît supérieure à 
celle des ennemis. 

Les Etats-Unis envoient une note sévère à l'Autriche 
au sujet de l'attaque du bateau-citerne américain 
Petrolitè par un sous-marin qui s'est ravitaillé k ses 
dépens. 

Grrave incendie aux docks de Marseille. 

La presse italienne fait bon accueil au nouveau 
« ministère de l'union sacrée ». 

On dit que l'Allemagne convoque les jeunes gens de 
dix-sept ans. 

Le professeur Fœrster, à l'Université de Munich, 
s'explique avec franchise devant ses étudiants, donnant 
lecture de lettres d'injures, mais aussi d'adhésions que 
lui ont envoyées des soldats du front. Ses réflexions 
l'ont conduit à devenir un adversaire radical de Bismarck 
et de Treitschke ; il faut, dit-il, s'affranchir de leurs tradi- 
tions pour être à la hauteur des tâches de demain 
{Journal de Genève, 26 juin), 

Garranza adresse une sorte d'ultimatum aux États- 
Unis ; Wilson répond que les r-jtats-Unis ne retireront 
leurs troupes que lorsque les bandes mexicaines auront 
été capturées et les dommages causés par elles aux ci- 
toyens américains réparés. Le Gouvernement demande 
à la commission militaire de la Ghambre le droit d'em- 
ployer les milices en dehors du territoire. 

Mardi 20 juin. — Échec d'une attaque allemande 
au sud de Berry-au-Bac. 

Combats acharnés sur le Styr ; l'aile gauche russe 

114. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 11 



162 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

traverse le Sereth. Dans la nuit, une offensive allemande 
au sud de Smorgoni est repoussée. 

Le général Vechovitch, ancien ministre de la Guerre, 
est à la tête d'une insurrection au Monténégro. Les 
Autrichiens mettent sa tête à prix. 

Dans la nuit du 20 au 21, les avions français jettent 
210 obus sur la gare d'Arnaville et 276 sur les établis- 
sements militaires de la gare de Metz. 

Un aviateur français, parti de Nancy, survole Berlin, 
y jette des liasses de proclamations pour apprendre la 
vérité aux habitants et se voit forcé d'atterrir à Cholm, 
après avoir parcouru i.3oo kilomètres; il est prisonnier 
des Autrichiens. 

L'Allemagne fait .savoir à la Suisse que si elle ne lui 
livre pas les produits achetés pour elle en Suisse et 
séquestrés en vertu d'une ordonnance sur l'accapare- 
ment, elle ne lui enverra plus les produits de son sol, 
notamment le charbon. Le charbon allemand ne peut 
être remplacé en Suisse par le charbon anglais, qui 
coûterait cinq ou six fois plus cher. Cette menace de 
l'Allemagne constitue un chantage. Il s'agit d'obliger la 
Suisse k la ravitailler. Une délégation suisse part pour 
Paris afin de chercher une solution k cet incident. 

Le mark perd aux Etats-Unis 21^09, le franc 14^28. 

Les nouvelles des récoltes austro-allemandes ne sont 
pas bonnes, sauf pour les fourrages. 

Gazette de Cologne : « Nous traversons actuellement la 
crise intérieure que nos ennemis attendent depuis le com- 
mencement de la guerre. » 

Une lettre écrite de Berlin k un soldat du front se ter- 
mine ainsi : « Prends patience, nous réglerons cela au 
dernier jour; l'Allemagne connaîtra aussi sa révolution. » 
{Liberté, 4 août.) 

On croit k New-York qu'il y a des officiers allemands 
dans l'armée mexicaine et cjue des munitions sont four- 
nies au Mexique par des maisons allemandes de l'Amé- 
rique du Sud. 

Un réserviste d'un régiment d'infanterie, disparu 
depuis août 1914» est revenu k Eymoutiers, son pays, 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 163 

amputé d'une jambe. Il déclare qu'il n'a jamais pu 
donner de ses nouvelles et qu'un grand nombre de pri- 
sonniers (malgré les affirmations contraires de l'Alle- 
magne) se trouvent dans le même cas (Temps du 21). 

Mercredi 21 juin. — Encore deux assauts alle- 
mands à l'ouest et au sud du fort de Vaux et un sur les 
tranchées sud du Mort-Homme. 

Le correspondant de la Gazette de Voss rend hom- 
mage au moral des troupes françaises, d'après les lettres 
trouvées sur les prisonniers faits devant Verdun. 

Bataille sur le front de Dvinsk, sur le canal Oginsky 
et près de Radzivilov. Près de Kiselin, le X= corps 
allemand est retiré du combat ; il a perdu les trois quarts 
de ses officiers et plus de la moitié de ses elïectifs. De 
la 20' division de Brunswick (division d'acierj, il reste 
4oo hommes seulement. 

Les Russes occupent la ligne du Sereth sur 33 kilo- 
mètres et prennent Radautz. 

Les Puissances protectrices de la Grèce remettent 
une note à Athènes demandant immédiatement ; la 
démobilisation effective de l'armée ; un changement de 
cabinet; la dissolution de la Chambre et de nouvelles 
élections ; la destitution des fonctionnaires de la police 
dont les Puissances protectrices ont eu à se plaindre. 
Une escadre alliée croise devant le Pirée. La Grèce cède ; 
Skouloudis démissionne et Zaïmis forme un cabinet. 

Un sous-marin allemand arrive à Carthagène, soi- 
disant pour remettre une lettre de Guillaume II au roi 
d'Espagne et des médicaments pour les réfugiés alle- 
mands. C'est VU. 35, qui a torpillé la Provence. Il 
repart le 22 au matin, échappe à la surveillance des 
croiseurs de l'Entente et continue ses méfaits en Médi- 
terranée. 

En représailles des bombardements aériens de Bar-le- 
Duc et de Lunéville, des avions français jettent des 
bombes sur Trêves, Carlsruhe etMùllheim. À CarIsruhe 
il y a 267 victimes, dont iio morts. Aux protestations 
indignées de l'Allemagne les neutres répondent qu'elle 



164 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

a commencé ces raids quand elle a envoyé, en août 
1914, des taabes sur Paris. 

Hughes, président du Conseil d'Australie, fait un dis- 
cours au Mansion House à Londres sur les relations 
commerciales de l'Empire britannique avec les Empires 
du Centre. Il ne peut plus être question, avec ces pays, 
de relations amicales ; les résolutions de la Conférence 
de Paris devront être strictement appliquées. 

Jeudi 22 juin. — Des attaques allemandes sont 
repoussées entre Maisons-en-Ghampagne et le Mont 
Têtu. 

Formidables attaques allemandes, avec grand emploi 
d'obus lacrymogènes, sur les deux rives de la Meuse. 
Les Allemands gagnent un peu de terrain entre le bois 
de Fumin et le bois du Cliénois. Une contre-attaque 
nous rend quelques tranchées perdues. 

Progrès italiens dans le val d'Arsa ; les Autrichiens 
sont sur la défensive. 

Les Russes passent la Moldava, au sud de Gzerno- 
vitz. 

On remarque que, parmi les captures russes, il y a 
moins d'un officier pour 5o soldats. 

La famine règne à Vai'sovie, où l'on mange des 
chiens. Les Allemands interdisent tout arrivage d'ali- 
ments pour obliger les Polonais à accepter du travail en 
Allemagne. 

Le chériff de La Mecque a proclamé l'indépendance 
des Arabes; le soulèvement a commencé le 2 juin. Les 
Arabes ont pris La Mecque, Djedda et Taïf, capturant 
les garnisons turques; Médine est assiégée. 

Après sept jours de huis clos à la Chambre, le cabinet 
Briand obtient 444 voix contre 80, sur 624 votants. La 
Chambre décide de former une délégation directe qui, 
avec le concours du Gouvei'nement, contrôlera sur 
place les services qui ont mission de pourvoir aux 
besoins de l'armée. 

L'ambassadeur italien Tittoni, dans un discours à la 
Sorbonne, dit qu'il ne faut pas chercher la cause de la 
guerre ailleurs que dans l'agression de l'Autriche contre 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 165 

la Serbie; il ajoute que les précédents de la question 
serbe sont trop négligés par les historiens. 

« Sur la carte de guerre que le Chancelier prétend imposer 
au monde, nous lisons, nous Alliés, très clairement déjà, la 
carte de la paix de 1917, qui remettra l'Allemagne dans les 
limites qu'elle n'aurait pas dû dépasser et qui vengera les 
deuils et les ruines sur les dynasties responsables. » (Général 
de Malleterre, Temps.) 

Vendredi 23 juin. — Les Allemands commencent 
à attaquer la ligne principale des défenses de Verdun 
sur la rive droite de la Meuse : Thiaumont, Fleury, 
Souville, Tavannes. Ils enlèvent Thiaumont et parvien- 
nent jusqu'à Fleury, occupant aussi les trancnées de 
première ligne entre les cotes 821 et 820. Pendant la 
nuit, les Allemands ont été refoulés jusque sous Thiau- 
mont. 

Les Russes prennent Kimpolung ; les Autrichiens 
évacuent Kouty. Jusqu'à ce jour les Russes ont pris 
igS.ooo soldats, 4-ooo officiers, 289 canons, 644 mi- 
trailleuses. 

On croit que la destruction de la pyrotechnie de 
Bucharest est due à une conspiration ayant pour chef 
le ministre de Bulgarie à Bucharest, qui est parti en 
congé. 

Le croiseur auxiliaire italien Cité de Messine est 
coulé dans le canal d'Otrante. Le contre-torpilleur 
français Fourche, qui l'escortait, attaque le sous-marin 
et est coulé à son tour. 

Avions autrichiens sur Venise ; 6 victimes. 

Samedi 24 juin. — Les Anglais envoient des 
nuages de gaz contre le front allemand au nord 
d'Albert. 

Le matin, les Allemands occupent quelques maisons 
de Fleury, à 5 kilomètres de Verdun. 

Les Russes sont arrêtés en Volhynie, mais tiennent 
tête aux attaques allemandes. 

Bucharest manifeste contre le parti germanophile. 

Le roi de Grèce a signé un décret ordonnant la démo- 
bilisation générale sur terre et sur mer. 



166 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Succès anglais sur la rivière Lukigura (Est afincain 
allemand). 

A Leipzig, la foule pille 800 boutiques, boulangeries 
et boucheries; des soldats tchèques tirent sur les émeu- 
tiers. D'autres pillages se produisent à Nuremberg. 

La Hollande fournit 2.000 chevaux à l'Allemagne. 

La Volkszeitung de Leipzig dit que les résolutions 
de la Conférence de Paris sont une nouvelle provocation 
à une guerre à mort. 

Maximilien Harden écrit dans la Zakanft : 

« Qui est vaincu? Est-ce l'Angleterre? Est-ce la France qui, 
depuis 1914, conserve ses positions essentielles? Les Alle- 
mands qui ne veulent pas s'illusionner peuvent-ils considérer 
les Russes comme battus, au lendemain de leurs grands 
succès d'Arménie et de Galicie ? En nourrissant le peuple de 
la superstition dans nos victoires, on affaiblit la force offen- 
sive et défensive dont nous aurions encore besoin... Nos 
ennemis écoutent à droite et à gauche; ils n'arrivent jamais 
à percevoir la vraie voix du peuple allemand, mais seule- 
ment la voix de quelques agités qui crient très fort derrière 
le berger. Si nos ennemis entendaient jamais ce que désire 
non pas Pierre et Paul, mais le peuple allemand, nous 
serions plus près de la paix. » 

Dimanche 25 juin. — Des troupes anglaises en re- 
connaissance pénètrent sur dix points du front alle- 
mand. L'artillerie est très active de part et d'autre. On 
parle de singulières lueurs bleues aperçues d'Amiens 
dimanche soir vers le nord-est (Temps du 29, avec cou- 
pures) ; ce sont des fusées qui détruisent des ballons 
captifs allemands. 

Une attaque allemande à l'ouest de Thiaumont est 
repoussée. On se bat dans le village de Fleury. Les 
Allemands bombardent avec intensité la côte de Froide- 
Terre. 

Les Autrichiens commencent leur repli dans le 
Trentin, poursuivis par les Italiens qui sont rentrés à 
Asiago. Les Italiens reprennent pied sur le plateau des 
Sept-Communes et dépassent Matassone, à 2 kilomètres 
nord-est de Gogni-Zugna. 

Les cosaques ont passé le Dniester dans la direction 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 167 

de Buczacz et sont à 3o kilomètres de Kolomea. Les 
Russes sont maîtres de la Bukovine. Un régiment 
tchèque et un régiment hongrois se sont rendus. Les 
Autrichiens se retirent entre Kimpolung et Jacobeni. 

On assure que Djemal marche vers La Mecque ; l'A- 
rabie est en armes contre les Turcs. 

Des torpilleurs italiens échangent des obus avec la 
ville de Pirano (pointe est du golfe de Trieste). Les Ita- 
liens coulent deux grands vapeurs chargés d'armes en 
rade de Durazzo. 

Le socialiste Hermann Mûller, adhérent de Lieb- 
knecht, est élu à Breslau. 

Wilson envoie une note à Garranza, exigeant le 
désaveu de toute responsabilité dans le massacre |des 
troupes américaines à Garrizal. Il demande la mise en 
liberté immédiate des 22 prisonniers. 

Le colonel Feyler écrit que « la stratégie allemande 
n'a été qu'apparence et façade ». 

La presse française, préoccupée de la situation de 
Verdun, s'étonne que le reste du front paraisse inactif. 

Lundi 26 juin. — Action d'artillerie très vive sur 
le front anglais de La Bassée à la Somme. 

Depuis le 24 septembre i9i4) Reims a reçu plus de 
82.000 obus. 

Le communiqué autrichien dit : c( Pour nous assurer 
notre entière liberté de mouvements, notre front a été, 
par places, ramené entre le Brentaet l'Adige. Cela s'est 
fait sans être remarqué, sans gêne et sans pertes. » 

Rome, Venise et Milan pavoisent à J'annonce de la 
retraite autrichienne. 

La Roumanie rappelle six classes pour le i^"' juillet. 

Depuis quatre mois, les Turcs massacrent sans re- 
lâche les chrétiens du Liban (Temps du 27). 

Les Arabes ont pris Djeddah et se sont emparés d'une 
batterie d'artillerie, de mitrailleuses et de fusils. La 
voie du chemin de fer du Hedjaz a été détruite. 

Briand rentre à Paris, ayant passé deux jours sur le 
front anglais. 



168 CHRONOLOGIE DE LA. GUERRE 

Le procès de Roger Gasement commence à Londres. 
55.000 ouvriers se sont mis en grève en Allemagne. 

Mardi 27 juin. — Les Allemands ont déjà beau- 
coup souffert du bombardement continuel de leurs 
lignes par les Anglais et de leurs attaques sur le front 
d'Ypres. Les prisonniers disent que la Belgique sera 
le tombeau des Allemands (Uns aller Grab). 

Vifs combats k Fleury et aux abords de Thiaumont. 

Les Italiens sont maîtres de Posina et d'Arsiero. 

Dans la nuit, forte attaque allemande au sud-est de 
Riga, refoulée par les réserves russes. 

Il pleut depuis quinze jours en Pologne et les routes 
sont devenues des rivières de boue, ce qui retarde l'a- 
vance des Russes. 

La bataille continue dans le cercle de Lutsk. Les 
Russes reçoivent des renforts. 

Quelques centaines de hussards autrichiens pénètrent 
en Roumanie et y sont internés. 

Le Gouvernement hongrois ordonne de rentrer les 
moissons avant complète maturité, par crainte d'une 
invasion russe. 

L'agence Wolff oppose un démenti k l'assertion d'un 
communiqué russe, suivant laquelle les Allemands se 
serviraient de balles explosives. 

Les Italiens, partis de Valona, occupent Bérat. 

Trois avions-canons français bombardent des bateaux 
allemands sur la côte belge. 

Pertes prussiennes avouées : 2.740.000 hommes. 

Vingt-cinq mille personnes manifestent k Berlin en 
faveur de Liebknecht. 

Sazonov dit k un rédacteur du Rousskoie Slovo : 

« La mobilisation russe intervint seulement après la mobi- 
lisation autrichienne et après la mobilisation d'une partie 
considérable de l'armée allemande. L'annonce prématurée 
de cette mobilisation à la population allemande par le 
Lokal-Anzeiger est un fait indéniable. Toute l'Europe a la 
ferme assurance que l'ultimatum à la Serbie fut rédigé sous 
l'influence directe d'un des principaux diplomates de l'Alle- 
magne (Tchirsky), qu'il fut soumis à l'approbation de l'Em- 
pereur en dehors du chef de la politique allemande et que 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 169 

M. de Bethmann-Hollweg n'était pas maître dans sa propre 
maison... La guerre actuelle est due exclusivement au cancer 
du pangermanisme qui ronge l'Allemagne depuis vingt ans. 
Avant que tous les voisins de rAUcmagne soient sûrs que le 
pangermanisme, dont le militarisme prussien est l'arme prin- 
cipale, ait cessé d'être un danger mondial, aucune paix n'est 
possible entre les Alliés et l'Allemagne. » 

Rousset, Liberté : a L'unité de front commence à se réa- 
liser aux dépens de l'entreprise tudesque et un seul front, 
celui de Salonique, demeure encore silencieux. » 

Le Temps (du 28) publie une lettre de Buenos-Ayres attes- 
tant qu'en Argentine comme ailleurs le parti clérical et les 
jésuites sont germanophiles à outrance. 

Mercredi 28 juin. — Les Anglais détruisent 
méthodiquement les premières et deuxièmes tranchées 
allemandes, complétant l'action de la grosse artillerie 
par celle des gaz. Les Allemands prétendent à tort 
que les gaz anglais sont inopérants. 

En Garnie, les Italiens prennent d'assaut le Zellen- 
kofel. 

Il est avéï'é que les Allemands ont dégarni leur front 
Riga — Dvinsk et que les attaques de Hindenburg ont 
pour objet de dissimuler sa faiblesse. 

Les Allemands passent le Niémen au nord-est de 
Novogroudok et s'emparent d'un bois au sud de 
Baranoviczl. 

Bataille violente entx-e Dniester et Pruth ; les Russes 
font 11.000 prisonniers. 

La Garde prussienne est à Kovel. 

Les Russes repoussent une violente attaque turque 
vers Gumush — Hané (à 5o kilomètres au sud de Trébi- 
zonde). 

Les réservistes grecs libérés, poussés par leurs offi- 
ciers, se livrent, sur plusieurs points de la Grèce, à des 
manifestations violentes contre Venizelos, qu'ils quali- 
fient de traître à la patrie et de vendu à l'étranger. 

Les agents allemands fomentent des grèves en Rou- 
manie ; celle de Galatz a fait couler du sang. 

On annonce aux Communes que la France et la 
Grande-Bretagne ont décidé d'abroger la déclaration de 
Londres (1909). 



170 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Le ministère Boselli a été acclamé à Montecitorio ; 
on a crié aussi Vive Salandra ! et Vive Cadorna! 

Liebknecht a été condamné, par le conseil de guerre 
de Berlin, à trente mois de travaux forcés et k l'exclu- 
sion de l'armée. Une manifestation à Berlin a donné 
lieu à vingt arrestations. 

On dit à Washington que l'agent allemand von Rin- 
telen a dépensé 260 raillions pour la propagande germa- 
nique au Mexique. 

Le Journal de Genève approuve Henri Hauser d'avoir 
défini le principe des nationalités « une fausse idée claire » 
et ajoute : « Dire, comme on le fait à cette heure dans les ha- 
rangues politiques de tous les Parlements, qu'on va recons- 
tituer l'Europe suivant le principe des nationalités, c'est 
affirmer une chose contraire à la science, à l'histoire, au 
simple bon sens... Nous ne voulons connaître qu'un droit 
des nationalités fondé sur la volonté des individus. » 

Jeudi 29 juin. — Le bombardement anglais aug- 
mente d'intensité depuis Ypres jusqu'à la Somme. 
Beaucoup de ballons d'observation allemands sont dé- 
truits. 

Le Journal de Genève estime les forces anglaises en 
France à 1.200.000 fusils; le colonel Feyler, qui lésa 
visitées, écrit : « Le spectacle offert par l'équipement 
de l'armée britannique dépasse tout ce qu'on peut ima- 
giner : c'est iiTéprochable. » 

Un coup de main français vers Tahure et à l'ouest de 
la butte du Mesnil nous met on possession de quelques 
tranchées. 

Dans la soirée et pendant la nuit, très vives attaques des 
Allemands devant Verdun, avec projection de liquides 
enllammés ; à l'est de la cote 3o4, ils prennent un ou- 
vrage fortifié de notre première ligne, mais en sont 
chassés le matin par une contre-attaque. 

L'ofTensive italienne se ralentit devant la seconde 
ligne des défenses autrichiennes ; mais les Italiens 
reprennent leurs opérations sur le Carso. 

Violentes attaques autrichiennes, avec gaz asphy- 
xiants, dans la zone de San Michèle. Les Autrichiens 
avaient formé des détachements munis de massues 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 171 

armées de clous pour assommer les soldats italiens 
asphyxiés. Surexcités par celte nouvelle infamie, les 
Italiens reviennent k la charge et repoussent l'ennemi. 

On calcule que les Italiens ont repris les deux tiers 
du terrain gagné par l'offensive autrichienne. 

Quelques critiques militaires de Londres croient à 
une offensive de Hindenburg, appuyée par la flotte 
allemande qui serait à Danzig. 

Du 4 au 29 juin, les Russes ont pris 212.000 Autri- 
chiens. 

Le colonel grec Gravanis s'engage dans l'armée 
française. 

L'Adeveral proteste contre la permission donnée par 
le Gouvernement roumain d'exporter des pâtes alimen- 
taires, du pétrole, de l'alcool et du bronze. La disette 
de blé se fait sentir en Roumanie, par suite de ventes 
excessives aux Empires centraux. 

Deux torpilleurs russes s'emparent d'un grand vapeur 
allemand allant k Stettin avec une cargaison de gou- 
dron. D'autres détruisent 54 voiliers turcs sur les côtes 
d'Anatolie. 

Bombes autrichiennes sur Brescia et Bassano ; 
bombes allemandes sur Lutsk. 

Aux protestations de l'Allemagne contre le bombarde- 
ment de Garlsruhe, on répond que du 3 février au 
19 mai 191 6 les Français se sont abstenus de tout 
bombardement de ville en arrière du front ennemi, 
alors que les Allemands ont bombardé Béthune six fois, 
Amiens six fois, Gérardmer cinq fois, Lunéville neuf 
fois, etc. 

Suivant le Times, un traité secret va lier l'Allemagne 
et l'Autriche-Hongrie pour vingt-cinq ans; l'Autriche 
accepterait la tutelle diplomatique, militaire et écono- 
mique de l'Empire allemand, d'où un nouveau et redou- 
table péril pour l'Europe. 

Le Tagbiatt de Berlin est suspendu pour avoir relaté 
les manifestations (qui continuent) en faveur de Lieb- 
knecht. 

Casement est condamné k être pendu. 

Le Mexique, sur la sommation des Etats-Unis, a 



172 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

remis en liberté les Américains faits prisonniers à 
Garrizal. 

Vendredi 30 juin. — Entre Neuve-Chapelle et La 
Bassée, une reconnaissance anglaise a pu atteindre la 
ligne de soutien allemande. 

Vers 10 heures du matin, les Français enlèvent 
Thiaumont, le perdent à 3 heures, le reprennent à 
4*" 3o et le perdent encore une fois dans la soirée. 
Bombardement intense du bois Fumin et du Chénois. 
Des attaques allemandes sont repoussées k l'est et à 
l'ouest de la cote 3o4. 

Les Italiens occupent tout le Monte Majo. 

On dit à Rome que les Autrichiens ont perdu 
160.000 hommes dans le Trentin. 

L'offensive autrichienne au nord-ouest de Kimpolung 
est brisée. Les Russes prennent Kolomea. 

Jusqu'au 3o juin, les Russes ont fait 217.000 prison- 
niers. 

Un ordre du jour du ministre de la Guerre grec 
interdit aux militaires toutes manifestations politiques. 
Cela n'empêche pas les ligues de mobilisables d'en- 
voyer des télégrammes de dévouement au Roi, et des 
ligues de mobilisables vénizélistes de donner leur 
adhésion à Venizelos. 

Sur les observations de l'Entente, le Gouvernement 
grec a promis de hâter la démobilisation, qui sera 
terminée fin juillet. 

Dans la Baltique, combat entre escadrilles russes et 
allemandes. 

Au cours du mois de juin, l'Entente a perdu 61 na- 
vires, jaugeant 61.000 tonnes. 

Pendant le mois de juin, les aviateurs alliés ont 
perdu dans l'ouest 22 appareils, les Allemands 28. 

Nouvel incendie suspect à Marseille, non loin des 
dépôts d'alcool et de pétrole. 

Pertes allemandes avouées : 3.o3i.ooo hommes, 
marine comprise, dont 766.000 tués, 874.000 disparus. 

Le plus grand des égyptologues, Gaston Maspéro, 



CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 173 

meurt d'apoplexie à la fin de la séance de l'Académie 
des Inscriptions. 

Paul Fournier, dans la même séaace, a commenté une 
décision du deuxième Concile de Latran, tenu en i iSg sous la 
présidence du pape Innocent II. Le Concile prohibe l'usage, 
dans les guerres entre chrétiens, de l'arc et de l'arbalète, 
considérés comme des engins trop meurtriers. « Cette déci- 
sion fut insérée au siècle suivant dans le recueil officiel des 
Décrétales. Elle fait partie d'une série de mesures prises par 
l'Eglise pour atténuer les maux de la guerre {Trêve de Dieu). 
« Alors prit naissance un courant qui reparut à l'époque 
moderne et trouva son expression dernière dans les conven- 
tions diplomatiques méconnues et violées par nos adversaires 
d'aujourd'hui. » 

[On se demande si le Vatican ne voudra pas se montrer 
fidèle à la tradition de l'Eglise en préconisant de son côté les 
mesures de salut mondial suggérées par Vandervelde et 
d'autres (Voir plus haut, 28 mai et i5 juin).] 



NANCY, IMPI'.IMEHIK BERCKIl-LE VRA ULT — SEPTEMBRE lyl 



Chronologie 

de la Guerre 

(1- JUILLET=3I DÉCEMBRE 1916) 



Il a été tiré de ce volume cinquante-cinq exem- 
plaires numérotés, dont : 

5 sur papier du Japon (N°^ i à 5); 
5o sur papier de Hollande (A'°* 6 à 55). 



Copyright by Berger-Levrault 1917 



PAGES D'HISTOIRE — 1914-1917 



' SiiniE a, 5 

s. R. 

MEMBRE DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTES 



CHRONOLOGIE 

DE LA GUERRE 

CINQUIÈME VOLUME 

(1" JUILLET ^31 DÉCEMBRE 1916) 



Saccessa crescat honestum I 
(LucAiN, IX, 571.) 



BRAiRiE Militaire Berger-Levrault 

PARIS j NANCY 

5-7, RUE DES BRAUX-ARTS \ RUE DES GLACIS, l8 

1917 



Chronologie 

de la Guerre 

(^ JUlLLET-3! DÉCEMBRE 1916) 



JUILLET 1916 



Samedi 1" juillet. — Offensive franco-anglaise 
sur la Somme (front de 4o kilomètres). Les Français 
prennent Dampierre et Curlu, gagnant 4 kilomètres 
vers Péronne. Ils ont 3.5oo prisonniers, les Anglais 

2.000. 

A 10 hem*es du matin, les Français reprennent 
Thiaumont. 

A Salonique, des officiers grecs frappent et blessent 
le directeur du /îaof/ca/ (vénizéliste) et lacèrent un por- 
trait de Venizelos. 

Progrès austro-allemands au nord-ouest deTarnopol. 
Les Russes avancent à l'ouest de Kolomea. 

Une offensive turque se dessine vers Kerind. 

La réponse mexicaine à la note de Lansing est un 
acte d'accusation assez injurieux contre des Etats- 
Unis. 

Le capitaine Tauscher, accusé de complicité dans la 
tentative de destruction du canal de Welland, est ac- 
quitté à New-York. 



b CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Un aviateur anglais, descendant à 3oo mètres, a fait 
flamber un train entier entre Douai et Cambrai. 

Pendant le mois de juin, les pertes navales se sont 
élevées à 60 unités (io3.ooo tonnes); 5i navires ont été 
coulés par des sous-marins. L'Entente a perdu 49 na- 
vires (81.600 tonnes); c'est l'Italie qui a le plus souf- 
fert. 

La solde et les rations des soldats allemands en Bel- 
gique sont réduites ; on ne donne plus de graisse et 
seulement 260 grammes de pain par jour. 

La réclamation la plus importante de l'Allemagne, 
dans son différend avec la Suisse, porte sur i5.ooo 
balles de coton dont la Suisse prohibe la sortie (Temps 
du 3). 

Moraht écrit (Berliner Tageblatt) : a Si les Anglais 
se décident vraiment k tenter la grande offensive straté- 
gique, on peut prédire avec certitude la fin de l'armée 
continentale de l'Angleterre. » 

D'après une statistique officielle, 753 communes 
françaises ont souffert de l'invasion ; 17.000 maisons 
ont été détruites, 26.000 endommagées (lô.ooo dans la 
Marne, i3.5oo dans le Pas-de-Calais); 2.554 communes 
sont encore occupées par l'ennemi. 

Dimanche 2 juillet. — Les Français enlèvent 
un terrain fortifié à l'est de Curlu. Au nord de la 
Somme, ils pénètrent dans la seconde position alle- 
mande ; Frise et Herbécourt sont pris. Les Anglais 
prennent Fricourt. Le i*^"" et le 2, les Alliés ont fait 
8.5oo prisonniers. Le communiqué allemand reconnaît 
que, de Gommécourt à La Boisselle, l'attaque ennemie 
à obtenu quelques avantages importants. ^ 

Obus allemands sur Nancy et Belfort ; bombes d'à- | 
vions sur Lunéville. ; 

Onze des officiers grecs qui ont saccagé le Radical 
à Salonique ont été arrêtés par les autorités françaises. 

Succès russe au sud-ouest de Lutsk (8.000 prison- 
niers). 

Les Belges refoulent les Allemands, dans l'Est afri- | 
cain, vers la Rhodésie et le Mozambique. j 



JUILLET 1916 7 

Un sous-marin russe détruit un grand voilier turc 
près du Bosphore. 

On affirme que l'artillerie lourde anglaise de 2G0 et 
de 3oo est supérieure aux pièces allemandes de môme 
type. 

Les Dernières Nouvelles de Munich disent que les 
forces de l'Entente trouveront sur tous les fronts le 
double des forces dont elles disposent et qu'une attaque 
russe au nord se heurterait à une armée de millions 
d'hommes (Jnjormation du 4)- 

A Potsdam et à Brème, manifestations violentes en 
faveur de Liebknecht. 

Lundi 3 juillet. — Les Anglais entrent à La Bois- 
selle. La lutte reste très vive au sud de l'Ancre. Les 
Allemands ont repris quelques positions au sud de 
Thiepval. Les Français, au sud de la Somme, prennent 
Feuillères et Asservillers. 

Six attaques allemandes sur Thiaumont sont repous- 
sées. Une attaque allemande s'empare de l'ouvrage de 
Damloup, qui est repris aussitôt. 

Les Italiens ont gagné 5 kilomètres au nord de Goni- 
Zugna. 

La révolte s'accroît au Monténégro et gagne le nord 
de l'Albanie. 

La Roumanie prohibe les exportations pour la Turquie. 

Vers Baranoviczi, les Russes rompent deux lignes 
allemandes, faisant 2.800 prisonniers avec 11 canons. 

Les Belges attaquent sur les bords du lac Victoria et 
font prisonnier le commandant de la colonie allemande. 

Des avions français bombardent Sofia. 

Mardi 4t juillet. — Les Français prennent une 
partie d'Estrées et Belloy-en-Santerre, repoussant des 
contre-attaques. On annonce qu'un seul corps français 
a pris 3o canons. 

Nous avons reperdu Thiaumont. Les Allemands at- 
taquent violemment vers Avocourt et la cote 3o4 ; bom- 
bardement intense dans la région Thiaumont-Chénois. 

Les Italiens prennent le mont Seluggio. 



8 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Sur le Styr, k l'ouest de Kolki, les Russes font 5.ooo 
prisonniers. Ils progressent sur la voie de Kolomea à 
Delatjn. 

Devant des forces supérieures, les Russes évacuent 
Kirmanshah et se retirent dans les collines, à 80 milles 
de là, pour y passer le temps des grandes chaleurs. 

Une note modérée de Carranza écarte le danger d'un 
conflit immédiat entre les États-Unis et le Mexique. 

La presse allemande commence à manifester quelque 
inquiétude et qualille de malencontreuse l'offensive au- 
trichienne dans le Trentin. Mais on rassure l'opinion en 
parlant des sept lignes de défense allemande sur le 
front ouest. 

On commente une brochure de Bûlow, nettement 
militariste et annexioniste {Temps du 6). 

L'Allemagne, dit-on, n'achète plus de souliers en 
Suède, ne croyant pas à une campagne d'hiver. 

Le Messagero écrit que l'Allemagne doit être réduite 
à la condition d'un peuple qui ne puisse plus troubler 
les autres et qu'il faut lui « arracher les dents », la 
coudamaer au désarmement. 

Mercredi 5 juillet. — Les Anglais, après émission 
de gaz et de fumée, font des raids heureux au nord du 
canal de La Bassée et près d'Hulluch. Sur la Somme, 
ils résistent k de fortes attaques, ayant devant eux la 
Garde prussienne. 

Les Français occupent entièrement Estrées et la 
deuxième position allemande au sud de la Somme ; ils 
tiennent Hem. 

Les Allemands bombardent la cathédrale de Verdun. 
Deux corps allemands ont été prélevés sur le front de 
Verdun « pour des emplois plus impérieux » (Feyler, 
Journal de Genève du i4)- 

En Alsace, dans la région de Burnhaupt, un de nos 
détachements a pénétré dans une tranchée allemande, 
qu'il a trouvée pleine de cadavres {sic). 

Les Autrichiens évacuent en hâte le massif de Prima 
Lunetta, abandonnant munitions et vivres. 



JUILLET 1916 9 

L'agitation anti-vénizéliste prend en Grèce un carac- 
tère inquiétant. 

Un Conseil de couronne est tenu par le roi de Rou- 
manie à Sinaïa. On croit à Milan que la Roumanie est 
décidée à rester neutre. 

Dans plusieurs secteurs du front de Riga, les Russes 
ont pénétré dans les premières tranchées allemandes. 

Les Russes occupent la voie ferrée de Kolomea k 
Delatjn et mettent l'ennemi en déroute sur la rive 
droite du Dniester. En ce jour, ils ont fait lo.ooo pri- 
sonniers. 

La Turquie appelle tous les hommes de dix-huit à 
cinquante ans. 

On affirme que Zeebrugge est devenue un forteresse 
puissante, avec de nombreux navires de guerre. 

Le Gœben et le Breslaii ont bombardé Tuapse et 
Solchi, au nord de la Mer Noire. 

Gaedke (Vorioàr/s) estime qu'il y a près de i4 mil- 
lions d'hommes en présence, bien armés et équipés. 

Jeudi 6 juillet. — Des contre-attaques allemandes 
sont repoussées de part et d'autre de la Somme, mais 
elles marquent la fin momentanée de l'offensive. Les 
Anglais sont arrêtés devant Thiepval. 

Hilaire Belloc estime que l'attaque du Trentin a été 
<s un second Verdun » (Land and Water, p. g). 

Bombes d'avions sur Lure, tuant onze femmes et 
enfants. 

L'Amirauté anglaise publie un rapport sur la bataille 
du Skagerrak. Les Allemands ont perdu 6 vaisseaux de 
guerre, 5 croiseurs légers, 6 torpilleurs, 3 contre-tor- 
pilleurs, I sous-marin ; les Anglais ont perdu 6 vais- 
seaux de guerre et 8 contre-torpilleurs. 

Lloyd George succède à Kitchener comme ministre 
de la Guerre. 

On constate que les Allemands, grâce sans doute aux 
bavardages des clubs de Londi-es , savaient qu'ils 
seraient attaqués le i*"" juillet vers Albert. 

Troubles à Stuttgart ; nombreux blessés. 



10 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Des banquiers de Berlin auraient dit à un Suédois 
{Temps du 24) : 

a Nous ne pouvons tenir indéflniment, j)uis(jue nous sommes 
assiégés; mais nous combattrons jusqu'au bout et vendrons 
cîier notre vie. Nous pouvons supporter encore une campayne 
d'hiver. » On ajoute que le Gouvernement, jetant du lest, 
s'écarte de la droite pour se rapprocher des partis popu- 
laires. 

« Obliger l'ennemi à payer ce que la guerre aura coûté à 
l'Entente, à lui verser les milliards qu'il consacrait chaque 
année à ses armements, c'est le moyen — le seul moyen — 
de le river à la paix pour un siècle. La paix sera une paix 
financière, une paix de remboursement, ou elle ne sera pas. » 
{Temps du 7.) 

Vendredi 7 juillet. — Les Anglais gagnent du 
terrain vers Ovillers et prennent Contalmaison, mais ne 
peuvent s'y maintenir. 

Le mauvais temps gène les opérations sur la Somme. 
Jusqu'à présent, les Alliés ont fait 17.000 prisonniers. 

Violents combats à l'est de Baranoviczi. Les Russes 
prennent Doljitsa, sur la route de Kolki à Grouziatin. 
Les Allemands avouent avoir abandonné le secteur de 
Tsartorisk. Bothmer, qui disait avoir remporté une vic- 
toire près de Tlumacz, se retire sur la Zlota-Lipa. 

Les Russes font 800 prisonniers turcs à l'ouest d'Er- 
zeroum. 

Les Etats-Unis adressent des représentations à la 
Porte au sujet des chrétiens de Svrie dont 5o.ooo, affa- 
més par les Turcs, ont déjà péri. Ils demandent l'auto- 
risation de les ravitailler. 

Les Anglais occupent Tanga (Est africain). 

Lloyd George aura Lord Derby comme sous-secré- 
taire à la Guerre; le général Robertson devient chef 
d'Etat-major. 

Il y a en Angleterre près de 4-ooo usines fabriquant 
des munitions ; 3.5oo.ooo hommes et 666.000 femmes 
travaillent au matériel de guerre. 

Le 3 °/o français monte à 63' 5o. 

Le Neiv-York Herald commente le mot d'un officier 
allemand qui s'est rendu aux Anglais avec ses hommes, 



JUILLET 1916 11 

disant qu'il voulait garder ces soldats à son pays pour 
recommencer la guerre dans quatre ans. 

Jeudi et vendredi, troubles sérieux à Munich. 

Le professeur Glotz rappelle que, d'après Strabon, deux 
villes d'Eubée, au sixième siècle avant Jésus-Christ, s'enga- 
gèrent par traité à ne point se servir d'armes portant au 
ioin ; ce n'est donc pas l'Eglise qui a eu la première idée de 
rendre les guerres moins sanglantes par la prohibition de 
certains [engins (Voir, t. IV, '60 juin et Rev. des Etudes 
grecques, 191 6, p. log). 

Samedi 8 juillet. — Les Anglais s'emparent de la 
partie sud du bois des Trônes ; les Français prennent 
Hardecourt. Il pleut sans relâche. 

Le prince Demidov, ministre de Russie, déclare à la 
Patris que l'Entente ne veut nullement entraîner la Grèce 
dans la guerre, mais la défendre contre l'influence mal- 
saine de ses ennemis. 

Avance importante des Russes, qui passent le Stokhod 
près d'Ougly. Les renforts autrichiens dévalant des Car- 
pathes sont défaits près de Kimpolung ; les Russes 
prennent Delatjn. Du 4 au 7 juillet, entre Styr et 
Stokhod, ils ont pris 12.000 hommes, 45 canons et 
45 mitrailleuses. 

Un autre navire-hôpitalrusse a été coulé sans aver- 
tissement dans la Mer Noire (7 victimes). 

Nouvel ordre du Conseil anglais, mettant en pleine 
évidence le principe de la destination finale des mar- 
chandises. 

Lord Derby dit : « Nous battrons l'Allemagne par une 
pression incessante. Tout ce qui décime l'armée alle- 
mande fait partie de la grande poussée. » 

On lit dans le Journal de Genève : 

Il n'y a pas d'exemple dans l'histoire de l'Allemagne mo- 
derne qu'un homme d'Etat en disgrâce soit revenu au pou- 
voir. Le prince de Bùlow cependant paraît avoir le désir et 
l'espoir de rompre cette tradition. 

Un industriel venu de Cologne dit à Amsterdam : 

Dans toutes les conversations une idée domine : la colère 
rageuse contre l'Autriche qu'on accuse de gâcher la guerre 
après l'avoir exigée. 



12 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Désordres à Aix-la-Chapelle ; les uhlans chargent la 
foule. ' 

Dimanche 9 juillet. — Progrès au sud de la 
Somme ; les Français prennent Biaches et approchent 
de Barleux. 

Heureux coup de main français aux environs de 
Tahure et à l'ouest de la butte du Mesnil. 

Sur le front italien, en mai et juin, les Autrichiens 
ont perdu 180.000 hommes, dont 3o.ooo morts. 

Entre Styr et Stokhod, en quatre jours, les Austro- 
Allemands auraient perdu 4o.ooo hommes. 

Progrès russes à l'ouest de Platana, vers Gumishan 
et dans le sud du Taurus. 

Dans la nuit du 9 au 10, des avions allemands bom- 
bardent la côte sud de l'Angleterre. 

Le croiseur autrichien Novara coule deux navires 
anglais dans l'Adriatique. 

Un sous-marin russe coule, dans la Baltique, un 
navire allemand chargé de minerai de fer. 

Un sous-marin commercial allemand prend terre a 
Norfolk et part pour Baltimore. 

Après six séances secrètes, le Sénat français approuve 
la politique du Gouvernement par 25 1 voix contre 6. 

On assure, à Rotterdam, que l'opinion allemande 
est déprimée depuis quatre jours. Les pangermanistes 
s'agitent et veulent remplacer le chancelier par un 
annexioniste, Tirpitz ou Bûlovs\ 

Désordres à Cologne. 

On apprend {Débats du 10) que l'ambassadeur fran- 
çais Jusserand, revenant a Washington d'une absence 
d'un seul jour, a trouvé à l'ambassade 220.000 francs 
de dons pour la France. 

Lundi 10 juillet. — Les Anglais prennent pied dans 
le bois de Mametz et progressent à l'est d'Ovillers ; ils 
livrent des combats acharnés dans le bois des Trônes. 

Les Français prennent d'assaut la hauteur 97, au 
sud-est de Biaches. 

Les Italiens occupent le col degli San Ucelli, à la 
tète du Val de Gia. 



JUILLET 1916 13 

Les Autrichiens ont ramené des troupes sur le front 
italien. 

Les Russes combattent sur la rive gauche du Stok- 
hod. D'énormes incendies, allumés par les Allemands, 
arrêtent leur avance sur Kovel; les Allemands ont 
d'ailleurs amené sur le front une puissante artillerie. 

Un sous-marin autrichien coule un contre-torpilleur 
italien dans l'Adriatique. 

Le sous-marin commercial Deutschland est en sur- 
veillance ; il a apporté i.ooo tonnes de matières tincto- 
riales et un important courrier. Bernstorff déclare que 
ce navire n'est pas armé et qu'il vient pour embarquer 
du nickel. 

Le comte Karolyi et trois de ses amis se retirent du 
parti de l'indépendance hongroise et rejettent toute 
responsabilité de la guerre. 

Rosa Luxemburg est arrêtée à Berlin et conduite en 
prison. 

Le Temps publie une lettre d'un prisonnier français 
qui, disparu le 3 septembre 1914» n'a reçu permission 
d'écrire à sa famille que le i4 mai 191 6. 

Mardi 11 juillet. — Les Anglais reprennent 
Gontalmaison et la plus grande partie du bois de 
Mametz. Le commandement anglais dit qu'après dix 
jours de lutte les troupes ont conquis la totalité des 
défenses ennemies sur un front de i3 kilomètres 
(7.600 prisonniers, 3o canons). 

Une violente attaque allemande sur le front de Ver- 
dun fait quelques progrès à l'est du bois de Fumin et 
dans le bois du Chénois ; les Allemands reprennent 
pied dans la batterie de Damloup. La nuit, une contre- 
attaqne nous rend une partie du terrain perdu au bois 
de Fumin. 

Les Allemands tentent de passer le Stokhod, mais 
sont repoussés. 

Après cinq semaines d'offensive, les Russes ont pris 
266.000 soldats, 5.620 officiers, 3 12 canons et 870 mi- 
trailleuses. 



14 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Russes reprennent Mamahatum sur le Frat-Sou, 
affluent de l'Euphrate. 

Dans la nuit du lo au ii, bombes d'avions alle- 
mands sur la côle de Douvres, Calais et le camp de 
Bray-Dunes. 

Un sous-marin allemand jette 12 obus sur Seaham; 
peu de dégâts. 

Les États-Unis ont reconnu au Deutschland la. qualité 
de navire marchand. Brème pavoise en l'honneur du 
sous-marin qui a franchi l'Atlantique. 

Les torpilleurs russes capturent un vapeur turc 
chargé de pétrole et d'orge. 

Les princes Nicolas et André de Grèce partent pour 
la Russie. 

On dit en Italie que la Bulgarie fait des efforts à 
Bucarest pour décider la Roumanie à attaquer la 
Russie. 

Une trombe fait de nombreuses victimes à Vienne. 

Mercredi 12 juillet. — Coup de main anglais au 
sud-est de Loos. 

Les Anglais tiennent tout le bois de Mametz et re- 
poussent des attaques contre Contalmaison. Les Alle- 
mands ont reçu de gros renforts. 

Arrêt des progrès français sur la Somme. 

Très forte attaque allemande sur le fort de Souville, 
qui progresse aux abords de la chapelle Sainte-Fine, à 
l'intersection des chemins de Fleury et de Vaux. Le 
bombardement est très violent. 

Les officiers grecs arrêtés à Salonique (affaire du 
Radical) ont été remis à la justice grecque par les 
autorités françaises. 

11 y a 9.000 déserteurs autrichiens et bulgares en 
Roumanie. 

Les Russes livrent de vifs combats sur la Dvina, le 
Stokhod et à l'ouest de la basse Sti-ypa. 

Dans la région Baiburt-Mamahatum, les Pvusses ont 
rompu le front turc. 

L'insurrection arabe progresse en Arabie et en 
Syrie ; plusieurs garnisons turques sont prisonnières. 



JUILLET 1916 15 

Sur la proposition du ministre de l'Intérieur, adoptée 
par les Communes, 46o prisonniers irlandais sont li- 
bérés. 

On dit que Hindenburg et Mackensen réclament 
20 divisions de renfort. 

A Berlin, la ration de viande est réduite à 90 grammes. 
Premier « repas collectif » dans cette ville. 

Malgré les affirmations du pseudo-archéologue E. von 
Mach, professeur à Harvard, que les bébés allemands 
meurent faute de lait, l'ambassade américaine à Berlin 
déclare que la mortalité infantile n'a jamais été moindre. 

Dans une dépêche adressée do Berlin au World (New- 
York), K. von Wiegand laisse percer pour la première 
fois la crainte d'une défaite allemande et dit que les 
Allemands, sur le front russe, combattent souvent un 
contre cinq. 

« D'ici vingt-cinq ans, un sous-marin pourra aller partout. 
Si quelque petite puissance est prise de la manie homicide 
des Allemands, elle disposera ainsi d'une arme terrible. » 
(Daili/ Mail.) 

Jeudi 13 juillet. — A la tête du torrent de Posina, 
les Italiens ont pris d'assaut de fortes positions au sud 
de Corne del Corton. Ils ont bombardé et incendié la 
gare de Toblach. 

Des comitadjis bulgares, franchissant la frontière 
grecque près de Nayadag, assassinent i5 habitants de 
ce village. 

Au théâtre Athineon à Athènes, à la suite de vio- 
lentes attaques contre Venizelos publiées dans une 
feuille subventionnée par Schenk, les spectateurs ont 
acclamé Venizelos, hué Schenk et Gounaris. 

Les Russes ont pris d'assaut Massadéré et mis en 
fuite les Turcs. 

Les forts de La Mecque se sont rendus aux Arabes 
(i.ooo prisonniers turcs, 4 canons). 

En représailles du bombardement de Lunéville (24- 
20 juin), un avion français lance des bombes sur Mûll- 
heim. 

i3 navires allemands, dont cinq dreadnoughts, sont 
en réparation dans les chantiers. 



16 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Par suite des pertes de la flotte allemande, 200 cargos 
anglais ont pu sortir des ports de la Baltique. 

On apprend à Washington que le Dentschland a été 
convoyé par un navire neutre. 

Un communiqué allemand conteste la véracité des 
communiqués alliés, en particulier de ceux de l'Angle- 
terre. 

La carte de graisse instituée dans tout l'Empire 
donne droit à 90 grammes de graisse, beurre ou huile 
par semaine et par personne. 

L'Allemagne saisit tous les pneus de bicyclettes. 

Elle défend aux banques tout paiement à un citoyen 
italien ; les pensions dues à des ouvriers italiens sont 
suspendues. 

La National Zeitung déc\a.re qu'on abuse des mitrail- 
leuses, qui exigent trop de personnel, et préconise le 
fusil automatique. 

« La question posée à Berlin : les mercenaires de Kitchener 
combattront-ils? a reçu une réponse définitive. » (New-York 
Nation, p. aS.) 

« Il y a un élément nouveau dans l'offensive de la Somme, 
qui ressort moins de l'avantage relatif d'une reprise de ter- 
rain que de l'allure progressive de l'opération et des prises 
successives de prisonniers... Pendant les trois mois de prin- 
temps, les disponibilités austro-allemandes ne sauraient 
s'être appauvries de moins d'un million d'hommes. Cela 
explique le rappel des troupes des Balkans et rend vrai- 
semblables les informations d'après lesquelles l'État-major 
impérial solliciterait des renforts de ses alliés d'Orient. Il 
cherche des nègres en Bulgarie.» (Feyler, Journal de Genève.) 

Un incendie consume la forêt de Tatoï et gagne la 
résidence royale. 

Anatole France, après de longues années d'absence, 
reprend sa place à l'Académie. 

Vendredi i4 juillet. — Duel d'artillerie intense 
sur le front belge. 

Les Anglais pénètrent dans les deuxièmes lignes 
allemandes sur un front de 6.400 mètres, de Bazentin- 
le-Petit à Longueval (y compris le bois des Trônes). 



JUILLET 1916 17 

Leur front, ayant avancé de i.5oo à 3.ooo mètres, est 
désormais à l'alignement du front français. 

« La Grande-Bretagne a célébré la fête nationale de la 
France, à Londres, par des manifestations d'enthousiasme 
pour la cause que nous défendons dans une alliance inébran- 
lable — sur la Somme, par un grand succès militaire. » 
{Temps du i6.) 

Suivant le Times, les Allemands ont devant Verdun 2.000 
canons dont l\o de très gros et 700 de gros calibre. Notre 
artillerie, à peine équivalente, est plus difficile à ravitailler, 
la ligne Lérouville-Verdun étant narrée par le camp des 
Romains. 

Grandes manifestations francophiles à Athènes, au 
Pirée, à Lesbos. 

Des bandes de paysans serbes combattent les Bul- 
gares en Macédoine. 

La contre-offensive autrichienne au sud de la Buko- 
vine a échoué; les Russes ont fait 3. 200 prisonniers k 
l'ouest de Bucacz. 

Les Anglais prennent Muanza, le principal fort alle- 
mand sur le lac Victoria. 

Des sous-marins allemands, dont deux de 2.000 ton- 
nes, seraient arrivés à Constantinople. 

A Paris, fête nationale en l'honneur des morts. Des 
troupes russes, anglaises, canadiennes, néo-zélandaises 
et belges défilent avec les troupes françaises. 

Fin d'un discours du président Poincaré : 

Non ! par le deuil des familles françaises, par le long sup- 
plice de nos régions occupées, par le sang de nos soldats, 
non, nous ne laisserons pas nos souffrances amollir nos 
volontés ! Plus nous avons horreur de la guerre, plus nous 
devons travailler passionnément à en empêcher le retour, plus 
nous devons souhaiter et vouloir que la paix nous apporte, 
avec la restitution totale de nos provinces envahies — enva- 
hies hier ou envahies depuis quarante-six ans — la répara- 
tion des droits violés aux dépens de la France ou de ses 
alliés et les garanties nécessaires à la sauvegarde définitive 
de notre indépendance nationale. 

Une réunion du parti bourgeois, à Munich, flétrit 
l'idée d'une paix conciliante et réclame des annexions 
k l'est et à l'ouest. 

128. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 2 



18 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Samedi 15 juillet. — Les Anglais ont atteint sur 
un point la troisième ligne allemande et fait, depuis 
vingt-quatre heures, 2.000 prisonniers, dont un colonel 
de la Garde. Pour la première fois depuis 1914» la 
cavalerie anglaise a chargé. 

Les Allemands ont repris Biaches et la Maisonnette, 
mais en ont été chassés aussitôt. 

L'Italie apprend avec indignation que Gesare Battisti, 
député de Trente, a été fusillé par les Autrichiens et 
ensuite pendu. 

Les Russes délogent les Turcs de leurs positions au 
sud-ouest de Mush. 

Wilson accepte la proposition de Carranza consistant 
à soumettre à l'arbitrage les questions pendantes enti^e 
les Etats-Unis et le Mexique. 

Depuis vingt-quatre heures, malgré le mauvais 
temps, les Anglais ont détruit 9 avions allemands sans 
en perdre un seul. 

Sous la présidence du prince de Wedel s'est formé 
un comité national allemand pour la préparation de la 
paix. 

Une note officieuse allemande met le public en garde 
contre les espérances exagérées fondées sur la pro- 
chaine récolte. 

La guerre coûte k l'Angleterre i5o millions par jour. 

La France émet à New-York un nouvel emprunt de 
5oo millions. 

Mort k Paris du célèbre savant Metchnikoff. 

Dimanche 16 juillet. — L'artillerie belge boule- 
verse les organisations défensives de Steenstraate. 

On annonce que le contingent russe a déjà combattu 
et fait des prisonniers sur le front de Champagne. 

Progrès français k l'ouest de Fleury. 

L'incendie de Tatoï (Décélie) est maîtrisé ; il y a de 
nombreuses victimes. 

Victoire de Sakharov sur la rive droite de la Lipa 
(i 3.000 prisonniers et 3o canons). 

On signale des contingents bulgares sur le front de 
Baranoviczi. 



JUILLET 1916 19 

Les Russes prennent Baïburt ; les Turcs se replient 
en détruisant leurs dépôts. 

Gujnemer abat son dixième avion. 

Un dirigeable allemand arrive à Constantinople. 

Bombes d'avions sur Trévise ; peu de dégâts. 

Un nouveau contingent russe débarque k Brest. 

On fait remarquer k Petrograd que les alliés de 
l'Allemagne sont devenus des fardeaux pour elle. 

Cinq cents catholiques espagnols ont remis k 
Ms"" Deploige, pour être déposée plus tard à la biblio- 
thèque de Louvain, une adresse de sympathie pour la 
Belgique, d'un ton très hostile k l'Allemagne {Temps 
du i8). 

Lundi 17 juillet. — Sur un front de i.4oo mètres, 
les Anglais prennent d'assaut la 2'^ ligne allemande au 
sud-ouest du bois de Bazentin. A l'est de Longueval, 
ils occupent la ferme de Waterlot et enlèvent entière- 
ment Ovillers — La Boisselle, disputé depuis le 7. Les 
prisonniers faits k Ovillers appartiennent k la Garde. 

Les Allemands reprennent la partie est de Biaches. 

Au sud-ouest de Kimpolung, la cavalerie russe dé- 
bouche sur la chaussée de Kirilibaba k Maramaros- 
Sziget. 

Le colonel Gaedke écrit (Vorwârts) : « Les succès 
du général Broussilov sur Linsingen vont tendre au 
maximum les nerfs allemands pendant les jours qui 
vont venir. » 

Forte offensive turque vers Revanduz. 

Treize bombes sont lancées par un dirigeable sur 
Riga. 

Des avions français incendient des récoltes bulgares 
dans la région de Monastir. 

On parle k Copenhague de nouveaux dirigeables 
géants, en construction k Friedrichshafen. 

La France appelle une partie de la classe 1888. 

« Il y a ea Allemagne, depuis plusieurs semaines, un mé- 
contentement diffus. C'est une crise des partis greffée sur 
une crise nationale... L'Allemagne politique donne le spec* 



20 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

tacle d'une bande associée pour un coup manqué, qui vou- 
drait bien faire payer l'échec à ses chefs. » {Temps.) 

Le Parlement brésilien manifeste en faveur de l'Ea- 
tente en inscrivant dans ses annales le discours pro- 
noncé par Ruy Barbosa à Rio. 

Selon le Lokal-Anzdgcr , des documents découverts à 
Nisch par les Bulgares établiraient que le colonel serbe 
Radovitch, actuellement prisonnier, aurait participé à l'assas- 
sinat de Serajevo, après avoir été un des auteurs du meurtre 
du couple royal de Serbie. 

A propos de la mort de Metchnikoff (le i5), L. Forest 
écrit dans le Matin : « Il faudra qu'on trouve des mots pour 
séparer la science de la maiscience » et il cite ce propos du 
savant russe, lors du manifeste des gS : « La science qui ne 
tend pas au bonheur humain n'est pas une science. La 
science doit supprimer le crime. » 

Polybe explique (Z'/V/aro) pourquoi il faut écrire Pelror/rad, 
non Pétrograde. 

Mardi 18 juillet. — Contre-attaque allemande sur 
les positions anglaises de Longueval et du bois Delville 
(Devil's ivood, par étymologie populaire). 

Les Français chassent les Allemands de Biaches. 

Les Autrichiens se renforcent dans le Trentin. 

Les Russes occupent i6 kilomètres de défenses sur 
la rive gauche de la Lipa, à partir du confluent du 
Styr. 

Les Russes occupent Kughi dans la région d'Er- 
zindjan. 

Un communiqué turc annonce à tort une grande 
victoire près de Misrata en Libye. 

Des avions de marine allemands Ijombardent des 
navires russes" dans le port de Reval. 

Nombreuses arrestations à Stuttgart; troubles en 
Saxe. L'état de siège est renforcé à Leipzig. 

La délégation parlementaire des Colonies et Domi- 
nions britanniques est reçue à l'Elysée. 

On répète un mot de Barthou : c( Il faut que la paix 
soit dure, afin qu'elle soit durable. » 

L'Italie dénonce la convention conclue en mai igiô 
avec Bùlow pour garantir les droits privés des ressortis- 



JUILLET 1916 21 

sants allemands et italiens en cas de conflit. Un décret 
assimile, avec certaines réserves, les Allemands aux 
Austro-Hongrois. 

On dit à Rotterdam que l'entrée en jeu de l'armée 
anglaise, dont la qualité est une surprise pour les 
Allemands, exerce une influence déprimante : c'est 
comme si un nouvel ennemi s'était déclaré. 

Mercredi 19 juillet. — L'assaut allemand sur les 
positions anglaises, commencé le i8, reprend le bois de 
Delville et le village de Longueval ; mais une contre- 
attaque fait des progrès. 

Les Anglais font 120 prisonniers au sud d'Armen- 
tières. 

Suivant un officier d'artillerie anglais, les Anglais 
ont dépensé, depuis trois semaines, dix millions d'obus ; 
il faut donc accroître sans relâche la pi'oduction des 
munitions. 

Les Russes attaquent avec violence sur le front de 
Riga. 

Le 17, le 18 et le 19, bombardement aérien de 
Baccarat et de Lunéville ; dégâts matériels. 

On parle de nouveaux dirigeables allemands longs 
de 280 mètres et pourvus de quatre nacelles blindées. 

Le père jésuite Durbar, soupçonné d'être un des 
rédacteurs du journal clandestin La Libre Belgique, 
a été condamné par les Allemands à douze ans de 
travaux forcés. 

La Roumanie interdit l'exportation du maïs. 

Il résulte du rapport d'un délégué delà Croix-Rouge 
(section caucasienne) que l'extermination systématique 
des Arméniens a été dirigée par des officiers et agents 
allemands. 

« Le service de la presse à l'Etat-major impérial allemand 
est entré depuis quelques semaines dans la phase critique. 
Cela devait arriver. Les procédés étaient trop artificiels, trop 
en dehors de la vérité, pour ne pas finir par succomber de- 
vant elle. » (Journal de Genèue). 

Jeudi 20 juillet. — Les Anglais regagnent du 



22 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

terrain dans le bois Delviile et à Longueval. Au nord 
de la ligne Bazentin-Longueval, ils avancent d'un 
kilomètre. 

La classe allemande de 19 17 commence à paraître 
sur le front britannique. 

Attaque française de part et d'autre de la Somme. 
La première position allemande est enlevée d'Estrées à 
Vermandovillers (2.900 prisonniers, 3 canons, 3o mi- 
trailleuses). 

Au sud de Fleury, les Français enlèvent un fortin 
(i5o prisonniers). 

Les Russes délogent l'ennemi de Verbene et s'em- 
parent des passages du Styr. Un combat violent se livre 
près de Berestechko (1.600 prisonniers). 

Sur la route de Trébizonde à Erziudjan, les Russes 
prennent Gumishkaneh. 

Le grand quartier allemand signale le bombardement 
des villages de la Forêt-Noire par des avions et menace 
de représailles ce un grand nombre de pacifiques villes 
françaises se trouvant en dehors des opérations ». 

Imposante manifestation à Rome en l'honneur du 
martyr trentin Battisti ; on crie : « Guerre à l'Alle- 
magne ! » 

Manifestations à Bucarest en faveur des AlHés 
Filipesco dit que Bratiano lui avait promis que la Rou- 
manie interviendrait en même temps que l'Italie, mais 
qu'il s'est dérobé en disant que l'armée n'était pas prête. 

« M. de Bethmann, au rebours des conservateurs, n'a pas 
voulu la guerre. Le malheur de l'humanité a été qu'en un 
pareil moment le chef responsable du Gouvernement fût 
inférieur aux circonstances. » {Journal de Genève). 

Vendredi 21 juillet. — Les Anglais, dans la nuit 
de jeudi, ont pris le bois des Foureaux, mais ont été 
rejetés de la partie nord du bois par une contre-at- 
taque. 

On assure que, depuis trois semaines, les Allemands 
ont envoyé 34o.ooo hommes sur le front français 
(100.000 hommes de troupes fraîches, 240.000 blessés 
guéris). 



JUILLET 1916 23 

Les Allemands disent avoir repoussé de violentes 
attaques russes sur le front de Riga. 

Les aviateurs anglais détruisent six avions allemands 
et en perdent trois. 

Les aviateurs français lancent ii5 obus sur la gare 
de Metz-Sablons. 

Bombes d'avions sur Suez. 

Le Volksfreund de Carlsruhe revient sur l'histoire 
des prétendues bombes lancées le 2 août par un avion 
français et sur l'enquête du professeur Schwalbe, 
concluant que l'accusation était mensongère (18 mai 
igiG). Le journal allemand demande que cette affaire 
soit éclaircie (Voir le Matin du 28 juillet). 

Bruxelles célèbx^e la fête belge. En punition, elle est 
frappée d'une amende de i million de marks. 

Appel de la presse allemande : 

Une offensive beaucoup plus violente qu'on ne saurait se 
l'imaginer s'est déclenchée. Les armées russes reconstituées 
et munies d'un nombreux matériel se sont lancées contre 
notre rempart à l'est. La France, qui a fait preuve d'une 
recrudescence de vie dont elle-même ne se serait pas crue 
capable, a entraîné sur la Somme l'armée anglaise en des 
combats où une nombreuse artillerie renforce l'infériorité 
numérique des hommes. Un ouragan de fer est lancé sur 
nos soldats; des troupes noires et blanches attaquent conti- 
nuellement avec énergie. L'armée allemande s'est surpassée 
et continuera à le faire jusqu'à la victoire. Mais notre 
peuple doit se demander s'il a fait tout son devoir. Notre 
confiance dans la victoire est-elle encore la même qu'au 
début de la guerre? Tout découragement est une trahison, 
toute plainte est un crime. Ne mettez pas en danger le salut 
de la patrie par des querelles intestines. Que chacun fasse 
preuve de bonne volonté et de solidarité envers son pro- 
chain I 

Manifeste du Comité national allemand pour une paix 
avec honneur : avancement des frontières dans 1 est, 
garanties dans l'ouest. Les pangermanistes condamnent 
cet appel comme beaucoup trop modéré. 

Le professeur Delbriick (Tag) demande que l'Alle- 
magne cherche des compensations à l'est ; à l'ouest, la 
garantie des sous-marins doit suffire (Voir Journal de 



24 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Genève, 24 juillet). La Kreiizzeitung proteste et voit là 
une tentative pour accommoder l'intérêt de l'Angleterre 
au goût du peuple allemand. 

Samedi 22 juillet. — Au sud-est de Tatarov, les 
Autrichiens se sont retirés de la Magura sur la crête 
principale des Carpathes. 

Les Russes, avançant vers Erzindjan, traversent 
l'Euphrate. On se bat avec acharnement vers Revanduz. 
Les Turcs attaquent les Russes vers Mossoul. 

L'Italie nie absolument les succès turcs annoncés en 
Libye. 

Douze avions français ont bombardé la gare et les 
casernes de Mûllheim. Au retour, ils abattent 4 avions 
allemands et en perdent 2. 

Nungesser abat son dixième avion. 

Malgré la fusillade, un avion italien, survolant le 
château de Trente, laisse tomber une couronne en 
l'honneur de Battisti et jette des proclamations dans la 
campagne voisine : « L'Autriche mourra étranglée. » 

On dit que 2 torpilleurs russes ont poursuivi 4 va- 
peurs allemands dans les eaux suédoises. 

A l'unanimité moins 8 voix, le Comité directeur du 
parti socialdémocrate, réuni à Berlin, repousse tout 
projet d'annexion. 

L'archevêque de Cologne affirme que le Pape a plu- 
sieurs fois prié les belligérants de conclure la paix. 
c( Seul, dit-il, l'empereur d'Allemagne tendit la main 
pour une paix juste, mais ses ennemis la repoussèrent. » 

On écrit de Paris au Secolo que l'Italie manque de 
gros canons et que l'Entente s'occupe de constituer une 
grosse artillerie interalliée. 

« Il sera permis un jour de préciser dans quelles condi- 
tions l'Allemagne fit des oflres à la Suisse, et quelles offres. 
Ce que l'on peut dire dès à présent, car tout le monde le 
sait, c'est comment la Suisse répondit : en mobilisant avant 
les belligérants eux-mêmes. » (Hauser, Revue critique, p. 62.) 

Dimanche 23 juillet. — Sazonov donne sa démis- 
sion pour « cause de santé » (en réalité, à cause de la 



JUILLET 1916 25 

question polonaise) et est remplacé par Boris Sturmer, 
président du Conseil ; Khvostov est à l'Intérieur, Makarov 
à la Justice. 

Les Anglais reprennent Longueval. Combats acharnés 
de Pozières à Guillemont. 

Après quatre jours de combats sur le front de Riga, 
les Russes ont progressé dans la région d'Uxhull, avec 
l'assistance des cuirassés russes dans le golte de Riga. 

Belfort est violemment bombardé par obus monstres 
et projectiles aériens. 

Le journaliste américain Wiegaud a vu Guillaume II 
sur la Somme et lui a trouvé l'aspect d'un vieillard 
préoccupé. 

« Depuis le début de la guerre, nous avons appris bien des 
choses. Nous avons appris que le peuple français, dont la 
décadence nous était s;m8 cesse annoncée, a trouvé en lui 
des forces de résistance qui nous imposent le respect. Les 
malins qui allaient l'épétant que les Anglais se battraient 
« jusqu'au dernier Belge » se taisent enfin, et c'est cela de 
gagné. » (Gazette de Firincfort.)] 

« Par tout ce que je vois ou entrevois, j'en arrive à conce- 
voir une situation très favorable aux Alliés. » (Général de 
Lacroix, Temps du 2l\.) 

Un défilé historique, organisé par Miss Pankhurst, a 
parcouru les rues de Londres, pour affirmer la volonté 
de victoire des femmes britanniques. Des femmes à 
cheval représentaient saint Michel, Jeanne d'Arc et les 
divers pays alliés. Le cortège a déposé des fleurs au 
pied des statues de Nelson et de Wellington (Voir 
Journal de Genève du 24). 

A San-Francisco, lors d'une procession en faveur de 
la préparation militaire des Etats-Unis, une bombe a 
fait explosion, tuant G personnes et en blessant 4o. On 
croit à un attentat allemand. 

Lundi 24 juillet. — Les Anglais occupent en grande 
partie Pozières. 

Les Français prennent une redoute à l'ouest de 
Thiaumont. 

Les Italiens enlèvent complètement le mont Cismon. 



Zb CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Le général Danglis, ancien ministre de la Guerre, 
accepte la présidence d'une ligue de réservistes véni- 
zélistes. 

Les Russes sont à i6 kilomètres d'Erzindjan ; les 
Turcs brûlent leurs dépôts. 

Le Gouvernement roumain a fermé la frontière du 
côté de la Bulgarie. On prétend à Bucarest qu'il est 
arrivé un deuxième transport de matériel de guerre, 
venant de Russie. 

Asquith demande aux Communes un nouveau crédit 
de 12 milliards. Lloyd George dit que la production 
des canons de gros calibre est supérieure tous les mois 
au stock possédé par les Anglais avant la guerre. 

Le général Jofîre et Sir Douglas Haig expriment l'un 
et l'autre (Matin et Écho de Paris) leur entière con- 
fiance. 

Le général Alexeiev dit au correspondant du Times 
que les ressources de l'Allemagne en nommes s'épuisent 
et qu'il n'y a pas, à proprement parler, d'armée de 
réserve. Huit divisions ont été envoyées de France sur 
le front russe du sud. 

Des socialistes dissidents allemands sont arrêtés k 
Elberfeld.- 

La Hongrie a déjà dépensé ii milliards; elle dépense 
600 millions de couronnes par mois. 

« Le redoublement d'attaques dont Kant est l'objet, depuis 
la guerre, de la part de quelques-uns, semble provenir non 
pas tant de sa qualité d'Allemand que du caractère essen- 
tiellement laïc et libéral de sa pensée. C'est avant tout le 
champion de l'autonomie de la conscience et de la raison que 
plusieurs ne parviennent pas à admirer. » (Journal de Ge- 
nève.) 

Mardi 25 juillet. — Les Allemands, renforcés sur 
la Somme, attaquent les Anglais. 

Violent bombardement dans la région de la Laufée 
(rive droite de la Meuse). 

Une attaque allemande est repoussée au nord-est 
d'Altkirch. 

Jusqu'à présent, les Alliés ont pris dans la Somme 



JUILLET 1916 27 

26.000 hommes, i4o canons et plusieurs centaines de 
mitrailleuses. 

On affirme que les munitions russes ne sont pas 
arrivées à Bucarest, mais sont restées à la frontière. 

Guillaume II et Falkenliayn sont sur le front russe. 

Sur la rive droite du Styr, les Russes pénètrent en 
teri'itoire galicien et marchent sur Brodj-. Sur le front 
de la Slonovka, affluent du Styr, ils passent sur la rive 
gauche et font 4-ooo prisonniers. 

Du i5au 25, les Russes, en Volhynie, ont pris il^.ooo 
hommes, 4^ canons, 71 mitrailleuses. Pendant leur 
dernière offensive, ils ont capturé 5.225 officiers, nombre 
supérieur au chiffre total d'officiers pris par eux depuis 
le début de la guerre. 

Les Russes prennent Erzindjan, achevant ainsi la 
conquéfe de l'Arménie. 

Les Etals-Unis sont d'accord avec le Gouvernement 
danois pour acheter les trois Antilles danoises moyen- 
nant 125 millions. 

Bombes d'avions italiens sur les jetées et hangars de 
Durazzo. 

La peste, le choléra et le typhus s'étendent en Syrie. 

La presse allemande s'inquiète de l'attitude de la 
Roumanie. 

On cite à Zurich des faits précis, prouvant que des 
désaccords profonds se font jour entre l'armée alle- 
mande et l'armée austro-hongroise. 

Le nouveau parti de l'indépendance, constitué en 
Hongrie par Karolyi, réclame l'institution d'une juri- 
diction internationale, avec obligation d'y avoir re- 
cours. 

Mercredi 26 juillet. — Les Anglais prennent 
des tranchées à l'est de Pozières. 

Une offensive allemande est repoussée à Kemmern 
(golfe de Riga). 

Des troupes turques sont arrivées en Galicie pour 
soutenir les Autrichiens. 

Dans la nuit du 25 au 26, nos avions bombardent les 
établissementsmilitaires de Thionville. 



28 CHRONOLOGIE DE LA. GUERRE 

Le Dreslaa, se dirigeant vers Novorossyisk, est mis 
en fuite par une escadre russe. 

Tumulte dans une réunion socialiste a Francfort; 
on empêche Scheidemann de parler. 

F. VVeill, ex-député socialiste au Reichstag, dit au 
Dailij Mail que l'atmosphère politique faisant complè- 
tement défaut en Allemagne, il ne faut pas croire k la 
f)ossibilité d'une révolution. Les résultats obtenus sur 
es champs de bataille briseront seuls l'orgueil des 
hobereaux. 

Le Times confirme que le massacre de plus d'un mil- 
lion d'Arméniens a eu lieu par ordre de Constantinople 
et a été exécuté avec l'aide d'officiers allemands (Z'e/n/)S 
du 28). 

Le total des crédits de guerre votés par le Parlement 
britannique s'élève à 70 milliards 5oo millions. 

Les États-Unis envoient une note à l'Angleterre, pro- 
testant contre l'inscription de maisons américaines sur 
« la liste noire » publiée à Londres (maisons avec les- 
quelles les Anglais ne doivent pas commercer). 

On écrit au Daily Mail que les champs labourés par des 
obus augmentent merveilleusement de force productrice, 
même quand ils étaient presque stériles. 

Jeudi 27 juillet. — Les Anglais chassent les Alle- 
mands du bois Delville. 

On signale k Amsterdam de grands mouvements de 
troupes allemandes en Belgique. 

Une reconnaissance russe enlève une tranchée en 
Champagne près de Hauterive. 

« Quand l'histoire de la grande guerre pourra être écrite, 
aucun chapitre, si ce n'est celui des actions décisives, ne 
prendra autant de relief que celui de la prise et de la ferme- 
ture par les Italiens de la muraille des Alpes. » (Hilaire Belloc, 
Land and Water, p. 8.) 

Les Serbes attaquent les Bulgares en territoire grec, 
au nord de Vodena. 

Famine et choléra à Constantinople. 

Les Russes franchissent la Boldourovka, affluent du 



JUILLET 1916 29 

Styr(2.5oo prisonniers). Les Autrichiens évacuent Rad- 
zivlov. 

Une violente offensive turque vers Mossoul est 
repoussée. 

Le chérif Je La Mecque a pris Yambo, avec toute la 
garnison turque. 

Bombes allemandes sur Crépy-en-Valois ; bombes 
autrichiennes sur Bari, Molfetta, Otrante, Mola di Bari. 
Les Allemands bombardent la station aérienne russe de 
l'île d'Oesel. 

Un groupe d'intellectuels hollandais adresse aux pays 
neutres un appel relatif au sort de la Belgique; il s'agit 
de soutenir ceux qui, en Allemagne, combattent les pro- 
jets d'annexion. 

L'Angleterre a acheté toute la récolte des pommes de 
terre en Hollande. 

Les blés de Bohême ont été très éprouvés par la 
grêle. 

Les Allemands jugent et fusillent Fryatt, capitaine 
de paquebot, pour avoir essayé de couler un sous-marin 
le 28 mars. 

« Rendre impossible pour toujours une pareille tuerie ! La 
rendre impossible en instituant une justice internationale 
(jui aura, pour faire exécuter ses arrêts, la police interna- 
tionale constituée par l'armée des Alliés^ par l'armée du droit ! 
Dans cette milice [sainte, le peuple allemand aura sa place, 
quand il en sera digne. » (G. Hervé, La Victoire.') 

Vendredi 28 juillet. — Les tentatives allemandes 
pour reprendre le bois Delville sont repoussées. Les 
Anglais progressent au nord et au nord-est de Pozières, 
malgré une résistance acharnée, et occupent les der- 
nières positions fortifiées de Longueval. 

Le nombre des déserteurs allemands en Hollande 
s'accroît ; on signale un poste allemand de 1 1 hommes 
qui s'est rendu avec un sous-officier, titulaire de la croix 
de fer. 

Les Français repoussent deux attaques allemandes 
au sud du col de Sainte-lMarie (Vosges). 

Les Russes amènent des renforts dans le secteur de 
Riga. 



30 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

A l'ouest de Lutsk, ils enfoncent le front austro-alle- 
mand. Après une bataille acharnée , ils occupent 
Brodj. Ce jour, ils ont pris 20.5oo hommes et 55 ca- 
nons. 

Le Sénat américain a voté i milliard 56o millions 
pour accroître la marine et l'armée. 

Des sous-marins allemands ont coulé huit bateaux 
de pêche dans la mer du Nord. 

Le Temps publie une lettre de Lille , datée du 
3o avril, relatant d'abominables enlèvements de jeunes 
gens, envoyés au loin pour cultiver la terre ; des Alle- 
mands eux-mêmes se montraient indignés de la besogne 
infâme qu'on leur imposait. Le Gouvernement français 
proteste contre ces déportations de civils {\o\v\q Matin 
du 29). 

On assure que 483 millions de marks ont été payés 
pour la remise en état du territoire de la Prusse Orien- 
tale occupé temporairement par les Russes. 

Nicolas de Grèce est parti de Petrograd pour le 
quartier général russe, où il doit être reçu par le Tsar. 

Les Etats Scandinaves ont protesté contre l'abrogation 
de la Déclaration de Londres. 

On annonce qu'un maire bavarois a refusé des cartes 
de viande et de pain aux Prussiens de passage. 

Kitchener proposait d'exclure les Allemands de la Grande- 
Bretagne et de ses colonies pendant vingt et un ans. Sir 
G. Forster, ministre canadien, propose aussi de mettre l'Al- 
lemagne en quarantaine pendant une génération. « Je ne 
suis pas, dit-il, un apôtre de la haine, mais j'ai de la mémoire. » 
{DaihjMail, 3i juillet.) 

Samedi 29 juillet. — Les Anglais pénètrent dans 
les tranchées allemandes au sud d'Ypres et dans le 
saillant de Loos; ils repoussent deux coups de main 
allemands vers la redoute Hohenzollern. 

Les Autrichiens eni^ôlent de force les Serbes valides 
pour les envoyer en Galicie; ils abattent des forêts 
en Serbie. 

Le choléra étant dans l'armée bulgare, la Grèce 
prend des précautions à la frontière. 



JUILLET 1916 31 

a Quand oa publiera le traité d'alliance conclu après la 
guerre balkanique, on constatera que la Grèce s'est couverte 
de honte. Il nous eût été possible de sauver les Serbes, car, 
avec le concours des Alliés, nous aurions pu écraser la Bul- 
garie et empêcher la jonction de ses armées avec celles de 
l'Europe centrale. » (^Kijrix, journal de Venizelos.) 

Les Russes rompent de nouveau le front ennemi dans 
la direction de Kovel. 

Progrès russes à l'est et au sud d'Erzindjan. 

Douze dirigeables lancent 82 bombes sur la côte 
orientale de l'Angleterre ; pas de victimes. 

Guynemer abat son onzième avion. 

La Cour fédérale a décidé que VAppam n'est pas 
prise de guerre et doit être rendu aux autorités britan- 
niques. 

On a appris à Londres que l'assassinat juridique du 
capitaine Fryatt a été sanctionné par l'Empereur. On 
demande que les assassins soient jugés k leur tour. 

Le Daily Mail suggère la confiscation des biens des 
Allemands en Angleterre. Les appels k la décence et à 
l'humanité sont inutiles, ces sentiments étant inconnus 
des Huns. On pourrait aussi bien envoyer des billets 
doux à un tigre. 

Les États-Unis publient une note déclarant que l'Alle- 
magne a refusé les propositions de l'Angleterre et de la 
France de laisser passer des vivres américains destinés 
à la Pologne. 

Le Journal de Genève dit qu'en Allemagne on com- 
mence à croire que l'heure de la Roumanie a sonné. 

Une note officieuse dit qu'il y a 3o divisions turques 
dans le Caucase, 8 en Arabie et en Syrie, 10 dans le 
reste de l'Empire, en tout 48- Les ressoui'ces en hommes 
paraissent épuisées. 

Dimanche 30 juillet. — L'ofïensive française 
reprend au nord de la Somme ; on enlève 3. 800 mètres 
de tranchées vers Maurepas-Monacu, tandis que les 
Anglais avancent à l'est du bois Delville. 

Violente attaque autrichienne repoussée dans la zone 
de Tofana. 

Premier débarquement de troupes russes à Salonique. 



32 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Depuis huit semaines, les Russes ont fait 3oo.ooo pri- 
sonniers. 

On prétend qu'une forte armée russe est concentrée 
en Bessarabie, prête à attaquer la Bulgarie en passant 
par la Roumanie. 

On annonce que les Français sont pourvus de fusils- 
mitrailleuses. 

Les Allemands ont, dit-on, 122 divisions sur le front 
anglo-français ; ils ont concentré 3oo batteries sur la 
Somme. 

A New- York, cent wagons de munitions sautent dans 
les docks de Leighvalley ; nombreux morts, 126 mil- 
lions de dégâts. 

Commémoration de la mort de Jaurès au Trocadéro. Van- 
dervelde dit : « Je n'ai, nous n'avons qu'une crainte : ce n'est 
pas que la victoire nous échappe, mais bien que notre propre 
victoire nous domine. Il y a quelque part chez Nietzsche, le 
grand Allemand qui, plus que personne, détesta le milita- 
risme prussien^ un mot admirable : « Celui qui lutte contre 
« des monstres doit prendre garde de ne pas devenir monstre 
« lui-même. » 

Des professeurs de l'Université de Berlin, entre autres 
Ed. Meyer et Wilamowitz, adressent un appel au peuple 
allemand, affirmant le pacifisme de l'Allemagne, mais deman- 
dant que la paix future soit marquée par un accroissement 
de puissance, une extension du domaine allemand. 

La Gazette de Francfort dit que la situation des Empires 
alliés serait très grave s'ils ne pouvaient compter sur une 
grosse indemnité de guerre. 

Le Pape a reçu une délégation de jeunes gens de 
Rome ; le Temps écrit : 

« Le point de vue pontifical reste tel qu'on l'a connu depuis 
deux ans : gémir, prier, ne pas juger... Le souverain pon- 
tife est neutre, ce qui convient mal à un souverain spirituel. 
Benoît XV doit se demander si, par sa politique présente, il 
ne prépare pas des églises nationales. La neutralité du Pape 
est une défaite de la Papauté. » 

Une ligue dite League of Britons s'est formée dans 
le dessein de faire juger le Kaiser et ses complices pour 
l'assassinat de Fryatt et leurs autres crimes. 

Indignés de l'exécution de Fryatt, des habitants de 



JUILLET 1916 33 

Rotterdam manifestent devant le consul allemand en 
criant : « A bas l'Allemagne ! » 

« L'Empire de refficacité a commencé la guerre du terro- 
risme le i^' août igiA- I-'C i^'' août igiS, les perspectives 
de la liberté et de la démocratie étaient très sombres. La 
seconde année se terminera mardi ; Taube paraît. » {New-York 
limes.) 

Lundi 31 juillet. — Proclamation de Guillaume II 
et rescrit de François-Joseph. Guillaume fait observer 
que la puissance et la volonté de l'ennemi ne sont pas 
encore Drisées. 

Les Anglais repoussent une attaque sur Bazentin-le- 
Petit. 

La canonnade augmente sur la rive droite de la 
Meuse. 

Le ministre d'Allemagne fait une démarche commi-- 
natoire à Bucarest « pour arrêter le Gouvernement rou- 
main avant qu'il fasse un saut dans l'abîme au fond 
duquel deux rois balkaniques reposent, les os brisés ». 
(Journal de Genève du 2 août, d'après les Dernières 
Nouvelles de Munich.) 

On s'inquiète, à Bucarest, de la propagande anti- 
roumaine faite par les Bulgares dans la Dobrudja. 

Les Russes font prisonnier tout un régiment hon- 
grois sur le Stokhod. Ils franchissent à la nage la 
rivière Koropetz. 

Des avions anglais lancent 7 tonnes de projectiles 
sur les lignes de communication et les cantonnements 
allemands. 

La passe du Sund ayant été fermée par la Suède, 
des navires anglais sont embouteillés dans la Baltique. 

Au Parlement anglais, à propos de l'assassinat de 
Frjatt, Carson demande le vote d'une loi déclarant que 
le peuple allemand ne sera pas admis dans la commu- 
nauté des nations avant la réparation de ses crimes. 

Les perles prussiennes atteignent 2.844-ooo hommes, 
les pertes allemandes 3. 1 53. 000, dont 800.000 tués, 
890.000 disparus, 1.970.000 blessés (jusqu'au i" juil- 
let). 

128, CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 3 



34 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 



AOUT 1916 



Mardi i^^ août. — Violentes attaques allemandes 
à l'ouest et au sud de Thiaumont, ainsi que sur le front 
Vaux-Chapitre — Le Chénois. 

L'insurrection s'aggrave en Albanie, par suite des 
attentats des soldats bulgares contre les femmes. 

Bataille furieuse sur le Stokhod. 

La cession des Antilles aux États-Unis rencontre 
une forte opposition au Danemark. 

Hughes, candidat à la présidence des États-Unis, 
s'élève contre les intrigues étrangères sur le sol de 
l'Amérique et demande des mesures énergiques pour 
les empêcher. 

Trente-trois combats aériens sur le front de la 
Somme; i5 appareils allemands sont touchés. 

Dans la nuit du 3i, sept dirigeables ont jeté 60 bom- 
bes sur sept comtés anglais de l'est et du sud-est, sans 
faire de victimes ; ils ont aussi jeté des torpilles 
aériennes (82= raid). 

Vin jt-quatre avions italiens bombardent les bâtiments 
militaires de Fiume et de Volosca. 

Le sous-marin commercial Deutschland a quitté les 
États-Unis, avec une cargaison de nickel, de caout- 
chouc et d'or. 

Par suite de la guerre sous-marine, les Alliés et les 
neutres ont perdu au mois de juillet 98.000 tonnes. 

Toutes les frontières de l'Allemagne sont fermées 
jusqu'à nouvel ordre, même du côté Scandinave. 

L'Italie dénonce le traité de commerce qui, si^né en 
1891 et renouvelé en 1904, la rendait tributaire de 
l'Allemagne. 

Le président Poincaré adresse une lettre aux soldats 
de France : 

« Gloire à Verdun, qui a préparé l'action commune des 



AOUT 1916 35 

années alliées ! Gloire à vous, mes amis, qui avez sauvé la 
France et vengé le droit insulté ! » 

A l'occasion du deuxième anniversaire de la déclara- 
tion de gueiTe à la Russie, Donnay écrit dans le 
Figaro : 

« Il fallait peut-être que Guillaume II déchaînât cette guerre 
horrible pour inspirer au monde une définitive horreur de la 
guerre. Une telle guerre avance sans doute l'ère de bonheur 
et de paix que les hommes de bonne volonté espèrent depuis 
des siècles. Après ce tremblement de la civilisation, ces 
hommes-là pourront prêcher par toute la terre la douceur et 
la fraternité avec l'espoir d'être entendus. » 

« Le traité qu'on signera en 191 7 ne sera pas un traité ordi- 
naire. On a dit qu'il s'agira d'arracher les dents à l'Alle- 
magne; c'est vrai, ne l'oublions pas. Une Allemagne .vaincue, 
mais capable de préparer et de faire la guerre, serait la 
condamnation des Alliés et un outrage à leurs morts. » 
(Temps.) 

Les journaux allemands consacrent des articles au début 
de la troisième année de la guerre et disent qu'il faut tenir. 
« Nous n'avons pas de pitié à attendre », écrit la Gazette de 
Cologne. 

Il y a 4.002 usines de munitions contrôlées en Angle- 
terre. 

Dans le Mercure, Jules Chopin prétend savoir que le com- 
plot de Serajevo fut tramé par l'archiduc François-Ferdinand 
lui-même; il voulait sa guerre » et il avait reçu carte 
blanche de Guillaume II à Konopischt. Le premier attentat, 
petit projectile à détonation faible, fut l'œuvre de Cabri- 
novitch, fils d'un mouchard autrichien. C'est cet attentat 
qui devait être exploité. Le second fut commis par Prinkip, 
tout jeune homme, qui tua le couple impérial à coups de 
revolver; cet attentat, fruit du fanatisme, ne pouvait être 

Prévu, l'auto du prince ayant passé par un endroit où on ne 
attendait pas. L'archiduc, organisateur d'un complot man- 
qué, fut victime du fanatisme d'un isolé (Cf. Temps du 2). 

« Le dumping peut se retourner contre le pays qui le pra- 
tique et favoriser au contraire l'industrie du pays importa- 
teur... Quand la Conférence économique a décidé d'adopter 
un régime spécial pour permettre de lutter contre toute ten- 
tative de dumping, elle a imposé aux plénipotentiaires 
futurs une tâche plus difficile qu'on ne croit. » (Ch. Gide, 
L'Emancipation y p. 107.) 



36 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Mercredi 2 août. — Le roi de Monténégro rend 
visite au Président de la République. 

Les Allemands ont un peu progressé au bois de Vaux- 
Chapitre et au Chénois; les Français ont avancé sérieu- 
sement au sud de Fleury et fait 700 prisonniers. 

Les Allemands attaquent avec des gaz près de Smor- 
goni, mais sont repoussés. 

Le colonel Feyler écrit : 

« Quelqu'un ment de nouveau. Est-ce Petrograd en annon- 
çant les victoires de Lutsk et de Brody ? Est-ce Vienne et 
Berlin en les contestant? », 

Des avions alliés bombardent un aérodrome et des 
dépôts de munitions dans la région de Gand. 

Le grand cuirassé italien Léo/zarc^c^e Fmc/ est détruit 
par un incendie et une explosion; 200 morts. On croit 
à un crime. 

D'après certains avis, le Bremen aurait été pris dans 
les filets de la Manche (New-York Herald, i^' oct. 

Un submersible italien torpille un contre-torpilleur 
autrichien dans l'Adriatique. 

De nouvelles troupes russes ont débarqué à Brest. 

L'encaisse du Trésor public à Washington atteint 
près de 12 milliards. 

On publie à Londres des documents officiels sur les 
atrocités commises en Afrique par les Allemands : tor- 
tures infligées aux indigènes, puits empoisonnés avec 
de l'arsenic (Sud-Ouest africain). 

Le Gouvernement français distribue aux neutres un 
recueil de documents sur la conduite des autorités alle- 
mauides dans les départements occupés. 

Un décret du Conseil fédéral allemand autorise le 
Chancelier à ordonner la liquidation forcée des entre- 
prises dont le capital appartient en majorité à des 
ressortissants britanniques. 

Th. WoliT écrit dajis le Berliner Tageblatt : 

« Après que la terreur des événements aura pour toujours 
effacé le mot de poésie de la guerre, il sera nécessaire qu'on 
mette fin à une théorie comme celle de la guerre inévitable. » 

Le groupe hongrois indépendant (Karolyi) réclame 



AOUT 1916 37 

la constitution d'une armée hongroise séparée, réservée 
à la défense du territoire national. 

Parlant à l'ouverture de la session d'été à Cambridge, 
Lord Robert Cecil a dit : 

« Les hommes d'Etat d'Allemagne sont des menteurs, les 
officiers des brutes, les marchands des fripons. » 

« On ne pouvait pas se donner tout de suite les canons qui 
manquaient ; mais tout de suite on pouvait se donner la force 
d'àme qu'il fallait pour tenir, en attendant qu'on eût aussi les 
canons. » (Bergson, Figaro.) 

Jeudi 3 août. — Violents combats sur le front 
Thiaumont — Fleury. Les Allemands reprennent le sud 
de Fleury; nous'^ prenons Thiaumont, mais devons 
l'évacuer sous un bombardement intense. 

La Epoca de Bucarest publie en fac-similé une lettre 
adressée à Marghiloman par un député autrichien, annon- 
çant qu'il avait transmis sa lettre au comte Tisza. Dans cette 
lettre il est dit que Marghiloman était « beaucoup plus que 
les dieux en faveur de l'Autriche » et que Marghiloman et 
Tisza se préparaient à combattre l'ennemi commun. Cette 
publication crée une grande sensation. 

Chute de grêle dans la région de Larissa, détruisant 
les oliviers et les plants de tabac. 

Dousmanis a été mis en congé par Zaïmis. Il est 
accusé d'avoir remis aux Bulgares le fort Rupel à l'insu 
du roi. 

Hindenburg est nommé généralissime sur le front 
russe, où la lutte continue avec acharnement sur le 
Stokhod. Les Russes ont dû abandonner Rudka-Mirnis- 
kaya sur le Stavok, affluent de gauche du Stokhod, 
après avoir enlevé ce village avec 6oo prisonniers. 

Guynemer abat son douzième avion. 

Nouveau raid de dirigeables sur l'est de l'Angleterre, 
dans la nuit du 2 au 3; peu de dommages. 

Au Parlement, Pemberton-Billing demande des 
représailles par la voie des airs. 

C. von Wiegand dit que deux des dirigeables qui ont 
survolé l'Angleterre font 190 kilomètres à l'heure et 
sont d'une grandeur sans précédent. 



38 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

La Hollande se plaint d'être survolée sans cesse par 
des dirigeables allemands. 

Une poudrière allennande fait explosion à Givet 
(4o morts). 

Roger Gasement a été exécuté, après avoir reconnu 
que sa condamnation était juste. 

A. Pollen écrit dans Land and Water (p. 2) : 

« Excepté le cannibalisme, il n'y a pas de crime contre 
l'humanité que les Teutons n'aient commis depuis deux ans. 
Le terrorisme de l'Allemagne a pour objet d'associer le 
peuple entier à la dynastie, afin qu'il se défende jusqu'au 
bout avec elle, au lieu de chercher son salut en la rejetant. » 

« Nous n'entendons pas faire de la paix une trêve entre 
deux carnages. Mais on ne négocie pas avec celui qui a 
prémédité, voulu, commandé tous ces crimes. On le juge. » 
(Polybe, Figaro.) 

« On ne parlera plus chez nous de la dégénérescence du 
peuple français. Dans les peuples, comme dans chaque orga- 
nisme, vit une force de renouvellement qui en France aussi 
s'est conservée, malgré tous les signes de décadence. Deux 
ans de guerre nous ont appris combien reste dangereux cet 
irréconciliable ennemi. Une autre surprise de cette guerre est 
qu'elle ait amené l'Angleterre au changement le plus profond 
de son histoire moderne, à l'introduction du service obliga- 
toire. Un jugement équitable reconnaîtra la grandeur de ce 
sacrific'e, que les Anglais eux-mêmes n'avaient jamais rêvé. 
Rien ne montre mieux combien est sérieux, chez nos enne- 
mis, le dessein de nous anéantir. » {Gazette de Cologne.) 

Vendredi 4 août. ■ — Les Anglais, au nord de 
Pozières, ont pris sur un front de 2.000 mètres la posi- 
tion principale allemande de deuxième ligne et fait 
plusieurs centaines de prisonniers. 

Pour la seconde fois, en douze heures, les Français 
ont pris Thiaumont et Fleury (en grande partie). 

Commencement de l'offensive italienne sur l'Isonzo. 
Une ligne de tranchées est enlevée a l'est deMonfalcone. 

La Roumanie est disposée à entrer en campagne. Le 
Roi et Bratiano quittent Bucarest pour ne pas alarmer 
l'opinion. 

Violents combats sur le Sereth; les Russes passent 
sur la rive droite vei\s Peniaki, mais perdent du tei'- 
rain au sud-est de Kuty. 



AOUT 1916 39 

On dit que les autorités et la population civile 
évacuent Lemberg. 

Moraht {Berliner Tageblatt) déclare que les Alle- 
mands aiment mieux reculer graduellement sur le front 
oriental et renoncer ainsi aux applaudissements des 
lecteurs des communiqués. 

Jusqu'à ce jour, les Russes ont pris aux Autrichiens 
35o.ooo hommes, 7.100 officiers, 5o4 canons (dont 
5o lourds) et 1.200 mitrailleuses. 

Dans la nuit du 3 au 4> i4-ooo Turcs attaquent 
Romani à i4 kilomètres de Port-Saïd et perdent, par 
une contre-attaque (le 5), 2.600 prisonniers et 4 canons. 

Attaque de dirigeables sur Sveaborg. 

Un sous-marin aux couleurs autrichiennes a coulé 
en Méditerranée le paquebot italien Letimbro et tiré 
sur les embarcations de sauvetage. De 178 personnes 
à bord, il n'y a que 28 survivants. Le crime est aussi 
horrible que celui du Lusitania. 

A partir de ce jour, la vente de la viande est inter- 
dite en Russie pendant quatre jours de la semaine. 

Kautsky, dans le Vorwârts, propose de réunir une 
assemblée des délégués du socialisme international pour 
élaborer un programme de paix. 

Le Journal de Genève résume un livre de Chéradame, Le 
Plan pangermaniste, d'après lequel la « paix blanche » 
serait pour les Alliés un piège mortel. Maîtresse de l'Au- 
triche, de la Bulgarie, de la Turquie, l'Allemagne, aurait 
formidablement accru sa puissance, tandis que les Etats de 
l'Entente seraient dans une situation financière presque 
désespérée. 

Dans 3.000 réunions convoquées sur tous les points de 
l'Empire britannique, en mémoire du troisième anniversaire 
de la guerre, on a voté un ordre du jour affirmant la volonté 
de soutenir la lutte à tout prix jusqu'à la victoire finale. 
« Nous voulons, a écrit le général Haig, une paix triom- 
phante. » 

Parlant à Queen's Hall, Asquith a pris l'engagement 
de punir les auteurs des atrocités allemandes. 

Vandervelde dit que la Belgique, ne pouvant arrêter 
le train allemand, a été du moins la pierre qui l'a fait 
dérailler. 



40 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Samedi 5 août. — Progrès anglais à l'ouest de 
Pozières. 

Malgré des contre-attaques, nous gardons Thiaumont 
et une grande partie de Fleury. Deux puissantes atta- 
ques sur le bois de Vaux-Chapitre sont repoussées. 

L'Italie accepte les boy-scouts comme estafettes dans 
les services de l'arrière. 

A la suite d'incidents de frontière, les rapports bul- 
garo-roumaius sont tendus. 

Les Russes rencontrent une vive résistance dans la 
boucle du Stokhod, à l'est de Kolki et k l'ouest de 
Kimpolung dans les Carpathes. Au sud de Brody, ils font 
1.200 prisonniers. 

Près de Lissa, un dirigeable italien prend feu et 
tombe à la mer carbonisé. 

Tirpitz adresse une lettre ouverte à la Gazette de la 
Croix, demandant la reprise de la guerre sous-marine 
à outrance. 

Les États-Unis interrogent l'Allemagne sur le torpil- 
lage du Letimbro. 

JofTre dit à des correspondants américains que les 
effectifs français sur le front sont supérieurs à ceux du 
début de la guerre. 

Depuis le 4 juin, sur les fronts franco-anglais et russe, 
les Austro-Allemands ont perdu 38o.ooo prisonniers, 
870.000 tués et blessés, soit 760.000 hommes, dont 
600.000 définitivement hors de combat, plus 600 canons 
et i.5oo mitrailleuses. 

Les Etats-Unis sont menacés d'une grève générale de 
transports. 

On raconte à Berne que, l'empereur Guillaume ayant 
demandé à la supérieure des Bénédictines de Namur com- 
ment il pourrait lui être agréable, celle-ci a répondu : « Je 
ne veux rien devoir aux oppresseurs de mon pays. » 

Dimanche 6 août. — Violentes attaques alle- 
mandes, avec liquides enflammés, sur les positions 
conquises par les Anglais au nord-ouest de Pozières. 
Grande activité de l'artillerie vers Carency et Loos. 

Les Français repoussent des attaques sur Thiaumont 
et le bois de Vaux-Chapitre. 



AOUT 1916 41 

On affirme à Rome ([ii'il existe à Athènes des preuves 
écrites de la trahison de Dousmanis (livraison du fort 
Rupel aux Bulgares). 

Les Dernières Nouvelles de Munich disent tenir de 
source bulgare la teneur d'une convention militaire 
entre la Roumanie et la Russie. 

Victoire russe au sud de Brody, sur les rivières Gra- 
berka et Sereth. Les Russes prennent six villages et 
font 3.100 prisonniers. Du 4 au 6, ils ont pris 8.600 
hommes, 4 canons et 19 mitrailleuses. 

Pressés par les Turcs, les Russes se replient à l'est 
de Kirmanshah. Les Turcs, aidés par les Kurdes, atta- 
quent violemment dans la région de Bitlis, 

Lundi 7 août. — Les Français prennent une ligne 
de tranchées entre le bois de Hem et la rivière, à 1 est 
de la ferme Monacu ; ils progressent au sud de Thiau- 
mont et dans l'ouest de Fleury. 

L'offensive italienne à l'est de Monfalcone se poursuit; 
le 6 et le 7, les Italiens ont pris 8.000 hommes, 11 ca- 
nons et une centaine de mitrailleuses. Des incendies se 
sont déclarés à Gorizia. Pendant l'action, les torpilleurs 
italiens ont bombardé la côte entre Duino et Mira- 
mar. 

Prenant l'offensive sur un front de 25 kilomètres au 
sud du Dniester, les Russes ont pris Tlumacz; une 
division russe a capturé 2.000 Allemands et beaucoup 
de canons. Les Russes ont employé des obus qui anes- 
thésiaient les artilleurs ennemis. 

Un avion lance 4 bombes sur Nancy et blesse 
5 civils. 

Le Gouvernement suédois proteste contre les torpil- 
lages répétés de navires suédois par les Allemands. 

Le dépôt d'artillerie de Rothenstein (Prusse Orien- 
tale) fait explosion (60 victimes). 

Au cours d'une séance solennelle, les Chambres 
portugaises sont informées que la Grande-Bretagne 
accepte l'offre d'une armée portugaise et spécifie son 
concours financier. 

A la majorité de 1.824 voix contre 676, le Conseil 



42 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

national du parti socialiste s'est prononcé contre la 
reprise immédiate des relations internationales. 

Manifeste des intellectuels argentins en faveur des 
Alliés (texte dans le Temps, i4 août). 

Llyod George dit aux troupes canadiennes que le 
Canada a envoyé en Europe autant d'hommes que l'An- 

gleterre en a envoyé en France en 1914- H dit qu'à la 
ataille d'Ypres le Canada a sauvé Calais. 
On dit à Rome que le Pape a protesté auprès de 
Guillaume II contre les enlèvements de civils opérés 
dans le nord. 

« A l'abri de tranchées douanières abondamment garnies de 
tarifs protecteurs, le monde civilisé pourra réorganiser son 
industrie et se défendre contre le cambriolage industriel pré- 
médité par les Allemands. » (Houllevigue, Temps.') 

Mardi 8 août. — Progrès français, le 7 et le 8, au 
nord de la Somme, sur un front de 6 kilomètres et une 
profondeur de 3oo-5oo mètres. 

Les Allemands ont repris Thiaumont, mais ont été 
arrêtés le long de la route de Fleury et à Fleury 
même. Les Français ont ensuite repris ce qu'ils avaient 
perdu au nord-ouest et au sud de Thiaumont et 
pénétré à nouveau dans l'ouvrage. Sur le front Vaux- 
Chapitre — Le Chénois, nous avons pris deux lignes de 
tranchées. 

Les Serbes ont repris aux Bulgares les positions 
avancées que ceux-ci avaient occupées lors de la 
retraite des Grecs. 

Les Russes occupent Tysmenitza, prennent 7.600 
hommes, 5 canons, 63 mitrailleuses et arrivent aux 
portes de Stanislau. 

Washburn, correspondant du Times sur le front 
russe, écrit que les Allemands peuvent être avalés 
bouchée par bouchée, mais qu'il ne peut être question 
de les balayer comme le furent les Autrichiens. 

Dans le Caucase, les Russes reprennent l'offensive ; 
combats acharnés au nord de la licfne Mush — Bitlis. 

Dans la nuit de mardi à mercredi, dix dirigeables lan- 
cent 160 bombes sur l'Angleterre (6 morts, 12 blessés). 



AOUT 1916 43 

La Gazette de Lausanne appelle Briand « le grand 
chef civil de la Quadruple Entente » et lui attribue 
l'honneur d'avoir enfin organisé le front unique. 

Meeting socialiste à Leipzig ; le député Geyer 
explique la cherté par l'influence des agrariens et 
demande une paix sans annexion ; le député Libinski 
dit que l'Allemagne a fait la guerre par soif de 
conquêtes (Voir L' Information du i3). 

Le cardinal Hartmann a répondu à la protestation 
du Pape au sujet des déportés du Nord, en alléguant 
qu'il s agit de remédier aux difficultés d'alimenter la 
population ; les déportés sont occupés aux récoltes et 
seront ensuite renvoyés dans leurs foyers. 

La Turquie emprunte 5oo millions à l'Allemagne. 
Elle réquisitionne les femmes des musulmans entre 
dix-huit et trente-cinq ans, pour remplacer les fonc- 
tionnaires civils appelés sous les drapeaux. 

Mercredi 9 août. — Attaque allemande avec gaz 
toxiques sur le saillant d'Ypres. 

Au nord de la Somme, nous reprenons une tranchée 
perdue du bois de Hem. 

Les Allemands reprennent pied à Thiaumont; ils 
attaquent sans succès au nord-ouest d'Altkirch. 

Ayant passé l'Isonzo dans la nuit de mardi à mer- 
crecfi, les Italiens sont entrés mercredi matin àGorizia; 
ils ont repoussé les contre-attaques autrichiennes sur 
le Carso, entre le Mont-Saint-Michel et San-Martino. 
Rome pavoise. 

Les Français ont occupé la gare de Doiran. 

Une grave explosion se produit dans la poudrerie et 
fabrique d'armes de Dudest, près de Bucarest ; dégâts 
très importants (62 tués, 108 blessés). 

Après des combats acharnés, les Russes franchissent 
le Koropetz et s'établissent sur la rive gauche. 

Des hydravions allemands bombardent des monitors 
anglais sur les côtes de Flandre et les stations 
aériennes russes de l'île d'Oesel. 

Des aéroplanes de la marine anglaise bombardent 
les hangars de dirigeables d'Evere, près de Bruxelles. 



44 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Des avions alliés bombai^dent les ouvrages de 
Namur. 

Dans la nuit du 9, des avions autrichiens tuent deux 
personnes à Venise et endommagent gravement Santa 
Maria Formosa. 

L'Allemagne ayant interdit le trafic dans le golfe de 
Bothnie, nombre de navires suédois ont été torpillés. 

Réunion du Conseil fédéral à Berlin. Le Chancelier 
explique que la guerre sous-marine à outrance entraî- 
nerait la rupture avec les Etats-Unis et que d'ailleurs 
on a reconnu l'inefficacité de ce système pour affamer 
l'Angleterre. 

Un ordre (secret) de la I""^ armée allemande fait 
connaître que beaucoup de pièces éclatent et qu'une 
augmentation du ravitaillement en canons et en obus 
n'est, pour le moment, pas possible {Temps du 2 nov.). 

Les négociations économiques des délégués suisses 
avec l'Entente n'ont pas abouti. 

Le prix des vivres, depuis le début de la guerre, a 
augmenté en Angleterre de 65 °/o, celui des autres 
objets nécessaires de 4o°/o- 

On fait observer que Guillaume I^f, le 18 juin 1866, déclara, 
dans un manifeste, que la Prusse faisait la guerre à regret 
et combattait pour son existence, alors que Moltke, dans son 
ouvrage sur la guerre franco-allemande, dit que la guerre 
de 1866 n'a pas eu lieu parce que la Prusse était menacée, 
ni pour obéir à l'opinion, mais pour l'établissement de l'hégé- 
monie prussienne en 'Allemagne. Les mêmes mensonges se 
répètent à cinquante ans de distance (Temps). 

Jeudi iO août. — Le mauvais temps suspend l'ac- 
tivité sur le front français. 

Les Italiens passent l'Isonzo ; leur cavalerie poursuit 
les Autrichiens. Sur le plateau du Carso, ils prennent 
Boschini. 

On crie k Milan : a A bas les neutralistes ! Guerre à 
l'Allemagne! » 

Les Russes prennent Stanislau et Delatyn (14.000 
prisonniers). Ils occupent Monasteriska. 

En Perse, sous la pression des Turcs, les Russes 
évacuent Hamadan. 



AOUT 1916 45 

La flotte allemande sort du canal de Kiel et paraît 
dans le Petit Belt. 

Les journaux conservateurs approuvent Tirpitz d'avoir 
dit que l'Allemagne a besoin de la côte de Flandre 
pour avoir une position solide contre l'anglo-américa- 
nisme (sic). 

Lord Grey remet à l'Allemagne, par l'entremise des 
États-Unis, une protestation formelle contre le meurtre 
juridique de Fryatt. 

Un décret italien interdit tout commerce avec les 
ennemis des Alliés et de l'Italie. 

Souday parle, dans le Temps, d'un célèbre romancier de 
rAcadémie Française qui aurait écrit, peu de temps avant 
la guerre :^ « Quatre barrières nous séparent de la barbarie : 
le grand Etat-major allemand, la Chambre des Lords, l'Ins- 
titut de France et le Vatican. » Le même psychologue est 
aujourd'hui à la tète de ceux qui veulent noter d'infamie 
tout ce qui a été allemand et qui accusent de trahison les 
admirateurs de Goethe, de Kant et de Wagner. « Est fran- 
çais tout ce qui leur agrée, est boche tout ce qui les gêne. » 

Vendredi il août. — Les Français prennent au 
nord de la Somme plusieurs tranchées, une carrière 
fortifiée et deux petits bois. 

Les Italiens occupent le Garso jusqu'à Doberdo et 
avancent au sud de Gorizia. 

Les Serbes ont pénétré dans l'ancien territoire serbe 
le jour même de la prise de Gorizia. 

Une division italienne arrive à Salonique. 

Du 4 au 1 2 août, les Russes ont pris 36o.ooo hommes, 
4o5 canons, 1.326 mitrailleuses. 

Un sous-marin nommé Bremen aurait été capturé par 
un bateau-patrouille anglais. 

On annonce que le musée de Péronne a été détruit 
(Temps du 18). 

Diverses influences s'employant en France à plaider 
la cause de l'Autriche, le Matin écrit : « Une guerre de 
libération et de justice qui respecterait les Habsbourg 
serait une comédie. » (Voir aussi le Temps du 11.) 

Samedi 12 août. — Les Français attaquent la 



46 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

troisième position allemande au nord de la Somme, 
sur un front de 6 kilomètres (Hardecourt à Bascourt) ; 
ils prennent une partie de Maurepas (i.ooo prisonniers, 
3o mitrailleuses). 

Duel d'artillerie intense dans la région Fleury — Vaux- 
Chapitre. 

Les Italiens prennent Oppachiasella sur le Cai'so, 
mais rencontrent une très forte résistance à l'est de 
Gorizia. A la lisière nord du Carso, ils prennent la 
hauteur de Nad-Logem (i.4oo prisonniers). 

Des convois de munitions venant de Russie arrivent 
à Jassy. On dit que les Russes concentrent des troupes 
en Bessarabie. 

Les Russes sont maîtres de la ligne de la Strypa et 
prennent Nadvornaïa. 

Dans la nuit du 12-1 3, bombes sur Metz-Sablons et 
les casernes de Metz. 

Des avions autrichiens détruisent la coupole dç San 
Pietro di Gastello k Venise. 

U Humanité résume un article de Bernstein, reconnaissant 
que la guerre a été déclarée par l'Allemagne à la France 
pacifique. 

Sir Edw. Carson a déclaré que l'Allemand est un barbare 
en paix comme en guerre ; il demande que les Alliés fassent 
savoir au peuple allemand que, même après la paix, il n'y 
aura pas de relations diplomatiques avant que les Allemands 
eux-mêmes n'aient châtié ceux qui ont violé les lois interna- 
tionales {Matin). Polybe {Fir/aro) revient sur l'idée que les 
puissances de l'Entente devraient déclarer qu'elles ne traite- 
ront pas avec Guillaume II, seul responsable de la guerre. 
« Il s'agit de mettre l'Allemagne devant la vérité des choses. 
Il faut faire à l'Allemagne une immense opération de la 
cataracte. » 

Même opinion dans la Liberté (du i3) : « Accusé Hohen- 
zoUern, levez-vous ! Quel épilogue du grand crime ! quelle 
préface pour les temps nouveaux ! » (Berthoulat.) 

« La Turquie, l'Autriche et l'Allemagne reposent sur la 
même conception. Elles représentent le mépris de la natio- 
nalité et de la liberté. C'est pour étendre cette conception 
à des victimes nouvelles qu'elles ont voulu et déchaîné la 
guerre. Il nous appartient de nous rappeler pourquoi elles se 
battent et pourquoi nous nous battons. » {Temps.') 



AOUT 1916 47 

Dimanche 13 août. — Du 6 au i3, au sud de la 
Somme, les Français ont pris 2.000 hommes et 70 mi- 
trailleuses. 

4 obus de gros calibre sur Nancy. 

Depuis le 6 août, les Italiens ont pris i5.4oo hommes 
et 16 canons. 

Cadorna ordonne de passer par les armes tous les 
Autrichiens qui seraient porteurs de balles explosives 
ou habillés d'uniformes italiens. 

Les Russes prennent Podhaïtza sur le Koropetz et 
Mariampol sur le Dniester. 

La cavalerie anglaise a refoulé les Turcs à 80 kilo- 
mètres du canal de Suez (5.5oo prisonniers, 4 canons, 
1 million de cartouches). 

Bombes d'avions sur l'hôpital civil de Reims, qui 
est détruit (détails dans le Temps du 18;. 

On lit dans VEvening Sun (iNew-York) à propos des 
massacres d'Arménie et de Syrie : 

«!Nul n'hésite à'reconnaître le droit que la Turquie a con- 
quis par sa brutalité et qui est le droit à rextiaction. » 

Le Temps révèle, d'après von Hûgel, que l'interven- 
tion de la Bavière à côté de la Prusse, le ig juillet 1870, 
fut obtenue par l'assurance mensongère que les Fran- 
çais avaient envahi le Palatinat. 

Lundi 14 août. — Progrès français au nord de la 
chapelle de Sainte-Fine (Verdun). 

Entre le Sereth supérieur et la Strjpa, les Russes 
sont arrêtés par de violents feux d'artillerie. On affirme 
que, pour défendre Kovel, les Allemands, depuis le 
5 juin, ont enlevé 28 divisions à leurs autres fronts. 

Les Russes occupent le défilé de Jablonitza dans les 
Carpathes boisées. 

Longs conseils des ministres à Vienne et à Budaj)est. 

Le Temps publie le texte du traité entre la Serbie et 
la Grèce ; on voit que la Grèce s'était engagée sans 
réserve à aider la Serbie, comme la Sex'bie à aider la 
Grèce. Le déshonneur de ce dernier pays est complet. 

« La situation en août 1916 est autant à l'avantage des 



48 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Alliés que celle d'août 1916 Tétait au profit des Impériaux. » 
(Général Malletei-re.) 

« L'Allemaqne doit être vaincue, si nous voulons retirer le 
prix de nos victoires. » (Popolo d'Italia.') 

« L'humanité doit avoir sa police et la science doit fournir 
à cette police, à elle seule, les moyens de tenir en respect 
les nations de proie, les bandits et pirates internationaux, » 
(S. Reinach, Journal de Genève.) 

Mardi 15 août. — Burian, ministre des Affaires 
étrangères d'Autriche, est remplacé par Andrassy. 

Les Anglais reprennent, entre Thiepval et Pozières, 
des tranchées perdues le i3. 

A l'ouest de Grado et de Recinka, les Italiens font 
1.400 prisonniers. 

On dit que i5o.ooo personnes sont mortes de faim en 
Albanie, où la révolte s'étend. 

Des ulémas hostiles aux Jeunes-Turcs sont exécutés à 
Constantinople. 

Sur le front russe, on croit à une contre-oftensive ; 
les Autrichiens attaquent avec violence vers Kirilibaba 
et Kapul. 

L'offensive turque a fait des progrès en Asie ; les 
Turcs ont réoccupé Mush, Bitlis, Revenduz ; les 
Russes ont évacué Kirmanshah après Hamadan. 

Depuis le 4 niai, date de l'engagement pris par 
l'Allemagne envers les Etats-Unis, 4 navires marchands 
anglais et 3 neutres ont été coulés sans avertissement. 

On saisit en Allemagne des pamphlets réclamant la 
paix. Des troubles auraient eu lieu à Berlin. 

A Dresde, devant 6.000 socialistes, Scheidemann 
développe les idées du Chancelier sur la « carte de 
guerre ». 

Une ligue de neutres est créée à La Haye. 

L'Angleterre produit aujourd'hui en quatre jours 
autant de munitions pour obusiers qu'elle en a pro- 
duit en un an, de 1914 à 1910. La fabrication des gros 
canons donne chaque mois deux fois autant d'unités 
qu'il en existait, pour le service de terre, lors de la 
création du service des munitions (E. S. Montagu aux 
Communes). 



AOUT 1916 49 

Mercredi 16 août. — Les Français progressent 
sur la Somme, au nord et au sud de Maurepas et de 
Belloy-en-Santerre. 

Les Dernières Nouvelles de Munich disent que « la 
situation en Roumanie est grave pour les puissances 
centrales ». 

Tremblement de terre en Italie ; les dégâts sont 
sérieux à Rimini. 

L'offensive allemande se poursuit entre Brzezany et 
le confluent de la Zlota-Lipa et du Dniester. 

Constatant que les Allemands ont torpillé 4 navires 
grecs valant 35 millions, la Nea Hellas demande la 
confiscation des navires allemands réfugiés dans les 
ports grecs. 

D'après le bureau Veritas, la navigation commer- 
ciale a perdu, depuis le début de la guerre, plus de 
6 "/o de son tonnage, soit 1.470 navires (3. 325. 000 ton- 
nes). Les Anglais ont perdu i.45o.ooo tonnes, les 
Français i48.ooo, les Portugais 623 ; l'Allemagne a 
perdu 1. 107. 000 tonnes. 

Le Landsthing danois a repoussé le projet de vente 
des Antilles danoises. 

Parlant k Tacoma, le candidat Hughes déclare qu'il 
ne reculerait pas devant la guerre si elle était néces- 
saire pour la protection des citoyens américains. 

« L'armée italienne fait sienne cette devise qui est égale- 
ment celle de l'Europe civilisée : Delenda Austria. » (Temps.) 

Répondant à Sir Ed. Carson, Asquith dit aux Communes 
que le Gouvernement anglais n'admettrait pas la reprise de 
relations diplomatiques avec l'Allemagne après la guerre 
tant que réparation n'aurait pas été obtenue pour le meurtre 
de Fryatt. Le Daily Graphie fait observer que la seule répa- 
ration possible est l'exécution des assassins. Le Daily Tele- 
graph demande qu'on dresse la liste des coupables. 

Jeudi il août. — De violentes attaques allemandes 
sur les positions anglaises de la Somme sont repous- 
sées. 

Les Français enlèvent une grande partie de Fleury 
et progressent vers Thiaumont. 

128. CHRONOLOGIE DE LA GUERRE A 



50 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Bulgares attaquent les Serbes et occupent 
Florina. 

Un accord secret est signé entre la Roumanie et 
l'Entente. 

On signale d'énormes concentrations de matériel 
allemand (artillerie, avions, pontons) à la frontière rou- 
maine, près de Lom Palanka. 

Kouropatkine est nommé gouverneur du Turkestan 
et Roussky commandant des armées russes du nord. 

Guynemer abat son i3® avion. 

Le Gouvernement anglais interdit toute exportation 
en Suède de marchandises dont la destination ne lui 
serait pas connue. C'est la réponse à la loi suédoise du 
17 avril 1916, défendant aux importateurs de renseigner 
la Grande-Bretagne sur la destination des marchandises. 

Washington informe Berlin que la parole d'officiers 
allemands ne sera plus acceptée, plusieurs officiers de 
croiseurs auxiliaires, internés sur parole aux Etats- 
Unis, s'étant évadés. 

A la Chambre hongroise, Polenyi a reproché au 
Gouvernement d'avoir permis la nomination de Hinden- 
burg au commandement en chef de l'armée hongroise. 
Les attaques contre les généraux autrichiens ont été 
applaudies. 

Repington (Times) prétend qu'avec les classes 19 17- 
18, les récupérés et les ouvriers remplacés par des 
Belges, Polonais, etc., l'Allemagne disposera encore de 
2 millions d'hommes pour maintenir ses effectifs. 

Un neutre, qui affirme avoir été reçu à Berlin par Guil- 
laume II, dit que l'Empereur se défend toujours d'être res- 
ponsable de la guerre. « J'affirme que j'ai toujours agi de 
bonne foi et que j'ai ardemment voulu conserver la paix, 
même quand la guerre était inévitable. » Il a reproché aux 
neutres de parler toujours du militarisme allemand, mais 
jamais du despotisme russe et des rêves de revanche fran- 
çaise. Il a parlé aussi de la perfidie anglaise; le ^(/o/'/ijVîi/Pojf^ 
se demande à quels engagements il a pu faire allusion. Le 
New-York Globe dit que les incessantes protestations de 
l'Empereur trahissent un trouble de conscience et qu'il se 
réfère toujours à l'état de choses antérieur à la guerre, se 
taisant sur les événements de la dernière semaine (Voir le 
Temps du 18). 



AOUT 1916 51 

Vendredi 18 août. — Sauf sur un point au nord 
de Maurepas, de violentes attaques allemandes au nord 
de la Somme sont repoussées. 

Les Français reprennent tout Fleury et deux redoutes 
au nord-ouest de Thiaumont. 

Les Italiens prennent le sommet du Cauriol. 

Les Bulgares prennent Demirhissar, repoussent les 
Serbes près de Florina et occupent les stations de 
Banitza et d'Ekchisou sur le chemin de fer de Salo- 
nique. 

Fortifiés par des contingents turcs, les Autrichiens 
font reculer les Russes dans la région de Kirilibaba; 
mais les Russes progressent sur le Stokhod et prennent 
Toboly. 

La Gazette populaire de Cologne dit que la nomina- 
tion de Hindenburg au commandement suprême sur 
le front russe a déjà agi comme une contre-offensive. 

Le Journal de Genève insiste sur le repli des Russes 
en Arménie, résultat d'un grand efTort des Turcs, char- 
gés par l'Allemagne de conserver la barrière du Taurus 
arménien qui couvre la vallée du Tigre, les communica- 
tions avec Bagdad et la ligne future du chemin de fer. 

Guynemer abat son i4* avion. 

Pour la première fois on parle de dirigeables rigides 
anglais, plus rapides et moins encombrants que les 
dirigeables allemands. 

Le Frànkischer Kurier écrit : « Nous tuerons autant 
de Fryatt que nous pourrons en attraper. La fureur 
anglaise fait notre joie. » 

La Zukunft a été saisie en Autriche parce que 
Harden y a publié les textes relatifs à l'ultimatum à la 
Serbie et la réponse serbe. 

Suivant un statisticien danois, les Allemands ont perdu 
3.154.000 hommes, dont 4? °\o légèrement blessés; mais il 
faut y ajouter 2.5oo.ooo malades (?). Il y aurait 6f>5.ooo inva- 
lides de guerre en Allemagne. 

Samedi 19 août. — Les Anglais ont pris le sud-est 
de Thiepval et la hauteur qui domine le village. Ils 
tiennent la station et la carrière de Guillemont. 



52 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Violentes et vaines attaques allemandes pour repren- 
dre Fleury et au nord-ouest de Thiaumont. 

Les Bulgares passent le Nestos et envoient des pa- 
trouilles vers Cavalla ; avec la complicité des Grecs, ils 
occupent deux forts dans la région de la Struma. 

Alors que la presse russe se montre énervée des ter- 
giversations de la Roumanie, les Dernières Nouvelles 
de Munich insistent sur l'hostilité croissante de ce pays. 
Les ambassadeurs des puissances centrales ont avisé 
Bucarest que le droit de passage accordé aux Russes 
était incompatible avec la neutralité. 

Le sultan du Darfour a été déposé par l'Angleterre ; 
le pays est confié aux autorités anglo-égyptiennes. 

Du 17 au 19, violent bombardement d'Arras ; dégâts 
importants. 

La flotte allemande étant sortie est avisée de l'ap- 
proche de la flotte anglaise et regagne ses bases. Les 
Anglais ont perdu deux croiseurs légers, les Allemands 
deux sous-marins (?). 

Un sous-marin anglais torpille, sans le couler, le 
cuirassé Wesip/talen. 

On dit à New-York que l'empereur d'Autriche aurait écrit 
il y a ua mois à Guillaume pour lui demander d'importants 
secours, sans quoi il devrait faire la paix avant l'hiver. 

La Gazette de Francfort se moque de ceux qui disent :, 
« L'argent dépensé par l'Allemagne reste dans le pays. » 
Cet argent ne reste pas, car les obus éclatent, les canons 
sont usés, les automobiles réduites à l'état de ferraille, les 
uniformes mis en lambeaux. En réalité, ce qui demeure, ce 
sont les dettes. Aux 3o milliards de dettes d'avant la guerre 
s'en ajoutent déjà 43; il faudra, pour les intérêts seuls, 
sans compter l'amortissement, 2 milliards et demi de marks 
par an. » 

Dimanche 20 août. — Entrée triomphale du roi 
d'Italie à Gorizia. 

Les troupes germano-bulgares ont pénétré en Grèce; 
les troupes grecques reculent par ordre, sans résister. 

Les Russes annoncent qu'ils ont fait devant Riga des 
prisonniers bulgares. Toutun corps d'armée bulgare a été 
réparti entre les armées Pflanzer, Linsingen et Below. 



AOUT 1916 53 

Après une lutte très vive , les Anglais occupent 
Kidete (Afrique orientale allemande). 

Un Allemand écrit de Saint- Quentin {Temps du 
35 septembre) que l'armée allemande, depuis le 2 1 juin, 
perd 8.000 à 10.000 hommes par jour. 

Lord NorthclitFe déclare, à Rome, que l'Angleterre 
ne fera pas la paix avant d'avoir Guillaume II entre 
ses mains. 

Rockefeller donne un million pour hospitaliser en 
Suisse i.5oo enfants belges, polonais et serbes. 

Discours de Llojd George : 

« L'Angleterre est entrée en guerre, non par sa faute, mais 

f)arce que son honneur était profondément engagé... Il nous 
aut une victoire telle qu'elle avertisse tous les rois et leurs 
conseillers que la conscience des nations civilisées leur 
demandera compte de leurs méfaits contre le droit des gens 
et l'honneur. Il nous faut donc une victoire complète, que les 
professeurs allemands ne puissent pas dénaturer aux yeux 
d'un peuple crédule. Sinon, nos sacrifices auront été vains et 
il faudra les renouveler sur une échelle plus vaste, plus 
sombre, plus sanglante. Finissons-en avec la guerre aujour- 
d'hui, et pour toujours. » 

Lundi 21 août. — On calcule, à Bucarest, que les 
Bulgares ont 12 divisions et 072 canons. 

Parlant de la Roumanie, la Gazette de Cologne dit 
que les Empires centraux pouvaient espérer le concours 
roumain quand ils escomptaient la victoire, mais que 
maintenant ils n'ont plus rien à attendre de ce côté. C'est 
la première fois qu'un journal allemand avoue indirecte- 
ment que les Empires ne comptent plus sur la victoire. 

Succès russe à l'ouest du lac de Van. 

Le correspondant berlinois du World parle de 
(( Titans superzeppelins » qui seraient destinés à dé- 
truire Londres. 

On assure à Nev^^-York que tout sous-marin signalé 
dans les eaux britanniques peut être pris ou coulé en 
vingt-cinq minutes au moyen d'un piège d'acier. 

Explosion d'une usine de munitions dans le Yorkshire; 
20 morts. 

Le Berliner Tageblatt est autorisé à rc[)araître, mais 



54 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

à la condition que le directeur Théodore Wolfï n'y 
écrive plus. 

Fondation d'une Ligue de l'Europe centrale, ayant 
pour but de constituer une Europe centrale fédérative ; 
le manifeste est signé de nombreux députés et profes- 
seurs badois. 

La récolte hongroise en blé et en orge est mauvaise. 

Asquith, interrogé aux Communes, nie que l'Allema- 
gne ait jamais fait des propositions de paix; il n'y a eu 
que des articles de journaux. 

« Que l'Allemagne, trouvant contre elle quatre grandes 
puissances, supérieures par le nombre des hommes et la 
quantité des ressources, maîtresses de la mer, puisse, au bout 
de vingt-cinq mois, défendre encore les positions qu'elle 
occupe chez ses adversaires, c'est un grand enseignement 
d'humilité pour ceux qui ont eu charge de nos destinées. » 
(Temps.) I 

I 

Mardi 22 août. — Progrès anglais vers Thicpval,! 
Pozières, Martinpuich. 

Nous perdons, au sud de la Somme, quelques élé-j 
ment de tranchées pris la veille. j 

Progrès français entre Fleury et Thiaumont (200 pri-' 
sonniers). 1 

Sur le front de Salonique, les Alliés avancent au! 
centre, tandis que les Bulgares progressent aux ailes. \ 

Le roi de Roumanie, revenu de Sinaïa, reçoit à Bu- 
carest les ambassadeurs d'Allemagne et d'Autriche. 

Les Anglais ont pris Kilossa (Afrique orientale allc-i 
mande). 

On dit à Londres que les Allemands ont perdu 
35 dirigeables. 

Churchill dit aux Communes : « Ce serait folie de 
ne pas établir un plan en vue d'une longue durée de la 
guerre. » Lloyd George dit que la victoire est en vue, 
mais qu'elle n'est pas proche. 

Le Times publie une lettre du directeur de la Deutsche 
Bank à son neveu. L'Allemagne ne peut compter sur aucune 
pitié; on projette de la morceler, de lui faire payer une 
indemnité de i5 milliards de livres anglaises. Ne point 



AOUT 1916 55 

vaincre, c'est, pour elle, la ruine complète. Aussi doit-elle 
résister jusqu'au dernier homme, au dernier sou. 

1.700 Chinois sont arrivés en France pour travailler 
aux munitions. 

René Pichon écrit dans VŒiivre : 

« Je m'adresse, de toute mon àme, aux publicistes catho- 
liques et je leur dis : « De grâce, dans l'intérêt de la cause 
qui vous est chère et pour laquelle j'ai un infini respect, ne 
donnez pas à penser qu'on ne peut être catholique sans 
aimer l'Autriche ! Ne répétez pas chaque jour qu'elle est 
catholique ; vous finiriez par rendre anticléricaux ceux qui 
ont le moins envie de l'être. » 

Un soldat de la Garde allemande a écrit sur son 
carnet {Temps du 26 septembre) : 

« Si cette saloperie pouvait bientôt finir ! Mais il serait plus 
facile d'inculquer le bon sens à un âne qu'à l'humanité. » 

Mercredi 23 août. — Attaques allemandes re- 
poussées au sud de la Somme et en Champagne. 
Violent bombardement des positions reconquises par 
nous entre Fleury et Thiaumont. 

Von Below (quartier général de Cambrai) écrit que 
les pertes d'hommes sont telles qu'il ne faut jamais 
contre-attaquer sans ordre formel. 

L'offensive bulgare est enrayée sur la Struma et vers 
le lac d'Ostrovo. 

Les Bulgares ayant attaqué le fort grec de Startila, le 
colonel Chagas et la garnison ont opposé une vive 
résistance. 

UEmbros (gounariste) dit que, si l'Entente l'emporte, elle 
écrasera les Bulgares et ménagera la Grèce ; si l'Allemagne 
l'emporte, la Grèce a la parole de l'Empereur qu'elle ne sera 
pas amoindrie. Conclusion : ne pas bouger. 

L'offensive turque en Perse et dans le Caucase est 
brisée. Les Russes, près de Rayât (direction de 
Mossoul), cernent et prennent un régiment turc (2.800 
hommes, 3 canons). 

Un dirigeable lance des bombes incendiaires, sans 
faire de dégâts, sur la côte est d'Angleterre. 



56 CHRONOLOGIE CE LA GUERRE 

« Instrumeot d'observation pour la guerre maritime, le 
dirigeable doit être utilisé; instrument d'attaque, il est 
inutile. ^^ {New-York Herald.) 

On annonce officiellement que le Deutschland est 
arrivé à l'embouchure du Weser après vingt-deux jours 
de traversée. 

En appel, la peine de Liebknecht est aggravée 
(quatre ans et un mois de travaux forcés, six ans de 
privation des droits civils). 

La Russie a commandé dans le Yorkshire, pour le 
printemps de 191 7, 2 millions de mètres de drap. 

A la suite de la note fi^ançaise sur les déportations 
dans le Nord, le roi d'Espagne a convoqué d'urgence 
un conseil des ministres à Saint-Sébastien ; il a été 
décidé de procéder à une enquête. 

Les pertes prussiennes avouées atteignent 2.990.000 
hommes. 

Jeudi 24 août. — Les Anglais repoussent une 
violente attaque allemande et prennent 4oo mètres 
de tranchées vers Thiepval. 

Les Français enlèvent Maurepas (200 prisonniers, 
10 mitrailleuses). Lutte d'artillerie dans les secteurs 
d'Estrées et de Lihons. Une tentative allemande sur 
Fleury est repoussée. 

Les Serbes livrent bataille au nord du lac d'Ostrovo. 

Les Bulgares bombardent Sérès et le fort grec de 
Krushevo, qui refuse de se rendre. 

A une délégation de i5o personnes, venues pour 
prier Venizelos de sauver la Grèce, il a répondu : 
« Une chance de salut nous reste, c'est de nous réfugier 
dans les bras de l'Entente. Notre constitution nous 
donne le droit de manifester notre volonté : organisons 
une manifestation et que ceux qui nous gouvernent 
entendent le peuple proclamer que la nation grecque 
ne veut pas mourir. » 

Le roi de Roumanie aurait refusé de recevoir le duc 
Albert de Mecklembourg, que Guillaume II proposait 
de lui envoyer comme ambassadeur extraordinaire. 
L'Adeveral dit qu'au dernier conseil de la Couronne il a 



AOUT 1916 57 

été décidé que, la Roumanie ne pouvait marcher derrière 
la Bulgarie. 

On signale des troupes turques sur l'Isonzo et sur la 
Zlota-Lipa. 

Les Russes reprennent Mush. 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, 36^ raid de diri- 
geables sur les côtes sud et sud-est de l'Angleterre ; 
quelques bombes tuent i6 personnes et en blessent 
28 dans les faubourgs de Londres. « Attaque sur la 
place forte de Londres », dit une dépêche allemande 
de ce jour. 

La Kôlnische Volkszeitung proclame que « l'avenir 
de l'Allemagne est sous les eaux ». 

Les Allemands accaparent la monnaie de cuivre en 
Suède et en Danemark. 

On apprend à Londres que 12.000 Arméniens ont été 
massacres par les Turcs dans le Taurus. 

Le député Rakovsky dit à la Chambre hongroise : 
«: Les derniers moments de notre existence politique 
approchent. » Puis il déclare que les Hongrois sont prêts 
à lutter jusqu'au dernier homme. 

Dans un document saisi plus tard {Matin, 21 sep- 
tembre), Falkenhayn dit que la consommation des 
canons et des munitions excède considérablement la 
production et qu'il faut économiser le matériel. 

La Morgen-Post de Berlin proteste contre Bureaucra- 
ticas {M. Lebareau). 

« Nous avons une religion que tous les Français proclament 
et pratiquent, dont ils sont les fidèles exaltés ou les martyrs : 
la religion de l'indépendance nationale, le culte de la patrie. » 
{Temps.) 

Vendredi 25 août. — La Garde prussienne attaque 
au sud de Thiepval et est repoussée avec pertes. 

A Maurepas, nous avons capturé 600 hommes et 
18 mitrailleuses. 

Une violente attaque allemande est arrêtée à l'ouest 
de Tahure. 

Le Temps (du 26) publie le carnet d'un officier allemand 
sur la Somme où il est dit que les Français sont « maîtres 



58 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

de l'air », que les aviateurs allemands, en moyenne, ne valent 
pas les Français et les Anglais. Le 8 août, il se plaint vive- 
ment des déserteurs et des faux malades. 

L'Autriche accuse l'Italie d'avoir bombardé sans 
raison la basilique de Parenzo. 

Les Italiens occupent Palermo et Kalarat en Albanie. 

Les Anglais bombardent les forts de Gavalla, occupés 
par les Bulgares. 

A la suite d'une démonstration à Athènes, le ministre 
de Bulgarie menace de partir. 

Plus de 600 Grecs se sont engagés à Salonique pour 
défendre le pays contre les Bulgares ; la plupart sont 
des soldats démobilisés. 

La Patris attaque vivement l'Etat-major grec et lui 
demande de faire place à d'autres. 

Les Allemands ont amené 200 canons et 70.000 
hommes de renfort devant Kovel. 

On dit à Petrograd que les pertes, depuis le mois de 
juin, sont inférieures de 30 % à celles qu'on avait 
prévues et que la Russie pourrait faire des pertes 
égales pendant trois ans sans risquer de manquer de 
soldats. 

Les Turcs évacuent Bitlis. 

Graves désordres entre la troupe et la population 
en Catalogne. 

Le grand chérif de La Mecque publie une procla- 
mation au monde musulman pour expliquer sa rébel- 
lion contre la Turquie (Temps du 26). Il reproche entre 
autres aux Jeunes Turcs d'avoir détruit le tombeau 
d'Abd-el-Kader et d'avoir bombardé la Pierre Noire. 

On signale, en Allemagne, l'apparition de dirigeables 
anglais dans la mer du Nord. 

Bombes d'avions anglais sur les hangars de diri- 
geables près de Namur. 

Nungesser descend son onzième adversaire. 

L'Allemagne a pavoisé en l'honneur du sous-marin 
commercial Deatschland ; l'ambassadeur des Etats-Unis 
a félicité le Sénat de la ville de Brème. 

Le Journal de Genève publie le texte de la pétition 



AOUT 1916 59 

socialiste allemande pour la paix, protestant à la fois 
contre les annexions et contre la paix à tout prix. 

Les États-Unis s'inquiètent du manifeste de Tirpitz 
réclamant la reprise de la guerre sous-marine à ou- 
trance ; on se demande s'il sera désavoué. 

Plus de 25o.ooo Galiciens de Bukovine, réfugiés en 
Autriche, y compliquent le problème de l'alimentation. 

Repington dit que les canons lourds nécessaires à 
l'armée anglaise ne seront achevés qu'au début de 
l'hiver. Au point de vue des effectifs, il estime les 
réserves anglaises à 3. 800.000 hommes. 

VOsservatore romano nie que Pie X, à la veille de 
la guerre, ait adressé à François-Joseph une lettre qui 
aurait été interceptée. 

Samedi 26 août. — Les Bulgares occupent Drama 
et trois fortins grecs, après un combat qui a coûté aux 
Grecs quelques morts. 

En réponse à des allégations de journaux allemands, 
on fait connaître que les indisponibles de l'armée d'O- 
rient atteignent à peine 3i pour i.ooo. Il n'y a pas eu 
un seul cas de typhus. 

« L'Hcllade refuse de faire le sacrifice définitif de son hon- 
neur et de son avenir pour être agréable au beau-frère de son 
souverain. » (Temps.) 

La Roumanie mobilise ses réserves; la Banque Na- 
tionale émet pour 83 millions de petits billets. 

Les Russes de Bessarabie commencent à franchir le 
Danube ; ils sont accompagnés de troupes serbes cons- 
tituées de réfugiés en Roumanie et de volontaires 
venus d'Amérique. 

Harden écrit : « Avec qui ira la Roumanie? Avec le 
vainqueur, car lui seul a raison. » 

Un important article du Journal de Genève, de 
source roumaine, explique que la Roumanie n'aurait 
pu s'engager plus tôt dans la lutte sans y risquer un 
désastre, car elle manquait totalement de gros canons 
et de munitions. 



60 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Les Anglais occupent M'govo (Afrique orientale 
allemande). 

Le manifeste du Comité indépendant pour une paix alle- 
mande, présidé par l'historien D. Schaefer (Journal de Ge- 
nève du 28), demande l'annexion des pays russes entre la mer 
Baltique et les marais de V'olhynie, le protectorat sur la 
Belgique, etc. Le professeur Wundt est un des signataires. 

Le palais de Venise à Rome, siège de l'ambassade 
d'Autriche, est ajouté par décret au domaine national 
italien. 

Dimanche 21 août. — L'Italie prie la Suisse d'a- 
vertir l'Allemagne qu'elle se considère, depuis le 28, 
en état de guerre avec elle. 

« La déclaration de guerre de l'Italie est à la fois un acte de 
sincérité et d'opportunité. Elle consacre l'union et la soli- 
darité qui existent entre les Alliés; elle 'souligne la portée 
de la participation italienne àla campagne des Balkans. » 
{Tribuna.) 

La Roumanie, à la suite d'un conseil tenu le matin, 
déclare la guerre à l'Autriche ; dans le texte remis k la 
chancellerie, elle rappelle que la Roumanie avait 
adhéré à la Triple Alliance défensive, mais s'était 
trouvée dégagée par le caractère offensif de la guerre 
de igiA- « Je me suis vaincu moi-même », a dit le roi 
de Roumanie. Sur quoi Carp a dit qu'il souhaitait la 
défaite de la Roumanie; le Roi lui a serré la main, 
exprimant ses condoléances. 

Attaques allemandes repoussées sur le bois de Vaux- 
Chapitre et à la Croix-Saint-Jean (forêt d'Apremont). 

Progrès de l'offensive serbe du côté de Vetrenik ; de 
violentes attaques bulgares sont repoussées sur la route 
d'Ostrovo. 

Un Te Deum est célébré à Varna pour l'occupation de 
Florina, Demirhissar et Sérès. 

5o,ooo personnes parcourent Athènes, acclamant 
Venizelos et les Alliés. 

Par décret royal, Dousmanis et Metaxas, chef et 
sous-chef de l'État-major, sont relevés de leurs fonc- 
tions ; Moschopoulos est nommé chef de l'Etat-major. 



AOUT 1916 61 

Le soir, les troupes roumaines entrent en Hongrie. 

Depuis le début de la guerre mondiale, près de 
700.000 hommes ont passé sous les drapeaux en Rou- 
manie. 

Bombes d'avions sur Gand, faisant sauter les dépôts 
de munitions. 

Des hydravions russes bombardent le port de Varna. 

On apprend que l'officier qui commandait le sous- 
marin qui torpilla le Lusitania, Max Valentiner, a 
reçu de nombreuses décorations. 

L'Italie interdit l'exportation du fromage et des 
figues. 

Le colonel Fejler estime que l'armée allemande doit 
choisir entre l'obligation de raccourcir ses fronts ou de 
forcer la victoire au moyen d'une tentative désespérée. 

« Le principal mérite delà Somme est d'avoir démontré que 
les ennemis n'ont plus de réserves pour entretenir, sur ce 
front, deux secteurs actifs. La Picardie a instantanément tari 
Verdun. C'est là qu'est la victoire et la promesse de vic- 
toires, et non dans les kilomètres gagnés. » (W. M., Journal 
de Genève.) 

Contrairement au démenti publié la veille par VOsserva- 
tore romano, un prélat de l'entourage de Pie X communique 
de nouveaux détails à la Iribiina {Temps du 28). Dès que 
l'ultimatum à la Serbie fut connu, Pie X fit appeler l'ambas- 
sadeur d'Autriche au Vatican et lui dit : a Je veux conti- 
nuer à croire que votre Gouvernement ne vise pas à déchaî- 
ner une guerre mondiale. L'Empereur approche de son jour 
suprême ; il ne va pas tacher de sang la fin de sa vie. » 
L'ambassadeur répondit par des phrases banales et embar- 
rassées, faisant entendre que la situation était grave. Le Pape 
envoya au nonce de Vienne l'ordre de voir François-Joseph. 
Ce prélat passa une journée entière dans l'antichambre, s'en- 
tretenant avec de nombreux aides de camp et officiers qui 
entraient et sortaient du cabinet impérial, mais ne fut point 
reçu. Les dépèches qu'il adressa à ce sujet au Vatican 
furent interceptées. II ne parvint à annoncer la déclaration 
de guerre que par le mot Janus, dont la censure ne comprit 
pas le sens. Lorsque l'ambassadeur autrichien vint annoncer 
au Pape le fait accompli et demander, au nom de François- 
Joseph, la bénédiction pour les armées autrichiennes. Pie X 
répondit sévèrement : « Dites à l'Empereur que je ne saurais 
bénir, ni la guerre ni ceux qui l'ont voulue. » Et comme 



62 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

l'ambassadeur insistait pour obtenir au moins une bénédic- 
tion spéciale pour TEmpereur, le Pape déclara : « Je ne pour- 
rai que prier Dieu qu'il lui pardonne. » 

Lundi 28 août. — A la suite d'une réunion du 
Conseil fédéral, l'Allemagne déclare la ouerre à la 
Roumanie, attendu que celle-ci a déclaré la guerre à 
l'Autriche et violé les traités conclus avec les Empires 
centraux. C'est la trente et unième déclaration de 
guerre; il y a actuellement i4 belligérants, lo d'un 
côté, 4 de l'autre. 

Contre-manifestation antivénizéliste k Athènes; quel- 
ques cris de c( Vive la Bulgarie ! » 

Trois colonels grecs de l'xLtat-major donnent leur 
démission. 

Le roi de Grèce subit une petite opération et ne 
reçoit personne. 

« En Grèce, il n'y a que les militaristes qui ne veulent pas 
agir en militaires. » {New-York Herald.) 

Les Autrichiens évacuent Brasso (Transylvanie). 

La flotte russe est à Constantza ; les monitors austro- 
hongrois tirent sur Turnu-Severin et Giurgevo. 

Une grande fabrique de poudre saute au Canada. 

« L'Orient devient le foyer principal du conflit européen. 
La paix peut s'obtenir à Vienne, à défaut de Berlin. « (Rous- 
sel, Liberté.) 

Mardi 29 août. — Depuis le i^"" juillet, les Anglais 
ont pris 1 5.470 hommes, 86 canons, 166 mitrailleuses. 

On a trouvé sur un prisonnier allemand de la 
Somme un ordre adressé aux soldats du XIII* corps, 
leur enjoignant de ne plus faire de prisonniers (Li- 
berté du 3o). 

Le roi de Bulgarie est parti pour Vienne. 

On apprend que les Bulgares ont massacré des pri- 
sonniers serbes par sections entières, ainsi que des 
femmes et des enfants. Des prisonniers bulgares ont 
dit : « Notre Tsar lui-même a donné l'ordre que tout le 
monde soit tué, afin que la race serbe cesse d'exister. » 

Le roi de Roumanie ordonne la mobilisation gêné- 



AOUT 1916 63 

raie. Les Roumains entrent en Hongrie par sept cols 
et occupent Petroseny et Brasso (Kronstadt). Les Autri- 
chiens reculent. 

Bombes d'avions allemands sur Bucarest. 

Falkenhayn, chef d'Etat-major général, est remplacé 
par Hindenburg. 

Le socialiste allemand Heilmann annonce qu'il a 
découvert une maladie nouvelle dite Social-cretinismus, 
dont le principe serait : « Être socialiste signifie d'abord 
être antirévolutionnaire. » 

La foire de Leipzig, qui devait durer jusqu'au i5 sep- 
tembre, a été brusquement close. 

Il est démontré à l'Académie de Médecine que, seuls 
de tous les belligérants, les Autrichiens ont fait usage 
de balles explosibles, fabriquées par l'État et distri- 
buées aux meilleurs tireurs. 

La Gazette de Francfort dit que la Roumanie, 
conduite par des chevaliers d'industrie et des catins, 
n'a pas voulu laisser à l'Italie la gloire de rester le plus 
grand filou de l'Histoire {Journal de Genève du 3i). 

«c Pourquoi ne pas le dire? Des Français n'ont pas le droit 
de dissimuler les mérites de la France. Ils ont le devoir, au 
contraire, de rehausser par leur témoignage unanime le 
prestige d'un Français que nos alliés admirent et que nos 
ennemis craignent. La réputation de M. Briand fait partie du 
patrimoine national. » (Jean Herbette, Echo de Paris.) 

« Sept cent mille hommes au moins vont rejoindre l'armée 
unique des Alliés... Nous voici à la dernière phase de la 
lutte européenne. » (Petit Parisien.) 

Mercredi 30 août. — La Turquie déclare la guerre 
à la Roumanie. 

Les Anglais émettent des gaz près d'Arras et d'Ar- 
mentières. 

Près de Martinpuich, un bataillon bavarois se rend 
aux Anglais. 

Les Italiens occupent Tepe-Leni sur la Volussa en 
Albanie. 

Les Autrichiens achèvent de détruire l'hôpital de la 
Miséricorde à Gorizia, bombardé depuis le 22. 

On constate à Salonique que les Bulgares, forts de la 



64 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

connivence du Gouvernement grec, se sont emparés 
de 17 forts ayant coûté plus de 100 millions, et de 
100 canons. Un seul fort près de Cavalla a tenté quel- 
que résistance. 

Deux proclamations, l'une au peuple, l'autre à 
l'armée, sont affichées sur les murs de Salonique; elles 
invitent le peuple grec à prendre les armes pour 
l'honneur et l'intégrité de la patrie. Le texte de l'appel 
au peuple est sévère pour le Roi. Le signal du soulève- 
ment est donné par le 12' régiment d'infanterie; le 
chef du mouvement est le colonel Zimbrakakis, qui a 
dit : c( L'arbre planté par Schenk sera déraciné. » 

Au dire des Serbes, leurs prisonniers bulgares dé- 
clarent que les Allemands et les Turcs sont des misé- 
rables et qu'ils ne veulent pas se battre pour eux. 

Grand Conseil de Cabinet à Sofia : il s'agit d'amuser 
la Roumanie par une apparence d'hésitation. La presse 
allemande fait semblant de se méfier de la Bulgarie, 
qui tarde à déclarer la guerre a la Roumanie. 

La New-York Tribune dit que la Roumanie vient à 
l'Entente comme l'Autriche à la Coalition en 181 3. 

Les R.usses occupent Rabastov sur la Bistritza et 
bordent la frontière hongroise sur 20 kilomètres. 

L'Italie a confisqué 36 navires allemands (142.000 
tonnes). 

Les édifices publics à Paris sont pavoises en l'hon- 
neur de l'Italie et de la Roumanie. 

Alors que beaucoup d'enfants allemands sont hospi- 
talisés en Hollande, le Gouvernement allemand s'op- 
pose à ce qu'on reçoive dans ce pays des enfants 
français des départements envahis. 

Le mark perd 25,27 ^^ Suisse, 28,16 en Hollande. 

Jeudi 31 août. — Les Anglais émettent des gaz 
sur le saillant d'Ypres. 

Les Bulgares occupent Klissura. 

Un communiqué serbe déclare que tous les succès 
bulgares se limitent à l'occupation de territoires grecs 
non défendus. 

Le Comité de défense nationale, formé à Salonique, 



AOUT 1916 65 

ordonne la mobilisation générale en Macédoine. Les 
troupes royalistes ont été cernées dans une caserne. 

Le Gouvernement grec interdit toute manifestation 
pour huit jours. 

On affirme que l'armée de Sarrail compte 120.000 
Français, 120.000 Anglais, iSo.ooo Serbes, 26.000 Ita- 
liens et 8.000 Russes, en face de 200.000 Bulgares. 

Mackensen est nommé commandant en chef des 
armées austro-allemandes dans les Balkans. 

Le commandant des forces russes en Roumanie 
arrive à Bucarest. 

Les Roumains ont avancé de 25 milles en territoire 
hongrois et occupé Hermannstadt. Au cours des pre- 
miers combats (3o et 3i), ils ont fait 2.000 prisonniers. 

Reprise de l'offensive russe. Entre la Zlota-Lipa et le 
Dniester, les Russes enfoncent le front austro-allemand 
et prennent Horozanka (16.000 prisonniers, 6 canons, 
55 mitrailleuses). Dans les Carpathes, les Russes 
joignent les Roumains k l'ouest de Dorna-Vatra. 

Au mois d'août, la guerre sous-marine a détruit 
102 navires (124.000 tonnes). Les Alliés ont perdu 
76 navires (96.000 tonnes). Les Italiens en ont perdu 
plus que les Anglais (43. 000 tonnes) ; de tous les 
neutres, les Norvégiens en ont perdu le plus. 

L'Italie confisque la villa d'Esté à Tivoli. 

Un correspondant du Journal est reçu par le cardinal 
Gasparri. Le Pape demande la paix et reste impartial, mais 
non inactif dans sa bienveillance. Le Sainl-Siège n'a pu 
condamner tel ou tel belligérant sur un cas particulier, car 
il n'était pas suffisamment instruit des faits; il a préféré se 
tenir au-dessus de la mêlée. 

Jusqu'à ce jour, les Allemands ont perdu S.SgS.ooo 
hommes, dont 240.000 au mois d'août. 

La Bulgarie déclare la guerre k la Roumanie. 



128. CHROKOLOOIE DB LA OU«RR« 



66 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

SEPTEMBRE 1916 



Vendredi i" septembre. — Les Anglais ont 
repris quelque terrain perdu la veille au noid-ouest du 
bois Delville et repoussé une attaque sur le bois de 
Ginchy. Les Allemands lancent beaucoup d'obus à gaz i 
sur leurs lignes. i 

Au sud d'E>strées, les Allemands reprennent quelques ': 
tranchées prises par nous le 3i août. 

La retraite des Bulgares opérant sur la gauche dès] 
Alliés a commencé ; ils ont évacué Sorovitz. 

A II heures, le sémaphore du Pirée annonce l'arrivée 
de 3o navires de la flotte alliée (détails dans New-York\ 
Nation, 1916, II, p. 871). 

Les réfugiés de la frontière roumaine encombrent 
Budapest. 

Des avions ennemis lancent 25 obus sur Port-Saïd. 

Le commandant des armées allemandes sur la | 
Somme fait l'éloge des troupes françaises, s'étonne du 
manque de liaison entre les opérations françaises et 
anglaises et ajoute : « L'armée anglaise est loin de 
valoir les troupes françaises; les recrues de Lord Derby 
sont encore moins bonnes que les soldats de Kitchener. » I 
{Matin du 4.) | 

Du I"" juillet au i"" septembre, la nombre des divi- 
sions allemandes a passé de 181 à 2o3; mais ces divi- 
sions, très fortes en artillerie, sont réduites à trois régi- 
ments d'infanterie {Temps du 2 novembre). 

L'Agence WoltF désavoue k moitié le manifeste de 
Tirpitz, alléguant qu'il a été fabriqué a l'aide d'un télé- 
gramme privé. 

Contrairement à des bruits calomnieux, on assure 
que tous les giands-ducs de vingt k quarante-cinq ans 
servent sur le front russe. 

« Ne nous laissons pas duper ; la politique bulgare rappelle 



SEPTEMBRE 1916 6/ 

la politique socialiste des Allemands. En Bulgarie, on met 
en avant les slavophiles, ([uitle à s'allier le lendemain avec 
les Turcs. » {New-iork Herald.) 

Samedi 2 septembre. — Violent bombardement 
de nos positions entre Thiaumont, Fleurj et le bois de 
Vaux-Chapitre. 

Les troupes royalistes de Salonique se sont rendues; 
la garnison de Vodena a fait adhésion au Comité 
national 

La flotte alliée a saisi, au Pirée, les navires austro- 
allemands. 

Le Gouvernement grec décide d'ajourner les élec- 
tions. 

« On ne soulève pas un peuple pour une politique d'abdi- 
cation, et c'est à quoi s'efforcent les résidus de l'Etat-major 
décapité. » (Temps.) 

Les Bulgares sont entrés dans la ville roumaine de 
Dobrich (Dobrudja). 

La Gazette de Francfort parle d'écraser la Rou- 
manie pour envahir ensuite la Russie méridionale. 

Les Russes occupent le mont Ploska, au sud-ouest 
de Rafalovka. 

La nuit, trente-septième raid sur l'Angleterre; un 
des dirigeables est détruit dans le district de Londres 
et tombe en flammes près d'Enfîeld. 

Des avions de la marine anglaise bombardent Ho- 
boken, près d'Anvers. 

Bombes d'avions français sur la gare de Metz-Sablon 
et les établissements militaires au nord de Metz. 

Le projet allemand de proclamer l'autonomie de la 
Pologne ayant donné lieu à des difficultés avec l'Au- 
triche, on s'étonne, à Genève et ailleurs, que la Russie 
ne profite pas de cette occasion pour faire honneur aux 
engagements du grand-duc Nicolas, confirmés au nom 
du Tsar par Goremykine (Journal de Genève). 

Wilson, dans un discours à Long-Branch, dit que les 
Etats-Unis devront jouer un grand rôle dans le monde, 
en appelant les nations spoliatrices à rendre compte 



b» CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

de leurs actes et en contribuant à l'établissement d'une 
paix dur.'.ble. 

Le Conseil municipal de Berlin donne 600 millions 
de mark au nouvel emprunt de guerre, qui s'ouvre 
lundi. 

L'Allemagne achète dans toutes les villes des bijoux 
d'or. 

Une fabrique de munitions saute k Aix-la-Chapelle. 

Les négociations économiques de l'Allemagne avec 
la Suisse ont abouti ; l'Allemagne renonce à importer 
le stock accaparé par ses agents. 

Harden écrit dans la Ziikanft : 

« C'est notre existence qui est en jeu. Si l'eanemi nous 
impose sa volonté, la Bulgarie sera écrasée, la Grèce 
entraînée dans le tourbillon, la Turquie cernée, la Hongrie 
démembrée, l'Allemagne traquée partout comme une bête 
mauvaise. » 

François-Joseph arrive k Budapest. 

Le colonel suisse de Loys, auteur d'une lettre belli- 
queuse publiée par la Gazette de Soleare (germano- 
phile), déclare que c'était une missive privée, publiée 
sans son autorisation. Son fils s'engage aussitôt dans 
l'armée française. 

Il neige dans les Pyrénées oiuentales. 

Dimanche 3 septembre. — Les Anglais prennent 
Guillemont et une partie de Ginchy, avançant leur front 
de 5oo mètres. 

Au nord de la Somme, attaquant sur un front de 6 ki- 
lomètres, les Français prennent Forest et Cléry-sur- 
Somme (2.000 prisonniers, 1 4 canons, 5o mitrailleuses). 

Sur la rive droite de la Meuse, les Allemands pren- 
nent un saillant à Vaux-Chapitre, mais perdent du 
terrain k l'est et au nord-ouest de Fleury (3oo prison- 
niers). 

Il est établi que les journées de Gorizia et du Carso 
ont valu aux Italiens 19.000 prisonniers, 3o canons 
92 mitrailleuses, 5 millions de cartouches. 

Les Serbes repoussent une attaque bulgare à l'ouest 
du lac d'Ostrovo. 



I 



SEPTSMBHE 1916 69 

Les Bulgares, qui avaient occupé Kastoria, en sont 
chassés. 

On ne doute pas à Salonique de la trahison de l'Etat- 
major grec. En plus de six forteresses de la frontière, 
onze forts de la défense de Cavalla ont été livrés aux Bul- 
gares. 

Les Alliés demandent k la Grèce : i° d'exercer à sa 
place le contrôle postal et télégraphique; 2° l'éloigne- 
ment de Schenk et autres agents étrangers; 3° des 
mesures contre les Grecs coupables d'espionnage et de 
corruption. 

Le roi de Roumanie entre à Brasso. 

Les Roumains prennent en Hongrie 3oo wagons et un 
hôpital de campagne. 

Les Bulgares attaquent Tutrakan (Turtukaï) et sont 
d'abord tenus en échec. 

Les Russes traversent la Ceniovka (affluent de la 
Zlota-Lipa) pi'ès de Prezcjany et font 2.700 prisonniers; 
ils progressent aussi dans les Garpathes. Du 3i août au 
3 septembre, Broussilov a pris 20.000 hommes, 
12 canons, 71 mitrailleuses. 

Les Anglais bombardent par avions l'aérodrome de 
Ghistelles. 

Pendant la nuit, deuxième incursion d'avions sur 
Bucarest. 

Wilson dit à Shadow Lawn : 

« Aucune nation ne doit désormais rester neutre en pré- 
sence d'un attentat voulu à la paix du monde. Les nations 
doivent s'unir pour garantir conjointement que toute tenta- 
tive de troubler la paix du monde doit être d'abord soumise 
au tribunal de l'opinion universelle. Une nouvelle atmo- 
sphère de justice et de bonne volonté doit être créée par des 
méthodes nouvelles. » 

Il y aura désormais, en Autriche, un troisième jour 
sans viande. 

Dix jours d'arrêts sont infligés au colonel de Loys. 

Le Temps écrit, à propos de l'entrevue du cardinal 
Gasparri : 

ce Rappeler à tous les belligérants l'observation des lois de 
ia guerre, c'est confondre dans une même leçon, qui confi- 



70 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

nerait bien vite à l'injustice, ceux qui les ont violées dès le 
début et ceux tjui ont conscience de n'y avoir point manqué... 
On eût rêvé — • était-ce donc un rêve ohiméricjue? — 
d'une papauté qui, se souvenant qu'elle est la plus haute 
puissance morale du monde, aurait laissé entendre la voix 
éternelle du droit. » 

« Dans l'Europe entière, le philhellénisme est grièvement 
blessé, s'il n'est pas mort. » (Journal de Genève.) 

« Le Figaro pense que l'idée d'exclure pour dix ans la 
marine allemande du canal de Suez mérite d'être étudiée. 
Il n'est pas nécessaire de l'étudier longtemps pour en 
découvrir l'ineptie. » (New-York Herald.) 

Lundi 4 septembre. — Au prix de violents com- 
bats, les Anglais prennent Guillemont, mais doivent 
céder une partie de Ginchy, 

Depuis le début de leur offensive, les Anglais ont fait 
17.000 prisonniers. 

Au nord de la Somme, nouveaux progrès français ; 
au sud, nous prenons Sojécourt et Chilly (2.700 pri- 
sonniers). 

Une violente attaque allemande enlève un fortin de 
la route de Vaux ; nous le reprenons (5oo prisonniers). 

Le roi de Monténégro visite le front italien avec le 
roi d'Italie. 

Des patrouilles bulgares pénètrent dans Cavalla. 

La Grèce accepte les demandes de l'Entente, qui 
contrôle depuis la veille les postes et télégraphes. 

On prétend que le roi de Grèce aurait déclaré aux 
ministres de l'Entente qu'à la suite de l'intervention 
roumaine, il était disposé à examiner à nouveau la 
politique grecque. 

Se disant malade, le Roi refuse de recevoir la délé- 
gation vénizéliste, qui dépose son mandat. 

« Nous avons accumulé à l'égard de la Grèce et de sa 
dynastie les actes de bienveillance et de temporisation. On 
ne saura que plus tard dans quelle mesure notre patience 
a gêné notre organisation militaire à Salonique. » (Temps.) 

Les Roumains sont entrés à Hermannstadt (Sibiu), 
évacué par les Autrichiens, qui ont aussi évacué Orsova 
et Herkulcsbad. 



SEPTEMBRE 1916 71 

La cavalerie russe se heurte k la cavalerie bulgare 
dans la Dobrudja. 

Nouvelle attaque des Germano-Bulgares sur Tu- 
trakan. 

Dar-es-Salaam, capitale de la dernière colonie alle- 
mande en Afrique, s'est rendu aux Anglais. 

Un deuxième dirigeable allemand, endommagé par 
le feu anglais, est tombé en mer. 5oo.ooo personnes 
ont visité la carcasse du dirigeable abattu k Enfield. 

« Plus rAllemagne approchera de la défaite, plus elle 
commetlra de pillages et d'assassinats. Nous devons donc 
nous attendre à de nouveaux raids; mais le temps est passé 
où cela pouvait priver les plus nerveux d'une heure de 
sommeil. » {Daily TelegrapJi.) 

Vingt bombes d'avions sur Venise ; dégâts insigni- 
fiants. 

Des avions allemands bombardent les positions rou- 
maines en Dobrudja et la gare de Constantza. 

L'Angleterre, ayant perdu 8 contre-tor[)illeurs dans la 
bataille du Skageiiak. en a lancé i5 nouveaux en une 
seule semaine. On parle de bâtiments d'un nouveau 
modèle en construction. 

Le change allemand, qui perdait i5,02 à New-Yoïk 
fin juin 1915, y perd aujourd'hui 26,81 (à Amsterdam, 

29)- 

L'Agence Wolff, démentant les nouvelles d'émeutes 
en Allemagne, dit que personne n'a été tué jusqu'à 
présent à cause des difficultés de ravitaillement. 

A Milan, en commémoration de la bataille de la 
Marne, Ferrero dit que la France a sauvé l'Europe, en 
donnant aux Alliés le temps de s'organiser contre l'en- 
nemi commun. 

Mardi 5 septembre. — Les Anglais avancent à 
l'est de Guillemoiit et prennent le bois de Leuze. 
Depuis le 3, ils ont fait i.ooo prisonniers; ds tiennent 
toute la deuxième ligne allemande de la ferme de 
Mouquet à Salsemont. 

Au nord de la S.imme, malgré le mauvais temps, 
nous enlevons Ommiécourt ; au sud, nous repoussons 



72 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

des attaques acharnées et atteignons les lisières du parc 
de Deniécourt. Depuis le 3 septembre, nous avons 
capturé sur la Somme 6.65o hommes, 36 canons et un 
dépôt d'obus de i5o. La route de Péronne à Bapaume 
est sous notre feu. 

Premières neiges sur le front italien. 

Violentes actions d'artillerie sur le front de la Struma 
et du lac Doiran. 

Les Roumains disent que les attaques sur Tutrakan 
ont faibli. 

La Roumanie met sous séquestre plus d'un milliard 
de capitaux allemands. 

Bombes d'avions sur Bucarest, Ploesti, Gonstantza, 
etc. Les Roumains vont réunir des notables allemands 
dans les immeubles du centre de Bucarest. 

Un incendie détruit la fabrique d'avions d'Adlershof. 

Guynemer abat son quinzième adversaire. 

Bombes anglaises sur l'aérodrome turc d'El-Arish. 

On croit que les sous-marins allemands ont une base 
aux îles Baléares. 

Dans le Vorcoârts , le député socialiste Haenisch 
s'associe à 1' « annexionisme modéré » de Bethmann- 
Hollweg, exposé dans le discours du g décembre. 

Séance orageuse à la (]hambre hongroise ; Tisza est 
accueilli aux cris de : Démission ! 

Le colonel suisse de Lojs est réprimandé pour sa 
lettre imprimée dans la Gazette de Soleiire. 

Mercredi 6 septembre. — Au sud de la Somme, 
nous prenons une partie de Berny-en-Santerre et le 
nord ae Vermandovillers ; notre ligne borde Chaulnes 
et la voie de Chaulnes à Roye. 

Une attaque sur les organisations allemandes des 
bois de Vaux, du Chapitre et du Chénois enlève, sur 
i.5oo mètres, toute la ligne des premières tranchées 
(200 prisonniers). 

La Grèce rappelle cinq classes. 

On assure (mensongèrcment) que Zaïmis, au nom du 
Roi, aurait renoncé à la diplomatie secrète, constituée 
par la Cour en dehoi^s de la diplomatie officielle. 



SEPTEMBRE 1916 73 

Le colonel Christodoulos, avec deux régiments, arrive 
à Cavalla et somme les Bulgares d'évacuer les forts. Il 
occupe les hauteurs autour de la ville. 

Les AuLrichieus évacuent la région Olak-Toplitza en 
Transylvanie. 

Les Germano-Bulgares prennent Tutrakan (Turtukaï), 
tête de pont sur la rive droite du Danube dans la 
Dobrudja, à la suite d'une bataille de quatre jours et 
d'un bombardement avec de la très grosse artillerie. 
On parle de 26.000 prisonniers roumains. 

Au nord de Dvinsk, les Russes traversent la Zapa- 
dinaja-Dvina et refoulent les Allemands. 

Combats violents vers Brzezany et Halicz. Les Russes 
traversent la Marainka, aftluentde la Gnita-Lipa. Halicz, 
bombardé, est en flammes. Dans la région de cette 
ville, les Russes ont capturé 5. 600 prisonniers, dont 
3.000 Allemands et 690 Turcs. 

On assure que les derniers civils ont quitté Lemberg. 

Les premières automobiles circulent sur la voie Pe- 
trograd — Arkhangel . 

Un aviateur anglais coule un sous-marin dans le port 
de Zeebrugge et rentre à Dunkerque. 

Une flotte de 3o à l{0 vapeurs japonais fait le service 
de Seattle et Tacoma à Vladivostok. 

La Gazette du Rhin et de Westphalie parle d'enlever 
à la France ses régions minières du nord et de l'est, 
dont on expulserait la population, et d'imposer Caillaux 
à la France comme premier ministre (!). 

Les articles de Reventlow dans la Tageszeilung sont 
supprimés par la censure préventive. 

Première séance secrète du Parlement hongrois. 

A la suite de longues négociations, les soldats fran- 
çais des camps dits de représailles en Pologne et en 
Gourlande sont transférés dans des camps ordinaires. 

Le colonel Feyler écrit {Journal de Genève) : 

« La partie reste formidable. Les Empires du Centre béné- 
ficient de l'unité de commandement que n'ont pas su se 
donner leurs adversaires. Mais la Quadruple Entente dis- 
pose d'autres cléments de supériorité. » 

« L'Allemagne sait qu'elle ne peut battre les Alliés ; mais 



74 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

elle continuera à lutter désespérément pour sauver le trône 
des Hohonzollern et la roule de l'KsI (Berlin-Bagdad), 
aclueilement entre ses mains. Si les Alliés occupent cette 
roule, l'Allemagne saura qu'elle a pcr.lu sdu grand objectif 
et la durée de la guerre sera abrégée. » (^Daily Mail.) 

Jeudi 7 septembre. — De violentes contre-attaques 
allemandes sont repoussées au nord de la Somme 
(200 prisonniers). 

Schenk a été prié de quitter la Grèce; il est parti 
pour Cavalla. 

Le Temps et d'au'res journaux continuent k s'étonner 
de l'inaction du front de Salonique, alors que les Bul- 
gares attaquent la Roumanie par le sud, à peu de dis- 
tance de Bucarest. 

Les Russo-Roumains, attaquant dans la région de 
Dobritch, trouvent devant eux des Germano-Bulgares et 
des Turcs. Combats acharnés du 5 au 7. 

On dit que les Roumains, en retraite dans la Do- 
brudja, incendient les récoltes. 

Un dirigeable italien fait sauter une poudrière autri- 
chienne avec 4-000 tonnes d'explosifs à Lussin-Piccolo. 

Des torpilleurs russes bombardent le port bulgare de 
Ballchik et coulent 21 barques. 

La flotte alliée bombarde les forts de Cavalla. 

L'Italie a saisi pour 6 millions de propriétés alle- 
mandes à San Remo. 

Milioukov dit que la dislocation de l'Autriche est 
une nécessité historique. 

Ballin dit à l'Américain K. von Wiegand : « Tenir, 
endurer et se taire, tel est notre mot d'ordre. » 

L'abbé Wetterlé écrit dans le Matin : 

« Avant de proclamer la paix universelle et durable, il est 
absolument nécessaire de mettre la camisole de force à 
ceux qui se déclarent prêts à constamment la menacer. Les 
honnêtes gens ne .seront tranquilles (jue quand on aura mis 
à l'ombre les détrousseurs de grands chemins. N'oilà pour- 
quoi l'Empire créé à Versailles doit disparaître. » 

Vendredi 8 septembre. — Dans la nuit de ven- 



SEPTEMBRE 1916 75 

dredi à samedi, violentes attaques jiHemandes sur le 
front de la Somme, quatre fois ropoussées. 

Depuis le 3, nous avons fait 7.700 prisonniers au 
nord de la Somme. 

Une attaque allemande vers Vaux-Chapitre et Le 
Chénois est rejetée après quelques progrès. 

Les Bulgares occupent Silistrie. 

Hiudenburg félicite le général bulgare Jekol pour la 
prise de Tutrakan. 

Les Roumains bombardent Vidin, Lom Palanka et 
Rahovo sur le Danube. 

Les Russes enlèvent une série de hauteurs dans les 
Carpathes boisées (ôoo prisonniers). 

Les Autrichiens font sauter le grand pont du Dniester 
devant Halicz. 

Combats acharnés dans la région d'Oghut (Mésopo- 
tamie). 

Un décret interdit l'usage de l'allemand dans les 
établissements scolaires russes à partir de la prochaine 
année scolaire. 

Le Sénat américain ratifie le projet d'achat des 
Antilles danoises. 

Ribot déclare que le total des crédits depuis le début 
de la guerre a atteint 60 milliards, et demande 8 mil- 
liards 347 millions pour le dernier trimestre de 19 16. 

Lloyd George, dans les casemates de Verdun, fait 
aux officiers qui le reçoivent un discours touchant : 

« Le souvenir de la victorieuse résistance de VerJun sera 
immortel, parce que Verdun a sauvé non seulement la 
France, mais notre grande cause commune et l'humanité 
tout entière. Sur les hauteurs qui entourent cette vieille 
citadelle, la puissance malfaisante de l'ennemi est venue se 
briser, comme une mer furieuse sur un roc de granit. Elles 
ont dompté la tempête qui menaçait le monde. Pour moi, je 
me sens remué profondément en touchant ce sol sacré. Je 
ne parle pas en mon nom seul et je vous apporte l'admira- 
tion émue de mon pays et du grand Empire dont je suis 
ici le représentant. Ils s'inclinent avec moi devant le sacri- 
fice et devant la gloire. Une fois de plus, pour la défense 
des grandes causes auxquelles son avenir même est attaché, 
l'humanité sp tourne vers la France. « 



76 CHRONOLOGIE DE LA GUERRE 

Samedi 9 septembre. — Les Anglais, attaquant 
sur un (Vont de 6 kilomètres, prennent tout le village 
de Ginchy et progressent au nord-est de Pozières. 

A l'est de Fleury, nous prenons un système de tran- 
chées, avec 200 prisonniers. 

Les Autrichiens bombardent Gorizia avec des obus 
de 3o5, détruisant l'église, le thràtre et l'hôpital. 

La garnison de Verria se révolte contre le Gouverne- 
ment d'Athènes et se déclare prête à lutter aux côtés 
de l'Entente. 

Schenk, en quittant Athènes, a dit que l'organisa- 
tion créée par lui survivrait à son départ. 

Le soir, à Athènes, une trentaine d'individus ont 
pénétré dans le jardin de la légation de France, 
criant : a Vive le Roi ! A bas la France ! A bas l'Angle- 
terre ! )) Ils ont tiré des coups de revolver en l'air, 
puis ont pris la fuite, Zaïmis a présenté aussitôt des 
excuses à la légation. 

Le roi Constantin, qui a refusé de recevoir la délé- 
gation vénizéliste, a reçu en audience les officiers qui 
furent désarmés à Salonique par le Comité de défense 
nationale. 

Les Roumains avancent dans la vallée du Marcs et 
occupent Czik-Szerada. 

Rratiano télégraphie à Venizelos, exprimant l'espoir 
de voir se renouer la fraternité d'armes entre la Rou- 
manie et la Grèce. 

Le tsar Ferdinand, avec le prince héritier, est au 
quartier général allemand. 

On dit que 5ii usines de munitions fonctionnent en 
Roumanie. 

Dans les Carpathes, au sud de Dorna-Vatra, les 
Russes ont pris contact avec les Roumains. 

Les Autrichiens reculent au sud-ouest de Kimpolung. 

Quatre bombes d'avions sur Bclfort. 

Bombes d'avions sur Cavalla. 

Troubles à Hambourg; on pille des magasins aux 
cris de « A bas la guerre ! A bas les bourreaux du 
peuple! » Il y a déjà eu des troubles le 19 août et le 
12 septembre (Voir le Matin du 17 décembre). 



SEPTEMBRE 1916 77 

On commente {Temps du 20) l'affirmation de Tisza 
au Parlement hongrois, disant que les offres de com- 
pensations territoriales faites à l'Italie par l'Autriche 
en igi5 n'étaient pas sérieuses et avaient pour but de 
gagner du temps. — Dans la même séance, Tisza a dit 
qu il avait confiance dans la protection du Dieu des 
Magyars. 

Un comité s'est constitué à SchafThouse sous le nom 
de c( Comité allemand pour la conclusion d'une paix 
durable et pour l'entente entre les peuples ». 

Le général Malleterre écrit dans la France mili- 
taire : « Le nœud gordien de la guerre est à Sofia et